Archives pour la catégorie LIBAN

Pas de plan général pour déstabiliser le Liban  par Scarlett HADDAD | OLJ

Pas de plan général pour déstabiliser le Liban
par Scarlett HADDAD | OLJ

lundi 17 juin 2019, par Comité Valmy

 

Pas de plan général pour déstabiliser le Liban

L’attentat terroriste qui a eu lieu à Tripoli le soir de la fête du Fitr a remis à l’ordre du jour la situation sécuritaire au Liban. S’il est vrai que la menace terroriste n’a jamais été totalement éliminée, les Libanais vivaient toutefois dans une certaine stabilité qui avait relégué les soucis sécuritaires au second plan.

Après cet attentat qui a secoué le pays, la question qui se pose est la suivante : y a-t-il désormais un plan pour déstabiliser le Liban ? La question est simple, mais la réponse l’est beaucoup moins. Au cours des dernières années, les milieux politiques et diplomatiques libanais assuraient que la stabilité du Liban était une nécessité internationale et qu’il y avait « un parapluie international » qui protégeait le pays. Pour certains, cette « protection internationale » du Liban était due à la présence d’un million et demi (et plus peut-être) de déplacés syriens au Liban qui, en cas de troubles dans ce pays, s’empresseraient de fuir vers l’Europe. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le ministre des Affaires étrangères a, à plusieurs reprises, ces derniers temps, menacé de laisser les déplacés tenter de partir vers l’Europe. Pour d’autres, elle était due au fait que le rapport de force interne au Liban serait en faveur du Hezbollah et que toute tentative de déstabilisation pourrait donc entraîner une plus grande mainmise de cette formation sur le pays.

Aujourd’hui, toutes ces données que l’on croyait stables sont remises en question. D’autant que l’attentat de Tripoli a relancé les vieilles rivalités et querelles entre les différents services de sécurité (celui des FSI, la Sûreté générale, les SR de l’armée et la Sécurité de l’État), sur fond de luttes confessionnelles. Le président de la République a bien essayé de colmater la brèche en réunissant à Baabda les principaux concernés en présence des ministres de la Défense et de l’Intérieur, mais les rivalités intestines demeurent. Selon un juge qui suit de près les dossiers sécuritaires, lorsque les enquêtes sur un même dossier menées par des services différents sont contradictoires, c’est que cela va plutôt mal. Surtout, cela peut faire croire aux terroristes qu’ils bénéficient d’un environnement favorable en jouant sur les tiraillements et les susceptibilités internes.

Cette attaque a rappelé aux Libanais la période noire entre 2011 et 2015, lorsque chaque service de sécurité travaillait dans une zone géographique et confessionnelle déterminée, qui était pratiquement interdite aux autres. Depuis l’élection de Michel Aoun à la tête de la République et son souci principal des questions militaires et sécuritaires, cette situation a changé, et au lieu de la rivalité entre les services, il a instauré une coopération efficace. Aujourd’hui, cet acquis est remis en question. Mais la question qui se pose est de savoir si le retour des rivalités et des tiraillements est une affaire purement interne ou bien s’il s’inscrit dans le cadre d’un plan général visant à déstabiliser le Liban pour affaiblir le Hezbollah et remettre en cause le statu quo actuel.

Selon une source diplomatique arabe en poste à Beyrouth, il est certain que l’approche des États du Golfe, principalement de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, a changé à l’égard du Liban. Il n’y a plus le même intérêt ni le même souci d’y investir et d’y envoyer leurs citoyens en dépit des promesses publiques faites en ce sens. Surtout que la nouvelle génération actuellement influente au sein du pouvoir dans ces deux pays n’a pas l’approche affective qu’avait la génération précédente à l’égard du Liban. Cette nouvelle génération ne voit plus dans le Liban qu’un pays qui abrite le principal instrument de la politique iranienne dans le monde arabe, à savoir le Hezbollah. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’Arabie ou les Émirats préparent un plan pour déstabiliser le Liban. Tout simplement, ils ne s’y intéressent plus beaucoup. D’ailleurs, toujours selon la même source, ce désintérêt se répercute aujourd’hui sur la scène sunnite qui se sent affaiblie, ayant, tout au long des années précédentes, bénéficié d’un appui régional et arabe. Certaines figures sunnites cherchent aujourd’hui à défier le Hezbollah et à présenter le Premier ministre Saad Hariri comme étant trop faible pour affronter cette formation, mais elles ne parviennent pas à convaincre de leur capacité à modifier le rapport de force. Toujours selon la même source, même l’administration actuelle américaine, qui est déterminée à affaiblir le Hezbollah et qui a pris des sanctions économiques très sévères contre lui, sait aussi faire preuve de pragmatisme. Pour elle, la prédominance du Hezbollah reste préférable à un chaos total incontrôlé, qui entraînerait une mauvaise situation pour Israël. Car, en dépit des critiques et des accusations qui pleuvent sur le Hezbollah, la communauté internationale, notamment les pays participant à la Finul, est consciente du calme qui règne à la frontière sud du pays depuis 2006.

De son côté, l’Iran, qui est certainement en difficulté actuellement, n’a pas non plus intérêt à déstabiliser le Liban car cela mettrait le Hezbollah en difficulté non seulement auprès de ses alliés, mais aussi auprès de sa propre base populaire.

Toujours selon la source précitée, il n’y a donc pas à proprement parler un plan de déstabilisation du pays, la menace terroriste se résumant au plan B de Daech après la perte de son dernier bastion en Syrie.

Scarlett HADDAD | OLJ
17 juin 2019

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11340

Publicités

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Tribune
14 juin 2019

Depuis 2009, l’activité d’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale a permis la découverte de plusieurs gisements de gaz naturel, et de nouvelles campagnes d’exploration sont en cours. La mise en production dépend en revanche de la rentabilité financière attendue, et notamment des possibilités de transporter le gaz vers des marchés de consommation attractifs.

Les relations entre les différents pays impliqués au niveau de la production et du transport (Égypte, Israël, potentiellement Chypre, Liban, Turquie et Grèce) posent des défis au parfait développement de cette filière.

Rappels historiques

Les premiers succès significatifs de l’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale se sont produits entre 2009 et 2011, avec trois découvertes importantes : les champs Tamar et Leviathan, au large d’Israël, et Aphrodite, au large de la côte sud de Chypre, dans la zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre (RC)[1].

Est venu ensuite, en 2015, Zohr, le champ gazier géant au large des côtes de l’Égypte, considéré comme le plus important jamais découvert en Méditerranée, avec des réserves estimées à 850 milliards de m3. Il a fait l’objet d’une mise en service très rapide, dès la fin de 2017. D’autres gisements ont été mis au jour, au large de l’Égypte, dans les zones dénommées West Nile Delta et Greater Nooros.

En 2018, de nouvelles explorations ont été couronnées de succès au large de la côte sud de Chypre, dans le Bloc 6 (Calypso-1) et dans le Bloc 10 (Glaucus-1), dont les réserves sont en cours d’évaluation.

2018 a également marqué l’entrée en jeu du Liban, avec la signature de deux accords d’exploration et de production entre Beyrouth et un consortium international. Un deuxième round d’attribution de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore est prévu en 2019.

Enjeux économiques

Les découvertes n’ont de sens que si les réserves sont ensuite converties en capacités de production, elles-mêmes dépendantes du prix du gaz, de la disponibilité d’options d’exportation et de moyens de transport, ainsi que de la stabilité de l’environnement réglementaire, fiscal et politique des pays. En prenant en compte ces divers aspects, les enjeux économiques pour les trois pays principaux (Égypte, Israël et Chypre) diffèrent significativement.

L’Égypte bénéficiait d’une situation d’indépendance énergétique jusqu’à la fin de la première décennie du XXIe siècle et pouvait même exporter du gaz grâce à deux usines de liquéfaction, situées à Idku et Damiette et aux gazoducs la reliant à Israël (gazoduc East Mediterranean Gas – EMG) et à la Jordanie (Arab Gas Pipeline). Par la suite, la réduction de la production et l’augmentation de la demande domestique l’ont rendue importatrice nette. La découverte de Zohr en 2015 a été donc accueillie très positivement et le lancement rapide du développement du champ a été rendu possible par l’existence d’une forte demande intérieure. La production de Zohr est l’un des facteurs principaux de la reprise économique du pays, avec une croissance du PIB réel pour l’année 2018 de 5,3 % selon les estimations de la Banque mondiale. Le Caire devrait recommencer à exporter du gaz de façon régulière en 2019, en utilisant l’infrastructure existante des terminaux de liquéfaction. Le pays aspire aussi à devenir un hub gazier, en centralisant des flux destinés à l’exportation en provenance d’Israël et de Chypre.

En Israël, le potentiel des différents champs dépasse la consommation locale. L’accès à des marchés étrangers est donc une condition nécessaire au plein développement de la production. Des accords ont été signés avec l’Autorité palestinienne et la Jordanie, mais ils rencontrent l’opposition des opinions publiques locales. La possibilité d’exporter du gaz d’Israël vers l’Égypte pour satisfaire la demande locale et/ou pour exporter le gaz vers les marchés internationaux à travers les terminaux GNL paraît plus prometteuse, en particulier depuis l’acquisition en 2018 d’une participation dans le capital du gazoduc EMG par l’entreprise Noble Energy, principale actionnaire du consortium qui gère le champ Leviathan.

Pour Chypre, du fait du faible potentiel de la demande domestique, l’existence de marchés d’exportation est une condition nécessaire pour la mise en production des découvertes gazières. Différentes hypothèses ont été étudiées :

    • la construction d’un gazoduc vers l’Égypte dans le but d’utiliser les usines de liquéfaction pour réexporter le gaz vers les marchés internationaux sous forme de GNL. Ce projet a fait l’objet de plusieurs déclarations politiques, mais il se heurte au développement de la production égyptienne, qui réduira la disponibilité d’utilisation des installations de GNL ;
    • la construction d’une usine de liquéfaction a également été envisagée. Soit sous la forme d’un terminal onshore construit sur la côte sud de Chypre, soit via une installation flottante (Floating LNG). Si transformer le gaz en GNL permet d’avoir accès au marché mondial, avec des cargaisons allant vers l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Sud, la faisabilité de cette option est actuellement rendue difficile par les coûts de construction élevés et par la surcapacité actuelle sur le marché du GNL ;
    • le projet Eastern Mediterranean Natural Gas Pipeline (Israël-Chypre-Grèce-Italie), qui prévoit quant à lui de relier Israël et Chypre aux marchés européens, a été approuvé par la Commission européenne comme un projet d’intérêt commun, ce qui le rend ouvert à un financement de l’Union. Cependant, un tel projet est coûteux, techniquement difficile et pourrait causer de sérieux problèmes politiques avec la Turquie en raison de différends sur la délimitation maritime.

Enjeux sécuritaires

L’exploitation et l’exportation des ressources gazières en Méditerranée orientale présentent de nombreux enjeux sécuritaires liés aux relations politiques instables entre les pays de la région et aux risques d’actions terroristes.

La localisation de certains champs pourrait réanimer des disputes préexistantes au sujet de la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives (ZEE), notamment concernant la frontière maritime entre le Liban et Israël, qui n’a jamais été agréée officiellement. Des différends ne sont pas à exclure non plus au sujet de la délimitation des structures géologiques des gisements de gaz – notamment lorsqu’elles se situent près des limites des ZEE, puisqu’elles pourraient alors les chevaucher. Il est intéressant de noter que le champ Zohr se trouve dans la ZEE égyptienne, à seulement quelques milles de la ZEE de Chypre, et qu’Aphrodite est situé dans la ZEE de Chypre et se prolonge légèrement dans les eaux israéliennes. Dans le cas de réservoirs à cheval entre différentes ZEE, il faudrait envisager une exploitation conjointe du champ, mais des tensions entre les pays concernés sont aussi à attendre.

Un cas particulièrement complexe concerne la Turquie, la République de Chypre (RC) et la République turque de Chypre du Nord (RTCN). Outre la question des délimitations maritimes illustrée par l’épisode de février 2018 qui a vu le navire de forage Saipem 12000, affrété pour effectuer des travaux sur le Bloc 3, au sud-est de l’île, être bloqué par un navire militaire turc et finalement contraint de quitter la zone, Ankara s’oppose plus généralement, à toute activité de recherche et de production tant qu’aucun accord entre la RC et la RTCN n’est trouvé. La Turquie et la RTCN estiment que les éventuels revenus dérivant de la production d’hydrocarbures devraient être partagés entre toute la population de l’île de Chypre, ce qui implique une résolution du conflit entre la RC et la RTCN.

La situation d’Israël est aussi particulière. Les conflits persistants entre Israël et ses voisins – état de guerre formel avec le Liban, antagonisme avec le Hezbollah, tensions avec les Palestiniens, instabilité en Syrie – exposent les installations gazières à des risques d’attaques militaires ou terroristes. Ces mêmes risques d’attaques terroristes pèsent aussi sur les installations énergétiques en Égypte, pays qui connaît de façon régulière des actions menées par des groupes islamistes, présents notamment dans le Sinaï (région par laquelle transite le gazoduc EMG).

De manière générale, la prolifération de plates-formes d’extraction, de pipelines, de navires, voire de terminaux méthaniers implique une multiplication de cibles sensibles et des besoins de surveillance croissants. En Israël, par exemple, les champs de production sont situés dans des zones relativement proches des côtes. Ainsi, le champ Tamar est situé à 56 milles à l’ouest d’Haïfa et le champ Leviathan à 80 milles, près de la frontière avec le Liban. Le gaz de Tamar est transporté par pipeline jusqu’à Ashkelon, à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza. Toutes ces installations industrielles sont donc exposées au risque d’attaques terroristes ou militaires de l’extérieur. Les risques de sabotage et de frappe militaire ou terroriste représentent ainsi de nouveaux défis pour les appareils de sécurité des différents pays, en particulier pour les forces navales.

*****

La découverte et l’exploitation d’hydrocarbures seront un élément important de l’avenir des pays de la Méditerranée orientale. Ils pourront agir comme facteurs de coopération régionale tout comme alimenter des affrontements et ajouter des frictions à une région déjà volatile.

Dans ce cadre, l’UE a tout intérêt à promouvoir toutes les formes possibles de coopération régionale et à défendre son intérêt d’un point de vue énergétique, économique, comme politique. En ce qui concerne l’énergie, le gaz de la Méditerranée orientale peut renforcer sa sécurité et la diversification de l’offre pour un certain nombre d’États membres, en particulier dans l’Europe du Sud-Est et l’Europe centrale – des régions qui dépendent aujourd’hui presque exclusivement du gaz russe. Économiquement, les compagnies européennes sont les plus actives dans l’exploration et la production dans la région (notamment l’italienne ENI, la française Total et l’anglo-néerlandaise Shell) et il serait légitime de défendre leurs intérêts en cas de nécessité. Enfin, du point de vue politique, la République de Chypre est membre de l’Union européenne et la mise en valeur de ses réserves gazières représenterait un puissant atout de développement.

————————————————————–

[1] Sauf indication contraire, le mot « Chypre » dans cet encadré fait référence au nom de l’île et à la République de Chypre (RC), non reconnue par la Turquie. La République turque de Chypre du Nord, qui est seulement reconnue par la Turquie, est mentionnée comme RTCN.

————————————————————–

Des violations israéliennes de l’espace aérien et maritime du Liban risquent ne pas perdurer

Des violations israéliennes de l’espace aérien
et maritime du Liban risquent ne pas perdurer
PressTV

lundi 29 avril 2019, par Comité Valmy

 

Des violations israéliennes de l’espace aérien
et maritime du Liban risquent ne pas perdurer

Il y a deux jours le ministre libanais de la Défense s’est rendu sur les frontières avec les territoires occupés pour inspecter l’état de ses troupes. Pas loin des fermes de Chebaa, bout de territoire libanais qu’occupe Israël, le ministre a lancé un appel particulièrement significatif : le Liban frappera l’aéroport de Tel-Aviv si Israël prenait pour cible l’aéroport du Liban. Cette annonce n’a pas fait l’objet d’analyse des commentateurs sans doute à tort puisqu’elle renvoie, à vrai dire, aux capacités balistiques supposées de l’armée libanaise. Que veut dire très exactement l’annonce du ministre de la Défense alors que le régime israélien viole régulièrement le ciel du Liban dont il s’en sert comme base arrière à des frappes contre la Syrie ? Cela veut dire très exactement que les missiles de la Résistance sont désormais à la portée de l’armée libanaise et que celle-ci dans tout face-à-face à venir avec le régime israélien, n’hésitera pas à prendre pour cible Israël.

Dans un communiqué publié samedi 27 avril, l’armée libanaise fait part de la violation de l’espace maritime du sud du Liban par une vedette israélienne. Dans son communiqué, l’armée libanaise a annoncé qu’une vedette d’assaut israélienne dotée d’un canon a illégalement pénétré à 7 h 49 les eaux territoriales libanaises et avancé au large libanais à 535 mètres de la localité sudiste de Ras-Naqoura.

Selon l’agence de presse officielle du Liban, la vedette d’assaut israélienne a patrouillé pendant 26 minutes dans les eaux libanaises, avant de quitter la région.

Samedi 13 avril, un drone israélien avait violé l’espace aérien du Liban en même temps qu’une vedette militaire israélienne s’était introduite dans l’espace maritime du pays.

Le 4 avril, l’espace aérien libanais a été à trois reprises violé par les avions de combat israéliens dans le sud du pays. Un bateau israélien s’était également introduit dans les eaux territoriales libanaises en patrouillant pendant cinq minutes à Ras-Naqoura.

« Maintenant, la Force intérimaire de l’ONU au Liban (FINUL) repère les récentes violations des frontières aérienne et maritime libanaises », annonce le communiqué de l’armée libanaise.

Or lors d’une conférence de presse tenue peu de temps après sa visite dans le siège militaire de la FINUL au sud du Liban, à Naqoura, mercredi 24 avril, le ministre libanais de la Défense, Elias Bou Saab, a affirmé que le Liban défendrait ses droits territoriaux .

« Le Liban n’abandonnera jamais une parcelle de son territoire », a ajouté le ministre libanais, accompagné par le commandant en chef des forces armées libanaises, Joseph Aoun.

Bou Saab a averti que les forces de l’armée de l’air libanaise attaqueraient l’aéroport israélien Ben Gourion en cas de conflit militaire avec Israël.

« Si Israël bombarde notre aéroport, nous bombarderons son aéroport. S’il frappe nos installations pétrolières, nous frapperons ses installations pétrolières, a déclaré Elias Bou Saab, lors d’une visite dans le sud du Liban », a rapporté le site d’information Al-Manar.

Les médias en Israël parlent régulièrement de la peur des autorités de Tel-Aviv au sujet d’une guerre des missiles entre ce régime et les mouvements de la Résistance libanaise et palestinienne (Hezbollah et Hamas). Le site web israélien Walla faisait part de profonds désaccords entre l’armée israélienne et le Centre de l’état d’urgence du régime sur la question de la préparation du front intérieur à une guerre potentielle. Selon les analystes, les manœuvres hostiles des USA contre la Résistance relève en grande partie des plans américains destinés à affaiblir la puissance de frappe du Hezbollah. L’inscription de la Résistance libanaise sur la liste noire renvoie aussi à cette même logique. Mais le Liban semble bien organiser sa riposte. En cas de guerre, ce sera le Liban entier- et non pas une partie de lui-qui défendra le pays, note un analyste à Téhéran.

28 avril 2019

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11165

UN DOCUMENT SECRET DÉCRIT LE PLAN AMÉRICANO-ISRAÉLIEN POUR UNE GUERRE À LA SYRIENNE AU LIBAN: RAPPORT

UN DOCUMENT SECRET DÉCRIT LE PLAN AMÉRICANO-ISRAÉLIEN POUR UNE GUERRE À LA SYRIENNE AU LIBAN: RAPPORT

   

 161 faire un donLe président libanais Michel Aoun aurait reçu un document US-israélien détaillant les plans pour la création d’ une guerre civile au Liban, lors de la visite du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à Beyrouth, au Liban , le 22 Mars e .

Le document décrit des opérations secrètes sous fausse bannière et une possible invasion israélienne, a rapporté la chaîne de télévision libanaise, a rapporté Al-Jadeed.

Selon le rapport, la source du document est israélienne et il a été créé en partenariat avec les États-Unis. Il est difficile de savoir qui l’a présenté exactement au président Aoun.

Geopolitics Alert a traduit le contenu du rapport.

Un document secret décrit le plan américano-israélien pour une guerre à la syrienne au Liban: rapport

Un document secret décrit le plan américano-israélien pour une guerre à la syrienne au Liban: rapport

Un document secret décrit le plan américano-israélien pour une guerre à la syrienne au Liban: rapport

Un document secret décrit le plan américano-israélien pour une guerre à la syrienne au Liban: rapport

Le document présente un prétendu plan des États-Unis visant à dissocier les Forces de sécurité intérieure (FSI) libanaises, une institution nationale séparée de l’armée libanaise. Cela se ferait par un investissement de 200 millions de dollars dans le FSI. L’argent serait « déguisé » comme un moyen de maintenir la paix, mais 2,5 millions de dollars seraient spécifiquement affectés à la création d’un conflit contre le Hezbollah.

Le document indique que le but ultime est de déstabiliser le pays en créant une guerre civile au Liban qui «aidera Israël sur la scène internationale». Les États-Unis et Israël prévoient d’accomplir cela en soutenant des «forces démocratiques». Si cela semble familier, c’est parce qu’il se passe actuellement au Venezuela (ou est sur le point de l’être) et qu’il se poursuit activement en Syrie et en Libye.

Le document n’attend également aucune victime, tout en « libérant toute la puissance de notre feu ». La guerre civile donnerait lieu à des demandes d’intervention des Forces de défense israéliennes (FDI) et, après « une extrême réticence », Israël accepterait de le faire. alors.

Selon le document, Israël jouerait également un rôle essentiel dans la création d ‘«opérations secrètes sous fausse bannière» avec la progression du conflit. Les opérations ne sont pas spécifiées, mais elles pourraient éventuellement inclure des attaques chimiques, similaires à celles reprochées au gouvernement syrien.

Le document admet que le plan pourrait être contesté par la forte présence du Hezbollah dans tous les domaines de la gouvernance dans le pays, ainsi que dans les FSI et l’armée libanaise.

Par ailleurs, au cours de sa visite, Mike Pompeo a lancé à Michel Aoun un ultimatum: contenir le Hezbollah ou subir les conséquences.

« Il faudra du courage à la nation libanaise pour faire face à la criminalité, à la terreur et aux menaces du Hezbollah », a déclaré Pompeo.

Sami Nader, un analyste politique libanais, a déclaré que ce changement s’inscrivait dans le cadre du renversement par le président américain, Donald Trump, de la politique de son prédécesseur au Moyen-Orient visant à faire face à l’Iran. «Maintenant, les États-Unis disent: ‘Le Hezbollah est votre problème.’ Comme dans un problème libanais que le Liban doit résoudre et pas l’Amérique », a déclaré Nader.

Le gouvernement libanais n’est pas sûr de savoir comment donner suite aux souhaits de Pompeo. Il ne peut ni combattre militairement le Hezbollah ni l’empêcher d’accéder à sa part des ressources du gouvernement. Selon Aoun, le Hezbollah a recueilli les deux tiers des suffrages chiites aux dernières élections. En vertu de la convention libanaise, cela donne le droit d’offrir des services et des emplois à ses électeurs, comme le font les partis sunnites, druzes et chrétiens.

Il est difficile de savoir si le personnel de Pompeo a présenté ce document à Aoun comme une menace avant leur réunion. Si les documents sont vrais, cependant, il est clair que les États-Unis et leurs alliés envisagent de mener des opérations clandestines similaires à celles en cours et passées en Syrie, en Libye, au Yémen, en Somalie et en Iran.

https://southfront.org/wp-content/plugins/fwduvp/content/video.php?path=https%3A%2F%2Fsouthfront.org%2Fhezbollah-capabilities-role-middle-east-full-documentary%2F&pid=1085

PLUS SUR LE SUJET:

 

https://southfront.org/secret-document-outlines-us-israel-plan-for-syria-style-civil-war-in-lebanon-report/

L’échec de la politique américaine ouvre la frontière Irako-syrienne et la route Iran-Beyrouth.

L’échec de la politique américaine ouvre la frontière Irako-syrienne et la route Iran-Beyrouth.

par Elijah J. Magnier: @ejmalrai
“Un dinosaure avec une cervelle d’oiseau”. C’est en ces termes que l’ex-Président de l’Iran a décrit les Etats-Unis d’Amérique, opposant leur grande puissance militaire à leur manque de vision stratégique en politique étrangère. De fait, la rencontre tout à fait étonnante des chefs d’état-major de Syrie, d’Irak et d’Iran à Damas cette semaine n’aurait pas pu avoir lieu sans la dernière opération étasunienne en Syrie.
L’establishment américain a rendu service aux trois pays de l’”Axe de la résistance” en anéantissant le groupe “État islamique” (EI) retranché dans son dernier bastion à l’est de l’Euphrate. Suite à l’attaque contre Baghuz (à l’est de la Syrie), que les Etats-Unis ont menée conjointement avec leurs mercenaires Kurdes, les trois commandants militaires ont décidé de rouvrir la route entre la Syrie et l’Irak (la route Téhéran-Baghdad-Damas-Beyrouth est maintenant dégagée), qui permettra d’aller, par voie terrestre et en toute sécurité, d’Iran en Irak et en Syrie. Ce n’est pas la première fois que l’establishment américain fournit un soutien stratégique substantiel à l’Iran du fait de ses mauvaises décisions.

Photo by Bulent KILIC / AFP) (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images
Photo by Bulent KILIC / AFP) (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images

 

Lorsque le président américain Donald Trump a décidé de se retirer de la Syrie, une terre de “sable et de mort” selon lui, il était sérieux. Mais les Etats-Unis ne pouvaient pas partir sans avoir d’abord éliminé la poche de l’EI dans la zone sous contrôle étasunien à l’est de la Syrie, car ils auraient alors laissé subsister ce qui leur avait servi d’excuse pour occuper la zone. C’est pourquoi on a conseillé à Trump d’éliminer l’EI avant de retirer ses troupes. Il a finalement ordonné à ses forces à le faire après de longs mois d’inaction, au cours desquels les Etats-Unis ont en fait offert leur protection au groupe terroriste et ont laissé des dizaines de milliers de militants de l’EI attaquer l’armée syrienne et ses alliés le long de l’axe Deir-ezzour al-Bukamal.
La décision de Trump d’attaquer finalement l’EI doit être appréciée à sa juste valeur. Depuis 2014, les Etats-Unis faisaient semblant d’être en guerre contre le brutal groupe Takfiri tout en favorisant son expansion, en le laissant tuer des soldats de l’armée syrienne qui, eux, se battaient contre le groupe terroriste, et en utilisant la présence de de dernier pour justifier la leur. Les Etats-Unis ont bombardé Raqqa et l’ont détruite ; puis ils ont conclu un accord avec le groupe pour évacuer plusieurs milliers de ses membres. La campagne de Baghus est la première des Etats-Unis contre l’EI. C’est tout à l’honneur de Trump de faire ce que les Etats-Unis prétendent faire depuis 5 ans sans le faire : à savoir se battre contre l’EI.
Cette longue campagne spectaculaire a permis à Trump de s’attribuer le mérite de la défaite de l’EI, alors qu’en réalité depuis 5 ans les forces qui l’ont combattu sont les forces syriennes, la Russie, les Unités de Mobilisation Populaire (UMP)/Hashed al-Shaabi, l’armée irakienne, le Hezbollah libanais et l’Iran. A Baghuz les forces étasuniennes (et leurs alliés européens) ont bombardé l’EI pour les refouler dans un seul petit village. Elles ont réussi à ouvrir un passage sûr pour les femmes, les enfants, les personnes âgées, les combattants blessés de l’EI, et tous ceux qui étaient prêts à se rendre. Plus de 35 000 combattants de l’EI et leurs familles sont sortis de ce petit village. 9000 combattants ont été blessés ou tués. Les Etats-Unis et leurs forces mercenaires kurdes ont réussi à enfermer les restes du groupe terroriste dans une petite zone de moins d’un kilomètre carré et se préparent à lancer le dernier assaut dans les prochains jours. Ce n’est qu’une question de temps avant que l’EI abandonne son dernier bastion à l’est de l’Euphrate.

 

L’élimination imminente de la menace que représente l’EI a donné lieu à une rare rencontre. Le chef d’état-major iranien, le général Mohammad Baqeri, le ministre syrien de la Défense Ali Abdullah Ayyoub, et le chef d’état-major irakien, le général Othman al-Ghanmi, se sont réunis à Damas, la capitale syrienne, et ont décidé de rouvrir les frontières entre l’Irak et la Syrie.
Trump et ses généraux se sont rendu compte qu’ils avaient fait une erreur en créant un passage sûr pour l’Iran et l’Irak vers Syrie, en éliminant l’EI de la zone. Avec l’EI dans les parages, il aurait été impossible aux ressortissants iraniens et irakiens et aux marchandises de passer en Syrie en toute sécurité. C’est pourquoi, les Etasuniens ont décidé de laisser derrière eu plusieurs centaines de soldats.

Grâce à l’initiative américaine, l’Iran peut maintenant envoyer tout le soutien nécessaire en Syrie et reprendre son commerce avec ce pays. Israël bombarde l’aéroport de Damas pour tenter de ralentir le processus de réapprovisionnement de l’armée syrienne en missiles de précision et autres équipements militaires nécessaires pour reconstituer la force de défense de l’armée. Avec l’ouverture d’un nouveau point de passage frontalier entre l’Irak et la Syrie, l’occupation étasunienne du point de passage d’al-Tanf devient secondaire. Si les États-Unis essaient de faire pression sur l’Irak pour que le pays cesse de commercer avec l’Iran ou la Syrie, Bagdad demandera le départ des forces de Trump de Mésopotamie.
L’erreur de Trump permettra également à l’économie syrienne de retrouver un peu de vigueur avec la réouverture de la route terrestre vers Irak. La politique des États-Unis et leurs opérations en Syrie font bien rigoler les trois commandants militaires. Ils profitent régulièrement des erreurs stratégiques de Washington depuis son occupation de l’Irak en 2003 et son élimination du plus féroce ennemi de l’Iran, Saddam Hussein.

 

L’EI demeure un danger pour la sécurité, mais pas une menace militaire. Ce qu’il reste du groupe peut encore attaquer des convois ou des cibles faciles, même après la décision conjointe des trois pays de patrouiller les frontières, de partager leur technologie, leurs renseignements de mettre le poste frontière d’Al-Bu Kamal sous protection militaire et de lutter ensemble contre l’EI. Les États-Unis n’ont généralement qu’une vue globale des choses, car leurs conseillers et leurs planificateurs ont pour objectif de redessiner les frontières, de changer les régimes et de créer des États faillis. De ce fait, ils négligent parfois des éléments de détail qui peuvent renverser les situations à l’avantage de leurs ennemis supposés, en l’occurrence l’Iran. Comme Rafsanjani l’a dit un jour, les États-Unis sont “un dinosaure avec une cervelle d’oiseau”.
Rafsanjani n’a pas l’exclusivité des remarques caustiques. A une récente cérémonie de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique pour célébrer le succès du commandant major général Qassem Soleimani en Irak et en Syrie, Sayyed Ali Khamenei, le leader de la révolution, a dit en parlant des États-Unis (et de l’Arabie saoudite) : “Nous remercions Allah d’avoir rendu nos ennemis complètement idiots”

 

Traduction : Dominique Muselet
source:https://ejmagnier.com/2019/03/21/lechec-de-la-politique-americaine-ouvre-la-frontiere-irako-syrienne-et-la-route-iran-beyrouth/

https://philippehua.com/2019/03/28/lechec-de-la-politique-americaine-ouvre-la-frontiere-irako-syrienne-et-la-route-iran-beyrouth/

Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri

Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri

Alors que la presse occidentale annonce l’imminente inculpation de dirigeants du Hezbollah par le Tribunal spécial pour le Liban, la revue russe Odnako remet en cause l’ensemble de l’enquête réalisée par les Nations Unies. Selon Thierry Meyssan, l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri aurait été assassiné avec une arme fournie par l’Allemagne. L’ancien procureur allemand et premier responsable de l’enquête onusienne, Detlev Mehlis, aurait falsifié un indice pour masquer la responsabilité de son pays. Ces révélations embarrassent le Tribunal et renversent la donne au Liban.

 | MOSCOU (RUSSIE)  

+
JPEG - 19.7 ko

Les multiples conflits du Proche-Orient se cristallisent désormais autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). La paix et la guerre dépendent de lui. Pour les uns, il doit permettre de démanteler le Hezbollah, de soumettre la Résistance et d’instaurer la Pax Americana. Pour les autres, il bafoue le droit et la vérité pour assurer le triomphe d’un nouvel ordre colonial dans la région.

Ce tribunal a été créé, le 30 mai 2007, par la Résolution 1757 du Conseil de sécurité pour juger les commanditaires supposés de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Dans le contexte de l’époque, cela signifiait ni plus, ni moins, juger les présidents syrien et libanais en exercice Bachar el-Assad et Emile Lahoud, les bêtes noires des néoconservateurs. Cependant il s’avéra que cette piste ne reposait sur aucun élément concret et qu’elle avait été alimentée par de faux témoins. N’ayant plus personne à juger, le Tribunal aurait pu disparaître dans les limbes de la bureaucratie lorsqu’un coup de théâtre le plaça à nouveau au cœur des conflits politiques régionaux. Le 23 mai 2009, le journaliste atlantiste Erich Follath révéla dans le Spiegel Online que le procureur s’apprêtait à inculper de nouveaux suspects : des dirigeants militaires du Hezbollah. Depuis 18 mois, son secrétaire général, Hassan Nasrallah clame l’innocence de son parti. Il affirme que cette procédure vise en réalité à décapiter la Résistance pour offrir la région à l’armée israélienne. De son côté, l’administration états-unienne se pose soudain en défenseur du droit et assure que nul ne saurait se soustraire à la Justice internationale.

Quoi qu’il en soit, la mise en accusation —que tous s’accordent à dire imminente— de leaders chiites pour l’assassinat d’un leader sunnite est de nature à enflammer la fitna, c’est-à-dire la guerre civile musulmane, plongeant la région dans de nouveaux soubresauts sanglants.

En visite officielle à Moscou, les 15 et 16 novembre, Saad Hariri —actuel Premier ministre et fils du défunt— a répété que la politisation du tribunal risquait d’enflammer une nouvelle fois son pays. Le président Medvedev lui a répondu que la Russie voulait que la Justice passe et réprouvait tout effort pour discréditer, affaiblir ou retarder le travail du tribunal. Cette position de principe repose sur la confiance accordée a prioripar le Kremlin au TSL. Or celle-ci sera sûrement ébranlée par les révélations d’Odnako.

En effet, nous avons souhaité faire le point sur l’assassinat de Rafiq Hariri. Les éléments que nous avons découverts font apparaître une nouvelle piste dont on se demande pourquoi elle n’a jamais été explorée jusqu’ici. Au cours de notre longue enquête, nous avons rencontré de nombreux protagonistes, trop sans doute, de sorte que nos investigations se sont ébruitées et ont affolé ceux pour qui la piste de la Résistance armée libanaise est une bonne aubaine. Tentant de nous intimider, le Jerusalem Post a lancé une attaque préventive, le 18 octobre, sous la forme d’un long article consacré à notre travail. De manière purement diffamatoire, il y accuse l’auteur de cet article d’être payé un million de dollars par l’Iran pour disculper le Hezbollah.

Venons-en aux faits, le convoi de Rafiq Hariri a été attaqué à Beyrouth le 14 février 2005. L’attentat à fait vingt-trois morts et une centaine de blessés. Un rapport préliminaire diligenté par le Conseil de sécurité souligne les réactions peu professionnelles des policiers et magistrats libanais. Pour y pallier le Conseil missionne ses propres enquêteurs et leur fournit des moyens très importants dont le Liban ne dispose pas. Dès le départ de ces investigations, il a été admis que l’attentat avait été perpétré par un kamikaze qui conduisait un camionnette bourrée d’explosifs.

La commission des Nations unies ayant été créée pour apporter le professionnalisme qui manquait aux Libanais, on s’attend à ce qu’elle ait suivi scrupuleusement les procédures criminelles classiques. Or, il n’en est rien. L’analyse de la scène du crime, en se basant sur sa topographie qui est intacte et sur les photos et vidéos du jour, n’a pas été réalisée en détail. Les victimes n’ont pas été exhumées et autopsiées. Pendant longtemps, rien n’a été entrepris pour vérifier le modus operandi. Après avoir écarté l’hypothèse d’une bombe enfouie dans le sol, les enquêteurs ont considéré comme certaine la version de la camionnette sans la vérifier.

JPEG - 48.7 ko

Pourtant, cette version est impossible : chacun peut observer sur la scène du crime un profond et vaste cratère qu’une explosion en surface ne peut creuser. Devant l’insistance des experts suisses qui refusent d’avaliser la version officielle, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a procédé à une reconstitution à huis clos, le 19 octobre dernier. Elle ne s’est pas tenue au Liban, ni même aux Pays-Bas où siège le TSL, mais en France, un des principaux Etats à financer le Tribunal. Les bâtiments de la scène du crime y ont été reconstruits et de la terre de Beyrouth y a été transportée. Le convoi a été reconstitué y compris avec une voiture blindée. Il s’agissait de démontrer que la hauteur des immeubles en béton avait confiné l’explosion, de sorte que le souffle avait pu creuser le cratère. Les résultats de cette coûteuse expérience n’ont pas été divulgués.

JPEG - 20.7 ko

Ce qui frappe en regardant les photos et les vidéos prises juste après l’attentat, c’est d’abord l’incendie. Partout des carcasses de voiture et des objets de toutes sortes brûlent. Puis, ce sont les corps des victimes : ils sont carbonisés d’un côté et intacts de l’autre. C’est très étonnant et cela n’a rien à voir avec ce que provoquent des explosifs classiques.

La théorie d’un mélange de RDX, PETN et TNT dans la camionnette du kamikaze n’explique pas ces dégâts.

Si l’on observe de près les photos du cadavre de Rafiq Hariri, on remarque d’étranges détails : sa riche montre en or massif a fondu sur son poignet, au contraire, le col en tissu raffiné de sa chemise de luxe est intact autour de son cou.

Que s’est-il donc passé ?

L’explosion a dégagé un souffle d’une chaleur exceptionnellement intense et d’une durée exceptionnellement brève. Ainsi, les chairs exposées au souffle ont été instantanément carbonisées, tandis que l’envers des corps n’a pas été brûlé.

Les objets à forte densité (comme la montre en or) ont absorbé cette chaleur et ont été détruits. Au contraire, les objets à faible densité (comme le linge fin du col de chemise) n’ont pas eu le temps d’absorber la chaleur et n’ont donc pas été touchés.

JPEG - 31.1 ko
La dépouille de Rafiq Hariri.

Sur les vidéos, on voit également que des membres de certains cadavres ont été sectionnés par l’explosion. Curieusement, les coupes sont nettes, comme s’il s’agissait de statues de calcaire. On ne voit pas d’os brisés et proéminents, ni de chairs arrachées. C’est que l’explosion a absorbé l’oxygène et déshydraté les corps qui sont devenus friables. Plusieurs témoins, présents à proximité de l’attentat, ont d’ailleurs fait état de troubles respiratoires dans les heures qui suivirent. A tort, les autorités ont interprété cela comme la somatisation d’un traumatisme psychologique.

Ces constatations sont le b. a.-ba de toute enquête criminelle. Il fallait commencer par cela, mais elles ne figurent pas dans les rapports des « professionnels » au Conseil de sécurité.

Lorsque nous avons demandé à des spécialistes militaires quels explosifs pouvaient provoquer ces dégâts, ils ont évoqué un nouveau type d’arme qui fait l’objet de recherches depuis des décennies et de compte rendus dans des revues scientifiques. En combinant des connaissances nucléaires et nanotechnologiques, on parvient à créer une explosion dont on contrôle précisément la puissance. On programme l’arme pour qu’elle détruise tout dans un périmètre donné, calculé au centimètre près.

Toujours selon nos spécialistes militaires, cette arme provoque aussi d’autres dégâts : elle exerce une forte pression sur la zone de l’explosion. Lorsque celle-ci s’interrompt, les objets les plus lourds sont projetés vers le haut. Ainsi, des voitures se sont élevées dans les airs.

Un détail ne trompe pas : cette arme utilise une nano quantité d’uranium enrichi dont les radiations sont mesurables. Or, un passager de la voiture blindée de Rafiq Hariri a survécu. L’ancien ministre Bassel Fleyhan a été transporté dans un prestigieux hôpital militaire français pour y être soigné. Les médecins ont constaté avec étonnement qu’il avait été en contact avec de l’uranium enrichi. Personne n’a fait le lien avec l’attentat.

Techniquement, cette arme prend la forme d’un petit missile de quelques dizaines de centimètres de long. Il doit être tiré depuis un drone. En effet, plusieurs témoins ont assuré avoir entendu un aéronef survolant la scène du crime. C’est pourquoi les enquêteurs ont demandé aux Etats-Unis et à Israël qui disposent de satellites d’observation positionnés en permanence de leur transmettre les clichés dont ils disposent. Les Etats-Unis avaient également déployé des avions AWACS sur le Liban ce jour-là. Ces enregistrements permettraient de vérifier la présence d’un drone et peut-être même de suivre son trajet. Mais Washington et Tel-Aviv —qui ne cessent d’exiger la coopération judiciaire de tous avec le TSL— ont refusé ce service.

JPEG - 21.7 ko
Le Hezbollah a intercepté et publié des vidéos des drones israéliens effectuant des repérages des habitudes de Rafiq Hariri et de la scène du crime.

Lors d’une conférence de presse, le 10 août dernier, Hassan Nasrallah a projeté des vidéos tournées selon lui par des drones israéliens et interceptées par son organisation. Ils auraient observé durant des mois les déplacements de Rafiq Hariri, avant de concentrer leur surveillance sur le virage où l’attentat a eu lieu. Tel-Aviv aurait donc réalisé les repérages préalables à l’assassinat. Ce qui, ainsi que le souligne M. Nasrallah, ne veut pas dire qu’il l’ait perpétré.

Qui donc a tiré le missile ?

C’est là que les choses se compliquent. Selon les experts militaires, en 2005, seule l’Allemagne était parvenue à maîtriser cette nouvelle technologie. C’est donc Berlin qui aurait fourni et programmé l’arme du crime.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’ancien procureur berlinois Detlev Mehlis —un magistrat très controversé au sein de sa profession— a tenu à présider la Commission d’enquête onusienne. Il est en effet notoirement lié aux services secrets allemands et états-uniens. Chargé en 1986 d’élucider l’attentat contre la discothèque berlinoise La Belle, il n’avait pas hésité à masquer les implications israélienne et états-unienne pour accuser mensongèrement la Libye et justifier le bombardement du palais de Mouammar Khadafi par l’US Air Force. Au début des années 2000, M. Mehlis a été grassement rémunéré comme chercheur par le Washington Institute for Near East Policy (le think-tank du lobby pro-israélien AIPAC) et par la Rand Corporation (le think-tank du complexe militaro-industriel états-unien). Autant d’éléments qui jettent un doute sur son impartialité dans l’affaire Hariri et auraient dû le faire récuser.

Mehlis était assisté du commissaire Gehrard Lehmann. Cet officier est lui aussi un agent notoire des services secrets allemands et états-unien. Il a été reconnu formellement par un témoin comme participant au programme d’enlèvement, de séquestration et de tortures, mis en place en Europe par l’administration Bush. Son nom est cité dans le rapport ad hocdu Conseil de l’Europe. Cependant, il a échappé à toute poursuite judiciaire grâce à un alibi aussi solide que peu crédible, fourni part ses collègues de la police allemande.

Mehlis et Lehmann ont promu la thèse du kamikaze et de sa camionnette bourrée d’explosifs afin d’écarter toute investigation sur l’arme allemande qui a servi à commettre le crime.

Des échantillons de terre ont été prélevés sur la scène du crime. Après avoir été mélangés, ils ont été divisés en trois bocaux qui ont été envoyés à trois laboratoires différents. Les deux premières analyses n’ont trouvé aucune trace d’explosif. Le troisième bocal a été pris par Mehlis et Lehmann, et envoyé par leur soin au troisième laboratoire. Celui-ci y a trouvé les traces d’explosifs recherchés. En principe, si l’on décide de recourir à trois experts judiciaires, c’est qu’en cas de désaccord entre eux, on se reportera à l’avis majoritaire. Que nenni ! Mehlis et Lehmann ont violé les protocoles. Ils ont considéré que seul leur bocal était fiable et ont emmené le Conseil de sécurité sur une fausse piste.

Le caractère profondément malhonnête des investigations du duo Mehlis-Lehman n’a plus besoin d’être démontré. Leurs successeurs l’ont reconnu à demi-mots et ont annulé des pans entiers de procédure.

Parmi leurs manipulations, la plus célèbre est celle des faux témoins. Cinq individus ont prétendu avoir été témoins de la préparation de l’attentat et ont mis en cause les présidents Bachar el-Assad et Emile Lahoud. Alors que ces imputations faisaient chauffer le chaudron de la guerre, leurs avocats démontrèrent qu’ils mentaient et l’accusation se dégonfla.

JPEG - 16.3 ko
Le président de la Commission d’enquête de l’ONU, Detlev Mehlis, a violé les règles de procédure pénale, fabriqué de fausses preuves et utilisé de faux témoignages, pour disculper l’Allemagne et accuser la Syrie.

Sur la base de ces faux témoignages, Detlev Mehlis arrêta, au nom de la Communauté internationale, quatre généraux libanais et les fit incarcérer durant quatre ans. Pénétrant avec ses cow-boys au domicile de chacun, sans mandat de la justice libanaise, il interpella également les membres de leur entourage. Avec ses assistants —qui s’expriment entre eux en hébreu— il tenta de manipuler les familles. Ainsi, au nom de la Communauté internationale, il présenta des photos truquées à l’épouse d’un des généraux pour le convaincre que son mari non seulement lui cachait son implication dans le meurtre, mais la trompait. Simultanément, il tenta une manoeuvre similaire auprès du fils du « suspect », mais cette fois pour essayer de le convaincre que sa mère était une femme légère et que son père, désespéré, venait de sombrer dans une sorte de folie meurtrière. L’objectif était de provoquer un crime d’honneur au sein de la famille et de ternir ainsi l’image de gens respectables et respectés.

Plus incroyable encore, Lehmann proposa à un des quatre généraux incarcérés de le libérer s’il acceptait de porter un faux témoignage contre un dirigeant syrien.

Par ailleurs, le journaliste allemand Jürgen Cain Külbel mit en évidence un détail troublant : il était impossible de provoquer l’explosion avec une télécommande ou d’utiliser une balise sur la cible sauf à désactiver le puissant système de brouillage dont le convoi de Rafiq Hariri était équipé. Un système parmi les plus sophistiqués au monde, fabriqué… en Israël.

Külbel fut sollicité par un militant pro-palestinien connu, le professeur Said Dudin, pour promouvoir son livre. Mais Dudin, en multipliant les déclarations outrancières, s’appliqua surtout à le saboter. Külbel, ancien officier de police criminelle d’Allemagne de l’Est, ne tarda pas à découvrir que Dudin était connu de longue date pour être un agent de la CIA infiltré dans la gauche allemande. Il publia d’anciens rapports est-allemands attestant du fait et fut alors condamné pour divulgation illégale de documents et brièvement incarcéré ; tandis que Dudin s’installait à l’ambassade d’Allemagne à Beyrouth et tentait d’infiltrer les familles des quatre généraux.

Passé inaperçu au Proche-Orient le rôle de l’Allemagne dans cette région doit être souligné. La chancelière Angela Merkel a envoyé un contingent très important pour participer à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) après la guerre entreprise par Israël contre le pays du Cèdre à l’été 2006. Les 2 400 soldats allemands contrôlent de dispositif maritime pour empêcher l’approvisionnement en armes de la Résistance via la Méditerranée. A cette occasion, Mme Merkel a déclaré que la mission de l’armée allemande était de défendre Israël. Ce discours a provoqué un vent de fronde parmi les officiers. Par centaines, ils lui ont écrit pour lui rappeler s’être engagés pour défendre leur patrie et non un Etat étranger, fusse t-il allié.

Fait sans précédent, le 17 mars 2008 à Jérusalem et le 18 janvier 2010 à Berlin, les gouvernements allemand et israélien ont tenu un conseil des ministres commun. Ils y ont adopté des programmes divers, notamment en matière de défense. A ce stade, il n’y a plus beaucoup de secrets entre Tsahal et la Bundeswehr.

L’enquête de Detlev Mehlis a sombré non seulement dans le ridicule des faux témoins, mais dans l’illégalité de l’arrestation des quatre généraux. Au point que le Groupe de travail sur les détentions arbitraires du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est intervenu pour condamner fermement cet excès de pouvoir.

Toutefois, l’opprobre qui frappe le travail de M. Mehlis ne doit pas éclabousser le Tribunal spécial pour le Liban qui n’est aucunement responsable de ses manipulations. Mais, là encore, les choses se compliquent. La crédibilité du TSL dépend de sa capacité à réprimer en premier lieu tous ceux qui ont tenté de masquer la vérité et d’accuser mensongèrement les présidents Bachar el-Assad et Emile Lahoud pour provoquer une guerre. Or, le Tribunal refuse de juger les faux témoins, donnant l’impression qu’il couvre les manipulations de la période Mehlis et poursuit des objectifs politiques similaires (cette fois contre le Hezbollah, peut-être demain contre d’autres). Pis, le Tribunal refuse de remettre, à Jamil Sayyed (un des quatre généraux illégalement emprisonné), les procès-verbaux d’audition des personnes qui l’ont accusé, lui interdisant ainsi de demander réparation et donnant l’impression qu’il couvre quatre années de détention arbitraire.

De manière plus prosaïque, le Tribunal fuit ses responsabilités. D’un côté, il doit juger les faux témoins pour dissuader de nouvelles manipulations et pour manifester son impartialité ; d’un autre il ne veut pas se lancer dans une opération « mains propres » au cours de laquelle il lui faudrait peut-être arrêter le procureur Mehlis. Cependant, les révélations d’Odnako sur la piste allemande rendent cette stratégie intenable. D’autant qu’il est déjà bien tard : le général Jamil Sayyed a déposé une plainte en Syrie et un juge d’instruction syrien a déjà inculpé le procureur Detlev Mehlis, le commissaire Gerhard Lehman et les cinq faux témoins. On imagine la confusion qui s’abattra sur le TSL si la Syrie saisit Interpol pour les faire arrêter.

De même que la commission Mehlis devait apporter le professionnalisme qui manquait aux forces de l’ordre libanaises, de même le TSL devait apporter l’impartialité qui risquait de faire défaut aux juridictions libanaises. On est loin du compte et ceci soulève la question de la légitimité de cette institution.

Kofi Annan souhaitait que le Tribunal pour le Liban ne soit pas une juridiction internationale, mais un tribunal national libanais à caractère international. Il aurait été régi par le droit libanais tout en étant composé pour moitié de juges internationaux. Cela n’a pas été possible car la négociation a tourné court. Ou plutôt, un accord a été trouvé avec le gouvernement libanais de l’époque, présidé par Fouad Siniora, l’ancien fondé de pouvoir des entreprises Hariri, mais n’a pas été ratifié ni par le Parlement, ni par le président de la République. Du coup, cet accord a été avalisé unilatéralement par le Conseil de sécurité (Résolution 1757 du 30 mai 2007). Par conséquent, le TSL est hybride et fragile.

Ainsi que l’a précisé Kofi Annan, ce tribunal n’est comparable à aucun des tribunaux mis en place jusqu’ici par les Nations Unies. « Il n’est pas un organe subsidiaire de l’ONU, ni un élément de l’appareil judiciaire libanais », c’est tout juste « un organe conventionnel » entre l’exécutif des Nations Unies et l’exécutif libanais. Si l’on se réfère à l’exigence internationale de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la Justice face à l’Exécutif, on ne peut pas considérer le TSL comme un véritable tribunal, juste comme une commission disciplinaire conjointe des exécutifs libano-onusiens. Quelque soient ses décisions, elles seront donc frappées de suspicion.

Pis, à tout moment, n’importe quel gouvernement libanais peut y mettre fin, puisque l’accord n’ayant pas été ratifié n’engageait que l’ancien gouvernement. Du coup, l’actuel gouvernement de coalition libanais s’est transformé en champ de bataille entre partisans et adversaires du tribunal. Tentant de préserver la stabilité gouvernementale, le président de la République, Michel Sleimane, dissuade semaine après semaine le Conseil des ministres de passer au vote sur toute question relative au TSL. Ce barrage ne tiendra pas éternellement.

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, la suspicion atteint maintenant le président du TSL, Antonio Cassese. Ce spécialiste réputé du droit international fut président du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie. Or M. Cassese est un fervent partisan de la colonisation juive de la Palestine. Ami personnel d’Elie Wiesel, il a reçu et accepté un prix honorifique de sa main. Il aurait donc dû se récuser et démissionner lorsque Hassan Nasrallah a révélé que des drones israéliens avaient repéré durant des mois les habitudes de la victime et la scène du crime.

JPEG - 15.6 ko
Selon le président du Tribunal spécial pour le Liban, Antonio Cassese, la Résistance armée en Palestine, Liban, Irak et Afghanistan doit être jugée pour « terrorisme ».

Plus grave, le juge Cassese incarne une conception du droit international qui fait clivage au Proche-Orient. Bien qu’il ait retiré ce point de son curriculum vitae officiel, il participa en 2005 aux négociations entre les Etats membres de l’Union européenne et ceux de la Méditerranée (« Processus de Barcelone »). Sa définition du terrorisme bloqua les discussions. Selon lui, le terrorisme est exclusivement le fait d’individus ou de groupes privés, jamais d’Etats. Il s’ensuit que la lutte contre une armée d’occupation ne saurait être considérée comme de la « résistance », mais comme du « terrorisme ». Dans le contexte local, cette position juridique relève de l’ordre colonial et disqualifie le TSL.

Les méthodes du Tribunal spécial ne diffèrent guère de celles de la Commission Mehlis. Ses enquêteurs ont collecté des fichiers de masse : sur les étudiants libanais, les bénéficiaires de la Sécurité sociale, les abonnés d’Electricité du Liban et de l’Office des eaux. Le 27 octobre, ils ont même tenté, hors de la présence de magistrats libanais, de s’emparer par la force des dossiers médicaux d’une clinique gynécologique fréquentée par les épouses de membres du Hezbollah. Toutes ces investigations sont évidemment sans lien avec l’assassinat de Rafiq Hariri. Tout porte les Libanais à croire que ces informations sont destinées à Israël dont le TSL n’est à leurs yeux qu’une simple émanation.

Tous ces problèmes avaient été parfaitement anticipés par le président Poutine qui avait vainement proposé, en 2007, une autre rédaction de la résolution instituant le Tribunal spécial. L’ambassadeur Vitaly Churkin avait dénoncé les « lacunes juridiques » du système. Il s’était indigné que le Conseil de sécurité menace de recourir à la force (Chapitre VII) pour créer unilatéralement cet « organe conventionnel ». Il avait souligné que le Tribunal devait œuvrer à la réconciliation des Libanais, mais était conçu de sorte qu’il les opposerait un peu plus. En définitive, la Russie — comme la Chine— avait refusé d’approuver la Résolution 1757.

Reste que la vérité émerge peu à peu. Les interceptions de vidéos de drones israéliens, rendues publiques par le Hezbollah, montrent une préparation israélienne du crime. Les faits révélés par Odnako montrent l’usage d’une arme allemande sophistiquée. Le puzzle est presque complet.

Source
Оdnako (Russie)

Cet article est initialement paru dans Odnako du 29 novembre 2010.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanConsultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump(2017).

Le Hezbollah salue l’unité retrouvée des Libanais face aux

Le Hezbollah salue l’unité retrouvée des Libanais face aux USA

  

+

Dans un discours télévisé, le 26 mars 2019, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a salué la position ferme des dirigeants libanais face aux États-Unis.

Le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, s’était rendu au Liban, le 22 mars. Il avait rencontré les trois présidents et diverses autres personnalités. Il avait tenté d’obtenir leur appui pour un partage de la zone maritime d’exploitation pétrolière avec Israël, pour l’intervention de l’Etat dans le conflit occidentalo-syrien et bloquer le retour des réfugiés syriens chez eux. Or, pour la première fois depuis la fin de la guerre civile et les accords de Taëf (1989), les dirigeants libanais de toutes tendances avaient fait front commun et défendu les intérêts de leur pays. Cette remarque vaut aussi bien pour le président chiite de l’Assemblée nationale Nabih Berri, pour le président sunnite du gouvernement Saad Hariri et pour le président chrétien de la République Michel Aoun, que pour les criminels de guerre Walid Jumblatt et Samir Geagea.

M. Nasrallah s’est félicité de l’intérêt porté par Washington à la Résistance libanaise. Il y a vu l’hommage du vice à la vertu. Il a démonté une à une toutes les accusations des États-Unis contre son mouvement.

Il a souligné deux faits nouveaux :
- l’abandon par les États-Unis des mercenaires des Forces démocratiques syriennes ; une trahison qui conduit les alliés de Washington dans la région à réfléchir sur le sort qui leur est réservé.
- le reniement du vote des États-Unis au Conseil de sécurité sur la souveraineté syrienne du plateau du Golan ; un revirement qui atteste désormais de l’impuissance de l’Organisation des Nations unies à dire le droit international.

https://www.voltairenet.org/article205825.html

La force de frappe balistique asymétrique du Hezbollah pourrait entrer en action en cas de nouveaux raids israéliens en Syrie

La force de frappe balistique asymétrique du Hezbollah pourrait entrer en action en cas de nouveaux raids israéliens en Syrie

L’analyse tacite du dernier discours de Hassan Nasrallah, Secrétaire général du Hezbollah libanais, une formation politico-militaire de la résistance libanaise soutenant l’armée régulière syrienne depuis le début du conflit au Levant est que :

  1. La force de frappe balistique du mouvement, considérée comme l’une des plus importantes detenues par une entité non-étatique au monde, est intégrée à la seconde artillerie syrienne (missiles balistiques) et à celle, bien plus conséquente, de la République islamique d’Iran ;
  2. Qu’en cas de nouvelle escalade israélienne, le Hezbollah et la Syrie peuvent répliquer par des frappes balistiques ciblant un grand nombre d’objectifs israéliens listés sur une base de données commune.
  3. Que l’arsenal du Hezbollah en matière de roquettes et de missiles n’a cessé de s’accroître quantitativement et qualitativement au point où la stratégie de ce mouvement est en train de s’adapter à de nouvelles formes de guerre asymétrique impliquant non seulement le « déluge balistique » mais des opérations terrestres sur des fronts larges et étendus avec progression et occupation du terrain.

C’est l’une des très dures leçons acquises dans la longue guerre en Syrie.

Les dirigeants israéliens ne mesurent pas avec exactitude l’ampleur du problème qu’ils se sont créés dans ce qu’ils appellent leur front du Nord en ciblant la Syrie avec une guerre hybride en vue d’y induire un changement de régime dans ce qu’ils percevaient comme le maillon faible dans l’alliance stratégique entre le Hezbollah libanais, Damas et Téhéran.

Une nouvelle ligne rouge vient d’être tracée par le Hezbollah. On verra quelle sera la réaction d’Israël. Dans tous les cas de figures, un scénario similaire à la guerre de juillet 2006 n’est plus à écarter. Avec des conséquences bien plus grandes, vu la nature du conflit en cours au Levant.
En 2006, la Syrie avait soutenu le Hezbollah dans la plus grande discrétion. Aujourd’hui Damas et le Hezbollah sont sur la même ligne de front.

Les voies du Seigneurs sont souvent impénétrables !

La force de frappe balistique asymétrique du Hezbollah pourrait entrer en action en cas de nouveaux raids israéliens en Syrie

 

Paris dément avoir proposé à Tel-Aviv d’attaquer le Liban une fois son gouvernement formé !

Tue Jan 29, 2019 10:56AM
Des jeunes portent des drapeaux du Hezbollah sous les yeux de quelques soldats israéliens à Metoula en Galilée, le 10 février 2018. ©The Daily Star
Des jeunes portent des drapeaux du Hezbollah sous les yeux de quelques soldats israéliens à Metoula en Galilée, le 10 février 2018. ©The Daily Star

Le président français, Emmanuel Macron vient d’apposer une fin de non recevoir catégorique depuis Le Caire à tous ceux qui en France comme ailleurs demandaient à ce que Paris mette un terme à sa présence militaire illégale en Syrie et qu’il franchisse le premier pas dans le sens d’une normalisation avec Damas avant qu’il ne soit trop tard, c’est-à-dire avant que les portes du marché de la reconstruction syrienne ne lui soient définitivement fermées. Pourquoi? Pour ceux des commentateurs qui ont suivi la visite de Rivlin à Paris, les premiers éléments de la réponse commencent à se manifester. 

Ce fut vendredi, soit peu après le départ du chef du régime israélien Reuven Rivlin de Paris, que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a lancé une sévère mise en garde à l’Iran, le menaçant de pires sanctions, s’il continuait à « produire des missiles et à en fournir aux groupes armés du Moyen-Orient ».  Le lendemain, le journal israélien Maariv affirmait que la France aurait prié Israël de retarder son action militaire contre le Hezbollah jusqu’au mois de mars tout en lançant un ultimatum à Beyrouth pour que ce dernier mette au plus vite sur pied le gouvernement libanais.

Le Quai d’Orsay a annoncé, le lundi 28 janvier que les informations rapportées la veille par le quotidien israélien Maariv et selon lesquelles la France aurait demandé à Israël de n’engager aucune action militaire contre le Liban avant la formation d’un nouveau gouvernement n’étaient que des « spéculations sans aucun fondement ».

La porte-parole du Quai d’Orsay, Agnès Von der Mühll l’a indiqué, lors d’un point de presse lundi, démentant, également, l’information rapportée aussi par Maariv selon laquelle la France avait cessé de fournir son aide à l’armée libanaise.

 

« La France est attentive à la situation au Liban et elle souhaite qu’un gouvernement soit maintenant formé au plus vite. Elle considère qu’il s’agit là d’une nécessité pour que la souveraineté, la sécurité et la stabilité du Liban prévalent dans un contexte régional difficile », a ajouté la porte-parole qui a tenu surtout à évoquer à mots couverts la perspective d’un conflit Israël/Hezbollah : « la France appelle en outre au strict respect des résolutions du Conseil de sécurité et elle salue l’engagement de la Finul pour que le calme soit maintenu le long de la Ligne bleue, à la frontière entre le Liban et Israël ».

A quoi joue Israël? Le quotidien Maariv en donne un aperçu. Le journal avait rapporté dimanche que Le Drian avait déclaré que lui et d’autres hauts responsables français avaient « demandé à Israël d’attendre la formation d’un nouveau gouvernement au Liban avant toute action militaire » contre ce pays. Le chef de la diplomatie française aurait également indiqué, selon le quotidien israélien que la France avait récemment cessé de fournir son aide à l’armée libanaise.

« Nous condamnons fermement les envois d’armes par l’Iran à l’aile militaire du Hezbollah », aurait-dit, selon le Maariv, le ministre français, confirmant que le président Emmanuel Macron avait annulé sa visite au Liban prévue en février. Il est clair, relève l’analyste politique Hanif Ghafari, qu’Israël tente de se faire rallier par la France dans la guerre qui est la sienne contre l’axe de la Résistance. Les prises de position de l’Elysée, l’insistance de Paris à vouloir prolonger sa présence militaire illégale dans le pays ont suscité trop d’espoir dans le camp israélien. Après tout, la flotte française en Méditerranée a déjà accompagné Israël dans ses attaques militaires anti-syriennes et le crash l’IL-20 russe a d’ailleurs été le fruit de cette coopération que la Russie a tue pour cause des considérations politiques. Mais au stade actuel des choses, Israël a besoin d’alliés contre l’axe de la Résistance qui lui parait la menace immédiate la plus sérieuse qui soit.

En effet, les propos, désormais démentis par le Quai d’Orsay, et qui selon le Maariv auraient été tenus lors de la visite du président israélien Reuven Rivlin la semaine dernière à Paris, ont été rapportés peu après l’important discours prononcé par le secrétaire général du Hezbollah et alors qu’Israël affirme avoir détruit lors de sa dernière frappe plusieurs sites appartenant au CGRI. Lors de son point de presse avec Rivlin, Macron a d’ailleurs fait part de sa « préoccupation face aux menaces apparues suite à la découverte par l’armée israélienne de tunnels creusés par le Hezbollah depuis le Liban ». Tout ceci laisse peu de doute sur la présence d’un certain courant au sein de l’appareil du pouvoir français qui aimerait en découdre avec la Résistance. Reste à savoir si oui ou non une telle confrontation va dans l’intérêt de la France, se demande l’expert iranien.

https://www.presstv.com/DetailFr/2019/01/29/587098/Isral-veut-inciter-Paris–une-guerre-contre-le-Hezbollah

Le sommet économique de la Ligue arabe et l’affaire Moussa Sadr

Le sommet économique de la Ligue arabe et l’affaire Moussa Sadr

+

Le sommet économique de la Ligue arabe devrait se tenir les 19 et 20 janvier à Beyrouth (Liban). Cependant, deux motifs peuvent le reporter.

- En premier lieu, les États membres de la Ligue se disputent sur l’opportunité de réintroduire la Syrie dans l’organisation dès cette réunion.

- En second lieu, le parti libanais Amal, fondé durant la Guerre civile par l’imam iranien Moussa Sadr, s’oppose à la venue d’une délégation libyenne tant que la question de la disparition de l’imam, lors d’un voyage officiel en Libye en 1978, n’aura pas été résolue.

L’un des fils de Mouammar Kadhafi, Hannibal, est actuellement détenu au Liban. Il a déclaré, en janvier 2017, qu’Abdessalam Jalloud (alors numéro 2 de la Libye, réputé beaucoup plus dur que Kadhafi) avait organisé l’enlèvement de l’imam, que des agents libyens avaient usurpé l’identité de l’imam et de sa suite pour faire croire qu’ils avaient quitté la Libye et s’étaient rendus à Rome. Hannibal a également donné des informations sur le lieu où l’imam aurait été mis au secret pendant des années. Ami d’enfance de Mouammar Kadhafi, Abdessalam Jalloud a été écarté du pouvoir en 1993 après avoir commis plusieurs lourdes erreurs. Il vit aujourd’hui à Londres.

Ces informations contredisent les déclarations du colonel Ahmad Ramadan al-Asaibie, en 2011 à une chaîne de télévision émiratie [1]. Selon l’ancien directeur du bureau d’information du Guide, il aurait été assassiné sur ordre de Mouammar Kadhafi durant son séjour.

Ces deux versions portent sur la disparition de l’imam, mais ne lèvent pas les polémiques ni sur son rôle politique exact, ni sur le commanditaire de son assassinat.

Le ministre libanais de la Justice (bloc du président Michel Aoun), Salim Jreissati, a déclaré avoir reçu en mai 2018 une lettre du rapporteur du Comité des droits de l’homme des Nations unies le questionnant sur la légalité de l’incarcération d’Hannibal Kadhafi. Il a soudain demandé, le 9 janvier 2019, à l’inspection judiciaire de faire le point sur ce sujet. Ce à quoi le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil (bloc d’Amal), a répondu en mettant en doute d’existence de la lettre des Nations unies.

Selon la presse libanaise, la Russie ferait pression sur le gouvernement pour qu’il libère Hannibal Kadhafi.

Le parti Amal prépare un éventuel blocage de l’aéroport pour empêcher la délégation libyenne de se rendre au sommet économique de la Ligue arabe.

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités