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Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (2/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (2/3)

Harold MICHOUD 26 août 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors », payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés sont directement concernés par des intérêts russes il est de bon ton de se poser la question. Le groupe Wagner : société militaire privée ou barbouzerie ?

Wagner et la Libye

Le pétrole libyen, enjeu de la présence du groupe Wagner dans le pays
Le pétrole libyen, enjeu de la présence du groupe Wagner dans le pays

Le 7 novembre 2018, le maréchal Haftar, chef de l’Armée Nationale Libyenne (ANL), apparaît dans une vidéo le montrant avec le ministre russe de la Défense. A côté se tient un personnage connu des services de renseignements du monde entier. C’est Evguéni Prigojine.

Wagner se déploie en Libye, pour la protection de sites d’hydrocarbures. En effet, une grande partie du croissant pétrolier, zone vitale de l’industrie d’hydrocarbure libyenne, est sous contrôle du maréchal Haftar. La Russie joue un double jeu, et tente de négocier avec les deux grands ennemis politiques du pays afin de conclure des contrats économiquement profitables à Moscou. En 2017, la compagnie russe Rosneft obtenait un contrat avec la National Oil Corporation de Libye. Son siège est à Tripoli, ville contrôlée par Fayez Seraj. Une partie non négligeable des installations d’hydrocarbures se trouve cependant dans la zone contrôlée par le maréchal Haftar. Rosneft a pour directeur général un proche de Vladimir Poutine, Igor Setchine, surnommé le « Richelieu du Kremlin » en référence au très influent premier ministre de Louis XIII.

Un groupe au service des proches du pouvoir ?

Obtenir des contrats pétroliers ou d’hydrocarbures dans des pays en crise est une stratégie qui semble porter ses fruits. C’est également le cas de ces arrangements « conseil, formation militaire contre ressources locales ». L’exemple du Mali en est un autre révélateur.

La société privée Wagner permettrait ou influencerait les Etats ou groupes « protégés » en faveur de membres très proche du pouvoir russe. La Russie peut ainsi bénéficier d’entreprises contrôlées par Moscou et d’un accès russe à des hydrocarbures ou ressources naturelles.

Wagner et le Soudan

Le Soudan est également une zone stratégique d’intérêt pour Moscou. En effet, le pays connaît des troubles politiques. Depuis 2017, un rapprochement perceptible s’effectue entre les deux capitales. Entre deux visites d’Omar El-Béchir (novembre 2017 et décembre 2018), la Russie a obtenu de cartographier les réserves de métaux et d’uranium dans le pays. Et le « cuisinier du Kremlin », Evguéni Prigojine, y a effectué de nombreux voyages. Nul doute que le groupe Wagner est concerné par les voyages de son principal financeur.

Malgré le départ du dictateur Omar Al-Bechir, la coopération militaire entre les deux nations s’est confirmée par deux nouveaux contrats bilatéraux, signés le 25 mai 2019. Le premier ne faisait mention que de simples échanges et retours d’expérience entre les deux armées. En revanche, le second parle de l’installation d’une délégation militaire russe au Soudan dans le but de former les troupes soudanaises. Le contrat parle cependant de militaires, reconnus par l’armée.

Mais alors pourquoi le Times, souligne la présence de sociétés militaires privées dans les rues de Khartoum en janvier 2019 ? Comment est-il possible que ce journal présente une photographie d’un véhicule du groupe Wagner dans la capitale Soudanaise ?

Un soutien au régime, pour l’uranium soudanais ?

Selon le Times encore, ces mercenaires auraient aidé le pouvoir à réprimer les manifestants. Information démentie par Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe. Elle reconnaît en revanche la présence de sociétés militaires privées russes pour la « formation des militaires et des forces de l’ordre ». Le groupe Wagner était officieusement présent au Soudan avant ce coup de projecteurs. L’accord militaire a donc sans doute permis d’officialiser une présence russe effective depuis déjà plusieurs mois dans le pays.

Et avant d’officialiser cette coopération militaire, un accord entre les deux gouvernements ouvrait l’uranium du pays à des investisseurs, notamment proches du Kremlin. Ce contrat sur le nucléaire civil illustre bien l’intérêt de Moscou pour le pays. Le Soudan possède en effet la troisième réserve d’uranium au monde. Soutenir un pays troublé, bénéficiant d’un sous-sol d’une telle richesse peut engendrer des contrats bénéfiques pour le Kremlin et son industrie, d’autant plus lorsque celle-ci est en grande partie détenu par le pouvoir ou par la garde rapprochée du président actuel. Rosatom, fleuron nucléaire russe aura ainsi la priorité sur l’investissement au Soudan.

Sources :

-“La sécurité, argument de la Russie pour avancer ses pions en Afrique”, France 24, 27 janvier 2019.Share

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About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant de Grenoble Ecole de Management et effectue une poursuite d’étude en géopolitique au sein de l’IRIS SUP’. Il s’intéresse particulièrement à la Turquie et au Khorasan.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41511-wagner-contractors-barbouzes-2

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GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » (Oscar Wilde). Quel décalage abyssal entre l’image de puissance et de clairvoyance intellectuelle que projettent les États-Unis à l’extérieur de leur pays (« row » pour « the rest of the world » ainsi désigné de manière méprisante) et la réalité moins reluisante d’une certaine forme d’impuissance et d’aveuglement (avec une constance qui mérite louange) sur la compréhension des questions internationales ! Et, pourtant, l’Amérique exerce une fascination sans limite sur nos centres des recherche (« think tanks », cela fait plus chic et plus sérieux ») – sans parler de l’école néoconservatrice (« la secte » ou « la meute ») qui fait la pluie et le beau temps dans la diplomatie française – qui ont les yeux de Chimène pour tous les concepts provenant d’Outre-Atlantique. À tel point que l’on peut se demander si le pays des Lumières ne manquerait pas de bons esprits capables de réfléchir de manière indépendante sur les évolutions du monde d’aujourd’hui, voire de les anticiper. Et cela est d’autant plus préoccupant que les dernières décennies sont truffées d’exemples de la faillite intellectuelle américaine sur le plan géostratégique : Vietnam, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Irak-Syrie … Un véritable inventaire à la Prévert. Notre Oncle Sam (démocrate ou républicain), qui ose encore se présenter comme l’inspirateur d’essence divine du ou des progrès de la planète, apparait de plus en plus comme un marchand d’illusions de haut vol auquel il est hasardeux de faire confiance.

VIETNAM : LA GROSSE CLAQUE ASIATIQUE

Il est indispensable de revenir au siècle dernier pour apprécier la constance dans l’erreur des États-Unis dans les crises où ils ont décidé de s’impliquer. Après s’être félicités de la débâcle de Dien Bien Phu en 1954, les Américains entendent reprendre la place laissée libre par la France – la nature ayant horreur du vide – en déroute de la Quatrième République en Indochine. Petit à petit, ils constatent que l’affaire est moins simple que prévu. Ils y dépêchent d’abord quelques conseillers militaires pour épauler les Vietnamiens du Sud (sorte de rempart de l’Occident) en proie à un harcèlement constant des Vietnamiens du Nord (sorte de cheval de Troie du communisme). Cela n’étant pas suffisant, ils y envoient un véritable corps expéditionnaire pléthorique censé infliger une véritable correction à ces pouilleux du général Giap. L’affaire tourne mal. En dépit d’une guerre sans merci, de l’utilisation à outrance de l’aviation, de défoliants et autres armes intelligentes, l’aventure tourne à la débandade pour l’invincible Amérique. Les accords de Paris signent la fin de la récréation et l’une des plus grandes défaites militaire et idéologique des États-Unis de l’après Seconde Guerre mondiale. On se souvient du départ en catastrophe de l’ambassadeur des États-Unis de Saïgon à l’arrivée des troupes du Viêt-Cong. Pas très glorieux de se faire rosser par plus petit que soi. Ce serait du genre humiliant à y regarder de plus près.

Après le séisme produit dans le pays profond par la guerre du Vietnam, l’on pensait l’Amérique vaccinée contre le mal des expéditions coloniales aventureuses pensées et conduites par le très célèbre lobby militaro-industriel dictant sa loi au Pentagone mais aussi et surtout à la Maison Blanche. Mais, c’était mal le connaître. Après une accalmie d’une vingtaine d’année, l’Amérique est rattrapée par ses vieux démons qui vont la conduire en Afghanistan d’où elle avait largement contribué à chasser l’occupant soviétique en armant le bras des Talibans (Cf. les livraisons des missiles Stingersaux Talibans). La fable de l’arroseur arrosé, du retour du boomerang, toutes choses qu’Américains mal dégrossis ne veulent ou ne peuvent pas comprendre tant l’Amérique ne veut entendre les critiques de ses alliés sur leurs aventures hasardeuses. Elle préfère faire la sourde oreille, au mieux, clouer au pilori l’intrépide qui se permet de la critiquer, au pire. C’est la diplomatie du silence dans les rangs serrés des idiots utiles, des courtisans serviles qui sont légions à Evere, le siège de l’église atlantiste qui a pour nom Alliance atlantique ou NATO dans la langue de Shakespeare.

AFGHANISTAN : LE CIMETIÈRE DES EMPIRES

L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement en Afghanistan où les puissances étrangères (Britanniques, Soviétiques et Américains, épaulés par leurs idiots utiles) subissent échec après échec comme si régnait une sorte de malédiction sur ce pays ? Après avoir été éliminés par la coalition des suppos de Washington, les Talibans sont aujourd’hui de retour à Kaboul et ailleurs dans le pays.

L’élimination des Talibans

Plus près de nous, après les évènements tragiques du 11 septembre 2001, l’administration républicaine se lance dans une « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, enrôlant au passage ses idiots utiles d’alliés – plutôt alignés – de l’OTAN pour bouter le barbare (ami de la veille) hors de Kaboul et des principaux centres stratégiques du pays. Une fois encore, elle met le paquet, pour employer cette expression triviale. L’ennemi abandonne ses positions mais pas son idéologie. Peu après, elle décrète que l’ennemi islamiste est terrassé et que l’Afghanistan va entrer dans une nouvelle ère de paix, de prospérité et de démocratie heureuse (la mise en place des équipes de reconstruction provinciales ou PRT). Tout va très bien madame la marquise mais à part çà un petit rien… Les choses ne tournent pas dans le sens souhaité.

Le retour des Talibans

Presque vingt après le début de l’intervention militaire, le bilan est catastrophique. Les Talibans chassés de leurs fiefs reprennent le terrain perdu en infligeant de lourdes pertes aux troupes de la coalition et en faisant à nouveau régner la terreur dans le pays. Les femmes sont les victimes expiatoires de ces fous furieux. Donald Trump, qui comprend que la force ne paie pas, négocie avec eux, se promettant de quitter ce « cimetière des empires » avant 2020, élections obligent1. Fait intéressant à noter, les États-Unis se montrent d’une grande magnanimité avec l’Arabie saoudite (son grand allié depuis le Pacte du Quincy) alors même que les terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 sont en majorité originaires de ce pays comme du reste leur cerveau Oussama Ben Laden et qu’elle diffuse dans le monde un islam rigoriste (le wahhabisme) mortifère qui inspire les apprentis terroristes de tout poil, y compris ceux qui vivent en Occident. En termes d’indignation à géométrie variable, les Américains sont hors compétition. Bien évidemment, les alliés de l’oncle Donald (y compris le gouvernement fantoche de Kaboul) ne sont pas conviés aux négociations secrètes entre Américains et Talibans. Ils seront informés le moment venu du résultat des discussions et n’auront pas leur mot à dire. Merci pour tous les morts inutiles qu’ils laisseront derrière eux et qui se seront battus pour le roi de Prusse. Mais, ne nous arrêtons pas à de pareils détails mesquins. Les fameux alliés ont l’habitude d’avaler des couleuvres, des boas sans coup férir. Ils seraient même du genre masochistes et auraient même tendance à en redemander à l’occasion. Tournons notre regard vers l’Irak, objet de toutes les attentions de l’administration républicaine.

IRAK : GUERRES SANS FIN

L’élimination de Saddam Hussein

Dans sa grande sagesse, l’Amérique décrète, au début des années 2000, qu’elle va faire du « Grand Moyen-Orient » une sorte de laboratoire de la démocratie et de la loi du marché qui va étendre ses effets bénéfiques, de proche en proche, à la région au sens large par effet de domino à l’envers. Mais, il existe dans la zone un fauteur de troubles (« trouble maker ») désigné à la vindicte publique qui aurait la fâcheuse tendance à occuper l’un de ses voisins (le Koweït) en violation du droit international (il en sera puni), à aider en sous-mains les terroristes Al-Qaeda (pour se venger de la défaite qui lui a été infligée après l’invasion du Koweït) et, pire encore, à se doter illégalement d’armes de destruction massives, les fameuses ADM ou WMD en anglais (que l’on a du reste jamais trouvées même en cherchant bien). Occasion rêvée de lui rendre gorge, une bonne fois pour toutes et au passage de mettre la main sur ses ressources pétrolières. Chose dite, chose faite. En un tournemain, en dépit de l’opposition française (Cf. le discours de Dominique de Villepin de 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU) et de l’absence d’autorisation du machin (dont l’Amérique n’a que faire), on règle son compte au tyran Saddam Hussein, on élimine tout ce qui, de près ou de loin, a collaboré avec le parti Bath et la bataille est, une fois de plus gagnée. Au passage, toute l’infrastructure administrativo-politique est mise à terre. Le pays est un bateau ivre sans capitaine, si ce n’est quelques marionnettes désignées à et par Washington mais qui ne représentent pas le pays réel. Sunnites et Chiites, sans parler des Kurdes, s’en donnent à cœur joie en commettant attentats sur attentats, plus horribles les uns sur les autres. Une sorte de surenchère permanente dans l’atrocité.

Les bégaiements de l’histoire

Mais, l’histoire semble inexorablement bégayer : bataille gagnée signifie immanquablement guerre perdue. Force est de constater que l’Irak entre dans une période de chaos indescriptible dont elle ne s’est toujours pas remise. Où l’Amérique passe, la paix trépasse. Un vieux classique des relations internationales que notre clergé médiatique a trop tendance à perdre de vue… sans parler de notre élite dirigeante, La Caste qui ignore tout des fondamentaux de la diplomatie. Nos braves inspecteurs des Finances qui confondent les règles de Bercy et celles du Quai d’Orsay. Il est toujours plus facile d’instaurer la pagaille que de rétablir l’ordre dans un pays morcelé et fragmenté entre différentes obédiences de l’Islam qui traine comme un boulet, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le problème kurde. Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour rendre toute réconciliation impossible et l’insurrection possible, voire automatique. Nous n’apprenons décidément rien des leçons de l’expérience.

Non content de cette nouvelle déculottée, les masochistes américains en redemandent et tournent leur regard vers la Libye et le Yémen. Attention, les pyromanes sont de retour. Danger imminent en perspective. Et, c’est bien le cas à la lumière de ce qui se passe et non de ce qui se dit dans nos gazettes et dans nos chancelleries diffuseuses de « bobards » à jet continu. Et cela dans la plus grande indifférence.

LIBYE, YÉMEN : DEUX AFFREUX BOURBIERS

Prenons deux exemples tirés d’une actualité récente pour éclairer notre lanterne et mieux comprendre la politique extérieure américaine ! Les crises en Libye et au Yémen2 en disent long sur l’indigence de la pensée stratégique occidentale en ce début de XXIe siècle, sur l’incapacité de nos bons apôtres à ne pas tomber à pieds joints dans les pièges qu’ils ont eux-mêmes armés volontairement en pensant y piéger l’ennemi.

Libye, un État failli

Il n’est nul besoin de s’appesantir sur la pagaille monstre qui prévaut actuellement en Libye (dans le pays, au sud et au nord pour faire bonne figure) à la suite de l’intervention d’une coalition à laquelle les États-Unis ont prêté main forte même si la France du Petit Nicolas et du grand BHL a joué le rôle de mauvais génie. Une fois encore, bataille gagnée sur le très court terme, guerre perdue sur le long terme. Souvenons-nous des propos lyriques de Nicolas Sarkozy après la mise à mort du guide suprême (celui qui aurait financé sa campagne électorale). Nous en mesurons les multiples conséquences négatives aujourd’hui encore sur le continent africain mais aussi en Europe à travers la crise migratoire. Qu’est-ce que l’Occident a gagné dans cette guerre stupide que nous n’avions pas réfléchie autant qu’elle le méritait ?

Yémen, la « pire catastrophe humanitaire »

Il n’est pas plus besoin de s’arrêter sur l’aide logistique énorme fournie par l’Amérique à son grand allié saoudien3 pour écraser les rebelles houthis avec le succès que l’on sait4. Aujourd’hui, les Emirats arabes unis (EAU) prennent la poudre d’escampette, pour tenter d’échapper, un jour prochain qui sait, aux foudres de la Cour pénale internationale (CPI) en raison des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité (quelques peccadilles) commis dans cette « Arabie heureuse » par l’Arabie saoudite de MBS5. Pour sa part, la France éternelle n’est pas exempte de tout reproche dans cette sale guerre. Une fois n’est pas coutume, les Européens, Allemands en tête refusent de se laisser entraîner dans une improbable nouvelle coalition destinée à jouer les gendarmes du monde dans le détroit d’Ormuz comme le souhaitent les Américains pour punir les Iraniens6. Un sursaut de bon sens et d’orgueil de l’Europe est si rare pour être relevé. Il devrait se prolonger par une construction de sa puissance, condition de son autonomie stratégique. Mais, nous en sommes encore loin.

IRAK-SYRIE : LA FIN DE L’ÉTAT ISLAMIQUE

Après le temps de la guerre la fleur au fusil, vient le temps de la divine surprise, à savoir que la guerre n’aurait servi à rien en dépit des morts ayant donné leur vie pour la bonne cause. Mais, cela ne fait pas la une des grands quotidiens ou des actualités télévisées, ni même des réseaux prétendument sociaux.

La guerre la fleur au fusil

Dans la foulée des « révolutions arabes » au début de la deuxième décennie du XXIe siècle, l’EIIL s’empare d’une portion importante des territoires irakien et syrien pour y installer un califat, pour y faire régner une terreur sans précédent, pour s’accaparer des ressources pétrolières et financières, pour diffuser une propagande mortifère, pour semer la terreur dans la zone (en particulier contre les Kurdes et les Chrétiens) mais aussi en Europe (multiplication des attentats en particulier en France)… C’en est trop pour l’Amérique et ses fidèles affidés dont la France hollandaise et macronienne ! Il faut aller guerroyer pour bouter hors des villes et des campagnes la soldatesque de l’État islamique et ses nébuleuses bien aimées de Laurent Fabius obnubilé par le départ de Bachar Al Assad. Une fois encore, la bataille est rapidement remportée grâce à la supériorité technologique indiscutable occidentale. Les combattants, qui n’ont pas été éliminés, s’évaporent dans la nature. On les dit épuisés et peu désireux de reprendre le combat. Mais, c’est mal connaître les fanatiques de la région. Au début de l’année 2019, Américains, mais aussi nos Pieds Nickelés français (Macron-Parly-Le Drian), clament que la « bête immonde » a été vaincue. Alléluia ! Nous allons enfin pouvoir dormir sur nos deux oreilles. L’ordre occidental règne sur l’Orient compliqué en dépit d’une réinstallation de la Russie en Syrie. Comment en aurait-il pu être autrement tant nos élites sont certaines de leur fait ? La force l’a emporté contre le mal incarné par l’état islamique et sa folie destructrice. Tout va très bien dans le meilleur des mondes des bisounours que nous servent régulièrement nos perroquets à carte de presse qui sévissent quotidiennement sur les chaînes d’abrutissement en continu. Mais, patatras…

La divine-mauvaise surprise

Oh, surprise en ce début du mois d’août 2019, quelques informations aussi baroques qu’inquiétantes nous parviennent du Pentagone, une sorte d’usine à bobards. Tel Lazare, l’EIIL renaitrait de ses cendres, envisagerait de reprendre ses opérations militaires en Irak et en Syrie, de commettre quelques attentats en Europe pour bien démontrer qu’il n’a rien perdu de sa vigueur et de son audience en dépit de sa mise à l’écart des grands centres urbains. Dans la foulée, et comme un seul homme, la communauté du renseignement occidentale reprend les saintes écritures américaines en les psalmodiant à longueur de journée sur les chaînes d’abrutissement en continu. La peste islamiste pourrait de nouveau sévir dans nos villes et dans nos campagnes dès la rentrée de septembre. Qu’on se le dise ! Il est plus facile de gagner une bataille sur le terrain qu’une guerre idéologique.

Si nous comprenons bien, vérité de janvier ne serait plus vérité d’août ! Curieux. De deux choses l’une, soit la propagande officielle occidentale éhontée (pour une fois, les « fake news » ne viendraient pas ou plus du Kremlin) nous avait trompés en nous disant que la bataille contre l’EIIL avait été gagnée pour nous enfumer avec de bonnes paroles rassurantes, soit nos éminents stratèges avaient mal analysé la situation sur le terrain en dépit de leurs immenses capacités de renseignement, ce qui ne serait pas très glorieux pour la puissante Amérique. Dans tous les cas, tout ceci ne serait pas très rassurant en termes de garantie de notre sécurité. Le moins que l’on puisse dire est que la Syrie a été une défaite pour l’Occident dont les conséquences sont graves sur le plan mondial. Mais, en France, on préfère sanctionner le colonel Legrier qui a eu l’immense tort de dire ce qu’il pensait de l’alignement de la stratégie française sur celle des États-Unis en Irak et en Syrie que ceux qui encensaient Jupiter. Le militaire a dit la vérité, il doit être exécuté. Au passage, nous subissons les foudres de l’ONU pour renvoyer en Irak quelques illuminés7. La fessée est magistrale8. Décidément, le machin ne manquera pas de nous surprendre… en mal au moment même où il est incapable de s’acquitter de sa mission de maintien de la paix et de la sécurité internationales sur terre. Rôle qui serait d’autant plus opportun alors que les relations internationales sont basées sur la puissance. La force prime désormais le droit.

La suite au prochain numéro. C’est bien connu la puissante Amérique ne s’épanouit qu’en se trouvant de nouveaux ennemis que l’on va abattre définitivement sous le poids de bombes de plus en plus sophistiquées et intelligentes (« smart » pour les experts). C’est surtout bon pour les vendeurs d’armes qui n’ont rien à faire de la paix dans le monde9. Il lui a fallu de nombreuses années pour se remettre de la perte de l’ennemi héréditaire que fut l’Union soviétique après la chute du Mur de Berlin. Les terroristes ont fait et continuent de faire encore l’affaire. Mais, la liste s’est allongée depuis : Russie de nouveau, Chine qui découvre la fée sanction10 comme la Corée du nord et l’Iran punie d’avoir respecté ses engagements nucléaires souscrits dans l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, déchiré par Donald Trump. Tout va très bien, le lobby des armes a des arguments pour vendre des armes manu larga et se remplir les poches. Drôle de conception de la paix dans le monde que celle qui nous vient d’Outre-Atlantique ! Au passage, la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ainsi que les tensions artificielles dans le détroit d’Ormuz font monter les cours du baril de pétrole. Encore, une excellente occasion d’en tirer profit pour certains attirés par le lucre11.

« L’histoire se répète toujours deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce »12. Et, c’est bien ce que nous constatons aujourd’hui à propos de nos amis et alliés d’Outre-Atlantique. L’Amérique est décidément indécrottable. Elle galope d’échec militaire en échec militaire sans qu’elle n’en tire les conclusions qui s’imposent. En dehors de ses questions intérieures (et l’on peut en douter à l’aune d’affaires récentes de toutes natures13, en particulier les récentes tueries14), l’Amérique ne comprend rien au monde extérieur. Il lui est tout à fait étranger, pour ne pas dire totalement étranger. Les Américains ne comprennent rien au passé, au présent et encore moins à l’avenir. Rappelons que l’éternité est faite de trois dimensions, celle du passé, celle du présent, celle de l’avenir !

Les Américains estiment, à tort, que le monde va se plier à leurs désirs, à leurs exigences de cowboys, de shérifs du monde. Mais, cela ne fonctionne pas ainsi. Ce serait plutôt le contraire. Ils sont contraints de tirer les conséquences de leurs défaites en laissant des États au bord du chaos généralisé. Mais, ils ne sont pas spécialement adeptes du retour d’expérience (« retex » chez les militaires) pour éviter de reproduire les mêmes erreurs. Cela leur éviterait de graves déconvenues.
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Quand les Européens voudront-ils bien reconnaître que l’OTAN, c’est-à-dire les États-Unis, est une menace pour l’Europe parce qu’elle est un instrument de déresponsabilisation et un outil de maintien et de renaissance des tensions en Europe ?15 Ils e peuvent attendre la fin des divisions entre l’est et l’ouest pour agir. Mais, trêve de plaisanterie. L’honneur est sauf. L’Amérique est à l’Ouest géographiquement mais elle l’est aussi sur le plan géostratégique.

Guillaume Berlat
19 août 2019

1 Jacques Follorou, Afghanistan : les Américains pourraient partir fin 2020. Washington et les talibans sont engagés depuis onze mois à Doha dans des négociations de paix, Le Monde, 10 août 2019, p. 4.
2 Hélène Sallon, Yémen : des fissures dans le front antihoutistes, Le Monde, 13 août 2019, p. 3.
3 Renaud Girard, L’incroyable fiasco saoudien au Yémen, Le Figaro, 13 août 2019, p. 19.
4 Delphine Minoui, Yémen : le front anti-houthiste vole en éclats, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
5 Trump parrain de la bombe saoudienne ?, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
6 Norbert Röttgen, Dans la crise du détroit d’Ormuz, l’Europe doit se détacher des États-Unis, Le Monde, 11-12 août 2019, p. 27.
7 Inès Daif, L’ONU critique le traitement des djihadistes français, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
8 Allan Kaval/Hélène Sallon, Transfert des djihadistes : l’ONU interpelle Paris, Le Monde, 13 août 2019, p. 2.
9 Alain Joxe, Les guerres de l’empire global, éditions La Découverte, 2012.
10 Claude Angeli, Course à la guerre froide entre Pékin et Washington, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
11 Nabil Wakim, Le marché mondial de l’or noir au bord de la crise, Le Monde, 13 août 2019, p. 9
12 Régis Debray, L’Europe fantôme, Gallimard, 2019, p. 41.
13 Mathieu Bock-Côté, Les racines de la violence aux États-Unis, Le Figaro, 10-11 août 2019, p. 19.
14 États-Unis : plus de 250 tueries depuis janvier… Et Trump défend toujours les armés ricains !, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 1.
15 Général Desportes : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », Le Figaro, 25-26 mai 2019, p. 20.

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Rédacteur en chef : Richard Labévière
Rédaction: Michel Annequin, Jean-Claude Bainville, Bouchra Belguellil, Guillaume Berlat, Jacques-Marie Bourget,
Alain Chouet, Bernard Cornut, François Nicoullaud, Etienne Pellot, Bertrand Renouvin.


https://prochetmoyen-orient.ch/guerre-les-americains-sont-alouest/

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Harold MICHOUD 19 août 2019 Actualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussieSujets chaudsSyrie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors » (mercenaires), payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés suscitent les intérêts russes, il est de bon ton de se poser la question : le groupe Wagner, société militaire privée ou barbouzerie ?

Qu’est-ce que le Groupe Wagner ?

Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner
Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner

Le Corps Slave est une société militaire privée créée en 2013, officiellement basée en Argentine. En effet, la Russie interdit ce type d’entreprise. Cela n’empêche pas le groupe de ne comporter que des russophones dans ses rangs.  Le chef militaire de ces « contractors » et le fondateur du groupe se nomme Dimitri Outkine, il est un ancien dirigeant de la 2e brigade des forces spéciales du renseignement militaire russe, le GRU. Son surnom est Wagner, ce qui aurait donné le nom officieux du groupe. Wagner n’est pas un nom qui tient du hasard car il rend hommage au célèbre compositeur antisémite prussien. Cela pourrait démontrer une sympathie de cet ancien officier russe pour le IIIe Reich.

Cependant, le véritable mécène et dirigeant de ces combattants privés est le milliardaire Evguéni Prigojine via la société Evro Polis.

Pourquoi ce groupe aurait-il des liens avec le pouvoir russe ?

Tout d’abord, Evguéni Prigojine est connu sous le surnom de « cuisinier de Poutine ». Il a en effet servi le président russe à table. Le russe détient un petit empire de la restauration appelé Concord Catering qui est en charge des réceptions au Kremlin. Il est également connu défavorablement par les pays occidentaux comme étant le créateur des fameuses « usines à troll » qui pourraient influencer les élections européennes et américaines.

De plus, le groupe Wagner s’entraînait jusqu’en juin 2016 sur la base militaire de Molkino, une zone se situant dans la région de Krasnodar. Ce lieu abriterait également certaines unités de forces spéciales du GRU. Ces hommes se déploient dans des zones d’influence russe qui servent directement ou indirectement les intérêts du Kremlin.

Ukraine et guerre du Dombass : une aide non officielle de Moscou aux séparatistes

Le groupe Wagner aurait participé de manière informelle au conflit du Dombass, permettant ainsi à la Russie d’aider les séparatistes de la région face aux forces ukrainiennes, sans officialiser la présence russe dans la zone. Ce sont une partie des « bonhommes verts » aperçus par les journalistes étrangers. Cette intervention « militarisée », à défaut d’être officiellement militaire, permet de geler une situation profitable à Moscou tout en ne s’impliquant pas directement et officiellement au sol dans le conflit. Cette société militaire privée est donc fort utile au président russe Vladimir Poutine. C’est un moyen de ne pas déplorer de pertes officielles mais également de servir la politique étrangère russe.

Le groupe Wagner en Syrie

Le véritable coup de projecteur sur le groupe Wagner se fait en Syrie. C’est le cas notamment de la présence de 1600 contractors russes durant la bataille de Palmyre en 2016. Ils étaient présents au sol, au côté des troupes du régime syrien contre les djihadistes de l’organisation Etat Islamique. Le journal russe d’investigation RBK indiquait que ces forces de mercenaires travailleraient en partie pour le GRU. Cette raison expliquerait pourquoi Dimitri Outkine a été décoré lors de la journée nationale de héros pour son œuvre en Syrie en 2016.

Des accords juteux et extrêmement bénéfiques

Surtout, cela justifierait l’accord extrêmement intéressant conclu entre Evguéni Prigojine et le régime de Damas concernant les champs de gaz. Celui-ci peut en effet bénéficier de 25% des revenus des champs pétroliers récupérés par son groupe à Daesh. Le groupe se mettrait au service du GRU en échange d’accès aux ressources et à de juteux contrats d’exploitation. Alors que le pouvoir russe déplore très peu de pertes officielles en Syrie, près de 200 mercenaires auraient perdu la vie dans le pays. D’anciens soldats russes, vétérans de guerres d’Ukraine, de Tchétchénie servent donc de supplétifs aux forces militaires officielles.

Lien supplémentaire entre Evguéni Prigojine et Dimitri Outkine, ce dernier est depuis 2017 directeur général de Concord Management and Consulting, une entreprise détenu par Prigojine.

Wagner, groupe utile mais trop visible en Syrie

Une centaine de combattants du groupe seraient morts lors d’un raid aérien américain le 7 février 2018. Selon certains officiers militaires, le fait d’avoir des mercenaires en place en Syrie permet également de maintenir une guerre par procuration en Syrie. Et cela sans que cela ne déclenche une guerre ouverte en Etats-Unis, occidentaux et russes aux intérêts divergeant.

Devenus trop visibles sur ce théâtre d’opérations, ils furent assignés à protéger les champs gaziers et pétroliers récupérés à Daesh. Le groupe revenait ainsi à la fonction classique qu’une société militaire privée pouvait exercer. Mais le groupe Wagner est aussi présent sur d’autres théâtres d’intérêts russes.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41500-wagner-contractors-barbouzes

UN CLUB DE DISCUSSION AFRICAIN POUR OBSERVER LA LIBYE

UN CLUB DE DISCUSSION AFRICAIN POUR OBSERVER LA LIBYE

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Jeudi 1er août 2019 – 15h25

Le 2 août, le club de discussion africain se réunira régulièrement à Moscou. Le thème central de l’événement sera la situation en Libye.

Le Fonds de protection des valeurs nationales suit depuis longtemps la situation politique et socio-économique de ce pays africain.

Contrairement à la plupart des organisations étrangères, le Fonds n’interfère pas dans les affaires intérieures de la Libye. Le seul danger des recherches sociologiques menées par ses collaborateurs est que, grâce à eux, le secret devienne apparent.

En juin 2019, des spécialistes du Fonds de protection des valeurs nationales ont mené une enquête téléphonique formalisée en Libye. L’entrevue a été suivie par 1109 répondants. Lors de la construction de l’échantillon, le sexe, l’âge et la région de résidence des répondants ont été pris en compte.

Les données de recherche de la Fondation ont clairement montré que les dirigeants politiques du pays reconnus par l’ONU ne bénéficiaient pas du soutien des citoyens libyens. De leur côté, Khalif Haftar, commandant de l’armée nationale libyenne, et Seif al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, ont obtenu la cote de soutien la plus élevée.

Avec le début de l’opération antiterroriste, le rang du maréchal Khalifa Haftar a commencé à croître régulièrement. La note de Haftar est maintenant de 32,3%.

La note de Fayez Sarraj, président du Conseil présidentiel libyen, en mars 2019 était de 7,1%. Mais après les récents événements, il est tombé à 3%.

La note du président du Conseil suprême de l’Etat libyen, Khaled al-Mishri, n’est plus que 1%.

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://katehon.com/&prev=search

UNE NOUVELLE PHOTO MONTRE UN DRONE DE COMBAT ENTIÈREMENT ARMÉ DES ÉMIRATS ARABES UNIS AU-DESSUS DE LA LIBYE


#LIBYA Choix de l’éditeur 04.07.2019 – 600 vues    1 ( 1 votes)

UNE NOUVELLE PHOTO MONTRE UN DRONE DE COMBAT ENTIÈREMENT ARMÉ DES ÉMIRATS ARABES UNIS AU-DESSUS DE LA LIBYE

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Le 1er Juillet, Harry Boone , un observateur de la défense, a partagé une photo montrant un présumé, véhicule aérien de combat sans pilote complètement armé Emirats Arabes Unis (UCAV) volant au- dessus de la Libye.

Le drone de combat représenté sur la photo a été identifié comme étant le Wing Loong II du CAIG, qui a une endurance de plus de 20 heures. Les EAU étaient le client de lancement de l’UCAV chinois en 2017.View image on Twitter

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Harry Boone@towersight

…UAE’ Wing Loong over Libya ?957:03 PM – Jul 1, 201939 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

Le Wing Loong II peut transporter jusqu’à douze missiles guidés air-sol. L’UCAV sur la photo était armé de ce qui semble être huit missiles guidés LJ-7. Le LJ-7 est la version d’exportation du missile semi-actif HJ-10 à guidage laser. Le missile a une portée de 7 km et son ogive est capable de pénétrer 1 400 mm d’armure.

L’analyste Arnaud Delalande de Las April a   publié une enquête prouvant que les missiles LJ-7 étaient utilisés contre des forces fidèles au gouvernement libyen d’accord national (GNA). À l’époque, plusieurs observateurs ont émis l’hypothèse que les EAU étaient derrière les frappes aériennes.View image on Twitter

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Arnaud Delalande@Arn_Del

#Libya – Remains of Chinese made missiles found in Tripoli points to Wing Loongs airstrikes https://aerohisto.blogspot.com/2019/04/remains-of-chinese-made-missiles-found.html … #Tripoli #UAE #WingLoong1889:55 AM – Apr 29, 2019160 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

Les EAU sont largement présents dans la base aérienne d’Al-Khadim, dans l’ouest de la Libye. Un rapport de IHS Jane’s, publié il y a trois ans, a révélé que la base aérienne hébergeait six avions d’attaque légers IOMAX AT-802i BPA et de remise en service, deux hélicoptères Sikorsky UH-60 Black Hawk et deux derniers UCAVs Loong I \ II.

Une nouvelle photo montre un drone de combat entièrement armé des Émirats arabes unis au-dessus de la Libye

Cliquez pour voir l’image en taille réelle

La photo de Boone confirme que les UCAV Wing Loong II sont actifs en Libye. Bien qu’il n’y ait toujours aucune preuve confirmant que les EAU sont bien l’opérateur, cela reste le principal suspect.

Plus sur ce sujet:

Libye : La Turquie Menace De Cibler Directement Les Forces De Haftar

Libye :  La Turquie menace de cibler directement les forces de Haftar 25

Analysis

Libye : La Turquie Menace De Cibler Directement Les Forces De Haftar

Posted on 30/06/2019 AuthorStrategika51Comments(11)    4.7(645)

Très peu de temps après avoir menacé la Turquie de représailles après la perte de Gharyan, les forces de Khalifa Haftar ont commencé à cibler les intérêts turcs en Libye.

Sept ressortissants turcs ont été détenus et fortement maltraités par des éléments de l’Armée Nationale Libyenne (A.N.L) en Cyrénaïque.

Un drone de reconnaissance de l’Armée turque a été pris pour cible par les tirs de DCA de l’Armée Nationale Libyenne de Khalifa Haftar près de l’aéroport international de Mitiga à Tripoli.

Des milices de Haftar ont également tiré des obus en direction de navires cargo supposés appartenir à des armateurs turcs près des côtes libyennes.

Ankara a fortement réagi suite à la capture de ses ressortissants en Libye en lançant un ultimatum à Haftar.

Ankara a exigé la libération de ses ressortissants en Libye dans les délais les plus brefs sinon les forces et les milices armées du Maréchal Haftar seront des cibles légitimes des forces armées turques.

Une action militaire directe en Libye n’est plus à exclure.

https://strategika51.org/archives/64137

Guerre en Libye: «La France est clairement pro-Haftar, il n’y a pas de double jeu», Jalel Harchaoui

Libye, Armée nationale libyenne (ANL)

Guerre en Libye: «La France est clairement pro-Haftar, il n’y a pas de double jeu», Jalel Harchaoui

© AP Photo / Esam Omran Al-Fetori
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Louis Doutrebente
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La Libye connait-elle une guerre civile sans fin? Depuis deux mois, Haftar bute contre Tripoli et les négociations sont au point mort. Mais qu’en est-il concrètement sur le terrain? Quel rôle joue les pays du Golfe et la France dans ce conflit? Éclaircissements et explications avec le spécialiste de la Libye Jalel Harchaoui, reçu par Désalliances.

Que comprendre de cette troisième guerre civile en Libye? Depuis avril, le Maréchal Haftar attaque le gouvernement et les milices de Tripoli. Résultat: les morts s’accumulent, le nombre de déplacés augmente et le pays s’enlise dans une nouvelle crise. Si les forces locales sont multiples -et rendent donc les négociations compliquées-, l’implication et l’ingérence des pays du Golfe et des pays occidentaux éloignent les espoirs de paix en Libye.

Jalel Harchaoui, chercheur à l’institut des relations internationales de Clingendael aux Pays-Bas et spécialiste de la Libye dénonce les faux semblants de chaque acteur pour Désalliances. Après avoir rappelé le passé du Maréchal Haftar comme «seigneur de guerre», surnommé plutôt par nos médias «le nouvel homme fort de l’est», l’universitaire explique comment Haftar a construit sa légitimité à l’international et sa rhétorique de lutte contre le terrorisme.

Loin d’énoncer une vision simpliste et manichéenne du conflit, Jalel Harchaoui rappelle le jeu trouble des milices de Misrata et de Tripoli, en prise avec Haftar dans ce nouveau conflit.

En enfin, le spécialiste de la Libye explique le rôle souvent assez ambigu des puissances extérieures.

S’il approuve la configuration bipolaire entre les puissances régionales, Jalel Harchaoui nuance la confrontation entre wahhabites et fréristes et insiste lourdement sur la nuisance des Émirats arabes unis dans ce conflit.

Quant à la France, il dénonce un faux double discours. Pour lui, Macron poursuit ce que Hollande avait commencé: c’est-à-dire «soutenir le maréchal Haftar de manière ouverte» et s’accorder dans le futur avec un régime militaire autoritaire.

https://fr.sputniknews.com/international/201906171041452220-guerre-en-libye-la-france-est-clairement-pro-haftar-il-ny-a-pas-de-double-jeu-jalel-harchaoui/

Libye : Un Pont Aérien Et Maritime Turc Pour Soutenir Les Forces De Tripoli Contre Haftar

Analysis

Libye : Un Pont Aérien Et Maritime Turc Pour Soutenir Les Forces De Tripoli Contre Haftar

Exclusif pour Strategika51 Intelligence :

La Turquie a envoyé des dizaines de véhicules blindés en renfort à Tripoli pour venir en aide au gouvernement d’entente nationale de Fayez Sarraj dans sa guerre contre le gouvernement rival de Tobrouk et les forces du maréchal Haftar.

Les premiers véhicules blindés turcs sont arrivés à Tripoli et surtout Misrata par voie maritime.

Des avions cargo militaires turcse continuent à atterrir à l’aéroport international de Tripoli et il demeure à peu près certain que des “conseillers militaires” turcs assistent les forces du gouvernement de Tripoli.

Des informations concordantes mais non confirmés font état de la présence de volontaires turcs issues de l’organisation ultranationaliste “les Loups Gris” à Ghariane (Djebel Gharbi/Nord-Ouest) où les forces de Haftar viennent de subir de très lourdes pertes en hommes et en matériel.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar, qui ont pris la dénomination d’Armée Nationale Libyenne (ANL) ont juré d’écraser les renforts militaires turcs et de pousuivre l’opération “Al-Fath Al-Moubine” [La Conquête Éclatante] jusqu’à la “libération” de l’ensemble de la Tripolitaine.

Les forces ou plutôt les milices faiblement armées du gouvernement de Tripoli n’avaient quasiment aucune chance de l’emporter face aux forces de Haftar mais les renforts turcs semblent avoir radicalement changé la donne sur le terrain : le gouvernement de Sarraj, aux abois il y a un mois, a lancé l’opération “Burkane Al-Ghadab” ou [Volcan de la Colère], une contre-offensive destinée non seulement à repousser les forces de Haftar mais à reconquérir les champs pétrolifères du golfe de Syrte.

Ankara soutient militairement Misrata puisque ce sont les milices de ce port libre qui s’autoproclame “République de Misrata” et néanmoins allié au gouvernement d’entente de Tripoli contre les forces de Haftar et de Cyrénaïque qui a beneficié du plus grand nombre de blindés et d’armes turcs.

Des armes et des blindés legers fabriqués en Turquie sont embarqués à Samson depuis le nord de la Turquie à bord de navires arborant le pavillon moldave partant pour la Tripolitaine.

La venue de renforts militaires turcs en Tripolitaine signifie qu’un pays membre de l’OTAN (Alliance de l’Atlantique Nord) soutient activement et militairement un gouvernement contre un autre, rival, situé en Cyrénaïque soutenu par l’OTAN, les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, la France et la Russie.

Les relations entre Ankara et Le Caire sont franchement hostiles et extrêmement détériorées. La Turquie soutient le Qatar dans son conflit larvé avec Ryad et Abou Dhabi sur fond d’un conflit idéologique mettant aux prises les Frères Musulmans avec le Wahabisme mais également une lutte pour l’hégémonie stratégique régionale sur l’ensemble de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient).

https://strategika51.org/archives/63041?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=libye-un-pont-aerien-et-maritime-turc-pour-soutenir-les-forces-de-tripoli-contre-haftar

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Les rivalités entre les pays européens et ceux du Golfe se jouent en Libye, mais les intérêts du peuple sont bien loin des préoccupations des puissants
Cette capture d’écran d’une vidéo publiée le 16 avril par l’ANL montre des combattants qui avancent sur Tripoli (division de l’information de guerre de l’ANL/AFP)

La crise en Libye se caractérise par de multiples discours, chacun servant les intérêts d’un ou de plusieurs des nombreux acteurs en compétition sur le terrain pour les restes de l’ancienne Jamahiriya du colonel Mouammar Kadhafi.

Cependant, la dramatique réalité est un conflit déterminé presque exclusivement par des intérêts internationaux très éloignés de la société.

La Libye est particulièrement façonnée par la crise dans le Golfe : le Qatar, la Turquie et l’Italie s’opposent à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU), à l’Égypte et à la France – les États du Golfe étant les acteurs les plus importants.

Par conséquent, croire que l’Italie, la France ou l’Égypte sont les principaux acteurs extérieurs du conflit libyen est une grave erreur.

La crise économique mondiale a radicalement transformé les relations entre ces acteurs et les monarchies du Golfe, lesquelles constituent la principale source de financement des programmes industriels européens, faisant ainsi d’eux des alliés dociles et accommodants pour les politiques régionales les plus controversées.

La Libye est par ailleurs devenue le théâtre d’une guerre par procuration entre ces différents acteurs, les Saoudiens et les Émiratis soutenant Khalifa Haftar contre des groupes financés par le Qatar et qualifiés par le général de terroristes islamistes.

Renverser Kadhafi

En 2011, l’intervention du Qatar et de la France, qui ont transformé un soulèvement local spontané en un conflit de grande envergure, a déterminé l’effondrement du régime de Kadhafi.

Le Qatar a offert un soutien politique – et probablement financier – aux islamistes traditionnels dont les positions n’étaient pas hostiles envers les monarchies autoritaires du Golfe.

La faiblesse de la plupart des organisations politiques confessionnelles locales l’a toutefois conduit à se concentrer exclusivement sur les Frères musulmans, révélant ainsi les limites et les ambiguïtés idéologiques du groupe.

La France s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché de l’énergie et le secteur des infrastructures en Libye

La France, pour sa part, considérait la Libye principalement d’un point de vue économique, et s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché local de l’énergie et le secteur des infrastructures.

Le soutien initial de la France au Qatar en Libye a également répondu à la nécessité d’apaiser ses partenaires économiques dans le Golfe.

La chute de Kadhafi – obtenue grâce à une campagne de désinformation à grande échelle et à l’intervention de l’OTAN – a constitué à la fois un succès et un échec pour le Qatar, avec la résurgence des Frères musulmans, la colère des Émirats et le début d’une nouvelle phase de conflit.

Finalement, cela a conduit à la marginalisation du Qatar grâce au puissant soutien accordé à l’Égypte et au général Khalifa Haftar.

De cette polarisation, des discours contrastés et contradictoires ont émergé. D’un côté, la campagne de Haftar contre Tripoli s’est muée en bataille des forces laïques contre le terrorisme et le radicalisme islamique, tandis que de l’autre, il s’agissait d’un affrontement entre les forces révolutionnaires – celles qui avaient promu la révolte contre Kadhafi – et réactionnaires.

Le tissu de discours et d’accusations réciproques entre milices, tribus, partis et familles n’en est pas moins complexe.

La guerre par procuration du Golfe

La polarisation du conflit libyen a alimenté la fragmentation politique et territoriale. L’apogée de la confrontation est représentée par la dichotomie entre la vision politique du Qatar et celle des Émirats arabes unis, soutenus par l’Arabie saoudite. Immédiatement derrière cette dimension se trouvent les intérêts d’autres acteurs régionaux.

L’Italie, la Turquie, l’Algérie et la Tunisie soutiennent le Qatar, tandis que les Émirats arabes unis sont alignés avec l’Arabie saoudite, l’Égypte, la France et, pour des raisons différentes, la Russie. Il est plus difficile de définir le rôle des États-Unis, qui sont passés d’une position plus proche du Qatar sous l’administration Obama à une approche plus confuse et souvent changeante sous le président Donald Trump.

Le général Khalifa Haftar participe à une conférence sur la Libye à Paris, le 29 mai 2018 (AFP)

L’Italie tente de défendre ses intérêts énergétiques et infrastructurels en Libye, ainsi que son influence politique et son désir de limiter les migrations à travers cet État nord-africain.

La Tunisie, seul pays du Maghreb où survit une alliance politique associant forces laïques et islamiques, partage des préoccupations communes en matière de sécurité avec la Libye, le long de sa frontière sud.

Pour sa part, la Turquie a toujours manifesté son soutien à l’entité politique de Tripoli, à la fois en raison de la présence de forces islamistes, mais également en raison de réserves croissantes quant aux politiques régionales de Riyad et d’Abou Dabi.

L’Arabie saoudite n’a pas accordé une attention particulière à la Libye, se concentrant davantage sur le fait de repousser des Frères musulmans en Égypte. Riyad soutient les Émirats arabes unis en Libye davantage en raison de leur vision générale commune.

Menace existentielle

L’Égypte est le principal allié des EAU dans la crise en Libye, à la fois en raison de leur lutte commune contre les Frères musulmans et en raison d’inquiétudes stratégiques quant à la sécurité de la longue frontière occidentale entre l’Égypte et la Libye.

La prolifération de combattants armés dans le Sinaï constitue une menace existentielle pour le Caire et la possibilité d’un autre front de crise à l’ouest constitue un danger concret.

La France, pour sa part, considère la Libye à travers les multiples strates d’intérêts locaux liés à la production d’énergie et au développement des infrastructures, et d’opportunités régionales, grâce à l’apaisement de celles qui alimentent l’industrie française.

L’attitude de la Russie à l’égard de la Libye est plus fluide et plus incertaine, reposant sur un mélange d’opposition aux États-Unis et de volonté de se projeter davantage vers la Méditerranée.

Libye : une nouvelle année sanglante causée par l’ingérence occidentale

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Au niveau local, la Libye est divisée entre le Gouvernement d’union nationale (GNA) et la Chambre des représentants. Le contrôle du territoire libyen reste toutefois l’apanage d’un niveau inférieur, représenté par un grand nombre de milices territoriales dont la cohérence et l’orientation politique varient de l’une à l’autre.

Elles ne s’intéressent guère à la définition d’une solution collective au niveau national, mais se concentrent plutôt sur les intérêts locaux.

Haftar est le commandant de l’autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), qui, malgré son nom grandiose, est en réalité un groupe de milices très différentes en nombre, en capacité et en extraction politique. L’ANL comprend des unités militaires proches des anciens dirigeants de Kadhafi et des milices salafistes, ainsi que des groupes plus petits formés à la suite de la guerre civile de 2011.

Impasse militaire

Haftar peut compter sur le soutien – plutôt ambigu et souvent versatile – de certaines milices de Zintan, ainsi que de plusieurs mercenaires d’origine européenne, russe et de la région.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar

Ce n’est que récemment que le GNA a réussi à sceller une union formelle, mais extrêmement instable, des principales milices engagées dans la défense de Tripoli. La force de protection de Tripoli a repoussé l’attaque lancée récemment par Haftar. Le GNA est également soutenu par plusieurs milices de Misrata.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar qui, à la suite des réunions de réconciliation nationale à Ghadamès, a tenté d’assurer son propre leadership et l’appui de la communauté internationale, lançant un conflit sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

Cependant, faute d’un soutien matériel de leurs alliés du Golfe, les forces de Haftar ont subi des pertes considérables, ce qui a entraîné une impasse militaire sans solution immédiate.

– Nicola Pedde est le directeur de l’ISG-Institute for Global Studies, basé à Rome et à Bruxelles, un think tank indépendant sur le Moyen-Orient et l’Afrique. Il a travaillé pendant près de vingt ans en tant qu’analyste de la politique et la sécurité au Moyen-Orient pour le ministère italien de la Défense.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Nicola Pedde
Nicola Pedde is the Director of the Rome and Brussels based IGS-Institute for Global Studies, an independent think tank focusing on Middle East and Africa. He has worked for almost two decades as an analyst on Middle East politics and security for the Italian MoD.

Libye : les forces pro-Haftar disent avoir abattu un avion de l’armée loyale au GNA (IMAGES)

Libye : les forces pro-Haftar disent avoir abattu un avion de l’armée loyale au GNA (IMAGES)

Libye : les forces pro-Haftar disent avoir abattu un avion de l'armée loyale au GNA (IMAGES)© Esam Omran Al-Fetori Source: Reuters
Des éléments de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar (image d’illustration)

L’Armée nationale libyenne (ANL) a déclaré avoir abattu au sud de la capitale un avion de combat des forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli, ce 7 mai.

Les affrontements entre l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays qui a lancé le 4 avril une offensive sur la capitale libyenne, et les militaires du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, se poursuivent.

Selon un canal de communication de l’ANL ainsi que des témoins cités par l’agence Reuters, les forces pro-Haftar auraient abattu un avion de guerre de l’armée régulière.

Des habitants de Gharyan, à quelque 50 kilomètres au sud de Tripoli, ont rapporté à l’agence de presse avoir vu un avion être frappé. «L’avion a été abattu à al-Hira [à 10 km de Gharyan] et j’ai vu les troupes de l’ANL capturer le pilote», a ainsi déclaré un de ces témoins.

Les forces loyales au GNA n’ont pour l’instant pas commenté.

Un certain nombre de comptes Twitter ont relayé des photos présentées comme celles d’un panache de fumée s’élevant de l’avion qui aurait été abattu et de son supposé pilote. Selon ces internautes, celui-ci serait un mercenaire de nationalité étrangère et aurait été capturé par les forces pro-Haftar.

ATTENTION : LES IMAGES CI-DESSOUS PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITE

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Iliasse Sdiqui@iliasseSD

: GNA aircraft downed by LNA near Heera. LNA claims pilot is foreign national.

Voir les autres Tweets de Iliasse Sdiqui

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Matog Saleh

@MatogSaleh

More images showing the mercenary pilot who has been targeting and killing Libyans under the command of Sarraj and Bashagha.

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Il pourrait s’agir de photos diffusées par l’ANL.

Vidéo intégrée

Rebecca Rambar@RebeccaRambar

Vidéo diffusée par les d’ qui montrerait le pilote du jet abattu près de au dessus de au sud de .
L’avion serait un mirage F1ED des & le pilote du (à confirmer)

Voir les autres Tweets de Rebecca Rambar

La Libye est en proie à l’instabilité depuis l’intervention de l’OTAN ayant provoqué la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Depuis un mois, après une progression rapide, les troupes de l’ANL piétinent aux portes de Tripoli, bloquées par les forces loyales au GNA dont des groupes armés de la ville de Misrata.

Lire aussi : Situation humanitaire en Libye : l’ONU tire la sonnette d’alarme

https://francais.rt.com/international/61841-libye-forces-pro-haftar-disent-avoir-abattu-avion-armee-loyale-gna