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Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note

 

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La désinvolture de Laurent Fabius

La désinvolture de Laurent Fabius

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Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a accordé un entretien à Russia Today. Dans celui-ci, il révèle un entretien téléphonique avec son homologue français lors de l’« Opération Serval » au Mali, Laurent Fabius.

« La France voulait que son contingent au Mali obtienne l’approbation du Conseil de sécurité de l’Onu pour lutter contre cette menace terroriste. Laurent [Fabius] m’a appelé et m’a demandé de ne pas nous y opposer […] Mais il faut garder à l’esprit, lui ai-je dis, que vous allez réprimer les activités des gens que vous avez armés en Libye. Il a ri et m’a dit : « C’est la vie. » Et il faut dire quand-même que « c’est la vie » ce n’est pas de la politique. Évidemment, c’est le principe du deux poids, deux mesures », a déclaré Sergueï Lavrov.

http://www.voltairenet.org/article203585.html

Les Libyens veulent reprendre la main sur leurs investissements en Afrique

Finance

Les Libyens veulent reprendre la main sur leurs investissements en Afrique

Malgré le chaos politique et sécuritaire dans leur pays, les dirigeants officiels de la Libyan Investment Authority se démènent pour restructurer et redynamiser les actifs du fonds souverain sur le continent.

C’est le leitmotiv de Hassan Bouhadi depuis quelques mois : reprendre la main sur les nombreux investissements réalisés par le fonds souverain libyen en Afrique durant le règne de Mouammar Kadhafi et qui, depuis la chute de ce dernier, sont en souffrance ou repris par certains États. Nommé en octobre 2014 à la tête de la Libyan Investment Authority (LIA) par le gouvernement de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale mais dont le mandat a expiré le 20 octobre dernier, il est contesté par le gouvernement de Tripoli. Actuellement basé à Malte pour des raisons de sécurité, cet ingénieur formé à Londres est, selon son entourage, déterminé et prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour recouvrer les avoirs libyens.

Alors qu’une grande partie de l’ensemble des actifs détenus par la LIA, valorisés à 67 milliards de dollars (62,4 milliards d’euros), sont encore sous sanction, gelés par les Nations unies, les dirigeants du fonds assurent que ceux situés sur le continent sont toujours opérationnels. Les équipes de toutes ses filiales actives en Afrique sont ainsi mobilisées avec pour objectif de « revoir leur approche et de faire en sorte que leurs investissements soient gérés le plus efficacement possible », nous indique-t-on dans l’entourage de Hassan Bouhadi. Alors que la Libye semble plongée dans le chaos politique et sécuritaire, Jeune Afrique fait le point sur ce que deviennent les investissements de son fonds souverain sur le continent, dans quatre secteurs-clés.

Télécoms

C’est notamment dans ce secteur que la LIA a récemment mené l’offensive. En juillet, elle a lancé des actions contre quatre pays africains – le Rwanda, le Tchad, la Zambie et le Niger – qui ont nationalisé ses filiales dans les télécoms. « Des procédures sont en cours », nous confie sans plus de détails une source proche du dossier qui soutient que ces procédures ont été soit lancées auprès de la justice des pays concernés, soit ouvertes sous forme de programmes de règlement de contentieux.

D’après nos informations, au Niger, le différend porte sur la reprise de la Société nigérienne des télécommunications (Sonitel) par l’opérateur libyen LAP GreenN et pour laquelle un accord avait été conclu en janvier 2011. La Libye devait payer un bonus de 31 milliards de F CFA (environ 47,3 millions d’euros) au Niger dans les quarante-cinq jours suivant la signature de l’accord et mettre en place un programme d’investissement de 55 milliards de F CFA sur cinq ans.

Faisel Gergab, le président de LPTIC s’est rendu en Côte d’Ivoire pour régler une partie – 20 % – des dettes de l’opérateur, qui avoisinent en tout 9 milliards de F CFA

Mais, en février, le soulèvement contre le régime de Kadhafi a empêché la Libye de tenir ses engagements, obligeant le Niger à reprendre le contrôle de la société. « Aujourd’hui, les Libyens mettent en avant un cas de force majeure, comme le prévoit une clause de l’accord conclu en janvier 2011, pour réclamer la reprise de Sonitel », nous explique un conseiller à la présidence du Niger, qui avait participé aux négociations.

Depuis quelques mois, la LIA tente de relancer l’opérateur de téléphonie mobile LAP GreenN, aujourd’hui actif dans trois pays. En août, elle a ainsi cédé les actions détenues dans cette entreprise par sa filiale Libya Africa Investment Portfolio (LAP) à la Société libyenne des postes, des télécommunications et des technologies de l’information (LPTIC). Fin septembre, par exemple, Faisel Gergab, le président de LPTIC et par ailleurs membre du comité de direction de la LIA mené par Hassan Bouhadi, s’est rendu en Côte d’Ivoire pour régler une partie – 20 % – des dettes de l’opérateur, qui avoisinent en tout 9 milliards de F CFA.

LAP GreenN, qui, pénalisé par les troubles politiques en Libye, n’a pas pu passer à la 3G en Côte d’Ivoire, cherche ainsi à se mettre en règle vis-à-vis des autorités du pays. Son objectif : se donner toutes les chances de décrocher la quatrième licence globale pour laquelle l’État a lancé un appel d’offres.

Hôtellerie & immobilier

D’après nos informations, Hassan Bouhadi et son équipe ont mis en place un groupe de travail pour revoir les investissements de la LIA dans certains pays, comme la Tunisie, ou le fonds souverain détient des actifs dans le tourisme et l’immobilier. Sur le continent, c’est sans doute dans ces deux secteurs que la Libye de Kadhafi avait le plus investi via la Libyan Foreign Investment Company (Lafico), une autre filiale du fonds souverain.

Mais plus de quatre ans après la chute du dictateur, un nombre important de ces actifs connaissent des difficultés et de nombreux projets ont été gelés. Au Mali, autrefois considéré comme la principale terre d’accueil des investissements de Tripoli en Afrique subsaharienne, sur quatre établissements hôteliers libyens, seul l’hôtel de l’Amitié fonctionne aujourd’hui. Et ce grâce notamment à la Minusma, qui paie environ 800 000 millions de F CFA par mois pour y loger ses troupes.

J.A.

Et, au Togo, les autorités ont dû employer la manière forte pour reprendre le contrôle de l’hôtel du 2-Février, autrefois géré par Sofitel. Laico avait repris cet établissement en 2006 en transformant en actions un prêt de 15 millions de dollars accordé au gouvernement de ce pays quelques années plus tôt. Mais la filiale du fonds souverain libyen n’a pu respecter son engagement de rénover cet établissement de 36 étages et de relancer rapidement son exploitation. Les bouleversements en Libye et l’instabilité qui y règne depuis n’ont rien arrangé.

Après avoir confié une étude sur l’opportunité juridique de la manœuvre à des avocats locaux et français, le Togo fait voter une loi de nationalisation le 6 novembre 2014, qui prévoit néanmoins l’indemnisation des actionnaires libyens. Après des mois de négociations et parfois de descentes musclées des forces de l’ordre sur le site ou étaient installés les bureaux locaux de Laico, les deux parties trouvent finalement un accord. L’hôtel du 2-Février est aujourd’hui à 100 % la propriété de l’État togolais, qui a confié sa rénovation au groupe sud-africain ZPC. Et son exploitation – à partir de décembre – au mauricien Kalyan Hospitality Development Limited, sous la marque Radisson Blu.

La chute du régime Kadhafi et les changements politiques n’ont absolument rien changé à notre relation avec la LIA, indique Abdellatif Kabbaj

Désormais, la LIA semble miser davantage sur l’Afrique du Nord, où la situation est plus favorable. « Cinq de nos dix hôtels appartiennent au fonds souverain libyen, avec qui nous travaillons depuis 2009 dans le cadre d’un partenariat signé pour quinze ans, indique Abdellatif Kabbaj, président du groupe Kenzi Hotels, basé à Marrakech. La chute du régime Kadhafi et les changements politiques n’ont absolument rien changé à notre relation avec la LIA, qui consiste essentiellement à lui régler des loyers pour les établissements que nous gérons et dont elle est propriétaire. C’est la même équipe qui est en place depuis le début de notre collaboration. »

Énergie

Alors qu’une libéralisation des prix des produits pétroliers est en cours au Maroc, en Tunisie et au Sénégal, le fonds souverain libyen incite sa filiale OilLibya à se renforcer dans ces pays. Gérée depuis Dubaï, cette dernière est l’une des rares entreprises libyennes qui se portent plutôt bien sur le continent. Au Maroc, l’un de ses principaux marchés (elle y est quatrième en termes de part de marché), la société a vu ses revenus passer de 4 milliards de dirhams (environ 355,8 millions d’euros) au cours de l’année précédant la révolution libyenne à 6 milliards en 2014.

Autrefois dénommé Tamoil, le groupe de distribution de carburants a commencé ses activités hors de la Libye dans des pays limitrophes, le Tchad et le Niger, puis au Burkina Faso

Entièrement détenu par OilInvest Group (qui lui-même est une filiale de la LIA), OilLibya est dirigé par le Franco-Libyen Ibrahim Bugaighis. Et est aujourd’hui présent dans 18 pays sur le continent, où il compte 1 022 stations-service et emploie plus de 1 500 personnes. Autrefois dénommé Tamoil, le groupe de distribution de carburants a commencé ses activités hors de la Libye dans des pays limitrophes, le Tchad et le Niger, puis au Burkina Faso, avant de poursuivre sa croissance par des acquisitions. Il a ainsi racheté successivement, entre 2004 et 2008, les filiales de Shell au Niger, au Tchad, à Djibouti, en Éthiopie et au Soudan, et celles d’ExxonMobil au Niger, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Cameroun, au Kenya, en Tunisie et au Maroc.

Agriculture

Selon nos informations, dans le domaine de l’agriculture, l’Afrique du Nord semble être la priorité de Hassan Bouhadi et de ses équipes de la LIA. Et notamment l’Égypte, un des principaux exportateurs africains de fruits et légumes. La Libye y a fait des investissements dans ce secteur, en particulier dans l’une des plus grandes fermes du pays.

En Afrique subsaharienne, la plupart des projets sont en souffrance ou tout simplement abandonnés, comme le projet public-privé Malibya. Lancé en 2008 au Mali, il prévoyait l’aménagement, pour un coût d’environ 56 milliards de FCFA, de plus de 100 000 hectares de terres au sein des vastes périmètres rizicoles de l’Office du Niger, la rice belt malienne, située dans la région de Ségou, quatrième du pays.


 

Un fonds, deux patrons

Qui dirige vraiment le fonds souverain libyen ? La réponse à cette question est loin d’être évidente. À l’instar du pays lui-même, la Libyan Investment Authority est divisée entre deux patrons. Hassan Bouhadi, nommé par le gouvernement reconnu par la communauté internationale mais dont le mandat a expiré le 20 octobre, est certes le plus actif sur le front de la reprise du contrôle des investissements libyens à l’étranger. Mais sa légitimité est loin de faire l’unanimité.

Légitimité surtout contestée par Abdulmagid Breish, son rival, basé à Tripoli mais qui révendique son indépendance vis-à-vis du gouvernement qui y est installé. Cet ancien banquier, qui a travaillé à la Libyan Arab Foreign Bank et à l’Arab Banking Corporation, avait été nommé à la tête du fonds souverain en juin 2013, lorsque le pays avait un seul gouvernement. Mais accusé d’avoir collaboré avec le régime de Kadhafi, il affirme avoir choisi de se retirer de ses fonctions dans le soucis de respecter la loi sur l’isolation politique et administrative. Blanchi à la suite d’un procès en appel, il revendique ce poste depuis avril dernier.

En attendant que cette bataille des chefs soit résolue, les deux hommes ont accepté en juillet de mettre de côté leur différend et de donner la priorité aux intérêts du fonds libyen. Via leurs avocats respectifs, ils ont nommé BDO, le cabinet international d’audit et de conseil, en tant que récepteur et gestionnaire des dossiers litigieux du fonds souverain libyen concernant l’Europe.

En Afrique, les deux parties ne sont pas forcément d’accord. Tandis que Hassan Bouhari et ses équipes n’hésitent pas à engager des procès pour récupérer les actifs libyens, Mohsen Derregia, le patron de Libya Africa Investment Portfolio (LAP), proche de Abdulmagid Breish, soutient : « Une action en justice ne devrait pas être notre première approche. D’autant que dans certains cas les États nous ont restitué nos actifs après la révolution. »

Les conséquences néfastes de l’invasion de l’Afghanistan, de la Libye et de la Syrie sur l’Inde

Les conséquences néfastes de l’invasion de l’Afghanistan, de la Libye et de la Syrie sur l’Inde


Par Ekaterina Blinova – Le 5 août 2018 – Source Sputnik

Le terrorisme et les guerres civiles qui engloutissent l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord affectent sérieusement les intérêts stratégiques de l’Inde dans ces régions, selon Amrita Dhillon et Amit Sinha, deux observateurs des affaires internationales, qui ont expliqué à Sputnik comment les luttes armées en Syrie, en Libye et en Afghanistan ont nui à l’Inde et pourquoi New Delhi soutient Damas.

Les récents pourparlers entre les diplomates américains et les talibans « vont complètement à l’encontre de la politique de Washington de ne pas négocier avec les terroristes », a déclaré Amit Sinha, expert du Moyen-Orient et ancien consultant de l’Agence des Nations Unies pour les migrations.

« Parler aux représentants des talibans sera une erreur désastreuse de plus en ce qui concerne leur politique sur l’Afghanistan », a dit Sinha à Sputnik. « L’Inde soutient le gouvernement légitime de Kaboul et s’inquiète de l’ingérence d’Islamabad dans les politiques internes de Kaboul. Les talibans sont le seul allié du Pakistan parmi les acteurs politiques afghans. »

Le 25 juillet, le Wall Street Journal a annoncé qu’Alice Wells, sous-secrétaire adjointe pour l’Asie du Sud et centrale au département d’État américain, avait rencontré les représentants des talibans afghans au Qatar.

Les talibans afghans n’ont toujours pas été inclus dans la liste des organisations terroristes étrangères établie par Washington, bien que le département d’État américain ait catalogué son rejeton, Tehrik-e Taliban Pakistan (TTP), organisation terroriste en 2010. Quelques années plus tôt, en 2002, un décret exécutif avait qualifié les talibans d’ « entité terroriste mondiale spécialement désignée ».

Selon l’expert indien, le Pakistan continue d’offrir un refuge aux Talibans et à leur branche Haqqani au Pakistan :

« Islamabad a fourni du renseignement et de l’aide militaire aux deux groupes, ce qui a causé la mort de soldats américains et afghans et, surtout, de civils, et déstabilisé l’Afghanistan tout entier », a souligné l’ancien consultant de l’ONU. « Les États-Unis doivent s’opposer à Islamabad s’ils veulent éradiquer les groupes terroristes parrainés par le Pakistan et mettre fin à la guerre qui sévit depuis longtemps dans la région. »

New Delhi n’apprécie pas les manœuvres diplomatiques de Washington en Afghanistan et pour cause : Au cours des 17 dernières années, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont créé une « ceinture d’instabilité » qui s’étend de l’Asie centrale – toute proche de l’Inde – au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord, une région connue sous l’acronyme de MENA.

Selon Sinha, New Delhi attache une grande importance à la région MENA, mais la déstabilisation du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord a également touché l’Inde :

« Tout d’abord, pour New Delhi l’intérêt national, c’est l’intérêt de ses citoyens », a expliqué l’expert. « L’immense diaspora indienne fait du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord un État supplémentaire de l’Inde… Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont des régions où les diasporas indiennes étaient florissantes. Les Indiens d’outre-mer faisaient du commerce, mais les troubles en Libye et en Syrie ont fait disparaître de nombreux jobs ».

Il a souligné que Tripoli et New Delhi entretiennent depuis longtemps des liens politiques et économiques :

« Si nous regardons les chiffres, même pendant la récession mondiale, deux économies (l’Inde et la Libye) ont vu leurs échanges commerciaux quintupler, passant de 221 millions de dollars en 2006-07 à 1,1 milliard de dollars en 2010-11, mais cette crise les a ramenés à 130 millions de dollars pour l’exercice 2015-16 ».

Selon l’expert indien les sanctions américaines imposées aux gouvernements « indésirables » frappent généralement les citoyens ordinaires et les expatriés.

« Deuxièmement », a-t-il ajouté, « les aspirations de l’Inde en matière de sécurité nationale augmentent lorsqu’il s’agit de ce qu’elle considère comme son voisinage étendu, l’océan Indien y compris. Le Moyen-Orient est stratégiquement lié à l’Asie du Sud et à l’Inde en particulier. »

Il y a une autre raison pour New Delhi de garder un œil sur les affaires du Moyen-Orient : la sécurité énergétique.

« L’énergie est l’une des questions clés pour l’Inde au Moyen-Orient. Si l’on prend l’exemple du pétrole, les importations nettes de pétrole de New Delhi sont passées de 42 % en 1990 à environ 71 % en 2012. Cela incite New Delhi à accroître son influence et à éviter que la Chine n’ait un effet de levier sur sa sécurité énergétique dans la région », a souligné l’ancien consultant de l’ONU. « De l’approche proactive du gouvernement actuel, la politique indienne ‘Link West’ (avoir des liens avec l’ouest) est devenue ‘Think West’ (s’impliquer à l’ouest) ».

Dans le même temps, l’Inde continue de mener une politique étrangère souveraine, indépendante de la stratégie des puissances occidentales à l’étranger : « Malgré les sanctions américaines, l’Inde a choisi de ne pas s’incliner ; elle a montré l’exemple en poursuivant courageusement ses affaires avec la Syrie », a fait remarquer M. Sinha.

L’Inde est prête à aider Damas à reconstruire la Syrie

Amrita Dhillon, analyste en politique étrangère et fondatrice-rédactrice du magazine en ligne indien The Kootneeti, confirme ce que dit Sinha : « L’Inde et la Syrie sont étroitement liées et aucune force extérieure ne pourrait affaiblir la détermination de l’Inde à mener sa propre politique au Moyen-Orient ou ailleurs ».

« L’Inde est contre toute forme d’intervention étrangère en Syrie. Elle soutient pleinement la volonté syrienne de reconstruire le pays et se tient aux côtés de la communauté syrienne », a-t-elle dit à Sputnik. « Récemment, le Premier ministre indien Modi a annoncé 1 000 bourses d’études pour les ressortissants syriens. L’Inde va envoyer une délégation gouvernementale et commerciale de haut niveau à la 60e foire commerciale de Damas qui va bientôt ouvrir ses portes. L’Inde est impatiente de reconstruire la Syrie. »

Dhillon a rappelé que le 1er août, dans une allocution aux médias indiens, S.E. Riad Kamel Abbas, ambassadeur de Syrie en Inde, avait « loué l’enthousiasme de l’Inde pour reconstruire la Syrie ».

« Il y a une longue liste d’entreprises indiennes publiques et privées qui aideront à reconstruire la Syrie, dont BHEL, ONGC Videsh », a souligné l’analyste.

Les troubles en Syrie, qui s’inscrivent dans le vaste mouvement des printemps arabes, ont débuté en 2011 et se sont transformés en une guerre civile impliquant des acteurs régionaux et étrangers ainsi que divers acteurs non étatiques et des organisations terroristes. Les États-Unis se sont mêlés du conflit syrien en 2014, sans accord officiel du gouvernement légitime de la Syrie ni de l’ONU. En septembre 2015, la Russie est intervenue à la demande de Damas et a changé la donne de ce long conflit.

Plus tôt, en 2011, la Libye est tombée dans le chaos, suite à l’invasion de l’OTAN. Le pays est maintenant un État failli, avec deux gouvernements rivaux et des terroristes opérant sur le terrain.

L’invasion de l’Afghanistan par les États-Unis en 2001 s’est transformée en la plus longue guerre de l’histoire américaine. Le gouvernement afghan s’efforce toujours de rétablir la paix et l’ordre dans un pays déchiré par divers groupes terroristes, dont les talibans, Al-Qaïda, Daesh (ISIS/ISIL) 1 et leurs affiliés.

Amrita Dhillon est analyste en politique étrangère. Elle dirige la rédaction de The Kootneeti, une publication multilingue de New Delhi sur les relations internationales et la diplomatie qu’elle a créée.

Traduction : Dominique Muselet

Notes

  1. Daesh (ISIS/ISIL/IS/IS/EI), Al-Qaïda, Taliban – sont des organisations terroristes interdites en Russie

 

Pour la première fois depuis 2009, un navire italien ramène des migrants en Libye

 

Pour la première fois depuis 2009, un navire italien ramène des migrants en Libye

Par Leslie Carretero Dernière modification : 31/07/2018

Une embarcation de migrants secourue par un navire de ravitaillement italien a été renvoyée en Libye lundi 30 juillet. Le HCR a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête et s’inquiète d’une violation du droit international.

Lundi 30 juillet, un navire battant pavillon italien, l’Asso Ventotto, a ramené des migrants en Libye après les avoir secourus dans les eaux internationales – en 2012 déjà l’Italie a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour avoir reconduit en Libye des migrants secourus en pleine mer en 2009.

L’information a été donnée lundi soir sur Twitter par Oscar Camps, le fondateur de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, avant d’être reprise par Nicola Fratoianni, un député de la gauche italienne qui est actuellement à bord du bateau humanitaire espagnol qui sillonne en ce moment les côtes libyennes.

Selon le quotidien italien La Repubblica, 108 migrants à bord d’une embarcation de fortune ont été pris en charge en mer Méditerranée par l’Asso Ventotto lundi 30 juillet. L’équipage du navire de ravitaillement italien a alors contacté le MRCC à Rome – centre de coordination des secours maritimes – qui les a orienté vers le centre de commandement maritime libyen. La Libye leur a ensuite donné l’instruction de ramener les migrants au port de Tripoli.

>> À lire sur InfoMigrants : Sauvetages en mer : « Aujourd’hui, le risque pour les migrants d’être ramenés en Libye n’a jamais été aussi grand »

En effet depuis le 28 juin, sur décision européenne, la gestion des secours des migrants en mer Méditerranée dépend des autorités libyennes et non plus de l’Italie. Concrètement, cela signifie que les opérations de sauvetage menées dans la « SAR zone » – zone de recherche et de sauvetage au large de la Libye – sont désormais coordonnées par les Libyens, depuis Tripoli. Mais le porte-parole du Conseil de l’Europe a réaffirmé ces dernières semaines qu’ »aucun navire européen ne peut ramener des migrants en Libye car cela serait contraire à nos principes ».

Violation du droit international

La Libye ne peut être considérée comme un « port sûr » pour le débarquement des migrants. « C’est une violation du droit international qui stipule que les personnes sauvées en mer doivent être amenées dans un ‘port sûr’. Malgré ce que dit le gouvernement italien, les ports libyens ne peuvent être considérés comme tels », a déclaré sur Twitter le député Nicola Fratoianni. « Les migrants se sont vus refuser la possibilité de demander l’asile, ce qui constitue une violation des accords de Genève sur les sauvetages en mer », dit-il encore dans le quotidien italien La Stampa.

>> À lire sur InfoMigrants : Libye : détérioration des conditions de vie des migrants dans des centres de détention surpeuplés

Sur Facebook, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, nie toutes entraves au droit international. « La garde-côtière italienne n’a ni coordonné, ni participé à cette opération, comme l’a faussement déclarée une ONG et un député de gauche mal informé ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a de son côté annoncé mardi 31 juillet l’ouverture d’une enquête. « Nous recueillons toutes les informations nécessaires sur le cas du remorqueur italien Asso Ventotto qui aurait ramené en Libye 108 personnes sauvées en Méditerranée. La Libye n’est pas un ‘port sûr’ et cet acte pourrait constituer une violation du droit international », dit l’agence onusienne sur Twitter.

http://www.infomigrants.net/fr/post/10995/pour-la-premiere-fois-depuis-2009-un-navire-italien-ramene-des-migrants-en-libye

 

 

Federica Mogherini en visite à Tripoli. Une coopération ++ avec la Libye

Federica Mogherini en visite à Tripoli. Une coopération ++ avec la Libye

(B2) C’était sa première visite en Libye. En seulement quelques heures, samedi 14 juillet, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a multiplié les rencontres : avec le représentant spécial des Nations Unies, Ghassan Salamé, les représentants des agences des Nations-unies (OIM, HCR, PNUD, UNICEF) mais aussi des bénéficiaires des projets financés par l’UE. Le message est clair : « notre soutien va continuer encore plus dans les mois à venir »

Cette visite, non annoncée à l’avance, pour des raisons de sécurité, intervient quelques heures avant que les ministres des Affaires étrangères ne se penchent sur la Libye, lundi 16 juillet (lire : A l’agenda du Conseil des affaires étrangères (16 juillet 2018) (V3)). Mais aussi, et surtout, quelques jours après la visite du président du Parlement européen (également italien), qui a d’une certaine façon grillé la politesse à la Haute représentante en devenant l’un des premiers dirigeants de l’Union à aller sur place (lire : Le voyage de Tripoli de Tajani : priorité aux élections et à la lutte contre les passeurs).

L’Union européenne enfin présente à Tripoli 

La chef de la diplomatie européenne en a profité pour inaugurer les locaux de la délégation européenne dans la capitale libyenne. « Notre présence ici sera désormais plus régulière », assure Federica Mogherini, qui n’a pas manqué de souligner l’importance du pays pour l’Union. « Pour l’Union européenne, la Libye est un des plus proches voisins, et un pays ami. »

Et retour de la mission EUBAM Libya 

Ces mêmes locaux sont utilisés par la mission européenne d’assistance et de surveillance des frontières (EUBAM Libya) qui revient en Libye après avoir dû se cantonner en Tunisie quelques années (lire : La mission EUBAM Libya s’implante à Tripoli de façon plus permanente).

Focus sur le contrôle des frontières… 

Le contrôle des frontières a d’ailleurs été au cœur de la réunion entre Federica Mogherini et le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj. Il a été question « de la formation par l’UE des gardes-côtes libyens » grâce à l’opération Sophia et « de la coopération à travers l’EUBAM pour aider les autorités à gérer les frontières terrestres, particulièrement dans le sud ».

… la migration… 

Avec tous ses interlocuteurs, Federica Mogherini s’est félicitée des efforts pour « aider et protéger les réfugiés, les migrants et les personnes déplacées dans le pays, sauver des vies en mer et aider des milliers de personnes à retourner volontairement dans leur pays, tout en luttant contre la traite des êtres humains ». Elle a particulièrement pointé « le travail accompli » par la Task Force établie par l’Union européenne, l’Union africaine et l’ONU, « qui a permis le retour volontaire de 20 000 migrants irréguliers de Libye vers leur pays d’origine ». 

… mais des promesses dans nombres de domaines 

Outre l’immigration, plusieurs sujets ont été traités, notamment « de nouvelles initiatives dans le secteur de la santé, de l‘éducation, des médias, de la jeunesse, du soutien aux municipalités, de la gouvernance et de la sécurité ».  « Nous sommes le premier partenaire pour la Libye en ce qui concerne l’aide humanitaire et la coopération en matière de développement. »

(Leonor Hubaut)

Lire aussi :

Leonor Hubaut

© B2 – Bruxelles2 est un média en ligne français qui porte son centre d’intérêt sur l’Europe politique (pouvoirs, défense, politique étrangère, sécurité intérieure). Il suit et analyse les évolutions de la politique européenne, sans fard et sans concessions. Agréé par la CPPAP. Membre du SPIIL. Merci de citer « B2 » ou « Bruxelles2 » en cas de reprise Leonor Hubaut est journaliste. Diplômée en relations internationales de l’Université Libre de Bruxelles (mention mondialisation). Elle couvre pour B2 le travail du Parlement européen, les missions de la PSDC et les questions africaines. Spécialiste du Sahel.

 

 

 

Déclaration politique sur la Libye

Déclaration politique sur la Libye

| Paris (France)

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Déclaration conjointe de Fayez al-Sarraj, Aguila Saleh, Khalid Meshri, Khalifa Haftar

Rappelant l’engagement pris par la communauté internationale de soutenir la paix, la sécurité et la stabilité en Libye ;
Rappelant que la situation politique et sécuritaire actuelle en Libye est intenable ;
Rappelant l’appel vigoureux de tous les Libyens en faveur d’élections dignes de foi, ouvertes à tous et pacifiques ;
Conformément à l’Accord politique libyen (APL) du 17 décembre 2015 ;
Conformément à la feuille de route politique sans exclusive présentée aux Nations Unies le 20 septembre 2017 et entérinée par la communauté internationale,

Dans le contexte d’un processus mené par les Libyens et du plein engagement de toutes les parties libyennes intéressées, nous nous sommes engagés le 29 mai 2018 à Paris, sous les auspices des Nations Unies et en présence de représentants de la communauté internationale, à œuvrer de manière constructive avec les Nations Unies en vue d’organiser dès que faire se pourra des élections dignes de foi et pacifiques, et à en respecter les résultats lorsqu’elles auront eu lieu. Nous sommes, en outre, convenus des principes ci-après à l’appui des efforts déployés par les Nations Unies pour stabiliser la Libye :

I. Reconnaissance de l’importance que revêt l’élaboration d’une base constitutionnelle pour les élections et soutien au représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies (RSSG) dans le cadre de ses consultations auprès des autorités libyennes portant sur une proposition de constitution et sur le calendrier de son adoption. L’adoption de la constitution constituera une étape essentielle pour la souveraineté de la nation libyenne.

II. Accord sur l’organisation d’élections législatives ainsi que présidentielles, dans les conditions arrêtées par le RSSG, en concertation avec le Gouvernement d’entente nationale (GEN), la Chambre des députés, le Haut conseil d’État (HCE) et la Haute Commission électorale nationale (HCEN). Les parties se sont engagées à mettre en place leur base constitutionnelle pour les élections et à adopter les lois électorales nécessaires d’ici le 16 septembre 2018, ainsi qu’à tenir les élections parlementaires et présidentielles le 10 décembre 2018. Ces élections devront avoir été bien préparées avec l’ensemble des institutions libyennes afin de promouvoir l’objectif partagé de stabiliser et d’unifier la Libye.

III. S’engager solennellement à accepter les conditions applicables aux élections telles qu’énoncées dans l’exposé présenté le 21 mai au Conseil de sécurité des Nations Unies par le RSSG, notamment une nouvelle campagne d’inscription sur les listes électorales pendant une durée complémentaire qui sera déterminée par la haute commission nationnale électoralehaute en concertation avec les Nations Unies. Les dirigeants libyens s’engagent à accepter les résultats des élections et à veiller à ce qu’un financement approprié et des dispositions solides en matière de sécurité soient mis en place. Ceux qui enfreindront ou entraveront le processus électoral auront à en rendre compte.

IV. Accord en vue d’œuvrer de manière constructive avec les Nations Unies pour faire en sorte que les conditions requises en matières technique, législative, politique et de sécurité soient réunies pour des élections nationales, notamment l’adoption et la mise en œuvre de la législation électorale requise par la Chambre des députés conformément au calendrier adopté, et le mécanisme de concertation avec le Haut conseil d’État (HCE) convenu dans le cadre de l’APL.

V. Les forces de sécurité libyennes officielles, avec le soutien approprié et la coordination des Nations Unies ainsi que des organisations régionales et de la communauté internationale, seront chargées de garantir le processus électoral et l’exercice du droit de tous les Libyens d’exprimer pacifiquement et démocratiquement leur volonté quant à l’avenir de leur pays. Aucune obstruction ni ingérence dans le processus de vote ne sera tolérée et les personnes responsables auront à en rendre compte.

VI. Engagement d’améliorer le climat en vue des élections nationales par tous les moyens possibles, notamment en transférant le siège de la Chambre des députés conformément à la Déclaration constitutionnelle, et en oeuvrant à mettre un terme au dédoublement des institutions et structures gouvernementales à terme, et encourager la Chambre des députés et le HCE, à s’employer immédiatement à unifier la Banque centrale de Libye et d’autres institutions.

VII. Engagement de soutenir les efforts déployés par les Nations Unies pour mettre en place des institutions militaires et de sécurité professionnelles, responsables et unifiées, d’encourager le dialogue en cours au Caire et d’œuvrer de manière constructive en vue d’unifier les institutions militaires et de sécurité de Libye.

VIII. Accord en vue de participer à une conférence politique ouverte à tous afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la présente déclaration, sous les auspices des Nations Unies et conformément au calendrier et aux modalités arrêtés par le RSSG, de concert avec les institutions libyennes. Alors que les dirigeants libyens prennent ces engagements, la communauté internationale est unie dans son soutien à tous les Libyens qui œuvrent de manière constructive avec les Nations Unies en vue d’élections nationales dignes de foi, sûres et pacifiques, et aspirent à bâtir un avenir plus prospère pour le peuple de Libye grâce à des réformes appropriées et substantielles de leur modèle économique

http://www.voltairenet.org/article201341.html

Saïf el-Islam Kadhafi publie son programme

Saïf el-Islam Kadhafi publie son programme

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Alors qu’il n’existe plus aucune autorité politique légitime en Libye, quatre personnalités soutenues par les pays qui ont détruit l’État libyen, se sont engagées à tenir des élections législatives et présidentielle, le 10 décembre 2018 [1].

Les tribus, qui constituent la base de la société libyenne, se sont massivement prononcées pour la tenue de ces élections à la condition que les Kadhafistes puissent y participer ; ce que les Occidentaux veulent éviter à tout prix. C’est pourquoi la Cour pénale internationale, sur la seule base de coupures de la presse occidentale, l’accuse de crimes divers et maintient un mandat d’arrêt à son encontre.

Plusieurs études d’opinion montrent que le second fils de Mouamar Kadhafi, Saïf el-Islam Kadhafi, est de loin de leader le plus populaire dans le pays. Durant la Jamahiriya arabe libyenne, il représentait son père et avait montré de vraies capacités à négocier et à gouverner.

Saïf el-Islam Kadhafi vient de publier une brochure présentant sa démarche en vue de l’élection présidentielle.

Corruption avec la Libye : Société Générale va payer 500 millions d’euros au fisc américain et français

Corruption avec la Libye : Société Générale va payer 500 millions d’euros au fisc américain et français

>Économie|Le Parisien avec AFP| 04 juin 2018, 16h06 | MAJ : 04 juin 2018, 18h05 |14
La Société Générale a préféré payer une lourde amende plutôt que de risquer un procès en France. LP/Olivier Boitet

La banque entend ainsi éviter des procès en France et aux Etats-Unis.

Société Générale s’est engagée à payer 500 millions d’euros pour solder les litiges liés à ses transactions avec le fonds souverain libyen, selon un accord conclu avec les autorités judiciaires françaises et américaines dévoilé lundi.

Lors de l’audience de validation de la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) en France, qui permet à une entreprise de négocier une amende sans aller en procès ni passer par une procédure de «plaider coupable», Éliane Houlette, la procureure du parquet national financier, a relevé que les faits reprochés à la banque étaient susceptibles d’être qualifiés de « corruption d’agent public étranger ».

LIRE AUSSI >C’est quoi la CJIP ?

Cet accord met un terme au dossier pour ce qui concerne la personne morale qu’est la banque. Des personnes physiques sont cependant encore susceptibles d’être poursuivies. Société Générale a accepté de payer la même somme en France et aux États-Unis, soit 250 millions d’euros.

Des commissions illicites à un proche de Kadhafi

Il s’agit de la première CJIP « signée en accord avec le Department of Justice » américain, a souligné Éliane Houlette lors de l’audience.

La banque se voyait reprocher d’avoir versé des commissions illicites à un intermédiaire proche du régime de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi entre 2007 et 2009, afin d’obtenir des marchés auprès du fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA).

Le LIA, qui avait investi 1,5 milliard d’euros dans des obligations émises par la banque française, avait engagé des poursuites en 2014 à Londres. Il l’accusait de corruption et lui réclamait d’être dédommagé pour des pertes subies sur ces placements. Le fonds souverain reprochait aussi à Société Générale d’avoir versé au moins 58 millions de dollars de pots-de-vin à Leinada, une structure basée au Panama et dirigée par Walid Giahmi, un proche de Seif al-islam Kadhafi, fils du leader libyen.

Juste avant le procès civil à Londres, la banque avait versé 963 millions d’euros pour solder ce contentieux. En France, une enquête avait été ouverte par le PNF en novembre 2016. « Dix-huit mois d’enquête, c’est très peu », a relevé Éliane Houlette, soulignant la coopération de toutes les parties. Pour la banque, cette CJIP « s’est imposée comme la seule option constructive pour aboutir à un règlement conjoint des enquêtes », a fait valoir son avocate, Me Astrid Mignon Colombet.

http://www.leparisien.fr/economie/corruption-en-libye-societe-generale-va-payer-250-millions-d-euros-au-fisc-04-06-2018-7752381.php#xtor=RSS-1481423633

Migrations : une crise, des crises, quelle crise ?

Migrations : une crise, des crises, quelle crise ?

(B2) Entre sommets, mini-sommets et rencontres extraordinaires, c’est bien la dixième fois en trois ans que les leaders de l’Union européenne se retrouvent ce jeudi (28 mai) avec, sur leur table, un des dossiers les plus chauds : les migrations

Une crise qui n’est pas que politique, elle est réelle

Certes les chiffres ne sont plus aussi alarmants qu’en 2015 ou 2016, où l’Europe devait faire face à un pic d’environ 1,2 million de demandeurs d’asile. Mais la situation n’est pas réglée pour autant. La Grèce fait toujours face à des arrivées continuelles de migrants (environ 2000 par mois). En Italie, on n’est plus au chiffre de 15 ou 20.000 arrivées par mois comme en 2015. Le flux a diminué environ de 75% selon les dernières estimations. Il continue cependant à raison de quelques milliers par mois et il devrait s’accélérer durant ces semaines d’été où la mer est plus calme.

Une arrivée concentrée de navires toujours possible

Si la tendance actuelle se poursuit, on pourrait donc se retrouver certains jours avec une petite dizaine de bateaux lancés à partir des côtes libyennes, et plusieurs milliers de personnes à secourir dans le même temps. C’est le même principe : entre juin et août, le nombre d’arrivées double ou triple par rapport aux mois d’hiver. Une série de naufrages, avec plusieurs dizaines de morts n’est pas à exclure. A cela il faut ajouter que l’Italie est à bout de souffle. Avec près de 700.000 personnes recueillies en mer (678.298 très exactement selon le dernier chiffre OIM) depuis 2012, dont près des 2/3 par les navires des garde-côtes, de la Guardia di Finanza et de la marine italienne, l’effort n’est pas négligeable. Accueillir des dizaines de milliers de migrants ou de réfugiés n’est pas une aubaine.

Une politique de tête dans le sable

Dire qu’il y a une crise politique est donc plutôt réducteur, et trop facile. C’est, une nouvelle fois, se mettre la tête sous le sable. Oui, il y a une crise politique qui est latente, celle d’un lent repli sur soi, de petits nationalismes, mais elle n’a pas commencé au printemps 2018 avec l’arrivée au pouvoir de la Ligue du nord en Italie (article à suivre). Mais il y a aussi un vrai problème non pas tant de flux, mais de déséquilibre migratoire en Europe, de désorganisation du secours en mer, de la gestion et de la répartition des personnes récupérées ensuite, et d’un manque de solidarité patent. Et ceci ne date pas d’une dizaine de jours et d’un ou deux bateaux (Aquarius et Lifeline) laissés à la dérive. La réalité, honteuse, c’est qu’on a laissé l’Italie (et la Grèce) se dépatouiller tous seuls avec le problème. On peut ne pas être d’accord avec l’idéologie de Matteo Salvini. Mais l’impétueux ministre italien de l’Intérieur a une qualité : il a réussi à mettre les pieds dans le plat et a obligé les Européens à se pencher sur le problème. Il serait temps !

L’alarme donnée depuis quatre ans

Depuis plusieurs années, les différents dirigeants qui se sont succédé à Rome (qu’ils s’appellent Enrico Letta, Matteo Renzi, Paolo Gentiloni) ont sonné l’alarme et appelé à l’aide les Européens (Lire : Ne laissez pas l’Italie seule en Méditerranée (Letta)). Les Européens ont bougé mais à leur manière, lentement, sans se presser.

Les Italiens ont fait le job

L’Italie a pris en charge les secours dans le no man’s land — normalement la zone libyenne. Jusqu’à aujourd’hui, le centre MRCC de Rome a géré les appels, réparti les navires et coordonné tous les secours bien au-delà de sa zone légale de secours. Personne ne s’est jamais plaint. L’Italie est même allé au-delà de ses responsabilités en autorisant tous les navires à débarquer les rescapés ainsi récupérés. Il existe d’autres ports sûrs à proximité des côtes libyennes (en Tunisie notamment). Mais tout le monde trouvait cela bien, sans chercher à combler ce vide ou pallier les carences.

Une impéritie de quelques États

C’est cette impéritie, non pas des institutions européennes, qui ont plutôt bien fait leur travail, présenté des idées, des plans, des propositions (1), mais de l’ensemble des États européens qui fait qu’il y a crise aujourd’hui. Outre la solidarité naturelle qui devrait jouer entre tous les pays, deux pays en particulier ont une responsabilité particulière dans cette crise. La France et le Royaume-Uni notamment — ainsi que l’OTAN — ont joué en 2011 un jeu dangereux non pas vraiment dans l’intervention militaire (à ses débuts) mais dans sa poursuite et sa transformation dans un objectif de faire tomber le régime Kadhafi (2).

Quelles solutions mettre en place à court terme ?

Ce ne sont pas les plate-formes de débarquement ou autres hotspots qui vont résoudre la question.

Réagir dans les 24h ou 48h

La crise d’aujourd’hui mérite une réponse rapide non pas d’ici quelques semaines ou quelques mois, mais dans les 24 ou 48 heures qui viennent. Les navires vont continuer de partir de Libye ou de Tunisie, de déjouer les (éventuels) blocages des garde-côtes, et arriver au large. Il faudra bien alors venir en aide aux naufragés. Si ce ne sont les navires des ONG, ce seront (comme avant que les ONG arrivent) les navires marchands ou les navires de guerre qui croisent nombreux au large qui devront s’y coller. Droit de la mer oblige. Une règle de fer obligeant à répondre à tout SOS.

Avoir une structure de gestion de crise des navires

Actuellement, la répartition des responsabilités en cas de prise en charge d’un navire par l’Italie ou Malte se fait un peu au petit bonheur, au niveau politique, ou par les diplomaties directement entre elles. Il n’existe pas de structure dédiée à cette coordination et répartition européenne. On pourrait penser à Frontex pour être dotée de ce rôle. Mais des solutions provisoires peuvent être trouvées.

Renforcer le MRCC italien

La solution la plus simple et la plus rapide, c’est de renforcer le MRCC italien avec des officiers venant de différents pays et des agents en charge de l’asile pour permettre la coordination de l’accueil des navires et la répartition de leur ‘cargaison’ humaine. L’idée des plate-formes de débarquement (hors UE) ou des centres contrôlés (semi-fermés) dans l’Union européenne est une solution à moyen terme, pas une solution d’urgence.

Quelles solutions mettre en place à moyen terme ?

Le moyen terme ce n’est pas trois quatre ans mais plutôt dans les six prochains mois.

Soutenir les garde-côtes libyens

On ne peut pas se cacher les yeux. Il est nécessaire de remettre sur pied une force de garde-côtes bien dotée, bien payée. Cela nécessite de fournir les vedettes et bateaux demandés (une bonne dizaine), et de mettre en place un plan de formation plus important. Seuls 213 marins ont été formés. Ce n’est pas suffisant. Cela nécessite de former plusieurs centaines de personnes.

Mettre en place un MRCC à Tripoli ou en Libye

Il importe, si on veut avoir une zone de secours libyenne conséquente, d’avoir un centre de coordination des secours en mer, reconnu comme tel et doté de moyens conséquents. Une expertise européenne pourrait être bienvenue. NB : Un tel soutien avait été procuré au centre de gestion de crise en Égypte et dans le Golfe.

Conclure un accord avec les Tunisiens

Une bonne partie des flux (qui s’est monté à un cinquième récemment) arrive désormais de Tunisie, avec des Tunisiens. En cause sûrement la situation économique. Car il est difficile de considérer qu’il y a une situation générale impliquant un droit d’asile quasi-automatique (comme pour les Syriens). Il importe de mettre en place un accord avec Tunis, avec financements et soutiens matériels à la clé.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Pour essayer de mieux gérer les flux, la Commission a présenté en 2016 une réforme globale du système d’asile européen, mettant sur la table des législateurs européens plusieurs textes, parfois ambitieux. Elle a débloqué des financements, par l’intermédiaire de l’agence Frontex, permettant en quelque sorte de financer l’action en mer des Italiens. La Haute représentante a mis sur pied (avec certains États membres) une opération (EUNAVFOR Med Sophia) dont les résultats ne sont peut-être pas faramineux mais qui a le mérite d’exister. Etc.
  2. Les Européens et les Italiens avaient passé avec la Libye, sous l’impulsion de Romano Prodi, un accord assez semblable dans l’esprit avec celui passé avec la Turquie.
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Revue de presse nationale et internationale.

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