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Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Les rivalités entre les pays européens et ceux du Golfe se jouent en Libye, mais les intérêts du peuple sont bien loin des préoccupations des puissants
Cette capture d’écran d’une vidéo publiée le 16 avril par l’ANL montre des combattants qui avancent sur Tripoli (division de l’information de guerre de l’ANL/AFP)

La crise en Libye se caractérise par de multiples discours, chacun servant les intérêts d’un ou de plusieurs des nombreux acteurs en compétition sur le terrain pour les restes de l’ancienne Jamahiriya du colonel Mouammar Kadhafi.

Cependant, la dramatique réalité est un conflit déterminé presque exclusivement par des intérêts internationaux très éloignés de la société.

La Libye est particulièrement façonnée par la crise dans le Golfe : le Qatar, la Turquie et l’Italie s’opposent à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU), à l’Égypte et à la France – les États du Golfe étant les acteurs les plus importants.

Par conséquent, croire que l’Italie, la France ou l’Égypte sont les principaux acteurs extérieurs du conflit libyen est une grave erreur.

La crise économique mondiale a radicalement transformé les relations entre ces acteurs et les monarchies du Golfe, lesquelles constituent la principale source de financement des programmes industriels européens, faisant ainsi d’eux des alliés dociles et accommodants pour les politiques régionales les plus controversées.

La Libye est par ailleurs devenue le théâtre d’une guerre par procuration entre ces différents acteurs, les Saoudiens et les Émiratis soutenant Khalifa Haftar contre des groupes financés par le Qatar et qualifiés par le général de terroristes islamistes.

Renverser Kadhafi

En 2011, l’intervention du Qatar et de la France, qui ont transformé un soulèvement local spontané en un conflit de grande envergure, a déterminé l’effondrement du régime de Kadhafi.

Le Qatar a offert un soutien politique – et probablement financier – aux islamistes traditionnels dont les positions n’étaient pas hostiles envers les monarchies autoritaires du Golfe.

La faiblesse de la plupart des organisations politiques confessionnelles locales l’a toutefois conduit à se concentrer exclusivement sur les Frères musulmans, révélant ainsi les limites et les ambiguïtés idéologiques du groupe.

La France s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché de l’énergie et le secteur des infrastructures en Libye

La France, pour sa part, considérait la Libye principalement d’un point de vue économique, et s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché local de l’énergie et le secteur des infrastructures.

Le soutien initial de la France au Qatar en Libye a également répondu à la nécessité d’apaiser ses partenaires économiques dans le Golfe.

La chute de Kadhafi – obtenue grâce à une campagne de désinformation à grande échelle et à l’intervention de l’OTAN – a constitué à la fois un succès et un échec pour le Qatar, avec la résurgence des Frères musulmans, la colère des Émirats et le début d’une nouvelle phase de conflit.

Finalement, cela a conduit à la marginalisation du Qatar grâce au puissant soutien accordé à l’Égypte et au général Khalifa Haftar.

De cette polarisation, des discours contrastés et contradictoires ont émergé. D’un côté, la campagne de Haftar contre Tripoli s’est muée en bataille des forces laïques contre le terrorisme et le radicalisme islamique, tandis que de l’autre, il s’agissait d’un affrontement entre les forces révolutionnaires – celles qui avaient promu la révolte contre Kadhafi – et réactionnaires.

Le tissu de discours et d’accusations réciproques entre milices, tribus, partis et familles n’en est pas moins complexe.

La guerre par procuration du Golfe

La polarisation du conflit libyen a alimenté la fragmentation politique et territoriale. L’apogée de la confrontation est représentée par la dichotomie entre la vision politique du Qatar et celle des Émirats arabes unis, soutenus par l’Arabie saoudite. Immédiatement derrière cette dimension se trouvent les intérêts d’autres acteurs régionaux.

L’Italie, la Turquie, l’Algérie et la Tunisie soutiennent le Qatar, tandis que les Émirats arabes unis sont alignés avec l’Arabie saoudite, l’Égypte, la France et, pour des raisons différentes, la Russie. Il est plus difficile de définir le rôle des États-Unis, qui sont passés d’une position plus proche du Qatar sous l’administration Obama à une approche plus confuse et souvent changeante sous le président Donald Trump.

Le général Khalifa Haftar participe à une conférence sur la Libye à Paris, le 29 mai 2018 (AFP)

L’Italie tente de défendre ses intérêts énergétiques et infrastructurels en Libye, ainsi que son influence politique et son désir de limiter les migrations à travers cet État nord-africain.

La Tunisie, seul pays du Maghreb où survit une alliance politique associant forces laïques et islamiques, partage des préoccupations communes en matière de sécurité avec la Libye, le long de sa frontière sud.

Pour sa part, la Turquie a toujours manifesté son soutien à l’entité politique de Tripoli, à la fois en raison de la présence de forces islamistes, mais également en raison de réserves croissantes quant aux politiques régionales de Riyad et d’Abou Dabi.

L’Arabie saoudite n’a pas accordé une attention particulière à la Libye, se concentrant davantage sur le fait de repousser des Frères musulmans en Égypte. Riyad soutient les Émirats arabes unis en Libye davantage en raison de leur vision générale commune.

Menace existentielle

L’Égypte est le principal allié des EAU dans la crise en Libye, à la fois en raison de leur lutte commune contre les Frères musulmans et en raison d’inquiétudes stratégiques quant à la sécurité de la longue frontière occidentale entre l’Égypte et la Libye.

La prolifération de combattants armés dans le Sinaï constitue une menace existentielle pour le Caire et la possibilité d’un autre front de crise à l’ouest constitue un danger concret.

La France, pour sa part, considère la Libye à travers les multiples strates d’intérêts locaux liés à la production d’énergie et au développement des infrastructures, et d’opportunités régionales, grâce à l’apaisement de celles qui alimentent l’industrie française.

L’attitude de la Russie à l’égard de la Libye est plus fluide et plus incertaine, reposant sur un mélange d’opposition aux États-Unis et de volonté de se projeter davantage vers la Méditerranée.

Libye : une nouvelle année sanglante causée par l’ingérence occidentale

Lire

Au niveau local, la Libye est divisée entre le Gouvernement d’union nationale (GNA) et la Chambre des représentants. Le contrôle du territoire libyen reste toutefois l’apanage d’un niveau inférieur, représenté par un grand nombre de milices territoriales dont la cohérence et l’orientation politique varient de l’une à l’autre.

Elles ne s’intéressent guère à la définition d’une solution collective au niveau national, mais se concentrent plutôt sur les intérêts locaux.

Haftar est le commandant de l’autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), qui, malgré son nom grandiose, est en réalité un groupe de milices très différentes en nombre, en capacité et en extraction politique. L’ANL comprend des unités militaires proches des anciens dirigeants de Kadhafi et des milices salafistes, ainsi que des groupes plus petits formés à la suite de la guerre civile de 2011.

Impasse militaire

Haftar peut compter sur le soutien – plutôt ambigu et souvent versatile – de certaines milices de Zintan, ainsi que de plusieurs mercenaires d’origine européenne, russe et de la région.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar

Ce n’est que récemment que le GNA a réussi à sceller une union formelle, mais extrêmement instable, des principales milices engagées dans la défense de Tripoli. La force de protection de Tripoli a repoussé l’attaque lancée récemment par Haftar. Le GNA est également soutenu par plusieurs milices de Misrata.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar qui, à la suite des réunions de réconciliation nationale à Ghadamès, a tenté d’assurer son propre leadership et l’appui de la communauté internationale, lançant un conflit sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

Cependant, faute d’un soutien matériel de leurs alliés du Golfe, les forces de Haftar ont subi des pertes considérables, ce qui a entraîné une impasse militaire sans solution immédiate.

– Nicola Pedde est le directeur de l’ISG-Institute for Global Studies, basé à Rome et à Bruxelles, un think tank indépendant sur le Moyen-Orient et l’Afrique. Il a travaillé pendant près de vingt ans en tant qu’analyste de la politique et la sécurité au Moyen-Orient pour le ministère italien de la Défense.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Nicola Pedde
Nicola Pedde is the Director of the Rome and Brussels based IGS-Institute for Global Studies, an independent think tank focusing on Middle East and Africa. He has worked for almost two decades as an analyst on Middle East politics and security for the Italian MoD.
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Libye : les forces pro-Haftar disent avoir abattu un avion de l’armée loyale au GNA (IMAGES)

Libye : les forces pro-Haftar disent avoir abattu un avion de l’armée loyale au GNA (IMAGES)

Libye : les forces pro-Haftar disent avoir abattu un avion de l'armée loyale au GNA (IMAGES)© Esam Omran Al-Fetori Source: Reuters
Des éléments de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar (image d’illustration)

L’Armée nationale libyenne (ANL) a déclaré avoir abattu au sud de la capitale un avion de combat des forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli, ce 7 mai.

Les affrontements entre l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays qui a lancé le 4 avril une offensive sur la capitale libyenne, et les militaires du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, se poursuivent.

Selon un canal de communication de l’ANL ainsi que des témoins cités par l’agence Reuters, les forces pro-Haftar auraient abattu un avion de guerre de l’armée régulière.

Des habitants de Gharyan, à quelque 50 kilomètres au sud de Tripoli, ont rapporté à l’agence de presse avoir vu un avion être frappé. «L’avion a été abattu à al-Hira [à 10 km de Gharyan] et j’ai vu les troupes de l’ANL capturer le pilote», a ainsi déclaré un de ces témoins.

Les forces loyales au GNA n’ont pour l’instant pas commenté.

Un certain nombre de comptes Twitter ont relayé des photos présentées comme celles d’un panache de fumée s’élevant de l’avion qui aurait été abattu et de son supposé pilote. Selon ces internautes, celui-ci serait un mercenaire de nationalité étrangère et aurait été capturé par les forces pro-Haftar.

ATTENTION : LES IMAGES CI-DESSOUS PEUVENT HEURTER LA SENSIBILITE

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Iliasse Sdiqui@iliasseSD

: GNA aircraft downed by LNA near Heera. LNA claims pilot is foreign national.

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Matog Saleh

@MatogSaleh

More images showing the mercenary pilot who has been targeting and killing Libyans under the command of Sarraj and Bashagha.

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Il pourrait s’agir de photos diffusées par l’ANL.

Vidéo intégrée

Rebecca Rambar@RebeccaRambar

Vidéo diffusée par les d’ qui montrerait le pilote du jet abattu près de au dessus de au sud de .
L’avion serait un mirage F1ED des & le pilote du (à confirmer)

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La Libye est en proie à l’instabilité depuis l’intervention de l’OTAN ayant provoqué la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Depuis un mois, après une progression rapide, les troupes de l’ANL piétinent aux portes de Tripoli, bloquées par les forces loyales au GNA dont des groupes armés de la ville de Misrata.

Lire aussi : Situation humanitaire en Libye : l’ONU tire la sonnette d’alarme

https://francais.rt.com/international/61841-libye-forces-pro-haftar-disent-avoir-abattu-avion-armee-loyale-gna

J.-B. Pinatel : « Libye : les conditions d’une sortie de crise »

L’Egypte réagit aux crises libyenne et soudanaise

L’Egypte réagit aux crises libyenne et soudanaise

Le 23 avril dernier, deux sommets africains se sont tenus au Caire, concernant la situation en Libye et au Soudan. La place de l’Egypte semble effectivement singulière dans l’environnement régional.

Un îlot de stabilité en Afrique du nord-est ?

L’Egypte se perçoit actuellement comme le seul pays stable de son environnement africain immédiat. Sous la pression des manifestations, l’armée soudanaise n’arrive pas à nommer de chef d’Etat qui fasse consensus, l’opposition exigeant un gouvernement civil. Il est encore tôt pour présager de l’avenir politique du Soudan. À l’ouest, la situation libyenne est plus instable encore : le maréchal Haftar a lancé une offensive sur Tripoli contre le gouvernement Sarraj. Malgré les appels de l’ONU pour la paix, le conflit continue. Dans ce contexte, l’Egypte reste largement stable. Toute déstabilisation soudanaise ou libyenne de grande ampleur pourrait avoir des conséquences directes sur la situation intérieure égyptienne, comme des flux migratoires incontrôlés ou l’apparition de groupes armés transnationaux.

Pour le Caire, la pression est également interne. L’Egypte a connu sa révolution en 2011, et le pouvoir actuel est le fruit d’un coup d’Etat en 2013 mettant fin au gouvernement élu des Frères Musulmans. Le déficit de légitimité du pouvoir égyptien peut avoir un écho différent alors que les régimes militaires du Soudan et d’Algérie sont contestés. Il est donc important pour le Caire de répondre rapidement, notamment en rappelant l’impératif de sécurité et de stabilité. À ce titre, les réalisations égyptiennes sont impressionnantes : le nombre d’attentats terroristes a largement diminué ces dernières années. La guerre contre les groupes terroristes a porté ses fruits.

Une politique égyptienne qui s’inscrit dans un contexte arabe et africain

L’enjeu prend une ampleur régionale stratégique supplémentaire. Lorsque l’on suit les déclarations officielles du gouvernement égyptien, on voit de plus en plus d’appels à l’unité arabe. Par exemple, lundi 22 avril, le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouli rencontre l’Arab Federation of Exchanges(institution de coordination entre les bourses des pays arabes). Il déclare ensuite que les pays arabes doivent renforcer la coopération financière. L’Egypte se pense peut-être futur leader du monde arabe (ou veut se montrer en interne comme tel), ce qu’elle a été à la grande époque nassérienne. Cette analyse est trop prématurée pour être totalement prise au sérieux. Il est toutefois intéressant de rappeler que la Libye, comme le Soudan, sont membres de la Ligue Arabe.

D’un point de vue plus pragmatique, le Soudan d’Omar el Bechir s’est beaucoup rapproché de la Turquie d’Erdogan, grand ennemi du maréchal Al Sissi. La Turquie a notamment obtenu une base militaire en mer rouge, sur la presqu’île de Suakin. Outre la rivalité égypto-turque en mer rouge, la souveraineté d’Ankara sur Suakin peut être perçue comme une menace directe pour le Caire. Une réponse égyptienne est donc nécessaire, et le référent arabe peut avoir une certaine logique.

Toutefois, les sommets égyptiens restent avant tout africains : plusieurs pays d’Afrique ont été conviés, comme les Présidents tchadien ou sud-africain. L’Union africaine, présidée par l’Egypte cette année, est également attendue. Le Caire se concerte donc avec les autres pays, et avec les institutions locales, avant d’effectuer la moindre action. L’occasion de se positionner comme initiateur de solutions diplomatiques, et leader continental dans l’exercice de ses fonctions.

Le passif égyptien au Soudan

Plusieurs journalistes ou analystes soudanais pro-révolution ont manifesté sur Twitter leur colère contre le sommet égyptien. La révolution soudanaise s’est faite largement à l’ombre des média étrangers pendant plusieurs mois, de décembre 2018 à avril 2019. Les manifestants n’accepteront probablement aucune intervention étrangère post-révolution (ou en cours de révolution). De plus, l’Egypte d’Al Sissi n’est certainement par le symbole le plus apprécié des manifestants soudanais, pour deux raisons.

Tout d’abord, Al Sissi reste un militaire qui a mis fin au printemps égyptien. Les analystes soudanais ont ainsi rappelé tant son manque de légitimité que ses actions « criminelles » et anti-démocratiques. Ensuite, au XIXème siècle, l’Egypte ottomane a conquis et annexé le Soudan. Lorsque l’Egypte devient indépendante en 1922, elle co-administre le Soudan avec le Royaume-Uni. Après la révolution égyptienne de 1952, la question soudanaise se repose, l’indépendance n’étant finalement acceptée qu’en 1956. Toute intervention égyptienne dans les affaires soudanaises risque donc d’être perçue comme « néo-coloniale ».

Bibliographie

Anne-Claire de Gayffier-Bonneville, Histoire de l’Egypte moderne : L’éveil d’une nation, 2016

Marc Lavergne, Le Soudan contemporain, 1989

Eddie Rabeyrin., La Turquie de retour sur la mer Rouge, Le Monde, 17 Janvier 2018

Prime Minister Of Egypt Meets With The Arab Federation Of Exchanges Chairman And Members – Madbouli Stresses On The Importance Of Strengthening Coordination And Integration Between The Arab Exchanges In Light Of The Pivotal Role Played By Financial Markets In The Global Economy, Mondo Visione, 22 Avril 2019

About Thomas CIBOULET

SITUATION MILITAIRE EN LIBYE LE 27 AVRIL 2019 (CARTE MISE À JOUR)

SITUATION MILITAIRE EN LIBYE LE 27 AVRIL 2019 (CARTE MISE À JOUR)

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  • Les affrontements entre l’armée nationale libyenne (LNA) et les forces fidèles au gouvernement d’Accord national (GNA) se poursuivent dans la région d’Al Hira. Les deux parties mènent des opérations offensives;
  • Selon des sources locales, un nouveau lot d’équipements, comprenant des munitions, des armes et des missiles de haute précision en provenance d’Italie, serait arrivé à Misrata. Le matériel a été livré pour soutenir les forces de la GNA;
  • Selon Al Jazeera, une frégate française a atteint le terminal pétrolier de Ras Lanuf le 25 avril avec des munitions et du matériel militaire pour l’armée nationale libyenne;
  • Des sources pro-LNA affirment que les forces du GNA à Tripoli sont soutenues par des mercenaires étrangers.

Military Situation In Libya On April 27, 2019 (Map Update)

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En Libye, la France mise en cause pour son soutien à Haftar

En Libye, la France mise en cause pour son soutien à Haftar

Plusieurs indices laissent penser que la France, malgré ses démentis, est bien impliquée aux côtés de Khalifa Haftar dans son offensive en Libye
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (à droite), accueille le maréchal Khalifa Haftar, officier de l’Armée nationale libyenne, à l’Élysée, à Paris, le 29 mai 2018, à l’occasion d’une conférence internationale sur la Libye (AFP)

Et si l’offensive de Khalifa Haftar sur Tripoli n’était pas seulement le fait de la stratégie militaire du maréchal autoproclamé de 75 ans ?

Ce qui a débuté le 16 janvier dernier comme une reconnaissance en force des troupes de l’Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par Haftar vers l’oasis clé de Sebha, dans le sud libyen, s’est transformé en une conquête du pays.

Une conquête qui ne se fait pas sans alliés : les Émirats arabes unis (EAU), qui disposent d’une base aérienne à l’est de Benghazi servant à appuyer l’avancée des troupes au sol par des bombardements, et l’Égypte qui a officiellement offert une vingtaine de chasseurs à Haftar et transformé la base de Marsa Matruh à l’ouest de l’Égypte en centre de convalescence pour les blessés et point d’entrée des armes destinées au maréchal.

Mais plusieurs indices laissent penser que la France aussi joue un rôle important à ses côtés. Le début de l’offensive en janvier a en tout cas été une aubaine pour Paris et N’Djaména pour débarrasser Idriss Déby de la rébellion toboue qui se servait de Sebha et de la bande d’Aozou, dans le sud libyen, comme base arrière pour leurs actions au Tchad.

Les 5 et 6 février, des Mirages 2000 de l’Armée de l’air française attaquent et détruisent une colonne de véhicules de l‘Union des forces de la résistance, un groupe armé qui avait déjà tenté de prendre le pouvoir au Tchad en 2008. Ce groupe, qui fuyait les combats de Sebha, se dirigeait vers le Tchad et représentait, pour l’ANL, le gros de l’opposition armée dans son avancée dans le sud.

État-Major Armées

@EtatMajorFR

Du 03 au 06 février les forces armées françaises ont engagé des Mirage 2000D, un drone Reaper et des ravitailleurs C135, afin d’intervenir au Nord-Est du Tchad en coordination avec l’armée tchadienne pour contrer l’incursion d’une colonne lourdement armée http://bit.ly/5fev19 

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Cette action avait été précédée de rumeurs sur la présence de commandos de reconnaissance français près de Sebha, pour évaluer et orienter l’attaque de l’ANL.

Depuis et avec l’avancée sur Tripoli, les choses semblent s’intensifier.

Une source militaire a révélé au journal en ligne Arabi21 la présence de « consultants » français à Garyan, à environ 75 kilomètres de la capitale libyenne. Selon la même source, ces experts assisteraient les forces de Haftar dans leur encerclement de Tripoli et utiliseraient des drones.

Largage de faux parachutistes

Une des traces de la technique française serait le largage de faux parachutistes, en réalité des mannequins, par les forces de Haftar afin d’attirer les milices qui protègent la capitale à l’opposé de l’endroit qu’elles comptaient attaquer.

Andrei Frolov, analyste du think thank russe CAST et rédacteur en chef de la revue Moscow Defense Brief, confirme à Middle East Eye qu’il s’agit d’« une tactique typiquement française qui aurait été utilisée dans le Sahel ».

Mardi à Tripoli, quelques dizaines de manifestants, dont plusieurs portant des gilets jaunes, ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de « soutien » de la France au maréchal Haftar.

Middle East Eye Fr

@MiddleEastEyeFr

Quelques dizaines de manifestants, dont plusieurs portant des gilets jaunes, ont dénoncé mardi à Tripoli ce qu’ils ont qualifié de « soutien » de la France au maréchal Haftar, dont les hommes mènent une offensive contre la capitale libyenne

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« La France doit cesser de soutenir le rebelle Haftar en Libye », « la France fournit des armes aux rebelles pour le pétrole », pouvait-on lire en français sur des pancartes brandies par les manifestants.

Rassemblés sur la place d’Alger, au cœur de la capitale, les manifestants ont appelé à rompre les relations diplomatiques avec les pays qui « appuient l’agression », en référence à l’offensive du maréchal Haftar. Ils ont encore estimé que le soutien du pays à Haftar « peut être considéré comme une déclaration de guerre » à la Libye.

Vendredi dernier, lors d’une manifestation contre l’attaque de Haftar, des slogans contre le gouvernement français avaient déjà fusé.

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

Lire

Considérée comme un des appuis du maréchal Haftar, au même titre que l’Égypte ou les Émirats arabes unis, la France a cependant démenti avoir soutenu son offensive sur Tripoli.

Le 8 avril, une source diplomatique française avait indiqué à Reuters que Paris n’avait aucun « plan caché » pour mettre au pouvoir Haftar, auquel elle « ne reconnaîtra aucune légitimité » s’il prenait le contrôle de Tripoli par les armes.

Mais les partisans du Gouvernement d’union nationale (GNA), formé sous l’égide des Nations unies et dirigé par Fayez el-Sarraj, accusent Paris de bloquer notamment des résolutions condamnant l’offensive au Conseil de sécurité de l’ONU ou à l’Union européenne.

« Il y a des divergences dans la position européenne, en raison du différend entre la France et l’Italie », a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères du GNA, Mohamad Tahar Siala, alors que Rome affiche clairement son soutien au gouvernement de Sarraj.

Paris est accusé par Tripoli de relayer la rhétorique de l’ANL, qui justifie son attaque par le fait qu’elle cherche à combattre les « terroristes » dans la capitale libyenne, selon une source gouvernementale qui a requis l’anonymat.

https://www.middleeasteye.net/fr/news/en-libye-la-france-mise-en-cause-pour-son-soutien-haftar

Libye : Des Agents Français Et Européens Armés Fuient La Tripolitaine Ou Comment Les Rats Quittent Le Navire

Analysis

Libye : Des Agents Français Et Européens Armés Fuient La Tripolitaine Ou Comment Les Rats Quittent Le Navire

La Tunisie a arrêté deux groupes armés de mercenaires européens armés fuyant la Libye dont un groupe de français portant des passeports diplomatiques et des armes de guerre.

Selon le ministère tunisien de la défense, le premier commando, composé de 11 personnes de différentes nationalités européennes dont des Allemands, a tenté de franchir la frontière maritime, dimanche 14 avril 2019, via des zodiacs. Tous ses membres ont été arrêtés à Djerba.

Il s’agissait d’une opération d’exfiltration commando classique.

Le second groupe est composé de 13 Français armés et dotés de matériel de communication cryptée. Ces derniers ont été arrêtes à bord de voitures à immatriculation spéciale (couleur rouge donc diplomatique) en provenance de Libye.

L’ambassade de France en Tunisie gérée par la DGSE, a tenté très maladroitement de maquiller les fait et les présenter comme un simple déplacement de diplomates à Ben Guerdane…avec des soudards tatoués armés de fusils de sniper, des charges d’explosifs C4 et des grenades ! La version ne passe pas du tout.

En réalité, après le retrait des forces US près de Tripoli, les agents de subversion/sabotage français et est-européens n’avaient plus d’autre marge de manoeuvre que de fuir la Libye vers la Tunisie.

Pour le journaliste libyen Abdallah El-Kebir, spécialisé dans les questions de défense, le groupe français ne faisait pas pas partie du dispositif de la sécurité de l’ambassade de France en Libye mais assurait le soutien technique aux troupes du maréchal Haftar à Ghariane où est basé un centre d’écoute géré par la DGSE.

Tripoli fut hier la cible d’un pilonnage aux roquettes ayant causé beaucoup de morts parmi les civils tandis que les forces du Maréchal Khalifa Haftar continuent leur avancée vers Tripoli pour y déloger le Gouvernement d’entente nationale dirigé par Fayez Al-Serraj. Ces combats auxquels participent des dizaines de milices soutenus par des avions de combat de location provoquent la fuite des militaires, mercenaires et agents occidentaux de la Tripolitaine.

Pour un analyste libyen représentant un cabinet de gestion du risque Allemand (une devanture pour une antenne d’observation) la Libye est un Eldorado petrolier, le premier pays pétrolier d’Afrique, dans lequel tous les pays occidentaux tentent d’y avoir des miettes mais il semble que les rats quittent le navire, échaudés par le précédent de l’assaut sanglant contre le consulat US de Benghazi en 2012 mais egalement par la violence des combats en cours autour de Tripoli.

https://strategika51.org/archives/62497

Les équipes d’EUBAM Libya ont quitté la Libye

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

Les équipes d’EUBAM Libya ont quitté la Libye

En Libye aussi, seule la victoire militaire est décisive !

En Libye aussi, seule la victoire militaire est décisive !

A nouveau, les combats reprennent en Libye, et comme d’habitude, l’ONU affirme qu’il ne peut y avoir de solution militaire, mais seulement une solution politique. La plupart du temps, la solution politique intervient néanmoins après la victoire militaire de l’un des camps en présence, malgré le ballet diplomatique déployé pour trouver un accord, et parfois en le déchirant sans vergogne, une fois signé. C’est ainsi que les communistes du Nord-Vietnam avaient annexé le sud après le départ des Américains, en dépit des Accords de Paris, signés le 21 Janvier 1973, qui avaient permis à la mascarade annuelle du Prix Nobel de la Paix de récompenser les signataires, Henry Kissinger et Le Duc Tho. Dès 1975, la dictature communiste d’Hanoï, qui avait obtenu le retrait des Américains, et avait laissé des troupes au Sud-Vietnam, reprenait l’offensive, facilitée par les difficultés intérieures aux Etats-Unis à la suite du Watergate. Elle s’emparait de la totalité du pays, provoquant l’exode des « boat-people », de vrais réfugiés, ceux-là, dont 250 000 moururent en mer, tandis que nos crétins d’intellectuels « français », mais surtout gauchistes, se réjouissaient de la « libération » de Saïgon. Le Congrès américain avait refusé d’aider les soldats sud-vietnamiens que les Etats-Unis avaient formés et équipés et qui, pour beaucoup, se sont défendus avec courage, sont morts, ou ont subi une longue captivité. La lâcheté et la sinuosité du comportement international des démocraties sont hélas une constante de l’histoire, comme le sont aussi la détermination et, souvent, l’efficacité des dictatures et autres régimes autoritaires. Certes, il y a des exceptions heureuses, comme la réponse de Mme Thatcher aux militaires argentins, lors de la guerre des Malouines en 1982. Un des rares chefs de gouvernement ou d’Etat démocratiques à faire preuve de volonté et de rigueur, avait gagné la guerre, gardé les territoires britanniques… et fait tomber une dictature. Bien sûr, les Nations Unies, divisées entre le colonisateur et la dictature de droite, avaient inutilement appelé à la concertation…

Le Nobel norvégien a encore fait plus fort en auréolant Barack Obama, dès 2009, sur ses bonnes intentions. Dix ans plus tard, son retrait des troupes américaines d’Irak, son discours pro-islamiste du Caire, et son soutien au prétendu printemps arabe laissent le champ de ruines, les monceaux de cadavres, la multiplication des métastases terroristes et l’éclatement des territoires que sa politique criminelle d’indécision et de choix funestes a provoqués. Parmi ses victimes figure la Libye : lors du vent de révolte contre les dictatures militaires arabes, le colonel Mouammar Kadhafi avait été renversé, après huit mois de « guerre civile ». Les Occidentaux avaient aidé directement les rebelles, les médias des grandes démocraties avaient désinformé l’opinion avec enthousiasme, et chacun avait applaudi lors du massacre bien peu glorieux du « tyran ». Celui-ci n’avait pas été contesté par un peuple qui n’existe pas. Il tenait d’une main de fer une mosaïque tribale prête à éclater entre Arabes et Berbères de l’Ouest et de l’Est, eux-mêmes répartis en tribus rivales, Banu Slim, Megarha, Warfala, etc… et évidemment, Kadhafa. S’y ajoutent les Touaregs et les Toubous du sud. Comme dans les autres pays arabes, la révolte populaire apparente a masqué la tentative des islamistes, et notamment des Frères Musulmans, de s’emparer du pouvoir. L’opération avait donc le soutien primordial du Qatar et de la Turquie, comme en Syrie. Les Occidentaux, et la France de Sarkozy, avaient été les mercenaires dévoués et naïfs, mais pas forcément désintéressés de la manoeuvre qui avait écrasé le régime. L’ineffable BHL en avait été le grotesque chantre. Après la chute et l’assassinat du despote, la Libye a explosé en laissant percer sa réalité : une myriade de milices tribales, locales, ou islamistes, jalouses les unes des autres, et puissamment armées par les Occidentaux et les commanditaires arabes ou turcs du renversement du régime. Peu à peu, la situation s’est clarifiée pour faire apparaître deux forces : à l’est, l’Armée Nationale Libyenne du Maréchal Khalifa Haftar, ancien officier de Kadhafi, mais opposant de longue date, basé à Benghazi et Tobrouk, soutenu par le Parlement élu en 2014 et par un certain nombre de pays, comme les Emirats Arabes Unis ou l’Egypte ; à l’ouest, le GNA de Tripoli, « gouvernement d’union nationale », présidé par Fayez Al-Sarraj, et s’appuyant sur le Conseil d’Etat, une sorte de sénat issu, lui, des élections de 2012. Il bénéficie de la reconnaissance de la « communauté internationale » puisqu’il est le résultat de l’accord inter-libyen de Skirat de 2015, promu sous l’égide de l’ONU. Derrière cette façade, il y a la réalité des milices dont celle de Misrata, fer de lance anti-Kadhafi, et proche des Frères Musulmans. Actuellement, les forces « nationalistes » de l’Est essaient de s’imposer à la galaxie islamiste de l’Ouest, et personne ne s’étonne plus de l’acharnement de l’ONU à faire perdurer une situation plus explosée qu’explosive qui est la cause de ce flux de migrants qui cherchent à parvenir en Europe, et des multiples trafics qui l’accompagnent ou nourrissent l’islamisme du Sahel. Il paraît évident qu’ici comme en Syrie, la solution est militaire et doit donner l’avantage aux nationalistes sur les islamistes. Mais de l’ex-Yougoslavie au Moyen-Orient en passant par le Rwanda, les méandres diplomatiques du « machin » qu’on appelle l’ONU n’a obtenu que deux résultats : soit le chaos permanent, soit la victoire de l’un des adversaires, et pas nécessairement le meilleur. C’est l’ONU qui avait décidé une « zone d’exclusion aérienne » pour empêcher l’aviation libyenne de bombarder. Les avions de l’OTAN, français en particulier, en avaient profité pour bombarder l’armée libyenne. C’est-elle encore qui consacre la fiction du gouvernement de Tripoli. L’établissement d’un régime militaire à Tripoli, allié à celui de Caire serait qu’on le veuille ou non, le meilleur moyen de stabiliser la région, et de lutter contre l’islamisme, qui, cette semaine encore, vient de tuer un militaire français au Mali.

En Libye aussi, seule la victoire militaire est décisive !

Des Frappes Aériennes Non- Identifiées (FANI) En Libye

Analysis

Des Frappes Aériennes Non- Identifiées (FANI) En Libye

La question du jour : quel est le pays tiers qui fournit ces fameux avions de combat fantômes dont l’un d’eux a bombardé certaines pistes de l’aéroport militaire de Mitiga près de Tripoli ?

La guerre de faible et moyenne intensités en Libye fut l’occasion pour l’usage d’aéronefs de guerre anonymes et non-identifiés pour assister l’un ou l’autre des principaux belligérants.

Des aéronefs pilotés et sans pilote des États-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Italie, d’Égypte, des Émirats Arabes Unis, du Qatar, de Turquie et même de certains pays d’Europe orientale (en sous-traitance avec cahier de chargé) ont participé à ces frappes aériennes non identifiées en Libye. Ce phénomène passé sous silence par les grands médias a un nom : FANI ou Frappes Aériennes Non-Identifiées.

Les forces du maréchal Khalifa Haftar avancent sur Tripoli où siège le Gouvernement d’union nationale présidé par Al-Sarraj, le seul qui soit reconnu par la communauté internationale. Cette avancée des forces de la Cyrénaïque vers la Tripolitaine aggrave un vieux clivage historique entre l’Est et l’ouest de la Libye.

https://strategika51.org/archives/62275

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Revue de presse nationale et internationale.

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