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Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

12/18 Actualité internationale

Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

Par Axelle DEGANS, le 30 décembre 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment auteure de A. Degans, « Réussite aux concours 2019 ! La synthèse de l’actualité internationale 2018 », éd. Diploweb, via Amazon, 2019.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 12 000 followers)

Le sort des urnes

En Géorgie, Salomé Zourabichvili est devenue en décembre 2018 la nouvelle présidente de la Géorgie, république du Caucase. C’est la dernière élection présidentielle qui procède du suffrage universel direct, la prochaine sera indirecte, le président étant choisi par les parlementaires. La nouvelle présidente est connue en France pour avoir précédemment embrassé une carrière au Quai d’Orsay.

Andry Raejolina a remporté en décembre 2018 les élections présidentielles malgaches avec un peu plus de 55 % des suffrages exprimés pour une participation d’un peu moins de 50%. La commission électorale doit confirmer les résultats alors que son challenger dénonce des fraudes électorales. Cette élection a été l’occasion de dépenses somptuaires alors que le revenu moyen des malgaches est aujourd’hui inférieur à celui du moment de l’indépendance. Le pays est gangréné par la corruption et le système de la « rapine », c’est-à-dire des prélèvements effectués sur les produits exportés.

En République démocratique du Congo (RDC) les élections présidentielles prévues pour décembre 2018 ont de nouveau été repoussées, ce qui laisse planer de fortes inquiétudes. Une vingtaine de candidats se présentent pourtant à ces élections. … L’Eglise catholique, une des rares structures qui maille encore l’ensemble du territoire congolais, promet d’être vigilante et de veiller à ce que le scrutin puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Joseph Kabila est président depuis la mort de son père – le seigneur de guerre Laurent-Désiré Kabila -en 2001. Il a été élu en 2006 puis en 2011. Les élections présidentielles auraient dû se tenir en 2016, mais elles sont depuis sans cesse ajournées, le président – qui ne peut se présenter pour un troisième mandat – restant au pouvoir. Le report partiel des élections, qui doivent se tenir le 30 décembre, n’est pas un bon signe.

Les nouvelles d’Afrique

En Tunisie, huit années presque jour pour jour après l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi (décembre 2010) qui a été le point de départ de la « révolution du jasmin » et plus généralement des révoltes arabes, un autre jeune, journaliste cette fois-ci, s’est immolé en décembre 2018 à Kasserine. Il a voulu, par son geste désespéré, dénoncer l’absence de perspective d’avenir dans son pays. Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes tunisiennes, montrant que rien n’est réglé depuis la chute du président Ben Ali (2011) et la transition vers la démocratie. La situation économique et sociale reste bloquée, pour le malheur d’une jeunesse nombreuse et diplômée. L’islamisme radical monte dans ce pays où l’avenir semble sombre.

Le danger djihadiste est loin d’avoir disparu au Sahel comme le rappelle les récents affrontements au Mali. Le président Emmanuel Macron est allé réveillonner avec les troupes françaises au Tchad, réaffirmant ainsi son soutien à l’engagement militaire au côté du G5 Sahel (Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger et Mauritanie). Il demande à l’Union européenne de contribuer au plus vite au financement de cette action commune visant à éloigner le danger djihadiste de l‘UE.

Au Maroc, deux jeunes touristes scandinaves ont été assassinées en décembre 2018 par des djihadistes. Une révélation perturbante pour le royaume chérifien. Au Niger, une centaine d’écoles ont été fermées en raison de menaces djihadistes.

Les Etats-Unis de Donald Trump

Synthèse de l'actualité internationale de décembre 2018
Général James Mattis
Source : Wikipédia

Le président Donald Trump annonce en décembre 2018 le retrait les troupes américaines de Syrie, déclarant que l’Etat islamique a définitivement été battu… mais rien n’est moins sûr. Il tient ainsi une de ses promesses électorales. C’est une décision assez populaire au sein de la population américaine, attachée à l’« America first ». Les effectifs militaires engagés (2 000 en Syrie et 14 000 en Afghanistan) devraient être divisés par plus de deux, mais les effectifs en Irak (5 200 hommes) devraient être maintenus. Cette décision, essentiellement décidée pour des considérations internes aux Etats-Unis n’est pas étrangère à la démission du secrétaire à la Défense, le général James Mattis. Elle pénalise les Kurdes que Washington avait jusque là soutenus mais satisfait grandement la Turquie qui ne veut pas de la création d’un Kurdistan indépendant.

Les Etats-Unis sont de nouveau confrontés en décembre 2018 à un « shut down », comme ils l’ont déjà été sous les mandatures de Bill Clinton ou Barack Obama. Le Congrès américain doit donner son accord pour un dépassement de budget – creusant donc davantage le déficit – pour financer la politique voulue par le président. Sinon, les fonctionnaires arrêtent d’être payés et des administrations ferment leurs portes. Il s’agit du troisième « shut down » de l’année 2018 après ceux des mois de janvier et février. Le bras de fer avec les parlementaires se cristallise autour du financement du mur que Donald Trump a promis d’ériger à la frontière avec le Mexique.

Le quarante-et-unième président des Etats-Unis, Georges Herbert Bush est décédé. Il a reçu des hommages nationaux et même internationaux. Il a été le président de la fin de la Guerre froide et de la guerre du Golfe, deux guerres gagnées par les Etats-Unis. L’actuel président a ostensiblement marqué une certaine indifférence à cette occasion.

La bulle qui s’est formée avec les cryptomonnaies – comme le bitcoin – au cours de l’année 2017 a fini par éclater en 2018. Ainsi, l’indice Bloomberg des cryptomonnaies les plus importantes a baissé de 80%, pour le plus grand malheur des spéculateurs qui y ont cru. Le krach des cryptomonnaies correspond aussi à une très mauvaise année boursière

Quelques nouvelles d’Asie

Le Japon est confronté à un environnement qu’il perçoit comme de plus en plus dangereux. Moscou a décidé de construire des bâtiments pour accueillir des soldats russes sur les iles Kouriles revendiquées par le Japon. Inquiet face à une Chine dont l’affirmation ne lui apparait pas pacifique, de l’imprévisibilité de la Corée du Nord, le Japon vient d’accroitre en décembre 2018 son budget militaire de plus de 200 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, pour acquérir de nouveaux avions de chasse auprès de Washington et transformer deux porte-hélicoptères en porte-avions.

Le Qatar, qui est l’objet d’un boycott de ses voisins emmenés par l’Arabie saoudite, a décidé de façon très symbolique de sortir en décembre 2018 de l’OPEP, le cartel des exportateurs de pétrole. C’est une manière de montrer sa résistance face à la politique de Riyad.

Une angoissante nouvelle vient de se produire, la naissance de bébés – des jumelles – génétiquement modifiées. Elles le sont pour résister au Sida, une maladie qui n’afflige pas sa famille et qui n’empêche pas de naissance viable. Le chercheur et généticien français Axel Kahn a des mots très durs vis-à-vis de celui qui a permis cette naissance, qui ne relève d’aucune avancée scientifique mais d’une simple « audace » pour entrer dans l’Histoire. Il ajoute que le Sida ne sera peut-être même plus un fléau du monde quand ces petites chinoises parviendront à l’âge adulte, par contre, le code génétique de ces enfants est modifié sans en avoir la maitrise complète. Le médecin a une terrible responsabilité envers elles, qu’il ne pourra jamais assumer. Un terrible précédent pour une humanité qui n’a rien à gagner à jouer aux apprentis-sorciers avec la génétique.

L’Indonésie est de nouveau frappée en décembre 2018 par des catastrophes naturelles après celles qui ont endeuillé l’archipel durant l’été 2018. Cette fois-ci l’activité du volcan Krakatoa est responsable d’un tsunami qui a frappé la région du détroit de la Sonde – le détroit le plus utilisé dans la région après celui de Malacca – et provoqué la mort de plus de quatre cent trente personnes.

Une gouvernance mondiale contestée

La COP 24 s’est tenue en décembre 2018 en Pologne, à Katowice. Après les engagements pris à Paris lors de la COP 21 concernant la limitation des gaz à effet de serre (GES) pour contenir le réchauffement climatique, force est de constater que ceux-ci n’ont pas réellement été tenus. Les ambitions affichées en Pologne sont bien plus modestes. Un sommet pour rien ?

L’ONU a fait signer en décembre 2018 un pacte sur les migrations qui est dénoncé par certains pays. Ainsi, les Etats-Unis, certains pays européens (Autriche, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne la République tchèque ou la Suisse), l’Australie, le Chili, ou Israël ont refusé de le ratifier. La signature apposée par Bruxelles a provoqué une crise gouvernementale en Belgique. Si l’ONU met en valeur que les Etats signataires conservent leur souveraineté en matière migratoire, les Etats non signataires craignent, eux, que ce texte devienne un argument de droit pour de futurs et possibles recours en justice alors que ce texte ne fait pas suffisamment la part entre migrations légales et migrations illégales.

La réunion du G20 – les vingt premières économies mondiales – s’est tenue en décembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine. Elle n’a débouché sur « aucun recul », manière très diplomatique de ne pas dire que rien n’a fait plier Donald Trump, moins enclin au libre-échange multilatéral que ses prédécesseurs. Les entretiens bilatéraux se sont en revanche multipliés en marge de cette réunion.

Une Europe agitée

Dans l’Union européenne, les manifestations se multiplient en décembre 2018. En Hongrie contre le pouvoir de Viktor Orban [1]. En France, les gilets jaunes manifestent tous les samedi depuis le milieu du mois de novembre. A Bruxelles contre le pacte migratoire signé sous l’égide de l’ONU. Ces manifestations témoignent d’un vrai malaise qui saisit les Européens.


Bonus vidéo. L’Union européenne est-elle condamnée à l’impuissance ?


Le sommet de Bruxelles de décembre 2018 aboutit à la décision de créer un instrument budgétaire de la zone euro pour parvenir à un budget d’investissement.

En France, l’indice de fécondité s’élève désormais à 1,92 enfant par femme après s’être stabilisé autour de 2 enfants pour la période 2006-2014. Les générations ne sont donc plus renouvelées, ce qui accentue le vieillissement de la population.

Dans les Balkans, le Kosovo annonce en décembre 2018 sa volonté de créer une armée d’environ 5000 hommes pour remplacer les 2 500 hommes des forces de sécurité du Kosovo. Celui-ci est sous perfusions internationales, et la KFOR – dépendant de l’OTAN – assure sa sécurité. Si les aspirations du Kosovo sont soutenues par Washington, le Secrétaire général de l’ONU appelle à la retenue et la Serbie manifeste son mécontentement.

A Cuba, l’après Castro en désenchantement ?

A Cuba, la situation économique continue à se dégrader après le revirement de la politique de Washington. Les pénuries alimentaires s’aggravent, y compris pour les produits de première nécessité comme la farine et donc le pain. La situation de décembre 2018 n’est pas sans rappeler la crise sévère – la « période spéciale » – qu’a traversé l’ile au lendemain de la chute de l’URSS (décembre 1991) qui finançait le régime castriste. Le président cubain Miguel Diaz-Canel s’est récemment fâché avec le nouveau président brésilien Bolsonaro, et donc l’un de ses importants partenaires économiques. Russie et Chine pourraient être des recours pour la Havane, dont le régime quasi autistique se préoccupe aujourd’hui de l’informatisation de l’ile…

La Havane a aussi décidé d’encadrer davantage les entrepreneurs privés pour lutter contre le travail illégal. Or près de 13% de la population travaille désormais à son compte, les « cuentapopistas », souvent de petits artisans ou commerçants. Il s’agit aussi pour le pouvoir d’inciter les étrangers à investir dans l’ile.

Bonnes nouvelles

En France, la ville de Grasse vient d’être classée en décembre 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO pour ses savoir-faire, déjà mondialement reconnus, dans le domaine du parfum.

Un bien fragile cessez-le-feu est signé en décembre 2018 entre les protagonistes de la guerre du Yémen. Ce conflit a déjà tué près de 100 000 civils et causé l’une des pires catastrophes humanitaires de ce nouveau siècle. Plus de 15 millions de Yéménites sont en situation d’ « urgence alimentaire ».

Les Françaises sont en décembre 2018 championnes du monde de handball, un véritable exploit, qu’elles réitèrent après leur premier titre mondial décroché en 2003.

Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2019 en espérant une belle année géopolitique !

Copyright décembre 2018-Degans/Diploweb.com

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L’ex-chef de l’Etat Rajoelina a remporté la présidentielle à Madagascar (commission électorale)

L’ex-chef de l’Etat Rajoelina a remporté la présidentielle à Madagascar (commission électorale)

Antananarivo – L’ex-chef de l’Etat Andry Rajoelina a remporté la présidentielle à Madagascar, battant son rival Marc Ravalomanana au second tour très disputé qui s’est tenu la semaine dernière, selon les résultats rendus publics jeudi par la commission électorale.

M. Rajoelina a remporté 55,66 % des suffrages contre 44,34 % pour l’ancien président Ravalomanana, a précisé la commission.

Ces résultats pourraient être contestés, M. Ravalomanana ayant jugé le scrutin entaché de fraude.

Le président de la commission électorale Hery Rakotomanana a assuré que « des efforts » avaient été faits « pour répondre aux requêtes des deux candidats. L’un a demandé un examen du logiciel de comptage, l’autre a demandé des confrontation de procès verbaux », a-t-il dit.

L’élection présidentielle, à deux tours, a été marquée par des accusations mutuelles de fraude de la part des deux candidats.

Leur campagne aux allures de règlement de comptes a largement occulté les problèmes de fond du pays, qui est l’un des plus pauvres du continent africain et est sujet à l’instabilité politique depuis son indépendance de la France en 1960.

(©AFP / 27 décembre 2018 15h23)

https://www.romandie.com/news/L-ex-chef-de-l-Etat-Rajoelina-a-remport-la-pr-sidentielle-Madagascar-commission-lectorale/983188.rom

Madagascar secouée par une nouvelle crise politique

Madagascar secouée par une nouvelle crise politique

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Depuis le 21 avril, l’opposition malgache manifeste à Antananarivo pour protester contre l’adoption de force d’une loi électorale, préalable à l’organisation du scrutin présidentiel de novembre 2018.

Les partisans de l’opposition manifestent pour le cinquième jour d’affilé et appellent le président à démissionner, à Antananarivo, le 26 avril.

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Les partisans de l’opposition manifestent pour le cinquième jour d’affilé et appellent le président à démissionner, à Antananarivo, le 26 avril. / Rijasolo/AFP

Pourquoi ces manifestations à Madagascar ?

La mobilisation fait suite à l’adoption, le 3 avril, d’une loi électorale très contestée, censée définir le cadre du scrutin législatif et présidentiel de novembre prochain. Les députés de l’opposition, qui mènent les manifestations, dénoncent un passage en force du texte qui, selon eux, aurait été rendu possible par l’achat du vote de certains députés. En l’état, le nouveau dispositif électoral semble taillé sur mesure pour le parti au pouvoir et le président, Hery Rajaonarimampianina, bien que ce dernier laisse toujours planer le doute sur sa candidature.

Le 21 avril, une manifestation interdite de milliers d’opposants sur la place symbolique du 13 mai à Antananarivo a été durement réprimée, faisant 2 morts et 12 blessés. Ce qui pour autant n’a pas dissuadé les opposants, qui réclament depuis la démission du président, de continuer à manifester quotidiennement. Mais les choses se déroulent maintenant dans le calme, les forces de l’ordre ayant décidé de rester en retrait. Des négociations entre le parti au pouvoir et les députés de l’opposition auraient démarré jeudi 26 avril sous l’égide de l’Union Africaine. Dans la même journée, la Cour constitutionnelle devait se prononcer sur la constitutionnalité des lois électorales.

Quels sont les enjeux politiques derrière ces protestations ?

À la tête des protestataires se trouvent deux anciens présidents, Marc Ravalomanana (2002-2009) et Andry Rajoelina (2009-2014), qui se sont de nouveau déclaré candidats à ce poste. « Ce sont de vieux frères ennemis qui ont noué une alliance de circonstance. Ils utilisent la population comme un tremplin pour leurs ambitions personnelles. Or, la nouvelle loi électorale les affecte tout particulièrement », explique Mireille Razafindrakoto, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

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Cela étant, nuance la chercheuse, « il n’y a pas de manipulation pure de la part des responsables politiques, parce que le mécontentement est réel au sein de la population. Sa principale préoccupation est la pauvreté qui s’aggrave alors que le pays détient d’énormes richesses. Et, l’actuel président a atteint des sommets en termes de dérives. »

Avec la nouvelle loi, Marc Ravalomanana ne pourrait plus se représenter car son casier judiciaire n’est pas vierge. Il avait été condamné en 2010 aux travaux forcés à perpétuité après la mort de 40 manifestants réprimés par sa garde présidentielle en 2009. Une peine qu’il n’a jamais entamée. Andry Rajoelina, à la tête d’une société publicitaire et de médias privés, se trouve quant à lui handicapé par les conditions restrictives d’utilisation des médias et certaines règles concernant le financement de la campagne des candidats.

Dans quel contexte s’inscrivent ces événements ?

Madagascar a connu des crises politiques à répétition au cours des dernières décennies. Parmi les dernières en date, l’élection contestée de Marc Ravalomanana en 2002, puis son renversement par l’armée, en 2009, qui l’a remplacé par Andry Rajoelina, alors maire d’Antananarivo. En 2015, le président Hery Rajaonarimampianina a également dû faire face à une tentative de destitution de la part de l’Assemblée.

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Entretien : La crise politique à Madagascar, un « éternel recommencement »

« C’est un éternel recommencement, la population n’est pas vraiment prise en compte et fait le jeu d’une oligarchie divisée, déplore Mireille Razafindrakoto. Mais, cette fois-ci, les gens ont quand même conscience qu’il ne faut pas retomber dans une nouvelle crise politique. Les opposants au pouvoir en place disent d’ailleurs qu’ils ne veulent pas pousser au coup d’État. Il y a également une très bonne chose à souligner, c’est que l’armée s’est placée de manière très claire dans un rôle d’arbitre. »

Eddie Rabeyrin

Madagascar : terre de mission

Madagascar : terre de mission

Madagascar, île d’Afrique de l’Est tournée vers l’Asie, est une terre de diversité. Une diversité qui résulte en partie des 18 groupes ethniques qui la peuplent, de leurs cultures et de leurs religions.

Si près de 45% des 25 millions de malgaches sont chrétiens dont 25% de catholiques (source diplomatie.gouv.fr), la majorité des habitants pratique encore la religion traditionnelle basée sur le culte des ancêtres.

Sur place, l’Eglise catholique est une force de développement social, économique et humain. Une église locale qui grandit, soutenue par la présence de prêtres missionnaires des MEP qui vivent avec les Malgaches en ville et dans les brousses.

Dans les pas du père Bertrand et de sa mission de Tsarahasina au nord de l’ile, ou sur le chantier d’un hôpital avec le père Jean-Yves à Mananjary au sud-est, dans le développement d’un jeune diocèse à Port Bergé ou avec les jeunes volontaires en mission , ces quatre reportages vous proposent un bref aperçu de cette richesse et de cette diversité.

Les défis d’un jeune diocèse malgache

 

C´est en 1993 que naissait le tout nouveau diocèse de Port-Bergé, au nord de Madagascar. Aujourd´hui, si près de 2% de ses 700 000 habitants sont catholiques, les défis sont nombreux pour ce jeune diocèse. Dans ce territoire rural et très étendu, seuls 28 prêtres sont présents. Face au manque d´infrastructures, l´évêque du diocèse, Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, a défini quatre priorités : l´éducation, la formation à la foi, le développement des adultes et les vocations. Le diocèse a construit une école, des églises et a ouvert un Petit Séminaire. Mais au-delà des constructions, c´est toute la vitalité de la foi de ce diocèse qui grandit.

Prêtre missionnaire en brousse

 

Le père Bertrand de Bourran des Missions Etrangères de Paris est en mission à Madagascar depuis plus de 20 ans. Il y a 7 ans, il a démarré une nouvelle mission au Nord du pays dans le village de Tsarahasina. Dans la brousse, il construit petit à petit une église locale en rendant visite aux communautés éloignées, en construisant des écoles et des dispensaires, en vivant tout simplement avec et au milieu des malgaches. Une mission de rencontre et de partage.

Volontaires MEP à Madagascar : au service de la mission

 

Clotilde, Jeanne et Matthieu sont trois jeunes français qui ont décidé de s’engager avec les Missions étrangères de Paris en tant que volontaires. Ils sont partis pour 1 an à Madagascar pour se mettre au service des malgaches. Que ce soit dans une école, un orphelinat ou dans le projet de construction d’un hôpital, ils témoignent de cette expérience de service et de rencontre de l’autre, au nom de leur foi.

l’hôpital missionnaire de Mananjary

 

Depuis presque 10 ans, le Père Jean-Yves Lhomme, prêtre des Missions Étrangères de Paris, s’est lancé dans un projet ambitieux : la construction de l´Hôpital Saint-Anne à Mananjary, une ville côtière de Madagascar, située à 12h de route de la capitale Tananarive. Le défi : construire un hôpital qui réponde à un besoin à la fois sanitaire et missionnaire, dans un diocèse qui compte 1 000 000 d’habitants.

http://www.ktotv.com/madagascar-terre-de-mission