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Madagascar secouée par une nouvelle crise politique

Madagascar secouée par une nouvelle crise politique

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Depuis le 21 avril, l’opposition malgache manifeste à Antananarivo pour protester contre l’adoption de force d’une loi électorale, préalable à l’organisation du scrutin présidentiel de novembre 2018.

Les partisans de l’opposition manifestent pour le cinquième jour d’affilé et appellent le président à démissionner, à Antananarivo, le 26 avril.

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Les partisans de l’opposition manifestent pour le cinquième jour d’affilé et appellent le président à démissionner, à Antananarivo, le 26 avril. / Rijasolo/AFP

Pourquoi ces manifestations à Madagascar ?

La mobilisation fait suite à l’adoption, le 3 avril, d’une loi électorale très contestée, censée définir le cadre du scrutin législatif et présidentiel de novembre prochain. Les députés de l’opposition, qui mènent les manifestations, dénoncent un passage en force du texte qui, selon eux, aurait été rendu possible par l’achat du vote de certains députés. En l’état, le nouveau dispositif électoral semble taillé sur mesure pour le parti au pouvoir et le président, Hery Rajaonarimampianina, bien que ce dernier laisse toujours planer le doute sur sa candidature.

Le 21 avril, une manifestation interdite de milliers d’opposants sur la place symbolique du 13 mai à Antananarivo a été durement réprimée, faisant 2 morts et 12 blessés. Ce qui pour autant n’a pas dissuadé les opposants, qui réclament depuis la démission du président, de continuer à manifester quotidiennement. Mais les choses se déroulent maintenant dans le calme, les forces de l’ordre ayant décidé de rester en retrait. Des négociations entre le parti au pouvoir et les députés de l’opposition auraient démarré jeudi 26 avril sous l’égide de l’Union Africaine. Dans la même journée, la Cour constitutionnelle devait se prononcer sur la constitutionnalité des lois électorales.

Quels sont les enjeux politiques derrière ces protestations ?

À la tête des protestataires se trouvent deux anciens présidents, Marc Ravalomanana (2002-2009) et Andry Rajoelina (2009-2014), qui se sont de nouveau déclaré candidats à ce poste. « Ce sont de vieux frères ennemis qui ont noué une alliance de circonstance. Ils utilisent la population comme un tremplin pour leurs ambitions personnelles. Or, la nouvelle loi électorale les affecte tout particulièrement », explique Mireille Razafindrakoto, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

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Nouvelle crise politique à Madagascar

Cela étant, nuance la chercheuse, « il n’y a pas de manipulation pure de la part des responsables politiques, parce que le mécontentement est réel au sein de la population. Sa principale préoccupation est la pauvreté qui s’aggrave alors que le pays détient d’énormes richesses. Et, l’actuel président a atteint des sommets en termes de dérives. »

Avec la nouvelle loi, Marc Ravalomanana ne pourrait plus se représenter car son casier judiciaire n’est pas vierge. Il avait été condamné en 2010 aux travaux forcés à perpétuité après la mort de 40 manifestants réprimés par sa garde présidentielle en 2009. Une peine qu’il n’a jamais entamée. Andry Rajoelina, à la tête d’une société publicitaire et de médias privés, se trouve quant à lui handicapé par les conditions restrictives d’utilisation des médias et certaines règles concernant le financement de la campagne des candidats.

Dans quel contexte s’inscrivent ces événements ?

Madagascar a connu des crises politiques à répétition au cours des dernières décennies. Parmi les dernières en date, l’élection contestée de Marc Ravalomanana en 2002, puis son renversement par l’armée, en 2009, qui l’a remplacé par Andry Rajoelina, alors maire d’Antananarivo. En 2015, le président Hery Rajaonarimampianina a également dû faire face à une tentative de destitution de la part de l’Assemblée.

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Entretien : La crise politique à Madagascar, un « éternel recommencement »

« C’est un éternel recommencement, la population n’est pas vraiment prise en compte et fait le jeu d’une oligarchie divisée, déplore Mireille Razafindrakoto. Mais, cette fois-ci, les gens ont quand même conscience qu’il ne faut pas retomber dans une nouvelle crise politique. Les opposants au pouvoir en place disent d’ailleurs qu’ils ne veulent pas pousser au coup d’État. Il y a également une très bonne chose à souligner, c’est que l’armée s’est placée de manière très claire dans un rôle d’arbitre. »

Eddie Rabeyrin
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Madagascar : terre de mission

Madagascar : terre de mission

Madagascar, île d’Afrique de l’Est tournée vers l’Asie, est une terre de diversité. Une diversité qui résulte en partie des 18 groupes ethniques qui la peuplent, de leurs cultures et de leurs religions.

Si près de 45% des 25 millions de malgaches sont chrétiens dont 25% de catholiques (source diplomatie.gouv.fr), la majorité des habitants pratique encore la religion traditionnelle basée sur le culte des ancêtres.

Sur place, l’Eglise catholique est une force de développement social, économique et humain. Une église locale qui grandit, soutenue par la présence de prêtres missionnaires des MEP qui vivent avec les Malgaches en ville et dans les brousses.

Dans les pas du père Bertrand et de sa mission de Tsarahasina au nord de l’ile, ou sur le chantier d’un hôpital avec le père Jean-Yves à Mananjary au sud-est, dans le développement d’un jeune diocèse à Port Bergé ou avec les jeunes volontaires en mission , ces quatre reportages vous proposent un bref aperçu de cette richesse et de cette diversité.

Les défis d’un jeune diocèse malgache

 

C´est en 1993 que naissait le tout nouveau diocèse de Port-Bergé, au nord de Madagascar. Aujourd´hui, si près de 2% de ses 700 000 habitants sont catholiques, les défis sont nombreux pour ce jeune diocèse. Dans ce territoire rural et très étendu, seuls 28 prêtres sont présents. Face au manque d´infrastructures, l´évêque du diocèse, Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, a défini quatre priorités : l´éducation, la formation à la foi, le développement des adultes et les vocations. Le diocèse a construit une école, des églises et a ouvert un Petit Séminaire. Mais au-delà des constructions, c´est toute la vitalité de la foi de ce diocèse qui grandit.

Prêtre missionnaire en brousse

 

Le père Bertrand de Bourran des Missions Etrangères de Paris est en mission à Madagascar depuis plus de 20 ans. Il y a 7 ans, il a démarré une nouvelle mission au Nord du pays dans le village de Tsarahasina. Dans la brousse, il construit petit à petit une église locale en rendant visite aux communautés éloignées, en construisant des écoles et des dispensaires, en vivant tout simplement avec et au milieu des malgaches. Une mission de rencontre et de partage.

Volontaires MEP à Madagascar : au service de la mission

 

Clotilde, Jeanne et Matthieu sont trois jeunes français qui ont décidé de s’engager avec les Missions étrangères de Paris en tant que volontaires. Ils sont partis pour 1 an à Madagascar pour se mettre au service des malgaches. Que ce soit dans une école, un orphelinat ou dans le projet de construction d’un hôpital, ils témoignent de cette expérience de service et de rencontre de l’autre, au nom de leur foi.

l’hôpital missionnaire de Mananjary

 

Depuis presque 10 ans, le Père Jean-Yves Lhomme, prêtre des Missions Étrangères de Paris, s’est lancé dans un projet ambitieux : la construction de l´Hôpital Saint-Anne à Mananjary, une ville côtière de Madagascar, située à 12h de route de la capitale Tananarive. Le défi : construire un hôpital qui réponde à un besoin à la fois sanitaire et missionnaire, dans un diocèse qui compte 1 000 000 d’habitants.

http://www.ktotv.com/madagascar-terre-de-mission