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Israël tente de salir Razan al-Najjar, l’infirmière palestinienne qu’il a abattue, en disant qu’elle n’était « pas un ange ». Par Robert Mackey

23.juin.2018 // Les Crises

Israël tente de salir Razan al-Najjar, l’infirmière palestinienne qu’il a abattue, en disant qu’elle n’était « pas un ange ». Par Robert Mackey

Source : The Intercept, Robert Mackey, 08-06- 2018

L’armée israélienne a publié jeudi une vidéo montée de façon trompeuse dans l’espoir de ternir l’image de Razan al-Najjar, une secouriste palestinienne tuée par les tirs israéliens à Gaza la semaine dernière.

Selon les témoignages, al-Najjar, qui avait 21 ans, a été abattue vendredi dernier après qu’elle et d’autres médecins, marchant les mains en l’air et portant des vestes blanches, se sont approchés du périmètre qui confine les Palestiniens à Gaza pour soigner un manifestant blessé.

La vidéo diffusée par le ministère de la santé de Gaza, qui montre al-Najjar et les autres juste avant que les Israéliens n’ouvrent le feu, semble confirmer que leurs mains étaient en l’air pendant qu’ils avançaient.

Le tir mortel sur la jeune femme, qui avait parlé avec éloquence de son rôle de sauvetage à un journaliste vidéo du New York Times et à la télévision libanaise, a été une catastrophe en matière de relations publiques pour Israël.

Le meurtre d’al-Najjar, qui ne représentait clairement aucune menace pour ses soldats, a rendu difficile pour l’armée israélienne d’affirmer que ses tireurs d’élite ne visaient que des ” émeutiers ” à Gaza et ne tiraient pas indistinctement sur des manifestants pacifiques, des journalistes et des médecins.

(Razan Alnajjar “Repose en paix✌🏼 ange de miséricorde 💔 tuée aujourd’hui par des tireurs d’élite sionistes israéliens à la frontière #رزان_النجار)

En réaction à un tollé international au sujet de sa mort, les Forces de défense israéliennes ont déclaré plus tôt cette semaine qu’al-Najjar avait été tué accidentellement par un soldat qui visait quelqu’un d’autre. Puis, jeudi, l’unité des médias sociaux de l’armée a lancé une campagne de diffamation coordonnée contre elle, en suggérant faussement dans une vidéo qu’elle avait participé à des émeutes et avait assisté aux manifestations pour servir de bouclier humain aux militants déguisés en manifestants.

(Le Hamas doit cesser d’utiliser des boucliers humains.)

Comme preuve de « participation à des émeutes », l’armée n’a offert que 10 secondes de vidéo, étayées par de la musique digne d’un film d’horreur, qui montrait une femme habillée comme al-Najjar en train de jeter une bombe lacrymogène tirée sur les manifestants par les forces israéliennes. Si la femme était al-Najjar, la vidéo ne montrait que sa participation à un rituel familier aux manifestants du monde entier – lancer les bombes lacrymogènes les visant aussi loin que possible. La vidéo montre également qu’elle n’a lancé la bombe qu’à une courte distance et qu’elle n’a pas atterri près des soldats israéliens.

La deuxième partie de la vidéo qui est censée excuser le meurtre d’al-Najjar est la moitié d’une phrase tirée d’une interview qu’elle a donnée à la chaîne libanaise Al Mayadeen News, dans laquelle elle avait dit que son rôle de secouriste dans les manifestations était de servir « de bouclier humain pour protéger et sauver les blessés sur les lignes de front ». Un monteur de l’armée israélienne a coupé cette phrase en deux pour donner l’impression qu’al-Najjar a été prise en train d’admettre qu’elle n’était présente que pour couvrir les militants.

Malgré ces failles évidentes, une version de la vidéo a été partagée par Ofir Gendelman, porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui, en tant que locuteur arabe, devait savoir que les commentaires de l’infirmière avaient été sortis de leur contexte.

(Voici #RazanNajjar, qui est venue à la frontière de Gaza la semaine dernière en tant que “secouriste”, et y a malheureusement perdu la vie. Mais les secouristes participent-ils aux émeutes et disent-ils qu’ils sont des boucliers humains pour les terroristes ?

Le Hamas l’a utilisée comme bouclier humain pour ses terroristes qui ont pris d’assaut notre frontière.)

Joe Dyke de l’Agence France-Presse a rapporté que Gendelman « a nié que le montage de la vidéo pour enlever le contexte complet sur le service aux blessés puisse être considéré comme une manipulation politique ». Si al-Najjar a agi comme un bouclier humain, Gendelman a dit à l’AFP, cela signifiait qu’elle n’était « pas secouriste ».

La vidéo a également été partagée par l’ancien porte-parole de Netanyahou, Mark Regev, qui est maintenant ambassadeur d’Israël en Grande-Bretagne, le ministère des Affaires étrangères d’Israël et le major Avichay Adraee, un porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, qui a affirmé sur Twitter que la vidéo prouvait d’une manière ou d’une autre qu’al-Najjar n’était pas un « ange ».

La campagne de diffamation a scandalisé les observateurs palestiniens et israéliens qui s’opposent à l’occupation et aux mensonges d’Israël.

(L’armée israélienne a tiré sur Razan al-Najjar, une infirmière palestinienne, et l’a tuée.

Aujourd’hui, l’armée israélienne a monté et publié de manière trompeuse une vidéo visant à la calomnier.

Oh, au fait, l’armée israélienne est chargée d’”enquêter” sur l’armée israélienne.)

(Quand les professionnels israéliens disent que les données provenant de sources palestiniennes ne sont pas fiables, souvenez-vous du montage malveillant de la vidéo de Razan al Najjars. par l’Armée de défense d’Israël. Quiconque pense encore qu’on peut faire confiance à l’armée israélienne pour enquêter sur elle-même ou raconter les faits – vraiment sur n’importe quoi – se berce d’illusions.)

Michael Omer-Man, le rédacteur en chef du magazine israélien +972, a noté que l’armée israélienne a fait ses preuves lorsqu’il s’agit de publier des vidéos fortement retouchées montrant une éthique douteuse.

(Il y a quelques semaines à peine, l’Armée de défense d’Israël a mis un homme de Gaza menotté et capturé, sur un fond de croix gammée et a ensuite publié une vidéo fortement retouchée (8 coupures en 1 minute) de lui dénigrant le Hamas. Vous percevez un schéma ?)

En 2010, l’armée israélienne a également publié ce qui semblait être un faux enregistrement, destiné à discréditer la flottille turque de Gaza, dans lequel un activiste était censé dire à un officier israélien à la radio : « Tais-toi, retourne à Auschwitz » et « Nous aidons les Arabes à aller à l’encontre des États-Unis. N’oubliez pas le 11 septembre, les gars ».

Si ces vidéos n’ont pas réussi à convaincre les critiques de l’armée israélienne, un public israélien qui soutient massivement l’usage de la force à Gaza pourrait être plus facilement influencé. (Un récent sondage a révélé que 62 % des Israéliens juifs pensent que leurs militaires ont utilisé un juste usage de la force en réponse aux protestations à Gaza, où plus de 3 500 manifestants palestiniens ont été victimes de tirs et au moins 120 ont été tués. Un autre 28 pour cent du public juif israélien dit que l’armée n’a pas fait un assez grand usage de la force.)

« Le porte-parole de l’armée israélienne a publié une vidéo, composée de clips qui n’ont aucun lien entre eux ni avec le jour où al-Najjar a été tuée, pour justifier le meurtre de la jeune auxiliaire médicale, pour prouver qu’elle n’était pas simplement une infirmière innocente, et pour la présenter comme une terroriste ou une terroriste potentielle », a observé Yael Marom dans le magazine +972.

« La vidéo dit : C’était bien de la tuer, c’était une Arabe », a-t-il ajouté. « Et les grands médias israéliens, pour prouver leur patriotisme et augmenter leur audience, ont complètement gobé la propagande de l’armée israélienne. Ils ont publié le clip sans questions ou clarifications ou avertissements qu’il n’a pas été vérifié, et que cela ne justifie en aucune façon son assassinat. Un animateur de l’une des chaînes les plus regardées d’Israël a même déclaré, sans aucune preuve dans la vidéo, qu’al-Najjar a lancé la bombe lacrymogène “lors d’une violente manifestation”. »

Source : The Intercept, Robert Mackey, 08-06- 2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot

18.juin.2018 // Les Crises

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

Partielle ou marginale, parfois tout simplement inexistante, la couverture de la venue à Paris de Benjamin Netanyahou le 5 juin fut surtout étrangement sélective dans les journaux télévisés de France 2 et de France 3, comme dans les bulletins d’information de France Inter [1]le jour même. Quand elle ne fut pas, dans certains cas, biaisée par des partis-pris flagrants.

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13]. Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.
Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

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Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge

Publié par wikistrike.com sur 10 Juin 2018, 13:21pm

Catégories : #Politique intérieure, #Culture – médias – Livres – expos – rencontres, #Science – technologie – web – recherche

Loi sur les « fake news » : du monopole de la vérité au règne du mensonge

Cette histoire commence comme un conte de fées. Dans notre merveilleuse démocratie, tout allait pour le mieux. La presse était libre, le citoyen informé et le pouvoir impartial. Mais c’était trop beau. Imprudente, la démocratie n’a pas senti venir l’ennemi. Tapi dans l’ombre, il était prêt à fondre sur sa proie. Qui ? Le Russe, bien sûr. Il a fallu que ce barbare vienne gâcher la fête en propageant ses odieux mensonges. Heureusement, montant son blanc destrier, notre héroïque ministre de la culture a donné l’alerte : “La manipulation de l’information, dit-elle, est un poison lent qui abîme notre vie démocratique. L’attitude liberticide, face aux dangers actuels, c’est la passivité”.

Réagir, oui, mais comment ? Présentant le projet de loi “contre les fake news”, rebaptisé projet de loi “contre la manipulation de l’information”, Françoise Nyssen a employé un argument de poids : “La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus”. On avait pourtant pris toutes les précautions possibles, dans les hautes sphères, pour inciter les gueux à se comporter comme des moutons. Contrôle de 95 % de la presse traditionnelle par une dizaine de milliardaires, ligne éditoriale uniforme calquée sur l’agenda libéral-atlantiste, subventions publiques réservées à des médias orthodoxes ou inoffensifs : au paradis des droits de l’homme, tout était verrouillé. Manifestement cela n’a pas suffi. Pour ramener le troupeau, il va falloir trouver autre chose. On va les aider à penser comme il faut, ces manants, car ils ont la fâcheuse manie de s’égarer sur la Toile pour entendre un autre son de cloche.

Dans un vibrant hommage aux officines chargées de diffamer toute pensée dissidente (le “Décodex” du Monde et le “Check News” de Libération), la ministre de la culture révèle alors le fond de sa pensée : puisque “leur capacité de discernement ne suffit plus”, il importe absolument de “former les citoyens”. D’habitude, cette formation commençait et finissait avec l’école. Mais il est clair que c’est insuffisant ! Les citoyens ayant vraiment tendance à mal voter (référendum de 2005, Brexit, Italie), il va falloir les rééduquer. Comment ? En les orientant vers les bons médias, ceux qui ne mentent jamais. On pensait jusqu’à présent que les citoyens étaient assez grands pour faire leur choix parmi les organes d’information. C’est fini. Le gouvernement, dans son infinie bonté, les exonère de cette lourde tâche. Il va désormais leur signifier qui il faut lire, écouter à la radio ou regarder à la télévision.

Pour clarifier les choses, Françoise Nyssen a précisé que la future loi contre la manipulation de l’information, évidemment, ne concernait pas “les journalistes de la presse professionnelle”. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes ! Il n’est pas question de mettre en cause le “professionnalisme” de ceux qui ont affirmé, par exemple, que le régime de Bachar Al-Assad allait s’écrouler sous quinze jours, ou que la Russie avait assassiné le journaliste Arkadi Babchenko, qui ressuscita au deuxième jour d’une mare de sang de cochon. Sans parler du “charnier de Timisoara”, des “couveuses de Koweit City”, de la “fiole de Colin Powell” et des innombrables bobards colportés avec zèle par des médias pour qui professionnel est synonyme de mercenaire. Bref. Si cette presse était passionnément attachée à la distinction entre le vrai et le faux, cela se saurait.

Mais peu importe. Pour nos dirigeants, c’est comme un théorème : les médias qui ont la confiance du ministre de la propagande ne mentent jamais. Puisqu’on vous le dit, c’est que c’est vrai. D’ailleurs, cette presse que le monde nous envie a deux caractéristiques qui en garantissent l’indépendance : elle appartient à la bourgeoisie d’affaires et elle reçoit des subventions du gouvernement. Double certificat de vertu ! Ce n’est pas comme si elle était animée par des bénévoles qui prennent des risques et ne gagnent pas un sou. On peut toujours rêver d’un monde meilleur sous d’autres latitudes, mais le système médiatique des “démocraties” repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un “bon journal” est un journal qui dit ce qu’il faut dire, et à qui l’Etat donne les moyens d’éliminer la concurrence.

Le projet de loi contre les “fake news” ne déroge pas à cette règle, qui est de l’ordre de la structure. Il a pour seul objectif de garantir l’homogénéité de la sphère médiatique, indispensable à la promotion de l’idéologie libérale, européiste et atlantiste. En incriminant les médias russes, l’exécutif français fait coup double : il sanctionne la Russie tout en diffamant la concurrence. Mais tous les médias citoyens sont dans la ligne de mire, car ils échappent à la double emprise du capital et du pouvoir. Ajoutée au déclin des médias classiques, la liberté conquise sur Internet effraie des élites qui voient le contrôle de l’opinion leur échapper. La propagation de fausses nouvelles nuit gravement à la démocratie, certes. Mais quand on prétend exercer le monopole de la vérité, c’est que le règne du mensonge n’est pas loin. Et ces médias “professionnels” qui ne cessent de mentir au profit des puissances d’argent en savent quelque chose.

Bruno GUIGUE

https://www.legrandsoir.info/loi-sur-les-fake-news-du-monopole-de-la-verite-au-regne-du-mensonge.html

   

La FIFA interdit la chanteuse russe Chicherina de concert à Rostov pendant le Mondial, trop politiquement incorrecte

juin 2018
La FIFA interdit la chanteuse russe Chicherina de concert à Rostov pendant le Mondial, trop politiquement incorrecte
Encore une information que la presse occidentale a décidé de ne pas traiter. En effet, elle est délicate. Et il ne faut pas porter atteinte à l’image de la liberté artistique, de la liberté d’expression. Eléments sacralisés dans le discours contemporain. La FIFA a interdit la chanteuse de rock russe Julia Chicherina de chanter devant les fans à Rostov-sur-le-Don, elle pourrait porter atteinte à l’image de la FIFA (sic). Nous vivons dans un monde merveilleux, l’essentiel est de ne pas l’oublier.

La chanteuse de rock russe Julia Chicherina vient de recevoir une lettre de la FIFA, en anglais, qui ne lui est pas nommément adressée, mais qui la concerne et qu’elle a publié sur sa page Facebook:
L’on apprend ainsi que la FIFA a discuté du cas de Chicherina, c’est en tout cas ce qu’affirme Ekaterina Savchenko, et qu’il est impossible que la chanteuse ne se produise devant les fans à Rostov sur le Don, puisque la FIFA exclue toute chanson politique, religieuse ou militaire. Or, même si Chicherina ne chante pas une chanson militaire, son répertoire et sa réputation pourraient porter atteinte à l’image de la FIFA et provoquer une attention négative des médias, puisqu’elle est déjà associée à la thématique militaire.
Où est l’objet du délit? Julia Chicherina s’est produite dans le Donbass, a des chansons qui condamnent la guerre menée par l’Ukraine contre les civils. C’est effectivement inacceptable. Enfin, d’en parler. Cela pourrait porter atteinte à l’image de la FIFA. Puisque cela va à l’encontre du mantra de la responsabilité de la Russie, de l’Ukraine-victime. Or, les mantras se répètent, ils ne se discutent pas.
La chanteuse a commenté cette lettre:

« Mon Dieu! Les supporteurs bandéristes m’ont interdit de me produire à Rostov, à une centaine de kilomètres de la ville martyre de Gorlovka, où les enfants dorment dans les baignoires pour ne pas être blessés par les éclats de missiles la nuit. Beaucoup dans le Donbass estiment que les Russes ne viennent pas à leur secours en raison de ces grandes bacchanales du football. Il est bien connu que le rock est la musique de la contestation et l’on m’a officiellement interdite. J’ai reçu une lettre – en anglais – d’une gentille femme avec un nom ukrainien et l’on m’a demandé de ne rien dire. »

Donc la FIFA peut interdire en Russie une chanteuse russe de se produire pour ne pas déplaire à la communauté internationale qui ne veut pas savoir que des civils sont victimes de l’armée ukrainienne dans le Donbass? Même si elle n’en parle pas. Simplement en raison de ce qu’elle est? Est-ce possible? Est-ce acceptable? Du compromis à la compromission, le glissement peut être rapide.
Où sont toutes ces organisations, tous ces activistes qui se prononçaient pour la défense des Pussy Riot qui profanaient une Eglise? Pour la défense de Pavlensky lorsqu’il brûlait la porte du FSB? Ils se taisent? Il est vrai qu’ils en ont l’habitude. L’indignation est sélective. Quand Pavlensky est incarcéré en France pour avoir renouvelé sa performance, on découvre que ce n’est plus de l’art. L’art est donc géographique. Il est en fait ce que l’Occident décide qu’il peut être. Il peut être les Pussy Riot, il ne peut être Chicherina.
Nous vivons dans un monde merveilleux! 

PS: Deux chansons traduites en français:

Fake news : La grande peur… Par Richard Labévière

7.juin.2018 // Les Crises

Fake news : La grande peur… Par Richard Labévière

FAKE NEWS : LA GRANDE PEUR…

En juin 2017, après la rupture diplomatique de l’Arabie saoudite, d’autres pays du Golfe et de l’Egypte avec le Qatar – au motif d’une proclamation pro-iranienne de ce dernier -, l’émirat proteste, expliquant que c’est un faux fabriqué par un… pirate informatique ! Procédé dont les services américains ne tardent pas à attribuer la paternité au… Kremlin, accusé aussi d’avoir aussi tordu la dernière élection présidentielle américaine au profit de Donald Trump ! Une conclusion s’impose aussitôt : les Russes peuvent déstabiliser les élections partout dans le monde et quand ils le veulent. Il faut donc absolument contrôler Internet ; les « réseaux numériques » vont tuer la démocratie !

Essentiellement propagées par la Russie – selon les belles âmes occidentales – les Fake News expliqueraient alors le Brexit, l’élection de Trump et la disparition des éléphants. Par conséquent, l’Allemagne et la France préparent une loi pour contrer ces maudits Fake News, la Commission européenne y travaillerait aussi. Dans son dernier livre – autant nécessaire que salutaire – notre médiologue préféré François-Bernard Huyghe remet les pendules à l’heure ! Son principal constat : il ne faudrait pas que la grande peur, dont il décrit scientifiquement les mécanismes, ne justifie une réinstallation de guillotines propices à neutraliser toutes espèces de contestation, de critique et d’opposition.

Grand est le risque de voir se reproduire les pires atteintes aux libertés civiles et politiques, les Patriot Act et autres lois d’exception justifiées par la chasse aux Ben Laden du moment. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la corruption et la prolifération des armes de destruction massive, on a bien compris, désormais comment les Etats-Unis imposent au monde entier leurs normes juridiques (en toute unilatéralité et extraterritorialité) afin d’avantager leurs entreprises et fonds de pension. America First, c’est d’abord « par ici la monnaie », mais toujours au nom de la morale et des droits de l’homme pour le bien de la planète. Mais dans toutes ces affaires consubstantielles à la mondialisation, de quoi parle-t-on au juste ?

François-Bernard Huyghe : « nous avons tendance à traduire par fausse nouvelle, récit d’événements qui ne se sont pas déroulés (ou le déni de faits qui sont avérés). Initialement, Fake News désigne plutôt un contenant : des pages ou des sites qui se présentent comme d’authentiques outils d’information et qui ne le sont pas. Il y a d’ailleurs une ambivalence dans l’expression de Fake News. Elle peut vouloir dire que l’on donne pour des nouvelles – contenus, événements dignes d’être rapportés – des faits non avérés, inventés, faux. Mais elle peut aussi signifier que l’on présente comme « nouvelles » (au sens de : destinées à informer le public suivant un régime de vérification) des discours militants ou des démonstrations idéologiques qui ne visent qu’à persuader de valeurs et de visions du monde ». Un peu plus loin notre médiologue ajoute : « on peut presque définir le Fake comme une rumeur assistée par ordinateur ».

A ce stade, on peut oser trois remarques : 1) le combat de l’erreur et de la vérité est le plus vieux métier du monde, aussi vieux que le meurtre d’Abel par Caïn, en tout cas bien antérieur aux conversations de Socrate dans l’Académie ; 2) cette confrontation a constitué le fil rouge de toute l’histoire de la raison occidentale et il n’est qu’à relire La Formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem pour comprendre qu’on peut difficilement légiférer en la matière ; 3) enfin, les évolutions du médium n’arrangent pas l’affaire et la révolution numérique qui généralise des « progrès disruptifs », c’est-à-dire imposés sans concertation aucune, annonce une République qui sera encore plus tyrannique que celle de Platon !

Mais le plus grave est ailleurs… dans notre monde où la majorité des grands médias (traditionnels et numériques, ceux qu’on appelle « les réseaux sociaux ») sont maintenant dans les mains de grands patrons. Ces derniers exercent un pouvoir absolu sur les industries de l’information et du divertissement qui touchent et forment nos cerveaux. Sans sombrer dans le délire ou la paranoïa du complot, force est de reconnaître que ces décideurs ne lésinent pas sur les moyens pour transformer les citoyens en consommateurs dociles, conformes, moins autonomes et satisfaits du monde tel qu’il est ! Comme le répète souvent le linguiste Noam Chomsky, « derrière la production de nouvelles, de spectacles et de publicités, le projet d’anesthésier toute forme de critique ou de révolte est bien à la manœuvre… C’est une question d’argent et de reproduction des marges de profit ».

La conséquence organique de ces différentes évolutions nous ramène à l’efficience de l’idéologie – des idées au logis -, celles des passions immédiates et dominantes qui mettent l’huile nécessaire au bon fonctionnement des rouages sociaux. Et ces « idées » ne tombent pas du ciel par une corde à foin, mais sont les strictes représentations des rapports économiques, sociaux et culturels nécessaires au maintien et à la reproduction de l’ordre ; un ordre au bénéfice de quelques élus et bénéficiaires n’hésitant pas à utiliser les moyens les plus violents pour rester aux affaires, leurs affaires !

La description de ce terrible dispositif est parfaitement effectuée dans L’Idéologie allemande de Karl Marx et Friedrich Engels : les idées de la classe dominante sont les idées dominantes. La puissance matérielle dominante est donc aussi la puissance spirituelle dominante. Les pensées dominantes ne sont rien d’autre que l’expression en idées des conditions matérielles dominantes.

Dans cette perspective, il est bien clair qu’on peut difficilement légiférer afin de différencier les analyses produites par l’idéologie dominante de celles qui le seraient par les sciences ou tout au moins par une quelconque quête opiniâtre de la vérité. Dans l’absolu, chaque diseur de bonne aventure cherchera à neutraliser ses concurrents pour faire triompher sa seule parole, donc ses intérêts. C’est toute l’histoire du Sophiste de Platon : bien parler pour séduire la jeunesse et conforter son influence sur celle-ci !

Depuis toujours, c’est aussi le rôle de la presse – notre grand sophiste : vérifier et hiérarchiser les faits afin de proposer une lecture du monde, afin de favoriser l’émission d’un jugement ! Et en la matière, on est très loin des sciences exactes. Il n’est qu’à voir l’évolution d’un journal – qui fut de référence – comme Le Monde. Après avoir été démantelé par le triumvirat Colombani-Minc-Plenel dans les années 1980, ce titre moribond – qui survit comme une « marque » -, donne de plus en plus dans la communication, le trafic d’influences, sinon la propagande pure et simple. Non content de s’être transformé en courroie de transmission de l’idéologie dominante, Le Monde d’aujourd’hui prétend – en plus – faire la police !

Ainsi, les Décodeurs du Monde prétendent-ils enquêter sur les « usines à fausses informations ». Les plus grands fabricants de Fake News de la presse parisienne, les chiots de garde de l’idéologie dominante osent ainsi s’auto-proclamer gardiens, contrôleurs et aiguilleurs des « bonnes informations ». On croit rêver ! Cette toute puissance de l’idéologie n’est pas une nouveauté, mais elle aspire désormais à occuper toute la place, à marginaliser, sinon à criminaliser tous celles et ceux qui n’accepteraient pas cette règle du jeu.

Plus lucidement, force est de constater que le 1984 de George Orwell n’est qu’un conte enfantin au regard des montages actuelles de l’idéologie dominante. Dans tous les cas de figures – et pour tenter d’y voir plus clair – on lira avec la plus grande attention l’indispensable manuel de résistance de François-Bernard Huyghe : Fake News – La grande peur. C’est court, clair, nerveux et incisif. Après une telle lecture, on se sent mieux, comme si on venait de tirer la queue du monstre…

Richard Labévière

1 François-Bernard Huyghe : Fake News – La grande peur. VA-Editions, janvier 2018.
2 Hervé Juvin : La guerre du droit pénal américain aura-t-elle lieu ? Cap sur le nouveau système de corruption mondialisé. Editions de l’Observatoire EUROGROUP-CONSULTING, mai 2016.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

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Sylvie Kauffmann est très fatiguée… Par Etienne Pellot

31.mai.2018 // Les Crises

Sylvie Kauffmann est très fatiguée… Par Etienne Pellot

Source : Proche & Moyen-Orient, Etienne Pellot, 30-04-2018

Dans Le Monde du 26 avril dernier, Sylvie Kauffmann – directrice éditoriale de ce quotidien (ou plutôt de ce qu’il en reste) – fait, comme à son habitude, la leçon à ses lectrices et lecteurs, dans une laborieuse dissertation intitulée « La vérité, victime de guerre ». Accroché par ce titre déclamatoire, on s’attend, bien évidemment, à quelques révélations sur les derniers bombardements occidentaux censés répondre à l’attaque chimique présumée syrienne du 7 avril dernier.

Malheureusement, après avoir à nouveau tapé sur Russia-Today-France (c’est plus fort qu’elle !) et craché sur l’anthropologue Emmanuel Todd – ô surprise, la directrice éditoriale nous assène un cours sur les mécanismes de lutte contre les armes chimiques. On s’attend alors à découvrir et apprendre des choses oubliées… Profonde erreur, puisqu’elle fait remonter cette lutte à la création du Joint Investigative Mechanism (JIM/Mécanisme conjoint d’investigation), datant du … 7 août 2015 ! Fake news caractérisée, elle saute – tout simplement – à pieds joints par-dessus l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), créée le 29 avril 1997. Cet oubli est-il à mettre au compte d’une grande fatigue ou sur celui de son dogmatisme idéologique ?

Toujours est-il que cette amnésie sélective lui évite de faire quelques rappels historiques qui ne sont pas très à l’honneur de ses amis américains. En effet, le premier directeur général de l’OIAC – le grand diplomate brésilien José Bustani – a été, proprement flingué par John Bolton – actuel conseiller à la sécurité nationale américaine, à l’époque secrétaire général-adjoint au désarmement -, en … 2002 ! Quel crime avait-il commis ? Il s’apprêtait à envoyer ses inspecteurs en Irak à la recherche des fameuses armes de destruction massive invoquées pour déclencher l’invasion anglo-américaine de l’Irak au printemps 2003.

En septembre 2017, prochetmoyen-orient.ch l’avait rencontré chez lui à Rio1. Nous écrivions alors : « c’est par acclamation qu’il a été élu premier directeur général de l’OIAC. « Mon mandat exigeait que je séduise le plus de pays possible au monde pour qu’ils accèdent à la convention sur l’interdiction des armes chimiques », se souvient José Bustani ; « de 1997 à 2002, j’ai ainsi pu augmenter le nombre des pays membres d’une bonne moitié… » Les plus récalcitrants se trouvaient dans le monde arabe, considérant l’arme chimique comme « le nucléaire du pauvre ». En multipliant les visites et les consultations, José Bustani arrive notamment à convaincre la Libye et l’Irak en 2001, ces deux Etats donnant leur feu vert au principe des inspections : « ces deux pays clefs pour le monde arabe ont, finalement, compris l’opportunité d’une telle démarche sur les plans de la sécurité et de leur crédibilité diplomatique », commente José Bustani ; « à ce moment-là, j’ai donc communiqué la bonne nouvelle aux membres de l’OIAC, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, indiquant que nous pouvions désormais compter sur deux nouveaux membres importants en matière de désarmement chimique : la Libye et l’Irak ».

Mais plutôt que de féliciter le directeur général de l’OIAC, les Américains se fâchent et commencent à lui faire une guerre sans merci. En fait, si les inspecteurs de l’OIAC avaient pu se rendre en Irak, le monde se serait vite rendu compte qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive dans ce pays. Par conséquent le principal motif de guerre, invoqué par Washington et Londres contre Bagdad, tombait de lui-même rendant impossible l’expédition militaire projetée depuis plusieurs années. « En fait, l’acceptation de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques par la Libye et l’Irak enclenchait un processus très dangereux pour les Etats-Unis et Israël », explique José Bustani : « avec l’Irak, suivraient la Syrie et le Liban et tous les autres en isolant Tel-Aviv qui persistait à rejeter la convention de Vienne sur le nucléaire et, bien-sûr aussi, la convention sur l’interdiction des armes chimiques ». Furieux, les Israéliens s’opposent farouchement à l’acceptation de la convention de l’OIAC par l’Irak et saisissent le grand frère américain afin de bloquer l’initiative.

Selon la convention de l’OIAC, un changement du directeur général doit être décidé par le conseil exécutif de l’organisation. Dans un premier temps, les envoyés de Washington essaient cette voie mais se cassent les dents : José Bustani est maintenu ! Dans un deuxième temps, et en flagrante violation de la convention, ils oeuvrent alors à la convocation d’une assemblée générale extraordinaire pour obtenir enfin la tête du Directeur général récalcitrant. Différents émissaires américains font le tour des ambassades à La Haye, jouant alternativement de la carotte et du bâton, promettant différentes aides financières et livraisons d’armes et infrastructures à plusieurs pays membres.

Finalement l’assemblée extraordinaire se tient sous forte pression américaine. L’Amérique Latine et l’Afrique s’abstiennent, tandis que le Brésil ne soutient pas José Bustani, le président Cardoso ne voulant pas risquer d’indisposer Washington. S’alignant sur le diktat des Etats-Unis, les pays occidentaux votent massivement pour le départ du Directeur général. Seule, et à la surprise générale, la France s’abstient ! La Russie, la Biélorussie, l’Iran, le Mexique, Cuba et le Soudan appuient José Bustani. Autre surprise : l’Inde qui avait soutenu de bout en bout le maintien du directeur de l’OIAC fait défection au dernier moment ! On apprend quelques jours plus tard que Washington a livré à New Delhi des systèmes radar de nouvelle génération dont les Etats-Unis bloquaient la vente depuis plusieurs années.

Pour appuyer leur ignoble campagne, les Américains dénoncent la mauvaise administration de l’OIAC, moyen d’autant plus cocasse que c’est un haut-fonctionnaire de Washington qui est en charge de toute la logistique de l’organisation, comme c’est presque toujours le cas dans les agences onusiennes ! « En fait », souligne José Bustani, « mon travail et mon indépendance ulcéraient singulièrement les Américains qui voulaient que je les consulte en permanence ».

La campagne anti-Bustani a été directement supervisée par Dick Cheney, vice-président des Etats-Unis (2001-2009) et principal superviseur de la guerre de 2003 contre l’Irak. Pour mettre fin aux fonctions du Directeur général de l’OIAC, Dick Cheney détache personnellement un envoyé spécial à La Haye en la personne de John Bolton. Ce farouche opposant aux missions américaines de maintien de la paix – légitimées ou non par l’ONU – a commencé à défrayer la chronique en 1993 en s’opposant à l’intervention humanitaire en Somalie.

En 1998, au côté de Richard Perle et d’autres, il est l’un des signataires de la lettre du Project for the New American Century, appelant Bill Clinton au renversement de Saddam Hussein. En mai 2001, George W. Bush le nomme au Département d’État chargé des questions de désarmement. En mai 2002, c’est lui qui signe la lettre au secrétaire général de l’ONU – Kofi Annan – indiquant que les États-Unis renoncent à toute participation à la Cour pénale internationale (CPI). John Bolton est également un farouche partisan de la guerre en Irak et du concept de guerre préventive. Le 7 mars 2005, ce détracteur intarissable de l’ONU sera pourtant choisi comme ambassadeur américain aux Nations unies par le président Bush.

Aussitôt débarqué à La Haye, il entame la tournée des ambassades des pays les plus importants de l’OIAC, multipliant pressions, inconvenances et grossièretés les plus inacceptables. Il somme José Bustani de quitter la direction générale de l’OIAC dans les 24 heures. Ne se laissant pas impressionner, ce dernier refuse catégoriquement. Alors Bolton menace : « on connaît votre femme et vos enfants, dont certains vivent aux Etats-Unis. Ils pourraient connaître certaines difficultés… » Cette séquence qui semble tirée de l’un des Parrain de Francis Ford Coppola est pourtant bien réelle et illustre les pratiques en usage dans la diplomatie américaine.

Le sinistre Bolton ajoute que Washington s’est mis d’accord avec le gouvernement du Brésil pour « faire partir Bustani », ce que ce dernier récuse de toutes ses forces même s’il sait que Cardoso l’a effectivement lâché… Le jour même de ce vote manipulé, José Bustani quitte la direction générale de l’OIAC le lundi 28 avril 2002, remplacé quelques mois plus tard, par un Argentin aux ordres, nommé par le gouvernement de Carlos Menem. On doit à ce fonctionnaire argentin la paternité d’une citation historique sur la « liaison charnelle unissant les gouvernements de Washington et Buenos-Aires ». Enfin, tout rentrait dans l’ordre américain, l’OIAC aussi !

Initialement, l’OIAC disposait de 211 inspecteurs payés par l’Organisation sous la direction technique et politique du Directeur général. Désormais, les inspecteurs sont, majoritairement prêtés à l’Organisation et payés par leur gouvernement. En 2013, suite à l’accord noué par John Kerry et Sergueï Lavrov lors du G-20 de Saint-Pétersbourg sur le démantèlement des armes chimiques syriennes, l’OIAC aurait dû être l’acteur principal de sa mise en œuvre. Une fois encore Washington a tout fait pour que l’Organisation soit marginalisée alors que la Syrie avait – de fait – accepté la convention. Par conséquent, les inspections de l’OIAC auraient dû commencer dans ce pays, conformément à l’esprit et la lettre de la convention.

En violation avec la Convention qui stipule que les armes chimiques doivent être détruites sur le territoire même du pays concerné, les armes syriennes ont été – soit-disant – démantelées sur un bateau croisant en Méditerranée et rejetées à la mer en violation aussi de toutes les directives onusiennes de protection de l’environnement. Selon les procédures de l’OIAC, les armes chimiques doivent être détruites dans des installations ad hoc prévues à cet effet, en sachant que leur coût est supérieur à celui des armes elles-mêmes ! La question de la destruction des armes chimiques syriennes demeure des plus opaques, comme celle de leurs utilisations maintes fois dénoncées par Washington et ladite communauté internationale.

Aujourd’hui, Washington et plusieurs rapports des Nations unies affirment que Damas détient toujours des armes chimiques et qu’elle les a encore utilisées en avril 2018. La presse dit tout et n’importe quoi sur le sujet, ne réussissant même pas à lire la Convention et à enquêter ni prouver quoique ce soit, sans rien dire de pertinent sur la marginalisation de l’OIAC ! Si l’armée syrienne avait utilisé massivement des armes chimiques comme l’affirme dernièrement un rapport des Nations unies sur les droits de l’homme (au moins 27 fois…), le nombre des victimes serait infiniment plus important que les chiffres avancés, estiment aujourd’hui les meilleurs experts.

Ni la presse, ni les rapports successifs n’ont éclairci les questions liées à l’usage présumé des armes chimiques en Syrie qui ressemblent davantage à l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo le 20 mars 1995, qu’à l’usage militaire de telles armes. « Les usages de composants chimiques en Syrie ressemblent davantage à des attentats terroristes qu’à des utilisations militaires massives », relèvent aujourd’hui les experts en armes chimiques.

Voilà quelques éléments d’une vérité historique que Madame Kauffmann aurait pu rappeler à ses lectrices et lecteurs. Invoqué par la directrice éditoriale, e JIM (Mécanisme conjoint d’investigation) a effectivement été rejeté par…les Russes. Heureusement ! Ce mécanisme destiné à supplanter l’OIAC était essentiellement composé d’ « inspecteurs » majoritairement membres des services spéciaux américains et britannique !

Au beau milieu de ce papier d’anthologie des Fake News, Madame Kauffmann, conspirationniste en diable et en chef, ose écrire : « la vérité n’est pas toujours à portée de micro ». Pour ce qui la concerne, on doit rajouter « à portée de plume » ! Relisant son tire – La vérité, victime de guerre -, on pourrait dire comme les enfants : c’est celui qui dit qui l’est ». En l’occurrence, Sylvie Kauffmann – lauréate du programme Young Leaders/1998 de la French-American Foundation – poursuit opiniâtrement, dans les colonnes du Monde, son travail d’influence, de désinformation et de propagande au profit de ses vrais patrons !

Alors, que cette bécassine idéologique cesse – s’il vous plait – d’invoquer « la vérité », qu’elle cesse de nous inonder de ses Fake News, qui devraient être relevées, sinon punies par les tribunaux !

Etienne Pellot
30 avril 2018

1José Bustani : l’homme qui a dit non aux américains ! prochetmoyen-orient.ch, 11 septembre 2017.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Etienne Pellot, 30-04-2018

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Quand les médias Américains blanchissent le massacre de Gaza

31.mai.2018 // Les Crises

Quand les médias Américains blanchissent le massacre de Gaza

Alors qu’Israël a tué de sang froid plus de 50 Palestiniens qui manifestaient contre la décision de transfert de l’ambassade américaine lundi, Joe Lauria affirme que les médias américains n’ont pas relaté précisément les événements qui ont eu lieu à Gaza ; une fois de plus, les médias US se sont contentés de protéger la ligne gouvernementale.

Source : Joe Lauria, Consortium News,14-05-2018

Typique de l’état d’esprit des médias « mainstream », voici un tweet de CNN qui rend compte de ce qui s’est passé à Gaza lundi alors que des soldats israéliens ont tué plus de 50 manifestants Palestiniens : « Le nombre de morts s’élève à au moins 52 personnes au cours des affrontements le long de la barrière frontalière entre Israël et Gaza, disent les responsables palestiniens. Plus de 2 400 personnes ont été blessées ». Le nouveau slogan de CNN étant « #FactsFirst », « Les faits d’abord ».

Adam Johnson, qui écrit pour « Fairness and Accuracy in Reporting » [Équité et Exactitude dans le Journalisme, une organisation de « surveillance du journalisme » (https://fair.org/about-fair/), NdT] a tweeté en réponse à CNN.

« Cette formulation résume tout :

  • “Le nombre des morts augmente” – personne n’a été tué, personne en particulier n’a commis de meurtre, le nombre de morts “augmente” juste mystérieusement
  • le terme “affrontements” qui fait disparaître toute l’asymétrie du rapport de force
  • “2 400 personnes ont été blessées” – Ces 2 400 personnes sont toutes palestiniennes, mais allons-y pour les “les gens” ».

Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan a expliqué sur son blog qu’après avoir recherché le mot « massacre » sur Google News, il n’y a trouvé aucune référence à Gaza.

Lundi, le New York Times titrait : « Des dizaines de Palestiniens sont morts dans des manifestations alors que l’ambassade US se prépare à ouvrir à Jérusalem ». Le journaliste Glenn Greenwald a répondu : « Grâce à des années de pratique, la plupart des médias occidentaux sont devenus très doués pour écrire des gros titres et décrire les massacres israéliens à la forme passive afin d’en cacher le coupable. Mais le champion de tous les temps a longtemps été, et reste, le New York Times. #SontMorts. »

(peut être à cause des pressions exercées par Greenwald et d’autres, le Times a changé son titre lundi soir en « Israël tue des dizaines de personnes à la frontière de Gaza alors que l’ambassade US ouvre ses portes à Jérusalem)

Un autre titre de CNN se contente de : « Des douzaines de personnes meurent à Gaza ». Le journaliste Max Blumenthal a répondu : « Peut-être qu’ils étaient vieux. Ils étaient peut-être très malades. Ils se sont juste levés et sont ils morts ! Qui donc réussira à élucider ces morts mystérieuses ? »

Blumenthal proposera plus tard une explication à ce mystère : « Selon la Maison Blanche, le Hamas aurait lancé 41 manifestants sur d’innocentes balles israéliennes ».

La projection

C’est une chose que de récuser la responsabilité d’Israël, c’en est une autre que de la faire porter par la victime. L’ambassadeur d’Israël, Danny Danon, a appelé lundi le Conseil de sécurité de l’ONU à « condamner le Hamas pour ses crimes de guerre », parce que « chaque victime à la frontière est une victime directe du Hamas ».

Il a déclaré dans un communiqué publié par la mission de l’ONU en Israël :

« Condamnez le Hamas pour les crimes de guerre qu’ils commettent. Non seulement le Hamas incite des dizaines de milliers de Palestiniens à franchir la frontière pour attaquer des civils israéliens, mais il met aussi délibérément en danger les civils palestiniens. Le meurtre de civils israéliens, tout comme la mort du peuple de Gaza , est une issue que le Hamas appelle de ses vœux. Chaque victime à la frontière est une victime des crimes de guerre du Hamas, chaque mort est le résultat de l’activité terroriste du Hamas, et seul le Hamas porte la responsabilité de ces victimes. »

Présenter les choses ainsi, c’est permettre aux autorités israéliennes de s’en tirer les mains propres, malgré le bain de sang, surtout si vous craignez qu’Israël soit accusé de crimes de guerre pour ses actions de lundi. Danon a parlé d’une « brèche dans la frontière ». Cependant, il est pratiquement impossible d’entrer ou de sortir de Gaza sans l’autorisation d’Israël. Dans l’esprit de Danon, les cerfs-volants en flammes qui ont survolé la frontière constituent une soi-disant « brèche », pour près de deux millions de Gazaouis palestiniens soumis à un blocus économique non reconnu à l’échelle internationale.

Il ferait bien de méditer sur les paroles de Moshe Dayan, l’un des Pères Fondateurs d’Israël, qui a dit en 1956 :

« Quelle raison avons-nous de nous plaindre de leur haine féroce envers nous ? Depuis huit ans maintenant, ils sont assis dans leurs camps de réfugiés à Gaza, et sous leurs yeux, nous faisons notre pays des terres et des villages dans lesquels eux et leurs ancêtres ont vécu ». Il a continué : « Nous sommes une génération de colons, et sans le casque d’acier et le canon du fusil, nous ne pourrions ni planter un arbre, ni construire une maison… N’ayons pas peur de voir la haine qui accompagne et consume la vie de centaines de milliers d’Arabes qui s’assoient tout autour de nous et attendent le moment où ils pourront, de leurs mains, faire couler notre sang. »

Les États-Unis Perroquet d’Israël, les Media Perroquet des États-Unis.

La position de Danon a été cruellement encouragée par la Maison Blanche lundi. L’attaché de presse adjoint Raj Shah a été invité à plusieurs reprises à condamner la réponse militaire d’Israël. « Nous pensons que le Hamas est responsable de ces morts tragiques », a-t-il répondu. « Leur exploitation plutôt cynique de la situation est à l’origine de ces morts et nous voulons que cela cesse ». Plus tard, il a accusé le Hamas de « tentative de propagande sordide et déplorable ».

Sans surprise, le Congrès s’est aussi aligné derrière l’État juif, la plupart ignorant ce qui s’était passé à Gaza.

Lors de la cérémonie d’ouverture de l’ambassade US, la sénatrice de Caroline du Sud Lindsey Graham, a qualifié cette journée de « journée historique dans les relations entre les États-Unis et Israël ». Le sénateur du Texas Ted Cruz, qui faisait partie des quatre sénateurs et des dix membres de la Chambre des représentants présents, a fait une déclaration incroyable selon laquelle le déplacement de l’ambassade « favorise les chances de paix au Moyen-Orient en démontrant que l’appui des États-Unis à Israël est inconditionnel et ne se laissera pas intimider par l’opinion des médias internationaux ».

De retour à Washington, le sénateur Chuck Schumer, de New York, a proclamé : « Chaque nation devrait avoir le droit de choisir sa capitale. J’ai présenté un projet de loi en ce sens il y a 20 ans, et j’applaudis le président Trump pour l’avoir fait ».

Ajamu Baraka, le candidat à la vice-présidence du Parti Écologique en 2016, a tweeté : « Où sont les Démocrates qui condamnent le massacre de Gaza ? Si c’était Assad, ils se joindraient aux Républicains qui appellent à l’action militaire en prétendant qu’ils se soucient de la vie arabe ».

Une poignée de Démocrates prennent la parole

Bernie Sanders, sénateur du Vermont, a quelque peu critiqué la réaction meurtrière d’Israël. « La violence du Hamas ne justifie pas qu’Israël tire sur des manifestants non armés. Les États-Unis doivent jouer un rôle moteur en réunissant Israël, l’Autorité palestinienne, l’Égypte et la communauté internationale pour faire face à la crise humanitaire de Gaza et mettre fin à cette escalade de la violence. »

La sénatrice de Californie Dianne Feinstein, Démocrate, s’est, elle, montrée plus critique : « C’est absolument désolant. La situation humanitaire à Gaza est dramatique. Au lieu de réduire l’aide, l’administration Trump doit rétablir notre rôle de chef de file et faire ce qu’elle peut pour alléger les souffrances des Palestiniens. L’emplacement de l’ambassade est une question de statut définitif qui aurait dû être résolue dans le cadre de négociations de paix dont chacune des deux parties serait sortie gagnante, et non une seule. Israël ne connaîtra la véritable sécurité que lorsqu’il sera en paix avec ses voisins. »

La représentante [députée, NdT] Démocrate du Minnesota Betty McCollum, a tweeté : « Aujourd’hui, l’ouverture de l’ambassade d’Israël à Jérusalem et l’assassinat de dizaines de manifestants de Gaza font avancer la politique d’occupation et d’oppression des Palestiniens pratiquée par Netanyahou. Les politiques de Donald Trump alimentent les conflits, abandonnant les efforts diplomatiques pour parvenir à la paix. »

Au Capitole, la pression pour soutenir Israël est d’une puissance répugnante. Mais quelle est l’excuse des médias pour avoir peur de simplement rapporter des faits, tels que des soldats israéliens ont « tué » des Palestiniens lundi ? Ils ne sont pas simplement décédés.

Ce n’est pas parce que des personnalités de l’État américain sont des défenseurs d’Israël que les médias doivent leur emboîter le pas. Mais pour cela, il faudrait que les États-Unis disposent de médias grand public indépendants.

Quand une ligne éditoriale a permis à un média grand public de se hisser au plus haut rang de la hiérarchie du genre, avec ce que ça offre comme possibilités d’auto-promotion, il lui est pratiquement impossible de rétrograder et de poser un regard différent sur l’information qu’il diffuse.

Joe Lauria est rédacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant du Wall Street Journal, du Boston Globe, du Sunday Times of London et de nombreux autres journaux. On peut le joindre à joelauria@consortiumnews.com et le suivre sur Twitter @unjoe .

Source : Joe Lauria, Consortium News,14-05-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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L’effroyable posture

L’effroyable posture


Par Stratdiplo − Le 1er  mai 2018 − Source stratediplo

Effroyable posture : le plus significatif serait que ce titre parodique n’éveille aucune résonance dans les cellules grises mémorielles à haute volatilité des cerveaux hexagonalement formatés.

Jeudi 26 avril, dix-sept habitants de Douma (Syrie) sont venus faire leurs dépositions au siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, à La Haye, puis ont été présentés en conférence de presse ouverte à toutes les questions. Ce groupe de témoins comprenait notamment les figurants involontaires du vidéogramme des faux Casques Blancs ayant servi de prétexte au bombardement de la Syrie par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ainsi que les médecins de l’hôpital de Douma où avait été tourné ce vidéogramme mensonger.

Évidemment les représentants des trois pays ayant illégalement (aux yeux du droit international et de la Charte de l’ONU) bombardé la Syrie quelques heures avant le début de l’enquête de l’OIAC se sont obstensiblement retirés jeudi du siège de l’OIAC. Le représentant des États-Unis est cependant resté un peu plus longtemps dans le couloir pour intimer personnellement à tout représentant d’un pays libre de faire demi-tour et de ne pas entrer dans la salle, tentative d’intimidation improvisée et maladroite (les représentants de plusieurs dizaines de pays membres lui ont d’ailleurs désobéi) qui sera radicalement transcendée comme on le verra prochainement. Il avait auparavant fait le tour de ses alliés pour leur interdire d’assister à l’audience des dépositions, que le représentant de la France, l’ambassadeur aux Pays-Bas Philippe Lalliot, a qualifiée de révoltante.

La presse dictée, qui avait consacré ses gros titres des 8 avril et suivants aux accusations d’attaque chimique et mis en première page ou diffusé en boucle les photos et le court-métrage montrant de prétendues victimes d’attaque chimique à l’hôpital de Douma, refuse de donner la parole voire simplement d’écouter ces prétendues victimes. Après avoir diffusé très largement et lourdement ces images auprès de son lectorat, sans le moindre contrôle d’authenticité ou même d’identité (des réalisateurs comme des prétendues victimes), cette presse interdit unanimement à son lectorat de connaître la vérité à ce sujet. D’abord elle n’est pas allée spontanément sur place à la source des prétendues informations (pourtant très graves et ayant servi de prétexte à une guerre) qu’elle a diffusées, puis elle a volontairement ignoré les invitations et appels des autorités locales, ainsi que des journalistes des pays libres (ou journalistes indépendants des pays sous contrôle) et des témoins eux-mêmes une fois que ces journalistes leur ont donné la possibilité de s’exprimer, et enfin elle refuse de diffuser les rectificatifs alors que les intéressés ont été identifiés, ont fait l’effort de demander un visa pour les Pays-Bas et sont authentifiés et présentés par une organisation internationale, à son siège, en Europe.

On ne va pas étudier ici les multiples codes de déontologie et surtout les nombreux codes civils mais il est pratiquement certain que tous les moyens de presse écrite, radiophonique ou télévisée qui ont diffusé les images de personnes (sans leur autorisation) présentes à l’hôpital de Douma le 7 ou le 8 avril 2018 et refusent de diffuser leurs déclarations violent la loi de leur pays, tant en matière de presse qu’en matière de respect de la vie privée et de prohibition de la calomnie. Il y a des pays où l’efficacité et l’impartialité de la presse sont philosophiquement considérées comme des composantes indispensables du système démocratique, et il y a des pays où la liberté de la presse est conditionnée à sa sincérité, comme en France où une certaine liberté d’information sous stricte condition de véracité (article 27 de la loi du 29 juillet 1889) a été rétablie avant même le rétablissement par exemple des libertés d’enseignement puis d’association, en l’occurrence moins d’un siècle après la Révolution. Et il y a eu, et il semble qu’il y ait de nouveau, des pays où la presse publique ou privée n’est autorisée qu’à diffuser l’information dictée ou certifiée par une agence gouvernementale. Ce fut notoirement le cas sous les régimes marxistes, comme le national-socialisme et le bolchévisme. Sous certains régimes la dictée des agences de presse nationale va, au-delà de la désinformation politique, jusqu’à la diffamation personnelle.

Il faut rappeler ici que la législation de la plupart des pays civilisés interdit d’une part d’utiliser l’image d’une personne privée sans son accord, et d’autre part de lui attribuer des propos ou des comportements sans lui permettre de répondre. Même en Syrie une personne dont un journal a diffusé une photographie avec une légende fallacieuse, par exemple en la présentant comme victime d’une attaque chimique, dispose d’un droit de réponse obligeant ledit journal à publier cette réponse sur le même média et de la même manière (en première page si la mention initiale était en première page) afin de donner aux déclarations de l’intéressé la même audience qu’aux déclarations sur l’intéressé.

Mais certains médias vont même plus loin et calomnient carrément les dix-sept témoins de Douma. Jeudi 26 lors de la conférence de presse le ton a été donné dès la première question, posée en l’occurrence par une journaliste britannique leur demandant combien ils avaient été payés pour venir, affirmant ainsi explicitement qu’ils avaient été payés et les accusant implicitement de prévarication, mensonge et imposture, insinuation particulièrement indélicate envers des gens présentés deux semaines plus tôt comme des victimes d’un crime de guerre suffisamment grave pour motiver un crime contre l’humanité (le crime contre la paix). Ensuite les rares médias qui ont mentionné la venue de ces Syriens à La Haye ont mis en doute leur identité (copiant le communiqué mensonger de Reuters disant qu’ils n’étaient pas identifiés), pourtant vérifiée tant par le consulat néerlandais qui leur accordé le visa que par la police d’immigration à l’aéroport de La Haye et le service de sécurité du siège de l’OIAC, et en singulier contraste avec l’anonymat total de la vidéo et des photos que les mêmes médias avaient diffusées sans en chercher la moindre identification, authentification ou confirmation. Les rares médias ayant rapporté le point de presse ont mentionné que les représentants russe et syrien à l’OIAC avaient présenté des Syriens non identifiés comme de prétendus résidents de Douma, mais se sont bien gardés de diffuser la moindre image, en particulier du garçonnet Hassan Diab aisément reconnaissable puisqu’il avait été malgré lui le personnage principal du court-métrage de propagande des faux Casques Blancs très largement diffusé dans le monde entier, et se sont gardés également de mentionner les qualités et fonctions aisément vérifiables des médecins de l’hôpital. Variant comme d’habitude légèrement leurs phrases, les médias ont néanmoins textuellement repris dans toutes les langues les deux expressions communiquées par les trois agences de presse des pays agresseurs de la Syrie, à savoir « mascarade honteuse » et « mascarade obscène ».

En l’occurrence il est évident que les trois agences qui dictent l’information au monde ne pouvaient être objectives puisque l’Agence France Presse est l’agence officielle française, que Reuters est l’agence britannique et American Press l’agence étasunienne, relevant donc respectivement des trois pays de l’OTAN qui ont bombardé la Syrie le 14 avril quelques heures avant l’arrivée des enquêteurs de l’OIAC (qui à ce jour n’ont pas trouvé de traces d’une attaque chimique, comme le savaient les décideurs des bombardements), et dont les représentants ont tenté d’empêcher l’audition de ces témoins à l’OIAC le 26 avril. Mais le monopole de ces agences dépendantes de gouvernements fractores pacis qui viennent de se rendre coupables de la plus grave violation du droit international (le crime d’agression) leur permet d’imposer leurs mensonges flagrants bien au-delà de la sphère occidentale, jusqu’aux presses notamment japonaise, australienne et néozélandaise qui désinforment ainsi leur lectorat selon la dictée des trois agences de presse de l’OTAN.

Pourtant la presse du monde autrefois libre sait à quoi s’en tenir au sujet des supports de propagande des faux Casques Blancs depuis au moins le 30 septembre 2015, lorsqu’ils sont devenus célèbres en présentant de fausses photographies de prétendues victimes de bombardements russes la veille de l’intervention russe en Syrie, et que l’adjoint Farhan Haq du porte-parole du secrétaire général de l’ONU a été obligé de corriger les déclarations faites à la presse par son chef Stéphane Dujarric de la Rivière quelques heures plus tôt, en disant que celui-ci s’était rendu compte ensuite qu’il avait été intoxiqué par plusieurs sources non confirmables dont les Casques Blancs, que Farhan Haq a d’ailleurs nommés White Helmets avant de vérifier s’il s’agissait bien de l’organisation humanitaire gouvernementale argentine reconnue par l’ONU, sous ce nom, dans une vingtaine de résolutions depuis la 49/139 de 1994.

Certains médias ont accompagné leur mention succincte et injurieuse de la déposition ou de la conférence de presse des habitants de Douma d’un avertissement explicite disant « fake news », cette expression anglaise à laquelle le président français entend faire dédier (par le parlement) une loi institutionnalisant un contrôle accru de l’information, et plus précisément l’interdiction de supports de presse indépendants des trois agences de l’OTAN. À la promotion gouvernementale du discours mensonger on va ajouter la suppression de toute version alternative.

Après avoir fait croire au public « occidental » que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques à Douma (et le gouvernement russe une arme chimique à Salisbury), on déploie des montagnes d’énergie et de perfidie pour l’empêcher de connaître la vérité. De toute évidence on entraîne tous les rouages de l’information dictée en vue du jour où on aura décidé de faire croire au public « occidental » que la Russie a largué une bombe nucléaire sur l’aéroport de Lougansk (comme l’a déclaré le 19 septembre 2014 le régime issu du coup d’État ukrainien), voire sur Minsk, Riga ou Varsovie.

Cette effroyable posture d’une conspiration médiatico-gouvernementale contre le droit à l’information et à la vérité devient extrêmement dangereuse pour la paix.

Stratdiplo

http://lesakerfrancophone.fr/leffroyable-posture

 

Quand le « Washington Post » charge le Qatar

Quand le « Washington Post » charge le Qatar


Mardi 1 Mai 2018 modifié le Mardi 1 Mai 2018 – 23:34


par Mustapha Tossa


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Les révélations du journal américain le « Washington Post » sur le financement du Qatar de certains groupes terroristes sur fond de libération d’otages qataris en Irak sont venues relancer la grande accusation lancée par les pays du Golfe contre Doha de couver et de financer des organisations terroristes et qui justifient aux yeux de l’opinion internationale son boycott et sa mise en quarantaine politique et diplomatique.

L’influent journal américain vient de publier des échanges de messages hackés entre l’ambassadeur du Qatar en Irak Zayed ben said Al Khayareen et sa hiérarchie dans lesquels il se plaint du déroulement de cette opération d’échange et des sommes d’argent engagées pour la libération de 25 otages qataris dont certains appartiennent à la famille régnante à Doha. L’ambassadeur donne aussi des détails sur le déroulement de cette opération, les sommes en jeu ainsi que les acteurs qui ont bénéficié de cette juteuse opération de prise d’otages.

Ces révélations montrent une négociation entre l’ambassadeur du Qatar et des groupes qui veulent profiter de cette situation pour s’emparer du maximum d’argent. Dans ses messages, l’ambassadeur décrit ses interlocuteurs de la manière suivante : » « Ils sont tous des voleurs , les Syriens, le Hezbollah libanais, les milices du Hezbollah irakien… tous veulent profiter de l’occasion pour avoir de l’argent et c’est leur occasion »

Dans cette négociation, le Qatar s’est engagé à leur remettre 275 millions de dollars pour libérer les neuf membres de la famille régnante et les 16 citoyens qataris enlevés en Irak pendant une partie de chasse. Et selon les messages révélés par le « Washington Post », l’ampleur de ce contrat destiné à libérer les otages s’élevait à 150 millions de dollars destinés à des groupes intermédiaires dont certains étaient catalogués par l’administration américaine comme des organisations terroristes. Le journal américain précise que parmi ces intermédiaires qui se sont enrichis à travers les négociations de ce contrat digne des grands films d’espionnage se trouvent de membres de milices de la garde révolutionnaire iranienne, du Hezbollah libanais et des groupes miliaires irakiens impliqués dans des attaques contre les forces américaines.

Ces révélations ne montrent pas uniquement que des groupes terroristes ont pu profiter de la manne financière du Qatar pour se renforcer mais plus grave encore il pourrait s’agir dans l’ensemble d’un grand deal dans lequel des pays comme l’Irak, la Turquie ou l’Iran seraient impliqués, dans parler de deux factions de l’opposition syrienne dont la célèbre Front Al Nussra. D’ailleurs l’intervention de ces pays ont donné une autre ampleur à ce contrat qui selon les sources du Washington Post s’élève à un milliard de dollars qui englobe aussi la libération de détenus iraniens en Syrie.

Les documents du Washington Post montrent en effet que de l’argent a été remis à des organisations terroristes par des responsables qataris allant de cinq à cinquante millions de dollars à des responsables iraniens et irakiens. Sans parler de la rondelette somme de 50 millions de dollars remise à une personne nommée Qassem, qui pourrait être Qassem Souleimani, l’iconique patron de la brigade al Quds de la brigade révolutionnaire iranienne. D’autre documents, selon le Washington post, montrent que le Qatar a remis 150 millions de dollars aux brigades du Hezbollah irakien ainsi que dix millions de dollars à un intermédiaire nommé Abou Mohammed Saadi.

Les révélations du Washington post tombent très mal pour la diplomatie du Qatar qui tente de convaincre la communauté internationale qu’elle n’a jamais inscrit son action dans une stratégie de financement des groupes terroristes. Elles révèlent aussi bien les sommes astronomiques en jeu que les organisations bénéficiaires d’une telle manne. Cette affaire qui poursuit le Qatar comme une malédiction donnent un éclairage intéressant sur les voies qu’utilisent certains acteurs de cette crise régionale pour s’enrichir et assoir leurs pouvoirs.

Le Qatar, qui a toujours nié avoir financé des organisations terroristes, est confronté à ces révélations basés sur des enregistrements hackés de son ambassadeur et va devoir s’expliquer sur cette démarche. Et il le fait sous la pression internationale.

Récemment s’est tenu à Paris un sommet sous la houlette d’Emmanuel Macron dont l’objectif est d’assécher les sources du financement du terrorisme. La communauté internationale engagée fermement dans la lutte contre les organisations terroristes voit dans l’assèchement de leurs sources de financement un objectif stratégique indispensable à réaliser pour affaiblir, voire éradiquer les groupes terroristes.

Mardi 1 Mai 2018 – 11:55


Syrie : tout ça pour ça

Syrie : tout ça pour ça

Tout ce foin médiatique pour bombarder quelques les hangars vides. Ridicule. Mais raisonnable application d’une idée conne dès le départ. Il semblerait que Trump et Mattis aient eu un effet modérateur sur le choix des cibles.

Je suis assez content de moi : je m’en doutais, je commence à comprendre Trump. Plus il aboie moins il mord. Evidemment, ce n’est pas ce que vous diront nos crétins des medias, mais je pense que vous avez compris qu’ils sont des ennemis de Trump avant d’être des journalistes (ou plutôt : ils sont des ennemis de Trump parce qu’ils sont journalistes).

Le plus gros défi, peut-être impossible à relever, est la restauration de la crédibilité des occidentaux. Parce que, vus d’ailleurs, d’Afrique d’Asie, nous sommes d’énormes menteurs qui nous cachons derrière les leçons de morale pour défendre nos intérêts, et le plus navrant est que nos détracteurs ont parfaitement raison.

J’ose espérer au moins que mes fidèles lecteurs ne croient pas aux raisons niaises que nos gouvernants donnent, ça serait vraiment atteindre le fond la bêtise.