Archives pour la catégorie MEDIAS

Syrie : tout ça pour ça

Syrie : tout ça pour ça

Tout ce foin médiatique pour bombarder quelques les hangars vides. Ridicule. Mais raisonnable application d’une idée conne dès le départ. Il semblerait que Trump et Mattis aient eu un effet modérateur sur le choix des cibles.

Je suis assez content de moi : je m’en doutais, je commence à comprendre Trump. Plus il aboie moins il mord. Evidemment, ce n’est pas ce que vous diront nos crétins des medias, mais je pense que vous avez compris qu’ils sont des ennemis de Trump avant d’être des journalistes (ou plutôt : ils sont des ennemis de Trump parce qu’ils sont journalistes).

Le plus gros défi, peut-être impossible à relever, est la restauration de la crédibilité des occidentaux. Parce que, vus d’ailleurs, d’Afrique d’Asie, nous sommes d’énormes menteurs qui nous cachons derrière les leçons de morale pour défendre nos intérêts, et le plus navrant est que nos détracteurs ont parfaitement raison.

J’ose espérer au moins que mes fidèles lecteurs ne croient pas aux raisons niaises que nos gouvernants donnent, ça serait vraiment atteindre le fond la bêtise.

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Comment des journalistes peuvent provoquer des guerres

Comment des journalistes peuvent provoquer des guerres

Le bombardement de la Syrie, le 14 avril 2018, restera aussi dans les annales comme un exemple des conséquences du journalisme à scandale. Thierry Meyssan revient ici sur l’emploi du sensationnalisme dans la propagande de guerre.

| Damas (Syrie)

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En décembre 2016, les Casques blancs co-signèrent cette revendication des jihadistes qui assiègérent Damas et lui coupèrent l’eau. Priver des civils d’accès à l’eau est un crime de guerre.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont bombardé la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril 2018. Cette opération, qui constitue une agression en Droit international, a été présentée comme une réponse alliée à l’emploi supposé d’armes chimiques par la République arabe syrienne.

Le secrétaire à la Défense US, le général James Mattis, a déclaré ne pas disposer de preuve de cette accusation, mais se fonder sur « des articles de presse crédibles ». En 2011, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, s’était également fondé sur des articles de presse —aujourd’hui tous démentis— pour lancer un mandat d’arrêt international contre Mouamar Kadhafi, justifiant ainsi l’intervention de l’Otan.

En 1898, le gouvernement US s’était identiquement fondé sur les « articles de presse crédibles » des journaux de William Randolph Hearst [1] pour lancer la guerre hispano-américaine. Par la suite, ces articles se révélèrent totalement mensongers [2].

Les « articles de presse crédibles » auquel James Mattis fait référence, quant à lui, se basent sur les déclarations de l’ONG britannique « Casques blancs » (White Helmets). Celle-ci, qui se présente comme une « association humanitaire », est en réalité partie au conflit. Elle a officiellement participé à plusieurs opérations de guerre, dont la coupure d’eau des 5,6 millions d’habitants de Damas durant une quarantaine de jours [3].

Quelques heures avant le bombardement des alliés, la Russie et la Syrie avaient rendus publics les témoignages de deux hommes, présents à l’hôpital de Douma durant la prétendue attaque chimique. Ils attestaient que celle-ci était une mise en scène et n’a jamais eu lieu [4].

Comme au XIXème siècle, il serait donc possible aujourd’hui pour des journalistes de manipuler des États et un tribunal international, de les pousser à renverser un régime ou à bombarder d’autres États.

C’est pourquoi, en démocratie, une partie de la presse revendique constituer un « Quatrième Pouvoir », quoi qu’illégitime car non élu.

Les médias qui disposent de cette capacité appartiennent à de grands capitalistes qui, par ailleurs, entretiennent des liens étroits avec les responsables politiques qui prétendent par la suite avoir été intoxiqués par leurs « articles crédibles ». William Randolph Hearst était par exemple un proche du président US, William McKinley, qui ambitionnait de lancer la guerre hispano-américaine et qui la déclara.

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique et la France firent adopter par l’Assemblée générale des Nations unies diverses résolutions condamnant la propagande de guerre [5]. Elles furent transcrites en droit national par les États membres. Théoriquement, les journalistes qui se livrent à cette activité devraient donc être poursuivis. Pourtant ce n’est pas le cas, car dans la pratique seuls les États ont la capacité d’enclencher ce type d’action judiciaire. La propagande de guerre est donc interdite, mais pour le moment seuls des journalistes d’opposition qui n’ont pas la capacité de mener des guerres peuvent en être jugés coupables en droit national, pas les États qui les conduisent.

[1] Citizen Hearst : A Biography of William Randolph Hearst, W. A. Swanberg, Scribner’s, 1961.

[2] Public Opinion and the Spanish-American War : a Study in War Propaganda, Marcus Wilkerson, Russell and Russell, 1932. The Yellow Journalism USA, David R. Spencer, Northwestern University Press, 2007.

[3] « Une « ONG humanitaire » prive d’eau 5,6 millions de civils », Réseau Voltaire, 6 janvier 2017.

[4] « Les témoignages qui infirment l’accusation des Casques blancs », Réseau Voltaire, 13 avril 2018.

[5] « Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2011.

http://www.voltairenet.org/article200680.html

[Vidéo] Natacha Polony : Journalistes et médias sous contrôles ? Par Thinkerview

Source : Thinkerview, Youtube, 05-03-2018

Interview de Natacha Polony en direct à12h, le 05/03/2018

Source : Thinkerview, Youtube, 05-03-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

6 réponses à [Vidéo] Natacha Polony : Journalistes et médias sous contrôles ? Par Thinkerview    Pour lireles 6 réponses , cliquez sur le lien :

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Et maintenant Poutine hacke les pipelines américains (ou presque…)

Et maintenant Poutine hacke les pipelines américains (ou presque…)

5 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Russie

Que n’inventeront-ils pas… Nous avions vu à plusieurs reprises que l’abominable Vlad des neiges était accusé d’à peu près toutes les calamités terrestres :

On savait, grâce à notre presse ô combien libre (défense de rire), que l’horrible Vladimirovitch avait instrumentalisé au choix : les réfugiés, le gaz, la Syrie, les élections américaines ou allemandes, Photoshop, sa propre popularité, la conquête spatiale etc. On n’a pas encore pu prouver la responsabilité du Kremlin dans la disparition des dinosaures mais ça ne saurait tarder…

Le dernier délire en date est délicieusement débile. Interrogé par un tabloïd anglais, un certain docteur Padalka nous apprend maintenant que Poutine est en train de militariser une pieuvre géante découverte dans la région arctique afin d’en faire une arme « dévastatrice ».

Rappelons que la semaine dernière, le Parlement européen a voté une grisante résolution sur la « propagande » des médias… russes, oui, oui, russes ! Système complètement perdu, ivre, halluciné, en phase terminale.

Voilà maintenant que les serveurs électroniques de quatre petites compagnies gazières US opérant en Amérique du Nord ont été hackés. Il ne faut que quelques paragraphes pour en arriver, l’air de rien, à l’inévitable accusation :

« Ces attaques interviennent alors que, le mois dernier, le Département de la sécurité intérieure a averti du danger des cyber-attaques russes contre le système électrique américain. »

Quelle coïncidence, juste au moment où Trump propose d’inviter Poutine à la Maison Blanche afin de tenter de réparer les pots cassés, plongeant ainsi le Deep State et la journaloperie à son service dans le désarroi. Et hop, une bonne petite accusation gratuite de piratage russe des pipelines de l’Amérique profonde, effrayant la ménagère de moins de cinquante ans : l’ogre du Kremlin prive vos enfants de gaz et d’électricité !

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/et-maintenant-poutine-hacke-les-pipelines-americains-ou-presque.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Christopher Steele vu par le New Yorker

Christopher Steele vu par le New Yorker

Par Philip M. Giraldi – Le 13 mars 2018 – Source The Unz Review

Jane-Mayer
La dernière salve en date, dans le cadre de la saga du Russiagate, est un article de 15 000 mots, publié dans le New Yorker, intitulé « Christopher Steele, l’homme derrière le dossier Trump : comment l’ex-espion a essayé d’avertir tout le monde sur les liens de Trump avec la Russie » signé par la célèbre journaliste Jane Mayer. L’axiome de départ est aussi limpide que l’annonce son titre indigeste : le dossier Steele, qui mettait en cause Donald Trump et ses associés dans une myriade de crimes et de délits, a fondamentalement raison d’exposer la menace existentielle que représente la Russie pour notre pays. Comment en vient-elle à cette conclusion ? En citant des sources non identifiées, mais dont le lecteur doit accepter la crédibilité comme irrécusable, et en y ajoutant les témoignages d’amis et de soutiens de Steele.


Pour l’exprimer différemment, l’œuvre de Mayer est une énième redite des thèses « croyez ce que je vous dis » qui ont mené la charge contre la Russie et contre Trump depuis le début. Comme on pouvait s’y attendre, les anti-Trump de droite comme de gauche se sont jetés sur l’article de Mayer, le prenant comme confirmation de leurs présomptions, En réalité, cependant, il se pourrait que Trump ait plus raison que tort quand il se dénonce comme victime d’une conspiration de l’establishment visant à le discréditer et à se débarrasser de lui.

Mayer est une progressiste, et critique Donald Trump depuis longtemps. Elle est auteur d’un livre dénonçant « la profonde influence des frères Koch sur la politique américaine » et co-auteur d’un autre ouvrage avec Jill Abamson, qui fut rédactrice en chef du New York Times. On rapporte qu’Abramson conserve dans son sac à main une reproduction miniature en plastique à l’effigie de Barack Obama, qu’elle peut ainsi sortir et contempler pour « se réconforter » quand elle se trouve confrontée à l’Amérique de Donald Trump. La biographie du New Yorker sur Mayer la décrit comme une journaliste couvrant la sécurité nationale, ainsi que des sujets politiques et culturels.

Le problème du genre de néo-journalisme pratiqué par Mayer est que la démarche consiste à partir d’une conclusion, puis à sélectionner les « faits » nécessaires à l’étayer. Quand le gouvernement adopte ce genre de pratique pour appuyer, disons, une guerre contre l’Irak, ou même, hypothétiquement, contre l’Iran, on appelle cela du « picorage ». Après avoir « picoré » les faits arrangeants, la pratique consiste à en gaver les décideurs politiques, ce qui évite toute analyse susceptible de venir s’opposer à la véracité du produit. En termes journalistiques, l’équivalent serait d’envoyer directement les saloperies à un ami éditeur, en se passant de toute vérification.

Mayer tente de faire preuve de probité en affirmant que les Républicains « essaient de faire tomber la communauté du renseignement ». C’est une affirmation étrange de sa part, elle qui a écrit un livre dont le titre est The Dark Side : The Inside Story of How the War on Terror Turned into a War on American Ideals (Le Côté sombre : comprendre de l’intérieur comment la guerre contre la terreur est devenue une guerre contre les idéaux américains) un travail qui avait montré comment la communauté du renseignement travaillait main dans la main avec le Congrès et la Maison Blanche. Mais elle n’est pas la première des libéraux à être devenus amis avec la CIA, le FBI et la NSA, en réponse à la soi-disant menace ultime provoquée par Donald Trump.

Un ami de Steele décrit pratiquement celui-ci comme la réincarnation de Jésus sur terre, lui dont « la rectitude, l’intégrité et la vérité (…) surpassent toute idéologie ». L’ancien dirigeant du MI-6 et patron de Steele, Sir John Dearlove, qui avait à l’époque témoigné au sujet des renseignements sur l’Irak qu’ils avaient été marketés et « établis en contournant les bonnes pratiques » pour plaider la fausse cause de la guerre, décrit Steele comme « superbe ». On trouve d’autres commentaires similaires d’autres anciens agents de la CIA. John McLaughlin, ancien directeur adjoint de la CIA, qui s’était vu impliqué dans les mensonges soutenant l’invasion américaine de l’Irak, voit également Steele comme honnête et crédible, cependant qu’un ancien responsable d’agence de la CIA à Moscou est invoqué pour dénigrer le « tempérament russe » qui inciterait ce peuple à mentir et tromper autrui.

Ma relecture du refus de Mayer d’adopter une démarche critique vis à vis de Steele a révélé plusieurs occurrences, où elle en vient à des conclusions sans réel étai, ou accepte des « preuves » qui sont fondamentalement des ouï-dires et convergent avec sa narration. Elle affirme que la Russie et que WikiLeaks étaient de mèche lors de la publication d’emails du Comité national démocrate et de Hillary Clinton, sans apporter la moindre justification. Elle a probablement conclu cela sur la base de quelque chose qu’elle avait entendu, mais de la bouche de qui, et quand ?

Une autre grosse gaffe de l’article de Mayer est de citer un « dirigeant russe » dont le nom reste inconnu, déclarant que le Kremlin avait bloqué la nomination au poste de secrétaire d’État de Mitt Romney, un critique notoire de la Russie. Les déclarations de Steele ne précisent pas comment cela serait arrivé exactement, et on n’a trace d’aucune autre confirmation indépendante de cette allégation, mais Mayer la trouve crédible, estimant qu’« on peut considérer que les événements qui ont suivi l’ont confirmé ». Quels événements ? C’est une question que l’on pourrait se poser, mais les médias nationaux n’ont pas hésité à répandre l’allégation de Mayer comme si elle constituait une source crédible dans un cycle frénétique de 48 heures d’information en boucle sur Romney et Trump.

Le parcours professionnel de Steele est également matière à questions. Il a travaillé à Moscou de 1990 à 1993 pour son premier poste d’agent du MI-6, sous couverture diplomatique. C’était la tourmente en Russie à l’époque, et Mayer raconte comment « Boris Eltsine parvint au pouvoir suprême, et on vit l’extinction des promesses de démocratie quand le KGB – maintenant appelé FSB – réaffirma son influence, que les oligarques s’emparèrent des biens de l’État et que les forces politiques nationalistes commencèrent à émerger ». Sans vouloir trop entrer dans les détails, la manière dont Mayer dépeint la Russie est totalement fausse. Eltsine était un ivrogne aux mains des manipulations et des interventions américaines et européennes. Il ne constituait pas du tout une « promesse de démocratie » et il est devenu de plus en plus corrompu alors qu’il occupait toujours le pouvoir après les élections totalement truquées de 1996, quand le FMI et les États-Unis ont conspiré pour le faire ré-élire, afin de faire perdurer le pillage du pays, baptisé « démocratisation ». Mayer poursuit en décrivant en termes négatifs un « obscur » ancien « agent du KGB » nommé Vladimir Poutine, émergeant du chaos.

Mayer continue en citant un rapport de Steele d’avril 2016, une « enquête secrète impliquant une étude des interférences de la Russie avec les politiques menées par quatre [États] membres de l’Union européenne » mais elle ne produit jamais ni le rapport ni les sources qui ont permis de le constituer. Le rapport conclut prétendûment que l’« objectif à long terme du Kremlin (…) était de renforcer les groupes et les politiciens extrémistes aux dépens des démocraties libérales d’Europe. Le but le plus immédiat était de détruire l’UE… ». Le compte-rendu fourni par Mayer apparait comme un peu fantasque, et constitue peut-être un reflet d’une obsession malsaine provenant de Steele, s’il est réellement venu à cette conclusion. En l’état, il s’agit d’ouï-dire, éventuellement fournis à Mayer par Steele lui-même ou par un de ses amis pour défendre sa réputation.

Mayer rapporte et relaie également des allégations de Steele pouvant relever de la trahison, selon lesquelles « [le] Kremlin et Trump complotaient politiquement ensemble lors de la campagne de 2016 (…) “pour chacun semer la discorde et la désunion aux USA” et au sein de l’alliance transatlantique ». En outre, « [Trump] et ses principaux associés ont accepté plusieurs fois des renseignements en provenance du Kremlin sur Hillary Clinton et d’autres rivaux politiques ». Robert Mueller [le directeur du FBI en poste, NdT ] n’ayant apparemment pas fourni d’information étayant des assertions aussi graves, il serait intéressant de savoir d’où Jane Mayer les considère comme crédibles.

Les jugements expéditifs de Mayer comprennent également « l’allégation [de Steele] selon laquelle le Kremlin a pris Trump comme favori en 2016 et lui a offert ses ragots de campagne sur Hillary, qui ont mis cette dernière au tapis. Ainsi que son affirmation que le Kremlin et WikiLeaks travaillaient ensemble… ». Comme noté ci-dessus, les allégations WikiLeaks/Kremlin n’ont pas été prouvées, pas plus que celles sur le Kremlin donnant des informations sur Hillary, qui œuvrait très bien elle-même à l’époque à son propre discrédit.

La description de Donald Trump se livrant à des « actes sexuels pervers » dans un hôtel de Moscou est tout aussi emblématique de ce qui ne va pas dans cet article. On y trouve quatre sources, citées comme décrivant des détails de ce qui s’est passé, mais il est admis qu’aucune des quatre n’a réellement assisté à ce qu’elles  décrivent. Il faudrait en apprendre plus sur l’identité des sources, au delà de vagues descriptions, quel était leur accès à l’information et comprendre quelles pourraient être leurs motivations à la diffuser. L’une des sources serait un « agent de haut niveau du renseignement russe » mais les autres étaient des employés de l’hôtel et un associé de Trump qui avait organisé le voyage.

Pour finir, en tant qu’ancien agent de renseignement, j’ai des questions sur les sources de Steele en Russie. Qui sont-elles ? S’il s’agissait de sources du MI-6, il ne pourrait pas les joindre une fois son service terminé, sous peine de sanctions sévères tombant sous le coup de l’Official Secrets Act. D’autres assertions de l’article de Mayer précisent que Mayer n’a pas versé d’argent à ses sources pour éviter qu’elles ne fabriquent leurs témoignages, un argument que l’on pourrait retourner contre Steele qui, lui, a été payé pour jeter l’opprobre sur Trump. Alors où est le quiproquo ? Les agents de renseignements travaillent contre rétribution, surtout quand il s’agit d’une société de sécurité privée, et les allégations de Steele, s’il a réellement déclaré que des sources lui ont divulgué des informations très sensibles et jusque là précieusement gardées, en échange d’un déjeuner occasionnel au Mayfair, sonnent creux.

Le rapport de Jane Mayer sur le dossier Steele semble reposer en grande partie sur la foi. Il serait intéressant de savoir dans quelle mesure les déclarations de Steele lui-même et de ses relais ont constitué les sources de ce qu’elle a écrit. Tant que l’on n’en saura pas plus sur la réalité des sources russes, ni sur les propres contacts de Mayer interviewés pour produire cet article, son « dossier sur l’homme derrière Trump » restera un mystère et tout cette saga sur le Russiagate, mentionnant des interférences de Moscou dans les élections américaines de 2016, restera sujette à caution.

Philip M. Giraldi, Ph.D., est directeur du Council for the National Interest, une fondation à but éducatif, dont les dons donnent lieu à réduction d’impôts, et qui vise à développer une politique étrangère américaine au Moyen-Orient plus en adéquation avec les intérêts du pays. Le site web est www.councilforthenationalinterest.org, l’adresse P.O. Box 2157, Purcellville VA 20134 et l’email inform@cnionline.org.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/christopher-steele-vu-par-le-new-yorker

 

Le parti médiatique existe, il est peuplé de clones journalistiques

Le parti médiatique existe, je l’ai rencontré. L’audiovisuel est peuplé de clones journalistiques

Le parti médiatique existe, il est peuplé de clones journalistiques

Par Jean Ansar, journaliste ♦ Dire qu’il n’y a pas de parti médiatique en France en se référant à l’existence d’une diversité d’opinions représentée notamment par Valeurs actuelles face à l’ Obs est une Fake News évidente. Quand on parle de parti médiatique, on se réfère à l’audiovisuel qui manipule en prétendant l’informer, 80 % de la population. Ce parti existe.
Les rédactions des radios et télévisions sont constituées de journalistes ayant la même sensibilité à plus de 80 % et les autres se taisent. Ils sortent d’écoles syndicalisées au niveau très disparate mais à l’endoctrinement uniforme. Il suffit d’être dans le moule pour devenir journaliste. La compétence et la culture sont des critères moins décisifs.


La carte de presse ne prouve plus rien depuis longtemps dans la plupart des cas

Ce n’est plus un certificat de compétence professionnelle. On peut ne rien savoir sur rien, devenir journaliste et être propulsé spécialiste selon les besoins du paracétamol ou du Kosovo.
Ces journalistes clonés qui, dans les chaînes d’infos en continu, se multiplient à une vitesse aussi effrénée que la profession se féminise, pensent tous la même chose. Leur modèle c’est en gros Libération, Le Monde, un zeste d’Obs et une pointe de Canard Enchaîné. De temps en temps un éditorialiste de droite est là pour donner le change.
Ces journalistes pensent avoir la noble tâche non pas d’informer mais de former et ce n’est pas la même chose. Ils se sentent investis de la mission de protéger la démocratie. Tous résistants contre la bête immonde dont le ventre est encore fécond.

Il y a un parti médiatique sinon pourquoi aurait-on, dans toutes les chaines audiovisuelles, les mêmes sujets dans la même hiérarchie et au même moment avec les mêmes points de vues.
La diversité de l’information audiovisuelle est un mensonge. La multiplication des médias disant la même chose est le contraire de la diversité des opinions, qui seule prouve la liberté de la presse. La liberté d’opinion est faites pour toutes les opinions surtout celles qui contestent le système dominant.
Car quelle différence entre des médias d’un régime autoritaire disant tous la même chose et les médias d’une soi-disant démocratie disant tous la même chose ? Aucune !

Quelle est donc la ligne politique du parti médiatique

Elle est antiraciste, féministe, contre toutes les discriminations et exclusions. C’est la soutane des gentils curés cathodiques contre les forces du mal.
Les forces du mal, ce sont ceux qui se référent aux valeurs qui ont fait les civilisations différenciées et qui n’ont pas honte notamment d’être blancs, mâles et hétérosexuels .Le mâle blanc hétérosexuel, le voilà l’ennemi du parti médiatique.

Les médias sont pour le cannabis contre le vin rouge, pour tout ce qui est mondialiste et contre l’héritage des traditions.
Pour le mariage homo contre les familles à la catholique, pour toutes les races qui n’existent pas sauf la blanche qui est raciste, pour l’avortement mais plus en Europe qu’ailleurs, pour les droits de la femme et des minorités surtout musulmanes, pour les migrants et les immigrés contre ceux qui ont fait les nations.

Le parti médiatique est un gauchisme sociétal audiovisuel

Son point faible est de vouloir assumer tout le monde. Il se retrouve dans la position du caméléon qui meurt à force de vouloir prendre toutes les couleurs de la couverture écossaise.
Le parti médiatique ne cesse heureusement de se discréditer. C’est pourquoi il traque les faks news et à partir de cas particuliers pour interdire un traitement de l’information, déviant par rapport à des dogmes politiques et sociétaux.
Le parti médiatique, c’est croire informer en disant que Poutine est méchant sans rien connaitre ni comprendre l’âme russe. Et c’est cela pour tous les sujets. Il y a pire que la Fake news, il y a la désinformation dominante, fille de l’inculture et du militantisme.

Les lanceurs d’alerte et autres journalistes citoyens ou blogueurs de l’impossible sont la preuve de la bonne conscience politique d’ une profession qui a perdu le sens de sa vocation d’informer à charge et à décharge laissant aux éditorialistes le rôle de dire ce qu’ils pensent et à eux seuls.

Chaque journaliste se croit aujourd’hui éditorialiste de ses propres préférences politiques. La carte de presse ne lui donne pas le droit de tenter d’imposer ses préférences. Il affirme ne pas être dans un Parti, mais il est partisan.

Plus personne n’est dupe. Le dégagisme ne l’épargne plus. L’affolement d’une caste journalistique vis à vis de certaines attaques politiques est très dangereux pour ce qui reste dans les médias audiovisuels du droit de ne pas être d’accord avec l’idéologie dominante.

Car si les medias ne sont pas un parti structuré, ils sont une idéologie.

Jean Ansar
18/03/2018

Source : Metamag.fr

Crédit photo : Rémi Noyon [CC BY 2.0], via Flickr

https://www.polemia.com/parti-mediatique-existe-clones-journalistiques/

Navalny : l’invention du “principal opposant politique” russe

Cela fait plus d’un an que l’AFP intoxique gravement toute la presse avec comme élément de langage « Alexeï Navalny est le principal opposant à Vladimir Poutine » (Sources 1,2,3,4,5,6) :

Ce serait bien que l’AFP justifie sa position qui consiste à qualifier Navalny de « principal opposant ». En effet, selon les sondages, il semble plutôt que ce dernier recueille entre 2 et 3 % des intentions de vote, loin derrière l’extrême droite et les communistes (sources : Levada plutôt proche de l’opposition, Romir représentant local de Gallup) :

Encore qualifié aujourd’hui de “juriste charismatique” par l’AFP, il faut savoir que Navalny dénonce (à juste titre) la corruption en Russie. Mais il ne cache pas ses penchants extrémistes, comme dans cette vidéo qu’il a réalisée, où il tue un Tchétchène pour vanter le port d’armes.

Lien vers la vidéo

Son fait d’armes majeur fut les manifestations de mars 2017, qualifiées de “manifestations monstres” dans la presse française, alors qu’elles n’ont réuni que quelques milliers de manifestants, majoritairement jeunes, à Moscou, ville qui regroupe 12 millions d’habitants (Source : Le Figaro)

En octobre, il n’a rassemblé qu’un millier de manifestants à Moscou, et 5 000 à Saint-Pétersbourg. RFI a parlé de « succès d’estime », alors que même les journaux d’opposition en Russie parlaient d’échec. (Sources : RFI, Courrier International)

Bref, il est bien triste de voir nos médias soutenir des personnalités aussi douteuses.

40 réponses à Navalny : l’invention du “principal opposant politique” russe

Commentaires recommandés Pour lire les 40 réponses , cliquez sur le lien :

https://www.les-crises.fr/navalny-l-invention-du-principal-opposant-politique/

[Vidéo] Journalistes et liberté d’expression en danger ? par Thinkerview

Source ; Thinkerview, Youtube, 13-02-2018

Invités ; David Koubbi – avocat, écrivain et Jean-Pierre Canet – Ex rédacteur en chef d’Envoyé Spécial.

Source ; Thinkerview, Youtube, 13-02-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

8 réponses à [Vidéo] Journalistes et liberté d’expression en danger ? Par Thinkerview 

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Syrieleaks : Suites, propagande et dividendes… Par Richard Labévière

L’envers des cartes

Beyrouth, 26 février 2017.

A la demande de plusieurs lecteurs et auditeurs, nous revenons sur notre « information exclusive » de la semaine dernière (19 février 2018), publiée par prochetmoyen-orient.ch (numéro 166) : « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la stratégie occidentale ».

C’est le légendaire Pierre Lazareff qui disait que « pour un journaliste, sortir une exclusivité est toujours une épreuve, sinon une douleur ». Et le patron de France-Soir ne connaissait pas encore les réseaux numériques (abusivement nommés « réseaux sociaux »), les Fake News et les futures lois sur les Fake News

Il y a d’abord ceux qui vous somment d’exhiber le document sur le champ. Il y a aussi ceux qui vous disent que « les médias sérieux n’en parlent pas ». Il y a encore ceux qui vous demandent très tranquillement de dévoiler vos sources. Enfin, d’autres s’étonnent de « votre discrétion sur la toile », ne comprenant pas qu’on puisse vivre sans relater immédiatement faits, gestes, émotions sur les réseaux numériques !

Les mêmes ne peuvent imaginer qu’on ne dispose d’aucun compte face ou tweet ou autre, ni qu’on ait passé l’âge de se précipiter sur les plateaux des télévisions de l’immédiateté et de l’émotion en continu, aux côtés d’experts auto-proclamés de telle ou telle spécialité… En réalité, que s’est-il réellement passé ?

EPISTEMOLOGIE D’UN SCOOP

Daté du 12 janvier 2018, le télégramme diplomatique britannique (TD) – signé par Benjamin Norman (qui suit les dossiers du Proche-Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington) – a beaucoup circulé dans les coulisses de la Wehrkunde, la dernière Conférence sur la sécurité de Munich (du 16 au 18 février derniers). Pourquoi ? Parce que ce document – assez exceptionnel – révèle le contenu d’une réunion (du « Petit Groupe sur la Syrie », réunissant des diplomates de hauts rangs des Etats-Unis, de Grande Bretagne, de France, d’Arabie saoudite et de Jordanie), qui aurait dû rester strictement confidentiel.

Pourquoi ? Parce qu’elle révèle, par le menu, la « stratégie occidentale » concernant la guerre en Syrie : nourrir et multiplier les hostilités par tous les moyens pour empêcher une Pax Russiana ; poursuivre une intense campagne de communication sur les bombardements russes et syriens qui tuent des civils ; cadrer le représentant spécial des Nations unies pour la Syrie – Staffan de Mistura – par une feuille de route contraignante ; saboter la conférence de paix de Sotchi pour revenir à Genève dans un format tripartite : opposition syrienne, gouvernement syrien et Forces démocratiques syriennes (FDS – principalement constituées de supplétifs kurdes aux ordres du Pentagone).

En filigrane, le TD britannique décrivait les deux objectifs politiques principaux visés : saboter la conférence de Sotchi et préparer la même campagne de propagande massive qui accompagna la libération d’Alep en décembre 2016, destinée à ponctuer la reconquête, certes dévastatrice, par l’armée gouvernementale syrienne de la Ghouta orientale (banlieue de Damas) aux mains de différents groupes terroristes. A la lecture du document, on comprend que cette stratégie occidentale opte pour « une guerre sans fin » en Syrie, tout en dénonçant auprès de l’opinion publique internationale une nouvelle « catastrophe humanitaire ». En conclusion, le TD se félicite du leadership américain, exercé pour la mise en œuvre effective et la médiatisation – la plus large possible – de cette stratégie.

Voulant d’abord protéger sa source, prochetmoyen-orient.ch a choisi de ne pas publier la totalité du TD pour transmettre son fac-similé à ses amis de la rédaction de L’Humanité-Dimanche, afin d’en publier des extraits le jeudi 22 février. Toujours dans les coulisses de la réunion de Munich, un autre fac-similé a été transmis à plusieurs journalistes arabes. C’est ainsi que le quotidien Al-Akhbar de Beyrouth, en a fait sa une du même jeudi de février, reproduisant de larges extraits du document dans un dossier spécial de plusieurs pages. A l’exception de la presse française, ces deux titres ont été largement repris par des médias du monde entier…

Précision d’importance : toujours à Munich, le document en question avait fait l’objet d’une scrupuleuse authentification par deux experts de services européens de renseignement, ainsi que par le chef des forces de sécurité de l’un des pays arabes participant à la réunion bavaroise ! Voilà pour les mal-pensants, les imprécateurs des Fake News, des complots globaux, conspirations et nouvelles cuisines.

L’OPTION D’UNE GUERRE SANS FIN

Plus sérieusement, ce TD était parfaitement annonciateur de ce qui s’est passé par la suite et de ce qui se déroule encore actuellement sur le plan opérationnel en Syrie : ajouter de nouvelles guerres à la guerre en cours. Depuis plusieurs années, prochetmoyen-orient.ch qualifie le conflit syrien de « guerre civilo-globale », en précisant qu’il fait interagir quatre principales dynamiques : 1) Etats-Unis contre Russie ; 2) Arabie saoudite contre Iran ; 3) Turquie contre Kurdes ; 4) enfin, jihadistes globaux (Al-Qaïda) contre jihadistes locaux (Dae’ch, notamment).

Sur le plan opérationnel, les révélations du TD de Benjamin Norman se sont avérées parfaitement pertinentes. En annonçant la formation d’un corps de supplétifs de 30 000 combattants (quelques jours avant le sommet de Sotchi), le Pentagone appuyait délibérément sur le bouton rouge d’une nouvelle intervention militaire turque. Non seulement Washington donnait implicitement son feu vert à Ankara, mais en prime, les stratèges américains créaient une indémêlable zizanie entre factions kurdes pour consolider leurs alliés des FDS, dont ils entendent imposer la présence à Genève…

Autrement préoccupante, est la cinquième et nouvelle dimension de cette « guerre civilo-globale », à savoir l’extension et l’officialisation d’une ingérence israélienne massive. A Munich toujours, Benjamin Nétanyahou a brandi, à la tribune officielle de la conférence, un morceau de tôle en affirmant qu’il s’agissait du débris d’un drone iranien abattu dans l’espace aérien israélien. Ce numéro lui a permis de menacer l’Iran, martelant encore et encore que ses « forces du mal » cherchaient à s’installer durablement aux frontières de l’Etat hébreu et que cette éventualité justifiait désormais des actions militaires « préventives ».

Cela dit, Tel-Aviv était surtout furieux d’avoir eu l’un de ses avions de chasse abattu en Syrie par un missile de l’armée gouvernementale. Toujours est-il – cela fait longtemps et chaque jour que Dieu fait – que l’on voit chasseurs et bateaux de guerre israéliens violer « préventivement » les espaces aériens et maritimes libanais, sans que cette réalité n’émeuve beaucoup la « communauté internationale », à commencer par les Etats-Unis et leurs alliés européens… Sur cette menace récurrente, on ne saurait que conseiller la lecture ou la relecture du livre magistral du politologue franco-libanais Frédéric Domont et de son coauteur, Walid Charara : Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste.

En définitive, aux quatre dynamiques de la « guerre civilo-globale » de Syrie, s’en ajoute désormais une cinquième – celles des ingérences militaires israéliennes -, au moment même où Donald Trump annonce la mise en chantier de « Mini-Nucs », des armes nucléaires de théâtre ! Cette annonce est doublement préoccupante : parce qu’elle rompt avec la doctrine nucléaire classique de dissuasion qui repose sur l’existence d’« armes de non – emploi » ; dans un contexte qui voit le rapprochement, non seulement des Etats-Unis et d’Israël, mais aussi de l’Arabie saoudite, trois des acteurs de la « guerre civilo-globale » qui veulent en découdre avec Téhéran !

BOMBARDEMENTS, MENSONGES ET VIDEO

Pendant ce temps, en ville et dans nos étranges lucarnes, on assiste au même déferlement propagandiste qui a prévalu lors de la libération d’Alep durant le dernier semestre 2016. A ce sujet, le dernier livre de Maria Khodynskaya-Golenishcheva déconstruit très précisément les logiques de communication et de propagande mises alors en œuvre par les médias américains et occidentaux. Aujourd’hui, pour la Ghouta, la même machinerie est en action, à l’identique.

Par contre, pas un mot sur les dizaines d’obus de mortier (tirés par les terroristes de la Ghouta) qui s’abattent quotidiennement sur la place des Abbassides (nord-est de Damas), ni sur les quartiers chrétiens (comme par hasard) – Bab Touma et Bab Cherki – du centre-ville. Au moment où nous mettons sous presse, on dénombre plus d’une centaine de victimes et de nombreux blessés, mais ces morts-là n’intéressent pas la presse occidentale !

Personne ne peut nier la violence et l’horreur des opérations qui se déroulent actuellement dans la Ghouta orientale et d’autres banlieues de Damas où les groupes jihadistes utilisent les populations civiles comme boucliers humains sous les bombardements du régime. Le quotidien français Libération cite complaisamment un ancien ambassadeur de France à Damas – Michel Duclos – qui semble découvrir que « les Russes et le régime de Bachar al-Assad semblent déterminer à récupérer tout le territoire syrien, comme ils l’ont souvent répété ». Toute proportion gardée bien entendu, les Syriens qui vivent dans leur pays seraient ils légitimes s’ils condamnaient les autorités françaises cherchant à reprendre le contrôle de la ZAD de Notre Dame des Landes, ou à remettre les nationalistes corses au pas? La question que l’on doit toujours se poser dans les guerres civiles, les plus atroces des guerres : qui sont les vrais sauvages ? On ne saurait que conseiller la relecture de Montaigne à cet égard !

Durant la bataille d’Alep, la presse occidentale pleurait à chaudes larmes sur une « ville martyr » et « assiégée » alors que dans le même temps elle parlait de la « libération » de Mossoul… Quoi de plus logique de voir l’armée gouvernementale d’un Etat-nation chercher à reprendre le contrôle de la totalité de son territoire dans l’exhaustivité de ses frontières historiques ? Et, de grâce, qu’on ne vienne pas essayer de faire passer les terroristes de Jabhat al-Nosra, et d’autres groupes armés – soutenus par l’Occident, les pays du Golfe et Israël – pour des « combattants de la liberté » !

Maria Khodynskaya l’explique très précisément dans son livre déjà cité : depuis plusieurs années les diplomates russes demandent à leurs homologues américains et européens la liste des groupes « armés » dits « modérés, laïcs et démocratiques ». Sans surprise, cette liste n’a jamais pu être produite, alors qu’actuellement les forces spéciales américaines recyclent des terroristes de Dae’ch dans de nouvelles unités des… FDS et d’autres factions armées destinées à poursuivre la lutte contre « le régime de Bachar al-Assad ».

Aucune surprise ! Les services américains sont coutumiers du fait. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ils ont recyclé nombre d’anciens nervis de la Gestapo dans leurs unités spéciales, bras armés de la Guerre froide. Ils ont employé nombre de nazis au service des dictatures latino-américaines – dans la cadre du Plan Condor, au Chili, en Argentine, au Brésil ou à Panama -, et d’autres tueurs professionnels, les « Contras » pour anéantir la révolution sandiniste à partir de la fin des années 1970. On pourrait multiplier des exemples plus récents en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Ukraine…

Comment les Américains osent-ils, encore aujourd’hui, donner des leçons de « guerres propres », comme si une telle fantasmagorie pouvait exister… En attendant un rendez-vous à Sodeco, sur la Ligne verte du Beyrouth de la guerre civile (1975 – 1989), je scrute de belles maisons ottomanes dont murs, colonnes et voûtes sont encore perforées d’impacts de balles et de tirs de mortiers. Relisant Jules Roy – il faut relire Jules Roy sur l’Indochine, la guerre d’Algérie et d’autres malheurs du monde – je retrouve ce passage où l’écrivain évoque une conversation avec un avocat des Forces libanaises : « si je lui avouais qu’à l’époque nous ne nous posions même pas de questions, moi du moins, qui ne suis pourtant pas insensible. Aller jeter des bombes au phosphore et des bombes explosives sur des villes allemandes pour tout incendier et tout raser nous semblait dans le cadre de notre mission. Pas le choix : question de vie ou de mort, seul moyen de reculer l’heure où l’Allemagne emploierait les armes secrètes qu’elle n’était pas loin de mettre au point. Peut-être aurait-il été plus efficace d’anéantir les usines où l’on assemblait les ogives et les moteurs des fusées, mais quel plus sûr moyen d’écraser le moral de l’adversaire : bousiller civils, femmes et enfants ? Non, non, je n’ai jamais hésité. Sur mon carnet de vol, on ne trouve pas Dresde, mais Duisbourg, Hambourg, Stuttgart, Coblence, Cologne deux fois, sans compter les usines d’essence synthétique ou de roulements à billes de la Ruhr, le train-train habituel, le dieu Moloch qui dévore les équipages. Je réponds simplement que je n’avais pas beaucoup de scrupules en ce temps-là ».

Notre époque sans mémoire aurait-elle oublié les guerres que nos démocraties ont mené, comment elles les ont menées et avec quelles conséquences ? Depuis la fin de la Guerre froide, la nature de la guerre a foncièrement changé, surtout avec « la guerre contre le terrorisme », déclarée par Georges W. Bush dès le lendemain des attentats du 11 septembre 2001, une « guerre » qui n’a pas encore dit toutes ses ruses. Mais, après la disparition du bloc de l’Est, il fallait impérativement reconstruire un ennemi étatique d’envergure qui puisse garantir la reproduction du complexe militaro-industiel, en garantir les millions d’emplois et les juteux dividendes.

Dans cette perspective, une poignée de main effective entre Donald Trump et Vladimir Poutine eût été catastrophique, les bourses occidentales étant littéralement tétanisées par une telle perspective, d’où le feuilleton sans fin de l’ingérence russe dans les élections américaines et les systèmes médiatiques européens. Dès 2012, Alain Joxe nous expliquait que l’objectif des nouvelles guerres américaines – et par extension occidentales – ne visait plus la victoire sur le terrain, le contrôle du territoire et des populations, mais bien la production, l’exportation et la généralisation de nouvelles armes, de nouveaux logiciels de cyberguerres, faisant basculer les rapports de force jusqu’à leur numérisation totale.

La mondialisation contemporaine a instauré la « guerre de tous contre tous », et par tous les moyens possibles afin de produire de nouveaux outils d’accumulation du capital. Dans la droite ligne de cette logique mortifère s’est imposé le continuum nécessaire entre la guerre, la propagande et le profit. Le TD de Benjamin Norman nous annonce « une guerre sans fin » en Syrie et plus largement aux Proche et Moyen-Orient, illustrant à la perfection le constat édifiant de Cecil Rhodes : « l’argent, c’est le sang des autres… »

Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière

P.J. Un article avec le télégramme en question…

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

8 réponses à Syrieleaks : Suites, propagande et dividendes… Par Richard Labévière

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https://www.les-crises.fr/syrieleaks-suites-propagande-et-dividendes-par-richard-labeviere/

Régis Le Sommier (Grand Reporter) : «Il se passe la même chose au Yémen qu’à la Ghouta mais on n’en parle jamais car ce sont nos alliés saoudiens qui sont à la manoeuvre»

Régis Le Sommier (Grand Reporter) : «Il se passe la même chose au Yémen qu’à la Ghouta mais on n’en parle jamais car ce sont nos alliés saoudiens qui sont à la manoeuvre»

2h58

Coup de gueule de Régis Le Sommier (Grand Reporter à Paris Match) qui dénonce l’indignation sélective entre la catastrophe humanitaire au Yémen et à la Ghouta : «Il se passe quasiment la même chose au Yémen qu’à la Ghouta, mais évidemment on n’en parle jamais car ce sont nos alliés Saoudiens qui sont à la manoeuvre !»
– France 24, 27 février 2018, 00h50


Valérie Boyer (Députée Les Républicains) : «#YemenCantWait ! Yémen, ce conflit ignoré indifférent à la compassion internationale»


Houchang Nahavandi (Spécialiste de l’Iran) : «Il y a un massacre terrible de la population civile au Yémen. Il y a des hôpitaux qu’on détruit, il y a des écoles qu’on détruit, il y a des maisons de civils qu’on détruit, et il y a un silence fracassant de l’opinion internationale et surtout des médias sur ce sujet. J’aurais souhaité qu’on décide aussi d’un vrai cessez-le-feu au Yémen.»
– RT France, 26 février 2018, 21h08


Reportage du 31 décembre 2017 sur la situation humanitaire dramatique au Yémen qui croule sous les bombes de l’Arabie Saoudite. Sujet diffusé sur RT France, la seule chaîne d’information en France qui en parle régulièrement.
– RT France, 31 décembre 2017, 9h03

Reportage plus récent du 12 janvier 2018.
– RT France, 12 janvier 2018, 8h10

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