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OTAN et Europe : Caroline Galactéros sur Radio Courtoisie

OTAN et Europe : Caroline Galactéros sur Radio Courtoisie

Posted on  14 novembre 2019 by  admin

Caroline Galactéros était l’invitée du Grand Entretien de la Matinale du 14 novembre 2019 de Radio Courtoisie.

Retrouvez son intervention en intégralité sur ce lien : https://www.radiocourtoisie.fr/2019/11/14/matinale-du-14-novembre-2019/

Pays membres de l’OTAN en 2019
https://www.radiocourtoisie.fr/2019/11/14/matinale-du-14-novembre-2019/

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Quand les médias US tentent d’effacer les traces de leurs mensonges … par des mensonges

Quand les médias US tentent d’effacer les traces de leurs mensonges … par des mensonges


Le New York Times falsifie les rapports sur l’armement des rebelles syriens par les États-Unis


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Par Moon of Alabama − Le 20 octobre 2019

Voici l’histoire telle que bidonnée par le New York Times dans son article intitulé « Le sentiment de trahison des Kurdes remplacés par des rivaux peu recommandables » par Ben Hubbard, David D. Kirkpatrick, New York, le 18 octobre 2019 :

Maintenant, [..] le sentiment de trahison parmi les Kurdes [..] n'a d'égal que leur indignation face à qui va s'installer à leur place : des soldats turcs soutenus par des combattants syriens que les États-Unis ont longtemps rejetés comme extrémistes, criminels et voyous. ...
 
Les combats meurtriers [..] ont également donné une nouvelle marge de manœuvre aux combattants syriens qui étaient autrefois considérés comme trop extrêmes ou trop indisciplinés pour recevoir le soutien de l'armée américaine [les terroristes modérés, NdT]. ...
 
Nommée à tort Armée nationale syrienne, cette coalition de milices soutenues par la Turquie est en fait en grande partie composée de la lie du mouvement rebelle du conflit, vieux de huit ans.

Au début de la guerre [..] l'armée et le C.I.A. ont cherché à former et à équiper des rebelles modérés et dignes de confiance pour lutter contre le gouvernement et État islamique.
 
Quelques-uns de ceux qui se battent actuellement dans le nord-est ont pris part à ces programmes infructueux, mais la plupart ont été rejetés, jugés trop extrêmes ou trop criminels. Certains ont exprimé des sensibilités extrémistes ou alliées à des groupes djihadistes.

La réalité est à l’opposé de ce que prétend le NYT. La majorité des groupes actuellement en conflit avec l’armée turque avaient auparavant reçu le soutien des États-Unis. Même leur dirigeant nominal est celui que les États-Unis ont payé, armé et promu auparavant.

Selon une analyse de la Fondation pour les Études sur la Politique, l’Économie et la Société (SETA) :

COMPOSANTES DE L’ARMÉE NATIONALE ET IMPLICATIONS DE L’UNIFICATION - Ömer Özkizilcik, SETA, octobre 2019

Le 31 août, la Coalition nationale syrienne s'est réunie et a élu le président et le cabinet du gouvernement intérimaire syrien dans lequel Abdurrahman Mustafa a été élu président et Salim Idriss a été élu ministre de la Défense. Avec le nouveau gouvernement, le gouvernement intérimaire syrien est devenu plus actif sur le terrain, a commencé à visiter chaque faction de l'armée nationale et a accéléré les négociations en suspens visant à unifier l'armée nationale et le NLF sous un commandement unique.

Salim Idriss avec le sénateur américain John McCain

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Salim Idriss avec Guy Verhofstadt, alors président du groupe ALDE au Parlement européen.

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Parmi les 41 factions qui ont rejoint la fusion, 15 appartiennent au National Front for Liberation (NFL) et 26 à l’Armée nationale. Treize factions supplémentaires ont rejoint la fusion après que les États-Unis eurent coupé leur soutien à l’opposition syrienne armée. Sur les 28 factions rebelles, 21 étaient auparavant soutenues par les États-Unis, dont trois via le programme du Pentagone pour lutter contre DAESH. Dix-huit de ces factions ont été approvisionnées par la CIA via la salle des opérations de MOM en Turquie, une salle d’opérations de renseignement commune des «Amis de la Syrie» destinée à soutenir l’opposition armée. Quatorze des 28 factions étaient également destinataires des missiles anti-chars guidés TOW fournis par les États-Unis.

L’étude du SETA fournit une liste détaillée des groupes impliqués dans l’invasion turque actuelle de la Syrie. Leur commandant, Salim Idriss, est un ancien larbin, mais la majorité de ces groupes ont reçu un soutien et des armes de la part des États-Unis.

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Le New York Times affirme que seuls « quelques-uns de ceux… » qui combattent maintenant les Kurdes de l’YPG ont pris part aux programmes américains, c’est un mensonge flagrant.

L’article du NYT cite trois « experts » qui ont témoigné que les « rebelles » armés par les  États-Unis sont vraiment, vraiment mauvais :

Ce sont les inadaptés du conflit, les pires des pires", a déclaré Hassan Hassan, un érudit d'origine syrienne qui suit les combats. "Ils sont connus pour des extorsions, des vols et leur banditisme, plus comme des voyous que des rebelles - essentiellement des mercenaires.

C’est Hassan Hassan qui, depuis le début du conflit, a exercé des pressions en faveur de l’armement des rebelles, depuis son perchoir au sein du média phare des Emirats arabes unis, The National.

Un autre « expert » cité est la propagandiste israélienne Elizabeth Tsurkov :

"Ce sont essentiellement des gangsters, mais ils sont également racistes envers les Kurdes et les autres minorités", a déclaré Elizabeth Tsurkov, membre de l'Institut de recherche sur les politiques étrangères. "Aucun humain ne devrait être soumis à leur domination."

Tsurkov avait auparavant applaudi l’embauche et l’armement par Israël des mêmes « rebelles syriens ».

Un autre « expert » cité par le New York Times est coprésident du « Groupe d’étude syrien bipartite parrainé par le Congrès » :

"Nous passons les zones contrôlées par nos alliés à des criminels et des voyous qui, dans certains cas, étaient associés ou se battaient aux côtés d'Al-Qaïda", a déclaré Mme Stroul, du Syrian Study Group. "C'est une erreur stratégique épique et profonde."

Le «Groupe d’étude syrien» veut prolonger la guerre en Syrie. Mme Stroul et son coprésident, Michael Singh, résident à l’Institut de Washington, qui fait partie du lobby sioniste et milite depuis longtemps pour «l’armement des rebelles syriens».

Le rapport du New York Times ne mentionne pas le fait que les «experts» cités ont tous fait pression pour armer les groupes dont ils se lamentent maintenant. Quand ces groupes se sont déchaînés dans les régions qu’ils ont prises au gouvernement syrien, le New York Times et ses «experts» les louaient tout le temps. Aucun effort pour les soutenir n’était assez grand. Tous les crimes qu’ils ont commis étaient couverts ou excusés.

Maintenant que les mêmes rebelles attaquent les Kurdes, ils sont soudainement qualifiés d’être ce qu’ils ont toujours été.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/quand-les-medias-us-tentent-deffacer-les-traces-de-leurs-mensonges-par-des-mensonges

Fake ! Voilà maintenant les DeepFuck !

Fake ! Voilà maintenant les DeepFuck !

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 14 octobre 2019

   Forum

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Fake ! Voilà maintenant les DeepFuck !

14 octobre 2019 – Hier donc, cela devait être dans la “tranche 13H00-14H00”, je m’invite sans crier gare sur la chaîne LCI où l’on bavarde sans discontinuer autour du cadavre puant de la réalité du monde totalement désintégrée. On nous parlait d’une nouvelle catégorie, type Formule 1, dans le circuit du FakeNewsisme, laDeepFake qui déchire les âmes sensibles. On nous entretint donc d’un exemple très récent et tonitruant de la méthode, le montage publicitaire de Solidarité-SIDAqui fait dire à Trumpque le SIDA est vaincu, avec la voix, les mimiques, les gestes de Trump (après tout, “AIDS” n’est pas si loin d’“ISIS”, alors le travail en est facilité avec lui qui ne cesse de répéter qu’ISIS est liquidé). On s’exclame sur ce nouvel aspect du Fake, une sorte de Fake absolue qui fabrique du simulacre absolu de l’image, du geste, de la parole et du contenu de la parole ; mais tout cela, hein, sur la pointe des pieds du point d’exclamation car Solidarité-SIDA, tout de même, c’est du lourd en matière de vertuSystème et il ne faudrait pas qu’on lui fasse porter la moindre responsabilité de la manufacture de ce simulacre-parfait, de cette faussaire-tromperie sans retour en matière de communication.

C’est un zombie de LCI (appelons-le Zombie-DeepFuck pour ne pas dévoiler son nom comme on dénonce, d’autant que je l’ai oublié, le nom) , un chargé de mission auprès des FuckNews pour s’en spécialiser, qui avait été introduit dans le cercle de nos bienpensants de cette tranche horaire 13H00-14H00 de LCI pour nous entretenir de ce grave problème du DeepFakeoù n’importe quoi pourra faire écrire ou dire n’importe qui à n’importe comment, surtout déshonorant ainsi un biendisant-PC, “journaliste” parce qu’inscrit dans l’“ours” de Libé ou du Monde. On se montra presque sévère pour Solidarité-SIDA, qui ouvre la voie, – sauf que, je le répète lourdement, le SIDA, les LGTBQ, les PC, toutes ces vérités-là n’est-ce pas, entre Fake et Fuck, – bref, ces messieurs-dames marchaient sur des œufs… 

Là-dessus, – je cite cela comme exemplaire des réactions de ces susdits messieurs-dames, – un journaliste faisant partie de l’état-major de commentaire des zombies du jour s’exclame plaintivement (il avait l’air vraiment malheureux), quelque chose du genre : “Mais c’est affreux, nous [les journalistes de la presseSystème, les types épatants] nous qui luttons pour faire connaître la petite parcelle de réalité que nous connaissons, [nous qui sommes les derniers défenseurs de la réalité-vérité, qui contribuons à sauver ce qui reste de nos belle “valeurs” démocratiques assaillies de toutes parts], avec ces procédés de tromperie absolue, eh bien voilà, bientôt on ne nous croira plus comme Paroles d’Évangile”. Il est aussitôt repris par Zombie-DeepFuck qui a bien travaillé son dossier et qui nous sort la dernière concernant le pauvre Joseph Robinette Joe Biden, –et qui annonce : “Mais c’est déjà fait, les montages politiques c’est en marche !” Et de nous sortir l’affaire de Joseph Robinette menaçant Porochenko de bloquer l’aide US de 1 $milliard s’il ne vire pas un certain procureur qui comme par pur hasard américaniste, comprend dans son enquête en-cours les activités du fiston, Hunter Biden… “Bien sûr, c’est un faux, cette vidéo un montage complet comme celui-vertueux de Solidarité-SIDA, tout le monde le sait aujourd’hui, poursuit Zombie-DeepFuck, , mais songez à tout ce qu’ils peuvent faire pour nous tromper !!”… Et tout le monde de songer.

La scène en question (vidéo de Biden devant le Council of Foreign Relations), qui serait donc une torpille hâtivement mais parfaitement produite et réalisée ces derniers jours pour être lancée contre Joe Robinette, a été tout de même diffusée par ZeroHedge.com le 24 janvier 2018, ce qui rend compte d’une sacrée vista pour les nécessités des montages et tromperies du futur. On avait déjà publié là-dessus dans ce soi-disant ‘Journal’ (mon FackFuck-dde.crisis), tombant dans le traquenard-DeepFuck, ou bien alors, – n’est-ce pas, Mister PhG ? –s’en faisant consciemment et complotistement l’infâme complice, publiant un texte sur cette sombre histoire où le virginal Joseph Robinette serait piégé par d’immondes Trump-Men. Sur ce point, Biden a réglé le problème : il a simplement dit que tout cela était faux et qu’il interdisait aux médias de diffuser cette vidéo ; interdiction, comme ça, sans autre forme de procès au propre et au figuré, sur la seule simple parole de l’intéressé. LCI, soulagé, a opiné.

 (En plus de quoi apprenons-nous que les salopards viennent de faire un autre montage contre le pauvre sacré vieux Joseph Robinette Joe, et fiston Hunter. Un vrai casse-tête chinois avec $millions-$milliards, montage de A à Z, c’est vrai à la fin ! L’excellent Hunter Biden s’est élevé contre ce barrage de FakeFuckNews et, par pure coïncidence de date, d’innocence et de prudence, a démissionnédu poste qu’il occupait, « from the board of a Chinese equity company ») 

Une fois encore, et toujours et encore, je dois constater ma sidération devant celle de mes confrères de la presseSystème, des “communicants”, des spécialistes de RP, leur sidération devant l’épouvantable conduite de tant de gens dans le monde, et des qui se font prendre pour des journalistes et qui n’en sont pas, des qui ne sont pas au courant des consignes, mal alignés, etc. La presseSystème ne supporte pas cette sorte de déloyale concurrence, elle honnit véritablement tous ceux qui n’ont pas pignon sur rue et consignes dans la musette. A écouter ces intéressants bavardage au Salon du Commerce, on entend leurs voix vibrer de colère et de la plus complète, la plus achevée, la plus écrasante incompréhension fondée sur une bonne foi et une bonne conscience à ne pas croire… (Car je suis absolument sûr que ces virginales vestales de la presseSystème & Cie nagent dans leur bonne foi comme dans un marigot d’une sincérité absolue et aussi prégnante qu’un sable mouvant et humide.)

Car, disent-ils, “mais nous disons la vérité-réalité, et l’on a l’impression désormais, avec ces horreurs-FakeFuck de n’être plus crus à notre juste valeur”. J’ai senti cette panique indicible, ce pathétique désarroi, alors qu’ils écoutaient Zombie-DeepFuck leur conter l’effroyable diffamation insaisissable contre cet honnête homme de Joseph Robinette Joe Biden. Ils atteignaient le terme de leur calvaire, là où gronde l’enfer des journalistes-Système que les complotistes, les antiSystème, les alternatifs ont pavé de simulacres de bonnes intentions…

Enfin, trêve de sarcasmes et de bons mots faciles : le fait est que tous ces braves zombies de la communicationSystème paraissaient littéralement terrorisés. Revoyant le montage Trump/SIDA, ils s’exclamaient que, désormais, on ne pourrait même plus croire pour du comptant ce que disent les hommes politiques. (Certes, et alors ? Vous y croyez encore, vous ? Questions incongrues, passons outre.)

Je fais alors le constat fort sérieux constituant la morale de cette séquence, qu’il est vrai que l’affaire DeepFake introduit un élément de plus dans le tourbillon crisique devenu “Trou Noir crisique” où s’est engloutie la réalité du monde. Quasiment plus rien aujourd’hui n’est garantie d’authenticité directe et tout doit être soumis à enquête, où l’expérience (hors-Système et pré-Système [ou pré-9/11]) et l’intuition jouent un rôle fondamental, avec la raison comme outil également fondamental si elle est sous contrôle et hors de la subversion du Système. Le processus, cette “enquête” pour déjouer la facticité complète d’un “réalité” désintégrée en autant de simulacres que nécessaire, emplies d’autant de narrative qu’inévitable, nous le connaissons depuis un certain temps : il est décrit dans le Glossaire.dde sous l’expression de “vérité-de-situation”.

Bref, rien de nouveau pour nous, qui savons depuis si longtempsce qu’il en est de la transformation de la communication par le Système (communicationSystème), avec licence pour nous de jouer là-dessus avec l’effet-Janus de la communication. Mais pour eux ! Je parle des potiches-zombies de la presseSystème, obligées de s’encenser elles-mêmes, de se trouver si formidablement vertueuses et de se découvrir si complètement cocues, de se décomposer de frayeur, de geindre contre les méchants, de pleurnicher, chialer, couiner, de pleuroter, – “bobo maman, les méchants antiSystème”, –  puisque voilà encore de la tromperie qui corrompt la Vérité dont ils sont les gardiens, et encore plus, chose symboliquement affreuse – cette terrible nouvelle apportée par les amis si vertueux de Solidarité-SIDA !

Excellente FuckNews, les amis. Ils réalisent de plus en plus, peut-être décisivement cette fois, qu’ils sont devant un monde insaisissables, eux qui croyaient à chaque instant saisir la vérité postmoderne du monde entre leurs mains et leurs comptes en banque. Les voilà à la dérive dans le torrent tumultueux du monde déstructuré et de sa réalité désintégrée. Ils n’ont jamais appris à naviguer dans ces eaux tempétueuses, tandis que nous, nous ne faisons que cela, depuis des années longues comme des siècles. Nous savons depuis longtemps que, dans ce monde pulvérisé, la vérité est quelque chose qui se conquiert à la force de l’âme, et de l’âme poétique pour les plus intuitifs ; eux, ils croyaient que cela leur était donné par la force de la promotion-Système obtenus par cirages de bottes labellisés. Bon vent, mes gaillards !

https://www.dedefensa.org/article/fake-voila-maintenant-lesdeepfuck

De nouvelles infox sur la Russie en une du New York Times.

De nouvelles infox sur la Russie en une du New York Times.


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama – Le 10 octobre 2019

Il y a deux jours, le New York Times publiait un article sensationnel sur la prétendue malignité russe. Le titre en une était :

Une unité russe très secrète cherche à déstabiliser l’Europe, selon des responsables de la sécurité.

Selon l’article, l’unité 29155 du service de renseignements militaire russe, le GRU, est responsable de l’affaire Skripal en Grande-Bretagne, des tentatives d’assassinat d’un trafiquant d’armes bulgare, d’une tentative de coup d’État ratée au Monténégro et d’une « campagne de déstabilisation » en Moldavie. Toutes ces opérations présumées ont un aspect commun. Elles n’ont pas atteint leurs prétendus objectifs. Mais l’article du NYT n’insiste pas là-dessus. Il cherche plutôt à peindre un tableau très effrayant :

Les responsables occidentaux de la sécurité viennent de conclure que ces opérations, et potentiellement beaucoup d'autres, font partie d'une campagne coordonnée et continue visant à déstabiliser l'Europe, exécutée par une unité d'élite au sein du système de renseignement russe, qualifiée en subversion, sabotage et assassinat.

Le groupe, connu sous le nom d'Unité 29155, fonctionne depuis au moins une décennie, mais les responsables occidentaux ne l'ont découvert que récemment. Les responsables du renseignement de quatre pays occidentaux disent qu'ils ne savent pas à quelle fréquence l'unité est mobilisée et avertissent qu'il est impossible de savoir quand et où ses agents vont frapper.

Le but de l'unité 29155, dont on avait jamais parlé auparavant, souligne à quel point le président russe, Vladimir V. Poutine, combat activement l'Occident avec sa guerre dite hybride - un mélange de propagande, d'attaques pirates et de désinformation - ainsi qu’avec une confrontation militaire ouverte.

L’auteur, Michael Schwirtz, a fait la promotion de l’article sur Twitter :

Michael Schwirtz @mschwirtz - 15:57 UTC - 8 oct. 2019

Les agents russes qui ont empoisonné Sergei Skripal avec un agent neurotoxique en Grande-Bretagne l'année dernière étaient des membres d'une unité d'espionnage très secrète qui était, jusqu'à récemment, inconnue des services de renseignement occidentaux. Ma dernière plongée dans l'espionnage russe.

« Les responsables occidentaux n’ont découvert que récemment l’unité d’espionnage très secrète ». On se demande comment ils ont fait ça. La meilleure supposition est qu’ils l’ont cherché sur Google :

Leonid Ragozin @leonidragozin - 1:31 UTC - 9 Oct 2019

L'un des journalistes d'investigation les plus éminents de Russie, Sergey Kanev, dit qu'il n'y a rien de super-secret à propos de l'unité 29155 du GRU dont le NYT a parlé hier. Lorsque vous cherchez sur Google, l'adresse de l'unité et le nom du commandant apparaissent sur de nombreux sites de type pages jaunes.

"Si vous aviez fait une meilleure recherche sur Internet, vous auriez trouvé l'adresse de son domicile [le commandant Averyanov], sa datcha près d'Istra et la plaque d'immatriculation de sa voiture. Il y a même le numéro de son téléphone portable, qu'on peut appeler", explique Kanev.

La chaîne d’information russe Vedomosti.ru a approfondi l’histoire (traduction automatique) :

L'unité militaire 29155 du GRU, qualifiée dans le New York Times d'unité d'élite secrète du GRU déstabilisant la situation en Europe, est un cours ordinaire de formation au renseignement. Vedomosti en a été informé par un ancien officier du renseignement et une personne proche des services de renseignement. ...
Selon une personne proche des services spéciaux, l'unité militaire 29155, également connue sous le nom de 161e centre d'entraînement et située dans le district Izmailovo de Moscou (à l'est de la ville), est une formation de courte durée en matière de renseignement militaire qui existe depuis l'Union soviétique, où son personnel militaire améliore ses compétences en tir, communications radio et autres disciplines spéciales - contrairement à l'Académie diplomatique militaire, où les recrues suivent une formation basique. A en juger par les informations données sur le site web sur l'histoire des services spéciaux "Histoire des services spéciaux russes et des forces de l'ordre", l'unité militaire 29155 fonctionnait déjà comme un centre de formation du GRU dans les années 60.

Une unité bien connue du public, qui a servi pendant plus de 50 ans de centre de formation aux armes légères, « déstabilise aujourd’hui l’Europe » avec des opérations qui, comme l’affaire Skripal, étaient manifestement des coups montées par des services d’espionnage « occidentaux » ou des tentatives ratées de coups d’État menées par des amateurs, comme au Monténégro. Les données personnelles de son commandant sont disponibles sur Internet. L’histoire du NYT elle-même confirme qu’il y a même des photos de l’intérieur des locaux de l’unité de formation :

Les photographies de l'ancien quartier général délabré de l'unité, qui a depuis été abandonné, montrent une myriade de casiers à canons avec des étiquettes pour un assortiment d'armes, y compris des fusils de sniper belges FN-30, des G3A3 allemands, des AUG autrichiens Steyr et des M16 américains. Il y avait également un formulaire décrivant un régime d'entraînement, y compris des exercices de combat au corps à corps. Un officier retraité du GRU a confirmé l'authenticité des photographies, qui ont été publiées par un blogueur russe.

Le titre « Des espions russes apprennent à identifier et à utiliser les armes légères étrangères » n’était probablement pas assez sensationnel. Le NYT présente donc quelques renseignements « occidentaux » faux et faits pour apeurer la population.

La soit disant « guerre hybride », dont la Russie est à nouveau accusée, est, comme la doctrine Gerasimov régulièrement citée, l’invention d’un journaliste « occidental » qui, comme Michael Schwirtz, fait des reportages qui désinforment sur la Russie :

À mon immense chagrin, j'ai créé ce terme, qui a depuis acquis sa propre vie destructrice, s'aventurant maladroitement dans le monde pour répandre la peur et la haine dans son sillage. En février 2013, le journal russe Military-Industrial Courier - aussi passionnant et largement lu qu'il puisse paraître - a réimprimé un discours du général Valery Gerasimov. ...
Les problèmes posés par cette formulation sont cependant nombreux. Gerasimov parlait en fait de la façon dont le Kremlin comprend ce qui s'est passé dans les soulèvements du "printemps arabe", les "révolutions de couleur" contre les régimes pro-Moscou dans le voisinage de la Russie, et en temps voulu la révolte "Maidan" de l'Ukraine. ...
Ce que nous appelons "guerre hybride" dans la pensée russe sont en fait deux choses distinctes. Gerasimov parlait de l'utilisation de la subversion pour préparer le champ de bataille avant l'intervention, précisément le type d'opérations utilisées en Ukraine.

Il est difficile de comprendre comment la risible histoire Skripal que le MI6 a répandue ou les tentatives infructueuses de tuer un marchand d’armes bulgare sont censées « déstabiliser l’Europe ». Comment une unité d’entraînement avec un commandant bien connu, qui existe depuis plus de 50 ans et dont les photos de ses locaux sont rendues publiques, peut-elle être « top secret » est aussi un mystère. Mais ce qui est compréhensible, c’est que certains auteurs arrivent à écrire 2 000 mots pour répandre de telles absurdités. De toute évidence, ça doit être bien payé.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/de-nouvelles-infox-sur-la-russie-en-une-du-new-york-times

Etats-Unis Des diplomates américains auraient poussé l’Ukraine à enquêter sur Biden

États-UnisDes diplomates américains auraient poussé l’Ukraine à enquêter sur Biden

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS)Les démocrates ont entendu à huis clos, jeudi 3 octobre, Kurt Volker, l’ancien envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine. Selon le New York Times, celui-ci aurait participé à la rédaction d’une déclaration pour le compte de l’Ukraine, engageant Kiev à ouvrir des enquêtes sur Joe Biden et son fils Hunter. 

Donald Trump a-t-il tenté de faire pression sur l’Ukraine pour que celle-ci enquête sur le favori à la primaire démocrate Joe Biden ? Alors que les démocrates ont entendu à huis clos jeudi, pendant près de dix heures, l’ancien envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine Kurt Volker, de nouveaux éléments sont apparus dans la presse américaine.

S’appuyant sur trois sources proches du dossier, le New York Times affirme notamment que deux diplomates américains, dont Kurt Volker, auraient participé à la rédaction d’une déclaration pour le compte du nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, visant à ce que Kiev s’engage à ouvrir des enquêtes sur Joe Biden et son fils Hunter.

Selon le quotidien américain, cette déclaration aurait été rédigée dans les semaines qui ont suivi l’appel du locataire de la Maison-Blanche à son homologue ukrainien. Kiev aurait finalement choisi de ne pas publier cette déclaration. Mais si le gouvernement ukrainien l’avait fait, cela aurait signifié que “des aides de M. Trump auraient effectivement fait pression sur un gouvernement étranger pour qu’il donne foi à des allégations visant à saper l’un des principaux candidats à la présidence du Parti démocrate pour 2020 […], sans que les empreintes digitales de M. Trump n’apparaissent” dans ce dossier, souligne le New York Times.

Des responsables à Washington inquiets d’un risque de “quid pro quo”, selon un message crypté

CNN fait elle aussi état d’une déclaration ukrainienne impliquant des responsables de la Maison-Blanche. Elle affirme toutefois que le document émanait à l’origine de Kiev, et non de Washington. Selon la source sur laquelle s’appuie la chaîne de télévision américaine, les Ukrainiens souhaitaient rédiger une déclaration visant à “prouver aux Américains leur volonté de mettre un terme à la corruption” dans leur pays. Le texte aurait ensuite été partagé avec Volker, qui l’aurait à son tour partagé avec l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, lequel aurait suggéré “l’ajout de références à Burisma”, l’entreprise ukrainienne qui a invité Hunter Biden à rejoindre son conseil d’administration. “Mal à l’aise” avec la déclaration, les Ukrainiens auraient plus tard fait machine arrière.À lire aussi:États-Unis. Donald Trump veut demander à la Chine d’enquêter sur les Biden

Lors de son audition jeudi devant les démocrates, Kurt Volker a affirmé qu’il n’avait jamais subi de pressions, de la part de Trump ou d’autres personnes, l’ayant encouragé à inciter l’Ukraine à ouvrir une enquête sur Joe Biden. Selon le rapport du lanceur d’alerte qui a provoqué la démission de Kurt Volker, ce dernier se serait rendu à Kiev le lendemain de l’appel entre Trump et Zelensky afin de “donner des conseils aux autorités ukrainiennes sur la manière de composer avec les demandes du président”. Fox News a par ailleurs publié jeudi un message crypté montrant que Volker et plusieurs autres responsables américains s’étaient questionnés en interne sur un risque de “quid pro quo” avec l’Ukraine.

Le Wall Street Journal est de son côté venu confirmer jeudi soir le rôle important que pourrait avoir joué l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, dans la crise. Selon le quotidien, l’ancien maire de New York aurait encouragé le président américain à limoger l’ambassadrice des États-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, estimant qu’elle “faisait obstruction aux efforts américains visant à persuader l’Ukraine d’ouvrir une enquête sur Joe Biden”.

Noémie Taylor-Rosner

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1944040/article/1944121

L’Arabie saoudite se paye des influenceurs Instagram pour améliorer son image

L’Arabie saoudite se paye des influenceurs Instagram pour améliorer son image

Repéré par Léa Polverini — 8 septembre 2019 à 15h47

Le royaume, qui envisage pour la première fois de délivrer des visas touristiques, mise beaucoup sur ses paysages instagramables pour occulter les crimes du régime.

Aggie Lal lors de son tour sponsorisé en Arabie saoudite | Gateway KSA via Instagram
Aggie Lal lors de son tour sponsorisé en Arabie saoudite | Gateway KSA via Instagram

Temps de lecture: 3 min — Repéré sur Bloomberg

Ils ont été nombreux à dénoncer une opération de propagande, et encore plus nombreux à s’émerveiller: c’est ce qu’il se passe quand une influenceuse Instagram avec plus de 876.000 abonnés vient faire des shootings en Arabie saoudite aux frais du prince.

Au printemps dernier, Aggie Lal, recevait une invitation officielle pour une tournée de dix jours dans le pays, organisée par Gateway KSA, un programme dirigé par le prince Turki al-Faisal, ancien directeur de l’Agence saoudienne de renseignements et ex-ambassadeur aux États-Unis.

Une dignité instagramable

Un échange de bons procédés qui peut surprendre: dans un pays où les couples non mariés peuvent faire l’objet d’une arrestation et où la police religieuse veille au maintien de bonnes mœurs à l’acception très restreinte, l’influenceuse basée à Los Angeles, connue pour ses photos de voyageuse en maillot de bain, s’est retrouvée à poser dans le désert de Madâin Sâlih, tête découverte aux côtés d’un homme torse nu et de gros quatre-quatre tournoyant dans le sable.

Alors que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, couplé à la guerre au Yémen, ont nettement endommagé le travail de communication aux allures modernistes sinon progressistes amorcé par le prince héritier Mohammed ben Salman, ce type d’images, destinées à un public occidental, permet de présenter une face plus amène du pays.

Tandis que l’Arabie saoudite envisage ce mois-ci pour la première fois de délivrer des visas de tourisme à des personnes étrangères, le royaume n’a pas tant tergiversé pour accueillir à bras ouverts plusieurs célébrités. Fin 2018, c’est David Guetta qui était invité pour donner un concert lors d’un festival de courses automobiles, aux côtés des Black Eyed Peas, de OneRepublic et d’Enrique Iglesias –le DJ avait alors été critiqué pour son hommage musical au roi Salman bin Abdulaziz Al Saud.

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Une nouvelle narration pour l’Arabie saoudite

Gateway KSA est né quant à lui il y a deux ans, à la suite d’une rencontre entre le prince Turki al-Faisal et l’influenceuse sportive australo-néerlandaise Nelleke Van Zandvoort Quispel, qui avait visité le pays un peu plus tôt.

Le programme est présenté comme étant dédié aux «influenceurs, aux décideurs et aux dirigeants de demain. Des jeunes hommes et des jeunes femmes qui peuvent voir au-delà des gros titres et des tweets pour imaginer et façonner ensemble un avenir d’ouverture, de collaboration et d’innovation». Autrement dit, il cherche à produire de nouveaux discours sur l’Arabie saoudite en utilisant la puissance de communication des réseaux sociaux, tout en jouant la carte des «médias occidentaux biaisés».

«Ce n’est pas que je sois particulièrement pro-saoudienne ou que j’aie un agenda politique, se défend Quispel, je pense que la manière dont nous montrons le pays est très subtile et juste.» Une affirmation qui reste sujette à caution, quand on sait que les sources de financement du projet comptent Saudi Telecom, Saudi Basic Industries Corporation et Saudi Arabian Airlines, trois entreprises contrôlées par l’État.

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Jusqu’à présent c’est plus de 200 personnes qui ont pris part à ce programme tous frais payés. Parmi elles, on compte des étudiant·es universitaires, et des influenceur·euses présents sur les réseaux sociaux.

Pour Aggie Lal, montrer l’Arabie saoudite sous un jour favorable «n’est évidemment pas une opinion très populaire. Les gens veulent que je parle mal de l’Arabie saoudite, affirme-t-elle. Nous vivons aux États-Unis, et il est plus pratique de diaboliser les autres pays, pour avoir l’impression de ne rien devoir en apprendre». Reste à savoir si des clichés avec deux dromadaires et des grosses voitures en apprendront beaucoup plus à ses followers.

http://www.slate.fr/story/181473/arabie-saoudite-influenceurs-instagram-ameliorer-image-progressiste-occulter-crimes?utm_source=ownpage&utm_medium=newsletter&utm_campaign=daily_20190909&_ope=eyJndWlkIjoiMDdkMzVkNmRmYmM3YmMyNDU0MzI0OGZjZDliZWU1MjEifQ%3D%3D

Regarder le monde tel qu’il est

Regarder le monde tel qu’il est. Editorial n°23

Jean-Baptiste Noé

 De Jean-Baptiste Noé31 août 2019 Dans Éditoriaux 3 Minute de lectureRegarder le monde tel qu’il est. Editorial n°23

« Premier numéro, grandes ambitions » écrivait Pascal Gauchon en ouverture du premier numéro de Conflits en avril 2014. Trente-deux numéros plus tard, nos ambitions demeurent toujours aussi grandes : regarder le monde tel qu’il est. Depuis cinq ans, Conflits s’est imposé comme une revue de référence, défendant une vision réaliste et critique de la géopolitique. Réaliste, parce que nous prenons en compte tous les éléments dans nos analyses : politiques et militaires, mais aussi énergétiques, culturels, religieux, criminels et artistiques. Critique, parce que Conflits se veut une revue ouverte à la liberté de penser et d’analyser, et de déranger aussi parfois nos lecteurs dans leurs certitudes. Conflits veut donner la parole aux auteurs et aux universitaires confirmés et reconnus, et nous remercions ceux qui nous ont précédés de s’y exprimer régulièrement. Mais nous souhaitons aussi faire émerger la génération intellectuelle de demain, faire connaître de nouveaux talents, ouvrir de nouveaux horizons de la recherche et de l’investigation. C’est ce que fit Pascal Gauchon au printemps 2014 en ouvrant ses colonnes à des auteurs alors peu connus. Dans ce numéro où nous prenons la suite de cette aventure humaine et intellectuelle, nous souhaitons lui exprimer notre reconnaissance pour cette audace. On dit la presse en crise. Pourtant, nous ne manquons pas de talents pour exprimer simplement, mais avec précision, les soubresauts du monde. Nous ne manquons pas non plus de lecteurs désireux de comprendre, de voyager, de découvrir. Conflits se veut résolument une revue de vulgarisation, c’est-à-dire une passerelle entre le monde de la recherche et l’université et le monde des professionnels, des étudiants, des professeurs. La géopolitique est la culture générale de notre temps ? Eh bien aidons-la en portant notre regard sur le monde entier et sur tout le monde, sur ce qui plaît et sur ce qui déplaît. La France dispose d’une longue et riche tradition intellectuelle dans les domaines de la géographie, de l’histoire, de la réflexion militaire, de la pensée des relations internationales. Avec Conflits, c’est un maillon de cette longue chaîne que nous souhaitons sculpter.

            La géopolitique est une méthode d’analyse qui part du terrain et qui traite des réalités. Nous nous enracinons dans le temps long et nous portons notre regard vers les horizons lointains. Nous reconnaissons l’existence des identités et des cultures, qui œuvrent pour leur survie et leur développement.

Notre géopolitique est celle du conflit. « Le véritable sujet d’étude de la géopolitique, c’est l’antagonisme sous toutes ses formes, les plus innocentes, les plus sournoises, mais aussi les plus brutales, ainsi que les équilibres que ces rivalités finissent par générer et qui restent toujours fragiles[1]» Nos militaires morts au combat, les civils tués lors des attentats, les régions qui sombrent dans la guerre civile et les guerres larvées témoignent du fait que la paix n’est jamais acquise ni gagnée. Nous ne nous appelons pas Conflits parce que nous aimons la guerre, mais parce que nous souhaitons la paix véritable. « Sans aimer l’affrontement en tant que tel, mais parce que ceux qui veulent vraiment la paix et la stabilité se doivent de connaître toutes les menaces[2]. »

C’est pourquoi nous souhaitons ouvrir la revue à des auteurs étrangers amis de la France, afin de vous faire découvrir les débats intellectuels qui agitent nos alliés, les livres qui suscitent la réflexion. De même, Conflits est ouvert à tous les continents et à toutes les thématiques, la géopolitique se devant d’aborder de nombreux champs du savoir pour saisir la complexité du monde. Après 32 numéros, nos ambitions demeurent toujours aussi grandes pour répondre à vos besoins et votre curiosité. Il n’y a pas de revue sans ses lecteurs. Que ce premier éditorial soit aussi l’occasion de vous remercier pour votre fidélité et votre soutien, que vous lisiez Conflits depuis le numéro 1 ou depuis des numéros plus récents. Vous êtes la partie essentielle de cette histoire humaine et intellectuelle.

Editorial du numéro 23. Dossier : « La guerre du droit ».

Notes

[1] Éditorial, no1, 2014.

[2] Idem.Tags:Conflitséconomiegéopolitiqueguerre économiqueJean-Baptiste Noé

https://www.revueconflits.com/jean-baptiste-noe-guerre-du-droit-editorial-numero23-conflits/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=conflits_n023_la_guerre_du_droit_les_dernieres_mises_en_ligne&utm_term=2019-09-03

Feu vert pour Salto, l’arme française anti Netflix

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Feu vert pour Salto, l’arme française anti Netflix

Par Challenges.fr le 12.08.2019 à 16h37

Plateforme en ligne et sur abonnement, Salto, qui a reçu lundi le feu vert de l’Autorité de la concurrence, proposera les flux des chaînes en direct, les programmes en rattrapage ainsi que des services de vidéos à la demande.

Salto

France Télévisions, M6 et TF1 sont alliés dans le cadre d’une plateforme OTT (over-the-top), c’est à dire ne passant pas par le canal traditionnel d’un opérateur, qui aura pour nom Salto.ERIC GAILLARD

Annoncée il y a un peu plus d’un an, Salto, la riposte de France Télévisions, TF1 et M6 face à la montée en puissance des géants du streaming type Netflix, sera lancée au premier trimestre 2020. Le projet a reçu lundi le feu vert de l’Autorité de la concurrence « sous conditions » – le respect d’une série d’engagements -, dernière étape nécessaire à sa création. Plateforme en ligne et sur abonnement, Salto proposera les flux des chaînes en direct, les programmes en rattrapage ainsi que des services de vidéos à la demande.EN SAVOIR PLUS

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C’est aussi un moyen pour les groupes de répondre d’une seule voix à l’essor de la SVOD (services de vidéos à la demande par abonnement) en France, avec 5,5 millions d’utilisateurs quotidiens, notamment parmi les plus jeunes, selon les chiffres de Médiamétrie. Cette alliance inédite avait été présentée dans un premier temps aux autorités de la concurrence européennes, qui avaient décidé de transmettre le dossier au régulateur français, allongeant ainsi le processus de validation.

Un délai qui avait agacé les dirigeants français, alors que Netflix ne cesse de gagner des abonnés sur le territoire (il a franchi en début d’année la barre des 5 millions d’abonnés, un peu plus de quatre ans après son lancement hexagonal) et qu’Amazon Prime avance ses pions. Aux Etats-Unis, les géants Apple, Warner et Disney s’apprêtent également à lancer leurs propres offres de vidéo par abonnement, avant un probable déploiement en Europe.

« Equipe de France de l’audiovisuel »

« Nous pouvons enfin constituer cette équipe de France de l’audiovisuel que j’appelais de mes voeux », s’est félicitée dans un communiqué Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions et initiatrice de ce projet. « Le lancement de la plateforme nous donnera très prochainement les moyens de jouer sur notre territoire, face aux acteurs internationaux. Et la création française et européenne trouvera ainsi un nouveau moyen de rencontrer son public », a-t-elle assuré.

Le patron de TF1 Gilles Pélisson a salué de son côté « un signal très positif » qui « démontre la prise de conscience des Autorités de la nécessité de soutenir et d’accompagner les acteurs du secteur dans les évolutions innovantes nécessaires pour faire face aux nouveaux enjeux ». « Les chaînes de nos groupes sont appréciées des Français, nos contenus sont attractifs et notre technologie est très avancée : autant de raisons de se réjouir du lancement prochain d’une offre commune et ambitieuse comme Salto », a commenté Nicolas de Tavernost, patron du groupe M6, qui gère notamment la partie technique de cette nouvelle offre.

L’opération envisagée passera par la création d’une société détenue en commun par les trois groupes de télévision. Dans son communiqué, l’Autorité de la concurrence précise que les groupes devront se soumettre à une série d’engagements, visant notamment à prévenir tout risque de « coordination » dans l’acquisition de droits, en particulier de programmes français.

Ainsi, les conditions d’approvisionnement de Salto seront encadrées, « de sorte que la capacité d’approvisionnement en contenus exclusifs de Salto auprès de ses sociétés-mères sera limitée », indique le régulateur. Salto devra également rémunérer ses sociétés-mères à un tarif fixé par deux experts indépendants. Les groupes devront également « limiter les possibilités de promotion croisée entre leurs chaînes et la plateforme Salto ».

Il s’agit d’une démarche sans précédent pour France Télévisions, TF1 et M6, trois groupes aux statuts différents (deux privés et un public) et qui se battent entre eux au quotidien pour capter les téléspectateurs. Ce projet fait écho à l’initiative britannique Britbox, plateforme portée par la BBC et ITV et orientée sur les séries britanniques, qui verra le jour au quatrième trimestre 2019. La riposte s’organise également en Allemagne, où les diffuseurs préparent aussi leur projet.

https://www.challenges.fr/media/audiovisuel/feu-vert-pour-salto-l-arme-francaise-anti-netflix_668808#xtor=CS4-92[Feu+vert+pour+Salto%2C+l%27arme+fran%C3%A7aise+anti+Netflix+]-668808

(Avec AFP)

Des soi-disant «défenseurs des droits de l’homme» se réjouissent de la censure de Facebook et Twitter.

Des soi-disant «défenseurs des droits de l’homme» se réjouissent de la censure de Facebook et Twitter.


Toni Cartalucci, un journaliste basé en Thaïlande que nous avons souvent traduit pour le Saker Francophone vient de voir ses comptes Facebook et Twitter censurés. Des défenseurs des droits de l’homme s’en réjouissent. Serait-ce à cause de cet article ?


Par Joseph Thomas – Le 26 juillet 2019 – New Eastern Outlook

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Tous les comptes Facebook et Twitter associés à l’analyste géopolitique Tony Cartalucci, basé à Bangkok, ont été supprimés. La vigueur avec laquelle ces deux sociétés technologiques basées aux États-Unis sont allées cibler Cartalucci est visible dans un article récent de Reuters.

Écrit par la correspondante thaïlandaise de l’agence, Patpicha Tanakasempipat, l’article intitulé « Facebook supprime des faux comptes thaïlandais, russes, ukrainien, honduriens » et faisant référence au journaliste affirme :

Selon Gleicher, les comptes thaïlandais censurés utilisaient des "personnages fictifs" pour promouvoir des récits sur la politique thaïlandaise, les relations entre les États-Unis et la Chine, les manifestations à Hong Kong et la critique des militants pour la démocratie en Thaïlande.

"Nous avons pu déterminer de manière concluante que certaines des activités de ce réseau étaient liées à un individu basé en Thaïlande et associé à New Eastern Outlook, un site financé par le gouvernement russe et basé à Moscou", nous explique Gleicher.

L’article cite « un comportement inauthentique coordonné » et qualifie l’initiative de résistance à une « propagande politique trompeuse ».

L’article n’explique pas en quoi écrire sous un pseudo serait un « comportement inauthentique » et aucun exemple de ce qui a été considéré comme de la « propagande politique trompeuse » n’a été fourni ni expliqué.

Matthew Tostevin, un correspondant de Reuters également basé en Asie du Sud-Est et dont le profil Twitter invoque sans ironie le hashtag, « le journalisme n’est pas un crime », a célébré cette censure systématique et coordonnée en déclarant dans un tweet :

Les comptes Facebook et Twitter de "Tony Cartalucci" sont inaccessibles depuis que Facebook a déclaré qu'il avait effacé les comptes d'un réseau lié à "un individu basé en Thaïlande et associé à New Eastern Outlook, un site financé par le gouvernement russe".

Le terme « associé à » est souvent utilisé pour laisser entendre qu’il s’agit d’un problème mais sans le dire vraiment. Dans sa défense de la censure de Facebook-Twitter, Tostevin n’explique pas en quoi le fait d’être payé pour écrire des articles est un problème, surtout si l’on considère que Tostevin lui-même gagne sa vie en faisant précisément cela pour l’agence Reuters de Londres.

Le représentant thaïlandais de Human Rights Watch, Sunai Phasuk, lui-même récipiendaire connu et vérifié de fonds provenant de gouvernements étrangers, a également célébré la censure coordonnée de Facebook et Twitter au lieu de s’y opposer.

Dans son tweet (traduit du thaïlandais), il déclare :

Fin de l'opération OI [opération d'information] ! Facebook et Twitter suspendent les comptes de Tony/Anthony Cartalucci (une source d'informations "minces") ainsi que les comptes connexes pour utilisation d'une fausse identité, diffusion de fausses informations, incitation à la haine envers les partis démocratiques et les militants des droits de l’homme / liés à des OI russes.

Le terme « mince » est un terme péjoratif utilisé par les partisans de Thaksin Shinawatra, un politicien milliardaire évincé, maintenant exilé comme un fugitif et coupable des pires violations des droits humains dans l’histoire thaïlandaise contemporaine.

Sunai montre là un manque totale d’impartialité pour un supposé défenseur des droits de l’homme mais surtout il est publiquement pour une censure de l’information lorsque cette dernière est qualifiée de «fausse» par lui-même et ses sponsors étrangers.

Quant à l’argument de l’utilisation d’une “fausse identité», Cartalucci lui-même a souvent expliqué ces dernières années que le nom de Toni Cartalucci n’est qu’un nom d’emprunt qui lui permet de garder un certain anonymat, comme beaucoup d’auteurs avant lui l’ont fait, en particulier ceux écrivant sur des sujets sensibles.

De Reuters aux employés de Human Right Watch, les tentatives de s’en prendre à Cartalucci, comme à tous ceux présentant un point de vue différent, sont en train de devenir une inquiétante tendance.

Que Facebook et Twitter censure les comptes d’auteurs anonymes ne fait que limiter une liberté d’expression qui serait pourtant censée être défendu par des « défenseurs des droits de l’homme » comme Sunai prétend l’être.
D’autres encore se félicitent de la censure des comptes de Cartalucci, comme le correspondant de la BBC, Jonathan Head.

Facebook et Twitter ont ciblé de nombreux autres individus ou sites internet alternatifs, en utilisant souvent l’accusation d’être «sponsorisé par la Russie» pour diffamer leur cible et justifier la censure. Par contre, si un gouvernement étranger ciblé par les États-Unis cherchaient à censurer des journaux, ils seraient qualifiés d’ «autoritaires» et accusé de «pratiquer la censure»

Une telle hypocrisie au sujet de la liberté d’expression, la liberté d’information et la censure est l’écho de la grande hypocrisie qui habite la politique étrangère occidentale.

Par exemple crier à “l’agression iranienne” alors que ce sont les États-Unis qui entourent l’Iran de bases militaires construites dans des pays illégalement envahis et maintenant occupés, ou quand les États-Unis protestent, sans fondements, contre des interférences russes sur sa politique intérieure alors qu’ils subventionnentpubliquement des mouvements d’opposition ciblant le gouvernement de Moscou.

Les comptes d’organisations ou d’individus du monde occidental comme ceux de Reuters, la BBC ou Human Right World, coupables de diffuser de la fausse information au sujet des «armes de destruction massive» irakiennes, l’interférence russe dans les élections étasunienne, l’utilisation de gaz sarin en Syrie ou cachant les interférences occidentales dans la politique intérieure de nations du monde entier, non seulement ne sont jamais ciblés par les campagnes de Facebook ou Twitter contre les «fausses informations» mais sont même favorisés dans ce monde de l’information si concurrentiel où les médias alternatifs étaient en train de remettre en question leur monopole sur l’information.

Facebook et Twitter vont tous les deux souffrir sévèrement des tentatives de contrôler les flux d’information. La recherche de plates-formes alternatives est faite non seulement par les activistes politiques persécutés mais aussi par un nombre croissant d’individus ordinaires que sentent bien que ces deux médias sociaux sont devenus trop intrusifs.

Cartalucci va sûrement continuer à écrire et ceux qui vont rester sur Facebook et Twitter vont continuer à faire la promotion de ses articles. Tout ce à quoi va aboutir cette expulsion d’individus et d’organisations des médias sociaux va être d’accélérer la recherche pour des plates-formes alternatives.

Puisque Facebook et Twitter ne veulent pas parler des faiblesses et erreurs fondamentales de la politique étrangère occidentale que des gens comme Cartalucci abordent et qui a attiré de la censure de ces plates-formes, cette censure ne sera qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Au pire, elle ne fait que retarder l’inévitable fin d’une guerre de l’information qu’aucun média social (ni les intérêts qu’ils représentent) n’est en train de gagner.

Joseph Thomas

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/des-soit-disant-defenseurs-des-droits-de-lhomme-se-rejouissent-de-la-censure-de-facebook-et-twitter

Peau de banane à la kiévienne

Peau de banane à la kiévienne

26 Juillet 2019

En Ukraine, pièce centrale du grand échiquier de Brzezinski et de tout stratège américain digne de ce nom, le mois d’avril fut un petit séisme. L’élection de Zelensky et la gifle monumentale reçue par Tapiocachenko ont quelque peu rebattu la donne et marqué la fin d’une époque. Nous l’expliquionsalors :

Russophone, proposant un référendum conditionnant l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN ou l’UE (entrée qui n’est de toute façon qu’hypothétique), ne promettant rien sur la Crimée ou le Donbass, Zelensky semble plus disposé à reprendre langue avec Moscou.

Cependant, il ne faut pas exagérer la portée de l’élection du comédien. D’abord parce que, comme chacun sait, il officiait sur les plateaux-télé de Kolomoiski. On se rappelle que cet oligarque s’était certes retourné contre Chocochenko dès 2015, mais que cela ne l’empêchait pas de financer certains bataillons néo-nazis férocement russophobes. Bref, un personnage bien peu recommandable dont l’ombre plane au-dessus du néo-président, même si l’on ne connaît pas tout à fait le niveau réel de leurs relations…

Ensuite parce que le nouveau venu n’a pas de plateforme politique. Il vient de créer, le mois dernier, un parti attrape-tout portant le même nom que la série télévisée dans laquelle il joue. Pas sûr que cela suffise pour gagner la Rada en octobre. Or, le baby Deep State ukrainien mis en place par Washington après le Maïdan y tient les rênes du pouvoir et s’est d’ailleurs précipité, juste après l’élection, pour passer une loi renforçant l’usage de l’ukrainien. Même le Figaro, inhabituellement objectif, voit la grossière manœuvre :

Le Parlement ukrainien a adopté ce jeudi une loi renforçant l’usage de la langue ukrainienne, au risque de crisper des populations russophones du pays au moment où le président élu Volodymyr Zelensky dit vouloir leur tendre la main.

Le but, évident : savonner la planche du nouveau président et torpiller toute possibilité de rapprochement. Cela ne vous rappelle rien ? En décembre 2016, nous décrivions le sabotage en règle de la future présidence Trump par le prix Nobel du pet,  :

Obamaboul semble décidé à laisser le déluge derrière lui. Humilié d’être totalement marginalisé dans le dossier syrien par la prise en main des trois boss (Russie, Iran, Turquie), régulièrement giflé par Poutine sur la scène internationale, mortifié par l’hilarante débandade de la présidentielle, il nous sort un pet du cerveau dont il a le secret.

La « confidence » d’un « responsable anonyme » de la CIA s’est, par la magie de l’effet boule de neige médiatique, transformée en « piratage de la démocratie » par Poutine. Ah d’accord… Comme pour le Boeing de la Malaysian Airlines au-dessus de l’Ukraine, on attend encore le moindre début de soupçon de preuve, mais le camp du Bien n’en a cure : ce qu’il dit est d’or et ne doit pas être discuté. Des preuves ? Mais voyons, que chantez-vous là, croyez-nous sur parole, le reste n’est que propagande russe…

La journaloperie a embrayé au quart de tour, du moins ce matin, car le barrage de critiques des lecteurs a obligé les rédactions à mettre de l’eau dans leur vin. Un ahurissant article du Fig à rot hurlant à la « menace russe sur la démocratie américaine et européenne » (pourquoi pas jupitérienne tant qu’on y est) a disparu corps et bien pour faire place à des analyses plus honnêtes. Est également réapparu le mot « présumé » piratage.

Qu’il soit vrai ou faux – nous nous étions posé la question en juillet -, ce « hackage » est bénin en comparaison des multiples coups d’Etat, changements de régime et autres révolutions de couleur perpétrés par Washington. Comment dit-on l’hôpital se fout de la charité en anglais ?

N’ayant plus que 20 jours à tirer, Barack à frites ne s’arrête pas à ces détails. Pour torpiller encore un peu plus les relations russo-américaines et savonner la planche à son successeur, il expulse 35 diplomates russes et leur famille, et confisque deux « retraites » russes sur le territoire US. C’est sans doute ici que les perfides agents du KGB préparaient la fin du monde…

Le Deep State US semble avoir fait des petits du côté de Kiev. Moscou n’attend en réalité pas grand chose de la nouvelle équipe dirigeante dont la marge de manœuvre est réduite, du moins jusqu’aux élections législatives d’octobre.

Bingo ! Nous ne pouvions pas mieux pressentir l’avenir, le schéma des événements s’étant presque déroulé comme prévu.

Zelensky lui-même n’est sans doute pas un mauvais bougre et l’a montré d’emblée, le 8 mai, en honorant les vétérans soviétiques de la Seconde Guerre Mondiale. Son prédécesseur, Poroclown, aurait préféré voire fondre ses palais en chocolat plutôt que de serrer la main d’un vieillard décoré du ruban de Saint-Georges…

Au fil des semaines, un certain dégel des relations a vu le jour, malgré les piques malicieuses de Poutine. On se rappelle par exemple sa réponse ironique au laïus du président ukrainien sur les droits de l’homme en Russie : « En ce qui concerne les libertés, il serait raisonnable de commencer, disons, par les Géorgiens ou anciens Géorgiens plutôt que par les Russes. Par exemple en restaurant la citoyenneté ukrainienne de Saakachvili qui en a illégalement été privé et déporté du pays. Il serait juste de le faire revenir et de respecter ses droits, ainsi que ceux de nombreux autres Ukrainiens qui ont dû quitter le pays pour échapper aux persécutions du régime ukrainien. » Aïe.

Le fait que Zelensky ait passé sa vie d’acteur sur les plateaux de la télé de Kolomoiski ne semble pas non plus avoir joué un grand rôle, finalement. Comme beaucoup, l’oligarque est d’ailleurs revenu de ses mirages maïdanites, rompant dès 2015 avec Porochenko. Fin mai, dans un discours remarqué, il se lâchait en diatribes contre le FMI et les Occidentaux : « C’est votre jeu, votre géopolitique. Vous n’en avez rien à faire de l’Ukraine. Vous voulez atteindre la Russie et l’Ukraine n’est qu’un prétexte. »

Aussi, c’est avec une fébrilité de plus en plus grande que le système impérial a assisté au lent rapprochement entre Moscou et Kiev, la conversation téléphonique du 11 juillet entre les deux présidents ayant même fait couler quelques gouttes de sueur du côté du Deep State US ou de son avorton ukrainien. Il faut dire que Zelensky a fait montre d’une certaine indépendance d’esprit :

«Tous les partenaires de l’Ukraine se sont opposés au fait d’appeler Poutine. J’ai décidé d’appeler Poutine, car il s’agit d’une question qui concerne avant tout l’Ukraine et nos citoyens. Nous devons donc remercier nos partenaires occidentaux pour leur soutien, mais avoir notre propre avis. J’ai appelé Vladimir Poutine. Tout le monde essaye de m’intimider avec cette conversation … Mais j’ai parlé de notre peuple. Mais pourquoi avoir peur alors que la vérité est de notre côté ?

Je lui ai dit franchement que nous serons contents d’échanger nos prisonniers dans un format « tous contre tous » [proposition de Poutine, ndlr] mais la situation existante… Le fait est que la liste de tous les nôtres, nos gars qui se trouvaient dans les territoires temporairement occupés, ne coïncide pas avec la liste élaborée par ceux qui contrôlent actuellement nos territoires occupés. Donc, nous allons organiser l’échange de « tous contre tous », mais nous voulons d’abord récupérer tous ceux qui se trouvent en Russie, en Crimée, à commencer par nos marins. Il me semble que c’est un pas normal vers le retour du dialogue et un geste réel et puissant afin d’arrêter la guerre.

Sur les négociations directes avec les dirigeants russes, la libération des otages ou la fin du conflit armé dans le Donbass, tout le monde dit « Dieu nous en préserve ! » Honnêtement, je ne comprends pas cet état d’esprit. »

Sans surprise, certains think thanks de l’empire tentent, déjà (!), de discréditer Zelensky, le montrant sous un jour pusillanime. Des cris d’orfraie assurent le bon public que cette conversation est une victoire de Poutine qui ouvre la voie au plan de Moscou : un Donbass rattaché formellement à l’Ukraine mais avec une grande autonomie, empêchant l’intégration de l’Ukraine dans la communauté euro-atlantique. Le fidèle lecteur de nos Chroniques connaît cette stratégie sur le bout des doigts depuis fort longtemps :

Poutine n’a aucune intention d’annexer l’est ukrainien, bien au contraire ! Son but était de créer un conflit gelé à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Selon la charte de l’OTAN, un pays ayant un conflit ouvert ou gelé sur son territoire ne peut faire acte de candidature. Et ça, on le sait parfaitement à Moscou. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le cas de figure se présente. Trois pays de l’ex-URSS ont, sous la direction de gouvernements formés aux Etats-Unis, fait mine de vouloir entrer dans l’organisation atlantique : Géorgie, Moldavie et Ukraine. Moscou a alors activé/soutenu les minorités russes en lutte contre le gouvernement central, les conflits gelés dans ces trois pays (Ossétie et Abkhazie en Géorgie, Transnistrie en Moldavie et maintenant Donbass en Ukraine) les empêchant d’entrer dans l’OTAN. Ce que fait Poutine dans l’Est ukrainien n’est donc que la réplique de ce que la Russie a déjà fait ailleurs, il n’y a aucune surprise. Pour lui, il est donc hors de question d’accepter que le Donbass se rattache à la Russie, contrairement aux sornettes racontées ici et là : il le veut à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Statut d’autonomie, armement, soutien diplomatique, aide humanitaire… tout ce que vous voulez, mais à l’intérieur des frontières ukrainiennes !

Cela explique pourquoi Poutine était bien embêté lorsque les séparatistes pro-russes ont organisé leur référendum. Il a d’abord tenté de les en dissuader, puis il a refusé d’en reconnaître les résultats.

Mais on est encore loin d’un Donbass autonome et en paix. Quoi qu’en disent les habituelles officines, dont la paranoïa atteint des niveaux étonnants, ce n’est certes pas un simple appel téléphonique qui règlera le conflit. Mais il symbolise, il est vrai, une (très) relative normalisation des relations interrompues depuis le putsch de 2014. Il matérialise également le désir de paix, très majoritaire (69%) dans la population ukrainienne qui en a assez des excès guerriers de la junte post-Maïdan. On imagine les signaux d’alarme clignoter frénétiquement sur l’écran de contrôle impérial…

La vieille garde maïdanite, qui a tout de même récemment réussi à empêcher une prometteuse émission intitulée « Nous devons nous parler« , organisée par des chaînes ukrainienne et russe, est d’autant plus sur les nerfs que les élections législatives, initialement prévues pour octobre, viennent d’avoir lieu. Nous le disions, la marge de manœuvre de Zelensky restait forcément réduite jusqu’à ce vote crucial. L’éclatante victoire de son parti lui donne désormais les mains libres ; du fait d’un mode de scrutin particulier, celui-ci obtient même la majorité absolue, une grande première dans l’histoire de la Rada.

Le fait qu’une liste pro-russe arrive en deuxième position met encore plus de sel sur la plaie du McCainistan qui croit deviner, sans rire, la main de Moscou. Quant aux chouchous de l’Occident, mis en place par lui au lendemain en 2014, ils sont humiliés, même s’ils arrivent quand même à passer la barre symbolique des 5%. Les années en 9 sont décidément maudites pour Washington : en 2009, Yanukovitch remporte les élections et met fin à la première « révolution de couleur » organisée par Bush & Co. En 2019, la victoire de Zelensky enterre le Maïdan, fomenté par qui vous savez.

En mai, le petit gang des ONG made in Soros/USAID/NED, inquiet des premiers pas du néo-président, l’avait déjà averti de manière surréaliste d’un certain nombre de lignes rouges à ne pas franchir. Entre autres joyeusetés : mener des négociations bilatérales avec la Russie sans la participation des « partenaires occidentaux, retarder ou saboter la marche à l’OTAN, initier un processus qui pourrait mener à la levée des sanctions contre Moscou…

On a vu que ce singulier avertissement, qui confine presque à une menace de renversement, n’a pas empêché Zelensky d’appeler Poutine. Avec sa victoire de dimanche, il est largement conforté dans son choix, au grand dam de la clique impériale qui doit trouver d’autres expédients. Est-ce tout à fait un hasard si, juste avant la mise en place du nouveau gouvernement, la junte de Kiev a arraisonné un bateau russe sur le Danube ?

Cet acte de piraterie ne trompe personne, surtout pas à Moscou : il s’agit d’une ultime provocation de la vieille garde sur le départ visant à savonner la planche de la nouvelle direction ukrainienne et tenter de torpiller tout rapprochement avec la Russie. Un grand classique, quoique désespérément routinier : Obama avait fait la même chose avant d’être remplacé par Trump, de même que la Rada avec sa loi linguistique provocatrice juste après l’élection de Zelensky… Le Deep State,démocratiquement balayé, mine d’avance le chemin de l’équipe qui lui succède. Après moi, le déluge. Si on repassera pour l’originalité de la manœuvre, qu’en sera-t-il de son efficacité ?Tag(s) : #Ukraine#Russie

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