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L’Arabie saoudite se paye des influenceurs Instagram pour améliorer son image

L’Arabie saoudite se paye des influenceurs Instagram pour améliorer son image

Repéré par Léa Polverini — 8 septembre 2019 à 15h47

Le royaume, qui envisage pour la première fois de délivrer des visas touristiques, mise beaucoup sur ses paysages instagramables pour occulter les crimes du régime.

Aggie Lal lors de son tour sponsorisé en Arabie saoudite | Gateway KSA via Instagram
Aggie Lal lors de son tour sponsorisé en Arabie saoudite | Gateway KSA via Instagram

Temps de lecture: 3 min — Repéré sur Bloomberg

Ils ont été nombreux à dénoncer une opération de propagande, et encore plus nombreux à s’émerveiller: c’est ce qu’il se passe quand une influenceuse Instagram avec plus de 876.000 abonnés vient faire des shootings en Arabie saoudite aux frais du prince.

Au printemps dernier, Aggie Lal, recevait une invitation officielle pour une tournée de dix jours dans le pays, organisée par Gateway KSA, un programme dirigé par le prince Turki al-Faisal, ancien directeur de l’Agence saoudienne de renseignements et ex-ambassadeur aux États-Unis.

Une dignité instagramable

Un échange de bons procédés qui peut surprendre: dans un pays où les couples non mariés peuvent faire l’objet d’une arrestation et où la police religieuse veille au maintien de bonnes mœurs à l’acception très restreinte, l’influenceuse basée à Los Angeles, connue pour ses photos de voyageuse en maillot de bain, s’est retrouvée à poser dans le désert de Madâin Sâlih, tête découverte aux côtés d’un homme torse nu et de gros quatre-quatre tournoyant dans le sable.

Alors que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, couplé à la guerre au Yémen, ont nettement endommagé le travail de communication aux allures modernistes sinon progressistes amorcé par le prince héritier Mohammed ben Salman, ce type d’images, destinées à un public occidental, permet de présenter une face plus amène du pays.

Tandis que l’Arabie saoudite envisage ce mois-ci pour la première fois de délivrer des visas de tourisme à des personnes étrangères, le royaume n’a pas tant tergiversé pour accueillir à bras ouverts plusieurs célébrités. Fin 2018, c’est David Guetta qui était invité pour donner un concert lors d’un festival de courses automobiles, aux côtés des Black Eyed Peas, de OneRepublic et d’Enrique Iglesias –le DJ avait alors été critiqué pour son hommage musical au roi Salman bin Abdulaziz Al Saud.

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Une nouvelle narration pour l’Arabie saoudite

Gateway KSA est né quant à lui il y a deux ans, à la suite d’une rencontre entre le prince Turki al-Faisal et l’influenceuse sportive australo-néerlandaise Nelleke Van Zandvoort Quispel, qui avait visité le pays un peu plus tôt.

Le programme est présenté comme étant dédié aux «influenceurs, aux décideurs et aux dirigeants de demain. Des jeunes hommes et des jeunes femmes qui peuvent voir au-delà des gros titres et des tweets pour imaginer et façonner ensemble un avenir d’ouverture, de collaboration et d’innovation». Autrement dit, il cherche à produire de nouveaux discours sur l’Arabie saoudite en utilisant la puissance de communication des réseaux sociaux, tout en jouant la carte des «médias occidentaux biaisés».

«Ce n’est pas que je sois particulièrement pro-saoudienne ou que j’aie un agenda politique, se défend Quispel, je pense que la manière dont nous montrons le pays est très subtile et juste.» Une affirmation qui reste sujette à caution, quand on sait que les sources de financement du projet comptent Saudi Telecom, Saudi Basic Industries Corporation et Saudi Arabian Airlines, trois entreprises contrôlées par l’État.

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Jusqu’à présent c’est plus de 200 personnes qui ont pris part à ce programme tous frais payés. Parmi elles, on compte des étudiant·es universitaires, et des influenceur·euses présents sur les réseaux sociaux.

Pour Aggie Lal, montrer l’Arabie saoudite sous un jour favorable «n’est évidemment pas une opinion très populaire. Les gens veulent que je parle mal de l’Arabie saoudite, affirme-t-elle. Nous vivons aux États-Unis, et il est plus pratique de diaboliser les autres pays, pour avoir l’impression de ne rien devoir en apprendre». Reste à savoir si des clichés avec deux dromadaires et des grosses voitures en apprendront beaucoup plus à ses followers.

http://www.slate.fr/story/181473/arabie-saoudite-influenceurs-instagram-ameliorer-image-progressiste-occulter-crimes?utm_source=ownpage&utm_medium=newsletter&utm_campaign=daily_20190909&_ope=eyJndWlkIjoiMDdkMzVkNmRmYmM3YmMyNDU0MzI0OGZjZDliZWU1MjEifQ%3D%3D

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Regarder le monde tel qu’il est

Regarder le monde tel qu’il est. Editorial n°23

Jean-Baptiste Noé

 De Jean-Baptiste Noé31 août 2019 Dans Éditoriaux 3 Minute de lectureRegarder le monde tel qu’il est. Editorial n°23

« Premier numéro, grandes ambitions » écrivait Pascal Gauchon en ouverture du premier numéro de Conflits en avril 2014. Trente-deux numéros plus tard, nos ambitions demeurent toujours aussi grandes : regarder le monde tel qu’il est. Depuis cinq ans, Conflits s’est imposé comme une revue de référence, défendant une vision réaliste et critique de la géopolitique. Réaliste, parce que nous prenons en compte tous les éléments dans nos analyses : politiques et militaires, mais aussi énergétiques, culturels, religieux, criminels et artistiques. Critique, parce que Conflits se veut une revue ouverte à la liberté de penser et d’analyser, et de déranger aussi parfois nos lecteurs dans leurs certitudes. Conflits veut donner la parole aux auteurs et aux universitaires confirmés et reconnus, et nous remercions ceux qui nous ont précédés de s’y exprimer régulièrement. Mais nous souhaitons aussi faire émerger la génération intellectuelle de demain, faire connaître de nouveaux talents, ouvrir de nouveaux horizons de la recherche et de l’investigation. C’est ce que fit Pascal Gauchon au printemps 2014 en ouvrant ses colonnes à des auteurs alors peu connus. Dans ce numéro où nous prenons la suite de cette aventure humaine et intellectuelle, nous souhaitons lui exprimer notre reconnaissance pour cette audace. On dit la presse en crise. Pourtant, nous ne manquons pas de talents pour exprimer simplement, mais avec précision, les soubresauts du monde. Nous ne manquons pas non plus de lecteurs désireux de comprendre, de voyager, de découvrir. Conflits se veut résolument une revue de vulgarisation, c’est-à-dire une passerelle entre le monde de la recherche et l’université et le monde des professionnels, des étudiants, des professeurs. La géopolitique est la culture générale de notre temps ? Eh bien aidons-la en portant notre regard sur le monde entier et sur tout le monde, sur ce qui plaît et sur ce qui déplaît. La France dispose d’une longue et riche tradition intellectuelle dans les domaines de la géographie, de l’histoire, de la réflexion militaire, de la pensée des relations internationales. Avec Conflits, c’est un maillon de cette longue chaîne que nous souhaitons sculpter.

            La géopolitique est une méthode d’analyse qui part du terrain et qui traite des réalités. Nous nous enracinons dans le temps long et nous portons notre regard vers les horizons lointains. Nous reconnaissons l’existence des identités et des cultures, qui œuvrent pour leur survie et leur développement.

Notre géopolitique est celle du conflit. « Le véritable sujet d’étude de la géopolitique, c’est l’antagonisme sous toutes ses formes, les plus innocentes, les plus sournoises, mais aussi les plus brutales, ainsi que les équilibres que ces rivalités finissent par générer et qui restent toujours fragiles[1]» Nos militaires morts au combat, les civils tués lors des attentats, les régions qui sombrent dans la guerre civile et les guerres larvées témoignent du fait que la paix n’est jamais acquise ni gagnée. Nous ne nous appelons pas Conflits parce que nous aimons la guerre, mais parce que nous souhaitons la paix véritable. « Sans aimer l’affrontement en tant que tel, mais parce que ceux qui veulent vraiment la paix et la stabilité se doivent de connaître toutes les menaces[2]. »

C’est pourquoi nous souhaitons ouvrir la revue à des auteurs étrangers amis de la France, afin de vous faire découvrir les débats intellectuels qui agitent nos alliés, les livres qui suscitent la réflexion. De même, Conflits est ouvert à tous les continents et à toutes les thématiques, la géopolitique se devant d’aborder de nombreux champs du savoir pour saisir la complexité du monde. Après 32 numéros, nos ambitions demeurent toujours aussi grandes pour répondre à vos besoins et votre curiosité. Il n’y a pas de revue sans ses lecteurs. Que ce premier éditorial soit aussi l’occasion de vous remercier pour votre fidélité et votre soutien, que vous lisiez Conflits depuis le numéro 1 ou depuis des numéros plus récents. Vous êtes la partie essentielle de cette histoire humaine et intellectuelle.

Editorial du numéro 23. Dossier : « La guerre du droit ».

Notes

[1] Éditorial, no1, 2014.

[2] Idem.Tags:Conflitséconomiegéopolitiqueguerre économiqueJean-Baptiste Noé

https://www.revueconflits.com/jean-baptiste-noe-guerre-du-droit-editorial-numero23-conflits/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=conflits_n023_la_guerre_du_droit_les_dernieres_mises_en_ligne&utm_term=2019-09-03

Feu vert pour Salto, l’arme française anti Netflix

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Feu vert pour Salto, l’arme française anti Netflix

Par Challenges.fr le 12.08.2019 à 16h37

Plateforme en ligne et sur abonnement, Salto, qui a reçu lundi le feu vert de l’Autorité de la concurrence, proposera les flux des chaînes en direct, les programmes en rattrapage ainsi que des services de vidéos à la demande.

Salto

France Télévisions, M6 et TF1 sont alliés dans le cadre d’une plateforme OTT (over-the-top), c’est à dire ne passant pas par le canal traditionnel d’un opérateur, qui aura pour nom Salto.ERIC GAILLARD

Annoncée il y a un peu plus d’un an, Salto, la riposte de France Télévisions, TF1 et M6 face à la montée en puissance des géants du streaming type Netflix, sera lancée au premier trimestre 2020. Le projet a reçu lundi le feu vert de l’Autorité de la concurrence « sous conditions » – le respect d’une série d’engagements -, dernière étape nécessaire à sa création. Plateforme en ligne et sur abonnement, Salto proposera les flux des chaînes en direct, les programmes en rattrapage ainsi que des services de vidéos à la demande.EN SAVOIR PLUS

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C’est aussi un moyen pour les groupes de répondre d’une seule voix à l’essor de la SVOD (services de vidéos à la demande par abonnement) en France, avec 5,5 millions d’utilisateurs quotidiens, notamment parmi les plus jeunes, selon les chiffres de Médiamétrie. Cette alliance inédite avait été présentée dans un premier temps aux autorités de la concurrence européennes, qui avaient décidé de transmettre le dossier au régulateur français, allongeant ainsi le processus de validation.

Un délai qui avait agacé les dirigeants français, alors que Netflix ne cesse de gagner des abonnés sur le territoire (il a franchi en début d’année la barre des 5 millions d’abonnés, un peu plus de quatre ans après son lancement hexagonal) et qu’Amazon Prime avance ses pions. Aux Etats-Unis, les géants Apple, Warner et Disney s’apprêtent également à lancer leurs propres offres de vidéo par abonnement, avant un probable déploiement en Europe.

« Equipe de France de l’audiovisuel »

« Nous pouvons enfin constituer cette équipe de France de l’audiovisuel que j’appelais de mes voeux », s’est félicitée dans un communiqué Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions et initiatrice de ce projet. « Le lancement de la plateforme nous donnera très prochainement les moyens de jouer sur notre territoire, face aux acteurs internationaux. Et la création française et européenne trouvera ainsi un nouveau moyen de rencontrer son public », a-t-elle assuré.

Le patron de TF1 Gilles Pélisson a salué de son côté « un signal très positif » qui « démontre la prise de conscience des Autorités de la nécessité de soutenir et d’accompagner les acteurs du secteur dans les évolutions innovantes nécessaires pour faire face aux nouveaux enjeux ». « Les chaînes de nos groupes sont appréciées des Français, nos contenus sont attractifs et notre technologie est très avancée : autant de raisons de se réjouir du lancement prochain d’une offre commune et ambitieuse comme Salto », a commenté Nicolas de Tavernost, patron du groupe M6, qui gère notamment la partie technique de cette nouvelle offre.

L’opération envisagée passera par la création d’une société détenue en commun par les trois groupes de télévision. Dans son communiqué, l’Autorité de la concurrence précise que les groupes devront se soumettre à une série d’engagements, visant notamment à prévenir tout risque de « coordination » dans l’acquisition de droits, en particulier de programmes français.

Ainsi, les conditions d’approvisionnement de Salto seront encadrées, « de sorte que la capacité d’approvisionnement en contenus exclusifs de Salto auprès de ses sociétés-mères sera limitée », indique le régulateur. Salto devra également rémunérer ses sociétés-mères à un tarif fixé par deux experts indépendants. Les groupes devront également « limiter les possibilités de promotion croisée entre leurs chaînes et la plateforme Salto ».

Il s’agit d’une démarche sans précédent pour France Télévisions, TF1 et M6, trois groupes aux statuts différents (deux privés et un public) et qui se battent entre eux au quotidien pour capter les téléspectateurs. Ce projet fait écho à l’initiative britannique Britbox, plateforme portée par la BBC et ITV et orientée sur les séries britanniques, qui verra le jour au quatrième trimestre 2019. La riposte s’organise également en Allemagne, où les diffuseurs préparent aussi leur projet.

https://www.challenges.fr/media/audiovisuel/feu-vert-pour-salto-l-arme-francaise-anti-netflix_668808#xtor=CS4-92[Feu+vert+pour+Salto%2C+l%27arme+fran%C3%A7aise+anti+Netflix+]-668808

(Avec AFP)

Des soi-disant «défenseurs des droits de l’homme» se réjouissent de la censure de Facebook et Twitter.

Des soi-disant «défenseurs des droits de l’homme» se réjouissent de la censure de Facebook et Twitter.


Toni Cartalucci, un journaliste basé en Thaïlande que nous avons souvent traduit pour le Saker Francophone vient de voir ses comptes Facebook et Twitter censurés. Des défenseurs des droits de l’homme s’en réjouissent. Serait-ce à cause de cet article ?


Par Joseph Thomas – Le 26 juillet 2019 – New Eastern Outlook

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Tous les comptes Facebook et Twitter associés à l’analyste géopolitique Tony Cartalucci, basé à Bangkok, ont été supprimés. La vigueur avec laquelle ces deux sociétés technologiques basées aux États-Unis sont allées cibler Cartalucci est visible dans un article récent de Reuters.

Écrit par la correspondante thaïlandaise de l’agence, Patpicha Tanakasempipat, l’article intitulé « Facebook supprime des faux comptes thaïlandais, russes, ukrainien, honduriens » et faisant référence au journaliste affirme :

Selon Gleicher, les comptes thaïlandais censurés utilisaient des "personnages fictifs" pour promouvoir des récits sur la politique thaïlandaise, les relations entre les États-Unis et la Chine, les manifestations à Hong Kong et la critique des militants pour la démocratie en Thaïlande.

"Nous avons pu déterminer de manière concluante que certaines des activités de ce réseau étaient liées à un individu basé en Thaïlande et associé à New Eastern Outlook, un site financé par le gouvernement russe et basé à Moscou", nous explique Gleicher.

L’article cite « un comportement inauthentique coordonné » et qualifie l’initiative de résistance à une « propagande politique trompeuse ».

L’article n’explique pas en quoi écrire sous un pseudo serait un « comportement inauthentique » et aucun exemple de ce qui a été considéré comme de la « propagande politique trompeuse » n’a été fourni ni expliqué.

Matthew Tostevin, un correspondant de Reuters également basé en Asie du Sud-Est et dont le profil Twitter invoque sans ironie le hashtag, « le journalisme n’est pas un crime », a célébré cette censure systématique et coordonnée en déclarant dans un tweet :

Les comptes Facebook et Twitter de "Tony Cartalucci" sont inaccessibles depuis que Facebook a déclaré qu'il avait effacé les comptes d'un réseau lié à "un individu basé en Thaïlande et associé à New Eastern Outlook, un site financé par le gouvernement russe".

Le terme « associé à » est souvent utilisé pour laisser entendre qu’il s’agit d’un problème mais sans le dire vraiment. Dans sa défense de la censure de Facebook-Twitter, Tostevin n’explique pas en quoi le fait d’être payé pour écrire des articles est un problème, surtout si l’on considère que Tostevin lui-même gagne sa vie en faisant précisément cela pour l’agence Reuters de Londres.

Le représentant thaïlandais de Human Rights Watch, Sunai Phasuk, lui-même récipiendaire connu et vérifié de fonds provenant de gouvernements étrangers, a également célébré la censure coordonnée de Facebook et Twitter au lieu de s’y opposer.

Dans son tweet (traduit du thaïlandais), il déclare :

Fin de l'opération OI [opération d'information] ! Facebook et Twitter suspendent les comptes de Tony/Anthony Cartalucci (une source d'informations "minces") ainsi que les comptes connexes pour utilisation d'une fausse identité, diffusion de fausses informations, incitation à la haine envers les partis démocratiques et les militants des droits de l’homme / liés à des OI russes.

Le terme « mince » est un terme péjoratif utilisé par les partisans de Thaksin Shinawatra, un politicien milliardaire évincé, maintenant exilé comme un fugitif et coupable des pires violations des droits humains dans l’histoire thaïlandaise contemporaine.

Sunai montre là un manque totale d’impartialité pour un supposé défenseur des droits de l’homme mais surtout il est publiquement pour une censure de l’information lorsque cette dernière est qualifiée de «fausse» par lui-même et ses sponsors étrangers.

Quant à l’argument de l’utilisation d’une “fausse identité», Cartalucci lui-même a souvent expliqué ces dernières années que le nom de Toni Cartalucci n’est qu’un nom d’emprunt qui lui permet de garder un certain anonymat, comme beaucoup d’auteurs avant lui l’ont fait, en particulier ceux écrivant sur des sujets sensibles.

De Reuters aux employés de Human Right Watch, les tentatives de s’en prendre à Cartalucci, comme à tous ceux présentant un point de vue différent, sont en train de devenir une inquiétante tendance.

Que Facebook et Twitter censure les comptes d’auteurs anonymes ne fait que limiter une liberté d’expression qui serait pourtant censée être défendu par des « défenseurs des droits de l’homme » comme Sunai prétend l’être.
D’autres encore se félicitent de la censure des comptes de Cartalucci, comme le correspondant de la BBC, Jonathan Head.

Facebook et Twitter ont ciblé de nombreux autres individus ou sites internet alternatifs, en utilisant souvent l’accusation d’être «sponsorisé par la Russie» pour diffamer leur cible et justifier la censure. Par contre, si un gouvernement étranger ciblé par les États-Unis cherchaient à censurer des journaux, ils seraient qualifiés d’ «autoritaires» et accusé de «pratiquer la censure»

Une telle hypocrisie au sujet de la liberté d’expression, la liberté d’information et la censure est l’écho de la grande hypocrisie qui habite la politique étrangère occidentale.

Par exemple crier à “l’agression iranienne” alors que ce sont les États-Unis qui entourent l’Iran de bases militaires construites dans des pays illégalement envahis et maintenant occupés, ou quand les États-Unis protestent, sans fondements, contre des interférences russes sur sa politique intérieure alors qu’ils subventionnentpubliquement des mouvements d’opposition ciblant le gouvernement de Moscou.

Les comptes d’organisations ou d’individus du monde occidental comme ceux de Reuters, la BBC ou Human Right World, coupables de diffuser de la fausse information au sujet des «armes de destruction massive» irakiennes, l’interférence russe dans les élections étasunienne, l’utilisation de gaz sarin en Syrie ou cachant les interférences occidentales dans la politique intérieure de nations du monde entier, non seulement ne sont jamais ciblés par les campagnes de Facebook ou Twitter contre les «fausses informations» mais sont même favorisés dans ce monde de l’information si concurrentiel où les médias alternatifs étaient en train de remettre en question leur monopole sur l’information.

Facebook et Twitter vont tous les deux souffrir sévèrement des tentatives de contrôler les flux d’information. La recherche de plates-formes alternatives est faite non seulement par les activistes politiques persécutés mais aussi par un nombre croissant d’individus ordinaires que sentent bien que ces deux médias sociaux sont devenus trop intrusifs.

Cartalucci va sûrement continuer à écrire et ceux qui vont rester sur Facebook et Twitter vont continuer à faire la promotion de ses articles. Tout ce à quoi va aboutir cette expulsion d’individus et d’organisations des médias sociaux va être d’accélérer la recherche pour des plates-formes alternatives.

Puisque Facebook et Twitter ne veulent pas parler des faiblesses et erreurs fondamentales de la politique étrangère occidentale que des gens comme Cartalucci abordent et qui a attiré de la censure de ces plates-formes, cette censure ne sera qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Au pire, elle ne fait que retarder l’inévitable fin d’une guerre de l’information qu’aucun média social (ni les intérêts qu’ils représentent) n’est en train de gagner.

Joseph Thomas

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/des-soit-disant-defenseurs-des-droits-de-lhomme-se-rejouissent-de-la-censure-de-facebook-et-twitter

Peau de banane à la kiévienne

Peau de banane à la kiévienne

26 Juillet 2019

En Ukraine, pièce centrale du grand échiquier de Brzezinski et de tout stratège américain digne de ce nom, le mois d’avril fut un petit séisme. L’élection de Zelensky et la gifle monumentale reçue par Tapiocachenko ont quelque peu rebattu la donne et marqué la fin d’une époque. Nous l’expliquionsalors :

Russophone, proposant un référendum conditionnant l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN ou l’UE (entrée qui n’est de toute façon qu’hypothétique), ne promettant rien sur la Crimée ou le Donbass, Zelensky semble plus disposé à reprendre langue avec Moscou.

Cependant, il ne faut pas exagérer la portée de l’élection du comédien. D’abord parce que, comme chacun sait, il officiait sur les plateaux-télé de Kolomoiski. On se rappelle que cet oligarque s’était certes retourné contre Chocochenko dès 2015, mais que cela ne l’empêchait pas de financer certains bataillons néo-nazis férocement russophobes. Bref, un personnage bien peu recommandable dont l’ombre plane au-dessus du néo-président, même si l’on ne connaît pas tout à fait le niveau réel de leurs relations…

Ensuite parce que le nouveau venu n’a pas de plateforme politique. Il vient de créer, le mois dernier, un parti attrape-tout portant le même nom que la série télévisée dans laquelle il joue. Pas sûr que cela suffise pour gagner la Rada en octobre. Or, le baby Deep State ukrainien mis en place par Washington après le Maïdan y tient les rênes du pouvoir et s’est d’ailleurs précipité, juste après l’élection, pour passer une loi renforçant l’usage de l’ukrainien. Même le Figaro, inhabituellement objectif, voit la grossière manœuvre :

Le Parlement ukrainien a adopté ce jeudi une loi renforçant l’usage de la langue ukrainienne, au risque de crisper des populations russophones du pays au moment où le président élu Volodymyr Zelensky dit vouloir leur tendre la main.

Le but, évident : savonner la planche du nouveau président et torpiller toute possibilité de rapprochement. Cela ne vous rappelle rien ? En décembre 2016, nous décrivions le sabotage en règle de la future présidence Trump par le prix Nobel du pet,  :

Obamaboul semble décidé à laisser le déluge derrière lui. Humilié d’être totalement marginalisé dans le dossier syrien par la prise en main des trois boss (Russie, Iran, Turquie), régulièrement giflé par Poutine sur la scène internationale, mortifié par l’hilarante débandade de la présidentielle, il nous sort un pet du cerveau dont il a le secret.

La « confidence » d’un « responsable anonyme » de la CIA s’est, par la magie de l’effet boule de neige médiatique, transformée en « piratage de la démocratie » par Poutine. Ah d’accord… Comme pour le Boeing de la Malaysian Airlines au-dessus de l’Ukraine, on attend encore le moindre début de soupçon de preuve, mais le camp du Bien n’en a cure : ce qu’il dit est d’or et ne doit pas être discuté. Des preuves ? Mais voyons, que chantez-vous là, croyez-nous sur parole, le reste n’est que propagande russe…

La journaloperie a embrayé au quart de tour, du moins ce matin, car le barrage de critiques des lecteurs a obligé les rédactions à mettre de l’eau dans leur vin. Un ahurissant article du Fig à rot hurlant à la « menace russe sur la démocratie américaine et européenne » (pourquoi pas jupitérienne tant qu’on y est) a disparu corps et bien pour faire place à des analyses plus honnêtes. Est également réapparu le mot « présumé » piratage.

Qu’il soit vrai ou faux – nous nous étions posé la question en juillet -, ce « hackage » est bénin en comparaison des multiples coups d’Etat, changements de régime et autres révolutions de couleur perpétrés par Washington. Comment dit-on l’hôpital se fout de la charité en anglais ?

N’ayant plus que 20 jours à tirer, Barack à frites ne s’arrête pas à ces détails. Pour torpiller encore un peu plus les relations russo-américaines et savonner la planche à son successeur, il expulse 35 diplomates russes et leur famille, et confisque deux « retraites » russes sur le territoire US. C’est sans doute ici que les perfides agents du KGB préparaient la fin du monde…

Le Deep State US semble avoir fait des petits du côté de Kiev. Moscou n’attend en réalité pas grand chose de la nouvelle équipe dirigeante dont la marge de manœuvre est réduite, du moins jusqu’aux élections législatives d’octobre.

Bingo ! Nous ne pouvions pas mieux pressentir l’avenir, le schéma des événements s’étant presque déroulé comme prévu.

Zelensky lui-même n’est sans doute pas un mauvais bougre et l’a montré d’emblée, le 8 mai, en honorant les vétérans soviétiques de la Seconde Guerre Mondiale. Son prédécesseur, Poroclown, aurait préféré voire fondre ses palais en chocolat plutôt que de serrer la main d’un vieillard décoré du ruban de Saint-Georges…

Au fil des semaines, un certain dégel des relations a vu le jour, malgré les piques malicieuses de Poutine. On se rappelle par exemple sa réponse ironique au laïus du président ukrainien sur les droits de l’homme en Russie : « En ce qui concerne les libertés, il serait raisonnable de commencer, disons, par les Géorgiens ou anciens Géorgiens plutôt que par les Russes. Par exemple en restaurant la citoyenneté ukrainienne de Saakachvili qui en a illégalement été privé et déporté du pays. Il serait juste de le faire revenir et de respecter ses droits, ainsi que ceux de nombreux autres Ukrainiens qui ont dû quitter le pays pour échapper aux persécutions du régime ukrainien. » Aïe.

Le fait que Zelensky ait passé sa vie d’acteur sur les plateaux de la télé de Kolomoiski ne semble pas non plus avoir joué un grand rôle, finalement. Comme beaucoup, l’oligarque est d’ailleurs revenu de ses mirages maïdanites, rompant dès 2015 avec Porochenko. Fin mai, dans un discours remarqué, il se lâchait en diatribes contre le FMI et les Occidentaux : « C’est votre jeu, votre géopolitique. Vous n’en avez rien à faire de l’Ukraine. Vous voulez atteindre la Russie et l’Ukraine n’est qu’un prétexte. »

Aussi, c’est avec une fébrilité de plus en plus grande que le système impérial a assisté au lent rapprochement entre Moscou et Kiev, la conversation téléphonique du 11 juillet entre les deux présidents ayant même fait couler quelques gouttes de sueur du côté du Deep State US ou de son avorton ukrainien. Il faut dire que Zelensky a fait montre d’une certaine indépendance d’esprit :

«Tous les partenaires de l’Ukraine se sont opposés au fait d’appeler Poutine. J’ai décidé d’appeler Poutine, car il s’agit d’une question qui concerne avant tout l’Ukraine et nos citoyens. Nous devons donc remercier nos partenaires occidentaux pour leur soutien, mais avoir notre propre avis. J’ai appelé Vladimir Poutine. Tout le monde essaye de m’intimider avec cette conversation … Mais j’ai parlé de notre peuple. Mais pourquoi avoir peur alors que la vérité est de notre côté ?

Je lui ai dit franchement que nous serons contents d’échanger nos prisonniers dans un format « tous contre tous » [proposition de Poutine, ndlr] mais la situation existante… Le fait est que la liste de tous les nôtres, nos gars qui se trouvaient dans les territoires temporairement occupés, ne coïncide pas avec la liste élaborée par ceux qui contrôlent actuellement nos territoires occupés. Donc, nous allons organiser l’échange de « tous contre tous », mais nous voulons d’abord récupérer tous ceux qui se trouvent en Russie, en Crimée, à commencer par nos marins. Il me semble que c’est un pas normal vers le retour du dialogue et un geste réel et puissant afin d’arrêter la guerre.

Sur les négociations directes avec les dirigeants russes, la libération des otages ou la fin du conflit armé dans le Donbass, tout le monde dit « Dieu nous en préserve ! » Honnêtement, je ne comprends pas cet état d’esprit. »

Sans surprise, certains think thanks de l’empire tentent, déjà (!), de discréditer Zelensky, le montrant sous un jour pusillanime. Des cris d’orfraie assurent le bon public que cette conversation est une victoire de Poutine qui ouvre la voie au plan de Moscou : un Donbass rattaché formellement à l’Ukraine mais avec une grande autonomie, empêchant l’intégration de l’Ukraine dans la communauté euro-atlantique. Le fidèle lecteur de nos Chroniques connaît cette stratégie sur le bout des doigts depuis fort longtemps :

Poutine n’a aucune intention d’annexer l’est ukrainien, bien au contraire ! Son but était de créer un conflit gelé à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Selon la charte de l’OTAN, un pays ayant un conflit ouvert ou gelé sur son territoire ne peut faire acte de candidature. Et ça, on le sait parfaitement à Moscou. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le cas de figure se présente. Trois pays de l’ex-URSS ont, sous la direction de gouvernements formés aux Etats-Unis, fait mine de vouloir entrer dans l’organisation atlantique : Géorgie, Moldavie et Ukraine. Moscou a alors activé/soutenu les minorités russes en lutte contre le gouvernement central, les conflits gelés dans ces trois pays (Ossétie et Abkhazie en Géorgie, Transnistrie en Moldavie et maintenant Donbass en Ukraine) les empêchant d’entrer dans l’OTAN. Ce que fait Poutine dans l’Est ukrainien n’est donc que la réplique de ce que la Russie a déjà fait ailleurs, il n’y a aucune surprise. Pour lui, il est donc hors de question d’accepter que le Donbass se rattache à la Russie, contrairement aux sornettes racontées ici et là : il le veut à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Statut d’autonomie, armement, soutien diplomatique, aide humanitaire… tout ce que vous voulez, mais à l’intérieur des frontières ukrainiennes !

Cela explique pourquoi Poutine était bien embêté lorsque les séparatistes pro-russes ont organisé leur référendum. Il a d’abord tenté de les en dissuader, puis il a refusé d’en reconnaître les résultats.

Mais on est encore loin d’un Donbass autonome et en paix. Quoi qu’en disent les habituelles officines, dont la paranoïa atteint des niveaux étonnants, ce n’est certes pas un simple appel téléphonique qui règlera le conflit. Mais il symbolise, il est vrai, une (très) relative normalisation des relations interrompues depuis le putsch de 2014. Il matérialise également le désir de paix, très majoritaire (69%) dans la population ukrainienne qui en a assez des excès guerriers de la junte post-Maïdan. On imagine les signaux d’alarme clignoter frénétiquement sur l’écran de contrôle impérial…

La vieille garde maïdanite, qui a tout de même récemment réussi à empêcher une prometteuse émission intitulée « Nous devons nous parler« , organisée par des chaînes ukrainienne et russe, est d’autant plus sur les nerfs que les élections législatives, initialement prévues pour octobre, viennent d’avoir lieu. Nous le disions, la marge de manœuvre de Zelensky restait forcément réduite jusqu’à ce vote crucial. L’éclatante victoire de son parti lui donne désormais les mains libres ; du fait d’un mode de scrutin particulier, celui-ci obtient même la majorité absolue, une grande première dans l’histoire de la Rada.

Le fait qu’une liste pro-russe arrive en deuxième position met encore plus de sel sur la plaie du McCainistan qui croit deviner, sans rire, la main de Moscou. Quant aux chouchous de l’Occident, mis en place par lui au lendemain en 2014, ils sont humiliés, même s’ils arrivent quand même à passer la barre symbolique des 5%. Les années en 9 sont décidément maudites pour Washington : en 2009, Yanukovitch remporte les élections et met fin à la première « révolution de couleur » organisée par Bush & Co. En 2019, la victoire de Zelensky enterre le Maïdan, fomenté par qui vous savez.

En mai, le petit gang des ONG made in Soros/USAID/NED, inquiet des premiers pas du néo-président, l’avait déjà averti de manière surréaliste d’un certain nombre de lignes rouges à ne pas franchir. Entre autres joyeusetés : mener des négociations bilatérales avec la Russie sans la participation des « partenaires occidentaux, retarder ou saboter la marche à l’OTAN, initier un processus qui pourrait mener à la levée des sanctions contre Moscou…

On a vu que ce singulier avertissement, qui confine presque à une menace de renversement, n’a pas empêché Zelensky d’appeler Poutine. Avec sa victoire de dimanche, il est largement conforté dans son choix, au grand dam de la clique impériale qui doit trouver d’autres expédients. Est-ce tout à fait un hasard si, juste avant la mise en place du nouveau gouvernement, la junte de Kiev a arraisonné un bateau russe sur le Danube ?

Cet acte de piraterie ne trompe personne, surtout pas à Moscou : il s’agit d’une ultime provocation de la vieille garde sur le départ visant à savonner la planche de la nouvelle direction ukrainienne et tenter de torpiller tout rapprochement avec la Russie. Un grand classique, quoique désespérément routinier : Obama avait fait la même chose avant d’être remplacé par Trump, de même que la Rada avec sa loi linguistique provocatrice juste après l’élection de Zelensky… Le Deep State,démocratiquement balayé, mine d’avance le chemin de l’équipe qui lui succède. Après moi, le déluge. Si on repassera pour l’originalité de la manœuvre, qu’en sera-t-il de son efficacité ?Tag(s) : #Ukraine#Russie

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/07/peau-de-banane-a-la-kievienne.html

TENSION ENTRE LES FORCES RUSSES ET IRANIENNES DANS LE SUD DE DEIR EZZOR – RAPPORT

#FROMTHEFRONT #SYRIA 05.07.2019 – 1793 vues    3 ( 2 votes)

TENSION ENTRE LES FORCES RUSSES ET IRANIENNES DANS LE SUD DE DEIR EZZOR – RAPPORT

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Tension entre les forces russes et iraniennes dans le sud de Deir Ezzor - Rapport

IMAGE DE DOSSIER: Les membres du service de police militaire russe sont en Syrie

Le sud de Deir Ezzor est témoin d’une tension croissante entre les forces russes et iraniennes, a rapporté le journaliste libanais de la BBC Ali Hashem le 5 juillet, citant une source de sécurité irakienne.

« Selon une source importante de la sécurité irakienne, les tensions entre les forces iraniennes et russes dans l’est de l’Euphrate en Syrie augmentent, à la suite des mesures prises par la Russie pour limiter la présence iranienne dans la région », a tweeté Hachem.

Hachem est correspondant de la BBC pour les affaires iraniennes et chercheur au Centre d’études islamiques et asiatiques occidentaux à Egham, en Angleterre. Il est connu pour ses bonnes relations avec de hauts responsables iraniens et irakiens.

U-News, un média libanais affilié au Hezbollah, a partagé les revendications de Hachem, ce qui leur donne plus de crédibilité.

La semaine dernière, le journal syrien al-Watan a annoncé que les unités de mobilisation populaire irakiennes (UGP) avaient retiré leurs unités de la ville stratégique d’al-Bukamal, dans le sud de Deir Ezzor. Les motivations derrière le geste surprise n’étaient pas si claires.

Au cours des derniers mois, plusieurs sources de presse ont signalé des tensions et même des affrontements entre les forces russes et iraniennes à travers la Syrie. Cependant, tous ces rapports se sont révélés inexacts, voire complètement faux.

Plus sur ce sujet:

CENSURE : APRÈS LE SECTEUR DE LA RECHERCHE, C’EST AU TOUR DE L’INFORMATION !

CENSURE : APRÈS LE SECTEUR DE LA RECHERCHE, C’EST AU TOUR DE L’INFORMATION !

« À force de tout voir l’on finit par tout supporter…

À force de tout supporter l’on finit par tout tolérer…

À force de tout tolérer l’on finit par tout accepter…

À force de tout accepter l’on finit par tout approuver ! »

(Saint Augustin)

Et, c’est bien ce à quoi l’on assiste aujourd’hui dans le domaine ô combien sensible de la défense des libertés publiques dans notre pays. Décidément, plus la Macronie se sent assiégée, plus elle se cabre comme le font traditionnellement les régimes autoritaires. Malheureusement, les exemples de cette dérive « illibérale » auraient tendance à se multiplier au cours des derniers mois, des dernières semaines. Nous avons eu l’occasion d’en informer nos fidèles lecteurs afin de les alerter sur ces facéties d’un régime qui est de plus en plus aux abois et qui pratique une forme pernicieuse de censure inacceptable de la part d’un pays qui s’autoproclame « patrie des droits de l’homme » et qui se présente comme un modèle à suivre de démocratie et d’état de droit. Dans la pratique, le moins que l’on puisse dire est que la réalité est plus contrastée. Un léger retour en arrière s’impose pour mieux comprendre l’état de la situation actuelle de la liberté d’expression dans notre pays : centres de recherche déviants, journalistes indiscrets, pressions sur les quotidiens régionaux libres et vaste plaisanterie de la récente loi sur les « infox ». Pour conclure, nous évoquerons la vérité de la République des bobards.

LA CENSURE DES CENTRES DE RECHERCHE DÉVIANTS

En février 2017, nous stigmatisions la censure sévissant au Quai d’Orsay à l’égard d’un blog consacré à la défense des libertés publiques1. En avril 2019, nous prenions note de la question de la censure française, en général et des foudres qui se sont abattues sur le colonel François-Régis Legrier, après son article sur la Revue défense nationale, critique intitulé : « La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ? »2. L’agence française de développement a annulé la publication d’un dossier sur le Mali qui devait paraître dans sa revue Afrique contemporaine, animée par des chercheurs-universitaires, provoquant une mini-fronde dans le milieu de la recherche sur l’Afrique3. Manifestement, toute vérité – autre que la vérité officielle (la pravda pour reprendre le terme consacré) – n’est pas bonne à dire au pays qui se revendique de la liberté d’expression. Voilà pour le monde de la recherche dont on comprend qu’il est tenu brides courtes afin qu’il ne s’avise pas de critiquer la doxa. Et ce ne sont là que les exemples médiatisés. L’arbre qui cache la forêt tant les centres de recherche dépendant des subsides publiques (l’argent du contribuable) doivent marcher au pas s’ils veulent survivre. C’est du donnant-donnant, je te tiens, tu me tiens par la barbichette. On comprend mieux pourquoi la pensée libre, iconoclaste, non-conformiste est de plus en plus cadenassée dans l’hexagone. Haro sur tout ce qui fait preuve de sens critique.

Hier, l’on s’attaquait à la recherche en lui supprimant des subsides pour la faire rentrer dans le rang, aujourd’hui c’est au tour des médias de goûter aux joyeusetés de la dictature macronienne, digne des grands classiques de la période communiste.

LA MISE À L’INDEX DES JOURNALISTES INDISCRETS

Il y a peu des journalistes du site Disclose qui enquêtaient sur les livraisons d’armes au Yémen étaient convoqués au siège de la DGSI à Levallois-Perret (la bonne ville du bon maire, Patrick Balkany) pour leur rappeler que la publication de notes confidentielles de la DRM s’apparentait à une compromission du secret de la défense nationale, délit passible de poursuites pénales4.

Après, c’est la journaliste Ariane Chemin qui fait les frais de la vindicte jupitérienne sans parler du Directeur du Monde. Elle est convoquée comme suspecte par la DGSI en marge de l’affaire Benalla5. Cela fait suite à la tentative de perquisition de Mediapart dans le même dossier et aux auditions comme suspects de journalistes dans le dossier des armes françaises au Yémen6. À chaque fois, les enquêtes sont dirigées par le même homme : le procureur Rémy Heitz7, un juge soi-disant indépendant et impartial aux ordres de l’Élysée, le petit doigt sur la couture du pantalon. L’affaire commence à faire des vagues si l’on en croit la revue de presse effectuée par le ministère des Armées (DICOD).

Début de citation

« La convocation d’A. Chemin, grand reporter au Monde (cf. LCI, Reuters, Europe 1, franceinfo: …) dans le cadre de l’affaire Benalla, et celle des journalistes de Disclose au sujet des exportations d’armement à l’Arabie saoudite – une démarche « vaine » pour L’Obs – a suscité une « vague d’indignation » (AFP). Libération va ainsi dans ce sens, affirmant que « les autorités défient la presse », en sortant « la carte du secret Défense », « pour faire pression sur les journalistes et intimider leurs sources ». Cf. aussi l’édito de L. Joffrin, qui estime que « cela commence à en faire beaucoup [de convocations] » et martèle que « le rôle des journalistes est de cerner l’action exacte de la France dans un conflit extérieur » ou encore « de montrer qu’un militaire aux responsabilités sensibles se livre aussi à d’étranges opérations avec un oligarque russe, en contradiction avec sa mission ». L’AFP signale également que « le président du directoire du Monde, L. Dreyfus, a été convoqué à son tour par la DGSI, dans les mêmes circonstances qu’A. Chemin » le 29/05 prochain. RFI en vient à se demander : « la DGSI est-elle l’ennemi de la liberté de la presse ? ».

Dans ce contexte, V. Oberti, journaliste pour « Quotidien » (TMC), révèle qu’elle a été convoquée « en audition libre » le 15/02 par la DGSI pour « compromission du secret de la Défense nationale », alors qu’elle « travaillait sur les ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux EAU ». Elle avance que F. Parly a « esquivé ses questions » et que ses « services ont immédiatement enclenché une procédure judiciaire » qu’elle qualifie « d’intimidation ». Cf. aussi AFP, franceinfo:, ouest-france.fr. Elle évoque également le cas de M. Despratx (Disclose) convoqué le 28/05 par la DGSI en tant que simple témoin, statut qui l’empêche « d’être assisté d’un avocat » et de « garder le silence pour sa défense ».

Par ailleurs, S. N’Diaye, porte-parole du gouvernement, rappelle sur Europe 1 que l’on « ne peut pas dévoiler l’identité d’un agent qui appartient aux forces spéciales » et estime que « les journalistes sont des justiciables comme les autres ». De plus, elle assure que ces convocations ne remettent pas en cause l’« attention portée au secret des sources », indiquant qu’il « est normal qu’un État protège un certain nombre de données qui sont nécessaires à des activités […] de Défense extérieure et des activités militaires ». Cf. aussi AFP »8.

Fin de citation

Ceci se passe de commentaires !

Mais, l’affaire n’en reste pas là. Reportons-nous à la revue de presse du ministère des Armées du 24 mai 2019 qui nous dresse un panorama assez complet des réactions des médias à une affaire qui laissera des traces, qu’on le veuille ou non.

Évoquant à nouveau les récentes convocations de journalistes par la DGSI dans le cadre de l’affaire Benalla et des exportations d’armement à l’Arabie saoudite, plusieurs rédactions, dont LCI et Sud Ouest, rappellent que « le président du directoire du journal Le Monde, L. Dreyfus, est également convoqué le 29/05 par la DGSI, dans les mêmes circonstances qu’A. Chemin, grand reporter au quotidien ». Dans ce contexte, l’émission « Quotidien » (TMC) met en avant la « définition du secret Défense sur le site du ministère des Armées », l’opposant au secret des sources avec la loi sur la liberté de la presse du 29/07/1881. À l’instar du programme, quelques médias citent les propos de Nathalie Loiseau, tête de liste Renaissance aux élections européennes, qui a estimé hier sur France Inter au sujet de ces convocations : « Cela commence à faire beaucoup ». « Mais [la candidate] ne voit pas le problème », fustige marianne.net. Cf. aussi Paris-Normandie, France 24, RFI…). En outre, le président du Collectif « Informer n’est pas un délit », É. Perrin, affirme sur le site de L’Obs que « l’objectif de la DGSI est de dissuader les journalistes d’enquêter et les sources potentielles de s’exprimer », alors que « le secret Défense ne saurait être opposé au droit à l’information ». De son côté, leparisien.fr, qui fait témoigner G. Livolsi (Disclose), interroge : « Les journalistes sont-ils « des justiciables comme les autres » ? », posant également la question pour le cas de C. Wakrim : « Qu’est-ce qui prévaut ? La Défense nationale ou la démocratie ? ». Sur lopinion.fr, A. Lévrier, maître de conférences à l’université de Reims spécialisé dans les médias, également interrogé par France Culture, juge que « des journalistes à la DGSI, c’est un symbole aussi fort qu’E. Plenel sur écoute sous Mitterrand ». Selon lui, la « publicité de ces convocations exerce une pression sur les informateurs eux-mêmes, qui peuvent se dénoncer spontanément ou être dissuadés de parler à l’avenir », convaincu que « l’effet est clairement d’intimider la presse (Cf. RFI)9.

Mais, la coupe n’est pas encore pleine. Pourquoi se priver lorsque l’on est déjà en si bon chemin sur la voie d’une mise au pas autoritaire de toute pensée déviante dans la patrie des Lumières et de la liberté d’expression.

LES PRESSIONS SUR LES QUOTIDIENS RÉGIONAUX LIBRES

Pour des raisons déontologiques, deux journaux régionaux (La Voix du Nord et Le Télégramme) ont refusé de prendre sous la dictée l’entretien qu’Emmanuel Macron a organisé avec l’ensemble de la presse régionale à la veille des élections au Parlement européen du 26 mai 2019. Vulgaire opération de propagande digne de la Corée du nord de Kim Jong-un. L’opération de communication ratée de l’Élysée est la dernière illustration en date du mépris que le chef de l’État ne cesse de manifester à l’encontre du droit de savoir des citoyens10. Et dire que le président de la République n’hésite pas à condamner les atteintes à la liberté de la presse en Pologne11, en Hongrie12… Il est vraiment mal placé pour s’ériger en donneur de leçons. Ainsi va la Macronie triomphante et conquérante. Mais, chaque jour nous livre une information inquiétante sur l’état de nos libertés fondamentales dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme qui se permet le luxe de faire la leçon de morale à la terre entière avec l’arrogance qui sied à la Grande Nation !

Et, notre sidération est encore plus grande lorsque nous découvrons la réalité de la loi sur les « fake news » adoptée il y a peu pour contrer les bobards venus de Russie.

LA VASTE BLAGUE DE LA LOI SUR LES « INFOX »

Reprenons ce qu’écrit le quotidien Le Monde sur le sujet et qui ne manque pas de sel pour celui qui prend le temps de lire et d’analyser ce que les mots signifient aujourd’hui en Macronie !

Début de citation

« Baptême du feu pour la loi sur les infox, censée lutter contre la diffusion de fausses nouvelles et promulguée le 23 décembre 2018. Désireux de prendre le gouvernement à son propre jeu, deux parlementaires du Parti communiste (PCF), le sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias et la députée européenne Marie-Pierre Vieu, ont voulu démontrer que « la loi sur les fausses nouvelles qui devait tout régler ne règle rien ». Ils ont ainsi attaqué devant le tribunal de grande instance de Paris les déclarations faites sur le réseau social Twitter le 1er mai par Christophe Castaner après l’entrée de manifestants dans un hôpital parisien. « Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre : elles sont la fierté de la République », avait tweeté le ministre de l’intérieur. Ces déclarations avaient ensuite été démenties par les faits : l’événement reconstitué par différents journaux, dont Le Monde, avait finalement peu à voir avec la version du ministre. Ce dernier en avait d’ailleurs convenu, reconnaissant que le terme « d’attaque » n’était pas approprié.

S’emparant de cette infox, les deux parlementaires ont assigné en référé Twitter devant le tribunal de grande instance de Paris, enjoignant au réseau social de supprimer le Tweet de Christophe Castaner, et ce, afin de « faire cesser la diffusion d’allégations ou d’imputations présentées comme inexactes et trompeuses ». Dans un jugement rendu le 17 mai, le tribunal a débouté les plaignants, ce qui était précisément le but recherché. « Nous voulions démontrer par l’absurde – ce qui est parfois comme en mathématiques la méthode la plus efficace – que cette loi ne servait à rien », explique Pierre Ouzoulias, qui rappelle que le Sénat avait « refusé deux fois – à l’exception des sénateurs La République en marche – de discuter du texte[par une procédure de renvoi en commission]. Au mieux, il était inutile, au pire liberticide ». Pourquoi s’en être pris à Christophe Castaner ? « Au Sénat, on nous a présenté cette loi comme une façon de mettre fin aux ingérences de la Russie. On voit bien que l’ingérence peut venir d’ailleurs. » En s’emparant de cette affaire, les juges rappellent les conditions drastiques d’application de cette loi, qui ne peut s’exercer que pendant les périodes électorales. Sur la fausseté de l’information, le tribunal a tout d’abord jugé que, si « le message de Christophe Castaner apparaît exagéré (…), cette exagération porte sur des faits qui, eux, sont réels. (…) La condition selon laquelle l’allégation doit être manifestement inexacte ou trompeuse n’est pas remplie.

Ensuite, il aurait fallu que la diffusion du « Tweet litigieux » soit « cumulativement massive, artificielle ou automatisée ». Autrement dit, Christophe Castaner aurait par exemple dû acheter de la publicité à Twitter pour accroître la caisse de résonance de son message. Or, les juges n’ont trouvé aucun « élément démontrant l’utilisation de tels procédés ». Enfin, le juge des référés devait « apprécier le caractère manifeste du risque d’altération de la sincérité du scrutin, lié à la diffusion de ce Tweet », et ce, à quelques semaines alors seulement des élections européennes, qui se tiendront le 26 mai. Au final, grâce aux différentes versions de l’événement relatées dans les journaux, « chaque électeur [a pu] se faire une opinion éclairée, sans risque de manipulation ». Cette dernière condition du texte est par essence absurde, selon Pierre Ouzoulias : « Jamais personne ne pourra prouver qu’une fausse nouvelle puisse avoir de l’influence sur un scrutin qui ne s’est pas encore déroulé. » Dernière difficulté, le tribunal a jugé que Twitter France n’était pas l’entité à saisir. Les plaignants auraient dû se tourner vers Twitter Irlande. Or, dans la mesure où c’est une société étrangère, cela freine la « procédure d’urgence ». « Le texte montre surtout qu’il faut une véritable régulation des contenus sur les réseaux sociaux », conclut M. Ouzoulias »13.

Fin de citation

LA VÉRITÉ SUR LA RÉPUBLIQUE DES BOBARDS

Pas très glorieux en vérité lorsque l’usine à bobards de la Macronie fonctionne à plein régime depuis plusieurs mois. L’hebdomadaire Marianne s’est même autorisé à dresser la liste des « 12 intox pour nous faire avaler la pilule » : Alsthom ; mariage Fiat-Chrysler-Renault ; prise de relais de l’industrie par le secteur des services ; les robots sont nos partenaires ; la concurrence va faire baisser les prix de l’électricité ; l’État ne laissera pas faire Ford ; les décisions prises dans le seul but de sauver la planète mais qui servent à taxer ou à licencier ; l’investissement étranger va nous sauver ; l’Union européenne, c’est la société de la connaissance ; il n’y a qu’à produire du haut de gamme pour sauver notre industrie ; l’entreprise n’est pas la mission de l’État14. Pendant ce temps, notre sinistre menteur qui a pour nom Bruno Le Maire se pavane durant un week-end au Palace de Montreux pour participer à la très secrète conférence annuelle du groupe Bilderberg qui réunit le gratin de l’élite mondiale. « Le Forum de Davos, en comparaison, ressemble à un club de vacances pour familles démunies ». On y dissertait de l’avenir du capitalisme ou de l’arme des réseaux sociaux. Selon, le président du millésime 2019, Henri de Castries, ancien patron d’AXA, actuel président de l’Institut Montaigne, il importe de procéder à « une sélection très scrupuleuse des participants afin de privilégier qui ont une pensée »15. Rassurez-vous, ni vous, ni moins n’avons une pensée digne de ce nom en ces temps de pensée unique et verrouillée par le pouvoir autoritaire et vertical d’Emmanuel Macron. Une citation nous vient à l’esprit pour caractériser cette situation délétère :

« L’agitateur oppose le peuple ordinaire aux solides instincts à l’élite des salons sophistiqués et des snobinards des grandes villes » (Leo Löwenthal et Norbert Guterman, dans Les prophètes du mensonge (éditions de La découverte, 2019).

Mais tout va très bien Madame la Marquise ! La liberté de la presse et la liberté d’informer ne sont ni menacées ni réduites en France, déclare le 24 mars 2019 Emmanuel Macron, défendant la convocation récente de plusieurs journalistes à la DGSI, une mesure qui a suscité protestations et inquiétudes au sein de la profession. Après cette déclaration forte, nous sommes pleinement rassurés sur les intentions pures de Kim Jong-Macron pour faire entrer la France dans le Nouveau Monde promis près de la pyramide du Louvre un soir de mai 2017. Une France de la liberté sous toutes ses formes, garantie par son guide suprême…

« Le temps des tyrans »16 ne semble pas être l’apanage des démocratures que nous n’avons de cesse de stigmatiser au nom de la destinée manifeste du Peuple français. Emmanuel Macron et toute sa mauvaise troupe de « spin doctors » y prennent aujourd’hui toute leur part dans une indifférence quasi générale17. C’est vraisemblablement ce que Jupiter qualifie de défense des valeurs, fausses dans le cas d’espèce. Comment résoudre de graves problèmes si les chercheurs et les journalistes ne disposent pas du droit élémentaire d’en parler librement, sans contraintes excessives ?18

Le fait de décrire la réalité sans être ostracisé semble impossible. « Sur le sujet européen, spécialement depuis l’élection d’Emmanuel Macron, ce qui se passe en France, a certaines similitudes avec l’époque communiste »19. Reste qu’il y a, dans les poussées totalitaires si bien décrites récemment par Michel Onfray20, une alerte à prendre au sérieux : celle vieille comme le monde, de la servitude volontaire21. On ne peut que regretter l’obstination des hommes qui voient venir le drame sans pour autant l’empêcher. Mais aussi l’écart entre notre fiction politique et sa réalité22.

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Après le monde de la recherche vient le temps de la chasse aux sorcières dans le monde de l’information. Et, cela commence à devenir très sérieux pour le sérieux de notre pays sur la scène européenne et internationale.

Jean Daspry
17 juin 2019

1 Jean Daspry, Censure au Quai d’Orsay ? À mourir de rirewww.prochetmoyen-orient.ch , 6 février 2017.
2 Jean Daspry, Le colonel a dit la vérité, il doit être exécutéwww.prochetmoyen-orient.ch , 25 février 2019.
3 Jean Daspry, Censures françaises. Suitewww.prochetmoyen-orient.ch , 1er avril 2019. 
4 Jacques Peyremaux, La presse sous haute surveillance…, Marianne, 14-20 juin 2019, p. 56.
5 Franck Johannès, Affaire Benalla : Ariane Chemin et Louis Dreyfus devant la DGSI, Le Monde, 1er juin 2019, p. 15.
6 Guillaume Berlat, Ventes d’armes, défense des valeurs, mensonge d’État…, www.prochetmoyen-orient.ch , 29 avril 2019.
7 Fabrice Arfi, Un procureur contre l’information, un pouvoir contre le journalismewww.mediapart.fr , 22 mai 2019.
8 Focus Défense, Convocation de journalistes par la DGSI, 23 mai 2019.
9 Convocation de journalistes par la DGSI, Focus Défense, Ministère des Armées, 24 mai 2019.
10 Laurent Mauduit, « La Voix du Nord » et le « Télégramme » refusent d’obtempérer à la « convocation » de Macron, www.mediapart.fr , 21 mai 2019.
11 Jakub Ivaniuk, Le risque d’enlisement de la Pologne dans l’autoritarisme, Le Monde, 12 juin 2019, p. 29.
12 Jean-Baptiste Chastand, Un chercheur hongrois raconte la chasse aux sorcières d’Orban, Le Monde, 25 mai 2019, p. 31.
13 Sandrine Cassini, Premier désaveu pour la loi sur les « infox », Le Monde, 24 mai 2019, p. 18.
14 Franck Dedieu, La casse économique. Les 12 intox pour nous faire avaler la pilule, Marianne, 7-13 juin 2019, pp. 10 à 18
15 Jack Dion, L’élite en conclave, Marianne, 7-13 juin 2019, p. 20.
16 Alain Frachon, Un temps des tyrans, Le Monde, 24 mai 2019, p. 30.
17 Cédric Pietralunga, Sibeth Ndiaye, la mue d’une soldate du macronisme, Le Monde, 30-31 mai 2019, p. 10.
18 Laurent Valdiguié, Des journalistes sous surveillance, Marianne, 31 mai-6 juin 2019, p. 20.
19 Marek Gladysz, « L’Union européenne de Macron a certaines similitudes avec l’époque communiste », Valeurs actuelles, 23 mai 2019, pp. 84-85.
20 Michel Onfray, Théorie de la dictature, Robert Laffont, 2019.
21 Alexandre Devecchio, 1984 ou l’Europe de Maastricht, Le Figaro Magazine, 17 mai 2019, p. 42.
22 Juan Branco, Contre Macron, éditions Divergences, 2019, p. 93.

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SODOMITE LOBBY VS. POUTINE

SODOMITE LOBBY VS. POUTINE

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30.05.2017

Lorsque les médias rejoignent des activistes homosexuels contre des chrétiens, le public n’est pas d’accord. Mais quand le côté des médias de masse avec une version anti-Poutine dans un cas impliquant un opposant de Poutine « assassiné » mystérieusement « , le public est-il d’accord?

Selon Paul Craig Roberts , qui était un responsable de Reagan, l’assassinat «mystérieux» d’un opposant à Poutine était un complot déstabilisateur de la CIA dans l’esprit des hostilités d’Obama contre la Russie.

Et selon le Dr Scott Lively, l’autorité la plus en vue sur les maux du programme des homosexuels, au début des années 90, Bill Clinton a levé l’interdiction des homosexuels travaillant pour la CIA et d’autres agences de renseignement.

Par la courtoisie de Clinton, depuis plus de deux décennies, les homosexuels sont de plus en plus présents: CIA, FBI, NSA, etc.

Le Dr Lively explique que, où qu’ils se trouvent, les activistes homosexuels produisent des intrigues, des confusions et des ravages, utilisant toujours leurs occupations pour leur plus grande cause et toujours au détriment de leurs adversaires. Et les homosexuels qui occupent des postes dans la plus grande agence de renseignement du monde sont capables de provoquer les plus grands dommages dans le monde contre ceux qui ne s’alignent pas sur leurs objectifs.
L’un des magazines homosexuels les plus en vue aux États-Unis a désigné Poutine comme l’ennemi numéro 1 du mouvement homosexuel . Cela n’a pas échappé aux homosexuels des agences de renseignement. En fait, cela n’est pas passé inaperçu, pas même par les médias traditionnels, habituellement favorables à la sodomie, contre le président russe.

Aujourd’hui, le président d’une grande nation doit faire adopter des lois pour protéger les enfants et les adolescents des maux évidents de la propagande homosexuelle.

Un citoyen ordinaire s’opposant à l’agenda gay agressif est victime d’initiatives, de calomnies, d’intrigues et de menaces manifestement malveillantes. Un président souffrirait-il moins?

Les activistes homosexuels sont impitoyables, menteurs et implacables pour les citoyens ordinaires qui n’acceptent pas leur agenda tyrannique. Seraient-ils moins impitoyables envers un président?

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Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol » [Vidéo]

Éric Zemmour : « Il faut arrêter les flux et commencer par renvoyer les délinquants, les chômeurs, supprimer le droit du sol ». Et de poursuivre : «Viktor Orban et Matteo Salviniont tout compris à l’époque. Salvini a compris que le problème majeur de tous les peuples européens est l’immigration & l’Islam. Orban l’a compris aussi, il faut lire ses discours sur l’islamisation et la guerre civile.»

Débat intégral entre Eric Zemmour et Maurice Szafran (Challenges) sur la crise aux Républicains, François-Xavier Bellamy, Matteo Salvini, Viktor Orban, le Grand Remplacement, l’immigration, l’Islam, l’antisémitisme, George Soros, la PMA, la GPA, etc.

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VIDEO⚡️Eric : «@FxBellamy est fin, intelligent, mais c’est pas un duelliste (…) Les électeurs ont vu qu’il était à la tête d’une liste qui ne pensait pas comme lui, que les votaient pro-, ils ont vu ce double-discours & se sont dit qu’il allait trahir.»

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VIDEO⚡️Eric : «Viktor & @MatteoSalvinimi ont tout compris à l’époque. Salvini a compris que le problème majeur de tous les peuples européens est l’ & l’. Orban l’a compris aussi, il faut lire ses discours sur l’islamisation et la guerre civile.» pic.twitter.com/4osxnsTDQr

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« La vérité s’évanouit dans un nuage toxique »

« La vérité s’évanouit dans un nuage toxique »

Douma, Syrie, Gaz, attaque, chimique, Sarin, Organisation, interdiction, armes, chimiques, Fuite, Assad, non, coupable, missiles, USA, France, Royaume-Uni, Grande-Bretagne, Angleterre,

Vous vous souvenez de l’attaque chimique de Douma, en Syrie, qui avait donné lieu à des frappes de missiles de représailles de la part des USA, de la France et du Royaume-Uni ? Une fuite récente de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques jette aujourd’hui le doute sur la culpabilité d’Assad.

Silence gêné dans les médias grand public, sauf un : le journal britannique Mail on Sunday, où le journaliste Peter Hitchens a exposé l’affaire sans mâcher ses mots. Qu’il en soit remercié.

L’auteur de l’article ci-dessous, Tim Hayward, qui travaille depuis longtemps sur la propagande médiatique autour de la Syrie, reprend l’essentiel des propos de Hitchens et fait une analyse succinte des premières conclusions à en tirer.


Par Tim Hayward
Paru sur le blog de l’auteur sous le titre “Truth Vanishes in a Cloud of Poison Gas”


« Une information internationale énorme a été publiée la semaine dernière, a écrit Peter Hitchens dans le Mail on Sunday de dimanche, mais je doute que vous en entendiez parler ailleurs qu’ici. »

En fait, bien que l’histoire ait fait du bruit dans les médias alternatifs et sur Twitter, et attiré l’attention de certaines personnes célèbres, dont Susan Sarandon et Roger Waters, les journalistes grand public l’ont ignorée.

Ce silence est un témoignage effrayant de l’état actuel du journalisme – et donc de la démocratie elle-même. Car l’importance de l’information est impossible à exagérer. Comme Hitchens le dit ensuite :

Il semble très probable que la décision de bombarder la Syrie que nous [le Royaume-Uni, NdT], la France et les États-Unis avons prise en avril 2018 était fondée sur une erreur aussi grande que les armes de destruction massive fictives en Irak, en 2003.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), l’organisme international qui examine les allégations d’incidents liés à l’utilisation de gaz toxiques, vient de me confirmer qu’un document dévastateur qui a fait l’objet d’une fuite de son siège néerlandais est authentique.

Le document, rédigé par l’un des enquêteurs les plus expérimentés de l’OIAC, démontre qu’il est très peu probable que des bombonnes de gaz trouvées sur les lieux d’une attaque chimique présumée à Douma, en Syrie, aient été larguées d’hélicoptères – comme on l’a largement cru et affirmé. Cette affirmation est fondamentale pour l’affaire du bombardement de la Syrie. »

Le document, qui a fait l’objet d’une fuite transmise au Working Group on Syria, Propaganda and Media (Groupe de travail sur la Syrie, la propagande et les médias), peut être téléchargé sur le site Web du groupe de travail.

Comme le dit Hitchens, l’OIAC est « une organisation précieuse, composée de nombreuses personnes de qualité, et qui travaille dans un noble objectif », mais, tout comme les membres du Groupe de travail sur la Syrie, il s’inquiète de savoir si elle a été « mise sous pression, ou même détournée par des forces politiques qui cherchent une justification à une intervention militaire en Syrie ? »

Étant donné qu’une décision de guerre ou de paix qui affecterait la planète entière pourrait un jour dépendre de ses jugements, je pense que le monde a droit à une enquête sur ce qui se passe derrière ses murs. »

Tim Hayward est professeur de théorie politique environnementale à l’université d’Édimbourg. Avec d’autres universitaires, journalistes et chercheurs, il fait partie du Groupe de travail sur la Syrie, la propagande et les médias (Working Group on Syria, Propaganda and Media).

Traduction et note d’introduction Entelekheia
Photo Pixabay

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