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POINT DE SITUATION SUR LA «GUERRE» COMMERCIALE «USA-RESTE DU MONDE

POINT DE SITUATION SUR LA «GUERRE» COMMERCIALE «USA-RESTE DU MONDE

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04.04.2019

Plus d’un an après son déclenchement, il est aujourd’hui intéressant de faire le point  sur les premiers résultats de la «guerre commerciale» initiée par les USA contre le reste du monde.

Inutile de revenir sur la dénonciation par  l’administration Trump de plusieurs traités commerciaux en vue de les renégocier à l’avantage des USA, ni sur les véritables «sanctions douanières» adoptées contre la Chine, l’Europe et nombre d’autres partenaires commerciaux.

Ce qu’il faut en retenir, c’est que toutes ces mesures visaient à atteindre un objectif essentiel: réduire les déficits commerciaux US vis à vis du reste du monde.

Où en est-on aujourd’hui, plus d’un an après le déclenchement des «hostilités» ?

Les réponses nous sont données par le bureau US des statistiques relatives au commerce :

1 – Le déficit commercial global des USA avec le reste du monde a explosé en 2018, battant un record historique dans l’histoire de ce pays à 878,7 milliards de dollars. Le précédent record datait de 2017 à 795,7 milliards. En clair, les deux premières années «Trump» auront été les moins reluisantes, en matière commerciale, de toute l’histoire des États-Unis.

https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c0004.html

2 – Déficit commercial US avec la Chine ? Record historique en 2018 à 419,2 milliards. Le précédent datait de 2017 à 375,6 milliards…..

Alors que les importations US de produits chinois continuaient d’augmenter (+ 7%) malgré les nouveaux tarifs douaniers, la Chine a fortement réduit ses importations de produits US. En nov-dec 2017, la Chine importait 26,4 milliards de dollars de marchandises US. En nov-dec 2018, elle n’en importait plus que 17,8 milliards: (30% de moins).

https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c5700.html

3 – Déficit commercial US avec l’Europe ? Record historique en 2018: 169,3 milliards, en hausse de 12% par rapport à 2017 (151,4 milliards)  https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c0003.html

4 – Déficit commercial US avec le Mexique ? Il a pulvérisé son record historique en 2018, malgré la renégociation du traité, à  81,5 milliards de dollars. Précédent record en 2017: 71 milliards.  https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c2010.html

5 – Déficit commercial US avec le Canada, que Trump espérait réduire ? Il est en hausse de 12 % par rapport à 2017: 19,8 contre 17,1 milliards. https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c1220.html

6 – Déficit commercial avec la Russie, pays sous sanctions économiques ? 14,1 milliards, en hausse de 40% par rapport à 2017 (10 milliards). https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c4621.html

*

La conclusion de l’analyse des chiffres qui précèdent est simple: le bilan commercial 2018 des USA est historiquement désastreux.

Si l’on ajoute à ce bilan l’ampleur du déficit budgétaire fédéral qui bat lui aussi un record historique à plus de 900 milliards de dollars, l’ampleur de la dette fédérale qui atteint aujourd’hui les 22 175 milliards de dollars (record historique), l’ampleur des dettes publiques et des particuliers qui s’envolent à 73 000 milliards de dollars. On ne peut plus dire que tout va bien au pays de l’oncle Sam, ni que tout est «sous contrôle».  http://www.usdebtclock.org/

Mais il est toujours facile de faire illusion en vivant à crédit sur le dos du reste du monde et en faisant tourner la planche à billets. Jusqu’à quand ?….. Et après ?……

Source : Réseau International

http://katehon.com/fr/article/point-de-situation-sur-la-guerre-commerciale-usa-reste-du-monde

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Trump n’envisage pas la fin du « shutdown » sans financement du mur à la frontière

Trump n’envisage pas la fin du « shutdown » sans financement du mur à la frontière

Donald Trump, le 24 décembre 2018, à la Maison Blanche, répond à la ligne téléphonique du Père Noël / © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump a campé sur ses positions mardi sur le financement d’un mur à la frontière mexicaine, déclarant ne pas voir d’issue possible au « shutdown », la fermeture partielle des administrations, avant que sa promesse de campagne ne soit inclus dans une loi budgétaire.

« Je ne peux pas vous dire quand le gouvernement va rouvrir. Je peux vous dire qu’il ne rouvrira pas avant que nous ayons un mur, une barrière » à la frontière mexicaine, a déclaré aux journalistes à la Maison Blanche le président américain, après s’être entretenu avec les troupes américaines par téléconférence, à l’occasion de Noël.

Au quatrième jour du « shutdown », les positions semblaient toujours aussi irréconciliables.

Les démocrates s’opposent farouchement à ce mur promis par Donald Trump depuis sa campagne présidentielle et l’ont accusé lundi de plonger les Etats-Unis « dans le chaos ».

De son côté, le locataire de la Maison Blanche a annoncé qu’il se rendrait au Texas « fin janvier pour le début de la construction » d’une portion de mur de 115 miles (185 km) à la frontière. M. Trump avait écrit sur Twitter lundi avoir approuvé cette construction, sans apporter plus d’explication.

« C’est mon souhait d’avoir (un mur) achevé de 500-550 miles (804-885 km), de l’avoir soit rénové, soit flambant neuf au moment de l’élection » présidentielle de 2020, a-t-il poursuivi.

La frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est longue d’environ 3.200 kilomètres. Environ 1.100 km sont équipés d’obstacles, installés surtout en Californie, au Nouveau-Mexique et en Arizona.

Depuis vendredi minuit, républicains et démocrates se rejettent la responsabilité de l’impasse budgétaire ou « shutdown », qui a provoqué la fermeture partielle des administrations.

« Je préférerais ne pas faire de shutdown », a dit M. Trump. « J’adore la Maison Blanche mais je n’ai pas pu être avec ma famille », a-t-il précisé alors qu’il devait passer les fêtes de fin d’année dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.

Donald Trump est également revenu une énième fois sur son limogeage de James Comey, l’ancien directeur du FBI, en mai 2017.

« Les démocrates le détestaient, a-t-il dit. Ils appelaient à sa démission, ils demandaient son renvoi » à cause d’une enquête de la police fédérale sur Hillary Clinton qui selon la candidate démocrate l’a privée de la victoire en 2016.

« Et une fois que je l’ai viré, tout le monde a dit, +Oh pourquoi l’avez-vous renvoyé? », s’est exclamé le président américain.

« Ce qu’il se passe dans notre pays est une honte », a dit M. Trump. « Mais sinon, je souhaite à tout le monde un très joyeux Noël. »

(©AFP / (25 décembre 2018 18h40)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Trump-n-envisage-pas-la-fin-du-shutdown-sans-financement-du-mur-la-fronti-re/982871.rom

Impuissance de Washington face aux défis que la Chine lui pose en Amérique centrale

Impuissance de Washington face aux défis que la Chine lui pose en Amérique centrale


Par Andrew Korybko – Le 27 octobre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoMike Pompeo, secrétaire d’État des USA, était en déplacement en Amérique Centrale en fin de semaine dernière, d’où il a critiqué l’influence croissante de la Chine en s’interrogeant sur les intentions derrières les activités d’investissements du pays. Les médias chinois lui ont répondu cette semaine sur le ton de la colère, mettant les USA au pilori pour leurs tentatives de « semer l’opprobre » dans les relations entre l’empire du milieu et l’Amérique latine.

Carlos Castaneda, ministre des affaires étrangères du Salvador, serre la main de Wang Yi, son homologue chinois, à Pékin, le 21 août 2018.

Washington s’inquiète du glissement progressif en cours de l’Amérique centrale hors de son contrôle hégémonique, après que le petit État du Salvador a rompu ses liens avec Taïwan au mois d’août 2018, et reconnu Pékin comme gouvernement légitime de Chine, en échange d’un soutien économique, dont certains craignent qu’il ne déclenche une réaction en chaîne dans cette partie du monde où l’État auto-proclamé compte un certain nombre de soutiens – dont le total est en déclin.

Du point de vue des USA, l’influence économique chinoise qui monte présente des conséquences politiques claires, qui pourraient un jour se manifester dans ces pays qui se détournent peu à peu de Washington, comme le révèle la position de quelques-uns d’entre eux sur Taïwan. Les USA pourraient perdre leur contrôle unipolaire sur la zone, que jusqu’alors ils ont considéré avec condescendance comme leur « arrière-cour ». On a vu jusqu’à Juan Orlando Hernandez, président du Honduras, souligner ce qu’il considère comme l’« occasion » que le rôle diplomatique chinois en croissance dans la région pouvait représenter, malgré le fait qu’il ait lui-même pu rester au pouvoir jusqu’à présent lors d’élections contestées mais reconnues par les USA, ce qui avait ouvert des polémiques.

Et c’est bien une nouvelle opportunité qui vient de s’ouvrir : suite aux menaces de Trump de suspendre les aides que son gouvernement verse aux trois pays du « Triangle du Nord » que constituent le Honduras, le Guatemala et le Salvador dans le cadre de la dénommée « Alliance pour la prospérité », sur fond du fait que ces pays n’avaient pas empêché des milliers de leurs ressortissants de prendre part à la dernière crise de la Caravane, la voie est royalement ouverte à la Chine d’intervenir économiquement et de soutenir ces pays à la condition que les deux autres suivent la voie ouverte par San Salvador dans la reconnaissance de Pékin à la place de Taipei. Ce basculement potentiel offrirait à la Chine un levier de contrôle indirect sur la sécurité aux frontières américaines, rendant la Chine responsable de la stabilité de ces pays en remplaçant le pourvoyeur d’aides américain.

Il est déjà reconnu que pour nombre de ces migrants, les raisons de l’exil relèvent de poussées au départ puissantes, telles qu’une mauvaise gestion systématique, la corruption, les drogues, le chômage, et les gangs violents, sujets que l’« Alliance pour la prospérité » américaine devait au départ traiter. Il se pourrait bien que ce soit en fin de compte la Chine qui adresse ces problèmes, si Trump se retire de ces programmes comme il semble être sur la voie de le faire, et si Pékin s’avance pour prendre sa place. Tout aussi perturbateur pour les USA que ce scénario, la possibilité que ces événements aient comme répercussion une augmentation de l’influence chinoise au Mexique, après l’investiture d’AMLO, président de gauche qui prendre ses fonctions début décembre 2018… Cela constituerait un défi sans précédent pour la dominance politique des USA sur l’ensemble de l’hémisphère occidental.

La spirale sans fin dans laquelle les USA se retrouvent réside en ceci : s’ils voulaient répondre par leurs leviers de guerre hybride à cette situation, cela ne ferait qu’aggraver les crises de migrants ; il est impossible de prédire ce que l’Amérique pourrait faire pour maintenir son hégémonie sur la région.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 26 octobre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

Une légalisation de l’opium au Mexique serait une grave menace de guerre hybride sur les USA

Une légalisation de l’opium au Mexique serait une grave menace de guerre hybride sur les USA


Par Andrew Korybko – Le 18 octobre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybko

La proposition du ministre mexicain de la Défense en poste, qui consisterait à légaliser l’opium à usage thérapeutique, aurait des conséquences importantes aux USA, si elle était retenue par le gouvernement qui va bientôt prendre ses fonctions au Mexique.

La guerre de la drogue au Mexique

Cette soi-disant « solution » fait l’objet de débats depuis longtemps, et est considérée par certains acteurs comme une approche pragmatique, qui viendrait quelque peu tarir le bain de sang que le pays a connu dans la dernière décennie dans sa guerre de la drogue – on compte plus de 200 000 morts depuis ses débuts en 2006. Le concept en est plutôt simple : il s’agirait, pour les planteurs d’opium mexicains, qui ont fait du Mexique le troisième producteur mondial de cette drogue, de vendre leurs récoltes à des entités approuvées par le gouvernement, pour que la drogue soit exploitée à des fins de recherche scientifique et thérapeutiques au lieu du circuit actuel des cartels ; cela supposerait que le gouvernement protège les producteurs et leurs cultures. Voilà qui est beaucoup plus facile à énoncer qu’à réaliser : les services de sécurité sont connus pour subir des infiltrations en profondeur de la part des cartels, et nombreux sont les citoyens à craindre ce qui pourrait leur arriver dès lors que les forces en présence constateront qu’ils ont choisi de collaborer avec le gouvernement.

Il serait dès lors probable que le Mexique doive en passer par la proposition déjà émise par Andres Manuel Lopez Obrador (bien connu sous ses initiales, AMLO), prochain président, qui établirait un cessez-le-feu avec les cartels et accorderait l’amnistie au membres non violents de ces gangs pour rétablir la stabilité du pays. Pour risquée que soit une telle politique, elle n’est pas vouée à l’échec, et son succès bénéficierait à la majorité des Mexicains ; mais cela n’implique pas que ce processus s’inscrive dans les intérêts nationaux des USA. L’Amérique est ravagée par les dommages collatéraux de l’utilisation rampante de drogues dures au sein de sa société, parmi lesquels vagues de crimes et overdoses, et la légalisation de l’opium à des fins thérapeutiques au Mexique pourrait empirer de plusieurs degrés la situation chez son voisin du nord si des mesures de sécurité aux frontières ne sont pas mises en place au préalable.

Sauf à adopter l’hypothèse très peu probable selon laquelle le Mexique réussirait à purger ses services de sécurité – ainsi que l’État dans son ensemble – de l’influence pernicieuse des cartels, le voisin du sud des USA se verrait en pratique transformé, du jour au lendemain, en menace principale en termes de guerre hybride pour l’Amérique, dès que la légalisation entrerait en vigueur. On verrait dès lors des exportations à grande échelle d’opium et d’héroïne, son produit dérivé, ravager les communautés locales aux USA encore plus que jusqu’ici, en rendant les produits moins chers et plus accessibles que jamais. De quoi faire monter le nombre d’addictions à vie, pour ne pas parler de la vague de crime que cela engendrerait. Il n’est pas possible que la légalisation de l’opium par le Mexique, quelle qu’en soit la raison, se passe bien pour la sécurité intérieure des USA, tant que le voisin du sud reste dans l’état de corruption qu’il connaît et que des contrôles stricts aux frontières ne sont pas mis en place.

De deux choses l’une, soit l’on peut s’attendre à voir les USA faire pression sur le Mexique pour que les plantations d’opium y restent illégales, soit l’Amérique va s’attacher à se protéger des conséquences catastrophiques qui l’attendent si cette décision est prise.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 12 octobre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

Ted Cruz s’inquiète que la «propagande» chinoise atteigne la Californie depuis le Mexique

Ted Cruz s’inquiète que la «propagande» chinoise atteigne la Californie depuis le Mexique


Andrew Korybko
Andrew Korybko

Par Andrew Korybko – Le 26 septembre 2018 – Source orientalreview.org

Le sénateur Ted Cruz réalise des actions de lobbying pour empêcher l’achat par une société chinoise d’une station radio mexicaine émettant sur le territoire des USA.

Il n’est pas à l’aise avec le projet d’une société basée à Hong Kong de racheter une station radio à proximité de Tijuana, craignant qu’il ne puisse s’agit d’une façade pour émettre de la « propagande » du gouvernement chinois envers son pays. Les USA et le Mexique ont un accord établissant que la FCC (Commission fédérale aux communications) doit approuver tous les accords de ce type au Mexique, dont le résultat serait que des émissions étrangères seraient diffusées à l’intérieur des frontières américaines. Cela rappelle le décret présidentiel 13848 signé par Trump il y a peu, qui trace la route vers des sanctions et peut-être même des censures des médias alternatifs liés à l’étranger se montrant critiques – ou à tout le moins, ne soutenant pas à l’excès – les politiques américaines intérieures et étrangères ; la campagne de lobbying de Cruz s’inscrit dans la même démarche, qui consiste à étayer le monopole de l’information, qui s’affaiblit par ailleurs, en s’appuyant sur les alertes que l’administration en place a levées quant à de supposées opérations d’influence chinoises.

On peut donc en inférer, par extrapolation, que l’establishment américain n’accorde pas à ses citoyens la confiance d’arriver par eux-mêmes aux « bonnes » conclusions dès lors qu’ils seraient exposés à des narrations diversifiées quant aux politiques intérieures et étrangères de leur pays. Cela plaide en faveur du fait que l’« exceptionnalisme américain » ne serait qu’un mythe, et que la plupart des gens cesseront d’y croire si on leur présente des arguments contradictoires. C’est la raison de cette obsession de garder le contrôle des informations et de ce cynisme permanent dans la société, qui s’est même incrusté dans l’air du temps, voulant qu’il ne suffit plus de qualifier une information de « propagande » pour que les gens cessent d’y prêter attention ; les effets en sont même souvent inversés comme dans le cas de RT.

Le sénateur américain Ted Cruz

Dans l’exemple présent, malgré la nouvelle guerre froide entre les USA et la Chine, se contenter de déclarer que les émissions diffusées par la station radio mexicaine par la société basée à Hong Kong constitueraient de la « propagande » ne suffirait pas inciter les Américains à les ignorer, des gens pourraient même s’intéresser à ces émissions à cause de cette labellisation. Apparemment, Cruz est tellement préoccupé qu’un nombre significatif d’Américains se mettrait à l’écoute de cette société chinoise malgré la rivalité géostratégique de ce pays avec le leur qu’il ne veut pas avoir à gérer les conséquences politiques que cela aurait, en Californie ou ailleurs. C’est ce qui le rend si catégorique quant à interdire purement et simplement ces émissions sur le sol américain. Mais cette démarche est contre-productive, et en dit beaucoup plus sur le manque de confiance de l’establishment américain à l’égard de ses propres récits que sur les intentions prétendues de la Chine.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 21 septembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophon

http://lesakerfrancophone.fr/ted-cruz-sinquiete-que-la-propagande-chinoise-atteigne-la-californie-depuis-le-mexique

Note du Saker Francophone

Outre cette dimension de contradiction intérieure aux USA, la CIA continue de subventionner des radios « démocratiques » émettant depuis des pays vassalisés vers l'« Axe du mal », comme par exemple vers l'Iran. Cela, bien entendu, ne pose aucun problème à Ted Cruz.

 

Ce que nous dit la crise turque

Ce que nous dit la crise turque

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Ce que nous dit la crise turque

La Turquie, non européenne, vraiment ?

La Turquie ne fait pas partie de l’Union européenne, pas les mêmes ‘racines’ chrétiennes, Théodose le Grand  a proclamé le christianisme religion d’Etat à Constantinople le 28 févier 380, il restera majoritaire dans tout l’Orient arabe longtemps après l’arrivée de l’Islam. Pas assez démocratique, elle aurait encore à apprendre des techniques électorales de Viktor Orban pour être éligible. Bref, la Turquie n’est pas du tout comme il faut.

La chute spectaculaire de la lire turque la semaine dernière dans un contexte de déficit budgétaire, de déséquilibre de la balance des paiements et de tension politique a permis de réaliser que la Turquie est bien intégrée dans l’Union européenne mais d’une manière bien plus efficace que selon une admission officielle parmi les 27. Car elle se remettra quelle que soit l’issue de cette crise bien plus vite et mieux que la Grèce qui y est assujettie. Toutes les places boursières ont été secouées pendant que dégringolait la monnaie turque. Plusieurs banques européennes sont exposées aux risques liés à la Turquie, la BNP, le groupe Unicrédit italien et l’espagnole BBVA sont scrutés par la BCE.

En cas de défaut de paiement, des mécanismes de renflouement interviendront afin d’empêcher les faillites. Le citoyen européen paiera sans savoir que ses dépôts ont nanti des investissements en Turquie et que sa contribution sera sollicitée en cas de défaut de paiement de l’emprunteur.

Selon les statistiques de la Banque des Règlements Internationaux, les banques étrangères détiennent des demandes de remboursement fin mai 2018 pour 220 milliards de dollars US dont 60% sont le fait de secteurs privés non bancaires. L’exposition directe des banques serait moindre, de l’ordre de 50 milliards. Des garanties de contrats, des indemnités dérivées de crédit et d’autres produits dérivés représentent 78 milliards supplémentaires dans les comptes bancaires étrangers, avec ici aussi plus de la moitié inscrites auprès de banques françaises, espagnoles et italiennes.

D’après les analystes de JP Morgan les cinq pays plus gros exportateurs vers la Turquie et donc vulnérables à sa dépréciation monétaire sont la Chine, l’Allemagne, la Russie, les Usa et l’Italie. Mais lorsque l’on observe l’importance des exportations vers la Turquie sur le total des exportations, c’est l’Iran qui se trouve en tête avec plus de 11% !

La Banque Centrale turque affichait en mai 2018 pour 160 milliards d’actifs détenus par des investisseurs étrangers dont les ¾ sont des titres de créances. Les investissements directs étrangers s’élevaient à 140 milliards de dollars fin mai avec une exposition particulière des fonds d’investissements néerlandais.

Toutes ces formes de solidarité dissimulée et extorquée (un fonds d’investissements place l’épargne de retraités par exemple) fait mesurer l’inanité profonde des discours politiques qui dissertent de xénophobie, islamisme, ottomanisme et autre curieuse étrangeté bien exotique à laisser enfermée en dehors des frontières.

Affaissement naturel ou assaut concerté ?

La courbequi donne la cotation de la lire turque versus dollar américain avec en abscisses le temps sur vingt ans montre un premier décrochage quand Erdogan est passé de premier ministre à président en 2014, l’amorce d’un nouvel écart du taux de change en 2016 après la tentative du coup d’État manqué, enfin l’approfondissement de cet écart qui a amorcé la chute libre actuelle à sa réélection en juin et après adoption d’une nouvelle constitution qui a étendu le pouvoir de l’exécutif. Les taux d’inflation inscrits dans un intervalle entre 6,28 à 8,85 de 2009 à 2016 ont bondi à plus de 11% à partir de 2017. La politique des taux d’intérêt bas pratiquée par la Banque Centrale turque répond à l’orientation monétaire d’Erdogan pour lequel des taux d’intérêts élevés enrichissent les riches et appauvrissent les pauvres. Elle a facilité l’inflation et la spéculation immobilière. L’inflation élevée traduit que les emprunts et les crédits sont injectés dans l’économie ‘réelle’ contrairement à ce qui se passe aux Usa par exemple où les liquidités fournies par les banques s’engouffrent dans une activité spéculative financière.

La lire a perdu 40% de sa valeur depuis le début de l’année et 30% depuis la réélection d’Erdogan en juillet. Le Président dénonce une attaque concertée de la monnaie nationale qui met en danger la 18èmeéconomie du monde avec risque de contagion des émergents et de l’Europe. Comme pour lui donner raison, Trump a annoncé pendant le cataclysme le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs, les portant respectivement à 50% et 25%. La valeur des exportations concernées est peu élevée, moins d’un milliard de dollars mais l’effet psychologique s’est traduit par une baisse supplémentaire de 9% de la lire turque.

Le scepticisme des investisseurs vis-à-vis d’une politique économique imprudente d’Erdogan qui a nommé comme ministre des finances son gendre pour remplacer un technicien réputé ne justifie pas une telle spirale qui conduit à l’anéantissement d’une monnaie, car en bon pays émergent, la croissance du PIB flirte avec les7 à 8 % annuels.

Panique des marchés ?

Quel en est l’inducteur ?

Réelle rétorsion à l’égard d’un ottomanisme qui prend ses distances par rapport à l’OTAN et son traditionnel allié étasunien ? Le repositionnement de la Turquie en Syrie, la demande qu’au sigle des Brics soit ajouté la lettre T, la décision d’acquisition des missiles russes S 400, l’attraction vers l’OCS, l’organisation de coopération de Shangaï, ont accompagné le refoulement de la Turquie aux portes de l’Union européenne et ont été des préludes à la tentative de coup d’État de 2016.  Ces éléments ont-ils concouru à l’affaissement monétaire de la lire turque ?

Ou tout simplement la crise turque est-elle le point d’entrée de l’éclatement d’une bulle financière latente reconstruite dès 2008 par la Fed avec sa politique d’assouplissement monétaire et de taux d’intérêts négatifs qui a de nouveau infiltré l’économie mondiale en raison de la structure des échanges mondiaux dominés par le dollar et ses circuits ?

Destruction et restructuration

La mesure prise ce dimanche de limiter les opérations de swap de monnaie n’a eu qu’un faible effet de ralentissement de la chute. Pour stopper l’hémorragie massive, deux possibilités ou leur combinaison s’offrent à la Turquie, la voie B, blocage des capitaux ce qui va accroître la panique ou la voie C relèvement des taux d’intérêts- solution empruntée par Mahathir en Malaisie en 1998.

Qu’Erdogan agisse ou non, les institutions financières impliquées seront purgées et il sera toujours temps après un passage difficile de remettre à plat un système plus sain, protégé d’opérations spéculatives. Ce qui semble certain à l’heure actuelle, c’est le refus du gouvernement turc de recourir au FMI.

Une réponse se profile, elle est politique. L’Allemagne dénonceles mesures douanières ‘destructrices’ de Trump qui affectent tout l’environnement économique mondial et le rendent incertain. Peu de temps auparavant, l’Allemagne a annoncé l’illégalité de la présence étasunienneen Syrie. La puissance germanique devenue colonie étasunienne en plein centre de l’Europe après le plan Marshal poursuivi sous la forme de la CEA puis CEA puis Union européenne se rebiffe.

La section d’un plan-en-100-jours élaborée par le Ministère de l’Economie et des Finances indique explicitement la nécessité de diversifierles ressources et les instruments financiers. La Turquie doit se tourner vers la Chine pour souscrire des emprunts. Une ligne de crédits de 3,6 milliards de dollars US a été ouverte pour soutenir les secteurs privés, bancaires et les institutions publiques. Deux banques chinoises s’activent in situ pour assurer les échanges en renminbi. La Chine va aider la Turquie à se doter de centrales électriques nucléaires. (*) Elle va également construire des lignes où circuleront des trains à très grande vitesse. (**)

Augmenter les échanges commerciaux avec la Chine, le Mexique, la Russie et l’Inde est une priorité affirmée par le gouvernement turc.

Décidément, l’orientation se fait vers l’Est.

Badia Benjelloun

 

Notes

(*) Le savoir-faire d’Areva est outrepassé.

(**) Où donc est Alsthom, disparu et vendu à General Electric par Macron ?

http://www.dedefensa.org/article/ce-que-nous-dit-la-crise-turque

Le rapprochement entre l´Alliance du Pacifique et le Mercosur

Le rapprochement entre l´Alliance du Pacifique et le Mercosur

Les pays membres de l´Alliance du Pacifique (Mexique, Colombie, Pérou et Chili) viennent de signer conjointement avec les Etats du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay)  un plan  d´actions concrètes. Celui-ci vise à renforcer l´intégration régionale et le libre-échange entre ces deux espaces. Ce rapprochement pourrait à terme créer un marché regroupant 79% de la population d´Amérique Latine et 85% de son PIB. Pour le moment, les négociations engagées entre les deux organisations restent embryonnaires. Malgré un contexte favorable dû à une convergence politique entre les 8 pays, les divisions idéologiques intrinsèques des deux structures ralentissent ce processus d´intégration.     

mercosur alliance du pacifique
Une future alliance continentale ?

L´Alliance du Pacifique (2011) et le Mercosur (1991) sont les deux organisations d´intégrations régionales les plus dynamiques du continent sud-américain. Ces dernières ont longtemps été opposées. La première reprochait à la seconde son côté trop politisé et son manque de dynamisme économique. Tandis que le Marché commun du sud considérait l´Alliance comme trop proche des positions nord-américaines. Paradoxalement, le contexte macroéconomique actuel est particulièrement favorable au rapprochement de ces deux entités. En effet, la guerre commerciale dans laquelle s´est engagée le président américain Donald Trump, a poussé les pays sud-américains à adopter diverses stratégies pour dépasser les conséquences du recul protectionniste. L´une d´entre elle est justement de renforcer ses liens de libre-échange et diversifier ses partenaires commerciaux. L’accommodement entre ces deux communautés s´inscrit dans ce mouvement.

Parmi les 8 pays engagés dans ces négociations, seul l´Uruguay est actuellement présidé par un gouvernement ouvertement socialiste. Andres Manuel Obrador, le président mexicain de gauche récemment élu ne prendra ses fonctions qu´en décembre prochain. Par ailleurs, celui-ci n´est pas opposé au  libre-échange, ce qui rompt avec la tradition anti-libérale de la gauche sud-américaine. Le Mercosur et l´Alliance du Pacifique expérimentent ainsi  pour la première fois une convergence politique. L´ouverture commerciale du marché commun sud-américain avaient été longtemps bloquée au nom du protectionnisme latino-américain prôné par l’Argentine de la Présidente Kirchner et le Brésil de la Présidente Rousseff. Or, les deux géants sud-américains, désormais présidés par Macri et Temer, embrassent des doctrines plus libérales. Ces derniers souhaitent attirer de nouveaux  investisseurs et diversifier leurs partenaires commerciaux afin de relever leurs économies en pleine crises structurelles.

Des avancées mais des limites idéologiques

Le document signé par les deux blocs est un plan d´action qui soutient le commerce des biens, la mobilité des personnes et les débouchés des start-ups et des entreprises moyennes. Celui-ci préconise notamment la suppression des barrières douanières et non douanières et davantage de coopération en matière de réglementation. Les négociations tournent actuellement autour de la question de l´abaissement des droits de douanes dans les secteurs sensibles du continent : l´agroalimentaire et l´automobile. L’objectif de ces discussions reste néanmoins clair,  il s´agit de renforcer le libre-échange et le multilatéralisme en Amérique latine.

Pour autant, les deux communautés ont encore beaucoup de chemin à faire pour parvenir à un accord total qui aboutirait à la création d´une zone de libre-échange commune. En effet, les deux blocs ne possèdent pas la même structure et ne se sont pas formées selon les mêmes paradigmes idéologiques. D´un côté l´Alliance du Pacifique est une entité apolitique fondée sur la promotion du libre-échange. Les pays qui composent cette communauté possèdent des accords commerciaux avec plus de 50% des pays du monde. D´un autre côté, le Mercosur est construit selon une idéologie protectionniste et possède des traités avec seulement 15% des Etats du monde. Cette communauté dispose d´une forte identité politique axée sur la défense des intérêts sud-américains. Ce manque de complémentarité intrinsèque pourrait ralentir ce processus de régionalisation. Malgré ces nombreux défis, les 8 Etats ont promis de se réunir tous les 6 mois pour se tenir au courant de leurs avancées et planifier de nouveaux plans. A terme, une zone d´intégration commune  réunissant la majorité des pays sud-américains pourrait voir le jour.

About Vincent VEAUCLIN

Vincent Veauclin est étudiant à Sciences Po Saint Germain en Laye. Passionné par la géopolitique latino-américaine. Il est rédacteur aux Yeux du Monde depuis 2018.

Mexique: 13 morts dans l’accident d’hélicoptère d’un ministre

Mexique: 13 morts dans l’accident d’hélicoptère d’un ministre

Des soldats de l’armée mexicaine marchent devant l’hélicoptère militaire et la camionnette à Santiago Jamiltepec, État d’Oaxaca, au Mexique, le 17 février 2018 / © AFP / PATRICIA CASTELLANOS

Treize personnes ont été tuées dans l’accident d’hélicoptère du ministre mexicain de l’Intérieur, Alfonso Navarrete, lui-même sain et sauf, qui se rendait sur la zone touchée par le séisme de vendredi, ont annoncé samedi les autorités judiciaires locales.

« Nous avons récupéré sur place les corps de 12 personnes: 5 femmes, 4 hommes, deux petites filles et un petit garçon. Une autre personne est décédée à l’hôpital de Jamiltepec » et quinze autres ont été blessées, selon les autorités judiciaires de l’Etat de Oaxaca (sud), où s’est produit l’accident vendredi soir.

Le ministre voyageait en compagnie du gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Alejandro Murat, et de plusieurs fonctionnaires vers la ville de Pinotepa de San Luis, à environ 600 km au sud de Mexico, dans une zone frappée quelques heures plus tôt par un puissant séisme.

« Le ministre Naverrete et le gouverneur Alejandro Murat ainsi que l’équipage sont sains et saufs », a tweeté en fin de soirée le président mexicain Enrique Peña Nieto. « Malheureusement, plusieurs personnes au sol ont perdu la vie et d’autres sont blessées », a ajouté le président, qui a présenté ses condoléances aux familles des victimes.

Alfonso Navarrete a déclaré à la chaîne Televisa que le pilote de l’hélicoptère militaire avait perdu le contrôle de l’appareil à environ 40 mètres du sol.

Les images obtenues par l’AFP montrent un hélicoptère militaire renversé sur le côté, et une camionnette écrasée sous lui. Des chaises en plastique apparaissent renversées à proximité.

Le ministre et ses accompagnateurs se dirigeaient vers le lieu d’un séisme de magnitude 7,2 qui a frappé vendredi l’Etat d’Oaxaca. Fortement ressenti dans la capitale, le tremblement de terre n’a fait ni victimes, ni dégâts importants, selon les premières informations données par les autorités.

(©AFP / 17 février 2018 16h49)

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