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L’État-major des armées réfute les accusations portées contre la Légion étrangère par l’ambassadeur du Mali en France

L’État-major des armées réfute les accusations portées contre la Légion étrangère par l’ambassadeur du Mali en France

PAR LAURENT LAGNEAU · 27 FÉVRIER 2020

Le 26 février, invité à s’exprimer par la commission sénatoriale des Affaires étrangère et des Forces armées dans le cadre d’un cycle d’auditions dédiées à l’opération Barkhane, l’ambassadeur du Mali en France, Toumani Djimé Diallo, a commencé son intervention en demandant une minute de silence pour rendre hommage à la mémoire des militaires français morts au combat dans son pays. Puis, il a enchaîné sur le sentiment anti-français que peuvent ressentir certains de ses compatriotes, en s’en faisant en quelque sorte l’avocat.

Ainsi, avant, toutefois, de rappeler les propos du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui « tous ceux qui, au Mali, appellent au départ des forces étrangères, et notamment françaises, sont des ennemis du Mali et les complices des jihadistes », le diplomate s’en est vivement pris à la Légion étrangère, ou du moins au comportement de certains légionnaire.

« Je n’ai pas l’habitude de la langue de bois. Je vais vous parler franchement. Dans les forces [françaises], il y a les officiers, il y a l’armée normale mais il y a aussi la Légion étrangère. Et c’est là le problème. Je vous dis, en vous regardant droit dans les yeux, qu par moment, dans les ‘Pigalle’ de Bamako, vous les y retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée nationale du Mali. Alors, ça fait peur, ça intrigue et ça pose des questionnements », a lancé M. Diallo, qui, à l’issue de l’audition, tiendra à souligner que le Mali « doit tout à la France » pour avoir conduit l’opération Serval en 2013.

« Le président Macron avait promis 200 militaires français de plus à Pau. C’est maintenant 600 parmi lesquels on a fait appel au 3e régiment nîmois de la Légion étrangère [sic]. Alors, c’est bien parce qu’ils sont âpres à la bataille, au combat mais ils sont aussi âpres au gain. Ce n’est pas le type de soldat […] qui, si on les encadre pas, donneraient une belle image de l’armée », a continué l’ambassadeur malien, en invitant son collègue tchadien « à dire certains choses sur la Légion étrangère, qui a fait la bataille, avec des résultats clairs, mais [avec] parallèlement des débordements qui, lorsque la population les réalise, posent problème ». Et d’insister encore une fois sur « le comportement de certains éléments […] tatoués de partout qui font n’importe quoi dans les rues de Bamako et d’ailleurs le soir ».

Pour rappel, il n’y a pas de « 3e régiment » de la Légion étrangère à Nîmes, ville qui accueille le « 2e Régiment Étranger d’Infanterie » [REI], le 3e REI étant présent en Guyane. En outre, les renforts évoqués par M. Macron lors du sommet de Pau ont été fournis par le 2e Régiment Étranger de Parachutistes [REP], dont les groupes commandos étaient alors déployés en Côte d’Ivoire.

Quoi qu’il en soit, les propos du diplomate malien ont fait immédiatement réagir Jean-Marc Todeschini, sénateur [PS] de Moselle et ancien secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire [2014-2017]. Le parlementaire a surtout critiqué la façon dont M. Diallo a évoqué ces « débordements » présumés. « Vous avez stigmatisé l’armée française au travers de comportements certainement vrais de certains soldats […] Vous n’ignorez pas que, au sein du ministère de la Défense, tout cela est surveillé de près, que […] en bon diplomate que vous êtes, ces sujets doivent remonter aux états-majors et remontent dans les discussions politiques que nous avons de cabinet à cabinet », a-t-il dit.

Par ailleurs, « ce n’est pas l’image que nous pouvons avoir de la Légion étrangère en France. Les légionnaires vivent des conditions difficiles, y compris sur la formation et la discipline. Et je pense que s’il y a des brebis gâleuses, il faut bien sûr les dénoncer mais ne pas stigmatiser la totalité », a conclu M. Todeschini.

Le souci, dans les propos de M. Diallo, est que les légionnaires de Barkhane ne sont pas censés se trouver à Bamako, qui abrite seulement la « Représentation militaire Barkhane au Mali » [RMBM]. À noter que la capitale malienne accueille également les états-majors de la mission européenne EUTM Mali, de la Force conjointe du G5 Sahel et la Mission multidemensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA].Arouna SISSOKO@Arouna_Sissoko1

#Mali: « C’est à #Bamako où on crie le plus #barkhane dehors et c’est justement là où il n’y a pas de Barkhane… » Le Général de brigade Damien #DeMarsac représentant de la force française engagée dans le #Sahel. @EtatMajorFR

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En outre, les réseaux sociaux, sur lesquels les groupes hostiles à la présence des troupes étrangères au Mali sont pourtant actifs, n’ont pas massivement relayé de photographies et autres documents dénonçant des comportements inappopriés de militaires français dans les rues de Bamako.

Cela étant, l’État-major des armées [EMA] a fait une mise au point après les propos tenus par l’ambassadeur malien. « Les légionnaires n’ont jamais été stationnés à Bamako, ils n’ont pas vocation à y aller et n’ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles » de Barkhane, situées dans le nord du pays », a fait valoir son porte-parole, le colonel Frédéric Barbry, auprès de l’AFP.

Le président de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, a dit « prendre note » des propos de M. Diallo. « Mais mais nous souhaitons réaffirmer notre solidarité envers nos forces armées » et « s’il y a des manquements, il y a des autorités militaires qui sont tout à fait adaptées pour corriger ces choses », a-t-il estimé.

Le cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly, a également vivement réagi aux accusations du diplomate malien, via une déclaration envoyée à l’AFP.

« Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l’ambassadeur du Mali qu’il mobilise toute son action pour la mise en oeuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous », a-t-il affirmé, en rappelant qu’il « n’y a « quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako » depuis août 2014.

« Cette mise en cause est non seulement fausse mais inacceptable. Inacceptable et indécente quand la France s’est résolument engagée pour combattre les groupes terroristes qui menacent les populations du Sahel », a poursivi le cabinet de Mme Parly. Et de rappeler que « chaque jour, les militaires français risquent leur vie pour protéger les autres. »

Actuellement, et outre les GCP du 2e REP, le 2e REI de Nîmes et le 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC] de Carpiagne sont déployés au Mali, au titre de l’opération Barkhane.

Photo : Légion étrangère

http://www.opex360.com/2020/02/27/letat-major-des-armees-refute-les-accusations-portees-contre-la-legion-etrangere-par-lambassadeur-du-mali-en-france/

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

ADVERTISEMENTS

Les soldats des forces spéciales ne sont pas vos soldats réguliers. Les soldats qui font partie de ces équipes sont choisis pour être aussi intimidants que possible afin de mener à bien les opérations les plus difficiles et les plus compliquées du monde. L’OTAN décrit les forces spéciales comme «des activités militaires menées par des forces spécialement désignées…, dotées d’un personnel sélectionné et utilisant une tactique non conventionnelle…». Ces unités vont certainement au-delà des activités militaires normales. Découvrez les forces spéciales les plus difficiles du monde entier!

SAS britannique

Les forces spéciales ont été introduites au début du XXe siècle, mais elles ne sont devenues vraiment importantes et généralisées que lorsque la Seconde Guerre mondiale et les SAS britanniques ont été l’un des premiers.

Le SAS britannique (Special Air Service) a été créé en 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale et a commencé comme régiment avant de devenir un corps. Ils sont devenus particulièrement connus en 1980 pour avoir sauvé des otages lors du siège télévisé de l’ambassade d’Iran. Les forces spéciales respectées sont toujours actives et travaillent activement dans la lutte antiterroriste.


Armée de l’armée irlandaise

Cette unité des forces spéciales a été créée en Irlande en 1980 pour lutter contre le terrorisme. Elle a ensuite été rattachée à des opérations spéciales et a participé à de nombreuses missions internationales de maintien de la paix.

L’escadre Army Ranger Wing recrute des membres de l’armée irlandaise, du service naval et du corps aérien, où les candidats doivent passer un certain nombre de tests physiques et mentaux. En gros, si vous n’êtes pas costaud et que vous ne pouvez pas supporter un stress extrême, vous ne pouvez pas faire partie de cette unité!

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

ADVERTISEMENTS

Forces spéciales françaises

Ils sont connus sous le nom de Commandement des Opérations Spéciales (COS) et l’unité a été créée en 1992, après la guerre du Golfe. Ils se sont entraînés à la préparation, ce qui signifie qu’ils peuvent passer à l’action à tout moment!

Ils sont exploités par le Commandement des opérations spéciales et à Paris, on les voit beaucoup plus souvent depuis la récente vague d’attaques terroristes européennes. Le COS est basé à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques et est composé de personnel de l’armée, de la marine et de la force aérienne.

JTF2 canadienne

C’est l’unité des forces spéciales britanniques qui a incité le Canada à faire de même et l’une de ses meilleures forces est sa force d’opérations spéciales d’élite de la Force opérationnelle interarmées 2 (FOI 2) des Forces armées canadiennes.

La FOI2 est basée à Dwyer Hill, près d’Ottawa, en Ontario. Elle est spécialisée dans la réaction immédiate, la guerre chimique, biologique, radiologique et nucléaire, mais se concentre principalement sur la lutte antiterroriste. Nous ne savons pas grand-chose de leurs opérations car la plupart d’entre elles sont classifiées et le gouvernement n’en parle pas beaucoup!

Commandos Français Marine

Voici une autre unité des forces spéciales françaises qui fait partie de la marine française, où elles opèrent principalement en dehors de la Bretagne, dans le nord-ouest de la France. L’unité a été créée à peu près au même moment que les forces spéciales britanniques lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il reste l’une des plus anciennes unités de forces spéciales au monde. Les Commandos Marine sont composées d’environ 650 soldats et portent le surnom de Bérets Verts (bérets verts), en référence aux casquettes qu’ils portent.

Shayetet israélien 13

Shayetet 13 de la marine israélienne est l’une des principales unités des forces spéciales des forces de défense israéliennes et l’une des plus secrètes. La plupart de leurs missions sont hautement classifiées, mais néanmoins, elles sont considérées comme l’une des meilleures forces spéciales au monde.

Leur devise est «quand la chauve-souris sort de l’obscurité, que la lame coupe à travers le silence, que la grenade s’écrase de rage» et qu’ils sont aussi durs que possible. Ceux qui se joignent à la force doivent rester au moins quatre ans et leur entraînement consiste en Krav Maga, où ils apprennent à transformer leurs mains nues en armes!

Shayetet israélien 13

Shayetet 13 de la marine israélienne est l’une des principales unités des forces spéciales des forces de défense israéliennes et l’une des plus secrètes. La plupart de leurs missions sont hautement classifiées, mais néanmoins, elles sont considérées comme l’une des meilleures forces spéciales au monde.

Leur devise est «quand la chauve-souris sort de l’obscurité, que la lame coupe à travers le silence, que la grenade s’écrase de rage» et qu’ils sont aussi durs que possible. Ceux qui se joignent à la force doivent rester au moins quatre ans et leur entraînement consiste en Krav Maga, où ils apprennent à transformer leurs mains nues en armes!

Spetsnaz russe

Ceux qui jouent à “Call of Duty” ou ont vu des films comme “Hitman” et “Predators” ont entendu parler des forces spéciales russes, le Spetsnaz. Ils sont aussi difficiles dans la vie réelle qu’ils ont l’air à l’écran!

Le Spetsnaz est en réalité un terme générique désignant les forces spéciales de la Russie. Il désignait auparavant les unités militaires spéciales contrôlées par le service de renseignement militaire GRU. Ils sont actifs dans de nombreux endroits de l’ex-Union soviétique.ADV

Joints de la marine américaine

Les États-Unis ont l’une des plus grandes armées du monde et l’une de leurs unités les plus importantes est le Navy Seals. «Sceau» signifie «mer, air et terre». Il s’agit de la principale force d’opérations spéciales de la marine et il n’est pas facile de s’enrôler.

Considérant qu’ils doivent être les meilleurs des meilleurs, il faut suivre une formation poussée pour devenir un Navy Seal. Ce sont les gars qui ont fait une descente dans l’enceinte d’Oussama Ben Laden et qui l’ont abattu. Ils ont certainement fait des raids beaucoup plus dangereux, mais tous ne sont pas rendus publics

.https://www.dailybreak.co/92040/8

La ministre des Armées a débuté une visite des pays du Sahel.

Défense & Sécurité

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Sahel : Florence Parly au contact de l’opération Barkhane

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 4 Novembre 2019

La ministre des Armées a débuté une visite des pays du Sahel. Deux jours après la mort d’un militaire français, elle doit rencontrer le nouveau commandant de la force Barkhane, ainsi que le président tchadien.

Florence Parly est arrivée au Tchad

Sahel : Florence Parly au contact de l’opération Barkhane

Une visite sous très haute sécurité. Deux jours seulement après la mort du brigadier de 24 ans Ronan Pointeau, tué par un IED qui a explosé au passage de son véhicule, la ministre des Armées françaises vient prendre le pouls de l’opération Barkhane, dans les pays du Sahel. Une visite qui a débuté lundi 4 novembre par un arrêt au Tchad, à N’Djamena.
Sur place, Florence Parly doit notamment rencontrer le président tchadien, Idriss Déby, ainsi que le nouveau commandant de la force Barkhane, le général Pascal Facon. Pour rappel, l’opération Barkhane est une opération militaire française qui mobilise 4.500 soldats, menée conjointement avec les autorités locales, qui se déroule dans la bande sahélo-saharienne (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger et Mauritanie).

Barkhane, l’enlisement ?

Pour des raisons de sécurité évidentes, après la mort du brigadier Ronan Pointeau, et l’attaque contre la base des forces armées maliennes (FAMa), toutes deux revendiquées par le groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), les autres étapes de la visite de Florence Parly sont tenues secrètes. Quoi qu’il en soit, la ministre des Armées vient prendre la température d’une situation devenue de plus en plus complexe pour les armées françaises.
Cela fait six ans que les exactions djihadistes perdurent dans cette zone de l’Afrique. Sur place, la menace terroriste s’étend désormais du Nord du Mali au centre du pays, en passant par le Burkina Faso et le Niger. Les forces locales semblent démunies face à un tel conflit, malgré l’aide de contingents étrangers, dont les militaires français.

Tags : A la uneArméesBarkhaneBurkina FasoDéfenseFAMaFlorence ParlyFranceIdriss DébyInternationalMaliministre des ArméesNationalNigerOpérationPascal FaconRonan PointeauSahelSécuritéTchad

https://www.enderi.fr/Sahel-Florence-Parly-au-contact-de-l-operation-Barkhane_a563.html

Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

PAR LAURENT LAGNEAU · 10 OCTOBRE 2019

Après avoir dénoncé le Traité sur les forces nucléainres intermédiaires [FNI] au motif que la Russie en avait violé les dispositions en déployant un missile interdit [le Novator « 9M729 », en l’occurrence], l’administration Trump envisagerait d’en faire de même avec un autre texte négocié et signé à la fin de la Guerre Froide.

En 1992, à Helsinki, 34 pays membres de l’Otan et de l’ex-Pacte de Varsovie adoptèrent le traité dit « Open Skies », lequel autorise des vols d’observation non armés au dessus du territoire des signataires, afin de surveiller les éventuels mouvements militaires des uns et des autres. Ce texte est entré en vigueur 2002, après sa ratification par le Parlement russe.

Concrètement, chaque signataire doit accepter un certain nombre de survols de son territoire à des fins d’observation [on parle alors de quota passif]. En échange, il peut effectuer autant de vols qu’il en a reçus [quota actif], à la condition d’adresser un préavis de 72 heures aux autorités du pays concerné.

Outre le fait que ce traité permet de renforcer la confiance mutuelle entre les signataires, il peut aussi être utilisé à des fins plus politiques. Ainsi, par exemple, les États-Unis envoyèrent l’un de leurs deux avions OC-135B « Open Skies » survoler l’Ukraine afin de marquer leur soutien à Kiev après l’arraisonnement de navires ukrainiens par la garde-côtière russe dans le détroit de Kertch, en novembre 2018.

Seulement, selon CNN, qui cite un responsable américain, l’administration Trump a l’intention de dénoncer ce traité au motif que la Russie aurait manqué, là aussi, à ses obligations, notamment en restreignant les vols au-dessus de l’enclave – fortement militarisée – de Kaliningrad. Une annonce en ce sens devrait bientôt être faite.

« [Le président russe] Vladimir Poutine a violé le traité ‘Ciel ouvert’ pendant dans des années en continuer à bénéficier de vols de surveillance au-dessus des États-Unis. Le président [Trump] devrait s’en retirer et redéployer les centaines de millions de dollars que le Pentagone gaspille en vols d’observation pour accroître les capacités de combat des États-Unis », a par ailleurs résumé Tom Cotton, un sénateur républicain.

Cependant, des élus démocrates s’inquiétent du projet de M. Trump. Et cela d’autant plus que, pour le moment, Washington n’a nullement consulté ses alliés au sujet de ses intentions.

« Le retrait du Traité Ciel ouvert, un important accord multilatéral sur la maîtrise des armements, serait un cadeau supplémentaire de l’administration Trump à Poutine », ont ainsi estimé les sénateurs démocrates Bob Menendez et Jack Reed, ainsi que les représentants Eliot Engel et Adam Smith, dans un courrier [.pdf] adressé au chef du Pentagone, Mark Esper, et à Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

« Non seulement il n’y a aucune raison de s’en retirer pour des raisons de sécurité nationale et il n’y a eu aucune consultation du Congrès ou de nos alliés au sujet de cette décision », affirment les parlementaires démocrates.

De son côté, un porte-parole du Pentagone a expliqué que la Russie n’avait pas respecté ce traité par le passé et que, en conséquense, les États-Unis avaient imposé des mesures [de restriction] lors du survol par les Russes du territoire américain [en 2017, ndlr]. « Nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour faire pression sur la Russie afin qu’elle respecte le traité », a-t-il assuré.

Paradoxalement, les élus démocrates qui ont dénoncé le projet de l’administration Trump ont indirectement reçu le soutien de l’ambassade de Russie à Washington. « Nous considérons que le Traité Open Skies est un instrument important pour assurer la sécurité européenne au même niveau que le document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité », a-t-elle plaidé.

http://www.opex360.com/2019/10/10/washington-envisage-de-sortir-dun-traite-autorisant-la-surveillance-des-mouvements-militaires-des-pays-signataires/

Les forces américaines empêcheront les troupes syriennes et russes de s’approcher des gisements pétroliers de Deir ez-Zor

Les forces américaines empêcheront les troupes syriennes et russes de s’approcher des gisements pétroliers de Deir ez-Zor

PAR LAURENT LAGNEAU · 29 OCTOBRE 2019

Envisagée il y a quelques jours, l’idée d’envoyer des troupes américaines dans l’est de la Syrie pour protéger les puits de pétrole qui s’y trouvent a pris de la consistance.

Lors de la réunion des ministres de la Défense des pays membres de l’Otan, la semaine passée, le chef du Pentagone, Mark Esper, a ainsi indiqué que les États-Unis étaient « en train de prendre des mesures pour renforcer » leurs positions dans la province de Deir ez-Zor « pour interdire l’accès aux champs pétroliers » à l’État islamique [EI ou Daesh]. Et cela « inclura des forces mécanisées », avait-il ajouté.

Plus tard, une source militaire a confié à Newsweek qu’il était envisagé l’envoi d’une unité blindée, dotée d’une trentaine de chars M1A2 Abrams et de véhicules Bradley, avec la mission de protéger les les champs pétroliers et gaziers de Deir ez-Zor, notamment ceux d’Al-Omar et de Conoco.

Le 28 octobre, lors d’une conférence de presse donnée à la suite de l’élimination d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Daesh, M. Esper a abordé le sujet des champs pétroliers syriens, sans confirmer pour autant l’ampleur des renforts que le Pentagone prévoit de déployer pour cette mission.

« La situation sécuritaire en Syrie reste complexe tandis que de nombreux acteurs étatiques et non-étatiques se disputent le contrôle des territoires et des ressources de ce pays [la Syrie, ndlr] », a relevé Mark Esper.

Cela étant, le retrait américain des secteurs situés à la frontière turque, dans le nord-est de la Syrie, a donné un feu vert tacite à Ankara pour lancer une opération contre les milices kurdes syriennes [YPG], qui constituent une grande partie de l’effectif des Forces démocratiques syriennes [FDS], lesquelles ont tenu un rôle de premier plan dans la défaite du califat instauré par l’EI.

Le chef du Pentagone s’est expliqué sur ce point. La mission des forces américaines « n’est pas d’agir comme une force de police pour résoudre les litiges » mais de « permettre la défaite permanente de l’EO », a-t-il dit. Aussi, elles « continueront à mener des opérations anti-terroristes, en restant en contact étroit » avec les FDS qui « ont combattu nos cotés », a-t-il assuré.

Et, sans doute pour faire « avaler la pilule » de la décision de M. Trump ayant abouti à l’offensive turque contre les YPG dans le nord-est de la Syrie, les forces américaines garderont le « contrôle des champs pétroliers » car ils « fournissent une source de financement essentielle aux FDS, qui leur permet de sécuriser les camps de prisonniers de l’EI et de mener des opérations », a fait valoir M. Esper.

Lors d’un discours prononcé à Chicago, le président Trump a indiqué que ces puits de pétrole pouvaient rapporter jusqu’à 45 millions de dollars par mois.

Reste que la Russie a déjà vivement critiqué les intentions américaines. « Toutes les régions et installations pétrolières doivent être mises sous le contrôle du gouvernement syrien », fit en effet valoir Mikhaïl Bogdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, le 23 octobre.

« Absolument aucun des gisements d’hydrocarbures […] situés sur le territoire de la République arabe syrienne n’appartient aux terroristes de l’Etat islamique et encore moins aux ‘défenseurs américains des terroristes de l’Etat islamique’, mais exclusivement à la République arabe syrienne », a insisté le ministère russe de la Défense.

Aussi, à la question de savoir si la mission des forces américaines consisterait à empêcher les forces russes et syriennes de prendre le contrôle des sites de production d’hydrocarbures situés dans la province de Deir ez-Zor, M. Esper a dit : « En bref, la réponse est oui. Et c’est le cas actuellement parce que nous voulons nous assurer que les FDS aient bien accès à leurs ressources pour sécuriser les prisons [où sont retenus les jihadistes de Daesh] et armer leur propres troupes pour nous aider dans notre mission contre l’EI. »

« Les troupes américaines resteront positionnées dans cette zone stratégique pour empêcher l’accès de ces ressources vitales à l’EI. Et nous réagirons avec une force militaire écrasante contre tout groupe qui menacerait la sécurité de nos forces », a également affirmé M. Esper.

En tout cas, ce déploiement militaire américain pour protéger les puits de pétrole de Deir ez-Zor ne pourra que bloquer l’avancée des troupes gouvernementales syriennes dans cette région. D’ailleurs, en février 2018, avec l’appui de mercenaires russes, elles tentèrent d’en forcer le verrou, au niveau de la localité de Khoucham, avant d’être défaites par les FDS et les frappes aériennes de la coalition anti-jihadiste.

http://www.opex360.com/2019/10/29/les-forces-americaines-empecheront-les-troupes-syriennes-et-russes-de-sapprocher-des-gisements-de-deir-ez-zor/

L’Allemagne cherche à s’investir militairement au Proche-Orient élargi

L’Allemagne cherche à s’investir militairement au Proche-Orient élargi

RÉSEAU VOLTAIRE | 27 OCTOBRE 2019 

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Arrivée de la délégation allemande au Caire

La Conférence sur la sécurité de Munich organise les 25 et 26 octobre au Caire et les 27 et 28 octobre à Doha deux séminaires entre dirigeants arabes et allemands.

L’Égypte est —avec la Syrie et l’Arabie saoudite— engagée contre les Frères musulmans, tandis que le Qatar —avec la Turquie et l’Iran— soutient cette société secrète.

Le président égyptien, Abd al-Fattah al-Sissi, son ministre des Affaires étrangères, Sameh Hassan Shoukry, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul-Gheit, ont participé à la réunion du Caire avec une quarantaine d’autres personnalités, dont les ministres des Affaires étrangères du Niger de l’Ouganda et de Djibouti.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, son ministre des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, doivent participer à la réunion de Doha avec une quarantaine d’autres personnalités dont le ministre des Affaires étrangères d’Iran, le président du Kurdistan iraquien, et l’envoyé spécial de l’Onu au Yémen, Martin Griffiths. La lauréate 2011 du prix Nobel de la paix, la Yéménite Tawakkol Karman, représentera la Confrérie des Frères musulmans.

Le gouvernement allemand sera représenté aux deux réunions par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Niels Annen, qui fut chercheur au German Marshall Fund, puis député socialiste.

Cette initiative de la Conférence sur la sécurité de Munich se tient alors qu’elle n’avait pas organisé d’événements hors d’Allemagne depuis deux ans et que la chancelière Angela Merkel souhaite appliquer les recommandations du German Marshall Fund et de la Stiftung Wissenschaft Politik : s’investir militairement au Moyen-Orient élargi aux côtés des États-Unis.

https://www.voltairenet.org/article208126.html

Place désormais à la Russafrique

Place désormais à la Russafrique

By Nicolas Beau -24 octobre 201953PARTAGES467

Le sommet qui a réuni les dirigeants russes et quarante chefs d’état africain à Sotchi les 23 et 24 octobre témoigne des avancées spectaculaires de la Russie en Afrique

Du Congo Brazzaville à Madagascar, à la Libye ou à l’Egypte , l’offensive de Vladimir Poutine en Afrique se fait au pas de charge. L’ex Union Soviétique qui profite des foucades de la diplomatie américaine, des frilosités françaises et de la discrétion chinoise sur les dossiers purement politiques.

Lors de l’inauguration du sommet qui se tient à Sotchi, la complicité semblait totale totale entre le russe Poutine et l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l’Union africaine. Le style Poutine passe bien chez les dictateurs africains. Voici un vrai chef, volontiers anti occidental, qui ne s’embarrasse ni de démocratie, ni des droits de l’homme.

Des accords sécuritaires à la pelle

A Sotchi, on aura parlé de l’essentiel. A savoir de business, d’armement et de lutte contre les terroristes. Lesquels englobent à peu près tous ceux qui veulent remettre en cause la grande confrérie des dictateurs.

Sur le terrain sécuritaire, la Russie a signé une vingtaine d’accords de coopération militaire avec des pays africains depuis 2017. Plusieurs d’entre eux appartiennent au pré carré français, qu’il s’agisse du Congo Brazzaville, du Burkina ou de la Centrafrique. La Russie a également aidé le maréchal Haftar en Libye dans sa tentative de s’emparer par la force des commandes du pays au grand dam de la France qui est favorable à une solution diplomatique sous l’égide de l’ONU, .

La mainmise militaire de la Russie sur la Centrafrique, réussie en à peine deux ans, témoigne plus que partout ailleurs de ce retour en force. Moscou a livré des armes à Bangui fin 2017. Quelques mois plus tard, le président centrafricain Touadera recrutait un conseiller russe pour les dossiers touchant à la sécurité. Dans la foulée, des dizaines de mercenaires russes débarquaient dans le pays pour former officiellement l’armée centrafricaine et sécuriser les activités minières. Enfin les Russes ont largement favorisé les accords à Khartoum entre le pouvoir centrafricain et les groupes armés du nord du pays.

Sur le terrain économique, le président russe souhaite « au minimum doubler » ses échanges économiques avec le continent africain d’ici à cinq ans. Pour l’instant, ces transactions qui ne s’élèvent qu’à 17,9 milliards de dollars, loin derrière la Chine (200 milliards) ou la France (quelque 50 milliards), portent notamment sur le secteur de l’armement. Dans le domaine du nucléaire civil en revanche, Vladimir Poutine a promis plus qu’il n’avait tenu

Des ex gangsters à la manoeuvre

Au regard des profils des intermédiaires russes, les héritiers de la Françafrique font figure de petits joueurs. L’homme clé des échanges de la Russie avec le continent n’est autre qu’un ancien gangster condamné à douze ans de prison dans le passé, Evgueni Prigojine, officiellement à la tète d’une entreprise de restauration collective. Son groupe travaille officiellement, à hauteur d’un milliard de chiffre d’affaires par an pour l’armée et les cantines scolaires. Les actions violentes dans lesquelles le nom de ce dernier apparait sont nombreuses, qu’il s’agisse du meurtre de trois journalistes russes trop curieux en Centrafrique ou de l’assassinat du mari d’une opposante au maitre de la Russie..

Or c’est ce même Prigojine qui dirige en effet en sous main le groupe de sécurité Wagner qui intervient aussi bien en Syrie et en Ukraine qu’en Afrique. C’est lui aussi qui envoie dans une vingtaine de pays des conseillers « media » ou des consultants politiques pour favoriser les intérèts russes. De là à prétendre que la présence russe dans ces pays sera durable, il y a un pas qu’il ne faut sans soute pas franchir. Les revers que la Russie a connu au Soudan et en Afrique du Sud doivent tempérer l’impression que la Russafrique irait de succès en succès.

En compagnie du très décomplexé Vladimir Poutine à Sotchi, les chefs d’état africains vieillissants connaissent une inespérée cure de viagra.

https://mondafrique.com/place-desormais-a-la-russafrique/

Les sociétés militaires privées ou visage de la mondialisation de la Défense

Les sociétés militaires privées ou visage de la mondialisation de la Défense

Pierre Lacroix 15 octobre 2019 Géopolitique & Relations InternationalesMondialisation et enjeuxSituations décryptées Leave a comment

Les sociétés militaires privées (SMP) ou entreprises militaires et de sécurité privée (EMSP) sont des entreprises à but commercial qui fournissent des prestations à des forces armées étatiques. Souvent à la marge des opérations, leur action est parfois plus directe. L’emploi d’anciens membres de forces spéciales prend pour certains la forme d’un « mercenariat moderne » sous le visage des « contractors ». Ce phénomène officiel ou officieux devient cependant récurrent sur les grands théâtres d’opérations.

Ce logo de la firme Blackwater , visuellement percutant, fut remanié en 2007. Deux années avant le changement de nom pour Xe Services LLC - qui deviendra ensuite Academi
Logo de l’entreprise américaine Blackwater, devenue Academi

La banalisation du fait militaire privé

La privatisation de la sécurité est aujourd’hui affaire courante et dépasse parfois l’externalisation de certains services. La fin de la Guerre Froide et la baisse des budgets de Défense sont à l’origine de l’apparition et de la prolifération, au cours des années 1990, des sociétés militaires privées (SMP). Leur poids a été croissant au cours des années et leurs activités sont liées notamment aux conflits irakiens et afghans. Certaines firmes privées américaines avaient joué un rôle important dans l’action stratégique américaine. On pense notamment à DynCorp, KBR ou Blackwater (devenue Academi) aux Etats-Unis. Les américains ne sont pas les seuls à faire parler en ce domaine. En effet, le groupe Warner, russophone, est plus d’actualité car il aurait participé au conflit du Donbass.

Plus largement, les missions de maintien de la paix ou les ONG ont largement recours à ce type de sociétés pour parvenir à leurs besoins de sécurité. La privatisation de la sécurité et de la guerre a ouvert le champ à un secteur économique fleurissant.

Nous parlons essentiellement du recrutement de « mercenaires » ou de soldats privés et non plus seulement d’externalisations ou d’outsourcing (transports, repas, habillement, armements…). Les SMP peuvent se spécialiser soit sur la sécurité, soit sur la Défense. L’objet est ici de se centrer sur la seconde catégorie. Ce sont bien souvent d’anciens membres de forces spéciales ou d’armées spécialisées, qui rejoignent les rangs d’une société gérée par des fonds privés. Des sociétés privées au service de l’intérêt étatique : une situation pouvant parfois amener à une confusion d’intérêts.

Quel statut des acteurs des SMP dans le Droit International Humanitaire (DIH) ?

La participation d’acteurs privés dans les opérations militaires n’est pas chose nouvelle. Depuis l’Antiquité, des « mercenaires » participent à des campagnes militaires. Leur reconnaissance juridique s’est néanmoins faite avec le temps. Il y a trois enjeux majeurs à la reconnaissance légale des acteurs de SMP selon Nicolas Haupais, auteur des Enjeux de la « privatisation de la guerre » : déterminer la protection à laquelle les acteurs ont le droit ; définir les devoirs auxquels les acteurs doivent se conformer ; et définir les poursuites possibles en cas d’actes litigieux.

Bien que le statut de mercenaire soit défini dans l’article 47 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, du 8 juin 1977 (Protocole I), celui des employés des SMP est bien plus incertain. De nos jours, le mercenariat est réprimé par certains textes internationaux. La frontière nébuleuse qui existe actuellement dans l’activité de certaines SMP nous permet cependant de dire que les textes actuels ne sont plus adaptés à notre époque.

Selon le droit international, il existe deux principaux statuts envisageables pour les employés de SMP : civils ou combattants. Ces statuts sont définis dans les Conventions de Genève et la distinction semble assez simple dans les textes. Un combattant peut ainsi légalement participer au combat. A l’inverse, les civils bénéficient de la protection contre les dangers liés aux opérations militaires.

La responsabilité comme enjeu principal

Au regard de la 3ème Convention de Genève, on remarque que les contractors ou autres acteurs des SMP ne remplissent pas toujours toutes les conditions pour obtenir le statut de combattant. A savoir le fait « d’avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés ; d’avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance ; de porter ouvertement les armes ; de se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de la guerre ». Aussi, la question de la responsabilité des entreprises qui emploient les acteurs est posée. Egalement, la responsabilité de l’Etat entre en jeu quand un critère organique peut s’appliquer. Ces questions mettent bien souvent en lumière les zones grises du droit international.

Une partie de la communauté internationale entreprend depuis plusieurs années une tentative d’adoption d’une convention internationale. Une telle décision est de plus en plus évoquée et semble être une nécessité pour contrôler l’activité de ces sociétés dont il est illusoire de vouloir prohiber l’activité. Signalons le mérite du Document de Montreux sur les entreprises militaires et de sécurité privées mené par la Suisse et le CICR. Ce travail juridique non contraignant finalisé en 2008, présente un ensemble de potentielles obligations juridiques et de bonnes pratiques. Son caractère officiel ouvre la voie et pose une juridiction plus adaptée au contexte actuel.

Sources :

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About Pierre Lacroix

Pierre Lacroix est diplômé d’une Licence de Géographie (Université de Nantes), d’un Master de Relations Internationales, Intelligence Stratégique et Risques Internationaux (Lyon III), puis d’un Master Coopération Internationale et ONG (Paris XIII). Il est rédacteur depuis Mars 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/41686-societes-militaires-privees-visage-mondialisation-defense

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Les Etats-Unis cherchent-ils un affrontement militaire pour réaffirmer leur domination du monde ?

par Jacques André Troesch, président d’ARRI.

L’histoire montre que les sanctions vis-à-vis de grandes puissances finissent par conduire à un affrontement militaire. Le blocus continental de Napoléon à l’égard du Royaume-Uni a conduit à la création d’une coalition avec un affrontement général et à la fin de l’Empire. En juillet 1941, l’embargo sur le pétrole décidé par le président Roosevelt à l’égard du Japon, alors que 80 % de la production mondiale de pétrole venait des États-Unis, a poussé le Japon à se lancer dans la conquête des gisements de pétrole de l’Asie du Sud en assurant ses arrières par la destruction de la flotte de Pearl Harbour. Plus récemment, les sanctions à l’égard de la Corée du Nord ne l’ont pas empêchée de conserver son régime et de se doter de l’arme nucléaire.

Les nouvelles décisions d’embargo sur la Russie, l’Iran et le Venezuela, la tentative d’interdire tout achat de pétrole iranien, tout achat supplémentaire de gaz russe par l’Europe en bloquant la construction du gazoduc Nord Stream 2, et les menaces sur les achats d’armes russes par la Chine, témoignent de la volonté des États-Unis de faire tomber des régimes existants. Un tel comportement n’est pas sans risques et pourrait inciter les gouvernants de ces pays à former une coalition. Pour contourner les sanctions américaines, Chine, Russie et Iran, auxquels pourrait se joindre la Turquie, seraient tentés de développer un partenariat économique. D’ores et déjà, la Chine a proposé d’organiser un système de moyens de paiement, précisément pour contourner l’extraterritorialité américaine.

Si la riposte à l’attitude américaine s’exerce dans le domaine économique, plus particulièrement pour la Chine dans le domaine commercial, elle n’en comporte pas moins des aspects militaires : croissance des budgets militaires, renforcement des flottes navales sur toutes les mers, manœuvres de grande ampleur associant la Chine et la Russie.

Pour leur part, les États-Unis augmentent spectaculairement leurs dépenses militaires et déploient des troupes aux frontières européennes de la Russie. Ils annoncent la création d’une « space force », se mettant une fois de plus en contradiction avec le droit international. En effet, le traité de l’espace de 1967 interdit l’envoi d’armes dans l’espace et sa militarisation. Cette décision ne peut que renforcer la volonté de la Russie, et surtout celle de la Chine, de se doter d’armes antisatellites, comme cette dernière en a fait la démonstration dans le passé.

Face à ces évolutions, lesquelles s’annoncent profondes et durables, l’Union européenne doit s’interroger sur la pertinence des paradigmes qui ont, jusqu’à présent, gouverné son action. Doit-on continuer à s’ingérer dans les régimes politiques de certains États jugés non démocratiques, sanctionner certaines interventions militaires et en tolérer d’autres ? Doit-on s’en tenir à un multilatéralisme dévoyé chaque jour par le pillage technologique ?

Peut-on continuer à se reposer sur des institutions internationales dont l’impuissance s’affiche jour après jour dans le domaine des relations politiques, économiques, commerciales ou financières ? C’est sur ces enjeux que devraient s’appuyer les débats qui s’ouvrent dans la perspective des prochaines élections européennes.

https://www.arri.fr/articles/30747-les-etats-unis-cherchent-ils-un-affrontement-militaire