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S-300 en Syrie: état des lieux préliminaire

S-300 en Syrie: état des lieux préliminaire


Par The Saker – Le 9 novembre 2018 – Source UNZ Review

2015-09-15_13h17_31-150x112Nous en savons maintenant un peu plus au sujet de la version de la famille S-300 que les Russes ont livrée aux Syriens : les Russes ont converti un certain nombre de systèmes S-300PM et S-300P2 en version d’exportation S-300PMU-2 « Favorit » qui, soit dit en passant, est aussi la version que la Russie a livrée aux Iraniens et aux Chinois. Ce système utilise le missile 48N6E2 et a une portée officielle de 195 km. Je vais ignorer le reste des détails techniques et simplement dire qu’il s’agit d’une modification récente dotée d’excellentes capacités. Toutes les rumeurs selon lesquelles la Russie fournirait une version obsolète du S-300 sont désormais fausses – comme d’habitude.

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En fait, ce n’est pas la première fois que les Russes livrent un système de défense antiaérienne « contraignant Israël » : en 1983, l’URSS a livré plusieurs systèmes de défense antiaérienne S-200VE « Vega-E » (SA-5b) à la Syrie, ce qui a considérablement limité les opérations israéliennes au-dessus du territoire, et même pour les AWACS [avions de détection et de commandement aéroporté] autour de la Syrie.

Combinés aux systèmes de guerre électronique (EW) également fournis par la Russie, ces systèmes de défense aérienne ont clairement un impact sur les opérations américaines et israéliennes. Et tandis que les Américains admettent que c’est un problème pour eux, les Israéliens, comme d’habitude, se sont plaints de cette livraison et se sont vantés de ne pas s’en soucier du tout, ajoutant qu’ils continueraient à bombarder la Syrie dès qu’ils en ressentiraient le besoin. Les Israéliens ont même déclaré qu’ils seraient prêts à tuer les équipages russes [opérant des S-300] si on leur tirait dessus. Sauf que, jusqu’à présent, les Israéliens sont restés en dehors du ciel syrien – gardez à l’esprit que, selon des sources israéliennes, en 2017, leurs avions ont attaqué la Syrie plus de 200 fois, soit environ une attaque tous les deux jours !

Cette fois-ci, non seulement les Israéliens sont confrontés à un système de défense aérienne beaucoup plus compétent, mais ce système est également très mobile et donc beaucoup plus difficile à localiser, ce qui compliquera considérablement les attaques futures. En outre, puisqu’un bataillon S-300PMU2 peut suivre 300 cibles (et en allumer 36 avec 72 missiles simultanément) à très longue portée, les Syriens vont maintenant améliorer considérablement leurs capacités d’alerte précoce, ce qui rendra beaucoup plus difficile la tâche des Israéliens pour mener des attaques surprises contre la Syrie.

Tôt ou tard, cependant, nous pouvons être assez confiants que les Israéliens et les États-Unis devront essayer de frapper à nouveau la Syrie, ne serait-ce que pour des raisons de relations publiques. En fait, cela ne devrait pas être trop difficile pour eux, voici pourquoi :

Premièrement, et contrairement à ce que l’on prétend souvent, il n’y a pas assez de S-300/S-400 en Syrie pour « verrouiller » tout l’espace aérien syrien. Oui, les Russes ont effectivement créé une zone d’exclusion aérienne de facto au-dessus de la Syrie, mais pas une zone pouvant résister à une attaque importante et déterminée. Ce que les forces combinées russes et syriennes ont fait jusqu’à présent, c’est de refuser aux agresseurs anglo-sionistes certaines zones spécifiques de l’espace aérien au-dessus et autour de la Syrie. Cela signifie qu’elles peuvent protéger certaines cibles spécifiques de grande valeur. Cependant, dès que les États-Unis/Israël auront une idée de ce qui a été déployé et de la manière dont fonctionne tout ce réseau de défense antiaérienne intégré, ils seront en mesure de planifier des frappes qui, bien que peu efficaces, seront présentées par la machine de propagande comme un succès majeur pour les AngloZionistes.

Deuxièmement, les opérations de défense aérienne sont toujours une affaire de quantité. Même si vous supposez que chaque missile de défense aérienne atteint sa cible, vous ne pouvez toujours pas abattre plus de missiles que vous n’en avez vous-même à disposition immédiate. Les États-Unis/OTAN/CENTCOM peuvent, si nécessaire, engager beaucoup plus de missiles, dans une attaque de saturation, que les Russes ne peuvent en détruire. Cela ne devrait pas changer dans un avenir prévisible.

Troisièmement, les États-Unis/OTAN/CENTCOM/IDF (Israël) disposent tous de capacités de guerre électronique (EW) avancées qui leur permettront d’essayer de perturber les capacités de tir et de reconnaissance russes, en particulier si les aéronefs à faible signature radar (plus ou moins furtifs, tels que les F-22, F-35, B-1B, etc.) sont utilisés dans les attaques. Les avions (et les missiles) à faible signature radar n’opèrent pas seuls et, en réalité, ils sont souvent engagés avec le soutien d’un effort déterminé de guerre électronique.

Enfin, l’Empire possède également des armes à longue portée qui pourraient être utilisées pour frapper la Syrie (comme le missile de croisière, lancé par avion, AGM-158 JASSM à faible signature radar), en particulier lors d’une guerre électronique combinée et d’une attaque de missiles munis d’appareils de contre-mesures, comme le précédent.

Ainsi, tout ce que les Anglo-sionistes peuvent faire est d’être très prudents dans le choix des voies d’approche et des cibles, d’utiliser des avions et des missiles à faible visibilité aux radars sous le couvert d’un solide engagement de guerre électronique, puis d’utiliser un nombre suffisant de missiles pour donner l’impression que l’Empire a vaincu les défenses antiaériennes russe et syrienne.

À en juger par leurs attaques passées contre la Syrie, les États-Unis et les Israéliens sont beaucoup plus préoccupés par la nécessité de paraître très puissants, efficaces et quasi invulnérables que par la réalisation de certains objectifs significatifs. Bien sûr, cette nécessité de paraître invulnérable signifie également que les Anglo-sionistes ne peuvent pas vraiment se permettre de laisser abattre un de leurs avions, d’où leur réticence actuelle à tester les capacités de la défense aérienne syrienne.

Mais, un jour ou l’autre, les Israéliens devront essayer de « vaincre le S-300 » comme ils le disent.

Le problème pour les Israéliens est qu’ils n’ont pas vraiment de bonnes options. La difficulté étant plutôt politique que technologique.

Supposons que les Israéliens mènent une frappe réussie contre une cible sérieuse –  si leur attaque est symbolique, les Russes et les Syriens peuvent simplement limiter leur réponse aux protestations et dénonciations habituelles, et ne prendre aucune mesure réelle – sinon que ferait la Russie ? Eh bien, les Russes – Shoigu en particulier – ont déjà indiqué qu’ils augmenteraient le nombre de batteries S-300 (et de systèmes d’assistance requis) en Syrie si nécessaire. Ainsi, le succès d’une attaque en Syrie aura pour principal effet de rendre la planification et l’exécution d’attaques ultérieures encore plus difficiles. Serait-ce vraiment un résultat souhaitable pour les Israéliens ? Je ne le pense pas.

Si chaque frappe israélienne réussie rend chaque frappe ultérieure encore plus difficile tout en augmentant le danger pour les aéronefs israéliens, à quoi servirait de telles attaques ? Existe-t-il en Syrie des cibles de grande valeur dont la destruction justifierait une nouvelle dégradation de la situation en Syrie ? Inversement, si vous étiez syrien (ou iranien), ne voudriez-vous pas que les Israéliens attaquent la Syrie – ou même les batteries de S-300 – assez durement pour obliger les Russes à fournir encore plus de systèmes de défense antiaérienne ? Et  pas nécessairement des S-300, soit dit en passant !

Comme dans le cas du Hezbollah au Liban, qui, incidemment, est né de  l’invasion israélienne du Liban en 1982, et de l’arrivée au pouvoir de Hassan Nasrallah au poste de secrétaire général de l’organisation, après assassinat d’Abbas al Moussawi par les Israéliens 1992, les Israéliens redécouvrent encore et encore le même truisme : alors que la violence simple et brutale semble être efficace à court terme, à moyen et à long terme, elle échoue à moins d’être soutenue par des mesures politiques significatives. La grande vérité axiomatique que les Israéliens refusent encore obstinément de reconnaître est que toute sécurité réelle est toujours collective, ce que les Russes répètent depuis des années maintenant. Dans le cas de la Syrie, Israël ferait bien mieux de négocier un accord quelconque avec les Russes, les Iraniens et les Syriens – même officieux ! – Plutôt que d’essayer de l’emporter en faisant exploser des objectifs en Syrie.

Je dirais même qu’avec la présidence de Trump, la vitesse d’effondrement de l’empire Anglo-sioniste augmentant considérablement, les Israéliens doivent commencer à élaborer des plans pour associer d’autres acteurs à leur politique régionale. La vérité est que les États-Unis ne sont plus en position de rester un acteur clé de la politique du Moyen-Orient et que des décennies de soumission abjecte à l’agenda du Likoud ont ​​irrémédiablement porté atteinte à la crédibilité et à l’influence des États-Unis au Moyen-Orient – et dans le reste du monde. Je comparerais la livraison de batteries S-300PMU-2 « Favorit » à la Syrie à une ouverture au jeu d’échecs ou à un mouvement irréversible comme un roque, il ne décide pas, à lui seul, de l’issue de la partie, mais crée un environnement de base avec lequel les deux joueurs devront composer.

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Pantsir muni de missiles à moyenne portée

Pour les Russes, la prochaine étape est tout à fait évidente : continuer à fournir aux Syriens  tous les types de systèmes de défense aérienne – en particulier davantage de Pantsirs – dans le but de protéger à terme l’ensemble de l’espace aérien syrien contre toute attaque des États-Unis ou d’Israël. Les principaux éléments d’un réseau de défense aérienne multi-niveau sont déjà déployés, la Syrie n’ayant maintenant besoin que d’en augmenter la quantité. J’espère vraiment que la Russie les fournira.

The Saker 

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/s-300-en-syrie-etat-des-lieux-preliminaire

 

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La Russie va répondre aux manoeuvres géantes de l’Otan par des tests de missiles

La Russie va répondre aux manoeuvres géantes de l’Otan par des tests de missiles

Un hélicoptère américain de la Navy lors des manoeuvres Trident Juncture 18 de l’Otan au large de la Norvège. Près de Trondheim, le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

La Russie dit vouloir tester des missiles cette semaine au large de la Norvège dans une zone où l’Otan effectue des manoeuvres militaires géantes, un projet qui illustre l’escalade des tensions dans le Grand Nord aux yeux des experts.

« Nous avons reçu notification la semaine dernière de projets russes de tests de missiles au large des côtes ici », a déclaré mardi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, en visite dans l’ouest de la Norvège où se déroule Trident Juncture 18.

Cet exercice, le plus vaste que l’Alliance atlantique ait organisé depuis la Guerre froide, vise à tester sa capacité à secourir un de ses membres agressé par un autre État.

Mobilisant quelque 50.000 soldats, 65 navires et 250 aéronefs de 31 pays à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière russo-norvégienne dans l’Arctique, ces manoeuvres irritent Moscou, qui avait par avance promis une « riposte ».

« Malgré des tentatives assez maladroites de la part des représentants de l’Alliance et des États-membres visant à présenter cette activité militaire comme défensive, il est évident que cette démonstration de force est de nature clairement antirusse », s’est insurgée la diplomatie russe.

L’armée russe a annoncé la semaine dernière le déploiement de quatre navires dans l’Atlantique nord pour des manoeuvres.

« La Russie a des forces navales significatives dans cette zone », a indiqué M. Stoltenberg mardi. « J’attends de la Russie qu’elle se comporte de manière professionnelle ».

– L’Otan dédramatise –

Le patron de l’Otan a cependant cherché à dédramatiser la situation.

Vérifications à bord d’un hélicoptère Sikorsky de la Marine américaine, lors des manoeuvres de l’Otan Trident Juncture 18, au large de la Norvège. Le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

« Nous suivrons bien sûr de près ce que la Russie fait mais ils opèrent dans les eaux internationales et ils nous ont notifié de façon normale ».

Selon Avinor, l’agence publique en charge des aéroports norvégiens, la Russie a envoyé un message aux navigants aériens (Notam) pour les informer de ces tirs prévus du 1er au 3 novembre en mer de Norvège.

La zone concernée et les dates chevauchent largement celles de Trident Juncture, qui se déroule du 25 octobre au 7 novembre.

Un porte-parole d’Avinor, Erik Lødding, a indiqué que ce genre de notifications en pleine zone d’exercice n’était à sa connaissance « pas très fréquent » mais qu' »il n’y a rien de dramatique ».

« Cela ne changera pas nos plans », a de son côté assuré M. Stoltenberg.

« Tant que les Russes agissent d’une manière sûre et notifient comme ils le doivent, c’est quelque chose qui peut se produire sans poser de problèmes », a-t-il dit à l’AFPTV.

La Norvège joue elle aussi la carte de l’apaisement.

« Ce serait risquer l’escalade que de nous laisser gagner par l’irritation », a déclaré son ministre de la Défense, Frank Bakke-Jensen, à quelques journalistes. Les Russes « respectent les règles et ils peuvent s’entraîner comme ils le souhaitent ».

Un torpilleur norvégien lors des manoeuvres de l’Otan au large de la Norvège, le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

– ‘Nouvelle Guerre froide’ –

Mais les spécialistes des relations internationales l’entendent d’une autre oreille.

« Il est tout à fait clair que ce que certains appellent +la nouvelle Guerre froide+ s’est transplantée dans le Nord d’une manière que peu anticipaient après la crise en Ukraine en 2014 », décrypte pour l’AFP Julie Wilhelmsen, experte de la Russie à l’Institut norvégien des relations internationales (Nupi).

« Quatre ans plus tard, on observe que les interactions entre États dans cette zone sont emprisonnées dans une escalade de tensions entre l’Otan et la Russie », dit-elle.

Si elle s’offusque, la Russie étale également sa puissance militaire. En septembre, elle a conduit les plus grandes manoeuvres de son histoire, Vostok-2018, avec officiellement près de 300.000 soldats en Sibérie orientale et dans l’Extrême-Orient russe.

« Aujourd’hui, et en particulier depuis 2014, le Kremlin est obnubilé par ce qu’il appelle +l’encerclement+ de la Russie, à savoir que l’Otan s’approche de plus en plus des frontières russes, ce qui est perçu comme offensif », explique Mme Wilhelmsen.

« Dans son voisinage, la Russie ne va pas renoncer à ce qu’elle considère comme son droit à défendre ses intérêts sécuritaires », affirme-t-elle.

Conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique basée à Paris, François Heisbourg s’est quant à lui demandé si c’était une « bonne idée » de la part de la Russie de jouer les trouble-fête dans Trident Juncture.

« Le Kremlin fait son possible pour prouver aux pays nordiques que la menace russe n’est pas une vue de l’esprit occidentale », a-t-il estimé sur Twitter.

(©AFP / (30 octobre 2018 15h54)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Russie-va-r-pondre-aux-manoeuvres-g-antes-de-l-Otan-par-des-tests-de-missiles/966954.rom

Le retour des euromissiles se prépare

Le retour des euromissiles se prépare

Le Pentagone a finalement admis que le président Poutine ne bluffait pas lorsqu’il a présenté le nouvel arsenal russe aux membres de la Douma, le 1er mars 2018. Moscou est désormais nettement en avance en matière d’armement conventionnel. Or, compte tenu de l’état de leur recherche militaire, les États-Unis ne seront pas en mesure de créer rapidement un équivalent au missile hypersonique Avanguard. Le président Trump se prépare donc à dénoncer le traité INF et rééquiper son pays de missiles nucléaires à moyenne portée, seule solution pour rééquilibrer les forces.

| Damas (Syrie)

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L’annonce que « Trump met à la casse le traité nucléaire historique avec Moscou » —le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF en anglais)— n’était pas inattendue. Mais maintenant c’est officiel. Pour comprendre la portée de cet acte, on doit rappeler le contexte historique dont est issu le Traité.

Il est signé à Washington, le 8 décembre 1987, par le président des USA Ronald Reagan et par le président de l’URSS Michail Gorbatchev, mis d’accord l’année précédente au sommet de Reykjavik. Sur la base de ce traité les États-Unis s’engageaient à éliminer les « euromissiles » : les missiles balistiques Pershing 2, basés en Allemagne de l’Ouest, et les missiles de croisière lancés du sol, basés en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas ; l’Union Soviétique s’engageait à éliminer les missiles balistiques SS-20, basés sur son propre territoire.

Le traité FNI (Inf) déterminait non seulement un plafond au déploiement d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires, mais l’élimination de tous les missiles de cette catégorie : jusqu’en 1991 il en fut éliminé au total 2 692. La limite du traité consistait dans le fait qu’il éliminait les missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte lancés du sol, mais pas ceux qui étaient lancés depuis la mer et l’air. Malgré cela, le Traité FNI constituait un premier pas sur la voie d’un réel désarmement nucléaire.

Cet important résultat était dû substantiellement à l’« offensive du désarmement » lancée par l’Union Soviétique de Gorbatchev : le 15 janvier 1986, elle avait proposé non seulement d’éliminer les missiles soviétiques et états-uniens à portée intermédiaire, mais de mettre au point un programme complet, en trois phases, pour le bannissement des armes nucléaires pour l’an 2000. Projet qui resta sur le papier parce que Washington profita de la crise et de la désagrégation de la super-puissance rivale pour accroître la supériorité stratégique, y compris nucléaire, des États-Unis, demeurés unique super-puissance sur la scène mondiale.

Il n’est pas fortuit que le Traité FNI ait été mis en discussion par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie, la Chine et d’autres puissances. En 2014, l’administration Obama a accusé la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière de la catégorie interdite par le Traité, annonçant que « les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre », c’est-à-dire l’abandon du Traité FNI [1]

Le plan a été confirmé par l’administration Trump : durant l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par une plateforme mobile sur route. Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil Atlantique Nord au niveau des ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que « le traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant, qui constitue un sérieux risque pour notre sécurité ». Moscou nie que ce système de missiles viole le Traité FNI et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et en Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Selon des informations filtrées par l’Administration, les États-Unis se préparent à déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire lancés du sol non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi dans le Pacifique et en Asie contre la Chine.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article203648.html

Inde : Malgré son acquisition de S-400, le dilemme géostratégique du pays reste entier

Inde : Malgré son acquisition de S-400, le dilemme géostratégique du pays reste entier


… mais Modi souligne que la Russie s’est toujours « tenue aux côté de l’Inde, que ce soit dans le secteur de l’énergie ou dans d’autres »


Par Pepe Escobar – Le 7 octobre 2018 – Source atimes.com

Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre indien Narendra Modi, lors de leur rencontre à New Delhi le 4 octobre 2018. Photo: AFP/Sputnik/Mikhail Metzel

Le sommet Inde-Russie de 2018 restera sans doute dans les annales. À la surface des choses, l’enjeu principal en était l’acquisition ou non par l’Inde de cinq systèmes de défense S-400 russes, pour un montant de 5,43 milliards de dollars.

L’accord en fut scellé dès la fin de la rencontre entre le premier ministre indien Narendra Modi et le président russe Vladimir Poutine, à New Delhi. Les négociations avaient débuté en 2015. Les S-400 seront livrés en 2020.

Et la suite ? Des sanctions de l’administration Trump contre l’Inde, selon le CAATSA (Loi de réplique aux adversaires de l’Amérique via Sanctions) ?

Si seulement un tel changement géopolitique pouvait être aussi tranché.

Cet accord d’armement implique la Russie, l’Inde et la Chine – un trio clé, pour ne pas dire LE trio clé des pays des BRICS, membres de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS). La nouvelle réalité est là : chacune de ces membres des BRICS/OCS sont à présent en capacité de déployer les très efficaces S-400.

Mais cela ne signifie pas que deux d’entre eux – l’Inde et la Chine – devraient forcément déployer des S-400 l’un contre l’autre en cas d’attaque unilatérale.

Poutine s’est montré catégorique : la Russie va mettre les bouchées doubles sur la coopération bilatérale avec l’Inde, non seulement dans le cadre de l’OCS, mais également à l’ONU et au G20. Modi, de son côté, a répété que l’Inde comme la Russie donnaient la priorité à un monde multipolaire.

Modi espère voir la Russie aider l’Inde à développer son programme spatial – qui a pour ambition d’envoyer des astronautes indiens dans l’espace dès 2022. Il a souligné que la Russie s’est toujours « tenue aux côté de l’Inde, que ce soit dans le secteur de l’énergie ou dans la poursuite de nos objectifs ».

« Nos objectifs » incluent, comme point essentiel, la synchronisation entre la Russie et l’Inde pour préserver le PAGC, également connu comme accord sur le nucléaire iranien. Une conséquence inévitable en est que l’Inde ne se privera pas d’acheter du pétrole et du gaz iraniens, même si elle encourt pour cela des sanctions américaines.

L’administration Trump pourrait même lever les sanctions contre l’Inde si – en accord avec la Loi d’Autorisation de la Défense Nationale – le président Trump décide que New Delhi n’a pas nuit aux intérêts stratégiques américains en achetant des missiles russes.

La décision, bien entendu, en reste totalement ouverte.

Faites vos choix, New Delhi

Au Forum économique russo-indien, le ministre au développement économique Maxime Orechkine s’est montré déterminé : l’Inde et la Russie sont engagées vers un rapprochement de leurs liens commerciaux et d’investissements, vers « un volume d’affaire de 30 milliards de dollars… et une montée en puissance des investissements jusque 50 milliards de dollars en 2025 ».

New Delhi a proposé, le mois dernier, la création d’une zone économique spéciale (ZES) pour les entreprises russes – en sus du « couloir vert » déjà discuté pour faciliter les échanges.

Tout cela rentre dans le cadre de relations historiquement bonnes entre la Russie et l’Inde. Mais pour l’instant, la vue d’ensemble en est plus nuancée, car elle fait ressortir les éléments de détail dans l’équilibre stratégique entre les trois grands pays partenaires des BRICS et de l’OCS.

Poutine et Xi Jinping ont déjà établi que les nouvelles routes de la soie, également connues sous le nom d’initiative la ceinture et la route (OBOR), ainsi que l’union économique eurasiatique (UEEA) allaient fusionner sur de nombreux aspects.

Voilà qui laisserait New Delhi sur le bord du chemin. L’Inde n’est pas alignée sur les nouvelles routes de la soie, et est même fermement opposée à l’un de leurs projets emblématiques : le couloir économique Chine-Pakistan (CPEC). Mais Pékin pourrait y remédier, par exemple en réajustant les détails du chemin du CPEC le long de la région du Cachemire.

Moscou et Pékin, de leur côté, sont très vigilants sur le fait que Washington peut utiliser l’Inde comme cheval de Troie pour saper l’intégration eurasiatique.

Pour preuve, le récent accord sur la compatibilité et la sécurité des communications [COMCASA, Communications Compatibility and Security Agreement, NdT], qui transforme de facto New Delhi en allié militaire des USA ; le nouveau statut de l’Inde, considérée par Washington comme seul « partenaire de défense majeur » ; et le rôle de l’Inde dans la résurrection du Quad sous l’administration Trump (avec le Japon et l’Australie), autant de mouvements interprétés par Pékin comme des tentatives d’encerclement en Mer de Chine du sud.

Le problème vient des hindous ultra-nationalistes au sein du parti politique de Modi (le BJP), qui soutiennent l’encerclement et/ou le confinement de la Chine. La raison clé, jamais explicitement citée, en est économique. Le BJP craint, si l’Inde adhérait aux routes de la soie, qu’un assaut « Made in China » ne vienne détruire les activités économiques intérieures indiennes, à l’image du destin funeste subi par certains secteurs économiques du Brésil, le pays des BRICS d’Amérique Latine réalisant le plus d’échange commerciaux avec la Chine.

Pékin et Moscou veulent que leur partenariat stratégique étendu – et leurs synergies – progressent sous forme d’un processus d’intégration eurasiatique, dirigé par les routes de la soie et l’union économique eurasiatique. Il n’est pas certain que l’Inde intègre cela dans ses priorités stratégiques.

La priorité stratégique de Washington est plutôt limpide : diviser pour mieux régner, en entravant par tous les moyens l’impulsion OBOR-UEEA-BRICS-OCS pour l’intégration eurasiatique et la multipolarité mondiale.

Aussi, l’accord pour les S-400 étant scellé, la balle est dans le camp de New Delhi. La politique dont se targue le pays d’« alignement multiple » laisse la question géostratégique en suspens ; l’Inde optera-t-elle pour le camp du « diviser pour  régner » américain, déguisé en « équilibre des pouvoirs », ou choisira-t-elle l’impulsion multipolaire vers l’intégration de l’Eurasie ?

Pepe Escobar

Note du Saker Francophone

Cet article est issu d'une analyse de dedefensa qui prend un peu de recul sur la vision "tonitruante et apocalyptique" de l'auteur.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophon

http://lesakerfrancophone.fr/inde-malgre-son-acquisition-de-s-400-le-dilemme-geostrategique-du-pays-reste-entier

 

Syrie, état des lieux : l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive

Syrie, état des lieux :
l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 9 octobre 2018

La situation en Syrie est relativement calme. Le gouvernement (en rouge sur la carte) a consolidé les territoires qu’il a repris au cours de l’année. L’armée syrienne a reçu une nouvelle défense aérienne (voir ci-dessous) et d’autres matériels et s’active à les intégrer. Certaines unités de l’armée syrienne se déplacent actuellement vers l’est, à Al Bukamal, à la frontière irakienne. D’autres ont été renvoyées à leurs bases.

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Le seul endroit où l’armée syrienne est toujours activement engagée est dans le désert du sud, près d’As-Suwayda, où quelque 1 000 à 2 000 combattants d’ISIS (en gris) s’accrochent à une petite enclave au milieu d’une vaste zone de roches volcaniques. Le terrain est difficile à traverser avec des chars et le combat d’infanterie y est sanglant.

L’accord russo-turque sur une zone démilitarisée dans le gouvernorat d’Idlib, contrôlé par les rebelles, semble tenir.

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Les rebelles contrôlés par la Turquie ont déplacé leurs équipements lourds (chars et artillerie) hors de la zone démilitarisée (ocre). Les factions djihadistes, Tahrir al Sham et les Turkmènes autour de Jisr al Shugur, ne respectent pas l’accord. Selon l’Observatoire syrien, ils ont creusé des fossés pour cacher leurs armes sur place. La Turquie a la responsabilité de les supprimer. La campagne d’assassinats dans le gouvernorat d’Idlib se poursuit avec plus de 380 victimes. Un commandant de niveau intermédiaire de tel ou tel groupe est tué chaque jour. On ne sait pas qui – les cellules dormantes d’ISIS, le MIT turc ou les spetsnazs russes – est derrière la campagne.

Le canton kurde d’Afrin, au nord-ouest, est une zone troublée similaire occupée par les troupes turques et les gangs rebelles associés. Il y a énormément de pillages et les différents groupes se battent entre eux.

Dans le gouvernorat de Deir Ezzor, dans l’est du pays, l’armée américaine et sa force de procuration kurde (en jaune) se battent toujours contre des forces enracinées d’État islamique (en gris).

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Ces forces sont restées seules pendant près d’un an et ont utilisé le temps dont elles disposaient pour s’enterrer. Les assaillants subissent des pertes causées par les mines improvisées et les cellules dormantes d’ISIS. Les forces américaines et britanniques bombardent la région plusieurs fois par jour et l’artillerie française et américaine ajoute au carnage. Malgré tout, les progrès semblent extrêmement lents. Selon des informations non confirmées, des marines américains seraient venus renforcer la force de procuration kurde réticente. Certains combattants d’État islamique ont traversé l’Euphrate pour attaquer des zones contrôlées par le gouvernement (en rouge), mais ont été vaincus.

Tandis que la carte générale montre un triangle au sud de la ville de Deir Ezzor dans laquelle ISIS se trouvait (en gris), aucune activité récente n’a été rapportée dans cette région désertique.

La zone al-Tanf contrôlée par les États-Unis dans le sud-est (en vert) est relativement calme. Les soldats américains y forment encore des hommes de main locaux, mais il n’y a pas d’avenir raisonnable pour ce poste. Les dizaines de milliers de membres des familles de rebelles et les combattants d’ISIS dans le camp de réfugiés de Rukban, situé à proximité de la frontière jordanienne, sont désespérés. La Jordanie ne laisse passer aucune aide pour eux. La nourriture est introduite en contrebande à partir de zones contrôlées par le gouvernement, mais la population n’a plus d’argent et ne peut pas payer pour cela :

L’année dernière, lorsque les États-Unis ont réduit le financement des factions affiliées à la FSA [Armée syrienne libre] opérant dans le désert de Badia, des centaines de combattants ont perdu leur principale source de revenus, qui avait souvent été utilisée pour soutenir les membres de leurs famille vivant à Rukban, a déclaré le porte-parole de la brigade Ahmad al-Abdo, Seif.

Des négociations ont été engagées avec le gouvernement syrien en vue de transférer certains rebelles et leurs familles de Rukban vers le nord dans la zone contrôlée par la Turquie, mais plusieurs annonces dans ce sens ont été faites sans qu’aucun transfert ne soit effectué.

La Russie a fait don de trois ensembles de systèmes de défense antiaérienne S-300PM à la Syrie. Chaque quartier général de bataillon dispose d’un radar d’acquisition et d’un poste de commandement. Il y a deux compagnies (batteries) dans un bataillon. Généralement, chaque compagnie dispose d’un radar de direction de tir et d’un véhicule de conduite de tir. Il y a quatre lanceurs de missiles dans une compagnie avec quatre missiles par lanceur. Deux véhicules supplémentaires ont des munitions de réserve et des grues pour recharger les lanceurs. Chaque bataillon disposera de cent missiles, ce qui permettra de contrer plusieurs vagues d’attaques. Les pièces de rechange peuvent être transportées sur des remorques de camion normales. Le système est très flexible. Des lanceurs supplémentaires peuvent être ajoutés à une compagnie et les informations radar peuvent être partagées.

Les systèmes sont relativement modernes et encore largement utilisés par la défense aérienne russe pour elle-même. Les systèmes reçus par la Syrie sont des systèmes précédemment en service dans des bataillons russes qui ont récemment été mis à niveau vers les nouveaux systèmes S-400. Ils ont été rénovés avant d’être livrés en Syrie. Les systèmes S-300PM sont montés sur des véhicules à roues. Ils sont arrivés par transport aérien (vidéo) de Russie. Pour protéger les défenses anti-aériennes S-300 à longue portée, chaque compagnie sera probablement accompagnée d’un système de défense anti-aérienne à courte portée Pantsyr-S1. Outre les systèmes de défense aérienne, la Syrie a également reçu des systèmes de guerre électronique Karsukha-4 qui permettent de détecter et de brouiller le trafic radio et radar ennemi.

L’un des bataillons restera probablement dans le gouvernorat de Lattaquié et renforcera la défense aérienne russe déjà stationnée là-bas. Un autre bataillon protégera Damas. Le troisième bataillon est un peu un joker. Il pourrait soit rester dans l’ouest de la Syrie, près de Homs, pour renforcer les autres unités, soit se déplacer vers l’est, à Palmyre, ou même à Deir Ezzor, pour donner à réfléchir au contingent américain.

Les 96 missiles S-300 prêts à être lancés vont rendre la tâche plus difficile pour Israël, si celui-ci veut continuer ses attaques contre la Syrie. Israël aimerait bien le faire, mais le seul moyen de poursuivre ses attaques est de faire décoller ses avions très bas au-dessus du Liban pour qu’ils soient couverts par la chaîne de montagnes qui mène à la Syrie. Ils seraient alors obligés de surgir pour lancer leurs missiles en Syrie, mais rien ne garantit que les avions y survivraient. Voler à basse altitude au-dessus du Liban comporte également le risque d’une rencontre surprise avec l’un des missiles de défense aérienne à courte portée du Hezbollah.

Le président syrien Bachar al-Assad vient d’annoncer un décret qui accorde l’amnistie à ceux qui ont déserté l’armée ou se sont abstenus de se présenter pour la conscription. Si les déserteurs et les conscrits se rendent dans les six prochains mois pour accomplir leur service, ils échapperont à toute punition.

Les Arabes du Golfe, à l’exception du Qatar, qui est un allié de la Turquie, ont renoncé à renverser le président Assad et ont bien fait :

Dans l’un des développements les plus surprenants survenus au milieu d’une série de réunions diplomatiques autour de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangères bahreïnien, Khalid bin Ahmad al-Khalifa, a salué le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Muallem, lors d’une réunion panarabe la semaine dernière. Bahreïn, proche allié de l’Arabie saoudite, a vivement critiqué Assad et d’autres alliés régionaux de l’Iran, mais le haut diplomate a déclaré : “Le gouvernement syrien dirige la Syrie, et nous travaillons avec les pays, même si nous ne sommes pas d’accord avec eux.”

Quelques jours plus tard, Assad a mené sa première interview avec un journal de la péninsule arabique depuis 2011, déclarant au Koweïtien Al-Shahed qu’il était parvenu à un “accord majeur” avec plusieurs États arabes et que “les délégations occidentales et arabes ont déjà commencé à revenir en Syrie pour organiser leur retour, qu’il soit diplomatique, économique ou industriel.”

Ce changement dans le sentiment des dirigeants arabes pourrait bien influer sur la position américaine en Syrie.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-etat-des-lieux-laccord-turco-russe-tient-la-defense-aerienne-s-300-arrive

 

Israël continuera à frapper en Syrie malgré les missiles russes

Israël continuera à frapper en Syrie malgré les missiles russes

Jérusalem – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré mardi que son pays continuerait à mener des frappes en Syrie malgré la décision russe de renforcer la défense antiaérienne du régime de Damas, lors d’une rencontre avec un responsable russe.

M. Netanyahu a reçu à Jérusalem le vice-Premier ministre Maxime Akimov.

Il s’agissait de la première entrevue officielle avec un responsable russe de haut rang depuis la mort de 15 militaires russes le 17 septembre dans la chute de leur avion abattu par erreur par la défense antiaérienne syrienne, après un raid israélien en Syrie, pays en guerre et voisin d’Israël.

Malgré la livraison consécutive par la Russie de missiles antiaériens S-300 au régime syrien, Israël continuera son « activité légitime en Syrie contre l’Iran et ses mandataires locaux qui ont clairement fait part de leur intention de nous détruire », a déclaré M. Netanyahu lors d’une conférence de presse.

Il s’est aussi dit confiant que les crispations avec Moscou seraient surmontées. « Avec du bon sens et de la bonne volonté, nous pouvons parvenir à une solution qui nous permette de maintenir le bon niveau de coordination entre les armées russe et israélienne ».

L’Iran et le Hezbollah libanais, ennemis d’Israël, aident militairement le régime syrien de Bachar al-Assad, également soutenu par Moscou. Israël martèle qu’il ne laissera pas l’Iran se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui. Il a frappé maintes fois ces derniers mois les intérêts iraniens en Syrie.

Israël et la Russie ont mis en place en 2015 un mécanisme de « déconfliction » afin d’éviter les accrochages entre leurs armées en Syrie.

Dimanche, M. Netanyahu avait annoncé qu’il rencontrerait « prochainement » le président russe Vladimir Poutine pour aborder la question de la coordination de l’engagement de leurs pays en Syrie. Cette rencontre serait la première entre les deux hommes depuis l’affaire de l’avion abattu.

Les deux dirigeants se sont parlé trois fois au téléphone.

Après que son avion eut été abattu, l’armée russe a d’abord accusé les pilotes israéliens de s’être servis de l’appareil comme couverture pour échapper aux tirs syriens, ce qu’a nié l’Etat hébreu.

Selon Israël, l’avion russe a été atteint alors que les appareils israéliens avaient déjà regagné leur espace aérien.

La Russie a depuis annoncé de nouvelles mesures de sécurité visant à protéger son armée engagée en Syrie, dont le renforcement de la défense antiaérienne syrienne avec des batteries S-300 et le brouillage des communications d’avions.

Ces mesures ont fait craindre à Israël de devoir limiter ses raids en Syrie contre ce qu’il présente comme des cibles iraniennes et des convois d’armes destinées au Hezbollah libanais.

(©AFP / 09 octobre 2018 16h20)

https://www.romandie.com/news/Isra-l-continuera-frapper-en-Syrie-malgr-les-missiles-russes/960684.rom

Les missiles lancés par l’Iran vers l’Irak au cours d’une frappe anti-terroriste portaient plusieurs messages importants

Les missiles lancés par l’Iran vers l’Irak au cours d’une frappe anti-terroriste portaient plusieurs messages importants


Andrew Korybko
Andrew Korybko

Par Andrew Korybko – le 25 septembre 2018 – source orientalreview.org

L’Iran a reconnu avoir procédé à une frappe de missiles contre des militants kurdes en Irak.

Cette frappe s’est produite il y a presque deux semaines, le 8 septembre, et s’était vue confirmée juste après par le corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI), mais le général de division Mohammad Ali Jafari est revenu dessus jeudi dernier [le 20 septembre 2018, NdT], en faisant la remarque que « la revanche récente des GRI sur les terroristes porte un message lourd de sens aux ennemis, en particulier aux super-puissances pensant être en mesure de nous imposer leurs machinations diaboliques et de nous intimider ». Ces propos indiquent que Téhéran ne voulait pas uniquement décapiter le commandement des deux organisations militantes kurdes qu’elle considère comme terroristes pour leur participation aux attaques transfrontalières de ces dernières années, mais également signaler à ses adversaires que la République islamique est plus que capable de mener des attaques défensives de missiles sol-sol.

Quant à la première de ces intentions, il est clair que l’Iran considère l’hébergement au nord de l’Irak de groupes militants kurdes anti-gouvernementaux comme une menace pressante à sa sécurité, surtout dans le contexte d’aggravation de la situation économique du pays faisant suite à la réimposition de sanctions énergétiques par les USA dès novembre. L’Iran s’est donc senti obligé de lancer une action préventive contre ces organisations, sans leur laisser l’initiative de capitaliser encore plus sur les problèmes du pays, et possiblement d’aggraver la guerre hybride qui est menée contre lui pour le compte des USA et de leurs alliés. L’Iran sait qu’elle serait réduite en poussière si elle lançait une attaque conventionnelle contre n’importe lequel de ces derniers, mais espère que la démonstration de ses capacités militaires suffira à les dissuader, en apportant la preuve qu’elle est en mesure de leur infliger des dégâts significatifs si ce scénario devait se réaliser.

L’Iran frappe les kurdes en Irak

Cette dernière frappe de missiles portait donc une signification au sens des guerres conventionnelle et non conventionnelle, qui restent inséparables dans le contexte géostratégique dans lequel ces frappes s’inscrivent. L’Irak est au cœur d’une crise intérieure multi-facette, qui ne fait que s’empirer, qui porte à faux les réflexions « conventionnelles » sur ses lignes de fracture habituelles, et il est tout à fait envisageable que ce pays se transforme en « nouvelle Syrie » si ses nombreux problèmes ne trouvent pas de solution rapidement. Cette situation serait cauchemardesque pour l’Iran, les dynamiques d’instabilité pouvant se propager assez facilement entre les deux pays, ce qui explique pourquoi Téhéran a pris la décision d’une approche musclée face à ces menaces latentes à ce moment précis. Au risque de le répéter, la bonne lecture de cette frappe de missiles iranienne est plutôt une dissuasion qu’une agression.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 21 septembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-missiles-lances-par-liran-vers-lirak-au-cours-dune-frappe-anti-terroriste-portaient-plusieurs-messages-importants

 

 

L’Inde, objet de toutes les convoitises

L’Inde, objet de toutes les convoitises

Publié le 9 Octobre 2018 par Observatus geopoliticus in Sous-continent indien, Russie, Pétrole, Etats-Unis, Chine

Des nombreuses fois où Poutine est passé par l’India Gate de New Delhi, celle-ci restera assurément dans les annales.

Beaucoup a été dit et écrit sur la signature du contrat portant sur la livraison des S-400 à l’Inde. C’est la principale information retenue et il est vrai qu’elle est importante, comme nous l’expliquions il y a deux ans :

Moscou a doté ses deux partenaires du triangle eurasien [Chine et Iran] de systèmes anti-aériens perfectionnés. Après la levée de l’embargo à destination de l’Iran, les premiers S300 sont déjà arrivés à Téhéran, réduisant à peu près à néant tout risque de guerre future irano-américaine.

Quant à la Chine, elle vient d’avancer le paiement et devrait recevoir ses S400 début 2017, sanctuarisant son territoire à un moment où les tensions avec les Etats-Unis s’exacerbent en mer de Chine méridionale et dans la péninsule coréenne.

Le triangle se mue même en carré d’as avec la fourniture de S400 au vieil allié indien. Que le contrait ait été signé ou pas encore importe peu : New Delhi recevra sa part du gâteau pour fêter en fanfare son entrée dans le mouvement qui ne cesse de monter, l’Organisation de Coopération de Shanghai.

Pour Moscou, c’est doublement bénéfique : apaisement des rivalités (notamment sino-indiennes) de ses alliés par la fourniture d’armements sophistiqués qui fait entrer des écus sonnants et trébuchants dans les caisses. Quant aux Américains, quelques années après avoir vu s’effondrer leurs rêves d’établir une présence continue au cœur de l’Eurasie afin de la maintenir divisée, ils voient maintenant avec horreur des pans de plus en plus importants du continent-monde échapper à leur menace potentielle.

Cet apaisement nécessaire à l’intégration de l’Eurasie passe effectivement par la sanctuarisation du territoire des rivaux. N’ayant désormais plus à craindre l’autre, ils n’en négocieront qu’avec plus de sérénité aux sein des structures dont ils font partie :

La date de livraison de ce qui est vraisemblablement le meilleur système SAM du monde devrait bientôt être finalisée. Rappelons que le contrat avait été signé lors du sommet 2016 des BRICS. Ironie de l’histoire, trois régiments (chacun comportant seize lanceurs) devraient être positionnés à l’ouest face au Pakistan et deux régiments à l’est face à la Chine, tous deux désormais partenaires de l’Inde au sein de l’Organisation de Coopération de Shanghai :

Gageons que l’OCS aura pour effet de gommer les différends entre les futurs ex-frères ennemis et rendra, dans quelques années, superflu cet achat de S400…

Depuis plusieurs années, et notamment depuis l’arrivée de Modi au pouvoir, le rapprochement sino-indien est entré dans une nouvelle phase, certes entrecoupée de rechutes comme lors de l’affaire bhoutanaise. Cette tendance générale au réchauffement des relations se constate y compris dans des dossiers mineurs, comme la proposition de Pékin de travailler de concert avec Delhi aux Maldives, archipel où les deux géants asiatiques se tiraient précédemment la bourre.

Par ailleurs, en achetant les S400 russes, l’Inde a envoyé bouler Washington et ses menaces de sanctions. Comme l’explique joliment un connaisseur :

« D’une part parce qu’elle sait que les Américains ont besoin de ne pas se l’aliéner afin de disposer, encore et toujours, d’un éventuel allié de revers contre la Chine. D’autre part parce qu’elle n’a pas besoin, elle, des Etats-Unis pour faire contrepoids aux Chinois. La Russie est là pour ça.

La Russie qui a toujours fourni le meilleur de sa technologie militaire à l’Inde avant de le faire à la Chine. Sauf, pour une fois, sur le système S-400, précisément. La Russie qui est la mieux placée pour assurer la stabilité de l’Asie centrale et y contenir avec l’Inde et la Chine la montée de l’islam radical, dont les risques de propagation inquiètent autant Moscou que Pékin et New Delhi. La Russie qui, elle aussi, continue de commercer avec l’Iran en dépit des sanctions américaines.

Que les Américains l’admettent ou non, ils ne pèsent rien sur la scène asiatique lorsqu’il s’agit du jeu à trois entre Russes, Chinois et Indiens. Ils ne sont qu’un joker éventuel dans le jeu de vieilles puissances pratiquant une autre diplomatie que la leur, sur un autre tempo chronologique, dans un autre champ moral et spirituel que celui des Etats-Unis. A la jonction de l’Altaï, du Pamir et de l’Himalaya, les rodomontades des rednecks ne pèsent rien. »

New Delhi est également en passe d’envoyer paître les menaces américaines dans un autre dossier. Deux compagnies publiques indiennes viennent de signer des contrats pour continuer à importer du pétrole iranien après la mise en place de la deuxième tranche de sanctions US, le 4 novembre. Il est d’ailleurs possible que les paiements soient effectués en roupies (tss tss dédollarisation, quand tu nous tiens…)

Plus généralement, l’Inde étudie très sérieusement la possibilité de court-circuiter le dollar, non seulement avec l’Iran, mais aussi avec le Venezuela et la Russie. Le fidèle lecteur ne sera pas surpris, nous en évoquions la possibilité il y a deux ans et demi.

Mais revenons à la visite de Vladimirovitch. D’autres accords ont été conclus, allant de l’énergie nucléaire à l’exploration de l’espace. Moscou invite également les Indiens à participer aux colossaux projets gaziers dans la péninsule de Yamal et dans l’extrême-Orient russe.

Last but not least, Poutine et Modi ont, dans leur déclaration finale, insisté à plusieurs reprises sur la « nécessité de consolider le monde multipolaire et les relations multilatérales ». Ils ont même évoqué l’idée d’une architecture de sécurité régionale dans la zone indo-pacifique. Décodage : l’unipolarité américaine est rejetée. En un mot :

Pour Moon of Alabama et l’excellent Bhadrakumar dont l’article est cité plus haut, Modi a signé la fin du QUAD. Quézako ? Votre serviteur a déjà eu l’occasion d’expliquer la stratégie américaine des chaînes d’îles afin de contenir l’Eurasie :

Les Philippines sont d’importance : dans l’encerclement de l’Eurasie par les Etats-Unis, elles sont la clé du sud-est.

Elle fait même partie d’un réseau de containment mis en place par les Etats-Unis dans les années 50 : l’Island chain strategy ou, en bon français, stratégie des chaînes d’îles. Si ce fait est très peu connu en Europe et n’est jamais évoqué dans les médias, même les moins mauvais, il occupe pourtant les pensées des amiraux chinois et américains ainsi que les états-majors de tous les pays de la région ou les publications spécialisées (tag spécial dans The Diplomat, revue japonaise par ailleurs très favorable à l’empire).

Petite parenthèse historique : la réflexion stratégique autour des îles du Pacifique-ouest commença dès le début du XXème siècle, quand les Etats-Unis mirent la main sur les anciennes colonies espagnoles de Guam et… des Philippines (1898), tandis que l’Allemagne occupait les îles Marianne et Palau, et que la marine japonaise prenait son essor en dépossédant la Chine de Taïwan (1895). C’est à Haushofer, attaché militaire allemand au Japon de 1908 à 1910, que l’on doit les premières analyses sérieuses, où apparaissent déjà des considérations bien actuelles (rideau de protection, nœuds stratégiques etc.)

Pour Haushofer, cependant, ces chaînes d’îles constituaient pour les Etats continentaux comme la Chine ou l’Inde un rempart face aux menées des puissances maritimes. Les vicissitudes du XXème siècle et l’inexorable extension de l’empire US ont retourné la donne : ces arcs insulaires étaient désormais un rideau de fer contenant l’Eurasie (le bloc sino-soviétique durant la Guerre froide) et « protégeant » le Pacifique américanisé.

Ce qui nous amène au Grand jeu actuel. Que le domino philippin tombe et c’est la première chaîne qui est sérieusement ébréchée. La deuxième ligne étant plus virtuelle (car uniquement maritime, sans armature terrestre véritable), c’est le Pacifique, donc les côtes américaines, qui s’ouvrent partiellement à la Chine :

Pour faire simple, le QUAD est la troisième chaîne de containment de la Chine, composé de puissances économiques importantes, en arrière ligne, inféodées aux Etats-Unis : Japon, Australie et, du moins dans les rêves des stratèges US, Inde. Cette alliance informelle, créée au milieu des années 2000, a traversé diverses vicissitudes et connaît un regain de forme avec la sinophobie primaire du Donald, pour une fois d’accord avec son Deep State. D’aucuns voient dans le QUAD le prémisse d’une OTAN indo-pacifique.

Il y a deux mois, Modi avait déjà mis le holà, montrant ainsi de profondes divergences entre l’Inde et les deux autres valets de l’empire. Son idée de sécurité régionale, avancée lors du sommet avec Poutine, semble enfoncer un clou dans le cercueil du QUAD.

Attention toutefois. Un autre bon spécialiste, Pepe Escobar pour ne pas le nommer, est un peu moins optimiste, se méfiant des atermoiements de New Delhi entre multipolarité eurasienne et rapprochement avec Washington. Cela fait écho à ce que nous écrivions en 2016 après le sommet BRICS de Goa :

Inde-Russie :

L’alliance traditionnelle de la Guerre froide a largement survécu et les deux pays coopèrent toujours militairement, énergétiquement, diplomatiquement, financièrement (dédollarisation). 70% de l’armement indien est d’origine russe et nous apprenons d’ailleurs aujourd’hui que Moscou fournira ses fameux S-400 à l’Inde, la mettant au même rang que la Chine et au-dessus de l’Iran (qui n’a bénéficié « que » de S-300). La Russie est, avec le Japon, le seul pays de la planète à tenir annuellement un sommet bilatéral avec New Delhi. Bref, l’amitié indo-russe est là pour durer et il y a plus de chance qu’un homme mette le pied sur Pluton que de voir ces deux-là se placer dans des camps opposés. Sauf que…

Inde-USA :

Depuis plus de quinze ans, Washington travaille l’Inde pour tenter de la retourner. Cela avait déjà commencé sous Clinton (le mari), puis l’inénarrable « guerre contre le terrorisme » de Bush (le fils) avait pu faire croire à l’Inde que les Américains étaient sérieux. Soyons justes : l’AfPak post-2001 est sans doute le seul endroit du monde où Washington a réellement lutté contre le djihadisme/islamisme/terrorisme, et pour New Delhi, c’est tout ce qui comptait. A mesure que le double-jeu pakistanais apparaissait au grand jour, le rapprochement entre les Etats-Unis et l’Inde était inévitable. Ca ne va pas encore très loin mais quelques signes dérangeants sont apparus ces dernières années.

En 2009, l’empire avait fait pression sur l’Inde pour qu’elle abandonne l’IPI, gazoduc Iran-Pakistan-Inde déjà dans les cartons, et choisisse à la place l’aberrant TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde). Alors certes, la situation a un peu évolué depuis. Mais le fait que New Delhi ait pu, comme de vulgaires eurocrates de Bruxelles, succomber aux mirages énergétiques promus par tonton Sam laisse rêveur…

Et il y a deux mois, un accord inédit a été signé entre les marines des deux Etats. Pas de panique à bord, ce LEMAO autorise seulement les navires à faire relâche et à se ravitailler dans les ports du partenaire en cas d’exercices militaires ou de mission humanitaire et ne stipule en aucun cas le déploiement de troupes sur lesdites bases. M’enfin, tout de même… On sait très bien comment fonctionne l’entrisme américain et sa politique des petits pas.

En réalité, l’Inde ne cessera peut-être jamais son tango, ne souhaitant s’aligner sur personne et restant une subtile inconnue dans l’équation du Grand jeu. L’empire ayant déjà cédé tellement de cases sur l’échiquier eurasien, il ne peut se permettre de perdre totalement l’un des derniers pays encore un tant soit peu neutre du continent-monde. C’est sans doute la principale raison pour laquelle, malgré leur rage, les Américains n’oseront pas sanctionner New Delhi pour l’achat des S400 russes ou du pétrole iranien…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/10/l-inde-objet-de-toutes-les-convoitises.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Note de la Russie à l’Otan : vous n’éliminerez pas nos missiles sans guerre

Note de la Russie à l’Otan : vous n’éliminerez pas nos missiles sans guerre

2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 2 octobre 2018 – Source moonofalabama

Aujourd’hui, l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN a menacé de “détruire” un nouveau type de missiles russes :

L’envoyé américain auprès de l’OTAN a déclaré mardi que la Russie devait mettre fin au développement de nouveaux missiles pouvant transporter des ogives nucléaires et a averti que les États-Unis pourraient «supprimer» le système s’il devenait opérationnel.


Les Etats-Unis et la Russie sont en désaccord depuis quelque temps sur le traité INF. Le Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire a été signé en 1987 entre le Secrétaire général soviétique Gorbachev et le Président américain Reagan. Il interdit les systèmes à capacité nucléaire basés à terre (et non en mer) ayant une portée de plus de 500 kilomètres et moins de 5 500 kilomètres. L’accord est intervenu après que les Soviétiques eurent installé des missiles SS-20 en Europe de l’Est. L’OTAN a répondu par le déploiement de Pershing II. Le problème avec ces missiles était le faible temps d’alerte. Tirés à une distance relativement courte, ils menaçaient de submerger une des parties avant qu’elle ne puisse réagir. Les missiles ont ainsi détruit l’équilibre garanti par la destruction mutuelle assurée (MAD). Le traité INF a interdit ces missiles.

La Russie a déclaré pendant des années que les États-Unis avaient violé l’accord INF en installant des systèmes de défense antimissile en Europe destinés à détruire des missiles intercontinentaux nord-coréens et iraniens. Les missiles de défense antimissile pourraient éventuellement être armés d’ogives nucléaires et pourraient également être utilisés en mode sol-sol. (Les missiles US de défense aérienne Nike-Hercules précédemment déployés avaient de telles capacités.)

Les États-Unis nient que leurs systèmes de défense antimissile enfreignent l’INF et accusent la Russie d’enfreindre le traité en testant une version lancée depuis le sol de ses missiles Kalibr lancés en mer. La Russie nie avoir testé quelque chose qui n’est pas compatible avec le traité INF. S’il existe une version lancée du sol, elle est probablement confinée à une portée inférieure à 500 km et donc conforme à l’INF. La version lancée en mer a une portée de 2.500 kilomètres. Une variante d’exportation est limitée à 300 kilomètres. La version éventuellement lancée par voie terrestre est censée avoir une portée plus courte que le missile Kalibr original. Pour autant que le public soit informé, les missiles sont dotés d’ogives nucléaires.

Kay Baily Hutchinson, ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN, est une femme politique républicaine depuis longtemps mais elle est sans expérience militaire. Son choix de mots lors de la conférence de presse d’aujourd’hui était manifestement peu professionnel :

Question : […] Madame, pouvez-vous être plus précise sur le type d’informations nouvelles que vous apportez au débat concernant la violation du traité INF ? Et plus explicitement aussi, quel type de contre-mesures envisagez-vous ?

Ambassadeur Hutchison : Les contre-mesures consisteraient à supprimer les missiles développés par la Russie en violation du traité. Donc, ce serait finalement la contre-mesure. Nous essayons de ne rien faire qui puisse violer le traité de notre côté, qui autorise la recherche, mais pas le développement, et nous maintenons soigneusement les exigences du traité INF de notre côté, pendant que la Russie les viole. …

Les journalistes présents dans la salle ont été déçus par cette formulation agressive et ont poursuivi :

Question: Merci, ambassadeur. Lorne [Inaudible], Associated Press. Juste pour préciser un peu, quand vous avez parlé d’éliminer les missiles en développement, vous nous avez un peu excités ici. Voulez-vous dire que ceux-ci soient retirés ? Vous ne voulez pas réellement les éliminer de manière plus [inaudible] ?
Ambassadeur Hutchison: Eh bien, retirés, oui. Les amener à se retirer serait notre choix, bien sûr. Mais je pense que la question était : que feriez-vous si cela continuait à un point tel que nous sachions qu’ils sont capables de les utiliser ? Et à ce moment-là, nous examinerions alors la possibilité de détruire un missile qui pourrait frapper l’un de nos pays européens et l’Amérique par l’Alaska. C’est donc dans l’intérêt de tous, et du Canada également, je suppose. Nous avons donc notre risque nord-atlantique ainsi que le risque européen.

Alors, que va faire l’ambassadeur ? Bombarder la Russie après un désaccord sur les spécifications techniques d’un nouveau missile potentiel qui n’est même pas encore déployé ?

Cette absurdité survient quelques jours à peine après que le secrétaire américain à l’Intérieur, Ryan Zinke, a suggéré que la marine américaine impose un blocus à la Russie pour entraver son commerce de l’énergie.

Lorsque le traité INF a été signé, l’OTAN était loin de la frontière russe. Maintenant elle est directement dessus. Le gouvernement russe prend ces menaces au sérieux. Son porte-parole n’était pas amusé (traduction automatique du russe) :

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré mardi que l’Alliance de l’Atlantique Nord ne se rendait pas compte de ses responsabilités et des dangers d’une rhétorique agressive.

“Il semble que les personnes qui font de telles déclarations ne se rendent pas compte de leurs responsabilités et des dangers d’une rhétorique agressive. Qui a autorisé cette femme à faire de telles déclarations ? Le peuple américain ? Les Américains ont-ils conscience du fait que leurs soi-disant diplomates sont payés pour agir de manière agressive et destructrice ? Il est très facile de tout casser et détruire. Il est plus difficile de réparer. La diplomatie américaine a beaucoup à faire pour se remettre des conséquences de ses erreurs congénitales “, a déclaré Mme. Zakharova à la presse.

On espère que l’ambassadrice a dérapé dans sa réponse “sans appel “, sans quoi la Russie envisagerait probablement d’éliminer les armes anti-missiles que les États-Unis ont déployé en Europe, ce qui produirait certainement beaucoup de grain à moudre pour la catégorie “Troisième guerre mondiale” de la presse à sensation britannique.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Depuis que Moon of Alabama a écrit ce texte, Hutchinson a fait marche arrière en déclarant dans un tweet : "je ne parlais pas de frappe préventive contre le Russie. Je parlais de la nécessité pour la Russie de respecter l'INF sinon nous aurons à équilibrer notre puissance pour protéger les intérêts des États-Unis et de l'OTAN"

 

« Poudrière. Attentat en Iran, escalade et tensions en Syrie. La Russie fournit des missiles dernier cri !! »

« Poudrière. Attentat en Iran, escalade et tensions en Syrie. La Russie fournit des missiles dernier cri !! »

Publié par Brujitafr sur 25 Septembre 2018, 09:15am

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #POLITIQUE, #AIR DU TEMPS, #USA

« Poudrière. Attentat en Iran, escalade et tensions en Syrie. La Russie fournit des missiles dernier cri !! »

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Il y a quelques jours, un avion russe avec 15 militaires était abattu par la défense syrienne qui cherchait, semble-t-il, à abattre des avions israéliens qui s’étaient « cachés » derrière l’appareil russe.

Résultat, 15 morts russes, dont les autorités de Moscou tiennent pour responsables les autorités de l’État hébreu qui auraient prévenu des frappes trop tardivement, ne laissant pas la possibilité aux Russes de dégager l’espace aérien.

Vertement enguirlandés à Moscou, les militaires de Tsahal redoutaient la « riposte » russe. Inéluctable.

Moscou a donc annoncé qu’ils livreraient des S-300 à Damas des missiles antiaériens dont l’efficacité est susceptible de fermer le ciel syrien aux avions de chasse aussi bien israéliens que de la coalition internationale.

Voici l’article officiel côté russe de l’agence Sputnik.

« Suite à la catastrophe de l’Il-20 près des côtes syriennes, la Russie a pris la décision de livrer d’ici deux semaines des systèmes antiaériens S-300 à Damas, a déclaré la Défense russe.

La Russie livrera d’ici 15 jours des systèmes antiaériens S-300 à l’armée syrienne afin de renforcer ses capacités de combat dans le cadre de l’incident avec le crash de l’avion russe Il-20, a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

«Un système moderne de missiles sol-air S-300 sera livré aux forces armées syriennes d’ici deux semaines. Il est capable d’intercepter des moyens d’attaque aérienne sur une distance de plus de 250 km et de frapper simultanément plusieurs cibles aériennes», a-t-il expliqué.

Voici à quoi ressemble la portée de 250 kilomètres du complexe S-300 sur une carte de la Syrie.

M. Choïgou a notamment ajouté que doté d’une immunité au bruit ainsi qu’une cadence de tir élevée, le système serait en mesure de renforcer de manière significative les capacités de combat de la défense aérienne syrienne.

En outre, les postes de commandement syriens seront équipés de systèmes de contrôle automatisés fournis uniquement aux forces armées russes. Cela garantira notamment la gestion centralisée de toutes les forces et installations de défense antiaérienne syriennes, la surveillance des airs et une prise de décision rapide.

«L’essentiel est que l’identification de tous les avions russes par les moyens de défense antiaérienne syriens soit garantie», a poursuivi le ministre.

«Je souligne qu’en 2013, à la demande de la partie israélienne, nous avons suspendu la livraison d’un complexe S-300 à la Syrie, étant prêt à être envoyé et le personnel militaire syrien ayant suivi la formation nécessaire», a-t-il déclaré en ajoutant : «Aujourd’hui la situation a changé. Et ce n’est pas de notre fait».

Contactée par des journalistes, l’ambassade israélienne à Moscou a refusé de commenter cette décision de la Russie.

Selon Youri Chvytkine, vice-président de la commission de la défense et de la sécurité de la Douma (chambre basse du parlement russe), le complexe S-300 doit permettre de dissuader les États étrangers ayant l’intention de frapper la Syrie.

«Les aéronefs militaires étrangers qui franchissent la frontière syrienne avec des intentions incompréhensibles doivent comprendre qu’à tout moment ils peuvent être frappés, ils seront visés en cas de menace pour nos militaires. Ce sera l’un des facteurs dissuasifs pour les activités criminelles des États qui bombardent ou qui envisagent de le faire», a déclaré M. Chvytkine.

Le 17 septembre, la défense antiaérienne syrienne a ciblé par erreur un Il-20 russe avec 15 militaires à son bord. L’appareil se dirigeait vers la base aérienne de Hmeimim et a été abattu à 35 km des côtes syriennes. Le crash de l’avion a coïncidé avec un raid israélien contre la Syrie. La Russie accuse les pilotes israéliens d’avoir utilisé l’Il-20 comme couverture pour échapper aux missiles syriens. Israël n’est pas d’accord avec cette dernière affirmation. Selon lui, au moment du crash, les avions israéliens ayant attaqué la Syrie se trouvaient déjà dans l’espace aérien de leur pays, et les missiles syriens, dont un a frappé l’Il-20, partaient irrégulièrement et n’étaient pas ciblés. »

Washington a réagi rapidement à la décision russe de livrer des S-300 à la Syrie

Tandis que la Défense russe a annoncé qu’elle comptait livrer des systèmes antiaériens S-300 à Damas, Washington a affirmé y voir une escalade, a déclaré lundi John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du Président américain.

Le conseiller à la sécurité nationale du Président américain, John Bolton, a annoncé que les États-Unis jugeaient la décision russe de livrer des systèmes de défense aérienne S-300 à la Syrie comme une «escalade» dans la région.

Enfin, toujours dans la poudrière que représente le Moyen-Orient, l’ayatollah Ali Khamenei a nommé les commanditaires de l’attentat d’Ahvaz.

Et les responsables de l’attentat sont…

Selon l’ayatollah Ali Khamenei, l’attaque terroriste perpétrée lors du défilé militaire à Ahvaz a été commanditée par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Les auteurs de l’attentat qui a fait des dizaines de morts et blessés lors d’un défilé militaire à Ahvaz en Iran ont été payés par Riyad et Abou Dabi et soutenus par Washington, estime le guide suprême de la révolution islamique Ali Khamenei.

« Selon des rapports, cet acte lâche a été commis par des gens qui reçoivent une assistance américaine lorsqu’ils sont attrapés en Syrie et en Irak et qui sont payés par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis », a déclaré l’ayatollah, cité par son site officiel.

L’attentat d’Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, a été revendiqué par le groupe djihadiste Daech qui n’a cependant apporté aucun élément probant permettant d’accréditer sa revendication. Suite à l’attaque, l’Iran a convoqué les envoyés du Royaume-Uni, du Danemark et des Pays-Bas, après avoir accusé ces trois pays d’abriter des groupes d’opposition hostiles aux autorités de Téhéran.

L’ayatollah Ali Khamenei a promis que son pays « punirait sévèrement » tous ceux qui se trouvent derrière l’attaque d’Ahvaz.

C’est une guerre secrète menée contre la volonté de puissance nucléaire de l’Iran, Iran impliqué directement en Syrie, où les gardiens de la révolution et certaines forces spéciales du régime de Téhéran soutiennent directement le régime de Bachar el-Assad avec l’appui des milices du Hezbollah libanais.

Cette guerre « secrète » (mais c’est un secret de polichinelle) est la guerre d’Israël contre les capacités nucléaires et l’influence iranienne dans la région et dans son périmètre immédiat de défense. Cette guerre est menée avec l’appui inconditionnel de l’administration Trump qui n’a pas hésité à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les tensions montent, et les cours du pétrole, également. La poudrière moyen-orientale a rarement été aussi aussi explosive.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

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