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Des agents israéliens d’origine soviétique inflitrent les forces russes en Syrie et volent les secrets du missile sol sol tactique Iskander M

Des agents israéliens d’origine soviétique inflitrent les forces russes en Syrie et volent les secrets du missile sol sol tactique Iskander M

 19 heures ago Strategika51

Des agents israéliens d’origine soviétique parlant le russe comme langue maternelle ont réussi à infiltrer les forces armées russes déployées en Syrie depuis la Russie pour voler des composants essentiels du missile sol-sol tactique 9M723 Iskander et les détourner vers Israël via un marché noir d’armemement factice géré par le Mossad israélien. La variante avancée Iskander M équipe exclusivement les forces russes et n’a jamais été fournie à un pays tiers. Les agents israéliens Russophones ont donc infiltré la base militaire russe Basel Al-Assad/Hmeimim et seraient des militaires de carrière au sein de l’Armée russe.

Les secrets de l’Iskander M seraient donc entre les mains du Pentagone et de l’Otan.

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pour une histoire du traité FNI, de la crise des euromissiles à sa fin

 une histoire du traité FNI, de la crise des euromissiles à sa fin

Par Ilaria PARISI, le 1er mars 2020      

Dr. Ilaria Parisi, chercheuse associée au Centre interdisciplinaire d’études sur le nucléaire et la stratégie (CIENS), ENS-Ulm.

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Voici une remarquable mise en perspective de la fin de l’architecture sécuritaire du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI). Ilaria Parisi présente dans un premier temps le contexte politico-stratégique qui a produit cet accord : la crise des euromissiles entre 1977 et 1987. Ensuite, l’auteure analyse les enjeux de la négociation américano-soviétique qui aboutit au traité de 1987. Enfin, Ilaria Parisi esquisse les mutations dans le système international conduisant les Etats-Unis à se retirer du traité en 2019. Les alliés européens des États-Unis semblent avoir subi la décision américaine et attendent de savoir ce que Washington voudra faire de cette marge de manœuvre retrouvée vis-à-vis des FNI. La fin du traité sur les FNI amène donc les responsables politiques et la communauté stratégique à s’interroger sur l’avenir du régime de la maîtrise des armements dans sa globalité.

LE 2 août 2019, deux ans après son installation à la Maison Blanche en janvier 2017, le président américain Donald Trump retire les Etats-Unis du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI). Il s’agit du premier traité de désarmement nucléaire, conclu en 1987 après six ans de négociations intenses entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. La Russie post-soviétique, héritière de l’URSS en termes de droit international, a ensuite souscrit à ce texte le 3 novembre 1994, de même que la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine, qui hébergeaient des armes nucléaires soviétiques. En 2019, l’architecture sécuritaire dessinée par le traité FNI cesse d’exister. Cet acte soulève des réactions partagées dans la classe politique et dans la communauté stratégique américaine mais aussi européenne et asiatique. D’une part, certains appuient la décision de Donald Trump. Les services de renseignement américains ont prouvé que les Russes sont en violation du traité depuis le milieu des années 2010 et qu’ils ne montrent aucune intention de revenir en arrière. D’autre part, certains déplorent la décision américaine. Même si les violations russes sont un fait reconnu, la fin du traité FNI aura pour conséquence de fragiliser plus encore un régime de la maîtrise des armements déjà très affaibli.

La question se pose de savoir si le choix de Donald Trump se fonde sur des bases solides ou si, comme certains commentateurs l’affirment, il n’est que le résultat d’un choix idéologique qui tend à considérer tout accord du passé comme un frein à l’expression de la puissance américaine. Revenir sur l’histoire du traité FNI nous aidera alors à mieux comprendre pourquoi sa fin suscite autant d’émotions. Cela nous amènera à évoquer les enjeux du traité, ses atouts et ses faiblesses dans un contexte international qui est profondément différent avant et après 1987.

Ainsi, nous aborderons dans un premier temps le contexte politico-stratégique qui a produit cet accord : la crise des euromissiles entre 1977 et 1987 (I). Ensuite, nous analyserons les enjeux de la négociation américano-soviétique qui aboutit au traité de 1987 (II). Enfin, nous esquisserons les mutations dans le système international conduisant les Etats-Unis à se retirer du traité (III).

I. L’éclatement de la crise des euromissiles, 1977-1979

La crise des euromissiles est la dernière confrontation américano-soviétique de la Guerre froide (1947-1990 ou 1991). Elle est enclenchée par le déploiement des SS 20, des missiles soviétiques capables de neutraliser les défenses de l’Organisation du Traité de l’Atlantique du Nord (OTAN) en Europe de l’Ouest. Les membres européens de l’OTAN demandent aux Etats-Unis d’apporter une réponse au défi soviétique, ce qui sera fait par la double décision de l’OTAN, le 12 décembre 1979 [1].

A. Bref précis sur la stratégie nucléaire

On ne saurait comprendre l’ampleur politique de la crise des euromissiles sans revenir brièvement sur l’évolution de la stratégie nucléaire américaine depuis les débuts de la Guerre froide.

Les Américains sont la seule puissance nucléaire au monde jusqu’en août 1949, date du premier test atomique soviétique. Néanmoins, un test atomique ne signifie pas que les Soviétiques vont rattraper l’avance militaire et technologique américaine dans de courts délais. Tant que le Président des Etats-Unis peut compter sur la supériorité nucléaire américaine, les Etats-Unis adoptent une stratégie dite « des représailles massives » (1953), ensuite reprise par l’OTAN qui en fait son premier concept stratégique (1954). Par cette doctrine, les Etats-Unis menacent d’utiliser leurs armes nucléaires pour refouler une agression soviétique, qu’elle soit nucléaire ou conventionnelle. Cette stratégie s’étend bien évidemment aux alliés européens. L’OTAN n’a pas les moyens de mettre en place un plan de réarmement conventionnel capable de s’opposer aux forces de l’Armée rouge en Europe de l’Est ; la dissuasion nucléaire américaine est le dernier rempart pour protéger l’Europe de l’Ouest d’une agression soviétique.

La dissuasion américaine s’élargit donc aux alliés de l’Europe de l’Ouest, désemparés face à la menace soviétique. On parle ainsi de dissuasion américaine élargie à l’Europe, toujours un des piliers de la relation transatlantique en 2020.

Le primat nucléaire américain s’érode progressivement face à l’explosion de la première bombe H soviétique (1953, l’américaine explose en 1952) puis suite au lancement du Spoutnik en 1957 et enfin face à la catastrophe évitée de justesse lors de la crise de Cuba de 1962. Les deux Grands ont désormais les moyens de se détruire réciproquement et la certitude qu’une confrontation nucléaire imposerait au gagnant comme au perdant des pertes et des dégâts très importants. Le processus de la détente se met ainsi en place à la fin du mandat, brutalement interrompu, du président John Fitzgerald Kennedy (1961-1963) et continue sous ses successeurs, Lyndon Johnson (1963-1969) et Richard Nixon (1969-1974). Sur le plan stratégique, les deux Grands cherchent à réduire les chances d’entamer un conflit nucléaire. Cela donne lieu, entre autres, au premier traité d’interdiction partielle des essais nucléaires (1963), au traité de démilitarisation de l’espace (1967), au traité de non-prolifération des armes nucléaires (1968), au processus de limitation des forces stratégiques (SALT I, 1972) et au traité sur les antimissiles balistiques (ABM, 1972).

La fin du primat nucléaire américain entraîne un changement dans la doctrine stratégique. À la doctrine des représailles massives fait suite la doctrine de la « riposte graduée » que l’OTAN adopte en 1967. Dans le but d’éviter une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et l’Union soviétique, la dissuasion doit désormais agir à tous les niveaux de l’escalade. Le niveau stratégique est représenté par les armes intercontinentales, d’une portée supérieure à 5 500 km, déployées sur les territoires des deux Grands. Le niveau de théâtre ou intermédiaire est représenté par les armes d’une portée comprise entre 500 et 5 500 km, situées sur des espaces en dehors des territoires des deux Grands, tel l’espace européen. Le niveau du champ de bataille correspond aux lieux où se situent des armes d’une portée inférieure à 500 km [2].

La crise des euromissiles émerge au milieu des années 1970 sur la base des discussions entamées à l’OTAN à propos des actions à prévoir pour la mise en œuvre de la doctrine de la riposte graduée. Les SS-20 ne sont que l’étincelle qui enflamme une discussion plus politique que militaire, essentiellement transatlantique.

B. L’apparition des premiers SS-20

En 1975, le Secrétaire général soviétique Léonid Brejnev (1964-1982) approuve le déploiement des SS-20, qui démarre en 1976. Aucune discussion au Politburo ne semble avoir précédé cette décision : c’était une modernisation de routine [3]. Pourtant, dans le bloc occidental, ces missiles semblent introduire une amélioration qualitative de taille ; plus qu’une modernisation, les pays de l’OTAN y voient le déploiement d’armes nouvelles.

Les SS-20 sont des missiles de type sol-sol qui peuvent être déplacés grâce à un lanceur mobile. Ils ont une portée maximale de 5 000 km, ce qui en fait des armes de portée intermédiaire, et peuvent emporter jusqu’à trois têtes nucléaires [4]. Trois caractéristiques de ces missiles font penser qu’ils sont destinés à désarmer les moyens de l’OTAN en Europe de l’Ouest : leur emplacement à proximité de la frontière occidentale soviétique (des sites se trouvent à l’ouest de l’Oural) ; leur portée, qui peut atteindre toute l’Europe occidentale ; et surtout, leur marge d’erreur, estimée à seulement 300 mètres. Les missiles SS-4 et SS-5 que les SS-20 modernisent étaient des armes moins performantes, d’où le saut qualitatif qui intervient en 1976. A l’époque, l’OTAN n’a pas de systèmes de portée intermédiaire aussi performants : seul le recours aux armes stratégiques américaines pourrait constituer un moyen de dissuasion efficace face aux SS-20 soviétiques. Toutefois, l’utilisation des armes stratégiques américaines pourrait provoquer une riposte similaire de la part des Soviétiques, visant le territoire américain.

La question est donc posée : les Etats-Unis sont-ils disposés à risquer des frappes nucléaires soviétiques sur les villes américaines pour protéger les alliés européens ? C’est la question qui hante l’OTAN depuis sa fondation (1949) et qui revient en force lors de la crise des euromissiles.

C. Les incertitudes de l’engagement américain en Europe

Au milieu des années 1970, les Européens doutent déjà de l’efficacité de la dissuasion élargie américaine pour deux raisons. La première a trait à l’évolution des négociations américano-soviétiques sur la limitation des armements stratégiques (« Strategic Arms Limitation Talks » ou SALT). La deuxième raison tient aux difficultés rencontrées par l’OTAN dans la mise en œuvre de la doctrine de la riposte graduée.

Par les traités SALT I (1972) puis SALT II (1979, signé mais non ratifié), les Etats-Unis et l’Union soviétique établissent une parité approximative entre leurs arsenaux stratégiques. Ils s’ôtent ainsi les chances de remporter une confrontation nucléaire et l’intérêt de l’initier. Mais si Moscou et Washington se donnent ainsi le moyen de protéger leurs territoires respectifs d’une frappe nucléaire, aucune mesure de limitation des armements n’existe pour les armes nucléaires non stratégiques telles que les armes de portée intermédiaire. En effet, ces systèmes ne sont pris en compte dans aucune négociation. Ils rentrent dans la « zone grise » de la maîtrise des armements : le risque est de voir les deux Grands s’affronter par ces moyens sur des théâtres périphériques comme l’Europe. Les SS-20 sont bien des armes de la zone grise.

Les membres européens de l’OTAN, la République fédérale d’Allemagne (RFA) en tête, demandent fermement un renforcement de la dissuasion à l’échelon intermédiaire de la riposte nucléaire. La doctrine de la riposte graduée le prévoit depuis 1967 mais les pays de l’OTAN ont échoué à s’accorder sur les moyens de parvenir à cet objectif. Les Etats-Unis proposent de moderniser les armes nucléaires de courte portée, destinées à riposter à une agression soviétique sur le champ de bataille (que pourrait être l’Europe). En revanche, les Européens privilégient plutôt les moyens de longue portée, c’est-à-dire pouvant frapper le plus à l’Est possible, c’est-à-dire loin du territoire ouest-européen, voire du territoire européen tout court. Au milieu des années 1970, l’échelon intermédiaire de la riposte graduée manque encore d’armes adaptées à la mise en œuvre de cette doctrine. Ni les présidences de Richard Nixon (1969-1974) et de Gerald Ford (1974-1977) ni les premiers mois de la présidence de Jimmy Carter, qui s’installe en janvier 1977, ne permettent de trancher le débat [5].

Dans ce contexte, le déploiement des SS-20 se poursuit et inquiète à double titre. Au plan militaire, il annonce la possibilité d’une guerre nucléaire qui pourrait se dérouler sur le territoire européen, épargnant le territoire des deux Grands. Au plan politique, il pourrait permettre à Moscou de réaliser enfin son dessein politique pour l’Europe : éloigner les Etats-Unis, les amener à ne pas interférer dans les affaires européennes, et cela en maniant la menace d’une riposte nucléaire qu’ils pourraient éviter. Moscou resterait ainsi la seule grande puissance sur le continent. Certes, Washington rassure ses alliés quant au fait que la dissuasion élargie américaine reste l’ultime garantie de sécurité de l’Europe. Néanmoins, les Européens de l’Ouest redoutent que le grand allié ne se refuse le moment venu à risquer des représailles sur son propre territoire si Moscou limitait ses menaces ou son agression au seul territoire européen.

Seul le redressement de l’équilibre militaire, rompu par le nouveau déploiement soviétique, pourra rétablir la sécurité des pays d’Europe occidentale face aux visées de Moscou. L’OTAN est alors appelée à agir en ce sens.

D. Le discours de Londres de Helmut Schmidt et la double décision de l’OTAN de 1979

La République fédérale d’Allemagne est particulièrement inquiète du nouvel équilibre militaire qui est en train de se dessiner en Europe. L’Allemagne est l’objet du contentieux Est-Ouest, l’essence même de la confrontation bipolaire. Sur son territoire, les armées américaines et soviétiques se font face et le risque d’une confrontation s’aiguise à chaque renouveau de la tension Est-Ouest, et à chaque nouveau déploiement d’armes nucléaires. Le déploiement des SS-20 ne fait pas exception.

Au cours des réunions de l’OTAN de 1976 et 1977, le Chancelier Helmut Schmidt (1974-1982) invite les Etats-Unis à prêter une plus grande attention aux revendications sécuritaires de l’Europe de l’Ouest. Ces prises de position restent sans réponse. Le 28 octobre 1977, Schmidt présente publiquement ses réflexions sécuritaires lors du discours prononcé à l’« International Institute for Strategic Studies » (IISS) de Londres. Il demande que l’Europe fasse l’objet d’une plus grande attention lors des discussions de maîtrise des armements, afin que la parité que les deux Grands souhaitent fixer au niveau stratégique concerne aussi les autres niveaux de l’escalade, par la négociation ou, à défaut, la modernisation des armes. C’est le célèbre discours de Londres, qui est désormais connu pour avoir ouvert la crise des euromissiles. Les Etats-Unis prennent ainsi la mesure des inquiétudes de leurs alliés et se décident à agir.

Dès l’automne 1978, Washington élabore une « approche intégrée » au problème de la zone grise. Les Américains acceptent d’envisager la limitation des forces nucléaires intermédiaires dans un futur traité américano-soviétique SALT III, une fois SALT II signé. Si cela ne donnait pas de résultat, ils envisageraient une modernisation de ces armes en Europe. Cette approche se précise lors du sommet de la Guadeloupe du 4 au 6 janvier 1979 et débouche sur la « double décision » de l’OTAN le 12 décembre 1979. Les Etats-Unis s’engagent alors à moderniser les armes de portée intermédiaire de l’OTAN en Europe de l’Ouest par le déploiement au plus tard fin 1983 de missiles balistiques Pershing II et de missiles de croisière [6]. En parallèle, Washington ouvre des négociations avec Moscou pour fixer un plafond au nombre de missiles FNI autorisés au déploiement pour les deux pays. Si les négociations échouent, les premiers missiles seront déployés à l’échéance prévue.

En décembre 1979, la voie pour rétablir l’équilibre militaire en Europe est donc tracée : négocier le retrait des SS 20 et, à défaut d’accord, moderniser les forces de portée intermédiaire de l’OTAN.

II. Vers la signature du traité FNI, 1980-1987

Si la RFA provoque la double décision comme solution au déploiement des SS-20, une position épaulée d’ailleurs par les autres membres européens de l’OTAN, c’est aux Etats-Unis de négocier une limitation de ces systèmes avec l’Union soviétique. Ces négociations se déroulent de 1981 à 1987 et débouchent sur le traité FNI.

A. L’échec des négociations en 1983

Les négociations FNI démarrent à Genève en novembre 1981. Un résultat positif pourrait éviter le déploiement américain mais les conversations tombent vite dans l’impasse à cause des positions rigides des deux protagonistes.

D’une part, l’Union soviétique demande l’annulation du déploiement des missiles américains Pershing II et de croisière, prévu pour 1983, et exige de garder une partie des SS-20 déjà en place. En outre, la délégation soviétique à Genève, suivant les directives du gouvernement soviétique, pose comme condition la prise en compte des forces tierces françaises et britanniques, considérées comme des arsenaux de facto intégrés aux forces de l’OTAN. D’autre part, les Etats-Unis se disent prêts à renoncer au déploiement si Moscou retire tous les SS-20 déjà déployés. Cette proposition, mieux connue sous le nom d’« option zéro », est aussitôt rejetée par les Soviétiques. Quant aux forces tierces, les Etats-Unis refusent de les prendre en compte dans tout accord américano-soviétique, car les arsenaux français et britannique appartiennent à des pays souverains non impliqués dans les négociations.

Au fil des mois, ces positions ne changent pas. Un mouvement pacifiste et anti-nucléaire émerge en Europe, principalement dans la société civile, et demande haut et fort une solution négociée à la crise des euromissiles, mais sans effet. Les négociations sont un échec et l’équilibre militaire en Europe n’est rétabli que par le déploiement des premiers missiles américains fin 1983.

B. Les difficultés de l’après-1983

Suite au début du déploiement américain, les Soviétiques quittent les pourparlers de Genève. Les négociations FNI subissent ainsi un coup d’arrêt et leur reprise est incertaine.

Moscou et Washington ne veulent pas payer un prix politique trop important pour redémarrer leurs négociations en Suisse. D’une part, le gouvernement soviétique redoute qu’un retour hâtif à Genève ne se fasse aux conditions imposées par les Américains. D’autre part, le Président américain Ronald Reagan (1981-1989) ne veut pas faciliter le retour des Soviétiques à la table des négociations : c’est eux qui l’ont quittée, c’est à eux de faire le premier pas. Au plan stratégique, les relations américano-soviétiques se compliquent du fait de l’Initiative de défense stratégique (IDS) que Reagan lance le 23 mars 1983. Le président américain promet un monde libéré de la menace nucléaire grâce au déploiement d’un bouclier spatial. Le traité sur la limitation des systèmes anti-missiles balistiques (ABM) de 1972 pourrait ainsi devenir caduque, ce que les Soviétiques ne sont pas prêts à accepter.

L’inquiétude sur le dossier de l’espace devient finalement la cause du rapprochement américano-soviétique, quitte à devenir ensuite un sujet d’opposition. En mars 1985, les négociations de Genève redémarrent sous une nouvelle formule, les « Nuclear and Space Talks » (NST). Trois tables de négociations sont formées : sur les FNI, sur la réduction des armes stratégiques (START, continuation des SALT) et sur l’espace. L’aboutissement de ces trois négociations est censé déboucher sur la signature d’un seul et unique traité. Les dossiers START et FNI avancent, avec le dossier FNI qui paraît trouver une résolution lors du sommet de Reykjavik des 11 et 12 octobre 1986. À cette occasion, le président américain Ronald Reagan et le Premier secrétaire soviétique Mikhaïl Gorbatchev (1985-1991) se disent d’accord sur l’élimination des FNI d’Europe. Pourtant, le dossier de l’espace soulève des controverses insurmontables et la conclusion d’un accord global est ainsi retardée.

C. Le tournant de 1987

Si le traité sur les FNI a pu être signé en 1987, c’est grâce à une plus grande flexibilité de l’Union soviétique dont l’Alliance atlantique ne peut que profiter.

Après son arrivée au pouvoir en mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev s’efforce de créer un climat apaisé dans les relations soviéto-américaines et soviéto-européennes. Cela lui permettrait d’appliquer avec plus de sérénité les politiques de la glasnost (transparence) et de la perestroïka (restructuration), vouées à refonder les bases du système soviétique. Le dossier de la maîtrise des armements lui fournit le moyen de parvenir à cet objectif. Le 27 février 1987, Gorbatchev propose de délier le paquet FNI des autres négociations qui ont cours dans le cadre des NST. Si le sommet de Reykjavik a été un échec, il a tout de même montré la volonté commune des Etats-Unis et de l’Union soviétique de résoudre la crise des euromissiles par l’élimination des FNI d’Europe. Au lieu de signer un traité NST unique, Gorbatchev se résout à signer des traités séparés. En avril 1987, il précise son offre : en plus de l’élimination des missiles intermédiaires de longue portée, objet des négociations qui avaient démarré en 1981, il propose aussi l’élimination des missiles intermédiaires de courte portée, les SRINF (« Short-Range Intermediate Nuclear Forces »). Il ajoute que ces dispositions concernent tous les systèmes FNI des Etats-Unis et de l’Union soviétique, où qu’ils soient : en Europe, mais aussi en Asie, où il y a quelques SS-20 qui pourraient être déplacés en Europe du fait de leur mobilité.

Ronald Reagan réagit positivement aux propositions soviétiques de février et d’avril 1987 mais il ne peut décider seul de la suite à y donner. Après avoir enclenché le processus qui conduisit à la double décision, l’Europe suit de près l’évolution des négociations américano-soviétiques de Genève. Au sein du groupe spécial de consultation (« Special Consultative Group ») de l’OTAN ou dans leurs relations bilatérales avec l’allié américain, les Européens sont informés de la position de Washington dans les négociations et expriment leur opinion sur le déroulement des pourparlers de Genève. Certes, Washington détermine en dernière instance sa position dans les négociations car toute clause approuvée à Genève affecte les forces américaines et non pas celles des Européens. Pourtant, les FNI sont des systèmes affectés à la sécurité européenne : toute décision à leur égard aura inévitablement des répercussions sur la sécurité du continent. D’où l’intérêt américain de s’assurer de l’appui des alliés européens et d’expliquer des prises de position qui pourraient enclencher une crise transatlantique.

L’élimination des FNI pourrait entraîner une telle crise. Les membres européens de l’OTAN s’inquiètent de la présence sur le sol européen d’armes nucléaires d’une portée en dessous du seuil initialement retenu pour les FNI (1 000 kilomètres). À cela s’ajoute la supériorité soviétique persistante en armes conventionnelles, problème auquel l’OTAN avait fait face par le biais de la dissuasion nucléaire. La proposition de Gorbatchev d’avril 1987, consistant à éliminer les SRINF, est censée apaiser les craintes européennes. Or, elle ne fait que les attiser. En premier lieu, les armes du champ de bataille (0-500 kilomètres de portée), restent en place. En deuxième lieu, la question se pose de savoir quel sera le sort de la doctrine de riposte graduée si les armes de portée intermédiaire que l’OTAN avait mises en place pour renforcer la dissuasion à l’échelon intermédiaire de l’escalade nucléaire sont amenées à disparaître.

Ces inquiétudes sont portées à l’attention des Etats-Unis mais elles n’empêchent pas l’Europe de l’Ouest de donner son aval à un accord sur les FNI tel qu’il est proposé en avril 1987 par Gorbatchev. Au fond, ce sont les Etats-Unis qui avaient proposé l’option zéro en 1981 ; ils ne peuvent pas la refuser en 1987.

D. Les dispositions du traité et sa mise en œuvre

Le traité FNI est signé le 8 décembre 1987 lors du sommet américano-soviétique de Washington [7]. Il entre en vigueur en juin 1988.

Il prévoit le démantèlement et la destruction des missiles américains et soviétiques de type sol-sol d’une portée comprise entre 500 et 5 500 kilomètres, dans un délai de trois ans après l’entrée en vigueur du traité, soit 1991. Ces mesures concernent tous les missiles de type FNI, nucléaires ou conventionnels. Les lanceurs et tout équipement associé à ces missiles doivent également être démantelés et détruits. En outre, les deux parties s’engagent à ne plus produire, tester et déployer de tels systèmes. Le traité précise que toutes les phases de la procédure de démantèlement et de destruction doivent être documentées et vérifiables. Chaque pays peut utiliser ses radars pour s’assurer du démantèlement des installations de l’autre. Si une anomalie est détectée, une procédure d’inspection sur place peut être demandée. C’est la première fois que les Etats-Unis et l’Union soviétique acceptent d’inclure une telle clause de vérification dans un traité ; l’Union soviétique s’y était toujours refusée [8]. En 1991, les FNI ont disparu des arsenaux américain et soviétique.
Ces systèmes ne représentent que 5 % des forces nucléaires des deux pays mais l’élimination d’une catégorie entière d’armements fait espérer en 1987 que la voie vers le désarmement nucléaire est enfin ouverte.

III. La fin du traité FNI

La signature du traité FNI en 1987 est due essentiellement à deux facteurs. D’une part, elle est le fruit d’une entente politique entre les Etats-Unis et l’Union soviétique. D’autre part, elle est le résultat de la cohésion de l’OTAN face au défi posé par les SS-20. L’entente américano-russe et la cohésion entre les Etats-Unis et leurs alliés se sont progressivement effritées dans les années qui ont suivi la fin de la Guerre froide (1990-1991) et cela a affecté le traité FNI.

A. La dégradation des relations américano-russes

Avec l’effondrement de l’Union soviétique en 1990-1991, les Etats-Unis semblent se positionner en grands gagnants de la Guerre froide. Pourtant, les relations américano-russes de l’après-Guerre froide sont complexes.
Dans les années 1990, la Russie doit reconstituer les bases de sa légitimité, aux plans politique, économique, social, militaire et surtout international. Pour ce faire, l’entente avec les Etats-Unis et les pays occidentaux reste indispensable, autant pour prévenir une course aux armements qui épuiserait les faibles ressources russes que pour redevenir un acteur international de taille. Le rapprochement russo-américain s’impose comme une nécessité pour le gouvernement russe et certains exemples en témoignent. Au plan stratégique, cela permet la signature des traités de réduction des armes nucléaires stratégiques START I (1990), START II (1993), START III (1997). Au plan politique, l’OTAN ouvre un dialogue avec la Russie, qui s’exemplifie dans le Partenariat pour la paix (1994) et la création du Conseil OTAN-Russie (2002). Les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et la lutte contre le terrorisme qui s’ensuit renforcent les liens russo-occidentaux, mais cette situation n’est pas destinée à perdurer [9].

Malgré l’effort fait de part et d’autre pour entretenir des relations apaisées, les divergences entre les Etats-Unis et la Russie apparaissent au fil de l’eau. Au plan stratégique, de nouvelles menaces montent en puissance au Moyen-Orient (Iran) et en Asie (Corée du Nord) au début des années 1990. La prolifération de missiles balistiques dans ces pays pourrait affecter les intérêts américains dans ces régions du monde, mais aussi la Russie du fait de leur proximité géographique. Ces menaces sont d’autant plus sérieuses que ces pays cherchent à acquérir des capacités nucléaires. Face à ce qu’on appelle désormais le deuxième âge nucléaire, soit une prolifération nucléaire en dehors du cadre de la confrontation bipolaire américano-soviétique de la Guerre froide [10], la dynamique russo-américaine de désarmement initiée par le traité FNI et poursuivie après la fin de la Guerre froide va s’estomper. Face à l’émergence de ces nouvelles menaces, le Congrès américain revient sur l’opportunité de se doter d’une défense anti-missile dès le début des années 1990. Le président George W. Bush (2001-2009) dénonce le traité ABM en décembre 2001. Au milieu des années 2010, l’évolution de l’architecture du système anti-missiles américain va aiguiser les tensions avec Moscou. Une partie du système ABM américain sera déployée en Roumanie, sous couvert d’une volonté de parer les nouvelles menaces balistiques en provenance de l’Iran. Le site est choisi en 2013 (et devient opérationnel en 2018). Le gouvernement russe accepte avec suspicion les raisons américaines qui voient les installations européennes comme une parade face à la menace iranienne et dénonce en revanche le système comme une atteinte américaine à l’efficacité de la dissuasion russe.

Le rapprochement russo-américain de la fin des années 1990-début 2000 cache ainsi les germes de la rivalité russo-américaine qui explose en 2014 suite à l’annexion russe de la Crimée. Bien que l’entente avec les Américains soit indispensable au gouvernement russe pour redevenir un acteur international, les Russes n’ont pas l’intention de subir les initiatives américaines. Vladimir Poutine est l’homme qui incarne la volonté russe d’une plus grande liberté d’action sur le plan extérieur et d’une plus grande assurance face à l’allié-rival américain. Il devient Président de la Fédération de Russie en 2000 et au fil de ses mandats (Président de 2000 à 2008, Premier ministre de 2008 à 2012, à nouveau Président de 2012 à aujourd’hui), il fait du renforcement de l’outil militaire russe l’un des éléments de la puissance de son pays. La composante nucléaire tient une place de taille dans son discours, comme le prouve son discours très médiatisé du 1er mars 2018, au cours duquel il annonce l’intégration à l’arsenal russe d’une « super-arme » aux contours flous [11].

Ainsi s’installe une dynamique russo-américaine d’affirmation de puissance et de suspicions réciproques à propos des solutions envisagées pour faire face aux menaces émergentes. Le processus de désarmement initié à la fin de la Guerre froide s’en trouve profondément affecté et le traité FNI, après le traité ABM, en paie les frais.

B. Retour sur la décision de 2019

Les Etats-Unis annoncent le 20 octobre 2018 vouloir sortir du traité FNI. Face aux violations russes, que le Département d’Etat dénonce depuis 2014, et à la réticence de Moscou à les reconnaître et y remédier, Donald Trump estime qu’il n’y a plus de raison que les Etats-Unis restent liés à un accord que l’autre partie ne respecte plus.

Pourtant le gouvernement russe avait manifesté le premier ses réserves au sujet du traité FNI. Le 25 octobre 2007, lors de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), la Russie obtient l’appui des Etats-Unis à sa proposition d’élargir le traité FNI aux puissances productrices de ces missiles. Néanmoins, les Etats-Unis offrent un appui purement formel, qui n’est pas suivi par des initiatives sérieusement vouées à élargir le traité aux puissances qui sont dans la ligne de tir de la proposition russe : la Corée du Nord, la Corée du Sud, l’Inde, l’Iran, le Pakistan, Israël [12] ; certains de ces pays sont des alliés des Américains (Corée du Sud, Israël, Pakistan). Prenant acte de la réticence américaine, Moscou entreprend discrètement la construction d’un missile de type FNI.

En 2015, les Etats-Unis accusent Moscou de tester un missile de croisière d’une portée estimée entre 500 et 5 000 kilomètres. Début 2017, des rumeurs filtrent dans la presse : les Russes seraient en train de déployer le système incriminé, en flagrante violation du traité FNI. En 2019, les Etats-Unis précisent les contours de la violation russe : il s’agit du système 9M729, ou SSC-8 selon la terminologie de l’OTAN, un missile sol-sol d’une portée estimée à 2 500 km [13]. Les violations russes du traité, et le refus d’admettre ces violations, offrent à Donald Trump une raison de sortir du traité FNI et de se donner des options militaires supplémentaires face aux puissances émergentes. Le 2 février 2019, Trump notifie la Russie de sa décision de retirer les Etats-Unis du traité FNI. Moscou rejette les accusations américaines et s’en prend aux installations européennes du système anti-missile américain ; en particulier, Poutine pointe du doigt le site qui se trouve en Roumanie. Le gouvernement russe prétend qu’une composante de ce site, le missile Mk-41, peut être converti en missile sol-sol de portée intermédiaire, ce qui serait une violation américaine du traité FNI [14].

Le 2 août 2019, la décision américaine prend effet. De son côté, la Russie affirme qu’elle n’a plus de raison de se considérer liée par ce traité [15]. Quant aux Etats-Unis, ils n’ont en février 2020 toujours pas annoncé comment ils comptent utiliser cette marge de manœuvre retrouvée au sujet des systèmes FNI.

Les experts stratégiques formulent des hypothèses. D’une part, la décision prise par Donald Trump pourrait permettre aux Etats-Unis de se doter de plus d’options face à la montée de la menace chinoise. Entre 80 et 90 % du parc des missiles chinois est de type FNI, alors que les forces américaines, dont certaines se trouvent dans la région de la mer de Chine, n’en sont pas dotées. Si un déploiement de missiles sol-sol américains dans la région n’est pas encore envisagé, la Chine ne peut pas ignorer que cela pourrait bien se produire un jour. D’autre part, la menace chinoise et les violations russes du traité FNI pourraient être des raisons d’importance secondaire pour sortir du traité. Philippe Gros de la Fondation pour la Recherche Stratégique (Paris) affirme que cette décision pourrait s’inscrire dans le plan de modernisation de l’Armée américaine. Enfin, nous l’avons dit dès l’introduction, les experts soulignent aussi que la décision américaine pourrait avoir essentiellement des contours idéologiques : l’administration Trump, sous l’impulsion du conseiller à la sécurité nationale John Bolton (2018-2019) refuse de se soumettre aux lois des traités internationaux quand ceux-ci fixent une infériorité américaine, comme c’était le cas pour le FNI en 2019 [16].

C. Des relations difficiles entre les Etats-Unis et leurs alliés

Pendant la crise des euromissiles, les pays européens de l’OTAN insistèrent pour que les Etats-Unis s’intéressent à la question de la prolifération des systèmes de portée intermédiaire. En 2019, d’après les sources ouvertes dont nous disposons, Donald Trump et son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, seraient les seuls responsables de la décision américaine de mettre un terme au traité.

Les alliés européens des Américains sont loin d’approuver la décision de Washington. Quand Donald Trump annonce son intention de retirer les Etats-Unis du traité sur les FNI le 20 octobre 2018, les Européens cachent leur surprise et s’en tiennent à des réactions prudentes pour éviter une confrontation avec l’allié. Les violations russes sont certes reconnues mais l’accent est mis sur la nécessité de renforcer le traité au lieu de l’abandonner [17]. Ces espoirs s’évanouissent définitivement le 2 août 2019.

Les alliés des Etats-Unis semblent donc avoir subi la décision américaine et attendent de savoir ce que Washington voudra faire de cette marge de manœuvre retrouvée vis-à-vis des FNI. Tous redoutent une éventuelle décision américaine consistant à déployer des missiles de portée intermédiaire, fût-ce en nombre limité. Le Japon s’en inquiète. Au vu de sa proximité avec la Chine, le gouvernement japonais pourrait être sollicité pour héberger un certain nombre de missiles américains si les Etats-Unis décidaient d’en déployer. Même si l’alliance avec Washington demeure pour le Japon une garantie de sécurité face à un contexte stratégique de plus en plus instable, le gouvernement ferait fort probablement face à une opinion publique hostile à l’installation d’armes américaines. D’ailleurs, si une telle perspective devait se produire en Europe, la réaction des opinions publiques ne serait pas différente.

Lors de la crise des euromissiles, les consultations entre les Etats-Unis et l’Europe avaient permis à l’OTAN de mettre en œuvre la double décision de 1979 dans ses deux volets, la négociation et le déploiement ; de cette consultation naît l’accord européen à l’élimination des armes FNI, malgré les désaccords qui persistent sur la manière de se parer contre les autres menaces nucléaires (armes de 0-500 km de portée) et conventionnelles qui pèsent sur le continent. En 2019, l’administration Trump semble peu intéressée par le bénéfice que les consultations avec les alliés pourraient apporter à la mise en œuvre de la stratégie américaine face aux nouvelles puissances émergentes [18]. La fin du traité FNI a suscité des réactions contrariées, mais tout de même gérées dans les cercles atlantiques. Pour faire un parallèle, il n’y a pas eu un Helmut Schmidt remettant publiquement en cause la stratégie américaine mettant fin au traité FNI. Une décision de Washington qui irait dans le sens d’un déploiement de nouvelles armes, sans en avoir informé au préalable les pays intéressés, pourrait en revanche être la cause d’une crise profonde entre les Etats-Unis et leurs alliés, dont les traces resteraient pour longtemps. Pour l’instant, l’option n’est pas sur la table, mais la communauté des experts stratégiques n’exclut pas cette possibilité.

*

Si nous revenons à la question initiale à propos de la légitimité de la décision de Donald Trump d’amener les Etats-Unis à quitter le traité sur les FNI de 1987, nous pouvons affirmer que la signature du traité FNI et la décision américaine d’y mettre fin ont une même cause : la présence d’un changement stratégique susceptible d’affecter les intérêts américains sur les moyen et long termes. Néanmoins, ces deux actions ont une portée très différente. Le traité de 1987 laisse envisager le début d’une nouvelle ère dans les relations entre les deux grands ennemis de la Guerre froide. En revanche, la décision américaine de 2018 de sortir du traité FNI ouvre une période de grande incertitude. Les relations russo-américaines sont à nouveau très difficiles. Le régime de la maîtrise des armements s’affaiblit, pas tant à cause de la fin du traité FNI per se que de l’attitude insouciante de l’un des principaux garants de ce régime, les Etats-Unis. Enfin, les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés se tendent du fait du peu d’empathie américaine envers les intérêts de sécurité de ses partenaires.
La signature du traité sur les FNI n’aurait pas été possible en 1987 sans la volonté politique des leaders américain et soviétique de parvenir à cet accord. De même, l’Alliance atlantique ne serait pas arrivée au bout de cette épreuve sans la concertation entre les Etats-Unis et les Européens de l’Ouest sur la réaction à adopter face à la menace des SS-20, puis sur la nécessité de déployer des missiles malgré l’opposition des opinions publiques européennes et enfin sur l’inévitable acceptation des offres de Gorbatchev en 1987.

La fin du traité sur les FNI amène les responsables politiques et la communauté stratégique à s’interroger sur l’avenir du régime de la maîtrise des armements dans sa globalité. Les traités conclus pendant la Guerre froide peuvent nécessiter une mise à jour au vu des changements intervenus depuis la fin des années 1980 (nouveaux acteurs, nouvelles menaces, nouvelles technologies). Pourtant, les grandes questions qui étaient valables pendant la Guerre froide le restent en 2020 : y-a-t-il une volonté politique de continuer le dialogue sur la maîtrise des armements ? Comment peut-on impliquer les nouveaux acteurs stratégiques ? Y-a-t-il des sujets d’intérêt commun, si controversés soient-ils, qui puissent jeter les bases d’un nouveau dialogue sur la maîtrise des armements ? À partir du moment où les grandes et moyennes puissances impliquées dans ce renouveau de la confrontation stratégique auront consenti à répondre à ces questions, le processus de la maîtrise des armements pourra reprendre son cours.

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Mots-clés : Union européenneEtats-UnisGéopolitique1977197919801987OTANUnion soviétique (URSS)MissilesCriseEurope géographiqueStratégie2017Dissuasion nucléaire 20202019

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Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs

Décidément, les israéliens persistent à utiliser des avions civils comme des boucliers derrière lesquels ils cachent leurs avions pour lancer des attaques contre des objectifs militaires à l’intérieur de la Syrie. La dernière attaque impliquant des F-16D et des F-35I confirme encore une fois cette tactique de l’aviation de combat israélienne: Deux appareils civils, l’un assurant le vol Beyrouth(Liban)-Doha (Qatar) et l’autre Basel (Suisse)-Doha (Qatar), ont servi à leur insu de boucliers aux avions de combat israéliens ayant lancé des dizaines de missiles de croisière de type Delilah sur des objectifs situés à Homs.

Les pilotes israéliens ont non seulement mis en danger les équipages et les passagers de ces deux vols mais escomptaient tromper les radars de la défense aérienne syrienne et russe afin de les amener à abattre les deux appareils civils. L’un des deux avions civils est un Airbus A330-243F de Qatar Cargo qui a été dérouté par la défense aérienne syrienne après l’activation des batteries SAM à Homs tandis que l’autre appareil reçut une consigne d’interdiction de survol à la dernière minute. Cela signifie que les opérateurs syriens et russes ont appris à gérer ce type de piège.

Cela signifie également que les avions de combat israéliens, y compris l’avion de combat furtif de cinquième génération F-35I dans sa variante israélienne ne parviennent toujours pas à pénétrer l’espace aérien syrien par l’Ouest.

Les israéliens accusent depuis longtemps leurs adversaires palestiniens d’utiliser des boucliers humains pour justifier leurs bavures. Or force est de constater que dans le conflit du Levant, les israéliens n’hésitent nullement à se planquer derrière des avions civils se dirigeant vers l’espace aérien libanais ou syrien pour tenter de leurrer les radars militaires syriens et lancer leurs missiles de croisière en toute sécurité. Une sur-réaction de la défense aérienne syrienne pourrait causer la perte d’un avion civil tiers. Ce qui donnera aux médias des pays hostiles à la Syrie et à la Russie une occasion de plus pour accuser Damas et Moscou d’abattre des avions civils.

Cela démontre le degré de sang-froid nécessaire pour contrer ce type d’attaques vicieuses menés par un ennemi connu pour abhorrer toute forme de Fair-Play ou des règles d’engagement.

La plupart des missiles de croisière Delilah ont été interceptés et contrés lors de la phase d’approche finale de la cible pour éviter toute erreur possible. Encore une fois, le bon vieux système Buk-M2E a démontré sa remarquable efficacité. Une efficacité dépassant celle du Pantsir S-1 même si les deux systèmes ne sont pas destinés à la même catégorie.

Personnel d’une batterie SAM Buk-M2E de la défense aérienne syrienne

Le conflit au Levant est l’un des plus complexes de l’histoire contemporaine et ce type de tactiques déloyales utilisés par les israéliens démontrent que l’absence apparente de réaction syrienne ou russe ne s’apparente pas à une inertie mais à une adaptation des moyens de riposte.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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3 Replies to “Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs”

  1.  gossebo dit :A signaler que ce vol aussi risque un jour de se retrouver menace: https://zupimages.net/up/20/10/kiif.jpgchargement…Répondre
  2.  gossebo dit :Je me doutai que ldes vols en question c’etaient de Qatar Airways, ils passent toujours par la a des heures bien precises et ce tout les jours, il faudrait que les dirigents de la compagnie qatari se penchent serieusement sur cette question, s’ils ne veulent pas qu’un de leur A320, qui passe par la toutes les nuits ne se retrouve au tapis avec des centaines de morts sur les bras!chargement…Répondre
  3.  rocbalie dit :les Russes sont toujours dans la réaction c’est sans doute ce qui les perdra car seul l’effet de surprise désorganise des forces militaires !
  4. https://strategika51.org/2020/03/06/les-avions-de-combat-israeliens-f-16d-et-f-35i-ont-utilises-deux-vols-civils-comme-boucliers-pour-leurrer-la-defense-aerienne-syrienne-et-lancer-des-missiles-de-croisiere-delilah-sur-des-objectifs-sit/

Les Houthis lancent de nouvelles attaques de missiles et de drones contre les installations pétrolières de l’Etat saoudien

Les Houthis lancent de nouvelles attaques de missiles et de drones contre les installations pétrolières de l’Etat saoudien


Par Ahmed Abdulkareem − le 21 février 2020 − Source Mint Press News

Al-JAWF, YEMEN – Les forces armées du Yémen, alliées aux Houthis, ont lancé une attaque contre des installations vitales, appartenant à Saudi Aramco, situées dans la province occidentale de Médine, Arabie Saoudite, à environ 165 kilomètres à l’ouest de la ville de Médine. L’attaque a eu lieu vendredi avec le lancement de missiles balistiques et de drones. Il s’agit de représailles contre les attaques saoudiennes meurtrières qu’a subi la province d’al-Jawf, au Yémen, vendredi dernier.

Le porte-parole de l’armée yéménite, le général de brigade Yahya Saree, a déclaré lors d’une conférence de presse vendredi que l’armée yéménite avait frappé des installations pétrolières, en plus de sites sensibles, dans la ville portuaire saoudienne de Yanbu dans le cadre de l’opération nommée « The Third Balance of Deterrence « . Saree a révélé que les forces yéménites ont utilisé un escadron de 12 drones de combat Sammad-3 (Invincible-3) ainsi que des missiles balistiques ailés et à longue portée pour mener les attaques. Il a ajouté que c’était pour se venger des attaques saoudiennes, notamment celle de vendredi dernier sur la province d’al-Jawf, et a confirmé que l’Arabie saoudite subira des frappes douloureuses si elle continue son assaut contre le Yémen.

Le 18 septembre 2019, l’Armée yéménite annonçait le début de l’opération « Second Balance of Deterrence » qui a frappé les usines de traitement du pétrole et du gaz de Saudi Aramco à Abqaiq et Khurais dans les provinces orientales riches en pétrole du Royaume. Les États-Unis et certains de leurs alliés ont accusé l’Iran de cette attaque.

L’Arabie Saoudite, pour sa part, affirme avoir « abattu des missiles tirés du Yémen ». Le porte-parole de la coalition saoudienne, Turki al-Maliki, a déclaré : « Les missiles ont été tirés par le groupe militant Houthi, allié à l’Iran », ajoutant : « ils ont été lancés de manière systématique et délibérée pour cibler les villes et les civils, ce qui constitue un défi flagrant au droit humanitaire international ». Il n’y a pas encore eu de commentaire officiel de l’Arabie Saoudite sur les attaques contre ses installations pétrolières et le nombre de victimes n’a pas non plus été révélé.

Le week-end dernier, environ 35 personnes ont été tuées et 23 autres blessées lorsque la coalition dirigée par les Saoudiens a frappé la zone d’al-Hayjah dans le quartier d’al-Jawf de cinq bombardements aériens, y compris des attaques à double frappe, qui ont causé d’énormes dégâts dans le quartier. Les attaques à double frappe, largement pratiquées par l’Arabie Saoudite, sont des attaques au cours desquelles des avions militaires retournent sur les lieux d’un raid aérien pour cibler les premiers intervenants et les civils qui se rassemblent sur les lieux.

Au moins 10 civils ont été tués dans les attaques à double frappe d’al-Hayjah alors qu’ils se rassemblaient près de l’épave d’un avion de guerre saoudien qui a été abattu pendant l’attaque, ont déclaré à MintPress des témoins sur place.
Le ministère de la santé yémenite, basé à Sanaa, a déclaré dans un communiqué que les bombardements aériens saoudiens ont tué 35 civils au total, dont 26 enfants, et que 23 civils ont été blessés, dont 18 enfants. Le bureau du coordinateur humanitaire de l’ONU pour le Yémen a donné un chiffre plus bas, déclarant que « les rapports de terrain indiquent que, le 15 février, 31 civils ont été tués et 12 autres blessés au cours de bombardements qui ont touché une zone du gouvernorat d’Al-Jawf ».

Lise Grande, coordinatrice des Nations unies, a dénoncé ces bombardements, déclarant : « En vertu du droit humanitaire international, les parties qui ont recours à la force sont tenues de protéger les civils. Cinq ans après le début de ce conflit, les belligérants n’assument toujours pas cette responsabilité. C’est choquant ».

Le groupe humanitaire international, Save the Children, qui est très actif au Yémen, a déclaré : « Cette dernière attaque doit faire l’objet d’une enquête urgente et indépendante, et les auteurs doivent rendre des comptes ». Xavier Joubert, le directeur du groupe au Yémen, a ajouté : « Ceux qui continuent à vendre des armes aux parties en guerre doivent se rendre compte qu’en fournissant des armes pour cette guerre ils contribuent à rendre des atrocités comme [celle-ci] bien trop courantes. »

De grands rassemblements ont également eu lieu dans de nombreux districts du Yémen pour dénoncer les attaques, notamment à Sana’a, Ibb, Reimah, Dhamar, Hajjah et Hodeida. Les manifestants portaient des banderoles arborant des messages de vengeance, des promesses de représailles envers la coalition dirigée par les Saoudiens et des promesses de résistance contre les forces étrangères au Yémen. Les manifestants ont également appelé les gouvernements occidentaux à respecter les droits de l’homme et à cesser de fournir des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Les pays de la coalition, dirigée par l’Arabie saoudite, mènent une guerre meurtrière contre le Yémen depuis mars 2015, en utilisant des armes et des renseignements fournis par des pays occidentaux, notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Canada.

Rien que le mois dernier, au moins 30 civils ont été tués et blessés suite aux frappes aériennes de la coalition saoudienne au Yémen, selon le Centre des droits de l’homme du gouvernement yéménite. Un nouveau rapport de ce centre montre que les avions de combat de la coalition ont lancé 164 frappes aériennes et largué 1 258 obus et missiles sur 18 immeubles résidentiels, 71 zones résidentielles, sept fermes, un aéroport, une école et une université.

L’association américaine à but non lucratif Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED), une organisation de recherche sur les conflits, estime que cette guerre a fait plus de 100 000 morts au cours des cinq dernières années. De plus, le blocus de la coalition en matière de nourriture et de médicaments a plongé le pays dans une famine sans précédent et a déclenché une épidémie mortelle de maladies évitables qui ont coûté la vie à des milliers d’autres personnes.

L’étincelle qui a allumé la mèche

En fin de semaine dernière, les unités de défense aérienne houthi ont réussi à cibler et à abattre un avion de combat Tornado multi-rôle au-dessus du ciel d’al-Jawf avec un missile sol-air avancé, un revers pour une alliance militaire connue pour sa suprématie aérienne et signalant un nouveau degré atteint par l’arsenal militaire de plus en plus puissant des Houthis.

L’armée yéménite, alliée aux Houthis, a diffusé des images du lancement de leur missile sol-air avancé et du moment où il a frappé l’avion de chasse dans le ciel nocturne, l’envoyant s’écraser en une boule de feu.

Samedi dernier, la coalition saoudienne a publié une déclaration confirmant le crash et affirmant que « deux officiers se sont éjectés de l’avion avant qu’il ne s’écrase », que les Houthis leur ont tiré dessus en « violation du droit international humanitaire »« La vie et le bien-être de l’équipage sont sous la responsabilité des Houthis », ajoute la déclaration.

Une source Houthi qui souhaite garder l’anonymat car elle n’est pas autorisé à parler sur le sujet, a déclaré à MintPress qu’après l’écrasement de l’avion, les avions de guerre de la coalition saoudienne ont lancé des frappes aériennes dans l’espoir de tuer l’équipage de l’avion avant qu’il ne puisse être capturé, il a ajouté que les membres d’équipage capturés n’étaient pas des ressortissants saoudiens, mais il a refusé de dire d’où ils venaient, disant seulement d’un « pays occidental ». Les Houthis ont finalement réussi à capturer l’équipage et à le déplacer vers un endroit sûr. L’un d’entre eux est gravement blessé, selon la source Houthi, qui a déclaré que ces faits révèlent que d’autres pays sont directement impliqués dans la guerre, non seulement en fournissant à l’Arabie saoudite des armes interdites au niveau international, mais aussi des pilotes militaires.

Ces derniers développements surviennent alors que de violents combats enflamment al-Jawf, où les forces houthies avancent sur plusieurs fronts vers Al-Hazm, la capitale régionale de la province. Al-Jawf est désormais principalement contrôlée par les forces houthies, mais sa capitale reste aux mains des forces de la coalition dirigée par les Saoudiens.

Auparavant, le général de brigade Yahya Saree, porte-parole des forces armées alliées houthies du Yémen, avait annoncé que 2020 serait l’année de l’aviation et que les forces yéménites s’emploieraient à développer leurs industries militaires et à améliorer leur capacités en défense aérienne.

Les Houthis, la principale force combattant la coalition dirigée par les Saoudiens au Yémen, ont appelé le régime saoudien à mettre fin à la guerre et au siège de leur pays, avertissant qu’il y aurait des risques et des conséquences pour le Royaume s’il continuait ses attaques.

Cette guerre a commencé le 26 mars 2015, lorsque l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis et d’autres alliés régionaux, a lancé une attaque à grande échelle contre le Yémen sous prétexte de rétablir l’ancien président évincé, Abdrabbuh Mansur Hadi. Le véritable objectif de la guerre était de vaincre les Houthis, qui ont obtenu un soutien populaire à la suite du printemps arabe et qui gagnent en puissance depuis le début de la guerre.

Après la capture des pilotes du Tornado de l’armée de l’air saoudienne, les Nations unies ont déclaré que la coalition saoudienne et les Houthis avaient conclu un accord sur le premier échange de prisonniers à grande échelle depuis le début de la guerre. Des milliers de prisonniers, dont des ressortissants saoudiens et soudanais, devraient être libérés en vertu d’un accord négocié en Suède en 2018.

Ahmed AbdulKareem

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophonehttps://lesakerfrancophone.fr/les-houthis-lancent-de-nouvelles-attaques-de-missiles-et-de-drones-contre-les-installations-petrolieres-de-letat-saoudien

Pluie de missiles Sol-Sol iraniens sur deux bases militaires US en Irak


Pluie de missiles Sol-Sol iraniens sur deux bases militaires US en Irak

ON: 08/01/2020  IN: ANALYSIS  TAGGED: WW3  WITH: 24 COMMENTS

Vidéo: Al Mayadeen Channel

La troisième guerre mondiale vient d’entamer sa phase chaude. Le président US Donald Trump, 45ème et probablement dernier président des États-Unis va prononcer un discours à la nation pour déclarer l’entrée en guerre de son pays et l’usage fort probable de l’arme nucléaire si les Americains perdent la face. L’Iran menace de cibler Israël avec des milliers de missiles dans ce cas de figure.

Est-ce le début de l’apocalypse au Moyen-Orient ?

Les bases US visées par les missiles des forces aérospatiales iraniennes :

Base aérienne de Ain Al-Assad

Base militaire US et centre des opérations régionales du Mossad israélien d’Erbil dans le Kurdistan d’Irak.

Une seconde volée de missiles Fateh 110 et Fatah 313 iraniens vient de s’abattre sur des cibles militaires US en Irak. D’autres volées de missiles Qiam-1 sont en cours de lancement.

Des réserboirs de carburant de missiles balistiques iraniens Qiam-1 tombés près d’Erbil dans le nord de l’Irak

Des dizaines de F-35 et de F-22 de l’US Air Force viennent de décoller des Emirats Arabes Unis et du Qatar et se dirigent vers les côtes iraniennes.

L’Iran vient d’annoncer le nom de code de son opération militaire: Sulaimani.

Des avions de combat des forces aériennes iraniennes ont décollé de tous les aéroports d’Iran pour intercepter les avions de combat US hostiles.

Le Guide de la Révolution islamique dirige les opérations depuis un bunker antinucléaires.

Réunion d’extrême urgence du Conseil de la sécurité nationale US

.https://strategika51.org/2020/01/08/pluie-de-missiles-sol-sol-iraniens-sur-deux-bases-militaires-us-en-irak/comment-page-1/#comment-103299

En plein dans le mille…

En plein dans le mille…


Une frappe de précision sur la crédibilité étasunienne fracasse le paradigme étasunien


Par Alastair Crooke − Le 23 septembre 2019 − Source Strategic Culture

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La frappe de précision contre le «joyau de la couronne» saoudien – ses installations de traitement du pétrole brut de la semaine dernière – constitue également une attaque de précision contre la crédibilité de ce pays, le sérieux du «parapluie» sécuritaire étasunien, une humiliation pour Trump et en particulier pour l’image des États-Unis en tant que puissance militaire et de renseignement compétente.

Les États du Golfe font la moue, ruminant maintenant sur leur propre vulnérabilité tout en s’interrogeant sur leur dépendance au parapluie étasunien. Même le Pentagone pourrait se demander : «Mais à quoi donc sert le CentCom» à la lumière de ce qui vient de se passer ? Et par-dessus tout, Israël va sentir un vent glacé lui donner des frissons dans le dos : les Israéliens ne peuvent être que frappés de stupeur par la précision du ciblage et l’efficacité technique de l’attaque. Assez impressionnant – d’autant plus que l’Arabie saoudite a dépensé l’année dernière – en vain – $65 milliards en armement US.

Face à cette humiliation, l’administration étasunienne fait de «l’enfumage» : en jonglant avec des faux fuyants sur l’origine, et le lancement, des drones et missiles de croisière. «Ce ne peut pas être AnsarAllah (les Houthis), car la complexité d’une telle opération est au-delà de leurs capacités». Mis à part l’orientalisme manifeste de cette affirmation – car, si le Hezbollah peut fabriquer des drones et des missiles de croisière intelligents, pourquoi pas les Houthis ? Les aspects spécifiques de la frappe d’Abqaiq importent-ils vraiment ? Ce qui est le plus révélateur, c’est que les États-Unis – avec leurs ressources massives dans le Golfe – sont incapables d’affirmer d’où provenaient les drones qui ont frappé Abqaiq.

En réalité, l’ambiguïté du mode opératoire de cette attaque marque son excellence à un autre niveau encore.

Les États-Unis font de «l’enfumage» autour des sites de lancement, principalement pour se soustraire au fait évident – mais embarrassant – que la pluie de missiles sur Abqaiq est la conséquence avant tout de la guerre saoudienne contre le Yémen, appuyée sans réserve par Trump. Les Houthis ont revendiqué l’attaque ; ils disent qu’ils feront une démonstration de leur armement, le missile de croisière Houthi Quds 1 n’est pas simplement une copie du missile iranien Soumar – et promettent de répéter leurs attaques dans un avenir proche.

La frappe de précision a eu pour résultat de briser le «bastion» étasunien, qui prétendait être une sorte de «gardien» du Golfe et un garant de la ligne de vie qui alimente les artères d’une fragile économie mondiale, à savoir l’approvisionnement en pétrole brut. En d’autres termes, il s’agissait d’une frappe de précision contre le paradigme dominant, et elle a tapé dans le mille. Il a exposé la vacuité de deux prétentions. Anthony Cordesman écrit «Les frappes contre l’Arabie saoudite envoient un signal stratégique clair, avertissant que l’ère de la suprématie aérienne étasunienne dans le Golfe et de son quasi-monopole des frappes avec précision, s’évanouit rapidement».

Les Iraniens étaient-ils directement ou indirectement impliqués ? Eh bien… cela n’a pas vraiment d’importance. Pour bien saisir les implications, on devrait le comprendre comme un message collectif, émanant du front commun – Iran, Syrie, Hezbollah, Hash’d Shaibi et Houthis. Il s’agissait de mener à un paroxysme la crise des sanctions au sens large : une action stratégique, par missile interposé,  pour faire éclater la «bulle» largement exagérée de l’efficacité des tactiques étasuniennes de «pression maximale». La politique de Trump visant à «sanctionner et taxer le monde» doit être poussée à l’extrême – et exploser. La Russie et la Chine, quasi-certainement, et discrètement, en conviendront et applaudiront.

Cette approche comporte clairement des risques. Le message sera-t-il correctement perçu à Washington ? Car, comme le souligne Gareth Porter dans un contexte différent, la capacité de Washington à comprendre ou à «bien lire» dans l’esprit de ses «ennemis» semble avoir été, d’une manière ou d’une autre, perdue, faute à Washington de s’être découvert une veine d’empathie à l’égard de «l’altérité», qu’elle soit iranienne, chinoise ou russe. Ainsi, les perspectives, ne sont, probablement, pas reluisantes. Washington ne le «comprendra pas», mais doublera plutôt la mise, avec des conséquences potentiellement désastreuses. Porter écrit :

La frappe d’Abqaiq est également une démonstration éclatante de la capacité de l’Iran à surprendre les États-Unis de manière stratégique, bouleversant ainsi ses plans politico-militaires. L’Iran a passé les deux dernières décennies à se préparer à une éventuelle confrontation avec ce pays. Le résultat est une nouvelle génération de drones et de missiles de croisière qui donne à l’Iran la capacité de contrer beaucoup plus efficacement tout effort étasunien visant à détruire ses ressources militaires, tout en lui permettant de cibler les bases étasuniennes à travers le Moyen-Orient.

Les États-Unis ont, selon toute apparence, été pris par surprise lorsque l'Iran a abattu un drone de surveillance en haute altitude… Le système de défense aérienne de l'Iran a été continuellement mis à niveau, à commencer par le système russe S-300 qu'il a reçu en 2016. L'Iran a également dévoilé en 2019 son système de défense aérienne Bavar-373, qu’il considère comme plus proche du système russe S-400 convoité par l’Inde et la Turquie, que du système S-300.

Ensuite, l’Iran a développé une flotte de drones militaires, ce qui a poussé un analyste à qualifier l'Iran de ‘superpuissance des drones’. Ses réalisations en matière de drones incluent, semble-t-il, le «drone furtif» Shahed-171 doté de missiles à guidage de précision, et le Shahed-129, qu’il a fabriqué à partir de l’engin étasunien Sentinel RQ-170 et du Prédateur MQ-1».

Comprendre le message de Porter est la clé pour apprécier la nature du «Grand glissement» qui se déroule dans la région. Les robots et les drones — tout simplement — ont changé les modalités de la guerre. Les anciennes vérités ne tiennent plus : il n’existe pas pour les États-Unis de solution militaire simple concernant l’Iran.

Une attaque étasunienne contre l’Iran sera suivie d’une réponse ferme — et d’une escalade. Une invasion étasunienne de grande envergure — comme celle de l’invasion de l’Irak en 2003 — n’est plus dans les capacités des États-Unis.

Il ne reste qu’une réponse politique. Mais pour le moment, les États-Unis et MbS [le prince saoudien Mohammad ben Salman] sont tous les deux dans une phase de déni : ce dernier pense apparemment que la poursuite de la vente partielle d’Aramco pourrait résoudre ses problèmes – bien que les marchés viennent de prendre conscience du risque géopolitique des actifs tels que ce dernier – et Trump semble toujours croire que la pression maximale pourrait encore représenter un atout.

Pour le reste d’entre nous, il est assez évident que la solution «politique» pour l’Arabie saoudite est d’accepter sa défaite au Yémen, avec pour corollaire sine qua non, l’engagement avec l’Iran et la Russie pour parvenir à un règlement. Il est certain que cela coûtera cher à MbS, tant sur le plan politique que financier. Mais quelle est l’alternative ? Attendre d’autres Abqaiq ? Pour être honnête, il semblerait que les Al-Saud comprennent que leur situation est désormais existentielle. Mais nous verrons bien.

Et pour Trump, la leçon est certainement claire. La frappe sur Abqaiq aurait pu facilement être bien pire, avec une interruption plus importante des approvisionnements en pétrole. Les marchés pétroliers et le marché plus généralement ont pris conscience des risques géopolitiques que présentaient les tactiques de pression maximale de Trump. Et ils deviennent nerveux alors que le commerce mondial chancelle.

Des titres de journaux tels que «Les stupéfiantes attaques du week-end diminuent de 50% la production de pétrole saoudien… L’économie peut-elle survivre à une hausse du prix du pétrole…?» pourraient sembler un peu trop alarmistes, mais ils insistent sur le fait que des ruptures d’approvisionnement pourraient facilement, si des prix plus élevés devaient être maintenus, faire basculer les États-Unis et l’économie globale dans la récession.

Personne ne se rend compte mieux que le président Trump que ses chances de réélection pourraient dépendre de la capacité des États-Unis à éviter une récession. En règle générale, les présidents des États-Unis, candidats à un deuxième mandat, sont toujours réélus, à moins qu’une récession tardive n’intervienne au cours de leur mandat. Ceci est arrivé à Jimmy Carter et à George H.W. Bush — les deux ont perdu leurs chances de réélection en raison de la récession au cours de leurs mandats.

Déjà, l’Arabie saoudite et Trump font marche arrière devant une possible diversion que serait une confrontation avec l’Iran, plutôt que s’attaquer au problème du Yémen, qui reste à l’origine des difficultés de l’Arabie saoudite. La question est de savoir combien de temps durera ce déni des défaillances de la politique de pression maximale contre l’Iran ? Jusqu’aux élections ? Probablement que oui. Trump, s’il veut être réélu, doit ménager quelques egos de circonscriptions électorales, tout en évitant en parallèle le piège mortel que serait une récession. Et cela implique qu’il doit céder à l’obsession anti-iranienne des évangélistes et de l’AIPAC, arguant que l’Iran est le «mal cosmique» de notre époque. Un «battement d’aile de papillon» positif pourrait bien être la fin du règne de Netanyahou – bien que Gantz ne soit pas une «colombe» pour l’Iran

Alastair Crooke

Traduit par Alexandre Moumbaris, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/en-plein-dans-le-mille

(Fête nationale) Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a participé au défilé


(Fête nationale) Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a participé au défilé

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 01/10/2019 12:29

Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a défilé mardi lors du défilé militaire au centre-ville de Beijing pour célébrer le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine (RPC).

Le corps principal de la formation est composé d’une brigade de missiles de la Force des fusées de l’APL.

Au cours des décennies de développement, la brigade créée au début des années 1960 a lancé avec succès des dizaines de missiles stratégiques.PARTAGER SUR FACEBOOK !

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CHANGEUR DE JEU: CE QUI SE CACHE DERRIÈRE LE CONFLIT AMÉRICANO-TURC SUR LE CONTRAT S-400

O#RUSSIAMilitary Analysis 01.08.2019 – 30,097 vues    4.6 ( 10 votes)

CHANGEUR DE JEU: CE QUI SE CACHE DERRIÈRE LE CONFLIT AMÉRICANO-TURC SUR LE CONTRAT S-400

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Game Changer: What's Behind US-Turkish Conflict Over S-400 Deal

Selon le ministère turc de la Défense nationale, le premier lot de systèmes de défense antimissile russe S-400 a été réceptionné le 25 juillet. En plus de faire les gros titres dans le monde entier et de susciter une réaction sévère de la part des États-Unis, cette présentation montre la volonté de la Turquie de mettre en place une politique de défense indépendante et une politique étrangère dans son propre intérêt, malgré toutes les difficultés auxquelles elle pourrait être confrontée sur cette voie.

Le système de défense antimissile russe S-400, selon Stratfor, est le « meilleur système complet ». Il se prépare depuis environ 30 ans. Son développement a commencé à la fin des années 1980 et il a été officiellement annoncé en 1993.

Les premiers tests du système ont été menés avec succès en 1999 à Kapustin Yar, à Astrakhan, et le S-400 devait être déployé par l’armée russe en 2001. En 2003, le système n’était toujours pas déployé en Russie. Après plusieurs revers, il a finalement été mis en service en 2007.

  • Le pack S-400 Triumph comprend un système de gestion de combat 30K6E, six systèmes SAM 98ZH6E, des chargeurs 48N6E3 et (ou) 48N6E2 ainsi que des installations de maintenance pour 30TsE. L’utilisation du 48N6E SAM est possible.
  • Un lanceur Erector Transporter S-400 possède quatre conteneurs de missiles. Chaque conteneur peut contenir un missile sol-air 48N6E ou quatre missiles 9M96.
  • Le S-400 peut être utilisé avec un ensemble semi-mobile de radars et de missiles remorqués. Il est généralement remorqué par le camion russe 6 × 6 BAZ-6402-015.
  • Il faut 5 à 10 minutes pour définir les ressources du système depuis la position de déplacement et environ 3 minutes supplémentaires pour le configurer sur prêt depuis la position déployée.

Le S-400 a une portée de détection de cible d’environ 600 km, tout en pouvant suivre simultanément environ 300 cibles. La vitesse maximale de la cible peut atteindre 4 800 m / s, environ 14 Mach.

Il peut simultanément engager environ 36 cibles, ou 72 missiles guidés. Il peut engager une cible aérodynamique comprise entre 3 et 250 km, tandis qu’une cible balistique peut être engagée à 60 km.

  • Les forces armées russes disposent de plusieurs S-400, situés à différentes positions, ainsi que de plans visant à équiper l’amiral Nakhimov, croiseur de bataille de la classe Kirov, du missile anti-aérien 48N6DMK dérivé du S-400 basé à terre. D’ici 2020, la Russie prévoit de créer 28 régiments S-400, comprenant chacun deux ou trois bataillons. Chaque bataillon comprend à son tour au moins huit lanceurs avec 32 missiles et un poste de commandement mobile.
  • Deux systèmes S-400 sont déployés en Syrie pour protéger le personnel russe.
  • Depuis 2016, le Bélarus dispose de deux systèmes de missiles S-400, tous deux fournis gratuitement par la Russie, conformément à l’accord de 2011.
  • La Chine a reçu son premier régiment S-400 en mai 2018 et effectué avec succès des tests en août 2018. Il était un problème pour que la Russie ait dû envoyer des dizaines de missiles de remplacement au début de 2019, car un cargo russe, portant apparemment une version exportatrice du S L’intercepteur le plus perfectionné de -400, le 40N6E, a été contraint de rentrer chez lui à la suite de dommages subis lors d’une tempête dans la Manche. Le 25 juillet 2019, la Russie a commencé la livraison du deuxième régiment du système de défense antimissile S-400 de la Chine ; .
  • En octobre 2017, l’Arabie saoudite a annoncé qu’elle avait finalisé un accord pour la fourniture du système de défense antimissile S-400. Sans surprise, l’allié clé des États-Unis au Moyen-Orient n’a pas fait l’objet de sanctions et d’avertissements constants concernant l’achat de la S-400. En février 2019, le Royaume et la Russie ont tenu des consultations sur le S-400.
  • Le système de défense antimissile S-400 devrait entrer en service en Inde en octobre 2020. Les États-Unis ont menacé l’Inde de sanctions à l’encontre de la décision de l’Inde d’acheter le système de défense antimissile S-400 à la Russie. Jusqu’à présent, cela s’est avéré aussi efficace que les menaces contre la Turquie.
  • En janvier 2018, le Qatar aurait engagé des négociations approfondies en vue de l’achat de la S-400, mais aucune information supplémentaire n’a été fournie depuis.
  • Diverses rumeurs et confirmations de responsables du Pakistan, d’Irak, d’Iran et d’Égypte ont suscité de l’intérêt pour le S-400.

Les États-Unis s’opposent fermement à l’achat de S-400 par ses alliés, mais principalement par la Turquie, qui était un partenaire clé du programme d’avion d’attaque interarmées F-35. Selon des responsables américains, ils craignaient constamment de l’utiliser pour voler les secrets de l’avion de combat. La Turquie soutient depuis plus d’un an que l’accord avait été conclu et que les États-Unis ne pouvaient rien faire pour le dissuader d’acheter, malgré les menaces de sanctions et autres actions agressives.

Dans un dernier effort et dans un effort absurde, la sénatrice républicaine américaine Lindsey Graham, au nom du président américain Donald Trump, a laissé entendre que la partie turque pourrait choisir de «tout simplement pas allumer» son système de 2 milliards de dollars pour éviter des difficultés dans les relations turco-américaines. . Cette proposition absurde a ensuite été répétée par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Les médias américains affirment que les négociations sur une offre des États-Unis à la Turquie d’acheter un système de missile Raytheon Patriot sont toujours en cours malgré la livraison du S-400. Cela n’a aucun sens, mais le nouveau secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, était après tout un lobbyiste de Raytheon. Quoi qu’il en soit, le coût du projet Patriot proposé est de 3,5 milliards de dollars, contre 2 milliards de dollars pour le système russe.

Un autre facteur qui explique pourquoi les dirigeants politiques militaires américains s’opposent aux livraisons de systèmes de missiles de défense antiaériens à la pointe de la technologie russe à d’autres États est que de tels accords contribuent aux programmes de développement de la Russie dans ce domaine. À l’heure actuelle, l’armée russe met au point et teste des intercepteurs du système de missile antimissile balistique A-235 Nudol et de son arme antisatellite. Le système devrait remplacer l’actuel système de défense des attaques nucléaires de Moscou et de la région environnante, l’A-135 Amur.

Selon les rapports, le Nudol fonctionnera en trois étapes:

  • Longue portée, basé sur l’intercepteur 51T6 et capable de détruire des cibles jusqu’à 1500 km d’altitude et jusqu’à 800 km d’altitude
  • Moyenne portée, une mise à jour de l’intercepteur 58R6, conçue pour frapper des cibles à des distances allant jusqu’à 1000 km, à des altitudes allant jusqu’à 120 km
  • Courte portée (intercepteur 53T6M ou 45T6 (basé sur le 53T6)), avec une portée opérationnelle de 350 km et un plafond de vol de 40 à 50 km

Le contractant principal du projet est Almaz-Antey, qui a créé la S-300, la S-400 et travaille sur la S-500.Selon des experts militaires, l’avenir des systèmes de défense antimissile A-235 et S-500 constituera la base du système de défense aérospatiale intégré et complet de la Russie, qui inclura une variété d’outils de détection modernes basés au sol.

L’expérience et les fonds supplémentaires obtenus par Almaz-Antey et des experts militaires russes lors de la mise en œuvre des accords S-300 et S-400 dans le monde et de leur utilisation dans les zones de conflit telles que la Syrie permettront à la Russie de rendre ses systèmes de défense aérospatiale encore plus sophistiqués et plus sophistiqués. efficace.

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S-400 contre F-35 : la Turquie et la question du monde multipolaire

S-400 contre F-35 : la Turquie et la question du monde multipolaire

Posted on  23 juillet 2019 by  admin

S-400 arrivant en Turquie

ANALYSE : Après le début de la livraison des S-400 russes à la Turquie, les Etats-Unis ont décidé d’exclure Ankara du programme de chasseur F-35. Ces deux événements consécutifs sont loin d’être anecdotiques, selon Alexis Feertchak, membre fondateur de Geopragma*.    

L’affaire des S-400 et des F-35 n’est pas qu’une affaire de gros sous, ni d’armements. Très symboliquement, les premiers éléments du système défensif russe à longue portée sont arrivés sur le sol turc le 12 juillet, soit 72 heures avant la date anniversaire de la tentative de putsch contre Recep Erdogan (15-16 juillet 2016). Pour de nombreux experts, le président turc et ses proches considèrent, sans le dire formellement, que la tentative de coup d’Etat a au moins été avalisée par les Etats-Unis (ce qui a été le cas pour tous les coups d’Etat en Turquie depuis 1945).

F-35A

Que ces rumeurs soient véridiques ou non, cette lecture du mystérieux putsch manqué produit une réelle cassure dans la relation entre Ankara et Washington. Nous assistons depuis lors à un rapprochement accéléré de la Turquie avec la Russie, dont l’ampleur a peut-être été sous-estimée. Ce sont visiblement des renseignements russes (et iraniens) transmis rapidement à Erdogan qui lui ont permis d’échapper au putsch alors qu’il se trouvait le 15 juillet 2016 dans un hôtel à Marmaris, où le commando putschiste est arrivé trop tard. L’avion dans lequel le président turc a quitté en urgence son lieu de villégiature aurait aussi été « verrouillé » par des F-16 putschistes, illustration de la place particulière qu’a occupée l’Armée de l’air turque dans la tentative de coup d’Etat. Le message turc envoyé aux Etats-Unis en déployant des S-400 est donc clair puisque, selon toute vraisemblance, ces missiles seront déployés autour du palais présidentiel.

Et ensuite, des chasseurs russes pour la Turquie ?

La décision des Etats-Unis, le 22 juillet 2019, d’exclure la Turquie du programme F-35 prend un sens très particulier dans ce contexte car Ankara pourrait décider de se tourner vers la Russie pour équiper son aviation de chasse. Ce scénario est, à l’heure actuelle, possible si la pression américaine se maintient (avec des sanctions financières attendues). Depuis plusieurs mois, les Turcs feraient d’ores et déjà le plein de pièces détachées pour leurs F-16, le chasseur américain de 4ème génération [1] constituant aujourd’hui le principal appareil de l’Armée de l’air turque (entre 200 et 250 appareils). Il leur faudra tenir le temps de trouver une alternative au F-35, chasseur américain de 5ème génération qui devait remplacer les vieux F-4 puis les F-16.

Su-35S

Le jour de la décision américaine d’exclure la Turquie du programme F-35, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, a tenu ce propos, beaucoup plus précis qu’il n’en a l’air à première vue : «Si les F-35 ne sont pas livrés, la Turquie peut répondre à ses besoins par d’autres sources en attendant de produire ses propres avions». Ces mots renvoient à la proposition russe de fournir à la Turquie des Su-35. Il s’agit de l’ultime évolution du Su-27, chasseur russe de 4ème génération (qui a fait son premier vol en 1977, trois ans après le F-16 américain). En service dans les forces russes depuis 2012, le Su-35 est un point d’étape entre les chasseurs de la fin de la Guerre froide et l’avion de 5ème génération, le Su-57, encore en phase d’essai, mais qui devrait entrer en service au sein des forces russes cette année (dans une version provisoire équipée du système propulsif du Su-35 dans la mesure où le nouveau moteur nommé « Izd. 30 » n’est pas encore au point). La Russie a par ailleurs présenté fin mars le Su-57E, version destinée à l’export, ce qui n’est pas anodin vu le contexte (même si, comme le rappelle l’excellent blogueur Red Samovar, le nouveau chasseur russe n’est pas encore ouvert officiellement à l’exportation).

La Turquie dans l’OTAN, jusqu’où ?

C’est donc assez logiquement que d’aucuns s’interrogent sur la possibilité pour la Turquie de se doter du Su-57 ou d’un chasseur dérivé de celui-ci. En réalité, la Turquie aura peu d’alternatives si son exclusion du programme F-35 se confirme à l’avenir. Dans son propos, Mevlüt Çavuşoğlu n’évoque pas seulement le Su-35 mais aussi le programme turc d’avion de 5ème génération dit TF-X qu’Ankara mène de façon indigène, en l’occurrence à travers Turkish Aerospace. Soyons néanmoins clair sur ce point : la Turquie n’est pas en mesure de concevoir et produire un tel chasseur de A à Z sans une aide étrangère. Après la solution transitoire des Su-35, on peut donc envisager, encore une fois comme hypothèse, que Moscou et Ankara s’associent pour développer conjointement un nouveau projet de chasseur pour la Turquie en partant du Su-57 russe. Mais ce scénario est en revanche militairement et politiquement très lourd car il implique qu’un pays membre de l’OTAN – stratégique puisque verrouillant le flanc sud de l’Alliance – se dote d’avions non compatibles avec les standards otaniens. L’interopérabilité avec les autres forces armées de l’Alliance et même avec les matériels turcs d’origine occidentale s’en trouverait réduite drastiquement, d’autant que les Russes n’accepteraient jamais une telle porosité entre leur matériel et ceux de l’OTAN. Un tel scénario pourrait correspondre au souhait d’Erdogan de gagner en autonomie (un peu comme les Egyptiens qui se dotent de MiG-29 et de Su-35 pour ne pas dépendre uniquement des F-16 américains), mais les conséquences stratégiques pour un membre de l’Alliance seraient bien plus grandes que dans le cas égyptien.

Su-57

Le scénario du Su-35 puis d’un projet conjoint partant du Su-57 n’est pas sans rappeler non plus les relations entre la Russie et l’Inde, autre pays à cheval entre Moscou et Washington du point de vue de ses armements. Au début des années 2000, la Russie a autorisé l’Inde à produire localement sous licence une version modernisée du Su-27, le Su-30, devenu pour l’occasion le Su-30MKI. C’est aujourd’hui le principal appareil de l’aviation indienne (272 exemplaires commandés au total). En 2009, Moscou et New Delhi se sont associés dans le projet FGFA destiné à produire en Inde et pour l’Inde un chasseur de 5e génération ayant pour base le Su-57 russe, mais avec certaines technologies indiennes. En 2018, New Delhi a décidé de se retirer du projet, de nombreux désaccords existant entre les deux pays (sur le coût, les retards du côté russe, les insuffisances industrielles du côté indien, etc.). Mais, ce mois-ci, le chef de l’Armée de l’air indienne, B.S. Dhanoa, a expliqué que l’Inde pourrait finalement décider de se doter d’une version indienne du Su-57 une fois que celui-ci serait entré en service au sein des forces russes. Ce possible retour du projet FGFA se double d’une éventuelle modernisation des Su-30MKI annoncée ce lundi par l’Armée de l’air indienne dans un média russe. En l’état actuel des choses, le plus probable pour les vingt prochaines années est que l’Inde dispose de Su-30MKI modernisés dans un standard qui les rendrait très proches des Su-35, puis qu’elle opte pour une version indienne du Su-57 (sans compter l’achat de Rafale et d’autres appareils, qui ne constitueraient pas l’épine dorsale de l’aviation indienne, mais qui viendraient la renforcer). Une solution qui ressemble trait pour trait au scénario de plus en plus ouvertement évoqué aujourd’hui à Moscou et Ankara pour les forces aériennes turques.

Turquie-Russie : un rapprochement durable ?

Le Juan Carlos

Reste à savoir si cette évolution est viable pour la Turquie. Ankara possède en effet une puissante industrie d’armements, intimement liée aux technologies occidentales, que ce soit avec les Etats-Unis ou l’Allemagne. Une redirection industrielle vers la Russie aurait un coût économique certain, au moins transitoire et peut-être même durable. Par exemple, la Turquie souhaitait ces dernières années devenir la première puissance musulmane dotée d’un porte-avions (d’un porte-aéronefs pour être plus précis). Son exclusion du projet F-35 devrait enterrer ce rêve. La Turquie construit en effet sur son sol un navire amphibie d’assaut, le TCG Anadolu, dérivé des navires espagnols de classe Juan Carlos. Ces navires multirôles, sorte de gros Mistral (26.000 t de déplacement contre 20.000), disposent en plus d’un tremplin qui leur permet de déployer le chasseur F-35B prévu pour des décollages courts et des atterrissages verticaux (type d’avions que les anglo-saxons nomment STOVL). Avec ce chasseur, l’Anadolu serait ainsi devenu une sorte de petit «porte-avions».

Si les Soviétiques étaient en pointe en matière d’avions STOVL (le projet de Yak-141, dont les plans ont été transmis aux Américains en 1991, a même servi au développement du F-35B), les Russes n’en produisent plus et sont loin d’en mettre de nouveau en service. Des rumeurs persistantes font état d’un projet chinois en cours de conception, mais si celui-ci s’avère bien réel, il faudra des années avant de pouvoir observer un tel chasseur déployé sur les porte-hélicoptères de Type 75, actuellement en construction en Chine. D’ici la prochaine décennie, l’Anadolu devrait donc se satisfaire d’hélicoptère et de drones, mais ne pourra pas déployer d’aéronefs à voilure fixe.

Pour Moscou, offrir ses meilleures technologies à un pays membre de l’OTAN représente aussi un risque qui nécessite des garanties quant à la pérennité de son rapprochement avec Ankara. Pour cela, Recep Erdogan doit pouvoir se maintenir fermement au pouvoir. Rien n’indique que son autorité soit suffisamment étendue, son horizon suffisamment dégagé, comme l’ont montré les élections municipales à Istanbul et à Ankara. La profonde crise économique qui secoue la Turquie ne devrait rien arranger et devrait même empirer si des sanctions américaines sévères étaient votées.

Les armes russes et le monde multipolaire

S-400

Reste que, pour l’instant, la Turquie semble ne pas hésiter dans son bras de fer avec Washington et son flirt avec Moscou. Ce jeu de billard à trois bandes permet aussi de mesurer la dimension stratégique et politique des exportations d’armements pour Moscou. Pour l’Inde et la Turquie, pourtant alliés des Etats-Unis, l’achat de telles armes leur permet à la fois de marquer leur indépendance vis-à-vis de Washington et d’améliorer leur propre industrie (les Russes étant plus enclins aux transferts de technologie que les Américains). Le combo S400 comme système de défense aérienne stratégique et Soukhoï Su-35 voire demain Su-57 (ou dérivés) comme chasseur multirôles apparaît comme un idéal-type de ce positionnement géopolitique, qui n’est pas non plus étranger à la Chine, encore légèrement dépendant de Moscou pour certaines technologies militaires.

Pékin est ainsi doté du S-400 et du Su-35, mais a revanche choisi de développer son propre chasseur de 5ème génération (non sans « emprunts » technologiques à la Russie et aux Etats-Unis…), le J-20, qui dispose encore, pour l’instant, d’un moteur russe (celui du Su-35). Quant à l’Iran, qui ne dispose pas vraiment d’une réelle aviation (à part les reliquats de F-4, F-5 et F-14 américains datant d’avant 1979), il a en revanche reçu de la Russie le système S-300PMU2 (version la plus moderne du système antérieur au S-400) en 2018. Des similitudes qui disent beaucoup de l’état du monde multipolaire, où certains Etats s’appuient sur la Russie, puissance de taille intermédiaire, pour jouer les médiateurs entre les deux géants américain et chinois. Pour notre plus grand malheur, ce rôle de médiation, les Etats européens ne le jouent que très marginalement dans la mesure où ils ne réagissent que faiblement aux débordements de Washington et sont en l’occurrence incapables de répondre à l’extraterritorialité du droit américain. La crise américano-iranienne reflète plus que tout cette perte d’influence européenne, Téhéran formant aujourd’hui un véritable trio régional avec la Russie et la Turquie sous l’œil bienveillant de la Chine. Il fait peu de doute que les prochains contrats d’armements avec Téhéran seront signés à Moscou et à Pékin.

[1] Les avions de chasse font l’objet d’une classification en générations, qui vaut ce qu’elle vaut. Comme toute classification, elle a quelque chose de réducteur, mais permet de s’y retrouver simplement. La quatrième génération recouvre les chasseurs supersoniques apparus à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Les principaux représentants sont, du côté américain, les F-15 et les F-16, du côté soviétique, les Su-27 et MiG-29. Les chasseurs dits de cinquième génération, qui font actuellement l’objet d’une course entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, réunissent plusieurs critères supplémentaires : furtivité, hypermaniabilité, multirôles, fusion des données, etc. Les deux plus connus aux Etats-Unis sont les F-22 et F-35. Les Chinois ont mis en service en 2018 le Chengdu J-20 et les Russes devraient mettre en service cette année le Su-57. De même que le F-35 américain, le russe et le chinois sont néanmoins loin d’être pleinement opérationnels. Entre ces deux générations, certains avions sont à mi-chemin, empruntant seulement certaines caractéristiques à la 5ème génération, à l’image du Dassault Rafale français ou des Su-35 et MiG-35 russes, qui ne sont pas furtifs. On parle parfois de génération 4+, 4++ ou 4.5 pour les caractériser. Il faut garder à l’esprit que tout ceci reste théorique. Par exemple, le F-35 est souvent critiqué pour son manque de maniabilité, qui s’explique en partie par sa grande furtivité. Avec leur Su-57, les Russes privilégient eux la première variable et moins la seconde. Bref, il est toujours difficile d’installer les voyageurs sur le lit de Procuste.

* Diplômé de Sciences Po Paris, Alexis Feertchak est membre fondateur de Geopragma, journaliste au Figaro et rédacteur en chef d’iPhilo.

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L’Iran, un paria du marché mondial des armements au sous-équipement militaire chronique

L’Iran, un paria du marché mondial des armements au sous-équipement militaire chronique

Adrien GUYOT 30 juin 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientGéoéconomieIntelligence économiqueIranProche et Moyen-OrientSituations décryptéesLeave a comment

Pour des raisons historiques et géostratégiques, les États-Unis imputent à l’Iran une qualité de perturbateur régional au régime dictatorial, prosélytiste et policier, s’adonnant à la prolifération nucléaire, ainsi qu’au terrorisme international. En somme, aux yeux de la bureaucratie permanente militaire, du renseignement et de la diplomatie – l’État profond américain – , Téhéran présente l’avantage de réunir toutes les caractéristiques d’un bon ennemi. Membre permanent de l’axe du mal depuis la révolution islamique, elle ne peut infléchir son sous-équipement militaire chronique, résultant de son écrasante mise au ban de l’opinion, qu’au travers l’élaboration de stratégies d’adaptation palliatives. 

Hassan Rohani inaugurant son système de défense anti-aérien : Bavar 373.
Le président iranien, Hassan Rohani, inaugurant son propre système de défense anti-aérien, Bavar 373, construit sur le modèle du S-300 russe.

L’Iran, un paria du marché mondial des armements

En toute logique, s’il est exclu que les États-Unis fournissent militairement la République islamique, tel est également le cas à l’égard des États européens. Seule la Russie, la Chine et la Corée du Nord résistent épisodiquement aux pressions de Washington, Abou Dabi, Ryiad et Tel-Aviv. À titre d’exemple, en 2016, Moscou refusa de livrer deux cents chasseurs multirôles lourds Su-30, puis tarda à fournir les systèmes de défense antiaériens S-300. 

Afin de mettre au ban l’Iran, de sorte à ce qu’elle devienne un paria du marché mondial des armements, les États-Unis peuvent compter sur leur règlementation d’US Export Control, et plus spécifiquement sur l’International Traffic in Arms Regulations (ITAR). Cet ensemble normatif offre, au bénéfice du Département d’État américain, toute la latitude pour interpréter et appliquer les stipulations d’ITAR. In fine, il contrôle les importations et exportations des objets et services liés à la défense nationale, tels que recensés sur l’United States Munitions List (USML).

La sécurité du territoire servant de prétexte à la promotion de ses objectifs géostratégiques et commerciaux, les États-Unis refusent l’exportation d’armements contenant des composants américains. Or, la dépendance technologique des industries européennes de la défense, tout particulièrement dans le domaine aéronautique, à l’égard des composants soumis à la législation ITAR, est critique. Par exemple, il est, aujourd’hui, inconcevable que la France, au travers de Dassault Aviation, puisse, librement, vendre le Rafale, joyau national, à destination des États qui lui sied, sans que Washington ne vienne opposer son veto.

Au contrôle américain, s’adjoint celui des européens vis-à-vis des exportations de biens et technologies à double-usage (BDU). L’article 2 du Règlement du Conseil du 5 mai 2009 définit les « biens à double usage » comme : « les produits, y compris les logiciels et les technologies, susceptibles d’avoir une utilisation tant civile que militaire ». Ceux-ci, étant listés, peuvent, selon les cas, être interdits à l’exportation, au transit et au négoce, ou être soumis à autorisation. 

Également, des mesures restrictives européennes viennent se juxtaposer à l’ensemble des interdictions susvisées afin de prohiber, en totalité, les exportations de certains biens. Ceux-ci sont énumérés au gré d’un mouvement de balancier, à l’aspect plus ou moins restrictif, cultivé par une sorte de va-et-vient réglementaire continuel. 

Un sous-équipement militaire chronique compensé par des adaptations palliatives

Malgré un budget de la défense conséquent (15,9 milliards de dollars en 2016), l’Iran est confrontée à un sous-équipement militaire chronique. Ses rivaux régionaux, Israël, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, bénéficient, quant à eux, d’un budget supérieur ainsi que d’un accès, plus large, au marché. À titre d’exemple, le char de combat le plus puissant dont dispose l’Artesh – l’armée régulière iranienne placée sous la tutelle du Corps des gardiens de la révolution islamique – est le T-72 russe, mis en service au début des années 1970. La majorité de son arsenal blindé est composé de chars Patton ou Chieftain datant des guerres de Corée et du Vietnam. En comparaison, l’Arabie Saoudite possède des chars étasuniens, de type M1 Abrams, tandis que les Émirats Arabes Unis privilégient le char français Leclerc, autre joyau national, néanmoins utilisé au Yémen. 

Faiblement dotée militairement, mais désireuse de conserver sa zone d’influence régionale, Téhéran démontre sa résilience par l’emploi de stratégies d’adaptation. La République islamique comble la faiblesse de son armée de l’air en produisant, en série, son avion de combat « 100% Made in Iran » : le Kowsar. En réalité, celui-ci n’est qu’un F-5 américain modernisé, l’Iran ne faisant que s’inspirer des « Freedom Fighter » et « Tiger II » qu’elle s’était procurée avant la révolution islamique. En 2007, bien qu’étant présenté comme inédit, le Saegheh, autre avion de combat « 100% Made in Iran », fut également largement inspiré du F-5. Ainsi, cette stratégie d’adaptation du « 100% Made in Iran » ne demeure que palliative dans la mesure où, sur des théâtres d’opérations extérieurs comme en Syrie, Téhéran dépend largement du soutien aérien russe. 

Cependant, il est des circonstances où le recours à la modernisation locale des décombres de l’ambitieux projet de complexe militaro-industriel occidental, voulu par le chah, apparaît efficient. 

En effet, ce 20 juin 2019, c’est un missile « 3-Khordad » – à l’origine un SAM-6 perfectionné par l’Iran en 2013 – qui a permis d’abattre un drone américain RQ-4 Global Hawk. Cet appareil de type HALE (Haute Altitude Longue Endurance) fut conçu par Northrop-Grumman pour des missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance). Il ne put résister face aux optimisations du « 3-Khordad » en matière d’équipements électroniques, de capteurs de détection, y compris thermiques, et d’option de verrouillage du GPS le protégeant des interférences de forte intensité.

Aussi longtemps que Téhéran demeura la cible privilégiée des sanctions économiques édictées par Washington, les tensions irano-américaines s’entretiendront.

Sources :

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About Adrien GUYOT

Adrien GUYOT est Juriste d’Affaires & Compliance Alternant chez Michelin. Diplômé d’un Master 2 en Droit et Fiscalité de l’Entreprise, il est également titulaire d’une Licence en droit privé, d’un Diplôme Universitaire en Gouvernance, Risques et Conformité, ainsi que d’un Master 1 en Droit des Affaires à l’Université Clermont Auvergne. Il est rédacteur pour les Yeux du Monde depuis novembre 2018.

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