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Premiers tirs METEOR effectués par les Rafale de l’armée de l’Air et de la Marine nationale

Premiers tirs METEOR effectués par les Rafale de l’armée de l’Air et de la Marine nationale


Florence Parly, ministre des Armées, exprime sa satisfaction après le succès des deux premiers tirs d’expérimentation du missile METEOR, réalisés conjointement par des Rafale de l’Armée de l’air et de la Marine nationale, avec le soutien de la Direction générale de l’armement (DGA), et adresse ses félicitations au personnel ayant contribué à cette réussite.

Le mercredi 13 février, à 13h30, une patrouille composée de deux Rafale a décollé de la base aérienne de Cazaux (Gironde) pour tirer un premier missile METEOR. A 20h00, un deuxième tir a été effectué de nuit. Ces tirs ont pu être réalisés grâce à la mise en œuvre par la DGA, du dispositif d’essai, comprenant la sécurité, l’instrumentation, la mise en œuvre des cibles, et la restitution des tirs, depuis son site situé sur l’île du Levant au large de Hyères, dans le Var.

Les avions ont été mis en œuvre et pilotés par du personnel du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) de l’Armée de l’air et du Centre d’expérimentations pratiques de l’aéronautique navale (CEPA/10S) de la Marine nationale, en étroite collaboration avec la DGA, démontrant ainsi le très haut niveau de technicité des forces en milieu interarmées.

Destiné à des missions de supériorité aérienne, le missile air-air METEOR est propulsé par statoréacteur et capable d’intercepter des cibles à très longue portée. Acquis par la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Suède, il est doté d’une zone d’interception assurée nettement supérieure à celle des missiles de même gamme actuellement en service.

QUELLES CARACTÉRISTIQUES ?

  • Missile air-air
  • Portée : plusieurs dizaines de kilomètres
  • Poids : 190 kilogrammes
  • Longueur : 3,7 mètres
  • Diamètre : 178 millimètres
  • Propulsion à statoréacteur
  • Autodirecteur électromagnétique actif

QUELLES MISSIONS ?

  • Réaliser des missions de défense aérienne face à des menaces armées de missiles air-air performants
  • Permettre au Rafale d’entrer en premier sur un théâtre d’opération
  • Accroître les capacités de combat air-air et l’interopérabilité des armées européennes en équipant les avions Eurofighter, Rafale et Gripen

QUELS CONSTRUCTEURS ?

  • MBDA (10 500 employés, 6 sites en France)
  • Thales (65 118 employés, 70 sites en France)
  • Roxel (650 employés, 4 sites en France)
  • Saab (16 500 employés

QUELS APPORTS ?

  • Missile à statoréacteur, combinant vitesse élevée et grande endurance
  • Couplage fort avec le radar à balayage électronique du Rafale, permettant des performances inégalées en combat air-air
  • Interception de cibles à très longue portée (plusieurs dizaines de kilomètres), en complément du missile MICA utilisé à de moindres distances pour le combat ou l’autodéfense
  • Combinaison avec le Rafale facteur de
    différenciation à l’export

https://theatrum-belli.com/premiers-tirs-meteor-effectues-par-les-rafale-de-larmee-de-lair-et-de-la-marine-nationale/

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La Chine déploie la version anti-navire du missile balistique Dong Feng DF-26

La Chine déploie la version anti-navire du missile balistique Dong Feng DF-26

La Chine est en train de renforcer ses capacités balistiques dans le cadre d’une stratégie d’interdiction d’accès (No Access) à ce qu’elle identifie comme sa zone économique exclusive.C’est dans le cadre de ces efforts que Beijing a commencé le déploiement de la version anti-navires du missile balistique Dong Feng DF-26 (Vent d’Est), dont elle vient récemment de tester une variante en Mongolie intérieure peu après le passage de navires de guerre US dans le détroit de Taïwan.

Le DF-26 est à l’origine un missile balistique de portée moyenne (MRBM) capable d’atteindre une portée comprise entre 3500 et 4000 kilomètres. Sa nouvelle version anti-navires est capable de cibler avec précision de gros bâtiments de surface en mouvement évoluant à plus de 2200 kilomètres et de ce fait cette arme du Corps de la Seconde Artillerie de l’Armée Populaire de Libération de Chine est considérée comme un « tueur de portes-avions ».

La famille de missiles balistiques chinois Dong Feng dont sont issues les fusées spatiales « Longue Marche » sont réputées pour leur fiabilité.

Le DF-26 est un missile à propergol solide doté de deux étages d’un poids total au lancement de 20 tonnes. Sa charge utile varie entre 1.2 et 1.8 tonnes (charge conventionnelle ou nucléaire) et dispose de capacités de guidage et de manoeuvrabilité hypersonique. Ce système peut être basé dans des silos souterrains ou plus généralement sur rampe de lancement mobile. Il peut être déployé et mis à feu dans un délai très court, ce qui le rend très difficile à contrer.

Une des stratégies suivies par Beijing était nommé les frappes de saturation et cela consistait à un usage massif de missiles balistiques DF-21D, d’une myriade de missiles anti-navires et de missiles Air-sol pour neutraliser tout soutien naval étranger technologiquement supérieur à Taïwan. Cependant, avec le déploiement de la variante antinavale du DF-26, et le développement de plusieurs autres modèles de la famille du Dong Feng, Beijing compte bien interdire totalement l’approche des groupes de l’aéronavale US près de ses eaux territoriales en cas de crise ou de conflit.

Des théoriciens militaires chinois croient qu’il suffirait d’envoyer par le fond un ou deux portes-avions nucléaires US dès le début des hostilités pour obtenir une victoire écrasante sur les États-Unis en cas de guerre ouverte.

La Chine déploie la version anti-navire du missile balistique Dong Feng DF-26

Un qu’aimerait bien avoir l’air mais qu’a pas l’air du tout…

Un qu’aimerait bien avoir l’air mais qu’a pas l’air du tout…


…qu’essaie de relancer la guerre des étoiles de Reagan”


Par Moon of Alabama − Le 18 janvier 2019

2015-05-21_11h17_05Le 12 décembre 2001, le président Bush s’est retiré du traité sur les missiles anti-balistiques. En vertu du traité ABM de 1972, l’Union soviétique et les États-Unis étaient convenus de ne déployer qu’un seul système de missile antimissile balistique. Cette limite ayant disparue, les États-Unis ont commencé à mettre en place un système mondial de défense antimissile en Alaska et en Californie, conçu pour se défendre contre les missiles russes en approche.

Le président russe a mis en garde contre l’illusion qu’un tel système créerait :

“Depuis 2002, après le retrait unilatéral des États-Unis du Traité ABM, pierre angulaire de la sécurité internationale, de l’équilibre stratégique des forces et de la stabilité, la création du système américain de défense antimissile mondiale s’est poursuivie avec persistance”, a déclaré le président russe. Selon lui, cela constitue une menace non seulement pour la sécurité de la Russie, mais également pour le monde entier, en raison du risque de rupture de cet équilibre des forces stratégique.

“Je pense que cela est également néfaste pour les États-Unis, car cela crée une dangereuse illusion d’invincibilité”, a déclaré Poutine.

La Russie, comme d’autres pays, craignait que les États-Unis en viennent à croire qu’ils pourraient lancer une première frappe de grande envergure contre les armes stratégiques russes et utiliser leur défense antimissile pour éviter d’être frappés par une frappe de représailles russe moins importante. Cela a bouleversé l’équilibre de la destruction mutuelle assurée qui avait empêché, jusqu’à ce jour, une guerre nucléaire à grande échelle.

Le système mondial de défense antimissile installé par les États-Unis s’est révélé en grande partie inapte. Sur un total de dix tests soigneusement chorégraphiés, cinq ont complètement échoué, les autres étaient en grande partie irréalistes.

Néanmoins, la question a prévalu et les États-Unis ont continué à étendre leurs projets de défense antimissile. En conséquence, la Russie a lancé des programmes de recherche visant à créer un nouveau système d’armes qui serait à l’abri de toute défense antimissile. Le Président Poutine a présenté les nouvelles armes dans son discours sur l’état de la nation en mars 2018. Les systèmes comprennent des armes hypersoniques, des missiles de croisière à propulsion nucléaire et des torpilles à longue portée. Tous les experts s’accordent pour dire qu’il n’y a actuellement aucune défense possible contre les nouveaux systèmes russes.

Hier, l’administration Trump a publié le Missile Defense Review (pdf), conformément au mandat du Congrès. Ce rapport est plus belliciste que le dernier (pdf) publié en 2010 sous l’administration Obama. Les plans techniques n’y ont pas beaucoup changé. La nouvelle étude prévoit principalement davantage de recherches sur certains projets loufoques, tels que les lasers déployés dans l’espace, qui ne seront probablement jamais déployés.

Le rapport prouve également que la défense antimissile est un cornet de crème glacée qui se consomme lui-même. Il prend prétexte des nouveaux systèmes russes, construits en réaction aux nouveaux systèmes de défense antimissile américains, pour justifier davantage de défense antimissile américaine :

Les adversaires potentiels investissent considérablement dans leurs capacités en matière de missiles. Ils étendent leurs capacités de missiles dans trois directions différentes simultanément : augmenter les capacités de leurs systèmes de missiles existants ; ajouter à leur arsenal de nouveaux types de missiles ayant des capacités sans précédent ; et intégrer de plus en plus les missiles offensifs dans leurs menaces coercitives, leurs exercices militaires et leurs plans de guerre.

L’analyse vise à justifier une expansion de la défense antimissile même s’il est clair qu’il n’existe aucune défense contre les nouveaux systèmes russes et chinois à venir.

Trump a profité de l’occasion du lancement du rapport MDR pour exagérer les possibilités offertes par les nouveaux systèmes de défense antimissile :

Notre objectif est simple : nous pourrons détecter et détruire tout missile lancé contre les États-Unis, partout, à tout moment. …

Nous sommes déterminés à mettre en place un programme de défense antimissile capable de protéger toutes les villes des États-Unis. …

Mon prochain budget investira dans une couche de défense antimissile déployée dans l’espace. C’est une nouvelle technologie. En fin de compte, cela constituera une partie très importante de notre défense et, bien entendu, de notre attaque. Le système sera surveillé et nous mettrons en échec tout lancement de missile par des puissances hostiles, voire par des puissances qui se trompent. Cela n’arrivera pas. Peu importe le type de missile ou l’origine géographique de l’attaque, nous veillerons à ce que les missiles ennemis ne trouvent pas de sanctuaire sur la Terre ni dans les cieux au-dessus de nous.

Le but de Trump est une reprise de l’Initiative de Strategic Defense Initiative, surnommée par dérision Star Wars. Il comprenait des armes folles comme les “flèches de Dieu”, des projectiles en tungstène de la taille d’un poteau télégraphique lancés depuis l’espace.

La mise en orbite terrestre basse de 1 kilogramme coûte entre 5 000 et 20 000 dollars. Ce ne sont que les coûts de transport, pas le coût de la charge de haute technologie elle-même, plus coûteuse. Une couche de défense antimissile dans l’espace couvrant toute la surface de la Terre à tout moment exigerait des milliers de systèmes, chacun pesant plusieurs tonnes. Les satellites à orbite basse nécessitent des remplacements permanents. Ils peuvent être détruits par des armes anti-satellites russes et chinoises. Un tel programme, même s’il était techniquement réalisable, ce qui n’est pas le cas, ruinerait les États-Unis.

Les lecteurs assidus de ce site se souviendront que nous avions prédit que Trump prendrait cette voie. Le 20 janvier, jour de l’investiture de Trump, nous avons écrit au sujet du lobby militaire qui a aidé Trump à remporter les élections :

L’armée exigera son dû au-delà des trois généraux actuellement dans le cabinet de Trump. Mais les soldats n’aiment pas partir en guerre. Cela signifie que Trump amplifiera la rhétorique belliqueuse contre certains pays étrangers mais qu’il ne déclenchera aucune guerre sérieuse. Attendez-vous à l’annonce d’une nouvelle arme militaire merveilleuse, nouvelle mais inutile, pour laquelle Trump promettra des milliers de milliards de dollars (la guerre des étoiles de Reagan revisitée).

En août 2017, nous avions prédit que Trump utiliserait le cas de la Corée du Nord pour plaider en faveur de sa reprise de la saga Star Wars de Reagan :

Le candidat qui aimerait ressembler à Reagan, actuellement à la Maison Blanche, pourrait relancer l’Initiative de défense stratégique de Reagan (SDI), surnommée “Star Wars”, lancée pour la première fois en 1984. SDI était le rêve coûteux mais irréaliste de lasers dans l’espace et autres gadgets similaires. Dans le cadre de la SDI, l’armée américaine a dépensé des centaines de milliards de dollars pour un système mondial de défense antimissile balistique, censé défendre le continent américain contre tout missile intercontinental. Le programme a été enterré au début des années 1990. Un fils de Star Wars a survécu. Il s’agit du National Missile Defense (NMD) avec 40 intercepteurs en Alaska et en Californie. Cela n’a jamais bien fonctionné et ne fonctionnera probablement jamais. Si NMD fonctionnait comme promis, il n’y aurait aucune raison de craindre les ICBM nord-coréens. La défense antimissile est en grande partie une arnaque pour transférer des milliards de dollars des contribuables américains vers divers conglomérats producteurs d’armes.

Je pense que la “menace” nord-coréenne sera bientôt utilisée pour lancer “SDI – Le Retour”, une autre tentative de militarisation de l’espace avec des milliards de dollars investis dans des projets de “défense” futuristes mais inutiles. Cela apaisera le chagrin du Pentagone devant le succès remporté par la Corée du Nord en dépit de décennies de tentatives américaines pour soumettre cet État.

Le premier pays que la nouvelle National Missile Defense a nommé “Menaces actuelles et futures en matière de missiles pour la patrie américaine” est bien sûr la Corée du Nord. Viennent ensuite l’Iran, la Russie et la Chine.

Pourquoi l’Iran est mentionné n’est pas clair. Il possède des capacités régionales en matière de missiles, mais ni les armes nucléaires, ni la technologie, ni l’intention de construire un missile intercontinental pouvant atteindre les États-Unis :

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a limité la portée des missiles balistiques fabriqués dans le pays à 2 000 kilomètres (1.240 miles), a déclaré le chef des gardes révolutionnaires paramilitaires ..

Il est probable que le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, qui en 2001 était à l’origine du retrait de Bush du traité ABM, a poussé à inclure l’Iran dans le rapport sur la défense antimissile.

En tous cas, pas grand chose ne sortira du rêve de Trump de disposer de nouveaux jouets, si ce n’est un flot d’argent pour les laboratoires de recherche et les fabricants d’armes qui imagineront les systèmes les plus cinglés mais ne parviendront jamais à atteindre l’objectif de Trump.

La Russie a montré comment même une défense antimissile efficace peut être contournée et d’autres suivront son chemin.

L’ “illusion d’invincibilité” des États Unis n’est que cela : un rêve.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/un-quaimerait-bien-avoir-lair-mais-qua-pas-lair-du-tout

 

Pourquoi les États-Unis déguerpissent soudain de Syrie ?

Pourquoi les États-Unis déguerpissent soudain de Syrie ?

L’US Air Force est condamnée à la défaite si elle affronte l’armée arabe syrienne qui dispose désormais des matériels anti-aériens russes, les meilleurs au monde. Elle n’a d’autre choix que de partir avant l’humiliation.
L’Histoire se répète. Jadis, en Iraq les États-Unis avaient utilisé des combattants kurdes auxquels ils promirent un État avant de les laisser massacrer par Saddam Hussein. Aujourd’hui, ils laissent d’autres Kurdes auxquels ils ont aussi promis un État seuls face à la Turquie.
Dans quelques mois, la guerre sera finie. Après huit ans de combats et le sacrifice de dizaines de milliers de mercenaires islamistes, le rêve de l’Otan de détruire les structures étatiques de la Syrie aura échoué.

| Bucarest (Roumanie)

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Il y a une semaine, deux batteries de fusées S-300 ont été déployées à Deir Ez-zor, dans l’est de la Syrie. Immédiatement après, l’intensité des vols de la Coalition dirigée par les États-Unis a diminué de 80 % dans le nord-est de la Syrie. Depuis le 18 septembre, la Force aérienne israélienne n’a effectué aucun raid dans l’espace aérien syrien.

Une délégation de l’armée israélienne, dirigée par le major général Aharon Haliva (chef des opérations), s’est rendue à Moscou et s’est entretenue avec le major général Vasily Trushin (chef adjoint des opérations de l’armée russe). Les relations entre les deux armées se sont détériorées après la destruction de l’avion russe IL-20 lors de l’attaque de cibles syriennes près de la base aérienne russe de Hmeymim par des F-16 israéliens.

La délégation israélienne est arrivée à Moscou parce qu’elle n’avait pas réussi à trouver de failles dans la zone d’exclusion aérienne, imposée par les nouveaux systèmes de défense syriens livrés par la Russie. Les Israéliens pensaient pouvoir amadouer les Russes pour obtenir les codes de sécurité des missiles syriens. La Russie, bien évidemment, a refusé de les leur donner.

Quels sont les éléments de la gestion automatisée de l’espace aérien syrien qui empêchent les Israéliens et les États-uniens d’agir ? La Syrie a reçu 6 à 8 batteries S-300/PMU2, avec un rayon d’action de 250 km. Les missiles garantissent la sécurité des avions et des cibles militaires syriens. Cependant, ces batteries ne sont pas les éléments les plus importants.

La gestion est assurée par le système de gestion automatisée Polyana D4M1. Le rôle du système de gestion automatisée est une interface nécessaire au fonctionnement simultané des unités aériennes et de défense anti-aérienne syriennes. Polyana D4M1 peut couvrir une zone de 800 km2, suivre 500 cibles aériennes et missiles balistiques et en fixer 250. Grâce au Polyana D4M1, les centres de commandement de l’armée de l’air syrienne reçoivent également des informations externes de l’avion russe A-50U (AWACS) et des satellites de surveillance russes.

La mémoire des serveurs de Polyana D4M1 stocke l’empreinte radar de toutes les cibles aériennes, y compris les missiles de croisière et l’avion prétendument « invisible » F-35. Lorsqu’une cible aérienne est détectée par un radar en Syrie, le système automatisé Polyana D4M1 affiche l’information pour tous les radars de détection, et les systèmes de guidage des avions et de l’artillerie anti-aérienne syriens et russes. Une fois identifiés, les cibles aériennes sont automatiquement assignées pour être abattues. Ce système automatisé fait en sorte que les missiles syriens plus anciens de l’ère soviétique (S-200, S-75, S-125, etc.) deviennent presque aussi précis que les S-300.

Le réseau Polyana D4M1 inclut également le systèmes Krasukha-4 pour le brouillage des radars au sol, des aéronefs AWACS, des avions de reconnaissance avec ou sans pilotes. Le réseau utilise également les systèmes Zhitel R-330ZH pour le brouillage des appareils de navigation NAVSTAR (GPS) qui équipent les moyens d’attaque (avions, hélicoptères, missiles de croisière, bombes guidées, etc.).

Quelle est la conséquence de la mise en œuvre par la Russie de la gestion automatisée de l’espace aérien syrien ?

Les bases militaires US en Syrie comportent essentiellement, des troupes affectées à des opérations spéciales, c’est à dire une infanterie légère, sans aucun blindé ni aucun soutien d’artillerie. Elles ne pourraient donc résister à aucune attaque terrestre de l’armée syrienne appuyée par l’aviation. Ayant pris conscience que l’aviation US ne pourra pas passer le barrage anti-aérien syrien sans pertes inacceptables, toute intervention de leur part devient inappropriée. C’est la raison pour laquelle les États-Unis viennent d’annoncer qu’ils commenceront à retirer les 2 000 soldats de Syrie [1]. Dans le même temps, la Turquie, soutenue par la Russie, se prépare à lancer une nouvelle offensive contre les YPG dans le nord de la Syrie. Ces nouvelles circonstances font que l’armée syrienne se battra aux côtés des Turcs. Le YPG, entrainé et soutenu par les États-Unis, va rapidement perdre tous les territoires qu’ils avait pris à l’État islamique, qui l’avait lui-même pris à la Syrie.

Traduction
Avic
Réseau International

Valentin Vasilescu

Valentin Vasilescu Expert militaire. Ancien commandant adjoint de l’aéroport militaire d’Otopeni.

 

S-300 en Syrie: état des lieux préliminaire

S-300 en Syrie: état des lieux préliminaire


Par The Saker – Le 9 novembre 2018 – Source UNZ Review

2015-09-15_13h17_31-150x112Nous en savons maintenant un peu plus au sujet de la version de la famille S-300 que les Russes ont livrée aux Syriens : les Russes ont converti un certain nombre de systèmes S-300PM et S-300P2 en version d’exportation S-300PMU-2 « Favorit » qui, soit dit en passant, est aussi la version que la Russie a livrée aux Iraniens et aux Chinois. Ce système utilise le missile 48N6E2 et a une portée officielle de 195 km. Je vais ignorer le reste des détails techniques et simplement dire qu’il s’agit d’une modification récente dotée d’excellentes capacités. Toutes les rumeurs selon lesquelles la Russie fournirait une version obsolète du S-300 sont désormais fausses – comme d’habitude.

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En fait, ce n’est pas la première fois que les Russes livrent un système de défense antiaérienne « contraignant Israël » : en 1983, l’URSS a livré plusieurs systèmes de défense antiaérienne S-200VE « Vega-E » (SA-5b) à la Syrie, ce qui a considérablement limité les opérations israéliennes au-dessus du territoire, et même pour les AWACS [avions de détection et de commandement aéroporté] autour de la Syrie.

Combinés aux systèmes de guerre électronique (EW) également fournis par la Russie, ces systèmes de défense aérienne ont clairement un impact sur les opérations américaines et israéliennes. Et tandis que les Américains admettent que c’est un problème pour eux, les Israéliens, comme d’habitude, se sont plaints de cette livraison et se sont vantés de ne pas s’en soucier du tout, ajoutant qu’ils continueraient à bombarder la Syrie dès qu’ils en ressentiraient le besoin. Les Israéliens ont même déclaré qu’ils seraient prêts à tuer les équipages russes [opérant des S-300] si on leur tirait dessus. Sauf que, jusqu’à présent, les Israéliens sont restés en dehors du ciel syrien – gardez à l’esprit que, selon des sources israéliennes, en 2017, leurs avions ont attaqué la Syrie plus de 200 fois, soit environ une attaque tous les deux jours !

Cette fois-ci, non seulement les Israéliens sont confrontés à un système de défense aérienne beaucoup plus compétent, mais ce système est également très mobile et donc beaucoup plus difficile à localiser, ce qui compliquera considérablement les attaques futures. En outre, puisqu’un bataillon S-300PMU2 peut suivre 300 cibles (et en allumer 36 avec 72 missiles simultanément) à très longue portée, les Syriens vont maintenant améliorer considérablement leurs capacités d’alerte précoce, ce qui rendra beaucoup plus difficile la tâche des Israéliens pour mener des attaques surprises contre la Syrie.

Tôt ou tard, cependant, nous pouvons être assez confiants que les Israéliens et les États-Unis devront essayer de frapper à nouveau la Syrie, ne serait-ce que pour des raisons de relations publiques. En fait, cela ne devrait pas être trop difficile pour eux, voici pourquoi :

Premièrement, et contrairement à ce que l’on prétend souvent, il n’y a pas assez de S-300/S-400 en Syrie pour « verrouiller » tout l’espace aérien syrien. Oui, les Russes ont effectivement créé une zone d’exclusion aérienne de facto au-dessus de la Syrie, mais pas une zone pouvant résister à une attaque importante et déterminée. Ce que les forces combinées russes et syriennes ont fait jusqu’à présent, c’est de refuser aux agresseurs anglo-sionistes certaines zones spécifiques de l’espace aérien au-dessus et autour de la Syrie. Cela signifie qu’elles peuvent protéger certaines cibles spécifiques de grande valeur. Cependant, dès que les États-Unis/Israël auront une idée de ce qui a été déployé et de la manière dont fonctionne tout ce réseau de défense antiaérienne intégré, ils seront en mesure de planifier des frappes qui, bien que peu efficaces, seront présentées par la machine de propagande comme un succès majeur pour les AngloZionistes.

Deuxièmement, les opérations de défense aérienne sont toujours une affaire de quantité. Même si vous supposez que chaque missile de défense aérienne atteint sa cible, vous ne pouvez toujours pas abattre plus de missiles que vous n’en avez vous-même à disposition immédiate. Les États-Unis/OTAN/CENTCOM peuvent, si nécessaire, engager beaucoup plus de missiles, dans une attaque de saturation, que les Russes ne peuvent en détruire. Cela ne devrait pas changer dans un avenir prévisible.

Troisièmement, les États-Unis/OTAN/CENTCOM/IDF (Israël) disposent tous de capacités de guerre électronique (EW) avancées qui leur permettront d’essayer de perturber les capacités de tir et de reconnaissance russes, en particulier si les aéronefs à faible signature radar (plus ou moins furtifs, tels que les F-22, F-35, B-1B, etc.) sont utilisés dans les attaques. Les avions (et les missiles) à faible signature radar n’opèrent pas seuls et, en réalité, ils sont souvent engagés avec le soutien d’un effort déterminé de guerre électronique.

Enfin, l’Empire possède également des armes à longue portée qui pourraient être utilisées pour frapper la Syrie (comme le missile de croisière, lancé par avion, AGM-158 JASSM à faible signature radar), en particulier lors d’une guerre électronique combinée et d’une attaque de missiles munis d’appareils de contre-mesures, comme le précédent.

Ainsi, tout ce que les Anglo-sionistes peuvent faire est d’être très prudents dans le choix des voies d’approche et des cibles, d’utiliser des avions et des missiles à faible visibilité aux radars sous le couvert d’un solide engagement de guerre électronique, puis d’utiliser un nombre suffisant de missiles pour donner l’impression que l’Empire a vaincu les défenses antiaériennes russe et syrienne.

À en juger par leurs attaques passées contre la Syrie, les États-Unis et les Israéliens sont beaucoup plus préoccupés par la nécessité de paraître très puissants, efficaces et quasi invulnérables que par la réalisation de certains objectifs significatifs. Bien sûr, cette nécessité de paraître invulnérable signifie également que les Anglo-sionistes ne peuvent pas vraiment se permettre de laisser abattre un de leurs avions, d’où leur réticence actuelle à tester les capacités de la défense aérienne syrienne.

Mais, un jour ou l’autre, les Israéliens devront essayer de « vaincre le S-300 » comme ils le disent.

Le problème pour les Israéliens est qu’ils n’ont pas vraiment de bonnes options. La difficulté étant plutôt politique que technologique.

Supposons que les Israéliens mènent une frappe réussie contre une cible sérieuse –  si leur attaque est symbolique, les Russes et les Syriens peuvent simplement limiter leur réponse aux protestations et dénonciations habituelles, et ne prendre aucune mesure réelle – sinon que ferait la Russie ? Eh bien, les Russes – Shoigu en particulier – ont déjà indiqué qu’ils augmenteraient le nombre de batteries S-300 (et de systèmes d’assistance requis) en Syrie si nécessaire. Ainsi, le succès d’une attaque en Syrie aura pour principal effet de rendre la planification et l’exécution d’attaques ultérieures encore plus difficiles. Serait-ce vraiment un résultat souhaitable pour les Israéliens ? Je ne le pense pas.

Si chaque frappe israélienne réussie rend chaque frappe ultérieure encore plus difficile tout en augmentant le danger pour les aéronefs israéliens, à quoi servirait de telles attaques ? Existe-t-il en Syrie des cibles de grande valeur dont la destruction justifierait une nouvelle dégradation de la situation en Syrie ? Inversement, si vous étiez syrien (ou iranien), ne voudriez-vous pas que les Israéliens attaquent la Syrie – ou même les batteries de S-300 – assez durement pour obliger les Russes à fournir encore plus de systèmes de défense antiaérienne ? Et  pas nécessairement des S-300, soit dit en passant !

Comme dans le cas du Hezbollah au Liban, qui, incidemment, est né de  l’invasion israélienne du Liban en 1982, et de l’arrivée au pouvoir de Hassan Nasrallah au poste de secrétaire général de l’organisation, après assassinat d’Abbas al Moussawi par les Israéliens 1992, les Israéliens redécouvrent encore et encore le même truisme : alors que la violence simple et brutale semble être efficace à court terme, à moyen et à long terme, elle échoue à moins d’être soutenue par des mesures politiques significatives. La grande vérité axiomatique que les Israéliens refusent encore obstinément de reconnaître est que toute sécurité réelle est toujours collective, ce que les Russes répètent depuis des années maintenant. Dans le cas de la Syrie, Israël ferait bien mieux de négocier un accord quelconque avec les Russes, les Iraniens et les Syriens – même officieux ! – Plutôt que d’essayer de l’emporter en faisant exploser des objectifs en Syrie.

Je dirais même qu’avec la présidence de Trump, la vitesse d’effondrement de l’empire Anglo-sioniste augmentant considérablement, les Israéliens doivent commencer à élaborer des plans pour associer d’autres acteurs à leur politique régionale. La vérité est que les États-Unis ne sont plus en position de rester un acteur clé de la politique du Moyen-Orient et que des décennies de soumission abjecte à l’agenda du Likoud ont ​​irrémédiablement porté atteinte à la crédibilité et à l’influence des États-Unis au Moyen-Orient – et dans le reste du monde. Je comparerais la livraison de batteries S-300PMU-2 « Favorit » à la Syrie à une ouverture au jeu d’échecs ou à un mouvement irréversible comme un roque, il ne décide pas, à lui seul, de l’issue de la partie, mais crée un environnement de base avec lequel les deux joueurs devront composer.

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Pantsir muni de missiles à moyenne portée

Pour les Russes, la prochaine étape est tout à fait évidente : continuer à fournir aux Syriens  tous les types de systèmes de défense aérienne – en particulier davantage de Pantsirs – dans le but de protéger à terme l’ensemble de l’espace aérien syrien contre toute attaque des États-Unis ou d’Israël. Les principaux éléments d’un réseau de défense aérienne multi-niveau sont déjà déployés, la Syrie n’ayant maintenant besoin que d’en augmenter la quantité. J’espère vraiment que la Russie les fournira.

The Saker 

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/s-300-en-syrie-etat-des-lieux-preliminaire

 

La Russie va répondre aux manoeuvres géantes de l’Otan par des tests de missiles

La Russie va répondre aux manoeuvres géantes de l’Otan par des tests de missiles

Un hélicoptère américain de la Navy lors des manoeuvres Trident Juncture 18 de l’Otan au large de la Norvège. Près de Trondheim, le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

La Russie dit vouloir tester des missiles cette semaine au large de la Norvège dans une zone où l’Otan effectue des manoeuvres militaires géantes, un projet qui illustre l’escalade des tensions dans le Grand Nord aux yeux des experts.

« Nous avons reçu notification la semaine dernière de projets russes de tests de missiles au large des côtes ici », a déclaré mardi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, en visite dans l’ouest de la Norvège où se déroule Trident Juncture 18.

Cet exercice, le plus vaste que l’Alliance atlantique ait organisé depuis la Guerre froide, vise à tester sa capacité à secourir un de ses membres agressé par un autre État.

Mobilisant quelque 50.000 soldats, 65 navires et 250 aéronefs de 31 pays à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière russo-norvégienne dans l’Arctique, ces manoeuvres irritent Moscou, qui avait par avance promis une « riposte ».

« Malgré des tentatives assez maladroites de la part des représentants de l’Alliance et des États-membres visant à présenter cette activité militaire comme défensive, il est évident que cette démonstration de force est de nature clairement antirusse », s’est insurgée la diplomatie russe.

L’armée russe a annoncé la semaine dernière le déploiement de quatre navires dans l’Atlantique nord pour des manoeuvres.

« La Russie a des forces navales significatives dans cette zone », a indiqué M. Stoltenberg mardi. « J’attends de la Russie qu’elle se comporte de manière professionnelle ».

– L’Otan dédramatise –

Le patron de l’Otan a cependant cherché à dédramatiser la situation.

Vérifications à bord d’un hélicoptère Sikorsky de la Marine américaine, lors des manoeuvres de l’Otan Trident Juncture 18, au large de la Norvège. Le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

« Nous suivrons bien sûr de près ce que la Russie fait mais ils opèrent dans les eaux internationales et ils nous ont notifié de façon normale ».

Selon Avinor, l’agence publique en charge des aéroports norvégiens, la Russie a envoyé un message aux navigants aériens (Notam) pour les informer de ces tirs prévus du 1er au 3 novembre en mer de Norvège.

La zone concernée et les dates chevauchent largement celles de Trident Juncture, qui se déroule du 25 octobre au 7 novembre.

Un porte-parole d’Avinor, Erik Lødding, a indiqué que ce genre de notifications en pleine zone d’exercice n’était à sa connaissance « pas très fréquent » mais qu' »il n’y a rien de dramatique ».

« Cela ne changera pas nos plans », a de son côté assuré M. Stoltenberg.

« Tant que les Russes agissent d’une manière sûre et notifient comme ils le doivent, c’est quelque chose qui peut se produire sans poser de problèmes », a-t-il dit à l’AFPTV.

La Norvège joue elle aussi la carte de l’apaisement.

« Ce serait risquer l’escalade que de nous laisser gagner par l’irritation », a déclaré son ministre de la Défense, Frank Bakke-Jensen, à quelques journalistes. Les Russes « respectent les règles et ils peuvent s’entraîner comme ils le souhaitent ».

Un torpilleur norvégien lors des manoeuvres de l’Otan au large de la Norvège, le 29 octobre 2018. / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

– ‘Nouvelle Guerre froide’ –

Mais les spécialistes des relations internationales l’entendent d’une autre oreille.

« Il est tout à fait clair que ce que certains appellent +la nouvelle Guerre froide+ s’est transplantée dans le Nord d’une manière que peu anticipaient après la crise en Ukraine en 2014 », décrypte pour l’AFP Julie Wilhelmsen, experte de la Russie à l’Institut norvégien des relations internationales (Nupi).

« Quatre ans plus tard, on observe que les interactions entre États dans cette zone sont emprisonnées dans une escalade de tensions entre l’Otan et la Russie », dit-elle.

Si elle s’offusque, la Russie étale également sa puissance militaire. En septembre, elle a conduit les plus grandes manoeuvres de son histoire, Vostok-2018, avec officiellement près de 300.000 soldats en Sibérie orientale et dans l’Extrême-Orient russe.

« Aujourd’hui, et en particulier depuis 2014, le Kremlin est obnubilé par ce qu’il appelle +l’encerclement+ de la Russie, à savoir que l’Otan s’approche de plus en plus des frontières russes, ce qui est perçu comme offensif », explique Mme Wilhelmsen.

« Dans son voisinage, la Russie ne va pas renoncer à ce qu’elle considère comme son droit à défendre ses intérêts sécuritaires », affirme-t-elle.

Conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique basée à Paris, François Heisbourg s’est quant à lui demandé si c’était une « bonne idée » de la part de la Russie de jouer les trouble-fête dans Trident Juncture.

« Le Kremlin fait son possible pour prouver aux pays nordiques que la menace russe n’est pas une vue de l’esprit occidentale », a-t-il estimé sur Twitter.

(©AFP / (30 octobre 2018 15h54)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Russie-va-r-pondre-aux-manoeuvres-g-antes-de-l-Otan-par-des-tests-de-missiles/966954.rom

Le retour des euromissiles se prépare

Le retour des euromissiles se prépare

Le Pentagone a finalement admis que le président Poutine ne bluffait pas lorsqu’il a présenté le nouvel arsenal russe aux membres de la Douma, le 1er mars 2018. Moscou est désormais nettement en avance en matière d’armement conventionnel. Or, compte tenu de l’état de leur recherche militaire, les États-Unis ne seront pas en mesure de créer rapidement un équivalent au missile hypersonique Avanguard. Le président Trump se prépare donc à dénoncer le traité INF et rééquiper son pays de missiles nucléaires à moyenne portée, seule solution pour rééquilibrer les forces.

| Damas (Syrie)

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L’annonce que « Trump met à la casse le traité nucléaire historique avec Moscou » —le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF en anglais)— n’était pas inattendue. Mais maintenant c’est officiel. Pour comprendre la portée de cet acte, on doit rappeler le contexte historique dont est issu le Traité.

Il est signé à Washington, le 8 décembre 1987, par le président des USA Ronald Reagan et par le président de l’URSS Michail Gorbatchev, mis d’accord l’année précédente au sommet de Reykjavik. Sur la base de ce traité les États-Unis s’engageaient à éliminer les « euromissiles » : les missiles balistiques Pershing 2, basés en Allemagne de l’Ouest, et les missiles de croisière lancés du sol, basés en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas ; l’Union Soviétique s’engageait à éliminer les missiles balistiques SS-20, basés sur son propre territoire.

Le traité FNI (Inf) déterminait non seulement un plafond au déploiement d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires, mais l’élimination de tous les missiles de cette catégorie : jusqu’en 1991 il en fut éliminé au total 2 692. La limite du traité consistait dans le fait qu’il éliminait les missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte lancés du sol, mais pas ceux qui étaient lancés depuis la mer et l’air. Malgré cela, le Traité FNI constituait un premier pas sur la voie d’un réel désarmement nucléaire.

Cet important résultat était dû substantiellement à l’« offensive du désarmement » lancée par l’Union Soviétique de Gorbatchev : le 15 janvier 1986, elle avait proposé non seulement d’éliminer les missiles soviétiques et états-uniens à portée intermédiaire, mais de mettre au point un programme complet, en trois phases, pour le bannissement des armes nucléaires pour l’an 2000. Projet qui resta sur le papier parce que Washington profita de la crise et de la désagrégation de la super-puissance rivale pour accroître la supériorité stratégique, y compris nucléaire, des États-Unis, demeurés unique super-puissance sur la scène mondiale.

Il n’est pas fortuit que le Traité FNI ait été mis en discussion par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie, la Chine et d’autres puissances. En 2014, l’administration Obama a accusé la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière de la catégorie interdite par le Traité, annonçant que « les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre », c’est-à-dire l’abandon du Traité FNI [1]

Le plan a été confirmé par l’administration Trump : durant l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par une plateforme mobile sur route. Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil Atlantique Nord au niveau des ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que « le traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant, qui constitue un sérieux risque pour notre sécurité ». Moscou nie que ce système de missiles viole le Traité FNI et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et en Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Selon des informations filtrées par l’Administration, les États-Unis se préparent à déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire lancés du sol non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi dans le Pacifique et en Asie contre la Chine.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article203648.html

Inde : Malgré son acquisition de S-400, le dilemme géostratégique du pays reste entier

Inde : Malgré son acquisition de S-400, le dilemme géostratégique du pays reste entier


… mais Modi souligne que la Russie s’est toujours « tenue aux côté de l’Inde, que ce soit dans le secteur de l’énergie ou dans d’autres »


Par Pepe Escobar – Le 7 octobre 2018 – Source atimes.com

Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre indien Narendra Modi, lors de leur rencontre à New Delhi le 4 octobre 2018. Photo: AFP/Sputnik/Mikhail Metzel

Le sommet Inde-Russie de 2018 restera sans doute dans les annales. À la surface des choses, l’enjeu principal en était l’acquisition ou non par l’Inde de cinq systèmes de défense S-400 russes, pour un montant de 5,43 milliards de dollars.

L’accord en fut scellé dès la fin de la rencontre entre le premier ministre indien Narendra Modi et le président russe Vladimir Poutine, à New Delhi. Les négociations avaient débuté en 2015. Les S-400 seront livrés en 2020.

Et la suite ? Des sanctions de l’administration Trump contre l’Inde, selon le CAATSA (Loi de réplique aux adversaires de l’Amérique via Sanctions) ?

Si seulement un tel changement géopolitique pouvait être aussi tranché.

Cet accord d’armement implique la Russie, l’Inde et la Chine – un trio clé, pour ne pas dire LE trio clé des pays des BRICS, membres de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS). La nouvelle réalité est là : chacune de ces membres des BRICS/OCS sont à présent en capacité de déployer les très efficaces S-400.

Mais cela ne signifie pas que deux d’entre eux – l’Inde et la Chine – devraient forcément déployer des S-400 l’un contre l’autre en cas d’attaque unilatérale.

Poutine s’est montré catégorique : la Russie va mettre les bouchées doubles sur la coopération bilatérale avec l’Inde, non seulement dans le cadre de l’OCS, mais également à l’ONU et au G20. Modi, de son côté, a répété que l’Inde comme la Russie donnaient la priorité à un monde multipolaire.

Modi espère voir la Russie aider l’Inde à développer son programme spatial – qui a pour ambition d’envoyer des astronautes indiens dans l’espace dès 2022. Il a souligné que la Russie s’est toujours « tenue aux côté de l’Inde, que ce soit dans le secteur de l’énergie ou dans la poursuite de nos objectifs ».

« Nos objectifs » incluent, comme point essentiel, la synchronisation entre la Russie et l’Inde pour préserver le PAGC, également connu comme accord sur le nucléaire iranien. Une conséquence inévitable en est que l’Inde ne se privera pas d’acheter du pétrole et du gaz iraniens, même si elle encourt pour cela des sanctions américaines.

L’administration Trump pourrait même lever les sanctions contre l’Inde si – en accord avec la Loi d’Autorisation de la Défense Nationale – le président Trump décide que New Delhi n’a pas nuit aux intérêts stratégiques américains en achetant des missiles russes.

La décision, bien entendu, en reste totalement ouverte.

Faites vos choix, New Delhi

Au Forum économique russo-indien, le ministre au développement économique Maxime Orechkine s’est montré déterminé : l’Inde et la Russie sont engagées vers un rapprochement de leurs liens commerciaux et d’investissements, vers « un volume d’affaire de 30 milliards de dollars… et une montée en puissance des investissements jusque 50 milliards de dollars en 2025 ».

New Delhi a proposé, le mois dernier, la création d’une zone économique spéciale (ZES) pour les entreprises russes – en sus du « couloir vert » déjà discuté pour faciliter les échanges.

Tout cela rentre dans le cadre de relations historiquement bonnes entre la Russie et l’Inde. Mais pour l’instant, la vue d’ensemble en est plus nuancée, car elle fait ressortir les éléments de détail dans l’équilibre stratégique entre les trois grands pays partenaires des BRICS et de l’OCS.

Poutine et Xi Jinping ont déjà établi que les nouvelles routes de la soie, également connues sous le nom d’initiative la ceinture et la route (OBOR), ainsi que l’union économique eurasiatique (UEEA) allaient fusionner sur de nombreux aspects.

Voilà qui laisserait New Delhi sur le bord du chemin. L’Inde n’est pas alignée sur les nouvelles routes de la soie, et est même fermement opposée à l’un de leurs projets emblématiques : le couloir économique Chine-Pakistan (CPEC). Mais Pékin pourrait y remédier, par exemple en réajustant les détails du chemin du CPEC le long de la région du Cachemire.

Moscou et Pékin, de leur côté, sont très vigilants sur le fait que Washington peut utiliser l’Inde comme cheval de Troie pour saper l’intégration eurasiatique.

Pour preuve, le récent accord sur la compatibilité et la sécurité des communications [COMCASA, Communications Compatibility and Security Agreement, NdT], qui transforme de facto New Delhi en allié militaire des USA ; le nouveau statut de l’Inde, considérée par Washington comme seul « partenaire de défense majeur » ; et le rôle de l’Inde dans la résurrection du Quad sous l’administration Trump (avec le Japon et l’Australie), autant de mouvements interprétés par Pékin comme des tentatives d’encerclement en Mer de Chine du sud.

Le problème vient des hindous ultra-nationalistes au sein du parti politique de Modi (le BJP), qui soutiennent l’encerclement et/ou le confinement de la Chine. La raison clé, jamais explicitement citée, en est économique. Le BJP craint, si l’Inde adhérait aux routes de la soie, qu’un assaut « Made in China » ne vienne détruire les activités économiques intérieures indiennes, à l’image du destin funeste subi par certains secteurs économiques du Brésil, le pays des BRICS d’Amérique Latine réalisant le plus d’échange commerciaux avec la Chine.

Pékin et Moscou veulent que leur partenariat stratégique étendu – et leurs synergies – progressent sous forme d’un processus d’intégration eurasiatique, dirigé par les routes de la soie et l’union économique eurasiatique. Il n’est pas certain que l’Inde intègre cela dans ses priorités stratégiques.

La priorité stratégique de Washington est plutôt limpide : diviser pour mieux régner, en entravant par tous les moyens l’impulsion OBOR-UEEA-BRICS-OCS pour l’intégration eurasiatique et la multipolarité mondiale.

Aussi, l’accord pour les S-400 étant scellé, la balle est dans le camp de New Delhi. La politique dont se targue le pays d’« alignement multiple » laisse la question géostratégique en suspens ; l’Inde optera-t-elle pour le camp du « diviser pour  régner » américain, déguisé en « équilibre des pouvoirs », ou choisira-t-elle l’impulsion multipolaire vers l’intégration de l’Eurasie ?

Pepe Escobar

Note du Saker Francophone

Cet article est issu d'une analyse de dedefensa qui prend un peu de recul sur la vision "tonitruante et apocalyptique" de l'auteur.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophon

http://lesakerfrancophone.fr/inde-malgre-son-acquisition-de-s-400-le-dilemme-geostrategique-du-pays-reste-entier

 

Syrie, état des lieux : l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive

Syrie, état des lieux :
l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 9 octobre 2018

La situation en Syrie est relativement calme. Le gouvernement (en rouge sur la carte) a consolidé les territoires qu’il a repris au cours de l’année. L’armée syrienne a reçu une nouvelle défense aérienne (voir ci-dessous) et d’autres matériels et s’active à les intégrer. Certaines unités de l’armée syrienne se déplacent actuellement vers l’est, à Al Bukamal, à la frontière irakienne. D’autres ont été renvoyées à leurs bases.

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Le seul endroit où l’armée syrienne est toujours activement engagée est dans le désert du sud, près d’As-Suwayda, où quelque 1 000 à 2 000 combattants d’ISIS (en gris) s’accrochent à une petite enclave au milieu d’une vaste zone de roches volcaniques. Le terrain est difficile à traverser avec des chars et le combat d’infanterie y est sanglant.

L’accord russo-turque sur une zone démilitarisée dans le gouvernorat d’Idlib, contrôlé par les rebelles, semble tenir.

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Les rebelles contrôlés par la Turquie ont déplacé leurs équipements lourds (chars et artillerie) hors de la zone démilitarisée (ocre). Les factions djihadistes, Tahrir al Sham et les Turkmènes autour de Jisr al Shugur, ne respectent pas l’accord. Selon l’Observatoire syrien, ils ont creusé des fossés pour cacher leurs armes sur place. La Turquie a la responsabilité de les supprimer. La campagne d’assassinats dans le gouvernorat d’Idlib se poursuit avec plus de 380 victimes. Un commandant de niveau intermédiaire de tel ou tel groupe est tué chaque jour. On ne sait pas qui – les cellules dormantes d’ISIS, le MIT turc ou les spetsnazs russes – est derrière la campagne.

Le canton kurde d’Afrin, au nord-ouest, est une zone troublée similaire occupée par les troupes turques et les gangs rebelles associés. Il y a énormément de pillages et les différents groupes se battent entre eux.

Dans le gouvernorat de Deir Ezzor, dans l’est du pays, l’armée américaine et sa force de procuration kurde (en jaune) se battent toujours contre des forces enracinées d’État islamique (en gris).

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Ces forces sont restées seules pendant près d’un an et ont utilisé le temps dont elles disposaient pour s’enterrer. Les assaillants subissent des pertes causées par les mines improvisées et les cellules dormantes d’ISIS. Les forces américaines et britanniques bombardent la région plusieurs fois par jour et l’artillerie française et américaine ajoute au carnage. Malgré tout, les progrès semblent extrêmement lents. Selon des informations non confirmées, des marines américains seraient venus renforcer la force de procuration kurde réticente. Certains combattants d’État islamique ont traversé l’Euphrate pour attaquer des zones contrôlées par le gouvernement (en rouge), mais ont été vaincus.

Tandis que la carte générale montre un triangle au sud de la ville de Deir Ezzor dans laquelle ISIS se trouvait (en gris), aucune activité récente n’a été rapportée dans cette région désertique.

La zone al-Tanf contrôlée par les États-Unis dans le sud-est (en vert) est relativement calme. Les soldats américains y forment encore des hommes de main locaux, mais il n’y a pas d’avenir raisonnable pour ce poste. Les dizaines de milliers de membres des familles de rebelles et les combattants d’ISIS dans le camp de réfugiés de Rukban, situé à proximité de la frontière jordanienne, sont désespérés. La Jordanie ne laisse passer aucune aide pour eux. La nourriture est introduite en contrebande à partir de zones contrôlées par le gouvernement, mais la population n’a plus d’argent et ne peut pas payer pour cela :

L’année dernière, lorsque les États-Unis ont réduit le financement des factions affiliées à la FSA [Armée syrienne libre] opérant dans le désert de Badia, des centaines de combattants ont perdu leur principale source de revenus, qui avait souvent été utilisée pour soutenir les membres de leurs famille vivant à Rukban, a déclaré le porte-parole de la brigade Ahmad al-Abdo, Seif.

Des négociations ont été engagées avec le gouvernement syrien en vue de transférer certains rebelles et leurs familles de Rukban vers le nord dans la zone contrôlée par la Turquie, mais plusieurs annonces dans ce sens ont été faites sans qu’aucun transfert ne soit effectué.

La Russie a fait don de trois ensembles de systèmes de défense antiaérienne S-300PM à la Syrie. Chaque quartier général de bataillon dispose d’un radar d’acquisition et d’un poste de commandement. Il y a deux compagnies (batteries) dans un bataillon. Généralement, chaque compagnie dispose d’un radar de direction de tir et d’un véhicule de conduite de tir. Il y a quatre lanceurs de missiles dans une compagnie avec quatre missiles par lanceur. Deux véhicules supplémentaires ont des munitions de réserve et des grues pour recharger les lanceurs. Chaque bataillon disposera de cent missiles, ce qui permettra de contrer plusieurs vagues d’attaques. Les pièces de rechange peuvent être transportées sur des remorques de camion normales. Le système est très flexible. Des lanceurs supplémentaires peuvent être ajoutés à une compagnie et les informations radar peuvent être partagées.

Les systèmes sont relativement modernes et encore largement utilisés par la défense aérienne russe pour elle-même. Les systèmes reçus par la Syrie sont des systèmes précédemment en service dans des bataillons russes qui ont récemment été mis à niveau vers les nouveaux systèmes S-400. Ils ont été rénovés avant d’être livrés en Syrie. Les systèmes S-300PM sont montés sur des véhicules à roues. Ils sont arrivés par transport aérien (vidéo) de Russie. Pour protéger les défenses anti-aériennes S-300 à longue portée, chaque compagnie sera probablement accompagnée d’un système de défense anti-aérienne à courte portée Pantsyr-S1. Outre les systèmes de défense aérienne, la Syrie a également reçu des systèmes de guerre électronique Karsukha-4 qui permettent de détecter et de brouiller le trafic radio et radar ennemi.

L’un des bataillons restera probablement dans le gouvernorat de Lattaquié et renforcera la défense aérienne russe déjà stationnée là-bas. Un autre bataillon protégera Damas. Le troisième bataillon est un peu un joker. Il pourrait soit rester dans l’ouest de la Syrie, près de Homs, pour renforcer les autres unités, soit se déplacer vers l’est, à Palmyre, ou même à Deir Ezzor, pour donner à réfléchir au contingent américain.

Les 96 missiles S-300 prêts à être lancés vont rendre la tâche plus difficile pour Israël, si celui-ci veut continuer ses attaques contre la Syrie. Israël aimerait bien le faire, mais le seul moyen de poursuivre ses attaques est de faire décoller ses avions très bas au-dessus du Liban pour qu’ils soient couverts par la chaîne de montagnes qui mène à la Syrie. Ils seraient alors obligés de surgir pour lancer leurs missiles en Syrie, mais rien ne garantit que les avions y survivraient. Voler à basse altitude au-dessus du Liban comporte également le risque d’une rencontre surprise avec l’un des missiles de défense aérienne à courte portée du Hezbollah.

Le président syrien Bachar al-Assad vient d’annoncer un décret qui accorde l’amnistie à ceux qui ont déserté l’armée ou se sont abstenus de se présenter pour la conscription. Si les déserteurs et les conscrits se rendent dans les six prochains mois pour accomplir leur service, ils échapperont à toute punition.

Les Arabes du Golfe, à l’exception du Qatar, qui est un allié de la Turquie, ont renoncé à renverser le président Assad et ont bien fait :

Dans l’un des développements les plus surprenants survenus au milieu d’une série de réunions diplomatiques autour de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangères bahreïnien, Khalid bin Ahmad al-Khalifa, a salué le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Muallem, lors d’une réunion panarabe la semaine dernière. Bahreïn, proche allié de l’Arabie saoudite, a vivement critiqué Assad et d’autres alliés régionaux de l’Iran, mais le haut diplomate a déclaré : “Le gouvernement syrien dirige la Syrie, et nous travaillons avec les pays, même si nous ne sommes pas d’accord avec eux.”

Quelques jours plus tard, Assad a mené sa première interview avec un journal de la péninsule arabique depuis 2011, déclarant au Koweïtien Al-Shahed qu’il était parvenu à un “accord majeur” avec plusieurs États arabes et que “les délégations occidentales et arabes ont déjà commencé à revenir en Syrie pour organiser leur retour, qu’il soit diplomatique, économique ou industriel.”

Ce changement dans le sentiment des dirigeants arabes pourrait bien influer sur la position américaine en Syrie.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-etat-des-lieux-laccord-turco-russe-tient-la-defense-aerienne-s-300-arrive

 

Israël continuera à frapper en Syrie malgré les missiles russes

Israël continuera à frapper en Syrie malgré les missiles russes

Jérusalem – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré mardi que son pays continuerait à mener des frappes en Syrie malgré la décision russe de renforcer la défense antiaérienne du régime de Damas, lors d’une rencontre avec un responsable russe.

M. Netanyahu a reçu à Jérusalem le vice-Premier ministre Maxime Akimov.

Il s’agissait de la première entrevue officielle avec un responsable russe de haut rang depuis la mort de 15 militaires russes le 17 septembre dans la chute de leur avion abattu par erreur par la défense antiaérienne syrienne, après un raid israélien en Syrie, pays en guerre et voisin d’Israël.

Malgré la livraison consécutive par la Russie de missiles antiaériens S-300 au régime syrien, Israël continuera son « activité légitime en Syrie contre l’Iran et ses mandataires locaux qui ont clairement fait part de leur intention de nous détruire », a déclaré M. Netanyahu lors d’une conférence de presse.

Il s’est aussi dit confiant que les crispations avec Moscou seraient surmontées. « Avec du bon sens et de la bonne volonté, nous pouvons parvenir à une solution qui nous permette de maintenir le bon niveau de coordination entre les armées russe et israélienne ».

L’Iran et le Hezbollah libanais, ennemis d’Israël, aident militairement le régime syrien de Bachar al-Assad, également soutenu par Moscou. Israël martèle qu’il ne laissera pas l’Iran se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui. Il a frappé maintes fois ces derniers mois les intérêts iraniens en Syrie.

Israël et la Russie ont mis en place en 2015 un mécanisme de « déconfliction » afin d’éviter les accrochages entre leurs armées en Syrie.

Dimanche, M. Netanyahu avait annoncé qu’il rencontrerait « prochainement » le président russe Vladimir Poutine pour aborder la question de la coordination de l’engagement de leurs pays en Syrie. Cette rencontre serait la première entre les deux hommes depuis l’affaire de l’avion abattu.

Les deux dirigeants se sont parlé trois fois au téléphone.

Après que son avion eut été abattu, l’armée russe a d’abord accusé les pilotes israéliens de s’être servis de l’appareil comme couverture pour échapper aux tirs syriens, ce qu’a nié l’Etat hébreu.

Selon Israël, l’avion russe a été atteint alors que les appareils israéliens avaient déjà regagné leur espace aérien.

La Russie a depuis annoncé de nouvelles mesures de sécurité visant à protéger son armée engagée en Syrie, dont le renforcement de la défense antiaérienne syrienne avec des batteries S-300 et le brouillage des communications d’avions.

Ces mesures ont fait craindre à Israël de devoir limiter ses raids en Syrie contre ce qu’il présente comme des cibles iraniennes et des convois d’armes destinées au Hezbollah libanais.

(©AFP / 09 octobre 2018 16h20)

https://www.romandie.com/news/Isra-l-continuera-frapper-en-Syrie-malgr-les-missiles-russes/960684.rom