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Des Su-35 ou des Su-57 russes en Turquie  à la place des F-35 ?  Par Valentin Vasilescu

Des Su-35 ou des Su-57 russes en Turquie
à la place des F-35 ?
Par Valentin Vasilescu

mercredi 17 avril 2019, par Comité Valmy

 

Des Su-35 ou des Su-57 russes en Turquie
à la place des F-35 ?

Avec la décision de l’achat par la Turquie du système anti-aérien russe S-400, le temps de la diplomatie secrète américaine semble avoir pris fin. Les États-Unis ont réagi en bloquant la livraison de l’avion F-35 à la Turquie, alors que celle-ci était partenaire dans l’élaboration du projet F-35. En effet, la Turquie a fourni de l’argent à l’avance pour avoir accès à la technologie.

Les Américains sont entièrement contre l’adoption par la Turquie du système S-400, car ils estiment que cela se faisait au détriment du système américain Patriot. Les nouveaux dirigeants militaires turcs, choisis parmi ceux qui n’ont pas fait de stages aux États-Unis, se prononcent pour cette acquisition parce que cela répond strictement à la sécurité de la Turquie. Les militaires turcs ont encore en tête l’agressivité de certains alliés du « grand ami » qui a orchestré le coup militaire, bien sûr, au nom de la démocratie.

Ces dernières années, nous assistons à une confrontation diplomatique évidente entre la Turquie et les États-Unis + les alliés américains. Rappelons-nous que la Turquie a fait son premier pas, en prenant pour cible l’Arabie Saoudite, et en publiant les détails de l’assassinat de Kashoggi. Après le refus des États-Unis de livrer le F-35, un refus auquel s’attendait la Turquie, celle-ci a évolué de manière similaire dans ses relations directes avec les États-Unis. Le ministre des affaires étrangères, M. Mevlut Cavusoglu, a annoncé que si les Américains refusaient la vente de F-35, la Turquie acquérait des avions de pointe ailleurs. Cavusoglu a nommé ces alternatives : Su-35 ou Su-57 russe.

Ces transactions constituent une première absolue parce que c’est la première fois que la Russie vend des systèmes si avancés à une armée étrangère, un membre de l’OTAN. Poutine est-il assez naïf pour offrir aux ennemis, sa technologie de pointe ? Si Poutine réussit à extraire la Turquie de la zone d’influence américaine, alors le jeu en vaudrait vraiment la chandelle. Rappelons-nous que la récente réunion de Poutine-Erdogan est la troisième réunion entre les deux présidents depuis le début du 2019, et que la tendance à la hausse des relations russo-turques a débuté avec le coup d’État raté en Turquie.

Revenons au coup d’État en 2016, qui visait l’assassinat du Président Erdogan et n’était qu’une tentative désespérée d’éliminer un adversaire de l’Amérique. Quelques heures plus tôt, Poutine avait informé Erdogan de ce qui était en train de se passer, et le conseillait de quitter la maison de vacances de Marmaris 30 minutes avant l’attaque des commandos de putschistes, et de monter à bord d’un jet privé. Et il a également mis à disposition un satellite de communication russe pour diriger les forces fidèles restantes. Cette aide a permis à la 1ère Armée turque, commandée par le général Ümit Dündar, disposée autour d’Istanbul, d’inverser le sort du coup d’état en faveur de Erdogan. Dündar a repris l’aéroport Atatürk qui était sous le contrôle des putschistes et a assuré l’atterrissage de l’avion de Erdogan.

Pourtant, les choses ne peuvent pas rester ainsi indéfiniment car Erdogan veut régler rapidement le problème des Kurdes, considérés comme des terroristes par la Turquie mais soutenus par les États-Unis. En même temps, Erdogan veut transférer aux services secrets turcs, la gestion de tous les terroristes islamistes combattant dans le nord de la Syrie, recrutés et armés par la CIA et le Pentagone via l’Arabie Saoudite, pour les empêcher d’être redirigés par les États-Unis vers d’autres « Printemps arabes ». Le véritable objectif de Erdogan est de créer son propre bloc militaire composé de la Turquie, de l’Iran et du Qatar, en tant que contrepoids à une OTAN arabe recherchée par les États-Unis. Si Erdogan, soutenu par Poutine, remporte le match qu’il mène contre les Etats-Unis et leurs alliés arabes, le rapport des forces au Proche-Orient changera radicalement au détriment des États-Unis.

Valentin Vasilescu
16 avril 2019

Traduction Avic 
– Réseau International

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11122

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Les Défenses Antiaériennes Syriennes Interceptent Des Missiles Hostiles Au Dessus De Hama

Analysis

Les Défenses Antiaériennes Syriennes Interceptent Des Missiles Hostiles Au Dessus De Hama/Syrian Air Defence Intercepts Hostile Inbound Missiles Over Hama

La zone d’Al-Misyaf, près de Hama, a été ma cible dans la nuit du 12 au 13 avril 2019 d’une nouvelle attaque aux missiles, probablement israélo-US.

https://strategika51.org/archives/62424

Donald Trump propose un désarmement nucléaire relatif

Donald Trump propose un désarmement nucléaire relatif

  

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Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Otan célébraient à Washington le 70ème anniversaire de l’Alliance, le président Donald Trump recevait le Premier ministre adjoint chinois, Liu He.

Durant le point de presse avant l’entretien officiel, le président Trump a créé la surprise en évoquant la possibilité de négocier avec la Chine et la Russie une diminution de leurs dépenses nucléaires [1].

Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan ont évoqué le retrait des États-Unis du Traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire, dont ils rendent la Russie responsable. Le secrétaire général, Jens Stoltenberg, a assuré qu’il n’était pas question —pour le moment— de rejouer la polémique sur les euromissiles, c’est-à-dire sur un déploiement en Europe de lanceurs terrestres de bombes atomiques qui transformerait cette région en prochain champ de bataille.

10 États possèdent actuellement l’arme atomique (Arabie saoudite, Chine, Corée du Nord, États-Unis, France, Inde, Israël, Pakistan, Royaume-Uni et Russie). Cependant, seuls les trois Grands disposent de la triade de lanceurs requis pour être dissuasifs et crédibles en toute circonstance. Surtout, leurs bombes sont de toutes catégories et nettement en avance techniquement sur celles de leurs concurrents.

D’un point de vue économique, les coûts en matière d’armement atomique, à la différence de ceux en armement conventionnel, sont dépensés en pure perte, car ce matériel n’offre aucune possibilité d’exportation. Jusqu’à présent les seules négociations de désarmement qui furent couronnées de succès, se tinrent à la fin de la Guerre froide lorsque ces dépenses étaient devenues intenables, particulièrement pour l’URSS dont le territoire était beaucoup plus étendu que celui des USA.

Toutes les tentatives de désarmement qui ont été abordées d’un point de vue moral ont échouées. Barack Obama, qui s’était engagé en ce sens, avait reçu préventivement le prix Nobel de la Paix avant de déclarer forfait.

Donald Trump expose cette question sous l’angle économique, contredisant la rhétorique de la « menace russe » qui était au cœur de la réunion de l’Otan. La Chine et la Russie souhaitent s’engager sur la même voie que le président des États-Unis.

[1] “Remarks by Donald Trump and Liu He Before Bilateral Meeting”, by Donald Trump, Liu He, Voltaire Network, 4 April 2019.

https://www.voltairenet.org/article205980.html

Ventes d’armes: États-Unis contre Russie (1950-2017)

MISC

Ventes d’armes: États-Unis contre Russie (1950-2017)

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https://player.vimeo.com/video/286751571?byline=0&portrait=0

Ventes d’armes: États-Unis contre Russie (1950-2017)

Entre d’innombrables guerres par procuration et la menace croissante d’une catastrophe nucléaire, la guerre froide a créé un climat géopolitique sans précédent.

Pendant près d’un demi-siècle, les deux plus grandes superpuissances du monde se sont ruées l’une sur l’autre, par tous les moyens nécessaires. C’était une tension qui a tout déclenché, de la course à l’espace aux rivalités sportives, l’impact s’étendant souvent aux pays voisins.

Les États-Unis et l’Union soviétique ont non seulement bravé toutes les courses de l’armement, mais ils ont également étendu leur influence en vendant des armes à l’extérieur de leurs frontières. Fait intéressant, cette dernière course se poursuit jusqu’à aujourd’hui, près de trois décennies après la chute du rideau de fer.

Visualiser les ventes d’armes

L’animation d’aujourd’hui provient du spécialiste des données, Will Geary , qui retrace l’historique des ventes d’armes internationales provenant des États-Unis et de l’Union soviétique (plus tard de la Russie) de 1950 à 2017.

Plus spécifiquement, en utilisant les données de la base de données sur les transferts d’armes du SIPRI, l’animation montre le mouvement géographique des armes d’un pays à l’autre ainsi que l’évolution de la part du commerce des armes détenue par les pays respectifs. La vidéo est également agréablement soutenue par un son qui représente la musique de chaque décennie, allant de Buffalo Springfield à The Clash.

Dominance des armes

Si vous regardez le graphique à secteurs dans le coin supérieur gauche de l’animation, vous verrez que le début des années 1960 marque l’apogée de la domination des Etats-Unis et de l’Union soviétique – à ce stade, à peu près au même moment que la crise des missiles cubains, puis Assassinat de JFK, les deux superpuissances combinées représentent 80% des ventes mondiales d’armes.

Dans les années 1960, les principaux clients des armes américaines étaient l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon, tandis que les Soviétiques envoyaient le plus grand nombre d’armes à l’Égypte, à la Pologne et à l’Allemagne de l’Est.

Chute du mur

Dans les années 1980, le commerce mondial des armes a commencé à se dissiper, les dirigeants soviétiques tels que Gorbatchev se concentrant sur les réformes intérieures et, éventuellement, sur la perestroïka.

Plus tard, l’Union soviétique s’est dissoute et les ventes d’armes ont continué à plonger jusqu’en 2001:

Exportations d'armes par année

Depuis lors, les ventes d’armes ont de nouveau augmenté – et aujourd’hui, elles sont revenues à des niveaux jamais vus avant la chute du mur de Berlin.

L’époque moderne

Qui vend le plus d’armes, d’après les données des 10 dernières années?

Ventes d'armes par pays

Même si la guerre froide est finie depuis longtemps, les États-Unis et la Russie ont conservé leur héritage de ventes d’armes internationales jusqu’au 21ème siècle.

Aujourd’hui, les deux pays réalisent environ 60% des ventes d’ armes. Les principaux fabricants d’armes américains, tels que Lockheed Martin et Raytheon, obtiennent une grande part de ce gâteau.

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LA «PARTIE AMÉRICAINE» AU SEIN DES INSTITUTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

LA «PARTIE AMÉRICAINE» AU SEIN DES INSTITUTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

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26.03.2019

Le Parlement européen vient d’adopter une résolution demandant à l’Union de ne plus considérer la Russie comme un partenaire stratégique, mais plutôt comme un ennemi de l’humanité. Dans le même temps, la Commission a mis en garde contre la menace chinoise. Tout se déroule comme si les États-Unis étaient en train de forcer l’Union à jouer un rôle dans leur propre stratégie de suprématie.

«La Russie ne peut plus être considérée comme un partenaire stratégique et l’Union européenne doit être prête à imposer de nouvelles sanctions si elle continue à violer le droit international» – telle est la résolution approuvée par le Parlement européen le 12 mars avec 402 voix pour, 163 contre et 89 abstentions [ ]. La résolution, présentée par la parlementaire lettone Sandra Kalniete, dénie avant tout toute légitimité aux élections présidentielles en Russie, les qualifiant de «non démocratiques» et présentant ainsi le président Poutine comme un usurpateur.

Elle accuse la Russie non seulement de «violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Géorgie», mais aussi «d’une intervention en Syrie et d’une ingérence dans des pays comme la Libye» et, en Europe, d’une «ingérence visant à influencer les élections et à accroître les tensions». . Elle accuse la Russie de «violation des accords sur le contrôle des armements» et lui impose la responsabilité d’avoir enterré le traité INF. En outre, elle accuse la Russie «d’importantes violations des droits de l’homme en Russie, y compris tortures et exécutions extrajudiciaires» et «d’assassinats perpétrés par des agents des services de renseignement russes à l’aide d’armes chimiques sur le sol européen».

Après ces accusations et d’autres, le Parlement européen a déclaré que Nord Stream 2 – le gazoduc destiné à doubler la fourniture de gaz russe à l’Allemagne via la mer Baltique – «accroît la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe, menace le marché intérieur européen et ses intérêts stratégiques […] Et doit donc être terminé ».

La résolution du Parlement européen est une répétition fidèle, non seulement dans son contenu, mais même dans son libellé, des accusations selon lesquelles les États-Unis et l’OTAN visent la Russie et, ce qui est encore plus important, ils dissimulent fidèlement leur demande de bloquer Nord Stream 2. objet de la stratégie de Washington visant à réduire l’approvisionnement en énergie russe de l’Union européenne, afin de les remplacer par des approvisionnements provenant des États-Unis, ou du moins d’entreprises américaines. Dans le même contexte, la Commission européenne a adressé certaines communications à celles de ses membres [ 2], dont l’Italie, qui avait l’intention de s’associer à l’initiative chinoise de la Nouvelle route de la soie. La Commission affirme que la Chine est à la fois un partenaire, mais aussi un concurrent économique et, ce qui est capital, un «rival systémique qui favorise des formes de gouvernance alternatives», autrement dit des modèles de gouvernance alternatifs jusqu’ici dominés par les puissances occidentales. .

La Commission souligne qu’il faut avant tout «protéger les infrastructures numériques critiques des menaces potentiellement sérieuses pour la sécurité» posées par les réseaux 5G fournis par des sociétés chinoises comme Huawei et interdits par les États-Unis. La Commission européenne fait écho fidèlement aux avertissements lancés par les États-Unis à leurs alliés. Le général Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe, a précisé que ces réseaux mobiles ultrarapides de cinquième génération joueraient un rôle de plus en plus important dans les capacités de l’OTAN en matière de guerre. Par conséquent, aucun «amateurisme» de la part des alliés ne sera toléré.

Tout cela confirme l’influence du «Parti américain», puissant camp transversal qui oriente la politique de l’UE dans le sens des orientations stratégiques des États-Unis et de l’OTAN.

En créant la fausse image d’une Russie et d’une Chine dangereuses, les institutions de l’Union européenne préparent l’opinion publique à accepter ce que les États-Unis préparent maintenant pour la «défense» de l’Europe. Les Etats-Unis – déclaré porte-parole du Pentagone auprès de CNN – se préparent à tester les missiles balistiques basés au sol (interdits par le traité INF enfouis par Washington), c’est-à-dire de nouveaux Euromissiles qui feront à nouveau de l’Europe la base et le même temps, la cible d’une guerre nucléaire.

Traduction de  
Pete Kimberley

Texte d’origine:  Il Manifeste (Italie)

Source:  voltairenet.org

 

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Un désastre militaire. La Russie et la Chine écrasent les États-Unis dans une simulation de combat.

Un désastre militaire. La Russie et la Chine écrasent les États-Unis dans une simulation de combat.


Comment Washington va-t-il y remédier ?


Par David Axe – Le 11 mars 2019 – Source The National Interest

L’armée américaine continue de se faire botter les fesses pendant les simulations de guerre, a déclaré un analyste au journaliste de Breaking Defense, Sydney Freedberg Jr. Il en coûterait 24 milliards de dollars par an pour régler les problèmes les plus importants, selon le même analyste.

« Dans nos simulations, lorsque nous combattons la Russie et la Chine, les États-Unis se font botter le cul », déclare David Ochmanek, analyste du groupe de réflexion californien la RAND Corporation, dans le cadre d’une table ronde tenue le 7 mars 2019 au Center for a New American Security, à Washington, DC.

« Il s’avère que les super-armes américaines ont un peu trop d’Achille dans leurs talons », se moque Freedberg.

Selon Ochmanek, les bases américaines sont vulnérables aux attaques de missiles longue portée. Il en va de même pour les grands navires de guerre naviguant en haute mer. « Les choses qui dépendent d’une infrastructure de base sophistiquée comme les pistes d’atterrissage et les réservoirs de carburant sont particulièrement vulnérables », a déclaré M. Ochmanek. « Les choses qui naviguent à la surface de la mer elles aussi. »

La dépendance excessive des forces américaines à l’égard de grandes installations vulnérables et de grands navires rendent discutables les qualités de haute technologie des avions furtifs qui survolent ces bases et ces navires, a déclaré Robert Work, un ancien secrétaire adjoint à la défense qui a également siégé au comité du CNAS.

« Dans tous les cas que je connais, le F-35 domine le ciel quand il est dans le ciel, mais au sol ils seront décimés en grand nombre », déclare Freedberg.

La vulnérabilité croissante des forces américaines aux frappes de missiles explique en partie pourquoi la marine américaine a proposé de déclasser un porte-avions des décennies plus tôt qu’elle ne l’avait prévu, nous explique Freedberg.

Bien sûr, il est possible que la proposition de la Marine de mettre l’USS Harry S. Truman en réserve soit aussi un stratagème pour obtenir des fonds supplémentaires du Congrès.

Pourtant, les planificateurs militaires n’ont pas tort de reconsidérer les méthodes américaines traditionnelles de projection de puissance. Ochmanek estime qu’il en coûterait 24 milliards de dollars par an pendant cinq ans pour préparer l’armée américaine à une guerre de haute technologie avec la Russie et la Chine.

« Alors qu’achèterons-nous avec ces 24 milliards de dollars ? » se demande Freedberg.

Tout d'abord, des missiles. Beaucoup, beaucoup de missiles. Les États-Unis et leurs alliés continuent notoirement de sous-estimer le nombre d'armes intelligentes dont ils auront besoin pour une guerre balistique, puisqu’ils ont commencé à sécher contre des ennemis aussi faibles que les Serbes ou les Libyens. Contre la Russie ou la Chine, qui peuvent égaler non seulement notre technologie mais notre masse, nous manquerons rapidement de munitions.

Plus précisément, il faudra beaucoup de missiles offensifs à longue portée. Ochmanek a mentionné les brigades d'artillerie de l'armée de terre, qui utilisent des lanceurs de missiles MLRS, et la bombe intelligente JAGM-ER de l'armée de l'air, tandis que Work a vanté le tueur de navires LRASM de la marine.

Il faudra aussi beaucoup de missiles défensifs pour abattre les missiles offensifs, les avions et les drones de l'ennemi. Les nouvelles batteries de défense aérienne à courte portée de l'armée de terre, les missiles Stinger montés sur des véhicules blindés Stryker huit par huit, constituent une solution à court terme.

À plus long terme, les lasers, les canons sur rail et les micro-ondes de grande puissance pourraient abattre les missiles entrants à un coût beaucoup moins élevé.

L’armée devrait également renforcer ses réseaux de commandement et de contrôle. « Cela comprend tout, des liaisons de données à l’épreuve des brouillages aux équipements de guerre électronique sur les avions de combat et les navires de guerre », explique Freedberg.

« Les services aiment bien rogner sur l’électronique pour avoir autant d’avions et de bateaux que possible », raconte Ochmanek, « mais un navire de plusieurs milliards de dollars qui coule faute d’une protection électronique d’une valeur de un million de dollars est un mauvais retour sur investissement. »

Selon Work, le Pentagone pourrait libérer de l’argent pour ces réformes en démantelant les forces vulnérables car trop grandes. Désaffecter le USS Truman, par exemple, « me semble une bonne idée », dit-il. Il affirme également que l’armée américaine dispose de plus de brigades d’infanterie et de chars que ses forces de défense antimissile ne peuvent en protéger. Si le ministère de la Défense pouvait libérer 24 milliards de dollars, il faudrait les affecter à la branche militaire qui a les meilleures propositions pour atteindre certains résultats en temps de guerre, rajoute-t-il.

« Couler 350 navires de la marine et des garde-côtes chinois au cours des 72 premières heures d’une guerre, ou détruire 2 400 véhicules blindés russes », sont deux objectifs possibles selon Freedberg.

David Axe

Liens

Le USS Pentagone et sa mer des sargasses

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/un-desastre-militaire-la-russie-et-la-chine-ecrasent-les-etats-unis-dans-une-simulation-de-combat

 

Urnes, prison, guerre et fluidité syrienne

Urnes, prison, guerre et fluidité syrienne

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Urnes, prison, guerre et fluidité syrienne

L’article de E.J. Magnier ci-dessous a déjà été publié et repris par divers sites, en anglais et en français notamment. Il présente l’hypothèse d’une attaque d’Israël contre des cibles stratégiques syriennes et des cibles stratégiques iraniennes en Syrie selon le sentiment de l’actuel premier ministre israélien Netanyahou sur ses chances de remporter à nouveau la majorité aux élections d’avril, et d’être ou non reconduit dans ses fonctions. L’argument n’est nullement stratégique mais concerne un destin personnel : si Netanyahou perd, il ira devant la justice avec une forte possibilité, pour ne pas dire “de fortes chances”, d’être condamné et d’aller en prison ; s’il a le sentiment qu’il va perdre, il déclenchera l’attaque, c’est-à-dire la guerre, parce que dans ce cas les élections seront postposées, et sa possible condamnation reportée.

D’habitude, Magnier donne des informations assez complètes sur les positions des uns et des autres, dans le camp syrien. Ce texte, essentiellement sinon exclusivement écrit à partir de sources syriennes, se démarque partiellement mais très significativement de la méthode, en ceci qu’il ne dit absolument rien de la position russe en cas de conflit alors que cette question est tout simplement essentielle dans le cas envisagé. Il affirme la solidité et la solidarité complète de l’alliance entre la Syrie et l’Iran, par conséquent par rapport aux positions iraniennes en Syrie. Il donne quelques détails sur une implication US dans ce “projet” de Netanyahou, notamment à partir du constat du déploiement temporaire de batteries de missiles sol-air THAAD.

Par contre, Magnier ne donne aucune précision concernant l’attitude des Russes, sinon un écho de la rencontre Poutine-Netanyahou le 27 février à Moscou au cours de laquelle Poutine aurait dit à Netanyahou qu’il n’avait aucun pouvoir sur l’alliance entre la Syrie et l’Iran, et par conséquent aucun moyen d’agir sur la présence des Iraniens en Syrie (en faveur d’un retrait, comme le demandent les Israéliens). C’est assez maigre et finalement assez négatif pour la Russie, indiquant implicitement que cet acteur majeur de la crise, soit n’a aucun pouvoir réel sur une composante majeure de la situation, soit s’en lave les mains en se tenant en retrait.

On notera aussitôt que, sur cette question de la position de la ,position actuelle de la Russie dans ce qui reste, – qui est plus que jamais même si en plus soft l’imbroglio syrien, le site DEBKAFiles dont on connaît bien entendu l’orientation, a une toute autre appréciation, qui présente une situation géopolitique complètement différente. Le site israélien estime qu’un changement profond s’est produit depuis la rencontre Poutine-Netanyahou du 27 février, qui place la Russie assez loin, sinon très-loin de ses alliés syriens et iraniens.  Il s’agit d’une nouvelle du 3 mars 2019, confirmée indirectement (répétée) sur le même site le 10 mars 2019selon une analyse très critique de la coalition qui s’oppose à Netanyahou pour les élections du 6 avril. Il s’agit de l’affirmation que les Russes et les Israéliens, ou même plus précisément Poutine et Netanyahou (précision importante pour le côté israélien), ont trouvé un terrain commun qui les détachent de leurs positions conventionnelles et habituelles.

« À Moscou[le 27 février], le général Tamir Hayman, responsable des services de renseignements militaires israéliens, a déployé devant Poutine les cartes montrant les sites militaires iraniens en Syrie. Le but principal de Netanyahou lors de sa rencontre avec Poutine à ce moment-là était d’empêcher l’Iran d’établir une présence militaire en Syrie. Le dirigeant russe a répondu que Jérusalem et Moscou avaient un objectif commun: “rétablir la situation en Syrie comme avant la guerre civile qui durait depuis huit ans”.

» C’est une évolution historique pour les deux hommes. Sa signification épique a été complètement occultée par l’épouvantable campagne électorale[en Israël] et la décision du procureur général sur le dossier de corruption contre le Premier ministre. Ce qui s’est passé à Moscou, c’est que Netanyahou a rompu avec la version conventionnelle de ses propres chefs des services de renseignement, qui ont toujours affirmé qu’Assad avait perdu la guerre et que les forces israéliennes avaient détruit 90% des structures militaires iraniennes en Syrie. Reconnaissant que ni l’une ni l’autre de ces affirmations n’était réaliste, il a conclu un accord avec Poutine pour la création d’une commission conjointe russo-israélienne pour le retrait de toutes les forces étrangères de Syrie.

» Pour Poutine, il s’agit d’un geste audacieux mais calculé. Puisque Assad, dont il avait sauvé le régime, peut se rendre à Téhéran sans dire mot à Moscou[de cette visite], Poutine s’estime justifié d’introduire Israël dans les discussions sur l’avenir de la Syrie. Après les discussions du mois dernier avec l’Iranien Rouhani et le Turc Erdogan à Sotchi, le président russe fait entrer Netanyahou dans l’équation.

» Le Premier ministre s’est également engagé sur un nouveau terrain en acceptant de discuter avec le président russe des moyens de retirer “toutes les forces étrangères” de la Syrie, – tant américaine qu’iranienne, – et même de discuter des arrangements sécuritaires qui prévaudraient après leur départ. »

Bien entendu, l’on connaît ces deux sources que nous consultons régulièrement, leurs orientations politiques et idéologiques quasiment opposées, leurs recours à des sources propres qui vont en général dans le même sens et la tentation normale d’appuyer leurs analyses dans les sens favorisés. Il n’empêche que le crédit de ces deux sites, qui fait leur qualité et leur influence, les empêche d’écrire n’importe quoi et de fabriquer ce que le Système nomme vertueusement, par son expérience même, des totales FakeNewsOn se trouve donc devant deux interprétations de la situation aussi dissemblables et antagonistes que possible, et qu’on ne peut écarter avec dédain et certitude en prononçant : “Fake”.

Par conséquent et de façon symétrique, nous ne nous prononcerons certainement pas dans quelque sens que ce soit. Dans ce cas pour notre compte, l’inconnaissance doit triompher, – justement parce que ces orientations de communication si différentes, et malgré tout envisageable chacun pour ce qu’elle vaut, signalent que la situation syrienne est devenue extrêmement fluide. Tous les acteurs sont affectés par cette transformation de la substance, et par conséquent les lignes de partage, les oppositions tranchées qui pouvaient être distinguées il y a encore quelques mois (par exemple, l’alliance Syrie-Iran-Russie) deviennent plus floues et peut-être insaisissables. La folle situation washingtonienne (“D.C.-la-folle”) avec une présidence de la sorte qu’on voit, un Congrès volatile et incontrôlable, les décisions (“retrait” de Syrie) prises ou pas, exécutées ou pas, tout cela existe comme la toile de fond d’une situation dite d’hégémonie au moins au niveau de la communication, et constitue sans le moindre doute l’un des principaux foyers de l’accélération du désordre caractérisé de plus en plus par la perte de contrôle des grands axes d’intervention et des logiques à mesure. La situation syrienne évolue dans un cadre d’une étrange structuration d’“hyperdésordre”, dont le principal responsable (les USA) se trouvent écartés par leur propre tourbillon crisique intérieur.

Ci-après, le texte de Elijah J. Magnier du 7 mars 2019, traduit sur le site de l’auteur et pour la version française par Daniel G., et dont le titre complet est « La Syrie prépare ses missiles en vue de la prochaine bataille l’opposant à Israël ».

dedefensa.org

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La Syrie prépare ses missiles…

La Syrie et ses alliés préparent leurs missiles en vue de la bataille à venir contre Israël si Tel-Aviv décide d’ouvrir le feu contre des positions militaires importantes sous le contrôle de l’armée syrienne.

Des sources bien informées affirment que « tout dépend de la tournure que prendront les élections israéliennes. Si le premier ministre Benjamin Netanyahou estime qu’il a suffisamment de chances d’obtenir un second mandat, il ne se lancera pas dans un nouvel affrontement avec la Syrie et ses alliés de sitôt. La date de la prochaine bataille sera remise à plus tard. Mais s’il croit qu’il va perdre les élections, la possibilité qu’il se lance dans une bataille est très élevée. Un affrontement sérieux entre Israël d’une part, et la Syrie et l’Iran d’autre part, serait un motif suffisant pour reporter les élections. Netanyahou n’a pas grand choix : soit il remporte les élections et repousse l’action en justice contre lui, soit il se retrouve en prison ».

Le commandement des forces des USA en Europe (EUCOM) a récemment envoyé des avions militaires ainsi que 200 soldats américains, qui transportaient des batteries de missiles du système de défense antimissile balistique  THAAD  devant être déployées au sud d’Israël. La raison officielle du déploiement de ce système perfectionné ultramoderne serait en vue d’un exercice conjoint entre Israël et les USA. Les batteries du système THAAD soutiendront les systèmes d’interception de missiles déjà en place en Israël : “Dôme de fer” contre les missiles à courte portée, “Fronde de David” contre les missiles tactiques et “Arrow” contre les missiles balistiques intercontinentaux.

« Les USA ne font pas confiance au système israélien, d’où le déploiement du système THAAD pour abattre les missiles lancés par les forces syriennes ou iraniennes déployées en Syrie, comme elles l’ont promis en cas de bataille provoquée par Netanyahu. La Syrie et l’Iran ont promis tous les deux une riposte immédiate si Israël bombarde des positions militaires importantes dans ces deux pays. C’est pourquoi les USA ont décidé de prendre part à cet affrontement, car ils sont convaincus que toute nouvelle bataille sera dévastatrice pour les deux parties. »

La visite du président Bachar al-Assad à Téhéran [le 25 février] a clairement indiqué à toutes les parties impliquées dans la guerre en Syrie, tout particulièrement l’UE et les USA, que Damas ne demandera jamais à l’Iran de se retirer de la Syrie pour plaire à des tiers ou en échange de la reconstruction du pays ou de la normalisation des relations entre les Arabes et la Syrie ou entre l’Occident et la Syrie.

« La visite du président syrien en Iran a permis au président Poutine d’expliquer à son visiteur Netanyahou que Moscou ne peut aider Israël à obtenir le retrait de l’Iran de la Syrie. Les liens entre la Syrie et l’Iran sont solides (a expliqué Poutine à son invité, d’après ce qui a été rapporté à Damas) et la Russie n’est pas en mesure de faire changer cette relation stratégique entre les deux pays », a indiqué la source.

Elijah J. Magnier

http://www.dedefensa.org/article/urnes-prisonguerre-et-fluidite-syrienne

S-400, la pomme de discorde de Poutine

 

S-400, la pomme de discorde de Poutine

Publié le 6 Mars 2019 par Observatus geopoliticus in RussieMoyen-Orient

Quand, furieuse de ne pas avoir été invitée à un banquet sur l’Olympe, Éris, déesse de la Discorde, lance la fameuse pomme sur la table, elle ne s’imaginait peut-être pas la cascade d’événements qu’elle provoquerait. L’inscription gravée sur le fruit – « A la plus belle » – voit d’abord les déesses se crêper le chignon avant de se retourner vers Zeus pour lui demander de les départager. Point téméraire, celui-ci prend ses jambes à son cou et se dépêche de chercher sur terre un jeune homme pour le remplacer dans ce fatal jugement.

Pâris, c’est son nom, n’a que l’embarras du choix : Héra, femme de Zeus, lui propose un empire et Athéna, déesse de la guerre, la victoire éternelle sur les champs de bataille. Mais c’est finalement Aphrodite, déesse de l’amour, qui l’emporte en lui assurant l’affection de la plus belle femme du monde. La belle Hélène, femme du roi de Sparte, tombe ainsi amoureuse de Pâris, prince troyen, qui l’emmène avec lui. C’est le début de la guerre de Troie et des inoubliables exploits d’Achille, Hector, Ulysse…

Véritable Éris des temps modernes, Vladimir Poutine ne s’amuse jamais autant que lorsqu’il sème la discorde dans le camp impérial. Moins poétique, c’est un système antiaérien, le meilleur du monde, qui joue le rôle de la pomme en or. Un petit rappel sur ce bijou technologique n’est pas inutile :

Tout amateur de rugby sait que le noble sport marche par phase : à certaines époques, les attaques prennent le pas sur les défenses ; à d’autres, c’est l’inverse. Au rugby-champagne des années 90, les entraîneurs de ce jeu infini et complexe ont répondu par la mise en place de systèmes défensifs très élaborés. Il en est de même dans l’éternelle course-poursuite de l’armement entre l’attaque (aviation, missiles) et la défense (systèmes anti-aérien et anti-missiles). Amusante coïncidence, les périodes sont relativement similaires.

Les années 90 ont marqué l’apogée de l’attaque, du pouvoir absolu des airs. Durant la première guerre du Golfe (1991), les avions furtifs et missiles américains sont entrés comme dans du beurre irakien ; la guerre du Kosovo (1999) a, pour la première (et dernière ?) fois de l’histoire, vu la victoire de la seule aviation, sans hommes à terre. Cette « dictature du ciel » a provoqué, plus qu’une prise de conscience, une véritable révolution mentale dans les principaux états-major de la planète.

Les Russes ont été les premiers à relever le défi avec la création et la fabrication de systèmes anti-aérien et anti-missiles extrêmement performants : les fameux S300 puis S400. Le bras armé US fait maintenant face à ce que les analystes appellent des « bulles de déni » :

Face à la réalité des systèmes défensifs (S-300 et S-400) et offensifs (sous-marins, missiles balistiques et de croisière) d’origine russe, la question du déni d’accès est désormais l’objet de toutes les attentions, en France, aux Etats-Unis comme à l’Otan. Elle a récemment fait l’objet d’une conférence au Collège de défense de l’Otan et devrait figurer à l’ordre du jour de la prochaine ministérielle de l’Alliance des 15 et 16 juin.

Au comité militaire de l’Otan, on a pris conscience de la vulnérabilité des forces aériennes de l’Alliance en cas de conflit avec Moscou. Et pas seulement. Car les Occidentaux pourraient aussi perdre leur supériorité aérienne en temps de paix, la présence de ces dispositifs d’anti-accès étant, par exemple, susceptible de gêner considérablement le déploiement de moyens d’urgence en Europe de l’Est, tels que ceux préconisés par les Américains. En réduisant la liberté d’action des Alliés sur leur propre zone de responsabilité, le déni d’accès russe deviendrait alors aussi déni d’action à même de contraindre la décision politique. (…) Jamais, depuis la fin de la Guerre froide, l’Otan n’avait été confrontée à des environnements “non-permissifs”.

«Les Russes ne font plus rire», note un observateur, d’autant que leurs systèmes antiaériens, que certains pensaient inefficients, disposent en réalité d’algorithmes très avancés. Qu’il s’agisse du S-300 ou du S-400, ces systèmes complexes utilisent plusieurs types de radars fonctionnant sur différentes fréquences. Ils sont mobiles et disposent d’une maintenance autonome. (…)

Pire : les Russes travaillent à la mise en réseau de leurs dispositifs, afin de mettre en place un système de systèmes intégrés qui leur permettra de gérer plusieurs bulles d’A2/AD en même temps à partir d’un QG unique, voire d’établir des communications entre les différentes bulles pour en créer de plus grosses couvrant de vastes territoires.

La décision russe de vendre le S-400 à la Turquie a fait particulièrement jaser et le fidèle lecteur connaît bien la position de nos Chroniques sur cette question. Dans un article qui fit date et entraîna un record de commentaires, nous exprimions notre effarement devant la vente de ce fleuron au sultan, passé maître dans l’art du retournement de veste et de la trahison. Le seul point positif était, et reste, la fracture créée au sein de l’OTAN.

Deux ans plus tard, rien n’a changé. Malgré les intenses pressions américaines, Erdogan n’en démord pas : il veut son jouet, provoquant une réponse furieuse du Pentagone qui, hier, menaçait la Turquie de « graves conséquences ». Un sénateur US va plus loin et évoque, en termes voilés, l’éventuelle expulsion des Turcs de l’OTAN. Les tenants de la vente des S-400 à Ankara reprendront l’argument selon lequel la vente des S-400 à Ankara est un chef-d’œuvre stratégique du Kremlin divisant l’Alliance atlantique.

En réalité, Turcs et Américains se sont déjà tellement souvent brouillés avant de se rabibocher (Kurdes de Syrie, putschinho etc.) qu’il est difficile de réellement croire à une rupture totale. L’empire a, malgré certaines couleuvres très difficiles à avaler, tout intérêt à ce que la Turquie reste dans l’OTAN. Et il serait tout aussi aberrant pour le sultan de la quitter, d’autant plus qu’il a fait une croix à peu près définitive sur son entrée dans l’Organisation de Coopération de Shanghai.

Toujours est-il que c’est le moment choisi par Moscou pour doubler la mise, toujours au Moyen-Orient. Cette fois, chose très intéressante, c’est le Qatar qui est visé. L’affaire n’est certes pas tout à fait nouvelle. Il y a quelques mois, des rumeurs faisaient déjà état de l’intérêt qatari, provoquant la colère de la camarillasaoudienne qui aurait même menacé de guerre son petit voisin si celui-ci se dotait de l’équipement russe. Où l’on voit que la crise du Golfe n’avait rien de passager…

Ce lundi, Lavrov, qui rencontrait son homologue qatari, en a remis une couche : Moscou est prêt à livrer des S-400 à l’émirat gazier si celui-ci en fait la demande. Et comme Doha est plus qu’intéressé, un accord est dans l’air. Les Saoudiens ont beau en avaler leur keffieh de rage, ils se voient répondre sèchement par leur voisin que ce ne sont pas leurs affaires.

A Washington, on s’étrangle aussi, d’autant que le Qatar est l’hôte de la plus grande base américaine au Moyen-Orient, par ailleurs quartier général du Centcom. Pour l’empire, voilà le casse-tête turc qui recommence ! Mais il y a pire. Le fidèle lecteur sait que, autre décision pour le moins controversée, le Kremlin va vraisemblablement livrer des S-400 à l’Arabie saoudite, peut-être dans l’optique d’un abandon futur du pétrodollar par Riyad.

Or, avec la Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, en plus de la Syrie et de l’Iran qui ont déjà des S-300, c’est le Moyen-Orient presque tout entier qui se transformera bientôt partiellement en bulle de déni. Les Américains, dont l’influence dans la région s’est déjà considérablement affaiblie depuis la guerre syrienne, n’avaient vraiment pas besoin de ça…

 

Poutine et la religion antimissile américaine

Poutine et la religion antimissile américaine

Publié le 23 Février 2019 par Observatus geopoliticus in RussieEtats-UnisHistoire

Moscou semble avoir mangé du lion. Alors que l’empire US, sous la démarche erratique du Donald, s’engage sur des voies incertaines, la Russie répond du tac au tac, d’égal à égal. Fini le temps des accommodements, des paroles d’apaisement.

La sortie de Washington du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987, en est le meilleur exemple. Devant la possibilité que les Américains installent, en Europe, des missiles pointés sur la Russie, Poutine se montre offensif. Vous voulez rejouer la crise de Cuba ? OK, nous sommes prêts

Ce temps chaud de la Guerre froide, brûlant même, consistait en l’installation de missiles russes à Cuba menaçant le territoire américain suite, fit souvent oublié, au déploiement de missiles US en Turquie qui menaçaient le territoire soviétique. La résolution de cette crise qui ébranla le monde n’est pas une victoire de Kennedy comme le voudrait la légende urbaine, mais un retrait mutuel (de Cuba et de Turquie).  Plus d’un demi-siècle après, c’est reparti pour un tour…

Dans son adresse annuelle au parlement, Vladimirovitch le déclare sans ambages : « La Russie sera contrainte de déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires d’où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d’usage de missiles nous menaçant« .

Traduction : les euronouilles qui auraient la mauvaise idée d’accueillir les batteries US seront visés, mais aussi leur maître (Etats-Unis et OTAN). Pour ce faire, les derniers petits bijoux russes, missiles hypersoniques à tête nucléaire et autres joyeusetés, seront déployés sur des navires et sous-marins à proximité des côtes américaines. Même plus besoin de Cuba. Et le maître du Kremlin de conclure sur un ton ironique : « 1000 km à Mach 9, le calcul n’est pas en leur faveur… »

Les grandes villes états-uniennes sont dans le viseur et l’on imagine la crise de nerfs à Washington. D’autant plus que cette question des missiles va bien au-delà de la simple stratégie militaire, comme l’expliquait une excellente analyse d’Olivier Zajec dans le Monde Diplomatique il y a douze ans :

 

Une « religion politique »

L’obsession antimissile des Etats-Unis

Olivier Zajec, Le Monde Diplomatique, juillet 2007

Les ministres de la défense de l’Alliance atlantique ont tacitement approuvé, le 14 juin dernier, le projet de bouclier antimissile américain en Europe, tout en acceptant l’offre de coopération russe. Mais l’activisme des Etats-Unis, qui contraste avec l’apathie de l’Union européenne, est plus fondé sur une « religion politique » que sur une analyse stratégique. L’obsession antimissile de Washington, partagée par les républicains et les démocrates, remonte en fait aux années 1950.

Dans un rapport d’information parlementaire, l’Assemblée nationale française s’est penchée, le 28 mars 2001, sur les projets américains de défense antimissile (1). Publié six mois avant que ne s’effondrent les tours jumelles de New York, le document interprétait ces projets comme reposant moins sur une « analyse stratégique » que sur une « théologie politique ». Cette théologie serait dotée d’une trinité identifiable : le « fantasme de sécurité absolue des Etats-Unis » ; le « mythe de la frontière » (ici, la frontière technologique) ; une « dichotomie bons-méchants »« L’empire du mal, dénonçait alors ce rapport, n’est plus un Etat désigné, l’Union soviétique, mais une catégorie d’Etats relativement fluctuante, aujourd’hui la Coréedu Nord, l’Irak ou l’Iran et, demain, peut-être d’autres. »

 

Début 2007, l’annonce de l’installation prochaine d’éléments du programme « National Missile Defense » (NMD) américain en Europe est venue relancer les spéculations sur la signification de ce programme. Les intercepteurs de Pologne et les radars tchèques font réagir Moscou, inquiètent les « vieux Européens », et marginalisent une Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) soudainement très mal à l’aise.

 

Les commentaires de la presse se focalisent surtout sur les réactions russes, prétextes à d’innombrables parallèles historiques ressuscitant la guerre froide. Pourtant, le fond du débat se situe ailleurs. Par exemple dans les pistes lancées par le rapport parlementaire français de 2001. Obsession de l’invulnérabilité, tropisme de la frontière et « moralisation » de la politique internationale : en quoi cette grille de lecture explique-t-elle l’éternel retour de la défense antimissile américaine, malgré les remises en question consécutives au 11-Septembre ?

 

En 1957, la défense antimissile américaine naît d’une prise de conscience brutale, celle de la vulnérabilité des Etats-Unis. Le premier Spoutnik commence en effet ses révolutions autour de la planète. Traumatisée par son célèbre signal, qui résonne pour elle comme un glas, l’Amérique doit cesser de se penser comme une île hors d’atteinte : ce succès spatial ouvre aux soviétiques la possibilité d’atteindre le territoire américain à l’aide de missiles balistiques intercontinentaux.

 

Dès 1957, le programme défensif « Nike Zeus » prévoit des intercepteurs de longue portée à charge nucléaire, capables de détruire en vol les missiles visant les Etats-Unis. John Fitzgerald Kennedy, élu en 1960 sur le thème d’un « retard américain » en matière balistique (le missile gap), est bientôt le premier président à engager résolument son pays à la fois sur un programme de perfectionnement des missiles balistiques intercontinentaux (2) et sur la voie de la défense antimissile. Le programme « Sentinel », en 1966, compte installer autour des villes américaines des silos de missiles intercepteurs, protégeant ainsi les grands centres de population, cibles probables des Soviétiques. Vingt-cinq sites de protection sont prévus, dotés de missiles eux aussi à tête nucléaire, censés détruire les missiles ennemis tant en deçà qu’au-delà de la couche atmosphérique.

 

Des armes nucléaires obsolètes

 

Face à la réaction très négative des citoyens américains, qui ne conçoivent pas de vivre avec des armes nucléaires à leur porte, « Sentinel » est transformé en 1974 en « Safeguard », un programme « dérivé » ne protégeant plus les centres urbains mais les sites de lancement de missiles intercontinentaux. Toutefois, en ces années 1970, le Vietnam a creusé les déficits et, devant le coût du projet, un seul site sera concerné par « Safeguard ». De son côté, l’URSS bâtit des silos de défense antimissile autour de Moscou, aucune réaction de la population n’empêchant, contrairement aux Etats-Unis, la réalisation de ce projet et l’installation des missiles Galosh.

 

Le traité antimissile balistique (ABM) (3) de 1972 figera ces progrès antimissiles parallèles russes et américains, pour des raisons d’équilibre stratégique. Dès 1976 néanmoins, le système américain est abandonné pour des raisons de politique intérieure, de budget et d’efficacité technique, alors que le système installé autour de Moscou, quoique peu performant, demeure. Cette première course antimissile tourne donc à l’échec pour les Etats-Unis. Le jeune secrétaire américain à la défense qui doit à l’époque se résigner à annuler « Safeguard » s’appelle Donald Rumsfeld. Dès lors, pour Washington, le volet offensif, avec l’amélioration des missiles intercontinentaux, marginalise logiquement le volet défensif. Cette éclipse de la défense antimissile prend pourtant fin avec éclat le 23 mars 1983.

 

Ce jour-là, dans le discours qui officialise l’Initiative de défense stratégique (IDS, dite « guerre des étoiles »), le président Ronald Reagan annonce son ambition de marginaliser les armes nucléaires « obsolètes et inefficaces ». Le moyen : une défense antimissile globale, fondée sur des satellites et des lasers spatiaux, capable d’intercepter tout tir de missile balistique intercontinental à charge nucléaire venant d’Union soviétique (4). Ce discours a marqué la mémoire collective en raison de la course aux armements qu’il induisait et de l’asphyxie consécutive qui mit à genoux le système soviétique. Il faut toutefois nuancer : comme on l’a vu, l’URSS dispose alors d’une avance sur les Etats-Unis en matière antimissile. De plus, l’ambition de l’IDS va très vite être revue à la baisse. En 1987, il ne s’agit déjà plus que de protéger les sites de lancement de missiles lors d’une première frappe russe.

 

En 1991, l’IDS est rebaptisée « Protection globale contre les frappes limitées », et le nombre de cibles à intercepter est réduit. La même logique qui avait abouti en 1976 à l’abandon de « Safeguard » se reproduit : l’IDS est rapidement dénaturée. L’année 1991 marque une rupture avec l’élan reaganien, le National Missile Defense Act focalisant désormais l’effort national sur une défense antimissile « de théâtre » (opérationnelle sur le terrain) capable d’intercepter des vecteurs de courte portée lancés par des Etats « voyous » : la leçon de la première guerre du Golfe (1990-1991) et de la médiatisation des frappes de Scud irakiens, en particulier sur Israël, est ainsi tirée. La défense antimissile de théâtre remplace donc la défense antimissile de territoire (c’est-à-dire intercontinentale, basée sur une opposition entre les deux supergrands).

 

Ainsi, entre 1957 et 1991, seule l’URSS a pu déployer un système de défense antimissile intercontinental effectif. Aux Etats-Unis, les programmes se sont succédé, appuyés sur des déclarations politiques retentissantes, mais aucun n’a débouché sur un système opérationnel généralisé et cohérent.

 

Elu en 1992, le président William Clinton avait pris acte du passage d’une défense de territoire à une défense de théâtre, rebaptisant la très reaganienne Initiative de défense stratégique en une Organisation de la défense antimissile balistique, moins idéologique. C’est pourtant sous sa présidence qu’apparaît pour la troisième fois le thème de l’antimissile, fruit d’un rapport de forces entre une présidence démocrate affaiblie et, à partir de 1995, un Congrès républicain conquérant sur le plan des idées. L’élément-clé sur lequel s’appuie ce Congrès est la publication, en 1998, du rapport d’une commission parlementaire, présidée par M. Rumsfeld, qui réévalue la menace balistique mondiale en se fondant non plus sur les intentions des acteurs, mais sur leurs capacités.

 

La même année, les essais nucléaires pakistanais et indien, le tir d’un missile Taepodong-1 nord-coréen et d’un missile iranien valident l’analyse de la commission Rumsfeld, plaçant les démocrates sur la défensive. Capitalisant ce succès et arrivant au pouvoir en 2001, le président George W. Bush donne à la défense antimissile un nouvel élan. La systématisation du concept par les Américains ainsi que son extension géographique, augmentant les chances d’intercepter les projectiles adverses en phase de lancement, sont, depuis, les signes visibles de cette troisième saga antimissile dans l’histoire stratégique américaine.

 

L’idée de la défense antimissile ne date donc pas de la seconde présidence Bush. L’assurance d’une invulnérabilité de leur territoire, béni par la géographie, a toujours fondé le sentiment de sécurité des Etats-Unis, que le providentialisme de leurs fondateurs assimile très tôt à une Jérusalem terrestre. Dans ce contexte, toute atteinte au territoire américain ne constitue pas seulement un affront, mais bien une profanation du tabernacle de la liberté. Celui qui le commet est sacrilège, justiciable en quelque sorte du feu du ciel. Dans cette éventualité de guerre punitive, la stratégie américaine repose à la fois sur une dilection pour l’offensive influencée par le général Antoine-Henri Jomini (5) et sur le postulat d’annihilation stratégique de l’adversaire.

 

De fait, la triade des moyens nucléaires – sous-marins lanceurs d’engins, missiles balistiques intercontinentaux, bombardiers stratégiques – permet aux Etats-Unis de toucher virtuellement tout le globe. Mais que vaut ce potentiel offensif dès lors que l’invulnérabilité du sanctuaire – le territoire des Etats-Unis – n’est plus garantie ? Ayant tout juste effacé par le feu nucléaire déclenché sur Hiroshima la profanation de Pearl Harbor, les Etats-Unis ont vécu, dès les années 1950, la capacité balistique nucléaire russe – parce qu’elle pouvait atteindre leur territoire – comme une nouvelle hérésie contrariant leur destinée manifeste. Hérésie d’autant plus douloureuse que la posture de dissuasion à laquelle sont contraints les Etats-Unis laisse leur défense reposer sur l’assurance d’une destruction mutuelle, censée geler tout déclenchement de l’apocalypse. Casuistique nucléaire perverse qui revient, dans la mentalité américaine, à composer de manière inacceptable avec le Mal.

 

A Oskar Morgenstern, cofondateur de la théorie des jeux qui, en 1959, dans The Question of National Defense, défend encore l’offensive appliquée à la stratégie nucléaire, Bernard Brodie peut répondre en publiant la même année La stratégie à l’âge des missiles (6), que la destruction mutuelle assurée (mutually assured destruction, MAD), qui « fait dépendre la sécurité des Etats-Unis de la capacité du Kremlin à demeurer rationnel », est inacceptable pour des raisons morales (7). De ce besoin métaphysique d’une meilleure répartition entre attaque et défense découle l’impératif catégorique de la défense antimissile, nécessité morale à laquelle la psyché américaine se voit sans cesse ramenée.

 

La date du débat de 1959 entre Brodie et Morgenstern, juste avant l’accession au pouvoir du président Kennedy, est importante. Se comporter « moralement » à l’âge nucléaire, c’est ne pas considérer la vulnérabilité américaine comme une fatalité. Significativement, les Américains citent souvent le sermon célèbre de 1630, A Model of Christian Charity, dans lequel le pasteur puritain John Whintrop use d’une formule appelée à connaître une fortune étonnante. Loin, bien loin de Machiavel, il dépeint l’Amérique comme une « cité sur la colline » (city upon the hill), point de mire régénérateur du monde, tenue de se comporter moralement pour l’édification des nations. Onze jours avant son entrée en fonctions, Kennedy cita ce sermon (8). Plusieurs fois, Reagan fit de même. A ces deux présidences « morales » se rattache, signe fort, le lancement de programmes antimissiles importants (9).

 

Dans cette filiation, les projets actuels renouvellent le cycle. Dans un discours de 2000 précédant son élection, M. Bush soulignait ainsi son objectif de réduire le nombre de missiles nucléaires offensifs, jusqu’au « plus petit nombre possible compatible avec notre sécurité nationale (10 ». La même année, le futur secrétaire à la défense Rumsfeld déclarait lors d’une tournée en Europe que poursuivre la défense antimissile était une « question de morale », et non technologique (11). Le lancement d’une révision nucléaire (nuclear review)par le même président Bush au début de son premier mandat (12) a ainsi ressemblé à un examen de conscience national renouvelant les lustrations accomplies en leur temps par Kennedy et Reagan.

 

Le rapport parlementaire français de 2001, en pointant une « théologie politique » au fondement de la défense antimissile américaine, donnait une des clés du débat. Le primat de la métaphysique providentialiste dans la psyché américaine et l’histoire toujours recommencée des programmes de défense antimissile depuis 1957 laissent à penser que rien ne fera renoncer Washington au mouvement à nouveau relancé. Reste une question pour le Vieux continent : programme NMD américain en Europe ou défense antimissile européenne ? Tel est le vrai choix.

Olivier Zajec – Consultant pour la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS), Paris.

Notes:

(1) Rapport d’information n° 2961 sur les projets américains de défense antimissile, enregistré le 28 mars 2001 à la présidence de l’Assemblée nationale.

(2) Entre autres, augmentation du nombre de missiles Polaris et acquisition de nouveaux bombardiers stratégiques.

(3) Les Etats-Unis se sont retirés de ce traité en juin 2002.

(4) Lire Norman Spinrad, « Quand “la guerre des étoiles” devient réalité », Le Monde diplomatique, juillet 1999.

(5) Militaire et historien, il a fait partie de l’état-major de Napoléon. Il a écrit plusieurs ouvrages de théorie militaire, notamment un Précis de l’art de la guerre (1839), réédition Champ libre, Paris, 1977.

(6) Bernard Brodie, Strategy in the Missile AgePrinceton University Press, 1959.

(7« Il faut avoir une foi extraordinaire en la technologie, ou désespérer de solutions de rechange, pour dépendre seulement des défenses actives »Strategy in the Missile Age, cité par Jean-Philippe Baulon dansSoixante ans de défense contre les missiles balistiques, Institut de stratégie comparée, Paris, 2005.

(8) Discours de John Fitzgerald Kennedy à Boston (Massachusetts), 9 janvier 1961.

(9) Dont la justification « morale » a marqué les esprits : « Ne serait-ce pas mieux de sauver des vies que de les venger ? » (Reagan, allocution télévisée du 23 mars 1983).

(10) « Press conference on security matters at the National Press Club », Federal News Service, Washington, 23 mai 2000.

(11) Cité par Ivo Daadler et Karla Nieting, dans La stratégie de défense antimissile des Etats-Unis, Annuaire français des relations internationales, Paris, 2002.

(12) L’objectif de cette révision était une réduction finale des têtes nucléaires américaines de sept mille cinq cents à deux mille cinq cents.

***

C’est cette véritable théologie géopolitique que Vladimir Poutine heurte maintenant de plein fouet. Mais l’empire ne peut s’en prendre qu’à lui-même : sa démesure, sa folle certitude d’être au-dessus des autres et des lois l’ont placé dans la situation inconfortable où il se retrouve. Les Grecs anciens nous prévenaient des dangers de l’hybris, le crime d’orgueil par excellence : “Le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure” (Hérodote).

Le châtiment de l’hybris par les dieux était la Némésis, qui ramenait l’indélicat à l’intérieur des limites qu’il avaient franchies. Un rôle qui va comme un gant au maître du Kremlin…

LA RUSSIE VA DÉPLOYER UN BOUCLIER ANTI-MISSILES BALISTIQUES AU VENEZUELA

LA RUSSIE VA DÉPLOYER UN BOUCLIER ANTI-MISSILES BALISTIQUES AU VENEZUELA

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06.03.2019

Une guerre US contre le Venezuela est-elle promise au succès alors que les commandos américains commencent à rencontrer de graves problèmes sur les frontières colombiennes et que la Russie pourrait déployer un de ses boucliers anti-missiles balistiques au Venezuela ?

Depuis que Juan Guaido a annoncé le 4 mars son intention de retourner à Caracas, les médias mainstream ne cessent de parler des « menaces » qu’il risquerait de connaître dans son pays. Washington a prévenu que s’il arrivait quelque chose à Juan Guaido, « il y aurait des conséquences ».

Le vice-président américain Mike Pence a promis depuis Washington une « réaction rapide » en cas de « menaces, violences ou intimidations » contre Guaido. « Les États-Unis attachent la plus grande importance au retour au Venezuela de Juan Guaido en toute sécurité », a-t-il averti sur Twitter.

Or, selon les analystes, ce retour constitue une première défaite pour les États-Unis et leur pion Guaido qui peut être remplacé à tout moment.

Un changement de stratégie US

Les États-Unis parrainent depuis longtemps des campagnes de « changement de régime » dans divers pays. En 2002, l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez avait été évincé pendant deux jours à la suite d’un coup d’État soutenu par les États-Unis, qui a finalement échoué.

Pour certains observateurs, Juan Guaido est un mauvais choix des États-Unis pour le Venezuela, en l’absence d’un dirigeant authentique. En un ou deux mois, Guaido a réussi la contre-performance de passer du président du peuple vénézuélien, où Washington et Bruxelles l’avaient élevé, à celui de banal chef de l’opposition. Même le président Jair Bolsonaro, le plus grand partisan de Guaido, ne lui a pas accordé le protocole réservé à un chef d’État lors de sa visite au Brésil. En outre, il n’accepte plus une intervention militaire au Venezuela, qui se déroulerait à partir du territoire brésilien.

Certains commentateurs évoquent même l’hypothèse d’un possible assassinat de Guaido pour passer à la seconde étape.

Il devient de plus en plus clair que les États-Unis sont sur le point d’abandonner Guaido pour le remplacer par quelqu’un d’autre: par exemple par un personnage plus disposé à exécuter les plans de la CIA, conçus pour secouer émotionnellement la population vénézuélienne et donner aux manifestations une forme extrêmement violente. Mais une guerre contre le Venezuela est-il promise au succès ?

D’ores et déjà les commandos américains commencent à rencontrer de graves problèmes aux frontières de la Colombie. D’autant plus que selon des experts, l’invasion étrangère par le Brésil et la Colombie, deux États voisins du Venezuela, n’est pas possible.

À cela s’ajoute l’éventualité d’un déploiement d’un bouclier anti-missiles balistiques russe au Venezuela, comme l’ont évoqué certaines sources informées.

La Russie a déjà fait savoir qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher une éventuelle intervention militaire des États-Unis au Venezuela. « Nous sommes très inquiets des provocations des États-Unis afin de justifier une intervention militaire au Venezuela », a déclaré, dimanche 3 mars, la présidente du Conseil de la Fédération de Russie, Valentina Ivanovna Matvienko, soulignant que Moscou « fera tout pour l’en empêcher ».

« Nous pensons que c’est particulièrement cynique de la part des pays qui se présentent comme des partisans de la démocratie dans le monde d’essayer de renverser le président au pouvoir et son gouvernement et de nommer une personnalité de l’opposition à la tête du pays », a souligné Mme Matvienko.

 

La Russie arme le Venezuela

Il est vrai que la Russie a assisté, pendant 30 ans, à l’extension de l’OTAN jusqu’à ses frontières sans pouvoir rien faire. L’ONU étant subordonnée aux États-Unis, la Russie, considérée comme une puissance régionale, ne pouvait empêcher les Américains de détruire des États prospères et riches en pétrole, en prenant leur démocratisation comme prétexte. La conséquence en a été la perte par la Russie de 80% de son propre marché de produits de base, indiquent certains analystes.

Or, la Russie a décidé de trouver une issue qu’elle a trouvée dans la création d’armes impossibles à contrer par les États-Unis. Ces armes peuvent frapper des cibles stratégiques et économiques aux États-Unis.

La Russie a soigneusement analysé le jeu des Américains dans l’ex-zone communiste d’Europe au cours des 30 dernières années et est prête à agir en miroir. Une priorité serait de remplacer les États-Unis sur le marché traditionnel sud-américain. Et cette opportunité est fournie par le Venezuela.

Si la Russie aide le Venezuela, plus encore que la Syrie, les marchandises russes auront un libre accès en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Comme ceinture de protection pour ce nouveau marché, la Russie pourra installer ses propres boucliers anti-missiles balistiques, tout comme le Mk-41 américain en Roumanie et en Pologne. Comme le Mk-41, les lanceurs russes verticaux UKSK peuvent également être armés de missiles de croisière Kalibr. Ces missiles peuvent toucher n’importe quelle cible américaine sur la côte atlantique, estiment les analystes.

 

Source : Press TV

 

http://katehon.com/fr/article/la-russie-va-deployer-un-bouclier-anti-missiles-balistiques-au-venezuela

Venezuela : les USA veulent remplacer Guaido par un autre pion