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Le crépuscule des contours d’un monde inconnu

jeudi, mars 26, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Le crépuscule des contours d’un monde inconnu

Nous vivons des temps fort étranges. La France et le reste des pays de la coalition internationale hormis les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont décidé de rapatrier dans l’urgence absolue leurs forces d’Irak tandis que le Venezuela est en train d’envoyer des équipes de médecins militaires en Italie.

La vision de convois militaires russes entre Rome et Bergame a suscité la stupéfaction d’un très grand nombre d’analystes Atlantistes. Ces derniers sont tombés de très haut et n’ont pas su ou voulu saisir le bouleversement stratégique mondial en cours depuis au moins une décennie de guerres hybrides désastreuses pour le monde dit « libre ».

C’est en Afghanistan et au Yémen, deux pays très pauvres et ravagés par la guerre, que s’est joué et se joue encore une partie fort étrange où l’empire est en train de subir son fiasco majeur.

La crise du COVID-19 ne sera probablement pas aussi grave que celle, cataclysmique, du système économique mondial tel qu’il a été conçu en 1945, puis renforcé en 1973 avant de connaître des crises systémiques majeures en 2001 et surtout celle de 2008. Cette fois-ci le seul échappatoire possible du neolibéralisme est paradoxalement le recours à l’Etat, aux subventions publiques et aux nationalisations. En filigrane, le renforcement de l’Etat policier fondé sur le nouveau système du mercenariat, les nouvelles technologies de l’information, la manipulation et la cybernétique, assurera plus de restrictions des libertés et un contrôle absolu sur la vie des individus.

La Chine a amorti la crise du COVID-19 grâce à d’immenses sacrifices que très peu de pays dans le monde sont prêts à consentir sans un début d’implosion. Ce pays millénaire a non seulement encaissé le premier coup d’un nouveau type de guerre hybride à grande échelle impliquant des vecteurs biologiques et chimiques mais tente maintenant de repartir à l’assaut en se basant sur une philosophie totalement contraire à celle de l’empire. Dans la continuité de ses routes et de sa ceinture économiques ou ce que l’on a appelé les nouvelles routes de la soie, les chinois tentent de démontrer qu’ils opposent la solidarité et l’entraide aux guerres pour le profit et le pillage économique de l’empire du soleil couchant. La symbolique est forte. Les chinois semblent adresser un message en clair aux élites de l’Etat profond US. Plus rien désormais ne sera plus comme avant.

C’est la fin de l’ancien monde. Le Nouvel Ordre Mondial annoncé par les Bush père et fils en 1989 et 1992 est totalement anéanti sans que la Chine ou la Russie aient eu recours à une confrontation globale lourde de conséquences pour l’ensemble de la planète. Depuis 2011, la Russie a fait tout ce qui était possible pour éviter une escalade militaire sur un nombre croissant et souvent fort sensibles de points chauds dont un situé sur les marches occidentales de la vieille Russie. La Chine a fait le dos rond à presque toutes les provocations en mer de Chine, en péninsule de Corée, au Tibet, au Xinjiang et finalement à Hong Kong. On peut critiquer autant que l’on veut la Chine et la Russie et ces deux grands pays ne sont point exempts de critiques mais force est de constater qu’ils ont fait preuve d’une maturité et d’un sang-froid ayant pu éviter à la planète une déflagration infiniment plus violentes et meurtrière que les deux précédentes guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945.

La violence sans limite d’un empire bâti sur le pillage et la violence aveugle sous couvert de « valeurs universelles » s’achève. Nous entrons dans une nouvelle où un monde inconnu nous attend. La phase à venir ne sera pas aisée car des centaines de millions d’humains répugnent le changement et sont formatée à le rejeter d’emblée, parfois avec violence. Rien ne sera plus comme avant.

Strategika 51 vous a accompagné depuis les premiers soubresauts de la guerre hybride par l’ingénierie sociale du chaos, le soulèvement et les coups d’Etat ont commencer à ravager la région centrale du monde en 2011. Il vous accompagnera également dans la nouvelle phase qui s’annonce par le confinement de près de deux milliards d’êtres humains et l’arrêt de l’économie réelle dans près de 70 pays de la planète. Tout est désormais possible.

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https://strategika51.org/2020/03/26/le-crepuscule-des-contours-dun-monde-inconnu/

Coronavirus : pour une nouvelle architecture de la mondialisation

25.mars.2020 // Les Crises

Coronavirus : pour une nouvelle architecture de la mondialisation

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Source : Marianne, David Djaïz, 23-03-2020

Pour David Djaïz, la mondialisation est paradoxale, car elle nous rend à la fois plus forts et plus vulnérables. L’auteur plaide pour un nouvel ordre international, où les Etats-nations auraient toute leur place.

Ironie amère que ce soudain confinement mondial, alors que nous célébrions depuis trente ans la circulation universelle et le nomadisme des humains, des marchandises, des capitaux et des informations. En l’espace de quelques semaines, la phase de mondialisation la plus profonde de l’histoire, tant sur le plan commercial, que financier ou encore touristique, s’est brutalement interrompue : les frontières ferment les unes après les autres ; les nations se cloîtrent et les familles se confinent ; les flux commerciaux sont gelés ; les chaînes de valeur et les chaînes logistiques sont fortement perturbées ; le tourisme est à l’arrêt ; il n’y a presque plus aucun avion dans le ciel.

Seule continue la mondialisation technologique et informationnelle puisque nous n’avons jamais autant communiqué par internet et consommé de bande passante, au point que des craintes surviennent quant à la solidité des architectures réseau, et nous rappellent là encore à quel point nous sommes vulnérables.

DIALECTIQUE DE LA FORCE ET DE LA VULNÉRABILITÉ

À première vue, aucun point commun n’apparaît entre les attentats du 11 septembre 2001, la crise des subprimes de 2008 et l’épidémie de Covid-19 qui nous frappe en 2020. Sauf que les historiens qui étudieront notre époque dans deux ou trois cents ans y verront sans doute les trois dates les plus importantes du début du XXIe siècle. D’autant plus qu’il existe un facteur commun à ces événements : ils sont chacun à leur manière une crise de la mondialisation, en ceci qu’ils suivent le même schéma et manifestent la même « topologie » :

C’est tout le paradoxe de la mondialisation qui apparaît chemin faisant avec ces trois crises

  1. un événement (attaque terroriste, choc financier, foyer épidémique) survient à un moment donné en un point précis (appelons-le épicentre) et provoque pourtant une crise systémique-globale en se propageant par cercles concentriques, à la manière des vibrations sismiques ;
  2. l’épicentre de l’événement est toujours un point nodal. Ce n’est pas un hasard si la crise financière est partie des États-Unis et la crise sanitaire de Chine : ces pays sont deux plaques tournantes essentielles de la mondialisation ;
  3. les régions périphériques finissent toujours par payer plus cher que les épicentres le prix d’une crise qu’elles n’ont pas provoquée.

C’est tout le paradoxe de la mondialisation qui apparaît chemin faisant avec ces trois crises : le fait d’être aussi intégrés et interconnectés nous rend à la fois plus forts et plus vulnérables.

LE MONDE N’EST PAS DEVENU « PLAT »

Cette dialectique de la force et de la vulnérabilité s’explique tout simplement par l’organisation spatiale de notre mondialisation. Prenons les chaînes de valeur économiques. Celles-ci ne sont pas linéaires, mais étoilées : il existe des grands hubs métropolitains où se concentrent les donneurs d’ordres, qui eux-mêmes sont en lien avec des hubs régionaux où se trouvent les sous-traitants du second ordre, qui eux-mêmes sont en lien avec des hubs du troisième ordre et ainsi de suite, par imbrications successives. Loin d’être devenu « plat », comme le proclamait l’essai à succès de Thomas Friedman, le monde n’a jamais été aussi rugueux et cabossé.

Les crises de 2001, 2008 et 2020 ont chacune à leur manière infligé un cinglant démenti aux tenants de la fin de l’Histoire

Dans un monde hyperconnecté économiquement et technologiquement, il suffit donc que l’un de ces points nodaux soit touché par un incident pour que l’ensemble du système se grippe, quel que soit le fait générateur.

« ZÉRO RISQUE-ZÉRO MORT »

Les crises de 2001, 2008 et 2020 ont chacune à leur manière infligé un cinglant démenti aux tenants de la fin de l’Histoire, qui soutinrent après 1989 que la mondialisation devait être placée en « pilotage automatique », c’est-à-dire que l’intégration progressive des marchés amènerait dans son sillage la démocratie libérale, la prospérité économique et la santé humaine – un état de paix perpétuelle sur fond de « zéro risque-zéro mort ».

Bien sûr le nombre de morts du fait du Covid19 risque d’être incommensurablement plus faible que le bilan de la grippe espagnole il y a un siècle qui fit plusieurs millions de victimes. Mais il se chiffre déjà en milliers, se chiffrera demain en dizaines de milliers et peut-être en centaines de milliers. Dans les régions les plus touchées comme l’Italie du Nord ou la province de Hubei, chacun connaît dans son cercle rapproché une victime du coronavirus.

REGAIN DE PUISSANCE DES ETATS-NATIONS

Alors maintenant, quelles leçons tirer pour la suite ? Comme la lumière au bout du tunnel, l’après nous paraît bien loin. C’est une nouvelle architecture de la mondialisation qu’il nous faudra pourtant inventer, rien de moins. Face aux dérèglements provoqués par ces crises systémiques, la puissance publique devra jouer le rôle d’une écluse. En langage maritime, il s’agit d’un bassin séparé par deux vannes servant à réguler la dénivellation d’un canal. Lorsqu’un bateau qui navigue souhaite passer un dénivelé, il est invité à entrer dans un bassin de mise à niveau. Celui-ci se remplit ou se vide, ce qui permet au bateau d’être au même niveau que l’eau en aval, et ainsi de poursuivre sa navigation.

Les États-nations doivent en quelque sorte redevenir les écluses de la mondialisation. Lorsque des flux humains, économiques ou financiers risquent d’avoir un impact sanitaire, social ou environnemental négatif, le gouvernement national (ou la puissance européenne, si l’on se décide à construire une Europe-puissance capable de produire des biens publics, plutôt qu’une Europe de la règle…) peut décider de mettre en place certaines limites, provisoires ou non. Il ne s’agit pas de se claquemurer derrière des remparts mais au contraire d’organiser une régulation des flux de la mondialisation, comme les écluses organisent la circulation des bateaux sur un canal. Les écluses constituent des valves de sécurité qui évitent la propagation rapide et exponentielle des incidents dans des systèmes complexes.

UN NOUVEAU PACTE MONDIAL ?

En complément de ces marges de manœuvre restaurées, il faudra envisager de construire un véritable état de droit mondial sans état mondialcomme le dit Mireille Delmas-Marty. Il ne peut pas s’agir d’un Droit surplombant ou de réglementations émises par des autorités administratives non démocratiques, déconnectées de toute légitimité politique. L’effectivité et la légitimité restant largement du côté des États-nations démocratiques, l’erreur du globalisme fut depuis les années 1980 de penser que des institutions supranationales, comme l’OMC en matière commerciale, pourraient tout bonnement suppléer les États à mesure que l’économie se mondialisait. Cela a abouti à une intégration négative, les États abandonnant des morceaux de souveraineté à la faveur de traités multilatéraux, sans que ces abandons ne se traduisent par des gains de souveraineté ou de solidarité à une échelle supranationale.

Avec cette nouvelle architecture de la mondialisation, la puissance publique retrouvera sa fonction de « gare d’aiguillage », capable de discriminer entre ce qui a vocation à être mis sur le marché mondial et ce qui n’a pas vocation à y être

En lieu et place de ces abandons de souveraineté, il est crucial de revenir à une approche plus raisonnable : faire en sorte que les droits nationaux incorporent désormais des dispositions universelles, notamment celles qui touchent aux biens publics mondiaux (environnement, qualité de l’air, santé, stabilité financière…). C’était par exemple l’objet du Pacte mondial pour l’environnement.

LE RETOUR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE

Proposé par la France en 2017, ce dernier proposait aux États-nations d’intégrer dans leur droit interne les principes fondamentaux du droit de l’environnement parmi lesquels le droit pour toute personne de vivre dans un environnement sain ; l’obligation d’évaluer l’impact environnemental de tout projet ; le principe de précaution ou encore le principe du pollueur-payeur. On pourrait en faire de même en matière de droit du travail et bien sûr en matière sanitaire. Une telle approche, misant sur la responsabilité des États-nations, est sans doute plus riches de promesses que la voie « globaliste » et les abandons de souveraineté qui ont trop souvent conduit à la moins-disance pure et simple.

Avec cette nouvelle architecture de la mondialisation, la puissance publique retrouvera sa fonction de « gare d’aiguillage », capable de discriminer entre ce qui a vocation à être mis sur le marché mondial et ce qui n’a pas vocation à y être ; capable d’imposer des décélérations sélectives en reprenant le contrôle des biens publics hors marché, à commencer par la lutte contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité ; capables de relocaliser certains actifs stratégiques, comme la production de protéines végétales ou des principes actifs des médicamehttps://www.les-crises.fr/coronavirus-pour-une-nouvelle-architecture-de-la-mondialisation/nts, afin de retrouver la maîtrise des chaînes d’approvisionnement essentielles pour la vie humaine : sanitaires, alimentaires, énergétiques, ou encore technologiques. C’est cette philosophie politique que j’ai essayé d’esquisser dans mon livre Slow Démocratie, Comment maîtriser la mondialisation et reprendre notre destin en main.

Source : Marianne, David Djaïz, 23-03-2020

https://www.les-crises.fr/coronavirus-pour-une-nouvelle-architecture-de-la-mondialisation/

Où est passé Joe ?

Où est passé Joe ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 23 mars 2020

   Forum

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Où est passé Joe ?

23 mars 2020 – Nous nous évertuons, me semble-t-il, à situer notre démarche dans le plan que nous jugeons le plus haut, qui est celui du Système dans son destin catastrophique, et considérant avec une argumentation souvent et depuis si longtemps développée sur ce site que tout se joue du sort du Système aux USA, qui sont sa courroie de transmission et son bras opérationnel. Un très-aimable et très-érudit habitué du Forum, “J.C.” que je salue ici, extrayait une phrase d’un texte d’hier, – que je peux citer parce qu’elle résume bien ce propos d’introduction :

« Nous avons toujours estimé que l’Amérique et le “modèle américaniste” constituaient  la clef de voûte du Système, et donc que lorsqu’une crise menacerait directement l’un et l’autre ce serait le Système lui-même qui serait en cause. »

Cela explique notre intérêt sur ce site, et mon intérêt dans ces pages, pour les événements qui secouent les USA et son idéologie globalisante de l’américanisme, – et Dieu sait qu’il n’en manque pas, de ces événements, et qu’ils sont bien mal relayés et encore plus analysés en Europe. Je pense que le suivi de ces événements, surtout depuis que l’Amérique est soudainement, depuis à peine quelques jours, frappée par la panique-Covid19, est bien plus important que l’enquête constante et soupçonneuse sur les causes de la pandémie et les ambitions dictatoriales des pays du bloc-BAO (dont la France, certes) cachées derrière ou supposées apprêtées à s’en saisir, qu’on nous expose sans arrêt ni le moindre repos depuis le Patriot Act de l’automne 2002.

Sur ce point, et plutôt que me répéter ou même nous citer, j’extrais un passage d’un texte d’un commentateur US sérieux, pas trop hystérique, bien documenté et sérieusement antiSystème, qui dit parfaitement ce que je pense et fais depuis longtemps, sur l’importance essentielle des effets quelles que soient les causes, sur l’importance essentielle de la perception quelle que soit la réalité-désintégrée, – c’est-à-dire sur la nécessité du maniement de l’inconnaissance pour libérer la pensée des contingences annexes (qui a fait cela et dans quel but ?) et la concentrer sur l’essence des choses extraordinaires en cours (il se passe “cela” avec des effets extraordinaires).

Voici donc cette remarque de  Tom Luongo : 

« Peu importe ce que vous pensez des origines de COVID-19, arme biologique ou non, “juste la grippe” ou le nouveau fléau, la réalité est là. La réponse qu’on lui apporte est réelle et les dommages que cela cause à l’économie mondiale sont réels.
» Peu importe à l’heure actuelle si la réponse est la bonne ou la mauvaise. Car à une époque où la perception est plus importante que la réalité et ce depuis si longtemps, nous n’avons pas de véritable cadre de référence pour guider nos conclusions. »

Tout cela étant dit dans une fort longue introduction, passons au plat de résistance qui est cette bouffonne et en apparence anecdotique interrogation sur Joe Biden, dont l’intérêt pour mon compte se justifie dans la mesure où elle concerne directement l’événement qu’on peut qualifier de formidable dans le contexte actuel, de l’élection présidentielle USA-2020. Car, en effet, voilà qu’il s’avère ceci que Joe a disparu !

Je parle de Joe Biden, candidat démocrate désigné-d’avance, dont l’état mental ne cesse d’inquiéter les fins stratèges du système de l’américanisme, et qu’on n’a pas vu ni entendu depuis une semaine. C’est effectivement un peu étrange, puisque cette semaine, qui voit par ailleurs les primaires démocrates se poursuivre, est celle où le virus Covid-19 a frappé l’Amérique au cœur. On s’inquiète donc de l’absence de Joe :

« Les gens se demandent pourquoi l’ancien vice-président Joe Biden est resté silencieux la semaine dernière alors que la nation est aux prises avec l’urgence nationale COVID-19.
» Selon “une source étant informée de la campagne Biden”, l’équipe du candidat démocrate a campagne de Biden travaille “à développer[une infrastructure adéquate] et doit prendre en compte les réalités de la maison de Biden à Wilmington, – comme le fait qu’il n’y a pas de plafonds particulièrement élevés, ce qui peut rendre l’éclairage difficile”. »

On imagine (?) que “l’infrastructure” concerne la mise en place des conditions permettant de filmer Biden pour des interventions télévisées essentielles et décisives bien entendu, et alors l’explication relève du  bouffe qui reste partout présent dans une situation pourtant tragique. Imaginez Biden et son équipe dans une cellule monastique de 2mx2m avec ce satané 1,50m de plafond, tentant d’installer un projecteur ici, un micro là… Bien entendu, ZeroHedge.com, d’où vient cet extrait, le fait suivre d’une succession de photos de la luxueuse maison de Biden, de son intérieur si confortable avec de vastes et hauts plafonds, etc., que divers internautes tweeteurs n’ont pas manqué de diffuser en cascade.

Et ZeroHedge.com de conclure : « Samedi, nous avions rapporté que Biden avait prévu d’organiser des “shadow briefings” réguliers dès lundi afin de dénoncer les “mensonges et les échecs” du président Trump dans sa réponse à la crise COVID-19.
» Nous espérons que ses plafonds bas n’entraveront pas sa capacité à s’adapter à la situation et à délivrer son message. »

…Tandis que Sanders, qui existe toujours paraît-il, tweetait que « Biden et son équipe ne sont pas PRÊTS à diriger le pays ».

Du côté de Trump, les choses ne sont pas si roses qu’on pourrait croire à la pensée qu’il aura un adversaire de la carrure de Joe Biden, enfermé dans sa cellule monastique.  Christina Wilkie, de CNBC, observe que les trois axes majeurs de la campagne de Trump sont aujourd’hui extrêmement fragilisés sinon complètement anéantis :

» • La campagne de réélection du président Trump avait été conçue en partant du principe que l’économie serait très forte jusqu’en novembre, mais ce n’est plus du tout le cas.
» • Trump avait également prévu de faire du socialisme un point central de ses attaques. Mais sans Bernie Sanders comme adversaire, cet argumen tperd toute sa puissance.
» • Trump a fait campagne pour “drainer le cloaque” de Washington et réduire l’interventionnisme du gouvernement. Il veut maintenant que les Américains fassent confiance à l’action gouvernementale pour combattre le coronavirus et sauver l’économie. »

Tout cela s’est produit en un peu moins de deux mois (Wilkie situe le pinacle de la puissance politique de Trump et donc de ses chances de réélection au 4 février, lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès). Cette rapidité est évidemment stupéfiante, surtout pour l’effondrement de l’économie qui s’est précisée tragiquement en quelques jours. Il s’agit bien sûr de l’explosion de la crise Codiv-19 et de son effet de détonateur sur le GCES, tout cela étant ressenti de plein fouet par les USA depuis une semaine, avec accélération ce week-end. (*)

Les conditions générales aux USA, comme elles doivent être décrites désormais, vont bien entendu influer sur la campagne présidentielles dans un sens absolument impossible à prévoir, et avec une force comme sans doute aucun autre événement auparavant dans une campagne présidentielle. (**) Cela, au moment où les deux candidats probables sont, quant à leurs comportements et dans les conditions où on les voit, les plus improbables du monde. Là aussi, j’estime avec la plus grande force qu’aucune prévision n’est possible, et cette imprévisibilité touchant le fait même de la tenue de l’élection de novembre prochain.

Les contours décisifs de la tragédie nommée Grande Crise de l’Effondrement du Système se mettent en place décisivement. Ce sont les USA qui en seront le champ de bataille, et Codiv-19 en sera un acteur essentiel, sinon l’acteur essentiel, détruisant tout sur son passage des fragiles structures économiques et sociales de cette hyperpuissance de carton-pâte.

Notes

(*) De WSWS.org ce 23 mars 2020 : « Les cas de coronavirus officiellement confirmés aux États-Unis ont augmenté de près de 14 000 au cours du week-end pour atteindre 32 356, et le nombre de décès a plus que doublé, passant de 158 à 414. Au niveau mondial, 60 000 nouveaux cas ont été enregistrés ces deux derniers jours, ce qui porte le total à plus de 335 000, avec un peu moins de 15 000 décès. Les États-Unis sont maintenant en tête du monde pour le nombre de nouveaux cas et sont en troisième position, après la Chine et l’Italie, pour le nombre de patients infectés par la COVID-19. »

(**) Il y a bien sûr l’élection de 1860 conduisant à l’élection de Lincoln et à la Guerre de Sécession et celle de 1932, au fond de la Grande Dépression, menant à l’élection de Roosevelt. Mais même dans ces deux cas, il s’agit d’événements certes essentiels mais très fortement “intériorisés” et méthodologiquement maîtrisés, c’est-à-dire susceptibles d’être pris en main, pour le meilleur ou pour le pire, par l’establishment politique. Aujourd’hui, le désordre américaniste lui-même hors de contrôle reçoit de plein fouet le chaos extérieur d’une puissance extraordinaire et contre lequel il ne peut évidemment rien. Il en résulte une totale impuissance d’un establishment politique américaniste par ailleurs gangrené par la corruption, la rapacité et une perte totale de perception de la réalité, et l’incapacité de rechercher une  vérité-de-situation.

https://www.dedefensa.org/article/ou-est-passe-joe

Les sociétés militaires privées ou visage de la mondialisation de la Défense

Les sociétés militaires privées ou visage de la mondialisation de la Défense

Pierre Lacroix 15 octobre 2019 Géopolitique & Relations InternationalesMondialisation et enjeuxSituations décryptées Leave a comment

Les sociétés militaires privées (SMP) ou entreprises militaires et de sécurité privée (EMSP) sont des entreprises à but commercial qui fournissent des prestations à des forces armées étatiques. Souvent à la marge des opérations, leur action est parfois plus directe. L’emploi d’anciens membres de forces spéciales prend pour certains la forme d’un « mercenariat moderne » sous le visage des « contractors ». Ce phénomène officiel ou officieux devient cependant récurrent sur les grands théâtres d’opérations.

Ce logo de la firme Blackwater , visuellement percutant, fut remanié en 2007. Deux années avant le changement de nom pour Xe Services LLC - qui deviendra ensuite Academi
Logo de l’entreprise américaine Blackwater, devenue Academi

La banalisation du fait militaire privé

La privatisation de la sécurité est aujourd’hui affaire courante et dépasse parfois l’externalisation de certains services. La fin de la Guerre Froide et la baisse des budgets de Défense sont à l’origine de l’apparition et de la prolifération, au cours des années 1990, des sociétés militaires privées (SMP). Leur poids a été croissant au cours des années et leurs activités sont liées notamment aux conflits irakiens et afghans. Certaines firmes privées américaines avaient joué un rôle important dans l’action stratégique américaine. On pense notamment à DynCorp, KBR ou Blackwater (devenue Academi) aux Etats-Unis. Les américains ne sont pas les seuls à faire parler en ce domaine. En effet, le groupe Warner, russophone, est plus d’actualité car il aurait participé au conflit du Donbass.

Plus largement, les missions de maintien de la paix ou les ONG ont largement recours à ce type de sociétés pour parvenir à leurs besoins de sécurité. La privatisation de la sécurité et de la guerre a ouvert le champ à un secteur économique fleurissant.

Nous parlons essentiellement du recrutement de « mercenaires » ou de soldats privés et non plus seulement d’externalisations ou d’outsourcing (transports, repas, habillement, armements…). Les SMP peuvent se spécialiser soit sur la sécurité, soit sur la Défense. L’objet est ici de se centrer sur la seconde catégorie. Ce sont bien souvent d’anciens membres de forces spéciales ou d’armées spécialisées, qui rejoignent les rangs d’une société gérée par des fonds privés. Des sociétés privées au service de l’intérêt étatique : une situation pouvant parfois amener à une confusion d’intérêts.

Quel statut des acteurs des SMP dans le Droit International Humanitaire (DIH) ?

La participation d’acteurs privés dans les opérations militaires n’est pas chose nouvelle. Depuis l’Antiquité, des « mercenaires » participent à des campagnes militaires. Leur reconnaissance juridique s’est néanmoins faite avec le temps. Il y a trois enjeux majeurs à la reconnaissance légale des acteurs de SMP selon Nicolas Haupais, auteur des Enjeux de la « privatisation de la guerre » : déterminer la protection à laquelle les acteurs ont le droit ; définir les devoirs auxquels les acteurs doivent se conformer ; et définir les poursuites possibles en cas d’actes litigieux.

Bien que le statut de mercenaire soit défini dans l’article 47 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, du 8 juin 1977 (Protocole I), celui des employés des SMP est bien plus incertain. De nos jours, le mercenariat est réprimé par certains textes internationaux. La frontière nébuleuse qui existe actuellement dans l’activité de certaines SMP nous permet cependant de dire que les textes actuels ne sont plus adaptés à notre époque.

Selon le droit international, il existe deux principaux statuts envisageables pour les employés de SMP : civils ou combattants. Ces statuts sont définis dans les Conventions de Genève et la distinction semble assez simple dans les textes. Un combattant peut ainsi légalement participer au combat. A l’inverse, les civils bénéficient de la protection contre les dangers liés aux opérations militaires.

La responsabilité comme enjeu principal

Au regard de la 3ème Convention de Genève, on remarque que les contractors ou autres acteurs des SMP ne remplissent pas toujours toutes les conditions pour obtenir le statut de combattant. A savoir le fait « d’avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés ; d’avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance ; de porter ouvertement les armes ; de se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de la guerre ». Aussi, la question de la responsabilité des entreprises qui emploient les acteurs est posée. Egalement, la responsabilité de l’Etat entre en jeu quand un critère organique peut s’appliquer. Ces questions mettent bien souvent en lumière les zones grises du droit international.

Une partie de la communauté internationale entreprend depuis plusieurs années une tentative d’adoption d’une convention internationale. Une telle décision est de plus en plus évoquée et semble être une nécessité pour contrôler l’activité de ces sociétés dont il est illusoire de vouloir prohiber l’activité. Signalons le mérite du Document de Montreux sur les entreprises militaires et de sécurité privées mené par la Suisse et le CICR. Ce travail juridique non contraignant finalisé en 2008, présente un ensemble de potentielles obligations juridiques et de bonnes pratiques. Son caractère officiel ouvre la voie et pose une juridiction plus adaptée au contexte actuel.

Sources :

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About Pierre Lacroix

Pierre Lacroix est diplômé d’une Licence de Géographie (Université de Nantes), d’un Master de Relations Internationales, Intelligence Stratégique et Risques Internationaux (Lyon III), puis d’un Master Coopération Internationale et ONG (Paris XIII). Il est rédacteur depuis Mars 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/41686-societes-militaires-privees-visage-mondialisation-defense

LES ECOLOS SONT DES GAUCHISTES MONDIALISTES ET LE MONDIALISME EST LE PIRE ENNEMI DE L’ECOLOGIE

Eric Zemmour « Les écolos sont des mondialistes, et le mondialisme est le pire ennemi de l’écologie » [Vidéo]

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Eric Zemmour « Les écolos sont des mondialistes, et le mondialisme est le pire ennemi de l’écologie » [Vidéo]

Eric Zemmour met une écologiste en PLS à l’occasion d’un débat dans le cadre de l’émission qu’il anime avec Naulleau. « Les écolos sont des mondialistes, et le mondialisme est le pire ennemi de l’écologie » dit-il .

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Eric Zemmour « Les écolos sont des mondialistes, et le mondialisme est le pire ennemi de l’écologie » [Vidéo]

Mondialisation : définition, fonctionnement, conséquences – Qu’est-ce que la mondialisation

Mondialisation : définition, fonctionnement, conséquences – Qu’est-ce que la mondialisation

Qu’est-ce que la mondialisation ? Quelle est son origine ? Quelles sont ses conséquences et comment fonctionne-t-elle ? La mondialisation est-elle économique, culturelle ou politique ? Explications.

Définitions de la mondialisation

Définition simple de la mondialisation

« La mondialisation (ou globalisation) désigne l’accélération des mouvements et échanges (d’êtres humains, de biens et de services, de capitaux, de technologies ou de pratiques culturelles) sur toute la planète. La mondialisation entraîne un niveau d’interaction croissant entre les différentes régions et populations du globe. »

Définition de la mondialisation en géographie

En géographie, la mondialisation se définit comme l’ensemble des processus (économiques, sociaux, culturels, technologiques, institutionnels) qui contribuent à la mise en relation des sociétés et des individus du monde entier. C’est un processus progressif d’intensification des échanges et des flux entre les différentes parties du monde.

Les origines de la mondialisation

Pour certains, la mondialisation est inhérente à la nature humaine : elle aurait débuté dès le début de l’histoire humaine, il y a environ 60 000 ans. Tout au long de leurs histoires, les sociétés humaines ont eu tendance à échanger de plus en plus entre elles. Dès l’Antiquité, les différentes civilisations ont ainsi développé des routes commerciales, des échanges culturels, elles ont aussi vécu des phénomènes migratoires qui ont contribué à des échanges entre les populations.

Ce phénomène s’est poursuivi un peu partout dans le monde durant l’histoire, notamment via les conquêtes militaires et les grandes explorations. Mais la mondialisation s’est surtout accélérée grâce aux progrès technologiques en matière de transports et de communication. C’est particulièrement depuis la seconde moitié du 20ème siècle que les échanges mondiaux se sont accélérés au point que l’on finisse par employer le terme « mondialisation ».

Les différents aspects de la mondialisation en fonctionnement

On parle souvent de la mondialisation comme un phénomène économique et financier (avec le développement du commerce et des échanges monétaires et financiers) mais le phénomène englobe un champ bien plus large que celui de la simple circulation des biens et services et des capitaux. La mondialisation a en fait plusieurs volets :

  • La mondialisation économique : développement des échanges commerciaux, avec des acteurs transnationaux comme les entreprises transnationales.
  • La mondialisation financière : émergence d’une finance mondiale, avec échanges financiers internationaux, échanges monétaires…
  • La mondialisation culturelle : interpénétration des cultures dans toute leur diversité, mais aussi émergence d’une supraculture mondialisée.
  • La mondialisation politique : développement et influence croissante des organisations internationales telles que l’ONU ou l’OMS, ainsi que des ONG.
  • La mondialisation sociologique : circulation de l’information en temps réel, interconnexion et interdépendance des événements et de leurs conséquences.
  • La mondialisation géographique : nouvelle organisation et hiérarchisation des différentes régions du monde, en constante évolution.

La mondialisation économique : le moteur de la globalisation

Historiquement, il semble que la mondialisation économique soit la première dimension de la mondialisation. Ce sont en effet les échanges commerciaux qui ont alimenté la dynamique des interactions entre les différentes parties du monde.

À partir des années 1960 et surtout 1970 c’est l’ouverture des économies mondiales et le développement des politiques de libre-échange qui ont vraiment lancé l’accélération de la mondialisation. Entre 1950 et 2010, les exportations mondiales ont ainsi été multipliées par 33 ce qui a contribué largement à augmenter les interactions entre les différents pays et régions du monde.

La mondialisation financière

Dans le même temps, la finance s’est aussi mondialisée. À partir des années 1980, sous l’impulsion des politiques néo-libérales, le monde de la finance s’est progressivement ouvert. De nombreux Etats (les Etats-Unis sous Ronald Reagan, le Royaume-Uni sous Margaret Thatcher) ont mis en place ce que l’on appelle la « Politique des 3D » : Désintermédiation, Décloisonnement, Déréglementation.

Il s’agissait de simplifier les règles de la finance, de supprimer les intermédiaires financiers et de faire tomber les barrières entre les différentes places financières afin de faciliter les échanges de capitaux entre les différents acteurs financiers de la planète. Cette globalisation financière a contribué à l’émergence d’un marché financier mondial où se sont multipliés les échanges de titres et de capitaux.

La mondialisation culturelle : mondialisation et diversité culturelle

Avec la mondialisation économique et financière, il y a eu évidemment une mondialisation culturelle. En effet, la multiplication des échanges économiques et financiers s’est accompagnée d’une accélération des échanges humains : migrations, expatriations, voyages…

Ces échanges humains ont contribué au développement des échanges culturels. Avec la digitalisation du monde et l’avènement d’internet, ces échanges culturels se sont multipliés. C’est ainsi qu’aujourd’hui, un peu partout dans le monde on peut goûter les cuisines de différents pays, avoir accès à la littérature ou au cinéma de toute la planète… La mondialisation a donc rendu plus accessible la diversité culturelle internationale.

Mais paradoxalement, la mondialisation a aussi tendance à homogénéiser les cultures mondiales. En effet, certains particularismes culturels tendent à disparaître au profit de la mondialisation. Certaines cultures s’imposent, d’autres disparaissent. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le cinéma américain devient partout dans le monde une référence, parfois au détriment des industries cinématiques locales.

Les conséquences de la mondialisation

La mondialisation est un phénomène complexe, profond et global. À ce titre, elle a donc une influence considérable sur la réalité des sociétés contemporaines et des conséquences marquées dans presque tous les domaines.

Les conséquences économiques de la mondialisation

Les conséquences les plus visibles de la mondialisation sont sans doutes celles qui touchent au monde économique. La mondialisation a entraîné une nette augmentation des échanges commerciaux et économiques, mais également une multiplication des échanges financiers.

Cette accélération des échanges économiques a été à l’origine d’une forte croissance économique mondiale. Elle a permis un développement industriel global rapide. Selon certains analystes, la mondialisation a aussi contribué à améliorer les conditions économiques globales, en créant de nombreuses richesses économiques.

Toutefois, cette croissance économique tirée par la mondialisation ne s’est pas faite sans éveiller les critiques. Les conséquences de la mondialisation sont loin d’être homogènes : inégalités de revenus, de développement,  dégradation des termes de l’échange. Certains acteurs (pays, entreprises, individus) bénéficient plus des phénomènes de mondialisation, tandis que d’autres sont parfois perçus comme les « perdants » de la mondialisation.

Les conséquences de la mondialisation sur l’environnement

De nombreux critiques ont aussi mis en évidence que la mondialisation a des effets négatifs sur l’environnement. Ainsi, le développement massif du transport qui a été à la base de la mondialisation est aussi responsable de sérieux problèmes environnementaux : émissions de gaz à effet de serreréchauffement climatique, pollution de l’air.

La croissance économique mondiale et la productivité industrielle qui sont à la fois le moteur et les conséquences principales de la mondialisation ont aussi des conséquences environnementales majeures : déplétion des ressources naturelles, déforestation, destruction des écosystèmes.

Mondialisation ou globalisation : quelles différences

En Français, on emploie parfois le mot « globalisation » en tant que synonyme du mot « mondialisation ». Cette tendance vient de l’anglais, langue dans laquelle « mondialisation » se traduit par « globalization » ou « globalisation ». Toutefois, de nombreux chercheurs (géographes, philosophes, économistes) spécialistes de la mondialisation estiment qu’il faut distinguer ces deux mots en français.

Ainsi, la globalisation désignerait la transformation du monde en un ensemble systémique global avec des règles et des processus de plus en plus homogènes tandis que la mondialisation renverrait à la multiplication des interactions et connexions entre les différents acteurs mondiaux. Dans ce cadre, un phénomène comme le développement des échanges commerciaux, culturels et humains internationaux relèverait de la mondialisation alors que l’émergence d’un capitalisme libéral global structurant au niveau mondial serait une forme de globalisation.

Mondialisation, développement durable et RSE

Phénomène touchant tous les secteurs d’activité à plus ou moins grande échelle, la globalisation économique se voit inéluctablement confrontée aux problématiques du développement durable et de la responsabilité sociale/sociétale des entreprises.

A priori, en effet, en faisant la promotion d’une production industrielle à grande échelle et d’une circulation mondialisées des marchandises, la mondialisation s’oppose à des notions comme la sobriété, les circuits courts, les économies de ressources et d’énergie ou la limitation des émissions de gaz à effet de serre. De ce fait, les détracteur de la mondialisation avancent souvent qu’elle contribue à accélérer le réchauffement climatique et ne respecte pas les principes de l’écologie. Les conséquences des délocalisations (destruction d’emplois dans les pays à haut coût de main d’œuvre, conditions de travail dégradées dans les pays à bas coût) sont également en contradiction avec les critères d’une démarche RSE. De plus, l’idéologie qui sous tend la mondialisation (croissance économique, recherche permanente de productivité) rend difficile la conception d’une économie fondée sur la résilience.

D’un autre côté, la mondialisation représente aussi l’une des opportunités de transition vers un monde plus durable, dans la mesure où seule une synergie mondiale serait réellement en mesure de permettre une véritable transition écologique. Les problématiques comme le réchauffement climatique nécessitent en effet une réponse coordonnée de tous les acteurs mondiaux : lutte contre les émissions de CO2, réduction des gaspillages, transition vers les énergies renouvelables. Même chose pour les pollutions de l’océan ou de l’air, ou encore l’acidification des océans qui ne peuvent pas être résolues sans une action mondialisée. La diffusion des idées écologiques dépend aussi de la capacité des acteurs engagés à les faire entendre au niveau mondial.

https://e-rse.net/definitions/mondialisation-definition-consequence-histoire/#gs.dx6nur

Le quitte ou double de Trump

Le quitte ou double de Trump

Édito
15 avril 2019
Le point de vue de Pascal Boniface

Donald Trump affirme vouloir rompre avec la politique d’hégémonie libérale suivie par ses prédécesseurs depuis la fin de la guerre froide. Celle-ci a conduit, au nom des bonnes intentions de promotion de la démocratie, à des interventions militaires qui n’ont débouché que sur des catastrophes.

Barack Obama a reconnu que la participation des États-Unis à l’intervention militaire en Libye constituait la pire erreur de ses deux mandats à la présidence du pays. Il était d’ailleurs plus que réticent pour s’y engager et a accepté de le faire après un fort lobbying en ce sens d’Hillary Clinton, alors secrétaire d’État.

Donald Trump affirmait vouloir se rapprocher de la Russie et s’éloigner de l’OTAN. Il n’a pas pu le faire, la structure de sécurité américaine l’en ayant empêché. Il n’a pas non plus pu, comme il le voulait, mettre totalement fin à la présence militaire américaine en Syrie ou en Afghanistan, le Pentagone et les services américains ayant eu le dernier mot.

Mais Donald Trump ne veut pas abandonner une politique d’hégémonie libérale pour adopter une politique multilatérale, chacun l’a bien compris.

Ses slogans Make America Great Again, ou America First marquent bien sa volonté de voir l’Amérique dominer le monde et imposer sa loi. Mais lui qui est si éloigné d’Obama, le rejoint sur un point : l’Amérique ne peut plus être le gendarme du monde, au sens militaire du terme.

Certes, il laisse officiellement sur la table l’option d’une intervention militaire au Venezuela, une telle intervention n’est pas non plus totalement exclue concernant l’Iran.

Donald Trump a choisi une autre voie pour ancrer la suprématie américaine. Les menaces de sanctions s’appuyant à la fois sur l’attractivité du marché américain et sur l’application de plus en plus intense d’une législation américaine au caractère extraterritorial.

Adam Szubin, ancien sous-secrétaire au Trésor pour les questions de terrorisme et d’intelligence économique sous Barack Obama, et Paula Dobriansky, ancienne sous-secrétaire aux affaires mondiales sous Georges W.Bush, viennent de publier un rapport « Maintaining America’s coercitive economic strenght ». Leur objectif est donc bien de maintenir une capacité coercitive des États-Unis et non de passer à une politique multilatérale. Et c’est pour maintenir cette capacité qu’ils critiquent la politique mise en place par Donald Trump.

Ils estiment que l’utilisation plus agressive des sanctions risque, à terme, d’avoir des répercussions négatives tant économiques que diplomatiques, du fait de l’opposition grandissante qu’elles suscitent.  Elles sont, de plus, jugées illégales au regard de leur caractère extraterritorial. Ils redoutent que l’activisme du Congrès sur ces sujets (il est toujours populaire de décréter des sanctions contre les pays ayant une mauvaise image) n’entrave la liberté d’action de l’exécutif.

Elles peuvent avoir des effets négatifs non désirés (augmentation des prix de l’énergie ou d’autres matières premières). Mais surtout, les auteurs mettent en garde contre le regain d’effort des gouvernements étrangers (Russie, Chine, Europe) pour contourner les sanctions, qui leur fait prendre des distances avec le système financier américain, jusqu’ici incontournable. A terme, l’usage excessif des sanctions pourrait affaiblir le rôle du dollar, et, plus généralement, brider la puissance des États-Unis.

Donald Trump aime à se montrer brutal et intransigeant. Mais il est avant tout pragmatique. Et malgré ses rodomontades et ses excès, il a déjà reculé lorsque le rapport de force l’y a contraint. Ce fut notamment le cas lorsque l’Union européenne a menacé de répliquer face à sa menace de hausse des taxes à l’importation sur des produits européens, par des taxes comparables sur les produits américains exportés vers l’Europe.

La multiplication et l’intensification des menaces de sanctions, d’extraterritorialité, placent les autres pays face à une alternative simple : soit ils cèdent et entrainent alors réellement le monde vers  l’unipolarité rêvée par les dirigeants américains après la fin de la guerre froide, mais qui n’était pas jusqu’ici devenu réalité ; soit ils répliquent, notamment en délaissant le dollar pour leurs échanges internationaux et alors, le pari de Trump basé sur le chantage échouera.

Le test sera de voir si prochainement des achats de pétrole seront facturés dans une autre monnaie que le dollar.

Pascal Bonifacedirecteur de l’IRIS, vient de publier « Requiem pour le monde occidental » aux éditions Eyrolles. Disponible sur le site de l’IRIS.

La piraterie maritime internationale, quand le fléau des mers devient celui du développement

La piraterie maritime internationale, quand le fléau des mers devient celui du développement

En 2018, les eaux territoriales et internationales ont été le théâtre d’une recrudescence des actes de piraterie maritime. Le Bureau maritime international a recensé 201 attaques contre 99 en 2017. La piraterie maritime, véritable corollaire de la mondialisation, constitue avant tout un vecteur d’instabilité pour les zones impactées. Ce phénomène ne se borne plus à des régions précises et s’est érigé en un véritable enjeu stratégique global.

Une carte représentant l'ensemble des actes de piraterie maritime en 2018
Actes de piraterie maritime recensés pour l’année 2018. Source : Bureau maritime international

De quelles tendances témoigne cet essor de la criminalité maritime ? L’Afrique est étroitement associée à cette problématique du fait de la multiplicité de ses foyers. La Corne de l’Afrique, traditionnellement liée au phénomène en atteste. Malgré une accalmie au milieu des années 2010, la zone a pourtant enregistré une intensification des actes de piraterie maritime en 2017 avec 54 cas (contre seulement 16 en 2015). Ce constat met en lumière trois causes distinctes. En effet, le Golfe d’Aden représente un corridor économique stratégique. D’autre part, l’instabilité chronique rongeant le Somaliland et le Puntland, bases-arrières privilégiées des pirates somaliens, sont également pointées. Enfin, le périmètre d’action des pirates s’est peu à peu étendu au nord de l’Océan Indien, au large des côtes, iraniennes, indiennes et omanaises.

Une propagation mondiale du phénomène

La mutation majeure réside néanmoins dans le transfert d’est à ouest africain. Le Golfe de Guinée est progressivement devenu un foyer majeur de criminalité maritime, enregistrant pour sa part 97 attaques en 2017. Là encore, ce développement se traduit par les écueils liés à la sécurisation des eaux territoriales. Les actes de piraterie de ces dernières années ont en effet touché une zone allant du Sénégal à l’Angola, soit plus de 5 700 kilomètres de côtes avec pour épicentre le Nigeria. Des groupes pirates particulièrement virulents y ont émergé, comme le souligne le rapport 2018 du Bureau maritime international : « Au dernier trimestre 2018, 41 kidnappings ont eu lieu au large des côtes nigérianes. 11 membres d’équipage ont également été capturés à bord d’un cargo ».

L’Afrique n’a cependant pas l’apanage de la piraterie maritime. 99 attaques ont en ce sens eu lieu dans les eaux asiatiques en 2017. Parmi les états les plus impactés figurent notamment la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie, avec des cas plus sporadiques au Bangladesh et au Vietnam. L’exemple de la Corne de l’Afrique fait fortement écho à l’Asie, avec les problématiques récurrentes de sécurité et l’importance géoéconomique du détroit de Malacca. En outre, l’Amérique du Sud et les Caraïbes sont également touchées par la piraterie maritime, avec des attaques à Sainte-Lucie, Saint-Vincent, en Colombie ou encore au Venezuela pour la même année.

La piraterie maritime, une entrave majeure au développement

La piraterie maritime est un frein majeur au développement, et de fait un facteur d’instabilité important dans des zones déjà réputées sensibles. De par le caractère géostratégique majeur des zones impactées, un manque à gagner notable frappe de plein fouet les états victimes. Dans le Golfe de Guinée, les attaques visent principalement des cargos pétroliers en partance de pays producteurs (Nigeria et Angola). De plus, le Golfe d’Aden et le détroit de Malacca, voyant respectivement transiter 20% et 30% du commerce mondial par an, sont des axes géoéconomiques centraux. Le coût total de la piraterie est en cela substantiel, avec des pertes pour 2017 d’1,4 milliard USD pour l’Afrique de l’Est, de 818,1 millions USD pour l’Afrique de l’Ouest ou encore de 23,1 millions USD pour la seule Malaisie.

Outre une dimension régionale, la problématique de la piraterie maritime est devenue un enjeu mondial. La prise de conscience du danger sécuritaire et économique n’est toutefois pas récente. Des initiatives sont en ce sens adoptées dès le début des années 2010. C’est le cas de la Rencontre internationale sur la sécurité maritime de 2013, organisée par la CEDEAO et les États-Unis. La gravité de la situation vint dans ce cadre de l’aveu même des représentants politiques africains, à l’instar de Paul Koffi Koffi, ministre ivoirien délégué à la défense : « Au nombre de ces périls figure la piraterie maritime (…) qui représente aujourd’hui, pour les pays africains du Golfe de Guinée, un danger contre la sécurité publique et un frein pour le commerce et les échanges internationaux ».

L’instauration précoce d’une lutte multimodale

La nécessité de sécurisation des zones économiques stratégiques a impulsé une réponse rapide des organisations internationales d’une part. L’opération Ocean Shield de l’OTAN, dans la zone Corne de l’Afrique – Golfe d’Aden, y répond. Lancée en 2009 sous l’impulsion des Nations unies, celle-ci a un double objectif. Dissuasif d’une part, de par une présence militaire maritime accrue, et sécuritaire, en réponse aux actes de piraterie identifiés. L’OTAN a mis fin à son opération en décembre 2016 malgré la reprise criminelle. Peu avant, l’Union européenne lance dans la même zone en décembre 2008 l’opération Atalante. Les objectifs sont les mêmes, avec toutefois des ambitions d’amélioration de la vie sur place des pêcheurs et de prévention. De surcroit, d’autres opérations sont à mentionner, à l’image du groupe CTF-151 dirigé par les États-Unis, ou encore le déploiement des forces d’autodéfense japonaises à Djibouti.

D’autre part, certains acteurs locaux se sont également manifestés. Le Cameroun a notamment été l’hôte du Sommet de Yaoundé de 2013 sur la sécurité maritime. L’évènement institutionnel africain d’ampleur intervient toutefois en octobre 2016 au Togo. C’est en effet à Lomé que se tient le Sommet de l’Union africaine sur la sécurité maritime. Malgré une symbolique forte, la Charte en découlant affiche un bilan mitigé. Certains états à l’instar du Cameroun ou du Sénégal ne la ratifient pas en dépit de leur exposition directe à la piraterie maritime. Là encore, les difficultés consensuelles de l’Union africaine se font jour, laissant la place à des initiatives isolées. Le Bénin et le Nigeria ont notamment donnés priorité à cela, respectivement avec l’opération Ouragan et au large de Yenagoa.

Le développement de la piraterie maritime est toutefois la conséquence d’une pauvreté endémique au sein des territoires concernés. Nul doute que des politiques fortes en matière de développement constitueraient les meilleures parades face à ce phénomène.

Sources :

AFP, Piraterie : l’Afrique de l’Ouest inquiète pour sa sécurité et son économie, Jeune Afrique, 20 février 2013

BROULARD Laure, Au large de la Somalie, la piraterie contenue mais pas éradiquée, La Croix, 17 décembre 2018

BUREAU MARITIME INTERNATIONAL. IMB Piracy Report 2018: attacks multiply in the Gulf of Guinea, ICC Commercial Crime Services, 16 janvier 2019

GANDIL Alexandre, L’Asie, royaume de la piraterie, Asialyst, 31 mai 2016

HAUCHARD Amaury, L’Union africaine adopte une charte sur la sécurité maritime, Le Monde Afrique, 16 octobre 2016

NEMETH Sébastien, Somalie / Opération Atalante : prévenir la criminalité en amont, RFI, 9 décembre 2018

OTAN, Opérations de lutte contre la piraterie, NATO – OTAN, 20 juillet 2016

XINHUA, Lutte contre la piraterie maritime : le Bénin lance une opération pour sécuriser ses côtes. Xinhua Chine Nouvelle, 6 mars 2018

About Antoine Vandevoorde

Antoine Vandevoorde est analyste en stratégie internationale, titulaire d’un Master 2 Géoéconomie et Intelligence stratégique de l’IRIS et de la Grenoble Ecole de Management depuis 2017. Ses domaines de spécialisation concernent la géopolitique du cyberespace, les relations entreprises – Etats, l’intelligence économique et l’Afrique. Il est rédacteur aux Yeux du Monde depuis mars 2019.

  
Assimilés aux opérations de blanchiment et à la criminalité internationale, les paradis fiscaux constituent aussi un rouage essentiel de la finance internationale. Un dilemme pour les grands pays développés.

Depuis une trentaine d’années, le capital financier constitue le facteur géographiquement le plus mobile et le plus diffus, au point de transformer radicalement le long processus historique de la mondialisation. On débouche sur un « nouveau régime d’accumulation financière » qui transforme monnaies, dettes ou actions en marchandises pour les banques, compagnies d’assurances ou fonds spéculatifs des grands pays développés. Rendue possible par les innovations technologiques qui interconnectent en temps réel toutes les places financières, la gestion de l’espace-temps mondial est devenue productrice d’extraordinaires rentes au prix cependant d’une instabilité croissante.

Mais pour fonctionner efficacement, ce système a aussi un besoin impératif d’espaces de non-droit symbolisés par les centres financiers extraterritoriaux (CFE) ou offshore ou paradis fiscaux. Très présents dans les guirlandes insulaires tropicales des Caraïbes et du Pacifique, ces quelque 70 petits ou micro-Etats valorisent la proximité d’une grande place internationale, dont ils partagent le même fuseau horaire voire la même monnaie. Ainsi, la petite ville de George Town, capitale du territoire britannique des îles Caïmans, est devenue la cinquième place financière mondiale en gérant 660 milliards de dollars de dépôts de non-résidents, à 80 % d’origine états-unienne.

Devenus des rouages essentiels de la mondialisation financière, ils gèrent entre 30 et 40 % des fortunes privées mondiales, accueillent 25 % des dépôts bancaires transfrontaliers et voient transiter 50 % des actifs financiers circulant dans le monde. Dans ce contexte, certains paradis se sont progressivement spécialisés comme le Luxembourg dans les holdings et fonds de placement mutuels, les Bermudes dans les compagnies d’assurance (40 % du total mondial) et l’expertise comptable, ou les Caïmans et les Bahamas dans les fonds spéculatifs.

Cette orientation a un impact considérable sur ces économies locales à travers les revenus directs (comme les ventes de licences de sociétés offshore), les créations d’emplois et les effets d’entraînement indirects (tourisme, transports…) qu’elle induit. Aux Bahamas et à Nevis, la finance représente respectivement 25 % et 30 % du PNB, et dans les îles Vierges britanniques, la moitié des revenus fiscaux. Mais cette activité s’impose aussi dans certains Etats européens (Luxembourg, Monaco…). La Suisse accueille ainsi 30 à 35 % de la fortune mondiale offshore, dont 60 % correspond à de l’argent non-déclaré et dont les frais de gestion, qui s’élèvent à 1 % de la masse déposée, représentent un poste très lucratif pour ses banques. Au Liechtenstein, les seuls mandats d’administrateurs des 75 000 à 100 000 sociétés, en large majorité fictives, représentent un tiers du PNB et les activités financières génèrent directement et indirectement la moitié des revenus de l’Etat, ce qui permet aux habitants de ne pas payer d’impôt.

Mais ces confettis ont utilisé leurs souverainetés pour se doter de juridictions d’exception assurant la fourniture de prestations financières opaques. Leurs décisions politiques ont d’ailleurs souvent été largement influencées par les grands acteurs financiers qui leur ont dicté les lois les plus favorables à leurs activités dans le cadre d’une dérégulation généralisée des marchés des années 1970-1980. Leur succès s’explique en effet par les avantages qu’ils procurent : secret bancaire, réglementation des plus limitées, sociétés-écrans garantissant l’anonymat, fiscalité faible ou inexistante… En créant ainsi des espaces hors d’atteinte du droit des Etats et où le contrôle et la régulation des intérêts privés sont impossibles, ils deviennent eux-mêmes des fictions juridiques.

732 milliards de dollars : le chiffre d’affaires annuel du narcotrafic.

Surtout, ils accueillent ainsi les produits des évasions fiscales des pays développés, les capitaux des dictateurs ou dirigeants kleptomanes du tiers-monde (Philippines, Haïti, Nigeria, Mali, Zaïre…) et une grande partie de l’argent sale, évalué à 5 % du PNB mondial. Ainsi, en 1999, le FMI estime que 80 % des 38,11 milliards d’euros prêtés à la Russie en 1998 auraient été détournés sur des comptes bancaires à Jersey. Selon l’Office des Nations unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, la moitié des 732 milliards d’euros annuels dégagés par l’ensemble des activités criminelles dans le monde (trafics de drogues, d’armes, fausse monnaie, réseaux d’immigration, de prostitution, fraude, piratage, contrefaçon) serait blanchie dans ces paradis avant de réintégrer l’économie légale. Le narcotrafic blanchirait 300 à 500 milliards de dollars par an. Mais, en 1995, la tentative américaine de geler les actifs financiers du cartel de Cali aux Etats-Unis entraîna leur immédiat transfert vers les places financières de Londres, Tokyo et Francfort.

Devant leurs refus de coopérer avec les différentes institutions judiciaires nationales et internationales dans la recherche et la sanction des fautes ou crimes commis, les grands pays développés commencent enfin à les dénoncer comme les « sanctuaires financiers de la criminalité internationale » et à réfléchir à des mesures de sanction. Ainsi, initié en 1989 par les sept plus grands pays industrialisés du monde, le G7, le Groupe d’action financière internationale (Gafi) est chargé de lutter contre le blanchiment de l’argent sale en établissant régulièrement une liste des Etats « non-coopératifs » les plus compromis et de surveiller leur mise en conformité.

Progressivement, la pression monte pour leur imposer une certaine transparence avec la mise en oeuvre de mesures de rétorsion échelonnées entre 2001 et 2005. Alors qu’en février 2001, le paradis fiscal polynésien de Niue (2 103 habitants) est frappé pour l’exemple d’embargo bancaire par les Etats-Unis, le vent se lève aussi en Europe. Le Luxembourg est ainsi dénoncé en 2000 par l’Union européenne et les services secrets allemands alors que Monaco est mis en cause par le gouvernement français. La Suisse, affaiblie par les révélations sur sa gestion des avoirs juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, est critiquée par les autorités allemandes et italiennes. Mais il convient surtout de souligner le brutal revirement des Etats-Unis, jusqu’ici très en retrait, qui s’aperçoivent lors des attentats du 11 septembre 2001 que les réseaux de financement des groupes terroristes islamistes les utilisaient massivement.

Aujourd’hui, les grands Etats développés sont confrontés à un dilemme : alors que la seule réelle et radicale mesure serait de rendre illicite toute transaction financière vers ces territoires, jusqu’où aller dans les mesures de contrôle et d’assainissement sans casser une machine si utile et efficace au système financier mondial ? N’oublions pas en effet que leurs classes privilégiées, leurs grandes banques et assurances, leurs principales transnationales et leurs services secrets sont les premiers et principaux utilisateurs de ces structures opaques ou criminelles.

Places financières mondiales et paradis fiscaux.

Revue de presse nationale et internationale.