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Cryptomonnaie: le bitcoin fait son entrée à la Bourse de Chicago

Economie

Cryptomonnaie: le bitcoin fait son entrée à la Bourse de Chicago

media Bitcoin-Cryptomonaie REUTERS/Dado Ruvic/Illustration/File Photo

Le bitcoin, première monnaie virtuelle du monde, entre dimanche 10 décembre à la Bourse de Chicago où il fera l’objet de contrats spéculatifs. Bientôt, d’autres plateformes boursières vont lancer des instruments financiers indexés sur les cours du bitcoin. Entre espérances de gros profits et risques inconsidérés, les financiers sont divisés.

La valeur du bitcoin a été multipliée par 15 depuis le début de l’année. Il n’en fallait pas plus pour que les marchés financiers longtemps méfiants face à cette monnaie virtuelle sans cours légal lui accordent finalement ses lettres de noblesse.

La principale Bourse d’options américaine à Chicago lance des contrats à terme qui vont permettre de spéculer sur la valeur du bitcoin comme sur un actif financier traditionnel. Dans quelques jours, le Chicago mercantile exchange (CME) fera de même, et le Nasdaq prévoit de s’y mettre l’année prochaine.

La banque d’affaires Goldman Sachs s’est déclarée prête à jouer les intermédiaires entre acheteurs et vendeurs de produits financiers liés à la monnaie virtuelle. Un pactole qui représente 272 milliards de dollars n’est pas de ceux qu’on néglige.

Mais l’association des Bourses de produits dérivés FIA, comme d’autres grands acteurs de la finance, dénoncent les risques énormes de bulle spéculative et le caractère irrationnel de l’envolée du bitcoin. Ils mettent en garde les investisseurs contre la possibilité de perdre gros dans cette affaire.

 

→(Re)écouter – Le Débat du Jour : Bitcoin: bulle spéculative ou révolution financière?

http://www.rfi.fr/emission/20171204-bitcoin-bulle-speculative-revolution-financiere

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Une plateforme de minage de bitcoins piratée, butin de 64 millions de dollars

Une plateforme de minage de bitcoins piratée, butin de 64 millions de dollars

Adrien Lelievre Le 07/12 à 20:10
image:

NiceHash plateforme spécialisée minage bitcoin.

NiceHash est une plateforme spécialisée dans le minage de bitcoin. – Shutterstock/SIPA

+VIDEO. NiceHash a dû suspendre ses activités. L’envolée du cours du bitcoin aiguise l’appétit des hackers.

Au XXe siècle, les braqueurs faisaient irruption dans les banques l’arme au poing dans le but d’amasser des liasses de billets. Désormais, ils disposent d’une autre option lucrative : le hacking.

NiceHash vient de l’apprendre à ses dépens. Jeudi, cette plateforme de minage de bitcoins basée en Slovénie a suspendu ses activités pendant au moins 24 heures après avoir été victime d’un énorme « casse ».

VIDEO. Une plateforme de minage de bitcoins piratée, butin de 64 millions de dollars

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01870326/zone/1/showtitle/1/src/vlqrsm

Une attaque sophistiquée

Des pirates lui ont dérobé un portefeuille de 4.700 bitcoins, soit l’équivalent de près de 63,9 millions de dollars au cours du moment, a indiqué Andrej P. Skraba, responsable du marketing de la plateforme.

L’entreprise évoque une attaque « vraiment professionnelle réalisée avec des outils très sophistiqués ». Elle invite ses utilisateurs à changer de mot de passe et a indiqué tenter d’identifier l’origine du hacking le plus rapidement possible.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/12/08/2136664_une-plateforme-de-minage-de-bitcoins-piratee-butin-de-64-millions-de-dollars-web-tete-030996043103.jpg

Une plateforme de minage de bitcoins piratée, butin de 64 millions de dollars

Avant que la plateforme ne confirme le piratage, les rumeurs allaient bon train, certains de ses utilisateurs ayant publié des messages angoissés sur les réseaux sociaux.

NiceHash est l’une des principales plateformes de minage de bitcoins, ce procédé par lequel les développeurs, que l’on appelle « mineurs », valident les transactions en bitcoins et  sécurisent la blockchain . En échange de cette activité, les mineurs sont payés en bitcoins nouvellement créés. Cette activité,  extrêmement gourmande en énergie, peut se révéler juteuse, surtout aux cours actuels du bitcoin !

Enjeu crucial de la sécurité

La sécurité est un enjeu crucial pour les plateformes de bitcoin, qui s’efforcent de gommer leur réputation un brin sulfureuse. En 2015,  MtGox a fait faillite après la disparition mystérieuse de 650.000 bitcoins. L’année dernière, Bitfinex  a également perdu 65 millions de dollars à cause d’un hacking .

La cyberattaque visant NiceHash intervient alors que le cours du bitcoin s’envole depuis plusieurs semaines. Il a frôlé jeudi après-midi les 17.000 dollars, un record historique. Au total, sa valeur a été multipliée par 16 depuis le début de l’année. De quoi aiguiser l’appétit des malfaiteurs.

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Adrien Lelièvre
@Lelievre_Adrien

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030995372395-une-plateforme-de-bitcoin-piratee-butin-de-64-millions-de-dollars-2136664.php#QzvwWvWO9IGtCegp.99

Le transfert de titres financiers via blockchain autorisé en France

Le transfert de titres financiers via blockchain autorisé en France

Paris – Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a présenté vendredi en Conseil des ministres une ordonnance visant à permettre l’usage de la technologie « blockchain » pour simplifier et sécuriser le transfert de la propriété de titres financiers non cotés.

L’ordonnance, qui devrait entrer en application au plus tard au mois de juillet, s’appliquera à l’ensemble des titres financiers pour lesquels le droit européen n’impose pas de passer par un organisme tiers et concerne un marché potentiel de plus de 3.000 milliards d’euros.

Cela concerne en particulier les parts de fonds, les titres de créances négociables et les actions et obligations non cotées.

La blockchain utilise des blocs de transactions codés et authentifiés s’ajoutant les uns aux autres et se présente sous la forme d’un grand registre public réputé infalsifiable, car toute modification d’information doit être simultanément faite chez tous les utilisateurs.

« L’utilisation de cette technologie permettra aux fintechs et aux autres acteurs financiers d’offrir de nouvelles solutions pour les échanges de titres, des solutions plus rapides, moins chères, plus transparentes et plus sûres », a expliqué à la presse Bruno Le Maire.

L’objectif est avant tout de permettre aux start-ups de la fintech de mettre en place des solutions de transferts de propriété de titres basées sur cette technologie.

« C’est une manière de dire aux acteurs +venez testez en réel sur place, dans un cadre légal et sécurisant », a-t-on expliqué à l’AFP au ministère de l’Economie et des Finances.

Pour le gouvernement, il s’agit également d’insister sur « l’innovation dans les services financiers » de la place parisienne, qui serait la première en Europe à autoriser l’usage de la blockchain, afin d’améliorer son « attractivité », selon le ministre.

« Après le développement d’un cadre sur le financement participatif puis la finance verte, il s’agit du troisième pilier pour souligner le caractère innovateur de la France en terme de services financiers », a ajouté le ministère.

(©AFP / 08 décembre 2017 19h30)

https://www.romandie.com/news/Le-transfert-de-titres-financiers-via-blockchain-autorise-en-France/870981.rom

Le Bitcoin poursuit sa folle ascension et son cours atteint 15 000 dollars

Le Bitcoin poursuit sa folle ascension et son cours atteint 15 000 dollars

Le Bitcoin poursuit sa folle ascension et son cours atteint 15 000 dollars© Dado Ruvic Source: Reuters

En l’espace de deux mois, le cours du Bitcoin a triplé de valeur pour atteindre brièvement 15 000 dollars le 7 décembre. Une ascension fulgurante pour la plus célèbre des crytomonnaies qui s’accélère avec le temps.

Les jours se suivent et se ressemblent pour le Bitcoin, qui franchit les paliers les uns après les autres à un rythme de plus en plus soutenu. Le 7 décembre, son cours a brièvement atteint 15 000 dollars, selon les données compilées par le site spécialisé Coinmarketcap, alors qu’il avait franchit le cap des 10 000 dollars le 29 novembre seulement.

La spirale haussière s’accélère pour la célèbre cryptomonnaie, à qui il a fallu depuis sa création, 1 789 jours pour atteindre les 1 000 dollars. Un fois ce stade atteint, il lui a fallu 1 417 jours pour quintupler sa valeur, et arriver à 5 000 dollar en octobre dernier. En l’espace de 46 jours seulement, le Bitcoin a ensuite doublé de valeur, pour dépasser les 10 000 dollars. Moins d’une semaine après avoir atteint ce palier, il vient donc d’inscrire un nouveau plus haut historique à son palmarès, à 15 000 dollars.

Des chiffres vertigineux qui sont le signe, selon certains analystes, d’une bulle financière prête à exploser. D’autres, à l’instar de l’entrepreneur John McAfee connu pour ses promesses farfelues, estiment que le rally du Bitcoin n’en est qu’à son début, et misent sur une progression tout aussi stratosphérique au moins jusqu’en 2020.

L’engouement autour de cette cryptomonnaie s’explique par des caractéristiques qui la différencient fondamentalement des monnaies traditionnelles. En premier lieu, le Bitcoin n’a pas d’organe central de contrôle et il est donc possible pour tout un chacun de participer à la création monétaire. Une création monétaire qui n’est par ailleurs pas infinie : elle se limite à 21 millions d’unités, elles-mêmes divisibles jusqu’à huit décimales maximum.

Au-delà de ces deux caractéristiques, la clé du succès du Bitcoin découle de la technologie sur laquelle la cryptomonnaie est conçue, la blockchain. Certains lui attribuent en effet la capacité de révolutionner l’industrie bancaire, rien de moins. Autant d’atouts qui en ont fait l’actif financier le plus rentable de l’année 2016, performance qu’il est bien parti pour réitérer en 2017.

Lire aussi : Pour contrer le blocus américain, le Venezuela veut lancer sa propre cryptomonnaie

https://francais.rt.com/economie/46310-bitcoin-poursuit-folle-ascension-atteint-15000-dollars

Et s’il ne fallait pas enterrer trop rapidement le Bitcoin ?

Et s’il ne fallait pas enterrer trop rapidement le Bitcoin ?

Ecorama le

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1000 dollars en janvier, 11500 la semaine dernière : mais jusqu’où ira la flambée du Bitcoin ? Certains n’hésitent pas à parler de bulle spéculative qui tôt ou tard finira pas éclater. Et s’ils avaient tort ? Et si le Bitcoin s’installait durablement dans le paysage financier ? L’analyse d’Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE et membre des Economistes Atterrés. Ecorama du 5 décembre présenté par David Jacquot sur boursorama.com

http://www.boursorama.com/actualites/et-s-il-ne-fallait-pas-enterrer-trop-rapidement-le-bitcoin-43be0e11696ebf464fd3a58178f6ac9e

Le bitcoin, une « monnaie ubérisée » mais pas sans danger

Le bitcoin, une « monnaie ubérisée » mais pas sans danger

Le bitconi, devise virtuelle, répond à une volonté « d’ubériser » la monnaie mais n’est pas sans danger, selon les économistes / © AFP/Archives / ANTHONY WALLACE

Le bitcoin, devise virtuelle qui n’en finit plus de flamber, répond à une volonté « d’ubériser » la monnaie en échappant aux banques centrales, et pourrait se répandre dans les pays aux finances fragiles, mais « aux risques et périls » des utilisateurs, avertissent les économistes.

« Le bitcoin? C’est une volonté d’ubériser la monnaie, de ne pas avoir de banquier central qui décide de son prix », explique Ludovic Subran, chef économiste de l’assureur-crédit Euler Hermes, comparant la cryptomonnaie à ce qui se passe entre les taxis et Uber, société de location de voitures avec chauffeur (VTC) qui a bouleversé le marché.

« Oui, c’est tout à fait ça: on se passe de l’autorité centrale. C’est le génie de cette invention », s’enflamme Yves Choueifaty, fondateur du gestionnaire d’actifs Tobam, qui vient de lancer le premier fonds européen de placement investi en bitcoins.

Le bitcoin est présent sur des plateformes d’échange spécifiques et non sur des marchés régulés. Sans cours légal, sans banque centrale, il est régi par une vaste communauté d’internautes.

Des investisseurs parlent déjà « d’or numérique », alors que le bitcoin a atteint cette semaine un nouveau record à plus de 8.000 dollars. Il émargeait à un peu moins de 1.000 dollars en début d’année.

« Nous n’avons pas besoin des banques centrales », assure Yves Choueifaty, convaincu que les dernières bulles ont été justement alimentées par ces institutions, et persuadé par ailleurs qu’il n’y a « pas de bulle pour le bitcoin », créé par un ou plusieurs informaticiens se cachant sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto.

L’intérêt croissant pour le bitcoin touche désormais des institutions reconnues comme l’un des plus gros opérateurs boursiers du monde, le CME Groupe de Chicago, ou de prestigieuses universités américaines qui forment à la technologie informatique servant de base aux monnaies virtuelles, la « blockchain » ou « chaîne de blocs ».

– « Dollarisation 2.0 » –

Mais cette monnaie séduit aussi les acteurs économiques de pays ruinés tels que le Zimbabwe ou le Venezuela, dont les devises ne valent plus rien à force d’hyper-inflation – Caracas a dû émettre récemment un nouveau billet de 100.000 bolivars, là où il y a un an la plus grosse coupure en circulation était de 100 bolivars.

« Prenons des pays avec des institutions faibles et des devises nationales instables. Au lieu d’adopter la monnaie d’un autre pays, par exemple le dollar américain, ces économies pourraient connaître un usage croissant des monnaies virtuelles », estimait récemment la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, qui parle de « dollarisation 2.0 ».

Les économistes signalent aussi l’intérêt pour le bitcoin dans des pays en développement, dont les habitants ont plus facilement accès à internet qu’à des comptes bancaires traditionnels.

Les banques centrales et certains grands noms de la finance tirent pourtant la sonnette d’alarme face à une devise utilisée pour nombre de transactions illicites, et souvent dénoncée comme « spéculative ».

« C’est la définition même d’une bulle », a prévenu récemment le patron de Crédit suisse Tidjane Thiam, devenant aussitôt la cible sur les réseaux sociaux des partisans, souvent virulents, du bitcoin.

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, avait lancé un avertissement dès l’été: « Ceux qui utilisent aujourd’hui le bitcoin, très clairement, c’est à leurs risques et périls ».

– Une « bulle » pour le Nobel d’économie –

Le prix Nobel d’économie, Jean Tirole, partage cette opinion: « C’est une bulle! », a-t-il assuré à l’AFP en marge d’un colloque cette semaine à Paris.

« C’est quelque chose qui n’a pas de valeur intrinsèque, qui peut s’effondrer du jour au lendemain. Donc, je ne voudrais absolument pas que les banques françaises, par exemple, investissent dans le bitcoin ».

Pour sa part, M. Subran attend des autorités qu’elles sensibilisent davantage les investisseurs potentiels aux risques: « Il y a beaucoup d’argent à faire et beaucoup d’argent à perdre aussi. On voit de plus en plus de gens qui veulent y aller, mais qui ne se rendent pas compte du risque ».

Régulièrement, la devise accuse des baisses abruptes, par exemple en cas de frictions entre les membres de la communauté qui la gèrent et qui la produisent, face à des avertissements venus des autorités de régulation, ou en cas de piratages informatiques.

Mais le plus souvent, le bitcoin efface rapidement ses pertes: certains investisseurs le voient déjà à 10.000 dollars. En 2011, il dépassait à peine 1 dollar.

(©AFP / 24 novembre 2017 12h12)

https://www.romandie.com/news/Le-bitcoin-une-monnaie-uberisee-mais-pas-sans-danger/866353.rom

Bitcoin : les conseils de l’AMF

Bitcoin : les conseils de l’AMF

L’Autorité des marchés financiers, qui a pour mission de veiller à la protection de l’épargne investie dans les instruments financiers en France, a publié aujourd’hui une série de recommandations destinées aux investisseurs s’intéressant au bitcoin : « Comprendre le protocole de transaction sur lequel repose la crypto-monnaie, s’assurer que le support de conservation est bien sécurisé, savoir que vous pouvez perdre toute votre mise et vérifier que la société proposant l’achat et la vente de bitcoins est bien agréée par ACPR ».


Extrait :

« Apparu en 2009, le Bitcoin est souvent considéré comme une “monnaie” virtuelle ou “crypto-monnaie” : il s’échange uniquement en ligne, il n’existe pas de pièces ou de billets. Le Bitcoin repose sur un protocole informatique de transactions cryptées et décentralisées, aussi appelé blockchain. Il s’agit d’un fonctionnement en réseau sans intermédiaire, à l’inverse des monnaies contrôlées par les banques centrales ou les gouvernements.

Le Bitcoin peut être accepté comme moyen de paiement sur certains sites internet, mais aussi auprès de certains commerces de proximité. Il peut être converti en monnaie comme le dollar ou l’euro. Notez bien qu’en France, l’euro est la seule monnaie ayant cours légal : un commerçant peut refuser un paiement en Bitcoin, mais est obligé de l’accepter en euros.

Comment sont créés les Bitcoins ?

Les Bitcoins sont créés via un processus décentralisé appelé minage (ou mining). Il s’agit d’un processus de surveillance, par lequel les internautes « mineurs » vérifient les transactions et assurent la sécurité du réseau, en utilisant du matériel informatique spécialisé. Leurs ordinateurs sont mis en concurrence et celui qui remporte la validation de la transaction reçoit en échange de nouveaux Bitcoins.

Les Bitcoins sont créés à un rythme de production fixe et décroissant chaque année. Le nombre de Bitcoins est limité à 21 millions d’unités. Il faut savoir qu’actuellement 80% des Bitcoins ont déjà été émis et sont en circulation.

Le Bitcoin, un investissement risqué

Gardez à l’esprit que le Bitcoin repose sur un marché non régulé, cette monnaie virtuelle n’a pas de cours officiel. Il s’agit d’un environnement informatique qui a ses propres règles, qui peut s’avérer non adapté aux personnes qui ne sont pas suffisamment technophiles et averties. Compte tenu de sa forte volatilité, ce marché est risqué.

Les risques d’une “monnaie” virtuelle

Différentes plateformes d’échanges accessibles en ligne permettent d’acheter/vendre des Bitcoins contre une monnaie fiduciaire comme le dollar ou l’euro : il est essentiel de vérifier la réputation et la fiabilité de ces sites. Sachez qu’en France, l’activité d’intermédiation consistant à recevoir des fonds de l’acheteur de Bitcoins pour les transférer au vendeur de Bitcoins relève d’un agrément de prestataire de paiement délivré par l’ACPR. N’hésitez pas à demander à votre intermédiaire français s’il est bien agréé auprès de l’ACPR afin d’exercer cette activité et vérifiez son numéro d’enregistrement sur le registre REGAFI.

Le Bitcoin est extrêmement volatil : le prix peut varier à la hausse comme à la baisse en très peu de temps et est largement imprévisible. Vous pouvez donc notamment perdre beaucoup d’argent. Du fait de cette forte volatilité, vous n’êtes pas assuré de pouvoir revendre vos Bitcoins au moment souhaité et à des conditions satisfaisantes. N’étant pas une monnaie ayant cours légal, vous ne disposez pas non plus des garanties offertes par les banques centrales. De même, contrairement aux dépôts dans une banque qui sont automatiquement couverts par le fonds de garantie des dépôts, vous n’êtes pas protégé en cas de faillite de votre intermédiaire.

Par ailleurs, le Bitcoin fonctionnant uniquement en ligne, vos actifs sont également conservés en ligne. Il vous revient de protéger le stockage de vos Bitcoins, notamment dans une situation de perte du support ou cyber-attaque.

Investir dans le Bitcoin : prudence

Beaucoup d’histoires séduisantes circulent sur le Bitcoin, mais soyez très prudent, notamment face aux propositions d’investissement qui pourraient vous être faites. Le Bitcoin s’adresse aux investisseurs avertis : un minimum d’appétence technique et financière est nécessaire afin de comprendre le protocole sur lequel il repose et ses risques. En plus de ceux liés aux monnaies virtuelles, d’autres risques s’ajoutent : perte de tout ou partie du capital investi, absence de réglementation, absence d’information détaillée, fraude ou escroquerie…

Des courtiers en ligne peuvent ainsi vous proposer de parier sur des actifs numériques comme le Bitcoin sous la forme de CFD (contract for difference,) vous évitant la complexité technologique liée à cet achat. Dans cette situation, une double vigilance est de mise et il est nécessaire de procéder, dans un premier temps, aux vérifications traditionnelles avant un investissement sur un CFD classique : preuve de l’agrément du courtier (prestataire de services d’investissement – PSI), compréhension du fonctionnement des contrats financiers, connaissance du marché et du sous-jacent du CFD. Attention également aux effets de levier du CFD qui peuvent s’avérer d’autant plus dangereux avec un actif aussi volatil que le Bitcoin. Les CFD sur Bitcoin sont des produits spéculatifs hautement risqués.

D’autres propositions d’investissement sur le Bitcoin peuvent vous être faites sur internet, comme l’achat de packs de formation ou de “mining” ou encore un “mandat de gestion” sur actifs numériques. Prudence absolue.

Face à ces propositions, prenez le temps de la réflexion et avant d’investir contactez AMF Epargne Info Service au 01 53 45 62 00. »

Source : amf-france.org

Aux Pays-Bas, des distributeurs de billets acceptent de grosses sommes d’argent liquide pour créditer le portefeuille virtuel des clients en bitcoins. Ceux qui en vendent peuvent percevoir des euros sonnants et trébuchants.

Aux Pays-Bas, des distributeurs de billets acceptent de grosses sommes d’argent liquide pour créditer le portefeuille virtuel des clients en bitcoins. Ceux qui en vendent peuvent percevoir des euros sonnants et trébuchants.

La prolifération de distributeurs de bitcoins aux Pays-Bas inquiète sérieusement les autorités du royaume. Devenant monnaie courante, ces appareils d’un nouveau genre permettent d’ acheter et de vendre cette devise virtuelle dans des conditions sujettes à caution.

La machine accepte en effet « sans discuter » les versements en espèces de plusieurs milliers d’euros effectués par des particuliers. En échange, elle transfère immédiatement ces sommes converties dans la cryptomonnaie sur le portefeuille virtuel des clients. A l’inverse, un distributeur peut aussi fournir des euros sonnants et trébuchants à un client désireux de vendre ses bitcoins. Autant de transactions qui s’effectuent dans un quasi-anonymat.

Une quinzaine d’appareils de cette sorte sont en service aux Pays-Bas. La plupart sont exploités par la société Bitcoins4me, qui dispose par ailleurs d’un site de ventes en ligne.

Porte ouverte à tous les excès

Blanchiment d’argent sale en quelques clics, évasion fiscale facilitée, ces distributeurs s’avèrent la porte ouverte à tous les excès. «  Ces appareils fournissent un moyen aux criminels , dont les trafiquants de drogue qui, en possession de fortes sommes d’argent, cherchent un moyen quelconque pour se procurer de l’argent virtuel », déplore Anita Van Dis, procureur général en charge des affaires de blanchiment d’argent sale.

Face à ces pratiques douteuses, les autorités financières semblent démunies. Le bitcoin étant une monnaie virtuelle, aucun des organes de contrôle et de régulation, banque centrale ou autorités des marchés financiers (AFM), ne dispose en l’état actuel des textes de compétences pour assainir le secteur.

Les facilités octroyées par ces distributeurs de bitcoins ont par ailleurs un coût certain pour le client. La commission moyenne perçue par les quatre sites Internet néerlandais versés dans le commerce de bitcoins s’élève à environ 0,25 % du montant de la transaction. Au distributeur, elle porte sur 6 % de la somme, soit 24 fois plus !

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01870326/zone/1/showtitle/1/src/v38u8f

Didier Burg
Correspondant à Amsterdam

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Le bitcoin expliqué à moi-même

Le bitcoin expliqué à moi-même

Comme toute révolution technologique et culturelle, Bitcoin et la blockchain suscitent leur lot d’exaltation, d’espoirs, de frénésie et de malentendus. Petites précisions sur ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas.

Par Yorick de Mombynes.

Quand j’ai commencé à m’intéresser au bitcoin et à la blockchain au début de l’année 2016, j’ai été frappé par la complexité de ce sujet et par la difficulté à trouver des présentations simples, synthétiques et rigoureuses. Voici le type d’éléments ultra-simplifiés (mais certainement pas ultra-infaillibles) que j’aurais aimé trouver à l’époque.

En premier lieu, tout comme Tintin sait très bien reconnaître Dupont et Dupond, il convient de distinguer « Bitcoin » et « le bitcoin ». Bitcoin est un protocole informatique, c’est-à-dire un ensemble de règles qui permettent à des ordinateurs de coopérer pour accomplir une tâche.

Il permet d’échanger une sorte de jetons numériques sur internet comme s’il s’agissait de cash : ce qui est transféré ne peut plus être dépensé par le propriétaire initial. La particularité de ce système est de fonctionner de manière à la fois très sécurisée et décentralisée.

Jusqu’à présent, on n’avait jamais réussi à se passer d’intermédiaires centralisateurs comme les banques pour assurer la sécurisation des systèmes de paiements dématérialisés. Or une telle intermédiation est peu efficiente : elle est très coûteuse et ne suffit pas à empêcher des fraudes massives.

La première blockchain

En 2008, l’inventeur de Bitcoin, connu sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto, a intégré divers procédés informatiques et cryptographiques d’une manière incroyablement ingénieuse, pour donner naissance à la première « blockchain » : une base de données dupliquée sur un grand nombre d’ordinateurs, pratiquement infalsifiable, enregistrant au fur et à mesure toutes les transactions validées par les membres du réseau (elles sont ajoutées toutes les 10 minutes dans un nouveau bloc relié de manière cryptographique au précédent, d’où l’expression « chaîne de blocs »). Ces transactions sont publiques mais non nominatives ; et elles sont relativement rapides et très peu coûteuses.

Avec les années, il est apparu que cette invention représentait une rupture technologique majeure, avec potentiellement des applications considérables dans de nombreux domaines.

Pour cette raison, le jeton numérique que ce réseau permet de transmettre et qui a été appelé par son inventeur le « bitcoin », a commencé à être considéré comme un élément susceptible de pouvoir être échangé contre des biens concrets dans le monde « réel » et comme une potentielle réserve de valeur. C’est ainsi qu’est né progressivement le bitcoin en tant que monnaie.

L’explosion du cours du bitcoin

D’abord utilisé pour divers trafics illégaux, le bitcoin a fait l’objet d’une demande croissante du public – de plus en plus spéculative – qui a fait exploser son cours, particulièrement à partir du printemps 2017.

Son fonctionnement est original. D’une part, le volume total de bitcoins à émettre est limité : il ne dépassera jamais 21 millions (les bitcoins sont émis automatiquement pour rémunérer certains utilisateurs spécifiques du réseau, appelés « mineurs », qui contribuent à la validation des transactions).

Cela le distingue des monnaies étatiques qui connaissent parfois une forte inflation. D’autre part, son fonctionnement est régi par un algorithme open source, un logiciel public que chacun peut vérifier, qui n’est contrôlé par personne et qui n’est modifiable que si une majorité d’utilisateurs l’accepte.

Sécurité spectaculaire du système Bitcoin

Diverses plateformes d’échange sur internet ont été piratées mais le système Bitcoin lui-même ne l’a jamais été, alors-même qu’il est attaqué jour et nuit depuis huit ans par les meilleurs hackeurs du monde. Cette sécurité spectaculaire provient du mode de validation des transactions qui nécessite des calculs informatiques massifs entraînant un coût extrême en électricité, équivalente à celle d’un petit pays comme l’Estonie.

Cette sécurité implique toutefois certaines limitations techniques qui empêcheraient, dans les conditions actuelles, une utilisation du bitcoin par des dizaines de millions de personnes pour régler leurs échanges quotidiens.

Mais un effort de recherche considérable est actuellement fourni par une vaste communauté de scientifiques et d’entrepreneurs dans le but de surmonter ces contraintes (effort généralement ignoré par les commentateurs qui critiquent les limitations de Bitcoin).

Une double particularité conceptuelle

Au total, Bitcoin présente une double particularité conceptuelle qui le rend particulièrement difficile à comprendre : d’une part l’intégration d’un système de paiement et d’une monnaie, deux éléments jusqu’à présent systématiquement distincts ; d’autre part, une monnaie assise non pas sur un métal précieux ou sur la confiance dans la solvabilité d’un Etat mais sur un système d’échange ultra-sécurisé (nécessitant une gigantesque consommation d’énergie).

Trois formes d’applications de cette invention peuvent être distinguées. La plus évidente est monétaire et bancaire : c’est l’émergence d’une monnaie libre, décentralisée, échappant à tout contrôle politique.

Aux deux milliards de personnes non bancarisées dans les pays en développement, Bitcoin offre la possibilité inédite de devenir leurs propres banques en utilisant un simple téléphone. Si l’utilisation du bitcoin peut être encadrée, voire interdite, seul un blocage complet d’internet pourrait vraiment empêcher les transactions d’avoir lieu.

La plupart des régulateurs publics, comme en France, restent relativement prudents face à ce type de technologie et n’ont pas encore édicté de réglementation spécifique. Certains pays essayent toutefois d’interdire ou de limiter son utilisation.

La spécificité des transactions

La deuxième application est liée au fait que les transactions, qui deviennent immuables une fois validées, peuvent accueillir une petite quantité d’information cryptée qui peut ainsi être stockée et horodatée d’une manière incomparablement plus fiable et moins coûteuse que n’importe quel autre système.

Les utilisations de cette fonctionnalité en matière d’échange, vérification, validation ou audit de documents, titres juridiques, droits, et données de toutes natures sont potentiellement illimitées.

Enfin, ces transactions sont programmables : il est possible d’ajouter diverses conditions à leur déclenchement (date, heure, signatures, etc.). C’est un aspect qui ouvre des perspectives immenses et qui contribue d’ailleurs à alimenter ce qui ressemble fort à un début de bulle spéculative – intellectuelle comme financière – autour du thème de la « blockchain » qui n’est pas sans rappeler la frénésie technologique et financière autour d’internet qui a précédé le krach boursier du début des années 2000.

L’algorithme Bitcoin étant en accès libre, chacun peut le copier et en modifier quelques paramètres, par exemple pour conditionner le déclenchement des transactions à des événements ou à des sources d’information spécifiques. Cela entraîne la création d’une nouvelle blockchain et d’un nouveau jeton numérique, échangeable très facilement et ayant donc les caractéristiques d’une nouvelle crypto-monnaie.

La plus connue est Ethereum mais on recense ainsi aujourd’hui (en novembre 2017) plus de 1 200 crypto-monnaies. Et des centaines de startups dans le monde expérimentent de nouvelles applications de cette fonctionnalité dans tous les domaines : finance, assurance, audit, énergie, santé, logistique, objets connectés, etc.

Comme toute révolution technologique et culturelle, Bitcoin et la blockchain suscitent leur lot d’exaltation, d’espoirs, de frénésie et de malentendus. Pour aller plus loin, je recommande le site www.bitcoin.fr et deux livres particulièrement clairs et rigoureux : Bitcoin, la monnaie acéphale (J. Favier et A. Bataille) et, plus technique, Bitcoin, mode d’emploi (P. Noizat).

 

https://www.contrepoints.org/2017/11/08/302687-bitcoin-explique-a-moi-meme?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=7fd3fb02d1-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-7fd3fb02d1-114031913&mc_cid=7fd3fb02d1&mc_eid=acae01963f

A propos des cryptomonnaies : la stratégie blockchain à la loupe

A propos des cryptomonnaies : la stratégie blockchain à la loupe


valerie_bugault

Par Valérie Bugault − 16 octobre 2017

Rappel du contexte politico-économique

La domination du fait politique par les principaux détenteurs des capitaux s’analyse en réalité en la domination du fait politique par le fait économique. Ce faisant, il apparaît que le « fait politique », qui consiste à organiser la vie en commun dans une société donnée, n’existe plus réellement car il est soumis aux intérêts privés de quelques personnes qui dominent l’édifice institutionnel à la fois au niveau des États et, plus grave encore, au niveau international.

L’évolution de la domination du fait économique sur le fait politique est une longue histoire qui a commencé au moment des Grandes Découvertes et qui se terminera par l’avènement d’un gouvernement mondial aux mains des principaux détenteurs de capitaux de la planète. Ces détenteurs de capitaux ont développé leur emprise politique au moyen de l’accaparement des biens et des capitaux. Ils ont utilisé différents moyens pour arriver à leurs fins politiques parmi lesquels :

  • La centralisation de la gestion des masses monétaire dans leurs mains, au moyen du système des banques centrales,
  • L’anonymat juridique des capitaux,
  • Le système commercial mondial de libre-échange à la façon OMC, qui s’analyse en un libre investissement des multinationales, allié à la liberté pour les grandes entreprises d’absorber les entreprises de taille inférieure et in fine les États eux-mêmes.

Ce constat, d’ordre politique, juridique et institutionnel, est évidemment, et même plus que tout autre, encore d’actualité. Nous assistons aujourd’hui à un double mouvement initié par les grands banquiers internationaux visant à durcir leur domination politique, en imposant une monnaie mondiale sous forme dématérialisée, dans le même temps qu’ils accroîtront encore le niveau général de leur accaparement des richesses.

I) Analyse de la stratégie monétaire de type classique

Cette stratégie est visible lorsque l’on observe les évolutions monétaires actuelles avec une certaine prise de distance par rapport aux événements conjoncturels et lorsque l’on garde à l’esprit la méthodologie suivie, de tout temps, par les banquiers accapareurs. Il faut en effet garder en mémoire que les grandes avancées politiques de la caste des banquiers commerçants ont toujours été de pair avec une nette poussée du degré de leur accaparement sur les richesses. Les principaux moyens utilisés, de tout temps, par les banquiers accapareurs pour accroître leur niveau de richesses ont été :

  • L’organisation de bulles spéculatives sur les actifs, suivie de l’organisation consciencieuse de l’explosion de ces bulles (via le contrôle des taux directeurs de crédit), le tout leur permettant de racheter les actifs dépréciés pour un centime symbolique ;
  • Le fait de propager des informations fausses ou fallacieuses destinées à orienter la masse des investisseurs dans un sens ou dans un autre pour ensuite prendre le contre-pied desdits investisseurs et rafler la mise…

Par ailleurs, depuis le XXe siècle, les banquiers commerçants accapareurs ont soit financé la création, soit se sont approprié des technologies ou des méthodes techniques (notamment financières comme par exemple les CDS) nouvelles pour réaliser leurs objectifs de contrôle politique. Ce qui est vrai dans le domaine industriel ou de l’énergie, l’est bien évidemment également dans le domaine financier et monétaire. C’est ainsi que l’on a vu apparaître assez récemment (dernier quart du XXe siècle) deux armes de destruction massive des entreprises et des États que sont la « titrisation » des créances et les « Credit Default Swap » ; étant précisé que des CDS, généralement inscrits en hors bilan, se transforment inéluctablement, pour l’entreprise financière qui les a émis, en « dépôt de bilan ». L’opération a pour effet d’appauvrir les actionnaires, les utilisateurs de cet établissement financier et les ressortissants de l’État appelé au secours financier dudit établissement pour finalement réaliser une concentration supplémentaire du secteur financier puisque l’établissement malade sera racheté ou repris pour un centime symbolique par un plus gros qui se donnera le rôle de « sauveur ».

Toutes ces manœuvres se réalisent sur fond 1) de circulation totale et radicale des capitaux et surtout 2) de leur anonymisation dans des proportions industrielles par le biais du développement très important des « paradis fiscaux ».

II) Analyse de la stratégie monétaire de type blockchain

A. Rappel historique

Venons-en à la problématique des crypto-monnaies selon la technique dite des blockchains. Ces monnaies sont apparues, comme chacun le sait maintenant, en 2009 de façon anonyme (l’initiateur en est un mystérieux Satoshi Nakamoto), à la suite, bien entendu, de la crise financière de 2007. La blockchain est une technique cryptographique de transmission de données qui a été utilisée comme monnaie. Les banquiers, qu’ils soient ou non à l’origine de cette technique, ont eu tôt fait de se mettre sur les rangs pour en prendre le contrôle.

B. Fonctionnement du minage blockchain

La monnaie type blockchain est conçue comme une monnaie propriétaire ; elle est gérée par des « mineurs » qui en contrôlent la quantité en circulation. En quelques sortes, les « mineurs », représentés par des ordinateurs décentralisés, remplacent la banque centrale, faussement rattachée à un État, dans le contrôle de la masse monétaire en circulation. Lorsque les grandes banques internationales se mettent sur le marché du minage des cryptomonnaies, il est assez naturel de considérer qu’une collusion de banquiers devenus des « mineurs » est possible. La nature de « monnaie propriétaire » des cryptomonnaies est en soi une invitation à l’accaparement de la gestion monétaire par les plus gros détenteurs de capitaux.

S’agissant de la cryptomonnaie blockchain, il faut comprendre que plus il y aura de prétendants au « minage » de monnaie type blockchains, plus la capacité technique du « mineur » devra être importante, jusqu’à arriver à des « mineurs » professionnels détenant un matériel de professionnel, un simple ordinateur ne suffisant évidemment pas à la tâche. Qui dit grosse capacité technique dit également gros moyens financiers et logistiques pour acquérir cette capacité technique. Nous en arrivons ici à une professionnalisation des utilisateurs/propriétaires de la monnaie blockchain qui bénéficiera évidemment aux plus gros détenteurs de capitaux. Étant donné le coût de l’investissement technique éventuellement nécessaire au « minage », il est d’ailleurs prévu la possibilité, pour les « mineurs », de former une coopérative de « minage » au sein de laquelle les revenus seront distribués à part égale entre tous les « mineurs » membres de ladite coopérative ; chaque gain opéré par chaque membre de la coopérative étant dès lors distribué à tous les membres de cette coopérative.

Il ne faut donc pas être étonné de voir apparaître une énorme propagande bancaire et médiatique pour inciter les particuliers et les entreprises à utiliser des crypto-monnaies. Car en effet plus il y aura de transactions en cryptomonnaies, plus les « mineurs » devront être professionnalisés et plus les banques pourront accaparer le marché, devenu alors très lucratif, de la gestion des cryptomonnaies.

En plus de la faveur de grandes banques internationales pour les cryptomonnaies [1 Cf. https://www.lesechos.fr/04/12/2015/LesEchos/22080-117-ECH_goldman-sachs-parie-a-son-tour-sur-la-technologie-derriere-les-bitcoins.htm ; aussi https://www.lesechos.fr/29/04/2016/LesEchosWeekEnd/00029-009-ECWE_blockchains-la-deuxieme-revolution-numerique.htm#], certaines banques centrales ont d’ores et déjà émis leur propre crypto-monnaie, tandis que le FMI lui-même se prononce en faveur de cette monnaie [2 cf. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-fmi-pret-a-discuter-des-monnaies-virtuelles-et-de-la-blockchain-752355.html].

C. Objectifs géopolitiques des cryptomonnaies

D’un point de vue de géopolitique économique, ce système monétaire nouveau va retirer définitivement aux gouvernements la gestion monétaire pour la confier directement à des entités privées, c’est-à-dire aux accapareurs. Nous franchissons ici un pas de plus qui va rendre obsolète le système des banques centrales pour mettre la gestion monétaire, non pas dans les mains de ses usagers, mais dans celles des principaux propriétaires de capitaux. Cette volonté implicite pourrait expliquer que certaines banques centrales et dirigeants politiques aient souhaité s’emparer de la technologie des blockchains afin de conserver un contrôle politique sur ces nouvelles monnaies [3 cf. https://journalducoin.com/bitcoin/russie-poutine-finalement-favorable-aux-cryptomonnaies].

Ce type de tentative a eu un précédent historique très important qui s’est soldé par un échec cuisant : Napoléon Ier avait lui aussi cru doubler les banquiers en prenant le contrôle capitalistique direct de la banque centrale qu’il instituait sur le territoire français. On connaît la suite : Napoléon est parti mais la banque centrale a perduré ; qui plus est, les véritables initiateurs de cette idée de « banque centrale », les banquiers, ont fini par en prendre totalement le contrôle. Moralité de l’histoire : un homme politique ne pourra pas contrer les banquiers en utilisant les techniques que ces derniers lui imposent et maîtrisent mieux que personne. Une décision politique conjoncturelle, aussi futée apparaisse-t-elle, ne pourra jamais venir à bout des banquiers dans un contexte institutionnel général hostile à la décision politique. Croire retourner les armes de l’adversaire contre lui est une technique sans doute efficace dans certains arts martiaux mais qui n’a, historiquement, jamais fait ses preuves en matière monétaire et financière.

Il est possible que cette compréhension historique fine des événements ait incité le gouvernement chinois (qui avait, un temps, semblé favorable aux cryptomonnaies) a interdire les plate-formes de blockchains sur son territoire [4 cf. https://www.developpez.com/actu/160781/L-ordre-de-fermeture-des-plateformes-d-echange-de-bitcoins-confirmee-en-Chine-debut-de-l-eclatement-de-la-bulle-ou-opportunite-d-achat/].

D. Moralité politique de l’histoire « blockchains »

La politique ne pourra reprendre le contrôle de la monnaie qu’à la condition d’établir de nouvelles règles monétaires, la première de toutes étant de rendre à la monnaie sa fonction initiale de service, et donc d’institution politique en raison de son utilité publique. Ce qui suppose de mettre un terme à la monnaie conçue comme une marchandise, comme le sont l’or ou les cryptomonnaies actuelles, qui sont des invitations à l’accaparement monétaire. Ce n’est qu’à cette condition que la force politique pourra subvertir la force économique et reprendre la place qui est naturellement, de droit, la sienne dans la gestion des affaires publiques.

III) Analyse géopolitique de la stratégie monétaire globale : une vaste opération d’encerclement des États

D’une façon générale, en tant que géopoliticienne de l’économie, je vois arriver simultanément deux très grands événements qui vont participer à la mise en place rapide de la future monnaie mondiale, arme du futur gouvernement mondial aux mains des élites financières.

Le premier grand événement est classique. Il consiste, pour les banques centrales coordonnées par la BRI, à opérer un dégonflement des bulles spéculatives créées par un afflux massif de monnaie peu chère. L’actuelle tendance lourde à la remontée des taux directeurs va opérer immanquablement, comme elle l’a historiquement toujours fait, un appauvrissement spectaculaire des Occidentaux. Le malheur des uns faisant toujours le bonheur des autres, les grands capitalistes vont profiter des prix dépréciés pour racheter à vil prix la grande majorité des actifs en circulation.

Un vaste phénomène d’accaparement est actuellement en cours en occident. Ce phénomène donnera encore plus de puissance internationale aux banquiers commerçants pour ultérieurement circonvenir les gouvernements qui tenteraient, ici ou là, de lui résister. Ce phénomène d’accaparement massif va aggraver la pression sur les gouvernements politiques en créant un environnement qui leur sera définitivement hostile et qui, à terme, permettra la victoire politique totale des banquiers accapareurs.

Le second grand événement est l’arrivée massive des cryptomonnaies à l’échelle mondiale. Cette arrivée, proclamée en grande pompe par les plus grandes banques et institutions internationales, répond à trois objectifs complémentaires. Premièrement, l’incitation au développement des cryptomonnaies crée les conditions idéales pour développer la spéculation sur ces monnaies ; or l’Histoire nous apprend que les seuls gagnants réels des mouvements de spéculation sont les banquiers accapareurs. Il est ici encore question d’accaparement.

Deuxièmement, nous avons vu que le développement de l’utilisation des monnaies blockchains est favorable à la concentration et à la professionnalisation des « mineurs », ce phénomène engendrera une arrivée massive des banquiers en tant qu’organes de contrôle de ces monnaies.

Troisièmement, l’arrivée en grande pompe d’une cryptomonnaie a-nationale c’est-à-dire non rattachée à un gouvernement d’État, répond à l’objectif d’habituer les gens à utiliser cette technique de monnaie non rattachée à un État politique. Il sera ainsi plus aisé d’imposer ce type de monnaie en tant que monnaie mondiale.

En résumé, les grandes stratégies bancaires à l’œuvre actuellement ont toutes pour objectif de supprimer définitivement la participation d’organes politiques, quels qu’ils soient, dans la gestion et le contrôle monétaire. Les grands banquiers tendent, avec l’avènement des cryptomonnaies, un piège mortel aux hommes politiques : le piège de l’encerclement, deuxième stratagème des « 36 stratagèmes » de l’art de la guerre chinois.

Le seul moyen pour des dirigeants politiques de reprendre le contrôle de leur monnaie et donc, par voie de conséquence, de leur État est de prendre acte du fait que l’actuelle situation monétaire leur échappe ; quelle que soit par ailleurs la pertinence, de court terme, de telle ou telle mesure conjoncturelle tendant à réglementer les monnaies blockchains. Des dirigeants politiques sages devraient édicter des règles monétaires nouvelles qui excluront, pour l’avenir, les banquiers accapareurs de la gestion monétaire. La première de ces règles serait de replacer la monnaie dans un contexte institutionnel et de lui rendre la place de service public qu’elle n’aurait jamais dû perdre au profit de celle de marchandise.

Valérie Bugault

Notes

 

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