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Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui inquiète les Etats

Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui inquiète les Etats

Libra, la cryptomonnaie de Facebook qui inquiète les Etats© JUSTIN SULLIVAN Source: AFP
Le patron de Facebook Mark Zuckerberg.

Facebook va lancer en 2020 Libra, sa propre cryptomonnaie. Centralisée, elle sera gérée par un groupe de multinationales. Les pouvoirs publics s’inquiètent de la naissance d’une monnaie souveraine, qui vient directement concurrencer celle des Etats.

Le système financier mondial est-il à l’aube d’un véritable séisme ? La question mérite d’être posée depuis l’annonce le 18 juin par Facebook du lancement de sa cryptomonnaie, le Libra, qui sera mise en circulation courant 2020.

Basé sur le système de la chaîne de bloc – cette sorte de registre public, infalsifiable, sur lequel sont inscrites toutes les transactions – le Libra est censé permettre d’acheter des biens ou d’envoyer de l’argent aussi facilement qu’un message instantané. L’idée est de pouvoir effectuer des paiements en ligne directement d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière et en s’affranchissant de la barrière des différentes devises.

Selon Facebook, cette monnaie vise en priorité les 1,7 milliard d’exclus du système bancaire, qui ne disposent pas de comptes bancaires, notamment dans les pays émergents. Mais l’ambition du géant des réseaux sociaux est évidemment bien plus grande : la multinationale entend à terme faire du Libra une monnaie incontournable dans les échanges virtuels. Pour preuve, il ne sera pas limité aux «seuls» 2,4 milliards d’utilisateurs de Facebook mais sera accessible à quiconque ouvre un portefeuille numérique (Calibra) où stocker ses jetons.

Si par certains aspects le Libra s’inspire des cryptomonnaies traditionnelles, la ressemblance n’est pourtant qu’en trompe-l’œil. Quand le Bitcoin ou l’Ethereum doivent leur succès à leur décentralisation, chaque unité étant créée par les utilisateurs eux-mêmes, le Libra fonctionne à l’inverse de façon totalement centralisée.

La Libra Association, association à but non lucratif, fera en effet office de banque centrale. 28 entités ont été désignées pour tenir ce rôle ô combien stratégique. Parmi elles, on retrouve des poids lourds du paiement en ligne, comme Mastercard, PayPal et Visa. A leurs côtés, eBay, Spotify, Uber, Vodafone Group, la firme d’investissement Andreessen Horowitz ou encore Iliad, le groupe français de télécommunications fondé par le milliardaire Xavier Niel. A l’avenir, pour les entreprises désireuses de rentrer dans ce club très fermé, qui peut rêver disposer un jour d’un pouvoir équivalent à celui de la FED ou de la BCE, il faudra présenter une valorisation de plus d’un milliard de dollars.

Autre différence majeure : le Libra sera adossé à un panier de devises traditionnelles mais aussi à des obligations d’Etat, une manière selon Facebook de lui apporter la stabilité qui fait défaut aux cryptomonnaies traditionnelles.

Menace pour les monnaies traditionnelles ?

S’il dispose des apparats d’une cryptomonnaie, le Libra s’apparente finalement beaucoup plus à une monnaie classique. Au point de concurrencer à terme le dollar ou l’euro ? La crainte est en tout cas vivace dans l’esprit des régulateurs. Le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre Mark Carney a ainsi assuré suivre très attentivement la situation, jugeant que le projet Libra, s’il devait être un succès, «deviendra[it] instantanément systémique et devra[it] être soumis aux meilleures normes de régulation».

Une inquiétude partagée par le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, selon qui une société privée «ne peut pas et ne doit pas créer une monnaie souveraine qui pourrait être en concurrence avec les monnaies des Etats». «Que Facebook crée un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question», a-t-il martelé, disant vouloir fixer «une limite».

Un vœux pieux ? Aux Etats-Unis, la présidente démocrate de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, Maxine Waters, a demandé un «moratoire» sur ce projet, le temps que le Congrès et les régulateurs se penchent dessus, «compte tenu du passé troublé de l’entreprise». Sa demande a reçu une fin de non-recevoir diplomatique mais ferme de la part de Facebook. «Nous sommes impatients de répondre aux questions des décideurs politiques à mesure que ce processus avance», lui a ainsi répondu un porte-parole de l’entreprise.

Le sujet devrait en tout état de cause être évoqué au G7 finances qui se tiendra à Chantilly mi-juillet, Bruno Le Maire ayant demandé aux gouverneurs des banques centrales de préparer un rapport «sur les garanties qui doivent être apportées sur cette monnaie numérique pour qu’elle soit envisageable». Mais il semblerait que la multinationale ait pris tout le monde de court.

https://francais.rt.com/economie/63149-libra-cryptomonnaie-facebook-qui-inquiete-etats

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LES MINI-BOTS ITALIENS VONT-ILS TUER L’EURO ?

LES MINI-BOTS ITALIENS VONT-ILS TUER L’EURO ?

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 13 JUIN 2019 | ARTICLES1710 

Une dizaine de jours après l’élection européenne, la Commission européenne, par la voix de son commissaire Pierre Moscovici, a annoncé une « procédure de déficit excessif fondée sur la dette » envers l’Italie (bizarrement pas la France, qui souffre pourtant d’un déficit public supérieur…). Comme pour répondre à cet affront, le Parlement italien a voté – à l’unanimité, il faut le signaler – une motion concernant la création de « mini-BOTs », c’est-à-dire de Bons du Trésor ordinaires (Buoni Ordinaro del Tresorio) de montant unitaire faible (« mini »), du niveau d’un billet de banque, pour pouvoir être utilisé couramment. Ils n’offriraient pas d’intérêts et seraient sans échéance, ce qui les assimileraient à des monnaies traditionnelles.

Ces mini-BOTs répondraient à un problème concret et lancinant : l’État italien a des arriérés de paiement d’environ 60 milliards d’euros envers les entreprises italiennes. Solder cette dette creuserait le déficit et l’endettement public de façon importante, ce que Bruxelles interdit. D’où l’idée des mini-BOTs, qui seraient émis pour le montant de cette dette, versés aux entreprises, qui pourraient ensuite s’en servir pour payer leurs impôts, sans que les « critères de Maastricht » ne soient affectés.

Ensuite, ce circuit fermé (État-entreprises-État) pourrait s’élargir : les entreprises pourraient utiliser ces mini-BOTs entre elles, puis pour payer une partie des salaires de leurs salariés et, ainsi, les particuliers pourraient les utiliser. Ces mini-BOTs deviendraient alors une véritable monnaie parallèle. Dans ce modèle, 1 mini-BOT = 1 euro, on resterait dans le cadre de l’euro, même si cette création monétaire irait à l’encontre des traités européens qui imposent une monnaie unique.

L’étape suivante consisterait à décréter que 1 mini-BOT = 1 « nouvelle lire », par exemple, et qu’elle soit cotée sur le marché des changes aux côtés des autres devises, dont l’euro, pour se retrouver dans un système à deux monnaies. La marche ultime serait de convertir, du jour au lendemain, les avoirs en euros dans la nouvelle monnaie (1 euro = 1 nouvelle lire). Et voilà l’Italie sortie de l’euro ! L’Italexit est mis en œuvre. Tout ceci relève de la fiction, bien entendu, mais les Italiens viennent tout de même de décider d’en écrire la première page avec cette motion parlementaire.

Il y a juste un petit oubli dans ce scénario : la balance Target2. Ce système de compensation entre les banques centrales de la zone euro traduit les déséquilibres des balances des paiements entre les pays (quand un Italien achète une Mercedes, cela se concrétise par une créance de la Banque centrale allemande sur la Banque centrale italienne). Le déficit se creuse pour l’Italie (500 milliards d’euros) tandis que les créances explosent pour l’Allemagne (plus de 900 milliards d’euros), qui serait ainsi la grande perdante d’un Italexit ! Un cataclysme susceptible de faire exploser la monnaie unique.

Alors, finalement, peut-être que ces mini-BOTs ne sont qu’un moyen de pression sur Berlin, le vrai patron en Europe, pour que le gouvernement italien puisse légèrement accroître son déficit budgétaire (qui restera inférieur au déficit français, mais personne ne vient embêter Macron, moins turbulant que Salvini il est vrai…). Ou peut-être pas ; les Italiens auraient déjà pris la décision de s’affranchir de la monnaie européenne, et ils y vont pas à pas. Les mois qui viennent seront cruciaux, et la perspective d’une nouvelle crise de l’euro, d’un niveau nettement supérieur à la crise grecque en 2011, se renforce.

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PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

https://or.fr/actualites/mini-bots-italiens-vont-ils-tuer-euro-1559

LA THÉORIE MONÉTAIRE MODERNE (TMM), ATTENTION DANGER

LA THÉORIE MONÉTAIRE MODERNE (TMM), ATTENTION DANGER

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 30 MAI 2019 | ARTICLES232 

Une nouvelle théorie rencontre un succès croissant aux États-Unis, et elle commence à faire parler d’elle en Europe. Retenez bien ce nom, vous l’entendrez de plus en plus : la Théorie Monétaire Moderne (TMM). Elle vient de la gauche du Parti Démocrate et elle recommande de faire encore plus de déficit budgétaire, mais financé par la planche à billets plutôt que par des obligations du Trésor. Pourquoi ? Parce qu’on peut faire plus de déficit de cette façon !

En effet, si le déficit public est financé par émission d’obligations, la limite est la capacité des agents économiques à détenir des obligations, et celle-ci peut saturer rapidement, une fois que les épargnants ont consacrée une large part de leurs avoirs à l’assurance-vie (surtout investie en obligations d’État). Les choses se compliquent d’autant plus que le niveau d’épargne est faible, comme c’est le cas aux États-Unis. Reste bien sûr la possibilité de vendre ces obligations à l’international, mais là encore la capacité d’absorption n’est pas illimitée et, surtout, cela fait peser un risque géopolitique, un pays créancier pouvant vendre en masse afin provoquer une chute de cours ou même une crise financière.

Par contre, la limite au déficit financé par la planche à billets est la capacité des agents économiques à détenir de la monnaie, or celle-ci est très importante puisqu’ils perdent difficilement confiance dans la monnaie. Le billet de banque semble incarner une valeur « officielle » indubitable. On ne note d’ailleurs pas de phénomène de « fuite devant la monnaie » au Japon où, pourtant, la dette publique atteint près de trois fois le niveau du PIB.

La Théorie Monétaire Moderne (TMM) est une prime à l’irresponsabilité, une fuite en avant, avec une fin qui sera douloureuse car ceux qui la professent n’ont manifestement pas étudié de près le Zimbabwe, le Venezuela, ou l’Allemagne de Weimar. Dans ces pays, la planche à billet a débouché sur l’hyperinflation et la ruine généralisée. À un moment donné, les acteurs économiques se mettent à douter de la valeur de la monnaie et ils s’en débarrassent en vitesse pour acquérir des biens réels (nourriture, immobilier, or), les prix explosent et la situation devient irrattrapable.

Cette théorie relève plutôt d’une contre-offensive des keynésiens, toujours obsédés par la dépense publique, et elle trouve une nouvelle justification avec « l’urgence écologique » et la « transition énergétique » qui nécessitent des milliers de milliards d’euros d’investissement. C’est en tout cas par ce biais que la TMM fait son chemin en Europe et déjà plusieurs responsables politiques demandent à sortir les investissements dans les énergies renouvelables de la règle des 3% de déficit budgétaire, ou que la BCE participe directement à ces dépenses.

Soyons clairs, les partisans de la Théorie Monétaire Moderne veulent notre ruine, et ils semblent malheureusement plus puissants de jour en jour. Pour s’en protéger, pas besoin de « théorie », seulement d’un bon réflexe : faire mouvement vers les actifs réels (or physique, immobilier…).

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PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

https://or.fr/actualites/theorie-monetaire-moderne-tmm-attention-danger-1545

Adieu au dollar

Adieu au dollar

 

    La présidence incompétente et corrompue de Donald Trump a involontairement porté un coup fatal à l’empire américain : l’abandon du dollar comme principale monnaie de réserve mondiale. Partout dans le monde, en particulier en Europe, les pays ont perdu confiance dans la capacité des États-Unis à agir de manière rationnelle, et encore moins à diriger, dans les domaines des finances internationales, du commerce, de la diplomatie et de la guerre. Ces pays démantèlent discrètement l’alliance vieille de sept décennies avec les États-Unis et mettent en place des systèmes alternatifs de commerce bilatéral.

    Cette reconfiguration du système financier mondial sera fatale à l’empire américain, comme le soulignent depuis longtemps l’historien Alfred McCoy et l’économiste Michael Hudson. Elle déclenchera une spirale économique fatale, incluant une forte inflation, qui nécessitera une contraction militaire massive à l’étranger et plongera les États-Unis dans une dépression prolongée. Trump, plutôt que de rendre l’Amérique grande à nouveau, s’est avéré, sans le vouloir, être le fossoyeur le plus offensif de l’empire.

    L’administration Trump a saboté de façon capricieuse les institutions mondiales, dont l’OTAN, l’Union européenne, les Nations Unies, la Banque mondiale et le FMI, qui couvrent et légitiment l’impérialisme américain et l’hégémonie économique mondiale. L’empire américain, comme le souligne McCoy, a toujours été un hybride d’anciens empires. Il a développé, écrit-il, « une forme distinctive de gouvernance mondiale qui incorporait des aspects des empires précédents, anciens et modernes. Cet imperium américain unique en son genre était athénien dans sa capacité à forger des coalitions entre alliés ; romain dans sa dépendance à l’égard des légions qui occupaient des bases militaires dans la plupart des pays connus ; et britannique dans son aspiration à fusionner culture, commerce et alliances dans un système global qui couvrait le globe. »

    Lorsque George W. Bush a unilatéralement envahi l’Irak, défiant avec sa doctrine de guerre préventive le droit international et rejetant les protestations des alliés traditionnels, il a initié la rupture. Mais Trump a approfondi les fissures. Le retrait de l’administration Trump de l’accord nucléaire iranien de 2015, bien que l’Iran ait respecté l’accord, et l’exigence que les nations européennes se retirent ou subissent également les sanctions américaines a fait en sorte que des nations européennes soient mises en difficultés et établissent un système monétaire alternatif qui exclut les États-Unis. L’Iran n’accepte plus le dollar pour le pétrole sur les marchés internationaux et l’a remplacé par l’euro, ce qui est un facteur non négligeable qui contribue à l’animosité profonde de Washington pour Téhéran. La Turquie abandonne également le dollar. Les États-Unis exigent que l’Allemagne et d’autres états européens mettent fin à l’importation de gaz russe, et les Européens ont eux aussi ignoré Washington. La Chine et la Russie, traditionnellement antagonistes, travaillent maintenant en tandem pour se libérer du dollar. Moscou a transféré 100 milliards de dollars de ses réserves en yuan chinois, yen japonais et euros. Et, tout aussi inquiétant, depuis 2014, les gouvernements étrangers ne stockent plus leurs réserves d’or aux États-Unis ou, comme dans le cas de l’Allemagne, les retirent de la Réserve fédérale. L’Allemagne a rapatrié ses 300 tonnes de lingots d’or. Les Pays-Bas ont rapatrié leurs 100 tonnes.

    L’intervention des États-Unis au Venezuela, la guerre commerciale potentielle avec la Chine, le retrait des accords internationaux sur le climat, le retrait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le shutdown à Washington, la fermeture du gouvernement et la multiplication des hostilités avec l’Iran ne présagent rien de bon pour les États-Unis. La politique étrangère et financière américaine est prise en otage par les caprices bizarres d’idéologues arriérés tels que Mike Pompeo, John Bolton et Elliott Abrams. Cela garantit un chaos plus général ainsi que des efforts accrus de la part des nations du monde entier pour se libérer de l’étau économique que les États-Unis ont effectivement mis en place après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit seulement de savoir si le dollar sera mis de côté ou non. Que ce soit Trump, avec ses compagnons idéologues d’extrême droite, qui ait détruit les structures internationales mises en place par des capitalistes mondialistes, plutôt que par les socialistes que ces capitalistes ont cherché à écraser en investissant des ressources énormes, est d’une ironie navrante.

    L’historien Ronald Robinson soutenait que la domination impériale britannique était morte « lorsque les dirigeants coloniaux n’avaient plus eu de collaborateurs indigènes ». Le résultat, a-t-il noté, est que « l’inversion de la collaboration en non-coopération a largement déterminé le moment de la décolonisation ». Ce processus d’aliénation des alliés et collaborateurs traditionnels des États-Unis aura le même effet. Comme le souligne McCoy, « tous les empires modernes ont compté sur des substituts fiables pour traduire leur pouvoir mondial en contrôle local – et pour la plupart d’entre eux, le moment où ces élites ont commencé à s’agiter, à répondre et à affirmer leurs propres intentions a été aussi le moment où l’on savait que l’effondrement impérial était une possibilité ».

    Le dollar, en raison de la dette astronomique du gouvernement qui s’élève maintenant à 21 billions de dollars, dette qui sera augmentée par les réductions d’impôt de Trump qui coûteront 1,5 billion de dollars au Trésor américain au cours de la prochaine décennie, cette dette est de moins en moins fiable. Le ratio de la dette au PIB est maintenant supérieur à 100 %, un feu rouge clignotant pour les économistes. Notre déficit commercial massif dépend de la vente de bons du Trésor à l’étranger. Une fois que ces obligations perdront de leur valeur et ne seront plus considérées comme un investissement stable, le dollar subira une dévaluation considérable. Il y a des signes que ce processus est en cours. Les réserves des Banques centrales détiennent moins de dollars qu’en 2004. Il y a moins de paiements SWIFT – l’échange de virements interbancaires – en dollars qu’en 2015. La moitié du commerce international est facturée en dollars, bien que la part américaine du commerce international ne soit que de 10 %.

    « En fin de compte, nous aurons des monnaies de réserve autres que le dollar américain », a annoncé le mois dernier le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

    Soixante et un pourcents des réserves étrangères de devises sont en dollars. Au fur et à mesure que ces réserves en dollars seront remplacées par d’autres monnaies, le recul du dollar s’accélérera. L’imprudence des politiques financières américaines ne fera qu’exacerber la crise. « Si les emprunts illimités, financés par la planche à billets, étaient une voie vers la prospérité », a dit récemment Irwin M. Stelzer de l’Institut Hudson, « alors le Venezuela et le Zimbabwe seraient en tête des tableaux de croissance. »

    M. McCoy explique à quoi ressemblerait un ordre financier mondial sans lien avec le dollar :

    « Pour la majorité des Américains, les années 2020 seront probablement considérées comme une décennie démoralisante marquée par la hausse des prix, la stagnation des salaires et la perte de compétitivité internationale. Après des années de déficits croissants alimentés par des guerres incessantes dans des pays lointains, le dollar américain perdra en 2030 son statut spécial de monnaie de réserve dominante dans le monde.

    Subitement, il y aura des hausses de prix punitives pour les importations américaines allant des vêtements aux ordinateurs. Et les coûts de toutes les activités à l’étranger exploseront également, ce qui rendra les déplacements des touristes et des troupes prohibitifs. Incapable de combler ses déficits croissants en vendant à l’étranger des bons du Trésor maintenant dépréciés, Washington sera finalement contraint de réduire son budget militaire pléthorique. Sous la pression dans le pays et à l’étranger, ses forces commenceront à se retirer de centaines de bases à l’étranger et à se retrancher dans un périmètre continental. Un tel geste aussi désespéré arrivera cependant trop tard.

    Face à une superpuissance en voie de disparition incapable de payer ses factures, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Russie et d’autres puissances contesteront de manière provocante la domination américaine sur les océans, l’espace et le cyberespace. »

    L’effondrement du dollar signifiera, écrit McCoy, « une flambée des prix, un chômage sans cesse croissant et une baisse continue des salaires réels tout au long des années 2020, les divisions internes se transformeront en affrontements violents et en débats qui diviseront, souvent sur des questions symboliques et sans importance ». La profonde désillusion et la rage généralisée ouvriront la porte à Trump, ou à un démagogue à la Trump, pour s’en prendre, peut-être en incitant à la violence, aux boucs émissaires dans le pays et à l’étranger. Mais d’ici là, l’empire américain sera tellement affaibli que ses menaces seront, du moins pour ceux qui se trouvent à l’extérieur de ses frontières, largement dénuées de sens.

    Il est impossible de prédire quand cette désaffection pour le dollar aura lieu. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’économie américaine avait dépassé l’économie britannique, mais ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que le dollar a remplacé la livre sterling pour devenir la monnaie dominante du commerce international. La part de la livre sterling dans les réserves de change des banques centrales internationales est tombée d’environ 60 % au début des années 50 à moins de 5 % dans les années 70. Sa valeur est passée de plus de 4 dollars la livre à la fin de la Seconde Guerre mondiale à presque parité avec le dollar. L’économie britannique est entrée dans une spirale infernale. Et ce choc économique a marqué pour les Britanniques, comme pour nous, la fin d’un empire.

     

    SOURCE: Les Crises

    https://www.investigaction.net/fr/adieu-au-dollar/

    La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

    La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

    Publié par Philippe Herlin | 21 févr. 2019 | Articles 1164

    Si l’on vous dit que le secteur bancaire européen se porte bien, n’en croyez rien : la Banque centrale européenne (BCE) elle-même est consciente du problème, et elle vient de l’avouer. La nouvelle n’a fait que quelques lignes dans les journaux spécialisés, mais elle mérite d’être mise en lumière. Un des membres du directoire de la BCE, le Français Benoît Cœuré, a en effet laissé entendre qu’il « pourrait y avoir de la place pour un autre TLTRO » (L’Agefi).

    Les TLTRO (Targeted Long-Term Refinancing Operation) sont des facilités de financement (des prêts à taux très faibles) offerts par la BCE aux banques commerciales de la zone euro en mal de liquidités. La précédente tranche avait été lancée en juin 2016, d’une durée de quatre ans, son remboursement doit commencer à partir de juin 2020. Problème : de nombreuses banques ne disposent pas de cet argent, du fait de leur situation financière dégradée, d’où la volonté de la BCE de proposer une autre tranche. Une façon comme une autre de rouler la dette, de faire de la cavalerie financière…

    Les montants souscrits par les banques des différents pays en 2016 ont été estimés par l’agence Reuters. On connaît la situation dégradée des banques italiennes et espagnoles, ainsi que celle de la Deutsche Bank, de la Commerzbank et de plusieurs banques régionales allemandes. Mais la surprise est de la voir la France arriver en troisième position, devant l’Allemagne dont, pourtant, les difficultés de sa plus grande banque constituent une vive source d’inquiétude en Europe et dans le monde. Des banques françaises nous cachent-elles quelque chose ?

     

      Montant des TLTRO souscris par les banques en 2016
    Pays Milliards d’euros
    Italie 250
    Espagne 175
    France 110
    Allemagne 90
    Portugal 25
    Pays-Bas 20
    Belgique 20
    Autriche 20
    710

    Source : Reuters

     

    Depuis le 1erjanvier, la BCE a arrêté son QE, son programme de rachat d’actifs obligataires. Les 2 600 milliards d’euros de planche à billets n’ont servi à rien, comme nous l’avons dit. Ils n’ont eu aucun effet sur la croissance économique. Leur véritable utilité aura seulement consisté à abaisser les taux d’intérêt pour permettre aux États de continuer à s’endetter, et à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. Il fallait donc, pour les banques en difficulté, qu’un autre programme prenne le relais.

    Cette politique monétaire laxiste ne fait que repousser les problèmes dans le futur ; il serait vraiment temps qu’elle cesse ! Le mandat du président de la BCE, Mario Draghi, prendra fin en octobre de cette année et parmi les successeurs pressentis figure Jens Weidmann, l’actuel président de la Banque centrale allemande, connu pour ses positions plus rigoureuses. Ce serait à l’évidence le meilleur choix. On parle aussi de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France qui lui, par contre, s’inscrirait dans la continuité de Mario Draghi. Il faut vraiment souhaiter la victoire du candidat allemand. Quoi qu’il en soit, l’assainissement du secteur bancaire européen figurera en tête des priorités du nouveau président de la BCE.

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    Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

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    https://www.goldbroker.fr/actualites/bce-reconnait-que-banques-europeennes-vont-mal-1488

    La disparition programmée de l’argent liquide

    La disparition programmée de l’argent liquide

    Les Carnets de Patrice-Hans Perrier

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    La disparition programmée de l’argent liquide

    Jusqu’à présent, cette expérience n’a pas trop été ébruitée par les grands médias. Radio-Canada rapportait néanmoins, en février 2016, que la Banque Nationale avait proposé au gouvernement de l’époque de peser sur l’accélérateur afin que le Canada prenne exemple sur des pays tels que la Suède ou le Danemark qui envisagent d’utiliser uniquement la monnaie électronique à brève échéance.

    La Banque Nationale lançait un projet en 2015 afin d’inciter le gouvernement du Québec à adopter la monnaie électronique.

    Le Québec comme terre d’expérimentation

    Claude Breton, vice-président aux affaires publiques de la Banque Nationale, avait confié au diffuseur de l’État qu’il considérait que le Québec était l’endroit idéal pour démarrer le bal, « […] une terre créative où l’idée du libre-échange a germé très tôt et où l’adoption des guichets automatiques s’est faite également très tôt. Il y a une réceptivité des Québécois aux idées nouvelles », soulignait-il.

    Nos voisins scandinaves se sont mis de la partie alors que trois des quatre plus grandes banques de Suède n’acceptent plus les paiements en espèces à leurs comptoirs et cela depuis déjà 2013. On rapporte qu’en 2016 les transactions en espèces comptaient pour moins de 2 % du total en Suède et les financiers estimaient qu’elles allaient peser moins de 0,5 % autour de 2021.

    Un mouvement de troupes généralisé

    C’est autour de 2016 que les banques nationales, émettrices de la monnaie fiduciaire, et les gouvernements de plusieurs pays semblent s’être entendus pour commencer à retirer les plus importants billets de la circulation. C’est ainsi qu’en Inde, les coupures de 500 roupies (environ 10 dollars) et de 1000 roupies (environ 20 dollars) ont été prestement retirées du marché alors que le gouvernement de Narendra Modi n’avait soufflé mot de son projet auparavant ; seuls quelques initiés s’étaient entretenus de la chose dans le cadre de rencontres très spécialisées.

    Comme ailleurs, le gouvernement indien invoquait la lutte contre la corruption pour procéder à ce changement drastique. En outre, cette mesure s’accompagnait de directives limitant la distribution de monnaie papier par les guichets automatiques ou les retraits aux comptoirs des institutions bancaires.

    Par ailleurs, la Banque centrale européenne (BCE) a décrété, toujours en 2016, que les coupures de 500 euros ne seront plus émises à compter de la fin de 2018. Cette mesure serait destinée à lutter contre le crime organisé, si l’on se fie aux arguments de la BCE, dans un contexte où un nombre de transactions immobilières est effectué en liquide, ce qui permet d’échapper au fisc.

    Vers un contrôle total de vos transactions

    Donc, outre le financement d’activités liées au crime organisé ou au terrorisme, c’est surtout l’évasion fiscale qui demeure la principale motivation derrière ce soudain mouvement de troupes. La Banque du Canada annonçait dans une directive, publiée l’an dernier, que le gouvernement du Canada comptait profiter de l’adoption de son budget de 2018 pour demander au parlement de lui accorder l’autorisation de supprimer le cours légal des coupures qui ne sont plus imprimées : les billets de 1 $, 2 $, 25 $, 500 $ et 1 000 $ ne vaudront plus un clou à terme.

    Au rythme où vont les choses, les consommateurs ne disposeront plus de moyens de conserver sur eux une partie de leurs économies et le gouvernement sera, conséquemment, en mesure de comptabiliser toutes vos transactions et d’estimer avec précision l’état de vos avoirs.

    Judith Gagnon, présidente de l’Association québécoise des droits des personnes retraitées et préretraitées, confiait au quotidien Le Devoir, en février 2016, que « même avec l’argent papier, des personnes âgées sont dépendantes de leurs enfants ou des étrangers pour faire des transactions. Si c’est seulement électronique, certains vont s’adapter, mais ce sera très difficile ». N’ayant plus accès à de l’argent liquide, les personnes âgées seront, la plupart du temps, obligées de confier leurs cartes bancaires à des tiers pour qu’ils effectuent une partie des transactions à leur place.

    Les services bancaires au comptoir disparaissent rapidement, les distributrices d’argent limitent les retraits à des sommes de plus en plus ridicules et les gouvernements forcent les contribuables à faire émettre leurs déclarations de revenus par le biais d’Internet. L’argent liquide pratiquement retiré de la circulation, il devient plus facile de contrôler les flux monétaires, quitte à fixer des taux d’intérêt négatifs aux consommateurs comme cela s’est déjà produit en Suisse, au Japon ou via la Banque centrale européenne (BCE).

     

    Quelques liens instructifs

    Radio-Canada, Express Business #1et #2Le TempsLes ÉchosLe DevoirBanque du Canadaet Les Affaires

    http://www.dedefensa.org/article/la-disparition-programmee-de-largentliquide

    L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

    L’euro rebondit, Donald Trump s’en prend à la Fed

    Paris (awp/afp) – L’euro effaçait lundi ses pertes de vendredi face au dollar, des informations de presse assurant que Donald Trump aurait envisagé de congédier le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell.

    Vers 15H15 GMT (16H15 à Paris), l’euro s’échangeait à 1,1429 dollar pour un euro contre 1,1372 vendredi à 22H00 GMT.

    Donald Trump aurait discuté en privé de la possibilité de congédier le président de la Banque centrale, étant agacé par la décision mercredi de l’institution d’augmenter les taux d’intérêt, selon des médias américains, une information démentie par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

    « Cela fait directement suite à la hausse du taux directeur de la Fed de la semaine dernière, un mouvement que le marché attendait plus restreint et qui a contribué aux pertes des indices boursiers », a commenté Fritz Louw, analyste de MUFG.

    En relevant ses taux directeurs, la Fed rend le dollar plus rémunérateur, et donc plus attractif pour les investisseurs. Les cambistes ont donc pu s’inquiéter de voir le président des Etats-Unis peser sur la politique monétaire de l’institution.

    « Heureusement, Mnuchin est venu au secours en éloignant cette hypothèse, car j’étais prêt à passer la matinée à vendre mes actifs », a prévenu Stephen Innes, analyste chez Oanda.

    Il n’est cependant pas certain que le dollar continuerait à souffrir d’un mouvement de vente sur les marchés.

    Cette polémique « ajoute au sentiment d’inquiétude du marché », a jugé M. Louw, qui estime que si elle continue, elle pourrait être négative pour l’économie américaine, mais « le dollar a tendance à profiter de ces périodes d’aversion au risque ».

    De même, la menace de blocage des administrations à Washington pesait sur la confiance des marchés.

    « En général, il y a un mouvement de vente avant le blocage, mais les marchés se reprennent après l’annonce officielle », ont cependant estimé les analystes de RaboBank.

    Par ailleurs, « les volumes devraient rester restreints en cette période de fête », a souligné Naeem Aslam, analyste de Think Markets.

    À 15H15 GMT lundi, le yen remontait légèrement face à la monnaie européenne, à 126,19 yens pour un euro contre 126,48 vendredi soir, et plus nettement face au dollar, à 110,42 yens pour un dollar contre 111,22 vendredi soir.

    Le franc suisse se stabilisait face à l’euro (1,1292 franc pour un euro contre 1,1300 vendredi) et montait face à la devise américaine (0,9882 franc suisse pour un dollar au lieu de 0,9938 vendredi).

    La monnaie chinoise montait face au billet vert à 6,8991 yuans pour un dollar contre 6,9065 yuans vendredi à 15h30 GMT.

    L’once d’or valait 1.267,45 dollars, à son plus haut depuis six mois, contre 1.256,05 dollars vendredi.

    Enfin, le bitcoin s’échangeait à 4.197,79 dollars contre 3.848,60 dollars vendredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

    Cours de lundi Cours de vendredi

    ————————————

    15H15 GMT 22H00 GMT

    EUR/USD 1,1429 1,1372

    EUR/JPY 126,19 126,48

    EUR/CHF 1,1292 1,1300

    EUR/GBP 0,8987 0,8998

    USD/JPY 110,42 111,22

    USD/CHF 0,9882 0,9938

    GBP/USD 1,2717 1,2645

    afp/rp

    (AWP / 24.12.2018 16h52)

    https://www.romandie.com/news/L-euro-rebondit-Donald-Trump-s-en-prend-la-Fed_RP/982707.rom

    La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

    La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

    Londres (awp/afp) – La livre lâchait prise jeudi face à l’euro et au dollar, perdant 1,5% par rapport à la veille au soir, alors que les démissions de plusieurs ministres britanniques jettent une ombre sur le projet d’accord sur le Brexit.

    Vers 15H00 GMT, la livre valait 1,2787 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT.

    La monnaie européenne, de son côté, s’échangeait à 88,37 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir.

    Face au billet vert, l’euro baissait légèrement à 1,1300 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22H00 GMT.

    « Je ne peux soutenir l’accord proposé pour deux raisons », liées notamment au futur statut de l’Irlande du Nord après le Brexit, a expliqué l’ex-ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, faisant chuter la livre.

    Son départ a été suivi par celui de la ministre du Travail et des Retraites, Esther McVey, puis par la secrétaire d’Etat britannique chargée du Brexit, Suella Braverman. Avant eux, c’était le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, le conservateur Shailesh Vara, qui avait annoncé son départ du gouvernement.

    « Il y a surtout toujours une bonne chance (disons 50-50) d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », ont estimé les analystes de Capital Economics.

    L’intervention de la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement pour défendre l’accord qu’elle a obtenu n’a pas permis à la livre de se relever, mais ne l’a pas envoyé plus bas non plus.

    « Le plus inquiétant pour la livre serait qu’un vote de défiance s’ensuive », a jugé Miles Eakers, analyste pour Centtrip, alors qu’un député conservateur pro-Brexit a justement réclamé une telle procédure.

    La veille, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l’encontre de Theresa May au Parlement ou sur l’accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l’aval donné alors par le gouvernement.

    Ajoutant aux déboires de la livre, « les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un complet désastre avec la plus forte baisse depuis sept mois », a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

    Les ventes au détail au Royaume-Uni ont ainsi reculé de 0,5% en octobre sur un mois, après avoir déjà fléchi en septembre. C’est une mauvaise surprise alors que les économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un rebond de 0,2%.

    Pour le mois de septembre, l’ONS a révisé le chiffre, avec une baisse qui s’établit désormais à 0,4% (contre 0,8% précédemment).

    Parmi les autres devises, le dollar était en baisse face au yen, à 113,25 yens pour un dollar jeudi contre 113,63 mercredi soir.

    L’euro valait 127,97 yens jeudi, contre 128,51 mercredi.

    Le franc suisse progressait face à l’euro, à 1,1358 franc suisse jeudi pour un euro, contre 1,1381 la veille, tout comme face au billet vert à 1,0052 franc suisse pour un dollar, contre 1,0069 mercredi.

    L’once d’or valait 1.212,35 dollars, contre 1.210,85 dollars mercredi à 22H00 GMT.

    La monnaie chinoise dévissait à 6,9392 yuans pour un dollar jeudi contre 6,9505 yuans mercredi vers 15H30 GMT.

    Enfin, le bitcoin s’échangeait pour 5.229,14 dollars, contre 5.551,06 dollars mercredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

    Cours de jeudi Cours de mercredi

    ———————————-

    15H00 GMT 22H00 GMT

    EUR/USD 1,1300 1,1310

    EUR/JPY 127,97 128,51

    EUR/CHF 1,1358 1,1381

    EUR/GBP 0,8837 0,8705

    USD/JPY 113,25 113,63

    USD/CHF 1,0052 1,0069

    GBP/USD 1,2787 1,2992

    afp/rp

    (AWP / 15.11.2018 16h22)

    https://www.romandie.com/news/La-livre-britannique-chute-en-plein-chaos-sur-le-Brexit/971822.rom

    Comment dit-on rapide en russe…

    Comment dit-on rapide en russe…


    … быстро (bistro) 1. Non, on dit SFPS (System for Transfer of Financial Messages), avant on disait SWIFT dans la lingua franca de l’Empire


    Par Tom Luongo – Le 2 novembre 2018 – Source Tom Luongo

    Tom LuongoAu cours de la crise du rouble de 2014-2015, la Russie a annoncé, à la suite des sanctions américaines et européennes sur la réunification avec la Crimée, qu’elle commencerait à mettre en place un système de transfert financier électronique interne, une alternative à SWIFT.

    Ce système, appelé Système de transfert de messages financiers (SFPS), fonctionne non seulement en Russie, mais selon un rapport de Russia Today (RT), il gère désormais les données de transfert financier de plus de la moitié des institutions russes.

    Selon Anatoly Aksakov, président du comité parlementaire russe sur les marchés financiers :

    « Le nombre d’utilisateurs de notre système de transfert de messages financiers internes est désormais supérieur à celui de ceux qui utilisent SWIFT. Nous avons déjà des discussions avec la Chine, l’Iran et la Turquie, ainsi que plusieurs autres pays, sur l’établissement d’un lien entre notre système et leurs systèmes », a déclaré Aksakov.

    « Ils doivent être correctement intégrés les uns aux autres afin d’éviter tout problème d’utilisation des systèmes de messagerie financière internes du pays. »

    Cela fait suite à la vantardise des Russes, le mois dernier, selon laquelle leur système suscitait un grand intérêt au niveau international. Il reste à voir quelle est la part d’esbroufe et quelle est la part de réalité, mais le point important ici est que, dès lors que les États-Unis avaient menacé de faire de SWIFT une arme de guerre commerciale dans leur politique étrangère, une telle situation était inévitable.

    La Chine a son propre système interne. Et d’autres pays sont en train de construire le leur.

    L’enjeu financier de SWIFT

    Un thème commun sur ce blog est de dire que le contrôle est une illusion. Le pouvoir est éphémère. La meilleure façon d’exercer votre pouvoir est de le posséder sans jamais l’utiliser. Parce qu’une fois que vous l’utilisez, vous dévoilez à vos ennemis ce qu’il leur coûte de ne pas respecter vos édits.

    Et s’il y a une chose dans laquelle les humains sont bons, c’est réagir à des défis connus. Quand nous pouvons mesurer le coût d’un comportement par rapport à un autre, alors nous pouvons décider lequel est le plus important pour nous.

    Une fois que les coûts liés à l’usage de SWIFT dépassent les avantages de la création de votre propre alternative, vous la créez.

    Le système SWIFT a un pouvoir de marché similaire à celui d’un PDG disposant de milliards d’actions dans sa propre entreprise. On fait beaucoup de foin autour de la fortune de Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, mais mesurer leur valeur nette en multipliant leurs avoirs connus par le prix actuel de l’action est inutile. Parce qu’ils ne peuvent pas les vendre. C’est le pouvoir du marché : leur richesse virtuelle s’évapore au moment où ils signalent au marché leur intention de vendre.

    En réalité, s’ils essayaient de vendre leurs actions en une fois, leur valeur s’effondrerait, les acheteurs prendraient la poudre d’escampette et ils réaliseraient bien moins que la valeur nette déclarée avant le début de la vente.

    Donc, ils sont, en quelque sorte, captifs de leur propre succès, ils doivent gérer leur création avec soin pour ne pas nuire à leur réputation, à leur position sur le marché et, en fin de compte, à leur activité.

    Au départ, SWIFT est un système monopolistique, un monopole né de la commodité et de l’inertie grâce à sa neutralité face aux caprices des instances politiques internationales. Entre en scène la phase sénile de la pensée impériale aux États-Unis, alors que son contrôle sur les affaires mondiales s’efface d’abord dans les cœurs et les esprits de divers peuples dans le monde, puis en politique, et vous avez le début de la fin de SWIFT comme seul système de transfert financier international.

    En 2010, je me souviens de Jim Sinclair [investisseur et courtier légendaire, NdT] tapant du poing sur la table, à propos de notre menace à la Suisse d’exiger  les données de ses clients pour rechercher les « tricheurs à l’impôt » dans le cadre de la loi FATCA. Il a alors déclaré que l’administration Obama était idiote de faire ça.

    C’est là que j’ai compris la maxime : une fois que vous avez choisi l’option nucléaire, vous n’avez plus d’autre choix.

    Et il avait raison.

    Ensuite, l’Iran a été exclu de SWIFT en 2012 pour provoquer un changement de régime qui a également échoué. Et cela a réveillé le monde à la réalité. Les États-Unis et l’Europe tenteront de détruire votre gagne-pain si vous osez vous opposer à leurs revendications unilatérales.

    Le troupeau de Davos, notre élite politique et financière, ne recule devant rien pour s’assurer de votre docilité.

    Pas de chance [pour les élites], SWIFT n’est que du code informatique. C’est juste un système de messagerie crypté. Et tout comme pour la pression visant à étouffer les voix alternatives sur les médias sociaux – par exemple, en déconnectant Alex Jones et Gab – la solution face au contrôle autoritaire n’est pas de combattre le feu par le feu, mais d’utiliser la technologie.

    Et c’est exactement ce que la Russie a fait. Ils se sont appliqués, ont dépensé de l’argent et ont écrit leur propre code. Après tout, le code est difficile à contrôler.

    Décoder la puissance de SWIFT

    C’est aussi ce qui se passe actuellement dans toute la chaîne d’approvisionnement des communications Internet. L’infrastructure dont les producteurs de contenu indépendants ont besoin pour résister au contrôle des entreprises multinationales est en cours de mise en place et permettra à leurs activités de se développer à mesure que de plus en plus de gens s’éveillent maintenant à la réalité.

    Alors que les banques et les entreprises russes tirent parti des avantages de ne plus vivre sous la menace de l’épée de Damoclès de SWIFT, d’autres bénéficieront des mêmes avantages.

    C’est ce que je dis depuis le début de l’année. Plus l’administration Trump utilise les droits de douane et les sanctions pour atteindre ses objectifs stratégiques plus elle affaiblira en fin de compte la position des États-Unis dans le monde. Cela ne se fera pas du jour au lendemain.

    Cela se fera progressivement jusqu’au jour où la menace aura disparu.

    Nous sommes peut-être déjà arrivés à ce moment-là, le président Trump ayant exclu de faire pression sur SWIFT pour éliminer l’Iran du système. Dommage que son secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, ne soit pas d’accord avec lui.

    Mais Mnuchin vit dans le passé, il ne considère pas la résistance qui se forme face à l’hégémonie financière américaine. Mais il le fera quand cela se révélera inefficace.

    Le système SPFS russe trouvera des clients en Iran, en Turquie, en Chine et chez ses proches partenaires commerciaux. Cela accélérera la dédollarisation du principal commerce de la Russie, les hydrocarbures, car bon nombre de ces pays sont de gros acheteurs de pétrole russe. Lorsque vous entendrez l’annonce qu’une banque allemande a été sanctionnée par les États-Unis pour son commerce de pétrole russe, en utilisant le SPFS comme système de transfert, ce sera le véritable réveil sur les marchés. Le changement interviendra alors, pardonnez le jeu de mots facile, rapidement (swiftly).

    Tom Luongo

    Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francphone

    1. Une étymologie populaire (voir la plaque apposée sur la façade de la Mère Catherine, place du Tertre à Montmartre) le fait dériver du russe bistro (en cyrillique : быстро) signifiant « vite » et datant de l’occupation russe qui a suivi la bataille de Paris de 1814. Les soldats russes n’ayant pas le droit de boire en service et craignant de se faire surprendre par l’arrivée d’un gradé, imploraient les cafetiers qui les servaient en leur criant en russe : « быстро, быстро », « vite, vite ». Mais le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNTRL, dépendant du CNRS) juge cette étymologie pas assez fondée et selon le linguiste et lexicographe Alain Rey, cette étymologie « doit être écartée pour des raisons chronologiques, en l’absence d’attestations du mot pendant près de trois quarts de siècle ». La première attestation date en effet de 1884 dans les Souvenirs de la Roquette de l’abbé Georges Moreau. Par contre, on fait aussi allusion à la Commune de 1870 pendant laquelle l’armée prussienne était en partie composée de soldats russophones, ce qui respecterait la chronologie.Wikipédia

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    http://lesakerfrancophone.fr/comment-dit-on-rapide-en-russe

    Le monde se dissocie discrètement des États-Unis

    Le monde se dissocie discrètement des États-Unis


    … et personne n’y prête attention


    Par Brandon Smith − Le 9 octobre 2018 − Source Alt-Market.com


    La confiance aveugle dans le dollar américain est peut-être l’un des facteurs les plus invalidants dont disposent les économistes pour évaluer notre avenir économique. Historiquement parlant, les monnaies fiduciaires sont des animaux dont la durée de vie est très courte, et les monnaies de réserve mondiales sont encore plus sujettes à une mort prématurée. Mais, pour une raison ou une autre, l’idée que le dollar est vulnérable au même sort est jugée ridicule par les médias dominants.


    Cette illusion a aussi récemment perfusé dans certaines parties du mouvement économique alternatif, certains analystes espérant que l’Administration Trump renversera en quelque sorte plusieurs décennies de sabotage des banques centrales en seulement quatre à huit ans. Cependant, cette façon de penser exige qu’une personne ignore complètement la tendance actuelle.

    Des années avant que l’on ne soupçonne l’imminence d’une guerre commerciale, de nombreux pays ont établi des accords bilatéraux qui devaient réduire le dollar comme principal mécanisme d’échange. La Chine a été un chef de file dans cet effort, bien qu’elle soit l’un des plus importants acheteurs de titres du Trésor américain et détenteurs de réserves en dollars américains depuis le krach de 2008. Au cours des dernières années, ces accords bilatéraux ont pris de l’ampleur, en commençant par de petits accords, puis en se transformant en accords massifs sur les matières premières. La Chine et la Russie sont un parfait exemple de la tendance à la dé-dollarisation, les deux pays ayant formé une alliance commerciale sur le gaz naturel dès 2014. Cet accord, qui devrait commencer à stimuler les importations en Chine cette année, élimine le besoin de dollars comme mécanisme de réserve pour les achats internationaux.

    La Russie et certaines parties de l’Europe, y compris l’Allemagne, se rapprochent également sur le plan commercial. Avec l’entrée de l’Allemagne et de la Russie dans l’accord sur le gazoduc Nordstream 2 malgré les condamnations de l’administration Trump, nous pouvons voir une nette progression des nations s’éloignant des États-Unis et du dollar et allant vers un « panier de devises ».

    Le ministre de l’Énergie, Rick Perry, a laissé entendre que des sanctions sont possibles à l’égard du projet Nordstream 2, mais les politiques de guerre commerciale ne font que hâter le mouvement international qui s’écarte des États-Unis comme centre d’influence commerciale. Les sanctions américaines contre le pétrole iranien appuient cet argument, car la Chine, la Russie et une grande partie de l’Europe travaillent ensemble pour contourner les restrictions américaines sur le brut iranien.

    La Chine a même mis en place son propre marché de pétro-yuans, et les premières livraisons de pétrole du Moyen-Orient vers la Chine payées par un contrat de pétro-yuans ont eu lieu en août de cette année. Les économistes classiques aiment à souligner la petite part du marché mondial du pétrole que représente le pétro-yuan, mais ils semblent ne pas avoir saisi l’ensemble de la situation. Le problème, c’est qu’il existe maintenant une solution de rechange au pétro-dollar là où il n’en existait pas auparavant. Et c’est là l’essentiel de la question qu’il faut examiner : La tendance vers des alternatives, et toutes les alternatives conduisant à la centralisation par les banques mondiales.

    Au-delà de l’abandon du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale, il y a une nouvelle question autour des systèmes de paiement internationaux alternatifs. SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) est un réseau mondial de « messages financiers » entre les grandes banques, dont les banques centrales. Les transactions sont enregistrées via le réseau SWIFT, ce qui permet une confirmation rapide des « messages » et des mises à jour de comptes dans le monde entier.

    Fondé à l’origine à Bruxelles, SWIFT est depuis des décennies le seul réseau bancaire de ce type disposant d’une capacité mondiale et, jusqu’à récemment, les principaux centres de données étaient situés aux États-Unis et aux Pays-Bas.

    Le gouvernement américain a exploité un contrôle économique étendu en utilisant son influence sur SWIFT, notamment en surveillant massivement les transactions financières internationales et en refusant à des pays comme l’Iran l’accès à SWIFT par des sanctions. Par le passé, les États-Unis ont saisi ou gelé des fonds transférés par l’entremise de SWIFT entre des banques à l’extérieur des frontières américaines, y compris des transactions entièrement légales, ce qui indique que les États-Unis exercent un contrôle manifeste sur le système. Le statut de réserve mondiale du dollar, combiné à l’influence des États-Unis sur l’outil le plus important dans les transactions bancaires internationales, a renforcé la domination financière des États-Unis pendant de nombreuses années.

    Mais le règne du dollar touche rapidement à sa fin, les banques mondiales comme le FMI cherchant à centraliser l’autorité monétaire dans une structure mondiale unique. La grande illusion perpétrée est que l’« ordre mondial multipolaire » qui est en train de naître est en quelque sorte « anti-globaliste ». Ce n’est tout simplement pas le cas.

    Alors, que se passe-t-il réellement ? Le monde se rétrécit à mesure que tout le monde, SAUF les États-Unis, se consolide sur le plan économique. Cela inclut les alternatives à SWIFT.

    La Russie vend ses bons du Trésor américain, mais entretient des liens étroits avec le FMI et la BRI, appelant à un système monétaire mondial sous le contrôle du FMI. La Chine fait de même, en resserrant ses liens avec le FMI par le biais de son système de panier de DTS, tout en coupant un par un ses liens avec le dollar. L’Europe se rapproche de la Russie et de la Chine, s’efforçant de défier les sanctions américaines.

    Aujourd’hui, tous ces pays construisent de nouveaux réseaux de type SWIFT afin de mettre les États-Unis à l’écart de la boucle. En d’autres termes, les États-Unis sont en train de devenir le méchant de notre soap opera mondial et, du fait de leur orgueil démesuré, ils préparent le terrain pour leur propre destruction. Les États-Unis jouent un rôle de catalyseur en aidant les banques mondiales en faisant peur à leurs ennemis et alliés et en les poussant à une plus grande centralisation. Du moins, c’est le récit que je soupçonne que les futurs historiens reprendront.

    Dans le cadre des efforts visant à saper les sanctions américaines contre le pétrole iranien, l’UE a établi un programme pour construire un nouveau système SWIFT en dehors de l’influence américaine. C’est un modèle auquel la Russie, la Chine et l’Iran ont accepté de participer, et la nouvelle a été largement ignorée par le grand public. Le Wall Street Journal a rapporté à contrecœur l’évolution de la situation, mais l’a rejetée comme étant inefficace pour contrecarrer les sanctions américaines. Et cela semble être le consensus parmi les médias – minimiser ou ignorer les implications d’un système SWIFT alternatif.

    Les préjugés à l’égard du dollar soulèvent une fois de plus leur vilaine tête, et les dangers de ce genre de déni sont nombreux. Le dollar peut être, et est en train d’être contourné par des accords commerciaux bilatéraux. La domination américaine sur les marchés pétroliers est contournée par d’autres contrats pétroliers. Et maintenant, le contrôle américain des réseaux financiers est contourné par des programmes SWIFT alternatifs. Le seul fil conducteur qui maintient le dollar et, par extension, l’économie américaine ensemble est le fait que ces alternatives ne sont pas encore répandues. Cela va inévitablement changer.

    Alors, la question est : quand cela va-t-il changer ?

    Je crois que le rythme de la guerre commerciale dictera le rythme de la dé-dollarisation. Plus les tarifs deviendront agressifs entre les États-Unis et la Chine, l’Iran, l’Europe et la Russie, plus vite les systèmes alternatifs déjà existants seront mis en œuvre. À l’heure actuelle, la rapidité du conflit entre les États-Unis et la Chine laisse entrevoir un passage du dollar à un panier de monnaies internationales d’ici la fin 2020, et il faudra environ une autre décennie pour que ce processus se concrétise. En d’autres termes, le système du panier des DTS servira de pont dans le temps vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale, un système monétaire mondial unique.

    Avec les tarifs douaniers actuels qui couvrent au moins la moitié du commerce chinois et l’autre moitié qui est menacée si la Chine riposte de quelque manière que ce soit, je pense que ce n’est qu’une question de mois avant que la Chine n’utilise ses propres dollars et réserves de bons du Trésor comme arme contre les États-Unis. Lorsque cela arrivera, la Chine n’annoncera pas publiquement cette mesure, et les grands médias ne sauteront dessus que beaucoup trop tard.

    Ne vous attendez donc pas à ce que l’Europe vienne en aide à l’Amérique si cela se produit. Il me semble évident, d’après le comportement récent de l’UE, qu’elle a l’intention de rester neutre, du moins pendant l’escalade, si ce n’est être totalement du côté de la Chine et de la Russie par nécessité économique.

    La préparation de cet événement exige autant d’indépendance financière que possible. Cela signifie des alternatives tangibles au dollar, comme les métaux précieux, et des économies localisées basées sur le troc et le commerce. Une fois que le dollar perdra son statut de réserve mondiale, le transfert de l’inflation des prix aux États-Unis sera immense. Les dollars détenus à l’étranger reviendront en masse dans le pays, car ils ne seront plus nécessaires à l’échange international de biens et de ressources. Ce changement pourrait se produire très rapidement, comme une avalanche.

    Encore une fois, ne vous attendez pas à recevoir un avertissement avant que les créanciers étrangers ne vendent des actifs libellés en dollars, et attendez vous à ce que les effets négatifs se fassent sentir dans un délai très court sur Main Street.

    Brandon Smith

    Note du Saker Francophone
    
    Les analyses de cet auteur fortement anti-centralisation semblent parfois s'arrêter là où commencent les intérêts américains. Il est donc intéressant de connaître la vision d'un Américain pur jus, même anti-système, à l'égard de la fin de l'Empire américain. On pourrait le voir se réjouir de contempler la fin de l'Empire et de ces guerres impliquant le retour de la nation. Il devrait se féliciter de voir le dollar débarrassé de ce rôle de réserve mondiale qui désindustrialise son pays et lui vole sa souveraineté.
    
    Certes les USA, s'ils existent encore en un seul morceau, devront faire défaut sur le dollar de la Fed et passer à une autre monnaie. Une monnaie souveraine ?

    Taduit par Hervé pour le Saker Francophone

     

    http://lesakerfrancophone.fr/le-monde-se-dissocie-discretement-des-etats-unis