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Boko Haram: des repentis témoignent sur le business du terrorisme

Boko Haram: des repentis témoignent sur le business du terrorisme

By Nicolas Beau -10 octobre 2019

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Dans leur « voyage au coeur de Boko Haram » où des repentis de la secte terroriste témoignent, Sedik Abba et Lawaly Dan Dano se sont intéressés aux commerçants spécialisés dans les échanges économiques avec Boko Haram. Mondafrique publie des bonnes feuilles sur « le business du terrorisme »

Après sa création en 2002, Boko Haram a basculé dans la violence armée en 2009. Depuis, cette secte est devenue le mouvement djihadiste le plus meurtrier au monde, avec près de 27000 morts au Cameroun, au Niger, au Nigeria et au Tchad.

En écoutant ceux qui ont servi en première ligne dans la secte, le livre de Sedik Abba et Lawaly Dan Dano propose, pour la première fois, de voir la réalité de Boko Haram de l’intérieur.

Cette plongée dans la face cachée de la secte consiste à présenter les récits d’ex-combattants recueillis dans la ville de Goudoumaria, située à 1173 km au sud-est de Niamey, la capitale nigérienne. La particularité de Goudoumaria est d’abriter le premier centre nigérien de déradicalisation, de formation professionnelle et de réinsertion sociale des déserteurs de Boko Haram.

DES REPENTIS TEMOIGNENT DU BUSINESS DE LA GUERRE

Comme ailleurs en situation de conflit, une vraie économie de la guerre s’est installée dans les zones épicentres des activités de Boko Haram. Des citoyens camerounais, nigériens, nigérians ou tchadiens achètent à Boko Haram son butin de guerre et fournissent en retour au mouvement du carburant, des pièces détachées pour automobiles, de la nourriture et même des médicaments.

Moussa Sani : « Les morts aux combats n’ont pas droit au butin de guerre ».

Les attaques de Boko Haram font l’objet d’une préparation minutieuse et le choix de la cible est visiblement entouré du plus grand secret. À chaque opération, le butin de guerre est distribué selon une clé de répartition décidée par les commandants de la secte qui excluent les morts aux combats.

« Avant toute opération militaire sur le terrain, chaque commandant va prévenir le chef de section placé sous ses ordres : prépare-toi, nous allons attaquer une cible. Consigne est ensuite donnée aux chefs de section de ramener tel nombre de combattants, tel nombre de voitures à tel village qui est le point de ralliement. Le jour J, toute la troupe se rassemble sur le lieu choisi pour le briefing d’avant opération. Les éléments de langage du commandant de l’opération sont habituellement les mêmes : aujourd’hui nous allons mener une attaque d’envergure ; sachez que vous vous battez pour Dieu que vous irez au paradis en mourant. Ce n’est qu’à quelques kilomètres du village cible qu’on vous en révèle le nom, le lieu et souvent la caserne à attaquer. Il arrive que la consigne soit donnée de ne faire aucun mal aux habitants et de ne s’intéresser qu’au butin de guerre. En cas d’attaque d’une caserne militaire, les consignes sont différentes : il est alors demandé à chaque chef de section d’attaquer le cantonnement de l’armée par le nord, l’est, le sud et l’ouest afin de jouer totalement l’effet de surprise. C’est le commandant de l’opération qui donne l’estocade alors que le reste de la troupe avance sur trois fronts. On avance ainsi sous le déluge de feu. Deux cas de figure peuvent se présenter : les militaires de l’armée régulière plient sous notre puissance de feu et abandonnent leur position ; nous faisons face à une résistance farouche qui nous empêche de progresser.

Dans la première situation, nous occupons la position abandonnée par les militaires. En revanche, lorsque nous sommes mis en échec, nous replions en entendant la formule consacrée et connue de tous qui vaut ordre de prendre la fuite. En cas de succès militaire, le commandant évalue la valeur du butin sur lequel nous venons de mettre la main. Suivant une clé de répartition, les biens pris sur le champ de bataille sont distribués. Au début du mouvement, les biens, autres que l’argent, étaient rachetés par le commandant opérationnel. Ce qui permettait d’avoir des espèces à distribuer aux combattants. Mais cette pratique a été progressivement abandonnée parce qu’elle était devenue une pomme de discorde entre les chefs. Finalement, on est arrivé à la situation où on estime sur place le butin puis on le divise par le nombre de combattants qui ont pris part à l’attaque. Les morts ne sont pas pris en compte dans le partage, mais les blessés, y compris les plus graves, ont droit à une part ».

Moustapha Kollo Awiriri : « Boko Haram a développé une stratégie d’autosuffisance sur tous les plans ».

Boko Haram a instauré une division de travail dans ses rangs avec l’existence de différents corps de métier : infirmiers, mécaniciens, travailleurs agricoles, banquiers… .

Selon son objectif, une attaque de Boko Haram peut viser les médicaments, la nourriture, le carburant… Pour la secte, son autosuffisance en tout genre est un enjeu de toute première importance. À cela s’ajoute la volonté du mouvement djihadiste de disposer de tous les corps de métier dans ses rangs.

« Certaines attaques auxquelles j’ai participé sont purement thématiques. Par exemple, on monte une opération armée contre un village uniquement pour nous approvisionner en médicaments ou en nourriture. Pour l’approvisionnement en médicaments, on nous donne une consigne claire : n’attaquez que l’hôpital ou le dispensaire, mais ne touchez pas à la population. Nous avons ainsi des groupes spécifiquement affectés à l’attaque des dépôts de médicaments.

Quand il s’agit d’une opération de récupération de la nourriture, outre les véhicules des combattants, nous partons avec une ou deux voitures vides pour charger les produits alimentaires que nous aurons récupérés à la population. Dans ce cas précis, les éléments chargés d’attaquer les villages doivent en être des ressortissants. Ils connaissent les dépôts de nourriture dans les villages, comme ils connaissent aussi les maisons des hommes d’affaires qui sont dans le business de l’alimentation. En interne, nous pratiquons également des activités agricoles pour sécuriser l’alimentation de notre mouvement. Cette stratégie est complétée par le renforcement des corps de métier à l’intérieur de Boko Haram. Dans nos rangs, vous trouvez des infirmiers professionnels qui nous ont rejoints ou que nous avons formés ; des mécaniciens ; des chauffeurs-livreurs…

Pour assurer la relève de ces professionnels qualifiés, nous mettons à leur disposition des enfants auxquels ils transmettent leur savoir-faire. Quand on a un excellent infirmier ou un mécano professionnel, on met vingt enfants à sa disposition. Résultat, nous réparons nous-mêmes nos véhicules ; nous soignons nous-mêmes nos blessés. S’agissant des pièces détachées, nous avons des correspondants dans les villes qui nous aident à en acquérir. On indique à ces correspondants-là les types de véhicules, la nature de la pièce de rechange. À Maïduguri [capitale de l’État du Borno au nord-est du Nigeria], à Gaïdam-Tchoucou [ville moyenne du Nigeria sur la frontière avec le Niger], à Diffa [capitale de la région est du Niger], nos correspondants s’occupent de nous trouver les pièces dont nous avons besoin. Très souvent, nous utilisons ces pièces pour remettre en état de marche les véhicules que nous avons pris aux armées des pays du bassin du Lac Tchad [Cameroun, Nigeria, Niger et Tchad]. »

Abou Youssouf alias Ali Boulama Yassine : « Il y a un peu partout dans la région des gens spécialisés dans l’achat de notre butin de guerre ».

Une économie de la guerre s’est installée dans la région, permettant à la secte d’écouler facilement son butin de guerre.

Avec ses acteurs qui achètent à la secte son butin de guerre, l’économie de la guerre tourne à plein régime et fait le bonheur des grands chefs de la secte tout comme la satisfaction du combattant de base.

« J’étais à Gadira, village carrefour du lit du Lac Tchad, lorsque Boko Haram est arrivé. Moi, je n’étais ni dans l’apprentissage du Coran, ni dans la production agricole pour le mouvement, mais dans les batailles meurtrières. Nous avons une structure militaire bien établie : chaque commandant de section est à la tête d’un groupe de cinq à dix combattants. Ce sont ces groupes-là qui mènent les attaques contre les villes et les casernes. Voici comment s’organise l’attaque d’une ville : vous approchez de la ville en voiture ; ensuite vous en sortez pour avancer à pied en vous dispersant par petits groupes afin de prendre toute la ville en tenaille. Quand la bataille tourne mal, c’est le sauve-qui-peut général. En cas de victoire, on fait main basse sur tout ce qui a de la valeur. Si vous mettez la main sur du cash, le commandant vous le distribue immédiatement. Les autres biens sont vendus par les commandants à des opérateurs économiques connus. Dans la section à laquelle j’ai appartenu, le butin de guerre était divisé en cinq parts : une qui revient au commandant, les 4 autres revendus pour être redistribués aux assaillants. Selon ton profil, tu peux être affecté à la production agricole, à l’enseignement religieux, au commerce pour le groupe ou aux combats armés. Moi, j’étais un fantassin qui a participé à de nombreuses attaques.

Souvent directement ramené à Shekau ou Al-Barnawi, le butin de guerre de Boko Haram est partagé selon une clé de répartition bien précise.

Progressivement, j’ai pris conscience de l’impasse dans laquelle je m’étais enfermé. J’ai continué à être dans le mouvement tout en affinant mon plan d’évasion. En tendant l’oreille à l’extérieur, j’ai appris que le Niger avait proposé aux combattants le repentir contre le pardon en décembre 2016. Je dois préciser ici que Boko Haram a des informateurs habituels. Ce qui nous permet de nous tenir au courant quasiment en temps réel de ce qui se passe dans les pays que nous combattons. J’ai par ailleurs appris le lancement de ce programme à la radio. Et lorsque des avions sont passés au-dessus de la zone où je me trouvais pour larguer les tracts appelant à déserter le mouvement, j’ai fini par me convaincre que le moment était venu de partir.

Ma désertion s’est faite en deux étapes : j’ai d’abord quitté le mouvement en marchant la nuit pendant trois jours. Ensuite, un des nôtres qui s’est enfui avant moi est allé chez le chef de canton de Bosso pour lui dire que j’étais prêt à me rendre. Ensemble, ils m’ont appelé et m’ont conseillé de me rendre aux autorités à Bosso et non à Toumour comme je l’avais initialement envisagé. On est ainsi arrivé à Ngagam près de Bosso d’où on a finalement appelé le chef de canton de Bosso qui a demandé de rester là où nous sommes. Il est effectivement venu nous prendre à cet endroit-là pour nous convoyer à Diffa. Après notre interrogatoire d’identification à la police, nous avons été conduits au centre de transit pour repentis de Diffa. Quelques semaines plus tard, nous étions arrivés ici même à Goudoumaria. Je forme le vœu que le gouvernement nigérien nous libère et qu’il nous permette de retourner auprès des nôtres. Si j’étais libéré demain, je retournerai à N’Guigmi auprès des miens ».

Baba Gana : « J’étais le banquier de Boko Haram »

Avant l’arrivée de Boko Haram en 2015, Diffa connaissait une vraie prospérité économique portée par la culture du poivron et la pêche dans le lac Tchad.

Dans le cadre de la division du travail, Boko Haram a spécialisé ses combattants en producteur agricole, mécanicien automobile, infirmier, instructeur militaire, juge au tribunal islamique… Certains comme ce repenti ont pour mission de renflouer les caisses de la secte. Comme ailleurs, l’argent est ici aussi le nerf de la guerre.

« Je n’étais pas particulièrement porté sur le fait religieux. Je faisais mes cinq prières quotidiennes, sans plus ! Je tenais une boutique lorsque Boko Haram a conquis mon village. Les chefs du mouvement m’ont demandé de les suivre dans le maquis, ce que j’ai fait sans aucune hésitation. Moi, je n’avais aucune assignation aux combats. Ils m’ont demandé de continuer à faire mon commerce. Je partais acheter des biens au Niger et au Nigeria et je revenais ensuite les revendre dans les zones occupées par Boko Haram. L’argent que je faisais appartenait en réalité à Boko Haram. Les chefs venaient, puisaient dans ma caisse et disposaient à leur guise des recettes. Évidement que j’en profitais pour me servir, même si c’est contraire aux enseignements du Coran que l’on prétendait défendre. J’ai continué ce business jusqu’au jour où j’ai fait mon examen de conscience. Je m’étais en effet aperçu que tout ce qu’on faisait n’avait rien à voir avec ce que l’on prétendait défendre : on rançonnait de pauvres gens ; on pillait ; on tuait des innocents…

J’avais donc pris la décision de partir. En réalité, ce n’est pas décider de partir qui a été le plus difficile, mais comment partir, sachant que toute personne surprise en train de déserter est tuée sans aucune forme de procès[1]. Dans mon cas, comme j’étais le commerçant du mouvement, j’avais une mobilité plus aisée que celle des autres combattants. J’ai donc monté un plan, en prétextant un approvisionnement en marchandises. Après avoir emprunté un chemin détourné, je me suis retrouvé à Toumour chez le chef. C’est lui qui m’a remis aux autorités. Mon rêve, après cette expérience traumatisante, c’est de devenir transporteur. Transporter les gens d’un village à un autre, en demandant à chaque fois pardon à mes passagers pour ce que j’ai fait en rejoignant Boko Haram. Et comme j’ai été apprenti chauffeur dans une autre vie, je demande aux autorités de m’aider d’abord à passer mon permis de conduire ».


[1] Soupçonné d’avoir favorisé la désertion de plusieurs combattants, un chef traditionnel de Kanema, sur la frontière nigéro-nigériane, a été exécuté de nuit par Boko Haram. Un ex-combattant prénommé Abacar, Nigérien né au Cameroun, a subi le même sort de la part de la secte qui est sans pitié avec ses déserteurs et leurs complices présumés.

Les auteurs

Seidik Abba est journaliste et écrivain, ancien rédacteur en chef central à Jeune-Afrique, ancien chef du Bureau parisien de l’Agence Panapress et Chroniqueur au Monde Afrique. Originaire de Diffa au sud-est du Niger où se situe l’épicentre des activités de Boko Haram, il décrypte régulièrement l’actualité africaine sur France 24RFITV5 MondeBBC et Deutsche Welle.

Mahamadou Lawaly Dan Dano a été Gouverneur de Diffa d’avril 2016 à avril 2018. Il est l’artisan du programme nigérien Repentir contre Pardon. Lancé en décembre 2016, ce programme a permis de démobiliser plus de 233 combattants de Boko Haram. Ce diplômé en Sciences  de l’information documentaire et en Stratégie d’entreprise a été pendant ses deux ans de fonction à Diffa en lien direct avec Boko Haram.

https://mondafrique.com/boko-haram-des-repentis-temoignent-sur-le-business-du-terrorisme/

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Hydrocarbures : le Nigeria réclame 20 milliards de dollars aux géants du pétrole

Pétrole & Gaz

Hydrocarbures : le Nigeria réclame 20 milliards de dollars aux géants du pétrole

22 février 2019 à 15h17 | Par Jeune Afrique

L’administration nationale souhaite récupérer plusieurs milliards de dollars d’arriérés d’impôts auprès des compagnies pétrolières étrangères installées sur son territoire. Une réclamation qui s’inscrit dans une vaste campagne de recouvrement lancée par l’État, à la veille des élections présidentielles et législatives.

Abudja, réclame entre 2,5 et 5 milliards de dollars d’arriérés d’impôts à Royal Dutch Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total et Equinor. Les entreprises ont été averties au cours de l’année écoulée, par un courrier du service de recouvrement de la compagnie pétrolière nationale, la Nigerian National Petroleum Corporation.

Au total, l’opération doit permettre aux autorités de récupérer près de 20 milliards de dollars auprès compagnies visées. Deux d’entre-elles viennent de rendre l’affaire publique, ce qui soulève des soupçons d’instrumentalisation politique de la part du pouvoir, à la veille des élections présidentielles et législatives prévu le 23 février.

« Plusieurs opérateurs ont reçu des réclamations similaires, en liens avec une affaire entre les autorités nationales et locales du pays », a affirmé un porte-parole du groupe norvégien Equinor, selon lequel cette réclamation « n’a aucun mérite ». De son côté, ExxonMobil « est actuellement en train de plancher sur la question », a commenté un porte-parole du géant américain.

« Une dispute interne » des autorités nigérianes

De leur côté, les autorités nigérianes ont refusé de s’exprimer sur cette affaire. Mais d’après certaines sources gouvernementales et  industrielles contactées par Reuters, l’argument du redressement fiscal ne serait en fait qu’un prétexte pour mobiliser des fonds qui doivent être reversés aux États locaux, pour faire preuve d’une meilleur redistribution des revenus issus de la manne pétrolière.

« Cela ressemble à une dispute interne entre l’administration fédérale et les gouvernements locaux. Le gouvernement central essaie simplement de transférer ses dettes aux compagnies pétrolières », affirme une autre source industrielle.

Un campagne nationale de recouvrement d’impôts

Au-delà des compagnies pétrolières étrangères, les autorités nigérianes sont en pleine campagne de recouvrement fiscal menée par l’organisme public de recouvrement, le Federal Inland Revenue Service (FIRS).

En 2018, selon l’agence de presse nigérienne NAN, la FIRS a identifié et obtenue le recouvrement d’impôts de près de 40 000 entreprises évadées fiscales en 2018, pour un total de 6,4 milliards de dollars (dont 46 % issus d’entreprises liés à l’industrie pétrolières). En continuité de cette campagne, le FIRS envisage pour 2019 de régulariser la situation de 45 000 fraudeurs identifiés.

Les News d’Afrique de la semaine du 7 au 13 janvier 2019

Les News d’Afrique de la semaine du 7 au 13 janvier 2019

le 10 janvier 2019

 

L’économie en Afrique en 2019

La croissance économique de l’Afrique enregistrée en 2018 se poursuivra en 2019 en Afrique sub-saharienne pour atteindre les 3,6 % en moyenne au cours des deux prochaines années, selon les estimations de la Banque mondiale.

Baisse de la valorisation boursières des principales banques d’Afrique

La valorisation boursière des 30 plus importantes banques cotées sur les bourses africaines, a atteint 119,8 milliards à la fin de l’année 2018, a pu constater l’Agence Ecofin des données disponibles sur ces marchés financiers.

Plus de 4500 milliards FCFA de crédits au premier semestre par les banques de la Cemac

Dans l’espace communautaire, note le rapport de la Banque centrale sur l’évolution des taux débiteurs pratiqués par les banques dans la zone Cemac, les établissements bancaires ont de manière globale accordé 4500,22 milliards FCFA à l’économie sous-régionale sur les six premiers mois de l’exercice 2018.

Fairfax Africa Holdings injecte 51,2 millions $ dans le sud-africain Consolidated Infrastructure Group

Fairfax Africa Holdings, une société d’investissement canadienne, axée sur l’Afrique a annoncé l’acquisition de 178,99 millions d’actions ordinaires du groupe sud-africain Consolidated Infrastructure Group pour 715,9 millions de rands (environ 51,2 millions de dollars).

Le Burkina Faso fait son bilan économique annuel

Le ministère burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a rendu publiques, lundi, ses activités au cours de l’année écoulée. Malgré les circonstances difficiles qui ont prévalu en 2018, marquée, entre autres, par la précarité du contexte sécuritaire, les régulations budgétaires et la faiblesse des appuis budgétaires de la part des partenaires techniques et financiers du Burkina Faso, le ministère indique avoir fait preuve de détermination pour la réalisation des activités programmées. Il s’agit, entre autres, de la couverture de toutes les régions par les CEFORE (Centres de formalités des entreprise), la création de 12 206 entreprises au niveau des CEFORE, l’appui-conseil et la formation de 21 188 entreprises et la réforme de la rencontre gouvernement-secteur privé.

Gabon : 40 millions d’euros de la BAD pour le nouveau terminal du port d’Owendo

Point de passage obligé pour les importations et les exportations gabonaises, le GSEZ New Owendo International Port (NOIP), situé au sud de la capitale Libreville, est en pleine modernisation. Pour en assurer l’expansion, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé, le vendredi 14 décembre 2018, un prêt de 40 millions d’euros en faveur du Gabon.

Le groupe bancaire indien Bank of Baroda liquide sa filiale ghanéenne

Le groupe bancaire indien, Bank of Baroda, a procédé à la liquidation de sa filiale ghanéenne, à quelques jours de la date limite du respect du nouveau seuil de capital minimum de 400 millions de cedis (environ 82 millions de dollars), exigé par la Banque centrale du Ghana.

Ghana : Gros coup de boost pour le textile

L’industrie du textile au Ghana vient de bénéficier d’un sérieux coup de boost. Le gouvernement a décidé de réduire à zéro la TVA sur l’approvisionnement en produits textiles locaux et ce pendant trois ans. Cette mesure gouvernementale a pour objectifs de réduire les coûts de fabrication, de rendre les produits textiles locaux plus compétitifs et de les aider à concurrencer l’importation de produits bon marché. En outre, cela devrait réduire le coût de l’habillement pour la population.

 

Mali : la BNDA va décaisser 462 milliards de F CFA pour booster l’économie

Selon le compte-rendu, les administrateurs ont pris connaissance de la situation de la banque au 31 octobre 2018, l’atterrissage au 31 décembre 2018 et d’autres documents relatifs à l’entrée en vigueur des circulaires depuis juillet 2018.

Nigeria : le champ pétrolifère Egina de Total entre en production

Au Nigeria, la société énergétique française Total a annoncé le lancement de la production de pétrole brut sur son champ Egina, situé à environ 1 600 m de profondeur d’eau. Celui-ci devrait permettre d’extraire 200 000 b/j, ce qui équivaudrait à 10% de la production pétrolière du pays.

Niger : Orange et Airtel autorisés à rouvrir leurs bureaux à Niamey

Sous scellés depuis un mois, les locaux d’Orange Niger et d’Airtel ont été réouverts à l’issue de négociations confidentielles. La Direction générale des impôts nigérienne (DGI) et les deux principaux opérateurs téléphoniques du pays, Orange Niger et Airtel, viennent de trouver un accord pour mettre fin au bras de fer qui les oppose depuis plus d’un mois aux autorités. Selon des médias locaux, la filiale du groupe Orange a consenti à régler une partie des 22 milliards francs CFA (34 millions d’euros) que lui réclamait le fisc nigérien pour « non-paiement d’impôt ».

Nigéria : la valeur de marché de l’action Lafarge Africa s’effondre

Sur le Nigerian Stock Exchange, le marché financier nigérian basé à Lagos, la valeur de l’action Lafarge Africa (filiale locale du géant mondial Lafarge-Holcim) a baissé lundi (7 janvier) de 1,7% pour se situer à 11,35 Nairas (monnaie nigériane). En soit cette baisse n’est pas une surprise, car cette tendance a été observée tout au long de l’année 2018.

Sénégal : Appel au renforcement du financement des PME

Le directeur des petites et moyennes entreprises (PME) au Sénégal, Pape Demba Ndao, a plaidé, mardi, pour un renforcement des financements de ces structures, relevant aussi l’importance du secteur privé dans la création de richesses et d’emplois. Le financement des PME reste une problématique majeure, selon M. Ndao qui intervenait au cours d’une conférence de presse, en prélude de la deuxième édition du Forum de la PME sénégalaise, dont l’ouverture est prévue jeudi, à Dakar.

 

Tanzanie : bailleurs et donateurs perdent patience face à la dégradation des droits de l’homme

Certains ont déjà suspendu des millions de dollars de don ou de crédit tandis que d’autres menacent de passer à l’action : les bailleurs de fonds et donateurs de la Tanzanie perdent patience face à la dégradation des droits de l’homme sous la présidence de John Magufuli.

Le président tanzanien entend tirer profit des crises dans d’autres pays

Le président tanzanien John Magufuli, réputé pour ses déclarations parfois abruptes et controversées, a exhorté vendredi différents ministères de son pays à tirer profit des situations de crises générant des flux de réfugiés, en vendant des vivres destinées à l’aide alimentaire internationale.

Le Togo prend le pouls du marché financier sous régional

Le Togo va renouer dans quelques jours avec le marché financier de la sous-région, avec pour objectif de mobiliser d’ici la fin de l’année, 390 milliards FCFA dont 95 au premier trimestre.

Tunisie: Syphax Airlines obtient le feu vert pour reprendre ses activités

La compagnie aérienne privée Syphax Airlines, qui avait cessé ses activités en 2015 suite à des difficultés financières, a annoncé avoir obtenu un nouveau certificat d’opérateur aérien (Air Operateor’s Certficate/ AOC) auprès du ministère tunisien du Transport.

Tunisie : 7,5% d’inflation en 2019

Le taux d’inflation en Tunisie s’est établi à 7,5%, pour le mois de décembre dernier et pour toute l’année 2018, contre 6,4% en 2017, 4,2% en 2016 et 4,1% en 2015, selon les résultats de l’enquête des prix à la consommation, publiés par l’Institut national des statistiques (INS). Le taux d’inflation a connu des augmentations successives allant de 6,9% en janvier 2018, à 7,8% au mois de juin, suivi d’une stabilité à 7,4% durant la période de septembre à novembre 2018, pour atteindre le niveau de 7,5%, au mois de décembre 2018, précise-t-on. La même source révèle que le taux d’inflation sous-jacente «hors alimentations et boissons et hors énergies » s’est établi à un niveau de 8%. Les prix de produits libres (non administrés) ont évolué de 8,3%, sur une année, contre 4,9% pour les prix administrés. En décembre 2018, l’indice de prix à la consommation a augmenté de 0,5%, par rapport au mois de novembre 2018, et ce en raison notamment de la remontée des prix du groupe alimentation et boissons de 0,5%, suite à la hausse des prix des viandes ovines de 1,8%, des œufs de 1,2% et des chocolats et gâteaux de 0,9%, souligne l’Institut. Et de préciser qu’à partir de janvier 2019, les résultats de l’inflation seront publiés sur l’année de base 2015, au lieu de l’année de base 2010.

 

https://lnt.ma/news-dafrique-de-semaine-7-13-janvier-2019/

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

« Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Suite à la « crise turque » et à la chute vertigineuse de la livre turque (TRY) survenue vendredi, on observe une explosion des échanges livre turque / bitcoin.

La livre turque est en pleine surchauffe. La monnaie nationale qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année, a enregistré vendredi 10 août, une baisse vertigineuse jusqu’à des plus bas historiques, une baisse de 13 % sur la journée.

Cette crise turque sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington survenue brutalement vendredi, suite à la détention d’un pasteur américain par le gouvernement turc, a envoyé une onde de choc planétaire. Elle a entraîné dans son sillage les principales bourses européennes qui ont toutes clôturé dans le rouge, touchant particulièrement le secteur bancaire.

Lundi, alors que la chute de la monnaie se poursuit, et que les inquiétudes sur les marchés financiers demeurent, bitcoin.org a enregistré une explosion de 42 % des visiteurs turcs. La paire BTC/TRY a atteint son plus haut depuis janvier 2018.

Autant d’indicateurs qui laissent penser que de nombreux investisseurs turcs s’intéressent à Bitcoin et aux cryptomonnaies. La Turquie est confrontée à une crise de confiance dans sa monnaie, qui pousse un nombre plus important de personnes à s’intéresser au bitcoin.
Les volumes de transactions en bitcoins sont en très forte hausse sur les plateformes d’échanges turques. Koinim, la plateforme de change de cryptomonnaies la plus importante du pays, a enregistré une hausse de plus de 60 % des volumes de transactions BTC/TRY. Sur BTCTurk, les volumes ont augmenté de plus d’un tiers et, sur Paribu, ils ont augmenté de 100 %.

Le Vénézuela et le Nigéria ont connu des situations similaires. Des événements politiques et économiques ont provoqué une hyperinflation de la monnaie nationale : la confiance par rapport aux monnaies fiduciaires a de nouveau été remise en cause dans chacun de ces pays. Cela a poussé de nombreuses personnes à s’intéresser et à investir dans le bitcoin et les cryptomonnaies.

Notons par exemple qu’aujourd’hui, de très nombreux commercants vénézueliens acceptent DASH comme moyen de paiement.

Certains l’affirment, ce n’est pas grâçe aux ETF ou à diverses stratégies de holding que les cryptomonnaies vont se démocratiser, mais bien grâce à ce genre d’événements : en remplaçant les devises fiduciaires, et en palliant aux problématiques actuelles des systèmes financiers à travers le monde. C’est bien là l’essence même de Bitcoin.

Sources : CoinDesk ; Hacked || Image from Shutterstock

 

https://journalducoin.com/bitcoin/crise-turque-explosion-des-echanges-livre-turque-bitcoin/

Nigeria : Macron célèbre « la vitalité de la culture africaine » au club mythique de Fela Kuti

Diplomatie

Nigeria : Macron célèbre « la vitalité de la culture africaine » au club mythique de Fela Kuti

04 juillet 2018 à 09h04 | Par Jeune Afrique avec AFP

En visite au Nigeria pour le lancement de la Saison des cultures africaines, le président français Emmanuel Macron a célébré le 3 juillet la créativité africaine dans une salle de concert de Lagos, haut lieu de l’afrobeat contestataire de l’icône nigériane Fela Kuti.

« Il faut donner à voir la vitalité de la culture africaine, dont le Nigeria est une vitrine », a déclaré Emmanuel Macron le 3 juillet avant de se rendre au Shrine. Située dans le quartier d’Ikeja (banlieue nord de Lagos), cette salle de concert a été créée par Fela Kuti, créateur de l’afrobeat, une musique qui fusionne funk, soul, jazz et airs africains, avant d’être relancée par son fils Femi Kuti.

« C’est un lieu iconique », « vibrant », a salué le président français, en racontant l’avoir découvert en 2002 lors d’un concert de Femi Kuti alors qu’il effectuait son stage de l’ENA à l’ambassade de France à Abuja.

« C’est formidable de voir que le président français ait un intérêt si personnel pour la ville de Lagos », confiait dans la salle l’acteur nigérian Ozzy Agu. « On a le sentiment quand on le voit ici qu’on peut aller boire un verre avec lui et papoter. »

Des spectateurs ont néanmoins quitté la soirée – ayant pris beaucoup de retard – sans attendre que Femi Kuti monte sur scène, peu avant minuit, avec ses musiciens et danseuses et fasse monter une ambiance jusqu’alors sage. Dans sa harangue, Femi Kuti a appelé les jeunes africains à « ne pas laisser mourir » les rêves de son père pour une Afrique plus juste et développée. « C’est à vous de vous lever et de les réaliser ! », a-t-il lancé.

Lancement de la Saison des cultures africaines

Pour Emmanuel Macron, la soirée au Shrine a été l’occasion de lancer l’organisation de la Saison des cultures africaines qui se tiendra en France en 2020. Il avait annoncé fin 2017 la tenue de cette manifestation de plusieurs mois lors de son « discours fondateur » de Ouagadougou, déclinant sa stratégie pour relancer les relations entre la France et l’Afrique.

Il s’agit de déployer « une stratégie culturelle et artistique qui remette l’Afrique » au centre, a confié le président français. Car, a-t-il ajouté, « nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l’Afrique ». « On parle toujours de l’Afrique d’avant, mais trop rarement de Nollywood [l’industrie cinématographique du Nigeria est la deuxième au monde en termes de production, ndlr], de la musique contemporaine », portée notamment par les artistes nigérians sur le reste du continent.

Venu de Nouakchott où il avait participé le 2 juillet au sommet de l’Union africaine, Emmanuel Macron a fait une courte étape à Abuja pour s’entretenir avec son homologue Muhammadu Buhari, qui préside le pays le plus peuplé et la première économie du continent. « Un pays incontournable », selon le président français, soucieux de ne pas cantonner l’action de Paris à l’Afrique francophone.

Élargir le partenariat entre la France et le Nigeria

Dans la lutte contre l’insurrection jihadiste de Boko Haram, M. Macron a réitéré les engagements de la France pour un accompagnement dans la « défense et la stabilisation de la région du Sahel », notamment à travers la force conjointe du G5 Sahel. M. Buhari a rappelé que l’ensemble des pays frontaliers du Nigeria sont francophones, et que l’aide de la France est ainsi essentielle pour la bonne coordination de la lutte avec ses voisins.

Emmanuel Macron a insisté sur le fait que « le cœur de cette visite est d’élargir le partenariat entre la France et le Nigeria sur des sujets culturels, économiques et sportifs », le moyen selon lui de donner des « perspectives et des opportunités à la jeunesse » pour qu’elle ne rejoigne pas les mouvements jihadistes.

Mercredi 4 juillet, après une rencontre avec de jeunes entrepreneurs nigérians, le président français devrait inaugurer la nouvelle Alliance Française, qui ambitionne de devenir un haut lieu de démocratisation culturelle à Lagos. Il devrait rencontrer également de jeunes entrepreneurs nigérians, et a assuré vouloir renforcer les liens économiques et estudiantins entre la France et le Nigeria.

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Pétrole : l’Opep prête à prolonger de neuf mois son accord

Pétrole : l’Opep prête à prolonger de neuf mois son accord

Etienne Goetz Le 30/11 à 12:19
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Tous membres l'Opep prêts prolonger mois réductions production.

Tous les membres de l’Opep sont prêts à prolonger de neuf mois les réductions de production. – Shutterstock

La Russie doit encore officialiser sa participation à l’accord. Un point d’étape aura lieu régulièrement. Une clause pour une fin des quotas avant l’heure a été évoquée.

Pour une fois, le consensus semble régner à Vienne. Tous les membres de l’Opep, y compris les grands rivaux que sont l’Arabie saoudite et l’Iran, ont fait savoir jeudi matin qu’ils étaient d’accord pour prolonger de neuf mois les réductions de production. La fin de cet accord, prévue pour mars 2018, devrait donc être portée à fin 2018.

Le ministre saoudien de l’énergie Khaled al-Faleh, a martelé l’engagement de l’Opep pour rééquilibrer le marché. « Beaucoup doit encore être fait », a-t-il averti. « Nous ne lèverons pas le pied tant que les stocks ne seront pas revenus aux niveaux observés quand le marché se portait bien et tant que les investissements ne seront pas repartis. »

Plafond pour la Libye et le Nigeria

Juste avant la rencontre avec les pays hors-Opep dont la Russie cet après-midi, des délégués ont déclaré que l’organisation venait d’accepter le principe de prolonger l’accord, et que des discussions étaient en cours pour inclure ou non la Libye et le Nigeria dans l’encadrement de la production. Les deux pays, exemptés jusqu’à maintenant, auraient accepté de plafonner leur production à leur plus haut de 2017.

Dans la foulée de ces annonces, pourtant conformes aux attentes du marché , le prix du baril a bondi en fin de matinée. Le brent, référence européenne a pris jusqu’à 1,5 % à plus de 64 dollars. Il a ensuite cédé du terrain. Une coalition de producteurs de l’Opep a laissé la porte ouverte à un abandon des réductions dès mi-2018. Le cours est ensuite remonté, soutenu par l’engagement de la Libye et du Nigeria à plafonner leur production.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/11/30/2134602_petrole-lopep-prete-a-prolonger-de-neuf-mois-son-accord-web-030961043585.jpg

Pétrole : l\'Opep prête à prolonger de neuf mois son accord

Le cartel a tout de même prévenu qu’il allait faire un point d’étape en juin lors de sa prochaine réunion. Il évaluera les effets de l’accord sur le marché. Le ministre équatorien a même évoqué « une clause » sans donner plus de détails sur son contenu. Elle pourrait permettre d ‘arrêter prématurément les coupes en cas de nette amélioration du marché.

La Russie doit encore officialiser sa participation

Si une fin des quotas est alors envisagée, « elle sera graduelle », a rassuré le ministre saoudien de l’énergie en adoptant un discours digne d’un banquier central préparant le marché à  la fin progressive des achats d’actifs . Selon des sources de Bloomberg, al-Faleh a fait savoir qu’une stratégie de sortie ne serait pas discutée avant le troisième trimestre 2018.

La position de la Russie sera officialisée cet après-midi, mais sa participation semble d’ores et déjà acquise, malgré sa préférence pour une prolongation de 6 mois. Le Russie souhaite que l’accord donne un message clair sur la fin des quotas.

Le cartel et son allié la Russie avaient arraché, à la surprise générale, un accord de réduction de la production de 1,8 million de barils par jour. Les cours qui étaient passés sous les 30 dollars sont remontés autour de 60 dollars.

Etienne Goetz

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/030958051319-petrole-lopep-pret-a-prolonger-de-neuf-mois-son-accord-2134602.php#johgouWlMiMQP1S5.99

Le Niger au carrefour des conflits

Le Niger au carrefour des conflits

La région du Sahel est depuis longtemps une zone pauvre et instable. La présence de groupes djihadistes, de sections indépendantistes ainsi que la multiplicité des trafics touchent tous les pays de la zone. Au milieu, coincé entre sept pays, se trouve le Niger. Cet État, un des plus pauvres du monde, semble pourtant plus solide que ses voisins sur de nombreux points.

De nombreux groupes djihadistes sont présents à la frontière nigérienne. Pour s’en persuader, il suffit de regarder une carte : le pays est frontalier avec au moins quatre pays soumis à la pression terroriste, qui ont bien du mal à assurer la sécurité de leurs territoires respectifs. Pour rappel, à la frontière avec l’Algérie, la Libye et le Mali, des groupes djihadistes se sont développés, pour la plupart reliés à Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). A la frontière avec la Libye, le Niger subit en plus le conflit entre deux peuples : les Toubous et les Touaregs. Enfin, au Nigeria, situé au sud-est du pays, et plus particulièrement dans la région de Diffa, le groupe djihadiste Boko Haram est encore présent.

Certes, grâce à une politique active menée par Muhammadu Buhari, Idriss Deby et Mahamadou Issoufou respectivement présidents du Nigeria, du Tchad et du Niger, Boko Haram recule de plus en plus. Mais la lutte est loin d’être gagnée. Quant à l’opération militaire française Barkhane, dont le QG est basé au Tchad, elle apporte une aide non négligeable pour le rétablissement de la sécurité dans la région. Mais là encore, rien n’est acquis.

Une stabilité remarquable, malgré des aspects négatifs

Avec un taux de fécondité de 6,62 enfants par femme en moyenne (2016 – taux le plus élevé au monde), une place de dernier au classement de l’Indice de développement humain (IDH), et 60% de la population vivant avec moins de 1 dollar par jours, on pourrait très facilement penser que le Niger est un État failli. Et pourtant, des institutions existent toujours !

Pour tenter de comprendre cette stabilité, plusieurs éléments sont à prendre en compte.

Tout d’abord, le Niger a beaucoup moins de problèmes avec les velléités indépendantistes touaregs que ne peut l’avoir le Mali. En 1995, après quatre ans de guerre, un accord a été signé entre le pouvoir central et l’élite touareg. Celui-ci a donné une plus grande autonomie aux touaregs, et une véritable politique d’apaisement a été conduite entre Niamey et le Nord du Niger. En jouant la carte de la décentralisation, le gouvernement arrive à garder une influence sur son territoire, tout en laissant une grande autonomie aux différentes régions.

La relation solide entre le Tchad et le Niger est aussi l’un des marqueurs forts de la stabilité nigérienne. La coopération économique et militaire a été renforcée par un accord bilatéral signé en 2012 entre les deux pays. L’organisation du G5-Sahel (groupe comprenant cinq États sahéliens) est également en train de se mettre en place pour lutter contre les mouvements djihadistes.

Comme les autres pays de la région, le Niger est, par ailleurs, soutenu par l’aide extérieure dont il est très dépendant. Le pays aurait ainsi reçu 918 milliards de dollars d’aide au développement en 2014. De plus, 50 milliards de francs CFA auraient également étaient versés par l’Union européenne pour aider le Niger à contenir les migrations.

De nombreux pays sont aussi intéressés par le Niger sur le plan sécuritaire. La France et les États-Unis possèdent plusieurs bases militaires réparties dans le pays. Les Américains vont d’ailleurs inaugurer une nouvelle base à Agadez, entièrement destinée à l’usage des drones.

D’autres pays, comme l’Allemagne, souhaitent également s’implanter dans ce pays. La visite de la chancelière Angela Merkel le 10 octobre 2016 à Niamey en est bien la preuve.

Selon M. Olivier de Sardan, spécialiste du Niger, on ne peut pas considérer le Niger comme un « hub » sécuritaire au même titre que le Tchad. Néanmoins, il représente un point d’appui non négligeable dans la lutte contre le terrorisme.

Enfin, la stabilité du Niger prend racine dans le sentiment national que Niamey met beaucoup d’ardeur à entretenir. Fiers de se sentir nigériens, les Nigériens sont les premiers garants du respect et de la légitimité des institutions. Ainsi, d’après Afro-baromètre 2016, 92% de la population dit avoir un avis favorable sur l’armée. C’est le taux le plus élevé dans la région. À titre de comparaison, ce chiffre s’élève à 21% au Nigeria.

Mais le Niger n’est pas pour autant à l’abri des tempêtes. C’est loin d’être un État en paix. Les mouvances islamistes radicales sont bien réelles même si elles ont peu d’influence. De plus, le budget alloué à la défense dépasse les 5% du PIB national, ce qui est conséquent pour un pays comme celui-ci. Investir dans d’autres secteurs, comme l’éducation ou la santé, pourrait être un moyen efficace pour qu’apparaisse enfin un développement économique et social solide.

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/afrique-moyen-orient/29836-le-niger-au-carrefour-des-conflits

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Revue de presse nationale et internationale.

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