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Signature du contrat stratégique de la filière nucléaire

Signature du contrat stratégique de la filière nucléaire

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Par Cécile Crampon

Le 28 janvier 2019, un contrat stratégique de la filière nucléaire a été signé, pour la première fois de son histoire. Cette signature très attendue par toute la filière s’est tenue en présence de François de Rugy, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances et Dominique Minière, président du Comité stratégique de la filière nucléaire (CSFN), et de l’ensemble des acteurs concernés.

Qu’est-ce qu’un contrat stratégique de filière ?

Au sein de la filière nucléaire, « Orano, CEA, Andra, Framatome, EDF et toutes les PME/ETI, nous sommes tous persuadés que nous avons tout à gagner, à travailler ensemble. Conduire des actions clés communes, c’est le sens du contrat stratégique de filière », a rappelé Dominique Minière.

Pour définir ce contrat stratégique de filière, un Comité de pilotage stratégique de la filière nucléaire (CSFN) a été créé. Ses missions : identifier, d’une part, de façon convergente, au sein de ce contrat, les enjeux clés de la filière et les engagements réciproques de l’État et des industriels (exploitants nucléaires, industriels de la filière, syndicats, le pôle de compétitivité de la filière, la DGE, la DGEC), et d’autre part, émettre des propositions d’actions concrètes et suivre leur mise en œuvre, au travers d’une feuille de route partagée. En France, à ce jour, il existe 16 Comités stratégiques de filière (CSF), dans l’aéronautique, l’automobile, le ferroviaire, etc.

En parallèle, le GIFEN (Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire) est le nouveau syndicat de la filière dont les donneurs d’ordre, les industriels de la filière, les organisations professionnelles, et plus d’une vingtaine d’associations, sont membres. L’objectif est d’unir la filière pour « être plus forts, toutes compétences et expertises réunies, et permettre de conduire de manière cohérente les actions du contrat de la filière nucléaire et lui assurer la conservation, dans l’avenir, de ses savoirs faire » à l’échelle nationale mais aussi internationale, poursuit Dominique Minière.

Herve Maillart est le Coordonnateur du CSFN. Dominique Minière est le Président du CSFN et du GIFEN.

Ce contrat stratégique de la filière nucléaire signé entre l’Etat et les principaux acteurs du nucléaire français, ce lundi 28 janviers 2019, avait donc pour objectif de définir un plan d’actions ambitieux et cohérent pour la pérennité de la 3ème industrie en France.
Plus largement, ce contrat s’inscrit de façon concrète dans les orientations définies par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en matière d’énergie nucléaire et garantit aussi à la filière la visibilité, de long terme, dont elle a besoin pour préserver son savoir-faire national, maintenir les compétences dans la filière, et partir, dans les meilleures conditions, à la conquête de nouveaux marchés.

Le nucléaire, une énergie décarbonée, assurant la sécurité d’approvisionnement

La signature du contrat a été l’occasion de rappeler les fondamentaux qui caractérisent l’énergie nucléaire en France, « un pilier extrêmement important de notre politique française » pour François de Rugy. En effet, le nucléaire qui est une énergie bas carbone est incontournable dans la transition énergétique pour atteindre les objectifs climat que la France s’est donnée.
Le nucléaire est aussi une énergie fiable, disponible à la demande, 24h/24. Il constitue un atout indéniable pour la France où « le marché européen de l’électricité peut connaître des tensions sur le réseau électrique ». Le ministre de la Transition écologique et solidaire a rappelé que la fermeture programmée de centrales à charbon, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie, peuvent conduire à des dysfonctionnements du réseau électrique européen. Dans ce contexte, la France doit être capable d’assurer « une sécurité d’approvisionnement solide et stable ».

Le nucléaire, une réponse à la réindustrialisation de la France

Est-il utile de repréciser que l’énergie nucléaire est la 3ème filière industrielle française, (après l’aéronautique et l’automobile). La filière regroupe 2 600 entreprises dont plus de 50 % ont une activité à l’export et totalise aujourd’hui 220 000 emplois directs et indirects, non délocalisables. « Nous croyons à cette filière et nous voulons lui offrir un avenir », a résumé Bruno Le Maire. Il a appelé à la nécessité d’une reconquête industrielle du pays. A contrario, « toute désindustrialisation a des conséquences désastreuses, politiquement, financièrement, économiquement et culturellement ». La filière nucléaire est un atout s’inscrivant pleinement dans cette reconquête. Il s’agit bien de conserver cette filière d’excellence, « Made In France ».

 

6 actions structurantes dans le contrat stratégique de la filière nucléaire :

Action 1 : Garantir les compétences et l’expertise nécessaires pour une filière nucléaire attractive, sûre et compétitive

L’attractivité de la filière nucléaire est un enjeu fort pour cette industrie d’excellence, tout comme le domaine des compétences, même si, comme le notait Alexandre Grillat, secrétaire général CFE-CGC, « beaucoup de métiers du nucléaire sont communs aux autres industries dans son ensemble ».  De nombreux facteurs induisent des risques de fragilisation des compétences : déficit d’image des métiers de l’industrie auprès des jeunes, raréfaction des grands projets nucléaires, difficultés de maîtrise des procédés de fabrication ou de conduite des projets, dégradation de l’image de la filière auprès du public…Les objectifs sont clairs : il faut améliorer l’attractivité de cette industrie, de la filière nucléaire et de ses métiers par des actions en régions ; disposer d’offres de formations initiales et continues, pour permettre de maintenir des compétences et des recrutements de qualité dans la filière.
Action 2 : Structurer, avec l’aide du numérique, la supply chain et la démarche d’innovation au sein de la filière

L’état des lieux de l’utilisation du numérique mené par le GIFEN conduira à un certain nombre de développements, que l’Etat s’engage à examiner dans le cadre des investissements d’avenir. Pour un meilleur déploiement des solutions numériques auprès des PME/ETI, il sera également essentiel de mettre en place les infrastructures nécessaires, en local dans les régions et intercommunalités. L’Etat s’engage à prendre en compte les besoins exprimés par les industriels de la filière nucléaire dans les démarches et actions qui vont résulter de la mission « Territoires d’industrie », lancée par le premier Ministre. L’objectif est donc, d’une part, de faire bénéficier la filière nucléaire de l’ensemble des outils et des kits d’accompagnements proposés par la mission pour ces territoires (très haut débit, transports, compétences, financements…), et d’autre part, d’intégrer, dans les conclusions de la mission, les territoires concernés de la filière nucléaire.

Action 3 : Promouvoir une économie circulaire au sein de la filière

Concernant le recyclage des combustibles usés, il est considéré comme un élément majeur de la stratégie de la filière nucléaire française (cycle fermé). En effet, il permet d’économiser les matières premières et de réduire le volume et la toxicité des déchets, tout en les conditionnant de manière sûre et pérenne. Il s’appuie aujourd’hui sur l’utilisation opérationnelle de combustible MOX, qui permet un recyclage en réacteur à eau sous pression (REP) des matières issues du traitement des combustibles usés. Des études seront également menées pour le moxage de nouveaux réacteurs et le multi recyclage des matières.

Le recyclage des métaux de Très Faible Activité (TFA) est également évoqué. A noter qu’en France, plusieurs installations du cycle combustible ou de production d’électricité sont à l’arrêt et en cours de déconstruction. Après la phase d’exploitation, les exploitants sont responsables de la déconstruction et de la gestion des déchets issus de ses installations. Les déchets produits sont majoritairement à vie courte de très faible ou faible à moyenne activité. Dans les années à venir, avec la croissance attendue des activités de déconstruction, les flux de déchets de démantèlement des installations (par exemple les centrales et installations d’enrichissement) vont significativement augmenter, notamment les flux de métaux de très faible activité.

Cette action 3 rappelle la nécessité d’une concertation significative entre les pouvoirs publics, les organisations syndicales et les industriels, afin de disposer de feuilles de route pour anticiper les investissements sur le moyen/long-terme. Les échéances associées à ces feuilles de route R&D pouvant être très longues, la filière a besoin d’une grande stabilité et un soutien fort de l’Etat, au niveau des financements publics des orientations stratégiques retenues par l’Etat et de l’adaptation du cadre réglementaire.

Action 4 : Définir les réacteurs nucléaires de demain et les outils du futur

Cette action 4 porte en particulier sur le développement de l’EPR2 et d’un SMR (Small Modular Reactor), ainsi que de l’Usine nucléaire du futur.
L’objectif est de définir les réacteurs et outils du futur, en visant plus particulièrement à accélérer l’initiative « Usine Nucléaire du Futur », lancée par EDF, le CEA et Framatome, et à développer un modèle de SMR (Small Modular Reactor) de technologie française. Cet objectif s’inscrit dans le cadre de la PPE, où le Gouvernement a annoncé qu’il conduirait, avec la filière nucléaire, un programme de travail qui devra rendre ses conclusions à mi 2021, afin de permettre une prise de décision sur le lancement éventuel d’un programme de construction de nouveaux réacteurs en France, avec l’EPR2.

Action 5 : Disposer d’une stratégie globale filière à l’international

Le développement à l’international est l’un des axes de développement stratégique de la filière nucléaire française, valorisant les compétences et son savoir-faire, dans un marché de croissance, sur les décennies à venir, dans le monde. Une opportunité pour les grands acteurs (EDF, Framatome, Orano), mais également pour l’ensemble des entreprises de la filière. Cette démarche commerciale concerne d’une part, la vente de technologies (nouveau nucléaire, usines du cycle, etc.) et d’autre part, la vente de prestations et services sur tout le cycle de vie de l’industrie du nucléaire. L’offre française est également accompagnée d’un faisceau de prestations et de coopérations scientifiques et techniques à destination des pays souhaitant développer un programme électronucléaire. En promouvant à l’export les technologies, normes et solutions françaises, cette démarche commerciale a pour objectif de renforcer l’indépendance de l’industrie française vis-à-vis de l’influence d’acteurs étrangers et permettre de dégager des volumes d’affaire indispensables aux industriels. Au-delà du chiffre d’affaire, les projets nucléaires à l’export contribuent à renforcer la capacité de la filière à maintenir, dans le temps, des compétences nécessaires à la conception et la réalisation de grands projets industriels.

Action 6 : Lancer une démarche « filière » pour accélérer la transformation du tissu industriel vers l’industrie du futur

L’objectif est d’accompagner les entreprises de la filière pour mettre en œuvre les transformations numériques et technologiques nécessaires dans les années à venir. L’Etat et la filière s’engagent ici pour faciliter l’accès aux outils institutionnels nécessaires. Il s’agit par exemple de faciliter l’inscription des PME-ETI de la filière nucléaire aux outils, nationaux et régionaux ; d’accompagner la filière nucléaire pour le lancement de la première session « Accélérateur PME » qui sera lancée conjointement avec BPI France ; ou d’accompagner les actions de la filière nucléaire à l’export, via la mise en place d’outils d’information, de communication et de prospection lui permettant de construire et mettre en place sa stratégie puis de promouvoir ses offres.

 

Lien : communiqué de presse – Ministère de la Transition écologique et solidaire
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/signature-du-contrat-strategique-filiere-nucleaire

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Jean-Louis Etienne : « Il ne faut pas arrêter la recherche sur le nucléaire »

Jean-Louis Etienne : « Il ne faut pas arrêter la recherche sur le nucléaire »

Matthieu Quiret Le 30/12 à 15:22
Le grand RDV Europe 1 Jean-Louis Etienne.
Le grand RDV Europe 1 avec Jean-Louis Etienne. – Laurent Hazgui

L’explorateur, qui prépare une mission en Antarctique, estime que seule l’action des consommateurs peut entraver le réchauffement climatique. Il considère que les énergies renouvelables pourront uniquement s’imposer dans la consommation domestique.

L’Etat doit poursuivre les recherches mais c’est au citoyen d’agir. C’est en substance le propos qu’a développé dimanche l’explorateur Jean-Louis Etienne, lors de l’émission Le Grand Rendez-Vous Europe 1-CNews- « Les Echos » . Interrogé sur la difficulté de poursuivre la transition énergétique dans le contexte de dénonciation des inégalités sociales par les « gilets jaunes », l’ancien médecin a jugé d’abord nécessaire de rétablir la paix sociale et économique dans le pays. « C’est un ajustement difficile », a-t-il reconnu à propos de la mise en place des fiscalités écologiques. S’il juge « logique » d’établir une taxe carbone, Jean-Louis-Etienne comprend les réticences au changement des populations. « Les scientifiques sont écoutés sur le climat mais il s’agit de changer l’économie mondiale. Le monde marche au charbon alors que c’est le pire ennemi du climat. »

Sanctionner les banquiers

Pour lui, notre mode de vie est excessif en consommation de tout mais il ne croit pas à un virage collectif vers la décroissance : « Comme les produits de la croissance, on voit bien que c’est difficile de se partager les produits de la décroissance, elle peut s’appliquer à soi-même sur ses propres choix de vie personnels. » Le spécialiste des pôles juge que chaque consommateur doit agir. Il conseille par exemple de ne manger de la viande que deux fois par semaine, recommandant de manger des oeufs, « un aliment qui contient tout » ; ou de sanctionner les banquiers qui continuent d’investir dans des projets comme  la mine de charbon du Queensland en Australie.

Jean-Louis Etienne estime aussi que les énergies renouvelables pourront s’imposer uniquement dans la consommation domestique. Il assure que chaque maison peut s’alimenter avec quelques panneaux solaires photovoltaïques et thermiques, une petite éolienne verticale mais reste sceptique sur un développement plus massif. « Rien que pour alimenter le métro parisien et le RER, il faudrait 400 éoliennes », prévient-il.

Rare écologiste favorable au nucléaire, Jean-Louis Etienne rappelle qu’il faudra compter sur cette source d’énergie décarbonée. Plus que l’actuelle deuxième génération de réacteur ou le prochain EPR, l’explorateur mise sur la quatrième génération à fusion. « Elle permettra de digérer nos déchets et de produire beaucoup d’énergie. Il ne faut pas arrêter la recherche sur le nucléaire. »

Zéro émission

Dans l’immédiat, le premier homme à avoir atteint le pôle Nord en solitaire en 1986 est surtout à la recherche de sponsors privés pour  sa future expédition Polar Pod en Antarctique. Ce grand flotteur avec huit membres d’équipage doit se laisser dériver le long du courant qui circule autour du continent glacé pour mesurer la dissolution du CO2 dans ces eaux froides. « On a besoin de connaître les échanges entre l’atmosphère et l’océan », justifie-t-il. L’Etat participera à la construction du navire qui coûtera 15 millions d’euros et doit débuter en fin d’année, le financement de la mission elle-même restant à trouver auprès des donateurs. L’explorateur promet un appareil sans émission, alimenté par six éoliennes et juste équipé d’un groupe électrogène de secours.

Matthieu Quiret
@MQuiret

Le Kazakhstan, un acteur nucléaire à connaître

21.01.2019

Le Kazakhstan, un acteur nucléaire à connaître

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Par la rédaction

Grand comme cinq fois la France, le Kazakhstan, qui regorge de matières premières (fossiles et minérales), est devenu un acteur incontournable de la scène énergétique mondiale, notamment dans la production d’uranium. Aujourd’hui, il affiche de nouvelles ambitions.

Des mines d’uranium

Acteur mondial du nucléaire, le Kazakhstan ne l’est pas par son parc nucléaire installé mais par son rôle dans l’approvisionnement en uranium. Avec 13 % des réserves du globe, ce pays d’Asie est au deuxième rang mondial, derrière l’Australie. Si cette richesse est exploitée depuis près de cinquante ans, il a fallu attendre la généralisation de l’extraction par lixiviation in situ [1], à partir de la fin des années 1990, pour que le Kazakhstan s’y intéresse de près. En une dizaine d’années, de 2001 à 2013, sa production d’uranium a été décuplée et en 2016 le pays produisait 39 % de l’uranium mondial (24 500 tonnes).

Le Kazakhstan peut en effet compter sur 50 gisements d’uranium répertoriés, dont une partie est exploitée dans 17 mines. L’intégralité de l’exploitation de cette ressource est supervisée par Kazatomprom. L’entreprise d’État kazakhstanaise, créée en 1997, s’est hissée en quelques années au rang de premier producteur mondial d’uranium, devant le canadien Cameco et le français Orano. Soutenue par les ambitions économiques de l’État kazakhstanais, dès 2008, Kazatomprom avait fait part de sa volonté de produire 30 % de l’uranium mondial en 2015 (il en produisit 39 % cette année-là).

La France présente

La France est un partenaire de longue date du  Kazakhstan dans l’amont du cycle nucléaire. En 1996, la coentreprise KATCO est créée entre la Cogema (devenue Orano) et la société kazakhstanaise KATEP pour exploiter le gisement de Muyunkum au Sud du pays. C’est toujours via cette coentreprise, mais désormais avec Kazatomprom, qu’Orano y exploite ce gisement sur les deux sites de Muyunkum et Tortkuduk, séparés d’une quarantaine de kilomètres, avec la technologie de lixiviation in situ. Grâce à une rapide montée en puissance de la production décidée à partir de 2008, l’entreprise française y extrait entre 3 200 et 4 000 tonnes d’uranium par an, soit près de la moitié de sa production mondiale.

Fabrication du combustible, production électronucléaire : de nouvelles ambitions

Dans le passé, le Kazakhstan était un producteur d’électricité nucléaire, avec la mise en service, en 1973, du réacteur BN-350 dans la ville actuelle d’Aktaou, sur les rives de la mer Caspienne. Ce réacteur à neutrons rapides et à caloporteur sodium a fonctionné jusqu’en 1993. Il alimentait notamment en énergie l’usine de dessalement de la ville. Premier grand réacteur à neutrons rapides de l’URSS, il a servi de modèle à la gamme russe actuelle de RNR, y compris le BN-1200 en construction.

D’ici 2030, le Kazakhstan ambitionne de produire 4,5 % de son électricité à partir de l’énergie nucléaire. Pour y parvenir, le pays étudie sérieusement la possibilité de construire deux réacteurs russes VBER-300 ou un VVER-1200 à Kourtchatov, au Nord-Est du pays. En septembre 2017 le ministère de l’énergie kazakhstanais a annoncé la réalisation d’une étude de faisabilité pour confirmer la construction de cette première centrale.

Une autre ambition nucléaire se dessine. En 2014, un accord a été signé avec le géant nucléaire chinois CGN pour construire une usine de production d’assemblages de combustible nucléaire de 200 t/an. Financée à 49 % par l’entreprise chinoise, elle devrait  permettre au Kazakhstan de valoriser directement son uranium et d’approvisionner les centrales chinoises. La France est partenaire du projet, au travers d’Orano.

Crédit photo : Shutterstock

1.Technique consistant à injecter une solution dans un minerai par le biais d’un forage puis à pomper les produits dissous avec un nouveau forage.

http://www.sfen.org/rgn/kazakhstan-acteur-nucleaire-connaitre?utm_source=RGH_Hebdo&utm_medium=email&utm_campaign=Hebdo

L’entente américano-chinoise qui a permis l’extraction de matières nucléaires au Nigeria

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L’entente américano-chinoise qui a permis l’extraction de matières nucléaires au Nigeria

L’opération a été rondement menée même si elle comportait de nombreux risques. En octobre 2018, une équipe d’experts américains, britanniques, norvégiens et chinois ont extrait, en compagnie de sous-traitants tchèques et russes, de l’uranium dans la région de Kaduna au Nigeria. L’objectif était d’éloigner toutes ces matières nucléaires des groupes terroristes nigériens. Une mission que les Etats-Unis voulaient effectuer depuis déjà quelques temps.

Le site Defense News explique tout le déroulé de cette opération. L’équipe a d’abord été réunie dans une zone sure au Ghana. La cible : le réacteur de recherche miniature NIRR-1, situé à l’Université Ahmadu Bello de Kaduna, site qui a ouvert en 2004 et où travaillent 170 nigériens et qui alimente les expériences scientifiques. NIRR-1 ne possède qu’un peu plus d’un kilo d’uranium hautement enrichie (UHE également appelé uranium de qualité militaire), c’est-à-dire une dose insuffisante pour créer une ogive nucléaire. Mais si des groupes terroristes mettaient la main dessus, ils n’auraient qu’à y ajouter du matériel obtenu ailleurs pour créer une explosion conséquente.

D’où l’importance de l’intervention dans cette région sensible, où des groupes terroristes et idéologiques tels que Boko Haram montent en puissance. Dans ce contexte, et pour des raisons de sécurité, l’équipe de chercheurs n’avait donc que 24 heures pour agir pour une mission qui demande plusieurs jours en temps normal. L’opération, initialement prévue le 20 octobre, va même connaître un retard de trois jours à cause d’un couvre-feu imposé par l’Etat après des violences communautaires qui ont causé la mort de 55 personnes.

L’équipe a donc atterri le 23 octobre au Nigeria. Avec eux, un TUK-145 / C, conteneur de 30 litres permettant de transporter l’uranium en toute sécurité. A 9h, les experts, rejoints par l’U.S. State Department security (service de sécurité diplomatique américain) ainsi que la première division de l’armée du Nigeria, sont arrivés au réacteur.

Au terme d’une journée exténuante physiquement pour respecter les délais, l’équipe parvient finalement à extraire le matériel contenu dans le réacteur, ce dernier plongé dans une piscine à 6 mètres de profondeur. L’UHE est ensuite transporté directement en Chine où l’avion a atterri le 6 décembre. Les autorités chinoises se sont alors emparés du matériel et sont désormais seuls décideurs du sort de celui-ci. A en croire Defense News, il pourrait bien être retraité et stocké.

Bien que de réelles tensions et désaccords existent entre le USA et la Chine, l’opération s’est parfaitement bien déroulée et le deux gouvernements prouvent qu’ils sont capables de travailler ensemble pour prévenir la prolifération du nucléaire. D’autant que la Chine n’avait pas participé financièrement à la réalisation de cette mission.

Vu sur : Defense News
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

1/10 – « L’EPR, l’atout de la transition énergétique »

L’information de référence sur l’énergie nucléaire

08.11.2018

1/10 – « L’EPR, l’atout de la transition énergétique »

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Interview de Xavier Ursat, Directeur Exécutif d’EDF en charge de l’ingénierie et du nouveau nucléaire

Avec l’EPR, les difficultés sont-elles derrière nous ?

Xavier Ursat : L’EPR est en train de vivre une phase éminemment importante de son histoire. Taishan 1 est, depuis avril dernier, le premier EPR à avoir été mis en service. Ce réacteur produit depuis une électricité décarbonée, avec un niveau de puissance et de sûreté jamais égalé. Trois autres EPR se préparent à produire leurs premiers mégawatts dans le monde : Taishan 2, Olkiluoto et Flamanville 3. Autant de projets qui aboutissent, gages de crédibilité et de confiance essentiels pour le développement de la filière nucléaire française, à un moment où le nucléaire doit être considéré comme un levier de la lutte contre le réchauffement climatique, aux côtés des énergies renouvelables.

Et même si aujourd’hui nous devons déployer un plan d’actions pour garantir la parfaite réalisation des soudures de Flamanville 3, nous sommes plus que jamais convaincus que l’EPR français, comme Taishan, sera pour nous et nos partenaires une réussite. Nous sommes engagés dans la dernière ligne droite avant la mise en service du réacteur au 4e trimestre 2019. 4 500 personnes s’affairent pour poursuivre les autres activités de montage et d’essais ; le début des essais dits « à chaud » [1] est ainsi programmé avant la fin de cette année.

 

Peut-on s’appuyer sur la technologie EPR pour renouveler le parc français ?

J’en suis absolument convaincu. L’EPR est aujourd’hui le produit dont nous avons besoin pour accompagner l’évolution du parc français actuel ; il s’inscrit dans la continuité des réacteurs existants et offre les meilleurs standards en termes de sûreté ainsi que des performances économiques et environnementales améliorées.

Nous devons néanmoins faire la preuve de sa compétitivité. L’AIEA l’a souligné dans une analyse publiée en septembre 2018 [2]. Cette exigence, la filière nucléaire française peut l’avoir. Les premiers chantiers ont permis à la technologie EPR d’atteindre la maturité et d’initier une dynamique industrielle qui entraîne, de projet en projet, une réduction des coûts et de délais de mise en oeuvre.

Pour renforcer cette dynamique « naturelle » commune à toutes les industries, nous travaillons depuis plusieurs années à intégrer tout le retour d’expérience des chantiers EPR en cours, tant sur le plan industriel que sur celui des méthodes d’ingénierie et des outils. Nous avons ainsi engagé, avec Framatome et les industriels de la filière, le projet « EPR 2 » dont l’ambition est de disposer d’un réacteur EPR au design simplifié, moins coûteux et plus facile à construire, pour renouveler le parc nucléaire français à l’horizon 2030.

Dispose-t-on des compétences nécessaires pour se donner cette ambition ?

X.U. : Nous avons toutes les cartes en main.

Tout d’abord, une filière industrielle structurée et aguerrie. Ses 220 000 salariés assurent chaque année en France 400 TWh d’une production sûre, compétitive, décarbonée ; c’est une formidable vitrine qui convainc les pays qui font le choix du nucléaire.

Ensuite, notre implication dans les chantiers EPR à Flamanville et dans le monde. Ces projets sont de réelles opportunités de renforcer notre savoir-faire. Les milliers d’ingénieurs détachés par EDF, Framatome et toutes les  entreprises françaises y accumulent une expérience précieuse de construction, immédiatement mutualisée et mise à profit. Au-delà, ces projets contribuent à lisser la charge de travail de l’ingénierie et à optimiser les  investissements matériels et humains, indispensables au dynamisme d’une industrie. Autant de leviers susceptibles de réduire significativement le coût des projets et donc de renforcer leur compétitivité.

Pour faire face aux défis du changement climatique, l’urgence absolue est au développement rapide des énergies bas carbone : les énergies renouvelables et le nucléaire

Tout ce travail engagé commence à porter ses fruits. Mais être capables de disposer des compétences nécessaires pour mettre en oeuvre de nouveaux chantiers suppose, aussi, une stratégie industrielle claire. C’est en donnant de la visibilité à nos partenaires sur les projets industriels susceptibles d’être réalisés en France et à l’export que la filière nucléaire pourra engager les recrutements et les formations nécessaires au développement des compétences dont notre industrie se compose.

Vous parlez de projets internationaux ; quelles sont, à ce jour, les perspectives internationales de l’EPR ?

X.U. : Pour faire face aux défis du changement climatique, l’urgence absolue est au développement rapide des énergies bas carbone : les énergies renouvelables et le nucléaire. Dans ce contexte, le raccordement au réseau de Taishan est  un réel gage de crédibilité pour vendre notre savoir- faire partout dans le monde.

La Chine mène de loin l’activité nucléaire la plus intense : 50 % des réacteurs construits dans le monde dans les vingt ans le seront là-bas. La part de production d’électricité d’origine nucléaire dans leur mix représentera près de 10 % en 2030-2035, plus du double d’aujourd’hui. Nos partenaires et le gouvernement chinois souhaitaient attendre la mise en service des deux EPR de Taishan pour parler d’avenir.

Autre marché : l’Inde. Là encore, la dynamique est très forte, avec une ambition de 40 GW de capacité nucléaire installée à horizon 2040, soit six fois plus qu’aujourd’hui où le charbon domine. Pour atteindre cette croissance rapide, les Indiens utilisent deux leviers : accélérer la construction de centrales sur la base de leur propre technologie, d’une part, importer des technologies étrangères d’autre part. L’EPR est à ce jour le seul réacteur de troisième génération au monde à avoir obtenu une licence dans quatre pays différents. C’est un avantage concurrentiel certain, que les Indiens ont bien compris. Ainsi, un accord définitif pour la construction de six réacteurs sur le site de  Jaitapur pourrait être signé dans les prochains mois, faisant de ce site la plus grande centrale nucléaire au monde.

D’autres pays ont exprimé leur intérêt pour la technologie EPR, dont l’Arabie saoudite. Mais encore une fois, le lancement de tous ces projets dépendra de notre capacité à démontrer la compétitivité du nucléaire face aux autres moyens de production d’électricité. Nous sommes confiants dans notre capacité à y arriver même si cela reste un challenge. C’est pour cela que nous sommes dans une logique de réplication du design pour ne pas avoir à refaire des travaux d’ingénierie, et donc faire des économies.

Au-delà du seul réacteur EPR, où en est EDF sur le développement des réacteurs de moyenne puissance et sur les SMR ?

X.U. : L’EPR est assurément le produit phare de la filière française ; mais nous travaillons en effet également sur une offre de réacteurs à eau pressurisée de « moyenne puissance » (1 000 mégawatts). Ce sont les projets ATMEA (en coopération avec MHI) et Hualong (en coopération avec CGN), pour lesquels nous pouvons bénéficier du retour d’expérience de conception et de construction des projets actuels pour développer le basic design de ces nouveaux modèles, qui offriront un niveau de sûreté équivalent aux réacteurs de 3e génération.

Les SMR offrent également des perspectives très prometteuses sur le marché nucléaire international, sur l’ensemble des continents, y compris en Europe. Nous avons ainsi engagé avec le CEA, Naval Group et Technicatome des études d’avant-projet pour la conception d’un réacteur destiné aux marchés à l’export, avec l’objectif de devenir, là aussi, un des leaders mondiaux.

Finalement, le réacteur EPR sera-t-il capable d’accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables ?

X.U. : Le parc nucléaire d’EDF en France a déjà largement démontré sa capacité à accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables. Les centrales nucléaires ont, depuis les années 1980, toujours été manoeuvrantes pour pouvoir ajuster en permanence la production d’électricité à la consommation très variable selon les moments de la journée et de la nuit. Ces dernières années, avec le développement des énergies renouvelables intermittentes, EDF a encore renforcé la souplesse de fonctionnement de ses réacteurs. Aujourd’hui, les réacteurs nucléaires sont capables d’ajuster jusqu’à 80 %, à la hausse ou à la baisse, leur puissance en 30 minutes et ce, deux fois par jour. Cela représente plus de 1 000 MW sur un réacteur de 1 300 MW et 700 MW sur un réacteur de 900 MW.

Nous devons donc tout faire pour conserver cet atout et les aléas que nous pouvons rencontrer ne doivent pas nous faire douter que le nucléaire sûr et performant est une énergie majeure pour l’avenir car sans CO2. La filière nucléaire française est aujourd’hui parfaitement en ordre de marche pour conduire de nouveaux projets et continuer ainsi à faire du nucléaire un atout majeur de notre mix bas carbone, à même de fournir, en permanence, sans coupure, l’énergie la plus bas carbone et la plus compétitive possible, tout en assurant son indépendance énergétique.

 

Crédit photo : F. Juery / CAPA Pictures

1.Ces essais seront réalisés dans des conditions de température et de pression similaires aux conditions d’exploitation. Il s’agit d’une répétition générale du fonctionnement de la centrale avant le chargement du combustible nucléaire et sa mise en  service.

2.The 38th edition of Energy, Electricity and Nuclear Power Estimates for the Period up to 2050.

http://www.sfen.org/rgn/1-10-epr-atout-transition-energetique

La Russie lance sa toute première centrale nucléaire flottante

Akademik Lomonosov

La Russie lance sa toute première centrale nucléaire flottante

© Sputnik . Alexei Danichev
Russie

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L’agence fédérale de l’énergie atomique Rosatom a mis en service le réacteur de la première centrale nucléaire flottante russe, baptisée Akademik Lomonosov.

Le réacteur de la première centrale nucléaire thermique russe sur l’eau, nommée Akademik Lomonosov, a été mis en service ce vendredi par l’agence fédérale de l’énergie atomique Rosatom, a déclaré à Sputnik une source informée.

«Le lancement physique du réacteur tribord a eu lieu ce vendredi à 17h58, heure de Moscou. Il a atteint son niveau de puissance minimale», a détaillé l’interlocuteur de Sputnik.

Akademik Lomonosov
© Sputnik . Sergey Mamontov
Akademik Lomonosov

L’Akademik Lomonosov pèse pas moins de 21.560 tonnes, sa longueur est de 144,5 mètres et sa largeur de 30 mètres. Il utilise deux réacteurs nucléaires KLT40S flottants ayant chacun la capacité de produire de l’énergie tant électrique que thermique.

La construction de la centrale a commencé en 2007 dans la ville russe de Severodvinsk. En 2018, elle a été transférée à Saint-Pétersbourg. Sa mission est d’alimenter en électricité les régions de l’Extrême-Orient et du Grand Nord.

https://fr.sputniknews.com/russie/201811021038748621-russie-centrale-nucleaire-flottante/?utm_source=RGH_Hebdo&utm_medium=email&utm_campaign=Hebdo

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La guerre en Syrie a montré que les Forces armées US ont perdu leur supériorité en matière conventionnelle au profit de la Russie. La mise au point par Moscou d’une nouvelle génération de vecteurs nucléaires hypersoniques devrait également attester le dépassement des États-Unis en matière nucléaire. Cherchant à rattraper son retard, le Pentagone entend profiter —tant qu’il en est encore temps— de sa supériorité quantitative nucléaire pour imposer ses choix à la Russie et à la Chine.

| Mexico (Mexique)

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Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et Joseph Dunford (président du Comité des chefs d’état-major).

Si vis pacem, para bellum [1]

La revue Foreign Affairs, de l’influent Council on Foreign Relations, vient d’exposer crûment le débat en cours sur une guerre nucléaire que les US pourraient livrer à la Russie et à la Chine [2].

Il y a d’abord un article de Elbridge Colby –l’un des principaux auteurs de Stratégie de défense nationale du Pentagone [3], qui proclame la fin de la guerre effective contre le terrorisme et le retour de la concurrence entre les grandes puissances– avec pour mot d’ordre stratégique : « si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre nucléaire » [4]

Colby, le sous-secrétaire adjoint en charge de la stratégie et du développement de la force, prévient : toute confrontation avec la Russie et avec la Chine pourrait devenir nucléaire si, au cours d’un combat se durcissant et devenant plus incertain, chaque combattant était tenté de saisir son épée nucléaire pour tester la résolution de la partie adverse, pour relever le défi, ou tout simplement pour pouvoir continuer le combat.

Selon Colby, le meilleur moyen pour éviter une guerre nucléaire, c’est d’être prêt à en livrer une à caractère limité (sic) ; et les USA sont disposés à réaliser des opérations nucléaires efficaces (sic) autant que limitées.

André Damon, du site trotskiste WSWS  [5] revient sur la menace de Trump de retirer les USA du Traité INF, sur les forces nucléaires intermédiaires [6], qui interdit aux USA et à la Russie de développer des missiles de portée entre 500 et 5 500 km.

Damon considère que la menace de Trump met en danger la vie de millions de gens en Europe et en Asie orientale, en planifiant un feu croisé contre Pékin et contre Moscou. Et les USA ne cachent plus leur envie d’utiliser les armes nucléaires dans leurs combats, où il n’y aurait plus aucune limite, dans l’objectif de vaincre les « adversaires ».

Damon ajoute que ces plans se réalisent en secret avec la complicité du New York Times et du Parti démocrate, qui est resté presque silencieux quant aux conséquences et au danger d’une guerre mondiale.

George Shultz, le puissant secrétaire d’État sous la présidence républicaine de Ronald Reagan, défend l’INF : “nous devons préserver ce traité nucléaire”, dit-il. [7].

Shultz fait remarquer que les armes nucléaires sont une menace pour le monde, et entreprend l’apologie justifiée de la signature du Traité, en 1987, par Ronald Reagan le président républicain d’alors, et par le dirigeant de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbatchov  [8].

Il critique les menaces de Trump de lâcher l’INF sous prétexte de violations de la part de la Russie, et il profite de l’occasion pour inviter d’autres pays à rejoindre les signataires du traité, et à résister à la tentation US de développer de nouvelles espèces d’armes létales ; il propose pour cela, comme étape préliminaire une réunion des experts des US et de la Russie pour discuter des violations éventuelles.

À l’époque, le traité avait suscité un fort scepticisme, mais George Schultz soutient qu’il a été possible de réaliser « des inspections étendues in situ pour vérifier que tous les missiles interdits avaient bien été éliminés ». Et déjà en 1992, quelque 2700 missiles avaient été détruits [9].

Shultz cite à ce sujet une phrase clé du tsar Vlady Poutine proférée il y a un an : « si l’on me demande si le désarmement nucléaire est possible ou pas, je dirai oui, c’est possible. Est-ce que la Russie souhaite ou pas le désarmement nucléaire universel ? La réponse est oui, encore une fois, si la Russie en a le désir, et elle va y travailler ».

Shultz rappelle que dans la Révision de la position nucléaire des US [10] était : « Les US restent engagés dans leurs efforts pour appuyer l’élimination globale, en dernière instance, des armes nucléaires, biologiques et chimiques ».

Les USA ont réduit leurs réserves nucléaires à hauteur de 85 % depuis le paroxysme lors de la Guerre froide, et n’ont pas déployé de nouvelles capacités nucléaires durant plus de deux décennies » [11] . L’ancien secrétaire d’État de Ronald Reagan conclut que ce n’est pas le moment de construire de grands arsenaux d’armes nucléaires. Il est temps d’éliminer cette menace du monde entier.

Le pire serait de croire que la Russie et la Chine vont rester les bras croisés.

Source
La Jornada (Mexique)

[1] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

[2] “What’s Inside. Nearly three-quarters of a century into the atomic age, it is sobering to consider how little we really know”, Gideon Rose, Foreign Affairs, November/December 2018.

[3] « La nueva estrategia de defensa del Pentágono entierra cualquier cooperación con Rusia », Sputnik, 20 de Enero de 2018.

[4] “If You Want Peace, Prepare for Nuclear War. A Strategy for the New Great-Power Rivalry”, Elbridge Colby, Foreign Affairs, November/December 2018.

[5] “US missile treaty withdrawal : “Prepare for nuclear war””, Andre Damon, WSWS, October 24, 2018.

[6] « Embajadora de EU en la OTAN amenaza a Moscú con una guerra. Afirma que los misiles rusos violan el tratado INF », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Octubre de 2018.

[7] “We Must Preserve This Nuclear Treaty”, George P. Shultz, The New York Times, October 25, 2018.

[8] « Le retour des euromissiles se prépare », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 26 octobre 2018.

[9] “Factsheet INF Treaty : At a Glance”, Bureau of Arms Control, Verification and Compliance, US Department of State, December 8, 2017.

[10] « « Revisión de la postura nuclear » del Pentágono : EU contra Rusia y China », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 18 de Febrero de 2018.

[11] Nuclear Posture Review 2018. US Defense department, January 2018.

 

Alfredo Jalife-Rahme

Alfredo Jalife-Rahme Professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Il publie des chroniques de politique internationale dans le quotidien La Jornada. Dernier ouvrage publié : China irrumpe en Latinoamérica : ¿dragón o panda ? (Orfila, 2012).

 

 

http://www.voltairenet.org/article203714.html

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La guerre en Syrie a montré que les Forces armées US ont perdu leur supériorité en matière conventionnelle au profit de la Russie. La mise au point par Moscou d’une nouvelle génération de vecteurs nucléaires hypersoniques devrait également attester le dépassement des États-Unis en matière nucléaire. Cherchant à rattraper son retard, le Pentagone entend profiter —tant qu’il en est encore temps— de sa supériorité quantitative nucléaire pour imposer ses choix à la Russie et à la Chine.

| Mexico (Mexique)

JPEG - 32.2 ko
Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et Joseph Dunford (président du Comité des chefs d’état-major).

Si vis pacem, para bellum [1]

La revue Foreign Affairs, de l’influent Council on Foreign Relations, vient d’exposer crûment le débat en cours sur une guerre nucléaire que les US pourraient livrer à la Russie et à la Chine [2].

Il y a d’abord un article de Elbridge Colby –l’un des principaux auteurs de Stratégie de défense nationale du Pentagone [3], qui proclame la fin de la guerre effective contre le terrorisme et le retour de la concurrence entre les grandes puissances– avec pour mot d’ordre stratégique : « si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre nucléaire » [4]

Colby, le sous-secrétaire adjoint en charge de la stratégie et du développement de la force, prévient : toute confrontation avec la Russie et avec la Chine pourrait devenir nucléaire si, au cours d’un combat se durcissant et devenant plus incertain, chaque combattant était tenté de saisir son épée nucléaire pour tester la résolution de la partie adverse, pour relever le défi, ou tout simplement pour pouvoir continuer le combat.

Selon Colby, le meilleur moyen pour éviter une guerre nucléaire, c’est d’être prêt à en livrer une à caractère limité (sic) ; et les USA sont disposés à réaliser des opérations nucléaires efficaces (sic) autant que limitées.

André Damon, du site trotskiste WSWS  [5] revient sur la menace de Trump de retirer les USA du Traité INF, sur les forces nucléaires intermédiaires [6], qui interdit aux USA et à la Russie de développer des missiles de portée entre 500 et 5 500 km.

Damon considère que la menace de Trump met en danger la vie de millions de gens en Europe et en Asie orientale, en planifiant un feu croisé contre Pékin et contre Moscou. Et les USA ne cachent plus leur envie d’utiliser les armes nucléaires dans leurs combats, où il n’y aurait plus aucune limite, dans l’objectif de vaincre les « adversaires ».

Damon ajoute que ces plans se réalisent en secret avec la complicité du New York Times et du Parti démocrate, qui est resté presque silencieux quant aux conséquences et au danger d’une guerre mondiale.

George Shultz, le puissant secrétaire d’État sous la présidence républicaine de Ronald Reagan, défend l’INF : “nous devons préserver ce traité nucléaire”, dit-il. [7].

Shultz fait remarquer que les armes nucléaires sont une menace pour le monde, et entreprend l’apologie justifiée de la signature du Traité, en 1987, par Ronald Reagan le président républicain d’alors, et par le dirigeant de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbatchov  [8].

Il critique les menaces de Trump de lâcher l’INF sous prétexte de violations de la part de la Russie, et il profite de l’occasion pour inviter d’autres pays à rejoindre les signataires du traité, et à résister à la tentation US de développer de nouvelles espèces d’armes létales ; il propose pour cela, comme étape préliminaire une réunion des experts des US et de la Russie pour discuter des violations éventuelles.

À l’époque, le traité avait suscité un fort scepticisme, mais George Schultz soutient qu’il a été possible de réaliser « des inspections étendues in situ pour vérifier que tous les missiles interdits avaient bien été éliminés ». Et déjà en 1992, quelque 2700 missiles avaient été détruits [9].

Shultz cite à ce sujet une phrase clé du tsar Vlady Poutine proférée il y a un an : « si l’on me demande si le désarmement nucléaire est possible ou pas, je dirai oui, c’est possible. Est-ce que la Russie souhaite ou pas le désarmement nucléaire universel ? La réponse est oui, encore une fois, si la Russie en a le désir, et elle va y travailler ».

Shultz rrappelle que dans la Révision de la position nucléaire des US [10] était : « Les US restent engagés dans leurs efforts pour appuyer l’élimination globale, en dernière instance, des armes nucléaires, biologiques et chimiques ».

Les USA ont réduit leurs réserves nucléaires à hauteur de 85 % depuis le paroxysme lors de la Guerre froide, et n’ont pas déployé de nouvelles capacités nucléaires durant plus de deux décennies » [11] . L’ancien secrétaire d’État de Ronald Reagan conclut que ce n’est pas le moment de construire de grands arsenaux d’armes nucléaires. Il est temps d’éliminer cette menace du monde entier.

Le pire serait de croire que la Russie et la Chine vont rester les bras croisés.

Source
La Jornada (Mexique)

[1] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

[2] “What’s Inside. Nearly three-quarters of a century into the atomic age, it is sobering to consider how little we really know”, Gideon Rose, Foreign Affairs, November/December 2018.

[3] « La nueva estrategia de defensa del Pentágono entierra cualquier cooperación con Rusia », Sputnik, 20 de Enero de 2018.

[4] “If You Want Peace, Prepare for Nuclear War. A Strategy for the New Great-Power Rivalry”, Elbridge Colby, Foreign Affairs, November/December 2018.

[5] “US missile treaty withdrawal : “Prepare for nuclear war””, Andre Damon, WSWS, October 24, 2018.

[6] « Embajadora de EU en la OTAN amenaza a Moscú con una guerra. Afirma que los misiles rusos violan el tratado INF », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Octubre de 2018.

[7] “We Must Preserve This Nuclear Treaty”, George P. Shultz, The New York Times, October 25, 2018.

[8] « Le retour des euromissiles se prépare », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 26 octobre 2018.

[9] “Factsheet INF Treaty : At a Glance”, Bureau of Arms Control, Verification and Compliance, US Department of State, December 8, 2017.

[10] « « Revisión de la postura nuclear » del Pentágono : EU contra Rusia y China », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 18 de Febrero de 2018.

[11] Nuclear Posture Review 2018. US Defense department, January 2018.

http://www.voltairenet.org/article203714.html

Urgence climatique : peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

29.10.2018

Urgence climatique : peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

urgence_climatique_-_peut-on_se_passer_de_lenergie_nucleaire.jpg
Par la rédaction

La France s’est fixée à la fois une ambition nationale et internationale dans la lutte contre le changement climatique. Trois ans après la COP21, et l’accord mondial sur l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C en 2100, le dernier rapport du GIEC alerte que la limite pourrait être atteinte entre 2030 et 2050. En France aussi, si le Plan climat a fixé un objectif de décarbonation à 2050, les émissions ont encore augmenté de 4 % en 2017. Dans ce contexte, la SFEN a publié mi-octobre une note faisant l’état des lieux entre énergie nucléaire et lutte contre le changement climatique. Voici ses principales conclusions.

Le nucléaire est une source d’énergie bas carbone reconnue

La même méthodologie (ACV) est utilisée aujourd’hui dans tous les secteurs pour calculer le bilan environnemental d’un service ou d’un produit. Le GIEC établit la médiane des émissions du nucléaire au niveau mondial à 12 g/kWh. En France, les émissions se situent dans la fourchette basse (jusqu’à 4-5  g/KWh selon certaines études), en raison du faible contenu carbone de l’électricité utilisée pour l’étape d’enrichissement.

L’efficacité de l’énergie nucléaire à réduire les émissions de gaz à effet de serre est démontrée

L’énergie nucléaire est industriellement disponible et déployable à grande échelle, avec 455 réacteurs en opération aujourd’hui dans 30 pays différents. Sa production était en légère augmentation en 2017 et représentait 10,3 % de la production mondiale d’électricité. Depuis 1970, elle a permis d’éviter le rejet de plus de 60 Gt de CO2 dans le monde, soit l’équivalent de cinq années d’émission de CO2 du secteur électrique. Ceci en fait la deuxième énergie bas carbone contributrice derrière l’hydroélectricité. À l’exception de la Norvège, les pays européens qui ont réduit rapidement leurs émissions dans le secteur électrique (Suède, Suisse, France), combinent énergie nucléaire et hydroélectricité. Grâce à l’énergie nucléaire, la France est le plus décarboné (en émissions par habitant) des sept plus grands pays industrialisés (G7). Enfin, l’analyse du programme nucléaire suédois à partir de 1972 démontre la capacité du nucléaire à décarboner rapidement le système électrique : les émissions par habitant ont baissé de 75 % en moins de vingt ans.

A contrario, les mises à l’arrêt de centrales nucléaires ont abouti à une stagnation, voire une augmentation, des émissions de gaz à effet de serre

États-Unis, Europe, Japon : plusieurs pays ont vu des fermetures de centrales ces dernières années. Malgré d’importantes ressources financières et l’accès à la meilleure technologie, les politiques menées se révèlent inefficaces, voire contre-productives au plan climatique. En Californie, dans le Vermont, dans le New Jersey, on voit, avec des fermetures prématurées de centrales, que c’est le gaz de schiste, fortement émetteur de gaz à effet de serre, mais pilotable, qui se substitue à l’énergie nucléaire bas carbone. En Allemagne, malgré des investissements massifs (25  milliards d’euros par an), la part du charbon, l’énergie la plus polluante, est restée stable : le pays n’atteindra pas ses objectifs climatiques. Le Japon, avec le trop lent redémarrage des réacteurs nucléaires, reste le premier acheteur mondial de gaz liquéfié : ses électriciens montrent même un nouvel intérêt pour le charbon. En France, le scénario prévisionnel RTE pour 50 % de nucléaire en 2025 aurait nécessité de garder quatre centrales à charbon et de construire vingt nouvelles centrales à gaz. Alors que plus de 80 % de la dépense publique pour les énergies renouvelables reste focalisée sur le secteur électrique, très faiblement émetteur, plutôt que sur des secteurs fortement émetteurs, comme le chauffage, le pays est encore sorti, pour la troisième année consécutive, de sa trajectoire fixée par la stratégie bas carbone.

Le nucléaire sera indispensable, au côté des énergies renouvelables, pour atteindre les objectifs de décarbonation

La décarbonation du secteur électrique est au cœur des enjeux climatiques : l’électricité représente 40 % des émissions totales, et est encore dominée par le charbon et le gaz (63 % du total). Des solutions bas carbone sont disponibles. Décarboner l’électricité représente pourtant un défi considérable. Les derniers scénarios fixent maintenant la barre très haut, visant une décarbonation totale du système électrique à l’horizon 2050, alors qu’on s’attend en même temps, en raison de la croissance démographique et du rattrapage des pays émergents, à un doublement de la consommation électrique. En dépit d’investissements massifs, les énergies renouvelables ne suffisent pas à elles seules à soutenir le rythme de décarbonation nécessaire. Les institutions internationales (OCDEAIE, UE) estiment toutes qu’il faudra mobiliser l’ensemble des technologies bas carbone (renouvelables, nucléaire et CCS) pour réduire les émissions,et les scénarios 100 % renouvelables font l’objet de nombreuses critiques.

L’énergie nucléaire a le potentiel aujourd’hui pour décarboner plus et plus rapidement

Le nucléaire est industriellement disponible aujourd’hui dans tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre de la planète ; Chine, États-Unis, Inde, Europe, Japon… Il représente une véritable alternative bas carbone au charbon, puisqu’il permet lui aussi de produire de l’électricité de manière massive, avec une disponibilité moyenne de l’ordre de 90  %. Comme le montre l’exemple de la France, la flexibilité du nucléaire rend possible le développement des renouvelables variables. Il s’insère dans le système électrique européen et évite en bonne part le recours à des unités à gaz ou à charbon dans les pays qui développent des parcs renouvelables. De manière générale, l’électricité bas carbone est un outil privilégié par les scénarios de décarbonation profonde L’électrification des usages est facilitée par une électricité bon marché : une étude récente du MIT démontre, à travers l’analyse de plus de 1 000 scénarios, que le coût de production de l’électricité décarbonée est d’autant moins cher que le mix est diversifié et inclut toutes les sources disponibles, dont le nucléaire. Enfin, à long terme, avec le développement de nouveaux types de réacteurs, le nucléaire sera en mesure de décarboner d’autres secteurs que l’électricité, comme par exemple la production de chaleur industrielle.

Le retour des euromissiles se prépare

Le retour des euromissiles se prépare

Le Pentagone a finalement admis que le président Poutine ne bluffait pas lorsqu’il a présenté le nouvel arsenal russe aux membres de la Douma, le 1er mars 2018. Moscou est désormais nettement en avance en matière d’armement conventionnel. Or, compte tenu de l’état de leur recherche militaire, les États-Unis ne seront pas en mesure de créer rapidement un équivalent au missile hypersonique Avanguard. Le président Trump se prépare donc à dénoncer le traité INF et rééquiper son pays de missiles nucléaires à moyenne portée, seule solution pour rééquilibrer les forces.

| Damas (Syrie)

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L’annonce que « Trump met à la casse le traité nucléaire historique avec Moscou » —le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF en anglais)— n’était pas inattendue. Mais maintenant c’est officiel. Pour comprendre la portée de cet acte, on doit rappeler le contexte historique dont est issu le Traité.

Il est signé à Washington, le 8 décembre 1987, par le président des USA Ronald Reagan et par le président de l’URSS Michail Gorbatchev, mis d’accord l’année précédente au sommet de Reykjavik. Sur la base de ce traité les États-Unis s’engageaient à éliminer les « euromissiles » : les missiles balistiques Pershing 2, basés en Allemagne de l’Ouest, et les missiles de croisière lancés du sol, basés en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas ; l’Union Soviétique s’engageait à éliminer les missiles balistiques SS-20, basés sur son propre territoire.

Le traité FNI (Inf) déterminait non seulement un plafond au déploiement d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires, mais l’élimination de tous les missiles de cette catégorie : jusqu’en 1991 il en fut éliminé au total 2 692. La limite du traité consistait dans le fait qu’il éliminait les missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte lancés du sol, mais pas ceux qui étaient lancés depuis la mer et l’air. Malgré cela, le Traité FNI constituait un premier pas sur la voie d’un réel désarmement nucléaire.

Cet important résultat était dû substantiellement à l’« offensive du désarmement » lancée par l’Union Soviétique de Gorbatchev : le 15 janvier 1986, elle avait proposé non seulement d’éliminer les missiles soviétiques et états-uniens à portée intermédiaire, mais de mettre au point un programme complet, en trois phases, pour le bannissement des armes nucléaires pour l’an 2000. Projet qui resta sur le papier parce que Washington profita de la crise et de la désagrégation de la super-puissance rivale pour accroître la supériorité stratégique, y compris nucléaire, des États-Unis, demeurés unique super-puissance sur la scène mondiale.

Il n’est pas fortuit que le Traité FNI ait été mis en discussion par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie, la Chine et d’autres puissances. En 2014, l’administration Obama a accusé la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière de la catégorie interdite par le Traité, annonçant que « les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre », c’est-à-dire l’abandon du Traité FNI [1]

Le plan a été confirmé par l’administration Trump : durant l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par une plateforme mobile sur route. Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil Atlantique Nord au niveau des ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que « le traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant, qui constitue un sérieux risque pour notre sécurité ». Moscou nie que ce système de missiles viole le Traité FNI et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et en Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Selon des informations filtrées par l’Administration, les États-Unis se préparent à déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire lancés du sol non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi dans le Pacifique et en Asie contre la Chine.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article203648.html

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Revue de presse nationale et internationale.

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