Archives pour la catégorie Nucleaire

1/10 – « L’EPR, l’atout de la transition énergétique »

L’information de référence sur l’énergie nucléaire

08.11.2018

1/10 – « L’EPR, l’atout de la transition énergétique »

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Interview de Xavier Ursat, Directeur Exécutif d’EDF en charge de l’ingénierie et du nouveau nucléaire

Avec l’EPR, les difficultés sont-elles derrière nous ?

Xavier Ursat : L’EPR est en train de vivre une phase éminemment importante de son histoire. Taishan 1 est, depuis avril dernier, le premier EPR à avoir été mis en service. Ce réacteur produit depuis une électricité décarbonée, avec un niveau de puissance et de sûreté jamais égalé. Trois autres EPR se préparent à produire leurs premiers mégawatts dans le monde : Taishan 2, Olkiluoto et Flamanville 3. Autant de projets qui aboutissent, gages de crédibilité et de confiance essentiels pour le développement de la filière nucléaire française, à un moment où le nucléaire doit être considéré comme un levier de la lutte contre le réchauffement climatique, aux côtés des énergies renouvelables.

Et même si aujourd’hui nous devons déployer un plan d’actions pour garantir la parfaite réalisation des soudures de Flamanville 3, nous sommes plus que jamais convaincus que l’EPR français, comme Taishan, sera pour nous et nos partenaires une réussite. Nous sommes engagés dans la dernière ligne droite avant la mise en service du réacteur au 4e trimestre 2019. 4 500 personnes s’affairent pour poursuivre les autres activités de montage et d’essais ; le début des essais dits « à chaud » [1] est ainsi programmé avant la fin de cette année.

 

Peut-on s’appuyer sur la technologie EPR pour renouveler le parc français ?

J’en suis absolument convaincu. L’EPR est aujourd’hui le produit dont nous avons besoin pour accompagner l’évolution du parc français actuel ; il s’inscrit dans la continuité des réacteurs existants et offre les meilleurs standards en termes de sûreté ainsi que des performances économiques et environnementales améliorées.

Nous devons néanmoins faire la preuve de sa compétitivité. L’AIEA l’a souligné dans une analyse publiée en septembre 2018 [2]. Cette exigence, la filière nucléaire française peut l’avoir. Les premiers chantiers ont permis à la technologie EPR d’atteindre la maturité et d’initier une dynamique industrielle qui entraîne, de projet en projet, une réduction des coûts et de délais de mise en oeuvre.

Pour renforcer cette dynamique « naturelle » commune à toutes les industries, nous travaillons depuis plusieurs années à intégrer tout le retour d’expérience des chantiers EPR en cours, tant sur le plan industriel que sur celui des méthodes d’ingénierie et des outils. Nous avons ainsi engagé, avec Framatome et les industriels de la filière, le projet « EPR 2 » dont l’ambition est de disposer d’un réacteur EPR au design simplifié, moins coûteux et plus facile à construire, pour renouveler le parc nucléaire français à l’horizon 2030.

Dispose-t-on des compétences nécessaires pour se donner cette ambition ?

X.U. : Nous avons toutes les cartes en main.

Tout d’abord, une filière industrielle structurée et aguerrie. Ses 220 000 salariés assurent chaque année en France 400 TWh d’une production sûre, compétitive, décarbonée ; c’est une formidable vitrine qui convainc les pays qui font le choix du nucléaire.

Ensuite, notre implication dans les chantiers EPR à Flamanville et dans le monde. Ces projets sont de réelles opportunités de renforcer notre savoir-faire. Les milliers d’ingénieurs détachés par EDF, Framatome et toutes les  entreprises françaises y accumulent une expérience précieuse de construction, immédiatement mutualisée et mise à profit. Au-delà, ces projets contribuent à lisser la charge de travail de l’ingénierie et à optimiser les  investissements matériels et humains, indispensables au dynamisme d’une industrie. Autant de leviers susceptibles de réduire significativement le coût des projets et donc de renforcer leur compétitivité.

Pour faire face aux défis du changement climatique, l’urgence absolue est au développement rapide des énergies bas carbone : les énergies renouvelables et le nucléaire

Tout ce travail engagé commence à porter ses fruits. Mais être capables de disposer des compétences nécessaires pour mettre en oeuvre de nouveaux chantiers suppose, aussi, une stratégie industrielle claire. C’est en donnant de la visibilité à nos partenaires sur les projets industriels susceptibles d’être réalisés en France et à l’export que la filière nucléaire pourra engager les recrutements et les formations nécessaires au développement des compétences dont notre industrie se compose.

Vous parlez de projets internationaux ; quelles sont, à ce jour, les perspectives internationales de l’EPR ?

X.U. : Pour faire face aux défis du changement climatique, l’urgence absolue est au développement rapide des énergies bas carbone : les énergies renouvelables et le nucléaire. Dans ce contexte, le raccordement au réseau de Taishan est  un réel gage de crédibilité pour vendre notre savoir- faire partout dans le monde.

La Chine mène de loin l’activité nucléaire la plus intense : 50 % des réacteurs construits dans le monde dans les vingt ans le seront là-bas. La part de production d’électricité d’origine nucléaire dans leur mix représentera près de 10 % en 2030-2035, plus du double d’aujourd’hui. Nos partenaires et le gouvernement chinois souhaitaient attendre la mise en service des deux EPR de Taishan pour parler d’avenir.

Autre marché : l’Inde. Là encore, la dynamique est très forte, avec une ambition de 40 GW de capacité nucléaire installée à horizon 2040, soit six fois plus qu’aujourd’hui où le charbon domine. Pour atteindre cette croissance rapide, les Indiens utilisent deux leviers : accélérer la construction de centrales sur la base de leur propre technologie, d’une part, importer des technologies étrangères d’autre part. L’EPR est à ce jour le seul réacteur de troisième génération au monde à avoir obtenu une licence dans quatre pays différents. C’est un avantage concurrentiel certain, que les Indiens ont bien compris. Ainsi, un accord définitif pour la construction de six réacteurs sur le site de  Jaitapur pourrait être signé dans les prochains mois, faisant de ce site la plus grande centrale nucléaire au monde.

D’autres pays ont exprimé leur intérêt pour la technologie EPR, dont l’Arabie saoudite. Mais encore une fois, le lancement de tous ces projets dépendra de notre capacité à démontrer la compétitivité du nucléaire face aux autres moyens de production d’électricité. Nous sommes confiants dans notre capacité à y arriver même si cela reste un challenge. C’est pour cela que nous sommes dans une logique de réplication du design pour ne pas avoir à refaire des travaux d’ingénierie, et donc faire des économies.

Au-delà du seul réacteur EPR, où en est EDF sur le développement des réacteurs de moyenne puissance et sur les SMR ?

X.U. : L’EPR est assurément le produit phare de la filière française ; mais nous travaillons en effet également sur une offre de réacteurs à eau pressurisée de « moyenne puissance » (1 000 mégawatts). Ce sont les projets ATMEA (en coopération avec MHI) et Hualong (en coopération avec CGN), pour lesquels nous pouvons bénéficier du retour d’expérience de conception et de construction des projets actuels pour développer le basic design de ces nouveaux modèles, qui offriront un niveau de sûreté équivalent aux réacteurs de 3e génération.

Les SMR offrent également des perspectives très prometteuses sur le marché nucléaire international, sur l’ensemble des continents, y compris en Europe. Nous avons ainsi engagé avec le CEA, Naval Group et Technicatome des études d’avant-projet pour la conception d’un réacteur destiné aux marchés à l’export, avec l’objectif de devenir, là aussi, un des leaders mondiaux.

Finalement, le réacteur EPR sera-t-il capable d’accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables ?

X.U. : Le parc nucléaire d’EDF en France a déjà largement démontré sa capacité à accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables. Les centrales nucléaires ont, depuis les années 1980, toujours été manoeuvrantes pour pouvoir ajuster en permanence la production d’électricité à la consommation très variable selon les moments de la journée et de la nuit. Ces dernières années, avec le développement des énergies renouvelables intermittentes, EDF a encore renforcé la souplesse de fonctionnement de ses réacteurs. Aujourd’hui, les réacteurs nucléaires sont capables d’ajuster jusqu’à 80 %, à la hausse ou à la baisse, leur puissance en 30 minutes et ce, deux fois par jour. Cela représente plus de 1 000 MW sur un réacteur de 1 300 MW et 700 MW sur un réacteur de 900 MW.

Nous devons donc tout faire pour conserver cet atout et les aléas que nous pouvons rencontrer ne doivent pas nous faire douter que le nucléaire sûr et performant est une énergie majeure pour l’avenir car sans CO2. La filière nucléaire française est aujourd’hui parfaitement en ordre de marche pour conduire de nouveaux projets et continuer ainsi à faire du nucléaire un atout majeur de notre mix bas carbone, à même de fournir, en permanence, sans coupure, l’énergie la plus bas carbone et la plus compétitive possible, tout en assurant son indépendance énergétique.

 

Crédit photo : F. Juery / CAPA Pictures

1.Ces essais seront réalisés dans des conditions de température et de pression similaires aux conditions d’exploitation. Il s’agit d’une répétition générale du fonctionnement de la centrale avant le chargement du combustible nucléaire et sa mise en  service.

2.The 38th edition of Energy, Electricity and Nuclear Power Estimates for the Period up to 2050.

http://www.sfen.org/rgn/1-10-epr-atout-transition-energetique

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La Russie lance sa toute première centrale nucléaire flottante

Akademik Lomonosov

La Russie lance sa toute première centrale nucléaire flottante

© Sputnik . Alexei Danichev
Russie

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L’agence fédérale de l’énergie atomique Rosatom a mis en service le réacteur de la première centrale nucléaire flottante russe, baptisée Akademik Lomonosov.

Le réacteur de la première centrale nucléaire thermique russe sur l’eau, nommée Akademik Lomonosov, a été mis en service ce vendredi par l’agence fédérale de l’énergie atomique Rosatom, a déclaré à Sputnik une source informée.

«Le lancement physique du réacteur tribord a eu lieu ce vendredi à 17h58, heure de Moscou. Il a atteint son niveau de puissance minimale», a détaillé l’interlocuteur de Sputnik.

Akademik Lomonosov
© Sputnik . Sergey Mamontov
Akademik Lomonosov

L’Akademik Lomonosov pèse pas moins de 21.560 tonnes, sa longueur est de 144,5 mètres et sa largeur de 30 mètres. Il utilise deux réacteurs nucléaires KLT40S flottants ayant chacun la capacité de produire de l’énergie tant électrique que thermique.

La construction de la centrale a commencé en 2007 dans la ville russe de Severodvinsk. En 2018, elle a été transférée à Saint-Pétersbourg. Sa mission est d’alimenter en électricité les régions de l’Extrême-Orient et du Grand Nord.

https://fr.sputniknews.com/russie/201811021038748621-russie-centrale-nucleaire-flottante/?utm_source=RGH_Hebdo&utm_medium=email&utm_campaign=Hebdo

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La guerre en Syrie a montré que les Forces armées US ont perdu leur supériorité en matière conventionnelle au profit de la Russie. La mise au point par Moscou d’une nouvelle génération de vecteurs nucléaires hypersoniques devrait également attester le dépassement des États-Unis en matière nucléaire. Cherchant à rattraper son retard, le Pentagone entend profiter —tant qu’il en est encore temps— de sa supériorité quantitative nucléaire pour imposer ses choix à la Russie et à la Chine.

| Mexico (Mexique)

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Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et Joseph Dunford (président du Comité des chefs d’état-major).

Si vis pacem, para bellum [1]

La revue Foreign Affairs, de l’influent Council on Foreign Relations, vient d’exposer crûment le débat en cours sur une guerre nucléaire que les US pourraient livrer à la Russie et à la Chine [2].

Il y a d’abord un article de Elbridge Colby –l’un des principaux auteurs de Stratégie de défense nationale du Pentagone [3], qui proclame la fin de la guerre effective contre le terrorisme et le retour de la concurrence entre les grandes puissances– avec pour mot d’ordre stratégique : « si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre nucléaire » [4]

Colby, le sous-secrétaire adjoint en charge de la stratégie et du développement de la force, prévient : toute confrontation avec la Russie et avec la Chine pourrait devenir nucléaire si, au cours d’un combat se durcissant et devenant plus incertain, chaque combattant était tenté de saisir son épée nucléaire pour tester la résolution de la partie adverse, pour relever le défi, ou tout simplement pour pouvoir continuer le combat.

Selon Colby, le meilleur moyen pour éviter une guerre nucléaire, c’est d’être prêt à en livrer une à caractère limité (sic) ; et les USA sont disposés à réaliser des opérations nucléaires efficaces (sic) autant que limitées.

André Damon, du site trotskiste WSWS  [5] revient sur la menace de Trump de retirer les USA du Traité INF, sur les forces nucléaires intermédiaires [6], qui interdit aux USA et à la Russie de développer des missiles de portée entre 500 et 5 500 km.

Damon considère que la menace de Trump met en danger la vie de millions de gens en Europe et en Asie orientale, en planifiant un feu croisé contre Pékin et contre Moscou. Et les USA ne cachent plus leur envie d’utiliser les armes nucléaires dans leurs combats, où il n’y aurait plus aucune limite, dans l’objectif de vaincre les « adversaires ».

Damon ajoute que ces plans se réalisent en secret avec la complicité du New York Times et du Parti démocrate, qui est resté presque silencieux quant aux conséquences et au danger d’une guerre mondiale.

George Shultz, le puissant secrétaire d’État sous la présidence républicaine de Ronald Reagan, défend l’INF : “nous devons préserver ce traité nucléaire”, dit-il. [7].

Shultz fait remarquer que les armes nucléaires sont une menace pour le monde, et entreprend l’apologie justifiée de la signature du Traité, en 1987, par Ronald Reagan le président républicain d’alors, et par le dirigeant de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbatchov  [8].

Il critique les menaces de Trump de lâcher l’INF sous prétexte de violations de la part de la Russie, et il profite de l’occasion pour inviter d’autres pays à rejoindre les signataires du traité, et à résister à la tentation US de développer de nouvelles espèces d’armes létales ; il propose pour cela, comme étape préliminaire une réunion des experts des US et de la Russie pour discuter des violations éventuelles.

À l’époque, le traité avait suscité un fort scepticisme, mais George Schultz soutient qu’il a été possible de réaliser « des inspections étendues in situ pour vérifier que tous les missiles interdits avaient bien été éliminés ». Et déjà en 1992, quelque 2700 missiles avaient été détruits [9].

Shultz cite à ce sujet une phrase clé du tsar Vlady Poutine proférée il y a un an : « si l’on me demande si le désarmement nucléaire est possible ou pas, je dirai oui, c’est possible. Est-ce que la Russie souhaite ou pas le désarmement nucléaire universel ? La réponse est oui, encore une fois, si la Russie en a le désir, et elle va y travailler ».

Shultz rappelle que dans la Révision de la position nucléaire des US [10] était : « Les US restent engagés dans leurs efforts pour appuyer l’élimination globale, en dernière instance, des armes nucléaires, biologiques et chimiques ».

Les USA ont réduit leurs réserves nucléaires à hauteur de 85 % depuis le paroxysme lors de la Guerre froide, et n’ont pas déployé de nouvelles capacités nucléaires durant plus de deux décennies » [11] . L’ancien secrétaire d’État de Ronald Reagan conclut que ce n’est pas le moment de construire de grands arsenaux d’armes nucléaires. Il est temps d’éliminer cette menace du monde entier.

Le pire serait de croire que la Russie et la Chine vont rester les bras croisés.

Source
La Jornada (Mexique)

[1] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

[2] “What’s Inside. Nearly three-quarters of a century into the atomic age, it is sobering to consider how little we really know”, Gideon Rose, Foreign Affairs, November/December 2018.

[3] « La nueva estrategia de defensa del Pentágono entierra cualquier cooperación con Rusia », Sputnik, 20 de Enero de 2018.

[4] “If You Want Peace, Prepare for Nuclear War. A Strategy for the New Great-Power Rivalry”, Elbridge Colby, Foreign Affairs, November/December 2018.

[5] “US missile treaty withdrawal : “Prepare for nuclear war””, Andre Damon, WSWS, October 24, 2018.

[6] « Embajadora de EU en la OTAN amenaza a Moscú con una guerra. Afirma que los misiles rusos violan el tratado INF », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Octubre de 2018.

[7] “We Must Preserve This Nuclear Treaty”, George P. Shultz, The New York Times, October 25, 2018.

[8] « Le retour des euromissiles se prépare », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 26 octobre 2018.

[9] “Factsheet INF Treaty : At a Glance”, Bureau of Arms Control, Verification and Compliance, US Department of State, December 8, 2017.

[10] « « Revisión de la postura nuclear » del Pentágono : EU contra Rusia y China », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 18 de Febrero de 2018.

[11] Nuclear Posture Review 2018. US Defense department, January 2018.

 

Alfredo Jalife-Rahme

Alfredo Jalife-Rahme Professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Il publie des chroniques de politique internationale dans le quotidien La Jornada. Dernier ouvrage publié : China irrumpe en Latinoamérica : ¿dragón o panda ? (Orfila, 2012).

 

 

http://www.voltairenet.org/article203714.html

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La guerre en Syrie a montré que les Forces armées US ont perdu leur supériorité en matière conventionnelle au profit de la Russie. La mise au point par Moscou d’une nouvelle génération de vecteurs nucléaires hypersoniques devrait également attester le dépassement des États-Unis en matière nucléaire. Cherchant à rattraper son retard, le Pentagone entend profiter —tant qu’il en est encore temps— de sa supériorité quantitative nucléaire pour imposer ses choix à la Russie et à la Chine.

| Mexico (Mexique)

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Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et Joseph Dunford (président du Comité des chefs d’état-major).

Si vis pacem, para bellum [1]

La revue Foreign Affairs, de l’influent Council on Foreign Relations, vient d’exposer crûment le débat en cours sur une guerre nucléaire que les US pourraient livrer à la Russie et à la Chine [2].

Il y a d’abord un article de Elbridge Colby –l’un des principaux auteurs de Stratégie de défense nationale du Pentagone [3], qui proclame la fin de la guerre effective contre le terrorisme et le retour de la concurrence entre les grandes puissances– avec pour mot d’ordre stratégique : « si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre nucléaire » [4]

Colby, le sous-secrétaire adjoint en charge de la stratégie et du développement de la force, prévient : toute confrontation avec la Russie et avec la Chine pourrait devenir nucléaire si, au cours d’un combat se durcissant et devenant plus incertain, chaque combattant était tenté de saisir son épée nucléaire pour tester la résolution de la partie adverse, pour relever le défi, ou tout simplement pour pouvoir continuer le combat.

Selon Colby, le meilleur moyen pour éviter une guerre nucléaire, c’est d’être prêt à en livrer une à caractère limité (sic) ; et les USA sont disposés à réaliser des opérations nucléaires efficaces (sic) autant que limitées.

André Damon, du site trotskiste WSWS  [5] revient sur la menace de Trump de retirer les USA du Traité INF, sur les forces nucléaires intermédiaires [6], qui interdit aux USA et à la Russie de développer des missiles de portée entre 500 et 5 500 km.

Damon considère que la menace de Trump met en danger la vie de millions de gens en Europe et en Asie orientale, en planifiant un feu croisé contre Pékin et contre Moscou. Et les USA ne cachent plus leur envie d’utiliser les armes nucléaires dans leurs combats, où il n’y aurait plus aucune limite, dans l’objectif de vaincre les « adversaires ».

Damon ajoute que ces plans se réalisent en secret avec la complicité du New York Times et du Parti démocrate, qui est resté presque silencieux quant aux conséquences et au danger d’une guerre mondiale.

George Shultz, le puissant secrétaire d’État sous la présidence républicaine de Ronald Reagan, défend l’INF : “nous devons préserver ce traité nucléaire”, dit-il. [7].

Shultz fait remarquer que les armes nucléaires sont une menace pour le monde, et entreprend l’apologie justifiée de la signature du Traité, en 1987, par Ronald Reagan le président républicain d’alors, et par le dirigeant de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbatchov  [8].

Il critique les menaces de Trump de lâcher l’INF sous prétexte de violations de la part de la Russie, et il profite de l’occasion pour inviter d’autres pays à rejoindre les signataires du traité, et à résister à la tentation US de développer de nouvelles espèces d’armes létales ; il propose pour cela, comme étape préliminaire une réunion des experts des US et de la Russie pour discuter des violations éventuelles.

À l’époque, le traité avait suscité un fort scepticisme, mais George Schultz soutient qu’il a été possible de réaliser « des inspections étendues in situ pour vérifier que tous les missiles interdits avaient bien été éliminés ». Et déjà en 1992, quelque 2700 missiles avaient été détruits [9].

Shultz cite à ce sujet une phrase clé du tsar Vlady Poutine proférée il y a un an : « si l’on me demande si le désarmement nucléaire est possible ou pas, je dirai oui, c’est possible. Est-ce que la Russie souhaite ou pas le désarmement nucléaire universel ? La réponse est oui, encore une fois, si la Russie en a le désir, et elle va y travailler ».

Shultz rrappelle que dans la Révision de la position nucléaire des US [10] était : « Les US restent engagés dans leurs efforts pour appuyer l’élimination globale, en dernière instance, des armes nucléaires, biologiques et chimiques ».

Les USA ont réduit leurs réserves nucléaires à hauteur de 85 % depuis le paroxysme lors de la Guerre froide, et n’ont pas déployé de nouvelles capacités nucléaires durant plus de deux décennies » [11] . L’ancien secrétaire d’État de Ronald Reagan conclut que ce n’est pas le moment de construire de grands arsenaux d’armes nucléaires. Il est temps d’éliminer cette menace du monde entier.

Le pire serait de croire que la Russie et la Chine vont rester les bras croisés.

Source
La Jornada (Mexique)

[1] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

[2] “What’s Inside. Nearly three-quarters of a century into the atomic age, it is sobering to consider how little we really know”, Gideon Rose, Foreign Affairs, November/December 2018.

[3] « La nueva estrategia de defensa del Pentágono entierra cualquier cooperación con Rusia », Sputnik, 20 de Enero de 2018.

[4] “If You Want Peace, Prepare for Nuclear War. A Strategy for the New Great-Power Rivalry”, Elbridge Colby, Foreign Affairs, November/December 2018.

[5] “US missile treaty withdrawal : “Prepare for nuclear war””, Andre Damon, WSWS, October 24, 2018.

[6] « Embajadora de EU en la OTAN amenaza a Moscú con una guerra. Afirma que los misiles rusos violan el tratado INF », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Octubre de 2018.

[7] “We Must Preserve This Nuclear Treaty”, George P. Shultz, The New York Times, October 25, 2018.

[8] « Le retour des euromissiles se prépare », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 26 octobre 2018.

[9] “Factsheet INF Treaty : At a Glance”, Bureau of Arms Control, Verification and Compliance, US Department of State, December 8, 2017.

[10] « « Revisión de la postura nuclear » del Pentágono : EU contra Rusia y China », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 18 de Febrero de 2018.

[11] Nuclear Posture Review 2018. US Defense department, January 2018.

http://www.voltairenet.org/article203714.html

Urgence climatique : peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

29.10.2018

Urgence climatique : peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

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Par la rédaction

La France s’est fixée à la fois une ambition nationale et internationale dans la lutte contre le changement climatique. Trois ans après la COP21, et l’accord mondial sur l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C en 2100, le dernier rapport du GIEC alerte que la limite pourrait être atteinte entre 2030 et 2050. En France aussi, si le Plan climat a fixé un objectif de décarbonation à 2050, les émissions ont encore augmenté de 4 % en 2017. Dans ce contexte, la SFEN a publié mi-octobre une note faisant l’état des lieux entre énergie nucléaire et lutte contre le changement climatique. Voici ses principales conclusions.

Le nucléaire est une source d’énergie bas carbone reconnue

La même méthodologie (ACV) est utilisée aujourd’hui dans tous les secteurs pour calculer le bilan environnemental d’un service ou d’un produit. Le GIEC établit la médiane des émissions du nucléaire au niveau mondial à 12 g/kWh. En France, les émissions se situent dans la fourchette basse (jusqu’à 4-5  g/KWh selon certaines études), en raison du faible contenu carbone de l’électricité utilisée pour l’étape d’enrichissement.

L’efficacité de l’énergie nucléaire à réduire les émissions de gaz à effet de serre est démontrée

L’énergie nucléaire est industriellement disponible et déployable à grande échelle, avec 455 réacteurs en opération aujourd’hui dans 30 pays différents. Sa production était en légère augmentation en 2017 et représentait 10,3 % de la production mondiale d’électricité. Depuis 1970, elle a permis d’éviter le rejet de plus de 60 Gt de CO2 dans le monde, soit l’équivalent de cinq années d’émission de CO2 du secteur électrique. Ceci en fait la deuxième énergie bas carbone contributrice derrière l’hydroélectricité. À l’exception de la Norvège, les pays européens qui ont réduit rapidement leurs émissions dans le secteur électrique (Suède, Suisse, France), combinent énergie nucléaire et hydroélectricité. Grâce à l’énergie nucléaire, la France est le plus décarboné (en émissions par habitant) des sept plus grands pays industrialisés (G7). Enfin, l’analyse du programme nucléaire suédois à partir de 1972 démontre la capacité du nucléaire à décarboner rapidement le système électrique : les émissions par habitant ont baissé de 75 % en moins de vingt ans.

A contrario, les mises à l’arrêt de centrales nucléaires ont abouti à une stagnation, voire une augmentation, des émissions de gaz à effet de serre

États-Unis, Europe, Japon : plusieurs pays ont vu des fermetures de centrales ces dernières années. Malgré d’importantes ressources financières et l’accès à la meilleure technologie, les politiques menées se révèlent inefficaces, voire contre-productives au plan climatique. En Californie, dans le Vermont, dans le New Jersey, on voit, avec des fermetures prématurées de centrales, que c’est le gaz de schiste, fortement émetteur de gaz à effet de serre, mais pilotable, qui se substitue à l’énergie nucléaire bas carbone. En Allemagne, malgré des investissements massifs (25  milliards d’euros par an), la part du charbon, l’énergie la plus polluante, est restée stable : le pays n’atteindra pas ses objectifs climatiques. Le Japon, avec le trop lent redémarrage des réacteurs nucléaires, reste le premier acheteur mondial de gaz liquéfié : ses électriciens montrent même un nouvel intérêt pour le charbon. En France, le scénario prévisionnel RTE pour 50 % de nucléaire en 2025 aurait nécessité de garder quatre centrales à charbon et de construire vingt nouvelles centrales à gaz. Alors que plus de 80 % de la dépense publique pour les énergies renouvelables reste focalisée sur le secteur électrique, très faiblement émetteur, plutôt que sur des secteurs fortement émetteurs, comme le chauffage, le pays est encore sorti, pour la troisième année consécutive, de sa trajectoire fixée par la stratégie bas carbone.

Le nucléaire sera indispensable, au côté des énergies renouvelables, pour atteindre les objectifs de décarbonation

La décarbonation du secteur électrique est au cœur des enjeux climatiques : l’électricité représente 40 % des émissions totales, et est encore dominée par le charbon et le gaz (63 % du total). Des solutions bas carbone sont disponibles. Décarboner l’électricité représente pourtant un défi considérable. Les derniers scénarios fixent maintenant la barre très haut, visant une décarbonation totale du système électrique à l’horizon 2050, alors qu’on s’attend en même temps, en raison de la croissance démographique et du rattrapage des pays émergents, à un doublement de la consommation électrique. En dépit d’investissements massifs, les énergies renouvelables ne suffisent pas à elles seules à soutenir le rythme de décarbonation nécessaire. Les institutions internationales (OCDEAIE, UE) estiment toutes qu’il faudra mobiliser l’ensemble des technologies bas carbone (renouvelables, nucléaire et CCS) pour réduire les émissions,et les scénarios 100 % renouvelables font l’objet de nombreuses critiques.

L’énergie nucléaire a le potentiel aujourd’hui pour décarboner plus et plus rapidement

Le nucléaire est industriellement disponible aujourd’hui dans tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre de la planète ; Chine, États-Unis, Inde, Europe, Japon… Il représente une véritable alternative bas carbone au charbon, puisqu’il permet lui aussi de produire de l’électricité de manière massive, avec une disponibilité moyenne de l’ordre de 90  %. Comme le montre l’exemple de la France, la flexibilité du nucléaire rend possible le développement des renouvelables variables. Il s’insère dans le système électrique européen et évite en bonne part le recours à des unités à gaz ou à charbon dans les pays qui développent des parcs renouvelables. De manière générale, l’électricité bas carbone est un outil privilégié par les scénarios de décarbonation profonde L’électrification des usages est facilitée par une électricité bon marché : une étude récente du MIT démontre, à travers l’analyse de plus de 1 000 scénarios, que le coût de production de l’électricité décarbonée est d’autant moins cher que le mix est diversifié et inclut toutes les sources disponibles, dont le nucléaire. Enfin, à long terme, avec le développement de nouveaux types de réacteurs, le nucléaire sera en mesure de décarboner d’autres secteurs que l’électricité, comme par exemple la production de chaleur industrielle.

Le retour des euromissiles se prépare

Le retour des euromissiles se prépare

Le Pentagone a finalement admis que le président Poutine ne bluffait pas lorsqu’il a présenté le nouvel arsenal russe aux membres de la Douma, le 1er mars 2018. Moscou est désormais nettement en avance en matière d’armement conventionnel. Or, compte tenu de l’état de leur recherche militaire, les États-Unis ne seront pas en mesure de créer rapidement un équivalent au missile hypersonique Avanguard. Le président Trump se prépare donc à dénoncer le traité INF et rééquiper son pays de missiles nucléaires à moyenne portée, seule solution pour rééquilibrer les forces.

| Damas (Syrie)

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L’annonce que « Trump met à la casse le traité nucléaire historique avec Moscou » —le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF en anglais)— n’était pas inattendue. Mais maintenant c’est officiel. Pour comprendre la portée de cet acte, on doit rappeler le contexte historique dont est issu le Traité.

Il est signé à Washington, le 8 décembre 1987, par le président des USA Ronald Reagan et par le président de l’URSS Michail Gorbatchev, mis d’accord l’année précédente au sommet de Reykjavik. Sur la base de ce traité les États-Unis s’engageaient à éliminer les « euromissiles » : les missiles balistiques Pershing 2, basés en Allemagne de l’Ouest, et les missiles de croisière lancés du sol, basés en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas ; l’Union Soviétique s’engageait à éliminer les missiles balistiques SS-20, basés sur son propre territoire.

Le traité FNI (Inf) déterminait non seulement un plafond au déploiement d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires, mais l’élimination de tous les missiles de cette catégorie : jusqu’en 1991 il en fut éliminé au total 2 692. La limite du traité consistait dans le fait qu’il éliminait les missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte lancés du sol, mais pas ceux qui étaient lancés depuis la mer et l’air. Malgré cela, le Traité FNI constituait un premier pas sur la voie d’un réel désarmement nucléaire.

Cet important résultat était dû substantiellement à l’« offensive du désarmement » lancée par l’Union Soviétique de Gorbatchev : le 15 janvier 1986, elle avait proposé non seulement d’éliminer les missiles soviétiques et états-uniens à portée intermédiaire, mais de mettre au point un programme complet, en trois phases, pour le bannissement des armes nucléaires pour l’an 2000. Projet qui resta sur le papier parce que Washington profita de la crise et de la désagrégation de la super-puissance rivale pour accroître la supériorité stratégique, y compris nucléaire, des États-Unis, demeurés unique super-puissance sur la scène mondiale.

Il n’est pas fortuit que le Traité FNI ait été mis en discussion par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie, la Chine et d’autres puissances. En 2014, l’administration Obama a accusé la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière de la catégorie interdite par le Traité, annonçant que « les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre », c’est-à-dire l’abandon du Traité FNI [1]

Le plan a été confirmé par l’administration Trump : durant l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par une plateforme mobile sur route. Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil Atlantique Nord au niveau des ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que « le traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant, qui constitue un sérieux risque pour notre sécurité ». Moscou nie que ce système de missiles viole le Traité FNI et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et en Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Selon des informations filtrées par l’Administration, les États-Unis se préparent à déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire lancés du sol non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi dans le Pacifique et en Asie contre la Chine.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article203648.html

Nucléaire : vers une annonce « historique » d’Emmanuel Macron ?

Nucléaire : vers une annonce « historique » d’Emmanuel Macron ?

Le président de la République pourrait annoncer la semaine prochaine la fermeture de plusieurs centrales et la construction de nouvelles en parallèle.

Yves Calvi RTL Matin Yves Calvi
Nucléaire : vers une annonce « historique » d’Emmanuel Macron ? Crédit Image : PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :

La page de l’émission

Générique 3
Dominique Tenza et La rédaction numérique de RTL

C’est une phrase passée presque inaperçue la semaine dernière au cours de l’intervention d’Emmanuel Macron. Le Président y a évoqué les décisions à venir en matière énergétique, notamment. Des changements « historiques et structurants ». Qu’a voulu dire par là le chef de l’État ?

L’Élysée étudierait des annonces sur le nucléaire qui pourraient être spectaculaires. Ce pourrait être mardi prochain. Pour rappel, la loi de Transition énergétique impose de baisser la part du nucléaire en France, de la ramener à 50%. Pour l’heure, l’objectif, fixé initialement à 2025, est loin d’être atteint.

Emmanuel Macron pourrait retarder cette date de 10 ans, ce qui nous amènerait à 2035. Néanmoins, pour y parvenir, pas d’alternative : il faut fermer, en plus de Fessenheim (dont EDF a annoncé hier l’arrêt définitif), d’autres réacteurs. C’est ce qu’Emmanuel Macron s’apprête également à annoncer la semaine prochaine.

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Pas d’abandon du nucléaire pour autant

Mais la France n’a pas l’intention pour autant d’abandonner, comme le réclament les écologistes, la filière nucléaire. Un rapport commandé par Bercy le mois dernier préconisait même au contraire la construction de six EPR supplémentaires, ces réacteurs dernière génération. Des constructions pour maintenir « notre savoir-faire industriel », fait-on valoir.

Ce que n’avait pas manqué de dénoncer Nicolas Hulot lors de sa démission, chez nos confrères de France Inter. « Le nucléaire, cette folie inutile, économiquement, techniquement, sur lequel on s’entête… C’est autant de sujet sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre, j’en prends ma part de responsabilité », avait-il déclaré.

L’ex-ministre savait-il que le bras de fer était déjà perdu d’avance ? Ce sera sans doute l’annonce la plus spectaculaire la semaine prochaine :  elle finit d’être discutée en ce moment. La construction dans les années à venir de plusieurs nouveaux EPR (malgré les huit ans de retard pris par celui de Flamanville et le coût de sa construction qui a grimpé à 11 milliards d’euros). Avec une durée de vie 60 ans, cela inscrirait le nucléaire dans la durée. Un choix stratégique, et pour le coup, historique.

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https://www.rtl.fr/actu/politique/nucleaire-vers-une-annonce-historique-d-emmanuel-macron-7795289908?utm_source=RGH_Hebdo&utm_medium=email&utm_campaign=Hebdo

Retrait d’un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

Retrait d’un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

John Bolton, conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le 22 octobre 2018 à Moscou / © / –

En annonçant leur retrait d’un traité de désarmement majeur sur les armes nucléaires, les États-Unis visent autant la Chine, qui a développé ces dernières années des armes interdites par ce texte dont elle n’est pas signataire, que la Russie, accusée de le violer.

Officiellement, c’est la Russie qui est citée comme coupable de violation du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) avec son nouveau système 9M729, des missiles tirés à partir d’un dispositif terrestre et dont la portée dépasse, selon Washington, les 500 km, ce que Moscou dément.

« La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a déclaré Donald Trump en annonçant le retrait américain du traité INF (Intermediate Nuclear Forces), signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l’époque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

M. Trump n’a pas précisé si un nouveau traité pourrait être négocié, mais il a indiqué lundi que les États-Unis développeraient ces armes à moins que la Russie et la Chine n’acceptent d’arrêter elles-mêmes de les développer.

« Tant que les gens ne seront pas revenus à la raison, nous en développerons », a déclaré le président à des journalistes à la Maison Blanche. « C’est une menace pour qui vous voulez. Et ça inclut la Chine, et ça inclut la Russie, et ça inclut quiconque veut jouer à ce jeu-là. »

Depuis plusieurs années, Washington accuse Moscou de ne pas respecter ce traité qui, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

C’est donc en Russie que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, s’est rendu aussitôt la décision annoncée, mais il a noté qu’il y aurait « d’autres participants » au processus de négociation.

Il a précisé à la radio Echo de Moscou que des consultations seraient ensuite menées « avec nos amis en Europe et en Asie ».

Pour John Lee, un expert du centre de réflexion conservateur Hudson Institute, « le problème de la Chine, qui n’est limitée par aucun accord, est très différent et beaucoup plus pressant » que celui de la Russie.

– Mattis « parfaitement d’accord » –

Les traités nucléaires entre Moscou et Washington / © AFP / Selim CHTAYTI

Ces dernières années, Pékin a « développé des missiles de portée intermédiaire terrestres capables d’emporter des charges conventionnelles et nucléaires », ajoute cet expert dans une tribune publiée lundi sur le site de CNN. Quelque 95% des missiles de l’armée chinoise violeraient le traité INF si la Chine en était signataire, ajoute-t-il.

Sur ce dossier, le Pentagone et la Maison Blanche paraissent sur la même longueur d’onde.

Le ministre de la Défense Jim Mattis « est parfaitement d’accord avec le président et il est en contact étroit avec lui là-dessus », a indiqué lundi un porte-parole du ministère, le colonel Rob Manning.

Dans sa nouvelle « posture nucléaire » publiée en début d’année, le Pentagone affirme que « la violation la plus grave de la Russie porte sur un système interdit par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire ». Mais le document mentionnait aussi les missiles développés par la Chine, qui cherche à affirmer sa suprématie militaire en Asie.

Au début du mois, M. Mattis avait prévenu que la Russie devait « se conformer de nouveau au traité INF ou les Etats-Unis ser(aient) dans l’obligation de réagir au mépris cavalier (de ses) limites spécifiques ». La situation actuelle est « intenable », avait-il précisé à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense des pays de l’Otan à Bruxelles.

Signe que le Pentagone envisageait ce retrait du traité INF depuis des mois, la nouvelle politique américaine sur ses missiles balistiques, annoncée pour début 2018, n’a pas encore été publiée, et sa sortie est annoncée depuis des mois pour « dans quelques semaines ».

Interrogé à ce sujet lundi, le colonel Manning a indiqué qu’il n’avait aucune date précise à annoncer, mais il a souligné que « tous les facteurs seraient pris en compte avant sa publication ».

(©AFP / (23 octobre 2018 10h52)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Retrait-d-un-trait-nucl-aire-Washington-vise-autant-P-kin-que-Moscou/964558.rom

Le retrait américain du traité nucléaire avec la Russie est un « pas dangereux » (Moscou)

Le retrait américain du traité nucléaire avec la Russie est un « pas dangereux » (Moscou)

Moscou – Le retrait américain, annoncé par le président Donald Trump, d’un traité nucléaire signé avec la Russie pendant la guerre froide est un « pas dangereux », a déclaré dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères.

« Cela serait un pas très dangereux qui, j’en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations », a estimé Sergueï Riabkov à l’agence d’Etat russe TASS.

Ce traité est « significatif pour la sécurité internationale et la sécurité nucléaire, pour le maintient de la stabilité stratégique », a-t-il souligné.

La Russie a condamné ce qu’il a appelé les tentatives américaines d’obtenir des concessions « par une méthode de chantage ».

Si les Etats-Unis continuent à agir « de façon maladroite et grossière » et à se retirer unilatéralement de traités internationaux, « alors nous n’aurons pas d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion y compris concernant la technologie militaire », a déclaré M. Riabkov à l’agence RIA Novosti.

« Mais nous ne voulons pas en arriver là », a-t-il conclu.

Samedi, M. Trump a annoncé que les Etats-Unis prévoyaient de sortir du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

« La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a annoncé le président américain, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada (sud-ouest).

« Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés », a martelé Donald Trump.

M. Riabkov a rejeté dimanche ces accusations. « Non seulement nous ne violons pas le traité, nous le respectons de la façon la plus stricte », a-t-il insisté.

« Et nous avons fait preuve de patience au fil des années face à de flagrantes violations du traité par les Etats-Unis eux-mêmes », a-t-il affirmé.

Le conseiller de la Maison blanche à la Sécurité nationale, John Bolton, était attendu dimanche à Moscou.

« Nous espérons qu’il va nous expliquer de façon plus substantielle et claire, au cours de nos rencontres demain et après-demain, quelles actions les Etats-Unis comptent entreprendre », a encore dit M. Riabkov.

(©AFP / 21 octobre 2018 09h07)

https://www.romandie.com/news/Le-retrait-am-ricain-du-trait-nucl-aire-avec-la-Russie-est-un-pas-dangereux-Moscou/963966.rom

L’Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?

L’Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?

Par Pierre VERLUISE, le 31 juillet 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en géopolitique de l’Université Paris IV – Sorbonne. Fondateur associé de Diploweb. Chargé d’un cours semestriel de Géographie politique au sein du M.R.I.A.E de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, chercheur associé à la FRS. Auteur, co-auteur ou directeur d’une trentaine de livres, dont « Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient », éd. Diploweb, diffusion Amazon.

Que nous apprend le revirement américain du 8 mai 2018 de la puissance de l’Iran, des Etats-Unis et de l’Union européenne ? L’Iran a été pendant un temps en capacité de « faire » et à « faire faire », jusqu’à perdre la main. Les Etats-Unis ont été en capacité de « faire et de faire faire » puis en « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Et l’Union européenne a été en incapacité d’ « empêcher de faire ».

LE 14 juillet 2015, un accord sur le nucléaire iranien est signé à Vienne par l’Iran [1] et les pays du « P 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Cet événement semble alors marquer le retour sur la scène régionale, voire mondiale, d’un Etat paria depuis de nombreuses années.

Le 8 mai 2018, le président des Etats-Unis – Donald Trump – annonce unilatéralement le retrait des Etats-Unis de cet accord, au grand dam des pays de l’Union européenne. Si la puissance peut se définir selon Serge Sur comme « la capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire ou de refuser de faire », que nous apprend ce revirement au sujet de la puissance des uns et des autres ?

Considérons successivement l’Iran, les Etats-Unis et l’Union européenne.

L’Iran

Dans les années 1970, pour combler le vide laissé par le départ des Britanniques de la région, les Etats-Unis élaborent la stratégie des « deux piliers » intronisant Iraniens et Saoudiens comme garants de la sécurité régionale [2]

Cette position de partenaire privilégié des Occidentaux connaît un coup d’arrêt brutal avec la Révolution islamique de 1979. Les dirigeants iraniens cherchent alors à exporter la révolution dans les pays voisins ce qui participe à leur isolement sur la scène internationale. L’Iran n’a cependant jamais renoncé à ses ambitions régionales et une véritable réorientation stratégique a lieu, favorisée par la fin de la Guerre froide (1990) et par les conséquences du 11 septembre 2001 au Moyen-Orient. Le pays s’impose comme le leader de la résistance contre les Etats Unis et Israël… qui disposent chacun de l’arme nucléaire mais dans des proportions différentes.

Afin d’appuyer son retour diplomatique et stratégique, Téhéran décide de développer son programme nucléaire. L’énergie atomique n’est pas une idée neuve dans ce pays. Dès les années 1950, Washington et Téhéran développent des partenariats dans le cadre du programme « atoms for peace ». Avec la Révolution de 1979, le programme nucléaire est arrêté puis réactivé à la fin de la guerre Iran Irak (1980-1988). L’objectif est double, il s’agit de garantir les frontières du pays et d’offrir une protection au régime.

A Téhéran deux camps se font face. Le premier, plus conservateur, souhaite développer son programme quitte à être mis au ban des nations. Ses partisans estiment que la « Bombe » est la seule assurance vie du régime, en tant que source de prestige, et qu’elle permettrait de développer autour de l’Iran et de ses alliés un dôme protecteur. De l’autre, un camp dit « modéré » craint que l’isolement de l’Iran ne soit un handicap économique et stratégique. Ils souhaitent se servir du programme comme argument de négociation pour être réintégré au concert des nations. Ils estiment par ailleurs que le simple fait d’être capable d’obtenir la bombe suffit à se prémunir de toute agression.

L'Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?
Carte géopolitique de l’Iran dans les tensions de son environnement, fin 2015, selon Jean-Paul Budry
La légende de cette carte de l’Iran dans les tensions de son environnement comprend trois parties : L’arrière plan confessionnel ; Facteurs et forces stratégiques vus d’Iran ; L’Iran acteur des conflits et ses alliés. Réalisation Sciences Po Atelier de cartographie pour Dila Questions internationales n°77.

La signature de l’Accord de Genève en 2015 marque ainsi une victoire symbolique et diplomatique de l’Iran, lui permettant d’espérer consolider sa place d’acteur incontournable dans la stabilisation de la région. Ce qui suscite une grande inquiétude en Arabie Saoudite. L’Iran mise sur son ouverture économique en renonçant partiellement à son programme nucléaire jusqu’en 2040. Cet accord vise à ce que soit limitée l’accumulation de matière nucléaire fissile pour que l’Iran ne puisse pas développer d’arme nucléaire. L’espoir de la rapide levée des sanctions génère rapidement des flux d’entreprises étrangères dans l’intention de décrocher des contrats d’exploitation et de commercialisation des hydrocarbures ou d’accéder à un marché de 80,6 millions d’habitants en demande de consommation.

L’Iran en quelques chiffres

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L’Iran en quelques chiffres
L’Iran en quelques chiffres : superficie, population mi-2017, projection population en 2050, accroissement naturel, accroissement migratoire, indicateur de fécondité, PNB/h PPA US dollars. Source : Population et Avenir, décembre 2017, n°735, p. 21.

Ainsi, l’Iran a mis en place une stratégie axée autour de l’énergie nucléaire afin d’assurer son retour sur la scène géopolitique et stratégique internationale. Celle-ci a permis, d’une part, de contraindre les Occidentaux à accepter la réémergence du pays et de les amener à la table des négociations, illustrant ainsi la capacité de l’Iran à « faire » et à « faire faire ». Du moins jusqu’à ce que les Etats-Unis de Donald Trump se retirent de l’accord de 2015.

Les Etats-Unis

En 2002, des opposants iraniens exilés aux Etats-Unis révèlent l’existence de deux sites nucléaires cachés. Une part de la société internationale prend alors conscience que l’Iran pourrait chercher à se doter de l’arme atomique. Suivent de nombreuses années de sanctions contre l’Iran, notamment soutenues par la France.

Cependant, le président des Etats-Unis, Barack Obama, engage secrètement des approches avec l’Iran au moins un an avant que la négociation d’un accord ne parvienne sur la place publique. A l’époque, la France du président François Hollande est réticente et apparaît souvent plus dure que Washington dans ses exigences, notamment en la personne de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Il se dit alors que « les néoconservateurs sont à Paris ».

Quoi qu’il en soit, la capacité d’entraînement des Etats-Unis de B. Obama conduit le 14 juillet 2015 à la signature d’un accord sur le nucléaire iranien par l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne (« P 5+1 »). Ce qui indique, à cet instant et durant quelques années que les Etats-Unis disposent d’une « capacité de faire et de faire faire ».

Cependant, durant la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, le candidat républicain – Donald Trump – critique vertement ce qu’il présente comme un mauvais accord. Il annonce que s’il est élu – hypothèse qui semble peu probable à beaucoup d’Européens – il dénoncera cet accord. Après avoir été élu, il entre à la Maison Blanche en janvier 2017. Et poursuit ses diatribes contre Téhéran. En octobre 2017, le président Donald Trump déclare devant le Congrès américain que l’Iran viole ses engagements, contrairement à ce que dit l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le 8 mai 2018, le président des Etats-Unis dénonce unilatéralement l’accord de 2015. Ce qui réactive les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran et les menaces pour les entreprises qui travailleraient avec l’Iran. Ce qui illustre à cet instant leur « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Au grand désarroi des pays de l’Union européenne.

L’Union européenne

Pensée pour construire la paix, l’Europe communautaire n’a pas dans son ADN la quête de puissance. Cependant, un début de stratégie se met en place à l’orée du XXIe siècle. Le mérite en revient au Haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana. Il fait adopter en 2003 par le Conseil européen la « Stratégie européenne de sécurité ». Cette stratégie vise principalement à mieux identifier les menaces, définir les objectifs stratégiques de l’Union et en dégager les implications politiques pour l’UE. La crise financière de 2008, puis les « Printemps arabes » à compter de 2011 réduisent sa concrétisation. Cependant, la mise en œuvre par étape du traité de Lisbonne (2007) à compter du 1er décembre 2009 se traduit par l’entrée en fonction d’une Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton. Sans expérience de la diplomatie, celle-ci laisse une œuvre modeste : la normalisation provisoire des relations Serbie-Kosovo et sa participation à la finalisation de l’accord au sujet du nucléaire iranien.

La deuxième Haute représentante, Federica Mogherini fait adopter le 28 juin 2016 un nouveau document de doctrine, « La Stratégie globale de l’Union européenne », dans une indifférence quasi-totale des médias, encore sous le choc du référendum en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE (23 juin 2016). Ce texte fait plusieurs fois explicitement référence à l’accord de 2015 comme l’alpha et l’oméga de la conception européenne du « soft power » par le multilatéralisme et la concertation.

En dépit des efforts des diplomates iraniens – notamment à Paris – pour mobiliser les pays européens afin qu’ils exercent des pressions sur D. Trump pour l’empêcher de dénoncer l’accord de 2015 [3], le président des Etats-Unis s’est pourtant retiré de cet accord le 8 mai 2018.

Ce qui indique pour l’Union européenne la mise en échec de son « soft power » et une incapacité à « empêcher de faire ». Soit tout le contraire de la puissance. En dépit des annonces faites dans les jours suivants par l’UE pour déclarer que Bruxelles allait continuer de porter l’accord de 2015, les entreprises européennes – dont Total – ont vite compris qu’elles manquaient de garanties si elles restaient en Iran. Courant juillet 2018, D. Trump s’occupe une nouvelle fois à souffler le chaud et le froid, tentant de rejouer la scène nord-coréenne. Avec des résultats à évaluer aussi bien pour la Corée du Nord que pour l’Iran…

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Que nous apprend le revirement américain du 8 mai 2018 de la puissance des uns et des autres ? L’Iran a été pendant un temps en capacité de « faire » et à « faire faire », jusqu’à perdre la main. Les Etats-Unis ont été en capacité de « faire et de faire faire » puis en « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Et l’Union européenne a été en incapacité d’ « empêcher de faire ».

Nul doute que le coup a porté, reste à savoir les leçons que l’UE saura en tirer et les actions qu’elle pourra mettre en œuvre.


Copyright Juillet 2018-Verluise-Diploweb


Plus

Vidéo. J-F Daguzan (FRS) L’UE face au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien

QUESTIONS :
. Quelle est la nouvelle stratégie européenne en terme de défense et de politique extérieure commune ?
. Quelles sont les conséquences de la remise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien pour l’Union européenne ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

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