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Gaffe nucléaire de l’OTAN

Gaffe nucléaire de l’OTAN

Par Manlio DinucciMondialisation.ca, 09 août 2019ilmanifesto.itRégion : États-UnisL’EuropeThème: Guerre USA OTANMilitarisationAnalyses: Nucléaire (guerre et énergie)

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Que les États-Unis gardent des bombes nucléaires dans cinq pays de l’OTAN -Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Turquie- est prouvé depuis longtemps (en particulier par la Fédération des scientifiques américains – FAS). Mais l’OTAN ne l’a jamais admis officiellement. Cependant quelque chose vient de déraper.

Dans le document “A new era for nuclear deterrence ? Modernisation, arms control and Alien nuclear forces”, publié par le sénateur canadien Joseph Day pour le compte du Comité Défense et Sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le “secret” a été révélé. À travers la fonction “copié-collé”, le sénateur a par mégardereporté dans son document le paragraphe suivant (numéro 5), extrait d’un rapport OTAN réservé :

 “Dans le contexte OTAN, les États-Unis ont déployé dans des positions avancées en Europe environ 150 armes nucléaires, spécifiquement les bombes de gravità B61. Ces bombes sont stockées dans six bases étasuniennes et européennes – Kleine Brogel en Belgique, Buchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Voikel en Hollande et Incirlik en Turquie.

Dans l’hypothétique scénario où elles seraient nécessaires, les bombes B61 peuvent être transportées par des avions USA ou européens à double capacité”.

Accusant la Russie de garder dans son propre arsenal de nombreuses armes nucléaires tactiques, le document affirme que les armes nucléaires déployées par les USA dans des positions avancées en Europe et Anatolie (c’est-à-dire à proximité du territoire russe) servent à “assurer l’ample implication des Alliés dans la mission nucléaire de l’OTAN et la confirmation concrète de l’engagement nucléaire USA pour la sécurité des alliés européens de l’OTAN”.

Dès que le document du sénateur Joseph Day a été publié en ligne, l’OTAN est intervenue en l’effaçant et en le re-publiant ensuite en version amendée. Trop tard cependant. Certains sites (avant tout le belge De Morgen) l’avaient déjà enregistré dans sa version originale complète. En ce point l’imprudent auteur a couru aux abris, en écrivant sur The Washington Post qu’il s’agissait simplement d’une ébauche pour la rédaction d’un rapport de l’Assemblée parlementaire OTAN qui sera publié en novembre. Mais il n’a pas pu nier ce qui avait été écrit dans le paragraphe reporté dans le rapport réservé OTAN.

Ceci confirme ce que depuis des années nous documentons dans il manifesto [16 Decembre  2015]: à Aviano (Province de Pordenone) des chasseurs USA F-16C/D sont prêts à l’attaque nucléaire avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fédération des scientifiques américains) ; à Ghedi Torre (Province de Brescia) des Tornado PA-200 italiens sont prêts à l’attaque nucléaire sous commandement étasunien avec 20  bombes B61. À partir de 2020 les B61 seront remplacées par les B61-12, destinées notamment aux nouveaux chasseurs F-35.

Tout cela en violation du Traité de non-prolifération, ratifié aussi bien par les USA que par l’Italie. Pendant que le Parlement se déchire sur le TAV mais pas sur la Bombe, que tacitement il approuve à l’unanimité.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Gaffe nucleare della Nato

Édition de vendredi 9 août 2019 de il manifesto

Traduit de italien par Marie-Ange PatrizioLa source originale de cet article est ilmanifesto.itCopyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/gaffe-nucleaire-de-lotan/5635966

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La Chine prête à l’«option nucléaire» dans sa guerre commerciale avec les États-Unis

dollar et yuan

La Chine prête à l’«option nucléaire» dans sa guerre commerciale avec les États-Unis

© REUTERS / Thomas WhiteECONOMIE16:31 16.08.2019(mis à jour 18:16 16.08.2019)URL courte11490

Se rendant compte que les États-Unis ne visent pas à mettre fin à la guerre commerciale, la Chine a décidé de reprendre la coopération avec l’Iran sur trois projets. En cas de blocage, Pékin est prêt à recourir à l’«option nucléaire» pour nuire aux États-Unis.

La Chine a repris sa coopération avec l’Iran sur trois projets énergétiques clés malgré les sanctions américaines, annonce le site international sur l’énergie OilPrice.com en se référant à une source collaborant avec le ministère iranien du Pétrole.

Selon le portail, Pékin s’est également préparé à une possible confrontation avec les États-Unis sur ces questions.

«Si l’un des projets chinois en Iran se heurte de nouveau aux États-Unis, Pékin va recourir à l’option « nucléaire », consistant à vendre la totalité ou une partie importante de sa détention de bons du Trésor américain», est-il indiqué sur OilPrice.com.

US-Dollar

© SPUTNIK . NATALYA SELIVERSTOVATrump prépare-t-il un scénario radical pour faire chuter le dollar?La Chine était le plus gros détenteur étranger de bons du Trésor américains jusqu’en juin, date à laquelle elle a été dépassée par le Japon. Selon les données du département du Trésor américain, elle détenait 1,11 billion de dollars de dette américaine en juin.

La vente à grande échelle de ces bonsest susceptible de provoquer un krach du dollar, une énorme hausse des rendements obligataires, l’effondrement du marché immobilier et le chaos boursier, ont prévenu de hauts responsables des groupes de réflexion chinois. De nombreux analystes ont toutefois rejeté cette suggestion, affirmant qu’une telle démarche nuirait également à la Chine.

Trois projets clés

La phase 11 du champ gazier de South Pars a été gelée après que l’entreprise française Total a officiellement quitté l’Iran à la suite du rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran. N’ignorant pas la position américaine, la Chine a accepté un compromis avec Washington en échange de la cessation des travaux. Ainsi, Pékin a reçu le droit de poursuivre ses opérations dans le nord d’Azadegan et d’exploiter les gisements de pétrole de Yadavaran.

La bourse de Hong Kong a fermé sa salle de marchés aux courtiers

© AFP 2019 PHILIPPE LOPEZL’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?Face aux pressions commerciales américaines, les Chinois envisagent maintenant de reprendre les travaux sur la phase 11, indique OilPrice.com.

Les travaux dans le nord d’Azadegan sont justifiés par le fait que la China National Petroleum Corporation (CNPC) avait déjà dépensé des milliards de dollars pour développer une deuxième phase du champ de 460 km carrés. Les activités à Yadavaran s’expliquent par le contrat initial signé en 2007, bien avant le retrait américain de l’accord nucléaire en mai 2018.

Le troisième des principaux projets non terminés par la Chine en Iran est la construction d’un terminal pétrolier à Jask, qui se situera dans le golfe d’Oman. La capacité de stockage serait d’environ 20 millions de barils par jour. En outre, la construction d’un grand complexe pétrochimique est envisagée dans la même région

https://fr.sputniknews.com/economie/201908161041940071-la-chine-prete-a-loption-nucleaire-dans-sa-guerre-commerciale-avec-les-etats-unis/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr.

Notes sur un étranglement nucléaire

Notes sur un étranglement nucléaire

Analyse

   mardi 06 août 2019

   Forum

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Notes sur un étranglement nucléaire

5 août 2019 – Nous revenons sur la situation des relations internationales à la lumière de la posture extrêmement dynamique et belliciste prise par les USA, – comme vue hier, – depuis leur sortie officielle le 2 août du traité FNI, et la réduction à néant de ce traité du fait de leur action déterminée, destructrice et entropique, depuis octobre dernier. 

D’abord, les réactions des partenaires des USA dans le traité FNI, soit les Russes eux-mêmes.

• Gorbatchev, vénérable reste d’une époque révolue, puisque signataire avec Reagan du traité : « Il est peu probable que la fin du traité bénéficie à la communauté internationale. C’est un choix qui menace la sécurité non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier. […] Il subsistait quelques lueurs d’espoir du côté de nos partenaires, mais elles n’ont malheureusement rien donné. Je crois qu’à présent nous pouvons tous constater qu’un coup a été porté à la sécurité stratégique. […] Cette décision américaine sera porteuse d’incertitudes et mènera à un développement chaotique sur la scène internationale. »

• Ce langage, extraordinairement insipide et conformiste (Politiquement-Correct [PC] ?) est entièrement adopté et partagé par Poutine, avec ses exaltantes déclarations devant la folie-USA qui  se développe tambour-battant et dans un bruit infernal de déclarations agressives. Poutine tient à préciser que la Russie, dans son chef, respectera tous les engagements du traité FNI comme s’il était encore en vigueur, mais que, bien entendu, – et là, le ton change, – elle suivra à la trace les développements du côté US et réagira instantanément par des mesures équivalentes à chaque initiative hors-traité que prendront les USA : « Nous ne renonçons pas à nos obligations unilatéralesa déclaré Poutine […] Toutes nos actions seront uniquement réciproques et ne seront que des réponses… La Russie sera contrainte de se mettre au point des missiles analogues [à ceux développés par les États-Unis]. »

Les services d’évaluation russes suivront donc au plus près les décisions US « dans la mise au point, la production et le déploiement de missiles à portée intermédiaire et à courte portée », – et ils auront beaucoup de travail. A côté des bonnes intentions russes émises par Poutine, il reste selon lui, et cette fois sur un ton sévère sinon dramatique, que les intentions et les actes US « qui ont conduit à la liquidation du Traité sur les missiles à portée intermédiaire entraîneront inévitablement une dévaluation, une déstabilisation de toute la structure sous-tendant la sécurité mondiale, y compris le Traité sur les armes stratégiques offensives et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ».

Un second front nucléaire pour la Russie

Contrairement au vague et à la prudence des paroles officielles, les analyses d’experts russes sont beaucoup plus abruptes et alarmistes, notamment devant cette dimension asiatique de l’évolution US post-FNI. Que ces experts soient ou non proches du pouvoir n’importe guère, la question relevant des intérêts fondamentaux de la sécurité nationale de la Russie qui transcendent, surtout dans un tel, pays, les clivages politiques.

Un article de Nezavisimaya Gazeta que rapporte Tass le 5 août 2019 met en évidence, au travers des paroles de deux experts, ce sentiment d’extrême urgence et de “second front” de la menace nucléaire immédiate contre la Russie elle-même qu’ouvrirait/ouvrira le déploiement de missiles de moyenne portée US présentés comme “destinés” à la Chine. Il y a là un sentiment de l’inéluctabilité de la communauté des destins stratégiques chinois et russes immédiats face aux USA, et très rapidement puisque le secrétaire US à la défense voudrait ses nouveaux missiles “dans les mois qui viennent” si c’était possible, – raisonnablement, dans un an-deux ans.

« …Étant donné l’emplacement des bases militaires étrangères des États-Unis, il est facile de supposer que des missiles seront très probablement déployés en Corée du Sud, au Japon et probablement en Afghanistan. Les pays d’Extrême-Orient qui soutiennent Washington cherchent depuis longtemps à renforcer leur sécurité militaire, notamment contre la Chine. Quant à l’Afghanistan, c’est l’endroit idéal pour le Pentagone, puisque tout renforcement et déploiement militaires peuvent être attribués à la guerre contre le terrorisme.
» “Si les missiles américains que l’INF utilisés pour couvrir les missiles sont déployés au Japon, cela créera des menaces non seulement pour la Chine, mais aussi pour les installations et bases militaires stratégiques de la Russie en Extrême-Orient « , a déclaré un expert militaire, le général Youri Netkachev à Nezavisimaya Gazeta. Il a souligné que des missiles à portée intermédiaire américains seraient probablement ciblés sur les installations et les bases de la flotte du Pacifique où sont stationnées les forces nucléaires stratégiques russes. “Les missiles que les Etats-Unis pourraient déployer en Afghanistan constitueront une menace particulière pour nos garnisons militaires permanentes et nos installations stratégiques dans le sud de l’Oural et en Sibérie occidentale”, a conclu avec préoccupation cet expert.
» “Nos experts militaires et le public des pays de l’OTAN étaient préoccupés par la sécurité européenne à la lumière de l’effondrement de l’INF. Et maintenant, il s’avère que la Russie devra faire face aux menaces militaires américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale également”, a déclaré un autre expert militaire, le colonel Vladimir Popov. Il a souligné qu’à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, les États-Unis avaient installé des bases militaires à Khanabad (Ouzbékistan) et à Manas (Kirghizistan). “Dieu merci, elles ont été fermées. Cependant, les Américains pourraient avoir l’intention d’établir de nouvelles bases dans d’autres pays de l’ex-Union soviétique, en particulier en Géorgie et en Azerbaïdjan, et dans d’anciens membres du Pacte de Varsovie”, a noté l’expert. »

La Chine au centre du drame

On en vient maintenant à la réaction de la Chine, principale intéressée de cette évolution à la lumière du déplacement et des déclarations d’un nouveau tandem, Pompeo-Esper, en déplacement dans les pays “sous contrôle” dans la zone Pacifique-Asie. Pour mesurer cette réaction chinoise, il faut se tourner vers les canaux “officieux-officiels”, c’est-à-dire les courroies de transmission chargés de dire tout haut ce que les dirigeants pensent tout bas et ne disent pas officiellement. Un éditorial du 4 août 2019 de Global Times fait l’affaire ; le quotidien est officieusement reconnu comme porte-parole très officieux de la direction chinoise, et dénué des douceurs diplomatiques de langage habituellement pratiquées.

L’article vaut citation quasi-intégrale. Il est très riche et nous dévoile la pensée conceptuelle chinoise, à la fois sur la politique US et ce que nous traduisons par “son influence crisique”, sur les pays “sous contrôle” US dont on suppose qu’ils seront sollicités pour recevoir des missiles US, enfin sur la Chine elle-même, son poids, son rôle prépondérant et irrésistible dans la zone.

On notera également, et ce n’est certainement pas une inattention ou un accident de langage, d’autant que cela est répété, que la Chine et la Russie sont considérées ensemble par le Global Times lorsqu’il s’agit de l’enjeu stratégique suprême et même les actions de riposte contre les pays qui s’aligneraient sur les USA. Le langage est autoritaire à cet égard, mais on ne le verra pas nécessairement comme une mainmise de la Chine sur la Russie. Nous serions plus simples et plus directs à cet égard, interprétant simplement le message comme ceci, de la Chine à la Russie : “Chers amis, nous sommes dans le même bateau, et l’ouragan se lève très, très rapidement”….

« Les États-Unis poursuivent avec avidité la recherche d’une supériorité militaire absolue et universelle pour consolider leur hégémonie. Il refuse d’accepter tout rapport de force relatif. Un pays aussi têtu et dominateur est devenu la principale source d’instabilité de l’Asie.
» Le déploiement américain de missiles [offensifs] à portée intermédiaire en Asie pulvérisera le statu quo dans la plupart des cas. En plus d’une course aux armements, le chaos géopolitique risque d’en résulter. […] Tout pays acceptant le déploiement des États-Unis serait contre la Chine et la Russie, directement ou indirectement, et se porterait des coups terribles contre lui-même.
» Il est prévisible que Washington considérera Tokyo et Séoul et leur demandera d’accepter le déploiement. Mais par rapport aux pays d’Europe antagoniste de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie pendant la Guerre Froide, le Japon et la Corée du Sud prendront beaucoup plus de risques et auront beaucoup plus à perdre  face à la Chine et la Russie. La Chine est l’un des principaux partenaires commerciaux de ces deux États. S’ils aident les États-Unis à menacer la Chine et la Russie, les représailles de la part de la Chine et de la Russie entraîneront au moins autant de pertes pour leurs intérêts nationaux que celles qu’ils subiraient en ne cédant pas aux pressions américaines. 
» L’Asie est la région qui connaît la croissance la plus rapide au monde aujourd’hui. Bien que les relations interétatiques entre les pays asiatiques semblent plutôt compliquées, un réseau dans lequel les membres se soutiennent et se favorisent mutuellement a été établi, et la Chine est au centre de ce système. L’intention de Washington de frapper la Chine est en fait une tentative de détruire le système qui crée la prospérité. Les États-Unis transmuent leur influence crisique en affrontement entre pays asiatiques.
» Les pays asiatiques doivent collectivement résister à la tentative des États-Unis de créer une nouvelle crise dans cette région et l’empêcher de provoquer des courses aux armements extrêmes et de forcer tous les pays à prendre parti. Le Japon et la Corée du Sud en particulier doivent rester raisonnables. Leurs intérêts ont été diversifiés en raison du développement vigoureux de l’Asie. Les États-Unis ne sont plus leur seule source d’expansion. Les relations des deux pays avec la Chine et la Russie sont largement harmonieuses et la coopération économique se développe. Ce serait leur cauchemar s’ils suivaient les États-Unis dans une nouvelle guerre froide.
» Les États-Unis doivent accepter la montée en puissance de la Chine et d’autres pays asiatiques. Ils ne devraient pas chercher à contraindre les États asiatiques, y compris la Chine et la Russie. En fait, nous ne pensons pas que les États-Unis puissent réussir à rallier leurs alliés asiatiques à leur cause, même si Washington persiste. Ses alliés asiatiques espèrent maintenir des relations avec les États-Unis et la Chine, et sont réticents à prendre parti. 
» La puissance économique de la Chine peut soutenir un budget de défense beaucoup plus important qu’aujourd’hui. Les États-Unis ne devraient pas se lancer dans un nouveau jeu perdant-perdant dans une course aux armements asiatique devenant incontrôlable. Cela ne fera que forcer la Chine à construire un super arsenal d’armes, certainement pas en accord avec les intérêts américains à long terme.
» On doit penser que la Chine et la Russie renforceront leur coordination stratégique et s’uniront pour résister au plan américain. On doit espérer que le Japon et la Corée du Sud n’accepteront pas de servir de chair à canon de la politique asiatique agressive des États-Unis. »

Les “trois petits singes” sud-coréens

Les pays nommément désignés par la Chine, essentiellement le Japon et la Corée du Sud, se trouvent très certainement dans une position extraordinairement inconfortable. Pour prendre des situations historiquement similaires, on dira que leur attitude, – surtout pour ce qui concerne la Corée du Sud, – n’a rien à voir avec l’attitude vis-à-vis de la Russie des anciens pays du Pacte de Varsovie ou des anciennes “Républiques Soviétiques” intégrées de force dans l’URSS. Ni le Japon ni la Corée du Sud n’ont été les vassaux de la Chine, comme l’ont été la Pologne ou les pays baltes pendant la période de la Guerre Froide, et désormais membres de l’OTAN.

Aujourd’hui, les relations de ces deux pays avec la Chine sont plus ou moins acceptables selon les périodes, et n’ont rien de commun avec l’hostilité antirusse débridée des anciens satellites de l’URSS. Dans cette logique, la puissance et la prépondérance économique chinoise dans la zone a été évidemment acceptée, et également sa posture stratégique. C’est dire si une demande US d’installer des missiles de portée intermédiaire pointés vers la Chine constituerait pour eux un dilemme absolument catastrophique ; l’article de Global Times ne se gêne pas pour le leur dire, de le leur rappeler, de le leur détailler, insistant lourdement à cet égard.

Les Coréens du Sud, plus concernés que n’importe qui d’autre, croisent donc les doigts. Ils interprètent avec zèle la partition des “trois petits singes”, ou “Singes de la Sagesse”, en nous disant “Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu et je n’ai rien dit”, – sinon ce que je vous dis ce 5 août 2019

« La Corée du Sud “n’a eu aucune discussion officielle avec les États-Unis sur l’introduction possible de missiles à portée intermédiaire”. “Nous n’avons pas examiné cette question en interne et ne prévoyons pas de le faire”, a déclaré la porte-parole du ministère [sud-coréen de la défense], Choi Hyun-soo, lors d’un point de presse.
» La position de base du gouvernement sud-coréen sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne n’a pas changé, a-t-elle assuré. […]
» Interrogée sur la possibilité des discussions sur cette question entre M. Esper et le ministre sud-coréen de la Défense, Jeong Kyeong-doo, lors de leur rencontre prévue vendredi à Séoul, Mme Choi a dit avoir été informée que ce sujet ne figurera pas au programme de cet entretien. »

Une nouvelle stature : Mark Ester

C’est donc une partie extraordinairement délicate qui s’engage, avec les USA sur une ligne quasiment hystérique qu’on ne peut qualifier que du mot de “folie” dans son sens le plus large, représentant effectivement d’une façon et d’un comportement qui n’ont aucun équivalent nulle part dans l’extrémisme de leur violence entropique dans laquelle on reconnaît le comportement propre à la modernité transformant la postmodernité en néantissement.

Ce n’est pas un hasard évidemment si nous avons proposé la traduction “son influence crisique” pour l’expression en anglais de l’article du Global Times de l’expression “sense of crisis”. (La phrase « The US is turning its sense of crisis into confrontations among Asian countries » traduite par « Les États-Unis transmuent leur influence crisique en affrontements entre pays asiatiques. ») Il s’agit effectivement d’une interprétation à la fois psychologique et pathologique selon laquelle les Chinois sentent bien que les USA n’ont plus de politique, mais une pathologie furieuse pour installer partout des crises, et éventuellement déchaîner leur violence et rechercher l’affrontement suprême.

L’opération est parfaitement minutée :la sortie du traité FNI est instantanément transformée en crise qui affecte, tout aussi instantanément la Chine et la Russie ; et, par voie de conséquence et comme un incendie par vent de mistral, qui affecte les pions “sous contrôle”, c’est-à-dire principalement le Japon et la Corée du Sud ; et, de l’autre côté, – au fait, s’en est-on aperçu ? – l’Europe dans son entièreté, désormais ramenée aux pires temps de la crise des Euromissiles – mais quoi, l’on est bien assez occupé à faire la leçon à Moscou pour les opposants arrêtés dans les rues de Moscou pour manifestation non-autorisées, nous qui veillons si jalousement sur le droit des Gilets-Jaunes à manifester sans autorisation… Pour l’Europe, les “trois petits singes” sont les “Singes de la Couardise”.

Il faut signaler un élément humain qui nous paraît de grande importance : l’émergence, en quelques jours, d’un poids lourd de l’équipe de sécurité nationale de Trump, dans le sens du renforcement de l’agressivité, du poids de pression, du bellicisme de cette équipe, avec le nouveau secrétaire à la défense Mark Esper. Autant, après le départ de Mattis, le Pentagones a flotté avec un secrétaire à la défense par intérim extrêmement incertain (Patrick Shanahan), autant Esper semble taillé pour compléter Bolton-Pompeo, et même pour jouer un rôle central dans l’élaboration de la politique agressive et belliciste qu’a lancée la doublette initiale. Esper est un ancien officier, un colonel couturé de décoration au combat, devenu ensuite épisodiquement fonctionnaire mais surtout lobbyiste qui s’est fixé sur la représentation de Raytheon. (Raytheon, cela n’étonnera personne, joue un rôle essentiel dans la mise en point des nouveaux missiles à portée intermédiaire) Esper est aussi un idéologue, ultra-dur, et une forte personnalité qui a quelque chose (jusqu’au physique) de Donald Rumsfeld. Il est parfait pour accélérer la chute complète dans la folie de destruction du système de l’américanisme.

… Il en a notamment le cynisme également à la manière de Rumsfeld, comme nous le rappelle un éditorial du 19 juillet 2019 du site Strategic-Culture.org : « Au cours des audiences sénatoriales de cette semaine, Esper a ouvertement révélé sa forme de pensée cynique et le genre de politique qu’il mènera en tant que chef du Pentagone. Il a déclaré aux sénateurs crédules que la Russie était à blâmer pour l’effondrement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). […] Puis, dans une précision contradictoire par inadvertance ou par indifférence, il a indiqué que les États-Unis devaient sortir du traité FNI afin de développer des missiles à moyenne portée pour “contrer la Chine”. Cette affirmation explique l’objectif cynique qui a poussé l’administration Trump à abandonner unilatéralement le traité. Il ne s’agit pas de violations présumées du traité par la Russie ; la véritable raison est que les États-Unis doivent obtenir une plus grande liberté pour affronter la Chine. »

Ainsi l’équipe de sécurité nationale d’inspiration boltonienne se trouve renforcée par un segment de poids, rien de moins que le Pentagone jusqu’alors plutôt modéré. Trump laisse faire parce qu’il a été entièrement convaincu par le discours Esper-Pompeo selon lequel la puissance militaire doit imposer au “partenaire” les règles commerciales qu’on a préparées pour lui, – et quoi, y compris “la puissance militaire” jusqu’à des frappes nucléaires ? Dans tous les cas, tout est prêt pour aller dans ce sens avec la nouvelle poussée maximale pour constituer une catégorie nucléaire intermédiaire qui fut, durant la Guerre Froide, la cause des deux plus graves crises nucléaires, – celle de Cuba en 1962 et celle des euromissiles en 1979-1984.

L’“influence crisique” des USA, à partir d’une production crisique maximale sans aucun frein de la raison ou du sens commun, trouve dans ce domaine, dans ce type d’armement, le meilleur terrain dont on puisse rêver pour parvenir à un conflit où l’on passerait au nucléaire “par une porte dérobée”, sans monter aussitôt au nucléaire stratégique de l’anéantissement réciproque. Plus que jamais et toujours plus, se poursuit la course entre les risques de guerre globale et d’anéantissement, et le désordre intérieur des USA qui se poursuit en ne cessant d’accélérer, dans une atmosphère de haine et de tension intérieures extraordinaires, et des perspectives de plus en plus catastrophiques…

Cela, comme le dit Doug Casey, fondateur de Casey Research qui fait autorité, lors d’une émission Kitko News le 5 août 2019 : « Je pense que nous nous dirigeons vers un désastre [économique et financier] aux proportions véritablement historiques… […] Le niveau d’animosité actuelle dans la population divisée comme jamais auparavant peut être comparé à une guerre civile. » Croisons les doigts avec les “Singes de la Sagesse” pour que cela se produise effectivement (la “guerre civile” en prime time).

https://www.dedefensa.org/article/notes-sur-un-etranglement-nucleaire

Le coup de maître de Moscou

Le coup de maître de Moscou

5 Août 2019

Dans la crise du Golfe entre l’Iran et les Etats-Unis, l’ours russe n’a jamais caché où allait sa préférence. Les terrains d’entente entre Téhéran et Moscou sont nombreux et variés : commune opposition aux folies impériales de Washington, alliance en Syrie, complicité dans le mouvement de dédollarisation ou encore collaboration à la dynamique multipolaire de l’Eurasie. Aucune surprise, donc, de voir le Kremlin apporter son soutien aux fiers Perses, ce qui a d’ailleurs été réaffirmé avec force en juin :

Si beaucoup espéraient ou craignaient que Poutine « vende » l’Iran en échange de la Syrie, ils ont été déçus/soulagés. L’inédit sommet tripartite Russie-Israël-USA, lors duquel Washington et Tel Aviv étaient censés convaincre Moscou de lâcher l’Iran, a accouché d’une souris. Pire ! l’envoyé russe, Nikolaï Patrouchev, a renvoyé Bolton & Co dans les cordes :

« L’Iran a toujours été et demeure notre allié, avec qui nous développons nos relations dans un contexte aussi bien bilatéral que multilatéral. Nous croyons donc qu’il est inadmissible de qualifier l’Iran comme la principale menace de la région et de le mettre sur le même plan que l’Etat Islamique ou d’autres organisations terroristes. »

L’ami Nikolaï en a rajouté une couche en déclarant que, selon les données militaires russes, le drone US était bien dans l’espace aérien iranien et que les accusations américaines contre Téhéran concernant l’attaque de pétroliers étaient « de piètre qualité et peu professionnelles ». Pan, sur la moustache de Bolton qui, avec son siamois israélien, ne s’attendait visiblement pas à se faire reprendre aussi vertement. Voilà qui n’a pas dû lui arriver très souvent dans sa carrière…

On a vu début juillet que l’ours s’amusait à brouiller/usurper les signaux GPS des avions américains au Moyen-Orient. Les facéties russes semblent arriver doucement mais sûrement vers la zone iranienne, ce qui n’est pas une très bonne nouvelle pour l’US Air Force…

Il y a quelques jours, la coopération entre Moscou et Téhéran a passé la vitesse supérieure. Pendant la visite du chef de la marine iranienne à Saint-Pétersbourg, un mémorandum d’entente a été signéentre les deux armées, incluant de possibles et prochains exercices navals conjoints près, vous l’avez deviné, du fameux détroit d’Ormuz. La portée de cet accord n’a échappé à personne et surtout pas aux stratèges américains.

L’on imagine alors aisément leur fébrilité à la lecture de la véritable bombe qui vient de sortir hier. Avant de vous en faire part, précisons que l’information reste à confirmer (le site en question n’a cependant pas l’habitude de raconter n’importe quoi). On ne peut pas non plus exclure une intox iranienne, bien que l’on ne comprenne pas vraiment quelle en serait la raison. Voici le scoop, qui pourrait être ce que les anglophones appellent un game changer au Moyen-Orient et au-delà.

Téhéran et Moscou se seraient mis d’accord pour ouvrir deux bases navales et une base aérienne russes en Iran ! L’emplacement, sur le Golfe persique, est stratégique au possible : Bouchehr et Chabahar, encadrant le détroit d’Ormuz.

Si les Iraniens, habituellement très sourcilleux quant à la présence militaire étrangère sur leur territoire (le fidèle lecteur se rappelle l’affaire d’Hamadan), ont accepté, c’est que ces bases participeraient fortement à la sanctuarisation du pays face aux velléités impériales US. Notamment à Bouchehr, bête noire des Israéliens, qui accueille la centrale nucléaire dont les Russes sont en train de construire deux nouveaux réacteurs.

Quant à l’ours, il peut se lécher les babines avec gourmandise. Un bail à la syrienne (49 ans) marquerait l’entrée fracassante de la Russie dans le Golfe persique et lui donnerait un rôle de garante de la sécurité des hydrocarbures et de la liberté de circulation dans l’un des endroits les plus stratégiques de la planète, fonction que n’arrivent plus à remplir les Etats-Unis.

Ceci est d’ailleurs à mettre en parallèle aux récentes propositions de Moscou à l’ONU sur l’établissement d’une architecture collective de sécurité dans le Golfe, qui pourrait peut-être constituer un complément à l’Organisation de Coopération de Shanghai. Une structure multipolaire dont Moscou aurait l’un des tout premiers rôles. Même Catherine la Grande n’aurait pas osé y penser dans ses rêves les plus fous.

Sanctuarisation de l’Iran, case essentielle du grand échiquier eurasiatique ; évincement de l’empire de sa chasse gardée moyen-orientale ; contrôle des flux pétroliers ; avancée du modèle de l’OCS et de la multipolarité du continent-monde face à l’obsolescence de l’unilatéralisme américain… Les conséquences de ce coup de maître sont potentiellement gigantesques.Tag(s) : #Moyen-Orient#Russie

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/08/le-coup-de-maitre-de-moscou.html

Le Traité FNI enterré, les niveaux euromissiles arrivent par Manlio Dinucci

Le Traité FNI enterré,
les niveaux euromissiles arrivent 
par Manlio Dinucci

samedi 3 août 2019, par Comité Valmy

Le Traité FNI enterré, les niveaux euromissiles arrivent

Le secrétaire d’état Mike Pompeo a annoncé hier (2 août 2019) après six mois de suspension, le retrait définitif des États-Unis du Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (INF ou FNI), accusant la Russie de l’avoir “délibérément violé, mettant en danger les intérêts suprêmes USA”. À cette nouvelle n’a été donné en Italie que très peu d’écho politique et médiatique (l’Ansa -agence de presse nationale italienne ne lui a consacré que quelques lignes). Et pourtant nous sommes devant une décision qui a de dramatiques implications pour l’Italie, exposée comme d’autres pays européens à se tenir en premières lignes dans une nouvelle confrontation nucléaire USA-Russie non moins dangereuse que celle de la guerre froide.

Le Traité FNI, signé en 1987 par les présidents Gorbachev et Reagan, élimina tous les missiles nucléaires à courte portée et à portée intermédiaire (entre 500 et 5 500 Km) avec base au sol, avant tout les missiles balistiques Pershing 2, déployés par les États-Unis en Grande-Bretagne, Italie, Allemagne de l’Ouest, Belgique et Pays-Bas, et en même temps les missiles balistiques SS-20 (appellation occidentale) basés par l’Union Soviétique sur son propre territoire.

En 2014 l’administration Obama accusait la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière (sigle 9M729) de la catégorie interdite par le Traité et, en 2015, annonçait que “face à la violation du Traité FNI par la Russie, les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base au sol”. Le plan a été confirmé par l’administration Trump : en 2018 le Congrès a autorisé le financement d’”un programme de recherche et développement d’un missile de croisière lancé du sol par plate-forme mobile sur route”.

De son côté, Moscou niait que son missile de croisière violât le Traité et, à son tour, accusait Washington d’avoir installé en Pologne et Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du “bouclier”), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire. Dans ce cadre il convient de garder à l’esprit le facteur géographique : tandis qu’un missile nucléaire USA à portée intermédiaire, basé en Europe, peut frapper Moscou, un missile analogue basé par la Russie sur son propre territoire peut frapper les capitales européennes, mais pas Washington. Si l’on inverse le scénario, c’est comme si la Russie déployait des missiles nucléaires à portée intermédiaire au Mexique.

“Les États-Unis -souligne Mike Pompeo dans sa déclaration- apprécient grandement la constante coopération et détermination des alliés OTAN dans leur réponse à la violation russe du Traité”. Appréciation méritée : les alliés, Italie comprise, ont déclaré la Russie coupable d’avoir violé le Traité en acceptant les yeux fermés l’accusation faite par les USA sans aucune preuve réelle.

L’effacement du Traité FNI, suspendu aussi par la Russie le 3 juillet, s’insère dans une nouvelle course aux armements désormais basée non tant sur la quantité mais sur la qualité des armes nucléaires et de leurs vecteurs, et sur leur localisation. Des sources militaires informent que les États-Unis sont en train de mettre au point de nouveaux missiles nucléaires à portée intermédiaire avec base au sol, aussi bien de croisière que balistiques (ceux-ci capables de frapper leurs objectifs à 6-8 minutes du lancement). La Russie a prévenu que, s’ils sont basés en Europe, elle pointera ses missiles nucléaires sur les territoires où les missiles USA seront installés.

L’enterrement du Traité FNI a un objectif stratégique ultérieur. C’est ce qu’a révélé Pompeo lui-même, en accusant la Chine de déployer (sur son propre territoire) des missiles nucléaires à portée intermédiaire avec base au sol avec lesquels “elle menace les États-Unis et leurs alliés en Asie”. Le secrétaire d’état Pompeo prévient ensuite : “Il n’y a pas de raison que les États-Unis continuent à concéder cet avantage militaire crucial à des puissances comme la Chine”. Les USA donc se préparent à déployer de nouveaux missiles nucléaires à portée intermédiaire non seulement contre la Russie mais aussi contre la Chine. Toutes les deux en mesure de répondre en déployant de nouvelles armes nucléaires.

Significative la position de la Commission Européenne, qui a déclaré hier : “Nous encourageons à préserver les résultats du Traité FNI, nous devons être attentifs à ne pas prendre la voie d’une nouvelle course aux armements qui réduirait les résultats significatifs atteints après la fin de la Guerre froide”. Il faut un sacré toupet pour déclarer cela, après que cette même Union européenne a contribué à l’enterrement du Traité FNI : à l’Assemblée Générale de l’ONU (21 décembre 2018), l’Union européenne compacte a rejeté la résolution par laquelle la Russie proposait de préserver le Traité en établissant des mécanismes de vérification et des négociations.

L’Union européenne a donné ainsi de fait le feu vert à l’installation de nouveaux missiles nucléaires USA en Europe, Italie comprise.

Manlio Dinucci

Édition de samedi 3 août 2019 de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie -Ange Patrizio.

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11461

L’Iran augmente l’enrichissement d’uranium et reproche à l’Europe de ne pas respecter ses engagements en matière nucléaire

 An Iranian security official, dressed in protective clothing, walks inside the Uranium Conversion Facility, just outside the city of Isfahan, 410 kilometers, (255 miles), south of the Iranian capital Tehran in this Wednesday, March 30, 2005

L’Iran augmente l’enrichissement d’uranium et reproche à l’Europe de ne pas respecter ses engagements en matière nucléaire

MONDE09:41 07.07.2019(mise à jour 11:01 07.07.2019) Obtenir une URL courte9  37  5

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré lundi que le pays avait dépassé la limite de stockage de 300 kilogrammes d’uranium enrichi fixée par l’accord de 2015, un fait confirmé par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Comme l’a expliqué le président Rouhani, la démarche de l’Iran est une tentative de sauver l’accord nucléaire.

Les autorités iraniennes ont annoncé que l’enrichissement d’uranium dans le pays dépasserait les 3,6% « d’ici quelques heures », ce qui est au-dessus de la limite fixée par l’accord sur le nucléaire de 2015. Téhéran a également promis de réduire ses engagements dans l’accord nucléaire tous les 60 jours si le problème n’est pas résolu.

« Si ces opportunités ne sont pas utilisées, personne ne devrait douter de notre sérieux: la réduction de nos engagements [dans le cadre du JCPOA] se poursuivra tous les 60 jours », a souligné le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Selon Araghchi, l’Europe n’a pas rempli ses engagements vis-à-vis du JCPOA, alors que « les portes de la diplomatie sont toujours ouvertes ».

Araghchi a souligné que la réduction des engagements de l’Iran dans le cadre de l’accord nucléaire allait « parallèlement à la sauvegarde du JCPOA, et non à sa destruction, cette tendance pourrait conduire à l’interruption de notre participation au JCPOA ».

De nouvelles initiatives sont toutefois nécessaires, a déclaré Araghchi lors d’une réunion conjointe du cabinet iranien et du porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Behruz Kamalvandi.

« Nous ne sommes pas prêts à rester à tout prix au sein du JCPOA. Aujourd’hui, toutes les mesures que nous prenons en matière d’enrichissement d’uranium visent à sauver le JCPOA. La préservation de l’accord nucléaire est un principe pour nous », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Ali Rabii, à l’adresse suivante: Dimanche.

Cette annonce intervient six jours après que le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a annoncé que Téhéran enrichirait son uranium au-delà du niveau de 3,67% décrit dans l’accord sur le nucléaire de 2015, et maintiendrait l’enrichissement à un niveau qu’il jugerait nécessaire.

Commentant cette décision, le président iranien Hassan Rouhani a expliqué que « la décision de l’Iran de réduire ses engagements ne vise pas à saper le JCPOA, mais aussi à tenter de le sauver; car nous pensons que si nous ne faisons rien, l’accord sera perdu. »

Suite à cette annonce, le président américain Donald Trump a averti l’Iran de « faire attention aux menaces  » dans un tweet. Washington a également exhorté l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à tenir une session extraordinaire consacrée aux problèmes liés à l’activité nucléaire iranienne, a annoncé vendredi le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton.

L’UE a exprimé son ferme soutien à l’accord nucléaire. Samedi, le président françaisEmmanuel Macron a eu un appel téléphonique avec son homologue iranien dans lequel ils ont accepté de rechercher les conditions pour la reprise des négociations entre toutes les parties à l’accord nucléaire d’ici au 15 juillet.

La Russie, partie à l’accord nucléaire aux côtés des États européens, a également réagi à l’annonce de l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que l’Iran avait dépassé ses limites de stocks d’uranium enrichi en raison des sanctions américaines interdisant l’achat d’uranium en excès à Téhéran.

Le 8 mai, l’Iran a annoncé qu’il se désistait partiellement de ses obligations au titre du JCPOA . Cette décision intervient exactement un an après que les États-Unis se soient totalement retirés de l’accord sur le nucléaire et aient imposé de nouvelles sanctions sur l’Iran.

L’Iran a également lancé un ultimatum aux autres signataires de l’accord nucléaire – La Chine, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, la Russie et le Royaume-Uni – en leur donnant 60 jours pour protéger Téhéran des sanctions imposées par Washington, sans quoi il risquerait de réduire encore ses engagements.

Un peu plus tôt, Donald Trump avait confirmé que le Pentagone déploierait 1 500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient malgré les tensions avec l’Iran.

Les États-Unis ont abandonné leurs exemptions de sanctions sur le pétrole iranien en mai. Les dérogations ont été émises l’année dernière, après que le président Trump eut retiré les États-Unis de l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran en 2015 et imposé des restrictions sévères aux banques, à l’énergie et à d’autres sources d’énergie.

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Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n’a pas été affecté par l’incendie selon Moscou

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n’a pas été affecté par l’incendie selon Moscou

4 juil. 2019, 09:06

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n'a pas été affecté par l'incendie selon Moscou

© Yuri KADOBNOV Source: AFPLe ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgu, le 24 juin 2019 en Egypte (image d’illustration).

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a fait savoir que le sous-marin russe victime d’un incendie entraînant la mort de 14 personnes était un sous-marin nucléaire, mais que le réacteur avait été isolé pendant la catastrophe.

Ce 4 juillet, le ministère russe de la Défense a annoncé que l’incendie du sous-marin russe survenu le 1er juillet et ayant coûté la vie à 14 personnes n’avait pas touché le réacteur. L’unité nucléaire aurait en effet été «isolée» au moment de l’incendie, selon Sergueï Choïgou.Lire aussiAprès la mort de 14 sous-mariniers, Moscou annonce qu’il gardera le secret sur l’enquête

Rapportant les propos du président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, son ministre a ainsi expliqué que l’équipage avait «opéré toutes les mesures nécessaires afin de protéger le réacteur». Selon lui, celui-ci serait «pleinement opérationnel». «Nous espérons réparer le submersible de manière rapide», a-t-il affirmé.

«La cause principale a été établie. Il s’agit d’un incendie dans le compartiment à batteries, qui s’est ensuite étendu», a déclaré Sergueï Choïgou dans un rapport au président Vladimir Poutine, retranscrit sur le site du Kremlin. 

Les informations détaillées sur l’incendie ayant fait 14 morts le 1er juillet dans un sous-marin de recherche de l’armée russe basé dans le Grand Nord «ne seront pas rendues publiques», avait annoncé le 3 juillet le Kremlin, invoquant le «secret d’Etat».

«Cette information ne peut être rendue totalement publique. Elle se trouve dans la catégorie du secret d’Etat», avait indiqué aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qualifiant cette décision de «parfaitement normale». «Pour autant, l’état-major des forces armées russes dispose d’informations complètes» sur la tragédie, avait-il ajouté.

Quatorze marins, dont sept capitaines de premier rang – le grade le plus élevé des officiers navigants – ont trouvé la mort le soir du 1er juillet, intoxiquées par les émanations dues à l’incendie d’un sous-marin destiné, selon Moscou, à l’étude des environnements marins et du fond des océans.

L’armée n’a donné que très peu de détails sur l’accident, mais le président russe, Vladimir Poutine, a confirmé qu’il s’agissait d’un submersible «inhabituel». Il a ordonné au ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, de se rendre à Severomorsk, port militaire fermé de l’Arctique russe, pour «établir les causes de cette tragédie».

Plus de détails à suivre…

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Raconter l’actua

L’Iran annonce avoir mis la main sur un vaste réseau d’espionnage dans le monde et a alerté la Chine

espionnage

L’Iran annonce avoir mis la main sur un vaste réseau d’espionnage dans le monde et a alerté la Chine

CC0INTERNATIONAL13:28 02.07.2019(mis à jour 14:36 02.07.2019)URL courte4521

Le porte-parole de la justice iranienne, Gholamhossein Ismaily, a accusé les États-Unis de mener une intense activité d’espionnage contre son pays. Il a indiqué que, par le passé, les services iraniens avaient découvert l’existence d’un vaste réseau mondial d’espionnage américain et qu’ils en avaient informé la Chine.

Dans une déclaration publique retransmise par la télévision publique iranienne, Gholamhossein Ismaily, porte-parole de la justice nationale, a accusé les services de renseignement américains d’avoir déployé divers groupes d’espions en Iran.

«Différentes équipes ont été déployées par les services de renseignement américains pour travailler en Iran et contre ses intérêts», a-t-il déclaré. «L’un des moyens de l’hostilité américaine à l’égard de l’Iran est la mise en place de réseaux d’espionnage pour obtenir des informations, afin de les utiliser comme des moyens de pression au moment opportun», a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron

© SPUTNIK . АЛЕКСЕЙ ВИТВИЦКИЙMacron a appelé l’Iran à «revenir sans délai» sur le dépassement de ses réserves d’uranium enrichiDans le même sens, le responsable a rappelé les précédents historiques de cette pratique américaine. «Dans le passé, les services de renseignement iraniens ont réussi à identifier un vaste réseau d’espionnage américain déployé dans le monde entier, et des informations ont été fournies aux pays amis, dont la Chine», a-t-il indiqué. «Ce réseau d’espionnage américain a été éliminé l’année dernière [en Iran, ndlr], mais l’hostilité américaine n’est pas encore terminée», a-t-il souligné.

Selon M.Ismaily, «un deuxième réseau d’espionnage a été démantelé et ses membres, qui travaillaient dans des endroits sensibles, ont été arrêtés et envoyés devant la justice». Parmi les personnes interpelées par les forces de l’ordre iraniennes, «deux exerçaient dans des institutions relevant des forces armées», a-t-il précisé, ajoutant qu’«ils ont été condamnés à l’emprisonnement à vie». «Deux autres membres de ce réseau sont des officiers de l’armée iranienne, ils ont été condamnés à mort», a-t-il conclu.

Téhéran

© SPUTNIK . ANTON BYSTROVL’Iran confirme avoir dépassé la limite des 300 kilogrammes de stock d’uranium enrichiLes grandes puissances encore parties prenantes du Plan d’action global commun (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) se sont réunies le 28 juin à Vienne pour tenter de sauver l’accord en question, destiné à garantir le caractère strictement pacifique du programme nucléaire de l’Iran.

Le 8 mai 2018, Donald Trump avait annoncé que Washington se retirait de l’accord conclu entre les puissances citées ci-dessus et l’Iran, et avait restauré les sanctions anti-iraniennes et les sanctions contre les entreprises qui faisaient des affaires avec Téhéran.

Les autres membres de l’accord iranien se sont prononcés contre cette décision de Washington et ont confirmé leur respect du texte. Ces pays élaborent des mesures pour protéger leurs entreprises des sanctions américaines.

https://fr.sputniknews.com/international/201907021041571022-iran-denonce-intense-activite-espionnage-us-territoire-chine/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Les sanctions US contre le guide suprême iranien « ferment la voie de la diplomatie » (Sputnik)

Actualités internationales  Publication : 25 juin 2019  Mis à jour : 25 juin 2019  Création : 25 juin 2019 Écrit par folamour  Affichages : 64fShare

Iran 25 06 2019

En imposant de nouvelles sanctions «stériles», visant cette fois-ci le chef de l’État iranien, les États-Unis ont décidé de fermer de manière «permanente» la voie de la diplomatie entre Washington et Téhéran, a déclaré ce mardi 25 juin la diplomatie iranienne.

Après que Washington a annoncé de sévères sanctions contre l’ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés des Gardiens de la révolution, la pression sur Téhéran augmente encore. Pour le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, les sanctions américaines «ferment la voie de la diplomatie».

«Imposer des sanctions stériles contre le guide suprême de l’Iran [l’ayatollah Ali Khamenei, ndlr] et le chef de la diplomatie iranienne [Mohammad Javad Zarif], c’est fermer de façon permanente la voie de la diplomatie avec le gouvernement prêt à tout de Trump», a écrit le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, sur Twitter.

«Le gouvernement [du Président américain] est en train de détruire tous les mécanismes internationaux existants destinés à assurer la paix et la sécurité mondiale», ajoute M. Moussavi.

Téhéran et Washington ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions présentées comme «dures» et frappant la République islamique : elles visent M.Khamenei, et plusieurs commandants des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran.

M.Trump, qui accuse l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire et d’être un « parrain du terrorisme», a signé un décret empêchant «le guide suprême, son équipe et d’autres qui lui sont étroitement liés d’avoir accès à des ressources financières essentielles».

Également visé, M. Zarif, visage de la politique iranienne de détente avec l’Occident, considéré comme un modéré et abhorré des ultraconservateurs iraniens, doit être placé sur la liste des sanctions «cette semaine», a indiqué le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Selon ce dernier, Washington va geler des «milliards de dollars» d’actifs iraniens supplémentaires.

L’Iran a rétorqué à l’Onu en appelant Washington à arrêter son «aventurisme militaire» et sa «guerre économique», en jugeant que le «climat» n’était pas propice à des discussions avec les États-Unis.

Source : Sputniknews.com

https://www.crashdebug.fr/international/16179-les-sanctions-us-contre-le-guide-supreme-iranien-ferment-la-voie-de-la-diplomatie-sputnik

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« Le compte à rebours a commencé. » L’Iran prévient qu’il dépassera les limites de ses stocks d’uranium dans 10 jours (Zerohedge)

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