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Le bouclier anti-missile de l’OTAN, déployé en Inde, risque d’alimenter la course aux armements en Asie du sud

Le bouclier anti-missile de l’OTAN, déployé en Inde, risque d’alimenter la course aux armements en Asie du sud


L’Inde prévoit d’acquérir pour 1 milliard de dollars de technologie anti-missile américaine, déjà déployée dans plusieurs pays membres de l’OTAN.


Par Andrew Korybko – Le 4 août 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoSputnik signale que le ministère de la Défense indien a approuvé un accord d’achat de systèmes de missiles sol-air (NASAMS-II [National Advanced Surface to Air Missile System-II, NdT]), dans le but de protéger New Delhi, la capitale, de possibles attaques en provenance du Pakistan ou de Chine. C’est la dernière annonce en date d’une série de pays établissant des infrastructures de défense anti-missiles, partout dans le monde. Il reste cependant à comprendre comment l’Inde envisage d’intégrer cet important investissement militaire auprès des USA avec ses forces armées, principalement équipées par la Russie, surtout si l’on considère son souhait, officiel, d’acquérir le système anti-missiles S-400 vendu par Moscou, qui en théorie pourrait se poser en redondance de cette acquisition. Mais si l’on s’abstrait de ces considérations techniques et que l’on considère les enjeux stratégiques, il est irréfutable que l’Inde fait tout son possible pour contrarier les anciens équilibres stratégiques établis avec le Pakistan, son voisin et rival, en diminuant le potentiel de réponse nucléaire d’Islamabad, visant ainsi à s’assurer l’avantage dans une éventuelle guerre entre les deux pays voisins.

Il s’agit donc d’un développement déstabilisant, qui ne peut se voir suivi que de montées dans la course aux armements dans cette région. Le Pakistan peut, bien sûr, répondre de manière symétrique et faisant ses propres acquisitions de systèmes anti-missiles, mais le seul équivalent comparable aux systèmes américains est le S-400 russe, que la Russie pourrait voir un inconvénient à vendre à Islamabad, alors que New Delhi honore ses engagements d’achat du même système. Et même si l’Inde reculait face à ce programme d’acquisition – les pressions CAATSA [Les lois de sanctions américaines, souvent extra-territoriales – [« Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act », NdT] par les USA sont immenses dans ce sens – New Delhi pourrait à mots couverts menacer de cesser d’autres acquisitions militaires auprès de la Russie au cas où celle-ci arme son rival, ce qui pourrait faire réfléchir Moscou à deux fois. Les options les plus réalistes pour le Pakistan sont donc un investissement dans des satellites de détection, ou une amélioration du volet sous-marin de son programme de dissuasion nucléaire, ou encore des recherches sur les technologies de missiles hypersoniques.

Agni-V, un missile balistique intercontinental, développé par l’Organisation indienne de recherche et développement de la défense

La Chine vient de lancer un nouveau satellite pour le Pakistan, le mois dernier, et il se murmure qu’elle construit actuellement huit sous-marins pour son partenaire clé de la route de la soie, ce qui fait deux réponses en cours d’élaboration, et l’on peut supposer que des travaux sont en cours sur la troisième, mais que ceux-ci mettront plus de temps à produire des résultats tangibles. Tant que l’équilibre nucléaire peut être maintenu entre le Pakistan et l’Inde, la paix militaire au sens conventionnel reste assurée entre les deux grandes puissances ; mais toute perturbation de cet équilibre de la terreur est dangereuse à l’échelle mondiale, en raison de l’encouragement que cela apporte à chacun des deux pays de frapper l’autre en premier. Pour la stabilité du monde, il faut espérer que la parité restera assurée entre ces deux parties, et la Russie ferait bien de considérer toutes les cartes à sa main, pour continuer d’assurer que cet équilibre reste en place.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 3 aout 2018

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-bouclier-anti-missile-de-lotan-deploye-en-inde-risque-dalimenter-la-course-aux-armements-en-asie-du-sud

 

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L’Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?

L’Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?

Par Pierre VERLUISE, le 31 juillet 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en géopolitique de l’Université Paris IV – Sorbonne. Fondateur associé de Diploweb. Chargé d’un cours semestriel de Géographie politique au sein du M.R.I.A.E de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, chercheur associé à la FRS. Auteur, co-auteur ou directeur d’une trentaine de livres, dont « Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient », éd. Diploweb, diffusion Amazon.

Que nous apprend le revirement américain du 8 mai 2018 de la puissance de l’Iran, des Etats-Unis et de l’Union européenne ? L’Iran a été pendant un temps en capacité de « faire » et à « faire faire », jusqu’à perdre la main. Les Etats-Unis ont été en capacité de « faire et de faire faire » puis en « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Et l’Union européenne a été en incapacité d’ « empêcher de faire ».

LE 14 juillet 2015, un accord sur le nucléaire iranien est signé à Vienne par l’Iran [1] et les pays du « P 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Cet événement semble alors marquer le retour sur la scène régionale, voire mondiale, d’un Etat paria depuis de nombreuses années.

Le 8 mai 2018, le président des Etats-Unis – Donald Trump – annonce unilatéralement le retrait des Etats-Unis de cet accord, au grand dam des pays de l’Union européenne. Si la puissance peut se définir selon Serge Sur comme « la capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire ou de refuser de faire », que nous apprend ce revirement au sujet de la puissance des uns et des autres ?

Considérons successivement l’Iran, les Etats-Unis et l’Union européenne.

L’Iran

Dans les années 1970, pour combler le vide laissé par le départ des Britanniques de la région, les Etats-Unis élaborent la stratégie des « deux piliers » intronisant Iraniens et Saoudiens comme garants de la sécurité régionale [2]

Cette position de partenaire privilégié des Occidentaux connaît un coup d’arrêt brutal avec la Révolution islamique de 1979. Les dirigeants iraniens cherchent alors à exporter la révolution dans les pays voisins ce qui participe à leur isolement sur la scène internationale. L’Iran n’a cependant jamais renoncé à ses ambitions régionales et une véritable réorientation stratégique a lieu, favorisée par la fin de la Guerre froide (1990) et par les conséquences du 11 septembre 2001 au Moyen-Orient. Le pays s’impose comme le leader de la résistance contre les Etats Unis et Israël… qui disposent chacun de l’arme nucléaire mais dans des proportions différentes.

Afin d’appuyer son retour diplomatique et stratégique, Téhéran décide de développer son programme nucléaire. L’énergie atomique n’est pas une idée neuve dans ce pays. Dès les années 1950, Washington et Téhéran développent des partenariats dans le cadre du programme « atoms for peace ». Avec la Révolution de 1979, le programme nucléaire est arrêté puis réactivé à la fin de la guerre Iran Irak (1980-1988). L’objectif est double, il s’agit de garantir les frontières du pays et d’offrir une protection au régime.

A Téhéran deux camps se font face. Le premier, plus conservateur, souhaite développer son programme quitte à être mis au ban des nations. Ses partisans estiment que la « Bombe » est la seule assurance vie du régime, en tant que source de prestige, et qu’elle permettrait de développer autour de l’Iran et de ses alliés un dôme protecteur. De l’autre, un camp dit « modéré » craint que l’isolement de l’Iran ne soit un handicap économique et stratégique. Ils souhaitent se servir du programme comme argument de négociation pour être réintégré au concert des nations. Ils estiment par ailleurs que le simple fait d’être capable d’obtenir la bombe suffit à se prémunir de toute agression.

L'Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?
Carte géopolitique de l’Iran dans les tensions de son environnement, fin 2015, selon Jean-Paul Budry
La légende de cette carte de l’Iran dans les tensions de son environnement comprend trois parties : L’arrière plan confessionnel ; Facteurs et forces stratégiques vus d’Iran ; L’Iran acteur des conflits et ses alliés. Réalisation Sciences Po Atelier de cartographie pour Dila Questions internationales n°77.

La signature de l’Accord de Genève en 2015 marque ainsi une victoire symbolique et diplomatique de l’Iran, lui permettant d’espérer consolider sa place d’acteur incontournable dans la stabilisation de la région. Ce qui suscite une grande inquiétude en Arabie Saoudite. L’Iran mise sur son ouverture économique en renonçant partiellement à son programme nucléaire jusqu’en 2040. Cet accord vise à ce que soit limitée l’accumulation de matière nucléaire fissile pour que l’Iran ne puisse pas développer d’arme nucléaire. L’espoir de la rapide levée des sanctions génère rapidement des flux d’entreprises étrangères dans l’intention de décrocher des contrats d’exploitation et de commercialisation des hydrocarbures ou d’accéder à un marché de 80,6 millions d’habitants en demande de consommation.

L’Iran en quelques chiffres

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L’Iran en quelques chiffres
L’Iran en quelques chiffres : superficie, population mi-2017, projection population en 2050, accroissement naturel, accroissement migratoire, indicateur de fécondité, PNB/h PPA US dollars. Source : Population et Avenir, décembre 2017, n°735, p. 21.

Ainsi, l’Iran a mis en place une stratégie axée autour de l’énergie nucléaire afin d’assurer son retour sur la scène géopolitique et stratégique internationale. Celle-ci a permis, d’une part, de contraindre les Occidentaux à accepter la réémergence du pays et de les amener à la table des négociations, illustrant ainsi la capacité de l’Iran à « faire » et à « faire faire ». Du moins jusqu’à ce que les Etats-Unis de Donald Trump se retirent de l’accord de 2015.

Les Etats-Unis

En 2002, des opposants iraniens exilés aux Etats-Unis révèlent l’existence de deux sites nucléaires cachés. Une part de la société internationale prend alors conscience que l’Iran pourrait chercher à se doter de l’arme atomique. Suivent de nombreuses années de sanctions contre l’Iran, notamment soutenues par la France.

Cependant, le président des Etats-Unis, Barack Obama, engage secrètement des approches avec l’Iran au moins un an avant que la négociation d’un accord ne parvienne sur la place publique. A l’époque, la France du président François Hollande est réticente et apparaît souvent plus dure que Washington dans ses exigences, notamment en la personne de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Il se dit alors que « les néoconservateurs sont à Paris ».

Quoi qu’il en soit, la capacité d’entraînement des Etats-Unis de B. Obama conduit le 14 juillet 2015 à la signature d’un accord sur le nucléaire iranien par l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne (« P 5+1 »). Ce qui indique, à cet instant et durant quelques années que les Etats-Unis disposent d’une « capacité de faire et de faire faire ».

Cependant, durant la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, le candidat républicain – Donald Trump – critique vertement ce qu’il présente comme un mauvais accord. Il annonce que s’il est élu – hypothèse qui semble peu probable à beaucoup d’Européens – il dénoncera cet accord. Après avoir été élu, il entre à la Maison Blanche en janvier 2017. Et poursuit ses diatribes contre Téhéran. En octobre 2017, le président Donald Trump déclare devant le Congrès américain que l’Iran viole ses engagements, contrairement à ce que dit l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le 8 mai 2018, le président des Etats-Unis dénonce unilatéralement l’accord de 2015. Ce qui réactive les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran et les menaces pour les entreprises qui travailleraient avec l’Iran. Ce qui illustre à cet instant leur « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Au grand désarroi des pays de l’Union européenne.

L’Union européenne

Pensée pour construire la paix, l’Europe communautaire n’a pas dans son ADN la quête de puissance. Cependant, un début de stratégie se met en place à l’orée du XXIe siècle. Le mérite en revient au Haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana. Il fait adopter en 2003 par le Conseil européen la « Stratégie européenne de sécurité ». Cette stratégie vise principalement à mieux identifier les menaces, définir les objectifs stratégiques de l’Union et en dégager les implications politiques pour l’UE. La crise financière de 2008, puis les « Printemps arabes » à compter de 2011 réduisent sa concrétisation. Cependant, la mise en œuvre par étape du traité de Lisbonne (2007) à compter du 1er décembre 2009 se traduit par l’entrée en fonction d’une Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton. Sans expérience de la diplomatie, celle-ci laisse une œuvre modeste : la normalisation provisoire des relations Serbie-Kosovo et sa participation à la finalisation de l’accord au sujet du nucléaire iranien.

La deuxième Haute représentante, Federica Mogherini fait adopter le 28 juin 2016 un nouveau document de doctrine, « La Stratégie globale de l’Union européenne », dans une indifférence quasi-totale des médias, encore sous le choc du référendum en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE (23 juin 2016). Ce texte fait plusieurs fois explicitement référence à l’accord de 2015 comme l’alpha et l’oméga de la conception européenne du « soft power » par le multilatéralisme et la concertation.

En dépit des efforts des diplomates iraniens – notamment à Paris – pour mobiliser les pays européens afin qu’ils exercent des pressions sur D. Trump pour l’empêcher de dénoncer l’accord de 2015 [3], le président des Etats-Unis s’est pourtant retiré de cet accord le 8 mai 2018.

Ce qui indique pour l’Union européenne la mise en échec de son « soft power » et une incapacité à « empêcher de faire ». Soit tout le contraire de la puissance. En dépit des annonces faites dans les jours suivants par l’UE pour déclarer que Bruxelles allait continuer de porter l’accord de 2015, les entreprises européennes – dont Total – ont vite compris qu’elles manquaient de garanties si elles restaient en Iran. Courant juillet 2018, D. Trump s’occupe une nouvelle fois à souffler le chaud et le froid, tentant de rejouer la scène nord-coréenne. Avec des résultats à évaluer aussi bien pour la Corée du Nord que pour l’Iran…

*

Que nous apprend le revirement américain du 8 mai 2018 de la puissance des uns et des autres ? L’Iran a été pendant un temps en capacité de « faire » et à « faire faire », jusqu’à perdre la main. Les Etats-Unis ont été en capacité de « faire et de faire faire » puis en « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Et l’Union européenne a été en incapacité d’ « empêcher de faire ».

Nul doute que le coup a porté, reste à savoir les leçons que l’UE saura en tirer et les actions qu’elle pourra mettre en œuvre.


Copyright Juillet 2018-Verluise-Diploweb


Plus

Vidéo. J-F Daguzan (FRS) L’UE face au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien

QUESTIONS :
. Quelle est la nouvelle stratégie européenne en terme de défense et de politique extérieure commune ?
. Quelles sont les conséquences de la remise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien pour l’Union européenne ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

 

Désarmement nucléaire: Pyongyang rejette les méthodes de « gangster » des Etats-Unis

Désarmement nucléaire: Pyongyang rejette les méthodes de « gangster » des Etats-Unis

La Corée du Nord a rejeté samedi les méthodes de « gangster » des Etats-Unis pour négocier le désarmement nucléaire, après deux jours d’âpres discussions à Pyongyang que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a pourtant jugées « très productives ».

Après le départ de M. Pompeo vers Tokyo où il doit évoquer ces pourparlers avec ses homologues japonais et sud-coréen, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a jugé que l’attitude « extrêmement regrettable » des Etats-Unis pendant les discussions avait violé l’esprit de l’accord conclu le 12 juin à Singapour entre les dirigeants américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong Un. Le ministère a dénoncé des « demandes unilatérales et avides » des Américains en vue d’une dénucléarisation.

« Les Etats-Unis commettent une erreur fatale s’ils considèrent que la République populaire démocratique de Corée se doit d’accepter (…) des demandes qui reflètent leur état d’esprit de gangster », avertit le régime par la voie de l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Pyongyang a mis en avant le fait qu’il avait déjà détruit un site d’essais nucléaires – une concession que M. Trump avait saluée comme une victoire pour la paix – et déploré que M. Pompeo se soit montré peu disposé à en faire de même avec les concessions américaines.

Les Nord-Coréens considèrent l’ordre unilatéral de Trump de suspendre les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes comme une concession cosmétique et « hautement réversible » et regrettent que les négociateurs américains n’aient « jamais mentionné » la fin de la guerre de Corée en 1953.

En privé, les diplomates américains estiment que la réaction nord-coréenne est une tactique de négociation. Mais après deux jours d’amitié théâtrale à Pyongyang, cette attitude semble marquer un retour à la position traditionnelle du Nord.

– « Négociations productives » –

Quelques heures plus tôt, le chef de la diplomatie américaine, avant de décoller pour Tokyo, avait pourtant jugé les pourparlers « très productifs ».

« Ce sont des questions complexes mais nous avons réalisé des progrès sur presque toutes les questions centrales, sur certaines beaucoup de progrès, sur d’autres il y a encore du travail à faire », a-t-il dit aux journalistes.

Le secrétaire d’Etat américain et Kim Yong Chol, le bras droit du numéro un nord-coréen Kim Jong Un, se sont entretenus vendredi et samedi durant plus de huit heures dans une résidence pour hôtes officiels de Pyongyang.

L’objectif était de développer une feuille de route détaillée vers la « dénucléarisation complète » de la péninsule coréenne, comme convenu lors de la rencontre historique de Singapour entre M. Trump et M. Kim.

« Nous avons parlé de ce que les Nord-Coréens continuent de faire et comment nous pouvons parvenir à ce sur quoi M. Kim et le président Trump se sont mis d’accord, à savoir la dénucléarisation complète de la Corée du Nord », a déclaré M. Pompeo.

« Personne ne s’est écarté (de cet objectif), cela reste leur engagement. Le président Kim est toujours convaincu, j’ai parlé avec le président Trump ce matin. (…) Nous avons des négociations productives, basées sur la bonne foi », a-t-il dit.

M. Pompeo a indiqué que des responsables des deux parties se rencontreraient dans un groupe de travail le 12 juillet pour parler du rapatriement de dépouilles de soldats américains tués pendant la guerre de Corée (1950-53).

Des responsables nord-coréens ont transmis à M. Pompeo une lettre personnelle à remettre à Donald Trump, espérant que « les relations formidables et le sentiment de confiance » entre les deux dirigeants seraient renforcés par les discussions, indique le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans son communiqué.

Pyongyang « fait la distinction entre les bureaucrates américains et le président Trump, en exprimant sa confiance dans ce dernier », analyse le Pr Yang Moo-Jin, de l’université des études nord-coréennes à Séoul.

« Il ne s’agit pas de rompre les pourparlers. Le Nord essaie de prendre le dessus dans les négociations à venir », explique-t-il à l’AFP.

« La Corée du Nord attendait de Pompeo qu’il apporte une proposition concrète de garantie de sécurité, mais a été déçu que les Américains réitèrent leur vieille demande de dénucléariser d’abord, avant que les Etats-Unis donnent quoi que ce soit en échange », a-t-il estimé.

Samedi matin, M. Pompeo avait quitté la résidence pour se rendre dans un lieu où il a pu passer un appel sécurisé à Donald Trump, loin d’une potentielle surveillance nord-coréenne, avant de reprendre vers 09h00 (00h00 GMT) les pourparlers.

Il s’agissait de la troisième visite en Corée du Nord du responsable américain.

Depuis le sommet du 12 juin, Donald Trump s’est montré optimiste sur les chances de paix dans la péninsule divisée depuis la guerre de Corée, estimant que la menace d’une guerre nucléaire était écartée.

Le communiqué signé par MM. Kim et Trump à l’issue de leur sommet comportait peu de détails. M. Kim réaffirmait dans ce document « son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

Le secrétaire d’Etat est maintenant chargé de négocier un projet qui, espère Washington, verrait M. Kim déclarer clairement l’étendue et la nature de ses programmes nucléaire et balistique et accepter un calendrier pour le démantèlement de son arsenal

(©AFP / 07 juillet 2018 19h57)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-D-sarmement-nucl-aire-Pyongyang-rejette-les-m-thodes-de-gangster-des-Etats-Unis_RP/934444.rom

VIDEO. Greenpeace fait voler et s’écraser un drone au-dessus d’une centrale nucléaire dans l’Ain

Franceinfo
L’ONG a volontairement fait s’écraser un drone contre le mur d’une piscine d’entreposage du combustible nucléaire de la centrale du Bugey, dans l’Ain.
© Fournis par Francetv info Greenpeace annonce, mardi 3 juillet, avoir « transformé un drone en Superman » pour dénoncer l’absence de sûreté nucléaire. Des militants de l’ONG qui prône la sortie du nucléaire ont piloté un drone, qui est parvenu à survoler la centrale nucléaire du Bugey (Ain).

« Après l’avoir fait entrer dans la zone interdite de survol, les militant-e-s l’ont volontairement fait s’écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2. Cette action démontre une nouvelle fois l’extrême vulnérabilité de ce type de bâtiment, qui est pourtant celui qui contient le plus de radioactivité dans une centrale nucléaire », explique Greenpeace.

« EDF doit cesser d’ignorer nos alertes »

Et l’association ajoute : « Les militant-e-s de Greenpeace France ont démontré que l’espace aérien n’est pas inviolable et qu’aucune mesure n’est venue empêcher ce survol et ce crash. »

Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire auprès de l’organisation environnementale Greenpeace France, tape du poing sur la table, dans un communiqué : « Seule une protection passive des centrales nucléaires et donc la bunkerisation des piscines d’entreposage de combustible usé, permettra de sécuriser ces installations. EDF doit cesser d’ignorer nos alertes et effectuer les travaux indispensables à la sécurisation de ses centrales. »

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/video-greenpeace-fait-voler-et-s%c3%a9craser-un-drone-au-dessus-dune-centrale-nucl%c3%a9aire-dans-lain/ar-AAzvUJ7

Le réacteur EPR de Taishan connecté au réseau, une première mondiale

Le réacteur EPR de Taishan connecté au réseau, une première mondiale

Doutes à Washington sur la sincérité de Kim dans les négociations nucléaires

Doutes à Washington sur la sincérité de Kim dans les négociations nucléaires

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump, le 12 juin 2018 à Singapour / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Les services de renseignements américains disposent d’informations selon lesquelles la Corée du Nord tenterait de cacher une partie de son arsenal nucléaire, selon plusieurs médias américains, mais Washington a assuré dimanche ne pas pécher par « naïveté » dans les négociations avec Pyongyang.

La chaîne NBC, citant une dizaine de sources gouvernementales, et le Washington Post, se reposant sur quatre responsables, ont rapporté ce week-end que le régime de Kim Jong Un avait pris des mesures pour continuer à dissimuler certains sites nucléaires secrets, y compris depuis le sommet de Singapour du 12 juin lors duquel le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump se sont engagés en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Selon NBC, le régime a augmenté la production d’uranium enrichi ces derniers mois, parallèlement aux contacts ayant abouti à la rencontre historique et chaleureuse entre les deux hommes.

Les services d’espionnage américains auraient obtenu des indices permettant de conclure que, in fine, Kim Jong Un avait l’intention ferme de conserver une partie de son stock nucléaire.

Officiellement, la Maison Blanche n’a pas commenté ces informations. Mais le conseiller à la sécurité nationale John Bolton ne les a pas démenties, lors d’un entretien dimanche.

« Je dirai seulement ceci: nous utilisons la totalité de nos capacités pour comprendre ce que la Corée du Nord est en train de faire », a dit M. Bolton sur Fox News.

« Aucun de ceux qui participent à ces négociations ne fait preuve de naïveté. Le président a dit qu’il ne répéterait pas les erreurs des administrations précédentes », a ajouté le conseiller.

Une allusion possible aux accords négociés sous les administrations de Bill Clinton et de George W. Bush avec la Corée du Nord dans les années 1990 et 2000, et qui n’ont jamais empêché ce pays de développer son programme nucléaire.

– « Preuves sans équivoque » –

Le sommet de Singapour a fait baisser les tensions non seulement entre les deux pays mais aussi dans la région, comme en témoigne la décision récente du Japon de réduire son niveau de défense contre d’éventuels missiles venus de Corée du Nord.

Tokyo a décidé, selon le quotidien Asahi Shimbun dimanche, de ne plus déployer de navires équipés des systèmes antimissiles Aegis dans la mer du Japon.

Le pays a également suspendu ses exercices publics d’évacuation face à des missiles nord-coréens potentiels.

Mais la poignée de mains entre MM. Kim et Trump n’a débouché ni sur un calendrier ni sur des modalités précises pour le démantèlement de l’arsenal nucléaire nord-coréen.

Citant des responsables anonymes du renseignement, NBC a rapporté que la Corée du Nord entendait « soutirer toute concession » possible aux Etats-Unis plutôt que d’abandonner réellement ses armes atomiques.

« Il n’y a pas de preuve que (les Nord-Coréens) réduisent leurs stocks ou qu’ils aient arrêté leur production » nucléaire, a déclaré un responsable américain cité par NBC.

« Il y a des preuves absolument sans équivoque qu’ils essaient de tromper les Etats-Unis », a affirmé ce responsable, bien que la Corée du Nord ait cessé depuis plusieurs mois ses essais nucléaires et ses tests de missiles balistiques.

Le principal centre nucléaire nord-coréen est celui de Yongbyon.

Le site de référence sur l’étude de la Corée du Nord, 38 North, a annoncé il y a quelques jours, sur la base d’images de satellites, que Pyongyang poursuivait les opérations dans son usine d’enrichissement et était en train d’améliorer le centre de recherches.

Cependant, prévient 38 North, ces travaux « ne doivent pas être vus » en relation « avec la promesse nord-coréenne de dénucléarisation ». On peut s’attendre, selon ce site spécialisé, à ce que les équipes chargées du nucléaire « fassent comme d’habitude en attendant des ordres spécifiques de Pyongyang ».

La Corée du Nord a fait exploser fin mai Punggye-ri, son seul site d’essais nucléaires, où elle a mené ses six tests atomiques, un geste de bonne volonté avant le sommet avec les Etats-Unis.

La prochaine rencontre à haut niveau doit avoir lieu entre le dirigeant nord-coréen et Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine.

« Il y a beaucoup de travail entre ici et là-bas. Mon équipe y travaille déjà. Je retournerai (à Pyongyang) avant longtemps », a dit M. Pompeo récemment.

(©AFP / 01 juillet 2018 16h02)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Doutes-Washington-sur-la-sinc-rit-de-Kim-dans-les-n-gociations-nucl-aires/932480.rom

Sommet Trump/Kim : ce que Kushner a murmuré à l’oreille de MBS

Sommet Trump/Kim : ce que Kushner a murmuré à l’oreille de MBS

#ArabieSaoudite

Le commentateur saoudien anonyme, auteur de révélations fracassantes sur le système des ben Salmane, dévoile que Kushner a partagé des secrets avec son ami MBS concernant le sommet historique de Singapour

Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, aurait fait des révélations rassurantes à MBS
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14 juin 2018
Dernière mise à jour :
14 juin 2018

« Kushner a révélé au prince héritier saoudien des secrets que ne détient qu’un cercle très restreint à la Maison-Blanche, des secrets qu’ignore même le Congrès. » Le premier tweet du très informé commentateur saoudien anonyme, qui utilise le pseudonyme Mujtahidd, est un bon préambule pour les révélations qu’il publie sur Twitter.

Quels secrets se sont confiés les deux amis, Jared Kushner, conseiller et gendre du président Donald Trump, et Mohammed ben Salmane, prince héritier du Royaume d’Arabie saoudite ?

Traduction : « Kushner a révélé au prince héritier saoudien des secrets que ne détient qu’un cercle très restreint à la Maison-Blanche, des secrets qu’ignore même le Congrès… » 

« MBS était très inquiet suite à l’annonce du sommet Trump/Kim. Il craignait qu’un tel événement puisse être réédité avec l’Iran, marquant une ouverture du président américain envers Téhéran – qui tournerait donc le dos au prince héritier », explique Mujtahidd. Le 12 juin, un sommet historique a réuni le président américain et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un,  à Singapour. Une rencontre inédite qui s’est soldée par la signature d’un accord de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Chantage

Selon Mujtahidd, « Kushner a expliqué à Mohammed ben Salmane que Trump voulait propager l’image d’un homme de paix en rencontrant Kim, avant d’affronter militairement l’Iran. »

Les deux trentenaires sont réputés proches. Une proximité souvent critiquée, notamment quand le prince saoudien se vanta auprès du prince héritier d’Abou Dabi, Mohammed ben Zayed, que le conseiller de Trump « était dans sa poche ». Les deux hommes ont eu de nombreuses rencontres et semblent être sur la même longueur d’ondes face aux gros dossiers du Moyen-Orient – Jared Kushner est conseiller sur ce dossier auprès de son beau-père. En tête de liste des dossiers : le conflit israélo-palestinien, mais surtout, l’Iran, une obsession saoudienne.

À LIRE ► Le prince héritier Mohammed ben Salmane a soudoyé Donald Trump, selon un lanceur d’alerte saoudien

Autre détail révélé par Kushner – visé par l’enquête du FBI sur une éventuelle collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de l’actuel président américain – à son ami saoudien : « le leader nord-coréen était d’accord pour annoncer la dénucléarisation totale de son pays avant la tenue du sommet de Singapour. Mais, Pékin, ayant remarqué l’enthousiasme de Trump devant cette perspective, a décidé de faire du chantage à Washington : pas de sommet entre Trump et Kim si les États-unis ne mettent pas un terme à leur guerre commerciale contre la Chine. »

Pékin aurait donc fait donc pression sur Kim Jong-un pour qu’il recule sur la dénucléarisation, ce qu’il fit, toujours selon les révélations de Mujtahidd. Pour rappel, le premier vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen Kim Kye-gwan avait, dans une volte-face surprenante, annoncé le 16 mai dernier, que Pyongyang allait reconsidérer la tenue du sommet de Singapour si les États-unis continuaient à insister sur une dénucléarisation unilatérale. Washington a réagi en annulant le sommet, avant que les deux parties n’en reviennent à de meilleurs sentiments.»

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (Reuters)

La relance du processus de désescalade a été possible, d’après Mujtahidd, grâce aux concessions de Trump aux Chinois. « Secrètement, Trump a promis à la Chine de faire cesser la guerre commerciale qu’il mène contre elle ». Le président américain aurait même donné une garantie de sa « bonne foi » : « Il a levé les sanctions contre la société chinoise d’équipements téléphoniques, ZTE, accusée dans un premier temps d’espionnage économique et technique ».

MBS tout fier

C’est ainsi que Pékin a permis au leader nord-coréen de s’engager à nouveau sur l’accord nucléaire. Le 27 mai, Trump a confirmé dans un tweet qu’un accord avait été trouvé pour solder l’affaire ZTE : moyennant une amende d’1,3 milliard de dollars, l’équipementier chinois va pouvoir importer à nouveau les composants américains dont il a besoin pour ses propres produits.

« Mohammed ben Salmane, après les explications de Kushner, s’est senti rassuré par le fait que la confrontation avec l’Iran est en bonne route »

– Mujtahidd

« Mais le Congrès a refusé la décision de Trump concernant ZTE. Alors, comme l’a révélé Kushner à ben Salmane, le président américain a promis aux Chinois d’user de son droit de véto pour contrecarrer le Congrès », poursuit Mujtahidd. « Quant à la guerre commerciale contre la Chine, Trump a chargé son secrétaire au Commerce, en coordination avec les Chinois, de mettre sur pied un scénario de désescalade graduelle qui n’éveille pas l’attention de l’Europe avec laquelle il s’est accroché au sommet du Canada ».

Concluant sa série de tweets, Mujtahidd rapporte que « Mohammed ben Salmane, après les explications de Kushner, s’est senti rassuré par le fait que la confrontation avec l’Iran est en bonne route. Il est actuellement dans un état excessif de fierté et d’orgueil, parce qu’il est en possession de secrets que ne détient même pas le Congrès, ni de nombreuses autres institutions américaines, des secrets concernant un évènement aussi majeur que le sommet Trump/Kim. Il n’arrête pas de s’en vanter dans son petit cercle. »

Middle East Eye n’a pas été en mesure de vérifier les allégations de Mujtahidd au moment de la publication.

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/sommet-trumpkim-ce-que-kushner-murmur-l-oreille-de-mbs-2050263473

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

De quoi vont parler Kim Jong-un et Donald Trump ? On vous résume les enjeux de leur rencontre historique

Le président américain et le leader nord-coréen vont tenter de régler leurs différends, mardi 12 juin, à Singapour.

Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d\'un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018.
Un homme regarde un écran de télévision montrant des archives du président américain Donald Trump, à droite, et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors d’un reportage diffusé à la gare de Séoul, en Corée du Sud, lundi 11 juin 2018. (AHN YOUNG-JOON/SIPA)

Ce sera la toute première rencontre entre un président des États-Unis en exercice et un dirigeant nord-coréen. Mardi 12 juin, Donald Trump doit s’entretenir avec Kim Jong-un à Singapour, dans un hôtel de luxe de la cité-État asiatique. Un tête-à-tête qui était inimaginable il n’y a encore que quelques mois, alors que les deux hommes étaient engagés dans une violente surenchère verbale.

Mais à J-1, l’équipe Trump s’est employée à donner une image encourageante des négociations, sur lesquelles la partie nord-coréenne est restée muette. Le chef de diplomatie américaine Mike Pompeo a assuré lundi que les discussions avaient progressé « rapidement » au cours des dernières heures et s’est dit « très optimiste » lors d’une conférence de presse.

Mais sur quoi exactement vont porter ces négociations entre les deux dirigeants, et qu’espèrent obtenir les deux parties ? Franceinfo fait le point.

De la dénucléarisation de la Corée du Nord

La question de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord va être au cœur de la rencontre entre les deux dirigeants. Sur ce point, Washington exige une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de Pyongyang, qui s’est progressivement imposé comme une puissance nucléaire.

Le régime nord-coréen a réalisé son sixième essai nucléaire en septembre dernier, le plus puissant à ce jour. L’année dernière, le Washington Post, citant un rapport du renseignement américain, estimait que la Corée du Nord disposait de jusqu’à 60 engins nucléaires. Le pays a par ailleurs testé des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles d’atteindre le territoire continental américain.

Pyongyang se dit engagé en faveur de la dénucléarisation de la péninsule. Mais cette formule, très vague, se prête à toutes les interprétations possibles, et la Corée du Nord ne l’a jamais clarifiée. « Cela me semble très difficile pour Kim de renoncer à la seule chose sur laquelle se fonde son importance, à savoir les armes nucléaires », a récemment estimé l’ex-secrétaire d’État adjoint américain Richard Armitage.

Interrogé par l’AFP, le spécialiste américain Siegfried Hecker considère qu’une dénucléarisation totale et immédiate est « inimaginable » : cela « reviendrait au scénario d’une reddition de la Corée du Nord ». Dans un rapport, il préconise plutôt une feuille de route qui consisterait à « suspendre, faire reculer et éliminer » les programmes balistique et nucléaire sur dix ans, voire quinze en cas de complications.

Des sanctions économiques contre Pyongyang

La Corée du Nord est sous le coup de sanctions qui asphyxient son économie, et qui lui ont été imposées pour la freiner dans sa course au nucléaire. Depuis 2006, huit salves de sanctions ont été adoptées par l’ONU, dont trois en 2017, rappelle le Council on Foreign Relations (en anglais). La dernière, datant de décembre, impose une réduction drastique des exportations de pétrole vers la Corée du Nord. « La pression économique sur la Corée du Nord est sans précédent », observe pour franceinfo Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique et enseignant à Sciences Po.

Le dirigeant nord-coréen « a clairement dit qu’en retour, il jugeait important que le moment venu, quand ces objectifs auront été atteints, il recevrait en contrepartie une aide économique de l’Amérique », a indiqué le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo devant une commission de la Chambre des représentants, le 24 mai dernier. Donald Trump est conscient des attentes de son homologue sur ce sujet, et les entretient. « J’estime véritablement que la Corée du Nord à un brillant potentiel et sera une grande nation économique et financière un jour. Kim Jong-un est d’accord avec moi là-dessus. Cela arrivera ! » a-t-il promis, sur Twitter, le 27 mai dernier.

Si les sanctions n’ont pas encore été assouplies, le sommet de Singapour laisse déjà présager d’une future ouverture économique. À Dandong, ville chinoise par laquelle transite l’essentiel du commerce vers la Corée du Nord, l’immobilier flambe déjà. « La plupart des acheteurs sont des hommes d’affaires du sud de la Chine, désireux de faire du commerce, se félicite un agent immobilier interrogé par l’AFP, nous avons vendu en un mois autant d’appartements que dans une année entière. »

D’un traité de paix pour la guerre de Corée

Le sommet entre les deux dirigeants pourrait aussi mettre fin à la guerre entre les deux Corées. Malgré un armistice en 1953, jamais signé par la Corée du Sud, aucun traité de paix n’a été conclu. Le conflit avait débuté trois ans auparavant, quand la Corée du Nord, occupée alors par les États-Unis, avait décidé d’envahir le Sud, sous domination américaine. Après l’armistice, la péninsule est restée coupée en deux au niveau du 38e parallèle, divisée par la DMZ, la zone démilitarisée.

Lors du sommet en avril dernier, Kim Jong-un et son homologue sud-coréen Moon Jae-in ont partagé leur volonté d’avancer vers ce traité de paix. Séoul a aussi annoncé la semaine dernière que des discussions tripartites avec Pyongyang et Washington étaient en cours pour une déclaration liminaire sur le sujet. Celle-ci précéderait un traité en bonne et due forme, dans lequel il faudrait impliquer la Chine, signataire de l’armistice et soutien de la Corée du Nord pendant la guerre.

On pourrait tout à fait signer un accord et c’est ce qu’on regarde. Ça a l’air un peu étrange, mais c’est probablement le plus facile.Donald Trump

De la présence américaine en Corée du Sud

Malgré la fin des affrontements, les États-Unis ont toujours maintenu une forte présence militaire dans la région. Ils possèdent 112 bases dans la péninsule coréenne et 90 000 soldats, dont 24 000 hommes en Corée du Sud et 60 000 au Japon. Sans oublier le bouclier antimissile américain, THAAD, déployé en Corée du Sud pour parer les éventuelles attaques nord-coréennes.

Une présence qui ne rassure pas le régime de Kim Jong-un. Selon le président sud-coréen Moon Jae-in, son homologue « a des inquiétudes sur le fait de savoir s’il peut faire confiance aux États-Unis pour mettre un terme à leur politique hostile et garantir la sécurité du régime quand le Nord se sera dénucléarisé ».

Cependant le président sud-coréen a rejeté l’idée d’un départ des soldats américains présents sur son sol, même en cas de traité de paix intercoréen. « Les forces américaines en Corée (USFK) sont un sujet qui relève de l’alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis. Cela n’a rien à voir avec la signature d’un traité de paix », a-t-il affirmé.

Ce point reste donc à débattre et Kim Jong-un pourrait le faire valoir en échange d’une dénucléarisation complète de son pays. L’agence de presse nord-coréenne KNCA a d’ailleurs rappelé la position ferme de Pyongyang : les États-Unis devraient, pour cela, retirer « le parapluie nucléaire », à savoir le bouclier antimissile américain qui protège la Corée du Sud et le Japon.

Vidéo. B. Hautecouverture (FRS) Un retour de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Vidéo. B. Hautecouverture (FRS) Un retour de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Par Benjamin HAUTECOUVERTURE , Fabien HERBERT, Jérémie ROCQUES, Pierre VERLUISE, le 7 juin 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Benjamin Hautecouverture est Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Propos recueillis par Pierre Verluise, Docteur en géopolitique, fondateur du Diploweb.com. Images et son Jérémie Rocques. Montage : Fabien Herbert. Résumé : Emilie Dael Causse.

L’histoire a-t-elle déjà vu un pays renoncer à l’arme nucléaire ? Si l’Afrique du Sud, l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan ont renoncé à la dissuasion nucléaire, c’est à chaque fois après un changement de régime politique. La Corée du Nord fera-t-elle exception ? Et l’Iran ?

QUESTIONS

. Quelles sont les idées fausses concernant la place de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?
. Quelles sont les idées fortes à retenir au sujet de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé Emilie Dael Causse pour Diploweb

Nous nous trouvons dans un moment particulier de l’histoire de la planète nucléaire. En effet, en juillet 2018 auront lieu les cinquante ans de l’ouverture à la signature du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. C’est l’occasion pour l’ensemble de la communauté internationale de faire un point sur la place de l’arme nucléaire dans les rapports entre puissances et dans les doctrines de sécurité des grands États aujourd’hui.

Quelles sont les idées fausses sur la place de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

L’idée selon laquelle le monde s’acheminerait vers la fin de l’arme nucléaire est erronée. Elle semble avoir animé certains États pendant la négociation d’un traité d’interdiction signé à New-York à l’été 2017. Bien au contraire, en 2018, nous assistons d’un côté à une re-nucléarisation des politiques de sécurité des États dotés de l’arme nucléaire, et de l’autre au retour des débats autour d’une possible relance des politiques de nucléarisation pour les non dotés. Cette tendance se traduit notamment dans le fait que les États dotés n’ont pas signé le traité de New-York et que beaucoup d’autres se sont abstenus. Pour la centaine d’États non dotés, cette volonté de mettre fin aux armes nucléaires rend compte d’une exaspération croissante à l’égard d’un retour de l’arme nucléaire dans le monde.

L’arme nucléaire n’est pas non plus en train de reprendre la place qui fut la sienne pendant la Guerre froide (1947-1990). Il ne suffit pas de prendre appui sur les stratégies des années 60 à 80 pour comprendre le monde nucléaire actuel. Pour cause, le monde n’est plus bipolaire mais en cours de multipolarisation, ce qui fait que les rapports entre États sont beaucoup plus complexes. En particulier parce que les États ont des politiques d’alliances et de partenariats beaucoup plus opportunistes et pragmatiques qu’avant.

Il ne faut pas non plus croire que la volonté de lutter contre la prolifération de l’arme nucléaire soit en perte de vitesse. Si les années 2000 à 2012 ont été marquées par une érosion de la non-prolifération, il semble désormais nécessaire de repenser ce que doivent être les cadres de l’arme nucléaire, c’est-à-dire la maîtrise de l’armement (ou l’ « arms control »). L’enjeu et de repenser un instrument de maîtrise du volume de la violence.

Quelles sont les idées fortes à retenir au sujet de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Les grands États dotés de l’arme nucléaire que sont les Etats-Unis, la Russie, la France, la Chine, et le Royaume-Uni sont en cours de modernisation de leur force de dissuasion. Cela se traduit par exemple en France au travers de la présentation en février 2018 de la Loi de programmation militaire 2019-2025 qui prévoit une hausse du budget de dissuasion. Un processus général de réévaluation de l’arme nucléaire dans les arsenaux des États dotés est donc en marche et le rôle de l’arme nucléaire dans les doctrines de sécurité de ces États n’a pas décru.

Dans le contexte de crise de prolifération actuel, il semble important de rappeler que dans l’histoire, aucun État n’a dénucléarisé, désarmé et démantelé son programme sans changement de régime ou rupture historique majeure. C’est seulement le cas de l’Afrique du Sud avec la fin de l’apartheid en 1991 et celui de l’Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan dont l’armement été rapatrié en Russie suite à l’implosion de l’URSS le 8 décembre 1991. Voici pourquoi, à moins d’une rupture politique majeure en Corée de Nord dans les années à venir, il n’y a pas de raison de penser que le régime soit sur la voie d’une dénucléarisation.

Enfin, pour comprendre l’importance de l’arme nucléaire dans les relations internationales aujourd’hui, il faut avoir à l’esprit qu’elle reste une clé de lecture déterminante des relations entre puissances. En particulier, dès qu’il y a un conflit ou qu’une rivalité peut s’exacerber, elle va immédiatement prendre le rôle de stabilisateur ou celui d’un facteur qui empêche de débloquer une situation ou bien qui permet d’en rester à une rivalité de basse intensité. Par exemple, cela est vrai pour la crise syrienne qui perdure car l’allié russe empêche que des solutions militaires soient adoptées ou aillent dans le sens d’une escalade nucléaire.

Ainsi l’arme nucléaire reste extrêmement structurante dans les relations entre puissances et ce en particulier dans des cas de crise.

Copyright pour le résumé Juin 2018- Dael Causse/Diploweb.com


Sur le nucléaire, le Diploweb.com vous propose encore les vidéos suivantes :

. Eric Danon : La dissuasion nucléaire a-t-elle un avenir ?

. Emmnanuelle Maitre : Quel avenir pour l’accord nucléaire iranien ?

. Benjamin Hautecouverture : La Corée du Nord et l’arme nucléaire

. François Géré : Un stratège français d’envergure, P.-M. Gallois et le nucléaire

. François Géré : Lucien Poirier, stratège français de la dissuasion nucléaire

. Benjamin Hautecouverture : Quelle prolifération nucléaire ?

Guerre contre l’Iran : un nouveau 11 septembre se prépare !

Guerre contre l’Iran : un nouveau 11 septembre se prépare !

Publié par Brujitafr sur 15 Mai 2018, 06:09am

Catégories : #ACTUALITES, #USA

Avec le retour de John Bolton aux commandes, attendez vous au pire…

Guerre contre l’Iran : un nouveau 11 septembre se prépare !
Par Moon of Alabama

Publié le 12 Mai 2018 sous le titre Countdown To War On Iran

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet

John Bolton est un homme sans foi ni loi :

Au début de 2002, un an avant l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a exercé une pression intense sur [José] Bustani pour qu’il démissionne de son poste de directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. […]

Bolton – alors sous-secrétaire d’État au contrôle des armes et aux affaires de sécurité internationale – est allé en personne au siège de l’OIAC à La Haye pour mettre en garde le chef de l’organisation. Et, selon Bustani, Bolton n’a pas mâché ses mots. Il a dit : « Cheney veut que vous partiez », en faisant référence au vice-président des États-Unis de l’époque. « Nous ne pouvons pas accepter votre style de gestion. »

Bolton a ajouté, toujours selon Bustani : « Vous avez 24 heures pour quitter l’organisation, et si vous ne vous conformez pas à la décision de Washington, nous avons des moyens de vous le faire payer. »

Puis après un silence :

« Nous savons où vivent vos enfants. Vous avez deux fils à New York. »

José Bustani avait obtenu que les inspecteurs de l’OIAC retournent en Irak. Ils n’auraient rien trouvé. Cela aurait contredit la campagne de propagande américaine pour déclencher la guerre contre l’Irak. Comme Bustani ne voulait pas partir, les États-Unis ont menacé de réduire le budget de l’OIAC et ont « convaincu » d’autres pays membres du conseil exécutif de s’en débarrasser.

John Bolton a été également à l’origine d’une campagne contre l’AIEA et son chef Mohamed ElBaradei. Le téléphone d’ElBaradei a été mis sur écoute et des rumeurs ont été lancées contre lui pour le contraindre à quitter ses fonctions.

L’administration américaine, les néoconservateurs et les médias font un remake (je recommande ce lien) de la campagne de propagande qu’ils avaient menée en faveur de la guerre contre l’Irak. Cette fois-ci, la cible est l’Iran :

Comme pour l’Irak, il est plus facile pour Bolton et Netanyahu d’atteindre leur objectif en discréditant le système actuel d’inspections internationales. Bolton a qualifié les méthodes d’inspection mises en place par l’accord nucléaire iranien de « dangereusement inadéquates » et a déclaré que « l’Agence internationale de l’énergie atomique » était « susceptible de rater d’importantes installations [nucléaires] iraniennes ». Dans son discours au Congrès de 2015 qui attaquait l’accord avec l’Iran, Netanyahu a insisté sur le fait que « non seulement l’Iran défie les inspecteurs, mais il est passé maître dans l’art de jouer à cache-cache avec eux ».

Tous ceux qui s’opposent à leur propagande doivent partir. Bolton, qui veut bombarder l’Iran, est de retour aux commandes. L’une de ses cibles les plus évidentes est l’AIEA, qui certifie que l’Iran s’en tient à l’accord nucléaire. Il semble que les machinations de Bolton portent leurs fruits :

Le chef des inspections de l’organe de contrôle nucléaire de l’ONU a démissionné soudainement, a annoncé l’agence vendredi sans donner de raison.

.

Le départ de Tero Varjoranta intervient à un moment délicat, trois jours après que les États-Unis ont annoncé qu’ils abandonnaient l’accord nucléaire entre les puissances mondiales et l’Iran, ce qui soulève la question de savoir si Téhéran continuera à s’y conformer.

Varjoranta, un Finlandais, était directeur général adjoint de l’Agence internationale de l’énergie atomique et chef de son Département des garanties* qui vérifie, depuis octobre 2013, que les pays signataires du Traité de non-prolifération nucléaire le respectent.

Une autre victime est le fonctionnaire du département d’État qui a certifié que l’Iran respectait l’accord nucléaire :

L’un des plus grands experts du département d’État en matière de prolifération nucléaire a démissionné cette semaine après que le président Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, ce qui, selon les responsables et les analystes, s’inscrit dans le cadre d’une inquiétante fuite des cerveaux de la fonction publique au cours des 18 derniers mois.

Richard Johnson, un fonctionnaire qui occupait le poste de coordonnateur adjoint par intérim au Bureau central de la mise en œuvre du programme nucléaire iranien, avait participé à des pourparlers avec des pays qui cherchaient à sauver l’accord au cours des dernières semaines, y compris la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – un effort qui, en fin de compte, a échoué. […]

Le Bureau que Johnson dirigeait est passé de sept employés à temps plein à zéro employé depuis l’inauguration de Trump.

L’homme qui a lancé la guerre contre l’Irak est maintenant récompensé. Netanyahou incite à la guerre contre l’Iran, tout comme il a incité à la guerre contre l’Irak. D’obscurs groupes d’ »experts » insensés sortent de leurs chapeaux des documents de politique générale en faveur d’un « changement de régime ». Les « alliés » américains sont sous pression. Leur ouverture au « compromis » augmente les chances de guerre. Pendant qu’ils insistent pour s’en tenir aux règles internationales, des acteurs malveillants préparent des mesures pour briser leur résistance. On n’en est encore qu’au début d’une « opération de formatage » de l’opinion publique. Cette préparation du public à la guerre prendra probablement un an ou deux.

Ce qui manque encore, c’est un événement qui déclenche la frénésie guerrière dans le public américain. Pour cela, les États-Unis orchestrent généralement des opérations sous faux drapeaux – l’incident du Tonkin, le naufrage du Maine, les meurtres à l’Anthrax – pour créer un motif psychologique pseudo-rationnel à la guerre. Un lobbyiste pro-israélien appelle** Israel à en monter un pour déclencher la guerre contre l’Iran.

On se demande quand et comment un nouvel incident comme le 11 septembre, ou une autre alerte à l’anthrax, aura lieu. Ce sera le signe le plus sûr que le compte à rebours de la guerre contre l’Iran a commencé.

Moon of Alabama

 

 

*) safeguards en anglais

**) Traduction du tweet : Incroyable ! un lobbyiste pro-Israel, Patrick Clawson, suggère qu’Israel devrait monter une ‘opération sous faux drapeau’ pour forcer les USA à déclarer la guerre à l’Iran.

https://arretsurinfo.ch/compte-a-rebours-de-la-guerre-contre-liran/

http://www.brujitafr.fr/2018/05/guerre-contre-l-iran-un-nouveau-11-septembre-se-prepare.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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