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Paris pas si inquiet par la déroute du nouveau réacteur nucléaire français

Paris pas si inquiet par la déroute du nouveau réacteur nucléaire français

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La France souhaite établir de nouveaux standards en matière d’énergie nucléaire avec l’introduction du dernier réacteur à «eau pressurisée européen (EPR)». Le gouvernement français veut mettre en service six nouvelles centrales nucléaires de type EPR et persiste toujours dans cette ambition. Ce projet est, cependant, mis sur la glace en raison de nombreuses pannes en 2007. De nombreuses personnes issues des organisations luttant contre le nucléaire mais aussi des politiques critiquent le projet EPR.

L’EPR, qui devrait lancer une nouvelle étape dans la technologie nucléaire en France, est sur le point de devenir une catastrophe. Ce nouveau type de réacteur est de plus en plus considéré comme étant une bérézina nationale poussant le ministre français des Affaires économiques à intervenir. En juillet 2019, Bruno Le Maire a demandé la réalisation d’un audit sur le chantier de l’EPR d’EDF. Ce chantier de Flamanville accuse des déboires à répétition et le ministre de l’Economie a souhaité obtenir de la «transparence». «Je crois que ces incidents à répétition ne sont pas acceptables, ils ne sont pas compréhensibles. Ils ne sont pas acceptables de la part d’une filière nucléaire qui est un fleuron français» avait alors déclaré le ministre. A la livraison de l’audit Bruno Le Maire parle d’échec: «C’est un échec pour l’ensemble de l’industrie nucléaire française. Nous devons reconnaître cet échec, en tirer les leçons et en tirer toutes les conséquences nécessaires». Le rapport réalisé par  l’ex-PDG de PSA Peugeot Citroën, Jean-Martin Folz,  de 34 pages, qui a été aussi remis à la ministre de la Transition écologique,  montre l’existence de nombreux défauts et incidents qui vont des problèmes de béton aux défauts d’exécution des travaux.  «Le béton a été loupé et il a fallu quatre ans, en gros, pour le réussir» a déclaré Bernard Laponche, polytechnicien et physicien nucléaire, de l’association Global Chance. Des soudures non conformes à la sécurité ont été découvertes dans une zone d’installation importante mais inaccessible. Le chantier de Flamanville, qui devait être terminé en 2010, accuse un gros retard. Actuellement, la livraison du projet est remise à 2022.

L’échec de l’EPR se voit dans l’augmentation des coûts. «La construction du réacteur de Flamanville devrait coûter un peu plus de trois milliards d’euros et durer quatre ans et demi. Maintenant, il coûte quatre fois plus cher et sa construction prend 15 ans» dénonce les associations écologiques. Ce rapport sur l’industrie nucléaire française apporte la preuve que les compétences techniques en France accusent une baisse de qualité. La nouveauté est que ce rapport a été rendu public alors que cela n’était pas le cas avant.  Mycle Schneider, l’activiste anti-nucléaire et expert en politique énergétique, tout comme, par exemple, les activistes de «Sortir du nucléaire», évoquent un «fiasco» du modèle français: «Les mots très inhabituellement clairs et acerbes indiquent clairement qu’il s’agit d’un fiasco et que cela concerne toute la chaîne de responsabilité. En d’autres termes, il n’y a pas un seul phénomène, mais en gros, tout a échoué, des compétences des travailleurs de la construction à la direction générale».

Malgré les nombreuses failles dans le projet, Paris veut toujours mener ses plans ambitieux ce que confirme un article paru ce 6 novembre dans la revue Techniques de l’Ingénieur. On apprend que l’ambition du gouvernement reste ferme et qu’il souhaite continuer la construction de l’EPR. «Le rapport remis aux ministres de l’Economie, Bruno Le Maire, et de la Transition écologique, Elisabeth Borne, par Jean-Martin Folz dresse, certes, un constat accablant «d’échec» du projet de construction d’un premier EPR en France, à Flamanville. Néanmoins, une lecture attentive donne de sérieuses pistes pour une remise en marche de la filière nucléaire… Et à terme, de nouveaux réacteurs» écrit le journal spécialisé. La raison est qu’il existe deux EPR chinois et qu’ils, selon les autorités françaises, fonctionnent normalement. Le gouvernement français a pour «objectif d’améliorer la formation pour les soudures, de rationaliser et de simplifier l’organisation des ressources scientifiques et techniques dans les projets nucléaires» en comptant sur une profonde remise à niveau des capacités industrielles et des ressources humaines» souligne Techniques de l’Ingénieur .

Olivier Renault

source:

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1213

Erdoğan veut la Bombe

Erdoğan veut la Bombe

par Manlio Dinucci

Le président Recep Tayyip Erdoğan a réagi au début du démantèlement de l’arsenal nucléaire US sur son sol en annonçant l’intention de la Turquie de s’en procurer elle-même. C’est à la fois légitime face à la menace nucléaire israélienne et un pas dans la pire des directions.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 22 OCTOBRE 2019 ITALIANOTÜRKÇEPORTUGUÊSENGLISHDEUTSCHNEDERLANDSفارسىΕΛΛΗΝΙΚΆROMÂNĂ

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« Certains pays ont des missiles nucléaires, mais l’Occident ne veut pas que, nous, nous puissions en avoir. C’est inacceptable » : cette déclaration du président Erdoğan révèle que la crise va au-delà de celle ouverte par l’offensive turque en Syrie.

En Turquie, pendant la Guerre froide, les USA déployèrent des armes nucléaires contre l’Union soviétique. En 1962, dans les accords avec l’URSS pour la solution de la crise des missiles à Cuba, le président Kennedy promit de retirer ces armes de la Turquie, mais cela ne fût pas fait. La Guerre froide finie, environ 50 bombes nucléaires étasuniennes B61 (les mêmes que celles basées en Italie à Aviano et Ghedi) sont restées en Turquie, sur la base aérienne d’Incirlik, dirigées principalement contre la Russie. De cette façon autant les USA que la Turquie violent le Traité de non-prolifération. Des pilotes turcs, dans le cadre de l’Otan, sont entraînés (comme les pilotes italiens de la base de Ghedi) à l’attaque avec des bombes nucléaires B61 sous commandement US. Sous peu, les B61 devraient être remplacées par les USA mêmes en Turquie (comme ce sera fait en Italie et dans d’autres pays européens) par les nouvelles bombes nucléaires B61-12, elles aussi pointées principalement vers la Russie.

Entretemps cependant, après l’achat turc de missiles anti-aériens russes S-400, les USA ont retiré la Turquie du programme du F-35, principal vecteur des B61-12 : le chasseur dont la Turquie aurait dû acheter 100 exemplaires et dont elle était coproductrice. “« Le F-35 —a déclaré la Maison Blanche— ne peut pas coexister avec le système anti-aérien S-400, qui peut être utilisé pour connaître les capacités du chasseur »”, c’est-à-dire peut être utilisé par la Russie pour renforcer les défenses contre le F-35.

En fournissant à Ankara les missiles anti-aériens S-400, Moscou a réussi à empêcher (du moins pour le moment) que sur le territoire turc soient déployés 100 chasseurs F-35 prêts à l’attaque avec les nouvelles bombes nucléaires états-uniennes B61-12.

Il semble en ce point probable que, parmi les options considérées à Washington, il y ait celle du transfert des armes nucléaires US de Turquie vers un autre pays plus fiable. Selon le Bulletin des scientifiques atomiques (USA), référence autorisée en la matière, « la base aérienne d’Aviano peut être la meilleure option européenne du point de vue politique, mais n’a probablement pas assez d’espace pour recevoir toutes les armes nucléaires d’Incirlik ». Mais l’espace pourrait être trouvé, étant donné qu’à Aviano ont déjà commencé des travaux de restructuration pour recevoir les bombes nucléaires B61-12.

Sur ce fond se place la déclaration d’Erdoğan qui, s’appuyant aussi sur la présence menaçante de l’arsenal nucléaire israélien, annonce l’intention turque d’avoir ses propres armes nucléaires. Projet peu aisé, mais non irréalisable. La Turquie dispose de technologies militaires avancées, fournies notamment par des sociétés italiennes, surtout Leonardo. Elle possède des dépôts d’uranium. Elle a de l’expérience dans le domaine des réacteurs de recherche, fournis en particulier par les USA. Elle a lancé la réalisation de sa propre industrie électronucléaire, en achetant quelques réacteurs à la Russie, au Japon, à la France et à la Chine. Selon certaines sources, la Turquie pourrait s’être déjà procurée, au « marché noir nucléaire », des centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium.

L’annonce d’Erdoğan que la Turquie veuille devenir une puissance nucléaire, interprétée par certains comme un simple jeu d’enchère pour avoir plus de poids dans l’Otan, n’est donc pas à sous-évaluer. Elle découvre ce qui en général est caché dans le débat médiatique : le fait que, dans la turbulente situation provoquée par les politiques de guerre, un rôle de plus en plus important se trouve joué par la possession d’armes nucléaires, en poussant celui qui n’en a pas à se les procurer.

Manlio

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci

Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016 ; Guerra nucleare. Il giorno prima. Da Hiroshima a oggi : chi e come ci porta alla catastrofe, Zambon 2017 ; Diario di guerra. Escalation verso la catastrofe (2016 – 2018), Asterios Editores 2018.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

https://www.voltairenet.org/article208034.html

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Strategika 51

An Asymmetric Bilingual Strategic Perspective on the Go!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Publié par Strategika51

C’est quelques chose qu’aucun analyste occidental n’a vu venir. Le dernier essai balistique de la Corée du Nord a impliqué un tir d’un missile balistique de portée intermédiaire à capacité nucléaire lancé à partir d’un submersible de nouvelle génération de construction locale et cet essai résume à lui seul le véritable trou noir que représente ce pays d’Asie en matière de renseignement militaire.

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 1

Voici le Pukkuksong-3!

Pyongyang a donc remporté haut la main un défi immense: le test du Pukkuksong-3 à partir d’un sous-marin de nouvelle génération que le renseignement sud-coréen désigne provisoirement sous le nom de Sinpo-C qui est une réalisation majeure et marque l’entrée officielle de la Corée du Nord dans le club très fermé des pays disposant des capacités de lancement de missiles balistiques nucléaires à partir de submersibles. Cet essai a assommé bon nombre d’observateurs dont une grande partie continue à considérer la Corée du Nord comme un pays arriéré disposant au mieux d’un arsenal obsolète. Voilà en effet que ce pays isolé et sous embargo se dote simultanément de nouveaux sous-marins lanceurs d’engins et d’une troisième génération de SLBM (Submarine Launched Ballistic Missiles). C’est plus qu’une prouesse, c’est un miracle!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 2

Le développement d’une force de dissuasion nucléaire basée sur des sous-marins est un objectif prioritaire pour Pyongyang qui a toujours considéré ce segment comme vital à sa survie en cas d’une attaque nucléaire adverse. Le Pukkuksong-3 lancé lors du dernier test nord-coréen a non seulement échappé à la surveillance satellitaire et aérienne assurée 24h/24 par les pays hostile à la Corée du Nord mais a suivi une trajectoire des plus étranges qu’aucune station de contrôle n’a pu suivre. Ce missile dont on ignore la portée (une estimation initiale non confirmée évoque une fourchette variant entre 4000 et 6500 Km) aurait donc non seulement des capacités de “Mirvage” (têtes multiples à entrées indépendantes dans l’atmosphère en phase de ré-entrée) mais également à évader les systèmes d’interception ABM ennemis.

La Corée du Nord a donc entamé la création de la deuxième composante de sa dissuasion nucléaire en l’optimisant en palliant le faible taux de survie de ses submersibles par l’extension spectaculaire de la portée des vecteurs balistiques rendant possible une frappe nucléaire sur Guam, Hawaï, Midway, l’Alaska et même l’Amérique du Nord à partir des eaux coréennes.

A la lumière de ces développements extraordinaires, l’obsession de l’Etat profond US avec le désarmement nucléaire sans condition de Pyongyang paraît un peu plus que risible. Cela trahit plus une certaine psychorigidité et une aliénation mentale qu’une réelle stratégie. Le président Donald Trump s’est montré bien plus logique avec la question coréenne en initiant un dialogue avec Kim Jong-UN saboté par l’ensemble des composants de l’Etat profond US et ses relais.

En réalité, le monde change mais les tenants d’un certains exceptionnalisme imaginaire continuent à croire en leurs illusions grandiloquentes à peine voilées par une langue de bois surannée et ayant expiré depuis longtemps. Un retour des démocrates aux affaires à Washington ne changera rien au basculement géostratégique en cours. Pour l’histoire, la petite Corée du Nord a non seulement fait vaciller l’Empire mais lui a tenu tête dans le domaine où il excelle le plus: les armes stratégiques. Quand on pense aux disparités de niveau technologique entre l’Empire et la Corée du Nord, cette victoire stratégique unique dans son genre a de quoi nous assommer debout.

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

(Fête nationale) Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a participé au défilé


(Fête nationale) Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a participé au défilé

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 01/10/2019 12:29

Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a défilé mardi lors du défilé militaire au centre-ville de Beijing pour célébrer le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine (RPC).

Le corps principal de la formation est composé d’une brigade de missiles de la Force des fusées de l’APL.

Au cours des décennies de développement, la brigade créée au début des années 1960 a lancé avec succès des dizaines de missiles stratégiques.PARTAGER SUR FACEBOOK !

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Note Sur Le Transfert Nucléaire Des Etats-Unis Vers L’Arabie Saoudite

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Note Sur Le Transfert Nucléaire Des Etats-Unis Vers L’Arabie Saoudite

Posted on 20/09/2019 AuthorStrategika51Comment(0)

  1. Introduction :

Les tentatives de l’Administration Trump pour faciliter le transfert de la technologie nucléaire américaine à l’Arabie Saoudite a suscité une levée de boucliers au Congrès américain qui a rédigé un rapport détaillé sur cette affaire et dont l’élément d’appréciation principal est la collusion entre cette administration et les industriels américains.

Ces derniers considèrent le marché saoudien comme une opportunité stratégique dans un contexte marqué par la concurrence acharnée entre les puissances (Etats-Unis, Russie, Chine) en matière de commercialisation de la technologie nucléaire et la forte demande de certains pays à l’instar des pays du Golfe.

Dans cet article, on va d’abord retracer l’évolution de cette question au sein du Congrès américain au sein duquel l’enjeu de la mise en œuvre du transfert nucléaire américain au profit de l’Arabie saoudite se jouera durant les prochaines années. En second lieu, nous allons évoquer les facteurs qui favorisent aujourd’hui la  « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite et les scénarios possibles de ce processus.

  • Les tentatives de l’administration Trump pour doter l’Arabie saoudite de la technologie nucléaire et les inquiétudes du Congrès américain :

Dès les premières semaines de l’accès de M. Trump à la Maison Blanche, ses collaborateurs ont activé pour la levée de tous les obstacles juridiques pour la construction par des entreprises américaines de centrales nucléaires en Arabie Saoudite. C’est ce que révèle un récent rapport du Congrès.

L’entreprise qui est la plus en vue dans cette affaire est IP3 International, connue pour avoir entretenu des relations étroites avec Michel Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale, lequel a quitté l’administration Trump en 2017 ainsi qu’avec un groupe de militaires américains à la retraite.

L’intérêt du Congrès pour cette affaire s’explique par les remous provoqués par les liens entre l’administration Trump est l’Arabie Saoudite dans un contexte international marqué par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans un consulat saoudien.

«L’empressement du président Trump à donner aux Saoudiens tout ce qu’ils veulent, malgré les objections bipartisanes du Congrès, porte atteinte aux intérêts américains de sécurité nationale » a affirmé Tim Kaine, un sénateur démocrate. Le Congrès milite également pour interdire les ventes d’armes américaines à l’Arabie Saoudite, un pays embourbé dans un conflit meurtrier au Yémen.

Ce qui inquiète le Congrès c’est le fait que l’administration Trump semble ne pas se préoccuper du risque que la fourniture à l’Arabie Saoudite d’une technologie soit susceptible d’être détournée à des fins militaires en y incluant l’enrichissement et le reprocessing. L’accord en cours de négociation avec ce pays semble ne pas contenir des dispositions similaires à celles qui figurant dans l’accord avec les Emirats Arabes Unis de 2009 intitulées « Règle d’Or » ou « 123 », lesquelles bloquent toute tentative d’enrichir l’uranium.

D’ailleurs, Asia Times a révélé que dans courrier électronique adressé à l’ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn par le Directeur d’IP3, Robert Farlane, ce dernier ait affirmé que le transfert de la technologie nucléaire américaine à Ryad « contribuerait à rétablir l’équilibre des forces au Moyen Orient » et ce, dans une allusion flagrante à une tentative de prolifération nucléaire provoquée par un membre important du Traité de Non Prolifération Nucléaire(TNP), les Etats-Unis.

  • Les facteurs qui favorisent la « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite par les Etats-Unis :

Le premier facteur qui incite l’Arabie Saoudite à chercher à se doter de l’arme nucléaire est la reprise par l’Iran de l’enrichissement de l’uranium après le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Ryad a pris conscience de l’échec de cet accord et de la reprise de la course au nucléaire par Téhéran qui est son adversaire stratégique principal. C’est une situation qui rappelle la course du Pakistan pour se doter de l’arme nucléaire pour faire face à l’Inde qui a réussi à relever le même défi.

Le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Selmane a déclaré en 2018, « L’Arabie saoudite ne souhaite pas acquérir de bombe atomique, mais il est évident que si l’Iran développait une bombe atomique, nous ferions de même, et dans les meilleurs délais“.

L’évolution géopolitique dans la région du Golfe a de quoi inquiéter l’Arabie Saoudite :  

  • Il y a d’abord, la reprise en juin 2018 par l’Iran de la production de centrifugeuses puis la suspension, le 8 mai 2019, d’une partie de ses engagements dans le cadre de l’Accord sur le nucléaire iranien, un an après le retrait des Etats-Unis de cet Accord et le début des sanctions américaines contre Téhéran.  
  • L’Iran est allé jusqu’à menacer de quitter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) (le 28 avril dernier).
  • Il y a également la montée des tensions sécuritaires dans le détroit d’Hormuz qui s’accompagne d’un déploiement de la flotte américaine dans la mer du Golfe et la ferme conviction de Ryad que l’Iran soutient les Houthis au Yémen au détriment de son influence dans la région du Moyen Orient.

L’Arabie Saoudite perçoit ces évènements comme un enchainement de causes et d’effets qui permettrait à terme à l’Iran de développer des armes nucléaires et d’étendre son influence dans la région et ce, d’autant plus que les alliés de la République islamique dans le monde (Chine et Russie) ne sont nullement dissuadés de la soutenir dans cette voie dans un paysage international marqué par une multipolarité accélérée.

En effet, cette multipolarité du monde est de nature à fragiliser le système multilatéral de lutte contre la prolifération devant les tentatives de certains pays pour se doter de la technologie nucléaire et l’affaiblissement du Groupe des Fournisseurs Nucléaires (NSG) qui a été crée par les Etats-Unis et l’ex-Union Soviétique en 1975.

La concurrence et la rivalité entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine mais aussi la capacité d’autres pays en matière de développement de la technologie nucléaire ont affaibli la capacité du NSG pour réguler les transferts vers les pays qui souhaitent développer un programme nucléaire. Les pays qui souhaitent se doter de la technologie nucléaire exploitent cette concurrence internationale à leur profit.

C’est exactement le cas de l’Arabie Saoudite : après que ce pays ait échoué durant les années 1970 à développer un programme nucléaire, il est parvenu aujourd’hui à réaliser des appels d’offre pour construire deux réacteurs nucléaires. La Corée du Sud est un fournisseur potentiel pour l’Arabie Saoudite comme pour les Emirats Arabes Unis et il parvient à maîtriser cette technologie et à l’exporter sans respecter les dispositions anti-prolifération des Etats-Unis.    

L’effet pervers de cette situation et que les Etats-Unis risquent de voir leurs chances de remporter les contrats avec l’Arabie saoudite s’amenuiser, s’ils insistent pour y inclure les dispositions anti-prolifération. Cette situation est l’une des causes du bras de fer entre l’administration Trump et le Congrès.

Par conséquent, ces facteurs encouragent Ryad à développer un programme nucléaire et à se doter d’armes atomiques afin de préparer les conditions d’un équilibre de dissuasion avec son rival chiite.

  • Conclusion et perspectives

Au-delà des facteurs qui incitent l’Arabie Saoudite à se doter d’armes nucléaires, il semble étonnant que les assurances sécuritaires des Etats-Unis ne soient plus suffisantes pour satisfaire les exigences de sécurité de Ryad. Ceci s’explique peut être par les multiples déclarations de Washington sur la réduction et le conditionnement de sa présence militaire dans la région du Golfe.

Plusieurs éléments doivent pris en considération pour prévoir le futur de ce processus de « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite :

L’affaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi a irrémédiablement terni l’image de l’Arabie Saoudite auprès du Congrès et de l’opinion publique américaine. L’Arabie Saoudite ne peut aujourd’hui compter que sur l’administration Trump pour satisfaire ses objectifs stratégiques.

Par conséquent, Ryad souhaite enclencher les contrats pour la réalisation de son programme nucléaire le plus vite possible avant les élections présidentielles aux Etats-Unis.

Par ailleurs, il n’est pas certain que les Etats-Unis maintiendront à long terme une présence militaire robuste et coûteuse dans la région du Golfe qui soit suffisante aux yeux de l’Arabie Saoudite malgré l’acharnement actuel de l’administration Trump à faire face aux ambitions iraniennes.

Le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) au lieu de le renforcer pour endiguer le programme nucléaire iranien est une «erreur stratégique » qui a libéré Téhéran de toute contrainte pour développer son programme, ce qui semble alarmer l’Arabie Saoudite.

Pallas

Pallas est le pseudonyme d’un Docteur en philosophie des Sciences et expert international dans les questions environnementales globales. Il est chercheur dans un domaine de pointe et l’auteur de plusieurs ouvrages de référence dans plusieurs disciplines scientifiques ainsi que de deux recueils de poésie. Pallas est un contributeur occasionnel de Strategika 51 Intelligence

https://strategika51.org/archives/69182

Russie : un accident nucléaire qui inquiète

Russie : un accident nucléaire qui inquiète

Solène VIZIER 1 septembre 2019 ActualitéActualités analyséesEuropeRussie Leave a comment

Trois semaines après l’accident qui s’est produit le 8 août sur un site militaire de la région d’Arkhangelsk, dans le Grand Nord russe, la Russie cultive le mystère sur les causes et les conséquences de l’explosion, secret d’État oblige. Dans un contexte international de résurgence de l’arme nucléaire, cet accident nucléaire inquiète, à la fois en termes d’opacité des autorités russes et de gravité. 

Le missile 9M730 est accusé d'être responsable de l'accident nucléaire.
Le Burevestnik 9M730, missile de croisière intercontinental russe expérimental à propulsion nucléaire, aurait une portée illimitée.

Le mystère plane toujours autour de l’explosion qui s’est produite le jeudi 8 août sur un site militaire de la région d’Arkhangelsk, dans le Grand Nord russe. L’accident nucléaire aurait eu lieu sur une plateforme maritime de lancement de missiles, au large du village de Nionaksa, près de la frontière finlandaise. L’armée russe a, dans un premier temps, confirmé la mort de deux “spécialistes” intervenant sur le site. Lundi 12 août, le New York Times évoquait sept morts. Cinq sont officiellement reconnus, d’après un communiqué de Rosatom. L’agence de l’énergie nucléaire russe fait également part de trois blessés graves.

Des taux de radiation seize fois supérieurs

En dehors de ces rares informations officielles, les circonstances de l’accident restent nébuleuses. Moscou multiplie les déclarations contradictoires sur l’ampleur des risques de contamination radioactive. La grande ville la plus proche, Severodvinsk, a enregistré une hausse de la radioactivité. Alors qu’elle avoisine habituellement les 0,11 microsievert par heure, elle a atteint 2 microsieverts quelques heures après l’explosion.

Les autorités russes, quant à elles, ont d’abord indiqué qu’il n’y avait pas eu de contamination radioactive. L’agence russe de météorologie Rosguidromet a finalement confirmé les mesures communiquées par la mairie de Severodvinsk. La radioactivité aurait ainsi dépassé jusqu’à 16 fois le niveau habituel, 20 fois selon l’ONG Greenpeace. Ces taux restent en dessous des seuils de dangerosité, mais ont provoqué un certain affolement chez les riverains de Severodvinsk. Le 14 août, les autorités ont évacué le village le plus proche du lieu de l’accident, suggérant des dangers plus graves que prévu initialement.

Zone d’exclusion et fission nucléaire

La Russie a également reconnu qu’un médecin ayant participé au traitement des blessés après l’explosion a été contaminé à l’isotrope radioactif césium 137. D’autres médecins ont été envoyés à Moscou pour examens après avoir signé un accord de confidentialité. Enfin, lundi 26 août, l’agence Rosguidromet a dévoilé avoir relevé des isotopes radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane dans la ville de Severodvinsk qui seraient, selon un spécialiste cité par l’agence de presse russe Ria Novosti, le produit d’une fission nucléaire.

Selon le journal Le Monde, la flotte militaire russe a déployé un navire spécialisé à l’intérieur de la zone d’exclusion. Ce navire aurait pour charge de récolter les débris radioactifs de l’explosion. Les autorités ont également fermé à la navigation une partie de la baie de Dyina, sans que l’on connaisse les raisons de cette décision. La zone doit rester interdite à la navigation civile jusqu’en septembre.

Un essai raté du missile Skyfall ?

Secret d’État oblige, la Russie cultive également le flou sur le type d’armement testé qui aurait provoqué l’explosion. On sait que la base militaire concernée, ouverte en 1954, se spécialise dans les essais de missiles balistiques de la flotte russe. Deux jours après l’accident, Rosatom a reconnu une explosion “à caractère isotopique lors d’un “test de nouvelles armes”. L’agence russe a cependant nié toute réaction nucléaire.

Selon les services de renseignements américains et des experts indépendants, l’arme testée serait vraisemblablement un missile 9M730. Ce missile, appelé “Bourevestnik” (“oiseau de tempête” en russe), et surnommé “Skyfall” par l’OTAN, est l’une des six armes stratégiques dévoilées par Vladimir Poutine en mars 2018. Le président russe avait alors affirmé qu’il s’agissait d’un missile de croisière “invincible, indétectable et d’une portée illimitée”. La Russie craint en effet que ces missiles balistiques soient vulnérables aux défenses américaines actuelles et futures. Ses missiles de croisière, quant à eux, ne possèdent pas une portée suffisante pour pouvoir atteindre chaque partie du monde.

Le projet “Bourevestnik”, priorité de la défense russe, a alors pour ambition de créer un missile capable d’avoir une autonomie de vol lui permettant de percer et contourner toutes les défenses antimissiles. Ce missile hypersonique, qui pourrait être envoyé du plus profond du territoire russe, constituerait alors une menace crédible contre laquelle il deviendrait difficile de se défendre. L’accident nucléaire du 8 août constitue donc un revers pour le programme d’armement russe, sur un projet qui attirait déjà le scepticisme des experts face aux gigantesques défis techniques et de sécurité qu’il présente.

Série d’accidents militaires en Russie, le nucléaire civil inquiète

Le manque de sûreté du nucléaire russe interroge, alors que les accidents militaires se sont succédés en Russie cet été. Celui du 8 août n’est pas le premier à impliquer une dimension nucléaire. En juillet, un incendie à bord d’un sous-marin à propulsion nucléaire a tué 14 personnes. En septembre 2017 déjà, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) observait une dispersion aérienne de ruthénium 106, un produit de fission issu de l’industrie nucléaire, sans obtenir la confirmation d’un incident de la part de Rosatom. La Russie est particulièrement critiquée sur le manque de transparence des autorités à propos de ces accidents.

Un autre projet, civil cette fois, est au cœur des inquiétudes. Rosatom a mis au point la première centrale nucléaire flottante. Inauguré en avril, l’Akademik Lomonosov sera opérationnel en avril 2021. Une telle entreprise n’est pas sans danger. Le conglomérat russe affirme que la centrale sera “invincible”, pouvant résister à toutes sortes de catastrophes naturelles. Elle disposerait “des systèmes (…) de sécurité les plus modernes et devrait être l’une des installations nucléaires les plus sûres au monde”. Les ONG de défense de l’environnement mettent cependant en garde contre un “Titanic nucléaire”, un “Tchernobyl flottant”, particulièrement “exposé aux phénomènes météorologiques et aux menaces telles que le terrorisme”.

Accident nucléaire : des dommages graves à l’environnement

Il faut rappeler que les conséquences d’une explosion nucléaire seraient absolument dramatiques. Elle dévasterait des territoires entiers, provoquant des dommages étendus, durables et graves à l’environnement. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une explosion nucléaire entraînerait un refroidissement de la température terrestre. C’est ce que les scientifiques nomment “l’hiver nucléaire”.

Au début de l’année 2019, dans un contexte international instable où l’arme nucléaire ressurgit comme un pilier des stratégies de défense nationale et menace de nombreuses régions, l’arsenal nucléaire mondial est encore constitué de 13 865 ogives nucléaires fonctionnelles. C’est autant de risques d’explosions volontaires (guerre, même limitée), d’accidents ou d’erreurs qui viendraient irrémédiablement changer la société humaine dans laquelle nous vivons.Share

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About Solène VIZIER

Solène Vizier est diplômée d’un Master 2 Etudes Stratégiques. Passionnée de géopolitique, ses domaines de spécialisation concernent les mondes hispanophone et russophone, le désarmement nucléaire et la géopolitique du sport. Elle est rédactrice aux Yeux du Monde depuis avril 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/41616-russie-accident-nucleaire

Confirmation

Analysis

Confirmation

Posted on 05/09/2019 AuthorStrategika51Comment(0)

L’ancien Secrétaire d’Etat US à la Défense Jim “Mad Dog” Mattis vient de confirmer ce que nous avons toujours rapporté sur les capacités nucléaires du Pakistan. Ce pays est celui produisant le plus grand nombre d’ogives nucléaires par an dans le monde.

Sans rentrer dans des détails qui nous exposerait à d’inutiles poursuites judiciaires et à une exposition médiatique qui ne sera pas du tout en notre faveur, il est utile de rappeler qu’aucune information rapportée sur ce site n’est le résultat de l’imagination même si parfois la conjecture prend le pas sur l’analyse lorsqu’il s’agit de dégager des éléments de prospective rapide.

Cet espace s’adresse au plus grand nombre et s’efforce d’être le plus accessible possible. Il n’a aucune autre vocation que de faire réfléchir les lecteurs et lectrices de passage sur la réalité du monde contemporain et ses crises chroniques suivant un mode non-linéaire et surtout en dehors de la propagande-système.

Merci de votre intérêt!

https://strategika51.org/archives/68144

Gaffe nucléaire de l’OTAN

Gaffe nucléaire de l’OTAN

Par Manlio DinucciMondialisation.ca, 09 août 2019ilmanifesto.itRégion : États-UnisL’EuropeThème: Guerre USA OTANMilitarisationAnalyses: Nucléaire (guerre et énergie)

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Que les États-Unis gardent des bombes nucléaires dans cinq pays de l’OTAN -Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Turquie- est prouvé depuis longtemps (en particulier par la Fédération des scientifiques américains – FAS). Mais l’OTAN ne l’a jamais admis officiellement. Cependant quelque chose vient de déraper.

Dans le document “A new era for nuclear deterrence ? Modernisation, arms control and Alien nuclear forces”, publié par le sénateur canadien Joseph Day pour le compte du Comité Défense et Sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le “secret” a été révélé. À travers la fonction “copié-collé”, le sénateur a par mégardereporté dans son document le paragraphe suivant (numéro 5), extrait d’un rapport OTAN réservé :

 “Dans le contexte OTAN, les États-Unis ont déployé dans des positions avancées en Europe environ 150 armes nucléaires, spécifiquement les bombes de gravità B61. Ces bombes sont stockées dans six bases étasuniennes et européennes – Kleine Brogel en Belgique, Buchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Voikel en Hollande et Incirlik en Turquie.

Dans l’hypothétique scénario où elles seraient nécessaires, les bombes B61 peuvent être transportées par des avions USA ou européens à double capacité”.

Accusant la Russie de garder dans son propre arsenal de nombreuses armes nucléaires tactiques, le document affirme que les armes nucléaires déployées par les USA dans des positions avancées en Europe et Anatolie (c’est-à-dire à proximité du territoire russe) servent à “assurer l’ample implication des Alliés dans la mission nucléaire de l’OTAN et la confirmation concrète de l’engagement nucléaire USA pour la sécurité des alliés européens de l’OTAN”.

Dès que le document du sénateur Joseph Day a été publié en ligne, l’OTAN est intervenue en l’effaçant et en le re-publiant ensuite en version amendée. Trop tard cependant. Certains sites (avant tout le belge De Morgen) l’avaient déjà enregistré dans sa version originale complète. En ce point l’imprudent auteur a couru aux abris, en écrivant sur The Washington Post qu’il s’agissait simplement d’une ébauche pour la rédaction d’un rapport de l’Assemblée parlementaire OTAN qui sera publié en novembre. Mais il n’a pas pu nier ce qui avait été écrit dans le paragraphe reporté dans le rapport réservé OTAN.

Ceci confirme ce que depuis des années nous documentons dans il manifesto [16 Decembre  2015]: à Aviano (Province de Pordenone) des chasseurs USA F-16C/D sont prêts à l’attaque nucléaire avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fédération des scientifiques américains) ; à Ghedi Torre (Province de Brescia) des Tornado PA-200 italiens sont prêts à l’attaque nucléaire sous commandement étasunien avec 20  bombes B61. À partir de 2020 les B61 seront remplacées par les B61-12, destinées notamment aux nouveaux chasseurs F-35.

Tout cela en violation du Traité de non-prolifération, ratifié aussi bien par les USA que par l’Italie. Pendant que le Parlement se déchire sur le TAV mais pas sur la Bombe, que tacitement il approuve à l’unanimité.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Gaffe nucleare della Nato

Édition de vendredi 9 août 2019 de il manifesto

Traduit de italien par Marie-Ange PatrizioLa source originale de cet article est ilmanifesto.itCopyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/gaffe-nucleaire-de-lotan/5635966

La Chine prête à l’«option nucléaire» dans sa guerre commerciale avec les États-Unis

dollar et yuan

La Chine prête à l’«option nucléaire» dans sa guerre commerciale avec les États-Unis

© REUTERS / Thomas WhiteECONOMIE16:31 16.08.2019(mis à jour 18:16 16.08.2019)URL courte11490

Se rendant compte que les États-Unis ne visent pas à mettre fin à la guerre commerciale, la Chine a décidé de reprendre la coopération avec l’Iran sur trois projets. En cas de blocage, Pékin est prêt à recourir à l’«option nucléaire» pour nuire aux États-Unis.

La Chine a repris sa coopération avec l’Iran sur trois projets énergétiques clés malgré les sanctions américaines, annonce le site international sur l’énergie OilPrice.com en se référant à une source collaborant avec le ministère iranien du Pétrole.

Selon le portail, Pékin s’est également préparé à une possible confrontation avec les États-Unis sur ces questions.

«Si l’un des projets chinois en Iran se heurte de nouveau aux États-Unis, Pékin va recourir à l’option « nucléaire », consistant à vendre la totalité ou une partie importante de sa détention de bons du Trésor américain», est-il indiqué sur OilPrice.com.

US-Dollar

© SPUTNIK . NATALYA SELIVERSTOVATrump prépare-t-il un scénario radical pour faire chuter le dollar?La Chine était le plus gros détenteur étranger de bons du Trésor américains jusqu’en juin, date à laquelle elle a été dépassée par le Japon. Selon les données du département du Trésor américain, elle détenait 1,11 billion de dollars de dette américaine en juin.

La vente à grande échelle de ces bonsest susceptible de provoquer un krach du dollar, une énorme hausse des rendements obligataires, l’effondrement du marché immobilier et le chaos boursier, ont prévenu de hauts responsables des groupes de réflexion chinois. De nombreux analystes ont toutefois rejeté cette suggestion, affirmant qu’une telle démarche nuirait également à la Chine.

Trois projets clés

La phase 11 du champ gazier de South Pars a été gelée après que l’entreprise française Total a officiellement quitté l’Iran à la suite du rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran. N’ignorant pas la position américaine, la Chine a accepté un compromis avec Washington en échange de la cessation des travaux. Ainsi, Pékin a reçu le droit de poursuivre ses opérations dans le nord d’Azadegan et d’exploiter les gisements de pétrole de Yadavaran.

La bourse de Hong Kong a fermé sa salle de marchés aux courtiers

© AFP 2019 PHILIPPE LOPEZL’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?Face aux pressions commerciales américaines, les Chinois envisagent maintenant de reprendre les travaux sur la phase 11, indique OilPrice.com.

Les travaux dans le nord d’Azadegan sont justifiés par le fait que la China National Petroleum Corporation (CNPC) avait déjà dépensé des milliards de dollars pour développer une deuxième phase du champ de 460 km carrés. Les activités à Yadavaran s’expliquent par le contrat initial signé en 2007, bien avant le retrait américain de l’accord nucléaire en mai 2018.

Le troisième des principaux projets non terminés par la Chine en Iran est la construction d’un terminal pétrolier à Jask, qui se situera dans le golfe d’Oman. La capacité de stockage serait d’environ 20 millions de barils par jour. En outre, la construction d’un grand complexe pétrochimique est envisagée dans la même région

https://fr.sputniknews.com/economie/201908161041940071-la-chine-prete-a-loption-nucleaire-dans-sa-guerre-commerciale-avec-les-etats-unis/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr.