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Réseaux intelligents : Citelum en pointe avec la technologie MUSE

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Réseaux intelligents : Citelum en pointe avec la technologie MUSE

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le 21 Février 2020

Réseaux intelligents : Citelum en pointe avec la technologie MUSE

Afin de fluidifier le trafic automobile, le candidat LREM dissident à la Mairie de Paris, Cédric Villani, assure que « la modélisation mathématique sera précieuse. Ce sera l’une de mes priorités. Je m’impliquerai même personnellement ». Cette promesse d’entrée en campagne a été répétée depuis plusieurs mois avec pour idée de séduire des Parisiens qui vivent de plus en plus mal une mobilité pourtant appelée à être « plus douce » et donc moins stressante. Les solutions technologiques existent déjà à l’image de MUSE, un logiciel développé par Citégestion, filiale de Citelum, implanté dans plusieurs smart cities comme à Dijon et Copenhague. Cet outil de pilotage global et optimisé des infrastructures publiques répond en outre à des défis urbains tels que l’éclairage public, la sécurité ou la transition écologique.

La densification croissante du tissu urbain pose de nombreux défis aux villes, chargées de réguler au mieux les secteurs multiples qu’elles supervisent. Une réaction rapide implique des centres de décision disposant d’un accès immédiat aux informations pour évaluer les situations et réagir en conséquence, une exigence qui suppose une transition numérique. En novembre 2019, Barcelone a accueilli la Smart City World Expo afin de réfléchir aux enjeux de cette transition. Plusieurs opérateurs de services urbains y présentaient leurs outils, parmi lesquels le Français Citelum avec sa data plateforme urbaine MUSE, un hyperviseur urbain déjà implanté dans plusieurs smart cities. Une plateforme déjà référence qui n’a pas laissé indifférent Microsoft. Le géant américain a présenté MUSE sur son stand lors de cet événement à Barcelone. Carmen Munoz, la présidente de Citelum a assuré à cette occasion qu’ « être reconnu comme un partenaire de Microsoft est la preuve, sans doute possible, de la qualité de notre produit ». 

Un dispositif interopérable d’aide à la décision

L’objectif premier de MUSE est de fournir une aide à la décision. La plateforme répartit son action sur trois fonctions destinées à superviser effectivement l’espace urbain : la gestion du patrimoine de la ville, l’optimisation de la maintenance, et l’aide au suivi et à l’exploitation des services. Ceci permet de connaître concomitamment l’ensemble des équipements et des réseaux de la ville, de planifier et maîtriser des interventions diverses, mais aussi de piloter, tracer et évaluer les interventions des services municipaux.

L’ensemble des données liées à ces activités est ensuite centralisé sur une plateforme smart city qui repose sur l’open data – et donc s’actualise / s’optimise ainsi en permanence – et donne aux citoyens l’accès aux chiffres-clés. En dernier lieu, l’expérience utilisateur du logiciel MUSE se déploie sur trois interfaces. MUSE Desktop partage le paramétrage du logiciel « entre Citelum et la ville ». MUSE Web renforce la démocratie participative en permettant aux citoyens de signaler les pannes et d’autres accidents tandis qu’elle sert aux élus pour un suivi notamment des travaux et de la maintenance. MUSE Mobile permet de même de suivre les travaux et de consulter les historiques, mais aussi par exemple d’afficher l’info-trafic en temps réel.

Pour ce faire, MUSE agit en réseau dit « intelligent » : il dispose d’une capacité d’information et d’interopérabilité avec son centre de pilotage, principalement au moyen des objets connectés. Sur ce point, MUSE fit partie, en novembre 2017, « des quatre premiers outils du secteur de l’éclairage public à réussir le processus de validation » du Consortium TALQ et à recevoir sa certification. TALQ se définit comme « le protocole Smart City unissant les appareils extérieurs intelligents » et indique les fournisseurs dont « les composants d’éclairage intelligent et de système de ville intelligente […] sont interopérables ». L’ensemble de ces caractéristiques a permis à MUSE de répondre avec succès à plusieurs enjeux.

Une réponse adaptée aux défis urbains

L’éclairage intelligent demeure la spécialité de Citelum, à laquelle MUSE contribue largement. À Albuquerque (Etats-Unis), Citelum assure de 2017 à 2032 la rénovation et la maintenance de l’éclairage public. En un an, l’entreprise y a rénové 21 000 points lumineux en LED. En parallèle, l’optimisation de la maintenance et le suivi des interventions de MUSE, combinés à son pilotage des services, ont permis à Albuquerque d’économiser 58% d’énergie sur sa partie rénovée, d’éviter l’émission de plus de 120 000 tonnes de CO2 au cours du projet, et de diviser par plus de trois le taux de panne. Les infrastructures accidentées, qui peuvent par exemple accroître le sentiment d’insécurité lorsqu’un éclairage connecté dysfonctionne, sont ainsi indiquées en temps réel à la plateforme smart city de MUSE.

À Dijon, le projet OnDijon – finaliste du meilleur projet au monde de ville intelligente du Smart City Expo World Congress de 2018 – s’appuie sur MUSE pour implémenter la transition énergétique sans pour autant altérer le confort de vie de ses habitants. Pour ce faire, MUSE est utilisé par le « poste de commandement unique et partagé avec les 23 communes du territoir» dans le but d’« optimiser et mutualiser les équipements urbains (feu de circulation, éclairage public, caméras…) afin de faciliter la gestion de l’espace public ». Ainsi, dans le cadre d’un accident de circulation signalé par un riverain, les infrastructures supervisées par MUSE adaptent le comportement de la ville à son nouveau contexte. MUSE permet aussi de coordonner services d’intervention.

Mais la qualité de réseau intelligent de MUSE répond également à une problématique centrale des villes et des citoyens : l’écologie. L’éclairage connecté à LED, qui remplace l’éclairage public des lampes à décharge, comporte des capteurs de présence et régule donc son fonctionnement. À Copenhague, le pilotage MUSE a de ce fait permis d’obtenir une économie d’énergie 77% sur les zones rénovées. A Sant-Cugat (Espagne), la transmission d’info-trafic en temps réel fournit la possibilité d’adapter depuis le centre de pilotage de MUSE les feux en fonction de la circulation, décongestionnant le trafic et limitant alors les pics de pollution. Cet ensemble de fonctionnalités et son optimisation constante grâce aux feedbacks permettent de ce fait à MUSE de répondre à tout type de problématique inhérente à la complexité des grands espaces urbains. 

Tags : CitelumCitégestionDijonMicrosoftMuserégulation du traficréseaux intelligents

https://www.enderi.fr/Reseaux-intelligents-Citelum-en-pointe-avec-la-technologie-MUSE_a609.html

Espionnage et cybersécurité : des dizaines d’agents de la CIA arrêtés ou exécutés… sur simple clic Google !

Info

© TV5MONDE

Au moins 30 agents « neutralisés », des dizaines d’autres démasqués. La CIA a payé un lourd tribut au renseignement entre 2009 et 2013. L’Agence américaine possédait des serveurs de communication « cachés » sur Internet. Les services iraniens et chinois avaient trouvé la « formule magique » pour récupérer leurs adresses. Explications

dans

L’information n’est révélée qu’aujourd’hui par deux journalistes de Yahoo News, Zach Dorfman and Jenna McLaughlin, mais elle reste énorme par ses conséquences. L’affaire s’est déroulée entre 2009 et 2013 : un système de communication par serveur Internet de la CIA, utilisé par des agents infiltrés à l’étranger, a été compromis durant toute cette période par les renseignements iraniens, puis chinois. Des dizaines d’agents et de sources ont été démasqués en Iran et enfermés, 30 autres ont été exécutés en Chine. Le système pour permettre les échanges via Internet était basé sur le principe du « web caché », ce qui pour une agence de renseignement frise l’amateurisme le plus complet.

Une requête Google pour faire « apparaître » l’adresse du serveur

Le principe que la CIA avait décidé d’appliquer pour permettre à des agents en Iran ou en Chine d’échanger des informations était le suivant : des serveurs web étaient activés de façon temporaire, et pas indexés pour n’être affichables par le moteur de recherche Google qu’avec une certaine méthode et certains mots clés dans la recherche avancée. Ce que le spécialiste en cybersécurité Philippe Laquet résume par la sentence suivante : « C’était une sorte de « formule magique » dans la barre de recherche google, ce qu’on appelle un « dork », pour pouvoir rechercher les seveurs non indexés ».

Ces serveurs permettaient à des sources à l’étranger d’échanger avec la CIA après avoir tapé la requête avancée Google leur donnant un lien url (adresse du serveur web) sur lequel ils venaient se connecter. Une fois les échanges effectués, le serveur était désactivé et d’autres pouvaient s’activer temporairement dont l’adresse différente était néamoins toujours récupérable via cette fameuse méthode de recherche avancée sur le moteur Google. « Quiconque utilisait la « formule magique » de recherche pouvait retrouver les dits serveurs », précise le cyberspécialiste.

En 2009, un agent double iranien  a utilisé l’un de ces sites web temporaire. Les services dont il dépendait en Iran ont très vite compris la méthode utilisée, ce qui leur a permis de trouver d’autres sites web d’échanges entre la CIA et ses sources…
Et C’est ainsi que la plupart des sources de la CIA en Iran ont été identifiées et arrêtées en 2011.

Des serveurs utilisés par la Chine

Ces accès aux serveurs de communication avec les sources de la CIA à l’étranger n’ont pas seulement permis les arrestations iraniennes, bien que les services iraniens les aient utilisé aussi pour se rapprocher d’agents américains afin de les recruter comme agents double. Entre 2011 et 2012, la Chine a elle aussi accédé à ces serveurs web temporaires afin d’identifier les sources ou agents américains utilisant ce système, ce qui a mené — selon les confidences reçues par les journalistes de Yahoo news — à l’exécution de 30 personnes par le gouvernement. Il est possible que les services iraniens aient partagé des informations avec les services chinois, que ce soit sur l’identité de sources en Chine ou en leur donnant la méthode utilisée pour trouver les adresses de serveurs. Les 11 anciens responsables de l’agence américaine de renseignement (et d’anciens proches du gouvernement américain) qui ont parlé aux journalistes de Yahoo news estiment qu’il est possible que la compromission ait été mondiale. La CIA aurait probablement été forcée de retirer ses agents présents dans le monde entier.

Comment la CIA a-t-elle pu imaginer permettre à des agents exposés à l’étranger de communiquer par des serveurs web repérables grâce à une simple recherche avancée dans Google ? Le mystère à ce niveau là reste entier…

https://information.tv5monde.com/info/espionnage-et-cybersecurite-des-dizaines-d-agents-de-la-cia-arretes-ou-executes-sur-simple-clic

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»? Source: RT
Alexandre Leraître et David Gendreau

Après la menace brandie par Bercy d’une amende de 34 millions d’euros pour General Electric qui n’a pas tenu sa promesse en termes de création d’emplois, Alexandre Leraître et David Gendreau reviennent sur le rachat d’Alstom par le groupe américain.

Alexandre Leraître et David Gendreau, réalisateurs du documentaire Guerre fantôme : la vente d’Alstom à General Electric étaient les invités du JT ce 19 juin sur RT France.

Alors que General Electric pourrait devoir payer une amende de 34 millions d’euros pour ne pas avoir tenu son engagement à créer un millier d’emplois en France, les deux réalisateurs ont commenté cette menace du gouvernement et sont revenus pour RT France sur les enjeux de la vente d’Alstom au groupe américain.

Amende «dérisoire» pour un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards d’euros

General Electric n’a pas tenu ses promesses : pas de surprise ? «Tout le monde le savait parmi les gens qui connaissaient bien le sujet», a affirmé l’un des deux journalistes qui ont côtoyé aussi bien les syndicats que les employés d’Alstom dans le cadre de leur enquête. Et son collègue d’ajouter : «Ça va leur coûter moins cher de payer une amende dérisoire de 34 millions d’euros sachant qu’ils font un chiffre d’affaires annuel d’à peu près 100 milliards d’euros.»

Citant des sources syndicales, David Gendreau a par ailleurs souligné que beaucoup de sites du groupe étaient aujourd’hui menacés en France.

Rachat d’Alstom : «Déstabilisation des Américains pour contrôler un secteur stratégique»

Insistant sur ce qu’il assimile à «la vente de [la] souveraineté nucléaire [de la France] aux Américains», Alexandre Leraître a rapidement tenu à rappeler les enjeux majeurs liés au rachat d’Alstom par General Electric : «On a vendu [aux Américains] la maintenance des turbines de toutes nos centrales nucléaires, la maintenance des turbines du porte-avion CDG, des systèmes de radars, de la dissuasion nucléaire navale au niveau des sous-marins.» Confirmant les propos de son collègue, David Gendreau a ajouté : «On a perdu une grosse partie de notre indépendance avec cette affaire.»

Les journalistes n’ont pas manqué de rappeler que l’actuelle politique étrangère américaine de Donald Trump prouvait que Washington était capable de «mettre un pays sous embargo». Alexandre Leraître a souligné que les Etats-Unis avaient déjà pris de telles mesures contre la France lors de la guerre en Irak, à laquelle Paris avait refusé de participer, affirmant que l’affaire Alstom pourrait dorénavant permettre à Washington de «faire pression sur la diplomatie française».

Déplorant une dynamique de désengagement de l’Etat français, les journalistes n’ont pas caché leur inquiétude de voir les Américains prendre le contrôle de secteurs stratégiques à coups de «déstabilisations».

L’Etat ne regrette rien… «par atlantisme» ?

Interrogé sur d’éventuels regrets que pourrait éprouver l’Etat français au vu des conséquences de la vente d’Alstom, David Gendreau a rappelé que la commission d’enquête montée à ce sujet «n’a[vait] mené à rien» poursuivant ainsi : «On n’a pas l’impression qu’ils prennent la mesure [de l’enjeu], par atlantisme peut-être.»

Alexandre Leraître a par ailleurs affirmé avoir des retours expliquant qu’il existait des consignes de discrétion : «Ils veulent qu’on en parle le moins possible.»

Les journalistes ont enfin affirmé que des menaces pesaient sur la souveraineté de la France au vu de certaines affaires en cours autour notamment des entreprises Airbus ou Naval Group. Avec la mise en avant d’histoires de corruption puis la saisie de la justice américaine chargée d’enquêter sur celles-ci, le mode opératoire des affaires en cours se rapprocherait en effet de l’affaire du rachat d’Alstom.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

https://francais.rt.com/entretiens/51748-general-electric-amende-derisoire-vente-souverainete-nucleaire-americains

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

La France ne doit pas rater l’hyperindustrialisation des services

Par Olivier Passet – Directeur des synthèses, Xerfi

05:06

03/04/2018

Attention à la seconde vague de désindustrialisation ! En disant cela, je ne suis pas en train de lancer l’alerte sur les bastions sur lesquels l’économie française s’est recentrée : l’aéronautique, le spatial, l’automobile, le luxe, la pharmacie, les boissons etc. L’alerte peut sembler incongrue, alors même que la part de l’industrie est déjà parmi les plus faibles des pays de l’OCDE et que la France a très largement opéré son redéploiement vers les services. […]

Mots clés : Economie française, Politique économique, Services aux entreprises, Services aux particuliers, Services, Compétitivité, Transformation numérique, Commerce extérieur, hyper-industrielle, Désindustrialisation

Taxation du numérique : « colère » de la France face aux réserves européennes

Taxation du numérique : « colère » de la France face aux réserves européennes

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire en conférence de presse à Sofia en Bulgarie, le 28 avril 2018 / © AFP / STR

Les réserves émises par plusieurs ministres européens samedi à Sofia sur la proposition de la Commission, portée par Emmanuel Macron, de mieux taxer dans l’UE les géants du numérique ont provoqué « la colère » du Français Bruno Le Maire.

Les ministres européens des Finances débattaient pour la première fois de ce projet, présentée fin mars par l’exécutif européen, qui prévoit la mise en place rapide d’une taxe sur le chiffre d’affaires des géants du net, comme Facebook et Amazon, le temps qu’une solution soit négociée à l’échelle mondiale.

Mais les petits pays tels Malte, l’Irlande et le Luxembourg, accusés de tirer profit de leur fiscalité avantageuse vis-à-vis de ces entreprises, ont sans surprise fait part de leur circonspection, tout comme la Suède, le Danemark, la Finlande mais aussi le Royaume-Uni -qui s’était pourtant dit favorable à cette idée dans un premier temps.

Il faut « discuter avec les Américains, car si l’UE fait ça de son côté, cette taxe sera très inefficace et mauvaise pour la compétitivité européenne », a expliqué le ministre luxembourgeois des Finances Pierre Gramegna.

Celui-ci a évoqué un risque d' »escalade » avec les Etats-Unis, avec lesquels les relations sont déjà tendues sur le plan commercial en raison des lourds droits de douane sur l’acier et l’aluminium que leur président Donald Trump menace appliquer à l’UE à partir du 1er mai.

« Ce n’est pas une taxe contre les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ce n’est pas une taxe contre les Etats-Unis (…) C’est quelque chose qui va dans l’intérêt de tous les Européens », a répondu le commissaire européen à la Fiscalité, qui défend le projet au nom de la Commission.

Selon une source européenne, le ministre français des Finances Bruno Le Maire est le dernier des ministres à avoir pris la parole samedi matin pendant un tour de table, pour exprimer « une colère froide » face aux réticences que suscite cette taxe, dont Emmanuel Macron a fait une priorité.

– ‘Démonstrations de force’ –

« L’Europe est-elle capable de se montrer forte ? », a-t-il lancé selon cette source. « Une chose que j’ai apprise lors de la semaine que je viens de passer aux Etats-Unis avec le président Macron : les Américains ne respecteront que les démonstrations de force. »

« Si vous voulez allez jusqu’aux élections européennes l’an prochain avec le message +nous avons beaucoup parlé, beaucoup débattu, mais pris aucune décision+ bonne chance ! », a-t-il conclu, toujours selon ces propos rapportés.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, dont le pays avait jusqu’à présent soutenu la proposition européenne, n’a pas pris la parole.

Interrogé en conférence de presse, il n’a pas donné d’explications. Mais, d’après une source diplomatique, l’idée de taxer le chiffre d’affaires, et non les bénéfices comme cela se fait habituellement, n’a pas les faveurs de Berlin.

« Aucun pays ne pourrait accepter ce que nous voyons aujourd’hui » avec les géants du net, a-t-il cependant dit à la presse, évoquant « une grande question morale ».

Le texte de la Commission prévoit dans un premier temps de taxer à hauteur de 3% les revenus générés par l’exploitation d’activités numériques.

Cette taxe ne visera que les groupes dont le chiffre d’affaires annuel mondial s’élève à plus de 750 millions d’euros et dont les revenus dans l’UE excèdent 50 millions d’euros.

Outre cette mesure « ciblée » de taxation du chiffre d’affaires des entreprises numériques, la Commission a proposé une réforme de fond des règles relatives à l’imposition des sociétés, qui prendrait le relais de la première proposition de « court terme ».

Cette proposition de « long terme » permettrait aux pays de l’UE de taxer les bénéfices réalisés sur leur territoire, même si une entreprise n’y est pas présente physiquement.

Les Français se sont fixé l’objectif d’adopter la solution de court terme au plus tard début 2019.

Mais la nécessité d’obtenir l’unanimité dans l’UE pour toute réforme de la fiscalité rend le consensus difficile.

(©AFP / 28 avril 2018 15h00)

https://www.romandie.com/news/Taxation-du-numerique-colere-de-la-France-face-aux-reserves-europeennes/913049.rom

« Il faut renforcer la crédibilité de la liste noire des paradis fiscaux »

« Il faut renforcer la crédibilité de la liste noire des paradis fiscaux »

Pierre Moscovici a appelé les ministres des Finances des pays européens à publier les engagements pris par les pays de la liste noire européenne des paradis fiscaux, aujourd’hui secret.

Pierre Moscovici, ancien ministre de l’Économie français, est aujourd’hui commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et aux douanes. Il a répondu aux questions d’Euractiv lors du Forum économique mondial de Davos.

L’an dernier, vous aviez annoncé à Davos que la présidence de Donald Trump apporterait davantage de protectionnisme et de nationalisme au système mondial. Comment évaluez-vous sa première année à la Maison-Blanche ?

Il est clair que le multilatéralisme n’est pas la priorité de cette administration. Ils ont notamment pris des décisions concernant le commerce, vis-à-vis du partenariat transpacifique et de l’accord de libre-échange nord-américain, par exemple, qui, si elles ne sont pas protectionnistes, montrent qu’ils se concentrent sur leurs intérêts propres.

Ce gouvernement s’est aussi retiré de l’accord de Paris contre le changement climatique. En outre, la réforme fiscale pourrait affecter le travail fourni dans le cadre du G20 et de l’OCDE contre l’évasion fiscale, et contredit certaines règles de l’OMC.

Cela signifie-t-il que nous avons affaire à une administration protectionniste et isolationniste ? Franchement, nous ne pouvons pas le dire, parce que les canaux de communication n’ont pas été suspendus. Il y a clairement deux manières de voir le monde : la manière Trump et la manière européenne.

Nous restons cependant deux économies d’un même monde. Nous devons coopérer. C’est clairement notre objectif, mais toujours en respectant nos valeurs et notre vision du libre-échange et du multilatéralisme, ainsi que notre engagement dans la lutte contre le changement climatique et les inégalités au niveau mondial.

Les choses se sont compliquées avec cette administration, mais nous ne sommes pas réellement passés du paradis à l’enfer. Washington est toujours notre amie, notre alliée, notre partenaire.

En ce qui concerne la réforme fiscale, le secrétaire d’État américain au Trésor, Steve Mnuchin, a indiqué que le gouvernement américain avait déjà discuté avec certains ministres de l’UE. Les inquiétudes européennes ont-elles été entendues ?

Son adjoint, David Malpass, est venu s’entretenir avec moi il y a deux semaines. Oralement, ils veulent nous rassurer, mais nos questions demeurent. La lettre envoyée à ce sujet par la Commission européenne n’a pas reçu de réponse officielle. Il serait mieux d’y répondre formellement dans les plus brefs délais.

Le secrétaire général de l’OCDE, Ángel Gurría, a demandé à l’UE de ne pas dégainer la taxe numérique. Êtes-vous toujours prêts à aller de l’avant sur ce projet ?

Nous jouons le jeu de l’OCDE. Notre première réponse doit être internationale. C’est pourquoi nous échangeons encore avec eux. Nous attendons d’eux qu’ils définissent le concept de présence numérique, par exemple.

Mais nous devons absolument mettre en place notre propre législation. C’est pourquoi, début mars, je présenterai un paquet de propositions sur la fiscalité du numérique, sur la base de l’Assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS), et probablement des mesures à court terme pour la création de revenus. Nous y travaillons, et échangeons avec les principales capitales, et notamment avec le ministère de l’Économie en France, qui travaille sur une taxe sur le chiffre d’affaires.

Cette approche n’est pas une contradiction par rapport à l’OCDE, c’est un ajout à sa proposition. J’ai soutenu son travail, à présent l’organisation doit aussi comprendre que nous sommes politiquement intégrés. Prenez les questions d’érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices, nous essayons toujours d’en faire plus, de prendre les devants et d’aller plus loin.

Y a-t-il un risque que cela conduise à une concurrence fiscale similaire à celle que les États-Unis mettent en place, mais dans un domaine différent ?

Notre approche n’est ni protectionniste, ni centrée sur notre propre intérêt. Il s’agit de règles du jeu équitables. Pour autant que nous sachions, le taux effectif d’imposition des entreprises numériques est de 9 %, alors que l’impôt moyen pour une entreprise traditionnelle est de 23 %. C’est inacceptable.

Ici, à Davos, j’ai rencontré des représentants d’entreprises numériques. Je les rencontrerai à nouveau à Bruxelles. Ils comprennent que la situation actuelle ne peut se poursuivre telle quelle. Ils doivent payer leur part d’impôts. Et cela n’est pas anti-numérique, c’est pro-justice. Pro-business et équité peuvent aller de pair.

Initiative franco-allemande sur la fiscalité «inacceptable» des géants du Net

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, estime que la situation fiscale des plateformes numériques comme Airbnb est « inacceptable » et annonce une initiative franco-allemande sur le sujet pour la mi-septembre.

Qui avez-vous rencontré ?

J’ai rencontré Google ici [à Davos]. Je les rencontrerai tous au cours des prochaines semaines avant que nous ne présentions la proposition.

Toujours sur la fiscalité, vous avez demandé solennellement aux États membres de divulguer les engagements pris par les juridictions figurant sur la liste noire des paradis fiscaux de l’UE. Les États membres ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas les publier parce qu’ils violeraient l’accord de confidentialité conclu avec ces territoires. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas du tout convaincu. Je n’arrive pas à y croire! Les ministres doivent être conscients que la crédibilité du processus de transparence est en jeu.

Pour que ce processus soit crédible, nous avons besoin de trois choses : une sélection rigoureuse des pays de la liste grise, de la transparence et des sanctions. Les parlements, les médias, les ONG et les citoyens doivent connaître les engagements pris par ces juridictions [pour sortir de la liste noire].

Les ministres des Finances ne peuvent pas dire « nous l’avons fait » uniquement parce qu’il y a une liste. Non! Ils doivent renforcer leur crédibilité. C’est pourquoi j’appelle toujours à la publication des engagements. À Davos, j’ai vu que les gens s’attendent à ce que nous fassions preuve de leadership dans la lutte contre l’évasion fiscale. Nous sommes en mesure de le faire. En acceptant le statu quo, les ministres se rendent coupables.

La liste noire des paradis fiscaux pourrait se réduire comme peau de chagrin

L’Union européenne souhaite retirer huit pays de sa liste noire des paradis fiscaux qui compte actuellement 17 « juridictions ».

Pouvons-nous nous attendre des propositions concrètes pour approfondir la zone euro, ou au moins à une feuille de route assortie d’engagements pour juin ?

Il faut que ça arrive. Il y a une fenêtre d’opportunité. Elle est courte. Elle ne se rouvrira pas avant un certain temps, au moins deux ans. Nous ne devons pas perdre de temps.

Ce qui est certain, c’est que nous avons besoin d’une zone euro plus forte, plus intégrée et plus démocratique. Les éléments du paquet sont sur la table. Je suis sûr que nous pouvons y arriver.

Une fois qu’il y aura une nouvelle coalition gouvernementale en Allemagne, nous aurons besoin d’un travail intensif jusqu’en juin. Nous avons déjà commencé à y réfléchir, au sein de l’Eurogroupe, dans le cadre du Conseil Ecofin, avec les ministres les plus importants.

À mon invitation, il y a eu un dîner avec Peter Altmaier (Allemagne), Bruno Le Maire (France), Luis de Guindos (Espagne), Pier Carlo Padoan (Italie) et Mário Centeno (Portugal et président de l’Eurogroupe). Je vois la capacité de convergence. Je ne dirai pas que je suis extrêmement optimiste, parce qu’il y a beaucoup de travail à faire, mais nous pouvons y arriver et nous devons le faire.

La convergence inclut-elle une capacité fiscale pour la zone euro ?

Nous devons avoir une fonction de stabilisation. Nous avons besoin d’outils pour faire face à nos propres crises, pour achever l’union bancaire, une fonction de stabilisation et une meilleure gouvernance de la zone euro. Pour moi, ce sont les quatre grands projets possibles pour la zone euro.

Pourquoi Juncker ne veut pas de Parlement pour la zone euro

Dans son discours sur l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker a insisté sur l’extension de la zone euro, mais pas sur son approfondissement. Il craint l’Europe à deux vitesses défendue par Emmanuel Macron.

Le président de la Commission européenne a appelé, lors de son discours sur l’état de l’Union, à réunir les postes de Président de …

https://www.euractiv.fr/section/economie/interview/moscovici-the-credibility-of-the-eu-tax-haven-black-list-is-at-stake/

Revue de presse nationale et internationale.