Archives pour la catégorie O.N.U

La lutte contre les forces du « Turkestan oriental » devrait faire partie des efforts antiterroristes internationaux, selon la Chine

La lutte contre les forces du « Turkestan oriental » devrait faire partie des efforts antiterroristes internationaux, selon la Chine

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 12/02/2019 03:53

La lutte contre les forces terroristes se réclamant du soi-disant « Turkestan oriental » devrait faire partie des efforts internationaux de lutte contre le terrorisme, a déclaré lundi un envoyé chinois à l’ONU.

Au cours des dernières années, les mouvements terroristes liés au soi-disant Turkestan oriental, qui sont notamment représentés par le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO), ont organisé et perpétré de nombreuses attaques terroristes sur le territoire chinois. Ils représentent également une grave menace pour les pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale, a indiqué Wu Haitao, représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations Unies.

« Des mesures fermes doivent être prises pour répondre à ces mouvements », a-t-il déclaré au Conseil de sécurité.

https://chine.in/actualite/cn/lutte-contre-les-forces-turkestan_116535.html

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L’Allemagne et la France exerceront ensemble la présidence du Conseil de sécurité en mars et avril 2019

L’Allemagne et la France exerceront ensemble la présidence du Conseil de sécurité en mars et avril 2019

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Le Conseil de sécurité des Nations unies est composé de cinq membres permanents (États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, France, République populaire de Chine, Royaume uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord) et de dix membres élus par l’Assemblée générale (actuellement : la Guinée équatoriale, le Koweït, le Pérou, la Pologne et la Côte d’Ivoire élus pour 2018 et 2019 et la République dominicaine, l’Allemagne, l’Indonésie, l’Afrique du Sud et la Belgique élus pour 2019 et 2020).

La présidence du Conseil échoit chaque mois, alternativement, à un de ses membres. Le calendrier 2019 prévoit qu’elle sera exercée en mars par la France et en avril par l’Allemagne.

Dans une vidéo commune, l’Allemagne et la France ont annoncé qu’ils exerceraient ensemble cette présidence.

Concrètement, l’un ou l’autre des représentants permanents ou de ses adjoints pourront présider les séances ; les deux ambassadeurs signeront conjointement les « déclarations présidentielles » (c’est-à-dire les déclarations du Conseil n’ayant pas de valeur juridique) ; et prépareront conjointement la séance de réflexion générale que chaque État exerçant la présidence est autorisé à organiser.

Les ambassadeurs peuvent à tout moment être remplacés par leur ministre des Affaires étrangères et, pour l’Allemagne, par sa chancelière, pour la France par son président de la République.

C’est la première fois que deux États décident d’exercer conjointement la présidence du Conseil de sécurité. Ce faisant, ils soutiennent réciproquement leur politique étrangère.

L’Allemagne et la France ont déployé des forces militaires communes au Sahel, dans le cadre d’une opération états-unienne validée par le G5-Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad). Leur mission officielle est exclusivement de lutter contre le terrorisme, cependant les 5 et le 6 février 2019, elles sont intervenues pour anéantir des opposants au président tchadien Idress Deby.

En outre, les deux États ont également déployé illégalement des forces spéciales sur le territoire syrien dans le territoire occupé illégalement par les États-Unis et leurs supplétifs kurdes, prétendument pour y lutter contre Daesh, et d’autres dans le gouvernorat d’Idleb occupé illégalement par Al-Qaïda.

https://www.voltairenet.org/article205112.html

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

Crimée et châtiment

 

Crimée et châtiment

Publié le 18 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Ukraine, Russie

La provocation ukrainienne de Kertch fin novembre visait à torpiller le sommet Trump-Poutine au G20 et à renouveler les sanctions européennes pour six mois contre la Russie. Comme on le sait, le Donald s’est plié à son Deep State en refusant de parler à Vladimirovitch au sommet du G20. Quant aux euronouilles, ils ont vassaliquement renouvelé les sanctions pour un semestre, refusant toutefois, c’est à noter, d’en ajouter de nouvelles. Guère étonnant quand on sait ce que ça leur coûte

Toujours est-il que Kiev a tenté de doubler la mise en présentant à l’ONU une résolution condamnant la Russie pour son « occupation de la Crimée » et la « militarisation » des côtes des mers Noire et d’Azov.

Chose très intéressante, et l’on voit que les tendances géopolitiques doivent être appréhendées sur le temps long, le résultat du vote d’hier est quasiment similaire à celui de 2014. Petit rappel :

Au-delà de l’écume des événements, l’année 2014 aura connu des mouvements de fond considérables, parfois surprenants, tous, Europe exceptée, au bénéfice de la Russie et au détriment des États-Unis. L’on en avait eu un premier aperçu lors du vote du 27 mars à l’ONU sur le rattachement de la Crimée à la Russie. Présenté par les médias occidentaux comme une preuve supplémentaire de l’isolement de Moscou sur la scène internationale, ce vote constitua au contraire une petite victoire pour la Russie et dessinait déjà les prémices de l’isolement américain qui ira grandissant tout au long de l’année. Sous des prétextes divers, près de quatre-vingt États – les principaux pays de la planète en dehors du bloc occidental et de ses protégés – s’abstinrent de condamner la Russie : Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Argentine, Pakistan, Iran, Israël (!), Egypte, Irak (!), Vietnam, Liban, Emirats Arabes Unis, Maroc, Kazakhstan, Algérie, Uruguay, Kenya, Tanzanie, Ouzbékistan, Afghanistan (!), Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire… Ces poids-lourds mondiaux ou simplement régionaux ont pour dénominateur commun de ne pas être sous influence occidentale directe, de ne pas faire partie d’une alliance militaire américaine et de mener une politique étrangère indépendante, pas nécessairement pro-russe. La « trahison » d’États-clients comme Israël – qui argua d’une grève de son personnel diplomatique, piètre excuse qui ne trompa personne à Washington -, l’Irak ou l’Afghanistan provoqua d’ailleurs la fureur du Département d’État américain. La carte suivante est éclairante. Remarquons que, mis à part le petit Bhoutan, l’Eurasie dans son ensemble s’abstint de condamner la Russie, ainsi que la majorité de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et la moitié des pays arabes.

(En vert : États ayant condamné le rattachement de la Crimée à la Russie. En jaune : États s’étant abstenus par vote. En bleu : États s’étant abstenus sous divers prétextes. En rouge : États ayant voté contre la condamnation)

Presque cinq ans après, bis repetita, mais encore plus favorable à Moscou. 66 pays ont voté pour la résolution ukrainienne condamnant la Russie (-34 par rapport à 2014), 72 se sont abstenus (+14) et 19 ont voté contre (+8).

Parmi les « abstentionnistes » qui, sans voter contre car ils connaissent bien souvent eux-mêmes des problèmes séparatistes, se sont abstenus afin de ne pas condamner la Russie, l’on retrouve les principaux pays du monde hors bloc occidental : Chine, Inde, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Mexique, Corée du Sud (!), Pakistan, Philippines, Indonésie, Egypte, Nigéria, Arabie saoudite (!), Malaisie, Thaïlande (!), Vietnam…

On constate que plusieurs Etats, alliés de l’empire US qui avaient condamné Moscou en 2014, s’en abstiennent désormais. Une seule exception en sens inverse, et la situation syrienne y est sans doute pour beaucoup : Israël. Terriblement frustrés de ne plus pouvoir faire ce qu’ils veulent au-dessus de la Syrie à cause des S300, rappelés vertement à l’ordre par Moscou, les Israéliens ont donné un petit coup de menton en votant pour. Pas de quoi fouetter un ours…

Pacte de Marrakech : quand Facebook et Le Monde vous disent quoi penser

3 décembre 2018

Des internautes, opposés au texte de l’ONU sur les migrations, se sont étonnés de tomber sur des messages du réseau social les renvoyant vers des articles des… Décodeurs du quotidien.
Ils ont d’abord cru à une mauvaise blague.

En partageant, ces derniers jours, sur Facebook, des articles ou vidéos hostiles au controversé « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », adopté lundi par la très grande majorité des pays de l’ONU, dont la France, de nombreux internautes ont eu la surprise de découvrir des messages et des liens renvoyant vers le site du Monde, qualifié de… « média de vérification » par le réseau social américain, et ses « Décodeurs », pour… « des informations supplémentaires sur le sujet ».

« En gros, d’autres journaux « pas dans la bonne pensée » ne seraient pas fiables, mais Le Monde (ce qu’il est devenu…) est l’organe où lire la bonne parole et être bien rééduqué !!

Cela s’appelle de la propagande », traduit l’un d’eux. Comme beaucoup d’opposants à la politique du président Macron, il est tombé sur le lien de l’article « “Vendre la France à l’ONU” : de Trump aux « gilets jaunes », itinéraire mondial d’une intox », signé par le service factchecking du quotidien. «

Ce n’est pas la première fois que Facebook tente d’influencer le public en sortant de son rôle », ajoute-t-il.

En pointe dans la dénonciation du texte des Nations unies, l’activiste et membre du blog Fdesouche Damien Rieu n’a pas non plus échappé à la surveillance du puissant réseau de Mark Zuckerberg.

En partageant sa vidéo « contre le dangereux Pacte de Marrakech pro-migrants », un message automatique indique ainsi : « Avant de partager ce contenu, sachez que Les Décodeurs du Monde a des informations supplémentaires sur le sujet. » En dessous, un lien direct renvoie sur leur site pour un avis autorisé.

« On a l’impression d’être dans une mauvaise caricature de Big Brother. Mais c’est contre-productif : ça donne envie d’encore plus partager la vidéo comme me l’ont signalé de nombreux amis, remarque Damien Rieu, contacté par Valeurs actuelles.

Le Monde, comme toute la presse, se sent investit d’une mission pédagogique sur les citoyens qui votent et pensent mal car ils seraient forcément « mal informés ». Difficile pourtant d’imaginer déontologiquement pire que de faire la police de la pensée pour un GAFA. »

En janvier dernier, le Canard enchaîné rapportait dans un article, intitulé « Entre Le Monde et Facebook, un beau conte de « fake » », que le géant du Net collaborait avec le quotidien du soir pour traquer les fake news sur ses pages, fréquentées par 33 millions d’abonnés en France. « Julien Codorniou, le vice-président de Facebook chargé des partenariats, qui vit à Londres, est membre du… conseil de surveillance du « Monde » ! », précisait le palmipède. Et ce dernier est même un « grand ami de Xavier Niel – le coproprio du quotidien ».

« La romance entre Facebook et Le Monde, elle, a réellement démarré en février 2017 », écrivait encore le Canard. Un temps « pris d’un doute » éthique, Le Monde « a soulagé illico sa conscience », ajoutait même l’hebdomadaire, parlant de « pragmatisme financier ».

Quelques jours plus tard, « le quotidien de référence » finissait par justifier son « partenariat » rémunéré avec la plateforme, comme « plusieurs autres médias français dont Libération ou l’AFP », tout en jurant qu’il « n’entrave en rien notre indépendance éditoriale ».

Il faut « démonter les discours trompeurs »

Depuis, les Décodeurs du Monde se sont employés à « mettre l’information en forme et la remettre dans son contexte » selon des critères aussi obscurs que subjectifs, y compris sur le Pacte sur les migrations de l’ONU, « devenu la base d’une théorie conspirationniste dans le mouvement de protestation français » des « gilets jaunes ». « Les Décodeurs nous ont déjà prouvé qu’ils étaient capables de se dépasser dans la mauvaise foi militante. C’est quasiment devenu un art chez eux. Je suis admiratif », souligne Damien Rieu.

« Ils noient le poisson, notamment en utilisant des critiques trop grossières pour disqualifier toutes les autres, poursuit l’activiste identitaire. Ils ne laissent pas de place pour un point de vue contradictoire, par exemple celui de Sandrine Maljean-Dubois, directrice de recherche en droit international au CNRS, qui explique que « les formulations normatives pourront être utilisées devant les tribunaux pour créer des obligations ».

C’est soviétique et partisan. » Le texte des Nations unies lui-même appelle d’ailleurs à « mettre à disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondées sur des données factuelles » pour « démonter les discours trompeurs qui donnent une image négative des migrants ». La boucle est bouclée.

Valeurs Actuelles

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/12/pacte-de-marrakech-quand-facebook-et-le-monde-vous-disent-quoi-penser.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

António Guterres et les « fakes news » du Pacte sur les migrations

António Guterres et les « fakes news » du Pacte sur les migrations

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Plus de 150 États ont été enregistrés à la conférence d’adoption du Pacte global pour des migrations sûres, ordonnées et régulières de Marrakech [Note : le document de référence en anglais est intitulé Global Pact, ce que l’Onu traduit par Pacte mondial.].

En introduction, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a tenu à dénoncer les « fausses informations » sur le Pacte. Il a notamment souligné que ce texte n’est pas contraignant et ne limitera donc pas la souveraineté des États.

Or, c’est très exactement le problème : le Pacte ne limitera pas la souveraineté des États qui y ont déjà partiellement renoncé en admettant dans leur système juridique la supériorité des textes internationaux sur les textes nationaux.

L’expression « non-contraignant » signifie que les États signataires n’auront pas à réformer leur législation. Mais il sera possible à des plaignants de faire valoir la supériorité d’un texte international sur le droit national et ainsi de contraindre à l’application du Pacte.

C’est ce qui a conduit 19 États (l’Autriche, l’Australie, la Bulgarie, le Chili, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, les États-Unis, Israël, la Hongrie, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne, la République dominicaine, la Tchéquie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suisse) à ne pas participer à la conférence.

En Suisse, le Conseil fédéral a participé aux négociations avant de se retirer à la dernière minute.

Le cas de la Belgique atteste de l’importance du Pacte qui n’est pas un simple document déclaratif comme le prétend M. Guterres. À Bruxelles, le Premier ministre, Charles Michel, a contourné les dispositions constitutionnelles pour pouvoir le signer : un parti de la Coalition au pouvoir, le NVA, a refusé le Pacte et a démissionné de ses fonctions. Le gouvernement devenu minoritaire aurait dû tomber. Mais le Premier ministre s’est maintenu au pouvoir et n’a informé le roi qu’après coup de son remaniement ministériel. Il s’est rendu à Marrakech signer le Pacte sans demander la confiance de son Parlement.

http://www.voltairenet.org/article204298.html

Le pacte mondial sur les migrations de l’ONU formellement approuvé à Marrakech

Le pacte mondial sur les migrations de l’ONU formellement approuvé à Marrakech

le 10 décembre 2018

 

Le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé lundi à Marrakech, après proclamation orale et avec le traditionnel coup de marteau, devant quelque 150 pays réunis en conférence intergouvernementale.

Soulignant les « efforts » consentis pour parvenir à ce pacte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a exhorté à ne « pas succomber à la peur ou aux faux narratifs » sur la migration.

S’exprimant à l’ouverture des débats, il a dénoncé les « nombreux mensonges » à propos d’un texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières.

Ce texte, destiné à renforcer la coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière », doit encore faire l’objet d’un ultime vote de ratification le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations unies.

La conférence de Marrakech devait être une étape purement formelle dans ce processus mais, le sujet déchaînant les passions, une quinzaine de pays ont fait part de leur retrait ou du gel de leur décision sur le pacte.

Près de 160 des 193 pays représentés à l’ONU étaient annoncés à Marrakech, avec une centaine d’entre eux représentés au niveau des chefs d’Etat, chefs de gouvernements ou ministres.

Lundi matin, il était encore impossible de connaître dans les détails les présents et les absents, en l’absence de toute liste officielle.

Non contraignant, le Pacte recense des principes -défense des droits de l’Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale- et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations –échanges d’information et d’expertises, intégration des migrants… Il interdit les détentions arbitraires, n’autorisant les arrestations qu’en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l’Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l’accès des migrants à l’aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

LNT avec AFP

https://lnt.ma/pacte-mondial-migrations-de-lonu-formellement-approuve-a-marrakech/

L’Américaine Nikki Haley n’arrive pas à faire condamner le Hamas à l’ONU

L’Américaine Nikki Haley n’arrive pas à faire condamner le Hamas à l’ONU

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley lors d’une réunion du Conseil de sécurité le 26 novembre 2018 / © AFP/Archives / Don EMMERT

Les Etats-Unis ne sont pas parvenus jeudi à faire condamner le mouvement islamiste palestinien Hamas par l’Assemblée générale de l’ONU, la résolution de l’ambassadrice américaine Nikki Haley ne recueillant pas la majorité nécessaire à son adoption.

Au préalable, le Koweït avait, lors d’un vote de procédure gagné de seulement trois voix, obtenu qu’une règle d’une majorité aux deux tiers soit appliquée au texte américain malgré de vives critiques de Nikki Haley.

Le texte des Etats-Unis n’a recueilli que 87 voix, dont celles de l’Union européenne. Cinquante-sept pays ont voté contre et 33 se sont abstenus.

« Une simple majorité est requise », avait plaidé en vain Nikki Haley avant le scrutin, tenu avec une heure de retard en raison « de négociations de dernière minute », selon la présidence de l’Assemblée générale.

Cette enceinte, dont les résolutions n’ont pas de valeur contraignante, « n’a jamais rien dit sur le Hamas », avait ajouté la diplomate américaine, en dénonçant une « politique de deux poids deux mesures » aux dépens d’Israël.

« La décision (d’un vote de procédure) vise à entraver » l’adoption de la résolution américaine, « et mon frère du Koweït le sait très bien », avait ajouté l’ambassadrice américaine.

La règle des deux tiers a été approuvée par 75 voix, 72 pays s’exprimant contre –dont l’Union européenne– et 26 Etats se sont abstenus.

– « Affaire très personnelle » –

La présentation de sa résolution, soutenue par l’UE après un léger ajout de langage vague visant à soutenir une solution de paix au Proche-Orient sur la base des « résolutions pertinentes » déjà adoptées à l’ONU, constituait l’un des derniers faits d’armes de Nikki Haley, qui a récemment annoncé quitter ses fonctions en fin d’année.

Le chef du Hamas Ismaïl Haniya à Gaza le 21 août 2018n / © AFP/Archives / Anas BABA

Selon des diplomates, Nikki Haley, soutien inconditionnel d’Israël, avait fait de cette condamnation du Hamas « une affaire très personnelle ».

Son projet de texte condamnait « le Hamas pour des tirs répétés de roquettes en Israël et pour incitation à la violence, mettant la vie de civils en danger ». Il exigeait « que le Hamas et d’autres entités militantes incluant le Jihad islamique palestinien cessent toutes les provocations et activités violentes dont le recours à des engins aériens incendiaires ».

Sous la pression des Européens, les Palestiniens et les pays arabes avaient renoncé à amender le texte américain pour y introduire des rappels précis des résolutions liées à la demande d’une fin de l’occupation israélienne, au statut de Jérusalem-Est et à la solution de deux Etats dans les frontières reconnues en 1967, largement soutenue dans le monde.

Ils ont transformé leur amendement en projet de résolution qui devait être mis au vote dans l’après-midi à l’Assemblée générale de l’ONU.

L’objectif de l’Union européenne « était d’éviter une confrontation dont tout le monde serait sorti perdant », a expliqué un diplomate sous couvert d’anonymat. Il s’agissait aussi de préserver « l’unité de l’Union européenne », a-t-il ajouté.

« Personne ne comptait avancer » sur le processus de paix avec les textes en débat jeudi, a précisé cette source.

Le chef du Hamas Ismaïl Haniya s’était plaint dès le 28 novembre de la démarche américaine dans une lettre rare à la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU. La missive, remise au représentant de l’ONU à Gaza, n’est cependant jamais arrivée à destination. Elle a été transmise au seul pouvoir légitime reconnu par l’ONU, à savoir l’Autorité palestinienne, qui l’a toujours en mains, selon une source onusienne.

(©AFP / (06 décembre 2018 23h20)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Am-ricaine-Nikki-Haley-n-arrive-pas-faire-condamner-le-Hamas-l-ONU/977635.rom

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

 

22 novembre, 2018
Tribune libre

Michel Raimbaud

Présentée comme imminente tout au long de l’été, la bataille d’Idlib, qui devait marquer pour l’armée syrienne la phase finale du combat contre le terrorisme, n’aura pas eu lieu. Refuge pour des milliers de rescapés du djihad et espace livré aux manigances d’Erdogan, cette cité proche d’Alep et de la Turquie aura fait couler des flots d’encre ou de salive, mais le bain de sang annoncé n’aura pas eu lieu, un accord surprise entre la Russie et l’Ottoman renvoyant à leurs études les devins et experts en orientologie et – insinueront les mauvaises langues – la reconquête militaire aux calendes turques…

 

 

Oublions donc Idlib pour le moment et allons droit au fait ou au nouveau méfait, qui a nom Deir Ezzor. Comme on le sait, à moins qu’on ne l’ait déjà oublié, cette cité a été libérée en novembre 2017 de « l’Etat Islamique » qui l’occupait par l’armée syrienne, mais elle se trouve toujours confrontée à diverses menaces, liées notamment à sa situation géostratégique. Sise sur les rives de l’Euphrate, proche des puits de pétrole et jouxtant de riches terres agricoles, elle est l’objet de bien des convoitises, raison pour laquelle Da’esh y avait élu domicile. C’est aussi pourquoi elle est la cible des Kurdes, qui ont tendance à voir partout des Kurdistans, l’objet de la sollicitude des Turcs qui ont la nostalgie ottomane à fleur de peau et des occidentaux qui y voient une terre à démocratiser à la mode Debeliou.

Les « forces démocratiques de Syrie », qui se présentent comme « arabo-kurdes » brandissent une « priorité » qui serait de lutter contre le terrorisme, celui des Turcs notamment, mais Washington instrumentalise les uns et les autres, l’objectif commun étant d’empêcher le retour de l’Etat syrien.

Quant à la « coalition internationale », racolée pour soi-disant combattre Da’esh, c’est de facto une armée supplétive supplémentaire des Etats-Unis et de ses alliés, qui roule et détruit pour le compte de l’Amérique. Il faut le répéter encore, la dite Amérique sous toutes ses défroques (forces spéciales, conseillers, OTAN, « coalition », armées diverses et mercenaires), est présente en Syrie en totale illégalité, sans autorisation et contre le gré du gouvernement légal de Damas. Il en va de même pour ses alliés, n’en déplaise à tous les va-t-en guerre occidentalistes. Le reste n’est que faribole, menterie et coquecigrue.

Or, toujours en quête de projets créateurs, comme le chaos du même nom, la « coalition » qui sévit en Syrie, en désarroi devant les évolutions de la situation dans la région, s’est lancée dans une nouvelle offensive, violant encore un peu plus le droit international, le droit humanitaire et les hypocrites « lois de la guerre »…

La « coalition » vient de sévir encore, procédant à trois ou quatre reprises à des bombardements meurtriers sur des cibles civiles dans la zone de Deir Ezzor. On a compté en une semaine plus de 100 morts, surtout femmes et enfants. Les armes utilisées – des bombes à fragmentation, ou au phosphore blanc, particulièrement cruelles et laissant des traces dans l’environnement, sont banales pour nos zorros du Far West planétaire. Pourquoi pas en douce des bombes à uranium appauvri pour apprendre à vivre aux damnés de la terre ? Les médias occidentaux passent ces exploits collatéraux sous silence ou les mentionnent sans émotion apparente. Guidée par des motifs si nobles, la « coalition » ne peut pas commettre de crimes de guerre, par définition… La ville de Raqqa avait ainsi été rasée et ses habitants massacrés, après que les chefs terroristes en aient été soigneusement exfiltrés : on n’a jamais publié de bilan. Comme disait Mme Albright, collègue adorée de nos ministres et grandmère de tous les enfants estropiés des guerres de l’Axe du Bien, « c’est le prix à payer pour la démocratisation » (sic).

Vous avez dit « droit humanitaire » ? Vous avez dit « environnement » ? Vous avez dit « droit international », « légalité onusienne » ? Où irait-on si les pays qui s’arrogent « le droit de dire le droit » devaient aussi le mettre en pratique, voire donner l’exemple ? Ils ne peuvent tout faire, déjà qu’ils sont dépositaires du lourd « fardeau de l’homme blanc » relooké en « responsabilité de protéger ». D’où le partage des tâches, aux uns de définir le droit et aux autres le devoir de le respecter et le danger d’être châtié, même à titre préventif : tout le monde ne peut être médecin, il faut bien des patients ! Et Dieu sait que la pauvre humanité est patiente.

Pour l’Establishment dominateur et sûr de lui, tout ceci va de soi : « nos grandes démocraties occidentales », fleurons de l’Humanité, ne se définissent-elles pas d’abord comme des nations civilisées régies par l’Etat de droit ? Cet Etat de droit dont nos « élites » se gargarisent jusqu’à plus soif, c’est celui où tout un chacun peut, parait-il, défendre son bon droit et demander justice pour les dommages dont il estime avoir été victime, sans garantie de résultat d’ailleurs ; mais ce n’est pas un droit à compétence universelle, car il ne concerne que les « civilisés », pas les « hors-la-loi » : en effet, l’Etat de droit est aussi, et peut-être surtout, un Etat qui peut faire la guerre sale chez les autres sans jamais demander leur avis à ses propres citoyens ou à leurs représentants, constitution ou pas…Il y a la théorie et la pratique…

Le fameux village global à laquelle nos élites se réfèrent naturellement et sans rire, cette tarte à la crème dont les « élites » nous barbouillent, est à l’image de nos grandes villes « mondialisées ». Il y a le centre riche et « civilisé », plutôt à l’ouest, « l’humanité d’en haut » qui compte et décide, auto-intronisée « communauté internationale ». Malheureusement, rien n’étant parfait en ce bas-monde, il y a également, au Sud et à l’Est, toutes ces banlieues de non-droit, là où s’agite « l’humanité d’en bas » ou de l’entresol : c’est le repère des contestataires et résistants, qui refusent de « rejoindre la communauté internationale » occidentale, osant s’opposer à ses valeurs diverses et ses oukazes. Que ces malotrus soient « renaissants » ou « émergents » ne change rien à l’affaire, ils doivent être sanctionnés, menacés et encerclés : ne sont-ils pas « préoccupants », au même titre que les Etats faillis, voyous, parias, avec lesquels ils font alliance et qu’ils protègent ?

Dans un article publié le 4 octobre 2015, intitulé « Etats voyous et grandes voyoucraties », l’auteur de ces lignes rappelait la « théorie du fou », fruit du cerveau de Richard (Dick) Nixon, il y a de cela un demi-siècle : il est souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires », pensait alors le « Tricky Dicky », c’est à-dire « Dick le tricheur ». Posant les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide », une étude réalisée en 1995 pour le Strategic Command allait reprendre cette idée-force : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler » ? Pourtant l’oncle Donald était alors bien éloigné de la Maison Blanche. Mais vingt-cinq ans plus tard, la théorie du fou est plus que jamais d’actualité, et Trump est aux commandes.

Cette prose délirante explique en tout cas le pourquoi de ce « monde à l’envers » conçu par l’Occident, dans lequel chaque mot, chaque phrase, chaque concept signifie son contraire, le droit se traduisant ainsi par le non-droit, la légalité par l’illégalité, le désir de justice par son déni systématique, la volonté de paix par la folie guerrière, et la vérité par le mensonge. C’est assez pour expliquer comment les « grandes démocraties » autoproclamées en viennent à se transformer en « voyoucraties », respectant en feignant de l’ignorer les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « Rogue State » des anglo-saxons :

 

– Violer régulièrement la légalité internationale,

– Détenir des armes de destruction massive,

– Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.

 

Sur ces bases, le GPS ne conduit pas à Damas, à Téhéran ou à Moscou, mais bel et bien vers ceux qui l’ont conçu. En juin 2000, Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estimait déjà (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Dix ans plus tard, au début des funestes « printemps arabes », Noam Chomski constatera que son pays « se place au-dessus du droit international ». Deux consciences américaines parmi tant d’autres.

Il reste cependant que, dans le dictionnaire amoureux de l’Amérique, on récolte plus de fioretti que dans toutes les homélies du Pape François. George W. Bush, spécialiste bien connu en questions historiques (Pourquoi nous haïssent-ils autant alors que nous sommes si bons ?) avait déjà le chic pour nous interpeller quelque part. Le locataire actuel du bureau ovale, l’oncle Donald, est lui aussi un lanceur d’alertes qui sait nous faire savoir, avec le robuste bon sens des saloons et des ranchs, le fruit de ses cogitations : « Le monde est un endroit très dangereux », nous assène-t-il en novembre 2018. On ne peut contredire le Président des Etats-Unis, par définition orfèvre en matière de dangerosité.

Pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, l’Empire du Bien peut inscrire à son bilan 20 à 30 millions de tués, qu’il s’agisse des guerres directes (Corée, Vietnam, Irak) ou par procuration (en Afghanistan, Angola, Congo, Soudan, Guatemala, Syrie) conduites par des forces et milices alliées, souvent entraînées et commandées par les USA. Il pourrait même sans mentir faire état de centaines de millions de blessés dans ces multiples conflits et d’autres centaines résultant indirectement des hostilités (famines, épidémies, migrations, esclavage, destruction de l’environnement, des infrastructures, ponction sur les dépenses vitales du fait des dépenses militaires), ou fruit des sanctions, blocus ou embargos que l’Amérique et ses fidèles infligent à plus de la moitié des Etats-membres de l’ONU…. Tel est le bilan des actions entreprises depuis 1945 par la « puissance indispensable » afin d’instaurer « un ordre international libre et ouvert » et pour « préserver les peuples de l’agression et de la tyrannie » (2018 National Defense Strategy of the USA). La « communauté internationale » à la sauce occidentale est bien une confrérie de « tontons flingueurs », faciles à reconnaître, puisqu’on les retrouve dans tous les grands raouts pour la paix, où l’on se pavane bras dessus, bras dessous sur des Champs-Elysées ou sous des arcs de triomphe, sous l’œil attendri des caméras fixant pour la postérité ces réunions de famille.

Ils semblent si heureux de se retrouver ensemble et paraissent si sincères qu’il faut s’y reprendre à deux fois pour constater ou concéder que le réseau participant inclut quelques criminels de guerre notoires et beaucoup d’obsédés du bombardement humanitaire. Certes, mais alors comment expliquer que l’on retrouve les mêmes dans les grands-messes où l’on brandit l’environnement comme un trophée et/ou comme le symbole d’un ardent désir de paix ? A quoi rime de prêcher la transition écologique, les clairs ruisseaux et les nuages moutonnés dans les pays bien nés, lorsque dans la foule des Etats frappés par les « guerres justes » de l’Empire, l’atmosphère est rendue mortifère par les bombes, les armes de destruction massive, les ravages, les miasmes des épidémies, lorsque l’eau et la terre sont volontairement empoisonnées par des plans pervers (cf. le plan US Iraq Water Treatment Vulnerabilities) ? On pourrait penser à leur bonne mine que les tontons flingueurs sont aussi des tontons blagueurs. Et il est vrai que l’on doit souvent se pincer pour s’assurer que l’on ne rêve pas. La blague mondialisée a ceci de remarquable qu’elle est involontaire pour ses promoteurs et concepteurs, qui se prennent très au sérieux. Deux ou trois exemples suffiront ici pour illustrer le propos.

Vous êtes l’ambassadeur syrien aux Nations-Unies, et voilà que surgit le représentant saoudien venu pérorer sur les libertés en Syrie et les conditions d’un avenir démocratique pour ce pays que les wahhabites ont voulu détruire. Le discours est surprenant et pourra passer pour une blague, comme le dit en grand seigneur Bachar al Jaafari, grand diplomate. Mais ce n’est qu’un épisode de la blague qui a permis à la « communauté internationale » de confier à l’Arabie Saoudite la présidence du Conseil des Nations-Unies pour les droits de l’homme et de la femme, et à l’Occident de s’en servir comme porte-parole en la matière, Ben Salman oblige. Après tout, qui avait bronché lorsque les « Casques Blancs de Syrie », créature des services anglais et faux nez humanitaire d’Al Qaida, avaient été pressentis pour le Nobel de la Paix, recevant aux Etats-Unis le prix des droits humains ?

Au point de déliquescence où en est arrivé le système onusien, balloté par la « fin de l’Histoire » puis par la mondialisation, la vie internationale est désormais surréaliste pour qui veut encore se référer aux us, coutumes et langages de la diplomatie, aux principes de la charte des Nations-Unies et aux simples préceptes de la morale naturelle et/ou de la vie en société. Et le top du surréalisme, c’est quand trois membres permanents du Conseil de Sécurité expliquent dans un grand courroux que c’est leur droit et même leur devoir de violer systématiquement les principes et les règles de la Charte dont ils sont censés être les gardiens et les garants, accusant leurs adversaires de menacer la paix et l’ordre mondial. On l’aura compris, il faut que la société internationale soit tombée bien bas pour que des pères fondateurs de l’ONU aient pour successeurs et héritiers de vulgaires flingueurs. La diplomatie traditionnelle avait ses tares et ses travers, mais elle prenait à cœur son métier, qui est de mettre de l’huile dans les rouages et non de jeter de l’huile sur le feu. Elle pouvait avoir de l’esprit, mais n’était pas une pantalonnade. Elle doit cesser de l’être. A l’heure où le monde flirte avec la guerre, il faut remettre de l’éthique dans la vie internationale. Le conflit n’est plus entre un monde « libre » et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit et ceux de l’hégémonie. A chacun de choisir son parti, avant les douze coups de minuit, avant que la blague généralisée ne joue de mauvais tours. Notre humanité perd patience.

 

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/389-tontons_flingueurs_tontons_blagueurs