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Commerce: la Chine affirme à l’ONU ne pas accepter « de chantage »

Commerce: la Chine affirme à l’ONU ne pas accepter « de chantage »

Nations unies (Etats-Unis) – La Chine n’acceptera pas « de chantage » sur le commerce, a mis en garde vendredi à l’ONU son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, en pleines tensions avec les Etats-Unis sur les échanges.

« Le protectionnisme ne fera que porter préjudice à tous », a-t-il estimé devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York.

Le ministre chinois a aussi posé Pékin en « champion du multilatéralisme » au moment où l’Amérique de Donald Trump est critiquée pour son approche unilatéraliste des affaires du monde.

« La Chine a toujours défendu l’ordre international et poursuivi le multilatéralisme », a insisté Wang Li à la tribune, vantant son « respect » des décisions issues de négociations.

Selon lui, « aucun pays ne peut relever seul » les grands défis internationaux auxquels le monde est confronté actuellement « ou être immunisé face à leurs effets ».

Le chef de la diplomatie chinoise a une nouvelle fois défendu l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont les Etats-Unis se sont retirés en mai au grand dam des autres grandes puissances.

Et sur la Corée du Nord, s’il a encouragé le rapprochement en cours entre Washington et Pyongyang, il a une nouvelle fois plaidé pour que l’ONU « crée des conditions plus favorables » encourageant la dénucléarisation, après avoir appelé la veille le Conseil de sécurité à un allègement des sanctions.

Les Etats-Unis réclament eux l’application stricte de ces sanctions jusqu’à ce que le désarmement atomique du régime reclus soit achevé.

(©AFP / 28 septembre 2018 15h34)

https://www.romandie.com/news/Commerce-la-Chine-affirme-l-ONU-ne-pas-accepter-de-chantage/957753.rom

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A la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron évoque les grands dossiers africains

Afrique

A la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron évoque les grands dossiers africains

media Le président français Emmanuel Macron à la tribune de l’AG de l’ONU, le 25 septembre 2018 à New York. REUTERS/Shannon Stapleton

Pour son deuxième passage en tant que président français à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron s’est lancé dans un discours fleuve, mardi 25 septembre 2018, pour se poser en défenseur du multilatéralisme et en champion de l’alliance avec l’Afrique. Il avait promis à Ouagadougou ne pas se poser en donneur de leçons avec le continent, mais il l’a fait avec le reste du monde.

Avec notre envoyée spéciale à New York,  Sonia Rolley

« Face à certaines crises, nous devons repenser notre organisation avec les organisations régionales et tout particulièrement avec l’Union africaine. Face à ces crises, ce sont les troupes africaines qui sont les plus à même d’intervenir rapidement et avec efficacité. Ce sont aussi celles qui sont le plus directement concernées par un rétablissement de la stabilité. » Propos signés Emmanuel Macron à l’ONU.

« Nous devons faire toute sa place à l’Afrique, estime le président français, pour que son rôle soit moteur et central dans la recomposition du système international. » L’une des raisons invoquées par le chef de l’Etat ? Ce serait sur le continent africain que l’on retrouve « les plus grands défenseurs du multilatéralisme », assure-t-il, en référence à la vision des relations internationales qu’il défend.

« Parce que n’oubliez jamais que les génocides qui ont fait que vous êtes là aujourd’hui », a hurlé Emmanuel Macron à la tribune de l’Assemblée générale ce mardi, sont notamment dus au délitement du droit international. Et de citer le droit des peuples à choisir leurs propres dirigeants, ou la défense des droits de l’homme contenue dans la Déclaration universelle de 1948.

Libye, G5 Sahel, lac Tchad… Macron sur tous les fronts

Le chef de l’Etat français dit vouloir défendre le multilatéralisme en Libye, pays qui « devient le terrain de confrontations des influences étrangères » selon lui. Il fait référence à l’engagement pris à Paris par les acteurs libyens d’organiser rapidement des élections et appelle à ce que ce processus soit engagé sous l’égide des Nations unies, en partenariat avec l’Union africaine.

Emmanuel Macron a aussi plaidé pour un soutien aux solutions régionales africaines – G5 Sahel, force multinationale mixte des pays du bassin du lac Tchad… « Nous devons soutenir cette initiative de l’Union africaine pour une meilleure coopération » avec l’ONU, insiste-t-il. Education, climat, migrations, inégalités, le président français dit vouloir être à la pointe de tous les combats.

Et pour ce faire, il faut revoir selon M. Macron le « modèle historique » des opérations de maintien de la paix. Son constat : « Nous assistons aujourd’hui à des théâtres où nous avons des opérations des Nations unies qui n’ont ni le mandat ni les capacités d’imposer la paix, mais qui bénéficient du plein soutien international, et de l’autre côté, des opérations africaines aux mandats robustes, mais qui ont toutes les peines du monde à mobiliser quelque soutien. »

Sa suggestion : « Il est de notre intérêt d’accompagner les réformes engagées par l’Union africaine pour progresser vers une prise en charge par les Africains de leur sécurité collective. Cela implique d’avancer ensemble vers un financement prévisible des opérations africaines. » Car aux yeux de numéro un français, la « dichotomie » actuelle crée « une concurrence inutile et inefficace ».

► Lire aussi : Quel financement pour le maintien de la paix ?

Envoyée spéciale
Je crois profondément à la souveraineté des peuples et dans le même temps à une coopération renforcée
A la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron à la rescousse du multilatéralisme 26/09/2018 – par Valérie Gas Écouter

DIRECT. Macron appelle à ne plus signer d’accords commerciaux avec les pays « qui ne respectent pas l’accord de Paris » sur le climat, comme les Etats-Unis

DIRECT. Macron appelle à ne plus signer d’accords commerciaux avec les pays « qui ne respectent pas l’accord de Paris » sur le climat, comme les Etats-Unis

Les chefs d’Etat des principaux pays vont se succéder à la tribune pour cette 73e assemblée générale annuelle de l’ONU.

Emmanuel Macron à la tribune de l\'assemblée générale des Nations unies, à New York (Etats-Unis), le 25 septembre 2018.
Emmanuel Macron à la tribune de l’assemblée générale des Nations unies, à New York (Etats-Unis), le 25 septembre 2018. (FRANCEINFO)
Ce qu’il faut savoirSans citer nommément les Etats-Unis, Emmanuel Macron a appelé, mardi 25 septembre, à ne plus signer d’accord commercial avec les pays qui ne respectent pas l’accord de Paris sur le climat. « Ne signons plus d’accords commerciaux avec les puissances qui ne respectent pas l’accord de Paris », a-t-il lancé à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU.

Comme chaque année, l’assemblée générale de l’ONU se réunit à New York. Le thème du débat de cette 73e session est « le leadership mondial et les responsabilités partagées pour des sociétés pacifiques, équitables et durables », indique l’ONU sur son site.

Grand-messe diplomatique. L’assemblée générale des Nations unies réunit cette semaine quelque 130 chefs d’Etat et de gouvernement sur les bords de l’East River.

Duel entre Donald Trump et Hassan Rohani. Le président américain a fustigé l’Iran dans son discours, appellant à isoler la « dictature corrompue » de Téhéran. Son homologue iranien, Hassan Rohani, s’exprimera peu après.

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #ONU

23h09 : « Certains ont choisi la loi du plus fort. Mais elle ne protège aucun peuple. » Quelques heures après le discours de Donald Trump, Emmanuel Macron a plaidé en faveur du « multilatéralisme » à la tribune de l’assemblée générale de l’ONU. Sans le citer nommément, le président français a tiré à boulets rouges sur son homologue américain. Iran, COP 21, rupture des accords commerciaux… Franceinfo revient sur trois moment forts du discours d’Emmanuel Macron.

22h02 : Bonsoir @binine. Vous faites sans doute référence à mon message de 20 heures : « ‘Ne signons plus d’accords commerciaux avec les puissances qui ne respectent pas l’accord de Paris’, a déclaré Emmanuel Macron à la tribune de l’ONU, sans citer nommément les Etats-Unis, qui en sont sortis en 2017″. Il ne faut pas lire que les Etats Unis sont sortis de l’ONU en 2017, mais de l’accord de Paris, lors de la COP21.

22h02 : Que veut dire : les États Unis sont sortis de l ONU en 2017 ? Merci pour votre réponse.

20h28 : Le président américain Donald Trump a appelé tous les pays de la planète à isoler le régime iranien, dénonçant la « dictature corrompue » au pouvoir selon lui à Téhéran.

20h15 : Le président iranien qualifie d’« absurde » le discours de Trump à l’ONU.

20h35 : « Je présenterai toutes mes excuses au pupitre. Je me suis emporté parce que je crois à ce que je dis. »

Le président tient désormais une conférence de presse, en marge de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. Il est revenu sur la fin de son intervention durant laquelle il s’est emporté pour dénoncer le délitement du « droit international et de toutes les formes de coopération. »

19h18 : Emmanuel Macron a tapé du poing sur son pupitre pour dénoncer le délitement du « droit international et de toutes les formes de coopération. » Un moment fort de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU à revoir ici.

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19h10 : « Ne signons plus d’accords commerciaux avec les puissances qui ne respectent pas l’accord de Paris », a déclaré le président de la République à la tribune de l’ONU, sans citer nommément les Etats-Unis qui en sont sortis en 2017.

19h05 : Emmanuel Macron appelle à ne pas signer d’accord commercial avec ceux qui ne respectent pas l’accord de Paris sur le climat.

18h54 : « Si un des membres [du G7] ne veut pas avancer [sur les engagements de la COP21], nous avancerons quand même ».

Emmanuel Macron vise une nouvelle fois, sans le nommer, Donald Trump et les Etats-Unis, qui se sont retirés de l’accord de Paris sur le climat.

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18h36 : « Je crois profondément à la souveraineté des peuples et dans le même temps à une coopération renforcée. Nous ne gagnerons au XXIe siècle qu’avec un multilatéralisme fort. Je ne crois pas à un grand peuple mondialisé, mais je crois en des valeurs universelles. »

18h32 : Voici la déclaration d’Emmanuel Macron critiquant l’unilatéralisme prôné par Donald Trump.

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18h39 : Emmanuel Macron appelle au « dialogue et au multilatéralisme » pour régler la crise iranienne, peu après une demande de son homologue américain Donald Trump d’« isoler le régime iranien ». « Il ne faut pas « exacerber les tensions régionales », a ajouté le président français.

18h33 : « Je ne crois pas à la loi du plus fort », martèle Emmanuel Macron. « Je crois à une troisième voie possible, la plus difficile la plus exigeante, trouver ensemble un nouveau modèle avec un nouvel équilibre. Il se structure autour de trois principes : le respect des souverainetés, le renforcement des coopérations régionales et le troisième, c’est l’apport de garanties internationales plus robustes ».

18h38 : « Cette voie, celle de l’unilatéralisme, elle nous conduit au repli et aux conflits. La loi du plus fort ne protège aucun peuple. »

Dès le début de son discours, Emmanuel Macron répond à Donald Trump concernant sa position sur l’Iran.

18h21 : Emmanuel Macron a débuté son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. C’est à suivre en direct ici.

17h27 : Donald Trump a terminé son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. Trois chefs d’Etat doivent désormais s’exprimer, dont le Turc Recep Tayyip Erdogan, avant qu’arrive le tour d’Emmanuel Macron. Le président français devrait donc s’exprimer vers 18h30.

(SPENCER PLATT / AFP)

17h27 : « J’ai dit à nos négociateurs que les Etats-Unis ne paieraient pas plus de 25% du budget de maintien de la paix » de l’ONU, annonce Donald Trump. Ils représentent aujourd’hui 28,5% de ce budget. « A l’avenir, nous ne verserons de l’aide étrangère qu’aux pays qui nous respectent et, très franchement, qui sont nos amis », ajoute-t-il.

17h26 : Donald Trump rend un hommage à la Pologne qui pourrait être interprété comme une pique contre l’Union européenne, qui a récemment saisi la justice pour bloquer une réforme de la Cour suprême polonaise. « En Pologne, le peuple défend son indépendance, sa sécurité et sa souveraineté », salue Donald Trump, sans mention de l’UE.

17h08 : « Nous demandons aux nations réunies ici de se joindre à notre appel pour demander le rétablissement de la démocratie au Venezuela ».

Donald Trump charge le régime vénézuélien. Washington a annoncé aujourd’hui de nouvelles sanctions financières contre des proches du président vénézuélien Nicolas Maduro, dont le gel des avoirs de son épouse et de sa vice-présidente aux Etats-Unis.

17h05 : « Les Etats-Unis ne participeront pas au nouveau pacte mondial sur la migration. La migration ne devrait pas être régie par un organe international, qui ne rend pas de comptes à nos citoyens. »

17h04 : Le président américain estime que la Cour pénale internationale n’a « aucune légitimité ». Les Etats-Unis n’y ont jamais adhéré.

17h03 : Donald Trump aborde maintenant les questions économiques, et justifie la guerre économique qu’il mène à la Chine à coups de droits de douane. « Nous rejetons l’idéologie du mondialisme, et nous embrassons la doctrine du patriotisme », résume-t-il.

16h54 : « Les principaux soutiens du terrorisme ne peuvent pas être autorisés à détenir les armes les plus dangereuses de la planète ».

A la tribune de l’ONU, le président américain défend sa décision de quitter l’accord sur le nucléaire iranien et d’imposer de nouvelles sanctions économiques contre le régime iranien. « Il y en aura encore d’autres », promet-il.

16h52 : Un peu plus tôt, évoquant la Syrie, Donald Trump a promis une « réponse » américaine si des armes chimiques étaient utilisées.

16h56 : « Toute solution à la crise humanitaire en Syrie passe par une stratégie visant à remédier à la situation et au régime corrompu de l’Iran. Les dirigeants iraniens sèment chaos, mort et destruction sur leur passage. »

Comme attendu, Donald Trump s’en prend désormais à l’Iran, le sujet qui devrait être au cœur de son discours.

16h56 : « Je suis heureux d’annoncer que les assassins assoiffés de sang de l’EI ont été chassés du territoire qu’ils occupaient en Irak et en Syrie. »

16h46 : Donald Trump se félicite des avancées de l’année passée dans les négociations avec la Corée du Nord : « Les missiles et les roquettes ne volent plus tous azimuts, les essais nucléaires ont cessé, certaines installations militaires sont déjà démantelées ».

16h44 : « Les Etats-Unis ne vous diront pas comment travailler, comment vivre ou comment croire. Nous vous demandons simplement que vous respectiez notre souveraineté », lance Donald Trump, qui explique à l’ONU préférer « l’indépendance et la coopération, plutôt que la gouvernance internationale ».

16h42 : Devant l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump commence son discours par un bilan très élogieux de sa propre action : « En moins de deux ans, mon administration a accompli plus que presque toute autre administration dans l’histoire de notre pays. C’est vrai. »

16h38 : Le président des Etats-Unis Donald Trump prend la parole à l’Assemblée générale de l’ONU. Regardez son discours en direct.

16h09 : Hier, la Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, a fait sensation en assistant à une réunion d’hommage à Nelson Mandela, au siège de l’ONU, avec sa fille de trois mois, Neve, et son compagnon. Elle n’est que la deuxième cheffe de gouvernement au monde à avoir accouché en étant au pouvoir.

(Don EMMERT / AFP)

16h30 : Bonjour @anonyme. Vous pourrez regarder avec une traduction simultanée les discours de Donald Trump (vers 16 h) puis d’Emmanuel Macron dans ce direct. Si vous souhaitez voir le reste de l’assemblée générale, en revanche, il faudra vous diriger vers le site de l’ONU, qui en retransmet l’intégralité (une traduction en Français est disponible).

15h31 : Peut-on regarder (ou écouter) les séances de l’Assemblée générale de l’ONU ?

15h04 : L’Assemblée générale de l’ONU doit débuter à 15 heures, heure française. Donald Trump sera le quatrième orateur à s’exprimer. Emmanuel Macron (en 9e position) et Hassan Rohani (15e) suivront.

15h04 : Donald Trump ne profitera pas de l’Assemblée générale de l’ONU pour rencontrer son homologue iranien, Hassan Rohani : « Malgré les demandes, je n’ai pas prévu de [le] rencontrer », a-t-il expliqué sur Twitter. « Peut-être un jour dans le futur. Je suis certain que c’est un homme absolument charmant ! »

Les revendications occidentales sur la Syrie

Les revendications occidentales sur la Syrie

Alors que sur le terrain, la guerre se termine et qu’il ne reste qu’Idleb à libérer des terroristes, les Occidentaux repartent en campagne. Ils viennent de présenter leurs revendications à l’envoyé spécial de l’Onu, Staffan de Mistura. Sans surprise, les États-Unis refusent le processus conduit par la Russie pour la seule raison qu’ils n’y ont pas participé, tandis que le Royaume-Uni et la France entendent imposer des institutions qui leur permettraient de contrôler le pays en sous-main.

| Damas (Syrie)

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Nommé en 2014, avant l’intervention militaire russe contre les jihadistes, Staffan de Mistura est un diplomate pro-US censé rechercher la paix en Syrie au nom de l’Onu. Quatre ans plus tard, il continue à trouver des échappatoires pour le compte des Occidentaux.

L’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a reçu à Genève une délégation du Groupe d’Astana (Iran, Russie, Turquie), puis le 14 septembre, une autre du Petit Groupe (Arabie saoudite, Égypte, États-Unis, France, Jordanie et le Royaume-Uni).

Côté occidental, l’ambassadeur James Jeffrey et le colonel Joel Rayburn conduisaient la délégation US, tandis que l’ambassadeur et ancien directeur du Renseignement extérieur (DGSE 2012-16), François Sénémaud, présidait la délégation française.

Chaque délégation a remis aux Nations unies un document secret sur ses revendications, en vue de peser sur les négociations intra-syriennes en cours. Russia Today a fait fuiter le document occidental [1], comme Kommersant avait fait fuiter il y a deux semaines les directives internes de l’Onu [2].

- Première remarque, le point 3 du document du Petit Groupe reprend la directive interne de l’Onu : « Il n’y aura pas d’assistance internationale à la reconstruction dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien en l’absence d’un processus politique crédible conduisant inéluctablement à la réforme constitutionnelle et aux élections supervisées par l’ONU, à la satisfaction des pays donateurs potentiels. » [3].

L’Allemagne, qui a participé à des réunions du Petit Groupe, ne semble pas avoir été représentée à celle-ci. La veille, son ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, s’était désolidarisé de ce point. Juste avant de rencontrer son homologue russe, Sergeï Lavrov, il avait tweeté que son pays était prêt à participer à la reconstruction « s’il existe une solution politique menant à des élections libres » [4] [5]. Pour le Petit Groupe et pour l’Onu, la reconstruction ne commencera pas tant que les pays donateurs potentiels n’auront pas atteint leurs objectifs de guerre, pour l’Allemagne, elle peut accompagner le processus de réconciliation politique.

- Deuxième remarque : les différents interlocuteurs internationaux font référence à la résolution 2254 du 18 décembre 2015 [6]. Cependant, le Petit Groupe extrapole le sens du texte. Alors que la résolution du Conseil de sécurité pose que la rédaction de la Constitution est l’affaire des seuls Syriens entre eux, le Petit Groupe affirme qu’elle ne doit être rédigée que par un Comité placé sous les auspices et contrôlé par l’Onu.

Il s’agit évidemment de casser les décisions de Sotchi, c’est-à-dire à la fois de détruire ce qui a été fait dans les derniers mois et de s’opposer au rôle de la Russie dans la solution de la crise [7]. Les États-Unis veulent conserver leur statut de puissance indispensable, tandis que le Royaume-Uni et la France entendent poursuivre leur projet colonial.

- Troisième remarque : le Petit Groupe n’entend pas seulement transférer la responsabilité de la rédaction de la Constitution de Sotchi à Genève, il a déjà son idée sur ce qu’elle doit être. Il s’agirait de reproduire le modèle que Washington a imposé à l’Iraq et qui y maintient une crise permanente pour le plus grand bénéfice des Occidentaux. Les pouvoirs du président seraient exclusivement protocolaires ; ceux du Premier Ministre seraient inexistants au niveau régional ; et ceux de l’armée devraient être limités.

Les puissances coloniales maintiennent leur pouvoir au Proche-Orient derrière des apparences de démocraties. Elles parviennent toujours à constituer des gouvernements non-représentatifs de leurs peuples. Depuis 1926 au Liban et depuis 2005 en Iraq, les institutions ont été conçues pour surtout empêcher que ces pays redeviennent des États-nations. Le Liban est divisé en communautés religieuses et l’Iraq en régions distinctes à prédominance d’une communauté religieuse. Israël, quant à lui, n’a pas plus de gouvernement représentatif, non pas à cause de sa Constitution —il n’en a pas—, mais de son système électoral.

- Quatrième remarque : alors que la résolution 2254 édicte que les élections devront avoir lieu sous la supervision de l’Onu, le Petit Groupe considère que l’organe syrien chargé de l’organisation des élections devra travailler quotidiennement sous les ordres de l’Onu, notamment en ce qui concerne d’éventuelles plaintes pour fraude.

Ainsi, les Occidentaux se conservent la possibilité d’annuler des résultats qui ne correspondraient pas à leurs attentes : il suffira de faire déposer une plainte pour fraude et de la déclarer fondée. Le Peuple syrien aurait le droit de voter pourvu qu’il tombe dans le piège qui lui est tendu, et encore à la condition qu’il vote pour ceux que l’on a choisis pour lui.

En Europe, les citoyens cherchent leur souveraineté, en Syrie ils se battent pour leur indépendance.

[1] « Déclaration de principes du Petit Groupe pour la Syrie », Réseau Voltaire, 18 septembre 2018.

[2] « Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie », par Jeffrey D. Feltman, Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] “There will be no international reconstruction assistance in Syrian-governement-held areas absent a credible political process that leads unalterably to constitutional reform and UN-supervised elections, to the satisfaction of potential donor countries”.

[4] “Wenn es eine politische Lösung in #Syrien gibt, die zu freien Wahlen führt, sind wir bereit Verantwortung beim Wiederaufbau zu übernehmen”

[5] « L’Allemagne se positionne contre la directive Feltman », Réseau Voltaire, 14 septembre 2018.

[6] « Résolution 2254 (Plan de paix pour la Syrie) », Réseau Voltaire, 18 décembre 2015.

[7] « Consensus entre Syriens à Sotchi », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 février 2018.

 

http://www.voltairenet.org/article202985.html

ONU /Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre…

ONU /Syrie : Ce que vous ne devez pas entendre…

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Ce 28 août 2018, tout un chacun pouvait lire sur le site de l’ONU : « À la une, la détérioration croissante de la situation humanitaire au nord-ouest de la Syrie au menu du Conseil de sécurité ». Et ceux qui ont suivi les interventions publiques du Conseil de sécurité ont pu constater que la diffusion de l’intervention du délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies, le Dr Bachar al-Jaafari, a été rapidement interrompue.

 Interrogé sur l’incident par la télévision nationale syrienne, il a décrit une séance particulièrement étrange, tenue sous le titre de l’humanitaire, mais où les discussions publiques et à huis clos ont surtout porté sur le futur usage d’armes chimiques par les terroristes à Idleb et sur les menaces d’une nouvelle agression de l’Occident contre la Syrie. Concernant l’interruption de la diffusion de son intervention, il a déclaré :

 En ce mois d’août la présidence du Conseil est britannique et, aujourd’hui, il s’est passé qu’après avoir écouté 16 intervenants, le Directeur de l’OCHA [Bureau de la coordination des affaires humanitaires] et les délégués des 15 pays membres du Conseil de sécurité, la présidente britannique a décidé de limiter mon temps de parole à 5 minutes ; ce que j’ai refusé […] Mais le problème est qu’elle s’était préalablement entendue avec la Secrétaire générale adjointe à la communication au Département de l’information de l’ONU, Mme Alison Smale également britannique, pour que l’enregistrement diffusé de mon intervention soit coupé. Je suis d’ailleurs le seul dans ce cas et, comme vous l’avez constaté, la diffusion a été interrompue 2 minutes environ après ma prise de parole.

De toute façon, nous avons porté plainte auprès de la Secrétaire générale adjointe et j’ai adressé, il y a quelques minutes, une lettre officielle à la présidente du Conseil en personne, lui demandant d’intégrer le texte complet de mon intervention au compte-rendu officiel destiné aux instances de l’ONU, afin que tous les États membres soient mis au courant de ce que nous avions l’intention de dire…

Pour mémoire, voici le texte intégral de cette intervention que vous ne deviez pas entendre… [NdT]

___________________________________________________

Merci Madame la Présidente.

Merci aussi pour avoir mentionné les deux lettres que j’ai adressées aux bons soins de la présidence et des membres du Conseil de sécurité à propos du « chimique » et du grand danger qui nous guette au cas il serait utilisé une nouvelle fois à Idleb.

Vous m’avez posé quelques questions, Madame la Présidente, et j’ose espérer que vous aurez le cœur assez grand pour supporter ce que j’ai à dire pendant quelques minutes, maintenant que je vous ai tous écoutés pendant plus d’une heure et demie. En effet, nombre de points importants méritent quelques éclaircissements, mais avant de lire mon communiqué je voudrais signaler ce qui suit :

  • Premièrement: Au cours de la période correspondant au rapport de l’OCHA de ce jour, le ministère des Affaires étrangères a consenti à 2700 demandes du Programme Alimentaire Mondial [PAM] concernant l’acheminement des aides aux régions libérées et ailleurs : 2700 demandes !
  • Deuxièmement: Ce mois-ci, nous avons distribué aux représentants des États membres du Conseil de sécurité des explications détaillant le sens et les objectifs de la Loi n°10 [loi prévoyant la création d’entités administratives locales en charge des efforts de reconstruction, votée début avril 2018 et interprétée, entre autre, comme une tentative d’expropriation des déplacés syriens par le gouvernement syrien… NdT], lesquelles explications invalident toutes les allégations et informations biaisées présentées de temps à autre par certains quant aux prétendus objectifs de cette loi et, par conséquent, devraient clore la polémique sur le sujet.
  • Troisièmement: Le Croissant rouge syrien coopère quotidiennement et continuellement avec les partenaires locaux et internationaux à l’acheminement des aides humanitaires et de dizaines de convois aux régions où des civils en ont besoin.

Mais notre problème avec l’OCHA est le suivant : M. Ging a déclaré que seules quatre convois ont été autorisés. Ce qui n’est pas vrai.

Notre problème avec l’OCHA est qu’il ne compte que les convois auxquels il participe. Autrement dit, les convois du PAM [Programme Alimentaire Mondial] , du HCR [Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés] ou de la Croix-Rouge, ne sont pas reconnus par l’OCHA. Les centaines de convois et les milliers de tonnes d’aides humanitaires rendues dans les régions où les civils en ont besoin ne sont pas pris en compte par l’OCHA. Par conséquent, pour l’OCHA, seuls quatre convois ont été autorisés ce mois-ci. Ce n’est pas vrai et c’est trompeur pour les représentants des États membres de ce Conseil.

Ceci étant dit, j’entame la lecture de mon communiqué :

Madame la Présidente,

C’est à maintes reprises que nous avons mis en garde contre la présence, dans cette salle, d’un énorme et féroce éléphant menaçant les fondements de notre travail collectif et piétinant nombre de vérités, afin de camoufler les violations par certains États membres permanents des dispositions de la Charte [des Nations Unies] et des principes du Droit international.

Aujourd’hui, l’obstination dans l’erreur semble toujours de mise dans les politiques et les pratiques des gouvernements occidentaux à l’égard de mon pays. Au lieu de reconnaître leur culpabilité et d’assumer leur responsabilité politique et juridique pour avoir lancé une guerre terroriste contre la Syrie, son État et son peuple, et au lieu de rectifier les politiques catastrophiques menées contre notre région en général et contre mon pays en particulier, ils persistent dans leur agression et, par le biais de leurs bannières noires, de leurs casques blancs et de leurs lignes rouges, ils préparent de nouvelles mises en scènes sanglantes utilisant des armes chimiques dans le nord-ouest de la Syrie. Ceci, dans le but d’entraver l’opération politique en cours, de justifier l’agression de mon pays ainsi que l’occupation de certaines de ses régions, et d’insuffler une nouvelle énergie aux reliquats du terrorisme encore présent dans ces régions.

Le gouvernement de mon pays condamne le communiqué publié il y a quelques jours par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, et réfute le fond et la forme de son contenu. La Syrie a affirmé à plusieurs reprises qu’elle considère que l’usage des armes chimiques est immoral, qu’elle le condamne en tout lieu, en toutes circonstances et contre qui que ce soit.

Aujourd’hui, la Syrie réaffirme qu’elle ne possède aucune arme chimique et qu’elle a respecté tous les engagements pris avec l’OIAC [Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques], laquelle en a informé l’ensemble des organisations internationales concernées, dont votre respecté Conseil. Il est donc inutile que je vous répète à chaque réunion que le stock de produits chimiques syriens a été détruit à bord du navire américain Cape Ray en mer Méditerranée, tandis que le stock d’Israël en armes nucléaires, chimiques et biologiques attend toujours la bénédiction de ce Conseil pour s’en débarrasser.

Madame la Présidente,

Je mets entre vos mains des informations documentées sur les préparatifs de l’organisation terroriste le Front al-Nosra, et de groupes affiliés, en vue de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils du gouvernorat d’Idleb, dans le but d’incriminer l’Armée arabe syrienne et de justifier n’importe quelle éventuelle agression militaire menée par les gouvernements des pays employeurs de ces organisations terroristes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de l’attaque américaine sur l’aéroport d’Al-Chaayrate le 7 avril 2017, et lors de l’agression tripartite américano-franco-britannique le14 avril 2018.

Dans le cadre des préparatifs de ce crime, face auquel nous demandons fermement aux gouvernements ayant de l’influence sur ces groupes terroristes de dissuader leurs agents de le mettre à exécution, huit conteneurs de chlore ont été transportés au village de Helouz à Idleb, en prévision du scénario destiné à la mise en scène d’une nouvelle attaque chimique. Une attaque jouée par les terroristes du « Parti islamique du Turkestan » et du Front al-Nosra -terroristes que les rédacteurs des rapports onusiens se plaisent à qualifier d’« opposition armée non étatique »-, lesquels utiliseront des produits chimiques toxiques contredes civils syriens, dont des dizaines d’enfants, kidnappés depuis quelques jours dans les campagnes d’Alep et d’Idleb, afin d’accuser le gouvernement syrien et de poursuivre la brutale agression contre la Syrie.

Toute agression contre mon pays, si elle avait lieu, serait une agression contre un pays membre fondateur des Nations Unies, une agression contre la paix et la sécurité régionales et internationales, un soutien au terrorisme et une atteinte aux efforts que nous avons consentis avec nos alliés pour le combattre ; en sachant que la roue tourne et que tôt ou tard l’agresseur finira pas payer ses forfaits.

Je me contenterai de ce peu, Madame la Présidente, en réponse à votre exigence de limiter mon temps de parole bien que cette réunion soit importante, concerne mon pays, et que tous se sont amplement exprimés.

Merci.

Dr Bachar al-Jaafari

Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

 Sources : Vidéos Al-Ikhbariya / Mission syrienne à l’ONU

https://www.facebook.com/Alikhbaria.Sy/videos/470160786815910/

https://www.youtube.com/watch?v=niroDO85jVc

***

Sévère mise-en-garde de la Russie qui est prête à réagir à une nouvelle frappe en Syrie

C’est en tout cas ce que la Russie veut faire savoir et à bon entendeur, salut! En effet la Russie a annoncé de vastes manœuvres navales en Méditerranée, alors « que l’USS Ross, un destroyer américain, est entré en Méditerranée le 25 août dernier, armé de 28 missiles de croisière Tomahawk capables de frapper n’importe quelle cible en Syrie,«  Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

«Nous prévoyons de déployer plus de 25 navires sous le commandement du croiseur lance-missiles Amiral Oustinov. Près de 30 avions participeront à ces exercices, dont des bombardiers stratégiques Tu-160», a fait savoir le ministère de la Défense russe dans un communiqué de presse. Les manœuvres devraient avoir lieu du 1er au 8 septembre.

Alors que l’ONU évoque la présence de quelque «10 000 terroristes» dans la province d’Idlib, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : «Le foyer de terroristes qui s’est formé là-bas n’annonce rien de bon si l’inaction actuelle se prolonge.»

Les manœuvres navales engagées par la Russie, principale alliée de la Syrie, constituent donc selon lui une «hausse des mesures de précaution tout à fait fondée et justifiée.»

Ceci alors que depuis un mois la Russie ne cesse de dénoncer le projet d’une nouvelle fausse attaque chimique en Syrie, prétexte à de nouveaux bombardements occidentaux dont la menace a été brandie par John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale le 22  août. Menace réitérée par Emmanuel Macron récemment. Attaque chimique dont l’armée syrienne serait accusée alors que celle-ci s’apprête à  délivrer la région d’Idlib des supplétifs islamistes non avoués de la coalition américaine. Comme pour les prétendues attaques chimiques de la Ghouta ou d’Alep par Damas, à chaque fois il s’agit pour la coalition occidentale de protéger ses supplétifs terroristes qui combattent sous faux drapeau pour ses intérêts cachés. Il en est ainsi à chaque fois que ceux-ci sont acculés par l’armée syrienne. Une diabolisation médiatique est un bon moyen de faire diversion en pointant du doigt « le régime de Bachar el-Assad » afin de paralyser l’élan libérateur. Un piège qui a déjà souvent fonctionner mais aujourd’hui la Russie sonne la fin de la récréation.

Hier c’était l’envoyé spécial des Nations unies (ONU) en Syrie, Staffan de Mistura, qui faisait part de sa préoccupation du risque d’une catastrophe humanitaire dans la province d’Idlib, alors que l’armée syrienne est en passe de reprendre le contrôle de cette région où les groupes djihadistes seraient au nombre de 10 000 selon une estimation du représentant de l’ONU. L’homme demandait étrangement, hier, à Moscou, Téhéran et Ankara de convaincre Damas de surseoir à son offensive dans la province d’Idlib, redoutant que les deux camps n’aient recours à des armes chimiques. (Source) Étrange façon de lutter contre les terroristes et les armes prohibées que de demander au pouvoir légitime de ne pas finir de libérer son pays de l’occupation ennemie!

Les précédentes frappes américano-anglo-françaises dans la Ghouta orientale contre la Syrie, en avril dernier, avaient pris pour prétexte de semblables prétendues attaques chimiques attribuées sans la moindre preuve à Damas. Il semble d’ailleurs, qu’en réalité il n’y ait pas eu d’attaque chimique tandis que des témoins au contraire, ont dénoncé une mise-en-scène de la part de l’Occident et de ses alliés islamistes sous faux drapeau, pour simuler une telle attaque, ainsi que le dénonce clairement et arguments à l’appui, plus bas, l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov, dans un message qu’il a publié sur Facebook et dans lequel il met en garde Washington.

Sévère mise-en-garde de Mocou

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue ce 30 août, a fait part de la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire. «Nous avons des faits sous les yeux [la mise en chantier de’une fausse attaque chimique ndlr], et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il annoncé. Des navires russes ont d’ailleurs été aperçus ces derniers jours faisant route vers la Syrie, avant même l’annonce des manœuvres.

Cité par Reuters, le Ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que le gouvernement syrien avait parfaitement le droit de combattre les groupes djihadistes. «Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants de terrorisme, avant tout dans la zone de désescalade d’Idlib», a-t-il déclaré. De son côté, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a confirmé que la Syrie était déterminée à «aller jusqu’au bout» dans sa lutte pour libérer la province d’Idlib, dont il estime qu’elle est principalement tenue par les islamistes du Front al-Nosra ou Front Fatah al Cham (branche syrienne d’Al-Qaïda). Sergeï Lavrov a encore exhorté les Occidentaux, qui font mine de considérer les djihadistes comme de simple rebelles à Bachar-el-Assad, à ne pas utiliser les djihadistes comme des «pions» sur l’échiquier géopolitique.

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Dans un message Facebook publié le 30 août, «en réponse aux questions des médias», l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov a confirmé avoir rencontré des représentants spéciaux des États-Unis pour la Syrie, le 27 août:

Vendredi dernier, nous avons envoyé une lettre au Département d’État des États-Unis pour demander l’arrangement [d’une] réunion dès que possible. Nous sommes reconnaissants à David Satterfield et à ses collègues pour leur brève réaction à notre demande. (…).

L’essentiel est que nous ayons exprimé nos inquiétudes concernant les signaux américains de préparer de nouveaux bombardements sur la Syrie sous prétexte de l’utilisation possible d’armes chimiques par les Syriens. Nous avons souligné qu’une telle perspective nous préoccupe beaucoup. Nous avons appelé Washington pour fournir des informations non retardées sur les raisons pour lesquelles le sujet de l’utilisation d’armes chimiques par Damas est alimenté.

Nous avons noté qu’une telle rhétorique du côté américain pourrait servir de signal à différents groupes terroristes et organisations pseudo-humanitaires comme les «casques blancs» pour préparer une autre provocation. Nous avons fourni des détails sur les préparatifs du groupe militant «Front Fatah al cham» (ancien «Front al-Nosra») pour commettre une autre provocation avec l’utilisation d’agents toxiques contre la population civile dans le gouvernorat d’Idlib afin de blâmer les forces gouvernementales pour ce crime.

Nous avons informé nos collègues de la livraison de 8 conteneurs de chlore à la ville de Jisr al-choughour, qui ont ensuite été transférés par les activistes de Hizb al Islami al Turkistani au village de Hallouz où un groupe de combattants spécialement entraînés a déjà été déployés (ont été formés sous la direction de la compagnie militaire privée britannique « Olive Group »). Leur tâche consiste à simuler le sauvetage de victimes d’attaques chimiques. À cette fin, il est même prévu d’exploiter des enfants pris en otage.

Nous avons exprimé directement nos préoccupations. Cette provocation préparée avec la participation active des forces de renseignement britanniques peut servir de prétexte à la «troïka» occidentale (Washington-Londres-Paris) pour lancer une nouvelle frappe aérienne contre les infrastructures militaires et civiles syriennes.

Nous avons averti les États-Unis de ne pas s’engager dans une autre agression sans fondement et illégale contre la Syrie. Une nouvelle aggravation de la situation en Syrie ne serait dans l’intérêt national de personne et seul les terroristes en bénéficieraient. Nous nous attendons à ce que nos préoccupations soient entendues. Nous espérons que les États-Unis déploieront tous les efforts possibles pour empêcher l’utilisation d’agents toxiques par les terroristes et agiront de manière responsable, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. (Source: message facebook de M. Antonov.)

L’annonce d’importantes manœuvres en Méditerranées de la part de la marine russe aujourd’hui, alors que le destroyer de guerre américain est déjà présent en Méditerranée, semble bien manifester la détermination de la part du Kremlin de donner du poids à ses avertissements pour la cas où ceux-ci n’auraient pas été bien pris au sérieux.

L’arme « invincible » de la Russie

En effet le Pentagone n’ignore pas que la Russie a les moyens de paralyser les systèmes électroniques de n’importe quel bâtiment et autres aéroplanes, depuis ses déboires en Méditerranée ou en Mer Noire. La Russie ayant pris une avance déterminante dans ce domaine technologique. Mais plus performant encore, Vladimir Poutine a annoncé officiellement en mars dernier une série d’armes nucléaires offensives «dont aucune autre armée que la nôtre ne possède l’équivalent», ajoutant: «Nous avons entamé le développement de nouveaux types d’armes balistiques qui n’empruntent pas les trajectoires balistiques durant leur vol vers leur cible, ce qui rend inutiles et tout à fait insensés les systèmes antimissiles». Annonce que le Pentagone a pris très au sérieux, selon de nombreux articles de la presse américaine. Par cette nouvelle technologie d’armement la Russie s’est dotée des moyens de se faire entendre et respecter des USA et de l’Otan, ainsi que le Président l’avait clairement expliqué: Vous n’avez pas voulu nous écouter ? Maintenant vous allez le faire!  Ceci en riposte au mépris constant des USA qui ne cessent de se rapprocher toujours plus des frontières russes en les menaçant, en dépit de leurs engagements.

Photo: Frégate russe Pytlivy traversant le détroit du Bosphore le 25 août 2018

Voir aussi: 

Émilie Defresne

http://www.medias-presse.info/severe-mise-en-garde-de-la-russie-qui-est-prete-a-reagir-a-une-nouvelle-frappe-en-syrie/97298/

Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

samedi 1er septembre 2018
Gilles Paris, Le Monde

Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Les Etats-Unis envisagent par ailleurs d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés.

La menace s’est concrétisée vendredi 31 août pour l’Autorité palestinienne. Après des mois de tensions, Washington a annoncé par la voix du département d’Etat qu’il allait réduire à néant sa participation au fonctionnement de l’agence des Nations unies (ONU) chargée spécifiquement des réfugiés palestiniens (UNRWA).

Cette suppression s’ajoute à celle de 200 millions de dollars (172 millions d’euros) d’aide bilatérale décidée le 25 août. L’aide globale des Etats-Unis aux Palestiniens s’élevait en 2017 à plus de 350 millions de dollars. Une somme liée au rôle longtemps prépondérant des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien.

Un peu plus tôt, Berlin avait annoncé une augmentation « substantielle » de sa contribution à l’UNRWA et appelait ses partenaires européens à faire de même. L’agence aide plus de trois millions de Palestiniens, parmi les cinq millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé. Sa capacité de travail est en « jeu », a écrit le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, dans une lettre à ses homologues européens, réunis à Vienne jeudi et vendredi.

Ces ressources, poursuit-il dans la lettre, ne suffiront pas à compenser le retrait américain et, par conséquent, l’Union européenne (UE) doit « faire de nouveaux efforts ». La présence de cette agence est « un facteur clé pour la stabilité, en particulier dans la bande de Gaza ». Sa paralysie pourrait « déclencher une réaction en chaîne incontrôlable », met en garde M. Maas.

« Expansion sans fin et exponentielle »

Début 2018, l’administration de Donald Trump avait déjà coupé de moitié sa participation à l’UNRWA. L’aide avait été réduite à environ 60 millions de dollars.

Le 25 août, le département d’Etat avait ensuite annoncé son intention de réorienter vers « des programmes hautement prioritaires ailleurs » la somme de 200 millions de dollars prévus pour des programmes en Cisjordanie et à Gaza. Cinq jours plus tard, le Washington Post avait assuré sans être démenti que la dernière tranche d’aides à l’UNRWA serait également supprimée prochainement.

S’exprimant devant la Foundation for Defense Democracies, un think-tank pro israélien de Washington, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, avait laissé entendre, le 30 août, que son pays interrompra cette aide jusqu’à ce que l’agence des Nations unies se réforme, citant le contenu des enseignements qu’elle dispense dans ses très nombreux établissements scolaires, jugés agressifs vis-à-vis d’Israël.

Tout en invitant les pays arabes du Golfe à plus s’impliquer financièrement auprès de l’agence, elle avait également ajouté comme condition la définition par l’UNRWA d’un « nombre juste » de réfugiés palestiniens. Vendredi, la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, a indiqué que « l’expansion sans fin et exponentielle de la communauté de bénéficiaires n’est pas viable ».
Modifier les paramètres de la négociation

Cette mention renvoie aux courriers internes à l’administration de Donald Trump publiés le 3 août par le magazine Foreign Policy. Chargé depuis l’arrivée à la Maison Blanche de son beau-père de la préparation d’un plan de paix israélo-palestinien, son gendre et conseiller Jared Kushner y fait état de son intention de liquider « une agence qui perpétue le statu quo, qui est corrompue, inefficace et qui n’aide pas à la paix ».

Selon le Washington Post, les Etats-Unis envisagent d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés, qui s’élève aujourd’hui à cinq millions de personnes. L’administration Trump souhaiterait que ce statut soit limité aux personnes en vie au moment de la création de l’agence, il y aura bientôt soixante-dix ans, soit environ un dixième du total. « Il ne revient pas à l’administration américaine de définir le statut des réfugiés palestiniens », a réagi le représentant de l’Autorité palestinienne à Washington, Husam Zomlot.

Il ne s’agit pas de la première tentative de la part des Etats-Unis de modifier les paramètres de la négociation entre Israël et les Palestiniens en violation des résolutions de l’ONU. En décembre 2017, le locataire de la Maison Blanche avait ainsi reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, alors que les Palestiniens souhaitent établir la leur dans la partie annexée par la force en 1967.
Donald Trump a estimé, le 28 janvier, aux côtés du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, à Davos, en Suisse, que cette décision a retiré la question du partage de Jérusalem, particulièrement délicate, de la table d’éventuelles négociations. « Nous n’avons plus à en parler », a-t-il affirmé.
La mesure « la plus anti-israélienne » de Trump

La réduction a minima du nombre de réfugiés palestiniens s’inscrit dans la même logique qui épouse fidèlement les positions israéliennes. Elle est accompagnée par le feu vert tacite donné par Washington à l’expansion des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, une autre rupture de taille avec les administrations précédentes, démocrates comme républicaines.

Le coup de force américain sur Jérusalem a cependant entraîné une crise sans précédent avec l’Autorité palestinienne. La préparation du plan de paix de Jared Kushner, annoncé de longue date mais qui tarde à se concrétiser, se limite pour l’instant au dialogue du gendre du président des Etats-Unis avec les autorités israéliennes, élargi ponctuellement aux capitales arabes alliées de Washington.

Redoutant une déstabilisation des territoires palestiniens, l’ancien négociateur américain Aaron David Miller a jugé, jeudi sur son compte Twitter, que l’assèchement des fonds de l’UNRWA serait la mesure « la plus anti-israélienne » prise par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche.

Gilles Paris, correspondant à Washington

http://www.france-palestine.org/Washington-ne-financera-plus-l-agence-de-l-ONU-pour-les-refugies-palestiniens

La Russie dénonce la dyarchie à l’Onu et aux États-Unis

La Russie dénonce la dyarchie à l’Onu et aux États-Unis

Rendant possible le développement chez eux de la propagande et l’embrigadement vers la guerre, les pays occidentaux se dotent inexorablement d’une censure sur Internet. Dans ce contexte, une tension extrêmement violente divise profondément la scène internationale. Constatant le risque accru d’une confrontation générale, Moscou tente de dégager des interlocuteurs crédibles à l’Onu et aux États-Unis. Ce qui se passe actuellement n’a pas d’équivalent depuis 1938 et peut dégénérer de la même manière.

| Damas (Syrie)

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Lors d’une conférence de presse, le 20 août à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé les instructions données par le secrétariat général de l’Onu à toutes ses agences leur interdisant de participer de quelque manière que ce soit à la reconstruction de la Syrie.

Il faisait référence à un document intitulé Parameters and Principles of UN Assistance (Paramètres et principes de l’assistance des Nations unies) rédigé, en octobre 2017, par le directeur des Affaires politiques et numéro 2 de l’Onu de l’époque, Jeffrey Feltman.

On peut y lire précisément : « Les Nations unies seront prêtes à aider à la reconstruction de la Syrie uniquement lorsqu’une transition politique globale, authentique et inclusive, négociée par les parties syriennes au conflit, sera fermement engagée » [1].

Ce texte est contraire aux objectifs des Nations unies, mais défendu par son secrétariat général. Jamais les États membres de l’Onu n’ont été associés à sa rédaction, ni même informés de son existence. Il correspond au point de vue des gouvernements du Royaume-Uni et de la France, mais pas à celui des États-Unis.

M. Lavrov a déclaré avoir demandé des éclaircissements au secrétaire général, le socialiste portugais António Guterres.

C’est à ma connaissance la première fois qu’un État membre du Conseil de sécurité met en cause un document politique interne du secrétariat général. Ce problème n’est pourtant pas nouveau. Fin 2015, la Russie avait eu connaissance d’un ensemble de documents internes de l’Onu, connus comme le « Plan Feltman pour la Syrie » [2]. Il s’agissait d’un projet détaillé de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne, plus drastique encore que celui imposé par le général McArthur au Japon [3].

Moscou s’était alors trouvé dans une situation très délicate. S’il rendait publics ces documents, la crédibilité de l’Onu au service de la paix en aurait été détruite et il aurait dû proposer de nouvelles institutions intergouvernementales pour la remplacer. Vladimir Poutine décida prudemment de conserver le secret, de négocier avec Barack Obama et de sauver l’Onu.

Cependant, dans la pratique, rien n’a changé : Feltman a été reconduit dans ses fonctions par Guterres et a produit à nouveau un document pour saboter la paix. Il est aujourd’hui remplacé par sa compatriote US, Rosemary DiCarlo, qui n’a pas infirmé ses instructions.

La Russie ne se contentera pas cette fois d’excuses et de propos dilatoires. Mais Guterres est-il le supérieur effectif de DiCarlo ou existe-t-il une double hiérarchie au sein de l’Onu, l’une publique et favorable à la paix et l’autre, inconnue et poussant à la guerre ?

Au début de la Guerre froide, les États-Unis ont imaginé comment survivre à une attaque atomique soviétique qui aurait tué d’un coup leur président et leurs parlementaires. Le président Eisenhower nomma donc un gouvernement fantôme chargé d’assurer la continuité si une telle catastrophe survenait. Cette entité secrète fut périodiquement renouvelée par ses successeurs et existe encore aujourd’hui.

Depuis dix-huit ans, je défends la thèse selon laquelle les États-Unis ne sont plus gouvernés par leur président et leur Congrès, mais par cette entité de remplacement. M’appuyant sur des documents officiels US, j’ai interprété les attentats du 11-septembre 2001 comme un coup d’État opéré par cette instance non élue. Craignant que je conteste l’idéal démocratique, mes contradicteurs ont rejeté mes travaux en bloc sans vraiment les discuter, ni même les lire.

On pourrait croire qu’après le second mandat de George Bush Jr. et ceux de Barack Obama ce débat est devenu obsolète. Pourtant, durant sa campagne électorale, Donald Trump a dénoncé l’existence de cet « État profond » qui, selon lui, ne servirait plus les intérêts du peuple, mais ceux de la Finance transnationale.

Bien sûr, aucun État étranger n’a pris de position publique sur une question qui relève de la politique intérieure et de la souveraineté US. Sauf que, la semaine dernière, le président Vladimir Poutine s’est engagé dans cette voie. Commentant, le 22 août —c’est-à-dire deux jours après l’intervention publique de son ministre des Affaires étrangères contre l’Onu—, les sanctions de Washington contre son pays, il a déclaré : « Et ce n’est pas seulement la position du président des États-Unis qui compte. C’est la position de l’institution qui prétend être l’État, de la classe dirigeante au sens large du terme. J’espère que la prise de conscience que cette politique n’a pas d’avenir atteindra un jour nos partenaires et que nous commencerons à coopérer de manière normale » [4].

Oui, vous avez bien lu. Le président Poutine affirme qu’il n’y a pas un Pouvoir, mais deux aux États-Unis. Le premier est composé par les élus du Congrès et la présidence, le second est illégitime et parfois plus puissant.

En deux jours, la Fédération de Russie a mis en cause la cohérence des Nations unies et celle des États-Unis.

Malheureusement, ceux qui n’ont toujours pas analysé les événements du 11-septembre, ni tiré les conclusions des guerres qui suivirent, en restent à la vulgate officielle. Ils interpréteront probablement la position russe comme une machination visant à perturber les démocraties occidentales.

Du point de vue de Moscou, il faut terminer au plus tôt la guerre d’agression —par jihadistes interposés— contre la Syrie et lever les sanctions unilatérales des États-Unis, du Canada et de l’Union européenne contre la Russie. Le problème auquel nous devons tous faire face n’est pas la défense de la démocratie, mais le danger de guerre.

Une hiérarchie parallèle, dépourvue de toute légitimité, à New York et à Washington, entend plonger le monde dans un conflit généralisé.

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] “The UN will be ready to assist in the reconstruction of Syria only when a comprehensive, genuine and inclusive political transition, negotiated by the Syrian parties in the conflict is firmly under way”

[2] “Draft Geneva Communique Implementation Framework”, “Confidence Building Measures”, “Essential Principles”, “Representativness and Inclusivity”, “The Preparatory Phase”, “The Transitional Governing Body”, “The Joint Military Council and Ceasefire Bodies”, “The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations”, “The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition”, “Transitional Justice”, “Local Governance”, “Preservation and Reform of State Institutions”, “Explanatory Memorandum”, “Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders”, “Thematic Groups”.

[3] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[4] « И дело не только в позиции Президента Соединённых Штатов, дело в позиции так называемого истеблишмента – правящего класса в широком смысле этого слова. Надеюсь, что осознание того, что эта политика не имеет перспектив, всё-таки когда-нибудь придёт к нашим американским партнёрам, и мы начнём сотрудничать в нормальном режиме ».

http://www.voltairenet.org/article202600.html

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée


Stephen Lendman

Par Stephen Lendman – Le 3 août 2018 – Source son blog

L’UE entretient des relations normales avec Israël sur les plans politique, économique, financier, technologique et culturel.

La critique, lorsqu’elle est formulée, exclut tout ce qui pourrait donner lieu à des démarches concrètes pour obliger l’État juif à rendre compte de ses actes criminels.

Bruxelles n’a jamais rien fait pour s’opposer à ses décennies d’occupation illégale, sa violation des lois, normes et standards internationaux fondamentaux, son blocus suffoquant de Gaza, ses trois guerres d’agression sur la bande de Gaza, quantités d’autres violations des droits de l’homme et des droits civils, sa guerre non déclarée contre la Syrie, son soutien à EI et à d’autres terroristes, ainsi que quantités d’autres crimes trop graves pour qu’on puisse les ignorer.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, soutient les agendas impérialistes américains et israéliens, leur militarisme et leur belligérance, leur mépris pour la paix et la stabilité du monde.

Ses médias ont rapporté les critiques creuses qu’elle a adressées au ministre d’extrême-droite israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan :

« L’UE rejette fermement les accusations selon lesquelles elle est impliquée dans le financement d’activités qui soutiennent le terrorisme ou les terroristes. »

ajoutant :

« Les accusations israéliennes sont ‘sans fondement et inacceptables, vagues et non étayées’. » Mogherini répondait à Erdan qui avait accusé l’UE et ses partenaires de soutenir des groupes qu’Israël qualifie faussement de terroristes, et de boycotter Israël.

Le régime de Netanyahou accusait les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme d’avoir des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine qu’il qualifie mensongèrement d’organisation terroriste comme le Hamas, le Hezbollah et tous les groupes qui résistent au terrorisme d’État israélien.

Par ailleurs, jeudi, les chefs de mission de l’UE à Jérusalem et à Ramallah ont déclaré qu’ils « expriment leur vive inquiétude devant l’inauguration officielle, le 1er août, d’un centre touristique, géré par une organisation de colons, dans le quartier Batn al-Hawa/Silwan de Jérusalem-Est occupée, dans un bâtiment d’où cinq ménages appartenant à la famille palestinienne Abu Nab ont été expulsés en 2015 ».

ajoutant :

« Environ 180 ménages palestiniens à Jérusalem-Est, dont une centaine dans la seule ville de Batn al-Hawa, risquent d’être expulsés de leurs maisons, ce qui favorisera la poursuite de la colonisation de la ville, comme dans le cas présent.

 Les missions de l’UE à Jérusalem et à Ramallah rappellent les conclusions et déclarations successives du Conseil des affaires étrangères dans lesquelles l’UE a réitéré sa forte opposition à la politique de colonisation d’Israël et aux mesures prises dans ce contexte, y compris les expulsions et les démolitions.

Les activités de colonisation à Jérusalem-Est compromettent sérieusement la possibilité que Jérusalem serve de future capitale des deux États, elles sont illégales en vertu du droit international et compromettent la solution à deux États et la perspective d’une paix durable. »

Ni l’UE, ni les États-Unis, ni l’ONU, ni les dirigeants du monde n’ont fait quoi que ce soit pour contraindre Israël à répondre de plus d’un demi-siècle de développement illégal de colonies de peuplement sur des terres palestiniennes volées.

Ils n’ont jamais rien fait de concret pour s’opposer aux crimes d’Israël dont la liste est trop longue et l’horreur trop grande  pour qu’on puisse les ignorer.

La critique purement formelle et non-accompagnée de démarches concrètes pour obtenir qu’Israël rende des comptes est vide de sens, cela revient à donner un feu-vert à l’État hébreu pour faire ce qui lui plaît.

La dernière fois que l’UE a formulé un de ses vaines critiques à l’encontre du régime de Netanyahou, c’est quand il a alloué 4,5 millions de shekels au Centre du patrimoine juif yéménite pour mettre en place un projet illégal d’implantation près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.

Cela fait partie du projet de longue date d’Israël de coloniser toutes les terres de Judée et de Samarie qui ont quelque valeur, de déposséder les habitants autochtones de la Palestine, de voler tout ce qui leur appartient.

Stephen Lendman est né en 1934 à Boston, Massachussets. Après avoir travaillé pendant sept ans comme analyste en recherche marketing, il a rejoint l’entreprise familiale où il est resté jusqu’à sa retraite à la fin de l’année 1999. Il a commencé à écrire sur les grands enjeux mondiaux et nationaux à l’été 2005, et participe à des émissions de radio sur le Progressive Radio Network trois fois par semaine, où sont débattues les grandes questions mondiales et nationales. Lendman est lauréat du Project Censored 2008 et lauréat du prix international de journalisme 2011 du Club des journalistes mexicains.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/les-critiques-formelles-disrael-par-lue-ne-sont-quun-ecran-de-fumee

 

Caché à la vue de tous à Belgrade

Caché à la vue de tous à Belgrade


Par Vladimir Goldstein – Le 3 août 2018 – Source Off Guardian

Les deux églises – Photo Vladimir Goldstein

Juste en face de mon immeuble, caché derrière de hauts bâtiments de bureaux, se trouve la grande église Saint Marc. Et cachée à l’ombre de Saint Marc, il y a une petite église orthodoxe russe. L’église de la Sainte Trinité, connue simplement comme l’église russe, est célèbre pour contenir les restes du baron Piotr Nicolaïevitch Wrangel, le chef des Blancs dans la guerre civile russe. Elle est difficile à trouver, mais heureusement, un ami m’y a emmené.

Comme nous regardions autour de l’église, pas particulièrement intéressés par Wrangel, un couple de Russes m’a demandé de le photographier devant sa tombe. Alors que j’essayais de trouver un bon angle pour la photo, j’ai remarqué une petite plaque sur un mur à proximité. Elle portait la liste des noms des Russes morts en combattant pour les Serbes yougoslaves pendant le conflit avec les Albanais séparatistes du Kosovo puis le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, en 1999.

En quittant l’église, nous avons pris un petit chemin vers le haut du parc. Là, nous avons observé un autre signe brutal de cette guerre : un bâtiment détruit près de la tour de la télévision. Il portait également une plaque. Elle criait : « Zachto » (Pourquoi ?). En dessous, se trouvaient les noms de tous les gens de la télévision tués lors de cette attaque. En tout, jusqu’à 2500 civils auraient été tués par l’OTAN, selon le gouvernement yougoslave de l’époque, même si on ne connaîtra peut-être jamais leur nombre.

D’une part, la question Zachto est à la fois oiseuse et provocatrice. Elle ravive les blessures et signifie un refus d’oublier et de repartir de zéro. D’autre part, il est à l’évidence nécessaire de trouver une réponse à cette question, simplement pour prévenir les destructions futures et les meurtres absurdes.

Nous ne trouverons pas de réponses à cette question dans les récits officiels qui nous racontent que la noble administration Clinton a décidé de mettre fin aux violations flagrantes des droits de l’homme dans la situation extrêmement complexe qui régnait dans la province yougoslave du Kosovo en bombardant les Serbes pour qu’ils respectent les minorités sur leurs propres territoires et sur les territoires voisins. (En fait, le grand exode des Albanais vers l’Albanie proprement dite n’a commencé qu’après que les bombes de l’OTAN ont commencé à tomber.)

Tester les limites

Une image beaucoup plus triste émerge derrière ces histoires officielles. Pourquoi ces gens sont-ils morts ? Pourquoi cette opération de l’OTAN s’est-elle déroulée sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et sans preuve de légitime défense, comme l’exige la Charte de l’ONU ? Était-ce pour satisfaire la soif de pouvoir des dirigeants des États-Unis et de l’OTAN, des interventionnistes libéraux comme Madeleine Albright, Bill Clinton et Susan Rice? Pour apaiser la culpabilité de l’administration pour son échec à répondre au génocide au Rwanda de 1994 ? Était-ce pour installer la plus grande base militaire américaine en Europe depuis la guerre du Vietnam, le Camp Bondsteel, au Kosovo ? Pour que les Américains aient accès aux vastes richesses minières du Kosovo et à d’autres occasions de faire des affaires, y compris pour Mme Albright? Ou était-ce pour tuer une expérience yougoslave, finalement assez réussie, de « troisième voie » entre l’Ouest et l’Union soviétique ?

Il semble que ces gens aient dû mourir pour toutes ces raisons et pour la mise en pratique des doctrines de la « responsabilité de protéger » (R2P) et de la suprématie totale, ou full spectrum dominance, doctrines concoctées par les interventionnistes libéraux et les néocons à Washington. Ceux qui sont morts étaient essentiellement les cobayes d’une expérience du Nouvel Ordre Mondial, dans le but de voir jusqu’où le monde pourrait être poussé à pratiquer la R2P, une politique qui pourrait être utilisée pour masquer des ambitions impériales.

Et ça a marché. La Yougoslavie a été incapable de résister à la puissance de l’OTAN opérant hors du mandat de sa charte obsolète : défendre l’Europe occidentale contre une supposée menace soviétique. En effet, on pourrait soutenir qu’avec la fin de la guerre froide, un autre motif pour attaquer la Yougoslavie était de fournir à l’OTAN une justification de son existence. (Elle irait plus tard encore plus loin en dehors de son théâtre légal d’intervention, en Afghanistan puis en Libye.)

La Russie n’a pas pu faire grand-chose pour aider les Serbes. Ensuite l’ambassade de Chine a également été touchée, un test semble-t-il, bien que le The New York Times ait écrit que c’était une erreur. Les Chinois n’ont rien fait.

C’est ainsi que la R2P a été mise en œuvre — sans protection pour les Serbes yougoslaves. Ils ont dû mourir dans l’expérience visant à explorer les limites de la puissance des États-Unis et les limites de leur résistance.

Vladimir Golstein, ancien professeur associé à l’université de Yale, il dirige le  Department of Slavic Studies at Brown University et est un commentateur sur les affaires russes.

L’article original a été publié par Consortium News

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophone

 

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