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António Guterres et les « fakes news » du Pacte sur les migrations

António Guterres et les « fakes news » du Pacte sur les migrations

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Plus de 150 États ont été enregistrés à la conférence d’adoption du Pacte global pour des migrations sûres, ordonnées et régulières de Marrakech [Note : le document de référence en anglais est intitulé Global Pact, ce que l’Onu traduit par Pacte mondial.].

En introduction, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a tenu à dénoncer les « fausses informations » sur le Pacte. Il a notamment souligné que ce texte n’est pas contraignant et ne limitera donc pas la souveraineté des États.

Or, c’est très exactement le problème : le Pacte ne limitera pas la souveraineté des États qui y ont déjà partiellement renoncé en admettant dans leur système juridique la supériorité des textes internationaux sur les textes nationaux.

L’expression « non-contraignant » signifie que les États signataires n’auront pas à réformer leur législation. Mais il sera possible à des plaignants de faire valoir la supériorité d’un texte international sur le droit national et ainsi de contraindre à l’application du Pacte.

C’est ce qui a conduit 19 États (l’Autriche, l’Australie, la Bulgarie, le Chili, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, les États-Unis, Israël, la Hongrie, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne, la République dominicaine, la Tchéquie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suisse) à ne pas participer à la conférence.

En Suisse, le Conseil fédéral a participé aux négociations avant de se retirer à la dernière minute.

Le cas de la Belgique atteste de l’importance du Pacte qui n’est pas un simple document déclaratif comme le prétend M. Guterres. À Bruxelles, le Premier ministre, Charles Michel, a contourné les dispositions constitutionnelles pour pouvoir le signer : un parti de la Coalition au pouvoir, le NVA, a refusé le Pacte et a démissionné de ses fonctions. Le gouvernement devenu minoritaire aurait dû tomber. Mais le Premier ministre s’est maintenu au pouvoir et n’a informé le roi qu’après coup de son remaniement ministériel. Il s’est rendu à Marrakech signer le Pacte sans demander la confiance de son Parlement.

http://www.voltairenet.org/article204298.html

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Le pacte mondial sur les migrations de l’ONU formellement approuvé à Marrakech

Le pacte mondial sur les migrations de l’ONU formellement approuvé à Marrakech

le 10 décembre 2018

 

Le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies a été formellement approuvé lundi à Marrakech, après proclamation orale et avec le traditionnel coup de marteau, devant quelque 150 pays réunis en conférence intergouvernementale.

Soulignant les « efforts » consentis pour parvenir à ce pacte, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a exhorté à ne « pas succomber à la peur ou aux faux narratifs » sur la migration.

S’exprimant à l’ouverture des débats, il a dénoncé les « nombreux mensonges » à propos d’un texte qui a soulevé les critiques des nationalistes et des partisans de la fermeture des frontières.

Ce texte, destiné à renforcer la coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière », doit encore faire l’objet d’un ultime vote de ratification le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations unies.

La conférence de Marrakech devait être une étape purement formelle dans ce processus mais, le sujet déchaînant les passions, une quinzaine de pays ont fait part de leur retrait ou du gel de leur décision sur le pacte.

Près de 160 des 193 pays représentés à l’ONU étaient annoncés à Marrakech, avec une centaine d’entre eux représentés au niveau des chefs d’Etat, chefs de gouvernements ou ministres.

Lundi matin, il était encore impossible de connaître dans les détails les présents et les absents, en l’absence de toute liste officielle.

Non contraignant, le Pacte recense des principes -défense des droits de l’Homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale- et liste des propositions pour aider les pays à faire face aux migrations –échanges d’information et d’expertises, intégration des migrants… Il interdit les détentions arbitraires, n’autorisant les arrestations qu’en dernier recours.

Les défenseurs des droits de l’Homme le trouvent insuffisant, notamment sur l’accès des migrants à l’aide humanitaire et aux services de base ou sur les droits des travailleurs migrants. Ses détracteurs le voient comme un encouragement à un flux migratoire incontrôlé.

LNT avec AFP

https://lnt.ma/pacte-mondial-migrations-de-lonu-formellement-approuve-a-marrakech/

L’Américaine Nikki Haley n’arrive pas à faire condamner le Hamas à l’ONU

L’Américaine Nikki Haley n’arrive pas à faire condamner le Hamas à l’ONU

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley lors d’une réunion du Conseil de sécurité le 26 novembre 2018 / © AFP/Archives / Don EMMERT

Les Etats-Unis ne sont pas parvenus jeudi à faire condamner le mouvement islamiste palestinien Hamas par l’Assemblée générale de l’ONU, la résolution de l’ambassadrice américaine Nikki Haley ne recueillant pas la majorité nécessaire à son adoption.

Au préalable, le Koweït avait, lors d’un vote de procédure gagné de seulement trois voix, obtenu qu’une règle d’une majorité aux deux tiers soit appliquée au texte américain malgré de vives critiques de Nikki Haley.

Le texte des Etats-Unis n’a recueilli que 87 voix, dont celles de l’Union européenne. Cinquante-sept pays ont voté contre et 33 se sont abstenus.

« Une simple majorité est requise », avait plaidé en vain Nikki Haley avant le scrutin, tenu avec une heure de retard en raison « de négociations de dernière minute », selon la présidence de l’Assemblée générale.

Cette enceinte, dont les résolutions n’ont pas de valeur contraignante, « n’a jamais rien dit sur le Hamas », avait ajouté la diplomate américaine, en dénonçant une « politique de deux poids deux mesures » aux dépens d’Israël.

« La décision (d’un vote de procédure) vise à entraver » l’adoption de la résolution américaine, « et mon frère du Koweït le sait très bien », avait ajouté l’ambassadrice américaine.

La règle des deux tiers a été approuvée par 75 voix, 72 pays s’exprimant contre –dont l’Union européenne– et 26 Etats se sont abstenus.

– « Affaire très personnelle » –

La présentation de sa résolution, soutenue par l’UE après un léger ajout de langage vague visant à soutenir une solution de paix au Proche-Orient sur la base des « résolutions pertinentes » déjà adoptées à l’ONU, constituait l’un des derniers faits d’armes de Nikki Haley, qui a récemment annoncé quitter ses fonctions en fin d’année.

Le chef du Hamas Ismaïl Haniya à Gaza le 21 août 2018n / © AFP/Archives / Anas BABA

Selon des diplomates, Nikki Haley, soutien inconditionnel d’Israël, avait fait de cette condamnation du Hamas « une affaire très personnelle ».

Son projet de texte condamnait « le Hamas pour des tirs répétés de roquettes en Israël et pour incitation à la violence, mettant la vie de civils en danger ». Il exigeait « que le Hamas et d’autres entités militantes incluant le Jihad islamique palestinien cessent toutes les provocations et activités violentes dont le recours à des engins aériens incendiaires ».

Sous la pression des Européens, les Palestiniens et les pays arabes avaient renoncé à amender le texte américain pour y introduire des rappels précis des résolutions liées à la demande d’une fin de l’occupation israélienne, au statut de Jérusalem-Est et à la solution de deux Etats dans les frontières reconnues en 1967, largement soutenue dans le monde.

Ils ont transformé leur amendement en projet de résolution qui devait être mis au vote dans l’après-midi à l’Assemblée générale de l’ONU.

L’objectif de l’Union européenne « était d’éviter une confrontation dont tout le monde serait sorti perdant », a expliqué un diplomate sous couvert d’anonymat. Il s’agissait aussi de préserver « l’unité de l’Union européenne », a-t-il ajouté.

« Personne ne comptait avancer » sur le processus de paix avec les textes en débat jeudi, a précisé cette source.

Le chef du Hamas Ismaïl Haniya s’était plaint dès le 28 novembre de la démarche américaine dans une lettre rare à la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU. La missive, remise au représentant de l’ONU à Gaza, n’est cependant jamais arrivée à destination. Elle a été transmise au seul pouvoir légitime reconnu par l’ONU, à savoir l’Autorité palestinienne, qui l’a toujours en mains, selon une source onusienne.

(©AFP / (06 décembre 2018 23h20)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Am-ricaine-Nikki-Haley-n-arrive-pas-faire-condamner-le-Hamas-l-ONU/977635.rom

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

 

22 novembre, 2018
Tribune libre

Michel Raimbaud

Présentée comme imminente tout au long de l’été, la bataille d’Idlib, qui devait marquer pour l’armée syrienne la phase finale du combat contre le terrorisme, n’aura pas eu lieu. Refuge pour des milliers de rescapés du djihad et espace livré aux manigances d’Erdogan, cette cité proche d’Alep et de la Turquie aura fait couler des flots d’encre ou de salive, mais le bain de sang annoncé n’aura pas eu lieu, un accord surprise entre la Russie et l’Ottoman renvoyant à leurs études les devins et experts en orientologie et – insinueront les mauvaises langues – la reconquête militaire aux calendes turques…

 

 

Oublions donc Idlib pour le moment et allons droit au fait ou au nouveau méfait, qui a nom Deir Ezzor. Comme on le sait, à moins qu’on ne l’ait déjà oublié, cette cité a été libérée en novembre 2017 de « l’Etat Islamique » qui l’occupait par l’armée syrienne, mais elle se trouve toujours confrontée à diverses menaces, liées notamment à sa situation géostratégique. Sise sur les rives de l’Euphrate, proche des puits de pétrole et jouxtant de riches terres agricoles, elle est l’objet de bien des convoitises, raison pour laquelle Da’esh y avait élu domicile. C’est aussi pourquoi elle est la cible des Kurdes, qui ont tendance à voir partout des Kurdistans, l’objet de la sollicitude des Turcs qui ont la nostalgie ottomane à fleur de peau et des occidentaux qui y voient une terre à démocratiser à la mode Debeliou.

Les « forces démocratiques de Syrie », qui se présentent comme « arabo-kurdes » brandissent une « priorité » qui serait de lutter contre le terrorisme, celui des Turcs notamment, mais Washington instrumentalise les uns et les autres, l’objectif commun étant d’empêcher le retour de l’Etat syrien.

Quant à la « coalition internationale », racolée pour soi-disant combattre Da’esh, c’est de facto une armée supplétive supplémentaire des Etats-Unis et de ses alliés, qui roule et détruit pour le compte de l’Amérique. Il faut le répéter encore, la dite Amérique sous toutes ses défroques (forces spéciales, conseillers, OTAN, « coalition », armées diverses et mercenaires), est présente en Syrie en totale illégalité, sans autorisation et contre le gré du gouvernement légal de Damas. Il en va de même pour ses alliés, n’en déplaise à tous les va-t-en guerre occidentalistes. Le reste n’est que faribole, menterie et coquecigrue.

Or, toujours en quête de projets créateurs, comme le chaos du même nom, la « coalition » qui sévit en Syrie, en désarroi devant les évolutions de la situation dans la région, s’est lancée dans une nouvelle offensive, violant encore un peu plus le droit international, le droit humanitaire et les hypocrites « lois de la guerre »…

La « coalition » vient de sévir encore, procédant à trois ou quatre reprises à des bombardements meurtriers sur des cibles civiles dans la zone de Deir Ezzor. On a compté en une semaine plus de 100 morts, surtout femmes et enfants. Les armes utilisées – des bombes à fragmentation, ou au phosphore blanc, particulièrement cruelles et laissant des traces dans l’environnement, sont banales pour nos zorros du Far West planétaire. Pourquoi pas en douce des bombes à uranium appauvri pour apprendre à vivre aux damnés de la terre ? Les médias occidentaux passent ces exploits collatéraux sous silence ou les mentionnent sans émotion apparente. Guidée par des motifs si nobles, la « coalition » ne peut pas commettre de crimes de guerre, par définition… La ville de Raqqa avait ainsi été rasée et ses habitants massacrés, après que les chefs terroristes en aient été soigneusement exfiltrés : on n’a jamais publié de bilan. Comme disait Mme Albright, collègue adorée de nos ministres et grandmère de tous les enfants estropiés des guerres de l’Axe du Bien, « c’est le prix à payer pour la démocratisation » (sic).

Vous avez dit « droit humanitaire » ? Vous avez dit « environnement » ? Vous avez dit « droit international », « légalité onusienne » ? Où irait-on si les pays qui s’arrogent « le droit de dire le droit » devaient aussi le mettre en pratique, voire donner l’exemple ? Ils ne peuvent tout faire, déjà qu’ils sont dépositaires du lourd « fardeau de l’homme blanc » relooké en « responsabilité de protéger ». D’où le partage des tâches, aux uns de définir le droit et aux autres le devoir de le respecter et le danger d’être châtié, même à titre préventif : tout le monde ne peut être médecin, il faut bien des patients ! Et Dieu sait que la pauvre humanité est patiente.

Pour l’Establishment dominateur et sûr de lui, tout ceci va de soi : « nos grandes démocraties occidentales », fleurons de l’Humanité, ne se définissent-elles pas d’abord comme des nations civilisées régies par l’Etat de droit ? Cet Etat de droit dont nos « élites » se gargarisent jusqu’à plus soif, c’est celui où tout un chacun peut, parait-il, défendre son bon droit et demander justice pour les dommages dont il estime avoir été victime, sans garantie de résultat d’ailleurs ; mais ce n’est pas un droit à compétence universelle, car il ne concerne que les « civilisés », pas les « hors-la-loi » : en effet, l’Etat de droit est aussi, et peut-être surtout, un Etat qui peut faire la guerre sale chez les autres sans jamais demander leur avis à ses propres citoyens ou à leurs représentants, constitution ou pas…Il y a la théorie et la pratique…

Le fameux village global à laquelle nos élites se réfèrent naturellement et sans rire, cette tarte à la crème dont les « élites » nous barbouillent, est à l’image de nos grandes villes « mondialisées ». Il y a le centre riche et « civilisé », plutôt à l’ouest, « l’humanité d’en haut » qui compte et décide, auto-intronisée « communauté internationale ». Malheureusement, rien n’étant parfait en ce bas-monde, il y a également, au Sud et à l’Est, toutes ces banlieues de non-droit, là où s’agite « l’humanité d’en bas » ou de l’entresol : c’est le repère des contestataires et résistants, qui refusent de « rejoindre la communauté internationale » occidentale, osant s’opposer à ses valeurs diverses et ses oukazes. Que ces malotrus soient « renaissants » ou « émergents » ne change rien à l’affaire, ils doivent être sanctionnés, menacés et encerclés : ne sont-ils pas « préoccupants », au même titre que les Etats faillis, voyous, parias, avec lesquels ils font alliance et qu’ils protègent ?

Dans un article publié le 4 octobre 2015, intitulé « Etats voyous et grandes voyoucraties », l’auteur de ces lignes rappelait la « théorie du fou », fruit du cerveau de Richard (Dick) Nixon, il y a de cela un demi-siècle : il est souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires », pensait alors le « Tricky Dicky », c’est à-dire « Dick le tricheur ». Posant les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide », une étude réalisée en 1995 pour le Strategic Command allait reprendre cette idée-force : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler » ? Pourtant l’oncle Donald était alors bien éloigné de la Maison Blanche. Mais vingt-cinq ans plus tard, la théorie du fou est plus que jamais d’actualité, et Trump est aux commandes.

Cette prose délirante explique en tout cas le pourquoi de ce « monde à l’envers » conçu par l’Occident, dans lequel chaque mot, chaque phrase, chaque concept signifie son contraire, le droit se traduisant ainsi par le non-droit, la légalité par l’illégalité, le désir de justice par son déni systématique, la volonté de paix par la folie guerrière, et la vérité par le mensonge. C’est assez pour expliquer comment les « grandes démocraties » autoproclamées en viennent à se transformer en « voyoucraties », respectant en feignant de l’ignorer les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « Rogue State » des anglo-saxons :

 

– Violer régulièrement la légalité internationale,

– Détenir des armes de destruction massive,

– Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.

 

Sur ces bases, le GPS ne conduit pas à Damas, à Téhéran ou à Moscou, mais bel et bien vers ceux qui l’ont conçu. En juin 2000, Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estimait déjà (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Dix ans plus tard, au début des funestes « printemps arabes », Noam Chomski constatera que son pays « se place au-dessus du droit international ». Deux consciences américaines parmi tant d’autres.

Il reste cependant que, dans le dictionnaire amoureux de l’Amérique, on récolte plus de fioretti que dans toutes les homélies du Pape François. George W. Bush, spécialiste bien connu en questions historiques (Pourquoi nous haïssent-ils autant alors que nous sommes si bons ?) avait déjà le chic pour nous interpeller quelque part. Le locataire actuel du bureau ovale, l’oncle Donald, est lui aussi un lanceur d’alertes qui sait nous faire savoir, avec le robuste bon sens des saloons et des ranchs, le fruit de ses cogitations : « Le monde est un endroit très dangereux », nous assène-t-il en novembre 2018. On ne peut contredire le Président des Etats-Unis, par définition orfèvre en matière de dangerosité.

Pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, l’Empire du Bien peut inscrire à son bilan 20 à 30 millions de tués, qu’il s’agisse des guerres directes (Corée, Vietnam, Irak) ou par procuration (en Afghanistan, Angola, Congo, Soudan, Guatemala, Syrie) conduites par des forces et milices alliées, souvent entraînées et commandées par les USA. Il pourrait même sans mentir faire état de centaines de millions de blessés dans ces multiples conflits et d’autres centaines résultant indirectement des hostilités (famines, épidémies, migrations, esclavage, destruction de l’environnement, des infrastructures, ponction sur les dépenses vitales du fait des dépenses militaires), ou fruit des sanctions, blocus ou embargos que l’Amérique et ses fidèles infligent à plus de la moitié des Etats-membres de l’ONU…. Tel est le bilan des actions entreprises depuis 1945 par la « puissance indispensable » afin d’instaurer « un ordre international libre et ouvert » et pour « préserver les peuples de l’agression et de la tyrannie » (2018 National Defense Strategy of the USA). La « communauté internationale » à la sauce occidentale est bien une confrérie de « tontons flingueurs », faciles à reconnaître, puisqu’on les retrouve dans tous les grands raouts pour la paix, où l’on se pavane bras dessus, bras dessous sur des Champs-Elysées ou sous des arcs de triomphe, sous l’œil attendri des caméras fixant pour la postérité ces réunions de famille.

Ils semblent si heureux de se retrouver ensemble et paraissent si sincères qu’il faut s’y reprendre à deux fois pour constater ou concéder que le réseau participant inclut quelques criminels de guerre notoires et beaucoup d’obsédés du bombardement humanitaire. Certes, mais alors comment expliquer que l’on retrouve les mêmes dans les grands-messes où l’on brandit l’environnement comme un trophée et/ou comme le symbole d’un ardent désir de paix ? A quoi rime de prêcher la transition écologique, les clairs ruisseaux et les nuages moutonnés dans les pays bien nés, lorsque dans la foule des Etats frappés par les « guerres justes » de l’Empire, l’atmosphère est rendue mortifère par les bombes, les armes de destruction massive, les ravages, les miasmes des épidémies, lorsque l’eau et la terre sont volontairement empoisonnées par des plans pervers (cf. le plan US Iraq Water Treatment Vulnerabilities) ? On pourrait penser à leur bonne mine que les tontons flingueurs sont aussi des tontons blagueurs. Et il est vrai que l’on doit souvent se pincer pour s’assurer que l’on ne rêve pas. La blague mondialisée a ceci de remarquable qu’elle est involontaire pour ses promoteurs et concepteurs, qui se prennent très au sérieux. Deux ou trois exemples suffiront ici pour illustrer le propos.

Vous êtes l’ambassadeur syrien aux Nations-Unies, et voilà que surgit le représentant saoudien venu pérorer sur les libertés en Syrie et les conditions d’un avenir démocratique pour ce pays que les wahhabites ont voulu détruire. Le discours est surprenant et pourra passer pour une blague, comme le dit en grand seigneur Bachar al Jaafari, grand diplomate. Mais ce n’est qu’un épisode de la blague qui a permis à la « communauté internationale » de confier à l’Arabie Saoudite la présidence du Conseil des Nations-Unies pour les droits de l’homme et de la femme, et à l’Occident de s’en servir comme porte-parole en la matière, Ben Salman oblige. Après tout, qui avait bronché lorsque les « Casques Blancs de Syrie », créature des services anglais et faux nez humanitaire d’Al Qaida, avaient été pressentis pour le Nobel de la Paix, recevant aux Etats-Unis le prix des droits humains ?

Au point de déliquescence où en est arrivé le système onusien, balloté par la « fin de l’Histoire » puis par la mondialisation, la vie internationale est désormais surréaliste pour qui veut encore se référer aux us, coutumes et langages de la diplomatie, aux principes de la charte des Nations-Unies et aux simples préceptes de la morale naturelle et/ou de la vie en société. Et le top du surréalisme, c’est quand trois membres permanents du Conseil de Sécurité expliquent dans un grand courroux que c’est leur droit et même leur devoir de violer systématiquement les principes et les règles de la Charte dont ils sont censés être les gardiens et les garants, accusant leurs adversaires de menacer la paix et l’ordre mondial. On l’aura compris, il faut que la société internationale soit tombée bien bas pour que des pères fondateurs de l’ONU aient pour successeurs et héritiers de vulgaires flingueurs. La diplomatie traditionnelle avait ses tares et ses travers, mais elle prenait à cœur son métier, qui est de mettre de l’huile dans les rouages et non de jeter de l’huile sur le feu. Elle pouvait avoir de l’esprit, mais n’était pas une pantalonnade. Elle doit cesser de l’être. A l’heure où le monde flirte avec la guerre, il faut remettre de l’éthique dans la vie internationale. Le conflit n’est plus entre un monde « libre » et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit et ceux de l’hégémonie. A chacun de choisir son parti, avant les douze coups de minuit, avant que la blague généralisée ne joue de mauvais tours. Notre humanité perd patience.

 

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/389-tontons_flingueurs_tontons_blagueurs

Siège permanent de la France à l’ONU : la tentative de l’Allemagne de remettre en cause l’équilibre international Karine Bechet-Golovko

Russie politics

Siège permanent de la France à l’ONU :
la tentative de l’Allemagne de remettre en cause
l’équilibre international

Karine Bechet-Golovko

Jeudi 29 novembre 2018

Avec la grandeur d’âme de ceux qui proposent d’offrir ce dont ils ne disposent pas, l’Allemagne insiste pour que la France cède son poste permanent au Conseil de sécurité de l’ONU … à l’UE. Cette démarche n’est pas anodine et constitue la suite directe du cours politique mené à tambours battants par Macron conduisant à la réécriture de l’histoire puisqu’il n’y a pas d’agresseurs, à la négation de la puissance internationale de la France puisqu’il n’existe de pouvoir légitime qu’européen et finalement à la reconfiguration des équilibres internationaux au détriment des Etats européens, sous le feu nourri des globalistes. Si Macron accepte, ce sera son premier véritable acte ouvert de trahison nationale, lui ôtant toute possibilité de recourir au traditionnel « en même temps« . Il restera alors dans l’histoire non seulement comme ce Président qui a désavoué son peuple, mais qui a trahi son pays. Une chance reste, un suicide de cette ampleur exige une carrure peu commune.

Le vice-chancelier allemand, Olaf Scholz, vient de proposer à la France de céder son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, incitant ainsi Macron à avoir un comportement logique avec ses déclarations:

« Si nous prenons l’Union européenne au sérieux, l’UE devrait également parler d’une seule voix au sein du Conseil de sécurité des Nations unies […] À moyen terme, le siège de la France pourrait être transformé en siège de l’UE »Aussi choquant que cela puisse paraître, ce n’est pas la première tentative de l’Allemagne. L’arrivée de Macron à la présidence a relancé les appétits allemands, sentant que le terrain est prêt pour mettre fin au couple franco-allemand et inscrire le primat allemand dans l’UE, utiliser cette coquille vide structurelle de l’UE pour la remplir de sa propre volonté politique, même si des résistances existent encore, car à côté de Macron et de ses favoris, restent encore des professionnels :

Le projet de mutualisation du siège au conseil de sécurité semble emballer l’Allemagne : en juin dernier, Angela Merkel avait déjà évoqué la possibilité de mettre le veto français à disposition de dix Etats européens « tournant » et travaillant avec la Commission européenne. Le 6 octobre, lors d’une conférence à Harvard, c’était au tour de l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen, d’annoncer carrément des négociations entre lui et l’ambassadeur français François Delattre au sujet d’un siège franco-allemand au conseil de sécurité. Il avait vite été refroidi par Gérard Araud, l’ambassadeur français aux Etats-Unis, qui avait rappelé que la mesure était « politiquement inconcevable« . Olaf Scholz semble d’ailleurs conscient des difficultés de la tâche : il a reconnu qu’il restait « un certain travail de conviction à faire à Paris« .Cette tentative allemande s’inscrit dans la démarche de réécriture de l’histoire récente conduisant à nier le rôle d’agresseur de l’Allemagne nazie. Ce qui avait été illustré à merveille lors de cette dernière cérémonie, autant qu’il soit possible de la dénommer ainsi, de l’armistice du 11 novembre (voir notre texte ici).

Après la guerre, la France, qui avait baissé les armes dès 1940, n’était absolument pas pressentie pour faire partie du Conseil de sécurité de l’ONU regroupant les vainqueurs et les puissances, elle n’a même pas été invitée à participer aux discussions devant conduire à sa fondation et c’est uniquement grâce au combat diplomatique acharné de De Gaulle, qui a réussi à capitaliser politiquement son combat de résistance, que la France a pu obtenir cette distinction.

Le droit international retranscrit dans les textes l’état des rapports de force politique à moment donné, les pérennisant … pour une certaine période. Or, cette situation ne convient pas à l’Allemagne, qui peut ici compter sur le soutien de ces nombreux pays membres de l’UE qui ont soit fait partie de l’Axe Allemagne – Italie – Japon et qui ont signé le Traité tripartite (Hongrie, Roumanie, Slovaquie, Bulgarie), soit ont été co-belligérants (Finlande et Espagne avec la division Azul), soit ont été annexés et ont participé au conflit aux côtés de l’Axe (Autriche, Albanie), soit ont mis en place des gouvernements « nationaux » de collaboration active (France, Croatie, une partie de la Serbie, la Grèce, le Danemark).

Il est vrai qu’il rentre tout à fait dans l’intérêt des pays européens de faire oublier ces heures sombres, où en tant qu’Etat, ils n’ont pas brillé par la résistance. Il faut dire que la collaboration, notamment de la France, avec l’Allemagne nazie avait commencé bien avant 1940 :

En 1938, Hitler brandit la menace d’une guerre en Europe si la région des Sudètes, zone frontalière de Tchécoslovaquie comprenant une majorité d’Allemands, n’était pas cédée à l’Allemagne. Les Premiers ministres français et britannique, le Duce italien et Hitler se réunirent lors d’une conférence à Munich, en Allemagne, les 29 et 30 septembre 1938, pendant laquelle ils acceptèrent l’annexion de la région des Sudètes par l’Allemagne en échange d’une promesse de paix d’Hitler. La Tchécoslovaquie, qui n’avait pas participé aux négociations, accepta sous la forte pression de la Grande-Bretagne et de la France.Mais il faut encore remonter plus loin. En 1933, la France accepte le Pacte à Quatre proposé par Mussolini entre l’Allemagne d’Hitler, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne qui a permis de court-circuiter la Société des Nations (ancêtre de l’ONU) et de légitimer le réarmement. C’est aussi pour cela que Hitler, lors de l’annexion des Sudètes, s’est tourné vers la France et la Grande-Bretagne, les puissances européennes dominantes, pour faire pression sur les autres pays. Et ça a marché.

Mais grâce à la force politique et diplomatique de De Gaulle, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a pu changer de camp et passer dans celui des vainqueurs, malgré Pétain et Vichy. Car si la France est entrée en guerre le 3 septembre 1939, le Gouvernement de Vichy et le régime de collaboration ont été instaurés très rapidement, dès le 10 juillet 1940, après que l’armistice ait été signée le 22 juin. C’est justement cela que l’Allemagne propose d’oublier et de remettre en cause, cette victoire politique de la France de De Gaulle.

Il faut dire que si l’attention est focalisée sur le Pacte germano-soviétique, c’est peut-être aussi pour faire oublier tous les autres Pactes conclu entre les nations européennes et Hitler. Car après le Pacte à Quatre, qui a reconfiguré les relations européennes et légitimé Hitler, d’autres ont suivi : 1934 entre l’Allemagne nazie et la Pologne un accord de non-agression est conclu suivis d’accords commerciaux; 1935 entre l’Allemagne nazie et la Grande-Bretagne un Accord maritime reconnaît à Hitler le droit d’avoir une flotte correspondant à 35% de la puissance de la flotte britannique, égale en matière de sous-marins, mais sans dépasser 45% du tonnage – en cas de violation de ces proportions il suffisait à l’Allemagne nazie d’en informer la Grance-Bretagne (ce qui a mis fin aux limitations du Traité de Versailles); 1938 c’est l’année de la conclusion de l‘Accord de Munich sur les Sudètes dont nous parlions; ensuite, la Grande-Bretagne, le 30 septembre 1938, signe un Accord de non-agression avec l’Allemagne; cette même année 1938, la France conclue également un Pacte de non-agression avec l’Allemagne; en mars 1939, ce sont les pays Baltes et le Danemark qui signent un Pacte de non-agression. Après cela, en août, les Soviétiques, pour gagner du temps face à une guerre inévitable, ont effectivement conclu un accord avec Hitler, avant d’entrer en guerre le 22 juin 1941.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, avec les discussions autour des droits de veto au Conseil de sécurité, notamment la remise en cause du droit de veto de la Russie, et au sujet d’une re-répartition des sièges permanents, rappelle cette époque, lorsqu’en 1933, certains pays se sont considérés comme des puissances au-dessus des lois et ont entraîné le monde dans la guerre.

L’Allemagne, aujourd’hui, veut faire transmettre le siège français à une organisation régionale, l’UE, qui n’est pas un Etat, qui est en crise de légitimité, qui est de plus en plus contestée. Ce qui au minimum ressemble à une fuite en avant. Mais c’est aussi une organisation dans laquelle l’Allemagne est de facto dominante. Si Macron cède sur ce point, il renie définitivement De Gaulle, la puissance de la France, il commet ni plus ni moins qu’un acte de haute trahison, rendu envisageable par ces processus tout en douceur de réécriture de l’histoire, par ce renoncement constant.

Ce qui est déjà grave et monte l’état de faiblesse dans lequel se trouve notre pays est que cette « proposition » non seulement ait été faite, mais qu’elle ait pu être réitérée avec une telle insistance. Et ce silence d’un Président-fantôche, retranché dans ses slogans, entouré de ses favoris, qui se tait. Pour se parer de l’importance … de la transition écologique.

Renoncer au siège permanent de la France à l’ONU, c’est ouvrir la boîte de Pandore. C’est jeter dans les eaux troubles des intérêts politiciens conjoncturels toute la construction des relations internationales qui s’est faite sur le sang et les cendres de millions d’êtres humains.

Or, l’écroulement de tout ordre international entraîne l’impératif d’une guerre pour remettre à jour les compteurs et la liste des acteurs majeurs. Pas une guerre sur internet. Pas des révolutions en couleur téléguidées. Une guerre, avec des armées, des soldats, des mobilisations. Des Etats qui disparaissent, d’autres qui apparaissent. Mais les commerçants, qui sont aujourd’hui au pouvoir, ne veulent pas la guerre. Ils ne savent pas faire la guerre. Mais ils ne peuvent non plus l’empêcher … Pour empêcher un conflit aussi, il faut de la carrure.

 

 

Le sommaire de Karine Bechet-Golovko
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Les dernières mises à jour

Source : Russie Politics
http://russiepolitics.blogspot.fr/…

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.karine_bechet-golovko.291118a.htm

La Slovaquie ne signera pas le Pacte mondial de l’ONU sur les migrations

25 novembre 2018

PRAGUE (Reuters) – La Slovaquie ne soutiendra pas le pacte des Nations Unies sur le traitement des migrants dans le monde, a déclaré le Premier ministre Peter Pellegrini dimanche après le sommet de l’Union européenne.

« La Slovaquie ne soutiendra en aucun cas ce pacte des Nations unies et ne le signera pas », a déclaré M. Pellegrini aux journalistes à Bruxelles après le sommet au cours duquel les dirigeants européens ont approuvé l’accord sur le retrait de la Grande-Bretagne de l’UE.

Le rejet du pacte migratoire par la Slovaquie pourrait entraîner un bouleversement du gouvernement Pellegrini, étant donné que le ministre des Affaires étrangères Miroslav Lajcak a menacé de démissionner si le gouvernement ne respectait pas l’accord.

Lajcak était président de l’Assemblée générale des Nations Unies lorsque le pacte sur les migrations a été adopté.

(…) Reuters

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/11/la-slovaquie-ne-signera-pas-le-pacte-mondial-de-l-onu-sur-les-migrations.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La Bulgarie se retire du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU

A son tour, la Bulgarie souhaite se retirer du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU, a indiqué lundi un représentant du parti conservateur au pouvoir, rejoignant la position de la Hongrie et de l’Autriche, ainsi que des Etats-Unis.

« La position du gouvernement bulgare est de ne pas adhérer au pacte mondial pour la migration de l’ONU », a déclaré Tsvetan Tsvetanov, vice-président du parti GERB dirigé par le Premier ministre conservateur Boïko Borissov.

Imaginé pour imposer aux Etats des directives communes en matière de gestion et d’accueil de l’immigration, le contenu du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU a été négocié durant plus de 18 mois, validé en juillet et sera formellement adopté par l’ensemble des signataires lors d’un sommet à Marrakech les 10 et 11 décembre 2018.

https://www.medias-presse.info/la-bulgarie-se-retire-du-pacte-mondial-pour-les-migrations-de-lonu/100832/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi273

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Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Gaza: une opération israélienne qui tourne mal remet en cause les efforts d’apaisement

Un immeuble détruit après une frappe israélienne à Khan Younès dans la bande de Gaza, le 12 novembre 2018 / © AFP / SAID KHATIB

Une opération des forces spéciales israéliennes à Gaza s’est conclue dimanche par la mort d’un officier et de sept Palestiniens, menaçant les efforts menés depuis des mois pour empêcher une nouvelle guerre dans l’enclave.

La mort d’un lieutenant-colonel israélien et de plusieurs membres des forces armées du Hamas, dont un commandant local, ainsi que le retour prématuré de Paris du Premier ministre Benjamin Netanyahu confèrent une acuité accrue aux évènements de dimanche soir.

Même si l’Etat hébreu et le mouvement islamiste qui gouverne sans partage à Gaza ont, à plusieurs reprises ces derniers mois, paru proches d’un quatrième conflit en dix ans, le calme est revenu au moins provisoirement lundi matin dans et autour du territoire éprouvé coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée.

L’officier, dont l’identité n’a pas été divulguée officiellement, est le deuxième soldat israélien tué depuis la montée des tensions entre Israël et la bande de Gaza fin mars.

Au moins 228 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis cette date, principalement lors de manifestations et de heurts avec l’armée le long de la frontière, mais aussi dans des frappes israéliennes en réponse à des tirs de roquettes.

– Incursion risquée –

Le Premier ministre israélien doit réunir lundi le cabinet de sécurité, forum restreint chargé des questions les plus sensibles, ont rapporté les médias.

Malgré les crispations des derniers mois, les violences de dimanche soir sont survenues de manière inattendue, rappelant la volatilité de la situation même dans une période de relative accalmie. Les circonstances en demeurent obscures bien que l’origine paraisse résider dans une incursion risquée de soldats israéliens en territoire gazaoui.

Les forces spéciales israéliennes menaient une opération de renseignement à l’intérieur de la bande de Gaza, a indiqué l’armée israélienne. Elle a démenti qu’il s’agissait d’assassiner ou de capturer des Palestiniens, comme l’a dit le Hamas. Mais l’unité israélienne semble avoir été repérée.

La branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, ont affirmé que les soldats israéliens avaient tenté de s’infiltrer à bord d’un véhicule civil.

Un lieutenant-colonel israélien a été tué dans l’échange de coups de feu, et un autre officier blessé, a dit l’armée. Il souffre de blessures modérées, a-t-elle précisé.

– Netanyahu rentre de Paris –

Sept Palestiniens ont été tués, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé, sans qu’il apparaisse clairement s’ils ont perdu la vie dans l’affrontement ou dans les frappes israéliennes consécutives à celui-ci.

Parmi eux figurent un responsable local des brigades Ezzedine al-Qassam, identifié comme Nour Baraka, ainsi que cinq autres membres des forces armées du Hamas, ont indiqué des sources de sécurité.

La morgue d’un hôpital où ont été entreposés les corps de cinq des six Palestiniens tués lors d’échanges de tirs à Gaza, qui ont également coûté la vie à un soldat israélien, le 11 novembre 2018 à Khan Younis / © AFP / Said KHATIB

Fait exceptionnel, l’armée israélienne a indiqué que tous ses soldats, vivants et mort, avaient été exfiltrés, tant la capture par les Palestiniens d’un militaire en vie ou tué aurait compliqué la donne, constituant potentiellement un casus belli.

Un porte-parole du Hamas a dénoncé une « attaque israélienne lâche ».

Dix-sept roquettes ont été tirées de la bande de Gaza vers Israël, a indiqué l’armée israélienne. Trois ont été interceptées par le système de défense anti-missiles, a-t-elle ajouté. Aucune victime n’a été rapportée.

Les cours ont été annulés lundi dans les écoles israéliennes autour de la bande de Gaza.

Benjamin Netanyahu a décidé quant à lui d’interrompre sa visite à Paris, où il s’était rendu pour prendre part à la commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

Ces échanges de tirs surviennent alors que les signes d’une possible détente se sont succédé ces dernières semaines dans et autour de Gaza.

Les autorités israéliennes ont ainsi récemment autorisé le Qatar à acheminer 15 millions de dollars afin de payer les salaires des fonctionnaires dans la bande de Gaza.

M. Netanyahu avait justifié cette décision en arguant que cela contribuerait à ramener le calme.

« Je fais ce que je peux, en coordination avec les services de sécurité, pour que le calme revienne dans les localités du sud (d’Israël), mais aussi pour éviter une crise humanitaire », avait-il dit.

« Je ne reculerai pas devant une guerre nécessaire mais je veux l’éviter si elle n’est pas indispensable », avait-il dit.

Au total, ce sont 90 millions de dollars qataris qui doivent être distribués en six mensualités de 15 millions, selon le Hamas, principalement pour payer au moins partiellement les fonctionnaires du mouvement qui ne sont plus rétribués que sporadiquement depuis des mois.

L’opération s’inscrit plus largement dans les efforts déployés, notamment par le voisin égyptien et les Nations unies, en vue d’une trêve durable entre Israël et le Hamas.

(©AFP / (12 novembre 2018 11h32)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-une-op-ration-isra-lienne-qui-tourne-mal-remet-en-cause-les-efforts-d-apaisement/970589.rom

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Des forces progouvernementales yéménites circulant le 10 novembre 2018 à la lisière Est de la ville de Hodeida dans le cadre d’une offensive qui s’intensifie pour reprendre cette ville portuaire aux rebelles Houthis / © AFP / STRINGER

Des combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l’ONU font pression sur l’Arabie saoudite pour que la coalition qu’elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » d’une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d’entrée de plus des trois-quarts des importations et de l’aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l’AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l’offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d’avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l’hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

« Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique », a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire « désastreuse ». Il a réitéré un appel pressant à « l’arrêt des combats ».

– Pompeo et Hunt montent au créneau –

L’offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s’est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d’au moins 593 morts jusqu’ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L’Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l’affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des « bavures » à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Combats à Hodeida / © AFP / Laurence SAUBADU

Lors d’un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à « la fin des hostilités » au Yémen, demandant que « toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit ».

L’administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l’annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu’ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain « incalculable » du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution « politique ».

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une « nouvelle action » au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l’ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations « d’ici la fin de l’année ».

– Inquiétudes pour les civils –

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l’est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l’objectif était de « purger » ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l’avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est « jusqu’à présent ouvert » et opère « normalement », selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n’avaient pas affecté jusqu’ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l’ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

« La situation est vraiment mauvaise », a déclaré à l’AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l’organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, « il y a beaucoup de peur parmi les habitants » et les installations médicales « reçoivent un nombre croissant de civils blessés ».

(©AFP / (12 novembre 2018 11h34)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Y-men-combats-meurtriers-Hodeida-Washington-et-Londres-haussent-le-ton/970592.rom

L’Assemblée générale de l’Onu ne pourra pas débattre du Traité INF

L’Assemblée générale de l’Onu ne pourra pas débattre du Traité INF

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La Première commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, chargée du désarmement et de la sécurité internationale, a rejeté le 25 octobre 2018, un projet de résolution russe sur le Traité INF (Traité sur les Forces nucléaires à moyenne portée).

- 25 États membres de l’Otan ont voté contre l’examen du projet russe, indiquant qu’il avait été déposé après le délai réglementaire, le 18 octobre.
- 31 États ont voté pour l’examen de la résolution, considérant que le projet russe répond à une déclaration US du 20 octobre et que, compte tenu de l’importance du sujet, il pouvait être exceptionnellement inscrit à l’ordre du jour.
- 25 États membres se sont abstenus.

Selon les statuts des Nations unies, la Russie pourra convoquer un débat en urgence sur ce thème au Conseil de sécurité, mais pas avant un an devant l’Assemblée générale.

http://www.voltairenet.org/article203653.html