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Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

Les muscles américains en Syrie pour effrayer la Turquie et l’Iran

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11.05.2018

Les Etats-Unis ont achevé la construction d’une troisième base dans la région de Manbij, où la Turquie voulait envoyer ses troupes pour évincer les milices kurdes. La présence militaire américaine pourrait être un bastion pour attaquer l’Iran.

La majorité de l’ordre de 15 bases militaires américaines, à l’exception d’Eth-Tanf, se trouve sur les territoires contrôlés par la milice kurde dans le nord de la Syrie, à l’est de l’Euphrate. L’expansion de la présence militaire américaine inquiète les participants au format Astana: la Turquie, la Russie et l’Iran, qui sont les garants des quatre «zones de désescalade» en Syrie.

Au début du mois de mai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui a blâmé Washington à plusieurs reprises pour avoir tenté de détruire la Syrie, a déclaré que les Etats-Unis préparaient des militants contre le gouvernement de Bashar Assad.

La même position est tenue par l’Iran, qui considère toute présence militaire sans le consentement de ses alliés comme illégale. Téhéran est également préoccupé par l’alliance américaine avec les Kurdes, dont le nombre en Iran, selon diverses estimations, est de huit millions.

La Turquie est le plus inquiet, le seul pays à avoir mené une opération militaire ouverte contre les YPG, sur les territoires desquels les Etats-Unis ont établi leurs bases. En janvier-mars, les forces armées turques ont chassé les miliciens kurdes d’Afrin (opération Olive Branch) au nord-ouest de la Syrie. Ensuite, ils se préparaient à aller plus loin – à Manbij. Mais, contrairement à Afrin, que la coalition américaine contre l’Etat islamique a annoncé en dehors de sa zone de responsabilité, le Pentagone a fourni aux Kurdes des garanties claires pour Manbij. Non seulement il y a eu des renforts militaires envoyés face à trois cents forces spéciales américaines, mais il y a trois mois, la construction d’une autre base militaire a commencé.

Dans la nouvelle garnison de Manbije, filmée par le photographe de l’agence Reuters, les militaires français sont également stationnés, a précisé Sharfan Darwish, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (SDF), basé sur les YPG kurdes. Les militaires américains et français patrouillent le front entre le SDF et les forces pro-turques après qu’Ankara ait lancé la «branche d’olivier». Darvish a noté:

Après l’attaque turque sur Afrin et l’augmentation des menaces turques contre Manbiju, les forces de la coalition ont construit une base pour surveiller et protéger la frontière (entre les belligérants)

La Turquie considère les YPG comme une organisation terroriste et la continuation du Parti des travailleurs du Kurdistan, avec lequel la Turquie se bat sur son propre territoire. Le programme d’Erdogan est de nettoyer toute la frontière de 800 kilomètres avec la Syrie des partisans kurdes, en recourant à une intervention sur le territoire étranger si nécessaire. L’activation des Etats-Unis dans la région et le manque d’intérêt pour les négociations avec Erdogan éloignent de plus en plus Ankara de Washington.

Le docteur en sciences historiques de l’université d’Istanbul Mehmet Perincek considère que la nouvelle base militaire américaine dans le nord de la Syrie est plus qu’une simple menace pour la Turquie:

La nouvelle base de l’Amérique à Manbij n’est pas seulement contre Assad, l’intégrité territoriale de la Turquie, mais aussi contre la Russie et même la Chine. Après tout, s’il y a un Kurdistan indépendant, il va s’imposer contre toute l’Eurasie. La Turquie, l’Iran et la Russie devraient unir leurs forces non seulement contre la terreur des fondamentalistes, mais aussi contre les séparatistes « 

Lors du dernier sommet d’Ankara, les dirigeants de la Russie, de l’Iran et de la Turquie ont, dans une déclaration commune, évoqué précisément la lutte contre les «agendas séparatistes», faisant allusion aux plans américains d’effondrement de la Syrie.

Le renforcement de la présence militaire des États-Unis en Syrie est également pertinent à la lumière de l’escalade de la confrontation israélo-iranienne près des hauteurs du Golan après la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran. Les points forts dans les territoires kurdes, en plus des bases américaines dans les pays du Golfe Persique, sont de nouvelles têtes de pont du Pentagone pour attaquer l’Iran.

Le renforcement des Américains à Manbij n’est pas rentable à la fois pour Téhéran et pour Ankara. Mais cela signifie-t-il que dans le cas d’Israël et des frappes américaines contre l’Iran, la Turquie soutiendra son voisin?

Réalisant que les plans américains sont sérieux, et que la situation est au final, un résultat déplorable pour l’Iran, la Turquie peut soutenir ces coups, car il y a un an Ankara critiquait l’Iran, disant qu’il essayait de transformer la Syrie et l’Irak en Etats chiites.

Les Etats-Unis ont un puissant levier sur la Turquie sous la forme de sanctions pour l’achat de S-400 russes et en contournant le boycott américain de l’Iran, ce qui pourrait contraindre Ankara à s’abstenir de toute solidarité avec la République islamique d’Iran.

Perincek estime que parmi les principaux objectifs des possiles frappes américaines contre l’Iran est l’intention de détruire le format Astana.

Les États-Unis et Israël ont longtemps voulu gâcher le processus d’Astana, qui les empêche de réaliser leurs plans dans la région. L’attaque contre l’Iran est une continuation des provocations, comme les Khimataks de Salisbury et la Douma syrienne, appelés à diviser l’alliance de la Turquie, de l’Iran et de la Russie.

« En cas de guerre avec l’Iran, la Turquie devrait montrer sa solidarité avec elle, car seule la coopération avec Téhéran Ankara peut combattre le séparatisme et garantir son intégrité territoriale » – a résumé Perincek.

Comme Ankara va réagir, c’est difficile à dire. La Turquie est membre de l’OTAN, dépendante de plusieurs aspects des États-Unis, mais en même temps elle est mécontente de l’alliance de Washington avec les Kurdes et de la dissimulation de Fethullah Gülen en Pennsylvanie. D’autre part, Ankara est dans une alliance situationnelle avec Téhéran en Syrie et a des liens commerciaux étroits avec les Iraniens. L’histoire montre que les alliances sont vérifiées non par des mots, mais par des actions concrètes. L’état tendu actuel des relations turco-américaines et turco-israéliennes suggère que le pays sur les rives du Bosphore n’a plus d’incitation à l’intervention américaine et israélienne contre l’Iran que lors de l’agression américaine contre l’Irak en 2003, quand Ankara a refusé de fournir ses bases à ses alliés de l’OTAN.

http://katehon.com/article/us-muscles-syria-scare-turkey-and-iran

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L’Europe de la défense – Mind the Map

L’Europe de la défense – Mind the Map

Dans le cadre d’un partenariat bilatéral, Les Yeux du Monde publient à intervalles réguliers des cartes réalisées par Mind the Map, un blog fondé par Christophe Chabert, un passionné de cartographie et de géopolitique.

Cliquez pour voir la carte en haute définition.

Face aux menaces terroristes, face aux nouvelles menaces hybrides, face à l’instabilité politique croissante aux frontières européennes, l’idée d’une Europe de la défense revient sur le devant de la scène. L’idée d’une « Europe qui protège » et d’une défense commune renaît et la volonté de mettre en place une défense commune est visible chez les dirigeants européens alors qu’en 2015 personne n’envisageait de soutenir la proposition[1] de Jean-Claude Juncker lorsqu’il disait vouloir une « armée commune ». L’Europe est-elle prête à se construire sur cette nouvelle base ? Où en est-on aujourd’hui ? La carte de Christophe Chabert, « L’Europe de la défense », représente l’état de l’Europe de la défense aujourd’hui, entre renforcement de la coopération militaire et persistance des inégalités parmi les capacités de défense des États[2].

Il subsiste aujourd’hui plusieurs obstacles à la construction d’une Europe de la défense. Les inégalités entre les capacités de défense des États sont visibles aussi bien en termes d’effectifs que d’industrie. Seules huit armées des 28 membres de l’Union européenne ont des forces armées supérieures à 40000 soldats. Les inégalités d’effectifs s’accroissent même davantage entre ces huit États : la France possède 312 000 soldats, le Royaume-Uni 155 000 et la Roumanie n’en possède que  70 000. Les inégalités technologiques renforcent la dépendance des armées du petit continent aux puissances nucléaires (France et Royaume-Uni) et maritimes (France et Italie). Enfin seulement cinq États (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Suède) possèdent un complexe militaro-industriel important. La concurrence entre ces industries de défense limite les possibilités de construction d’une défense commune. Ainsi en 2012, Saab (Gripen), Dassault (Rafale) et de BAE-EADS-Finmeccanica (Eurofighter) se sont concurrencés pour répondre à un appel d’offre émis par la Suisse afin de remplacer ses avions de chasse. L’entretien réalisé avec l’eurodéputé Urmas Paet  met en avant la question de la concurrence des complexes militaro-industriels.

Les prémices d’une coopération s’esquissent malgré ces divergences et la concurrence des complexes militaro-industriels nationaux.  Ainsi les lois de la concurrence se sont immiscées dans le domaine et obligent les pays à lancer des appels d’offre dans toute l’Europe pour se fournir en armement : hors de question de favoriser le marché national. Des sociétés transnationales se constituent par ailleurs : Airbus, société européenne, et MBDA, filiale commune aux entreprises Airbus, Leonardo (Italie) et BAE (Royaume-Uni). Ces exemples montrent le potentiel de la coopération européenne en matière d’industries de défense.

La collaboration entre les forces militaires s’établit selon une logique intergouvernementale et repose sur la bonne volonté des États membres. Plusieurs organes différents sont ainsi créés  EUROMARFOR, EUROGENDFOR, et EUROCORPS, respectivement forces maritime, de gendarmerie et militaire, ne comptent qu’entre 5 et 7 États participants et fonctionnent séparément.

Quel forme pourrait prendre une Europe de la défense dans les mois à venir ?

Le cadre principal de l’action des pays européens en matière de défense reste celui du Traité de l’Atlantique Nord, dont font partie 22 États membres de l’Union européenne et auquel est subordonné tout développement futur.  L’article 42§2 du Traité sur l’Union européenne dispose ainsi que « La politique de l’Union (…) respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre ». Quelle que soit la forme que prendrait une défense commune, elle ne pourrait se soustraire au cadre imposé par l’OTAN. La mise en place de la coopération structurée permanente (PESCO)[3] apparaît comme le premier pas vers une coopération intégrée en tentant de dépasser les divergences et la dimension intergouvernementale de la défense européenne. Prévue par l’article 42§6 du Traité de Lisbonne, cette mesure permet aux États qui le souhaitent de renforcer leur collaboration en matière de défense. A ce jour, 23 États ont notifié leur volonté de participer à cette coopération renforcée, dont la mise en place a eu lieu lors de la session du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne le 11 décembre 2017.

Mise à jour du TOP 15 des entreprises européennes de l’armement (CA 2016 publié par le SIPRI le 11/12/2017)

Rang européen 2016 Entreprise Pays Ventes d’armes 2016 (millions de $ US) Part des ventes d’armes sur les ventes totales
1 BAE Systems Royaume-Uni 22,79 95%
2 Airbus Group Trans-européen 12,52 17%
3 Leonardo Italie 8,50 64%
4 Thalès France 8,17 50%
5 Rolls-Royce Royaume-Uni 4,45 24%
6 DCNS France 3,48 99%
7 MBDA Trans-européen 3,26 98%
8 Rheinmetall Allemagne 3,26 52%
9 Babcock Royaume-Uni 2,95 48%
10 Saab Suède 2,77 83%
11 Safran France 2,60 14%
12 CEA France 2,02 44%
13 ThyssenKrupp Allemagne 1,77 4%
14 Fincantieri Italie 1,60 33%
15 Cobham Royaume-Uni 1,55 59%

Source: SIPRI TOP 100 Arms-producing and military services companies, 2016

 

[1] http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/03/10/m-juncker-relance-l-idee-d-une-armee-europeenne_4590561_3214.html

[2] https://legrandcontinent.eu/2017/11/29/nous-avons-rencontre-urmas-paet/
[3] https://eeas.europa.eu/headquarters/headquarters-homepage_en/34226/Permanent%20Structured%20Cooperation%20(PESCO)%20-%20Factsheet

Paris défend son projet de force d’intervention européenne, soutenu par Londres

Paris défend son projet de force d’intervention européenne, soutenu par Londres

Sofia – La France a défendu samedi à Sofia son projet de force commune d’intervention européenne, avec le soutien du Royaume-Uni, car elle permettra à Londres d’exister en Europe après sa sortie de l’Union européenne.

L’initiative française va voir le jour rapidement, a assuré la ministre française Florence Parly au cours d’un entretien avec l’AFP à l’issue d’une réunion informelle avec ses homologues européens.

« Nous devons nous réunir avec un certain nombre de pays début juin pour la formaliser avec une lettre d’intention », a précisé Mme Parly. « Cela va devenir concret très vite », a-t-elle assuré.

Neuf pays soutiennent Paris: l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et l’Estonie. « C’est l’ordre de grandeur », a confirmé Mme Parly.

Ce projet « contribuera certainement à la réalisation de ce que nous recherchons, à savoir un partenariat approfondi et spécial avec nos collègues européens en matière de défense et de sécurité », a déclaré à l’AFP le ministre britannique de la Défense, Frederick Richard Curzon, à son arrivée à cette réunion, consacrée à la coopération structurée permanente dans les domaines de la sécurité et de la défense (CSP ou PESCO en anglais).

« Cette initiative d’intervention est un mode de coopération entre des Etats qui disposent d’un certain nombre de capacités opérationnelles ou de soutien et qui sont désireux de les utiliser où cela paraîtra nécessaire et utile, et cela quel que soit le cadre juridique d’intervention », a développé Mme Parly.

L’objectif est de « s’appuyer sur des Etats pas nécessairement volontaires pour une intervention militaire offensive, mais prêts à fournir un appui à caractère logistique extrêmement important », a-t-elle précisé.

« Il fallait expliquer concrètement ce que cela recouvre et rassurer un certain nombre de nos partenaires », a-t-elle souligné en précisant avoir eu plusieurs entretiens à cette fin en marge de la réunion.

– Inquiétudes à l’Otan –

L’initiative française suscite en effet des réserve au sein de l’UE et des inquiétudes à l’Otan. Les Américains redoutent que certaines opérations européennes privent l’Alliance de ressources. La secrétaire générale déléguée de l’Otan, l’Américaine Rose Gottemoeller, a participé à la réunion de Sofia.

« Le champs d’intervention ne se réduit pas aux interventions à caractère militaire, comme celle que nous menons aujourd’hui au Mali. Ca peut être plus diversifié. Beaucoup d’états sont potentiellement concernés par la question de l’évacuation de leurs ressortissants en cas de crise et c’est une partie de périmètre qu’on souhaite couvrir », a précisé Florence Parly.

« Il s’agit de conjuguer les spécificités propres à chacun pour en faire une vraie force à partir du moment ou ces spécificités sont conjuguées de façon complémentaire », a-t-elle souligné.

Cela nécessite de construire en amont « une culture stratégique » (…) « C’est la garantie de l’efficacité de la mise en commun de moyens ou de forces pour faire une intervention de manière efficace », a-t-elle insisté.

Le bataillon franco-allemand pourrait être le noyau de cette initiative. « Il va prendre une mission au Mali au début du second semestre », a souligné Mme Parly.

La Force commune d’intervention « ne nécessite pas d’argent communautaire », a-t-elle affirmé. Les fonds alloués à la Défense européenne dans le projet de budget commun pour la période 2021-2027 vont permettre de libérer des financements nationaux, a-t-elle expliqué.

Une enveloppe de 20 milliards d’euros est prévue pour la Défense, dont 13 milliards pour le Fonds destiné à cofinancer des projets de défense.

« Nous avons dans l’idée de soumettre au Fonds Européen pour la Défense le projet de drone militaire auquel la France contribue avec l’Allemagne, l’Espagne l’Italie », a expliqué Mme Parly.

« Le fait que des financements communautaires puissent venir soutenir un projet de ce type, c’est une forme d’aide directe et indirecte, parce que ces efforts là n’auront pas à être fournis sur les budgets nationaux, en forte croissance en France, qui pourront prendre en compte la poursuite d’interventions comme l’opération Barkhane » au Sahel, a expliqué Mme Parly.

(©AFP / 05 mai 2018 12h59)

Pour construire une “Europe de la paix”, la France doit sortir de l’OTAN, par Thomas Guénolé

5.mai.2018 // Les Crises

Pour construire une “Europe de la paix”, la France doit sortir de l’OTAN, par Thomas Guénolé

Source : Huffington Post, Thomas Guénolé, 04/05/2018

Au lieu de contribuer ainsi à jouer avec le feu, les grandes puissances de l’Union européenne pourraient passer de l’Europe de la guerre à l’Europe de la paix.

Pour construire une “Europe de la paix”, la France doit sortir de l’OTAN.

Les grandes puissances membres de l’Union européenne se trouvent à un moment charnière. Que ce soit en Ukraine, en Libye, en Syrie ou en Irak, l’une après l’autre les poudrières s’accumulent et s’embrasent à leur voisinage. Or, depuis plusieurs années leur tendance est au suivisme de la ligne pyromane de Washington: que ce soit en s’impliquant activement dans ces conflits, en participant à une stratégie de la tension envers la Russie, ou encore en relançant la course aux armements sur le continent européen. Ainsi bâtissent-elles une “Europe de la guerre”, qui transforme l’argument massue pro-Union européenne, “L’Europe-c’est-la-paix”, en mensonge.

Sur la question syrienne, leur position est à la fois va-t’en-guerre et incohérente. Ce fut flagrant avec les situations d’Alep et de La Ghouta. En particulier, le second cas servit de motif à des bombardements sur la Syrie. Ces frappes aériennes ont été présentées comme un devoir face aux attaques chimiques de Bachar al-Assad sur les civils, crime de guerre ayant franchi une “ligne rouge”. En réalité cette position ne tient pas. D’abord, il est absurde de décider vial’arbitraire de quelques grandes puissances que les morts civils d’une guerre sont inacceptables si c’est une attaque chimique, mais acceptables si c’est par bombardement “classique” ou à la machette. Ensuite, aller jusqu’aux frappes aériennes pour les crimes de guerre imputés à telle puissance, mais rester silencieux sur ceux de telle autre, c’est un “deux poids deux mesures” qui disqualifie l’argument moral sous-jacent. De fait, cette contradiction est insoutenable: bombarder la Syrie en accusant son gouvernement d’attaques chimiques sur des civils; mais se taire sur la dizaine de milliers de morts et les millions de civils en détresse humanitaire provoqués au Yémen par les bombardements de l’Arabie saoudite.

À cela s’ajoute la “jurisprudence Colin Powell”: il ne peut plus être question que telle grande puissance, le cas échéant une fiole à la main, décrète la culpabilité d’une autre et que sur sa seule bonne parole, il nous faille valider une chose aussi grave que des bombardements – c’est-à-dire un acte de guerre. Avant de bombarder quiconque pour punir des crimes de guerre, il faut attendre l’identification certaine des coupables par une enquête de l’organisme compétent de la communauté internationale, en l’occurrence le secrétariat technique de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). A défaut, l’on aboutit à l’invasion étatsunienne de l’Irak pour neutraliser des armes de destruction massive que Saddam Hussein ne possédait pas: une invasion qui fit plus d’un million de morts selon le rapport conjoint “Body Count : Casualty Figures after 10 years of the ‘War on Terror” de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (prix Nobel de la paix 1985), de Physicians for Social Responsibility, et de Physicians for Global Survival. De surcroît, l’on ne saurait bombarder un pays sans avoir au moins un mandat des Nations-Unies, certes plus difficile à obtenir depuis que Washington, Paris et Londres ont outrepassé le mandat obtenu pour agir en Libye, jusqu’à renverser le gouvernement de Mouammar Kadhafi.

Plus simplement, la position des grandes puissances de l’Union européenne sur la question syrienne pose le problème d’un récit trompeur : “les gentils contre les méchants”. En fait, le conflit oppose aujourd’hui le régime autoritaire de Bachar al-Assad à des groupes armés islamistes, tels qu’Al-Qaida en Syrie ou ce qui reste de l’organisation “Etat islamique”. Quant aux forces qui veulent une Syrie laïque et démocratique, elles sont hélas depuis longtemps réduites à la portion congrue. Comme l’a résumé Robert Baer, ancien spécialiste de la CIA pour ce pays, en 2014: “Il n’y a pas de rebelles modérés en Syrie”. Dépeindre autrement la situation, c’est soit faire de la propagande, soit prendre ses désirs pour la réalité.

A ces acteurs s’ajoutent des puissances, grandes ou régionales, qui s’immiscent dans la guerre pour pousser ou défendre leurs propres intérêts dans la région. La Russie intervient pour soutenir son allié syrien, qui héberge une de ses rares bases à l’étranger. Flanqués de leurs alliés européens, les Etats-Unis interviennent au contraire pour subvertir cet Etat lié à la Russie et pousser ainsi plus loin leurs positions dans la région. L’Iran intervient pour maintenir son allié syrien et contenir l’expansion de ses rivaux régionaux. La Turquie se focalise sur le containment des enclaves kurdes qui émergent lorsque s’affaiblit l’Etat central en Syrie ou en Irak. L’Arabie saoudite cherche à participer au conflit sur le terrain de peur d’être marginalisée face à Ankara et Téhéran. En toile de fond, la rivalité croissante de ces trois puissances pour le leadership régional les encourage à intensifier leurs ingérences: ainsi l’actuelle guerre civile au Yémen est-elle indirectement, derrière les forces gouvernementales et les rebelles houthis, une guerre entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Similairement, il n’est pas interdit de penser que si Washington, Paris et Londres ont procédé aux récentes frappes aériennes, c’était surtout pour revenir dans le jeu géopolitique par un acte symbolique spectaculaire (des bombes sur des installations militaires syriennes vidées après qu’ils ont eux-mêmes prévenu la Russie). Le “processus d’Astana” mené en tripartite par Moscou, Téhéran et Ankara menaçait en effet, humiliation géopolitique suprême, de résoudre le conflit syrien sans les Etats-Unis.

Toujours est-il que l’accumulation des actes de guerre unilatéraux par ces puissances porte le risque croissant de déclencher un conflit régional majeur, à l’instar des guerres balkaniques du début du 20ème siècle. L’implication des plus grandes puissances militaires du monde – Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Arabie saoudite, Turquie… – porte même en germe un conflit bien plus vaste. Cette situation n’est pas sans rappeler celle décrite par l’historien Christopher Clark dans Les Somnambules pour la 1ère Guerre Mondiale: à tort, chacun part du principe que ses intérêts à lui sont légitimes et raisonnables, que ceux des autres ne le sont pas, et que c’est aux autres de faire l’effort de courber l’échine ; ceci, jusqu’à la déflagration globale.

Au lieu de contribuer ainsi à jouer avec le feu, les grandes puissances de l’Union européenne, France en tête, pourraient passer de l’Europe de la guerre à l’Europe de la paix. A très court terme, cela supposerait de garantir une enquête indépendante de l’OIAC sur les attaques chimiques en Syrie, afin que sur cette base les coupables soient châtiés, qui qu’ils soient. Cela supposerait aussi d’organiser, conformément à la position des Nations-Unies, une grande conférence internationale de négociations sur l’avenir de la Syrie, avec toutes les puissances impliquées, qu’elles soient grandes ou régionales. Compte tenu du rapport de force, un objectif raisonnable serait d’obtenir alors en Syrie : la protection de toutes les minorités ; le progrès des libertés fondamentales pour la population dans son ensemble ; l’arrêt total des fournitures d’appui et d’armes aux belligérants, en particulier aux groupes armés islamistes ; et l’élimination concertée de ces derniers. Inévitablement, cela supposerait plus largement qu’une conférence similaire traite globalement la poudrière du Moyen-Orient, avec autour de la table aussi bien l’Iran, l’Arabie saoudite et la Turquie que la Russie, les Etats-Unis et les plus grandes puissances d’Europe.

À dire vrai, l’Europe de la guerre prévaut également sur la question ukrainienne. Là aussi, sa position est trompeuse. Il y aurait d’un côté les milices pro-russes fascisantes, adeptes des violences contre les civils ukrainophones, tournées vers la Russie ; et de l’autre les militants de la liberté et de la démocratie, tournés vers l’Europe et les Etats-Unis. Plus largement, lors de la “Révolution Euromaïdan” de 2013, qui a vu des manifestations à Kiev renverser le président pro-russe Viktor Ianoukovitch, il y aurait eu d’un côté un gouvernement corrompu, népotique et pro-Kremlin; et de l’autre des forces politiques démocratiques, intègres et pro-Union européenne. Logiquement, ces mêmes puissances européennes soutiendraient donc le gouvernement ukrainien au nom de la démocratie et des droits de l’Homme.

Là encore, cette position ne tient pas. D’abord, si le président pro-russe renversé en 2013 était effectivement à la tête d’une oligarchie corrompue et népotique, multipliant les actifs bancaires de son fils par dix de 2010 à 2012, les figures de proue du camp opposé ne sont pas en reste. Par exemple, Ioulia Tymochenko, célèbre égérie pro-Union européenne, fait partie elle aussi des oligarques ukrainiens richissimes qui ont participé dans les années 1990, comme dans la Russie des années Eltsine, à de vastes privatisations mêlant clientélisme, affairisme, népotisme et pratiques mafieuses politico-financières. En d’autres termes, en Ukraine le choix n’est pas entre des oligarques corrompus pro-Kremlin et des combattants de la démocratie et de la liberté : il est entre des oligarques corrompus pro-Kremlin et des oligarques corrompus pro-Washington. Plus grave: parmi les forces politiques qui ont renversé le gouvernement pro-russe de 2013 pour installer à sa place un pouvoir pro-OTAN, l’on trouve des néonazis assumés. Par exemple, l’actuel président du parlement ukrainien, Andry Parouby, est le fondateur du Parti social-nationaliste d’Ukraine, c’est-à-dire du parti néonazi ukrainien créé en 1991. De plus, les violences commises par des milices nationalistes sur des civils sont attestées dans les deux camps: à l’est, par des milices pro-Kremlin sur des civils ukrainophones; à l’ouest, par des milices pro-OTAN sur des civils russophones.

Bref, en réalité il y a là une confrontation très dure d’intérêts géopolitiques incompatibles entre une grande alliance, l’OTAN, et une grande puissance, la Russie, dans ce pays que le géopolitologue étatsunien Zbigniew Brzeziński considérait déjà dans son livre Le Grand Echiquier comme un espace stratégiquement crucial pour Washington. A cet égard, la question ukrainienne s’inscrit dans le contexte plus large du dépeçage systématique de la sphère d’influence russe en Europe par les Etats-Unis et leurs alliés européens, en avalant les pays concernés dans l’OTAN et dans l’Union européenne – généralement dans cet ordre.

L’Europe qui participe à cette expansion géopolitique étatsunienne déraisonnable aux marches de la Russie est clairement une Europe de la guerre, de l’hybris ; et non pas une Europe de la paix. Tandis que l’Ukraine reste une poudrière, les grandes puissances de l’Union européenne, France en tête, pourraient changer leur fusil d’épaule, ou plutôt délaisser leur fusil, en prenant l’initiative d’une conférence paneuropéenne sur les frontières du continent européen, avec par conséquent autour de la table l’ensemble des pays dudit continent, Russie incluse. C’est une chose de répéter en se bouchant les oreilles l’intangibilité sacrée des frontières en Europe, dans le déni de chamboulements récents tels que l’éclatement de la Yougoslavie dès les années 1990. C’en est une autre d’examiner la situation rationnellement, pour constater ceci: il n’y a plus de principe de stabilité des frontières en Europe, depuis qu’en dehors de toute décision de la communauté internationale via les Nations-Unies, l’OTAN a imposé unilatéralement la partition de la Serbie, avec pour résultat l’indépendance du Kosovo. A cet égard, l’intervention militaire unilatérale de Moscou pour imposer l’indépendance de la Crimée, suivie de son annexion, est la fille de l’intervention militaire unilatérale de Washington pour imposer l’indépendance du Kosovo.

Une telle conférence paneuropéenne sur les frontières, qui aurait dû avoir lieu dès la chute de l’URSS, pourrait avoir comme objectif raisonnable de les stabiliser en établissant explicitement leurs tracés, ce qui romprait le principe d’instabilité propagé ces quelque vingt-cinq dernières années de part et d’autre du rapport de force. Elle pourrait également organiser un effort de démilitarisation d’une partie du continent. En particulier, démilitariser l’essentiel de l’Europe centrale et la neutraliser (au sens “proclamer des pays neutres”) serait un bon moyen de faire chuter la tension actuelle, irrespirable, entre l’est et l’ouest du continent.

Ceci pose la question plus large de la course aux armements sur le continent européen. Les Etats-Unis entendent ne plus contribuer dans les proportions actuelles aux dépenses militaires de l’OTAN. Ils exigent donc que leurs alliés d’Europe révisent à la hausse leurs propres dépenses: le secrétaire d’Etat Mike Pompeo est d’ailleurs récemment venu le leur marteler à Bruxelles sitôt confirmé dans ses fonctions. Dans un contexte d’austérité obligatoire encore renforcée par le traité budgétaire européen de 2012, il est très tentant pour les grandes puissances de l’Union européenne de répondre par la mutualisation la plus poussée possible de leur effort capacitaire: d’où la résurrection récente du thème de “l’Europe de l’armement”. Si l’on ajoute à cela l’actuelle stratégie de la tension face à Moscou, qui multiplie les mainmises sur des ex-satellites de la Russie pour en faire des membres de l’OTAN littéralement à ses portes, le risque d’un double engrenage de la course aux armements et du bellicisme contaminant toute l’Europe est bien réel.

Avant de se soumettre aux desiderata de Washington, il est donc temps de soulever la question qui fâche: à quoi sert l’OTAN? Elle ne sert pas à défendre la démocratie: la Grèce a pu en rester membre lorsqu’elle était sous la botte du “régime des colonels”. Elle ne sert pas à défendre les droits de l’Homme: des pays qui accumulent les violations des libertés fondamentales, tels la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan, peuvent eux aussi en rester membres. Plus prosaïquement, elle sert tout simplement à rassembler dans une même alliance militaire les vassaux des Etats-Unis de part et d’autre de l’Atlantique Nord.

Plutôt que d’intensifier l’Europe de la guerre, les grandes puissances de l’Union européenne pourraient au contraire saisir l’opportunité du désengagement militaire des Etats-Unis pour désarrimer de l’OTAN la défense européenne. La France pourrait être à l’avant-garde du mouvement: soit en quittant l’organisation; soit en quittant seulement son commandement intégré, comme elle le fit une première fois en 1966. Dans les deux cas, elle redeviendrait une grande puissance non-alignée, garante de sa souveraineté grâce à sa propre force armée, et extérieure aux aventures bellicistes dont l’accumulation sous l’égide de Washington s’accélère depuis deux décennies. Comme ce fut le cas hier, de Charles de Gaulle à François Mitterrand et jusqu’au duo Chirac-Villepin, Paris serait alors un facteur de paix et de concertation des nations, en sa qualité de grande puissance indépendante qui veut et peut dialoguer avec toutes les puissances dans l’intérêt supérieur de la paix.

Source : Huffington Post, Thomas Guénolé, 04/05/2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/pour-construire-une-europe-de-la-paix-la-france-doit-sortir-de-lotan-par-thomas-guenole/

 

Valeur stratégique du français militaire

Valeur stratégique du français militaire

Le président vient de prononcer un discours sur la francophonie : est-ce le cas aussi dans la langue militaire ? Ce ptit article pour évoquer ce que La Vigie en pense… JDOK

Source

Comme beaucoup je m’interroge sur le fait que la valorisation de l’excellence française passe désormais systématiquement par la langue anglaise ; le lancement récent de l’opération Choose France pour annoncer que France is back, au-delà de l’effet mondain, me semble signifier un manque de confiance dans la France et dans la valeur universelle de sa langue. (lire la suite : cliquez ci-dessous)

Déjà dans une chronique d’avril 2013 intitulée « souveraineté et dépendances », j’évoquais le monde fluide et effervescent dans lequel nous devions défendre nos intérêts, valoriser nos atouts et assumer nos responsabilités, pour reprendre la litanie classique. Je m’inquiétais de notre capacité de manœuvre. Plus avant en 2008 aussi, je disais ma réticence d’un enrôlement atlantique dans un mouvement stratégique servant une vision du monde élaborée hors d’Europe. Je récusais l’antienne admise sans inventaire qui postule que « les engagements militaires de la France dans l’Otan et dans l’UE sont complémentaires », pensant et pensant toujours qu’ils sont peu compatibles. Ailleurs, j’exprimais mon scepticisme face à un embrigadement du monde occidental dans une posture défensive face à la mondialisation et réclamais le droit de défendre une vision européocentrée autonome et ambitieuse.

Aujourd’hui, c’est notre langue que je voudrais célébrer car elle est bien malmenée voire délaissée. Le sujet est sensible et j’ai bien conscience que l’aborder ici va hérisser toute la génération opérationnelle française qui combat en anglais, via des écrans et des procédures. Sans compter l’agacement de ceux qui y ont renoncé au nom de l’efficacité informationnelle. J’entends cela mais voudrais tenter de parler d’autre chose que de procédures et d’échanges. Je voudrais parler d’autonomie intellectuelle et de désalignement.

La langue française fait partie du paquetage militaire

Je veux appeler l’attention sur l’instrument de souveraineté irremplaçable que constitue notre langue qui, à l’instar d’une industrie d’armement qu’on a beaucoup défendue, constitue l’un des vecteurs éprouvés de notre autorité, un support essentiel de notre efficacité et un moyen nécessaire de notre créativité conceptuelle et tactique. Nous sommes beaucoup plus que l’un des alliés, certes valeureux, d’un Occident aujourd’hui relativisé ou l’un des fondateurs, certes inspiré, d’une construction européenne immergée dans la mondialisation ou d’une alliance atlantique moins que jamais nécessaire. Nous sommes d’abord les héritiers d’une pensée illustre qui a su faire la guerre dans tout le spectre de ses développements les plus variés : pensée et action sont les deux faces du métier militaire français.

Je sais que le front linguistique est général et l’impudence des « abandonnistes » généralisée. On ne traduit même plus les titres des films anglo-américains qu’on nous vend. Ne parlons pas de l’enseignement universitaire des savoirs qui se pratique désormais couramment en langue anglaise, en France même. Contentons-nous d’examiner l’usage que fait du français la communauté de défense de notre pays. Il y a à dire. Car nous abandonnons tous les jours l’usage du français dans la réflexion et l’expression militaires. Celui qui reçoit et lit des centaines de textes venant de nos experts de défense peut mesurer la dérivée du phénomène d’anglicisation accélérée de la pensée militaire française.

La pente est forte, très forte ; elle affecte toute la formulation militaire, syntaxe, vocabulaire et acronymes, tout y passe, avec entrain, dans un grand bradage consensuel.

Or l’enjeu du français militaire est d’importance ; il s’agit d’un état d’esprit opérationnel et d’une capacité de production doctrinale et stratégique portée par une conception de l’histoire, de la géographie, de la morale, de l’éthique militaire, du sens de l’efficacité aussi. Il s’agit également d’une forme de loyauté maintenue envers nos vaillants cousins du Québec et de ceux que nous avons formés à l’état militaire, notamment en Afrique et dans le Golfe arabo-persique. Cet héritage glorieux affermi au feu de combats séculaires permet de tirer le meilleur parti de la vertu militaire française propre, une audace et une résolution sereines tempérées par une méthodologie de l’action éprouvée.

Trois facteurs se conjuguent aujourd’hui pour évincer le français de la langue militaire.

La communauté atlantique est une communauté qui parle et pense anglais.

Comme c’était hélas prévisible, la réintégration pleine et entière de la France dans l’Otan militaire à partir de 2009, loin de renforcer la pratique de la langue française dans l’Alliance et la structure militaire intégrée de l’Otan, comme on avait pu le projeter naïvement, a eu bien au contraire l’effet pervers de généraliser l’exercice de la langue anglaise au sein même des forces armées françaises. Constatons-le : l’Otan parle moins le français que lorsque nous étions dans notre position particulière, sans commandement stratégique ni Flag officers ! Elle y renonce même, n’ayant plus la nécessité de tenir compte de notre singularité préservée jusque là.

C’est vrai que les valeureuses opérations de la Fias en Afghanistan sous conduite américaine en ont créé la nécessité tactique. Désormais les forces armées françaises, éprouvées au feu de l’action afghane, s’expriment en anglais opérationnel, au quotidien, de façon indirecte par habitude ou vanité, ou de façon directe par effort collectif puisque l’avancement interne est aujourd’hui conditionné à l’aisance dans l’exercice de l’anglais militaire. Nul besoin de dire que la plupart des militaires français s’est prêtée au jeu avec délice, ravie de sortir de son isolement supposé et pas peu fière de rivaliser linguistiquement avec les autres alliés dans la langue du maître militaire[1]. Cela a valu principalement pour la gent kakie, qui enviait depuis longtemps les connivences procédurales et tactiques de ses homologues bleu ciel et bleu marine avec leurs compagnons de jeu tactiques de l’Otan. Avec l’Afghanistan, elle s’est rattrapée et est revenue au niveau linguistique de ses congénères. Il est loin le Foch, généralissime interallié, qui s’adressait en français à des millions de soldats.

Plus grave que ce phénomène de rattrapage inévitable et salutaire est l’abandon de la production doctrinale en langue française par abonnement méthodique au catalogue de l’Otan dont la source est presqu’exclusivement américaine. En effet la considérable production doctrinale des forces armées américaines et des structures qui gravitent autour, de Tradoc au Net Assesment et à la Rand Corp, influence directement la capacité de réflexion de l’Otan, sommée de transposer dans ses structures intégrées la plupart des concepts et procédures développés pour les forces américaines. C’est cela l’interopérabilité doctrinale. Et la France mobilise désormais ses forces pour traduire et adapter dans sa propre bibliothèque doctrinale l’avalanche conceptuelle qui lui vient de Bruxelles, Mons et Norfolk. Elle essaye de conserver le peu de recul qui lui reste, pour rédiger un codicille d’application nationale des concepts otaniens. C’est que nous sommes malheureusement rentrés dans l’Otan militaire sans projet doctrinal affiché, sans portefeuille national suffisant de savoirs, de leçons et de concepts pour défendre notre vision du combat, notre expérience des rapports de force militaires et notre connaissance du terrain. Nos alliés anglo-américains en ont d’ailleurs été assez surpris et même déçus.

Notre compétence militaire avérée ne relevait donc pas de ce secteur très compétitif de la planification et de la logistique opérationnelles dans lequel Anglais et Américains excellent depuis toujours. Elle était plutôt à rechercher dans la réactivité de la décision politico-militaire et l’initiative tactique de terrain, des domaines peu transposables pour les multilatéraliser et trop français pour être généralisés.

Il n’est d’ailleurs pas sûr que les capacités militaires françaises soient si facilement valorisables dans l’Otan ! C’est sans doute pour cela qu’elles s’y banalisent en rivalisant de conformité aux standards de cette organisation, qu’elles s’y normalisent en renonçant de facto à leurs traits habituels. Rarement les forces françaises auront été aussi à l’aise que lors de l’opération Serval au Mali ; elles y opéraient seules et en français avec leurs frères africains.

Cela ne vaut pas que pour l’Otan, naturellement. Ce qu’on continue d’appeler imprudemment la défense européenne ne fait pas mieux et le français, pourtant l’une des deux langues de la PSDC, que ses experts ne pratiquent plus et que l’on exige plus vraiment pour servir dans ses instances s’évanouit. Le très parisien Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, hérité de l’UEO, avait déjà renoncé à l’équilibre pourtant politiquement et diplomatiquement accepté jusqu’ici entre les deux langues de la Pesc. Nul ne s’en était vraiment affecté. La FRS a généralisé cette pratique et l’Irsem lui emboîte le pas.

Une dernière notation qui concerne un nouveau front linguistique qui a lâché, il y a déjà quelque temps, celui de la géographie et de la prononciation. Fin de l’Iraq, de Tobrouk, d’Istamboul qui cèdent la place à l’Irak, Tobruk, Istanbul … Fin de l’Afrique du Nord et arrivée du globalisant MENA. La phonétique anglaise a remplacé la phonétique française dans l’orthographe, Uzbeen et non plus Uzbin, al Jezeera et non plus Al Djezira … Fin des noms d’opérations en français et des références culturelles françaises dans les choix faits pour les actions militaires, les entrainements bilatéraux ou multilatéraux dans lesquels la France est engagée, et cela même quand elle en exerce le commandement et la direction.

Le français militaire n’a pas su passer l’épreuve de l’usage opérationnel multilatéral.

Planification de défense, technologie et industrie de défense vivent en anglais.

Passons plus vite sur d’autres dimensions de la souveraineté de défense ; on les connait bien : il s’agit du partage capacitaire, du développement industriel de l’armement et de l’exigence technologique. Espaces naturellement duaux car ils servent à la fois à alimenter les arsenaux nationaux et à exporter nos produits sur le marché international. Le français scientifique et commercial n’a pas tenu le choc de la mondialisation et a cédé le pas devant la langue universelle des affaires, de la science et de la technique. Pour s’en convaincre, écoutez les explications des techniciens de la détonique, de la balistique ou de l’avionique ou celles des cybernéticiens de la guerre de l’information. La compétition et la coopération dans ces domaines se fondent sur un vocabulaire et des concepts souvent étrangers à nos racines culturelles, à nos expériences opérationnelles et au droit des conflits armés. On le voit avec la mise au point d’outils militaires permettant hier les destructions « massives » et aujourd’hui les « assassinats ciblés », les frappes sans dommages collatéraux et les ciblages sélectifs.

Aux temps de la guerre froide, où la course aux armements pour la recherche de la supériorité stratégique formait l’essentiel de la dynamique de la planification de défense et de la recherche technologique, la conceptualisation de l’affrontement relevait directement de l’art de la guerre, de ses règles et de ses principes, qui étaient essentiellement d’origine européenne, et qui s’affichaient en allemand et en français.

Aujourd’hui, après la « révolution dans les affaires militaires », la recherche d’invulnérabilité par les boucliers technologiques renvoie à une autre culture, celle du rêve techniciste et commerçant qui octroie la supériorité au plus inventif, au plus débridé, au plus inspiré. C’est une dynamique du primat du fonctionnalisme d’origine anglo-américaine, dans laquelle le génie français n’a que peu d’espace pour se déployer.

Le français n’est pas ou plus le véhicule de l’excellence scientifique, économique et technique ; la mondialisation dans ces domaines aussi parle anglais.

Les nouveaux théâtres de friction se conçoivent en anglais.

Langue du terroir et du droit, le français tire une partie de ses racines d’un brassage ancien dont Braudel a exploré les richesses. C’est en réalité une langue du patrimoine qui a érigé en principes des expériences politiques et sociales rapportées à des religions et des philosophies. A cet égard, elle tire, comme la langue allemande, de ses racines celtes, germaines, latines et grecques toute une grammaire stratégique et juridique liée au continent européen et à ses abords maritimes qui a établit des règles, des modèles et des hiérarchies à la base d’un humanisme que les Lumières ont transcendé et qui est partagé de l’Atlantique à l’Oural.

Langue des échanges et des compétitions complexes, l’anglais s’est facilement adapté aux évolutions commerciales, démographiques et scientifiques de la planète pour se généraliser comme vecteur universel des temps modernes. C’est dans cette langue que les experts des espaces fluides coopèrent et se confrontent, qu’il s’agisse des logisticiens de l’Offshore ou du Shipping ou des informaticiens du Cloud ou de la City. Et ce sont les bonnes pratiques des common law qui régulent ces domaines où la compétition mondiale a remplacé les combats territoriaux d’hier dans des frictions dont la dimension militaire s’estompe mais dont les enjeux, stratégiques s’il en est, sont d’abord le contrôle par quelques uns des espaces communs, les common goods, patrimoine commun mais disputé d’une humanité globalisée.

Fondée sur de bonnes pratiques plutôt que de bons principes, la conflictualité moderne se développe aussi en anglais.

Sauvegarder le français militaire, c’est avant tout défendre une vision et une expérience du monde, une aptitude et un savoir opérationnels qui nous sont propres.

A nous de vouloir le maintenir là il est essentiel à notre sécurité et à notre identité.

JDOK

[1] Nos ancêtres stratégiques André Beaufre, Marcel Duval Pierre Gallois et Lucien Poirier parfaitement bilingues pensaient et s’exprimaient en français tout comme en son temps Georges Clémenceau.

Pitié, pas d’anglicisme ce jour aux Invalides !

Pitié, pas d’anglicisme ce jour aux Invalides !

 

J’ai été amené à faire cette prière et ce commentaire suite à la lecture d’un bien bel article de courage publié par les éditeurs du Blog la Vigie (ici)1.  Le courage des plumes…qu’est ce par rapport au sacrifice d’une vie, un timide pétale d’hommage en ce jour où la valeur du courage porte dans les esprits français encore grâce à lui.   Les auteurs défendent dans ce billet la langue française ; cette défense va bien au-delà du secteur militaire dont ils nous parlent. La problématique de «l’anglicisation» qu’ils décrivent comme instrument de domination de pouvoir dans l’OTAN mais aussi de contrôle des esprits est à l’oeuvre dans bien d’autres espaces de la vie et du travail des Français.

Un sursaut dans cette soumission française dont l’efficacité est à questionner même en terme anglo-saxon (efficience) est-il possible? Les auteurs semblent ainsi s’interroger sur la réversibilité possible du processus et l’appellent de leurs voeux tant ils ne peuvent réprimer la force de leur critique dans ce « billet d’humeur ». Plus de faux-semblants possibles en ce jour… Un « ras-le-bol », que je partage.

A perdre la diversité, la communauté de l’OTAN s’appauvrit. On la voit s’égarer ainsi sur le terrain stratégique, diplomatique et militaire. Seuls la com et les media permettent de dissimuler ses défaites réelles aux yeux des populations et des autorités parlementaires… Tandis qu’alliés et même ennemis, eux ont tout le loisir de les mesurer sur le terrain : défaillance du matériel, des hommes et des soutiens. Que seraient nos exportations si la guerre au Yemen se terminait ? Quel recours vital ? Une guerre en Europe? Doit-on la voir comme une nécessité financière pour mieux l’accepter ? Les militaires la feront-ils facilement ? La com arme de guerre et de pouvoir fera assurément encore une fois le nécessaire pour rendre le sacrifice impératif.

Qui vivra verra…

Les éditeurs de la Vigie écrivent “la supériorité au plus inventif, au plus débridé, au plus inspiré”…certes, c’est le primat du pragmatisme que partagent les Américains et les Anglais mais aussi les Russes. Mais il doit être précisé que c’est la balance des coûts qui a le dernier mot en la matière. Faire de l’invention au moindre coût, c’est précisément ce que l’Occident ne sait plus faire. L’emprise des cartels du business (Deep State? Pour ne pas lésiner sur les anglicismes…) n’en a ni les moyens intellectuels ni les moyens humains. Les contrats d’armement alimentent plus les actionnaires impotents que l’ingénieur qui trouve.


Alors la seule solution : dissimuler le vrai, faire de faux rapports mais en anglais bien sûr!… Garantir haut et fort de l’impossibilité budgétaire qu’auraient les Russes d’avoir les armements dont ils se vantent…en se fondant sur des pseudos résultats économiques d’experts. Et si malgré «l’économie», une mauvaise surprise survenait (de la Caspienne? ) ; alors, espérer être déjà à la retraite… Une stratégie bien rodée qui aboutit à une perte d’informations et de savoir et qui condamne toute vision stratégie à l’échec, faute de bases analytiques fiables. Qui oserait dire en nos temps ce qui déplaît ? La dictature du mot déplacé règne, et la censure n’hésite devant rien, pour avoir des retombées économiques radicales sur l’impétrant. En langage professionnel la censure…prend des formes statutaires bien définies. Disons que les militaires ne sont pas vraiment responsables ; ils se laissent entrainer pas le démon du conformisme. L’appât du gain d’économistes à gage fournit les propos qui rassurent les politiques et les états-majors… Notons que c’est parfois au grand dam d’experts militaires sur le terrain, qui eux voient autrement, des avions voler (pas donnés à toutes les armées !) et des bataillons qui s’entraînent ou défilent ! La force des raisonnements extérieurs est que souvent on leur accorde plus de crédit qu’au collègue qui voit sur le terrain…et qui prend le risque de témoigner. Un mal assez français et bien répandu tant dans nos états-majors que dans nos milieux académiques et certainement bien au-delà. Ces convergences avaient été dénoncées en des temps bien cruels par Marc Bloch dans ses derniers écrits, l’Etrange défaite2.
 C’est ainsi que les militaires ont pu entendre comme moi des conférences, lors desquelles les experts bienveillants ont rassuré les corps militaires à coup de propos sucrés de ce type : “rien n’est possible en Russie, l’industrie est rouillée”, «l’économie s’est effondrée avec la dévaluation du rouble, les coûts explosent»… On va même vous marquer la cadence avec la «décennie perdue» en 2007-2017 après avoir insisté sur «le moment politique de la Russie» l’année dernière (comprendre, la révolution imminente façon Maïdan)… Verbiage du mensonge hors-sol mais à l’habile sauce d’économistes, bons experts en psychologie qui savent trouver les mots qui rassurent au bon moment3. L’éternelle méthode Coué qu’a bien trop chérie l’armée française pour son malheur et le nôtre avant 1940.

Tout pour la bonne conscience et le sentiment du travail bien fait. Surprises ou patates chaudes seront assurément pour la prochaine fournée de généraux…chacun ses problèmes! Individualisme primaire, retraite en horizon vital, caractérisent bien la société de la France des temps présents…Pourquoi la gent militaire serait exclue de ce mouvement d’ensemble ? L’OTAN fournit pour les élites,  honneurs, statut et avantages qui plaisent et flattent, les media rassurent…et le réel, il suffit de ne pas trop s’y frotter pour garder santé certes mais surtout se prémunir contre les pensées rebelles.
 Retraite horizon idéal du militaire français comme de tout citoyen français…Triste constat d’un pays presque défunt.

Service de mémoire ce jour aux Invalides, en hommage au Lieutenant-Colonel Arnaud Beltrame…qu’au moins à lui soient épargnés les anglicismes à la mode présidentielle ! Un héros français tombe et meurt…alors qu’il en faudrait tant de vivants.

  1. Valeur stratégique du français militaire – La Vigie []
  2. voir dans Viableco https://viableco.hypotheses.org/?s=Marc+Bloch+etrange+d%C3%A9faite le lien avec une lecture gratuite du livre []
  3. cf. Viableco LE «FLOP» DES EXPERTS CHANTRES DE LA DÉBÂCLE ÉCONOMIQUE RUSSE ! L’ONU PASSE À L’EXPLICATION DE TEXTE…ici []

 

https://viableco.hypotheses.org/1696

L’implication des forces de l’OTAN dans la guerre du Donbass: Opération UNIFIER

vendredi 27 avril 2018

L’implication des forces de l’OTAN dans la guerre du Donbass: Opération UNIFIER

Il est courant d’entendre parler de l’aide apportée par les pays de l’OTAN à l’armée ukrainienne, bien que l’Ukraine ne fasse pas partie de l’OTAN, bien qu’elle ait un conflit ouvert sur son territoire. Une aide en fournitures, vêtements, formation. Mais l’armée de DNR vient d’accuser les formateurs de l’OTAN d’avoir participé au tir à l’artillerie sur la ville de Yacinovataya. Il semblerait que beaucoup de lignes rouges soient franchies ces derniers temps …

Selon la Convention sur le Statut de l’OTAN, cette organisation bénéficie d’avantages impressionnants. Inviolabilité des locaux et des correspondances, ainsi que de tout document. Immunité des personnes, mais également des experts qui travaillent ponctuellement auprès de l’OTAN sur des missions concrètes. Interdiction de contrôle ou de réglementation concernant les fonds de l’organisation et leur circulation à l’intérieur des pays de l’OTAN. Exonération d’impôts, de taxes et de droits de douanes sur ces avoirs et revenus, également fonciers. Bref, l’OTAN est une entreprise qui marche, qui veut être un Etat dans l’Etat, avec ses règles qui ne peuvent relever de la juridiction nationale. Une super-structure qui suit ses règles et ses intérêts.

C’est alors que l’on apprend qu’avec d’autres pays de l’OTAN, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne par exemple, le Canada est très actif en Ukraine. Dans le cadre d’un programme lancé après le Maïdan, qui s’appelle Opération UNIFIER:
L’opération UNIFIER constitue la mission des Forces armées canadiennes (FAC) visant à soutenir les forces armées ukrainiennes en Ukraine. Cette opération vise principalement à leur offrir de l’aide en matière d’instruction militaire. Cela les aidera à améliorer et à établir leur capacité militaire. Les FAC coordonnent leur instruction avec celle offerte par les États‑Unis et par d’autres pays qui aident de la même façon. L’instruction militaire s’inscrit dans le soutien global du Canada à l’Ukraine. (…) L’intention est d’aider l’Ukraine à demeurer souverain, sécuritaire et stable.
L’implication politique n’est pas cachée. Et sur Twitter, ces forces canadiennes sont très fières et très actives. L’on trouve ainsi le compte du Lieutenant-Colonel Fraser Auld. Cet individu a un parcours intéressant:

His extra-Regimental postings have included tank and recce Tactics Instructor at the Armour School, Task Force Kandahar Tactical Plans Officer in Afghanistan, Base Operations Officer in Petawawa, Executive Assistant to the Deputy Commanding General of the NATO Training Mission in Afghanistan, and Director of Army Staff 2 at Canadian Army Headquarters.

Lieutenant-Colonel Auld has deployed on four operational tours: in 2001 as a Reconnaissance Troop Leader in Bosnia-Herzegovina; in 2005 as the Second-in-Command of the Reconnaissance Squadron assigned to NATO’s Kabul Multi-National Brigade; in 2008-09 with Task Force Kandahar; and, in 2012-13 with the NATO Training Mission in Afghanistan.


Sur son compte twitter, l’on trouve beaucoup d’informations. Ainsi, ces officiers canadiens participent à la mise aux normes de l’OTAN des champs de tirs. Pour un pays, je le rappelle qui ne fait pas partie de l’OTAN et a un conflit ouvert sur son territoire:

Notre équipe travaillait pour s’assurer que les champs de tirs étaient sûres, avaient du succès et étaient au standards de pour les forces armées d’Ukraine. En commençant avec les compétences de base, nous nous assurons que les manœuvres complexes se dérouleront bien.
Exemple parmi d’autres. Mais qui prend un relief particulier, lorsque l’on apprend que lors de manœuvres encadrées par des officiers de l’OTAN, des tirs d’artillerie ont touché la ville de Yacinovataya. Edouard Bassourine, vice-commandant des forces militaires de DNR, a accusé les forces de l’OTAN d’avoir utilisé l’artillerie de calibre 120 et 82 mm contre le village lors de la formation au tirs des soldats ukrainiens sur du matériel de tir AN/TPQ fourni par les Etats-Unis. Par ailleurs, ces complexes d’artilleries sont déjà installés non loin de Donetsk, sur les toits de plusieurs immeubles (civils) dans la petite ville de Avdeevka.
Est-ce la manière dont le Canada envisage la protection de la souveraineté ukrainienne?
 
Nous sommes assez loin des normes éthiques, morales, de la défense des valeurs démocratiques qui sont censées être les valeurs fondatrices de l’OTAN, cette volonté soi-disant marquée – tout au moins affichée – de privilégier le règlement pacifique des conflit.
 
La voie démocratique de l’Ukraine passe-t-elle par les tirs d’artillerie coordonnés par les soldats de l’OTAN contre les villes du Donbass?

3 commentaires:

  1. De toutes façons les multinationales ont, par définition, des conseils d’administration cosmopolites, des USA, Canada, … , les militaires de l’OTAN et occidentaux sont devenus mercenaires. L’argent est roi de ce monde, « on paye donc vous devez être d’accord avec nous »
    https://fr.sputniknews.com/international/201804271036122252-onu-washington-soutien/

    Répondre

  2. J’espère que la Russie a un oeil sur le Donbass. La prochaine provocation viendra probablement de là. Ce sont des minables capables du pire. L’affaire Krispal, le soit disant emploi d’armes chimiques en Syrie, montrent qu’il leur suffit seulement d’un gros mensonge pour déclencher les hostilités.

    Répondre

  3. J’avoue être halluciné par l’ampleur et le rythme des mensonges occidentaux, malaxés par des organes de presse appartenant à des groupes d’intérêt privés, que tant de gens avalent indistinctement par leur poste de télévision…
    Je souhaite aux peuples non alignés (sur les USA ou la finance) d’être vigilants et solidaires !

    http://russiepolitics.blogspot.fr/2018/04/limplication-des-forces-de-lotan-dans.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed:+RussiePolitics+(Russie+politics)

Otan : sitôt nommé, Mike Pompeo demande aux Alliés de mettre la main à la poche

Otan : sitôt nommé, Mike Pompeo demande aux Alliés de mettre la main à la poche

© AFP | Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a l’Otan le vendredi 27 avril 2018.

Vidéo par David GILBERG

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.8e64fb971a1b22efbf633db166113ae6.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-0&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1524923821144

Dernière modification : 28/04/2018

Au lendemain de la confirmation par le Sénat américain de sa nomination au poste de secrétaire d’État, Mike Pompeo s’est rendu à l’Otan où il a jugé essentiel » que les alliés respectent leurs engagements financiers, visant nommément l’Allemagne.

Tout juste investi dans ses fonctions, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a, pour sa première visite à l’Otan vendredi 27 avril, réitéré l’une des antiennes les plus chères à Donald Trump : exiger des Alliés, l’Allemagne en particulier, qu’ils mettent la main à la poche.

Le nouveau patron de la diplomatie américaine, à la réputation de « faucon », a rencontré ses homologues de l’Otan quelques heures seulement après avoir prêté serment. Il a fait bonne impression et apaisé les craintes d’un abandon de la double voie poursuivie face à la Russie, mêlant dissuasion militaire et diplomatie.

>> À lire : Nucléaire iranien : Merkel concède à Trump que l’accord « n’est pas suffisant »

Comme prévu, il a jugé « essentiel » que ses partenaires respectent leurs engagements en matière de dépenses, visant nommément l’Allemagne, qui est loin de l’engagement pris par les membres de l’Otan en septembre 2014 d’allouer 2% de leur PIB à la défense.

« Attentif, à l’écoute »

« Mike Pompeo a évidement insisté sur la nécessité d’un partage du fardeau (pour les dépenses), mais il l’a fait sans aucune agressivité. Au contraire, il s’est montré attentif, à l’écoute et a participé à l’intégralité des discussions », a expliqué à l’AFP le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères Jean Asselborn.

Quelques heures plus tard Donald Trump enfonçait le clou. « Les autres pays devraient payer plus. Je ne parle pas que de l’Allemagne. Les autres pays devraient payer plus. Nous protégeons l’Europe et cependant nous payons bien plus que tout le monde », a-t-il affirmé.

Washington explique la nécessité d’augmenter les dépenses en brandissant la menace constituée par la Russie, « un facteur déstabilisant en Ukraine, en Géorgie et en Syrie », selon le haut responsable américain.

Avec AFP

Première publication : 28/04/2018

http://www.france24.com/fr/20180428-otan-etats-unis-mike-pompeo-donald-trump-allemagne-efforts?xtor=EPR-300-%5BQuotidienne%5D-20180428-%5Bcontenu%5D-1044053310412

Suite à la décision solitaire et illégale d’Emmanuel Macron de frapper militairement en Syrie, François Asselineau demande aux parlementaires d’engager la destitution du président de la République, selon l’article 68 de la Constitution.

Suite à la décision solitaire et illégale d’Emmanuel Macron de frapper militairement en Syrie, François Asselineau demande aux parlementaires d’engager la destitution du président de la République, selon l’article 68 de la Constitution.

Publié par Brujitafr sur 14 Avril 2018, 08:47am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #3 ème guerre mondiale

Un avion militaire français dans une base britannique à Chypre, le 14 avril 2018. Selon le ministère des Armées, la France a frappé en Syrie avec des frégates et des avions de chasse. (illustration tirée de l’article de RT : https://francais.rt.com/international/49759-syrie-frappee-alors-quelle-avait-chance-avenir-pacifique )

Un avion militaire français dans une base britannique à Chypre, le 14 avril 2018. Selon le ministère des Armées, la France a frappé en Syrie avec des frégates et des avions de chasse. (illustration tirée de l’article de RT : https://francais.rt.com/international/49759-syrie-frappee-alors-quelle-avait-chance-avenir-pacifique )

 Suite à la décision solitaire et illégale d’Emmanuel Macron de frapper militairement en Syrie, François Asselineau demande aux parlementaires d’engager la destitution du président de la République, selon l’article 68 de la Constitution.

Communiqué de presse

Suite à la décision solitaire d’Emmanuel Macron d’intervenir militairement illégalement en Syrie, au risque d’embraser la planète, François Asselineau, président de l’UPR, demande aux parlementaires d’engager la destitution du président de la République, en vertu de l’article 68 de la Constitution.

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Emmanuel Macron vient de décider solitairement d’associer la France à des frappes militaires américaines et britanniques unilatérales en Syrie, alors que l’Allemagne, l’Italie et le Canada s’y sont notamment refusés.

Cette décision d’une exceptionnelle gravité a été décidée par Macron :

  • seul et en toute opacité, probablement après quelques conciliabules téléphoniques avec le président des États-Unis et la Première ministre britannique,
  • sur la base d’une accusation dénuée de toute preuve,
  • sur la base d’une accusation possiblement inventée de toute pièce par Washington, comme le furent les prétendues « armes de destruction massive » de Saddam Hussein en 2003,
  • sans aucun mandat de l’ONU,
  • en violation indiscutable du droit international,
  • et sans avoir obtenu l’aval préalable des parlementaires français, en vertu de l’article 35 alinéa 1 de la Constitution qui pose que « la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement ».

Certes, le président de la République a invoqué l’article 35 alinéa 2 pour annoncer que « le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d’intervention de nos forces armées à l’étranger ». Mais :cette disposition ne figurait pas dans le texte d’origine de la Constitution de 1958 approuvée par référendum par 82% des Français ; elle n’y a été ajoutée qu’en 2008, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, par la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 dite « de modernisation des institutions de la Ve République », adoptée sans l’aval des Français, à leur insu, et par la procédure du Congrès.

  • sauf à vider complètement de sens l’alinéa 1, cette disposition de l’alinéa 2 ne saurait concerner que des interventions militaires à l’impact très limité, à vocation purement humanitaire (notamment pour venir au secours de citoyens français), et ne risquant pas de nous entraîner de facto dans une guerre frontale contre un pays souverain comme la Syrie, a fortiori dans une guerre avec la Russie.

La lecture biaisée que fait Emmanuel Macron de l’article 35 de la Constitution est donc totalement inacceptable en l’espèce. Car l’alinéa 2 de l’article 35 prévoyant seulement « un débat qui n’est suivi d’aucun vote », son application dans le cas syrien reviendrait à accepter que Macron, seul, s’arroge le droit d’entraîner potentiellement le peuple français dans une escalade dévastatrice avec la Russie, qui peut déraper à tout moment dans une guerre mondiale aux conséquences incalculables et peut-être cataclysmiques, et cela sans que les parlementaires, représentants de la souveraineté nationale, puissent même donner leur autorisation !

La décision solitaire de Macron est ainsi non seulement contraire à la prudence et à la sagesse dont doit faire preuve un chef d’État lorsque la paix mondiale est en jeu, mais elle est illégale au regard de la Charte de l’ONU et du droit international, et elle bafoue l’esprit même des institutions et de la démocratie.

Le président de la République vient ainsi de faire preuve d’un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat », selon les termes précis que requiert l’article 68 de la Constitution pour engager la procédure de destitution du chef de l’État.

François Asselineau demande donc aux parlementaires français de se constituer immédiatement en Haute Cour et d’engager la procédure de destitution du président de la République prévue par l’article 68 de la Constitution.

source

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Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie, par Caroline Galactéros

Source : Le Figaro, Caroline Galactéros, 10-04-2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que la France s’apprête vraisemblablement à frapper la Syrie, en représailles aux attques chimiques supposées, Caroline Galactéros plaide pour un sursaut d’indépendance nationale. Selon elle, la France ne doit pas s’aventurer dans une nouvelle coalition.

Docteur en sciences politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique Planeting. Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a notamment publié Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).


La messe semble dite et une atmosphère de veillée d’armes plane sur Paris, tandis que le jeune prince d’Arabie Saoudite quitte la capitale et que notre président est en étroit dialogue avec son homologue américain. La France pourrait, en coordination avec Washington, frapper de manière imminente les forces du régime syrien en représailles d’une nouvelle attaque chimique imputée de manière «très probable» mais en amont de toute enquête, aux forces de l’abominable tyran Assad soutenu par les non moins affreux régimes russe et iranien.

Il faudrait agir vite, se montrer ferme, intraitable, juste! Il s’agirait là d’un «devoir moral»! On a bien entendu et lu. Le discours moralisateur sur la sauvegarde des civils innocents, pourtant inaudible après sept ans de guerre et de déstabilisation de la Syrie, est toujours le même. C’est là le comble du cynisme en relations internationales, que nous pratiquons pourtant sans états d’âme depuis des décennies. Pendant ce temps, la guerre silencieuse du Yémen continue. Ces civils-là n’existent pas, ne comptent pas.

Mais certaines images de guerre et de civils otages d’une sauvagerie généralisée irritent plus que d’autres nos consciences lasses d’Européens déshabitués de la violence et gonflés d’une prétention à connaître, dire et faire le Bien. Soit.

Mais agir contre qui? Qui faut-il punir? Le régime de «l’animal Assad», comme l’a appelé Trump? L’Iran? La Russie? Vraiment? Et si ce trio noir que l’on désigne exclusivement depuis des mois à la vindicte populaire internationale n’était qu’un leurre, proposé à notre indignation sélective pour ne pas réfléchir à nos propres incohérences?

Quel serait l’intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque ?

Personne ne se demande pourquoi cette nouvelle attaque chimique arrive maintenant, au moment même où la Ghouta orientale repasse sous contrôle gouvernemental syrien et parachève sa reconquête territoriale, face à des groupuscules rebelles rivaux globalement en déroute et plus que jamais prêts à se vendre au plus offrant pour survivre et espérer compter? Personne ne s’autorise à douter un instant, quand le ministre russe des affaires étrangères rapporte que les observateurs du Croissant rouge syrien envoyés sur place n’ont rien vu ressemblant à une attaque? Serguei Lavrov ment-il carrément au Conseil de Sécurité des Nations unies ou bien faut-il penser que Moscou ne contrôle pas tout ce qui se fait au plan militaire sur le théâtre? Ou que des éléments de l’armée syrienne elle-même agiraient en électrons libres ou auraient été «retournés»? À qui profite le crime? C’est cette vieille question, mais toujours pertinente, qui paraît désormais indécente.

Quel serait pourtant l’intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque, alors que, ne nous en déplaise, bien davantage que notre «Coalition internationale», elle cherche la paix, l’organise pragmatiquement, et est la seule depuis sept ans à engranger quelques résultats qui évidemment contreviennent à nos intérêts et à ceux de nos alliés régionaux?

On semble aussi avoir totalement oublié une donnée fondamentale du conflit: les malheureux civils de la Ghouta, comme ceux des ultimes portions du territoire syrien encore aux mains des «rebelles» djihadistes ou de Daech, sont des boucliers humains, peut-être même, en l’espèce, sacrifiés par ces mêmes apprentis démocrates suppôts d’al-Qaïda et consorts pour entraîner l’Occident dans une guerre ouverte avec Moscou et Téhéran.

Car si l’on quitte le microscope pour la longue-vue, il est permis de décrire à partir de cette dernière séquence syrienne un contexte stratégique global infiniment préoccupant pour l’Europe, et singulièrement pour la France, qui risque de prendre les avant-postes d’une guerre qui n’est pas la sienne, dont elle fera les frais et qui neutralisera durablement l’ambition présidentielle affirmée de prendre le leadership politique et moral de l’Union européenne. Nos amis allemands ou italiens sont d’ailleurs moins cynico-idéalistes, mais plus prosaïques que nous. Ils avancent prudemment, vont et viennent entre Beyrouth et Damas pour pousser leurs pions en cette phase douloureuse et recueilleront les fruits de notre marginalisation radicale quand la reconstruction syrienne arrivera.

La guerre en Syrie a été gagnée militairement par l’armée gouvernementale. Militairement, mais pas politiquement.

La ficelle est si grosse et la pelote si bien déroulée depuis des mois qu’on ne la voit plus en effet. On punit la Russie. On la punit d’être la Russie, déjà, et d’avoir réussi son retour sur la scène mondiale. On la punit de vouloir la paix en Syrie et de chercher à la mettre en musique politiquement à Astana ou à Sotchi. On la punit d’avoir sauvé Damas et son régime diabolisé du dépècement qu’on leur promettait et qui s’est fracassé sur la résilience populaire et gouvernementale syrienne et a déjoué partiellement au moins la confessionnalisation des affrontements politiques et sociaux que l’Occident encourage, sans en comprendre le danger insigne pour ses propres sociétés, et notamment en Europe.

La guerre en Syrie a été gagnée militairement par l’armée gouvernementale. Militairement, mais pas politiquement. Cette victoire sur le terrain au prix d’une guerre brutale (comme toutes les guerres, même celles menées depuis les airs et qui n’ont de chirurgicales que le nom), nous est proprement insupportable car cela nous force à faire la paix, ce que nul ne veut mis à part… Moscou. Ah, Moscou! L’impudent Vladimir Poutine trop bien réélu qui nous nargue avec sa coupe du monde, où des millions de gens vont découvrir un visage de la Russie qui ne les terrifiera pas.

Et puis derrière Moscou, on vise évidemment Téhéran, dont l’allié israélien, en pleine idylle officielle avec le centre mondial du salafisme – l’Arabie saoudite – qui a toutefois opportunément décidé de faire peau neuve, ne peut tolérer l’émergence régionale, tant le niveau sociétal, culturel, technologique et commercial de ce pays lui fait de l’ombre bien au-delà de la seule crainte d’un (dés)équilibre stratégique modifié par sa nucléarisation ultime.

Bref, nous sommes en train de tomber dans un vaste piège qui se joue sur plusieurs fronts, et de nous ruer, en croyant ainsi exister, sur le premier os qu’on nous jette. De ce point de vue, l’affaire Skripal pourrait bien n’avoir été que le hors-d’œuvre de la séquence actuelle. Elle a posé le premier étage d’une repolarisation politique et sécuritaire de l’Europe autour de Londres, et surtout sous la bannière de l’OTAN. Car c’est là l’ultime manœuvre: remettre au garde-à-vous les Européens qui, depuis l’arrivée de Donald Trump et le Brexit, s’étaient pris à rêver d’une autonomie européenne en matière de politique et de défense… Péril suprême pour le leadership américain sur le Vieux Continent, heureusement contrebalancé par les rodomontades de quelques nouveaux européens qui refusent leur arasement identitaire et mettent à mal tout projet d’affranchissement sécuritaire collectif. Le Secrétaire américain à la défense, le général Mattis, a d’ailleurs été très clair: les Européens doivent en effet consacrer 2 % de leur PIB à la défense, mais pour acheter des armes américaines et demeurer dans l’orbite otanienne évidemment, l’Alliance constituant le cadre naturel et nécessaire de la défense de l’Europe. Fermez le ban!

Nous sommes en train de tomber dans un vaste piège qui se joue sur plusieurs fronts.

Nous sommes donc en train d’être clairement repris en main par l’OTAN, mais […]

Suite à lire sur : Le Figaro, Caroline Galactéros, 10-04-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

79 réponses à Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie, par Caroline Galactéros

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