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ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?

ACTUS – NEWSDÉFENSEG2S ASSOCIATION

G2SGénéral Desportes

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?


G2S

G2S5 JUILLET 2019

Soldats belges. Crédit : DR.

Pour le GDI (2S) Vincent DESPORTES, l’OTAN, tel que nous la connaissons, vit ses dernières années. Pris individuellement aucun pays, y compris la France, n’a les moyens d’assurer seul sa défense dans tous les domaines Il y a donc urgence à bâtir une défense de l’Europe avec les pays qui en partagent notre vision des enjeux.

LA DÉFENSE, OUTIL IMPÉRATIF DE L’AUTONOMIE EUROPÉENNE

Les Européens ont longtemps cru que, pour avoir éliminé la guerre sur leur propre sol, ils l’avaient éradiquée. La montée des tensions internationales, la renaissance des politiques de puissance, l’explosion du terrorisme les ramènent à la raison. La guerre a toujours un bel avenir et les rapports humains demeurent des rapports de force. Dès lors, raisonner seulement économie en acceptant le nanisme politique et militaire est une faute : on ne peut penser l’Europe sans espérer sa maturité stratégique, donc sans vouloir son autonomie, donc sans bâtir sa défense.

POURQUOI FAUT-IL CONSTRUIRE L’EUROPE DE LA DÉFENSE ?

C’est impératif d’abord, parce que, en termes de défense, l’échelle des nations européennes est dépassée. Une puissance moyenne ne peut plus se doter d’un système de défense cohérent, comme ce fut le cas jusqu’au milieu du XXe siècle. Pour deux raisons.

  • La première relève de l’expansion continue des domaines de conflictualités. La guerre n’abandonne jamais un espace dont elle s’est emparée. Il fallait hier être capable de combattre sur terre, puis sur mer ; les évolutions technologiques du XXe siècle ont imposé aux armées de détenir des capacités de combat dans la troisième dimension, air puis espace, et – pour certaines – nucléaires. Le XXIe siècle rajoute le cyberespace et il faudra demain se défendre dans tout nouvel espace conquis par l’homme. À l’expansion des espaces de guerre ne correspond nullement celui des budgets militaires de plus en plus chichement comptés. A supposer qu’il en ait la volonté politique, un État européen n’est plus en mesure de constituer en solo une capacité d’action substantielle dans les cinq espaces d’affrontement.
  • La deuxième raison relève de l’accroissement exponentiel du coût des équipements. Chaque nouvelle génération d’armement multiplie par 10 (et parfois davantage) le coût des systèmes d’armes alors même que les équipements sophistiqués fabriqués en petite série ont un coût prohibitif. Tout État est donc contraint de réduire son parc à chaque saut générationnel… ou d’accepter le décrochage technologique.

La conséquence ? Sauf pour les superpuissances dotées de vastes moyens budgétaires, le choix se fait entre un système de défense échantillonnaire, affaibli de déficiences capacitaires béantes, et le rétablissement de la cohérence et de l’exhaustivité à un niveau supranational. Pour les nations européennes, il est donc techniquement nécessaire de retrouver à ce niveau
les capacités manquantes au niveau national.

C’est ici qu’apparaît à nouveau la nécessité de l’Europe de la défense : ce niveau supranational doit être fiable. Or, si cela a été longtemps le cas de l’Alliance atlantique, c’est fini. Les Européens savent que leur défense ne vaut que par la garantie américaine… mais elle est devenue un mythe pernicieux.

Ils tentent de se rassurer : « la défense collective, c’est l’OTAN ». Exact, pour un certain temps encore… mais hasardeux !

Les États-Unis assurent la part majeure du budget de l’OTAN et quand ils seront définitivement tournés vers leur Ouest, il n’y aura plus de défense collective de l’Europe ! Ce « pivot stratégique » de l’Atlantique vers le Pacifique reflète la réalité du monde. Dans moins de vingt ans, la population américaine d’origine européenne sera devenue minoritaire et le vieux réflexe de défense de la « terre des ancêtres » aura disparu. Les États-Unis, affranchis de leur dépendance énergétique à l’égard du Proche-Orient, pourront certes connaître de brefs regains d’intérêt pour l’Europe mais soyons sans illusions : jamais plus le soldat RYAN ne viendra mourir sur une plage d’Europe… d’autant qu’il s’appellera RAMIREZ ! N’imaginons pas qu’une fois la page TRUMP tournée, le flot s’inversera : il s’agit d’une tendance lourde. Le découplage États-Unis/Europe est inéluctable : TRUMP n’est pas un accident de l’histoire.

Ne pouvant lier son destin à une puissance dont les intérêts stratégiques s’éloignent des siens, l’Europe doit prendre acte que l’OTAN n’est plus son assurance tous risques et réagir, vite : elle ne dispose plus que de quelques années pour construire son propre système de défense. À défaut, elle se trouvera fort démunie lorsque le dernier navire de l’US Navy aura quitté Anvers pour ramener à Baltimore le dernier soldat américain.

Enfin, soyons en sûrs, le monde a besoin d’Europe. Qu’on le veuille ou non, notre monde né le 26 juin 1945 à San Francisco est aujourd’hui moribond. Or, notre planète en ébullition, en mutation profonde, de moins en moins régulée par des organisations faiblissantes, notre planète a besoin d’Europe.
Une Europe née de l’entrechoquement sanglant des ambitions nationales, puis des Lumières, puis de massacres encore, une Europe devenue pôle de sagesse et d’équilibre, une Europe creuset et porteuse des valeurs humanistes, une Europe aux ambitions désormais raisonnables, facteur d’apaisement dans un monde qui court à nouveau vers le gouffre.

L’Europe doit jouer son rôle dans le monde. Mais pour cela elle doit être entendue, donc militairement forte. Car depuis que le monde existe, son histoire est ainsi faite : les valeurs ne valent que par la puissance de l’épée, la voix ne porte qu’en fonction du calibre des canons. Or aujourd’hui l’Europe, privée de puissance militaire commune, est un continent aphone. Cela explique que la France joue aujourd’hui un rôle plus important que l’Europe sur la scène internationale : elle peut s’engager concrètement, au cœur des crises. Sa voix porte bien davantage que celle de l’Europe.

QUEL MODÈLE POUR LA DÉFENSE DES PAYS EUROPÉENS ?

L’armée européenne est-elle la solution ? Elle est plutôt une Vision, mais une vision à long terme. En effet, une armée démocratique est nécessairement une armée de citoyens : tant qu’il n’y aura pas de citoyens européens, il n’y aura pas d’armée européenne. Celle-ci suppose une autorité politique légitime décidant pour les nations de l’intérêt stratégique commun, donc, si nécessaire, de l’engagement des forces – et de la mort… – au combat. Nous en sommes loin. Mais c’est une vision utile, un jalon ultime.

Il faut donc construire auparavant – et urgemment : il nous reste vingt ans tout au plus – une armée des nations européennes. Pas des 27 nations : nous n’avons plus le luxe du rêve. L’élargissement européen a été poussé par l’Oncle Sam pour dissoudre l’Europe dans l’espace : résultat brillamment atteint. De Paris à Budapest, les perceptions des menaces et des intérêts stratégiques, les cultures opérationnelles, sont trop divergentes pour que les pays de l’Union acceptent d’une seule voix de subordonner leur défense à la mise en commun de moyens dont ils auraient perdu la liberté d’emploi.

Le réalisme veut donc que l’on parte d’un noyau de nations souveraines capables de compromis stratégiques et d’érosion de leur autonomie au nom d’un intérêt supérieur accepté, dépassant les égoïsmes nationaux. Ce qui suppose une conscience claire de ce qui a été écrit plus haut, un volontarisme sans faille et un façonnage obstiné des opinions publiques pour le bien commun des citoyens. La solution aujourd’hui la plus prometteuse a fait ses preuves dans d’autres domaines – celui de la politique monétaire en particulier. C’est celle d’un Eurogroupe de défense, porté par les volontés conjointes de la France et de l’Allemagne, dans lequel les décisions seraient prises à la majorité qualifiée.

Dans un monde aux évolutions belligènes et en l’absence de capacité régulatrice internationale, il revient à l’Europe d’assumer sa défense commune. S’ils tiennent à leur civilisation, les Européens doivent se doter au plus tôt de moyens propres de défense : de manière réaliste, fermement mais pas à pas, en cessant de rêver à un ordre ancien définitivement disparu.

Peu importe, au fond, l’appellation. Ce dont l’Europe a besoin, c’est une défense de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe, disposant d’une capacité militaire autonome et intégrée, apte à défendre en autonomie ses intérêts et sa capacité à vivre comme elle l’entend.DéfenseÉtats-UnisEuropeG2SGénéral Desportes

https://theatrum-belli.com/assurer-seul-sa-defense/

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Brouille & brouillage

Brouille & brouillage

3 Juillet 2019

Après que l’envoyé russe au sommet de Jérusalem ait renvoyé Washington et Tell Aviv dans les cordes concernant l’Iran, des accusations avaient paru dans la presse israélienne faisant état de brouillages systématiques de la part de l’ours. Peut-être pas tout à fait à tort…

On sait que l’OTAN avait déjà pleurniché en novembre de l’année dernière, lorsque sa petite fiesta scandinave avait été sérieusement perturbée par le brouillage, forcément intentionnel, du GPS de ses appareils. L’Alliance atlantique en est encore toute retournée. Si on ne peut plus organiser de grandes manœuvres militaires aux portes de la Russie, où va-t-on, ma bonne dame ? On savait aussi que les false flags d’avril avaient vu un flop retentissant de la petite démonstration américaine, la plupart des missiles tirés sur la Syrie étant descendus ou brouillés. Le couac français a même poussé Paris à s’équiper en urgence et à installer des récepteurs plus fiables sur ses navires. Pas sûr que ça change grand chose, tant l’avance russe en matière de guerre électronique est connue de tous, particulièrement des Etats-Uniens qui en bavent de rage et tentent aux aussi de trouver la parade.

« Là où Poutine passe, les GPS trépassent » titre joliment un magazine. A ses moments perdus, l’ours s’amuse régulièrement à brouiller ou à usurper, selon son humeur, les signaux GPS. Les deux ne doivent en effet pas être confondus. Le brouillage consiste simplement à envoyer un puissant signal radio qui empêche les signaux des satellites d’atteindre les appareils destinataires, fermant de facto la zone à la navigation par GPS. L’usurpation est bien plus subtile et vise à envoyer carrément de faux signaux, transmettant des coordonnées de géolocalisation incorrectes.

Ces dernières années, les incidents d’usurpation se sont multipliés autour de la Crimée, spécialement près du fameux détroit de Kertch, théâtre d’une provocation ukrainienne il y a sept mois afin de torpiller le sommet entre le Donald et Vladimirovitch. Des dizaines de navires de la zone ont vu leur système de navigation indiquer des lieux farfelus.

On comprend dans ces conditions que Tel Aviv et le CentCom, tout occupés à leur croisade hystérique contre l’Iran, soient quelque peu troublés par l’irruption électronique russe au Moyen-orient. Il se murmure d’ailleurs que le récent bombardement israélien sur la Syrie a profité de l’ouverture du ciel par les Russes pour permettre une étonnante frappe US sur Al Qaeda à Idlib (la première en deux ans !) Les deux événements ont eu lieu le même jour, à savoir le 30 juin. Washington ayant, comme chacun sait, la furieuse habitude de bichonner les barbus de l’Idlibistan plutôt que de les fesser, on peut même se demander si cette mascarade n’a pas été un simple prétexte pour aider le petit ami israélien dans le ciel syrien.

Toujours est-il que les Russes entendent conserver une franche longueur d’avance dans la guerre électronique. Ils viennent de tester une nouvelle méthode de brouillage en combinant trois systèmes différents qui avaient déjà fait leurs preuves. Quand les inévitables récriminations otanesques se feront entendre, vous en connaitrez la raison…

Tag(s) : #Russie#Etats-Unis#Moyen-Orient

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/07/brouille-brouillage.html

Le bras long du Groupe de Bilderberg

« L’ART DE LA GUERRE »

Le bras long du Groupe de Bilderberg

Depuis plusieurs années, beaucoup d’âneries ont été écrites à propos du Groupe de Bilderberg. Pourtant, à partir de documents, il est possible d’en avoir une vision fiable. De nombreux chercheurs s’y sont attelés. Il ne s’agit absolument pas d’un gouvernement mondial, mais d’un réseau d’influence, composé par la CIA et le MI6 pour soutenir l’Otan.

 | ROME (ITALIE)  

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Arrivées d’Henry Kissinger et de Mike Pompeo au Montreux Palace pour la tenue de la 67ème réunion annuelle du Groupe de Bilderberg

Trois Italiens ont été invités cette année à la réunion du groupe Bilderberg, qui s’est tenue à Montreux en Suisse, du 30 mai au 2 juin. Aux côtés de Lili Gruber, l’animatrice télévisée de La7, hôte désormais permanente du Bilderberg, a été invité un autre journaliste : Stefano Feltri, directeur-adjoint du Fatto Quotidiano dirigé par Marco Travaglio. Le « troisième homme » choisi par le Bilderberg est Matteo Renzi, sénateur du Partito Democratico, ancien président du Conseil.

Le groupe Bilderberg, constitué en 1954, formellement par l’initiative d’« éminents citoyens » états-uniens et européens, fut en réalité créé par la CIA et par le service secret britannique MI6 pou soutenir l’Otan contre l’URSS [1]. Après la Guerre froide, il a gardé ce même rôle en soutien de la stratégie USA/Otan.

À ses réunions sont invités chaque année, venant presque exclusivement d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord, environ 130 représentants du monde politique, économique et militaire, des grands médias et des services secrets, qui formellement participent à titre personnel. Ils se réunissent à huis clos, chaque année dans un pays différent, dans des hôtels de luxe blindés par de draconiens systèmes de sécurité militaires. N’est admis aucun journaliste ou observateur, et aucun communiqué n’est publié. Les participants sont tenus à la règle du silence : ils ne peuvent même pas révéler l’identité des intervenants qui leurs ont fourni des informations (au mépris de la « transparence » proclamée). On sait seulement que cette année on a surtout parlé de Russie et Chine, de systèmes spatiaux, d’un ordre stratégique stable, de l’avenir du capitalisme.

Les présences les plus importantes ont été, comme d’habitude, celle d’Étasuniens : Henry Kissinger, « figure historique » du groupe qui le créa avec le banquier David Rockefeller (également fondateur de la Commission Trilatérale, mort en 2017) ; Mike Pompeo, ancien chef de la CIA et actuel secrétaire d’État [2] ; David Petraeus, général et ancien chef de la CIA [3] ; Jared Kushner, conseiller (et gendre) du président Trump pour le Moyen-Orient et ami intime du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Venant à leur suite Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, qui a reçu un second mandat pour ses services rendus aux USA.

Pendant quatre jours, dans des rencontres secrètes multilatérales et bilatérales, ces représentants, et d’autres, des grands pouvoirs (affichés et occultes) de l’Occident ont renforcé et élargi le réseau de contacts qui leur permet d’influer sur les politiques gouvernementales et sur les orientations de l’opinion publique.

Les résultats sont visibles. Sur Il Fatto Quotidiano Stefano Feltri défend à couteaux tirés le groupe Bilderberg, expliquant que ses réunions se tiennent à huis clos « pour créer un contexte de débat franc et ouvert, justement en tant que non institutionnel », et s’en prend aux « nombreux complotistes » qui diffusent des « légendes » sur le groupe Bilderberg et sur la Commission Trilatérale [4].

Il ne dit pas que, parmi les « nombreux complotistes » se trouve le juge Ferdinando Imposimato, président honoraire de la Cour Suprême de Cassation (décédé en 2018), qui résumait ainsi le résultat des enquêtes qu’il avait effectuées : « Le groupe Bilderberg est un des responsables de la stratégie de la tension et donc aussi des massacres » à commencer par celui de Piazza Fontana, de concert avec la CIA et les services secrets italiens, avec Gladio et les groupes néo-fascistes, avec la loge P2 et les loges maçonniques USA dans les bases Otan [5].

Dans ce prestigieux club a été à présent admis même Matteo Renzi. Étant exclu qu’ils l’aient invité pour ses talents d’analyste, reste l’hypothèse que les puissants du Bilderberg soient en train de préparer de façon occulte quelque autre opération politique en Italie. Feltri nous excusera de nous joindre ainsi aux « nombreux complotistes ».

Lire : Le groupe Bilderberg, l’« élite » du pouvoir mondial, du sociologue et économiste italien Domenico Moro (traduction M-A Patrizio) Éditions Delga, Paris 2015 (19 euros). Avec une “Présentation au lecteur français” de Bernard Genet (animateur de Comaguer).

Nous avons reproduit la liste officielle des participants à la réunion 2019 du Groupe de Bilderberg, mais avec notre propre définition de leurs fonctions : « Liste des participants à la réunion 2019 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2019.

L’annonce aux participants d’événements politiques inattendus est une caractéristique du Groupe de Bilderberg. Ainsi, invita-t-il en 2014 Emmanuel Macron, qui y prononça sa rupture d’avec François Hollande. Ou en 2016 le maire du Havre, Édouard Philippe, qui y prononça son ralliement à Emmanuel Macron. Les deux hommes devinrent président de la République et Premier ministre.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

[1] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie) , Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[2] Ne figure pas sur la liste officielle. Sa présence a été révélée par le quotidien L’Écho : « Mike Pompeo est à la réunion du groupe Bilderberg », Nicolas Keszel, L’Écho, 1er juin 2019.

[3] David Petraeus a conçu, en tant que directeur de la CIA, l’armement de Daesh par l’Opération « Timber Sycamore ». Il poursuit aujourd’hui ce trafic en tant que directeur du Global Institute du fonds de placement KKR. KKR est dirigé par Henry Kravis, hôte incontournable du Bilderberg, dont sa femme est administratice. Il est aussi le principal financier d’Emmanuel Macron. « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[4] “Sì, il gruppo Bilderberg mi ha invitato alla sua riunione. Vi spiego perché mi interessa partecipare”, Stefano Feltri, 28 Maggio 2019 ; « Stefano Feltri al Bilderberg, per me è un errore e le spiego perché », Angelo Cannatà, 1 Giugno 2019 ; « Dentro il Bilderberg : ecco di cosa si discute davvero », Stefano Feltri, 4 Giugno 2019, Il Fatto Quotidiano.

[5] « Terrorisme : le juge Imposimato accuse le Bilderberg », Réseau Voltaire, 30 janvier 2013.

https://www.voltairenet.org/article206664.html

Le Figaro Premium – Une «feuille de route

Le Figaro Premium – Une «feuille de route

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Le Figaro Premium – Une «feuille de route:

Le chantier est laborieux mais des initiatives importantes ont été prises récemment, avec pour objectif la création à l’horizon d’une dizaine d’années d’une Union européenne de sécurité et de défense (UESD).

Peu présent durant la campagne, le chantier de la défense européenne, toujours laborieux, n’en est pas pour autant au point mort. À Paris, une concertation interministérielle a été engagée, le 9 mai, sur la base d’un rapport remis, début mars, à Emmanuel Macron par l’ancien secrétaire général de la défense nationale (SGDSN), Louis Gautier. Intitulé «Défendre notre Europe. Vers une union de la sécurité et de la défense», ce document se distingue par une approche résolument pragmatique. Le constat de départ est en forme de signal d’alarme. D’inquiétantes inconnues pèsent sur l’équation de sécurité européenne, à cause du démantèlement des accords conclus à la fin de la guerre froide, l’amoindrissement de la garantie américaine, ou ce qui est ressenti comme tel, et les provocations russes. «Soyons lucides, les Européens sont incapables de faire face collectivement à une crise majeure qui surviendrait sur leur sol ou à un conflit dans leur voisinage», souligne Louis Gautier, qui vient qui d’être auditionné au Parlement.

» LIRE AUSSI – L’«armée européenne», nouvelle priorité du couple franco-allemand

Des initiatives importantes ont été prises récemment. Un fonds européen de défense (FEDef) prévoit 13,4 milliards d’euros entre 2021 et 2027 pour les équipements et la recherche. «Pour la première fois, il y aura sur la table de l’argent européen pour la défense et cela va changer la donne», estime Louis Gautier. Autre exemple, le système de combat aérien du futur (SCAF) qui conditionne l’avenir dans le domaine aéronautique militaire. À bas bruit, la relance du projet est engagée. «Mais l’essai n’est pas transformé et ne pourra l’être que dans la durée», relève l’auteur du rapport.

«Ayons un niveau d’ambition élevé mais qui soit accepté par nos partenaires»

Les espoirs ont été plusieurs fois déçus. Pour être consolidée, la dynamique nécessite une «feuille de route» partagée avec l’Allemagne, et proposée aux autres partenaires européens, estime M. Gautier. L’objectif est la création à l’horizon d’une dizaine d’années d’une Union européenne de sécurité et de défense (UESD) reposant sur un accord politique autour de cinq finalités: l’affirmation des intérêts stratégiques européens, la protection de l’Union et de ses citoyens, la réaction aux crises et aux conflits, le renforcement capacitaire, la consolidation de la base industrielle et technologique européenne. Un processus graduel prévoit trois premières étapes, en 2020, 2022 et 2027. Après cette échéance, un accord obtenu de tous ou à quelques-uns pourrait donner naissance à l’UESD. Cela impliquera éventuellement une révision des traités européens ou un traité ad hoc pour les seuls États qui le souhaiteraient.

Cela suppose de la part de la France un certain nombre de clarifications, concède Louis Gautier, tant il est vrai que «l’Europe de la défense» est devenu un mot-valise, intraduisible pour nos partenaires, un fourre-tout perçu comme la projection de la façon dont les Français conçoivent la défense nationale. «Ayons un niveau d’ambition élevé mais qui soit accepté par nos partenaires», insiste l’ex-SGDSN. Son rapport, qu’il compare à une «boîte à outils», formule une centaine de propositions concrètes, notamment pour affirmer l’autonomie stratégique des Européens. Un point de friction pour les pays qui s’en remettent d’abord à l’Otan pour leur défense. «Arrêtons les faux débats, n’agitons pas les drapeaux rouges qui permettent à certains de trouver des faux-fuyants», rétorque Louis Gautier, estimant que «personne ne conteste le rôle de l’Otan pour gérer la défense collective des Européens et les crises “du haut du spectre”». En revanche, l’UE doit se préoccuper des crises qui ont des conséquences majeures sur sa sécurité: attaques terroristes visant les organismes d’importance vitale, afflux migratoires aux frontières, trafics en mer, menées hostiles dans le milieu cyber, spatial, voire sous-marin…

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 25/05/2019.
Accédez à sa version PDF en cliquant ici

Source: premium.lefigaro.fr

https://eldorhaan.wordpress.com/2019/05/26/le-figaro-premium-une-feuille-de-route/#more-48736

Entre Turquie et OTAN, le torchon brûle

Entre Turquie et OTAN, le torchon brûle

La Turquie, deuxième puissance de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord cristallise de nombreux points de divergence avec ses alliés occidentaux. Entre réaffirmation de souveraineté et prise de distance avec le bloc occidental, la Turquie peut-elle se maintenir dans l’OTAN ?

La Turquie, un allié historique, membre de l’OTAN, en relation conflictuelle avec ses alliés

Le président Erdogan (Turquie) se rapproche de concurrents de l'OTAN et se repositionne dans la géopolitique mondiale
Le président Erdogan se rapproche de concurrents de l’OTAN et se repositionne dans la géopolitique mondiale

La Turquie est membre de l’OTAN depuis 1952. Son armée est la plus grande d’Europe avec près d’un demi-million de soldats actifs. Le pays a, de plus, participé aux missions en Corée, au Koweït ou encore en Afghanistan, respectant ainsi ses engagements. Les États-Unis possèdent également deux bases militaires à Izmir et Incirlik, ce qui démontre les liens militaires historiques entre Ankara et Washington.

Depuis près de soixante-cinq ans, le pays est donc considéré comme un allié stratégique du bloc occidental. Mais depuis quelques années, les désaccords politiques et stratégiques ne manquent pas.

Désaccord sur la zone économique exclusive chypriote

La découverte de gisement de gaz naturel au large de Chypre, en 2017, est un de ces points de conflit. Ankara songe à exploiter cet immense gisement qui déborderait sur la zone économique exclusive (ZEE) de l’île. Ce contentieux ravive des désaccords politiques entre l’Union Européenne et Ankara à propos de la partition de Chypre en 1974. Le président Erdogan a fait organiser de grandes manœuvres maritimes en mai 2019 afin d’envoyer un message clair aux compagnies occidentales : la Turquie lancera des activités de forage dans la zone, qu’elle ne reconnaît pas comme ZEE de la République de Chypre.

Ankara se positionne ainsi en défenseur des intérêts de la République turque de Chypre du Nord, zone Nord de l’île autoproclamée indépendante mais non reconnue par la communauté internationale. L’Union Européenne, regroupant de nombreux membres de l’OTAN, a fait part de sa préoccupation en réaction aux plus grandes manœuvres maritimes turques de l’Histoire. Ces manœuvres militaires, peu conventionnelles en termes de diplomatie entre alliés, démontrent bien les tensions politiques grandissantes entre membres du traité.

La question kurde, véritable point de blocage 

Il existe un second point de désaccord entre la Turquie et l’OTAN : la question Kurde et le conflit syrien. Ankara menace d’un assaut antikurde en Syrie depuis décembre dernier mais se heurte à la présence de forces spéciales de l’OTAN dans le Rojava, région majoritairement kurde de Syrie. Il en va, selon Ankara, de sa sécurité et de son intérêt national. A ce titre, l’accueil de représentants kurdes syriens à Paris par le président Macron en avril 2018 a suscité une réaction très vive de la part de la Turquie. En représailles, l’agence de presse turque Anadolu, soutien d’Ankaraa publié le positionnement confidentiel des forces spéciales françaises dans le Nord de la Syrie.

Les relations avec la Russie crispent l’OTAN

Le rapprochement géopolitique turco-russe représente également une ligne de divergence politique entre l’OTAN et son allié. Le théâtre syrien a en effet impulsé un dialogue de plus en plus fréquent et cordialentre Ankara et Moscou. Des coopérations dans les domaine gazier – avec le gazoduc Turkstream –, nucléaire et militaire ont été mises en place.

Le quatrième point de conflit concerne justement le rapprochement militaro-industriel turco-russe. Ce sujet très épineux entre l’OTAN et Ankara a pour cause l’achat de missiles antiaériens S-400 russes. Ainsi, le deuxième pourvoyeur d’hommes de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord achète du matériel militaire à son potentiel ennemi. De plus, les logiciels de l’OTAN ne sont pas toujours compatibles avec les matériels russes. Cette situation est inacceptable pour les États-Unis qui menacent de retirer Ankara du consortium visant à la production du nouvel avion furtif F-35. Si la Turquie souhaite des batteries antiaériennes russes, elle devra se passer de sa commande d’avions furtifs.

Cette menace de Washington à son allié a encore rafraîchi les relations entre les deux pays. Cela ne semble pas infléchir la position d’Ankara et de son gouvernement sur ce dossier. Il en va, selon le pays, de sa souveraineté. Le président Erdogan va même plus loin en annonçant dimanche 19 mai la co-construction des batteries S-500 avec la Russie.

Tous ces points de tensions représentent une menace pour le maintien d’Ankara au sein de l’OTAN. Si cela arrivait, le message politique d’une sortie du traité servirait les intérêts de concurrents internationaux. Le président Erdogan le sait et joue ainsi sur deux tableaux. Courtisé et menacé, il manœuvre habilement au grand dam de ces alliés d’hier, au risque que cela se retourne contre lui. Mais qui se passerait volontairement de la Turquie comme allié dans les prochaines années ?

Sources :

-“Turquie, un allié de Poutine dans l’OTAN ?”, Gatestone Institute, 24 mars 2019, (https://fr.gatestoneinstitute.org/13946/turquie-poutine-otan)

-“Il faut exclure la Turquie de l’OTAN”, Le Figaro, 13 mars 2018, (http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/03/13/31002-20180313ARTFIG00199-il-faut-exclure-la-turquie-de-l-otan.php)

-“Une rupture de la coopération militaire privilégiée entre la Turquie et les Etats-Unis d’Amérique ?”, Ovipot Hypothèses, 29 mars 2019, (https://ovipot.hypotheses.org/15330)

-“Les déterminants de la relation Russie-Turquie”, FMES, 21 novembre 2018, (http://fmes-france.org/les-determinants-de-la-relation-russie-turquie/)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internationales.

LES ETATS-UNIS ET L’OTAN POUSSENT À LA MILITARISATION DE L’EUROPE DE L’EST

LES ETATS-UNIS ET L’OTAN POUSSENT À LA MILITARISATION DE L’EUROPE DE L’EST

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Les tensions entre l’OTAN et la Russie s’accentuent, notamment entre les États-Unis et la Russie. Les deux côtés s’accusent mutuellement de se renforcer militairement. L’INF échoue, les deux parties accusant l’autre de ne pas s’y conformer depuis le début.

Du côté de l’OTAN, elle ne fait que donner suite à sa présence avancée renforcée (eFP), qui visait à dissuader l’agression, à ce point mythique, de la Russie. Alors que Moscou maintient qu’il est obligé de rassembler des forces, en réponse aux Etats-Unis et Cie.

Le 19 novembre, l’OTAN a adopté une résolution intitulée «Renforcer la dissuasion de l’OTAN à l’est». Cette résolution est due à la reconnaissance par l’OTAN du fait que «les territoires et les populations de l’OTAN font face à d’importantes menaces classiques et hybrides, notamment à l’est».

À savoir, certaines des menaces mentionnées sont:

  1. Consciente du fait que les relations entre l’OTAN et la Russie sont au plus bas depuis la fin de la guerre froide, compte tenu de l’agression militaire de grande ampleur commise par la Russie contre la Géorgie en 2008;
  2. Alarmée par les comportements de plus en plus agressifs et irresponsables de la Russie sous la forme de cyber-attaques, l’usage de la force contre ses voisins, l’utilisation illégale d’agents neurotoxiques pour la tentative de meurtre sur le territoire allié, ainsi que la sournoiserie insidieuse des institutions démocratiques et principes par le biais de son utilisation des campagnes d’ingérence électorale et de désinformation;
  3. Reconnaissant que le changement de doctrine de la Russie de 2010 à 2014 a réaffirmé que l’OTAN était son concurrent de facto et qu’elle considérait ses activités en Europe centrale et orientale comme des menaces directes aux intérêts nationaux russes;
  4. Préoccupé par le déploiement par la Russie de systèmes modernes anti-accès / refus de zone (A2 / AD) le long du flanc est de l’OTAN, qui pourraient entraver la liberté de circulation de l’Alliance;

À cette fin, le PAE en Pologne et dans les pays baltes est plus important que jamais pour protéger le flanc est de l’OTAN des exemples d’agression russe, dont la plupart, sinon tous, ne sont étayés par aucune preuve.

La Géorgie est félicitée pour son engagement dans les discussions stratégiques avec l’OTAN et ses efforts pour renforcer la sécurité dans la mer Noire.

Au moins, l’OTAN reconnaît que la nécessité du programme eFP tient à son expansion à l’est , mais uniquement parce que l’Europe de l’Est et les pays baltes sont encore relativement nouveaux dans le discours de «l’agression russe» et qu’ils doivent simplement «améliorer» leur infrastructure pour pour un déploiement rapide de troupes:

« Reconnaître que l’élargissement de l’OTAN vers l’est a nécessité des améliorations stratégiques, en particulier en ce qui concerne les infrastructures obsolètes et les réglementations bureaucratiques, ce qui pourrait retarder le mouvement rapide des troupes et des fournitures. »

Un grand nombre de ces problèmes découlent également du couloir Suwalki, entre Kaliningrad et la Biélorussie, qui pourrait constituer un point d’étranglement entre les pays baltes et le reste de l’OTAN.

En outre, le comité de coordination des transports de l’UE a été félicité pour son investissement de 1,9 milliard d’euros dans les infrastructures stratégiques en Europe de l’Est et pour d’autres améliorations majeures. En conséquence, l’impulsion doit maintenant être donnée à l’OTAN et à l’UE qui travaillent ensemble pour réaliser l’objectif commun qui est de pouvoir déplacer les forces de l’OTAN (des États membres de l’UE et des pays non membres de l’UE) à travers l’Europe le plus rapidement possible.

Parce que le déploiement rapide des troupes et l’absence de formalités administratives sont la raison même de la dissuasion.

L’exercice Trident Juncture 2018 a été salué parce que la simulation d’invasion de la Norvège par la Russie offrait une chance à la Force opérationnelle interarmées à disponibilité très élevée (VJTF) de se former.

Trident Juncture 2018 a rassemblé environ 50 000 participants de l’OTAN et des pays partenaires, environ 250 aéronefs, 65 navires et jusqu’à 10 000 véhicules. Elle s’est déroulée du 25 octobre au 7 novembre 2018.

« Trident Juncture montrera au monde que l’OTAN est pertinente, unie et prête à se défendre dans le scénario de l’Article 5, mettant à l’épreuve notre défense collective », a déclaré l’amiral James G. Foggo, commandant du commandement de la force interarmées alliée à Naples. L’article 5 est un pays allié en train d’être envahi et la Norvège est idéalement enneigée, à l’instar d’une grande partie de la Russie.

La formation a également permis à l’OTAN de retourner à sa mission principale.

«L’OTAN doit organiser des exercices à grande échelle. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons tester tous les niveaux de l’alliance: des troupes sur le terrain jusqu’à un niveau stratégique », déclare le général Denis Mercier, commandant suprême de la transformation alliée (SACT) à l’OTAN.

«L’OTAN a besoin d’une formation réaliste permettant de combiner des opérations aériennes, navales et terrestres. En Norvège, nous avons tout. C’est l’un des meilleurs endroits pour s’entraîner en Europe », a déclaré Mercier. «Le climat froid présente également des défis supplémentaires pour les soldats, qui affinent leurs compétences.»

En outre, la résolution «Renforcer la dissuasion de l’OTAN à l’Est» appelle à une militarisation encore plus poussée de l’Europe de l’Est.

«Continuer à assurer la pérennité et la disponibilité de la présence renforcée de l’OTAN dans les États baltes et en Pologne, ainsi que de la région de la mer Noire, de la force de frappe au feu, et de la force de réaction renforcée de l’OTAN»,

Et

« S’assurer que l’Alliance dispose des moyens nécessaires pour renforcer les Alliés dans un environnement A2 / AD, éventuellement via l’acquisition d’appareils de combat perfectionnés, de systèmes de brouillage et de systèmes de missiles de précision à longue portée. »

Immédiatement après la fin de Trident Juncture, du 7 au 16 novembre, la Pologne et les États baltes ont organisé leur plus grand exercice militaire de l’OTAN, « Anakonda ».

  • Environ 17 500 soldats de 10 États membres de l’OTAN ont participé aux exercices militaires. Parmi eux, 12 500 étaient des soldats polonais. Les 5 000 autres venaient de divers membres de l’OTAN en Estonie, en Lituanie et en Lettonie.
  • Les exercices comprenaient des manœuvres navales dans la mer Baltique.

Globalement, en 2018, l’OTAN a mené 103 exercices, dont 51 ouverts à des partenaires. En 2019, un total de 102 sont prévus, dont 39 seulement sont ouverts aux pays partenaires.

Les exercices dirigés par l’OTAN et les alliés en 2019 comprennent environ 25 exercices principalement axés sur le domaine terrestre, 27 exercices axés sur le domaine aérien et 12 exercices principalement axés sur les opérations maritimes. De nombreux autres exercices entraînent des fonctions ou des compétences spécifiques telles que la cyberdéfense, la prise de décision en cas de crise, la défense nucléaire chimique, biologique et radiologique, la logistique, les communications et le médical.

La plupart des exercices «clés» ont lieu dans les pays suivants: mer Noire, Géorgie, Estonie, États baltes, Pologne et Norvège. Un seul aura lieu en Bulgarie et en Roumanie, ainsi qu’en Hongrie.

Fait à noter, l’exercice de «Cyber ​​Coalition» se concentrera sur la cyberdéfense et se déroulera en Estonie, qui a déclaré à plusieurs reprises avoir des preuves d’activités de piratage en Russie, mais n’en a encore fourni aucune.

La militarisation de la région devient encore plus évidente en se concentrant sur certains pays situés à la frontière russe.

Lettonie

Le 8 mars, le ministère de la Défense letton a annoncé que le pays, avec l’Estonie et le Danemark, avait ouvert le quartier général de la division nord de l’OTAN à Adazi, près de Riga.

La Division du Nord aura pour tâche principale de gérer les opérations militaires dans sa zone de responsabilité. Le nouveau quartier général commencera à planifier et à gérer les opérations militaires, ainsi qu’à planifier et à intégrer les activités des unités de l’OTAN afin de renforcer la sécurité de la région et d’organiser des entraînements conformes aux plans de défense de l’alliance.

Il doit être accepté dans la structure de l’OTAN en juin 2019.

Le 8 février , 13 hélicoptères UH-60 et HH-60 Black Hawk sont arrivés en Lettonie, ainsi que 150 soldats du 3e bataillon de la 1re Brigade d’aviation de combat pour soutenir l’armée lettone.

Cela faisait partie de l’opération Atlantic Resolve, qui est décrite comme une démonstration de l’engagement des États-Unis envers la sécurité collective dans la région.

Au 31 mars, environ 1 400 soldats de l’OTAN étaient stationnés en Lettonie.

US-NATO Push For Militarization Of Eastern Europe

En avril, le service de sécurité de la Lettonie, le Bureau de la protection de la constitution (SAB), a publié son bilan public annuel de ses activités en 2018.

Une grande partie du rapport se concentre sur la situation intérieure de la Russie et les conséquences de la politique du Kremlin sur la Lettonie ne sont présentes qu’après le point médian du document.

«Les actions contre la Lettonie sont menées par des services spéciaux de plusieurs pays. Les activités agressives des services de renseignement et de sécurité russes constituent une grave menace pour la sécurité collective de l’OTAN et de l’UE, ainsi que pour la sécurité nationale de la Lettonie, tandis que les activités menées par des services spéciaux d’autres pays au cours de l’année écoulée sont considérées comme modérées et sérieuses. ne pas avoir directement menacé la sécurité nationale de la Lettonie. Les activités des services spéciaux russes contre la Lettonie entrent dans le cadre de leurs activités générales contre l’Occident », a déclaré le rapport du Conseil consultatif, en s’appuyant sur les principaux médias.

«En octobre 2018, les médias ont annoncé que Roman Tatarka, un employé de l’ambassade de Russie à Riga, fréquentait la même académie militaire qu’Anatoly Chepiga, impliqué dans l’empoisonnement de Sergei Skripal. Tatarka a été rappelé de Lettonie au début de 2019 », explique SAB.

«SAB a prédit le fort intérêt de la Russie pour les élections législatives de 2018 en Lettonie. Aucune campagne ciblée influant sur les résultats des élections n’a été observée », a-t-il ajouté, ajoutant que les services russes« utilisaient principalement des sources ouvertes pour collecter des informations sur les élections et le processus de formation du gouvernement qui a suivi ».

En termes de cybersécurité, la Lettonie est particulièrement menacée par la Russie, indique le rapport, mais donne peu de détails ou de chiffres.

«Selon les informations dont dispose le SAB, des attaques informatiques contre la Lettonie ont été perpétrées par GU et FSB au cours des dernières années. Les attentats sont liés à l’espionnage et, dans la plupart des cas, sont dirigés contre des institutions gouvernementales ou des responsables individuels travaillant dans les domaines des affaires intérieures, des affaires étrangères et de la défense. ”

À peu près au même moment , la Rand Corporation, un groupe de réflexion basé aux États-Unis et parrainé par le gouvernement, a également donné des indications à la Lettonie et à d’autres États baltes pour leur permettre de mieux lutter contre la Russie.

Le rapport indique: « Ces trois pays sont vulnérables aux attaques à basse altitude, hybrides et à grande échelle menées par les opérations spéciales russes et les forces militaires régulières déployées près de leurs frontières », et soulignant le « déséquilibre existant entre les forces russes et conventionnelles déployées de l’OTAN ». dans la région baltique. « 

Il se concentre principalement sur la défense totale et la guerre non conventionnelle.

«Les capacités de la TD et de l’UW pourraient retarder et perturber l’agression militaire russe contre les États baltes et rendre l’occupation d’un État balte très coûteuse pour les forces d’invasion, renforçant ainsi la dissuasion. Ces techniques et ces forces pourraient également soutenir une campagne de libération de l’OTAN et faciliter la transition vers une paix durable après la fin des opérations militaires en soutenant les activités de stabilisation, de démobilisation et de reconstruction », conclut le rapport.

Lituanie

En Lituanie, 1055 soldats de l’OTAN sont déployés dans le pays.

US-NATO Push For Militarization Of Eastern Europe

Le bataillon de l’OTAN en Lituanie comprend un quartier général et une compagnie de quartier général, une compagnie de soutien logistique, trois à quatre compagnies de combat et différentes unités de soutien au combat. Des renforts au bataillon de présence avancée de l’OTAN seront déployés si nécessaire, c’est-à-dire lors de la tenue d’exercices ou en cas de menace.

Il est basé à Rukla.

Depuis le sommet de l’OTAN à Varsovie en juin 2016 , environ 8 000 soldats alliés de neuf alliés de l’OTAN ont servi dans l’unité à tour de rôle.

En février , l’ Allemagne s’est engagée à investir plus de 110 millions d’euros d’ici 2021 pour améliorer les bases militaires en Lituanie.

«Nous voulons préciser que la Lituanie n’est pas seule et ne restera jamais seule. Il ne devra plus jamais sacrifier sa liberté et son indépendance », a déclaré à la presse Ursula von der Leyen lors d’une visite aux forces allemandes.

« Nous resterons ici avec la Bundeswehr (forces armées allemandes) aussi longtemps que nous aurons besoin de nous et tant que la situation de sécurité le nécessitera. »

La Lituanie se sent très menacée par les complexes de missiles russes Iskander situés à Kaliningrad, en Russie, juste de l’autre côté de sa frontière.

Mais Vilnius affirme que ce n’est rien de nouveau et simplement, rien d’extraordinaire.

Le ministre lituanien de la Défense, Raimundas Karoblis, a souligné « nous sommes [déjà] visés par des armes nucléaires tactiques d’une portée maximale de 500 km », faisant référence aux Iskanders. « Donc pour nous, la situation n’est pas nouvelle du tout », a-t-il ajouté.

Le Conseil atlantique financé par l’OTAN a également affirmé que certains diplomates européens souhaitaient même davantage d’armes nucléaires placées en Europe par les États-Unis afin de garantir la sécurité.

«Certains gouvernements européens aimeraient entendre exactement le contraire: que l’Occident ne recule devant rien pour combattre l’agression russe, y compris en combattant le système de missiles 9M729 anti-INF de Moscou avec plus d’armes nucléaires sur le territoire européen. Des diplomates baltes ont déclaré en privé qu’ils estimaient qu’écarter un tel déploiement était une erreur stratégique. « 

Récemment, à partir du 17 avril , le groupement tactique de l’OTAN a commencé l’exercice Eager Leopard à Pabrade.L’exercice a mobilisé près de 650 soldats et consistait en trois séquences d’entraînement de 36 heures, mettant à l’épreuve des tactiques offensives et défensives.

«Cet exercice est l’occasion idéale pour les entreprises allemandes, néerlandaises et tchèques d’accroître leur préparation et leurs capacités. Ceci est particulièrement important pour préparer l’exercice d’entraînement sur le terrain de niveau 3 Iron Wolf, que nous organiserons avec nos partenaires lituaniens en juin », a déclaré le lieutenant-colonel Peer Papenbroock, commandant du groupement tactique en Lituanie.

Estonie

L’Estonie abrite un contingent de 1 073 soldats de l’OTAN, originaires pour la plupart du Royaume-Uni.

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En avril 2018 , le président estonien Kersti Kaljulaid a appelé à l’installation de missiles Patriot américains et à l’envoi de troupes supplémentaires en Estonie.

«Nous voulons nous assurer que le territoire et les soldats de l’OTAN sont bien protégés», a-t-elle déclaré. «Nous devons nous assurer qu’il existe une défense aérienne et un appui aérien pour ces forces, le cas échéant. Nous avons besoin que notre dissuasion soit crédible. « 

Dans nos relations, nous avons dépassé le stade où vous venez à Washington avec un sac vide, puis un sac rempli de choses », a-t-elle déclaré. « Il y a un débat permanent entre les gouvernements des deux pays. »

Selon le président estonien, les pays occidentaux ont payé pour leurs erreurs lorsqu’elles traitent avec la Russie et qu’elles ne devraient pas être répétées, soulignant la question de la Géorgie en 2008 et la Crimée.

«Nous assumons une partie de la responsabilité de la situation actuelle», a-t-elle déclaré. «Cela commence en 2008 en Géorgie. Notre réaction à l’occupation partielle de la Géorgie a été faible et la situation a été rétablie assez rapidement.

«Cela fait partie de la raison pour laquelle la Crimée est arrivée, la Russie a mal interprété ce qui va se passer, ce qui va devenir une réaction. Nous nous sommes bien entendus et avons arrêté l’avalanche.

Kaljulaid a déclaré que l’Occident devait faire preuve de « patience stratégique », notamment en soutenant les sanctions économiques contre la Russie et peut-être en les renforçant.

Le 20 mai 2019, l’agence de presse nationale estonienne a déclaré qu’un avion de combat militaire russe Tu-154 avait violé son espace aérien pendant moins d’une minute.

L’ exercice Spring Storm 2019 s’est déroulé du 6 au 17 mai dans le nord-est de l’Estonie.

Plus de 9 000 soldats, parmi lesquels des milliers de conscrits, réservistes et soldats en activité estonienne, ainsi que des centaines de véhicules en provenance de 15 pays de l’OTAN et de leurs partenaires, ont été impliqués.

« La tempête de printemps montre que l’OTAN est capable de se défendre contre tous les adversaires », a déclaré le porte-parole adjoint de l’OTAN, Piers Cazalet. « Il teste le bon fonctionnement de nos forces et constitue une expression forte de la solidarité des Alliés ». L’exercice permettra de tester la capacité des forces de l’OTAN à réagir à une crise fictive.

En novembre 2018 , le colonel Riho Uhtegi, chef des forces spéciales estoniennes, a déclaré que si la Russie envahissait la ville, «ils mourraient à Tallinn».

«Il y a toujours ces discussions. Ouais. Les Russes peuvent se rendre à Tallinn en deux jours. … Peut être. [La capitale estonienne est à environ 125 miles de la frontière russe.] Mais ils ne peuvent pas avoir toute l’Estonie en deux jours. Ils peuvent se rendre à Tallinn et derrière eux, nous couperons leurs lignes de communication, leurs lignes de ravitaillement et tout le reste. »Ce regard fixe de la Baltique me fixe à nouveau. «Ils peuvent arriver à Tallinn en deux jours. Mais ils mourront à Tallinn. Et ils le savent. … Ils vont faire feu de tous les coins, à chaque pas. ”

Aux yeux d’Uhtegi, la nouvelle Estonie est déjà en conflit avec la Russie. « Tous les conflits entre l’Estonie et la Russie ont été des conflits hybrides – 1924 était identique à 2014. »

Selon lui, toute la Russie a agi en Géorgie et l’Ukraine devait les empêcher de rejoindre l’OTAN. Selon certains , la Russie aurait tenté d’assassiner le Premier ministre du Monténégro pour obtenir le même résultat, mais sans succès.

Plus récemment, le 16 mai, le détachement de la Royal Air Force britannique à la base aérienne d’Ämari, en Estonie, a été brouillé par le Commandement des opérations aériennes combinées (COOC) à Uedem, en Allemagne, les 14 et 15 mai.

«Le CAOC a bousculé l’avion de combat de la RAF Typhoon pour identifier plusieurs avions de l’armée de l’air de la Fédération de Russie volant dans l’espace aérien international contrôlé par les agences de contrôle du trafic aérien des trois États baltes. Certains des avions non-membres de l’OTAN n’ont pas transmis de signal de transpondeur valide indiquant leur position aux contrôleurs aériens civils et n’ont pas été en contact avec le contrôle de la circulation aérienne local, respectivement », selon le communiqué.

Les typhons de la RAF ont été appuyés par l’armée de l’air hongroise JAS-39 Gripens, basée à la base aérienne de Šiauliai, en Lituanie, qui a également mené sa deuxième bataille d’alerte dans les deux jours. La Hongrie est actuellement le pays chef de file du maintien de l’ordre dans la Baltique.

Au début de l’année 2019, la Pologne menait l’alerte en frôlant les frontières russes.

Pologne

La Pologne est vraisemblablement l’État qui se fait concurrence pour être le représentant des États-Unis en Europe, le meilleur des autres États membres de l’OTAN.

Il abrite un contingent de 1 218 soldats de l’OTAN.

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Le 28 mars, il a été annoncé que des responsables de l’OTAN s’apprêtaient à mettre sur pied le plus grand projet de construction de construction d’un site de stockage de véhicules de combat américains en Pologne.

«Le dépôt est censé contenir du matériel de guerre américain dans ce pays d’Europe orientale, au cas où une confrontation avec la Russie voisine deviendrait une possibilité. Les responsables du Pentagone considèrent que les futures installations de Powidz, dans le centre-ouest de la Pologne, font partie d’un réseau mondial de coffres matériels destinés à servir d’armoiries lointaines aux soldats américains lorsque des combats sont à mener. « 

Il en coûte 260 millions de dollars, le mécanisme de financement du site de Powidz est remarquable. L’argent provient du soi-disant programme d’investissement dans la sécurité de l’OTAN, ou NSIP, auquel contribuent les 29 membres de l’alliance.

Des sources de la défense américaine ont déclaré que le site de stockage de Powidz ne signifiait pas que l’administration Trump envisageait d’imposer une empreinte de troupes permanente en Pologne.

L’administration Trump a demandé 144 millions de dollars pour le programme NSIP pour l’exercice 2020, contre 171 millions de dollars pour 2019.

« Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN ont reconnu que l’Alliance de l’Atlantique Nord est à un moment crucial pour la sécurité de nos nations et de nos populations et que l’Alliance était prête à réagir rapidement et fermement aux nouveaux défis en matière de sécurité », ont écrit des responsables de la défense Demande de budget pour l’AF-20. « Les actions agressives de la Russie ont fondamentalement remis en cause notre vision d’une Europe entière, libre et en paix. »

Par ailleurs, la Pologne est sur le point de conclure un accord avec les États-Unis pour établir une base militaire américaine dans l’ancien pays du bloc communiste, selon des personnes familières du sujet – un avant-poste que les Polonais considèrent comme un moyen de dissuasion à l’agression russe et que le Kremlin envisagerait probablement provocation « , a déclaré Bloomberg.

«Si un accord est conclu, le président Donald Trump envisage de se rendre en Pologne à l’automne, en partie pour commémorer l’accord. Mais on ne sait pas s’il soutient totalement cette idée, même après avoir déclaré lors d’une réunion avec le président polonais Andrzsej Duda, en septembre, que les États-Unis cherchaient «très sérieusement» à établir une base. Duda, qui a dit en plaisantant qu’il pourrait s’appeler «Fort Trump», reste engagé à contribuer 2 milliards de dollars à sa construction. »

Les Etats-Unis et la Pologne doivent également discuter de l’achat de chasseurs F-35, selon la secrétaire de l’US Air Force, Heather Wilson.

« Ils veulent approfondir leurs relations avec les États-Unis d’Amérique en partie grâce à l’interopérabilité d’équipements de pointe », a déclaré M. Wilson après un événement organisé par le Meridian International Center à Washington. «Ces discussions se poursuivent. Nous leur fournissons les informations dont ils pourraient avoir besoin pour prendre une décision. « 

« Le gouvernement polonais a décidé de choisir le F-35 et est en pourparlers avec les États-Unis », a déclaré M. Wilson.

La Pologne, l’un des plus grands prédicateurs de «l’agression russe» après les États-Unis, reçoit également des éloges pour avoir dépensé plus de 2% de son PIB en défense.

En mars 2018, la Pologne a signé un contrat de 4,75 milliards de dollars avec les États-Unis pour l’achat de systèmes de défense antimissile Patriot, qui n’ont pas encore été livrés.

La Pologne a promis de défendre la Lituanie de la Russie avec son système de défense antimissile si le besoin s’en faisait sentir.

En janvier, la Pologne a signé un contrat portant sur la livraison de 4 hélicoptères S-70i Black Hawk d’ ici à fin 2019.

En février, la Pologne a signé un contrat de 144 millions de dollars pour l’achat du système de roquettes à haute mobilité, HIMARS.

A peu près au même moment, l’ambassadeur des Etats-Unis en Pologne, Georgette Mosbacher, a déclaré que davantage de troupes seraient déployées dans le pays.

Le Pentagone veut un « plus agile, plus rotatif, plutôt que d’avoir des hôpitaux physiques, des maisons et de faire venir ses familles », a déclaré Mosbacher à un journal local. «Mais en termes de présence indéniable et d’un grand nombre de soldats américains ici, c’est acquis. Et je pense que les Polonais vont obtenir le maximum de ce qu’ils veulent.

Aucun chiffre précis n’a été fourni, mais le contingent américain de 4 000 personnes en Pologne serait augmenté «par centaines».

«Les Polonais sont un allié important. Ils investissent leurs 2% sans même convaincre. La modernisation de leurs forces armées s’élève à 40 milliards de dollars. Nous respectons cela », a-t-elle déclaré.

Et d’autres

Séparément, il y a sans aucun doute un autre développement des pays baltes et de la Pologne.

La Norvège envisage de doubler son contingent d’armées américaines dans le pays et a accueilli Trident Juncture, une simulation d’invasion du pays par la Russie. Il a même récemment affirmé que la Russie avait envoyé un « espadon-baleine dans le pays ».

La Roumanie héberge le système de défense antimissile Aegis Ashore, qui peut être utilisé pour lancer des missiles Tomahawk. Il a également récemment reçu THAAD, tandis que l’Aegis Ashore fait l’objet de mises à niveau régulières.

En mars, les États-Unis ont déployé des bombardiers B-52 au Royaume-Uni et ont même participé à leurs premières patrouilles au-dessus de l’Europe , des pays baltes et de la frontière russe pour se familiariser avec le théâtre.

Les SAS britanniques ont commencé à surveiller officiellement la frontière russe pour la première fois depuis la guerre froide . Des troupes des 21 et 23 SAS, les deux bataillons de réserve du régiment d’élite, ont été mobilisées pour des opérations sur la frontière estonienne avec la Russie.

«Les troupes mènent des opérations HERA (Environnement humain, Reconnaissance et Analyse), dans lesquelles elles surveillent le mouvement d’un ennemi potentiel et analysent leurs intentions.

Il est entendu qu’en cas d’attaque russe sur l’Estonie, les troupes du SAS resteraient derrière les lignes ennemies, où elles renverraient des rapports chiffrés sur les mouvements de troupes. « 

Leurs homologues américains se trouvent autour de la frontière russe depuis 2017 . Le nombre de membres des forces spéciales déployés en Europe en 2017 a quadruplé par rapport à l’année précédente. L’année 2016 a été celle du Sommet de Varsovie et de l’adoption du programme eFP.

Les plans d’expansion constants de l’OTAN vers l’est aggravent encore la situation . À la fin de 2017, le Monténégro est devenu le 29 e pays de l’Alliance et Trump a affirmé qu’il pourrait en fait déclencher la «troisième guerre mondiale», car les Monténégrins sont un «peuple très agressif».

Le New York Times a fait l’éloge de l’ajout futur de la Macédoine du Nord à l’OTAN, affirmant qu’elle « comble un autre fossé dans ce qui était autrefois la cour de l’ex-Union soviétique ».

L’extension va totalement à l’encontre des promesses verbales de l’OTAN de ne pas encercler la Russie, lors de la chute de l’URSS.

Des plans sont en cours pour intégrer l’Ukraine et la Géorgie, mais on ne sait toujours pas si et comment cela se produira.

L’OTAN est considérée comme un facteur de paix, à «quelques exceptions près». Telle l’intervention menée par les États-Unis en Yougoslavie, au cours de laquelle la radio-télévision serbe a été délibérément bombardée, l’ambassade de Chine à Belgrade a également été prise pour cible.

La militarisation n’est pas encore terminée . En février , le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que l’Alliance prévoyait d’accroître sa présence sur la mer Noire, car « l’agression de la Russie » est devenue une nécessité.

En décembre 2018 , la Russie a accusé le Royaume-Uni de tester ses capacités de guerre psychologique en Ukraine.L’ambassade de Russie a déclaré dans un communiqué que, dans un premier temps, des spécialistes britanniques formaient du personnel ukrainien à la conduite d’opérations spéciales contre les civils à Donetsk et à Louhansk, mais avaient ensuite déployé leurs propres experts pour mener des opérations de psychologie et d’information.

Enfin, la campagne de propagande contre la Russie n’est pas un secret. Il existe de nombreux exemples dans diverses parties du monde:

Ce sont quelques-uns des exemples notables, il y en a tellement.

Conclusion

Le cercle vicieux semble en train de tourner, la Russie et l’OTAN s’accusant mutuellement de provoquer l’autre partie pour la construction d’armes et de troupes.

Le fait est que des troupes sont positionnées le long de la frontière russe et que celle-ci doit clairement réagir d’une manière ou d’une autre. Cependant, il se peut que cela ne soit qu’une question de temps avant qu’un faux drapeau ou un incident inattendu et indésirable déclenche une chaîne d’événements sur lesquels il est impossible de récupérer.

Depuis la politique de l’OTAN selon laquelle si un membre est attaqué, c’est comme si l’ensemble de l’Alliance était attaqué, et son expansion constante rendrait un conflit ouvert beaucoup plus plausible.

En outre, certains membres ont un peu d’animosité à cause de la réalité historique vis-à-vis de la Russie, ce qui pourrait, en fin de compte, être la fissure qui ouvre les portes de la barrière.

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Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Le Golfe et l’Europe : la guerre par procuration en Libye est un tissu de discours contradictoires

Les rivalités entre les pays européens et ceux du Golfe se jouent en Libye, mais les intérêts du peuple sont bien loin des préoccupations des puissants
Cette capture d’écran d’une vidéo publiée le 16 avril par l’ANL montre des combattants qui avancent sur Tripoli (division de l’information de guerre de l’ANL/AFP)

La crise en Libye se caractérise par de multiples discours, chacun servant les intérêts d’un ou de plusieurs des nombreux acteurs en compétition sur le terrain pour les restes de l’ancienne Jamahiriya du colonel Mouammar Kadhafi.

Cependant, la dramatique réalité est un conflit déterminé presque exclusivement par des intérêts internationaux très éloignés de la société.

La Libye est particulièrement façonnée par la crise dans le Golfe : le Qatar, la Turquie et l’Italie s’opposent à l’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU), à l’Égypte et à la France – les États du Golfe étant les acteurs les plus importants.

Par conséquent, croire que l’Italie, la France ou l’Égypte sont les principaux acteurs extérieurs du conflit libyen est une grave erreur.

La crise économique mondiale a radicalement transformé les relations entre ces acteurs et les monarchies du Golfe, lesquelles constituent la principale source de financement des programmes industriels européens, faisant ainsi d’eux des alliés dociles et accommodants pour les politiques régionales les plus controversées.

La Libye est par ailleurs devenue le théâtre d’une guerre par procuration entre ces différents acteurs, les Saoudiens et les Émiratis soutenant Khalifa Haftar contre des groupes financés par le Qatar et qualifiés par le général de terroristes islamistes.

Renverser Kadhafi

En 2011, l’intervention du Qatar et de la France, qui ont transformé un soulèvement local spontané en un conflit de grande envergure, a déterminé l’effondrement du régime de Kadhafi.

Le Qatar a offert un soutien politique – et probablement financier – aux islamistes traditionnels dont les positions n’étaient pas hostiles envers les monarchies autoritaires du Golfe.

La faiblesse de la plupart des organisations politiques confessionnelles locales l’a toutefois conduit à se concentrer exclusivement sur les Frères musulmans, révélant ainsi les limites et les ambiguïtés idéologiques du groupe.

La France s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché de l’énergie et le secteur des infrastructures en Libye

La France, pour sa part, considérait la Libye principalement d’un point de vue économique, et s’intéressait à la possibilité d’éroder la domination de l’Italie sur le marché local de l’énergie et le secteur des infrastructures.

Le soutien initial de la France au Qatar en Libye a également répondu à la nécessité d’apaiser ses partenaires économiques dans le Golfe.

La chute de Kadhafi – obtenue grâce à une campagne de désinformation à grande échelle et à l’intervention de l’OTAN – a constitué à la fois un succès et un échec pour le Qatar, avec la résurgence des Frères musulmans, la colère des Émirats et le début d’une nouvelle phase de conflit.

Finalement, cela a conduit à la marginalisation du Qatar grâce au puissant soutien accordé à l’Égypte et au général Khalifa Haftar.

De cette polarisation, des discours contrastés et contradictoires ont émergé. D’un côté, la campagne de Haftar contre Tripoli s’est muée en bataille des forces laïques contre le terrorisme et le radicalisme islamique, tandis que de l’autre, il s’agissait d’un affrontement entre les forces révolutionnaires – celles qui avaient promu la révolte contre Kadhafi – et réactionnaires.

Le tissu de discours et d’accusations réciproques entre milices, tribus, partis et familles n’en est pas moins complexe.

La guerre par procuration du Golfe

La polarisation du conflit libyen a alimenté la fragmentation politique et territoriale. L’apogée de la confrontation est représentée par la dichotomie entre la vision politique du Qatar et celle des Émirats arabes unis, soutenus par l’Arabie saoudite. Immédiatement derrière cette dimension se trouvent les intérêts d’autres acteurs régionaux.

L’Italie, la Turquie, l’Algérie et la Tunisie soutiennent le Qatar, tandis que les Émirats arabes unis sont alignés avec l’Arabie saoudite, l’Égypte, la France et, pour des raisons différentes, la Russie. Il est plus difficile de définir le rôle des États-Unis, qui sont passés d’une position plus proche du Qatar sous l’administration Obama à une approche plus confuse et souvent changeante sous le président Donald Trump.

Le général Khalifa Haftar participe à une conférence sur la Libye à Paris, le 29 mai 2018 (AFP)

L’Italie tente de défendre ses intérêts énergétiques et infrastructurels en Libye, ainsi que son influence politique et son désir de limiter les migrations à travers cet État nord-africain.

La Tunisie, seul pays du Maghreb où survit une alliance politique associant forces laïques et islamiques, partage des préoccupations communes en matière de sécurité avec la Libye, le long de sa frontière sud.

Pour sa part, la Turquie a toujours manifesté son soutien à l’entité politique de Tripoli, à la fois en raison de la présence de forces islamistes, mais également en raison de réserves croissantes quant aux politiques régionales de Riyad et d’Abou Dabi.

L’Arabie saoudite n’a pas accordé une attention particulière à la Libye, se concentrant davantage sur le fait de repousser des Frères musulmans en Égypte. Riyad soutient les Émirats arabes unis en Libye davantage en raison de leur vision générale commune.

Menace existentielle

L’Égypte est le principal allié des EAU dans la crise en Libye, à la fois en raison de leur lutte commune contre les Frères musulmans et en raison d’inquiétudes stratégiques quant à la sécurité de la longue frontière occidentale entre l’Égypte et la Libye.

La prolifération de combattants armés dans le Sinaï constitue une menace existentielle pour le Caire et la possibilité d’un autre front de crise à l’ouest constitue un danger concret.

La France, pour sa part, considère la Libye à travers les multiples strates d’intérêts locaux liés à la production d’énergie et au développement des infrastructures, et d’opportunités régionales, grâce à l’apaisement de celles qui alimentent l’industrie française.

L’attitude de la Russie à l’égard de la Libye est plus fluide et plus incertaine, reposant sur un mélange d’opposition aux États-Unis et de volonté de se projeter davantage vers la Méditerranée.

Libye : une nouvelle année sanglante causée par l’ingérence occidentale

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Au niveau local, la Libye est divisée entre le Gouvernement d’union nationale (GNA) et la Chambre des représentants. Le contrôle du territoire libyen reste toutefois l’apanage d’un niveau inférieur, représenté par un grand nombre de milices territoriales dont la cohérence et l’orientation politique varient de l’une à l’autre.

Elles ne s’intéressent guère à la définition d’une solution collective au niveau national, mais se concentrent plutôt sur les intérêts locaux.

Haftar est le commandant de l’autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), qui, malgré son nom grandiose, est en réalité un groupe de milices très différentes en nombre, en capacité et en extraction politique. L’ANL comprend des unités militaires proches des anciens dirigeants de Kadhafi et des milices salafistes, ainsi que des groupes plus petits formés à la suite de la guerre civile de 2011.

Impasse militaire

Haftar peut compter sur le soutien – plutôt ambigu et souvent versatile – de certaines milices de Zintan, ainsi que de plusieurs mercenaires d’origine européenne, russe et de la région.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar

Ce n’est que récemment que le GNA a réussi à sceller une union formelle, mais extrêmement instable, des principales milices engagées dans la défense de Tripoli. La force de protection de Tripoli a repoussé l’attaque lancée récemment par Haftar. Le GNA est également soutenu par plusieurs milices de Misrata.

Le conflit qui oppose aujourd’hui le GNA à la Chambre des représentants dans la banlieue de Tripoli résulte d’une trahison flagrante de Haftar qui, à la suite des réunions de réconciliation nationale à Ghadamès, a tenté d’assurer son propre leadership et l’appui de la communauté internationale, lançant un conflit sous prétexte de lutter contre le terrorisme.

Cependant, faute d’un soutien matériel de leurs alliés du Golfe, les forces de Haftar ont subi des pertes considérables, ce qui a entraîné une impasse militaire sans solution immédiate.

– Nicola Pedde est le directeur de l’ISG-Institute for Global Studies, basé à Rome et à Bruxelles, un think tank indépendant sur le Moyen-Orient et l’Afrique. Il a travaillé pendant près de vingt ans en tant qu’analyste de la politique et la sécurité au Moyen-Orient pour le ministère italien de la Défense.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Nicola Pedde
Nicola Pedde is the Director of the Rome and Brussels based IGS-Institute for Global Studies, an independent think tank focusing on Middle East and Africa. He has worked for almost two decades as an analyst on Middle East politics and security for the Italian MoD.

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

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04.05.2019

Israël envisage de construire le plus long gazoduc sous-marin au monde en collaboration avec Chypre et la Grèce pour acheminer le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Italie et les États du sud de l’UE. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, vient d’approuver le projet. Il se heurtera à un gazoduc concurrent turco-turc, Turk Stream, à un éventuel pipeline Qatar-Iran-Syrie-Syrie, ainsi qu’à saper de facto la tentative de Washington de fournir davantage de gaz naturel liquéfié à l’UE pour réduire la dépendance de la Russie.

Le projet, en discussion depuis plusieurs années depuis qu’Israël a découvert d’importantes réserves de gaz dans le champ offshore de Leviathan, est connu sous le nom de projet de pipeline East Med. Le gaz naturel viendra de Leviathan via Chypre, la Crète et la Grèce pour atteindre son terminal à Otrante, au sud-est de l’Italie. Les projets prévoient un oléoduc de 2 100 kilomètres traversant trois kilomètres de profondeur sous la Méditerranée. Le coût est estimé à 7 milliards de dollars pour une période de construction de cinq ans  .

Nouvelles lignes de faille

L’East Med fait partie d’un complexe de nouvelles lignes de fracture géopolitiques à travers tout le Moyen-Orient. Le fait que l’Emirat du Golfe, les Emirats Arabes Unis, a déjà investi 100 millions de dollars dans un projet appelé le Jerusalem Post, « une pierre angulaire  secrète  sous-tendant le changement des relations entre certaines parties du monde arabe et l’État juif ». faire référence à la proposition des États-Unis de 2017 de créer une «OTAN arabe» avec l’Arabie saoudite et d’autres États arabes du Golfe, appuyée par les services de renseignement israéliens, afin de contrer l’influence de l’Iran dans la région. On parle peu aujourd’hui de l’OTAN arabe, mais les liens entre Israël de Netanyahou et les principaux pays arabes musulmans sunnites demeurent solides.

La Turquie d’Erdogan est un acteur régional qui n’est certainement pas satisfait du projet de pipeline dans la Méditerranée orientale. Quand Israël a proposé pour la première fois la Méditerranée orientale il y a deux ans, Erdogan s’est rapidement tourné vers la Russie pour signer un accord portant sur la construction du flux turc de Gazprom pour rivaliser avec Israël. L’East Med serait raccordée à des champs de gaz dans la partie grecque de l’UE appartenant à Chypre. Au cours des derniers mois, Erdogan a rapproché la Turquie de l’Iran et plus particulièrement du Qatar, siège des personnalités des Frères musulmans, alors que les tensions avec l’Arabie saoudite et Israël s’intensifient. Le conflit sunnite / chiite semble céder le pas au pouvoir géopolitique et au contrôle des pipelines.

En été 2017, il y avait une scission dramatique entre les pays arabes du Golfe, l’Arabie saoudite déclarant un embargo contre le Qatar pour son «soutien au terrorisme». En réalité, cette initiative visait à couper court aux pourparlers de plus en plus importants entre le Qatar et l’Iran, partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde dans le golfe Persique. La section du Qatar s’appelle North Field et on dit que son GNL est le moins cher à extraire au monde, faisant du Qatar au cours des dernières années le plus grand exportateur de GNL. La section iranienne voisine s’appelle South Pars.

Après avoir dépensé 3 milliards de dollars pour financer des groupes terroristes anti-Assad et anti-Iran en Syrie, dans le but vain de créer un gazoduc reliant la Syrie à la Turquie et sur le marché gigantesque du gaz de l’UE, il semble que les Qataris hésitants à un moment donné, après l’entrée décisive de la Russie dans la guerre en Syrie fin 2015, il a compris qu’elle pourrait gagner davantage en changeant de camp et en travaillant secrètement avec l’Iran, Assad et Erdogan pour amener le gaz qatari et le gaz iranien sur le marché. C’est la véritable raison de la rupture brutale entre le Qatar et les Saoudiens. Il est à noter que l’Iran et la Turquie sont venus en aide au Qatar lorsque les Saoudiens ont tenté de les mettre sous  embargo  .

Ruisseau Turc de Russie

En plus du cocktail géopolitique d’intérêts concurrents, les tronçons du gazoduc Russie-Turquie situés sur la mer Noire ont été achevés à la fin de 2018 et devraient commencer à fonctionner plus tard en 2019, offrant 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an, la moitié, quelque 16 milliards de m3 , disponible pour les marchés de l’UE. Turk Stream, tout comme North Stream, autorisent tous deux le gaz russe dans l’UE, indépendamment des routes de l’oléoduc en Ukraine, politiquement hostiles. Depuis le terminal de Kiyikoy en Turquie, le gaz russe peut être acheminé vers la Bulgarie ou la Grèce, membre de l’UE, ou les  deux.

La Serbie, qui n’est pas membre de l’UE, vient de commencer la construction de son tronçon du gazoduc TurkStream destiné à acheminer le gaz naturel russe en Europe. Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a récemment déclaré à Moscou que les projets de la Serbie pour la construction du conduit de gaz ne dépendaient pas du travail de la Bulgarie. TurkStream acheminera du gaz russe via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie. Bruxelles n’est pas folle de joie.

Maintenant, Israël entre en jeu, dans une relation plus étroite avec l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, soutenue par Washington, avec le financement également d’une société française, IGI Poseidon, une filiale d’Edison, offrant une autre option rivale au Qatar, à l’Iran et à la Turquie, ainsi qu’à en Russie. La Turquie menace de forer pour le pétrole et le gaz dans la partie turque de Chypre tandis que le Liban conteste les revendications offshore du pipeline israélien vers Chypre. Et ExxonMobil vient d’annoncer une découverte majeure de gaz dans les eaux au large de Chypre,  disputée  entre la Turquie et la Grèce ou Chypre.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour constater que les futurs conflits énergétiques géopolitiques en Méditerranée orientale sont en cours de programmation. Surveillez cet endroit…

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

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Synthèse de l’actualité internationale d’avril 2019

4/2019

Synthèse de l’actualité internationale d’avril 2019

Par Axelle DEGANS, le 1er mai 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment auteure de : A. Degans, Réussite aux concours 2019 ! La synthèse de l’actualité internationale 2018, éd. Diploweb, via Amazon, 2019.

Voici une synthèse de l’actualité internationale d’avril 2019 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent les oraux d’un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 12 800 followers)

Le sort des urnes

En Slovaquie, la libérale Zuzana Caputova devient en avril 2019 la première femme à occuper la magistrature suprême. Elle a fait de la lutte contre la corruption l’un de ses principaux chevaux de bataille.

En Ukraine, est élu en avril 2019 à la présidence Volodymir Zelensky (avec près de 73 % des suffrages exprimés) qui n’a pas davantage d’expérience politique que la nouvelle présidente slovaque, mais est issu, lui, du monde du spectacle. Il s’est imposé face au président sortant (Petro Porochenko) et l’égérie de la révolution orange, Ioulia Timochenko, ancienne premier ministre. C‘est révélateur de l’étendue du discrédit de la classe politique ukrainienne incapable de faire face aux défis géopolitiques du pays (annexion de la Crimée, guerre de basse intensité dans le Donbass…) et de résister à une corruption qui gangrène le pays.

En Israël, Benjamin Netanyahu est reconduit en avril 2019, à la suite des élections législatives, dans ses fonctions de premier ministre. Il forme une nouvelle coalition.

En Indonésie, Joko Widodo, président sortant, est réélu. Son challenger le général Prabowo Subianto conteste les résultats de l’élection présidentielle.

Le Japon s’apprête à une transition impériale. Fait extraordinaire, l’empereur Akihito – fils d’Hirohito l’empereur de la Seconde Guerre mondiale – annonce son désir d’abdiquer pour des raisons de santé. Il laisse le trône à son fils Naruhito, âgé de 58 ans, avec qui se prolonge la plus ancienne dynastie du monde. La date est fixée au 30 avril qui voit la fin de l’ère Heisei et le début de l’ère Reiwa placée sous le signe de la bonne fortune -Rei – et de l’harmonie – wa- dans un pays qui reste très attaché à l’empereur qui incarne l’âme japonaise et la cohésion de la nation.

Toujours la violence

Le Sri Lanka a été ensanglanté en avril 2019 par un terrible attentat, revendiqué par l’EI qui a fait plus de deux cents cinquante morts et plus de blessés encore. Le Sri Lanka n’a pas encore fini de panser ses plaies de la longue guerre civile (1983-2009) qui a opposé les cingalais bouddhistes (majoritaires sur l’ile) et les Tigres tamouls hindous. Elle a fait plus de cent mille morts et a été à l’origine de l’assassinat du premier ministre indien Rajiv Gandhi, fils d’Indira. Beaucoup craignent que la fragile paix civile ne vole en éclat. Si les ressorts ne sont pas les mêmes, cette ile n’en demeure pas moins encore habitée par la violence. Les autorités srilankaises estiment qu’un mouvement autochtone – le NTJ – en serait responsable. Ces attentats qui ont ciblé les catholiques de l’ile, où ils sont minoritaires (environ 7% des srilankais), ont été perpétré par des kamikazes musulmans qui représentent moins de 10% de la population et plutôt issus des couches aisées. Ces tristes événements mettent en lumière les progrès de l’islam radical parmi les travailleurs srilankais émigrés en Arabie saoudite qui reviennent chez eux avec une lecture et une pratique de l’islam influencée par le wahhabisme.



Au Burkina Faso, comme dans le Mali voisin, les djihadistes s’en prennent aux élites coutumières, chef du village, marabout, qui leur résistent attisant en retour des violences intracommunautaires entre les éleveurs nomades peuls accusés de soutenir les terroristes au Sahel et les cultivateurs, Mossis ou autre, déstructurant ainsi les communautés et semant le chaos. La situation se dégrade malgré l’opération Barkhane et le G5 Sahel qui peine à se déployer.

Boko Haram a encore tué en avril 2019 une dizaine de personnes.

En Irlande, une nouvelle flambée de violence a provoqué la mort d’une journaliste à Derry (Irlande du Nord). Cela ravive le spectre de la guerre civile irlandaise quand certains courants radicaux ont fusionnés au sein de la NIRA (Nouvelle IRA).

Des cartes rebattues en Afrique ?

En Algérie, les manifestations de rue continuent en avril 2019. S’il parait acquis que le président en exercice ne briguera pas de nouveau mandat, l’avenir n’en demeure pas moins incertain et la possibilité de la confiscation de cette « révolution politique » par une révolution de palais n’est absolument pas à exclure. L’armée se montre plus présente quelle ne l’était il y a quelques semaines. Le Parlement nomme le président du Sénat, Abdelkader Bensalah en tant que président par intérim, en attendant la tenue d’élections.

En Libye, le maréchal Haftar, homme fort de la Cyrénaïque où il a vaincu les djihadistes, marche en avril 2019 avec des troupes armées – l’ALN – vers la capitale Tripoli où siège le pouvoir – le gouvernement d’union nationale (GNA) d’al-Sarraj – soutenu par la communauté internationale, et en particulier l’Italie, la Turquie et le Qatar. Son offensive a été stoppée par les forces progouvernementales. Le maréchal Haftar est discrètement soutenu par la France, la Russie, l’Égypte, l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis. La Libye est plus que jamais fragmentée et soumise à la loi de bandes armées, djihadistes ou loyalistes. La laborieuse offensive du maréchal Haftar ne fait que complexifier la donne sans assurance d’imposer une forme de stabilité, et les pays européens – Italie en tête – redoutent une nouvelle vague migratoire de plusieurs centaines milliers de personnes.

Au Soudan, un coup d’État écarte en avril 2019 du pouvoir le président Omar el Béchir, à la tête de son pays depuis trente années. Il était lui-même parvenu au pouvoir grâce à un coup d’État soutenu par les islamistes. L’armée annonce installer un Conseil militaire de transition, mais la population qui manifeste contre El Béchir depuis plusieurs mois ne se laissera peut-être pas aussi facilement confisquer le pouvoir. Omar el-Béchir a été arrêté et mis en résidence surveillée, l’état d’urgence est décrété pour trois mois. Abdel Fattah Al Burhane est le nouveau visage de Khartoum. Ces événements ne sont pas sans rappeler ceux de l’Algérie.

En Égypte, le maréchal Al Sissi bénéficie en avril 2019 d’une réforme constitutionnelle qui élargit ses pouvoirs et allonge son mandat à six ans ce qui lui permet de se maintenir au pouvoir jusque 2024.

L’Union européenne face à ses défis

La corruption est aussi – et encore – un mal européen. En avril 2019, elle est au cœur des élections en Slovaquie, et continue de défrayer la chronique politique en Roumanie où Laura Codruta Kövesi, ancienne procureur anticorruption, pressentie pour prendre la tête du parquet européen, est accusée de corruption passive par un pouvoir qui l’exècre. En Bulgarie, le ministre de l’Économie est mis en examen pour le détournement de fonds européens – environ 200 000 euros – mais l’enquête menée porte sur un détournement de plusieurs dizaines de millions d’euros. Le Conseil de l’Europe presse Malte de faire des efforts soutenus en la matière, rappelons-nous que la journaliste Caruana Galizia a payé de sa vie ses investigations concernant la corruption à un niveau élevé de l’État.

Le Brexit n’a pas eu lieu à la date butoir initiale du 29 mars 2019. Il est repoussé, et ne sera probablement pas effectif avant les élections européennes qui doivent se tenir à la fin du mois de mai 2019, malgré l’opposition de la France. Les Britanniques participeront-ils aux élections pour élire des députés qui n’auront peut-être pas réellement le temps de siéger au sein de la nouvelle assemblée ? Ou qui utiliseront leur élection pour contribuer à des dysfonctionnements de l’UE ?

Synthèse de l'actualité internationale d'avril 2019
La carte de l’OTAN à 29 pays membres après l’adhésion du Monténégro… en attendant celle de la Macédoine du Nord
Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte. Le 5 juin 2017, le Monténégro dépose les instruments de son adhésion auprès de l’Alliance Atlantique à Washington (Etats-Unis). C’est le 4e élargissement post-Guerre froide de l’OTAN. Légende et carte conçues par Pierre Verluise, réalisation par Matthieu Seynaeve pour Diploweb.com.

L’OTAN fête en avril 2019 ses 70 ans. Cette alliance militaire créée en pleine Guerre froide, au lendemain du blocus de Berlin, lui a étrangement survécu tout en s’élargissant aux anciennes démocraties populaires d’Europe centrale et orientale qui y ont adhéré avant même d’entrer dans l’Union européenne. L’OTAN couple les deux rives de l’Atlantique Nord, ce qui en fait une alliance essentiellement occidentale… sous la domination des États-Unis. Cette alliance multilatérale est aujourd’hui en plein doute. Washington demande à ses alliés européens de faire un réel effort financier, que très peu sont prêts à réaliser, pour que leurs dépenses militaires atteignent 2% de leur PIB. La Turquie, membre de l’OTAN, vient de se porter acquéreur d’un système russe antimissiles S-400, or il est de bon ton que les membres de l’OTAN achètent du matériel militaire auprès de leur allié américain qui fournit l’essentiel des subsides de l’Alliance de l’Atlantique Nord….

L’attitude de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine est ambivalente, à la mesure de la division des membres de l’Union. Au moment où les différents commerciaux avec les États-Unis pèsent sur l’économie chinoise, où éclate l’affaire de suspicion d’espionnage industriel par Huawei et la négociation des marchés de la 5G, les rapports se tendent entre Européens et Chinois. Les premiers commencent à évoquer le bienfondé de la réciprocité commerciale, et Emmanuel Marcon invite en avril 2019 Angela Merkel et Jean-Claude Juncker quand il reçoit le président chinois Xi Jinping. Ce front uni européen ne doit pas faire illusion car Pékin sait jouer des divisions européennes et la Chine est devenue un partenaire et un investisseur de premier plan en Europe centrale, orientale, balkanique et de plus en plus méditerranéenne.

Les États-Unis sur tous les fronts

Les États-Unis de Donald Trump durcissent en avril 2019 leur bras de fer commercial avec l’Union européenne. Washington taxerait des produits européens (hélicoptères, avions, produits agricoles…en sus des taxes qui frappent l’acier et l’aluminium européen) pour environ onze milliards de dollars mesure de rétorsion en réponse aux subventions qu’aurait touché Airbus au détriment de l’avionneur américain Boeing. Une annonce qui passe mal de ce côté de l’Atlantique.

Le président américain décide aussi en avril 2019 d’étrangler davantage l’économie iranienne. Washington ne prolonge pas les dérogations accordées aux principaux acheteurs du brut iranien, assurant que d’autres producteurs de pétrole – dont les Etats-Unis et certaines pétromonarchies du Golfe – augmenteraient leur production. Cette politique, comme les sanctions pesant sur le Venezuela de N. Maduro, provoquent une flambée du cours du pétrole. La spéculation bat son plein, cela remplit les caisses des exportateurs de pétrole et rend les huiles de schiste plus rentables. Cette politique (re)pose aussi de nouveau la légitimité de l’extraterritorialité du droit américain.

Un proche de Donald Trump, David Malpass, remplace en avril 2019 à la tête de la Banque mondiale – une des instances financières internationales créée à Bretton Woods en 1944 avec le Fonds Monétaire International – pour remplacer l’ancien président démissionnaire, lui aussi américain. Les présidents américains ont généralement soin de faire élire à la présidence de cette institution une personnalité qui partage leurs vues. Donald Trump s’inscrit, ici, dans la continuité de ces prédécesseurs.

Les États-Unis demandent l’extradition de Julian Assange – qui a créé WikLeaks qui révèle des secrets d’État – qui vient d’être arrêté en avril 2019 à l’ambassade de l’Équateur à Londres où il avait trouvé refuge il y a sept années. L’Équateur de Lenin Moreno considérait Julian Assange comme un hôte bien encombrant, et ce faisant Quito se rapproche de Washington qui pourrait lui accorder des facilités financières.

La Russie de nouveau au centre du jeu ?

C‘est l’impression que donne la Russie de Vladimir Poutine. Benjamin Netanyahu y recherche un adoubement international pour créditer sa candidature aux législatives. Le leader nord-coréen Kim Jong-Un se rend en avril 2019 à Vladivostok pour y rencontrer le président russe après avoir rencontré le président américain au Vietnam. Le président russe se rend à Pékin pour participer au deuxième forum des nouvelles routes de la soie qui traversent le territoire russe. Vladimir Poutine dépêche des navires au Venezuela pour assister le régime chaviste aux abois. Il accorde, au lendemain des élections présidentielles ukrainiennes, la nationalité russe à ceux qui le souhaitent et qui vivent dans la partie orientale de l’Ukraine, les régions de Donetsk et Lougansk. La Russie se positionne comme acteur important de la scène géopolitique internationale. Son obsession est de se trouver à la table des décideurs, même si les fondamentaux de sa puissance sont fragiles (démographie, économie rentière…).

Le monde connait une nouvelle épidémie de rougeole, plus de 170 pays serait concernés d’après les chiffres livrés par l’OMS qui recense en avril 2019 plus de 112 000 cas, soit une augmentation de 300% sur le premier trimestre de l’année 2019. Comment expliquer cette situation ? La première raison réside dans la mobilité croissante des populations qui, en contact avec des populations contaminées, reviennent chez elles et transmettent à leur tour la rougeole, connue pour être très contagieuse. La seconde raison est le reflux des l’acceptation des vaccins. Ainsi, à New York dans un quartier de Brooklyn s’est déclenché une épidémie de rougeole au retour d’Israël – où sévit une épidémie – de membres de la communauté juive orthodoxe qui refuse la vaccination…

La Chine au centre des critiques ?

Alors que l’endettement chinois, public et privé, s’envole, Pékin accueille en avril 2019 le deuxième sommet des nouvelles routes de la soie qui doivent relier – voire unir – l’Asie à l’Europe et l’Afrique ; l’Italie est le premier pays du G7 à rejoindre ce projet. Ces voies terrestres et maritimes nécessitent de lourds investissements en infrastructures et conduisent certains pays qui les accueillent à s’endetter au-delà du raisonnable, comme le Sri Lanka qui s’est retrouvé dans l’impossibilité de faire face à ses traites et contraint d’accepter les conditions chinoises : céder pour 99 ans le port d’Hambantota.

Vient d’être rendu en avril 2019 le jugement concernant les « parapluie de Hong Kong » (contestation à caractère démocratique) dont les protagonistes ont été condamnés à des peines de prison ferme. Cela confirme le resserrement de l’étreinte de Pékin sur Hong Kong dont les acquis démocratiques sont clairement menacés.

Départ

En avril 2019, la cinéaste française Agnès Varda s’en est allée rejoindre son compagnon Jacques Demy. Nous devons à cette cinéaste atypique des films comme Les glaneuses ou Jacquot de Nantes. Sa vie comme son œuvre sont aussi marquées un engagement féministe militant.

Bonnes nouvelles

Les appartements de la reine du château de Versailles seront de nouveau ouverts aux visiteurs après une rénovation qui a duré trois années.

La première photographie d’un trou noir a été rendue publique en avril 2019. Il s’agit de celle d’un trou noir de la galaxie Messier 87 à une cinquantaine d’années-lumière de notre Terre.

La générosité s’exprime à l’occasion du dramatique incendie qui a ravagé en avril 2019 la cathédrale Notre-Dame de Paris. Un incendie qui emporte la toiture de la cathédrale où sont célébrés de grands événements du pays, et la flèche rajoutée par Viollet-le-Duc. Un incendie qui émeut au plus profond d’eux-mêmes nombre de Français. Une générosité de Français, qu’ils soient fortunés ou non, mais aussi internationale (depuis les États-Unis, la Serbie…) du fait de simples particuliers comme d’acteurs publics et plus largement l’émotion mondiale montrent que la France n’est pas un pays comme les autres, et que son patrimoine appartient au patrimoine de l’humanité. Les modalités et la temporalité de la reconstruction restent à définir.

Copyright Avril 2019-Degans/Diploweb.com

 

https://www.diploweb.com/Synthese-de-l-actualite-internationale-d-avril-2019.html

Un objectif vital pour notre avenir construire un réseau pour le “NATO EXIT”

Un objectif vital pour notre avenir construire un réseau pour le “NATO EXIT”

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Quel a été le résultat du Colloque international “Les 70 ans de l’OTAN : quel bilan historique ? Sortir du système de guerre, maintenant”, qui s’est tenu à Florence le 7 avril 2019. Manlio Dinucci en parle avec Michel Chossudovsky. Berenice Galli présente une vidéo-synthèse de la journée.

Note : au cours de cette année, l’OTAN effectue 310 exercices militaires, quasiment tous contre la Russie.

Avec l’OTAN du welfare au “warfare”

70 ans de l’OTAN. Interview de Michel Chossudovsky sur les 70 ans de l’OTAN :

“ce n’est pas une Alliance, ce sont les USA qui commandent, ils veulent plus de dépense militaire dans toute l’Europe, ils sont prêts à de nouveaux conflits armés, y compris nucléaires.”

Au colloque international “Les 70 ans de l’OTAN : quel bilan historique ? Sortir du système de guerre, maintenant”, qui s’est tenu à Florence le 7 avril 2019 -avec plus de 600 participants d’Italie et d’Europe-, a participé comme principal intervenant Michel Chossudovsky, directeur du Centre de recherche sur la Mondialisation (Canada) et rédacteur su site en anglais Global Research, organisateur du Colloque avec le Colitato No Guera No Nato et d’autres associations italiennes.

Nous avons posé quelques questions à Michel Chossudovsky -un des plus grands experts internationaux d’économie et géopolitique-, collaborateur de l’Encyclopedia Britannica, auteur de 11 livres publiés en plus de 20 langues.

Manlio Dinucci

De gauche à droite : Général Fabio Mini, interprète, Michel Chossudovsky (debout), Vladimir Kozyn, interprète, Giulietto Chiesa, Manlio Dinucci (debout)

 

Quel a été le résultat du Colloque de Florence ?

L’événement a eu un très grand succès, avec la participation d’intervenants provenant des États-Unis, d’Europe et de Russie. L’histoire de l’OTAN y a été présentée. Y ont été identifiés et attentivement documentés les crimes contre l’humanité. À la fin du Colloque a été présentée la “Déclaration de Florence” pour sortir du système de la guerre.

Dans votre intervention introductive vous avez affirmé que l’Alliance atlantique n’est pas une alliance…

Sous l’apparence d’une alliance militaire multinationale c’est au contraire le Pentagone qui domine le mécanisme décisionnel de l’OTAN. Les USA contrôlent les structures de commandement de l’OTAN, qui sont incorporées à celles des États-Unis. le Commandant Suprême Allié en Europe (Saceur) est toujours un général étasunien nommé par Washington. Le Secrétaire général, actuellement Jens Stoltenberg, est essentiellement un bureaucrate qui s’occupe de relations publiques. Il n’a aucun rôle décisionnel.

Un autre thème que vous avez soulevé est celui des bases militaires USA en Italie et dans d’autres pays européens, y compris à l’Est, bien que le Pacte de Varsovie n’existe plus depuis 1991 et malgré la promesse faite à Gorbachev qu’aucun élargissement à l’Est n’aurait lieu. À quoi servent-elles ?

L’objectif tacite de l’OTAN -thème important de notre débat à Florence- a été d’opérer, sous une autre dénomination, “l’occupation militaire” de facto de l’Europe occidentale. Les États-Unis non seulement continuent à “occuper” les ex “pays de l’Axe” de la Seconde guerre mondiale (Italie, Allemagne), mais ont utilisé l’emblème de l’OTAN pour installer des bases militaires USA dans toute l’Europe occidentale, et, par la suite, en Europe Orientale dans le sillon de la guerre froide et dans les Balkans dans le sillon de la guerre OTAN contre la Yougoslavie (Serbie-Monténégro).

Qu’y a-t-il de changé par rapport à un possible usage d’armes nucléaires ?

Immédiatement après la guerre froide a été formulée une nouvelle doctrine nucléaire, focalisée sur l’usage préventif d’armes nucléaires, c’est-à-dire sur le first strike nucléaire comme moyen d’autodéfense. Dans le cadre des interventions USA-OTAN, présentées comme actions de maintien de la paix, a été créée une nouvelle génération d’armes nucléaires de “basse puissance” et “plus utilisables”, décrites comme “inoffensives pour les civils”. Les responsables politiques étasuniens les considèrent comme des “bombes pour la pacification”. Les accords de la guerre froide, qui établissaient certaines sauvegardes, ont été effacés. Le concept de “Destruction Mutuelle Assurée”, relatif à l’usage des armes nucléaires, a été remplacé par la doctrine de la guerre nucléaire préventive.

L’OTAN était “obsolète” au début de la présidence Trump mais maintenant elle est relancée par la Maison Blanche. Quelle relation y a-t-il entre course aux armements et crise économique ?

Guerre et mondialisation vont de pair. La militarisation soutient l’imposition de la restructuration macro-économique dans les pays-cibles. Elle impose la dépense militaire pour soutenir l’économie de guerre au détriment de l’économie civile. Elle conduit à la déstabilisation économique et à la perte de pouvoir des institutions nationales. Un exemple : dernièrement le président Trump a proposé de grosses coupes budgétaires dans la santé, l’instruction et les infrastructures sociales, alors qu’il demande une grosse augmentation pour le budget du Pentagone. Au début de son administration, le président Trump a confirmé l’augmentation de la dépense pour le programme nucléaire militaire, lancé par Obama, de 1.000 à 1.200 milliards de dollars, en soutenant que cela sert à garder un monde plus sûr. Dans toute l’Union européenne l’augmentation de la dépense militaire, jumelée à des mesures d’austérité, est en train de conduire à la fin de ce qui était appelé “l’État-Providence” (welfare state). Maintenant l’OTAN est engagée sous la pression étasunienne à augmenter la dépense militaire et le secrétaire général Jens Stoltenberg déclare qu’il s’agit là de la chose juste à faire pour “garder la sécurité de notre population”. Les interventions militaires sont jumelées à des actes concomitants de sabotage économique et de manipulation financière. L’objectif final est la conquête des ressources autant humaines que matérielles et des institutions politiques. Les actes de guerre soutiennent un processus de conquête économique totale. Le projet hégémonique des États-Unis est de transformer les pays et les institutions internationales souveraines en territoires ouverts à leur pénétration. Un des instruments est l’imposition de lourdes contraintes aux pays endettés. L’imposition de réformes macro-économiques létales concourt à appauvrir de vastes secteurs de la population mondiale.

Quel est et quel devrait être le rôle des médias ?

Sans la désinformation opérée, en général, par presque tous les médias, le programme militaire USA-OTAN s’écroulerait comme un château de cartes. Les dangers imminents d’une nouvelle guerre avec les armements les plus modernes et du péril atomique, ne sont pas des informations qui font la Une. La guerre est représentée come une action de pacification. Les criminels de guerre sont dépeints comme des pacificateurs. La guerre devient paix. La réalité est renversée. Quand le mensonge devient vérité, on ne peut pas revenir en arrière.

 

 

Édition de dimanche 21 avril de il manifesto

https://ilmanifesto.it/con-la-nato-dal-welfare-al-warfare/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

VOIR AUSSI :

CONTRO-CELEBRAZIONE A FIRENZE DEL 70° DELLA NATO

“NATO-EXIT”

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Revue de presse nationale et internationale.

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