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Appel aux armes, l’Otan mobilisée sur deux fronts

Appel aux armes, l’Otan mobilisée sur deux fronts

par Manlio Dinucci

Conformément à un vieux projet énoncé en 2013, l’Allemagne est parvenue à convaincre le président Trump de déployer des troupes européennes au Moyen-Orient sous commandement Otan. L’Alliance, de son côté, prend la chose comme une opportunité pour se déployer dans la région Indo-Pacifique et devenir une organisation mondiale, notamment en s’appuyant sur la question taïwanaise. Pour préserver sa crédibilité, l’Otan doit montrer qu’elle conserve sa force face à la Russie et organisera de gigantesques manœuvres, Defender Europe 20.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 18 JANVIER 2020 ITALIANOESPAÑOL

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JPEG - 49.7 koLe grand navire amphibie USS Batam sera de retour au Moyen-Orient. En 2002, il avait été utilisé par le secrétaire à la Défense Colin Powell pour abriter une prison secrète. Plusieurs milliers de combattants furent enlevés sur différents champs de bataille et torturés en eaux internationales pour y être conditionnés, puis relâchés.

NATOME : voilà comment le président Trump, qui se vante de son talent pour créer des acronymes, a déjà baptisé le déploiement de l’Otan au Moyen-Orient, qu’il a requis par téléphone au secrétaire général de l’Alliance Stoltenberg. Celui-ci a immédiatement accepté que l’Otan doive avoir « un rôle accru au Moyen-Orient, en particulier dans les missions d’entraînement ». Il a donc participé à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, en soulignant que l’UE doit rester à côté des États-Unis et de l’Otan parce que, « même si nous avons fait d’énormes progrès, Daesh peut revenir ». Les États-Unis cherchent de cette façon à impliquer les alliés européens dans la situation chaotique provoquée par l’assassinat, autorisé par Trump lui-même, du général iranien Soleimani dès son débarquement à Bagdad.

Après que le parlement iraquien a délibéré l’expulsion des plus de 5 000 soldats US présents dans le pays avec des milliers de mercenaires du Pentagone, le Premier ministre Abdul-Mahdi a demandé au département d’État d’envoyer une délégation pour établir la procédure de retrait. Les USA —a répondu le Département— enverront une délégation « non pas pour discuter le retrait des troupes, mais le dispositif adéquat de forces au Moyen-Orient », ajoutant qu’à Washington on est en train de fixer un accord sur « le renforcement du rôle de l’Otan en Iraq correspondant au désir du président que les Alliés partagent la charge dans tous les efforts pour notre défense collective ».

Le plan est clair : remplacer, totalement ou en partie, les troupes US en Iraq par celles des alliés européens, qui se trouveraient dans les situations les plus risquées, comme le démontre le fait que l’Otan même, après l’assassinat de Soleimani, a suspendu les missions d’entraînement en Iraq.

Outre le front méridional, l’Otan est mobilisée sur le front oriental. Pour « défendre l’Europe de la menace russe », est en train de préparer l’exercice Defender Europe 20, qui verra en avril et mai le plus grand déploiement de forces US en Europe des 25 dernières années. 20 000 soldats, dont quelques milliers de la Garde nationale provenant de 12 États US, arriveront des États-Unis qui se joindront à 9 000 déjà présents en Europe pour un total d’environ 30 000. À leurs côtés 7 000 soldats de 13 pays européens de l’Otan, dont l’Italie, et deux partenaires, la Georgie et la Finlande. En plus des armements qui arriveront d’outre-Atlantique, les troupes US utiliseront 13 000 chars, cannons autopropulsés, blindés et autres véhicules militaires provenant de « dépôts pré-positionnés » US en Europe. Des convois militaires avec véhicules blindés parcourront 4 000 km à travers 12 artères, opérant avec des avions, des hélicoptères, des drones et des unités navales. Des parachutistes US de la 173ème Brigade et des Italiens de la Brigade Folgore sauteront ensemble en Lettonie.

L’exercice Defender Europe 20 prend un relief ultérieur, dans la stratégie des USAet de l’Otan à la suite de l’aggravation de la crise moyen-orientale. Le Pentagone, qui l’an dernier a envoyé 14 000 soldats de plus au Moyen-Orient, est en train d’envoyer dans cette même région certaines forces qui se préparaient à l’exercice de guerre en Europe : 4 000 parachutistes de la 82ème Division aéroportée (dont quelques centaines de Vicenza) et 4 500 Marines dont ceux du navire d’assaut amphibie USS Bataan. D’autres forces, avant ou après l’exercice en Europe, pourraient être envoyées au Moyen-Orient. La planification du Defender Europe 20, précise le Pentagone, reste cependant inchangée. En d’autres termes, 30 000 soldats US s’exerceront à défendre l’Europe d’une agression russe. Un scénario qui ne pourrait pas survenir réellement, notamment parce que dans l’affrontement ce ne sont pas des chars qui seraient utilisés mais des missiles nucléaires ; mais un scénario utile pour semer la tension et alimenter l’idée de l’ennemi.

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci

Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016 ; Guerra nucleare. Il giorno prima. Da Hiroshima a oggi : chi e come ci porta alla catastrofe, Zambon 2017 ; Diario di guerra. Escalation verso la catastrofe (2016 – 2018), Asterios Editores 2018.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

https://www.voltairenet.org/article208956.html?__cf_chl_jschl_tk__=0bf5661f51e5bfa12b90c81eadf7994a6dd1bbe4-1579540141-0-AXfsF8-drdagygkG3eVV1m4Q_tciW3IEPFvUqa8QVwiKI7snFvuoiy_Z2zSt2_AVt8pMRzy1RqGaqoGrDE-gr9TfjISw5t2IDc7unLK28EqcVO1EkEAi5LxF3R00xv4sJL2GZ3IPJhVUdwt9f2uDjiFnp98KZc3lR96rrS4rezUKHCSKepwxYZhH3EABlQo1plL5HcnVCXDMDPhDhYVLXR6LralBYt2AoOqRgWnSZ8R6OLo2plH8ZwDcZ1LSyK2jxjwpJES35bynBhN3I7AAo9UwDu6a_pMSvBq25l-7DtaC

L’Otan a détruit la souveraineté de la Libye dans son «aventure criminelle et illégale» en 2011, estime Lavrov

Sergueï Lavrov lors de sa visite au Sri Lanka, le 14 janvier 2020

L’Otan a détruit la souveraineté de la Libye dans son «aventure criminelle et illégale» en 2011, estime Lavrov

© Sputnik . Vitali BeloussovINTERNATIONAL11:25 14.01.2020(mis à jour 11:41 14.01.2020)URL courte29501S’abonner

Commentant la crise politique en Libye, Sergueï Lavrov, lors de sa visite au Sri Lanka, a rappelé que la souveraineté de ce pays avait été détruite par les forces de l’Otan en 2011, alors que les conséquences de cette «aventure criminelle» sont encore subies de nos jours.

Il n’y a plus de souveraineté en Libye, l’Otan l’a détruite en 2011, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse suite à des pourparlers avec son homologue sri lankais.

«L’État libyen a été bombardé par l’Otan en 2011 et nous – surtout, bien sûr, le peuple libyen – récoltons toujours les conséquences de cette aventure criminelle et illégale», a déclaré M.Lavrov.

Le ministre a pourtant précisé que la Russie poursuivait ses efforts en vue d’un accord de trêve en Libye.

Négociations sur le cessez-le-feu

Khalifa Haftar

© REUTERS / PHILIPPE WOJAZERHaftar a quitté Moscou sans signer l’accord de cessez-le-feu en LibyeLe maréchal Khalifa Haftar a quitté Moscou sans signer l’accord de cessez-le-feu accepté par son rival Fayez el-Sarraj, chef du gouvernement d’union nationale libyen (GNA) basé à Tripoli, a annoncé la diplomatie russe ce 14 janvier.

Les deux hommes ne se sont pas rencontrés le 13 janvier lors des pourparlers à Moscou mais ont négocié un accord de cessez-le-feu via les ministres russes et turcs de la Défense et des Affaires étrangères. Ces discussions sont le résultat d’un accord russo-turc annoncé le 8 janvier à Istanbul par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042900474-lotan-a-detruit-la-souverainete-de-la-libye-dans-son-aventure-criminelle-et-illegale-en-2011-estime/

L’Otan suspend ses activités en Iraq

L’Otan suspend ses activités en Iraq

RÉSEAU VOLTAIRE | 5 JANVIER 2020 ENGLISHESPAÑOLTÜRKÇEITALIANOPORTUGUÊS

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L’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord vient de donner instruction à son personnel en Iraq de suspendre toutes leurs activités.

Après l’assassinat du général Qassem Soleimani et de dignitaires des Unités de mobilisation populaire, l’Alliance craint une riposte contre son personnel.

https://www.voltairenet.org/article208786.html

L’Otan souhaite devenir l’Alliance atlantico-pacifique

L’Otan souhaite devenir l’Alliance atlantico-pacifique

par Thierry Meyssan

Nul n’arrête le Pentagone. Alors que le projet de déploiement militaire alentour de la Chine évoqué par Hillary Clinton en 2011 avait officiellement été abandonné, l’Otan vient de le faire acter par le Sommet de Londres. Le processus a été lancé et devrait commencer par l’adhésion de l’Australie en 2026.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 10 DÉCEMBRE 2019 DEUTSCHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆعربيPORTUGUÊSРУССКИЙENGLISH

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Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est exprimé le 7 août 2019 devant le Lowy Institute de Sydney. Il y a affirmé que ce n’est pas l’Otan qui veut se déployer dans le Pacifique, mais la Chine qui y menace les Alliés.

La presse internationale n’a retenu du Sommet du 70ème anniversaire de l’Otan à Londres que les éclats de voix qui l’ont précédé et les ricanements qui l’ont rythmé. L’important était évidemment ailleurs [1].

Lors de sa création, la fonction de l’Alliance atlantique fut résumée par son secrétaire général, Lord Hastings Lionel Ismay comme « Garder l’Union soviétique à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands hors jeu » (keep the Soviet Union out, the Americans in, and the Germans down) [2]. Cet objectif ayant disparu avec la « patrie du communisme », on s’est efforcé de présenter la Fédération de Russie comme sa continuation. Puis on a accepté l’idée d’autoriser l’Allemagne à disposer de sa propre politique. Enfin, on a envisagé d’étendre l’Alliance au Pacifique pour « endiguer » la Chine ; ce qui vient d’être confirmé.

Les insultes actuelles livrent une mauvaise image de l’Alliance, mais elles correspondent au retour de la rivalité séculaire franco-allemande. La France entend devenir une très grande puissance, à la fois grâce à sa bombe atomique et grâce à l’État supranational européen, tandis que l’Allemagne ne peut pas envisager de redevenir une puissance militaire sans la protection nucléaire de l’Otan [3].

Cette donne s’exprime à propos de la Syrie et du Sahel. Sur la Syrie, la France peste à propos de l’attaque turque contre les mercenaires kurdes du PKK/YPG, tandis que l’Allemagne se propose de déployer ses troupes sous contrôle de l’Otan. Aucun des deux ne parvient à avancer, les États-Unis restant les seuls maîtres du jeu. Sur le Sahel, la France commence à trouver trop lourd pour elle le poids du maintien du status quo, tandis que l’Allemagne serait prête à augmenter sa part, mais exclusivement sous commandement US. Là encore, aucun des deux États ne parvient à avancer. Tous ont compris ce qui se joue derrière la rhétorique anti-terroriste : le maintien des gouvernements actuels qui permettent l’exploitation des ressources de la région. Or, là encore, les États-Unis sont les seuls maîtres du jeu et entendent profiter les premiers de cette exploitation.

La nouveauté, c’est la possible ouverture du front chinois. Il supposerait de transformer l’Alliance atlantique en « Alliance atlanto-pacifique ». Selon les études du Pentagone, il conviendrait dès lors de faire adhérer l’Australie, l’Inde et le Japon de manière à encercler la Chine comme on l’a fait avec la Russie. Ce processus, qui devrait demander une décennie, vient de commencer avec le Sommet de Londres.

D’ores et déjà, l’US PaCom, c’est-à-dire le Commandement des États-Unis pour le Pacifique, a été renommé par le secrétaire à la Défense Jim Mattis US IndoPaCom [4].

Puis le nouveau secrétaire à la Défense Mark Esper, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg se sont discrètement rendus à Sydney, début août dernier, tester les dirigeants australiens qui s’en sont trouvés très honorés quoi qu’effrayés par la perspective de devoir abriter des missiles nucléaires [5]. Des contacts ont identiquement été pris avec l’Inde et le Japon, mais ils furent beaucoup moins fructueux. En outre, les États-Unis ont revu leur politique vis-à-vis de la Corée du Sud, de l’Indonésie, du Myanmar, des Philippines, de la Thaïlande et du Vietnam afin de rapprocher leurs armées respectives. Ces États ont l’habitude de travailler avec le personnel du Pentagone, mais pas du tout les uns avec les autres.

Beijing avait compris dès 2014 que la volonté US de quitter le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire traduisait moins une perspective anti-Russe qu’une menace pour elle. Il est désormais évident qu’il y aura un déploiement de missiles nucléaires US tout autour de la Chine et que l’Otan suivra.

Pour les Chinois, c’est un retour en arrière, lorsqu’à la fin du XIXème siècle les États-Unis élaborèrent leur « doctrine de la Porte ouverte ». Il s’agissait d’instaurer un pacte entre les empires coloniaux afin qu’ils établissent une forme de libre-concurrence commerciale entre eux et exploitent des régions sous-développées au lieu de se faire la guerre entre eux pour s’approprier un territoire. Compte tenu de sa supériorité industrielle, Washington était sûr de l’emporter. Pour poursuivre cette agression, il développa un discours apaisant. Il soutint « l’intégrité territoriale et la souveraineté » des pays où il souhaitait faire des affaires. Il favorisa le renforcement des gouvernements locaux dans la mesure où seuls ceux-ci pouvaient garantir l’application de traités inégaux. De la sorte, les peuples se contrôlaient eux-mêmes à son profit. Le caractère mensonger des déclarations de principe US fut vérifié lors des agressions japonaises contre la Chine : Washington soutint toutes les demandes japonaises et laissa dépecer la Chine orientale.

C’est précisément cette expérience de s’être battu contre tous les Empires coloniaux ligués contre lui —y compris la Russie tsariste— qui a poussé le président Xi Jinping à se rapprocher de son homologue russe, Vladimir Poutine, car son pays a connu la même agression par la suite : les deux États savent dans leur sang qu’ils devront les affronter un jour ou l’autre. Cependant le Pentagone a fait le pari qu’une fois le danger venu, Moscou ne soutiendra pas Beijing ; une évaluation du risque antérieure aux missiles hypersoniques russes.

La Chine n’envisage pas cette guerre dans les mêmes termes que l’Otan : elle entend déplacer le champ de bataille dans la sphère informatique et détruire les armes de l’Alliance Atlantique-Nord Élargie par de cyber-attaques avant qu’elle ne s’en serve.

En octobre 2011, la secrétaire d’État Hillary Clinton lançait dans Foreign Policy son appel au « pivot vers l’Asie » (pivot to Asia) : les États-Unis devaient quitter l’Europe et le Moyen-Orient élargi pour se déployer en Extrême-Orient [6]. Le conseiller de Sécurité nationale, Tom Donilon, explicitait ce plan en mars 2013 devant l’Asia Society [7]. Il comportait notamment un dispositif diplomatique et financier, le projet d’Accord de partenariat transpacifique. Cependant, très vite le Pentagone rectifiait le tir : il ne s’agirait pas d’abandonner une partie du monde pour une autre, mais de s’étendre de l’une sur l’autre. C’était la notion de « rééquilibrage » (rebalance), seule compatible avec la poursuite de la « guerre sans fin » (war without end) au Moyen-Orient élargi. Ne parvenant pas à convaincre, le Pentagone mettait abruptement fin au débat en soulignant qu’il était impossible d’un point de vue budgétaire d’entretenir trois fronts à la fois [8]. Depuis lors, le Pentagone a acquis quantité d’armes qu’il a stockées dans le Pacifique.

Le président Donald Trump a tenté de stopper ce mirage en retirant les États-Unis de l’Accord de partenariat transpacifique dès son accession à la Maison-Blanche. Mais rien n’y a fait. Le Pentagone poursuit inexorablement sa marche et vient d’imposer sa vision à l’issue de neuf années de palabres.

Alors que du point de vue français, l’Otan est en état de « mort cérébrale », le Pentagone a commencé sa mutation en une organisation globale. Tous les États-membres ont signé sans réfléchir la Déclaration de Londres qui stipule : « Nous sommes conscients que l’influence croissante et les politiques internationales de la Chine présentent à la fois des opportunités et des défis, auxquels nous devons répondre ensemble, en tant qu’Alliance » [9]. Le processus est lancé.Thierry Meyssan

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[1] « Sommet de l’Otan : le parti de la guerre se renforce », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 7 décembre 2019.

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[2Whitehall, Peter Hennessy, The Free Press, 1989.

[3] « Six projets contradictoires d’ordre mondial », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 novembre 2019.

[4] « L’US PaCom devient US IndoPaCom », Réseau Voltaire, 3 juin 2018.

[5] “Australia-US Ministerial Consultations (AUSMIN) 2019”, Voltaire Network, 4 August 2019.

[6] “America’s Pacific Century”, Hillary Clinton, Foreign Policy, October 11, 2011.

[7] “The United States and the Asia-Pacific in 2013”, by Tom Donilon, Voltaire Network, 11 March 2013.

[8] “DoD Official : Asia Pivot ‘Can’t Happen’ Due to Budget Pressures”, Defense News, March 4, 2014.

[9] « Déclaration de Londres », Réseau Voltaire, 4 décembre 2019.

https://www.voltairenet.org/article208500.html

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La France au sommet de l’OTAN du 4 décembre 2019: résistance ou résignation ? Par Hannoun Hervé

GÉOPOLITIQUE7.décembre.2019 // Les Crises

La France au sommet de l’OTAN du 4 décembre 2019: résistance ou résignation ? Par Hannoun Hervé

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Source : Le Blog Mediapart, Hannoun Hervé, 29-11-2019

«En déclarant que l’OTAN était “en état de mort cérébrale”, le Président de la République a osé briser un tabou, celui de la légitimité existentielle d’une organisation qui, depuis la fin de la guerre froide, mais surtout depuis ces dernières années, a perdu sa raison d’être». On ne peut que souscrire à ce jugement de l’association “Initiatives pour le désarmement nucléaire”.

«En déclarant que l’OTAN était “en état de mort cérébrale”, le Président de la République a osé briser un tabou, celui de la légitimité existentielle d’une organisation qui, depuis la fin de la guerre froide, mais surtout depuis ces dernières années, a perdu sa raison d’être». On ne peut que souscrire à ce jugement de l’association “Initiatives pour le désarmement nucléaire”. A la suite des déclarations justifiées du Président Macron dans The Economist le 7 novembre sur les graves dysfonctionnements de l’OTAN, on a assisté à une levée de boucliers dans le microcosme des milieux ultra-atlantistes, lequel attend maintenant avec fébrilité que, au sommet de Londres du 4 décembre 2019, la France capitule et rentre dans le rang. Ce serait pourtant une faute historique pour notre pays. Il y a quatre raisons fondamentales de ne pas céder, et de choisir le 4 décembre la résistance plutôt que la résignation.

1/La première, et la plus récente, c’est la manière indigne dont l’OTAN s’est lavée les mains en octobre 2019 de l’agression perpétrée par l’armée turque, la seconde de l’OTAN par le nombre, contre les Kurdes de Syrie. Après les désastres des interventions de l’OTAN en Serbie en 1999 (création du Kossovo après des mois de bombardements aériens) et en Lybie en 2012, l’intervention turque au Nord Est de la Syrie en 2019 est un nouveau dysfonctionnement grave de l’OTAN, car cette agression n’a à aucun moment été condamnée ni par le Secrétaire général Stoltenberg ni par les autres organes de l’Alliance. Tout a été dit par le Président français sur cet épisode affligeant. On peut simplement ajouter que, à défaut d’exclure la Turquie de l’organisation, l’OTAN devrait à tout le moins mettre un terme au stockage sous l’égide de l’OTAN de bombes nucléaires américaines sur le sol de la Turquie.

2/ Le deuxième problème fondamental de l’Alliance est que l’appartenance à l’OTAN, organisation étroitement dépendante des Etats-Unis, de 22 sur 28 pays membres de l’Union Européenne n’est pas compatible avec l’affirmation de la “souveraineté européenne” en matière de défense souhaitée par le Président Macron.

Lors du référendum de 1992 sur l’Union européenne et le Traité de Maastricht, nul ne pouvait imaginer que ce grand projet de Mitterrand et Kohl pour la Paix allait être dévoyé, à partir de 1998, par le projet géopolitique américain de prendre le contrôle de fait de la politique de défense et de sécurité commune européenne. Ceci grâce à l’élargissement simultané de l’Union Européenne et de l’OTAN aux pays de l’Est de l’Europe, et grâce aussi à la décision lourde de conséquences du Président Sarkozy d’abandonner en 2008 la position stratégique gaulliste de refus de participation au commandement militaire intégré de l’OTAN. A partir du moment où 22 des 28 pays de l’UE, dont la France, devenaient membres à part entière de l’OTAN, l’esprit initial de Maastricht était trahi car “l’Europe pour la Paix” allait inévitablement être contrariée par l’ingérence des Etats-Unis, avec leurs objectifs géopolitiques propres, dans la politique européenne de défense et de sécurité commune. Pour revenir à l’Europe de la Paix dessinée en 1992, il n’y a pas d’autre voie que de mettre fin à l’imbrication actuelle entre l’OTAN et l’Union Européenne, ce qui supposerait la sortie de l’OTAN des 22 pays de l’Union européenne qui en sont membres. Il serait en effet incohérent de conduire les Français dans l’aventure d’une “défense européenne” tout en maintenant dans le commandement intégré de l’OTAN – sous direction américaine – 80 % des pays de l’Union Européenne.

L’idée des dirigeants allemands actuels de la “complémentarité OTAN/UE”, c’est à dire l’idée de faire de l’OTAN la “pierre angulaire” de la politique européenne de défense et de sécurité commune, est directement contraire à toute notion de “souveraineté européenne”. Cette idée apparait comme un leurre si l’on se rappelle que au sein de l’OTAN le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est toujours un général américain.

Il faut avoir la lucidité de reconnaitre la divergence d’intérêt qui s’approfondit entre la France et l’Allemagne sur la question de l’OTAN .Le concept géopolitique porté par le trio Von Der Leyen/Merkel/Kramp-Karrenbauer consiste en un élargissement massif de l’UE et de l’OTAN à l’Est de l’Europe sous le parapluie américain.Une forme nouvelle de la pulsion historique du “Drang nach Osten”, qui va conduire de façon certaine dans quelques années, si la Macédoine,la Bosnie-Herzégovine, le Kossovo, l’Ukraine et la Géorgie devenaient membres de l’OTAN, à la confrontation avec la Russie, souhaitée par le “deep state” à Washington et donc par la technostructure de l’OTAN. Cet expansionnisme à l’Est de l’Union européenne se fait sous le parapluie nucléaire américain, avec lequel les allemands sont familiarisés du fait de la présence sur leur sol d’armes nucléaires tactiques américaines (bombes nucléaires B61) destinées à être en cas de guerre larguées par des avions de la Luftwaffe sous l’égide de l’OTAN. Par ailleurs la CDU vient de se fixer l’objectif d’atteindre à terme les 2% du PIB de dépenses militaires ,soit un énorme budget de 80 MDS d’euros par an, qui conduirait à une remilitarisation de l’Allemagne contraire aux aspirations actuellement pacifiques de sa population.

La France n’a aucun intérêt à endosser ce concept géopolitique allemand. Elle a sa force de frappe nucléaire indépendante. Elle se méfie de l’élargissement de l’UE et de l’OTAN à marche forcée à l’Est.Elle souhaiterait une défense européenne indépendante des Etats-Unis, qui ont actuellement le contrôle total de l’OTAN.

Il n’y a pas donc pas aujourd’hui de “couple franco-allemand” sur les questions de défense et de sécurité. Il y a deux Nations dont les intérêts divergent. L’Allemagne accepte son alignement strict sur les Etats-Unis dans l’OTAN pour soutenir son expansion à l’Est , tandis que la France, elle, n’a pas renoncé à être une puissance d’équilibre, son intérêt étant de revenir à la position gaulliste de non alignement, seule conforme à la vocation universelle du pays de la déclaration des droits de l’Homme.

3/ Le troisième problème majeur posé à la France par l’OTAN, c’est que cette dernière est une Alliance nucléaire. Une Alliance nucléaire floue et dangereuse.

L’OTAN se veut une alliance nucléaire, dont la sécurité collective est garantie d’une part par des forces nucléaires stratégiques, c’est à dire les armes de grande puissance délivrées par des vecteurs à moyenne ou longue portée, et d’autre part par des armes nucléaires tactiques, c’est à dire les armes à plus courte portée destinées à un usage sur le champ de bataille.

-Du côté des armes nucléaires stratégiques, le communiqué du dernier sommet de l’OTAN à Bruxelles le 12 juillet 2018 indique : “Les forces stratégiques de l’Alliance, et en particulier celles des États-Unis, sont la garantie suprême de la sécurité des Alliés. Les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France ont un rôle de dissuasion propre et contribuent de manière significative à la sécurité globale de l’Alliance.” ( Fin de citation: les mots “de manière significative” ont été rajoutés en 2018 par rapport au langage du sommet précédent).

Ce communiqué semble indiquer que les forces nucléaires stratégiques française et britannique contribuent à la garantie suprême de la sécurité collective des 29 alliés, ce qui semble en contradiction avec le fait que, lorsque la France a décidé en 2008 de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN, elle l’a fait à l’exclusion du Comité des plans nucléaires dont la France, pour démontrer l’indépendance de sa force de frappe, n’a pas souhaité faire partie. Il y a là une ambiguïté que l’association “Initiatives pour le désarmement nucléaire” avait soulevée dés le lendemain de ce sommet en 2018, sans recevoir de réponse publique. Cette ambiguïté mériterait d’être levée. Pour cela, la France devrait, au sommet de décembre 2019 à Londres, rappeler de la façon la plus nette qu’elle ne fait pas partie de l’Alliance nucléaire de l’OTAN puisqu’elle ne participe pas au Comité des plans nucléaires. Une telle clarification est indispensable pour éviter à notre pays d’ être un jour la victime collatérale d’éventuelles aventures nucléaires des néo- conservateurs américains, qui ont de facto le contrôle de cette alliance nucléaire qu’est l’OTAN.

-Du côté des armes nucléaires tactiques, armes à plus courte portée et à plus faible puissance, des armes nucléaires tactiques américaines sont actuellement déployées à l’avant en Europe dans des bases situées dans 5 pays sous l’égide de l’OTAN: Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Turquie. Il s’agit de bombes nucléaires B 61 qui seraient lâchées en cas de guerre depuis des avions appartenant à ces 5 pays. Ces armes inutiles, dangereuses pour la sécurité des Européens et présentant des risques en termes de prolifération, auraient dû depuis longtemps être retirées du sol européen, comme de nombreux experts français le recommandaient.

-S’agissant des armes nucléaires de portée intermédiaire, la dénonciation annoncée le 1er février 2019 par le Président Trump, puis par le Président russe, du traité INF de 1987 a de façon irresponsable levé l’interdiction de déployer en Europe des armes nucléaires de portée intermédiaire lancées du solCertes au sein de l’OTAN on peut espérer que des pays comme l’Allemagne, se souvenant de la crise des Euromissiles des années 80, refuseront le déploiement de nouveaux missiles nucléaires américains avec base à terre sur leur sol. En revanche les pays les plus belliqueux et russophobes de l’Alliance tels que la Pologne la Roumanie ou les trois États baltes pourraient favoriser un tel déploiement, créant de graves risques nucléaires aux frontières orientales de l’Union européenne.

L’OTAN a joué un rôle néfaste dans cette affaire en publiant le 1er février 2019 une déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord (regroupant les Ministres des Affaires Étrangères de l’Alliance) soutenant unanimement la dénonciation du Traité INF par les Etats-Unis. Alors que le Président Macron avait initialement exprimé ses fortes réserves sur cette dénonciation , la technostructure de l’OTAN n’a pas sérieusement tenté de préserver ce traité très important et elle n’a fait que relayer la position des Etats-Unis. Contrairement à l’affirmation de M.Stoltenberg dans une récente interview au Figaro selon laquelle l’OTAN “protège près d’un milliard de personnes”, la réalité est que l ‘OTAN les expose plus qu’elle ne les protège, notamment en soutenant aveuglément la relance par les États-Unis de la course aux armements.

Pour toutes ces raisons, il serait sage pour notre pays de s’éloigner de cette alliance nucléaire dangereuse, dont le leadership américain actuel accroit encore la dangerosité compte tenu de sa nouvelle doctrine d’ emploi des armes nucléaires (Nuclear posture review), publiée en 2018, qui n’exclut plus, pour défendre les intérêts vitaux des États-Unis, l’utilisation d’armes nucléaires en réponse à des attaques non nucléaires.

4/ Le quatrième problème majeur posé à la France par la posture actuelle de l’OTAN concerne la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et la question de la Crimée .

Le Président Macron ne ménage pas ses efforts depuis quelques mois pour essayer de réduire les risques de confrontation russo-ukrainienne. La réunion qu’il a convoquée à Paris le 9 décembre en format Normandie 4 sur le Donbass en est l’illustration. Mais il a affaire à un ensemble de forces qui agissent dans le sens contraire et exacerbent les tensions.

Le détonateur d’une confrontation en Europe pourrait être à l’avenir le lancement du processus d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Le Secrétaire général de l’OTAN, adepte de la politique dite de “la porte ouverte de l’OTAN à l’Ukraine”, a reçu en Novembre 2018 le Président du Parlement ukrainien, le nationaliste A. Parubyi. Ce dernier, après cette visite , a réussi à faire inscrire dans la Constitution ukrainienne en janvier 2019 le principe de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Jens Stoltenberg a par ailleurs lancé en avril 2019 de grandes manœuvres navales de l’OTAN en Mer Noire, manœuvres conjointes avec l’Ukraine et la Géorgie, signalant ainsi que l’Ukraine et la Géorgie sont dans l’antichambre de l’OTAN. Alors que l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN progresse sans bruit, il est temps pour la France de s’opposer à ce processus, comme Emmanuel Macron s’y était engagé devant les Français avant son élection dans sa plateforme présidentielle de 2017. Il serait en effet peu judicieux pour la France de laisser prospérer ce dossier d’adhésion car une fois l’Ukraine dans l’OTAN, la France constaterait qu’elle est engagée par l‘article 5 du traité de l’OTAN à soutenir militairement l’Ukraine en cas de conflit russo-ukrainien.

Les pays du G7 ont , à la suite de l’ incident du Détroit de Kerch, durci leur position sur la Crimée. Le 30 novembre 2018, les Ministres des Affaires étrangères du G7, ont déclaré: “Nous ne reconnaissons pas, et nous ne reconnaitrons jamais, l‘annexion de la Crimée”. En donnant un caractère éternel à leur position par l’introduction du mot “jamais”, les pays du G7 se prononçaient pour la rétrocession par la Russie de la Crimée à l’Ukraine. Le 31 octobre 2019, le Secrétariat général de l’OTAN a saisi l’occasion de la commission Ukraine-OTAN pour évoquer dans le communiqué de cette réunion “le retour de la Crimée sous contrôle ukrainien”, en paraissant ignorer que ce dossier fait partie de ceux qui peuvent conduire à la troisième guerre mondiale.

L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN élèverait le risque du scénario catastrophe d’une guerre pour la Crimée entre l’OTAN et l’Ukraine d’une part, la Russie d’autre part, avec implication de la France dans une guerre qui n’est pas la sienne.La sortie de l’OTAN est le seul moyen d’éviter à notre pays d’être entrainé dans les enchainements belliqueux d’une alliance contrôlée de Washington, sur laquelle il n’a que peu de prise.

Au sommet de l’OTAN du 4 décembre 2019, la France va devoir continuer à faire entendre la voix de la raison sur la question de l’OTAN, comme elle a commencé à le faire le 7 novembre , sans craindre les critiques superficielles sur le “risque d’isolement” ou de “crisper nos alliés”. Seule la France est en position d’arrêter la marche actuelle des somnambules de l’OTAN vers la confrontation à l’Est de l’Europe.

Source : Le Blog Mediapart, Hannoun Hervé, 29-11-2019

https://www.les-crises.fr/la-france-au-sommet-de-l-otan-du-4-decembre-2019-resistance-ou-resignation-par-hannoun-herve/

REPLAY – Sommet de l'OTAN à Londres : rencontre entre E. Macron et D. Trump

REPLAY – Sommet de l’OTAN à Londres : rencontre entre E. Macron et D. Trump

86 830 vues•3 déc. 201946693PARTAGERENREGISTRERFRANCE 241,7 M abonnésS’ABONNERSommet de l’OTAN à Londres : rencontre entre Emmanuel Macron et Donald Trump. « Je sais que mes propos ont suscité des réactions, ont un peu secoué, mais je les maintiens », a déclaré le chef de l’Etat français, en anglais, lors d’un point presse au côté du président américain Donald Trump dans la capitale britannique. Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube : http://f24.my/youtube En DIRECT – Suivez FRANCE 24 ici : http://f24.my/YTliveFR Notre site :

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Le Sommet lance l’Otan dans l’espace : coûts exorbitants

Le Sommet lance l’Otan dans l’espace : coûts exorbitants

par Manlio Dinucci

A l’image de l’Alliance atlantique, le Sommet de l’Otan du 4 décembre sera une mise en scène où les vassaux signeront pour les nouvelles dépenses que leur imposera leur suzerain. Nul ne sait ce que le Pentagone a préparé, mais tous devront l’approuver.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 5 DÉCEMBRE 2019 ITALIANO

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ÀLondres se déroule, le 4 décembre, le Conseil de l’Atlantique Nord des chefs d’état et de gouvernement qui célèbre le 70ème anniversaire de l’Otan, définie par le secrétaire général Jens Stoltenberg comme « l’alliance de plus grand succès dans l’histoire ».

Un « succès » indéniable. Depuis qu’elle a démoli par la guerre la Fédération Yougoslave en 1999, l’Otan s’est élargie de 16 à 29 pays (30 si elle englobe maintenant la Macédoine), en s’étendant à l’Est au bord de la Russie. « Pour la première fois dans notre histoire —souligne Stoltenberg— nous avons des troupes prêtes au combat dans l’Est de notre Alliance ». Mais l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord est allée au-delà, en étendant ses opérations guerrières jusque sur les montagnes afghanes et à travers les déserts africains et moyen-orientaux.

À présent la Grande Alliance vise plus haut. Au Sommet de Londres —pré-annonce Stoltenberg— les leaders des 29 pays membres « reconnaîtront l’espace comme notre cinquième champ opérationnel », qui s’ajoute aux terrestre, maritime, aérien et cyber-spatial. « L’espace est essentiel pour le succès de nos opérations », souligne le secrétaire général laissant entendre que l’Otan développera un programme militaire spatial. Il ne fournit évidemment pas de détails, mais informe que l’Otan a signé un premier contrat d’1 milliard de dollars pour moderniser ses 14 avions Awacs. Ceux-ci ne sont pas de simples avions-radar mais des centres de commandement volants, produits par l’états-unien Boeing, pour la gestion de la bataille à travers les systèmes spatiaux.

À coup sûr quasiment aucun des leaders européens (pour l’Italie le premier ministre Giuseppe Conte), qui le 4 décembre « reconnaîtront l’espace comme notre cinquième champ opérationnel », ne connaît le programme militaire spatial de l’Otan, préparé par le Pentagone et par des sommets militaires européens restreints avec les plus grandes industries aérospatiales. Et moins encore le connaissent les parlements qui, comme en Italie, acceptent les yeux fermés toute décision de l’Otan sous commandement états-unien, sans se préoccuper de ses implications politico-militaires et économiques.

L’Otan va se lancer dans l’espace dans le sillage du nouveau Commandement spatial créé par le Pentagone en août dernier dans le but, déclaré par le président Trump, d’« assurer que la domination américaine dans l’espace ne soit jamais menacée ». Trump a ensuite annoncé la constitution successive de la Force Spatiale des États-Unis, avec la mission de « défendre les intérêts vitaux américains dans l’espace, le prochain champ de combat de la guerre ». La Russie et la Chine accusent les USA d’ouvrir ainsi la voie de la militarisation de l’espace, en avertissant qu’elles ont la capacité de répondre. Tout cela accroît le péril de guerre nucléaire.

Même si on ne connaît pas encore le programme militaire spatial de l’Otan, une chose est sûre : il sera extrêmement couteux. Au Sommet, Trump fera pression sur les alliés européens pour qu’ils portent leur dépense militaire à 2 % ou plus du PIB. Jusqu’à présent 8 pays l’ont fait : la Bulgarie (qui l’a portée à 3,25, juste au-dessous des 3,42 des USA), la Grèce, la Grande-Bretagne, l’Estonie, la Roumanie, la Lituanie, la Lettonie et la Pologne. Les autres, tout en restant au-dessous des 2 %, sont engagés à l’augmenter. Tirée par l’énorme dépense US —730 milliards de dollars en 2019, plus de 10 fois celle de la Russie— la dépense militaire annuelle de l’Otan, selon les données officielles, dépasse les 1 000 milliards de dollars. En réalité elle est plus haute que celle indiquée par l’Otan, parce qu’elle ne comprend pas divers postes de caractère militaire : par exemple celui des armes nucléaires US, inscrit au bilan non pas du Pentagone mais du Département de l’Énergie.

La dépense militaire italienne, qui est passée du 13ème au 11ème rang mondial, se monte en termes réels à environ 25 milliards d’euros annuels en augmentation. En juin dernier le gouvernement Conte I y a ajouté 7,2 milliards d’euros, fournis aussi par le Ministère pour le développement économique pour l’achat de systèmes d’arme. En octobre, lors de sa rencontre avec le Secrétaire général de l’Otan, le gouvernement Conte II s’est engagé à l’augmenter durablement d’environ 7 milliards d’euros annuels à partir de 2020 (La Stampa, 11 octobre 2019).

Au Sommet de Londres seront requis à l’Italie d’autres milliards d’argent public pour financer les opérations de l’Otan dans l’espace : alors qu’on ne trouve pas d’argent pour garder la sécurité et reconstruire les viaducs qui s’écroulent.Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

https://www.voltairenet.org/article208483.html

Pour Macron, la Russie est «une menace sur certains sujets» mais «aussi un partenaire» 4 déc. 2019, 16:16

Pour Macron, la Russie est «une menace sur certains sujets» mais «aussi un partenaire» 4 déc. 2019, 16:16 Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet de l’OTAN en Angleterre, le président français a prôné, une nouvelle fois, le dialogue et la collaboration avec la Russie. Mais il a aussi présenté Moscou comme «une menace sur certains sujets». Détails à suivre… International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68569-pour-macron-russie-est-menace-sur-certains-sujets-mais-aussi-partenaire?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

“Swinging London”

Swinging London

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 03 décembre 2019

   Forum

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Swinging London

3 décembre 2019 – Jamais je n’aurais pensé utiliser pour une “réunion” de l’OTAN cette expression, si à la mode dans les années 1960 entre Beatles et Rolling Stones, caractérisant le rythme effréné de la capitale anglaise sortie de sa soi-disant torpeur victorienne pour balancer les “Swinging Sixties” à la face de la modernité triomphante du monde. C’est pourtant le cas, me semble-t-il, – “never say never”, – pour la “réunion” dont tout le monde vous dit, les amis, que cela va swinguer diablement.

… En effet, “réunion” et pas “sommet”, comme nous le fait remarquer l’avisé WSWS.org dont j’entends bien utiliser, sans vergogne inutile mais avec le respect qui importe, quelques parties et extraits de son texte de ce  3 décembre 2019 fort bien documenté et plein d’espérance pour la classe ouvrière… Explication :

« L’OTAN a déclassé l’intitulé de la rencontre de deux jours à Londres de “sommet” à “réunion des dirigeants”, pour éviter d’avoir à publier un communiqué officiel que Trump ou d’autres chefs d’État pourraient refuser de signer. L’an dernier, on a assisté à l’effondrement spectaculaire du sommet du G7 à Québec, lorsque Trump a refusé à la dernière minute de signer le communiqué convenu par le Canada, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l’Italie. Entretemps, au cours de l’année écoulée, les tensions internationales au sein de l’OTAN n’ont cessé de s’aggraver… »

On a déjà vu divers motifs de cette aggravation, à mon avis les plus importants, dans  l’un ou  l’autre texte récent où le président français tient incontestablement la vedette. En effet, c’est une analogie assez étrange que celle qu’on relève entre ces deux personnages-là si différents, d’être, chacun dans leur genre et chacun avec leur style, les deux perturbateurs principaux de l’usine à gaz otanienne, de son ordre établi et paisiblement assoupi, au rythme de furieuses menaces antirusses et anathèmes antichinois qui sont comme comme autant de paisibles ronflements suivant l’aimable cliquetis des chenilles de quelques chars de passage. On vous le dit : si ce n’était eux, avec en plus Erdogan comme Grand Mamamouchi déguisé en cerise sur le gâteau, tout serait pour le mieux dans la meilleure des réunions au sommet, à Londres plus swinging que jamais, demain et le jour d’après.

« “Les alliés de l’OTAN approchent le sommet de Londres avec un sentiment d’appréhension”, observe Karen Donfried, du groupe de réflexion du German Marshall Fund. “Bien peu prévoient un rassemblement qui unifiera l’ensemble en aveuglant les fissures croissantes dans la cohésion.”
» De plus en plus, Trump n’est plus considéré comme le seul chef d’État dont les remarques pourraient provoquer une crise diplomatique majeure. “Ce serait un grand hommage à la valeur que tous les alliés de l’OTAN accordent à l’institution si nous parvenons à passer cette réunion sans que le président Trump, le président Emmanuel Macron ou le président Recep Tayyip Erdogan ne disent ou fassent quelque chose de dommageable pour l’alliance”, a déclaré Kori Schake, ancien responsable du Conseil national de sécurité dans le gouvernement Bush, à Bloomberg News. »

Effectivement, il aurait été injuste d’oublier l’exotique empoignade entre Macron et Erdogan. Elle est pourtant tellement d’actualité, je veux dire comme illustration du chaos du monde et du billard à 2019 bandes que sont devenus la politique des relations internationales et le classement entre “ami” et “ennemi”, avec des observations de la sorte que “l’ami de mon ennemi est l’ennemi de mon ennemi qui est devenu mon ami”.

Ils s’empoignent tellement, Macron-Erdogan, qu’ils en arrivent à boucler la boucle ; puisqu’Erdogan menace de mettre son veto “aux plans de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes” si la susdite-OTAN ne proclame pas “terroriste” le YPG kurde tant chéri par Macron ; alors que ce même Macron demande une chose prioritairement, qu’on cesse donc d’ennuyer la Russie avec des postures de menaces et des cliquetis de chenilles de chars en goguette, notamment en Pologne et dans les États baltes.. 

« Au cours des derniers jours, Macron a également échangé des insultes avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré à l’intention de Macron, vendredi : “Je vous le dirai à nouveau lors de la réunion, vérifiez d’abord votre propre mort cérébrale.” Erdogan a également déclaré qu’il n’appartenait pas à Macron de discuter de la question de savoir si la Turquie devait rester au sein de l’OTAN ou si elle devait être expulsée. Erdogan a critiqué Macron pour son soutien à la milice des unités de protection du peuple kurde syrien (YPG), que le gouvernement turc a qualifiée de groupe terroriste.
» Erdogan a également menacé de s’opposer aux plans militaires de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes, si l’OTAN n’inscrivait pas collectivement le YPG comme organisation terroriste. »

Pourtant, poursuit le commentateur de WSWS.org, l’OTAN a son utilité. Cette organisation sert fort bien à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre “chouette petite guerre” de temps en temps, ce qui contribue dit-on à faire taire les récriminations de la classe ouvrière et à fabriquer un simulacre d’entente et de coude-à-coude entre tous ces pays qui sont rassemblés en une alliance au succès sans précédent dans l’histoire, et dont je ne sais plus à quoi elle sert… Mais si, pardi ! qui sert “ à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre ‘chouette petite guerre’”, – ce qui montre combien l’OTAN n’est pas loin d’avoir inventé le mouvement perpétuel.

…Ainsi aurions-nous enfin percé le Grand Mystère qui plonge le Sphinx lui-même dans des abîmes de réflexion : mais à quoi donc peut bien servir l’OTAN, elle qui rassemble sous la houlette américaniste tant de pays qui, pris individuellement, sont autant de marionnettes très-fidèles de l’américanisme, sauf l’un ou l’autre qu’il n’est pas très habile de mélanger aux autres ?

Enfin bref… L’OTAN a inventé le mouvement perpétuel point-barre, et cela suffit à notre bonheur et à l’honneur de notre civilisation.

« Près de 30 ans après la dissolution de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne en 1991, qui a privé l’OTAN d’un ennemi commun, il est de plus en plus clair que des conflits profondément enracinés selon des intérêts stratégiques et économiques antagonistes déchirent les principales puissances de l’OTAN. Face à la défaite de leur guerre par procuration de huit ans en Syrie et dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances de l’OTAN se préparent à une escalade sans le moindre souci de conséquences potentiellement catastrophiques. Cette voie a été empruntée pour tenter de faire face à l’opposition croissante des travailleurs dans les pays membres et aux divisions croissantes entre eux. »

Mais je m’en voudrais de vous faire perdre  de vue l’un des derniers points soulevés par l’article cité, qui concerne l’une des conquêtes les plus fructueuses de l’organisation, – je veux parler de l’Ukraine et de son sémillant président Zelenski. En effet, il faut savoir que ce président Zelenski-là est chapeauté de drôlement près, comme chacun sait, par le truculent oligarque ukrainien Kolomoïski qui est en train d’ébaucher une nouvelle extension de sa fortune vers l’Est, c’est-à-dire vers l’ami russe, au moyen d’un succulent  trafic de Pampers qu’il compte bien vendre à l’OTAN pour que cette sublime organisation en équipe ses innombrables divisions blindées et néanmoins incontinentes… On pourrait imaginer que Zelenski soit invité à suivre par la grosse patte bonhomme de Kolomoïski, non ?

« …En particulier, les divisions tactiques sur la politique étrangère impérialiste américaine qui sous-tendent la campagne du Parti démocrate pour destituer Trump et le dénoncer comme un traître pro-russe sont étroitement liées à des conflits explosifs au sein de l’OTAN.
» Alors que Merkel, Macron, Poutine et le président ukrainien Vladimir Zelenski devaient se rencontrer pour négocier une trêve à Paris le 9 décembre, sans la participation de Washington, le quotidien de référence Washington Post a averti que la crise de destitution pourrait renforcer par inadvertance la main des puissances européennes en Ukraine.
» Dans son éditorial, le Post écrit : “Pratiquement tous les hauts fonctionnaires qui ont travaillé sur les relations (avec l’Ukraine) au cours des deux dernières années ont démissionné ou ont témoigné dans l’enquête de destitution et ont été dénoncés par le président. … Tout cela affaiblit considérablement la position de M. Zelenski, d’autant plus qu’il envisage de rencontrer M. Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Ces deux derniers feront probablement pression sur les Ukrainiens pour obtenir des concessions pour satisfaire la Russie, car un accord leur permettrait de réparer les relations européennes avec la Russie”. »

En général, je l’avoue, je me méfie des réunions qu’on vous annonce comme “explosives”, ou de tout autre événement à la prévision catastrophique. Cela, c’est un réflexe appris d’“avant”, je veux dire avant le “nouveau monde”, quand on parvenait à s’arranger sur les sujets de grande discorde que l’on voyait venir, grâce à la raison et au sens commun. Mais aujourd’hui, tel ou tel exemple montre qu’il y a un côté “le pire est toujours le plus probable“ dans notre époque, comme si l’idée selon laquelle les catastrophes prévisibles étaient souvent évitables selon l’acte de l’ancienne sagesse, étaient devenues la fatalité que les catastrophes prévisibles sont devenues inévitables, comme si enfin nous n’avions plus ni raison ni sens commun pour écarter des événements sur lesquels nous n’avons plus aucun contrôle.

Alors, prudence prudence… Même les plus fins limiers, comme un Bruno Tertrais, que j’avais rencontré en passant, jeune expert en herbe et imberbe à la DAS (Délégation aux Affaires Stratégiques à la défense) de Perrin de Brichambaut, exultant d’un patriotisme touchant après la victoire de la France en Coupe du Monde (celle de Paris, 1999) ; devenu depuis une anguille sachant naviguer, grand-maître du parti neocon des salons parisiens, exquisement proaméricaniste et otanien du Quai d’Orsay au boulevard Saint-Germain,  – eh bien, même lui adopte une attitude prudente, désapprouvant discrètement la crudité des mots de Macron mais non points ses intentions, et terminant (ou commençant, je ne sais plus très bien et de toutes les façons c’est selon la façon dont on lit l’article qui n’est nulle part ailleurs que  dans Le Monde) par ce “p’têt ben qu’oui, ptêt ben qu’non” : « Il est tout à fait possible que l’OTAN puisse célébrer son 100e anniversaire en 2049. Mais si le sommet de Londres se transforme en un déballage sans précédent des différends entre alliés, il pourrait entrer dans l’histoire comme le début de la fin de l’OTAN. »

Bref, il peut très bien faire très beau demain et après dans le Swinging New London, mais il est bien possible qu’il nous en tombe une sacrée bonne drache… Que Sera Sera

https://www.dedefensa.org/article/swinging-london

Une menace pour la Russie : Poutine dénonce l'expansion continue de l'OTAN

Une menace pour la Russie :

Poutine dénonce l’expansion continue de l’OTAN 3 déc. 2019, 14:43 © Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin via REUTERS Source: Reuters Le président russe Vladimir Poutine, le 23 novembre 2019 (image d’illustration)

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN ouvre ses portes, le chef d’Etat a rappelé qu’il était prêt à coopérer avec l’Alliance militaire, dont il déplore toutefois la politique d’expansion jusqu’aux frontières de la Russie.

En dépit du comportement «pas correct voire grossier» de l’OTAN envers Moscou, la Russie est prête a coopérer avec l’Alliance atlantique, a fait savoir le président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’une réunion avec des responsables militaires à Sotchi ce 3 décembre.

Lire aussi Le sommet de l’OTAN s’ouvre sur fond de désaccords majeurs entre ses membres (EN CONTINU) «Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre volonté de coopérer avec l’OTAN, sur des menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés locaux et le danger de la prolifération des armes de destruction massives», a ainsi déclaré le président russe, cité par les agences de presse.

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN se tient les 3 et 4 décembre dans un contexte de fortes tensions internes – notamment en raison de l’intervention turque en Syrie qui divise en son sein –

le Kremlin s’est par ailleurs refusé à tout commentaire sur le sujet. «Ce ne sont pas nos affaires», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass. «Cela devient nos affaires quand l’Alliance menace la sécurité de la Russie», a-t-il précisé.

L’OTAN traverse une crise majeure, révélée par la sortie d’Emmanuel Macron début novembre, sur l’«état de mort cérébrale» de l’alliance, suite aux désaccords entre ses membres concernant l’intervention turque en Syrie.

Des propos violemment critiqués par le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que par le chef d’Etat américain Donald Trump. En amont du sommet, le chef d’Etat turc a prévenu qu’il avait l’intention de bloquer un plan de l’Alliance militaire concernant les pays baltes et la Pologne tant que celle-ci ne reconnaîtra pas comme «terroriste» la milice kurde des YPG, combattue par Ankara.

Lire aussi : «Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France» : Trump tire à boulets rouges sur Macron International

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