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A l’UE et à l’OTAN, la Première ministre islandaise dit « Non merci ! »

7.novembre.2018 // Les Crises

A l’UE et à l’OTAN, la Première ministre islandaise dit « Non merci ! »

Source : EUobserver,, 19-10-2018

PAR MARTIN BREUM

REYKJAVIK, 29 octobre 2018

Les échecs de l’eurozone signifient que l’Islande devrait rester hors de l’UE, a déclaré la Première ministre à EUobserver.

S’il ne tenait qu’à elle, elle quitterait aussi l’OTAN.

« Je ne crois pas que nous devrions entrer dans l’UE aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait de raison de candidater », a déclaré Katrin Jakobsdottir dans un entretien avec notre site Internet, tandis que le nouveau gouvernement islandais se préparait à célébrer son premier anniversaire au pouvoir.

« A titre personnel, je suis critique envers les politiques économiques de l’UE – la création de l’eurozone sans vraies politiques centralisées concernant les taxes ou les politiques fiscales », a-t-elle déclaré.

« La Banque centrale européenne est devenue vraiment puissante sans être très démocratique. Les politiques économiques de l’UE ont été vraiment éloignées des gens de l’eurozone et elles ont créé des divisions qui n’auraient pas dû être », a-t-elle ajouté.

L’Islande a déposé sa candidature pour intégrer l’UE en 2009, mais a abandonné en cours de procédure en 2015.

Elle reste membre de l’Association européenne de commerce équitable (AECE) et de l’Espace économique européen (EEE), deux clubs de libre échange, à la place.

Ce pays de l’Atlantique nord, avec une maigre population de seulement 340 000 personnes, est aussi un membre de l’OTAN, la plus large alliance militaire mondiale.

La question de l’adhésion européenne continue de semer la discorde, a déclaré Jakobsdottir.

« C’était controversé à l’époque [en 2009] et ça l’est encore », a-t-elle dit après de récents sondages, qui indiquaient que 60% des Islandais voulaient rester hors de l’Europe, tandis que 40% voulaient y adhérer.

Le libre échange avec l’UE s’est avéré sans l’ombre d’un doute bénéfique pour l’Islande, a toutefois déclaré la Première ministre eurosceptique.

« La position islandaise au sein de l’EEE s’est révélée bénéfique pour nous », a-t-elle déclaré.

Selon la Première ministre: « Quand nous regardons notre économie, notre structure sociale et notre processus législatif, je pense que nous nous nous sommes assez bien débrouillés sans être membres de l’UE ».

« Vous pouvez consulter tous les indices au monde : nous ne nous en sortons pas trop mal en termes d’économie, d’indicateurs sociaux et d’égalité de genre, où nous devançons tous les autres pays nordiques », a-t-elle ajouté.

Exercices militaires

Mme Jakobsdottir, 42 ans, ancienne universitaire, est devenue l’an dernier la seconde femme à se trouver à la tête de l’Islande.

Son parti, le Mouvement des verts et de gauche, a formé une coalition avec les partis libéraux du Progrès et de l’Indépendance pour l’emporter.

Le gouvernement soutient l’appartenance à l’OTAN, mais la Première ministre s’est déclarée favorable à des solutions « diplomatiques et politiques » face aux défis sécuritaires modernes.

« La position de mon parti est que nous sommes contre l’appartenance de l’Islande à l’OTAN. Toutefois, nous sommes au parlement islandais le seul parti à tenir cette position. »

« Nous, le Mouvement des verts et de gauche, reconnaissons qu’il y a en Islande une forte majorité qui soutient notre appartenance à l’OTAN, mais nous ne sommes pas favorables à l’idée d’une présence militaire permanente sur notre territoire », a-t-elle ajouté.

Les troupes américaines ont préservé l’Islande de l’occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L’Islande est aussi un membre fondateur de l’OTAN depuis 1949, mais les troupes américaines ont quitté leur base permanente en 2006.

Jakobsdottir s’est exprimée au moment des exercices militaires à grande échelle de l’OTAN – Trident Juncture – qui ont commencé la semaine dernière et ont vu trois frégates canadiennes et deux britanniques ainsi qu’un navire d’assaut amphibie américain, l’USS Iwo Jima, et 7 000 soldats américains, débarquer à Reykjavik.

Le but de l’opération est de défendre la Norvège contre une « agresseur fictif » – un surnom voilé de l’OTAN pour la Russie.

Mais les détroits entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni ont reçu beaucoup d’attention après que la Russie a pris la Crimée à l’Ukraine en 2014 et débuté une consolidation militaire dans les régions baltique et arctique.

L’avion américain P-8 Poséidon, qui chasse les sous-marins russes, est aussi devenu un visiteur fréquent de l’aéroport de Reykjavik au cours des dernières années.

Solutions diplomatiques

Jakobsdottir s’est déclarée « critique à l’égard de la militarisation accrue de l’Atlantique nord ».

Son gouvenrement « s’en tiendrait à la politique de sécurité [appartenance à l’OTAN] à laquelle il s’est engagé ».

Mais « nous [son parti] préférons des solutions plus pacifiques et nous ne pensons pas qu’une militarisation accrue soit la solution », a-t-elle ajouté.

« Nous devons renforcer les relations diplomatiques et politiques. Nous n’abandonnerons pas cette position même si cela nous cause des ennuis », a-t-elle ajouté.

Source : EUobserver, Martin Breum, 19-10-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

https://www.les-crises.fr/a-lue-et-a-lotan-la-premiere-ministre-islandaise-dit-non-merci/

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Avec ses 40 000 soldats, le prochain exercice de l’OTAN en Arctique constitue un message à la Russie et la Chine

Avec ses 40 000 soldats, le prochain exercice de l’OTAN en Arctique constitue un message à la Russie et la Chine


Par Andrew Korybko – Le 19 octobre 2018 – Source orientalreview.org

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De nom de code Trident Junction 18, l’exercice de l’OTAN qui va se tenir fin octobre se tiendra en Norvège, et on s’attend à y voir participer 40 000 soldats.

Trident Junction 18 en Norvège

Les USA et leurs alliés ont scruté de près les intérêts russes en Arctique depuis plus d’une décennie, par suite du planté théâtral du drapeau russe au Pôle Nord en 2007 ; cet événement avait constitué pour Moscou la mise en scène  de ses revendications territoriales auprès de l’ONU sur la région – ces revendications étant elles-mêmes basées sur le constat que la Dorsale océanique de Lomonossov court de Sibérie jusqu’au nord, ce qui pour Moscou justifie le rattachement du Pôle Nord à la Russie. L’Arctique va voir son importance monter dans les affaires mondiales au cours des décennies à venir, la fonte des glaces polaires permettant la navigation tout au long de l’année entre l’Occident et l’Eurasie de l’Est, ce qui réduit de moitié les durées de navigation. Et ce n’est pas tout, cette région détient les plus grandes réserves mondiales intactes de gaz et de pétrole, ainsi que de nombreux gisements miniers, ce qui ajoute à son intérêt stratégique.

La Norvège va héberger trois importants exercices prochainement, en raison de sa situation géographique à cheval sur les Océans Arctique et Atlantique, ce dernier étant en cours de militarisation après que les USA ont récemment ressuscité leur Seconde Flotte pour y patrouiller, en réponse aux augmentations d’activité sous-marine russe qu’ils prétendent y avoir observé. L’Amérique double également ses déploiement de Marines en Norvège, tout en approchant sa base d’opérations de la frontière russe, et le Royaume-Uni a annoncé qu’il allait suivre le mouvement et construire une base dans le pays, pour y mettre à demeure 800 soldats qu’il veut y déployer. Ces déplacements visent non seulement à tester la force de caractère des Russes et à poursuivre la tendance expansionniste de l’OTAN au niveau de ses frontières, mais servent peut-être également d’autres motivations anti-chinoises.

On s’attend à voir la République Populaire dépendre de la route maritime Arctique pour une part importante de ses échanges avec l’UE à l’avenir, si bien qu’il résulte d’une certaine logique stratégique de voir les USA bomber le torse et montrer qu’ils tiennent à conserver le contrôle sur certaines parties de cette route commerciale, malgré la position dominante russe en son centre. Il n’existe aucune perspective réaliste de jamais voir les Chinois déployer des forces militaires sur cette route, mais le message que les USA veulent envoyer est qu’ils pourraient, en cas de crise dans les relations sino-américaines, couper le commerce maritime entre les deux moitiés de l’Eurasie, exactement comme au niveau du détroit de Malacca et du Canal de Suez. [Imaginons juste un bref instant la réaction américaine et occidentale si la Russie déployait une flotte et des bases militaires au Panama, pour y « garantir la liberté de navigation », NdT].

L’objectif est de mettre la pression sur la Chine pour qu’elle accepte des « compromis » avec les USA sur un nouvel accord commercial, par crainte que son refus de conclure un tel accord ne l’expose à voir ses routes maritimes vulnérables à jamais aux perturbations extérieures.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 12 octobre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/avec-ses-40-000-soldats-le-prochain-exercice-de-lotan-en-arctique-constitue-un-message-a-la-russie-et-la-chine

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Publié par Brujitafr sur 3 Novembre 2018, 07:54am

Catégories : #USA, #ACTUALITES, #POLITIQUE

La semaine dernière, les médias ont timidement imputé la baisse des bourses à des motifs géopolitiques mais sans vraiment préciser lesquels. Cet article vous expliquera pourquoi le sort du monde est suspendu aux élections américaines.

Cet article vous a intéressé ? Moins de Biens Plus de Liens ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail,

 

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Lorsque les Américains se rendront aux urnes la semaine prochaine, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pourrait être scotché aux résultats – aux côtés de Xi Jinping, de l’iranien Hassan Rouhani et de nombreux autres dirigeants étrangers dans le monde.

Les alliés et les ennemis de l’Amérique tenteront d’analyser la situation à mi-parcours de 2018 à la recherche d’indices sur l’avenir politique du président Donald Trump et sur la persistance de sa politique étrangère, qu’il s’agisse de sanctions contre l’Iran, de négociations nucléaires avec la Corée du Nord ou d’un mur le long de la frontière américano-mexicaine. .

Certains dirigeants étrangers cherchent à obtenir des gains démocrates au Congrès, espérant que le parti de l’opposition s’opposera aux attaques du gouvernement Trump envers les accords internationaux, sa répression de l’immigration et son penchant pour les tarifs douaniers. D’autres pays, tels que la Corée du Nord, espèrent que les républicains conserveront leur pouvoir à Washington afin que le président ne soit pas retenu ni distrait par un Congrès hostile.

Il n’est pas rare que les élections américaines attirent l’attention à l’étranger. Mais, selon les experts, cette élection est particulièrement lourde de conséquences pour le monde entier, principalement parce que Trump a bouleversé la politique étrangère américaine.

«Depuis que nos processus politiques sont devenus si imprévisibles et quelque peu dysfonctionnels, ils les surveillent de plus près encore auparavant», a déclaré Allen Carlson, directeur du programme d’études sur la Chine et l’Asie-Pacifique à l’Université Cornell.

Voilà comment les élections américaines sont perçues de l’étranger :

Corée du Nord

Kim Jong Un a beaucoup à gagner lors de l’élection du 6 novembre, a déclaré Sue Mi Terry, experte en Corée du Nord du Centre d’études stratégiques et internationales, un groupe de réflexion basé à Washington.

Le dictateur nord-coréen veut un traité de paix déclarant la fin de la guerre de Corée. Les combats ont cessé en 1953 avec un armistice mais ils n’ont jamais officiellement pris fin. La pression de Kim pour un traité officiel est devenue un point tournant dans les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord visant à persuader le régime de Kim de renoncer à son arsenal nucléaire.

« Pour le moment, Kim Jong Un a une stratégie … et tout se passe plutôt bien pour lui », a déclaré Terry, car Trump était un partenaire amical.

Trump a accepté de tenir un deuxième sommet avec Kim, une réunion qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois. Mais les législateurs du Congrès – et les démocrates en particulier – ont été profondément sceptiques face aux pourparlers, certains suggérant ouvertement que Kim trompe Trump avec des promesses en l’air. Le Congrès devrait ratifier tout traité mettant officiellement fin à la guerre de Corée.

Mais les responsables nord-coréens craignent encore plus que Trump n’abandonne totalement les négociations si les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre ou du Sénat, ont déclaré Terry et d’autres.

« Ils craignent vraiment que le président, qui se présentera de l’autre côté de cette élection, ne soit plus intéressé par cette question, soit bloqué ou ligoté par son Congrès, ou pourrait même être destitué « , a déclaré Victor Cha, qui était directeur des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale sous l’administration Obama.

Chine

Trump a accusé la Chine de s’immiscer dans les élections de mi-mandat dans le but de miner sa politique commerciale – notamment les droits de douane élevés imposés par l’administration aux produits chinois. À titre de preuve, le président et d’autres responsables de la Maison-Blanche ont cité un supplément de publicité de quatre pages qu’une société de médias du gouvernement chinois aurait placé dans le plus grand journal de l’Iowa, le « Des Moines Register ».

Les experts déclarent qu’il n’y a guère de preuves que le gouvernement de Xi est engagé dans une ingérence électorale importante et notent que la Chine et d’autres gouvernements étrangers font souvent passer des annonces dans les médias américains pour promouvoir des perceptions positives.

Néanmoins, il ne fait aucun doute que les dirigeants chinois s’intéressent de près au déroulement des élections de mi-mandat.

«Les Chinois ont quelques espoirs que ce qui se passe est motivé par des préoccupations politiques (nationales) et qu’il y aurait peut-être plus de chance pour un dialogue raisonnable et constructif avec les États-Unis après le mi-mandat», a déclaré Bonnie Glaser, directeur du China Power Project au CSIS.

Carlson, professeur à Cornell, a déclaré que les Chinois étaient moins préoccupés par le tournant combatif de la rhétorique américaine que par l’imprévisibilité de l’administration Trump.

« J’imagine qu’ils aimeraient beaucoup une approche américaine plus claire en Chine », a-t-il déclaré. Ce n’est pas la même chose que s’opposer à Trump ou en faveur des démocrates, a-t-il ajouté.

«Rappelez-vous qu’en 2016, dans la mesure où Pékin avait un intérêt fondamental pour l’élection, ils semblaient favoriser Trump en raison du ressentiment» contre Hillary Clinton, candidate démocrate et critique du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme.

Iran

Le premier objectif de la politique étrangère du gouvernement Trump est d’isoler l’Iran. Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants iraniens cherchent à savoir s’ils peuvent attendre la sortie de Trump ou s’ils doivent élaborer un plan B.

Les élections de mi-mandat contribueront grandement à répondre à cette question, a déclaré Trita Parsi, fondatrice du National Iranian American Council, une organisation qui cherche à promouvoir de meilleures relations entre les Etats-Unis et l’Iran.

La question centrale pour l’Iran est le sort de l’accord nucléaire de 2015. Trump s’est retiré de cet accord multilatéral et a réimposé des sanctions économiques qui pourraient entraver l’économie iranienne.

Pour le moment, l’Iran a déclaré qu’il adhérerait à l’accord qui interdit à l’Iran de développer des armes nucléaires, dans l’espoir que les États-Unis rejoignent l’accord sous une nouvelle administration.

« Si vous avez une très bonne performance de la part des démocrates, et que vous avez une chambre démocrate et peut-être même un Sénat, cela permettra de contrôler la stratégie de Trump », a déclaré Parsi. « Cela encouragera l’Iran à attendre que Trump n’ait qu’en seul mandat de président « .

Mais si les Démocrates ont une faible performance le 6 novembre, « cela pourrait faire pencher la balance en Iran pour ceux qui veulent sortir immédiatement de l’accord sur le nucléaire et poursuivre une approche beaucoup plus dure », a déclaré Parsi.

Union européenne, OTAN
Trump n’a pas dissimulé son hostilité envers certains des alliés et alliances les plus proches des États-Unis formés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe se sent intimidée par le président.

Trump a particulièrement méprisé les relations commerciales transatlantiques, affirmant que « personne ne nous traite moins bien que l’Union européenne ». Il a frappé le bloc politique de 28 pays avec des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, et les dirigeants européens à Bruxelles ont riposté avec des droits de douane sur des produits américains emblématiques tels que les motos Harley-Davidson.

L’attitude du président à l’égard de l’alliance militaire de l’OTAN a été également tumultueuse. Trump a déclaré qu’il était « obsolète » et qu’il s’agissait d’une relique de la Guerre froide afin de faire pression sur les autres membres pour qu’ils tiennent leurs promesses de verser une contribution financière plus importante à la coalition.

« Les Européens aimeraient voir le pouvoir de Trump diminué », a déclaré Michael Wohlgemuth, directeur de Open Europe, un groupe de réflexion sur les affaires étrangères basé à Berlin.

Cela signifie-t-il que les Européens espèrent un désastre total pour les républicains la semaine prochaine à mi-parcours? Pas nécessairement, a déclaré Elmar Brok, ancien président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.

Brok a déclaré cette semaine à la télévision allemande qu’un tel résultat pourrait signifier que Trump serait en mesure de se concentrer entièrement sur la politique étrangère car il ne serait plus en mesure de faire passer les réformes intérieures. « Cela pourrait nous rendre encore plus nerveux », a-t-il déclaré.

Source originale (anglais):

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note

 

Le retour des euromissiles se prépare

Le retour des euromissiles se prépare

Le Pentagone a finalement admis que le président Poutine ne bluffait pas lorsqu’il a présenté le nouvel arsenal russe aux membres de la Douma, le 1er mars 2018. Moscou est désormais nettement en avance en matière d’armement conventionnel. Or, compte tenu de l’état de leur recherche militaire, les États-Unis ne seront pas en mesure de créer rapidement un équivalent au missile hypersonique Avanguard. Le président Trump se prépare donc à dénoncer le traité INF et rééquiper son pays de missiles nucléaires à moyenne portée, seule solution pour rééquilibrer les forces.

| Damas (Syrie)

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L’annonce que « Trump met à la casse le traité nucléaire historique avec Moscou » —le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF en anglais)— n’était pas inattendue. Mais maintenant c’est officiel. Pour comprendre la portée de cet acte, on doit rappeler le contexte historique dont est issu le Traité.

Il est signé à Washington, le 8 décembre 1987, par le président des USA Ronald Reagan et par le président de l’URSS Michail Gorbatchev, mis d’accord l’année précédente au sommet de Reykjavik. Sur la base de ce traité les États-Unis s’engageaient à éliminer les « euromissiles » : les missiles balistiques Pershing 2, basés en Allemagne de l’Ouest, et les missiles de croisière lancés du sol, basés en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas ; l’Union Soviétique s’engageait à éliminer les missiles balistiques SS-20, basés sur son propre territoire.

Le traité FNI (Inf) déterminait non seulement un plafond au déploiement d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires, mais l’élimination de tous les missiles de cette catégorie : jusqu’en 1991 il en fut éliminé au total 2 692. La limite du traité consistait dans le fait qu’il éliminait les missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte lancés du sol, mais pas ceux qui étaient lancés depuis la mer et l’air. Malgré cela, le Traité FNI constituait un premier pas sur la voie d’un réel désarmement nucléaire.

Cet important résultat était dû substantiellement à l’« offensive du désarmement » lancée par l’Union Soviétique de Gorbatchev : le 15 janvier 1986, elle avait proposé non seulement d’éliminer les missiles soviétiques et états-uniens à portée intermédiaire, mais de mettre au point un programme complet, en trois phases, pour le bannissement des armes nucléaires pour l’an 2000. Projet qui resta sur le papier parce que Washington profita de la crise et de la désagrégation de la super-puissance rivale pour accroître la supériorité stratégique, y compris nucléaire, des États-Unis, demeurés unique super-puissance sur la scène mondiale.

Il n’est pas fortuit que le Traité FNI ait été mis en discussion par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie, la Chine et d’autres puissances. En 2014, l’administration Obama a accusé la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière de la catégorie interdite par le Traité, annonçant que « les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre », c’est-à-dire l’abandon du Traité FNI [1]

Le plan a été confirmé par l’administration Trump : durant l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par une plateforme mobile sur route. Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil Atlantique Nord au niveau des ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que « le traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant, qui constitue un sérieux risque pour notre sécurité ». Moscou nie que ce système de missiles viole le Traité FNI et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et en Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Selon des informations filtrées par l’Administration, les États-Unis se préparent à déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire lancés du sol non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi dans le Pacifique et en Asie contre la Chine.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article203648.html

Le mur de l’OTAN, par Ivan Blot

Le mur de l'OTAN, par Ivan Blot

Le mur de l’OTAN, par Ivan Blot

4ème Forum de la Dissidence le 17/11 à Paris : la billetterie est ouverte !

Par Ivan Blot, ENA, docteur ès sciences économiques, inspecteur général honoraire de l’administration ♦ Le combat. Voilà le mot qui a rythmé la vie d’Ivan Blot autant qu’il a rythmé les hommages qui se sont multipliés à sa mort. Ivan Blot était un combattant. Et il l’est resté jusqu’à ses derniers instants. Décédé le mercredi 10 octobre dernier, il était encore sur le front quelques jours avant son départ. Il a ainsi pu rédiger deux derniers articles. Voici le premier, traitant du nécessaire apaisement entre la Russie et l’Europe. Un sujet fondamental à ses yeux. Son dernier combat.


https://www.polemia.com/ivan-blot-50-ans-de-combat-intellectuel-par-jean-yves-le-gallou/embed/#?secret=Yb4fLS4tZf

Le mur de Berlin est de triste mémoire. Pour qu’il y ait « mur », il faut des conditions au moins chez un partenaire.

1/ Une idéologie « dure », gérée par des oligarques, qui se croit scientifique ou de logique absolutiste. (Les Droits de l’Homme = Nouvelle religion dogmatique). C’est incompatible avec la liberté. On affirme des « valeurs » dont Heidegger dit qu’elles sont une insulte envers l’Etre. Au nom des Valeurs, on attaque l’Etre des Nations.

2/ Une propension à agresser ceux qui pensent autrement avec des sanctions à la clé et à mépriser les votes démocratiques. C’est incompatible avec la souveraineté démocratique.

3/ Un dispositif militaire et policier pour appliquer ces principes dictatoriaux.

L’OTAN répond tout à fait à ces trois critères. A l’origine, traité anti-communiste, il a été modifié pour assurer la défense des « Valeurs occidentales » donc de l’idéologie dure fossilisée. Ainsi, dans un grand paradoxe historique, s’est constituée une nouvelle sorte d’URSS mais fondée sur la dictature idéologique de l’économie de marché dominée par des oligarques.

L’Union Européenne est la version politico-économique de ce système oligarchique qui nie les intérêts des Peuples et veut étouffer leurs voix.
La Commission est une sorte de Soviet suprême bureaucratique qui échappe au contrôle populaire un peu comme la Sainte Alliance de Metternich en 1815 : tout sauf démocratique (mais renversée par les révolutions de 1830 et 1848).
Le Parlement Européen, sélectionné par les partis oligarchiques, est un soviet idéologique intraitable.

Résultat : on a créé un « mur » de l’Estonie à la Mer Noire, entre les pays de l’OTAN d’un côté et la Russie et la Biélorussie de l’autre.

L’Ukraine balance entre les deux car on n’ose pas la faire rentrer dans l’OTAN, par peur des réactions défensives russes. Les Russes et Biélorusses font des manœuvres militaires contre un agresseur virtuel venant de l’Ouest : manœuvres Zapad 2017.

D’autre part, les occidentaux envoient des troupes dans les pays Baltes, la Pologne et la Roumanie principalement.

Si vous voyagez selon cette ligne de fracture, vous notez qu’il faut des heures pour franchir cette frontière et vous longez des clôtures de barbelés comme au bon vieux temps. On fortifie des 2 côtés de ce nouveau « rideau de fer », disons « rideau de barbelés ».

L’OTAN se prétend défensive mais tient des discours idéologiques agressifs et de propagande anti russe. Elle voudrait recréer en Russie et Biélorussie la situation de l’Ukraine. Celle-ci est ruinée. Le PNB par habitant est le tiers du PNB russe ! Il faut donc cesser de croire que la Russie est en continuité avec l’URSS. Ce qui ressemble idéologiquement le plus à l’URSS (plus la prospérité économique certes), c’est l’Europe Occidentale.

Aux USA, Madame Clinton représente parfaitement ce nouveau totalitarisme très répandu dans les élites dirigeantes qui se battent contre Trump.

La Russie vient de faire des exercices militaires géants avec la Chine (Vostok 2018). Veut-on créer un bloc Russie-Chîne de 1,6 milliards de personnes contre l’Europe occidentale (0,4) et les USA (0,3) ? A long terme, c’est stupide.

De même que les pays satellites d’autrefois stagnaient, l’Europe perd peu à peu du poids face à ces trois blocs USA/Russie/Chine.

Il faut donc attaquer l’idéologie mortifère qui justifie ce nouveau mur de Berlin et permettre la liberté de circulation véritable avec l’Europe de l’Ouest. Il faut donc abandonner notamment les sanctions anti-russes. On y gagnerait des points de croissance vitaux pour notre avenir européen commun !

Ivan Blot
24/10/2018

Source : Correspondance Polémia

https://www.polemia.com/le-mur-de-lotan-par-ivan-blot/

Le retour de la Russie en Afrique

lundi 1 octobre 2018

L’Afrique Réelle n°106 – Octobre 2018

Sommaire :

Actualité :
– Nord Mali : Une guerre qui n’est pas d’abord religieuse
– Afrique du Sud : La récession

Dossier : Quelle stratégie poursuivent les Russes en Afrique ?
– L’URSS et l’Afrique (1960-1991)
– La nouvelle politique africaine de la Russie
– La méthode russe : les ventes d’armes
– Comment le quai d’Orsay a offert la Centrafrique à la Russie

Editorial de Bernard Lugan :

Le retour de la Russie en Afrique

De la Libye à la Centrafrique et du Burkina Faso au Mozambique, après plus de deux décennies d’absence, la Russie fait aujourd’hui son grand retour en Afrique. Avec méthode, mais également fracas. Evgeny Korendyasov, le directeur des études russo-africaines, a en effet déclaré à l’Académie des Sciences de Russie : « Il y aura une bataille pour l’Afrique ».
Pourquoi ce soudain intérêt russe pour le continent africain ?
La question est au cœur des interrogations des dirigeants des pays de l’OTAN.
Quant aux responsables français, littéralement sidérés et enfermés dans leurs présupposés idéologiques, ils ne peuvent que constater  l’ « intrusion » de Moscou dans le « pré carré » africain.
Leur vision économique des rapports humains les rendant incapables de se mettre « dans la tête des Russes », ils font donc fausse route quand ils analysent la politique de ces derniers comme une volonté de contrôle des matières premières africaines. A la différence de la Chine, l’immense Russie en regorge.
La politique africaine de Moscou est clairement géostratégique mais, pour le comprendre, il est nécessaire de raisonner comme les Russes. Or, ces derniers se sentent agressés après avoir été repoussés par des Européens obéissant quasi servilement aux sanctions imposées par  Washington. L’immixtion de l’OTAN en Ukraine, puis la dénonciation du rattachement de la Crimée et la volonté de faire tomber l’allié syrien, le tout accompagné d’incessantes campagnes de dénigrement dans le monde occidental, sont autant d’arguments venant conforter l’impression d’un complot ourdi contre la Russie.
Prise dans le cercle hostile que l’OTAN referme chaque jour un peu plus sur elle – le président Trump a même parlé d’installer une base militaire permanente en Pologne -, la Russie a donc décidé de briser son isolement en traçant son propre cercle dans lequel elle va chercher à enfermer ceux qui l’encerclent.
Voilà pourquoi elle s’installe en Afrique, continent disposant de plus de 50 voix à l’ONU. Mais alors que la Chine s’y implante en endettant ses partenaires-créanciers, la Russie investit le secteur militaire et sécuritaire avec ses livraisons d’armement (voir  pages 14 et 15) accompagnées d’« instructeurs ».
Cette stratégie de désencerclement englobe déjà la Turquie, l’Iran, la Chine et l’Inde. A terme, plus de six des sept milliards d’habitants de la planète pourraient  graviter autour d’elle.
Que pèsera alors le petit milliard restant (essentiellement Etats-Unis, UE et peut-être Japon), qui aura perdu à la fois l’initiative stratégique et le pouvoir économique ?
Prisonnière de la politique étrangère américaine, l’UE qui sera la grande perdante de cette recomposition planétaire risquera alors de sortir de l’histoire.  Avant de devenir le déversoir d’une Afrique surpeuplée.

Note de la Russie à l’Otan : vous n’éliminerez pas nos missiles sans guerre

Note de la Russie à l’Otan : vous n’éliminerez pas nos missiles sans guerre

2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 2 octobre 2018 – Source moonofalabama

Aujourd’hui, l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN a menacé de “détruire” un nouveau type de missiles russes :

L’envoyé américain auprès de l’OTAN a déclaré mardi que la Russie devait mettre fin au développement de nouveaux missiles pouvant transporter des ogives nucléaires et a averti que les États-Unis pourraient «supprimer» le système s’il devenait opérationnel.


Les Etats-Unis et la Russie sont en désaccord depuis quelque temps sur le traité INF. Le Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire a été signé en 1987 entre le Secrétaire général soviétique Gorbachev et le Président américain Reagan. Il interdit les systèmes à capacité nucléaire basés à terre (et non en mer) ayant une portée de plus de 500 kilomètres et moins de 5 500 kilomètres. L’accord est intervenu après que les Soviétiques eurent installé des missiles SS-20 en Europe de l’Est. L’OTAN a répondu par le déploiement de Pershing II. Le problème avec ces missiles était le faible temps d’alerte. Tirés à une distance relativement courte, ils menaçaient de submerger une des parties avant qu’elle ne puisse réagir. Les missiles ont ainsi détruit l’équilibre garanti par la destruction mutuelle assurée (MAD). Le traité INF a interdit ces missiles.

La Russie a déclaré pendant des années que les États-Unis avaient violé l’accord INF en installant des systèmes de défense antimissile en Europe destinés à détruire des missiles intercontinentaux nord-coréens et iraniens. Les missiles de défense antimissile pourraient éventuellement être armés d’ogives nucléaires et pourraient également être utilisés en mode sol-sol. (Les missiles US de défense aérienne Nike-Hercules précédemment déployés avaient de telles capacités.)

Les États-Unis nient que leurs systèmes de défense antimissile enfreignent l’INF et accusent la Russie d’enfreindre le traité en testant une version lancée depuis le sol de ses missiles Kalibr lancés en mer. La Russie nie avoir testé quelque chose qui n’est pas compatible avec le traité INF. S’il existe une version lancée du sol, elle est probablement confinée à une portée inférieure à 500 km et donc conforme à l’INF. La version lancée en mer a une portée de 2.500 kilomètres. Une variante d’exportation est limitée à 300 kilomètres. La version éventuellement lancée par voie terrestre est censée avoir une portée plus courte que le missile Kalibr original. Pour autant que le public soit informé, les missiles sont dotés d’ogives nucléaires.

Kay Baily Hutchinson, ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN, est une femme politique républicaine depuis longtemps mais elle est sans expérience militaire. Son choix de mots lors de la conférence de presse d’aujourd’hui était manifestement peu professionnel :

Question : […] Madame, pouvez-vous être plus précise sur le type d’informations nouvelles que vous apportez au débat concernant la violation du traité INF ? Et plus explicitement aussi, quel type de contre-mesures envisagez-vous ?

Ambassadeur Hutchison : Les contre-mesures consisteraient à supprimer les missiles développés par la Russie en violation du traité. Donc, ce serait finalement la contre-mesure. Nous essayons de ne rien faire qui puisse violer le traité de notre côté, qui autorise la recherche, mais pas le développement, et nous maintenons soigneusement les exigences du traité INF de notre côté, pendant que la Russie les viole. …

Les journalistes présents dans la salle ont été déçus par cette formulation agressive et ont poursuivi :

Question: Merci, ambassadeur. Lorne [Inaudible], Associated Press. Juste pour préciser un peu, quand vous avez parlé d’éliminer les missiles en développement, vous nous avez un peu excités ici. Voulez-vous dire que ceux-ci soient retirés ? Vous ne voulez pas réellement les éliminer de manière plus [inaudible] ?
Ambassadeur Hutchison: Eh bien, retirés, oui. Les amener à se retirer serait notre choix, bien sûr. Mais je pense que la question était : que feriez-vous si cela continuait à un point tel que nous sachions qu’ils sont capables de les utiliser ? Et à ce moment-là, nous examinerions alors la possibilité de détruire un missile qui pourrait frapper l’un de nos pays européens et l’Amérique par l’Alaska. C’est donc dans l’intérêt de tous, et du Canada également, je suppose. Nous avons donc notre risque nord-atlantique ainsi que le risque européen.

Alors, que va faire l’ambassadeur ? Bombarder la Russie après un désaccord sur les spécifications techniques d’un nouveau missile potentiel qui n’est même pas encore déployé ?

Cette absurdité survient quelques jours à peine après que le secrétaire américain à l’Intérieur, Ryan Zinke, a suggéré que la marine américaine impose un blocus à la Russie pour entraver son commerce de l’énergie.

Lorsque le traité INF a été signé, l’OTAN était loin de la frontière russe. Maintenant elle est directement dessus. Le gouvernement russe prend ces menaces au sérieux. Son porte-parole n’était pas amusé (traduction automatique du russe) :

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré mardi que l’Alliance de l’Atlantique Nord ne se rendait pas compte de ses responsabilités et des dangers d’une rhétorique agressive.

“Il semble que les personnes qui font de telles déclarations ne se rendent pas compte de leurs responsabilités et des dangers d’une rhétorique agressive. Qui a autorisé cette femme à faire de telles déclarations ? Le peuple américain ? Les Américains ont-ils conscience du fait que leurs soi-disant diplomates sont payés pour agir de manière agressive et destructrice ? Il est très facile de tout casser et détruire. Il est plus difficile de réparer. La diplomatie américaine a beaucoup à faire pour se remettre des conséquences de ses erreurs congénitales “, a déclaré Mme. Zakharova à la presse.

On espère que l’ambassadrice a dérapé dans sa réponse “sans appel “, sans quoi la Russie envisagerait probablement d’éliminer les armes anti-missiles que les États-Unis ont déployé en Europe, ce qui produirait certainement beaucoup de grain à moudre pour la catégorie “Troisième guerre mondiale” de la presse à sensation britannique.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Depuis que Moon of Alabama a écrit ce texte, Hutchinson a fait marche arrière en déclarant dans un tweet : "je ne parlais pas de frappe préventive contre le Russie. Je parlais de la nécessité pour la Russie de respecter l'INF sinon nous aurons à équilibrer notre puissance pour protéger les intérêts des États-Unis et de l'OTAN"

 

Caspia

Caspia

Publié le 11 Août 2018 par Observatus geopoliticus in Asie centrale, Russie, Gaz, Caucase, Etats-Unis, Europe

Après 21 ans de disputes sur le statut juridique de la Caspienne, un accord sera vraisemblablement signé demain dimanche, entre les cinq pays riverains, lors du sommet du même nom à Aktau :

Les cinq États s’affrontent sur la question depuis 1991, chacun affichant des vues divergentes, voire changeantes, au fil des années et de leurs intérêts. Le principal enjeu étant de savoir comment se partager équitablement la mer Caspienne, riche en gaz et en pétrole.

En termes purement juridiques, trois statuts sont envisageables: celui de mer ouverte, de mer fermée ou de lac frontalier; chaque régime implique des prérogatives et des devoirs propres, lesquels pouvant léser, ou au contraire, favoriser les intérêts des uns et des autres. D’où la lenteur des négociations.

La question est d’importance car, bien plus que les richesses énergétiques à se partager, le point crucial est le passage ou non du pipeline Turkménistan-Azerbaïdjan comme nous l’expliquions il y a deux ans :

Avec la Russie, l’Iran et le Qatar, le Turkménistan fait en effet partie du carré d’as de l’or bleu, quatuor dont les fabuleuses réserves de gaz représentent jusqu’à 2/3 des réserves mondiales selon certaines estimations. Dès la chute de l’URSS, les Américains, soucieux d’enfoncer un coin au coeur du Heartland, ont vu dans le pays des Turkmènes une carte à jouer pour leur grand projet de désenclavement des richesses énergétiques de la Caspienne. N’est-ce pas Dick Cheney, futur vice-président de Bush junior et grand pétrolier devant l’éternel, qui déclarait en 1998 :

« A ma connaissance, l’émergence soudaine d’une région comme la Caspienne en tant qu’acteur stratégique n’a pas d’équivalent historique. »

Le plan US consistait (et consiste toujours si tant est qu’il se réalise un jour) à créer deux routes d’évacuation – une à l’ouest et l’autre au sud-est (en bleu sur la carte), court-circuitant comme de bien entendu la Russie et l’Iran et divisant l’Eurasie :

La route ouest, vieux serpent de mer, est connue aujourd’hui sous le nom de corridor caspien, auquel font toujours semblant de croire les euronouilles. Seul problème et de taille : pour que le gaz turkmène suive le chemin du BTC et aille alimenter l’Europe via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, il faudrait construire un pipeline sous-marin, ce que refusent absolument deux des cinq pays riverains, à savoir la Russie et l’Iran.

Votre serviteur suit avec intérêt chaque Sommet de la Caspienne qui réunit, outre Moscou et Téhéran, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, donc. On y discute de divers points et, lors du sommet de 2014, Poutine a réussi l’exploit de couper l’herbe sous le pied de l’empire en faisant signer un accord interdisant toute présence militaire étrangère autour de la Caspienne. Bye bye OTAN… Quand on sait qu’au temps de sa splendeur, Washington avait déclaré la zone d’importance stratégique nationale, envisageait d’établir une base en Azerbaïdjan et pensait plus généralement pouvoir détacher l’Asie centrale de Moscou, on mesure la dégringolade impériale (…)

Le point d’achoppement entre les cinq pays riverains est le statut à donner à l’étendue d’eau : lac ou mer ? De là découle en effet la possibilité ou non d’y faire passer des pipelines. On comprend aisément que Achgabat et Bakou militent pour un droit maritime s’appliquant intégralement et permettant des négociations bilatérales pour la construction du fameux gazoduc transcaspien. Mais les deux vrais patrons – l’Iran et la Russie – s’y opposent, Téhéran allant même plus loin que Moscou en demandant à ce que toute décision concernant la Caspienne soit prise à l’unanimité. En 2008 déjà, les Iraniens avaient mis leur veto, torpillant de fait le projet Nabucco, arguant du « danger écologique ». L’argument prête à sourire mais montre que notre passionnant Grand jeu relève aussi de considérations juridiques (le droit de la mer) ou environnementales.

NB : Sur toutes ces questions du statut de la Caspienne et l’historique de la dispute, on lira avec profit cette excellente analyse.

 

Surprise, l’accord de demain semblerait – le conditionnel reste de mise – indiquer que les deux gros bras de la Caspienne, Russie et Iran, ont lâché du lest.

Pour Téhéran, c’est sans doute à mettre en parallèle avec les sanctions américaines, conséquence directe du coup de menton de la houppette blonde ; les Iraniens ont besoin d’autres ouvertures économiques, notamment une entente avec Bakou sur le partage de certains gisements à cheval sur les eaux territoriales des deux pays.

Quant au Kremlin, il est vu comme le grand vainqueur de l’affaire. L’interdiction de toute présence militaire étrangère (tss tss l’OTAN…) est actée tandis que la flotte russe aura accès à toute la mer (on se rappelle les ondes de choc provoquées par le déKalibrage des barbus syriens à partir de la Caspienne).

Et pourtant… Votre serviteur ne peut s’empêcher de revenir, encore et toujours, à ce fameux pipeline. L’accord d’Aktau permettra-t-il enfin au Turkménistan de construire son gazoduc à destination de l’Europe via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie ? Si oui, pourquoi les Russes ont-ils soudain accepté ?

Répondre à la première question n’est pas aisé. Si un site azéri crie déjà victoire, il est en réalité difficile de dire ce que contient l’accord et si des clauses spéciales – l’interdiction du tube par exemple – n’y sont pas rattachées. Un officiel russe a parlé d’une « nouvelle » juridiction, la Caspienne acquérant son « propre statut légal ». L’on sait également qu’environ 70% des disputes seulement seront réglées par cet accord, des points de discorde subsistant, parmi lesquels le gazoduc trans-caspien (TCP) ?

Répondre à la deuxième question est tout aussi malaisé. Une officine impériale bien connue des spécialistes penche également pour l’autorisation du TCP et s’interroge sur le retournement de Moscou. Parmi les diverses raisons évoquées, la construction du pipe sera difficile, notamment financièrement ; elle prendra du temps et vient trop tard alors que les tubes russes sont déjà lancés (Turk Stream) ou en voie de l’être (Nord Stream II) ; Poutine tente ainsi d’amadouer l’UE pour débloquer les dernières résistances au Nord Stream II ; Gazprom pourra de toute façon tuer dans l’oeuf le TCP en reprenant ses achats de gaz turkmène.

Cela aussi, nous l’avions expliqué :

Afin de déjouer les plans de l’empire et ne pas perdre ses parts de marché européen, Gazprom avait pris l’habitude d’acheter d’importantes quantités de gaz turkmène. Mais à mesure que les routes soutenues par Washington (pipeline transcaspien et TAPI) se révélaient de plus en plus illusoires et que l’or bleu d’Achgabat prenait le chemin de la Chine, Gazprom a peu à peu réduit ses achats qui approchent maintenant du 0 absolu.

On le voit, Octopoutine a encore quelques flèches à son arc dans ce dossier, mais il sera intéressant de voir en détail les clauses de l’accord de demain, si tant est qu’elles sortent à la lumière. Le Grand jeu énergético-eurasien continue…

 

Synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2018

07/18 et 08/18 Actualité internationale

Synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2018

Par Axelle DEGANS, le 1er septembre 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Auteure de « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 », éd. Diploweb via Amazon, 2018. Elle est aussi co-auteure chez Ellipses de « Les 50 cartes à connaître », Coll. Atout concours, Paris, 2016.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de juillet et août 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 11 500 followers)

Le sort des urnes

Au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keita a été réélu durant l’été 2018 sans surprise et sans gloire avec des deux tiers des voix … de seulement 35 % du corps électoral. Une réélection décriée par l’opposition et entachée de soupçons de fraudes qui ne devrait pas affermir le pouvoir d’un président en butte aux difficultés économiques et à la recrudescence de la violence djihadiste.

Au Pakistan, les élections législatives de l’été 2018 ont été remportées par l’ancien champion de cricket Imran Khan, mais de fortes irrégularités sont dénoncées ; il a remporté 116 des 272 sièges à pourvoir. Le pays est au bord du défaut de paiement et la menace djihadiste n’est pas écartée. Il doit trouver un délicat équilibre entre l’allié américain, le partenaire chinois et le frère-ennemi indien.

Au Cambodge, le premier ministre sortant, Hun Sen, a remporté les élections législatives. En restant plus de trente années au pouvoir, on peut parler d’une « ère Hun Sen ». Il annonce avoir remporté l’ensemble des sièges à pourvoir.

Le Zimbabwe a organisé durant l’été 2018 les premières élections générales (présidentielles, législatives, municipales) de l’après Mugabe. Emmerson Mnangagwa, au pouvoir depuis le coup d’Etat de la fin de l’année passée, a gagné des élections contestées par l’opposition. Les arrestations se multiplient.

Les affres de la violence

La violence connait durant l’été 2018 une recrudescence effrayante en Afghanistan et au Pakistan, elle est largement le fait des taliban [1] et de l’EI. Elle est devenue endémique au Nigéria, géant démographique et pétrolier africain, et continue en Syrie où la guerre civile se prolonge. Près de 250 personnes ont été assassinées par l’EI dans le sud du pays. Les taliban ont décliné l’offre de trêve proposée par le président afghan Ashraf Ghani à l’occasion des fêtes musulmanes de l’Aïd el Adha.

Le Mali est lui aussi déchiré par une violence que rien ne semble de voir éteindre. La région de Mopti est devenue un abcès de fixation, les djihadistes y attaquent les quartiers de la force G5 Sahel.

La Chine avance ses pions

La Chine et 16 pays d’Europe centrale et orientale (membres de l’Union européenne ou non) se réunissent en Bulgarie. Cette septième édition de ce sommet « 16+13 » a pour vocation de développer les investissements de Pékin en Europe, via des pays qui semblent plus prompt à les accepter. On se souvient de la mise en garde il y a quelques mois d’Angela Merkel à propos de l’influence exercée par Pékin sur les Balkans, y compris ceux qui aspirent à entrer dans l’Union. Ainsi, le Monténégro devient une porte d’entrée des capitaux chinois, même si ceux-ci s’investissent prioritairement en Europe de l’Ouest. Le continent européen n’est pas dans le seul dans le viseur chinois, les sommets chine-Afrique existent aussi depuis plusieurs années.

L’Allemagne et la Chine ont signé durant l’été 2018 des contrats pour une valeur de 30 milliards de dollars, ainsi le chinois CATL va investir sur un site de production en Thuringe alors que l’allemand BASF investira dans le Guangdong sans devoir s’allier à une co-entreprise. Il s’agit d’un rapprochement entre les deux principales puissances exportatrices dans un contexte de fortes tensions commerciales, à l’initiative des Etats-Unis. Pékin et Berlin affichent une certaine solidarité et leur attachement au libre-échange.

Après avoir rompu ses relations avec Taiwan (comme l’ont déjà fait le Tchad ou le Sénégal), le Burkina Faso accueille une nouvelle ambassade de la Chine populaire. Les contours de la Chinafrique continuent à se dessiner, avec un trait toujours plus gros.

Synthèse de l'actualité internationale de juillet et août 2018

© Photo Barthélémy Courmont
Photo extraite d’un reportage de B. Courmont : L’héritage chinois de Taiwan en images

On savait déjà que l’on peut manipuler l’Histoire, Pékin prouve que l’on peut aussi manipuler la géographie. La République populaire de Chine exige des firmes internationales non-chinoises de faire disparaitre le nom de Taiwan des cartes pour rattacher l’ile au territoire continental. Des compagnies aériennes comme Air France KLM, American Airlines, des groupes hôteliers comme Marriott ou textile comme Zara se sont pliés aux exigences chinoises…. Le Comité olympique vient d’annuler les Jeux de la jeunesse qui devaient se tenir en 2019 à Taichung, sur l’ile de Taïwan. Peut-on y voir le fruit des pressions de Pékin ?

Les affres du Brexit

On savait que les négociations du Brexit – le divorce du Royaume-Uni et de l’Union européenne – seraient complexes. Les questions soulevées sont nombreuses : les frontières (Channel, Irlande), la circulation des biens, des capitaux… et des hommes, tous les points de droit….

Le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, démissionne avec fracas durant l’été 2018. Après avoir été une tenant du « leave » au moment du referendum, il s’oppose à un Brexit « doux » défendu par le premier ministre Théresa May. Celle-ci le remplace par Jeremy Hunt. C’est la même raison qui pousse David Davis, le ministre du Brexit, à démissionner. Les conditions du Brexit ne sont toujours pas définies, certaines banques y compris britanniques choisissent de s’établir en France plutôt qu’à la City. La banque HSBC – experte en dissimulation fiscale – s’implante à Paris pour le marché européen.

La « relation spéciale » entre Londres et Washington est malmenée par un Donald Trump qui n’apporte pas son soutien à Theresa May et ne respecte pas le protocole lors de sa réception par sa très gracieuse majesté. Sa visite au Royaume Uni ne fait qu’agrandir le fossé entre les Britanniques et Donald Trump.

La Turquie d’Erdogan sous pression

Peu avant sa nouvelle investiture, le président turc procède à une nouvelle révocation, qui concerne cette fois-ci quelque 18 000 fonctionnaires, surtout dans les forces de l’ordre et le monde enseignant. Près de 200 000 personnes ont ainsi été limogées depuis le coup d’Etat raté. Erdogan resserre son emprise sur l’économie de son pays en nommant Berat Abayrat, son gendre, aux Finances alors que le pays est en proie à une inflation à deux chiffres. La politique économique menée par le président est perçue par les différents acteurs économiques comme une atteinte à l’indépendance de l’économie et des finances, ce qui fragilise la monnaie turque.

La nouvelle loi anti-terroriste rend légales les purges pendant encore trois années, alors que les gardes à vue peuvent s’étendre sur douze jours… Après l’incarcération du pasteur américain, Andrew Brunson, Donald Trump a annoncé durant l’été 2018 une série de sanctions notamment sur l’acier et l’aluminium turcs. Cela provoqué le décrochement de la monnaie – la livre turque – déjà malmenée par la dégradation de la santé économique du pays et la mainmise de l’exécutif sur la banque centrale.

Les difficultés latino-américaines

De terribles émeutes déchirent durant l’été 2018 Port-au prince, la capitale d’Haïti. Haïti ne s’est jamais redressée du tremblement de terre de 2011, en dépit d’une mobilisation internationale réellement conséquente. Après l’annonce d’une augmentation du prix des carburants, émeutes, pillages et grève générale sont les principaux signes de contestations du pouvoir du nouveau président Jovenel Moïse.

La crise politique, économique et sociale du Venezuela pousse plus de deux millions de personnes à fuir leur pays, dont plus d’un million s’est dirigé vers la Colombie, les tensions sont aujourd’hui fortes aux frontières avec le Brésil, alors que le Pérou et l’Equateur réclament les passeports des migrants vénézuéliens avant de les laisser entrer sur leur territoire. Le président Maduro explique avoir été victime d’une tentative d’assassinat par un drone. C’est l’occasion d’une purge dans l’armée qui apparait, au milieu du chaos vénézuélien, comme l’un des derniers éléments de stabilité. Le président a été contraint à une dévaluation de 95 % de la monnaie nationale – devenue le Bolivar souverain – pour l’adosser au petro, cryptomonnaie créée par le régime chaviste. Tous les signes du chaos sont là : une nouvelle contraction du PIB supérieure à 10 % pour la troisième année consécutive, hyperinflation que le FMI estime à 1 000 000 % pour 2018, un pays au bord du défaut de paiement que ceux qui le peuvent fuient, un régime autiste qui continue la répression, accusant l’extérieur de ses maux.

L‘économie argentine est elle aussi dans une situation difficile, l’inflation devrait dépasser les 30 %. C’est dans ce contexte délétère qu’éclate un nouveau scandale de corruption qui rattrape l’ancienne présidente Cristina Kirchner.

Les défis de l’Union européenne et de la France

Le Conseil européen de Bruxelles trouve durant l’été 2018 un accord a minima sur le dossier migratoire. Les candidats à l’asile seront triés dans des « centres contrôlés », permettant un renvoi rapide des candidatures non retenues, alors que les autres seraient dirigés vers les pays volontaires. Il s’agit bien évidemment de soulager la pression qui pèse sur l’Italie. Ce compromis, s’il montre la prise de conscience de la nécessité de s’entendre, n’est en rien une politique migratoire à la mesure du défi auquel l’Europe devra faire face dans les prochaines années, malgré le fonds de quelques trois milliards d’euros destiné à l’Afrique et le renforcement de Frontex, agence européenne chargée de la surveillance des frontières extérieures de l’Union. La règle de Dublin n’est ainsi pas réformée, la question du budget de la zone euro a été laissée de côté car les Pays-Bas ne souhaitent pas d’avancée vers une intégration plus poussée au sein de l’Union. Le 1er juillet 2018, l’Autriche du chancelier Sebastian Kurz prend la présidence tournante de l’Union européenne.

Le Danemark met le holà sur les très nombreux mariages blancs – environ un mariage sur trois du royaume – qui reposent sur des filières permettant le mariage de migrants avec des citoyens de l’Union et donc d’obtenir des titres de séjour.

De fortes tensions internes continuent à tirailler la Roumanie. La population civile multiplie les manifestations dans les grandes villes pour dénoncer la corruption des membres sociaux-démocrates du gouvernement qui veulent modifier les lois pour obtenir une impunité concernant le blanchiment d’argent et les pratiques corruptives.

Lors du sommet de l’OTAN, Donald Trump met la pression sur ses alliés européens, les intimant de relever leurs dépenses militaires car l’OTAN ne fait plus partie des priorités stratégiques de l’Amérique. Il met publiquement en cause l’Allemagne d’Angela Merkel qui finance peu l’OTAN et inflige un déficit commercial aux Etats-Unis. A l’Europe d’« européaniser » l’OTAN et de développer une défense commune.

Le sommet Union européenne-Chine de Pékin est l’occasion de réaffirmer des valeurs communes (attachement au libre-échange et au multilatéralisme inquiétude face à la nouvelle politique commerciale de Washington) pourtant Bruxelles est proche de nombreuses positions américaines : le problématique excédent commercial chinois lié à la relative fermeture de son marché aux partenaires commerciaux, le non-respect de la propriété intellectuelle, les investissements chinois… le rapprochement avec Pékin ne peut être que limité et circonstanciel.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, s’est rendu à Washington pour y rencontrer Donald Trump et discuter des nouvelles mesures protectionnistes décidées par le président américain. Il obtient que les importations de voitures européennes – surtout allemandes en fait – ne soient pas surtaxées en échange de quoi l’Union s’engage à importer davantage de soja (OGM) et de gaz américain (ce qui nécessitera d’importants investissements côté européen pour le GNL). Les taxes sont, en revanche, maintenues sur l’acier et l’aluminium européens.

Le président français se prononce en faveur de l’adhésion de la Serbie à l’Union européenne en 2025 si Belgrade respecte les conditions nécessaires.

La Banque mondiale annonce durant l’été 2018 que le PIB de la France pour 2017 – 2 582 milliards de dollars – est inférieur à celui de l’Inde – 2 597 milliards-, la dégradant à la septième place. L’Inde bénéficie d’une forte croissance économique autour de 7 % alors que la croissance française reste anémique entre 0,4 et 1,1%… Il est probable que l’année prochaine le PIB indien rattrape voire dépasse celui du Royaume Uni.

L’Iran de nouveau victime de sanctions américaines

Donald Trump a choisi de prendre le contrepied de la politique de son prédécesseur qui réintégrait progressivement l’Iran dans la communauté internationale, satisfaisant ainsi son allié saoudien. La nouvelle politique de sanction entre en vigueur début août 2018 ce qui a provoqué une nette dépréciation de la monnaie iranienne, le rial. Désormais, toutes les entreprises qui commerceront avec l’Iran pour toute une série de produits, seront privées de l’accès au marché américain : une mesure très dissuasive. Les exportations iraniennes de pistache ou de tapis persan sont interdites, avant que cet embargo ne soit bientôt étendu aux hydrocarbures. Cela provoque de vraies tensions sociales en Iran qui pourraient déstabiliser le pouvoir en place, but recherché par Washington. Au niveau économique, la population iranienne est la principale victime de cette politique. Les entreprises européennes sont aussi pénalisées par cette politique d’embargo, comme Total, PSA ou Airbus contraintes, malgré d’importants et récents investissements, de quitter le marché iranien. Ces mesures font le jeu des entreprises chinoises qui n’ont que faire de l’embargo américain

L’Espagne face à ses démons

Un nouveau scandale frappe la famille royale espagnole. La maitresse de l’ancien roi Juan Carlos fait de fracassantes révélations, l’accusant de fraude fiscale. Cela fragilise la monarchie déjà malmenée avec les tensions autonomistes catalanes.

Le premier ministre espagnol a décidé d’exhumer le corps de Franco du mausolée du Valle Los Caidos pour le transférer dans le caveau familial. Le mausolée sera réservé à la mémoire des victimes de la guerre civile espagnole.

Les frontières sont sous pression

Le Pérou décrète durant l’été 2018 l’état d’urgence et renforce ses frontières face au trafic de drogue en provenance de Colombie. Bogota et Lima coopèrent sur ce dossier, car les trafiquants déstabilisent le pays. Les anciens guérilleros des FARC n’entendent pas passer de la culture du coca à des cultures vivrières. Dans le même temps, l’Amérique du Sud affronte la pire crise migratoire de son histoire du fait du chaos vénézuélien.

Au niveau des frontières commerciales, l’Union européenne et le Japon viennent de signer un accord de libre-échange d’environ 600 millions de consommateurs et représentant près d’un tiers du PIB mondial. Cet accord doit être ratifié par les parlements japonais et ceux de chaque Etat membre de l’Union. Les négociations ont été âpres sur les dossiers agricoles et l’accès aux marchés publics.

Les frontières extérieures de l’Union européenne sont mises sous la pression des différents bateaux porteurs de migrants en provenance d’Afrique. L’Italie déclare ne plus vouloir accueillir ces bateaux dans ses ports.

Les relations complexes entre Washington et Pékin

Les tensions commerciales sont très fortes entre les deux pays. Washington accuse Pékin d’être à l’origine de l’essentiel de son déficit et prend des mesures protectionnistes sur toute une série de produits importés depuis la Chine qui en retour taxe de nouveaux produits américains.

Cela n’empêche pas Pékin d’acheter des bons du Trésor américain, alors que Moscou vend les siens (les quatre cinquièmes de ses avoirs).

Les nouvelles d’Asie

La Corée du Sud vient de baisser la durée légale hebdomadaire du travail de 68 à 52 heures pour les fonctionnaires et les salariés d’entreprises de plus de 300 personnes. Cela devrait concourir à améliorer une productivité inférieure à la moyenne de l’OCDE et trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle dans un pays menacé par le déclin démographique.

Le régime saoudien se durcit. Suite à la dénonciation sur Tweeter par la ministre canadienne des affaires étrangères de l’arrestation d’une militante des droits de l’homme Samar Badaoui. Les arrestations des militants des droits des femmes se multiplient en Arabie saoudite, pourtant membre de la commission des droits de l’homme à l’ONU depuis 2017. Riyad, fait sans précédent, a décidé de vendre ses actifs canadiens après avoir expulsé l’ambassadeur canadien en Arabie. D’autres mesures de rétorsion économiques suivent.

Les Etats-Unis décident de réinvestir l’espace.

Le président Trump vient de choisir de créer une force militaire spatiale indépendante de l’US Air Force. Les Etats-Unis veulent investir le cyberespace et l’espace qui pourraient être les champs de bataille de demain. Il faut que le Congrès accepte de créer ce sixième corps armé et le dote d’un budget conséquent (la somme de huit milliards de dollars est avancée).


Bonus Vidéo. X. Pasco (FRS) Géopolitique du spatial, de la Guerre froide au « New Space » : quoi de neuf ?

Questions

. Quelles sont les idées fausses sur le spatial ?
. Quelle est la véritable histoire du premier pas de l’homme sur la Lune (1969) ?
. Qu’est-ce qui a changé dans le spatial depuis la fin de la Guerre froide (1991) ?
. Aujourd’hui, quelles sont les nouvelles tendances et les nouveaux risques ?


Donald Trump décide d’accorder plus facilement une autorisation à l’US Cyber Command de mener une cyberattaque pour accélérer sa capacité d’action.

Les disparus

Le cuisinier français le plus récompensé, Joël Robuchon, vient de disparaître durant l’été 2018. Le monde de la gastronomie française est en deuil, sa renommée est mondiale. Il a incarné une image de la qualité de vie française aux yeux du monde entier.

Aretha Franklin, l’immense chanteuse américaine de soul, vient de disparaitre à 76 ans.

Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU entre 1997 et 2002 est décédé à 80 ans. D’origine ghanéenne, il a développé l’intervention onusienne pour raison humanitaire et ne s’est pas privé de critiquer l’intervention américaine en Irak en 2003.

Le sénateur américain républicain John Mac Cain est mort à 81 ans d’un cancer du cerveau. Ancien héros de la guerre du Vietnam, il a été le challenger malheureux face à B. Obama lors des élections présidentielles de 2008.

Bonnes nouvelles

Un rapprochement semble s’esquisser entre l’Érythrée et l’Éthiopie. Le premier est né en 1993 d’une cession du second, le privant de son accès à la mer. Un différent frontalier les oppose depuis 1998, et l’Érythrée est une dictature que fuient nombre de jeunes hommes pour éviter un service militaire très long.

Les riverains de la Caspienne – Azerbaïdjan, Iran, Kazakhstan, Russie et Turkménistan -viennent de signer durant l’été 2018 un accord historique pour donner un statut à cette mer intérieure et en négocier l’exploitation.

La France est championne du monde de football 2018.

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