Archives pour la catégorie O.T.A.N

L’Otan prépare une vague d’attentats en Europe

L’Otan prépare une vague d’attentats en Europe

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Plusieurs sources, situées dans des pays différents, nous signalent que l’Otan prépare des attentats dans des pays de l’Union européenne.

Durant les « années de plomb » (c’est-à-dire de la fin des années 60 à celle des années 80), les services secrets de l’Otan ont mis en œuvre la « stratégie de la tension ». Il s’agissait d’organiser des attentats sanglants, attribués aux extrêmes, afin d’instaurer un climat de peur et d’empêcher la constitution de gouvernements d’alliance nationale incluant les communistes. Simultanément, l’Otan (prétendument défenseur de la « démocratie ») organisa des coups d’État ou tentatives de coups d’État en Grèce, en Italie et au Portugal.

Les services secrets de l’Otan avaient été composés par les Etats-Unis et le Royaume-Uni à partir du Bureau de coordination politique de la CIA. Ils ne rendaient compte qu’à Washington et à Berlin, et pas aux autres membres de l’Alliance atlantique. Ces services étaient dits stay-behind, car susceptible d’agir en cas d’occupation par l’URSS, et intégraient les meilleurs spécialistes de la lutte anti-communiste du Reich nazi.

Des services similaires avaient été créés par les Anglo-Saxons partout dans le monde, soit comme conseiller des gouvernements pro-US, soit clandestinement en URSS et dans les Etats qui lui étaient associés. Ils étaient coordonnés à travers la Ligue anti-communiste mondiale. En 1975, trois commissions US levèrent le voile sur ces pratiques —la Commission Church au Sénat, Pike à la Chambre et Rockfeller à la Maison-Blanche—. En 1977, le président Jimmy Carter nomma l’amiral Stansfield Turner à la tête de la CIA pour nettoyer les services secrets. En 1990, le président du Conseil italien, Giulio Andreotti, révéla l’existence de la branche des services secrets de l’Otan en Italie, le Gladio. Il s’en suivit un gigantesque déballage et des commissions d’enquête parlementaires en Allemagne, Belgique et Italie. l’ensemble du système aurait alors été dissous.

Cependant, des années plus tard, nous avons relevé des indices probants de la responsabilité de l’Otan dans les attentats de Madrid du 11 mars 2004 et de Londres du 7 juillet 2005.

C’est dans ce contexte qu’en France, un gendarme mobile et ancien légionnaire a été arrêté, le 23 décembre 2018, en gare de Lyon (Paris), alors qu’il transportait des explosifs. À l’issue de 96 heures de garde à vue, il a été mis en examen.

Nous avons publié de nombreux documents et études sur le stay-behind, notamment :
- « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 août 2001.
- En 16 épisodes, le livre du professeur Daniele Ganser Les Armées secrètes de l’OTAN, qui fait autorité.
- « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

http://www.voltairenet.org/article204559.html

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Les États-Unis refusent de se battre pour des financiers transnationaux

Les États-Unis refusent de se battre pour des financiers transnationaux

Le retrait US de Syrie et d’Afghanistan ainsi que la démission du général Mattis attestent du basculement en cours de l’ordre du monde. Les États-Unis ne sont plus les premiers, ni au plan économique, ni au plan militaire. Ils refusent de continuer à se battre pour les seuls intérêts de financiers transnationaux. Les alliances qu’ils conduisaient vont commencer à se déliter sans pour autant que leurs anciens alliés admettent la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

| Damas (Syrie)

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Donald Trump refuse que ses concitoyens continuent à payer pour réaliser le rêve impérial des financiers globaux.

L’annonce du retrait partiel des forces états-uniennes d’Afghanistan et total de Syrie a sonné comme un coup de tonnerre, le 19 décembre 2018. Il a été suivi le lendemain par la démission du secrétaire à la Défense, James Mattis. Contrairement aux affirmation des opposants au président Trump, les deux hommes s’estiment et leur divergence ne porte pas sur ces retraits, mais sur la manière d’en gérer les conséquences. Les États-Unis sont face à un choix qui va marquer une rupture et faire basculer le monde.

Avant toutes choses, pour ne pas se livrer à un contre-sens, il convient de rappeler les conditions et l’objectif de la collaboration de Trump et Mattis.

Lors de son accession à la Maison-Blanche, Donald Trump avait veillé à s’entourer de trois hauts militaires ayant suffisamment d’autorité pour réorienter les Forces armées. Michael Flynn, John Kelly et surtout James Mattis sont partis ou sont sur le départ. Tous les trois sont de grands soldats qui se sont ensemble heurtés à leur hiérarchie sous l’ère Obama [1]. Ils n’acceptaient pas la stratégie mise en place par l’ambassadeur John Negroponte de création de groupes terroristes chargés de fomenter une guerre civile en Iraq [2]. Tous les trois se sont engagés avec le président Trump pour retirer le soutien de Washington aux jihadistes. Cependant chacun d’entre eux avait sa propre vision du rôle des États-Unis dans le monde et a fini par se heurter au président.

La tempête que les élections de mi-mandat avait repoussée est arrivée [3]. Le moment est venu de repenser les Relations internationales.

La Syrie

Lorsqu’en avril, conformément à ses engagements, Donald Trump avait évoqué le retrait US de Syrie, le Pentagone l’avait convaincu de rester. Non que quelques milliers d’homme puissent inverser le cours de la guerre, mais parce que leur présence était un contrepoids à l’influence russe et un appui à Israël.

Cependant le transfert à l’Armée arabe syrienne d’armes de défense russes, notamment des missiles S-300 et des radars ultra-sophistiqués coordonnés par un système de gestion automatisée Polyana D4M1, a bouleversé l’équilibre des forces [4]. Désormais, depuis trois mois jour pour jour, l’espace aérien syrien est inviolable. Dès lors, la présence militaire US devient contre-productive : toute attaque au sol des mercenaires pro-US ne pourra plus être appuyée par l’aviation états-unienne sans risque de perdre des aéronefs.

En se retirant maintenant, le Pentagone évite l’épreuve de force et l’humiliation d’une inévitable défaite. En effet, la Russie a refusé successivement aux États-Unis et à Israël, de donner les codes de sécurité des missiles fournis à la Syrie. C’est-à-dire que Moscou, après des années d’arrogance occidentale, a décliné le partage du contrôle de la Syrie qu’il avait accepté lors de la première conférence de Genève, en 2012, et que Washington avait violé quelques semaines plus tard.

En outre, Moscou a reconnu, il y a longtemps déjà, que la présence US est illégale au regard du Droit international et que la Syrie peut légitimement se défendre.

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Le général Aharon Haliva est venu à la tête d’une délégation israélienne, le 17 décembre 2018, à Moscou. Il a informé ses homologues russes des opérations en cours de Tsahal et leur a demandé les codes des missiles syriens. En vain.

Ses conséquences

La décision de retrait de Syrie est lourde de conséquences.

1— Le pseudo-Kurdistan

Le projet occidental de création d’un État colonial au Nord-Est de la Syrie qui serait attribué aux Kurdes ne verra pas le jour. Au demeurant de moins en moins de Kurdes le soutenaient, considérant que cette conquête serait comparable à la proclamation unilatérale d’un État, Israël, par les milices juives, en 1948.

Ainsi que nous l’avons souvent expliqué, le Kurdistan n’est légitime que dans les frontières qui lui furent reconnues en 1920 par la Conférence de Sèvres, c’est-à-dire dans l’actuelle Turquie et pas ailleurs [5]. Les États-Unis et la France envisageaient, il y a quelques semaines encore, de créer un pseudo-Kurdistan en terre arabe et de le faire administrer sous mandant de l’Onu par l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner [6].

2— La stratégie Cebrowski

Le projet poursuivi par le Pentagone, depuis dix-sept ans, au « Moyen-Orient élargi » ne verra pas le jour. Conçu par l’amiral Arthur Cebrowski, il visait à détruire toutes les structures étatiques de cette région, à l’exception de celles d’Israël, de la Jordanie et du Liban [7]. Ce plan, qui a débuté de l’Afghanistan à la Libye et fonctionne encore, prend fin sur le sol syrien.

Il n’est plus question que les armées US se battent, aux frais du contribuable, pour les seuls intérêts des financiers globaux, fussent-ils états-uniens.

3— La suprématie militaire états-unienne

L’ordre du monde post-soviétique fondé sur la supériorité militaire états-unienne est mort. Que cela soit difficile à admettre ne change rien au fait. La Fédération de Russie est désormais plus puissante aussi bien en termes conventionnels (depuis 2015) que nucléaires (depuis 2018 [8]). Le fait que les armées russes soient un tiers moins nombreuses que celles des États-unis et ne disposent que de rares troupes à l’étranger écarte l’hypothèse d’un impérialisme de Moscou.

Vainqueurs et vaincus

La guerre contre la Syrie va se terminer dans les mois à venir faute de mercenaires. La livraison d’armes par certains États coordonnés par le fonds KKR peut faire durer le crime, mais n’offre pas d’espoir de changer le cours des événements.

Sans aucun doute, les vainqueurs de cette guerre sont la Syrie, la Russie et l’Iran, tandis que les vaincus sont les 114 États qui ont adhéré aux « Amis de la Syrie ». Certains n’ont pas attendu la défaite pour corriger leur politique étrangère. Ainsi, les Émirats arabes unis viennent d’annoncer la prochaine réouverture de leur ambassade à Damas.

Le cas des États-Unis est toutefois plus complexe. Les administrations Bush Jr. et Obama portent l’entière responsabilité de cette guerre. Ce sont elles qui l’ont planifiée et réalisée dans le cadre d’un monde unipolaire. Au contraire le candidat Donald Trump a accusé ces administrations de ne pas défendre les citoyens états-uniens, mais de servir la finance transnationale. Devenu président, M. Trump n’a eu de cesse de couper le soutien de son pays aux jihadistes et de retirer ses hommes du Moyen-Orient élargi. Il doit donc également être considéré comme un des vainqueurs de cette guerre et pourra logiquement défausser l’obligation de son pays de payer des dommages de guerre sur les sociétés transnationales impliquées [9]. Pour lui, il appartient désormais de réorienter les forces armées vers la défense du territoire, de mettre fin à l’ensemble du système impérial et de développer l’économie US.

L’Afghanistan

Depuis plusieurs mois, les États-Unis négocient discrètement avec les Talibans les conditions de leur retrait d’Afghanistan. Un premier round de contact autour de l’ambassadeur Zalmay Khalilzad s’est tenu au Qatar. Un second round vient de débuter aux Émirats arabes unis. Outre les deux délégations US et talibane, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Pakistan y participent. Une délégation du gouvernement afghan est arrivée sur place dans l’espoir de s’y joindre.

Cela fait dix-sept ans que les États-Unis et le Royaume-Uni ont envahi l’Afghanistan, officiellement en rétorsion pour les attentats du 11-Septembre. Cependant cette guerre fait suite aux négociations de 2001 à Berlin et à Genève. Elle ne vise pas à stabiliser ce pays pour l’exploiter économiquement, mais à y détruire toute forme d’État pour en contrôler l’exploitation. Ce qui est fait puisque chaque jour la situation y est pire que le précédent.

Rappelons que les malheurs de l’Afghanistan ont débuté lors de la présidence Carter. Le conseiller de Sécurité nationale, Zbigniew Brzeziński, fit appel aux Frères musulmans et à Israël pour lancer une campagne de terrorisme contre le gouvernement communiste [10]. Affolé, celui-ci fit appel aux Soviétiques pour maintenir l’ordre. Il s’en suivit une guerre de quatorze ans suivie d’une guerre civile, puis de l’invasion anglo-US.

Après quarante ans de destructions interrompues, le président Trump pose que la présence militaire US n’est pas la solution pour l’Afghanistan, c’est le problème.

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Le général James Mattis s’est engagé à dissocier les Forces armées US des jihadistes, pas à disloquer l’alliance autour des États-Unis.

La place des États-Unis aujourd’hui dans le monde

En retirant la moitié des troupes US légalement stationnées en Afghanistan et la totalité de celles occupant illégalement la Syrie, le président Trump réalise un de ses engagement électoraux. Il lui faudra encore retirer les 7 000 hommes restant sur place.

C’est dans ce contexte que le général Mattis a posé une question de fond dans sa lettre de démission [11]. Il écrit :
« Une de mes convictions fondamentales a toujours été que notre force en tant que nation est inextricablement liée à la force de notre système unique et complet d’alliances et de partenariats. Bien que les États-Unis demeurent la nation indispensable dans le monde libre, nous ne pouvons pas protéger nos intérêts ni jouer efficacement ce rôle sans maintenir de solides alliances et faire preuve de respect envers ces alliés. Comme vous, je dis depuis le début que les forces armées des États-Unis ne devraient pas être le gendarme du monde. Au lieu de cela, nous devons utiliser tous les outils du pouvoir américain pour assurer la défense commune, notamment en assurant un leadership efficace à nos alliances. 29 démocraties ont démontré cette force dans leur engagement à se battre à nos côtés après l’attaque du 11-Septembre contre l’Amérique. La coalition contre Daesh de 74 nations en est une autre preuve » [12].

En d’autres termes, James Mattis ne conteste pas le bien-fondé du retrait des troupes US d’Afghanistan et de Syrie, mais ce qui va probablement suivre : la dislocation des alliances autour des États-Unis, et en définitive le possible démantèlement de l’Otan. Pour le secrétaire à la Défense, les États-Unis doivent rassurer leurs alliés en leur donnant l’impression qu’ils savent ce qu’ils font et sont les plus forts. Peu importe que cela soit vrai ou pas, il s’agit de maintenir coûte que coûte la cohésion entre les alliés. Tandis que pour le président, il y a péril en la demeure. Les États-Unis ont déjà perdu leur première place économique au profit de la Chine et désormais leur première place militaire derrière la Russie. Il faut cesser d’être le borgne guidant les aveugles et s’occuper d’abord des siens.

Dans cette affaire, tous deux ont raison. James Mattis agit en militaire. Il sait qu’une nation sans alliés est perdue d’avance. Tandis que Donald Trump pense en chef d’entreprise. Il doit épurer les filiales déficitaires qui menacent de couler son entreprise.

[1] Cobra II : The Inside Story of the Invasion and Occupation of Iraq, Michael Gordon & Bernard Trainor, Atlantic Book, 2006.

[2] ISIS is US : The Shocking Truth Behind the Army of Terror, George Washington’s Blog, Wayne Madsen, Webster Griffin Tarpley, Syrian Girl Partisan, Progressive Press, 2016.

[3] « Relations internationales : le calme avant quelle tempête ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 octobre 2018.

[4] « Pourquoi les États-Unis déguerpissent soudain de Syrie ? », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 20 décembre 2018.

[5] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[6] « Bernard Kouchner entre illégalement en Syrie », Réseau Voltaire, 10 décembre 2018.

[7] The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[8] “Vladimir Putin Address to the Russian Federal Assembly”, by Vladimir Putin, Voltaire Network, 1 March 2018. « Le nouvel arsenal nucléaire russe rétablit la bipolarité du monde », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 mars 2018. « Les moyens russes de Défense hypersonique », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 28 mai 2016.

[9] « Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2018.

[10] « Brzezinski : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » », par Zbigniew Brzeziński, Le Nouvel Observateur (France) , Réseau Voltaire, 15 janvier 1998. Charlie Wilson’s War : The Extraordinary Story of the Largest Covert Operation in History, George Crile III, Atlantic Monthly Press, 2003.

[11] “Resignation letter from James Mattis”, by James Mattis, Voltaire Network, 20 December 2018.

[12] “One core belief I have always held is that our strength as a nation is inextricably linked to the strength of our unique and comprehensive system of alliances and partnerships. While the US remains the indispensable nation in the free world, we cannot protect our interests or serve that role effectively without maintaining strong alliances and showing respect to those allies. Like you, I have said from the beginning that the armed forces of the United States should not be the policeman of the world. Instead, we must use all tools of American power to provide for the common defense, including providing effective leadership to our alliances. 29 democracies demonstrated that strength in their commitment to fighting alongside us following the 9-11 attack on America. The Defeat-ISIS coalition of 74 nations is further proof.”

http://www.voltairenet.org/article204430.html

L’autonomie militaire de l’UE: les motivations et les obstacles

Force de l'Union européenne (EUFOR)

L’autonomie militaire de l’UE: les motivations et les obstacles

© AP Photo / Amel Emric
Lu dans la presse

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Nezavissimaïa gazeta
Traduction de la presse russe (décembre 2018) (31)
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Emmanuel Macron et Angela Merkel ont annoncé en novembre la nécessité de créer une «armée européenne» autonome, ce qui a provoqué une forte réaction politique en Europe et aux États-Unis.

La volonté européenne d’obtenir une indépendance militaire par rapport aux États-Unis suscite chez les politiciens et les experts des pays différents une réaction plutôt sceptique, à la limite d’une attitude manifestement méprisante envers l’Europe qui s’approche, selon eux, de son déclin, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Il semble que les critiques de ces aspirations européennes ne prennent pas en considération l’envergure des changements profonds survenus en Europe et dans le monde depuis 25 ans. L’élimination de la menace d’un conflit global a encouragé l’intégration européenne ce qui signifie le développement pratiquement inéluctable de sa composante militaire. Ainsi, on constate un progrès constant de la politique de défense commune malgré le fait qu’il s’agit d’un processus très lent qui fait régulièrement face à des retraits et à des zigzags, selon le média.Dans le contexte de la crise actuelle des relations euro-atlantiques, les dirigeants de l’UE sont notamment préoccupés par la hausse de l’instabilité et la présence de conflits ouverts et gelés à la périphérie de l’Union, notamment en Ukraine, dans les Balkans et en Méditerranée orientale. Ces derniers non seulement nourrissent le terrorisme international, mais aussi créent une menace directe d’escalade de conflits non-résolus.

Ainsi, l’UE ne peut pas et ne veut pas dépendre des affrontements, de l’amitié, ni d’autres aspects des relations entre les acteurs-clés: la Chine, les États-Unis et la Russie.

La Chine voudrait dépasser l’Amérique. Elle aspirerait au moins à un monde bipolaire, dans le cadre duquel elle disposerait d’une influence politique incontestable. Les relations entre la Chine et l’Europe sont celles de coopération et de rivalité, que Pékin gagne visiblement. L’UE s’inquiète également de l’expansion militaire croissante de la Chine сe qui encourage son autonomie militaire.Le nationalisme populiste américain peut être présenté comme un nationalisme égocentrique lié aux idées de l’administration de Donald Trump qui estime que tout le monde (y compris ses alliés européens) vit aux frais des États-Unis et l’utilise à ses propres fins. Comme les relations transatlantiques sont actuellement au plus bas, les Européens constatent qu’il leur faut désormais compter uniquement sur leurs propres forces.

En Russie, il s’agit tout d’abord d’une réaction à une blessure psychologique causée par les relations avec l’Occident dans les années 1990 et 2000. Dans ce contexte, l’UE considère le rattachement de la Crimée à la Russie comme une indication de sa volonté de construire un nouvel empire, alors que Moscou est présenté comme un trublion et une menace potentielle contre la stabilité en Europe.

Le nationalisme populiste au sein de l’UE peut être interprété comme un nationalisme antieuropéen, estime toujours le quotidien. Ce nationalisme constitue donc la menace principale contre l’intégration européenne et le développement de son élément militaire. S’agit-il d’une tendance durable ou d’une déviation temporaire? La réponse à cette question définira l’avenir du projet européen.En général, le développent de la politique de défense de l’UE sera surtout défini par ses relations avec ses partenaires principaux. L’Otan évoluera probablement vers un partage de fonctions entre les alliés: l’Europe jouera un rôle régional, alors que les USA s’occuperont des questions globales, conclut Nezavissimaïa gazeta.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français

 

https://fr.sputniknews.com/presse/201812241039421796-defense-europe-otan-usa/.

Quels pays de l’Otan pourraient abriter les missiles nucléaires états-uniens ?

Quels pays de l’Otan pourraient abriter les missiles nucléaires états-uniens ?

L’Otan, qui dispose déjà d’un dispositif nucléaire en Méditerranée avec des dépôts en Italie et en Turquie —bien qu’ils violent le Traité de non-prolifération—, prépare un déploiement identique dans l’Arctique. Valentin Vasilescu analyse comment l’Alliance devrait exploiter les faiblesses actuelles de la Russie.

| Bucarest (Roumanie)

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Les bases russes de l’Arctique

Les exercices Trident Junction 2018 de l’Otan, qui ont eu lieu en Norvège à la fin octobre et début novembre, ont été les plus importants exercices occidentaux depuis 1980. Leur première planification, dans les conditions hivernales dans la zone arctique, porte sur l’intention des États-Unis de se retirer du traité INF.

Il est probable qu’en plus de la région balte, l’Otan voudrait ouvrir un deuxième front contre la Russie dans l’Arctique. Le but de ce corridor balistique arctique est de faciliter l’offensive navale et aéroterrestre contre Moscou. Ainsi, une fois retirés du traité INF, les États-Unis pourraient placer des missiles balistiques nucléaires, à moyenne portée et de portée intermédiaire, sur le territoire de certains États membres de l’Otan dans l’Arctique, tirant ainsi parti d’un nombre moins élevé des systèmes de détection à la frontière nord de la Russie.

Dans le nord de la Norvège, pays membre de l’Otan, la distance est de 1 500 km avec Moscou, et de 1 000 km avec Saint-Pétersbourg. La distance entre l’archipel du Svalbard, administré par la Norvège, et Moscou est de 2 000 km. Le Groenland qui appartient au Danemark, autre pays membre de l’Otan, se situe à une distance de 1 500 km de la frontière russe et à 3 000 km de Moscou. Le nord du Canada, encore un pays membre de l’Otan, est distant de 2 300 km de la côte arctique russe, et de 3 900 km de Moscou avec des trajectoires passant par le Pôle Nord. Rappelons que le traité INF, signé en 1987, interdit la fabrication de systèmes de missiles balistiques au sol d’une portée comprise entre 1 000 et 5 500 km.

Tout cela a conduit la Russie à adopter des mesures pour protéger l’Arctique.

1 – Les brigades motorisées indépendantes 80 et 200 appartenant au 14ème Corps d’Armée-Arctique de la Russie en coopération avec la Flotte du Nord et la VIème Armée de l’air ont pour mission de défendre les régions de Mourmansk, Arkhangelsk et Nenets. Elles ont été dotées de chars T-80, de BTR-82A blindés, d’obusiers automoteurs 2S19 Msta, et de véhicules amphibies Trekol-39294 qui sont équipés de grands pneus tubeless spéciaux qui permettent de se déplacer sur du sable, la glace, la neige et les marécages, sans s’enliser ou s’embourber.

Les véhicules de transport de troupes ont été remplacés par des véhicules DT-30 Vityaz articulés à chenilles et avec remorque, pouvant atteindre une vitesse de 60 km/h. Ces véhicules DT-10 et 30 sont des plates-formes pour les systèmes AA mobiles, adaptés aux conditions arctiques, de type Tor-M2DT, Pantsir-S1 (photo), et les systèmes antichars 9K114-Shturm. Les unités de reconnaissance et des opérations spéciales des deux brigades opèrent sur des motoneiges disposant de climatiseurs dans l’habitacle, des appareils GPS de type TTM-1901 et As-1. Les motoneiges peuvent être transportées dans la soute d’un l’hélicoptère Mi-8/17.

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2 – L’Armée de l’Air russe a commencé la restauration et la modernisation de sept terrains d’aviation près du cercle polaire arctique, abandonnés après 1990. Cinq escadrons de chasse équipés principalement de MiG-31l y ont été redéployés.

3 – Les radars antibalistiques Voronej-DM et M de Dunayevka (enclave de Kaliningrad) et Lekhtusi (Saint-Pétersbourg) ont été réactualisés pour compenser la désactivation du radar de Skrunda (Lettonie). Ces radars russes ont un rayon d’action de 6 000 km.

Le radar antibalistique de la Volga a également été modernisé, ainsi que celui d’Hantsavitchy (Bélarus), qui a une portée de 2 000 km. Un autre radar russe antibalistique Voronezh-VP opère à Olenegorsk, sur la péninsule de Kola (limitrophe de la Finlande). Un autre radar de nouvelle génération de type Daryal a été placé à Pechora dans le cercle polaire arctique. Enfin, en 2018, un radar a été rendu opérationnel dans l’île de Nouvelle-Zemble.

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Tous ces radars fonctionnent au sein d’un réseau d’alerte (code 590), contrôlé par le 29B6-Container situé à Nijni Novgorod (250 km à l’est de Moscou). Bien que sa portée de détection ne soit que de 3 000 km, il dispose d’installations de mémoire de stockage et de serveurs dédiés, avec une puissance de traitement de la dernière génération, utilisant des microprocesseurs et des équipements de communication par satellite. Tous ces radars antibalistiques sont de type OTHR (Over The Horizon Radar) et, pour les détections sur de très grandes distances, ils utilisent la réflexion ionosphérique des ondes électromagnétiques.

Traduction
Avic
Réseau International

http://www.voltairenet.org/article204112.html

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

 

22 novembre, 2018
Tribune libre

Michel Raimbaud

Présentée comme imminente tout au long de l’été, la bataille d’Idlib, qui devait marquer pour l’armée syrienne la phase finale du combat contre le terrorisme, n’aura pas eu lieu. Refuge pour des milliers de rescapés du djihad et espace livré aux manigances d’Erdogan, cette cité proche d’Alep et de la Turquie aura fait couler des flots d’encre ou de salive, mais le bain de sang annoncé n’aura pas eu lieu, un accord surprise entre la Russie et l’Ottoman renvoyant à leurs études les devins et experts en orientologie et – insinueront les mauvaises langues – la reconquête militaire aux calendes turques…

 

 

Oublions donc Idlib pour le moment et allons droit au fait ou au nouveau méfait, qui a nom Deir Ezzor. Comme on le sait, à moins qu’on ne l’ait déjà oublié, cette cité a été libérée en novembre 2017 de « l’Etat Islamique » qui l’occupait par l’armée syrienne, mais elle se trouve toujours confrontée à diverses menaces, liées notamment à sa situation géostratégique. Sise sur les rives de l’Euphrate, proche des puits de pétrole et jouxtant de riches terres agricoles, elle est l’objet de bien des convoitises, raison pour laquelle Da’esh y avait élu domicile. C’est aussi pourquoi elle est la cible des Kurdes, qui ont tendance à voir partout des Kurdistans, l’objet de la sollicitude des Turcs qui ont la nostalgie ottomane à fleur de peau et des occidentaux qui y voient une terre à démocratiser à la mode Debeliou.

Les « forces démocratiques de Syrie », qui se présentent comme « arabo-kurdes » brandissent une « priorité » qui serait de lutter contre le terrorisme, celui des Turcs notamment, mais Washington instrumentalise les uns et les autres, l’objectif commun étant d’empêcher le retour de l’Etat syrien.

Quant à la « coalition internationale », racolée pour soi-disant combattre Da’esh, c’est de facto une armée supplétive supplémentaire des Etats-Unis et de ses alliés, qui roule et détruit pour le compte de l’Amérique. Il faut le répéter encore, la dite Amérique sous toutes ses défroques (forces spéciales, conseillers, OTAN, « coalition », armées diverses et mercenaires), est présente en Syrie en totale illégalité, sans autorisation et contre le gré du gouvernement légal de Damas. Il en va de même pour ses alliés, n’en déplaise à tous les va-t-en guerre occidentalistes. Le reste n’est que faribole, menterie et coquecigrue.

Or, toujours en quête de projets créateurs, comme le chaos du même nom, la « coalition » qui sévit en Syrie, en désarroi devant les évolutions de la situation dans la région, s’est lancée dans une nouvelle offensive, violant encore un peu plus le droit international, le droit humanitaire et les hypocrites « lois de la guerre »…

La « coalition » vient de sévir encore, procédant à trois ou quatre reprises à des bombardements meurtriers sur des cibles civiles dans la zone de Deir Ezzor. On a compté en une semaine plus de 100 morts, surtout femmes et enfants. Les armes utilisées – des bombes à fragmentation, ou au phosphore blanc, particulièrement cruelles et laissant des traces dans l’environnement, sont banales pour nos zorros du Far West planétaire. Pourquoi pas en douce des bombes à uranium appauvri pour apprendre à vivre aux damnés de la terre ? Les médias occidentaux passent ces exploits collatéraux sous silence ou les mentionnent sans émotion apparente. Guidée par des motifs si nobles, la « coalition » ne peut pas commettre de crimes de guerre, par définition… La ville de Raqqa avait ainsi été rasée et ses habitants massacrés, après que les chefs terroristes en aient été soigneusement exfiltrés : on n’a jamais publié de bilan. Comme disait Mme Albright, collègue adorée de nos ministres et grandmère de tous les enfants estropiés des guerres de l’Axe du Bien, « c’est le prix à payer pour la démocratisation » (sic).

Vous avez dit « droit humanitaire » ? Vous avez dit « environnement » ? Vous avez dit « droit international », « légalité onusienne » ? Où irait-on si les pays qui s’arrogent « le droit de dire le droit » devaient aussi le mettre en pratique, voire donner l’exemple ? Ils ne peuvent tout faire, déjà qu’ils sont dépositaires du lourd « fardeau de l’homme blanc » relooké en « responsabilité de protéger ». D’où le partage des tâches, aux uns de définir le droit et aux autres le devoir de le respecter et le danger d’être châtié, même à titre préventif : tout le monde ne peut être médecin, il faut bien des patients ! Et Dieu sait que la pauvre humanité est patiente.

Pour l’Establishment dominateur et sûr de lui, tout ceci va de soi : « nos grandes démocraties occidentales », fleurons de l’Humanité, ne se définissent-elles pas d’abord comme des nations civilisées régies par l’Etat de droit ? Cet Etat de droit dont nos « élites » se gargarisent jusqu’à plus soif, c’est celui où tout un chacun peut, parait-il, défendre son bon droit et demander justice pour les dommages dont il estime avoir été victime, sans garantie de résultat d’ailleurs ; mais ce n’est pas un droit à compétence universelle, car il ne concerne que les « civilisés », pas les « hors-la-loi » : en effet, l’Etat de droit est aussi, et peut-être surtout, un Etat qui peut faire la guerre sale chez les autres sans jamais demander leur avis à ses propres citoyens ou à leurs représentants, constitution ou pas…Il y a la théorie et la pratique…

Le fameux village global à laquelle nos élites se réfèrent naturellement et sans rire, cette tarte à la crème dont les « élites » nous barbouillent, est à l’image de nos grandes villes « mondialisées ». Il y a le centre riche et « civilisé », plutôt à l’ouest, « l’humanité d’en haut » qui compte et décide, auto-intronisée « communauté internationale ». Malheureusement, rien n’étant parfait en ce bas-monde, il y a également, au Sud et à l’Est, toutes ces banlieues de non-droit, là où s’agite « l’humanité d’en bas » ou de l’entresol : c’est le repère des contestataires et résistants, qui refusent de « rejoindre la communauté internationale » occidentale, osant s’opposer à ses valeurs diverses et ses oukazes. Que ces malotrus soient « renaissants » ou « émergents » ne change rien à l’affaire, ils doivent être sanctionnés, menacés et encerclés : ne sont-ils pas « préoccupants », au même titre que les Etats faillis, voyous, parias, avec lesquels ils font alliance et qu’ils protègent ?

Dans un article publié le 4 octobre 2015, intitulé « Etats voyous et grandes voyoucraties », l’auteur de ces lignes rappelait la « théorie du fou », fruit du cerveau de Richard (Dick) Nixon, il y a de cela un demi-siècle : il est souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires », pensait alors le « Tricky Dicky », c’est à-dire « Dick le tricheur ». Posant les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide », une étude réalisée en 1995 pour le Strategic Command allait reprendre cette idée-force : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler » ? Pourtant l’oncle Donald était alors bien éloigné de la Maison Blanche. Mais vingt-cinq ans plus tard, la théorie du fou est plus que jamais d’actualité, et Trump est aux commandes.

Cette prose délirante explique en tout cas le pourquoi de ce « monde à l’envers » conçu par l’Occident, dans lequel chaque mot, chaque phrase, chaque concept signifie son contraire, le droit se traduisant ainsi par le non-droit, la légalité par l’illégalité, le désir de justice par son déni systématique, la volonté de paix par la folie guerrière, et la vérité par le mensonge. C’est assez pour expliquer comment les « grandes démocraties » autoproclamées en viennent à se transformer en « voyoucraties », respectant en feignant de l’ignorer les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « Rogue State » des anglo-saxons :

 

– Violer régulièrement la légalité internationale,

– Détenir des armes de destruction massive,

– Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.

 

Sur ces bases, le GPS ne conduit pas à Damas, à Téhéran ou à Moscou, mais bel et bien vers ceux qui l’ont conçu. En juin 2000, Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estimait déjà (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Dix ans plus tard, au début des funestes « printemps arabes », Noam Chomski constatera que son pays « se place au-dessus du droit international ». Deux consciences américaines parmi tant d’autres.

Il reste cependant que, dans le dictionnaire amoureux de l’Amérique, on récolte plus de fioretti que dans toutes les homélies du Pape François. George W. Bush, spécialiste bien connu en questions historiques (Pourquoi nous haïssent-ils autant alors que nous sommes si bons ?) avait déjà le chic pour nous interpeller quelque part. Le locataire actuel du bureau ovale, l’oncle Donald, est lui aussi un lanceur d’alertes qui sait nous faire savoir, avec le robuste bon sens des saloons et des ranchs, le fruit de ses cogitations : « Le monde est un endroit très dangereux », nous assène-t-il en novembre 2018. On ne peut contredire le Président des Etats-Unis, par définition orfèvre en matière de dangerosité.

Pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, l’Empire du Bien peut inscrire à son bilan 20 à 30 millions de tués, qu’il s’agisse des guerres directes (Corée, Vietnam, Irak) ou par procuration (en Afghanistan, Angola, Congo, Soudan, Guatemala, Syrie) conduites par des forces et milices alliées, souvent entraînées et commandées par les USA. Il pourrait même sans mentir faire état de centaines de millions de blessés dans ces multiples conflits et d’autres centaines résultant indirectement des hostilités (famines, épidémies, migrations, esclavage, destruction de l’environnement, des infrastructures, ponction sur les dépenses vitales du fait des dépenses militaires), ou fruit des sanctions, blocus ou embargos que l’Amérique et ses fidèles infligent à plus de la moitié des Etats-membres de l’ONU…. Tel est le bilan des actions entreprises depuis 1945 par la « puissance indispensable » afin d’instaurer « un ordre international libre et ouvert » et pour « préserver les peuples de l’agression et de la tyrannie » (2018 National Defense Strategy of the USA). La « communauté internationale » à la sauce occidentale est bien une confrérie de « tontons flingueurs », faciles à reconnaître, puisqu’on les retrouve dans tous les grands raouts pour la paix, où l’on se pavane bras dessus, bras dessous sur des Champs-Elysées ou sous des arcs de triomphe, sous l’œil attendri des caméras fixant pour la postérité ces réunions de famille.

Ils semblent si heureux de se retrouver ensemble et paraissent si sincères qu’il faut s’y reprendre à deux fois pour constater ou concéder que le réseau participant inclut quelques criminels de guerre notoires et beaucoup d’obsédés du bombardement humanitaire. Certes, mais alors comment expliquer que l’on retrouve les mêmes dans les grands-messes où l’on brandit l’environnement comme un trophée et/ou comme le symbole d’un ardent désir de paix ? A quoi rime de prêcher la transition écologique, les clairs ruisseaux et les nuages moutonnés dans les pays bien nés, lorsque dans la foule des Etats frappés par les « guerres justes » de l’Empire, l’atmosphère est rendue mortifère par les bombes, les armes de destruction massive, les ravages, les miasmes des épidémies, lorsque l’eau et la terre sont volontairement empoisonnées par des plans pervers (cf. le plan US Iraq Water Treatment Vulnerabilities) ? On pourrait penser à leur bonne mine que les tontons flingueurs sont aussi des tontons blagueurs. Et il est vrai que l’on doit souvent se pincer pour s’assurer que l’on ne rêve pas. La blague mondialisée a ceci de remarquable qu’elle est involontaire pour ses promoteurs et concepteurs, qui se prennent très au sérieux. Deux ou trois exemples suffiront ici pour illustrer le propos.

Vous êtes l’ambassadeur syrien aux Nations-Unies, et voilà que surgit le représentant saoudien venu pérorer sur les libertés en Syrie et les conditions d’un avenir démocratique pour ce pays que les wahhabites ont voulu détruire. Le discours est surprenant et pourra passer pour une blague, comme le dit en grand seigneur Bachar al Jaafari, grand diplomate. Mais ce n’est qu’un épisode de la blague qui a permis à la « communauté internationale » de confier à l’Arabie Saoudite la présidence du Conseil des Nations-Unies pour les droits de l’homme et de la femme, et à l’Occident de s’en servir comme porte-parole en la matière, Ben Salman oblige. Après tout, qui avait bronché lorsque les « Casques Blancs de Syrie », créature des services anglais et faux nez humanitaire d’Al Qaida, avaient été pressentis pour le Nobel de la Paix, recevant aux Etats-Unis le prix des droits humains ?

Au point de déliquescence où en est arrivé le système onusien, balloté par la « fin de l’Histoire » puis par la mondialisation, la vie internationale est désormais surréaliste pour qui veut encore se référer aux us, coutumes et langages de la diplomatie, aux principes de la charte des Nations-Unies et aux simples préceptes de la morale naturelle et/ou de la vie en société. Et le top du surréalisme, c’est quand trois membres permanents du Conseil de Sécurité expliquent dans un grand courroux que c’est leur droit et même leur devoir de violer systématiquement les principes et les règles de la Charte dont ils sont censés être les gardiens et les garants, accusant leurs adversaires de menacer la paix et l’ordre mondial. On l’aura compris, il faut que la société internationale soit tombée bien bas pour que des pères fondateurs de l’ONU aient pour successeurs et héritiers de vulgaires flingueurs. La diplomatie traditionnelle avait ses tares et ses travers, mais elle prenait à cœur son métier, qui est de mettre de l’huile dans les rouages et non de jeter de l’huile sur le feu. Elle pouvait avoir de l’esprit, mais n’était pas une pantalonnade. Elle doit cesser de l’être. A l’heure où le monde flirte avec la guerre, il faut remettre de l’éthique dans la vie internationale. Le conflit n’est plus entre un monde « libre » et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit et ceux de l’hégémonie. A chacun de choisir son parti, avant les douze coups de minuit, avant que la blague généralisée ne joue de mauvais tours. Notre humanité perd patience.

 

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/389-tontons_flingueurs_tontons_blagueurs

A l’UE et à l’OTAN, la Première ministre islandaise dit « Non merci ! »

7.novembre.2018 // Les Crises

A l’UE et à l’OTAN, la Première ministre islandaise dit « Non merci ! »

Source : EUobserver,, 19-10-2018

PAR MARTIN BREUM

REYKJAVIK, 29 octobre 2018

Les échecs de l’eurozone signifient que l’Islande devrait rester hors de l’UE, a déclaré la Première ministre à EUobserver.

S’il ne tenait qu’à elle, elle quitterait aussi l’OTAN.

« Je ne crois pas que nous devrions entrer dans l’UE aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait de raison de candidater », a déclaré Katrin Jakobsdottir dans un entretien avec notre site Internet, tandis que le nouveau gouvernement islandais se préparait à célébrer son premier anniversaire au pouvoir.

« A titre personnel, je suis critique envers les politiques économiques de l’UE – la création de l’eurozone sans vraies politiques centralisées concernant les taxes ou les politiques fiscales », a-t-elle déclaré.

« La Banque centrale européenne est devenue vraiment puissante sans être très démocratique. Les politiques économiques de l’UE ont été vraiment éloignées des gens de l’eurozone et elles ont créé des divisions qui n’auraient pas dû être », a-t-elle ajouté.

L’Islande a déposé sa candidature pour intégrer l’UE en 2009, mais a abandonné en cours de procédure en 2015.

Elle reste membre de l’Association européenne de commerce équitable (AECE) et de l’Espace économique européen (EEE), deux clubs de libre échange, à la place.

Ce pays de l’Atlantique nord, avec une maigre population de seulement 340 000 personnes, est aussi un membre de l’OTAN, la plus large alliance militaire mondiale.

La question de l’adhésion européenne continue de semer la discorde, a déclaré Jakobsdottir.

« C’était controversé à l’époque [en 2009] et ça l’est encore », a-t-elle dit après de récents sondages, qui indiquaient que 60% des Islandais voulaient rester hors de l’Europe, tandis que 40% voulaient y adhérer.

Le libre échange avec l’UE s’est avéré sans l’ombre d’un doute bénéfique pour l’Islande, a toutefois déclaré la Première ministre eurosceptique.

« La position islandaise au sein de l’EEE s’est révélée bénéfique pour nous », a-t-elle déclaré.

Selon la Première ministre: « Quand nous regardons notre économie, notre structure sociale et notre processus législatif, je pense que nous nous nous sommes assez bien débrouillés sans être membres de l’UE ».

« Vous pouvez consulter tous les indices au monde : nous ne nous en sortons pas trop mal en termes d’économie, d’indicateurs sociaux et d’égalité de genre, où nous devançons tous les autres pays nordiques », a-t-elle ajouté.

Exercices militaires

Mme Jakobsdottir, 42 ans, ancienne universitaire, est devenue l’an dernier la seconde femme à se trouver à la tête de l’Islande.

Son parti, le Mouvement des verts et de gauche, a formé une coalition avec les partis libéraux du Progrès et de l’Indépendance pour l’emporter.

Le gouvernement soutient l’appartenance à l’OTAN, mais la Première ministre s’est déclarée favorable à des solutions « diplomatiques et politiques » face aux défis sécuritaires modernes.

« La position de mon parti est que nous sommes contre l’appartenance de l’Islande à l’OTAN. Toutefois, nous sommes au parlement islandais le seul parti à tenir cette position. »

« Nous, le Mouvement des verts et de gauche, reconnaissons qu’il y a en Islande une forte majorité qui soutient notre appartenance à l’OTAN, mais nous ne sommes pas favorables à l’idée d’une présence militaire permanente sur notre territoire », a-t-elle ajouté.

Les troupes américaines ont préservé l’Islande de l’occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L’Islande est aussi un membre fondateur de l’OTAN depuis 1949, mais les troupes américaines ont quitté leur base permanente en 2006.

Jakobsdottir s’est exprimée au moment des exercices militaires à grande échelle de l’OTAN – Trident Juncture – qui ont commencé la semaine dernière et ont vu trois frégates canadiennes et deux britanniques ainsi qu’un navire d’assaut amphibie américain, l’USS Iwo Jima, et 7 000 soldats américains, débarquer à Reykjavik.

Le but de l’opération est de défendre la Norvège contre une « agresseur fictif » – un surnom voilé de l’OTAN pour la Russie.

Mais les détroits entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni ont reçu beaucoup d’attention après que la Russie a pris la Crimée à l’Ukraine en 2014 et débuté une consolidation militaire dans les régions baltique et arctique.

L’avion américain P-8 Poséidon, qui chasse les sous-marins russes, est aussi devenu un visiteur fréquent de l’aéroport de Reykjavik au cours des dernières années.

Solutions diplomatiques

Jakobsdottir s’est déclarée « critique à l’égard de la militarisation accrue de l’Atlantique nord ».

Son gouvenrement « s’en tiendrait à la politique de sécurité [appartenance à l’OTAN] à laquelle il s’est engagé ».

Mais « nous [son parti] préférons des solutions plus pacifiques et nous ne pensons pas qu’une militarisation accrue soit la solution », a-t-elle ajouté.

« Nous devons renforcer les relations diplomatiques et politiques. Nous n’abandonnerons pas cette position même si cela nous cause des ennuis », a-t-elle ajouté.

Source : EUobserver, Martin Breum, 19-10-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

https://www.les-crises.fr/a-lue-et-a-lotan-la-premiere-ministre-islandaise-dit-non-merci/

Avec ses 40 000 soldats, le prochain exercice de l’OTAN en Arctique constitue un message à la Russie et la Chine

Avec ses 40 000 soldats, le prochain exercice de l’OTAN en Arctique constitue un message à la Russie et la Chine


Par Andrew Korybko – Le 19 octobre 2018 – Source orientalreview.org

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De nom de code Trident Junction 18, l’exercice de l’OTAN qui va se tenir fin octobre se tiendra en Norvège, et on s’attend à y voir participer 40 000 soldats.

Trident Junction 18 en Norvège

Les USA et leurs alliés ont scruté de près les intérêts russes en Arctique depuis plus d’une décennie, par suite du planté théâtral du drapeau russe au Pôle Nord en 2007 ; cet événement avait constitué pour Moscou la mise en scène  de ses revendications territoriales auprès de l’ONU sur la région – ces revendications étant elles-mêmes basées sur le constat que la Dorsale océanique de Lomonossov court de Sibérie jusqu’au nord, ce qui pour Moscou justifie le rattachement du Pôle Nord à la Russie. L’Arctique va voir son importance monter dans les affaires mondiales au cours des décennies à venir, la fonte des glaces polaires permettant la navigation tout au long de l’année entre l’Occident et l’Eurasie de l’Est, ce qui réduit de moitié les durées de navigation. Et ce n’est pas tout, cette région détient les plus grandes réserves mondiales intactes de gaz et de pétrole, ainsi que de nombreux gisements miniers, ce qui ajoute à son intérêt stratégique.

La Norvège va héberger trois importants exercices prochainement, en raison de sa situation géographique à cheval sur les Océans Arctique et Atlantique, ce dernier étant en cours de militarisation après que les USA ont récemment ressuscité leur Seconde Flotte pour y patrouiller, en réponse aux augmentations d’activité sous-marine russe qu’ils prétendent y avoir observé. L’Amérique double également ses déploiement de Marines en Norvège, tout en approchant sa base d’opérations de la frontière russe, et le Royaume-Uni a annoncé qu’il allait suivre le mouvement et construire une base dans le pays, pour y mettre à demeure 800 soldats qu’il veut y déployer. Ces déplacements visent non seulement à tester la force de caractère des Russes et à poursuivre la tendance expansionniste de l’OTAN au niveau de ses frontières, mais servent peut-être également d’autres motivations anti-chinoises.

On s’attend à voir la République Populaire dépendre de la route maritime Arctique pour une part importante de ses échanges avec l’UE à l’avenir, si bien qu’il résulte d’une certaine logique stratégique de voir les USA bomber le torse et montrer qu’ils tiennent à conserver le contrôle sur certaines parties de cette route commerciale, malgré la position dominante russe en son centre. Il n’existe aucune perspective réaliste de jamais voir les Chinois déployer des forces militaires sur cette route, mais le message que les USA veulent envoyer est qu’ils pourraient, en cas de crise dans les relations sino-américaines, couper le commerce maritime entre les deux moitiés de l’Eurasie, exactement comme au niveau du détroit de Malacca et du Canal de Suez. [Imaginons juste un bref instant la réaction américaine et occidentale si la Russie déployait une flotte et des bases militaires au Panama, pour y « garantir la liberté de navigation », NdT].

L’objectif est de mettre la pression sur la Chine pour qu’elle accepte des « compromis » avec les USA sur un nouvel accord commercial, par crainte que son refus de conclure un tel accord ne l’expose à voir ses routes maritimes vulnérables à jamais aux perturbations extérieures.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le 12 octobre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/avec-ses-40-000-soldats-le-prochain-exercice-de-lotan-en-arctique-constitue-un-message-a-la-russie-et-la-chine

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Publié par Brujitafr sur 3 Novembre 2018, 07:54am

Catégories : #USA, #ACTUALITES, #POLITIQUE

La semaine dernière, les médias ont timidement imputé la baisse des bourses à des motifs géopolitiques mais sans vraiment préciser lesquels. Cet article vous expliquera pourquoi le sort du monde est suspendu aux élections américaines.

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Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Lorsque les Américains se rendront aux urnes la semaine prochaine, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pourrait être scotché aux résultats – aux côtés de Xi Jinping, de l’iranien Hassan Rouhani et de nombreux autres dirigeants étrangers dans le monde.

Les alliés et les ennemis de l’Amérique tenteront d’analyser la situation à mi-parcours de 2018 à la recherche d’indices sur l’avenir politique du président Donald Trump et sur la persistance de sa politique étrangère, qu’il s’agisse de sanctions contre l’Iran, de négociations nucléaires avec la Corée du Nord ou d’un mur le long de la frontière américano-mexicaine. .

Certains dirigeants étrangers cherchent à obtenir des gains démocrates au Congrès, espérant que le parti de l’opposition s’opposera aux attaques du gouvernement Trump envers les accords internationaux, sa répression de l’immigration et son penchant pour les tarifs douaniers. D’autres pays, tels que la Corée du Nord, espèrent que les républicains conserveront leur pouvoir à Washington afin que le président ne soit pas retenu ni distrait par un Congrès hostile.

Il n’est pas rare que les élections américaines attirent l’attention à l’étranger. Mais, selon les experts, cette élection est particulièrement lourde de conséquences pour le monde entier, principalement parce que Trump a bouleversé la politique étrangère américaine.

«Depuis que nos processus politiques sont devenus si imprévisibles et quelque peu dysfonctionnels, ils les surveillent de plus près encore auparavant», a déclaré Allen Carlson, directeur du programme d’études sur la Chine et l’Asie-Pacifique à l’Université Cornell.

Voilà comment les élections américaines sont perçues de l’étranger :

Corée du Nord

Kim Jong Un a beaucoup à gagner lors de l’élection du 6 novembre, a déclaré Sue Mi Terry, experte en Corée du Nord du Centre d’études stratégiques et internationales, un groupe de réflexion basé à Washington.

Le dictateur nord-coréen veut un traité de paix déclarant la fin de la guerre de Corée. Les combats ont cessé en 1953 avec un armistice mais ils n’ont jamais officiellement pris fin. La pression de Kim pour un traité officiel est devenue un point tournant dans les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord visant à persuader le régime de Kim de renoncer à son arsenal nucléaire.

« Pour le moment, Kim Jong Un a une stratégie … et tout se passe plutôt bien pour lui », a déclaré Terry, car Trump était un partenaire amical.

Trump a accepté de tenir un deuxième sommet avec Kim, une réunion qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois. Mais les législateurs du Congrès – et les démocrates en particulier – ont été profondément sceptiques face aux pourparlers, certains suggérant ouvertement que Kim trompe Trump avec des promesses en l’air. Le Congrès devrait ratifier tout traité mettant officiellement fin à la guerre de Corée.

Mais les responsables nord-coréens craignent encore plus que Trump n’abandonne totalement les négociations si les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre ou du Sénat, ont déclaré Terry et d’autres.

« Ils craignent vraiment que le président, qui se présentera de l’autre côté de cette élection, ne soit plus intéressé par cette question, soit bloqué ou ligoté par son Congrès, ou pourrait même être destitué « , a déclaré Victor Cha, qui était directeur des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale sous l’administration Obama.

Chine

Trump a accusé la Chine de s’immiscer dans les élections de mi-mandat dans le but de miner sa politique commerciale – notamment les droits de douane élevés imposés par l’administration aux produits chinois. À titre de preuve, le président et d’autres responsables de la Maison-Blanche ont cité un supplément de publicité de quatre pages qu’une société de médias du gouvernement chinois aurait placé dans le plus grand journal de l’Iowa, le « Des Moines Register ».

Les experts déclarent qu’il n’y a guère de preuves que le gouvernement de Xi est engagé dans une ingérence électorale importante et notent que la Chine et d’autres gouvernements étrangers font souvent passer des annonces dans les médias américains pour promouvoir des perceptions positives.

Néanmoins, il ne fait aucun doute que les dirigeants chinois s’intéressent de près au déroulement des élections de mi-mandat.

«Les Chinois ont quelques espoirs que ce qui se passe est motivé par des préoccupations politiques (nationales) et qu’il y aurait peut-être plus de chance pour un dialogue raisonnable et constructif avec les États-Unis après le mi-mandat», a déclaré Bonnie Glaser, directeur du China Power Project au CSIS.

Carlson, professeur à Cornell, a déclaré que les Chinois étaient moins préoccupés par le tournant combatif de la rhétorique américaine que par l’imprévisibilité de l’administration Trump.

« J’imagine qu’ils aimeraient beaucoup une approche américaine plus claire en Chine », a-t-il déclaré. Ce n’est pas la même chose que s’opposer à Trump ou en faveur des démocrates, a-t-il ajouté.

«Rappelez-vous qu’en 2016, dans la mesure où Pékin avait un intérêt fondamental pour l’élection, ils semblaient favoriser Trump en raison du ressentiment» contre Hillary Clinton, candidate démocrate et critique du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme.

Iran

Le premier objectif de la politique étrangère du gouvernement Trump est d’isoler l’Iran. Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants iraniens cherchent à savoir s’ils peuvent attendre la sortie de Trump ou s’ils doivent élaborer un plan B.

Les élections de mi-mandat contribueront grandement à répondre à cette question, a déclaré Trita Parsi, fondatrice du National Iranian American Council, une organisation qui cherche à promouvoir de meilleures relations entre les Etats-Unis et l’Iran.

La question centrale pour l’Iran est le sort de l’accord nucléaire de 2015. Trump s’est retiré de cet accord multilatéral et a réimposé des sanctions économiques qui pourraient entraver l’économie iranienne.

Pour le moment, l’Iran a déclaré qu’il adhérerait à l’accord qui interdit à l’Iran de développer des armes nucléaires, dans l’espoir que les États-Unis rejoignent l’accord sous une nouvelle administration.

« Si vous avez une très bonne performance de la part des démocrates, et que vous avez une chambre démocrate et peut-être même un Sénat, cela permettra de contrôler la stratégie de Trump », a déclaré Parsi. « Cela encouragera l’Iran à attendre que Trump n’ait qu’en seul mandat de président « .

Mais si les Démocrates ont une faible performance le 6 novembre, « cela pourrait faire pencher la balance en Iran pour ceux qui veulent sortir immédiatement de l’accord sur le nucléaire et poursuivre une approche beaucoup plus dure », a déclaré Parsi.

Union européenne, OTAN
Trump n’a pas dissimulé son hostilité envers certains des alliés et alliances les plus proches des États-Unis formés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe se sent intimidée par le président.

Trump a particulièrement méprisé les relations commerciales transatlantiques, affirmant que « personne ne nous traite moins bien que l’Union européenne ». Il a frappé le bloc politique de 28 pays avec des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, et les dirigeants européens à Bruxelles ont riposté avec des droits de douane sur des produits américains emblématiques tels que les motos Harley-Davidson.

L’attitude du président à l’égard de l’alliance militaire de l’OTAN a été également tumultueuse. Trump a déclaré qu’il était « obsolète » et qu’il s’agissait d’une relique de la Guerre froide afin de faire pression sur les autres membres pour qu’ils tiennent leurs promesses de verser une contribution financière plus importante à la coalition.

« Les Européens aimeraient voir le pouvoir de Trump diminué », a déclaré Michael Wohlgemuth, directeur de Open Europe, un groupe de réflexion sur les affaires étrangères basé à Berlin.

Cela signifie-t-il que les Européens espèrent un désastre total pour les républicains la semaine prochaine à mi-parcours? Pas nécessairement, a déclaré Elmar Brok, ancien président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.

Brok a déclaré cette semaine à la télévision allemande qu’un tel résultat pourrait signifier que Trump serait en mesure de se concentrer entièrement sur la politique étrangère car il ne serait plus en mesure de faire passer les réformes intérieures. « Cela pourrait nous rendre encore plus nerveux », a-t-il déclaré.

Source originale (anglais):

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note

 

Le retour des euromissiles se prépare

Le retour des euromissiles se prépare

Le Pentagone a finalement admis que le président Poutine ne bluffait pas lorsqu’il a présenté le nouvel arsenal russe aux membres de la Douma, le 1er mars 2018. Moscou est désormais nettement en avance en matière d’armement conventionnel. Or, compte tenu de l’état de leur recherche militaire, les États-Unis ne seront pas en mesure de créer rapidement un équivalent au missile hypersonique Avanguard. Le président Trump se prépare donc à dénoncer le traité INF et rééquiper son pays de missiles nucléaires à moyenne portée, seule solution pour rééquilibrer les forces.

| Damas (Syrie)

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L’annonce que « Trump met à la casse le traité nucléaire historique avec Moscou » —le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF en anglais)— n’était pas inattendue. Mais maintenant c’est officiel. Pour comprendre la portée de cet acte, on doit rappeler le contexte historique dont est issu le Traité.

Il est signé à Washington, le 8 décembre 1987, par le président des USA Ronald Reagan et par le président de l’URSS Michail Gorbatchev, mis d’accord l’année précédente au sommet de Reykjavik. Sur la base de ce traité les États-Unis s’engageaient à éliminer les « euromissiles » : les missiles balistiques Pershing 2, basés en Allemagne de l’Ouest, et les missiles de croisière lancés du sol, basés en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas ; l’Union Soviétique s’engageait à éliminer les missiles balistiques SS-20, basés sur son propre territoire.

Le traité FNI (Inf) déterminait non seulement un plafond au déploiement d’une catégorie spécifique de missiles nucléaires, mais l’élimination de tous les missiles de cette catégorie : jusqu’en 1991 il en fut éliminé au total 2 692. La limite du traité consistait dans le fait qu’il éliminait les missiles nucléaires à portée intermédiaire et courte lancés du sol, mais pas ceux qui étaient lancés depuis la mer et l’air. Malgré cela, le Traité FNI constituait un premier pas sur la voie d’un réel désarmement nucléaire.

Cet important résultat était dû substantiellement à l’« offensive du désarmement » lancée par l’Union Soviétique de Gorbatchev : le 15 janvier 1986, elle avait proposé non seulement d’éliminer les missiles soviétiques et états-uniens à portée intermédiaire, mais de mettre au point un programme complet, en trois phases, pour le bannissement des armes nucléaires pour l’an 2000. Projet qui resta sur le papier parce que Washington profita de la crise et de la désagrégation de la super-puissance rivale pour accroître la supériorité stratégique, y compris nucléaire, des États-Unis, demeurés unique super-puissance sur la scène mondiale.

Il n’est pas fortuit que le Traité FNI ait été mis en discussion par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie, la Chine et d’autres puissances. En 2014, l’administration Obama a accusé la Russie, sans apporter aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière de la catégorie interdite par le Traité, annonçant que « les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre », c’est-à-dire l’abandon du Traité FNI [1]

Le plan a été confirmé par l’administration Trump : durant l’année fiscale 2018 le Congrès a autorisé le financement d’un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par une plateforme mobile sur route. Le plan est soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le récent Conseil Atlantique Nord au niveau des ministres de la Défense, auquel a participé pour l’Italie Elisabetta Trenta (M5S), a déclaré que « le traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant, qui constitue un sérieux risque pour notre sécurité ». Moscou nie que ce système de missiles viole le Traité FNI et, à son tour, accuse Washington d’avoir installé en Pologne et en Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Selon des informations filtrées par l’Administration, les États-Unis se préparent à déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire lancés du sol non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi dans le Pacifique et en Asie contre la Chine.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article203648.html