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La paix ou la lutte contre le CO2 : il faut choisir sa priorité par Thierry Meyssan

La paix ou la lutte contre le CO2 :
il faut choisir sa priorité
par Thierry Meyssan

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 29 octobre 2019

mercredi 30 octobre 2019, par Comité Valmy

Entrepreneur haut en couleur, Donald Trump s’est engagé à « Make America Great Again ! » en démantelant l’Empire américain. Il a favorisé la production d’énergie fossile aux USA et retire ses troupes du Moyen-Orient élargi ; une politique qu’il n’aurait pas pu mener sans retirer son pays de l’Accord de Paris.


La paix ou la lutte contre le CO2 :
il faut choisir sa priorité

Deux politiques sont menées au niveau mondial. La première vise à défendre l’avenir de l’humanité en mettant fin à la principale cause actuelle des guerres : l’accès aux sources d’énergie fossiles. La seconde entend défendre la planète en limitant la production de CO2, principalement imputable à l’usage des énergies fossiles. Ces deux politiques se contredisent. Il importe de choisir sa priorité.

Dans une note diffusée par la Maison-Blanche le 23 octobre 2019, le cabinet du président Donald Trump annonce que les États-Unis n’ont plus besoin de livrer des guerres pour s’approvisionner en pétrole [1].

Exit la « Doctrine Carter » qui répondit aux révélations sur les crimes de la CIA, à la défaite US au Vietnam, au scandale du Watergate et à la crise pétrolière mondiale de 1974. Pour redonner confiance en eux-mêmes à ses concitoyens, le président Jimmy Carter prononça coup sur coup une importante allocution télévisée [2] et le discours sur l’état de l’Union de 1980 [3]. Il déclara que l’approvisionnement énergétique de l’économie US imposait de qualifier l’accès au pétrole du Moyen-Orient de « question de sécurité nationale ». Son successeur, le président Ronald Reagan, créa le CentCom, c’est-à-dire le Commandement militaire US de la région centrale, comme si le Moyen-Orient devenait subitement une province de l’Empire US.

Durant 21 ans, la politique mondiale s’est organisée autour de cette invraisemblable prétention de Washington. La zone couverte par le CentCom a plusieurs fois changé. Elle comprenait au départ la corne de l’Afrique jusqu’à l’Égypte, le Levant sauf Israël et parfois la Jordanie et le Liban, la péninsule arabique et l’Asie du Sud-Ouest. Toutes les guerres de 1980 à 2001 ont été prioritairement des conflits de ressource énergétique (sauf celles des Balkans qui constituaient le « laboratoire » de ce qui allait suivre).

Depuis 2001, la fourniture d’énergie à l’économie US est devenue secondaire. Le capitalisme ayant évolué, la priorité a été mise à la fourniture d’énergie et de matières premières à l’ensemble de l’économie globalisée (et au détriment des régions du monde non-globalisées). C’était la « Doctrine Rumsfeld/Cebrowski ». L’armée des États-Unis ne défendait plus les intérêts de la population US, mais des multinationales globalisées.

Les États-Unis ayant joué un rôle d’influenceur dans la crise pétrolière mondiale de 1974, elle ne les affecta pas. Mais une seconde crise n’aurait pas manqué de les toucher. C’est pourquoi, Edward Luttwak, Lee Hamilton et Henry Kissinger inspirèrent la Doctrine Carter. Il se trouve qu’ils jouèrent tous les trois un rôle prépondérant dans l’élaboration de la Doctrine Rumsfeld/Cebrowski : c’est Luttwak qui fut le maître à penser des comploteurs du 11-Septembre [4], Hamilton qui popularisa le mythe d’attentats ourdis par des terroristes islamistes [5] et Kissinger [6] qui confia à son assistant Paul Bremer le pillage de l’Iraq par une société privée, l’Autorité provisoire de la Coalition.

En retirant ses troupes de Syrie, le président Donald Trump n’a pas subi une défaite militaire, mais a obtenu une victoire politique. Conformément à la philosophie jacksonienne et à son programme électoral de 2016, il a mis fin aux doctrines Carter et Rumsfeld/Cebrowski.

Plusieurs millions de morts après le discours sur l’état de l’Union de 1980, la principale source de guerre dans le monde vient de disparaître.

Avant d’entrer en politique, Barack Obama rédigea les statuts de la Climate Exchange Plc. Arrivé en 9 ans à la Maison-Blanche, il poursuivit les destructions de George Bush au Moyen-Orient élargi et commanda la destruction de la Libye. C’est un fervent « défenseur du climat » et un soutien d’Emmanuel Macron lors de son élection en France.<P/>


Mais, compte tenu de la pression exercée contre lui au travers des élus démocrates, ce n’est pas cet aspect de sa politique que le communiqué de la Maison-Blanche met en évidence. Il souligne plutôt l’accroissement de la production de pétrole et de gaz qui ont fait en quelques années des États-Unis le premier producteur mondial de ces deux sources d’énergie fossile.

Ces résultats sont exacts, mais ne seront pas durables. En effet, selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), la production de pétrole et de gaz de schiste US commencera à décliner dès 2023 ou 2024. Nous avons déjà expliqué que la stratégie imaginée par Mike Pompeo visait à tirer le maximum d’avantages avant ce déclin ; qu’en définitive, les États-Unis entendaient conserver une place de leader dans le marché mondial de l’énergie [7].

La Maison-Blanche poursuit en plaçant en exergue le retrait de l’Accord de Paris sur le climat. Ici, la défense de l’humanité s’oppose à la « défense de la planète ». Il appartient à chacun de choisir sa priorité. C’est une question philosophique de première importance à laquelle nous invitons nos lecteurs à réfléchir.

Pour alimenter cette réflexion, rappelons que le climat n’est pas stable, il change, se réchauffe naturellement et refroidit tout aussi naturellement.

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 La théorie astronomique des paléoclimats est utilisée pour expliquer les trois cycles simultanés des climats aux temps géologiques. L’un des plus grands astronomes modernes, le Serbe Milutin Milanković, démontra durant la Première Guerre mondiale que trois facteurs influent sur le climat à travers la position de la Terre face au Soleil : l’excentricité de l’orbite terrestre, l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre et la rotation autour de cet axe ; théorie qui a été vérifiée depuis par l’étude des carottes glaciaires.

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 En 1967, Emmanuel Le Roy Ladurie (professeur au Collège de France) publia sa célèbre Histoire du climat depuis l’an mil.

Ceci n’évacue pas l’hypothèse d’une responsabilité humaine dans les évolutions climatiques actuelles, mais elle ne peut être que marginale.

Emmanuel Macron avait promis lors de sa campagne électorale de « verdir la Finance ». Obligé du super-milliardaire US Kevin Kravitz qui finança sa campagne, il a poursuivi la politique de ses prédécesseurs contre la Syrie et réclame aujourd’hui une intervention de l’Otan. Simultanément, il a pris le leadership de la « défense de la planète » via l’Accord de Paris.


Le débat actuel est faussé par deux éléments :

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 En premier lieu, on confond la « science » et le « consensus scientifique ». La science est une construction logique et vérifiable. Le consensus scientifique, c’est l’air du temps parmi les scientifiques, mais ce n’est que l’air du temps. C’est très différent. Ainsi, dans l’Antiquité, Aristarque de Samos émit l’hypothèse de la révolution de la Terre autour du Soleil. Au XVIème siècle, Nicolas Copernic démontra cette théorie, mais lorsque au XVIIème siècle Galilée l’affirma à nouveau, il se heurta au consensus scientifique et fut condamné par l’Église catholique.

– En second lieu, la Climate Exchange Plc a proposé un système visant à faire payer les émetteurs de CO2. Il s’agirait ainsi de lutter contre le réchauffement climatique, bien que le CO2 soit un gaz parmi d’autres qui puisse impacter le climat. Des bourses climatiques ont été ouvertes à Chicago, puis Londres, Montréal, Tianjin et Sydney. Il se trouve que la Climate Exchange Plc a été fondée par un ancien directeur de la banque Goldman Sachs et le vice-président des USA, Albert Gore. Ses statuts ont été rédigés par un juriste alors inconnu, le futur président des USA, Barack Obama [8]. Bref, la peur du réchauffement climatique permet à quelques personnes puissantes et à elles seules de s’enrichir.

En conclusion : les effets du retrait militaire US du Moyen-Orient sont vérifiables aussi bien pour l’économie US que pour la paix dans cette région. Les effets du CO2 sur le climat sont hypothétiques et de toute manière marginaux.

Thierry Meyssan

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11526

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L’AMÉRIQUE EST-ELLE DANS SES DERNIERS JOURS? L’AMÉRIQUE SERA-T-ELLE ICI L’ANNÉE PROCHAINE, LA PROCHAINE DÉCENNIE?

L’AMÉRIQUE EST-ELLE DANS SES DERNIERS JOURS? L’AMÉRIQUE SERA-T-ELLE ICI L’ANNÉE PROCHAINE, LA PROCHAINE DÉCENNIE?

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10.10.2019Etats-Unis

Paul Craig Roberts

Le peuple américain se lèvera-t-il contre Adam Shit, la chienne Pelosi et le Nadler Turd et sauvera-t-il leur pays des ruines ou le peuple américain se soumettra-t-il à la règle par des mensonges?    Quelle confiance pouvons-nous avoir dans le peuple américain?

Beaucoup de gens considèrent Matt Tabbi comme un gauchiste alors qu’il écrit pour le magazine parfois stupide Rolling Stone. Je considère Tabbi comme un vicieux révélateur de la vérité, qui, de gauche à droite ou non, a une intégrité et une intelligence bien au-dessus de la gauche américaine qui ne valent même pas la peine de vous essuyer le cul.  

Le récit véridique de Tabbi ci-dessous vous indique que les démocrates sont incapables de dire la moindre vérité, de même que le média américain prostitué qui fournit des services aux démocrates et à l’état profond.    Les démocrates sont des menteurs en série. Ils détruisent la fragile stabilité politique des États-Unis.    Un pays dont l’unité a été détruite par Identity Politics, dont les travaux de la classe moyenne ont été délocalisés en Asie par des sociétés américaines corrompues corrompues, corrompues par Wall Street, un pays sur lequel les pères fondateurs se sont appuyés pour protéger la liberté américaine la putain complète et totale des oligarques qui contrôlent les explications et les agendas – n’est plus un pays, ni un peuple. Dépassé par l’immigration, l’Amérique est une tour de Babel.

Dans la politique américaine, les oligarques ont l’habitude de décider, avec les contributions qu’ils ont apportées à la campagne, des candidats aux postes de président, de sénateur et de président, tant pour les républicains que pour les démocrates. Ainsi, ils gardent le contrôle quel que soit le parti qui remporte les élections. Trump est une exception à cela. Trump est le produit de la révolte d’un peuple. Les oligarques ont été pris au dépourvu. Ils pensaient que Hillary avait tout emballé. Ils sont déterminés à faire sortir Trump car ils craignent d’avoir un étranger à la Maison-Blanche pendant 8 ans.

Si les Américains le permettent, ils se détruisent eux-mêmes.    S’ils croient à la propagande démocrate-militaire / de sécurité, ils s’autodétruisent.  

La question de notre temps est:    Le peuple américain a-t-il assez d’intelligence pour survivre?

Les démocrates, le complexe militaire / de sécurité et les mandataires parient « Non »

Cher Américain, si vous êtes si stupide, si endoctriné et soumis au lavage de cerveau que vous vous donnez avec insouciance pour devenir un esclave inconscient total, c’est le destin que vous méritez.

Voici l’article de Tabbi: https://www.rollingstone.com/politics/political-commentary/whistleblower-ukraine-trump-impump-impeach-cia-spying-895529/

Le «lanceur d’alerte» n’est probablement pas

Par Matt Taibbi, Rolling Stone

09 octobre 19

C’est une insulte aux vrais lanceurs d’alerte d’utiliser ce terme avec le protagoniste de Ukrainegate

Dans le récit, le Washington Post a « cassé » le 18 septembre:

LES COMMUNICATIONS DE TRUMP AVEC LEADER ETRANGER FONT PARTIE DE LA RECLAMATION DE WHISTLEBLOWER QUI PERMET DE REPOUSSER ENTRE ESPION CHEF ET LE CONGRES, DITES ANCIENS FONCTIONNAIRES

La personne inconnue au centre de cette histoire ne sonne certainement pas comme un dénonciateur. Notre service de renseignement ne s’essoufflerait pas avec un véritable lanceur d’alerte.

Les Américains qui ont dénoncé des infractions graves commises par le gouvernement fédéral passent soit le reste de leur vie à l’étranger, comme Edward Snowden, se retrouvent en prison, comme Chelsea Manning , se font arrêter et ruiner financièrement, à l’instar de l’ ancien responsable de la NSA, Thomas Drake , leur domicile perquisitionné par le FBI, comme William Binney , ancien combattant de la NSA , ou se faire accuser d’espionnage, comme l’ex- bourreau de la CIA, John Kiriakou . C’est une insulte à toutes ces personnes et aux souffrances qu’elles ont subies que de placer le porteur de ballon dans le dernier concours de partisans du Beltway comme un lanceur d’alerte.

Drake, qui fut le premier à dévoiler le programme de surveillance secret de la NSA, semble avoir mieux réussi que la plupart des autres. Il a fini par travailler dans un Apple Store , où il a rencontré Eric Holder, qui cherchait un iPhone.

J’ai rencontré beaucoup de dénonciateurs, des secteurs public et privé. Beaucoup finissent par faire faillite, ils vivent dans des hôtels, sont diffamés, (souvent) divorcés et chanceux s’ils ont un travail quelconque. Une de mes connaissances a été refusée pour un emploi de serveuse parce que son ancien employeur ne voulait pas la remplacer. Elle avait de petits enfants.

Le dénominateur commun dans les histoires de dénonciateurs est la solitude. Généralement, l’employeur a un contrôle direct sur sa capacité à occuper un autre emploi dans sa profession. Beaucoup finissent par être insultés comme traîtres, voleurs et menteurs. Après leur entrée en bourse, ils découvrent souvent que leurs proches ont un appétit limité pour partager l’ignominie. Dans presque tous les cas, ils doivent recommencer à zéro, tant personnellement que professionnellement.

Dans cet esprit, regardons ce que nous savons du premier «lanceur d’alerte» sur Ukrainegate:

• il est un « officier de la CIA détaché à la Maison Blanche »;

• Au mieux, le compte est partiellement basé sur l’expérience de l’agent de la CIA, constitué essentiellement d’informations provenant de «plus d’une demi-douzaine de responsables américains» et des «comptes privés» de «mes collègues»;

• «Il ou elle» a été immédiatement célébré comme un lanceur d’alerte par les réseaux d’information et les principaux journaux.

Ce dernier détail a attiré l’attention de Kiriakou, un ancien responsable du contre-terrorisme de la CIA qui a dénoncé le programme de torture de l’agence.

«Il a fallu une année entière à mes avocats et à moi-même pour que les médias arrêtent de m’appeler ‘CIA Leaker John Kirakou», dit-il. « C’est le temps qu’il a fallu pour que je sois appelé un lanceur d’alerte. »

Le crime de Kirakou parlait du programme de torture de la CIA avec ABC News et le New York Times. Pour avoir parlé de la CIA à des journalistes américains, notre gouvernement fédéral a accusé Kiriakou d’espionnage. Ce compte absurde a finalement été abandonné, mais il a quand même passé 23 mois à FCI Loretto, dans l’ouest de la Pennsylvanie.

Lorsque Kiriakou a vu pour la première fois la «plainte de dénonciateur», il a immédiatement réagi en se demandant de quel type «officier de la CIA» appartenait la personne en question. «Si vous faites carrière dans la CIA, vous verrez toutes sortes de subterfuges, de mensonges et de crimes», dit-il. « Cette personne a traversé toute une carrière et c’est ce à quoi elle s’oppose? »

Il est juste de se demander s’il s’agit d’un effort d’une seule personne. Même l’ancien fonctionnaire de la CIA, Robert Baer, ​​aucun ami de Trump, a déclaré ceci lors d’une discussion sur CNN avec Brooke Baldwin:

BAER: C’est ce que je trouve remarquable, c’est que ce lanceur d’alerte était au courant de cela, de cette tentative de dissimulation. Ceci est un couple de personnes. Ce n’est pas juste un.

BALDWIN: Et du point de vue des personnes, si l’allégation est vraie, Bob, que dit-il que des fonctionnaires de la Maison Blanche, des avocats, voulaient dissimuler?

BAER: Vous savez, je suppose, c’est un coup de palais contre Trump. Et qui sait quoi d’autre ils savent à ce stade.

Cela sonne juste. Les lanceurs d’alerte sont seuls. La plainte de l’ Ukraine semble être l’œuvre d’un groupe de personnes, soutenues par un pouvoir institutionnel important, non seulement dans la communauté du renseignement, mais également dans le parti démocrate et la presse commerciale.

Au cours de ce siècle, nous avons vécu avec le président qui mentait pour nous engager dans une guerre (qui avait causé des centaines de milliers de morts et la perte de trillions de trésors publics), le déploiement d’un vaste programme de surveillance illégale, une campagne d’ assassinats par drones , la restitution , torture, détention extrajudiciaire et autres infractions, dont beaucoup sont des violations massives des droits de l’homme.

Des dénonciateurs nous ont parlé de presque toutes ces choses. Lorsqu’ils se sont manifestés, ils avaient désespérément besoin de l’aide de la société. Ils ne l’ont pas compris. Notre gouvernement n’a pas simplement tweeté leurs menaces, mais est allé directement à la punition.

Bill Binney, qui a perdu ses deux jambes au diabète, a été traîné hors de sa douche par des agents du FBI. Jeffrey Sterling, comme Kiriakou, a été accusé d’espionnage pour avoir parlé à un journaliste . Après sa condamnation, il a demandé à être emprisonné près de son épouse à Saint-Louis. Ils l’ont envoyé au Colorado pour deux ans . D’autres ont essayé de parler au congrès ou à leurs inspecteurs généraux, seulement pour découvrir que leurs communications avaient été capturées et transmises aux chefs d’agences dont ils voulaient se plaindre (y compris l’ancien chef de la CIA et actuel contributeur de MSNBC, John Brennan).

Le «scandale» actuel est une version caricaturale de tels épisodes. Imaginez la manie sur les ondes si Donald Trump demandait à son ministère de la Justice d’arrêter le «lanceur d’alerte» et de l’accuser de 35 ans de délits , comme le faisait face à Thomas Drake. Trump pourrait d’ailleurs essayer quelque chose comme ça. C’est ce que tout autocrate de l’école Mobute Sese Seko / Enver Hoxha ferait, pour commencer , à la mutilation des responsables du renseignement de son propre gouvernement.

Trump ne fera certainement pas cela, cependant, car cet homme est trop bête pour se rendre compte qu’il est le commandant en titre d’un organe exécutif qui emprisonne les gens pour avoir trop parlé pendant plus de dix ans. Au cas où il l’essayerait, ne retenez pas votre souffle en attendant que les réseaux d’informations vous informent qu’il ne fait que suivre un modèle établi.

J’ai beaucoup de scrupules à propos de la destitution / «Ukrainegate», à commencer par cette prémisse principale du défenseur de la démocratie solitaire et ébranlé par sa conscience, dressé contre le puissant Trump. Je ne le vois pas Donald Trump est un imbécile qui a été élu essentiellement par accident, faisant campagne contre un groupe politique trop aveugle à sa propre impopularité pour voir ce qui allait arriver.

En 2016, nous avons assisté à deux révoltes électorales, une à droite et une à gauche, contre la popularité grandissante de notre élite politique. La révolte populiste de droite a réussi, mais pas le mouvement Sanders. Ukrainegate me semble être une continuation de Russiagate, réaction de cette élite politique défaite face aux partisans de la droite. Je ne ressens de solidarité avec aucun des deux groupes.

L’argument censé galvaniser tout le monde à l’heure actuelle est l’idée selon laquelle nous devons «nous tenir debout et compter», car ne pas se rallier à la cause est effectivement un plaidoyer en faveur de Trump. Cette ligne de pensée est basée sur la présomption que Trump est clairement pire que les opposants.

Cela pourrait s’avérer vrai, mais si nous parlons du traitement des lanceurs d’alerte, Trump a encore beaucoup de chemin à faire avant de s’approcher du bilan brutal de la CIA, de la NSA, du FBI et de l’establishment politique de Washington. . L’oublier n’est probablement que la première de ce qui se révélera être de nombreuses déceptions à propos d’une bataille politique d’initiés hardcore dont le sous-texte est beaucoup plus sombre et ambigu que ce que les auditoires sont amenés à croire.

La source

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://katehon.com/&prev=search

Une destitution Rock’n Roll

Une destitution Rock’n Roll

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mercredi 09 octobre 2019

   Forum

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Une destitution Rock’n Roll

Le cas de la mise en accusation et de la destitution du président Trump est devenu un paroxysme-structuré de la crise américaniste de “D.C.-la-folle” en cours de croisière accélérée et en aggravation constante depuis les présidentielles USA-2016. Au départ de la réflexion, on pourrait croire à un épisode compréhensible rationnellement, tel qu’il est résumé, selon ses avatars éditoriaux par rapport à ses lecteurs, de la sorte par James Howard Kunstler : « Beaucoup de lecteurs (dont certains sont désormais d’anciens lecteurs) m’ont violemment malmené par courriel pour avoir suivi avec attention l’effort de ces trois dernières années de “La Résistance” pour délégitimer les élections de 2016. Je n’ai pas voté pour M. Trump (ou Mme Clinton), mais je n’apprécie pas le coup d’État tramé pour le renverser. »

Au départ seulement…

Certes, il n’en est plus rien, il n’y a plus rien du tout d’un “épisode compréhensible rationnellement”. La mise en accusation décidée par les démocrates de la Chambre a donné une structure institutionnelle à cette formidable entreprise de déstructuration marquée par l’irrationalité d’une haine hystérique sans aucune mesure et appuyée sur un délire idéologique de même facture. Ainsi peut-on dire, d’une manière différente mais significative et dans tours les cas paradoxale parce que totalement dans l’inversion, que, parvenue à ce stade de l’institutionnalisation qui est effectivement un développement de structuration incontestable, cette crise de la déstructuration absolue du pouvoir américaniste est entrée dans une phase de structuration explosive, en atteignant sa séquence paroxystique.

Il s’agit d’un cas qui restera d’école et archétypique du caractère fondamental de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) : l’inversion imposant une structure institutionnelle à une crise qui est celle de la déstructuration absolue, pour faciliter décisivement l’explosion de toutes ses structures.

Nous sommes entrés dans une séquence de dynamique de déstructuration maximale, dans le cadre d’une structuration qui est comme une prison empêchant les promoteurs et acteurs de la chose de sortir de cette dynamique, encore moins de la stopper. On ajoute à cette situation déjà admirable d’inversion le fait que l’objet de tout cette agitation compulsive et sans le moindre frein possible du fait de l’excitation exacerbée des psychologies n’est rien de moins que le pouvoir de l’américanisme, la forme même, – comme une essence (simulacre d’essence) de l’inversion, – du bras armé du Système, car ce pouvoir de l’américanisme est effectivement ce qui fait que le Système peut opérationnaliser sa puissance.

Tout cela s’est mis en place et a enclenché les mouvements dynamiques à une exceptionnelle vitesse. Comme il n’y a pas de porte de sortie puisque les deux parties s’affrontant sont également des entités de blocages, criblées de corruptions diverses et dont le but général n’est pas d’abattre le Système mais de rester dans son cadre, donc de rester dans la prison, la scène du type hyper-“tourbillon crisique” est devenue un manège fou, une hyper-tragédiebouffe (en un mot-composé pour cette fois) dont le caractère immensément tragique est pourtant constamment dépassé par le caractère bouffe : ils ont beau faire, ils ne parviennent pas eux-mêmes à se faire prendre au tragique par eux-mêmes, ce qui les prive de toute grandeur et de ces traits de lumière de l’esprit qui parviennent parfois à trancher le nœud gordien de la folie de l’histoire lorsqu’elle se réduit à la seule folie des hommes (et des femmes, corrigent les LGTBQistes). Dans ce tourbillon crisique tournant comme un manège, parce qu’il est par sa nature le maître du désordre, Trump se révèle toujours plus et ne cesse de s’affirmer comme un acteur-créateur direct ou indirect de désordre d’une exceptionnelle “productivité”. On sent qu’il est à cet égard l’essence même, à très haut degré d’octane, du capitalisme-blingbling dans toutes ses défécations en plaqué-or.

Ainsi peut-on parler d’une “destitution rock’n’roll”. J’emploie cette expression très “tendance” (“dans le vent”, disait-on in illo tempore) à dessein, dans un but d’inversion vertueuse ; cette expression postmoderne relevant de la technique de communication également postmoderne d’endoctrinement par l’entertainment, les automatismes de mode, la “philosophie” pavlovienne de l’optimisme et l’emprisonnement du langage prisonnier du rythme obsédant et répétitif, comme moyen dialectique d’inversion vertueuse dans le but de réduction à la dérision et de reductio ad absurdum de l’objet considéré, – désigné comme le serait une tragédie du XVIIème siècle devenue tragédiebouffe du XXIème siècle, – j’ai nommé “La destitution du président Donald Trump”.

C’est dire enfin que les avis, les perspectives et les prospectives ; les jugements à terme de 24 heures ou 48 heures, sinon les jugements immédiats, pour l’heure courante ; les évaluations, les certitudes de l’instant désintégrées l’instant d’après, ne cessent de se succéder dans une sarabande infernale, c’est-à-dire infernale-bouffe. Le Diable qui ne cesse d’“en rire encore” selon l’expression consacrée, a-t-il trouvé son maître en présidant d’une façon aussi ostentatoire, lui-même naturellement, à ce désordre qui devient un objet de dérision de lui-même ? Bonne question.

Pour conclure cette vaticination autour du destin de cette étrange affaire si illustrative de notre “étrange époque”, l’auteur s’autorisera au risque de se répéter à réaffirmer et à confirmer la sottise sans fin ni bornes, ni limites, ni rien du tout, de l’intelligentsia si-intelligente des élites parisiennes, constamment nourries au petit lait sucré de l’américanisme ; pour redire et redire encore une fois qu’elles ne voient rien, “absolumentissimement” rien de tout cela. (Pour l’occasion, pour saluer l’abyssal colosse de Rien qu’est cette sottise parisienne, je me suis permis fabriquer de bric et de broc un néologisme à la manière de l’“abracadabrantesque” de Rimbaud-Chirac.)

https://www.dedefensa.org/article/une-destitutionrockn-roll

Le documentaire à charge : nouvelle arme de manipulation massive

MÉDIAS 7 OCTOBRE 2019

Le documentaire à charge : nouvelle arme de manipulation massive

Capture d’écran YouTube du documentaire d’Arte « Le Monstre de Wall Street »-19 septembre 2019

Vous vous sentez manipulés par les documentaires ? Voici pourquoi et comment, avec l’exemple d’un documentaire d’Arte, « les financiers qui dirigent le monde ».

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Par Philippe Mösching.

Alors qu’un documentaire devrait être une forme d’expression grand public qui éveille l’esprit en nous offrant des points de vue nouveaux, il se révèle au contraire être une arme militante qui impose son parti pris non pas par la force de ses arguments mais uniquement sur une mise en scène grandiloquente. Comment manipuler les mains vides : décryptage par l’exemple.

On peut s’attendre à ce qu’un documentaire essaie de confronter différentes opinions, d’offrir au spectateur plusieurs points de vue de sorte à développer son esprit critique, puis lui permette de se forger une opinion ou de réviser ses positions. Si les émissions de débats existent toujours, malheureusement trop souvent limités aux sujets politiques, un nouveau genre populaire est apparu : le documentaire à charge. On y trouve Cash Investigation de France Télévisions et, plus surprenant, la chaîne Arte.

Étudions le cas précis d’un documentaire intitulé « Le monstre de Wall Street – ces financiers qui dirigent le monde » que vous trouverez facilement sur les plateformes de vidéo en ligne. Le titre annonce déjà la couleur, celle de la haine du système financier. La cible est la société BlackRock, gestionnaire de fonds.

37 SECONDES SUFFISENT…

Les 37 premières secondes de ce documentaire suffisent à donner le ton et à présenter les trois seules accusations qui seront par la suite martelées à un rythme infernal, telle de la musique techno ne laissant aucun autre choix que de secouer son corps jusqu’à la reddition, et déclarer la finance comme la mère de tous les maux.

Durant ce laps de temps sont présents tous les éléments qui seront ensuite recyclés durant les 1 heure 29 minutes 32 secondes restantes.

Pour la forme : la bande-son constituée d’une musique oppressante, rythmique et parcourue de bruitages irréels évoquant parfois des cris inhumains. Les premières images présentent tous les symboles de la finance : la statue de la Liberté – les défenseurs de la liberté apprécieront – les gratte-ciel de New-York, des billets verts, des enseignes au nom du coupable BlackRock et des écrans de traders. Ambiance sombre et inquiétante, rythmée de flash lumineux agressifs.

Pour le fond : ces 37 secondes suffisent à énoncer les trois accusations définitives supposées mettre le monstre de Wall Street KO. La première dénonce la dimension de l’entreprise, la seconde est une accusation de manipulation et la dernière dénonce un culte du secret, confirmant la culpabilité. On reconnaît ici les ingrédients des thèses complotistes appliquées cette fois à la finance.

Résonne alors un discours célèbre qui a valu à son orateur l’élection de président de la République, ce qui donne une idée de l’enjeu dont il est question ici. Résonnent aussi des moments plus sombres de notre Histoire ; bien que la cible ne soit pas la même, la méthode l’est. La taille n’est ni une accusation, ni même une critique. La manipulation ne sera pas démontrée, le cas échéant l’entreprise aurait été condamnée. Et le secret pourrait être discutable voire critiquable s’il était érigé en système avec intention de nuire, mais ici rien de tel n’est montré.

…PUIS UNE HEURE ET DEMIE DE REPRISES

Ce qui est frappant dans ce documentaire c’est l’écart entre la pauvreté des arguments présentés et la grandiloquence de la mise en scène. Une heure et demie exactement résumée durant les 37 premières secondes. L’argument de la taille sera repris 44 fois au total : géant, mondial, colossal, explosion, inonder, écraser, puissance, milliards. Comme il n’existe pas 44 synonymes dans la langue française, les mots reviennent en boucle avec un effet entêtant et abrutissant exactement toutes les deux minutes. Curieux comme la taille peut constituer une accusation à elle seule.

Par contraste le « à taille humaine » deviendrait un gage de probité et de haute valeur morale. Cela reste à démontrer, et ce ne sera pas facile sachant que plus une entreprise est grande plus les décisions impliquent un nombre important de personnes et de contrôles faisant que mécaniquement les fraudeurs se trouvent plus souvent être des individus isolés ou des petites structures.

Les accusations de manipulation reviennent 15 fois. Manipulation des entreprises, des politiciens, des administrations, et même des États. Des accusations basées sur des témoignages anonymes et des allégations sans preuve. Sachant qu’au final aucune action en justice n’a abouti à une condamnation. À qui doit-on octroyer sa confiance ? À la justice ou au journalisme militant ?

Et pour finir, le soi-disant culte du secret, lui aussi ne tient sur rien. Dans un excès de confiance, les journalistes dénoncent au contraire une tendance à trop communiquer. Il s’agit là d’un moment fort de ce documentaire où un employé forcément repenti s’épanche, le visage dans le noir et la voix robotisée, sur une pratique qui fait froid dans le dos. Minute 26:52 :

« Ils [BlackRock] louaient des salles où le PDG présentait les résultats du trimestre et exposait aussi ses objectifs »

On touche ici du doigt le cœur du concept qui consiste à énoncer un fait, qui dans ce cas précis est une pratique réglementée par la loi et donc tout à l’honneur de ce PDG, avec une mise en scène et une intonation qui le feront passer pour une accusation de poids. Pour nous achever, deux secondes de musique oppressante plus tard, la voix off nous affirme exactement le contraire :

« ce qui se passe à l’intérieur de la société ne fuite presque jamais »

Le fond n’a donc aucun intérêt, seule la mise en scène porte le message.

LA MANIPULATION PAR LA FORME

Cet exemple n’est pas anecdotique. L’ensemble de ce documentaire se base sur des faits qui réels, supposés ou imaginés, seront versés immédiatement à l’accusation  par leur mise en image et en musique. Parfois, par paresse sans doute, des attaques gratuites et irresponsables tentent d’emporter l’adhésion par la force de l’excès.

  • « Ils font ce qu’ils veulent » : non je ne crois pas, ils seraient en prison si c’était le cas.
  • « L’ascendant du capitalisme international sur la démocratie nationale » : il est vrai, qu’à l’inverse le collectivisme a bien servi la cause de la démocratie.
  • « Les géants de la finance qui se partagent le monde entre eux » : plus c’est gros, plus ça passe et avec un pléonasme si jamais on n’avait pas compris.

UN SUJET INTÉRESSANT SI L’ON PREND LA PEINE DE L’ÉTUDIER

Alors que certains thèmes survolés auraient pu servir d’introduction à des débats intéressants :

  • est-ce qu’un gestionnaire de fonds peut représenter un risque systémique, alors qu’il ne prête pas d’argent ?
  • est-il légitime qu’il bénéficie d’un pouvoir sur les entreprises où il investit l’argent de ses clients ?
  • peut-il représenter un risque pour la concurrence lorsqu’il a une influence et des intérêts dans des sociétés concurrentes ?
  • est-ce que les décisions prises par des intelligences artificielles peuvent représenter un risque de déstabilisation des marchés, de l’économie en général ?
  • quelles frontières définir entre liberté des marchés et régulation ?
  • jusqu’où les États doivent-ils faire appel à des sociétés privées pour évaluer les risques ?

Le plus grave est qu’à force de marteler de tels messages, on fabrique une opinion qui se renforcera par la suite selon le biais de confirmation. Le fait qu’on s’attaque à des symboles de pouvoir qui représentent finalement peu de personnes et qu’il est difficile de trouver un angle favorable à exposer donnent un avantage indéniable qui malheureusement fait oublier que les échanges financiers sont à la source de créations et de partages de richesses.

Faisant oublier que le capitalisme est indissociable de la notion de propriété privée inscrite dans l’article 2 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, juste après la liberté. Faisant oublier que de nombreuses régulations ont été mises en place pour protéger les usagers, les entreprises, les institutions et les États : échanges automatiques d’informations pour traquer les fraudeurs, directives MIFID sur les marchés financiers pour assurer la transparence des risques et des prix, garantir l’adéquation et la connaissance par le client des produits vendus, ainsi que pour traquer les manipulations de marché, reporting des produits dérivés pour mesurer les expositions et contenir les risques de marché, séparation des banques de détail et d’investissement – le Glass-Steagall act aux États-Unis dont l’équivalent français n’a pas abouti – stress test pour anticiper les risques systémiques, accords de Bâle 3 limitant les encours des banques, etc.

EXPLIQUONS ET CONSTRUISONS

Le système financier doit être expliqué pour ce qu’il est. Il doit garantir un accès ouvert, transparent et équitable pour tous. Il doit servir à renforcer les liens entre les nations par le partage d’intérêts communs. Il doit être au service de chacun pour favoriser des échanges fluides et efficients. Il doit aussi rester sous surveillance pour éviter les dérives, les concentrations de risques et les effets systémiques.

Loin des messages toxiques et trompeurs que ce genre de documentaire véhicule, il vaudrait mieux expliquer au lieu d’alimenter la défiance et donc le rejet. Ironiquement,  Arte présente aussi un documentaire intitulé « L’art de vous manipuler ». Les journalistes l’ont sans doute visionné avant, car on y retrouve toutes les ficelles dénoncées ici…

Par Philippe Mösching

A quoi jouent les Emiratis?

géopolitis

A quoi jouent les Emiratis?

Il est notoire que les Emirats Arabes Unis (E.A.U) sont des alliés indéfectibles de l’Arabie Saoudite. Ils se sont associés dans le blocus contre le Qatar, puis sont partis en guerre contre les Huthis au Yémen sous couverture de la coalition arabe dirigée par Ryad. Enfin, ils se sont montrés disposés à officialiser leur rapport avec Israel à l’occasion du sommet tenu le 25 et 26 Juin 2019 à Manama dans le royaume du Bahrein sur la proposition de M Kushner, conseiller spécial et gendre de l’éxécutif américain afin d’entamer les premiéres phases Du Contrat du siécle.

Devant la résistance des Huthis contre la coalition, l’Iran est montré du doigt en lui attribuant des ambitions hégémoniques dans les pays du Moyen Orient, ce que Ryad percoit comme une menace pour sa propre survie. Inquiétude qui légitime une alliance avec n’importe quel acteur régional ou international.

C’est de la que naisse la conception d’une OTAN arabe imaginée par les think tanks américains qui prévoit la constitution d’un front uni réunissant l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le bahrein, l’Egypte et Israel contre l’énnemi commun : l’Iran.

A ce stade, il serait insensé de prévoir une défection de la part d’un quelconque Etat signataire. Et pourtant, le réalisme en a décidé autrement sur la clairvoyance anticipée des autorités de Abu Dhabi.

Le premier pas est franchi le 9 Juillet par le retrait partiel de ses forces du sud yémen

Le 30 Juillet des gardes cotes Emiratis se sont rendus à Tehéran pour discuter avec leur homologue.

Pour comprendre ces démarches, il faut faire parler des événements qui ont une trés grande incidence sur ce revirement:

Le 21 Juin, un drone américain a été abattu par les défenses anti aériennes Iraniénnes

Le 19 Juillet, Tehéran s’empare d’un pétrolier britannique en représailles contre la saisie le 5 juillet de son pétrolier Grace au détroit de Gibraltar.

Ces bréves indications ont été judicieusement analysées par Abou Dhabi pour se convaincre que la poursuite de confrontations avec Téhéran ne ménera à aucune victoire Analyses qui renforcent la conviction de sortir de ce guépier ont été renforcées par l’étude objective de la réalité:

  • Echec des interventions armées et l’enterrement de l’opération « Tempéte décisive » sous la direction de l’Arabie Saoudite
  • L’OTAN arabe ne présente aucun sens pratique et par suite, il est à son tour enterré
  • L’impunité du drone américain abattu laisse clairement entendre que l’administration de M Trump n’est pas disposée à envoyer ses GI mourir pour la cause d’autrui
  • Les sanctions décrétées contre la république islamique depuis sa naissance n’ont pas réussi à l’agenouiller, au contraire, elles l’ont poussée à plus de radicalisme.
  • Tehéran posséde des missiles (de sa propre fabrication) de longue portée qu’elle n’hésitera pas à utiliser pour frapper tous les pays abritant les bases américaines
  • Enfin, une guerre -quelle que soit son issue- causera de gros dommages aux intervenants directs et indirects, sans évoquer les incidences d’une probable implication des autres grandes puissances.

Ainsi, la décision des Emirats Arabes Unis répond à un sens pragmatique. Se retirer du champs de bataille pour entrevoir des solutions pacifiques envers un acteur qui a toujours manifesté son ouverture à toutes les propositions.

Et l’alliance indéfectible avec le Royaume Wahabite?

Les alliances sont basées sur les intérets réciproques. Or quand les intérets d’une partie sont menacés, les alliances n’ont plus droit d’exister. On tentera de changer de partenaires au gré des changements des relations internationales.

Enfin la question qui est digne d’étre posée est celle de savoir qui a convaincu ces dirigeants à prendre le sentier de la guerre?

Un inventaire de l’état des lieux ,-même avant l’engagement- nous soumet une liste où toutes les cases défavorables à la guerre sont cochées

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Comptes à Rebours, Hubert Védrine

Comptes à Rebours, Hubert Védrine

Matteo Gruszewski 17 septembre 2019 Fiches de lecture Leave a comment

Hubert Védrine est un diplomate français, diplômé de Sciences Po et de l’ENA. Il fut Secrétaire général de l’Elysée sous Mitterrand (1991-1995) puis Ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac (1997-2002). Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages. “Comptes à rebours” a été publié en 2018 aux Editions Fayard.

Couverture de l'ouvrage "Comptes à rebours"
“Comptes à Rebours” d’Hubert Védrine a été publié en 2018 aux éditions Fayard.

Dans cet essai publié en 2018, Hubert Védrine établit les trois “comptes à rebours” globaux dont la prise en compte, impérative, va s’imposer dans les considérations géopolitiques et géoéconomiques. Ces “comptes à rebours” se superposent au désordre mondial. Ils occupent une place transversale dans l’actualité géopolitique et surplombent les crises et les perturbations du monde. L’ensemble est évidemment interconnecté. Les dynamiques s’entrelacent et s’entrechoquent, comme des “réactions chimiques plus ou moins contrôlées et dont la solution demeure aléatoire”. Tout en analysant ce monde semi-chaotique voire “chaotique” (Antonio Gutierres), Hubert Védrine s’interroge sur le rôle qu’auront à jouer les Etats-Unis, l’Europe, la France et remet en question l’idée de “communauté internationale”. 

Comptes à rebours 

Hubert Védrine met en exergue trois phénomènes, d’ampleur globale, à la fois latents et en cours. Trois ”comptes à rebours” : l’urgence écologique, l’explosion démographique et le choc numérique. Trois axes qui vont modeler l’espace géopolitique mondial. 

D’abord, le problème écologique est posé au-dessus de tous les autres. Le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources et les autres conséquences sanitaires de l’activité humaine, polluante et néfaste, compromettent nettement la vie sur Terre – surtout si ce mode de vie est élargi à 10 milliards d’habitants en 2050. Face à cet impératif vital, Védrine anticipe sans l’affirmer une “écologisation” des sociétés. En résulterait un renouvellement de l’ordre international autour de la prise en compte de notre patrimoine commun, avec des “Etats voyous” dérogeant aux principes écologiques, et des États modèles. 

Ensuite, l’explosion démographique. Elle se chiffrerait à 10 milliards d’individus en 2050 dont 2,4 milliards d’Africains (soit 25% de la population mondiale) et une population européenne stagnante à 500 millions – d’où la perspective d’un “suicide démographique européen”. On assistera de facto à une saturation des foyers de peuplement de l’ancien “Sud”. Cela entraînera des mouvements migratoires massifs et étalés qu’il faudra correctement appréhender.

Enfin, le choc numérique. Ce dernier appartient au passé et au futur. On a conscience du phénomène mais sans savoir quelles seront les implications du développement des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, du transhumanisme, du big data, de l’ultra-connectivité. On en aperçoit des signes avant-coureurs mais les avis divergent entre les plus alarmistes et les plus confiants. Néanmoins, Védrine souligne que notre perpétuelle connectivité alimente les désirs d’une démocratie participative, voire en fait une réalité potentielle. Il alerte des risques d’une telle situation qui aboutirait à “une dictature de tous sur chacun” et appelle à une réhabilitation de la démocratie représentative – tâche compliquée, au vu de la déliquescence des élites.

Désordre

Parallèlement aux “comptes à rebours”, Védrine plante le décor géopolitique mondial qui les accompagne. Contestant les théories de monde multipolaire, unipolaire ou de terre plate, Hubert Védrine considère que c’est le désordre qui prédomine sur la géopolitique mondiale. La situation présente est plus proche du clash d’Huntington que de la Fin de l’histoire de Fukuyama.  L’hégémonie totale de l’“hyperpuissance” américaine (Hubert Védrine, 1997) est révolue. Celle de la Chine s’affirme économiquement et militairement, sans le prosélytisme de valeurs qui semble propre à l’Occident. La Russie revient sur la scène et fait preuve de son pouvoir de nuisance. Le terrorisme islamiste globalisé à implantation locale, perpétré par une petite minorité de musulmans fondamentalistes mais affectant la grande majorité des musulmans “normaux” (Rached Ghanouchi), ne sera vaincu qu’au bout d’une longue lutte interne à l’islam. Les mouvements migratoires s’intensifient, déstabilisant pays d’arrivée comme pays de départ et de transit. 

Quelle place pour l’Occident ? 

Les Etats-Unis sont “humiliés”. Le nouveau désordre mondial et leur déclin relatif ne leur permettent plus d’assurer leur rôle de “reluctant sheriff”. Les oscillations politiques de la puissance sont des symptômes probants de l’angoisse américaine. D’une part, on a le balancier électoral américain avec un vote quasi systématique pour le parti opposé au candidat sortant. D’autre part, la politique étrangère des Etats-Unis est tenaillée entre multilatéralisme et interventionnisme teinté d’idéalisme wilsonien versus repli sur soi et isolationnisme de l’“America first”. Reste malgré tout la puissance californienne des GAFAM, artisans et champions du choc numérique. Mais leur  réalité demeure cependant bien éloignée de l’Amérique déclassée de Trump. 

Quant à l’Europe, elle souffre d’une désillusion qu’elle peine à admettre. L’avant-gardiste projet européen d’un monde constitué d’Etat post-modernes à la souveraineté diluée dans une “gouvernance mondiale” a fait long feu.  Le projet n’a même pas convaincu le(s) peuple(s) européen(s). Les identités ont résisté. Les extrêmes ont su profiter du fossé entre élites européistes et populations se percevant méprisées de l’intérieur et menacées de l’extérieur.  Et il n’y a pas de gouvernance mondiale à proprement parler. 

Quels positionnements l’Europe et la France peuvent-elles adopter? Hubert Védrine préconise la formulation d’une pensée stratégique européenne. Selon lui, il faut se désaligner des Etats-Unis (“ami, alliés, mais pas alignés”), développer sur fond de realpolitik un partenariat avec la Russie tout en restant “ferme, dissuasif et vigilant”, approfondir la coopération avec l’Afrique (par politiques régionales adaptées à l’immensité du continent et non par une politique globale) sur les questions économiques, militaires et surtout migratoires. Védrine propose un plan de sauvetage de l’Union (“pause, conférence, refondation”) et appelle surtout à un renforcement de l’espace Schengen dont les défauts sont à l’origine de tant de maux. Il faut que l’Europe se réveille avant qu’il ne soit trop tard.

Conclusion

Ce dense essai d’Hubert Védrine , pétri de réalisme et à tendance alarmiste, propose une vision globale des rapports de force mondiaux ainsi que des perspectives sur leur évolution. La synthèse est claire et concise. Cependant, mis à part les trois “comptes à rebours” dont la trouvaille ne constitue pas non plus une rupture dans les considérations géopolitiques actuelles, le livre n’apporte pas une conceptualisation nouvelle. En effet, les thèmes abordés, pour la plupart, soit font écho à de précédents écrits d’Hubert Védrine, soit sont traités de manière factuelle, s’apparentant alors plus à un manuel scolaire qu’à un essai. 

Sources :

Théorie et pratique des Droits de l’homme

Théorie et pratique des Droits de l’homme

par Thierry Meyssan

La Déclaration universelle des Droits de l’homme expose un idéal que toute personne responsable tente de mettre en pratique. Mais tous les maux ne peuvent être combattus à la fois. Aussi, institue-t-elle une hiérarchie entre ces droits pour que nous puissions concrètement améliorer les choses. Certaines puissances accusent d’autres de violer les Droits de l’homme pour mieux cacher leurs crimes. Il arrive que l’arbre cache la forêt.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 1ER OCTOBRE 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂРУССКИЙPORTUGUÊSDEUTSCH

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Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale de l’ONU, réunie à Paris au palais de Chaillot, adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Les Droits de l’homme

Progressivement, l’humanité a formulé l’idéal d’égalité de la personne humaine : les « Droits de l’homme ». De nombreuses nations prétendent l’avoir anticipé avant qu’il ne soit synthétisé par les Nations unies. Avec le temps, beaucoup ont employé cette notion sans la comprendre dans sa dimension ethnologique et l’ont déformée.

Le débat houleux du 19 septembre 2019 au Conseil de sécurité a montré comment les « Droits de l’homme » ont été malmenés jusqu’à être utilisés à contre-sens.

Partout dans le monde et à toutes les époques, des leaders ont tenté d’affirmer que les hommes étaient égaux en droits. Les plus anciens exemples connus sont attestés par le cylindre de l’empereur perse Cyrus (Vème siècle avant JC) —dont une réplique orne le siège des Nations unies— qui pose la liberté de culte ; ou par les Édits de l’empereur indien Asoka (IIème siècle av JC) qui prohibèrent la torture de tous les animaux, dont les humains. Ces monarques bouleversèrent les lois de leurs pays au nom de règles qu’ils pensaient universelles.

Si l’on se réfère à la construction du droit moderne, la Magna Carta anglaise (XIIIème siècle) pose qu’aucun sujet ne pourra être emprisonné sans procès équitable. Elle est notamment complétée par la Bill of Rights (Loi sur les Droits) qui au XVIIème siècle énumère les droits des gens et ceux du Parlement. C’est dans ce même état d’esprit que James Madison rédigea, un siècle plus tard, la Bill of Rights états-unienne. Cette dernière limite le pouvoir du seul gouvernement fédéral, mais pas celui des États fédérés. La tradition anglo-saxonne affirme des droits individuels et les protège face à la « raison d’État ».

La question a été posée d’une manière radicalement nouvelle par l’Assemblée constituante française, en 1789. Selon elle, pour affirmer l’égalité ontologique entre les sujets et leur souverain, il ne suffit pas de limiter le pouvoir absolu du monarque, il faut poser que le pouvoir procède du peuple et ne peut être exercé contre lui. Ce texte a été approuvé unanimement, y compris par les représentants de l’Église de France (mais il fut ultérieurement rejeté un temps par la papauté), par ceux de la noblesse et par le roi Louis XVI. Il ne s’agit plus des « Droits de l’homme », mais des « Droits de l’homme et du citoyen ».

Le Suisse Henry Dunant tenta de protéger, au XIXème siècle, les Droits des hommes impliqués dans des guerres, lorsque les États violent leurs propres règles. Ce fut le Droit humanitaire.

C’est cet ensemble de cultures différentes, et bien d’autres encore, que les Nations unies synthétisèrent dans leur Déclaration universelle des Droits de l’homme. Elle est « universelle », non pas parce que voulue par Dieu ou issue de la Nature, mais uniquement parce que partagée par les 193 États membres.

Elle pose d’abord que tous les êtres humains naissent « libres et égaux en dignité et en droits », puis qu’ils sont responsables non seulement d’eux-mêmes, mais des uns et des autres (art. 1). Pour la première fois, elle affirme que les Droits des hommes sont non seulement identiques dans chaque pays, mais malgré leur pays (art. 2) ; ce que la Société des Nations avait refusé de faire afin de protéger le système colonial. Et enfin qu’il existe une hiérarchie entre ces Droits, dont les plus importants sont « la vie, la liberté et la sûreté » (art. 3) ; car il ne s’agit pas d’établir un catalogue de bonnes intentions contradictoires, mais d’organiser la société mondiale. Puis vient la lutte contre l’esclavage (art. 4) et seulement alors celle contre la torture (art. 5). Tous ces principes sont importants, mais ils ne peuvent être réalisés que dans cet ordre.

Aujourd’hui, dans des pays développés, en paix et libérés de l’esclavage, nous ne pensons les Droits de l’homme que comme une lutte contre la torture et pour une justice équitable. C’est un luxe que beaucoup d’autres hommes n’ont pas.

Dès sa signature, cet édifice a été contesté par ceux-là même qui l’avaient élaboré, en particulier par le Royaume-Uni et son « ingérence humanitaire ». L’Empire britannique avait inventé ce concept au XIXème siècle non pas pour venir en aide à des populations opprimées, mais pour abattre l’Empire ottoman. Il le reprit durant la Guerre froide pour lutter contre la Chine et l’URSS. L’Histoire a voulu qu’il soit porté par le Français Bernard Kouchner en instrumentant le sort des boat people. Il mit en scène le sauvetage de réfugiés errant sur des bateaux surchargés, n’hésitant pas à rejeter ces hommes à la mer pour « refaire une prise » devant les caméras. L’émotion provoquée par ces images suscitait automatiquement une empathie pour eux. Mais l’horrible sort de ces victimes ne nous disait rien de la justesse supposée de leur combat et encore moins de l’illégitimité supposée de leurs gouvernements. C’est cette même technique qui est aujourd’hui utilisée pour communiquer sur le sort des migrants en Méditerranée. L’atroce noyade de milliers d’entre eux ne nous dit rien des causes de leur départ et ne valide pas leur droit à entrer chez d’autres. Peut-être ont-ils raison, peut-être tort. Seule la réflexion et non pas l’émotion peut le dire.

L’initiative humanitaire de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït pour Idleb

Venons-en au débat du Conseil de sécurité du 19 septembre 2019. L’Allemagne, la Belgique et le Koweït ont déposé un projet de résolution (S/2019/756) pour sauver les civils du gouvernorat d’Idleb, massacrés par les armées syriennes et russes qui luttent sans distinction contre le terrorisme. Ce document avait été précédé d’une intense campagne relatant le bombardement d’hôpitaux et les difficiles conditions de vie des civils hostiles au régime du cruel dictateur « Bachar ».

Force est de constater que, vérification faite, il n’y a jamais eu d’hôpitaux dûment répertoriés qui aient été bombardés ; qu’il est impossible d’établir des statistiques sur un champ de bataille de sorte que chacun prétend établir par extrapolation ses propres chiffres, divers et contradictoires, y compris les divergentes agences de l’Onu. Or, le fait que, dans cette guerre, nous ne puissions pas quantifier les événements bouscule notre manière de les interpréter.

Des projets de résolution comparables avaient été déposés par les Occidentaux lors des batailles d’Alep et de la Ghouta de Damas. Ils s’étaient heurtés aux vetos de la Chine populaire et de la Fédération de Russie. Aucun projet n’avait par contre été déposé lors de la bataille de Raqqa, pourtant infiniment plus destructrice et meurtrière. La seule différence étant que Raqqa fut rasée par la Coalition occidentale et non pas par les armées syro-russes. En d’autres termes, si le sort des victimes est aussi tragique dans les quatre cas, il n’est condamnable selon l’Allemagne, la Belgique et le Koweït que lorsqu’il est imputable aux Syro-Russes, pas lorsqu’il est le fait des Occidentaux.

Notons que les militaires présents sur le terrain ont observé l’aveuglement de la Coalition occidentale au sein de laquelle ils se battaient et l’ont comparée à la sélectivité des forces syro-russes. C’est pour avoir signalé ces atrocités à l’Inspecteur général du Pentagone que 50 analystes du CentCom furent sanctionnés. C’est pour avoir rapporté dans la Revue Défense Nationale sa honte et sa colère que le colonel français François-Régis Legrier, fut durement sanctionné.

L’idée de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït selon laquelle le « régime de Bachar » tuerait son propre peuple sous couvert de lutte contre le terrorisme renverse l’idéal des « Droits de l’homme ». En effet, quand on parle ici de lutte contre le terrorisme, on ne fait pas référence à quelques individus massacrant à la kalachnikov ou décapitant les spectateurs d’une salle de concert, mais à des dizaines de milliers de combattants fonçant sur la population pour leur imposer un régime d’oppression. Le premier devoir du « régime de Bachar », c’est de sauver sa population de cette armée féroce, de rétablir son doit à « la vie, la liberté et la sûreté ».

Même si l’on dénie le soutien européen aux jihadistes d’Idleb, l’Allemagne et la Belgique ne peuvent prétendre à la bonne foi : ils refusent de rapatrier les centaines de leurs ressortissants, pratiquant le jihad, qui se sont rendus aux forces états-uniennes et sont aujourd’hui prisonniers des supplétifs kurdes. Ils ont donc parfaitement conscience de leur dangerosité. Ils peuvent s’enorgueillir de leur refus de la peine de mort chez eux lorsqu’ils demandent discrètement à d’autres gouvernements de les pendre à leur place.

L’hypocrisie humanitaire de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït

Ayant acté le double langage de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït, observons les raisons cachées de leur projet de résolution. Les Occidentaux, ont soutenu les jihadistes d’Al-Qaïda dans l’espoir qu’ils renversent la République arabe syrienne. C’était le prolongement de la stratégie qui leur réussit en Libye. En 2011, les jihadistes du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), qui avaient été intégrés dans Al-Qaïda, furent convoyés par la CIA, d’Iraq —où ils se battaient— vers la Libye, leur pays d’origine. Ils fournirent les troupes au sol pour l’opération aérienne de l’Otan. Puis, il furent transportés par le Haut-Commissariat aux réfugiés (alors dirigé par l’actuel secrétaire général de l’Onu, António Guterres) et les services secrets turcs vers la Syrie où ils constituèrent l’Armée syrienne libre. Lorsqu’il s’avéra impossible de renverser le « régime de Bachar », les Anglo-Saxons laissèrent tomber la plupart des jihadistes, mais les Allemands et les Français se sentirent une responsabilité à leur égard. Ils furent regroupés dans le gouvernorat d’Idleb où ils créèrent plusieurs Émirats islamiques. L’Allemagne et la France continuent à les armer et subventionnent encore aujourd’hui les ONG qui les nourrissent.

L’Allemagne et la France sont donc parties prenantes à la guerre qu’ils dénoncent. Il se trouve que le président Emmanuel Macron cherchant à pacifier les relations de Paris avec Moscou n’a pas signé le projet de résolution allemand, mais à demandé à son fidèle Charles Michel de le faire au nom de la Belgique. Le Koweït est venu s’ajouter sans que l’on sache combien il dépense aujourd’hui pour les jihadistes d’Idleb, mais les manifestations de soutien dans ce pays rappellent le moment où les mouvements salafistes y récoltaient 400 millions de dollars pour le jihad en Syrie.

En déposant ce projet de résolution l’Allemagne, la Belgique et le Koweït savaient qu’il provoquerait la fureur de la Chine et de la Russie. Ils ont pourtant choisi de diviser le Conseil de sécurité et donc d’affaiblir son autorité. Ce comportement s’explique par la crainte de voir les lignes de clivage évoluer, sous l’impulsion du président Trump. À la traditionnelle opposition de l’Occident contre la Russie et la Chine, pourrait se substituer un directoire mondial Russie/USA/Chine. L’Allemagne tente donc de mobiliser le camp occidental, ce qui a bien réussi, mais à quel prix. Poursuivant sur leur lancée, l’Allemagne, la Belgique et le Koweït ont saisi l’Assemblée générale pour contourner les vetos du Conseil de sécurité. Ils ont déposé un nouveau projet de résolution (A/HRC/42/L.22) de 10 pages condamnant le République arabe syrienne.

Ils n’ont pas hésité à le faire alors qu’ils ne disposent plus du prétexte de la libération d’Idleb par les troupes syriennes, puisque les combats ont cessé depuis la proclamation d’un cessez-le-feu unilatéral par Damas, le 1er septembre à 0h00. Le « régime de Bachar » marquait une pause pour faciliter la fuite de ses citoyens pris au piège de l’occupant jihadiste.

Au passage, la représentante des États-Unis au Conseil, Kelly Knight Craft, s’est offert le luxe d’accuser la Chine d’avoir utilisé son veto par imitation de la Russie (S/PV.8623) ; une insulte bien inutile lorsque l’on connaît la patiente volonté de Beijing de se doter d’une politique étrangère indépendante et décisive. Ce procédé est encore une fois une manière pour le camp occidental de dénier l’égalité des peuples et de manifester sa supériorité supposée.

Bachar el-Assad, défenseur des Droits de l’homme

Examinons maintenant le point de vue syrien. Selon la presse internationale, une révolution populaire se serait déclenchée en 2011 en Syrie, elle aurait malheureusement mal tourné pour se transformer en guerre civile. Si l’on pouvait croire cette version des faits en 2011, on ne le peut plus aujourd’hui au vu des nombreux documents qui ont fait surface. Cette guerre avait été planifiée par Washington dès 2001 et a débuté dans le contexte des « printemps arabes », planifiés par Londres dès 2004 sur le modèle de la « Grande révolte arabe » de Lawrence d’Arabie. L’Arabie saoudite a reconnu avoir payé et armé à l’avance les émeutiers de Deraa qui lancèrent le mouvement.

La première responsabilité de la République arabe syrienne, de son peuple, de son armée et de son président, Bachar el-Assad, était de défendre les Droits de l’homme universels que sont « la vie, la liberté et la sûreté ». C’est ce qu’ils firent face aux hordes de jihadistes, venus du monde entier pour placer la Confrérie des Frères musulmans au pouvoir.

Il ne fait aucun doute que des criminels ont pu rejoindre la police et l’armée de la République ; que dans la confusion de la guerre, ils ont pu poursuivre leurs crimes en portant l’uniforme ; mais ces comportements, que l’on trouve dans toutes les guerres, n’ont rien à voir avec ces guerres elles-mêmes. Depuis que le sort des armes s’est inversé, ils sont durement sanctionnés.

Il ne fait pas plus de doute que les bombardements de l’artillerie syrienne et de l’aviation russe ont non seulement tué des cibles jihadistes, mais aussi collatéralement des citoyens syriens otages des jihadistes. Tuer aussi les siens est malheureusement le fardeau de toutes les guerres. Leur martyre n’en incombe pas pour autant au peuple syrien, à son armée et à son président qui en portent le deuil. Il est la responsabilité des agresseurs, dont l’Allemagne et la France, qui l’ont souhaité.

La Libye n’est pas comparable à la Syrie. Mais, huit ans après l’opération de l’Otan, nous avons une vision plus claire de ce qui s’est passé.

Mouamar Kadhafi réconcilia les bantous et les arabes, mit fin à l’esclavage et éleva considérablement le niveau de vie de son peuple. On le décrit comme un dictateur bien qu’il n’ait pas tué plus d’opposants politiques que des chefs d’État ou de gouvernement occidentaux. Pour renverser la Jamahiriya, l’Otan s’appuya sur les combattants d’Al-Qaïda, la tribu des Misrata et la Confrérie des Sénoussis. Elle tua environ 120 000 personnes. La suite avait été anticipée par de nombreux analystes : le niveau de vie s’est effondré, l’esclavage a été rétabli, le conflit entre arabes et bantous s’étend dans toute l’Afrique subsaharienne. Sans aucun doute raisonnable, Mouamar Kadhafi a mieux défendu les Droits de l’homme, dans son pays et dans son continent, que ne l’a fait l’Otan.

En Syrie, Bachar el-Assad a préservé la mosaïque confessionnelle qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, développé son économie et négocié une paix tacite avec Israël. Son peuple et son armée ont consenti le martyre d’au moins 350 000 d’entre eux. Son pays est aujourd’hui dévasté et Israël est redevenu un ennemi. La responsabilité de ces malheurs incombe aux seuls États agresseurs. Les Syriens, leur armée et leur président, Bachar el-Assad, ont défendu comme ils l’ont pu les Droits de l’homme que les Occidentaux foulaient aux pieds.

Les Occidentaux sont persuadés de la supériorité morale de leur civilisation. Ils ne voient donc pas leurs propres crimes, que les autres endurent. C’est précisément cette arrogance que conteste la Déclaration universelle des Droits de l’homme en posant l’égalité de chacun en droit et en dignité.Thierry Meyssan

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Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

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Propos de Zemmour sur l’immigration et l’islam : le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête

Propos de Zemmour sur l’immigration et l’islam : le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête

Mardi 1 Octobre 2019 modifié le Mardi 1 Octobre 2019 – 13:42

Propos de Zemmour sur l'immigration et l'islam : le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête

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Le parquet de Paris a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour « injures publiques » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence », après des propos du polémiste Eric Zemmour ayant visé l’immigration et l’islam.

Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Dans ce discours, prononcé lors de la « Convention de la droite », Eric Zemmour s’en était pris samedi, entre autres, aux immigrés « colonisateurs » et à « l’islamisation de la rue ».

L’enquête a été ouverte pour « injures publiques en raison de l’origine ou de l’appartenance ou de la non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » et « provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence, à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

Le polémiste a prononcé ce discours, diffusé en direct par la chaîne d’informations LCI, au cours de la « Convention de la droite » organisée à Paris par l’ancienne députée d’extrême droite Marion Maréchal et ses proches.

Celui qui a été condamné récemment pour provocation à la haine religieuse a également cité l’écrivain Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement » de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane, et ironisé sur les tenues de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, « sommet de la distinction française ».

Interrogé par l’AFP, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait indiqué avoir reçu « près de 400 » saisines liées à cette diffusion.

Ces déclarations ont suscité un tollé, jusqu’au sein du gouvernement, le Premier ministre en personne, Édouard Philippe, condamnant des discours « nauséabonds et profondément contraires à l’idée que nous nous faisons de la France et de la République ».

LCI a reconnu de son côté une « erreur d’appréciation ». « La diffusion du discours dans l’état n’était pas le format approprié pour notre chaîne », a indiqué dimanche la direction de la chaîne du groupe TF1 dans un communiqué. « Il y a bien eu contradiction et déconstruction des propos d’Éric Zemmour, mais c’était après-coup ».Mardi 1 Octobre 2019 – 13:39
Atlasinfo (Source afp

)https://www.atlasinfo.fr/Propos-de-Zemmour-sur-l-immigration-et-l-islam-le-parquet-de-Paris-annonce-l-ouverture-d-une-enquete_a104311.html

Comment les rebelles houthis ont renversé l’échiquier

Comment les rebelles houthis ont renversé l’échiquier


Par Pepe Escobar – Le 18 septembre 2019 – Source Asiatimes.com

Un Yéménite chiite tient son arme et un drapeau avec l’inscription arabe « La disgrâce est loin de nous », alors qu’il participe à une procession religieuse organisée par les rebelles houthis pour fêter le premier jour d’Achoura.

On est les Houthis et on arrive en ville ! Avec l’attaque spectaculaire sur Abqaiq, les Houthis du Yémen ont renversé l’échiquier géopolitique en Asie du Sud-Ouest. Ils vont jusqu’à introduire une toute nouvelle dimension : la possibilité explicite d’une offensive pour chasser la Maison des Saouds du pouvoir.

Garce de riposte. Les Houthis (des chiites Zaidi du nord du Yémen) et les Wahhabites sont en lutte violente depuis des siècles. Ce livre est absolument essentiel pour comprendre la complexité ahurissante des tribus Houthi. Il situe aussi la tourmente du sud des terres arabes bien au-delà d’une simple guerre par procuration Iran – Arabie saoudite.

Par ailleurs, il est toujours important de considérer que les chiites arabes de la province orientale, qui travaillent dans les installations pétrolières saoudiennes, doivent être des alliés naturels des Houthis en lutte contre Riyad.

La capacité de frappe houthie (des essaims de drones aux attaques de missiles balistiques) s’est considérablement améliorée au cours de cette dernière année. Ce n’est pas par hasard que les EAU ont vu de quel côté soufflaient les vents géopolitiques et géoéconomiques : Abu Dhabi s’est retiré de la guerre vicieuse menée par le Prince héritier Mohammad bin Salman contre le Yémen et s’est maintenant engagé dans ce qu’il décrit comme une stratégie de « paix d’abord ».

Même avant Abqaiq, les Houthis avaient déjà organisé quelques attaques contre des installations pétrolières saoudiennes ainsi que les aéroports de Dubaï et d’Abu Dhabi. Au début du mois de juillet, le Centre de commandement des opérations du Yémen a organisé une exposition de prestige à Sanaa mettant en vedette toute sa gamme de missiles balistiques et volants ainsi que de drones.

Le ministère saoudien de la Défense expose des drones et des pièces de missiles utilisés dans l’attaque de la raffinerie.

La situation a maintenant atteint un point où on entend beaucoup de rumeurs à travers le Golfe persique sur la possibilité d’un scénario spectaculaire : l’organisation par les Houthis d’une ruée à travers le désert arabe pour capturer La Mecque et Médine, coordonnée avec un soulèvement de masse chiite dans la ceinture pétrolière orientale. Ce n’est pas vraiment tiré par les cheveux : des choses plus étranges se sont parfois produites au Moyen-Orient. Après tout, les Saoudiens ne sont même pas en mesure de gagner une simple rixe de bar. C’est d’ailleurs pourquoi ils comptent sur des mercenaires.

Le retour de l’Orientalisme

Le refrain des renseignements américains selon lequel les Houthis sont incapables d’une attaque aussi sophistiquée trahit les pires courants de l’orientalisme et le complexe de supériorité de l’homme blanc qui devient un fardeau.

Les seuls débris de missiles montrés jusqu’à présent par les Saoudiens proviennent d’un missile de croisière Quds 1 yéménite. Selon le brigadier-général Yahya Saree, porte-parole des Forces armées yéménites basées à Sanaa,

« le système Quds a prouvé sa grande capacité à atteindre ses cibles et à contourner les systèmes d’interception ennemis. »

Cette image satellite du gouvernement américain montre les dommages causés à l’infrastructure pétrolière et gazière par les attaques de drones sur Abqaiq en fin de semaine.

Les forces armées houthies ont dûment revendiqué la responsabilité de l’attaque sur Abqaiq :

« Cette opération est l’une des plus importantes opérations menées par nos forces dans la profondeur de l’Arabie Saoudite, et a été lancée après une opération de renseignement précise, un système de suivi avancé et la coopération d’hommes honorables et libres au sein du Royaume. »

Veuillez noter ce concept clé : « coopération » depuis l’intérieur de l’Arabie saoudite, qui pourrait impliquer tout le spectre allant des Yéménites aux Chiites de la province orientale.

Ce qui est encore plus intéressant, c’est le fait que le matériel américain massivement déployé en Arabie saoudite à l’intérieur et à l’extérieur (satellites, AWACS, missiles Patriot, drones, navires, chasseurs) n’a rien vu, ou certainement pas à temps. Le repérage par un chasseur d’oiseaux koweïtien de trois drones « rôdeurs » se dirigeant probablement vers l’Arabie saoudite est invoquée comme une « preuve ». Voyez l’image embarrassante d’un essaim de drones (d’où qu’il vienne) survolant le territoire saoudien sans être dérangé pendant des heures.

Les responsables des Nations Unies admettent ouvertement que maintenant, tout ce qui est important se trouve à portée des 1 500 km d’autonomie du nouveau drone UAV-X des Houthis : les champs de pétrole d’Arabie saoudite, une centrale nucléaire encore en construction dans les Émirats et le méga-aéroport de Dubaï.

Mes conversations avec des sources à Téhéran au cours des deux dernières années ont confirmé que les nouveaux drones et missiles houthis sont pour l’essentiel des copies de plans iraniens assemblés directement au Yémen avec l’aide cruciale d’ingénieurs du Hezbollah.

Les renseignements américains insistent sur le fait que 17 drones et missiles de croisière ont été lancés en combinaison à partir du sud de l’Iran. En théorie, le radar des Patriots aurait dû les détecter et les abattre. Jusqu’à présent, absolument aucun détail de leur trajectoire n’a été révélé. Les experts militaires s’entendent généralement pour dire que le radar du missile Patriot est bon, mais son taux de succès est « contesté » (c’est le moins qu’on puisse dire). L’essentiel, encore une fois, c’est que les Houthis ont des missiles offensifs avancés. Et que leur précision à Abqaiq s’est révélée étonnante.

Une autre image satellite du gouvernement américain montre les dommages causés à l’infrastructure pétrolière et gazière par les attaques de drones sur Abqaiq en fin de semaine.

Pour l’instant, on dirait que le vainqueur de la guerre de la Maison des Saouds contre la population civile yéménite, soutenue par les États-Unis et le Royaume-Uni, qui avait débuté en mars 2015 et a engendré une crise humanitaire que l’ONU considère comme ayant atteint des proportions bibliques, n’est certainement pas le Prince héritier, connu sous le nom de MBS.

Écoutez le général

Les tours de stabilisation du pétrole brut d’Abqaiq (du moins plusieurs d’entre elles) ont été particulièrement ciblées, ainsi que les réservoirs de stockage de gaz naturel. Des sources de première main sur les questions d’énergie dans le golfe Persique m’ont dit que les réparations ou la reconstruction pourrait durer des mois. Même Riyad l’a reconnu.

Blâmer aveuglément l’Iran sans preuve ne résout pas la question. Téhéran peut compter sur des essaims entiers de grands penseurs stratégiques. Ils n’ont pas besoin ou ne veulent pas faire exploser l’Asie du Sud-Ouest… alors qu’ils en auraient la possibilité, soit dit en passant : les généraux des Gardiens de la révolution ont déjà déclaré à maintes reprises qu’ils étaient prêts pour la guerre.

Le professeur Mohammad Marandi de l’université de Téhéran, qui entretient des relations très étroites avec le Ministère des affaires étrangères, est catégorique :

« Cela ne venait pas d’Iran. Si c’était le cas, ce serait très embarrassant pour les Américains, qui ne sont pas en mesure de détecter un grand nombre de drones et de missiles iraniens. C’est absurde. »

Marandi ajoute : « Les défenses aériennes saoudiennes ne sont pas équipées pour défendre le pays depuis le Yémen, mais l’Iran. Les Yéménites frappent les Saoudiens, ils s’améliorent et développent leur technologie de drones et de missiles depuis quatre ans et demi, et c’était une proie très facile. »

Une proie facile et laissée sans protection : les systèmes américains PAC-2 et PAC-3 en place sont tous orientés vers l’est, en direction de l’Iran. Or ni Washington ni Riyad ne savent avec certitude d’où venaient les essaims de drones et les missiles.

Les lecteurs devraient porter une attention particulière à cet entretien stupéfiant avec le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale du Corps de la Garde révolutionnaire islamique. L’interview, en farsi (avec des sous-titres anglais), a été mené par l’intellectuel iranien Nader Talebzadeh sanctionné par les États-Unis et comprend des questions transmises par mes amis analystes américains, Phil Giraldi et Michael Maloof, ainsi que moi-même.

Expliquant l’autosuffisance iranienne dans les capacités de défense, Hajizadeh semble être un acteur très rationnel. En conclusion :

« Nous sommes d’avis que ni les politiciens américains ni nos dirigeants ne veulent la guerre. Si un incident comme celui du drone [le RQ-4N abattu par l’Iran en juin] se produit ou qu’un malentendu a lieu, et que cela se transforme en une guerre plus vaste, c’est une autre histoire. C’est pourquoi nous sommes toujours prêts pour une grande guerre. »

En réponse à l’une de mes questions, à propos du message que les Gardiens de la révolution veulent transmettre, en particulier aux États-Unis, Hajizadeh ne mâche pas ses mots :

« En plus des bases américaines dans diverses régions comme l’Afghanistan, l’Irak, le Koweït, les Émirats et le Qatar, nous avons ciblé tous les navires navals jusqu’à une distance de 2 000 kilomètres et nous les surveillons sans interruption. [Or] ils pensent que s’ils s’éloignent de 400 km, ils sont hors de notre champ de tir. Où qu’ils soient, il suffit d’une étincelle pour frapper leurs navires, leurs bases aériennes, leurs troupes. »

Prenez vos S-400 ou bien…

Sur le front de l’énergie, Téhéran a joué sous pression un jeu très précis : vendre des chargements de pétrole en éteignant les transpondeurs de ses pétroliers lorsqu’ils quittent l’Iran et en transférant le pétrole en mer de pétrolier à pétrolier, la nuit, et en renommant leur cargaison comme étant originaire d’autres pays producteurs pour la vendre. J’ai vérifié ce fait pendant des semaines auprès des négociants du Golfe Persique en qui j’ai confiance : ils le confirment tous. Et l’Iran pourrait continuer ce jeu indéfiniment.

Bien sûr l’administration Trump est au courant. Mais en réalité ils regardent ailleurs. Pour le dire de manière aussi concise que possible : ils sont piégés par cette absolue folie d’avoir abandonné le JCPOA et ils cherchent une porte de sortie honorable. La Chancelière allemande Angela Merkel a prévenu l’administration en quelques mots très simples : les États-Unis doivent revenir aux termes de l’accord qu’ils ont renié avant qu’il ne soit trop tard.

Et maintenant, voici la partie effrayante.

L’attaque sur Abqaiq montre que l’ensemble de la production de plus de 18 millions de barils de pétrole quotidiens au Moyen-Orient (incluant le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite) peut être facilement mis hors service. Car il n’y a aucune défense adéquate contre ces drones et ces missiles.

En fait, il y a toujours la Russie…

Voici ce qui s’est passé à la conférence de presse qui a suivi le sommet d’Ankara de cette semaine sur la Syrie, et réunissait les présidents Poutine, Rouhani et Erdogan.

Question : « La Russie aidera-t-elle l’Arabie saoudite à restaurer ses infrastructures ? »

Le Président Poutine :

« Pour ce qui est d’aider l’Arabie saoudite, il est également écrit dans le Coran que toute forme de violence est illégitime, sauf lorsqu’il s’agit de protéger son peuple. Afin de les protéger et de protéger le pays, nous sommes prêts à fournir l’aide nécessaire à l’Arabie saoudite. Tout ce que les dirigeants politiques de l’Arabie saoudite ont à faire, c’est de prendre une sage décision, comme l’a fait l’Iran en achetant le système de missiles S-300, et comme l’a fait le président Recep Tayyip Erdogan en achetant le dernier système anti-aérien S-400 Triumph de la Russie. Ils offriraient une protection fiable pour toutes les infrastructures saoudiennes. »

Le président Rouhani : « Doivent-ils acheter les S-300 ou S-400 ? »

Poutine : « C’est à eux de décider. » [rires]

Dans La Transformation de la guerre, Martin van Creveld prédit en fait que tout le complexe industrialo-militaro-sécuritaire s’effondrerait si l’on démontrait que la plupart de ses armes sont inutiles contre des adversaires asymétriques de quatrième génération. Il ne fait aucun doute que tout le Sud de la planète observe… et aura compris le message.

Guerre hybride, une fois de plus

Nous entrons maintenant dans une toute nouvelle dimension de la guerre hybride asymétrique.

Dans l’épouvantable hypothèse où Washington déciderait d’attaquer l’Iran, poussé par les habituels suspects néo-cons, le Pentagone ne serait jamais en mesure de frapper et de désactiver tous les drones iraniens et/ou yéménites. Les États-Unis pouvaient évidemment s’attendre à une guerre totale. Alors aucun navire ne naviguerait plus à travers le détroit d’Omuz. Et nous en mesurons tous les conséquences.

Ce qui nous amène à la Grande Surprise : la vraie raison pour laquelle il n’y aurait pas de navires traversant le détroit d’Ormuz est qu’il n’y aurait plus de pétrole à pomper dans le Golfe. Les champs de pétrole, après avoir été bombardés, seraient en train de brûler.

Nous revenons donc à une conclusion réaliste, qui a été soulignée non seulement par Moscou et Pékin, mais aussi par Paris et Berlin : le Président américain a joué gros, et il a perdu. Maintenant il doit trouver un moyen de sauver la face. Si le Parti de la guerre le lui permet.

Pepe Escobar

Traduit par Stünzi pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/comment-les-rebelles-houthis-ont-renverse-lechiquier

Fred Reed et la débandade militaire américaine

Fred Reed et la débandade militaire américaine


Par Nicolas Bonnal – Septembre 2019 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

L’effondrement de nos libertés accompagne notre déclin intellectuel moral, militaire, économique. Nous ne sommes bons qu’à détruire les restes de notre civilisation. Il n’y a plus de socialisme, plus de capitalisme, juste un système infect – un ultra-capitalisme bonimenteur et gaspilleur – bon à creuser des dettes immondes pour remplacer ses populations et saccager des vies. Notre hyper-apocalypse n’offre même pas la grandeur épique dont nous eussions rêvé en des temps plus reculés. C’est un environnement crade qui se contente de ruiner la qualité de la vie tout en doublant le prix de tout à chaque instant.

Il faudra écrire un livre sur le rôle de la technologie, arrogante, puérile, envahissante, dans le déclin de la civilisation technicienne occidentale. Déclin des transports, du nucléaire, de la construction, de la pharmacie, de l’espace, de l’alimentation… Depuis les années 70, la technologie américaine infantilise d’un côté (les jeux, « l’information ») et de l’autre elle rend vicieuse des élites qui copient les investisseurs qui ont remplacé l’industrie par l’agiotage. La technologie a tué le cinéma dont les effets spéciaux sont devenus ridicules, comme ceux des Marvel-Mossad comics. Et ce n’est pas avec des sabres laser que nos zélés infantilisés mettront au pas russes, iraniens, chinois ; déjà qu’on pleurniche avec le Yémen ou le Hezbollah…

Il faut évoquer les deux historiens impériaux Samuel Huntington et Victor Davis Hanson. Car on assiste à la fin du « monopole de la violence » occidentale, de sa « culture du carnage » qu’Hanson fait remonter aux guerres médiques. Mais Hanson oublie la victoire des Parthes contre Crassus (lisez sa vie par Plutarque) et la chance historique contre les mongols qui firent demi-tour (Batu khan) pour des raisons familiales avant de raser de près le petit cap asiatique. Quant à Huntington toujours mal lu, il affirmait que l’occident s’était imposé par sa violence organisée (« superiority in applying organized violence »), pas par la supériorité ontologique de sa civilisation…

Fred Reed s’est magnifiquement défoulé sur unz.com, alors on va le laisser parler. Fred Reed rappelle sa carrière :

Pendant quelques décennies, j’ai couvert les questions militaires pour diverses publications, comme le Washington Times et Harper’s, et j’ai tenu une chronique militaire pour le Universal Press Syndicate. Je suivais le principe bien connu des journalistes avisés : « Ne demandez pas ce que vous pouvez faire pour le journalisme, mais ce que le journalisme peut faire pour vous. » Vivre au rythme militaire était un excellent passe-temps, permettant de voler dans des avions de combat et de naviguer dans des sous-marins. Mais si vous prenez l’étude au sérieux, comme je l’ai fait, vous apprenez des choses intéressantes. Comme par exemple le fait qu’une guerre contre un « vrai » pays, comme la Russie, la Chine ou même l’Iran, serait une aventure insensée.

Reed évoque la sinistre fonction de l’armée US :

Les armées inutilisées se détériorent. La flotte américaine n’est plus entrée en guerre depuis 1945, ni l’armée de l’air depuis 1975, ni l’infanterie dans une vraie guerre depuis le Vietnam. Le bombardement de paysans sans défense, la principale fonction de l’armée américaine, n’est pas la guerre.

Sur la conscription, Reed souligne une débandade morale :

Les États-Unis ne peuvent pas mener une grande guerre terrestre, comme par exemple contre la Russie, la Chine ou l’Iran. Une telle guerre nécessiterait de recourir à la conscription. Le public ne l’accepterait pas. Les États-Unis ne jouissent plus du genre d’unité patriotique qu’ils avaient au début de la guerre contre le Vietnam. De lourdes pertes seraient intolérables. Les gens d’aujourd’hui sont beaucoup plus disposés à désobéir au gouvernement fédéral. Notez que de nombreux États ont légalisé le cannabis au mépris de la loi fédérale et que de nombreuses juridictions du pays refusent tout simplement d’aider les autorités fédérales en matière de lois sur l’immigration. Toute tentative d’envoyer des femmelettes au combat entraînerait une désobéissance civile généralisée.

Sur la marine US devenue invalide, il dit :

Un porte-avion est une vessie de carburéacteur enrobant de puissants explosifs. Les implications sont considérables. Un missile balistique hypersonique plongeant, guidé en phase terminale, perforant le poste de pilotage et explosant dans le pont du hangar, enverrait n’importe lequel d’entre eux dans les chantiers de réparation pour une année. Les Russes et les Chinois développent ou ont déjà mis au point des missiles spécifiquement conçus pour éliminer ces porte-avions. Notez que la portée de certains de ces missiles est beaucoup plus grande que le rayon de combat leurs avions. Oups.

Pour Reed, le soldat US devient une poule mouillée :

Jusqu’au Vietnam, les guerres américaines ont été menées par des jeunes hommes coriaces, souvent issus de milieux ruraux, connaissant bien les armes à feu et le travail physique pénible. Je le sais bien, ayant grandi et ayant servi avec eux dans la marine. La discipline, si elle n’est pas vraiment brutale, était très stricte. Les exigences physiques étaient élevées. En AIT (entraînement avancé d’infanterie), au Camp Lejeune, c’était «La compagnie S sur la route ! » à 3h30 du matin, suivie d’une course à pied et d’un entraînement intensif aux armes jusqu’à minuit. Oui, les vieux aiment se rappeler comment c’était à l’époque, mais c’était vraiment comme ça.

Aujourd’hui, l’Amérique a une armée corrompue par une politique de justice sociale. Les recrues ne sont plus taillés comme des bûcherons. L’obésité est commune. Le Pentagone a abaissé ses standards physiques, caché les problèmes raciaux, assoupli son entraînement. Les officiers ont peur du nombre grandissant de femmes militaires au sein des unités de combat. Une plainte pour sexisme et c’en est fini de votre carrière.

Trait important, il y a le pourrissement du corps des officiers :

En temps de paix prolongée, le corps des officiers se désintègre. Tous les officiers du second tour sont des politiciens, surtout au-dessus du lieutenant-colonel. On ne bénéficie pas de promotion en suggérant que les hauts gradés mentent pour des raisons politiques, mais en insistant sur le fait que la guerre en Afghanistan est en train d’être gagnée. Le temps de paix encourage les carriéristes qui avancent en ne faisant pas de vagues. Dans une grande guerre, de tels généraux d’éclat n’ayant fait le coup de feu que sur PowerPoint doivent être éliminés à un coût élevé en vies humaines.

L’armée d’aujourd’hui ne fera rien de bon dans un combat égal contre des Afghans, des Russes ou des Iraniens. L’armée américaine n’a pas réussi à vaincre les villageois afghans en dix-huit ans avec un immense avantage en termes de puissance aérienne, de cuirassés, de blindés, d’artillerie, de soins médicaux et d’équipement. Que pensez-vous qu’il arriverait s’ils devaient combattre les Talibans sur un pied d’égalité : sandales, fusils, lance-roquettes et pas grand-chose d’autre ?

Incompétence et corruption sont la norme :

Pourquoi donc construire ces armes ? Parce que Northrop-Grumman a tellement d’argent que ses lobbyistes utilisent des pelles à neige pour remplir les poches des membres du Congrès. À l’époque où je couvrais le Pentagone, chaque fois qu’une nouvelle arme était achetée, par exemple l’hélicoptère d’attaque AH-64, le contractant principal communiquait une liste de sous-traitants dans de nombreux États – dont les membres du Congrès soutiendraient l’arme afin d’obtenir les emplois. Tout est une question d’argent. Parfois, le Congrès oblige l’armée à acheter des armes qu’elle dit explicitement ne pas vouloir, comme un plus grand nombre de chars M1 de l’usine de Lima, dans l’Ohio. Pour les emplois.

En bref, de nombreuses armes sont achetées pour des raisons économiques et non pour une utilisation en temps de guerre. De mon temps, j’ai vu de nombreuses armes non utilisables. Le B1, B2, DIVAD, le véhicule de combat Bradley, le M16, le V-22, le LAW. Rien n’a changé.

Reed rappelle comme Philippe Grasset la nullité des nouveaux équipements :

Mais nous avons maintenant le F-35, le dernier chasseur à tout faire aux coûts grotesques. On dirait un coucou mal conçu et souffrant de problèmes infinis. Selon la presse technique, il s’agit d’une reine de hangar ayant des taux de sortie très bas, une préparation médiocre et nécessitant une maintenance électronique complexe, souvent à des échelons distants.

Alors l’efficacité est remplacée par la folie :

Supposons que Bolton [ou Pompeo] obtienne sa guerre contre l’Iran. Les conseillers lui disent qu’elle sera brève et facile, chirurgicale, une promenade de santé. Avons-nous déjà entendu cela ? La Marine affirmé qu’elle peut garder le détroit d’Ormuz ouvert, grrr, waf ! Mais s’il se trouve que l’Iran ne suit pas le scénario, ne se rend pas. Et que la marine, à sa grande surprise, ne trouve pas les missiles anti-navires profondément enterrés et transportés par camion qui continuent de frapper les pétroliers. Ceux-ci continuent à brûler. Bientôt, personne ne les assurera. Ils arrêtent de circuler. Trois semaines après le début de la guerre, le monde réclame du pétrole à grands cris, il n’y a pas de fin en vue, Trump ne peut admettre qu’il a fait une gaffe, et Bolton [ou Pompeo] veut lancer une bombe nucléaire contre Téhéran.

Ou Washington pousse trop fort dans la mer de Chine méridionale, une collision accidentelle se transforme en un échange de tirs, et les Bannonites Pompeo-Boltoniens ordonnent à la flotte de donner une leçon aux Chinetoques. Malheureusement, les missiles anti-navires chinois s’avèrent plutôt meilleurs que prévu, un porte-avion est détruit et trois destroyers transformés en tas de ferraille.

Que fait-on maintenant ? Les egos surdimensionnés et mal informés à Washington ne peuvent accepter la défaite. D’une part, cela mettrait fin à la crédibilité américaine en tant que puissance hégémonique, et tout le monde voudra acheter des missiles anti-navires chinois. La vanité joue un plus grand rôle dans les affaires mondiales que ne le disent les manuels. Washington, bêtement mais inévitablement, irait dans la surenchère et commencerait une guerre totale contre la Chine. À ce stade, les choses deviendraient imprévisibles.

Puis Reed rappelle que la guerre nucléaire envisagée par l’ahuri que le Donald a mis à la place du regretté Bolton n’est pas gagnable :

Les hommes d’une stupidité incalculable et d’une insuffisance sexuelle probable parlent d’une guerre nucléaire comme gagnable. Ils peuvent toujours rêver. Réfléchissez : les villes américaines ne peuvent pas se nourrir elles-mêmes. Trois jours sans envois de nourriture et les New-yorkais auront vidé les rayons des supermarchés. Une semaine et ils tueraient pour des conserves de thon. Deux semaines et ils se mangeraient les uns les autres. Un très petit nombre de bombes nucléaires sur les centres de transport empêcherait la distribution de nourriture pendant des mois. Même un plus petit nombre encore de bombes au cobalt, conçues pour produire un maximum de radiations persistantes, rendraient les zones fermières mortellement radioactives pour une décennie.

Les «intellectuels de la Défense», généralement tellement stupides qu’ils devraient vivre dans des arbres, discutent de la domination par l’escalade, du facteur d’intimidation et de la défense antimissile imperméable. Ils sont complètement fous. Ce dont ils ont vraiment besoin, c’est d’une coquille et d’un abonnement à Pornhub Premium.

Et Reed de conclure :

C’est la raison pour laquelle c’est vraiment une très mauvaise idée d’avoir un dingue psychopathe, deux chrétiens fanatiques et un fils-à-papa pathologiquement agressif en mesure de déclencher une guerre.

On a compris qu’il ne reste à ces élites technophiles infantiles, que le fanatisme théologique et messianique pour justifier le rôle princier que les hallucinés indices boursiers leur concèdent encore.

Il faudra le mettre au pas cet occident. Il lui reste son marché, ses dollars, ses marottes écolos ou humanitaires. Mais sa manière de s’auto-halluciner, un peu comme un dealer qui succombe à sa dope, le rend de plus en plus inopérant.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

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