Archives pour la catégorie Opinion libre

Furieux comme Dieu en France

Furieux comme Dieu en France

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   vendredi 27 décembre 2019

   Forum

Il y a 2 commentaires associés à cet article. Vous pouvez les consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer 3489

Furieux comme Dieu en France

27 décembre 2019 –  L’autre jour (tiens, ce devait être le 23 décembre), je regardais mon réseau favori, – LCI et ses audacieux aventuriers, meilleur des réseaux pour ressentir ce qu’il en est de l’état d’esprit de nos élites, de nos zombieSystème ; donc, suivant LCI, il y était une fois de plus question de la question de la retraite et des retraites. Il y avait Serge Rafi, de L’Obs, le socialiste-PS Kalfon, Anne-Elizabeth Moutet, du Daily Telegraph, absolument parisiannisée, l’impayable Bernard Guetta devenu député européen du Macron’s Band. Ils étaient tous là, discutant retraite, humeurs françaises, feuille de route et éléments de langage, avec Guetta dans ses petits souliers, très inhabituel chez lui, parce que représentant le Macron’s Banddont tout le monde à la fois se gaussait et disait pis que pendre quant à sa maladresse pleine de fausses notes vis-à-vis du bon peuple.

Mais surtout, vous me croirez ou pas (croyez-moi, c’est plus simple et plus court), il y avait une masse pesante, un poids considérable qui les écrasait tous. Tous plus ou moins, une fois crié “Haro” sur le macroniste de service (l’indicible Guetta), tous avaient en commun un air catastrophé, une expression d’impuissance, confusion et anxiété mêlées, justement peinant sous cette masse qui les écrasait… En même temps s’égrenaient les signes de l’incompréhensible soutien dont bénéficiaient les grévistes qui, en faisant grève, rendaient si pénible la vue des quidams ; et pourtant non, cagnottes, sondages, etc., tout dans le public tendait à leur être plutôt favorable, et cela aussi était un grand motif d’angoisse et d’incompréhension des débatteurs autour de la table.

Bien sûr, je prends un exemple, je pourrais en prendre dix, cinquante, que mon sentiment et mon commentaire seraient semblables.

Mais ce dont je ne reviens pas et qui me met dans de grandes et graves incertitudes, c’est essentiellement ce contraste qui devrait à chaque seconde soulever toutes les interrogations du monde à propos de ce dont ils débattent… Contraste entre, d’une part, l’incroyable et complexe technicité que prend souvent et nécessairement ce débat sur les retraites, dans une tournure qui devrait m’en détourner à jamais ;et d’autre part, pourtant et en même temps, cette façon faite pour me fasciner dont ce même débat exsude une angoisse presque palpable chez les intervenants, qui ne concerne certainement pas les seules retraites mais un climat général, non seulement du pays, mais de l’époque et du monde. Cela vient par bribes furieuses, par éclairs éblouissants, au sortir d’un échange épuisant sur les points et les âges-pivots, soudain une remarque sur ce désordre, cette marée sans fin de la colère, cet entêtement dans la bataille de chaque instant !

Dans une autre occurrence voici ces deux débatteurs adversaires-complices, avec l’un qui tente de séparer sinon d’opposer Gilets-Jaunes et grévistes, parce que “les Gilets-Jaunes se révoltaient pour pouvoir travailler tandis que les grévistes se révoltent en arrêtant de travailler” ; et son interlocuteur de lui répondre, un peu gênés de devoir le contredire parce qu’au fond les deux sont dans la même galère des élites : “Bien sûr, vous avez raisons, mais vous savez bien que l’important c’est la révolte”… Et le premier, piteux, en convint.

Exactement, tout ce qui flotte dans l’air du temps est là pour nous le suggérer et nous en convaincre ; on le sent sans trop en dire, on le clame ou bien l’on n’en parle pas sans songer un instant à dire non, c’est selon, mais la chose est là, qui ne se déprend de rien. C’est  le Sapir  de « l’Acte II de la colère sociale », d’une « immense colère sociale[montant] des tréfonds du pays, bien au-delà de la question des retraites». C’est d’une telle évidence que toutes les réflexions, toutes les tournures, toutes les humeurs évoluent “sous influence”, sous l’influence de cette terrible humeur du monde qui se débat furieusement. Nul ne peut dire où cela mènera, ni même d’ailleurs d’où cela vient précisément car l’on vous démontrerait aisément que, même si  Dieu n’est plus si heureux en France, les Français, eux, par comparaison avec d’autres bien plus malheureux, devraient l’être.

Mais balivernes que tout cela ! L’humeur subsiste, et avec elle le poids énorme qui écrase ces malheureuses épaules de nos commentateurs-débatteurs, qui contraignent ces esprits zombifiés-élites et habitués à chanter le bonheur du temps présent qu’il ne faut surtout pas changer, et qui sont poussés dans leurs tout-derniers retranchements : “Eh oui, on en revient à la même sempiternelle question : d’où vient cette colère ? Où nous mène-t-elle ? Quand s’arrêtera-t-elle ? Que signifie-t-elle ? Quo Vadis ?”

On ne parvient même plus à désigner un coupable. Certes, les Macron’s Boyssont mauvais comme des cochons, mais les autres ne valent guère mieux, à droite, au centre-extrême, en arrière et en avant, à gauche toute, partout le navire tangue et rebondit de récif en récif sans que personne ne parvienne à jeter l’ancre. Cela est dit, ce n’est pas ici même, dans la France où Dieu était si heureux d’être, que l’on trouvera une réponse. D’ailleurs, ceux qui ont l’idée originale de regarder comment se porte le reste du monde après avoir grogné que la France est incapable de faire comme tout le monde et d’être heureuse avec l’hyper-purge postmoderne du Système, finissent par découvrir que Dieu n’est pas plus heureux ailleurs qu’en France, et que c’est même pire, que c’est la Terre entière, le cosmos qui grogne de fureur, qui fume de rage, qui hurle de dépit, qui ne se supporte plus, qui n’y comprend plus rien.

2020, dit-on, sera un grand millésime. Qu’est-ce qu’on en sait donc ! Rien, sauf que les dieux m’ont dit, – on a les sources qu’on peut, – que “le Patron”, Là-Haut, n’en avait pas fini avec nous. C’est le grand déballage, la mise en plat, l’audit universel. On a été un peu trop loin, une histoire de “ligne rouge à ne pas dépasser”, vous voyez ? On a perdu la trace de cette ligne marquée dans le feu grondant de l’histoire à partir de laquelle il importe de ne plus aller trop loin.

Ainsi les choses rentrent-elles dans l’ordre de la métahistoire. Les événements vus de cette façon, la France est à sa place et tient son rang. Sa catastrophe intérieure, son chaos sans fin, ses hoquets de fureur et de désordre, tout cela autant de signes du Ciel. Dieu n’est plus heureux en France, désormais Dieu est furieux en France.

https://www.dedefensa.org/article/furieux-comme-dieu-en-france

TRUMP ERDOGAN ET LES KURDES

TRUMP ERDOGAN ET LES KURDES

Le 9 octobre 2019, La Turquie présidée par Recep Tayyip Erdogan lance une offensive au au nord de la Syrie, région hautement conflictuelle contrôlée par les Kurdes depuis quelques années. Cette attaque orchestrée par Ankara avait pour objectif la prise de contrôle sur la région en y siégeant son armée et ainsi, créer une zone tampon tant espérée. Quelques jours avant l’attaque, Erdogan s’entretient avec le président américain à la recherche d’une alliance. Trump aura finalement étrangement tweeté son support à Ankara, interprété par plusieurs telle une trahison à la cause kurde. Quels rapports entretiennent ces trois acteurs et quel débouché les attends?

La Turquie et les Kurdes, retour en arrière

Historiquement, la Turquie maintient depuis longtemps un rapport conflictuelles avec l’entité kurde. Tantôt sur son propre territoire, parfois sur les zones frontalières, Ankara se bat vigoureusement depuis plus d’un siècle contre la menace d’une nation sans état qui cherche désespérément une souveraineté territoriale nommée Kurdistan. 

En 1978, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation politique et militaire qualifiée de terroriste par la Turquie et ses alliées, a été fondée à Ankara. Mouvements de révoltes et combats armés, le PKK se bat pour l’indépendance et a réussi à inspirer la création d’autres groupes armées (Parti de l’union démocratique (PYD), en Syrie, et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK)) et à se faire des alliés. Le plus gros bassin de la population kurde se trouve au sud de la Turquie et présente une menace à l’unité territoriale turque. Ankara est depuis à l’offensive et son seul objectif est le contrôle de son territoire et cela, à n’importe quel prix.

L’ENTITÉ KURDE

L’entité Kurde

L’entité Kurde

Entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, les kurdes aux origines Indo-européennes (perses) majoritairement sunnite, vivent depuis des siècles sur ces territoires et se battent encore à ce jour pour la création d’un État nommé Kurdistan. L’autonomie territoriale a été inscrite dans le traité de Sèvre en 1920 et envisageait la création du Kurdistan en Turquie. Les turques combattent farouchement l’idée et trois années plus tard, le projet est retiré du Traité de Lausanne de 1923. Quelques décennies plus tard,  les kurdes maintiennent leurs efforts grâces à différentes alliances et parviennent à créer une région autonome au Nord de l’Irak. Malgré les conflits politiques au sein même des différents groupes kurdes, les combattants continues leurs campagnes afin de garder le contrôle de la région et se retrouvent aujourd’hui au front contre la menace grandissante du groupe armée Daesh. Malgré toutes les difficultés, le souhait de voir naître un pays souverain persiste.

Les américains, tantôt allié kurde, tantôt l’allié des turques?

L’agenda américain est présent au dans la zone moyen-orientale/

Kurdistan,  pétrolement riche

La guerre syrienne

Quel sera le prochain Tweet

 Cette attaque a eu pour conséquence la remise en cause des alliances stratégiques de la région, commençant par l’alliance américano-kurde. Q

https://cafeactualite.wordpress.com/

La paix ou la lutte contre le CO2 : il faut choisir sa priorité par Thierry Meyssan

La paix ou la lutte contre le CO2 :
il faut choisir sa priorité
par Thierry Meyssan

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 29 octobre 2019

mercredi 30 octobre 2019, par Comité Valmy

Entrepreneur haut en couleur, Donald Trump s’est engagé à « Make America Great Again ! » en démantelant l’Empire américain. Il a favorisé la production d’énergie fossile aux USA et retire ses troupes du Moyen-Orient élargi ; une politique qu’il n’aurait pas pu mener sans retirer son pays de l’Accord de Paris.


La paix ou la lutte contre le CO2 :
il faut choisir sa priorité

Deux politiques sont menées au niveau mondial. La première vise à défendre l’avenir de l’humanité en mettant fin à la principale cause actuelle des guerres : l’accès aux sources d’énergie fossiles. La seconde entend défendre la planète en limitant la production de CO2, principalement imputable à l’usage des énergies fossiles. Ces deux politiques se contredisent. Il importe de choisir sa priorité.

Dans une note diffusée par la Maison-Blanche le 23 octobre 2019, le cabinet du président Donald Trump annonce que les États-Unis n’ont plus besoin de livrer des guerres pour s’approvisionner en pétrole [1].

Exit la « Doctrine Carter » qui répondit aux révélations sur les crimes de la CIA, à la défaite US au Vietnam, au scandale du Watergate et à la crise pétrolière mondiale de 1974. Pour redonner confiance en eux-mêmes à ses concitoyens, le président Jimmy Carter prononça coup sur coup une importante allocution télévisée [2] et le discours sur l’état de l’Union de 1980 [3]. Il déclara que l’approvisionnement énergétique de l’économie US imposait de qualifier l’accès au pétrole du Moyen-Orient de « question de sécurité nationale ». Son successeur, le président Ronald Reagan, créa le CentCom, c’est-à-dire le Commandement militaire US de la région centrale, comme si le Moyen-Orient devenait subitement une province de l’Empire US.

Durant 21 ans, la politique mondiale s’est organisée autour de cette invraisemblable prétention de Washington. La zone couverte par le CentCom a plusieurs fois changé. Elle comprenait au départ la corne de l’Afrique jusqu’à l’Égypte, le Levant sauf Israël et parfois la Jordanie et le Liban, la péninsule arabique et l’Asie du Sud-Ouest. Toutes les guerres de 1980 à 2001 ont été prioritairement des conflits de ressource énergétique (sauf celles des Balkans qui constituaient le « laboratoire » de ce qui allait suivre).

Depuis 2001, la fourniture d’énergie à l’économie US est devenue secondaire. Le capitalisme ayant évolué, la priorité a été mise à la fourniture d’énergie et de matières premières à l’ensemble de l’économie globalisée (et au détriment des régions du monde non-globalisées). C’était la « Doctrine Rumsfeld/Cebrowski ». L’armée des États-Unis ne défendait plus les intérêts de la population US, mais des multinationales globalisées.

Les États-Unis ayant joué un rôle d’influenceur dans la crise pétrolière mondiale de 1974, elle ne les affecta pas. Mais une seconde crise n’aurait pas manqué de les toucher. C’est pourquoi, Edward Luttwak, Lee Hamilton et Henry Kissinger inspirèrent la Doctrine Carter. Il se trouve qu’ils jouèrent tous les trois un rôle prépondérant dans l’élaboration de la Doctrine Rumsfeld/Cebrowski : c’est Luttwak qui fut le maître à penser des comploteurs du 11-Septembre [4], Hamilton qui popularisa le mythe d’attentats ourdis par des terroristes islamistes [5] et Kissinger [6] qui confia à son assistant Paul Bremer le pillage de l’Iraq par une société privée, l’Autorité provisoire de la Coalition.

En retirant ses troupes de Syrie, le président Donald Trump n’a pas subi une défaite militaire, mais a obtenu une victoire politique. Conformément à la philosophie jacksonienne et à son programme électoral de 2016, il a mis fin aux doctrines Carter et Rumsfeld/Cebrowski.

Plusieurs millions de morts après le discours sur l’état de l’Union de 1980, la principale source de guerre dans le monde vient de disparaître.

Avant d’entrer en politique, Barack Obama rédigea les statuts de la Climate Exchange Plc. Arrivé en 9 ans à la Maison-Blanche, il poursuivit les destructions de George Bush au Moyen-Orient élargi et commanda la destruction de la Libye. C’est un fervent « défenseur du climat » et un soutien d’Emmanuel Macron lors de son élection en France.<P/>


Mais, compte tenu de la pression exercée contre lui au travers des élus démocrates, ce n’est pas cet aspect de sa politique que le communiqué de la Maison-Blanche met en évidence. Il souligne plutôt l’accroissement de la production de pétrole et de gaz qui ont fait en quelques années des États-Unis le premier producteur mondial de ces deux sources d’énergie fossile.

Ces résultats sont exacts, mais ne seront pas durables. En effet, selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), la production de pétrole et de gaz de schiste US commencera à décliner dès 2023 ou 2024. Nous avons déjà expliqué que la stratégie imaginée par Mike Pompeo visait à tirer le maximum d’avantages avant ce déclin ; qu’en définitive, les États-Unis entendaient conserver une place de leader dans le marché mondial de l’énergie [7].

La Maison-Blanche poursuit en plaçant en exergue le retrait de l’Accord de Paris sur le climat. Ici, la défense de l’humanité s’oppose à la « défense de la planète ». Il appartient à chacun de choisir sa priorité. C’est une question philosophique de première importance à laquelle nous invitons nos lecteurs à réfléchir.

Pour alimenter cette réflexion, rappelons que le climat n’est pas stable, il change, se réchauffe naturellement et refroidit tout aussi naturellement.

-


 La théorie astronomique des paléoclimats est utilisée pour expliquer les trois cycles simultanés des climats aux temps géologiques. L’un des plus grands astronomes modernes, le Serbe Milutin Milanković, démontra durant la Première Guerre mondiale que trois facteurs influent sur le climat à travers la position de la Terre face au Soleil : l’excentricité de l’orbite terrestre, l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre et la rotation autour de cet axe ; théorie qui a été vérifiée depuis par l’étude des carottes glaciaires.

-


 En 1967, Emmanuel Le Roy Ladurie (professeur au Collège de France) publia sa célèbre Histoire du climat depuis l’an mil.

Ceci n’évacue pas l’hypothèse d’une responsabilité humaine dans les évolutions climatiques actuelles, mais elle ne peut être que marginale.

Emmanuel Macron avait promis lors de sa campagne électorale de « verdir la Finance ». Obligé du super-milliardaire US Kevin Kravitz qui finança sa campagne, il a poursuivi la politique de ses prédécesseurs contre la Syrie et réclame aujourd’hui une intervention de l’Otan. Simultanément, il a pris le leadership de la « défense de la planète » via l’Accord de Paris.


Le débat actuel est faussé par deux éléments :

-


 En premier lieu, on confond la « science » et le « consensus scientifique ». La science est une construction logique et vérifiable. Le consensus scientifique, c’est l’air du temps parmi les scientifiques, mais ce n’est que l’air du temps. C’est très différent. Ainsi, dans l’Antiquité, Aristarque de Samos émit l’hypothèse de la révolution de la Terre autour du Soleil. Au XVIème siècle, Nicolas Copernic démontra cette théorie, mais lorsque au XVIIème siècle Galilée l’affirma à nouveau, il se heurta au consensus scientifique et fut condamné par l’Église catholique.

– En second lieu, la Climate Exchange Plc a proposé un système visant à faire payer les émetteurs de CO2. Il s’agirait ainsi de lutter contre le réchauffement climatique, bien que le CO2 soit un gaz parmi d’autres qui puisse impacter le climat. Des bourses climatiques ont été ouvertes à Chicago, puis Londres, Montréal, Tianjin et Sydney. Il se trouve que la Climate Exchange Plc a été fondée par un ancien directeur de la banque Goldman Sachs et le vice-président des USA, Albert Gore. Ses statuts ont été rédigés par un juriste alors inconnu, le futur président des USA, Barack Obama [8]. Bref, la peur du réchauffement climatique permet à quelques personnes puissantes et à elles seules de s’enrichir.

En conclusion : les effets du retrait militaire US du Moyen-Orient sont vérifiables aussi bien pour l’économie US que pour la paix dans cette région. Les effets du CO2 sur le climat sont hypothétiques et de toute manière marginaux.

Thierry Meyssan

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11526

L’AMÉRIQUE EST-ELLE DANS SES DERNIERS JOURS? L’AMÉRIQUE SERA-T-ELLE ICI L’ANNÉE PROCHAINE, LA PROCHAINE DÉCENNIE?

L’AMÉRIQUE EST-ELLE DANS SES DERNIERS JOURS? L’AMÉRIQUE SERA-T-ELLE ICI L’ANNÉE PROCHAINE, LA PROCHAINE DÉCENNIE?

FacebookVKBloggerLiveJournalTwitterEmailPrintPartagerSOCIÉTÉ

10.10.2019Etats-Unis

Paul Craig Roberts

Le peuple américain se lèvera-t-il contre Adam Shit, la chienne Pelosi et le Nadler Turd et sauvera-t-il leur pays des ruines ou le peuple américain se soumettra-t-il à la règle par des mensonges?    Quelle confiance pouvons-nous avoir dans le peuple américain?

Beaucoup de gens considèrent Matt Tabbi comme un gauchiste alors qu’il écrit pour le magazine parfois stupide Rolling Stone. Je considère Tabbi comme un vicieux révélateur de la vérité, qui, de gauche à droite ou non, a une intégrité et une intelligence bien au-dessus de la gauche américaine qui ne valent même pas la peine de vous essuyer le cul.  

Le récit véridique de Tabbi ci-dessous vous indique que les démocrates sont incapables de dire la moindre vérité, de même que le média américain prostitué qui fournit des services aux démocrates et à l’état profond.    Les démocrates sont des menteurs en série. Ils détruisent la fragile stabilité politique des États-Unis.    Un pays dont l’unité a été détruite par Identity Politics, dont les travaux de la classe moyenne ont été délocalisés en Asie par des sociétés américaines corrompues corrompues, corrompues par Wall Street, un pays sur lequel les pères fondateurs se sont appuyés pour protéger la liberté américaine la putain complète et totale des oligarques qui contrôlent les explications et les agendas – n’est plus un pays, ni un peuple. Dépassé par l’immigration, l’Amérique est une tour de Babel.

Dans la politique américaine, les oligarques ont l’habitude de décider, avec les contributions qu’ils ont apportées à la campagne, des candidats aux postes de président, de sénateur et de président, tant pour les républicains que pour les démocrates. Ainsi, ils gardent le contrôle quel que soit le parti qui remporte les élections. Trump est une exception à cela. Trump est le produit de la révolte d’un peuple. Les oligarques ont été pris au dépourvu. Ils pensaient que Hillary avait tout emballé. Ils sont déterminés à faire sortir Trump car ils craignent d’avoir un étranger à la Maison-Blanche pendant 8 ans.

Si les Américains le permettent, ils se détruisent eux-mêmes.    S’ils croient à la propagande démocrate-militaire / de sécurité, ils s’autodétruisent.  

La question de notre temps est:    Le peuple américain a-t-il assez d’intelligence pour survivre?

Les démocrates, le complexe militaire / de sécurité et les mandataires parient « Non »

Cher Américain, si vous êtes si stupide, si endoctriné et soumis au lavage de cerveau que vous vous donnez avec insouciance pour devenir un esclave inconscient total, c’est le destin que vous méritez.

Voici l’article de Tabbi: https://www.rollingstone.com/politics/political-commentary/whistleblower-ukraine-trump-impump-impeach-cia-spying-895529/

Le «lanceur d’alerte» n’est probablement pas

Par Matt Taibbi, Rolling Stone

09 octobre 19

C’est une insulte aux vrais lanceurs d’alerte d’utiliser ce terme avec le protagoniste de Ukrainegate

Dans le récit, le Washington Post a « cassé » le 18 septembre:

LES COMMUNICATIONS DE TRUMP AVEC LEADER ETRANGER FONT PARTIE DE LA RECLAMATION DE WHISTLEBLOWER QUI PERMET DE REPOUSSER ENTRE ESPION CHEF ET LE CONGRES, DITES ANCIENS FONCTIONNAIRES

La personne inconnue au centre de cette histoire ne sonne certainement pas comme un dénonciateur. Notre service de renseignement ne s’essoufflerait pas avec un véritable lanceur d’alerte.

Les Américains qui ont dénoncé des infractions graves commises par le gouvernement fédéral passent soit le reste de leur vie à l’étranger, comme Edward Snowden, se retrouvent en prison, comme Chelsea Manning , se font arrêter et ruiner financièrement, à l’instar de l’ ancien responsable de la NSA, Thomas Drake , leur domicile perquisitionné par le FBI, comme William Binney , ancien combattant de la NSA , ou se faire accuser d’espionnage, comme l’ex- bourreau de la CIA, John Kiriakou . C’est une insulte à toutes ces personnes et aux souffrances qu’elles ont subies que de placer le porteur de ballon dans le dernier concours de partisans du Beltway comme un lanceur d’alerte.

Drake, qui fut le premier à dévoiler le programme de surveillance secret de la NSA, semble avoir mieux réussi que la plupart des autres. Il a fini par travailler dans un Apple Store , où il a rencontré Eric Holder, qui cherchait un iPhone.

J’ai rencontré beaucoup de dénonciateurs, des secteurs public et privé. Beaucoup finissent par faire faillite, ils vivent dans des hôtels, sont diffamés, (souvent) divorcés et chanceux s’ils ont un travail quelconque. Une de mes connaissances a été refusée pour un emploi de serveuse parce que son ancien employeur ne voulait pas la remplacer. Elle avait de petits enfants.

Le dénominateur commun dans les histoires de dénonciateurs est la solitude. Généralement, l’employeur a un contrôle direct sur sa capacité à occuper un autre emploi dans sa profession. Beaucoup finissent par être insultés comme traîtres, voleurs et menteurs. Après leur entrée en bourse, ils découvrent souvent que leurs proches ont un appétit limité pour partager l’ignominie. Dans presque tous les cas, ils doivent recommencer à zéro, tant personnellement que professionnellement.

Dans cet esprit, regardons ce que nous savons du premier «lanceur d’alerte» sur Ukrainegate:

• il est un « officier de la CIA détaché à la Maison Blanche »;

• Au mieux, le compte est partiellement basé sur l’expérience de l’agent de la CIA, constitué essentiellement d’informations provenant de «plus d’une demi-douzaine de responsables américains» et des «comptes privés» de «mes collègues»;

• «Il ou elle» a été immédiatement célébré comme un lanceur d’alerte par les réseaux d’information et les principaux journaux.

Ce dernier détail a attiré l’attention de Kiriakou, un ancien responsable du contre-terrorisme de la CIA qui a dénoncé le programme de torture de l’agence.

«Il a fallu une année entière à mes avocats et à moi-même pour que les médias arrêtent de m’appeler ‘CIA Leaker John Kirakou», dit-il. « C’est le temps qu’il a fallu pour que je sois appelé un lanceur d’alerte. »

Le crime de Kirakou parlait du programme de torture de la CIA avec ABC News et le New York Times. Pour avoir parlé de la CIA à des journalistes américains, notre gouvernement fédéral a accusé Kiriakou d’espionnage. Ce compte absurde a finalement été abandonné, mais il a quand même passé 23 mois à FCI Loretto, dans l’ouest de la Pennsylvanie.

Lorsque Kiriakou a vu pour la première fois la «plainte de dénonciateur», il a immédiatement réagi en se demandant de quel type «officier de la CIA» appartenait la personne en question. «Si vous faites carrière dans la CIA, vous verrez toutes sortes de subterfuges, de mensonges et de crimes», dit-il. « Cette personne a traversé toute une carrière et c’est ce à quoi elle s’oppose? »

Il est juste de se demander s’il s’agit d’un effort d’une seule personne. Même l’ancien fonctionnaire de la CIA, Robert Baer, ​​aucun ami de Trump, a déclaré ceci lors d’une discussion sur CNN avec Brooke Baldwin:

BAER: C’est ce que je trouve remarquable, c’est que ce lanceur d’alerte était au courant de cela, de cette tentative de dissimulation. Ceci est un couple de personnes. Ce n’est pas juste un.

BALDWIN: Et du point de vue des personnes, si l’allégation est vraie, Bob, que dit-il que des fonctionnaires de la Maison Blanche, des avocats, voulaient dissimuler?

BAER: Vous savez, je suppose, c’est un coup de palais contre Trump. Et qui sait quoi d’autre ils savent à ce stade.

Cela sonne juste. Les lanceurs d’alerte sont seuls. La plainte de l’ Ukraine semble être l’œuvre d’un groupe de personnes, soutenues par un pouvoir institutionnel important, non seulement dans la communauté du renseignement, mais également dans le parti démocrate et la presse commerciale.

Au cours de ce siècle, nous avons vécu avec le président qui mentait pour nous engager dans une guerre (qui avait causé des centaines de milliers de morts et la perte de trillions de trésors publics), le déploiement d’un vaste programme de surveillance illégale, une campagne d’ assassinats par drones , la restitution , torture, détention extrajudiciaire et autres infractions, dont beaucoup sont des violations massives des droits de l’homme.

Des dénonciateurs nous ont parlé de presque toutes ces choses. Lorsqu’ils se sont manifestés, ils avaient désespérément besoin de l’aide de la société. Ils ne l’ont pas compris. Notre gouvernement n’a pas simplement tweeté leurs menaces, mais est allé directement à la punition.

Bill Binney, qui a perdu ses deux jambes au diabète, a été traîné hors de sa douche par des agents du FBI. Jeffrey Sterling, comme Kiriakou, a été accusé d’espionnage pour avoir parlé à un journaliste . Après sa condamnation, il a demandé à être emprisonné près de son épouse à Saint-Louis. Ils l’ont envoyé au Colorado pour deux ans . D’autres ont essayé de parler au congrès ou à leurs inspecteurs généraux, seulement pour découvrir que leurs communications avaient été capturées et transmises aux chefs d’agences dont ils voulaient se plaindre (y compris l’ancien chef de la CIA et actuel contributeur de MSNBC, John Brennan).

Le «scandale» actuel est une version caricaturale de tels épisodes. Imaginez la manie sur les ondes si Donald Trump demandait à son ministère de la Justice d’arrêter le «lanceur d’alerte» et de l’accuser de 35 ans de délits , comme le faisait face à Thomas Drake. Trump pourrait d’ailleurs essayer quelque chose comme ça. C’est ce que tout autocrate de l’école Mobute Sese Seko / Enver Hoxha ferait, pour commencer , à la mutilation des responsables du renseignement de son propre gouvernement.

Trump ne fera certainement pas cela, cependant, car cet homme est trop bête pour se rendre compte qu’il est le commandant en titre d’un organe exécutif qui emprisonne les gens pour avoir trop parlé pendant plus de dix ans. Au cas où il l’essayerait, ne retenez pas votre souffle en attendant que les réseaux d’informations vous informent qu’il ne fait que suivre un modèle établi.

J’ai beaucoup de scrupules à propos de la destitution / «Ukrainegate», à commencer par cette prémisse principale du défenseur de la démocratie solitaire et ébranlé par sa conscience, dressé contre le puissant Trump. Je ne le vois pas Donald Trump est un imbécile qui a été élu essentiellement par accident, faisant campagne contre un groupe politique trop aveugle à sa propre impopularité pour voir ce qui allait arriver.

En 2016, nous avons assisté à deux révoltes électorales, une à droite et une à gauche, contre la popularité grandissante de notre élite politique. La révolte populiste de droite a réussi, mais pas le mouvement Sanders. Ukrainegate me semble être une continuation de Russiagate, réaction de cette élite politique défaite face aux partisans de la droite. Je ne ressens de solidarité avec aucun des deux groupes.

L’argument censé galvaniser tout le monde à l’heure actuelle est l’idée selon laquelle nous devons «nous tenir debout et compter», car ne pas se rallier à la cause est effectivement un plaidoyer en faveur de Trump. Cette ligne de pensée est basée sur la présomption que Trump est clairement pire que les opposants.

Cela pourrait s’avérer vrai, mais si nous parlons du traitement des lanceurs d’alerte, Trump a encore beaucoup de chemin à faire avant de s’approcher du bilan brutal de la CIA, de la NSA, du FBI et de l’establishment politique de Washington. . L’oublier n’est probablement que la première de ce qui se révélera être de nombreuses déceptions à propos d’une bataille politique d’initiés hardcore dont le sous-texte est beaucoup plus sombre et ambigu que ce que les auditoires sont amenés à croire.

La source

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://katehon.com/&prev=search

Une destitution Rock’n Roll

Une destitution Rock’n Roll

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mercredi 09 octobre 2019

   Forum

Un commentaire est associé à cet article. Vous pouvez le consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer 1676

Une destitution Rock’n Roll

Le cas de la mise en accusation et de la destitution du président Trump est devenu un paroxysme-structuré de la crise américaniste de “D.C.-la-folle” en cours de croisière accélérée et en aggravation constante depuis les présidentielles USA-2016. Au départ de la réflexion, on pourrait croire à un épisode compréhensible rationnellement, tel qu’il est résumé, selon ses avatars éditoriaux par rapport à ses lecteurs, de la sorte par James Howard Kunstler : « Beaucoup de lecteurs (dont certains sont désormais d’anciens lecteurs) m’ont violemment malmené par courriel pour avoir suivi avec attention l’effort de ces trois dernières années de “La Résistance” pour délégitimer les élections de 2016. Je n’ai pas voté pour M. Trump (ou Mme Clinton), mais je n’apprécie pas le coup d’État tramé pour le renverser. »

Au départ seulement…

Certes, il n’en est plus rien, il n’y a plus rien du tout d’un “épisode compréhensible rationnellement”. La mise en accusation décidée par les démocrates de la Chambre a donné une structure institutionnelle à cette formidable entreprise de déstructuration marquée par l’irrationalité d’une haine hystérique sans aucune mesure et appuyée sur un délire idéologique de même facture. Ainsi peut-on dire, d’une manière différente mais significative et dans tours les cas paradoxale parce que totalement dans l’inversion, que, parvenue à ce stade de l’institutionnalisation qui est effectivement un développement de structuration incontestable, cette crise de la déstructuration absolue du pouvoir américaniste est entrée dans une phase de structuration explosive, en atteignant sa séquence paroxystique.

Il s’agit d’un cas qui restera d’école et archétypique du caractère fondamental de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) : l’inversion imposant une structure institutionnelle à une crise qui est celle de la déstructuration absolue, pour faciliter décisivement l’explosion de toutes ses structures.

Nous sommes entrés dans une séquence de dynamique de déstructuration maximale, dans le cadre d’une structuration qui est comme une prison empêchant les promoteurs et acteurs de la chose de sortir de cette dynamique, encore moins de la stopper. On ajoute à cette situation déjà admirable d’inversion le fait que l’objet de tout cette agitation compulsive et sans le moindre frein possible du fait de l’excitation exacerbée des psychologies n’est rien de moins que le pouvoir de l’américanisme, la forme même, – comme une essence (simulacre d’essence) de l’inversion, – du bras armé du Système, car ce pouvoir de l’américanisme est effectivement ce qui fait que le Système peut opérationnaliser sa puissance.

Tout cela s’est mis en place et a enclenché les mouvements dynamiques à une exceptionnelle vitesse. Comme il n’y a pas de porte de sortie puisque les deux parties s’affrontant sont également des entités de blocages, criblées de corruptions diverses et dont le but général n’est pas d’abattre le Système mais de rester dans son cadre, donc de rester dans la prison, la scène du type hyper-“tourbillon crisique” est devenue un manège fou, une hyper-tragédiebouffe (en un mot-composé pour cette fois) dont le caractère immensément tragique est pourtant constamment dépassé par le caractère bouffe : ils ont beau faire, ils ne parviennent pas eux-mêmes à se faire prendre au tragique par eux-mêmes, ce qui les prive de toute grandeur et de ces traits de lumière de l’esprit qui parviennent parfois à trancher le nœud gordien de la folie de l’histoire lorsqu’elle se réduit à la seule folie des hommes (et des femmes, corrigent les LGTBQistes). Dans ce tourbillon crisique tournant comme un manège, parce qu’il est par sa nature le maître du désordre, Trump se révèle toujours plus et ne cesse de s’affirmer comme un acteur-créateur direct ou indirect de désordre d’une exceptionnelle “productivité”. On sent qu’il est à cet égard l’essence même, à très haut degré d’octane, du capitalisme-blingbling dans toutes ses défécations en plaqué-or.

Ainsi peut-on parler d’une “destitution rock’n’roll”. J’emploie cette expression très “tendance” (“dans le vent”, disait-on in illo tempore) à dessein, dans un but d’inversion vertueuse ; cette expression postmoderne relevant de la technique de communication également postmoderne d’endoctrinement par l’entertainment, les automatismes de mode, la “philosophie” pavlovienne de l’optimisme et l’emprisonnement du langage prisonnier du rythme obsédant et répétitif, comme moyen dialectique d’inversion vertueuse dans le but de réduction à la dérision et de reductio ad absurdum de l’objet considéré, – désigné comme le serait une tragédie du XVIIème siècle devenue tragédiebouffe du XXIème siècle, – j’ai nommé “La destitution du président Donald Trump”.

C’est dire enfin que les avis, les perspectives et les prospectives ; les jugements à terme de 24 heures ou 48 heures, sinon les jugements immédiats, pour l’heure courante ; les évaluations, les certitudes de l’instant désintégrées l’instant d’après, ne cessent de se succéder dans une sarabande infernale, c’est-à-dire infernale-bouffe. Le Diable qui ne cesse d’“en rire encore” selon l’expression consacrée, a-t-il trouvé son maître en présidant d’une façon aussi ostentatoire, lui-même naturellement, à ce désordre qui devient un objet de dérision de lui-même ? Bonne question.

Pour conclure cette vaticination autour du destin de cette étrange affaire si illustrative de notre “étrange époque”, l’auteur s’autorisera au risque de se répéter à réaffirmer et à confirmer la sottise sans fin ni bornes, ni limites, ni rien du tout, de l’intelligentsia si-intelligente des élites parisiennes, constamment nourries au petit lait sucré de l’américanisme ; pour redire et redire encore une fois qu’elles ne voient rien, “absolumentissimement” rien de tout cela. (Pour l’occasion, pour saluer l’abyssal colosse de Rien qu’est cette sottise parisienne, je me suis permis fabriquer de bric et de broc un néologisme à la manière de l’“abracadabrantesque” de Rimbaud-Chirac.)

https://www.dedefensa.org/article/une-destitutionrockn-roll

Le documentaire à charge : nouvelle arme de manipulation massive

MÉDIAS 7 OCTOBRE 2019

Le documentaire à charge : nouvelle arme de manipulation massive

Capture d’écran YouTube du documentaire d’Arte « Le Monstre de Wall Street »-19 septembre 2019

Vous vous sentez manipulés par les documentaires ? Voici pourquoi et comment, avec l’exemple d’un documentaire d’Arte, « les financiers qui dirigent le monde ».

Vous aimez cet article ? Partagez le !

Par Philippe Mösching.

Alors qu’un documentaire devrait être une forme d’expression grand public qui éveille l’esprit en nous offrant des points de vue nouveaux, il se révèle au contraire être une arme militante qui impose son parti pris non pas par la force de ses arguments mais uniquement sur une mise en scène grandiloquente. Comment manipuler les mains vides : décryptage par l’exemple.

On peut s’attendre à ce qu’un documentaire essaie de confronter différentes opinions, d’offrir au spectateur plusieurs points de vue de sorte à développer son esprit critique, puis lui permette de se forger une opinion ou de réviser ses positions. Si les émissions de débats existent toujours, malheureusement trop souvent limités aux sujets politiques, un nouveau genre populaire est apparu : le documentaire à charge. On y trouve Cash Investigation de France Télévisions et, plus surprenant, la chaîne Arte.

Étudions le cas précis d’un documentaire intitulé « Le monstre de Wall Street – ces financiers qui dirigent le monde » que vous trouverez facilement sur les plateformes de vidéo en ligne. Le titre annonce déjà la couleur, celle de la haine du système financier. La cible est la société BlackRock, gestionnaire de fonds.

37 SECONDES SUFFISENT…

Les 37 premières secondes de ce documentaire suffisent à donner le ton et à présenter les trois seules accusations qui seront par la suite martelées à un rythme infernal, telle de la musique techno ne laissant aucun autre choix que de secouer son corps jusqu’à la reddition, et déclarer la finance comme la mère de tous les maux.

Durant ce laps de temps sont présents tous les éléments qui seront ensuite recyclés durant les 1 heure 29 minutes 32 secondes restantes.

Pour la forme : la bande-son constituée d’une musique oppressante, rythmique et parcourue de bruitages irréels évoquant parfois des cris inhumains. Les premières images présentent tous les symboles de la finance : la statue de la Liberté – les défenseurs de la liberté apprécieront – les gratte-ciel de New-York, des billets verts, des enseignes au nom du coupable BlackRock et des écrans de traders. Ambiance sombre et inquiétante, rythmée de flash lumineux agressifs.

Pour le fond : ces 37 secondes suffisent à énoncer les trois accusations définitives supposées mettre le monstre de Wall Street KO. La première dénonce la dimension de l’entreprise, la seconde est une accusation de manipulation et la dernière dénonce un culte du secret, confirmant la culpabilité. On reconnaît ici les ingrédients des thèses complotistes appliquées cette fois à la finance.

Résonne alors un discours célèbre qui a valu à son orateur l’élection de président de la République, ce qui donne une idée de l’enjeu dont il est question ici. Résonnent aussi des moments plus sombres de notre Histoire ; bien que la cible ne soit pas la même, la méthode l’est. La taille n’est ni une accusation, ni même une critique. La manipulation ne sera pas démontrée, le cas échéant l’entreprise aurait été condamnée. Et le secret pourrait être discutable voire critiquable s’il était érigé en système avec intention de nuire, mais ici rien de tel n’est montré.

…PUIS UNE HEURE ET DEMIE DE REPRISES

Ce qui est frappant dans ce documentaire c’est l’écart entre la pauvreté des arguments présentés et la grandiloquence de la mise en scène. Une heure et demie exactement résumée durant les 37 premières secondes. L’argument de la taille sera repris 44 fois au total : géant, mondial, colossal, explosion, inonder, écraser, puissance, milliards. Comme il n’existe pas 44 synonymes dans la langue française, les mots reviennent en boucle avec un effet entêtant et abrutissant exactement toutes les deux minutes. Curieux comme la taille peut constituer une accusation à elle seule.

Par contraste le « à taille humaine » deviendrait un gage de probité et de haute valeur morale. Cela reste à démontrer, et ce ne sera pas facile sachant que plus une entreprise est grande plus les décisions impliquent un nombre important de personnes et de contrôles faisant que mécaniquement les fraudeurs se trouvent plus souvent être des individus isolés ou des petites structures.

Les accusations de manipulation reviennent 15 fois. Manipulation des entreprises, des politiciens, des administrations, et même des États. Des accusations basées sur des témoignages anonymes et des allégations sans preuve. Sachant qu’au final aucune action en justice n’a abouti à une condamnation. À qui doit-on octroyer sa confiance ? À la justice ou au journalisme militant ?

Et pour finir, le soi-disant culte du secret, lui aussi ne tient sur rien. Dans un excès de confiance, les journalistes dénoncent au contraire une tendance à trop communiquer. Il s’agit là d’un moment fort de ce documentaire où un employé forcément repenti s’épanche, le visage dans le noir et la voix robotisée, sur une pratique qui fait froid dans le dos. Minute 26:52 :

« Ils [BlackRock] louaient des salles où le PDG présentait les résultats du trimestre et exposait aussi ses objectifs »

On touche ici du doigt le cœur du concept qui consiste à énoncer un fait, qui dans ce cas précis est une pratique réglementée par la loi et donc tout à l’honneur de ce PDG, avec une mise en scène et une intonation qui le feront passer pour une accusation de poids. Pour nous achever, deux secondes de musique oppressante plus tard, la voix off nous affirme exactement le contraire :

« ce qui se passe à l’intérieur de la société ne fuite presque jamais »

Le fond n’a donc aucun intérêt, seule la mise en scène porte le message.

LA MANIPULATION PAR LA FORME

Cet exemple n’est pas anecdotique. L’ensemble de ce documentaire se base sur des faits qui réels, supposés ou imaginés, seront versés immédiatement à l’accusation  par leur mise en image et en musique. Parfois, par paresse sans doute, des attaques gratuites et irresponsables tentent d’emporter l’adhésion par la force de l’excès.

  • « Ils font ce qu’ils veulent » : non je ne crois pas, ils seraient en prison si c’était le cas.
  • « L’ascendant du capitalisme international sur la démocratie nationale » : il est vrai, qu’à l’inverse le collectivisme a bien servi la cause de la démocratie.
  • « Les géants de la finance qui se partagent le monde entre eux » : plus c’est gros, plus ça passe et avec un pléonasme si jamais on n’avait pas compris.

UN SUJET INTÉRESSANT SI L’ON PREND LA PEINE DE L’ÉTUDIER

Alors que certains thèmes survolés auraient pu servir d’introduction à des débats intéressants :

  • est-ce qu’un gestionnaire de fonds peut représenter un risque systémique, alors qu’il ne prête pas d’argent ?
  • est-il légitime qu’il bénéficie d’un pouvoir sur les entreprises où il investit l’argent de ses clients ?
  • peut-il représenter un risque pour la concurrence lorsqu’il a une influence et des intérêts dans des sociétés concurrentes ?
  • est-ce que les décisions prises par des intelligences artificielles peuvent représenter un risque de déstabilisation des marchés, de l’économie en général ?
  • quelles frontières définir entre liberté des marchés et régulation ?
  • jusqu’où les États doivent-ils faire appel à des sociétés privées pour évaluer les risques ?

Le plus grave est qu’à force de marteler de tels messages, on fabrique une opinion qui se renforcera par la suite selon le biais de confirmation. Le fait qu’on s’attaque à des symboles de pouvoir qui représentent finalement peu de personnes et qu’il est difficile de trouver un angle favorable à exposer donnent un avantage indéniable qui malheureusement fait oublier que les échanges financiers sont à la source de créations et de partages de richesses.

Faisant oublier que le capitalisme est indissociable de la notion de propriété privée inscrite dans l’article 2 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, juste après la liberté. Faisant oublier que de nombreuses régulations ont été mises en place pour protéger les usagers, les entreprises, les institutions et les États : échanges automatiques d’informations pour traquer les fraudeurs, directives MIFID sur les marchés financiers pour assurer la transparence des risques et des prix, garantir l’adéquation et la connaissance par le client des produits vendus, ainsi que pour traquer les manipulations de marché, reporting des produits dérivés pour mesurer les expositions et contenir les risques de marché, séparation des banques de détail et d’investissement – le Glass-Steagall act aux États-Unis dont l’équivalent français n’a pas abouti – stress test pour anticiper les risques systémiques, accords de Bâle 3 limitant les encours des banques, etc.

EXPLIQUONS ET CONSTRUISONS

Le système financier doit être expliqué pour ce qu’il est. Il doit garantir un accès ouvert, transparent et équitable pour tous. Il doit servir à renforcer les liens entre les nations par le partage d’intérêts communs. Il doit être au service de chacun pour favoriser des échanges fluides et efficients. Il doit aussi rester sous surveillance pour éviter les dérives, les concentrations de risques et les effets systémiques.

Loin des messages toxiques et trompeurs que ce genre de documentaire véhicule, il vaudrait mieux expliquer au lieu d’alimenter la défiance et donc le rejet. Ironiquement,  Arte présente aussi un documentaire intitulé « L’art de vous manipuler ». Les journalistes l’ont sans doute visionné avant, car on y retrouve toutes les ficelles dénoncées ici…

Par Philippe Mösching

A quoi jouent les Emiratis?

géopolitis

A quoi jouent les Emiratis?

Il est notoire que les Emirats Arabes Unis (E.A.U) sont des alliés indéfectibles de l’Arabie Saoudite. Ils se sont associés dans le blocus contre le Qatar, puis sont partis en guerre contre les Huthis au Yémen sous couverture de la coalition arabe dirigée par Ryad. Enfin, ils se sont montrés disposés à officialiser leur rapport avec Israel à l’occasion du sommet tenu le 25 et 26 Juin 2019 à Manama dans le royaume du Bahrein sur la proposition de M Kushner, conseiller spécial et gendre de l’éxécutif américain afin d’entamer les premiéres phases Du Contrat du siécle.

Devant la résistance des Huthis contre la coalition, l’Iran est montré du doigt en lui attribuant des ambitions hégémoniques dans les pays du Moyen Orient, ce que Ryad percoit comme une menace pour sa propre survie. Inquiétude qui légitime une alliance avec n’importe quel acteur régional ou international.

C’est de la que naisse la conception d’une OTAN arabe imaginée par les think tanks américains qui prévoit la constitution d’un front uni réunissant l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le bahrein, l’Egypte et Israel contre l’énnemi commun : l’Iran.

A ce stade, il serait insensé de prévoir une défection de la part d’un quelconque Etat signataire. Et pourtant, le réalisme en a décidé autrement sur la clairvoyance anticipée des autorités de Abu Dhabi.

Le premier pas est franchi le 9 Juillet par le retrait partiel de ses forces du sud yémen

Le 30 Juillet des gardes cotes Emiratis se sont rendus à Tehéran pour discuter avec leur homologue.

Pour comprendre ces démarches, il faut faire parler des événements qui ont une trés grande incidence sur ce revirement:

Le 21 Juin, un drone américain a été abattu par les défenses anti aériennes Iraniénnes

Le 19 Juillet, Tehéran s’empare d’un pétrolier britannique en représailles contre la saisie le 5 juillet de son pétrolier Grace au détroit de Gibraltar.

Ces bréves indications ont été judicieusement analysées par Abou Dhabi pour se convaincre que la poursuite de confrontations avec Téhéran ne ménera à aucune victoire Analyses qui renforcent la conviction de sortir de ce guépier ont été renforcées par l’étude objective de la réalité:

  • Echec des interventions armées et l’enterrement de l’opération « Tempéte décisive » sous la direction de l’Arabie Saoudite
  • L’OTAN arabe ne présente aucun sens pratique et par suite, il est à son tour enterré
  • L’impunité du drone américain abattu laisse clairement entendre que l’administration de M Trump n’est pas disposée à envoyer ses GI mourir pour la cause d’autrui
  • Les sanctions décrétées contre la république islamique depuis sa naissance n’ont pas réussi à l’agenouiller, au contraire, elles l’ont poussée à plus de radicalisme.
  • Tehéran posséde des missiles (de sa propre fabrication) de longue portée qu’elle n’hésitera pas à utiliser pour frapper tous les pays abritant les bases américaines
  • Enfin, une guerre -quelle que soit son issue- causera de gros dommages aux intervenants directs et indirects, sans évoquer les incidences d’une probable implication des autres grandes puissances.

Ainsi, la décision des Emirats Arabes Unis répond à un sens pragmatique. Se retirer du champs de bataille pour entrevoir des solutions pacifiques envers un acteur qui a toujours manifesté son ouverture à toutes les propositions.

Et l’alliance indéfectible avec le Royaume Wahabite?

Les alliances sont basées sur les intérets réciproques. Or quand les intérets d’une partie sont menacés, les alliances n’ont plus droit d’exister. On tentera de changer de partenaires au gré des changements des relations internationales.

Enfin la question qui est digne d’étre posée est celle de savoir qui a convaincu ces dirigeants à prendre le sentier de la guerre?

Un inventaire de l’état des lieux ,-même avant l’engagement- nous soumet une liste où toutes les cases défavorables à la guerre sont cochées

https://geopoorg.wordpress.com/

Comptes à Rebours, Hubert Védrine

Comptes à Rebours, Hubert Védrine

Matteo Gruszewski 17 septembre 2019 Fiches de lecture Leave a comment

Hubert Védrine est un diplomate français, diplômé de Sciences Po et de l’ENA. Il fut Secrétaire général de l’Elysée sous Mitterrand (1991-1995) puis Ministre des Affaires étrangères sous Jacques Chirac (1997-2002). Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages. “Comptes à rebours” a été publié en 2018 aux Editions Fayard.

Couverture de l'ouvrage "Comptes à rebours"
“Comptes à Rebours” d’Hubert Védrine a été publié en 2018 aux éditions Fayard.

Dans cet essai publié en 2018, Hubert Védrine établit les trois “comptes à rebours” globaux dont la prise en compte, impérative, va s’imposer dans les considérations géopolitiques et géoéconomiques. Ces “comptes à rebours” se superposent au désordre mondial. Ils occupent une place transversale dans l’actualité géopolitique et surplombent les crises et les perturbations du monde. L’ensemble est évidemment interconnecté. Les dynamiques s’entrelacent et s’entrechoquent, comme des “réactions chimiques plus ou moins contrôlées et dont la solution demeure aléatoire”. Tout en analysant ce monde semi-chaotique voire “chaotique” (Antonio Gutierres), Hubert Védrine s’interroge sur le rôle qu’auront à jouer les Etats-Unis, l’Europe, la France et remet en question l’idée de “communauté internationale”. 

Comptes à rebours 

Hubert Védrine met en exergue trois phénomènes, d’ampleur globale, à la fois latents et en cours. Trois ”comptes à rebours” : l’urgence écologique, l’explosion démographique et le choc numérique. Trois axes qui vont modeler l’espace géopolitique mondial. 

D’abord, le problème écologique est posé au-dessus de tous les autres. Le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, l’épuisement des ressources et les autres conséquences sanitaires de l’activité humaine, polluante et néfaste, compromettent nettement la vie sur Terre – surtout si ce mode de vie est élargi à 10 milliards d’habitants en 2050. Face à cet impératif vital, Védrine anticipe sans l’affirmer une “écologisation” des sociétés. En résulterait un renouvellement de l’ordre international autour de la prise en compte de notre patrimoine commun, avec des “Etats voyous” dérogeant aux principes écologiques, et des États modèles. 

Ensuite, l’explosion démographique. Elle se chiffrerait à 10 milliards d’individus en 2050 dont 2,4 milliards d’Africains (soit 25% de la population mondiale) et une population européenne stagnante à 500 millions – d’où la perspective d’un “suicide démographique européen”. On assistera de facto à une saturation des foyers de peuplement de l’ancien “Sud”. Cela entraînera des mouvements migratoires massifs et étalés qu’il faudra correctement appréhender.

Enfin, le choc numérique. Ce dernier appartient au passé et au futur. On a conscience du phénomène mais sans savoir quelles seront les implications du développement des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, du transhumanisme, du big data, de l’ultra-connectivité. On en aperçoit des signes avant-coureurs mais les avis divergent entre les plus alarmistes et les plus confiants. Néanmoins, Védrine souligne que notre perpétuelle connectivité alimente les désirs d’une démocratie participative, voire en fait une réalité potentielle. Il alerte des risques d’une telle situation qui aboutirait à “une dictature de tous sur chacun” et appelle à une réhabilitation de la démocratie représentative – tâche compliquée, au vu de la déliquescence des élites.

Désordre

Parallèlement aux “comptes à rebours”, Védrine plante le décor géopolitique mondial qui les accompagne. Contestant les théories de monde multipolaire, unipolaire ou de terre plate, Hubert Védrine considère que c’est le désordre qui prédomine sur la géopolitique mondiale. La situation présente est plus proche du clash d’Huntington que de la Fin de l’histoire de Fukuyama.  L’hégémonie totale de l’“hyperpuissance” américaine (Hubert Védrine, 1997) est révolue. Celle de la Chine s’affirme économiquement et militairement, sans le prosélytisme de valeurs qui semble propre à l’Occident. La Russie revient sur la scène et fait preuve de son pouvoir de nuisance. Le terrorisme islamiste globalisé à implantation locale, perpétré par une petite minorité de musulmans fondamentalistes mais affectant la grande majorité des musulmans “normaux” (Rached Ghanouchi), ne sera vaincu qu’au bout d’une longue lutte interne à l’islam. Les mouvements migratoires s’intensifient, déstabilisant pays d’arrivée comme pays de départ et de transit. 

Quelle place pour l’Occident ? 

Les Etats-Unis sont “humiliés”. Le nouveau désordre mondial et leur déclin relatif ne leur permettent plus d’assurer leur rôle de “reluctant sheriff”. Les oscillations politiques de la puissance sont des symptômes probants de l’angoisse américaine. D’une part, on a le balancier électoral américain avec un vote quasi systématique pour le parti opposé au candidat sortant. D’autre part, la politique étrangère des Etats-Unis est tenaillée entre multilatéralisme et interventionnisme teinté d’idéalisme wilsonien versus repli sur soi et isolationnisme de l’“America first”. Reste malgré tout la puissance californienne des GAFAM, artisans et champions du choc numérique. Mais leur  réalité demeure cependant bien éloignée de l’Amérique déclassée de Trump. 

Quant à l’Europe, elle souffre d’une désillusion qu’elle peine à admettre. L’avant-gardiste projet européen d’un monde constitué d’Etat post-modernes à la souveraineté diluée dans une “gouvernance mondiale” a fait long feu.  Le projet n’a même pas convaincu le(s) peuple(s) européen(s). Les identités ont résisté. Les extrêmes ont su profiter du fossé entre élites européistes et populations se percevant méprisées de l’intérieur et menacées de l’extérieur.  Et il n’y a pas de gouvernance mondiale à proprement parler. 

Quels positionnements l’Europe et la France peuvent-elles adopter? Hubert Védrine préconise la formulation d’une pensée stratégique européenne. Selon lui, il faut se désaligner des Etats-Unis (“ami, alliés, mais pas alignés”), développer sur fond de realpolitik un partenariat avec la Russie tout en restant “ferme, dissuasif et vigilant”, approfondir la coopération avec l’Afrique (par politiques régionales adaptées à l’immensité du continent et non par une politique globale) sur les questions économiques, militaires et surtout migratoires. Védrine propose un plan de sauvetage de l’Union (“pause, conférence, refondation”) et appelle surtout à un renforcement de l’espace Schengen dont les défauts sont à l’origine de tant de maux. Il faut que l’Europe se réveille avant qu’il ne soit trop tard.

Conclusion

Ce dense essai d’Hubert Védrine , pétri de réalisme et à tendance alarmiste, propose une vision globale des rapports de force mondiaux ainsi que des perspectives sur leur évolution. La synthèse est claire et concise. Cependant, mis à part les trois “comptes à rebours” dont la trouvaille ne constitue pas non plus une rupture dans les considérations géopolitiques actuelles, le livre n’apporte pas une conceptualisation nouvelle. En effet, les thèmes abordés, pour la plupart, soit font écho à de précédents écrits d’Hubert Védrine, soit sont traités de manière factuelle, s’apparentant alors plus à un manuel scolaire qu’à un essai. 

Sources :

Théorie et pratique des Droits de l’homme

Théorie et pratique des Droits de l’homme

par Thierry Meyssan

La Déclaration universelle des Droits de l’homme expose un idéal que toute personne responsable tente de mettre en pratique. Mais tous les maux ne peuvent être combattus à la fois. Aussi, institue-t-elle une hiérarchie entre ces droits pour que nous puissions concrètement améliorer les choses. Certaines puissances accusent d’autres de violer les Droits de l’homme pour mieux cacher leurs crimes. Il arrive que l’arbre cache la forêt.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 1ER OCTOBRE 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂРУССКИЙPORTUGUÊSDEUTSCH

+
JPEG - 31.9 ko

Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale de l’ONU, réunie à Paris au palais de Chaillot, adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Les Droits de l’homme

Progressivement, l’humanité a formulé l’idéal d’égalité de la personne humaine : les « Droits de l’homme ». De nombreuses nations prétendent l’avoir anticipé avant qu’il ne soit synthétisé par les Nations unies. Avec le temps, beaucoup ont employé cette notion sans la comprendre dans sa dimension ethnologique et l’ont déformée.

Le débat houleux du 19 septembre 2019 au Conseil de sécurité a montré comment les « Droits de l’homme » ont été malmenés jusqu’à être utilisés à contre-sens.

Partout dans le monde et à toutes les époques, des leaders ont tenté d’affirmer que les hommes étaient égaux en droits. Les plus anciens exemples connus sont attestés par le cylindre de l’empereur perse Cyrus (Vème siècle avant JC) —dont une réplique orne le siège des Nations unies— qui pose la liberté de culte ; ou par les Édits de l’empereur indien Asoka (IIème siècle av JC) qui prohibèrent la torture de tous les animaux, dont les humains. Ces monarques bouleversèrent les lois de leurs pays au nom de règles qu’ils pensaient universelles.

Si l’on se réfère à la construction du droit moderne, la Magna Carta anglaise (XIIIème siècle) pose qu’aucun sujet ne pourra être emprisonné sans procès équitable. Elle est notamment complétée par la Bill of Rights (Loi sur les Droits) qui au XVIIème siècle énumère les droits des gens et ceux du Parlement. C’est dans ce même état d’esprit que James Madison rédigea, un siècle plus tard, la Bill of Rights états-unienne. Cette dernière limite le pouvoir du seul gouvernement fédéral, mais pas celui des États fédérés. La tradition anglo-saxonne affirme des droits individuels et les protège face à la « raison d’État ».

La question a été posée d’une manière radicalement nouvelle par l’Assemblée constituante française, en 1789. Selon elle, pour affirmer l’égalité ontologique entre les sujets et leur souverain, il ne suffit pas de limiter le pouvoir absolu du monarque, il faut poser que le pouvoir procède du peuple et ne peut être exercé contre lui. Ce texte a été approuvé unanimement, y compris par les représentants de l’Église de France (mais il fut ultérieurement rejeté un temps par la papauté), par ceux de la noblesse et par le roi Louis XVI. Il ne s’agit plus des « Droits de l’homme », mais des « Droits de l’homme et du citoyen ».

Le Suisse Henry Dunant tenta de protéger, au XIXème siècle, les Droits des hommes impliqués dans des guerres, lorsque les États violent leurs propres règles. Ce fut le Droit humanitaire.

C’est cet ensemble de cultures différentes, et bien d’autres encore, que les Nations unies synthétisèrent dans leur Déclaration universelle des Droits de l’homme. Elle est « universelle », non pas parce que voulue par Dieu ou issue de la Nature, mais uniquement parce que partagée par les 193 États membres.

Elle pose d’abord que tous les êtres humains naissent « libres et égaux en dignité et en droits », puis qu’ils sont responsables non seulement d’eux-mêmes, mais des uns et des autres (art. 1). Pour la première fois, elle affirme que les Droits des hommes sont non seulement identiques dans chaque pays, mais malgré leur pays (art. 2) ; ce que la Société des Nations avait refusé de faire afin de protéger le système colonial. Et enfin qu’il existe une hiérarchie entre ces Droits, dont les plus importants sont « la vie, la liberté et la sûreté » (art. 3) ; car il ne s’agit pas d’établir un catalogue de bonnes intentions contradictoires, mais d’organiser la société mondiale. Puis vient la lutte contre l’esclavage (art. 4) et seulement alors celle contre la torture (art. 5). Tous ces principes sont importants, mais ils ne peuvent être réalisés que dans cet ordre.

Aujourd’hui, dans des pays développés, en paix et libérés de l’esclavage, nous ne pensons les Droits de l’homme que comme une lutte contre la torture et pour une justice équitable. C’est un luxe que beaucoup d’autres hommes n’ont pas.

Dès sa signature, cet édifice a été contesté par ceux-là même qui l’avaient élaboré, en particulier par le Royaume-Uni et son « ingérence humanitaire ». L’Empire britannique avait inventé ce concept au XIXème siècle non pas pour venir en aide à des populations opprimées, mais pour abattre l’Empire ottoman. Il le reprit durant la Guerre froide pour lutter contre la Chine et l’URSS. L’Histoire a voulu qu’il soit porté par le Français Bernard Kouchner en instrumentant le sort des boat people. Il mit en scène le sauvetage de réfugiés errant sur des bateaux surchargés, n’hésitant pas à rejeter ces hommes à la mer pour « refaire une prise » devant les caméras. L’émotion provoquée par ces images suscitait automatiquement une empathie pour eux. Mais l’horrible sort de ces victimes ne nous disait rien de la justesse supposée de leur combat et encore moins de l’illégitimité supposée de leurs gouvernements. C’est cette même technique qui est aujourd’hui utilisée pour communiquer sur le sort des migrants en Méditerranée. L’atroce noyade de milliers d’entre eux ne nous dit rien des causes de leur départ et ne valide pas leur droit à entrer chez d’autres. Peut-être ont-ils raison, peut-être tort. Seule la réflexion et non pas l’émotion peut le dire.

L’initiative humanitaire de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït pour Idleb

Venons-en au débat du Conseil de sécurité du 19 septembre 2019. L’Allemagne, la Belgique et le Koweït ont déposé un projet de résolution (S/2019/756) pour sauver les civils du gouvernorat d’Idleb, massacrés par les armées syriennes et russes qui luttent sans distinction contre le terrorisme. Ce document avait été précédé d’une intense campagne relatant le bombardement d’hôpitaux et les difficiles conditions de vie des civils hostiles au régime du cruel dictateur « Bachar ».

Force est de constater que, vérification faite, il n’y a jamais eu d’hôpitaux dûment répertoriés qui aient été bombardés ; qu’il est impossible d’établir des statistiques sur un champ de bataille de sorte que chacun prétend établir par extrapolation ses propres chiffres, divers et contradictoires, y compris les divergentes agences de l’Onu. Or, le fait que, dans cette guerre, nous ne puissions pas quantifier les événements bouscule notre manière de les interpréter.

Des projets de résolution comparables avaient été déposés par les Occidentaux lors des batailles d’Alep et de la Ghouta de Damas. Ils s’étaient heurtés aux vetos de la Chine populaire et de la Fédération de Russie. Aucun projet n’avait par contre été déposé lors de la bataille de Raqqa, pourtant infiniment plus destructrice et meurtrière. La seule différence étant que Raqqa fut rasée par la Coalition occidentale et non pas par les armées syro-russes. En d’autres termes, si le sort des victimes est aussi tragique dans les quatre cas, il n’est condamnable selon l’Allemagne, la Belgique et le Koweït que lorsqu’il est imputable aux Syro-Russes, pas lorsqu’il est le fait des Occidentaux.

Notons que les militaires présents sur le terrain ont observé l’aveuglement de la Coalition occidentale au sein de laquelle ils se battaient et l’ont comparée à la sélectivité des forces syro-russes. C’est pour avoir signalé ces atrocités à l’Inspecteur général du Pentagone que 50 analystes du CentCom furent sanctionnés. C’est pour avoir rapporté dans la Revue Défense Nationale sa honte et sa colère que le colonel français François-Régis Legrier, fut durement sanctionné.

L’idée de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït selon laquelle le « régime de Bachar » tuerait son propre peuple sous couvert de lutte contre le terrorisme renverse l’idéal des « Droits de l’homme ». En effet, quand on parle ici de lutte contre le terrorisme, on ne fait pas référence à quelques individus massacrant à la kalachnikov ou décapitant les spectateurs d’une salle de concert, mais à des dizaines de milliers de combattants fonçant sur la population pour leur imposer un régime d’oppression. Le premier devoir du « régime de Bachar », c’est de sauver sa population de cette armée féroce, de rétablir son doit à « la vie, la liberté et la sûreté ».

Même si l’on dénie le soutien européen aux jihadistes d’Idleb, l’Allemagne et la Belgique ne peuvent prétendre à la bonne foi : ils refusent de rapatrier les centaines de leurs ressortissants, pratiquant le jihad, qui se sont rendus aux forces états-uniennes et sont aujourd’hui prisonniers des supplétifs kurdes. Ils ont donc parfaitement conscience de leur dangerosité. Ils peuvent s’enorgueillir de leur refus de la peine de mort chez eux lorsqu’ils demandent discrètement à d’autres gouvernements de les pendre à leur place.

L’hypocrisie humanitaire de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït

Ayant acté le double langage de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït, observons les raisons cachées de leur projet de résolution. Les Occidentaux, ont soutenu les jihadistes d’Al-Qaïda dans l’espoir qu’ils renversent la République arabe syrienne. C’était le prolongement de la stratégie qui leur réussit en Libye. En 2011, les jihadistes du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), qui avaient été intégrés dans Al-Qaïda, furent convoyés par la CIA, d’Iraq —où ils se battaient— vers la Libye, leur pays d’origine. Ils fournirent les troupes au sol pour l’opération aérienne de l’Otan. Puis, il furent transportés par le Haut-Commissariat aux réfugiés (alors dirigé par l’actuel secrétaire général de l’Onu, António Guterres) et les services secrets turcs vers la Syrie où ils constituèrent l’Armée syrienne libre. Lorsqu’il s’avéra impossible de renverser le « régime de Bachar », les Anglo-Saxons laissèrent tomber la plupart des jihadistes, mais les Allemands et les Français se sentirent une responsabilité à leur égard. Ils furent regroupés dans le gouvernorat d’Idleb où ils créèrent plusieurs Émirats islamiques. L’Allemagne et la France continuent à les armer et subventionnent encore aujourd’hui les ONG qui les nourrissent.

L’Allemagne et la France sont donc parties prenantes à la guerre qu’ils dénoncent. Il se trouve que le président Emmanuel Macron cherchant à pacifier les relations de Paris avec Moscou n’a pas signé le projet de résolution allemand, mais à demandé à son fidèle Charles Michel de le faire au nom de la Belgique. Le Koweït est venu s’ajouter sans que l’on sache combien il dépense aujourd’hui pour les jihadistes d’Idleb, mais les manifestations de soutien dans ce pays rappellent le moment où les mouvements salafistes y récoltaient 400 millions de dollars pour le jihad en Syrie.

En déposant ce projet de résolution l’Allemagne, la Belgique et le Koweït savaient qu’il provoquerait la fureur de la Chine et de la Russie. Ils ont pourtant choisi de diviser le Conseil de sécurité et donc d’affaiblir son autorité. Ce comportement s’explique par la crainte de voir les lignes de clivage évoluer, sous l’impulsion du président Trump. À la traditionnelle opposition de l’Occident contre la Russie et la Chine, pourrait se substituer un directoire mondial Russie/USA/Chine. L’Allemagne tente donc de mobiliser le camp occidental, ce qui a bien réussi, mais à quel prix. Poursuivant sur leur lancée, l’Allemagne, la Belgique et le Koweït ont saisi l’Assemblée générale pour contourner les vetos du Conseil de sécurité. Ils ont déposé un nouveau projet de résolution (A/HRC/42/L.22) de 10 pages condamnant le République arabe syrienne.

Ils n’ont pas hésité à le faire alors qu’ils ne disposent plus du prétexte de la libération d’Idleb par les troupes syriennes, puisque les combats ont cessé depuis la proclamation d’un cessez-le-feu unilatéral par Damas, le 1er septembre à 0h00. Le « régime de Bachar » marquait une pause pour faciliter la fuite de ses citoyens pris au piège de l’occupant jihadiste.

Au passage, la représentante des États-Unis au Conseil, Kelly Knight Craft, s’est offert le luxe d’accuser la Chine d’avoir utilisé son veto par imitation de la Russie (S/PV.8623) ; une insulte bien inutile lorsque l’on connaît la patiente volonté de Beijing de se doter d’une politique étrangère indépendante et décisive. Ce procédé est encore une fois une manière pour le camp occidental de dénier l’égalité des peuples et de manifester sa supériorité supposée.

Bachar el-Assad, défenseur des Droits de l’homme

Examinons maintenant le point de vue syrien. Selon la presse internationale, une révolution populaire se serait déclenchée en 2011 en Syrie, elle aurait malheureusement mal tourné pour se transformer en guerre civile. Si l’on pouvait croire cette version des faits en 2011, on ne le peut plus aujourd’hui au vu des nombreux documents qui ont fait surface. Cette guerre avait été planifiée par Washington dès 2001 et a débuté dans le contexte des « printemps arabes », planifiés par Londres dès 2004 sur le modèle de la « Grande révolte arabe » de Lawrence d’Arabie. L’Arabie saoudite a reconnu avoir payé et armé à l’avance les émeutiers de Deraa qui lancèrent le mouvement.

La première responsabilité de la République arabe syrienne, de son peuple, de son armée et de son président, Bachar el-Assad, était de défendre les Droits de l’homme universels que sont « la vie, la liberté et la sûreté ». C’est ce qu’ils firent face aux hordes de jihadistes, venus du monde entier pour placer la Confrérie des Frères musulmans au pouvoir.

Il ne fait aucun doute que des criminels ont pu rejoindre la police et l’armée de la République ; que dans la confusion de la guerre, ils ont pu poursuivre leurs crimes en portant l’uniforme ; mais ces comportements, que l’on trouve dans toutes les guerres, n’ont rien à voir avec ces guerres elles-mêmes. Depuis que le sort des armes s’est inversé, ils sont durement sanctionnés.

Il ne fait pas plus de doute que les bombardements de l’artillerie syrienne et de l’aviation russe ont non seulement tué des cibles jihadistes, mais aussi collatéralement des citoyens syriens otages des jihadistes. Tuer aussi les siens est malheureusement le fardeau de toutes les guerres. Leur martyre n’en incombe pas pour autant au peuple syrien, à son armée et à son président qui en portent le deuil. Il est la responsabilité des agresseurs, dont l’Allemagne et la France, qui l’ont souhaité.

La Libye n’est pas comparable à la Syrie. Mais, huit ans après l’opération de l’Otan, nous avons une vision plus claire de ce qui s’est passé.

Mouamar Kadhafi réconcilia les bantous et les arabes, mit fin à l’esclavage et éleva considérablement le niveau de vie de son peuple. On le décrit comme un dictateur bien qu’il n’ait pas tué plus d’opposants politiques que des chefs d’État ou de gouvernement occidentaux. Pour renverser la Jamahiriya, l’Otan s’appuya sur les combattants d’Al-Qaïda, la tribu des Misrata et la Confrérie des Sénoussis. Elle tua environ 120 000 personnes. La suite avait été anticipée par de nombreux analystes : le niveau de vie s’est effondré, l’esclavage a été rétabli, le conflit entre arabes et bantous s’étend dans toute l’Afrique subsaharienne. Sans aucun doute raisonnable, Mouamar Kadhafi a mieux défendu les Droits de l’homme, dans son pays et dans son continent, que ne l’a fait l’Otan.

En Syrie, Bachar el-Assad a préservé la mosaïque confessionnelle qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, développé son économie et négocié une paix tacite avec Israël. Son peuple et son armée ont consenti le martyre d’au moins 350 000 d’entre eux. Son pays est aujourd’hui dévasté et Israël est redevenu un ennemi. La responsabilité de ces malheurs incombe aux seuls États agresseurs. Les Syriens, leur armée et leur président, Bachar el-Assad, ont défendu comme ils l’ont pu les Droits de l’homme que les Occidentaux foulaient aux pieds.

Les Occidentaux sont persuadés de la supériorité morale de leur civilisation. Ils ne voient donc pas leurs propres crimes, que les autres endurent. C’est précisément cette arrogance que conteste la Déclaration universelle des Droits de l’homme en posant l’égalité de chacun en droit et en dignité.Thierry Meyssan

<img src="https://www.voltairenet.org/rien.gif" alt="
Facebook
Twitter
Delicious
Seenthis
Digg
RSS

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

L

L’union nationale en Syrie et au Venezuela

Le défi de Donald Trump face à son administration

Le défi de Donald Trump face à son administration

Le Brexit, l

Le Brexit, l’UE et la démocratie

Donald Trump apportera-t-il la paix ?

Donald Trump apportera-t-il la paix ?

La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz

La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz
 Les articles de cet auteur
 Envoyer un message

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationaleFocus
En bref
Controverses
Fil diplomatique

https://www.voltairenet.org/article207732.html