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STOP AUX DONS POUR NOTRE-DAME !

22 JUIN 2019PUBLIÉ PAR MARC LE STAHLER

STOP AUX DONS POUR NOTRE-DAME ! 
(L’Imprécateur)

9 % seulement des dons promis pour la réparation de Notre-Dame ont été versés. Ceux qui ont annulé ou reporté leur don ont eu raison : il ne faut plus rien verser tant que le gouvernement n’aura pas précisé clairement son projet.

Car il existe un projet, déjà vieux de quatre ans, dont le cœur est de faire de l’île de la Cité un gigantesque centre commercial et d’arrêter la fonction centre de culte catholique de Notre-Dame.
Castaner et les Frères Trois points l’ont dit : la cathédrale est un bâtiment historique de la République, pas un lieu de culte. Le culte islamique c’est contemporain, passe encore, mais le culte chrétien c’est ringard et facho, dehors !

L’architecte-urbaniste Dominique Perrault et Philippe Belaval, président du Centre des Monuments Nationaux, ont pensé au financement. Ils proposent pour l’île de la Cité (25 ha) de « créer environ 100.000 m² nouveaux – valeur foncière dépassant le milliard d’euros – sans transformation radicale« . Plus d’un milliard juste pour le foncier. Si l’on y ajoute les concessions, les locations de bâtiments et de surfaces à des sociétés financières, commerciales, touristiques, comme cela vient d’être fait pour un tiers de l’Hôtel Dieu, avec pour objectif de faire passer à la caisse une quinzaine de millions de touristes, combien de milliards de taxes et de recettes pour l’État et la Ville de Paris ?

Si NDDP n’est plus cathédrale, que l’État et Paris financent eux-mêmes !

Alors il faut être fermes avec le président et le maire. Leur faire comprendre que si Notre-Dame n’est pas remise en état à l’identique et ne reste pas le second lieu de culte au monde après Saint-Pierre de Rome, ils devront financer leur « supermarché » par les moyens financiers habituels, par emprunt auprès de leurs fournisseurs de capitaux préférés, Rothschild & Co, Morgan Bank et autres.

Les gros donateurs devraient être prudents, car il y a maintenant un doute sur les vrais motifs de leur générosité s’ils étaient au courant du projet commercial de Madame Hidalgo et du président Hollande, projet repris avec enthousiasme par le fils spirituel de Hollande, Emmanuel Macron.

Un premier rapport a été rendu en 2016 à François Hollande. Le document de 56 pages a été rédigé par l’architecte Dominique Perrault (le concepteur de la BNF à Paris) et le président du Centre des Monuments Nationaux, Philippe Bélaval.

Le tandem avait reçu en décembre 2015 une lettre de mission de François Hollande, « en accord avec Mme Anne Hidalgo« , demandant une vision de l’île de la Cité « à l’horizon des vingt-cinq prochaines années« . 

Ce rapport rappelle que « la dernière intervention d’ensemble des pouvoirs publics sur l’île est celle du baron Haussmann« . Le centre névralgique de la capitale se trouve face à une « opportunité unique » d’en faire « un ensemble architectural contemporain« .

Le Palais de Justice a déjà été déménagé dans un quartier bien tiers-mondisé, la porte de Clichy, où le soir on se croirait à Bamako, les prostituées en plus. La Préfecture de police est dans un bâtiment voisin. La Préfecture ressemble furieusement à une HLM et le Palais de Justice à une construction en Lego sur quatre étages végétalisés.
Il y a mieux à la Défense. Mais comme c’est « contemporain », c’est « beaucoup plus beau » pour le président.

Tout ce qui est « contemporain », acier et verre, est très cher

Ce qui est moins beau, c’est le coût pharaonique du nouveau Palais de Justice et son financement. Ils augurent mal de ce qui va se passer pour Notre-Dame et l’Ile de la Cité !
Rien que pour la conception, (architecte Renzo Piano), les études techniques et celles du financement : 725 millions d’euros !
Coût de la construction par Bouygues, 2,35 milliards (Le Figaro). L’État loue le bâtiment à Bouygues pour 50 millions par an, plus 35 millions pour l’entretien. Il a raison, parce que les bâtiments d’acier et de verre de Renzo Piano ne durent jamais longtemps sans beaucoup d’entretien, comme son Centre Tjibaou à Nouméa qui rouille debout.
Mais faut faire contemporain, Coco, « c’est beaucoup plus beau ».

Palais de Justice, quatre containers en Lego superposés, que c’est beau !

L’État a besoin des dons promis pour Notre-Dame

On comprend mieux, avec ces exemples, que l’État a furieusement besoin des dons promis pour Notre-Dame à laquelle il veut donner un style « contemporain » avec serre-toiture végétalisée et flèche en titane ou béton, si l’on en croit la rumeur actuelle, qui n’est pour le moment pas confirmée.

L’actuel marché aux fleurs et aux oiseaux, si typique du vieux Paris, va lui aussi être remplacé par une grande serre à étages, « une sorte de Crystal Palace« . Des grandes coupoles en verre vont couvrir les cours des ex-Palais de Justice et de la Préfecture, elles abriteront des logements et des commerces avec un objectif qui plait beaucoup au maire Anna-Maria Hidalgogo : réaliser un mixage de populations, bobos et migrants, par exemple.

Autre utilisation massive de verre et de métal prévue : tout le parvis sera recouvert d’une dalle en verre. Elle permettra aux promeneurs de voir le supermarché et les ruines archéologiques, les toilettes et les vestiaires du dessous. On ne peut imaginer le coût d’une dalle de verre de 100 m x 135 m capable de supporter environ 5 000 tonnes, si l’on tient compte des coefficients de sécurité nécessaires à la sécurité de 10 à 20 000 touristes en surface les jours d’affluence. Voire plus si l’on en croit l’architecte-paysager Perrault « En sous-sol, les millions de visiteurs qui patientent [[aujourd’hui]] sous la pluie ou la canicule disposeront de services indispensables, comme des toilettes ou une bagagerie. »

Et Notre-Dame ? Pas de réparation à l’identique prévue

Et Notre-Dame ? Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments Nationaux a déjà étudié plusieurs projets, celui-ci a sa préférence :

Un jardin suspendu et une flèche en béton sans croix ni coq. Le contemporain ne supporte pas le catho et le franchouillard. Les machins bleutés entre les tours et aux extrémités des chapelles latérales sont évidemment en acier et verre pour caser entre autres quelques boutiques et donner l’indispensable touche « contemporain ».

« Il faut que tout soit terminé pour le J.O. de 2024 », a ordonné le président !
Alors que le projet initial était 25 ans à partir de 2015, soit 2040.
Comme on le voit, l’incendie de 2019 est arrivé au bon moment.

Mais… pas d’amalgame ! Selon Le Canard Enchainé, l’enquête de la Préfecture est arrivée à la conclusion que la cause de l’incendie démarrant par une explosion, se propageant en quelques minutes et ne détruisant finalement que la toiture et la flèche est dû, soit à un mégot jeté par un ouvrier par l’une des ouvertures d’aération de la toiture, soit à un court-circuit. Toutes les autres pistes ont été effacées d’un coup de plumeau élyséen. On s’en doutait depuis le début, Macron et Castaner l’avaient dit, ce n’est pas pour rien qu’ils ont des intelligences complexes !

L’Imprécateur
22 juin 2019

https://www.minurne.org/billets/20946

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Le libra, beaucoup à en dire, et à s’interroger

Le libra, beaucoup à en dire, et à s’interroger

Par Alexis Toulet,samedi 22 juin 2019.Lien permanent Billets

Facebook a annoncé le projet de créer une monnaie numérique privée le libra, reposant sur la technologie de la chaîne de blocs (blockchain), destinée à devenir une monnaie mondiale adossée à ses réseaux sociaux, dont il a publié le livre blanc le 18 juin, et qu’il vise à lancer en 2020.Comment comprendre le libra, et quel peut être son avenir ? Il y a beaucoup à en dire, et encore de nombreuses interrogations.

Voici dix points de repère et interrogations sur le projet Libra :

1. Le libra ne sera pas une monnaie souveraine comme par exemple l’euro ou le yen – en dépit de ce que dit craindre Bruno Lemaire. Il lui manquerait pour cela d’avoir cours légal sur un certain territoire, de même que l’euro a cours légal sur le territoire des Etats qui l’ont adopté comme monnaie, c’est-à-dire qu’il existe une obligation légale pour les débiteurs de l’accepter en paiement. En revanche, nul ne sera obligé d’accepter d’être payé en libras, dans aucun pays. Il n’est cependant pas acquis que cela fasse une vraie différence, tant sont populaires les médias sociaux

2. Le libra ne sera pas une cryptomonnaie – ou cryptoactif ou cryptojeton quel que soit le nom qu’on choisisse de lui donner – au sens par exemple du bitcoin ou de l’éther. En effet, cette monnaie sera gouvernée de manière centralisée par un intermédiaire auquel les détenteurs de libras seront bien obligés de faire confiance, non pas de manière décentralisée et désintermédiatisée comme le bitcoin – et ceci indépendamment de l’utilisation pour le libra de la technologie de chaîne de blocs, qui ne suffit pas à elle seule à faire une cryptomonnaie au sens propre. Le libra sera une monnaie fiduciaire, comme euro, dollar ou franc suisse, « fiduciaire » dérivant du mot latin pour confiance : il s’agira bien pour les détenteurs de libras de faire confiance aux acteurs (une centaine) établis pour sa gestion. Ce sont ces acteurs qui constitueront collectivement l’intermédiaire en question

3. Pourquoi alors utiliser la technologie de la chaîne de blocs ? Une bonne vieille base de données aurait suffi. Il y a peut-être une part de sacrifice à une idée à la mode – un aspect publicitaire. Il y a surtout semble-t-il la volonté d’inspirer confiance en soulignant que non non ce n’est pas Facebook qui contrôlera le libra – voyons, qu’alliez-vous croire ? – puisqu’il s’agira d’une centaine d’entreprises et institutions diverses au total. Et on comprend aisément que Facebook se pose la question de la confiance qu’il s’agit d’inspirer, vu sa relation disons « compliquée » à la morale commune comme au respect de ses utilisateurs

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Les options de confidentialité proposées par Facebook
En 2013, Edward Snowden révélait que les grandes entreprises américaines d’Internet partageaient systématiquement les données de leurs utilisateurs avec les « services » américains

4. Ce discours est-il crédible ? C’est à regarder de beaucoup plus près. Dans le système bitcoin, pour prendre le contrôle du réseau il faudrait rassembler plus de 50% de sa puissance de calcul. Et dans le système libra ? La règle sera-t-elle similaire ? Dans ce cas, quelle sera la répartition des puissances de calcul entre les cent acteurs à la base du système, théoriquement égaux entre eux ? Facebook, ou encore tel petit sous-groupe de firmes géantes parmi les cent, ne disposerait-il pas d’une position « plus égale que les autres », du simple fait de la puissance énorme de ses serveurs ?

5. A part l’extension de son domaine d’intervention – souci classique de toute entreprise en développement – une motivation de ce projet pourrait être le recueil des données financières et de paiement, pour utilisation en propre ou revente aux acteurs intéressés. Facebook proteste ses grands dieux que telle n’est pas son intention naturellement, là encore le système du contrôle distribué sur cent acteurs est mis en avant… mais l’infrastructure technique sera bien celle de Facebook, notamment pour le logiciel de paiement « Calibra » prévu pour la gestion par tout un chacun de son portefeuille de libras. Et tout « code de bonne conduite » mis en avant par une entreprise pourrait être détourné d’autant plus facilement que celle-ci maîtrise le soubassement technique de l’ensemble

6. L’adossement du libra sur « un panier de devises traditionnelles et d’obligations d’Etat » se veut rassurant, par son classicisme pour une monnaie fiduciaire. Oui, mais là aussi il y a potentiellement du bénéfice et du pouvoir à « gratter ». A partir du moment où le libra serait suffisamment établi, d’une part le taux de couverture de la masse monétaire aujourd’hui annoncé à « 1 pour 1 » pourrait être baissé en-dessous de 100%, permettant l’émission de libras sans contrepartie, bref la création d’une « poule aux œufs d’or » similaire à celles dont dispose les banques centrales des monnaies souveraines : une véritable planche à billets

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Le libra, une poule aux oeufs d’or ?
Seulement pour ses maîtres, en tout cas

7. D’autre part, l’arbitrage entre telle ou telle monnaie pour la constitution des réserves fournirait un levier de pression plus qu’intéressant sur tel ou tel pays ou bloc économique même les plus grands. En effet, si l’on imagine le libra utilisé quotidiennement par 1 à 2 milliards de personnes, sa masse monétaire énorme générerait une forte capacité de pression sur tout Etat. Voir cette remarque intéressante sur « Capital »

« [Avec Libra] Facebook ne va pas concurrencer les États mais plutôt organiser la concurrence entre eux. Projetons nous dans 10 ans quand le Libra sera utilisé par 1,5 milliard de personnes, soit plus que le yuan et plein d’autres monnaies. Il y aura une masse monétaire monstrueuse et le rapport de force sera totalement inversé.

En cas de conflit avec la BCE, Libra pourra réduire la part de l’euro dans son panier de devises au profit d’autres monnaies. Ça fera chuter le cours de l’euro, du CAC 40 et aura des conséquences sur la zone euro, comme lorsqu’un fonds de pension fait pression sur des États, mais en version XXL. On se retrouvera sur un marché où le dollar ne sera plus l’étalon -ce que l’on peut regretter ou pas-, remplacé par le Libra, de dépit de sa fonction de panier de devises. »

Keep_calm_Facebook.jpg


8. Ce méga-projet de Facebook peut rencontrer des obstacles, et d’abord le risque d’une régulation, voir la Banque de France qui agit, par l’intermédiaire de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (APCR), pour pousser à la discussion au G7 de la régulation des « stable coins », dont le Libra

« Je souligne à ce propos que nous venons, avec Bruno Le Maire et au nom de la présidence française du G7, de décider la mise en place d’une task-force sur les projets de « stable coins »: le » libra », dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, mais pas seulement lui. Au demeurant, ce terme de » stable » devra être précisé: stable contre quoi (si c’est un panier de devises, quel panier ?); et stable jusqu’à quel point (fixe, ou partiellement flexible ?). Dirigée par Benoit Coeuré avec des représentants des banques centrales, elle devra dans les prochains mois examiner les exigences anti-blanchiment, mais aussi celles de protection des consommateurs, de résilience opérationnelle, ainsi que les éventuelles questions de transmission de la politique monétaire. Nous voulons allier ouverture sur l’innovation et fermeté sur la régulation: c’est l’intérêt de tous. Et nous devons parallèlement améliorer encore l’efficacité des systèmes de paiement existants, en transfrontières : la Banque de France promeut activement une stratégie européenne en la matière. »

En un mot, les Etats « bougent encore ». Mais sauront-ils et voudront-ils accorder leurs visions et leurs pratiques pour établir une régulation suffisamment stricte et universelle pour se protéger des pressions que les maîtres du libra pourraient exercer sur eux ? Il est permis d’en douter, à considérer d’une part l’influence des théories du type « dérégulation en tout domaine et quoi qu’il arrive » d’autre part la montée des tensions géopolitiques : quand on s’inquiète de passer ou de rester devant son voisin, on s’occupe moins des éventuels intérêts communs, à supposer encore qu’on soit conscient qu’il pourrait en rester

9. Une autre limite potentielle à ce projet, c’est la concurrence. Si d’autres parmi les grands médias et maîtres d’Internet montent des projets semblables, il est envisageable que la concurrence entre plusieurs monnaies privées, chacune attachée à un réseau social, limite le pouvoir de chacune d’entre elles, du moins pour ce qui est des aspects « planche à billets » et « levier de pression sur les Etats ».

Cependant, rien n’est moins sûr. D’une part il se pourrait qu’existe un avantage objectif à utiliser une seule monnaie privée à l’échelle mondiale – c’est alors l’un de ces projets de monnaie privée qui l’emporterait et marginaliserait tous les autres, comme par exemple Google l’a fait pour les moteurs de recherche. D’autre part, le monopole n’est pas la seule forme excessive de contrôle capitalistique… il y a encore le cartel. Rien n’empêcherait les institutions contrôlant un petit nombre de monnaies privées adossées à des médias sociaux… de s’entendre entre elles !

10. Une éventualité intrigante est que « Zuck [ne] soit l’idiot utile de Satoshi ». C’est-à-dire que le PDG de Facebook Zuckerberg découvre qu’au final son projet ne serve que de marchepied à une cryptomonnaie au sens propre, c’est-à-dire décentralisée et sans intermédiaire, que ce soit le bitcoin créé par Satoshi Nakamoto ou une autre. En effet, ce qui bloque actuellement l’extension du système cryptomonnaie n’est plus la limitation technique du nombre de transactions que le réseau peut prendre en charge par seconde : l’obstacle a été levé en ce qui concerne le bitcoin avec le réseau secondaire Lightning. En dehors d’une stabilisation au moins relative de la valeur du bitcoin – qui pourrait arriver avec le temps – il manque surtout l’extension du nombre de personnes « initiées » au-delà des quelques millions qui y ont déjà « touché » voire qui possèdent des bitcoins ou d’autres cryptos. Or, le libra promet de faire passer le nombre d’initiés de millions… jusqu’à un ou plusieurs milliards ! Rien n’empêchera que ces personnes ne s’intéressent ensuite à un système qui leur procure essentiellement les mêmes bénéfices, mais sans le contrôle par l’intermédiaire privé que serait Facebook – même rejoint par 99 autres

N’ayant que l’apparence d’une cryptomonnaie sans intermédiaire recouvrant la réalité d’une monnaie fiduciaire privée, le libra en somme sera au bitcoin ce qu’est le Canada Dry à l’alcool : un succédané. Or, il se pourrait fort bien que la consommation de Canada Dry ne soit que le premier pas vers la consommation d’alcools à proprement parler..

.http://www.noeud-gordien.fr/index.php?post/2019/06/22/Le-libra%2C-beaucoup-%C3%A0-en-dire%2C-et-%C3%A0-s-interroger

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Trump avec Carlson, sans Bolton

Trump avec Carlson, sans Bolton

Bloc-Notes

   lundi 01 juillet 2019

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Trump avec Carlson, sans Bolton

La visite-surprise et spectaculaire de Trump à la frontière de la Corée du Nord, avec quelques pas historiques en Corée du Nord au côté de Kim Jong-un, constitue, selon The Guardian, bien plus qu’un simple “coup de communication”. (Une heure de conversation avec Kim, relançant le processus de dénucléarisation bloqué depuis le sommet de Hanoï, ce n’est plus seulement de la communication.) A cette première précision s’en ajoute une seconde, très significative : alors que Kim et Trump ont donc parlé sérieusement, Bolton était absent pour un déplacement du type sauve-la-face dont on imagine l’importance, à Oulam-Bator en Mongolie, alors que Tucker Carlson, de FoxNews, faisait partie de la suite présidentielle.

(Bolton s’est avéré être, par ses intrigues à la neocon, le premier responsable de l’échec du sommet Trump-Kim de Hanoi, dans un acte que Trump a finalement ressenti, après un long processus d’information finissant par mobiliser sa propre attention, comme une certaine forme de “trahison”. Kim et les Nord-Coréens ont publiquement dénoncé Bolton et précisé qu’ils ne voulaient plus avoir affaire à lui. On observera donc avec un certain intérêt quela très-puissante Amérique du président Trump qui fait trembler le monde s’est inclinéedevant les exigences de Kim, alors que la présence de Bolton était techniquement et politiquement logique sinon nécessaire vues sa position auprès du président et l’implication qu’il a eue dès sa prise de fonction dans le processus ; et surtout enfin, vue son insistance bien connue à vouloir suivre le président dans les importantes affaires extérieures et ainsi le “marquer à la culotte” [le manipuler] dans un sens belliciste-maximaliste.)

Quelques extraits du texte de The Guardian, d’abord sur la visite en général, où l’on voit que Trump fait toutes les concessions nécessaires du point de vue de la communication, notamment en acceptant sans discuter la version nord-coréenne des derniers essais de missiles :

« Il s’est avéré que[cette rencontre] était plus qu’une simple séance de photos pour la seule communication. Donald Trump a non seulement serré la main de Kim Jong-un et est devenu le premier président américain en exercice à faire quelques pas sur le sol de la Corée du Nord, mais il s’est également entretenu pendant une heure avec son homologue dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corée, au lieu de se livrer à l’échange de civilités attendu. Et il y a eu un résultat tangible.
» Les réunions entre les groupes de travail américains et nord-coréens reprendront quatre mois après leur échec lors du sommet de Hanoi en février. Les vraies négociations sont de retour. La question, comme toujours, est de savoir si elles mèneront quelque part.
» Il ne fait aucun doute que les motifs invoqués par M. Trump pour provoquer la réunion, avec un préavis d’un jour, étaient principalement d’ordre électoral. Tout au long de la journée, M. Trump s’est plaint à maintes reprises du fait que la presse ne lui avait pas accordé suffisamment de crédit pour avoir désamorcé les tensions dans la péninsule coréenne.
» Sa propre narrative a pris certaines libertés avec la réalité, omettant de mentionner que les moments les plus dangereux, – l’essai d’une bombe à hydrogène et de missiles balistiques intercontinentaux par la Corée du Nord, et ses propres menaces de “feu et de fureur” contre la Corée du Nord, –  se sont tous produits pendant sa première année au pouvoir. Il a insisté sur le fait que tous les essais de missiles nucléaires et balistiques nord-coréens avaient cessé, en déclarant que les essais de missiles à combustible solide à courte portée effectués en mai n’étaient pas des essais réels. Il s’est pas expliqué de cette affirmation. »

 Plus loin, on lit ce paragraphe qui paraît sans aucun doute d’une réelle importance sur la situation actuelle de l’entourage de Trump et des orientations du président (ZeroHedge.com, qui reprend cette précision du Guardian, s’attache effectivement à ce point) ; on passera en souriant sur l’assimilation plaisante que le Guardian, qui garde précieusement ses réflexes de simulacre en diabolisation,fait en qualifiant d’“extrême-droite” les conservateurs non-interventionnistes US :

« La réunion de la DMZ avait pour but d’élaborer une narrative [convenant à Trump]. C’est pourquoi John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale ultra-faucon, ne se trouvait nulle part dans la délégation ; il avait été envoyé, ou s’était envoyé lui-même, à Oulan-Bator, en Mongolie. La suite officielle américaine comprenait par contre Tucker Carlson, l’animateur-vedette des talk-shows d’information de Fox News, qui est le principal canal d’accès de Trump vers la fraction non-interventionniste de sa base [conservatrice]d’extrême-droite. Des conversations de la onzième heures avec Carlsonauraient persuadé Trump de ne pas lancer de missiles contre l’Iran ce mois-ci, après la destruction d’un drone américain par les Iraniens. »

Ces diverses circonstances, d’un réel intérêt plus pour la scène américaniste que pour les affaires coréennes, – mais c’est le scène américaniste qui importe parce que tout en dépend, – suscite plusieurs remarques. Il s’agit au reste, le plus souvent, de confirmations, mais avec le pouvoir américaniste à “D.C.-la-folle” il n’est pas inutile de vérifier ses informations, sinon ses intuitions

• Les choix de Trump, notamment pour le domaine essentiel de ses conseillers, ne sont ni dictés, ni réfléchis. Il n’est pas la marionnette qu’on dit de qui l’on pense, mais la créature imprévisible, peu cultivée, agissant sur ses impulsions en général monstrueusement égocentrique (qui ne sont pas toujours fausse, il peut sentir juste),  dont l’aliment principal est la publicité qu’il en obtient et les avantages électoraux et démagogiques pour la suite de sa carrière. C’est comme cela qu’il a recruté Bolton, – lequel a su le flatter, flairant la bonne aubaine avec sa moustache avantageuse – et c’est à cette aune qu’il le traite. S’il juge que Bolton le gêne en période pré-électorale, il le jettera comme un vieux Kleenex moustachu et usagé.

• En effet, l’absence de Bolton, pour un déplacement et une rencontre substantielle décidés sur un coup de tête, sans aucun doute sans le consulter (Bolton), mais avec la présence de Tucker Carlson, donc peut-être (sans doute) sur avis de Tucker Carlson, voilà des éléments d’un très grand intérêt. Ils disent que Trump juge désormais, dans la perspective de USA-2020, que la politique non-interventionniste est du meilleur intérêt pour lui. Une dynamique d’accord (sans accord garanti mais qu’importe, on connaît The art of the deal façon-Trump) est une bonne chose pour la séquence USA-2020.

• Il y a donc de fortes chances que ce soit effectivement le fruit de l’influence de Carlson, qui est clairement un conservateur non-interventionniste (proche des paléo-conservateurs et des libertariens). Carlson va-t-il prendre une place prépondérante ? Il est dans tous les cas l’homme idoine pour Trump, pour USA-2020, mais certainement moins facile à manipuler que Bolton dans l’autre sens..

• En effet, USA-2020 pour Trump a désormais de fortes chances de se jouera sur un remix de ses promesses de USA-2016, bien entendu essentiellement dans le domaine où il a déçu et où il est très faiblie : le non-interventionnisme. C’est là qu’entre en jeu l’influence de Tulsi Gabbard du fait de son excellente performance au débat démocrate de mercredi dernier. (On en parle beaucoup dans le système de la communication, pas dans la presseSystème dont Trump se fiche éperdument, mais parmi les plumes antiSystème comme le montre divers articles ; notamment Catline JohnstoneJoaquim Flores [« Les paradigmes se déplacent alors que Tulsi émerge comme victorieuse du débat du parti démocrate, – Le débat présidentiel des démocrates du 26 juin a été stupéfiant par la présentation d’un changement essentiel des paradigmes aux USA »] ; et même Eric Zuesse malgré son pessimisme proverbial [« La seule candidate à la présidence américaine qui n’hésite pas à désigner les guerres extérieures comme des guerres de “regime change” (et elle y est fermement opposée) est Tulsi Gabbard, et elle obtient actuellement le soutien de moins de 1% des démocrates Les Américains, de toute évidence, ne se soucient pas de cette question. Du moins, pas encore. »])

• Il est assez probable que l’excellent résultat de Gabbard a renforcé chez Trump la conscience de la nécessité de renforcera sa position anti-interventionniste, en faisant surgir la possibilité d’une concurrence très dommageable. A l’extrême, si Gabbard ou un candidat démocrate aux positions équivalentes, était dans les élections contre Trump, elle aurait des chances sérieuses d’attirer une partie de son électorat, d’autant plus que Trump n’a nullement tenu ses engagements anti-interventionnistes.

• On comprend ainsi, d’une façon plus générale, qu’il existe une possibilité non négligeable que la question de la politique de sécurité nationale et des conflits extérieurs soit un des débats importants de USA-2020. Selon la même logique, la position isolée et très originale de Tulsi Gabbard, à laquelle il est de bon ton de n’accorder aucune chance, sinon même de reconnaître son existence, se retrouve en position de force à cause de l’émergence d’un tel enjeu.

Mis en ligne le 1erjuillet 2019 à 08H56

https://www.dedefensa.org/article/trump-avec-carlson-sans-bolton

https://www.dedefensa.org/article/trump-avec-carlson-sans-bolton

La doctrine-LGTBQ, ou notre-Armageddon

La doctrine-LGTBQ, ou notre-Armageddon

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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La doctrine-LGTBQ, ou notre-Armageddon

17 juin 2019 –On trouve, esquissée dans l’introduction au texte des Archives-dd&esur la “culture-Armageddon”, une idée qui a retenu mon attention au point de concevoir de lui consacrer petit développement : l’idée selon laquelle « …la gauche (ex-“dissidence” pseudo-antiSystème en 2004) a développé sa propre version de la “culture-Armageddon”, qui est la folie progressiste-sociétale ». Cette “version” de la “culture-Armageddon” serait ainsi le pendant de gauche de la signification fondamentale de la doctrine MAD poussée à l’extrême de son accomplissement par les extrémistes religieux qu’on aime situer à droite, qu’ils soient islamistes, chrétiens ou juifs, tous enfants d’un monothéisme sourcilleux ; lui-même, le Politiquement-Correct de gauche (PC en vertueuses initiales), étant à sa façon un extrémisme religieux, qu’il soit laïque, athée, transhumaniste ou néandertalien.

(Mais bon, il faut prendre ces “gauche-droite” dans leur positionnement les plus extrêmes, c’est-à-dire les produits paroxystiques et pathologiques du Système opérationnalisant dans les piètres agitations humaines le “déchaînement de la Matière”. Nous sommes bien au-delà des habituelles supputations de salon concernant ce rangement politique, avec les arguments des Vychinski de talkshows.)

Cela signifie que le politiquement correct, ou PC, ou conformisme totalitaire, qui est le monstre accouché de la gauche entrée dans la perte de ses eaux hystériques s’avère à la fois être absolument terroriste, à l’image aussi bien de la doctrine MAD réalisée que du terrorisme dispensé par les pensées religieuses extrémistes, et qu’il est absolument suicidaire, comme s’avère être le produit final de la “culture-Armageddon”. (Cela, sans que je me prononce sur la valeur historique, symbolique, religieuse, eschatologique, etc., de la bataille d’Armageddon, puisque me contentant dans ce cas de considérer simplement l’effet de cette tendance.) (*)

Le développement de la dialectique de ce que nous devrions baptiser dans un premier élan “doctrine-PC”, – comme il y a doctrine-MAD, – et de ses multiples branches de déstructuration-dissolution-entropisation (la “formule-dd&e“) de toutes les catégories du sociétal ne cesse d’accélérer et de créer de nouvelles voies vers des situation propices à la démence. Ce travers de la psychologie et de l’esprit affecte évidemment ceux qui suivent ces voies, qu’ils soient convaincues de la chose ou qu’ils se convainquent de l’être sous la pression terroriste de la chose.

Une récente démonstration de cette situation, c’est l’affaire du NYT supprimant ses dessins humoristiques à la suite d’accusations diverses portant sur le très-classique antisémitisme contre l’un de ces dessins, et le NYT décidant avec une extrême bravoure de ne pas se prononcer sur le fond (antisémitisme ou pas ?), non plus que certains acteurs-PC célèbres intervenant pour déplorer cette décision, également sans prendre position sur le fond (antisémitisme ou pas ?) du problème qui est l’accusation-PC (type déviationnisme-antisémite remplaçant les classiques “déviationnisme-trotskiste” ou “déviationnisme-droitiste” c’est selon et à votre bon cœur) … Ce commentaire d’Antoine Menuisier dans Figaro-Vox, rapportant la protestation d’un dessinateur pourtant très-PC (le Suisse Patrick Chappatte) publiant un manifeste contre la décision du NYT, fait l’affaire pour décrire l’état de schizophrénie absolument panicarde vers lequel nous conduit cette terreur dialectique, avec exemple à l’appui de l’intervention de cet acteur-PC (Chappatte) :

« Nous voilà au cœur d’un politiquement correct au carré, qui fait qu’on se garde, au nom du politiquement correct, c’est-à-dire par crainte des réactions, de se prononcer sur le fin mot du litige, dont on déplore les conséquences éditoriales pourtant politiquement correctes (la fin des dessins politiques)… »

Et Menuisier de poursuivre : « … notons que nulle part dans son manifeste[contre la décision du NYT], Patrick Chappatte n’emploie l’expression “politiquement correct”, dont il pense peut-être qu’elle est l’apanage des réacs. Revenons au dessin objet du scandale : s’il le juge antisémite, Chappatte passera pour “sioniste” ; s’il n’y voit qu’une maladresse de mauvais goût, il risque l’accusation d’antisioniste, voire pire… Quel dilemme ! »

Ce qu’il m’importe de développer ici ne porte bien entendu en aucune façon « sur le fin mot du litige », antisémite ou pas, sioniste ou pas, ou bien encore transgenre ou pas, transhumaniste ou pas, etc., – sans aucun doute, sans m’en dissimuler une seconde parce que là n’est vraiment pas l’essentiel, parce qu’enfin croire le contraire serait signaler que la démence-PC vous a désormais frappé vous-même. Si vous acceptez de suivre les règles de cette dialectique, vous entrez dans la ronde infernale de leur démence, et vous n’en sortirez qu’avec un entonnoir sur la tête, pour vous protéger en mode-bio des retombées de la fin du monde. Ce qui m’importe, ce sont les deux aspects qui se découvrent de la doctrine-PC, ou progressisme-sociétal, et complète en s’y intégrant, sur sa gauche, la culture-Armageddon : l’aspect terroriste et l’aspect suicidaire…

• L’aspect terroriste, sans aucun doute, aussi terroriste pour la substance opérationnelle des esprits que l’est pour la substance opérationnelle de l’univers physique la doctrine-MAD lorsqu’elle est poussée à son extrême. L’extrême de la doctrine MAD est la menace de l’anéantissement du monde physique par le nucléaire ; l’extrême de la doctrine PC est la menace de l’anéantissement du monde intellectuel par la dialectique. Voilà les deux vecteurs terroristes de la “culture-Armageddon” dont notre civilisation a fièrement accouché. Dans les deux cas, la psychologie est affectée, elle est ouverte, sinon offerte absolument, comme peut l’être une fille au sens du XIXème et des frères Goncourt, à l’incursion de la démence.

• L’aspect suicidaire va de soi, comme le montre l’affaire NYT-Chappate, comme symbole, opposant deux acteurs également PC : au nom de la doctrine-PC qu’ils vénèrent également, ils s’attaquent réciproquement, se condamnent, se déchirent, se haïssent, s’humilient, se crêpent le chignon, et finalement renoncent de factoà toute forme réelle d’activité intellectuelle (jugement « sur le fin mot du litige) dans ce segment de la polémique. Bientôt, ce sera la raison elle-même qui sera mise en cause si ce n’est déjà fait certes, et la réaction sera évidemment de l’abandonner parce que la raison peut conduire à des jugements et des constats que le doctrine-PC ne peut envisager. Il ne restera plus alors que de suivre la voie de la démence et ainsi sera mis en place le dessein suicidaire de la doctrine-PC. Là aussi, l’aspect complémentaire de la doctrine-MAD est parfait et la démonstration de l’aspect suicidaire de la “culture-Armageddon” est acceptable.

Je crois qu’arrivé à ce constat logique de la complémentarité des deux, pour mieux définir la culture-Armageddon il faut trancher, c’est-à-dire dépasser la logique justement pour entrer dans le domaine de l’intuition, parce que la logique nous laisse totalement insatisfaits et frissonnant, entre terreur et suicide… Il y a, dans le texte retrouvé de dd&e, ce passage qui absout la logique en la renversant, et par-là même qui l’envoie dans la poubelle la plus proche, et donc certes nous invite effectivement à trancher (je souligne de gras les passages qui importent au vulgum pecus que je suis) :

« Ce qu’a montré la fin de l’URSS, c’est que cette référence-Armageddon n’était pas accidentelle, circonstancielle, imposée par le communisme, la crainte de l’holocauste nucléaire, etc. Au contraire, elle était et reste complètement structurelle, absolument fondamentale pour l’américanisme extrémiste que nous décrivons, – ce pourquoi l’on peut parler de “culture-Armageddon”. Au-delà même : Armageddon est non seulement fondamental pour cette psychologie [de l’américanisme], il lui est nécessaire comme l’oxygène l’est à la vie… »

Ce passage dit bien que ce que l’on a nommé “doctrine-MAD”  parce qu’il s’agissait effectivement d’une doctrine rationnelle n’a d’utilité que dans la mesure où elle s’adapte parfaitement au raisonnement sur la “culture-Armageddon”. En soi, elle ne représente rien de décisif, et, effectivement là encore, la suite de sottises et de ratages incroyables, de débilités impuissantes, d’éjaculations précoces et de coitus interruptus, surtout à partir de 9/11, a démontré sa vanité. De l’Irak à l’Iran, à la Syrie, à la Russie, à la Corée du Nord, personne dans la dynamique du système de l’américanisme n’est parvenu à transcender cette doctrine-MAD pour en faire la déclencheuse de l’Armageddon. (Attente jusqu’ici infructueuse de la Troisième Guerre Mondiale.)

… Ce qui me conduit à avancer ceci : j’en viens enfin à considérer que la véritable doctrine répondant au besoin d’Armageddon, c’est bien la doctrine-PC qu’on pourrait désigner aujourd’hui, pour la satisfaction de la diversité et l’élévation à la dignité qui lui sied, doctrine-LGTBQ. Ainsi en viendrais-je à considérer que la clef d’Armageddon se trouve dans cette intervention du progressisme-sociétal, à la fois terroriste et suicidaire.

Dans ce cas, l’Armageddon échappe à sa référence, et s’il reste un Armageddon dans sa définition première et primaire (« …le terme “Armageddon” est[…] employé pour qualifier une destruction catastrophique »),ce n’est pas en tant que symbole de l’ultime bataille du Bien contre le Mal comme l’aurait voulu les extrémistes de la doctrine-MAD échappant à la logique rationnelle, mais en tant qu’outil d’une extraordinaire efficacité pour accomplir le déstructuration-dissolution-entropisation de tout ce qui est organisation humain et civilisationnel ; c’est-à-dire la déstructuration-dissolution-entropisation d’abord des États-Unis où fleurissent ces Cent-Fleurs de cette pensée. Ce processus ne peut être le fait que des individus américanistes devenus entités informes et sans la moindre singularité comme nous le suggère l’évolution de cet aspect-là de la “culture-Armageddon” ; c’est-à-dire production intrinsèque, déstructurée totalement et absolument dissoute jusqu’à l’entropie de l’esprit, venue directement des « puanteurs foucaldiennes des restes de l’Empire[des USA] » ; ou, pour faire moins simple, se rapportant à cette citation Jean-Marc Mandosio dans son Longévité d’une imposture – Michel Foucault (Édition de l’Encyclopédie des Nuisances, 2010),

« La destitution de l’idée d’“individu” au profit d’une “singularité” sans essence , pure potentialité susceptible de prendre n’importe quelle forme et d’en changer à volonté, est contemporaine de l’émergence du néocapitalisme festif, dont le mode vie gay a constitué le prototype à la fin des années soixante-dix, avec la bénédiction cde Foucault… »

Où l’on voit que le doctrine-PC devenue doctrine-LGTBQ apparaissait effectivement dans ses limbes foucaldiennes alors que la doctrine-MAD en était à son chant du cygne (décennies 1970 & 1980) devant la disparition prochaine, puis actée de l’URSS, qu’elle était ainsi  complètement vidée de sa substance, découvrant le vide de son essence ; qu’elle était donc, cette doctrine-PC devenue-LGTBQ, destinée après sa naissance et ses premières envolées, son cheminement hésitant puis de plus en plus triomphant, finalement son formidable essor notamment à partir du début des années 2010 pour sa phase finale et paroxystique, à occuper l’essentialité du cimier de la “culture-Armageddon” et à organiser la bataille de la catastrophe finale, ou Bien et Mal selon la logique de l’interprétation humaine n’auraient en rien leur place, où le trinôme déstructuration-dissolution-entropisation s’occuperait d’activer l’effondrement qui justifierait l’étiquette d’Armageddon.

Nous y sommes sous peu…

 

Note

(*) Pour servir de pense-bête, l’Armageddon de Wikipédia : « En 609 av. J.-C., le roi Josias du royaume du sud, royaume de Juda, est défait et tué sur la colline fortifiée de Megiddo (Har Megiddo) par le pharaon Nékao II. Cette défaite, alors que le Dieu des défenseurs de Mégiddo était censé les protéger, est ressentie comme une catastrophe traumatisante, et c’est en son souvenir que le terme “Armageddon” est ensuite employé pour qualifier une destruction catastrophique. […] Ce mot est utilisé pour désigner des batailles catastrophiques, éventuellement d’ampleur planétaire, et, au sens de bataille finale, celle dont l’issue donnera la victoire définitive. Ainsi, à l’inverse du dicton “perdre une bataille mais pas la guerre”, désigner une bataille à venir comme un Armageddon, c’est sous-entendre que perdre cette future bataille, c’est perdre la guerre. »

https://www.dedefensa.org/article/la-doctrine-lgtbq-ou-notre-armageddon

SUR LES TROUBLES DE NOTRE TEMPS

SUR LES TROUBLES DE NOTRE TEMPS

En janvier 2008, j’ai pris un instantané verbal des nombreuses mauvaises actions que le gouvernement britannique nous faisait à l’époque. Aujourd’hui, je vais le transmettre au présent. Mon objectif est de mieux comprendre les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, et pas seulement au Royaume-Uni. Et ainsi, essayer de comprendre ce qui se passe en dessous.

Ma liste de 2008

Voici quelques brefs extraits de mon instantané:

«Ici en Angleterre, les nouvelles sont uniformément mauvaises. Il y a une crise financière et une récession imminente. Les prix des denrées alimentaires et du carburant montent en flèche Les fascistes de style de vie, ayant déjà fait des fumeurs des parias, tentent maintenant de faire de même avec les buveurs d’alcool. La vente de nos maisons a été rendue plus difficile. Le super-État européen nous est imposé par la porte arrière. Les impôts, comme toujours, montent et montent, même si on nous dit qu’ils sont en train d’être réduits. Les caméras nous filment partout où nous allons.

«Pendant ce temps, des excuses sont lancées pour que nous ayons encore plus de soucis et d’indignités à nous imposer dans les aéroports. Pour une détention encore plus longue sans procès. Pour des sanctions encore plus sévères à l’encontre des conducteurs qui enfreignent les limitations de vitesse arbitraires, celles-ci étant abaissées de manière effrénée. Et le projet de carte d’identité, conçu pour nous réduire tous à rien de plus que des chiffres et des échantillons d’ADN dans une base de données, va de l’avant. L’agenda du contrôle est incontrôlable.

«Tout cela est accompagné de torrents de propagande anti-humaine. De «nous sommes un fardeau pour la planète» à «les chimpanzés sont plus intelligents que les humains», les ennemis de l’humanité ont une journée bien remplie. Et, globalement, il y a un voile de peur constante. Peur du terrorisme, peur de la récession, peur du changement climatique, peur de tout type de risque. Comme l’a récemment observé le sociologue Frank Furedi: « Nous vivons vraiment à une époque où la plupart des dirigeants ont du mal à croire en un avenir terrifiant. »

La période intermédiaire

L’espace ne me permet pas de donner beaucoup de détails sur les événements depuis 2008. Mais je vois certainement une continuation et une expansion des tendances que j’avais vues à l’époque. Certes, nous, citoyens ordinaires du Royaume-Uni, avons gagné sur quelques points. Nous avons notamment réussi à arrêter le projet de carte d’identité. Nous avons en quelque sorte dévié leur projet de «guerre à l’alcool» vers des cibles plus douces comme le soda et le chocolat. Et finalement, la période de détention sans jugement a été réduite à 14 jours. Mais même cela est beaucoup plus long que dans d’autres pays. Ainsi, bon nombre des problèmes que j’ai énumérés – le gouvernement nous harcelant, nous appauvrissant et violant nos droits – continuent sans relâche.

Dans le domaine financier, par exemple, la récession prévue s’est effectivement matérialisée. Les banquiers défaillants et en faillite ont obtenu des plans de sauvetage que les contribuables devaient payer. Depuis lors, l’économie a connu des hauts et des bas, mais surtout des bas. L’industrie a connu un déclin, comme en témoigne la récente faillite de British Steel. Les prix ont augmenté inexorablement, sans augmentation des salaires pour compenser. (Un résultat sans surprise des politiques qui rendent l’énergie inutilement chère; ainsi que le soi-disant «assouplissement quantitatif», également connu sous le nom de gonflement de la monnaie). Les impôts ont eux aussi énormément augmenté. Tous les quelques mois, il y a une nouvelle ruse pour retirer encore plus de notre richesse durement gagnée et la nourrir dans la gueule insatiable de l’État.

En ce qui concerne les caméras nous espionnant, il y a maintenant une personne sur 14 au Royaume-Uni. Mais aussi, beaucoup de ces caméras peuvent maintenant faire des choses qu’ils ne pouvaient pas auparavant, comme la reconnaissance faciale. De plus, les révélations d’Edward Snowden nous ont fait prendre conscience de l’ampleur de la surveillance à laquelle nous sommes tous soumis dans les pays anglophones. Mais depuis lors, les suspects habituels ont demandé à plusieurs reprises davantage desurveillance! Et en 2016, le projet de loi sur la «Charte Snoopers» leur en donnait justement le sens;bien que les recours à son encontre continuent d’être portés devant les tribunaux.

On nous dit souvent que cette espionnage a pour but de «lutter contre le terrorisme». Il est certain qu’un certain nombre d’attaques terroristes ont eu lieu dans des pays occidentaux au cours des dix dernières années environ. Comme à l’accoutumée, les médias ont réagi de manière exagérée. La réalité est qu’en 2010, le terrorisme non étatique a causé environ 13 000 morts dans le monde. Pour chacun de ces décès dus au terrorisme, il y a eu environ 5 morts dans des conflits armés «officiels», 40 par violence interpersonnelle et 60 par suicide. Depuis lors, la grande majorité des attaques terroristes ont eu lieu au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Beaucoup ont été en Irak, en Afghanistan et en Syrie; qui ont tous été la cible d’actes militaires des gouvernements occidentaux, qui ont fait au moins un million de morts dans ces pays.

Le fait est que le terrorisme est méchant et destructeur; mais les gouvernements politiques sont beaucoup plus méchants et plus destructeurs. Le terrorisme n’est pas une bonne raison de restreindre les droits des innocents.

Ensuite, il y a l’inconduite policière et la brutalité. La confiance dans la police est faible dans de nombreuses villes du Royaume-Uni, en particulier chez les Noirs. Il y a eu des cas d’arrestation injustifiée d’un député et d’inconduite policière contre un autre. Même à côté du meurtre de Jean Charles de Menezes en 2005, il y a eu le meurtre douteux de Mark Duggan, qui a déclenché de nombreuses émeutes. Et la police a taser un homme aveugle. Pourtant, le gouvernement veut donner plus de pouvoirs à la police, y compris des pouvoirs «d’urgence» pour accéder aux archives téléphoniques et Internet. Et ils veulent distribuer des pistolets paralysants à tous les policiers!

Il y a ensuite l’introduction par Cameron de «tribunaux secrets», comprenant des preuves secrètes et des audiences à huis clos. Une violation manifeste des droits de l’homme; et susceptible d’être utilisé, semble-t-il, contre tous ceux qui dérangent l’établissement, même pour des affaires mineures.Combinez cela avec un climat suffocant de politiquement correct, dans lequel nous courons tous le risque d’être accusés de «crimes de haine» nébuleux et diversifiés, et vous avez effectivement la tyrannie.

Ajoutez à tout cela le scandale de nombreux députés qui réclament des dépenses excessivement excessives. Le NHS échoue – encore. Chiens de micro-déchiquetage; serons-nous les suivants? Plus de paperasserie pour lier les entreprises. Une proposition visant à supprimer les espèces, rendant ainsi chaque article de chaque achat, aussi petit soit-il, traçable via une base de données jusqu’à l’individu qui l’a fait – une aubaine pour la police de la vie, non? Sinon aussi au percepteur.

Il y a ensuite l’immigration à grande échelle, délibérément encouragée par le gouvernement;vraisemblablement, pour augmenter l’assiette fiscale dans le but de consolider le régime de Ponzi appelé Etat providence. Ironiquement, accompagnés par un scandale dans lequel de nombreux résidents britanniques de longue date ont été traités comme des immigrants «illégaux». Et une proposition de peines de prison plus lourdes pour «la traite de personnes!». Parallèlement, les demandeurs d’asile peuvent être détenus indéfiniment sans audience.

Mais le pire des comportements parmi la classe politique britannique a été observé dans deux domaines: le Brexit et l’environnement. En dépit d’une instruction très claire de la population et malgré son engagement dans leurs manifestes électoraux, ils n’ont pas réussi à sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne. Il est devenu évident que beaucoup, sinon la plupart, de la classe politique ne veulent pas le Brexit et ne l’ont jamais fait. Ils ont fait passer leurs intérêts égoïstes et partisans avant la volonté exprimée par le peuple. C’est atrocement de mauvaise foi. Certains d’entre eux, même, ont travaillé de manière sournoise à un résultat qui pourrait ressembler à une sortie, mais qui lierait de plus en plus le Royaume-Uni à l’UE.

En ce qui concerne l’environnement, tous les principaux partis ont sombré dans une folie verte. Ils et leurs médias ont soutenu la fraude «les humains causent des changements climatiques catastrophiques» avec tout ce qu’ils ont. Non seulement nous rendons l’énergie beaucoup plus chère que nécessaire, mais nous compromettons également la stabilité du réseau électrique à l’avenir. Ils ont fait beaucoup de mal au «problème» des déchets plastiques. Même si la plupart des plastiques qui se retrouvent dans les océans proviennent d’Asie; et le Royaume-Uni n’a jamais été un contributeur significatif au problème. Ils ont pris des engagements vis-à-vis de l’UE et des Nations unies en matière de pollution de l’air, qui ne peuvent être tenus. Nous soumettre à ces limites collectives inflexibles, toujours plus strictes, était clairement un acte de mauvaise foi. Mais en conséquence, ils cherchent maintenant à rendre la conduite de voitures tellement coûteuse que beaucoup d’entre nous risquent de perdre totalement leur mobilité personnelle. Au-delà de cela, ils ont interdit les nouvelles voitures à essence et au diesel à partir de 2040. De plus, nos soi-disant «représentants» ont capitulé devant un groupe de militants écologistes extrémistes et perturbateurs et ont proclamé une «urgence climatique» pour laquelle il n’y a aucune preuve tangible.

Le monde entier

En regardant le monde au sens large, vous voyez des problèmes similaires. Des gouvernements entiers ont été renfloués – Islande, Grèce, Irlande, Portugal, Chypre. Les classes politiques ne montrent pas de respect ou d’inquiétude pour les gens ordinaires. Il y a de la malhonnêteté partout. Le débat politique est devenu de plus en plus polarisé et plus tonique. L’agenda vert est endémique. Même les églises y ont souscrit. Pendant ce temps, la vie devient de plus en plus une lutte pour les gens ordinaires.

Dans de nombreux endroits, il y a des émotions «de base» chez ceux qui en ont marre de tout le système. Dans les démocraties, de nouveaux partis politiques voient le jour, comme le Brexit. Mais rien ne semble apporter de réel changement. Le «Printemps arabe» tant vanté s’est pratiquement éteint, la Tunisie étant le seul pays de la région à avoir procédé à des réformes significatives. Et l’extrémisme islamique est en hausse dans des endroits comme la Turquie.

Pendant ce temps, des problèmes persistent dans des pays tels que l’Ukraine, le Venezuela, l’Irak, la Syrie et l’Afghanistan. Et les espoirs de nombreux Américains et autres, que Donald Trump se révèle être différent et meilleur que ses prédécesseurs, commencent à s’estomper. En effet, les États-Unis semblent poursuivre leur politique consistant à se comporter comme le plus gros tyran du monde.

Une perspective à plus long terme

Je pense que nos problèmes d’aujourd’hui sont le résultat de plus d’un siècle et demi de déclin politique et moral. Comme je l’ai décrit dans un essai précédent, une bataille de plusieurs siècles a opposé deux visions opposées de la politique. L’un est l’Etat du Leviathan, dans lequel les classes dirigeantes ont essentiellement le droit de faire ce qu’elles veulent, et où les droits et libertés des citoyens ordinaires n’ont pas d’importance. L’autre est la vision ascendante des Lumières, dans laquelle le gouvernement est censé être pour le bien du peuple – c’est-à-dire de tout le monde. Pendant une brève période du 19ème siècle, les valeurs des Lumières étaient en hausse. Mais depuis lors, Léviathan a riposté et a inexorablement accru son pouvoir, sa capacité de destruction et son arrogance.

Au Royaume-Uni, il me semble que les réformes du XIXe siècle en faveur du suffrage universel contenaient également les germes de la pourriture. Comme je l’ai raconté ailleurs, la «démocratie» ne s’est pas révélée être un véritable frein à l’État. Au contraire, cela a eu l’effet inverse, en donnant une fausse légitimité aux mauvais gouvernements. La situation s’est aggravée lorsque les partis politiques ont commencé à faire appel à des groupes d’électeurs particuliers, dans le but de faire bénéficier leurs propres partisans (et eux-mêmes) aux dépens de tous les autres. Puis, dans les années 1980, les partis ont commencé à converger. Les factions de la classe politique ont commencé à s’aligner les unes contre les autres et contre les intérêts du peuple qu’elles étaient censées servir. Quelque chose de similaire s’est passé dans les médias aussi. À tel point qu’il est maintenant très rare que les médias grand public s’écartent du message politiquement correct du jour. Même lorsque ce message n’est que mensonge, déception et battage publicitaire.

Pendant ce temps, les grandes entreprises ont pris part à l’acte. Ils ont commencé à faire pression sur le gouvernement pour obtenir des subventions ou des politiques favorables ou défavorables à leurs concurrents. Cet inceste entre les entreprises et le gouvernement a entraîné une augmentation du pouvoir et de la richesse des deux, aux dépens des petites entreprises et des citoyens ordinaires. Et ainsi, la richesse a été redistribuée des pauvres et des classes moyennes aux riches. Entre-temps, le secteur financier, encouragé par le gouvernement (et certains prétendant le copier), est devenu de plus en plus irresponsable avec l’argent des autres.

Pour ajouter à tout cela, la classe politique britannique a adopté avec enthousiasme l’agenda mondialiste, internationaliste et environnementaliste, colporté par les Nations Unies et l’Union européenne. Ceci malgré les politiques résultant de ce programme étant ruineux pour les gens ordinaires. Mais la classe politique étatiste s’en fiche. Agir de mauvaise foi, au détriment des intérêts des personnes qu’ils sont censés servir, est devenu pour eux la norme et non l’exception.

Comment ont-ils pu s’en tirer?

Comment l’État a-t-il réussi à nous faire toutes ces choses sans déclencher une révolution? Une solution consiste à offrir aux gens des « carottes », pour leur faire croire que l’État leur est bénéfique.L’éducation en est un exemple. Au départ, la fourniture par l’État d’un enseignement a effectivement amélioré les normes; mais à long terme, il semble avoir produit un échec. Et quand une classe politique établit le programme, ce qui sera enseigné ne sera que ce que la classe politique veut apprendre.

Le bien-être social, les retraites et les soins de santé sont davantage des carottes. Mais évidemment, les carottes doivent être payées par quelqu’un. Et cela ne peut être que le contribuable. C’est pour cette raison et pour le vieillissement de la population bénéficiaire que les taxes augmentent. C’est aussi pourquoi ils veulent se débarrasser de leur argent. pour rendre même les plus infimes transactions visibles, et donc taxables. Et c’est pourquoi ils encouragent une immigration à grande échelle, malgré les problèmes culturels qu’elle entraîne. Toutes ces choses ont été faites de mauvaise foi.

Une autre chose que fait l’État est de prendre des mesures pour se protéger. C’est là l’objet de la surveillance: l’État qui demande l’alerte rapide de toute opposition éventuelle. C’est également l’objet du politiquement correct et des tribunaux secrets. La classe politique veut pouvoir obtenir qui elle veut, l’innocence n’est pas une défense. Et, bien que la possession d’armes à feu n’ait jamais fait partie de la culture britannique, je pense que ce n’est pas un hasard si le massacre de Dunblane a été utilisé comme un levier pour instaurer des lois très strictes sur les armes à feu. Toutes ces choses aussi ont été faites de mauvaise foi.

Et puis il y a les frayeurs. En 1918, HL Mencken écrivait: «Tout le but de la politique concrète est de garder la population alarmée (et par conséquent de réclamer la sécurité) par une série sans fin de hobgoblins, la plupart imaginaires. » Et l’Etat a pris ses conseils très sérieusement.

Le terrorisme en est un exemple. réel, mais grossièrement overhyped. Les menaces environnementales – réchauffement de la planète, pollution de l’air, extinction d’espèces – sont beaucoup moins réelles. En effet, en regardant de manière objective sur ces questions, je ne trouve aucune preuve qu’aucune d’entre elles soit un gros problème. Parler, comme certains, du changement climatique en tant que menace comparable à une guerre mondiale est une pure folie.

Cependant, je trouve de nombreuses preuves de délabrement de la part des alarmistes, du gouvernement lui-même et de ses conseillers. Ils cherchent à freiner et finalement à détruire notre civilisation industrielle, qui a tant fait pour nous tous – y compris eux-mêmes. Ils ont déplacé arbitrairement des poteaux de buts, passant par exemple d’une cible de 2 degrés au-dessus des niveaux «préindustriels» à 1,5 degrés. Ils ont déguisé la politique en science. Ils ont refusé de publier des données pour permettre la réplication d’études. Ils ont supprimé, mal représenté et (probablement) des données falsifiées. Ils ont cherché à supprimer les opinions divergentes. Ils ont blanchi à la chaux les allégations d’inconduite alarmiste. En matière environnementale, ils ont inversé le fardeau de la preuve et nié la présomption d’innocence. Et ils ont pris des engagements coûteux pour nous tous, sans justification rigoureuse. Dans toutes ces choses, la classe politique et ses cohortes ont agi de mauvaise foi.

Où va l’état?

Pendant un certain temps, un État peut se permettre de telles ruses. La classe politique, ses médias et ses pendants peuvent mentir et déformer la vérité. Ils peuvent rejeter toutes les critiques, ne jamais corriger leur histoire et ne jamais admettre qu’ils se sont trompés. Ils peuvent intimider les gens en leur faisant croire et suivre leur programme. Ils peuvent harceler, intimider, appauvrir ou même assassiner quiconque tente de leur nier. Mais à long terme, il s’agit d’une stratégie à haut risque. Au bout d’un moment, les statistes commenceront à perdre le cœur et l’esprit des gens. En effet, cela se produit déjà.

Mais l’essentiel, je pense, est que, comme l’a indiqué Frank Furedi, la classe politique et ses médias ont du mal à trouver une solution – voire presque impossible – d’observer des perspectives positives pour l’avenir. Cela soulève la question: de quoi ont-ils peur? Qu’est-ce qui fait que la classe politique mondiale et ses partisans sont si négatifs à propos de l’avenir?

Mon diagnostic est comme suit. Je pense que les classes politiques savent que, malgré tous leurs stratagèmes, leur État et le système politique actuel perdent lentement mais sûrement leur crédibilité et leur soutien parmi le peuple. Et une fois que les gens voient à travers l’une de leurs escroqueries, tous les autres deviennent immédiatement suspects; et la mauvaise foi qui les sous-tend devient de plus en plus évidente. Il devient évident que le système actuel n’est pas viable, que ce soit sur le plan politique ou économique. Et c’est ce qui rend les statistes craintifs; parce que la conséquence inévitable est que leur système finira par s’effondrer et qu’eux-mêmes seront évincés du pouvoir.

Cette perte de crédibilité est la plus grande dans les pays anglophones, comme le Royaume-Uni et les États-Unis; mais cela se passe aussi ailleurs. Pour le moment, ceux d’entre nous qui nous sommes réveillés et ont perdu tout respect et tout sentiment de solidarité envers l’État et sa classe politique sont minoritaires. Mais nous augmentons. Quand suffisamment de gens comprendront à quel point ils ont été traités, il y aura beaucoup de colère contre les responsables. Cette colère, correctement canalisée, peut conduire à un réel changement pour le meilleur.

C’est une période dangereuse, bien sûr. Nous devons non seulement répandre la vérité sur l’État et expliquer nos alternatives, mais nous devons également rester en vie et solvables. Mais nous nous devons, ainsi qu’à notre entourage, d’être toujours rationnellement optimistes pour l’avenir. Les optimistes ont parfois tort, bien sûr; mais nous ne pouvons pas nous permettre d’être pessimistes. En fin de compte, les pessimistes ont presque toujours eu raison!

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Pompiers et incendiaires

Pompiers et incendiaires

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26 mai, 2019
Tribune libre

Michel Raimbaud

C’était hier, en décembre 1991. En deux ans, le monde a changé de base. L’ordre bipolaire Est-Ouest vient de s’écrouler suite à la disparition de l’URSS. L’Occident sort vainqueur d’une compétition qui à vrai dire n’a pas duré plus de 45 ans, un temps plutôt court à l’échelle de l’Histoire. Enivrée par un triomphe inattendu qui est avant tout le sien, l’Amérique pavoise sans trop savoir que faire. En 1992, l’un de ses politologues, Francis Fukuyama, décrète que l’Histoire est finie faute de protagoniste à la mesure de la seule superpuissance survivante.

Et le chœur occidental abasourdi gobe avec délices cette ânerie : selon ce prophète trop pressé, le monde se serait figé sans autre choix que le ralliement au nouveau maître. Pour les refuzniks en puissance, il s’agit de se soumettre ou de se démettre : prenant la succession du « monde civilisé » de l’ère coloniale et du « monde libre » de la guerre froide, la « communauté internationale » is born, comme on dit dans le volapuk globish. Les Etats qui osent refuser la nouvelle règle du jeu américain sont relégués dans la géhenne des Etats hors-la-loi, faillis, voyous, parias, « préoccupants », comme on dira bientôt. Et les pays « libérés » du communisme doivent entreprendre une reconversion expresse sans concessions, sans fioritures… Se débarrasser des faucilles, des marteaux, de l’Internationale prolétarienne et, pour beaucoup de leurs élites, de tout un passé devenu encombrant.

On ne l’appelle pas encore ainsi, mais le « moment unipolaire américain » est en marche et n’aime pas ceux qui traînent les pieds. Pourtant, l’éternité que prévoit implicitement l’ouvrage de Fukuyama (La fin de l’Histoire et le dernier homme) finira trop vite pour paraître longue. Elle ne dépassera pas la vingtième année. C’est en 2011, après vingt ans de méfaits, que le moment unipolaire battra de l’aile. L’Histoire reprendra sa marche vers un ordre mondial plus équilibré : en mars 2011, Russie et Chine se font forcer la main et rejoignent une dernière fois la « communauté internationale » pour laisser implicitement le champ libre à l’intervention de l’OTAN en Libye, mais en octobre de la même année, un double véto de Moscou et Pékin met un terme à l’omnipotence de Washington et de ses supplétifs en interdisant toute intervention de regime change à Damas.

En 2019, l’ordre imposé par l’Amérique, injuste, tyrannique et chaotique, est agonisant. L’Occident, qui répugne à l’admettre, croît toujours dur comme fer à sa primauté naturelle, au nom d’une universalité clamée et revendiquée. Il préfère ne pas voir que sa prétention est remise en cause par l’immense cohorte des peuples. Plus question au troisième millénaire d’admettre ce droit de cuissage tenu comme allant de soi par les maîtres de la planète. Durant ces quelques années, la géographie politique et la carte du tendre ont beaucoup changé, dans le monde arabo-musulman certes, mais également partout ailleurs.

Deux « camps » polarisent ce monde nouveau qui accouche dans la douleur. Le premier mise sur la légalité et le droit international pour parvenir coûte que coûte à un monde multipolaire équilibré, capable de vivre en paix. Le second, successeur du « monde libre » de jadis, n’a rien trouvé de mieux que l’instauration du chaos (« constructeur » ou « innovateur ») pour assurer la pérennité d’une hégémonie contestée. De part et d’autre, les hommes au pouvoir affichent un style en harmonie avec ces options de fond.

Sans négliger la compétition de jour en jour plus serrée entre l’Amérique et la Chine, et l’inéluctable choc des ambitions entre Trump, promoteur spontané du « chaos créateur », et Xi-Jinping, l’adepte méthodique de la « détente constructive », le duo russo-étatsunien reste pour l’instant au cœur de l’affrontement. Chefs de file des deux camps – Eurasie, Occident – qui ont pris la relève des protagonistes de feu le conflit Est/Ouest, Poutine et Trump sont des acteurs majeurs de la vie internationale et doivent coexister, qu’ils le veuillent ou non…

Il n’est pas nécessaire d’être un observateur très pointu pour deviner que les deux hommes n’ont guère d’atomes crochus. Loin d’être une simple affaire de style, c’est une question d’univers mental et intellectuel. Le hasard, par nature souvent fantasque, aurait décidé de rendre le monde invivable qu’il n’aurait pas agi autrement en permettant qu’à ce moment précis et décisif de l’Histoire deux personnalités aussi dissemblables soient chargées d’incarner et de « gérer » les retrouvailles au Sommet, sous forme de la confrontation directe que nous savons, entre les Etats-Unis et la Russie.

Si Vladimir Poutine est un chef d’Etat à la fois populaire chez lui et respecté à l’étranger, c’est qu’il est l’artisan incontesté de la renaissance de la Russie. Ce prestige enviable ne doit rien à un quelconque populisme de mauvais aloi ou à une posture démagogique, il est lié à l’ensemble de son œuvre. Le locataire du Kremlin communique volontiers. A son discours sans emphase on devine un homme confiant en son pouvoir, mais assurément peu porté aux familiarités. Pourtant, derrière ce visage placide se cache un pince-sans-rire qui de temps à autre surprendra avec une boutade inattendue, ravissant ses partisans et permettant aux néo-kremlinologues d’étoffer leur attirail de préjugés « occidentalistes ».

C’est pourquoi la petite phrase lâchée à Sotchi le 15 mai par le président russe, à l’issue de la rencontre avec son homologue autrichien Alexander Van der Bellen, ne sera pas tombée dans l’oreille de sourds. Interrogé lors d’une conférence de presse sur ce que son pays pouvait faire pour « sauver » l’accord sur le nucléaire iranien, Poutine a expliqué mi-figue mi-raisin : « La Russie n’est pas une équipe de pompiers, nous ne pouvons pas tout sauver ». On ne saurait mieux dire que de nombreux incendiaires se glissent parmi les « partenaires » auxquels Moscou aime à se référer avec un inlassable optimisme. Sans doute en son for intérieur considère-t-il Trump comme le plus dangereux d’entre eux.

Au feu les pompiers, v’là maison qui brule ! La comptine est à l’ordre du jour. « Pompiers et incendiaires » ? On dirait un jeu de société comme on les aimait hier, un peu ennuyeux et poussiéreux, mais efficaces pour distraire les enfants par temps de pluie, entre nain jaune et petits chevaux. Toutefois, on l’aura deviné, les pyromanes auxquels pense Poutine se situent dans un autre registre. Il ne s’agit pas des casseurs qui enflamment poubelles, voitures ou magasins dans les « rues » occidentales au nom d’une « militance » dévoyée… Le président russe songe sûrement à une catégorie de malfaiteurs qui échappe totalement aux accusations, poursuites et châtiments, celle des pyromanes d’Etat en costume cravate, perchés au sommet du pouvoir dans les « grandes démocraties » autoproclamées, relevant de l’Axe du bien ou de sa mouvance. Dans les « Etats de droit », on trouve légitime d’enflammer la planète afin d’écraser toute résistance à l’hégémonie de l’Empire Atlantique.

Dans ces mêmes pays, les professionnels de la pensée, de l’écriture, de l’analyse, de la diplomatie ou de la politique pérorent à loisir sur « le grand dessein », « la stratégie planétaire », les « ambitions géopolitiques », ou autres fariboles. Ils ne voient manifestement pas l’ombre d’une injustice, le soupçon d’une illégalité dans les équipées visant à dévaster des pays, des peuples, souvent des régions entières, restant de marbre à l’évocation du bilan effrayant des guerres meurtrières allumées par leurs dirigeants malfrats.

Nos modernes pyromanes sont insatiables : non contents de n’éprouver ni honte ni remords pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les génocides ou politicides déjà commis, ils menacent et sanctionnent à tour de bras, annonçant au grand jour leurs intentions agressives : Syrie, Libye, Ukraine, Iran, Venezuela, Russie, Chine, bref, tous les pays qui oseraient passer outre leurs oukazes.

Adieu le droit international, au revoir les accords internationaux, au diable la Charte des Nations-Unies, foin de la diplomatie et de sa langue désuète, de ses mièvres pratiques. En fait, avec près de 700 bases répertoriées par le Pentagone un peu partout, notamment en Europe, en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Afrique et plus de 200 000 militaires stationnés à l’étranger (dont 50 000 en Allemagne, des dizaines de milliers sur le reste du continent, 40 000 au Japon et 28 000 en Corée du Sud), les Etats-Unis d’Amérique et leurs sbires sont seuls face au monde.

Sous couvert de décisions erratiques, d’ordres et de contre-ordres, de dissensions au sein de son administration, Trump et sa fine équipe – le sinistre John Bolton, le doucereux Mike Pompeo, l’élégant Mike Pence, sans compter le gendre mirliflore Jared Kushner – sèment le chaos et allument l’incendie sur tous les continents, ce qui est précisément au coeur du grand dessein permettant à l’Amérique d’imposer sa loi au monde.

Washington avait réussi dans les années Reagan à entraîner l’URSS dans une course aux armements puis à l’enliser dans une guerre sans issue en Afghanistan, ce qui avait provoqué sa chute. L’équipe Trump cherche sans doute à répéter l’expérience en multipliant les foyers d’incendie un peu partout, en espérant que la Russie de Poutine se laissera entraîner à jouer au pompier universel. Au Venezuela l’engagement de Moscou rappelle celui de l’URSS à Cuba, l’effort pour enflammer les Etats Baltes et l’ex-glacis d’Europe de l’Est, la Géorgie, puis l’Ukraine, sont autant de provocations dans l’antichambre de la Russie.

Reste le Grand Moyen-Orient de Debeliou, qui reste au coeur du nouveau conflit Orient/Occident, de son épicentre (Syrie, Liban, Palestine, Jordanie, Irak) à ses extensions (Iran et Turquie, Yémen et péninsule arabe) y compris vers l’Afrique (du Nord, du Sahel, de la Corne, du Golfe de Guinée…). Il y a enfin la « transaction du siècle » inventée par Trump afin de « dissoudre » le peuple palestinien pour les beaux yeux d’Israël : les milliards payés et les sourires béats des autocrates pourraient bien embraser la poudrière…

Cette multiplication des foyers dans un monde où les fondements du droit et de la vie internationale sont violés sans scrupule, où les mots sont systématiquement utilisés à contre-sens vise à décourager les pompiers éventuels. Qu’ils se laissent prendre au piège et ils ne sauront plus où donner de la tête, s’épuisant à démentir de fausses nouvelles (infox) ou des accusations mensongères, à dénoncer des opérations sous faux pavillon, à maintenir un semblant de raison dans un monde de plus en plus chaotique, à respecter unilatéralement des principes dont les incendiaires se moquent.

Deux exemples illustreront l’hypocrisie de la situation :

Alors que tant d’experts et d’observateurs la déclarent finie et gagnée par Damas, la guerre se poursuit en Syrie dans un contexte confus et un brouillage des cartes impressionnant décourageant toute analyse crédible.

Le Dr Wafik Ibrahim, spécialiste en affaires régionales, note que, pour la seule libération d’Idlib, symbolique et spécifique dans cette neuvième année de guerre, « l’armée syrienne fait face à dix adversaires » qui conjuguent leurs efforts pour entraver le retour à la paix. Les masques sont tombés.

Erdogan est perdu dans un louvoiement acrobatique entre les Etats-Unis et la Russie, et dans une stratégie inextricable entre Moscou, Téhéran, les groupes terroristes qu’il parraine, les milices kurdes qu’il combat, tout en cherchant un hypothétique « chemin de Damas ». La Turquie est engagée militairement et sans réserve, par l’envoi direct de renforts et d’armement lourd aux organisations terroristes, en premier lieu le Jabhat al-Nosra (enseigne syrienne d’Al Qaida), rebaptisé Hay’et li Tahrir al Cham.

Pour l’Amérique, il s’agit de retarder, sinon d’empêcher le retour de l’Etat syrien dans le Nord du pays, dans le gouvernorat d’Idlib et/ou vers la rive est de l’Euphrate, en maintenant quelques éléments terrestres à titre dissuasif, au prétexte de combattre Da’esh, une création de facto de notre oncle Sam. On ajoutera les « soutiens automatiques » de l’Amérique :

Les Nations Unies et la Ligue Arabe, dans un rôle de paravents légaux et d’auxiliaires utiles de Washington; la Grande-Bretagne et la France, les supplétifs; l’Arabie Saoudite, qui continue de financer le terrorisme à l’est de l’Euphrate contre les Turcs, mais se joint à eux dans le gouvernorat d’Idlib; les Émirats, atout maître de l’Amérique, en Syrie notamment; tous ces protagonistes soutiennent les forces résilientes du terrorisme (encore 30.000 djihadistes de toutes nationalités).

Dans le même temps, l’étau des sanctions – armes de destruction massive dont l’usage est un véritable crime de guerre – vise à empêcher la reconstruction du pays et à provoquer le cas échéant un soulèvement contre « le régime ». Dans cette conjoncture, le lancement fin mai d’une énième affaire d’attaque chimique « attribuée comme il se doit au « régime de Bachar Al Assad » (du côté de Lattaquié) serait presque une bonne nouvelle, signifiant que la libération d’Idlib, gelée depuis septembre 2018 ( suite à la création d’une zone de désescalade sous l’égide des Russes et de la Turquie ), est enfin entamée par l’armée syrienne appuyée par l’aviation russe, malgré les manœuvres du nouveau Grand Turc. Le scénario est bien connu, et l’on y retrouve le « Hay’et li Tahrir al Cham » (ex-Jabhat al Nosra). Les intimidations pleuvent, sans doute en vain, les histoires sous « faux pavillon » faisant de moins en moins recette.

L’offensive lancée contre l’Iran par l’Amérique suite au retrait de cette même Amérique du « Traité nucléaire » de 2015 a fait monter la tension au Moyen-Orient de plusieurs crans. Les échanges de menaces tiennent surtout de la gesticulation, mais la sagesse est une qualité rare dans l’entourage du Picsou de la Maison-Blanche. Les pompiers s’affairent pour éteindre l’incendie toujours prêt à éclater dans les champs de gaz et pétrole de la région : entre Suisse, Oman et Russie, c’est à qui jettera son seau d’eau sur les flammèches. Le Kremlin veille à ne pas se laisser déborder : il a soutenu l’accord nucléaire et a encouragé Téhéran à y rester fidèle. Mais « les Américains sont les premiers responsables », « l’Iran étant aujourd’hui le pays le plus contrôlé et le plus transparent au monde sur le plan nucléaire ». « La Russie est prête à continuer de jouer un rôle positif », mais l’avenir du traité « dépend de tous les partenaires, les Etats-Unis, les Européens et …l’Iran ».

Aide-toi, la Russie t’aidera…Le discours est si raisonnable que l’on se demande parfois si la diplomatie russe, « insupportablement patiente » ne se trompe pas d’époque, face au phénomène Trump, à son Schtroumpf grognon, aux Européens résignés et aux cinglés, leurs alliés… Le temps est-il encore aux discours ?

Michel Raimbaud

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/429-pompiers_et_incendiaires_

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11 juin 2016 – Je suis sûr qu’Orlov me pardonnera. Ce n’est pas vraiment l’habitude de prendre à parti un chroniqueur, d’en faire ma “tête de Turc” pour une chronique ; encore l’expression “prendre à parti” est très exagéré, ainsi que celle de “tête de Turc”, pour un Russe de si belle eau. Disons que je me sers d’une critique tactiquement justifiée (d’Orlov) et une critique d’humeur sur le ton sarcastique qui le caractérise (Orlov), pour répondre à tout un courant de critique et surtout de désappointement qui a suivi les élections européennes, et qu’il (Orlov) exprime effectivement et avec talent.

Étant Français (on dit que cela se soigne, mais avec grande difficultés), j’ai été particulièrement sensible à cette réaction d’un certain désappointement de ceux qui attendaient un “raz-de-marée” populiste et qui n’ont eu que la grande marée annoncée. C’est particulièrement sensible en France où un histrion minable et absolument quelconque, qui annonce que s’il est battu ce sera une catastrophe, arrive à faire gober à toute sa troupe servile de lèche-bottes qui font profession de commenter les événements du monde en léchant les bottes du nabot déguisé en géant, que cette défaite crainte et dénoncée comme une catastrophe est après tout une victoire extraordinaire qui assure sa réélection pour 2022. Il n’y a pas à s’étonner d’une telle indignité du jugement, d’une telle distorsion du commentaire : ce n’est pas la faute des “foules endoctrinées” que dénoncent si souvent les extrémistes de la critique nihiliste de la crise, mais le travail de la cohorte de commentateurs-zombies qui s’agitent sous les caméras de télévision.

Au contraire de vilipender le peuple, les citoyens, les endormis, au contraire je les trouve incroyablement rétifs malgré tout ce qu’on leur serine chaque jour, chaque heure, chaque minute. Ceux qui disent “c’est 1984”ou “c’est Fahrenheit 451”n’ont pas lu le bouquin d’Orwell ni celui de Bradbury : on n’y trouve pas d’opposition, de révoltés, il y a une foule d’abrutis hallucinés avec un seul rétif ou peut-être deux, ou peut-être quelques-uns qui comprennent secrètement ou confusément l’affreuse situation, mais de toutes les façons ils sont battus d’avance et ne réagissent que d’une façon désespérée, comme des sans-espoir de la fin du monde.

D’une façon très différente, dans la vérité-de-situationde notre crise il y a un intense désordre où les sentiments les plus divers, – peur, angoisse, révolte, haine, fureur, soumission, etc., – s’expriment avec une force considérable ; et où, je le répète, la trouille, sinon la panique, et même la paralysie terrifiée se trouvent du côté des oppresseurs, – comprend-on cela, à la fin ! Comprend-on qu’aller faire les Gilets-Jaunes chaque semaine six mois de suite pour se faire cogner par les flics du Système, en une riposte d’une haute intelligence de nos maîtres-manœuvriers, ce n’est pas se conduire en zombie-consentants, enfin !

Je vais prendre telle et telle citations d’Orlov, mais je le répète, qu’on n’y voit aucune critique d’Orlov ; son talent est grand et je comprends la sorte de réaction qu’il exprime, aussi est-ce quasiment une marque de respect si je le prends comme référence, parce qu’il exprime si bien ce que je veux mettre en question tout en ne condamnant pas ceux qui s’expriment de la sorte. Juste un peu d’agacement, parfois, ici ou là, votre serviteur n’étant pas étranger à l’exaspération…

D’abord, il y a les illusions du passé par rapport au désordre du vide actuel… C’est-à-dire l’état du Système, tel qu’il fut et la façon dont il a évolué.

• J’aime beaucoup Orlov, mais je diverge de ses observations lorsqu’il est conduit, pour mieux décrire l’absurdité baroque de la situation, à penser par contraste que les partis d’antan étaient de ces temples presqu’“austères” de la réflexion politique, – je veux dire, lorsqu’on pense aux combines des “rad-soc” français, à la corruption dès l’origine des partis US, au caporalisme hyper-aligné des délibérations du Politburoet autres partis uniques, etc., et exemples sans fin« Par le passé, les partis politiques étaient fondés sur une idéologie qui leur permettait de formuler des programmes et des plans d’action. Toutes ces choses étaient discutées au cours de débats au sein des partis et de polémiques entre partis dans la presse. Il s’agissait d’institutions durables, souvent à la limite de l’austère, qui ont persisté pendant des décennies… […] Les fêtes sociales, d’autre part, étaient des occasions joyeuses où les gens se réunissaient pour essayer de s’impressionner mutuellement par leur esprit, leur style, leur sens de la mode et leurs connaissances… »

• Comme il le dit des partis traditionnels qui ont si mal figuré dans ces élections européennes, il n’y a rien de bien nouveau. Ils pensent n’importe quoi dans les limites imposées puisqu’il ne s’agit que de se distribuer places et prébendes, et ils croient que l’Europe existe, ce qui est une des glissades intellectuelles les plus pratiques, une sorte de mille-feuilles de la pensée unique des derniers trois-quarts de siècles pour éviter de s’aventurer en territoire dangereux, en débitant sans risque une multitude de lieux communs qui satisfont la conversationSystème tout en vous donnant fort belle allure. Alors l’on poursuit sur la même pente et l’on se plante parce qu’entretemps les temps ont changé…

« Les partis libéraux et centristes traditionnels ont perdu surtout parce qu’ils sont perdus depuis le début, coincés dans un pays fantasque de poneys volants et de licornes aux pets arc-en-ciel. Ils continuent de penser que la conception originale d’une Europe unie est encore exactement ce qu’il faut, à l’exception peut-être de quelques ajustements. »

Ensuite, vient la description des élections européennes, particulièrement dans le chef des partis dits “populistes”, dont tout le monde attendait beaucoup, – ceux-là qui constituent « la moitié [de ces] partis politiques qui ont participé à ces élections[, qui] n’existaient pas il y a cinq ans. »

Appréciant ces divers pays et partis, Orlov a des jugements de bon sens, essentiellement sur leur éclatement, leur diversité, leurs différences de conceptions, leur incapacité somme toute de s’organiser en un front commun capable d’investir le pouvoir, ou disons de jouer un rôle conséquent, notamment dans ce Parlement Européen…

« La Ligue du Nord en Italie a commencé comme parti séparatiste mais veut maintenant jouer un rôle dans le populisme paneuropéen. Bon nombre d’entre eux ont des orientations idéologiques si confuses qu’elles peuvent paraître schizophréniques : le parti hongrois Fidesz  est anti-communiste mais prosocialiste, contre la centralisation européenne mais pour une Europe unie, contre l’égalité de traitement mais pour la discipline financière allemande et, bien sûr, pour plus d’argent pour Bruxelles et pour une OTAN plus forte. […]
» Voici une carte électorale de l’Europe. Pouvez-vous voir comment cet endroit peut être gouverné sur la base des préférences du fol assemblage de ces partis ? Pouvez-vous voir quelque chose de particulièrement uni à ce sujet, d’un point de vue politique ? Certainement pas moi… »

Après diverses considérations toutes fondées, qu’on retrouve sous la plume des commentateurs antiSystème les plus réalistes, et qui tiennent à prendre leurs distances de l’espèce d’ivresse qui avait envahi certains esprits avant ces élections, au gré des sondages, on choisira cette phrase qui résume tout, qui conclut la réflexion, qui permet enfin d’embrasser l’essentiel :

« Il semble y avoir une seule chose qui les unit tous, c’est l’opposition à la pensée rationnelle. »

Pour Orlov, l’affaire est tranchée et les hypothèses sur l’avenir s’imposent, elles deviennent bien entendu farfelues et ironiques comme son esprit l’incline à traduire la mesure de ce qu’il juge être la situation : « Pour voir où va l’Europe, nous devrions regarder l’Ukraine », « En attendant, continuez à faire la fête jusqu’à ce que vous tombiez, parce que c’est ça la démocratie ».

Nul ne peut véritablement démentir ces divers propos, effectivement si l’on s’en tient à « la pensée rationnelle ». Je pense justement que « la pensée rationnelle » ne suffit plus du tout, si tant est qu’on puisse encore lui faire encore confiance. A « la pensée rationnelle », il m’arrive régulièrement d’opposer la “raison-subvertie” comme l’on sait, c’est-à-dire d’observer que notre « pensée rationnelle » générale, utilisée pour comprendre le monde, s’est gravement détérioré sous les coups de la subversion et qu’elle estdésormais absolument incapable de comprendre le monde puisqu’elle est trompée par le monde tel qu’il est devenu. Il ne sert donc à rien de développer des schémas rationnels et d’offrir des objectifs et des buts qui le soient également, non plus que de se désoler parce qu’un tel ou un tel mouvement, qu’on jugeait antiSystème, s’avère incapable de s’organiser à l’intérieur du Système car c’est le seul espace d’évolution du pouvoir actuellement selon « la pensée rationnelle ». S’il le fait, il s’organisera selon une « pensée rationnelle » qui deviendra automatiquement subvertie par le Système, et donc “raison-subvertie” puisqu’évoluant dans le cadre du Système.

Je ne peux m’inscrire en aucune façon dans cette critique, parce que je n’en accepte ni les règles, ni les prémisses. Je n’attends certainement pas des partis populistes qu’ils s’organisent en un front général, rationnellement structuré, pour s’attaquer à la prise du pouvoir, – au Parlement Européen, puis à la Commission, etc. Cette idée, si on la pèse bien et si on la considère honnêtement, est complètement absurde. Ils ne sont là que pour attaquer, encore attaquer, toujours attaquer, sans autre mission que celle de détruire, – absolument, “Delenda Est Systemum.

… Par conséquent, la phrase d’Orlov, même si elle est juste “rationnellement”, n’a pas de raison d’être, ici et maintenant, et doit se lire comme ceci, et sous la forme d’un constat d’approbation : « Il semble y avoir une seule chose qui les unit tous, c’est l’opposition[au Système]. »

Quand je considère ce qu’étaient la politique, le révérence bienpensante devant l’Europe, la timidité des partis contestataires, la puissance religieuse de la bienpensance, l’allant-de-soi de l’inutilité de discuter de l’évidence de l’Europe il y a quinze ans, vingt ans, trente ans, et que j’observe à quel champs de ruine pour les entreprises européennes aboutissent les élections du même qualificatif, je me dis que de formidables progrès ont été accomplis. Je suis incapable de vous dire pour quel but précis, pour quelle structure, pour quelle conception ces progrès, puisque mon seul mot d’ordre est celui du vieux Caton postmodernisé.

On pourra me dire, enfonçant une porte largement ouverte, qu’il n’est pas constructif de n’avoir pour but que de détruire. Je répondrai que oui, sauf lorsque ce que vous voulez détruire est l’entité qui, d’une façon affichée, sans vergogne, sans hésitation, montre sa volonté absolument sans faille de détruire le monde. Alors, l’heure n’est pas à tenter de comprendre ce qui se passe et de dessiner ce qui va suivre, mais d’observer et de pousser ce qui peut l’être.

https://www.dedefensa.org/article/critique-de-la-critique

T.C. 75 : La doctrine du « vent-divin »

T.C. 75 : La doctrine du « vent-divin »

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T.C. 75 : La doctrine du « vent-divin »

12 juin 2019 – RT.com, qui a pourtant appris à ménager Trump selon la “tradition” établie par Russiagate et interprétée à front renversé, observe dès son titre que “la diplomatie US”, c’est-à-dire nommément le président lui-même et nullement l’un de ses adjoints-“fou”, Bolton ou Pompeo, a « franchi la ligne de l’absurdité ». Dans le texte, elle donne la parole à un expert chinois Sourabh Gupta, spécialiste principal des politiques à l’Institute for China America Studies, parlant de la péremptoire consigne de Trump à Xi (interview à NSBC) de se trouver au G20 en personne pour une rencontre en marge et en tête-à-tête, entre hommes, sans quoi un nouveau train ($300 milliards) de tarifs douaniers sur les importations chinoises sera automatiquement et instantanément mis en place par les USA :

« Il s’agit d’un nouvel abysse dans la diplomatie américaine… Qu’un président américain proclame qu’il imposera des tarifs douaniers à un pays homologue si le président de ce pays ne se conforme pas à son injonction de se trouver à une rencontre bilatérale en marge d’un sommet multilatéral est absurde, au point d’en être presque comique. »

On dira, avec presque un zeste d’indulgence comme l’on a pour un enfant turbulent, suivi d’une appréciation presqu’admirative (démarche classique d’un journalisteSystème français à qui on ne la fait pas, mais qui a basculé pro-Trump au fond de lui parce que l’Amérique c’est l’Amérique, tout en continuant à le dénoncer selon les consignes de la bienpensance mais avec une indulgence ironique propre à l’intelligence française qui n’est pas exempte d’une tendresse postmoderne) : “Encore un coup de ce Trump, il est incorrigible ! Il faut reconnaître tout de même, cela donne des fruits… »

Si l’on a la papille gustative indépendante par inadvertance du Système, il faut goûter que le fruit est amer, et il est amer pour tout le monde, y compris pour Trump au bout du compte s’il avait des papilles gustatives, mais pas le temps pour ça ; et il n’est pas “un coup”, il est un fruit parmi d’autres, – tous les autres, – d’un arbre qui se nomme “méthodologie d’un homérique-bouffe”, car désormais tous les actes de Trump sont à cette aune. “The Art of the Deal” est devenu la doctrine de l’administration Trump, et elle consiste à bondir, serrer la gorge de son “partenaire”, serrer, serrer, jusqu’à ce que l’étouffé n’ait plus qu’une alternative : signer en bas à droite l’accord rédigé par le ministre qui va bien selon les instructions de Trump ou mourir étouffé.

Il arrive même que le document à signer “en bas à droite” sous peine d’étouffer soit vierge, comme peut-être bien le “Deal of the Century” sur le Moyen-Orient (Israël-Palestine) du 25-26 du mois est inconnu au bataillon. « Si quelqu’un a vu le plan américain, merci de nous en informer ! », proclame le ministre Le Drian en conférence de presse. C’est-à-dire que la “méthode”, ou “doctrine-Trump”, est désormais universelle, et portant sur tous les domaines, tous les sujets, tous les concepts, toutes les lubies, toutes les néantisations, toutes les narrative. Le résultat, vous vous en doutez, est un désordre de type métahistorique qui enflamme régulièrement les coins & recoins non encore consumés des us & coutumes des relations internationales, et ré-enflammant le reste.

C’est dire que tout cela ne répond pas aux règles, n’importe quelles règles, y compris celles du simulacre Make America Great Again ; c’est dire que tout cela détruit tout ce qui s’apparente à une règle, – à un ordre, à une harmonie, à un équilibre. L’Amérique de Trump qui triomphe s’abîme, comme les autres et bien plus vite que les autres, dans une sorte de chaos d’une sorte de quartmondisme postmoderne. (Amis-économistesSystème, laissez vos calculettes au vestiaire, et avec elles l’espoir de nous dire que tout va mieux et que tout va bien ; vous savez bien que tous les chiffres du triomphe MAGA sont faussés-faussaires, travaillés, mâchonnés, simulacrés, trumpisés à 250%.)

Et voyez-vous, – non, plutôt écoutez bien ! Ce gigantesque phénomène qu’on croirait constituer un événement colossal plein de bruits de fracas et de fureurs de destruction comme autant de terribles spasmes telluriques, se fait selon les seuls moyens et la seule grâce de la communication, sans s’occuper d’aucune vérité-de-situation, dans une multitude de narrative échevelées, tweeteuses, glapissantes, impératives, joyeux bordel d’une agitation réduites à la simple et bonnasse extension d’une formidable dimension cosmique du verbe, des milliards de fois répercutés par les petites mains du type-Zuckerberg qui continuent à s’y croire type-“maître-du-monde”.

Pour cette raison de l’organisation systématique du chaos par la seule communication, par une personnalité si puissante dans l’art d’engendrer la déstructuration-dissolution du monde, nous gardons au président Trump, et moi-même en premier, toute notre confiance et notre considération la plus haute. Qu’il en soit assuré, et nous rassurés. Pour lui et par lui, le monde qu’il précipite dans le cours de son action déstructuration-dissolution, c’est le Système. Cet homme est donc l’instrument du Très-Haut, le bouffon métaphysique, l’ordonnateur qui a fait lever sur impérative consigne un kamikaze sans précédent de puissance tempétueuse, – car l’on sait bien que le mot signifie en japonais, non pas “avion-suicide” mais bien « vent-divin ».

Je sais bien, moi, qu’il existe dix, cent, mille situations crisiques dans ce chaudron de tourbillon crisique et du Trou Noir qu’est notre Grande Crise Générale. Mais celle qu’entretient ce bouffon effectivement métaphysique à force de médiocrité bombastique et dynamique les supplante toutes. Elle fait lever dix, cent, mille “vents-divins” autour et au cœur du monde.

https://www.dedefensa.org/article/tc-75-la-doctrine-du-vent-divin

6 mesures pour sauver la France et l’Europe, par Ligne droite

6 mesures pour sauver la France et l'Europe, par Ligne droite

6 mesures pour sauver la France et l’Europe, par Ligne droite

Par Ligne droite ♦ Pour réussir le grand changement, la droite nouvelle devra mettre en œuvre un plan d’action simple mais ambitieux. Un plan que Ligne droitea conçu sous la forme de six initiatives stratégiques susceptibles chacune de changer la donne de façon significative. Les deux premières doivent libérer notre pays de l’emprise du système politiquement correct. Les trois suivantes le guérir des fléaux que sont le libre-échangisme international, la déconstruction des valeurs et le mondialisme migratoire. Quant à la dernière, elle doit permettre à la France et à l’Europe de faire face au choc des civilisations.


Mettre fin au gouvernement des juges

Pour libérer la France du politiquement correct, la première initiative consiste à mettre un terme au gouvernement des juges. La démocratie repose en effet sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs, or ces principes sont aujourd’hui remis en cause par des juridictions qui ont pris le pas sur le pouvoir exécutif comme sur le pouvoir législatif. Un déséquilibre qui va tellement loin que le Conseil constitutionnel s’est arrogé le pouvoir de censurer les lois qu’il juge non conformes à la pensée unique, mettant ainsi sous tutelle la souveraineté populaire. Sans compter les lois liberticides qui, au nom des droits de l’homme, permettent aux magistrats de condamner ceux qui défient le politiquement correct. Ligne droite estime cette situation intolérable et considère que les juges doivent être remis à leur place.

Soumettre les médias au pluralisme

La deuxième initiative concerne les médias qui s’imposent aujourd’hui à tous les autres pouvoirs. Totalement acquis au politiquement correct, ils donnent le ton, soutiennent les politiques qui se plient à leur vision, occultent ou diabolisent ceux qui résistent. Quant à l’opinion, ils la manipulent, utilisant sans vergogne les techniques classiques de la désinformation. Les médias doivent donc être soumis à nouveau au pluralisme et privés de leur pouvoir démesuré sur la société.

Ces deux premières initiatives seront sans doute les plus difficiles à mettre en œuvre mais elles sont essentielles. Sans elles en effet, la droite arrivant au pouvoir resterait totalement impuissante car soumise aux juges et aux médias. Son action, comme celle de ses prédécesseurs, se limiterait alors à des mesures symboliques ou homéopathiques comme simple support à des opérations de communication. Mais si en revanche la droite nouvelle prend avec détermination ces mesures, dont Ligne droite a explicité dans son site toutes les dispositions concrètes, tout redevient possible et elle aura alors le champ libre pour les autres initiatives destinées à mettre un terme aux fléaux qui affectent notre pays.

Stopper toute nouvelle immigration pendant dix ans

S’agissant du mondialisme migratoire, Ligne droite estime indispensable de stopper toute nouvelle immigration pendant au moins dix ans. Aujourd’hui, personne n’ose plus prétendre que l’immigration est une chance ni même qu’elle ne provoque pas de sérieuses difficultés. Aussi est-il naturel, lorsque se présente un problème qu’on ne parvient pas à résoudre, de commencer par en tarir la source. Il conviendra donc de faire voter une loi d’exception visant à bloquer les arrivées clandestines et à supprimer toutes les formes d’immigration légale, y compris le regroupement familial et l’asile. Cette initiative, qui se présenterait comme pragmatique, sans parti pris idéologique, devrait pouvoir être soutenue par une large majorité de Français. À charge pour eux de décider par référendum au bout de dix ans s’il y a lieu de pérenniser ce dispositif.

Instaurer une régulation des échanges commerciaux

Pour ce qui est du fléau de l’ultralibéralisme international, il devrait y être mis un terme par l’instauration d’une régulation des échanges commerciaux destinée à compenser le dumping monétaire, social, écologique et fiscal qui fausse aujourd’hui la concurrence. Cette protection douanière devrait être instaurée aux frontières de l’Europe et aller de pair avec une offensive diplomatique destinée à faire reconnaître le principe de la régulation des échanges entre les grands pôles mondiaux.

Reconstruire le système d’enseignement

Enfin, pour ce qui est du fléau déconstructiviste, la cinquième initiative stratégique devra concerner la reconstruction du système d’enseignement. Aujourd’hui, loin de faire barrage à ce fléau mortifère, il l’accompagne en endoctrinant les élèves au lieu de leur inculquer des connaissances et de former leur intelligence. Aussi faut-il transformer le système de l’enseignement en lui assignant la mission de transmettre aux plus jeunes les connaissances constitutives de notre culture. Au lieu de chercher à égaliser au plus bas le niveau des élèves et des étudiants, il devra pousser chacun d’eux au maximum de ses capacités et remettre à l’honneur les valeurs de travail, de mérite, de sélection, de compétition et de dépassement de soi.

Ériger l’Europe en un pôle de puissance

Quant à la sixième initiative, elle doit permettre à la France de faire face au choc des civilisations. Et pour ce faire il n’est pas d’autre voie que de défendre et de promouvoir notre propre civilisation, la civilisation européenne. Un impératif qui exige qu’elle soit à nouveau dotée de la puissance. Aussi, la droite nouvelle devra-t-elle prendre l’initiative de transformer radicalement l’Union européenne pour ériger l’Europe en un pôle de puissance capable de rendre collectivement aux nations qui la composent l’indépendance, la puissance et l’identité. Cette nouvelle Union qui serait libérée de la Commission et dirigée selon le principe confédéral par les seuls États devrait rendre aux nations leurs compétences ordinaires et se concentrer sur l’essentiel : stopper l’immigration, réguler les échanges commerciaux, réindustrialiser le continent, faire de l’euro une monnaie qui serve l’Europe comme le dollar sert les États-Unis, enfin sortir de l’Otan et créer une alliance militaire européenne.

La mise en œuvre de ces six initiatives stratégiques permettrait d’engager un grand changement qui ferait passer la France et l’Europe du déclin à l’expansion. La rénovation de l’Union telle que conçue par Ligne droite pourrait même conduire la nouvelle Europe ainsi créée à redevenir la première puissance mondiale ou, à tout le moins, une puissance capable de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine.

Ligne droite
04/06/2019

Source : Ligne droite

Crédit photo : Edouard Detaille via Wikimedia cco

6 mesures pour sauver la France et l’Europe, par Ligne droite

 

Idylle USS Ford-F35C, – suite fortissimo…

Idylle USS Ford-F35C, – suite fortissimo

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Idylle USS Ford-F35C, – suite fortissimo

9 juin 2019 – Je prends ce moyen du Journal-dde.crisis pour une suite, qui n’est pas sans importance ni conséquences du point de vue du commentaire, à l’article sur “les amours contrariées ” du USS Gerald R. Ford et du F-35C . On notera à cette occasion qu’il y a une évolution un peu chaotique mais fructueuse dans la recherche des sources, qui fait que certaines sources nouvelles citées ici auraient pu l’être dans ce même article d’avant-hier, mais qu’il vaut mieux les avoir ratées pour les citer aujourd’hui dans un contexte différent et plus important.

Les sources sont essentiellement au nombre de trois :

• The Drive du 4 juin 2019, qui est “la source à la source” des informations venues de la sous-commission de la Chambre des Représentants, annonçant qu’elle a introduit dans la proposition de loi budgétaire pour FY2020 un élément de langage comme on dit, « une clause d’interdiction de livraison à l’US Navy de la prochaine unité (le CVN-79) de la classe USS Gerald R. Ford tant que cette unité n’aura pas la capacité de déployer des chasseurs embarqués F-35C  »… (A noter que cette restriction n’est pas adoptée définitivement : le texte de la loi doit subir plusieurs obstacles avant d’arriver à un accord Chambre-Sénat pour la loi finale FY2020.)

• The National Interest du 6 juin 2019, qui met en exergue, en citant des sources dont The Drive (ci-dessus) que ce n’est pas avant 2027 que les classe Gerald R. Ford pourront déployer opérationnellement des F-35C, ce qui n’est plus seulement anecdotique (occasion de moquer une fois de plus le F-35/JSF), ce qui est vraiment fondamental du point de vue stratégique en raison du délai. (Ce délai est “au mieux”, ne prenant pas en compte divers avatars et autres événements retardateurs nous conduisant au-delà de 2027, qu’on doit planifier dans la rubrique “hautement probables”.)

• Un article du 7 juin 2019 du site WhatDoesItMeans (disons WDIM, pour faire court et simple)… La source, que vaut la source ? La première fois que nous avons cité WhatDoesItMeans et Sœur Sorcha Faal, le 27 février 2012, nous nous sommes expliqués de ce que nous savions et pensions de ce site, et pour mon compte et en toute franchise, – et connaissance et inconnaissance de cause. A cette lumière, je pense que certains éléments de l’analyse générale, et de tendance dite-“complotiste” (sans y voir à mal nécessairement) comme tout ce que publie ce site, valent largement d’être considérés et utilisés, mais, pour mon compte, pour une tout autre spéculation que celle qui y est développée. On tiendra compte de ces “faits divers” d’évaluation, qui seront mieux éclairés plus loin, concernant l’article lui-même par rapport à mes propres supputations.

La ligne générale de WDIM est d’une façon générale “pro-Trump et accord secret Trump-Poutine”, avec des affirmations de complots contre lui, notamment de l’US Navy. Bien entendu, ce n’est pas mon approche et rien n’est changé à cet égard. Quoi qu’il en soit, WDIM fait une intéressante mise en perspective historique pour soutenir sa thèse, notamment d’une US Navy cherchant de son propre chef à provoquer un incident grave avec la marine russe, pouvant déboucher sur un conflit, cela à l’occasion du très-grave incident, avec collision évitée de peu, entre le croiseur AEGIS de l’US Navy USS Chancellorville et le croiseur lance-missile russe Amiral Vinogradov.

Si l’incident peut être expliqué du point de vue des règles de circulation navale (à l’avantage de la partie russe), il peut et doit l’être aussi du point de vue politique car, considérant la situation générale de visibilité des deux navires par temps clair, de leurs routes évidentes, de la connaissance de chacun de la présence et des évolutions de l’autre, il est quasiment évident qu’il y a eu intention de l’une ou l’autre partie au moins d’une manœuvre de provocation. WDIM affirme que l’US Navy a eu cette intention et que son but était de déclencher un conflit, ou dans tous les cas une escalade militaire armée avec la Russie. (Sur le second point [recherche d’un conflit ou d’une escalade armée de la part de l’US Navy], on verra plus loin que cette interprétation n’est ni la nôtre ni la mienne.)

Il est vrai que l’incident surtout dans les conditions de visibilité et d’identification des uns et des autres, rejoint un lot impressionnant d’autres manœuvres de cette sorte qui se multiplient depuis 2014-2016, essentiellement dans des zones navales proches de la Russie ou en bordure de la Russie, pouvant être assimilées à des harcèlements, des pressions et des provocations contre les Russes, par avions (surtout de reconnaissance et de surveillance) ou par navires ; et il est vrai que tout cela est essentiellement le fait de l’US Navy.

Voilà donc la thèse : la Navy, hostile à Trump et à sa supposée politique de rapprochement avec Poutine, conduit sa propre politique de provocation vers un conflit. Encore une fois, mon désaccord est clair sur cette thèse, et il est complet.

WDIM appuie son affirmation sur un arrière-fond historique qui concerne l’histoire de l’US Navy au XXème siècle, et là le rappel ne manque pas d’intérêt. Il faut avoir à l’esprit, en remontant le temps, que l’US Navy est la seule force militaire des USA légitimée par la mention de son existence dans la Constitution : les États-Unis d’Amérique doivent avoir une marine militaire permanente pour défendre leurs intérêts commerciaux et économiques, alors que nulle mention n’est faite de la nécessité de l’existence permanente d’une armée de terre (pour l’aviation, c’est un peu tôt…).

• Après le grand événement de la Première Guerre mondiale qui vit la véritable création d’une armée de terre institutionnalisée, et aussi les premiers pas d’un corps aérien (tout cela fortement imités de l’armée français qui était alors le modèle pour les militaires US), vint le temps de la démobilisation. L’US Navy, qui avait joué un rôle restreint pendant la guerre malgré son énorme puissance, prit une posture politique agressive, d’autant plus que la démonstration du Général Billy Mitchell, du Corps Aérien, coulant le cuirassé allemand Ostfriesland récupéré après la guerre tendait à mettre en cause le socle de la puissance, l’invincibilité des cuirassés. L’US Navy appuya les grandes négociations de limitation des armements portant sur la seule puissance navale tandis qu’elle engageait une course à la puissance avec la Royal Navy. (Dans les années 1926-1930, le seul grand conflit qui était envisagé au niveau mondial était entre les USA et UK, à cause de la concurrence des forces navales, le contrôle des voies maritimes et du commerce mondial, – voir notamment Lowell Denny.) Cette hostilité de l’US Navy pour la Royal Navy se retrouva même durant la Deuxième Guerre mondiale :

« …Selon Mark Perry, dans son livre ‘Four Stars’ (Houghton Miflin, Boston, 1989), l’US Navy avait une stratégie dite de ‘Pacific First’ et entendait n’intervenir que le plus tard possible dans l’Atlantique pour que la Royal Navy subisse le plus de pertes possibles et soit l’obstacle le plus réduit possible à la volonté de domination navale de l’US Navy dans l’après-guerre… »

• Un apport de l’article de WDIM est l’analyse selon laquelle durant toute cette période de l’entre-deux guerres, l’US Navy bloqua tous les efforts de développement de l’armée de terre et surtout du Corps Aérien (USAAC) de cette armée de terre, pour garder la prépondérance stratégique avec l’arme suprême du cuirassé. Parallèlement et paradoxalement, le développement du porte-avions, favorisé par toutes les marines, impliquait le développement de la puissance aérienne qui, à un moment ou l’autre, profiterait au développement de l’USAAC (devenu plus tard USAAF puis USAF).

• J’en suis venu à considérer Pearl Harbor avec une grande ironie, du point de vue stratégique, avec un double jeu de dupes. Les splendides cuirassés de la Pacific Fleet de la Navy furent soit coulés, soit endommagés par l’aviation embarquée japonaise, justifiant les thèses de Mitchell. Les Japonais, qui avaient ainsi démontré la supériorité du porte-avions sur le cuirassé, commirent l’erreur fatale de ne pas lancer une quatrième vague d’attaque le matin du 7 décembre 1941 pour attaquer les deux porte-avions de la Navy qui se trouvaient justement en mer lors de l’attaque. Ainsi laissèrent-ils à l’US Navy l’arme qu’eux-mêmes avaient révélée et utilisée pour anéantir les cuirassés désormais surclassés par les porte-avions. Cela permit à l’US Navy de faire mieux que tenir durant l’année terrible (1942) avec deux batailles (Mer de Corail et Midway) où elle ne perdit pas, avant l’arrivée massive des porte-avions US remplaçant désormais les cuirassés comme puissance centrale de la marine de guerre.

• WDMI introduit ensuite la fameuse “Révolte des amiraux” de 1949, comme signe évident de l’insubordination de l’US Navy vis-à-vis du pouvoir civil US. L’exemple n’est pas très bon : devant l’intention du pouvoir civil de liquider au nom des économies budgétaires tous les porte-avions et de réduire la Navy à une marine de protection de convois au profit des bombardiers stratégiques (B-36) de l’USAF, la “révolte des amiraux” était stratégiquement et militairement tout à fait justifiée. La guerre de Corée le prouva, où les B-36 ne servirent à rien tandis que les porte-avions restants jouèrent un rôle central de projection de forces. De toutes les façons, toute la communauté de défense nationale était en crise à cette époque : il y eut deux démissions de secrétaires à la défense en 1949-1950, dont l’un (Forrestal) se suicida, une démission du secrétaire à la Navy et de plusieurs amiraux en 1949. A mon sens, l’explication de WDMI faisant de la “révolte des amiraux” un complot de la Navy pour attaquer l’URSS est complètement absurde et infondée. A cette époque, c’était plutôt l’USAF, avec le fou-maniaque LeMay, qui méditait d’attaquer l’URSS.

• Pour autant, oui, il existe réellement un sentiment de supériorité et de responsabilité civique de l’US Navy, renvoyant à sa légitimité constitutionnelle, qui la pousse à se considérer comme garante de la paix civile aux USA même… Je rappelle à cet égard le cas que j’ai déjà exposé d’un ami, homme cultivé et diplomate remarquable à qui aucune avanie de l’establishment atlantiste ne fut épargnée et aujourd’hui décédé, l’ambassadeur belge Jan Adriaenssens dont je chéris la mémoire valeureuse sinon héroïque… J’écrivais sur lui le 9 novembre 2017 (JA dans la citation) :

« Tout jeune diplomate à la fin des années 1950, JA était en attente de sa première affectation et il avait quelques mois à perdre. Le ministère lui transmit alors une offre du département d’État de faire une grande tournée dans le Pacifique, avec comme programme de visiter et de connaître l’implantation de l’US Navy dans cette zone si peu connue des Européens. JA passa donc un peu plus de deux mois, peut-être même trois mois, sur la côte Ouest des USA, à San Diego, puis dans le Pacifique et jusqu’au Japon, à Pearl Harbor où se tient le quartier général de la Flotte du Pacifique (IIème et VIIème Flotte), à Guam, à Okinawa, etc. JA rencontra une longue tripotée d’amiraux avec qui ils eut de longues discussions.
» JA était clairement et nettement un antiaméricaniste, ce qui lui coûta certainement une belle carrière. Il n’était pas, pour autant, de cette sorte qu’être “anti” aveugle de quelque façon que ce soit. Il connaissait tout du machiavélisme de mercantis, de maquignon et de saltimbanque des Amerloques, mais il savait également repérer les perles rares. Il en trouva un certain nombre chez les amiraux, dont il garda un excellent souvenir.
» Il me confia bientôt ce qu’il avait retenu d’essentiel de son voyage, que je vais tenter de restituer en substance. “Il y a vraiment quelque chose à part chez ces amiraux de l’US Navy, qui tient de la culture, de la tradition, et aussi d’une grande connaissance de la politique la plus haute. Ils sont très conscients que leur immense puissance a au moins un but intérieur aussi important que le but extérieur de la sécurité nationale. Ils croient que l’Amérique est intérieurement très fragile et qu’elle a besoin de structures institutionnelles très fortes. Ils pensent que des armées puissantes, et particulièrement la Flotte, avec sa force symbolique et traditionnelle, constituent un ciment qui n’est pas inutile à cet égard. D’une façon générale, ils ne sont pas très optimistes, certes non, pas du tout optimistes sur le sort futur de l’Amérique, particulièrement sa cohésion, son unité…”
» AJ me rappelait que l’US Navy était de loin, ou avait été de loin la plus isolationniste des trois forces. Elle l’avait été jusqu’au bout, jusqu’en 1941-1942. L’insistance de King et de Nimitz, les deux amiraux (CNO et commandant dans le Pacifique) qui avaient remplacé les têtes tombées après la surprise de Pearl Harbor dont certains jugeaient que Roosevelt avait sa responsabilité en n’ayant pas tout dit de ce qu’il savait aux marins, leur insistance pour donner la priorité à la guerre du Pacifique relevait toujours du point de vue de l’isolationnisme.
» La situation de l’après-guerre ne les enchantait pas complètement. Pour eux, pour les amiraux, leur présence dans le Pacifique, qui était selon eux l’ère de prédilection des États-Unis d’Amérique, une sorte de Mare Nostrum, n’était pas vraiment expansionniste, mais plutôt de l’“isolationnisme avancé”. Les amiraux n’avaient absolument pas discuté la nomination en 1945 de MacArthur comme “Vice-Roi du Japon”, alors qu’un amiral, Nimitz par exemple, aurait très bien pu y prétendre, étant complètement à parité avec MacArthur dans le Pacifique divisé en deux commandements. Mais les marins n’y tenaient pas, pour eux seul comptait l’Océan et nullement l’expansion terrestre, et ils raisonnaient en termes défensifs de profondeur stratégique, pour protéger les USA et/ou pour préparer la contre-attaque.
» De même, me disait AJ, “on sent que les amiraux sont naturellement des défenseurs de la tradition, ils sont très fiers d’être la puissance militaire originelle, quasi-constitutionnelle, des États-Unis”. D’une façon très significative, je me suis toujours rappelé de cette discussion comme si AJ avait ressenti, chez les amiraux de l’US Navy pris comme un corps et une conscience collectives, une sorte de position de défense, un pessimisme profond sur l’avenir des USA. Ils entretenaient vis-à-vis de la guerre du Pacifique une position très schizophrénique : c’était à la fois le triomphe de la marine, qui terminait avec près de cent porte-avions, comme la plus formidable puissance navale qui ait jamais existé ; mais aussi la fin de l’Amérique isolée, se suffisant à elle-même, isolationniste comme on est exceptionnaliste. L’US Navy avait, elle aussi, ressenti le vertige et l’abysse de ce qu’on nomme sur ce site “le Trou Noir du XXème siècle »

• Je pense que cette position d’une sorte de sagesse ou de responsabilité face au pouvoir civil devenu fou s’est encore signalée, de la part de l’US Navy, dans les années 2006-2008, en empêchant une attaque contre l’Iran. Mais, depuis, les choses se sont dégradées très vite, dans la psychologie des amiraux et des marins, à la mesure de la déstructuration et de la dissolution postmoderniste de la société américaine (et des pays du bloc-BAO), qui a acquis une formidable accélération depuis les premières années 2010 et l’entrée sur le haut de l’affiche des nécessités politiques des conformismes sociétaux et du politiquement correct qui anéantissent tout esprit crisique et démarche de responsabilité. Pour l’US Navy, l’effondrement choisit les voies de la corruption, de la dégradation technique, etc., qui règnent désormais.

Mon sentiment est que cet effondrement, qui suit la pente du pays lui-même et du Système, provoque une réaction de “repli identitaire” désespéré ; et qu’y a-t-il, pour l’US Navy, de plus identitaire de sa puissance que ses grands porte-avions d’attaque ? D’où ses efforts désespérés pour introduire la production et la mise en service opérationnelles de la nouvelle classe du USS Gerald R. Ford, avec les divers artifices et manœuvres budgétaires qu’on a déjà décrites à plusieurs reprises, et ces décisions folles d’incorporer plus tard quelques-unes des capacités essentielles de ces navires pour leur permettre de franchir l’obstacle de l’accord du Congrès. (Outre que je soupçonne les amiraux de n’avoir rien à fiche du F-35, depuis longtemps identifié comme le fer à repasser qu’il est, les très-vieux F/A-18 retapés faisant l’affaire.)

… Quant aux manœuvres de provocation vis-à-vis des Russes, je les classerais dans la même catégorie d’une démonstration sans trop de risque de la puissance de l’US Navy, c’est-à-dire pure manœuvre de communication à consommation interne (médias, Congrès, etc.). Je crois qu’on ne doit voir absolument rien là-dedans qui puisse ressembler à un complot pour déclencher la Troisième Guerre mondiale.

L’avenir crisique de l’US Navy, à mon avis, se trouve plutôt dans un affrontement de plus en plus sévère avec le Congrès pour tenter de faire passer en force ses équipements aux prix déments et aux capacités réduites à leur plus simple expression. Là se trouve le risque d’une nouvelle “révolte des amiraux” qui pourrait prendre un tour dramatique… C’est-à-dire qu’il s’agit d’un aspect de la crise d’effondrement du Pentagone, du point de vue budgétaire et du point de vue du technologisme, avec certainement des épisodes terribles d’affrontement parce que s’il faut sauver le classe USS Gerald R. Ford, il faut également sauver le F-35, ne serait-ce que pour faire sérieux vis-à-vis des Turcs, dont on veut les en priver, et des Indiens, à qui on aimerait bien les vendre – les deux à cause ou en échange de ces maudits S-400 russes.

Je crois bien que nous approchons des éclairs et du tonnerre de l’effondrement du technologisme et, au-delà, du complexe militaro-industriel…

https://www.dedefensa.org/article/idylle-ussford-f35c-suitefortissimo