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STATISTIQUES ETHNIQUES : lettre ouverte du général Martinez à la CNCDH

16 SEPTEMBRE 2019PUBLIÉ PAR MARC LE STAHLER

STATISTIQUES ETHNIQUES :
lettre ouverte du général Martinez à la CNCDH

De l’impérieuse nécessité d’instaurer les statistiques ethniques

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Marie DELARUE
Président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH)
Copie à Monsieur le Premier ministre
                                                                                                        

Monsieur le Président,

Mon attention ayant été retenue par l’éloge que le CCIF a fait de votre rapport 2018 sur la lutte contre le racisme sous toutes ses formes, j’en ai lu les « essentiels », publiés sur votre site.

Page 22 de ce document, il est indiqué que :

‘’Le faible nombre de répondants à l’enquête sur l’état de l’opinion commandée par la CNCDH ne permet pas de creuser l’hypothèse d’un antisémitisme spécifique aux musulmans.’’

Pourtant la désertion massive par les juifs des quartiers à forte et récente concentration musulmane serait à elle seule largement probante, si vous estimiez utile de vous y intéresser. De fait, il est de notoriété publique que 50 000 personnes ont été récemment contraintes de quitter ces quartiers où elles n’étaient plus en sécurité, non plus que leurs enfants dans les écoles de la République.

Par ailleurs, au cours de l’année 2018, un manifeste contre le nouvel antisémitisme a été signé par 300 personnalités dénonçant le silence médiatique et une épuration ethnique à bas bruit.

Enfin, dans l’histoire récente, 11 juifs ont été assassinés par des fanatiques musulmans : Ilan Halimi, le rabbin Jonathan Sandler, ses deux enfants Arieh et Gabriel ainsi que Myriam Monsonégo, Yoav Attab, Yohan Cohen, François-Michel Saada, Philippe Braham, Sarah Halimi et Mireille Knoll.

Tout récemment encore, l’historien Georges Bensoussan vient de déclarer : « Le vrai danger pour le judaïsme européen est la montée en puissance d’un islam radical qui ne fait aucune place à une foi autre que la sienne et qui pousse les juifs à partir ».

Page 26 de vos « essentiels », vous intitulez ainsi votre chapitre : « Evolution des préjugés envers l’islam et les musulmans 

En premier lieu, l’intitulé de ce chapitre confond délibérément les personnes de confession musulmane et la religion qu’est l’islam en les présentant comme victimes de préjugés analogues. Or, l’islamophobie se limite à la seule peur de l’islam, engendrée non par des préjugés, mais par la teneur des textes fondateurs de cette religion et par les carnages que leur application radicale produit à travers le monde.

Par ailleurs, dans ce chapitre, vous concluez :

‘‘L’enquête CNCDH révèle que l’aversion à l’islam n’est en réalité pas liée à un attachement plus marqué au principe de laïcité, aux droits des femmes ou encore à l’acceptation des minorités sexuelles, c’est même l’inverse.’’

Cette formule pernicieuse laisse supposer que l’islamophobie, le non-respect des droits des femmes, et la non-acceptation des minorités sexuelles seraient imputables à des personnes rejetant les principes de la laïcité.
Il n’est pas anodin que vous ayez choisi de formuler cette conclusion dans un chapitre consacré aux préjugés contre l’islam et les musulmans, puisque cela vous permet ipso facto d’exclure ces derniers de toute suspicion de rejet de la laïcité, des femmes et des minorités sexuelles. Cela suggère dès lors que les seuls coupables de ces haines seraient nécessairement des juifs, des chrétiens ou des athées intégristes. Ce biais atteste de votre complicité avec la stratégie de l’islam, par essence politique et radical, et isole les personnes de confession musulmane désireuses de s’en démarquer.

Pourtant, notamment en ce qui concerne les minorités sexuelles, auxquelles vous faites référence dans votre rapport, Mehdi, jeune homosexuel d’origine maghrébine, nous alerte sur ce qui se passe en banlieue et au sein de sa communauté homosexuelle. Dans sa vidéo (voir ci-dessous), vous apprendrez que les homosexuels comme les juifs quittent ces territoires où le repli communautaire et identitaire musulman s’intensifie, et que l’Etat a déserté ces quartiers de crainte de contribuer à la stigmatisation de leurs populations.

Les témoignages sont si nombreux et éloquents qu’on ne peut que s’interroger sur l’acharnement que met votre commission à les occulter et à travestir la réalité au moyen d’études pseudo-scientifiques. Le déni de réalité dont se rend coupable l’Etat, assisté par des comités tels que le vôtre est grave et criminel. Il existe sur notre sol des victimes et des bourreaux. Refuser aux victimes le droit d’entendre nommer leurs bourreaux est une faute inexcusable. Cette faute contribue à radicaliser les victimes ou les victimes potentielles et à donner un sentiment d’impunité aux bourreaux.

Devant la violence des haines montantes et le constat que nos institutions amplifient ces phénomènes, luttant à rebours contre leur propagation, il semble désormais que le choix le plus rationnel serait d’autoriser les statistiques ethniques qui, seules, seraient à même d’offrir une vision non dénaturée de l’état réel du pays.

L’analyse de ces statistiques ethniques aurait le mérite de donner enfin les réponses aux questions taboues et polémiques, ou du moins considérées comme telles par ceux qui refusent les faits et s’emploient avec ardeur à ce qu’ils ne soient pas connus.

En effet, elles mettraient en lumière les vérités cachées, révéleraient des évidences occultées et auraient le mérite de transformer en certitudes ce que les bien-pensants cherchent à camoufler sous l’appellation de « simples rumeurs non fondées », voire plus précisément de fausses nouvelles ou « fake news ».

Le second mérite serait d’éclairer les dirigeants politiques sur les mesures appropriées à mettre en œuvre pour protéger les Français. L’accès à des données objectives et irréfutables enfin disponibles les obligerait à prendre leurs responsabilités.

Enfin, ces statistiques éviteraient à votre commission de spécieuses spéculations.

Je vous prie de croire, Monsieur le président, en l’expression de ma considération distinguée.

Général (2s) Antoine MARTINEZ
Président des Volontaires Pour la France
16/9/2019

https://www.minurne.org/billets/21435

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Prends garde, Iran, les Patriot arrivent !

Prends garde, Iran, les Patriot arrivent !

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 21 septembre 2019

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Prends garde, Iran, les Patriot arrivent !

21 septembre 2019 – Normalement cette nouvelle devrait aller dans une des rubriques générales du site, du fait que toute l’affaire de l’attaque contre Aramco a été prise en charge de cette façon. Mais le dérisoire commande, et l’humour involontaire règne. Je veux parler de la “riposte” américaniste à l’attaque, décidée dans le cours de la consultation de Leurs Majestés golfiques et saoudiennes diverses par le diplomate hors-pair qu’est Mike Pompeo.

« Le 19 septembre, le WSJ a rapporté que le Pentagone, et en particulier le Général Kenneth Mackenzie, Commandant en chef du CENTCOM, avait demandé le déploiement de trois autres batteries Patriot en Arabie Saoudite, en plus des avions de combat F-22 Raptor supplémentaires [déjà annoncés avant l’attaque].
» Parce que les batteries de missiles Patriot actuelles font un merveilleux ‘job’.
» Le déploiement comprend également d’éventuelles capacités de surveillance supplémentaires dans la région.
» Pour sa part, Fox News a largement rapporté les mêmes nouvelles, citant en outre une source anonyme qui affirmait que si plus de personnel était déployé, ce ne serait que “quelques centaines”, puisque le Moyen-Orient accueille déjà environ 70 000 soldats américains, de toutes les façons. »

La chose a été prise au sérieux dans la presseSystème US, dans une atmosphère de complète zombification de toute appréciation critique. Les monarchies golfiques, par contre, ont montré beaucoup moins d’enthousiasme et même, dans certains cas, une franche hostilité. En témoigne indirectement cette présentation de SouthFront.org, qui reprend sur un ton moqueur et acerbe la présentation générale des événements, où l’on voit Pompeo adopter soudainement un ton beaucoup plus, et même incroyablement plus conciliant, presque sur le ton d’une brebis nullement galeuse mais devenue pacifiste, après avoir bouclé ses visites de la région par celle qu’il a rendue au cheikh et Prince héritier MbZ (Mohammed bin Zayed) d’Abou Dhabi.

Tous ses interlocuteurs royaux, devant l’énormité gargantuesque de l’engagement US à les défendre après le succès pantagruélique des défenses contre l’attaque d’Aramco, demandent sèchement et fermement aux émissaires US de n’agacer en rien désormais les Iraniens contre lesquels ils (les USA) ne semblent vraiment pas pouvoir ni vouloir grand’chose. La coalition anti-Iran que Pompeo annonce depuis plusieurs mois ne ferait pas de mal à une mouche saoudienne, et il s’agit désormais quasi-officiellement d’une complète fiction trumpiste qui n’intéresse plus personne. Il ne semble pas que l’administration Trump se soit fait beaucoup d’amis dans les monarchies golfiques après l’attaque d’Aramco.

« Le ton a changé après avoir rencontré le prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed Al Nahyan. Interrogé sur les commentaires que le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a faits plus tôt dans la journée, Pompeo a cherché à minimiser la gravité de la situation.
» “Je suis venu ici pour une mission diplomatique. Alors que le ministre des Affaires étrangères de l’Iran menace de mener une guerre totale et de se battre jusqu’au dernier Américain, nous sommes ici pour mettre sur pied une coalition visant à parvenir à la paix et à un règlement pacifique de la question”, a dit la secrétaire d’État. “C’est ma mission, ce que le Président Trump veut certainement que je m’efforce d’accomplir, et j’espère que la République islamique d’Iran voit les choses de la même façon. Il n’y a aucune preuve de cela dans sa déclaration, mais j’espère que c’est le cas.”
» “Le président nous a ordonné de continuer à les empêcher d’avoir la capacité de soutenir le Hezbollah, les milices chiites en Irak, leur propre programme de missiles, tout ce qu’ils ont fait pour représenter une menace pour le monde, c’est la mission que nous nous sommes fixée avec nos sanctions économiques,” a-t-il dit. »

Il est vrai que, malgré notre cuir tanné par des années sinon des décennies de montages et de mensonges américanistes, je me trouve encore une fois pris de court par la stupéfaction avec cette affaire, sur ce point particulier, qui n’est rien de moins qu’un nouveau sommet plus haut que tous les précédents d’inconscience et d’inconséquence américanistes. La seule explication qui vaille, à mon sens, est celle de la plus complète indifférence de Trump à ces affaires du Moyen-Orient, et celles de politique étrangère en général, mis à part les $milliards qu’il peut extorquer des Saoudiens, des Sud-Coréens, des Polonais, etc., en leur refilant la camelote de Raytheon et la quincaillerie de Lockheed-Martin. Le fait de présenter un Pompeo avec trois batteries de Patriot dans sa besace comme principale “riposte” à l’attaque du 14 septembre serait perçu, dans un autre monde que le postmoderne trumpiste, comme une insulte jetée à la face de MbS et de toute sa bande. Peut-être même l’a-t-il été effectivement comme tel en même temps que la démonstration ultime et catastrophique de l’impuissance US, et peut-être même que les éminences des royaumes font marcher le téléphone arabe de la diplomatie secrète à destination de Téhéran, pour tenter de trouver quelque chose comme un terrain d’entente.

Il faut absolument revenir et insister, encore et encore, pour sembler y comprendre quelque chose, sur l’extraordinaire impuissance psychologique de l’américanisme. Je parle ici de l’absence totale d’empathie, qui concerne d’ailleurs (pour prolonger la citation ci-dessous) aussi bien l’impuissance à se mettre à la place de ses “alliés” qu’à celle de ses “ennemis” ; ce manque, ce vide, ce “trou” même comme une déchirure et une béance mortelle dans la psychologie est sans aucun doute le fondement de ce en quoi la psychologie de l’américanisme est une chose catastrophique, de sa cruauté extrême, de son inhumanité foncière, de sa capacité de triompher injustement lorsque les dieux en fer-blanc ont été suffisamment corrompues, et de s’engager vers un effondrement suicidaire lorsque les dieux ont décidé qu’ils en avaient marre, – comme les monarques du Golfe pour le coup :

« Le plus dramatique dans ce constat est évidemment ce qui se dit de plus en plus, et qui constitue l’élément fondamental de la psychologie de l’américanisme, cette impuissance totale de l’américanisme pour l’empathie, y compris et surtout cette absence complète d’empathie objective (se mettre à la place de l’autre pour mieux le comprendre) pour comprendre ce qui se passe dans “l’esprit” de l’adversaiere. Crooke/Porther le disent précisément : “ …la capacité de Washington de comprendre, ou de ‘bien lire’ dans ‘l’esprit’ de ses ennemis semble avoir été en quelque sorte perdue, – par impuissance de Washington à éprouver quelque empathie que ce soit pour “l’altérité” (iranienne, chinoise ou russe). ” Nous serions tentés de proposer une nuance, de taille au demeurant : cette capacité n’a pas été ‘perdue’, parce que, selon ce que nous croyons de la psychologie de l’américanisme faite d’inculpabilité et d’indéfectibilité et ainsi si parfaitement spécifique, cette capacité n’a jamais existé dans cette psychologie ; la raison étant simplement que, pour la psychologie américaniste et donc exceptionnaliste, l’‘autre’ ne peut exister sinon bien entendu à être aussitôt gobé et digéré subito presto par l’américanisme. »

Cette situation est extrêmement sérieuse et préoccupante, et cette chute des zombies américanistes l’est encore bien plus, bien réelle, bien considérable, emportée dans un tourbillon (“tourbillon crisique” dirais-je) qu’elle a elle-même créé. Ces gens sont désormais dans un autre monde, dans une simulation d’un autre monde, dans leur simulacre crevé de toutes parts, réparé par du sparadrap usagé, du chewing-gum pré-mâché, des rames collantes de billets de banques fraîchement imprimés et même pas massicotés tant plus personne n’y croit. La puissance américaniste ressemble à un champ de fauteuils-transat glissant n’importe comment sur le pont du Titanic à mesure de l’inclinaison de la chose, et où plus personne ne daigne poser son séant.

J’écrirais bien “Gone with the Wind” pour terminer sur un bon mot mais même le vent n’en veut plus. Alors, qu’ils aillent au Diable ? Le Diable n’en rit même plus et son accueil sera plutôt frais…

https://www.dedefensa.org/article/prends-garde-iran-lespatriotarrivent

T.C.-80 : Bye bye FDR

T.C.-80 : Bye bye FDR

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 17 septembre 2019

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T.C.-80 : Bye bye FDR

17 septembre 2019 – Trump marche sur des œufs et piétine l’Histoire… “Marcher sur des œufs”, c’est le moins qu’on puisse dire à propos de l’affaire de la très méchante et efficace attaque des installations de l’Aramco, comme un coup au cœur de l’Arabie dont le même Trump ne semble guère vouloir trop se préoccuper, et sans s’en dissimuler. Après que le chef de cabinet du vice-président, Marc Short, eût expliqué par ailleurs, en d’autre lieu et sur un ton apaisant que le tweet “locked and loaded” (“prêts et chargés”) de dimanche soir n’était nullement une menace de type militaire mais une image concernant la situation énergétique des USA face à des possibles remous de fournitures de pétrole après l’attaque, on a vu et entendu cette humeur apaisée hier lors d’une aimable rencontre du président avec la presse

Même si tout cela (l’attaque, etcetera) ressemble à l’Iran, gazouille le président, il est bien acquis que « Je ne veux pas faire la guerre à qui que ce soit» ; et il n’est pas question de représailles tant qu’il n’y a pas de « preuve définitive » (vaste programme) d’une éventuelle culpabilité de l’Iran, et alors on verra.

Ceci enfin, qui est historique n’est-ce pas, par rapport à ce qu’on sait et dit du “Pacte du Quincy” et de FDR-1945, ce président mourant qui vint sceller son legs ultime qui fit Empire de la Grande République, – et que Trump, ce va-nu-pieds, piétine de la sorte : « En outre, lorsqu’on lui a demandé s’il avait promis de protéger les Saoudiens, le président a répondu “Non, je n’ai pas promis cela aux Saoudiens…. Nous devons nous asseoir avec les Saoudiens et trouver une solution.” »

Non seulement ils ne peuvent plus, mais ils ne veulent plus (à moins qu’ils ne veuillent plus parce qu’ils ne peuvent plus ?)… Bref, et comme disait l’avisé Macron : « Nous sommes sans doute en train de vivre la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. » (Le temps de traduire ce texte du discours macronien, d’une forme infâme cachant les pépites reposant sur le fond, nos amis anglophones de la communication antiSystème commencent à réaliser le caractère historique de la chose : iciiciici, etc.)

Tout cela se fait en douceur, avec grâce et comme sans y toucher, cette façon que l’Empire a de recevoir des directs en pleine poire (le drone abattu par les Iraniens, l’attaque contre l’Aramco) et de passer outre en sifflotant. Les Saoudiens, MbS en tête, ne s’y trompent pas une seconde, pour le cas il s’agit de noyer le poisson en douceur. L’officieux de la famille royale, Arab News, nous fait savoir qu’il y aura enquête sur l’attaque et sur les responsables, et comment, et encore avec experts venus de tous les horizons Inch Allah, et y compris de l’ONU mazette, et que, mon Dieu, l’on sera fixé alors, disons « dans des semaines, sinon des mois ». D’ici là, les poules auront des implants…

…Pendant ce temps, bien en verve et sur un ton assez léger ma foi, en pleine conférence de presse commune suivant un sommet d’importance sur la Syrie avec les présidents iranien et turc, Poutine a suggéré à l’Arabie, à l’aide d’une sidérante citation du Coran, d’acheter des S-300 ou des S-400 pour protéger ses biens si précieux, le sang noir de son or noir, – de cette façon on pourra exposer les Patriot de l’Empire ainsi démobilisés pour Alzheimer précoce au musée des technologies revues et incorrigibles…

« En ce qui concerne l’aide à l’Arabie saoudite, il convient de rappeler que le Coran sacré évoque l’inadmissibilité de toute sorte de violence autre que pour protéger les siens. Donc pour [qu’ils puissent] défendre les leurs et leur pays, nous sommes prêts à octroyer l’aide appropriée à l’Arabie saoudite. Il suffit que les autorités politiques saoudiennes adoptent une décision étatique sage comme celle prise par le passé par les dirigeants iraniens qui avaient acquis à l’époque des S-300 ou comme le Président Erdogan qui a acheté à la Russie les systèmes ultramodernes S-400. Ils protégeront solidement toute infrastructure saoudienne. »

Et le président iranien Rouhani, présent également, de se tourner vers Poutine pour lui demander lequel des deux systèmes il conseille aux Saoudiens de choisir pour mieux abattre les drones que lui-même, Rouhani, n’a certainement pas lancés contre l’Aramco ; et Poutine, diplomate-équilibriste comme toujours : « Qu’ils choisissent. » Et c’est sur ce ton léger, un peu tragédie-bouffe tout de même et certainement simulacre surréaliste, que s’achève le “tourbillon crisique” du jour (T.C.-bouffe)

Good Bye Lenin, disait le film ; bye bye FDR, dis-je pour mon compte. Ainsi s’ouvre, entre Offenbach et Wagner, le dernier chapitre de l’ultime phase de la partie finale de la Grande Crise d’Effondrement du Système

.https://www.dedefensa.org/article/tc-80bye-byefdr

Les bolcheviks arrivent ! (Partie I)

Les bolcheviks arrivent ! (Partie I)


Par Dmitry Orlov – Le 10 septembre – Source Club Orlov

Supposons que vous soyez Américain. Et supposons que vous ayez passé les 60 dernières années à vous reposer tranquillement dans un congélateur après vous être injecté de façon experte suffisamment de glycérine pour empêcher les cristaux de glace de perturber vos membranes cellulaires. Dieu seul sait pourquoi vous avez fait ça, mais c’est du passé maintenant. Quoi qu’il en soit, nous sommes maintenant en 2019 et pour une autre raison insondable, vos arrière-petits-enfants vous sortent du congélateur, vous décongèlent, vous envoient plusieurs chocs électriques avec un aiguillon à bétail pour faire battre votre cœur, vous font marcher pendant un moment en vous donnant un café noir bien fort et vous voilà de nouveau, comme neuf et prêt à agir.


Ensuite, vos arrière-petits-enfants (c’est du moins ce qu’ils vous disent) commencent à vous parler de la vie en Amérique en 2019. Ils vous disent que le loyer représente maintenant la moitié de leurs revenus et qu’ils ne peuvent même pas rêver d’acheter une maison, et encore moins espérer la posséder un jour. Ils vous disent qu’il leur faudra toute une vie pour  rembourser leurs frais de scolarité à l’université et qu’ils finiront probablement par puiser dans leur épargne-retraite (s’ils en ont une un jour, mais qu’ils ne préparent pas actuellement). Ils vous disent qu’au lieu de leur laisser un héritage, leurs parents sont décédés en laissant des biens inutiles et délabrés, lestés d’énormes dettes médicales pour leurs soins palliatifs de fin de vie. Quand vous vous demandez où sont passés tous les enfants, ils vous expliquent patiemment qu’il est maintenant trop coûteux d’avoir des enfants, même avec papa et maman qui travaillent à temps plein, à moins que maman ne soit une mère célibataire, auquel cas le gouvernement la paie en fonction du nombre d’enfants qu’elle a avec différents hommes qui ne sont pas autorisés à vivre avec elle (et qui passent la plupart du temps en prison dans tous les cas).

Toutes ces nouvelles informations regrettables vous laissent quelque peu perplexe, mais après avoir été un homme conscient du monde avec une large vision mentale de la situation et une tête faite pour les chiffres, vous décidez de faire un zoom arrière et de prendre une vue d’ensemble, pour voir si vous pouvez comprendre ce qui est arrivé à votre pays, bon sang. Et vous découvrez que le gouvernement américain s’est endetté de plus de 20 000 milliards de dollars et qu’il est sur la bonne voie pour continuer à contracter environ 1 000 milliards de dollars de nouvelles dettes chaque année, simplement pour rester solvable. Vous découvrez qu’environ la moitié de cette dette appartient à des pays étrangers qui se disputent activement entre eux sur la meilleure façon de la vendre pour s’approvisionner en or. Vous êtes choqués de découvrir que les gouvernements fédéraux, étatiques et locaux ont pris des engagements [pensions, santé… hors bilan, NdT] pour un montant vraiment ridicule de dettes, de l’ordre de centaines de milliers de milliards de dollars selon la façon dont vous les estimez, sans qu’on puisse imaginer comment les couvrir.

Et puis vous entendez que le meilleur et le plus brillant espoir que les États-Unis puissent s’arracher du bord du plus grand gouffre financier que la planète ait jamais connu est ce qu’on appelle la théorie monétaire moderne, selon laquelle les gouvernements souverains peuvent imprimer de l’argent à volonté pour s’assurer que leurs ressources (naturelles et humaines) sont pleinement utilisées et qu’ils peuvent le faire sans aucune conséquence négative. Vous avez l’esprit analytique, mais vous avez beaucoup de mal à comprendre comment un pays qui doit des milliers de milliards de dollars à des étrangers, qui importe la moitié de tout ce qu’il consomme, qui ne fabrique plus grand-chose et qui serait obligé de déclarer un défaut souverain peu après avoir cessé d’emprunter des sommes toujours plus importantes, peut être considéré comme souverain. Le terme ne s’applique pas à ce qui, selon toute apparence, est un accord de séquestre permanent avec des entités privées transnationales et étrangères, avec les ¾ des quelque 2 000 milliards de dollars US en espèces, principalement en liasses de billets de 100 dollars (que peu d’Américains ont déjà vus) qui sont détenus à l’étranger. Ainsi, bien que vous vous rendiez compte que vous êtes peut-être en train de tirer des conclusions un peu trop hâtives, vous ne pouvez néanmoins pas réprimer le sentiment que, dans ce cas, l’impression de monnaie sans contrainte donnera exactement le même résultat que dans tous les autres cas – la république de Weimar en Allemagne, le Zimbabwe, le Venezuela, etc.

En fouillant un peu dans les questions militaires, vous découvrez que les États-Unis dépensent plus pour l’armée que le reste du monde réuni, entretiennent un millier de bases militaires partout sur la planète, mais n’ont pas gagné un seul conflit militaire depuis la Deuxième Guerre mondiale. Vous constatez également que les États-Unis ont pris beaucoup de retard par rapport à la Russie et à la Chine en matière de développement d’armes, à un point tel que la majeure partie de ce que les États-Unis ont en magasin est obsolète et totalement inutile. Ayant du mal à obtenir des informations utiles sur le reste du monde auprès des médias américains, vous mettez à profit votre formation linguistique et vous constatez que partout dans le monde, les gens rient activement et ridiculisent les Américains pour leur obstination entêtée à prétendre à la supériorité militaire alors qu’en fait, ils sont maintenant terriblement inadéquats sur tous les plans sauf en ce qui a trait aux détournements de fonds publics, la seule catégorie où ils sont vraiment imbattables. Vous arrivez donc à une conclusion évidente : il est clair que les États-Unis ont perdu la guerre froide.

Enfin, vous entendez la pire des nouvelles : la plus haute fonction du pays – celle de la Maison-Blanche – a été prise en charge par un tyran et un usurpateur, un raciste-sexiste-misogyne-fasciste-homophobe (etc…), un vandale mégalomaniaque installé par les russes. Mais cela, vous dit-on, est sur le point de changer : en 2020, il y aura une nouvelle élection glorieuse au cours de laquelle des foules de jeunes se présenteront et voteront pour une administration totalement socialiste qui détruira l’ancien ordre mondial jusqu’à ses fondations et érigera un nouveau monde meilleur à sa place. Des dizaines d’entreprises seront nationalisées et forcées de répondre aux besoins du public au lieu d’essayer d’être rentables. Il y aura des soins de santé gratuits, une éducation gratuite, des frontières ouvertes et un revenu garanti pour tous. Et la théorie monétaire moderne paiera pour tout cela. Ce faisant, les émissions de gaz à effet de serre, les pets de vache et tout le reste, disparaîtront complètement ; l’air chaud exhalé par les politiciens ne contiendra que des gaz nobles ; les vaches seront reprogrammées pour produire du lait de soja. Avec l’aide d’elfes magiques, les voitures seront alimentées par des éoliennes et des panneaux solaires. Les chaînes de la tradition se briseront et un monde nouveau et parfait naîtra, plein d’égalité raciale, d’égalité entre les sexes et de résultats positifs garantis pour tous. Étant bien versé dans l’histoire, vous n’avez pas besoin de réfléchir trop longuement au nom que l’on devrait donner à ce nouveau mouvement politique : le bolchevisme. Et comme vous savez déjà comment se termine cette histoire, vous retournez dans votre congélateur pour attendre que les choses de décantent.

Les cinq stades de l'effondrement

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

pour le Saker Francophone le par Hervé, relu par San pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-bolcheviks-arrivent-partie-

La splendeur de l’Anderson

La splendeur de l’Anderson

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 14 septembre 2019

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La splendeur de l’Anderson

14 septembre 2019 – Jusqu’il y a peu, je restais encore et tout à fait accessoirement pour le peu d’intérêt que je portais au cas, sur un jugement au mieux dérisoire et un peu méprisant pour l’actrice Pamela Anderson. Je connaissais vaguement sa notoriété de mannequin sexy, de playmate pour Playboy (recordwoman des photos de couverture, treize fois entre 1989 et 2011), de vedette de la série Alerte à Malibu, de ses innombrables mariages et liaisons tonitruantes, vidéos dites “porno-érotiques” avec l’un ou l’autre de ses maris, etc., bref l’archétype de celles qu’on catégorise également comme des bimbos.

Entretemps, j’appris, là encore tout à fait accessoirement, qu’elle défendait des causes, notamment celle de la défense des animaux, ce qui n’était pas antipathique. Mais cela restait bien accessoire, et mon jugement restait celui d’une pauvre créature à la fois victime et complice du système de l’entertainment-sexy, qui constitue une des branches actives de déstructuration du Système. Tout cela, jusqu’au jour où j’appris qu’elle était devenue une visiteuse assidue de Assange, coincé dans son ambassade équatorienne de Londres. Cela éveilla mon intérêt pour elle, quoique certains pouvait y voir des missions du type “repos du prisonnier”. On se défait difficilement des jugements accessoires suggérés pour le Système, tant qu’on ne les a pas explorés au plus près pour les pulvériser.

Ces dernières semaines, j’ai enfin complètement révisé ce jugement, et ne considère plus qu’il soit accessoire. Anderson, qui est aussi une véritable actrice, s’est révélée comme une femme courageuse, sinon héroïque. Elle continue à suivre Assange et elle a été l’un de ses premiers visiteurs (deux heures en mai dernier) dans l’ignoble prison de Belmarsh où la démocratie britannique le retient dans des conditions féroces, que ni la Gestapo ni le NKVD ne désapprouveraient. (« Quand je l’ai vu, il était mince. Mais ses yeux étaient clairs et concentrés. Ses cheveux étaient peignés. Il était rasé de près. Il était prêt. Comme un soldat… Il a tant sacrifié et il est vulnérable maintenant. Il compte sur nous tous pour le sauver et il sait que nous l’emporterons si nous restons concentrés et implacables. »)

Désormais, tout le monde prend Anderson au sérieux, politiquement parlant. Elle a figuré avec un brio étonnant et une belle maîtrise de soi dans le fameux talk-show politique de ABC, ‘The View’. A la suite de cette performance, l’austère et spartiate site trotskiste que nous connaissons bien, WSWS.org, a consacré deux articles de suiteà celle dont les jugements rapides, dont le mien, faisaient une bimbo sans la moindre profondeur. Dans le premier, du 9 septembre (version française du 12 septembreWSWS.org rendait compte de l’émission du 6 septembre

« …Anderson a répondu de façon tranchante en posant la question: “Combien de personnes innocentes le gouvernement américain a-t-il tuées, et combien WikiLeaks en a-t-il tuées ?[…] L’armée a mis de nombreuses vies innocentes en danger”, a-t-elle déclaré.
» Un certain nombre de membres de l’auditoire ont applaudi aux déclarations factuelles et franches d’Anderson, qui sont si rares à la télévision commerciale. Meghan McCain[la fille du sénateur McCain, récemment décédé], visiblement en colère, a ordonné aux interrupteurs de “se calmer”.
» Anderson, malgré l’intervention provocatrice de McCain, a continué: “Des crimes de guerre ont été commis et ils doivent être punis et ils ne l’ont pas été. Personne ne s’est occupé des crimes de guerre qu’Assange a exposés, mais ils l’ont mis en prison pour le faire taire.” »

Le 13 septembre, donc, un deuxième article de WSWS.org était consacré à Anderson, cette fois avec une interview de l’actrice par le site trotskiste.

« WSWS.org a interrogé Anderson sur l’expérience de sa participation à ‘The View’. Elle a répondu : “Je suis toujours prête à avoir une conversation solide et j’en ai tant entendu. Mais là, j’ai vu avec stupéfaction cinq femmes intelligentes, pour lesquelles j’ai beaucoup de respect, avec tant de points de vue déformés, négatifs, désinformés et complètement propagandistes.”
» Elle a noté que cela était lié à une longue campagne de diffamation contre Assange : “J’entends les mêmes choses de beaucoup de gens : ‘Cet homme est mauvais’, ‘Il blesse des gens’, etc. Mais quand vous demandez pourquoi ou qui, ils ne savent pas ! Et il faut habituellement du temps, des heures ou des liens vers des faits avérés pour faire comprendre aux gens qu’ils ont été intoxiqués par la campagne de diffamation. Ça a malheureusement marché, et Julian n’a pas eu le soutien dont il avait besoin. »

Voilà… désormais, Anderson est complètement sur la liste noire du Système, car il apparaît bien qu’une défense et un activisme sérieux et politique en faveur d’Assange relèvent du “crime contre le Système” parmi les plus impardonnables. J’en veux pour un signe de plus une petite félonie de Wikipédia, qu’on peut mettre dans la même poubelle que les GAFA à cet égard, pour ce qui est du respect des consignes du Système. Dans le sujet que Wiki consacre à Pamela Anderson, – qui n’est pas rien : 25 003 signes ou 4 260 mots, – le nom d’Assange apparaît en tout et pour tout UNE SEULE FOIS, et accessoirement, sans aucune explication ni information sur l’activisme d’Anderson pour AssangeWikiveut bien vous dire qu’elle a pris position pour les Gilets-Jaunes et soutenu Mélenchon aux présidentielles (elle a vécu ces 3-4 dernières années en France), mais Assange, avec la description des conditions de sa détention, l’argument de son cas, etc., c’est du off limits pour le Système. (La phrase où le nom est mentionné cette SEULE FOIS : « En 2017, elle soutient la cause des migrants des camps de Calais et de Grande-Synthe en leur apportant des livres. La même année, elle apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon en vue de l’élection présidentielle française, appréciant son positionnement concernant Julian Assange et les droits des animaux… »)

Il y a tout de même des enseignements bien singuliers à tirer de ce cas Pamela Anderson. Voilà une femme qui, par faiblesse, à cause des circonstances, par jugements fautifs et passions factices, par entraînements des apparences-clinquantes et du plaqué-or de pacotille des célébrités faussaires et des obsessions de cette étrange époque invertie, en était arrivée à présenter l’image que j’ai décrite, et à laquelle moi-même j’ai complètement succombé. Mais les circonstances s’y mettent, et les événements incontrôlables que l’on sait, et la voilà qui révèle un caractère de rédemption où se glisse de l’héroïsme, – car il en faut pour affronter ces épreuves épouvantables mises en place par la communication-Système, ces charmantes conversations où se glissent des monstres type-Meghan McCain, qui se transforment alors en autant d’opérations de lynch public et télévisé. Et Anderson l’emporte haut la main malgré l’acharnement des Fouquier-Tinville de la philogynie guerrière, et alors “chapeau bas”… 

Manifestement, s’il fallait donner un classement politique, Anderson serait mise à gauche, ce qui serait complètement trompeur. Meryl Streep,  Robert De Niro et toute la bande progressiste-sociétale de Hollywood se disent également “de gauche” et ne souhaitent qu’une chose, mise à part une bonne petite guerre de plus : l’enfermement d’Assange dans une prison de torture où le Système vous rend fou, ce qui est son sort probable si l’Angleterre, entre deux Brexit manqués, le livre au Moloch qui attend son dû sur les terres du Mordor d’outre-Atlantique. Toute cette partie de ce monde qui sombre s’accroche à la défense de ses pauvres illusions, comme des privilèges de l’arrogance et de la facticité de la renommée et de la fortune en argent de papier-mâché. Il faudrait les avertir que, vous savez, les temps changent si vite, si vite, – par les temps qui courent… Et il n’y a qu’un seul classement acceptable, qui est par rapport au Système : Delenda Est Systemum, ou bien tant pis pour vous.

On peut et on doit ne pas s’empêcher une seule seconde, sans avoir froid aux yeux, d’observer à quel point cette lutte titanesque autour du Système, emporté dans son effondrement catastrophique, brouille toutes les images, tous les jugements faciles auxquels il nous obligeait jusqu’alors. Aucun lieu, aucune personne, fût-ce la plus futile et la plus factice comme semblait être si injustement Anderson, n’échappe aux obligations et aux pressions de l’immense Grande-Crise qui déchire notre civilisation, celle-là qui se croyait universelle et qui s’achève en une contre-civilisation catastrophique. Il faut le réaliser, chacun à sa manière, et assumer la responsabilité qui va avec ; Anderson le fait, « comme un soldat »…

Je voudrais tant insister sur cet aspect de la pénétration des psychologies d’une telle vérité-de-situation, cela qui influence nos pensées puis nos jugements, sans que nous en ayons pleine conscience ni, parfois, la moindre conscience. Il y a quelque chose d’un phénomène collectif en marche, sans que les composants de cette collectivité, – nous-mêmes, sapiens-sapiensde si grande prétention, – ne s’en avisent, sans qu’il y ait la moindre manigance humaine à son origine. La métahistoire, désormais, nous parle directement, par le biais de ces grands élans collectifs qui nous emportent ; écoutez-là, ce n’est pas inintéressant… C’est cette pénétration de toutes les psychologies, ce bouleversement jusqu’à la désintégrationdes simulacres patiemment élaborées pour nous tromper qui me fascinent, qui renforcent mon ardeur sans fin, mon élan sans compter, comme quelque chose d’extérieur à moi. Nul n’échappe à cette bataille immense, cet Armageddon de la postmodernité.

 https://www.dedefensa.org/article/la-splendeur-de-landerson

Quelques bons gros mensonges scientifiques

Quelques bons gros mensonges scientifiques

Publié par wikistrike.com sur 14 Septembre 2019, 08:03am

Catégories : #Science – technologie – web – recherche

Quelques bons gros mensonges scientifiques

par Denis G. Rancourt.

« La majorité des politiciens, selon les preuves dont nous disposons, ne sont pas motivés par la vérité, mais par le pouvoir, et par la préservation de ce pouvoir. Pour qu’ils puissent conserver ce pouvoir, il est essentiel que les gens restent dans l’ignorance, qu’ils vivent sans connaître la vérité, y compris la vérité de leur propre vie. Nous ne sommes donc environnés que d’un étalage de mensonges, dont nous nous nourrissons ».

Harold Pinter, discours du Prix Nobel (de Littérature), 2005.

La préservation des structures hiérarchiques qui contrôlent nos vies dépend du « vaste étalage de mensonges duquel nous nous nourrissons » de Pinter. Les institutions en place, qui nous positionnent dans la hiérarchie, comme les écoles, les universités, les médias de masse ou les sociétés de productions audiovisuelles, ont comme fonction principale de créer et de préserver cet étalage. Les scientifiques de l’establishment répondent à ces mécanismes, ainsi que tous les intellectuels ayant pour fonction « d’interpréter » la réalité.

En fait, scientifiques et « experts » définissent la réalité afin qu’elle se conforme avec l’étalage mental dominant, qui mute pour s’adapter en permanence au moment. Ils inventent et construisent également de nouvelles branches de l’étalage, afin de souscrire aux intérêts de groupes de pouvoir spécifiques, en leur offrant de nouvelles voies ouvertes à l’exploitation. Ces grands prêtres sont récompensés de leurs bons et loyaux services par un statut de classe élevé.

Le mensonge de l’argent

Les économistes en constituent un exemple des plus probants. Ce n’est sans doute pas par accident que ce soit aux États-Unis, à la fin du XIXe siècle, que les économistes soient devenus les premiers analystes professionnels à « pénétrer par effraction » dans une bataille visant à définir les limites de la liberté académique des universités. À partir de ce point, le système académique allait imposer une stricte séparation opérationnelle entre le travail d’enquête et la théorisation, considérés comme des disciplines acceptables, et la réforme sociale considérée comme inacceptable[1].

Tout universitaire désireux de préserver sa position comprit ce que cela signifiait. L’effet de bord en fut que les universitaires devinrent maîtres en l’art de cultiver une image importante de soi, malgré la limitation mortelle de leur pertinence sociale, avec des verbiages du genre : « La vérité est notre arme la plus puissante »« la plume est plus forte que l’épée »« une bonne idée peut changer le monde »« la raison nous sortira des ténèbres », etc.

Ainsi l’entreprise de l’économie fut-elle dévolue à masquer le mensonge de l’argent. La pratique d’emprunts toxiques, la fixation des prix, et les contrôles monopolistiques étaient les principales menaces à la justice naturelle d’un marché libre, et ne constituaient que des erreurs dans le cadre d’un système autorégulé, qui restait modérable par l’ajustement des taux d’intérêts et par d’autres « protections ».

Pendant tout ce temps, aucune théorie économique dominante ne fit jamais mention du fait que tout l’argent qui circule, sans exception, est créé de toutes pièces par un système bancaire à réserve fractionnaire, détenu par des intérêts privés obscurs et secrets, et disposant du permis de fabriquer et de distribuer de la dette qui doit être remboursée (avec intérêts) par l’économie réelle ; de quoi poursuivre la concentration de la propriété et du pouvoir face à toute économie, locale ou régionale.

Aux restants, la tâche de gagner de l’argent plutôt que simplement le fabriquer, sans jamais en accumuler. La classe moyenne court en permanence derrière le paiement d’un loyer ou le remboursement d’un emprunt immobilier. L’esclavage salarial est perpétré et de plus en plus déclassé dans les zones stables, et se voit installé, dans ses variantes les plus vicieuses, dans tous les territoires nouvellement conquis.

Il est tout à fait singulier que la plus grande escroquerie à l’exploitation (la création monétaire privatisée, ou dette) jamais promulguée et appliquée à la planète tout entière ne figure même pas dans les théories économiques.

Les économistes sont tellement occupés à modéliser les évolutions des profits, des retours sur investissements, des chiffres de l’emploi, de la valeur des marchés boursiers, et les bénéfices des fusions-acquisitions pour les exploiteurs du milieu de l’échelle, qu’ils ne remarquent pas leur propre évitement de ces éléments fondamentaux. Ils modélisent le schéma de construction tout en refusant de reconnaître que le terrain où l’édifice est bâti se situe en zone sismique, et que les vautours planent déjà en cercle au-dessus de leurs têtes.

Et pendant ce temps, les financiers rédigent et amendent les règles à leur gré, selon un processus qui, lui non plus, ne figure pas dans les théories macroéconomiques. Le seul élément humain considéré par les économistes dans leurs modèles mathématiques « prédictifs » est le comportement du consommateur de bas niveau, en aucun cas les manipulations en haut du système. La corruption est la norme, mais non écrite. Les économies, les cultures, les infrastructures des nations sont volontairement détruites pour s’attirer de nouveaux bataillons d’esclaves, via des dettes nationales grandissantes, pour les générations à venir ; et les économistes couvrent ces dettes en expliquant les conséquences catastrophiques supposées qui surviendraient si ces dettes n’étaient pas remboursées…

Des outils de gestion pour les maîtres, un rideau de fumée pour nous autres — merci les experts économistes.

La médecine : le mensonge de la santé

Qui n’a pas entendu quelque DM (Docteur en Médecine) interviewé à la radio, émettant l’affirmation assurée que l’espérance de vie a augmenté grâce à la médecine moderne ? Rien n’est plus éloigné de la vérité.

L’espérance de vie a augmenté dans le monde développé du fait de l’absence historique de guerres civiles et territoriales, d’une nourriture meilleure et plus accessible, d’une baisse des accidents (du travail, et autres), et de meilleures conditions de vie et de travail en général. Le seul indicateur de santé individuelle au sein d’un pays, et d’un pays à l’autre, est le statut économique, indépendamment de l’accès aux technologies médicales et pharmaceutiques.

C’est en fait pire que cela : la médecine porte en fait des impacts négatifs sur la santé. Les erreurs médicales (sans compter les décès non attribués à l’administration d’un « traitement » dans les règles) constituent le troisième vecteur de décès aux USA, après les troubles cardiaques et les cancers, et l’écart est très important entre cette sous-estimation très conservatrice des décès par erreurs médicales et la quatrième cause de décès[2]. La médecine n’ayant que peu de moyens de régler les problèmes cardiaques et les cancers, et la médecine n’ayant qu’un impact positif statistiquement marginal dans le domaine des interventions traumatiques, nous en concluons que la santé publique se trouverait améliorée si tous les docteurs en médecine s’évaporaient purement et simplement. Et pensez une minute au temps perdu et au stress que les gens malades s’épargneraient…L’hôpital constitue l’un des endroits les plus dangereux de notre société. On compte parmi les erreurs médicales les mauvais diagnostics, les erreurs de prescriptions, les prescriptions de médicaments qui ne devraient pas être combinés entre eux, les interventions non nécessaires, et les traitements mal administrés, dont chimiothérapies, traitements par radiations, et opérations réparatrices.

Le mensonge s’étend jusqu’au mythe selon lequel les docteurs en médecine sont proches de comprendre le corps humain. Et ce mensonge bien gardé nous encourage à faire confiance aux docteurs, ce qui ouvre la porte à un filon fort juteux pour la big pharma.

La première chose que les volontaires de Médecins sans frontière (MSF) doivent faire pour apporter une aide significative aux zones sinistrées est d’« oublier leur formation médicale » et d’aller travailler sur les tâches prioritaires : l’eau, la nourriture, les abris, et la prévention de propagation des épidémies ; pas la vaccination, ni les opérations, ou les prescriptions médicales… La santé publique résulte de la sûreté, de la stabilité, de la justice sociale, et du pouvoir d’achat économique, pas d’unités d’IRM (Imagerie par résonance magnétique) ou de prescriptions de traitements.

Ces têtes de nœud appliquent de manière routinière des « traitements recommandés » et prescrivent des médicaments dangereux pour tout : pour les niveaux de tensions élevés dus à un mode de vie sédentaire et à une mauvaise nutrition, pour l’apathie à l’école, pour l’anxiété à se trouver dans un lieu public, pour les fonctions érectiles postadolescence, pour les troubles du sommeil non conventionnels, et pour tous les effets secondaires des propres drogues qu’ils prescrivent.

Dans un renversement de la logique professionnelle mais non moins remarquable, les docteurs prescrivent des drogues pour supprimer des symptômes qui sont des indicateurs de risques, au lieu de s’occuper des causes de ces risques : ils ne font qu’agresser le corps encore plus.

Les effets que la médecine a eu et continue d’avoir sur nous sont incroyables : il s’agit simplement d’une manière de plus de nous garder à l’état de stupidité (l’ignorance de notre propre corps) et artificiellement dépendants de la hiérarchie de contrôle. Les gens économiquement défavorisés ne meurent pas d’un manque de « soins » médicaux — ils meurent des contraintes qui pèsent sur leurs vies et des dettes résultant directement de leur pauvreté. Combien de docteurs en médecine ont formulé cette vérité évidente à la radio ?

Les mensonges des Sciences de l’Environnement

L’exploitation par extraction de ressources, par expropriation territoriale, et par la création et la préservation d’esclaves salariés dévastent les populations indigènes et l’environnement sur des échelles continentales. Il est donc vital de couvrir ces crimes sous un voile d’analyses d’experts et sous une diversion de politiques de développement. Une classe importante d’intellectuels rend ici service, en la matière des scientifiques et consultants en environnement.

Les scientifiques en environnement travaillent naïvement ou en connaissance de cause main dans la main avec les charlatans de la finance et du monde de l’entreprise, les médias dominants, les politiciens, les bureaucrates d’état et internationaux, pour masquer les vrais problèmes et pour générer des opportunités de profits aux élites au pouvoir. Voici des exemples notables de cas spécifiques.

Le fréon et la couche d’Ozone

Connaissez-vous quelqu’un qui a été tué par le trou dans la couche d’ozone ?

Le protocole de Montréal de 1987, interdisant les chlorofluorocarbones (CFC), est considéré comme un cas d’école, voyant la science, conjuguée à une gouvernance responsable, amènent à un traité emblématique protégeant la Terre et tous ses habitants. N’est-ce pas merveilleux ?

Au moment où le brevet de DuPont [Une entreprise géante de chimie, NdT] sur le Fréon (TM), le réfrigérant CFC le plus usité au monde, allait expirer, les médias dominants s’emparèrent d’observations et d’hypothèses scientifiques impénétrables quant à la concentration de l’ozone dans les hautes couches de l’atmosphère, aux abords des pôles.

Il s’ensuivit une mobilisation internationale pour criminaliser les CFC ; et DuPont développa et breveta un réfrigérant de remplacement, qui fut promptement homologué.

Un prix Nobel de chimie fut attribué en 1995 à une preuve en laboratoire que les CFC peuvent appauvrir l’ozone dans des conditions atmosphériques simulées. En 2007, il fut démontré que ces travaux avaient pu être fortement biaisés par une surestimation du taux d’épuisement d’un ordre de grandeur, ce qui invalidait le mécanisme proposé d’épuisement de la couche d’ozone par les CFC[3]. Sans parler du fait que les expériences en laboratoires sont très différentes des hautes couches de l’atmosphère… L’attribution du prix Nobel serait-elle biaisée par les médias et les pressions d’intérêts particuliers ?

Mais c’est encore mieux que cela. Il s’avère que le réfrigérant de remplacement de DuPont est, sans grande surprise, moins inerte que ne l’était le Fréon. Il s’ensuit qu’il corrode les composants du cycle de réfrigération beaucoup plus rapidement. Les anciens frigidaires et congélateurs avaient une durée de vie pratiquement illimitée, et voilà qu’à présent ils sont bons à jeter en huit ans environ. La conséquence en a été un empilement dans des proportions inédites d’appareils électroménagers en fin de vie dans les sites de décharges en Amérique du Nord ; encouragés par la propagande verte vantant des consommations électriques ultraefficaces des nouveaux appareils, testés à porte fermée (vous avez bien lu, ces modélisations supposent que l’on n’ouvre jamais la porte du frigo, pour consommer moins et obtenir la note « A+++ »).

En outre, on nous a frénétiquement exhortés à éviter le soleil, l’index des UV maintient entières notre peur du cancer et notre dépendance à l’establishment médical, et une nouvelle industrie de blocage du soleil, comparable à une ligue de protection des vampires », a été créée. Et, bien sûr, les chimistes universitaires sont à la recherche de la molécule de blocage du soleil parfaite, qui pourra être brevetée par la big pharma. Et dès que le brevet sera posé, ma prédiction est que nous verrons des interviews dans les médias, avec des experts en cancer de la peau…

Les pluies acides et la forêt boréale

Dans les années 1970, c’étaient les pluies acides. Des milliers de scientifiques du monde entier (comprendre : de l’hémisphère nord) étudiaient ce « problème des plus urgents pour la planète ». La forêt boréale constitue le plus grand écosystème terrestre, et on signalait que ses millions de lacs mouraient du fait des pluies acides qui tombaient du ciel.

Les centrales à charbon laissaient s’échapper des sulfures dans l’atmosphère, rendant la pluie acide. Il fut postulé que les pluies acides rendaient les sols et les lacs acides dans la forêt boréale, mais cette acidification fut en pratique impossible à détecter. Des lacs sauvages, au cœur des parcs nationaux, devaient faire l’objet d’études pour essayer de détecter une acidification statistiquement significative.

Pendant ce temps, les lacs et leurs bassins versants étaient en cours de destruction du fait de l’industrie des maisons de campagne, de l’agriculture, de l’exploitation forestière, de l’extraction minière, de la surpêche et du tourisme. Aucune de ces destructions, locales ou régionales, ne fit jamais l’objet de la moindre étude ni de la moindre médiatisation. Au lieu de cela, les scientifiques pointèrent leur regard vers de lointaines centrales à charbon, vers la distribution atmosphérique, et postulèrent que des réactions chimiques se produisaient au sein des gouttes de pluie. Une étude découvrit que la reproduction en aquarium d’une espèce de poissons se montrait très sensible à l’acidité (pH). On écrivit de longs traités sur l’équilibre des charges des cations et sur leur transport, et l’attention fut détournée du terrain, vers un problème aseptisé de chimie atmosphérique, résultant de l’industrialisation et du progrès, mais pas d’exploitants identifiables.

Pour ce qui me concerne, physicien et praticien des sciences de la terre, devenu scientifique de l’environnement, j’ai moi-même lu pratiquement chaque article scientifique écrit au sujet des pluies acides ; je n’y ai pas trouvé un seul exemple de démonstration d’un impact négatif sur les lacs ou sur les forêts du aux pluies acides. À mon avis, en opposition des affirmations répétées des auteurs scientifiques, la recherche sur les pluies acides démontre que les pluies acides ne peuvent pas constituer la source du problème.

Ce modèle de blanchiment des exploiteurs, coordonné par les élites, allait se répéter à une échelle encore plus importante quelques décennies plus tard, avec le réchauffement climatique mondial.

Le réchauffement climatique : une menace pour l’humanité

En 2005 et 2006, plusieurs années avant que le scandale du Climategate de novembre 2009 n’explose la bulle médiatique qui maintenait l’opinion publique dans l’acceptation des crédits de carbone, du système de plafonnement, et du filon financier associé, chiffré en milliers de milliards de dollars, qui peut encore fonctionner, j’exposai le scandale de la cooptation au réchauffement planétaire dans un article qu’Alexander Cockburn, décrivit dans The Nation comme « l’une des meilleures études sur la fabrication du mythe de l’effet de serre, du point de vue de la gauche »[4][5][6].

Mon étude amena David F. Noble à explorer la question, et à écrire The Corporate Climate Coup [« Le coup d’État climatique des multinationales », NdT], pour exposer la manière dont les médias s’emparèrent du sujet par suite de la compréhension par le secteur de la finance du potentiel gigantesque de bénéfices que le passage au vert pouvait constituer[7].

Les paragraphes d’introduction de Global Warming: Truth or Dare? sont reproduits ici 4.:

J’avance également qu’il existe de fortes motivations sociétales, institutionnelles, et psychologiques, derrière la construction puis le maintien du mythe d’une grande menace de réchauffement planétaire (le mythe du réchauffement climatique, pour faire court). Je décris ces motivations s’agissant des travaux de la profession scientifique, ainsi que du réseau des multinationales, de la finance mondiale, et de ses ombres gouvernementales.

J’affirme que la force la plus destructrice de la planète, et de loin, réside dans les financiers menés par le pouvoir, et les sociétés mues par la recherche du profit, ainsi que leurs cartels soutenus par la puissance militaire ; et que le mythe du réchauffement planétaire constitue une fausse piste qui contribue à cacher cette vérité. À mon avis, les activistes qui, quelles que soient leurs justifications, entretiennent le mythe du réchauffement planétaire, ont été mis sous contrôle, ou à tout le moins, se sont fait neutraliser.

D’autres extraits suivent 4.:

Les scientifiques en environnement et les agences gouvernementales sont financés pour étudier et examiner des problèmes qui ne menacent pas les intérêts corporatifs ni financiers. Il n’est donc pas surprenant qu’ils s’en prennent à la dévastation à l’échelle d’un continent, due à l’extraction des ressources, par la lorgnette du CO2. Le principal inconvénient de cette stratégie et qu’on ne prend pas le contrôle d’un monstre affamé en lui demandant de chier moins que ce qu’il avale.

Le réchauffement climatique constitue un problème strictement dans l’imaginaire de la classe moyenne du monde développé. Personne d’autre ne s’en préoccupe. Les travailleurs des usines, exploités dans le Tiers Monde se fichent du réchauffement climatique. Les enfants irakiens ayant subi des mutations génétiques du fait de l’uranium appauvri qui y a été répandu par les guerres étasuniennes se fichent du réchauffement climatique. Les populations indigènes dévastées ne sont pas non plus concernées par le réchauffement climatique, sauf peut-être comme représentation de la seule solidarité à laquelle nous pourrions souscrire.

Ce n’est pas un sujet de limitation des ressources. [« Les montants dépensés pour l’alimentation des animaux de compagnie aux USA et en Europe chaque année équivalent aux montants nécessaires pour apporter une nourriture et des soins médicaux de base à l’ensemble des populations du Tiers Monde, et encore resterait-il une assez coquette somme à dépenser. » (rapport de développement de l’ONU, 1999)]. C’est un sujet d’exploitation, d’oppression, de racisme, de pouvoir, et d’avidité. La justice économique, humaine, et animale amène d’elle-même une pérennité économique qui est elle-même toujours fondée sur des pratiques renouvelables. La reconnaissance des droits élémentaires des populations indigènes modère automatiquement l’extraction de ressources et préserve les habitats naturels. Empêcher les guerres et les interventions impérialistes tarit automatiquement l’exploitation à l’échelle des nations. Un vrai contrôle démocratique de la politique monétaire permet très largement de supprimer l’extorsion basée sur la dette. Etc.

Et il y a une critique approfondie de la science qui sert à nourrir une tendance à grand bruit, et un aveuglement intéressé 4.. Le Climategate ne fait que confirmer ce qui devrait sauter aux yeux de tout scientifique en exercice : cette science constitue une mafia quand elle ne se résume pas à une pilule soporifique.

[Développement récent (mars 2011) : déconstruction tranchante du récit de la science climatique dominante – ICI.]

Conclusion

Cela continue sans s’arrêter. Que reste-t-il, qui n’est pas mensonge ?

Considérez l’escroquerie récente au H1N1 — un autre cas d’école. Le cirque se poursuit et fait dans le grotesque : des gels antiseptiques à chaque porte en un clin d’œil, des lycéens se shootant en buvant l’alcool des gels, obsolescence de la souche virale avant que le vaccin — pré-payé — ne puisse même être produit, efficacité non prouvée, aucune exigence que l’efficacité en soit garantie, des garanties du gouvernement aux fabricants contre les poursuites lancées par les clients, dans les universités, des agents de sécurité enseignant aux étudiant la bonne manière de tousser, etc.

De la folie pure. Quelque chose a-t-il déclenché notre réflexe de stupidité génétiquement enraciné de pays développé ? Cela s’inscrit-il dans notre marche vers le fascisme[8] ?

En voici encore un échantillon. Les éducateurs promeuvent le mensonge selon lequel nous apprenons parce que nous recevons un enseignement. Le mensonge de l’éducation est franchement dénoncé par les éducateurs radicaux[9][10].

Les professeurs d’université conçoivent des programmes comme si les étudiants apprenaient effectivement chaque élément qui y est professé, alors qu’en réalité les étudiants n’apprennent pas les éléments qui y sont professés : chacun n’apprend que ce qu’il apprend. On pourrait chambouler complètement l’ordre dans lequel les cours sont donnés, et l’on ne verrait pas de différence notable quant à ce que les étudiants en retiennent. Les étudiants produisent des absurdités et les professeurs n’en sont pas gênés. L’obéissance et l’endoctrinement sont les vraies composantes de tout le processus, et la seule compétence réellement exigée est de faire semblant. Les étudiants le savent, et ceux qui l’ignorent ne savent pas ce qu’ils savent, et ne se connaissent pas eux-mêmes. 8.9.10..

Choisissez n’importe quelle opinion d’expert ou n’importe quel paradigme dominant : ils sont les constituants d’un racket.

Nous n’acceptons pas la vérité, parce que la vérité est brutale.

————————–

[1] « No Ivory Tower – book » écrit par Ellen W. Schrecker

[2] Interview radiophonique du Dr. Barbara Starfield: CHUO 89.1 FM, Ottawa; 21 janvier 2010

[3] Nature 449, 382-383 (2007)

[4] « Global Warming: Truth or Dare? – essay » par Denis G. Rancourt

[5] « Questioning Climate Politics – Denis Rancourt says the ‘global warming myth’ is part of the problem »; April 11, 2007, interview par The Dominion

[6] Climate Guy blog

[7] « The Corporate Climate Coup – essay » par David F. Noble

[8] “Canadian Education as an Impetus towards Fascism – essay” par Denis G. Rancourt

[9] « Pedagogy of the Oppressed – book » par Paulo Freire

[10] “The Ignorant Schoolmaster – book” par Jacques Rancière

source : Some Big Lies of Science

Traduit par Vincent, relu par Olivier pour le Saker Francophone

via : https://lesakerfrancophone.fr/quelques-bons-gros-mensonges-scientifiques

Existe-t-il une solution pour sortir des tensions géostratégiques au Moyen-Orient ? Par Alastair Crooke

4.septembre.2019 // Les Crises

Existe-t-il une solution pour sortir des tensions géostratégiques au Moyen-Orient ? Par Alastair Crooke

Conflitsguerre au Proche-OrientMerci16Je TweetJe commenteJ’envoie

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 06-05-2019

Alastair Crooke

Le 6 mai 2019

La ligne de faille entre la Turquie et les États du Golfe – avec les États-Unis et Israël en coulisses – vient de s’élargir de façon menaçante. Les pressions sur Erdogan augmentent. C’est un combattant de rue susceptible de réagir avec ses poings. L’Iran – comme la Turquie – fait l’objet d’un « blitz du Trésor » à outrance. Cela aussi pourrait, d’une manière ou d’une autre, renvoyer dans leurs bancs ceux qui ont encouragé l’esprit belliciste du président Trump et de ses faucons. Ils savent qui est à blâmer, qui a attisé le feu : MbZ et son acolyte, MbS [Mohammed ben Zayed, prince héritier des Émirats arabes unis et Mohammed ben Salmane, prince héritier saoudien NdT]. Cette tension aggravée se manifestera vraisemblablement dans le nord et la Corne de l’Afrique.

Cette ligne de faille s’ajouter à celles qui fracturent déjà le Proche-Orient. La situation est extrêmement tendue. Le langage belliqueux de Trump est souvent compris comme étant de la fanfaronnade calculée, dans le but de tirer parti d’un avantage dans les négociations. Mais le président n’avait peut-être pas prévu que son agressivité allait se propager à Washington et dans les groupes de réflexion qui y gravitent . Tout carriériste espérant une promotion, ou un poste au sein de l’exécutif, veut maintenant s’inspirer de la rhétorique intransigeante du « pistolero » Bolton [conseiller à la sécurité nationale de Trump depuis 2018 NdT] (et idéalement, la pratiquer sur Fox News).

Ce qu’il importe de souligner ici, c’est que est que dans l’immobilier de Trump ; le « retournement » est possible, quand cela est nécessaire. Il le pratique. Il l’a pratiqué en affaires. Les volte-face ne le dérangent pas. C’est comme ça qu’il gère ses affaires. Mais son équipe ? Ce n’est pas si clair. Certains d’entre eux, à l’occasion, peuvent voir l’agressivité rhétorique de Trump comme le levier nécessaire pour engager le Président dans une voie de plus en plus étroite, dans laquelle « se retourner » ne serait plus une option.

Les pressions exercées par les États-Unis sur Erdogan sont réellement intenses : les sanctions, certes, mais aussi les appels répétés des grandes banques américaines de Wall Street à court-circuiter la lire jusqu’à la « mort » ; la promesse d’une nouvelle punition américaine (c’est-à-dire davantage de « guerre » par le Trésor), si la Turquie devait recevoir les SAM S 400 de Russie ; et maintenant, le retrait de la « dérogation » américaine concernant le pétrole « léger » que la Turquie importe d’Iran – et pour lequel les raffineries de Turquie sont calibrées (i.e. leur production est réglée pour le pétrole léger iranien et les re-régler serait coûteux).

Ensuite, il y a les pressions stratégiques. La première d’entre elles est l’intention déclarée de Trump d’inscrire les Frères musulmans (FM) sur la liste des groupes terroristes. Cela n’est toujours qu’un projet de la « machine » politique de Washington, mais on s’attend à ce que cela se produise.

Et alors? Alors rappelons que l’AKP [Parti au pouvoir en Turquie, NdT] est officieusement consubstantiel aux Frères Musulmans (au moins dans le sens qu’ils en sont une composante majeure) ; Erdogan est culturellement un Frère Musulman, et se considère comme leur mécène ; enfin l’AKP facilite le financement des organisations sociales des Frères Musulmans en Turquie (c’est-à-dire par des subventions de la municipalité d’Istanbul). Les commentateurs turcs reprochent directement à certains États du Golfe d’avoir lancé Trump sur la voie de l’ostracisation. Ils ont raison. Et ce n’est pas à prendre à la légère.

Ensuite, il y a les Kurdes de Syrie que les États-Unis disent vouloir armer de missiles sol-air Stinger. Vraiment ? Est-ce que l’EI utilise des hélicoptères de nos jours ? Ensuite, il y a la récente déclaration d’un fonctionnaire du département d’État américain selon laquelle les États-Unis occuperont le tiers est de la Syrie pour une « longue durée » – et y investiront (traduction : armeront davantage les Kurdes). Et l’envoyé américain, James Jeffry, fait pression sur Erdogan pour qu’il accepte une police des frontières kurde armée le long de la frontière sud de la Turquie avec la Syrie pour la contrôler.

Il n’est pas surprenant que les cercles proches d’Erdogan voient le nœud coulant se resserrer autour du cou de la Turquie, et considèrent ce « projet » kurde comme une « plate-forme » à partir de laquelle pénétrer et affaiblir la Turquie elle-même. Pour les dirigeants, tout cela équivaut à une conspiration, à ciel ouvert, visant à ébranler la Turquie.

Enfin, dans la catégorie du « front » direct du Golfe contre la Turquie, se trouve le changement de régime monté au Soudan contre un président lié aux Frères musulmans ; l’expulsion probable de la Turquie de sa base navale soudanaise installée en face de Djeddah – et enfin et surtout – l’assaut du général Haftar contre Tripoli et Misrata (qui sont défendues par des forces soutenues par la Turquie et le Qatar). Une proportion importante de la population du nord de la Libye est d’origine turque.

Ainsi, comme le rapporte Abdel Bari Atwan dans Rai al-Youm (en arabe), « le développement le plus important au niveau de la scène libyenne est l’intervention du président turc … [par] un appel à M. Al-Sarraj lui indiquant qu’il, [Erdogan], consacrera toutes les capacités de son pays à empêcher ce qu’il appelle “la conspiration” de nuire au peuple libyen. Il a ensuite loué le rôle d’Al-Sarraj et de son gouvernement pour repousser l’attaque contre Tripoli. A notre avis, cela signifie un soutien militaire et pas seulement politique », conclut Bari Atwan.

En bref, Erdogan (allié au Qatar) se dresse contre les EAU et les forces de Haftar soutenues par l’Arabie saoudite et les États-Unis – et en soutien au Gouvernement d’union nationale soutenu par l’ONU (et l’Italie).

L’assaut de Haftar s’est déjà enlisé à la périphérie de Tripoli. Il semble peu probable maintenant que le Qatar comme la Turquie acceptent le coup d’État monté par les EAU et les Saoudiens, sans livrer un combat sanglant. Pour l’instant, le Gouvernement d’union nationale – par l’intermédiaire de la Banque centrale – contrôle les recettes pétrolières (bien que Haftar tienne les champs sous sa garde). Il pourrait essayer de renverser la situation et de s’approprier les revenus. La Banque centrale qui contrôle l’accès à ces fonds, détenus sur un compte séquestre à New York, est située à Tripoli.

Le fait est que, bien que la Turquie subisse d’énormes pressions, internes (avec son économie fragile et le nouveau maire d’Istanbul contestant les principes mêmes de la politique de l’AKP) comme externes, les États du Golfe en subissent également, bien que de nature différente.

Premièrement, la guerre au Yémen ne se déroule pas bien pour l’Arabie saoudite. Le front méridional saoudien semble se désintégrer gravement, et les forces yéménites s’enfoncent dans le sud de l’Arabie saoudite. Deuxièmement, la tentative du Golfe d’installer des régimes militaires sécuritaires au Soudan, en Algérie et en Libye n’est nullement réussie. Le risque est ici que l’instabilité générée par ces tentatives de coups d’État ne fasse tache d’huile dans toute l’Afrique du Nord. Le Tchad est inquiet (Haftar y a tenté un coup d’État il y a quelques années) ; la Mauritanie pense que les EAU sont en train de lorgner sur ses ressources ; et le Maroc est en désaccord avec les EAU sur son attitude envers le Qatar. Le résultat final de ce « trio de coups d’État » est en suspens.

Ce qui nous ramène au tableau d’ensemble : Trump est résolu à déclencher une refonte du Proche-Orient. Kushner et les envoyés n’hésitent pas à le dire : leur objectif est de reconstruire la région au gré d’Israël : Israël doit devenir le Grand Israël (qui englobe quelque 6,5 millions de Palestiniens) ; et pour faciliter ce plan, trois nations historiques – les piliers de la région – doivent être réduites : La Grande Syrie le serait encore plus (perdant un tiers de son territoire déjà diminué) ; et les nations iranienne et turque doivent être contenues, affaiblies, et leurs gouvernements actuels renversés, si possible, pour être remplacés par des dirigeants plus dociles.

Cette initiative ambitieuse comporte toutefois des lacunes évidentes. La première est expliquée par une source on ne peut plus directe en matière de sanctions : David Cohen, ancien sous-secrétaire au Trésor américain pour le terrorisme et le renseignement financier. C’est-à-dire de l’ancien « M. Sanctions » lui-même :

Au cours des dernières décennies, les sanctions sont devenues un outil clé de la politique étrangère américaine. L’administration Trump en a fait un usage particulièrement intensif, spécialement dans ses efforts pour provoquer des changements de régime au Venezuela et en Iran … Et bien que l’administration ait été moins frontale dans son appel au renversement du régime clérical iranien, les demandes qu’elle a adressées à Téhéran sont si excessives que, comme l’a affirmé l’ancien ambassadeur américain Robert Blackwill, il est « effectivement impossible pour l’Iran de s’adapter sans changer fondamentalement sa direction et son système gouvernemental ». Le président américain Donald Trump, en d’autres termes, « exige un changement de régime en Iran sans l’appeler ainsi. »

« Mais pour que les sanctions fonctionnent… elles doivent viser un comportement que la cible peut, même à contrecœur, changer. La partie visée doit également croire que les sanctions seront levées si elle abandonne le comportement en question.

« La logique des sanctions coercitives ne s’applique toutefois pas lorsque l’objectif des sanctions est un changement de régime. Dit simplement, parce que le coût de l’abandon du pouvoir dépassera toujours le bénéfice de l’allègement des sanctions, un État ciblé ne peut raisonnablement accéder à une demande de changement de régime… »

« Il n’y a guère de raison de s’attendre à un résultat différent aujourd’hui au Venezuela ou en Iran. Les sanctions unilatérales américaines font des ravages, mais cet impact économique ne doit pas être confondu avec le succès politique, surtout lorsque le changement de régime est l’objectif. »

Et un autre expert, le colonel américain Pat Lang, note que les derniers remous d’une tentative de soulèvement par l’armée locale au Venezuela pour évincer le président Maduro sont, à bien des égards, aussi ineptes que le débarquement de la « Baie des Cochons » de 1961 à Cuba (fondé sur la croyance erronée que le peuple cubain, là aussi, se soulèverait pour apporter immédiatement son soutien).

Cet épisode vénézuélien souligne combien la rhétorique macho américaine est souvent plus de la prétention que de l’action (i.e. que l’image de dur est inversement proportionnelle au rendement réel dans ce ministère.). Bien sûr, tout le monde au Proche-Orient en aura pris note.

Donc, si les sanctions n’aboutissent pas, et que les États-Unis s’emmêlent probablement en tentant un coup d’État secret de type Maidan en Iran ou en Russie, n’y a-t-il rien à craindre ?

Eh bien, pas tout à fait. La tentative de faire de l’« avant-poste de l’Occident » au Proche-Orient la force dominante d’ensemble va faire vaciller toute la région – que les États-Unis s’emmêlent ou non – et pourtant, l’essentiel est ailleurs : l’escalade de l’agressivité verbale des États-Unis émanant des officiels n’est pas une lubie. Il s’agit de la notion de « guerres éternelles » de l’Amérique : la guerre interminable et générationnelle – dans la doctrine dominante – contre la Russie et l’Iran. Le terme de « mal cosmique » utilisé pour désigner l’Iran et le président Poutine est délibéré. Cela fait partie de la rupture progressive des axes d’engagement et de communication entre l’Occident et la Russie et l’Iran (le public américain n’a pas encore pris l’habitude de considérer le peuple chinois comme « le mal »).

Progressivement, les canaux d’intercommunication se sont atrophiés ; les domaines de coopération construits au fil des ans sont coupés ; les accords en matière d’armement et de sécurité, soigneusement assemblés, sont abandonnés. Et la formule selon laquelle il n’y a personne à qui parler – car « leur » nature est de mentir, de tricher et d’être malhonnêtes – est établie.

Bien sûr, ceux qui considèrent le langage guerrier de Bolton et de Pompeo comme une simple stratégie de négociation sont parfaitement libres de garder cette opinion, mais on peut aussi le considérer comme la construction pièce par pièce d’un tunnel qui se rétrécit et se termine par une seule issue : une escalade permanente contre « la malignité ».

La vraie question est de savoir si Trump le voit et le comprend. Ou s’est-il convaincu lui-même que les fanfaronnades plus nombreuses de l’administration sont vraiment en train de gagner : qu’« elle rendent sa grandeur à l’Amérique » ? C’est sur cette question que repose notre avenir commun.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 06-05-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici.

 https://www.les-crises.fr/existe-t-il-une-solution-pour-sortir-des-tensions-geostrategiques-au-moyen-orient-par-alastair-crooke/

Ressusciter l’économie américaine

Ressusciter l’économie américaine


Par Dmitry Orlov – Le 27 Août – Source Club Orlov

Donald Trump a récemment ordonné à des sociétés américaines de déplacer leur production hors de Chine vers les États-Unis. Plus facile à dire qu’à faire ! Ou plutôt à défaire. Le transfert de la production en Chine (et, dans le cas des technologies de l’information, en Inde) a permis aux entreprises américaines de profiter de l’écart salarial important et d’un environnement réglementaire moins strict afin d’être plus rentables. Elles ont dépensé ces profits excédentaires en rachetant leurs propres actions, en versant de généreux dividendes à leurs actionnaires et en utilisant leurs cours artificiellement gonflés pour justifier les salaires et primes exorbitants des dirigeants.


En cours de route, ils ont appauvri les travailleurs américains en les privant d’une base d’emplois bien rémunérés, érodé la base de compétences de la population américaine et, ce qui est peut-être le plus important, détruit la demande pour leurs produits parce que de plus en plus d’Américains ne peuvent plus se le permettre. Au fur et à mesure que ces tendances se sont manifestées, rendant la Chine prospère et les États-Unis de plus en plus affligés et appauvris, avec près de 100 millions de personnes en âge de travailler sans emploi permanent, les entreprises américaines ne pouvaient plus profiter de leur production délocalisée dans la même mesure, et elles ont donc profité des faibles taux d’intérêt pour emprunter des sommes énormes et continuer à les utiliser pour acheter leurs propres actions, payer des dividendes et continuer à payer des rémunérations exorbitantes à leurs cadres.

À l’heure actuelle, bon nombre des grandes sociétés américaines sont des zombies financiers qui attendent une hausse des taux d’intérêt pour être acculées à la faillite. Et ce sont ces zombies qui sont chargés de ramener la production aux États-Unis. Bonne chance avec ça ! Ce qui veut dire qu’il est très peu probable qu’un tel effort puisse réussir. Mais même si cela pouvait réussir, est-ce que cela résoudrait le problème, à savoir que les États-Unis dégénèrent progressivement en un pays du tiers monde en faillite ? Peut-être pas, parce que, voyez-vous, toute la théorie de « Rendre sa grandeur à l’Amérique«  est basée sur une erreur, à savoir que la Chine est devenue la plus grande économie du monde (en parité de pouvoir d’achat) et l’usine du monde simplement parce que les entreprises américaines y ont délocalisé leur production.

Non, le succès retentissant de la Chine tient principalement à sa planification économique et à sa gouvernance sociale supérieures. Appelez ça le stalinisme 2.0. Sous Staline, l’URSS a été en mesure de produire des taux de croissance réguliers à deux chiffres grâce à une combinaison de planification centrale et de mécanismes de marché. Il y avait aussi quelque 4 millions de prisonniers politiques, ce qui, pour un pays de 200 millions d’habitants, semble un peu exagéré, mais c’est de la politique, pas de l’économie. Lorsqu’il s’agit de gérer l’économie, le stalinisme, et en particulier le stalinisme 2.0 – sa version chinoise moderne – a été et est un succès retentissant. Fondamentalement, c’est une recette pour construire le socialisme en utilisant des moyens capitalistes (principalement capitalistes d’état) avec les éléments du marché que l’on juge efficaces.

Le simple fait de ramener la production de Chine ne sauverait pas les États-Unis. Pour obtenir des résultats comparables à ceux de la Chine, les États-Unis devraient procéder à certains changements afin de s’aligner davantage sur le stalinisme 2.0. Je vais maintenant esquisser quelques-uns de ces changements, pour vous donner une idée de ce que cela impliquerait.

Tout d’abord, le système politique américain est un désastre. Il y a deux partis politiques qui s’entendent sur un certain nombre de choses – une guerre sans fin, des emprunts sans fin – et qui se disputent tout le temps. C’est une perte de temps improductive. Éliminez-les et remplacez-les par un seul parti. Appelez ça le parti communiste, si vous voulez ; cela n’a pas d’importance, puisque personne ne sait ce qu’est le communisme ou ne s’en soucie de toute façon. Le but de ce parti unique est de transmettre les décisions prises au niveau fédéral jusqu’au dernier habitant et de s’assurer qu’elles sont respectées. Vous ne voulez pas que l’Amérique retrouve sa grandeur ? OK, alors, vous devez être un terroriste. Bienvenue au Goulag ! Il y a aussi le problème des États : ils sont trop nombreux et chacun a son propre pouvoir législatif, son pouvoir exécutif, son propre système judiciaire, etc. Éliminez tout cela, regroupez les États en régions et transformez les autorités régionales en ministères fédéraux : Département du Nord-Est, Département de l’Ouest, etc.

Ensuite, il faut faire quelque chose au sujet des frais juridiques exorbitants. Les États-Unis comptent plus d’avocats par habitant que tout autre pays au monde et la profession juridique est privatisée et autogérée – essentiellement elle écrit ses propres lois. Pire encore, le système juridique est un mélange de lois fédérales, étatiques et locales. Enfin, les tribunaux peuvent fonder leurs décisions sur des précédents, ce qui est scandaleux, car cela leur permet de réinterpréter les lois et de contester les législateurs. Les avocats devraient soit travailler directement pour le gouvernement et être rémunérés selon un horaire unique, soit ne pas être autorisés à travailler du tout. La jurisprudence devrait être complètement supprimée et remplacée par seulement deux ensembles de lois : un code criminel et un code civil, tous deux de niveau fédéral. Les jurys devraient être éliminés et remplacés par des collèges de juges et, pour les affaires plus courantes, par des magistrats.

Le système médical américain représente un quart de l’économie, et c’est un gaspillage monstre. Cuba dépense environ 5 % par habitant pour les soins médicaux par rapport à ce que les États-Unis dépensent, et ses résultats en matière de santé sont bien meilleurs. La pratique médicale devrait être traitée comme un service public et déprivatisée. Les priorités médicales devraient être établies en fonction des priorités nationales, la priorité la plus élevée étant accordée au maintien d’une main-d’œuvre saine et productive. À cette fin, les soins de santé des enfants devraient être prioritaires, car les enfants en bonne santé constituent la base de la future main-d’œuvre, tandis que les retraités et les inactifs devraient bénéficier d’un minimum de soins principalement palliatifs afin de maintenir le moral du public. La médecine gériatrique aux États-Unis représente actuellement 35 % de toutes les dépenses médicales ; ce pourcentage doit être ramené à environ 2 %.

Étant donné qu’une grande partie de la base industrielle des États-Unis est soit obsolète, soit a été démantelée et vendue à mesure que la production était délocalisée, elle doit être plus ou moins reconstruite à partir de zéro. À cette fin, le gouvernement fédéral devrait saisir de vastes étendues de terres, les déclarer zones fédérales de développement économique et y construire des grappes industrielles, ainsi que des logements pour les travailleurs, des écoles, des cliniques et autres ressources. Les logements devraient être des logements à haute densité, sous la forme d’immeubles d’habitation de grande hauteur, et desservis par les transports en commun. Les sites de ces zones devraient être choisis en fonction de la proximité des ressources et de la logistique. De grandes sections de l’étalement suburbain actuellement utilisées comme logements de banlieue peuvent être rasées au bulldozer pour leur faire de la place.

De nombreux autres changements, plus mineurs, devraient également être apportés. Par exemple, le système impérial obsolète des poids et mesures, toujours en usage au Liberia, au Myanmar et, plus curieusement, aux États-Unis, doit être supprimé. Tout recours aux mesures impériales devrait être interdit. Les malades mentaux, qui sont actuellement autorisés à errer dans les rues des États-Unis, doivent être enfermés. Pour améliorer la cohésion sociale, l’utilisation de langues autres que l’anglais devrait être interdite. Des programmes de rééducation obligatoires devraient être mis en place pour ceux qui ne respectent pas le code vestimentaire, se comportent de manière impolie ou utilisent une mauvaise grammaire ou un langage grossier. Et ainsi de suite….

Mais peut-être plus important encore, il faut comprendre que le rapatriement de la production aux États-Unis et le redéploiement de la base industrielle ne seront pas une entreprise rentable, du moins au départ. D’entrée de jeu, et pour au moins la durée du premier plan quinquennal, il fera perdre certainement de l’argent. L’emprunter est une mauvaise idée ; le gouvernement fédéral a déjà une dette de 21 000 milliards de dollars. Au lieu de cela, cet argent doit être confisqué au 1% de la population qui possède près de 40% de la richesse du pays. Cela rapportera environ 50 000 milliards de dollars, soit plus qu’il n’en faut pour financer ce projet. Le mieux est de le faire dans le cadre d’une révolution culturelle : rassembler ce 1%, leur faire porter des bonnets d’âne et les faire marcher dans les rues en les lapidant de peaux de fruits et de légumes et en leur infligeant des insultes verbales. Oh, prendre tout leur argent et les condamner à une vie de service public gratuit.

Ces changements peuvent sembler importants, et ils le seraient effectivement. Mais il y a des raisons de croire que s’ils sont faits et que le stalinisme 2.0 est imposé aux États-Unis et suivi fidèlement, alors il y a une chance que l’Amérique puisse effectivement retrouver sa grandeur. Alors, bonne chance et que Dieu vous bénisse !

Les cinq stades de l'effondrement

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par San pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/ressusciter-leconomie-americaine

De la profondeur de l’“État-profond”

De la profondeur de l’“État-profond”

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 31 août 2019

   Forum

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   Imprimer 1960

De la profondeur de l’“État-profond”

31 août 2019 – Dans l’intense agitation diplomatique qu’a suscitée le président français Macron au moins depuis le 19 août (visite de Poutine à Brégançon), parmi les divers points remarquables mis en évidence l’un des plus insolites est l’emploi de l’expression “État profond” par Macron, et le brouhaha fait autour de cela. Les réseaux “fakenewsistes” russes ont deux textes intéressants là-dessus, Spoutnik-France le 27 août 2019 avec un texte de Hakim Salek interviewant le spécialiste français des relations internationales Romain Mielcarek, et RT-France le 29 août 2019, avec un texte reprenant toute cette “affaire” sémantique et ses significations politiques (« Emmanuel Macron face au défi de “l’État profond” »).

Fort justement, on nous avertit que cette expression a été popularisée disons “officiellement” aux USA par Donald Trump, qui fait en permanence fort grand fracas de sa “guerre” contre le DeepState ; il n’en reste pas moins que l’emploi de l’expression par un président français, comme l’a fait Macron, constitue un événement certes sémantique, mais aussi et d’abord un événement de communication qui a une forte résonnance politique. Il y a d’abord un point important qui est le phénomène de la reprise, dans la séquence politique actuelle, de cette expression par les plus hautes instances officielles ; le texte de RT-France cite un intervenant sur tweeter qui fait cette remarque :

« Par ailleurs, avant d’être utilisée par [Trump, l’expression] l’était par les milieux dits ‘complotistes’, ce que n’ont pas manqué de souligner plusieurs internautes. “Il faudra quand même m’expliquer comment un parti prétend lutter contre les ‘fausses nouvelles’ et la désinformation quand le Président lui-même (et du coup les députés LREM) reprennent et normalisent un vocabulaire complotiste comme ‘État profond’ », s’inquiétait l’un d’entre eux sur Twitter. »

… Là-dessus, j’introduis une réserve en précisant qu’à mon point de vue, “État profond” n’est pas une expression des “complotistes”, ou disons pas des seuls “complotistes”. C’est d’abord une expression de “dissidents” plus ou moins antiSystème, parmi lesquels des gens sérieux et honorables comme Peter Dale Scott et Philip Geraldi ; et parmi ces “dissidents”, l’on peut effectivement mettre des “complotistes”, là aussi avec cette expression délibérément fourre-tout puisqu’on y trouve des sérieux, des farfelus, des crédibles, des schizophrènes, etc., et plus récemment des officiels eux-mêmes car les hypothèses et accusations de “complots” contre le Système lancés à l’encontre de divers événements et mouvements (la Russie, les Gilets-Jaunes, etc.) n’ont pas manqué ces 3-4 dernières années.

Lorsque l’expression “État profond” avait fait sa réapparition “dans la séquence politique actuelle” (son origine remonte aux années 1990 et à la Turquie, mais très largement confinée à ce pays), un texte avait été publié sur ce site pour tenter d’établir une définition de la chose (le 10 août 2015 : « L’“État profond” selon Bhadrakumar, et définition »). On y faisait le constat que l’expression désigne assez logiquement une sorte de continuité structurelle de l’État qui n’est pas nécessairement mauvaise, bien au contraire, et notamment dans le cas français où l’État a toujours été particulièrement structuré. (C’était d’ailleurs le sens de la remarque prise comme argument de départ du texte, du commentateur indien M.K. Bhadrakumar, parlant de l’“État profond” russe qui avait permis à la Russie de survivre pendant les années 1990 à la désintégration puis au dépeçage de l’URSS.) Mais le cas qui nous occupe, venu de l’expression américaniste du DeepState a une forme complètement péjorative, et cela correspondant à la vérité-de-situation métahistorique des USAsi différente des nations structurée comme l’est la France… Je fais là une citation de ce texte, où est expliquée la “différence américaniste”, ce qui justifie cette “forme complètement péjorative” :

« Une remarque essentielle selon nous, que nous répétons souvent, doit dominer cette discussion : la différence fondamentale existant entre les USA et les notions historiques de “nation” et d’“État“, – avec les notions principielles liées à ces grands concepts politiques, dont la France qualifiée d’ailleurs de “Grande Nation” fut (et reste malgré tout au regard de l’Histoire) l’exemple de référence de leur application. Pour nous, les USA ne sont pas une “nation” dans le sens identitaire qui contribue à la légitimité et à la souveraineté de l’entité politique évoquée et ne disposent pas d’un État dans le sens régalien du terme contribuant lui aussi “à la légitimité et à la souveraineté de l’entité politique évoquée”. La cause en est que les USA n’ont explicitement pas été conçus comme une “nation” au sens historique, – et, pour nous, au  sens métahistorique  par conséquent, – et cela dès l’origine… 
[…]
» De ce fait, l’on comprend et l’on doit juger logique, à partir de la vérité métahistorique montrée par les évènements, que les auteurs US qui emploient le terme “État profond” soient en général des “dissidents” contestataires du régime actuel, et qu’ils donnent bien entendu une connotation absolument négative à sa définition, et cette définition effectivement réduite à cette connotation négative. A Washington qui produit aujourd’hui cette “politiqueSystème” infâme, ce qui se prétend État ne peut être qu’une imposture, avec un dessein caché, subversif, etc., et pire encore lorsqu’il s’agit d’organisations cachées émanant de ce non-État. A Washington n’existe qu’un gouvernement, une administration, qui est un pouvoir parmi d’autres pouvoirs, son action devant être la résultante la plus efficace et la mieux équilibrée des intérêts de ces autres pouvoirs. Plus précisément, le gouvernement est l’organe exécutif, qui n’a pas d’intérêt propre, qui est chargé de la gestion des intérêts des autres pouvoirs qui sont en fait des centres de pouvoir représentant eux-mêmes des intérêts en général privés, ou dans tous les cas sectoriels. Il n’y a pas d’État au sens principiel, donc il n’y a pas de bien public, donc il n’y a pas d’intérêt général. Celui qui crée ce qui est nommé “État profond” ne cherche pas à assurer une continuité du bien public et de l’intérêt général, mais au contraire à dissimuler disons au pseudo-contrôle démocratique, notamment au quatrième pouvoir qu’est la presse, le fonctionnement normal du système de l’américanisme… En ce sens, on pourrait dire que l’expression d’“État profond” est stricto sensu un non-sens pour les USA puisque ce qui n’existe pas ne peut avoir une émanation secrète plus “profonde” que lui, – mais dans ce cas, l’usage justifie l’emploi de l’expression, à condition qu’on en comprenne parfaitement la définition… »

Le temps a passé depuis 1788 et même depuis 2015, et cette distinction n’a plus guère lieu d’être aujourd’hui, dans cette si étrange époque, parce que les pouvoirs politiques sont partout atrophiés et impuissants, leurs légitimités réduites aux souvenirs, leur continuité semblable à une sorte d’encéphalogramme plat et au plus bas, ne transmettant qu’une absence d’ontologie. Par conséquent, et ceci comme un avatar logique de notre américanisation qui est en fait une entropisation, c’est bien la compréhension américaniste de l’expression, extrêmement péjorative, qui fait partout autorité.

L’expression est d’autant plus péjorative qu’elle s’est forgée, aux USA, dans un renforcement constant depuis la Guerre froide de la parcellisation des pouvoirs, de l’affirmation des bureaucraties et des intérêts particuliers, qui ont renforcé le néant régalien du pouvoir washingtonien. Sur ce point, je pense que l’on peut mettre en évidence des événements que l’histoire officielle n’a pas retenus, qui ont marqué une des dernières batailles du pouvoir politique US pour reprendre la main contre le DeepState, qui a eu lieu dans les années 1985-1990, comme une sorte de “miroir” des événements qui se déroulaient en URSS où Gorbatchev était occupé, – selon moi et malgré tout ce que peuvent dire ses détracteurs, – à attaquer le DeepState soviétique, et notamment son complexe militaro-industriel, – alors que survécut, comme l’a noté Bhadrakumar, un “État profond” de la nation russe comme survécut (ou réapparut) la Russie elle-même. Un passage d’un autre texte du site (du 7 janvier 2015) décrit ces événements “que l’histoire officielle n’a pas retenus” par le sous-titre « Coup d’État “à-la-Gorbatchev” de Bush-père » (Quelques mois auparavant ce “Coup d’État”, en décembre 1988, Gorbatchev avait annoncé le retrait unilatéral de 13 divisions de l’Armée Rouge de Tchécoslovaquie et de Hongrie.) :

« Concernant cet épisode, – il y en eut de multiples de cette sorte pendant la période, – il y eut une “réplique sismique” six mois plus tard. On voit à quel point l’action de Gorbatchev bousculait absolument tout, – non seulement la position soviétique, mais aussi la position occidentale et, bien entendu, la situation des relations Est-Ouest et par conséquent la situation du reste du monde.
» A la fin mai 1989, le président Bush (Bush-père) proposa lors d’un sommet de l’OTAN un désarmement des armes nucléaires de courte portée et des avions de combat affectés à cette tâche. Cette décision était annoncée unilatéralement, sans consultation d’aucune sorte, y compris de tous les alliés. La chose éclata comme une bombe et fut aussitôt interprétée comme une “réponse” aux initiatives-Gorbatchev de décembre 1988, pour tenter de tenir le rythme. Un mois plus tôt, en avril, une réunion des ministres de la défense de l’OTAN avait montré que la bureaucratie travaillait à pleine vitesse, et semblait devoir triompher, pour décider de la modernisation de ce type d’armements qui resteraient évidemment déployées, – le contraire de la proposition-Bush le mois suivant.
» Que s’était-il passé ? Bush-père avait simplement fait un coup d’État bureaucratique. Il avait saisi le dossier de ces armes des griffes de la bureaucratie, balancé aux orties le discours lénifiant qu’on lui proposait, rassemblé autour de lui un petit groupe d’experts (son conseiller de sécurité nationale Scowcroft, le secrétaire d’État Baker, l’amiral Crowe, président du comité des chefs d’état-major, etc.) pour travailler sur une décision exactement inverse et entrer dans le jeu de Gorbatchev. Ensemble, ils firent le discours-bombe du sommet de l’OTAN. La bureaucratie US/OTAN était furieuse mais tant pis pour elle.
» Un commentateur fit cette observation absolument fondamentale que “Bush menait désormais contre sa bureaucratie la même bataille que Gorbatchev contre la sienne”. (Une chose semblable, quoique moins élaborée, s’était produite en 1987. Reagan avait forcé à la signature d’un traité FNI [Force Nucléaires Intermédiaires/de Théâtre] avec l’URSS à un niveau zéro-zéro, – suppression complète de ces forces, – contre l’avis forcené de sa bureaucratie qui voulait conserver un seuil minimal de telles forces en Europe et voulait un accord à un chiffre réduit par rapport au nombre de systèmes déployés. Sorte de coup d’État bureaucratique, là aussi.) Il s’avérait alors que la “révolution-Gorbatchev” touchait l’Ouest également, où les directions politiques commençaient à se révolter contre leurs bureaucraties du temps de la Guerre froide, comme Gorbatchev avait pulvérisé la sienne. La lecture vraie de la situation politique d’alors balayait tous les antagonismes courants, les intérêts nationaux apparents immédiats, etc. C’était une vérité de situation sans précédent. »

Ce passage, dont je tiens certains détails de cette époque, appris par moi à cette époque à partir de sources extrêmement sûres, met en évidence des épisodes restés à peu près inconnus et qui mettent diablement à mal la narrative d’aujourd’hui selon laquelle les USA épuisèrent l’URSS dans une course aux armements échevelée, – alors qu’en fait, la course échevelée se faisait, à partir de 1986 après Tchernobyl, pour désarmer. Les dirigeants US étaient de la partie, et Reagan lui-même qui avait personnellement et en toute inconscience imposé le zéro-zéro du traité FNI qui paniquait sa bureaucratie, – je veux dire, pour retrouver mon sujet, qui paniquait son DeepState… Car ce qui est décrit là est bien une bataille entre la direction politique et le DeepState de la bureaucratie de sécurité nationale.

Ainsi peut-on voir que l’expression “État profond”, telle que nous l’utilisons aujourd’hui, correspond à une situation d’urgence où le pouvoir politique se trouve soudain devant la possibilité, sinon la nécessité d’une politique créative de rupture. Dans le cas évoqué, cette situation d’urgence créée par Gorbatchev que personne n’avait vu venir tel qu’en lui-même ; et dans ce cas, le pouvoir politique soudainement devenu ennemi du DeepState parce que ce représentant du Système, c’est-à-dire le pouvoir politique US ici, devenant soudainement vertueux à cause des événements et de l’accélération extraordinaire de l’Histoire. Il faut comparer les circonstances actuelles (Trump, Macron & Cie) avec cette circonstance d’il y a 30 ans et plus.

Pour clore cet épisode : finalement le DeepState, aidé par les neocon qui commençaient à éructer furieusement, reprit la main avec la chute du Mur de novembre 1989 et la perte de contrôle des événements par Gorbatchev. Il transforma une formidable coopération forcée par l’Histoire en une remise en ordre progressive, avec la narrative qui convient et qu’on nous sert aujourd’hui (les USA forçant Gorbatchev “dans une course aux armements échevelée”, et “remportant la victoire” dans la Guerre froide) (*). Cette narrative, à partir de la Guerre du Golfe provoquée par un montage du département d’État, enchaînant sur l’élargissement de l’OTAN jusqu’à la Russie, la guerre du Kosovo, l’exploitation before & after du 11-septembre, etc., est responsable de la politique de destruction et de déstructuration des USA telle que nous l’avons vécue depuis. Bush-père, un moment touché par la grâce, était vite revenu aux conditions qui allaient accoucher la “politiqueSystème”, les autres présidents suivant le train en marche, jusqu’à l’apparition de l’écueil inattendu de la candidature-bouffe de Donald Trump et le dérapage en plein hôpital psychiatrique de “D.C.-la-folle” et du DeepState lui-même.

En 1985-1989, personne ne parlait ni de DeepState ni d’“État profond”. Aujourd’hui, trente ans et presqu’autant de catastrophes plus tard, tout le monde en parle ; mais il s’agit de la même chose, de cette espèce de force maléfique qui se forme et se reforme selon des composants différents, dans des conditions différentes, pour conduire aux politiques catastrophiques que nous subissons. A la lumière de ces divers éléments, quelques réflexions en guise de conclusion :

D’abord, je crois impossible de définir ce qui est par définition indéfinissable (“cette espèce de force maléfique”) malgré l’expression dont on l’affuble, – DeepState ou “État profond” selon l’entendement d’aujoiurd’hui, – pour avoir l’air cohérent et l’air d’y comprendre quelque chose ;
Ensuite, je crois effectivement qu’il existe une force en marche dont l’origine et la composition dépassent l’entendement humain, et qui est à la source de cette époque catastrophique que nous vivons, – mais avec le secret espoir, moi, et même l’espoir souvent affirmé que cette force surpuissante est également autodestructrice ;
Enfin, je crois qu’à partir du moment où elle est nommée comme c’est le cas aujourd’hui, le domaine officiel adoptant une dialectique de “dissident”, et bien sûr quel que soit son nom, – DeepState ou “État profond” cela fait l’affaire, – cette force perd son principal atout qu’était sa dissimulation derrière les diverses machinations qu’élaborent nos esprits enfiévrés et imaginatifs, et qu’elle entre effectivement dans sa phase autodestructrice.

Ce dernier point est certes l’essentiel parce qu’il est immédiatement opérationnel. De ce point de vue, et après que le bouffon-Trump ait fait une moitié de chemin (l’emploi de l’expression par un bouffon, même président, lui donne un crédit bien insuffisant), l’adoption de l’expression par un président très comme-il-faut (Macron, certes) constitue un événement important sinon décisif. Cela indique, comme ce fut le cas en 1986-1989, que des directions qu’on jugeait inoxydables-Système pourraient être tentées, sinon (et plutôt) emportées par un courant de quasi-dissidence qui les conduirait à une position plus très éloignée de l’antiSystème. Tout cela, bien entendu, se fait, – sans rire et comme de coutume, – “à l’insu de leur plein gré”, sans que ni les uns ni les autres non seulement ne sachent ce qu’il se passe, mais plus encore ne sachent précisément ce qu’ils font.

Note

(*) Il y a beaucoup de textes comme celui-cisur le site allant résolument et radicalement contre cette thèse, qui viennent notamment de l’expérience de l’auteur, PhG soi-même, dans une période vécue “en temps réel” sur la question des rapports des dépenses de défense USA-URSS et le rôle de ces dépenses dans la période Gorbatchev. Le même auteur se permet de citer un extrait de son livre Le monde malade de l’Amérique, publié en 1999, – une note à l’introduction concernant cette thèse développée après-coup de l’effet soi-disant décisif de l’effort d’armement US sur l’économie de l’URSS. (Depuis, des archives déclassifiées ont montréla réalité à cet égard, et l’absence complète d’efforts soviétiques supplémentaires de défense durant la période Gorbatchev, par conséquent l’imposture de faire de l’effondrement de l’URSS la conséquence de dépenses de défense forcées par les USA, – narrative totale, narrative de fin de siècle pour un siècle nouveau…)

Extrait du livre Le Monde malade de l’Amérique :

« L’appréciation classique est que l’effort d’armement de Reagan (la SDI essentiellement, ou  »Guerre des étoiles ») a obligé l’URSS à suivre, et amené son effondrement. La thèse vint des milieux conservateurs américains (Richard Perle, Kristoll, etc.), mais elle est aujourd’hui servie presque unanimement en Occident. Elle permet de réchauffer avec ponctualité l’argument structurel des dépenses massives du Pentagone (face à d’autres éventuels  »ennemis »). Elle a pour premier but historique de justifier rétrospectivement l’effort américain de 1981-85, qui fut la cause conjoncturelle principale du déficit et du chaos budgétaire américain des années qui suivirent. Trois choses nous en font douter :
» (1) l’économie soviétique se caractérisait non par sa faiblesse ou sa force en termes occidentaux, mais par son irréalité. La fabrication d’armement n’était pas un choix pesant pour l’économie, c’était la structure même du fonctionnement  »non-économique » de l’URSS. Certains aménagement massifs mais statistiquement non reconnus (par exemple, le marché noir faisant 20% du volume des échanges) permettaient à la population de vivre. La thèse selon laquelle l’économie soviétique a été  »étouffée » (par son propre effort) nous paraît inappropriée : si elle avait continué comme elle faisait dans les années soixante et soixante-dix, c’est-à-dire en augmentant indéfiniment la production d’armements par ailleurs inemployés et déficients, elle aurait continué à les empiler sans autre forme de problème, et les lois de l’économie n’auraient pas été écornées puisqu’il n’y en avait pas ; le commerce occidental avec l’Est, trop intéressant pour les capitalistes, aurait continué à faire l’appoint.
» (2) Il y a eu une volonté de réforme interne à l’URSS, mais elle est née dans l’armée (qui voulait une meilleure qualité des technologies) puis dans les sphères du KGB (Andropov, dont Gorbatchev était proche), à la fin des années mil neuf cent soixante-dix, bien avant la SDI de Reagan. Bientôt (en 1981-82, toujours avant la SDI) fut fait le constat global de la complète irréalité, et de l’inefficacité en termes de qualité de production et de production même, de l’économie soviétique.
» (3) Tout aussi rapidement devant la situation d’irréalité, certains dirigeants admirent que la réforme ne pourrait être qu’économique, qu’elle devrait d’abord être politique (cela fut dit à Leslie Gelb par le maréchal Ogarkov, alors chef d’état-major général soviétique, lors d’un entretien en mars 1983 à Genève, quelques jours avant que Reagan ne fasse son discours sur la SDI). On aurait pu déjà comprendre que Gorbatchev privilégierait la glasnost sur la perestroïka, parce que c’était d’elle qu’on pouvait attendre le changement (politique) amenant les modifications économiques, que cette glasnost devrait donc être une sorte de  »révolution culturelle » où le citoyen et le cadre du Parti seraient invités à faire pression sur la nomenklatura bureaucratique pour exiger une meilleure gestion de l’économie, et donc une réforme fondamentale. Les analystes américains (et européens pour suivre fidèlement) continuent à expliquer l’effondrement soviétique par désorganisation d’une économie évident dès 1986-87, par des décisions de dépenses massives en URSS (pour contrer le programme SDI américain lorsqu’il commença à se concrétiser) qui n’auraient pu être prise qu’en 1984-85 au mieux, et plus raisonnablement en 1985-86. C’est un peu rapide chronologiquement pour l’économie d’une Menace de la taille de l’URSS, en tout cas d’après ce qu’on nous en servit, et un peu court pour le raisonnement. L’effondrement de l’économie soviétique nous paraît être plutôt dû à la modification des comportements suscitée par la glasnost, entraînant désorganisation puis désordre, en même temps qu’apparaissait l’irréalité économique et politique du monde soviétique : cela peut effectivement être obtenu en un temps très court, au contraire d’un effondrement sous la pression budgétaire. »

https://www.dedefensa.org/article/de-la-profondeur-de-letat-profond

« CONNAITRE, C’EST DÉMYSTIFIER.» Qu’est-ce que la Renaissance africaine?

« CONNAITRE, C’EST DÉMYSTIFIER.» Qu’est-ce que la Renaissance africaine?

AOÛT 31, 2019LAISSER UN COMMENTAIRE

@Hassane Mamane
: Primo, pour rentrer au sens noble du terme « renaissance » cela nous renvoie à une seconde existence après avoir raté la première.Secondo,la renaissance africaine peut être vue comme étant l’éveil et le réveil des consciences prêtes à accepter et à reconnnaitre leur appartenance à la reine mère qu’est l’Afrique. Cette renaissance nous impose l’acceptation sans condition aucune d’apporter notre contribution afin que l’Afrique puisse émerger et être classée dans le concert des nations pouvant s’exprimer où que ça soit et à n’importe quel moment. Produisons,cultivons et consommons ce qui est africain. C’est seulement dans cette optique que nous pouvons imposer le respect et clamer haut et fort notre fierté d’être africain.
La renaissance africaine n’est pas un vain mot. Alors, allons vers cette renaissance et découvrons la car nous en avions besoin.
Que les esprits non éclairés se reveillent car il est l’heure de la prise de conscience et de gouter à la dignité.

@DenisCoulibaly : Vivre heureux les uns avec les autres malgré nos différences, mon très cher frère Hassane Mamane! La renaissance Africaine nous impose une ouverture commune d’esprit dans le but d’accepter les points de vue et les réalités de la vie Africaine où tous les Africains seront heureux. « Notre esprit exige sans délai la solidarité et l’union entre les peuples au-delà des différences qui pourraient les séparer. »

@KoffiAlexisSanzue

Denis Coulibaly , sacré sachant…

@HassaneMamane

Entièrement d’accord avec toi très cher frère Denis. Que cette inspiration qui anime ta modeste,humble et digne personne demeure en toi jusqu’à l’éveil de toutes les consciences. Soyez benis, toi et tous ceux qui croient en toi.
Merci, merci et encore merci car nous nous ressourçons beaucoup en ta source.

@Motseur

Je vais reprendre toute la discussion pour la page AfriQuings (Afrique Mots). Votre autorisation est automatique j’imagine.

@DenisCoulibaly

Trouvons mieux pour nous affirmer! 
faut-il être vaincu pour changer? Réveillons-nous et vivons ensemble ! Nous avons besoin les uns des autres pour nous révéler.
Nos fausses luttes constituent un frein à la véritable renaissance Africaine. «Ce qui empêche les gens de vivre ensemble c’est leur connerie, pas leurs différences.»

@Denis Coulibaly : Hassane MamaneLaye El’AfriQuing (Motseur), Koffi Alexis Sanzueavec toute la jeunesse Africaine consciente et engagée, nous vaincrons par la volonté et la détermination! Restons engagés dans toutes nos actions avec conscience et pour le bien commun de tous les Africains. D’aucun se pose la question: à quoi sert une goutte d’eau dans l’océan? Que chaque Africain accepte sa responsabilité personnelle pour commencer à agir. Crier et protester ne suffisent pas. Le vrai changement pour la renaissance Africaine doit venir de l’intérieur de chacun de nous. Oui, regardons de manière critique autour de nous mais agissons!

@HassaneMamane

Mets-toi à l’aise frère notre Laye El’AfriQuing et sers-toi à satiété car chez le frère Denis Coulibaly, le partage est naturel. Respect à vous tous qui êtes prêts à apporter votre modeste contribution pour une Afrique unie,sans guerre,sans pleurs,sans maladie et où l’humanisme et la solidarité sont cultivés.
Allons seulement car la gloire est au bout du tunnel.

@HassaneMamane : Croire+Vouloir+Oser= Pouvoir. Croyons d’abord, Voulons ensuite et enfin Osons. C’est seulement ainsi que nous pourrons.Que vive la jeunesse consciente africaine.
Tous unis pour une Afrique digne de son nom.

@Motseur : Nous sommes fiers de vous, très franchement. L’Afrique va avancer, c’est sûr.

Sur la page de Denis Coulibaly. @AfriqueMots

https://afriquemots.wordpress.com/