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Autres temps, autres terreurs…

Autres temps, autres terreurs…

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 30 juin 2020

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Autres temps, autres terreurs…

30 juin 2020 – Pour en rajouter une petite couche très-modeste, je vais :faire un commentaire plus personnel sur la nouvelle traitée le jour d’avant-aujourd’hui, sur  le déclin de l’AIPAC qui semble accélérer irrésistiblement, qui est documenté dans ce sens d’une façon convaincante par l’article cité dans ce texte. Donc, un bref historique personnalisé…

En 2007, lorsque John Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, et Stephen Walt, professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government de l’université d’ Harvard, publièrent ‘The Israel Lobby and the U.S. Foreign Policy’, décrivant toutes les capacités d’influence israéliennes avec l’AIPAC comme matrice, ce fut l’occasion d’une très forte polémique, avec des aspects hystériques déjà repérés lors de la publication d’un article sur le même sujet par le même duo en 2006. Cela faisait des années, des décennies, que l’influence israélienne à Washington était à la fois un facteur fondamental du pouvoir washingtonien, connu de tous mais respecté par le silence de tous, une force quasiment légitime et irrésistible, effrayante et même terrorisante.

J’avais connu de loin, mais suffisamment précisément, ce phénomène qui ne cessait de déclencher des rumeurs complotistes, des appréciations chuchotées, des regards terrorisés jusqu’à presque se signer. En 2007, en général, on ne donnait pas cher de la peau des Mearsheimer-Walt dans le monde universitaire, et l’on attendait leur disparition dans les oubliettes de l’infamie. La polémique dura longtemps : par exemple, en février 2009 on faisait encore des émissions sur le bouquin, et  dans celle-ci justement on a beaucoup de détails et de précisions sur les aventures des deux auteurs. 

Mearsheimer-Walt tinrent bon et survécurent. Ils ont poursuivi leurs carrières respectives sans véritable handicap du fait de cette activité, bien au contraire. Leur travail avait levé un tabou sans pour autant restreindre la puissance de l’AIPAC. Les rapports entre les USA et Israël en furent-ils affectés ? Difficile de répondre, mais il est remarquable qu’avec Obama puis Trump, les relations entre les deux pays prirent une tournure très particulière ; très difficiles et presque hostiles, et publiquement affichées, entre Obama et Netanyahou, notamment dues à la très forte antipathie réciproque des deux personnages ; bombastiques et bruyantes avec Trump, serrant avec effusion son “ami Benjamin” sur son cœur et rendant ainsi le Premier ministre israélien de moins en moins populaire aux USA. Netanyahou, qui ne manque ni de finesse ni de duplicité, accéléra sa politique d’entretien des meilleures relations possibles avec la Russie.

Pendant tout ce temps, on ne parlait plus guère de l’AIPAC, sauf pendant les fameux rassemblements d’allégeance du début du printemps (justement, celui qui n’a pas eu lieu cette année). Pendant tout ce temps également, il est vrai qu’on releva des incartades de moins en moins dissimulées de tel(le) ou tel(le) parlementaire. On doit se souvenir comme d’un fait révélateur et significatif de  l’aventure opposant (en août 2019) les députées Ilhan Omar et Rashida Tlaib, du fameux Squad de la Chambre des Représentants, au gouvernement israélien, suivie  d’un article du Washington Post signalant la détérioration des relations entre le parti démocrate et le gouvernement israélien sans sacrifier une seconde à l’ode au gouvernement israélien qui accompagnait traditionnellement toute analyse où Israël tient un des rôles principaux.

Cela aurait dû faire sonner un tocsin significatif dans nos oreilles, mais nous étions occupés à tant d’autres choses. (Moi le premier, certes.)

Et maintenant, cet article de Grant Smith, qui a toutes les garanties d’une  vérité-de-situation nouvelle, remarquable, avec une documentation et une déduction extrêmement convaincantes. Cela devrait maintenant faire sonner à toutes volées un tocsin lugubre sur tout le champ des relations internationales, où les relations vraiment très-très-spéciales entre Washington et Israël tiennent (tenaient ?) une place considérable.

J’ai beau tendre l’oreille, je n’entends rien de ce tocsin, nothingnada, mais plutôt un silence indifférent entrecoupé de tel ou tel constat sans alarme particulière. Certes, les choses changent, doivent distraitement penser certains, mais bon il y a bien plus urgent et important à s’entretenir et s’occuper, et les voilà qui retournent à leur besogne d’alimenter les vitupérations qui leur tiennent lieu de commentaires : haine de Trump et Covid19, haine de Trump-Covid19 et le soulèvement de communication de BLM, haine de Trump-Covid19 et les présidentielles, haine de Trump-Covid19 et les balbutiements informes de Joe Biden…

Voilà, nous y sommes, et c’est bien le plus stupéfiant de l’affaire : l’éventuel naufrage de l’AIPAC et du “très-très-spécial” aspect des relations USA-Israël n’intéresse pas grand’monde. L’on dit même que la sacro-sainte aide financière énorme (autour de 3 $milliards l’an) des USA à Israël pourrait bien en sortir, en 2021, notablement amaigrie, sans là aussi que ces bruits ne déclenchent le moindre concert d’indignation préventive-dissuasive.

Il n’est question ici ni de formalisme ni d’analyse rationnelle, y compris celles que l’on fait quand l’on cite les liens “secrets” entre Israéliens et américanistes, le “complot permanent” plaçant Washington aux ordres de Tel-Aviv (Jerusalem ?).

(Je dis bien “analyse rationnelle” car, contrairement à ce qu’on est en général conduit à penser dans l’émotion de la première réaction, le “complotisme” n’est nullement irrationnel mais  au contraire rationalisme pur, jusqu’à la subversion complète que la Raison peut introduire dans notre jugement sur l’évaluation des actes, des faits, des effets et des conséquences, et surtout des multiples “causes premières” de ces artefacts du brio historico-politique.)

Il est alors plutôt question d’une humeur, d’une atmosphère, d’un effet de communication, et tout cela qui apparaît aujourd’hui complètement différent de ce que cela était il y a un tiers de siècle, il y a15 ans, il y a 5 ans, et même il y a un an bien que les choses avaient déjà changé ; c’est-à-dire que je vous parle d’une humeur et d’une atmosphère bien différentes même de l’immédiat avant-Covid19.

(Pour le tiers de siècle j’en témoigne puisque je l’ai ressentie dans l’attitude américaniste, cette puissance du tabou israélien, la puissance et l’impunités de l’AIPAC, la terreur que ces forces diffusaient dans les psychologies des élitesSystème, il s’agissait d’un poids et d’une pression considérables et gigantesques, et tout cela semble se dissiper, flotter et se désintégrer…)

Au reste, et pour montrer la pureté de mes intentions et mon absence de comportement israélo-centré/obsédé, je ferais la même remarque concernant deux autres événements, de deux autres grands domaines de ce que furent les relations internationales, qui connaissent aujourd’hui des bouleversements considérables par rapport à ce qu’ils furent, sans que cela ne semble déclencher en aucune façon de grandes préoccupations, donc un peu de la même façon que je décris pour l’AIPAC.

• C’est le cas des négociations stratégiques pour un nouveau traité START entre les USA et la Russie (auxquels les USA voudraient rajouter la Chine, qui refuse catégoriquement). Ces négociations ont commencé à Vienne et personne, au fond, ne les prend au sérieux et personne, autour d’elles, ne s’en préoccupe. Même les Russes, qui y tiennent tant par goût prononcé de la stabilité, savent au fond d’eux-mêmes qu’il vaut mieux n’y pas trop compter.

• C’est le cas des relations transatlantiques, avec les tensions Allemagne USA, le retrait de 9 000 soldats US d’Allemagne (ou leur transfert dans la fidèle et subtile Pologne), les déclarations de Merkel qui nous apprennent que cette dame se permet de penser que les USA “ne sont plus une puissance mondiale”. Cela nous vaut des déclarations allemandes  très-très sophistiquées sur les “chères”  relations transatlantiques qui sont « extraordinairement importantes », qui ne peuvent pas continuer comme ça (alliance), et qui continueront tout de même (alliance), qui à la fois ne sont plus et à la fois sont toujours, et tralala, dansons Folleville, sur le pont du Titan-Hic.

« Les jours du bon vieux “partenariat transatlantique” sont passés, a admis le ministre allemand des affaires étrangères du gouvernement Merkel Heiko Maas… […]
» “Quiconque croit que le partenariat transatlantique sera à nouveau ce qu’il était avec un président démocrate sous-estime les changements structurels”, a déclaré le ministre à l’agence de presse allemande dpa, laissant entendre que les relations entre les deux alliés ne seront jamais les mêmes, même sans le président Donald Trump à la tête de l’État à Washington.
» Néanmoins, il a également admis que Berlin n’est pas encore prêt à renoncer à son alliance de longue date avec Washington. “Les relations transatlantiques sont extraordinairement importantes, elles le resteront et nous travaillons pour qu’elles aient un avenir”, a-t-il déclaré. »

L’absurdité extrêmement postmoderne du propos de ce ministre (nous ne sommes plus ensemble mais nous restons ensemble), est bien là pour faire le minimum syndical face à des liens qui ne cessent de se défaire, sans que personne ne puisse rien faire. Sur ce point, il y a beaucoup de larmes sincères, surtout du côté européen où l’on se sent d’autant plus fort et “d’autant plus européen, enfer et damnation !”, – enfin, d’autant plus libres que l’on est soumis aux USA. Mais sur le fond, tout cela importe-t-il encore ? Je crois que nous sommes dans le même cas que celui de l’éventuelle disparition de l’AIPAC… Ne parlons pas de rupture, ni de brutale décision, mais de dissolution, – paradoxalement car à la fois, – dissolution imperceptible mais dissolution ultra-rapide.

Je n’ai rien pour prouver ni substantiver ce que j’avance mais je ressens comme une évidence de plus en plus affirmée que la pandémie Covid19 est l’explication abrupte de ce phénomène… Covid19 a été une fantastique rupture, – brutale celle-là, visible, cruelle, comme quelque chose qui vient du fond des âges où l’on craignait les terribles épidémies de la “Mort Noire”, pour nous rappeler à nos destins que nous avons trahis, pour susciter chez nous des terreurs nouvelles de notre culpabilité pour cette trahison ; Covid19 qui a concrétisé tout ce qui s’est assimilé depuis au moins douze ans (depuis 2008), depuis même 19 ans (9/11), dans nos inconscients et dans nos subconscients, et qui a touché les populations également avec cette pandémie qui nous révèle la crise  « extraordinairement importante » où nous nous trouvons… Et alors tout le reste, qui comptait tant, qui constituait les références de nos pensées et de nos efforts, passe au second plan, se réduit de plus en plus, – et si vite malgré tout ! – comme une peau de chagrin, comme la tête d’un ennemi juré des Jivaros que les Jivaros lui ont coupée en lui jurant une réduction qui lui vaudrait l’enfer…

Tout le reste, stratégie, géostratégie, complots et ambitions de conquête, de domination, tous nos plans et calculs, nos rapports de force, nos hypothèses audacieuses et soupçonneuses, nos grands desseins et nos Grands Jeux, notre futur de puissance et de croissance, notre schizophrénie technologique plongée dans notre paranoïa de communication, notre folle certitude  « to create our own reality », tout le reste qui prétend répondre à des démarches maîtrisées par la puissance humaine, tout le reste qui se dissout, qui disparait, qui n’importe plus, qui ne laisse pas le moindre souvenir de nostalgie…

https://www.dedefensa.org/article/autres-temps-autres-terreurs

Après les aveux d’Éliane Houlette :le bal des hypocrites

Après les aveux d’Éliane Houlette :
le bal des hypocrites
par Régis de Castelnau

mardi 23 juin 2020, par Comité Valmy

Après les aveux d’Éliane Houlette : le bal des hypocrites

Le spasme qui a saisi le monde politique après les déclarations de l’ancienne patronne du PNF devant la commission parlementaire d’enquête est finalement très amusant.

Tout le monde savait que le raid judiciaire contre Fillon était une opération savamment préparée, et exécutée avec zèle par des magistrats parfaitement d’accord pour la mettre en œuvre. Depuis trois ans, en dehors de quelques aboiements, dont ceux de votre serviteur, quelques contritions discrètes (Davet et Lhomme, Marc Endeweld), tout le monde a fait semblant. Il n’est que de voir l’absence de réaction dans la presse, face aux réquisitions, surprenantes de sévérité du PNF à l’audience du procès Fillon. Comme d’ailleurs à toute l’attitude du parquet pendant son déroulement, alors que sautait aux yeux l’évidence du seul objectif, justifier la violence procédurale du printemps 2017, pour parer à l’accusation d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Dont on sait bien sûr qu’elle est parfaitement fondée.

Alors livrons-nous à un petit passage en revue des différentes réactions.

Le réveil des LR

Les LR se réveillent d’un long sommeil sur cette question, alors qu’ils étaient parfaitement au courant depuis le premier jour de l’existence de l’opération visant à disqualifier leur candidat et à permettre l’élection de Macron. Un mélange de lâcheté, d’envies d’aller à la soupe et d’aversion pour François Fillon, ont abouti à l’instauration d’un pieux silence. Dont ils sortent aujourd’hui, sentant Macron affaibli et soucieux de redorer leur blason comme ils l’ont fait en s’opposant victorieusement quoique tardivement à la loi scélérate Avia (tant mieux, et merci à eux quand même). Alors, bardés de fausse ingénuité, ils font semblant de découvrir la lune avec les déclarations d’Éliane Houlette, et enfoncent vaillamment des portes ouvertes.

Jean-Luc Mélenchon a compris

Pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2017 Jean-Luc Mélenchon n’écoutait pas les conseils de prudence dans le maniement des informations données par la presse à l’aide des fuites ciblées de l’enquête, puis de l’instruction. Ses partisans et lui n’hésitaient pas à s’en servir à l’encontre de leur concurrent LR. C’est aujourd’hui une autre chanson, car entre-temps, le patron de LFI a goûté à l’instrumentalisation politique de la justice en se faisant appliquer le même genre de traitement. Et douloureusement surpris, a trouvé cela passablement désagréable, et donc changement de discours et prise en compte du réel. Le voilà qui nous dit : « Il y a eu un effet de meute. Il est clair que sa liquidation politique a servi l’ascension de monsieur Macron. C’est de la grossière manipulation ». Carrément ?

Socialistes et éditocrates, Joffrin porte-parole

Il est nécessaire de faire un lot commun dans la description du comportement des socialistes et des journalistes soutiens indéfectibles d’Emmanuel Macron. D’abord parce que ce sont les mêmes et ensuite parce que ce sont eux qui ont été à la manœuvre. Les uns organisant et soutenant la manipulation, les autres la relayant dans un invraisemblable bombardement médiatique. Ils auraient du mal à prétendre que c’était pour soutenir Benoît Hamont candidat officiel du PS ! Non non, c’était bien Macron qu’ils voulaient. Le problème, c’est que les Français en ont fait l’expérience depuis, et allez savoir pourquoi, ils ont quand même l’impression d’une superbe erreur de casting. Alors, beaucoup rasent les murs, mais pas Laurent Joffrin comme d’habitude qui s’y colle dès qu’il faut afficher son ignorance et déployer sa mauvaise foi. Et comme d’habitude toujours, on n’est pas déçu. Il défend bec et ongles la fable et révèle en creux sa conception de la démocratie. «  On parle « d’instrumentalisation », de « forfaiture », de « cabinet noir » et on regonfle le mythe d’une « élection volée » qui aurait privé un Fillon blanc comme neige de son ticket d’entrée à l’Elysée. » Mais dites donc Monsieur Joffrin, vous savez bien que ce n’est pas le principe même d’une procédure à l’encontre de François Fillon qui pose un problème, mais la façon dont elle s’est initialement déroulée. Dont vous ne dites pas un mot. Le caractère exceptionnellement fulgurant à ce moment-là, à un rythme que je n’ai JAMAIS VU en 48 ans de carrière, à partir, non d’un réquisitoire, d’une plainte, ou d’un signalement article 40 mais d’un article de journal opportunément publié à quelques semaines du scrutin, tout ça ne vous dérange en rien ? La violation des règles de la loi sur le secret de l’enquête, probablement par des gens liés à celle-ci, pour que des pièces de la procédure habilement sélectionnées paraissent dans la presse avant même qu’elles soient « côtées » dans le dossier judiciaire, pour vous tout va bien ? Aucun problème quand la loi devient à géométrie variable, et que des fonctionnaires violent leurs obligations légales et par conséquent leur serment sous votre nez. Ces délinquants-là seraient donc « blancs comme neige » ?

Et puis on voit en creux l’argument, tant de fois entendu, d’une culpabilité affirmée concernant François Fillon qui aurait justifiée qu’on l’écarte de la course à la présidence dont il était le favori. Jolie conception de la séparation des pouvoirs que cette présentation des choses qui trouve normal qu’en déclenchant une procédure judiciaire ultrarapide et en la mettant en scène dans un grand tintamarre médiatique illégalement organisé, ce soient les procureurs qui désormais choisissent qui peut se présenter à l’élection la plus importante de la république. Dans une démocratie normale, c’est le juge du fond après un débat contradictoire dans le respect des règles qui peut décider d’infliger la peine complémentaire d’inéligibilité. En revanche, Laurent Joffrin ne voit aucun inconvénient à ce que l’affaire Arif qui jetait un drôle d’éclairage sur les conditions financières de la campagne de hollande en 2012, dorme paisiblement du sommeil de l’injuste depuis plus de six ans, celle de Ferrand depuis trois ans. Benalla bien sûr, El Guerraj et toutes les autres quand, d’enlisements en classements sans suite, on épargne soigneusement la macronie. Il n’a aucun souci quand la procédure jumelle contre le ministre socialiste de l’intérieur de Hollande Bruno Le Roux à qui l’on reprochait les mêmes faits qu’à Fillon, est silencieusement encalminée depuis plus de trois ans.

La défense de Fillon et «  les magistrats en campagne »

Un des avocats de François Fillon, vient nous dire aujourd’hui que pendant l’information judiciaire, il avait eu l’impression d’être devant, non un magistrat instructeur, mais devant un militant. On veut bien le croire, mais on va peut-être quand même s’interroger sur cette prise de conscience tardive. Car en effet, c’était le même magistrat qui avait instruit la procédure diligentée à l’encontre de Nicolas Sarkozy pour le règlement par l’UMP en 2012 de l’amende fixée par le Conseil constitutionnel pour le dépassement des comptes de campagne. À ce moment-là l’instruction complètement à charge et les mises en examen multiples du « magistrat militant » n’avaient pas beaucoup gêné François Fillon alors à la tête de l’UMP, qui avait été les solliciter de Jean-Pierre Jouyet alors secrétaire général de l’Élysée sous François Hollande. Dites Monsieur Fillon, un «  magistrat en campagne », un coup c’est bien, un coup c’est mal, c’est ça ?

Macron veut qu’on vérifie…

Emmanuel Macron quant à lui fait très fort. Il a annoncé à grand son de trompe qu’il avait saisi le Conseil Supérieur de la Magistrature pour vérifier « l’indépendance de l’enquête ». On a bien entendu, Emmanuel Macron ne parle pas « d’impartialité » mais « d’indépendance ». Pardi, la procédure a bien été « indépendante » parce qu’il n’y avait nul besoin de pressions sur Éliane Houlette pour qu’elle lance soigneusement le premier étage judiciaire du missile anti-Fillon. Le juge d’instruction Serge Tournaire du pôle financier allumera le second, et ce sera suffisant pour sortir Fillon de la course et ouvrir un boulevard à Macron. Et nul besoin non plus, d’ordres de la chancellerie ou de l’Élysée pour que Catherine Champrenault apporte tous ses soins à l’opération. La duplicité de cette annonce présidentielle fait sourire. C’est comme si après l’assassinat de Jules César aux ides de mars 44 avant J.-C., Brutus avait demandé au Sénat romain de « vérifier » son innocence dans le complot et le meurtre de son père adoptif.

Des magistrats un peu gênés

Il y a enfin des magistrats, dont beaucoup sont bien embêtés, qui rappellent les grands principes, se réfugient dans le déni, ou bien essayent une fois de plus de faire avancer la mauvaise cause de l’indépendance du parquet. Et puis, ceux qui accusent les copains histoire de se défausser de leur responsabilité dans la manipulation du printemps 2017. Dont, on ne sait jamais, il faudra peut-être un jour rendre des comptes.

Et c’est dans ce contexte que cette séquence se produit, lancée par ce qui ressemble aussi à un règlement de compte entre deux magistrates engagées et semble-t-il en rivalité. On rappellera quand même par méchanceté pure, qu’elles ont été toutes deux choisies et nommées par François Hollande. Les méchantes langues gratifient même Catherine Champrenault d’une grande proximité avec François Hollande et Ségolène Royal.

L’instrumentalisation politique de la justice pour disqualifier le favori de l’élection présidentielle de 2017 est une évidence depuis trois ans.

L’épisode consécutif aux déclarations de Madame Houlette ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà. Mais dévoile la nature du consensus qui avait tenu à jeter un voile pudique sur la manipulation antidémocratique qui avait permis à Emmanuel Macron d’arriver au pouvoir.

Régis de Castelnau
22 juin 2020

Vu du Droit
Un regard juridique sur l’actualité avec Régis de Castelnau

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11938

« Le monde malade de l’Amérique »

« Le monde malade de l’Amérique »

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 22 juin 2020

   Forum

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« Le monde malade de l’Amérique »

22 juin 2020 – Le titre de cette page du Journal-dde.crisis est aussi le titre publié en 1999, ‘Le monde malade de l’Amérique’ effectivement, dont l’auteur est PhG. (*) Je trouve ce titre, rétrospectivement, à la fois excellent, comme je l’avais jugé alors, et en plus visionnaire ; je peux d’autant plus me permettre de telles considérations que c’est l’éditeur qui l’avait proposé après une recherche commune, comme résumant parfaitement ce qu’il avait ressenti à sa lecture.

Il va sans dire mais aussi bien en l’écrivant, et pour faire la transition, que c’est le texte d’Alastair Crooke qui a rappelé « Le monde malade de l’Amérique » à mon souvenir ; et précisément cette phrase qui contient, pour moi, pour ma perception, en quelques mots tout l’esprit que je découvre  dans ce texte, et cela même si l’auteur n’a pas consciemment voulu l’y mettre. (N’oubliez pas que c’est un  logocrate qui vous parle.)

« [C]e qui est indéniable, c’est que ce mouvement du “réveil” se répand dans certaines parties de l’Europe et de l’Amérique plus vite que l’infection par le Coronavirus. »

Après cela, vous ne pouvez pas dire que le monde n’est pas “malade de l’Amérique”, n’est-il pas ? Mais l’Amérique encore plus, certes, malade d’elle-même, absolument. 

Je me suis mis à la relecture de ce « Le monde malade de l’Amérique » ; il ne dépare pas le tableau que je m’évertue à peindre aujourd’hui de la situation du monde, à partir de sa matrice, ce que d’autres auteurs (Dandieu et [Robert] Aron) nommèrent le Cancer américain ; son propos de fondation sur l’Amérique reste complètement pertinent, simplement des dimensions nouvelles sont apparues, des poutres-maîtresses qui haussent décisivement l’architecture extraordinaire et surhumaine du débat en le faisant complètement métaphysique. Mais la chose, le bouquin me rappelle bien que l’idée d’une “crise de l’Amérique” a été une de ces fondamentales et constantes perceptions depuis la fin de la Guerre Froide, lorsque  William Pfaff nous parlait de la “crise d’identité” de l’Amérique, et cela en 1992 (d’où je date, avec les émeutes de Los Angeles d’avril-mai 1992, les prémisses de cette crise finale) :

« …un sentiment de désarroi comme il [Pfaff]n’en avait jamais connu dans ce pays, y compris dans les souvenirs d’enfant qu’il avait de la Grande Dépression, un sentiment de désarroi qui semblait impensable pour l’Amérique ».

« … Alors, où allons-nous maintenant, nous les Américains ? Qui sommes-nous maintenant ? Je n’ai pas de réponse. Je sais simplement que je trouve l’idée d’une nation multiculturelle ou “arc-en-ciel” peu convaincante. D’une certaine manière, c’est une idée séduisante. Elle corrige les injustices. Elle invite à un nouvel ordre social de coopération et de bonne volonté. Mais je crains que les résultats dans la réalité en soient exactement le contraire. Je ne prétends pas le savoir. Je soutiens simplement que la désorientation et l’anxiété ressenties par les Américains dans cet après-guerre, cette sorte de gueule de bois où nous plonge la fin de la guerre froide, sont liés à la perte d’une identité, – et nullement à la perte d’un ennemi. » (Dans un des trois articles de Pfaff de 1992.)

(La perte de l’identité, justement et au contraire de “la perte d’un ennemi”, c’est une pathologie, l’une des plus terribles que puisse connaître la psychologie humaine, et peut-être avons-nous inventé, sur les instances du Diable déguisé en Enfant du Bon Dieu, la pandémie de la plus épouvantable pathologie de la psychologie. Pfaff a été pour moi un de ces “passeurs” qui vous font suivre le savoir de l’intuition pour alimenter votre propre quête, dans cette chaîne spontanée de la Résistance.)

A la lumière de ces souvenirs qui restent en moi pour chercher à m’éclairer quand cela importe, quand la voie est obscure, je peux développer le sentiment, peut-être l’intuition, que cette idée de “l’esprit du texte” d’Alastair Crooke a fait naître en moi, d’autant plus que Crooke place résolument la question qu’il aborde hors des sentiers courants, battus et rebattus, de la politique et de la géopolitique. Il our l’installe fermement et sans barguigner dans la psychologie, qu’il décrit à l’occasion d’une façon qui, bien entendu, nous conduit à conclure qu’il s’agit d’une très grave pathologie de la psychologie de l’américanisme ; et de là à conclure qu’en fait, c’est l’américanisme lui-même qui est une pandémie, il n’y a qu’un tout petit pas qui est celui de l’évidence éclatante.

Bien entendu, c’est le « plus vite que l’infection par le Coronavirus » de Crooke qui m’a précipité dans l’idée de la “pandémie de l’américanisme”, et au-delà rappelé à mon souvenir le titre du “Monde malade…”. Une fois bien ancré dans cette idée, votre esprit, éclairé par l’intuition dont vous constatez qu’elle a établi une constance révélatrice (depuis 1999 et l’idée d’un éditeur), n’en démord plus : cette interprétation évidemment symbolique et nullement rationnelle d’une pandémie est la bonne, pour décrire et donner leur véritable dimension, leur  vérité-de-situation, au grand événement-USA depuis le 25 mai (la Grande-Emeute2020).

En fait, l’événement s’enchaîne parfaitement sur la crise-Covid19, une vraie pandémie celle-là, – ou bien une pandémie-faussaire, comme nous l’affirment certains, au bord de la crise de nerfs ; et voilà qui est parfait, ces nuances sinon ces contradictions d’appréciation (vraie catastrophe sanitaire d’un côté, véritable complot infra-politique et hyper-manipulateur pour d’autres), qui donnent au symbole de “la pandémie” une ampleur extrême des domaines concernés, et donc peut parfaitement y inclure la crise de la Grande-Emeute2020, aux USA et, à partir de là, globalisée vers le monde stupéfait de la galopade effrénée de cette pathologie. Les deux pandémies ont donc la même ampleur, la même ambition de globalisation, marquant dans quelle mesure assurée nous parlons bien et chaleureusement, et avec enthousiasme certes, de la même chose, – c’est-à-dire de la sublime stupidité, de l’aveuglement transcendantal, de la zombification multiethnique et antiraciste, – tout cela caractérisant la “pensée” courante, c’est-à-dire “en cours” et courant à grandes enjambées, dans les bornes culbutées de leurs socles statuaires et les frontières ouvertes du ‘Nouveau Monde’, – leur sacrément New-Brave-World, – vers l’effondrement cosmique et final.

Il n’y a donc rien à comprendre selon les références habituelles, celles de la pesante raison humaine, laquelle est si lourde de son arrogance, de ses certitudes et de sa suffisance absolument extraordinaires, de l’unicité quasi-sidérée de son discours réduit au plus petit dénominateur commun (PPDC) du balbutiement hagard nous servant en général d’expression et de communication devant l’empilement d’événements extraordinaires, – avec ce clin d’œil qui semble nous dire, le malin,  “Chchttt, faisons mine de tout comprendre puisque nous n’y comprenons rien”, en ajoutant “Ce que je ne peux étouffer, je l’embrasse”. Tout cela nous fait barboter et glapir dans une philosophie déstructurante à l’envi.

Ainsi les réactions courantes du sapiens-sapienset de sa raison-raisonnante et triomphante laissent-elles le champ libre, malgré toutes les censures du monde, à l’architecture symbolique que l’intuition nous invite à construire pour mieux apprécier la grandeur et la force des événements en cours. Il est vrai que l’on peut censurer la communication et mettre la raison en procès au nom d’une autre raison, mais l’intuition évolue dans une nature du monde hors de notre triste-monde, et les symboles qu’elle génère se jouent des obstacles du censeur.

Il se déduit de tout cela que l’ère où nous nous trouvons, qui finalement commença effectivement en 1999-2001 (guerre du Kosovo et 11-septembre), est bien celle de la pandémie, de l’infection par contamination. L’année 2020 couronne cette vérité-de-situation en liant une véritable pandémie, devenue ainsi elle-même symbolique d’elle-même, aux autres événements gigantesques qui secouent ce monde fabriqué par le Système et mis en place par son exécutant fidèle et zélé qu’est le système de l’américanisme. Le malade s’effondrera donc à l’heure dite, toujours fidèle au rendez-vous.

Note

(*) Il ne me reste que deux exemplaires de ce livre, que je garde bien entendu, – “précieusement”, je ne sais pas. ‘Le monde malade de l’Amérique’ a été, comme c’est la coutume avec moi, un remarquable worst-seller, le nombre d’exemplaires vendus se comptant en petites centaines discrètes et effacées. Je ne sais pas s’il en reste, ce qu’ils sont devenus, où l’on peut en trouver, etc., sauf l’omniprésent et détestable Amazon, bien entendu, où il  est présenté à la vente avec sept exemplaires d’occasion. Si le cœur vous en dit… (Précision : j’ignore pourquoi, le livre est présenté chez ces Yankees avec la date du 23 octobre 2003, ce qui pourrait faire croire qu’il s’agit de date [il manque l’heure !] de publication. Il n’en est rien : le livre a été publié à la fin du printemps 1999.)

https://www.dedefensa.org/article/le-monde-malade-de-lamerique

Les voitures de demain

Les voitures de demaindétailsRhl Athenamercredi 10 juin 2020 à 16:02réception4 pièces jointesdiaporama – tout enregistrer

Cher Ami, 
A partir d’une vidéo de l’OBS transmise par un de nos fidèles Correspondants sur les véhicules électriques, j’ai écrit cette dépêche.Cette vidéo de l’Obs sur la problématique des choix – ô combien hypocrites – est une vraie question quant à l’utilisation desdits véhicules, mais pas que. Toutefois, si M. Pitron a totalement raison et – aussi – dans son ouvrage : « La Guerre des métaux rares »*, et sur ses conséquences environnementales et sociales (incluant l’impact en matière de santé publique sur les populations), cf. l’article du Monde en pièce-jointe. Le débat sur la voiture électrique, qui serait plus « propre » que le moteur thermique, ne voit le problème que par « son » petit bout de la lorgnette.Le débat devrait être étendu à d’autres secteurs, pour exemple : celui de la téléphonie mobile comme je pourrai évoquer celui de l’électronique (PC). Rien que pour les smartphones, chacun contient entre 5 et 7 grammes de terres rares. En France 75% de la population possède un smartphone, selon une étude du Crédoc (N°Sou2018-4439)**…Il y aurait donc, en France, 50.250.000 smartphones (dont 30%, soit 15.075.000 dormiraient dans des placards), calculé sur une base population Insee au premier janvier 2020, cf. article joint.Soit un volume de terres rares de : 351 tonnes et 750 kgs uniquement pour les smartphones.Pour extraire un gramme de terre rare, il faut excaver 70 kgs de terre et de roches.Soit S.E.O., un volume de 24.622 Tonnes et 500 kgs arrachés à la terre pour satisfaire l’unique besoin français, ce sans parler des dommages collatéraux sur l’environnement (nappes phréatiques, cultures, élevages, pollutions de l’air, gaz à effets de serre ET les populations…).Sachant qu’en 2018 il s’est vendu 1,55 milliard de smartphones dans le monde, je vous laisse faire le calcul pour estimer l’impact de ces excavations sur la planète et ses conséquences (dommages collatéraux inclus).Pour information, dans une batterie de voiture, il y a 9 kgs de terres rares, ça laisse rêveur non ?Plus fort encore, une éolienne à aimant permanant de 3,5 MW peut contenir jusqu’à 600 kgs de terres rares… Impressionnant non ?Le calcul des ravages sur la nature ne méritent-il pas d’être fait eux aussi ?
Pourtant, on vient nous parler d’écologie, de technologies propres, respectueuses de l’homme et de la nature.Sans parler de l’avion électrique…En France, la Loi 2020-105 du 10/02/2020 *** relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire est une avancée qu’il faut saluer. Elle est évolutive et aura un impact sur la conscience et le comportement des consommateurs, si les « lobbyeurs » la laisse vivre… L’à-venir, celui que nous construisons, nous le dira.Ceci posé, la vraie question, le vrai choix de société, consiste à savoir si l’on préfère émettre du CO2 pour fabriquer des smartphones, produire des batteries de voitures, des éoliennes, faire tourner des « data centers », faire du transport maritime très polluant, faire des voyages éphémères en avions, etc.Ou bien pour construire des infrastructures durables et s’offrir à nous mêmes et à nos descendants une mobilité téléphonique, virtuelle et physique (longue distance), sobre en carbone ?N’aurait-on pas à y gagner à être plus responsable vis-à-vis des peuples ? De la nature ? De la terre ?A la faveur du déconfinement, on s’aperçoit quand on circule un peu, hier soir à 19h00, que les bouchons étaient de retour… Comme si de rien n’était, comme si le coronavirus n’avait servi à rien en terme de prise de conscience. La pollution continue de progresser, il n’y a qu’à voir l’augmentation du volume des déchets « cartons » à la faveur du confinement.Alors qu’une crise financière risque de se produire d’ici à la fin de l’année et que notre pays comptera entre un million et un million et demi de chômeurs supplémentaires…Jusqu’où ira l’inversion des valeurs ?Ces questions méritent d’être posées, c’est à chacun d’y répondre.
Vous en souhaitant bonne réception, visionnage
* Aux Editions : Les liens qui libèrent** Lien : https://www.credoc.fr/publications/barometre-du-numerique-2018*** Lien : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2020/2/10/TREP1902395L/jo/textehttps://messageriepro3.orange.fr/OFX#mail/SF_INBOX/8340%25SF_INBOX/f

lemodereil y a 16 heures·geopoorg.wordpress.comInformations utilisateurDaech contre Al-Qaida, la guerre totale ?

lemodere

lemodereil y a 16 heures·geopoorg.wordpress.comInformations utilisateurDaech contre Al-Qaida, la guerre totale ?

Si les causes de la naissance d’ Alqaeda sont claires et densément documentées, celles de Daech demeurent à mon avis contradictoires voire douteuses.
Les deux organisations ont des cibles sensiblement différents. Pendant q’Alqaeda vise en priorité les envahisseurs et accessoirement certains régimes arabes jugés à la solde des mécréants, on reléve que Daesh a suivi la tactique inverse.
Qu’importe. Mais ce qui est essentiel demeure presque désert dans les différentes etudes menées sur cette organisation à savoir le traitement discriminatoire des occidentaux envers Alqaeda et Daech alors qu’elles sont toutes les deux inscrites sur la liste des terroristes.
Pendant qu’on a presque vidé ses cartouches et ses bombes en Afghanistan où il est difficile de repérer de repérer les hors la loi, on laisse en Irak en Syrie sur un terrain plat des centaines de vehicules bourrés de combattants se saisir des localités et villes au su et au vu de tous les avions de la coalition occidentale. On leur autorise méme d’occuper des puits de pétrole et de commercer aisément pour renflouer leur caisse.
Ce qui est encore inexplicable est la dotation en matériel de guerre que Daech a pu bénéficier. Des centaines de Toyota flambant neufs, de l’armement de toute catégorie et une aisance de déplacements.
Est ce vraiment une organisation terroriste qu’on n’a pas cherché à neutralise du moment qu’elle s’est attaqué à des Etats puissants de la région (Syrie et Irak) alors qu’elle avait des possibilités de s’en prendre à d’autres entités moins puissantes et plus lucratives?

https://wordpress.com/comments/all/ombre43.com

A genou les hommes…

A genou les hommes…

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 06 juin 2020

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A genou les hommes…

 7 juin 2020 – … En fait, il faut compléter  la devise de Saint-Cyr : « A genou les hommes, debout les officiers », pour mieux observer l’extraordinaire spectacle de cette pandémie américaniste, puis globale, – mais ceci équivaut à cela, après tout, – qui caractérise l’événement de la Grande Emeute-2020. On va jusqu’à cet officier de la police de Minneapolis  embrassant le sol après s’être mis à genou, sur injonction des BLM (Black Lives Matter) : “A genou les officiers, debout les hommes” ? Dérision, vision pathétique, crépuscule et les ténèbres d’un monde détruit en des riens innombrables, addition de néants complices de la même paroisse… Laissez  Saint-Cyr en son temps, elle n’a que faire du nôtre.

Comment voulez -vous commenter cela, avec des mots ou des expressions qu’ils ne connaissent plus, dont ils ne savent même plus qu’ils peuvent exister : “dignité”, comme le contraire de l’indignité, “respect de soi” comme l’opposé de l’auto-humiliation. (Certains nomment cela masochisme avec un sourire entendu ; je leur laisse le tout, y compris le sourire et le pourboire.)

Eh bien, il a fallu cet homme pour me réconcilier avec l’espèce humaine dont je fais partie, à cet instant selon l’appréciation de “malheureusement” ; un Noir, un Africain-Américain, David J. Harris, Jr., écrivant sur son compte Tweeter : « Des Américains blancs à genou devant les Noirs ???  Je suis désolé, cela est écœurant ! » et puis parlant, parlant haut et fort, jusqu’aux larmes.

Pendant plus de quatre minutes, Harris, Noir, bon père et bon mari, aimant Dieu et son pays, auteur de ‘Why I can’t Stay Silent’, invective les acteurs de cette pitrerie ! Les Blancs qui s’humilient pour se faire pardonner une faute qu’ils n’ont pas commise, dont ils n’ont aucune idée ; les Noirs, qui exigent cette humiliation qui les dégrade eux-mêmes ; les manipulateurs de toutes les couleurs, qui tirent les ficelles avec l’air hagard des messagers du Diable ; le village global qui frétille de l’exquise repentance de qui pour on ne sait plus quoi et de quoi contre on ne sait plus qui… Harris pleure à deux reprises tant il est emporté par l’émotion et la force de sa voix, puisque pour lui cette humiliation auto-imposée des Blancs, c’est l’humiliation de l’Amérique et de tous les citoyens américains, de son pays et de lui-même dans son pays.

On sait que je ne suis pas un fan de l’Amérique, on le sait bien, et je n’épouse pas l’argumentation qui va avec, je ne l’épouse pas du tout. Pour ce cas, “halte au feu” et amnistie, ou la Paix de Dieu si vous voulez ; respect pour l’Africain-Américain Harris, qui à lui seul donne un peu de vie à cette diablerie sur terre… Époque ignoble et insupportable, puante, extraordinairement corrompue et grossière, jouissant de sa laideur comme un homme devenu vieille pute trop fardée ;  l’Homo Festivus de Murray et le zombieSystème de Grasset unis dans une même ferveur du néantissement de soi.

Écoutez Davis et entendez son propos même si vous ne le comprenez pas exactement :

https://www.dedefensa.org/article/a-genou-les-hommes

En attendant Euripide

En attendant Euripide

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   vendredi 22 mai 2020

   Forum

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En attendant Euripide

22 mai 2020 – Ces temps-ci, il devient souvent désespérant et décourageant à la fois ou c’est selon, de remplir son devoir de commentateur pour poursuivre la mission qu’on s’est assignée, – ou bien la Mission qu’on m’a assignée (c’est selon…). Pour exprimer le sentiment assez vague mais très puissant qui m’envahit et justifie ce constat, on s’arrête à un texte d’Alastair Crooke d’il y a quelques jours (le 18 mai).

J’aime bien Alastair. On le sent calme, il a le phrasé doux et doucement ironique, il aime s’entourer de symboles et de références culturelles ou supra-historiques qu’il va pêcher dans sa puissante culture. Il ne s’aventure pas dans les explications labyrinthiques des complots sans nombre qui animent notre désir frénétique de rationalité, et rien que de rationalité, pour expliquer les mystères d’un monde devenu si étrange. A côté de cela, on sent chez lui une pensée ferme, qui ne s’en laisse pas conter.

Ce texte-là, intitulé « Le bourbier de notre civilisation – regarder la vérité en face », s’il s’attache à l’un ou l’autre événement spécifique, les traite avec assez d’ampleur pour aller au cœur de ce que je nomme notre “Grande Crise” (GCES). Son exposé initial de la situation ne vous étonnera pas vraiment, notamment cette contradiction où nous nous trouvons entre deux crises (ou sous-crises) majeures, – par ailleurs, cette contradiction applaudie comme une ruse suprême par bien des dé-comploteurs (des explicateurs de complots si vous voulez, on pourrait dire des “sachants-comploter”)…

« Tout d’abord, le gros titre : “Si vous ne résolvez pas le problème biologique, l’économie ne se redressera pas”. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Un état d’esprit “exceptionnaliste” indécrottable a entraîné, – surprise, surprise, – une situation exceptionnelle. Nous avons à la fois un déluge de décès qui étaient évitables et, de toute évidence, une quantité stupéfiante de dommages économiques potentiellement évitables (même si certains d’entre eux étaient destinés à se produire bientôt, de toute façon).
» C’est le pire des deux mondes. Au départ, en retardant l’atténuation de la pandémie par crainte de nuire à l’économie, les dirigeants politiques (en particulier dans l’Anglosphère) ont mis en œuvre des mesures (à moitié) tardives (alors que l’incendie du virus avait déjà pris le dessus sur un territoire qui lui était favorable). Ils sont désormais paniqués par la flambée des coûts liés à leurs erreurs initiales. Ils poussent donc à essayer de “rouvrir” dès qu’ils le peuvent.
» Mais la question biologique n’est pas résolue et la tension générée par le fait de pousser simultanément dans des directions opposées déclenche séparément un incendie politique furieux. »

Ensuite, Crooke passe en revue l’une ou l’autre situation catastrophique, les invectives, les blocages, les erreurs, cette montée continuelle des paroxysmes, ces situations crisiques perpétuelles où le paroxysme semble toujours se trouver plus haut, encore plus haut : « Dans l’ensemble, ne s’agit-il pas d’une recette parfaite pour les troubles, les ripostes et l’aggravation de l’anémie économique (alors que les racines de l’économie mondiale sont arrachées et mises en pièces) ? Oui, – sans nul doute. Cette élection américaine à venir[USA2020] est considérée par[les républicains]et[les démocrates] comme existentielle. C’est peut-être le plus terrible présage qu’ait connu l’histoire de l’Amérique. »

…Tout cela pour s’interroger sur l’aspect catastrophique de ces choses, de ces crises, notamment lorsqu’il met en parallèle la crise-Covid19 et la démarche d’annexion des territoires palestiniens par Israël. Finalement, il juge ces circonstances largement dénoncées, perçues comme des inflexions gravissimes, au contraire comme une occasion d’enfin “regarder la vérité dans les yeux”. La crise-Covid19 n’a-t-elle pas été l’occasion d’une éblouissante démonstration de l’inutilité et de l’impuissance de l’Union Européenne ? Qui ne s’en réjouirait pas enfin ?

(J’ai même entendu un de ces correspondants français à Bruxelles, européiste jusqu’au bout de la nuit, se lamenter du fait que cette crise avait mis “en évidence l’impuissance de l’UE”, comme l’on dirait d’une trahison infâme exposant un secret qui n’a pas à être connu parce qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains ; et non pas, ce brave homme, éclater de colère en découvrant que l’UE qu’il aime tant et pare de toutes les vertus, est l’impuissance même.)

Ainsi Crooke se tourne-t-il vers l’antique sagesse qui, pourtant, ne s’épargna jamais l’aveu de ses terribles faiblesses…

« Non seulement les patients de Jung, mais aussi les civilisations se retrouvent bloqués dans leur propre impasse intellectuelle. Lorsque la pièce d’Aristophane ‘Les grenouilles’ a été jouée aux Lénéennesde 405 avant J.-C., il était déjà évident pour tous que la civilisation athénienne était en cours d’effondrement. Malgré ses superbes qualités de comédie, la pièce d’Aristophane ‘Les grenouilles’ est une réflexion crépusculaire sur le sombre avenir d’Athènes. Le thème est le suivant : puisque les trois grands poètes athéniens sont morts, le seul remède pour sauver Athènes est d’envoyer Dionysos aux enfers pour chercher le plus grand de ces poètes. Lorsque Dionysos arrive aux enfers, ‘l’ombre d’Euripide’ lui demande : “Pourquoi veux-tu ramener un poète ?”
» Dionysos répond aussitôt : “Pour sauver Athènes, bien sûr”.
» Pourquoi ? Parce que le rôle le plus important de ces dramaturges a toujours été de remettre en question et d’exposer les faux mythes qui nous écrasent tous. Faire éclater la bulle, – et offrir une compréhension de notre souffrance et de l’expérience humaine, – de manière à la rendre non seulement intelligible, mais aussi, – en allant jusqu’aux couches les plus profondes de cette expérience humaine accumulée dans notre psyché, – de nous permettre d’imaginer l’“impossible” comme solution.
» Malheureusement, Euripide étant toujours ailleurs dans l’autre monde, nous devons nous contenter du Coronavirus, moins aimable certes, pour nous faire subir un choc d’effroi devant notre prétention intellectuelle, et pour réunir dans un mariage alchimique (c’est-à-dire un acte réparateur) les parties éparpillées de notre psychisme dévasté. »

Comme on le lit, Crooke a aussi parlé de Jung, selon une anecdote donnée pour nous édifier sur la suffisance et la fermeture de l’esprit de notre civilisation en cours d’effondrement. Il s’agissait d’une jeune femme à la psychologie totalement fermée, inatteignable, retranchée dans la certitude de la supériorité de son savoir : « Le processus de l’analyse était bloqué par ce que Jung décrit comme un état psychologique unilatéraliste se manifestant sous la forme d’une rationalité dominatrice. Elle savait toujours tout mieux que vous. “Son éducation lui avait fourni une arme parfaitement adaptée à cet objectif, à savoir un rationalisme cartésien très raffiné.”»

Comme cette jeune femme nous ressemble, nous-autres Occidentaux du  bloc-BAO, nous-autres dont je fais assez partie pour découvrir les aberrations, les pathologie de “l’unilatéralisme psychologique” dont cette civilisation est affectée, qui meurt de tout savoir, de se féliciter elle-même de ses vertus, de ses certitudes, de s’amouracher presque à la passion de son autocongratulation sans fin.

Nous sommes étouffés par cette raison que nous avons portée au pinacle pour servir nos desseins d’arrogance et de vanité sans fin. Nous construisons des haines furieuses, des culpabilités monstrueuses, des complots kafkaïesque, pour nous prouver à nous-mêmes que tout se passe en nous-mêmes, et que nous sommes “maîtres de nous comme de l’univers”… Comme l’écrirait Nietzsche, “la raison est quelque chose qui doit être dépassée”.

Notre raison est si complètement  subvertie par ses certitudes d’être elle-même le but suprême et la fin d’elle-même qu’il nous est devenu impossible d’imaginer “l’impossible”, – parce que notre-raison, justement pour conserver son statut d’invincibilité et d’exceptionnalité, a proclamé “impossible” tout ce qui n’est pas elle… Comme ce lecteur qui écrivait récemment, « Si Dieu existait, depuis le Moyen Âge cela se saurait » ; ainsi “l’impossible” s’exprime-t-il en prenant ses aises , c’est-à-dire confirmant qu’il est effectivement impossible selon les canons de laraison, et l’on préfère en revenir à des occupations si rationnelles, – l’un beuglant son exceptionnalisme de Nouveau-Monde, l’autre décrivant le labyrinthe des complot des “Maîtres du Monde”.

Essayez donc une fois, au moins pour une fois, de regarder “l’impossible“ au fond des yeux.

https://www.dedefensa.org/article/en-attendant-euripide

De l’urgence à remettre l’Humain au cœur de l’entreprise.

L’entreprise de l’après pandémie (1)

De l’urgence à remettre l’Humain au cœur de l’entreprise.

La crise du coronavirus est riche d’enseignements en matière d’entreprise et, va l’être encore plus, notamment en matière de comportement d’icelles en regard de leur masse salariale. On peut déjà enregistrer des tendances qui n’augurent rien de bon en matière d’évolution des relations sociales. Si l’on reste sur cette ligne, il est à gager que ces évolutions impacteront fortement les comportements sociaux de la manière la plus négative qui soit pour les décennies qui viennent. Au-delà de la période curieuse et paradoxale que nous vivons, il est curieux de faire ce constat dans une telle indifférence, alors que nous parlons d’avenir et que chacun est concerné. Si beaucoup nous parle du gâchis alimentaire, personne ne parle du gâchis humain auquel nous allons assister. Si le réchauffement climatique, jusqu’à peu était sur toutes les lèvres et à toutes les sauces, personne ne nous parle de la période de glaciation des cœurs dans laquelle l’occident est entré, de l’aggravation à court terme ni des risques et des conséquences induites. Récemment, on a pu constater que la terre se régénérait très vite quand l’homme arrêtait son emprise parasitaire… Toutefois, à quoi servira une terre plus propre si les cœurs restent désespérément vides, sans espoirs ? A l’heure où l’on parle de réparer notre société (très), abimée, où beaucoup s’interrogent sur la pertinence du système de valeurs, de l’impéritie et de l’inconséquence qui nous ont conduits jusqu’ici. Au moment, où d’autres commencent une réflexion sur ce que pourrait être l’entreprise de demain dans un monde à rebâtir. A l’instant où une conscience se fait jour, où les bonnes volontés se cristallisent autour de ce que pourrait être et ce qu’impliquerait un changement de paradigme. Il est navrant de noter que d’aucuns continuent de ratiociner sur des données, une logique, une façon de penser et des méthodes d’un autre âge qui démontrent l’enlisement, que dis-je, l’enkystement dans des conceptions qui sont aux antipodes des attentes et vont à rebrousse champ de l’évolution de la société civile. Au-delà d’être dangereux pour le pays, l’entreprise, elle l’est plus encore pour cette légendaire « richesse » que sont les femmes et les hommes qui la composent. Cela impactera durablement la place, le rôle et la perception de l’entreprise, sans omettre les effets induits sur le marché du travail et les conséquences en matière de recrutements, ainsi qu’en accentuant les comportements inappropriés des salariés, tout comme ceux  des clients/consommateurs/utilisateurs par réaction. Ce que nous voyons se dessiner, c’est comme si l’entreprise avait sciemment décidé de se couper de la réalité, de refuser toutes évolutions positives, de nier sa capacité d’adaptation, alors qu’elle-même préconisait, il y a peu « l’agilité » pour ses personnels. Alors qu’elle se dit à la recherche des talents nécessaires à sa pérennité et son développement, qu’elle est confrontée à des soucis de compétences transverses, de recherche de spécialités et de talents évolutifs voire d’autres formes d’intelligences pour mieux appréhender un marché devenu complexe, d’érosion de l’engagement, de la fidélité de ses salariés, de compétitions effrénées à tous les niveaux, etc. Il est dommage aujourd’hui, de constater qu’elle épouse une posture inverse à l’heure où sa responsabilité est pleinement engagée dans toutes les dimensions de sa relation sociale et sociétale (RSH – RSE – RSM – RSP), comme si les liens avec la composante humaine de son tissu s’étaient distendus, plus encore, presque inconsciemment à la faveur de la mise en place des mesures de « distanciation sociale » (que je n’aime pas ce terme), que l’épidémie nous a imposé.

Au-delà du phénomène pandémique et de ses conséquences sur l’entreprise, l’économie, le pays. Cet éloignement contraint, impacte également les rapports salariés-entreprise. Outre la prise de conscience généralisée, c’est aussi une remise en cause profonde de la façon de travailler qui a émergé et qui, si elle n’est pas valorisée au profit de tous, porte en elle les germes de sa propre destruction.

Quand je parle de destruction, cela prendra la forme, au départ, d’un « oubli », d’une simple omission, pourtant essentielle. Comment pourrions-nous nous inscrire dans le monde de demain si l’on oublie, d’inclure dans nos réflexions (dans le cadre de la remise à plats des valeurs [pas seulement du et au travail]), de remettre l’Humain au centre de nos préoccupations ? Comment pourrions-nous continuer à pousser, jusqu’au bout du bout, des raisonnements et ratiociner sur des valeurs et des systèmes qui excluent l’Humain, autant dans sa dimension [d’accomplissement] que dans sa singularité et sa finalité ? Comment pourrions-nous passer à côté de ce qui peut-être sera l’opportunité, pour toutes les entreprises, comme pour leurs salariés de la refondation d’un nouveau contrat social ? Comment pourrions-nous passer à côté du « new deal 2.0 » qui, remettant l’Humain au cœur du dispositif, va être profitable à tous (marchés, marques, produits, fabricants, distributeurs, consommateur, environnement, etc.) ? Car si l’Humain justifie, depuis la création, l’origine, la raison d’être de l’entreprise. C’est l’innovation et la capacité de l’entreprise à s’adapter qui pérennise son inscription dans un marché légitime. En ce sens, c’est l’entreprise qui donne à l’humain sa raison d’y être… Les deux sont intimement imbriqués et ne peuvent se passer l’in de l’autre au risque de s’annihiler.

Bref, non plus un jeu à sommes nulles dans une posture éculée qui ne dupe plus personne, inadapté aux enjeux de l’époque et à l’impérieuse soif de « vérité » du moment. Tablons sur un jeu réellement « gagnant-gagnant » qui pourrait se révéler positif, inclusif, bénéfique et porteurs de grandes opportunités. Au-delà de la simple réintroduction de sens (si ce n’est du bon, a minima), c’est un engagement profond qui est attendu de part et d’autres, de la cohérence, ce n’est pas qu’un énième saupoudrage d’un vernis d’humanité qui craquera à première tension, s’il n’est pas pensé et en accord avec la réalité et les attentes. Cet engagement, en cohérence, en conscience, ici et maintenant n’est pas une figure de style convenue, une élucubration de plus, un effet de mode ou une posture de circonstance éphémère et aléatoire facilement interchangeable. Avant tout, c’est l’expression d’un désir profond, d’une attente réelle auxquels nous nous devons de répondre avant que nos salariés aillent chercher, ailleurs, les conditions qui leur paraitront les meilleurs à leur épanouissement et à la réalisation de leur singularité. A défaut de ce faire, bien après toutes les réflexions sur l’optimisation des modes de management et de fonctionnement qui tournent en boucles sur des critères de performances qui sont, eux-aussi, à réévaluer, ce sera notre capacité d’innovation qui sera impactée durablement, sans doute de façons plus grave que d’aucuns le pense…

L’entreprise saura-t-elle négocier – à l’avantage de tous – ce tournant ? Seul l’à-venir, celui qui est train de se construire, pourra le dire.

R.H. LEGRET

Secrétaire Général du CRED*

* Centre de Recherche et d’Etudes de Défense

https://wordpress.com/block-editor/post/ombre43.com/17073

Finie la ridicule attestation dérogatoire !

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FAIRE UN DONLIBERTÉS PUBLIQUES 6 MAI 2020 

Finie la ridicule attestation dérogatoire !

Screenshot attestation de déplacement dérigatoire — Service Public ,

Vous allez bientôt être débarrassé de cette « attestation de déplacement dérogatoire » qui fera date. Cette infantilisation de toute une population suscitera sans doute des études sociologiques.

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Par Patrick Aulnas.

Vous allez bientôt être débarrassé de cette « attestation de déplacement dérogatoire » qui fera date. Les Français, considérés généralement comme frondeurs, ont été plutôt disciplinés. Ils ont globalement respecté les règles édictées pour le confinement, et utilisé, bon gré mal gré, cette absurde attestation, sortie du cerveau d’on ne sait quel haut fonctionnaire.

Avez-vous coché la bonne case ? Si vous avez un jeu d’attestations que vous corrigez au blanco, avez-vous pris la bonne attestation ? Faites attention, si vous changez de vêtement, à ne pas oublier la précieuse attestation dans l’ancienne poche.

Veillez bien à l’heure de départ si vous vous baladez un peu. Vous avez une heure pas plus. Un kilomètre, pas plus.

Cette infantilisation de toute une population suscitera sans doute des études sociologiques.

UN CHEF-D’ŒUVRE TECHNOCRATIQUE : L’ATTESTATION AUTO-ACCORDÉE

L’autorisation de sortie, que l’on s’accorde à soi-même, est une singularité française, partagée par la seule Italie. Dans quel esprit a pu germer une telle idée ? Il faut être particulièrement vétilleux pour demander aux citoyens d’une démocratie de s’auto-autoriser à sortir tout en limitant la possibilité de le faire à quelques raisons impérieuses. Seul un énarque est capable de gérer la liberté avec une telle parcimonie.

Car la liberté se gère désormais. Elle peut se réduire comme peau de chagrin puis retrouver sa dimension première. Voilà une grande nouvelle, mais préoccupante pour le futur.

La permission de sortie auto-accordée restera sans aucun doute dans l’Histoire. C’est un véritable chef-d’œuvre. On connaissait les billets de sortie des internats de l’enseignement secondaire, les permissions accordées auparavant aux appelés, qui pouvaient pour quelques jours rejoindre leur famille, les autorisations accordées aux détenus en semi-liberté, devant justifier de la régularité de leur présence hors de la prison. Mais dans toutes ces situations, c’est l’autorité responsable qui accordait la liberté temporaire de sortie.

L’innovation fondamentale et vraiment historique consiste à demander à un citoyen libre et responsable de s’octroyer à lui-même un billet de sortie en choisissant uniquement parmi huit possibilités.

Vous pouvez parfaitement prétendre aller faire vos courses alors que vous vous promenez. Personne ne pourra vérifier. Vous pouvez avoir sur vous trois ou quatre attestations avec des horaires décalés. Personne ne pourra vérifier que vous n’avez pas dépassé l’heure de promenade généreusement accordée.about:blank

Tout cela est épouvantablement infantilisant et l’on se surprend soi-même à défier l’autorité comme un enfant ou un adolescent.

UN INDIVIDU LAMBDA

Prenez par exemple un individu moyen, sans histoire, comme il en existe tant. Bon citoyen, bon père, bon époux. Aucune condamnation pénale dans toute une vie de labeur. Vraiment rien à lui reprocher. Pourtant, il s’est laissé aller à ne pas respecter les sacro-saintes règles de sortie.

Attention ! Jamais il n’a fait prendre le moindre risque de contamination à quiconque et jamais il n’a pris lui-même le moindre risque. Il a toujours scrupuleusement respecté les prescriptions médicales de distanciation et d’hygiène. Il n’a d’ailleurs pas attendu la date fatidique du 17 mars 2020, début du confinement, pour prendre ses distances avec ses congénères, potentiellement contagieux depuis janvier ou février.

Notre individu lambda n’a aucun mérite. Il habite à la campagne et peut parcourir chemins et sentiers sans rencontrer âme qui vive. En cas de rencontre, la distance de plusieurs mètres ne pose aucun problème. Pourquoi alors respecter l’heure et le kilomètre autorisés ? Les chances de contrôle sont à peu près nulles. Il se sent responsable de ses actes et prend très au sérieux le risque de contagion. Il considère qu’il n’a nul besoin de la violence légitime pour bien se comporter en période épidémique.

Nombreux sont les Français qui pensent ainsi et qui ont agi ainsi. Il faut vivre dans « la France profonde » pour le savoir, celle des Gilets jaunes.

TROPISME ÉGALITARISTE ET CENTRALISATEUR

Fallait-il imposer à tous les mêmes règles au nom de l’égalitarisme, dévoiement de l’égalité républicaine ? Car le choix d’une attestation uniforme, auto-rédigée ou produite en ligne, résulte surtout de motifs politiques. Il aurait été possible de décentraliser la gestion du confinement pour mieux s’adapter aux réalités locales. Des gouvernants parisiens ont mis le pays entier au régime parisien. Voilà le résultat de leur tropisme égalitariste et centralisateur. La sociologie ne l’imposait pas.

Selon l’INSEE, La France comporte 19,7 millions de logements individuels (56,5 %) et 15,6 millions de logements collectifs (43,5 %). Pour les 56,5 % habitant dans des maisons individuelles, le risque est bien moindre : pas de locaux communs, pas d’ascenseurs bondés, moins de transports en commun, densité de population faible dans les rues. Ce type d’habitat permet de respecter sans aucune difficulté la distanciation sociale.

Il est possible de sortir librement de chez soi à tout moment sans aucun risque de se trouver dans une fourmilière humaine. Rien à voir avec la situation des très grandes villes surpeuplées, où la population a été entassée depuis des décennies du fait de choix politiques aberrants d’aménagement du territoire.

Chacun comprend qu’une discipline collective soit prévue par l’autorité politique en cas de pandémie. Mais, en démocratie, les gouvernants ne doivent pas confondre violence légitime et vexation illégitime. Rien de plus normal que de sanctionner les comportements à risque par des amendes et même des peines d’emprisonnement dans les cas graves. Mais infantiliser la population entière avec un morceau de papier pour la protéger d’un virus, voilà sans doute le nec plus ultra du principe de précaution.What do you want to do ?

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Par Patrick AulnasVous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.Nos dossiers spéciaux:BureaucratieCoronavirusCOVID-19Liberté de circulationliberté de déplacementPrincipe de précaution

Rubrique DÉSINFOX Coronavirus : Et le contrôle étatique de l’information s’étend, s’étend…

Rubrique DÉSINFOX Coronavirus : Et le contrôle étatique de l’information s’étend, s’étend…

 / NATHALIE MP MEYER

Initiative bien intentionnée mais maladroite qui finira par disparaître avec le Coronavirus, simple « faux pas de communication » comme veut le croire le quotidien Libération… ou nouvelle enjambée assumée en direction d’un encadrement gouvernemental de plus en plus étroit de l’information et des organes de presse ? C’est la question qui se pose alors que la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye vient d’annoncer l’ouverture d’un espace gouvernemental dédié aux « sources d’information sûres et vérifiées » concernant le Coronavirus :Sibeth Ndiaye@SibethNdiaye

La crise du #COVID19 favorise la propagation de #fakenews. Plus que jamais, il est nécessaire de se fier à des sources d’informations sûres et vérifiées. C’est pourquoi le site du @gouvernementFR propose désormais un espace dédié. https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/desinfox …info coronavirus covid 19 – désinfoxDes journalistes spécialisés démêlent le vrai du faux du COVID-19. Cet espace dédié vous donne accès aux articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinfor…gouvernement.fr1 494Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité7 341 personnes parlent à ce sujet

Concrètement, la page internet des communications officielles du gouvernement sur le Covid-19 a été complétée récemment d’une rubrique Désinfox alimentée par une sélection d’articles de presse jugés « fiables » par le Service d’information du gouvernement :

La rubrique « Désinfox Coronavirus » en trois clics
(captures d’écran, 2 mai 2020)

                       gouvernement.fr                       gouvernement.fr/info-coronavirus

                         gouvernement.fr/info-coronavirus/desinfox

.
Et n’allez surtout pas dire au gouvernement qu’un tel tri médiatique présente toutes les apparences d’une labellisation ultra-politisée des médias.

Il vous rétorquera d’abord qu’en cette affaire, il n’a d’autre souci que de protéger les Français contre des « fake news » qui, en cette période de forte inquiétude des citoyens, pourraient si facilement « engendrer des comportements à risque » (comme ingérer de l’eau de javel ou de la cocaïne en croyant se protéger du virus, précise-t-on au gouvernement).

Et il pensera vous renvoyer définitivement à votre mauvais esprit en vous expliquant ensuite que la sélection des médias référencés est basée sur trois critères techniques indiscutables qui excluent toute odieuse possibilité de copinage et/ou de propagande : les médias en question doivent disposer d’une rubrique de « fact checking » ainsi que d’une équipe spécialisée dans ce type de décryptage depuis au moins deux ans, et ils doivent proposer un accès gratuit au contenu.

Moyennant quoi, le gouvernement se flatte de réunir sur son site la fine fleur des journalistes et des médias spécialisés qui « luttent contre la désinformation » et « démêlent chaque jour le vrai du faux » en relation avec la crise sanitaire.

Il n’empêche qu’au final, seuls cinq titres de presse répondent aux critères choisis : Libération, l’AFP, France Info, Le Monde et 20 Minutes. De là à vouloir implanter dans l’esprit des Français le sentiment que ceux-là seuls sont « fiables » et aptes à dégager la « vérité » tandis que tous les autres, Le Figaro, Les Echos, Le Point, etc. ne le seraient pas, il n’y a qu’un tout petit pas qu’un État libéral devrait s’abstenir absolument de franchir.

Sans compter que le simple fait de figurer sur le site du gouvernement dans une rubrique dont le thème monopolise actuellement toutes les attentions du public constitue à l’évidence un véritable coup de pouce pour la fréquentation des sites de presse sélectionnés. Une nouvelle forme d’aide indirecte à la presse, en quelque sorte, mais limitée à certains titres par décision gouvernementale discrétionnaire. Autrement dit, une rupture de concurrence sciemment organisée par l’État.

Malgré cela, la position des médias sélectionnés n’est pas forcément très confortable. Il semblerait en effet qu’ils n’aient été ni consultés ni prévenus de cette initiative. Mis à part France Info qui, en tant qu’élément de l’audiovisuel public, peut difficilement se prétendre totalement indépendant de la volonté de l’État, les autres encourent maintenant le risque d’être perçus comme les relais officiels de la parole gouvernementale, ce qui ne fait pas forcément leurs affaires et les place en porte-à-faux vis-à-vis de leurs lecteurs.

Il existe certes de nombreux organismes de référencement, certification, labellisation et que sais-je, en matière de presse comme en de nombreuses autres matières, mais il n’y a rien de comparable entre les évaluations émises par une multitude d’entités privées indépendantes qui n’auront pas forcément les mêmes avis, et un État qui exerce son pouvoir sur les citoyens via sa police, sa fiscalité et les lois qu’il fait voter. S’agissant de presse et d’information, le rôle des journalistes consiste à informer les citoyens sur les actions des gouvernements, pas à servir de faire valoir à ces derniers.

Il se pourrait évidemment que la chute de confiance des Français dans la capacité du gouvernement à gérer la crise du coronavirus et à délivrer des informations de qualité, sur le port du masque notamment, ait l’effet de pousser le public à s’informer encore plus en dehors des sources gouvernementales. Auquel cas l’opération Désinfox pourrait bien tomber à plat, ce dont on ne se plaindra pas.

Mais inutile de dire que cette incroyable prétention du gouvernement à embrigader certains organes de presse, mais pas d’autres, et à vouloir définir officiellement « la vérité » plutôt que de laisser le débat public, avec ses batailles, ses arguments et ses contre-arguments, se développer au sein des médias au sens large – inutile de dire, donc, que cette prétention a suscité une belle volée de réactions mi-navrées mi-moqueuses.

À l’encontre de Sibeth Ndiaye d’abord. Alors qu’il est question ici de dire la « vérité », difficile d’oublier qu’elle s’est fait connaître à jamais du public pour avoir déclaré haut et fort peu après l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir :

« J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président. » (L’Express, 12 juillet 2017)

.
Mais finalement, si la porte-parole du gouvernement est sans doute prête à défendre bec et ongles cette nouvelle étape dans les relations de plus en plus dangereusement imbriquées entre le gouvernement et les médias, elle n’en est jamais que l’annonciatrice tandis qu’on ne peut s’empêcher de voir en Emmanuel Macron l’instigateur ultime de toute l’affaire.

Rappelons d’abord que le Président de la République entretient manifestement un lien complexe avec la liberté. Convaincu que ce qu’il tient pour « bien » doit absolument triompher de tout, y compris au mépris des libertés individuelles, on l’a vu successivement intégrer la plupart des dispositions administratives de l’état d’urgence dans le droit commun (2017), suggérer et obtenir une loi contre les « fake news » en période électorale (2018) et tenter d’imposer une interdiction de manifester sur la base de soupçons des plus vagues dans la loi anti-casseurs (2019) – disposition heureusement retoquée par le Conseil constitutionnel.

Concernant plus spécifiquement la presse, Emmanuel Macron a dénoncé à plusieurs reprises le « pouvoir médiatique », notamment lors de l’affaire Benalla et à l’occasion de la crise des Gilets jaunes. D’après lui, « nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité ». Quand on sait comment l’un de ses conseillers a bidouillé une vidéo afin de tenter une disculpation de Benalla, on comprend clairement qu’il n’existe qu’une vérité, celle de M. Macron.

Début février 2019, lors d’une rencontre à l’Elysée avec des journalistes, il en est venu à livrer sa conception de l’information :

« Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. (…) Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. » 

.
Conception super-étatique qui a rapidement quitté le terrain des idées pour se muer très concrètement en « Conseil de déontologie journalistique » (décembre 2019).

Voulue par le gouvernement et soutenue par un Jean-Luc Mélenchon dont on n’ignore plus rien des théories sur la presse après le retentissant échec déontologique de sa web TV Le Média, cette instance divise profondément la profession. Certains acteurs du secteur y discernent moins un vecteur de qualité qu’une façon détournée de brider la liberté de la presse. Derrière le prétexte de restaurer la confiance dans les médias et de soutenir les bonnes pratiques journalistiques, l’occasion dangereuse d’un contrôle renforcé.

Avec la rubrique « Désinfox Coronavirus », on passe clairement à une nouvelle étape du contrôle de l’information par l’État. Pas d’atteinte apparente à la liberté de la presse en l’occurrence, mais une volonté gouvernementale de canaliser la bonne presse par rapport à la mauvaise presse dans l’esprit du public en s’érigeant en arbitre ultime du vrai et du faux. Ne se croirait-on pas revenu à l’époque de l’ORTF où chaque journal télévisé était validé par le ministre de l’Intérieur avant diffusion ? Ça promet.


Illustration de couverture : Rubrique Désinfox du gouvernement sur le Covid-19. Twitter et capture d’écran.

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