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Le bal des cytokines

Le bal des cytokines

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mercredi 29 juillet 2020

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Le bal des cytokines

29 juillet 2020 – Au départ, je veux dire la première fois que j’entendis et réalisai la force de l’expression, cette expression de “tempête de cytokines” arrêta complètement mon attention. Désormais, me référant au texte publié ce même jour sur ce site, je commence à comprendre pourquoi.

Ce qui m’avait arrêté lors de l’apparition dans le grand public des remarques sur les “tempêtes de cytokines”, c’est l’image que je m’en était faite de ces cellules immunitaires comme des soldats chargés de la protection de quelque chose qui peut être vous-mêmes, semblant soudain prises de folie et se conduisant d’une façon qui met en danger gravement cela qu’on est censé protéger, jusqu’à ce que la mort s’ensuive sans le moindre mot de regret dans nombre de cas. Cette interprétation simpliste avait pourtant, déjà, quelque chose de symbolique. Il me semblait qu’on y trouvait quelque chose de notre terrible époque, notamment dans le sens de la psychologie déchaînée, de l’inversion, de la perte de l’autorité, de l’ignorance de la responsabilité dans telle ou telle tâche sacrée que le destin vous aurait assigné.

L’image des cytokines que se représentait mon esprit était bien celle de ‘soldats’ comme je l’ai dit, – avec, parce qu’on est dans une tragédie-bouffe, une certaine dose de fantastique-fantasy, alors que me vient à l’esprit l’image des “Cartes-soldat” de Alice au Pays des Merveilles” ; mais des ‘soldats’ sans nul doute, parce qu’il y avait dans leur “tempête” ce qui me semblait être une bataille ; puis la perception s’élargissait et l’image pouvait s’adapter et s’appliquer à toutes les situations. En forçant à peine le trait, et puisqu’il s’agit de “tempêtes”, cela pouvait aussi bien apparaître comme une bacchanales déchaînée, d’une représentation plus étrange et dangereuse, ésotérique sinon diabolique, où là aussi se perdent tous les sens de la mesure, de la légitimité, cette fois dans le champ de la société en général et non plus des seules structures de sécurité, soldats, policiers, etc. Les “tempêtes de cytokines”, ainsi, devenaient notre époque elle-même, où l’inversion est le caractère central du comportement, – ou devrait-on dire la pathologie, c’est-à-dire comme une pandémie puisque tant et tant de comportements sont infectés à cet égard.

Voilà comment tout cela nous ramène à Covid19, mais lesté d’une force symbolique nouvelle.

C’est dans cet état d’esprit qu’il faut aborder la trouvaille de Astore-Engelhardt, et alors comprenant bien mieux l’excitation que j’ai ressentie à découvrir la chose. Le symbolisme que suggère cette trouvaille, d’un second virus parallèlement au Covid19, et cette fois opérationnalisant la pandémie qu’est la poussée destructrice et déconstructrice de la puissance américaniste (Grande-Émeute 2020 & le reste), est absolument légitime et complètement juste. Il éclaire d’une lumière bien plus forte, sinon tranchante et absolument révélatrice, les caractéristiques de cette époque et du processus d’Effondrement du Système.

Le symbolisme nous permet de mieux appréhender deux aspects essentiels de l’Effondrement ; nous les connaissons certes et même les ai-je cités plus haut, comme “en passant” ; l’intérêt ici dans ce symbolisme est, comme dirait un scientifique dont je ne suis certainement pas, de les voir comme vérifiés expérimentalement. Une fois ces hypothèses paraissant scientifiquement vérifiées, vous êtes conforté, à la fois dans la perception de l’époque où vous vivez, à la fois dans l’interprétation que vous en faites, et par conséquent vous vous ouvrez à partir d’une assise solide vers d’autres perspectives, bien plus hautes. Le symbolisme vous permet d’aboutir à une vérité-de-situationd’une extrême importance puisqu’elle constitue en fait l’essentiel de la description de la mécanique de cette époque, donc de l’Effondrement du Système ; la vérité-de-situation suprême, si vous voulez.

Le premier de ces deux aspects est la puissance symbolique du fait de la pandémie. Il permet d’écarter toutes les escapades très aventureuses de votre jugement ; qui sur la voie des explications tortueuses, allant des grands plans de conquête impériale aux conspirations multiples, extraordinaires et brumeuses, et pourtant d’une efficacité si extraordinaire que vous en êtes vite épuisé ; qui sur la voie des théories surréalistes venues des philosophailleries les plus complexes, vous expliquant que l’effondrement du pouvoir est nécessaire pour mieux affirmer l’autorité du pouvoir, que du chaos destructeur du Système doit jaillir la source indiscutable du triomphe du Système, qu’il est de la plus extrême sagesse (de la part du Système) de relâcher la poigne de fer où il vous tient, pour mieux la refermer plus tard, lorsque vous vous serez révolté contre lui parce qu’il vous aura montré son vrai visage. Bref,  “le premier de ces deux aspects”, “la puissance symbolique du fait de la pandémie” vous évite de perdre votre temps précieux.

La pandémie, c’est l’explication ultime de la pathologie multipliée par la solidarité et l’uniformité entre les victimes, et touchant en premier ceux qui prétendent vous manipuler, placés les plus près de la source du mal. La pandémie, c’est la justification et l’explication de l’existence des élitesSystème et des zombieSystème que sont ces élites : elles sont effectivement investies et productrices de la folie qu’est cette pathologie répandue par pandémie, parce que manipulatrices de la pandémie, et donc sources même de la pathologie qui les dévaste. Vous êtes alors assuré de ce fait de l’existence et de la malignité de ces élitesSystème, et de la profondeur du mal qui les ronge. Elles fournissent une aide précieuse au processus d’Effondrement du Système qu’elle prétendent servir et protéger, comme des cytokinesSystème si vous voulez…

… Car le second des deux “aspects essentiels de l’Effondrement” dont le symbolisme des ‘tempêtes’ me donne la plus complète confirmation, c’est l’inversion. La logique morbide est d’ailleurs là pour nous décrire la chose : l’inversion, c’est le symptôme essentiel de la pathologie que répand la pandémie, c’est l’illustration même du mal qui nous déchire si nous ne nous révoltons pas, dans tous les cas qui déchire nos élitesSystème jusqu’à leur faire boire leur propre sang.

L’inversion explique toutes les folies absurdes de cette époque, et par conséquent le comportement fou et faussaire des cytokine, ces Cartes-soldats qui se révoltent dans une ‘tempête’ de traîtrise. Ainsi est-on, conduit à l’explication la plus complète, la plus justement intuitive qui soit, – que l’inversion que déverse sur nous la pandémie, et sur le Système lui-même, transforme la surpuissance du Système en autodestruction du même.

Ainsi le symbole de la surpuissance devient-il aisément symbole d’autodestruction, et la gentille cytokine pure charogne qui conduit le système au Mordor d’où jamais il n’eût dû sortir.

Bal des cytokines ? Bal des charognes, oui… C’est la loi de la tragédie-bouffe, l’avers et le revers de la pièce antique que nous avons trahie.

https://www.dedefensa.org/article/le-bal-des-cytokines

De l’URSS aux USSA

De l’URSS aux USSA

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mercredi 22 juillet 2020

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De l’URSS aux USSA

22 juillet 2020 – Comme on l’a vu hier en détail dans ce Journal-dde.crisis, on parle beaucoup du parallèle entre les USA, bientôt USSA (United Socialist States of America) si Black Lives Matter l’emporte aux présidentielles. Si vous voulez, effondrement pour effondrement, avec la cerise sur le gâteau que ce sont surtout les commentateurs des USSA qui évoquent le scénario et ses similitudes avec l’URSS. L’invité d’hier dans ces pages, le Russe Artem Loukine mentionnait précisément ce phénomène en introduction de son texte sur le sujet :

« …Aujourd’hui, ce ne sont pas les spécialistes russes, mais plutôt les spécialistes américains qui prédisent une montée du sécessionnisme aux États-Unis, car “la pandémie et les protestations ont mis en évidence les divisions régionales aux Etats-Unis”. Certains vont même jusqu’à affirmer que l’adhésion au mouvement de sécession des États devrait aboutir à des “entités plus heureuses et moins corrompues”, confédérées dans une version nord-américaine de l’UE… »

Sans doute aiguillonné par cette remarque de Loukine, RT.com a été chercher un de ces textes américanistes sur la chute du système de l’américanisme comme double de la chute de l’URSS, et l’a publié dans ses colonnes. Cela donne « Today’s USA : striking similarities to pre-collapse USSR », du professeur d’Histoire à l’Université de Princeton Harold James. On lit ce texte ci-dessous et l’on voit que l’auteur accorde une importance considérable au dollar, au rôle et à l’avenir du dollar, d’une façon qui est, d’une façon paradoxalement contraire à son propos, incomparable avec ce qui s’est passé dans le cas de l’URSS…

(…A  moins, – et l’idée serait historiquement des plus intéressantes, – que l’on brise les canaux des catégories et que l’on propose l’idée que l’idéologie communiste fut à l’URSS ce que le dollar fut et est encore aux USA : un moyen de conquête insidieuse, de domination par la contrainte, – un moyen au service du “déchaînement de la Matière”, certes.)

Pour le reste, je pense qu’il ne serait pas inintéressant que j’apporte la pierre brûlante de mon souvenir, – pour ne pas parler de nostalgie (!), – puisque j’ai vécu cette séquence de l’effondrement de l’URSS, comme journaliste intéressé au premier chef dans cette matière, dans un lieu (Bruxelles) où la politique internationale et les relations Est-Ouest étaient exacerbées. Et ainsi voit-on sans le moindre doute des similitudes entre l’effondrement de l’URSS et celui, en cours, des USSA…

(Plus encore… J’en serais à me demander si cette éruption de gauchisme à la mode du “marxisme culturel” aux USA, laquelle m’autorise à parler de ‘USSA’, n’est pas un coup de main des dieux pour apporter la marque indélébile de la proximité des deux effondrements, un peu comme la fleur de lys sur l’épaule de Milady, – le marxisme, ou ce qu’on en a fait, comme “marque du Diable” pour les deux effondrements.)

J’ai déjà donné des échos de mes souvenirs de cette période, et particulièrement de l’URSS très directement (« Au temps de Gorbatchev… ») et de la fable, la narrative ébouriffante d’impudence et de menteries neoconnes, à laquelle pourtant (ou “justement”) tout le monde croque aujourd’hui à belles dents, de l’URSS descendue en flammes par les USA de Reagan chevauchant sur sa monture, à coups de dépenses militaires grâce au simulacre de la “guerre des étoiles” (SDI pour Strategic Defense Initiative, ou ‘Stars War’) du même Reagan et de son six-coups.

Dans les diverses rubriques que j’aborde ci-dessous, je mentionne une fois de plus ma très forte et très honorable conviction que l’URSS en fer-blanc, au bord de l’essoufflement paralytique, vieillie, pourrie et vermoulue par la gangrène de la corruption, a été liquidée par la glasnost de Gorbatchev, comme exposée dans le texte déjà référencé.

(D’une certaine façon, je veux dire à la façon de l’américanisme, Trump pourrait figurer comme une sorte de Gorbatchev-involontaire des USA, parce que sa venue a déchaîné une sorte de glasnost pour ceux qui veulent bien avoir l’amabilité d’ouvrir les yeux pour regarder l’état actuel des États-Unis, les troubles en cours, le débat et la tactique contre Covid19 et tout le reste… C’est ce que nous avons nommé « Le Moment-‘glasnost’ du Système »)

Quelques remarques plus concentrées sur des domaines identifiés, concernant les similitudes entre les deux systèmes, les deux “superpuissances” de la Guerre froide, au moment de leur(s) effondrement(s).

• La direction politique jusqu’à la paralysie et à la gérontocratie. A partir de la mort de Staline (1953), le caractère déstructuré du pouvoir soviétique a pris le pas sur le caractère terroriste et totalitaire institué par “l’Ingénieur des Âmes”, avec une dégradation régulière et une perte d’autorité à mesure du “Centre” politique (le PC et son idéologie). Les dernières années-Brejnev (1975-1982) ont conduit à une gérontocratie, aspect ultime de la paralysie du pouvoir, avec des vieillards malades (Andropov et Tchernenko) se succédant au pouvoir jusqu’au quasi-effondrement entériné par la nomination de Gorbatchev. En effet, Gorbatchev devint le contraire de ce que les ‘experts’ occidentaux prévoyaient (Brzezinski annonçait en décembre 1985 un “rajeunissement” de la fermeté et de l’autorité du pouvoir en URSS, avec Gorbatchev).

Les USSA ont suivi une voie assez parallèle, à partir de l’assassinat de Kennedy et l’installation de Johnson : le Vietnam, le Watergate, les scandales de la CIA jusqu’à la crise pétrolière avec l’Iran (et les otages de Teheran) durant les années 1970, les interventions secrètes ou officieuses en Afghanistan et au Nicaragua, jusqu’à l’Irangate qui faillit provoquer la destitution de Reagan, le pouvoir US s’est érodé très profondément jusqu’à la fin de la Guerre Froide. A partir de là, il survécut sur une narrative de l’hyperpuissance, avec continuation à l’occasion du 11-septembre débouchant sur un faux État-policier, sans véritable capacité d’affirmer son autorité comme on le découvre chaque jour aujourd’hui, dans nombre de rues de nombre de villes.

Enfin, à l’occasion de l’arrivée de Trump, on a donc découvert que les USSA sont également une gérontocratie. Le président et les candidats sérieux ont tous plus de 70 ans, souvent plus proche des 80 comme Joe Biden, qui paraît parfois comme une réplique à l’identique quoique plus rigolarde et peloteuse, de l’indescriptible Tchernenko des années 1984-1985.

• L’autonomie égoiste et l’atomisation hostile des centres de pouvoir. La paralysie du pouvoir en tant que tel est complète aujourd’hui à Washington et dans le pays, où les centres de pouvoir et les pouvoirs intermédiaires affirment de plus en plus leurs capacités. Il s’agit d’un mouvement centrifuge classique pour une Fédération ébranlée, lequel mouvement met en lumière les faiblesses structurelles et peut-être mortelles dans un terme pas si lointain du pays.

Un mouvement analogue avait eu lieu en URSS, mais d’une façon moins déstructurante puisqu’il affectait les républiques regroupées par l’URSS. Le mouvement centrifuges a détruit l’URSS mais a permis la résurrection de la Russie. Les USSA, s’ils sont dans la même dynamique, ne sont absolument pas dans cette situation ; ils sont dans une posture bien pire parce qu’ils n’ont pas une puissance centrale à la structure historique aussi forte, sinon souveraine, que la Russie par rapport à l’URSS.

• L’armée et les impasse paradoxales des technologies. La proximité conceptuelle des deux “empires” du point de vue de la puissance militaire est évidente. Ils se sont tous les deux appuyés sur la puissance militaire pour affirmer leurs capacités de contrainte et de pression, pour proclamer leur fonctionnalité d’imperium. Si la puissance militaire US est effectivement aujourd’hui autant en crise que l’était celle de l’URSS à la fin des années 1970, c’est paradoxalement pour des raisons techniques inverses. Les militaires soviétiques reconnaissaient à la fin des années 1970 qu’ils n’avaient pas la capacité de développer des technologies avancées, et cette impuissance fut, – autre paradoxe, – la véritable cause de la glasnost, les militaires ayant besoin du développement d’une base technologique civile impliquant une libéralisation civile et une “libération de la parole”, notamment avec l’accès à l’informatique, dont Gorbatchev se chargea dès son arrivée au pouvoir. (Confidences du maréchal Ogarkov au journaliste Leslie Gelb en mars 1983 à Genève.)

Aujourd’hui, le Pentagone et le Complexe Militaro-Industriel (CMI) ont dépassé leur “principe de Peter” et poursuivent une course folle à l’impasse. Les technologies avancées coûtent de plus en plus cher et deviennent trop complexes pour fonctionner dans les milieux où évoluent les systèmes d’arme ; il en résulte qu’on achète de moins en moins de systèmes d’arme, géométriquement de plus en plus cher et au fonctionnement opérationnel absolument aléatoire. Le CMI US paralyse l’orientation de l’économie US, comme celui de l’URSS le faisait pour cette  puissance. (Il y avait d’ailleurs, à l’époque de la grande expansion des armements des années 1970, une sorte de complexité objective pour les deux CMI, pour obliger à l’accélération de la production.) Certains analystes, comme James Carroll, estiment que Gorbatchev a réussi à l’exploit peu ordinaire détruire le CMI soviétique, ce qui semble se démontrer sous Poutine où un budget dix fois moins élevé que celui du pentagone produit diverses catégories d’armement, notamment stratégiques, plus efficaces dans une mesure sans précédent. Gorbatchev lui-même juge que le CMI fera s’effondrer les États-Unis.

• La corruption, gangrène de l’économie et du reste. Au début des années 1980, une ‘économie parallèle’, véritable ‘marché noir’, s’était développée complèmentairement au vrai simulacre d’économie que produisait l’URSS. Cette ‘économie de marché noir’ comptait pour 20% de la richesse du pays et permettait l’introduction en URSS de marchandises venues de l’Ouest, pour la vie courante, la nourriture, l’habillement, les équipements domestiques, etc., des populations Cette structuration était connue des autorités et s’insérait durant la période Brejnev dans la structuration de la corruption généralisée, développée sur des bases locales et régionales, dans les diverses ‘républiques’ avec des relais à Moscou et des liens organiques avec le Parti, à côté d’une solide structure du crime organisé. Les “Services”, notamment le KGB, ont notablement réussi à moins être impliqués dans cette corruption que leur grand pendant américaniste qu’estr la CIA.

La corruption aux USSA a une toute autre forme, quasiment officialisée et ‘blanchie’ comme l’on fait de l’argent sale, sous la forme du lobbying, du financement des campagnes, etc. La corruption des USSA est largement aussi lourde et aussi parasitaire que la corruption en URSS au moment de son effondrement, particulièrement pour la politique, soumise à un nombre incalculables de contraintes, de barrières, d’obstacles, et donc figée dans un dédale d’obligations contradictoires et souvent proches d’être illicites. Les liens entre les organes officiels et les réseaux de trafic de drogue, le crime organisé, etc., est largement connu et exposé, notamment dans le chef de  la CIA. L’Agence est notablement plus corrompue depuis une trentaine d’années, – particulièrement depuis le mandat Reagan, qui l’a complètement corrompue en la “privatisant” dans ses activités subversives, notamment grâce à l’action de William Casey (1981-1987), ami de Reagan, homme de Wall Street et des contacts avec le crime organisé et les réseaux financiers.

L’URSS est morte en 1985, comme les USSA tels qu’en l’état pourraient mourir en 2021, des mêmes maux de paralysie, d’impuissance, d’obésité, de conformisme entraînant la zombification de la psychologie. Mais l’URSS s’est offert in extremis un croquemort de qualité, doublé d’un notaire chargé de veiller sur l’héritage. Gorbatchev a développé, “à l’insu de son plein gré”, sans qu’il en ait fait le calcul ni eu la conscience, une mécanique de dissolution de l’URSS pour laquelle il est injustement honni, en (r)ouvrant les consciences et les psychologies russes, – qui soutiennent et expriment la gloire de l’âme russe, – avec la glasnost pseudo-soviétique. Il a ainsi, à dix ans d’intervalle, préparé Poutine et la renaissance de la Russie : l’âme russe est renée sur les décombres de l’URSS au prix d’un calvaire imposé par le capitalisme, se montrant à peu près, à sa façon, aussi dévastateur que le communisme.

Il est rien de moins qu’évident qu’un “American-Gorbatchev” puisse faire son apparition. Un temps, – quelques mois, sinon quelques semaines, – l’on crut qu’Obama pourrait tenir ce rôle. Espoir complètement déçu, devant un Système d’une vigilance extrême et d’une exceptionnelle puissance à l’encontre de ceux qu’il peut frapper. Encore récemment, le Système a englouti une Tulsi Gabbard qui s’est complètement effacée. (Un des lecteurs-commentateur de l’article de RT.com annonçant la capitulation de Tulsi Gabbard lors des primaires démocrates de 2020 [ralliement à Biden, retrait de la plainte contre Clinton] a eu cette phrase courte et tranchante, qui pourrait être une épitaphe symbolique pour le simulacre que monte le système de l’américanisme pour nous parler de son American Dream : « Bonne décision de Tulsi. Son espérance de vie vient de s’allonger notablement. »)

Ci-dessous, donc, « Today’s USA : striking similarities to pre-collapse USSR », du professeur d’Histoire à l’Université de Princeton Harold James.

Semper Phi (*)

Note

(*) Cette drôle de signature vaut quelques explications avec les implications ainsi suggérées : nous nous en sommes enquis auprès du chroniqueur … Il nous conta donc ceci : dans sa fougueuse jeunesse, il était, comme tout un chacun, complètement phagocyté par l’américanisme et particulièrement fasciné par le bruit des armes, ses exploits hollywoodiens et ses coutumes. Ainsi était-il fasciné par les fameux Marines, dont John Wayne (qui se garda bien de s’engager) nous vantait la gloire impérissable. Ainsi apprit-il que la devise du Corps des Marines, par ailleurs créatrice d’une véritable tradition qu’il importe de saluer, se dit Semper Fidelis en latin, soit “Toujours fidèles” ; et les Marines en vadrouille ou en virée lors des escales ont coutume de se reconnaître entre eux par l’abrégé de “Semper Fi”. Utilisant son prénom qui faisait l’affaire, notre chroniqueur a pris l’habitude de signer parfois d’un ironique Semper Phi, qui n’indique pas le retour à ses fascinations d’origine mais plutôt la volonté d’affirmer une fidélité qui lui importe. Par l’utilisation de la chose, il entend conclure son propos par une affirmation de plus de la fidélité de dedefensa.org à lui-même et à tous ceux qui lui sont proches, – et donc à vous, ses lecteurs. Semper Fi

https://www.dedefensa.org/article/de-lurss-aux-ussa

Manifeste de la Résistance Nationale des Peuples


Défenseur de la Terre/Defender of the Earth

Manifeste de la Résistance Nationale des Peuples

 ~ MICHEL DUCHAINE

Au nom de tous les Peuples  souverains et mis en esclavage sur notre Belle Planète Bleue,

NOUS ,LES PATRIOTES AYANT CONTRIBUÉ AU TEXTE CI-DESSOUS,

et désireux de présenter d’une seule voix claire,nette et précise notre opposition totale,autant sur le plan politique,sociale,judiciaire et économique aux projets mondialistes totalitaires d’une oligarchie  sans scrupule,

AFFIRMONS QUE

Peu importe notre origine nationale,le système politique,la langue,ou le continent sur lequel nous vivons,

Nous refusons la manipulation de masse du public avec une propagande scientifique et pharmaceutique défectueuse.

Nous  contestons le confinement et les vaccins comme seul moyen de sortir de cette pandémie fantasmée et fabriquée.

Nous contestons votre silence sur les méthodes de traitement légitimes qui fonctionnent.

Nous contestons votre silence sur le système immunitaire et ce qui le fait prospérer.

Nous refusons et nous m’injecterons pas un vaccin inutile contre un virus qui peut être traité par bien d’autres moyens.

Nous contestons votre destruction totale de la société et de la santé émotionnelle pour réaliser votre programme de vaccination obligatoire.

Nous refusons qu’Anthony Fauci et Bill Gates déterminent notre avenir.

Nous refusons le monopole de la médecine pharmacologique allopathique pour décider de nos soins de santé.

Nous nous objectons qu’on réduise au silence des médecins en médecine fonctionnelle, naturopathes et allopathes qui ont fourni des méthodes de traitement non toxiques pour les virus et autres soins de santé.

Nous  contestons la censure répétée de nouvelles informations.

Nous contestons votre attitude cynique selon laquelle nous sommes des animaux stupides et vous savez tout sur la maladie.

Nous refusons la complicité des médias dans la mort de millions de personnes en ne fournissant pas de contre-récit à un système bancaire mortifère et déjà en faillite.

Nous contestons l’absence de tests de précautions pour la 5G, les vaccins, le glyphosate ou notre alimentation en eau et en nourriture.

Nous  refusons tout ce qui nous prive du droit à la liberté médicale.

Nous  refusons la privation de nos libertés et l’assignation à résidence pour des prétextes sécuritaires fallacieux.

NOUS  REFUSONS QUE LE PEUPLE DOIVE PAYER LA DETTE et pour tous les résultats de vos lois scélérates depuis des décennies.

NOUS REFUSONS QUE LE COVID 19 SOIT le BOUC-ÉMISSAIRE DU CHAOS ORGANISÉ présent et à venir.

NOUS CONDAMNONS L’OFFICE MONDIALE DE LA SANTÉ et ses manigances frauduleuses et politiques et demandons la mise en état d’arrestation de ses dirigeants.

NOUS EXIGEONS LA DÉMISSION de tous les dirigeants politiques des pays et nations qui ont été confinés sans consultation afin de bien servir LE PLAN sataniste et mondialiste de gauche qui consistait en premier lieu à saboter nos économies et démolir notre cohésion sociale.

NOUS CONSIDÉRONS que le présent chaos a été institué pour :

                          1-favoriser un changement politique aux Etats-Unis d’Amérique

2-permettre la dissimulation et la dissipation de plusieurs                                          centaines de milliards de dollars au Canada…afin de                                                maintenir la classe ouvrière en esclavage pour plusieurs                                        générations.

3-Enlever la mobilisation populaire des Gilets Jaunes dans les                                 rues des villes de la France afin de tenter de soutenir                                               Emmanuel Macron,l’agent des Rotschild.

4-Maintenir une hystérie collective partout dans le monde,en                                   divisant les peuples entre eux tout en préparant  une                                               Troisième  Guerre Mondiale,particulièrement en Algérie,en                                   Libye et dans toute l’Afrique,en général.

5-Utiliser la fausse pandémie afin d’instituer à moyen terme une                            dictature néolibérale sur toute la Terre.

https://michelduchaine.com/2020/07/12/manifeste-de-la-resistance-nationale-des-peuples/

Un vœu pieux fut voté à l’unanimité au Conseil de Sécurité à l’ONU…

Un vœu pieux fut voté à l’unanimité au Conseil de Sécurité à l’ONU : une résolution appelant à une trêve de 3 mois pour tous les conflits en cours dans le monde, reconductible ! La pandémie n’émeut guère les pays guerriers : l’Arabie rebombarde au Yémen, l’Etat israélien rebombarde sans vergogne en Syrie, en toute impunité. Les contrebandiers du Sahel tirent à qui mieux mieux. Chine et Inde s’exercent à 4000 m d’altitude. Au niveau mondial il n’y a que 2 outils efficaces : des résolutions sous chapitre VII permettant le recours à tous les moyens, un euphémisme pour la force. Encore faudrait-il qu’il se forme un véritable état-Major de l’ONU, prévu mais inexistant. L’autre outil ? Une taxe globale imposant une représentation mondiale et une cour universelle, des juges élus et indépendants. Donc, taxons le pétrole, comme ce fut proposé en septembre 1979 au Congrès des Non-alignés !

Bernard Cornut

http://prochetmoyen-orient.ch/

Le lent délitement de la République en France

Le lent délitement de la République en France

par Thierry Meyssan

Depuis trois ans, une contestation profonde se fait entendre partout en France. Elle a adopté des formes jusque-là inconnues. Se réclamant de l’idéal républicain, elle remet en cause la manière dont le personnel politique sert les institutions. Face à elle, le président de la République singe une concertation qu’il manipule à chaque étape. Pour Thierry Meyssan, les pires ennemis du pays ne sont pas ceux qui veulent le diviser en communautés, mais ceux qui ont été élus et ont oublié le sens de leur mandat.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 7 JUILLET 2020عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLITALIANONEDERLANDSPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇEJPEG - 74.6 koLes Gilets jaunes ont toujours exhibés le drapeau français dans leurs manifestations ; un symbole absent des événements organisés par les écologistes.

La première vague

En octobre 2018, en France, une sourde protestation montait des petites villes et des campagnes. Les dirigeants du pays et les médias découvraient avec stupéfaction l’existence d’une classe sociale qu’ils ne connaissaient pas et n’avaient jamais rencontrée jusque là : une petite bourgeoisie, qui avait été exclue des grandes villes et reléguée dans le « désert français », un espace où les services publics sont rationnés et les transports en commun inexistants.

Cette protestation, qui à certains endroits se transforma en soulèvement, fut déclenchée par la hausse d’une taxe sur le pétrole visant à réduire la consommation de carburant afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Ces citoyens étaient beaucoup plus touchés que les autres par cette hausse car ils vivaient loin de tout et n’avaient aucune autre option de transport que leurs moyens personnels.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique, l’économie mondiale s’est réorganisée. Des centaines de millions d’emplois ont été délocalisés d’Occident vers la Chine. La plupart de ceux qui ont perdu leur travail ont dû en accepter d’autres moins bien payés. Ils ont été contraints de quitter les grandes villes, devenues trop chères pour eux, et de s’installer à leur périphérie [1].

Les Gilets jaunes rappelaient au reste de la société qu’ils existaient et ne pouvaient pas aider à lutter contre « la fin du monde » si on ne les aidait pas d’abord à lutter pour leurs « fins de mois ». Ils dénonçaient l’inconscience des dirigeants politiques qui, depuis leurs bureaux de la capitale, ne percevaient pas leur détresse [2].

Les premiers débats politiques qui opposèrent des politiques à quelques unes de leurs figures de proues furent encore plus stupéfiants : les politiques leur proposaient des mesures sectorielles visant à rendre le prix de l’essence abordable quand ils leur répondaient calmement sur les désastres causés par la globalisation financière. Les premiers paraissaient désarçonnés et dépassés, tandis que les seconds étaient les seuls à disposer d’une vue d’ensemble. La compétence était passée du personnel politique à ses électeurs.

Heureusement pour la classe dirigeante, les médias écartèrent ces trouble-fête et leur substituèrent d’autres manifestants, exprimant avec force leur colère sans la même intelligence. Le durcissement du conflit, soutenu par la majorité de la population, fit craindre une possible révolution. Paniqué, le président Emmanuel Macron se réfugia durant dix jours dans son bunker sous l’Élysée, annulant tous ses rendez-vous. Il pensa démissionner et convoqua le président du Sénat pour qu’il exerce l’intérim. Celui-ci le rabroua. Reprenant ses esprits, il apparut à la télévision pour annoncer diverses mesures sociales. Cependant aucune de ces allocations ne concernait les Gilets jaunes car l’État ignorait encore qui ils étaient.

Toutes les études d’opinion tendent à montrer que cette contestation n’est pas un rejet de la politique, mais au contraire une volonté politique de restauration de l’Intérêt général, c’est à dire de la République (Res Publica).

Les citoyens sont à peu près satisfaits de la Constitution, mais pas de la manière dont on s’en sert. Leur rejet est d’abord celui du comportement du personnel politique dans son ensemble, pas des Institutions.

Aussi, pour reprendre la main, le président Emmanuel Macron décida d’organiser un « Grand débat national » dans chaque commune, un peu sur le modèle des États généraux de 1789. Chaque citoyen pourrait s’exprimer. Les propositions seraient synthétisées et prises en compte.

Dès les premiers jours, le président s’employa à contrôler l’expression populaire. Il s’agissait de ne pas laisser la populace dire n’importe quoi. L’« immigration », l’« interruption volontaire de grossesse », la « peine de mort » et le « mariage pour tous » devaient être écartés des débats. Ainsi, alors que le président se pensait « démocrate », il se méfiait du Peuple.

Bien sûr, tous les groupes peuvent se laisser dominer par des passions. Durant la Révolution française, les sans-culottes ont pu perturber les débats des assemblées en invectivant les députés depuis les tribunes. Mais rien ne permet d’anticiper que les maires se seraient laisser déborder par leurs administrés.

L’organisation du « Grand débat national » revenait à la Commission nationale du débat public. Or celle-ci entendait garantir la libre expression de chaque citoyen, tandis que le président voulait au contraire la limiter à quatre thèmes : « transition écologique », « fiscalité », « démocratie et citoyenneté », « organisation de l’État et des services publics ».

La Commission fut donc remerciée et remplacée par deux ministres. Le chômage, les relations sociales, la dépendance des personnes âgées, l’immigration et la sécurité, tombèrent aux oubliettes.

Le président se mit alors en scène. Il participa à plusieurs réunions télévisées au cours desquelles il répondit à toutes les questions posées, imbu de sa propre compétence. On était passé du projet d’écouter les préoccupations citoyens à l’idée de leur répondre qu’ils étaient bien gouvernés

Trois mois, 10 000 réunions et 2 000 000 de contributions plus tard, un rapport fut rendu et classé dans un placard. Contrairement à ce que prétend cette synthèse, les interventions des participants au « Grand débat national » portaient sur les avantages des élus, la fiscalité et le pouvoir d’achat, la limitation de vitesse sur routes, l’abandon des territoires ruraux et l’immigration. Non seulement cet exercice de style n’a pas fait avancer les choses, mais il a donné aux Gilets jaunes la preuve que le président veut leur parler, mais pas les entendre.JPEG - 61 koPartout en France, les Gilets jaunes ont organisé des pétitions pour la création d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC).

Puisqu’on vous dit que nous sommes démocrates

Non pas au cours du « Grand débat national », mais durant les manifestations, de nombreux Gilets jaunes firent référence à Étienne Chouard [3]. Depuis une dizaine d’années, cet homme sillonne la France en assurant ses interlocuteurs qu’une Constitution n’est légitime que si elle est rédigée par les citoyens. Il préconise donc de former une assemblée constituante par tirage au sort et de soumettre son résultat à référendum.

Le président Emmanuel Macron leur répondit en créant une assemblée tirée au sort, une « Convention citoyenne ». Dans la continuité du « Grand débat national », dès le premier jour, il pervertit l’idée qu’il mettait en œuvre. Il ne s’agissait pas de rédiger une nouvelle Constitution, mais de poursuivre un des quatre thèmes qu’il avait déjà imposé.

Cependant, il n’a pas considéré que le tirage au sort soit un moyen de dépasser les privilèges dont disposent certaines classes sociales ou de contourner ceux des partis politiques. Il l’a abordé comme un moyen de mieux connaître la volonté populaire, à la manière des instituts de sondage. Il a donc fait procéder à un découpage de la population selon des catégories socio-professionnelles ainsi que par région. Puis les membres ont été tirés au sort dans ces différents groupes comme pour un panel de sondés. La définition de ces groupes n’a pas été rendue publique. En outre, il a confié l’organisation des débats à un cabinet spécialisé dans l’animation de panels de sorte que le résultat est celui d’un sondage : cette assemblée n’a formulé aucune proposition originale, mais s’est bornée à prioriser les propositions qu’on lui a présentées.

Un tel processus est beaucoup plus formel qu’un sondage, mais n’a rien de démocratique puisque jamais ses membres n’ont pu exercer la moindre initiative. Les propositions les plus consensuelles seront transmises au Parlement ou soumises au Peuple par référendum. Or, le dernier référendum en France, il y a quinze ans, est un très mauvais souvenir : le Peuple a censuré la politique gouvernementale qui a pourtant été poursuivie par d’autres voies au mépris des citoyens.

Le caractère totalement illusoire de cette assemblée de citoyens est apparu avec une proposition que ses membres ont déclaré ne pas vouloir soumettre à référendum parce que le Peuple, qu’ils étaient censés représenter, la rejetterait à coup sûr. Ce faisant, ils ont admis avoir adopté une proposition en suivant les arguments qui leur avait été présentés, mais en sachant que le Peuple raisonnerait autrement.

Ce n’est pas moi, ce sont les scientifiques

Lorsque survint l’épidémie de Covid-19, le président Emmanuel Macron fut convaincu de la gravité du danger par le statisticien britannique Neil Ferguson [4]. Il décida de protéger la population en appliquant le confinement obligatoire généralisé que lui recommandait l’ancienne équipe de Donald Rumsfeld [5]. Il se prémunit des critiques en constituant un « Conseil scientifique » dont il confia la présidence à une personnalité morale qu’il pensait incontestable [6].

Une seule voix autorisée se leva contre ce dispositif : un des plus éminents médecins infectiologues au monde, le professeur Didier Raoult [7]. À la fin de la crise, il témoigna devant une commission parlementaire. Selon lui, Neil Ferguson est un imposteur ; le Conseil scientifique —dont il démissionna— est manipulé par des conflits d’intérêt avec Gilead Science (l’ancienne firme de Donald Rumsfeld) ; en situation d’urgence, le rôle des médecins est de soigner pas de faire des expériences ; les résultats des médecins dépendent de leur conception de leur métier, c’est pourquoi les malades confiés aux hôpitaux de Paris avaient trois fois plus de risque de mourir que ceux confiés aux hôpitaux de Marseille.

Les propos de Didier Raoult ne furent pas analysés par les médias qui consacrèrent leur travail à la réaction outrée de la nomenklatura administrative et médicale. Pourtant la question de la compétence du président de la République, de son gouvernement et des élites médicales venait d’être posée par un membre incontesté de l’élite médicale.

La seconde vague

Le premier tour des élections municipales avait eu lieu au début de la crise sanitaire, le 15 mars 2020. Les villes périphériques et les campagnes, terres des Gilets jaunes, avaient souvent dégagé des majorités pour élire immédiatement leur maire. Comme à l’habitude les choses étaient plus complexes dans les grandes villes. Un second tour fut organisé à la fin de la crise, le 28 juin. Un nouveau pas a alors été franchi.

Six électeurs sur dix, échaudés par le « Grand débat national » et indifférents à la « Convention citoyenne », ont fait la grève des urnes.

Ignorant cette protestation silencieuse, les médias ont interprété le vote de la minorité comme un « triomphe des écologistes ». Il aurait été plus juste de dire que les partisans de la lutte contre la « fin du monde » ont définitivement divorcé de ceux de la lutte pour les « fins de mois ».

Les études d’opinion nous assurent que le vote écologiste est surtout le fait de fonctionnaires. C’est une constante dans tous les processus pré-révolutionnaires : des gens intelligents, s’ils se sentent liés au Pouvoir, sont aveuglés et ne comprennent pas ce qui se passe sous leurs yeux.

La Constitution ne prévoyant pas cette fracture au sein du Peuple, aucun quorum n’a été institué de sorte que ce scrutin est valide quoique non démocratique dans toutes les grandes villes. Aucun des maires, pourtant élus par seulement un cinquième de leurs administrés voire moins encore, n’a demandé l’annulation du scrutin.

Aucun régime ne peut se prolonger sans le soutien de sa population. Si cette grève des urnes se reproduit lors de l’élection du président de la République, en mai 2022, le système s’effondrera. Aucun des dirigeants politiques ne semble s’en soucier.

Thierry Meyssan

[1] « Comment l’Occident dévore ses enfants », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 décembre 2018.

[2] « Une colère très politique », par Alain Benajam, Réseau Voltaire, 21 novembre 2018.

[3Blog d’Étienne Chouard.

[4] « Covid-19 : Neil Ferguson, le Lyssenko libéral », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 avril 2020.

[5] « Le Covid-19 et l’Aube rouge », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 avril 2020.

[6] « C’en est assez du consensus ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juin 2020.

[7] Site officiel de Didier Raoult et de son équipe : Méditerranée infection.

https://www.voltairenet.org/article210463.html

Certaines théories du complot sont vraies

Certaines théories du complot sont vraies


Par Philip Giraldi − Le 2 juillet 2020 − Source Strategic Culture Foundation

Photo: SCF

Quelle est la meilleure façon de démystifier une théorie du complot ? Appelez la théorie du complot, puisque cette étiquette implique votre incrédulité. Le seul problème est qu’il y a eu de nombreux complots qui sont bien réels, à la fois dans le passé et actuellement, et que beaucoup d’entre eux ne sont pas du tout de nature théorique. Des conspirations de plusieurs types ont entraîné la participation américaine aux deux guerres mondiales. Et quel que soit le sentiment que l’on a à l’égard du président Donald Trump, il faut reconnaître qu’il a été victime d’un certain nombre de complots, d’abord pour lui refuser la nomination au GOP, ensuite pour s’assurer qu’il soit battu à l’élection présidentielle, et enfin pour délégitimer complètement sa présidence.

Avant Trump, il y a eu de nombreuses « théories » du complot, dont beaucoup étaient tout à fait plausibles. Le « suicide » du Secrétaire à la Défense James Forrestal vient à l’esprit, suivi par l’assassinat de John F. Kennedy, qui a été attribué à la fois à Cuba et à Israël. Et puis il y a le 11 septembre, peut-être la plus grande théorie du complot de toutes. Israël savait clairement que cela allait arriver, comme en témoignent les cinq Shlomo dansants qui s’agitent et se filment dans le New Jersey au moment de l’effondrement des tours jumelles. Les Saoudiens ont également pu jouer un rôle dans le financement et même la direction des présumés pirates de l’air. Et nous avons également été témoins de la conspiration des néoconservateurs pour fabriquer des informations sur les « armes de destruction massive » irakiennes et de la conspiration en cours des mêmes acteurs pour dépeindre l’Iran comme une menace pour les États-Unis.

Compte tenu des multiples crises que connaissent actuellement les États-Unis, il est peut-être inévitable que les spéculations sur les conspirations soient à leur plus haut sommet. Pour l’Américain moyen, il est incompréhensible que le pays soit devenu si mal en point parce que l’élite politique et économique est fondamentalement incompétente, de sorte que la recherche d’un bouc émissaire doit se poursuivre.

Il existe un certain nombre de théories du complot sur le coronavirus qui font actuellement le tour du monde. Les libertariens et les opposants qui choisissent de croire que le virus est en fait une grippe exploitée pour les priver de leurs libertés sont convaincus que de nombreux membres du gouvernement et des médias ont conspiré pour vendre ce qui est essentiellement une fraude. L’un de ces vendeurs de venin de serpent persiste à utiliser une analogie, à savoir que puisque plus d’Américains sont tués dans des accidents de voiture que par le coronavirus, il serait plus approprié d’interdire les voitures que d’exiger le port de masques faciaux.

Une autre théorie qui fait le tour du monde accuse le multimilliardaire ancien propriétaire de Microsoft, Bill Gates, d’essayer de prendre le contrôle du système de santé mondial par l’introduction d’un vaccin pour contrôler le coronavirus, qu’il a probablement d’abord créé. Le problème de nombre de « complots » autour du virus pensant qu’un régime totalitaire ou un milliardaire fou utilisent une fausse maladie pour susciter la peur afin de contrôler les citoyens est qu’il donne beaucoup trop de crédit à la capacité d’un gouvernement ou d’un individu à monter une fraude de cette ampleur. Il faudrait des gens beaucoup plus intelligents que l’équipe de Trump-Pompeo ou même Gates pour convaincre le monde et des milliers de médecins et de scientifiques qu’ils devraient confiner des pays entiers sur la base de quelque chose de complètement faux.

D’autres théories sur les coronavirus concluent que le virus a été développé aux États-Unis, a été exporté en Chine par un scientifique américain traître, a été utilisé comme arme à Wuhan et a ensuite été lâché sur l’Occident dans le cadre d’un complot communiste visant à détruire le capitalisme et la démocratie. Cela voudrait dire que nous sommes déjà en guerre avec la Chine, ou du moins que nous devrions l’être. Ensuite, il y a la théorie largement acceptée selon laquelle le virus a été créé à Wuhan et s’est échappé du laboratoire. Depuis lors, Pékin s’est engagé dans une opération de dissimulation, donc c’est de la conspiration. C’est un thème favorisé par la Maison Blanche, qui n’a pas encore décidé de ce qu’il faut faire à part attribuer à la maladie de drôles de noms tels que « péril jaune » pour que tous ceux qui portent la casquette MAGA [Make America Great Again, le slogan de Trump lors de la campagne présidentielle de 2016, NdT] aient de quoi rire à l’approche des élections de novembre.

Mais toutes blagues mises à part, il y a certaines théories du complot qui valent plus que d’autres la peine d’être prises en considération. L’une d’entre elles porte sur le rôle de George Soros et des fondations dites « Open Society » qu’il contrôle et finance dans les troubles qui balayent les États-Unis. Il est vrai que les allégations contre Soros sont peu probantes, mais les théoriciens du complot soulignent que c’est la marque d’une conspiration vraiment bien planifiée, semblable à celle dans laquelle le milliardaire juif hongrois de 89 ans s’est engagé depuis longtemps. La série actuelle de revendications concernant l’Open Society et Soros a généré jusqu’à 500 000 tweets par jour ainsi que près de 70 000 messages Facebook par mois, principalement de la part des conservateurs politiques.

Ces allégations ont tendance à se diviser en deux grandes catégories. Premièrement, Soros embauche des manifestants/fraudeurs et les transporte aux manifestations où ils reçoivent des briques et des engins incendiaires pour transformer les rassemblements en émeutes. Deuxièmement, l’Open Society finance et permet le flux déstabilisant d’immigrants illégaux aux États-Unis.

Soros et ses partisans, dont beaucoup sont juifs parce qu’ils pensent voir de l’antisémitisme dans les attaques contre le Hongrois, prétendent soutenir la démocratisation et le libre-échange dans le monde entier. Il est, en effet, l’un des plus grands mondialistes. Soros prétend être une « force du bien », comme le veut le cliché, mais est-il tout à fait crédible que sa fondation de 32 milliards de dollars n’opère pas en coulisses pour influencer les développements d’une manière qui n’est certainement pas démocratique ?

En effet, Soros a accumulé sa vaste fortune grâce au capitalisme prédateur. Il a gagné plus d’un milliard de dollars en 1992 en vendant à découvert 10 milliards de livres sterling, ce qui a valu aux médias de le surnommer « l’homme qui a fait sauter la banque d’Angleterre ». Il a été accusé de manipulations monétaires similaires en Europe et en Asie. En 1999, l’économiste du New York Times Paul Krugman a écrit à son sujet que « Quiconque a lu un magazine d’affaires ces dernières années ne peut ignorer qu’il y a de nos jours des investisseurs qui non seulement déplacent de l’argent en prévision d’une crise monétaire, mais font en fait de leur mieux pour déclencher cette crise pour le plaisir et le profit ».

Loin d’être un spectateur passif donnant des conseils utiles aux groupes de militants pour la démocratie, Soros a été fortement impliqué dans la restructuration des anciens régimes communistes en Europe de l’Est et a participé à la révolution dite des roses en Géorgie en 2003 et à la révolution de Maidan en Ukraine en 2014, toutes deux soutenues par le gouvernement américain et destinées à menacer la sécurité régionale de la Russie.

Soros déteste particulièrement le président Vladimir Poutine et la Russie. Il a révélé qu’il est loin d’être une figure bienveillante qui se bat pour la justice dans son article d’opinion du Financial Times de mars (payant) intitulé « L’Europe doit soutenir la Turquie pour dénoncer les crimes de guerre de Poutine en Syrie ».

L’éditorial est plein d’erreurs factuelles et est essentiellement un appel à l’agression contre une Russie qu’il décrit comme étant engagée dans le bombardement d’écoles et d’hôpitaux. Il commence par : « Depuis le début de son intervention en Syrie en septembre 2015, la Russie n’a pas seulement cherché à maintenir en place son plus fidèle allié arabe, le président syrien Bachar al-Assad. Elle a également voulu retrouver l’influence régionale et mondiale qu’elle a perdue depuis la chute de l’Union soviétique ». Tout d’abord, la Russie n’est pas « intervenue » en Syrie. Elle y a été invitée par le gouvernement légitime du pays pour apporter son aide contre divers groupes, dont certains étaient liés à Al-Qaïda et à l’État Islamique, qui cherchaient à renverser le président al-Assad.

Et à part Soros, peu d’experts réels sur la Russie prétendent qu’elle cherche à recréer l’« influence » de l’Union soviétique. Moscou n’a pas les ressources nécessaires pour le faire et n’a manifesté aucun désir de poursuivre l’ex-programme mondial qui était caractéristique au temps de l’État soviétique.

Suit alors un vol complet en hyperbole avec : « Vladimir Poutine a cherché à utiliser la tourmente au Moyen-Orient pour détruire les normes internationales et les progrès du droit humanitaire international réalisés depuis la seconde guerre mondiale. En fait, la création du désastre humanitaire qui a transformé près de 6 millions de Syriens en réfugiés n’a pas été une conséquence de la stratégie du président russe en Syrie. C’était l’un de ses principaux objectifs ». Notez qu’aucune des affirmations de Soros n’est étayée par des faits.

L’éditorial de Soros contient également quelques souvenirs, décrivant comment « en 2014, j’ai exhorté l’Europe à se réveiller face à la menace que la Russie faisait peser sur ses intérêts stratégiques ». L’article révèle que Soros n’est ni conciliant ni « diplomatique », ce qui montre clairement qu’il choisit ses ennemis sur la base de considérations idéologiques qui déterminent également ses choix quant à la manière d’encadrer ses entreprises. Compte tenu de tout cela, pourquoi est-il inimaginable que George Soros soit engagé dans une conspiration, qu’il soit clandestinement derrière au moins une partie du chaos créé par les antifas et les Black Lives Matter, ainsi que du flot d’immigration illégale qui, ensemble, ont peut-être déstabilisé fatalement les États-Unis ?

Philip Giraldi

Traduit par Michel, relu par Wayan pour Le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/certaines-theories-du-complot-sont-vraies

Autres temps, autres terreurs…

Autres temps, autres terreurs…

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 30 juin 2020

   Forum

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Autres temps, autres terreurs…

30 juin 2020 – Pour en rajouter une petite couche très-modeste, je vais :faire un commentaire plus personnel sur la nouvelle traitée le jour d’avant-aujourd’hui, sur  le déclin de l’AIPAC qui semble accélérer irrésistiblement, qui est documenté dans ce sens d’une façon convaincante par l’article cité dans ce texte. Donc, un bref historique personnalisé…

En 2007, lorsque John Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, et Stephen Walt, professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government de l’université d’ Harvard, publièrent ‘The Israel Lobby and the U.S. Foreign Policy’, décrivant toutes les capacités d’influence israéliennes avec l’AIPAC comme matrice, ce fut l’occasion d’une très forte polémique, avec des aspects hystériques déjà repérés lors de la publication d’un article sur le même sujet par le même duo en 2006. Cela faisait des années, des décennies, que l’influence israélienne à Washington était à la fois un facteur fondamental du pouvoir washingtonien, connu de tous mais respecté par le silence de tous, une force quasiment légitime et irrésistible, effrayante et même terrorisante.

J’avais connu de loin, mais suffisamment précisément, ce phénomène qui ne cessait de déclencher des rumeurs complotistes, des appréciations chuchotées, des regards terrorisés jusqu’à presque se signer. En 2007, en général, on ne donnait pas cher de la peau des Mearsheimer-Walt dans le monde universitaire, et l’on attendait leur disparition dans les oubliettes de l’infamie. La polémique dura longtemps : par exemple, en février 2009 on faisait encore des émissions sur le bouquin, et  dans celle-ci justement on a beaucoup de détails et de précisions sur les aventures des deux auteurs. 

Mearsheimer-Walt tinrent bon et survécurent. Ils ont poursuivi leurs carrières respectives sans véritable handicap du fait de cette activité, bien au contraire. Leur travail avait levé un tabou sans pour autant restreindre la puissance de l’AIPAC. Les rapports entre les USA et Israël en furent-ils affectés ? Difficile de répondre, mais il est remarquable qu’avec Obama puis Trump, les relations entre les deux pays prirent une tournure très particulière ; très difficiles et presque hostiles, et publiquement affichées, entre Obama et Netanyahou, notamment dues à la très forte antipathie réciproque des deux personnages ; bombastiques et bruyantes avec Trump, serrant avec effusion son “ami Benjamin” sur son cœur et rendant ainsi le Premier ministre israélien de moins en moins populaire aux USA. Netanyahou, qui ne manque ni de finesse ni de duplicité, accéléra sa politique d’entretien des meilleures relations possibles avec la Russie.

Pendant tout ce temps, on ne parlait plus guère de l’AIPAC, sauf pendant les fameux rassemblements d’allégeance du début du printemps (justement, celui qui n’a pas eu lieu cette année). Pendant tout ce temps également, il est vrai qu’on releva des incartades de moins en moins dissimulées de tel(le) ou tel(le) parlementaire. On doit se souvenir comme d’un fait révélateur et significatif de  l’aventure opposant (en août 2019) les députées Ilhan Omar et Rashida Tlaib, du fameux Squad de la Chambre des Représentants, au gouvernement israélien, suivie  d’un article du Washington Post signalant la détérioration des relations entre le parti démocrate et le gouvernement israélien sans sacrifier une seconde à l’ode au gouvernement israélien qui accompagnait traditionnellement toute analyse où Israël tient un des rôles principaux.

Cela aurait dû faire sonner un tocsin significatif dans nos oreilles, mais nous étions occupés à tant d’autres choses. (Moi le premier, certes.)

Et maintenant, cet article de Grant Smith, qui a toutes les garanties d’une  vérité-de-situation nouvelle, remarquable, avec une documentation et une déduction extrêmement convaincantes. Cela devrait maintenant faire sonner à toutes volées un tocsin lugubre sur tout le champ des relations internationales, où les relations vraiment très-très-spéciales entre Washington et Israël tiennent (tenaient ?) une place considérable.

J’ai beau tendre l’oreille, je n’entends rien de ce tocsin, nothingnada, mais plutôt un silence indifférent entrecoupé de tel ou tel constat sans alarme particulière. Certes, les choses changent, doivent distraitement penser certains, mais bon il y a bien plus urgent et important à s’entretenir et s’occuper, et les voilà qui retournent à leur besogne d’alimenter les vitupérations qui leur tiennent lieu de commentaires : haine de Trump et Covid19, haine de Trump-Covid19 et le soulèvement de communication de BLM, haine de Trump-Covid19 et les présidentielles, haine de Trump-Covid19 et les balbutiements informes de Joe Biden…

Voilà, nous y sommes, et c’est bien le plus stupéfiant de l’affaire : l’éventuel naufrage de l’AIPAC et du “très-très-spécial” aspect des relations USA-Israël n’intéresse pas grand’monde. L’on dit même que la sacro-sainte aide financière énorme (autour de 3 $milliards l’an) des USA à Israël pourrait bien en sortir, en 2021, notablement amaigrie, sans là aussi que ces bruits ne déclenchent le moindre concert d’indignation préventive-dissuasive.

Il n’est question ici ni de formalisme ni d’analyse rationnelle, y compris celles que l’on fait quand l’on cite les liens “secrets” entre Israéliens et américanistes, le “complot permanent” plaçant Washington aux ordres de Tel-Aviv (Jerusalem ?).

(Je dis bien “analyse rationnelle” car, contrairement à ce qu’on est en général conduit à penser dans l’émotion de la première réaction, le “complotisme” n’est nullement irrationnel mais  au contraire rationalisme pur, jusqu’à la subversion complète que la Raison peut introduire dans notre jugement sur l’évaluation des actes, des faits, des effets et des conséquences, et surtout des multiples “causes premières” de ces artefacts du brio historico-politique.)

Il est alors plutôt question d’une humeur, d’une atmosphère, d’un effet de communication, et tout cela qui apparaît aujourd’hui complètement différent de ce que cela était il y a un tiers de siècle, il y a15 ans, il y a 5 ans, et même il y a un an bien que les choses avaient déjà changé ; c’est-à-dire que je vous parle d’une humeur et d’une atmosphère bien différentes même de l’immédiat avant-Covid19.

(Pour le tiers de siècle j’en témoigne puisque je l’ai ressentie dans l’attitude américaniste, cette puissance du tabou israélien, la puissance et l’impunités de l’AIPAC, la terreur que ces forces diffusaient dans les psychologies des élitesSystème, il s’agissait d’un poids et d’une pression considérables et gigantesques, et tout cela semble se dissiper, flotter et se désintégrer…)

Au reste, et pour montrer la pureté de mes intentions et mon absence de comportement israélo-centré/obsédé, je ferais la même remarque concernant deux autres événements, de deux autres grands domaines de ce que furent les relations internationales, qui connaissent aujourd’hui des bouleversements considérables par rapport à ce qu’ils furent, sans que cela ne semble déclencher en aucune façon de grandes préoccupations, donc un peu de la même façon que je décris pour l’AIPAC.

• C’est le cas des négociations stratégiques pour un nouveau traité START entre les USA et la Russie (auxquels les USA voudraient rajouter la Chine, qui refuse catégoriquement). Ces négociations ont commencé à Vienne et personne, au fond, ne les prend au sérieux et personne, autour d’elles, ne s’en préoccupe. Même les Russes, qui y tiennent tant par goût prononcé de la stabilité, savent au fond d’eux-mêmes qu’il vaut mieux n’y pas trop compter.

• C’est le cas des relations transatlantiques, avec les tensions Allemagne USA, le retrait de 9 000 soldats US d’Allemagne (ou leur transfert dans la fidèle et subtile Pologne), les déclarations de Merkel qui nous apprennent que cette dame se permet de penser que les USA “ne sont plus une puissance mondiale”. Cela nous vaut des déclarations allemandes  très-très sophistiquées sur les “chères”  relations transatlantiques qui sont « extraordinairement importantes », qui ne peuvent pas continuer comme ça (alliance), et qui continueront tout de même (alliance), qui à la fois ne sont plus et à la fois sont toujours, et tralala, dansons Folleville, sur le pont du Titan-Hic.

« Les jours du bon vieux “partenariat transatlantique” sont passés, a admis le ministre allemand des affaires étrangères du gouvernement Merkel Heiko Maas… […]
» “Quiconque croit que le partenariat transatlantique sera à nouveau ce qu’il était avec un président démocrate sous-estime les changements structurels”, a déclaré le ministre à l’agence de presse allemande dpa, laissant entendre que les relations entre les deux alliés ne seront jamais les mêmes, même sans le président Donald Trump à la tête de l’État à Washington.
» Néanmoins, il a également admis que Berlin n’est pas encore prêt à renoncer à son alliance de longue date avec Washington. “Les relations transatlantiques sont extraordinairement importantes, elles le resteront et nous travaillons pour qu’elles aient un avenir”, a-t-il déclaré. »

L’absurdité extrêmement postmoderne du propos de ce ministre (nous ne sommes plus ensemble mais nous restons ensemble), est bien là pour faire le minimum syndical face à des liens qui ne cessent de se défaire, sans que personne ne puisse rien faire. Sur ce point, il y a beaucoup de larmes sincères, surtout du côté européen où l’on se sent d’autant plus fort et “d’autant plus européen, enfer et damnation !”, – enfin, d’autant plus libres que l’on est soumis aux USA. Mais sur le fond, tout cela importe-t-il encore ? Je crois que nous sommes dans le même cas que celui de l’éventuelle disparition de l’AIPAC… Ne parlons pas de rupture, ni de brutale décision, mais de dissolution, – paradoxalement car à la fois, – dissolution imperceptible mais dissolution ultra-rapide.

Je n’ai rien pour prouver ni substantiver ce que j’avance mais je ressens comme une évidence de plus en plus affirmée que la pandémie Covid19 est l’explication abrupte de ce phénomène… Covid19 a été une fantastique rupture, – brutale celle-là, visible, cruelle, comme quelque chose qui vient du fond des âges où l’on craignait les terribles épidémies de la “Mort Noire”, pour nous rappeler à nos destins que nous avons trahis, pour susciter chez nous des terreurs nouvelles de notre culpabilité pour cette trahison ; Covid19 qui a concrétisé tout ce qui s’est assimilé depuis au moins douze ans (depuis 2008), depuis même 19 ans (9/11), dans nos inconscients et dans nos subconscients, et qui a touché les populations également avec cette pandémie qui nous révèle la crise  « extraordinairement importante » où nous nous trouvons… Et alors tout le reste, qui comptait tant, qui constituait les références de nos pensées et de nos efforts, passe au second plan, se réduit de plus en plus, – et si vite malgré tout ! – comme une peau de chagrin, comme la tête d’un ennemi juré des Jivaros que les Jivaros lui ont coupée en lui jurant une réduction qui lui vaudrait l’enfer…

Tout le reste, stratégie, géostratégie, complots et ambitions de conquête, de domination, tous nos plans et calculs, nos rapports de force, nos hypothèses audacieuses et soupçonneuses, nos grands desseins et nos Grands Jeux, notre futur de puissance et de croissance, notre schizophrénie technologique plongée dans notre paranoïa de communication, notre folle certitude  « to create our own reality », tout le reste qui prétend répondre à des démarches maîtrisées par la puissance humaine, tout le reste qui se dissout, qui disparait, qui n’importe plus, qui ne laisse pas le moindre souvenir de nostalgie…

https://www.dedefensa.org/article/autres-temps-autres-terreurs

Après les aveux d’Éliane Houlette :le bal des hypocrites

Après les aveux d’Éliane Houlette :
le bal des hypocrites
par Régis de Castelnau

mardi 23 juin 2020, par Comité Valmy

Après les aveux d’Éliane Houlette : le bal des hypocrites

Le spasme qui a saisi le monde politique après les déclarations de l’ancienne patronne du PNF devant la commission parlementaire d’enquête est finalement très amusant.

Tout le monde savait que le raid judiciaire contre Fillon était une opération savamment préparée, et exécutée avec zèle par des magistrats parfaitement d’accord pour la mettre en œuvre. Depuis trois ans, en dehors de quelques aboiements, dont ceux de votre serviteur, quelques contritions discrètes (Davet et Lhomme, Marc Endeweld), tout le monde a fait semblant. Il n’est que de voir l’absence de réaction dans la presse, face aux réquisitions, surprenantes de sévérité du PNF à l’audience du procès Fillon. Comme d’ailleurs à toute l’attitude du parquet pendant son déroulement, alors que sautait aux yeux l’évidence du seul objectif, justifier la violence procédurale du printemps 2017, pour parer à l’accusation d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Dont on sait bien sûr qu’elle est parfaitement fondée.

Alors livrons-nous à un petit passage en revue des différentes réactions.

Le réveil des LR

Les LR se réveillent d’un long sommeil sur cette question, alors qu’ils étaient parfaitement au courant depuis le premier jour de l’existence de l’opération visant à disqualifier leur candidat et à permettre l’élection de Macron. Un mélange de lâcheté, d’envies d’aller à la soupe et d’aversion pour François Fillon, ont abouti à l’instauration d’un pieux silence. Dont ils sortent aujourd’hui, sentant Macron affaibli et soucieux de redorer leur blason comme ils l’ont fait en s’opposant victorieusement quoique tardivement à la loi scélérate Avia (tant mieux, et merci à eux quand même). Alors, bardés de fausse ingénuité, ils font semblant de découvrir la lune avec les déclarations d’Éliane Houlette, et enfoncent vaillamment des portes ouvertes.

Jean-Luc Mélenchon a compris

Pendant la campagne de l’élection présidentielle de 2017 Jean-Luc Mélenchon n’écoutait pas les conseils de prudence dans le maniement des informations données par la presse à l’aide des fuites ciblées de l’enquête, puis de l’instruction. Ses partisans et lui n’hésitaient pas à s’en servir à l’encontre de leur concurrent LR. C’est aujourd’hui une autre chanson, car entre-temps, le patron de LFI a goûté à l’instrumentalisation politique de la justice en se faisant appliquer le même genre de traitement. Et douloureusement surpris, a trouvé cela passablement désagréable, et donc changement de discours et prise en compte du réel. Le voilà qui nous dit : « Il y a eu un effet de meute. Il est clair que sa liquidation politique a servi l’ascension de monsieur Macron. C’est de la grossière manipulation ». Carrément ?

Socialistes et éditocrates, Joffrin porte-parole

Il est nécessaire de faire un lot commun dans la description du comportement des socialistes et des journalistes soutiens indéfectibles d’Emmanuel Macron. D’abord parce que ce sont les mêmes et ensuite parce que ce sont eux qui ont été à la manœuvre. Les uns organisant et soutenant la manipulation, les autres la relayant dans un invraisemblable bombardement médiatique. Ils auraient du mal à prétendre que c’était pour soutenir Benoît Hamont candidat officiel du PS ! Non non, c’était bien Macron qu’ils voulaient. Le problème, c’est que les Français en ont fait l’expérience depuis, et allez savoir pourquoi, ils ont quand même l’impression d’une superbe erreur de casting. Alors, beaucoup rasent les murs, mais pas Laurent Joffrin comme d’habitude qui s’y colle dès qu’il faut afficher son ignorance et déployer sa mauvaise foi. Et comme d’habitude toujours, on n’est pas déçu. Il défend bec et ongles la fable et révèle en creux sa conception de la démocratie. «  On parle « d’instrumentalisation », de « forfaiture », de « cabinet noir » et on regonfle le mythe d’une « élection volée » qui aurait privé un Fillon blanc comme neige de son ticket d’entrée à l’Elysée. » Mais dites donc Monsieur Joffrin, vous savez bien que ce n’est pas le principe même d’une procédure à l’encontre de François Fillon qui pose un problème, mais la façon dont elle s’est initialement déroulée. Dont vous ne dites pas un mot. Le caractère exceptionnellement fulgurant à ce moment-là, à un rythme que je n’ai JAMAIS VU en 48 ans de carrière, à partir, non d’un réquisitoire, d’une plainte, ou d’un signalement article 40 mais d’un article de journal opportunément publié à quelques semaines du scrutin, tout ça ne vous dérange en rien ? La violation des règles de la loi sur le secret de l’enquête, probablement par des gens liés à celle-ci, pour que des pièces de la procédure habilement sélectionnées paraissent dans la presse avant même qu’elles soient « côtées » dans le dossier judiciaire, pour vous tout va bien ? Aucun problème quand la loi devient à géométrie variable, et que des fonctionnaires violent leurs obligations légales et par conséquent leur serment sous votre nez. Ces délinquants-là seraient donc « blancs comme neige » ?

Et puis on voit en creux l’argument, tant de fois entendu, d’une culpabilité affirmée concernant François Fillon qui aurait justifiée qu’on l’écarte de la course à la présidence dont il était le favori. Jolie conception de la séparation des pouvoirs que cette présentation des choses qui trouve normal qu’en déclenchant une procédure judiciaire ultrarapide et en la mettant en scène dans un grand tintamarre médiatique illégalement organisé, ce soient les procureurs qui désormais choisissent qui peut se présenter à l’élection la plus importante de la république. Dans une démocratie normale, c’est le juge du fond après un débat contradictoire dans le respect des règles qui peut décider d’infliger la peine complémentaire d’inéligibilité. En revanche, Laurent Joffrin ne voit aucun inconvénient à ce que l’affaire Arif qui jetait un drôle d’éclairage sur les conditions financières de la campagne de hollande en 2012, dorme paisiblement du sommeil de l’injuste depuis plus de six ans, celle de Ferrand depuis trois ans. Benalla bien sûr, El Guerraj et toutes les autres quand, d’enlisements en classements sans suite, on épargne soigneusement la macronie. Il n’a aucun souci quand la procédure jumelle contre le ministre socialiste de l’intérieur de Hollande Bruno Le Roux à qui l’on reprochait les mêmes faits qu’à Fillon, est silencieusement encalminée depuis plus de trois ans.

La défense de Fillon et «  les magistrats en campagne »

Un des avocats de François Fillon, vient nous dire aujourd’hui que pendant l’information judiciaire, il avait eu l’impression d’être devant, non un magistrat instructeur, mais devant un militant. On veut bien le croire, mais on va peut-être quand même s’interroger sur cette prise de conscience tardive. Car en effet, c’était le même magistrat qui avait instruit la procédure diligentée à l’encontre de Nicolas Sarkozy pour le règlement par l’UMP en 2012 de l’amende fixée par le Conseil constitutionnel pour le dépassement des comptes de campagne. À ce moment-là l’instruction complètement à charge et les mises en examen multiples du « magistrat militant » n’avaient pas beaucoup gêné François Fillon alors à la tête de l’UMP, qui avait été les solliciter de Jean-Pierre Jouyet alors secrétaire général de l’Élysée sous François Hollande. Dites Monsieur Fillon, un «  magistrat en campagne », un coup c’est bien, un coup c’est mal, c’est ça ?

Macron veut qu’on vérifie…

Emmanuel Macron quant à lui fait très fort. Il a annoncé à grand son de trompe qu’il avait saisi le Conseil Supérieur de la Magistrature pour vérifier « l’indépendance de l’enquête ». On a bien entendu, Emmanuel Macron ne parle pas « d’impartialité » mais « d’indépendance ». Pardi, la procédure a bien été « indépendante » parce qu’il n’y avait nul besoin de pressions sur Éliane Houlette pour qu’elle lance soigneusement le premier étage judiciaire du missile anti-Fillon. Le juge d’instruction Serge Tournaire du pôle financier allumera le second, et ce sera suffisant pour sortir Fillon de la course et ouvrir un boulevard à Macron. Et nul besoin non plus, d’ordres de la chancellerie ou de l’Élysée pour que Catherine Champrenault apporte tous ses soins à l’opération. La duplicité de cette annonce présidentielle fait sourire. C’est comme si après l’assassinat de Jules César aux ides de mars 44 avant J.-C., Brutus avait demandé au Sénat romain de « vérifier » son innocence dans le complot et le meurtre de son père adoptif.

Des magistrats un peu gênés

Il y a enfin des magistrats, dont beaucoup sont bien embêtés, qui rappellent les grands principes, se réfugient dans le déni, ou bien essayent une fois de plus de faire avancer la mauvaise cause de l’indépendance du parquet. Et puis, ceux qui accusent les copains histoire de se défausser de leur responsabilité dans la manipulation du printemps 2017. Dont, on ne sait jamais, il faudra peut-être un jour rendre des comptes.

Et c’est dans ce contexte que cette séquence se produit, lancée par ce qui ressemble aussi à un règlement de compte entre deux magistrates engagées et semble-t-il en rivalité. On rappellera quand même par méchanceté pure, qu’elles ont été toutes deux choisies et nommées par François Hollande. Les méchantes langues gratifient même Catherine Champrenault d’une grande proximité avec François Hollande et Ségolène Royal.

L’instrumentalisation politique de la justice pour disqualifier le favori de l’élection présidentielle de 2017 est une évidence depuis trois ans.

L’épisode consécutif aux déclarations de Madame Houlette ne fait que confirmer ce que l’on savait déjà. Mais dévoile la nature du consensus qui avait tenu à jeter un voile pudique sur la manipulation antidémocratique qui avait permis à Emmanuel Macron d’arriver au pouvoir.

Régis de Castelnau
22 juin 2020

Vu du Droit
Un regard juridique sur l’actualité avec Régis de Castelnau

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11938

« Le monde malade de l’Amérique »

« Le monde malade de l’Amérique »

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 22 juin 2020

   Forum

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« Le monde malade de l’Amérique »

22 juin 2020 – Le titre de cette page du Journal-dde.crisis est aussi le titre publié en 1999, ‘Le monde malade de l’Amérique’ effectivement, dont l’auteur est PhG. (*) Je trouve ce titre, rétrospectivement, à la fois excellent, comme je l’avais jugé alors, et en plus visionnaire ; je peux d’autant plus me permettre de telles considérations que c’est l’éditeur qui l’avait proposé après une recherche commune, comme résumant parfaitement ce qu’il avait ressenti à sa lecture.

Il va sans dire mais aussi bien en l’écrivant, et pour faire la transition, que c’est le texte d’Alastair Crooke qui a rappelé « Le monde malade de l’Amérique » à mon souvenir ; et précisément cette phrase qui contient, pour moi, pour ma perception, en quelques mots tout l’esprit que je découvre  dans ce texte, et cela même si l’auteur n’a pas consciemment voulu l’y mettre. (N’oubliez pas que c’est un  logocrate qui vous parle.)

« [C]e qui est indéniable, c’est que ce mouvement du “réveil” se répand dans certaines parties de l’Europe et de l’Amérique plus vite que l’infection par le Coronavirus. »

Après cela, vous ne pouvez pas dire que le monde n’est pas “malade de l’Amérique”, n’est-il pas ? Mais l’Amérique encore plus, certes, malade d’elle-même, absolument. 

Je me suis mis à la relecture de ce « Le monde malade de l’Amérique » ; il ne dépare pas le tableau que je m’évertue à peindre aujourd’hui de la situation du monde, à partir de sa matrice, ce que d’autres auteurs (Dandieu et [Robert] Aron) nommèrent le Cancer américain ; son propos de fondation sur l’Amérique reste complètement pertinent, simplement des dimensions nouvelles sont apparues, des poutres-maîtresses qui haussent décisivement l’architecture extraordinaire et surhumaine du débat en le faisant complètement métaphysique. Mais la chose, le bouquin me rappelle bien que l’idée d’une “crise de l’Amérique” a été une de ces fondamentales et constantes perceptions depuis la fin de la Guerre Froide, lorsque  William Pfaff nous parlait de la “crise d’identité” de l’Amérique, et cela en 1992 (d’où je date, avec les émeutes de Los Angeles d’avril-mai 1992, les prémisses de cette crise finale) :

« …un sentiment de désarroi comme il [Pfaff]n’en avait jamais connu dans ce pays, y compris dans les souvenirs d’enfant qu’il avait de la Grande Dépression, un sentiment de désarroi qui semblait impensable pour l’Amérique ».

« … Alors, où allons-nous maintenant, nous les Américains ? Qui sommes-nous maintenant ? Je n’ai pas de réponse. Je sais simplement que je trouve l’idée d’une nation multiculturelle ou “arc-en-ciel” peu convaincante. D’une certaine manière, c’est une idée séduisante. Elle corrige les injustices. Elle invite à un nouvel ordre social de coopération et de bonne volonté. Mais je crains que les résultats dans la réalité en soient exactement le contraire. Je ne prétends pas le savoir. Je soutiens simplement que la désorientation et l’anxiété ressenties par les Américains dans cet après-guerre, cette sorte de gueule de bois où nous plonge la fin de la guerre froide, sont liés à la perte d’une identité, – et nullement à la perte d’un ennemi. » (Dans un des trois articles de Pfaff de 1992.)

(La perte de l’identité, justement et au contraire de “la perte d’un ennemi”, c’est une pathologie, l’une des plus terribles que puisse connaître la psychologie humaine, et peut-être avons-nous inventé, sur les instances du Diable déguisé en Enfant du Bon Dieu, la pandémie de la plus épouvantable pathologie de la psychologie. Pfaff a été pour moi un de ces “passeurs” qui vous font suivre le savoir de l’intuition pour alimenter votre propre quête, dans cette chaîne spontanée de la Résistance.)

A la lumière de ces souvenirs qui restent en moi pour chercher à m’éclairer quand cela importe, quand la voie est obscure, je peux développer le sentiment, peut-être l’intuition, que cette idée de “l’esprit du texte” d’Alastair Crooke a fait naître en moi, d’autant plus que Crooke place résolument la question qu’il aborde hors des sentiers courants, battus et rebattus, de la politique et de la géopolitique. Il our l’installe fermement et sans barguigner dans la psychologie, qu’il décrit à l’occasion d’une façon qui, bien entendu, nous conduit à conclure qu’il s’agit d’une très grave pathologie de la psychologie de l’américanisme ; et de là à conclure qu’en fait, c’est l’américanisme lui-même qui est une pandémie, il n’y a qu’un tout petit pas qui est celui de l’évidence éclatante.

Bien entendu, c’est le « plus vite que l’infection par le Coronavirus » de Crooke qui m’a précipité dans l’idée de la “pandémie de l’américanisme”, et au-delà rappelé à mon souvenir le titre du “Monde malade…”. Une fois bien ancré dans cette idée, votre esprit, éclairé par l’intuition dont vous constatez qu’elle a établi une constance révélatrice (depuis 1999 et l’idée d’un éditeur), n’en démord plus : cette interprétation évidemment symbolique et nullement rationnelle d’une pandémie est la bonne, pour décrire et donner leur véritable dimension, leur  vérité-de-situation, au grand événement-USA depuis le 25 mai (la Grande-Emeute2020).

En fait, l’événement s’enchaîne parfaitement sur la crise-Covid19, une vraie pandémie celle-là, – ou bien une pandémie-faussaire, comme nous l’affirment certains, au bord de la crise de nerfs ; et voilà qui est parfait, ces nuances sinon ces contradictions d’appréciation (vraie catastrophe sanitaire d’un côté, véritable complot infra-politique et hyper-manipulateur pour d’autres), qui donnent au symbole de “la pandémie” une ampleur extrême des domaines concernés, et donc peut parfaitement y inclure la crise de la Grande-Emeute2020, aux USA et, à partir de là, globalisée vers le monde stupéfait de la galopade effrénée de cette pathologie. Les deux pandémies ont donc la même ampleur, la même ambition de globalisation, marquant dans quelle mesure assurée nous parlons bien et chaleureusement, et avec enthousiasme certes, de la même chose, – c’est-à-dire de la sublime stupidité, de l’aveuglement transcendantal, de la zombification multiethnique et antiraciste, – tout cela caractérisant la “pensée” courante, c’est-à-dire “en cours” et courant à grandes enjambées, dans les bornes culbutées de leurs socles statuaires et les frontières ouvertes du ‘Nouveau Monde’, – leur sacrément New-Brave-World, – vers l’effondrement cosmique et final.

Il n’y a donc rien à comprendre selon les références habituelles, celles de la pesante raison humaine, laquelle est si lourde de son arrogance, de ses certitudes et de sa suffisance absolument extraordinaires, de l’unicité quasi-sidérée de son discours réduit au plus petit dénominateur commun (PPDC) du balbutiement hagard nous servant en général d’expression et de communication devant l’empilement d’événements extraordinaires, – avec ce clin d’œil qui semble nous dire, le malin,  “Chchttt, faisons mine de tout comprendre puisque nous n’y comprenons rien”, en ajoutant “Ce que je ne peux étouffer, je l’embrasse”. Tout cela nous fait barboter et glapir dans une philosophie déstructurante à l’envi.

Ainsi les réactions courantes du sapiens-sapienset de sa raison-raisonnante et triomphante laissent-elles le champ libre, malgré toutes les censures du monde, à l’architecture symbolique que l’intuition nous invite à construire pour mieux apprécier la grandeur et la force des événements en cours. Il est vrai que l’on peut censurer la communication et mettre la raison en procès au nom d’une autre raison, mais l’intuition évolue dans une nature du monde hors de notre triste-monde, et les symboles qu’elle génère se jouent des obstacles du censeur.

Il se déduit de tout cela que l’ère où nous nous trouvons, qui finalement commença effectivement en 1999-2001 (guerre du Kosovo et 11-septembre), est bien celle de la pandémie, de l’infection par contamination. L’année 2020 couronne cette vérité-de-situation en liant une véritable pandémie, devenue ainsi elle-même symbolique d’elle-même, aux autres événements gigantesques qui secouent ce monde fabriqué par le Système et mis en place par son exécutant fidèle et zélé qu’est le système de l’américanisme. Le malade s’effondrera donc à l’heure dite, toujours fidèle au rendez-vous.

Note

(*) Il ne me reste que deux exemplaires de ce livre, que je garde bien entendu, – “précieusement”, je ne sais pas. ‘Le monde malade de l’Amérique’ a été, comme c’est la coutume avec moi, un remarquable worst-seller, le nombre d’exemplaires vendus se comptant en petites centaines discrètes et effacées. Je ne sais pas s’il en reste, ce qu’ils sont devenus, où l’on peut en trouver, etc., sauf l’omniprésent et détestable Amazon, bien entendu, où il  est présenté à la vente avec sept exemplaires d’occasion. Si le cœur vous en dit… (Précision : j’ignore pourquoi, le livre est présenté chez ces Yankees avec la date du 23 octobre 2003, ce qui pourrait faire croire qu’il s’agit de date [il manque l’heure !] de publication. Il n’en est rien : le livre a été publié à la fin du printemps 1999.)

https://www.dedefensa.org/article/le-monde-malade-de-lamerique

Les voitures de demain

Les voitures de demaindétailsRhl Athenamercredi 10 juin 2020 à 16:02réception4 pièces jointesdiaporama – tout enregistrer

Cher Ami, 
A partir d’une vidéo de l’OBS transmise par un de nos fidèles Correspondants sur les véhicules électriques, j’ai écrit cette dépêche.Cette vidéo de l’Obs sur la problématique des choix – ô combien hypocrites – est une vraie question quant à l’utilisation desdits véhicules, mais pas que. Toutefois, si M. Pitron a totalement raison et – aussi – dans son ouvrage : « La Guerre des métaux rares »*, et sur ses conséquences environnementales et sociales (incluant l’impact en matière de santé publique sur les populations), cf. l’article du Monde en pièce-jointe. Le débat sur la voiture électrique, qui serait plus « propre » que le moteur thermique, ne voit le problème que par « son » petit bout de la lorgnette.Le débat devrait être étendu à d’autres secteurs, pour exemple : celui de la téléphonie mobile comme je pourrai évoquer celui de l’électronique (PC). Rien que pour les smartphones, chacun contient entre 5 et 7 grammes de terres rares. En France 75% de la population possède un smartphone, selon une étude du Crédoc (N°Sou2018-4439)**…Il y aurait donc, en France, 50.250.000 smartphones (dont 30%, soit 15.075.000 dormiraient dans des placards), calculé sur une base population Insee au premier janvier 2020, cf. article joint.Soit un volume de terres rares de : 351 tonnes et 750 kgs uniquement pour les smartphones.Pour extraire un gramme de terre rare, il faut excaver 70 kgs de terre et de roches.Soit S.E.O., un volume de 24.622 Tonnes et 500 kgs arrachés à la terre pour satisfaire l’unique besoin français, ce sans parler des dommages collatéraux sur l’environnement (nappes phréatiques, cultures, élevages, pollutions de l’air, gaz à effets de serre ET les populations…).Sachant qu’en 2018 il s’est vendu 1,55 milliard de smartphones dans le monde, je vous laisse faire le calcul pour estimer l’impact de ces excavations sur la planète et ses conséquences (dommages collatéraux inclus).Pour information, dans une batterie de voiture, il y a 9 kgs de terres rares, ça laisse rêveur non ?Plus fort encore, une éolienne à aimant permanant de 3,5 MW peut contenir jusqu’à 600 kgs de terres rares… Impressionnant non ?Le calcul des ravages sur la nature ne méritent-il pas d’être fait eux aussi ?
Pourtant, on vient nous parler d’écologie, de technologies propres, respectueuses de l’homme et de la nature.Sans parler de l’avion électrique…En France, la Loi 2020-105 du 10/02/2020 *** relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire est une avancée qu’il faut saluer. Elle est évolutive et aura un impact sur la conscience et le comportement des consommateurs, si les « lobbyeurs » la laisse vivre… L’à-venir, celui que nous construisons, nous le dira.Ceci posé, la vraie question, le vrai choix de société, consiste à savoir si l’on préfère émettre du CO2 pour fabriquer des smartphones, produire des batteries de voitures, des éoliennes, faire tourner des « data centers », faire du transport maritime très polluant, faire des voyages éphémères en avions, etc.Ou bien pour construire des infrastructures durables et s’offrir à nous mêmes et à nos descendants une mobilité téléphonique, virtuelle et physique (longue distance), sobre en carbone ?N’aurait-on pas à y gagner à être plus responsable vis-à-vis des peuples ? De la nature ? De la terre ?A la faveur du déconfinement, on s’aperçoit quand on circule un peu, hier soir à 19h00, que les bouchons étaient de retour… Comme si de rien n’était, comme si le coronavirus n’avait servi à rien en terme de prise de conscience. La pollution continue de progresser, il n’y a qu’à voir l’augmentation du volume des déchets « cartons » à la faveur du confinement.Alors qu’une crise financière risque de se produire d’ici à la fin de l’année et que notre pays comptera entre un million et un million et demi de chômeurs supplémentaires…Jusqu’où ira l’inversion des valeurs ?Ces questions méritent d’être posées, c’est à chacun d’y répondre.
Vous en souhaitant bonne réception, visionnage
* Aux Editions : Les liens qui libèrent** Lien : https://www.credoc.fr/publications/barometre-du-numerique-2018*** Lien : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2020/2/10/TREP1902395L/jo/textehttps://messageriepro3.orange.fr/OFX#mail/SF_INBOX/8340%25SF_INBOX/f