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France 2 consacre un sujet à l’or de la Banque de France

France 2 consacre un sujet à l’or de la Banque de France

Publié par Philippe Herlin | 14 févr. 2019 | Articles 657

Finalement mes trois articles sur la fin de la sanctuarisation de l’or de la Banque de France n’auront pas été inutiles : le JT du 20h de France 2 du 14 février y consacre un sujet (de 15’40 à 18’30).

Le journaliste ne parle pas de mes articles, qui sont argumentés et sourcés, mais préfère s’appuyer sur celui du site Insolatiae selon lequel JP Morgan a fait « main basse » sur l’or de la Banque de France. C’est bien sûr faux et je n’ai jamais rien dit de tel, soyons sérieux. Il fouille aussi le Net pour trouver un tweet affirmant avoir photographié des fourgons emportant l’or de la France… Il ne manque pas non plus l’interview de l’expert de service qui ne connaît rien au sujet.

La Banque de France et JP Morgan mettent en place des swaps et des prêts sur l’or, ce qui engage le stock d’or physique, ce que le « journaliste » de France 2 n’explique pas. Il dit ensuite que seul l’or des banques centrales étrangères stocké dans le sous-sol de la Banque de France est concerné, mais que l’or français ne « devrait » pas être mobilisé « selon un article des Echos« . C’est justement la question que je pose ! Ce conditionnel devrait pousser le journaliste à aller plus loin.

Or, je le rappelle, Sylvie Goulard, second sous-gouverneur de la Banque de France, et à l’initiative de cet accord, a déclaré dans The Alchemist d’octobre 2018 : « Depuis 2009, la Banque de France s’est engagée dans un ambitieux programme d’amélioration de la qualité de ses réserves d’or. L’objectif est de s’assurer que tous ses lingots sont conformes aux normes LBMA [London Bullion Market, le marché de l’or de Londres] afin de pouvoir être négociés sur le marché international. » Je crois que c’est clair.

J’encourage les journalistes de France Télévision et d’ailleurs à poursuivre leurs recherches sur ce sujet fondamental.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

https://www.goldbroker.fr/actualites/journal-france2-fait-reportage-or-banque-france-1485

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De Gaulle convaincu que les Américains n’ont plus d’or

De Gaulle convaincu que les Américains n’ont plus d’or

Publié par Egon Von Greyerz | 5 févr. 2019 | Articles 1964

Rétameur, tailleur, soldat, marin / Riche, pauvre, mendiant, voleur.

Cette ancienne comptine datant de la fin du XVIIe siècle pourrait être considérée comme une prédiction. De nombreuses personnes, d’origines diverses, se rendront bientôt compte qu’elles pourraient devenir pauvres, mendiants ou voleurs dans les prochaines années, dans un contexte de destruction sans précédent de la richesse.

Un rétameur (tinker) était une personne qui voyageait pour réparer les casseroles et autres ustensiles de cuisine. En anglais, le verbe « rétamer » (tinkering) signifie également falsifier ou manipuler. Ne croyez surtout pas que les puissances en place réparent l’économie mondiale. Non, le bricolage en cours indique que nous sommes au stade final de la plus grande manipulation de l’économie mondiale, des marchés, de l’or, de l’information, de la politique etc. que le monde ait jamais connue.

Le monde n’est pas préparé à ce qui se profile

Comme le niveau de manipulation n’a jamais été aussi important, personne ne peut prédire l’ampleur de l’effondrement qui se profile. Pire encore, 99,99% de la population mondiale n’est absolument pas préparée. Et même la minuscule minorité qui prédit un événement cataclysmique n’échappera pas à la souffrance.

Personne ne sait où et comment cela va se déclencher. Cela peut commencer par un lent déclin de l’économie et des marchés, ou une chute soudaine et brutale qui prendra tout le monde par surprise. Il est certain que les conséquences seront dévastatrices pour la majorité d’entre nous. Beaucoup perdront leur emploi, leurs prestations de sécurité sociale, leurs retraites, leurs soins médicaux et tous les filets auxquels ils sont habitués.

De plus, très peu de personnes se rendent compte que le niveau de vie élevé dans les pays occidentaux au cours des dernières décennies n’a rien à voir avec la croissance économique réelle ou la productivité. Non, tout est basé sur la dette et l’argent imprimé à hauteur d’au moins 500 000 milliards $, en incluant les passifs non capitalisés tels que les soins médicaux et les retraites.

Il n’y a pas de réserves

Une économie mondiale illusoire, basée sur la dette, n’a ni fondations ni réserves. La bulle peut être élargie pendant une période limitée en émettant simplement plus de dette, comme nous l’avons vu depuis la crise financière de 2006-2009. Le faux soutien que l’économie mondiale a reçu au cours des dix dernières années, sous la forme d’une dette additionnelle de 125 000 milliards $, a gonflé les marchés d’actifs au point que les riches s’enrichissent incroyablement et que les pauvres s’endettent davantage. Mais le fait de doubler la dette mondiale en dix ans, pour la porter à 250 000 milliards $, n’a pas seulement doublé le risque. Le risque a augmenté de façon exponentielle, la qualité de la dette s’étant détériorée de façon catastrophique.

La dette mondiale des gouvernements a atteint des niveaux records et insoutenables, tout comme la dette des entreprises et la dette personnelle. Le problème est qu’il n’y a pas de réserves. Pour établir une analogie, les personnes très grosses et très minces vivent en moyenne moins longtemps que celles ayant un surpoids modéré. Parce que les réserves de graisse supplémentaires protègent en période de faiblesse ou de maladie. Il en va de même pour l’économie mondiale: lors de la prochaine crise, il deviendra évident que le monde n’a pas de réserves. Le seul moyen de faire face à la prochaine crise de la dette sera d’imprimer de la monnaie et d’émettre davantage de dettes. Mais il est impossible de résoudre un problème d’endettement avec plus de dettes.

Lorsque la crise frappera, les bénéfices des entreprises seront impactés. Les entreprises fortement endettées ne respecteront pas leurs clauses restrictives, d’autant que les taux d’intérêt augmenteront également avec la hausse de l’inflation et l’effondrement des obligations. Les entreprises feront donc défaut sur leur dette. Même chose pour le marché de l’immobilier. Les locataires ne pourront pas payer les loyers. Même chose pour l’immobilier commercial qui s’effondrera lorsque les dépenses diminueront. L’Occident, et en particulier les États-Unis, regorgent d’espaces de commerce au détail, dont la plupart à des loyers très élevés. Lorsque les gens perdront leur emploi et que les taux d’intérêt augmenteront, le marché immobilier s’effondrera de 75% à 90%.

les transactions journalières sur l’or représentent 850x la production minière quotidienne

L’or est peut-être le pire tous les marchés manipulés. Moins de 0,5% des actifs financiers mondiaux sont investis dans l’or. On peut alors se demander pourquoi le volume brut journalier de transactions sur l’or est deux fois supérieur à celui du S&P 500. Selon le World Gold Council, 280 milliards $ d’or sont échangés quotidiennement. Le volume journalier de transactions sur le S&P est de 125 milliards $.

La production aurifère s’élève à 120 milliards $ par an, ou 329 millions $ par jour. Alors, comment se fait-il que le volume d’échanges journalier soit de 280 milliards $, l’équivalent de 850 fois la production quotidienne ? Qui déplace tous ces milliards de dollars d’or papier ? Certainement pas le marché de l’investissement qui est très petit. Le volume est trop important pour que ce soit les spéculateurs. Le plus probable est que les banques d’investissement négocient des quantités massives d’or pour dissimuler la pénurie majeure d’or physique et surtout d’or des banques centrales. Nous savons que les banques d’investissement et les marchés à terme ne disposent que d’une fraction de l’or physique pour couvrir les engagements papiers.

 

 

La Route de la Soie achète toute la production minière

Les réserves officielles d’or de la Banque centrale sont d’environ 32 000 tonnes. Ce chiffre sous-estime probablement les avoirs de nombreux pays de l’Est comme la Chine. Les achats d’or des pays de la Route de la soie que sont la Chine, l’Inde, la Turquie et la Russie sont incessants. Depuis 2005, ils ont acheté 33 000 tonnes. Les achats se sont accélérés en 2008 et depuis lors, ils ont accumulé 29 000 tonnes. Cela signifie qu’au cours des onze dernières années, les pays de la Route de la soie ont acheté pratiquement la totalité de la production d’or annuelle.

 

 

Les États-Unis ont-ils encore de l’or ?

Les réserves d’or, comme leur nom l’indique, sont censées soutenir la monnaie et la stabilité du pays. Malgré cela, de nombreux pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse ont considérablement réduit leurs réserves. La Suisse et la Grande-Bretagne ont vendu la majeure partie de leur or à des prix très bas à la fin des années 1990. Les États-Unis avaient 20 000 tonnes à la fin des années 1950, mais en ont vendu 12 000 tonnes entre 1958 et 1971. Selon le graphique ci-dessous, les États-Unis ont cessé de vendre de l’or après que Nixon ait mis fin à l’étalon-or, en août 1971. On peut se demander s’ils ont réellement cessé de vendre ou s’ils ont juste arrêté de déclarer leurs ventes ? Jusqu’au 15 août 1971, les États souverains pouvaient exiger le paiement de la dette des États-Unis en or. De Gaulle l’a fait pour la France et c’est l’une des principales raisons pour lesquelles Nixon a supprimé l’adossement du dollar à l’or.

 

 

Pratiquement aucune banque centrale dans le monde ne publie un audit complet de son or physique ou de ses positions en produits dérivés. Les États-Unis ne l’ont pas fait depuis les années 1950. Idem dans la plupart des autres pays. Étant donné que l’or est un actif important détenu par l’État, il semble évident qu’un audit indépendant et détaillé devrait être effectué. La raison pour laquelle aucun pays n’entreprend ou publie d’audit est clairement parce qu’il n’a pas l’or. Un audit complet de l’or des banques centrales occidentales révélerait très probablement que la majorité de l’or a disparu. Certaines banques ont peut-être de l’or papier, mais elles ne récupéreront jamais l’or physique qui a été expédié en Chine et en Inde.

De Gaulle était certain que les États-Unis n’avaient plus d’or

Des sources proches de de Gaulle m’ont informé qu’il était déjà certain, à la fin des années 1960, que les États-Unis n’avaient plus d’or. Évidemment, je n’ai pas de preuve, mais je n’ai pas non plus de preuve que l’or existe réellement. Plus d’informations sur ce sujet dans un prochain article.

L’absence d’audits et l’important volume des échanges d’or papier montrent qu’il se passe quelque chose de louche sur le marché de l’or. Tout cela sera probablement révélé lorsque le dollar sera véritablement sous pression et que le prix de l’or augmentera rapidement. À ce moment-là, les détenteurs d’or papier demanderont la livraison et la Chine et la Russie révéleront leur jeu.

Avant cela, il est impératif de détenir de l’or physique dans un pays sûr et en dehors du système financier.

L’or est en route vers de nouveaux sommets

À court terme, la prochaine montée de l’or a commencé comme je le prédisais depuis un moment. Ce sera un long mouvement vers des niveaux beaucoup plus élevés. Par conséquent, acheter de l’or aujourd’hui, à environ 1 300 $, à des fins de préservation de la richesse, sera vu dans quelques années comme une excellente assurance et l’aubaine de toute une vie.

Source originale: Matterhorn – GoldSwitzerland

https://www.goldbroker.fr/actualites/degaulle-convaincu-que-americains-ont-plus-or-1479

Egon Von Greyerz  Membre du conseil d’administration de Goldbroker.com – Fondateur MAM

Chine : l’empire de l’or

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Cours de l'or Chine

Chine : l’empire de l’or

La Chine est devenue en moins de 20 ans un des plus gros acteurs de l’or mondial. C’est une décision stratégique du pouvoir en place qui souhaitait dépendre le moins possible du dollar. Cette politique s’accélère depuis que Trump déroule son programme “America First” et que l’économie chinoise montre des signes de moindre croissance.

Quand on regarde les chiffres d’achat d’or par les banques centrales au 3ème trimestre 2018, la Chine est quasiment absente. Les gros acheteurs visibles sont la Russie et la Turquie. Deux pays qui souhaitent pour des raisons différentes diminuer leur dépendance au Dollar.

Pourtant, les spécialistes comme Philippe Béchade, président des Econoclastes et grand connaisseur de la Chine, estiment que Pékin cache la réalité de ses réserves. Selon les chiffres officiels les stocks d’or de la Banque centrale chinoise seraient de moins de 2000 tonnes d’or soit…4 fois moins que ceux des Etats-Unis. Et moins que ceux de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et aujourd’hui même de la Russie. C’est impossible.

Le premier producteur d’or du monde

L’industrie minière chinoise a dépassé la production d’or de l’Afrique du Sud, pays réputé leader depuis des décennies. C’était en 2007.

source : China gold Assocation

Depuis, l’estimation des réserves de minerai non exploitées ne cesse de croître. On a atteint une estimation en 2017 de plus de 13 000 tonnes de réserves sur des sites positionnés essentiellement dans l’est du pays.

L’industrie aurifère  chinoise a été la plus productive du monde chaque année depuis 11 ans selon Zhang Yongtao, Vice-Président et Secrétaire Général la China Gold Association.

Il faut savoir qu’une partie de cette industrie est publique et donc les problématiques de rentabilité de l’extraction sont moins prégnantes que pour une industrie privée. Quand les cours étaient au plancher, la production a été ralentie dans certains pays pour conserver une rentabilité des entreprises minières. En Chine, on ne s’est pas arrêté. En 2017, ce sont 426 tonnes d’or qui ont été raffinées selon Yongtao. C’est environ 13% de la production mondiale.

La route de l’or :  importations pour augmenter le stock national

Et puis, avec la  Belt and Road Initiative qui est en fait la “Route de la Soie” du IIIème Millénaire, la Chine est allée chercher du minerai ailleurs. On parle beaucoup des terres rares sur lesquelles les autorités chinoises auraient fait main basse à coup de programme d’échanges “minerais et matières premières contre infrastructures routières et logements” notamment sur le continent africain. Quand il y a des terres rares, on n’est pas très loin des filons d’or et d’argent. Donc la Chine a produit et importé de l’or par centaines de tonnes chaque année. On peut estimer sans trop se tromper qu’une partie de cette production est aujourd’hui dans les coffres de la Banque populaire de Chine.

Besoin de se détacher de l’influence de l’Amérique

Selon les uns, c’est une volonté d’hégémonie de l’empire du Milieu. Pour les autres c’est un besoin de ne pas être dépendant des américains. En tous les cas, les autorités chinoises font tout pour éviter d’être dépendantes du Dollar même si elles détiennent encore un masse énorme de dette américaine avec l’équivalent de 1100 milliards de dollars d’emprunt d’Etat.  Mais les positions se sont un peu tendues avec l’élection de Donald Trump et sa volonté de “rapatriement” de l’industrie sur le continent Nord Américain. Les chinois ont déjà fait savoir qu’ils possédaient les terres rares nécessaires au fonctionnement de la dite industrie, histoire de calmer un peu les ardeurs du Président US. Mais cela n’empêche que l’idée est de pousser le Yuan comme monnaie réfèrente face au billet vert. Pour cela, il faut garantir cette monnaie et on n’a rien inventé de mieux que les stocks d’or d’une banque centrale. Et aussi imposer à ses partenaires et ses voisins de commercer avec la monnaie chinoise.

L’or : une garantie pour le particulier

En Chine, c’est une tradition : l’or est une valeur sûre. Ainsi, on a vu en 2015, les chinois apporter l’or de la famille comme garantie pour pouvoir emprunter et ensuite spéculer en bourse. Sans commentaire.

Aujourd’hui, l’économie chinoise montre quelques signes de faiblesse. C’est-à-dire qu’elle est en croissance mais pas assez pour couvrir les besoins de développement du pays. Les attaques commerciales américaines vont aussi peser avec des effets à très court terme. Alors, les chinois cherchent aujourd’hui à sécuriser leur patrimoine. Ils achètent de l’or. On estime que le métal jaune est présent en moyenne à hauteur de 6% des portefeuilles. Même les assureurs chinois sont en train de se positionner avec l’intégration d’or dans les unités de compte pour les assurances vie.

Enfin, un placement or a été créé par une banque chinoise. Microgold permet en utilisant l’application Wechat, messagerie très populaire, de transmettre des valeurs en équivalent”or” via des enveloppes numériques.

Panda : la pièce d’or chinoise

C’est en 1982 que la Banque Populaire de Chine introduit pour la première fois un Panda. Outre le fameux panda sur le revers  qui est redessiné à chaque millésime, le Panda a surtout été jusqu’en 2016 mesuré en Once Troy. En 2017, changement de système et adoption du système métrique. Le panda 1 once (31,103 g) devient la pièce-lingot de 30 g. Ces pièces, notamment celles d’avant 2016, sont assez recherchées par les collectionneurs en raison du changement annuel de gravure du Panda.

Les investisseurs les apprécient aussi, en effet, pour un même poids, le cours du Panda est en général plus élevé que celui du Krugerrand

En savoir plus sur le Panda

https://www.loretlargent.info/chine/chine-empire-or/21429/?utm_source=L%27Or+et+l%27Argent+-+Contrarien&utm_campaign=d03bfcef82-Newsletter_140219&utm_medium=email&utm_term=0_86ce22792d-d03bfcef82-45475405

Or : le canadien Endeavour part à la conquête de l’Afrique de l’Ouest

Mines

Or : le canadien Endeavour part à la conquête de l’Afrique de l’Ouest

Réservé aux abonnés, offert en accès libre par notre partenaire | 04 février 2019 à 10h11 | Par – à Ouagadougou

Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso… Le groupe canadien entend tirer profit des gisements de la sous-région, parmi les plus riches du monde.

C’est dans son sous-sol que les plus importantes découvertes de nouveaux gisements aurifères ont été réalisées ces dix dernières années. Plus de 79 millions d’onces ont en effet été mises au jour en Afrique de l’Ouest, et 5 milliards de dollars investis sur la même période, soit 10 % du total mondial des investissements dans l’exploration. Et pourtant, l’exploitation minière dans la région ne fait que commencer.


>>> À LIRE – Or : les compagnies minières canadiennes à l’assaut de l’Afrique de l’Ouest


Une attractivité qui séduit particulièrement les compagnies minières canadiennes, comme Endeavour, Teranga Gold, B2Gold ou encore Iamgold. Tablant sur un coût de production de l’once tournant autour de 800 dollars, Endeavour souhaite porter la durée de vie de ses mines à environ dix ans. Mais celle-ci devrait même se prolonger au-delà : le groupe, qui a déjà découvert 5 millions d’onces ces cinq dernières années, vise en effet 10 à 15 millions d’onces dans les cinq prochaines.

Pour doper ses réserves, la compagnie minière entend investir quelque 45 millions de dollars dans l’exploration

Investissements dans l’exploration

Pour doper ses réserves, la compagnie minière entend investir quelque 45 millions de dollars dans l’exploration. « Nous allons poursuivre nos efforts dans ce domaine. Nous croyons dans le potentiel de la zone géologique du plateau birimien ouest-africain, souligne son PDG, Sébastien de Montessus. L’Afrique de l’Ouest se situe au troisième rang des régions les plus riches en ressources aurifères, derrière l’Australie et le Canada. Pourtant, des pays importants sont encore sous-explorés. Le Burkina Faso ou la Côte d’Ivoire concentrent seulement 35 % des découvertes dans la région, alors qu’ils représentent 60 % de la zone “birimienne”. »

Endeavour a investi 412 millions de dollars dans le gisement de la mine d’Ity, dont les réserves sont estimées à 2,9 millions d’onces

En mars, Endeavour va franchir une nouvelle étape dans le déploiement de sa stratégie et consolider davantage son assise africaine avec l’entrée en production de la mine d’Ity, en Côte d’Ivoire. Il a investi 412 millions de dollars dans ce gisement, dont les réserves sont estimées à 2,9 millions d’onces.

Objectif : devenir le premier producteur du continent

Le groupe canadien réalise également de nouvelles acquisitions afin de devenir le premier producteur d’or du continent. En 2016, il avait déjà récupéré la participation, à hauteur de 90 %, du canadien True Gold Mining dans la mine d’or de Karma, au Burkina Faso, pour 175 millions de dollars. Ce site, d’une durée de vie de huit ans et demi, devrait lui permettre de récolter 110 000 à 120 000 onces au cours des cinq premières années.

Au Mali, « nous avons clôturé en décembre 2018 la vente de la mine de Tabakoto à Algom Resources, une filiale de BCM International. Dans le cadre de cette transaction, Endeavour va conserver ses permis d’exploration situés à 20 km au nord », précise Sébastien de Montessus.

Ses priorités portent désormais sur la finalisation du projet CIL d’Ity et le développement de celui de Kalana, autour de Tabakoto, acquis pour 120 millions de dollars auprès d’Avnel Gold. Les travaux de construction de cette dernière mine, dont les réserves sont estimées à 7,1 millions d’onces, vont nécessiter un investissement de l’ordre de 200 à 300 millions de dollars.

https://www.jeuneafrique.com/mag/728648/economie/or-le-canadien-endeavour-part-a-la-conquete-de-lafrique-de-louest/

La Chine en tête des pays consommateurs d’or dans le monde pour la 6e année consécutive

La Chine en tête des pays consommateurs d’or dans le monde pour la 6e année consécutive

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 31/01/2019 20:38

La consommation d’or de la Chine a augmenté de 5,73% d’une année sur l’autre pour atteindre 1.151,43 tonnes en 2018 grâce à une forte demande intérieure, faisant du pays le plus gros consommateur d’or au monde pour la sixième année d’affilée, selon les données du secteur publiées jeudi.

La consommation de bijoux en or a augmenté de 5,71% à 736,29 tonnes, tandis que celle des lingots d’or a grimpé de 3,19% à 285,2 tonnes, selon l’Association de l’or de Chine.

La consommation à des fins industrielles et autres a bondi de 17,48% pour atteindre 105,94 tonnes.

L’année dernière, la production d’or du pays a diminué de 5,87% pour s’établir à 401,12 tonnes. Mais la Chine a conservé sa position de premier producteur d’or au monde pour la 12e année consécutive.

La Chine a adopté de nouvelles règles en 2016 pour rehausser les exigences environnementales relatives aux déchets solides provenant de la prospection aurifère, ce qui a entraîné une vague de fermetures de mines d’or et une baisse de la production dans les principales provinces productrices, dont le Shandong, le Jiangxi et le Hunan.

 

https://chine.in/actualite/cn/tete-des-pays-consommateurs-dans_116288.html

Alerte : l’or de la Banque de France n’est plus sanctuarisé

Alerte : l’or de la Banque de France n’est plus sanctuarisé

Publié par Philippe Herlin | 10 janv. 2019 | Articles 6921

Au mois de novembre, la presse, et GoldBroker, ont annoncé la création d’un marché de l’or à Paris, qui associe la Banque de France et la banque américaine JP Morgan. La nouvelle n’a pas fait beaucoup de bruit ni l’objet de commentaires, mais il est temps d’y revenir en y apportant un nouvel éclairage, et des révélations.

Commençons par préciser qu’il ne s’agit pas d’un marché de l’or au sens classique, c’est-à-dire qui coterait le Napoléon et le lingot, les deux supports privilégiés du métal précieux en France. Ce type de marché a existé, de 1948 à 2004, mais son volume d’échange trop faible, à cause d’une fiscalité plus lourde que dans les autres pays européens, l’a amené à disparaître.

Comme l’explique un article bien informé de la Revue Banque, le stock d’or de la Banque de France va être « mobilisé » pour garantir des « swaps or contre devise » (contrats d’échanges or contre devises) et du « leasing d’or » (location d’or). Pour l’instant, seules les autres banques centrales de la planète pourront faire usage de ces produits financiers avec la Banque de France, mais comme celle-ci a pris pour partenaire la JP Morgan (pourquoi pas une banque française ?), cela ouvre la possibilité qu’à l’avenir des banques commerciales internationales puissent également y avoir accès.

De facto, l’or de la Banque de France n’est plus sanctuarisé : une mauvaise opération, un krach financier soudain, des calculs erronés, et une partie de cet or – qui sert de garantie – devra quitter la Souterraine, le gigantesque coffre-fort du sous-sol de l’hôtel de Toulouse à Paris. Avec 2435 tonnes, la France demeure le 4e plus gros détenteur d’or au monde, derrière les États-Unis (8133 tonnes), l’Allemagne (3373 tonnes) et quasiment à égalité avec l’Italie (2451 tonnes). La Chine publie un chiffre sous-estimé et doit certainement figurer dans le trio de tête. Mais cet or est celui de la France et des Français, il sert de garantie ultime (au cas où l’euro exploserait par exemple, mais cela n’arrivera pas tellement il est solide, bien sûr). En faire un actif mobilisable pour des opérations financières est une faute, une trahison même.

Pourquoi maintenant ? Un indice : l’annonce n’a pas été faite par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, mais par Sylvie Goulard, éphémère ministre des armées (du 17 mai au 19 juin 2017) et parachutée le 17 janvier 2018 second sous-gouverneur de la Banque de France, sans aucune compétence dans ce domaine. Sa carrière ministérielle s’est notamment arrêtée lorsqu’a été rendu public le fait que, parallèlement à sa fonction de députée européenne (2009-2017), elle avait travaillé en tant que conseiller spécial pendant environ deux ans (d’octobre 2013 à janvier 2016) au sein de l’Institut Berggruen, un think tank américain situé en Californie, pour des revenus supérieurs à 10.000 euros mensuels brut… Sylvie Goulard défend-elle des intérêts américains ? On n’ose le penser.

Bref. Nous nous permettons d’inciter les responsables politiques et – ils ont l’air plus efficaces – les Gilets Jaunes, à se saisir de ce grave problème de souveraineté monétaire : l’or de la Banque de France ne doit pas servir de garantie à des opérations financières, il importe de revenir au plus vite sur cette décision scandaleuse.

 

https://www.goldbroker.fr/actualites/or-banque-france-est-plus-sanctuarise-partenariat-jp-morgan-1461

 

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

La livre britannique chute en plein chaos sur le Brexit

Londres (awp/afp) – La livre lâchait prise jeudi face à l’euro et au dollar, perdant 1,5% par rapport à la veille au soir, alors que les démissions de plusieurs ministres britanniques jettent une ombre sur le projet d’accord sur le Brexit.

Vers 15H00 GMT, la livre valait 1,2787 dollar, contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22H00 GMT.

La monnaie européenne, de son côté, s’échangeait à 88,37 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir.

Face au billet vert, l’euro baissait légèrement à 1,1300 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22H00 GMT.

« Je ne peux soutenir l’accord proposé pour deux raisons », liées notamment au futur statut de l’Irlande du Nord après le Brexit, a expliqué l’ex-ministre chargé du Brexit, Dominic Raab, dans sa lettre de démission publiée sur son compte Twitter, faisant chuter la livre.

Son départ a été suivi par celui de la ministre du Travail et des Retraites, Esther McVey, puis par la secrétaire d’Etat britannique chargée du Brexit, Suella Braverman. Avant eux, c’était le secrétaire d’Etat britannique pour l’Irlande du Nord, le conservateur Shailesh Vara, qui avait annoncé son départ du gouvernement.

« Il y a surtout toujours une bonne chance (disons 50-50) d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord », ont estimé les analystes de Capital Economics.

L’intervention de la Première ministre britannique, Theresa May, devant le Parlement pour défendre l’accord qu’elle a obtenu n’a pas permis à la livre de se relever, mais ne l’a pas envoyé plus bas non plus.

« Le plus inquiétant pour la livre serait qu’un vote de défiance s’ensuive », a jugé Miles Eakers, analyste pour Centtrip, alors qu’un député conservateur pro-Brexit a justement réclamé une telle procédure.

La veille, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l’encontre de Theresa May au Parlement ou sur l’accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l’aval donné alors par le gouvernement.

Ajoutant aux déboires de la livre, « les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un complet désastre avec la plus forte baisse depuis sept mois », a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

Les ventes au détail au Royaume-Uni ont ainsi reculé de 0,5% en octobre sur un mois, après avoir déjà fléchi en septembre. C’est une mauvaise surprise alors que les économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur un rebond de 0,2%.

Pour le mois de septembre, l’ONS a révisé le chiffre, avec une baisse qui s’établit désormais à 0,4% (contre 0,8% précédemment).

Parmi les autres devises, le dollar était en baisse face au yen, à 113,25 yens pour un dollar jeudi contre 113,63 mercredi soir.

L’euro valait 127,97 yens jeudi, contre 128,51 mercredi.

Le franc suisse progressait face à l’euro, à 1,1358 franc suisse jeudi pour un euro, contre 1,1381 la veille, tout comme face au billet vert à 1,0052 franc suisse pour un dollar, contre 1,0069 mercredi.

L’once d’or valait 1.212,35 dollars, contre 1.210,85 dollars mercredi à 22H00 GMT.

La monnaie chinoise dévissait à 6,9392 yuans pour un dollar jeudi contre 6,9505 yuans mercredi vers 15H30 GMT.

Enfin, le bitcoin s’échangeait pour 5.229,14 dollars, contre 5.551,06 dollars mercredi, selon des chiffres compilés par Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

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15H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,1300 1,1310

EUR/JPY 127,97 128,51

EUR/CHF 1,1358 1,1381

EUR/GBP 0,8837 0,8705

USD/JPY 113,25 113,63

USD/CHF 1,0052 1,0069

GBP/USD 1,2787 1,2992

afp/rp

(AWP / 15.11.2018 16h22)

https://www.romandie.com/news/La-livre-britannique-chute-en-plein-chaos-sur-le-Brexit/971822.rom

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?


Par Dan Glazebrook – Le 17 août 2018 – Source RT

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions « sont la goutte qui fait déborder le vase », selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs « continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut ». Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3 500 milliards  de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits « émergents » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un « refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme « aussi solides que l’or », se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement « s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan ».

Ainsi, le coup porté par les États-Unis à la Turquie est quadruple – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la roupie indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de les Accords du Plaza de 1985 n’était pas exactement de l’assouplissement quantitatif, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marché, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement « encaissée » lorsque les Accords du  Plaza a été « inversé », 10 ans plus tard [par les Accords du Louvre, NdT], un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux États-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse « ce qu’elle doit faire » pour « rassurer les marchés » – le Times de mardi, par exemple, exige que « Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupes plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les « mondialistes » et les « nationalistes économiques » de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les « marchés émergents ».

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend … de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales ». Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du « nationalisme » et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la « mondialisation ». Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les « libéraux de l’establishment » et les « insurgés nationalistes » attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT ; Counterpunch ; Z magazine ; le Morning Star ; le Guardian ; le New Statesman ; l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, Divide and Ruin : The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’« austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere

Couacs balistiques et fessées financières

Chroniques du Grand jeu

Couacs balistiques et fessées financières

22 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Economie, #Europe, #Etats-Unis, #Russie

Alors que les inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) effectuent leurs premiers prélèvements à Douma, les couacs du show médiatique américano-anglo-français commencent à émerger.

Nous avions déjà vu que les deux-tiers des missiles avaient été interceptés par la défense syrienne fortement « conseillée » par les Russes. Il appert maintenant que l’intervention française du petit Jupiterinho de l’Elysée a tourné à la farce, plusieurs projectiles n’ayant pu être lancés pour cause de bug semble-t-il. D’ici à ce qu’on nous dise que c’est encore un coup des hackers russes… En l’occurrence, on ne peut pas tout à fait l’écarter, l’ours ayant plusieurs longueurs d’avance en terme de guerre électronique. L’incident du Donald Cook en Mer noire revient invariablement à l’esprit :

Un jet russe seulement équipé d’un dispositif de brouillage électronique avait semble-t-il totalement paralysé le système de défense du bateau, notamment le coûteux et sophistiqué dispositif Aegis sensé équiper tous les navires de l’OTAN. L’on a déjà parlé à plusieurs reprises de l’avance des Russes en matière de guerre électronique, notamment lorsque leurs avions sont arrivés ni vus ni connus en Syrie, au nez et surtout à la barbe des turco-américano-saoudiens.

La marine française a-t-elle connu la même mésaventure ? Pas impossible…

Quant aux « missiles intelligents » du Donald, ils n’ont pas seulement été dans leur majorité abattus ; certains, intacts, ont été récupérés par les Russes et envoyés à Moscou pour analyse. Encore un programme multi-milliardaire du Pentagone qui n’a servi à rien ?

L’aigle US perd également des plumes dans le Grand jeu financier. Il y a un an presque jour pour jour, nous écrivions :

Une nouvelle est passée à peu près inaperçue quelques semaines avant le false flag chimique de Khan Cheikhoun. La banque centrale russe a ouvert son premier bureau à l’étranger à Pékin le 14 mars, à un moment où la Russie va pour la première fois de son histoire lancer un emprunt en yuans chinois.

Fin mars, le dragon renvoyait la pareille en ouvrant une banque de compensation à Moscou afin gérer les transactions en yuans et de créer en Russie un pool de liquidités en RMB facilitant le commerce bilatéral en monnaies nationales. Ce centre pourrait devenir un important hub financier dans le cadre de l’Union Economique Eurasienne et les nouvelles routes de la Soie chinoises.

Mais surtout, les discussions avancent sur l’établissement d’un étalon-or commun aux deux pays au moment où les monnaies occidentales deviennent chaque jour un peu plus des monnaies de singe. Il est même évoqué l’éventualité de paiements commerciaux en or !

Notons au passage une curieuse coïncidence qui se répète deux années de suite : revers financiers de l’empire riment avec false flag en Syrie. Ca doit être l’air printanier du mois d’avril…

Dans Goldfinger versus Pétrodollar, nous expliquions :

La vague de dédollarisation touche lentement mais sûrement la planète et met en péril l’empire américain. A ce titre, la lune de miel aurifère sino-russe est éclairante.

De fait, le mariage aurifère est déjà assez poussé. La Chine paye en yuans le pétrole russe qu’elle importe. Avec ces yuans, Moscou se précipite… à Shanghai pour acheter de l’or ! Circuit autarcique dont le dollar est totalement absent.

Assistera-t-on bientôt à un échange direct pétrole contre or ? Pas impossible vu ce que nous évoquions précédemment. Mais alors pourquoi Pékin continue de pousser à l’acceptation de contrats à terme sur le pétrole en yuans dans l’optique de rendre la monnaie chinoise indispensable sur le marché de l’or noir – ce que d’aucuns nomment le pétroyuan ? Peut-être bien pour embarquer les Saoudiens dans l’aventure.

Il y a sept mois, nous ajoutions :

Sterling 1931, dollar 2018 ? C’est la question que se pose ouvertement le très sérieux Daily Reckoning, faisant écho à ce que nous avons expliqué à de nombreuses reprises (…)

1971 : fin de la convertibilité du dollar en or. 1974 : « invention » du pétrodollar par Kissinger et la maison des Seoud, forçant peu ou prou le monde à acheter l’or noir avec le billet vert et permettant à l’empire US de vivre au-dessus de ses moyens.

Mais le système est maintenant en train de craquer et c’est évidemment le duo sino-russe que l’on retrouve derrière. La triade pétrole-yuan-or exclue totalement le dollar. Moscou a été la première à accepter le nouveau paradigme, suivie par les BRICS et maintenant le Venezuela. D’autres suivront, mettant fin au rôle prépondérant du dollar comme ce dernier avait mis fin à l’hégémonie de la livre sterling dans la première moitié du XXème siècle. Éternel cycle de la grandeur et de la décadence des empires…

Les manigances du facétieux duo sino-russe ont apparemment donné des idées aux autres. Après le Venezuela, l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas, la Turquie est le dernier pays en date à demander le rapatriement de son stock d’or détenu au siège de la FED américaine à New York. Signe du manque de confiance grandissant envers l’empire et sa « politique de pression financière ».

Dans le même temps, lors d’une conférence économique, le sultan s’est lâché contre l’utilisation du billet vert en des termes inhabituellement durs : « Pourquoi emprunte-t-on en dollars ? Je suggère d’utiliser l’or qui n’a jamais été un moyen d’oppression à travers l’histoire. » A bon entendeur…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/couacs-balistiques-et-fessees-financieres.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La Banque centrale allemande lève le voile sur son or

La Banque centrale allemande lève le voile sur son or

Des lingots d’or appartenant à l’Allemagne exposés au siège de la « Bundesbank » à Francfort? le 10 avril 2018 / © AFP/Archives / Daniel ROLAND

Un métal qui continue de « fasciner »: une exposition à la Banque fédérale allemande lève le voile sur ses colossales réserves d’or et entend montrer aux sceptiques que les lingots allemands, fraîchement rapatriés de l’étranger, sont une réalité.

Première économie européenne, championne des exportations, l’Allemagne possède également les plus grandes réserves d’or au monde derrière les Etats-Unis: 3.400 tonnes de métal jaune, l’équivalent de 117 milliards d’euros.

Pourtant, pendant des décennies, la majeure partie des précieux lingots ne se trouvait pas sur le sol allemand, mais dans des banques à New York, Londres ou Paris.

La raison? La crainte, en pleine Guerre froide, que l’Union soviétique n’envahisse ce qui était alors l’Allemagne de l’Ouest et ne mette la main sur l’or allemand.

Mais la pression grandissante du public a incité la « Bundesbank » ou « BuBa », basée à Francfort, à rapatrier l’an passé la moitié de son or placé à la Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre et la Banque de France.

Désormais, les lingots sont au sous-sol de l’institution francfortoise, dans un endroit secret. Seuls huit lingots sont exhibés dans son Musée de l’argent, dans le cadre de l’exposition « Or. Des trésors dans la Banque centrale allemande », présentée du 11 avril au 30 septembre 2018.

– « Ramenez l’argent! » –

« Nous faisons cela pour montrer aux citoyens que les lingots d’or sont là », explique Carl-Ludwig Thiele, membre du directoire de la « BuBa », à côté des lingots de 12 kg exposés dans des vitrines.

« Nous voulons qu’il y ait de la confiance dans la Banque fédérale et dans (ses) réserves » d’or. Et cela ne peut se gagner qu’avec de la transparence », poursuit-il.

Officiellement, la Banque justifie le rapatriement de son or par l’évolution du contexte géopolitique. Mais pour les observateurs, le véritable aiguillon se situe plutôt du côté des politiques et du public, certains ayant demandé si l’or existait bel et bien.

La grogne a été particulièrement audible pendant la crise de la dette dans la zone euro, qui a incité les investisseurs à se replier sur des valeurs refuge comme l’or.

La demande d’informations sur les réserves était alors si forte que « certains se sont demandé si les réserves en Allemagne et à l’étranger étaient réelles », se souvient M. Thiele.

Exemple: la campagne « Ramenez notre argent à la maison », lancée par l’eurosceptique Peter Boehringer, désormais député du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a inondé la Bundesbank de lettres et de pétitions.

Sous la pression, la Bundesbank a dévoilé en 2013 un plan visant à rapatrier la moitié de ses 270.000 lingots.

Sage décision, estime Bernhard Löderbusch, 63 ans, l’un des visiteurs de l’exposition. « Si vous possédez quelque chose, vous devriez l’avoir à la maison, il suffit qu’un conflit éclate à l’étranger et que vous ne sachiez pas que l’or est parti… », professe cet ancien banquier.

– « Fascinant » –

Aujourd’hui, 1.710 tonnes d’or sont conservées à Francfort, un peu plus de 1.200 tonnes à New York et environ 430 à Londres.

Les stocks qui étaient entreposés à Paris ont été entièrement rapatriés l’an dernier, la « BuBa » estimant que, puisque la France et l’Allemagne partagent l’euro, conserver l’or en France n’aurait aucun intérêt dans l’hypothèse d’une crise nécessitant de convertir rapidement le métal en liquidités.

Garder de l’or à l’étranger reste toutefois pertinent: la Fed américaine est la première réserve de monnaie et Londres, le premier centre mondial de commerce de l’or.

Après sa défaite de 1945, l’Allemagne, ruinée, n’avait plus d’or. Mais elle a su accumuler son trésor dans les années du « miracle économique ».

Et si l’or n’est plus aussi vital pour le système financier, il reste une « sphère de sécurité » ultime en période d’incertitude, soutient la Bundesbank.

Pour les Allemands, encore marqués par l’hyperinflation de la République de Weimar dans les années 1920, qui a précédé l’arrivée des nazis, le caractère tangible de l’or est la clé de son attrait.

Il « incarne tout: l’argent, le pouvoir, la cupidité, ce pour quoi les gens ont été tués et les guerres menées… L’or est fascinant », philosophe M. Löderbusch.

(©AFP / 22 avril 2018 09h10)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Banque-centrale-allemande-leve-le-voile-sur-son-or/910989.rom