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Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée

Les critiques formelles d’Israël par l’UE ne sont qu’un écran de fumée


Stephen Lendman

Par Stephen Lendman – Le 3 août 2018 – Source son blog

L’UE entretient des relations normales avec Israël sur les plans politique, économique, financier, technologique et culturel.

La critique, lorsqu’elle est formulée, exclut tout ce qui pourrait donner lieu à des démarches concrètes pour obliger l’État juif à rendre compte de ses actes criminels.

Bruxelles n’a jamais rien fait pour s’opposer à ses décennies d’occupation illégale, sa violation des lois, normes et standards internationaux fondamentaux, son blocus suffoquant de Gaza, ses trois guerres d’agression sur la bande de Gaza, quantités d’autres violations des droits de l’homme et des droits civils, sa guerre non déclarée contre la Syrie, son soutien à EI et à d’autres terroristes, ainsi que quantités d’autres crimes trop graves pour qu’on puisse les ignorer.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, soutient les agendas impérialistes américains et israéliens, leur militarisme et leur belligérance, leur mépris pour la paix et la stabilité du monde.

Ses médias ont rapporté les critiques creuses qu’elle a adressées au ministre d’extrême-droite israélien de la sécurité publique, Gilad Erdan :

« L’UE rejette fermement les accusations selon lesquelles elle est impliquée dans le financement d’activités qui soutiennent le terrorisme ou les terroristes. »

ajoutant :

« Les accusations israéliennes sont ‘sans fondement et inacceptables, vagues et non étayées’. » Mogherini répondait à Erdan qui avait accusé l’UE et ses partenaires de soutenir des groupes qu’Israël qualifie faussement de terroristes, et de boycotter Israël.

Le régime de Netanyahou accusait les groupes palestiniens de défense des droits de l’homme d’avoir des liens avec le Front populaire de libération de la Palestine qu’il qualifie mensongèrement d’organisation terroriste comme le Hamas, le Hezbollah et tous les groupes qui résistent au terrorisme d’État israélien.

Par ailleurs, jeudi, les chefs de mission de l’UE à Jérusalem et à Ramallah ont déclaré qu’ils « expriment leur vive inquiétude devant l’inauguration officielle, le 1er août, d’un centre touristique, géré par une organisation de colons, dans le quartier Batn al-Hawa/Silwan de Jérusalem-Est occupée, dans un bâtiment d’où cinq ménages appartenant à la famille palestinienne Abu Nab ont été expulsés en 2015 ».

ajoutant :

« Environ 180 ménages palestiniens à Jérusalem-Est, dont une centaine dans la seule ville de Batn al-Hawa, risquent d’être expulsés de leurs maisons, ce qui favorisera la poursuite de la colonisation de la ville, comme dans le cas présent.

 Les missions de l’UE à Jérusalem et à Ramallah rappellent les conclusions et déclarations successives du Conseil des affaires étrangères dans lesquelles l’UE a réitéré sa forte opposition à la politique de colonisation d’Israël et aux mesures prises dans ce contexte, y compris les expulsions et les démolitions.

Les activités de colonisation à Jérusalem-Est compromettent sérieusement la possibilité que Jérusalem serve de future capitale des deux États, elles sont illégales en vertu du droit international et compromettent la solution à deux États et la perspective d’une paix durable. »

Ni l’UE, ni les États-Unis, ni l’ONU, ni les dirigeants du monde n’ont fait quoi que ce soit pour contraindre Israël à répondre de plus d’un demi-siècle de développement illégal de colonies de peuplement sur des terres palestiniennes volées.

Ils n’ont jamais rien fait de concret pour s’opposer aux crimes d’Israël dont la liste est trop longue et l’horreur trop grande  pour qu’on puisse les ignorer.

La critique purement formelle et non-accompagnée de démarches concrètes pour obtenir qu’Israël rende des comptes est vide de sens, cela revient à donner un feu-vert à l’État hébreu pour faire ce qui lui plaît.

La dernière fois que l’UE a formulé un de ses vaines critiques à l’encontre du régime de Netanyahou, c’est quand il a alloué 4,5 millions de shekels au Centre du patrimoine juif yéménite pour mettre en place un projet illégal d’implantation près de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est occupée.

Cela fait partie du projet de longue date d’Israël de coloniser toutes les terres de Judée et de Samarie qui ont quelque valeur, de déposséder les habitants autochtones de la Palestine, de voler tout ce qui leur appartient.

Stephen Lendman est né en 1934 à Boston, Massachussets. Après avoir travaillé pendant sept ans comme analyste en recherche marketing, il a rejoint l’entreprise familiale où il est resté jusqu’à sa retraite à la fin de l’année 1999. Il a commencé à écrire sur les grands enjeux mondiaux et nationaux à l’été 2005, et participe à des émissions de radio sur le Progressive Radio Network trois fois par semaine, où sont débattues les grandes questions mondiales et nationales. Lendman est lauréat du Project Censored 2008 et lauréat du prix international de journalisme 2011 du Club des journalistes mexicains.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/les-critiques-formelles-disrael-par-lue-ne-sont-quun-ecran-de-fumee

 

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Israël renforce le blocus sur Gaza dans un contexte de vives tensions

Israël renforce le blocus sur Gaza dans un contexte de vives tensions

Photo prise le 17 juillet 2018 à Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et la bande de Gaza sous blocus / © AFP / SAID KHATIB

Israël a renforcé encore davantage le blocus sur la bande de Gaza, en réaction aux cerf-volants incendiaires lancés ces derniers mois depuis l’enclave palestinienne, qui ont provoqué des dommages pour son secteur agricole et contribué au risque d’embrasement.

Trois jours après la pire confrontation armée entre Israël et le mouvement islamiste Hamas depuis la guerre de 2014, le ministère de la Défense israélien a suspendu mardi les livraisons de fioul et de gaz via Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et l’enclave.

La semaine dernière, Israël avait déjà annoncé la fermeture immédiate de ce point de passage, le Hamas dénonçant un « crime contre l’humanité ».

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, est soumis à un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël.

Le renforcement de ce blocus intensifie la pression sur le Hamas, détériorant encore la situation humanitaire déjà précaire dans l’enclave où 80% des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale.

Rafah, l’autre point de passage des biens vers Gaza ouvrant vers l’Egypte, était aussi fermé mardi matin, a constaté un journaliste de l’AFP, sans qu’une confirmation officielle en détaille les raisons.

Il était fermé de manière quasi-permanente depuis quelques années.

– Cerfs volants incendiaires – / © AFP / SAID KHATIB

– « Tuer les incendiaires » –

Depuis plus d’une semaine, Israël durcit sa réponse aux cerfs-volants et ballons enflammés lancés depuis Gaza, qui ont déjà dévoré plus de 2.600 hectares de terres israéliennes, selon les autorités.

Après les pierres, le cerf-volant et sa déclinaison incendiaire sont devenus le symbole de la mobilisation palestinienne, embarrassant les dirigeants israéliens qui ne parviennent pas à stopper les dégâts causés par ces engins artisanaux, le plus souvent fabriqués avec un morceau de bois, du plastique et des tissus enflammés.

Ces projectiles incendiaires accompagnent les manifestations de Gazaouis qui protestent le long de la barrière qui sépare Israël de Gaza depuis le 30 mars contre le blocus et pour exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui de leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Au moins 144 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne depuis le début de ce mouvement. Aucun Israélien n’a été tué.

En visite lundi dans les localités voisines de la bande de Gaza, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rappelé que son pays considérait les cerfs-volants enflammés comme des violations du cessez-le-feu avec le Hamas.

Photo prise le 17 juillet 2018 montrant des bateaux de pêche au port de Gaza, Israël réduisant la zone de pêche sur la côte de 6 à 3 milles / © AFP / SAID KHATIB

« Si je ne me fais pas comprendre par les mots, le message sera clarifié par des actions de l’armée », a-t-il prévenu.

Son ministre de l’Education, Naftali Bennett, a lui estimé mardi qu’il fallait « tuer les terroristes incendiaires et « éteindre cette vague de terrorisme ».

– « Jouer avec le feu » –

Lundi, l’armée israélienne a attaqué deux positions du Hamas d’où, selon elle, des ballons incendiaires avaient été lancés. Ces dernières semaines, les frappes israéliennes étaient surtout dissuasives, ciblées à proximité des lanceurs de projectiles enflammés.

« L’occupation israélienne a exagéré les dégâts causés par les cerfs-volants et les ballons, afin de justifier son attaque contre Gaza », a estimé Sami Abou Zohri, un porte-parole du Hamas dans un communiqué.

« L’occupation israélienne joue avec le feu si ses avions de guerre visent les lanceurs de cerfs-volants », a-t-il averti.

Un cerf-volant auquel est attaché un cocktail Motlotov est dirigé par de jeunes Palestiniens vers la frontière entre la bande de Gaza et Israël, le 18 avril 2018 / © AFP / MAHMUD HAMS

Pour Israël, le Hamas a la capacité de stopper les cerfs-volants.

« Rien ne se passe à Gaza sans le consentement du Hamas », a affirmé à l’AFP Gabi Siboni, directeur de l’institut israélien des études de sécurité nationale et ancien officier de l’armée israélienne, précisant que les cerfs-volants pourraient être à l’origine d’une nouvelle escalade militaire.

Pour Jamal al-Fadi, professeur de science politique à Gaza, le Hamas pourrait stopper ces projectiles mais il les utilise pour faire pression sur Israël.

« Le Hamas est limité dans sa réponse militaire », a-t-il expliqué à l’AFP. « Il n’a pas intérêt à aller à la confrontation, car les gens ne veulent pas d’une guerre à moins qu’elle soit imposée par Israël ».

Samedi, Israël a mené des dizaines de raids aériens, en réponse aux projectiles incendiaires et aux manifestations le long de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza.

Ces frappes ont tué deux adolescents palestiniens de 15 et 16 ans, alors que 200 roquettes et obus ont été tirés en réponse depuis l’enclave vers le territoire israélien.

Le Hamas a annoncé plus tard qu’un cessez-le-feu avait été conclu grâce à une médiation égyptienne. Depuis, quelques échanges de tirs seulement sont venus troubler le calme précaire.

(©AFP / 17 juillet 2018 14h30)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Isra-l-renforce-le-blocus-sur-Gaza-dans-un-contexte-de-vives-tensions/937317.rom

 

Nouveaux raids israéliens sur Gaza et tirs palestiniens sur Israël

Nouveaux raids israéliens sur Gaza et tirs palestiniens sur Israël

Photo prise le 14 juillet 2018 montrant un nuage de fumée après une frappe aérienne israélienne dans la ville palestinienne de Gaza / © AFP / MAHMUD HAMS

Israël a mené une nouvelle série de frappes aériennes samedi après-midi dans la bande de Gaza après une confrontation dans la nuit avec le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l’enclave palestinienne.

Ces raids, qui ont suivi une première série de frappes nocturnes, interviennent au lendemain d’affrontements à la frontière entre Israël et l’enclave, où deux Palestiniens ont été tués et plus de 200 blessés par les forces israéliennes. Un soldat israélien a été également blessé.

Selon le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, les raids de samedi après-midi sont « la plus importante opération diurne (de l’armée de l’air) dans la bande de Gaza depuis la guerre de 2014 ».

Quarante cibles ont été touchées, dont deux tunnels et un quartier général du Hamas dans le nord de l’enclave palestinienne, d’après lui.

« Le Hamas a dépassé la limite avec sa soi-disant +Marche du retour+ qui consiste dans les faits en des actes de violence, des attaques contre la clôture de sécurité, des tirs de roquettes contre le territoire israélien et des lancements de ballons et cerfs-volants incendiaires », a par ailleurs averti le porte-parole militaire.

Depuis le 30 mars, la frontière entre la bande de Gaza et Israël est le théâtre de manifestations contre le strict blocus israélien et pour le « droit au retour » des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui à la création d’Israël en 1948.

Au moins 141 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et plus de 4.000 blessés par balle depuis le début de ces manifestations. Aucun Israélien n’a été tué.

Photo prise le 14 juillet 2018 montrant des tirs de roquettes de la ville de Gaza vers Israël. / © AFP / Bashar TALEB

Accusée d’usage excessif de la force, l’armée israélienne dit tirer en dernier recours pour protéger ses frontières et accuse le Hamas de se servir du mouvement de protestation pour couvrir des attaques et des tentatives d’infiltration.

– « Réponse immédiate » –

Les raids israéliens de samedi après-midi ont fait trois blessés, deux à Rafah, dans le sud du territoire, et un dans la ville de Gaza, selon des sources médicales palestiniennes.

Samedi matin, l’armée israélienne avait dit avoir effectué des raids aériens nocturnes contre des cibles du Hamas en riposte à des « actes de terreur pendant les violentes émeutes qui avaient eu lieu (quelques heures auparavant) le long de la clôture de sécurité » qui sépare le territoire israélien de l’enclave palestinienne. Ces raids n’ont pas fait de victime, selon les Palestiniens.

Une trentaine de tirs de roquettes et d’obus de mortiers vers le sud d’Israël depuis la bande de Gaza ont eu lieu quasiment simultanément à ces raids nocturnes.

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a revendiqué ces tirs vers Israël en expliquant dans un communiqué qu’il s’agissait d’une « réponse immédiate de la résistance » aux raids nocturnes israéliens.

Photo prise le 14 juillet 2018 à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, montrant des Palestiniens portant la dépouille de Mohamad Nassir Shurab, décédé de ses blessures après avoir été blessé par balles par les forces israéliennes vendredi lors d’affrontements à la frontière entre l’enclave et Israël / © AFP / SAID KHATIB

Au total, d’après l’armée israélienne, une soixantaine de roquettes et d’obus de mortiers ont été tirés vers le territoire israélien depuis l’enclave de samedi à l’aube jusqu’au milieu de l’après-midi, sans faire de blessé.

Selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza, un adolescent de 15 ans a été tué et 220 autres Palestiniens ont été blessés par les tirs israéliens lors des les violences qui ont émaillé vendredi les manifestations à la frontière.

Un autre manifestant, âgé de 20 ans, grièvement blessé par balle vendredi, est décédé samedi de ses blessures, selon la même source.

D’après l’armée israélienne, des grenades, des engins explosifs, des cocktails Molotov, des pneus enflammés et des pierres ont été lancées en direction des soldats, dont un a été blessé.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres depuis 2008 et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu.

Fin mai, les forces israéliennes et les groupes armés palestiniens de la bande de Gaza avaient connu leur plus sévère confrontation depuis la guerre de 2014.

L’armée israélienne avait notamment dit avoir frappé 65 positions militaires du Hamas dans l’enclave en représailles au tir d’une centaine de roquettes et d’obus de mortiers contre son territoire.

(©AFP / 14 juillet 2018 17h29)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Nouveaux-raids-isra-liens-sur-Gaza-et-tirs-palestiniens-sur-Isra-l/936539.rom

 

 

Mission accomplie pour le Hezbollah en Syrie

A LA UNE

GMT+2 08:36

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William rencontre le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie occupée, le 27 juin 2018 / © POOL/AFP / Alaa BADARNEH

Sa visite se veut apolitique, mais le prince William a paru bousculer mercredi le langage diplomatique usuel en qualifiant les Territoires palestiniens de « pays », lors de sa rencontre avec le président Mahmoud Abbas à Ramallah.

Après avoir été reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la veille à Jérusalem, le duc de Cambridge poursuivait en Cisjordanie, occupée par Israël, la première visite officielle d’un membre de la famille royale en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Ses premiers mots pour le président palestinien ont dénoté avec le discours communément employé par les diplomates occidentaux confrontés aux complexités linguistiques du conflit israélo-palestinien.

« Merci de m’accueillir, et je suis très heureux d’une collaboration aussi étroite entre nos deux pays, et des succès enregistrés dans les domaines de l’éducation et de l’humanitaire », a-t-il dit, parlant sans notes.

La communauté internationale se garde généralement de se référer aux Territoires palestiniens comme à un Etat ou à un pays.

L’Assemblée générale des Nations unies a accordé en 2012 le statut d’Etat observateur non-membre à la Palestine. Les Territoires palestiniens sont censés composer un jour l’Etat indépendant auquel aspirent les Palestiniens.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat des Affaires étrangères britanniques ou des services du prince.

En 2016, une députée de la droite israélienne s’était attirée les protestations en donnant l’impression de remettre en question l’existence du peuple palestinien parce que la lettre P n’existerait pas en arabe et que la Palestine serait un nom d’emprunt.

Une partie de la droite est hostile à la création d’un Etat palestinien, et certains membres du gouvernement israélien sont favorables à l’annexion d’au moins une partie de la Cisjordanie.

La visite du prince William a lieu alors que l’horizon de la paix n’a pas paru plus bouché depuis longtemps et pour le duc de Cambridge, l’exercice diplomatique est délicat.

Des membres de la droite israélienne ont critiqué le fait que la partie de la visite du prince à Jérusalem-Est et dans la Vieille ville jeudi était présentée par les Britanniques comme se déroulant en Territoires palestiniens occupés.

L’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère Jérusalem-Est comme territoire occupé.

(©AFP / 27 juin 2018 17h18)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-prince-William-parle-des-Territoires-palestiniens-comme-un-pays/931418.rom

Jared Kushner et le « droit au bonheur » des Palestiniens

Jared Kushner et le « droit au bonheur » des Palestiniens

C’est à tort que nous avons considéré le projet états-unien pour le Moyen-Orient comme un plan de paix pour la Palestine. Malgré la communication de la Maison-Blanche, ce n’est pas ce que recherche le président Trump. Il aborde cette question sous un angle radicalement différent de celui de ses prédécesseurs : il ne cherche pas, tel un empereur, à rendre la Justice entre ses vassaux, mais à débloquer la situation pour améliorer la vie quotidienne des populations.

| Damas (Syrie)

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Lors de l’emprisonnement de son père pour fraude fiscale, Jared Kushner reprit l’entreprise familiale malgré le mépris que la classe dirigeante états-unienne manifestait à l’égard de sa famille. Il apprit à se fondre dans le paysage en donnant l’image d’un garçon se conformant à tous les codes de bonne conduite puritains. Devenu le seul homme de confiance de son beau-père, Donald Trump, il l’a suivi à la Maison-Blanche. Il travaille désormais en secret pour le président, sans jamais rendre de compte au département d’État.

Le conflit israélo-arabe, qui était initialement un épisode tardif de la conquête coloniale européenne, a été développé pour prévenir l’unité arabe. Il ne s’agissait plus d’affirmer la puissance des Occidentaux sur le Moyen-Orient, mais de veiller à ce que les arabes ne constituent pas un bloc qui la concurrence. De coloniale, sa logique était devenue impériale en s’alignant derrière les États-Unis.

Or, aujourd’hui, les puissances occidentales qui dominent le monde depuis quelques siècles sont en déclin, tandis que l’Asie, porteuse d’autres civilisations, redevient le centre du monde. Il s’ensuit que la pression exercée contre les arabes diminue. C’est dans ce contexte que le président Trump met fin à la doctrine Cebrowski de destruction des structures sociales et étatiques de la région et tente de pacifier le conflit israélien.

L’équipe personnelle de Donald Trump pour les négociations internationales —composée de ses fidèles lieutenants Jared Kushner (son gendre) et Jason Greenblatt (l’ex-vice-président de son conglomérat, la Trump Organization)— aborde donc la question palestinienne sous son angle géopolitique. N’ayant aucune expérience diplomatique, il ne s’agit pas pour eux de trouver une solution qui satisfasse tous les protagonistes, mais de diminuer la pression sur cette population pour qu’elle puisse vivre normalement selon l’idéal du droit au bonheur inscrit dans la Constitution US. C’est un objectif majeur pour Donald Trump qui entend dissoudre l’impérialisme états-unien et le remplacer par une logique de compétition commerciale.

Bien sûr, il est plus facile pour Kushner et Greenblatt, deux juifs orthodoxes, de comprendre les Israéliens que les arabes, mais du point de vue où il se placent, cela n’a guère d’importance. Quoi qu’ils en disent, leur objectif n’est pas d’arriver à la paix, mais juste de débloquer la situation. Ils utilisent leur judéité comme un atout car elle leur intime de ne pas creuser la question des responsabilités ; une question qui se poserait s’ils cherchaient à établir une paix juste et définitive.

La « méthode Trump » à laquelle ils ont été formés durant de longues années se résume ainsi :
- d’abord prendre acte de la réalité, même si cela implique d’abandonner une rhétorique officielle bien rodée ;
- deuxièmement, considérer tous les avantages qu’il peut tirer des accords bilatéraux antérieurs ;
- et troisièmement, tenir compte autant que faire se peut du Droit multilatéral [1].

Les deux hommes, qui s’abstiennent de toute déclaration publique, sillonnent la région, sans révéler leur agenda du lendemain. Cependant leurs interlocuteurs sont beaucoup plus loquaces. Par bribes, ils laissent se dessiner le plan qu’ils élaborent.

En définitive, Kushner et Greenblatt sont en train de redonner vie à l’initiative du prince Abdallah (2002) [2]. À l’époque, le futur roi d’Arabie saoudite avait fait évoluer les points de vue arabe, non pas en s’appuyant sur les Accords d’Oslo (1991), mais à partir des résolutions 194 (1948) [3] de l’Assemblée générale et 242 (1967) [4] et 338 (1973) [5] du Conseil de sécurité des Nations unies. Son principe de base était « la terre contre la paix » : les arabes étaient prêts à reconnaître Israël et à vivre paisiblement avec lui s’il se retirait dans ses frontières de 1967. Il fut rejeté par le Premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon. Celui-ci avait débuté sa carrière, en 1948, en commandant une des unités terroristes qui assassinèrent des arabes au hasard et forcèrent les survivants à fuir (la Nakba). Pétri d’idéologie coloniale, il ambitionnait de conquérir toutes les terres du Nil à l’Euphrate.

Kushner et Greenblatt reprennent le principe du prince Abdallah, mais constatant le grignotage quotidien de terres par Israël, ils envisagent d’en céder beaucoup plus, pourvu que cela s’arrête.

Aujourd’hui, environ un tiers des Israéliens pensent leur destin en faisant référence au racisme du Talmud. La majorité de la population juive israélienne, quant à elle, est née en Israël et n’a aucun rapport avec les fantasmes du passé. Ce sont juste des gens qui souhaitent vivre paisiblement. Sauf à établir une responsabilité collective, ils ne sont pas responsables des crimes de leurs grands-parents. Ils peuvent donc accepter de se replier dans les frontières de 1967.

Identiquement, il ne reste presque plus de survivants arabes de la Nakba. Le droit international condamne ce nettoyage ethnique et fait obligation à Israël de reconnaître le droit inaliénable des victimes et de leurs descendants à retourner sur la terre dont ils ont été chassés. Mais les arabes palestiniens ont perdu la guerre israélo-arabe de 1948. Ils peuvent donc exiger des indemnités, mais pas prétendre recouvrir les propriétés immobilières que leurs grands-parents avaient abandonnées, puis ont perdu. Ce dernier point avait été acté par l’initiative de paix du prince Abdallah, mais n’a toujours pas été assimilé par les opinions publiques arabes.

Par ailleurs, il y a aujourd’hui autant d’arabes palestiniens en Jordanie qu’en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et à Jérusalem-Est réunies. Revenant à une vieille hypothèse britannico-arabe, Kushner et Greenblatt proposent de fusionner les quatre territoires en un seul État. La Nouvelle Jordanie serait toujours un royaume hachémite, gouverné par le roi Abdallah II (ne pas confondre avec le prince saoudien précédent) et un Premier ministre palestinien. Kushner et Greenblatt ont imaginé qu’en absorbant la Cisjordanie indépendante, dans le Royaume jordanien, ils placeraient le président Mahmoud Abbas (83 ans) à la retraite ; raison pour laquelle ce républicain les voue à la géhenne et refuse de les recevoir.

Jusqu’en 1967, la Jordanie incluait la Cisjordanie et Jérusalem-Est, l’équipe Trump veut y ajouter Gaza. Ce dernier point reste en suspend. Une autre hypothèse serait de conserver la situation actuelle d’autonomie de Gaza. Dans ce cas, ce territoire serait rattaché à l’Égypte. Une zone de libre-échange serait organisée avec une partie du Sinaï pour permettre son développement économique. Les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, y financeraient la réfection du système de collecte des eaux usées, une centrale électrique solaire, un port et un aéroport.

C’est là que les choses se compliquent. Depuis qu’ils ont signé une paix séparée avec Israël, les Égyptiens ont des relations difficiles avec les Gazaouis. Ils participent régulièrement au siège du Territoire. Il y a quelques années, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit (l’actuel secrétaire général de la Ligue arabe), fermait la frontière et menaçait les civils qui souhaitaient s’échapper de cette prison à ciel ouvert de « leur briser les jambes ».

Les Jordaniens historiques, qui sont issus de tribus bédouines, ne représentent quant à eux que 20 % de la population de leur pays noyés dans un océan de réfugiés palestiniens. Après la fusion, ils ne seraient plus que 10 %. Ils pourraient tenter de renforcer leur culture en naturalisant ceux des réfugiés syriens issus de tribus bédouines qu’ils hébergent. Surtout, la monarchie hachémite n’existe qu’en raison du rêve du fondateur de la dynastie, le Cherif Hussein, de réaliser l’unité arabe (la « Grande révolte arabe de 1915 »). Si les Palestiniens interprétaient la fusion comme un échec de ce projet face à Israël, une révolte comparable à celle de 1970 (« Septembre noir ») serait inévitable et la monarchie pourrait être renversée.

Toutes les tractations en cours visent à évaluer comment rendre ce projet viable et comment s’assurer que les autres forces de la région ne le sabotent pas. Car au fil du temps, ce qui était au départ un conflit colonial localisé s’est mué en une guerre d’Israël avec toute la région ; pas seulement avec les arabes, mais aussi avec les Turcs et les perses. Si l’un des protagonistes se trouvait lésé par la nouvelle configuration, il ne manquerait pas de faire échouer le projet.

Durant soixante dix ans, les Nations unies ont dit le droit et condamné Israël qui ne le respecte pas, mais presque personne n’a agi pour qu’il soit appliqué. Aujourd’hui, non seulement la situation politique des Palestiniens continue à s’aggraver, mais leur vie quotidienne est devenue insupportable.

Le plan de la Maison-Blanche soulève d’ores et déjà de vives récriminations parmi de dirigeants de la région et les États occidentaux qui tirent profit de cette situation. Il semble être beaucoup mieux accueilli par les populations concernées.

[1] « Jared Kushner réordonne le Moyen-Orient », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 décembre 2017.

[2] « L’Initiative de paix arabe présentée par le prince Abdullah bin Abdul-Aziz », Réseau Voltaire, 28 mars 2002.

[3] « Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU », ONU (Assemblée générale) , Réseau Voltaire, 11 décembre 1948.

[4] « Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU », ONU (Conseil de sécurité) , Réseau Voltaire, 22 novembre 1967.

[5] « Résolution 338 du Conseil de sécurité de l’ONU », ONU (Conseil de sécurité) , Réseau Voltaire, 22 octobre 2003.

http://www.voltairenet.org/article201637.html

Finalisation du plan de paix US pour le Proche-Orient

Finalisation du plan de paix US pour le Proche-Orient

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Jared Kushner et Jason Greenblatt débutent un voyage au Proche-Orient qui les mènera en Israël, en Jordanie, en Égypte, en Arabie saoudite et au Qatar, mais ni dans les Territoires palestiniens, ni en Syrie.

Jared Kushner et Jason Greenblatt sont deux collaborateurs de longue date de Donald Trump. Ils sont tous deux juifs orthodoxes. N’ayant pas d’expérience diplomatique, ils sont désormais chargés d’élaborer le plan de paix au Proche-Orient sans en référer au département d’État. Durant leur voyage, David Friedman (ici au centre de la photo), l’ambassadeur des États-Unis en Israël sera à Washington dans le cadre de consultations routinières. Également juif orthodoxe, il est connu pour ses positions outrancières.

Le plan US devrait être basé sur la « solution à deux États » ; l’État palestinien étant la Jordanie élargie à la Cisjordanie avec notamment un quartier de Jérusalem comme capitale (Abou Dis et éventuellement Jabel Mukaber, Issawiya et Shuafat).

Ce plan vise à améliorer la situation des Palestiniens, pas à répondre à toutes leurs attentes. Il est d’ores et déjà combattu par Mahmoud Abbas, mais pas par la plupart des factions palestiniennes (y compris par une aile du Fatah et le Hamas qui le soutiennent). La France, la Suède et le Royaume-Uni tentent dès à présent de le saboter. Il devrait être intégralement rendu public fin juillet.

http://www.voltairenet.org/article201538.html

Quand les médias Américains blanchissent le massacre de Gaza

31.mai.2018 // Les Crises

Quand les médias Américains blanchissent le massacre de Gaza

Alors qu’Israël a tué de sang froid plus de 50 Palestiniens qui manifestaient contre la décision de transfert de l’ambassade américaine lundi, Joe Lauria affirme que les médias américains n’ont pas relaté précisément les événements qui ont eu lieu à Gaza ; une fois de plus, les médias US se sont contentés de protéger la ligne gouvernementale.

Source : Joe Lauria, Consortium News,14-05-2018

Typique de l’état d’esprit des médias « mainstream », voici un tweet de CNN qui rend compte de ce qui s’est passé à Gaza lundi alors que des soldats israéliens ont tué plus de 50 manifestants Palestiniens : « Le nombre de morts s’élève à au moins 52 personnes au cours des affrontements le long de la barrière frontalière entre Israël et Gaza, disent les responsables palestiniens. Plus de 2 400 personnes ont été blessées ». Le nouveau slogan de CNN étant « #FactsFirst », « Les faits d’abord ».

Adam Johnson, qui écrit pour « Fairness and Accuracy in Reporting » [Équité et Exactitude dans le Journalisme, une organisation de « surveillance du journalisme » (https://fair.org/about-fair/), NdT] a tweeté en réponse à CNN.

« Cette formulation résume tout :

  • “Le nombre des morts augmente” – personne n’a été tué, personne en particulier n’a commis de meurtre, le nombre de morts “augmente” juste mystérieusement
  • le terme “affrontements” qui fait disparaître toute l’asymétrie du rapport de force
  • “2 400 personnes ont été blessées” – Ces 2 400 personnes sont toutes palestiniennes, mais allons-y pour les “les gens” ».

Craig Murray, ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan a expliqué sur son blog qu’après avoir recherché le mot « massacre » sur Google News, il n’y a trouvé aucune référence à Gaza.

Lundi, le New York Times titrait : « Des dizaines de Palestiniens sont morts dans des manifestations alors que l’ambassade US se prépare à ouvrir à Jérusalem ». Le journaliste Glenn Greenwald a répondu : « Grâce à des années de pratique, la plupart des médias occidentaux sont devenus très doués pour écrire des gros titres et décrire les massacres israéliens à la forme passive afin d’en cacher le coupable. Mais le champion de tous les temps a longtemps été, et reste, le New York Times. #SontMorts. »

(peut être à cause des pressions exercées par Greenwald et d’autres, le Times a changé son titre lundi soir en « Israël tue des dizaines de personnes à la frontière de Gaza alors que l’ambassade US ouvre ses portes à Jérusalem)

Un autre titre de CNN se contente de : « Des douzaines de personnes meurent à Gaza ». Le journaliste Max Blumenthal a répondu : « Peut-être qu’ils étaient vieux. Ils étaient peut-être très malades. Ils se sont juste levés et sont ils morts ! Qui donc réussira à élucider ces morts mystérieuses ? »

Blumenthal proposera plus tard une explication à ce mystère : « Selon la Maison Blanche, le Hamas aurait lancé 41 manifestants sur d’innocentes balles israéliennes ».

La projection

C’est une chose que de récuser la responsabilité d’Israël, c’en est une autre que de la faire porter par la victime. L’ambassadeur d’Israël, Danny Danon, a appelé lundi le Conseil de sécurité de l’ONU à « condamner le Hamas pour ses crimes de guerre », parce que « chaque victime à la frontière est une victime directe du Hamas ».

Il a déclaré dans un communiqué publié par la mission de l’ONU en Israël :

« Condamnez le Hamas pour les crimes de guerre qu’ils commettent. Non seulement le Hamas incite des dizaines de milliers de Palestiniens à franchir la frontière pour attaquer des civils israéliens, mais il met aussi délibérément en danger les civils palestiniens. Le meurtre de civils israéliens, tout comme la mort du peuple de Gaza , est une issue que le Hamas appelle de ses vœux. Chaque victime à la frontière est une victime des crimes de guerre du Hamas, chaque mort est le résultat de l’activité terroriste du Hamas, et seul le Hamas porte la responsabilité de ces victimes. »

Présenter les choses ainsi, c’est permettre aux autorités israéliennes de s’en tirer les mains propres, malgré le bain de sang, surtout si vous craignez qu’Israël soit accusé de crimes de guerre pour ses actions de lundi. Danon a parlé d’une « brèche dans la frontière ». Cependant, il est pratiquement impossible d’entrer ou de sortir de Gaza sans l’autorisation d’Israël. Dans l’esprit de Danon, les cerfs-volants en flammes qui ont survolé la frontière constituent une soi-disant « brèche », pour près de deux millions de Gazaouis palestiniens soumis à un blocus économique non reconnu à l’échelle internationale.

Il ferait bien de méditer sur les paroles de Moshe Dayan, l’un des Pères Fondateurs d’Israël, qui a dit en 1956 :

« Quelle raison avons-nous de nous plaindre de leur haine féroce envers nous ? Depuis huit ans maintenant, ils sont assis dans leurs camps de réfugiés à Gaza, et sous leurs yeux, nous faisons notre pays des terres et des villages dans lesquels eux et leurs ancêtres ont vécu ». Il a continué : « Nous sommes une génération de colons, et sans le casque d’acier et le canon du fusil, nous ne pourrions ni planter un arbre, ni construire une maison… N’ayons pas peur de voir la haine qui accompagne et consume la vie de centaines de milliers d’Arabes qui s’assoient tout autour de nous et attendent le moment où ils pourront, de leurs mains, faire couler notre sang. »

Les États-Unis Perroquet d’Israël, les Media Perroquet des États-Unis.

La position de Danon a été cruellement encouragée par la Maison Blanche lundi. L’attaché de presse adjoint Raj Shah a été invité à plusieurs reprises à condamner la réponse militaire d’Israël. « Nous pensons que le Hamas est responsable de ces morts tragiques », a-t-il répondu. « Leur exploitation plutôt cynique de la situation est à l’origine de ces morts et nous voulons que cela cesse ». Plus tard, il a accusé le Hamas de « tentative de propagande sordide et déplorable ».

Sans surprise, le Congrès s’est aussi aligné derrière l’État juif, la plupart ignorant ce qui s’était passé à Gaza.

Lors de la cérémonie d’ouverture de l’ambassade US, la sénatrice de Caroline du Sud Lindsey Graham, a qualifié cette journée de « journée historique dans les relations entre les États-Unis et Israël ». Le sénateur du Texas Ted Cruz, qui faisait partie des quatre sénateurs et des dix membres de la Chambre des représentants présents, a fait une déclaration incroyable selon laquelle le déplacement de l’ambassade « favorise les chances de paix au Moyen-Orient en démontrant que l’appui des États-Unis à Israël est inconditionnel et ne se laissera pas intimider par l’opinion des médias internationaux ».

De retour à Washington, le sénateur Chuck Schumer, de New York, a proclamé : « Chaque nation devrait avoir le droit de choisir sa capitale. J’ai présenté un projet de loi en ce sens il y a 20 ans, et j’applaudis le président Trump pour l’avoir fait ».

Ajamu Baraka, le candidat à la vice-présidence du Parti Écologique en 2016, a tweeté : « Où sont les Démocrates qui condamnent le massacre de Gaza ? Si c’était Assad, ils se joindraient aux Républicains qui appellent à l’action militaire en prétendant qu’ils se soucient de la vie arabe ».

Une poignée de Démocrates prennent la parole

Bernie Sanders, sénateur du Vermont, a quelque peu critiqué la réaction meurtrière d’Israël. « La violence du Hamas ne justifie pas qu’Israël tire sur des manifestants non armés. Les États-Unis doivent jouer un rôle moteur en réunissant Israël, l’Autorité palestinienne, l’Égypte et la communauté internationale pour faire face à la crise humanitaire de Gaza et mettre fin à cette escalade de la violence. »

La sénatrice de Californie Dianne Feinstein, Démocrate, s’est, elle, montrée plus critique : « C’est absolument désolant. La situation humanitaire à Gaza est dramatique. Au lieu de réduire l’aide, l’administration Trump doit rétablir notre rôle de chef de file et faire ce qu’elle peut pour alléger les souffrances des Palestiniens. L’emplacement de l’ambassade est une question de statut définitif qui aurait dû être résolue dans le cadre de négociations de paix dont chacune des deux parties serait sortie gagnante, et non une seule. Israël ne connaîtra la véritable sécurité que lorsqu’il sera en paix avec ses voisins. »

La représentante [députée, NdT] Démocrate du Minnesota Betty McCollum, a tweeté : « Aujourd’hui, l’ouverture de l’ambassade d’Israël à Jérusalem et l’assassinat de dizaines de manifestants de Gaza font avancer la politique d’occupation et d’oppression des Palestiniens pratiquée par Netanyahou. Les politiques de Donald Trump alimentent les conflits, abandonnant les efforts diplomatiques pour parvenir à la paix. »

Au Capitole, la pression pour soutenir Israël est d’une puissance répugnante. Mais quelle est l’excuse des médias pour avoir peur de simplement rapporter des faits, tels que des soldats israéliens ont « tué » des Palestiniens lundi ? Ils ne sont pas simplement décédés.

Ce n’est pas parce que des personnalités de l’État américain sont des défenseurs d’Israël que les médias doivent leur emboîter le pas. Mais pour cela, il faudrait que les États-Unis disposent de médias grand public indépendants.

Quand une ligne éditoriale a permis à un média grand public de se hisser au plus haut rang de la hiérarchie du genre, avec ce que ça offre comme possibilités d’auto-promotion, il lui est pratiquement impossible de rétrograder et de poser un regard différent sur l’information qu’il diffuse.

Joe Lauria est rédacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant du Wall Street Journal, du Boston Globe, du Sunday Times of London et de nombreux autres journaux. On peut le joindre à joelauria@consortiumnews.com et le suivre sur Twitter @unjoe .

Source : Joe Lauria, Consortium News,14-05-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (centre), entouré du premier ministre palestinien Rami Al Hamdallah (gauche) et du secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, le 18 mai 2018 à Istanbul / © AFP / Yasin AKGUL

Les pays musulmans ont appelé vendredi à l’envoi d' »une force de protection internationale » dans les Territoires palestiniens après le bain de sang de Gaza, lors d’un sommet à Istanbul convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Israël d’user de méthodes dignes des nazis.

Les représentants des 57 pays regroupés au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont appelé à « une protection internationale pour le peuple palestinien, y compris par l’envoi d’une force de protection internationale », selon le communiqué final du sommet.

L’OCI a en outre condamné « en les termes les plus forts les actions criminelles dans forces israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza », où près de 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes en manifestant contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le texte accuse l’administration américaine « de soutenir les crimes d’Israël, y compris en le protégeant au Conseil de sécurité de l’ONU ».

Il épingle aussi Washington pour le transfert de son ambassade à Jérusalem, y voyant un « acte de provocation et d’hostilité contre la nation islamique ».

Il appelle l’ONU à mettre sur pied « une commission d’enquête internationale » pour faire la lumière sur le bain de sang de Gaza.

A l’ouverture du sommet, M. Erdogan, qui tire à boulets rouges sur Israël depuis lundi, a comparé le traitement réservé par l’Etat hébreu aux Palestiniens de Gaza à la persécution des Juifs sous les nazis.

– Appel à l’unité –

« Il n’y a pas de différence entre les atrocités subies par le peuple juif en Europe il y a 75 ans et la brutalité dont souffrent nos frères à Gaza », a lancé le président turc.

Il a accusé les dirigeants « d’un peuple qui a subi toutes sortes de tortures dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale » d’attaquer les Palestiniens « en usant de méthodes similaires à celles des nazis ».

Avant d’ouvrir le sommet, M. Erdogan avait reconnu en haranguant des milliers de manifestants rassemblés dans le centre d’Istanbul pour apporter leur soutien aux Palestiniens, que le monde musulman avait « échoué dans le test de Jérusalem », n’ayant pas réussi à empêcher le transfert de l’ambassade américaine vers la ville sainte depuis Tel-Aviv.

« Les violations commises (par Israël) à Jérusalem et en Palestine s’expliquent par les divisions et les différends entre les musulmans eux-mêmes », a-t-il ajouté.

« Nous devons nous sacrifier pour défendre nos lieux saints. Si nous devions nous unir, Israël ne pourrait pas poursuivre ses violations », a-t-il encore dit.

Lors de la manifestation, le Premier ministre turc Binali Yildirim a pour sa part accusé Israël « d »imiter Hitler et Mussolini ».

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, présent à Istanbul pour participer au sommet de l’OCI, s’est aussi adressé à la foule. Il a accusé l’administration américaine de chercher à « provoquer un conflit religieux dans la région » en transférant son ambassade en Israël à Jérusalem.

– « Silence » –

Issu de la mouvance islamo-conservatrice, M. Erdogan se pose en ardent supporteur de la cause palestinienne et ne cache pas son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza, bête noire des autorités israéliennes. Ce discours trouve un écho chez l’électorat traditionnel du président turc candidat à sa propre succession lors des élections anticipées prévues le 24 juin, et lui a permis de bâtir une certaine popularité dans le monde arabe.

La réunion d’Istanbul s’est tenu au moment où le monde arabo-musulman est miné par des divisions et des rivalités qui rendent peu probables des mesures concrètes à l’égard d’Israël.

L’Arabie saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir était présent à Istanbul, et ses alliés du Golfe ainsi que l’Égypte, voient d’un mauvais œil le soutien de la Turquie d’Erdogan à des mouvements comme les Frères musulmans et le Hamas, ainsi qu’au Qatar, qu’ils cherchent à isoler.

Ryad et ses alliés, qui semblent avoir assoupli leurs positions vis-à-vis d’Israël, seraient en outre réticents à d’éventuelles actions susceptibles de heurter Washington, dont ils espèrent le soutien pour endiguer l’Iran chiite, qu’ils voient comme la principale menace dans la région.

Parmi les chefs d’État qui ont assisté au sommet figurent le roi Abdallah de Jordanie, le président iranien Hassan Rohani, son homologue soudanais Omar el-Béchir, ainsi que les émirs du Qatar et du Koweït.

Dans une apparente pique à l’adresse de Ryad, M. Rohani a ainsi critiqué dans son discours « le silence de certains pays », sans lequel « les sionistes n’auraient pas osé une telle brutalité ».

La Turquie et Israël s’écharpent à coups d’invectives et de sanctions diplomatiques depuis la répression sanglante des manifestations de Gaza.

Ankara a renvoyé provisoirement l’ambassadeur d’Israël en Turquie Eitan Naeh et le consul général d’Israël à Istanbul. Israël a pris une mesure similaire à l’encontre du consul général turc à Jérusalem.

(©AFP / 19 mai 2018 00h53)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-pays-musulmans-demandent-une-force-de-protection-internationale-pour-les-Palestiniens/919487.rom

Georges Malbrunot : «Israël se sent en position de force grâce à l’appui apporté par Donald Trump»

Georges Malbrunot : «Israël se sent en position de force grâce à l’appui apporté par Donald Trump»

Georges Malbrunot : «Israël se sent en position de force grâce à l'appui apporté par Donald Trump» © RT FRANCE
Le journaliste Georges Malbrunot lors de son intervention sur RT France

Le journaliste Georges Malbrunot est revenu pour RT France sur la journée sanglante du 14 mai au cours de laquelle 59 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Selon lui, Israël se sent en position de force grâce au soutien américain.

Interrogé le 15 mai par RT France au sujet de la répression sanglante exercée la veille par l’armée israélienne contre des manifestants palestiniens, le grand reporter du Figaro, Georges Malbrunot, a affirmé qu’Israël se sentait «en position de force grâce à l’appui apporté par Donald Trump». Selon lui, le soutien américain à l’Etat hébreu expliquerait en partie l’usage «disproportionné de la force» employé par Tsahal lors de la manifestation du 14 mai, au cours de laquelle au moins 59 Palestiniens ont perdu la vie.

Gaza est donc devenu la plus grande prison au monde à ciel ouvert

Pour ce spécialiste du conflit israélo-palestinien, la communauté internationale partage également la responsabilité de la situation actuelle dans les territoires palestiniens, et plus précisément dans la bande de Gaza : «En 1996, la communauté internationale avait organisé des élections législatives dans la bande de Gaza, le Hamas en était sorti vainqueur […] la communauté internationale avait refusé de reconnaître cette victoire des islamistes et donc Gaza est devenue la plus grande prison au monde à ciel ouvert.»

Le journaliste n’a cependant pas exempté de critiques le Fatah et le Hamas. Selon lui, leur dissension participe à l’instabilité politique et empêche la construction d’un «front palestinien uni» qui permettrait une relance du processus de paix.

Il ne faut rien attendre de cette réunion [du Conseil de sécurité]

Enfin, Georges Malbrunot a estimé que la convocation, à la demande du Koweït, d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU n’allait pas fondamentalement apporter de solutions : «Il ne faut rien attendre de cette réunion, puisqu’à priori les Américains mettront leur veto à tout texte qui sera présenté pour condamner le recours à la violence par Israël. L’ONU va être encore une fois prisonnière de ses contradictions.»

Lire aussi : Gaza : Paris appelle à la «retenue», Mélenchon réclame la convocation de l’ambassadeur d’Israël

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https://francais.rt.com/entretiens/50718-repression-gaza-georges-malbrunot-israel-trump