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Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Les pays musulmans demandent une « force de protection internationale » pour les Palestiniens

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (centre), entouré du premier ministre palestinien Rami Al Hamdallah (gauche) et du secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, le 18 mai 2018 à Istanbul / © AFP / Yasin AKGUL

Les pays musulmans ont appelé vendredi à l’envoi d' »une force de protection internationale » dans les Territoires palestiniens après le bain de sang de Gaza, lors d’un sommet à Istanbul convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé Israël d’user de méthodes dignes des nazis.

Les représentants des 57 pays regroupés au sein de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont appelé à « une protection internationale pour le peuple palestinien, y compris par l’envoi d’une force de protection internationale », selon le communiqué final du sommet.

L’OCI a en outre condamné « en les termes les plus forts les actions criminelles dans forces israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, notamment dans la bande de Gaza », où près de 60 Palestiniens sont morts lundi sous les balles israéliennes en manifestant contre le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le texte accuse l’administration américaine « de soutenir les crimes d’Israël, y compris en le protégeant au Conseil de sécurité de l’ONU ».

Il épingle aussi Washington pour le transfert de son ambassade à Jérusalem, y voyant un « acte de provocation et d’hostilité contre la nation islamique ».

Il appelle l’ONU à mettre sur pied « une commission d’enquête internationale » pour faire la lumière sur le bain de sang de Gaza.

A l’ouverture du sommet, M. Erdogan, qui tire à boulets rouges sur Israël depuis lundi, a comparé le traitement réservé par l’Etat hébreu aux Palestiniens de Gaza à la persécution des Juifs sous les nazis.

– Appel à l’unité –

« Il n’y a pas de différence entre les atrocités subies par le peuple juif en Europe il y a 75 ans et la brutalité dont souffrent nos frères à Gaza », a lancé le président turc.

Il a accusé les dirigeants « d’un peuple qui a subi toutes sortes de tortures dans les camps de concentration durant la Seconde guerre mondiale » d’attaquer les Palestiniens « en usant de méthodes similaires à celles des nazis ».

Avant d’ouvrir le sommet, M. Erdogan avait reconnu en haranguant des milliers de manifestants rassemblés dans le centre d’Istanbul pour apporter leur soutien aux Palestiniens, que le monde musulman avait « échoué dans le test de Jérusalem », n’ayant pas réussi à empêcher le transfert de l’ambassade américaine vers la ville sainte depuis Tel-Aviv.

« Les violations commises (par Israël) à Jérusalem et en Palestine s’expliquent par les divisions et les différends entre les musulmans eux-mêmes », a-t-il ajouté.

« Nous devons nous sacrifier pour défendre nos lieux saints. Si nous devions nous unir, Israël ne pourrait pas poursuivre ses violations », a-t-il encore dit.

Lors de la manifestation, le Premier ministre turc Binali Yildirim a pour sa part accusé Israël « d »imiter Hitler et Mussolini ».

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah, présent à Istanbul pour participer au sommet de l’OCI, s’est aussi adressé à la foule. Il a accusé l’administration américaine de chercher à « provoquer un conflit religieux dans la région » en transférant son ambassade en Israël à Jérusalem.

– « Silence » –

Issu de la mouvance islamo-conservatrice, M. Erdogan se pose en ardent supporteur de la cause palestinienne et ne cache pas son soutien au mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza, bête noire des autorités israéliennes. Ce discours trouve un écho chez l’électorat traditionnel du président turc candidat à sa propre succession lors des élections anticipées prévues le 24 juin, et lui a permis de bâtir une certaine popularité dans le monde arabe.

La réunion d’Istanbul s’est tenu au moment où le monde arabo-musulman est miné par des divisions et des rivalités qui rendent peu probables des mesures concrètes à l’égard d’Israël.

L’Arabie saoudite, dont le ministre des Affaires étrangères Adel al-Jubeir était présent à Istanbul, et ses alliés du Golfe ainsi que l’Égypte, voient d’un mauvais œil le soutien de la Turquie d’Erdogan à des mouvements comme les Frères musulmans et le Hamas, ainsi qu’au Qatar, qu’ils cherchent à isoler.

Ryad et ses alliés, qui semblent avoir assoupli leurs positions vis-à-vis d’Israël, seraient en outre réticents à d’éventuelles actions susceptibles de heurter Washington, dont ils espèrent le soutien pour endiguer l’Iran chiite, qu’ils voient comme la principale menace dans la région.

Parmi les chefs d’État qui ont assisté au sommet figurent le roi Abdallah de Jordanie, le président iranien Hassan Rohani, son homologue soudanais Omar el-Béchir, ainsi que les émirs du Qatar et du Koweït.

Dans une apparente pique à l’adresse de Ryad, M. Rohani a ainsi critiqué dans son discours « le silence de certains pays », sans lequel « les sionistes n’auraient pas osé une telle brutalité ».

La Turquie et Israël s’écharpent à coups d’invectives et de sanctions diplomatiques depuis la répression sanglante des manifestations de Gaza.

Ankara a renvoyé provisoirement l’ambassadeur d’Israël en Turquie Eitan Naeh et le consul général d’Israël à Istanbul. Israël a pris une mesure similaire à l’encontre du consul général turc à Jérusalem.

(©AFP / 19 mai 2018 00h53)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-pays-musulmans-demandent-une-force-de-protection-internationale-pour-les-Palestiniens/919487.rom

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Georges Malbrunot : «Israël se sent en position de force grâce à l’appui apporté par Donald Trump»

Georges Malbrunot : «Israël se sent en position de force grâce à l’appui apporté par Donald Trump»

Georges Malbrunot : «Israël se sent en position de force grâce à l'appui apporté par Donald Trump» © RT FRANCE
Le journaliste Georges Malbrunot lors de son intervention sur RT France

Le journaliste Georges Malbrunot est revenu pour RT France sur la journée sanglante du 14 mai au cours de laquelle 59 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Selon lui, Israël se sent en position de force grâce au soutien américain.

Interrogé le 15 mai par RT France au sujet de la répression sanglante exercée la veille par l’armée israélienne contre des manifestants palestiniens, le grand reporter du Figaro, Georges Malbrunot, a affirmé qu’Israël se sentait «en position de force grâce à l’appui apporté par Donald Trump». Selon lui, le soutien américain à l’Etat hébreu expliquerait en partie l’usage «disproportionné de la force» employé par Tsahal lors de la manifestation du 14 mai, au cours de laquelle au moins 59 Palestiniens ont perdu la vie.

Gaza est donc devenu la plus grande prison au monde à ciel ouvert

Pour ce spécialiste du conflit israélo-palestinien, la communauté internationale partage également la responsabilité de la situation actuelle dans les territoires palestiniens, et plus précisément dans la bande de Gaza : «En 1996, la communauté internationale avait organisé des élections législatives dans la bande de Gaza, le Hamas en était sorti vainqueur […] la communauté internationale avait refusé de reconnaître cette victoire des islamistes et donc Gaza est devenue la plus grande prison au monde à ciel ouvert.»

Le journaliste n’a cependant pas exempté de critiques le Fatah et le Hamas. Selon lui, leur dissension participe à l’instabilité politique et empêche la construction d’un «front palestinien uni» qui permettrait une relance du processus de paix.

Il ne faut rien attendre de cette réunion [du Conseil de sécurité]

Enfin, Georges Malbrunot a estimé que la convocation, à la demande du Koweït, d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU n’allait pas fondamentalement apporter de solutions : «Il ne faut rien attendre de cette réunion, puisqu’à priori les Américains mettront leur veto à tout texte qui sera présenté pour condamner le recours à la violence par Israël. L’ONU va être encore une fois prisonnière de ses contradictions.»

Lire aussi : Gaza : Paris appelle à la «retenue», Mélenchon réclame la convocation de l’ambassadeur d’Israël

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

https://francais.rt.com/entretiens/50718-repression-gaza-georges-malbrunot-israel-trump

Gaza: Macron condamne les violences des forces israéliennes = Au moins 55 Palestiniens, dont au moins six mineurs, ont été tués et 2.700 blessés, dont 1.360 par balles, par l’armée israélienne à la frontière entre la bande de Gaza

Gaza: Macron condamne les violences des forces israéliennes = Au moins 55 Palestiniens, dont au moins six mineurs, ont été tués et 2.700 blessés, dont 1.360 par balles, par l’armée israélienne à la frontière entre la bande de Gaza

Publié par Brujitafr sur 15 Mai 2018, 06:08am

Catégories : #ACTUALITES, #CONFLICTS DANS LE MONDE, #POLITIQUE

Gaza: Macron condamne les violences des forces israéliennes = Au moins 55 Palestiniens, dont au moins six mineurs, ont été tués et 2.700 blessés, dont 1.360 par balles, par l'armée israélienne à la frontière entre la bande de Gaza

PARIS (Reuters) – Emmanuel Macron a condamné lundi, lors d’entretiens téléphoniques avec le roi Abdallah II de Jordanie et le président de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas, les violences des forces armées israéliennes dans la bande de Gaza qui ont coûté la vie à plus de cinquante Palestiniens.

 

 

 

Le chef de l’Etat français, qui s’entretiendra mardi avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a fait part lors de ces deux échanges « de la vive préoccupation de la France sur la situation à Gaza, à Jérusalem et dans les villes palestiniennes« , indique l’Elysée dans un communiqué. « Il a déploré le grand nombre de victimes civiles palestiniennes à Gaza aujourd’hui et ces dernières semaines. Il a condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants » et « a appelé tous les responsables à la retenue et à la désescalade et a insisté sur la nécessité que les manifestations des prochains jours demeurent pacifiques« , ajoute la présidence.

Au moins 55 Palestiniens, dont au moins six mineurs, ont été tués et 2.700 blessés, dont 1.360 par balles, par l’armée israélienne à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, jour du 70e anniversaire de la création de l’Etat hébreu et de l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Exprimant une nouvelle fois la « désapprobation » de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem, Emmanuel Macron a souligné que le statut de Jérusalem ne pourrait être déterminé « qu’entre les parties, dans un cadre négocié sous l’égide de la communauté internationale« . Le chef de l’Etat a souligné lors de ses entretiens téléphoniques « le droit des Palestiniens à la paix et à la sécurité » et a « réaffirmé son attachement à la sécurité d’Israël et la position française constante en faveur d’une solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues« , ajoute l’Elysée.

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Paris: le transfert de l’ambassade US à Jérusalem «contrevient au droit international»

Jean-Yves Le Drian

Paris: le transfert de l’ambassade US à Jérusalem «contrevient au droit international»

© REUTERS / Olivia Harris
International

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Le Quai d’Orsay a désapprouvé la décision de Washington de transférer sa mission diplomatique en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, estimant qu’elle enfreint le droit international.

Alors que la frontière israélo-gazaouie est de nouveau ce lundi le théâtre d’affrontements sanglants, le jour du transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le ministère français des Affaires étrangères a condamné cette décision des Etats-Unis, considérant qu’elle enfreint le droit international, et a exigé que le gouvernement israélien fasse preuve de mesure dans l’usage de la force.

«La France désapprouve la décision américaine de transférer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel Aviv à Jérusalem», a fustigé Jean-Yves Le Drian. «Cette décision contrevient au droit international et en particulier aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies», est-il dit dans son communiqué.

Après de longues semaines durant lesquelles a régné la violence et a coulé le sang de nombreux Palestiniens de la bande de Gaza, Paris a appelé «de nouveau les autorités israéliennes à faire preuve de discernement et de retenue dans l’usage de la force qui doit être strictement proportionné».

Le chef de la diplomatie a d’ailleurs rappelé «le devoir de protection des civils, en particulier des mineurs, et le droit des Palestiniens à manifester pacifiquement».

Il est «urgent de recréer les conditions nécessaires à la recherche d’une solution politique, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions», a conclu M.Le Drian.

Le gouvernement américain ouvre l’ambassade des États-Unis à Jérusalem le 14 mai, jour du 70e anniversaire de la proclamation de l’État d’Israël. De violents heurts ont éclaté dans la matinée de lundi le long de la frontière avec la bande de Gaza où une quarantaine de Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens.En décembre 2017, Donald Trump ne s’est pas inscrit dans la ligne de ses prédécesseurs, en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’État hébreu. Dans la foulée des États-Unis, plusieurs pays d’Amérique latine ont annoncé eux aussi le transfert de leurs missions diplomatiques.

Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’Onu, 128 ont voté fin décembre une résolution condamnant la décision américaine, dont des alliés des États-Unis comme la France et le Royaume-Uni. Seuls sept pays se sont alignés sur la décision de Washington.

https://fr.sputniknews.com/international/201805141036367990-paris-ambassade-usa-violation-droit-international/SQZAq<bvg

Gaza: des milliers de Palestiniens de retour à la frontière, au péril de leur vie

Gaza: des milliers de Palestiniens de retour à la frontière, au péril de leur vie

Un Palestinien porte assistance à un manifestant blessé lors d’affrontements avec les forces israéliennes à la frontière entre Gaza et l’Etat hébreu à l’est de Jabalia, le 14 mai 2018 / © AFP / MOHAMMED ABED

« On se fiche que la moitié des gens se fasse tuer »: au péril de leur vie, des dizaines de milliers de Palestiniens de Gaza se sont à nouveau massés à la frontière avec Israël lundi, jour de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

En milieu d’après-midi, au moins 41 Palestiniens dont un adolescent de 14 ans avaient été tués et plusieurs centaines blessés par des tirs de l’armée israélienne, selon le ministère local de la Santé.

Ces décès portent à 95 le nombre de Palestiniens tués depuis le 30 mars et le début d’une « marche du retour » qui voit des milliers de Gazaouis se rassembler le long de cette frontière pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël en 1948.

Ils font aussi de cette journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de 2014 dans l’enclave sous blocus.

Ce lundi, c’est plus spécifiquement pour dire leur colère contre le transfert de l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem que ces manifestants ont repris le chemin de la frontière.

Parmi eux, Mouataz al-Najjar, 18 ans, blessé quatre fois depuis le 30 mars, clame son intention de forcer la barrière frontalière.

« Nous retournerons chez nous et le transfert de l’ambassade (américaine) (…) n’aura pas lieu », dit-il à l’AFP.

– « On continuera » –

Les milliers de manifestants se sont rassemblés en différents points et de petits groupes ont tenté de s’approcher de la frontière lourdement gardée par l’armée israélienne, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ces petits groupes ont tenté de s’attaquer à la barrière, lancé des pierres en direction des soldats et essuyé des tirs en retour.

Dimanche et lundi, l’armée israélienne avait prévenu les Gazaouis par tracts distribués par les airs qu’ils exposaient leur vie en prenant part aux manifestations et qu’elle ne permettrait pas qu’on s’en prenne à la barrière de sécurité, aux soldats ou aux civils israéliens riverains.

« Nous défendrons nos citoyens par tous les moyens, nous ne permettrons pas qu’on force la frontière », avait prévenu le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.

Mais Bilal Fasayfes, 31 ans, a tout de même pris avec sa femme et ses deux enfants l’un des bus affrétés à Khan Younès, dans le sud de l’enclave, pour emmener les Gazaouis à la frontière.

« On se fiche que la moitié des gens se fasse tuer, on continuera à y aller pour que l’autre moitié vive dignement », s’exclame-t-il.

A l’hôpital Shifa de Gaza, les médecins, confrontés à une pénurie de médicaments aggravée par des semaines de mobilisation, sont contraints d’accélérer la sortie de malades afin de libérer des lits.

A Khan Younès, un groupe d’hommes masqués et pour certains armés de bâtons ont circulé parmi les magasins pour forcer leurs propriétaire à les fermer et respecter un appel à la grève générale dans toute l’enclave.

Dans les mosquées, de puissants haut-parleurs ont été installés pour relayer les messages d’encouragement à aller manifester.

– « Notre capitale » –

L’armée israélienne s’attend à ce que des dizaines de milliers de Palestiniens au total protestent contre l’inauguration dans l’après-midi de l’ambassade américaine à Jérusalem – dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie occupée.

A Ramallah, 2.000 Palestiniens se sont ainsi rassemblés en scandant « Jérusalem est notre capitale », a constaté un journaliste de l’AFP. L’Autorité palestinienne a appelé les salariés à quitter leur travail en fin de matinée pour participer aux manifestations.

La cérémonie de transfert de l’ambassade américaine, liée à la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, révulse les Palestiniens.

Ceux-ci voient dans la décision américaine la négation de leurs revendications sur Jérusalem-Est dont ils veulent faire la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de Gaza manifestent également contre le blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël à l’enclave, surpeuplée et dirigée par le mouvement islamiste Hamas auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.

A la frontière, Faris Abou Hajaras, ouvrier du bâtiment de 50 ans, dit ne pas avoir de travail à cause du profond marasme dû, selon lui, à ce blocus.

Il assure qu’il continuera à manifester pacifiquement. « C’est Dieu qui décide ou non de notre mort. Vous et moi, nous pouvons marcher l’un à côté de l’autre et vous, vous prenez une balle dans la tête et moi, il ne m’arrive rien », déclare-t-il.

(©AFP / 14 mai 2018 16h35)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Gaza-des-milliers-de-Palestiniens-de-retour-a-la-frontiere-au-peril-de-leur-vie/917728.rom

Israël et territoires palestiniens occupés 2017/2018, par Amnesty International

23.avril.2018 // Les Crises

Israël et territoires palestiniens occupés 2017/2018, par Amnesty International

Source : Amnesty International, 2018

Le mois de juin a marqué les 50 ans d’occupation des territoires palestiniens par Israël et le début de la 11e année de son blocus illégal de la bande de Gaza, véritable sanction collective imposée aux quelque 2 millions d’habitants, qui vivent dans une situation d’urgence humanitaire croissante. Les autorités israéliennes ont intensifié l’extension des colonies et des infrastructures qui y sont liées dans toute la Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et sévèrement restreint la liberté de circulation des Palestiniens. Les forces de sécurité israéliennes ont tué illégalement des civils palestiniens, dont des enfants, et placé illégalement en détention en Israël des milliers de Palestiniens des territoires occupés. Plusieurs centaines d’entre eux ont ainsi été maintenus en détention administrative sans inculpation ni jugement. La torture et les autres mauvais traitements restaient une pratique courante contre les détenus, y compris mineurs, et ce en toute impunité. Israël a continué de démolir des habitations palestiniennes en Cisjordanie et dans des villages palestiniens situés en Israël, et d’en expulser de force les habitants. Des objecteurs de conscience au service militaire ont été emprisonnés. Plusieurs milliers de demandeurs d’asile africains étaient menacés d’expulsion.

Contexte

Les autorités israéliennes ont donné un coup d’accélérateur à l’extension des colonies et à l’appropriation des terres dans les territoires palestiniens occupés. Les initiatives des États-Unis et de la communauté internationale en vue de relancer les négociations ont échoué, et les relations israélo-palestiniennes sont demeurées tendues. Les autorités israéliennes ont adopté en janvier la loi dite « de régularisation », qui a légalisé rétroactivement l’appropriation par les colons de milliers d’hectares de terres détenues par des particuliers palestiniens ainsi que quelque 4 500 maisons de colons. Les autorités israéliennes ont en outre lancé des appels d’offres pour des dizaines de milliers de nouvelles implantations à Jérusalem-Est et dans le reste de la Cisjordanie.

Des Palestiniens ont mené des attaques à l’arme blanche, à la voiture-bélier ou à l’arme à feu, entre autres, contre des Israéliens en Cisjordanie et en Israël. Ces attaques, pour la plupart conduites par des personnes qui n’étaient pas membres de groupes armés, ont coûté la vie à 14 Israéliens et un étranger. Les forces israéliennes ont tué 76 Palestiniens et un étranger. Certains ont été victimes d’homicides illégaux alors qu’ils ne représentaient pas une menace pour la vie d’autrui.

En mars, la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale [ONU] a publié, puis retiré, un rapport établissant qu’Israël était « coupable du crime d’apartheid » contre les Palestiniens. L’UNESCO a adopté en mai une résolution sur la situation de Jérusalem-Est réaffirmant son statut de ville occupée et critiquant la conduite d’Israël. À la suite du meurtre de deux policiers israéliens perpétré par des Palestiniens en juillet, Israël a installé des détecteurs de métaux afin de filtrer les fidèles musulmans voulant accéder au mont du Temple/Haram al Sharif. Ces nouvelles mesures de sécurité ont provoqué un regain de tension et déclenché un mouvement de protestation massif côté palestinien, avec notamment l’organisation de prières collectives, dans toute la Cisjordanie. Ces prières de protestation, qui dans bien des cas ont donné lieu à des interventions impliquant un usage excessif de la force, ont cessé après le retrait des détecteurs de métaux.

En septembre, l’administration de facto du Hamas à Gaza et le gouvernement de « consensus national » en Cisjordanie ont entamé un processus de réconciliation, qui a été rejeté par Israël.

En décembre, en violation du droit international, le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant une vague de protestations dans les territoires palestiniens occupés et à travers le monde.

Droit de circuler librement –blocus de Gaza et restrictions en Cisjordanie

Le blocus aérien, terrestre et maritime imposé illégalement par Israël sur la bande de Gaza est entré dans sa 11eannée, marqué par la poursuite des restrictions à la liberté de circulation des personnes et des biens entrant dans le territoire et en sortant, ce qui constituait une sanction collective frappant toute la population de Gaza. Associé à la fermeture quasi totale par l’Égypte du point de passage de Rafah et aux mesures punitives imposées par les autorités de Cisjordanie, le blocus israélien a provoqué une crise humanitaire marquée par des coupures de courant – jusqu’alors disponible en moyenne huit heures par jour, l’électricité a été réduite pour n’être plus accessible que deux à quatre heures par jour, ce qui avait des conséquences sur l’approvisionnement en eau potable et sur les conditions sanitaires, réduisait l’accès aux services de santé et rendait Gaza de plus en plus « invivable » selon les Nations unies. La situation économique à Gaza n’a cessé de se détériorer et la reconstruction des infrastructures civiles détruites pendant le conflit restait très difficile à conduire ; quelque 23 500 Palestiniens contraints de quitter leur foyer lors du conflit de 2014 n’étaient toujours pas rentrés chez eux. Un grand nombre de patients atteints de maladies mettant leur vie en danger n’ont pas pu aller se faire soigner en dehors de Gaza du fait des restrictions imposées par Israël et de la lenteur avec laquelle les autorités de Cisjordanie traitaient les demandes de transfert. Les forces israéliennes ont continué d’imposer une « zone-tampon » à l’intérieur de la frontière de Gaza avec Israël ; elles ont tiré à balles réelles contre des Palestiniens qui y avaient pénétré ou s’en étaient approchés. Quatre fermiers qui travaillaient dans les environs ont ainsi été blessés. Les forces israéliennes ont également fait feu sur des pêcheurs palestiniens qui étaient entrés dans la « zone d’exclusion » le long de la côte de Gaza ou qui s’en étaient approchés ; au moins un pêcheur a été tué et plusieurs autres blessés.

En Cisjordanie, Israël maintenait tout un ensemble de postes de contrôle militaires, de routes de contournement, de zones militaires et de zones de tir, ce qui limitait l’accès et la circulation des Palestiniens. Israël a mis en place de nouveaux barrages et postes de contrôle, en particulier à Jérusalem-Est. En réponse aux attaques palestiniennes contre des Israéliens, les autorités militaires ont imposé des sanctions collectives : elles ont annulé les permis de travail en Israël de proches des agresseurs et ont bouclé des villages et des zones entières, dont Silwad, Deir Abu Mishal et Beit Surik.

À Hébron, les interdictions imposées de longue date – et renforcées en 2015 – limitant la présence des Palestiniens restaient en vigueur. Dans le quartier de Tel Rumeida, une « zone militaire fermée », les forces israéliennes soumettaient les habitants palestiniens à des fouilles oppressives et empêchaient l’entrée des autres Palestiniens, alors qu’elles autorisaient les Israéliens à circuler librement. En mai, Israël a mis en place un nouveau poste de contrôle et une nouvelle clôture dans la zone H2 de Hébron, isolant arbitrairement le quartier palestinien de Gheith et une rue longeant ce quartier.

Arrestations et détentions arbitraires

Des milliers de Palestiniens vivant dans les territoires occupés ont été arrêtés ou maintenus en détention, la plupart dans des prisons situées en territoire israélien, en violation du droit international. De nombreuses familles de détenus, tout particulièrement celles de Gaza, n’étaient pas autorisées à entrer en Israël pour rendre visite à leurs proches.

Les autorités continuaient d’avoir recours à la détention administrative en lieu et place de poursuites pénales, et des centaines de Palestiniens, dont des mineurs, des personnalités de la société civile et des employés d’ONG, étaient maintenus en détention sans inculpation ni jugement en vertu d’ordres de détention renouvelables émis sur la base d’informations qui n’étaient pas communiquées aux intéressés ni à leurs avocats. À la fin de l’année, plus de 6 100 Palestiniens se trouvaient derrière les barreaux en Israël, dont 441 faisaient l’objet d’une détention administrative. Les autorités israéliennes ont également placé en détention administrative six Palestiniens de nationalité israélienne.

En avril, quelque 1 500 prisonniers et détenus palestiniens ont lancé une grève de la faim, qui a duré 41 jours, pour réclamer une amélioration de leurs conditions de détention, la possibilité de recevoir des visites de leurs proches, la fin du placement à l’isolement et de la détention administrative, et l’accès à l’éducation. L’administration pénitentiaire israélienne a sanctionné les protestataires en leur imposant des mesures d’isolement cellulaire, des amendes et des interdictions de visites.

Des Palestiniens de Cisjordanie inculpés d’infractions liées à des mouvements de protestation, entre autres, ont comparu devant des tribunaux militaires appliquant une procédure inéquitable. Des tribunaux civils israéliens chargés de juger des Palestiniens de Jérusalem-Est ou de la bande de Gaza ont prononcé des peines sévères, même pour des délits mineurs.

En avril, la Haute Cour de justice israélienne a rendu une décision visant à réduire les condamnations excessives frappant les Palestiniens dans le cadre de la justice militaire, et a ordonné que la législation soit modifiée en vue de l’application d’un régime de peines moins longues à compter de mai 2018. Les peines resteront néanmoins plus dures que celles applicables dans le cadre de la justice civile israélienne.

Khalida Jarrar, membre du Conseil législatif palestinien et de l’exécutif de l’ONG Addameer, et Salah Hammouri, employé de cette ONG, se trouvaient toujours en détention administrative à la fin de l’année.

Le procès de Mohammed al Halabi, un travailleur humanitaire basé à Gaza, s’est ouvert devant le tribunal de district de Beer-Sheva sur la base d’accusations de détournement de fonds de l’ONG World Vision au profit du Hamas. Aucun élément à l’appui de ces accusations n’a été mis au jour par l’étude menée par le gouvernement australien sur World Vision Gaza, ni par l’audit interne conduit au sein de cette organisation. Mohammed al Halabi a déclaré devant le tribunal qu’il avait été torturé durant son interrogatoire et en détention.

Torture et autres mauvais traitements

Des membres de l’armée, de la police et de l’Agence israélienne de sécurité ont torturé et maltraité des détenus palestiniens, y compris des mineurs, particulièrement au moment de leur interpellation et pendant les interrogatoires, et ce en toute impunité. Parmi les méthodes signalées figuraient les coups, les gifles, le maintien sous entrave ou dans des positions douloureuses, la privation de sommeil et les menaces. Plus de 1 000 plaintes enregistrées depuis 2001 n’avaient fait l’objet d’aucune enquête pénale. Les plaintes faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par des policiers israéliens à des demandeurs d’asile et à des membres de la communauté éthiopienne en Israël restaient fréquentes.

En décembre, la Haute Cour de justice israélienne a validé la décision du procureur général de ne pas ouvrir d’instruction judiciaire sur les allégations de torture formulées par Asad Abu Ghosh, malgré l’existence de preuves crédibles. Ce faisant, elle a cautionné la poursuite de la pratique consistant à placer les détenus palestiniens dans des situations douloureuses et à les priver de sommeil durant les interrogatoires.

Homicides illégaux

Durant l’année, des soldats, des policiers et des agents de sécurité israéliens ont tué au moins 75 Palestiniens des territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, et cinq Palestiniens de nationalité israélienne. Certains des Palestiniens tués ont été abattus alors qu’ils attaquaient des Israéliens ou qu’ils étaient soupçonnés de vouloir mener de telles attaques. Beaucoup d’entre eux, dont des mineurs, ont été la cible de tirs dans des circonstances où ils ne représentaient pas une menace imminente pour la vie d’autrui, et ont donc été victimes d’un homicide illégal. Certains homicides, tel celui de Yacoub Abu al Qian, abattu dans sa voiture par des policiers à Umm al Hiran en janvier, étaient selon toute apparence des exécutions extrajudiciaires.

Recours excessif à la force

Les forces israéliennes, y compris des commandos infiltrés, ont fait un usage excessif de la force, dans certains cas meurtrière, contre des manifestants palestiniens dans les territoires palestiniens occupés, tuant au moins 20 personnes et en blessant des milliers d’autres par des tirs à balles réelles et des tirs de balles métalliques recouvertes de caoutchouc. Dans de nombreux cas, les manifestants abattus jetaient des pierres ou d’autres projectiles, mais ne menaçaient pas la vie des soldats israéliens, qui étaient bien protégés. Dans le contexte des tensions liées aux événements du mont du Temple/Haram al Sharif en juillet, les autorités ont tué 10 Palestiniens et en ont blessé plus d’un millier lors de la dispersion des manifestations ; elles ont conduit au moins deux opérations violentes dans l’hôpital Al Makassed de Jérusalem-Est. En décembre, Ibrahim Abu Thuraya, handicapé se déplaçant en fauteuil roulant, a été tué d’une balle dans la tête par un soldat israélien alors qu’il était assis avec un groupe de manifestants près de la barrière séparant Gaza d’Israël.

Liberté d’expression, d’association et de réunion

Les autorités ont eu recours à toute une série de mesures, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, à l’encontre des défenseurs des droits humains qui dénonçaient la poursuite de l’occupation israélienne.

La Knesset a adopté en mars une modification de la Loi relative à l’entrée en Israël, qui interdisait l’entrée en Israël et dans les territoires palestiniens occupés à toute personne soutenant – ou travaillant pour – une organisation ayant appelé, ou encouragé, un appel au boycott d’Israël ou des entités israéliennes, y compris des colonies. Les autorités continuaient de faire obstacle aux tentatives des défenseurs des droits humains de recueillir des informations sur la situation en leur refusant l’autorisation de pénétrer dans les territoires palestiniens occupés ; cela a notamment été le cas du rapporteur spécial des Nations unies sur la situation dans les territoires palestiniens occupés. Un employé d’Amnesty International s’est vu opposer un refus d’entrée après avoir été interrogé sur le travail mené par l’organisation au sujet des colonies.

Les autorités ont invoqué la législation relative à l’ordre public à Jérusalem-Est, et des ordonnances militaires dans le reste de la Cisjordanie, pour interdire et réprimer des manifestations de Palestiniens, ainsi que pour arrêter et poursuivre pénalement des manifestants et des défenseurs des droits humains. Les procès devant la justice militaire d’Issa Amro et de Farid al Atrash se sont ouverts en juillet. Ces militants palestiniens des droits humains étaient jugés pour des chefs liés à leur rôle dans l’organisation de manifestations pacifiques contre la politique de colonisation israélienne. Les autorités israéliennes ont continué de harceler d’autres défenseurs des droits humains d’Hébron, notamment Badi Dweik et Imad Abu Shamsiya, et ne les protégeaient pas contre les attaques des colons.

L’écrivain Ahmad Qatamesh a été maintenu en détention entre mai et août en vertu d’un ordre de détention administrative de trois mois émis par les autorités israéliennes. Cet homme emprisonné uniquement en raison de ses écrits et de ses activités politiques non violentes était un prisonnier d’opinion.

Les ONG palestiniennes de défense des droits humains, notamment Al Haq, Al Mezan et Addameer, étaient en butte à un harcèlement de plus en plus important de la part des autorités israéliennes. Dans une démarche qui visait de toute évidence à le réduire au silence, celles-ci ont ouvert une enquête fiscale contre Omar Barghouti, une figure de la campagne en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions.

Plusieurs organisations israéliennes de défense des droits humains, dont Breaking the Silence, B’Tselem et Amnesty International Israël, ont elles aussi été la cible de manœuvres du gouvernement visant à saper leur travail – propos diffamatoires, stigmatisation et menaces.

Droits en matière de logement – expulsions forcées et démolitions

En Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, les autorités israéliennes ont procédé à un grand nombre de démolitions de biens appartenant à des Palestiniens, dont 423 habitations et bâtiments construits sans permis israélien – celui-ci étant toujours pratiquement impossible à obtenir pour un Palestinien. Plus de 660 personnes ont ainsi été expulsées de force. Beaucoup de démolitions ont eu lieu dans des communautés bédouines et pastorales que les autorités israéliennes voulaient déplacer contre leur gré. Les familles de Palestiniens qui avaient mené des attaques contre des Israéliens ont subi des sanctions collectives : les autorités ont démoli ou rendu inhabitables leurs maisons, expulsant ainsi de force une cinquantaine de personnes.

À Sheikh Jarrah (Jérusalem-Est), les autorités israéliennes ont expulsé de leur maison huit membres de la famille Shamasneh, et ont autorisé des colons israéliens à s’y installer. Elles ont par ailleurs démoli des dizaines d’habitations palestiniennes en Israël, affirmant qu’elles avaient été construites sans permis, notamment dans des villes et villages palestiniens du Triangle, en Galilée et dans des villages bédouins « non reconnus » de la région du Néguev/Naqab. En janvier, la police israélienne a démoli contre le gré des habitants le village bédouin d’Umm al Hiran, afin d’édifier une ville juive sur les lieux. En avril, la Knesset a adopté une loi qui augmentait les amendes pour les constructions sans permis, imposait des frais de démolition très élevés aux personnes dont les maisons avaient été détruites, et limitait les possibilités de recours devant les tribunaux pour les personnes souhaitant contester un ordre de démolition ou d’expulsion. En août, les autorités ont démoli pour la 116e fois le village d’Al Araqib, dans le Néguev/Naqab. Les habitants ont reçu l’ordre de verser 362 000 nouveaux shekels (environ 100 000 dollars des États-Unis) à l’État en compensation du coût de la démolition et des frais d’avocat.

Impunité

Plus de trois ans après la fin du conflit de Gaza (2014), durant lequel quelque 1 460 civils palestiniens avaient été tués (bon nombre d’entre eux dans des attaques manifestement illégales dont certaines constituaient des crimes de guerre), les autorités n’avaient toujours mis en accusation que trois soldats, pour pillage et obstruction au bon déroulement d’une enquête.

En janvier, un tribunal militaire israélien a déclaré le soldat Elor Azaria coupable d’homicide involontaire sur la personne d’un Palestinien. Ce type de décision était rare et a concerné en l’espèce un militaire qui avait de toute évidence exécuté de manière extrajudiciaire un Palestinien blessé à Hébron, sous les yeux des caméras. Sa condamnation a été confirmée en appel, ainsi que sa peine de 18 mois d’emprisonnement. Peu conforme à la gravité du crime perpétré, celle-ci a en outre été réduite de quatre mois par le chef d’état-major de l’armée en septembre. Les autorités israéliennes n’ont pas mené d’investigations, ou ont classé des enquêtes, concernant des allégations d’homicides illégaux de Palestiniens par les forces israéliennes en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

La procureure de la Cour pénale internationale a poursuivi son examen préliminaire des crimes présumés au regard du droit international perpétrés dans les territoires palestiniens occupés depuis le 13 juin 2014.

Violences faites aux femmes et aux filles

De nouvelles informations ont fait état de violences contre les femmes ; la population palestinienne d’Israël était particulièrement touchée. En juin, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes a publié des recommandations appelant les autorités israéliennes à mener des réformes juridiques et politiques afin d’intégrer les normes de la Convention sur les femmes, à prévenir et combattre la violence contre les femmes en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, et à enquêter sur les allégations de violences.

Déchéance de la nationalité

Le 6 août, le tribunal de district de Haïfa a confirmé la décision de déchéance de nationalité prononcée à l’encontre d’Alaa Zayoud, rendu apatride par le ministre de l’Intérieur après avoir été condamné pour une tentative de meurtre. Un recours contre cette décision était en instance devant la Cour suprême à la fin de l’année. Les autorités ont par ailleurs déchu de leur nationalité, sans procédure officielle ni possibilité de recours, des dizaines de Bédouins palestiniens habitant dans la région du Néguev/Naqab, les réduisant ainsi à la condition de résidents apatrides.

Personnes réfugiées ou demandeuses d’asile

Les demandeurs d’asile, dont plus de 90 % étaient originaires d’Érythrée et du Soudan, continuaient de se voir barrer l’accès dans un délai raisonnable à une procédure équitable de détermination du statut de réfugié. À la fin de l’année, plus de 1 200 demandeurs d’asile étaient maintenus en détention dans le centre de Holot et dans la prison de Saharonim, dans le désert du Néguev/Naqab. Selon des militants, Israël comptait sur son territoire plus de 35 000 demandeurs d’asile ; 8 588 demandes d’asile étaient toujours en attente d’examen. En décembre, la Knesset a adopté une modification de la Loi relative à la prévention de l’infiltration qui obligeait les demandeurs d’asile et les réfugiés à accepter une réinstallation dans un pays d’Afrique sous peine d’être emprisonnés. Plusieurs milliers d’entre eux étaient menacés d’expulsion.

Objecteurs et objectrices de conscience

Au moins six objecteurs de conscience israéliens – Tamar Zeevi, Atalia Ben-Abba, Noa Gur Golan, Hadas Tal, Mattan Helman et Ofir Averbukh – ont été emprisonnés pour avoir refusé d’effectuer leur service militaire. Les autorités israéliennes ont reconnu Tamar Zeevi comme objectrice de conscience et l’ont libérée de ses obligations militaires après 100 jours d’incarcération.

Source : Amnesty International, 2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/israel-et-territoires-palestiniens-occupes-2017-2018-par-amnesty-international/

Dernières nouvelles des missions PSDC – mars 2018 (2)

Dernières nouvelles des missions PSDC – mars 2018 (2)

(B2) Voici les dernières nouvelles des missions et opérations déployées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne…

Sikasso (Mali). Fin de la formation de la 8e Région militaire

Pendant cinq semaines, EUTM Mali a organisé une mission à destination de la 8e région militaire des forces armées maliennes (FAMa). Elle s’est déroulée dans la région de Sikasso, près de la frontière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’équipe d’entrainement de la coalition militaire (Coalition military assistance training team ou CM ATT). Une formation qui s’inscrit dans le reformatage de la mission EUTM qui forme surtout les formateurs (officiers et sous-officiers) et dispense des formations spécialisées aux FAMa, comme par exemple les « tactiques de base, la réaction au contact, l’attaque improvisée et point de contrôle ». Parmi les cours dispensés : l’informatique, le sauvetage au combat et les droits de l’Homme. Cette mission, qui s’est achevée le 14 mars, a aussi été une opportunité pour les formateurs européens « d’apprendre des bonnes qualités et de l’expérience des Maliens » selon le communiqué.

Mogadiscio, Hargeisa (Somalie). Visite aux autorités somaliennes

Une délégation, composée de responsables du commandement des missions civiles (CPCC) du SEAE, et de Cristina Stepanescu, chef de la mission EUCAP Somalia, a effectué un séjour en Somalie. Objectif : discuter avec diverses autorités. Au ministère de la sécurité intérieure, le 12 mars, les discussions ont porté sur l’architecture de la sécurité maritime, le futur des gardes-côtes somaliens, la mise en œuvre de projets financés par l’Union européenne, ou encore sur les activités de la mission, selon EUCAP Somalia publié après la réunion. Le lendemain, ce sont des sujets juridiques qui ont été abordés, notamment la législation sur la piraterie et la rédaction de lois, signale-t-on à la mission. Au bureau d’Hargeisa, la capitale de la république semi-indépendante du Somaliland, le 15 mars, ils ont voulu « avoir un aperçu du fonctionnement de la mission dans la région ». Le 16 mars, dernier jour de la visite, les représentants européens se sont rendus à Nairobi (Kenya) pour s’entretenir avec le personnel du bureau de soutien EUCAP Somalie.

NB : à noter qu’une rencontre avait déjà eu lieu entre Stepanescu et les autorités du Somaliland à la fin du mois de février. Lire : Dernières nouvelles des missions/opérations PSDC (mars 2018)

Kiev (Ukraine). Des livrets anti-corruption

EUAM Ukraine a réalisé des brochures sur le thème de l’anti-corruption à destination de la police nationale ukrainienne, apprend-on du QG de la mission de conseil basée à Kiev. Ces livrets devraient permettre « de définir ce qu’est la corruption et comment la signaler » selon EUAM Ukraine. Pour Peter Staidl, conseiller principal de la mission sur la lutte contre la corruption, l’objectif de ce document est double : le premier est de « s’assurer que les officiers de police honnêtes peuvent signaler la corruption » et ne commettent pas d’erreurs eux-mêmes. Le second objectif de la brochure est davantage symbolique puisqu’il vise a faire passer « un message clair que la corruption ne sera pas tolérée » et que « la police nationale d’Ukraine est sérieuse dans la lutte contre la corruption. ». Ce sont ainsi près de 50.000 fascicules qui ont été distribués à la police ukrainienne mardi 20 mars. Commentaire : la lutte contre la corruption vient de franchir un grand pas…

Ramallah (Palestine). Renforcer la police de quartier

La police palestinienne, avec le soutien de la mission civile de formation de l’UE à la police palestinienne (EUPOL COPPS), a renforcé ses services de police communautaire. En un mot : la police de quartier. Ce renforcement se fait via deux actions : la création d’une unité de coordination et l’élaboration d’une stratégie. Un atelier de deux jours a ainsi été organisé à la mi-mars pour mettre en place ce concept stratégique. Une équipe de terrain sera « responsable de la planification, de la conduite et de la coordination de la formation sur la police communautaire ». Selon Veijo Alavaikko, conseiller de la mission européenne, « il ne devrait pas y avoir de différence entre le concept stratégique et la manière dont les policiers de première ligne se comportent et servent le peuple palestinien ». (Communiqué)

Zagreb (Croatie). Formation aux opérations maritimes

L’agence européenne Frontex a organisé le 23 mars sa première formation d’agents de soutien pour les équipes européennes de garde-frontières et de garde-côtes à Zagreb, en Croatie. Y participaient onze États membres de l’UE. Objectif : « faire en sorte que les opérations maritimes Frontex se déroulent en douceur et en toute sécurité ». Un cours similaire avait été organisé il y a un an, le 3 mars 2017, également à Zagreb, afin de renforcer les connaissances des gardes-frontières sur « la gestion des frontières dans le contexte européen ». A l’époque, 13 États membres avaient participé à la formation selon Frontex.

(Informations rassemblées par Claire Boutry)

http://www.bruxelles2.eu/2018/03/31/dernieres-nouvelles-des-missions-psdc-mars-2018-2/

Le président palestinien Mahmoud Abbas traite l’ambassadeur américain en Israël de “fils de chien”

Le président palestinien Mahmoud Abbas traite l’ambassadeur américain en Israël de “fils de chien”

Publié par wikistrike.com sur 20 Mars 2018, 09:14am

Catégories : #Politique internationale

Le président palestinien Mahmoud Abbas traite l’ambassadeur américain en Israël de “fils de chien”

e président palestinien Mahmoud Abbas a qualifié lundi de « fils de chien » l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, dans un contexte de vives tensions entre la direction palestinienne et l’administration Trump.

M. Abbas a porté cette violente charge contre M. Friedman alors que l’administration Trump est supposée présenter prochainement son plan de paix pour les Palestiniens.

Après plusieurs décisions montrant selon eux le parti pris ouvertement pro-israélien de l’administration Trump, les Palestiniens ont fait savoir que les Etats-Unis étaient disqualifiés dans le rôle de médiateurs. L’état des relations entre Américains et Palestiniens suscitent des interrogations sur la possibilité que le plan soit mort-né.
« L’ambassadeur américain à Tel-Aviv est un colon et un fils de chien », a dit M. Abbas dans un discours à Ramallah dénonçant la politique américaine face au conflit israélo-palestinien.
David Friedman est au sein de l’administration Trump une figure honnie par la direction palestinienne.

Autrefois avocat de Donald Trump, M. Friedman a pris ses fonctions en mai 2017 précédé par ses positions controversées en faveur de la colonisation.
Il est aussi un ardent défenseur de la reconnaissance de Jérusalem comme la capitale d’Israël et du transfert, à ce titre, de l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le président Trump a ulcéré les Palestiniens le 6 décembre en annonçant la reconnaissance et le transfert, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international. Les Palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est pour capitale de l’Etat auquel ils aspirent, ont depuis gelé les contacts avec les officiels américains.
M. Friedman devrait devenir en mai le premier ambassadeur américain à siéger à Jérusalem quand les Etats-Unis y inaugureront leur ambassade.

M. Friedman, juif observant, a suggéré que les propos de M. Abbas étaient suspects d’antisémitisme.
Lors d’une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem, M. Friedman a indiqué avoir pointé du doigt ces jours derniers l’absence de condamnation par l’Autorité palestinienne du meurtre de trois Israéliens par des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupés.
La réponse de M. Abbas « a consisté à me traiter de fils de chien. Est-ce de l’antisémitisme ou du débat politique? Je vous laisse juges », a dit M. Friedman selon les services de l’ambassade.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui aussi dénoncé les propos du président Abbas. « Pour la première fois depuis des dizaines d’années, l’administration américaine cesse de cajoler les dirigeants palestiniens et leur dit ++cela suffi++. Apparemment le choc de la vérité leur fait perdre l’esprit », a affirmé M. Netanyahu sur son compte Twitter.

Depuis sa prise de fonctions, M. Friedman a ulcéré à plusieurs reprises les Palestiniens et régalé les colons, par exemple en parlant de « prétendue occupation » des Territoires ou en déclarant qu’Israël occupait « seulement 2% de la Cisjordanie ».

Au cours du même discours, M. Abbas a accusé le Hamas d’être directement impliqué dans l’attentat à la bombe de la semaine dernière contre le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah, et a annoncé de futures sanctions contre le mouvement islamiste.

Le convoi de Rami Hamdallah avait été la cible d’un attentat à la bombe le 13 mars lors d’une rare visite dans la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas. Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne s’en était sorti indemne.

Le Hamas est « derrière l’attentat », a dit M. Abbas. Si l’attentat avait réussi, il aurait « ouvert la voie à une guerre civile sanglante » entre organisations palestiniennes, a-t-il ajouté. L’Autorité qu’il dirige va prendre des « mesures nationales, légales et financières » en réponse, a-t-il affirmé.

L’Autorité, reconnue internationalement et censée préfigurer un Etat palestinien indépendant, a été évincée de force de la bande de Gaza en 2007 par le Hamas, ennemi d’Israël et infréquentable pour une partie de la communauté internationale. Une décennie de querelles désastreuses a ensuite opposé les organisations palestiniennes.

L’Autorité n’exerce plus ses prérogatives limitées que sur des fragments de Cisjordanie, occupée par Israël. Le Hamas a accepté en octobre de rétrocéder à l’Autorité le pouvoir à Gaza, au moins civil. Mais le processus de réconciliation est à nouveau à l’agonie.

Photo: Le président palestinien Mahmoud Abbas au Conseil de sécurité de l’ONU, le 20 février 2018 à New York (afp)

source:https://assawra.blogspot.fr/2018/03/le-president-palestinien-traite.htm

http://www.wikistrike.com/2018/03/le-president-palestinien-mahmoud-abbas-traite-l-ambassadeur-americain-en-israel-de-fils-de-chien.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

Le chef du gouvernement palestinien visé par un attentat à la bombe

Le chef du gouvernement palestinien visé par un attentat à la bombe

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le 13.03.18 | 11h56 Réagissez

 
	Le chef du gouvernement palestinien Rami Hamdallah &eacute;tait en visite &agrave; Ghaza.

zoom | © DR

Le chef du gouvernement palestinien Rami Hamdallah était en visite à Ghaza.

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Le chef du gouvernement palestinien Rami Hamdallah et le chef du service des renseignements généraux,  le colonel  Majed Faredj, ont échappé mardi à un attentat à la bombe qui a visé leur convoi à Bit Hanoune, dans la bande de Ghaza.

L’explosion, qui a atteint les deux derniers véhicules du convoi, a fait sept blessés, a indiqué l’agence de presse palestinienne Wafa en précisant que les assaillant ont tiré des coups de feu sur le convoi juste après la déflagration».
La Présidence palestinienne a indiqué dans un communiqué que «  les auteurs de cette attaque servent les intérêts d’Israël  qui profite des dissensions entre les Palestiniens », rapporte Wafa.
Il est à rappeler que la bande de Ghaza est contrôlée par le mouvement Hamas.
Elwatan.com

http://www.elwatan.com/international/le-chef-du-gouvernement-palestinien-vise-par-un-attentat-a-la-bombe-13-03-2018-364323_112.php

Proposition de résolution sur le statut de Jérusalem (veto des États-Unis)

Proposition de résolution sur le statut de Jérusalem (veto des États-Unis)

| New York (États-Unis)

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Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions sur la question, notamment les résolutions 242 (1967), 252 (1968), 267 (1969), 298 (1971), 338 (1973), 446 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980) et 2334 (2016),

Guidé par les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et rappelant notamment que l’acquisition de territoire par la force est inadmissible,

Gardant à l’esprit le statut de la Ville sainte de Jérusalem et en particulier le fait qu’il faut protéger et préserver les particularités spirituelles, religieuses et culturelles de la ville, comme le prévoient les résolutions des organes de l’Organisation des Nations Unies,

Soulignant que Jérusalem est une question qui relève du statut final et qui doit être réglée par la voie de la négociation, comme le prévoient les résolutions des organes de l’Organisation des Nations Unies,

Déplorant au plus haut point les récentes décisions relatives au statut de Jérusalem,

1. Affirme que toute décision ou action qui visent à modifier le caractère, le statut ou la composition démographique de la Ville sainte de Jérusalem n’ont aucun effet juridique, sont nulles et non avenues et doivent être rapportées en application de ses résolutions sur la question et à cet égard demande à tous les États de s’abstenir d’établir des missions diplomatiques dans la Ville sainte de Jérusalem, en application de sa résolution 478 (1980) ;

2. Exige que tous les États respectent ses résolutions concernant la Ville sainte de Jérusalem et s’abstiennent de reconnaître les actions et les mesures qui y sont contraires ;

3. Appelle à nouveau à inverser les tendances négatives sur le terrain qui mettent en péril la solution des deux États et à intensifier et accélérer les efforts entrepris et l’appui apporté aux niveaux international et régional en vue de parvenir sans tarder à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base des résolutions pertinentes des organes de l’Organisation des Nations Unies, du mandat de la conférence de Madrid, y compris le principe de l’échange de territoires contre la paix, de l’Initiative de paix arabe et de la Feuille de route du Quatuor, et de mettre fin à l’occupation israélienne qui a commencé en 1967 ;

4. Décide de rester saisi de la question.

http://www.voltairenet.org/article199117.html