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« La résistance palestinienne » – 3 questions à Bernard Ravenel, par Pascal Boniface

Source : Blog Mediapart, Pascal Boniface, 07-11-2017

Bernard Ravenel, agrégé d’histoire, fut responsable des relations internationales du PSU. Ancien président de l’AFPS (2001-2009) et de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine (2001-2011), il répond à mes questions à l’occasion de la parution de l’ouvrage : « La résistance palestinienne : des armes à la non-violence », aux éditions L’Harmattan.

Pourquoi, selon vous, le succès de la première Intifada tient-il à son caractère à 95% non violent ?

En 1987, l’Intifada a éclaté au sein d’un contexte caractérisé par un climat de désobéissance civile. En effet, la société civile palestinienne (syndicats, mouvements étudiants, organisations de femmes, etc.) s’est organisée à travers la création de multiples associations et d’organisations non gouvernementales. Considérant comme impossible toute résistance armée dans les territoires occupés, les organisations politiques membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), en particulier l’influent Parti communiste jordano-palestinien, ont fondé ce réseau associatif de masse, guidé par un double objectif : prendre en charge les secteurs vitaux négligés par les autorités israéliennes (hôpitaux, agriculture) d’un côté, et développer la conscience nationale pour une mobilisation politique de masse contre l’occupation de l’autre côté. Toujours en 1987, la société palestinienne, soumise à une occupation qui couvre une accélération de la colonisation après l’arrivée de Sharon en 1979 comme ministre de l’Agriculture, connaît une effervescence grandissante. La tendance principale est alors l’affirmation d’un processus d’autonomie de vie face à l’occupant, ce qui suppose de désobéir à ses injonctions et à ses contraintes. Il faut enfin prendre en compte la grande défiance dans le processus politico-diplomatique du moment. Il suffira alors d’un grave incident meurtrier (mort de quatre ouvriers palestiniens causée par un chauffeur de camion israélien à Gaza) pour qu’éclate le soulèvement, qui se diffusera rapidement sur l’ensemble des territoires occupés.

Quelques jours après, la direction extérieure de l’OLP à Tunis et son stratège, Abou Djihad, demande et ordonne que ne soit utilisée aucune arme à feu. Cette décision, historique, fut respectée intégralement pendant de nombreux mois, démontrant ainsi l’incontestable légitimité populaire de la centrale palestinienne. À partir de ce moment, se développe une insurrection civile sans précédent dans le monde arabe.

La véritable surprise a été sa nature durablement non violente. Certains ont voulu contester cette qualification en insistant sur la violence que constitue l’usage de la pierre comme moyen de résistance : ils parlèrent ainsi de « guerre des pierres ». En réalité, la fonction des « lanceurs de pierres » a été de jouer, en accord explicite avec le « mouvement », le rôle d’avant-poste du territoire de leur communauté. Bien que constituant un certain niveau de violence – ciblant essentiellement les véhicules blindés israéliens – elle se situe à l’intérieur de la stratégie de résistance populaire non violente, contrainte à déployer et à maîtriser une certaine dose de violence, mais ne visant jamais à tuer. Mais, surtout, il faut considérer comment le recours aux pierres, mais non aux armes à feu, a démontré aux yeux du monde, et en particulier aux citoyens israéliens, que la « menace » palestinienne venue de l’Intifada ne mettait pas en cause, même symboliquement, l’existence physique ou la « sécurité » d’Israël, au nom de laquelle il justifiait ses guerres. La menace potentielle vise l’occupant israélien, mais non le territoire israélien au sein des frontières de 1949.

En dernière analyse, le fait majeur de l’Intifada est d’ordre stratégique : la puissance destructrice de la machine de guerre israélienne a été en bonne partie neutralisée face à une population entièrement désarmée. Elle n’a pas réussi à écraser l’Intifada. Tel est le sens profond de la défaite militaire d’Israël et de la victoire politique des Palestiniens.

Vous expliquez qu’Israël avait pour objectif la militarisation de la seconde Intifada. Pouvez-vous développer ?

Il ne faut jamais oublier qu’Israël est déterminé à se vouloir victime. Les Palestiniens n’eurent jamais les moyens de constituer une menace militaire. Mais, pour le pouvoir israélien, le fait de se trouver face à une « force » armée, fût-elle fictive, confère sa légitimité à la stratégie militaire d’occupation et de colonisation. Face à cette nouvelle insurrection qu’est la seconde Intifada, la stratégie israélienne est claire : éviter à tout prix le renouvellement d’une Intifada du type de la première, restée longtemps non armée et dont la tentative de répression militaire avait été délégitimée par l’opinion internationale, permettant ainsi une victoire politique palestinienne. D’où la décision de militariser le conflit en provoquant une réaction armée des Palestiniens, afin de se voir reconnu le droit d’employer les armes, y compris les plus lourdes (chars, hélicoptères). Ce qui s’est d’ailleurs effectivement produit.

Vous expliquez également que le mouvement palestinien a pris conscience qu’un principe essentiel était de se battre sur un autre terrain que celui choisi par l’adversaire. Pourquoi ?

C’est précisément à partir de la pratique de la non-violence, c’est-à-dire en passant explicitement de la violence armée à la non-violence, que les Palestiniens ont compris que les Israéliens avaient perdu un pouvoir essentiel : celui de se présenter devant l’opinion publique internationale comme victime des armes palestiniennes. De fait, l’état de victime du pacifisme ou de la non-violence est peu glorieux. Les Israéliens ont alors inventé le terme de « terrorisme pacifiste » pour être plus crédibles et justifier leur violence armée contre une population désarmée…mais sans réussir.

En réalité, le terrain de la non-violence choisi par les Palestiniens, largement médiatisé, qui a rendu simultanément visibles l’image de la non-violence palestinienne et celle de la violence israélienne, a abouti à une chute sans précédent de la légitimité de la violence israélienne. Elle a ruiné la totalité des efforts du système médiatique israélien visant à légitimer l’usage de l’extrême violence, ou de la riposte « disproportionnée ». D’où, aujourd’hui, la volonté des autorités israéliennes de mettre en place une stratégie de communication, où le poids des mots et des photos peut pencher en leur faveur : c’est l’actuel objet de la bataille médiatique et sémantique pour assimiler toute résistance palestinienne, en particulier celle non violente, au terrorisme et à l’antisémitisme.

Dans ce monde où règne la communication télévisée en temps réel, la transmission de la résistance non violente est devenue un enjeu majeur pour l’image de la lutte palestinienne, mais aussi pour le pouvoir israélien très soucieux de présenter les Palestiniens comme l’ennemi terroriste, et de se présenter comme potentielle victime d’une menace permanente des Arabes.

Source : Blog Mediapart, Pascal Boniface, 07-11-2017

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Centenaire Balfour : La Palestine cent ans après, par René Naba

Source : Madaniya, René Naba, 27-11-2017

Texte publié en partenariat avec Golias http://www.golias-editions.fr/http://golias-news.fr/.

« Si j’étais un dirigeant arabe, je ne signerai jamais un accord avec Israël. C’est normal : Nous avons pris leur pays. Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : Nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?»

David Ben Gourion, premier chef du gouvernement israélien, le 18 juillet 1948, dans les semaines qui suivirent la déclaration unilatérale d’indépendance de l’État Hébreu.

LA PERMANENCE DU GÉOTROPISME OCCIDENTAL OU LE COMPLEXE DE GIBRALTAR

Il serait fastidieux et vain de dresser une chronologie de l’Histoire de la Palestine, c’est-à-dire le récit linéaire des événements tels qu’ils se sont produits depuis la promesse Balfour jusqu’à nos jours, plus exactement depuis la promesse de création d’un Foyer National Juif en Palestine, jusqu’à la prolifération et la consolidation de bantoustans sous occupation israélienne, autour des grandes agglomérations urbaines palestiniennes, Ramallah, Bethléem, Naplouse, Hébron et Djénine.

Des Bantoustans, en guise de Foyer National Palestinien, ayant vocation à constituer le futur état palestinien que les pays occidentaux veulent ériger en guise de solde de tout compte d’un conflit centenaire et dont la responsabilité première incombe exclusivement aux pays occidentaux.

Pas une histoire totale donc, mais une histoire problématisée, c’est-à-dire une histoire qui essaye d’expliquer les raisons de ces événements. Il incombe, pour ce faire, de procéder à un décryptage de l’histoire récente ou plutôt à la déconstruction des mythes fondateurs de la stratégie occidentale à l’égard de la rive méridionale de la Méditerranée, sa rive arabo-musulmane.

LA THÉORIE DU VACUUM, « LE RES NULLUS »

L’Europe, qui a longtemps symbolisé l’Occident, n’a jamais pardonné aux Arabes non seulement la conquête de la rive méridionale de la Méditerranée mais aussi la rive africaine de l’Océan Atlantique. A une époque où la navigation maritime constituait la principale voie de ravitaillement des Métropoles, la présence de l’Islam sur les rives africaines de l’Atlantique a été perçue par l’Europe une menace stratégique sur la navigation transocéanique occidentale, celle reliant l’Europe à l’Amérique Latine (via Dakar).

Au delà de la conquête de marchés captifs et des réserves de matières premières, la colonisation de la Méditerranée a répondu au souci de neutraliser cette menace potentielle ou virtuelle. Cela quand bien même nulle poussée arabe n’a été enregistrée en direction de l’Europe depuis près de quatre siècles, soit pour les Arabes, depuis la perte de Grenade en 1492 et la restauration de la souveraineté catholique sur l’Espagne. Nulle poussée musulmane, non plus, depuis le retrait des troupes musulmanes de l’Empire ottoman des portes de Vienne, le 13 avril 1683. Sous couvert d’une motivation religieuse (la libération du tombeau du Christ à Jérusalem), les Croisades répondaient à cette préoccupation. La colonisation aussi.

Les grands principes universels découlent rarement de considérations altruistes. Elles répondent davantage à des impératifs matériels. Du temps des Croisades, le mot d’ordre mis en avant était la « libération du tombeau du Christ ». Le sac de Constantinople constituera, à cet égard, selon l’historien Jacques Le Goff, une des pages honteuses de l’histoire de l’Occident.

Du temps de la colonisation, ce sera « le fardeau de l’homme blanc » et son double corollaire économique, -la liberté de navigation et la liberté du commerce et de l’industrie-, c’est-à-dire la liberté pour l’Europe de façonner à son image les territoires conquis, d’asservir les peuples, et sous prétexte de civilisation et de modernité, de coloniser leurs territoires pour son expansion économique.

Le promontoire de Gibraltar qui contrôle la jonction Mer Méditerranée-Océan Atlantique est bien revenu sous souveraineté européenne, en fait anglaise, mais les Occidentaux ne se sont jamais libérés du complexe de Gibraltar. Gibraltar (Jabal Tareq), qui tire son nom du conquérant arabe Tarek Ben Ziad continue de retentir dans le subconscient occidental comme un camouflet stratégique majeur.

Toutes les voies de communications maritimes de l’espace arabe sont ainsi depuis quatre siècles sous contrôle occidental. Gibraltar pour la jonction Méditerranée-Océan atlantique, l’île de Massirah, -dans le sultanat d’Oman, qui contrôle le détroit de Bab et Mandeb-, pour la jonction Golfe arabo-persique/Océan indien, enfin Chypre, ou plutôt les bases d’Akrotiri et de Dekhélia pour la jonction Méditerranée- Golfe-Océan indien, via le Canal de Suez.

Les deux bases de souveraineté anglaise de Chypre ont été aménagées en base anglaise de repli après la perte du Canal de Suez, auparavant sous condominium franco-anglais. La nationalisation de la voie d’eau, en 1956 par Nasser a d’ailleurs donné lieu à une expédition punitive franco-anglo-israélienne, première opération militaire conjointe israélo-occidentale contre le Monde arabe destinée à châtier un dirigeant nationaliste arabe, Gamal Abdel Nasser, coupable d’avoir cherché à récupérer sa principale richesse nationale, le Canal de Suez.

D’autres expéditions punitives ont eu lieu depuis Suez. Les guerres croisées des États-Unis en Irak pour le compte d’Israël, depuis 2003, la guerre d’Israël au Liban contre le Hezbollah pour le compte de l’Amérique, en 2006, constituent de parfaites illustrations de l’intrication d’Israël dans la stratégie occidentale.

DE LA VACUITÉ GÉOGRAPHIQUE : UN PEUPLE SANS TERRE POUR UNE TERRE SANS PEUPLE

Le Foyer National Juif s’est déployé en Palestine, précisément, et non à Madagascar ou en Argentine comme cela était prévu dans le projet originel pour l’évidente raison que la mise en place de cette entité occidentale au cœur du Monde arabe répondait avant tout à un géotropisme permanent des puissances coloniales :

Le verrouillage de l’espace arabe au prétexte de la liberté de navigation et de la sécurité de la route des Indes : Gibraltar, le Canal de Suez, l’île de Massirah, la côte des pirates auront ainsi tout au long de l’histoire moderne constitué autant de jalons de l’expansion européenne, autant de places fortes de garnison et de vigiles de l’Empire britannique.

L’implantation du Foyer National Juif en Palestine a été précédée de la conquête de l’Algérie, en 1830, du protectorat de la France sur la Tunisie, en 1881, du protectorat anglais en Égypte, en 1882. Elle est concomitante du Mandat français sur la Syrie et le Liban, en 1920 et du Mandat anglais sur l’Irak et la Palestine.

Soixante dix ans après l’indépendance des pays arabes, au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, la présence militaire occidentale est plus forte qu’à l’époque coloniale.
L’ensemble arabo-musulman est ainsi enserré dans un maillage, sans doute l’un des plus denses au monde. Qu’on en juge : le Qatar abrite la base du centcom, la plus importante base américaine du tiers monde dont la zone de compétence s’étend de l’Afghanistan au Maroc et le Bahreïn le QG de la V me flotte américaine opérant dans la zone Golfe-Océan indien.
Zone de pré positionnement des troupes américaines dans le golfe, le Koweït sert de base arrière pour le ravitaillement stratégique des troupes combattantes américaines dans la zone.

L’Arabie saoudite abrite sur la base du prince sultan, -dont la superficie excède la superficie de Paris, les avions radars Awacs-, et le Maroc, la base aérienne de Kénitra pour la surveillance aérienne depuis la rive arabe du passage de Gibraltar. Enfin le Sultanat d’Oman, sur l’île de Massirah relevant de sa souveraineté, une base aéronavale anglaise verrouille la jonction Océan Indien-Golfe arabo-persique.

Au passage, relevons que la quasi-totalité des monarchies arabes se trouvent en situation de subordination ou, pour être charitable, de « servitude volontaire » vis-à-vis des puissances occidentales. L’importance de l’implantation du Foyer National Juif en Palestine apparaît rétrospectivement ainsi comme un élément du maillage.

Le choix de la Palestine s’est fait en vertu du principe de la vacuité géographique. L’habillage idéologique à cette entreprise de prédation se résumait par ce slogan « Un peuple sans terre pour une terre sans peuple». Un slogan mystificateur car il revenait à nier l’existence d’une population dont les ancêtres s’étaient frottés victorieusement aux Croisés, en Palestine.

Nier l’existence d’une civilisation, marquée par une économie agricole réputée pour son huile, ses vins, le vin de Latroun, ses agrumes, les oranges de Jaffa célèbres dans l’ensemble de la Méditerranée, bien avant la fertilisation du désert par les vaillants Kibboutznik, autre mystification de la légende sioniste.

LES DIVERSES DÉCLINAISONS DE LA NOTION DE VACUITÉ

La notion de vacuité s’est depuis lors déclinée dans toutes ses variantes. De la vacuité géographique nous sommes ainsi passés à la vacuité culturelle puis à la vacuité politique.
-La vacuité culturelle : La Palestine a été décrétée en situation de vacuité par application de la théorie de Metternich « le Res Nullus » , tout simplement parce qu’elle a eu la mauvaise idée de se situer du mauvais côté de la frontière et de l’imperium européen :
« En dehors des frontières de la civilisation, il était loisible d’insérer librement, au milieu des populations plus ou moins arriérées -et non contre elles- des colonies européennes qui ne pouvaient être que des pôles de développement», expliquera benoîtement le chancelier autrichien.
Autrement dit, la Palestine n’était pas un territoire vide démographiquement, mais culturellement, vide d’une sorte de vacuité culturelle, car ne répondant pas au standard européen. Près de cent ans plus tard, l’Irak était, à son tour, frappé de « vacuité politique », qu’il importait de lui appliquer la démocratie américaine, avec les déplorables conséquences que l’on constate quotidiennement sur le terrain.

LA VACUITÉ POLITIQUE OU LA NÉGATION DE L’IDENTITÉ PALESTINIENNE

La théorie de la vacuité palestinienne s’applique d’ailleurs d’une manière discontinue depuis 1948 sur le plan politique.

L’absence de progrès dans la recherche de la paix a toujours été imputée à l’absence de volonté de paix chez les Arabes, ce qui a été vrai un certain temps, mais qui n’est plus vrai depuis 1982 (adoption du plan de Fès-Maroc), et surtout à l’absence d’interlocuteurs palestiniens, ce qui n’a jamais été vrai.

Des « animaux à quatre pattes », selon l’expression de l’ancien premier ministre Golda Meir, aux « cafards » d’Avigdor Liberman, le chef de file de la droite radicale, les Palestiniens ont rarement été identifiés pour eux mêmes, pour ce qu’ils sont, des Palestiniens, les habitants originels de la Palestine.
Quand ils n’étaient pas qualifiés de « terroristes », ils ont été tour à tour, arabes israéliens ou habitants des territoires (lesquels ?) ou alors, selon leur appartenance communautaire ou ethnique (druzes, bédouins) jamais arabes palestiniens ou tout simplement palestiniens.

La négation de l’identité palestinienne a trouvé son illustration la plus achevée avec la mise en résidence forcée de Yasser Arafat, Président démocratiquement élu de la Palestine et Prix Nobel de la Paix, par le dirigeant israélien le plus controversé pour ses pratiques terroristes, le premier ministre Ariel Sharon avec la complicité des pays occidentaux. En revanche, les tortuosités israéliennes relèvent elles du registre de la générosité.

Tout le monde se souvient des « offres généreuses » d’Ehoud Barak, le prédécesseur de Sharon, lors des négociations israélo-palestiniennes de Way Plantation sous l’égide du président Bill Clinton.
La mystification des « offres généreuses » n’a pas tenu longtemps car elle a été vite dénoncée par des journalistes israéliens eux-mêmes, puisqu’elles consistaient à obtenir de Yasser Arafat une reddition sans condition tant sur le statut futur de Jérusalem que sur le statut des réfugiés palestiniens, que sur leur Droit au retour).

La promesse Balfour est en fait une promesse faite, le 2 novembre 1917, par le ministre anglais des Affaires étrangères Arthur James Balfour à Lord Walter Rothschild d’aménager un « Foyer National Juif en Palestine».
Arthur Koestler, un écrivain nullement suspecté d’antisémitisme, en tirera un accablant constat qui se passe de commentaires : « Pour la première fois dans l’histoire, écrira cet auteur hongrois anticommuniste philo sioniste, « une nation promet solennellement à une autre (nation en gestation) le territoire d’une troisième nation».
Une fraction de la Palestine est promise aux Juifs non pour les dédommager des atrocités commises à leur égard par les Palestiniens ou les Arabes, mais en compensation des persécutions qu’ils ont eu à subir en Europe. En somme, comme cela se dit vulgairement, c’est à dire dans le langage populaire, « on les dédommage sur le dos de la bête».

Plus cruellement, l’Occident chrétien a pensé purger son passif avec le judaïsme et lui témoigner sa solidarité expiatoire en créant l’état d’Israël en vue de normaliser la condition juive diasporique dans des composantes nationales claires (Abraham B. Yehoshua).

Mais il a dans le même temps transmuté son contentieux bimillénaire avec une religion longtemps considérée comme « déicide » en un conflit israélo-arabe et un conflit islamo-judaique, en négation avec la symbiose andalouse. Ce faisant, l’Occident a transféré en terre arabe les problèmes lancinants de l’antisémitisme récurrent des sociétés occidentales.

L’histoire du Monde arabe contemporain demeurera incompréhensible à quiconque ne prendra en considération la blessure originelle représentée par l’implantation de l’état d’Israël en Palestine tant il est vrai que de toutes les grandes dates qui jalonnent l’Histoire des Arabes, la date du 15 Mai 1948, est sans doute la plus traumatique.

LA RUPTURE DU CONTINUUM STRATÉGIQUE DU MONDE ARABE

Au-delà des considérations bibliques, la création d’une entité occidentale au cœur du Monde arabe à l’intersection de sa rive asiatique et de sa rive africaine, scellait la rupture définitive de la continuité territoriale de l’espace national arabe, la rupture du point d’articulation entre la voie continentale et la voie maritime de la « Route des Indes », la voie marchande des caravanes reliant le couloir syro-palestinien à son prolongement égyptien, une rupture stratégique du continuum au point de confluence des voies d’eau arabes (le Jourdain, le Yarmouk, le Hasbani et le Zahrani) et de ses gisements pétroliers, source de sa richesse, de son décollage économique et de sa puissance future.

Un choc à tous égards traumatique. Il sera vécu à juste titre comme tel, comme une amputation du patrimoine national, une spoliation de l’identité arabe. Il conditionnera durablement la relation du Monde arabe et de l’Occident à l’époque contemporaine et explique une large part de sa nature conflictuelle, de ses dérives successives, de ses déflagrations répétitives, et, enfin dernière et non la moindre des conséquences, l’aversion révulsive et la méfiance instinctive que continue de nourrir le camp arabe face à toute initiative occidentale.

DÉCOUPLAGE GOLFE MÉDITERRANÉE : LA PAIX COMME APPÂT À LA CAUTION ARABE D’UNE POLITIQUE BELLICISTE OCCIDENTALE

Au delà de la théorie du vacuum, la stratégie occidentale a toujours cherché à opérer un double découplage :

  • Découpler la zone du golfe de la zone méditerranéenne du monde arabe, c’est-à-dire la zone d’abondance repue et docile de la zone de pénurie, découpler sa chasse gardée pétrolière de la turbulence de la démographie frondeuse de la Méditerranée.
  • Découpler les problèmes du golfe arabo-persique du conflit israélo-arabe, utilisant le règlement de la question palestinienne comme un appât pour obtenir une caution arabe à sa politique belliciste à l’égard du monde arabe, quand bien même elle a, elle-même, pris l’initiative de subordonner le règlement du problème palestinien au règlement des problèmes plus généraux du Moyen-Orient.
  • La conférence de Madrid, en 1991, s’est tenue, en novembre-décembre 1990, dans la foulée de la première guerre contre l’Irak. Une belle parade diplomatique sans lendemain. La première percée significative sur la voie de règlement du conflit israélo-palestinien a eu lieu avec les accords d’Oslo, en 1993.

Elle a pu se produire car elle a été opérée, en catimini, entre Israéliens et Palestiniens, à l’insu des impératifs de la diplomatie américaine, non par un élan de générosité israélienne à l’égard des Palestiniens mais pour la simple raison que le premier ministre israélien de l’époque Yitzhak Rabin était parvenu à la conclusion, au terme de la première Intifada, que ce conflit de basse intensité, saignait l’économie israélienne en une lente hémorragie, altérait l’image d’Israël, alors que l’occupation pervertissait la moralité de la jeunesse israélien.

Les accords d’Oslo prévoyaient la constitution d’un État palestinien dans un délai de cinq ans. La feuille de route de George Bush, lancée en 2003 dans la foulée de l’invasion américaine de l’Irak, prévoyait, elle aussi, l’édification d’un État palestinien dans un délai de cinq ans, c’est-à-dire en 2008. Le dernier forcing de Condoleeza Rice au Moyen-Orient, trois voyages au premier trimestre 2007, vise à soulager la pression anti-américaine sur l’Irak.

LE PÉRIL CHIITE : L’OBJECTIF DE DIVERSION DE LA DIPLOMATIE OCCIDENTALE

Entre temps, la diplomatie occidentale s’est fixée un objectif de diversion :

  • Combattre le péril chiite, suscité par les Américains en décapitant les deux adversaires idéologiques -et sunnites- de l’Iran chiite révolutionnaire, les Talibans, en Afghanistan, en 2001, et l’Irak baasiste et laïc de Saddam Hussein, en 2003.
  • Combattre la menace nucléaire iranienne suscitée par la prépondérance militaire israélienne et son hégémonie régionale du fait de sa possession de l’arme atomique et son refus de se soumettre aux contrôles prévus par le Droit International quand bien même l’Iran est devenue une puissance régionale redoutée non pas tant sous l’effet d’une politique volontariste, mais par effet d’aubaine consécutive à la politique erratique américaine.

L’Islam sunnite, sous l’égide du président égyptien, Gamal Abdel Nasser, puis de Yasser Arafat, chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, a été diabolisé lorsqu’il s’est identifié au combat nationaliste arabe pour la restauration des Droits Nationaux Palestiniens. Nasser comme Arafat ont été traités d’ « Hitler » par les médias israéliens et leurs alliés occidentaux, alors que les Chiites sous l’autorité du Chah d’Iran étaient cités en modèle de modernité et d’intégration occidentale.

Alors que l’équation se retourne, les dirigeants arabes sunnites, affidés de l’Occident, se voient gratifiés d’un vocable qui se veut flatteur « l’axe de la modération », quand bien même figurent au sein de cette alliance certains des dirigeants les plus rétrogrades de la planète.

C’est Israël qui a introduit la course aux armements atomiques au Moyen Orient et cela depuis cinquante ans et c’est l’Iran qui constitue l’unique danger nucléaire de la zone.
Ce sont quinze Saoudiens qui participent aux attentats aériens du 11 septembre 2001 contre des objectifs américains et c’est l’Irak baasiste et laïc qui est soupçonnée de connivence avec l’organisation fondamentaliste sunnite Al Qaida, quand bien même il est de notoriété publique que l’ordonnateur des attentats du 11 septembre 2001 est le poulain commun des Saoudiens et Américains, Oussama Ben Laden.

Cette drôle de logique illustre le discours disjonctif occidental à l’égard du monde arabo-musulman, une logique variable en fonction des intérêts des occidentaux. Un discours qui explique largement les déboires occidentaux en terre arabe.

Au passage signalons, qu’Israël est le seul état du Monde à vouloir désigner au préalable ses interlocuteurs, en délimitant au préalable l’ordre du jour, en anticipant, au préalable, ses propres résultats, sans que cette morgue ne suscite la moindre critique dans les cercles dirigeants occidentaux, plongés dans une sorte de léthargie amnésique pour tout ce qui concerne le problème palestinien.

Au delà de la diversité des composantes de la fédération américaine, l’Amérique s’est dotée par la force d’un état fédéral de cinquante états -« les États-Unis d’Amérique »- et cherche à s’adjoindre le Canada et le Mexique au sein de l’ALENA, l’Europe, à son tour, s’applique à édifier une Union Européenne de 27 membres, mais tant l’Amérique que l’Europe veillent à maintenir le monde arabe dans un état de balkanisation.

Le bloc atlantiste répugne à la constitution d’un ensemble arabe au nom du particularisme des diverses composantes du Monde arabe (sunnites, chiites, druzes et alaouites, kurdes et arabes, chrétiens et musulmans, Machreq et Maghreb, arabes, kabyles), alors que cet ensemble de près de 400 millions de personnes représente davantage de similitude culturelle et linguistique qu’un plombier polonais et un pécheur maltais ou qu’un résident de l’État huppé du Massachusetts et un texan de San Antonio, ou encore qu’un basque et un breton.

Les Occidentaux s’acharnent ainsi à vouloir appliquer vigoureusement la légalité internationale au Monde arabe, tout en s’exonérant de cette obligation envers Israël, un état « hors la loi », sur le plan international, du fait de son propre comportement, détenteur d’un record mondial absolu des résolutions de l’ONU non respectées par l’État hébreu. Pas moins d’une quarantaine.

Pour aller plus loin sur ce sujet

La liste des résolutions de l’ONU non respectées par Israël http://www.monde-diplomatique.fr/2009/02/A/16775

L’Amérique veut imposer par la force la démocratie dans le Monde arabe, mais n’en tire pas toutes les conséquences lorsque les résultats d’un scrutin démocratique lui sont défavorables.
Elle récuse le Hamas au prétexte qu’il ne reconnaît pas Israël, mais ne souffle mot ni des assassinats extrajudiciaires des dirigeants palestiniens (160 en quatre ans), illégaux au regard du Droit international, ni de l’annexion rampante de la Cisjordanie et du Golan syrien, ou de la judaïsation de Jérusalem, ou enfin du blocus quasi permanent aux populations palestiniennes sous occupation israélienne

RAPPEL À L’ORDRE DES CIRCONVOLUTIONS DES DIVERS PLANS DE PAIX

Le « Plan de partage » des Nations unies aux Palestiniens proposait 47% des 100% du territoire de la Palestine du mandat britannique qui appartenait aux Palestiniens à l’origine. Puis par une sorte de réduction successive, toutes les autres initiatives de paix proposaient des plans dégressifs :

  • Les « Accords d’Oslo » (1993) proposaient aux Palestiniens une superficie réduite de moitié : 22% des 100% qui leur appartenaient à l’origine.
  • L’« Offre généreuse » d’Ehoud Barak aux Palestiniens, réduisait l’offre à sa portion congrue : 80% des 22% des 100% de votre territoire d’origine.
  • La « Feuille de route » envisagée par Bush pour les Palestiniens en vue d’obtenir la caution arabe à la guerre contre l’Irak soumet la création d’un État palestinien à diverses conditions qui constituent un chef d’œuvre d’hypocrisie diplomatique et de mauvaise foi.

La création d’un État palestinien est soumise aux conditions suivantes :

  • La renonciation à la lutte armée, c’est-à-dire la résistance à l’occupation, ainsi que la neutralisation de tous les combattants et leur démobilisation
  • La renonciation au Droit au retour des réfugiés vers les maisons de leurs ancêtres
  • La désignation de représentants politiques agréés par les États-Unis et Israël
  • L’acceptation des faits accomplis sur le terrain notamment la séparation de la Cisjordanie de Jérusalem via le Mur de Sharon, ainsi que les routes de contournement militaire des agglomérations palestiniennes, réservées à l’usage exclusif des Israéliens. Ce dispositif brise la continuité territoriale palestinienne, de la même manière que l’État d’Israël avait brisé le continuum stratégique arabe
  • La renonciation à Jérusalem pour capitale
  • La modification des programmes scolaires dans un sens agrée par les Américains et les Israéliens.
  • L’instauration d’un planning familial et de la limitation des naissances en vue de brider la démographie galopante des Palestiniens

La satisfaction de ces sept conditions pourrait ouvrir la voie à la constitution d’un état palestinien au terme de négociations avec les Israéliens qui porteraient sur 80% des 22% des 47 % du territoire palestinien d’origine.

CENT ANS APRÈS BALFOUR, LE MOUVEMENT NATIONAL PALESTINIEN DANS L’IMPASSE

Un quart de siècle après les accords israélo-palestiniens d’Oslo, le Mouvement National Palestinien est dans l’impasse et sa refondation sur une base révolutionnaire s’impose comme une question de survie, sous peine de dépérissement.

Ayant accédé aux responsabilités suprêmes par défaut, par suite de l’élimination des principaux dirigeants palestiniens par les services israéliens, notamment Abou Djihad, chef de la branche militaire de la centrale, et Abou Iyad, chef des services de renseignenemt, Mahmoud Abbas apparaît comme président par défaut d’une République bananière.

Captif de la puissance occupante, sans charisme, discrédité par l’affairisme de son entourage, président d’une « République Bananière » sous contrôle rigoureux de son ennemi israélien, Mahmoud Abbas, est néanmoins partisan d’une coopération sécuritaire avec l’État Hébreu.

Sa présence à la tête de l’Autorité Palestinienne est perçue comme « le moindre mal », par ses parrains occidentaux, trop heureux de cet abcès de fixation, oubliant que « politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal est que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal » (Hannah Arendt (Responsabilité et Jugement).

Le Mouvement National Palestinien est l’unique Mouvement de Libération Nationale au Monde à avoir commis deux fautes stratégiques à l’effet de le projeter dans une impasse tragique, au point de dénaturer son combat, en dépit d’un lourd tribut payé à la reconnaissance de la légitimité de sa cause, en dépit du bien fondé de sa revendication.

1ère faute : La renonciation à la lutte armée de l’OLP

La renonciation à la lutte armée avant la satisfaction de ses objectifs nationaux, autrement dit la répudiation guérilla, la marque de fabrique des guerres de Libération, un des fondements du combat national, a constitué la première faute majeure, rendant le mouvement palestinien captif de l’agenda des parrains d’Oslo, les États-Unis.

2e faute : La dérive stratégique du Hamas lors de la guerre de Syrie (2011-2017)

La décision du Hamas de privilégier une alliance avec les pétromonarchies, sur une base sectaire, en reniant ses anciens frères d’armes, -la Syrie, l’Iran et le Hezbollah libanais, pourtant artisans de sa propulsion militaire-, a constitué une dérive rarissime dans les annales des guerres de libération nationale, en même temps qu’un acte d’ingratitude absolu mettant en question la crédibilité politique du mouvement et la pertinence de son appréciation des rapports de force régionaux.

Cette aberration idéologique explique la suspicion et la perplexité que le Hamas projette parmi les nombreux sympathisants de la cause palestinienne à travers le Monde.

Suprême infamie : L’Arabie saoudite a capitalisé une rente de situation sur une position maximaliste à connotation antisémite sur le conflit israélo-arabe, au cours du premier demi siècle de son existence, pour finir par détourner les combattants vers l’Afghanistan, à cinq mille km du champ de bataille de la Palestine, dans la décennie 1980 ; par une instrumentalisation de l’islam contre arme de combat contre l’athéisme soviétique, avant de basculer, pour la survie du trône wahhabite, vers une normalisation rampante avec Israël, à la mesure de l’annexion rampante de la Palestine par l’État Hébreu, pour la survie du trône wahhabite au prétexte de combattre l’Iran schismatique chiite.

Pour toutes ses raisons, il m’a paru nécessaire de vous offrir cette lecture en contrechamp de l’Histoire de la Palestine tant il est vrai que le passé éclaire très cruellement le présent, et sans doute l’avenir, qu’il est tout aussi vain de vivre dans la pénombre et la périphrase, et, d’admettre enfin, et là je m’adresse aux amis de l’état hébreu qui se déclarent attacher à son existence, qu’Israël ne connaîtra une légitimité que lorsqu’il aura été pleinement reconnu par sa victime, les Palestiniens, librement, souverainement, sans condition préalable.

Les Occidentaux soutiennent le droit à la sécurité d’Israël et le Droit à l’existence du peuple palestinien, sans l’assortir de considérations sur sa sécurité.

À en juger par les multiples actions préventives menées par Israël au cours de son histoire, l’équation vraie, le bon droit, consiste à réclamer non un droit à la sécurité d’Israël et un devoir d’insécurité pour les pays arabes, mais un droit égal à la sécurité pour l’ensemble des pays de la zone, y compris la Palestine, car il est tout aussi légitime pour Israël que pour les pays arabes de disposer d’un droit égal à la Sécurité.

Souvenons nous, in fine, que tant qu’existe un revendicateur un Droit ne se perd pas et une fausse symétrie ne sert pas une bonne administration de la justice.

Source : Madaniya, René Naba, 27-11-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

8 réponses à Centenaire Balfour : La Palestine cent ans après, par René Naba    Pour lire les 8 reponses , cliquez sur le lien !

https://www.les-crises.fr/centenaire-balfour-la-palestine-cent-ans-apres-par-rene-naba/

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Jérusalem, au carrefour des trois religions monothéistes

Jérusalem, au carrefour des trois religions monothéistes

Depuis sa conquête par David, Jérusalem est à la fois la ville du Père, la ville du Fils sacrifié et la Ville sainte

Jerusalem 

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Jerusalem  / Kyrylo Glivin/kirill4mula – stock.adobe.com

Comment Jérusalem est-elle devenue la capitale spirituelle du monde juif ?

La Bible évoque Jérusalem pour la première fois en Gn 14,18, où il est question de Melchisédec, roi de Salem. Le sacrifice d’Isaac a eu lieu sur le mont Moria où fut établi plus tard le Temple de Jérusalem (Gn 22,2 et 22,14). C’est David qui, remarquant les atouts naturels et stratégiques du lieu, quitta Hébron, où il avait installé sa capitale, pour Jérusalem, après avoir battu les Jébusites installés là depuis des temps reculés (2 S 5,5-9). Il revint à Salomon, fils de David et de Bethsabée, de construire au Xe siècle av. J.-C. le premier temple de pierre. Les tribus montaient vers ce sanctuaire unique pour adorer le Dieu unique.

Jérusalem devint ainsi de manière indissociable une capitale politique et religieuse où retentissait la voix des prophètes qui s’efforçaient de ramener le peuple au Seigneur Dieu. Détruit par les Babyloniens en 587 av. J.-C., le Temple fut reconstruit après le retour des exilés libérés par Cyrus, roi des Perses. Mais la ville ne retrouva jamais son autonomie politique. Elle tomba sous l’influence des Grecs, puis des Romains qui, au coeur de l’été 70 apr. J.-C., décidés à écraser une révolte juive, détruisirent le Temple reconstruit par Hérode le Grand. Une seconde insurrection juive, en 132, aboutit à la destruction totale de la ville.

A lire : Le monde musulman réagit à la décision de Trump sur Jérusalem

Reconstruite sous le nom d’Aelia Capitolina, celle-ci sera dès lors interdite à la population juive. Menacé de disparaître, le judaïsme va se redéfinir, apprendre à vivre sans le Temple, autour de l’étude de la Torah et de la piété. Le souvenir de Jérusalem sera néanmoins, et jusqu’à aujourd’hui, entretenu, prenant une place importante dans la prière, imprégnant les rites et la vie. Et le 9 du mois Av, date symbolique de la destruction du Temple, deviendra un jour de jeûne.

Puisque le Temple unique était détruit et la Ville sainte inaccessible, s’est également peu à peu développée parmi les juifs de la diaspora l’idée d’une Jérusalem « spirituelle ». Cité que Dieu s’est choisie, « lieu d’origine », « mère de toutes les nations », Jérusalem est le lieu de la promesse et du rassemblement des nations qui adoreront le même Dieu au temps de la venue du Messie attendu. Selon le Talmud : « Le jour où le sanctuaire a été détruit ici bas, le Saint, béni soit-il, a juré de ne pas entrer dans la Jérusalem d’en haut avant la rentrée d’Israël dans la Jérusalem d’en bas. »

Que représente Jérusalem pour les chrétiens ?

Tout le parcours de Jésus est une préparation à sa rencontre avec Jérusalem, où sa vie reçoit toute sa signification. Il y prend son dernier repas, veille dans le Jardin des oliviers, est crucifié sur le Golgotha, y est enterré… puis apparaît à ses disciples. C’est l’Évangile de Jean qui accorde le plus de place à Jérusalem. Jésus y monte plusieurs fois avec ses disciples pour célébrer la Pâque juive, fustigeant les marchands du Temple, guérissant le paralytique à la piscine de Bethesda, et l’aveugle de naissance qui se lave à la piscine de Siloé. Mais pour les quatre Évangiles, c’est à Jérusalem que s’accomplit le parcours de Jésus.

Ce n’est pourtant que trois cents ans après sa mort que l’on tenta de repérer les lieux où il avait vécu, été crucifié et enseveli. Des voix – comme Eusèbe de Césarée ou Grégoire de Nysse – s’élevèrent alors pour rappeler que Jérusalem n’avait, pour les chrétiens , plus de signification théologique, puisque Jésus avait proclamé une rupture – le Royaume n’est plus enraciné dans une terre , mais dans la personne de Jésus, sa vie et son enseignement – mais aussi parce que la Jérusalem terrestre est trop terrestre et que notre Jérusalem est au ciel, comme le chante l’Apocalypse, que seule l’Église en est déjà l’image, dans l’attente de la Jérusalem nouvelle de la fin des temps. Ces voix restèrent alors isolées.

En 324, Constantin, empereur chrétien de tout l’Empire romain, avait en effet rendu son nom à Jérusalem, fait effectuer des fouilles, mis en valeur les lieux saints, construit des sanctuaires, et Jérusalem était ainsi devenue une ville de pèlerinage. Dans les siècles suivants, elle sera objet de désamour, surclassée par Constantinople et par Rome, avant de redevenir simplement pour les chrétiens la ville où l’histoire du salut a pris corps, l’Église mère de toutes les Églises, vers laquelle les chrétiens font pèlerinage.

Pourquoi Jérusalem est-il un lieu saint pour les musulmans ?

Si Jérusalem fait partie des villes saintes de l’islam, elle n’occupe que la troisième place, derrière La Mecque et Médine. Au début de sa prédication, Mohammed se tournait vers Jérusalem pour prier. Il aurait alors vécu une expérience mystique qui l’aurait transporté de La Mecque à Jérusalem, où aurait eu lieu son ascension aux cieux.

Le Coran se fait l’écho de ce voyage mystique dans un passage devenu, pour toute la tradition musulmane, le fondement de son attachement à Jérusalem. C’est le début de la sourate 17 : « Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la Mosquée sacrée (al masjid al harâm) à la mosquée très éloignée (al masjid al aqsâ) dont nous avons béni l’enceinte. » Le nom de Jérusalem n’est pas cité. Mais la tradition a identifié le lieu de ce voyage nocturne avec le mont du Temple. Quand l’islam est devenu une religion autonome, les fidèles vont se tourner vers la Ka’ba de La Mecque pour leurs prières rituelles.

Jérusalem perd alors de sa primauté, mais pas de son importance qui va s’affirmer quand en 638, la ville, alors exclusivement peuplée de chrétiens, sera conquise par le calife Umar. L’islam, qui s’affirme héritier du judaïsme et du christianisme, marquera alors la ville de ses propres références, soulignant ainsi qu’une nouvelle religion avait repris le flambeau. Durant le Moyen Âge, toute une littérature va glorifier Jérusalem – la ville noble, « la sainte maison de l’islam », « la résidence royale d’Allah ». « Venez à la ville du Sanctuaire, priez-y, car c’est le lieu de la Résurrection. » Depuis, les musulmans du monde entier attendent le moment de reprendre dans la paix le chemin de la Ville sainte.

https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Jerusalem-au-carrefour-des-trois-religions-monotheistes-_NG_-2009-05-06-534433?from_univers=lacroix&from_univers=lacroix

DIRECT. Jérusalem : huit pays demandent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump

DIRECT. Jérusalem : huit pays demandent une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump

« Le moment est venu de reconnaître officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël », a déclaré le président américain, mercredi.

Le Conseil de sécurité de l\'ONU, à New York (Etats-Unis), le 29 novembre 2017.
Le Conseil de sécurité de l’ONU, à New York (Etats-Unis), le 29 novembre 2017. (DREW ANGERER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Vincent DanielFrance Télévisions

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Ce qu’il faut savoirHuit pays ont demandé, mercredi 6 décembre, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël. « Les missions de Bolivie, d’Egypte, de France, d’Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d’Uruguay demandent à la présidence » japonaise du Conseil de sécurité « d’organiser une réunion d’urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine », indique un communiqué de la mission suédoise. Suivez la situation dans notre direct.

Décision historique de Donald Trump. « Aujourd’hui, enfin, nous reconnaissons l’évidence, à savoir que Jérusalem est la capitale d’Israël », a martelé le président américain lors d’une brève allocution depuis la Maison Blanche, rompant avec des décennies de diplomatie américaine.

Emmanuel Macron condamne la décision. Pour le président français, ce qu’a déclaré Donald Trump « contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu »« Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute le communauté internationale, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies », a poursuivi le chef de l’Etat.

Le Premier ministre israélien salue un « jour historique ». Benyamin Nétanyahou a aussi affirmé que la décision du président américain ne changerait rien en ce qui concerne les lieux saints des trois grandes religions monothéistes à Jérusalem, affirmant l’engagement israélien à maintenir le « statu quo ».

Pour le président palestinien, les Etats-Unis ne peuvent plus jouer leur rôle de médiateur. « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a déclaré Mahmoud Abbas.

Pour le Hamas, Trump « ouvre les portes de l’enfer ». C’est ce qu’a déclaré Ismaïl Radouane, un haut responsable du mouvement islamiste palestinien aussitôt après la déclaration de Donald Trump. Il a appelé les pays arabes et musulmans à « couper les liens économiques et politiques » avec les ambassades américaines, et à expulser les ambassadeurs américains.

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #PROCHE_ORIENT

00h05 : Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU est convoquée demain matin, par la présidence japonaise, après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

23h46 : Emmanuel Macron, Angela Merkel, l’ONU, le pape François… La communauté internationale condamne la décision de Donald Trumpde reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël. Retrouvez ces réactions dans notre article.

23h29 : L’ensemble des formations politiques palestiniennes appellent à l’organisation de grèves et de rassemblements demain pour protester contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

23h05 : « Les missions de Bolivie, d’Egypte, de France, d’Italie, du Sénégal, de Suède, du Royaume-Uni et d’Uruguay demandent à la présidence » japonaise du Conseil de sécurité « d’organiser une réunion d’urgence du Conseil, avec un exposé du secrétaire général, avant la fin de la semaine », indique un communiqué de la mission suédoise auprès du Conseil de sécurité de l’ONU.

23h03 : Huit pays, dont quatre européens, deux sud-américains et deux africains, demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après la décision de Donald Trump de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël, selon des diplomates.

22h28 : A Istanbul (Turquie), des manifestants se sont rassemblés près du consulat américain pour protester contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

(YASIN AKGUL / AFP)

21h29 : L’Iran prévient que la décision de Donald Trump à propos de Jérusalem provoquera une « nouvelle Intifada ».

21h27 : Angela Merkel « ne soutient pas » la décision de Donald Trump sur Jérusalem

21h19 : L’Union européenne exprime sa « sérieuse préoccupation », par la voix de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, après la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

21h11 : La Première ministre britannique Theresa May annonce que le Royaume-Uni n’est « pas d’accord » avec la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

20h53 : La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est-elle une surprise ? Pourquoi le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem est-il un choc pour la communauté internationale ? Cette annonce de Donald Trump peut-elle provoquer une flambée de violence ? Et pourquoi le président américain prend-il ce risque ? Franceinfo répond à ces questions pour comprendre les enjeux de l’annonce de Donald Trump.

20h25 : Jérusalem « est la capitale éternelle de l’Etat de Palestine », déclare Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

20h18 : Pour Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, Washington ne peut plus jouer son rôle de médiateur de paix.

20h14 : « Nous condamnons la déclaration irresponsable de l’administration américaine (…) cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l’ONU », réagit le ministre des Affaires étrangères turc, après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

19h57 : Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) appelle dans un communiqué le président Emmanuel Macron à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, à l’instar de son homologue américain Donald Trump. « Le Crif salue la décision historique« , ainsi qu’une « démarche courageuse » afin de « relancer un dialogue sincère pour aboutir par la négociation à une paix durable » entre Israël et les Palestiniens.

19h49 : « C’est une décision regrettable, que la France n’approuve pas et qui contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. »

Après la décision du président américain de reconnaître « unilatéralement » Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, Emmanuel Macron précise : « Le statut de Jérusalem est une question de sécurité internationale qui concerne toute le communauté internationale, le statut de Jérusalem devra être déterminé par les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre de négociations sous l’égide des Nations unies. »

19h42 : Le statut de Jérusalem ne peut être défini que par la négociation, rappelle l’ONU, après l’annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

19h40 : Emmanuel Macron appelle à « éviter à tout prix les violences », après l’annonce de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

19h40 : a déclaration de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est « regrettable », affirme Emmanuel Macron. La France ne l’approuve pas, précise le chef de l’Etat.

19h35 : La déclaration de Trump sur Jérusalem « détruit » la solution à deux Etats, estime l’Organisation de libération de la Palestine.

19h33 : Donald Trump ouvre « les portes de l’enfer » pour les intérêts américains, réagit le mouvement islamiste palestinien Hamas.

19h32 : Benyamin Nétanyahou assure du maintien du « statu quo » sur les lieux saints à Jérusalem, après l’annonce du président américain.

19h30 : Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou salue un « jour historique » après l’annonce de Donald Trump sur Jérusalem.

19h26 : La décision de Donald Trump intervient malgré les vives réactions de pratiquement toute la communauté internationale contre cette initiative et elle rompt avec la ligne observée depuis des décennies par ses prédécesseurs. La communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur la totalité de la ville, qui abrite des lieux saints pour à la fois les religions juive, chrétienne et musulmane.

19h25 : Donald Trump affirme que Mike Pence, le vice-président des Etats-Unis, se rendra au Proche-Orient « dans les jours à venir. »

19h19 : Après son annonce, le président américain appelle au « calme » et à la « tolérance ».

19h16 : Donald Trump promet de faire tout son possible pour un accord de paix israélo-palestinien.

19h14 : Donald Trump annonce avoir engagé une réflexion pour le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

19h20 : « Aujourd’hui enfin nous reconnaissons l’évidence, à savoir que Jérusalem est la capitale d’Israël », martèle le président américain.

19h10 : « Le moment est venu de reconnaître officiellement Jérusalem comme étant la capitale d’Israël », déclare Donald Trump.

19h17 : Donald Trump va annoncer sa décision concernant une éventuelle reconnaissance de Jérusalem comme étant la capitale d’Israël. Un regain de tensions dans la région est redouté.

16h53 : Pourquoi le possible transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem inquiète une partie de la communauté internationale ? Pour tout comprendre, franceinfo a interrogé Vincent Lemire, maître de conférences à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée et spécialiste de l’histoire de la ville sainte. « Jérusalem est le point central des négociations et du processus de paix. Ce serait une décision unilatérale gravissime : la première puissance mondiale déciderait de s’asseoir sur le droit international« , explique-t-il.

La Vieille ville de Jérusalem, et le dôme du Rocher, troisième plus important lieu saint musulman, le 5 décembre 2017.

(AMMAR AWAD / REUTERS)

16h26 : Tous craignent que cette décision ne ravivent les tensions dans la région. Les groupes palestiniens ont ainsi appelé à trois « jours de rage ». Dans la bande de Gaza, des centaines de Palestiniens en colère ont brûlé des drapeaux américains et israéliens et des portraits de Donald Trump. Un rassemblement est prévu demain à Ramallah en Cisjordanie.

(Ibraheem Abu Mustafa / Reuters)

16h26 : Les mises en garde, y compris celle du pape François, de la France, de l’Iran, du Pakistan, de l’UE, de l’Arabie saoudite ou de la Chine, affluent à l’adresse du président américain, qui s’apprête à prendre une décision historique en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

16h20 : Bonjour @question. Cette décision n’engage en rien les autres pays du monde, lesquels pourront continuer de considérer Tel Aviv comme la capitale israélienne. Comme l’explique Le Monde, « une telle décision isolerait totalement les Etats-Unis. »

16h15 : Bonjour, en quoi la nouvelle reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme siège de sa mission diplomatique vaut-elle la reconnaissance sine die de Jérusalem comme capitale de l’ état d’Israël ? Merci.

16h27 : La volonté de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël continue de rencontrer l’opposition des chefs d’état du monde. Le Pakistan, deuxième pays musulman le plus peuplé au monde et allié des Etats-Unis depuis la guerre froide, s’est dit « opposé sans équivoque » à cette décision.

15h52 : « Une telle mesure ne servira qu’à faire le jeu des groupes terroristes. »

Le président turc estime que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Washington est une mesure dangereuse. Il s’est exprimé à l’issue d’un entretien à Ankara avec le roi Abdallah II de Jordanie.

13h21 : L’Iran « ne tolèrera pas une violation des lieux saints musulmans. Les musulmans doivent rester unis face à ce grand complot ».

Le président iranien Hassan Rohani a fustigé la décision que doit prendre son homologue Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, assurant que son pays ne le tolérerait pas.

13h19 : Bonjour @Anonyme Pour l’instant, les officiels français n’ont pas fait de déclarations. Cependant, nous savons qu’Emmanuel Macron s’est inquiété auprès de Donald Trump de cette décision de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël.

13h19 : Des réactions en France concernant la décision américaine sur Jérusalem?

12h38 : L’organisation basée au Caire, en Egypte, avait déjà mis en garde hier les Etats-Unis contre une décision de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Elle représenterait une « menace [pour] la stabilité régionale » , selon son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit.

12h37 : Les délégations palestiniennes et jordaniennes à la Ligue arabe ont demandé une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères. Elles voudraient discuter de la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, annonce l’institution panarabe. Selon une source diplomatique, cette réunion au niveau ministériel devrait se tenir samedi.

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/la-france-n-approuve-pas-la-decision-regrettable-de-donald-trump-de-reconnaitre-jerusalem-comme-la-capitale-d-israel-reagit-emmanuel-macron-suivez-notre-direct_2502049.html#xtor=EPR-51-[la-france-n-approuve-pas-la-decision-regrettable-de-donald-trump-de-reconnaitre-jerusalem-comme-la-capitale-d-israel-reagit-emmanuel-macron-suivez-notre-direct_2502049]-20171206-[titre]

Statut de Jérusalem: les mises en garde affluent vers Trump, dont celle du pape

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Statut de Jérusalem: les mises en garde affluent vers Trump, dont celle du pape

Mercredi 6 décembre 2017 à 11h45
Statut de Jérusalem: les mises en garde affluent vers Trump, dont celle du pape
(AFP)

Les mises en garde, y compris celle du pape François, ont afflué mercredi à l’adresse de Donald Trump alors que le président américain s’apprête à prendre une décision historique en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

« Je ne peux taire ma profonde inquiétude », a déclaré le pape lors de son audience hebdomadaire, « j’adresse un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU ». Il a exalté « sagesse et prudence » devant le risque d’ajouter aux convulsions mondiales.

Le souverain pontife, venu à Jérusalem en 2014 lors d’une visite chargée de symboles, ne peut qu’accorder un intérêt tout particulier à la ville qui abrite les lieux les plus saints de trois grandes religions monothéistes, y compris le Saint-Sépulcre.

Sa voix n’est que l’une de celles à s’être élevées mercredi pour s’alarmer des conséquences possibles et du risque de violences causé par la question de Jérusalem, haut lieu de spiritualité mais aussi chaudron diplomatique.

Dans une intervention prévue à 18H00 GMT, M. Trump doit rompre avec des décennies de diplomatie américaine et internationale et reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. A la différence d’autres présidents qui avaient fait la même promesse, il tiendra un engagement de campagne et ne fera là que reconnaître « une réalité » à la fois historique et contemporaine, a dit un responsable américain sous le couvert de l’anonymat.

– Sujet passionnel –

Repousser cette reconnaissance « n’a, pendant plus de deux décennies, en rien aidé pour arriver à la paix », a-t-il dit.

Le locataire de la Maison Blanche ordonnera par ailleurs de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Il ne fixera pas de calendrier pour ce déménagement qui devrait prendre « des années ».

Dans un apparent souci d’apaiser les Palestiniens, M. Trump est prêt à soutenir « une solution à deux Etats » sans rien imposer à personne, a dit le responsable, alors qu’il s’est jusqu’alors, à la grande frustration des Palestiniens, gardé d’adhérer à l’idée d’un Etat palestinien indépendant, solution référence de la communauté internationale.

Les experts s’accordent à dire que les décisions de M. Trump ne devraient avoir qu’un impact diplomatique limité, et qu’elles n’engagent que les Etats-Unis. Mais la question de Jérusalem et en particulier de ses lieux saints est éminemment passionnelle.

Toute reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est un casus belli pour les dirigeants palestiniens, qui revendiquent Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël, comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Les groupes palestiniens ont appelé à manifester à partir de ce mercredi.

La communauté internationale n’a jamais reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé. Israël proclame tout Jérusalem, Ouest et Est, comme sa capitale « éternelle et indivisible ».

L’ONU a répété mercredi que le statut de la ville devait être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

– ‘Incendie’ régional –

« L’avenir de Jérusalem est quelque chose qui doit être négocié avec Israël et les Palestiniens assis côte à côte dans des négociations directes », a dit l’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, lors d’une conférence à Jérusalem.

Alors que chacun guettait sa réaction, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est au contraire resté totalement silencieux sur le sujet lors de son discours au cours de la même conférence.

M. Netanyahu, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a aussi ordonné la discrétion à ses ministres pour ne pas attiser les tensions, selon les médias.

Plusieurs d’entre eux ont cependant salué l’augure, tel le ministre de l’Education Naftali Bennett qui a appelé d’autres pays à emboîter le pas aux Etats-Unis. Pour lui, « non seulement cette décision ne fait pas obstacle à la paix, mais elle constitue un pas spectaculaire vers la paix ».

L’Autorité palestinienne, interlocutrice des Etats-Unis, d’Israël et de la communauté internationale, a pourtant prévenu que les Etats-Unis se discréditeraient comme intermédiaire impartial de toute entreprise de paix et que l’effort actuellement mené par les collaborateurs de M. Trump pour tenter de ranimer une dynamique moribonde seraient considérés comme terminés.

Le Hamas islamiste, deuxième force palestinienne ostracisée par une bonne part de la communauté internationale, a estimé que « toute les lignes rouges (étaient) franchies ».

Le roi Salmane d’Arabie saoudite, grand allié de Washington, a prévenu qu’une telle décision risquait de provoquer « la colère des musulmans », tant Jérusalem, qui abrite le troisième lieu saint de l’islam (l’esplanade des Mosquées), est un cri de ralliement puissant pour les musulmans. La Turquie a brandi le spectre d’un « incendie » régional.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan compte réunir un sommet des dirigeants des principaux pays musulmans le 13 décembre à Istanbul. Les délégations palestiniennes et jordaniennes à la Ligue arabe ont demandé mercredi une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères.

La Chine et le Royaume-Uni, deux membres permanents du conseil de sécurité, mais aussi la Syrie, ont joint leur voix au concert de réprobation.

Preuve de la tension que l’attente de cette décision suscite dans la région, les Etats-Unis ont interdit aux employés du gouvernement américain tout déplacement personnel dans la Vieille ville de Jérusalem et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël et contigu à Jérusalem.

https://www.medias24.com/filafp/afp-106409-Statut-de-Jerusalem-les-mises-en-garde-affluent-vers-Trump-dont-celle-du-pape.html

Le plan saoudien de Trump s’effiloche

Le plan saoudien de Trump s’effiloche


Par Alastair Crooke – Le 17 novembre 2017 – Source Consortium News

Le président Trump serre la main du prince héritier saoudien et ministre de la Défense Mohammed ben Salman le 20 mai 2017. (Capture d’écran de Whitehouse.gov)

Le président Trump et son gendre avaient parié que le jeune prince de la couronne était capable de remodeler le Moyen-Orient, mais son plan s’est rapidement effiloché, révélant un dangereux travail d’amateur.

Aaron Miller et Richard Sokolsky, dans Foreign Policy, suggèrent que « le succès le plus notable à l’étranger de Mohammed ben Salman pourrait être la séduction et la conquête du Président Donald Trump et de son beau-fils Jared Kushner ». En fait, il est possible que ce « succès » s’avère être le seul de MbS.


« Ce n’était pas très convaincant, écrivaient Miller et Sokolsky, cette relation intime reflétait surtout une convergence d’intérêts d’impératifs stratégiques. »

Trump, comme toujours, voulait se différencier de ce qu’avait fait le Président Obama ; les Saoudiens, quant à eux, étaient déterminés à exploiter l’antipathie viscérale de Trump pour l’Iran et renverser ainsi le courant des récentes défaites subies par le royaume.

Le prix que paraissait promettre MbS semblait assez séduisant pour faire d’une pierre trois coups, porter un coup à l’Iran, « normaliser » les relations avec Israël dans le monde arabe et trouver un accord palestinien. Le président US n’en donna les détails qu’à ses seuls réseaux familiaux, faisant délibérément preuve de désinvolture vis a vis des responsables de la politique étrangère et de la défense de son administration, laissant ainsi les responsables officiels dans l’ignorance et l’expectative. Trump a lourdement parié sur MbS et sur Jared Kushner comme intermédiaire. Mais le grand plan de MbS − la tentative de susciter une provocation contre le Hezbollah au Liban, à laquelle ce dernier aurait sur-réagi, donnant ainsi à Israël et à l’« Alliance sunnite » le prétexte espéré pour agir en force contre l’Iran et le Hezbollah − s’est effondré dès le premier obstacle.

La première étape s’est simplement transformée en feuilleton, avec l’étrange prise d’otage du Premier ministre libanais Saad Hariri par MbS, qui n’a servi qu’à ressouder les Libanais au lieu de les diviser en fractions rivales, comme il l’espérait.

Mais la déroute au Liban a eu une conséquence bien plus importante qu’un feuilleton raté sur la mésaventure de MbS. C’est que non seulement il n’a pas fait « aboyer le chien dans la nuit », mais que les Israéliens n’avaient pas du tout l’intention d’« aboyer » ; c’est à dire d’assumer le rôle (comme le correspondant israélien vétéran Ben Caspit le dit avec emphase) de « bâton avec lequel les dirigeants sunnites menacent leurs ennemis mortels les chiites..… À l’heure actuelle personne en Israël, en particulier le Premier ministre Benjamin Netanyahou, n’est pressé d’ouvrir un front septentrional, et s’il le faisait cela signifierait être aspiré dans les portes de l’enfer ».

La défaite syrienne

Soyons clairs, la soi-disant Alliance sunnite (principalement l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, l’Égypte ayant déjà reculé) vient d’être vaincue en Syrie. Elle n’a aucune capacité de « renverser » l’Iran, le Hezbollah ou le PMU irakien (une milice chiite) – sauf en utilisant le « bâton » israélien. Israël peut avoir les mêmes intérêts stratégiques que l’Alliance sunnite, mais comme le note Caspit, « les Saoudiens sont intéressés à ce qu’Israël fasse le sale boulot pour eux. Mais en fin de compte, tout le monde en Israël n’est pas aussi excité à ce sujet. »

Caspit [commentateur israélien, NdT] interpelle sur un éventuel affrontement entre l’Alliance sunnite et le front mené par l’Iran comme étant « une véritable guerre d’Armageddon ». Ces mots résument les réserves israéliennes.

Ce refus d’« aboyer » coupe, en quelque sorte, l’herbe sous les pieds du « grand plan » de Kushner car si Israël n’entre pas dans le jeu, que reste-t-il à discuter ? Israël était précisément le « bâton », également dans le plan de Trump. Pas de bâton, pas d’Alliance sunnite pour contenir l’Iran ; de plus, pas de normalisation des rapports saoudiens avec Israël, ni d’initiative israélo-palestinienne. La maladresse (« témérité inconsciente » comme le déclare un officiel US) de MbS a tiré le tapis sous les pieds de la politique US au Moyen Orient.

Jared Kushner, Conseiller principal de la Maison-Blanche, et son épouse, Ivanka Trump, assistante du président ; Wilbur Ross, secrétaire américain au Commerce ; Rex Tillerson, secrétaire d’État américain et Reince Priebus, chef d’état-major de la Maison Blanche ; invités du roi saoudien Salman , Le 20 mai 2017, à Riyad, Arabie Saoudite. (Photo officielle de la Maison Blanche par Shealah Craighead)

Pourquoi Trump a-t-il joué si gros sur un Kushner sans expérience et un MbS impulsif ? Bien entendu, si un tel « grand plan » avait fonctionné, c’eût été, en effet, un coup de maître pour sa politique étrangère fait par dessus la tête des professionnels responsables de la politique étrangère et de la sécurité qui en avaient été exclus. Trump se serait alors senti plus libre pour échapper aux tentacules de la caste dirigeante et atteindre une large autonomie vis à vis de ses « gardiens ». Il aurait ainsi réalisé son coup par l’entremise familiale plutôt que par la voie officielle.

Mais si cela tourne à la farce − et MbS commence à être considéré aux US comme un perdreau de l’année plutôt que comme un Machiavel − le (méprisé) « système » tiendra sa revanche. Les jugements présidentiels resteront alors discrédités et toujours plus sujets aux justifications et au « gardiennage ».

Par conséquent MbS et Kushner peuvent avoir nui au Président Trump d’une manière beaucoup plus importante. Le pari perdu sur l’inexpérimenté MbS peut filtrer dans d’autres sphères, telle que la mise en cause ouvertement par les alliés du fondement de ses jugements sur la Corée du Nord. En résumé la crédibilité du Président supportera les conséquences de son échec à manipuler MbS.

Le vœu pieux pour l’Arabie saoudite

Honnêtement, il y a beaucoup d’illusion et même de l’hypocrisie dans le comportement occidental vis à vis de l’Arabie Saoudite, le Président Trump n’est pas le seul à être esclave de ses idées sur l’Arabie Saoudite ; la notion même d’Arabie Saoudite se transformant en un centre régional puissant, « moderne », musclé qui peut regarder l’Iran de haut − bien qu’elle soit largement acceptée chez les commentateurs US − semblerait, en soi, un brin irréaliste. Oui, le Royaume n’a guère d’autre alternative que de se transformer alors que la fin des dividendes pétroliers approche, et cela peut bien signifier, en théorie, un tournant brutal du royaume vers une nouvelle voie.

Le ministre saoudien de la défense, le prince héritier Mohammad bin Salman Al Saud

Mais définir exactement comment le royaume peut se réinventer, sans se déchirer, est probablement beaucoup plus compliqué que de plaider pour l’adoption de la superficielle « Modernité Occidentale », ou que de combattre la « corruption ». Ceci [la corruption, NdT] est de la fumée, car la famille est l’État, et l’État (et ses richesses pétrolières) est à la famille. Il n’y a pas de frontière, ou de ligne de démarcation, entre l’État et la famille, cette dernière bénéficie des privilèges et avantages de naissance en fonction de la proximité ou de l’éloignement du trône et les avantages accordés ou confisqués reflètent seulement les besoins de puissance qui servent maintenir son absolutisme. Il n’y a pas de « foutu mérite » ou d’équité dans ce système. Cela n’a jamais été prévu.

Alors que peut donc signifier le terme « corruption » dans un tel système ? L’Arabie Saoudite ne prétend même pas jouer sur un terrain de jeu avec des règles établies. La loi (et les règles) sont simplement ce que dit, ou signe le roi au jour le jour.

Ce que signifiait habituellement « corruption », lorsque l’Europe d’antan « bénéficiait » d’un tel système de pouvoir absolu, était assez clair : vous vous êtes mis en travers du chemin du roi, c’est tout ce que « corruption » impliquait. Si le monde extérieur pense que MbS mène l’Arabie Saoudite vers une Modernité Occidentale alors on doit vouloir dire ou penser au largage de « la famille » (les 15.000 princes de sang royal), ou qu’il se dirige vers l’établissement d’une monarchie constitutionnelle et une société citoyenne basée sur des lois et pas d’autres choses.

Rien dans les agissements de MbS n’indique qu’il aille dans cette direction. Ses agissements indiquent plutôt qu’il veut recouvrer et restaurer l’aspect absolutiste de la monarchie. La modernité à laquelle il pense est du type de celle que vous achetez, en kit sur étagère, prête à être assemblée. En résumé, le plan est d’acheter une base industrielle, en kit à monter, pour compenser l’épuisement des revenus pétroliers.

Vision 2030 nous annonce que cette « base industrielle » de haute technologie, bien présentée, est supposée rapporter 1 000 milliards de dollars de bénéfice annuel si tout va bien… C’est à dire que ceci est prévu comme une source alternative de revenu, précisément au bénéfice de « la famille », et non pas pour l’attribuer ailleurs [pour le bénéfice du peuple, NdT]. Par conséquent ce n’est pas « réformiste » dans la notion occidentale de la modernité qui est « l’égalité devant la loi » et la protection des droits.

Espoirs industriels irréalistes

Ce type d’industrialisation à grande vitesse, sans base constitutive, n’est pas si facile à greffer sur cette société (si vous n’êtes pas Joseph Staline). Ça coûte cher et, comme l’histoire nous le dit c’est, également, socialement et culturellement déstabilisant. Cela coûtera beaucoup plus que les 800 milliards de dollars que MbS espère « récupérer » de ses prisonniers ( par la coercition physique, 17 d’entre eux ont été hospitalisés, conséquence de leur traitement en détention).

Le président Donald Trump et la première dame Melania Trump rejoignent le roi saoudien Salman et le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi, le 21 mai 2017, pour participer à l’ouverture inaugurale du Centre mondial de lutte contre l’idéologie extrémiste. (Photo officielle de la Maison Blanche par Shealah Craighead).

Mais si ce n’est pas pour « occidentaliser » l’économie, pourquoi tant de membres importants de la famille ont ils dus être « mis de côté » Cette partie du « grand plan » est peut être en relation avec la raison pour laquelle MbS voulait, autant, « courtiser et séduire » le Président Trump, comme le disent Miller et Solkosky. MbS est clair à ce propos. Il avait dit au Président Trump qu’il voulait restaurer l’ancienne grandeur du royaume pour être à nouveau le meneur du monde sunnite et le gardien de l’Islam. Et pour ce faire, le retour de l’Iran et le renouveau chiite doivent être combattus et ramenés à la subordination du leadership saoudien.

La difficulté était que certains dans la famille se seraient opposés à un tel aventurisme face à l’Iran et MbS semble poursuivre une notion similaire à celle des néocons, et comme Kristolian argumente, vous ne pouvez pas instaurer (ou restaurer) une omelette « hégémonie bienveillante » sans casser des œufs. Et comme le notaient Miller et Sokolsky, « il n’en fallait pas plus pour convaincre » Trump. La vision de MbS concordait précisément avec ses propres impératifs et son animosité contre l’Iran. Trump a dûment tweeté son approbation pour la répression saoudienne de la « corruption ».

Et voici la 3ème jambe du « grand plan ». Israël serait « le bâton » de l’alliance Saoudienne-EAU-USA contre l’Iran (Le Hezbollah étant le levier pour l’actionner). L’Arabie Saoudite, alors, en retour, bougerait, en reconnaissant l’État Juif, et Israël donnerait aux Palestiniens « quelque chose », un « quelque chose » qui pourrait être appelé un état, même si ce serait beaucoup moins qu’un état. Les USA et l’Arabie Saoudite se coordonneraient pour presser les Palestiniens d’accepter les propositions US pour un accord.

Pourquoi ça n’a pas marché ? Il s’agit probablement d’attentes exagérées de ce que chacune des parties pouvait réellement mettre en œuvre, croyant les uns les autres en la rhétorique de chacun : l’histoire d’amour de l’Amérique avec la Royauté Saoudienne, les liens entre la famille Kushner et Netanyahu, le vœux pieu de Kushner et Trump que MbS pourrait être l’instrument pour restaurer non seulement le Royaume Saoudien en tant que « policier » de l’Amérique dans le monde islamique, mais aussi l’ambassadeur de l’ordre américain au Moyen Orient.

Peut-être Jared Kushner a-t-il cru Bibi Netanyahu quand il a laissé entendre que la « normalisation » des relations entre l’Arabie Saoudite et Israël pourrait avoir une réciprocité dans les concessions aux Palestiniens ? (alors que le cabinet de sécurité israélien avait déjà opposé son veto aux concessions, bien moindres que l’établissement d’un état, qui avaient été discutées à ce propos).

Peut être Jared a-t-il cru MbS lorsqu’il lui a suggéré qu’il pouvait mobiliser le monde Sunnite contre l’Iran si l’Amérique et Israël le soutenaient ? (alors même que l’Égypte s’opposait à la déstabilisation du Liban).

Peut être MbS a t il cru que Trump parlait au nom de l’Amérique lorsqu’il lui a offert son soutien, quand en fait il ne parlait qu’au nom de la Maison Blanche ?

Peut être MbS pensait il que Trump rallierait l’Europe contre le Hezbollah au Liban ? En fait, les Européens ont pour priorité la stabilité du Liban.

Et peut être MbS et Kushner pensaient-ils que Netanyahu parlait au nom d’Israël lorsqu’il promettait d’être un partenaire du front contre l’Hezbollah et l’Iran ? Était-ce le « grand plan » proclamé entre Netanyahu et Trump la veille du jour où ce dernier lançait sa bordée aux Nations Unies en septembre, contre l’Iran ?

Alors qu’en fait un Premier Ministre Israélien peut déclarer la guerre aux Palestiniens avec une relative liberté de manœuvre, il n’en est pas de même lorsque l’État d’Israël même est mis en jeu. Aucun Premier Ministre israélien ne peut s’engager dans un conflit qui pourrait mettre en jeu l’existence d’Israël sans avoir un large appui des responsables politiques et de la sécurité, et les dirigeants d’Israël n’envisageraient qu’une guerre qui servirait totalement les intérêts israéliens, et sûrement pas pour plaire à MbS ou à Mr Trump.

Ben Caspit ainsi que d’autres commentateurs israéliens confirment que les dirigeants israéliens ne voient pas la guerre avec le Hezbollah, et le risque d’un conflit plus large, comme étant dans l’intérêt israélien.

Les retombées de cet épisode sont hautement significatives, Il est clair qu’actuellement Israël n’est pas disposé à envisager une guerre dans cette région, comme l’explique Caspit. Il a été aussi souligné la vacuité des ambitions de MbS pour réaliser une « Alliance Sunnite » contre l’Iran, et cela a sapé la politique d’endiguement de l’Iran du Président Trump. Pour le moment, on peut espérer au moins de la part de l’Iran et de la Russie, qu’ils consolident l’État syrien et qu’ils stabilisent la partie septentrionale du Moyen Orient. La « guerre d’Armageddon » de Caspit peut encore arriver, mais peut-être pas pour le moment.

Alastair Crooke est un ancien diplomate britannique qui fut une figure principale du renseignement britannique ainsi que de la diplomatie européenne, il est le fondateur du Conflicts Forum.

Note du Saker Francophone

Pour comprendre cet article et en faire un objet de réflexion plutôt qu'une lecture passive, il est nécessaire de poser quelques repaires :

Premièrement : qui est l'auteur de ce billet ?

Alastair Crooke, un ancien agent du MI6 britannique, est un spécialiste du Moyen Orient. Il réside à Beyrouth et est considéré comme un sympathisant du monde arabe − plus particulièrement du Hamas − et un opposant à la politique américaine néocon au Moyen-Orient, qu'il connaît bien, et pas seulement depuis l'ère Trump. Voir ici et  pour plus de précisions.

Deuxièmement : Qui sont les acteurs et quel est le contexte du billet ?

Mohammed Ben Salman, Prince héritier du Royaume d'Arabie Saoudite, qui a effectivement pris le pouvoir dans le pays par un coup de force le 5 novembre 2017. MbS dans le texte.

Trump, inutile de vous le décrire.
Kushner, gendre, conseillé officiel de Trump, marié à la fille de Trump, Ivanka, elle même conseiller officiel de son père.
Netanyahu, Premier Ministre Israélien, à noter qu'il possède la double nationalité américaine.

Troisièmement : Le contexte

Il y a un triple contexte, tout d'abord le contexte du Moyen-Orient, la lutte « à mort » entre, d'une part les Chiites : Hezbollah libanais et Iran, principalement, qui en assurent le leadership et, d'autre part les Sunnites : EAU ; Égypte ; Arabie Saoudite, cette dernière voit son influence, dans le monde Arabe, décliner.

Ensuite l'implication, non-officielle, de l'Arabie Saoudite en Syrie contre Bachar el Assad.

Puis un contexte interne américain la lutte de pouvoir complexe entre le Président Trump avec sa garde rapprochée et l' « état profond » US, les néocons,les conseillers pro-israéliens.

Et enfin, sous-jacente, l'intrusion de la Russie dans ce Moyen-Orient compliqué, qui fait beaucoup d'ombre à l'influence US dans cette partie du monde.

Je ne cite que les principaux acteurs du contexte, en réalité ce contexte est encore bien plus compliqué.

Bien que Mr Crooke ait un pedigree impressionnant, et malgré une analyse relativement vraisemblable, on ne peut pas s’empêcher d'y voir un certain nombre de faiblesses, peut être dues à un parti pris évident. Même si les intentions rapportées des uns et des autres ne manquent pas de crédibilité, on est tout de même étonné par la relative « naïveté », suggérée par l'auteur, des protagonistes de cette affaire « peut être que l'un a cru ceci, l'autre cela », etc... On imagine mal des conversations aussi décisives à mots couverts dans ce genre d'affaire.

Mais son message semble être non seulement sur ce qui se passe dans cette région du monde mais aussi de faire passer Mr Trump et son équipe pour une bande de branquignoles. Cette équipe doit sûrement en comporter un certain nombre, comme dans toutes les démocraties à base de partis politiques, mais j'ai du mal à croire que Trump et sa famille ont pu concocter tous seuls une telle démarche. D'ailleurs la photo, censée illustrer son propos, le contredit puisqu'on y voit, et la légende le confirme, des secrétaires d'État dont celui de la défense avec d'autres officiels.

En dehors de cet aspect polémique, il fonde ses hypothèses sur des intentions attribuées aux acteurs de cet épisode et non sur des faits, de plus le succès ou l'échec d'une politique ne se juge pas sur 15 jours ou 3 mois, mais sur le long terme.

Enfin je remarque qu'à aucun moment de son analyse il n'est question de la Russie qui joue un rôle majeur, y compris auprès de l'Arabie Saoudite aussi bien par son poids militaire dans la région que par son adoption probable du pétro-yuan en substitution au pétro-dollar en paiement du pétrole d'Arabie Saoudite.

Ceci dit l'article ne manque pas d'intérêt puisqu'il permet à un lecteur non-américain de se forger une idée sur ce jeu compliqué de la politique au Moyen-Orient, je dis « non-américain » car il est évident que cet article est essentiellement destiné à des lecteurs américains pour la partie « Trump et son équipe ».

Traduit par Claude relu par Cat pour le Saker francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-plan-saoudien-de-trump-seffiloche

29 Novembre 1947 : Pourquoi le mystérieux Suédois qui a dressé la carte d’Israël a favorisé les Juifs

29 Novembre 1947 : Pourquoi le mystérieux Suédois qui a dressé la carte d’Israël a favorisé les Juifs

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29 Novembre 1947 : Pourquoi le mystérieux Suédois qui a dressé la carte d’Israël a favorisé les Juifs

Soixante-dix ans après l’approbation du plan de partage de la Palestine par l’Assemblée générale des Nations Unies, un chercheur israélien a retrouvé l’homme oublié qui en a dressé la carte

Dans une archive lointaine située à environ 5 000 kilomètres de Jérusalem, la réponse à l’une des questions les plus intrigantes de l’histoire de l’État d’Israël a été trouvée : qu’avait en tête la personne qui a établi la carte de partition qui a ouvert la voie à la création de l’Etat juif ?

Le Dr. Paul Mohn (1898-1957), 1949.GPO

Malgré son rôle important dans la formation de l’histoire locale, l’homme – le Dr. Paul Mohn – est resté inconnu du public israélien. Aucune autorité locale n’a jamais pris la peine de donner son nom à une rue, un square ou un bâtiment public. S’il est mentionné dans les livres d’histoire, c’est seulement dans une note de bas de page. Il ne fait aucun doute qu’il a lui-même contribué à cette obscurité: c’était un personnage mystérieux, en retrait et taciturne et les gens qui travaillaient avec lui le décrivaient comme un individu qui suscitait «la perplexité et la peur».

Aujourd’hui, 70 ans après l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies du plan de partage de la terre de Palestine le 29 novembre 1947, un chercheur israélien a jeté la lumière sur le diplomate suédois pro-sioniste oublié.

Le Dr Elad Ben-Dror, du département des études moyen-orientales de l’université Bar-Ilan, s’est rendu en Suède pour voir ce qu’il pourrait apprendre sur Mohn,  le représentant adjoint de la Suède à la Commission ad hoc chargée de la question palestinienne  (UNSCOP), établie en 1947.

À l’Université d’Uppsala en Suède, Ben-Dror a trouvé le journal personnel de Mohn. En le feuilletant, il s’est rendu compte qu’il contenait de précieuses informations provenant des «coulisses» du Plan de partage.

« J’ai essayé de réconcilier des idées inconciliables: l’espoir d’une coopération judéo-arabe et la peur de l’animosité judéo-arabe », écrit Mohn dans le journal. En d’autres termes, la partition du pays, dans le format qu’il proposait, était censée permettre aux Juifs et aux Arabes de vivre côte à côte à la fois comme amis en temps de paix et comme ennemis en période de tension. « Si les parties veulent vivre en paix, cela pourrait arriver avec mon plan de Partition », a-t-il expliqué. « S’ils veulent se séparer et se tourner les uns les autres – il y a aussi des possibilités théoriques pour cela. »

Un regard sur la carte qu’il a dessinée illustre ses mots. Selon la proposition de Mohn, le pays est divisée en sept parties: la région de Jérusalem, qui devait être placée sous contrôle international, et six régions triangulaires – trois pour l’État juif et trois pour l’État arabe. Tous ces territoires se touchaient par  leurs coins de manière à préserver la contiguïté territoriale de chacun des deux États. Ces « points d’intersection » permettraient de se déplacer sans friction dans les zones assignées à chacun des États.

Du point de vue des juifs, l’avantage de la carte de Mohn était clair: elle donnait au futur État juif 62% du territoire, même si la population palestinienne était deux fois plus nombreuse que celle des Juifs.

Qu’est-ce qui a conduit Mohn à favoriser les Juifs? Dans sa recherche pour une étude qui sera publiée dans un livre à paraître sur l’UNSCOP, Ben-Dror a appris que le père de Mohn, qui était un pasteur protestant, avait été profondément choqué par le procès Dreyfus en France à la fin du 19ème siècle et avait inculqué à son fils une prise de conscience « de l’histoire tragique du peuple juif ».

Les membres de l’ONU votent la fin du mandat britannique The Nathan Axelrod Newsreel Collection / YouTube

De plus, Mohn a dit de lui-même qu’il n’était pas particulièrement sympathique envers les aspirations nationales des Arabes, auxquelles il avait été exposé pendant son service diplomatique au Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il parlait de la terre de Palestine comme «la terre sainte» et à ses heures perdues, il aimait parcourir la liste des lauréats juifs du prix Nobel  et sonder «l’intellect juif». Il fut également profondément affecté par ses visites dans les camps de personnes déplacées. en Europe, où il a rencontré des survivants de l’Holocauste qui attendaient la décision d’établir l’État juif.

Vers la fin d’août 1947, environ une semaine avant la date à laquelle l’UNSCOP était censée soumettre ses recommandations concernant l’avenir de la Palestine, «on apprit que le rapport était également censé inclure une projection quelconque des frontières»,  écrit Mohn dans son journal. Ainsi, presque à la toute dernière minute, il entreprit l’important travail de dessin d’une carte de la partition du pays.

«J’étais là pour sauver la situation», a-t-il noté, et a raconté comment il s’est retrouvé tout seul jusqu’à très tard dans la nuit pour donner à  sa «carte des taches» une forme plus lisible.

« Seul, il a déterminé le sort de villages et des villes », dit Ben-Dror, s’appuyant sur le témoignage de contemporains de Mohn. L’un deux, David Horowitz, l’émissaire de l’Agence juive à l’ONU, a écrit que Mohn était le personne «qui, plus que quiconque, a établi les frontières du futur État hébreu».

La vision pro-sioniste de Mohn est parfaitement évidente sur la carte. Ainsi, en partie, il voulait faire de l’ensemble du du Néguev  un territoire juif  ayant eu l’impression, comme il le note, que la colonisaition juive y était «un succès extraordinaire». En revanche, il écrit des Bédouins : «Ils pourraient même avoir été là pendant 1000 ans sans laisser de traces » .

En fin de compte, l’ONU adopta une version un peu plus complexe de la carte de Mohn mais celle-ci perdit aussi de sa pertinence avec le déclenchement en 1948 de ce que les sionistes appellent  la guerre d’indépendance. Mohn lui-même mourut dix ans plus tard sans pouvoir voir comment,  en 1967 un autre clou allait être planté dans  le cercueil du plan de partage qu’il avait concocté.

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Traduit par  Fausto Giudice

Merci à Tlaxcala
Source: https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.824757

Photo: Des juifs se rassemblent dans les rues de Tel-Aviv le 30 novembre 1947 pour célébrer l’annonce par la radio du plan des Nations Unies pour la partition de la Palestine et le nouvel État juif. Photo AP

via:http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22128

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/29-novembre-1947-pourquoi-le-mysterieux-suedois-qui-a-dresse-la-carte-disrael-a-favorise-les-juifs/#RcQTgBViCGRHt2RT.99

Révélation : Les Saoudiens envisageraient d’abandonner la Palestine en échange d’une guerre contre l’Iran

Révélation : Les Saoudiens envisageraient d’abandonner la Palestine en échange d’une guerre contre l’Iran


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 15 novembre 2017

Les tyrans de l’Arabie saoudite ont le projet de vendre la Palestine. Cela leur semble le seul moyen d’obtenir le soutien des États-Unis pour leur campagne fanatique contre l’ennemi iranien.

Un mémorandum interne saoudien transmis au journal libanais Al-Akhbar, en révèle les principaux éléments. (Note : L’authenticité du mémo n’a pas été confirmée. En théorie, il pourrait s’agir d’un « faux » envoyé au journal par un autre camp, mais Al-Akhbar a la réputation de publier de vrais documents fuités et je fais confiance au jugement de ses éditeurs).

Selon le mémo, les Saoudiens sont prêts à renoncer au droit du retour des Palestiniens. Ils renoncent aussi à la souveraineté palestinienne sur Jérusalem et n’insistent plus sur la création d’un véritable État palestinien. En échange, ils demandent une alliance (militaire) américano-saoudo-israélienne contre leur soi-disant ennemi de l’est du golfe Persique.

Il y a eu des négociations sur la question entre les Saoudiens et les sionistes sous l’égide des États-Unis. Le « conseiller » que Netanyahou et Trump « partagent, l’enfant prodige, Jared Kushner », est le pivot de ces négociations. Il a fait au moins trois voyages en Arabie saoudite cette année, le dernier très récemment.

Les opérations saoudiennes du mois dernier, à la fois contre l’opposition interne du clan Salman et contre le Hezbollah au Liban, doivent être analysées dans le contexte de la préparation d’un plan plus large. Pour récapituler :

  • La semaine dernière, l’actuel chef des Palestiniens, Mahmoud Abbas, a été convoqué à Riyad. Là, on lui a dit d’accepter tout ce qui sera présenté comme un plan de paix américain ou de démissionner. On lui a ordonné de couper tous les liens palestiniens avec l’Iran et le Hezbollah :

Depuis ces mises en garde qui pourraient menacer le nouvel accord d’unité palestinienne signé par le Fatah et le Hamas soutenu par l’Iran dans la bande de Gaza, les médias palestiniens ont manifesté une rare unité en attaquant tous l’Iran dans leurs colonnes.

  • Le 6 novembre, une lettre du Premier ministre israélien Netanyahou aux ambassades israéliennes a été intentionnellement « fuitée ». Dans ce document, Netanyahou commande à ses diplomates de solliciter partout le total soutien aux projets saoudiens contre le Liban, le Yémen etc. Le même jour, Trump a tweeté :

Donald J. Trump @realDonaldTrump – 15:03 – 6 nov. 2017

“J’ai toute confiance dans le roi Salman et le prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font …”

(Le tweet a fait l’objet d’une énorme promotion de la part des bots Twitter saoudiens).

Le tyran saoudien a enlevé le premier ministre libanais, Saad Hariri, et déclaré la guerre au Liban. Son but est de chasser ou isoler le Hezbollah, la résistance chiite du Liban qui est alliée à l’Iran et s’oppose aux projets saoudiens pour la Palestine.

  • Le 11 novembre, le New York Times a mentionné la rédaction d’un « plan de paix » par les États-Unis, mais il a fourni peu de détails. Les chances de réussite d’un tel plan sont considérées comme faibles.

Le journal libanais de gauche Al-Akhbar s’est procuré une copie du plan (en arabe) sous la forme d’un mémorandum du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir au prince-clown saoudien Mohammed Bin Salman (traduction automatique en anglais) :

“Le document, qui est dévoilé pour la première fois, prouve tout ce qui a été divulgué depuis la visite du président Trump en Arabie saoudite en mai dernier sur les efforts américains pour qu’un traité de paix soit signé entre l’Arabie saoudite et Israël. On a eu ensuite des informations sur les rencontres entre Riyad et Tel Aviv, la plus importante étant la visite du prince héritier saoudien à l’entité sioniste.”

Le document révèle l’importance des concessions que Riyad a l’intention de faire pour aider à liquider la question palestinienne, et son souci d’obtenir en retour de l’aide contre l’Iran et la résistance menée par le Hezbollah.

La note du ministère saoudien des Affaires étrangères commence par un exposé de la stratégie prévue :

“Pour contrer l’Iran en augmentant les sanctions contre les missiles balistiques et en reconsidérant l’accord nucléaire, le Royaume a affirmé dans l’accord de partenariat stratégique avec le président américain Donald Trump qu’un effort conjoint américano-saoudien était la clé du succès.

(…)

Le rapprochement de l’Arabie saoudite avec Israël comporte le risque de mécontenter les peuples musulmans du Royaume, car la cause palestinienne est un héritage spirituel, historique et religieux. Le Royaume ne prendra pas ce risque à moins d’être sûr que les États-Unis partagent sincèrement leur approche envers l’Iran qui déstabilise la région en parrainant le terrorisme, en menant des politiques sectaires et en s’ingérant dans les affaires des autres.”

Le document saoudien décrit les étapes du processus vers un accord en cinq points :

Premièrement : les Saoudiens exigent la « parité des relations » entre Israël et l’Arabie saoudite. Sur le plan militaire, ils exigent qu’Israël renonce à ses armes nucléaires ou que l’Arabie saoudite soit autorisée à en acquérir.

Deuxièmement : en échange, l’Arabie saoudite utilisera son pouvoir diplomatique et économique pour faire accepter le « plan de paix » entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes concocté par États-Unis. Les Saoudiens feront pour cela des concessions extraordinaires, selon le mémo :

  • La ville de Jérusalem ne deviendrait pas la capitale d’un État palestinien mais serait soumise à un régime international spécial administré par les Nations Unies.
  • Le droit au retour des réfugiés palestiniens qui ont été violemment expulsés par les sionistes serait abandonné. Les réfugiés deviendraient citoyens des pays où ils résident actuellement (aucune demande d’une pleine souveraineté pour un État palestinien n’est mentionnée).

Troisièmement : lorsque l’Arabie saoudite et les États-Unis (Israël) se seront mis d’accord sur les  « principes généraux de la solution finale » pour la Palestine, une réunion de tous les ministres des Affaires étrangères de la région serait organisée pour qu’ils les soutiennent. Des négociations finales suivraient.

Quatrièmement : en coordination et en coopération avec Israël, l’Arabie saoudite utiliserait son pouvoir économique pour convaincre le public arabe d’accepter le plan. On trouve dans le texte une remarque exacte : « Au début de la normalisation des relations avec Israël, la normalisation ne sera pas acceptée par l’opinion publique dans le monde arabe. » Le plan consiste donc essentiellement à soudoyer les Arabes pour qu’ils l’acceptent.

Cinquièmement : le conflit palestinien détourne l’attention du vrai problème que les dirigeants saoudiens ont dans la région, à savoir l’Iran : « Par conséquent, les parties saoudienne et israélienne sont d’accord sur ce qui suit :

1.       Contrecarrer toutes les activités qui servent les politiques agressives de l’Iran au Moyen-Orient. L’affinité de l’Arabie saoudite avec Israël doit s’accompagner d’une position américaine sincère contre l’Iran.

2.       Augmenter les sanctions américaines et internationales liées aux missiles balistiques iraniens.

3.       Augmenter les sanctions contre le financement iranien du terrorisme dans le monde.

4.       Réexaminer le groupe (cinq + 1) dans l’accord nucléaire avec l’Iran pour assurer la mise en œuvre littérale et stricte de ses dispositions.

5.       Limiter l’accès de l’Iran à ses actifs gelés et exploiter la détérioration de la situation économique iranienne pour augmenter la pression intérieure sur le régime iranien.

6.       Une coopération intensive en matière de renseignement dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue de l’Iran et du Hezbollah.

Le mémo est signé par Adel al-Jubeir. (Mais qui étaient les « conseillers » qui le lui ont dicté ?).

Le plan américain pour la paix en Palestine est de contraindre les Palestiniens et les Arabes à faire tout ce que veut Israël. Les Saoudiens accepteront tout, en posant de très légères conditions, si les États-Unis et Israël les aident à se débarrasser de leur ennemi juré, l’Iran. Mais tout cela est impossible. Ni Israël ni les États-Unis n’accepteront une « parité de relations » avec l’Arabie saoudite. L’Arabie Saoudite n’a rien de ce qu’il lui faudrait pour devenir un État dominant du Moyen-Orient arabe. L’Iran ne peut pas être vaincu.

L’Iran est au cœur du mouvement chiite et au cœur de la résistance à l’impérialisme « occidental ». Les populations chiites et sunnites au Moyen-Orient (ex-Égypte) sont d’importances à peu près égales. L’Iran a environ quatre fois plus de citoyens que les Saoudiens. Il est beaucoup plus ancien et lettré que l’Arabie saoudite. Il a une population éduquée et des capacités industrielles bien développées. L’Iran est une nation, pas un conglomérat de tribus du désert comme l’est la péninsule arabique sous al-Saoud. Sa position géographique et ses ressources le rendent invincible.

Pour vaincre l’Iran, les Saoudiens ont lancé des guerres par procuration en Irak, en Syrie, au Yémen et maintenant au Liban. Ils avaient besoin de soldats au sol pour gagner ces guerres. Les Saoudiens ont recruté et envoyé se battre les seuls mercenaires qu’ils ont trouvés. Leurs hordes de fanatiques d’al-Qaïda et d’EI ont été vaincues. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été tués sur les champs de bataille en Irak, en Syrie et au Yémen. Malgré une campagne de mobilisation mondiale, presque toutes leurs forces disponibles ont été vaincues par les résistances locales sur le terrain. Ni l’État colonial ni les États-Unis ne sont disposés à envoyer leurs soldats se battre pour la suprématie saoudienne dans la région.

Le plan de l’administration Trump pour parvenir à la paix au Moyen-Orient soulève beaucoup d’espoir mais il ne tient pas compte de la situation concrète. Les Saoudiens promettent de soutenir le plan américain si l’Administration de Trump accepte de combattre leur ennemi juré, l’Iran. Mais les deux chefs sont aussi limités qu’impulsifs et leurs plans ont peu de chance de réussir. Ils tenteront quand même de les mener à bien en faisant énormément de dommages collatéraux. L’entité sioniste n’a nullement besoin de faire la paix. Elle montre déjà peu d’empressement à accepter ce plan de paix et elle essaiera uniquement d’en tirer un profit personnel.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/revelation-les-saoudiens-envisageraient-dabandonner-la-palestine-en-echange-dune-guerre-contre-liran

 

Palestine: Amnesty International s’engage à prendre en considération l’apartheid israélien

Palestine: Amnesty International s’engage à prendre en considération l’apartheid israélien

Des hommes palestiniens passent devant le mur d’apartheid israélien pour franchir un poste de contrôle afin d’aller prier à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, le quatrième vendredi du Ramadan, au poste de contrôle de Qalandia, entre Ramallah et Jérusalem, en Cisjordanie, le 10 juillet 2015. (AP/Majdi Mohammed)
Les « Pratiques de l’apartheid » sont énumérées comme des violations graves du droit international humanitaire et des crimes de guerre

By Ben White

Les activistes et analystes palestiniens décrivent depuis longtemps les politiques israéliennes comme une forme d’apartheid, et l’ONG israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a comparé le « régime de ségrégation » d’Israël dans les territoires occupés au « régime de l’apartheid en Afrique du Sud ».

Dans le cadre d’un développement sans précédent, Amnesty International s’est engagée à examiner si le gouvernement israélien commet le crime d’apartheid dans le territoire palestinien occupé.

C’est la première fois que l’ONG mondiale de défense des droits humains a déclaré qu’elle enquêterait sur les pratiques israéliennes en particulier pour déterminer si elles répondent à la définition internationale de l’apartheid.

La déclaration a été publiée aujourd’hui alors qu’Amnesty a publié un nouveau rapport dans lequel le groupe accuse le Myanmar d’avoir pratiqué l’apartheid dans l’État de Rakhine, décrivant « un système institutionnalisé de ségrégation et de discrimination des communautés musulmanes ».

Pour les Rohingya, Amnesty International a conclu que ce système « est si grave et si étendu qu’il constitue une attaque généralisée et systémique contre une population civile… clairement liée à son identité ethnique (ou raciale) ce qui constitue un crime contre l’humanité au regard du droit international ».

Le rapport décrit en détail un certain nombre de mesures prises par les autorités du Myanmar pour imposer aux Rohingya la ségrégation et la discrimination parrainées par l’État, y compris la violence, le refus de la citoyenneté, les restrictions aux déplacements et d’autres formes d’exclusion sociale, politique et économique.

L’ouvrage « Caged Without a Roof: Apartheid in Myanmar’s Rakhine State » dévoile le fondement juridique international de sa revendication principale d’apartheid, à commencer par la référence à la définition des crimes contre l’humanité dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale – qui inclut l’apartheid.

Prenant acte de la façon dont le terme apartheid trouve son origine dans  » un système politique imposé par les dirigeants nationalistes sud-africains entre 1945 et 1994 « , le rapport d’Amnesty International décrit comment, suite à la condamnation de ce système, » l’apartheid est expressément interdit en droit international « .

Les « Pratiques de l’apartheid » sont énumérées comme des violations graves du droit international humanitaire et des crimes de guerre à l’article 85 (4)(c) du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, adopté en 1977.

En outre, »trois traités internationaux interdisent ou criminalisent explicitement l’apartheid, indiquant clairement que la communauté internationale entendait non seulement condamner et criminaliser l’apartheid tel qu’il est pratiqué en Afrique australe, mais partout où il pourrait être reproduit » (je souligne).

L’argumentation juridique du rapport concernant l’apartheid est étonnamment similaire à l’argument selon lequel Israël commet également un tel crime, tel que défini dans la Convention sur l’apartheid et le Statut de Rome. Par conséquent, à l’avenir, Amnesty peut-elle décrire les politiques israéliennes à l’égard des Palestiniens en ces termes ?

Un porte-parole d’Amnesty International a souligné que l’organisation  » a longtemps mis en lumière les lois, politiques et pratiques discriminatoires d’Israël, qui violent les obligations du pays à l’égard des Palestiniens en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme « .

En particulier, la déclaration a ajouté qu’Amnesty International soulignait  » la politique discriminatoire d’Israël qui consiste à installer des civils juifs dans le territoire palestinien – elle-même une violation du droit international humanitaire – et le système de contrôle des terres et autres ressources palestiniennes, ce qui a entraîné des violations généralisées des droits de l’homme, y compris le droit à un niveau de vie suffisant, le droit à l’eau, à une nourriture et à un logement adéquats, le droit au travail et le droit à la santé « .

Amnesty a également cité  » la discrimination institutionnelle à l’encontre du peuple palestinien en ce qui concerne l’accès à la justice et aux garanties juridiques « , notant que  » les Israéliens, y compris les colons en Cisjordanie occupée, jouissent de la protection du droit civil israélien, tandis que les Palestiniens sont poursuivis par le système judiciaire militaire en l’absence de garanties élémentaires de procès équitable.

Mais dans la partie la plus importante de ses remarques, le porte-parole a affirmé que « si on regarde vers l’avenir – dans toute recherche future sur la discrimination raciale institutionnelle, nous examinerons si la situation en Israël et dans les territoires palestiniens occupés répond à la définition internationale de l’apartheid « , un processus qui « nécessitera une recherche approfondie et un examen juridique rigoureux des preuves « .

Amnesty International dispose d’un nombre croissant de ressources sur lesquelles elle peut s’appuyer dans le cadre d’une telle entreprise, y compris les rapports et la documentation de l’ONU. Il y a dix ans encore, le rapporteur spécial de l’ONU d’alors, le juriste sud-africain John Dugard, déclarait que les « éléments » de l’occupation militaire israélienne « constituent des formes de colonialisme et d’apartheid ».

Entre-temps, en 2012, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations Unies a exhorté Israël à mettre fin aux politiques ou pratiques violant l’interdiction de la « ségrégation raciale et de l’apartheid », un rapport décrit à l’époque par un expert comme « la reconnaissance et la condamnation les plus frappantes d’un système juridique de ségrégation depuis l’apartheid en Afrique du Sud ».

Les activistes et analystes palestiniens décrivent depuis longtemps les politiques israéliennes comme une forme d’apartheid, et l’ONG israélienne de défense des droits humains B’Tselem a comparé le  » régime de ségrégation » d’Israël dans le territoire palestinien occupé « au régime d’apartheid en Afrique du Sud ». Le prix Nobel de la paix Desmond Tutu et l’ancien président étatsunien Jimmy Carter sont deux des personnalités les plus éminentes qui ont accusé Israël d’apartheid.

Le rapport d’Amnesty International sur le Myanmar est, bien entendu, significatif en soi, car il décrit un système horrible de discrimination auquel est confrontée la population Rohingya. Pour Israël, cependant – qui a refusé de cesser de vendre des armes à l’armée du Myanmar -, le rapport a des implications inquiétantes.

L’affaire détaillée et soigneusement présentée contre les autorités du Myanmar est, en fait, un précédent; bien que ce nouveau rapport soit la première fois depuis l’Afrique du Sud que l’amnistie a porté une accusation détaillée d’apartheid contre un État, il se peut fort bien qu’elle ne soit pas la dernière.

La pertinence d’une telle conclusion pour Israël et les Palestiniens n’est confirmée que par les remarques du porte-parole d’Amnesty International.

Pour comprendre les dangers auxquels est confronté le gouvernement israélien, examinez les conclusions d’Amnesty International en ce qui concerne la fin du régime d’apartheid au Myanmar et l’obligation de rendre des comptes à cet égard.

En exhortant la communauté internationale à  » utiliser tous les outils diplomatiques disponibles  » pour faire pression sur le Myanmar afin qu’il mette fin à sa discrimination systémique, Amnesty International propose au Conseil de sécurité un  » embargo général sur les armes  » et des  » sanctions ciblées contre les individus responsables de crimes et de violations « .

Si Israël devenait la cible d’exigences de responsabilité tout aussi ciblées et sévères, condamnées pour le crime d’apartheid par le plus grand groupe de défense des droits de l’homme au monde, il marquerait une étape importante sur la voie qui mènera les Palestiniens à la réalisation des droits qui leur sont refusés depuis longtemps.

le-blog-sam-la-touch.over-blog.com

Source MintPress News

Traduction SLT

Ben White est un journaliste et activiste britannique qui écrit principalement sur le conflit israélo-palestinien.

 

https://infosdanyfr.wordpress.com/2017/11/23/palestine-amnesty-international-sengage-a-prendre-en-consideration-lapartheid-israelien/

EXCLUSIF : Pour les Palestiniens, l’« accord ultime » de Trump est un ultimatum

EXCLUSIF : Pour les Palestiniens, l’« accord ultime » de Trump est un ultimatum

#OccupationPalestine

Le prince héritier a offert à Mahmoud Abbas plus d’argent pour l’instauration d’un État palestinien pendant que l’Arabie saoudite pousse Israël à la soutenir contre l’Iran, selon des sources

Le président américain Donald Trump avant une rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à, l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre 2017 (AFP)
Correspondant de MEE's picture
22 novembre 2017
Dernière mise à jour :
22 novembre 2017

JERUSALEM/WASHINGTON – Une équipe américaine est en voie de finaliser l’« accord ultime » du président Donald Trump, un traité de paix entre les Palestiniens et les Israéliens, révèlent à Middle East Eye un diplomate occidental et des responsables palestiniens.

Le diplomate, anonyme car non autorisé à discuter de ce sujet avec les médias, donne le détail du contenu de l’accord :

  • L’instauration d’un État palestinien à l’intérieur des frontières de la bande de Gaza, des zones A, B et des parties de la zone C en Cisjordanie (voir la carte ci-dessous)
  • Des dons de 10 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) de la part de pays pour la création de l’État et de ses infrastructures dont un aéroport, un port à Gaza, des zones de logements, des zones agricoles et des zones industrielles, ainsi que de nouvelles villes
  • La question du statut de Jérusalem et du retour des réfugiés est reportée aux prochaines négociations
  • Les négociations finales incluant des pourparlers de paix régionaux entre Israël et les pays arabes menées par l’Arabie saoudite.

Le diplomate rappelle que Jared Kushner, conseiller spécial de Trump et responsable de l’équipe pour le processus de paix, s’est récemment rendu en visite en Arabie saoudite et a informé le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS) du plan.

Kushner a aussi demandé aux Saoudiens de l’aider à persuader le président palestinien Mahmoud Abbas d’accepter ce plan, qui sera officiellement présenté début 2018.

Le diplomate, qui est très proche de l’équipe américaine, affirme que MBS a rencontré Mahmoud Abbas début novembre pour l’informer de cette proposition. Le prince héritier a demandé au président palestinien d’accepter le plan et de le faire dans un état d’esprit positif.

« MBS est très enthousiaste au sujet de ce plan », souligne le diplomate. « Il est impatient de voir un accord de paix signé d’abord entre les Palestiniens et les Israéliens, puis entre Israël et les pays arabes. Ce qui, pour lui, est un premier pas dans la formation d’une coalition entre l’Arabie saoudite et Israël pour contrer la menace iranienne. »

Contre l’Iran, les Saoudiens ont besoin d’un soutien

MBS a également dit à Kushner qu’il voulait investir d’importantes sommes d’argent dans l’accord, et qu’il fournirait aux dirigeants palestiniens les motivations nécessaires pour obtenir leur aval, selon le diplomate.

Des responsables palestiniens ont confirmé à MEE qu’Abbas avait rencontré MBS lors de sa récente visite à Riyad, qui a débuté le 8 novembre. Et qu’à ce moment-là, il a offert de tripler le soutien financier de l’Arabie saoudite à l’Autorité palestinienne, qui passerait de 7,5 millions de dollars à 20 millions.

« C’est le plan de Netanyahou. Il l’a vendu à l’équipe américaine et maintenant, les Américains essaient de le vendre aux Palestiniens et aux Arabes »

– Un responsable palestinien

Des sources proches des négociations rapportent que Mohammed ben Salmane a expliqué à Mahmoud Abbas que la menace iranienne représentait une grave menace pour les pays arabes. Et que les Saoudiens avaient sérieusement besoin du soutien des États-Unis et d’Israël dans leur confrontation « existentielle » avec Téhéran. « Nous ne pouvons pas avoir Israël de notre côté tant que le conflit israélo-palestinien n’est pas résolu », aurait dit le prince héritier, selon notre source.

« Le président Abbas pense que le plan pourrait convenir si nous lui ajoutons les mots ‘’frontières de 1967’’. Nous voulons bien donner du temps aux Israéliens s’ils veulent bien nous donner des terres », ajoute un responsable palestinien.

« Nous leur avons dit : si le plan établit clairement que le but de « l’accord ultime » est d’avoir un État palestinien [basé] sur les frontières de 1967 avec un petit échange de terres, alors nous accepterons cette première phase, qui instaure un État avec des frontières provisoires. »

Pour le responsable, proche des pourparlers, la seule inquiétude des Palestiniens était qu’Israël fasse de cet accord provisoire un accord final.

Selon un autre responsable palestinien, Abbas croit en ce plan, conçu par Kushner et par l’envoyé spécial au Moyen-Orient Jason Greenblatt, mais pensé à l’origine par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. « C’est le plan de Netanyahou. Il l’a vendu à l’équipe américaine et maintenant, les Américains essaient de le vendre aux Palestiniens et aux Arabes », souligne notre source.

Les Palestiniens s’attendent à davantage de pressions

Le responsable ajoute que les Palestiniens s’attendent maintenant à davantage de pression de Washington et des capitales arabes.

« Les États-Unis agitent des sanctions contre les Palestiniens dans le cas où ils rejetteraient le plan, par exemple la fermeture de la représentation de l’OLP à Washington DC et l’arrêt de l’aide financière à l’Autorité palestinienne », poursuit la source.

« Lors des négociations de Camp David en 2000, les Arabes ont soutenu Yasser Arafat face aux pressions américaines. Mais maintenant, personne n’est à nos côtés. »

Toujours selon cette source, en 2000, le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah d’Arabie saoudite avaient dit à Arafat : « Nous acceptons seulement ce que les Palestiniens acceptent. »

« Mais maintenant, le roi d’Arabie saoudite est submergé par le conflit avec l’Iran au Yémen, au Liban, en Syrie et en Irak et le président égyptien est submergé au Sinaï. »

Les relations entre les Saoudien et Israël se sont détendues ces derniers mois à la faveur de nombreux contacts et de visites sans précédent de responsables israéliens en Arabie saoudite.

Le 16 novembre, Gadi Eizenkot, le chef d’état-major de l’armée israélienne, a déclaré qu’Israël était prêt à partager « des renseignements » avec l’Arabie saoudite et que les deux pays avaient un intérêt commun à contrer l’Iran.

 

Traduit de l’anglais (original).

 

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/exclusif-pour-les-palestiniens-l-accord-ultime-de-trump-est-un-ultimatum-1545122777

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Revue de presse nationale et internationale.

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