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Le Pentagone planche sur un projet de drone pouvant être armé de missiles air-air

Le Pentagone planche sur un projet de drone pouvant être armé de missiles air-air

PAR LAURENT LAGNEAU · 23 FÉVRIER 2020

À l’heure actuelle, les drones MALE [moyenne altitude longue endurance] et tactiques pouvant être armés n’ont qu’une capacité de frappe au sol. Même chose pour les projets de drones de combat [UCAV] jusqu’alors évoqués.

En 2015, Ray Mabus, alors secrétaire à l’US Navy, avait estimé que l’avenir appartiendrait à ces drones de combat, estimant que le F-35C de Lockheed-Martin serait « certainement » le dernier chasseur-bombardier acquis par la marine américaine. Cependant, il avait toutefois admis que des avions de supériorité aérienne avec équipage seraient toujours nécessaire pour assurer la protection d’un groupe aéronaval.

Mais, en juin 2016, une expérience réalisée par l’US Air Force Research Laboratory et l’entreprise Psibernetix, laissa entrevoir des perspectives nouvelles en matière de combat aérien avec une intelligence artificielle appelée Alpha. Fonctionnant avec une simple carte mère de type Raspberry Pi, cette dernière fut en mesure d’élaborer une stratégie 250 plus rapidement que l’Homme.

Résultat : lors de plusieurs scénarios simulés de combats aériens face au très expérimenté colonel Gene Lee, Alpha prit le dessus. « J’ai été surpris par la manière dont elle était consciente et réactive. Elle semblait être consciente de mes intentions et réagir instantanément à mes changements en vol et à mes déploiements de missiles. Elle savait comment déjouer le tir que je faisais. Elle changeait instantanément entre les actions défensives et offensives en fonction des besoins », racontera plus tard l’ex-pilote de chasse de l’US Air Force au magazine Popular Science.

Aussi, on pourrait imaginer associer cette intelligence artificielle à un drone ayant des capacités air-air. Pour le moment, et en raison des contraintes que cela suppose, un tel appareil n’existe pas. Du moins pas encore…

En effet, dans le cadre du budget pour 2021, la DARPA, l’agence de recherche du Pentagone, a demandé une enveloppe de 22 millions de dollars pour financer le programme LongShot, lequel vise à développer un drone capable d’emporter des missiles air-air destiné à l’US Air Force et à l’US Navy.

Selon la description qui en a été donnée par la DARPA, il s’agit de mettre au point un drone subsonique [voire supersonique], ayant a priori une faible signature radar et pouvant être largué en vol par un avion de chasse ou par un bombardier. Une fois libéré, l’appareil s’approcherait au plus près d’aéronefs hostiles afin de tenter de les abattre.

Cet appareil, explique la DARPA, « utiliserait une ‘propulsion multimode’ pour augmenter considérablement sa portée et son efficacité pour contrer plusieurs menaces aériennes à la fois » et il permettra « d’explorer de nouveaux concepts d’engagements ». Et d’ajouter que le tir de missile air-air au plus près de l’adversaire « réduit son temps de réaction » et augmente aussi les chances de l’abattre.

Reste que ce nouveau projet de la DARPA reprend en partie le concept de « Flying Missile Rail » [FMR, voir photo ci-dessus] qu’elle avait dévoilé en 2017. Il s’agissait alors de mettre au point un appareil autopropulsé, armé d’une paire de missile air-air AIM-120 AMRAAM et pouvant être mis en oeuvre depuis un F-16 ou un F/A-18. Une fois libéré de son « avion hôte », il était censé voler pendant une vingtaine de minutes à la vitesse de Mach 0,9.

Cela étant, avec de tels engins, la question est de ce savoir ce deviendront les missiles à longue portée, comme le Meteor de MBDA ou l’AIM-260 JATM [Joint Air Tactical Missile] développé par Lockheed-Martin?

 

Tags: combat aérienDARPAdroneguerre aérienneinnovationLongShotPentagoneTechnologieUS Air ForceUS Navy

http://www.opex360.com/2020/02/23/le-pentagone-planche-sur-un-projet-de-drone-pouvant-etre-arme-de-missiles-air-

« NATO Go Home ! »

« NATO Go Home ! »

par Thierry Meyssan

Depuis deux décennies, les troupes états-uniennes imposent leur loi au Moyen-Orient élargi. Des pays entiers sont désormais privés d’État pour les défendre. Des populations ont subi la dictature des islamistes. Des meurtres de masse ont été commis. Des famines aussi. Le président Donald Trump a imposé à ses généraux de rapatrier leurs soldats, mais le Pentagone entend poursuivre son œuvre avec les soldats de l’Otan.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 18 FÉVRIER 2020 РУССКИЙعربيITALIANOENGLISHTÜRKÇEESPAÑOLROMÂNĂDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆPORTUGUÊS

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JPEG - 36.2 koArrivée au Conseil atlantique du Commandant suprême des Forces états-uniennes pour l’Europe et Commandant suprême de l’Alliance de l’Atlantique-Nord, le général Tod D. Wolters (Bruxelles, 12 février 2020).

Le président Trump consacrera la dernière année de son premier mandat à ramener les Boys à la maison. Toutes les troupes états-uniennes stationnées au Proche-Orient élargi et en Afrique devraient se retirer. Cependant ce retrait des soldats ne signifiera aucunement la fin de la gouvernance US dans ces régions du monde. Bien au contraire.

La stratégie du Pentagone

Depuis 2001 —et c’est l’une des principales raisons des attentats du 11-Septembre—, les États-Unis ont adopté en secret la stratégie énoncée par Donald Rumsfeld et l’amiral Arthur Cebrowski. Celle-ci a été évoquée dans la revue de l’armée de Terre par le colonel Ralf Peters deux jours après les attentats [1] et confirmée cinq ans plus tard par la publication de la carte d’état-major du nouveau Moyen-Orient [2]. Elle a été détaillée par l’assistant de l’amiral Cebrowski, Thomas Barnett, dans un livre grand public The Pentagon’s New Map (La nouvelle carte du Pentagone) [3].

Il s’agit d’adapter les missions des armées US à une nouvelle forme de capitalisme donnant le primat à la Finance sur l’Économie. Le monde doit être divisé en deux. D’un côté, les États stables intégrés à la globalisation (ce qui inclut la Russie et la Chine) ; de l’autre une vaste zone d’exploitation des matières premières. C’est pourquoi il convient d’affaiblir considérablement, idéalement d’anéantir, les structures étatiques des pays de cette zone et d’empêcher leur résurgence par tous les moyens. Ce « chaos constructeur », selon l’expression de Condoleeza Rice, ne doit pas être confondu avec le concept rabbinique homonyme, même si les partisans de la théopolitique ont tout fait pour. Il ne s’agit pas de détruire un ordre mauvais pour en reconstruire un meilleur, mais de détruite toute forme d’organisation humaine afin d’empêcher toute forme de résistance et de permettre aux transnationales d’exploiter cette zone sans contrainte politique. Il s’agit donc bien d’un projet colonial au sens anglo-saxon du terme (à ne pas confondre avec une colonisation de peuplement).JPEG - 26.1 koSelon cette carte, extraite d’un Powerpoint de Thomas P. M. Barnett lors d’une conférence au Pentagone en 2003, toutes les structures étatiques de la zone rosée doivent être détruites.

En débutant la mise en œuvre de cette stratégie, le président George Bush fils a parlé de « guerre sans fin ». En effet, il ne s’agit plus de gagner des guerres et de vaincre des adversaires, mais de les faire durer le plus longtemps possible, « un siècle » avait-il dit. De fait, cette stratégie a été appliquée dans le « Moyen-Orient élargi », c’est-à-dire dans une zone allant du Pakistan au Maroc et couvrant tout le théâtre d’opération du CentCom et la partie Nord de celui de l’AfriCom. Par le passé, les GI’s garantissaient l’accès des États-Unis au pétrole du Golfe persique (doctrine Carter). Aujourd’hui, ils sont présents dans une zone quatre fois plus vaste et ambitionnent de renverser toute forme d’ordre quelle qu’elle soit. Les structures étatiques de l’Afghanistan depuis 2001, de l’Iraq depuis 2003, de la Libye depuis 2011, de la Syrie depuis 2012 et du Yémen depuis 2015 ne sont plus capables de défendre leurs citoyens. Contrairement au discours officiel, il n’a jamais été question de renverser des gouvernements, mais bien de détruire des États et d’empêcher leur reconstitution. À titre d’exemple, la situation des populations en Afghanistan ne s’est pas améliorée avec la chute des Talibans, il y a 19 ans, mais empire inexorablement de jour en jour. Le seul contre-exemple pourrait-être celui de la Syrie qui, conformément à sa tradition historique, a conservé son État malgré la guerre, absorbé les coups, et quoique ruinée aujourd’hui, a traversé la tempête.

Notons au passage que le Pentagone a toujours considéré Israël comme un État européen et non pas comme moyen-oriental. Il n’est donc pas concerné par ce vaste chamboulement.

En 2001, le colonel Ralf Peters enthousiaste assurait que le nettoyage ethnique « ça marche ! » (sic), mais que les lois de la guerre interdisaient aux USA de le pratiquer eux-mêmes. D’où la transformation d’Al-Qaeda et la création de Daesh qui firent pour le compte du Pentagone ce qu’il souhaitait, mais ne pouvait pas entreprendre publiquement.

Pour bien saisir la stratégie Rumsfeld/Cebrowski, il convient de la distinguer de l’opération des « Printemps arabes », imaginée par les Britanniques sur le modèle de la « Grande Révolte arabe ». Il s’agissait alors de placer la Confrérie des Frères musulmans au pouvoir comme Lawrence d’Arabie avait placé celle des Wahhabites au pouvoir en 1915.JPEG - 27.4 koL’objectif officiel, quoique non assumé publiquement, de l’état-major US : faire exploser les frontières du Moyen-Orient, détruire les États aussi bien ennemis qu’amis, pratiquer le nettoyage ethnique.

Les Occidentaux en général n’ont aucune vision du Moyen-Orient élargi en tant que région géographique. Ils ne connaissent que certains pays et les perçoivent chacun comme isolé les uns des autres. De la sorte, ils se persuadent eux-mêmes que les tragiques événements qu’endurent ces peuples ont tous des raisons particulières, ici une guerre civile, là le renversement d’un dictateur sanguinaire. Pour chaque pays, ils ont une histoire bien écrite de la raison du drame, mais ils n’en ont jamais pour expliquer que la guerre dure au-delà et ne veulent surtout pas qu’on les interroge à ce sujet. Chaque fois, ils dénoncent « l’incurie des Américains » qui ne sauraient pas terminer de guerre, oubliant qu’ils reconstruisirent l’Allemagne et le Japon après la Seconde Guerre mondiale. Ils refusent de constater que depuis deux décennies les États-Unis appliquent un plan énoncé à l’avance au prix de millions de morts. Ils ne se perçoivent donc jamais comme responsables de ces massacres.

Les États-Unis eux-mêmes dénient mener cette stratégie face à leurs citoyens. Ainsi l’inspecteur général chargé d’enquêter sur la situation en Afghanistan a-t-il rédigé un rapport se lamentant sur les innombrables occasions manquées du Pentagone d’apporter la paix alors que précisément celui-ci n’en voulait pas.

L’intervention russe

Pour pulvériser tous les États du Moyen-Orient élargi, le Pentagone a organisé une absurde guerre civile régionale à la manière dont il avait inventé la guerre sans objet entre l’Iraq et l’Iran (1980-88). En définitive le président Saddam Hussein et l’ayatollah Khomeini réalisèrent qu’ils s’entretuaient pour rien et firent la paix contre les Occidentaux.

Cette fois, c’est l’opposition entre sunnites et chiites. D’un côté, l’Arabie saoudite et ses alliés, de l’autre l’Iran et les siens. Peu importe que l’Arabie saoudite wahhabite et l’Iran khomeiniste aient combattu ensemble sous commandement de l’Otan durant la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-95), ou que de nombreuses troupes de l’« Axe de la Résistance » ne soient pas chiites (100 % des Palestiniens du Jihad islamique, 70 % des Libanais, 90 % des Syriens, 35 % des Iraquiens et 5 % des Iraniens).

Nul ne sait pourquoi ces deux camps s’affrontent, mais ils sont priés de se saigner mutuellement.JPEG - 60.2 koOn prétend que le Moyen-Orient élargi est le théâtre d’une guerre de religion. Mais un tiers des populations de l’Axe chiite de la Résistance n’est pas chiite.

Quoiqu’il soit, en 2014, le Pentagone s’apprêtait à faire reconnaître deux nouveaux États conformément à sa carte d’objectifs : le « Kurdistan libre » (fusion du Rojava syrien et du Gouvernorat kurde d’Iraq auquel une partie de l’Iran et tout l’Est de la Turquie devaient être ultérieurement ajoutés) et le « Sunnistan » (composé de la partie sunnite de l’Iraq et de l’Est de la Syrie). En détruisant quatre États, le Pentagone ouvrait la voie à une réaction en chaîne qui devait par ricochet détruire toute la région.

La Russie intervint alors militairement et fit respecter les frontières de la Seconde Guerre mondiale. Il va de soi que celles-ci sont arbitraires, issues des accords Sykes-Picot-Sazonov de 1915, et parfois difficiles à supporter, mais les modifier par le sang est encore moins acceptable.

La communication du Pentagone a toujours feint d’ignorer ce qui était en jeu. À la fois parce qu’il n’assume pas publiquement la stratégie Rumsfeld/Cebrowski et parce qu’il assimile l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie à un coup de force.

La mue des partisans de la stratégie Rumsfeld/Cebrowski

Après deux ans de lutte acharnée contre le président Trump, les officiers généraux du Pentagone, dont presque tous ont été formés personnellement par l’amiral Cebrowski, se sont soumis à lui sous conditions. Ils ont accepté de ne pas
- créer d’État terroriste (le Sunnistan ou Califat) ;
- modifier les frontières par la force ;
- maintenir de troupes US sur les champs de bataille du Moyen-Orient élargi et d’Afrique.
Et ils ont ordonné à leur fidèle procureur Robert Mueller, qu’ils avaient déjà utilisé contre le Panama (1987-89), la Libye (1988-92) et lors des attentats du 11-Septembre (2001), d’enterrer son enquête sur le Russiagate.

Tout s’est alors déroulé comme du papier à musique.

Le 27 octobre 2019, le président Trump a ordonné l’exécution du calife Abou Bakr al-Baghdadi, principale figure militaire du camp sunnite. Deux mois plus tard, le 3 janvier 2020, il a ordonné celle du général iranien Qassem Soleimani, principale figure militaire de l’Axe de la Résistance.

Ayant de la sorte montré qu’il restait le maître du jeu en éliminant les personnalités les plus symboliques des deux camps, en le revendiquant, et sans encourir de riposte significative, le secrétaire d’État Mike Pompeo révéla le dispositif final, le 19 janvier au Caire. Il prévoit de poursuivre la stratégie Rumsfeld/Cebrowski non plus avec les armées US, mais avec celles de l’Otan en incluant Israël et les pays arabes.

Le 1er février, la Turquie officialisait sa rupture avec la Russie en assassinant quatre officiers du FSB à Idleb. Puis le président Erdogan se rendait en Ukraine scander la devise des Bandéristes (les légionnaires ukrainiens du IIIème Reich contre les Soviétiques) avec la Garde nationale ukrainienne et recevoir le chef de la Brigade islamiste internationale (les Tatars anti-Russes), Moustafa Djemilev (dit « Mustafa Kırımoğlu »).JPEG - 38.9 koLe Conseil de l’Atlantique-Nord acte le déploiement des formateurs de l’Otan au Moyen-Orient élargi (Bruxelles, 13 février 2020).

Les 12 et 13 février, les ministres de la Défense de l’Alliance atlantique ont pris acte du retrait inéluctable des forces US et de la dissolution à venir de la Coalition internationale contre Daesh. Tout en soulignant qu’ils ne déployaient pas de troupes combattantes, ils ont accepté d’envoyer leurs soldats former ceux des armées arabes, c’est-à-dire superviser les combats sur le terrain.

Les formateurs de l’Otan seront déployés prioritairement en Tunisie, en Égypte, en Jordanie et en Iraq. Ainsi :
- la Libye sera encerclée à l’Ouest et à l’Est. Les deux gouvernements rivaux de Fayez el-Sarraj —soutenu par la Turquie, le Qatar et déjà 5 000 jihadistes venus de Syrie via la Tunisie— et du maréchal Khalifa —soutenu par l’Égypte et les Émirats— pourront s’entretuer éternellement. L’Allemagne, toute heureuse de retrouver le rôle international dont elle a été privée depuis la Seconde Guerre mondiale, fera la mouche du coche en dissertant sur la paix pour couvrir les gémissements des agonisants.
- La Syrie sera encerclée de toutes parts. Israël est déjà membre de facto de l’Alliance atlantique et bombarde qui il veut quand il veut. La Jordanie est déjà le « meilleur partenaire mondial » de l’Otan. Le roi Abdallah II est venu s’entretenir très longuement à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, le 14 janvier, et participer à une séance du Conseil atlantique. Israël et la Jordanie ont déjà un bureau permanent au siège de l’Alliance. L’Iraq recevra aussi des formateurs de l’Otan, bien que son parlement vienne de voter le retrait des troupes étrangères. La Turquie est déjà membre de l’Alliance et contrôle le Nord du Liban grâce à la Jamaa islamiya . Ensemble, ils pourront faire appliquer la loi US « Caesar » interdisant à toute entreprise d’où qu’elle soit d’aider à la reconstruction de ce pays.

Ainsi, le pillage du Moyen-Orient élargi, débuté en 2001, se poursuivra. Les populations martyrs de cette région, dont le seul tort est de s’être divisées, continueront à souffrir et à mourir en masse. Les États-Unis garderont leurs soldats chez eux, bien au chaud, innocents, tandis que les Européens devront assumer les crimes des généraux US.

Selon le président Trump, l’Alliance pourrait changer de nom et peut-être devenir l’Otan-Moyen-Orient (Otan-MO/NATO-ME). Sa fonction anti-Russe passerait au second plan au profit de sa stratégie de destruction de la zone non-globalisée.

La question se pose de savoir comment la Russie et la Chine réagiront à cette redistribution des cartes. La Chine a besoin pour se développer d’avoir accès aux matières premières du Moyen-Orient. Elle devrait donc s’opposer à cette main-mise occidentale bien que sa préparation militaire soit encore incomplète. Au contraire, la Russie et son immense territoire sont autosuffisants. Moscou n’a aucune raison matérielle de se battre. Les Russes peuvent même être soulagés par la nouvelle orientation de l’Otan. Il est pourtant probable que, pour des motifs spirituels, ils ne laisseront pas tomber la Syrie et soutiendront peut-être d’autres peuples du Moyen-Orient élargi.

Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article209213.html

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[1] “Stability, America’s Ennemy”, Ralph Peters, Parameters, Winter 2001-02, pp. 5-20. Également in Beyond Terror : Strategy in a Changing World, Stackpole Books.

[2] “Blood borders – How a better Middle East would look”, Colonel Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

[3The Pentagon’s New Map, Thomas P.M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

Crise de nerfs au Pentagone

Crise de nerfs au Pentagone

7 Décembre 2019

Désolé pour le rythme de ces derniers temps, chers amis, mais je mets la dernière touche à mon livre qui sort le mois prochain et suis par conséquent très pris. Un rapide passage néanmoins pour narrer une petite histoire qui fait baver de rage le Deep State et ses officines.

Voice of America, organe néo-impérial bien comme il faut, en est tout retourné : près de la moitié du personnel militaire américain considère la Russie comme… un allié. Brzezinski et McCain doivent faire un triple axel dans leur tombe.

Les chiffres, tirés du très sérieux Reagan National Defense Survey réalisé au mois d’octobre, ont envoyé des ondes de choc du côté du Pentagone, dont les divers portes-parole montent au créneau. Si 46% de l’armée US a une bonne opinion de la Russie, c’est la faute à la désinformation du Kremlin qui « sème le doute et la confusion ». Bon sang mais c’est bien sûr ! Ces perfides Russkofs sont capables de tout…

La suite de l’article est un ramassis d’explications aussi alambiquées que pathétiques qui ont au moins un avantage : faire rire.

Tag(s) : #Etats-Unis

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/12/crise-de-nerfs-au-pentagone.html

De La Non-Fiabilité De L’option Militaire

De La Non-Fiabilité De L’option Militaire

    
4.8
(12)

Washington n’a aucune option viable en Iran. L’annonce d’éventuelles frappes disproportionnées et annulées visant trois sites militaires à l’intérieur de l’Iran vise plus à transmettre un message codé aux dirigeants iraniens qu’à les dissuader d’abattre d’autres aéronefs.

Si le Pentagone avait des options fiables, il les aurait utilisé depuis longtemps. Or, les missiles de croisière, fierté de la seconde guerre du Golfe, sont devenus obsolètes face aux nouveaux systèmes de défense aérienne. Les drones d’attaque également. Ce qui ne laisse que le choix très risqué d’y envoyer des avions de combat pilotés par des humains. Vu la densité du réseau de la défense aérienne iranienne, cette option ne serait fiable que si les États-Unis sont déterminés à engager une guerre totale et longue sur un front étendu des contreforts de l’Himalaya jusqu’à la Méditerranée orientale.

De la non-fiabilité de l’option militaire

Le Pentagone s’implique dans la guerre… économique!

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

Le Pentagone s’implique dans la guerre… économique!

LE DÉSORDRE MONDIAL

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Washington a décidé de mieux protéger le secteur de la Défense des entreprises étrangères, notamment chinoises. Le Pentagone va créer un «fonds de confiance» comprenant des listes de fournisseurs validés par le gouvernement américain. Éric Denécé, directeur du CF2R, analyse pour le Désordre mondial les enjeux de cette décision.

Les États-Unis ne cachent pas qu’ils considèrent la Chine comme un ennemi dans le paysage mondial multipolaire actuel, mais il semble maintenant que le Pentagone s’implique dans la guerre économique entre les deux pays.

La sous-secrétaire américaine à la Défense pour les acquisitions, Ellen Lord, a annoncé que le Pentagone créerait un «fonds de confiance», permettant aux entreprises américaines dans le domaine de la Défense d’accéder à des sources d’approvisionnement approuvées par le gouvernement américain. En règle générale, il appartient normalement aux entreprises d’exercer une diligence raisonnable vis-à-vis des investisseurs et des capitaux potentiels.

Lord a expliqué la raison d’être de l’initiative: «La Chine tente de plus en plus de faire progresser la R et D, l’exploiter et la manipuler des outils économiques, comme la technologie critique pour notre sécurité nationale». Le Pentagone crée donc un écosystème qui bloque les investisseurs étrangers et supprime les failles potentiellement subversives.Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle mesure? Servira-t-elle à mieux protéger les États-Unis? La France et l’Europe devraient-elles en faire de même? Éric Denécé se penche sur ce nouvel épisode de la guerre économique entre la Chine et les États-Unis. Il est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et auteur du nouveau livre «Le Renseignement au service de la démocratie», aux éditions Fauves

https://fr.sputniknews.com/radio_desordre_mondial/201906071041379835-le-pentagone-simplique-dans-la-guerre-economique/

Un think tank américain chasse le gros gibier russe, mais bute sur les USA

Un think tank américain chasse le gros gibier russe, mais bute sur les USA

La RAND Corporation est un think tank dédié à la recherche stratégique affilié au Pentagone. Elle existe depuis 1948 et représente l’incarnation même de la paranoïa des USA au cours de la Guerre froide, au point d’avoir été caricaturée dans le célèbre film Dr Folamour. Aujourd’hui, elle réémerge avec un plan pour harceler la Russie.

Plus ça change…


Par Robert Bridge
Paru sur RT sous le titre US think tank goes big-game hunting for Russia. Guess who gets shot in the foot?


Dans un plan qui voit la Russie à travers le même prisme fissuré que l’ancien ennemi idéologique de Washington, l’Union soviétique, la RAND Corporation révèle que son pire ennemi pour arriver à la domination mondiale n’est pas la Russie, mais les États-Unis eux-mêmes.

Présentée dans la comédie noire de 1964 Dr Folamour, où elle avait été rebatisée « BLAND Corporation » – le think tank à l’origine de la « La Machine infernale » qui détruirait la planète en cas d’attaque nucléaire – la notoriété de la RAND Corporation revient aujourd’hui avec un plan mal ficelé contre la Russie.

Si l’on peut dire quelque chose de positif au sujet du dernier plan suggéré par la RAND, intitulé « Obliger la Russie à une extension excessive et la déséquilibrer », c’est bien sa transparence éhontée. Il n’y a pas de cache-sexe ici. Les 12 pages terrifiantes décrivent froidement les différentes façons dont les États-Unis peuvent nuire à la Russie. Un seul problème à propos de ce plan d’ensemble du RAND. Les propositions de machinations sont sabotées à chaque fois par la maladresse des actions américaines sur la scène mondiale.

Immédiatement après l’avant-propos, par exemple, le rapport jubile sur les prix du pétrole et du gaz « bien en dessous du pic » tout en se réjouissant de l’imposition de sanctions économiques qui ont précipité le « déclin » tant attendu de la Russie. Pourtant, à peine l’encre avait-elle séché sur ces desseins sournois qu’ils étaient déjà obsolètes.

Tous les espoirs qu’avait la RAND d’enfoncer un pieu dans le cœur de la Russie à travers la stagnation des prix du pétrole et du gaz – une idée qui, soit dit en passant, est discréditée depuis longtemps – ont été naufragés par le comportement agressif des États-Unis contre le Venezuela et l’Iran, deux pays assis sur un véritable océan de réserves de pétrole.

Les prix du pétrole ont atteint leur plus haut niveau en six mois en avril, se stabilisant en mai, après que les États-Unis aient déclaré qu’ils adopteraient une position plus dure à l’encontre des pays qui violent leur embargo pétrolier de l’Iran. Cette nouvelle a été exacerbée par l’arrivée de navires de guerre américains dans le golfe Persique dans le cadre d’une rhétorique hostile de la Maison-Blanche, à laquelle Téhéran a naturellement répondu sur le même ton.

Dans le même temps, l’administration Trump – qui fait ouvertement pression pour un changement de régime au Venezuela contre le gouvernement légitime du président Nicolas Maduro – a apporté son soutien au leader fantoche Juan Guaido, dont les plans récents de putsch n’ont pas réussi à convaincre les militaires vénézuéliens.

Les exportations de pétrole du Venezuela ont diminué d’environ 40 % depuis janvier. L’ironie ici, est que les pressions de Washington contre Caracas ont forcé les raffineries de pétrole américaines à tripler la quantité de brut russe qu’elles importent pour combler le déficit.

Pendant ce temps, la RAND soutient les sanctions économiques contre Moscou dans le but de « dégrader l’économie russe », tout en oubliant de s’assurer du soutien de ses alliés à une approche aussi agressive. Or, nombreux sont ceux qui n’en veulent pas, ce qui n’est pas une surprise si l’on considère que la Russie est le quatrième partenaire commercial de l’UE.

Pas plus tard que la semaine dernière, le vice-premier ministre italien Matteo Salvini a critiqué les sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie, arguant qu’elles ne fonctionnent pas et que « tous les gens bien » sont favorables à leur levée.

L’Allemagne n’est pas moins remontée contre Washington, parce qu’elle se prépare à imposer des sanctions aux entreprises associées à la construction du Nord Stream 2, une entreprise germano-russe visant à acheminer le gaz russe directement en Allemagne par un gazoduc sous la mer Baltique. Pour mieux comprendre la véritable source de l’hostilité américaine envers le projet, il suffit de suivre la piste de l’argent : le marchand itinérant Donald Trump n’a pas caché qu’il veut que l’UE achète du gaz naturel liquéfié (GNL) américain plus cher. Et pour mémoire, c’est l’Ukraine et non la Russie qui s’est rendue coupable d’avoir utilisé le gaz russe comme « arme politique », lorsque Kiev a coupél’acheminement à l’hiver 2009.

Une autre partie du plan propose d’encourager l’émigration de la main-d’œuvre qualifiée et de la jeunesse instruite de Russie afin de « faire mal à la Russie ». La réalité de ces politiques est qu’elles ont le potentiel de faire mal non pas à la Russie, mais aux Russes qui auraient le malheur de s’y risquer, comme Maria Butina l’a découvert à ses dépens. Née en Sibérie, Butina était partie aux États-Unis en 2016 avec un visa étudiant. Finalement, elle s’était impliquée dans des organisations pro-armes à feu, comme la National Rifle Association. Au plus fort de l’hystérie russophobe, Butina a été arrêtée par le FBI et accusée de conspiration en tant qu’agent étranger non enregistré de l’État russe « sans en avoir notifié le procureur général ».

À la lecture de ces attaques infondées contre leurs concitoyens, combien de jeunes Russes talentueux vont-ils revenir sur leurs projets éventuels de vie, de travail et d’études aux États-Unis ? C’est une question que la RAND ne se pose pas.

C’est là que l’hypocrisie et le cynisme du plan deviennent tout simplement insupportables. Le rapport préconise une fuite des cerveaux russes en attirant les gens les plus talentueux de la nation, et en même temps, il appelle les États occidentaux à interdire à la Russie l’accès à « des forums internationaux non onusiens », et préconise le « boycott d’événements tels que la Coupe du monde », des mesures qui, selon la RAND, « porteront atteinte au prestige russe ».

Il est clair que les auteurs de ce journal diabolique ont été déstablisés par le succès de la Coupe du Monde de Russie 2018, que le président de la FIFA a qualifié de plus beaux jeux jamais organisés. Pendant un mois, plus de 3 millions de fans de football du monde entier ont séjourné en Russie pour assister à des dizaines de matches dans 11 villes russes différentes. Ces invités internationaux ont eu la rare occasion de voir de leurs yeux ce qu’est vraiment la Russie, au lieu d’avoir le seul son de cloche des médias grand public de leurs pays.

En termes de relations publiques, c’était de l’or pur puisque ces millions de fans sont rentrés chez eux avec des histoires élogieuses sur la beauté, l’hospitalité et l’amabilité de la Russie – ce ne sont pas des adjectifs habituellement associés aux anciens ennemis des Américains sous la Guerre froide. Il semble que la communauté internationale, mieux informée aujourd’hui sur la Russie, sera mieux préparée à examiner de près les futures tentatives des États-Unis de boycotts des événements qu’elle organise. En même temps, le cynisme et les arrière-pensées des think tank comme RAND sont plus clairs aux yeux de tous que jamais auparavant.

Enfin, que serait un rapport de la « BLAND Corporation » sans une section lourdement dédiée aux questions militaires ? C’est ici que le lecteur entre réellement de plain-pied dans le monde du Dr Folamour. Le rapport de la RAND suppose a priori que la Russie est un ennemi, bien que Moscou ne mène pas de guerres d’agression ou d’opérations de changement de régime comme ses homologues de l’OTAN. Elle se permet en conséquence de proposer des plans d’action tout à fait désastreux, comme le déploiement d’armes nucléaires tactiques supplémentaires en Europe et en Asie, le repositionnement de systèmes de défense antimissile balistique plus près de la Russie et l’incitation à une course aux armements coûteuse par l’abandon du régime de contrôle des armes nucléaires.

Ce sont des délires de fous obsédés par la domination mondiale au point de vouloir entraîner la planète et ses habitants au bord de l’anéantissement nucléaire pour atteindre leurs objectifs déments. A l’instar du film Dr Folamour, il vaudrait mieux remiser ce plan malencontreux au rayon science-fiction, comme le 1984 d’Orwell, tout en se rappelant que de telles œuvres littéraires n’ont jamais été destinées à servir de guides, mais de mises en garde. Les gens de la RAND semblent avoir oublié cette maxime, au risque de mettre à mal la sécurité mondiale.

Traduction et note d’introduction Entelekheia

http://www.entelekheia.fr/2019/05/29/un-think-tank-americain-rand-chasse-le-gros-gibier-russe-mais-bute-sur-les-usa/

Nous et le Pentagone

Nous et le Pentagone

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Nous et le Pentagone

17 mai 2019 – J’avoue ma persistante et durable stupéfaction pour ce qui concerne l’inculture extraordinaire dont fait preuve l’immense et écrasante majorité, du type-stalinien, de nos dirigeants, experts, commentateurs, généraux étoilés et ainsi de suite, ici en Europe et encore plus ici en France, lorsqu’il s’agit de comprendre exactement ce qu’est le Pentagone, et plus largement dit le Complexe Militaro-Industriel (CMI) des États-Unis d’Amérique. La bouche pleine du vertige crisique et tourbillonnant de la valse des $milliards, aucun de ces arrogants crétins et naïfs imbéciles, j’en jurerais, n’a eu l’audace de lire les quelques paragraphes du début du plus fameux discours du XXIème siècle sur la sécurité nationale ; discours daté du 10 septembre 2001, – non, non, surtout pas le 11, – et il est du secrétaire à la défense Rumsfeld, un dur de dur qui s’y connaissait.

« Notre sujet aujourd’hui est un adversaire qui constitue une menace, une sérieuse menace, contre la sécurité des États-Unis d’Amérique. Cet adversaire est un des derniers bastions de la planification centralisée. Il gouverne en édictant des plans quinquennaux. D’une seule capitale où il se trouve, il tente d’imposer ses exigences au travers des fuseaux horaires, des continents, des océans et au-delà. Avec une brutale constance, il bâillonne la pensée libre et détruit les idées nouvelles. Il désorganise la défense des États-Unis et met en danger les vies des hommes et des femmes en uniforme.
» Peut-être cet adversaire paraît ressembler à ce que fut l’Union Soviétique, mais cet ennemi s’en est allé : nos ennemis sont aujourd’hui plus subtils et plus implacables. Vous devez penser que je suis en train de décrire un de ces dictateurs décrépits qui survivent encore. Mais leur temps est passé, à eux aussi, et ils ne font pas le poids à côté de cet adversaire que je décris.
» Cet adversaire est beaucoup plus proche de nous. C’est la bureaucratie du Pentagone. Non pas les gens mais les processus. Non pas les hommes et les femmes en uniforme mais l’uniformité de la pensée et de l’action que nous leur imposons bien trop souvent… »

Le système de la communication américaniste, qui s’y connaît diablement en effet-Janus, n’est pas avare de cette sorte d’intervention. Les experts, chez eux, à côté de la corruption des diverses directions toutes prises dans les rets des tentacules du monstre (le CMI), ne sont pas nécessairement arrogants crétins et naïfs imbéciles qui vous chapitrent à propos d’une mythique “armée européenne” si semblable à l’image d’Épinal qu’ils se font du Pentagone. Ils savent de quoi ils parlent, comme le fait aujourd’hui Andrew Cockburn, lui aussi un dur de dur dans sa partie, décrivant le Pentagone en termes de pandémie dont serait porteur un de ces monstres sorti des enfers de Dante via le Mordor de Tolkien :

« Le complexe militaro-industriel (CMI)américain est devenu un organisme autonome doté d’un système immunitaire qui attaque et étouffe toute menace à son approvisionnement alimentaire, – l’argent des contribuables, écrit le célèbre analyste de la défense Andrew Cockburn. 
» M. Cockburn décrit le processus qui permet aux entrepreneurs de la défense américaine de prospérer malgré le fait qu’ils manquent à maintes reprises des échéances et qu’ils produisent de l’équipement imparfait et surévalué. Le système a évolué pour devenir très bon pour se défendre, – tout en mettant le pays “dans une situation de défense extrêmement affaiblie”, écrit-il dans son dernier article de réflexion pour le magazine Harper’s intitulé “L’infection du Virus Militaro-Industriel : Comment un budget de la défense colossal réduit les capacités de nos forces”.
» Cockburn, dont l’expérience de plus de 40 ans comprend de nombreux livres et publications sur le CMI américain, ses guerres étrangères et ses adversaires, examine l’état actuel des forces armées américaines, –du “désastre” sans précédent qu’est le chasseur F-35 aux quelques dragueurs de mines “délabrés”, en passant par une protection individuelle et des radios défectueuse dont les soldats américains sont équipés, – et il compare cet dévastation aux énormes factures que les contribuables ont à payer aux industries de défense.
» “Le CMI est tellement incrusté dans notre société qu’on ne peut l’en déloger et l’on peut dire que sa mission exclusive est son autoprotection et son expansion infectieuse, comme un mortel virus géant.”
» La “beauté” du système, souligne-t-il ironiquement, “réside dans sa nature d’auto-consolidation”. Chaque nouveau système, arme ou pièce d’équipement coûte jusqu’à deux fois plus cher que celui qu’il est censé remplacer, et il est souvent en proie à des vices de fonctionnement qui doivent être corrigés (pour de l’argent supplémentaire), ou il s’avère simplement pire que le système qu’il remplace. Les dépassements d’échéances et les correctifs post-déploiement gonflent les coûts encore plus, remplissant ainsi les poches des entrepreneurs de la défense… »

Ce qu’aucun d’entre eux, – arrogants crétins et naïfs imbéciles, – n’a l’esprit assez libre et ouvert à l’intuition pour admettre qu’il nous faut, pour comprendre le Pentagone et le CMI à l’instar d’un Rumsfeld (!) ou d’un Cockburn, et de tant d’autres comme unJames Carroll, revenir aux sources de notre civilisation antique et à ses représentations mythiques et monstrueuses dont elles chargeaient les malédictions qui la menaçaient. Le Pentagone est une Bête, éventuellement “immonde” pour faire plaisir à nos chèvres-idéologues des provinces parisiennes, et une pandémie cosmique venue des malédictions telluriques, sorte de “peste brune” pour les mêmes, dont le destin est de dévorer le monde comme Kronos ses enfants.

Certes, ce jugement est de l’ordre du symbolique, et plus encore j’y vois également de la magie noire en pleine activité et tout à fait postmodernisée, tout à fait “opérationnelle” comme l’on dit dans les salons à propos du F-35. Ce n’est pas pour rien du toutsi le Pentagone aux origines a beaucoup emprunté à la “science nazie, poursuivant ainsi une tradition maléfique, assurant le relais de l’idéal de puissancede l’Allemagne hitlérienne aux USA de nos amours fascinées. “Arrogants crétins et naïfs imbéciles”, ainsi est constitué votre American Dream.

Il est impossible d’embrasser le phénomène dans toute son ampleur et sa sublime monstruosité si l’on ne se réfère pas à la métaHistoire dans sa partie la plus sombre, si l’on ne se réfère pas à la démonologie et sa bataille sans fin pour assurer l’entropisation des profondeurs. Du Pentagone dans toute sa puissance et sa représentation, l’on dira qu’il s’agit d’une démonologie incarnée. Nous vivons sous son empire parce qu’il nous tient sous l’empire de sa fascination. C’est la voie la plus sûre qu’ait trouvé le Système pour s’assurer de la servilité sans faille des élites-zombie.Le Pentagone est la cathédrale de notre postmodernité et lui, cette Notre-Dame du Potomac sous la protection de nos démons ; car si l’on tente de le détruire comme on le vit bien le 11 septembre, si le feu cherchait là une obscure vengeance, lui on le reconstruit à l’identique.

Mais qu’est-ce que cela prouve sinon l’asservissement de nos élites-zombie, ce qui ne surprendra personne tant est forte et entêtante la puanteur du corps pourri de l’Homme immortel ? Surtout, qu’est-ce que cela lui garantit, à lui, le monstre-Pentagonesque, alias-Moby Dick ?

Nous l’avions édifié sous la force et le knout du démon ; pour en être quitte, il faudrait que nous-mêmes, ses architectes, nous le détruisions comme l’on exorcise. Nous croire capable d’une telle audace et d’une telle liberté de caractère, c’est rêve pur, – American Dream... Par bonheur, il nous y aidera, le Pentagone, car son hybris, son virus mortel qui lui donne cette surpuissance productrice de de son auto-consolidation, suivra la voie inévitable des démiurges, de la surpuissance à l’autodestruction.

http://www.dedefensa.org/article/nous-et-le-pentagone

Les États-Unis refusent de se battre pour des financiers transnationaux

Les États-Unis refusent de se battre pour des financiers transnationaux

Le retrait US de Syrie et d’Afghanistan ainsi que la démission du général Mattis attestent du basculement en cours de l’ordre du monde. Les États-Unis ne sont plus les premiers, ni au plan économique, ni au plan militaire. Ils refusent de continuer à se battre pour les seuls intérêts de financiers transnationaux. Les alliances qu’ils conduisaient vont commencer à se déliter sans pour autant que leurs anciens alliés admettent la montée en puissance de la Russie et de la Chine.

| Damas (Syrie)

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Donald Trump refuse que ses concitoyens continuent à payer pour réaliser le rêve impérial des financiers globaux.

L’annonce du retrait partiel des forces états-uniennes d’Afghanistan et total de Syrie a sonné comme un coup de tonnerre, le 19 décembre 2018. Il a été suivi le lendemain par la démission du secrétaire à la Défense, James Mattis. Contrairement aux affirmation des opposants au président Trump, les deux hommes s’estiment et leur divergence ne porte pas sur ces retraits, mais sur la manière d’en gérer les conséquences. Les États-Unis sont face à un choix qui va marquer une rupture et faire basculer le monde.

Avant toutes choses, pour ne pas se livrer à un contre-sens, il convient de rappeler les conditions et l’objectif de la collaboration de Trump et Mattis.

Lors de son accession à la Maison-Blanche, Donald Trump avait veillé à s’entourer de trois hauts militaires ayant suffisamment d’autorité pour réorienter les Forces armées. Michael Flynn, John Kelly et surtout James Mattis sont partis ou sont sur le départ. Tous les trois sont de grands soldats qui se sont ensemble heurtés à leur hiérarchie sous l’ère Obama [1]. Ils n’acceptaient pas la stratégie mise en place par l’ambassadeur John Negroponte de création de groupes terroristes chargés de fomenter une guerre civile en Iraq [2]. Tous les trois se sont engagés avec le président Trump pour retirer le soutien de Washington aux jihadistes. Cependant chacun d’entre eux avait sa propre vision du rôle des États-Unis dans le monde et a fini par se heurter au président.

La tempête que les élections de mi-mandat avait repoussée est arrivée [3]. Le moment est venu de repenser les Relations internationales.

La Syrie

Lorsqu’en avril, conformément à ses engagements, Donald Trump avait évoqué le retrait US de Syrie, le Pentagone l’avait convaincu de rester. Non que quelques milliers d’homme puissent inverser le cours de la guerre, mais parce que leur présence était un contrepoids à l’influence russe et un appui à Israël.

Cependant le transfert à l’Armée arabe syrienne d’armes de défense russes, notamment des missiles S-300 et des radars ultra-sophistiqués coordonnés par un système de gestion automatisée Polyana D4M1, a bouleversé l’équilibre des forces [4]. Désormais, depuis trois mois jour pour jour, l’espace aérien syrien est inviolable. Dès lors, la présence militaire US devient contre-productive : toute attaque au sol des mercenaires pro-US ne pourra plus être appuyée par l’aviation états-unienne sans risque de perdre des aéronefs.

En se retirant maintenant, le Pentagone évite l’épreuve de force et l’humiliation d’une inévitable défaite. En effet, la Russie a refusé successivement aux États-Unis et à Israël, de donner les codes de sécurité des missiles fournis à la Syrie. C’est-à-dire que Moscou, après des années d’arrogance occidentale, a décliné le partage du contrôle de la Syrie qu’il avait accepté lors de la première conférence de Genève, en 2012, et que Washington avait violé quelques semaines plus tard.

En outre, Moscou a reconnu, il y a longtemps déjà, que la présence US est illégale au regard du Droit international et que la Syrie peut légitimement se défendre.

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Le général Aharon Haliva est venu à la tête d’une délégation israélienne, le 17 décembre 2018, à Moscou. Il a informé ses homologues russes des opérations en cours de Tsahal et leur a demandé les codes des missiles syriens. En vain.

Ses conséquences

La décision de retrait de Syrie est lourde de conséquences.

1— Le pseudo-Kurdistan

Le projet occidental de création d’un État colonial au Nord-Est de la Syrie qui serait attribué aux Kurdes ne verra pas le jour. Au demeurant de moins en moins de Kurdes le soutenaient, considérant que cette conquête serait comparable à la proclamation unilatérale d’un État, Israël, par les milices juives, en 1948.

Ainsi que nous l’avons souvent expliqué, le Kurdistan n’est légitime que dans les frontières qui lui furent reconnues en 1920 par la Conférence de Sèvres, c’est-à-dire dans l’actuelle Turquie et pas ailleurs [5]. Les États-Unis et la France envisageaient, il y a quelques semaines encore, de créer un pseudo-Kurdistan en terre arabe et de le faire administrer sous mandant de l’Onu par l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner [6].

2— La stratégie Cebrowski

Le projet poursuivi par le Pentagone, depuis dix-sept ans, au « Moyen-Orient élargi » ne verra pas le jour. Conçu par l’amiral Arthur Cebrowski, il visait à détruire toutes les structures étatiques de cette région, à l’exception de celles d’Israël, de la Jordanie et du Liban [7]. Ce plan, qui a débuté de l’Afghanistan à la Libye et fonctionne encore, prend fin sur le sol syrien.

Il n’est plus question que les armées US se battent, aux frais du contribuable, pour les seuls intérêts des financiers globaux, fussent-ils états-uniens.

3— La suprématie militaire états-unienne

L’ordre du monde post-soviétique fondé sur la supériorité militaire états-unienne est mort. Que cela soit difficile à admettre ne change rien au fait. La Fédération de Russie est désormais plus puissante aussi bien en termes conventionnels (depuis 2015) que nucléaires (depuis 2018 [8]). Le fait que les armées russes soient un tiers moins nombreuses que celles des États-unis et ne disposent que de rares troupes à l’étranger écarte l’hypothèse d’un impérialisme de Moscou.

Vainqueurs et vaincus

La guerre contre la Syrie va se terminer dans les mois à venir faute de mercenaires. La livraison d’armes par certains États coordonnés par le fonds KKR peut faire durer le crime, mais n’offre pas d’espoir de changer le cours des événements.

Sans aucun doute, les vainqueurs de cette guerre sont la Syrie, la Russie et l’Iran, tandis que les vaincus sont les 114 États qui ont adhéré aux « Amis de la Syrie ». Certains n’ont pas attendu la défaite pour corriger leur politique étrangère. Ainsi, les Émirats arabes unis viennent d’annoncer la prochaine réouverture de leur ambassade à Damas.

Le cas des États-Unis est toutefois plus complexe. Les administrations Bush Jr. et Obama portent l’entière responsabilité de cette guerre. Ce sont elles qui l’ont planifiée et réalisée dans le cadre d’un monde unipolaire. Au contraire le candidat Donald Trump a accusé ces administrations de ne pas défendre les citoyens états-uniens, mais de servir la finance transnationale. Devenu président, M. Trump n’a eu de cesse de couper le soutien de son pays aux jihadistes et de retirer ses hommes du Moyen-Orient élargi. Il doit donc également être considéré comme un des vainqueurs de cette guerre et pourra logiquement défausser l’obligation de son pays de payer des dommages de guerre sur les sociétés transnationales impliquées [9]. Pour lui, il appartient désormais de réorienter les forces armées vers la défense du territoire, de mettre fin à l’ensemble du système impérial et de développer l’économie US.

L’Afghanistan

Depuis plusieurs mois, les États-Unis négocient discrètement avec les Talibans les conditions de leur retrait d’Afghanistan. Un premier round de contact autour de l’ambassadeur Zalmay Khalilzad s’est tenu au Qatar. Un second round vient de débuter aux Émirats arabes unis. Outre les deux délégations US et talibane, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Pakistan y participent. Une délégation du gouvernement afghan est arrivée sur place dans l’espoir de s’y joindre.

Cela fait dix-sept ans que les États-Unis et le Royaume-Uni ont envahi l’Afghanistan, officiellement en rétorsion pour les attentats du 11-Septembre. Cependant cette guerre fait suite aux négociations de 2001 à Berlin et à Genève. Elle ne vise pas à stabiliser ce pays pour l’exploiter économiquement, mais à y détruire toute forme d’État pour en contrôler l’exploitation. Ce qui est fait puisque chaque jour la situation y est pire que le précédent.

Rappelons que les malheurs de l’Afghanistan ont débuté lors de la présidence Carter. Le conseiller de Sécurité nationale, Zbigniew Brzeziński, fit appel aux Frères musulmans et à Israël pour lancer une campagne de terrorisme contre le gouvernement communiste [10]. Affolé, celui-ci fit appel aux Soviétiques pour maintenir l’ordre. Il s’en suivit une guerre de quatorze ans suivie d’une guerre civile, puis de l’invasion anglo-US.

Après quarante ans de destructions interrompues, le président Trump pose que la présence militaire US n’est pas la solution pour l’Afghanistan, c’est le problème.

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Le général James Mattis s’est engagé à dissocier les Forces armées US des jihadistes, pas à disloquer l’alliance autour des États-Unis.

La place des États-Unis aujourd’hui dans le monde

En retirant la moitié des troupes US légalement stationnées en Afghanistan et la totalité de celles occupant illégalement la Syrie, le président Trump réalise un de ses engagement électoraux. Il lui faudra encore retirer les 7 000 hommes restant sur place.

C’est dans ce contexte que le général Mattis a posé une question de fond dans sa lettre de démission [11]. Il écrit :
« Une de mes convictions fondamentales a toujours été que notre force en tant que nation est inextricablement liée à la force de notre système unique et complet d’alliances et de partenariats. Bien que les États-Unis demeurent la nation indispensable dans le monde libre, nous ne pouvons pas protéger nos intérêts ni jouer efficacement ce rôle sans maintenir de solides alliances et faire preuve de respect envers ces alliés. Comme vous, je dis depuis le début que les forces armées des États-Unis ne devraient pas être le gendarme du monde. Au lieu de cela, nous devons utiliser tous les outils du pouvoir américain pour assurer la défense commune, notamment en assurant un leadership efficace à nos alliances. 29 démocraties ont démontré cette force dans leur engagement à se battre à nos côtés après l’attaque du 11-Septembre contre l’Amérique. La coalition contre Daesh de 74 nations en est une autre preuve » [12].

En d’autres termes, James Mattis ne conteste pas le bien-fondé du retrait des troupes US d’Afghanistan et de Syrie, mais ce qui va probablement suivre : la dislocation des alliances autour des États-Unis, et en définitive le possible démantèlement de l’Otan. Pour le secrétaire à la Défense, les États-Unis doivent rassurer leurs alliés en leur donnant l’impression qu’ils savent ce qu’ils font et sont les plus forts. Peu importe que cela soit vrai ou pas, il s’agit de maintenir coûte que coûte la cohésion entre les alliés. Tandis que pour le président, il y a péril en la demeure. Les États-Unis ont déjà perdu leur première place économique au profit de la Chine et désormais leur première place militaire derrière la Russie. Il faut cesser d’être le borgne guidant les aveugles et s’occuper d’abord des siens.

Dans cette affaire, tous deux ont raison. James Mattis agit en militaire. Il sait qu’une nation sans alliés est perdue d’avance. Tandis que Donald Trump pense en chef d’entreprise. Il doit épurer les filiales déficitaires qui menacent de couler son entreprise.

[1] Cobra II : The Inside Story of the Invasion and Occupation of Iraq, Michael Gordon & Bernard Trainor, Atlantic Book, 2006.

[2] ISIS is US : The Shocking Truth Behind the Army of Terror, George Washington’s Blog, Wayne Madsen, Webster Griffin Tarpley, Syrian Girl Partisan, Progressive Press, 2016.

[3] « Relations internationales : le calme avant quelle tempête ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 octobre 2018.

[4] « Pourquoi les États-Unis déguerpissent soudain de Syrie ? », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 20 décembre 2018.

[5] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[6] « Bernard Kouchner entre illégalement en Syrie », Réseau Voltaire, 10 décembre 2018.

[7] The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[8] “Vladimir Putin Address to the Russian Federal Assembly”, by Vladimir Putin, Voltaire Network, 1 March 2018. « Le nouvel arsenal nucléaire russe rétablit la bipolarité du monde », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 mars 2018. « Les moyens russes de Défense hypersonique », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 28 mai 2016.

[9] « Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2018.

[10] « Brzezinski : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes … » », par Zbigniew Brzeziński, Le Nouvel Observateur (France) , Réseau Voltaire, 15 janvier 1998. Charlie Wilson’s War : The Extraordinary Story of the Largest Covert Operation in History, George Crile III, Atlantic Monthly Press, 2003.

[11] “Resignation letter from James Mattis”, by James Mattis, Voltaire Network, 20 December 2018.

[12] “One core belief I have always held is that our strength as a nation is inextricably linked to the strength of our unique and comprehensive system of alliances and partnerships. While the US remains the indispensable nation in the free world, we cannot protect our interests or serve that role effectively without maintaining strong alliances and showing respect to those allies. Like you, I have said from the beginning that the armed forces of the United States should not be the policeman of the world. Instead, we must use all tools of American power to provide for the common defense, including providing effective leadership to our alliances. 29 democracies demonstrated that strength in their commitment to fighting alongside us following the 9-11 attack on America. The Defeat-ISIS coalition of 74 nations is further proof.”

http://www.voltairenet.org/article204430.html

Le Pentagone pourrait retirer ses forces d’occupation en Syrie

Le Pentagone pourrait retirer ses forces d’occupation en Syrie

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Suite à l’attaque britannico-franco-israélienne du 18 septembre 2018 qui a coûté la vie à 15 soldats russes, un accord est intervenu entre Moscou et Washington pour retirer les troupes d’occupation (France, Turquie, USA) de Syrie, éliminer les jihadistes, et mettre fin à la guerre.

L’ambassadeur des États-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, a indiqué que la décision du président Trump de maintenir une présence militaire en Syrie n’est pas incompatible avec le retrait des troupes d’occupation US exigé par la Syrie [1].

Explication : des supplétifs arabes ou kurdes et l’aviation US pourraient poursuivre le travail actuel des troupes US.

Les États-Unis cesseraient d’agir en Syrie lorsque :
- L’Iran et les forces qui lui sont associées, dont le Hezbollah, auront quitté le pays ;
- Daesh aura été définitivement vaincu ;
- Le processus de règlement politique aura été enclenché par les Nations unies.

Or, actuellement, le Hezbollah entretient des relations complexes avec l’Iran. Certains experts estiment que les sanctions US contre la résistance libanaise sont en réalité destinées à la pousser dans les bras de Téhéran dont elle a tendance à s’éloigner.

L’intervention US en Syrie serait aujourd’hui uniquement déterminée par la volonté d’être associé à l’avenir du pays plutôt que de laisser le champ libre à la seule Russie.

Ce point d’étranglement vital pour le pétrole et le gaz pourrait être en danger

Ce point d’étranglement vital pour le pétrole et le gaz pourrait être en danger


Par Tim Daiss – Le 21 août 2018 – Source Oil Price

SCS
Pékin prend à partie un rapport du Pentagone, « Développements militaire et securitaire impliquant la République populaire de Chine en 2018 », publié jeudi dernier sur les activités militaires de la Chine.

Le rapport annuel publié par le Pentagone et présenté au Congrès met en évidence la capacité navale chinoise croissante, tout en soulignant la réduction de l’écart entre les forces maritimes chinoises et la marine américaine, ainsi que l’activité navale accrue de la Chine dans l’océan Pacifique occidental. Le rapport indique que la Marine de l’armée populaire de libération de la Chine (APL) a des ambitions mondiales bien au-delà des périmètres traditionnels de ses systèmes de défense terrestre, une affirmation que Pékin a toujours habilement minimisée.
« L’APL continue de se développer pour devenir une force mondiale, étendant progressivement sa portée opérationnelle au-delà de l’Asie de l’Est et de l’Indo-Pacifique pour étendre durablement ses capacités à opérer à des distances de plus en plus longues », selon le rapport du Pentagone, les dernières plates-formes navales de l’APL permettent des opérations de combat au-delà de la portée des défenses terrestres de la Chine. »

« Le porte-avions de la Chine et ceux planifiés, une fois opérationnels, étendront la couverture de défense aérienne au-delà de la portée des systèmes de missiles côtiers et navals, et permettront aux groupes opérationnels d’opérer sur des distances de plus en plus longues », peut-on lire dans le rapport. Il ajoute que les bombardiers chinois sont également susceptibles de s’entraîner en vue de « frappes » sur des cibles américaines. Les experts sont d’accord, affirmant que des décennies d’investissements accrus dans les nouvelles technologies par les militaires chinois signifient que la Chine aura bientôt la capacité de frapper par voie aérienne les installations militaires américaines dans le Pacifique.

« De plus, l’APL dispose maintenant d’une force importante de navires de ravitaillement logistique de grande capacité pour soutenir les déploiements à longue distance et de longue durée, y compris deux nouveaux portes-avions. L’expansion des opérations navales au-delà de la région limitrophe de la Chine facilitera également l’utilisation de la force militaire à des fins autres que la guerre. La Chine continue de tirer les leçons de l’exploitation de son premier porte-avions, le Liaoning », a dit le Pentagone.

Le rapport ajoute que la Chine a augmenté ses dépenses militaires à environ 190 milliards de dollars par an dans le cadre d’un vaste programme de modernisation.

La Chine réfute le rapport

Pékin, ce qui n’est pas surprenant, réfute le rapport du Pentagone. Lundi, la version anglaise du China Daily a déclaré que la Chine a exprimé une « forte opposition » au rapport, affirmant qu’il interprète mal les intentions stratégiques de la Chine et « hypothèque d’une soi-disant menace militaire chinoise ».

« La publication de ces rapports année après année a nui à la confiance mutuelle, et nous demandons aux États-Unis d’abandonner la mentalité de la guerre froide et d’adopter une attitude objective et rationnelle envers la défense et les développements militaires de la Chine », a déclaré le colonel Wu Qian, porte-parole du ministère de la Défense nationale de la Chine, dans une déclaration vendredi.

Puis, dans une déclaration qui a certainement mis Taïwan et d’autres pays asiatiques sur le fil du rasoir, eux qui sont engagés dans une lutte permanente avec la Chine dans la mer de Chine du Sud, Wu a ajouté que la Chine a fermement pris le chemin du développement pacifique et reste un contributeur clair à la paix mondiale et à l’ordre international. Il a ajouté que les militaires chinois ont assumé d’importantes responsabilités internationales en matière de maintien de la paix et de secours en cas de catastrophe, ce qui leur a valu les éloges de la communauté internationale.

Néanmoins, le rapport du Pentagone soulève une question : si le développement de Pékin en mer de Chine méridionale reste incontrôlé, pourrait-il fermer ou, à tout le moins, menacer sérieusement les voies de navigation de la mer de Chine méridionale à l’avenir ?

Goulot d’étranglement essentiel pour le pétrole et le gaz

La question prend d’autant plus d’importance que la mer de Chine méridionale est l’un des plus importants goulots d’étranglement du pétrole et du gaz naturel dans le monde. Selon les estimations de l’EIA, agence à l’Énergie des États-Unis, environ un tiers du pétrole brut mondial et environ 40 % du gaz naturel liquéfié (GNL), soit près de 5 tcf, traversent chaque année la mer de Chine méridionale.

Environ deux tiers des approvisionnements en pétrole et en GNL de la Corée du Sud, près de 60 % des approvisionnements énergétiques du Japon et de Taïwan, et 80 % des importations de pétrole brut de la Chine passent par la mer de Chine du Sud chaque année. Cependant, contrairement au golfe Persique où seul le pétrole et le gaz sont transportés, des milliards de dollars de produits finis et non finis passent également par la mer de Chine méridionale dans l’autre sens.

La mer de Chine méridionale recèle également de vastes réserves potentielles de gaz naturel et, dans une moindre mesure, du pétrole brut… Une estimation chinoise plus ancienne situe les ressources pétrolières potentielles en mer de Chine méridionale à 213 milliards de barils de pétrole, bien que cette estimation semble extrêmement élevée. D’autres rapports donnent des chiffres plus bas, mais l’agressivité de Pékin en mer de Chine méridionale est alimentée à la fois par son sens renouvelé du nationalisme et par les réserves potentielles de pétrole et de gaz sous cette masse d’eau troublée.

Alors que la plupart considèrent l’impact géopolitique et le rôle sur les marchés pétroliers mondiaux de l’Iran qui pourrait essayer de fermer le détroit d’Ormuz, peu ont considéré ce qui pourrait arriver si la Chine essayait de restreindre le transport maritime dans la mer de Chine du Sud.

Cependant, bien qu’il existe plusieurs voies de transit ou lignes maritimes importantes qui offrent une entrée dans la mer de Chine méridionale (y compris le détroit de la Sonde et le détroit de Lombok), le détroit de Malacca est de loin le plus utilisé pour transporter du pétrole, du gaz et d’autres marchandises vers le Japon, Taïwan et la Corée du Sud.

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Le détroit de Malacca est le passage le plus court et donc le plus économique entre l’océan Pacifique et l’océan Indien. Le détroit de Malacca fait environ 550 milles de long (700 km), alors qu’à son point le plus étroit dans le chenal Phillips du détroit de Singapour, le détroit de Malacca ne fait que 1,7 mille (2,7 km) de large.

Comme la Chine continue de construire sur ses récifs, îlots et formations récupérés dans la mer de Chine méridionale et de placer des moyens militaires sur ces nouvelles formations, y compris des pistes d’atterrissage de bombardiers, des silos de missiles, des installations radar, des casernements et des moyens navals, elle pourra, avec le temps, menacer de plus en plus de fermer une grande partie de la mer de Chine méridionale, ou du moins représenter une menace mortelle pour la navigation et les avions qui traversent cette masse d’eau.

La Chine a déjà mis en place une zone controversée d’identification de défense aérienne (ADIZ) couvrant la majeure partie de la mer de Chine orientale, près du Japon et de la Corée du Sud, et pourrait faire de même dans la mer de Chine méridionale à l’avenir.

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La Chine n’a pas non plus caché le fait que les îles artificielles qu’elle a construites à partir de récifs et d’atolls stratégiquement situés dans la mer de Chine méridionale seront utilisées comme « porte-avions insubmersibles ». De plus, comme l’Iran, la Chine menacerait probablement de prendre des mesures pour faire pression contre l’activité navale des États-Unis et les exercices militaires que Washington mène avec ses alliés (Philippines, Japon, Australie, Inde et autres) dans la région, ainsi que pour projeter sa puissance contre ses petits voisins de l’ANASE, en particulier le Vietnam et les Philippines.

Nier cette possibilité reviendrait à ignorer l’agressivité de la Chine dans la mer de Chine du Sud au cours des dernières années, en particulier depuis que Xi Jinping a pris ses fonctions en 2013. Après avoir été réélu plus tôt cette année pour un deuxième mandat de cinq ans avec la perspective de rester leader à vie, Xi a déclaré que la Chine ne concédera pas « un seul pouce de terre » et gardera son territoire souverain, qui comprend ses revendications contestées de la mer de Chine du Sud.

Tim Daiss

Traduit par Hervé, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone