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Le Pentagone pourrait retirer ses forces d’occupation en Syrie

Le Pentagone pourrait retirer ses forces d’occupation en Syrie

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Suite à l’attaque britannico-franco-israélienne du 18 septembre 2018 qui a coûté la vie à 15 soldats russes, un accord est intervenu entre Moscou et Washington pour retirer les troupes d’occupation (France, Turquie, USA) de Syrie, éliminer les jihadistes, et mettre fin à la guerre.

L’ambassadeur des États-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, a indiqué que la décision du président Trump de maintenir une présence militaire en Syrie n’est pas incompatible avec le retrait des troupes d’occupation US exigé par la Syrie [1].

Explication : des supplétifs arabes ou kurdes et l’aviation US pourraient poursuivre le travail actuel des troupes US.

Les États-Unis cesseraient d’agir en Syrie lorsque :
- L’Iran et les forces qui lui sont associées, dont le Hezbollah, auront quitté le pays ;
- Daesh aura été définitivement vaincu ;
- Le processus de règlement politique aura été enclenché par les Nations unies.

Or, actuellement, le Hezbollah entretient des relations complexes avec l’Iran. Certains experts estiment que les sanctions US contre la résistance libanaise sont en réalité destinées à la pousser dans les bras de Téhéran dont elle a tendance à s’éloigner.

L’intervention US en Syrie serait aujourd’hui uniquement déterminée par la volonté d’être associé à l’avenir du pays plutôt que de laisser le champ libre à la seule Russie.

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Ce point d’étranglement vital pour le pétrole et le gaz pourrait être en danger

Ce point d’étranglement vital pour le pétrole et le gaz pourrait être en danger


Par Tim Daiss – Le 21 août 2018 – Source Oil Price

SCS
Pékin prend à partie un rapport du Pentagone, « Développements militaire et securitaire impliquant la République populaire de Chine en 2018 », publié jeudi dernier sur les activités militaires de la Chine.

Le rapport annuel publié par le Pentagone et présenté au Congrès met en évidence la capacité navale chinoise croissante, tout en soulignant la réduction de l’écart entre les forces maritimes chinoises et la marine américaine, ainsi que l’activité navale accrue de la Chine dans l’océan Pacifique occidental. Le rapport indique que la Marine de l’armée populaire de libération de la Chine (APL) a des ambitions mondiales bien au-delà des périmètres traditionnels de ses systèmes de défense terrestre, une affirmation que Pékin a toujours habilement minimisée.
« L’APL continue de se développer pour devenir une force mondiale, étendant progressivement sa portée opérationnelle au-delà de l’Asie de l’Est et de l’Indo-Pacifique pour étendre durablement ses capacités à opérer à des distances de plus en plus longues », selon le rapport du Pentagone, les dernières plates-formes navales de l’APL permettent des opérations de combat au-delà de la portée des défenses terrestres de la Chine. »

« Le porte-avions de la Chine et ceux planifiés, une fois opérationnels, étendront la couverture de défense aérienne au-delà de la portée des systèmes de missiles côtiers et navals, et permettront aux groupes opérationnels d’opérer sur des distances de plus en plus longues », peut-on lire dans le rapport. Il ajoute que les bombardiers chinois sont également susceptibles de s’entraîner en vue de « frappes » sur des cibles américaines. Les experts sont d’accord, affirmant que des décennies d’investissements accrus dans les nouvelles technologies par les militaires chinois signifient que la Chine aura bientôt la capacité de frapper par voie aérienne les installations militaires américaines dans le Pacifique.

« De plus, l’APL dispose maintenant d’une force importante de navires de ravitaillement logistique de grande capacité pour soutenir les déploiements à longue distance et de longue durée, y compris deux nouveaux portes-avions. L’expansion des opérations navales au-delà de la région limitrophe de la Chine facilitera également l’utilisation de la force militaire à des fins autres que la guerre. La Chine continue de tirer les leçons de l’exploitation de son premier porte-avions, le Liaoning », a dit le Pentagone.

Le rapport ajoute que la Chine a augmenté ses dépenses militaires à environ 190 milliards de dollars par an dans le cadre d’un vaste programme de modernisation.

La Chine réfute le rapport

Pékin, ce qui n’est pas surprenant, réfute le rapport du Pentagone. Lundi, la version anglaise du China Daily a déclaré que la Chine a exprimé une « forte opposition » au rapport, affirmant qu’il interprète mal les intentions stratégiques de la Chine et « hypothèque d’une soi-disant menace militaire chinoise ».

« La publication de ces rapports année après année a nui à la confiance mutuelle, et nous demandons aux États-Unis d’abandonner la mentalité de la guerre froide et d’adopter une attitude objective et rationnelle envers la défense et les développements militaires de la Chine », a déclaré le colonel Wu Qian, porte-parole du ministère de la Défense nationale de la Chine, dans une déclaration vendredi.

Puis, dans une déclaration qui a certainement mis Taïwan et d’autres pays asiatiques sur le fil du rasoir, eux qui sont engagés dans une lutte permanente avec la Chine dans la mer de Chine du Sud, Wu a ajouté que la Chine a fermement pris le chemin du développement pacifique et reste un contributeur clair à la paix mondiale et à l’ordre international. Il a ajouté que les militaires chinois ont assumé d’importantes responsabilités internationales en matière de maintien de la paix et de secours en cas de catastrophe, ce qui leur a valu les éloges de la communauté internationale.

Néanmoins, le rapport du Pentagone soulève une question : si le développement de Pékin en mer de Chine méridionale reste incontrôlé, pourrait-il fermer ou, à tout le moins, menacer sérieusement les voies de navigation de la mer de Chine méridionale à l’avenir ?

Goulot d’étranglement essentiel pour le pétrole et le gaz

La question prend d’autant plus d’importance que la mer de Chine méridionale est l’un des plus importants goulots d’étranglement du pétrole et du gaz naturel dans le monde. Selon les estimations de l’EIA, agence à l’Énergie des États-Unis, environ un tiers du pétrole brut mondial et environ 40 % du gaz naturel liquéfié (GNL), soit près de 5 tcf, traversent chaque année la mer de Chine méridionale.

Environ deux tiers des approvisionnements en pétrole et en GNL de la Corée du Sud, près de 60 % des approvisionnements énergétiques du Japon et de Taïwan, et 80 % des importations de pétrole brut de la Chine passent par la mer de Chine du Sud chaque année. Cependant, contrairement au golfe Persique où seul le pétrole et le gaz sont transportés, des milliards de dollars de produits finis et non finis passent également par la mer de Chine méridionale dans l’autre sens.

La mer de Chine méridionale recèle également de vastes réserves potentielles de gaz naturel et, dans une moindre mesure, du pétrole brut… Une estimation chinoise plus ancienne situe les ressources pétrolières potentielles en mer de Chine méridionale à 213 milliards de barils de pétrole, bien que cette estimation semble extrêmement élevée. D’autres rapports donnent des chiffres plus bas, mais l’agressivité de Pékin en mer de Chine méridionale est alimentée à la fois par son sens renouvelé du nationalisme et par les réserves potentielles de pétrole et de gaz sous cette masse d’eau troublée.

Alors que la plupart considèrent l’impact géopolitique et le rôle sur les marchés pétroliers mondiaux de l’Iran qui pourrait essayer de fermer le détroit d’Ormuz, peu ont considéré ce qui pourrait arriver si la Chine essayait de restreindre le transport maritime dans la mer de Chine du Sud.

Cependant, bien qu’il existe plusieurs voies de transit ou lignes maritimes importantes qui offrent une entrée dans la mer de Chine méridionale (y compris le détroit de la Sonde et le détroit de Lombok), le détroit de Malacca est de loin le plus utilisé pour transporter du pétrole, du gaz et d’autres marchandises vers le Japon, Taïwan et la Corée du Sud.

https://asiemaritime.files.wordpress.com/2013/10/wip-triborder-sea-physic-lr-final-cprght.jpg?w=1141&h=936
Le détroit de Malacca est le passage le plus court et donc le plus économique entre l’océan Pacifique et l’océan Indien. Le détroit de Malacca fait environ 550 milles de long (700 km), alors qu’à son point le plus étroit dans le chenal Phillips du détroit de Singapour, le détroit de Malacca ne fait que 1,7 mille (2,7 km) de large.

Comme la Chine continue de construire sur ses récifs, îlots et formations récupérés dans la mer de Chine méridionale et de placer des moyens militaires sur ces nouvelles formations, y compris des pistes d’atterrissage de bombardiers, des silos de missiles, des installations radar, des casernements et des moyens navals, elle pourra, avec le temps, menacer de plus en plus de fermer une grande partie de la mer de Chine méridionale, ou du moins représenter une menace mortelle pour la navigation et les avions qui traversent cette masse d’eau.

La Chine a déjà mis en place une zone controversée d’identification de défense aérienne (ADIZ) couvrant la majeure partie de la mer de Chine orientale, près du Japon et de la Corée du Sud, et pourrait faire de même dans la mer de Chine méridionale à l’avenir.

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La Chine n’a pas non plus caché le fait que les îles artificielles qu’elle a construites à partir de récifs et d’atolls stratégiquement situés dans la mer de Chine méridionale seront utilisées comme « porte-avions insubmersibles ». De plus, comme l’Iran, la Chine menacerait probablement de prendre des mesures pour faire pression contre l’activité navale des États-Unis et les exercices militaires que Washington mène avec ses alliés (Philippines, Japon, Australie, Inde et autres) dans la région, ainsi que pour projeter sa puissance contre ses petits voisins de l’ANASE, en particulier le Vietnam et les Philippines.

Nier cette possibilité reviendrait à ignorer l’agressivité de la Chine dans la mer de Chine du Sud au cours des dernières années, en particulier depuis que Xi Jinping a pris ses fonctions en 2013. Après avoir été réélu plus tôt cette année pour un deuxième mandat de cinq ans avec la perspective de rester leader à vie, Xi a déclaré que la Chine ne concédera pas « un seul pouce de terre » et gardera son territoire souverain, qui comprend ses revendications contestées de la mer de Chine du Sud.

Tim Daiss

Traduit par Hervé, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

 

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Sept ans après le début de la guerre contre la Syrie, par jihadistes interposés, les partisans de sa destruction veulent la relancer. Pourtant, ils ont essuyé une défaite certaine sur le terrain où la population, un instant hésitante, a massivement choisi de soutenir la République. Cette tentative de reprendre la guerre à son début ne peut se comprendre que si son objectif a évolué.

| Damas (Syrie)

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La petite Hala (six ans) a été choisie par le MI6 pour annoncer une nouvelle attaque chimique attribuée au « régime » syrien contre la population civile d’Idleb.

Créé en janvier 2018 à Washington, sous la présidence de David Satterfield, le « petit groupe » avait pour but de relancer le projet Rumsfeld-Cebrowski de destruction des structures étatiques du Moyen-Orient en général et de la Syrie en particulier. Il comportait initialement l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni (étant entendu que les pays arabes membres ne seraient pas détruits à court terme).

Secrète à sa création, cette entité est progressivement devenue publique tandis que l’Allemagne et l’Égypte l’ont rejointe. Elle semble être devenue plus raisonnable et chercher maintenant une honorable sortie de crise. Aussi a-t-elle noué des contacts avec le groupe d’Astana (Iran, Russie, Turquie).

Pourtant, le Royaume-Uni a relancé le projet contre la Syrie en préparant une opération sous faux drapeau à Kafr Zita. Pour cela des spécialistes de la société Olive ont été envoyés sur place et des armes chimiques ont été acheminées dans le gouvernorat d’Idlib. Les Casques blancs ont enlevé 44 enfants. Le MI6 prévoyait de les sacrifier et d’attribuer leur assassinat à une attaque chimique de l’Armée arabe syrienne contre les « rebelles ».

Le MI6 avait organisé à l’avance la dissémination de cette intoxication à partir du témoignage à venir d’une petite enfant, Hala (photo). Il avait créé un compte Twitter à son nom, le 29 juillet, et une trentaine de médias s’y sont immédiatement abonnés, attendant son signal (opération « Eyes on Idlib »). Parmi eux on compte la BBC [1], Radio Free Europe/Radio Liberty [2], BuzzFeed et The Huffington Post [3] ; des médias qui participent sciemment à la propagande de guerre britannique.

Simultanément, le Pentagone a déployé dans le Golfe le destroyer USS The Sullivans (DDG-68) avec 56 missiles de croisière à son bord et envoyé un bombardier stratégique В-1В doté de 24 missiles de croisière air-sol AGM-158 JASSM sur la base aérienne Al-Udeid au Qatar.

Si la responsabilité du Premier ministre britannique Theresa May est établie concernant les actes du MI6, on ignore qui a ordonné le déploiement militaire US.

Toujours à la traîne de Londres, le président français Emmanuel Macron a déjà théorisé la reprise de la guerre devant ses ambassadeurs réunis à Paris. Ainsi, méprisant le Peuple syrien, qui a élu démocratiquement son président, s’est-il proposé de choisir pour lui : « Respectons la souveraineté de la Syrie, mais respectons-la vraiment, en permettant au peuple de s’exprimer et de l’incarner », a-t-il déclaré.

Les auteurs de ce plan savent très bien qu’ils ont déjà perdu la guerre si on la considère uniquement d’un point de vue syrien. Leur nouvel objectif semble aller bien au-delà. Il s’agit pour eux de provoquer un conflit avec la Russie ; c’est à dire une guerre qui deviendrait rapidement mondiale.

La Syrie et la Russie ont réagi en révélant les faits. Puis la Russie a envoyé quantité de matériels militaires à Tartous via le porte-container Sparta-3. Moscou a également renforcé sa présence au large de la Syrie (actuellement dix navires et deux sous-marins) en planifiant de vastes manœuvres militaires, impliquant vingt-cinq navires et une trentaine d’avions.

Affolé, le département d’État vient d’envoyer l’ambassadeur James Jeffrey apaiser les pays de la région. Il est attendu en Israël, en Jordanie et en Turquie. Il est accompagné de l’adjoint de David Satterfield, le colonel du Renseignement militaire Joel Rayburn. La délégation US assurera à tous ses interlocuteurs que Washington ne se prépare pas à bombarder la Syrie sous un prétexte fabriqué.

Dont acte.

Si les hôtes de la délégation US en ont le courage, ils ne manqueront pas de demander des précisions : l’assistant du secrétaire d’État pour le Moyen-Orient élargi, David Satterfield, poursuit-il la politique de George Bush Jr et de Barack Obama ou met-il en œuvre la nouvelle politique de Donald Trump ? Si la position de Londres est clairement anti-Russe, et celle de la Maison-Blanche pro-US [4], qu’en est-il exactement de celle du Pentagone ?

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] La BBC est l’organisme britannique public de radio-diffusion.

[2] Radio Free Europe/Radio Liberty est une radio publique créée par la CIA durant la Guerre froide et directement financée par le Congrès.

[3] BuzzFeed et le Huffington Post ont tous les deux été créés par Jonah Peretti. Ils poursuivent aujourd’hui une ligne éditoriale violemment anti-Trump et anti-Russes.

[4] C’est toute la différence avec ses prédécesseurs, George Bush Jr et Barack Obama. Ceux-ci défendaient des intérêts financiers transantionaux au détriment de l’économie états-unienne.

http://www.voltairenet.org/article202685.html

Les USA pourraient se retirer de Syrie

Les USA pourraient se retirer de Syrie

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Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a invité les États-Unis à retirer leurs troupes du pays en préalable au retrait de forces étrangères pro-gouvernementales. Le Pentagone est présent à la fois au Sud (Al-Tanf) et au Nord (zone occupée par le YPG kurde).

Dans le cas d’un retrait d’Al-Tanf, le Hezbollah se retirerait du Sud. D’ores et déjà ses combattants préparent leur départ. L’ordre serait rétabli avec l’aide de la Russie, conformément à un accord antérieur.

Planifiant leur possible retrait du Nord du pays, les États-Unis seraient en train d’installer une nouvelle base dans le Sinjar iraquien d’où ils pourraient intervenir à la fois en Syrie et en Turquie.

http://www.voltairenet.org/article201369.html

Le chef du Pentagone accuse la Chine d' »intimidation » en mer de Chine méridionale

Le chef du Pentagone accuse la Chine d' »intimidation » en mer de Chine méridionale

/ © AFP / ROSLAN RAHMAN

Le renforcement des positions militaires de la Chine dans les eaux contestées de la mer de Chine méridionale et l’installation de systèmes d’armes sophistiqués le long de ce couloir maritime stratégique est destiné à « intimider » et « contraindre » ses voisins, a accusé samedi le chef du Pentagone, Jim Mattis.

« En dépit des affirmations chinoises prétendant le contraire, l’installation de ces systèmes d’armes est lié directement à des usages militaires à des fins d’intimidation et de contrainte », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, lors d’un sommet sur la sécurité à Singapour.

Jim Mattis a rappelé que Pékin avait déployé début mai des armements incluant des batteries de missiles anti-navires et anti-aériens ainsi que des systèmes de brouillage électronique sur des îlots artificiels en mer de Chine du sud abritant déjà des installations militaires renforcées, dont des pistes d’atterrissage pour bombardiers, à l’appui de ses revendications territoriales.

Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale en dépit d’un arbitrage international de 2016 qui lui a donné tort. Différentes parties de la zone sont revendiquées aussi par les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taïwan.

Cette zone stratégique voit passer près du tiers du commerce mondial.

Des bombardiers lourds chinois se sont posés récemment sur l’île aux Bois, principale base chinoise dans l’archipel des Paracels, également revendiqué par le Vietnam et Taiwan.

– Promesse chinoise non tenue –

Le chef du Pentagone a accusé le président chinois Xi Jinping d’avoir manqué à sa parole, en référence à sa promesse annoncée en 2015 à la Maison Blanche qu’il ne militariserait pas les îlots contestés et renforcés artificiellement depuis l’arrivée au pouvoir de M. Xi en 2013.

Jim Mattis a aussi repris un thème martelé par l’administration américaine: les Etats-Unis resteront dans la région Asie-Pacifique, et ses alliés feraient mieux de rester aux côtés de Washington au lieu de s’aligner sur Pékin, une allusion directe aux Philippines.

Un message délicat à l’heure où ces alliés « sont anxieux devant les risques d’être affectés par une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis », a relevé Murray Hiebert, du programme Asie du sud-est du think tank Strategic and International Studies à Washington.

Les mises en garde américaines sur la montée en puissance de la Chine en mer de Chine méridionale n’ont suscité que peu d’échos jusqu’à présent dans la région.

En réaction à l’installation de missiles dans les Spratleys, Washington a retiré la semaine dernière son invitation à la Chine à participer fin juin à l’exercice biennal Rim of the Pacific, les plus importants exercices navals au monde, avec près de 30 pays participants.

La Chine y avait participé en 2014 et 2016.

La marine américaine conduit régulièrement des opérations baptisées « Liberté de navigation » en mer de Chine méridionale, une zone maritime stratégique qui voit passer près du tiers du commerce mondial.

« Nous nous donnons beaucoup de mal pour coopérer avec tous les pays du Pacifique, ce que nous faisons partout dans le monde », avait indiqué M. Mattis en entamant mardi sa tournée en Asie. « Mais nous nous opposerons à ce que nous considérons comme contraire aux lois internationales ».

Jim Mattis a par ailleurs réaffirmé le soutien du Pentagone aux efforts de la diplomatie américaine pour une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » de la péninsule coréenne.

Il a souligné que la présence des troupes américaines en Corée du sud –28.500 hommes– ne figurerait pas à l’agenda du sommet annoncé pour le 12 juin à Singapour entre le président Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un.

« Toute discussion sur le nombre de soldats américains en République de Corée est liée au fait qu’ils sont là-bas à l’invitation du gouvernement sud-coréen », a-t-il dit, excluant que le sujet figure aux discussions avec Pyongyang.

Le président sud-coréen Moon Jae-in avait lui aussi écarté le mois dernier un départ des troupes américaines en cas de signature d’un traité de paix avec le Nord.

(©AFP / 02 juin 2018 05h11)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-chef-du-Pentagone-accuse-la-Chine-d-intimidation-en-mer-de-Chine-m-ridionale/923728.rom

Regard sur l’“attaque du vendredi-13”

Regard sur l’“attaque du vendredi-13”

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Regard sur l’“attaque du vendredi-13”

On connaît dans ces colonnes le colonel Pat Lang, ancien officier de la DIA, qui tient sa boutique sous le nom de Sic Semper Tyrannis, ou STT. Lang fait ici une de ses rares escapades hors-SST, – dans UNZ.com, ce 25 avril 2018, – pour nous donner son évaluation complète du résultat de “l’attaque de la nuit du vendredi-13” (heure de Washington), en avril 2018 contre la Syrie. Le titre est explicite : « Faut-il croire les Russes ? » (notre adaptation de “Are the Russians Correct?”, reprise d’une phrase de Lang), et sa réponse se fait sous la forme une explication de divers points dont on comprend qu’ils suggèrent indirectement pourquoi c’est la version russe (71 cruise missiles abattus sur 103) qui est la bonne, – par conséquent qu’il faut “croire les Russes” parce que “les Russes sont correct” (dans le sens d’une évaluation “correcte”, c’est-à-dire “juste”). On se doutait déjà de sa position, comme nous le constations le 16 avril 2018, en suggérant en même temps pourquoi sa position était intéressante à connaître, venant d’une plume réputée pour sa tenue, ses sources et ses positions fermes sans être complètement engagé (« ancien officier de la DIA, qui abhorre la bureaucratie et la politique washingtoniennes mais ne se classe pas pour autant antiSystème », écrivions-nous le 15 février 2018).

En fait, d’un point de vue sacrifiant aussi bien à l’évidence qu’à l’habileté, Lang ne prend même pas la peine de répondre directement à la question posée, – ou bien pourrait-on dire qu’il prend grand soin de ne pas “répondre directement à la question posée”, puisqu’on sait combien est grande la sensibilité des sentinelles de la moraline postmoderne et censureuse. De même, il ne discute même pas le fait de savoir si l’“attaque chimique” du 7 avril était un montage ou pas, il s’emploie simplement à expliquer comment l’opération a été montée par une unité du MI6 britannique désigné comme le 77èmerégiment , chargée de la “guerre de l’information” (de la communication) et travaillant aux frais de l’Arabie Saoudite. Finalement, le thème réel du texte n’est pas de savoir s’il y a bel et bien eu un ratage, mais de constater que ce ratage mémorable soulève de graves questions et invite à des changements importants dans l’orientation des équipements et des répartitions budgétaires au Pentagone. Lang présente plusieurs points intéressants :

• D’abord son affirmation, qu’il n’explicite pas et qui est tout à fait étonnante, voire stupéfiante pour qui n’est pas informé du désordre, selon laquelle le secrétaire à la défense Mattis n’était pas au courant de l’opération de cette fausse “attaque chimique” du 7 avril montée par le MI6. Cela explique (?), disons d’une façon invertie, sa déclaration étonnante de franchise du 12 avril au Congrès, selon laquelle “on” ne disposait pas de preuves de la responsabilité-Assad (marque déposée) dans cette attaque.

• Le constat de la grande qualité d’organisation et de coordination de la défense aérienne syrienne, sous l’impulsion pédagogique des Russes. Son estimation selon laquelle les vieux missiles du temps de l’URSS qui équipent l’essentiel des forces syriennes valent bien les plus récents est par contre discutable. Ce n’est pas un hasard si la plus formidable performance des systèmes impliqués, selon le décompte des Russes qui semble devoir être pris en compte sans risquer le bûcher, est celle des Pantsir-S1, un des systèmes russes de l’ère post-soviétique, qui ont tiré 25 missiles et abattu 24 cruise missiles, selon les données officielles russes, – garanties FakeNews par conséquent, mais sans un signe de découragement à notre adresse chez Lang.

• Lang insiste sur l’obsolescence des matériels US, notamment les cruise missiles, qui ont été complètement négligés depuis quinze ans à cause des priorités de la “Guerre contre la Terreur”, et qui n’ont pas reçu les modernisations et mises à niveau nécessaires pour cette sorte de matériel. Lang assure qu’il devrait y avoir des changements importants de priorités au Pentagone, mais il reste à voir si le Pentagone est encore capable d’assumer une telle révision, de la mener à bien, et dans quel laps de temps, etc. Il nous semble que Lang croit un peu trop aux vertus des orientations budgétaires, notre approche étant que le Pentagone, qui dispose de sommes énormes, est écrasé par la bureaucratie, les redondances, les gaspillages, la corruption, etc.

« Quoi qu’il en soit, termine Lang, la plupart des missiles ont échoué et cette défaillance doit être résolue. » C’est en effet le grand enseignement de cette attaque, qui est la mise en cause du fondement même des capacités de la puissance US, si l’on accepte l’hypothèse que ce ratage, loin d’être une exception, confirme d’autres mésaventures du genre et sert d’indicateur à une grave crise structurelle affectant la puissance militaire US. Il ne s’agit pas d’une question quantitative, budgétaire, etc., de notre point de vue, mais bien d’une question organisationnelle demandant la souplesse et la volonté de réactions réformistes radicales à une énorme organisation (le Pentagone) qui en est totalement dépourvue.

dde.org

http://www.dedefensa.org/article/regard-sur-lattaque-du-vendredi-13

Le Pentagone interrompt la livraison des F-35 en raison d’un conflit financier

Le Pentagone interrompt la livraison des F-35 en raison d’un conflit financier

Un F-35
Un F-35 – © JACK GUEZ – AFP
Belga

 

Le ministère américain de la Défense a interrompu la livraison des avions F-35 de Lockheed Martin Corp à la suite d’un litige quant à la responsabilité des coûts engendrés par un défaut de production. Les F-35 sont l’une des options envisagées pour remplacer les F-16 belges.

Le constructeur a confirmé mercredi l’arrêt des livraisons pour une question contractuelle, sans donner davantage de détails. Lockheed Martin se dit néanmoins confiant quant à son objectif de livraison de 91 appareils pour 2018.

Le Pentagone avait déjà suspendu les livraisons de F-35 pendant 30 jours l’an dernier, après l’apparition d’un défaut de production concernant plus de 200 avions.

Selon Reuters, le conflit entre l’entreprise et la Défense repose sur la responsabilité du coût de la réparation, qui nécessite l’intervention de techniciens du monde entier. Des clients étrangers seraient également concernés par l’arrêt des livraisons, selon l’agence de presse britannique.

Le F-35 est, avec l’Eurofighter, l’une des principales options envisagées pour remplacer les F-16 belges. Le dossier suscite la polémique depuis l’apparition d’une note issue du cabinet du ministre de la Défense Steven Vandeput laissant penser que le choix des F-35 a été entériné depuis 2015.

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-pentagone-interrompt-la-livraison-des-f-35-en-raison-d-un-conflit-financier?id=9890593

Syrieleaks : Un câble diplomatique dévoile la “stratégie occidentale”, par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

Conférence sur la sécurité – Munich, 17 février.

Dans un anglais quelque peu familier mais précis, Benjamin Norman – diplomate en charge du dossier Proche et Moyen Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington – rend compte dans un Télégramme diplomatique confidentiel (TD)1 du 12 janvier 2018 de la première réunion du « Petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie), qui s’est tenue à Washington le 11 janvier 2018.

Dans ce TD de cinq pages, il dévoile le détail de la « stratégie occidentale » en Syrie : partition du pays, sabotage de Sotchi, cadrage de la Turquie et instructions adressées au représentant spécial de l’ONU Staffan de Mistura qui dirige les négociations de Genève. Un Non Paper (de 8 pages) accompagne ce TD en prévision de la deuxième réunion du « Petit Groupe ». Celle-ci s’est tenue à Paris le 23 janvier dernier, essentiellement consacrée à l’usage des armes chimiques et aux « consignes » adressées par le « Petit Groupe américain » à Staffan de Mistura.

Assistaient à cette réunion du 11 janvier à Washington Hugh Cleary (chef du Département Proche et Moyen-Orient du Foreign Office) ; Jérôme Bonnafont (directeur ANMO/Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay) ; David Satterfield (Secrétaire d’Etat-adjoint américain chargé du Moyen-Orient) ; le Jordanien Nawaf Tell et le saoudien Jamal al-Aqeel. L’Américain a ouvert la séance en précisant qu’une deuxième réunion aurait lieu à Paris le 23 janvier.

David Satterfield a confirmé que le président Trump avait décidé de maintenir une importante présence militaire américaine en Syrie, malgré la victoire remportée contre l’« Organisation Etat islamique » (Dae’ch) ; le coût de ce maintien étant fixé à quatre milliards de dollars annuels. Il a précisé que cette présence militaire américaine devait prévenir toute résurgence de Dae’ch, mais surtout empêcher les « Iraniens de s’installer durablement et de s’imposer dans la recherche d’une solution politique ». En troisième lieu, il a insisté sur le fait que la première réunion du « Petit Groupe » devait aussi apporter un « appui matériel et politique important à Staffan de Mistura pour « consolider le processus de Genève ». L’ensemble des participants a accueilli très positivement cette mise au point afin de « réaliser des progrès substantiels en Syrie durant l’année 2018 » et de « répondre à la propagande d’une victoire russe ». Ensuite, les participants ont insisté sur le « désir russe d’aboutir à une solution politique » qu’il s’agissait d’utiliser pour rendre « plus opérationnels » les objectifs du « Petit Groupe ».

CONSOLIDER LE PROCESSUS DE GENEVE

Les Etats-Unis ont noté qu’ils ne participeraient plus aux réunions d’Astana, ayant réduit « leur participation à un niveau très bas, pour souligner leur engagement envers Genève » ; en des termes définitifs, il est décidé de « tirer un trait conceptuel sur Astana pour revenir à Genève ». Ils ont ensuite estimé que jusqu’à maintenant « Genève restait un échec, malgré les efforts de Staffan de Mistura ». Ils se sont montrés très prudents quant à l’inclusion du cessez-le-feu dans les discussions de Genève : « la vérité étant que nous n’avons tout simplement pas la capacité d’empêcher le régime de grignoter les poches de l’opposition restantes à Idlib et à l’Est de la Ghouta ».

Le TD fait état de grands progrès « réalisés par l’opposition au cours des derniers mois », en soulignant qu’elle « devra encore faire preuve d’une plus grande souplesse pour s’assurer que le Régime ne quitterait pas Genève (…) alors que les Américains n’apportent aucun soutien à l’hypothèse d’un gouvernement de transition tel que le prévoit la résolution 2254 (du Conseil de sécurité des Nations unies) ». Le texte ajoute qu’il « serait tout de même utile que l’opposition puisse cesser d’agiter cette hypothèse à tout bout de champ… » Il a été aussi convenu que « l’opposition devait faire preuve de plus de flexibilité et arrêter d’agiter l’épouvantail d’un gouvernement de transition », les Américains ajoutant que, sans changer d’objectif final quant à la partition de la Syrie et au départ de Bachar al-Assad, il fallait d’abord « rester en mouvement en procédant à « une manipulation prudente » de l’opposition.

Le représentant français – Jérôme Bonnafont – a posé le problème d’une éventuelle participation de Bachar al-Assad à de futures élections. David Satterfield a répondu que « l’objectif était de créer les conditions et des institutions qui permettraient des élections qu’Assad ne pourrait pas gagner ». Satterfield a ajouté « qu’il n’y avait pas de raison ‘flagrante’ pour empêcher Assad d’être candidat ». Dans ces conditions, il s’agissait surtout de tester les intentions de la Russie, notamment pour qu’elle arrive « à ce que le Régime soit amené à discuter d’une nouvelle Constitution, d’élections libres sous le contrôle des Nations unies et de la création d’un environnement susceptible de favoriser ces deux processus ». Accord sans restriction de tous les membres de la réunion du « Petit Groupe » pour « ne plus se satisfaire des propos mielleux de Lavrov, afin de mettre Moscou sous pression ». Pour Satterfield, il s’agit d’amener les Russes à lâcher Assad, « à travers des réunions du Conseil de sécurité et une large campagne de communication publique », estimant que la ré-élection annoncée de Vladimir Poutine fragilisait positivement la position russe…

SABOTER ET INSTRUMENTALISER SOTCHI

L’une des conclusions de cette première réunion du « Petit Groupe » est parfaitement claire : « revigorer Genève pour que Sotchi devienne hors de propos » ; la France réclamant plus de « transparence sur la position russe ». Mais il s’agit encore de ne pas s’opposer « frontalement » à Sotchi « présentant l’avantage de rassembler une part non négligeable de la société civile syrienne », pour en ramener les « apports les plus positifs à Genève, afin de renouveler et relancer ce format de Genève ».

Les Saoudiens ont mis en garde contre un « risque de fragmentation des différents groupes de l’opposition et demandé de l’aide afin de maintenir la cohésion de celle-ci ». Satterfield a rétorqué que leurs représentants devraient « s’engager davantage dans la recherche d’une solution politique plutôt que de profiter de salaires mirifiques et de longs séjours dans des hôtels agréables ». La France a appuyé cette remarque en insistant sur « la communication ». A cet égard, le TD britannique dresse le commentaire suivant : « malheureusement, la Cinquième République française n’a pas vocation à financer cet effort », les représentants britanniques rappelant « que la communication de l’opposition a été financée en premier lieu par… le Royaume-Uni ».

David Satterfield a, ensuite, expliqué que l’opposition turque aux « Unités de protection du peuple kurde (YPG) » empêchait les Kurdes de participer à Genève. Tout en comprenant la position d’Ankara, il a souligné « qu’on ne pouvait pas ignorer un groupe qui contrôlait le tiers de la Syrie (SIC) et qui avait pris la plus grande part à la lutte contre Dae’ch ». Il a expliqué que « les Américains cherchaient à établir un leadership multi-ethnique au nord-est de la Syrie afin de diluer l’hégémonie de l’ YPG ». Par contre, il s’agissait d’imposer les FDS (Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes et sous contrôle américain) dans le processus de Genève.

Commentaire de l’auteur du TD : « je comprends que les Etats-Unis vont nommer William (Bill) Roebuck, leur ex-ambassadeur à Bahreïn, comme représentant spécial des FDS. Je vais suivre, mais cela vaut la peine de rappeler – selon les discussions séparées que nous avons eues, par exemple avec Fiona Hill – que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie sont déjà mauvaises et ne risquent pas de s’améliorer. Par conséquent, les Américains ne sont pas les mieux placés pour faire – en solo – le gros boulot avec les FDS et Ankara ». L’objectif est clairement défini : « amener Staffan de Mistura à accepter à Genève une structure tripartite incorporant l’opposition, Assad et les FDS ».

Du reste, le secrétaire d’Etat adjoint indique qu’un « Non-Paper – Reviving the Syrian Political Track in Geneva– sera communiqué à Staffan de Mistura avant la réunion du 23 janvier à Paris, « afin de mettre les Russes au pied du mur ». Ce document comporte : « une Feuille de route politique, les éléments d’une réforme constitutionnelle, la structure onusienne de supervision des élections et les directives pour l’établissement d’un environnement pacifié ».

Pour leur part, les Jordaniens ont qualifié la session du « Petit Groupe » de « la réunion publique la plus secrète de tous les temps ». Et l’auteur du TD de conclure : « nous devons, pour le moment, garder un groupe constitué uniquement des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie. Les prochains à être invités devraient être l’Egypte et l’Allemagne (pour qui nous avons plaidé). La Turquie devrait également joindre le groupe, mais la discussion avec elle risque d’être empoisonnée par les Kurdes, ce qui rendra plus difficile la neutralisation d’Astana. Il n’y a donc pas urgence à intégrer ces trois derniers pays ».

COMMENTAIRES BELLICISTES

Les commentaires en conclusion de ce TD sont fort éloquents en ce qui concerne l’avenir de la stratégie occidentale en Syrie. Les trois conclusions essentielles soulignent « une vraie réaffirmation du leadership des Etats-Unis dans les coulisses… ». La deuxième perspective consiste à « maintenir la pression sur la Russie, même si celle-ci ne parvient pas à convaincre Moscou de lâcher le régime comme nous l’espérions ». Sur ce plan, « nous devons continuer – ce que nous faisons déjà – à dénoncer l’horrible situation humanitaire ainsi que la complicité russe dans la campagne de bombardements de cibles civiles ». Enfin, conclut l’auteur du TD, « les Américains m’ont dit combien ils avaient apprécié notre contribution et notre soutien ces derniers mois alors qu’ils étaient en train de finaliser leur stratégie ».

XXX

Voilà qui n’augure pas d’une prochaine sortie de crise en Syrie dans un contexte marquée par quatre évolutions majeures des plus préoccupantes. 1) Les Etats-Unis ont décidé de renforcer et de diversifier leur posture nucléaire. Le Pentagone vient d’annoncer qu’il va développer des armes nucléaires tactiques miniaturisées « pour s’adapter aux nouvelles menaces internationales ». Le président iranien Hassan Rohani a répondu : « comment quelqu’un peut-il parler de paix mondiale et en même temps annoncer qu’il développe de nouvelles armes nucléaires destinées à ses principaux ennemis ? »

2) Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont entendus les 14 et 15 février derniers à Bruxelles sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance Atlantique. Cette « adaptation – la plus grande depuis la fin de la Guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg, est proposée par les militaires américains. Elle vise à rendre l’Alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, il s’agit de « mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie ».

3) Aux lendemains de la destruction d’un chasseur israélien dans l’espace aérien syrien et, alors que la police israélienne demande l’inculpation du premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, Tel-Aviv accuse l’Iran de s’implanter en Syrie et menace de multiplier ses opérations militaires. Ce n’est pas la première fois que le premier ministre israélien – qui refuse de démissionner – utilise les regains de tension régionale pour consolider son pouvoir personnel et son alliance avec l’extrême-droite du pays.

4) Enfin, le soutien militaire de Washington aux Kurdes de Syrie continue à provoquer l’Ire d’Ankara. La crise de confiance est consommée et l’axe turco-américain est au bord de la rupture. Deuxième contingent de l’OTAN, l’armée turque a dû accompagner le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de juillet 2016. Mission vient d’être donnée à un général aux tendances conservatrices et islamistes de restructurer l’armée turque dégarnie par les purges.

En définitive, le TD britannique reflète parfaitement la stratégie occidentale en Syrie : saboter les efforts de paix de Sotchi, ajouter deux nouvelles guerres à la crise syrienne : celle des Turcs contre les Kurdes et celles des Israéliens contre l’Iran et le Hezbollah libanais. « Les Américains n’ont jamais admis leur défaite militaire en Syrie et ne veulent pas lâcher le morceau et surtout leur objectif stratégique principal », commente un haut diplomate français, « celui d’un démantèlement de la Syrie, du type de celui qui a été conduit en Irak et en Libye. Leur volonté est d’armer les Kurdes pour contrôler les régions pétrolières de l’Est syrien afin de pouvoir peser sur la reconstruction politique et économique du pays ». La paix n’est donc pas pour demain.

Richard Labévière

1 Benjamin Norman/Foreign and Security Policy – Middle East/British Embassy – 3100 Massachusetts Avenue, NW/Washington DC/20008/USA. Phone : 202 588 6547/FTN : 8430 6547. Email : Benjamin.norman@fco.gov.uk

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

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3 réponses à Syrieleaks : Un câble diplomatique dévoile la “stratégie occidentale”, par Richard Labévière

  1. Christian Gedeon Le 21 février 2018 à 07h11

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    Si tout ce que je lis a effectivement été dit,c’est assez ahurissant. Et ça traduit surtout le desarroi de ce petit groupe,tres informel quand même semble t il. In fine on en revient toujours à la meme tentation de faire éclater les pays ,ce qui est une boîte de Pandore. Et je pense surtout que ce groupe ne pige toujours pas que Poutine se contrefout que la solution soit trouvée à Sotchi ,Astana ou au diable vauvert pour peu que cette solution garantisse l’intégrité de la Syrie et empêche la prise de pouvoir par les islamistes quelle que soit leur forme,car là est son véritable but. Genève? Pourquoi pas? Mais Genève passant sous les fourches caudines du projet global russe. Reste l’épineuse question iranienne,épineuse pour les russes aussi en vérité. Peut être le point qui accordera tout ce petit monde.

  2. Fritz Le 21 février 2018 à 07h19

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    Merci de dévoiler les projets de ces cinq États-voyous – dont la France fait partie, hélas…
    C’est consternant. Lundi, le placide et modéré Sergueï Lavrov a exigé la fermeture d’une base américaine en Syrie, qui permet aux djihadistes de reconstituer leurs forces. Rappelons que la “présence américaine en Syrie” est PARFAITEMENT ILLÉGALE, comme l’étaient l’agression et l’occupation américaine en Irak.

    Et là, il y a en face les Russes et les Iraniens, sans compter des Turcs qui se détachent de l’Empire, et un Netanyahu tenté par la fuite en avant pour échapper à une inculpation.

    Concernant l’OTAN, ce machin-truc qui ne s’est pas dissous contrairement au Kominform et au pacte de Varsovie, et qui a deux guerres à son passif (Serbie et Libye), George Kennan nous avait prévenus il y a vingt ans : son extension vers l’Est serait « une erreur tragique ».
    http://www.nytimes.com/1998/05/02/opinion/foreign-affairs-now-a-word-from-x.html

    Tout est réuni pour que ça dérape, définitivement. Si une Troisième Guerre mondiale éclate, nous autres Occidentaux l’aurons amplement méritée.

  3. caliban Le 21 février 2018 à 07h38

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    Ces gens ne sont pas faits comme nous, ils ne pourraient pas survivre dans l’air putride qu’ils respirent lors de ce genre de réunions. Partant de là, séparer la tête des épaules de ces cyborgs serait-il vraiment répréhensible ?

    Blague à part, merci pour ce document très instructif, qui nous apprend que ces gens ne raisonnent évidemment ni avec les sentiments et ni en tenant compte de l’expérience passée. Bref, raisonnent-ils vraiment ? Ne constituent-ils pas une sorte de fanatiques en col blanc ?

    https://www.les-crises.fr/syrieleaks-un-cable-diplomatique-devoile-la-strategie-occidentale-par-richard-labeviere/

L’Italie dans le plan nucléaire du Pentagone

L’Italie dans le plan nucléaire du Pentagone

Le Pentagone a laissé —ou fait— fuiter le brouillon du Nuclear Posture Review 2018. Il s’agit d’un plaidoyer pour renforcer le programme atomique en décrivant des menaces exagérées ou carrément imaginaires.

| Rome (Italie)

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Le Nuclear Posture Review 2018, le rapport du Pentagone sur la stratégie nucléaire des États-Unis, est actuellement en phase de révision à la Maison-Blanche. Dans l’attente que soit publiée la version définitive approuvée par le président Trump, a filtré (plus exactement le Pentagone a fait filtrer) l’ébauche du document de 64 pages [Document téléchargeable ici.].

Il décrit un monde dans lequel les États-Unis ont devant eux « une gamme sans précédents de menaces », provenant d’États et de sujets non-étatiques. Tandis que les USA ont continué à réduire leurs forces nucléaires —soutient le Pentagone— la Russie et la Chine fondent leurs stratégies sur des forces nucléaires dotées de nouvelles capacités et prennent « une attitude de plus en plus agressive y compris dans l’espace externe et dans le cyber-espace ». La Corée du Nord continue de façon illicite à se doter d’armes nucléaires. L’Iran, bien qu’il ait accepté le plan qui lui interdit de développer un programme nucléaire militaire, garde « la capacité technologique de construire une arme nucléaire en l’espace d’une année ».

Falsifiant une série de données, le Pentagone essaie de démontrer que les forces nucléaires des États-Unis sont en grande partie obsolètes et nécessitent une radicale restructuration. Il ne dit pas que les USA ont déjà lancé, en 2014 avec l’administration Obama, le plus grand programme de réarmement nucléaire depuis la fin de la Guerre froide pour un coût de plus de 1 000 milliards de dollars. « Le programme de modernisation des forces nucléaires US —documente Hans Kristensen de la Fédération des scientifiques américains (FAS)— a déjà permis de réaliser de nouvelles technologies révolutionnaires qui triplent la capacité destructrice des missiles balistiques états-uniens ».

Le but de la restructuration projetée est, en réalité, d’acquérir « des capacités nucléaires flexibles », en développant des « armes nucléaires de faible puissance » utilisables même dans des conflits régionaux ou pour répondre à une attaque (vraie ou présumée) de hackers contre des systèmes informatiques.

La principale arme de ce type est la bombe nucléaire B61-12 qui, confirme le rapport, « sera disponible en 2020 ». Les B61-12, qui remplaceront les actuelles B-61 basées par les USA en Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Turquie, représentent —d’après le Pentagone— « un signal clair de dissuasion pour toute puissance adverse, que les États-Unis possèdent la capacité de répondre à l’escalade depuis des bases avancées ».

Comme documente la Fédération des scientifiques américains, la bombe que le Pentagone déploiera sur ses « bases avancées » en Italie et en Europe n’est pas seulement une version modernisée de la B61, mais une nouvelle arme avec une tête nucléaire à quatre options de puissance sélectionnables, un système de guidage qui permet de la larguer à distance de l’objectif, et la capacité de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement.

À partir de 2021 —spécifie le Pentagone— les B61-12 seront disponibles aussi pour les avions de chasse des alliés, parmi lesquels les Tornado italiens PA-200 du 6ème Stormo de Ghedi. Mais, pour les guider sur l’objectif et en exploiter les capacités anti-bunker, il faut des avions de chasse F-35A. « Les avions de chasse de nouvelle génération F-35A —souligne le rapport du Pentagone— maintiendront la force de dissuasion de l’Otan et notre capacité à déployer des armes nucléaires dans des positions avancées, si la sécurité le nécessite ».

Le Pentagone annonce donc son plan de déploiement des F-35A, armés de B61-12, adossés à la Russie. Évidemment pour la « sécurité » de l’Europe. Dans le rapport du Pentagone, que le sénateur démocrate Edward Markey définit comme une « feuille de route pour la guerre nucléaire », l’Italie se trouve donc au premier rang. Cela intéresse-t-il quelque candidat à nos élections politiques ?

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016.

Les États-Unis resteront indéfiniment en Syrie selon le Pentagone

Le Pentagone prévoit de maintenir indéfiniment certaines forces américaines en Syrie, même après la fin officielle d’une guerre contre le groupe extrémiste Daech, pour participer à ce qu’il décrit comme des opérations antiterroristes en cours, ont déclaré des responsables.

Par Nancy A. Youssef

WASHINGTON – Le Pentagone prévoit de maintenir indéfiniment une partie des forces américaines en Syrie, même après la fin officielle d’une guerre contre le groupe extrémiste islamiste Daech, pour participer à ce qu’il décrit comme des opérations antiterroristes en cours, ont déclaré des responsables.

Il y a environ 2 000 soldats américains en Syrie et un nombre indéterminé de prestataires qui les assistent. Le mois dernier, l’armée américaine a retiré 400 marines de Syrie, où les forces américaines sont entrées pour la première fois à l’automne 2016.

Plus tôt cette semaine, les fonctionnaires ont dévoilé les plans d’un engagement à durée indéterminée, connu sous le nom de présence « conditionnelle ». C’est la même approche que celle adoptée par l’administration Trump en Afghanistan.

« Les États-Unis maintiendront une présence militaire basée sur les besoins en Syrie pour combattre la menace de l’incertitude liée au terrorisme, empêcher la résurgence de Daech et stabiliser les zones libérées », a déclaré le Colonel Rob Manning, un porte-parole du Pentagone, aux journalistes mercredi.

Les responsables de la défense des États-Unis ont souligné qu’il n’ y aurait pas de grandes bases permanentes en Syrie du genre de celles que les États-Unis entretiennent dans des endroits comme l’Allemagne et la Corée du Sud. Les troupes seront plutôt affectées à de plus petites bases et avant-postes.

Dans certains cas, des troupes seront déployées temporairement à partir d’autres bases de la région pour des missions spécifiques, a indiqué l’un des responsables de la défense. On ne sait pas combien de soldats resteraient dans le pays.

Le Pentagone a déclaré que les forces armées cibleront des parties de la Syrie qui ne sont pas entièrement gouvernées par le régime ou les forces rebelles. Les militaires affirment qu’ils ont le pouvoir légal de rester là-bas.

« Opérant sous l’égide d’autorités internationales reconnues, l’armée américaine continuera à soutenir les forces locales partenaires en Syrie pour stabiliser le territoire libéré », a déclaré le Colonel Manning.

Il a déclaré que la stabilisation comprend le rétablissement des services essentiels de base, l’enlèvement des matières explosives et de permettre de dispenser l’aide humanitaire.

Les plans esquissés cette semaine sont les plus précis présentés à ce jour en ce qui concerne la stratégie américaine en Syrie après l’effondrement évident de Daech.

Les responsables américains ont dit craindre que le retrait des forces américaines et le fait de s’éloigner de zones potentiellement vulnérables ne conduisent à ce que les terres pour lesquelles eux et leurs partenaires locaux se sont battus pour les arracher à Daech retombent entre les mains d’extrémistes.

Mais les critiques ont dit qu’une présence illimitée dans certaines parties de la Syrie ne garantit pas non plus la stabilité.

« Il semble que nous allons rester en place jusqu’à ce que nous ayons établi un objectif concret pour l’avenir de ce territoire que nous avons aidé les forces démocratiques syriennes[soutenues par les États-Unis] à reprendre », a déclaré Jennifer Cafarella, analyste de la Syrie au Washington Institute for the Study of War.

« Dans quelles conditions les forces américaines se retireraient-elles ? Les États-Unis n’ont jamais défini à quoi un succès contre la Syrie ressemblerait politiquement », a déclaré Mme Cafarella.

L’administration Trump a d’abord introduit l’idée d’un processus conditionnel de retrait – plutôt que d’un processus programmé – en Afghanistan. Le président Donald Trump a annoncé en août que les troupes américaines ne se retireraient pas de l’Afghanistan tant qu’il n’y aurait pas eu de règlement politique entre le gouvernement soutenu par les États-Unis et le mouvement militant taliban.

Source : Cetusnews.com, Nancy A. Youssef, 21-12-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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