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Reconstruire la Syrie – sans le pétrole syrien par Pepe Escobar

Reconstruire la Syrie – sans le pétrole syrien par Pepe Escobar

samedi 2 novembre 2019, par Comité Valmy

Comparer le pillage US avec la participation active de la Russie, de l’Iran et de la Turquie à une solution politique visant à normaliser la Syrie.

Ce qui s’est passé à Genève ce mercredi, au sujet de ramener enfin la paix en Syrie, ne pourrait être plus significatif : la première session du Comité Constitutionnel Syrien.

Le Comité Constitutionnel Syrien est né d’une résolution adoptée en janvier 2018 à Sotchi, en Russie, par un organe appelé le Congrès du Dialogue National Syrien.

Ce comité de 150 membres se compose de 50 membres de l’opposition syrienne, 50 représentants du gouvernement à Damas et 50 représentants de la société civile. Chaque groupe a nommé 15 experts pour les réunions à Genève, tenues à huis clos.

Cette évolution est une conséquence directe du laborieux processus d’Astana – articulé par la Russie, l’Iran et la Turquie. L’ancien Envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a apporté une première contribution essentielle. Aujourd’hui, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen, joue le rôle d’une sorte de médiateur.

Le comité a commencé ses délibérations à Genève au début de l’année 2019.

Il est crucial de noter qu’il n’y a pas de hauts responsables de l’administration à Damas ni de membres de l’opposition, à l’exception d’Ahmed Farouk Arnus, diplomate de bas rang au ministère syrien des Affaires étrangères.

Comme on pouvait s’y attendre, il n’y a pas d’anciens dirigeants de factions armées dans l’opposition. Et pas de « rebelles modérés ». Parmi les délégués figurent plusieurs parlementaires, anciens et actuels, des recteurs d’université et des journalistes.

Après ce premier tour, le coprésident du comité, Ahmad Kuzbari, a déclaré : « Nous espérons que notre prochaine rencontre aura lieu dans notre pays natal, dans notre Damas bien-aimée, la plus ancienne capitale habitée de l’histoire« .

Même l’opposition, qui fait partie du comité, espère qu’un accord politique sera conclu l’année prochaine. Selon le coprésident Hadi al-Bahra :«  J’espère que le 75e anniversaire des Nations Unies l’année prochaine sera l’occasion de célébrer une autre réalisation de l’organisation universelle, à savoir le succès des efforts déployés sous les auspices d’un envoyé spécial pour le processus politique, qui apportera paix et justice à tous les Syriens « .

Rejoindre la patrouille

Le travail de la commission à Genève se déroule parallèlement à l’évolution constante des faits sur le terrain. Celles-ci obligeront certainement les présidents Poutine et Erdogan à mener davantage de négociations face à face, comme l’a confirmé Erdogan lui-même : « Une conversation avec Poutine peut avoir lieu à tout moment. Tout dépend du déroulement des événements« .

Les « événements » ne semblent pas être aussi incandescents, jusqu’à présent, même si Erdogan, comme on pouvait s’y attendre, libère la bouffée d’une menace dans l’air :«  Nous nous réservons le droit de reprendre les opérations militaires en Syrie si des terroristes s’approchent à une distance de 30 km des frontières de la Turquie ou poursuivent des attaques depuis toute autre région syrienne « .

Erdogan a également déclaré que la zone de sécurité de facto le long de la frontière turco-syrienne pourrait être « élargie », ce qu’il devrait clarifier en détail avec Moscou.

Ces menaces se sont déjà manifestées sur le terrain. Mercredi, la Turquie et les factions islamistes alliées ont lancé une attaque contre Tal Tamr, une enclave chrétienne assyrienne historique située à 50 km de profondeur sur le territoire syrien – bien au-delà de la zone de patrouille de 10 km ou de la zone « sûre » de 30 km.

Des troupes syriennes mal armées se sont retirées sous une attaque féroce et sans couverture russe apparente. Le même jour, l’armée syrienne a publié une déclaration publique appelant les Forces Démocratiques Syriennes à se réintégrer sous son commandement. Les FDS ont déclaré qu’un compromis doit d’abord être trouvé sur la semi-autonomie pour la région du nord-est. Entre-temps, des milliers d’habitants ont fui plus au sud vers la ville plus protégée de Hasakeh.

Deux faits sont absolument essentiels. Les Kurdes syriens ont achevé leur retrait plus tôt que prévu, comme l’a confirmé le ministre russe de la Défense, Sergey Shoigu. Et, ce vendredi, la Russie et la Turquie commencent leurs patrouilles militaires conjointes jusqu’à une profondeur de 7 km de la frontière, qui fait partie de la zone de sécurité de facto du nord-est de la Syrie.

Le diable dans les immenses détails est de savoir comment Ankara va gérer les territoires qu’elle contrôle actuellement et dans lesquels elle prévoit de déplacer jusqu’à 2 millions de réfugiés syriens.

Votre pétrole ? Le mien

Et puis il y a la question lancinante qui ne veut tout simplement pas disparaître : la volonté des États-Unis de « sécuriser le pétrole » (Trump) et de « protéger » les champs de pétrole syriens (le Pentagone), à toutes fins pratiques de la Syrie.

A Genève, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov – aux côtés de l’Iranien Javad Zarif et du Turc Mevlut Cavusoglu – n’aurait pas pu être plus cinglant. Lavrov a déclaré que le plan de Washington est « arrogant » et viole le droit international. La présence US sur le sol syrien est « illégale », a-t-il déclaré.

Partout dans le Sud, en particulier dans les pays du Mouvement des pays non alignés, on interprète cette situation comme si de rien n’était, pour ce qu’elle est : le gouvernement des États-Unis prend illégalement possession des ressources naturelles d’un pays tiers par une occupation militaire.

Et le Pentagone prévient que quiconque tentera de le contester sera abattu à vue. Reste à savoir si l’État Profond US serait prêt à s’engager dans une guerre chaude avec la Russie pour quelques champs pétroliers syriens.

En droit international, l’escroquerie « sécuriser le pétrole » est un euphémisme pour pillage, pur et simple. Tous les takfiris ou djihadistes opérant dans le « Grand Moyen-Orient » convergeront, perversement, vers la même conclusion : Les « efforts » US à travers les pays de l’Islam sont tous centrés sur le pétrole.

Comparez cela à la participation active de la Russie, de l’Iran et de la Turquie à la recherche d’une solution politique et à la normalisation de la Syrie – sans parler, en coulisse, de la Chine, qui fait discrètement don de riz et vise des investissements généralisés dans une Syrie pacifiée positionnée comme un noeud clé de la Méditerranée orientale des Nouvelles Routes de la Soie.

source : Asiatimes.com : Rebuilding Syria – without Syria’s oil

traduit par Réseau International

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11533

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Les forces américaines empêcheront les troupes syriennes et russes de s’approcher des gisements pétroliers de Deir ez-Zor

Les forces américaines empêcheront les troupes syriennes et russes de s’approcher des gisements pétroliers de Deir ez-Zor

PAR LAURENT LAGNEAU · 29 OCTOBRE 2019

Envisagée il y a quelques jours, l’idée d’envoyer des troupes américaines dans l’est de la Syrie pour protéger les puits de pétrole qui s’y trouvent a pris de la consistance.

Lors de la réunion des ministres de la Défense des pays membres de l’Otan, la semaine passée, le chef du Pentagone, Mark Esper, a ainsi indiqué que les États-Unis étaient « en train de prendre des mesures pour renforcer » leurs positions dans la province de Deir ez-Zor « pour interdire l’accès aux champs pétroliers » à l’État islamique [EI ou Daesh]. Et cela « inclura des forces mécanisées », avait-il ajouté.

Plus tard, une source militaire a confié à Newsweek qu’il était envisagé l’envoi d’une unité blindée, dotée d’une trentaine de chars M1A2 Abrams et de véhicules Bradley, avec la mission de protéger les les champs pétroliers et gaziers de Deir ez-Zor, notamment ceux d’Al-Omar et de Conoco.

Le 28 octobre, lors d’une conférence de presse donnée à la suite de l’élimination d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Daesh, M. Esper a abordé le sujet des champs pétroliers syriens, sans confirmer pour autant l’ampleur des renforts que le Pentagone prévoit de déployer pour cette mission.

« La situation sécuritaire en Syrie reste complexe tandis que de nombreux acteurs étatiques et non-étatiques se disputent le contrôle des territoires et des ressources de ce pays [la Syrie, ndlr] », a relevé Mark Esper.

Cela étant, le retrait américain des secteurs situés à la frontière turque, dans le nord-est de la Syrie, a donné un feu vert tacite à Ankara pour lancer une opération contre les milices kurdes syriennes [YPG], qui constituent une grande partie de l’effectif des Forces démocratiques syriennes [FDS], lesquelles ont tenu un rôle de premier plan dans la défaite du califat instauré par l’EI.

Le chef du Pentagone s’est expliqué sur ce point. La mission des forces américaines « n’est pas d’agir comme une force de police pour résoudre les litiges » mais de « permettre la défaite permanente de l’EO », a-t-il dit. Aussi, elles « continueront à mener des opérations anti-terroristes, en restant en contact étroit » avec les FDS qui « ont combattu nos cotés », a-t-il assuré.

Et, sans doute pour faire « avaler la pilule » de la décision de M. Trump ayant abouti à l’offensive turque contre les YPG dans le nord-est de la Syrie, les forces américaines garderont le « contrôle des champs pétroliers » car ils « fournissent une source de financement essentielle aux FDS, qui leur permet de sécuriser les camps de prisonniers de l’EI et de mener des opérations », a fait valoir M. Esper.

Lors d’un discours prononcé à Chicago, le président Trump a indiqué que ces puits de pétrole pouvaient rapporter jusqu’à 45 millions de dollars par mois.

Reste que la Russie a déjà vivement critiqué les intentions américaines. « Toutes les régions et installations pétrolières doivent être mises sous le contrôle du gouvernement syrien », fit en effet valoir Mikhaïl Bogdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, le 23 octobre.

« Absolument aucun des gisements d’hydrocarbures […] situés sur le territoire de la République arabe syrienne n’appartient aux terroristes de l’Etat islamique et encore moins aux ‘défenseurs américains des terroristes de l’Etat islamique’, mais exclusivement à la République arabe syrienne », a insisté le ministère russe de la Défense.

Aussi, à la question de savoir si la mission des forces américaines consisterait à empêcher les forces russes et syriennes de prendre le contrôle des sites de production d’hydrocarbures situés dans la province de Deir ez-Zor, M. Esper a dit : « En bref, la réponse est oui. Et c’est le cas actuellement parce que nous voulons nous assurer que les FDS aient bien accès à leurs ressources pour sécuriser les prisons [où sont retenus les jihadistes de Daesh] et armer leur propres troupes pour nous aider dans notre mission contre l’EI. »

« Les troupes américaines resteront positionnées dans cette zone stratégique pour empêcher l’accès de ces ressources vitales à l’EI. Et nous réagirons avec une force militaire écrasante contre tout groupe qui menacerait la sécurité de nos forces », a également affirmé M. Esper.

En tout cas, ce déploiement militaire américain pour protéger les puits de pétrole de Deir ez-Zor ne pourra que bloquer l’avancée des troupes gouvernementales syriennes dans cette région. D’ailleurs, en février 2018, avec l’appui de mercenaires russes, elles tentèrent d’en forcer le verrou, au niveau de la localité de Khoucham, avant d’être défaites par les FDS et les frappes aériennes de la coalition anti-jihadiste.

http://www.opex360.com/2019/10/29/les-forces-americaines-empecheront-les-troupes-syriennes-et-russes-de-sapprocher-des-gisements-de-deir-ez-zor/

La guerres des tubes

La guerres des tubes

26 Octobre 2019

Nous ne nous attarderons point aujourd’hui sur l’énième flip-flop de Donaldinho, bien pressuré par un Deep State en état de choc, dans le Nord-est syrien. Nous partons, mais finalement pas tout à fait, enfin si, mais peut-être que non : cela tourne à la farce… Le pétrole, limité, de Deir ez-Zoor n’est évidemment qu’un prétexte : il s’agit d’empêcher Assad de reconstruire son pays et surtout, comme le suspecte le MAE turc lui-même, de maintenir une présence sur la route de l’arc chiite pour embêter l’Iran. Le fidèle lecteur de nos Chroniques, lui, le sait déjà depuis longtemps.

Dans un mauvais remake de série B, quelques troupes américaines partent puis reviennent finalement, vers les puits de pétrole mais aussi, chose incongrue, vers une base récemment abandonnée du côté d’Hassaké. Là, elles vont côtoyer les forces syriennes qui se déploient massivement et commencent d’ailleurs à échanger des coups avec les Turcs et leurs affidés, histoire de délimiter le territoire et bien montrer au sultan où s’arrête la petite aventure ottomane.

Laissons là la tragi-comédie américaine – qu’il est loin le temps où l’empire faisait preuve de consistance et de crédibilité – pour voir un peu ce qui se passe dans le Grand jeu énergétique.

Gazprom commence les essais de la première branche du Turk Stream, celle à destination d’Ankara, qui devrait entrer en service d’ici quelques semaines. La seconde branche, à destination des Balkans et de l’Europe centrale, passera par la BulgarieL’ironie n’échappe à personne, comme nous l’expliquions l’année dernière :

Sofia regrette maintenant amèrement d’avoir succombé aux pressions de l’empire – l’une des dernières torpilles de feu McCainistan – en annulant le South Stream en 2014. La victoire présidentielle du russophile Ramen Radev en 2016 a sans doute quelque chose à y voir… Cependant, même le Premier ministre Boyko Borissov, pourtant bon petit soldat de la clique atlantiste et qui a saboté le South Stream contre les intérêts de son pays, semble ne plus savoir quoi faire pour rattraper sa trahison.

Il s’était publiquement humilié fin mai en présentant ses excuses à Poutine lors d’une visite à Moscou et, depuis, mendie la possibilité de recevoir une branche du Turk Stream. Peu rancunier, car grand gagnant en fin de compte, le Kremlin considère sérieusement la possibilité, même si rien n’a été signé encore. Dans ce contexte, une portion de gazoduc d’une vingtaine de kilomètres, commencée en juin, vient d’être inaugurée à la frontière turco-bulgare. Objectif évident : raccorder la Bulgarie au Turk Stream.

Les travaux seront terminés dans le courant de l’année prochaine, qui verra l’or bleu russe gagner ensuite la Serbie, une branche continuant sur la Hongrie et l’Autriche, une autre vers la Bosnie. Ca aussi, c’était prévu :PUBLICITÉ

Sueurs froides américaines riment souvent avec énergie russe et les derniers développements ne démentent pas cet axiome. Après tant d’autres, les Serbes de Bosnie veulent également une branche du Turk Stream qui passera par la Serbie voisine et irriguera les Balkans. Belgrade devrait d’ailleurs se méfier. Premier pays à avoir connu une « révolution de couleur » made in Soros en 2000, la Serbie pourrait bien renouveler ce type de mésaventure. L’achat de drones militaires chinois (une première en Europe), les exercices militaires anti-aériens communs avec la Russie (une autre première) et surtout la volonté de rejoindre l’Union Economique Eurasienne malgré les « avertissements » de l’Union Européenne pourraient donner quelques idées aux excités de Washington et Bruxelles. Tout ressemblance avec des faits, l’Ukraine par exemple, etc. etc.

A l’autre bout de l’Eurasie, Gazprom commencera également d’ici quelques semaines ses premières livraisons à la Chine par le pharaonique Sila Sibiriibien connu des lecteurs ainsi que des stratèges du Washingtonistan qui en font une jaunisse.

Les think tanks impériaux ne savent d’ailleurs plus quoi inventer pour décrédibiliser le gaz russe et l’empêcher de rejoindre le Rimland. Dans une « analyse » qui restera dans les annales, le fumeux Atlantic Council perd les pédales et évoque, la larme à l’œil, les « crimes environnementaux barbares » ou la colonisation du Yamal au XVIème siècle sur les Nenets pour justifier le nécessaire arrêt des importations en provenance du pays du grand méchant Poutine. Pas de problème en revanche avec le gaz US, on oubliera opportunément le génocide des Indiens d’Amérique.

On imagine la pâleur rageuse de nos petits trolls en herbe quand ils ont appris que l’île états-unienne de Puerto Rico elle-même importe… du gaz russe ! La faute à une loi de 1920, le Jones Act, qui spécifie qu’un navire transportant des marchandises au sein de l’espace maritime des Etats-Unis doit y être enregistré, être propriété américaine à 75% et compter également 75% de marins américains. Dans ces conditions, il est financièrement bien plus avantageux de se tourner vers Moscou, au grand dam du Deep State

Un autre think tank se lamente de l’indéfectible soutien du Kremlin au Venezuela de Maduro, notamment par l’entremise de Rosneft comme nous l’expliquions le mois dernier :

Les habituels contempteurs de la « perfidie moscovite » en sont une nouvelle fois pour leurs frais. On ne compte plus, ces dernières années, les articles de la presstituée occidentale ou israoudienne annonçant que, cette fois c’est sûr, Poutine est sur le point de lâcher ses alliés : au choix, Assad, l’Iran ou encore le Venezuela. En échange de xxxxx, le Kremlin va abandonner Maduro… Manque de bol pour nos petits propagandistes en herbe, la réalité ne colle jamais à leurs fantasmes infantiles.

Washington sanctionne les exportations de pétrole de Caracas ? Qu’à cela ne tienne : Rosneft est devenu le principal acquéreur d’or noir du Venezuela (40% en juillet, 66% en août) et fait office d’intermédiaire entre sa compagnie nationale (la PDVSA) et ses acheteurs internationaux, notamment indiens et chinois. Le géant russe abandonne de plus en plus le dollar, le monde continue d’acheter du pétrole vénézuélien, le gouvernement légal de Caracas continue de recevoir des dividendes ô combien précieux, les sanctions impériales sont contournées et Bolton en mord sa moustache de rage…

Bolton n’est plus là et heureusement pour lui. Qu’aurait-il dit s’il avait vu l’Inde finalement défier les sanctions US et revenir acheter du brut à Caracas ? Quant à l’ours, il musarde dans la jungle vénézuélienne, effrayant Foreign Policy qui voit avec horreur l’ennemi juré investir les Caraïbes, financièrement, économiquement et militairement : « la présence russe dans l’hémisphère occidental la plus significative depuis la Crise des missiles à Cuba ».

Pour la Russie, où les réserves pétrolières ont d’ailleurs été revues largement à la hausse, tout irait donc pour le mieux si de menus et surprenants blocages n’étaient apparus à propos du Nord Stream II. Tétanisé, le Danemark n’a toujours pas donné l’autorisation et fait celui qui n’entend pas. Nous expliquions la chose il y a un an et demi :

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manœuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ?

Depuis… rien. Révolu est le temps des Vikings qui partaient aventureusement à la conquête des mers inconnues. Paralysés, euronouillisés, les dirigeants danois restent muets, alors qu’ils permettent par ailleurs la construction d’un pipeline baltique devant rejoindre la Pologne. Devant cette évidente mauvaise volonté, Vladimir hausse légèrement le ton, assurant que le gazoduc verra bientôt le jour, avec ou sans « le petit Danemark ».

Par ailleurs, les avocats de Gazprom attaquent, auprès d’un tribunal d’arbitrage, l’inénarrable UE, retombée dans son masochisme coutumier. Nous expliquions celui-ci en 2015 :

L’approche européenne est totalement suicidaire. Les dirigeants européens se tirent une balle dans le pied. De manière amusante, Gazprom ironise maintenant sur la nécessité de lire 50 nuances de Grey avant d’engager des discussions avec les Européens ! Derrière l’humour de la déclaration, une vraie question se pose : jusqu’où ira le masochisme européen ? Le gaz russe est le moins cher, le plus proche et le plus abondant. Il faut vraiment avoir l’esprit retors (ou plus sûrement être totalement soumis à la pression venue d’outre-Atlantique) pour ne pas en profiter…

La nouvelle habitude des petits génies de Bruxelles est de changer la règle du jeu après le début de la construction des pipelines. Ils l’avaient fait avec le South Streamils récidivent maintenant :

Début 2019, la Commission européenne a étendu aux opérateurs extérieurs à l’Union européenne l’obligation de séparer leurs activités de production et de transport. Elle existe déjà sur le marché intérieur. Gazprom, qui serait contraint de devenir partenaire minoritaire du Nord Stream 2, s’estime lésé. Plutôt que la défense de la concurrence et du consommateur, le géant russe du gaz y voit une volonté de freiner Nord Stream 2. Malin, Gazprom utilise pour son offensive juridique une filiale établie en Suisse, qui a accès au mécanisme d’arbitrage prévu par la Charte de l’énergie. Un traité de mai 2015 signé par la Suisse, mais pas par la Russie.

Ainsi va l’euronouillerie, qui a tout à gagner de relations énergétiques accrues avec Moscou mais qui, en bon vassal, se doit d’écouter son maître américain en torpillant ses propres intérêts. Pas assez pour saboter le Nord Stream II mais suffisant pour le retarder un peu plus. A Bruxelles, ceci est considéré comme c’est le summum de l’intelligence politique…Tag(s) : #Gaz#Russie#Europe#Moyen-Orient#Etats-Unis#Amérique latine#Pétrole

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/10/la-guerres-des-tubes.html

à qui profitera le choc pétrolier de lundi 16 septembre ?

à qui profitera le choc pétrolier de lundi 16 septembre ?

Cui bono ? Au lendemain de la mise hors service du plus grand complexe de traitement pétrolier au monde, et de la moitié de la capacité d’exportation pétrolière de l’Arabie Séoudite, on peut se demander à qui profitera le choc pétrolier qui frappera les marchés mondiaux de matières premières demain lundi.

 En amont on peut se demander aussi à qui a profité l’attaque contre Abqaïq et Khouraïs. On peut penser a priori que cette démonstration de force devrait bénéficier à la résistance chiite nord-yéménite (Houthis), qui n’a d’ailleurs pas hésité longtemps à revendiquer cette opération si bien réussie, avec à peine dix avions téléguidés répartis sur deux objectifs distincts.

Ce ne serait pas sa première attaque contre le territoire de l’Arabie Séoudite qui a fait du Yémen (sud inclus) un champ de ruines. Cependant on voit mal l’effet direct qu’une telle attaque sans lendemain (faute de cible économique plus importante en Arabie) pourrait produire, alors que l’utilisation des mêmes moyens contre une grande ville aurait pu réveiller la population séoudite et la pousser à freiner les ardeurs guerrières de son gouvernement au Yémen.

Si c’est effectivement la résistance chiite nord-yéménite qui a lancé cette opération spectaculaire sur le plan économique mais, sauf erreur, non létale sur le plan humain, ça ne peut être qu’en désobéissance à ses conseillers persans qui, quitte à être accusés, auraient visé plus névralgique et n’auraient pas résisté à la tentation d’occire quelques Arabes. On pourrait penser aussi au fournisseur des missiles antiaériens Patriot, puisqu’un de leurs arguments tacites de vente est justement leur inefficacité pratique censée imposer leur multiplication numérique, le fabricant n’ayant toujours pas trouvé de parade technique à la tactique yéménite consistant à neutraliser les batteries antiaériennes en abîmant de petits drones jouets dans leurs radars, avant d’envoyer de simples missiles balistiques par-dessus les batteries de Patriot ainsi aveuglées.

S’il est vrai que pas un seul des dix avions téléguidés n’a été abattu (et qu’aucun missile antiaérien n’est parti), il devrait être possible d’expliquer à l’Arabie qu’elle a besoin d’encore plus de batteries antiaériennes Patriot. Dans le même ordre d’idées, un autre bénéficiaire, par contraste, de la percée sans pertes de cette escadrille sans pilotes, est évidemment le fournisseur du système antiaérien S-300, dont l’efficacité est prouvée plusieurs fois par mois, notamment autour de la base russe de Hmeimim (Lattaquié) régulièrement mais vainement attaquée par des vagues d’appareils téléguidés par les forces islamistes supplétives des Etats-Unis en Syrie, autrement mieux armées que les milices tribales du Nord-Yémen.

Le S-300 avait pu laisser croire que les vagues d’attaques aériennes téléguidées étaient désormais obsolètes, mais le succès de la petite escadrille d’hier rappelle que ce n’est vrai que pour les cibles protégées par des systèmes antiaériens russes (une piste de réflexion pour le réseau français de centrales nucléaires). 

L’attaque contre l’Arabie est aussi mise à profit, à titre de justification, par Israël qui, sans interrompre ses attaques ouvertes contre la Syrie et plus discrètes contre l’Iraq, s’est récemment lancé dans une nouvelle guerre contre le Liban, a annoncé un plan d’annexion officielle de la Cisjordanie, et dont le premier ministre a déclaré pas plus tard que vendredi 13 le caractère inévitable d’une campagne de grande envergure à Gaza.

L’assimilation rapide des Houthis à l’Iran, de l’Iran au Hezbollah (pas totalement abusive) et du Hezbollah au Hamas (et pourquoi pas du chiisme au sunnisme !) sert de justification aux agressions israéliennes en cours ou à venir. Justement, dès samedi 14, quelques heures à peine après ce raid, le site d’infoxication israélien Debka assurait que les dix avions sans pilote n’étaient pas partis du Yémen mais d’Iraq, rappelait que les Houtis yéménites sont soutenus par l’Iran et assénait que cette opération bien réussie « porte la signature… » du général iranien Qassem Soleimani. Debka rappelle aussi que cela n’est que la plus importante de toute une série d’attaques attribuées à l’Iran, depuis mai, contre des cibles pétrolières dans le Golfe.

 L’occasion peut aussi permettre aux taxocraties européennes de lever de nouvelles masses d’impôts. Il leur suffirait de prétexter le risque d’une hausse, par exemple, de 10% du prix mondial du pétrole brut, pour relever parallèlement de 10% le prix des carburants à la pompe, alors que ce prix n’étant constitué que pour un cinquième par le prix du brut (le reste étant des taxes) une hausse de 2% du prix à la pompe couvrirait la hausse de la matière première… la différence entrant évidemment dans les caisses étatiques, constituant ce que le droit appelle un « enrichissement sans cause » au moyen de l’indexation d’une taxe nationale sur un indice boursatile étranger. 

Mais toutes ces motivations antérieures ou utilisations ultérieures semblent triviales devant un événement susceptible de déclencher un cataclysme régional à répercussions mondiales. Aussi peut-on recadrer cette opération, spectaculaire mais pas unique, dans le cadre plus général des stratégies à l’oeuvre autour du Golfe Persique. 

Au-delà des conséquences directes du raid téléguidé sur Abqaïq et Khouraïs, le choc pétrolier de demain lundi profitera à l’Iran. En effet il peut espérer que les pays européens auront besoin de sa production, et même de son accroissement, en substitution de la production séoudite soudain divisée par deux, et importeront donc la production iranienne, utiliseront au maximum le système de paiement INSTEX opérationnel depuis juillet, voire ramèneront les Etats-Unis au respect de l’accord de Vienne.

Le gouvernement iranien, qui prétend ne pas avoir peur d’une confrontation militaire avec les Etats-Unis car il pense pouvoir couler leurs flottes (ou amener la Chine à le faire) et survivre à la vitrification prévue d’une quinzaine de villes, gagnera aussi une implication accrue de la Chine qui, avec cette nouvelle crise pétrolière et la perspective d’une escalade militaire occidentale, va devoir engager sa marine pour protéger le transit originaire de cette région dont le pétrole lui est vital.

 Le choc pétrolier profitera aussi évidemment à l’Arabie Séoudite. Même si son gouvernement n’était pas en train de préparer la privatisation partielle d’Aramco (dont l’importance est subitement révélée), un relèvement important des cours du pétrole accroîtra la valeur stratégique du pays pour ses clients, pays occidentaux notamment, au moment où d’une part ils peuvent être tentés par l’alternative persane, où l’Arabie vient d’annoncer ses ambitions nucléaires, et où les tensions stratégiques augmentent drastiquement.

Simultanément, la destruction, ou la neutralisation temporaire, de la moitié de sa capacité d’exportation, lui donne un magnifique prétexte pour diviser par deux son rythme d’extraction, et faire durer deux fois plus longtemps ses réserves dont le niveau résiduel est le secret le mieux gardé du pays.

 Les Etats-Unis seront, comme d’habitude, le premier bénéficiaire du choc pétrolier. Ils sont depuis quelques années le premier producteur mondial de pétrole, et ont finalement compris que leur politique d’écrasement des cours lancée en 2014 égratignait certes les rentrées fiscales du gouvernement russe, premier ou deuxième exportateur selon les années, mais n’avaient aucune chance d’abattre l’économie de la Russie.

Par ailleurs l’industrie d’extraction pétrolière étatsunienne n’est pas rentable au-dessous d’un cours du Brent de 60 dollars le baril minimum, or ce plancher allait être enfoncé dans les tous prochains mois. En effet à la chute déjà sensible du commerce international va s’ajouter la récession économique déjà officielle en Allemagne et officieuse en France, Italie et Grande-Bretagne et bien plus grave encore (bien qu’occultée) aux Etats-Unis.

Aussi le ralentissement économique mondial et la chute imminente de la demande internationale de pétrole étaient sur le point de déclencher une baisse des cours, qui allait rendre l’extraction pétrolière étatsunienne déficitaire comme l’extraction du gaz de schiste. Parallèlement, et ce fut une notion conductrice de la politique étatsunienne de déstabilisation des régions pétrolifères depuis 1971, une hausse des cours du pétrole implique une hausse de la demande de dollars dans le monde, donc d’une part un relèvement du cours du dollar par rapport aux autres monnaies (et donc de son pouvoir d’achat) et d’autre part un besoin du reste du monde à exporter aux Etats-Unis pour obtenir des dollars (garde-à-vous la Chine), ces deux facteurs concourant évidemment à la poursuite du fameux free lunch étatsunien.

Un autre facteur y contribuant également est l’étiquette de « placement le plus sûr du monde » attribuée aux obligations du gouvernement étatsunien et brandie lors de chaque instabilité stratégique mondiale, fortuite ou fomentée. En effet, sauf refus parlementaire de relever régulièrement son plafond d’endettement, le gouvernement étatsunien pourra toujours rembourser ses bons du trésor à leur échéance, dans la monnaie d’emprunt (dollar)… quelle que soit alors la parité ou valeur internationale de celle-ci, petit détail que les grands créanciers des Etats-Unis ont fini par saisir.

 Et effectivement on ne peut que constater l’empressement des Etats-Unis à dramatiser et militariser la situation. Car la situation n’est pas si dramatique. S’il est vrai que les attaques d’hier ont divisé par deux la capacité d’exportation séoudite, elles n’ont entamé que de 5% la production journalière mondiale, ce qui devrait logiquement être facilement compensable par les autres pays exportateurs, notamment les membres de l’OPEP qui s’auto-limitent actuellement en produisant au-dessous de leurs capacités afin de maintenir les cours.

Aussi, et en dépit d’un surenchérissement arithmétique provisoire de 5% (pas catastrophique) jusqu’à la baisse imminente de la demande mondiale (ou à la redistribution des quotas de production), le pétrole ne devrait pas manquer.

Or le gouvernement étatsunien a, dès hier, grandiloquemment annoncé son intention de mettre ses propres réserves stratégiques à la disposition du sauvetage du monde. Il a aussi alerté en urgence l’Agence Internationale de l’Energie, et multiplié les contacts bilatéraux pour appeler à la solidarité face à cette grave crise.

On attend des annonces ou des actions importantes dès lundi, lorsque la réaction des marchés de spéculation sur les matières premières révèlera l’impact psycho-économique de cette dramatisation, et justifiera donc des prises de décision. D’ores et déjà la « solution militaire » est, comme pour tout problème étudié par le gouvernement étatsunien, une option privilégiée. La cible est déjà désignée, puisque dès hier samedi le gouvernement étatsunien a formellement accusé l’Iran de l’attaque contre l’Arabie, avec suffisamment de véhémence pour que l’Iran se sente obligé de nier, et alors que l’Arabie elle-même n’a accusé aucun Etat souverain de cette attaque.

Aujourd’hui les consultations bilatérales téléphoniques se poursuivent, et le moins que l’on puisse attendre est un déploiement militaire de flottes occidentales, comme si les tribus nord-yéménites du sud de la péninsule arabique étaient suspectées de vouloir achever l’Arabie Séoudite en faisant faire un grand détour à une autre dizaine de drones par-dessus le Golfe Persique.

En soi et même sans affrontements, l’agitation stratégico-militaire autour de la région d’où vient de l’ordre du quart du pétrole mondial contribuera à une fièvre pétrolière disproportionnée à l’abattement temporaire d’un vingtième des exportations mondiales. 

Mais, au-delà des considérations économiques, l’escalade générale des tensions facilite la prise de décision, lorsque le moment s’en imposera, de la fin de l’avant-guerre mondiale, comme on le montre dans le Onzième Coup de Minuit

(www.lulu.com/content/livre-à-couverture-souple/le-onzième-coup/24888474).Publié il y a 15th September par

 Stratediplohttp://stratediplo.blogspot.com/2019/09/a-qui-profitera-le-choc-petrolier-de.html

Déclaration turque au sujet des hydrocarbures au large de Chypre

Déclaration turque au sujet des hydrocarbures au large de Chypre

RÉSEAU VOLTAIRE | ANKARA (TURQUIE) | 20 SEPTEMBRE 2019 

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Les informations faisant état de la signature par l’administration chypriote grecque d’accords avec la société française Total et la société italienne ENI aux fins de l’exploration en mer des hydrocarbures du prétendu « secteur d’exploration no 7 » de la zone économique exclusive, que ladite administration a délimité unilatéralement au mépris des droits légitimes des Chypriotes turcs sur l’ensemble de l’île, montrent que l’administration chypriote grecque ne comprend pas notre détermination, malgré toutes nos mises en garde.

Comme nous l’avons souligné à maintes reprises et fait savoir à la communauté internationale, une section du prétendu « secteur d’exploration no 7 » fait partie du plateau continental turc, dont les limites ont été enregistrées auprès de l’Organisation des Nations Unies.

Comme cela a été le cas jusqu’à présent, la Turquie ne permettra en aucun cas à un pays, à une société ou à un navire étrangers de mener sans autorisation des activités d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans les espaces maritimes relevant de sa juridiction et continuera de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger ses droits et ses intérêts.

Nous réaffirmons avec insistance que les actes unilatéraux de l’administration chypriote grecque, qui visent à usurper les droits des Chypriotes turcs, ne contribuent nullement à la paix et à la stabilité en Méditerranée orientale. La proposition formulée par les Chypriotes turcs en faveur d’une répartition équitable des ressources naturelles de l’île demeure d’actualité. Malheureusement, la récente signature des accords susmentionnés montre que l’administration chypriote grecque persiste dans son comportement irresponsable en refusant de tenir compte des droits égaux et inaliénables des Chypriotes turcs sur les ressources naturelles de l’île et de ses environs.

Une fois de plus, nous recommandons aux sociétés intéressées de s’abstenir de mener toute activité liée aux hydrocarbures sur le plateau continental turc et de considérer les licences délivrées par l’administration chypriote grecque comme nulles et non avenues.

https://www.voltairenet.org/article207780.html

Le Trésor américain met en garde : quiconque ravitaille un pétrolier iranien s’expose à des sanctions

GÉOPOLITIQUE6.octobre.2019 // Les Crises

Le Trésor américain met en garde : quiconque ravitaille un pétrolier iranien s’expose à des sanctions

IranUSAMerci43Je TweetJe commenteJ’envoie

Source : Reuters, Timothy Gardner,

WASHINGTON (Reuters) – Le département du Trésor américain a averti jeudi que quiconque de par le monde contribuerait au ravitaillement des navires iraniens inscrits sur la liste noire de Washington s’exposerait à son tour à se voir inscrit sur cette liste.

Le 30 août, le Département du Trésor a blacklisté l’Adrian Darya, pétrolier qui est au centre d’une confrontation entre Washington et Téhéran.

Washington a averti qu’il considérerait toute aide apportée au navire comme un soutien à un groupe terroriste, à savoir le Corps des gardiens de la révolution islamique de l’Iran. Le département d’État américain a également déclaré que toute livraison de pétrole à la Syrie à partir du pétrolier « alimente le terrorisme » du président Bachar al-Assad.

En juillet, le navire, anciennement le Grace 1, a été immobilisé au large de Gibraltar par la Grande-Bretagne en raison de soupçons britanniques selon lesquels il transportait du pétrole iranien vers la Syrie, en violation des sanctions de l’Union européenne.

La foire aux questions (FAQ) sur les sanctions à l’encontre de l’Iran sur le site Web de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor a été mise à jour [L’Office of Foreign Assets Control est un organisme de contrôle financier, dépendant du Département du Trésor des États-Unis, NdT], indiquant que désormais « les non-américains se livrant au ravitaillement d’un navire iranien identifié comme tel et dont les avoirs sont gelés … et contribuant au règlement des sommes correspondant à ces prestations – s’exposent à se trouver à leur tour inscrits sur la liste noire ».

Cette décision souligne comment l’administration Trump applique des sanctions dites secondaires, ou sanctions à l’encontre des organismes de pays tiers, dans le cas du pétrolier iranien et de tout autre navire iranien figurant sur sa liste noire.

L’Adrian Darya a été restitué à la mi-août après que l’Iran eut informé la Grande-Bretagne que sa cargaison n’était pas destinée à la Syrie. Mais le navire sillonne la Méditerranée depuis lors et semble avoir cette semaine éteint son transpondeur [appareil qui permet de le localiser en temps réel, NdT].

L’année dernière, l’administration Trump s’est désengagée de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015, qui visait à interdire à l’Iran la voie vers une bombe atomique, et a renforcé les sanctions pour faire pression sur Téhéran et l’isoler. L’Iran nie avoir jamais cherché à fabriquer ou à acquérir une arme nucléaire.

L’OFAC a déclaré que l’aide au ravitaillement en carburant d’un navire iranien transportant des produits agricoles, des denrées alimentaires ou des médicaments vers l’Iran n’exposait pas aux sanctions, sauf si les transactions impliquent des personnes déjà inscrites par Washington sur sa liste noire.

Reportage de Timothy Gardner ; corrections par Richard Chang

Source : Reuters, Timothy Gardner, 05-09-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici

[Lire plus]

https://www.les-crises.fr/le-tresor-americain-met-en-garde-quiconque-ravitaille-un-petrolier-iranien-sexpose-a-des-sanctions/

Attaques contre les sites pétroliers saoudiens : Séoul réfléchit à l’utilisation de ses réserves stratégiques


Attaques contre les sites pétroliers saoudiens : Séoul réfléchit à l’utilisation de ses réserves stratégiques

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 17/09/2019 13:53

La Corée du Sud va réfléchir au déblocage de ses réserves stratégiques de pétrole si les perturbations touchant l’approvisionnement se poursuivent suite aux récentes attaques de drones sur des sites pétroliers dans l’est de l’Arabie saoudite, a déclaré mardi le vice-ministre sud-coréen de l’Economie et des Finances, Kim Yong-beom.

Il a indiqué lors d’une réunion avec des responsables concernés que le gouvernement prendrait rapidement des mesures pour stabiliser l’approvisionnement en pétrole en recourant aux réserves stratégiques de pétrole et à des stocks appartenant au gouvernement et au secteur privé si la situation venait à se détériorer.

M. Kim a ajouté que son pays avait besoin de se préparer à une éventuelle prolongation des perturbations, promettant de s’assurer des sources d’importation alternatives en consultation avec les raffineries nationales si nécessaire.

Il s’est exprimé après que des drones ont frappé samedi dernier deux sites de production du géant pétrolier saoudien Aramco. Les rebelles houthis au Yémen ont revendiqué la responsabilité de ces attaques.

Selon des médias, ces attaques ont affecté environ la moitié de la production pétrolière saoudienne. L’Arabie saoudite est le premier fournisseur de pétrole de la Corée du Sud, représentant en 2018 près de 30% des importations de cette dernière.

Le vice-ministre a cependant fait savoir que la situation saoudienne aurait un impact limité sur l’économie sud-coréenne pour l’heure car il ne devrait pas y avoir de fortes perturbations de l’approvisionnement en pétrole à court terme.

Il a ajouté que le brut saoudien était importé dans le cadre de contrats à long terme et qu’aucune grande perturbation n’avait encore été repérée dans les raffineries sud-coréennes.

https://chine.in/actualite/asie/attaques-contre-les-sites-petroliers-saoudiens_20093.html

Les représailles asymétriques du Yemen

Les représailles asymétriques du Yemen …


… Une attaque massive de drones, bien ciblée, cause des dégâts considérables au complexe pétrolier le plus important d’Arabie Saoudite


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 16 septembre 2019

L’attaque de samedi contre le complexe de traitement de pétrole et de gaz saoudien à Abqaiq a touché ses capacité de stabilisation du brut :

Le processus de stabilisation est une forme de distillation partielle qui adoucit le pétrole brut acide, en éliminant le sulfure d'hydrogène, et réduit la pression des vapeurs, rendant ainsi le pétrole brut sans danger pour l'expédition dans les pétroliers. Les stabilisants optimisent la production d'hydrocarbures liquides de valeur tout en rendant ceux-ci sûrs pour le stockage et le transport, en réduisant les émissions atmosphériques d'hydrocarbures volatils. En résumé, les équipements de stabilisation sont utilisés pour réduire la volatilité du pétrole brut et du condensat stockés.

Peu de temps après l’attaque, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est passé en mode blâmer l’Iran :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 21h59 UTC · 14 septembre 2019
 
Téhéran est à l'origine de près de cent attaques contre l'Arabie saoudite, tandis que Rouhani et Zarif prétendent s'engager dans la diplomatie. Au milieu de tous les appels à la désescalade, l’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial. Il n'y a aucune preuve que les attaques sont venues du Yémen.
 
Nous appelons toutes les nations à condamner publiquement et sans équivoque les attaques de l'Iran. Les États-Unis collaboreront avec leurs partenaires et alliés pour faire en sorte que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran soit tenu pour responsable de son agression.

Le complexe d’Abqaiq est au cœur de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Il traite plus de la moitié de sa production pétrolière.

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Le gouvernement américain a publié deux images détaillées du résultat de l’attaque.

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Les images montrent environ 17 points d’impact. Une voiture visible dans la seconde image, plus détaillée, permet de constater la taille gigantesque de l’endroit. Les cibles ont été soigneusement sélectionnées. Au moins 11 d’entre elles étaient des réservoirs ovoïdes d’un diamètre d’environ 30 mètres. Ce sont probablement des réservoirs de gaz sous pression – liquide – qui reçoivent les vapeurs de condensat provenant du processus de stabilisation. Ils ont tous maintenant des trous assez nets dans leur coquille supérieure.

La tuyauterie qui va et vient des réservoirs en forme d’œuf montre que ceux-ci ont été configurés en groupes à double redondance. Deux réservoirs l’un à côté de l’autre partagent un système de tuyauterie. Deux de ces réservoirs jumeaux sont adjacents avec des tuyaux allant au système de traitement. Il existe au total trois groupes de ce type. Les dommages causés à un réservoir ou à un groupe n’arrêteraient pas le processus de production. Les produits seraient acheminés vers un autre réservoir ou groupe similaire. Mais avec tous les réservoirs de ce type particulier inutilisables, la chaîne de production est maintenant interrompue.

Deux zones de traitement ont été touchées et présentent des dégâts d’incendie. L’équipement de contrôle des deux a été probablement complètement détruit :

Rapidan Energy Group, société de conseil, a déclaré que les images de l'installation d'Abqaiq après l'attaque montraient qu'environ cinq tours de stabilisation semblaient avoir été détruites et qu'il faudrait des mois pour les reconstruire, ce qui pourrait réduire la production pendant une période prolongée.
 
«Cependant, Aramco conserve une certaine redondance dans le système pour maintenir la production pendant la maintenance», a ajouté Rapidan, signifiant que les opérations pourraient revenir plus tôt au niveau précédant l'attaque.

Le ciblage de cette attaque a été réalisé avec une connaissance détaillée du processus et de ses dépendances.

La flèche indiquant le nord, en haut à droite de ces images, pointe vers la gauche. Les ombres visibles confirment la direction. Les trous dans les réservoirs sont du côté ouest. Ils ont été attaqués de l’ouest.

Les frappes étaient extrêmement précises. Les forces armées yéménites ont affirmé avoir attaqué l’installation avec dix drones ou missiles de croisière. Mais les résultats sur ces cibles ne ressemblent à rien de tel. Un total de 17 résultats avec un ciblage aussi précis laisse supposer qu’il s’agissait d’une sorte de drone ou de missile avec un contrôle humain dans le processus. Ils peuvent avoir été lancés à partir de l’Arabie saoudite.

Il n’y a pas encore d’information sur les dégâts causés à Khurais, la deuxième cible des attaques.

Les États-Unis et Israël peuvent réaliser de telles attaques. L’Iran probablement aussi. Le Yémen semble peu susceptible de disposer de cette capacité sans s’appuyer sur un soutien important ailleurs. La planification de cette opération a dû prendre des mois.

Un producteur de la BBC au Moyen-Orient a déclaré :

Riam Dalati @Dalatrm - 22h44 UTC · 15 sept. 2019
 
17 points d'impact. Aucun drone ou missile n'a été détecté / intercepté. Les Saoudiens et les Américains ne savent toujours pas d'où l'attaque a été lancée. #KSA a sérieusement besoin de se fournir ailleurs et de remplacer le Patriot ou de le renforcer avec un réseau de canons AA à commande radar tels que le Oerlikon.
 
Une source familière avec la situation de #Aramco nous a dit dans la journée qu’il s’agissait d’une «attaque en essaim», d’un mélange de plus de 20 drones et missiles, dont au moins la moitié étaient des drones suicides. #USA & #KSA, a-t-il dit, sont "certains" que l'attaque a été lancée depuis #Iraq mais "une preuve indiscutable est toujours manquante"
 
Ils sont également "à peu près certains" que #IRGC [Gardiens de la révolution en Iran] était derrière l'opération car, même si les missiles utilisés étaient identiques à ceux des #Houthis, une inspection des débris trouvés dans le désert a révélé "deux nouvelles mises à jour" et un "savoir-faire nettement meilleur"

Le Wall Street Journal commente les dégâts :

Les frappes ont détruit 5,7 millions de barils de production quotidienne, et les responsables ont déclaré croire toujours pouvoir la compenser dans les prochains jours. Cela nécessiterait de puiser dans les stocks et d'utiliser d'autres installations pour traiter le pétrole brut. L’une des principales cibles de l’attaque était une grande usine de traitement du brut à Abqaiq. ...
 
"C’est certainement pire que ce à quoi nous nous attendions dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, mais nous veillons à ce que le marché ne connaisse aucune pénurie jusqu’à ce que notre système soit de nouveau en ligne", a déclaré un responsable saoudien. ...

Même si les autorités saoudiennes réussissent à rétablir la totalité ou la quasi-totalité de la production perdue, l'attaque témoigne d'une nouvelle vulnérabilité des lignes d'approvisionnement dans le Golfe, une région riche en pétrole.
 
Les pétroliers doivent payer des primes d’assurance nettement plus élevées, tandis que les coûts de transport ont grimpé en flèche dans la région après une série d’attaques maritimes contre des navires chargés de pétrole, que les États-Unis ont imputées à l’Iran. ...
 
Khurais produit environ 1,5 million de barils par jour et Abqaiq, la plus grande installation de stabilisation du brut au monde, traite sept millions de barils de pétrole saoudien par jour, transformant le brut en produits spécifiques plus légers, tels que l'Arabian Extra Light.

Les réparations à Abqaiq prendront probablement des semaines, pas des jours. Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 19,5% à 71,95 dollars le baril, soit la plus forte hausse depuis le 14 janvier 1991 :

Aramco n'a donné aucun calendrier pour la reprise de la production. Une source proche du dossier a confié à Reuters que le retour à la pleine capacité pétrolière pourrait prendre "des semaines, pas des jours".
 
Riyad a indiqué qu'il compenserait les dommages subis par ses installations en puisant dans ses stocks, qui s'élevaient à 188 millions de barils en juin, selon les données officielles.

Le président américain Donald Trump était beaucoup plus prudent dans l’attribution de la responsabilité de la frappe que son secrétaire d’État.

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 00h50 UTC · 16 sept. 2019
 
L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes l'arme au pied en attendant les vérifications, le Royaume nous dira qui, selon lui, est la cause de cette attaque et dans quelles conditions nous allons agir !

Toute attaque directe de l’Iran aurait pour conséquence que des essaims de missiles frapperaient des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les usines de dessalement d’eau saoudiennes, les raffineries et les ports seraient également visés.

Il est peu probable que Trump ou les Saoudiens soient prêts à risquer une telle réponse.

L’attaque sur Abqaiq n’était pas la dernière et toutes les installations saoudiennes sont extrêmement vulnérables :

Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré que les installations pétrolières en Arabie Saoudite restaient parmi leurs cibles après que les attaques contre deux sites majeurs aient réduit de moitié la production du royaume et provoqué une flambée des prix du brut.

Le groupe rebelle soutenu par l’Iran, cité par la chaîne de télévision Houthi, a déclaré que ses armes pouvaient atteindre n’importe quelle cible en Arabie saoudite. Les attaques de samedi ont été menées par des "avions" utilisant de nouveaux moteurs, a précisé le groupe, faisant probablement référence aux drones.

Middle East Eye, un média financé par le Qatar, a annoncé hier que l’attaque avait été lancée depuis l’Irak par les forces alignées avec l’Iran pour se venger des attaques israéliennes en Syrie. L’auteur, David Hearst, est connu pour ses reportages diffamatoires. Le rapport est basé sur une source de renseignement irakienne anonyme et unique. Le Qatar, en dispute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour son soutien aux Frères musulmans, aimerait voir un conflit plus important opposer ses rivaux à l’est et à l’ouest du golfe Persique. Le rapport devrait donc être ignoré.

L’Arabie saoudite ne dispose d’aucun moyen de défense contre ce type d’attaque. Les États-Unis ne disposent d’aucun système pouvant être utilisé à cette fin. La Russie est le seul pays à pouvoir fournir le matériel nécessaire. Il serait extrêmement coûteux, et toujours insuffisant, de protéger toutes les installations vitales des Saoudiens contre des attaques d’essaims similaires.

Des attaques de ce type ne prendront fin que lorsque l’Arabie saoudite conclura la paix avec le Yémen et lorsque les États-Unis mettront un terme à leurs sanctions concernant les exportations de pétrole iranien. Il est grand temps que les faucons comme Pompeo le reconnaissent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-represailles-asymetriques-du-yemen

La guerre en Iran est-elle imminente ? Trump répond que les États-Unis sont « verrouillés et chargés » pour répondre à l’attaque sur les installations saoudiennes (Zerohedge)

La guerre en Iran est-elle imminente ? Trump répond que les États-Unis sont « verrouillés et chargés » pour répondre à l’attaque sur les installations saoudiennes (Zerohedge)

511111 Rating 5.00 (6 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 16 septembre 2019  Mis à jour : 16 septembre 2019  Création : 16 septembre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 101fShare

Les graines semées par Bolton sont en train de germer…

Iran 16 09 2019

Par Tyler Durden

Juste au moment où le prix du pétrole s’effondrait après sa flambée record, il a de nouveau grimpé en flèche, après un tweet du président Trump qui a rendu la guerre avec l’Iran pratiquement inévitable.

Juste avant 19h, Trump a tweeté que  » l’approvisionnement en pétrole de l’Arabie Saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, que nous sommes verrouillés et chargés en fonction de la vérification, mais que nous attendons des nouvelles du Royaume quant à la cause de cette attaque et aux conditions dans lesquelles nous allons procéder ! »

Donald J. Trump@realDonaldTrump

Saudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!76,7 k00:50 – 16 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité50,2 k personnes parlent à ce sujet

Au-delà de l’aveu implicite que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient est désormais inexplicablement menée par l’Arabie saoudite, ce qui est beaucoup plus troublant, c’est la déclaration de Trump selon laquelle l’armée américaine est « verrouillée et chargée », et s’apprête à attaquer le pays qui a été à l’origine de l’attaque des installations saoudiennes, qui selon Mike Pompeo ne serait ni le Yémen ni ses rebelles Houthi mais plutôt l’Iran.

Maintenant, comme Javier Blas de Bloomberg le note correctement, le tweet de Trump a laissé le prince héritier saoudien MbS boxé : « s’il ne désigne pas #Iran, il risque de décevoir Trump, mais si il le fait, il pourrait commencer une guerre totale avec Tehran de fin inconnue« . Inutile de dire qu’il est clair quelle option l’Arabie saoudite – qui est en guerre avec l’Iran depuis des années – lchoisira.

Javier Blas@JavierBlas

“Locked and loaded”

And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

Et au cas où il n’est pas clair de quelle manière l’Arabie saoudite ordonnera aux États-Unis de « procéder », en mai dernier, The Arab News – un journal qui a longtemps été présidé par divers fils du roi Salman jusqu’en 2014, et est considéré comme reflétant la position officielle – a publié jeudi un éditorial en anglais, faisant valoir qu’après des incidents cette semaine contre des objectifs énergétiques saoudiens, la prochaine étape logique « devrait être des frappes chirurgicales ». On peut être sûr que cette fois-ci, elle sera encore plus vocale.

Entre-temps, on peut se demander à quel point le récit officiel de l’Iran à l’origine de ces attentats est crédible. Voici quelques réflexions :

Javier Blas@JavierBlas

“Locked and loaded”

And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

L’ironie de la situation, c’est que la semaine dernière, l’Iran semblait soudainement sur le point de reprendre les pourparlers avec les États-Unis après que Trump eut licencié sans cérémonie John Bolton, qui militait depuis des années pour une attaque contre l’Iran. Et pourtant, Bolton parti, son résultat le plus désiré a été atteint avec l’armée américaine maintenant « verrouillée et chargée » d’attaquer l’Iran… On se demande presque où était Bolton quand « l’Iran » lançait des drones en Arabie Saoudite.

D’ailleurs, tous ceux qui espèrent que les prix du pétrole chuteront une fois que les États-Unis envahiront l’Iran seront très déçus.

Javier Blas✔@JavierBlas



And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump✔@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

Pour l’instant, le marché est clairement conscient de ce qu’un tel résultat signifierait pour les prix du pétrole, et même le tweet suivant de Trump « PLENTY OF OIL !

Source : Zerohedge

https://www.crashdebug.fr/international/16534-la-guerre-en-iran-est-elle-imminente-trump-repond-que-les-etats-unis-sont-verrouilles-et-charges-pour-repondre-a-l-attaque-sur-les-installations-saoudiennes-zerohedge

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

1 min de lecture

La Bourse de Paris perdait 0,72% lundi matin, après que des attaques sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite qui ont fait grimper les prix du pétrole.AFP16/09/2019MarchésBourseParis

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

A 09H32, l’indice CAC 40 refluait de 40,81 points à 5.614,65 points. Vendredi, l’indice avait fini en hausse de 0,22% à 5.655,46 points.

Les marchés actions avaient été portés en fin de semaine dernière par des signes de bonne volonté dans le dossier commercial sino-américain et par la relance des rachats de dette publique et privée de la Banque centrale européenne.

Mais une frappe de drones samedi contre deux importantes installations pétrolières saoudiennes est venue inverser la tendance à l’ouverture des marchés, après avoir fait grimper les cours du pétrole et provoqué un regain de tension entre Washington et Téhéran.

« Si les risques d’approvisionnement son minimes, compte tenu des hauts niveaux de stocks commerciaux mondiaux et des réserves stratégiques, la montée des risques de réplique à l’égard de l’Iran créé un climat d’incertitude à même d’entretenir une extrême volatilité des cours », estime Véronique Riches-Flores, économiste indépendante, présidente du cabinet d’analyse RichesFlores Research.

Par ailleurs « la nervosité sera aussi de mise à deux jours de la réunion de la Fed où Jerome Powell devrait annoncer, à contrecoeur, une nouvelle baisse des taux directeurs américains », estiment les experts de MSG.

Face aux incertitudes commerciales et au ralentissement économique mondial, la Banque centrale américaine (Fed) devrait à nouveau baisser les taux d’intérêt mercredi après que la Banque centrale européenne a annoncé une série de mesures de relance malgré des dissensions au sein des membres de son directoire.

Côté statistiques, la production industrielle chinoise a fortement ralenti en août, son taux de croissance tombant à 4,4% sur un an, soit sa plus faible progression en 17 ans, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Le ministère français de l’Economie et des Finances a abaissé vendredi sa prévision de croissance économique à 1,3% en 2020, contre 1,4% initialement prévu, ainsi que ses ambitions de réduction du déficit public et de la dette.

Poids lourd de la cote, Total grimpait de 2,43% à 47,78 euros, TechnipFMC gagnait 4,62% à 23,78 euros, Maurel & Prom progressait de 5,28% à 3,09 euros et CGG de 3,58% à 2,29 euros, dans un marché en recul de 0,73%.

Dans le transport aérien, Air France-KLM perdait 3,97% à 9,10 euros et Airbus 3,30% à 121,36 euros.

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