Archives pour la catégorie Pétrole

Brouillard d’Ormuz

Brouillard d’Ormuz

Publié le 14 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-OrientEtats-Unis

Et c’est reparti ! La guéguerre irano-américaine retrouve des couleurs. Si, en Syrie, les falses flags chimiques avaient la furieuse habitude de se dérouler début avril, leurs supposés collègues du Golfe persique ont une légère préférence pour le milieu de chaque mois. Le 12 mai, on s’en rappelle, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, sont abîmés non loin du détroit d’Ormuz.

Ne donnant pas sa part au chien, juin y va de son petit incident. Deux tankers, dont un japonais (au moment même où le Premier ministre du Pays du soleil levant fait une visite en Iran !) sont endommagés à la sortie du détroit :

Autre coïncidence troublante : l’attaque a lieu alors que le Follamour moustachu de Washington et iranophobe primaire, Bolton pour ne pas le nommer, est sur la sellette. Pas plus tard que la semaine dernière, le Donald a proposé à Téhéran d’ouvrir, sans précondition aucune, des discussions. On imagine aisément que ces éventuels pourparlers sont maintenant sur le fil du rasoir…

Cela ressemble donc à s’y méprendre à un nouveau false flag impérial, ou du moins d’une de ses composantes : torpiller tout début de détente entre Téhéran et Washington, faire plaisir aux Etats clients (les infatigables Israoudiens) voire remettre en selle Bolton.

D’autant plus que les accusations du CentCom, qui a publié une vidéo montrant les Iraniens tentant de retirer une mine non explosée pour  »cacher les preuves de leur crime », sont battues en brèche par les déclarations de l’armateur japonais. Ce seraient des torpilles ou des missiles qui auraient endommagé les bateaux, non des mines comme le prétendent les Américains.

Ainsi, tout semble concorder : nous sommes en présence d’une énième et piteuse mascarade US. Sauf que…

Quelques observateurs avisés de la scène moyen-orientale, peu suspects d’impérialophilie au demeurant, semblent accréditer la thèse d’actions iraniennes en réponse à l’agression économique et diplomatique américaine depuis des mois.

Pour Elijah Magnier ou Moon of Alabama, l’Iran, touché de plein fouet par les sanctions, met tout simplement ses menaces en pratique : Si nous ne pouvons pas exporter notre pétrole par le détroit d’Ormuz, personne ne le fera. Sachant que 20% de l’or noir mondial et 33% du GNL passent par cette zone ô combien stratégique, c’est le meilleur moyen de défense de Téhéran.

Toujours selon cette thèse, il se pourrait même qu’il y ait un lien entre les sanctions sur l’industrie pétrochimique iranienne, décrétées par Washington il y a quelques jours, et l’identité des navires visés : ceux-ci ne transportaient pas exactement du pétrole mais, vous l’avez deviné, des produits dérivés… pétrochimiques.

False flag ou message subliminal de Téhéran à destination de l’empire ? Nous en saurons peut-être plus ces prochains jours.

En attendant, le président Rouhani était à Bichkek, au Kirghizstan, pour le somment de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Dans un discours remarqué, il y a descendu en flamme l’unilatéralisme US, pour le plus grand plaisir de Pékin. Il a également offert des privilèges et facilités économiques aux Etats membres de l’OCS qui investiraient en Iran. C’est précisément à cela que sert la grande organisation eurasienne, au grand dam de qui vous savez…

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Réussir là où Kadhafi a échoué : un expert soutient que le yuan peut mettre fin au pétrodollar

Réussir là où Kadhafi a échoué : un expert soutient que le yuan peut mettre fin au pétrodollar

Publié par Gilles Munier sur 6 Avril 2018, 07:19am

Catégories : #Chine#Etats-Unis

 

Revue de presse : RT France (31/3/18)*

Alors que la Chine pourrait commencer à acheter du pétrole en yuan dès 2018, un expert interrogé par RT juge que Pékin a toutes les cartes en main pour réussir à briser le monopole du pétrodollar, ce qu’avait tenté en vain Mouammar Kadhafi.

«L’idée d’acheter du pétrole avec d’autres monnaies que le dollar n’est pas nouvelle» : Alexandre Egorov, stratégiste chez Teletrade, a fait part à RT de son analyse sur un changement économique majeur en gestation, à savoir l’émergence du pétroyuan.

Le stratégiste souligne que cette idée de se passer du dollar pour régler ses factures énergétiques a toujours été combattue avec force par les Etats-Unis. «Un exemple est Mouammar Kadhafi, qui a proposé d’émettre le dinar-or, une monnaie régionale basée sur le métal précieux et qui avait vocation à être utilisée pour acheter du pétrole»,rappelle-t-il ainsi.

Mais la tentative chinoise de se passer du pétrodollar pourrait bien a contrario être couronnée de succès, Pékin disposant de nombreux atouts de plus que l’ancien dirigeant libyen. «Avec le rôle chinois dans l’économie mondiale et l’intérêt croissant pour le yuan, la Chine est protégée par un « bouclier nucléaire »», analyse Alexandre Egorov, qui estime que Pékin peut se permettre d’essayer de briser le monopole du pétrodollar, et que cela donnerait «encore plus de poids au yuan».

«De plus, la Chine est le plus grand consommateur de pétrole au monde et, par conséquent, tous les producteurs mondiaux de matières premières devront compter avec la stratégie des autorités chinoises»,fait-il encore valoir. Alexandre Egorov juge en outre le timing du lancement du pétroyuan comme étant parfait, des exportateurs clés de pétrole tels que l’Iran, le Venezuela ou encore la Russie subissant actuellement la pression des sanctions américaines.

Le stratégiste reconnaît cependant qu’il faudra beaucoup de temps avant que le pétroyuan ne devienne une véritable menace pour le pétrodollar, et que pour cela, il sera nécessaire de recueillir le soutien des plus gros producteurs comme la Russie, mais aussi l’Arabie saoudite.

Selon plusieurs sources citées par Reuters le 30 mars, la Chine pourrait lancer un programme pilote visant à payer son pétrole en yuan dès la seconde moitié de 2018. Une action qui s’inscrit dans une véritable dynamique de fond : dès 2012, l’Iran a commencé à accepter de vendre son gaz et son pétrole en yuan, suivi par la Russie en 2015. En réponse aux sanctions financières décrétées par Washington contre Caracas, le Venezuela a fait de même le 15 septembre dernier.

Source : RT France

 

Qui en profite ? … Mise à jour

Qui en profite ? … Mise à jour


… Les attaques d’aujourd’hui contre des pétroliers dans le golfe d’Oman ne sont pas dans l’intérêt de l’Iran


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 13 juin 2019

Quelques tweets publiés par le guide suprême iranien à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre Abe, donnent à penser que l’Iran pourrait être amené à commettre un acte similaire à l’attaque perpétrée aujourd’hui. Mise à jour de l’article : Qui en profite ?…

« Mais qui coule les pétroliers dans le Golfe et pourquoi ? » L’édito de Charles SANNAT

Khamenei.ir @khamenei_ir - 9h36 UTC - 13 juin 2019

Nous ne croyons pas du tout que les États-Unis recherchent de véritables négociations avec l’Iran; parce que de véritables négociations ne viendraient jamais d'une personne comme Trump. L’authenticité est très rare chez les fonctionnaires américains.

.@ AbeShinzo Le président américain vous a rencontré et a discuté avec vous il y a quelques jours, y compris à propos de l'Iran. Après son retour du Japon, il a immédiatement imposé des sanctions à l’industrie pétrochimique iranienne. Est-ce un message d'honnêteté ? Cela montre-t-il qu'il est prêt à mener de véritables négociations ?

Après l'accord sur le nucléaire, Obama fut le premier à violer immédiatement le JCPOA; la personne même qui avait demandé des négociations avec l'Iran et avait envoyé un médiateur. C’est notre expérience, et M. Abe, sachez que nous ne répéterons pas la même expérience.

Le mot clé ici est « pétrochimique ». Les pétroliers touchés aujourd’hui étaient chargés de naphte des Émirats arabes unis et de méthanol d’Arabie saoudite. Les deux sont des produits pétrochimiques et pas simplement du pétrole brut. Vendredi dernier, le 7 juin, les États-Unis ont sanctionné tous les échanges commerciaux avec le plus grand producteur pétrochimique d’Iran. Cette sanction nuira gravement à l’Iran.

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Lorsque l’administration Trump a commencé à sanctionner les exportations de pétrole de l’Iran l’année dernière, l’Iran a annoncé de nouvelles règles du jeu. Il a déclaré qu’il réagirait contre d’autres producteurs du golfe Persique si l’Iran était incapable d’exporter ses marchandises :

L’Iran a menacé de bloquer le détroit d’Hormuz, une artère vitale pour les expéditions de pétrole du Moyen-Orient. L’avertissement vient en réponse aux États-Unis, qui tentent de couper les exportations de brut iranien. ...

Ali Akbar Velayati, haut conseiller du président iranien pour les affaires internationales, a déclaré que son pays allait exercer des représailles.

"La réponse la plus transparente, complète et rapide a été donnée par M. [Hassan] Rouhani, le président iranien, lors de son dernier voyage en Europe. La réponse a été claire: si l'Iran ne peut pas exporter de pétrole par le golfe Persique, personne ne le fera", a déclaré Velayati devant le club de discussion Valdai en Russie. "Soit tout le monde exportera, soit personne," a-t-il ajouté.

Nous pouvons maintenant appliquer le mot clé utilisé aujourd’hui par Khamenei à ces phrases : « Si l’Iran ne peut exporter des produits pétrochimiques par le biais du golfe Persique, personne ne le fera. » et « Soit tout le monde va exporter, soit personne. »

Le fait que l’Iran ait ce motif ne signifie, ni ne prouve, qu’il est responsable de l’attaque d’aujourd’hui. Risquer de couler deux pétroliers étrangers dans les eaux internationales n’est pas ce qu’un Iran, autrement prudent, ferait habituellement. Quelqu’un d’autre aurait pu l’initier pour le blâmer.

Mais – peu importe si l’Iran était impliqué – ce que Khamenei a dit est un message très grave que Abe, envoyé par Trump en Iran, comprendra et communiquera à la Maison-Blanche.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

www.pdf24.org   Envoyer l’article en PDF     

DUBAI / WASHINGTON (Reuters) – Les Etats-Unis ont accusé jeudi l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers dans le golfe d’Oman jeudi

JUNE 13, 2019 / 9:09 AM / UPDATED 17 MINUTES AGO

U.S. blames Iran for tanker attacks in Gulf of Oman, Iran rejects assertion

DUBAI / WASHINGTON (Reuters) – Les Etats-Unis ont accusé jeudi l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers dans le golfe d’Oman jeudi, ce qui a entraîné une hausse du prix du pétrole LCOc1 et suscité des inquiétudes quant à un nouvel affrontement américano-iranien, mais Téhéran a catégoriquement démenti ces accusations.

On ne savait pas tout de suite ce qui était arrivé à la société norvégienne Front Altair ou à la société japonaise Kokuka Courageous, qui avaient tous deux subi des explosions, obligeant les équipages à abandonner le navire et laissant les navires à la dérive dans les eaux séparant les États du Golfe et l’Iran.

Une source a déclaré que l’explosion sur le Front Altair, qui a pris feu et a envoyé un énorme panache de fumée dans l’air, pourrait avoir été causée par une mine magnétique. La firme qui a affrété le pétrolier Kokuka Courageous a déclaré avoir été touchée par une torpille présumée, mais une personne ayant eu connaissance de l’affaire a déclaré que les torpilles n’étaient pas utilisées.

Jeudi soir, le porte-parole du commandement central américain, Bill Urban, a publié une vidéo de ce que l’armée américaine a qualifié de bateau de patrouille de la classe des gardiens de la révolution iranienne, le groupe Gashti, approchant du Kokuka Courageous. T Kokuka courageux.

L’attaque du pétrolier n’aura pas d’incidence sur l’approvisionnement en énergie du Japon, a déclaré le ministre japonais de l’Industrie, Hiroshige Seko.

http://www.reuters.com

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

Le Billet du Lundi du 10 juin 2019, par Jean-Bernard Pinatel*

 

Avec l’Iran et le Venezuela, Trump manie le chaud et le froid. Il passe en six mois du risque de guerre à la négociation. Il est trop facile de considérer le Président des Etats-Unis comme un bonimenteur. En effet, il se déroule, derrière le brouillard des déclarations, une guerre économique féroce dont nous subissons nous aussi les effets : elle a été l’élément déclencheur de la crise des gilets jaunes dont, bien entendu, les causes sont plus diverses et plus anciennes.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie de tension avec le Venezuela et l’Iran ?

 

Selon différentes évaluations, le Venezuela est aujourd’hui le pays qui aurait des réserves prouvées de brut du même ordre, voire supérieures, à celles de l’Arabie Saoudite tandis que l’Iran se situe au quatrième rang mondial pour le pétrole brut et au premier rang pour le gaz naturel.

En dehors des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel, l’opinion américaine ne veut plus voir ses boys tués à l’extérieur à cause du pétrole alors même qu’avec le pétrole et le gaz de schiste extraits du sol américain les Etats-Unis deviennent auto-suffisants, voire exportateurs.

 

 

Le problème est que, malgré les efforts extraordinaires de productivité réalisés par l’industrie d’exploration-production américaine, le pétrole de schiste n’est compétitif que si les prix du brut restent supérieurs à 60 $ le baril. En effet, cette industrie a investi à perte pendant une dizaine d’années pour réussir le tour de force extraordinaire d’abaisser son seuil de compétitivité de 80 $ le baril aux alentours de 40 $ le baril pour les nouveaux projets. Mais il faut rajouter le poids de la dette contractée. En effet pour réaliser les investissements nécessaires, la dizaine de milliers de petits et plus gros entrepreneurs qui se sont lancés dans ce nouvel eldorado ont souscrit des emprunts auprès des multiples petites banques locales américaines. Celles–ci ont titrisé immédiatement ces emprunts qui se sont disséminés dans l’ensemble du secteur bancaire américain. Les taux d’intérêts et le remboursement de cette dette viennent donc s’ajouter aux frais de forage et d’exploitation actuels.  Même si l’on manque d’études systématiques, la majorité des analystes avancent la nécessité d’avoir un baril de brut au-dessus de 60 dollars pour que ces dettes puissent être remboursées et que l’on n’assiste pas à une nouvelle crise semblable à celle des subprimes.

On comprend mieux alors les prédictions catastrophiques qui se sont multipliées quand le prix du brut est passé de 122 $ en janvier 2014 à 36 $ en janvier 2016, menaçant ainsi toute l’industrie de l’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis et par contrecoup tout le système bancaire américain.

 

 

La guerre économique

 

Heureusement, l’option choisie par Trump, le business man, n’a pas été celle de Bush junior qui, selon plusieurs auteurs américains, considèrent que la guerre en Irak a été  « Blood for no Oil »

Pour Greg-Palast1, par exemple, la motivation première des conseillers de Bush était machiavélique : stopper la production de brut irakien pour maintenir les cours du brut aux alentours de 100$ et permettre ainsi de rentabiliser les investissements faits dans le pétrole et le gaz de schiste. « The invasion was not about « blood for oil », but something far more sinister: blood for no oil. War to keep supply tight and send prices skyward. Oil men, whether James Baker or George Bush or Dick Cheney, are not in the business of producing oil. They are in the business of producing profits ». 

Trump, pour l’instant, s’est contenté de l’effet des sanctions économiques contre le Venezuela et l’Iran.

Le 28 janvier 2019, l’administration Trump a interdit aux compagnies américaines d’acheter du pétrole vénézuélien tant qu’un nouveau gouvernement formé par l’opposant Juan Guaido, qui s’est auto-proclamé président, ne sera pas en mesure de recevoir les recettes.  Les exportations vénézuéliennes de brut et de carburant ont depuis chuté de 1,7 millions à 920.000 barils par jour.

De même, les sanctions américaines contre l’Iran ont fait baisser les exportations iraniennes de 1,5 millions de barils par jour (bpj) entre 2018 et 20192. Les expéditions sont en moyenne de 1,0 à 1,1 million de barils par jour (bpj) depuis mars 2019 (selon les données de Refinitiv Eikon et de trois sociétés qui suivent les exportations iraniennes), alors qu’elles représentaient au moins 2,5 millions de bpj en avril 2018, un mois avant la dénonciation par les Etats-Unis de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien et le retour à des sanctions américaines visant l’Iran.

Les décisions de guerre économique prises par Trump ont ainsi privé le marché de l’ordre de 2,5 millions de barils jour.  L’effet s’est vite fait sentir sur le marché comme le montre le graphique précédent puisque le cours de baril de brut oscille aujourd’hui autour d’un point d’équilibre de 60$.

Une inconnue majeure demeure : combien de temps cet effet durera-t-il et maintiendra-t-il une tension sur le marché du brut ? Suffisamment de temps espérons-le pour que les dettes contractées soient remboursées et que les Etats-Unis ne se trouvent pas devant ce dilemme catastrophique d’accepter une crise financière qui peut contaminer le monde entier ou refaire une guerre  « for no oil » qui menacerait la Paix du Monde.

 

*Jean-Bernard Pinatel, membre fondateur et Vice-président de Geopragma 

 

Notes :

1. Greg Palast is a New York Times bestselling author and fearless investigative journalist whose reports appear on BBC Television Newsnight and in The Guardian. Palast eats the rich and spits them out. Catch his reports and films at www.GregPalast.com, where you can also securely send him your documents marked, « confidential ». Cité dans mon dernier livre : ”Histoire de l’islam radical et de ceux qui s’en servent”, Lavauzelle, 2011, page 146.
2.  https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/iran-baisse-des-exportations-de-brut-avant-meme-de-nouvelles-sanctions-us-1835846.php

http://geopragma.fr/index.php/2019/06/10/j-b-pinatel-la-guerre-economique-de-trump/

HOPE LAND CONGO DÉNONCE LE PROJET D’EXPLOITATION PÉTROLIÈRE DANS LES VIRUNGA

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HOPE LAND CONGO DÉNONCE LE PROJET D’EXPLOITATION PÉTROLIÈRE DANS LES VIRUNGA

Hope Land Congo en partenariat avec Africa Vuka a organisé une marche de sensibilisation pour dénoncer l’exploitation du pétrole dans le Parc National des Virunga, le samedi 25 mai, à Kinshasa. Au cours de cette activité les organisateurs ont exhorté le nouveau régime en place à procéder immédiatement à l’interdiction de l’exploration et l’exploitation future du pétrole dans ce parc inscrit sur la liste du patrimoine de l’UNESCO.

Des jeunes kinois devant le Palais du peuple, siège du parlement, pour dénoncer l’exploitation du pétrole dans les Virunga.

Par la même occasion, Hope Land Congo et ses partenaires ont invité le futur gouvernement de la RDC à ne jamais donner du crédit à toute sorte de projet fossile devant être exécuté dans les aires protégées, notamment les Virunga et la Salonga. Ces organisations non gouvernementales ont aussi exigé l’arrêt du projet de déclassement partiel de ces parcs au profit d’une quelconque exploitation.

« Nous ne voulons pas entendre parler ni de l’exploration ni de l’exploitation, parce que les grands bailleurs de fonds essaient de nous tromper en faisant usage du terme exploration à la place de l’exploitation. Cette exploration compte prendre des années, dans l’entre-temps cette activité finira par détruire notre biodiversité. C’est pourquoi notre message ici au Palais du peuple est simple, pas « d’exploration du pétrole » dans le pParc National des Virunga », a déclaré Percy Uyonduka, chargé de programme et coordonnateur d’activités de Hope Land Congo.

Parmi les organisations non gouvernementales présentes à cette marche, figurent Greenpeace Afrique à travers ses volontaires, les Associations des jeunes et des femmes, les représentants des peuples autochtones, des agriculteurs et des chercheurs des universités du Congo. Pancartes et banderoles à mains, ils se sont promenés côte à côte de la place du Cinquantenaire jusqu’à l’enceinte du Palais du peuple.

« Les Virunga regorgent des espèces en voie de disparition comme les gorilles de montagne. L’exploitation pétrolière dans ce parc va occasionner la destruction de son milieu de vie. En dehors des gorilles de montagne, il y’a des espèces floristiques qui ne s’adaptent qu’à ce milieu naturel et nulle part ailleurs. Nous sommes appelés à les protéger pour assurer leur survie», a expliqué Chrispin Kosi, volontaire de Greenpeace Afrique.

Conscients de leur engagement réel et soutenu, ces jeunes kinois craignent les conséquences néfastes de cette exploitation non seulement sur les espèces de faune de flore dans les Virunga, mais aussi sur les communautés qui dépendent directement ou indirectement de cette aire protégée. Par cette marche, ces jeunes kinois ont manifesté leur solidarité envers leurs concitoyens de Goma et de Bukavu qui, à cette même date se sont également mobilisés dans les rues, pour dire non à l’exploitation du pétrole dans les Virunga et la Salonga.

Hope Land Congo n’entend pas s’arrêter là. Elle compte déposer au parlement congolais, dans un futur proche, une pétition dont les signatures sont en cours, pour mettre fin à ce projet et rappeler la RDC au respect des engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale.

Albert MUANDA

https://albertenvironews.wordpress.com/2019/05/29/%EF%BF%BC-environews-rdc-org-recherche-menu-principalaller-au-contenu-actualites-conservation-environnement-hope-land-congo-denonce-le-projet-dexploitation-petroliere-dans-l/

Le Sénégal, puissance pétrogazière en devenir ?

Le Sénégal, puissance pétrogazière en devenir ?

 


Publié par Antoine Vandevoorde le 20 Mai 2019

 

Le pays de la Téranga est peut-être à l’aube d’un âge d’or énergétique. C’est en tout cas ce que laissent présager les récentes découvertes pétrogazières au large de l’ensemble du littoral national. Cette manne semble augurer un avenir radieux pour le pays à court terme, mais interroge sur sa viabilité sur un temps plus long. En effet, le potentiel sénégalais en matière énergétique induit inéluctablement son lot de risques. Quelles sont les conditions sine qua non de l’essor du Sénégal comme acteur majeur de la production pétrogazière ?

 


​Le Sénégal, puissance pétrogazière en devenir ?
Découvertes pétrogazières au large du Sénégal, un potentiel brut à nuancer 

Les découvertes d’hydrocarbures et de gaz au large du Sénégal connaissent leur point culminant au milieu des années 2010, témoignant d’un phénomène extrêmement récent. Concernant les ressources pétrolières, plusieurs dates clés sont à souligner. Soupçonnant un potentiel pétrolier sénégalais, plusieurs juniors (compagnies pétrolières de taille intermédiaire) entament une phase de recherche aboutissant en août et novembre 2014 à la découverte dans le bloc Sangomar profond des gisements FAN-1 et SNE-1. Les expertises font alors état d’une capacité de 4,87 milliards de barils pour ces deux puits. Jusqu’en août 2017, les recherches mettent au jour 11 gisements rien qu’au sein de SNE-1, augurant pour le Sénégal une entrée au classement des pays producteurs de pétrole. Ce chiffre doit pourtant faire l’objet d’une nuance de taille. En effet, malgré l’exploitation actuelle de plusieurs sites (Sangomar, Rufisque, Cayar et Djifere), le potentiel pétrolier sénégalais se situe bien en deçà des capacités vénézuéliennes ou encore saoudiennes (respectivement 300,9 et 266,6 milliards de barils en réserves prouvées). Il serait de fait fallacieux de parler de puissance pétrolière.

Malgré la multiplicité de puits découverts, le total des réserves sénégalaises fait bien pâle figure face aux superpuissances mondiales. Pourtant, aux antipodes de cette capacité limitée, le pays s’est découvert de véritables atouts concernant le gaz. En mai 2015, la junior Kosmos Energy révèle dans le cadre d’une mission de prospection l’existence d’un gisement gazier important au large des côtes sénégalo-mauritaniennes. Le site est baptisé Grand Tortue – Ahmeyim, et acquière rapidement un statut de site majeur à échelle mondiale auprès des observateurs. Il marque en effet la plus grande découverte de gaz au large des côtes africaines, avec des capacités estimées entre 450 et 1400 milliards de mètres cubes selon les acteurs concernés. Pour Francis Perrin, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), il convient d’apporter une nuance : « il est trop tôt pour donner des chiffres de réserves de gaz naturel ». Pourtant, le caractère récent de cette découverte et les missions complémentaires actuellement menées sont susceptibles de révéler des réserves plus importantes. S’il est encore trop tôt pour évoquer un statut de puissance gazière mondiale, le Sénégal est indubitablement en passe de devenir un géant régional.

Des retombées politico-économiques incitant à l’optimisme

Quelles externalités positives dans l’immédiat pour le Sénégal ? Le gisement Grand Tortue – Ahmeyim  représente un tournant crucial dans les relations sénégalo-mauritaniennes, empreintes depuis plusieurs années de tensions. En effet, cette découverte de gaz, à cheval sur les deux pays, est presque parvenue à dissiper les inimitiés issues du conflit de 1989 – 1991, induisant un réel adoucissement des relations entre Dakar et Nouakchott. Les craintes étaient au départ focalisées sur les modalités de répartition de l’exploitation. Ce à quoi les deux États ont répondu de manière harmonisée. Plusieurs accords de partenariat ont en ce sens été signés, dont le plus récent au 21 décembre 2018 en présence des dirigeants sénégalais et mauritanien. Ce texte prévoit notamment un volet sur la fiscalité des cocontractants, un accord de financement des compagnies nationales (Petrosen et la SMHPM) ainsi que les conditions relatives à la commercialisation du gaz. Surtout, celui-ci consacre le début de l’exploitation pour 2021-2022. Un accord salué, comme en témoigne l’ancien ministre du Pétrole mauritanien Mohamed Abdel Vetah : « Mohamed Ould Abdelaziz et Macky Sall ont été d’une sagesse extraordinaire. Ce gaz est une ressource commune ».

Outre l’aspect politique, des considérations économiques notables sont à souligner. Avec l’exploitation de Grand Tortue – Ahmeyim mais également du champ pétrolier SNE-1, les autorités sénégalaises estiment des gains totaux à hauteur de 83 760 milliards FCFA (150 milliards USD). Passée la phase de lancement de l’exploitation effective en 2021-2022, le Sénégal table sur une rentabilité étalée sur une trentaine d’années. Le temps semble de fait au beau fixe pour Dakar. Une conception qui tend à s’avérer de plus en plus, eu égard notamment à la confiance en hausse des investisseurs envers le pays. Macky Sall a su habilement mettre à profit cet état de fait. En effet, le Président sénégalais a en marge des accords signés avec la Mauritanie mené campagne pour promouvoir l’attractivité nationale envers les investisseurs étrangers. Cela s’est concrétisé dans le cadre des rencontres de Paris des 17 et 18 décembre pour le financement du Plan Sénégal Emergent, celui-ci ayant recueilli 14 000 milliards FCFA (21,3 milliards d’euros) contre les 5 000 milliards initialement requis. Nul doute que les perspectives offertes par les exploitations pétrogazières prochaines ont été le levier principal de cette levée de fond plus que réussie.

Les défis auxquels Dakar devra faire face

Toute opportunité s’accompagne de son lot de risques. Ce à quoi le Sénégal ne fait pas exception. Après l’annonce concernant les découvertes pétrolières et gazières au large des côtes, le pays a vite dû faire face à son manque d’expertise technique. En cela, de nombreux acteurs étrangers du secteur se sont manifestés, laissant planer chez nombre d’observateurs la crainte d’un néocolonialisme énergétique. Cette situation est néanmoins un aboutissement logique, les capacités financières du Sénégal ne lui permettant pas d’assumer le risque de l’exploration. Le pays a alors fait appel à British Petroleum (détenteur à 65% du projet Grand Tortue – Ahmeyim), Cairn, Oranto, Kosmos Energy, African Petroleum et mobilisé sa compagnie nationale Petrosen. S’il est prématuré de parler d’une mainmise de ces géants sur les ressources sénégalaises, il convient de souligner les pistes pour évacuer cette hypothèse à moyen terme. La structuration d’un modèle d’exploitation à la saoudienne semble alors être la meilleure option. En effet, le pétrole du Golfe était au préalable exploité par des compagnies étrangères jusqu’à l’émergence de Saudi Aramco en tant que champion national. Un scénario similaire pour Petrosen semble la meilleure perspective pour le Sénégal.

D’autre part, des risques existent en matière économique dans un premier temps. Pour le géologue Fary Ndao, le principal écueil est en cela l’installation du pays dans un modèle de rente. Faisant référence à la « maladie hollandaise », ce dernier invite à juste titre à la vigilance quant à un délaissement d’autres secteurs au profit de l’exploitation pétrogazière. L’avertissement est légitime, mais à modérer en ce que Macky Sall, de par la promotion du Plan Sénégal Émergent a affiché son ambition d’investir dans une multiplicité de secteurs clés. Les pouvoirs publics semblent au fait de ce risque. De plus, il existe un risque environnemental. Certains experts craignent en cela une destruction des écosystèmes marins tant le Sénégal semble dépourvu d’une législation précise sur le secteur pétrogazier. Une pierre d’achoppement que l’on retrouve concernant la gouvernance, aucun levier juridique n’existant en matière de corruption dans le domaine. Prenant exemple sur les cas angolais et équato-guinéen, Fary Ndao appelle dans son ouvrage L’or noir du Sénégal à affermir la législation notamment sur les modes d’attribution des contrats de service.

Entre or noir et ce nouvel or bleu gazier, le Sénégal est désormais le détenteur d’une épée à double tranchant. Si cette manne énergétique augure un avenir prometteur pour le pays, il est évident qu’une gestion erratique pourrait nettement assombrir ces perspectives. L’enjeu pour le pays de la Teranga est clair : récupérer dans les prochaines années toutes les cartes de son essor.

Pour approfondir le sujet pétrogazier au Sénégal : 

AID-HATRIT Saïd, « Gaz Mauritanie-Sénégal : le projet d’exploitation d’un champ offshore se développe », Jeune Afrique, 2 juillet 2018

AFP – JEUNE AFRIQUE, « Mauritanie-Sénégal : nouveaux accords pour l’exploitation d’un gisement de gaz commun », Jeune Afrique, 24 décembre 2018

BAYO Ibrahima Jr., « Sénégal/Mauritanie : “Le partage du gaz, une sagesse extraordinaire des deux présidents”, La Tribune Afrique, 13 juillet 2018

BOUESSEL Charles, “Kosmos Energy découvre du gaz près de la frontière mauritano-sénégalaise”, Jeune Afrique, 7 mai 2015

DE SOUZA Olivier, “Les grandes étapes du destin pétrolier du Sénégal”, Agence Ecofin, 9 novembre 2018

DIA Maimouna, “Pétrole et gaz offshore sénégalais : failles et innovations d’un plan inédit de gestion environnementale”, La Tribune Afrique, 24 octobre 2018

DIA Maimouna, “Gisement de gaz de Grand Tortue – Ahmeyim : BP commande ses premiers équipements”, La Tribune Afrique, 12 mars 2019

DIALIMPA BADJI Samba, “Le Sénégal dispose-t-il de la 5e réserve mondiale de gaz ?”, Africa Check, 1er mai 2018

MAILLARD Matteo, “Le Sénégal pourrait entrer dans le top 10 africain des producteurs de gaz’”, Le Monde Afrique, 4 septembre 2018

RFI, “Gaz: Mauritanie et Sénégal en passe de devenir des puissances régionales”, RFI, 23 décembre 2018

VANDEVOORDE Antoine, “L’Afrique de l’Ouest sur les sentiers de l’essor : l’exemple du Plan Sénégal Émergent”, Les Yeux du Monde, 3 avril 2019

VIDZRAKU Sylvain, “Sénégal : l’exploitation des gisements pétro-gaziers rapportera 30 milliards de dollars aux caisses de l’Etat”, La Tribune Afrique, 13 juin 2018

Iran-États-Unis : la tension est à son comble

PÉTROLE
Iran-États-Unis : la tension est à son comble

Alors que les États-Unis viennent de déclarer qu’ils ne tolèreraient plus aucune exception à la tolérance accordée jusque là à certains pays sur l’embargo pétrolier iranien – c’est-à-dire que les acheteurs s’exposent désormais à des sanctions américaines (Inde, Chine, Japon, Turquie, Taiwan, Italie, Grèce) -, Téhéran a rétorqué que si le pétrole iranien ne pouvait plus circuler, il en serait de même pour celui qui passe par le détroit d’Ormuz que ses forces sont en mesure de fermer. L’Arabie saoudite qui, avec Israël, se réjouit de la mesure américaine pourrait être la première concernée par un tel blocus. Au passage, Riyad a procédé le 23 avril à l’exécution collective la plus importante de ces trois dernières années en décapitant ou crucifiant 37 personnes, en majorité des chiites condamnés pour terrorisme, espionnage (au profit de Téhéran) ou manifestations séditieuses…

La réponse de Washington ne s’est pas faite attendre : si le détroit d’Ormuz est bloqué (par les Iraniens) « nous le rouvrirons par la force ! ». Depuis le temps que cette « option est sur la table », cela va bien finir par « péter ». Il ne faut pas se faire d’illusions, ce sera alors le déclenchement d’une guerre régionale qui peut déboucher sur n’importe quoi. Jon Meade Huntsman Jr., l’ambassadeur américain à Moscou a renchéri en affirmant que son pays faisait dans la diplomatie « à 200 000 tonnes » en référence aux porte-avions de l’US Navy. Même le citoyen français – certes actuellement embêté les samedi par les Gilets jaunes et autres Black Blocks anarchistes – connaîtra alors vraiment sa douleur car le prix des carburants, de l’électricité et du gaz devraient alors connaître une hausse exponentielle. Pour mémoire, 40% du pétrole mondial y transite… Ce sera plus qu’un choc pétrolier d’autant que le blocage du détroit d’Ormuz devrait durer un « certain temps » et même la toute puissante Amérique aura beaucoup de difficultés à neutraliser les centaines de batteries côtières iraniennes, les champs de mines navales qui seront répandues, les attaques des pays côtiers du Golfe arabo-persique, voire les opérations terroristes déclenchées à l’extérieur…

Pour compléter l’ambiance, les États-Unis classent désormais les pasdaran (le Corps iranien des Gardiens de la révolution -IRCG-) en tant qu’ »organisation terroriste ». Là aussi la réplique a été rapide, les militaires américains sont à leur tour assimilés à des « terroristes » par Téhéran. S’ils sont faits prisonniers (ce qui est déjà arrivé dans le passé suite à des incidents dans le détroit d’Ormuz), ils ne bénéficieront plus des garanties des conventions de Genève. C’est certainement un coup de bluff, Téhéran n’ayant jamais vraiment respecté les règles internationales, particulièrement lors de la prise d’otages de diplomates américains du 4 novembre 1979 au 20 janvier 1981.Fait sans doute significatif, les pasdaran ont vu la désignation par l’ayatollah Ali Khamenei d’un nouveau chef en remplacement du major général Mohammad Ali Jafari qui était à leur tête depuis dix ans. Son successeur est tout simplement son second, le brigadier général Hossein Salami. Le guide a déclaré : « Considérant vos capacités et votre expérience significative avec différentes responsabilités révolutionnaires […] je vous nomme major général et commandant en chef des Gardiens de la Révolution ». A noter qu’une fausse nouvelle a circulé ces derniers jours dans la presse israélienne (et sur les réseaux sociaux) faisant part de la défection du brigadier général Ali Naisiri, l’ancien chef du Ansar-ul-Mahdi Corps, l’unité pasdaran chargée de la protection rapprochée des autorités iraniennes.  Après une altercation avec Hossein Taeb, le représentant du Guide suprême auprès des pasdaran survenue le 11 avril, il avait été remplacé à son poste par le colonel Fathollah Jomeiri sans de plus amples explications. La rumeur avait couru qu’il s’était réfugié « avec de nombreux dossiers confidentiels » auprès d’une ambassade américaine au Proche-Orient. Mais une photo le montre assistant à la prise de fonctions du général Salami. Toutefois, cela peut aussi être un montage puisque l’on peut douter de tout! 

Le général Salami né en 1960 intègre les pasdaran durant la guerre Iran-Irak. Il dirige l’Université de commandement et d’état-major de cette force paramilitaire entre 1992 et 1997 avant de devenir adjoint aux « opérations du personnel ». Il prend le commandement de la composante aérienne des pasdaran en 2005 qu’il dirige jusqu’en 2009. Il convient de rappeler que c’est cette unité qui supervise toutes les études balistiques du régime. Depuis 2009, il était l’adjoint direct de Jafari.

Le général Salami est coutumier de déclarations provocatrices comme en octobre 2018 estimant que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, devait « s’entraîner à nager […] car il pourrait être forcé à fuir son pays » et, selon l’agence FARS : « Ils [les Israéliens] ne constituent pas un niveau de menace élevé pour nous, le Hezbollah suffirait à les détruire ». En janvier 2019 il récidive en déclarant « Nous annonçons que si Israël entreprend de nous faire la guerre, cela débouchera sur son élimination et sur la libération des territoires occupés […] la stratégie de l’Iran est de rayer de la carte politique le régime ‘sioniste’, et les Israéliens y contribuent par leurs menées criminelles ». Il se fait plus précis le 19 février en affirmant que l’Iran se prépare « à briser l’Amérique, Israël et leurs partenaires et alliés […] notre guerre n’est pas une guerre locale ». Pour mémoire, ce sont les pasdaran qui assurent majoritairement la garde du détroit d’Ormuz avec leurs nombreux missiles sol-mer qui sont installés dans des centaines d’abris enterrés le long de la côte et sur les îles la bordant; ils sont comme au « stand de tir de foire », les navires défilant devant eux comme des pipes (et les missiles sol-sol qui peuvent frapper de l’autre côté du détroit, particulièrement les terminaux pétroliers). Leurs forces spéciales sont capables d’actions de sabotage, d’assauts de navires, du mouillage de mines, etc. L’armée régulière a pour sa part en charge la mer d’Arabie mais là, ce serait beaucoup plus problématique pour les Iraniens opposés à la Vème Flotte US qui a été mise en alerte maximum depuis le 22 avril. Les points forts des forces armées et de sécurité iraniennes (dont font partie les pasdaran), c’est leur nombre (750 000 avant mobilisation) et la profondeur du territoire (1,648 million de km2) mais surtout le patriotisme des Perses. Ses points faibles sont une défense aérienne  et une marine plus que défaillantes et des matériels hors d’âge et disparates.

Le Corps des Gardiens de la révolution fondé officiellement en 1979 compterait quelques 125.000 combattants placés sous l’autorité directe du guide suprême. C’est une armée parallèle aux côtés de la « régulière » (Artesh). Sa mission principale est de « sauvegarder la Révolution et de ses acquis ». Les pasdaran disposent aussi d’une branche chargée des opérations extérieures – la force al-Qods – commandée par le major général Qassem Soleimani (donc plus « gradé » et même après la promotion de ce dernier, plus « ancien » que lui). Cela s’explique par le fait que Al-Qods constitue également un « État dans l’État » dépendant aussi directement du Guide suprême de la Révolution. Al-Qods est très active en Syrie, en Irak et, dans une moindre mesure au Yémen.

De toutes façons, Soleimani n’a jamais répondu de ses actions auprès de Jafari ; il a peu de chances que cela change avec son successeur ! Un tweet lui est attribué et, sans faire son apologie, il est révélateur de l’état d’esprit qui anime aujourd’hui les responsables pasdaran : « C’est moi, le soldat Soleimani qui te parle (au président Trump). Tu nous menaces d’une ‘guerre qui n’aurait pas de précédent dans l’histoire’. C’est une rhétorique de bistrot qui ne peut être employée que par un barman et qui ne fait que briser le prestige de la nation que tu représentes. Il est indigne de notre président de te répondre. Moi, en tant que soldat, je te réponds. Vous (les Américains) avez déjà fait tout ce qui est en votre pouvoir, mais vous n’êtes parvenu à aucun résultat ! Qu’avez-vous été capable de faire ces 20 dernières années ? Vous avez débarqué en Afghanistan à bord de chars de combat, de véhicules blindés et de centaines d’hélicoptères pour attaquer les taliban, une milice sous-équipée, et vous y avez laissé des plumes. Plus de 60 % de vos victimes étaient des civils. Vos 110 000 soldats, mobilisés depuis 17 ans, sont incapables de faire quoi que ce soit. En Afghanistan, vous en êtes désormais à supplier les taliban et en dépit de tout cela, vous osez encore nous menacer ? […] Moi Soleimani, je te ferai face, avec la Force al-Qods. Il ne se passe même pas une seule nuit sans que nous ne pensions à vous détruire, à vous supprimer… Sachez que nous sommes tout près de vous, là où vous ne l’imaginez même pas ». Certes, c’est de la pure propagande mais cela permet néanmoins de mesurer que l’adversaire désigné par Washington semble être loin d’être démoralisé.

Cela dit, les sanctions vont sérieusement impacter l’Iran qui exportait encore en mars 1,7 millions de barils par jour dont environ 630 000 vers la Chine (les intentions de Pékin – comme de la Turquie – ne sont pas connues à ce jour). Comme d’habitude, l’absence de rentrées financières vont gravement toucher la population civile qui vient de subir de très importantes inondations (25 des 31 provinces ont été touchées). L’espoir de Washington qu’elle va finir par se soulever contre le pouvoir des mollahs en place à Téhéran. La réalité est que ce dernier va être de plus en plus dur et qu’il n’est pas certain que le peuple perse de se réunisse pas une nouvelle fois comme lors de la guerre Iran-Irak (la « guerre imposée ») qui a duré du 22 septembre 1980 au 20 août 1988.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

Algérie : Le Patron De La Sonatrach, La Compagnie Nationale Des Hydrocarbures, Limogé…Le Général Major Chentouf En Fuite

Analysis

Algérie : Le Patron De La Sonatrach, La Compagnie Nationale Des Hydrocarbures, Limogé…Le Général Major Chentouf En Fuite

La grande purge continue en Algérie. Abdelmoumen Ould Kaddour, le président directeur général de la Sonatrach, la compagnie nationale des hydrocarbures, a été limogé en ce mardi 22 avril 2019.

Le même sort à été réservé au patron d’Algérie Télécoms.

Le general-major Chentouf, impliqué dans un gigantesque réseau international de trafic de cocaïne, est parvenu à fuir le pays en activant des complicités au niveau de l’aéroport d’Oran. Il s’est dirigé vers la France.

Ces limogeages en série coïncident avec le très fameux discours hebdomadaire du chef d’état-major des Armées, le général major Ahmed Gaid Salah.

Chaque mardi, jour de Mars, ancien dieu de la guerre chez les anciens Romains dont l’influence est encore fort vivace dans les moeurs des Algériens, le chef de l’Armée délivre un message fort attendu, souvent en pleine manoeuvre militaire, qui détermine la vie politique dans ce pays.

https://strategika51.org/archives/62618

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

Russia Delivers Asymmetric Blow To Ukraine

Le 10 avril, le gouvernement ukrainien a élargi la liste des marchandises interdites d’importation en provenance de Russie. Par cette décision, l’embargo a été étendu au formol et au concentré de carbamide-formaldéhyde, de ressorts pour les wagons de fret, de matériel électrique pour les automatismes ferroviaires et les dispositifs de communication, ainsi que de conducteurs électriques pour des tensions supérieures à 1000V. En outre, une autre résolution a sanctionné l’importation de contenants en verre, y compris les canettes, les bouteilles pour aliments et boissons, les contenants et autres produits similaires.

Ce mouvement a été la continuation d’une série de restrictions antérieures imposées par l’Ukraine à la Russie et aux entreprises affiliées à la Russie. Malgré des déclarations formelles, les actions récentes et précédentes de l’Ukraine ont un impact réel minime car les exportations russes susmentionnées peuvent être négligées.

Le 18 avril, le gouvernement russe est arrivé avec une déclaration sensationnelle en réponse au comportement ukrainien. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a annoncé qu’il avait signé un décret interdisant l’exportation de pétrole, de produits pétroliers et de charbon vers l’Ukraine. À compter du 1er juin, l’exportation des produits énumérés dans le décret nécessitera un permis spécial unique.

Le décret interdit également l’importation en Russie de produits d’ingénierie, de travaux légers et de traitement des métaux en Ukraine.

«Le Cabinet des ministres ukrainien a franchi une autre étape peu amicale envers notre pays en élargissant la liste des produits russes dont l’importation en Ukraine est interdite. Dans ces conditions, nous devons défendre nos intérêts et prendre des mesures de rétorsion », a déclaré Medvedev, selon Interfax.

Cette initiative sans précédent portera un coup sévère à l’économie déjà affaiblie de l’Ukraine. Au cours des années précédentes, les produits pétroliers russes représentaient environ 36 à 40% du marché ukrainien. Environ 40% des produits pétroliers importés par l’Ukraine en provenance de Biélorussie étaient en fait des produits pétroliers russes sous une autre marque. La Russie devrait renforcer la surveillance de la réexportation de ses produits pétroliers par la Biélorussie, empêchant ainsi les schémas gris qui pourraient permettre au gouvernement de Kiev d’éviter l’interdiction imposée.

L’industrie ukrainienne restante subira le plus de conséquences de l’interdiction imposée. Les citoyens ordinaires constituent un autre groupe qui ressentirait immédiatement l’impact. Compte tenu de l’interdiction des produits pétroliers russes, le gouvernement de Kiev devrait diversifier son marché, achetant probablement davantage de produits pétroliers à l’Azerbaïdjan ou même à l’Iran et à d’autres États du golfe Persique. Cette mesure désespérée augmenterait les coûts de transport. L’augmentation des coûts des produits pétroliers pour l’économie ukrainienne serait d’environ 15 à 20%.

En outre, il est peu probable que le gouvernement de Kiev puisse remplacer complètement les produits pétroliers russes dans un court laps de temps. Cela augmentera encore le coût des produits pétroliers en raison du manque d’approvisionnement sur le marché intérieur ukrainien.

Selon les experts, les citoyens ukrainiens pourraient bientôt observer une augmentation de 18 à 20% du prix du carburant. Actuellement, un litre de 95 RON à Kiev coûte environ 28 UAH (1,04 USD). Le revenu mensuel moyen de l’ukrainien est d’environ 7 000 UAH (250 USD). On s’attend donc à ce que le prix de 95 RON atteigne environ 1,25 USD le litre. Le coût des produits pétroliers pour le secteur de la production augmentera également.

La décision du Kremlin d’introduire le petit pain d’exportation de pétrole en Ukraine avant le second tour de l’élection présidentielle dans le pays est un signal clair à Volodymyr Zelensky, qui peut déjà être présidé en tant que président élu. [Petro Poroshenko a très peu de chances de remporter la victoire] Moscou montre qu’il ne tolère pas les déclarations formelles et attend de véritables actions qui changeraient la politique ukrainienne à l’égard de l’Ukraine. Si le président nouvellement élu introduit des changements dans la politique de son pays, il est prévu que l’interdiction pétrolière ainsi que d’autres sanctions seront levées dans un proche avenir.

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