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LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

Russia Delivers Asymmetric Blow To Ukraine

Le 10 avril, le gouvernement ukrainien a élargi la liste des marchandises interdites d’importation en provenance de Russie. Par cette décision, l’embargo a été étendu au formol et au concentré de carbamide-formaldéhyde, de ressorts pour les wagons de fret, de matériel électrique pour les automatismes ferroviaires et les dispositifs de communication, ainsi que de conducteurs électriques pour des tensions supérieures à 1000V. En outre, une autre résolution a sanctionné l’importation de contenants en verre, y compris les canettes, les bouteilles pour aliments et boissons, les contenants et autres produits similaires.

Ce mouvement a été la continuation d’une série de restrictions antérieures imposées par l’Ukraine à la Russie et aux entreprises affiliées à la Russie. Malgré des déclarations formelles, les actions récentes et précédentes de l’Ukraine ont un impact réel minime car les exportations russes susmentionnées peuvent être négligées.

Le 18 avril, le gouvernement russe est arrivé avec une déclaration sensationnelle en réponse au comportement ukrainien. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a annoncé qu’il avait signé un décret interdisant l’exportation de pétrole, de produits pétroliers et de charbon vers l’Ukraine. À compter du 1er juin, l’exportation des produits énumérés dans le décret nécessitera un permis spécial unique.

Le décret interdit également l’importation en Russie de produits d’ingénierie, de travaux légers et de traitement des métaux en Ukraine.

«Le Cabinet des ministres ukrainien a franchi une autre étape peu amicale envers notre pays en élargissant la liste des produits russes dont l’importation en Ukraine est interdite. Dans ces conditions, nous devons défendre nos intérêts et prendre des mesures de rétorsion », a déclaré Medvedev, selon Interfax.

Cette initiative sans précédent portera un coup sévère à l’économie déjà affaiblie de l’Ukraine. Au cours des années précédentes, les produits pétroliers russes représentaient environ 36 à 40% du marché ukrainien. Environ 40% des produits pétroliers importés par l’Ukraine en provenance de Biélorussie étaient en fait des produits pétroliers russes sous une autre marque. La Russie devrait renforcer la surveillance de la réexportation de ses produits pétroliers par la Biélorussie, empêchant ainsi les schémas gris qui pourraient permettre au gouvernement de Kiev d’éviter l’interdiction imposée.

L’industrie ukrainienne restante subira le plus de conséquences de l’interdiction imposée. Les citoyens ordinaires constituent un autre groupe qui ressentirait immédiatement l’impact. Compte tenu de l’interdiction des produits pétroliers russes, le gouvernement de Kiev devrait diversifier son marché, achetant probablement davantage de produits pétroliers à l’Azerbaïdjan ou même à l’Iran et à d’autres États du golfe Persique. Cette mesure désespérée augmenterait les coûts de transport. L’augmentation des coûts des produits pétroliers pour l’économie ukrainienne serait d’environ 15 à 20%.

En outre, il est peu probable que le gouvernement de Kiev puisse remplacer complètement les produits pétroliers russes dans un court laps de temps. Cela augmentera encore le coût des produits pétroliers en raison du manque d’approvisionnement sur le marché intérieur ukrainien.

Selon les experts, les citoyens ukrainiens pourraient bientôt observer une augmentation de 18 à 20% du prix du carburant. Actuellement, un litre de 95 RON à Kiev coûte environ 28 UAH (1,04 USD). Le revenu mensuel moyen de l’ukrainien est d’environ 7 000 UAH (250 USD). On s’attend donc à ce que le prix de 95 RON atteigne environ 1,25 USD le litre. Le coût des produits pétroliers pour le secteur de la production augmentera également.

La décision du Kremlin d’introduire le petit pain d’exportation de pétrole en Ukraine avant le second tour de l’élection présidentielle dans le pays est un signal clair à Volodymyr Zelensky, qui peut déjà être présidé en tant que président élu. [Petro Poroshenko a très peu de chances de remporter la victoire] Moscou montre qu’il ne tolère pas les déclarations formelles et attend de véritables actions qui changeraient la politique ukrainienne à l’égard de l’Ukraine. Si le président nouvellement élu introduit des changements dans la politique de son pays, il est prévu que l’interdiction pétrolière ainsi que d’autres sanctions seront levées dans un proche avenir.

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Géopolitique du pétrole à l’ére Trump

Géopolitique du pétrole à l’ére Trump

Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial d’hydrocarbures. Ils utilisent désormais leur position dominante exclusivement pour maximiser leurs profits, sans hésiter à éliminer de gros producteurs rivaux et à plonger leurs peuples dans la misère. Alors que par le passé, l’accès au pétrole du Moyen-Orient était un besoin vital pour leur économie (Carter, Reagan, Bush Sr.), puis un marché qu’ils présidaient (Clinton), puis encore une ressource finissante dont ils voulaient contrôler le robinet (Bush Jr., Obama), les hydrocarbures sont redevenus l’or noir du capitalisme (Trump). Thierry Meyssan retrace l’évolution de ce marché sanglant.

 | DAMAS (SYRIE)  

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L’économie dépend en premier lieu de l’énergie dont elle dispose. Ce besoin a toujours été l’une des principales causes de guerres. Jadis, il s’agissait de faire des esclaves pour travailler aux champs, puis au XIXème siècle de s’emparer du charbon pour alimenter des machines, aujourd’hui des hydrocarbures (pétrole et gaz).

Pour se masquer cette logique, les hommes ont toujours imaginé de bonnes raisons pour justifier ce qu’ils font. Ainsi, nous croyons
- que l’Iran est sanctionné à cause de son programme militaire nucléaire (qu’elle a pourtant clos en 1988) ;
- que les installations et avoirs de PDVSA ont été saisis pour transférer ses actifs du dictateur Maduro à l’équipe de Juan Guaido (alors que c’est le premier et non le second qui est élu constitutionnellement président du Venezuela) ;
- ou encore que les États-Unis maintiennent des troupes en Syrie pour soutenir leurs alliés Kurdes face au dictateur el-Assad (alors que ces Kurdes sont des mercenaires qui ne représentent pas leur peuple et qu’el-Assad est démocratiquement élu).

Ces narrations n’ont aucune réalité et sont contredites par les faits. Nous les croyons parce que nous pensons en tirer profit.

Le marché mondial

Les hydrocarbures représentent le premier marché mondial, avant ceux de l’alimentation, des armes, des médicaments et des drogues. Il était au départ géré par des sociétés privées, avant de devenir, dans les années 60, la chasse gardée des États. Au fur et à mesure du développement économique, de nouveaux acteurs sont intervenus et le marché est devenu plus imprévisible. En outre, de la fin de l’Urss au retour de la Russie, ce marché est devenu très spéculatif, subissant des variations des prix de vente de 1 à 4.

En outre, chacun constate que de nombreux gisements, après avoir été longtemps exploités, se tarissent. À la fin des années 60, les Rockfeller et le Club de Rome ont popularisé l’idée que les hydrocarbures étaient des énergies fossiles, donc limitées. Or, contrairement à ce raisonnement, on ignore l’origine des hydrocarbures. L’hypothèse est qu’ils sont probablement des fossiles, mais peut-être pas. Au demeurant, même si les hydrocarbures étaient renouvelables, cela n’empêcherait pas que, sur-exploités, ils puissent disparaître (théorie du pic de Hubbert). Surtout, le Club de Rome a étudié la question avec un a priori malthusien : il avait pour mission de démontrer qu’il faut limiter la population mondiale parce que les ressources de la Terre sont limitées. Sa croyance en la fin du pétrole n’est qu’un argument pour justifier la volonté des Rockfeller de limiter la croissance démographique des populations pauvres. En un demi-siècle, on a cru cinq fois de suite que le pétrole allait manquer dans les toutes prochaines années. Pourtant, il existe aujourd’hui des réserves prouvées suffisantes pour la consommation de l’humanité pour au moins un siècle encore.

Les coûts très variables de l’exploitation (de 1 en Arabie saoudite à 15 aux USA), les avancées techniques, les variations considérables des prix et le débat idéologique ont plusieurs fois rendu improbables les retours sur investissements. Or, compte tenu des délais opérationnels, toute interruption de l’investissement dans la recherche, l’exploitation et le transport, provoque une raréfaction des produits disponibles dans les cinq années à venir. Ce marché est donc particulièrement chaotique.

La politique mondiale de l’Énergie

La création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) par le Vénézuélien Juan Pablo Pérez Alfonzo, en 1960, a progressivement déplacé le pouvoir de fixer les prix, des compagnies pétrolières vers les États exportateurs. Ce transfert s’est manifesté lors de la guerre égypto-syrienne contre Israël, en octobre 1973 (dite en Occident « guerre du Kippour ») et la crise pétrolière mondiale qu’elle provoqua.

Les États-Unis, qui étaient la première puissance mondiale, ont mené différentes politiques vis-à-vis des hydrocarbures.
- Le président Jimmy Carter a considéré que son pays ayant besoin de cette source d’énergie, son accès au pétrole du Moyen-Orient était une question de « sécurité nationale ». Les Arabes et les Perses ne pouvaient pas refuser de lui vendre l’or noir ou d’en exagérer le coût.
- Le président Ronald Reagan créa le Commandement des États-Unis pour cette région (définie selon la connaissance de l’époque des champs pétroliers), le CentCom. Pour appliquer la politique de son prédécesseur, il négocia des bases militaires permanentes et commença à installer des troupes.
- Le président George Bush Sr. prit la tête d’une coalition quasi-universelle et écrasa l’Iraq qui avait imaginé choisir lui-même ses débouchés et avait osé tenté de récupérer les puits du Koweït dont les Britanniques l’avaient privé.
- Le président Bill Clinton et son vice-président Al Gore héritèrent d’un monde unipolaire, sans l’URSS. Ils établirent une carte des corridors à percer dans le monde (pipelines, autoroutes, chemins de fer et lignes internet) et des opérations militaires à mener pour les construire et les sécuriser par exemple la guerre contre la Yougoslavie pour construire le 8ème corridor).
- Le président George Bush Jr. et son vice-président Dick Cheney, persuadés que les hydrocarbures allaient bientôt manquer, lancèrent une série de guerre non plus pour s’emparer de l’or noir, mais pour en contrôler la production et le marché. Revenant à la théorie malthusienne de la fin imminente de ces sources d’énergie, ils entendaient choisir qui aurait le droit d’en acheter et pourrait ainsi faire vivre sa population.
- Le président Barack Obama saisit l’opportunité du gaz et du pétrole de schiste dans son pays et décida d’en favoriser l’extraction. Il espérait ainsi sortir son pays de la malédiction malthusienne.
- Le président Donald Trump arriva au pouvoir alors que son pays était devenu le premier producteur mondial. Il décida de bouleverser la stratégie US.

La politique de Donald Trump

Lorsque le président Trump désigna le représentant du Kansas, Mike Pompeo, comme directeur de la CIA, nous avons interprété cette nomination inattendue en fonction de la difficulté du président de trouver des alliés dans le Parti républicain qu’il venait de prendre d’assaut. Nous avions oublié que Pompeo avait été, de 2006 à 2010, le patron de l’équipementier en hydrocarbures Sentry International. Il connaissait le fonctionnement du marché du pétrole et, personnellement, ses principaux acteurs dans le monde. Au même moment le président Trump nommait au secrétariat d’État, Rex Tillerson, le patron d’une des principales sociétés d’hydrocarbures, Exxon-Mobil. Nous aurions dû alors envisager que la politique énergétique serait au centre de l’action de son administration.

Il est évidemment impossible aujourd’hui de dresser le bilan de l’action de Pompeo à la tête de ce service secret. Cependant, on peut penser que ses objectifs d’alors n’étaient pas éloignés de ceux d’aujourd’hui. Or, il se trouve qu’il vient de les révéler.

Chaque année, une société de conseil créée par le spécialiste incontesté du marché des hydrocarbures, Daniel Yergin, organise une rencontre internationale sur l’évolution de la situation. Le Congrès 2019 (CERAweek, 9 au 13 mars, à Houston, Texas) a été la plus vaste réunion internationale de l’histoire sur ce sujet. Les dirigeants exécutifs des principales sociétés de 78 pays y étaient présents. Le clou du spectacle fut l’intervention de Mike Pompeo. Toute la profession avait été prévenue de l’importance de son discours et ce fut le seul moment où l’immense salle fut pleine à craquer.

Mike Pompeo, après avoir salué ses anciens collègues, se félicita des incroyables performances de l’industrie pétrolière du pays qui, en six ans, est devenue la première productrice au monde grâce aux nouvelles techniques d’extraction de schiste. Il annonça qu’il avait créé un bureau spécial au département d’État pour gérer les ressources énergétiques. C’est à lui que les patrons des sociétés US spécialisées devront désormais s’adresser. Il a pour mission de les aider à emporter des marchés à l’étranger. En échange, ils devront aider leur pays à conduire sa politique énergétique.

Celle-ci consistera à la fois à produire le plus possible aux États-Unis et à assécher une partie de l’offre mondiale pour équilibrer le marché. Ce n’est que de la sorte que le pays parviendra à vendre du gaz et du pétrole de schiste, alors que leur extraction est particulièrement onéreuse.

Selon la doctrine Pompeo, il ne convient pas de réduire la production mondiale au niveau de la demande par des quotas de production, tels que l’OPEP+ en institue depuis deux ans, mais en fermant le marché à certains gros exportateurs : l’Iran, le Venezuela et la Syrie (dont les gigantesques réserves n’ont été découvertes que récemment et ne sont pas exploitées). Le projet du NOPEC (No Oil Producing and Exporting Cartels Act) devrait donc ressurgir des archives. Cette proposition de loi, dont quantité de variantes ont été déposées au Congrès depuis deux décennies, vise à supprimer l’immunité souveraine que les pays de l’OPEP invoquent pour se constituer en cartel malgré les lois anti-trust US. Elle permettrait de poursuivre devant les tribunaux états-uniens toutes les sociétés des États membres de l’OPEP+, bien qu’elles aient été nationalisées, pour avoir profité de leur position dominante et concourir ainsi à la hausse des prix.

Il se trouve que, depuis la fin 2016, la Russie s’est associée à l’OPEP pour faire monter les prix. Elle a ainsi accepté de diminuer sa production. C’est d’autant plus indispensable pour elle que son économie souffre des sanctions occidentales et que ses exportations d’hydrocarbures sont —avec les armes— ses principales sources de revenus à l’exportation. Par conséquent, dans la situation actuelle, les intérêts de Moscou et de Washington ne se confondent pas, mais coïncident : ne pas inonder le marché. C’est pourquoi la Russie ne fait rien pour aider l’Iran à exporter son pétrole et n’exploite toujours pas les zones dont ses sociétés nationalisées ont acquis le monopole en Syrie. Il est probable qu’elle n’aidera pas plus le Venezuela sur ce plan. Ainsi le transfert du siège européen de PDVSA à Moscou a été reporté.

La Russie, qui a sauvé la Syrie des mercenaires jihadistes de l’Otan, ne s’est jamais engagée à aller plus loin. Elle assiste sans réagir au lent effondrement de ce pays, jadis prospère. La situation n’en est pas déjà à la famine, comme au Yémen, mais s’y dirige inexorablement.

Cependant, les États-Unis entendent non seulement stabiliser l’offre mondiale, mais aussi déterminer les flux, d’où les pressions de Washington à la fois sur l’Union européenne et sur ses États membres pour qu’ils ne finalisent pas le pipeline Nord Stream 2. Il s’agit pour eux d’affranchir l’Union de sa dépendance aux hydrocarbures russes. Dans le cas où ces interventions seraient couronnées de succès, la Russie détournerait ce flux vers la Chine qui ne pourrait pas le payer au même prix.

D’ores et déjà, pour répondre aux besoins de l’Union, les États-Unis y font construire le plus rapidement possible des ports méthaniers capables de recevoir leurs gaz de schistes. Tandis que, de son côté, la Russie accélère la construction du pipeline Turkish Stream qui créerait une autre voie pour atteindre l’Union.

En outre, le département US du Trésor bloque tous les moyens de transport de pétrole iranien et vénézuélien ou vers la Syrie. Les données dont il dispose attestent que la CIA a commencé à observer en détail ce commerce depuis l’élection de Donald Trump, y compris durant la période de transition, ce qui confirme l’idée de la centralité de l’énergie dans sa politique. L’attitude de la Maison-Blanche face à la Syrie est différente, dans la mesure où ce pays n’est pas en mesure actuellement d’exploiter lui-même ses réserves et que la Russie laisse le temps passer. Il s’agit d’empêcher la reconstruction et donc de rendre la vie impossible à son peuple. La CIA mène une intense stratégie de sabotage contre tout approvisionnement énergétique. La majorité de la population, par exemple, n’a plus de gaz pour se chauffer, ni faire la cuisine. Pis, un pétrolier turc qui transportait du produit iranien vers la Syrie a été saboté au large de Lattaquié, en février. Il a explosé, provoquant la mort de tout son équipage et une marée noire dont aucun média occidental n’a parlé.

Considérant que le Hezbollah participe au gouvernement libanais tout en servant les intérêts iraniens, l’administration US a étendu à Beyrouth son interdiction d’exporter du pétrole. Mike Pompeo tente d’imposer un nouveau partage des eaux territoriales qui ferait passer les réserves pétrolières libanaises sous souveraineté israélienne.

Identiquement, le Venezuela donne du pétrole à Cuba en échange de ses experts militaires et du travail de ses médecins. Le département d’État tente de sanctionner tout échange entre les deux pays, d’autant plus que les experts militaires cubains sont considérés comme responsables du soutien porté par l’armée vénézuélienne au président Maduro.

Les évolutions à venir

Pour le moment, la politique de Donald Trump ne peut réussir qu’en diminuant la demande dans son pays. Jusqu’ici, les hydrocarbures étaient principalement utilisés pour alimenter les voitures, d’où le développement des projets de voitures électriques. Consommer du pétrole pour fournir de l’électricité revient beaucoup moins cher aux États-Unis que de l’utiliser directement dans les moteurs des voitures. Surtout, l’électricité peut-être fournie à partir de sources diverses, sur le territoire états-unien, à faible coût et à un prix stable.

Notez bien que le développement des voitures électrique n’a guère de rapport avec l’idéologie selon laquelle il conviendrait de diminuer la production de CO2 pour faire baisser la température de la Terre. D’une part parce que la fabrication des batteries peut elle-même émettre beaucoup de CO2, mais d’autre part parce que l’électricité peut être beaucoup plus responsable que le pétrole de CO2, lorsqu’elle est produite à partir de charbon comme en Allemagne et en Chine.

Au demeurant, la consommation de pétrole évolue. À l’échelle mondiale, elle n’est plus prioritairement destinée aux transports, mais à la fabrication de plastiques.

Les États-Unis ne laisseront exporter les hydrocarbures d’Iran, du Venezuela et de Syrie qu’à partir de 2023 ou 2024, date à laquelle leur production de schiste commencera à baisser rapidement, selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE). Une fois encore, toute la donne géopolitique s’en trouvera alors bouleversée.

Thierry Meyssan

Thierry MeyssanConsultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump(2017).

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

Publié le 5 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in PétroleEtats-UnisMoyen-OrientEconomie

Achtung, achtung, les alarmes retentissent à nouveau dans les corridors du système impérial. Les stratèges affolés du Washingtonistan se précipitent à leur table de contrôle global. Interdits, il fixent un voyant rouge qui ne cesse de clignoter : Arabie Saoudite. Eh merde… Sur un mur, un écran affiche la signification première de l’alerte : Pétrodollar en danger.

Avant de continuer le feuilleton, un assez long rappel est nécessaire. En octobre 2017, dans un article qui fit date, intitulé Seoud yuanisé ou l’empire en péril, nous expliquions l’importance colossale (n’ayons pas peur des mots) de la question :

Il est de ces répétitions de l’Histoire… Il y a plus de deux ans – sous le titre Pétrodollar : le début de la fin ? – nous écrivions un billet prémonitoire qui n’a pas pris une ride :

A Washington, on doit beaucoup écouter les Doors en ce moment : This is the end, my only friend, the end… Certes, il ne faut pas vendre la peau de l’aigle avant de l’avoir plumé, mais ce n’est pas vraiment un futur radieux qui se profile à l’horizon pour l’empire 2.0.

Le système financier issu de la Seconde guerre mondiale – notamment les prêts en dollars du FMI ou de la Banque mondiale – assurait l’hégémonie de la monnaie américaine, permettant aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens en faisant financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollars pour commercer. Ce « privilège exorbitant » (dixit Giscard) fut encore renforcé en 1973 lorsque Nixon se mit d’accord avec les Saoudiens pour que ceux-ci vendent leur pétrole uniquement en billets verts, créant de facto le pétrodollar. L’OPEP suivra deux ans après. Pour les Etats-Unis, des décennies d’argent facile et de guerres financées par des pays tiers…

Jusqu’à ce que ces pays tiers disent stop. Certains d’entre eux du moins. La fronde a commencé vers la fin des années 2000. En Amérique latine, Argentine et Brésil décident de commercer dans leurs monnaies respectives, puis c’est au tour de la Chine et du Brésil, tandis que les pays émergents se rebellent au sein même des instances du FMI et de la Banque mondiale. Curieusement, Poutine était d’abord en retrait dans ce mouvement jusqu’à ce que la nouvelle Guerre froide subséquente à la crise ukrainienne fasse de lui le chevalier blanc de la dé-dollarisation de la planète. C’est, depuis 2014, une avalanche de défections auxquelles fait face le billet vert, contrairement à la fable médiatique hollywoodienne qui voudrait nous faire croire à une « communauté internationale » réunie autour de l’Occident. Russie, Chine, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Uruguay, Iran, Equateur, Egypte, Venezuela, Vietnam, Paraguay, Kazakhstan… tous ces pays ont renoncé au dollar ou sont en voie de le faire dans leurs échanges commerciaux bilatéraux au profit de leur monnaie ou de l’or. Pire ! les propres alliés de Washington (Canada, Corée du sud, Qatar) quittent le navire et s’en vont sifflotant passer des accords SWAP (échanges de devises) avec la Chine.

Comme si cela ne suffisait pas, les BRICS ont décidé au sommet de Fortaleza la création d’un système financier parallèle concurrençant le FMI et la Banque Mondiale d’obédience américaine tandis que la Chine y allait de sa propre banque personnelle vers laquelle se sont précipités les alliés intimes de l’oncle Sam (Angleterre, Australie) comme des enfants turbulents désobéissant au majordome. Il paraît qu’Obama en a interrompu sa partie de golf…

Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l’idée mais les bombes libératrices de l’OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu’il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

Sauf que… Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l’Angola ont dépassé l’Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d’après les observateurs, c’est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D’après un analyste, si l’Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu’elle commence à songer sérieusement à accepter des paiements en yuans… c’est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

Y a-t-il un lien avec la visite de haut niveau des Saoudiens à St Pétersbourg la semaine dernière, quelque chose du genre « Cher Vladimir, vous nous protégerez le cas échéant si on change de devise ? » A suivre…

On ne pouvait pas taper plus dans le mille. Octobre 2017 : un économiste de renom prévoit le remplacement par Riyad du dollar par le yuan, le roi saoudien effectue une visite historique à Moscou et les Russes vont vendre des batteries S400 à l’Arabie saoudite.

Carl Weinberg ne s’est pas souvent trompé dans ses analyses. Aussi, quand il déclare que Riyad est fortement encouragée par Pékin à lui vendre son pétrole en yuans et prédit que d’ici peu, les Saoudiens succomberont à la pression, il vaut mieux le prendre au sérieux :

« D’ici deux ans, la demande chinoise en pétrole écrasera la demande américaine. Je pense que la cotation des cours en yuans est pour bientôt. Dès que les Saoudiens l’accepteront – comme les Chinois les y contraignent – le reste du marché [les pétromonarchies, ndlr] suivra le mouvement. »

En filigrane, l’effondrement du pétrodollar mis en place il y a plus de quarante ans et pilier du système impérial américain. Les liaisons dangereuses entre Bush Junior et l’establishment wahhabite, le tendre baiser de Barack à frites sur le royal arrière-train du Seoud, tout cela n’aura finalement servi à rien…

Ca doit sérieusement grincer des dents le long des corridors néo-cons de Washington et il n’est pas impossible que quelques plans sur la « remodélisation » du royaume saoudien soient soudain sortis des tiroirs. Coïncidence (ou pas), le facétieux Vladimirovitch a justement ironisé sur la chose lors de la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi (…)

Est-ce tout à fait un hasard si, dans ces conditions, Salman a débarqué à Moscou il y a deux semaines, la première visite officielle d’un monarque saoudien en Russie. Cela fait des décennies que l’ours et le chameau sont opposés sur à peu près tous les dossiers brûlants de la planète, le second finançant le djihadisme mondial pour le bénéfice de son parrain US afin de diviser l’Eurasie et mettre le premier en difficulté. Que cache donc cette visite historique ?

Au-delà des nécessaires relations entre ces deux poids lourds du pétrole (accord OPEP+), le Seoud suit les pas des autres acteurs du Moyen-Orient, délaissés par l’inexorable reflux de l’empire et qui vont tous rendre visite au nouveau boss de la région. Comme le dit sans ambages Bloomberg :

« Les Israéliens, les Turcs, les Egyptiens, les Jordaniens – tous prennent le chemin du Kremlin dans l’espoir que Vladimir Poutine, le nouveau maître du Moyen-Orient, puisse assurer leurs intérêts et résoudre leurs problèmes. »

Le Seoud ne fait pas autre chose, allant à Canossa, mangeant son keffieh en rabaissant très sérieusement ses folles prétentions syriennes (tiens, Assad ne doit plus partir finalement). Mais il y a peut-être plus, beaucoup plus, et plusieurs voix (ici ou ici) y décèlent un changement tectonique. Nous en revenons à notre pétrole yuanisé et à nos S400…

Certains ont dû avoir le hoquet en lisant qu’après la Turquie, Moscou allait également vendre son inégalable système anti-aérien à son ex-Némésis wahhabite. On le comprendrait mieux s’il s’agit de créer un environnement favorable à une transition saoudienne vers la dédollarisation et la multipolarité eurasienne, voire d’assurer la future défense du pays face aux réactions hystériques de l’empire trahi. L’avenir nous le dira…

L’avenir sourit à qui sait attendre et nous n’avons pas encore la réponse à cette interrogation aux conséquences tectoniques. Mais si nos petits stratèges de DC la Folle sont en alerte rouge, c’est que la question revient avec acuité sur le devant de la scène. Riyad vient de menacer Washington d’abandonner la vente de son pétrole en dollars si le NOPEC passe. Traduction : la fin du pétrodollar, l’un des principaux piliers de la puissance impériale depuis un demi-siècle.

NOPEC, quézako ? Dans un article au titre quelque peu neuneu – NOPEC, l’arme de destruction massive de Trump contre l’OPEP – et n’analysant évidemment pas le désastre stratégique que cela constituerait pour les Etats-Unis, la presse nous l’expliquait néanmoins clairement il y a quelques mois :

Alors que Donald Trump veut à tout prix faire baisser les cours du brut, une sous-commission du Sénat va étudier mercredi la loi Nopec qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Donald Trump sera-t-il prêt à tout pour faire baisser les cours du brut ? Le président américain, qui tente sans succès depuis l’été d’obtenir des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’ils augmentent encore davantage leur production afin de faire baisser les prix, pourrait sortir l’artillerie lourde, selon la presse américaine.

Baptisée Nopec, la « loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole », va faire l’objet d’une audition ce mercredi 3 octobre devant le Sénat. Celle-ci modifierait la législation antitrust pour permettre de poursuivre pour collusion les pays de l’Opep et elle interdirait de restreindre la production d’hydrocarbures ou d’en fixer les prix. Rejetée jusqu’ici par Washington soucieux de ménager l’allié saoudien, leader du cartel, la proposition, régulièrement évoquée ces dix dernières années, serait, si elle aboutissait, un véritable coup de force des États-Unis. « L’Opep est la bête noire de Trump qui pourrait soutenir le Nopec ».

Les Saoudiens sont vent debout contre cette loi. Le mois dernier encore, ils annonçaient l’apocalypse lors de rencontres avec l’establishment financier de Wall Street. Il semble qu’ils aient maintenant passé la vitesse supérieure si l’on en croit leur menace d’abandonner le pétrodollar, « l’option nucléaire » comme elle est surnommée, et auprès de laquelle « l’arme de destruction massive » si chère à nos petits binoclards journalistiques fait figure de plaisanterie douteuse. Quand on connaît le poids de l’or noir, dont le commerce (principalement en dollars jusqu’à présent) est plus important que celui de tous les métaux bruts combinés, on comprend la portée de la chose…

Les Chinois sont extrêmement attentifs, eux qui font chaque jour un peu plus pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle leur vende son pétrole en yuans. Les Russes n’en perdent pas une miette non plus, l’option nucléaire saoudienne valant en l’occurrence bien plus que leurs derniers bijoux hypersoniques pourtant redoutables.

Sans surprise, le Deep State US ainsi que le lobby pétrolier s’opposent résolument au NOPEC qui, néanmoins, fait son bonhomme de chemin et passe l’un après l’autre les obstacles au Congrès. Car nous touchons là à l’éternelle contradiction historique entre intérêts nationaux et impériaux. La Rome du dernier siècle de la République en savait quelque chose, mais ceci est un autre sujet…

Ces Sénateurs et Représentants n’ont certes rien contre l’omnipotence américaine dans le monde mais ils ont aussi, petit détail fort incommodant, des électeurs. Eh oui, ces satanés citoyens qui ne s’intéressent, eux, qu’à leur fin de mois difficile et se fichent comme de l’an 40 des bases US dans le Rimland. On se rappelle qu’en 1992, à la grande consternation du Deep State, George Bush Senior, le président qui avait supervisé la chute de l’URSS et pouvait pousser à fond l’avantage de l’empire, avait été battu par un gringalet nommé Bill Clinton, qui ne faisait que promettre des jobs. Si l’Etat profond avait évidemment fini par récupérer ce dernier au bout de quelques années, les néo-cons se sont toujours mordu les doigts de n’avoir pas su placer un des leurs à la Maison Blanche en cette période cruciale du début de la décennie 90.

Pour les membres du Congrès, tournés vers la situation intérieure, l’équation est simple : NOPEC = pétrole moins cher = consommateurs contents = réélection. Avec, en passant, une petite gifle à l’Arabie Saoudite en prime, dont l’image dans le public américain est aussi écornée qu’un parchemin rassis du XIIIème siècle.

Le lobby pétrolier, lui, pense évidemment en sens inverse : or moins cher = moins de profits. Dans le même wagon, les producteurs de pétrole de schiste réclament à cor et à cri un baril au-dessus de 70$ pour couvrir les coûts énormes de la fracturation hydraulique. Quant au Deep State, il grince des dents en imaginant la fin du financement facile de ses guerres/bases/invasions/coups d’Etat, marque de fabrique impériale.

S’il y en a un qui doit être assez désarçonné en ce moment, c’est bien le Donald. Ayant mis un accent sincère durant sa campagne sur le pouvoir d’achat, il se lâche régulièrement en imprécations twitteresques contre l’OPEP, vilipendant le cartel pour cause de pétrole cher. D’un autre côté, au-delà même de savoir s’il a définitivement été drainé par le marais, un président américain peut-il réellement et sciemment laisser tomber le pétrodollar ? Le NOPEC n’est pas nouveau et, en leur temps, Bush Junior et Barrack à frites s’y sont tous deux fortement opposés, brandissant carrément la menace du veto. Si le Donald rêve indéniablement moins de gloire expansionniste que ses deux prédécesseurs et si son inclination personnelle et politique le pousserait à soutenir le NOPEC, va-t-il pour autant franchir le Rubicon ? Rien n’est moins sûr.

A Moscou et à Pékin, on attend la suite du feuilleton avec impatience. Que le NOPEC passe et que les Saoudiens mettent, pour une fois, leurs menaces à exécution, et c’est tout l’édifice impérial qui s’effrite, avec les gigantesques conséquences que l’on sait. Et même si, finalement, les choses rentrent d’une manière ou d’une autre dans l’ordre à Washington (torpillage du NOPEC au Congrès par le Deep State, veto présidentiel), l’épisode restera comme un coup de canif supplémentaire et indélébile à la majesté du pétrodollar. C’est, à ma connaissance, la première fois que les Seoud évoquent publiquement la possibilité d’abandonner le dollar. Une véritable révolution copernicienne devant laquelle Russes et Chinois se frottent les mains…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/nopec-dedollarisation-et-le-casse-tete-de-l-or-noir

L’HYSTÉRIE ANTI-RUSSE¸ S’EMPARE DU PÉTROLE LIBYEN

L’HYSTÉRIE ANTI-RUSSE¸ S’EMPARE DU PÉTROLE LIBYEN

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04.03.2019

Le journal britannique The Telegraph a jeté dans l’espace médiatique une autre désinformation anti-russe sur la prétendue «présence» en Libye de «mercenaires de Russie».

Ce qui est intéressant: le journal Telergaph lui-même écrit directement que les allégations de «centaines de mercenaires» du «PMC russe Wagner» en Libye sont basées sur des rumeurs.

Néanmoins, le journal tire de profondes conclusions de fausses rumeurs.

 Le journal affirme que les « mercenaires russes » soutiennent le commandant de l’armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, dans ses opérations contre les terroristes en Libye afin d’assurer « l’expansion économique » de Moscou en Afrique.

Le Telergaph affirme que la Russie veut empêcher l’Occident de contrôler le flux de pétrole libyen acheminé vers l’Europe.

De fausses nouvelles similaires, tirées des pages du journal brumeux d’Albion, volent en masse dans les vastes médias de différents pays.

Rappelons qu’en 2011, la Grande-Bretagne, les États-Unis et d’autres pays, membres de l’alliance criminelle de l’OTAN, ont lancé une agression perfide contre la Jamahiriya souveraine indépendante, souverain et libyenne, afin de néo-coloniser les riches ressources naturelles du pays, qu’il y a 50 ans, le peuple libyen, soutenir la révolution FATEH, regagné. Cette agression continue à ce jour. Le pays qui est devenu l’un des plus développés du monde arabe au cours des années de direction de Mouammar Kadhafi a été complètement ravagé, une partie de son territoire est entre les mains de bandes terroristes. Ces terroristes sont financés et armés par l’alliance de l’OTAN et leurs satellites dans le monde arabe.

En outre, tous les milliards de la Jamahiriya libyenne bloquée en 2011 par l’Occident et destinée à des projets de développement internationaux sont sous le contrôle des États-Unis et de leurs alliés et sont utilisés par ceux-ci pour s’enrichir.

 Les champs de pétrole, les oléoducs et les terminaux sont en réalité sous le contrôle de sociétés occidentales.

Le gouvernement de la marionnette de Sarraj à Tripoli est sous leur contrôle.

Il est confirmé que les médias occidentaux, avant tout anglo-saxons, ont pour mission de répandre des faux et de fausses spéculations afin de noircir la Russie et de diffamer son influence croissante sur les processus d’un règlement politique pacifique en Libye.

Mais les patriotes libyens, qui préparent des élections présidentielles et législatives honnêtes et ouvertes dans le pays sous l’égide de l’ONU, comprennent bien lequel des pays, acteurs extérieurs sur l’échiquier libyen, prône systématiquement le dialogue de paix intra-libyen. Les citoyens libyens voient bien qui veut imposer leurs marionnettes corrompues au peuple libyen, qui se fout complètement des intérêts nationaux du peuple libyen.

Il y a une telle maladie des yeux – CATARACT! Et seuls ceux qui souffrent de cette maladie ne voient pas que le brouillard empoisonné anti-russe et anti-libyen fait partie de la même politique criminelle coloniale anglo-saxonne consistant à « diviser pour régner! ».

http://katehon.com/article/anti-russian-hysteria-seize-libyas-oil

D’ici 2024, les USA pourraient devenir le principal exportateur mondial de pétrole, ce qui changerait la donne géopolitique

D’ici 2024, les USA pourraient devenir le principal exportateur mondial de pétrole, ce qui changerait la donne géopolitique


L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les USA deviennent le principal exportateur mondial de pétrole d’ici 2024.


Par Andrew Korybko – Le 19 Mars 2019 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoElle a émis un rapport, qui attribue cette montée en puissance à« l’incroyable force de l’industrie du gaz de schiste », ajoutant que le phénomène constitue « un jalon majeur qui apportera une plus grande diversité de l’offre sur les marchés ». Le rapport complet de l’agence n’est pas distribué en accès libre, mais il reste possible de tirer les conséquences les plus importantes au niveau de l’industrie énergétique mondiale, et dans les relations internationales en général.

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Les USA se retrouveront en position de défier l’alliance de l’OPEP+, constituée entre la Russie et l’Arabie Saoudite. Cela sera d’autant plus plausible si le Congrès adopte la loi dénommée « NOPEC » d’ici là, ce qui donnerait le droit au gouvernement d’attaquer les Grandes puissances précitées en justice, pour s’en prendre à leur coordination sur le marché du pétrole, et d’aller jusqu’à leur imposer des sanctions en réponse.

Depuis 2017, l’Agence d’information sur l’énergie étasunienne évalue à 37% la part des exportations de pétrole des USA vers le Canada, le Mexique et le Brésil ; ces exportations pourraient s’étendre dans l’hémisphère américain, les USA s’employant à organiser l’autarcie de leur zone du monde, leur stratégie générale s’employant à présent à bâtir leur projet géostratégique de « Citadelle Amérique ». On peut donc s’attendre à voir les USA faire usage de leur tout nouveau statut de superpuissance énergétique pour promouvoir leurs intérêts géostratégiques : cela passerait par une entrée en compétition sur le marché de pétrole avec la Russie et l’Arabie Saoudite pour la conquête des marchés en croissance que constituent l’Europe et l’Asie – on pourrait assister à une baisse significative des prix du pétrole mondiaux, les quantités de produit déversées sur les marchés rendant impossible à l’OPEP+ de faire monter les prix à volonté comme dans le passé.

Si tel était le cas, les budgets russe et saoudien pourraient se voir grevés de précieuses rentrées de capitaux, aux moments sensibles de leurs calendriers respectifs que sont la « Grande Société » et Vision 2030. Ces deux projets ambitieux pourraient en subir le contrecoup, à moins que les gouvernements des deux pays ne ré-allouent des dépenses d’autres postes (comme vers les complexes militaro-industriels) pour compenser ces manques à gagner. Dans les deux cas, les populations des deux pays pourraient réagir politiquement, ce qui pourrait déstabiliser les deux pays : l’Arabie Saoudite comme la Russie feraient bien d’anticiper ces événements, et pourquoi pas planifier des contre-mesures préventives pour empêcher ce type de scénario. Ajoutons que ces conséquences potentielles sont hypothétiques et restent donc incertaines.

On peut en revanche prédire sans grand risque de se tromper que les USA profiteront des entrées d’argent de ces ventes de pétrole pour combler leurs déficits budgétaires et travailler à se rendre stratégiquement indépendants des pays auxquels ils étaient jusqu’ici liés, au travers d’achats de bons du trésor ou de pétrole. Cette prise d’indépendance répondrait aux intérêts propres étasuniens, mais l’affaiblissement des interdépendances complexes en place entre eux-mêmes et d’autres pays, construite sur des décennies de pratiques mondialistes, pourraient permettre la libération d’une certaine agressivité de la part des USA vers leurs anciens partenaires, chose qui désavantagerait évidemment les pays en question, par un jeu à somme nulle. Quoi qu’il en soit, il faudra sans doute attendre 2030 pour voir ces conséquences se concrétiser, et l’eau aura bien coulé sous les ponts d’ici là.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 13 mars 2019.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Note du Saker Francophone

Il semble que l'on trouve deux sortes d'experts en énergie, et notablement en pétrole : ceux qui prédisent que l'industrie du gaz de schiste [étasunienne en particulier, mais en général aussi] est une fumisterie financière dont la fin est proche, et ceux qui pensent qu'elle marque un réel changement. L'Agence internationale de l'énergie, en tous cas, a choisi son « camp »

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/dici-2024-les-usa-pourraient-devenir-le-principal-exportateur-mondial-de-petrole-ce-qui-changerait-la-donne-geopolitique

Les Etats-Unis veulent interdire à l’UE d’acheter du gaz russe

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

L’appel à la réconciliation, lancé par Emmanuel Macron dimanche à la télévision italienne, ne fera pas disparaître les approches rivales de Rome et de Paris qui conditionnent l’avenir politique de la Libye
De gauche à droite : le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini (dirigeant de la Ligue du Nord, extrême droite), Emmanuel Macron, et le vice-Premier ministre aussi chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, qui gouverne en coalition avec la Ligue du Nord), Luigi Di Maio (AFP)

Les relations franco-italiennes sont loin d’être au beau fixe par les temps qui courent. Il y a quelques jours, Paris demandait le rappel de son ambassadeur à Rome à la suite d’une série de fausses notes du côté italien : soutien public des Gilets jaunes par le vice-Premier ministre et dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, critique de la politique migratoire française, inflexibilité sur le projet d’ouverture d’une ligne TGV entre Lyon et Turin…

Mais derrière ces querelles diplomatiques, essentiellement protocolaires, un véritable bras de fer géopolitique se déroule entre Paris et Rome de l’autre côté de la Méditerranée. La Libye est aujourd’hui le théâtre d’une véritable bataille diplomatique entre la France et l’Italie.

Le démembrement de l’État libyen de Kadhafi à la suite des opérations militaires engagées en 2011 par les forces de l’OTAN, où la France a eu un rôle prééminent, a occasionné de profondes répercussions géopolitiques. La destruction de l’appareil étatique libyen a entraîné une déstabilisation de son environnement régional tout en livrant le pays aux différentes factions politiques armées revendiquant chacune leur prétention à l’exercice du pouvoir.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007, sous la tente bédouine que le dirigeant libyen avait installée dans la résidence officielle de l’hôtel Marigny (AFP)

Dans ce contexte particulièrement instable, où les négociations pour l’institution durable d’un gouvernement consensuel et légitime peinent à avancer depuis 2011, la France et l’Italie se livrent à une discrète guerre d’influence afin de préserver leurs intérêts respectifs au sein d’un territoire aux portes de l’Europe qui constitue, à plusieurs titres, un enjeu stratégique pour les deux puissances.

Libye année zéro

La Libye du colonel Kadhafi présentait un inconvénient de taille pour les puissances occidentales : elle disposait de la pleine maîtrise étatique de ses ressources naturelles, ce qui a longtemps permis au régime libyen de disposer d’importants capitaux économiques qui pouvaient être employés sous forme d’investissements sur tout le continent.

Durant la seconde moitié des années 1970, la Libye était particulièrement active dans le développement d’une politique panafricaine affranchie de toute ingérence étrangère. Cette période assigna au pays un statut de puissance régionale qui s’exerça en particulière aux confins sud de ses frontières, le long de la bande d’Aouzou, disputée avec le Tchad voisin soutenu par la France. Sur le plan interne, la solidité du régime reposait sur quatre piliers essentiels : l’appareil de sécurité, les comités révolutionnaires, la compagnie pétrolière nationale (NOC) et le fond d’investissement libyen.

La France a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012

C’est précisément l’essentiel de cette structure qui disparaît sous les bombes lors des opérations de la coalition en mars 2011. Kadhafi meurt en emportant son régime avec lui. Les conséquences d’un tel effondrement sont connues (guerre civile, fuite d’importants stocks d’armes dont une partie alimenteront les groupes armés qui combattront les troupes françaises au Mali en 2013, accroissement de l’immigration clandestine…).

La France, qui a contribué dans une large mesure aux opérations aériennes au-dessus de la Libye, a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012.

De son côté, l’Italie a vu d’un très mauvais œil l’intervention militaire française de 2011. Certains hommes politiques italiens pointaient d’ailleurs du doigt, dès 2011, le risque encouru pour la recrudescence de l’immigration clandestine vers l’Europe en provenance d’Afrique. Il est intéressant de souligner qu’à l’époque, cet argument était déjà mis en avant par la Ligue du Nord, parti dont est issu l’actuel ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, en partie à l’origine du refroidissement des relations diplomatiques entre Rome et Paris.

Un eldorado pétrolier fortement convoité

Le contentieux franco-italien en Libye n’est donc pas une affaire récente. Pour Rome, l’ancien territoire libyen, qui fut d’abord et avant tout une colonie administrée à partir de 1911 et abandonnée en 1947, représente son pré carré africain traditionnel.

Sous Kadhafi, malgré le caractère fluctuant des relations diplomatiques, les deux pays surent conserver des relations économiques durables de sorte que l’Italie demeura le premier partenaire économique du pays. Sur ce plan, l’économie pétrolière a historiquement constitué un ciment géopolitique durable qui n’a jamais été altéré par les différentes crises diplomatiques qui survinrent entre Rome et Tripoli.

La déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie (AFP)

Le groupe italien ENI était d’ailleurs présent dès 1959 en Cyrénaïque, position qui lui a permis d’obtenir une situation privilégiée en matière d’exportation d’hydrocarbures et de gaz. Au moment de la chute de Kadhafi, en 2011, l’Europe importait 80 % du pétrole libyen dont 32 % pour l’Italie, premier client du pays.

Jusqu’en 2011, l’économie libyenne reposait en grande partie sur ses exportations pétrolières de sorte que 65 % du PIB national était tiré des exportations d’hydrocarbures.

Avec une production oscillant de 1,3 à 1,6 million de barils par jour, la Libye de Kadhafi était ainsi le second exportateur africain de pétrole après le Nigeria. Par ailleurs, du fait de sa qualité (peu sulfureux) et de la proximité des sites d’extraction par rapport aux terminaux maritimes d’exportation, le coût de production du baril libyen représentait l’un des moins chers du marché (de 3 à 5 dollars par baril).

Comment la contrebande du pétrole libyen saigne le pays à blanc

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Pour Rome, la manne pétrolière libyenne a donc représenté historiquement une aubaine stratégique puisqu’elle permettait à l’Italie de conserver une relative autonomie énergétique. Aux côtés de la National Oil Company libyenne, le groupe italien ENI représentait le premier producteur étranger de pétrole en Libye.

En 2011, à l’issue des opérations militaires contre Kadhafi, l’économie pétrolière libyenne s’effondre avec une production journalière qui chute à 200 000-300 000 barils par jour. Dans un premier temps, le groupe ENI s’est ainsi vu dans l’obligation d’arrêter sa production de pétrole tout en maintenant, malgré tout, l’extraction de gaz, secteur moins touché par les opérations militaires.

Cette déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie, pour réinvestir le secteur pétrolier en profitant de la vacance du pouvoir occasionnée par les opérations militaires. Quelques jours après la fin des bombardements de la coalition, une lettre rédigée par le Conseil national de transition (CNT) libyen évoquait ainsi la possibilité d’octroyer 35 % des futures concessions pétrolières libyennes au groupe Total. Une aubaine pour cet opérateur qui disposait, avant la chute de Kadhafi, d’une implantation relativement modeste (55 000 barils par jours) par rapport au groupe italien ENI (244 000 barils par jours). Une nouvelle donne géopolitique qui constitue aujourd’hui l’un des facteurs déterminants dans la rivalité franco-italienne en Libye.

Des stratégies d’influence au cœur de l’avenir politique de la Libye

L’avenir politique de la Libye est aujourd’hui en partie conditionné par les approches géopolitiques rivales de la France et de l’Italie. Dans un pays où plus d’une vingtaine de groupes politiques armés se disputent encore le contrôle de l’État ainsi que celui des puits pétroliers, Rome et Paris défendent deux visions diamétralement opposées.

Le gouvernement italien s’est aligné sur la position officielle des Nations unies en reconnaissant le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, basé à Tripoli et institué en 2016, comme seul légitime. Un choix qui semble cohérent par rapport aux intérêts et à l’influence italienne à l’ouest de la Libye.

En soutenant le pouvoir de Tripoli, l’Italie sécurise également son important terminal pétrolier de Melittah, cogéré par la NOC et le groupe ENI. Par ailleurs, la Cyrénaïque est historiquement plus réfractaire à la puissance italienne, souvent renvoyée à son identité coloniale.

La France a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque

Enfin, le gouvernement italien est particulièrement pressé par la question migratoire puisqu’une grande partie des migrants qui débarquent sur les côtes de la péninsule provient du littoral tripolitain, en particulier de Sabratha, considérée aujourd’hui comme une capitale de la migration clandestine où les passeurs règnent en maîtres et qui n’est qu’à 300 kilomètres des côtes italiennes.

La France, de son côté, a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque. Un choix qui peut s’avérer judicieux du point de vue de la géopolitique des hydrocarbures. Le croissant pétrolier libyen qui s’étire le long du bassin de Syrte concentre en effet 85 % des réserves de pétrole et 70 % des réserves de gaz tandis que cinq des six terminaux pétroliers se situent également à l’Est du pays.

En mars 2018, le groupe Total annonçait d’ailleurs le rachat, à auteur de 16,3 %, des concessions pétrolières détenues par l’américain Marathon Oil sur les champs de Waha. Un positionnement français, à l’Est du pays, qui s’explique également d’un point de vue militaire : Paris considère en effet que le sud-est libyen est une zone grise particulièrement instable et où les groupes terroristes armés bénéficient d’une réelle assise menaçant la force Barkhane déployée au Sahel. Un tel positionnement, de la part de la France, ne pouvait cependant être obtenu sans un allié local lui permettant de maintenir une relative stabilité de ses intérêts à l’est.

Le Premier ministre Fayez el-Sarraj, le président français Emmanuel Macron et le maréchal Khalifa Haftar en conférence de presse près de Paris le 25 juillet 2017 (AFP)

Or, depuis 2016, le maréchal Haftar, un ancien officier de l’armée de Kadhafi, a pris le contrôle de l’est de la Libye et de ses principaux champs pétroliers, malgré un revers militaire rapidement récupéré en juin 2018. Il a par ailleurs décidé de transférer la gestion des ressources pétrolières, contrairement aux années précédentes, à la Compagnie nationale pétrolière de Benghazi, rivale de Tripoli. Une position qui accentue encore plus la division du pays.

Haftar n’en demeure pas moins particulièrement attractif aux yeux de la France qui le considère comme l’homme fort de l’est et qui l’a désormais intégré dans le processus de négociation, notamment lors du sommet de Paris en mai 2018, pour l’établissement d’élections libres en Libye, alors même que le général boudait le sommet de Palerme organisé par l’Italie quelques mois plus tard. L’avenir de la Libye est donc aujourd’hui conditionné en partie par le règlement du conflit d’intérêt qui oppose la France à l’Italie.

La France est-elle un médiateur sincère dans le conflit libyen ?
Guma el-Gamaty

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Actuellement, les différents partis libyens ne parviennent pas à s’entendre sur le projet d’une nouvelle Constitution. Le sommet de Paris devait déboucher sur des élections en décembre 2018 qui n’ont jamais eu lieu. Mais la reconstruction de l’État libyen souverain implique, au minimum, la fin de l’antagonisme entre Tripoli et Benghazi, antagonisme qui ne pourra être dépassé tant que les deux puissances européennes alimenteront les conditions d’une politique de division nationale en Libye.

Le 27 février dernier, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar se sont rencontrés lors d’un sommet organisé par les Nations unies à Abou Dabi. Les deux hommes se sont entendus sur un nouvel accord de principe pour la tenue d’élections libres d’ici l’été prochain. Peut-être une lueur d’espoir pour l’avenir de la Libye.

 

https://www.middleeasteye.net/fr/news/bras-de-fer-geopolitique-entre-la-france-et-litalie-en-libye

Hydrocarbures : le Nigeria réclame 20 milliards de dollars aux géants du pétrole

Pétrole & Gaz

Hydrocarbures : le Nigeria réclame 20 milliards de dollars aux géants du pétrole

22 février 2019 à 15h17 | Par Jeune Afrique

L’administration nationale souhaite récupérer plusieurs milliards de dollars d’arriérés d’impôts auprès des compagnies pétrolières étrangères installées sur son territoire. Une réclamation qui s’inscrit dans une vaste campagne de recouvrement lancée par l’État, à la veille des élections présidentielles et législatives.

Abudja, réclame entre 2,5 et 5 milliards de dollars d’arriérés d’impôts à Royal Dutch Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total et Equinor. Les entreprises ont été averties au cours de l’année écoulée, par un courrier du service de recouvrement de la compagnie pétrolière nationale, la Nigerian National Petroleum Corporation.

Au total, l’opération doit permettre aux autorités de récupérer près de 20 milliards de dollars auprès compagnies visées. Deux d’entre-elles viennent de rendre l’affaire publique, ce qui soulève des soupçons d’instrumentalisation politique de la part du pouvoir, à la veille des élections présidentielles et législatives prévu le 23 février.

« Plusieurs opérateurs ont reçu des réclamations similaires, en liens avec une affaire entre les autorités nationales et locales du pays », a affirmé un porte-parole du groupe norvégien Equinor, selon lequel cette réclamation « n’a aucun mérite ». De son côté, ExxonMobil « est actuellement en train de plancher sur la question », a commenté un porte-parole du géant américain.

« Une dispute interne » des autorités nigérianes

De leur côté, les autorités nigérianes ont refusé de s’exprimer sur cette affaire. Mais d’après certaines sources gouvernementales et  industrielles contactées par Reuters, l’argument du redressement fiscal ne serait en fait qu’un prétexte pour mobiliser des fonds qui doivent être reversés aux États locaux, pour faire preuve d’une meilleur redistribution des revenus issus de la manne pétrolière.

« Cela ressemble à une dispute interne entre l’administration fédérale et les gouvernements locaux. Le gouvernement central essaie simplement de transférer ses dettes aux compagnies pétrolières », affirme une autre source industrielle.

Un campagne nationale de recouvrement d’impôts

Au-delà des compagnies pétrolières étrangères, les autorités nigérianes sont en pleine campagne de recouvrement fiscal menée par l’organisme public de recouvrement, le Federal Inland Revenue Service (FIRS).

En 2018, selon l’agence de presse nigérienne NAN, la FIRS a identifié et obtenue le recouvrement d’impôts de près de 40 000 entreprises évadées fiscales en 2018, pour un total de 6,4 milliards de dollars (dont 46 % issus d’entreprises liés à l’industrie pétrolières). En continuité de cette campagne, le FIRS envisage pour 2019 de régulariser la situation de 45 000 fraudeurs identifiés.

Entretien du Saker avec Michael Hudson sur le Venezuela

Entretien du Saker avec Michael Hudson sur le Venezuela


Par Michael Hudson – Le 7 février 2019 – Source thesaker.is via  Unz Review

Hudson

Le Saker : Pouvez-vous résumer l’état de l’économie du Venezuela lorsque Chavez est arrivé au pouvoir ?

Michael Hudson : Le Venezuela était une mono-industrie du pétrole. Ses recettes d’exportation ont été largement consacrées à l’importation de produits alimentaires et autres nécessités qu’elle aurait pu produire chez elle. Son commerce était fait en grande partie avec les États-Unis. Malgré sa richesse pétrolière, il a donc augmenté sa dette extérieure.

2015-09-15_13h17_31-150x112Préambule : La vraie nature de l’économie vénézuélienne suscite de nombreuses controverses, à savoir si les réformes et les politiques d’Hugo Chavez et de Nicholas Maduro furent cruciales pour le peuple du Venezuela ou complètement erronées et ont précipité les crises actuelles. Tout un chacun semble avoir une opinion très arrêtée à ce sujet. Mais pas moi, tout simplement parce que je n’ai pas l’expertise pour avoir de tels avis. J'ai donc décidé de demander à l'un des économistes indépendants les plus en vue, Michael Hudson, pour qui j'ai un immense respect et dont les analyses – compris celles qu'il a co-écrites avec Paul Craig Roberts - semblent être les plus crédibles et les plus honnêtes qui soient. Paul Craig Roberts considère en effet que Hudson est le « meilleur économiste au monde » !
 
Je suis profondément reconnaissant à Michael pour ses réponses qui, je l’espère, contribueront à une compréhension honnête et objective de ce qui se passe réellement au Venezuela.
 
The Saker

Depuis le début, les compagnies pétrolières américaines ont craint que le Venezuela utilise un jour ses revenus pétroliers pour le bénéfice de sa population au lieu de laisser l’industrie pétrolière américaine et son aristocratie compradore locale siphonner sa richesse. Ainsi, l’industrie pétrolière – soutenue par la diplomatie américaine – a tenu le Venezuela en otage de deux manières.

Réserves de pétrole prouvées par Etat

Tout d’abord, les raffineries de pétrole n’ont pas été construites au Venezuela, mais à Trinidad et dans les États du sud de la côte américaine du Golfe. Cela a permis aux sociétés pétrolières américaines – ou au gouvernement américain – de laisser le Venezuela sans les moyens de « se débrouiller seul » et de mener une politique indépendante avec son pétrole, car il avait besoin de raffineries. Il n’est pas utile d’avoir des réserves de pétrole si vous ne parvenez pas à raffiner cette huile pour qu’elle soit utilisable.

Deuxièmement, les banquiers centraux du Venezuela ont été convaincus de nantir leurs réserves de pétrole, et tous les actifs du secteur pétrolier de l’État – y compris Citgo – en garantie de sa dette extérieure. Cela signifiait que si le Venezuela faisait défaut – ou était contraint à la faillite par des banques américaines refusant de payer en temps voulu sa dette extérieure – les détenteurs d’obligations et les grandes compagnies pétrolières américaines seraient légalement en mesure de prendre possession des avoirs pétroliers vénézuéliens.

Ces politiques pro-américaines ont fait du Venezuela une oligarchie latino-américaine typiquement polarisée. Bien qu’il soit théoriquement riche en pétrole, sa richesse était concentrée dans les mains d’une oligarchie pro-américaine qui a laissé piloter son développement national  par la Banque mondiale et le FMI. La population autochtone, en particulier sa minorité raciale rurale ainsi que la sous-classe urbaine, n’étaient pas autorisés à partager les richesses pétrolières du pays. Le refus arrogant de l’oligarchie de partager la richesse, voire de rendre le Venezuela autosuffisant, a fait de l’élection de Hugo Chavez un résultat naturel.

Le Saker : Pouvez-vous décrire les différentes réformes et changements introduits par Hugo Chavez ? Qu’est-ce qu’il a bien fait et qu’est-ce qu’il a mal fait ?

Michael Hudson : Chavez a cherché à établir une économie mixte au Venezuela, en utilisant les revenus de son gouvernement – principalement du pétrole, pour développer l’infrastructure et les dépenses nationales en soins de santé, en éducation et en emplois, afin d’améliorer le niveau de vie et la productivité de sa base électorale.

Mais il a été incapable d’empêcher les détournements de fonds et le pillage des revenus du secteur pétrolier. Et il a été également incapable d’arrêter la fuite des capitaux de l’oligarchie, qui a transféré ses richesses en fuyant à l’étranger.

Ce n’était pas « erroné ». Il faut simplement beaucoup de temps pour réformer une économie – alors que les États-Unis ont eu recours à des sanctions et à des « manœuvres malhonnêtes » pour mettre fin à ce processus.

Le Saker : Quelles sont, à votre avis, les causes de la crise économique actuelle au Venezuela – est-ce principalement dû aux erreurs de Chavez et Maduro ou est-ce le sabotage, la subversion et les sanctions des États-Unis ?

Michael Hudson : Il n’y a aucun moyen pour que Chavez et Maduro aient pu mener une politique pro-vénézuélienne visant à obtenir l’indépendance économique sans susciter la fureur, la subversion et les sanctions des États-Unis. La politique étrangère américaine reste autant axée sur le pétrole que lorsqu’elle avait envahi l’Irak sous le régime de Dick Cheney. La politique américaine consiste à considérer le Venezuela comme un prolongement de l’économie américaine, enregistrant un excédent commercial grâce au pétrole qui doit être dépensé aux États-Unis ou transféré à des banques américaines.

En imposant des sanctions qui empêchent le Venezuela d’avoir accès à ses dépôts bancaires américains et aux actifs de sa société publique Citgo, les États-Unis empêchent le Venezuela de payer sa dette extérieure. C’est le forcer à la faillite, ce que les diplomates US espèrent, comme excuse pour saisir les ressources pétrolières du Venezuela et s’emparer de ses avoirs extérieurs, à l’instar du fonds de couverture Paul Singer qui visait les avoirs extérieurs de l’Argentine.

Tout comme la politique américaine sous Kissinger était de faire « souffrir l’économie » du Chili, les États-Unis suivent la même voie contre le Venezuela. Ils utilisent ce pays comme un « exemple » pour avertir les autres pays qu’ils ne doivent pas agir pour leurs intérêts propres, de façon à permettre le siphonnage de leurs excédents économiques par des investisseurs américains.

Le Saker : Selon vous, que devrait faire ensuite Maduro – en supposant qu’il reste au pouvoir et que les États-Unis ne le renversent pas – pour sauver l’économie vénézuélienne ?

Michael Hudson : Je ne peux penser à rien que le président Maduro puisse faire qu’il ne fasse pas déjà. Au mieux, il peut rechercher un soutien étranger – et démontrer au monde la nécessité d’un système financier et économique international alternatif.

Il a déjà commencé à le faire en essayant de retirer l’or du Venezuela de la Banque d’Angleterre et de la Réserve Fédérale. Cela se transforme en « guerre asymétrique », menaçant la sanctification de la norme du dollar dans la finance internationale. Le refus de l’Angleterre et des États-Unis d’accorder à un gouvernement élu le contrôle de ses avoirs extérieurs prouve au monde entier que les diplomates et les tribunaux américains peuvent, à eux seuls, contrôler les pays étrangers en tant que prolongement du nationalisme américain.

L’attaque économique contre le Venezuela par les États-Unis a donc pour prix la fracturation du système monétaire mondial. La démarche défensive de Maduro montre à d’autres pays qu’ils doivent éviter de devenir « un autre Venezuela»  en trouvant un nouveau lieu sûr et un payeur fiable pour leur or, leur réserve de change et leur financement, loin des zones dollar, livre sterling et euro.

La seule façon pour Maduro de lutter avec succès est au niveau institutionnel, ce qui lui permet de « sortir de la boîte ». Son plan – bien sûr à long terme – consiste à aider à catalyser un nouvel ordre économique international indépendant de l’étalon dollar américain. Cela ne fonctionnerait à court terme que si les États-Unis étaient convaincus qu’ils peuvent émerger de cette lutte en tant que courtier financier honnête, avec un système bancaire fiable, et partisan de régimes démocratiquement élus. L’administration Trump détruit l’illusion plus complètement que ne le pourrait tout critique anti-impérialiste ou rival économique !

À plus long terme, Maduro doit également développer l’agriculture vénézuélienne, à peu près comme les États-Unis qui ont protégé et développé leur agriculture dans le cadre de la législation du New Deal des années 1930 : extension des services ruraux, crédit rural, conseils en semences, organisations nationales de commercialisation des récoltes, achat et fourniture de matériel agricole, et le même type de soutien des prix que les États-Unis utilisent depuis longtemps pour subventionner les investissements agricoles nationaux afin d’accroître la productivité.

The Saker : Qu’en est-il du projet d’introduction d’une crypto-monnaie basée sur le pétrole ? Sera-ce une alternative efficace au Bolivar vénézuélien mourant ?

Michael Hudson : Seul un gouvernement national peut émettre une monnaie. Une « crypto » devise liée au prix du pétrole deviendrait un moyen de couverture, sujet aux manipulations et aux fluctuations de prix des vendeurs à terme et des acheteurs. Une monnaie nationale doit être basée sur la capacité d’imposition du pays, et les recettes pétrolières qui constituent la principale source d’impôts au Venezuela sont bloquées aux États-Unis. La position du Venezuela est donc semblable à celle du mark allemand suite à l’hyperinflation du début des années 1920. La seule solution implique un soutien à la balance des paiements. Il semble que le seul soutien de ce type puisse provenir de l’extérieur de la sphère du dollar.

La solution à toute hyperinflation doit être négociée diplomatiquement et soutenue par les autres gouvernements. Mon histoire du commerce international et de la théorie financière, Trade, Development and Foreign Debt, décrit le problème des réparations de l’Allemagne et comment son hyperinflation a été résolue par le Rentenmark.

La taxe de rente économique du Venezuela proviendrait du pétrole, des sites d’immobilier de luxe, ainsi que des monopoles et des hauts revenus – principalement les revenus financiers et monopolistiques. Une telle politique fiscale et monétaire doit être encadrée par une logique. J’ai essayé d’expliquer comment atteindre l’indépendance monétaire et donc politique depuis un demi-siècle. La Chine applique cette politique le plus efficacement possible. Elle est capable de le faire car il s’agit d’une économie importante et autosuffisante, dotée d’un excédent d’exportation suffisant pour pouvoir payer ses importations de produits alimentaires. Le Venezuela n’est pas dans une telle position. C’est la raison pour laquelle il cherche l’aide de la Chine en ce moment.

Le Saker : Quelle aide apportent la Chine, la Russie et l’Iran et que peuvent-ils faire pour aider ? Pensez-vous que ces trois pays ensemble peuvent aider à contrer le sabotage, la subversion et les sanctions des États-Unis ?

Michael Hudson : Aucun de ces pays n’a actuellement la capacité de raffiner le pétrole vénézuélien. Cela rend difficile pour eux d’accepter un paiement en pétrole vénézuélien. Seul un contrat de fourniture à long terme, payé en avance, serait réalisable. Et même dans ce cas, que feraient la Chine et la Russie si les États-Unis saisissaient simplement leurs propriétés au Venezuela ou refusaient de laisser la compagnie pétrolière russe prendre possession de Citgo ? Dans ce cas, la seule solution serait de saisir les investissements américains dans leur propre pays à titre de compensation.

Au moins la Chine et la Russie peuvent fournir un mécanisme de compensation bancaire alternatif à SWIFT, afin que le Venezuela puisse contourner le système financier américain et empêcher ses avoirs d’être saisis à volonté par les autorités américaines ou les créanciers obligataires. Et bien sûr, ils peuvent sécuriser la plus grande partie de l’or que le Venezuela peut récupérer de New York et de Londres.

Pour l’avenir, la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres pays doivent donc mettre en place un nouveau tribunal international chargé de statuer sur la crise diplomatique à venir et sur ses conséquences financières et militaires. Une telle cour – et la banque internationale associée, en tant qu’alternative au FMI et à la Banque mondiale contrôlés par les États-Unis – a besoin d’une idéologie claire pour définir un ensemble de principes de nationalité et de droits internationaux ainsi que le pouvoir de mettre en œuvre et d’appliquer ses jugements.

Les stratèges financiers américains auraient alors le choix : s’ils continuent à utiliser le FMI, la Banque mondiale, l’OIT et l’OTAN comme des prolongements d’une politique étrangère de plus en plus agressive, ils risquent d’isoler les États-Unis. L’Europe devra choisir entre rester un satellite économique et militaire américain, ou joindre son sort à celui de l’Eurasie.

Cependant, Daniel Yergin a rapporté dans le Wall Street Journal du 7 février que la Chine tentait de se protéger en ouvrant une négociation indirecte avec le groupe de Guaido, apparemment pour obtenir le même accord qu’elle avait négocié avec le gouvernement de Maduro. Mais un tel accord ne semble pas susceptible d’être honoré dans la pratique, étant donné l’animosité des États-Unis envers la Chine et la dépendance totale de Guaido au soutien secret des États-Unis.

The Saker : Le Venezuela a gardé une grande partie de son or au Royaume-Uni et de son argent aux États-Unis. Comment Chavez et Maduro pouvaient-ils faire confiance à ces pays ou n’ont-ils pas eu d’autre choix ? Existe-t-il des alternatives viables à New York et à Londres ou sont-elles toujours les « seules en ville » pour les banques centrales du monde ?

Michael Hudson : Il n’y a jamais eu de confiance réelle dans la Banque d’Angleterre ou la Réserve fédérale, mais il semblait impensable qu’elles refusent de permettre à un déposant officiel de retirer son propre or. La devise habituelle est « Faites confiance, mais vérifiez ». Mais le refus – ou l’incapacité – de la Banque d’Angleterre de laisser vérifier signifie que ce qui était auparavant impensable est maintenant arrivé : ces banques centrales ont-elles vendu cet or à terme auprès du London Pool, et à ses successeurs négociant sur le marché des matières premières; dans leur tentative de contenir le prix afin de maintenir l’apparence d’une norme solvable en dollars américains ?

Paul Craig Roberts a décrit le fonctionnement de ce système. Il existe des marchés à terme pour les devises, les actions et les obligations. La Réserve fédérale peut proposer d’acheter une action dans trois mois, par exemple à 10% de plus que le prix actuel. Les spéculateurs achèteront des actions, faisant monter les enchères, de manière à tirer parti de la promesse faite par « le marché » d’acheter les actions. Donc, au bout de trois mois, le prix aura augmenté. C’est en grande partie de cette manière que la « Plunge Protection Team » américaine a soutenu le marché boursier américain.

Le système fonctionne en sens inverse pour contenir les prix de l’or. Les banques centrales détenant de l’or peuvent se réunir et proposer de vendre de l’or à bas prix dans trois mois. Le « marché » se rendra compte qu’avec la vente d’or à bas prix, il ne sert à rien d’acheter plus d’or et d’augmenter son prix. Ainsi, le marché à terme façonne le marché actuel.

La question est de savoir si les acheteurs d’or – tels que les gouvernements russe et chinois – ont acheté tellement d’or que la Fed et la Banque d’Angleterre ont réellement dû « honorer » leurs ventes à terme et épuiser continuellement leur or. Dans ce cas, ils auraient « vécu pour le moment », en maintenant bas le prix de l’or aussi longtemps qu’ils le pouvaient, sachant qu’une fois que le monde aura retrouvé l’étalon de change or d’avant 1971 pour la compensation des déficits des balances intergouvernementales des paiements, les États-Unis seront à court d’or et ne pourront pas maintenir leurs dépenses militaires à l’étranger – sans parler de leur déficit commercial et du désinvestissement des étrangers sur leurs marchés boursier et obligataire. Mon livre sur le super-impérialisme explique pourquoi le fait de manquer d’or a mis fin à la guerre du Vietnam. La même logique s’appliquerait aujourd’hui au vaste réseau américain de bases militaires.

Le refus de l’Angleterre et des États-Unis de payer le Venezuela signifie que les réserves d’or officielles étrangères peuvent être tenues en otage par la politique étrangère des États-Unis et même par des jugements rendus par des tribunaux américains pouvant attribuer cet or à des créanciers étrangers, ou à quiconque engageant une action en justice, selon la loi américaine, contre ces pays.

Cette prise d’otages oblige maintenant d’autres pays à développer une alternative viable, d’autant que le monde se dédollarise et qu’un étalon or reste le seul moyen de limiter le déficit de la balance des paiements imputable aux forces armées des États-Unis ou de toute autre pays préparant une attaque militaire. Un empire militaire coûte très cher – et l’or est une contrainte « pacifique » sur les déficits  induits par l’armée. J’énonce les détails dans mon livre Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire (1972), mis à jour en German as Finanzimperium (2017).

Les États-Unis ont surjoué leur donne en détruisant les fondements de l’ordre financier mondial centré sur le dollar. Cette décision a permis aux États-Unis d’être « la nation exceptionnelle » capable de gérer les déficits de sa balance des paiements et une dette extérieure qu’ils n’ont aucune intention – ni possibilité – de payer, affirmant que les dollars de leurs dépenses militaires « approvisionnent » les réserves des banques centrales des autres pays sous forme de prêts au Trésor américain, obligations et bons du Trésor, pour financer le déficit budgétaire et les dépenses militaires, ainsi que le déficit essentiellement militaire de la balance des paiements.

Étant donné que l’UE agit en tant que branche de l’OTAN et du système bancaire américain, cette alternative devrait être associée à l’Organisation de coopération de Shanghai et l’or devrait être conservé en Russie et/ou en Chine.

The Saker : Que peuvent faire d’autres pays d’Amérique latine tels que la Bolivie, le Nicaragua, Cuba et peut-être l’Uruguay et le Mexique pour aider le Venezuela ?

Michael Hudson : La meilleure chose à faire pour les pays voisins d’Amérique latine consiste à créer un moyen de promouvoir la dédollarisation et, avec elle, une institution internationale chargée de superviser la réduction des dettes qui dépassent la capacité des pays à rembourser autrement qu’en imposant l’austérité et en détruisant leurs économies.

Une alternative est également nécessaire pour la Banque mondiale qui consentirait des prêts en monnaie nationale, surtout pour subventionner les investissements dans la production alimentaire nationale afin de protéger l’économie contre les sanctions alimentaires étrangères – l’équivalent d’un siège militaire pour forcer la reddition en imposant la famine. Cette Banque mondiale pour l’accélération économique donnerait la priorité au développement de l’autonomie de ses membres, au lieu de promouvoir la concurrence à l’exportation tout en chargeant les emprunteurs d’une dette extérieure qui les exposerait au type de chantage financier que connaît le Venezuela.

En tant que pays catholique romain, le Venezuela pourrait demander l’aide papale pour une réduction de la dette et une institution internationale chargée de surveiller la capacité de payer des pays débiteurs sans imposer austérité, émigration, dépeuplement et privatisation forcée du domaine public.

Deux principes internationaux sont nécessaires. Premièrement, aucun pays ne devrait être obligé de payer sa dette extérieure dans une devise – telle que le dollar ou ses satellites – dont le système bancaire peut interdire l’utilisation.

Deuxièmement, aucun pays ne devrait être obligé de payer une dette extérieure au prix de la perte de son autonomie nationale en tant qu’État : le droit de déterminer sa propre politique étrangère, de taxer et de créer sa propre monnaie, et de s’affranchir de la privatisation de ses actifs publics pour payer les créanciers étrangers. Une telle dette est un « emprunt irrécouvrable » qui reflète l’irresponsabilité du créancier ou, pire, l’acquisition pernicieuse de biens lors d’une saisie qui était l’objectif même du prêt.

Le Saker : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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L’interview de Maduro par Sputniknews

L’interview de Maduro par Sputniknews


Dans une grande interview exclusive à Sputnik, le Président vénézuélien, Nicolas Maduro, s’est livré à propos de la crise en cours dans son pays.


Par Sputnik News – Le 30 janvier 2019

Selon le Président vénézuélien, Washington aspire à s’emparer du pétrole et d’autres ressources.

« Il y a plusieurs raisons. La principale raison est d’obtenir du pétrole vénézuélien parce que nous avons les plus grandes réserves de pétrole certifiées au monde. Nous certifions que nous possédons ce qui sera les plus grandes réserves d’or au monde, nous avons la quatrième plus grande réserve de gaz du monde, de grandes réserves de diamants, d’énormes réserves d’eau potable, d’aluminium, de fer et de coltan. Nous sommes une puissance dans le domaine des ressources énergétiques, des ressources naturelles », a-t-il déclaré.

« Trump a donné l’ordre au gouvernement colombien de me tuer »

Nicolas Maduro estime que Donald Trump a ordonné au gouvernement colombien de l’assassiner, ajoutant que la Colombie et les États-Unis seront responsables si cela se produit, précisant que cela ne sera pas facile.

« Tout d’abord, mon destin est entre les mains de Dieu, je suis chrétien, je crois dans la protection du Seigneur. Je suis constamment protégé par le peuple du Venezuela, nous avons un bon service de renseignement », a-t-il signalé.

« Il ne fait pas de doute que Donald Trump a donné l’ordre de me tuer, il a dit au gouvernement colombien et aux mafias de l’oligarchie colombienne de me tuer. Si cela a lieu, Donald Trump et le Président colombien Ivan Duque seront responsables de ce qui m’arrivera », a indiqué le Président vénézuélien.

Il a cependant souligné une fois de plus qu’il était bien protégé.

« Cependant je suis bien protégé. Nous avons un bon système de protection. Plus encore, nous avons une protection plus substantielle : c’est la défense de Dieu qui me donnera une vie longue », a affirmé M. Maduro.

Ouverture au dialogue avec l’opposition

Nicolas Maduro s’est dit disposé au dialogue avec l’opposition pour le bien du pays.

« Je suis prêt à rencontrer, avec un ordre du jour ouvert, des secteurs de l’opposition pour évoquer le bien du Venezuela, la paix et l’avenir », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne la possible participation de médiateurs internationaux, le Président vénézuélien a noté qu’il y avait « plusieurs gouvernements et organisations mondiales, faisant montre de leur sincère préoccupation concernant les développements au Venezuela, qui avaient appelé au dialogue ».

Il a ajouté qu’il voudrait que ces gouvernements et organisations « soutiennent le dialogue au Venezuela ».

Maduro revient sur les notes de Bolton : de l’infantilisme et de la clownerie

Nicolas Maduro trouve que le conseiller étasunien à la sécurité nationale, John Bolton, a fait montre d’infantilisme en laissant à la portée de journalistes ce qui était écrit sur son bloc-notes.

« Ce qu’a fait John Bolton, c’est quelque chose d’infantile, c’est de la clownerie. Sortir avec un bloc-notes pour qu’on lise que lui, John Bolton, enverra des troupes en Colombie, comme s’il était président des États-Unis. C’est une sottise, c’est de la clownerie. Cela a été démenti même par le gouvernement colombien, via une déclaration officielle des ministères des Affaires étrangères et de la Défense. C’est de la clownerie, de la provocation, c’est de l’infantilisme sot de la part de M.Bolton, qui traduisent sa déception et sa haine du Venezuela », a signalé M.Maduro.

Des élections présidentielles anticipées ? Le Venezuela n’accepte pas les ultimatums

Nicolas Maduro a déclaré que les élections présidentielles au Venezuela se sont tenues et que si les impérialistes voulaient de nouvelles élections, ils n’avaient qu’à attendre 2025 et que le pays n’acceptait pas des ultimatums.

« La présidentielle a eu lieu il y a moins d’un an, il y a dix mois, elle s’est tenue conformément à tous les paramètres légaux et constitutionnels », a-t-il rappelé.
Selon lui, le fait qu’une part de la communauté internationale insistait sur de nouvelles élections présidentielles était synonyme de néocolonialisme, alors qu’une capitale européenne ou Washington donne des ordres à tout pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine ou des Caraïbes.

« Qui sont-ils pour décider ici ? J’ai raflé 68% des voix. J’ai vaincu de façon légitime. Nous avons organisé les élections avec l’utilisation d’un système électronique transparent sous l’observation internationale », a-t-il relevé.

« Nous n’acceptons d’ultimatum de personne au monde. Nous n’acceptons pas le chantage. Les élections présidentielles au Venezuela se sont tenues et si les impérialistes souhaitent de nouvelles élections, qu’ils attendent jusqu’en 2025 », a martelé le Président vénézuélien.

Sur les élections législatives anticipées

Par contre, il a donné son aval à l’idée d’avancer les élections législatives, fixées pour 2020, afin de mettre fin à la grave crise politique que traverse son pays.

« Ce serait très bien s’il y avait des élections anticipées au parlement vénézuélien, ce serait une bonne forme de débat politique et une solution par le biais du vote populaire. J’accepterais les élections législatives, par un décret de l’Assemblée nationale constituante, ce qui servirait de soupape de sécurité à la tension créée par le coup d’état impérialiste au Venezuela », a déclaré le président.

Maduro a révélé qui avait empêché le dialogue entre lui et Trump

Selon Nicolas Maduro, le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, n’a pas permis l’établissement de contacts entre l’administration de Donald Trump et le gouvernement vénézuélien, malgré les nombreuses tentatives de ce dernier pour y parvenir.

« Toutes ces années, j’ai fait des tentatives au niveau personnel – en envoyant des messages qui parvenaient à Trump, en public, par le biais des médias – pour instaurer des liens, le respect et le dialogue avec le gouvernement étasunien, en dépit des divergences idéologiques, culturelles et politiques, malgré les particularités nationales si différentes soient-elles entre Donald Trump et Nicolas Maduro. Il semblait qu’une possibilité s’était offerte, qu’une porte s’était ouverte », a révélé le dirigeant vénézuélien.

Cependant, selon lui, John Bolton a défendu à Donald Trump d’engager le dialogue.

« Je dispose d’informations selon lesquelles il l’a interdit », a affirmé le Président vénézuélien.

Mandat d’arrêt contre Guaido : c’est du ressort du procureur général et de la Cour suprême

Alors que le parquet vénézuélien a annoncé la prise de certaines mesures à l’encontre de Juan Guaido, le Président a fait savoir que lancer un mandat d’arrêt contre ce dernier était de la compétence du procureur général et de la Cour suprême.

« À ma connaissance, cette mesure n’a pas été prise. Attendons les résultats des processus constitutionnels et judiciaires internes », a-t-il déclaré.

« Mais c’est un avis du chef de l’État. C’est au procureur général de la République d’agir et il a déjà agi, c’est à la Cour suprême de justice d’agir, et elle agit. Et les ordonnances du parquet et des tribunaux seront respectées par le système judiciaire vénézuélien », a-t-il signalé, ajoutant qu’ « un coup d’État [était] en cours au Venezuela et [que] la Constitution [avait] été violée ».

Sputniknews

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