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Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Les changements politiques qui transforment le Moyen-Orient depuis deux mois sont la résultante non pas de l’écrasement de protagonistes, mais de l’évolution des points de vue iranien, turc et émirati. Là où la puissance militaire états-unienne a échoué, la finesse diplomatique russe a réussi. Refusant de se prononcer sur les crimes des uns et des autres, Moscou parvient à pacifier lentement la région.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 AOÛT 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙENGLISH

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Depuis cinq ans, la Russie a multiplié les démarches pour rétablir le Droit international au Moyen-Orient. Elle s’est particulièrement appuyée sur l’Iran et la Turquie dont elle ne partage pourtant pas la manière de penser. Les premiers résultats de ce patient exercice diplomatique redessinent les lignes de partage au sein de plusieurs conflits.

De nouveaux rapports de force et un nouvel équilibre se mettent discrètement en place dans la vallée du Nil, au Levant et dans la péninsule arabique. Au contraire, la situation se bloque dans le Golfe persique. Ce changement considérable et coordonné touche différents conflits apparemment sans lien entre eux. Il est le fruit de la patiente et discrète diplomatie russe [1] et, dans certains dossiers, de la relative bonne volonté US.

À la différence des États-Unis, la Russie ne cherche pas à imposer sa vision du monde. Elle part au contraire de la culture de ses interlocuteurs qu’elle modifie par petites touches à son contact.

Recul des jihadistes et des mercenaires kurdes en Syrie

Tout à commencé le 3 juillet : un des cinq fondateurs du PKK, Cemil Bayik, publiait une tribune libre dans le Washington Postappelant la Turquie à ouvrir des négociations en levant l’isolement de son prisonnier le plus célèbre : Abdullah Öcalan [2]. Soudain, les visites en prison du leader des Kurdes autonomistes de Turquie, interdites depuis 4 ans, furent à nouveau autorisées. Cette ouverture fut immédiatement considérée comme une trahison par le Parti républicain du peuple qui manqua à l’appel de l’AKP le 23 juin à Istanbul, infligeant une sévère défaite électorale au candidat du président Erdoğan.

Simultanément, les combats reprenaient dans la zone occupée par Al-Qaïda au Nord de la Syrie, le gouvernorat d’Idleb. Cet Émirat islamique n’a pas d’administration centrale, mais une multitude de cantons affectés à des groupes combattants divers. La population est nourrie par des « ONG » européennes affiliées aux services secrets de ces pays et la présence de l’armée turque dissuade les jihadistes de tenter de conquérir le reste de la Syrie. Cette situation étant peu avouable, la presse otanesque présente l’Émirat islamique d’Idleb comme le paisible refuge des « opposant modérés à la dictature d’Assad » Soudain, Damas, appuyé par un soutien aérien russe, a commencé à reconquérir le territoire et l’armée turque à se retirer en silence. Les combats sont extrêmement meurtriers, en tout premier lieu pour la République. Cependant, après plusieurs semaines, l’avancée est notable, de sorte que si rien ne l’arrête, la province pourrait être libérée en octobre.

Le 15 juillet, à l’occasion du troisième anniversaire de la tentative de l’assassinat dont il fut l’objet et du coup d’État improvisé qui suivit, le président Erdoğan annonçait la redéfinition de l’identité turque, non plus sur une base religieuse, mais nationale [3]. Il révélait aussi que son armée allait balayer les forces du PKK en Syrie et transférer une partie des réfugiés syriens dans une zone frontalière de 30 à 40 kilomètres de profondeur. Cette zone correspond à peu près à celle dans laquelle le président Hafez el-Assad avait autorisé, en 1999, les Forces turques à réprimer d’éventuels tirs d’artillerie kurde. Après avoir annoncé que le Pentagone ne pouvait pas abandonner ses alliés kurdes, des émissaires états-uniens vinrent à Ankara faire le contraire et approuver le plan turc. Il s’avère que, comme nous l’avons toujours dit, les chefs du « Rojava », ce pseudo État autonome kurde en terre syrienne, sont presque tous de nationalité turque. Ils occupent donc la région qu’ils ont nettoyée ethniquement. Leurs troupes, de nationalité syrienne, envoyèrent alors des émissaires à Damas pour demander la protection du président Bachar el-Assad. Rappelons que les Kurdes sont une population nomade sédentarisée au début du XXème siécle. Selon la Commission King-Crane et la conférence internationale de Sèvres (1920), un Kurdistan n’est légitime que dans l’actuel territoire turc [4].

Il est peu probable que la France et l’Allemagne laisseront la Syrie reconquérir la totalité de l’Émirat islamique d’Idleb et abandonneront leur fantasme de Kurdistan, n’importe où (en Turquie, en Iran, en Iraq ou en Syrie, mais pas en Allemagne où ils sont pourtant un million). Ils pourraient y être contraints.

De même, malgré les discussions actuelles, il est peu probable que si la Syrie se décentralise, elle accorde la moindre autonomie à la région qui fut occupée par les Kurdes turcs.

Après plusieurs années de blocage, la libération du Nord de la Syrie repose uniquement sur le changement de paradigme turc, fruit des erreurs états-uniennes et de l’intelligence russe.

Partition de facto du Yémen

Au Yémen, l’Arabie saoudite et Israël soutiennent le président Abdrabbo Mansour Hadi en vue d’exploiter les réserves pétrolières qui sont à cheval sur la frontière [5]. Ce dernier doit faire face au soulèvement des zaïdites, une école du chiisme. Avec le temps, les Saoudiens ont reçu l’aide des Émiratis, et la Résistance zaïdites de l’Iran. Cette guerre, alimentée par les Occidentaux, provoque la pire famine du XXIème siècle.

Cependant, contrairement à l’organisation des deux camps, le 1er août, les gardes-côtes émiratis ont signé un accord de coopération transfrontalier avec la police des frontières iranienne [6]. Le même jour, le chef de la milice yéménite financée par les Émirats (dite « Conseil de transition du Sud » ou « Ceinture de sécurité » ou encore « séparatistes »), Abu Al-Yamana Al-Yafei, a été assassiné par les Frères musulmans du parti Islah financé par l’Arabie saoudite [7].

À l’évidence l’alliance entre deux princes héritiers d’Arabie et des Émirats, Mohammed ben Salmane (« MBS ») et Mohammed ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »), est malmenée.

Le 11 août la milice soutenue par les Émirats prenait d’assaut le palais présidentiel et divers ministères à Aden, malgré le soutien de l’Arabie au président Hadi ; lequel était déjà réfugié depuis longtemps à Riyad. Le lendemain, « MBS » et « MBZ » se rencontraient à La Mecque en présence du roi Salmane. Ils rejetaient le coup d’État et appelaient leurs troupes respectives au calme. Le 17 août les pro-Émiratis évacuaient en bon ordre le siège du gouvernement.

Durant la semaine où les « séparatistes » avaient pris Aden, les Émirats contrôlaient de facto les deux rives du très stratégique détroit de Bab el Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Maintenant que Riyad a préservé son honneur, il va falloir accorder une contrepartie à Abou Dhabi.

Sur ce champ de bataille, le changement est imputable aux seuls Émirats qui, après avoir payé un lourd tribu, tirent la leçon de cette guerre ingagnable. Prudents, ils se sont d’abord rapprochés des Iraniens avant d’envoyer ce coup de semonce à leur puissant allié et voisin saoudien.

Chaises musicales au Soudan

Au Soudan, après que le président Omar el-Béchir (Frère musulman dissident), ait été renversé par des manifestations de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) et que la hausse du prix du pain ait été annulée, un Conseil militaire de transition était placé au pouvoir. Dans la pratique, cette révolte sociale et quelques milliards de pétro-dollars permettait à l’insu des manifestants de faire passer le pays d’une tutelle qatarie à une autre saoudienne [8].

Le 3 juin, une nouvelle manifestation de l’ALC était dispersée dans le sang par le Conseil militaire de transition, faisant 127 morts. Face à la condamnation internationale, le Conseil militaire engageait des négociations avec les civils et concluait un accord le 4 août, qui fut signé le 17. Pour une période de 39 mois, le pays sera gouverné par un Conseil suprême de 6 civils et de 5 militaires, dont l’accord ne précise pas les identités. Ils seront contrôlés par une Assemblée de 300 membres nommés et non pas élus, comprenant 67 % de représentants de l’ALC. Il n’y a évidemment rien de démocratique là dedans et aucune des parties ne s’en plaint.

L’économiste Abdallah Hamdok, ancien responsable de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique deviendra Premier ministre. Il devrait obtenir la levée des sanctions dont le Soudan fait l’objet et réintégrer le pays dans l’Union africaine. Il fera juger l’ancien président Omar el-Béchir dans le pays afin de lui garantir de ne plus pouvoir être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international.

Le véritable pouvoir sera détenu par le « général » Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »), qui n’est pas général, ni même soldat, mais chef de la milice employée par « MBS » pour mater la Résistance yéménite. Durant ce jeu de chaises musicales, la Turquie —qui dispose d’une base militaire sur l’île soudanaise de Suakin pour encercler l’Arabie saoudite— n’a rien dit.

De fait la Turquie accepte de perdre à Idleb et au Soudan pour gagner contre les mercenaires pro-US kurdes. Seul ce dernier enjeu est vital pour elle. Il aura fallu beaucoup de discussions pour qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux à la fois et qu’elle hiérarchise ses priorités.

Les États-Unis contre le pétrole iranien

Londres et Washington poursuivent leur concurrence, entamée il y a soixante dix ans, pour contrôler le pétrole iranien. Comme à l’époque de Mohammad Mossadegh, la Couronne britannique entend décider seule ce qui lui appartient en Iran [9]. Tandis que Washington, ne veut pas que ses guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq profitent à Téhéran (conséquence de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski) et entend fixer le prix mondial de l’énergie (doctrine Pompeo) [10].

Ces deux stratégies se sont télescopées lors de la saisie du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de la colonie britannique de Gibraltar. L’Iran a, à son tour, arraisonné deux tankers britanniques dans le détroit d’Ormuz prétendant —insulte suprême— que le principal transportait du « pétrole de contrebande », c’est-à-dire du pétrole subventionné iranien acheté par Londres au marché noir [11]. Lorsque le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, réalisa que son pays était allé trop loin, il eut la « surprise » de voir la justice « indépendante » de sa colonie libérer le Grace 1. Immédiatement Washington émit un mandat pour le saisir à nouveau.

Depuis le début de cette affaire, les Européens font les frais de la politique états-unienne et protestent sans grandes conséquences [12]. Seuls les Russes défendent non pas leur allié iranien, mais le Droit international comme ils l’ont fait à propos de la Syrie [13] ce qui leur permet d’avoir une ligne politique toujours cohérente.

Dans ce dossier, l’Iran fait preuve d’une très grande ténacité. Malgré le virage clérical de l’élection de cheik Hassan Rohani, en 2013, le pays se réoriente vers la politique nationale du laïque Mahmoud Ahmadinejad [14]. Son instrumentation des communautés chiites en Arabie saoudite, à Bahreïn, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen pourrrait se transformer en un simple soutien. Là encore, c’est des longues discussions d’Astana que ce qui est évident pour les uns l’est devenu pour les autres.

Conclusion

Avec le temps, les objectifs de chaque protagoniste se hiérarchisent et leurs positions se précisent.

Conforme à sa tradition, la diplomatie russe ne cherche pas, à la différence de l’états-unienne, à redessiner les frontières et les alliances. Elle tente de démêler les objectifs contradictoires de ses partenaires. Ainsi a t-elle aidé l’ancien Empire ottoman et l’ancien Empire perse à s’éloigner de leur définition religieuse (les Frères musulmans pour le premier, le chiisme pour le second) et à revenir à une définition nationale post-impériale. Cette évolution est extrêmement visible en Turquie, mais suppose un changement de têtes en Iran pour se réaliser. Moscou ne cherche pas à « changer les régimes », mais certains aspects des mentalités.

Thierry Meyssan

[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

https://www.voltairenet.org/article207362.html

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[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

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Malgré la pression des Etats-Unis, le pétrolier iranien « Grace 1 » a quitté Gibraltar

Malgré la pression des Etats-Unis, le pétrolier iranien « Grace 1 » a quitté Gibraltar

Soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie en violation d’un embargo, le navire était immobilisé depuis un mois dans le territoire sous souveraineté britannique.

Le Monde avec AFP Publié hier à 16h07, mis à jour à 15h00

Temps deLecture 3 min.

Le « Grace 1 » a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques.
Le « Grace 1 » a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques. MARCOS MORENO / AP

L’événement avait précipité le Royaume-Uni dans la crise qui oppose Washington et Téhéran. L’immobilisation du Grace 1, pétrolier iranien croisant au large de Gibraltar, par les autorités britanniques début juillet, a pris fin jeudi 15 août malgré la pression des Etats-Unis. La Cour suprême de Gibraltar a en effet autorisé le navire à quitter le territoire britannique malgré la demande américaine de prolonger l’immobilisation du navire, soupçonné de vouloir livrer sa cargaison à la Syrie, frappée par un embargo européen.

Cette décision a fait suite à la prise par l’Iran d’un engagement écrit assurant que la cargaison du navire n’était pas destinée à un port syrien. « Nous avons privé le régime d’Assad en Syrie de plus de 140 millions de dollars de pétrole brut », s’est félicité le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, dans un communiqué.

Téhéran a toutefois démenti vendredi avoir donné des garanties quant à la destination du navire. « La destination du pétrolier n’était pas la Syrie (…) et même si c’était le cas, cela n’est l’affaire de personne », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi, sur la chaîne de télévision d’Etat, Irib.

« Tentative de piraterie »

Initialement attendue dans la matinée, la décision prévue depuis des semaines avait dû être repoussée de plusieurs heures après l’annonce surprise par le ministère public de Gibraltar d’une demande des Etats-Unis de prolonger l’immobilisation du pétrolier, déposée dans la nuit.

« Le ministère américain de la justice a demandé la saisie du Grace 1en mettant en avant un certain nombre de motifs qui sont en train d’être examinés », avait précisé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar. Le président de la Cour, le juge Anthony Dudley, a cependant déclaré qu’il n’avait pas été saisi par écrit d’une demande américaine de prolonger l’immobilisation du pétrolier.

La « tentative de piraterie » américaine a échoué, s’est réjoui de son côté et sur Twitter le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, fustigeant « le niveau de mépris qu’a l’administration Trump pour la loi ». Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, avaient selon lui tenté d’abuser du système judiciaire et de voler les biens iraniens en haute mer. Rien n’empêche toutefois les Etats-Unis de reformuler leur demande d’entraide judiciaire, afin de bloquer le navire avant qu’il ne quitte les eaux territoriales de Gibraltar, dans les heures ou les jours qui viennent.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Entre Donald Trump et l’Iran, l’arme du pétrole

Washington menace l’équipage d’interdiction de visa

Une demande d’entraide judiciaire consiste généralement à demander à un tribunal tel que celui de Gibraltar d’appliquer une décision d’un tribunal étranger, dans ce cas, d’un tribunal américain. Entre-temps, le capitaine et les trois officiers du Grace 1, qui étaient en liberté sous caution, ont été formellement libérés, a annoncé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar.

L’équipage du pétrolier iranien est désormais menacé d’interdiction de visa par Washington. « Les Etats-Unis affirment que le Grace 1 aidait le corps des Gardiens de la Révolution islamique en transportant du pétrole depuis l’Iran vers la Syrie », a déclaré le département d’Etat dans un communiqué. « Les membres d’équipage de bateaux aidant les Gardiens de la Révolution en transportant du pétrole depuis l’Iran pourraient ne plus pouvoir bénéficier de visas ou être admis sur le territoire américain ».

Le Grace 1 a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, provoquant une crise diplomatique entre Téhéran et Londres. Téhéran assure que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accuse le Royaume-Uni d’acte de« piraterie », réclamant depuis le début que les Britanniques le laissent repartir. Le 19 juillet, l’Iran a pour sa part immobilisé dans le détroit d’Ormuz un pétrolier britannique, le Stena Impero,soupçonné de « non-respect du code maritime international ».Lire aussi  De Gibraltar à Ormuz, les incidents en mer avec l’Iran se multiplient

L’immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en a découlé ont brouillé les efforts des Etats européens, qui tentent de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran, dont les Etats-Unis se sont retirés l’an dernier, imposant de lourdes sanctions à la République islamique.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/15/les-etats-unis-bloquent-la-liberation-du-petrolier-iranien-par-gibraltar_5499739_3210.html

La Chine prête à l’«option nucléaire» dans sa guerre commerciale avec les États-Unis

dollar et yuan

La Chine prête à l’«option nucléaire» dans sa guerre commerciale avec les États-Unis

© REUTERS / Thomas WhiteECONOMIE16:31 16.08.2019(mis à jour 18:16 16.08.2019)URL courte11490

Se rendant compte que les États-Unis ne visent pas à mettre fin à la guerre commerciale, la Chine a décidé de reprendre la coopération avec l’Iran sur trois projets. En cas de blocage, Pékin est prêt à recourir à l’«option nucléaire» pour nuire aux États-Unis.

La Chine a repris sa coopération avec l’Iran sur trois projets énergétiques clés malgré les sanctions américaines, annonce le site international sur l’énergie OilPrice.com en se référant à une source collaborant avec le ministère iranien du Pétrole.

Selon le portail, Pékin s’est également préparé à une possible confrontation avec les États-Unis sur ces questions.

«Si l’un des projets chinois en Iran se heurte de nouveau aux États-Unis, Pékin va recourir à l’option « nucléaire », consistant à vendre la totalité ou une partie importante de sa détention de bons du Trésor américain», est-il indiqué sur OilPrice.com.

US-Dollar

© SPUTNIK . NATALYA SELIVERSTOVATrump prépare-t-il un scénario radical pour faire chuter le dollar?La Chine était le plus gros détenteur étranger de bons du Trésor américains jusqu’en juin, date à laquelle elle a été dépassée par le Japon. Selon les données du département du Trésor américain, elle détenait 1,11 billion de dollars de dette américaine en juin.

La vente à grande échelle de ces bonsest susceptible de provoquer un krach du dollar, une énorme hausse des rendements obligataires, l’effondrement du marché immobilier et le chaos boursier, ont prévenu de hauts responsables des groupes de réflexion chinois. De nombreux analystes ont toutefois rejeté cette suggestion, affirmant qu’une telle démarche nuirait également à la Chine.

Trois projets clés

La phase 11 du champ gazier de South Pars a été gelée après que l’entreprise française Total a officiellement quitté l’Iran à la suite du rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran. N’ignorant pas la position américaine, la Chine a accepté un compromis avec Washington en échange de la cessation des travaux. Ainsi, Pékin a reçu le droit de poursuivre ses opérations dans le nord d’Azadegan et d’exploiter les gisements de pétrole de Yadavaran.

La bourse de Hong Kong a fermé sa salle de marchés aux courtiers

© AFP 2019 PHILIPPE LOPEZL’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?Face aux pressions commerciales américaines, les Chinois envisagent maintenant de reprendre les travaux sur la phase 11, indique OilPrice.com.

Les travaux dans le nord d’Azadegan sont justifiés par le fait que la China National Petroleum Corporation (CNPC) avait déjà dépensé des milliards de dollars pour développer une deuxième phase du champ de 460 km carrés. Les activités à Yadavaran s’expliquent par le contrat initial signé en 2007, bien avant le retrait américain de l’accord nucléaire en mai 2018.

Le troisième des principaux projets non terminés par la Chine en Iran est la construction d’un terminal pétrolier à Jask, qui se situera dans le golfe d’Oman. La capacité de stockage serait d’environ 20 millions de barils par jour. En outre, la construction d’un grand complexe pétrochimique est envisagée dans la même région

https://fr.sputniknews.com/economie/201908161041940071-la-chine-prete-a-loption-nucleaire-dans-sa-guerre-commerciale-avec-les-etats-unis/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr.

L’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?

La bourse de Hong Kong a fermé sa salle de marchés aux courtiers

L’économie mondiale survivra-t-elle au mois d’août?

© AFP 2019 Philippe LopezECONOMIE18:12 12.08.2019(mis à jour 18:25 12.08.2019)URL courteFabien Buzzanca 0 81

Les marchés boursiers ont vécu un début de mois d’août chaotique et les risques se multiplient pour l’économie mondiale. Entre tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, marché pétrolier au bord de la crise et marges de manœuvre réduites du côté des banques centrales, l’heure est à l’inquiétude. Sputnik fait le point.

«Ce serait une erreur d’exclure la possibilité d’un choc comparable à celui qui a suivi l’effondrement de Lehman Brothers.»

Masanari Takada de la banque japonaise Nomura a, comme le rapportent nos confrères du Parisien, exprimé son inquiétude concernant un mois d’août à haut risque sur le terrain économique. Il faut dire que les marchés financiers mondiaux, dopés par une abondance de liquidité ces dernières années, font du yoyo depuis le début du mois d’août. Comme le souligne au Parisien Alexandre Baradez, responsable des analyses marché du courtier IG France, «les indices actions européennes ont effacé deux mois de hausse en quelques jours seulement». La journée du 5 août a été particulièrement rude pour les opérateurs de marché. 500 des hommes d’affaires les plus riches de la planète avaient perdu jusqu’à 117 milliards de dollars (104,5 milliards d’euros) en une seule journée. Signe d’une conjoncture qui se dégrade, le 7 août, l’once d’or a passé le seuil des 1.500 dollars pour la première fois depuis avril 2013, mais que se passe-t-il sur la planète éco?

​L’inquiétude principale concerne la guerre commerciale entre Pékin et Washington. Alors que les négociations semblaient avancer, Donald Trump a considéré que la Chine ne tenait pas ses promesses et a décidé de lancer une nouvelle salve de tarifs douaniers sur 300 milliards de dollars d’importations de produits chinois à partir du 1er septembre. Sans surprise, Pékin a réagi. L’empire du Milieu a laissé se déprécier sa monnaie jusqu’à atteindre le seuil de 7 yuans pour un dollar, un niveau record en dix ans. Et les choses ne semblent pas sur le point de s’arranger. Le 9 août, le Président américain a rappelé que les États-Unis n’étaient «pas prêts» à signer un accord avec Pékin. Une annonce qui avait d’ailleurs fait tanguer momentanément les marchés mondiaux, signe de la tension ambiante.

«Le mois d’août est donc clairement un mois à risque pour les marchés: les prochaines réunions de la Fed et de la BCE n’auront lieu qu’en septembre, de même pour les prochaines phases de négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine…» a expliqué au Parisien Alexandre Baradez.

Le marché du pétrole est quant à lui au bord de la crise et ne sait plus où donner de la tête entre facteurs haussiers et baissiers. Là encore, les tensions commerciales entre les deux plus grandes économies de la planète jouent un grand rôle. «Les chances d’un accord politique entre la Chine et les États-Unis se sont réduites, ce qui pourrait avoir comme conséquences une plus faible activité commerciale et une plus faible croissance de la demande», expliquait le 9 août l’Agence internationale de l’énergie (AIE). De plus, les États-Unis produisent toujours plus d’or noir ce qui a pour effet d’augmenter l’offre.

yuan

© REUTERS / NICKY LOHLe ralentissement économique en Chine fait craindre une nouvelle crise mondiale

D’un autre côté, la situation dans le détroit d’Ormuz représente un risque qui pourrait faire monter les prix. Durant les dernières semaines, pas moins d’une dizaine de tankers ont fait l’objet de divers incidents. Les tensions entre Washington et Téhéran ont failli dégénérer en conflit armé avec l’abattage d’un drone dans chaque camp. Situé entre l’Iran et le Sultanat d’Oman, le détroit d’Ormuz est une zone clé du transport de pétrole qui voit transiter environ 20 % de l’or noir mondial ainsi que 30 % du GNL, le gaz naturel liquéfié. Francis Perrin, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), a préféré relativiser la situation chez nos confrères du Monde: «Les choses sont en partie sous contrôle: aucun navire n’a coulé, aucun marin n’a été tué ou blessé».

​Ce lundi 12 août, le baril de brent s’échangeait autour des 58 dollars. C’est bien en dessous du prix espéré par les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie qui, en juillet dernier, ont pris la décision de continuer dans la voie des réductions de production afin de soutenir les prix.

Autre point d’inquiétude pour de nombreux experts: les marges de manœuvre limitées des banques centrales.

«En 2008, l’action coordonnée des principales banques centrales, ainsi que les politiques de relance budgétaire dans de nombreux pays (plan de relance en Chine notamment) avaient permis de redresser rapidement l’économie mondiale et soutenir un système financier au bord de l’asphyxie. Actuellement, la donne a changé: les taux d’intérêt sont proches de 0 dans les économies développées, l’endettement public est reparti en forte hausse de par le monde, ce qui limite de facto les possibilités de relance économique par des mesures classiques», analyse Bertrand Schumacher (ING) dans un article publié sur Paperjam.

Reste que malgré ces nuages noirs qui planent au-dessus de l’économie mondiale, plusieurs spécialistes jugent qu’il ne faut pas céder à la panique. C’est notamment le cas de Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements de la banque Française NWM, qui a assuré au Parisien que la tempête financière ne sévirait pas au mois d’août:

«La faiblesse des taux d’intérêt nous protège et Trump doit s’éviter une récession pour être réélu l’année prochaine».

https://fr.sputniknews.com/economie/201908121041917618-leconomie-mondiale-survivra-t-elle-au-mois-daout/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

Un pétrolier iranien chargé de pétrole saisi par des marines britanniques au large de Gibraltar n’a pas été lié pour la Syrie – Téhéran

Oil supertanker Grace 1 on suspicion of being carrying Iranian crude oil to Syria is seen near Gibraltar, Spain July 4, 2019

Un pétrolier iranien chargé de pétrole saisi par des marines britanniques au large de Gibraltar n’a pas été lié pour la Syrie – Téhéran

MONDE13h16 au 07.07.2019(mise à jour 13:26 07.07.2019) Obtenir une URL courte18  2  23

La saisie par les Royal Marines d’un pétrolier iranien sous pavillon panaméen chargé de pétrole iranien au large du territoire britannique de Gibraltar a donné lieu à une condamnation intense de Téhéran, qualifiant ce mouvement de « piraterie » et accusant Londres de parroter la « politique hostile » de Washington.

Le pétrolier saisi jeudi au large de Gibraltar ne transportait pas de pétrole brut en Syrie, comme l’a précédemment affirmé la Grande-Bretagne, a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.

« Contrairement à ce que prétendent les autorités britanniques, le pétrolier ne se dirigeait pas vers la Syrie », a déclaré Araqchi, s’adressant à des journalistes lors d’une conférence de presse dimanche.

Selon le diplomate américain, le port syrien mentionné par le Royaume-Uni comme destination du navire-citerne ne serait pas en mesure d’accueillir le navire. Araqchi n’a pas précisé où le navire se dirigeait. Un peu plus tôt, il a été signalé que le pétrole brut était envoyé à la raffinerie de Banyas, dans le nord-ouest de la Syrie.

Araqchi a souligné que personne n’avait donné à la Grande-Bretagne le droit de retenir le pétrolier dans les eaux internationales, affirmant que, ce faisant, le Royaume-Uni se livrait à un « flibustier ». Le responsable a ajouté que Téhéran restait en contact avec les autorités britanniques et demandait la libération immédiate du navire. Il aurait recours à des mécanismes juridiques en cas d’échec de la diplomatie.

Des discussions sont également en cours avec les autorités espagnoles, a déclaré Araqchi. Auparavant, Madrid avait annoncé son intention de protester formellement contre la détention du pétrolier à Londres, citant la prétendue incursion du Royaume-Uni dans les eaux territoriales espagnoles. L’Espagne ne reconnaît pas la juridiction du Royaume-Uni sur les eaux autour de Gibraltar.

Le 4 juillet, les Royal Marines britanniques et les autorités de Gibraltar ont saisi le Grace 1, un supertanker battant pavillon panaméen et d’une capacité de charge de 300 000 tonnes qui appartiendrait à Russian Titan Shipping Lines, de Dubaï. L’équipage du navire, composé de 28 membres, serait composé principalement de ressortissants indiens, pakistanais et ukrainiens, qui resteraient à bord du navire. Les autorités de Gibraltar ont ordonné la détention du pétrolier pendant au moins deux semaines, invoquant les sanctions économiques imposées par l’Union européenne à la Syrie.

Téhéran a convoqué l’ambassadeur du Royaume-Uni en Iran à la suite de l’incident, qualifiant la saisie de « forme de piratage », tandis que Londres a rejeté les accusations et a loué les actions des autorités de Gibraltar, décrivant le mouvement comme un « message clair » que le Royaume-Uni ne voudrait pas. tolérer la violation des sanctions contre la Syrie.

Le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, a également salué la détention du pétrolier.

Les autorités espagnoles ont déclaré que les États-Unis avaient informé le Royaume-Uni du pétrolier. Moscou a condamné cette détention, affirmant qu’elle « contredit » l’engagement pris par le Royaume-Uni et d’autres pays de l’UE de sauver l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran.

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L’Iran convoque l’ambassadeur du Royaume-Uni à Téhéran à la suite d’une « saisie » d’un pétrolier « illégal » – Rapports

Gibraltar est un territoire britannique d'outre-mer situé à la pointe sud de la péninsule ibérique.  La souveraineté de Gibraltar est un point d'achoppement dans les relations entre le Royaume-Uni et l'Espagne car Madrid revendique le territoire.

L’Iran convoque l’ambassadeur du Royaume-Uni à Téhéran à la suite d’une « saisie » d’un pétrolier « illégal » – Rapports

© Sputnik / Olga GolovkoMONDE17h00 le 04.07.2019(mis à jour 17:52 le 04.07.2019)Obtenir une URL courte9143

Un peu plus tôt, des Royal Marines britanniques et des responsables de la colonie britannique de Gibraltar avaient arrêté un navire soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie, en violation des sanctions imposées par l’UE.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Royaume-Uni en Iran, Nicolas Hopton, au sujet de ce qu’il a décrit comme « la saisie illégale » d’un pétrolier transportant du pétrole iranien en Syrie, a rapporté la télévision iranienne, citant le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abbas Mousavi.

Un peu plus tôt, des responsables espagnols ont déclaré que le Grace 1, un super-pétrolier battant pavillon panaméen, transportant du pétrole iranien en Syrie et saisi par des navires de patrouille britanniques au large de Gibralter, avait été arrêté à la demande de Washington.

Les Royal Marines sont montés à bord du navire, qui a une capacité de charge de 300 000 tonnes, tôt jeudi matin.

Le Premier ministre Theresa May a plus tard fait l’éloge de la saisie, un porte-parole du numéro 10 ayant déclaré que les actions des responsables de Gibraltar avaient envoyé un « message clair » que le Royaume-Uni ne tolérerait pas la violation des sanctions.

Un navire des Royal Marines à destination du super tanker Grace 1 sur le territoire britannique de Gibraltar, le jeudi 4 juillet 2019

© AP PHOTO / MARCOS MORENOUn navire des Royal Marines à destination du super tanker Grace 1 sur le territoire britannique de Gibraltar, le jeudi 4 juillet 2019

Le ministre en chef de Gibraltar, Fabian Picardo, a déclaré qu’il existait des preuves suggérant que le pétrolier tentait de livrer du pétrole brut à la raffinerie de Banyas, dans le nord-ouest de la Syrie, en violation des sanctions imposées par l’UE à la Syrie. L’UE a infligé des sanctions économiques et énergétiques sévères à ce pays déchiré par la guerre en 2011.

Entre-temps, les États-Unis ont adopté leurs propres sanctions sévères contre le secteur pétrolier iranien en 2018 et ont menacé d’appliquer des sanctions secondaires à tout pays ou entreprise continuant de s’acheter des ressources énergétiques. Le Royaume-Uni, qui reste partie à l’accord sur le plan d’action global en faveur du nucléaire avec le gouvernement iranien de 2015, n’a pas adhéré aux restrictions américaines, bien que ses sociétés aient en grande partie cessé de commercer avec les républiques islamiques dans le souci de craindre des répercussions économiques. La semaine dernière, l’Union européenne a annoncé que son mécanisme financier INSTEX, destiné à contourner les sanctions américaines, était devenu opérationnel. Les responsables iraniens ont toutefois déclaré que ce système « ne suffisait pas » pour résoudre les problèmes économiques rencontrés par Téhéran en raison des restrictions imposées par les États-Unis.

Les tensions de longue date entre l’Iran et les Etats-Unis se sont fortement intensifiées à la fin du mois dernier après qu’un missile de défense aérienne iranien a abattu un drone espion américain de 130 millions de dollars, dont l’Iran avait déclaré qu’il opérait dans son espace aérien. Les États-Unis soutiennent que le drone survolait les eaux internationales. Après la destruction du drone, le président Trump a déclaré avoir envisagé des frappes aériennes contre plusieurs cibles iraniennes avant de reculer à la dernière minute. L’incident du drone n’était que le dernier d’une série d’actions qui ont nui aux relations entre les deux pays. En mai, les États-Unis ont déployé un groupe de transporteurs aériens au Moyen-Orient, accusant l’Iran de constituer une « menace imminente » non spécifiée pour les intérêts américains dans la région. À la mi-mai et à la mi-juin, six pétroliers ont été attaqués dans le golfe Persique et le golfe d’Oman. Les États-Unis ont accusé l’Iran d’être responsable des attaques de sabotage. Téhéran a démenti ces accusations et a accusé les États-Unis et ses alliés saoudiens, émiriens et israéliens d’essayer d’attiser les tensions afin de justifier la « guerre économique » des États-Unis contre l’Iran.

Vue du super pétrolier Grace 1 i près d'un navire de la Royal Marine sur le territoire britannique de Gibraltar, le jeudi 4 juillet 2019

© AP PHOTO / MARCOS MORENOVue du super pétrolier Grace 1 i près d’un navire de la Royal Marine sur le territoire britannique de Gibraltar, le jeudi 4 juillet 2019

https://sputniknews.com/world/201907041076147018-iran-summons-uks-ambassador-in-tehran-over-illegal-seizure-of-iranian-oil-tanker—reports/

Patrick Lawrence : Les États-Unis en action sur le marché iranien du pétrole ou un exemple de politique étrangère irrationnelle

GÉOPOLITIQUE29.juin.2019 // Les Crises

Patrick Lawrence : Les États-Unis en action sur le marché iranien du pétrole ou un exemple de politique étrangère irrationnelle

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Source : Consortium News, Patrick Lawrence

Patrick Lawrence évalue le potentiel retour de flamme de l’annulation de Pompeo pour 8 importateurs majeurs des dérogations quant aux sanctions américaines.

Une défaite décisive dans une bataille de longue haleine avec des cerveaux de la politique étrangère

L’annonce faite la semaine dernière par le Secrétaire d’État Mike Pompeo, selon laquelle aucun importateur de pétrole iranien ne bénéficiera désormais de dérogations quant aux sanctions américaines, est aussi risquée que malavisée. Le retrait des dérogations à compter de ce jeudi donne effectivement à huit importateurs dépendants du brut iranien – Inde, Japon, Corée du Sud, Chine, Turquie, Taïwan, Italie et Grèce – un préavis de 10 jours pour revoir leurs achats pétroliers. C’est maintenant une stratégie globale : L’intention est de couper l’accès de l’Iran à tout marché pétrolier dans le cadre de la campagne de « pression maximale » de l’administration contre Téhéran. « Nous allons vers zéro », a déclaré M. Pompeo lorsqu’il a dévoilé cette nouvelle politique.

Personne ne va vers zéro. La décision de l’administration nuira encore davantage à l’économie iranienne, certes, mais peu de gens en dehors de l’administration pensent qu’il est possible d’isoler l’Iran aussi complètement que Pompeo semble l’espérer. La Turquie a immédiatement rejeté les « sanctions et impositions unilatérales sur la façon de conduire les relations avec ses voisins », comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Çavusoglu dans un message Twitter. La Chine pourrait faire de même, mais moins brutalement. D’autres importateurs de pétrole sont susceptibles d’envisager des opérations de troc, des transactions en monnaie locale et d’autres « solutions de contournement » similaires. Dans le voisinage immédiat, l’Irak ignore jusqu’à présent les demandes des États-Unis de cesser d’acheter du gaz naturel et de l’électricité à l’Iran.

Pompeo se joint à une réunion de la diaspora iranienne à Dallas, le 15 avril 2019. (Département d’État/Ron Przysucha via Flickr)

Aperçus sur un abus de pouvoir

Il y a quelques enseignements à tirer de ce cas inhabituellement agressif d’abus de pouvoir.

Tout d’abord, le nouveau tournant dans la politique de l’administration vis à vis de l’Iran semble marquer une défaite décisive pour le président Donald Trump dans sa lutte de longue date avec ses responsables de la politique étrangère. Il est maintenant très peu probable que Trump atteigne l’un ou l’autre de ses objectifs politiques, un certain nombre d’entre eux représentant des alternatives utiles aux stratégies étonnamment arbitraires avancées par Pompeo, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale, et d’autres fanatiques de l’administration Trump.

Ainsi, affaibli par les enquêtes implacables sur le « Russia-Gate », le président a désormais peu de chances d’améliorer ses liens avec Moscou ou de négocier avec des adversaires comme l’Iran et la Corée du Nord, comme il s’en est longtemps fait l’avocat.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré dimanche, lors d’une interview accordée à Face the Nation, que si les conditions étaient réunies, Téhéran serait ouverte à des négociations bilatérales. C’était la deuxième fois en une semaine que Zarif s’exprimait ainsi. Mais ceux qui entourent Trump, notamment Bolton et Pompeo, ont la certitude de pouvoir bloquer de telles éventualités – ou les saboter si elles avaient lieu, comme ils l’ont fait fin février, lors du deuxième sommet de Trump avec Kim Jong-un, le dirigeant de la Corée du Nord.

Deuxièmement, la politique étrangère de ce gouvernement a constamment adopté un aspect irrationnel qui pourrait être sans précédent dans l’histoire des États-Unis. C’est périlleux. L’hostilité quasi paranoïaque de l’administration envers Pyongyang et Moscou en est une illustration. Il en est de même quand il s’agit de s’aliéner, en toute indifférence des alliés de longue date de l’autre côté de l’Atlantique et en Asie. Depuis cette semaine, cependant, la politique de Pompéo, qui consiste à « aller jusqu’à zéro », fait de l’Iran le danger le plus immédiat.

Le goulot d’étranglement du golfe Persique

Des responsables iraniens, dont Zarif, menacent maintenant de fermer le détroit d’Ormuz, goulot d’étranglement du golfe Persique, si les pétroliers iraniens sont empêchés d’y passer. Il s’agit d’un avertissement indirect qui pourrait voir l’armée iranienne affronter la cinquième flotte américaine, qui opère dans le golfe et les eaux limitrophes.

Un autre danger auquel l’administration se retrouve aujourd’hui confrontée vient de la forte flambée du prix du pétrole. Conjuguées, les sanctions américaines contre le Venezuela et l’Iran visent à retirer du marché environ 2 millions de barils de pétrole par jour.

L’Arabie saoudite s’est engagée à compenser la perte d’approvisionnement, mais de nombreux analystes s’interrogent sur sa capacité à soutenir une augmentation de la production compte tenu de l’épuisement progressif de son champ de Ghawar, longtemps productif. La capacité de réserve des producteurs est déjà très faible. Faut-il prendre le risque d’une nouvelle crise pétrolière, compte tenu de l’essoufflement de l’économie mondiale ?

En Iran, Zarif : ouvert aux pourparlers bilatéraux. (YouTube)

Les responsables de la politique étrangère de Trump risquent aussi de se mettre à dos des alliés – la Corée du Sud, le Japon, l’Inde, les Européens – alors même que leur coopération sur de nombreuses autres questions politiques est nécessaire. Dans le cas de la Chine, l’administration met en péril les progrès d’un accord commercial presque achevéet compromet l’influence de Pékin sur la Corée du Nord.

Il y a d’autres cas qui démontrent l’indifférence apparemment totale de l’administration Trump à l’égard des dommages collatéraux et de l’animosité des alliés. Depuis que les États-Unis ont abandonné les accords de Paris sur le climat et l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, les Européens ont peine à contenir leur colère; ils sont maintenant ouvertement furieux que les des sanctions contre l’Iran se fassent plus sévères. Les Sud-Coréens, contrariés par la position intransigeante de Washington à l’égard de Pyongyang, cherchent maintenant les moyens de nouer des accords avec le Nord au mépris des nombreux degrés de sanctions imposées par l’ONU et les États-Unis.

La question est de savoir pourquoi la politique étrangère de cette administration est si déconcertante et relève de l’amateurisme. Question subsidiaire: Pourquoi le président s’entoure-t-il de conseillers politiques qui vont totalement à l’encontre de ceux de ses objectifs qui en valent la peine ?

Trump est arrivé à Washington sans être issu du corpus politique: c’est probablement là que commencent les réponses à ces questions. Le décideur new-yorkais avait un choix très limité à partir duquel il pouvait bâtir son administration. Son interminable problème avec le « Russia-Gate » l’handicape encore plus. Cette administration est l’une des plus opaques de l’histoire récente, ce qui fait que les certitudes quant à son fonctionnement interne sont difficiles à obtenir. Mais il est fort possible que Trump n’ait pas choisi son équipe de politique étrangère et que les membres de celle-ci lui aient été imposés.

Cependant, ses conseillers font maintenant partie de l’administration, ils forment une combinaison toxique de néoconservateurs, dont nombre proviennent de la Heritage Foundation, et des chrétiens évangéliques. Bolton est emblématique de la première, Pompeo de la seconde. C’est la couleur actuelle de la politique étrangère américaine.

Zélotes et Croisés

Les deux camps sont peuplés de fanatiques et de croisés; tous deux cultivent des visions du monde irrationnelles enracinées dans une idéologie et des positions extrémistes. L’obsession de Bolton est la restauration d’une suprématie américaine incontestée. On dit que Pompeo considère des adversaires tels que la Corée du Nord et l’Iran comme George W. Bush l’a fait : Les États-Unis sont dans une guerre de “fin des temps” avec Gog et Magog [référence à l’eschatologie biblique, NdT], manifestations bibliques du mal à l’étranger dans le monde.

Pour être clair, il y a plus de mal que de bien dans la façon de penser du président en matière de politique étrangère. Il était évidemment derrière la décision de déplacer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem ainsi que l’annonce en mars que Washington reconnaissait la juridiction israélienne sur le plateau du Golan.

« C’est très important stratégiquement pour la victoire, les sommets, parce que vous êtes très haut, très important », a déclaré Trump ce week-end. « Il y a cinquante-deux ans, cela a commencé [quand Israël a capturé le Golan en Syrie pendant la guerre de 1967] et je l’ai fait rapidement. C’est fait. C’est fini. »

Il est peu probable que l’on fasse quoi que ce soit en ce qui concerne le déménagement de l’ambassade et la décision concernant le plateau du Golan. Tous deux sont diamétralement contraires au droit international et tous deux ont considérablement entamé la crédibilité des États-Unis au Moyen-Orient. En bref, Trump fait ses propres erreurs de calcul, et elles sont aussi graves que celles faites par l’axe Pompeo-Bolton. Il y a peu de sages dans cette administration.

En même temps, le désir de Trump de négocier avec ses adversaires – Russie, Iran, Corée du Nord – est entièrement défendable. Mais la politique iranienne « vers le degré zéro » qui entrera en vigueur cette semaine peut être interprétée comme une preuve de l’échec du président à contrer la politique étrangère des manichéens qui l’entourent.

Il y aura peut-être des escarmouches à venir, mais la bataille est terminée. Nous devons maintenant regarder les idéologues extrémistes accélérer le déclin déjà évident de l’Amérique en tant que puissance mondiale – ainsi que son isolement croissant.

Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger depuis de nombreuses années, principalement pour l’International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, auteur et conférencier. Son livre le plus récent est « Time No Longer : Americans After the American Century » (Yale) [« La fin d’une époque: les Américains après le siècle Américain » (Yale), NdT]. On peut le suivre à @thefloutist. Son site Web est www.patricklawrence.us. Soutenez son travail via www.patreon.com/thefloutist.

Source : Consortium News, Patrick Lawrence, 29-04-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus

]https://www.les-crises.fr/patrick-lawrence-les-etats-unis-en-action-sur-le-marche-iranien-du-petrole-ou-un-exemple-de-politique-etrangere-irrationnelle/

Les quatre dossiers brûlants en négociation au G20 du Japon

  1.  Asie et Pacifique

Les quatre dossiers brûlants en négociation au G20 du Japon

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Première publication : 27/06/2019 – 22:39Dernière modification : 28/06/2019 – 10:54

Photo de famille du G20, le 28 juin novembre 2019 à Osaka, au Japon.
Photo de famille du G20, le 28 juin novembre 2019 à Osaka, au Japon. Ludovic Marin, AFP

Texte par :FRANCE 24Suivre

Le G20 se réunit vendredi et samedi, au Japon, pour évoquer les dossiers qui préoccupent les 20 plus grandes économies du monde. Au menu des discussions, le climat, l’Iran, les taux bancaires et les relations commerciales entre Pékin et Washington.PUBLICITÉ

Les 20 plus grandes économies mondiales se réunissent vendredi 28 et samedi 29 juin à Osaka, au Japon. Au menu de ce G20 : l’environnement et le climat, le dossier iranien et le pétrole, les taux des banques centrales ainsi que les tensions commerciales entre Pékin et Washington.

Les relations commerciales entre la Chine et les États-Unis

Les négociations commerciales entre Pékin et Washington devraient accaparer une partie des discussions. Dans l’impasse depuis le mois dernier, les présidents Xi Jinping et Donald Trump vont tenter de relancer le dialogue, notamment lors d’un entretien bilatéral prévu samedi à 11 h 30, heure locale (2 h 30 GMT).PUBLICITÉ

Le South China Morning Post, quotidien anglophone de Hong Kong, a rapporté jeudi 27 juin que les deux premières puissances économiques mondiales, en conflit depuis près d’un an, avaient conclu une trêve provisoire.

Avant son départ pour le Japon, Donald Trump a soufflé le chaud et le froid, jugeant « absolument possible » de parvenir à un accord avec Xi Jinping tout en se disant prêt, en cas d’échec, à imposer de nouveaux droits de douane sur la quasi-totalité des produits chinois non encore taxés. À Pékin, un porte-parole du ministère du Commerce a de son côté réclamé jeudi l’annulation sans délai des sanctions américaines visant le groupe chinois d’équipements de télécommunication Huawei.

Croissance et taux bancaires

Au chapitre des tensions commerciales, les incertitudes qui pèsent sur la croissance et notamment les taux des banques centrales ne manqueront pas non plus d’animer les débats.

Lors de sa réunion de politique monétaire des 18 et 19 juin, la Réserve fédérale a ouvert la voie à de possibles baisses de taux d’ici la fin de l’année. Cette perspective, qui affaiblit le dollar, pourrait contraindre la Banque centrale européenne et la Banque du Japon à chercher des moyens d’éviter une trop forte appréciation de l’euro et du yen afin de protéger leurs économies fortement dépendantes des exportations.Voir l’image sur Twitter

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Emmanuel Macron@EmmanuelMacron

À l’ouverture du G20 d’Osaka, je retrouve nos partenaires européens et le Canada pour une réunion de coordination. Objectif : porter ensemble nos ambitions : pour le climat, pour des politiques commerciales équitables, pour lutter contre les inégalités.2 23704:34 – 28 juin 2019908 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

L’hôte du sommet, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, espère que la déclaration de clôture du sommet insistera aussi sur la nécessité de préserver le libre-échange mais il pourrait se heurter au refus de Donald Trump, qui avait obligé l’an dernier le G20 à abandonner sa référence de longue date à la lutte contre le protectionnisme.

Le climat et l’environnement, dossiers brûlants

Autre pomme de discorde entre les 20 nations : le changement climatique. Les négociateurs américains s’opposent à la volonté des Européens de s’engager fortement en faveur de la lutte contre le réchauffement, que Donald Trump considère comme un « canular ».

La dernière version en date des phrases de la déclaration consacrées au climat qualifie l’Accord de Paris sur le climat d' »irréversible », ce qu’une version antérieure évitait de mentionner sous la pression des États-Unis, précisent deux sources interrogées par Reuters.

Considéré comme historique, l’Accord de Paris, qui fixe le cadre d’engagements politiques, économiques et financiers visant à contenir la hausse de la température moyenne de la planète « bien en deçà de 2 °C » en 2100, avec l’objectif d’être le plus près possible de 1,5 °C, est fragilisé depuis que Donald Trump a décidé d’en retirer les États-Unis.

Mercredi, Emmanuel Macron a pressé tous les membres de soutenir l’Accord de Paris de 2015 et d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre tout en menaçant de refuser de signer un communiqué final trop timide sur ce point.

Le G20 pourrait, en outre, enfin adopter un nouveau cadre pour réduire la pollution plastique dans les océans sur une base volontaire. Mais il paraît peu probable que les dirigeants des 20 économies les plus avancées s’engagent sur des objectifs précis.Voir l’image sur Twitter

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Justin Trudeau@JustinTrudeau

Décollage vers Osaka, au Japon, où nous passerons quelques journées bien remplies au Sommet des dirigeants du #G20. Au menu : lutter contre les changements climatiques, faire avancer l’égalité des genres et créer plus d’opportunités pour la classe moyenne.41317:07 – 26 juin 201976 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Les dix pays membres de l’Asean (Association des pays du Sud-Est asiatique) ont montré la voie samedi dernier en adoptant à l’issue d’un sommet à Bangkok une déclaration commune de lutte contre les déchets en mer.

Pétrole et Iran

Même si l’Iran n’est pas membre du G20, la République islamique sera dans toutes les têtes en raison de la guerre des mots qui l’oppose à Donald Trump et aux fortes tensions entre les deux pays, ravivées par la destruction en vol d’un drone américain par Téhéran il y a une semaine près du détroit d’Ormuz.

Cette crise, qui a provoqué une hausse des cours du brut, intervient à quelques jours d’une réunion ministérielle de l’Opep le 1er juillet, élargie le lendemain aux alliés non Opep, dont la Russie, pendant laquelle les membres de cet Opep+ devraient décider de reconduire ou non des baisses de production pour soutenir les prix.

Quoi qu’en dise l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite, qui compte désormais parmi les producteurs les plus modestes du cartel en raison des sanctions de Washington, les discussions risquent de se résumer à un tête-à-tête entre Riyad et Moscou, qui produisent à eux deux plus de 40 % du pétrole de l’Opep+. Le sujet devrait être à l’ordre du jour de l’entretien prévu en marge du G20 entre Vladimir Poutine et le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane.

Avec Reutershttps://www.france24.com/fr/20190627-quatre-dossiers-brulants-negociations-g20-japon-climat-petrole-iran-chine

Le sanctionneur arrosé

Le sanctionneur arrosé

Publié le 20 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisEconomieRussiePétrole

Lorsque les frères Lumière projetèrent, en 1895, le premier film de l’histoire cinématographique, ils n’imaginaient sans doute pas la postérité de leur Arroseur arrosé. Ces derniers temps, le rôle du jardinier crétin est repris avec ardeur, quoiqu’à son corps défendant, par l’empire qui ne semble décidément pas savoir comment s’y prendre avec ses sanctions. Jugez-en plutôt…

Depuis les sanctions contre la Russie décidées par Washington et imposées aux euronouilles en 2014, l’indice de la bourse de Moscou a gagné 100%. Les opérateurs sont stupéfaits : « Ce que le marché russe a fait est incroyable étant données les sanctions. On se demande ce qui se passerait si celles-ci étaient suspendues… » Une chose est sûre : le « philanthrope »-boursier Soros ne s’attendait certainement pas à ça.

Et comme de leur côté, les réserves dépassent à nouveau les 500 milliards d’équivalents-dollars (seul un cinquième est libellé en billets verts), retrouvant leur niveau de 2014, le Kremlin a le sourire. Oh, à propos de dédollarisation, Bruxelles et Moscou sont en discussion pour favoriser les paiements roubles-euros. Pour l’instant, 54% des exportations russes vers l’UE sont encore payées en dollars (34% en euros et 8% en roubles). Pour les exportations européennes vers la Russie, les chiffres sont déjà plus intéressants : 48% en euros, 28% en roubles et seulement 22% en dollars.

Conclusion : un certain chemin a déjà été parcouru sur la voie de la dédollarisation mais l’UE continue de payer l’énergie russe en devises US. Les Russes jouent habilement la carte de l’infatuation des euronouilles envers leur monnaie (Il faut sauver le soldat euro) pour enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil de la domination financière impériale, pilier de sa puissance.

Moscou a également d’autres bonnes raisons de se réjouir tandis que les stratèges de DC la Folle se prennent, eux, la tête à deux mains. Depuis les sanctions états-uniennes contre le pétrole vénézuélien, les raffineurs américains se sont découvert une soudaine passion pour… l’or noir russe, dont les importations ont triplé ! Dans un scénario kafkaïen délicieux à souhait, les USA sanctionnent Caracas mais augmentent les revenus de Moscou qui aide Caracas.

Dans la même lignée, les sanctions impériales contre le pétrole iranien obligent l’Inde, grande importatrice de naphte perse, à regarder du côté de son allié historique russe. D’où ils sont, McCainistan et Brzezinski doivent regarder tout ça d’un air consterné en s’arrachant le peu de cheveux qui leur restent…

Qui sont les incendiaires de pétroliers dans le Golfe ?

« L’ART DE LA GUERRE »

Qui sont les incendiaires de pétroliers dans le Golfe ?

Manlio Dinucci invite à prendre du recul. Il replace les sabotages de pétroliers dont Washington accuse Téhéran dans le cadre de la politique énergétique globale des États-Unis. Ce faisant, il montre que, contrairement aux apparences, Mike Pompeo ne vise pas l’Iran, mais bien l’Europe.

 | ROME (ITALIE)  

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Tandis que les États-Unis préparent une nouvelle escalade au Moyen-Orient, en accusant l’Iran d’attaquer les pétroliers dans le golfe d’Oman, le vice-premier ministre italien Matteo Salvini rencontre à Washington le secrétaire d’État Mike Pompeo, un des artisans de cette stratégie, en l’assurant que « l’Italie veut redevenir dans le continent européen le premier partenaire de la plus grande démocratie occidentale ». Ainsi accroche-t-il l’Italie à l’opération lancée par Washington.

L’« incident du golfe d’Oman », casus belli contre l’Iran, calque « l’incident du golfe du Tonkin » du 4 août 1964, utilisé comme casus belli pour bombarder le Nord Vietnam, accusé d’avoir attaqué un torpilleur US (accusation qui s’est ensuite révélée fausse).

Aujourd’hui une vidéo diffusée par Washington montre l’équipage d’une présumée vedette iranienne qui, en plein jour, décroche du flanc d’un pétrolier une mine non explosée pour effacer sa provenance (car la mine aurait porté l’inscription « made in Iran »).

Avec ces « preuves », qui constituent une véritable insulte à l’intelligence, Washington cherche à camoufler le but de l’opération. Celle-ci relève de la stratégie pour le contrôle des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel et de leurs couloirs énergétiques [1]. Ce n’est pas un hasard si dans le viseur des États-Unis se trouvent l’Iran et l’Irak, dont les réserves pétrolifères totales dépassent celles de l’Arabie Saoudite et sont cinq fois supérieures à celles des USA. Les réserves iraniennes de gaz naturel sont environ 2,5 fois celles des USA. Pour la même raison se trouve dans le viseur états-unien le Venezuela, pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères du monde.

Le contrôle des couloirs énergétiques est de première importance. En accusant l’Iran de vouloir « interrompre le flux de pétrole à travers le détroit d’Ormuz », Mike Pompeo annonce que « les États-Unis défendront la liberté de navigation ». Autrement dit, il annonce que les États-Unis veulent contrôler militairement cette zone clé pour l’approvisionnement énergétique y compris de l’Europe, en empêchant avant tout le transit du pétrole iranien (à qui l’Italie et d’autres pays européens ne peuvent pas de toutes façons accéder librement à cause de l’interdit états-unien).

D’Iran aurait pu aussi arriver en Europe du gaz naturel à bas prix par un gazoduc traversant l’Irak et la Syrie ; mais le projet, lancé en 2011, a sauté à la suite de l’opération USA/OTAN pour démolir l’État syrien.

De Russie aurait pu arriver directement en Italie, et de là être distribué dans d’autres pays européens avec de notables avantages économiques, du gaz naturel, au moyen du South Stream à travers la Mer Noire ; mais le gazoduc, déjà en phase avancée, a été bloqué en 2014 sous la pression des États-Unis et de l’Union européenne même, avec de gros dommages pour l’Italie.

C’est par contre le redoublement du Nord Stream qui s’est poursuivi, faisant de l’Allemagne le centre de triage du gaz russe. Puis, sur la base de l’accord de « coopération stratégique USA-UE dans le domaine énergétique » stipulé en juillet 2018, les exportations états-uniennes de gaz naturel liquéfié (Lng) dans l’UE ont triplé. Le centre de triage est la Pologne, d’où le « gaz de la liberté » arrivera aussi en Ukraine.

L’objectif de Washington est stratégique : frapper la Russie en remplaçant en Europe le gaz russe par celui des USA. Mais on n’a aucune garantie, ni sur les prix, ni sur la durée des fournitures US de gaz, extrait des schistes bitumineux par la technique du fracking (fracturation hydraulique), désastreuse pour l’environnement.

Que dit de tout cela Matteo Salvini qui, arrivé dans la « plus grande démocratie du monde occidental », a fièrement déclaré : « Je fais partie d’un gouvernement qui en Europe ne se contente plus des miettes » ?

Manlio Dinucci

Manlio DinucciGéographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016 ; Guerra nucleare. Il giorno prima. Da Hiroshima a oggi : chi e come ci porta alla catastrofe, Zambon 2017 ; Diario di guerra. Escalation verso la catastrofe (2016 – 2018), Asterios Editores 2018.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

[1] « Géopolitique du pétrole à l’ère Trump », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 avril 2019.

 

https://www.voltairenet.org/article206742.html