Archives pour la catégorie Pétrole

Le Brésil refuse à Total une licence d’exploration dans l’embouchure de l’Amazone

Le Brésil refuse à Total une licence d’exploration dans l’embouchure de l’Amazone

Brasilia – Le Brésil a refusé vendredi au groupe pétrolier français Total l’autorisation d’effectuer des forages dans cinq secteurs de l’embouchure de l’Amazone, en déclarant que le plan présenté par Total comportait des « problèmes techniques ».

« La licence environnementale pour l’Activité de forage maritime dans les blocs FZA-M-57, 86, 88, 125 et 127 de Foz de Amazonas a été refusée ce vendredi en raison d’un ensemble de problèmes techniques identifiés au cours du processus visant à l’obtention de la licence », a annoncé dans un communiqué l’agence de régulation environnementale brésilienne Ibama.

Le refus de cette licence avait été demandé en avril dernier par le parquet du Brésil et par des organisations de défense de l’environnement.

Total s’était associé en 2013 avec le britannique BP et le brésilien Petrobras pour acquérir des blocs d’exploration dans l’embouchure de l’Amazone et attendait d’obtenir le feu vert des autorités brésiliennes pour lancer les travaux d’exploration.

Ibama déclare dans son communiqué avoir détecté d' »importantes incertitudes » dans le plan présenté par Total pour d’éventuelles situations d’urgence. L’agence brésilienne évoque « la possibilité d’une fuite de pétrole qui pourrait affecter les récifs coraliens présents dans la région et par extension la biodiversité marine ».

L’agence ajoute qu’elle a donné à Total E&P do Brasil, la branche brésilienne du groupe, toutes les « opportunités possibles » pour « qu’elle complète et éclaircisse les problèmes techniques » qui ont été relevés. Elle indique avoir informé vendredi Total de sa décision.

(©AFP / 07 décembre 2018 23h35)

https://www.romandie.com/news/Le-Br-sil-refuse-Total-une-licence-d-exploration-dans-l-embouchure-de-l-Amazone/978016.rom

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Pétrole: l’Opep et ses alliés sont convenus d’une baisse de 1,2 million de barils par jour (Irak)

Pétrole: l’Opep et ses alliés sont convenus d’une baisse de 1,2 million de barils par jour (Irak)

Vienne – L’Opep et ses alliés dont la Russie ont décidé vendredi une baisse commune de leur production de 1,2 million de barils par jour (mbj) dans l’espoir de redresser les cours, a annoncé le ministre irakien du Pétrole Thamer Abbas al-Ghadhban à l’issue d’une réunion à Vienne.

« Nous allons réduire de 1,2 million de barils par jour au total » la production, a-t-il déclaré à la presse. Il a précisé que cette réduction serait portée à hauteur de 800.000 barils quotidiens par les quatorze pays de l’Opep et de 400.000 par ses dix partenaires dont la Russie.

Cette baisse sera calculée à partir des niveaux de production d’octobre et fera l’objet d’un examen d’étape en avril, a précisé un porte-parole de la réunion, Tafal al-Nasr.

Cette réduction, correspondant à un peu plus de 1% de la production mondiale, est destinée à enrayer la chute des cours, qui ont dévissé de 30% en deux mois dans un contexte de surproduction chronique.

L’Opep et ses alliés assurent environ la moitié de la production mondiale de brut et sont liés par un partenariat depuis deux ans. Le président américain Donald Trump avait exhorté mercredi l’Opep à maintenir sa production à un niveau élevé afin de ménager les consommateurs.

(©AFP / 07 décembre 2018 16h07)

https://www.romandie.com/news/P-trole-l-Opep-et-ses-alli-s-sont-convenus-d-une-baisse-de-1-2-million-de-barils-par-jour-Irak/977888.rom

L’Opep défie Trump mais apparaît timide sur la baisse de production envisagée

L’Opep défie Trump mais apparaît timide sur la baisse de production envisagée

Des policiers autrichiens gardent l’entrée du siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne, le 5 décembre 2018 / © AFP / JOE KLAMAR

Les producteurs de pétrole de l’Opep étaient réunis jeudi à Vienne pour convenir d’une baisse de production destinée à enrayer la chute des cours, n’hésitant pas à défier verbalement le président américain Donald Trump mais sans convaincre les marchés.

« Nous recherchons une baisse suffisante pour équilibrer le marché », a souligné le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Faleh, poids lourd de l’organisation, avant le début de cette réunion cruciale.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui pompe environ un tiers du brut mondial, cherche à contrebalancer la chute des cours, qui ont accusé un recul de 30% ces deux derniers mois.

M. al-Faleh a plaidé jeudi pour une baisse de production d' »un million de barils par jour ». Mais ce niveau, inférieur aux attentes des marchés, a provoqué une nouvelle chute des cours à la mi-journée en cours d’échanges européens, le baril de Brent passant même sous les 60 dollars.

« L’Arabie saoudite a suggéré une baisse de la production plus faible que ce que le consensus estimait », a expliqué David Madden, analyste pour CMC Markets.

Alors que Ryad est contraint à un délicat jeu d’équilibriste vis-à-vis de son allié américain, le ministre saoudien a assuré ne pas vouloir se laisser dicter sa conduite.

Washington « n’est pas en position de nous dire ce que nous devons faire », a-t-il estimé devant la presse, ajoutant: « Je n’ai besoin de la permission de personne pour diminuer » la production.

Le président américain Donald Trump avait exhorté mercredi dans un tweet l’Opep à « maintenir sa production en l’état » afin de ne pas mécontenter les consommateurs. L’organisation a produit 32,99 millions de barils par jour en octobre, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Tout en se disant opposé à une baisse de la production de son propre pays en raison des sanctions américaines, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a lui aussi ironisé jeudi sur le tweet de M. Trump.

« C’est la première fois qu’un président des Etats-Unis dit à l’Opep ce qu’elle doit faire », a-t-il relevé, ajoutant que l’administration américaine devrait « savoir que l’Opep ne fait pas partie du département américain de l’Energie ».

Le ministre a estimé que la plupart des pays de l’Opep visaient un prix du brut compris « entre 60 et 70 dollars ».

– Le rôle clé de la Russie –

L’ampleur réelle de la baisse de production reste donc la principale inconnue de la réunion, ainsi que celle qui pourrait être convenue vendredi lors d’une réunion entre l’Opep et ses partenaires, au premier rang desquels la Russie. Ces deux groupes, qui représentent plus de la moitié de l’offre mondiale, sont liés depuis fin 2016 par un accord de limitation de production.

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, qui doit assister à la réunion de vendredi à Vienne, a souligné jeudi à Saint-Pétersbourg que son pays suivait « la situation réelle et l’évaluation réelle du marché ».

Mais il a rappelé qu’en plein hiver, les « conditions climatiques » russes rendaient « beaucoup plus difficile de réduire (la production) que pour d’autres pays », laissant entendre qu’un éventuel effort de Moscou ne pourrait intervenir que plus tard. Pour les analystes de Commerzbank, « la Russie aura un rôle clé à jouer dans ce contexte ».

Mercredi, la firme de courtage londonienne PVM avait estimé qu’une absence de baisse de production déclencherait « une frénésie de ventes dans des proportions bibliques et garantirait le retour à une surabondance mondiale de pétrole ».

Mais la marge de manoeuvre de l’Opep est d’autant plus réduite que les Saoudiens peuvent difficilement se permettre de s’aliéner le président américain après l’indignation internationale suscitée par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a besoin de la protection de son allié à la Maison-Blanche, mais aussi d’un baril plus cher pour mettre en oeuvre ses réformes économiques.

En juin, les producteurs avaient assoupli leur discipline avec pour objectif de permettre à la Russie et à l’Arabie saoudite d’extraire davantage pour compenser les pertes prévues de barils iraniens en raison du rétablissement des sanctions américaines.

Mais les exemptions accordées au dernier moment par les Etats-Unis à huit pays importateurs, à des niveaux plus élevés que ne l’attendait le marché, ont contribué au plongeon des prix de ces deux derniers mois, effaçant les gains engrangés depuis début 2017.

(©AFP / (06 décembre 2018 13h05)

Le pétrole continue de monter en Asie

Le pétrole continue de monter en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole continuaient de grimper mardi en Asie sous l’effet combiné de la trêve commerciale entre Washington et Pékin et des perspectives de réduction de l’offre mondiale.

Vers 02h15 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 48 cents à 53,43 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en février, gagnait 41 cents à 62,10 dollars.

« La reprise des marchés d’actions et le recul du dollar consécutifs à la détente sur le front de la guerre commerciale ont apporté un coup de fouet à toute une série de matières premières », a constaté Stephen Innes, analyste chez Oanda.

« Mais les investisseurs se focalisent surtout sur les perspectives de réduction de la production qui rééquilibreraient le marché en 2019 ».

Les cours, qui avaient été plombés par les craintes de chute de la demande due aux tensions commerciales entre les deux premières économies mondiales, ont repris du poil de la bête quand Donald Trump et Xi Jinping ont décidé d’une trêve lors du sommet du G20 à Buenos Aires.

Alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, se réunissent à Vienne jeudi et vendredi, Moscou et Ryad se sont mis d’accord pour prolonger leur accord de limitation des extractions après la fin de l’année.

« Ce fut le gros catalyseur », a ajouté M. Innes, soulignant aussi que les marchés avaient été portés par l’annonce par la province canadienne d’Alberta d’une réduction quotidienne de 325.000 barils par jour de sa production.

Lundi, le Brent a gagné 2,23 dollars pour finir à 61,69 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI a pris 2,02 dollars, terminant à 52,95 dollars.

ev/hh

(AWP / 04.12.2018 03h25)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-continue-de-monter-en-Asie/976533.rom

Le pétrole s’envole en Asie

Le pétrole s’envole en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole s’envolaient lundi en Asie de plus de 5% après la trêve commerciale conclue par Donald Trump et Xi Jinping lors d’un sommet du G20 à Buenos Aires et l’annonce que Moscou et Ryad étaient disposés à continuer de limiter leur production.

Vers 3h25 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 2,76 dollars à 53,69 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en février et dont c’était le premier jour comme contrat de référence, gagnait 2,95 dollars à 62,41 dollars.

À Buenos Aires, Washington a notamment décidé de suspendre pour 90 jours l’imposition de nouveaux droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits importés de Chine, le temps pour les deux pays de tenter de s’entendre sur des « changements structurels » dans leurs relations commerciales.

La guerre commerciale entre les deux premières économies mondiales a fait craindre un ralentissement de la croissance et partant, une chute de la demande d’or noir, le tout dans un contexte de surabondance de l’offre.

Les marchés réagissaient aussi favorablement à l’annonce faite samedi au G20 par le président russe Vladimir Poutine selon laquelle son pays et l’Arabie saoudite étaient disposés à « prolonger » leur accord de restriction de la production, a relevé Stephen Innes, analyste chez Oanda.

L’accord arrive en principe à expiration à la fin de l’année. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, lesquels représentent plus de la moitié de la production mondiale, se réunissent cette semaine à Vienne pour en discuter.

La plupart des analystes s’attendent à une réduction de l’ordre d’un million de barils par jour, mais certains jugent que cela ne sera peut-être pas suffisant à faire remonter des cours qui avant ce rebond avaient perdu de 30% depuis début octobre.

Les investisseurs s’intéressent aussi à l’annonce par l’Alberta d’une réduction de 8,7% de la production pétrolière de cette province canadienne qui renferme les troisièmes réserves de la planète, a souligné M. Innes.

Vendredi, le Brent pour janvier a fini à 58,71 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 80 cents.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI a cédé 52 cents à 50,93 dollars.

mba-ev/hh

(AWP / 03.12.2018 05h05)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-s-envole-en-Asie/976168.rom

Le pétrole orienté à la hausse en Asie

Le pétrole orienté à la hausse en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole étaient orientés à la hausse, lundi en Asie, après le plongeon de vendredi, mais le pessimisme demeurait de mise chez les investisseurs en raison d’une production élevée.

Vers 04h00 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 36 cents à 50,78 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en janvier également, gagnait 67 cents à 59,47 dollars.

Les cours avaient touché vendredi leur plus bas niveau en plus d’un an dans un marché menacé par la surproduction, à deux semaines d’une réunion de l’Opep où les Saoudiens seront sous forte pression américaine.

« La hausse de la production américaine conjuguée aux doutes sur le fait que l’Opep réduise sa production, tout cela pèse sur les prix », a déclaré Margaret Yang Yan, analyste chez CMC Markets à Singapour.

« Les tensions commerciales qui pèsent sur la demande énergétique mondiale noircissent aussi les perspectives. »

Le Brut et le WTI, désormais en dessous de la barre des 60 dollars le baril, ont perdu plus de 30% de leur valeur depuis début octobre.

« Au coeur des difficultés, figurent la surabondance de l’offre et la faiblesse de la demande. Une remontée éventuelle des prix dépendra de ce qui se passera au G20 de Buenos Aires et au sommet de l’Opep à Vienne une semaine plus tard », a déclaré Stephen Innes, analyste chez OANDA.

Il a relevé que le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, les présidents américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine devraient se réunir en marge du G20 du week-end prochain pour discuter des cours.

mba/jac/cn

(AWP / 26.11.2018 05h25)

https://www.romandie.com/news/Le-petrole-oriente-a-la-hausse-en-Asie/974019.rom

La news la plus lue hier : Le pétrole plonge en Asie

La news la plus lue hier : Le pétrole plonge en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole reculaient nettement vendredi en Asie, les inquiétudes sur la surabondance de l’offre sur le marché mondial prenant toujours le dessus.

Vers 03h50 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, perdait 1,34 dollars à 53,29 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en janvier également, cédait 63 cents à 61,97 dollars.

Après un jour férié aux Etats-Unis, les marchés ne digèrent pas la hausse des stocks de brut américains doublée d’une production américaine record. L’adoucissement des sanctions américaines sur le pétrole iranien a également renforcé les craintes de trop plein d’offre.

« Les investisseurs ont encore largement en mémoire la croissance des stocks américains, l’excès d’offre massif continue de contrebalancer les perspectives de réduction de la production de l’Opep », a déclaré Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Less membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires se voient à Vienne les 6 et 7 décembre. Ils devront y décider de restreindre, ou non, leurs extractions.

Cette réunion sera suivie de près par les Etats-Unis, alors que le président américain, Donald Trump, a appelé mercredi l’Arabie Saoudite à faire encore baisser les prix, la remerciant pour ses précédents efforts en la matière.

« Les cours plongent car Trump continue d’appeler à des cours plus bas pour faire pression sur l’Opep et l’Arabie saoudite afin qu’ils créent un environnement propice à de faibles coûts, ce qui s’accompagne en outre de la hausse des stocks américains », a déclaré à l’agence Bloomberg Hong Sungki, trader chez NH Investment & Securities Co. « Ce qui pourrait changer la donne, c’est ce que les pays de l’Opep Plus acceptent de faire en termes d’offre. »

ev/cn

(AWP / 23.11.2018 05h29)

https://www.romandie.com/news/La-news-la-plus-lue-hier-Le-p-trole-plonge-en-Asie_RP/973645.rom

Dans le besoin, l’Arabie saoudite se trouve un ami : la Russie

Dans le besoin, l’Arabie saoudite se trouve un ami : la Russie

« Lorsque l'héritage du président russe Vladimir Poutine s'inscrira dans l'histoire de son pays, la percée dans les relations avec l'Arabie saoudite sera une réussite personnelle », M.K. Bhadrakumar

Les Saoudiens tuent des gens au Yémen et répriment des journalistes depuis longtemps. La Russie, seule parmi tous les pays, devrait-elle changer de cap car cette fois-ci c'est un type du Washington Post qui a tiré le mauvais numéro ?

Par M.K. Bhadrakumar – Le 23 octobre 2018 – Source Russia Insider

2015-03-19_14h09_03Il va sans dire que le pétrole a été au centre du pouvoir militaire et de la vie économique de l’histoire moderne. Le contrôle du pétrole a été une source essentielle de pouvoir et de politique pendant la guerre froide. Le gouvernement américain avait même l’intention de ravager l’industrie pétrolière du Moyen-Orient dans le cas où l’ancienne Union soviétique en prendrait le contrôle. La CIA a appelé cela la « politique du déni ». Elle est née en 1948 pendant le blocus de Berlin : les puits de pétrole seraient bouchés, les stocks d’équipements et de carburant détruits, les raffineries et les pipelines mis hors d’état, pour éviter que l’URSS ne s’empare des ressources pétrolières du Moyen-Orient.

Un analyste avait écrit : « L’histoire de ce complot top secret du gouvernement des États-Unis [avec l’Arabie Saoudite en 1945] est un mélange tumultueux du nationalisme arabe, du Big Oil et de la CIA sur la plus grande partie du territoire le plus riche en pétrole du monde. Fondamentalement, c’est l’histoire de l’importance croissante du pétrole du Moyen-Orient et de l’avidité précoce de l’Occident à le contrôler. »

C’est pourquoi beaucoup d’ironie dramatique orne l’entretien du ministre saoudien de l’énergie, Khalid Al-Falih, avec l’agence de presse russe TASS, au moment critique où l’alliance établie il y a 70 ans entre l’Arabie saoudite et les États-Unis est au bord de l’abîme, suite à l’affaire de Jamal Khashoggi.

Lorsque l’héritage du président russe Vladimir Poutine s’inscrira dans l’histoire de son pays, la percée dans les relations avec l’Arabie saoudite sera une réussite personnelle. Poussée par la chute brutale des cours du pétrole à $20-$30 le baril en 2014 – contre $100 il y a trois ans à peine – la Russie a commencé à demander à l’Arabie saoudite de trouver une solution au désastre qui réduisait considérablement les revenus de l’exportation de pétrole des deux superpuissances énergétiques. La rencontre a eu lieu en septembre 2016 à Hangzhou, en Chine, en marge du sommet du G20, lorsque Poutine a rencontré le prince héritier saoudien Mohamed bin Salman (MBS, comme on l’appelle communément).

C’était dans la phase finale de l’ère Barack Obama. Pour la Russie, 2016 a été une année extrêmement difficile, confrontée aux sanctions occidentales et à une forte chute des revenus tirés des exportations de pétrole. Les Saoudiens ont également ressenti pour la première fois un « manque de trésorerie ». Poutine a travaillé sur cette convergence afin de mettre rapidement en place un partenariat stratégique entre la Russie et l’Arabie saoudite, ce qui a permis aux deux superpuissances de maintenir stables les prix du marché – le prix du pétrole estimé dans le budget russe pour l’année en cours avoisine les $53 le baril, alors qu’il se situe actuellement autour de $80 le baril.

Dans le même temps, l’axe russo-saoudien a pris la forme d’un forum institutionnel dénommé OPEP+, qui devrait disposer prochainement d’un secrétariat complet, à côté du secrétariat de l’OPEP à Vienne, présidé par la Russie. Les deux pays ont commencé par définir, provisoirement, le niveau de production des pays producteurs de pétrole à un intervalle de six mois, mais l’axe russo-saoudien a déjà acquis une telle emprise qu’ils envisagent un accord à long terme et illimité pour un ajustement continu, et permanent, de l’offre et de la demande de pétrole afin de maintenir les prix stables et de soutenir la croissance de l’économie mondiale.

L’équation personnelle Poutine-MBS a joué un grand rôle dans tout cela. MBS s’est rendu fréquemment à Moscou et sa dernière visite pour la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de la FIFA en 2018 a été l’occasion de rencontrer Poutine. Les idées saoudiennes et russes se sont alors orientées vers la recherche d’un cadre pour la coordination à long terme du marché du pétrole.

En effet, l’Arabie saoudite et la Russie assument le leadership des pays producteurs de pétrole et les aident à prendre des décisions par consensus. Dans le même temps, la coopération bilatérale russo-saoudienne dans le domaine énergétique a également bien débuté. Les deux pays ont des plans d’investissement dans le cadre du Fonds d’investissement direct russe (RDIF). L’Arabie saoudite devrait prendre une participation importante dans le projet de GNL Yamal Phase 2 dans l’Arctique russe, le montant des fonds propres investis par les Saoudiens étant juste derrière celui de Novatek. Ils discutent d’échanges avec des pays tels que l’Inde. Il est intéressant de noter que Al-Falih voit de bonnes perspectives pour la participation des entreprises russes à la stratégie ambitieuse d’Aramco en aval.

Sans aucun doute, l’interview du TASS avec Al-Falih a été programmée pour rappeler à la communauté internationale qu’il serait catastrophique d’isoler l’Arabie saoudite à la suite de l’affaire Khashoggi. Incidemment, le 20 octobre, le RDIF a publié un communiqué dans lequel il se félicitait des « mesures décisives » prises par les autorités saoudiennes dans l’affaire Khashoggi et précisait de manière affirmée son soutien au projet phare du prince héritier, Vision 2030. Les signaux de Moscou ont, jusqu’ici, évité scrupuleusement toutes critiques et censures de l’Arabie saoudite, à la différence des États-Unis et des pays européens.

L’interview de TASS et la publication de la transcription intégrale ont évidemment reçu l’approbation du Kremlin. Cela indique, aussi explicitement que possible, que dans ces circonstances la Russie n’a aucune intention de tourner le dos à l’Arabie saoudite à propos de l’affaire Khashoggi. On pourrait même dire que la Russie a un rôle à jouer dans la préservation de la hiérarchie actuelle des dirigeants saoudiens. Comme je l’ai dit au début, « l’or noir » a un rôle capital dans la géopolitique – et l’histoire des relations entre la Russie et l’Occident n’est pas terminée.

J’avais écrit, dans le contexte de l’accord historique conclu entre Poutine et MBS à Hangzhou il y a deux ans (Pay heed to the butterfly effect of Putin-Salman oil deal in Hangzhou, September 7, 2016, Asia Times) :

« Un accord entre la Russie et l’OPEP pourrait transformer complètement les alignements géopolitiques au Moyen-Orient. En tout premier lieu, la Russie aspire à remplacer les États-Unis, après leur statut pivot depuis 70 ans, en tant que premier partenaire énergétique de l’Arabie saoudite. Ce changement ne peut qu’affecter le recyclage des pétrodollars, qui a toujours été un pilier robuste du système financier occidental… Washington fait face à la perspective désagréable d’un retrait stratégique au Moyen-Orient, sauf à pouvoir mobiliser de façon déterminée pour un retour. Mais doubler la mise au Moyen-Orient, c’est aussi détourner l’attention du rééquilibrage en Asie, ce qui, à son tour, aura des conséquences à long terme. »

Juste une réflexion après coup : peut-il s’agir d’une simple coïncidence que l’Occident tire sur MBS aujourd’hui ? Toute l’attention se porte sur ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi. Mais il se peut que nous ne sachions jamais ce qui s’est réellement passé lors de la préparation de son horrible meurtre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Cela peut-il être comparable à l’impression erronée qu’a reçue Saddam Hussein lorsque Washington lui avait laissé croire qu’il cautionnerait son occupation du Koweït ? Il n’y a pas de réponse facile.

Le fait est que l’entente Poutine-MBS est devenue une véritable alliance et qu’elle offre un grand potentiel pour redessiner les fronts de la bataille entre l’Occident et la Russie. Poutine n’a pas caché que la Russie abandonnerait les transactions en dollars. Si la Russie et l’Arabie saoudite commencent à commercer dans des devises autres que le dollar, ce sera un coup fatal pour le système bancaire occidental. La Chine fait également pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle commerce en yuan.

De plus, l’introduction en bourse de Saudi Aramco est en attente. L’Arabie saoudite estime que le marché des capitaux évaluera Aramco à environ $2 000 milliards de dollars, ce qui en fera la société cotée en bourse la plus chère au monde. Le ministre saoudien a révélé dans une interview accordée à TASS que la cotation est attendue en 2021 et a laissé entendre que la Bourse de New York pourrait ne pas être dans la zone considérée par les Saoudiens. Il a signalé que la cotation devrait se faire dans une « juridiction amie sûre » – faisant allusion aux demandes éventuelles devant les tribunaux américains d’indemnisation saoudienne pour les familles des victimes des attentats du 11 septembre.

Des rapports sont apparus sur les préparatifs d’une visite de Poutine en Arabie Saoudite. Au final, il en ressort que la Russie se positionne comme une amie lorsque l’Arabie saoudite en a le plus besoin. Certes, le soutien russe apporte beaucoup de « profondeur stratégique » au régime saoudien en ce moment où il fait face à une crise existentielle – en particulier pour MBS.

M.K. Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/dans-le-besoin-larabie-saoudite-se-trouve-un-ami-la-russie

 

Comment Wall Street a permis à la révolution foudroyante de perdre des milliards de dollars

Comment Wall Street a permis à la révolution foudroyante de perdre des milliards de dollars


Par Justin Mikulka – Le 4 mai 2018 – Source DeSmog

Wall Street sign
Un panneau de Wall Street à New York. Crédit : domaine public

 

L’industrie américaine du pétrole de schiste saluée comme une « révolution » a brûlé 250 milliards de dollars de plus que ce qu’elle a rapporté au cours de la dernière décennie. Il s’agit d’une entreprise de destruction d’argent d’une ampleur épique.

En septembre 2016, le service de notation financière Moody’s a publié un rapport sur les compagnies pétrolières américaines, dont beaucoup souffraient de la chute massive des prix du pétrole. Moody’s a constaté que « le coût financier de la crise pétrolière ne peut être qualifié que de catastrophique », en particulier pour les petites entreprises qui ont contracté d’énormes dettes pour financer la fracturation dans des formations de schistes lorsque les prix du pétrole étaient élevés.

Et même si les sociétés de schistes ne réalisent toujours pas de bénéfice, Wall Street continue de prêter plus d’argent à cette industrie tout en vantant ces sociétés comme de bons investissements. Pourquoi les investisseurs feraient ça ?

David Einhorn, investisseur vedette de fonds de couverture et fondateur de Greenlight Capital, a qualifié l’industrie du schiste argileux de « farce ».

« Une entreprise qui brûle de l’argent et qui ne croît pas, cela ne vaut rien », a déclaré M. Einhorn, qui va souvent à contre-courant du monde financier.

Les investisseurs ne sont-ils pas censés se concentrer sur l’investissement dans des entreprises rentables ? Bien qu’en théorie, oui, la réalité est tout à fait différente pour des industries comme le pétrole de schiste et l’habitation.

Si la crise financière américaine de 2008 a révélé quelque chose, c’est que Wall Street ne se soucie pas de faire un « deal merdique » quand il s’agit de profits et de bonus pour ses traders et cadres, malgré leurs rôles dans le crash.

Wall Street fait de l’argent en facilitant les transactions comme un bookmaker de Vegas fait de l’argent en prenant des paris. Comme le dit le dicton à propos de Las Vegas : « La maison gagne toujours ». Ce qui est vrai pour les casinos et les jeux de hasard est également vrai pour Wall Street.

Wall Street est à l’origine de la crise financière de 2008, et certains de ses architectes en ont personnellement profité. Cependant, alors que quelques cadres en ont bien profité, le résultat a été une baisse de l’emploi de 8,8 millions de personnes, et selon Bloomberg News en 2010, « à un moment donné l’an dernier [2009], les États-Unis avaient prêté, dépensé ou garanti jusqu’à 12 800 milliards de dollars pour sauver l’économie ».

JP Morgan (ainsi qu’une grande partie de Wall Street) ont eu besoin d’importantes sommes d’argent sous forme de renflouements pour survivre aux retombées de tous les mauvais prêts accordés, qui ont provoqué la crise du logement. Est-ce que JP Morgan s’abstient d’accorder des prêts à l’industrie du schiste argileux ? Non. Bien au contraire.

Comme le montre ce graphique sur les banques qui prêtent de l’argent à la société de shale EOG Resources, sous forme de renflouement, alors que tous les grands acteurs de Wall Street sont sur le coup, JP Morgan a pris les plus gros paris.

Pour comprendre pourquoi JP Morgan et le reste de ces banques prêteraient de l’argent à des sociétés travaillant dans le schiste qui continuent de le perdre, il est important de comprendre le concept de jeu de « la commision ». Merriam-Webster le définit comme « une charge prise (comme par un bookmaker ou une maison de jeu) sur les paris ».

Wall Street gagne de l’argent en prenant une part de l’argent des autres. Pour une maison de jeu, peu importe si tout le monde gagne de l’argent ou en perd, tant que la maison reçoit sa part – sa com, comme on l’appelle dans le monde financier – des frais de gestion.

Comprendre ce concept permet de comprendre pourquoi les investisseurs ont prêté 250 milliards de dollars à l’industrie du schiste, qui les a brûlé. Si vous prenez des commissions sur 250 milliards de dollars, vous avez une grosse pile d’argent. Et même si ces compagnies pétrolières peuvent toutes faire faillite, Wall Street ne rend jamais les commissions.

Trent Stedman de la société d’investissement Columbia Pacific Advisors LLC a expliqué au Wall Street Journal à la fin de 2017 pourquoi les producteurs de schistes continueraient à forer plus de puits même si les sociétés saignent de l’argent sur chaque baril produit :

Certains diraient : nous savons que c’est une mauvaise économie, mais c’est ce que veut The Street.

Et « The Street » obtient généralement ce qu’elle veut, même lorsqu’il est clair que prêter de l’argent à des sociétés dans le pétrole de schistes qui perdent de l’argent depuis une décennie et qui sont déjà très endettées est « une mauvaise économie ». Mais les primes de Wall Street sont basées sur le montant des « frais » qu’un employé peut apporter à la banque. Plus les frais sont élevés, plus la prime est élevée. Et plus de prêts – même ceux qui sont clairement mauvais sur le plan économique – signifient beaucoup plus de frais.

Les sociétés pétrolières de schistes sont les « créatures des marchés financiers »

En 2017, le « légendaire » responsable de fonds spéculatif Jim Chanos a qualifié les sociétés pétrolières de schistes de « créatures des marchés financiers », ce qui signifie que sans l’argent de Wall Street, elles n’existeraient pas. Chanos a également déclaré publiquement qu’il vendait à découvert les actions du géant pétrolier de schiste argileux Continental Resources, car l’entreprise ne peut même pas gagner assez d’argent pour payer les intérêts sur ses prêts.

Et il marque un point. En 2017, Continental Resources a dépensé 294,5 millions de dollars  en remboursement d’intérêts, ce qui représente environ 155 % de son revenu net ajusté de 2017. Lorsque vous ne pouvez même pas payer les intérêts sur vos cartes de crédit, vous êtes fauché.

Et pourtant, en 2017, les capitaux des investisseurs continuaient d’affluer, Continental Resources faisant partie de ceux qui se sont endettés auprès de Wall Street pour un autre milliard de dollars.

En 2017, les sociétés américaines [d’exploration et de production] ont levé plus d’obligations que jamais depuis le début de l’effondrement des prix en 2014, avec des émissions d’environ 60 milliards de dollars, soit près de 30% de plus qu’en 2016, selon Dealogic. Les grandes sociétés comme Whiting Petroleum, Continental Resources, Southwestern, Noble, Concho et Endeavor Energy Resources ont chacune levé 1 milliard de dollars ou plus au cours du second semestre de 2017.

Quel est l’ampleur du problème que pose le prêt d’argent à une industrie qui brûle des milliards de dollars et s’endette ? Il est si gros que le PDG de la compagnie de schistes Anadarko Petroleum blâme Wall Street et demande à ses entreprises d’arrêter de prêter de l’argent à l’industrie du pétrole de schistes. Oui, c’est bien vrai.

En 2017, Al Walker, PDG d’Anadarko, a déclaré  lors d’une conférence d’investisseurs que les investisseurs de Wall Street étaient le problème :

Le plus gros problème auquel notre industrie est confrontée aujourd’hui, c’est vous. Vous pouvez nous aider à nous aider nous-mêmes. C’est un peu comme aller aux alcooliques anonymes. Tu sais, on a besoin d’un partenaire. Nous avons vraiment besoin que la communauté financière fasse preuve de discipline.

Le Wall Street Journal rapporte que Walker affirme : « Wall Street est devenu un catalyseur qui pousse les entreprises à accroître leur production à tout prix, tout en punissant ceux qui essaient de vivre selon leurs moyens. »

Imaginez vous supplier les banques d’arrêter de vous prêter de l’argent. Et d’être ignoré.

La production croissante à tout prix est l’histoire de la « révolution » du schiste argileux. Le coût financier payé jusqu’à présent a été de plus de 280 milliards de dollars que l’industrie a dépensés – de l’argent que ses entreprises ont reçu de Wall Street et, malgré le plaidoyer d’Al Walker, continuent de recevoir.

The Economist résume la situation en 2017 :

Elle [l’industrie du schiste] a brûlé de l’argent, que le prix du pétrole soit à 100 $, comme en 2014, ou à environ 50 $, comme il l’a été au cours des trois derniers mois. Les 60 plus grandes entreprises ont utilisé en moyenne 9 milliards de dollars par trimestre au cours des cinq dernières années.

Les prix plus élevés du pétrole sont maintenant présentés comme le sauveur de l’industrie, mais, comme l’a fait remarquer The Economist, l’industrie du schiste perdait de l’argent même lorsque le prix du pétrole était à 100 $ le baril.

Pourtant, Wall Street continue de donner de l’argent à l’industrie du schiste et l’industrie du schiste continue de le perdre à mesure qu’elle augmente sa production. Pour être clair, cet arrangement rend les PDG des sociétés de schistes et les prêteurs financiers très riches, c’est pourquoi la tendance devrait se poursuivre. Et c’est pourquoi le PDG de Continental Resources, Harold Hamm, continuera de répéter le mythe selon lequel son industrie fait de l’argent, comme il l’a dit à la fin de 2017 :

Quiconque laisse entendre qu’il n’y a pas eu beaucoup d’expansion et de création de richesse dans cette industrie grâce au forage horizontal et à toute la technologie développée ces dix dernières années, je veux dire, c’est tout à fait ridicule.

Personne ne contestera que Hamm et ses partenaires à Wall Street ne sont pas extrêmement riches. C’est ce qui s’est produit malgré la perte de sommes d’argent épiques par l’entreprise de Hamm et le reste de l’industrie de l’emballage. La même année où Hamm a fait cette déclaration, son entreprise ne pouvait même pas couvrir ses remboursements d’intérêts. Pour mettre les choses en perspective, Continental Resources ne pouvait même pas faire l’équivalent du paiement minimum sur sa carte de crédit.

Surveillez ce que fait l’industrie, pas ce qu’elle dit

La hausse des prix du pétrole permet d’avancer plus d’histoires sur la façon dont 2018 sera l’année où l’industrie du schiste argileux réalisera enfin des profits. Harold Hamm l’appelle l’« année de rupture » de Continental Resources. Il est intéressant de voir comment le fait de ne pas perdre d’argent pendant un an est considéré comme une « année exceptionnelle » dans l’industrie du schiste argileux.

Comme indiqué dans DeSmog, l’industrie a certainement bénéficié d’un énorme coup de pouce avec la récente loi fiscale, ce qui aidera les finances à court terme de ses entreprises. À elle seule, Continental Resources a bénéficié d’un allégement fiscal de 700 millions de dollars.

Des rapports récents dans la presse financière détaillent comment la nouvelle approche dans l’industrie du schiste argileux sera de se concentrer uniquement sur la production rentable de pétrole, et pas seulement sur la production de plus de barils à perte. Comme l’a dit le Wall Street Journal dans un gros titre : « Wall Street dit aux Frackers d’arrêter de compter les barils, de commencer à faire des profits ».

Dans cet article, le PDG de Continental, M. Hamm, assure qu’il est d’accord avec cette nouvelle approche en disant : « Vous prêchez vraiment à la chorale ».

Mais Continental a-t-elle réellement adopté cette nouvelle approche de responsabilité et de restriction financières ?

Pas tant que ça.

L’entreprise de fracturation semble avoir fait le contraire, augmentant la production à des niveaux records, tout comme le reste de l’industrie du schiste argileux. Continental a récemment annoncé son intention de forer 350 nouveaux puits à un coût estimé à 11,7 millions de dollars par puits, ce qui représente plus de 4 milliards de dollars en coûts totaux pour ces puits. La société détient actuellement plus de 6 milliards de dollars de dettes et moins de 100 millions de dollars de liquidités.

Comment Continental financera-t-elle ces nouveaux puits ? Hamm a promis qu’à l’avenir, il n’y aurait « absolument aucune nouvelle dette ». Continental les financera peut-être en vendant des actifs parce que sans dettes supplémentaires, Continental n’a pas l’argent pour financer ces nouveaux puits. Cependant, si le passé est un prélude à l’avenir, Wall Street prêtera volontiers à Continental autant d’argent qu’il le souhaite.

Pourquoi Hamm dirait-il une chose et en ferait-il une autre ? Eh bien, il a personnellement accumulé des milliards de dollars alors que sa société en brûlait tout autant.

Malgré le fait qu’il a mené Continental sur une autre année de perte d’argent en 2017, Hamm a reçu une grosse augmentation.

Justin Mikulka

Note du Saker Francophone

Cet article est tiré d'une série : L’industrie du schiste argileux creuse plus de dettes que de bénéfices.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/comment-wall-street-a-permis-a-la-revolution-foudroyante-de-perdre-des-milliards-de-dollars

 

Comment dit-on rapide en russe…

Comment dit-on rapide en russe…


… быстро (bistro) 1. Non, on dit SFPS (System for Transfer of Financial Messages), avant on disait SWIFT dans la lingua franca de l’Empire


Par Tom Luongo – Le 2 novembre 2018 – Source Tom Luongo

Tom LuongoAu cours de la crise du rouble de 2014-2015, la Russie a annoncé, à la suite des sanctions américaines et européennes sur la réunification avec la Crimée, qu’elle commencerait à mettre en place un système de transfert financier électronique interne, une alternative à SWIFT.

Ce système, appelé Système de transfert de messages financiers (SFPS), fonctionne non seulement en Russie, mais selon un rapport de Russia Today (RT), il gère désormais les données de transfert financier de plus de la moitié des institutions russes.

Selon Anatoly Aksakov, président du comité parlementaire russe sur les marchés financiers :

« Le nombre d’utilisateurs de notre système de transfert de messages financiers internes est désormais supérieur à celui de ceux qui utilisent SWIFT. Nous avons déjà des discussions avec la Chine, l’Iran et la Turquie, ainsi que plusieurs autres pays, sur l’établissement d’un lien entre notre système et leurs systèmes », a déclaré Aksakov.

« Ils doivent être correctement intégrés les uns aux autres afin d’éviter tout problème d’utilisation des systèmes de messagerie financière internes du pays. »

Cela fait suite à la vantardise des Russes, le mois dernier, selon laquelle leur système suscitait un grand intérêt au niveau international. Il reste à voir quelle est la part d’esbroufe et quelle est la part de réalité, mais le point important ici est que, dès lors que les États-Unis avaient menacé de faire de SWIFT une arme de guerre commerciale dans leur politique étrangère, une telle situation était inévitable.

La Chine a son propre système interne. Et d’autres pays sont en train de construire le leur.

L’enjeu financier de SWIFT

Un thème commun sur ce blog est de dire que le contrôle est une illusion. Le pouvoir est éphémère. La meilleure façon d’exercer votre pouvoir est de le posséder sans jamais l’utiliser. Parce qu’une fois que vous l’utilisez, vous dévoilez à vos ennemis ce qu’il leur coûte de ne pas respecter vos édits.

Et s’il y a une chose dans laquelle les humains sont bons, c’est réagir à des défis connus. Quand nous pouvons mesurer le coût d’un comportement par rapport à un autre, alors nous pouvons décider lequel est le plus important pour nous.

Une fois que les coûts liés à l’usage de SWIFT dépassent les avantages de la création de votre propre alternative, vous la créez.

Le système SWIFT a un pouvoir de marché similaire à celui d’un PDG disposant de milliards d’actions dans sa propre entreprise. On fait beaucoup de foin autour de la fortune de Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, mais mesurer leur valeur nette en multipliant leurs avoirs connus par le prix actuel de l’action est inutile. Parce qu’ils ne peuvent pas les vendre. C’est le pouvoir du marché : leur richesse virtuelle s’évapore au moment où ils signalent au marché leur intention de vendre.

En réalité, s’ils essayaient de vendre leurs actions en une fois, leur valeur s’effondrerait, les acheteurs prendraient la poudre d’escampette et ils réaliseraient bien moins que la valeur nette déclarée avant le début de la vente.

Donc, ils sont, en quelque sorte, captifs de leur propre succès, ils doivent gérer leur création avec soin pour ne pas nuire à leur réputation, à leur position sur le marché et, en fin de compte, à leur activité.

Au départ, SWIFT est un système monopolistique, un monopole né de la commodité et de l’inertie grâce à sa neutralité face aux caprices des instances politiques internationales. Entre en scène la phase sénile de la pensée impériale aux États-Unis, alors que son contrôle sur les affaires mondiales s’efface d’abord dans les cœurs et les esprits de divers peuples dans le monde, puis en politique, et vous avez le début de la fin de SWIFT comme seul système de transfert financier international.

En 2010, je me souviens de Jim Sinclair [investisseur et courtier légendaire, NdT] tapant du poing sur la table, à propos de notre menace à la Suisse d’exiger  les données de ses clients pour rechercher les « tricheurs à l’impôt » dans le cadre de la loi FATCA. Il a alors déclaré que l’administration Obama était idiote de faire ça.

C’est là que j’ai compris la maxime : une fois que vous avez choisi l’option nucléaire, vous n’avez plus d’autre choix.

Et il avait raison.

Ensuite, l’Iran a été exclu de SWIFT en 2012 pour provoquer un changement de régime qui a également échoué. Et cela a réveillé le monde à la réalité. Les États-Unis et l’Europe tenteront de détruire votre gagne-pain si vous osez vous opposer à leurs revendications unilatérales.

Le troupeau de Davos, notre élite politique et financière, ne recule devant rien pour s’assurer de votre docilité.

Pas de chance [pour les élites], SWIFT n’est que du code informatique. C’est juste un système de messagerie crypté. Et tout comme pour la pression visant à étouffer les voix alternatives sur les médias sociaux – par exemple, en déconnectant Alex Jones et Gab – la solution face au contrôle autoritaire n’est pas de combattre le feu par le feu, mais d’utiliser la technologie.

Et c’est exactement ce que la Russie a fait. Ils se sont appliqués, ont dépensé de l’argent et ont écrit leur propre code. Après tout, le code est difficile à contrôler.

Décoder la puissance de SWIFT

C’est aussi ce qui se passe actuellement dans toute la chaîne d’approvisionnement des communications Internet. L’infrastructure dont les producteurs de contenu indépendants ont besoin pour résister au contrôle des entreprises multinationales est en cours de mise en place et permettra à leurs activités de se développer à mesure que de plus en plus de gens s’éveillent maintenant à la réalité.

Alors que les banques et les entreprises russes tirent parti des avantages de ne plus vivre sous la menace de l’épée de Damoclès de SWIFT, d’autres bénéficieront des mêmes avantages.

C’est ce que je dis depuis le début de l’année. Plus l’administration Trump utilise les droits de douane et les sanctions pour atteindre ses objectifs stratégiques plus elle affaiblira en fin de compte la position des États-Unis dans le monde. Cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Cela se fera progressivement jusqu’au jour où la menace aura disparu.

Nous sommes peut-être déjà arrivés à ce moment-là, le président Trump ayant exclu de faire pression sur SWIFT pour éliminer l’Iran du système. Dommage que son secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, ne soit pas d’accord avec lui.

Mais Mnuchin vit dans le passé, il ne considère pas la résistance qui se forme face à l’hégémonie financière américaine. Mais il le fera quand cela se révélera inefficace.

Le système SPFS russe trouvera des clients en Iran, en Turquie, en Chine et chez ses proches partenaires commerciaux. Cela accélérera la dédollarisation du principal commerce de la Russie, les hydrocarbures, car bon nombre de ces pays sont de gros acheteurs de pétrole russe. Lorsque vous entendrez l’annonce qu’une banque allemande a été sanctionnée par les États-Unis pour son commerce de pétrole russe, en utilisant le SPFS comme système de transfert, ce sera le véritable réveil sur les marchés. Le changement interviendra alors, pardonnez le jeu de mots facile, rapidement (swiftly).

Tom Luongo

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francphone

  1. Une étymologie populaire (voir la plaque apposée sur la façade de la Mère Catherine, place du Tertre à Montmartre) le fait dériver du russe bistro (en cyrillique : быстро) signifiant « vite » et datant de l’occupation russe qui a suivi la bataille de Paris de 1814. Les soldats russes n’ayant pas le droit de boire en service et craignant de se faire surprendre par l’arrivée d’un gradé, imploraient les cafetiers qui les servaient en leur criant en russe : « быстро, быстро », « vite, vite ». Mais le Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNTRL, dépendant du CNRS) juge cette étymologie pas assez fondée et selon le linguiste et lexicographe Alain Rey, cette étymologie « doit être écartée pour des raisons chronologiques, en l’absence d’attestations du mot pendant près de trois quarts de siècle ». La première attestation date en effet de 1884 dans les Souvenirs de la Roquette de l’abbé Georges Moreau. Par contre, on fait aussi allusion à la Commune de 1870 pendant laquelle l’armée prussienne était en partie composée de soldats russophones, ce qui respecterait la chronologie.Wikipédia

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