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Tristes Trotskistes

Tristes Trotskistes

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 31 août 2020

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Tristes Trotskistes

31 août 2020 – Les lecteurs de notre site fameux savent bien que nous éprouvons, disons une certaine tendresse bienveillante pour le site de la IVème Internationale (trotskiste), WSWS.org. Ce sentiment n’est pas gratuit ni infondé sur de la solide matière : WSWS.org a montré depuis longtemps une réelle capacité d’analyse, dans sa façon de tenir compte d’arguments divers, de faits précis et parfois inattendus ; bref, n’être pas du tout d’accord avec l’idéologie qu’il vénère (ce qui est  évidemment mon cas) n’empêche en aucune façon de lui reconnaître loyalement de réelles capacités dans l’exploration de la marche du monde, – et, certes, nous l’avons souvent signalé et aussi souvent utilisé en référence.

Tenez, encore le 16 juin dernier, alors qu’on était au début du grand déferlement dans les rues des grandes cités américanistes, engagés dans le tourbillon mortel de cette “guerre civile-GC4G”, ces observations de notre part :

« Le site WSWS.org  confirme une analyse qui est parfaitement la nôtre pour ce cas, qui est de dénoncer l’attitude du Système en faveur du thème de l’antiracisme, qui permet d’écarter la mise en cause fondamentale (antiSystème) ; évidemment, pour WSWS.org, la “cause fondamentale” est plutôt l’appel au socialisme (le trotskisme), et à ce point nos chemins divergent comme on s’en doute, et sans que cela nous bouleverse outre-mesure puisque nous tenons le trotskisme pour une très-vieille lune. Ce qui nous intéresse, c’est la rigueur du raisonnement du site trotskiste. […] 
» Un peu plus loin dans le même article, le site trotskiste avance des remarques, voire des faits qui renforcent son analyse selon laquelle il s’agit moins de racisme que de contestation globale contre le Système (ce que nous nommons entre nous, sans trop le dire à WSWS.org, antiSystème). Il note l’importance considérable de la population blanche dans les manifestations qui ont été provoquées par la mort de George Floyd, et essentiellement montées par le groupe Black Lives Matter (BLM). »

… Et puis , brusquement, quelle déception ! Cruelle et malheureuse ! Sans doute, de ma part, un vieux reste de naïveté mal digérée, de crédulité égarée, de dramaturgie enfantine… Depuis quelques temps, – dirais-je quatre semaines, six semaines, deux mois ? – WSWS.org a semblé perdre toute sa mesure, toute la rigueur qu’il avait, malgré son trotskisme militant, ou dirais-je à côté de son trotskisme militant.

Certes, ce site n’a jamais été tendre avec Trump, comme il ne l’est pas avec les démocrates. Mais désormais, il y aurait, du moins je ressens la chose avec force, comme une sorte de déviation, une élévation de l’accusation jusqu’à l’anathème, et, au bout, un changement de nature avec un basculement dans la propagande caricaturale. C’est le cas, par exemple, – je parle en me référant aux évidences dont nous parlons régulièrement (les RapSit-USA2020) concernant la situation crisique aux USA :

• quand on rend compte de l’intervention de Trump à la convention républicaine sous ce titre, en exacte traduction du texte original en anglais, avec le mot allemand restant allemand : « Trump fait campagne pour devenir Führer », impliquant directement une équivalence entre Trump et Hitler ;
• quand on parle de “protestations pacifiques” dans le Wisconsin (« Trump incites vigilante violence against peaceful protests in Wisconsin »), pour caractériser les trois nuits d’émeutes à Kenosha ; cette attitude mettant le site trotskiste au même niveau d’intelligence et de loyauté que CNN dans cette occurrence.

On s’entend bien là-dessus : je me fiche ici de proposer un jugement sur Trump, comme sur les violences de Kenosha ; mais comparer Trump à Hitler et écrire que ce qui doit être évidemment apprécié comme “des violences” est droitement qualifié de “pacifiques” ! « Non merci ! », disait Cyrano, et il le disait aussi bien au nom de l’esprit débarrassé de ses chaînes qu’au nom du panache qui accompagne cet effort… Il y a d’autres cas exemplaires de notre site bien-aimé WSWS.org, dont je ne vais faire ni le détail ni l’appréciation. Je livre ici une impression difficile et complexe à décrire dans sa forme et dans sa logique ; mais très pressante et ressentie avec une force considérable dans la dynamique qu’elle projette.

Cela signifie simplement que ces gens, qui avaient de la mesure et de la rigueur tout en gardant précieusement leurs opinions, ont perdu cette mesure et cette rigueur et sont tombés dans le marigot que leurs opinions soudain déchaînées a formé autour d’eux en se laissant emporter par les événements. Ces trotskistes sont restés trotskistes, – du moins le croient-ils, – mais ils sont en grave danger de perdre la structuration de leur pensée et le caractère de la maîtrise de soi qui leur permettaient de conduire leur bataille idéologique sans déformer le monde à la hauteur des illusions et du simulacre de leurs convictions ; et celles-ci, ces convictions, se découvrant ainsi, d’une façon que je trouve hideuse, comme une sorte de zèle religieux et absolument intolérant, de croyance hors de toute liberté de l’esprit, de vigilance policière pour tout écart de jugement..

Est-ce le trotskisme qui conduit à cela, ou bien le fait de faire reposer sa pensée sur une idéologie ? Dans tous les cas, je vois divers enseignements dans cette aventure qui paraît anecdotique et diablement réduite au détail, mais comme l’on sait le bon Dieu (pour les Français) et le Diable (pour les Anglais) sont dans le détail.

Le premier de ces enseignements est la nécessité d’abandonner toute pensée qui se trouverait ou risquerait de passer sous l’empire d’une idéologie, quelle qu’elle soit. La forme même de l’idéologie paralyse la pensée comme la piqure d’un scorpion vous inocule son poison, alors que nous nous trouvons dans une époque où il importe surtout que la pensée soit agile, adaptable, souple et le regard perçant, sans rien d’accroché à ses basques ; la pensée comme du vif-argent, appuyée sur des principes sans rapport avec nos piètres constructions idéologiques, plongée dans ce caractère bien trempé qui est habile à faire bon usage de sa vivacité.

Le second de ces enseignements vient de la connaissance que j’ai de ces trotskistes, les ayant tant fréquentés. Je crois que, jusqu’ici, ils n’ont jamais vraiment cru à la possibilité “révolutionnaire”, ouvrant pour les regards romantiques la possibilité de changements fondamentaux. Je crois que, désormais, ils y croient, et ils sont emportés par la tentation de la démagogie, pour figurer dans cette fantastique cataracte d’événements, et ils se disent “Pourquoi pas nous ?”, et ils s’oublient, ils s’emportent et se laissent emporter en croyant pouvoir emporter la fortune passant à leur portée.

Bien entendu, ils se trompent, ne serait-ce qu’à cause du premier enseignement que j’ai mis en évidence, de la malédiction de l’idéologie. Mais ils nous donnent un second précieux enseignement, où entre ce qui leur reste de capacité d’analyse et de justesse technique des événements : leur emportement nous dit effectivement que ce qui se passe aux USA est absolument, complètement révolutionnaire.

Bien entendu, n’allez pas croire à “la Révolution”, comme un trotskiste bon teint. Ne tombez pas dans le même piège où ils se précipitent, alors qu’ils l’ont éclairé pour vous et pour nous en décrivant l’ampleur cosmique des événements en cours. Simplement, – mais de quel poids pèse cette ‘simplicité’, – que de tels petits détails nous en disent bien long sur la colossale puissance des choses en cours.

Cela dit, j’espère que ce n’est qu’une mauvaise passe, et que WSWS.org, d’ici à ce que le Système ait achevé de s’effondrer, s’en sortira sans trop de mal. Dans cette attente, je continuerai à les consulter comme le médecin vous visite pour voir si vous avez viré votre Covid, celui-là qui, à défaut de cuti, s’était fort inélégamment incrusté dans vos commodités.

https://www.dedefensa.org/article/tristes-trotskistes

Qui est Jean Castex, le nouveau premier ministre pour la suite du mandat d’Emmanuel Macron ?

Qui est Jean Castex, le nouveau premier ministre pour la suite du mandat d’Emmanuel Macron ?

A 55 ans, il a évolué dans la haute fonction publique, jusqu’à l’Elysée lorsque Nicolas Sarkozy était président. Pendant la crise sanitaire, il a été en charge de la stratégie de déconfinement nationale.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 14h46, mis à jour à 15h53

Temps deLecture 3 min.

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Le nouveau premier ministre, Jean Castex, au ministère de l’intérieur, le 29 avril 2020.
Le nouveau premier ministre, Jean Castex, au ministère de l’intérieur, le 29 avril 2020. LUDOVIC MARIN / AFP

Haut fonctionnaire, élu local et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy : Jean Castex, nommé vendredi 3 juillet premier ministre en remplacement d’Edouard Philippe, était devenu une personnalité de choix pour la majorité depuis sa mission de conseil stratégique sur le déconfinement.

Cet homme de 55 ans, qui n’a jamais été ministre, cumule, aux yeux du président, les avantages pour porter la deuxième phase du quinquennat : énarque, mais au contact des territoires ; toujours étiqueté LR, mais réputé homme de dialogue et parfait connaisseur des arcanes du pouvoir depuis son passage à l’Elysée comme secrétaire général adjoint, à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.En direct : Les réactions à la nomination de Jean Castex premier ministre

  • L’homme du déconfinement

Début avril, au pic de la crise, Jean Castex reçoit un coup de fil d’Edouard Philippe. « On aurait besoin de vous », lâche le premier ministre. L’homme est alors délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et s’embarque au ministère de la santé, qu’il connaît bien, pour penser le déconfinement d’une France à l’arrêt, alors que plusieurs centaines de personnes meurent encore chaque jour du Covid-19 dans le pays.

Doté d’une équipe de 18 personnes, il navigue entre l’Elysée, Matignon et le ministère de la santé pour proposer une stratégie de levée des mesures strictes de contrôle de l’épidémie. Il défend un déconfinement par petits pas et, dans la mesure du possible, adaptable au terrain. Pour l’école comme pour les transports publics, un maître mot : « On y va mollo. »

Il regrette l’interdiction faite à la maire de Paris d’ouvrir les parcs et jardins dans la capitale, ainsi que l’ouverture du Puy du Fou décidée par Emmanuel Macron. Mais « environ 90 % de ses recommandations ont été suivies », selon un de ses proches.Lire le portrait : Jean Castex, le joker gagnant du déconfinement

  • Un maire rural et de droite
Jean Castex, maire de Prades (Pyrénées-Orientales), aux côtés d’Elisabeth Borne, alors ministre des transports, en novembre 2017.
Jean Castex, maire de Prades (Pyrénées-Orientales), aux côtés d’Elisabeth Borne, alors ministre des transports, en novembre 2017. STRINGER / AFP

Jean Castex, qui a gardé un léger accent de son Gers natal (il est né le 25 juin 1965 à Vic-Fezensac), est maire Les Républicains de Prades depuis 2008, quand il avait arraché la commune à la gauche. Il a été réélu dans cette petite ville des Pyrénées-Orientales à 75 % dès le premier tour, le 15 mars. Entre 2010 et 2015, il était conseiller régional de Languedoc-Roussillon et a été candidat malheureux aux législatives de 2012, battu par la candidate PS.

« Politiquement, je suis de droite et je l’assume parfaitement », avait-il dit au début des années 2000Ce père de quatre filles soutient la candidature de François Fillon pour la présidence de l’UMP lors du congrès d’automne 2012. Mais il avait déjà réussi à se ménager des appuis à La République en marche : son nom avait un temps circulé fin 2018 pour succéder à Gérard Collomb au ministère de l’intérieur.

  • Un haut fonctionnaire proche de Xavier Bertrand et Nicolas Sarkozy

Enarque, membre de la Cour des comptes, il enchaîne les hauts postes depuis des années, notamment sur les questions de santé. Directeur de l’hospitalisation au ministère des solidarités en 2005-2006, il devient ensuite directeur de cabinet de Xavier Bertrand à deux reprises, d’abord au ministère de la santé (2006-2007) puis au travail (2007-2008). « Le premier plan pandémie, c’est Jean Castex qui est dircab » à l’époque du virus H5N1, rappelle Xavier Bertrand, en louant « les idées claires et le franc-parler ».https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1279008881377792001&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fpolitique%2Farticle%2F2020%2F07%2F03%2Fqui-est-jean-castex-le-nouveau-premier-ministre_6045103_823448.html&siteScreenName=lemondefr&theme=light&widgetsVersion=9066bb2%3A1593540614199&width=550px

« C’est un vrai couteau suisse, il a des connexions un peu partout, il sait faire ce qu’il faut faire au bon endroit », assure Franck Louvrier, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Immédiatement après avoir été nommé, Jean Castex a appelé l’ancien président Nicolas Sarkozy. « Jean Castex est quelqu’un pour lequel Nicolas Sarkozy a beaucoup de respect, d’amitié et même d’affection », assure-t-on dans l’entourage de l’ancien président.Lire aussi : Jean Castex, « M. Déconfinement » du gouvernement et « homme de confiance » d’Edouard Philippe

  • Une personnalité « avenante »

« II a une bonhomie et une sympathie incroyable, une empathie et humilité naturelles. Il travaille à la vitesse de la lumière en gardant un calme à toute épreuve », se souvient un ancien du cabinet ministériel de Xavier Bertrand.

« C’est le mec réglo par excellence, confirme le président socialiste de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel. Jamais de coup tordu. Il dit les choses et, quand il dit oui, il s’engage à fond. Et en plus, il est très sympathique. Des comme lui, j’en ai rarement croisé dans ma carrière. » Pour Valérie Pécresse, « c’est tout sauf un courtisan. C’est un mélange assez inédit de très grande connaissance de l’appareil d’Etat et de sensibilité du terrain, grâce à son mandat de maire de Prades. Cela lui donne une forme de bon sens, de recul par rapport aux jeux de pouvoir. »

De son passage au ministère du travail, les centrales syndicales gardent le souvenir d’un homme « disponible » et « avenant », même s’il « cache une certaine fermeté », avec « une excellente connaissance de ses dossiers ». En somme, disent les mêmes, « quelqu’un avec qui on peut discuter ».Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Les trois ans mouvementés du premier ministre Edouard Philippe

Le Monde avec AFP

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/07/03/qui-est-jean-castex-le-nouveau-premier-ministre_6045103_823448.html

EN DIRECT. Remaniement – Jean Castex : « Je mesure l’immensité de la tâche qui m’attend »

EN DIRECT. Remaniement – Jean Castex : « Je mesure l’immensité de la tâche qui m’attend »

Édouard Philippe a présenté sa démission et celle de son gouvernement. Le Monsieur Déconfinement Jean Castex a été nommé Premier ministre par Emmanuel Macron.

Par LePoint.fr (avec AFP)Modifié le 03/07/2020 à 16:01 – Publié le 03/07/2020 à 10:23 | Le Point.fr

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Emmanuel Macron a choisi vendredi de remplacer Édouard Philippe à Matignon par Jean Castex, 55 ans, son actuel « M. déconfinement ». © CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

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L’essentiel

  • Le bouleversement gouvernemental est enclenché. Ce vendredi matin, Édouard Philippe a remis la démission de son gouvernement à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée, a annoncé l’Élysée. « M. Édouard Philippe a remis ce jour la démission du gouvernement au président de la République, qui l’a acceptée. Il assure, avec les membres du gouvernement, le traitement des affaires courantes jusqu’à la nomination du nouveau gouvernement », indique un court communiqué de la présidence.PUBLICITÉAds by Teads
  • Quelques minutes plus tard, l’Élysée indique qu’un nouveau Premier ministre « sera nommé dans les prochaines heures ». « Une nouvelle étape s’ouvre avec de nouveaux talents et de nouvelles méthodes de gouvernement », a simplement ajouté la présidence. Après trois ans de fonction, Édouard Philippe quitte Matignon et ne sera pas le chef du prochain gouvernement. Il retrouvera son mandat de maire du Havre dans les jours qui viennent.
  • Pour remplacer Édouard Philippe, dont la popularité a grimpé en flèche durant la crise du coronavirus, les proches du président citaient ces derniers jours la ministre des Armées Florence Parly, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo ou encore Jean Castex, le « Monsieur déconfinement » du gouvernement. La composition du nouveau gouvernement pourrait être connue dès vendredi, en tous cas avant mercredi, date prévue du prochain conseil des ministres.
  • Dans un entretien accordé à la presse régionale jeudi, Emmanuel Macron évoquait ce remaniement ministériel imminent à travers la nécessité d’un « nouveau chemin ». « Ce sont de nouveaux objectifs d’indépendance, de reconstruction, de réconciliation, et de nouvelles méthodes à mettre en œuvre. Derrière, il y aura une nouvelle équipe », affirmait-il, confirmant le remaniement à venir dans les jours prochains.
  • Lire aussi Philippe-Macron : dans les secrets de leur confinement
  • Interrogé sur sa relation avec Édouard Philippe, le chef de l’État avait tenu à affirmer sa confiance. « Ce que nous avons réussi à faire pendant trois ans, avec beaucoup de confiance et de coordination, est inédit, contrairement à ce qui a été écrit », explique-t-il ainsi en référence notamment aux rumeurs qui ont dit les deux hommes en froid avant et pendant la crise sanitaire.

    Lire aussi Remaniement : le lent supplice d’Édouard Philippe

16 h 04 – Jean Castex, un haut fonctionnaire « du midi moins le quart », selon Jean-Marie Le Pen

      « Macron a pris le risque d’ériger Édouard Philippe en candidat de la droite. En choisissant un haut fonctionnaire du midi moins le quart, il décide de monter en première ligne face à la crise économique et sociale annoncée. À tous risques », a réagi Jean-Marie Le Pen sur son compte Twitter.
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15 h 55 – L’examen des textes sur le budget et la bioéthique suspendu au Parlement

      C’est l’incertitude sur les travaux du Parlement, dans l’attente du nouveau gouvernement de Jean Castex : l’examen du budget rectifié a été suspendu vendredi à l’Assemblée nationale, qui devait entamer lundi la deuxième lecture du projet de loi de bioéthique. La séance a été interrompue en début de matinée, alors que le secrétaire d’État Cédric O se trouvait au banc du gouvernement, au cinquième jour des échanges sur le nouveau budget de crise pour 2020, avec un peu moins d’un millier d’amendements encore au menu. 
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Du fait de la démission du gouvernement d’Édouard Philippe, « nous allons interrompre nos travaux », a indiqué depuis le perchoir Hugues Renson (LREM). Le Parlement ne peut siéger sur un texte de loi sans la présence d’un membre du gouvernement. Et ceux démissionnaires ne peuvent qu’expédier les affaires courantes, et non défendre un texte aussi important que le budget. « Le pays n’ayant plus de gouvernement, des secteurs entiers de notre économie et les collectivités territoriales devront attendre leur plan de soutien », a déploré sur Twitter Christine Pirès Beaune (PS). Les députés devaient initialement achever dans la soirée vendredi l’examen de ce troisième projet de loi de finances rectificative, qui doit passer au Sénat mi-juillet. 
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15 h 48 – La passation de pouvoir prévue à 17 h 30

      La passation de pouvoir entre Édouard Philippe et Jean Castex aura lieu à Matignon à 17 h 30. Elle devait à l’origine se dérouler aux alentours de 15 heures.      

15 h 36 – Jean Castex : je mesure l’immensité de la tâche qui m’attend

      Jean Castex a publié un court communiqué dans lequel il affirme « mesurer l’immensité de la tâche qui [l]’attend ». Le maire de Prades (Pyrénées-Orientales) en profite pour remercier ses administrés : « Pour la remplir, je serai puissamment aidé par l’expérience acquise à votre côté en tant que maire et par le fort soutien démocratique que vous m’avez depuis longtemps manifesté. » L’édile avoue enfin qu’il ne pourra plus revêtir son écharpe tricolore durant son passage à Matignon, mais assure qu’il restera conseiller municipal. C’est son premier adjoint, Yves Delcor, qui assurera l’intérim.      

15 h 07 – Jean Castex, un « couteau suisse » à Matignon

      Haut fonctionnaire et élu local, l’homme qui a orchestré sans fausse note le déconfinement succède à Édouard Philippe au poste de Premier ministre.

 >> Lire notre portrait       

14 h 47 – Jean Castex aurait quitté Les Républicains

      Fraîchement nommé à Matignon, Jean Catex aurait claqué la porte des Républicains, selon un journaliste de « L’Opinion ».
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14 h 36 – Édouard Philippe chargé de reconstruire la majorité en vue de 2022 ?

      D’après BFM TV, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe aurait été chargé par Emmanuel Macron de « travailler à la reconstruction de la majorité dans la perspective de 2022 ». Son nouveau rôle : « serrer les rangs du MoDem, d’Agir, des radicaux et d’une partie des Républicains », comme l’explique la chaîne d’information en continu.      

14 h 16 – Le « salut républicain » de Valérie Pécresse à Édouard Philippe

      « Salut républicain à Édouard Philippe qui a dignement rempli ses fonctions de Premier ministre. Il a su rester à l’écoute du pays et apporter son expérience d’élu de terrain à un gouvernement qui en manquait. Je lui souhaite bonne chance pour cette nouvelle page de sa vie », a déclaré Valérie Pécresse ce vendredi après-midi.      

14 h 09 – Agnès Buzyn à Édouard Philippe : « Vous avez été un Premier ministre exceptionnel »

      L’ancienne ministre de la Santé et candidate malheureuse à la Mairie de Paris a salué l’action d’Édouard Philippe à Matignon : « Monsieur le Premier Ministre, cher Édouard Philippe, vous avez été un Premier ministre exceptionnel, par temps calme comme dans la tempête. C’est à cela que l’on reconnaît un homme d’État. Ce fut un honneur de servir la France dans votre gouvernement », a-t-elle déclaré sur Twitter.
https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=LePoint&dnt=false&embedId=twitter-widget-4&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1279022424835657728&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lepoint.fr%2Fpolitique%2Fen-direct-remaniement-un-nouveau-premier-ministre-nomme-dans-les-prochaines-heures-03-07-2020-2382878_20.php&siteScreenName=LePoint&theme=light&widgetsVersion=9066bb2%3A1593540614199&width=550px

14 h 00 – Jean Castex invité au 20 heures de TF1 ce vendredi

      Quelques heures après avoir été nommé à Matignon, le nouveau Premier ministre Jean Castex s’adressera aux Français sur le plateau du 20 heures de TF1, a annoncé la chaîne privée. L’interview du remplaçant d’Édouard Philippe, qui a été chargé de former un nouveau gouvernement, sera également diffusée sur la chaîne d’info du groupe, LCI.
https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=LePoint&dnt=false&embedId=twitter-widget-5&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1279010489540972546&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.lepoint.fr%2Fpolitique%2Fen-direct-remaniement-un-nouveau-premier-ministre-nomme-dans-les-prochaines-heures-03-07-2020-2382878_20.php&siteScreenName=LePoint&theme=light&widgetsVersion=9066bb2%3A1593540614199&width=550px

13 h 56 – Nicolas Dupont-Aignan voit en Jean Castex un « simple collaborateur »

      « En nommant Jean Castex à Matignon, Emmanuel Macron transforme définitivement la fonction de Premier ministre en simple collaborateur… Macron s’accapare tous les pouvoirs pour le pire ! » a décrié le président Debout la France sur son compte Twitter.
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13 h 48 – L' »affection » de Nicolas Sarkozy pour Jean Castex

      L’ancien président de la République ne cache pas son « affection » pour le nouveau Premier ministre, qui fut son conseiller. « Jean Castex est quelqu’un pour lequel Nicolas Sarkozy a beaucoup de respect, d’amitié et même d’affection », aurait affirmé l’entourage de Nicolas Sarkozy à BFM TV. Les deux hommes se seraient entretenus par téléphone ce vendredi matin.      

13 h 40 – Nicolas Revel, futur directeur de cabinet de Jean Castex

      
Le directeur de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, a été nommé directeur de cabinet du nouveau Premier ministre Jean Castex, a-t-il annoncé lui-même vendredi à l’Agence France-Presse. Nicolas Revel, âgé de 54 ans, fut secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2012 à 2014, aux côtés d’Emmanuel Macron qui occupait la même fonction.


Diplômé de l’ENA en 1993 puis conseiller à la Cour des comptes, il est un proche de l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, dont il fut directeur de cabinet. Poussé par Emmanuel Macron, Nicolas Revel avait été pressenti en 2017 pour être nommé directeur de cabinet d’Édouard Philippe. Mais ce dernier avait préféré imposer Benoît Ribadeau-Dumas, un ami intime. 

Nicolas Revel, dont le nom avait aussi circulé pour remplacer Gérard Collomb à l’Intérieur en 2018, était directeur de l’Assurance maladie depuis 2014. Il est par ailleurs le fils de l’académicien Jean-François Revel et de la journaliste Claude Sarraute.
      

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New deal, dissolution, démission d’Emmanuel Macron : y a-t-il un électrochoc susceptible de sauver le président… ET la démocratie française ?


POLITIQUE
12 juin 2020© GONZALO FUENTES / POOL / AFPMAJORITÉ SOCIOLOGIQUE

New deal, dissolution, démission d’Emmanuel Macron : y a-t-il un électrochoc susceptible de sauver le président… ET la démocratie française ?

D’après le Figaro, Emmanuel Macron aurait évoqué l’hypothèse d’une démission lors d’une visioconférence avec des donateurs, une information démentie par l’Elysée. L’absence d’un groupe central majoritaire est-elle dommageable pour notre démocratie ?AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN4919Avec Christophe Bouillaud, Mathieu Mucherie, Edouard Husson

Atlantico.fr : New deal, dissolution, démission d’Emmanuel Macron : y-a-t-il un électro-choc susceptible de sauver le président… et la démocratie française ? 

Mathieu Mucherie : Un défibrillateur serait-il de taille face à un encéphalogramme aussi désespérément plat ? Commençons par dissocier l’homme et le système, même s’il s’agit de l’homme du système. Sauver Toutanmakron ne présente pas en effet un grand intérêt, n’est pas ma priorité dans la vie, et je fais confiance à l’intéressé pour se vendre très efficacement en 2022 (« moi ou le chaos ») et pour trouver ensuite des sinécures quelconques pour les trois ou quatre décennies qui lui resteront à vivre dans les institutions (président du comité de sauvegarde des glaces des pôles ; cf Rocard, Fabius, Moscovici…). Il peut changer de PM (l’actuel ne sert à rien), changer de cap (idem), changer plein de choses, rien ne sauvera ce quinquennat bêtement anxiogène et faussement réformiste. Et maintenant les caisses sont vides, cependant que les élections se rapprochent, le tout avec un chef de la police indigne, avec un système étatique à la limite du nervous breakdown, et un parti au pouvoir qui ne bénéficie d’aucune assise territoriale (c’est-à-dire réelle) même après 3 années de virages, de nominations et de compromissions. Le sort de la démocratie française (ou de ce qu’il en reste) est plus intéressant.

Nous en sommes arrivés à une crise de régime, carrément. La République est à bout de souffle, et pas seulement la cinquième. Trop de pouvoir symbolique et médiatique à l’Elysée, trop de pouvoir administratif et financier sur 300 personnes persuadées d’incarner à vie l’intérêt général, trop de pouvoir monétaire sans contrepartie à Francfort. Les petites rustines à la marge n’ont plus de sens, de même que les « alternances » entre un énarque de centre-droit et un énarque de centre-gauche. 

Si vous me laissez extrapoler un peu : nous devrions peut-être demander notre rattachement à la Couronne britannique, car cela nous apporterait :

1/ un régime qui a fait ses preuves, la monarchie constitutionnelle avec un fort exposant parlementaire, un système très majoritaire et le bipartisme : vous me direz que ce n’est pas parfait, mais par rapport à Toutanmakron & ses courtisans…
2/ plus de liberté d’expression, c’est important, c’est d’ailleurs plus important que la démocratie,
3/ la common law (bon débarras la justice administrative ; les énarques doivent rédiger des notes de synthèse et des courriers diplomatiques, pas juger et gouverner) (bon débarras aussi la tutelle de la CJCE, dont la jurisprudence ne permet concrètement plus les choix souverains),
4/ des billets avec le visage de la reine dessus, au lieu des ponts anonymisés et des routes qui ne mènent nulle part avec la signature du président de la BCE,
5/ une Europe de la défense avec les anglais, plutôt qu’une Europe de la monnaie sous domination allemande. Au passage (perfide Albion !), ce changement d’alliance laisserait l’Allemagne toute seule, elle qui va bientôt perdre le gros de son industrie (Elon Musk) et qui sera alors vite la proie d’un autre pays looser, la Russie. Je vais essayer de ne pas pleurer.  

Certes, tout n’est pas idéal avec le système britannique, nous l’avons bien vu en 2016 où ils ont manifestement perdu une partie de leur génie institutionnel en confondant majorité simple et majorité qualifiée sur un sujet qui liait les mains des générations futures (comme de vulgaires mitterrandiens de 1991). C’est pourquoi nous pourrions ajouter une petite touche suisse à l’échelle locale, par exemple, pour éduquer et responsabiliser le peuple en attendant d’y voir plus clair. Nous pouvons pas aller trop loin dans cette voie (personne ne pourrait nommer un dirigeant Suisse du XXE siècle, ce n’est clairement pas notre caractère national), alors que la tradition d’éloquence parlementaire qui convient à un modèle britannique existait chez nous jadis et pourrait être exhumée avec du travail et un peu de chance. 

Quel analyse portez-vous sur la situation politique et économique française actuelle ? L’absence d’un groupe central majoritaire partageant une idée commune sur l’avenir de notre pays est-elle dommageable pour notre démocratie ?

Edouard Husson : Nous sommes à la fin d’un.processus de décomposition. Le spectacle auquel nous assistons est terrible. Un président de la République qui fait semblant d’être gaullien, de vouloir remettre son mandat en jeu, mais qui ne cherche pas à rétablir la confiance perdu, juste à être réélu par défaut. Un Premier ministre en sursis qui ne sait pas comment rattraper les gaffes de son Ministre de l’Intérieur, un « fada » bien peu sympathique qui se met toute la police à dos. Une majorité parlementaire qui se fissure de plus en plus.  Et les autres partis apparaissent tout aussi impuissants.  Alors si l’on veut la société politique ne fait que refléter cet « archipel français » dont parle Jérôme Fourquet. Quand VGE exaltait le centrisme, dans « Démocratie française » (1976), il entendait l’appuyer sur un groupe sociologique en expansion, la classe moyenne. Quand Macron l’a prôné, c’est en s’appuyant sur une minorité de soutiens, sociologiquement parlant. Est-ce à dire pour autant que l’économie détermine la politique ? Au contraire, la décomposition dont nous parlons est le résultat de choix politiques qui relèvent de la démission de la volonté politique. 

Christophe Bouillaud : Comme politiste, je ne peux que constater que l’ordre politique déstabilisé en 2017 par l’irruption d’Emmanuel Macron n’est pas vraiment revenu à une nouvelle normalité en 2020. Le Président de la République élu en 2017 applique sans trop d’état d’âme son propre programme, mais il n’a pas de majorité sociale dans le pays pour le soutenir, même s’il a obtenu une écrasante majorité parlementaire en 2017, d’où les crises sociales à répétition depuis son élection, dont les deux plus importantes à ce jour restent la mobilisation des Gilets jaunes  en 2018 et le mouvement social contre sa réforme des retraites en 2019. 

Quant aux oppositions, elles sont effectivement multiples et divisées, entre l’extrême-droite, la droite dite républicaine, et enfin les gauches et les écologistes. Les anciens clivages n’ont pas disparu complètement, comme celui autour de la place de la morale catholique dans l’organisation de notre vie sociale, et se sont rajoutées à cela de nouveaux clivages autour de nouveaux enjeux, comme par exemple ceux autour de l’écologie, du statut de l’animal et des différentes formes de ce qu’on appelle le « communautarisme ». Surtout, à gauche, en y comprenant les écologistes d’EELV, le camp concerné parait du coup particulièrement fragmenté du point de vue partisan. 

Par ailleurs, effectivement, notre société manque d’un groupe central majoritaire sur l’avenir de notre pays. Cela tient à la fois à des discordances d’intérêts, de valeurs, de perception de l’histoire nationale comme le montre les polémiques montantes sur le « racisme institutionnel » en France, mais aussi plus généralement à une montée d’une incertitude radicale sur l’avenir, proche ou lointain. Pendant le confinement, il a été évident que chaque courant politique voyait l’avenir, « le monde d’après », à sa manière, mais, en même temps, les spécialistes académiques de la prévision – économistes en particulier – se sont mis à douter de tous les modèles connus. Que va-t-il arriver ensuite ? En cette année 2020, la réponse la plus rationnelle commence à être de dire que nul ne sait. Bien sûr, toutes les disciplines scientifiques proposent des modélisations qui permettent de scénariser l’avenir, mais, en même temps, l’incertitude radicale domine. Du coup, à l’échelle d’un pays, il est d’autant plus difficile de se décider sur la voie à suivre. 

De fait, en l’absence de ce bloc central majoritaire, de ces « deux Français sur trois » dont se réclamait sans les atteindre toutefois Valéry Giscard d’Estaing en son temps, il est d’autant plus difficile de gouverner. Cet effet de multiplications des clivages est présent partout en Europe, mais il est institutionnalisé, encadré, rationalisé, dans la plupart des pays par des scrutins de nature proportionnelle. Les divers courants d’opinion ont donc tous leurs représentants au Parlement national concerné, et une majorité de ces courants doit forcément former une majorité gouvernementale pour permettre au pays d’avoir un gouvernement. Il faut vraiment, comme en Belgique actuellement, que les clivages soient extrêmement forts pour que la formation d’un gouvernement national s’avère presque impossible. En France, en conservant les rapports électoraux de 2017, on pourrait imaginer toute une série de coalitions, et bien sûr dans aucune d’entre elle, E. Macron chef de LREM, ni nul autre dirigeant d’aucun parti, ne pourrait gouverner seul. Il aurait de vrais alliés et une coalition autour de lui comme A. Merkel en Allemagne. 

L’avantage du scrutin proportionnel est qu’elle oblige de fait les partis s’ils veulent gouverner à rechercher leurs points d’accord avec d’autres, et qu’il dégage de fait une majorité sociale. 

Mathieu Mucherie : C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que la France est, parmi les grandes nations, la plus affectée (avec l’Espagne et l’Italie). A cause de nos autorités : connaitre le confinement le plus complet et le plus long n’est pas un signe de sagesse mais une preuve d’échec ; le moindre petit pays asiatique peut nous enseigner bien des choses en épidémiologie préventive, ce qui aurait été jugée loufoque il y a encore quelques années. A cause de nos structures économiques : trop de tourisme, d’aéronautique et d’automobile. (Mais le ver était déjà dans le fruit : avant le Covid, Renault et Peugeot ne valaient déjà plus rien face à Tesla ; moins d’un dixième aujourd’hui, un centième demain). A cause de notre inféodation à Francfort : nous ne maitrisons plus notre destin monétaire, donc économique, contrairement aux Suisses, aux Anglais, aux Polonais, aux Suédois, etc. Ce qui signifie entre autres choses que notre taux de changes n’est pas là où il devrait être. Et maintenant nous allons dépendre de plus en plus d’un tribunal constitutionnel allemand…

Au fond nous avons deux secteurs : un secteur rentier (fonctionnaires, hôtellerie-restauration, profiteurs de l’immobilier, grosses boites soviétisées) qui n’est pas sans utilité mais qui ne génère pas de gains de productivité, et un secteur ouvert, redoutablement efficace (et que Macron prétendait réformer, à défaut de réformer ce qui devrait l’être et qui ne dépendait que de lui…) mais qui doit faire face à la compétition internationale avec de nombreux boulets, dont un euro trop cher. La crise de Covid19 fait encore monter le poids et le coût des dettes, des inactifs et des boulets en proportion du capital productif et imaginatif du pays. Il n’y a pas de mal à distribuer de faux droits, c’est-à-dire des droits qui ne seront pas gagés sur une croissance future crédible, sauf quand on n’a plus d’égout collecteur (une dévaluation) pour les évacuer, ou de mécanisme d’annulation des dettes pour un nouveau départ. C’est pourquoi la France est à la fois en panne et dans une impasse : la question de qui dirige ce bolide, avec quel autoradio et avec une conduite à droite ou à gauche, est assez accessoire.  

Ce qui nous conduit à parler de la japonisation en zone euro (notre plafond désormais, c’était encore un scénario plancher il y a 10 ans…) sous l’égide de la BCE. Cette dernière est en train de se transformer en BadBank, parce que la mission initiale (2%/an d’inflation dans la zone) ne l’intéresse plus depuis des années (cette mission supposerait une détente monétaire véritable et continue qu’ils n’ont PAS DU TOUT ENVIE d’administrer, et que de toute façon les allemands n’autoriseraient pas longtemps). Alors au diable la politique monétaire, et vive les petites combines bancaires, créditistes, consanguines, des mines à ciel ouvert pour les conflits d’intérêt. Le lundi, je prête aux banques, qui devront tout redéposer chez moi (TLTRO). Le mardi, je régule les bonus des traders et les produits d’épargne populaire. Le mercredi, je rachète des créances douteuses, en respect des principes de transparence en vigueur à Pyongyang. Le jeudi, je continue en toute impunité à me mêler de ce qui ne me regarde pas, les réformes structurelles des uns, les efforts budgétaires des autres, quand je n’organise pas un séminaire sur les risques-climatiques-dans-un-monde-qui-change. Le vendredi, j’affirme que la question des taux de changes (une affaire so frenchie selon Benoit Coeuré lui-même) n’est jamais débattue à Francfort. Et je garde un peu de place le week-end pour des prévisions truquées avec des courbes d’inflation qui reviennent près des 2% dans deux ou trois ans (on reconnait leur littérature à ce que tous les verbes qui concernent leurs cibles sont conjugués au futur). 

Comment une nation comme la France qui a disserté pendant si longtemps sur la responsabilité, les contre-pouvoirs, la dérive des institutions indépendantes, les affres de la comitologie…, peut-elle avaler autant de bêtises au prétexte que cela fait du bien à court terme à certains de ses intérêts ? Comment ne se rend-elle pas compte que la japonisation peut à la rigueur servir la vieille Allemagne mais certainement pas nos aspirations et celles de nos chères banlieues avec tous ces jeunes entrepreneurs plein de talents qui ne demandent qu’à participer enfin à des commerces légaux ?     

Un parti, un candidat capable de construire cette majorité sociologique existe-t-il actuellement ? 

Christophe Bouillaud : Effectivement, vous avez raison, ne rêvons pas trop d’une vie politique française régulée par la proportionnelle. 

Les deux vieux partis de gouvernement, Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS), pourraient sans doute reconquérir ce qui constitue tout de même le cœur de la société française, les salariés petits et moyens du privé et du public, s’ils abandonnaient vraiment leur tendance à accepter les voix de ces derniers sans jamais vraiment prendre en compte leurs intérêts. Ce n’est pas seulement la question du pouvoir d’achat, ou bien des impôts, mais celui de la précarité qui menace cette France moyenne. Les politiques, y compris Emmanuel Macron, en sont bien conscients quand ils disent à longueur de temps entendre « protéger », quand ils redécouvrent tous ces temps-ci la « souveraineté économique ». Or le problème de ces deux grands partis, LR et PS, et aussi de LREM désormais, c’est que leur bilan des quatre dernières décennies est très mauvais du point de vue de ces salariés petits et moyens. Ils n’ont cessé de fait de favoriser leur précarité au nom de la préservation de l’emploi – ce qui constitue pour les personnes ordinaires une contradiction dans les termes. Or, pour l’instant, ni le LR ni le PS n’ont rompu avec les hommes et les femmes qui ont incarné ces idées. Résultat : les Républicains aux Européennes de 2019 n’ont plus que les votes des retraités (catholiques) ayant perdu tout ancrage dans le salariat petit et moyen, et le PS se présentant sous un nom d’emprunt (Place publique) sombre presque. Il me semble que les Républicains, tout au moins leurs chefs actuels, sont incapables de se réinventer en jetant par-dessus bord le néo-libéralisme des plus forts qui ne convient en réalité qu’à très peu d’électeurs – déjà partis du côté LREM en plus. Du côté du PS, Olivier Faure a bien compris sans doute le problème, mais, faute d’un grand charisme personnel, il n’a pas la force de se débarrasser des anciens caciques du PS, dont l’ancien Président Hollande qui représente le pire du pire de ce point de vue. La meilleure contre-publicité qu’on puisse imaginer pour un parti se voulant du côté des salariés ordinaires. Des deux côtés, à droite comme à gauche, il aurait fallu une refondation partisane permettant de faire le ménage des vieilles gloires. Ailleurs en Europe, des partis savent pourtant se débarrasser de leurs anciens pour se repositionner vraiment, pas en France, sauf si ces derniers partent d’eux-mêmes. 

A l’extrême-droite et à la gauche de la gauche, le RN et la FI ne peuvent pas par leur positionnement même être une force centrale de rassemblement. Ils peuvent par contre y participer, comme en son temps le PCF dans le cadre de l’Union de la gauche des années 1970. Du coup, les possibilités sont double : soit, à droite, un candidat à la Sarkozy en plus social et national que l’original de 2007 réussit à émerger ; soit, à gauche, un candidat des gauches unies. O. Faure, le patron du PS, semble aller dans cette direction, tout en voyant bien que personne ne s’impose d’emblée. Cela supposerait sans doute des primaires, mais il faudrait espérer que les écologistes et FI se prêtent à l’exercice. A droite, c’est encore pire, car les primaires comme outil de départage des ambitions personnelles sont complètement délégitimées par ce qui s’est passé en 2016-17. C’est une vision sans doute erronée d’ailleurs, car François Fillon l’aurait sans doute emporté s’il n’y avait pas eu le « scandale Pénélope ». 

L’absence d’un groupe central majoritaire partageant une idée commune sur l’avenir de notre pays est-elle dommageable pour notre démocratie ? Quelles solutions pouvons-nous imaginer afin de reconstruire une majorité sociologique en France ?

Edouard Husson : Il faut commencer par reconstruire politiquement. Le populisme ou le centrisme macronien sont fondés sur le refus de la politique. Cette dernière n’existe, en démocratie, que si les élites se divisent en au moins deux groupes pensant différemment et capables de rassembler autour de leur option une partie significative de la population. Je ne crois pas à la reconstitution d’une majorité sociologique rapidement en France. La reconstruction de l’économie est une tâche de longue haleine  En revanche, on peut imaginer la capacité d’un groupe cohérent, structuré, issu des milieux dirigeants et des classes moyennes, à rassembler le temps d’une élection. Mais pour quoi faire?  On imagine bien le rassemblement d’un populisme de gauche récupéré progressivement par les Verts et par un PS un peu revigoré. Ce sera une coalition stérile, paralysant le pays à coup d’égalitarisme et de tyrannie écologiste. Une sorte de macronisme à la base sociologique élargie.  La question c’est pour moi de savoir s’il y aura une coalition constructive en face, rassemblant l’esprit d’entreprise, la capacité à inventer l’Etat de l’ère numérique, le goût de reconstruire un système éducatif, l’envie de comprendre les enjeux du monde et y défendre les intérêts de la France, la défense de notre intégrité territoriale, de nos frontières, le sens de ce qu’exige la constitution d’un capital matériel et immatériel français, le soutien à la démographie, l’amour de la patrie, le souci des permanences et d’une identité française. Appelez cela la droite si vous voulez. C’est surtout la seule chance de reconstituer nos forces et permettre au tissu social de se reconstituer. 

Christophe Bouillaud : A mon sens, même si la société française est divisée, comme a entendu le montrer Jérôme Fourquet dans l’Archipel français (Paris : Seuil 2019),  il existe des points de rassemblement possible. Les spécialistes des valeurs tendent plutôt à souligner des vastes transformations assez partagées, comme par exemple l’affaiblissement de la pratique et du sentiment religieux chez la majorité de nos concitoyens. L’exercice de la Convention citoyenne sur la transition écologique semble montrer qu’un consensus peut émerger lors des discussions informées entre personnes de bonne foi – ce qui bien sûr constitue un biais de ce genre d’exercice en salle par rapport à la situation sociale réelle où l’automobiliste lambda n’acceptera jamais qu’une piste cyclable le gêne dans son trajet quotidien pour aller travailler.

Il me semble pourtant que l’un des points de convergence n’est autre que cette lutte contre la précarité que j’évoquais plus haut. Il faut arrêter de prétendre que nos concitoyens adorent la flexibilité, l’aventure au coin de la rue, changer d’employeur tout le temps, et du coup ne pas pouvoir faire de projet, fonder une famille par exemple. Il faut donc développer tous les mécanismes qui permettent aux gens ordinaires de se sentir rassuré sur leur avenir. La priorité absolue, c’est donc un marché de l’emploi inclusif. Je suis désolé de devoir le rappeler, mais la raison pour laquelle le libéralisme a été discrédité  auprès des électeurs et des intellectuels dans les années 1930 n’est autre que l’existence d’un chômage de masse que les dirigeants libéraux n’arrivaient pas à comprendre ni à juguler.  La reconstruction d’après-guerre sous l’égide de Keynes a du coup réussi à éviter ce mal du chômage, tout en préservant la liberté d’entreprendre. Or, dans notre pays, il augmente de nouveau depuis les années 1970, il se dissimule sous les oripeaux d’une flexibilité de plus en plus répandue. Le demi-million de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) en plus en deux-trois mois, alors même que l’Etat a mis le paquet sur un dispositif de chômage partiel, constitue une bonne illustration de cette précarité. Tant qu’un pouvoir n’arrivera pas à redéfinir un plein emploi sans précarité pour le XXIe siècle, il n’aura pas durablement une majorité sociologique derrière lui. Désolé du truisme, mais, dans une société d’individus, ces derniers veulent certes être responsables d’eux-mêmes, donc travailler, être utile, mais ils ne veulent pas non plus tomber de haut à la première occasion. Il faut donc des régulations pour répondre à cette demande. Les pouvoirs publics doivent arrêter de faire comme si les chômeurs n’avaient qu’à « traverser la rue » pour trouver du travail, et admettre que l’existence du chômage de masse est un problème de structure générale de l’économie. De ce point de vue, la crise économique provoquée par la pandémie me parait une bonne piqûre de rappel pour tout le monde : le fait d’avoir ou pas un travail dépend d’abord de considérations qui dépassent de loin les choix individuels. Si tous les restaurants sont fermés, un cuisinier, même en traversant toutes les rues, ne peut pas travailler. 

Mathieu Mucherie : Je ne raisonne pas en ces termes, d’autant que votre question me semble naïvement constructiviste et un peu nostalgique d’un passé qui n’a pas existé bien longtemps. Je n’ai pas non plus en tête le « deux français sur trois » de VGE. Les grands partis de masse interclassistes sont à la peine, partout, de plus en plus. L’archipellisation du pays est trop bien lancée. Il n’y a pas de « solutions », alors réfléchissons plutôt aux objectifs : que voulons nous au juste ? 

Je veux un écosystème de la pensée critique, pour des institutions à peu près équilibrées à moyen/long terme. Cela suppose une liberté d’expression maximale, des médias qui ne seraient pas détenus par cinq groupes très liés aux commandes publiques, des think tanks qui ne seraient pas que des clubs mondains, etc. Nous pourrions aboutir à un débat public de meilleure qualité, qui ne se limiterait pas à des blitzkriegs médiatiques, à des questions de qui couche avec qui, à des diversions pour ne surtout pas parler des sujets qui fâchent, à des paquets de moraline déversés au moindre début de controverse. 

Dans l’idéal, mais je rêve un peu, nous reviendrions au débat de fond entre conservateurs et libéraux, comme dans l’Angleterre de 1900 environ. Nous aurions d’un côté un gros bloc chrétien attaché aux valeurs et à la pérennité des choses, avec un grand ministère de l’esthétique (la beauté sauvera le monde ?) et un autre chargé de limiter les expérimentations génomiques ou transhumanistes, et de l’autre côté des libéraux plus préoccupés de la bonne marche des affaires, c’est-à-dire du libre échange et de la liberté d’entreprendre, si loin de ces pays de primitifs sous-doués où des préfets décident de la date des soldes des magasins. Le premier bloc passerait son temps à relire Chesterton et Belloc en buvant du thé, et le second un peu plus rock’roll du Bastiat ou du Friedman en sirotant du Baileys. Nous aurions de beaux débats (pas sur BFM, qui aura été aboli à la libération) sur les armes à feu, le revenu universel, un jubilé des dettes, l’immigration payante ou la dépénalisation des drogues ; une monnaie tenue par des gens autonomes mais pas indépendants, obligés de respecter une mission et évalués en conséquence par les élus du peuples ; et que Dieu sauve la Reine.  

Il n’y aurait certes pas beaucoup de place dans ce cadre pour le socialisme ethnique et transgenre, mais je vous avez prévenu qu’il s’agissait d’une vue assez subjective et un peu old school. J’ai comme l’impression qu’elle n’est pas très partagée, entre ceux qui veulent toujours plus d’un modèle allemand insupportable, ceux qui retiennent du modèle américain le présidentialisme absolu et les cultural studies, ceux qui sont assez désespérés pour croire à la matriarchie suédoise ou au fédéralisme européen (cette très vaste Belgique), etc. Au rythme où vont les choses, 2022 opposera Zemmour à Macron, et 2027 Dieudonné à Sibeth N’Diaye ; peut-être ne méritons-nous pas mieux que cela.   Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :républiqueElyséeEmmanuel MacronNew DealremaniementdémissionElection présidentielleLREMChef de l’EtatmajoritéThématiques :POLITIQUE

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Crise sanitaire et sécurité : une opportunité pour l’Europe !

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Crise sanitaire et sécurité : une opportunité pour l’Europe !

Tribune18 mai 2020Par EuroDéfense-France (Patrick Bellouard, Nathalie de Kaniv, Maurice de Langlois, Patrick de Rousiers, Jacques Favin-Levêque, Patrice Mompeyssin, Jean-Paul Palomeros, Jean-Paul Perruche, Philippe Roger, Cyrille Schott)

La crise du COVID-19 qui a sidéré le monde, ne constitue-t-elle pas l’un de ces bouleversements majeurs qui peuvent changer le visage de la planète ? L’histoire nous le dira. Quoi qu’il en soit, elle impose à l’Union européenne un questionnement sur ses valeurs fondatrices : solidarité, dignité de l’être humain, liberté, démocratie, État de droit et paix. Cette crise sanctionne une triple rupture, rupture du monopole de l’Occident sur l’histoire du monde, rupture du leadership américain hérité de la Deuxième Guerre mondiale et rupture avec une globalisation incontrôlée. Il faut en tirer les enseignements. Sachant que c’est souvent dans l’adversité que les Européens ont trouvé la volonté et le courage politique de faire avancer leur union, l’opportunité se présente de la doter des attributs qui feront d’elle un acteur mondial reconnu et respecté.

Dans un environnement de plus en plus menaçant, l’Europe aura comme première responsabilité d’assurer effectivement la sécurité de ses citoyens dans tous les domaines et la défense de leurs intérêts, sur le continent et partout dans le monde.

La crise du COVID-19 a mis la solidarité européenne à l’épreuve, en faisant resurgir initialement les égoïsmes nationaux. Cependant, la Commission européenne a réagi dès le 28 janvier en activant le mécanisme de réaction en cas de crise. Elle a réuni des fonds publics et privés pour financer la recherche sur les vaccins, les diagnostics et les traitements ; elle a créé une réserve commune de matériel médical ; elle a contribué au rapatriement de nombreux Européens bloqués à l’étranger. La solidarité entre les pays s’est finalement exprimée au niveau du transport médical et de l’accueil de patients dans les hôpitaux non surchargés.

L’Union européenne a maintenant la responsabilité de soutenir activement la relance économique, non pas avec un nouveau Plan Marshall qui viendrait de l’extérieur, mais avec des fonds européens. Des initiatives sont en cours pour compenser ce qui est déjà annoncé comme une chute vertigineuse, une baisse de 7,4 % du PIB de l’UE pour 2020, selon la Commission européenne. La priorité sera donnée à juste titre à la sécurité sanitaire et à l’emploi. Par ailleurs, les enjeux de préservation de la planète, au-delà des changements nécessaires des comportements individuels, vont aussi s’inscrire dans le contexte général et peser sur l’ensemble des contraintes budgétaires de nos pays.

L’UE se retrouvera plus isolée dans le nouveau contexte mondial et, sans doute, plus vulnérable. C’est pourquoi ses membres devront la doter des moyens de se faire entendre et respecter en tant qu’acteur mondial, afin de créer l’espace de confiance et de solidarité qui lui manque encore. Si l’autonomie stratégique est un enjeu de survie dans les domaines sanitaire, industriel, énergétique, économique et diplomatique, la première responsabilité de l’UE, en liaison avec les États, sera de contribuer efficacement à la sécurité de ses citoyens.

La sécurité sanitaire fera partie des premières initiatives. Une politique de sécurité sanitaire devrait voir le jour, dotée d’une base industrielle et technologique dédiée, à la fois aux échelons national et européen.

Cette sécurité sanitaire devra s’inscrire dans une appréciation globale des risques et menaces. Si la menace biologique, aujourd’hui concrétisée par le COVID-19, faisait partie des menaces potentielles depuis des décennies, elle n’avait pas fait l’objet de mesures concrètes d’anticipation. Cette crise imprévue a révélé notre vulnérabilité. Elle a été mise à profit par certains pays pour éprouver nos moyens de protection, accroître les cyberattaques et la désinformation afin de fragiliser la cohésion européenne, et contester les organisations et les traités internationaux. Elle est l’occasion pour les groupes terroristes comme Daech de relancer leur action, voyant dans la pandémie le signe d’une punition divine. L’instabilité et l’incertitude croissent : il n’y a plus d’espace protégé … sauf peut-être la station spatiale orbitale et encore !

Dans cette situation alarmante, l’Europe doit se fixer un cap. Un nouveau cadre de la politique de défense et de sécurité commune doit être établi, en prenant en compte le territoire européen, car nombre de crises à venir impacteront directement notre sol. En d’autres termes, l’Europe pourra faire valoir à l’échelle du continent que la défense et la sécurité sont indivisibles et que la résilience de ses États est l’un de ses objectifs majeurs.

Il ne s’agit pas de déposséder les États membres de leur responsabilité en matière de défense, mais de permettre aux Européens de réaliser que leur destin est commun et doit nourrir la volonté de « vivre ensemble ». Comment imaginer que l’Union européenne ne puisse pas jouer un rôle plus important d’anticipation stratégique, de partage de l’information, de coordination de la réponse, puis de remontée en puissance ? Cette inflexion impliquera plus de moyens partagés, notamment la création d’un espace de confiance, où s’échangeront l’analyse des risques, ainsi que les réponses que pourrait apporter l’Union avec le concours des États membres. Dans cette perspective, Bruxelles devra enfin disposer d’une véritable capacité opérationnelle intégrée de planification et de gestion de crise multisectorielle, avec une chaîne de commandement militaire dotée de sa personnalité propre.

Pour contrer les conséquences de la crise économique à venir, les États doivent arrêter collectivement des mesures incitatives dans le domaine de la sécurité et de la défense.

S’agissant des investissements de défense et contrairement à ce qui s’est fait en 2008, les arbitrages budgétaires nationaux à venir devront être coordonnés sur le plan européen, dans une logique de complémentarité et de partage.

Les mesures incitatives proposées, dont certaines sont en cours de mise en place au sein de la Commission européenne, sont de trois ordres : le Fonds européen de défense, un fonds de relance général et un plan de relance industrielle dédié. Le Fonds européen de défense, dont le principe a déjà été acté par les États membres, devra être suffisamment doté financièrement pour encourager la coopération européenne et dynamiser la compétitivité et la capacité d’innovation de l’industrie de défense européenne. L’autonomie industrielle de défense européenne en dépend. Le montant doit être voté prochainement dans le cadre du budget pluriannuel 2021-2027 de l’Union. Le fonds de relance, évoqué par la Commission, pourra apporter des moyens financiers considérables et solidaires au rétablissement des économies les plus affectées dans l’Union et au redémarrage de l’économie européenne dans son ensemble et du secteur de la défense en particulier.

Enfin, un plan de relance industrielle, dédié au secteur de la défense et de la sécurité au sein de l’UE, devrait venir en complément. Il s’articulerait en deux phases : dans l’immédiat, un plan de sauvegarde des entreprises ; par la suite, un financement dédié à l’achat d’équipements stratégiques. Certains de ces équipements pourront être directement acquis par l’Union européenne elle-même, en priorité des systèmes de surveillance terrestres ou spatiaux, à l’image de ce qui a été décidé en 2007 pour le programme Galileo, des moyens de transport stratégique, des avions ou navires logistiques, voire des moyens sanitaires.

La crise sanitaire aura de lourdes conséquences. Aujourd’hui, plus que jamais, l’UE va se retrouver livrée à elle-même. Si elle veut répondre aux attentes et assumer ses responsabilités au regard de l’avenir de l’humanité, elle devra dorénavant compter sur ses propres forces. Dans un environnement de plus en plus menaçant, elle aura notamment comme première responsabilité d’assurer efficacement la sécurité globale de ses citoyens et la défense de leurs intérêts et de leurs valeurs, sur le continent et partout dans le monde. Les mesures présentées ici visent à compenser les effets de la récession économique, tout en optimisant les capacités de défense et sécurité, dans le respect de la souveraineté des États. C’est un enjeu de survie pour notre Europe et pour la civilisation dont elle est le cœur

https://www.iris-france.org/147109-crise-sanitaire-et-securite-une-opportunite-pour-leurope/

Rubrique DÉSINFOX Coronavirus : Et le contrôle étatique de l’information s’étend, s’étend…

Rubrique DÉSINFOX Coronavirus : Et le contrôle étatique de l’information s’étend, s’étend…

 / NATHALIE MP MEYER

Initiative bien intentionnée mais maladroite qui finira par disparaître avec le Coronavirus, simple « faux pas de communication » comme veut le croire le quotidien Libération… ou nouvelle enjambée assumée en direction d’un encadrement gouvernemental de plus en plus étroit de l’information et des organes de presse ? C’est la question qui se pose alors que la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye vient d’annoncer l’ouverture d’un espace gouvernemental dédié aux « sources d’information sûres et vérifiées » concernant le Coronavirus :Sibeth Ndiaye@SibethNdiaye

La crise du #COVID19 favorise la propagation de #fakenews. Plus que jamais, il est nécessaire de se fier à des sources d’informations sûres et vérifiées. C’est pourquoi le site du @gouvernementFR propose désormais un espace dédié. https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/desinfox …info coronavirus covid 19 – désinfoxDes journalistes spécialisés démêlent le vrai du faux du COVID-19. Cet espace dédié vous donne accès aux articles de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinfor…gouvernement.fr1 494Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité7 341 personnes parlent à ce sujet

Concrètement, la page internet des communications officielles du gouvernement sur le Covid-19 a été complétée récemment d’une rubrique Désinfox alimentée par une sélection d’articles de presse jugés « fiables » par le Service d’information du gouvernement :

La rubrique « Désinfox Coronavirus » en trois clics
(captures d’écran, 2 mai 2020)

                       gouvernement.fr                       gouvernement.fr/info-coronavirus

                         gouvernement.fr/info-coronavirus/desinfox

.
Et n’allez surtout pas dire au gouvernement qu’un tel tri médiatique présente toutes les apparences d’une labellisation ultra-politisée des médias.

Il vous rétorquera d’abord qu’en cette affaire, il n’a d’autre souci que de protéger les Français contre des « fake news » qui, en cette période de forte inquiétude des citoyens, pourraient si facilement « engendrer des comportements à risque » (comme ingérer de l’eau de javel ou de la cocaïne en croyant se protéger du virus, précise-t-on au gouvernement).

Et il pensera vous renvoyer définitivement à votre mauvais esprit en vous expliquant ensuite que la sélection des médias référencés est basée sur trois critères techniques indiscutables qui excluent toute odieuse possibilité de copinage et/ou de propagande : les médias en question doivent disposer d’une rubrique de « fact checking » ainsi que d’une équipe spécialisée dans ce type de décryptage depuis au moins deux ans, et ils doivent proposer un accès gratuit au contenu.

Moyennant quoi, le gouvernement se flatte de réunir sur son site la fine fleur des journalistes et des médias spécialisés qui « luttent contre la désinformation » et « démêlent chaque jour le vrai du faux » en relation avec la crise sanitaire.

Il n’empêche qu’au final, seuls cinq titres de presse répondent aux critères choisis : Libération, l’AFP, France Info, Le Monde et 20 Minutes. De là à vouloir implanter dans l’esprit des Français le sentiment que ceux-là seuls sont « fiables » et aptes à dégager la « vérité » tandis que tous les autres, Le Figaro, Les Echos, Le Point, etc. ne le seraient pas, il n’y a qu’un tout petit pas qu’un État libéral devrait s’abstenir absolument de franchir.

Sans compter que le simple fait de figurer sur le site du gouvernement dans une rubrique dont le thème monopolise actuellement toutes les attentions du public constitue à l’évidence un véritable coup de pouce pour la fréquentation des sites de presse sélectionnés. Une nouvelle forme d’aide indirecte à la presse, en quelque sorte, mais limitée à certains titres par décision gouvernementale discrétionnaire. Autrement dit, une rupture de concurrence sciemment organisée par l’État.

Malgré cela, la position des médias sélectionnés n’est pas forcément très confortable. Il semblerait en effet qu’ils n’aient été ni consultés ni prévenus de cette initiative. Mis à part France Info qui, en tant qu’élément de l’audiovisuel public, peut difficilement se prétendre totalement indépendant de la volonté de l’État, les autres encourent maintenant le risque d’être perçus comme les relais officiels de la parole gouvernementale, ce qui ne fait pas forcément leurs affaires et les place en porte-à-faux vis-à-vis de leurs lecteurs.

Il existe certes de nombreux organismes de référencement, certification, labellisation et que sais-je, en matière de presse comme en de nombreuses autres matières, mais il n’y a rien de comparable entre les évaluations émises par une multitude d’entités privées indépendantes qui n’auront pas forcément les mêmes avis, et un État qui exerce son pouvoir sur les citoyens via sa police, sa fiscalité et les lois qu’il fait voter. S’agissant de presse et d’information, le rôle des journalistes consiste à informer les citoyens sur les actions des gouvernements, pas à servir de faire valoir à ces derniers.

Il se pourrait évidemment que la chute de confiance des Français dans la capacité du gouvernement à gérer la crise du coronavirus et à délivrer des informations de qualité, sur le port du masque notamment, ait l’effet de pousser le public à s’informer encore plus en dehors des sources gouvernementales. Auquel cas l’opération Désinfox pourrait bien tomber à plat, ce dont on ne se plaindra pas.

Mais inutile de dire que cette incroyable prétention du gouvernement à embrigader certains organes de presse, mais pas d’autres, et à vouloir définir officiellement « la vérité » plutôt que de laisser le débat public, avec ses batailles, ses arguments et ses contre-arguments, se développer au sein des médias au sens large – inutile de dire, donc, que cette prétention a suscité une belle volée de réactions mi-navrées mi-moqueuses.

À l’encontre de Sibeth Ndiaye d’abord. Alors qu’il est question ici de dire la « vérité », difficile d’oublier qu’elle s’est fait connaître à jamais du public pour avoir déclaré haut et fort peu après l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir :

« J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président. » (L’Express, 12 juillet 2017)

.
Mais finalement, si la porte-parole du gouvernement est sans doute prête à défendre bec et ongles cette nouvelle étape dans les relations de plus en plus dangereusement imbriquées entre le gouvernement et les médias, elle n’en est jamais que l’annonciatrice tandis qu’on ne peut s’empêcher de voir en Emmanuel Macron l’instigateur ultime de toute l’affaire.

Rappelons d’abord que le Président de la République entretient manifestement un lien complexe avec la liberté. Convaincu que ce qu’il tient pour « bien » doit absolument triompher de tout, y compris au mépris des libertés individuelles, on l’a vu successivement intégrer la plupart des dispositions administratives de l’état d’urgence dans le droit commun (2017), suggérer et obtenir une loi contre les « fake news » en période électorale (2018) et tenter d’imposer une interdiction de manifester sur la base de soupçons des plus vagues dans la loi anti-casseurs (2019) – disposition heureusement retoquée par le Conseil constitutionnel.

Concernant plus spécifiquement la presse, Emmanuel Macron a dénoncé à plusieurs reprises le « pouvoir médiatique », notamment lors de l’affaire Benalla et à l’occasion de la crise des Gilets jaunes. D’après lui, « nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité ». Quand on sait comment l’un de ses conseillers a bidouillé une vidéo afin de tenter une disculpation de Benalla, on comprend clairement qu’il n’existe qu’une vérité, celle de M. Macron.

Début février 2019, lors d’une rencontre à l’Elysée avec des journalistes, il en est venu à livrer sa conception de l’information :

« Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. (…) Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. » 

.
Conception super-étatique qui a rapidement quitté le terrain des idées pour se muer très concrètement en « Conseil de déontologie journalistique » (décembre 2019).

Voulue par le gouvernement et soutenue par un Jean-Luc Mélenchon dont on n’ignore plus rien des théories sur la presse après le retentissant échec déontologique de sa web TV Le Média, cette instance divise profondément la profession. Certains acteurs du secteur y discernent moins un vecteur de qualité qu’une façon détournée de brider la liberté de la presse. Derrière le prétexte de restaurer la confiance dans les médias et de soutenir les bonnes pratiques journalistiques, l’occasion dangereuse d’un contrôle renforcé.

Avec la rubrique « Désinfox Coronavirus », on passe clairement à une nouvelle étape du contrôle de l’information par l’État. Pas d’atteinte apparente à la liberté de la presse en l’occurrence, mais une volonté gouvernementale de canaliser la bonne presse par rapport à la mauvaise presse dans l’esprit du public en s’érigeant en arbitre ultime du vrai et du faux. Ne se croirait-on pas revenu à l’époque de l’ORTF où chaque journal télévisé était validé par le ministre de l’Intérieur avant diffusion ? Ça promet.


Illustration de couverture : Rubrique Désinfox du gouvernement sur le Covid-19. Twitter et capture d’écran.

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FrancePolitiquePresse et Information

https://leblogdenathaliemp.com/2020/05/03/rubrique-desinfox-coronavirus-et-le-controle-etatique-de-linformation-setend-setend/

«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron – Par Jean-Dominique Merchet

SANTÉ28.mars.2020 // Les Crises

«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron – Par Jean-Dominique Merchet

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Source : L’Opinion, Jean-Dominique Merchet, 20-03-2020

L’actuel Directeur général de la santé prévenait le futur président dans une note confidentielle, publiée dans les MacronLeaks

C’est une « note pour Mr Emmanuel Macron » de cinq pages, datée du 5 septembre 2016 et présentée comme « confidentielle ». Rédigée par le professeur Jérôme Salomon, elle a été transmise le lendemain par mail à l’équipe de campagne du candidat (pas encore déclaré) à la présidence de la République. Ce document, destiné à Quentin Lafay et Thomas Cazenave, a été rendu public parmi les 20 000 courriels piratés puis partagés en ligne par WikiLeaks, les « MacronLeaks ». Aujourd’hui directeur général de la santé (DGS), le professeur Salomon était alors le conseiller « santé » d’Emmanuel Macron.

Cette note était essentiellement consacrée aux réponses publiques en cas de nouvelles attaques terroristes. Nous étions alors moins de dix mois après les attentats du 13 novembre 2015. Toutefois, le constat et les préconisations de celui qui sera nommé Directeur général de la Santé le 8 janvier 2018, après la victoire du candidat qu’il conseillait alors, s’appliquaient aux « risques majeurs de catastrophes ». Citant les « épidémies et émergences » de maladies, le professeur Salomon notait que « les événements qu’a connus la France récemment […] démontrent que les préjudices humains et matériels peuvent être considérables. »

Accueil en milieu hospitalier. « La France n’est pas prête », écrivait-il, car elle a été « peu confrontée aux risques majeurs depuis 1945. » « L’organisation du système de réponse a fait l’objet d’une structuration importante (situations sanitaires exceptionnelles) mais demeure complexe et manque de réactivité et de capacités d’adaptation aux situations spécifiques et évolutives ». Il évoquait en particulier « l’accueil en milieu hospitalier, en particulier si l’afflux de victimes est important, supérieur à 300 en urgence absolue. »

Citant en exemple le système de santé israélien, il demandait de « faire subir un crash test à notre dispositif national de réponse, d’évaluer les points critiques et de proposer les adaptations les plus stratégiques du système de gestion ». Il insistait notamment sur la nécessité d’une « anticipation stratégique » et concluait : « Un dysfonctionnement grave aurait des conséquences délétères considérables ».

Dans le mail accompagnant la note, le professeur Salomon précisait qu’il ne souhaitait pas « la faire tourner au sein du groupe santé du fait de son caractère sensible ». « Les propositions n’engagent que moi mais ont été largement partagées avec un groupe d’experts de la question. Cette note est issue de mon expérience de conseiller sécurité sanitaire au cabinet, de mes entretiens avec de hauts responsables de la sécurité et de mes responsabilités actuelles de gestionnaire de crise et de FSD » (fonctionnaire de sécurité et de défense). Spécialiste des maladies infectieuses, Jérôme Salomon avait été membre du cabinet des ministres de la Santé Bernard Kouchner, puis Marisol Touraine de 2013 à 2015.

On ignore si Emmanuel Macron a lu ce document, mais par retour Quentin Lafay répondait à Jérôme Salomon : « Parlons-en demain soir discrètement, je trouve cela très intéressant. » « Dans le contexte actuel, EM doit être bien au courant des menaces » concluait le médecin dans un autre mail.

Iconoclastes. Ambitionnant d’être ministre de la Santé, Jérôme Salomon s’était rapproché de l’équipe Macron dès juin 2016. Il n’a toutefois jamais été membre du premier cercle politique. Insistant beaucoup sur la prévention, ses propositions étaient parfois jugées « iconoclastes » ou « alarmistes », Alexis Kohler lui reprochant notamment de ne jamais les chiffrer.

Un autre mail de Jérôme Salomon à l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, daté du 11 janvier 2017 et destiné à Quentin Lafay, Julien Denormandie et Benjamin Griveaux, résonne aujourd’hui de manière prémonitoire. Il était consacré à « l’épidémie sévère de grippe que la France affronte cet hiver ». Pour le futur DGS, elle était « une triste et caricaturale confirmation du paradoxe français » : « L’épidémie précoce a été favorisée par les vacances scolaires de fin d’année (ce sont les enfants qui transmettent le virus à leurs grands-parents), par l’absence de maîtrise des gestes basiques d’hygiène : mouchoirs en papier jetables, lavage des mains, solutions hydroalcooliques, port du masque par les malades généralisé en Asie et quasi inconnu en France ! » Et de noter que « l’hôpital déjà en crise est désormais « en tension » car il ne dispose d’aucune élasticité pour absorber des variations d’activité. »

Au vu de la pénurie actuelle de masques, de gel et de kits de dépistages, il semblerait que Jérôme Salomon ait finalement un peu négligé l’avertissement de Richelieu qu’il citait en exergue de sa note : « On ne doit pas tout craindre, mais on doit tout préparer. »

Source : L’Opinion, Jean-Dominique Merchet, 20-03-2020

https://www.les-crises.fr/la-france-nest-pas-prete-pour-une-epidemie-en-2016-le-pr-salomon-avertissait-le-candidat-macron-par-jean-dominique-merchet/

Le COVID-19 pourrait changer fondamentalement la société occidentale

Le COVID-19 pourrait changer fondamentalement la société occidentale


andrew-korybko

Par Andrew Korybko − Le 18 mars 2020 − Source cgtn.com

L’apparition soudaine du COVID-19 dans tout l’Occident a entraîné une série de décisions d’urgence prises par des dizaines de gouvernements qui auraient été impensables il y a quelques semaines à peine. De la fermeture de pratiquement toutes les entreprises, sauf les plus essentielles comme les pharmacies et les épiceries, aux quarantaines obligatoires pour des pays entiers, les Occidentaux n’ont jamais connu de mesures aussi extrêmes, même en temps de guerre.


Ces politiques nécessaires ont toutefois des conséquences indésirables de grande envergure dans les domaines social, économique et politique.

Les Occidentaux ont pour usage de se déplacer à leur guise, mais désormais la plupart d’entre eux sont obligés de rester chez eux, sauf pour se rendre dans les quelques commerces essentiels qui restent ouverts. De nombreuses personnes craignent aujourd’hui pour leurs moyens de subsistance parce qu’elles ont vécu au jour le jour et n’ont pas pu mettre assez de côté pour le proverbial « jour de disette » – ou dans ce cas, au moins « deux semaines de disette ».

D’autres encore craignent que leurs gouvernements n’exploitent à l’avenir ces décisions d’urgence pour des raisons politiques d’intérêt personnel.

Dans l’ensemble, la société occidentale semble avoir fondamentalement changé à la suite de COVID-19. Il semble impossible, du moins à ce stade précoce des tentatives de confinement d’urgence, d’imaginer que la vie puisse un jour redevenir ce qu’elle était.

Les étudiants suivent désormais des cours sur ordinateur plutôt qu’à l’école, des personnes qui pensaient vivre confortablement attendent désormais désespérément une aide gouvernementale pour les aider à joindre les deux bouts, et le scepticisme antigouvernemental croissant qui a marqué ces dernières années s’est encore accentué.

Qu’importe la durée qu’il faudra pour vaincre le COVID-19, l’humanité l’emportera certainement après que la Chine aura montré au monde que c’est effectivement possible – pourvu que chacun fasse sa part de sacrifices pour le bien commun, mais beaucoup de ces changements d’urgence pourraient devenir la nouvelle norme.

On peut comprendre que les gens deviennent réticents à avoir autant de contacts sociaux qu’auparavant, d’où la raison pour laquelle l’apprentissage en ligne pourrait devenir la norme. Ceux qui peuvent travailler à domicile continueront probablement à le faire pour la plupart, et les sceptiques envers le gouvernement pourraient être pris plus au sérieux.

Les ressortissants allemands ont été interdits de voyager pour les vacances. AFP

Le « bon vieux temps » qui consistait à ce que chacun aille où il veut (surtout dans l’UE), à ne pas trop se soucier de l’emploi et, d’une manière générale, à faire confiance aux gouvernements pour faire respecter les droits constitutionnels à tout prix semble presque être un rêve lointain après tout ce qui s’est passé au cours de ces deux dernières semaines.

On peut même dire que beaucoup sont nostalgiques de ces moments, appréciant enfin ce qu’ils auraient pu considérer auparavant comme acquis mais aussi peut-être en voyant les choses sous un jour nouveau comme étant beaucoup plus fragiles que dans leurs rêves les plus fous.

L’ennemi invisible qu’est le COVID-19 a littéralement entraîné des changements plus visibles que l’ennemi semi-invisible du terrorisme qui était considéré comme le principal ennemi de l’Occident. Tout comme le 11 septembre a transformé l’essence de la société occidentale, les deux premières semaines de mars 2020 pourraient avoir un effet similaire.

Tout s’est finalement calmé après ces terribles attaques terroristes, tout comme ce qui se passera avec cette épidémie virale. Cependant, il est naturel que les personnes les plus directement touchées dans les deux cas se souviennent de l’histoire en termes d’« avant et après » ces événements.

Certes, les changements sociaux resteront toujours flexibles dans une certaine mesure, mais il restera à voir quelle sera la profondeur des changements structurels dans les domaines économique et politique.

La nationalisation des hôpitaux et des établissements de santé en Espagne, ainsi que la possibilité tout à fait réelle de répéter ce modèle ailleurs en Occident, pourraient complètement transformer l’économie occidentale, sans parler des programmes de soutien gouvernementaux de plusieurs milliards de dollars (« renflouements ») qui sont en cours de discussion entre les citoyens pour les industries clés.

Sur le plan politique, il est encore trop tôt pour dire quels seront les changements, mais il est incontestable que le processus démocratique a été perturbé, au grand dam de quelques personnes qui ne comprennent pas la nécessité de ces mesures d’endiguement d’urgence ou qui craignent sincèrement que leurs gouvernements ne profitent du précédent qu’elles viennent de créer.

Quoi qu’il en soit, on peut conclure que COVID-19 pourrait changer fondamentalement la société occidentale de manière très radicale.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Zokal, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/le-covid-19-pourrait-changer-fondamentalement-la-societe-occidentale

Coronavirus aux USA: Qui va gagner des milliards de dollars?

Michelduchaine

Défenseur de la Terre/Defender of the Earth

Coronavirus aux USA: Qui va gagner des milliards de dollars?

 ~ MICHEL DUCHAINE

Trump lui-même a nommé ces sociétés qui concluraient un partenariat public-privé historique en ce qui concerne la prétendue épidémie de coronavirus. Ces agences et entreprises se sont associées et ont été chargées des moyens suivants pour lutter contre la présumée épidémie. S’agit-il d’une crise sanitaire massive déclenchée en Amérique ou s’agit-il d’une simulation prévue par Bill Gates and Co…?

Ces entreprises et agences qui sont autorisées à s’associer avant qu’une situation d’urgence nationale ne soit déclarée. Elles doivent être examinées de près dans leur rôle pendant le verrouillage total de l’Amérique. Un effondrement économique sous nos yeux, imputé à un «virus» qui n’est peut-être qu’une simulation.

Nous assistons à la fermeture de toute la nation, les entreprises sont contraintes de fermer, les gens paniquent, les libertés sont supprimées. Quoi qu’il en soit, nous assistons au démantèlement total de la Constitution américaine.

Dans le même temps, le contrôle de la production et le contrôle de la consommation s’alignent parfaitement, ce qui ressemble au totalitarisme. Une forme de liquidation de l’Amérique a commencé.

CDC – prend le contrôle du navire en utilisant les outils de l’établissement médical des revendeurs de médicaments pharmaceutiques, tout en bénéficiant d’un renflouement. Le CDC est également nommé par des preuves publiques, pour être dans les coulisses de travailler à saboter la Constitution et la Déclaration des droits en étant impliqué dans de nombreux faux drapeaux en Amérique au cours de la dernière décennie. Accepte les dons des sociétés de santé privées et des labos pharmaceutiques.

FDA – Toujours au lit avec les revendeurs de médicaments pharmaceutiques et les fabricants de vaccins. Permet de décider quelles entreprises sont autorisées, quels médicaments pharmaceutiques peuvent être distribués et quels vaccins peuvent être administrés.

Google – Chargé de prendre le contrôle du flux d’informations en ligne, à l’aide d’un logiciel de surveillance avancé, de diagnostics en ligne et de censure. Retient toute information qu’ils choisissent d’empêcher le public de sortir des sentiers battus médicaux.

Walmart – est nommé de manière pratique pour aider à contrôler le flux de consommation, se cachant derrière un soi-disant acte de gentillesse en prêtant de l’espace de stationnement pour des tests au volant. Pendant ce temps, la reine du bien-être des entreprises, recevant 14 milliards de dollars ou plus par an, avait déjà établi un partenariat avec le DHS pour aider à espionner la nation, avec le partenariat de mouchards «si vous voyez quelque chose, dites quelque chose» Napolitano-Walmart snitch.

Walgreens / CVS – en concubinage avec de grandes sociétés pharmaceutiques faisant la promotion de médicaments pharmaceutiques et de vaccins tout en aidant à contrôler le flux d’informations relatives aux preuves massives de dangers des vaccins et des médicaments distribués. Il reçoit également des pots-de-vin et des profits sur la vente de vaccins.

Target – Premier à rejoindre le DHS pour la sécurité nationale et les simulations liées aux catastrophes. Cet article / vidéo montre deux cadres assis à une table avec la FEMA en 2012 discutant de leur collaboration dans de telles simulations et / ou situations, dans des centres de rotation «de trois mois». Target est obsédée par la surveillance. « Le nom de Target continue d’apparaître dans des articles sur la vidéosurveillance à l’échelle nationale. Il a ouvert la voie à des relations entre les entreprises et les États et les gouvernements locaux pour partager des informations de surveillance et de renseignement. Il a même ses propres centres de fusion. »

Becton-Dickinson – Les stocks plongeaient. Soudainement partenaires avec CDC, on lui a ordonné de commencer immédiatement la production de dispositifs médicaux et d’équipements de test.

Quest Diagnostics – Laboratoire d’essais, partenaire de Walmart en 2017, partenaire du CDC en 2013, où environ 3,2 millions d’Américains ont été infectés par l’hépatite C. Plusieurs recours collectifs ont été déposés l’année dernière contre Lab Corporation of America Holdings et Quest après une violation de données lorsqu’ils ont illégalement  » révélé que les informations personnelles et médicales de plus de 19 millions de leurs clients avaient été divulguées« , cependant, Trump leur fait quand même confiance.

Roche Pharma – Avant l’épidémie, un don de “600.000 $ (pot-de-vin) de Genentech à la Fondation CDC en 2012 a obligé le CDC à promouvoir l’expansion des tests et du traitement de l’hépatite virale. La société mère de Genentech est Roche, qui arrive juste à fabriquer des kits de test et des médicaments pour le traitement de l’hépatite C.  On leur a maintenant ordonné dans ce partenariat public-privé de commencer à fabriquer des kits de test de coronavirus immédiats pour 400.000 $ par semaine jusqu’à nouvel ordre.

Signify Health – Le plus grand fournisseur d’appels à domicile du pays. Trump suspend les règles, règlements, codes et lois dans cette soi-disant crise nationale des soins de santé. Partenariat avec le Département des services humains et le CDC pour la surveillance publique.

LabCorp – On lui assigné des tests de laboratoire pendant l’épidémie, en partenariat avec le CDC. L’année dernière, de multiples recours collectifs ont été intentés contre Lab Corporation of America Holdings et Quest après une violation de données après avoir «illégalement révélé que les informations personnelles et médicales de plus de 19 millions de leurs clients avaient été divulguées», mais Trump leur fait toujours confiance. Un certain nombre de poursuites pour faute professionnelle ont été déposées contre LabCorp.

LHC Group – Fournisseur national de visites à domicile, Trump suspend les règles, règlements, codes et lois dans cette soi-disant crise nationale des soins de santé. Avec CDC, est utilisé pour une surveillance publique plus poussée.

Thermo-Fisher – Selon cet article, «Thermo Fisher a été brièvement mentionné lors d’une conférence de presse vendredi après-midi tenue par le président Trump, qui a parlé de l’augmentation de la production de l’entreprise. « Je voudrais également remercier Thermo Fisher », a déclaré Trump. « L’objectif de la FDA est d’autoriser, espérons-le, leur demande dans les 24 heures – cela ira très rapidement; ça va très vite – ce qui apportera, en outre, 1,4 million de tests disponibles la semaine prochaine et 5 millions d’ici un mois. » Trump a ajouté: « Je doute que nous ayons besoin de quoi que ce soit d’autre . »

En outre, selon Reuters, «Opengate Capital Group LLC a déposé vendredi un procès alléguant que le fabricant d’équipement de laboratoire Thermo Fisher Scientific Inc (TMO.N) lui avait vendu une usine mexicaine l’an dernier sans révéler qu’un cartel de la drogue y opérait. La société de capital-investissement a affirmé que l’installation de fabrication basée à Reynosa, au Mexique, qu’elle avait acquise dans le cadre d’un accord plus important avec Thermo Fisher, avait été régulièrement infiltrée par des gangs du Gulf Cartel depuis au moins 2011, selon une copie de la plainte. vu par Reuters. Le procès, déposé devant un tribunal fédéral de Los Angeles, alléguait que Thermo Fisher avait agi de mauvaise foi en retenant des documents et enjoignant les employés de cacher la présence du gang de la drogue dans l’établissement. »

SECRÉTARIAT DE L’ÉNERGIE – On lui a ordonné de «remplir les réservoirs à ras-bord» avec du pétrole brut pendant la pandémie de coronavirus. Peut-être aussi de changer le système comptable de la production pour qu’il ressemble au prix de production basé sur les «crédits d’énergie». La crise de santé publique fait peur d’épuiser les réserves actuelles.

CMS Medicare / Medicaid – Partenaires avec CDC. Immédiatement, le Congrès adopte un «projet de loi sur les dépenses d’urgence pour les coronavirus» qui comprend des dispositions renonçant à certaines restrictions de Medicare pendant l’urgence de santé publique. Cela arrive au moment idéal car de nombreux Medicare / Medicaid dans les différents États vont faire faillite. Suspend également les règlements, a permis d’empêcher le public de visiter les maisons de soins d’infirmiers, les hôpitaux, etc.

Source: Look Who Gets to Make Billions off the Coronavirus

Par Stéphanie Sledge

TheGovernmentRag.com

Stéphanie est une journaliste d’investigation citoyenne et rédactrice en chef fondatrice de THE GOVERNMENT RAG, un site d’actualités éducatif alternatif qui a commencé en 2009. Stephanie fait du commerce dans la vérité, la liberté et la transparence. Elle s’est engagée à éduquer le public sur les vrais problèmes auxquels les Américains sont confrontés aujourd’hui.


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Publié par Michel Duchaine

Born in 1953,I am the founder of the Defenders of the Earth in October 10 ,2007. We try to proposed an alternative of the New World Order and a new vision of life. We consider that the Humanity must live in harmony with all forms of life and abolish the neoliberalism for preserve the human life and continue the Earthlians adventure. We consider that we are not alone and we will receive an ultimatum in few time. Voir tous les articles par Michel Duchaine

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Il faudra demander des comptes : il est hors de question que le pouvoir se défausse !

Coronavirus – Editoriaux – Polémiques – Politique – 22 mars 2020

Il faudra demander des comptes : il est hors de question que le pouvoir se défausse !

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Il y a un consensus total sur le fait qu’il faudra faire les comptes. À cause de toutes les maladresses, imprudences, pénuries, imprévoyances, misères et surcharges politiques, économiques et sociales, de l’état angoissant de l’univers hospitalier et des tragiques carences que la montée du fléau révèle, du délitement des services publics.

En n’oubliant pas les méfaits de la mondialisation et l’exigence de la souveraineté.

La formidable énergie, l’incroyable dévouement de professionnels, dans la santé comme ailleurs – je songe aux policiers et aux gendarmes occupés à verbaliser parce que des irresponsables à l’île de Ré ou ailleurs ne veulent rien comprendre ni respecter – constituent un arbre qui cache la forêt.

Tout le monde s’accorde : il faudra faire les comptes.

La seule controverse porte sur le moment.

Certains, par exemple la talentueuse Élisabeth Lévy, considèrent que même en pleine crise du coronavirus on a le droit de questionner, de critiquer, voire de dénoncer, qu’on n’est pas tenu, par une sorte de décence, à la moindre obligation de réserve. Qu’on n’a pas à se priver de citoyennes récriminations quitte à affaiblir un mouvement qui doit être tout entier concentré sur le combat capital à mener.

D’autres dont je suis estiment au contraire qu’il est plus sage d’attendre la fin de ce qui menace et tue beaucoup trop pour qu’on se laisse détourner aujourd’hui par des révoltes périphériques. Mais demain il faudra faire les comptes, à tous points de vue et pour tous.

Nous sommes confrontés à une tragédie sanitaire inouïe mais conjoncturelle qui impose que l’ensemble des énergies soient bandées dans le même sens. Obéissance des citoyens et respect de ceux qui nous conseillent et nous sauvent.

Quand le fléau sera éradiqué, le temps sera venu des responsabilités à établir. En effet, tout ce qu’on déplore aujourd’hui permet de vérifier rétrospectivement la validité des revendications d’hier, notamment de la part du personnel soignant. On ne peut plus douter qu’il avait raison quand il mettait en cause l’absence de politique d’Agnès Buzyn et prévenait de la difficulté de gérer le quotidien et, bien davantage, des catastrophes qui se réaliseraient face à un pire inopiné.

Tout a été dit avant de ce qui est décrié à juste titre après. En amont le désastre était déjà plus que virtuel. En aval toutes les infrastructures et les services ont explosé.

Il faudra faire les comptes. Pas maintenant, au cœur de la tempête, mais la tranquillité revenue.

Alors, il sera hors de question que le pouvoir se défausse. La note sera à payer.Extrait de : Justice au Singulier  158

Philippe Bilger

Magistrat honoraireMagistrat honoraire et président de l’Institut de la parole

https://www.bvoltaire.fr/il-faudra-demander-des-comptes-il-est-hors-de-question-que-le-pouvoir-se-defausse/