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Décomposition impériale

Décomposition impériale

9 Novembre 2019

Moins spectaculaire que les guerres américaines ratées, moins médiatique que les tentatives de putsch qui ne prennent plus, le mouvement tectonique du reflux de l’empire suit son cours, inexorable. Le schéma est classique, presque mécanique…

Années 90 : après l’éclatement de l’URSS, le système impérial est à son apogée. Il est alors pris d’une véritable folie des grandeurs qui finira par causer sa perte.

Années 2000 (ère Bush) : victime d’hybris, il s’engage dans un certains nombre de fiascos coûteux et retentissants (Irak, Afghanistan), et provoque la résurgence de ses rivaux (Russie, Chine, OCS).

Années 2000-2010 (ère Obama) : sentant le vent tourner, ils s’arc-boute sur ses fondamentaux (Europe totalement vassalisée, presstituée noyautée comme jamais) pour tenter de durer, au risque d’imploser.

A bien des égards, la géopolitique ressemble à la physique pure. Plus un corps, soumis à une pression intense, se comprime, plus il est instable et susceptible de provoquer des réactions en chaîne. C’est ce qui finit par arriver

Qui aurait imaginé, même dans ses rêves les plus fous, voir le système impérial US se décomposer aussi rapidement ? Certes, il y avait eu des signes avant-coureurs : crise grecque, montée des «  »populismes » » (entre huit guillemets) en Europe, multiplication des voix discordantes concernant la politique anti-russe (Hongrie d’Orban, Italie, Slovaquie, République tchèque, Grèce, industriels allemands etc.), record d’impopularité des hommes de paille de Washington (Flamby Ier rejoignant les rois fainéants mérovingiens dans le palmarès des dirigeants les plus détestés de l’histoire de France)…

Mais l’année 2016 restera comme l’apothéose de ce détricotage. En mai dernier, avant le sommet du G7 à Tokyo, un eurocrate envisageait le « scénario de l’horreur » :

Imaginez si, au lieu de Barack Obama, François Hollande, David Cameron et Matteo Renzi, nous avons Donald Trump, Marine Le Pen, Boris Johnson et Beppe Grillo.

Un mois plus tard, le scénario tant honni commençait à se mettre en place, au grand dam de Washington, Bruxelles et de leurs relais médiatiques. Le Brexit envoya des ondes de choc (…) Ce n’était pourtant rien en comparaison de ce qui allait se passer trois mois plus tard, au cœur même de l’empire, la deuxième étape du « scénario de l’horreur », le changement tectonique représenté l’élection du Donald.

2016 fut en effet le début de la fin : Brexit, Trump, guerre pétrolière américano-saoudienne, perte ou trahison des alliés, dédollarisation, fiasco ukrainien, dégringolade de la branche médiatique… Ce qui avait été patiemment bâti au cours de longues décennies se défaisait à vue d’œil. Et si le Deep State réussissait à sauver quelques meubles, par exemple en récupérant partiellement le Donald, plus rien ne serait comme avant. Comme la marée basse laisse sur le sable les traces de son passage, le reflux de l’empire mettait à jour ses contradictions criantes et ses dysfonctionnements inhérents.

Les éléments, auparavant maintenus sous la chape (de plomb) du manteau américain, étaient désormais livrés à eux-mêmes. Certains comme les euronouilles, complètement perdus, couraient dans tous les sens comme des poulets sans tête. D’autres, tel le sultan, jouaient les électrons libres et se rapprochaient dangereusement de l’autre camp. Partout, l’unité faisait place à la dissension. Sur le Vieux continent :

L’Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L’on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l’UE et les pays d’Europe centrale et orientale, fers de lance de la « Nouvelle Europe » si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c’est tout le système vassalique européen qui risque de tomber.

Rappelons d’abord que la construction européenne fut, dès le départ, un projet américain. Des archives déclassifiées montrent que les soi-disant « pères de l’Europe » – Schuman, Spaak ou le bien-nommé Monet – travaillaient en réalité pour les Etats-Unis. Pour Washington, il était en effet plus aisé de mettre la main sur le Vieux continent par le biais d’une structure globale noyautée de l’intérieur que de négocier pays par pays avec des dirigeants indépendants.

La chute du Mur et l’intégration à l’UE des anciennes démocraties populaires n’étaient que le cache-sexe de l’avancée de l’OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d’établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l’UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la « vieille Europe » (De Gaulle, Chirac et Schroeder…)

Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s’écrouler… Ce sont d’abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c’est le moins qu’on puisse dire. Première cassure au sein de la « nouvelle Europe ».

Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l’hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d’obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n’avait pas prévu ça…

Il n’avait pas non plus prévu ce qui allait se passer dans le Golfe en juin 2017 :

La grande affaire très commentée de ces derniers jours est la mise au ban du Qatar par l’Arabie saoudite et ses quelques affidés de circonstance. Si c’était dans les tuyaux depuis une bonne semaine, c’est un véritable séisme dans la région, les précédentes querelles n’ayant jamais conduit à une rupture des relations diplomatiques (…)

Le Conseil de Coopération du Golfe est la pierre angulaire de l’empire américain dans la région – un peu comme l’UE en Europe – et il est aujourd’hui au bord du gouffre. Après le Brexit, le Qatarxit ? A Washington, les stratèges impériaux ne doivent pas être aux anges… Le Koweït et Oman ont en tout cas refusé de suivre leurs collègues et de rompre leurs relations avec Doha, ce qui fissure encore un peu plus l’organisation  (…)

Deux piliers du pétrodollar et soutiens du djihadisme en conflit, CCG en crise, Turquie ballotée, Etat profond US divisé… Il faut prendre la rupture saoudo-qatarie pour ce qu’elle est : une énième convulsion du « camp du Bien », un émiettement supplémentaire de l’empire.

Il n’en fallait pas plus à CNN pour accuser… les hackers russes ! Audiard nous avait prévenu : les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. Derrière cette nouvelle dégénérescence de la presstituée se cache tout de même une réalité : c’est Noël au Kremlin, qui se garde toutefois de tout triomphalisme.

Les groupies de l’hégémonie américaine ne peuvent maintenant que constater les dégâts :

Un mélancolique article du Jerusalem Post intitulé « Les sommets d’Asie centrale qui montrent que Washington perd prise » nous rappelle une nouvelle fois, si l’en était besoin, que derrière les strass et paillettes de l’événementiel, l’empire américain est inexorablement engagé sur la pente descendante.

A Bichkek, au Kirghizstan, a eu lieu la grand-messe annuelle de l’Organisation de Coopération de Shanghai, incluant désormais l’Inde et le Pakistan. On y a vu Modi et Khan échanger des blagues, Xi et Rouhani renforcer leur coopération, Poutine rencontrer ses homologues chinois, iranien, indien ou pakistanais. Si le président iranien, Etat observateur, s’est fait remarquer en critiquant vertement l’unilatéralisme US et en offrant des privilèges économiques aux membres de l’OCS qui investiraient en Iran, il n’a pas été le seul. A Bichkek, on a parlé multipolarité, Routes de la Soie et intégration de l’Eurasie, pour le plus grand malheur de qui vous savez…

Le jour suivant, au Tadjikistan voisin, le sommet CICA (Conférence pour l’Interaction et la Confiance en Asie) a réuni du beau monde. Les représentants d’une trentaine de pays y participaient dont Poutine, Xi (qui a fêté son 66ème anniversaire avec le président russe), Rouhani, Erdogan ou encore Al Thani, l’émir du Qatar. On sait que ce dernier, depuis la rupture avec l’Arabie saoudite, a une furieuse tendance à se rapprocher de Téhéran et des géants de l’Eurasie. Ses multiples rencontres bilatérales d’hier sont là pour le prouver, notamment avec la Chine et l’Iran, qui a par ailleurs également reçu le soutien turc face au harcèlement américain.

L’hybris impériale – sanctions contre la Russie et l’Iran, guerre économique contre la Chine, menaces contre la Turquie, sanctions saoudiennes contre le Qatar – tend naturellement à rapprocher ces pays et accélère l’inévitable mouvement d’intégration du grand continent, bientôt irrigué par le gaz russe et les Routes de la Soie chinoises. Le monde multipolaire du XXIème émerge sous nos yeux…

Ce qui nous amène aux délectables nouvelles de ces derniers jours, qui remuent encore un peu plus le couteau dans le cœur des petits génies de Washington. Au Royaume-Uni, l’énième report du Brexit par les manigances des députés a poussé le Premier ministre Johnson à organiser des élections générales, prévues dans cinq semaines. Sans surprise, elles mettront aux prises les conservateurs de ce même Johnson et le Labour de Jeremy Corbyn. Si certains articles versent allègrement dans l’hyperbole, parlant de « lutte pour l’âme britannique », un aspect fondamental n’est pourtant jamais abordé : l’accélération du détricotage de l’empire.

Johnson est en effet favorable à l’OTAN mais ne peut, on le sait, voir en peinture l’Union européenne et fut l’un des principaux leaders de la campagne du Leave. A l’opposé, Corbyn est un de ces européistes indécrottables mais a toujours été très critique vis-à-vis de l’impérialisme américain et favorable à un rapprochement avec la Russie. S’il ne réclame plus l’abolition de l’Alliance atlantique, comme c’était encore le cas en 2012, nul doute que la politique étrangère de Londres prendrait un tour nouveau s’il était élu.

OTAN contre UE, alors que ces deux piliers de l’hégémonie américaine en Europe étaient auparavant synonymes, Brexit ou OTANxit (ou du moins une sérieuse prise de distance). Heureusement que McCain n’est plus là pour voir ça…

Et puisqu’on parle d’elle, les déclarations tonitruantes de Macron affirmant que l’OTAN est « en état de mort cérébrale » ont jeté un énorme pavé dans la mare, provoquant les cris d’orfraie de Berlin et de Bruxelles, la fébrilité dans les salles de rédaction et l’amusement de Moscou, qui a d’ailleurs tout lieu de se réjouir des appels du même à « rouvrir un dialogue stratégique avec la Russie ».

Ce n’est pas la première fois que l’actuel président français s’écarte de la ligne vassale de son prédécesseur. S’il n’a pu s’empêcher d’y retomber en certaines occasions, par exemple lors du false flag chimique n°3, l’occupant de l’Elysée est capable de faire montre d’une relative indépendance, comme nous le relations il y a plus de deux ans :

Alerte dans les officines du système impérial, la plaque européenne commence à dangereusement se rapprocher de sa consoeur russe et nos hypothèses se voient une nouvelle fois confirmées. Après la réception de Poutine par Macron à Versailles, nous écrivions :

D’abord, pourquoi inviter Poutine, dans les fastes de Versailles qui plus est ? Notons que, mis à part le traditionnel voyage du 15 mai à Berlin pour retrouver Merkel, c’est le premier dirigeant étranger que rencontre Macron dans un format bilatéral (les discussions avec Trump, Trudeau, Erdogan & Co ayant eu lieu en marge des sommets de l’OTAN et du G7). Relevons également que la somptueuse réception du « tsar de toutes les Russie » au château du roi-soleil n’a pas été du goût des habituels thuriféraires du système impérial.

Ainsi, le président français était demandeur, ce que l’enguirlandement médiatique fanfaron tente d’occulter (…)

Un reset franco-russe, qu’évoque également le peu russophile Financial Times, serait donc dans les tuyaux à la demande de Paris. Ceci pourrait expliquer pourquoi, au-delà des pathétiques flonflons médiatiques et du sauvetage de face macronien sur des questions aussi existentielles que les LGBT de Tchétchénie ou les méchants médias russes, on a furieusement l’impression que Bobobankster s’est aligné sur Poutine.

Sur la Syrie, « l’objectif absolu est la lutte contre le terrorisme, l’éradication des groupes terroristes, en particulier Daech ». Tiens, il y aurait des modérés pas si modérés que ça finalement et Assad ne doit plus partir… Plus intéressant encore, la fameuse phrase sur les armes chimiques que toute la MSN saoudisée a rapportée, persuadée qu’elle est dirigée contre Damas, mais que personne n’a pris la peine de décrypter :

« J’ai indiqué qu’une ligne rouge très claire existe de notre côté : l’utilisation d’une arme chimique par qui que ce soit fera l’objet de représailles et d’une riposte immédiate. »

Les mots importants sont en gras. Ainsi, Assad ne serait pas le seul à disposer et à être susceptible d’utiliser des armes chimiques… Est-ce une reconnaissance en creux du false flag de Khan Cheikhoun ? A noter que le soir même, Vladimirovitch a répété dans une interview destinée au public français qu’il n’y avait aucune preuve de l’implication du gouvernement syrien dans cette attaque. Pour mieux appuyer ce qu’il a dit, voire prouvé, quelques heures plus tôt à Macron sous les lambris versaillais ?

Concernant l’Ukraine, Poutine a pris le bâton, déclarant que c’était une affaire intérieure à ce pays et qu’il fallait tenir Kiev pour responsable des atteintes aux accord de Minsk, le tout sans être contredit par son hôte. Et je ne mentionne pas les formules répétées sur « le rôle indispensable de la Russie »…

Assiste-t-on à un changement de direction de l’euronouillerie, désormais orpheline de son maître américain ? Si Macron dit tout haut ce que Merkel pense tout bas – et il y a de bonnes raisons de croire que le premier est le porte-parole de la seconde -, on est peut-être en train d’assister à un rééquilibrage du Vieux continent. L’avenir nous le dira… Mais on comprendrait mieux alors la flagornerie de la caste médiatique, cachant sous les épithètes dithyrambiques une redirection peu glorieuse pour elle.

On en prend le chemin… Dans la foulée de la visite du réaliste Le Drian à Moscou, c’est en effet une véritable bombe qu’a lancé Macron dans un entretien à huit quotidiens européens paru aujourd’hui. Dans le texte :

Le vrai aggiornamento que j’ai fait sur ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Personne ne m’a présenté son successeur légitime. Assad est un ennemi de son peuple [tous les éléments de langage n’ont pas disparu du jour au lendemain, ndlr] mais pas de la France. Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. Deux : la Syrie ne doit pas devenir un Etat failli [failed State]. Nous avons besoin de la coopération de tous pour éradiquer les terroristes, en particulier de la Russie.

Dios mio, McCain, Barack à frites, Flamby, l’hilarante, le Seoud et autres joyeux lurons de la clique impériale doivent s’arracher les cheveux. L’imMonde est vert de rage et la presse israélienne rapporte l’info pour le moins fraîchement.

Le président Macron semble en passe de devenir nettement plus sage que le candidat Macron. Un Trump inversé en quelque sorte… Si le Donald a tout le mal du monde à contrer le Deep State, c’est néanmoins son élection qui a permis le détricotage de l’empire dont les composantes s’égaillent maintenant dans la nature.

En plein dans le mille. Le reflux américain a laissé sur la grève les composantes du système impérial qui, nouvellement autonomes, s’éparpillent et prennent des directions inimaginables il y a peu encore.

Pire ! les propres pions de Washington arrivés fraîchement au pouvoir se mettent eux aussi à tourner casaque, notamment en Amérique latine. Au Brésil, Bolsonaro a fait un flip flop digne d’une grande patineuse en allant courtiser les investissements chinois. Ce n’est pas une surprise pour le fidèle lecteur de nos Chroniques, car certains signes étaient annonciateurs :

Un mot encore sur le traditionnel sommet des BRICS en marge du G20. Il était intéressant de voir le comportement de l’américanolâtre néo-président brésilien dans cette structure de facto opposée à Washington. Les bruits alarmistes et peut-être inventés sur une possible exclusion du Brésil ne se sont pas traduits dans les faits et les oreilles de Bolsonaro ont dû quelque peu sursauter en entendant Poutine appeler à la dédollarisation ou défendre le Venezuela, point sur lequel le leader brésilien a préféré éviter de polémiquer avec son homologue russe. Bolsonaro, que d’aucuns pensaient il y a quelques mois qu’il mettrait des bâtons dans les roues des BRICS, a même partiellement épousé les discours sur le multilatéralisme en critiquant le protectionnisme unilatéral d’un certain pays…

Entre un Bolsonaro qui met de l’eau dans son maté et un Lula qui vient de sortir de prison et pourrait reprendre le chemin du pouvoir, l’expérience « américaine » du Brésil a peut-être tourné (très) court. L’occasion de redonner un regain d’énergie aux BRICS, d’autant que le grand voisin argentin pourrait à nouveau être de la partie. Nous l’expliquions en août :

En Argentine, le président Mauricio Macri, gentil toutou des USA, vient de se prendre une volée aux élections primaires, répétition générale de l’élection présidentielle du mois d’octobre. Pour Washington, c’est une bien mauvaise nouvelle, d’autant que le grand vainqueur est le parti de l’ancienne présidente Cristina Kirchner, elle aussi bien connue des lecteurs. Nous en parlions entre autres dans un billet consacré à l’établissement d’une base radar chinoise dans la pampa :

L’accord sino-argentin avait été signé en 2015, du temps de Cristina Kirchner, égérie de la multipolarité. Ironie du sort, l’objet de l’accord se réalise sous son successeur et adversaire, pion de l’empire comme nous l’expliquions il y a deux ans :

Macri, dans la plus pure tradition des leaders latino-américains dévoyés, est l’homme de paille des Etats-Unis en Argentine, permettant l’installation de deux bases US dans son pays, plaçant sa fortune chez son maître, s’attirant les louanges de son suzerain.

… et acceptant avec gloutonnerie tout accord avec le FMI visant à esclavagiser un peu plus son pays. Sans surprise, la Cristina, maintenant sénatrice, s’y oppose résolument et préfère les prêts de la banque des BRICS ou de la Chine. D’où la base radar, facilité donnée au dragon contre des espèces sonnantes et trébuchantes à un moment où l’Argentine était étranglée financièrement. Le combat continue entre la pasionaria et le vassal. Macri est largement devancé par C.K dans les projections du premier tour (39%-30%). Quel que soit le résultat, la base chinoise est là pour rester, l’accord ayant été signé pour 50 ans.

C’était l’année dernière et les sondages étaient en deçà de la réalité. Si Cristina ne s’est pas présentée elle-même, son parti a gagné par 47% contre 32%. Un retour du clan Kirchner à la Casa Rosada apporterait à coup sûr un regain d’activité au processus de multipolarité en Amérique du Sud, un temps mis à mal par la destitution de Dilma au Brésil et l’élection de Macri. On se rappelle que l’Argentine de Cristina, bien que ne faisant pas officiellement partie des BRICS, y faisait souvent figure de membre associé, ce qui sera sans doute à nouveau le cas dans deux petits mois…

Bingo. Le 27 octobre, Alberto Fernández, protégé de Cristina, a gagné dès le premier tour, renvoyant Macri à ses chères études. Si sa prise de fonction se fera en décembre, les stratèges américains commencent déjà à se ronger les ongles. Dans un geste ô combien symbolique, Fernández a accordé sa première interview internationale à Correa, l’ancien président équatorien et bête noire de l’imperium US, sur la chaîne russe RT.

Le renouveau de la multipolarité qui se prépare en Amérique du Sud va de pair avec le rôle jamais vu qu’y joue Moscou, au grand dam du Deep State dont les think tanks sonnent le tocsin :

« Il est clair que la Russie est en Amérique latine pour y rester et qu’elle étend son influence – notamment en essayant d’assurer les moyens de menacer les USA au sein même de l’hémisphère occidental. Le désarroi de la politique étrangère américaine a clairement facilité cette évolution. Etant donné l’actuel chaos à Washington [ ! ], il faudra un temps considérable avant que les Etats-Unis ne puissent établir une stratégie coordonnée visant à contrer ou, au moins, atténuer ces menaces. L’Amérique latine est devenue un théâtre d’opérations réel pour les Russes à cause de la négligence des Etats-Unis et de leurs politiques erronées. »

Au-delà de l’alarmisme peut-être exagéré de l’establishment impérial, trop longtemps habitué à l’hégémonie et qui voit surgir avec horreur son rival là où il ne l’attendait pas, une chose est sûre : en Amérique, comme en Europe ou au Moyen-Orient, l’empire US recule terriblement…Tag(s) : #Etats-Unis#Europe#Amérique latine#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/11/decomposition-imperiale.html

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L’affaire Biden en Ukraine …

L’affaire Biden en Ukraine …

… Une chronologie des interventions de Joe Biden contre le procureur général de l’Ukraine


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 5 novembre 2019

Cet article est un fil rouge destiné à être mis à jour lorsque de nouveaux détails apparaîtront.

Le Washington Post a fourni un calendrier de l’intervention, en 2015 et 2016, du vice-président de l’époque, Joe Biden, contre le procureur général de l’Ukraine, Viktor Shokin. Shokin enquêtait sur Mykola Zlochevsky, le propriétaire de la société gazière Burisma Holdings, qui avait versé au moins 50 000 dollars par mois au fils de Joe Biden, Hunter Biden.

Nous avons utilisé cette chronologie pour montrer que l’intervention de Biden avait atteint son apogée peu après que le procureur a confisqué les maisons de Zlochevsky.

Un nouveau rapport de John Solomon, basé sur des courriels publiés par le Département d’État, corrobore les soupçons selon lesquels Joe Biden et d’autres personnes seraient intervenus contre Shokin au nom de Burisma et à la demande de son fils :

Des mémos récents on annoncé que Hunter Biden et ses collègues du groupe gazier ukrainien ont eu de nombreux contacts avec le département d’État d'Obama au cours du cycle électoral de 2016, dont un à peine un mois avant que le vice-président Joe Biden oblige l’Ukraine à limoger le procureur qui enquêtait sur la corruption de son fils.
 
Au cours de ce contact de février 2016, un représentant américain de Burisma Holdings a demandé une réunion avec la sous-secrétaire d'État Catherine A. Novelli pour discuter de la fin des allégations de corruption à l'encontre de la société ukrainienne dont Hunter Biden était membre du conseil d'administration, selon des mémos obtenus en vertu de la loi Freedom of Information Act.

Trois semaines à peine avant l’intervention de Burisma auprès du Département d'État, les autorités ukrainiennes ont fait une descente au domicile de l’oligarque propriétaire de la firme gazière et de Hunter Biden, signalant que la longue enquête en cours sur la corruption s’intensifiait au beau milieu de l’élection présidentielle américaine.

Solomon fait référence au même rapport Interfax-Ukraine sur l’action du procureur contre le propriétaire de Burisma, Zlochevsky, que nous avons utilisé pour appuyer notre cause contre Biden. Jusqu’à présent, d’autres médias ont ignoré ce rapport et plusieurs ont prétendu à tort que l’affaire contre Burisma était « en sommeil » lorsque Biden est intervenu pour faire renvoyer le procureur général.

Vous trouverez ci-dessous un calendrier intégré qui combine celui fourni par le Washington Post avec les nouvelles dates figurant dans les rapports de Solomon et d’autres sources. Il est conçu comme une référence de travail pouvant être mise à jour lorsque de nouveaux détails apparaîtront.

Juil 2010 - Avr 2012, Mykola Zlochevsky dirige le ministère de l'Écologie et des Ressources naturelles en Ukraine. Plusieurs sociétés pétrolières et gazières appartenant à Zlochevsky reçoivent des permis de forage spéciaux lucratifs.
23 février 2014, Le coup d'État du "changement de régime" de Maidan renverse le gouvernement élu de l'Ukraine.
Mars 2014, L'UE bloque les fonds de plusieurs oligarques ukrainiens, dont celui de Zlochevsky. RFERL
11 mars 2014, La Grande-Bretagne bloque le transfert de 23 millions de dollars détenus par les sociétés de Mykola Zlochevsky et ouvre une enquête à son encontre. The Guardian
Printemps 2014, Burisma engage Devon Archer et Hunter Biden comme membres de son conseil d'administration. Archer et Biden possèdent ensemble une société appelée Rosemont Seneca Partners. The Guardian
Mai 2014, Rosemont Seneca Partners commence à recevoir des chèques mensuels de 166 000 $ de Burisma. JS
24 novembre 2014, RFERL, organe gouvernemental américain, publie un reportage vidéo montrant l'un des palais de Zlochevsky, près de Kiev. Il note la connexion avec Hunter Biden. RFERL
2 déc. 2014, Un procureur ukrainien inconnu écrit une lettre disant que Zlochevsky n'est pas soupçonné. The Guardian
Fin 2014, Zlochevsky figure sur la liste des personnes les plus recherchées par l'Ukraine pour crimes économiques allégués. RFERL
Fin 2014, Zlochevsky quitte l'Ukraine. Interfax
21 janvier 2015, Se référant à la lettre du procureur ukrainien inconnu, un tribunal britannique a ordonné la clôture du dossier britannique contre Zlochevsky et la levée des 23 millions de dollars. The Guardian
10 février 2015, Victor Shokin nommé procureur général de l'Ukraine. Interfax
Mars 2015, L'UE lève le blocage des fonds de plusieurs oligarques ukrainiens, dont Zlochevsky. RFERL
27 mai 2015, Hunter Biden rencontre le secrétaire d'État adjoint de l'époque, Tony Blinken, un ancien conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, promu au deuxième rang du Département d'État sous John Kerry. JS
22 juillet 2015, Hunter Biden rencontre à nouveau le n°2 du département d'État, Tony Blinken. JS
31 juillet 2015, Le procureur général de l'Ukraine émet un mandat d'arrêt contre Zlochevsky. RFERL
Sep 2015, se référant à l'affaire britannique clôturée, l'ambassadeur US en Ukraine, Geoffrey Pyatt, a prononcé un discours dans lequel il a exhorté les procureurs ukrainiens à lutter davantage contre la corruption. The Guardian
8 oct. 2015, Victoria Nuland, alors secrétaire d'État adjointe aux Affaires européennes, témoigne au Congrès : «Le bureau du procureur général doit être restauré en tant qu'institution servant les citoyens ukrainiens plutôt que de les arnaquer.» WaPo
17 octobre 2015, Shokin annonce une enquête conjointe avec la Grande-Bretagne sur l'affaire Zlochevsky. Interfax
7 décembre 2015, Joe Biden tient une conférence de presse à Kiev et annonce 190 millions de dollars pour «lutter contre la corruption dans les forces de l'ordre et réformer le secteur de la justice». WaPo
7/8 décembre 2015, Selon son conseiller en matière de sécurité nationale à l'époque, Colin Kahl, le vice-président Biden refuse d'annoncer une garantie de prêt d'un milliard de dollars que l'Ukraine était censée recevoir. WaPo
8 décembre 2015, Joe Biden prend la parole devant le parlement ukrainien et dénonce le «cancer de la corruption» dans le pays. «Le bureau du procureur général a désespérément besoin d'une réforme», a-t-il noté. WaPo
Fin 2015, Shokin confie l'affaire Zlochevsky au Bureau national de lutte contre la corruption en Ukraine (NABU) soutenu par les États-Unis. Interfax
20 janvier 2016, Biden rencontre Porochenko à Davos, en Suisse, où il a également insisté sur «la nécessité de continuer à faire avancer le programme de lutte contre la corruption en Ukraine», selon un communiqué de la Maison Blanche. Kahl a déclaré que Biden, lors de cette réunion, avait insisté sur le lien entre la garantie de prêt et les réformes nécessaires. WaPo
2 février 2016, Shokin confisque plusieurs grandes propriétés et une Rolls-Royce Phantom appartenant à Zlochevsky. Interfax
4 février 2016, Première annonce publique de la confiscation des biens de Zlochevsky. Interfax
4 février 2016, Hunter Biden commence à suivre le secrétaire d'État adjoint Tony Blinken sur Twitter. JS
12 février 2016, Biden s'entretient avec Porochenko par téléphone. "Les deux dirigeants sont convenus de l'importance de l'unité des forces politiques ukrainiennes pour passer rapidement des réformes conformes aux engagements de son programme au FMI, y compris des mesures visant à éliminer la corruption", a déclaré la Maison Blanche. WaPo
16 février 2016, Le président ukrainien, Petro Porochenko, a déclaré qu'il avait conseillé à Shokin de démissionner. Interfax
16 février 2016, Porochenko a annoncé qu'il avait demandé à Shokin de démissionner. WaPo
17 février 2016, Shokin part en congé payé. Interfax
18 février 2016, Un autre appel a lieu entre Biden et Porochenko. WaPo
19 février 2016, Le secrétaire de presse présidentiel Sviatoslav Tseholko a déclaré que la lettre de démission de Shokin était parvenue à l'administration présidentielle. Le même jour, Porochenko dépose une motion devant le Parlement pour révoquer Shokin. Interfax
19 février 2016, Porochenko annonce qu'il a reçu la lettre de démission de Shokin. Cela nécessitait encore l'approbation du Parlement et Shokin ne s'en allait pas tranquillement. WaPo
19 février 2016, Biden s'est entretenu séparément avec Porochenko et le Premier ministre Arseniy Yatsenyuk. WaPo
22/23 février 2016, Karen Tramontano de Blue Star Strategies, représentante américaine de Burisma Holdings, souhaite rencontrer le sous-secrétaire d'État de l'époque, Catherine A. Novelli, qui supervise les questions énergétiques internationales afin de mettre un terme aux accusations de corruption contre Burisma. JS
24 février 2016, Un échange de courrier électronique du Département d'État avec l'objet "Burisma" indique que Karen Tramontano a mentionné en particulier Hunter Biden alors qu'elle tentait d'obtenir une réunion. JS
1 mars 2016, Tramontano doit rencontrer Novelli et les responsables du département d’État s'activent pour obtenir des réponses à temps de l’ambassade américaine à Kiev. JS
2 mars 2016, Devon Archer, membre du conseil d’administration avec Hunter Biden chez Burisma, a rencontré le secrétaire d’État, John Kerry. Le beau-fils de la secrétaire de Kerry, Christopher Heinz, avait déjà été partenaire commercial de Archer et Hunter Biden dans la société d’investissement Rosemont Seneca. JS
3 mars 2016, Shokin est de retour au travail. Interfax
16 mars 2016, Des rapports ont révélé que Shokin était de retour au travail après avoir été en vacances. WaPo
22 mars 2016, Biden et Porochenko parlent à nouveau par téléphone. WaPo
29 mars 2016, le Parlement ukrainien, par 289 voix contre 6, approuve le renvoi de Shokin. WaPo
Non daté "Les alliés de M. Zlochevsky ont été soulagés par le limogeage de M. Shokin, le procureur dont l'expulsion avait été demandée par M. Biden, selon des sources proches des événements." NYT
31 mars 2016, Porochenko a rencontré Biden lors d'un voyage à Washington, et Biden a souligné que la garantie de prêt était subordonnée à de nouvelles réformes après le retrait de Shokin. WaPo
14 avril 2016, Biden et Porochenko ont une autre conversation. Biden félicite le président pour son nouveau cabinet et "a souligné l'urgence de mettre en place un nouveau procureur général." WaPo
12 mai 2016, Porochenko a nommé Yuriy Lutsenko au poste de nouveau procureur général. WaPo
13 mai 2016, Dans un appel téléphonique, Biden a déclaré à Porochenko qu'il se félicitait de la nomination de Loutsenko. WaPo
Non daté "Les représentants de M. Zlochevsky ont été ravis de ce choix, concluant qu’ils pouvaient travailler avec M. Loutsenko pour résoudre les problèmes juridiques de l’oligarque, selon les personnes familiarisées avec la situation." NYT
Juin 2016, Hunter Biden rejoint Zlochevsky lors d'un événement organisé par Burisma au Maroc. The Guardian
22 août 2016, Joe Biden raconte à Atlantic comment il a fait chanter  Porochenko pour obtenir le licenciement du "corrompu" Shokin . Atlantic
Sep 2016, L'Ukraine annule le mandat d'arrêt contre Zlochevsky et clôture l'affaire. The Guardian
12 janvier 2017, Le procureur ukrainien clôture l'affaire contre Burisma après que la société a accepté de payer 180 millions de UAH de dettes fiscales. Interfax
19 janvier 2017, Burisma annonce un don entre 100 000 $ et 249 999 $ à Atlantic Council. The Guardian
Août 2017, Le Bureau national de lutte contre la corruption d'Ukraine (NABU) soutenu par les États-Unis clôt son procès contre Zlochevsky. Interfax
27 octobre 2017, Zlochevsky possède un actif estimé à 535 millions de dollars, soit plus du double de l’année précédente. Interfax
23 janvier 2018, Joe Biden se vante publiquement d'avoir fait chanter Porochenko pour obtenir le licenciement de Shokin. CFR
1 février 2018, Après plus de trois ans à l'étranger, Zlochevsky retourne en Ukraine. Interfax
Le 14 mai 2019, le procureur général ukrainien Yuriy Lutsenko a déclaré que l'affaire Zlochevsky avait été rouverte "il y a plusieurs mois". Interfax
Juil 2019, Shokin maintient ses soupçons quant aux motifs du vice-président Biden, accusant celui-ci de promouvoir son renvoi pour des raisons personnelles. Il insiste sur le fait qu'il "n'avait aucun doute" que Biden voulait qu'il parte dans le but de protéger le nouvel employeur de son fils. ABCNews

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour la Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/laffaire-biden-en-ukraine

Après le camouflet de Goulard, Macron propose Thierry Breton comme commissaire européen

Après le camouflet de Goulard, Macron propose Thierry Breton comme commissaire européen

24 oct. 2019, 11:04

– Avec AFP

Après le camouflet de Goulard, Macron propose Thierry Breton comme commissaire européen

© Ludovic Marin Source: AFPThierry Breton, PDG du groupe Atos, au Palais de l’Elysée, à Paris, le 22 février 2018.

Homme d’affaires et ancien ministre, c’est sur Thierry Breton que le choix du président s’est porté pour représenter la France à la Commission européenne. Une annonce qui intervient après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard.

Deux semaines après le rejet de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron a proposé Thierry Breton, 64 ans, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’Economie, comme nouveau membre français à la Commission européenne. «Le président de la République a transmis à Ursula von der Leyen, présidente élue de la Commission européenne, sa proposition de nommer Thierry Breton comme membre de la Commission européenne», a en effet annoncé l’Elysée ce 24 octobre.Lire aussi«Je ne comprends pas» : Macron désemparé face au rejet de Sylvie Goulard par le Parlement européen

Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le Commissaire français – politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace – restera inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, selon l’Elysée.

Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient

«Ce qui m’importe, c’est le portefeuille ! Je me suis battu pour un portefeuille», s’était écrié le chef de l’Etat, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.

Ancien ministre de de l’Economie de Jacques Chirac 

La future présidente de la Commission a déjà approuvé son nouveau choix. En effet, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen «se sont mis d’accord sur ce profil après une discussion en amont. Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient», commente l’Elysée.

«Thierry Breton a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l’industrie et le numérique, car il a été ministre de l’Economie [sous Jacques Chirac] entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l’industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense [Thomson, France Télécom, Atos] et bénéficie d’une réputation solide d’homme d’action», fait valoir la présidence.

C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endetté, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation. Il est aussi Macron-compatible, «aligné» avec les positions du chef de l’Etat. Il s’était en effet rallié à sa candidature dès avant le 1er tour, après le retrait d’Alain Juppé.

Lire aussi : «On va la flinguer lors du vote» : la gaffe du PPE après l’éviction de Sylvie Goulard

France

https://francais.rt.com/france/67241-apres-camouflet-goulard-macron-propose-thierry-breton-comme-commissaire-europeen

Soupçonné de travailler pour un autre gouvernement que la France, le conseiller de Matignon Sandro Gozi démissionne

Soupçonné de travailler pour un autre gouvernement que la France, le conseiller de Matignon Sandro Gozi démissionne

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Soupçonné de travailler pour un autre gouvernement que la France, le conseiller de Matignon Sandro Gozi démissionne

Sandro Gozi à Rome en mai 2014.©GABRIEL BOUYS / AFPA lire aussi

Le conseiller Sandro Gozi démissionne de Matignon

PolitiqueLe conseiller Sandro Gozi démissionne de MatignonPolitiqueLe conseiller de Matignon Sandro Gozi dément travailler pour un autre gouvernement que la France

Orange avec AFP-Services, publié le mercredi 23 octobre 2019 à 19h15

Sandro Gozi dénonce de « viles attaques » et souhaite ainsi « retrouver sa pleine liberté de parole » et « éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du Gouvernement ». 

Soupçonné d’avoir collaboré avec le gouvernement maltais tout en travaillant pour Matignon, le conseiller d’Édouard Philippe Sandro Gozi a annoncé mercredi 23 octobre sa démission dans un courrier transmis à l’AFP. 

Ancien secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi était devenu fin juillet chargé de mission auprès du Premier ministre. Il s’est retrouvé lundi au cœur d’une polémique après que des médias ont affirmé qu’il travaillait également pour le Premier ministre maltais Joseph Muscat.

Matignon lui a alors demandé de s’expliquer. 

Dans sa lettre, Sandro Gozi dénonce de « viles attaques » et indique préférer démissionner pour « retrouver la pleine liberté de parole » afin de se défendre et « éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du Gouvernement ». « Le contrat maltais mentionné dans la presse régit légalement une mission de conseil effectuée en tant que consultant externe auprès des autorités maltaises », écrit-il dans son courrier. Cette collaboration « a cessé à (sa) demande après le résultat des élections européennes en France« , poursuit-il. Il affirme également avoir remis des preuves de ses affirmations.

Après son embauche au cabinet du Premier ministre, l’Italien affirme avoir réalisé ses « obligations déclaratives en tant que conseiller ministériel auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique » (HATVP). Il ajoute qu’il a ensuite effectué « un complément déclaratif après avoir réalisé que la législation française exigeait la déclaration non seulement des activités publiques mais également des activités professionnelles privées ». Promettant que « ses activités professionnelles n’ont jamais été dissimulées« , Sandro Gozi assure « que la HATVP n’a pas encore rendu de résultat conclusif de l’examen de sa déclaration ».
Sandro Gozi, nouvellement chargé de mission à Matignon, taxé de trahison à Romepar euronews (en français)
Candidat LREM aux élections européennes où il a élu en 22e position, Sandro Gozi ne siégera qu’après le Brexit. Il est devenu fin juillet chargé de mission auprès du Premier ministre pour suivre la mise en place des nouvelles institutions européennes et des relations avec le Parlement européen. Cette nomination a fait polémique en Italie.

https://actu.orange.fr/politique/soupconne-de-travailler-pour-un-autre-gouvernement-que-la-france-le-conseiller-de-matignon-sandro-gozi-demissionne-magic-CNT000001kqQXR.html

Elections municipales : Bruno Retailleau propose un projet de loi pour interdire les « listes communautaristes »

20 octobre 2019© LIONEL BONAVENTURE / AFP

NEUTRALITÉ RELIGIEUSE

Elections municipales : Bruno Retailleau propose un projet de loi pour interdire les « listes communautaristes »

Bruno Retailleau a accordé un entretien à la rédaction du JDD. Il a abordé de nombreux sujets comme la laïcité et le fondamentalisme. Bruno Retailleau a aussi révélé qu’il allait déposer une proposition de loi afin d’interdire les listes communautaristes dans le cadre des prochaines élections.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN305Avec Atlantico Rédaction

Alors que Christian Jacob vient d’être élu à la tête des Républicains, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, s’est exprimé dans les colonnes du JDD

Il a notamment annoncé une mesure phare. Il s’apprête à déposer une proposition de loi afin d’interdire les « listes communautaristes » aux élections. 

« Après avoir présenté une liste aux européennes, l’Union des démocrates musulmans français veut maintenant en présenter aux municipales. Nous déposerons dans les jours qui viennent au Sénat une proposition de loi pour contrer ce qui est une forme de sécession, puisque ces listes veulent privilégier une partie de la population alors que notre République est « indivisible »« . 

L’ancien président du conseil régional des Pays de la Loire a aussi proposé « d’interdire tout financement public d’un mouvement communautariste, qui ne respecterait pas les principes de souveraineté nationale et de laïcité, et de prohiber, sous le contrôle du juge administratif, les candidatures et la propagande électorale communautaristes« . 

Ces décisions entraîneront « l’interdiction de signes religieux comme le voile sur les affiches ou les professions de foi. Nous souhaitons aussi que les élus, dans l’exercice de leur mandat, soient désormais tenus à une stricte neutralité, comme c’est le cas pour les fonctionnaires, lorsqu’ils représentent la collectivité, notamment lors des cérémonies officielles ou des réunions des assemblées territoriales« . 

Lors de cette interview, Bruno Retailleau a évoqué la question de la laïcité : 

« La laïcité, ce n’est pas seulement la neutralité de l’État à l’égard des religions. C’est un principe qui s’adresse aussi aux citoyens. Je propose d’inscrire dans la Constitution que « nul ne peut se prévaloir de sa religion pour se soustraire à la règle commune ». Cela réglera tous les débats sur les horaires différenciés de piscine, par exemple (…) La laïcité est exigeante, mais c’est une garantie de concorde civile. La promesse française permet à chacun de s’émanciper de ses déterminismes pour rejoindre la communauté nationale. C’est cette promesse que nous devons renouveler. « .

Après les propos de Jean-Michel Blanquer, Bruno Retailleau a répondu au JDD sur la question du voile : 

« Toutes les femmes voilées ne sont pas islamistes. Mais tous les islamistes exigent des femmes qu’elles soient voilées. Le voile devient un étendard pour un islam politique conquérant. C’est le signe de la soumission de la femme. Veut-on encourager une société où la femme n’est pas l’égale de l’homme?« . 

Bruno Retailleau dans cet entretien a également critiqué l’attitude d’Emmanuel Macron face à « l’islam politique » :

« Nous sommes engagés dans une épreuve de force, non pas contre une religion – un islam apaisé a toute sa place dans notre pays – mais contre l’islam politique, dont le projet est de séparer les Français et d’affirmer la supériorité de la loi religieuse sur la loi civile. Face à cela, Emmanuel Macron est d’une formidable ambiguïté. C’est l’angle mort du macronisme. (…) Il y a le djihadisme qui tue. Et il y a un islam politique, un communautarisme qui prépare le terreau des vocations djihadistes de demain. On doit s’attaquer à l’un et à l’autre, et ne rien céder. Nous avons des valeurs. Soyons-en fiers (…) Face à l’islamisme, j’en appelle à la force d’âme française.« .

Le Sénat s’apprête également à examiner un texte sur la « neutralité religieuse » dans le cadre des sorties scolaires. Vu sur : Le JDD

https://www.atlantico.fr/pepite/3581440/elections-municipales–bruno-retailleau-propose-un-projet-de-loi-pour-interdire-les-listes-communautaristes-emmanuel-macron-senat-islam-politique-laicite-les-republicains-lr-

Macron gagne un point de popularité à 34%, Philippe recule à 36%

Macron gagne un point de popularité à 34%, Philippe recule à 36%

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Macron gagne un point de popularité à 34%, Philippe recule à 36%

Emmanuel Macron et Édouard Philippe à Paris, le 8 mai 2019.©Christophe Ena / POOL / AFPA lire aussi

Popularité : Emmanuel Macron repart légèrement à la baisse

PolitiquePopularité : Emmanuel Macron repart légèrement à la baissePolitiqueHausse de la popularité de Macron et Philippe

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 15h35

Tombée à 23% en pleine crise des gilets jaunes, la cote de popularité du président remonte régulièrement depuis.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron gagne un point en octobre, à 34% de Français satisfaits, selon un sondage de l’Ifop pour le Journal du Dimanche.


Le total des mécontents à l’égard du président de la République est stable, à 64%.

Hormis un repli d’un point en septembre, la cote de popularité du chef de l’État a grimpé régulièrement depuis décembre, où elle avait atteint un plus bas de 23% en pleine crise des « gilets jaunes ».

La popularité du Premier ministre Édouard Philippe recule pour sa part de deux points en octobre, à 36%. Les mécontents sont 60%, soit quatre points de plus en un mois. Le taux de sondés qui ne se prononcent pas sur le Premier ministre recule de 2 points, à 4%.
Sondage BVA – Orange : la popularité du couple Macron/Philippe reste stablepar KANGAI NEWS



Enquête réalisée du 11 au 19 octobre auprès de 1.953 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone. Marge d’erreur de 1 à 2,2 points.

https://actu.orange.fr/politique/macron-gagne-un-point-de-popularite-a-34-philippe-recule-a-36-magic-CNT000001kmhoi.html

76 soutiens d’Emmanuel Macron réclament un pôle de gauche dans la majorité autour de Jean-Yves Le Drian

76 soutiens d’Emmanuel Macron réclament un pôle de gauche dans la majorité autour de Jean-Yves Le Drian

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76 soutiens d'Emmanuel Macron réclament un pôle de gauche dans la majorité autour de Jean-Yves Le Drian

Jean-Yves Le Drian, le 30 septembre 2019 à l’Élysée.©Bertrand GUAY / AFPA lire aussi

Le Mouvement radical fait un  pas de plus vers la majorité

PolitiqueLe Mouvement radical fait un pas de plus vers la majoritéPolitiqueA six mois des municipales, les grands travaux de LREM pour mieux s’implanter

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 09h42

Élus, anciens élus issus du PS et sympathisants publient dans Le Journal du Dimanche un « manifeste pour un pôle de gauche dans la majorité », afin de porter « une voix sociale et républicaine » attentive à « la réduction des inégalités et la laïcité ».

L’ancien député Gilles Savary, le maire de Strasbourg Roland Ries ou encore la maire de Bourg-Péage Nathalie Nieson sont issus du PS, et pourtant en 2017, ils ont décidé de rallier Emmanuel Macron. Avec 73 autres signataires, ils ont pris la plume ce dimanche 20 octobre pour réclamer la création d’un pôle de gauche dans la majorité.

« Élus, anciens élus, militants ou sympathisants de gauche et écologistes, nous sommes pour la plupart issus du Parti socialiste.

Nous avons assisté de l’intérieur à son implosion lors du quinquennat précédent. Face à la vague populiste et démagogique en Europe et dans le monde, nous avons, comme beaucoup de progressistes, soutenu Emmanuel Macron », rappellent-ils dans leur « manifeste pour un pôle de gauche dans la majorité » publié dans Le Journal du dimanche. Ils sont en effet « convaincus qu’il faut élargir la majorité présidentielle, la rendre plus pluraliste et y faire entendre fortement une voix sociale et républicaine« .

« Un pacte républicain fragilisé »

Aujourd’hui, « le cap est le bon et la France est gouvernée », jugent-ils, « malgré de regrettables maladresses » et la nécessité, selon eux, de « régénérer notre démocratie par la mobilisation des territoires et la participation citoyenne. » . Alors que « le pacte républicain est fragilisé » par de « profondes fractures sociales, territoriales et culturelles », ils soulignent que « la réduction des inégalités et la laïcité doivent rester au cœur de nos valeurs et de notre exigence républicaine ».

« L’impératif écologique et la transition énergétique, sauf à se heurter à des résistances violentes, nécessitent l’accompagnement plutôt que l’ostracisation des professions et des populations les plus exposées aux changements de notre modèle de croissance », ajoutent-ils, un an après le déclenchement de la crise des « gilets jaunes ». Ils précisent « adhér(er) à l’ambition d’égalité des chances et de mobilité sociale par une revalorisation du mérite et du travail ».

Pour « réinvestir la République au cœur de nos territoires », contre le « darwinisme du marché foncier » et « les centralismes urbains », ils appellent à une « revue générale de la présence territoriale des services publics et à un Pacte national d’aménagement du territoire entre tous les acteurs territoriaux ».

Et après la crise des « gilets jaunes » qui a transformé le rapport des Français à la politique et à la démocratie, ils affirment la nécessité d’être « sans complaisance avec les mensonges du populisme » notamment, avec « en contrepartie une éthique politique scrupuleuse et un usage reconsidéré de la force publique lorsqu’elle est nécessaire ».

Le Drian à la manoeuvre

« Notre projet, c’est de créer un pôle de gauche indépendant de La République en marche au sein de la majorité présidentielle, autour de ministres tels que Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, et de régénérer notre démocratie par la mobilisation des territoires et la ­participation citoyenne », expliquent-ils. 
Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur les électeurs de gauche perdus par LREM : « Il faut que l’aile gauche démocrate fasse plus entendre sa voix »par France Inter

M. Le Drian est à la manoeuvre depuis plusieurs mois pour constituer une sensibilité de gauche, qui serait un pendant à « La République des maires » de l’édile d’Angers Christophe Béchu, orientée au centre-droit. « Il faut que l’aile gauche démocrate fasse plus entendre sa voix », estimait-il notamment en mai dernier au micro de France Inter.

 https://actu.orange.fr/politique/76-soutiens-d-emmanuel-macron-reclament-un-pole-de-gauche-dans-la-majorite-autour-de-jean-yves-le-drian-magic-CNT000001kmcnq.html

Christian Jacob élu président des Républicains avec 62,58% des voix

Christian Jacob élu président des Républicains avec 62,58% des voix

13 oct. 2019, 20:36

– Avec AFP

Christian Jacob élu président des Républicains avec 62,58% des voix

Christian Jacob a été élu ce 13 octobre président des Républicains avec 62,58% des voix, a indiqué la Haute autorité de LR, devenant à cinq mois des municipales le patron d’un parti en crise profonde après deux années de délitement.

Le chef de file des députés Les Républicains (LR) Christian Jacob, qui faisait figure de favori, a été élu ce 13 octobre président du parti avec 62,58% des voix, selon la Haute autorité de LR. Il devance ainsi ces deux adversaires, le député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert (21,28% des voix) et le libéral-conservateur Guillaume Larrivé, député de l’Yonne (16,14%). 

La participation a été plus forte que prévue puisque 62 401 adhérents à jour de leur cotisation ont voté, soit 47% de participation, a précisé indiqué Henri de Beauregard, le président de la haute autorité du parti.

https://francais.rt.com/france/66822-christian-jacob-elu-president-republicains?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Alain de Benoist : « L’union des droites ? Aussi chimérique que celle des gauches ! »

01/10/2019

Alain de Benoist : « L’union des droites ? Aussi chimérique que celle des gauches ! »

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BOULEVARD VOLTAIRE. C’est un vieux serpent de mer qui resurgit périodiquement depuis plus d’un siècle : l’union des droites revient dans le débat. Vous n’y croyez pas ?

ALAIN DE BENOIST : Ce sont des calembredaines, des mantras qu’on récite pour se rassurer, sans considération des circonstances. Comme vous le dites, l’idée n’est pas nouvelle, mais cela n’a jamais marché, pour la simple raison que, faute de clarification sur les principes, les inspirations idéologiques des différentes droites se sont toujours révélées incompatibles.En France, il n’y a jamais eu d’union des droites. Jamais. Quant à l’union des gauches, autre mythe inusable, elle ne s’est concrétisée qu’à trois reprises, pour quelques années à peine et sans aucun lendemain : sous le Front populaire, lors du Conseil national de la Résistance et, enfin, avec le « programme commun » de Mitterrand, qui a d’ailleurs marqué le début de la débâcle du Parti communiste.

Il y a quinze ou vingt ans, lorsque l’UMP faisait à peu près jeu égal avec le Front national, on pouvait encore espérer faire sauter le « cordon sanitaire ». C’était, en réalité, tout à fait impossible, mais au moins pouvait-on en formuler l’hypothèse. De braves gens naïfs, des notaires de province et quelques potaches cathos-bobos pensent apparemment qu’on en est toujours là. Ce n’est plus le cas. Avec Macron, la droite libérale est au pouvoir. Il y a, d’autre part, le Rassemblement national, qui n’est pas libéral, mais qui plafonne pour l’instant autour de 25 % (même si l’existence d’un « plafond de verre » reste indémontrée). Je suppose qu’on ne veut pas faire l’union de La République en marche et du RN. Mais alors, de quelles droites veut-on faire l’« union » ? Les Républicains sont, comme le PS, à l’agonie. Nicolas Dupont-Aignan ne représente plus rien. Ne parlons même pas d’Asselineau ou de Philippot. On peut bien répéter que l’union fait la force, le slogan perd toute signification quand il n’y a rien à réunir. Même additionné à l’infini, zéro plus zéro égale toujours zéro.Quelle union, d’ailleurs ? Au niveau des appareils, il ne faut même pas y penser. Ce n’est d’ailleurs pas gênant car, compte tenu d’un phénomène de volatilité électorale devenu majoritaire, les partis ont cessé d’être les moteurs de la vie politique. À la base ? Ce serait, en effet, une meilleure solution, mais à condition de ne pas se limiter à la « droite ». Les familles politiques traditionnelles ont disparu et le clivage gauche-droite n’est plus désormais, au mieux, qu’un clivage parmi d’autres. Deux clivages nouveaux s’imposent : entre les universalistes et les enracinés d’une part, entre les conservateurs et les libéraux de l’autre. L’effondrement des Républicains s’inscrit dans ce processus de clarification : les deux tiers de l’électorat filloniste sont partis chez Macron, un tiers a rejoint le Rassemblement national et il ne reste plus à LR qu’une poignée de canards sans tête qui s’agitent dans les décombres du poulailler. La bonne bourgeoisie catholique, plutôt que de voter Bellamy, a rejoint le parti de l’ordre parce qu’elle a bien compris que c’était son intérêt et que l’intérêt, pour elle, passera toujours avant les convictions. La future majorité anti-Macron n’est pas à rechercher « à droite » mais dans l’ensemble du peuple français aujourd’hui confronté au double problème de l’immigration et de la politique d’austérité, c’est-à-dire, dans les deux cas, au système capitaliste. Reste le problème des hommes (ou des femmes) qui puissent incarner cette dynamique sociale-identitaire. Il n’est pas résolu.

BOULEVARD VOLTAIRE. Vous êtes donc hostile à des initiatives telles que la Convention de la droite, animée notamment par Marion Le Pen et Éric Zemmour ?

ALAIN DE BENOIST : Pas du tout. Je suis convaincu que ceux qui ont assisté à cette Convention et en ont fait un succès ont entendu des choses très intéressantes. Le dialogue et les confrontations d’idées sont toujours utiles, mais sur le plan de la politique électorale, il n’en sortira rien. J’entends bien que certains de ceux qui se définissent comme « de droite » ne se reconnaissent ni dans le parti de Macron ni dans celui de Marine Le Pen. Pourquoi pas ? Mais ce ne sont que des individualités, auxquelles ne correspond aucun électorat ni aucun espace politique. Le paradoxe serait alors qu’ils veuillent créer un nouveau parti, qui ne ferait que diviser l’opposition.

BOULEVARD VOLTAIRE. Restons dans les sujets qui fâchent. Sur la PMA, la GPA, etc., on ne vous a pas beaucoup entendu…ALAIN DE BENOIST : Parce que ce sont des combats perdus d’avance. La loi sur la PMA vient d’être votée, et la majorité des Français y sont favorables, d’autant que, comme dans le cas du mariage gay, ils réalisent très bien que le problème ne concerne qu’une minorité de minorité. Jean-Marie Le Pen dit qu’il préfère des « enfants sans pères » à pas d’enfants du tout, ce qui n’est pas totalement absurde. Parler d’« enfants sans pères » n’a, d’ailleurs, pas beaucoup de sens, car cette catégorie n’existe pas. On parle, en fait, d’enfants qui n’auront pas la possibilité de connaître l’identité de celui qui leur a légué la moitié de leur patrimoine génétique. C’est déjà le cas des enfants de couples hétérosexuels nés de la PMA et de bien des enfants adoptés. Quant à la GPA, elle s’est occasionnellement pratiquée de tout temps dans la bienheureuse opacité des mœurs villageoises. Les catholiques, après tout, adorent un homme sans père biologique identifié, dont la mère a servi de « mère porteuse » à l’Esprit saint (exemple radical de dissociation de la sexualité et de la procréation).

Je n’en suis pas moins sensible aux enjeux : la filiation, la marchandisation. Mais ce n’est pas en gazouillant sur « les papas » et « les mamans » qu’on prendra la pleine mesure du problème. Si l’on est en présence d’une rupture anthropologique majeure, alors il faut s’interroger sur l’essence de la technique : dire que « tout ce qui est techniquement possible n’est pas humainement nécessaire » est totalement inutile aussi longtemps qu’on n’a pas compris que la loi de la technique est que tout ce qui est techniquement possible sera effectivement réalisé. Aujourd’hui, ce n’est plus l’homme qui maîtrise la technique, c’est la technique qui décide pour lui. Quant aux modifications de la filiation, il faut s’intéresser aux causes, et pas seulement aux conséquences. Pourquoi veut-on, aujourd’hui, « sortir de l’hétérosexualité », discréditer la biologie et la notion même d’hérédité, revenir à un système matrilinéaire abandonné depuis la Préhistoire, entretenir l’idée d’un homme se créant lui-même sans plus rien devoir à la nature ? Telles sont les questions qu’il faut se poser.

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

 Rédigé par Patrick Péhèle à 12:19 dans Alain de Benoist | Lien permanent

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