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Le Parlement européen insiste pour conserver le backstop irlandais

Le Parlement européen insiste pour conserver le backstop irlandais

Par : Alexandra Brzozowski et Benjamin Fox | EURACTIV.com | translated by Nathanaël Herman

 13 sept. 2019

[EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Langues : English | Deutsch

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Il n’y aura pas d’accord sur le Brexit sans le backstop irlandais, a soutenu le président du Parlement européen, David Sassoli. L’Europe est toutefois prête à établir une proposition dans laquelle seule l’Irlande du Nord resterait dans le navire européen.

Le Conseil européen des 16 et 17 octobre signera la dernière chance de Londres de conclure un accord avant le Brexit prévu le 31 octobre.

Pour qu’un accord entre l’UE et le Royaume-Uni soit effectif, il doit d’abord passer par le Parlement européen qui doit l’approuver.

Le « backstop », filet de sécurité empêchant le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes, est le problème majeur qui se pose pour conclure un accord.

Boris Johnson s’oppose au filet de sécurité, pourtant approuvé par Theresa May, craignant qu’il piège le Royaume-Uni dans une union douanière continue avec l’UE et qu’un accord sur « l’ensemble de l’Irlande » soit établi et que la Grande-Bretagne soit ainsi séparée de l’Irlande du Nord.

« Nous voulons un accord, mais nous savons qu’un accord sans le backstop est voué à l’échec », a déclaré David Sassoli, lors d’une conférence faisant suite à une réunion avec Michel Barnier, négociateur de l’UE au sujet du Brexit. « Un accord sans le backstop n’est pas envisageable. C’est impossible ».

« J’aimerais préciser que le Royaume-Uni n’a rien présenté de concret, du moins aucune proposition avec laquelle nous pourrions travailler », soutient-il.

« Nous voulons bien revenir à la proposition initiale de l’UE, selon laquelle le filet de sécurité ne s’appliquera qu’à l’Irlande du Nord ».

Le président de Parlement européen et membre du Parti démocrate italien s’est exprimé au lendemain de la visite à Bruxelles du nouveau négociateur du Royaume-Uni, David Frost. Ce dernier se rendait dans la capitale européenne pour mener un troisième cycle de négociations s’étalant sur deux semaines. De son côté, Boris Johnson et ses ministres maintiennent que les discussions sont toujours en cours, mais aux yeux de plusieurs représentants de l’UE, aucune proposition concrète n’a été faite.

« Jusqu’à présent — et je voudrais insister sur ce point — le Royaume-Uni n’a rien proposé de concret et rien qui ne soit juridiquement envisageable », a-t-il affirmé.

La semaine dernière, les législateurs britanniques ont adopté un projet de loi forçant Boris Johnson à demander une prolongation du Brexit jusqu’en janvier 2020, et ce, à l’aube du sommet européen prévu en octobre.

La Chambre de communes est le théâtre de scènes chaotiques, notamment la suspension du Parlement par l’administration Johnson jusqu’au 14 octobre, date à laquelle la Reine donnera le « discours du Trône » présentant le nouveau programme parlementaire. Cette décision a été contestée devant les tribunaux, les députés accusant Johnson de ne pas leur permettre d’examiner les plans du gouvernement sur le Brexit

Si les tribunaux en Angleterre et en Irlande du Nord ont jugé le report du Brexit comme étant légal, tel n’était pas le cas de la juridiction écossaise. La Cour Suprême du Royaume-Uni rendra une décision finale et contraignante à ce sujet après les auditions qui débuteront mardi prochain.

Les eurodéputés ont rédigé une motion sur le Brexit qui sera débattue et votée lors de la prochaine session plénière du Parlement européen à Strasbourg pour « approuver le travail accompli jusqu’à présent et souligner l’unité du côté de l’UE et des institutions ».

Le projet de résolution suggère que les députés européens sont ouverts à une prolongation, bien que David Sassoli ait déclaré que cela ne pourrait se faire que si le Royaume-Uni organisait une élection ou un référendum. Le texte stipule également que s’il n’y a pas d’accord, le Royaume-Uni sera entièrement responsable du départ, ce qui peut être interprété comme une réponse aux politiques britanniques qui ont accusé l’UE d’être intransigeante et de ne pas vouloir faire de compromis dans les négociations.

Macron donne un mois à Johnson pour trouver une alternative au backstop

Le président français Emmanuel Macron a renvoyé la balle dans le camp de Boris Johnson lors de sa visite à l’Élysée, en lui demandant de présenter des propositions détaillées pour repenser le filet de sécurité. Et éviter que le Royaume-Uni sorte de l’UE sans accord.

Le chef du Parlement a ajouté que l’UE serait également prête à rouvrir la déclaration politique qui accompagne l’accord de retrait et définit les relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni pour en faire un document juridiquement contraignant.

Toutefois, il s’est montré sceptique sur l’avancement des pourparlers à la suite de l’évaluation des négociations sur le Brexit faite par Michel Barnier. « Malheureusement, les signaux que nous recevons ne sont pas bons, les négociations semblent s’enliser et nous le déplorons. »

https://www.euractiv.fr/section/royaume-uni-en-europe/news/irish-backstop-must-be-part-of-brexit-deal-says-eu-parliament-chief/

Langues : English | Deutsch

  

  

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Jean-Paul Delevoye annonce son entrée au gouvernement

Politique

Jean-Paul Delevoye annonce son entrée au gouvernement

Par Challenges.fr le 03.09.2019 à 13h25, mis à jour le 03.09.2019 à 14h53

Le Haut commissaire chargé de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, annonce mardi son entrée au gouvernement, au côté de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, à deux jours de la reprise des négociations entre exécutif et partenaires sociaux sur ce dossier potentiellement explosif.

Jean-Paul Delevoye annonce son entrée au gouvernement

Jean-Paul Delevoye à Matignon le 18 juillet 2019AFP/ARCHIVES – KENZO TRIBOUILLARD

Le Haut commissaire chargé de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, annonce mardi son entrée au gouvernement, au côté de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, à deux jours de la reprise des négociations entre exécutif et partenaires sociaux sur ce dossier potentiellement explosif. « Il était logique qu’ayant commencé comme Haut commissaire, je poursuive mon travail comme tel », déclare-t-il dans La Voix du Nord. « Je garde la même équipe, le même lieu, pour être l’interlocuteur privilégié des partenaires et écrire la future loi », ajoute-t-il.

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, le projet de loi sur la réforme des retraites vise à créer un système universel « plus lisible et plus équitable » dans lequel « un euro cotisé donne les mêmes droit ». Signe de la sensibilité du sujet – les différentes tentatives de réforme ont donné lieu à d’importants mouvements sociaux et manifestations massives en France notamment en 1995 et en 2003 -, l’exécutif s’est engagé à une longue concertation pour en définir les paramètres.

« Le réaménagement du gouvernement se fera dans l’environnement du séminaire » gouvernemental de mercredi, avait indiqué la présidence dimanche soir. L’entrée au gouvernement de M. Delevoye, 72 ans, est dans l’air depuis des semaines. Sa nomination lui permettrait de présenter le futur projet de loi réformant les régimes de retraites en Conseil des ministres et le défendre devant le Parlement.

« Pas de changement »

Nommé en septembre 2017 haut-commissaire à la réforme des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, l’ancien ministre chiraquien avait remis mi-juillet au Premier ministre le rapport qui lui avait été commandé. Il y préconise l’instauration d’un « système universel » par points remplaçant les 42 régimes actuels et un âge de 64 ans pour une retraite à taux plein.

Sa nomination au gouvernement doit intervenir alors que les partenaires sociaux sont attendus jeudi et vendredi à Matignon pour un nouveau round de concertation sur la réforme des retraites. « Nous sommes dans le même couloir, son bureau est à côté du mien, nous nous voyons tous les jours », avait souligné Mme Buzyn fin août, estimant qu’il n’y aurait « pas de changement » à ce fonctionnement si M. Delevoye entrait au gouvernement.

>> À lire aussi – Jean-Paul Delevoye, habile négociateur des retraites

Djebbari en charge des transports

569 rencontre Jean-Baptiste Djebbari, depute LREM de Haute-Vienne. Paris, FRANCE - 4/12/2017photo by IBO/SIPA PRESS//IBO_IBOA.009/Credit:IBO/SIPA/1712062025 - Paris: Jean-Baptiste Djebbari, depute LREM de Haute-Vienne. - SIPA/00834886/000009

Âgé de 37 ans, Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur de la réforme de la SNCF en 2018, devrait lui être nommé aux Transports pour épauler la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

>> À lire aussi – SNCF: qui est Jean-Baptiste Djebbari, le démineur de la réforme ferroviaire explosive?

Peu connu du grand public, ce trentenaire est diplômé de l’Ecole nationale de l’aviation civile (Enac). Il a piloté des avions d’affaires pour le compte de stars du cinéma et du foot au Royaume-Uni et aux Etats-Unis avant de plonger en politique. C’est en cherchant à monter une petite compagnie régionale en France qu’il rencontre Emmanuel Macron à Bercy par l’intermédiaire de l’ex-député socialiste Bruno Le Roux, également fan d’aviation. 

(avec AFP)

https://www.challenges.fr/politique/jean-baptiste-djebbari-et-jean-paul-delevoye-bientot-au-gouvernement_672335#xtor=CS4-92[Jean-Paul+Delevoye+annonce+son+entr%C3%A9e+au+gouvernement]-672335

Sondages de l’Elysée: Guéant et d’ex-proches de Sarkozy renvoyés devant le tribunal correctionnel

Politique

Sondages de l’Elysée: Guéant et d’ex-proches de Sarkozy renvoyés devant le tribunal correctionnel

Par Challenges.fr le 29.08.2019 à 15h15

L’ex-secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, Patrick Buisson et quatre autres personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel dans l’affaire des sondages de l’Elysée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Sondages de l'Elysée: Guéant et d'ex-proches de Sarkozy renvoyés devant le tribunal correctionnel

Dans sa décision signée mardi, le juge d’instruction Serge Tournaire a ordonné un procès pour « favoritisme » et « détournement de fonds publics par négligence » pour M. Guéant et l’ex-directrice de cabinet Emmanuelle MignonAFP/ARCHIVES – THOMAS SAMSON

Plusieurs anciens collaborateurs de Nicolas Sarkozy, dont l’ex-ministre Claude Guéant et le conseiller Patrick Buisson, ont été renvoyés en procès dans l’affaire des sondages de l’Elysée, a-t-on appris jeudi de source judiciaire et auprès de l’association Anticor.PUBLICITÉinRead invented by Teads

Au total, six personnes sont concernées par l’ordonnance de renvoi en correctionnelle, signée mercredi.

Parmi elles figurent Claude Guéant, qui fut l’homme de confiance de Nicolas Sarkozy, puis son secrétaire général à l’Elysée et enfin son ministre de l’Intérieur, Patrick Buisson mais également Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de l’ex-chef de l’Etat au début de son quinquennat.

Est également renvoyé l’ancien sondeur Pierre Giacometti, lui aussi conseiller de Nicolas Sarkozy à cette époque.

L’ex-président ne risque rien dans ce dossier mais il reste sous la menace de procès dans d’autres affaires toujours en cours d’instruction, en premier lieu celle du financement de sa campagne présidentielle de 2012, dite « affaire Bygmalion », et celle des écoutes, dans laquelle il est soupçonné d’avoir cherché à obtenir indûment des informations confidentielles sur une enquête alors en cours.

Selon franceinfo, Patrick Buisson va saisir la chambre de l’instruction pour contester son renvoi en correctionnelle.

« On a affaire à un juge qui instrumentalise la justice à des fins politiques », a-t-il dit, parlant de « discrimination politique ». « Il y a eu, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, 470 prestataires de service. Je suis le seul à être mis en examen et renvoyé en correctionnelle », a-t-il ajouté.

L’affaire des sondages, lancée en 2009 par un rapport de la Cour des comptes sur la gestion du budget de la présidence, a pris un tour judiciaire l’année suivante après une plainte de l’association Anticor.

« C’est une affaire qui avance très, très lentement », a dit à Reuters le président d’Anticor, Jean-Christophe Picard, qui regrette que Nicolas Sarkozy soit « le grand absent » du futur procès.

« Notre déception c’est de voir que Nicolas Sarkozy est épargné, protégé par son immunité alors que selon nous certains marchés n’avaient rien à voir avec sa fonction de président. Donc il a été protégé peut-être de manière exagérée », a-t-il ajouté.

Anticor estime qu’une bonne partie des sondages commandés sans appel d’offres par la société de Patrick Buisson Publifact, entre 2007 et 2009, n’avaient pas d’intérêt public lié à la fonction présidentielle.

Sur la période 2010-2012, Anticor juge que certains sondages réalisés, après appels d’offres, ne relevaient pas non plus de la fonction présidentielle.

Etaient également visés par la plainte de cette organisation des contrats de prestations en communication passés entre 2007 et 2012 entre l’Elysée et les sociétés de Pierre Giacometti et de Patrick Buisson, soupçonnés d’avoir bénéficié de favoritisme.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/politique/sondages-de-l-elysee-gueant-et-d-ex-proches-de-sarkozy-renvoyes-devant-le-tribunal-correctionnel_671450#xtor=CS4-92[Sondages+de+l%27Elys%C3%A9e%3A+Gu%C3%A9ant+et+d%27ex-proches+de+Sarkozy+renvoy%C3%A9s+devant+le+tribunal+correctionnel+]-671450

Le spectre du retour possible de Bozizé hante le pouvoir centrafricain

Le spectre du retour possible de Bozizé hante le pouvoir centrafricain

By Aza Boukhris -14 août 2019

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En Centrafrique, la rumeur enfle sur un prochain retour au pays de l’ex Président François Bozize, réfugié en Ouganda sous mandat international.

Intoxication ou information, dans les deux cas, la fébrilité du président Touadera et de son clan s’est accentuée avec la perspective d’un possible retour au pays de François Bozizé. Avec la perspective des élections législatives et présidentielle prévues fin 2020-début 2021, le spectre de l’ancien Président obsède l’actuel pouvoir centrafricain.

Triste anniversaire de l’indépendance

En Centrafrique, le 1er décembre, anniversaire de la création de la République centrafricaine en 1958, fait office de fête nationale, tandis que le 13 août commémore l’indépendance de 1960. Chaque année, outre les discours officiels, les hommages à Barthélémy Boganda et les réceptions convenues, le 13 août est marqué par des festivités populaires comme compétitions sportives, concerts et concours divers. En 2019, cet anniversaire est passé inaperçu à Bangui. Vu l’état de l’arrière-pays, il y est ignoré.

 Visiblement marqué par les événements récents du désastre écologique causé par les entreprises chinoises, le DDRR qui ne prend pas, les groupes armés qui poussent leurs avantages de l’Accord de Khartoum et surtout l’opposition désormais frontale du Kwa Na Kwa (KNK) parti de François Bozize, le Président Touadera paraît très préoccupé, d’autant que son ancien mentor est annoncé pour un retour qui risque fort d’être difficile à gérer. Ce 13 août, il s’est contenté de déposer une gerbe au monument de Barthélémy Boganda et fait un discours à la Nation, insipide en reprenant ses antiennes habituelles. Pour une grande majorité de Centrafricains, les mots de Paix, Justice, Sécurité, Réconciliation, Désarmement, et Démocratie n’ont plus beaucoup de valeur dans sa bouche. Les Centrafricains savent bien que sa réélection en 2020 est son principal objectif. Pour ce projet de remake du hold up électoral du tandem Bozize-Touadera de 2011, la corruption, les pots-de-vin et les détournement de deniers publics atteignent des sommets, rarement atteints depuis le 13 août 1960. Même la Haute autorité pour la bonne gouvernance, jusqu’à maintenant institution cosmétique, a stigmatisé la disparition de l’état de droit et les errances du pouvoir exécutif. Dans ce contexte, la réapparition de François Bozize pourrait bien déjouer les plans de Faustin-Archange Touadera, car il aura affaire à un orfèvre en coups d’état et en hold up électoral.

François Bozize très courtisé

 Actuellement exilé en Ouganda, l’ancien président ( 2003-2013) effectuent des voyages en dépit de leur interdiction. Dans ces escales, il y rencontre de nombreux partisans, des personnalités et d’anciens ministres de son pays. Bertin Béa qui assure la présidence par intérim du KNK multiplie les rencontres notamment à l’étranger, comme en France récemment. Avec le concours actif de son fils, Jean-Francis Bozize, qui était son ministre de la Défense très apprécié des officiers et sous-officiers, le congrès du KNK se tient du 12 au 16 août.  Il a déjà permis de rompre tout soutien au président Touadera, qui devait beaucoup au KNK pour son élection de 2016, mais surtout d’annoncer la prochaine candidature de François Bozize pour l’élection de 2020. Après son ouverture à Bangui,  le congrès se transportera ensuite à Bossangoa fief de Bozize et des Gbaya, ethnie majoritaire dans l’Ouest qui accepte mal la place faite aux ex Seleka dans l’Accord de Khartoum. La Seleka  avait renversé le président Bozize en 2013. 
Jean-Francis Bozize, qui a oublié son contrôle judiciaire, a annoncé le prochain retour de son père. En août 2016, n’avait-Il pas forcé la main à la Minusca qui l’avait arrêté à son retour d’exil et mobilisé le KNK pour sa libération immédiate?  Cet ancien du Régiment parachutiste d’infanterie de marine de Frejus ( France) a commencé la restructuration du KNK et lancé la campagne de nouvelles adhésions. Les anciens bozizistes reprennent du service au sein du parti qui était moribond. Jean-Francis Bozize reprend contact avec les militaires qu’il avait bien connus notamment d’anciens généraux qui ont été mis à la retraite par le président Touadera. 

Le président Touadera face au dilemme du retour de Bozize
François Bozize va-t-il braver les sanctions dont il fait l’objet ? Son fils a réussi à revenir en Centrafrique en évitant la case prison et la privation de ses biens. En sera-t-il de même pour l’ancien chef de l’État ? De nombreux Centrafricains évoquent ouvertement les « deux poids, deux mesures « . Les ex Seleka, auteurs du coup d’État contre Bozize, comme Nourredine Adam, Ali Darass, Abdoulaye Hissen ou al-Katim, également sous sanctions et interdiction de voyager ont signé l’Accord de Khartoum et sont désormais représentés dans le gouvernement, les services présidentiels et la haute fonction publique. Il est effectivement difficile d’évoquer l’équité avec le sort réservé à François Bozize. Une normalisation concernant les anciens chefs de l’État pourrait être sur la Table du président Touadera afin de conforter la réconciliation nationale.


Toutefois, une telle solution ne ferait pas disparaitre les tourments de Faustin-Archange Touadera. Une fois revenu à Bangui, François Bozize voudra certainement redevenir chef de l’État. Pourra-t-Il être candidat ? Il y a de fortes chances qu’il soit déclaré non éligible. Quelle serait alors la réaction des bozizistes et d’une grande partie de la population de l’Ouest centrafricain et de Bangui où il est resté malgré tout populaire ? En cas d’éligibilité, les deux auteurs du hold up électoral de 2011 devraient s’affronter….


Évidemment, le microcosme politique centrafricain, figé depuis plus de deux décennies ne pensent qu’à ce mirage de la démocratie que sont les élections centrafricaines. Pendant ce temps là, plus de la moitié de la population vit en insécurité alimentaire grave, plus du quart sont soit des déplacés ou des réfugiés, les indices de développement humain et de gouvernance sont les plus mauvais de la planète, l’espérance de vie passe sous les 45 ans et les trois quart du pays ne sont pas contrôlés par l’Etat. Le dernier quart vaut-il mieux que les trois autres ?

https://mondafrique.com/le-spectre-du-retour-possible-de-bozize-hante-le-pouvoir-centrafricain/

secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)POLITIQUE

10 août 2019© Reuters

TOP SECRET

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Alors que l’enquête sur l’attentat de la rue de Rosiers est toujours en cours 37 ans après, l’ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu, devant la justice française qu’un accord secret avait été passé entre les services de renseignement français et Abou Nidal, le groupe qui en est très certainement responsable.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN138Avec Eric Denécé

Atlantico : Les accords comme celui passé entre les renseignements français et le groupe potentiellement responsable de l’attentat de la rue des Rosiers qui avait fait 6 morts et 22 blessés sont-ils monnaie courante en France ?

Eric Dénécé : Non, mais de telles pratiques ont existé et continueront probablement d’exister. Toutefois, elles restent tout à fait exceptionnelles. De plus, pour qu’un tel accord puisse avoir lieu, il faut avoir quelqu’un avec qui négocier, c’est-à-dire une organisation hiérarchisée capable de faire respecter sa décision à tous ses membres. Cela a été a le cas avec Abou Nidal ainsi qu’avec les services syriens de Rifaat El -Assad. Mais cela n’est pas possible avec des organisations comme Daesh ou Al-Qaeda qui ne contrôlent qu’une petite partie de leurs membres et génèrent, par leur idéologie,  des vocations terroristes qu’elles ne découvrent souvent qu’à l’occasion d’un attentat. Il est impossible de négocier avec cette nouvelle forme de terrorisme. Ce qui a été « conclu » avec Abou Nidal ou Rifaat El-Assad a peut-être aussi été négocié avec d’autres groupes palestiniens, voire l’ETA ou l’IRA.En contrepartie du fait que ces groupes s’engagent à ne pas commettre d’attentats sur le sol français (contre des cibles françaises, israéliennes, américaines… ou autre) ou contre les ressortissants et intérêts français à l’étranger, le pouvoir politique les autorise à entrer sur notre territoire sans qu’ils soient poursuivis ou appréhendés. Ces terroristes peuvent donc venir s’y reposer ou s’y faire soigner, y installer leur famille et leurs proches pour les mettre à l’abri. Cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas surveillés, ni que des activités illégales sur notre sol leur soient permises (entrainement, levée de fonds, etc.) : ils doivent également s’engager à ne conduire aucune action de ce type. Un exemple récent de ce type d’entente conclue avec un mouvement considéré comme terroriste est celui des Moudjahidines du peuple iranien. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce groupe qui conduit des attentats en Iran a été perquisitionné par la police française qui le soupçonnait de ne pas tenir ses engagements et de préparer, depuis le sol français, des opérations en Iran. 

Est-ce là une stratégie efficace et assumée ?

Lorsqu’elle est possible, oui. Elle permet en premier lieu de protéger nos concitoyens et de limiter le nombre d’adversaires contre lesquels nous devons lutter.La France n’est pas la seule a user de cette méthode. Les Américains avec l’IRA, les Britanniques avec des groupes terroristes islamistes (jordaniens, etc.) l’ont également pratiquée.Bien sûr, cela génère toujours des tensions internationales avec les Etats qui sont victimes des attaques de ces groupes terroristes. C’est pourquoi il est essentiel de faire respecter la neutralité de ceux qui trouvent refuge, dans le cadre d’un tel accord, sur notre territoire. Car s’ils profitaient de cette situation pour organiser des attentats, cela générait immédiatement une riposte, sur notre sol, des services spéciaux des pays ciblés qui chercheraient alors à éliminer ces cellules actives. C’est donc une situation très délicate, qui doit être contrôlée constamment et qui peut être remise en question à tout moment. Le fait que les familles des activistes puissent trouver refuge en France est une redoutable monnaie d’échange pour s’assurer du respect des règles édictées. 

Est-ce bien là le rôle des services secrets ? 

Oui, car leur mission,  à côté de ce que l’on appelle la guerre de l’ombre, c’est aussi de conduire une certaine forme de diplomatie secrète. Evidemment, la conclusion de ce type d’accord ne se fait jamais sans l’aval du politique, même si tous les gouvernements nient être au courant. La décision est et reste politique, même si la négociation et le contrôle de la mise en oeuvre sont conduits par les services. De plus, pendant qu’ils sont – ponctuellement le plus souvent – sur notre territoire, nous pouvons mieux les étudier, les comprendre, les connaitre, ce qui sera utile si les hostilités avec eux reprenaient. Cela permet aussi de créer un éventuel canal de négociation entre ces groupes et les cibles auxquelles ils s’en prennent. Mais bien évidemment, des tels accords ne sont jamais rendus publics dans l’instant, mais sont souvent révélés des décennies plus tard. https://www.atlantico.fr/decryptage/3577538/secrets-d-etat–quand-la-lutte-anti-terroriste-s-ecarte-des-sentiers-battus-et-legaux-

Union européenne : le sommet sur les postes clés dans l’impasse

 Politique

Union européenne : le sommet sur les postes clés dans l’impasse

Le PPE souhaite que l’Allemand Manfred Weber, son candidat, et non Frans Timmermans prenne la présidence de la Commission européenne.

Source AFPModifié le 01/07/2019 à 00:01 – Publié le 30/06/2019 à 21:23 | Le Point.fr

Le PPE etait pret a renoncer a la presidence de la Commission europeenne et a soutenir la candidature du pretendant social-democrate, le Neerlandais Frans Timmermans.
Le PPE était prêt à renoncer à la présidence de la Commission européenne et à soutenir la candidature du prétendant social-démocrate, le Néerlandais Frans Timmermans.© JOHN THYS / AFP

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Les dirigeants européens étaient réunis dimanche soir à Bruxelles pour un sommet consacré aux nominations des postes clés de l’UE mais une proposition de compromis a été déclarée pour morte, laissant augurer une longue nuit de discussions. Une solution qui avait émergé ces derniers jours a suscité une telle levée de boucliers parmi les dirigeants de la droite européenne (PPE) qu’elle a été abandonnée.

Signe des tensions, le sommet, où les dirigeants européens ont été privés de téléphone portable, a commencé avec environ trois heures de retard. En outre, il a été suspendu une heure et demie plus tard pour de nouvelles discussions bilatérales, selon le porte-parole du président du Conseil Donald Tusk. Ce dernier comptait en effet proposer la candidature du prétendant des sociaux-démocrates, le Néerlandais Frans Timmermans, à la succession du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Le nom du Néerlandais avait surgi en raison du rejet du candidat du PPE, le parti arrivé en tête des européennes, l’Allemand Manfred Weber, lors du sommet du 21 juin.

« Le PPE refuse l’accord qui est proposé. Il est mort. Il n’y aura pas d’accord ce soir », a affirmé à l’Agence France-Presse un de ces responsables sous couvert de l’anonymat, à l’issue d’une réunion des dirigeants européens membres du PPE organisée à Bruxelles avant le sommet. »Aucun des dirigeants du PPE n’a accepté l’accord qui a été négocié à Osaka », a confirmé le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, membre du PPE. Le PPE revendique à nouveau la présidence de la Commission européenne et veut y nommer son prétendant, l’Allemand Manfred Weber. « Le nom de Weber est toujours sur la table », a assuré Leo Varadkar. « Le PPE en tant que parti a remporté les élections et doit obtenir la présidence de la Commission européenne », a soutenu son homologue croate Andrej Plenkovic.

Lire aussi UE : bloqué à la Commission, Weber se consolerait avec le Parlement

« L’accord a été détruit »

« Je ne suis pas certain qu’un accord puisse être conclu ce soir », a déclaré le dirigeant croate. « Le PPE ne proposera pas d’autre candidat ce soir », a-t-il annoncé. Le PPE était prêt à renoncer à la présidence de la Commission européenne et à soutenir la candidature du prétendant social-démocrate, le Néerlandais Frans Timmermans, à condition d’obtenir les présidences du Parlement européen et du Conseil européen.

Lire aussi Commission européenne : et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne ?

Mais les libéraux ont refusé cette répartition lors des discussions en marge du sommet du G20 à Osaka. « L’accord a été détruit », a déploré le responsable du PPE. La proposition rejetée par le PPE prévoyait la désignation de Frans Timmermans à la présidence de la Commission, l’élection du PPE Manfred Weber au Parlement européen, l’attribution du Conseil européen à un Libéral et la désignation d’un PPE pour le poste de chef de la diplomatie européenne.

Des sources au sein du PPE évoquaient déjà un nouveau sommet le 15 juillet mais un diplomate de haut rang estimait qu’on en était « pas encore là ». En outre, quatre pays d’Europe de l’Est, dit groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), sont ouvertement hostiles à Frans Timmermans, qui a lancé des procédures pour violation de l’Etat de droit contre Budapest et Varsovie.

La lettre d’Orban

Dans une lettre adressée à Joseph Daul, président du PPE et publiée sur Twitter, le dirigeant hongrois Viktor Orban estime qu’il est « humiliant » que le parti arrivé en tête au scrutin – soit le PPE – laisse le poste clé pour lequel il s’est battu à un autre, moins bien placé. La chancelière Angela Merkel avait annoncé quant à elle s’attendre à une réunion difficile. « Ce ne seront pas des discussions très faciles », a-t-elle averti à son arrivée.

Le PPE tient la clef de ces nominations. Aucune solution ne peut être avalisée sans le soutien de cette famille politique, car aucune majorité n’est possible sans les votes de son groupe, le plus important au Parlement européen. Son candidat, Manfred Weber, avait été recalé lors du dernier sommet le 20 juin par un groupe de dirigeants menés par le Français Emmanuel Macron et a été privé des soutiens des groupes socialiste et centriste au Parlement.

« Je souhaite que nous puissions trouver un accord ce soir. Je suis optimiste », avait déclaré à son arrivée à Bruxelles, Emmanuel Macron, qui est apparenté aux centristes européens. « Nous aurons une percée ce soir », a assuré le Premier ministre du Luxembourg Xavier Bettel, appartenant à sa famille.

https://www.lepoint.fr/politique/commission-europeenne-le-ppe-rejette-l-option-timmermans-30-06-2019-2321845_20.php

https://www.lepoint.fr/politique/commission-europeenne-le-ppe-rejette-l-option-timmermans-30-06-2019-2321845_20.php

Entretien avec François Asselineau – Questions d’actualité n° 76 du 19 juin 2019 : USA-Iran – Brexit – Mini-Bots – Chine – Privatisations ADP et routes (UPR)

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On aurait dû vous le passer demain matin, mais comme l’actualité se bouscule…

Update 20.06.2019 : Le site officiel pour voter : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Amitiés,

f.

 

Source : Youtube.com

https://www.crashdebug.fr/diversifion/16159-entretien-avec-francois-asselineau-questions-d-actualite-n-76-du-19-juin-2019-usa-iran-brexit-mini-bots-chine-privatisations-adp-et-routes-upr

Jordan Bardella devient deuxième vice-président du Rassemblement National

Rassemblement National

Jordan Bardella devient deuxième vice-président du Rassemblement National

Jordan Bardella, 23 ans, qui a conduit la liste du Rassemblement national aux élections européennes, dont il est sorti vainqueur, a été promu dimanche 2e vice-président de son parti, a annoncé un dirigeant du RN.

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La liste du RN est arrivée en tête du scrutin européen du 26 mai avec 23,34% des voix, devant la liste du parti majoritaire La République en marche (22,42%).

STEPHANE MAHE

Jordan Bardella a été élu à ce poste ainsi qu’au bureau exécutif (direction du parti) par le conseil national (parlement, 120 membres) du RN réuni ce week-end à La Rochelle, a indiqué le maire de Fréjus (Var) et membre du bureau exécutif, David Rachline, en marge de cette réunion.

« Le mouvement souhaite que (Jordan Bardella) s’investisse et prenne des responsabilités (…) au regard de l’immense talent qui est le sien, et on l’a vu pendant la campagne européenne, au regard de son énergie, de son enthousiasme et de sa jeunesse », a fait valoir le maire de la plus grande ville tenue par le RN, qui compte 53.000 habitants. Le vice-président du RN Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), devient 1er vice-président du parti. La réunion du CN a pour objet de lancer la campagne du RN en vue des élections municipales de mars 2020, où le parti compte renforcer son implantation dans le but de remporter des départements et des régions l’année suivante.

La liste du RN est arrivée en tête du scrutin européen du 26 mai avec 23,34% des voix, devant la liste du parti majoritaire La République en marche (22,42%). Le RN a engrangé près de 560.000 voix de plus qu’en 2014, où il avait récolté 24,86% des voix.

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/politique/rassemblement-national/jordan-bardella-devient-deuxieme-vice-president-du-rassemblement-national_658500

Sarkozy est-il vraiment le messie que la droite attend ?

Sarkozy est-il vraiment le messie que la droite attend ?

Nicolas Sarkozy à Nîmes en 2012 by UMP Photos. (CC BY-NC-ND 2.0) — UMP Photos, CC-BY

Quel serait vraiment l’intérêt de la droite à sortir du congélateur une personnalité comme Sarkozy, comportant un tel potentiel de flou politique et de rejet personnel ?

Par Claude Robert.

Un peu comme dans la pièce de Pirandello1, les électeurs de droite semblent à ce jour désemparés, en attente d’un patriarche si ce n’est d’une voie à suivre. Il est vrai que différents sondages montrent leur éparpillement dans l’espace politique, à l’instar d’une bombe à fragmentation après explosion.

LES PISTES BROUILLÉES PAR MACRON, JUPPÉ ET SARKOZY

Bien sûr, le coup de théâtre de la présidentielle de 2017 a laissé des traces. Mais depuis, ces électeurs devenus orphelins n’ont cessé d’être abusés par le discours politique ambiant. Pas seulement par celui d’un Emmanuel Macron très habile pour brouiller les pistes afin de se faire élire, mais plus incroyable encore, par celui des leaders de la droite elle-même tels qu’Alain Juppé et Nicolas Sarkozy !

Le premier n’a eu de cesse de courtiser l’actuel président après n’avoir soutenu ni François Fillon ni son programme présidentiel d’inspiration libérale, pour ensuite carrément quitter les Républicains.

Quant au second, tout le monde se souvient de ses étonnantes prises de position en faveur de Macron. Parmi les dernières : « Je sais combien il est difficile de satisfaire toutes les attentes nées d’une élection. Je m’abstiendrai donc de le critiquer. Et c’est si facile de détruire. Donnons-lui le temps » (Le Point 12/18). C’était pourtant fin 2018…

Ce délire kaléidoscopique se poursuit de plus belle avec, la semaine dernière, deux déclarations contradictoires qui résument à elles seules l’étendue de la supercherie :

  • Emmanuelle Mignon, ancienne conseillère de Sarkozy, ce 8 juin au Point : « Macron est le meilleur président de droite qu’on ait eu depuis un certain temps » (sic).
  • Gabriel Attal, secrétaire d’État à la jeunesse du gouvernement, deux jours plus tard à BFM : « Non, Emmanuel Macron n’est pas de droite. »

Que cet embrouillamini entretenu de part et d’autre de l’échiquier politique ait fini par déboussoler l’électorat de droite semble assez naturel. Deux sondages Ipsos aux résultats sidérants en témoignent :

  • 50 % des 1505 personnes interrogées (03/18) classaient LREM à droite, contre un tiers au moment de l’élection présidentielle (JDD 05/18).
  • seulement 34 % des électeurs de François Fillon il y a deux ans ont voté pour la liste de François-Xavier Bellamy aux européennes, contre 27 % pour LREM, 18 % pour le RN et 9 % pour l’UDI (05/19).

Mais qu’en est-il vraiment ? À quoi devrait-on distinguer un président de gauche d’un président de droite ? Et d’ailleurs, le clivage gauche/droite a-t-il encore du sens aujourd’hui ?

LE CLIVAGE DROITE/GAUCHE SE SERAIT-IL ÉVAPORÉ ?

Alors que certains commentateurs l’avaient enterré, ce clivage apparaît peut-être plus robuste que jamais. À la différence près qu’il s’exprime aujourd’hui de façon plus codifiée. Il existe en effet deux dimensions importantes de la vie de la cité sur lesquelles, depuis quelques années, les Français s’opposent radicalement : le libéralisme économique d’un côté et le progressisme sociétal de l’autre.

  • Le libéralisme économique : qualifier le peuple de droite de libéral serait mensonger, les Français n’ayant quasiment jamais connu autre chose que l’étatisme, cela tiendrait du miracle. Cependant, l’engouement suscité en 2017 par le programme présidentiel de Fillon suggère clairement la potentialité qu’il puisse le devenir. À l’inverse, la détestation du libéralisme économique à gauche est une certitude. Et les Gracques2, ce courant qui regroupe les socialistes réconciliés avec le marché (libre concurrence, principe de subsidiarité) s’avère toujours aussi confidentiel parmi eux. Ne parlons même pas de l’extrême gauche, qui rêve encore de planisme communiste.
  • Le progressisme sociétal : cette dimension paraît tout aussi discriminante. À gauche, très nombreux sont ceux qui prônent une laïcité active voire l’abandon des signes évocateurs de nos racines judéo-chrétiennes. L’arrivée sans condition des migrants, le refus de stigmatiser l’islamisme, le dédain pour tout ce qui rappelle la défense de la nation, de ses valeurs et de son territoire ainsi que la volonté de donner toujours plus de droits à certaines minorités (homoparentalité, droit de vote des prisonniers) sont des souhaits profondément ancrés à gauche de l’échiquier. À l’inverse, à droite, l’attachement aux valeurs qui ont fait la France d’aujourd’hui est comparativement très développé, même s’il ne s’exprime qu’en réaction aux assauts contraires, ce qui a naturellement a tendance à le faire sous-estimer.

Parce qu’il concerne des fondamentaux sur lesquels chaque camp n’est pas près de transiger, le clivage droite/gauche a de toute évidence de beaux jours devant lui. Mais alors, de quel bord sont nos derniers présidents ?

À QUOI RECONNAÎT-ON UN PRÉSIDENT SOCIALISTE ?

Que les choses soient claires et simplement dites : dans un pays qui truste les premières places mondiales en matière de pression fiscale (57,5 % du PIB), de taille de l’État (plus defonctionnaires que les 83 millions d’Allemands) et de contraintes administratives, tant qu’un président ne s’attaque pas à ces fléaux, il ne peut être objectivement qualifié d’économiquement libéral. Français Hollande s’était certes très superficiellement attaqué au droit du travail mais la dette et les effectifs de l’État ont continué leur progression tandis que le niveau des prélèvements a explosé sous les conseils de son conseiller3 devenu ensuite son ministre de l’Économie, l’actuel président !

Quant à Macron justement, celui-ci n’a réalisé jusqu’à présent que deux réformes d’apparence libérale : celle du droit du travail, et la suppression de l’ISF (hors immobilier). Or, la réforme du droit du travail reste du domaine de la cosmétique puisqu’elle s’est bien gardée de toucher aux inégalités entre le public et le privé, tout en accroissant la complexité des textes de lois sans vraiment améliorer la fluidité du marché du travail4. Quant à la suppression de l’ISF, cette mesure a été plus qu’annihilée par l’augmentation générale de la pression fiscale des contribuables ! Résultat : avec le gouvernement Macron, prélèvements obligatoires et dette de l’État continuent d’augmenter !

Ainsi, au final, rien de ce qui caractériserait un gouvernement libéral en économie n’a été réalisé par l’actuel président. Aucune réforme de fond n’a d’ailleurs été entreprise pour diminuer l’excessive étatisation du pays. Au lieu de s’attaquer à sa désindustrialisation, son recul en matière de compétitivité avec pour conséquence son appauvrissement relatif, Macron s’entête dans les solutions keynésiennes d’aides à l’emploi. Quant au côté sociétal, loin d’œuvrer à une réconciliation nationale, Macron a multiplié les agressions contre la culture française, contre la défense du territoire et contre les signes judéo-chrétiens, au bénéfice des minorités qui ont sa faveur.

Sans aucune hésitation, selon les faits avérés, Macron se comporte en président socialiste. Que la moitié des Français le considère comme étant de droite constitue une profonde et triste méprise. Une méprise probablement basée sur les apparences et les discours, ainsi que l’a suggéré le président lui-même en se targuant d’avoir un « habitus de droite »5.

LA DROITE DANS L’ATTENTE DE SON MESSIE ?

Blessés, manipulés, écartelés, les électeurs de droite ont perdu leurs repères cardinaux. La tentation est immense de croire, tels des orphelins encore sous le choc, qu’il suffit d’attendre le leader salvateur pour panser les plaies et rendre son unité à cet ensemble aujourd’hui dispersé. Encore plus dangereux serait de sortir du congélateur un ex-leader charismatique, à l’instar d’un Sarkozy ou de quelqu’un de sa bande. Bien que confortable à court terme, cette solution signerait la poursuite de l’entreprise de suicide de la droite, et son aboutissement final. Cela pour deux raisons évidentes :

  • En dehors de la première année de son mandat plutôt réformatrice, et de ses résultats bien meilleurs que ceux de Hollande6, Sarkozy a vite repris les travers keynésiens et ruineux de ses ennemis politiques. Son ambiguïté politique n’a d’ailleurs d’égal que sa personnalité controversée.
  • Pour relancer un courant et rassembler derrière sa bannière, deux ingrédients doivent être présents au même moment : non seulement un leader (de préférence neuf) mais également un projet cohérent et solide.

SARKOZY, L’HIBERNATUS DOUBLE FACE

Vraisemblablement, la déclaration d’Emmanuelle Mignon est à prendre au second degré, c’est-à-dire à l’envers. Sans doute a-t-elle voulu signifier que les leaders de droite étaient tellement socialistes que Macron en constituait le plus abouti des prototypes. Pour ne parler que du dernier président dit « de droite », l’ambiguïté politique de Sarkozy a été maintes fois démontrée.

À cette puissante similarité entre Macron et Sarkozy s’ajoute l’aspect clivant de leur personnalité. Sarkozy reste encore détesté d’une bonne partie de la population. Lors des élections de 2012, médias et opposants s’étaient déchaînés contre ses travers. Il en est de même pour l’actuel président7, dont l’exécration atteint des sommets : fin 2018, la moitié des Français souhaitait sa démission, et 55 % d’entre eux appelaient de leurs vœux une dissolution de l’assemblée (sondage Yougov, Capital 12/18).

Après le déferlement de haine des syndicats contre la non-réforme de la SNCF8, c’est au tour des Gilets jaunes de manifester leur colère contre le gouvernement et en particulier contre son président, et ce depuis une trentaine de semaines !  Macron semble donc même dépasser Sarkozy sur ce plan là.

Quel serait vraiment l’intérêt de la droite à sortir du congélateur une personnalité comportant un tel potentiel de flou politique et de rejet personnel ? En dehors d’une fausse réconciliation de façade et potentiellement insuffisante sur le plan électoral, ce qui procurerait un confort de très courte durée donc, avec Sarkozy ou l’un de ses complices, la droite se verrait parachever son travail d’autodestruction dans un grandiose feu d’artifice de pétards mouillés.

Sur le web

  1. Six personnages en quête d’auteur
  2. Le livre Politique économique de droite, politique économique de gauche écrit par des économistes des deux bords dont certains issus des Gracques symbolise parfaitement ce réalisme économique hélas trop peu goûté à gauche… 
  3. Au plus mauvais moment, lorsque la reprise post crise du crédit a démarré. Résultat : un seul pays européen n’en pas profité, la France ! 
  4. Corriger les abus des pénalités infligées par les prud’hommes a été une bonne décision mais ce n’est qu’une goutte d’eau en comparaison des problèmes spécifiques à l’Hexagone… 
  5. Traduire habitus par « une façon d’être ». 
  6. Comparativement au reste de l’Europe, sur deux indicateurs importants, la croissance et le chômage, il n’y a pas photo. Sarkozy a par contre abusé de la dette et des impôts (pour rappel, Hollande a échoué sur tous les plans). 
  7. À la différence des médias qui semblent inféodés à l’actuel gouvernement. 
  8. Se mettre à dos les syndicats d’un tel bastion pour ne rien obtenir en échange à part l’arrêt du recrutement des fonctionnaires constitue un échec cinglant et monstrueusement coûteux. 

Nos dossiers spéciaux: Nicolas Sarkozyhttps://www.contrepoints.org/2019/06/16/346831-sarkozy-est-il-vraiment-le-messie-que-la-droite-attend#fnref-346831-8

6 mesures pour sauver la France et l’Europe, par Ligne droite

6 mesures pour sauver la France et l'Europe, par Ligne droite

6 mesures pour sauver la France et l’Europe, par Ligne droite

Par Ligne droite ♦ Pour réussir le grand changement, la droite nouvelle devra mettre en œuvre un plan d’action simple mais ambitieux. Un plan que Ligne droitea conçu sous la forme de six initiatives stratégiques susceptibles chacune de changer la donne de façon significative. Les deux premières doivent libérer notre pays de l’emprise du système politiquement correct. Les trois suivantes le guérir des fléaux que sont le libre-échangisme international, la déconstruction des valeurs et le mondialisme migratoire. Quant à la dernière, elle doit permettre à la France et à l’Europe de faire face au choc des civilisations.


Mettre fin au gouvernement des juges

Pour libérer la France du politiquement correct, la première initiative consiste à mettre un terme au gouvernement des juges. La démocratie repose en effet sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs, or ces principes sont aujourd’hui remis en cause par des juridictions qui ont pris le pas sur le pouvoir exécutif comme sur le pouvoir législatif. Un déséquilibre qui va tellement loin que le Conseil constitutionnel s’est arrogé le pouvoir de censurer les lois qu’il juge non conformes à la pensée unique, mettant ainsi sous tutelle la souveraineté populaire. Sans compter les lois liberticides qui, au nom des droits de l’homme, permettent aux magistrats de condamner ceux qui défient le politiquement correct. Ligne droite estime cette situation intolérable et considère que les juges doivent être remis à leur place.

Soumettre les médias au pluralisme

La deuxième initiative concerne les médias qui s’imposent aujourd’hui à tous les autres pouvoirs. Totalement acquis au politiquement correct, ils donnent le ton, soutiennent les politiques qui se plient à leur vision, occultent ou diabolisent ceux qui résistent. Quant à l’opinion, ils la manipulent, utilisant sans vergogne les techniques classiques de la désinformation. Les médias doivent donc être soumis à nouveau au pluralisme et privés de leur pouvoir démesuré sur la société.

Ces deux premières initiatives seront sans doute les plus difficiles à mettre en œuvre mais elles sont essentielles. Sans elles en effet, la droite arrivant au pouvoir resterait totalement impuissante car soumise aux juges et aux médias. Son action, comme celle de ses prédécesseurs, se limiterait alors à des mesures symboliques ou homéopathiques comme simple support à des opérations de communication. Mais si en revanche la droite nouvelle prend avec détermination ces mesures, dont Ligne droite a explicité dans son site toutes les dispositions concrètes, tout redevient possible et elle aura alors le champ libre pour les autres initiatives destinées à mettre un terme aux fléaux qui affectent notre pays.

Stopper toute nouvelle immigration pendant dix ans

S’agissant du mondialisme migratoire, Ligne droite estime indispensable de stopper toute nouvelle immigration pendant au moins dix ans. Aujourd’hui, personne n’ose plus prétendre que l’immigration est une chance ni même qu’elle ne provoque pas de sérieuses difficultés. Aussi est-il naturel, lorsque se présente un problème qu’on ne parvient pas à résoudre, de commencer par en tarir la source. Il conviendra donc de faire voter une loi d’exception visant à bloquer les arrivées clandestines et à supprimer toutes les formes d’immigration légale, y compris le regroupement familial et l’asile. Cette initiative, qui se présenterait comme pragmatique, sans parti pris idéologique, devrait pouvoir être soutenue par une large majorité de Français. À charge pour eux de décider par référendum au bout de dix ans s’il y a lieu de pérenniser ce dispositif.

Instaurer une régulation des échanges commerciaux

Pour ce qui est du fléau de l’ultralibéralisme international, il devrait y être mis un terme par l’instauration d’une régulation des échanges commerciaux destinée à compenser le dumping monétaire, social, écologique et fiscal qui fausse aujourd’hui la concurrence. Cette protection douanière devrait être instaurée aux frontières de l’Europe et aller de pair avec une offensive diplomatique destinée à faire reconnaître le principe de la régulation des échanges entre les grands pôles mondiaux.

Reconstruire le système d’enseignement

Enfin, pour ce qui est du fléau déconstructiviste, la cinquième initiative stratégique devra concerner la reconstruction du système d’enseignement. Aujourd’hui, loin de faire barrage à ce fléau mortifère, il l’accompagne en endoctrinant les élèves au lieu de leur inculquer des connaissances et de former leur intelligence. Aussi faut-il transformer le système de l’enseignement en lui assignant la mission de transmettre aux plus jeunes les connaissances constitutives de notre culture. Au lieu de chercher à égaliser au plus bas le niveau des élèves et des étudiants, il devra pousser chacun d’eux au maximum de ses capacités et remettre à l’honneur les valeurs de travail, de mérite, de sélection, de compétition et de dépassement de soi.

Ériger l’Europe en un pôle de puissance

Quant à la sixième initiative, elle doit permettre à la France de faire face au choc des civilisations. Et pour ce faire il n’est pas d’autre voie que de défendre et de promouvoir notre propre civilisation, la civilisation européenne. Un impératif qui exige qu’elle soit à nouveau dotée de la puissance. Aussi, la droite nouvelle devra-t-elle prendre l’initiative de transformer radicalement l’Union européenne pour ériger l’Europe en un pôle de puissance capable de rendre collectivement aux nations qui la composent l’indépendance, la puissance et l’identité. Cette nouvelle Union qui serait libérée de la Commission et dirigée selon le principe confédéral par les seuls États devrait rendre aux nations leurs compétences ordinaires et se concentrer sur l’essentiel : stopper l’immigration, réguler les échanges commerciaux, réindustrialiser le continent, faire de l’euro une monnaie qui serve l’Europe comme le dollar sert les États-Unis, enfin sortir de l’Otan et créer une alliance militaire européenne.

La mise en œuvre de ces six initiatives stratégiques permettrait d’engager un grand changement qui ferait passer la France et l’Europe du déclin à l’expansion. La rénovation de l’Union telle que conçue par Ligne droite pourrait même conduire la nouvelle Europe ainsi créée à redevenir la première puissance mondiale ou, à tout le moins, une puissance capable de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine.

Ligne droite
04/06/2019

Source : Ligne droite

Crédit photo : Edouard Detaille via Wikimedia cco

6 mesures pour sauver la France et l’Europe, par Ligne droite

 

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Revue de presse nationale et internationale.

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