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François de Lochner : « l’islamisation de la France est parfaitement programmée par le monde musulman »

François de Lochner : « l’islamisation de la France est parfaitement programmée par le monde musulman »

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La grande mosquée de Paris

07/12/2017 – 07h50 Paris  (Breizh-info.com) – François de Lochner préside la Fondation de Service politique. Il vient de publier, aux éditions Pierre Guillaume De Roux, une « chronique de l’islamisation ordinaire de la France » dans laquelle il dresse un constat sans appel.

Le haut fonctionnaire dénonce ce qu’il considère être une islamisation de la France. Il appelle à la résistance quotidienne et somme les responsables politiques de prendre leurs responsabilités, sans craindre la bien-pensance et les chantres d’une mondialisation utopique.

Présentation de l’éditeur :

La France a-t-elle pour vocation de devenir terre islamique? À en croire les élites boboïsées, représentatives d un microcosme aseptisé, l islamisation de la France ne serait qu un épouvantail, un mythe émanant au mieux d êtres incultes, les trop fameux « sans-dents », au pire de dangereux extrémistes.

Or pareil déni ne résiste pas à l analyse : faute d une sérieuse remise en cause des politiques menées depuis un demi-siècle, l islamisation du pays sera achevée dans quelques années. Quand, devenue un fait de société incontournable, elle acculera tous les Français à adopter, de gré ou de force, la culture islamique au sens le plus large. Il convient dès lors de s interroger sur l inversion du processus habituel de l assimilation : appartient-il aux musulmans immigrés, devenus dès lors mulsumans de France, de transformer leur nouvelle patrie en terre islamique ?

François Billot de Lochner remonte aux sources du phénomène, anticipe ses graves conséquences et propose quelques pistes de réflexion pour échapper au danger qui nous guette.

« chronique de l’islamisation ordinaire de la France » – François de Lochner – Pierre Guillaume De Roux – 23€

Entretien avec François de Lochner.

Breizh-info.com : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

François de Lochner : En tant que président de la Fondation de Service politique, je dénonce sans relâche le déclin continu de la France, qui risque de s’achever par sa disparition si nous n’y prenons garde. À cet égard, la dizaine de livres que j’ai écrits depuis 15 ans pointe tous les affaissements politiques, économiques, sociaux, moraux, religieux ou culturels de notre pays, mettant en exergue les forces de déconstruction à la manoeuvre, analyse les gigantesques problèmes auxquels nous somment confrontés , et tente d’apporter des solutions à un déclin qui n’est pas irrémédiable.

Breizh-info.com : Il y a eu de nombreux ouvrages, ces dix dernières années, traitant de  « l’islamisation de la France » . Qu’est ce que le vôtre souhaite apporter de plus ?

François de Lochner : Mon livre ne ressemble pas aux ouvrages que vous évoquez. En effet, il a pour objectif de dévoiler la pensée des leaders musulmans français, européens ou mondiaux, en partant de ce qu’ils disent sur l’islamisation du monde. Depuis plus d’un demi-siècle, tout ce qu’ils disent ou écrivent va dans le même sens : la France deviendra islamique dans un court délai.

En même temps, ces leaders indiquent aux musulmans du monde entier la meilleure façon d’opérer pour qu’il en soit ainsi. Je démontre donc que l’islamisation de la France est parfaitement programmée par le monde musulman, qui s’appuie sur la lâcheté et la compromission des élites politico-médiatiques, ainsi que sur la soumission pour le moins surprenante du peuple français.

Breizh-info.com : Nous avons publié une étude du très sérieux Pew Research Center concernant la progression de l’Islam en France et en Europe. Vous la  jugez sous évaluée. Pourquoi ? Sur quoi vous basez vous pour faire une telle affirmation ?

François de Lochner : Je vous renvoie à de multiples études, infiniment plus sérieuses que celle que vous signalez. Il suffit de projeter quelques chiffres pour savoir que nous serons un pays majoritairement musulman dans une trentaine d’années. Parmi les chiffres qu’il faut avoir en tête, en voici quelques-uns : la population immigrée sur plusieurs générations est comprise entre 15 et 20 millions de personnes ; le taux de fécondité des femmes blanches est de 1,6, contre le double environ pour les populations immigrées ; nous accueillons chaque année 400 000 personnes environ, dont l’immense majorité est musulmane.

La projection de ces quelques chiffres, qui peuvent être affinés par d’autres chiffres qui vont dans le même sens, aboutissent à un résultat non contestable : la France sera majoritairement musulmane dans une trentaine d’années. L’étude que vous citez est donc complètement erronée. Pour mémoire, je vous rappelle qu’il y a quelques mois, Alain Juppé affirmait à la télévision que l’immigration concernait moins de 100 000 personnes… A ce niveau de mensonge, les bras nous en tombent.

Breizh-info.com : Dans votre livre, vous citez des exemples de pays, notamment musulmans, qui ont pris des mesures pour endiguer l’islamisation de leur société. Pouvez-vous revenir dessus ?

François de Lochner : Certains pays musulmans, en effet, ont compris que l’islam politico-religieux pouvait aboutir à détruire les valeurs traditionnelles de leur société. Ainsi, le Tadjikistan, musulman dans sa quasi-totalité et dirigé par un musulman, a pris des mesures coercitives pour contrer l’islamisation de la société. Par exemple, le port du voile ou la barbe islamique ne sont pas les bienvenus.

Il n’est pas inutile, en complément de cet exemple, de citer les positions de certains musulmans ayant des postes de responsabilité en Occident. À cet égard, le maire de Rotterdam, musulman convaincu, refuse catégoriquement l’islamisation de sa ville, et agit en conséquence : si les musulmans ne veulent pas respecter les valeurs fondamentales des Pays-Bas, qu’ils s’en aillent… A l’inverse, le maire de Londres, musulman très proche de l’organisation terroriste des Frères musulmans, organise en sous-main l’islamisation de la Grande-Bretagne.

Breizh-info.com : Alain Wagner a récemment livré une interview dans laquelle il confirme la thèse d’Eurabia, qui accable l’Union Européenne qui aurait « vendu » l’Europe aux organisations islamiques et au monde musulman. Accréditez- vous cette thèse ?

François de Lochner : Comme je le disais tout à l’heure, la compromission et la lâcheté des « élites » politico-médiatiques, de l’Union européenne en général et de la France en particulier, correspondent objectivement à une sorte de « vente » de l’Occident au monde musulman. La soumission est partout, et rend le combat particulièrement difficile.

Breizh-info.com : Finalement, votre constat est très long, mais votre « Que faire ? » est assez court. N’avez-vous donc pas un message d’espoir à faire passer ?

François de Lochner : Le message d’espoir est dans mon livre, et notamment dans le « Que faire », qui me semble suffisamment long. En effet, ce « Que faire » n’a aucunement l’intention d’être exhaustif, mais donne quelques coups de projecteur sur l’action que chacun d’entre nous peut mener pour ne pas se retrouver un jour en République française islamique. Je préfère quelques actions ciblées et menées, qu’une litanie d’actions exhaustives mais restant lettre morte. Mon livre a pour objectif d’éveiller les consciences, de chacun d’entre nous comme de celles des « élites politico-médiatiques ».

Propos recueillis par Yann Vallerie

Photos : Wikimedia commons (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2017/12/07/83722/francois-de-lochner-lislamisation-de-france-parfaitement-programmee-monde-musulman

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Jérusalem, au carrefour des trois religions monothéistes

Jérusalem, au carrefour des trois religions monothéistes

Depuis sa conquête par David, Jérusalem est à la fois la ville du Père, la ville du Fils sacrifié et la Ville sainte

Jerusalem 

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Jerusalem  / Kyrylo Glivin/kirill4mula – stock.adobe.com

Comment Jérusalem est-elle devenue la capitale spirituelle du monde juif ?

La Bible évoque Jérusalem pour la première fois en Gn 14,18, où il est question de Melchisédec, roi de Salem. Le sacrifice d’Isaac a eu lieu sur le mont Moria où fut établi plus tard le Temple de Jérusalem (Gn 22,2 et 22,14). C’est David qui, remarquant les atouts naturels et stratégiques du lieu, quitta Hébron, où il avait installé sa capitale, pour Jérusalem, après avoir battu les Jébusites installés là depuis des temps reculés (2 S 5,5-9). Il revint à Salomon, fils de David et de Bethsabée, de construire au Xe siècle av. J.-C. le premier temple de pierre. Les tribus montaient vers ce sanctuaire unique pour adorer le Dieu unique.

Jérusalem devint ainsi de manière indissociable une capitale politique et religieuse où retentissait la voix des prophètes qui s’efforçaient de ramener le peuple au Seigneur Dieu. Détruit par les Babyloniens en 587 av. J.-C., le Temple fut reconstruit après le retour des exilés libérés par Cyrus, roi des Perses. Mais la ville ne retrouva jamais son autonomie politique. Elle tomba sous l’influence des Grecs, puis des Romains qui, au coeur de l’été 70 apr. J.-C., décidés à écraser une révolte juive, détruisirent le Temple reconstruit par Hérode le Grand. Une seconde insurrection juive, en 132, aboutit à la destruction totale de la ville.

A lire : Le monde musulman réagit à la décision de Trump sur Jérusalem

Reconstruite sous le nom d’Aelia Capitolina, celle-ci sera dès lors interdite à la population juive. Menacé de disparaître, le judaïsme va se redéfinir, apprendre à vivre sans le Temple, autour de l’étude de la Torah et de la piété. Le souvenir de Jérusalem sera néanmoins, et jusqu’à aujourd’hui, entretenu, prenant une place importante dans la prière, imprégnant les rites et la vie. Et le 9 du mois Av, date symbolique de la destruction du Temple, deviendra un jour de jeûne.

Puisque le Temple unique était détruit et la Ville sainte inaccessible, s’est également peu à peu développée parmi les juifs de la diaspora l’idée d’une Jérusalem « spirituelle ». Cité que Dieu s’est choisie, « lieu d’origine », « mère de toutes les nations », Jérusalem est le lieu de la promesse et du rassemblement des nations qui adoreront le même Dieu au temps de la venue du Messie attendu. Selon le Talmud : « Le jour où le sanctuaire a été détruit ici bas, le Saint, béni soit-il, a juré de ne pas entrer dans la Jérusalem d’en haut avant la rentrée d’Israël dans la Jérusalem d’en bas. »

Que représente Jérusalem pour les chrétiens ?

Tout le parcours de Jésus est une préparation à sa rencontre avec Jérusalem, où sa vie reçoit toute sa signification. Il y prend son dernier repas, veille dans le Jardin des oliviers, est crucifié sur le Golgotha, y est enterré… puis apparaît à ses disciples. C’est l’Évangile de Jean qui accorde le plus de place à Jérusalem. Jésus y monte plusieurs fois avec ses disciples pour célébrer la Pâque juive, fustigeant les marchands du Temple, guérissant le paralytique à la piscine de Bethesda, et l’aveugle de naissance qui se lave à la piscine de Siloé. Mais pour les quatre Évangiles, c’est à Jérusalem que s’accomplit le parcours de Jésus.

Ce n’est pourtant que trois cents ans après sa mort que l’on tenta de repérer les lieux où il avait vécu, été crucifié et enseveli. Des voix – comme Eusèbe de Césarée ou Grégoire de Nysse – s’élevèrent alors pour rappeler que Jérusalem n’avait, pour les chrétiens , plus de signification théologique, puisque Jésus avait proclamé une rupture – le Royaume n’est plus enraciné dans une terre , mais dans la personne de Jésus, sa vie et son enseignement – mais aussi parce que la Jérusalem terrestre est trop terrestre et que notre Jérusalem est au ciel, comme le chante l’Apocalypse, que seule l’Église en est déjà l’image, dans l’attente de la Jérusalem nouvelle de la fin des temps. Ces voix restèrent alors isolées.

En 324, Constantin, empereur chrétien de tout l’Empire romain, avait en effet rendu son nom à Jérusalem, fait effectuer des fouilles, mis en valeur les lieux saints, construit des sanctuaires, et Jérusalem était ainsi devenue une ville de pèlerinage. Dans les siècles suivants, elle sera objet de désamour, surclassée par Constantinople et par Rome, avant de redevenir simplement pour les chrétiens la ville où l’histoire du salut a pris corps, l’Église mère de toutes les Églises, vers laquelle les chrétiens font pèlerinage.

Pourquoi Jérusalem est-il un lieu saint pour les musulmans ?

Si Jérusalem fait partie des villes saintes de l’islam, elle n’occupe que la troisième place, derrière La Mecque et Médine. Au début de sa prédication, Mohammed se tournait vers Jérusalem pour prier. Il aurait alors vécu une expérience mystique qui l’aurait transporté de La Mecque à Jérusalem, où aurait eu lieu son ascension aux cieux.

Le Coran se fait l’écho de ce voyage mystique dans un passage devenu, pour toute la tradition musulmane, le fondement de son attachement à Jérusalem. C’est le début de la sourate 17 : « Gloire à celui qui a fait voyager de nuit son serviteur de la Mosquée sacrée (al masjid al harâm) à la mosquée très éloignée (al masjid al aqsâ) dont nous avons béni l’enceinte. » Le nom de Jérusalem n’est pas cité. Mais la tradition a identifié le lieu de ce voyage nocturne avec le mont du Temple. Quand l’islam est devenu une religion autonome, les fidèles vont se tourner vers la Ka’ba de La Mecque pour leurs prières rituelles.

Jérusalem perd alors de sa primauté, mais pas de son importance qui va s’affirmer quand en 638, la ville, alors exclusivement peuplée de chrétiens, sera conquise par le calife Umar. L’islam, qui s’affirme héritier du judaïsme et du christianisme, marquera alors la ville de ses propres références, soulignant ainsi qu’une nouvelle religion avait repris le flambeau. Durant le Moyen Âge, toute une littérature va glorifier Jérusalem – la ville noble, « la sainte maison de l’islam », « la résidence royale d’Allah ». « Venez à la ville du Sanctuaire, priez-y, car c’est le lieu de la Résurrection. » Depuis, les musulmans du monde entier attendent le moment de reprendre dans la paix le chemin de la Ville sainte.

https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Jerusalem-au-carrefour-des-trois-religions-monotheistes-_NG_-2009-05-06-534433?from_univers=lacroix&from_univers=lacroix

La Cour de Cassation autorise le voile islamique dans l’entreprise : pagaille garantie

La Cour de Cassation autorise le voile islamique dans l’entreprise : pagaille garantie !

La Cour de Cassation autorise le voile islamique dans l’entreprise : pagaille garantie

Par Sophie Durand, résistante contre l’islamisation de la France, pour la conservation de sa civilisation et de ses valeurs ♦ Un arrêt de la Cour de Cassation en date du 22 novembre précise les conditions dans lesquelles une salariée peut porter le voile. Certains n’y voient que du feu mais cette décision va venir troubler le calme des entreprises privées en donnant des limites à l’interdiction du port du voile : courdecassation.fr


Voici la procédure dans cette affaire : une jeune salariée, Asma Bougnaoui, a d’abord travaillé cheveux au vent. Puis elle a adopté un bandana, et enfin le voile. Un client de l’entreprise s’en est plaint. Plusieurs avertissements ont été adressés à la jeune femme, en vain. Elle a finalement été licenciée. La salariée a porté l’affaire devant les Prud’hommes, estimant être discriminée en raison de ses convictions religieuses. Elle a perdu. Puis devant la Cour d’appel, et a également perdu, les Prud’hommes et la Cour d’appel estimant qu’une entreprise pouvait demander à ses salariés un comportement discret. Asma Bougnaoui s’est alors pourvue en cassation. La Cour de cassation a d’abord demandé son avis à la Cour de justice européenne, basée à Luxembourg, qui s’est prononcée en mars dernier. La Cour de cassation a rendu son arrêt le 22 novembre 2017, sans renvoi devant une autre cour d’appel, ce qui indique que l’arrêt doit faire jurisprudence.

Globalement, la Cour de cassation a estimé que le souhait du client de ne plus voir Asma Bougnaoui voilée « ne pouvait être considéré comme une exigence professionnelle exigeante et déterminante » et qu’une telle interdiction du voile aurait dû figurer dans le règlement intérieur.

Certains s’imaginent bien naïvement que le port du voile en entreprise va pouvoir être interdit purement et simplement. Que nenni ! Il suffit de lire l’arrêt. Et les directives européennes. Et la loi El Khomri. Et le Code du travail dans lequel les dispositions européennes sont hélas intégrées. Il en ressort tant de conditions qu’on quitte ces intéressantes lectures avec le tournis, abasourdi et déstabilisé, obligé d’ingurgiter sur-le-champ un ou plusieurs cachets d’aspirine et de se mettre une poche d’eau glacée sur la tête. Jugez plutôt :

L’interdiction du voile islamique est autorisée. Oui, mais…

  • Oui, mais à condition que ce soit écrit dans le règlement intérieur.
  • À condition qu’il s’agisse de salariés en contact avec le public.
  • L’employeur en cas d’interdiction doit avant tout licenciement essayer de recaser la salariée dans un secteur sans contact avec le public.
  • L’entreprise doit contacter un inspecteur du travail pour lui faire valider cette interdiction.
  • La liberté d’opinion interdit que l’employeur interdise d’exprimer sa religion au sein de l’entreprise.
  • L’interdiction doit être celle de porter des signes des convictions religieuses mais cette seule interdiction ne suffit pas : doivent aussi être interdits les signes de convictions philosophiques et politiques.
  • Cette interdiction doit être indifférenciée, c’est-à-dire ne doit pas concerner seulement le port du voile.
  • La situation ne doit pas traduire une discrimination indirecte.
  • Qui plus est : l’interdiction ne doit pas faire subir un désavantage particulier à des personnes adhérant à une religion ou des convictions données.
  • Si un désavantage particulier doit être subi par des personnes adhérant à une religion donnée, cette interdiction devra être justifiée par un objectif légitime et les moyens appropriés et nécessaires de réaliser cet objectif.
  • La Cour de cassation estime que la volonté d’un employeur de tenir compte des souhaits d’un client de ne plus voir ses services assurés par une salariée portant le voile ne saurait être considérée comme une exigence professionnelle et déterminante.

Bref, c’est byzantin. Une entreprise n’a donc plus en réalité le droit d’interdire d’une manière générale le port du voile en entreprise. Un salarié travaillant dans un secteur sans contact avec la clientèle pourra se voir imposer par ses collègues la vue du voile, même si celui-ci représente pour lui un totalitarisme conquérant en désaccord avec ses convictions.

Au nom de la « liberté d’opinion », l’inspecteur du Travail pourra s’opposer au règlement intérieur interdisant le port du voile.

Au nom de la « liberté d’opinion », on imposera à ce salarié, qui n’a qu’un but : celui de travailler dans le calme, l’opinion dévastatrice de ceux qui nous font la guerre. Et il ne pourra pas donner son opinion.

Au nom de la « liberté d’opinion », la laïcité en entreprise sera bafouée.

Au nom de la « liberté d’opinion », partout ailleurs qu’au contact avec la clientèle, les voiles pourront proliférer.

Au nom de la « liberté d’opinion », un client qui n’en veut pas pourra se voir imposer les services d’une salariée voilée.

J’ai récemment rencontré un artisan débordé. Il a du travail par-dessus la tête et pourrait avoir toute une équipe avec lui, mais il refuse d’embaucher. Il tient à sa tranquillité. Il tient à ce que ce qu’il a déterminé soigneusement lui-même comme exigences professionnelles déterminantes au sein de son entreprise ne soit contrarié par aucun arrêt de la Cour de cassation. Ce qui lui paraîtrait à juste titre comme une intrusion intolérable dans sa manière de voir et de manager ses intérêts en même temps que ceux de ses clients.

On attend une évolution de la jurisprudence Baby Lou, qui permettait d’interdire le voile dans les entreprises privées exerçant une mission de service public.

On attend de voir les voilées investir massivement l’entreprise et le choc qui va en résulter. On connaît leur capacité de nuisance procédurière. Après cela, ce seront les kamis, la charia et les cinq prières obligatoires pour tous.

On attend aussi avec gourmandise les revendications, au sein de l’entreprise, du Ku-Klux-Klan, des royalistes légitimistes, des nudistes, des végétalistes intégraux, des indépendantistes bretons et de tout poil, des adorateurs du Soleil ou d’Ubu et autres sectes tolérables à la condition sine qua non de rester de curieuses minorités et, surtout, de respecter l’ordre public.

On comprendra que les Français soient de plus en plus allergiques au port du voile, cette agression manifeste de notre mode de vie et de nos lois.

Sophie Durand
29/11/2017

Source : Riposte Laïque
Correspondance Polémia – 30/11/20

Crédit photo : Denis Bocquet via Flickr (cc)

 

https://www.polemia.com/la-cour-de-cassation-autorise-le-voile-islamique-dans-lentreprise-pagaille-garantie/

Raphaël Enthoven présente ses excuses après sa chronique sur le Notre Père

Raphaël Enthoven présente ses excuses après sa chronique sur le Notre Père

© ERIC PIERMONT – AFP
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Le philosophe est revenu ce jeudi sur sa chronique où il accusait à mots couverts l’Église d’avoir modifié la traduction du Notre Père par islamophobie.

Les réactions étaient si nombreuses et l’incompréhension des catholiques si frappante que Raphaël Enthoven a jugé utile de revenir ce jeudi, à l’antenne d’Europe 1, sur son interprétation très personnelle de la nouvelle traduction du Notre Père. Il y expliquait en substance que si l’Église proposait cette nouvelle traduction c’était par islamophobie.

Le philosophe a expliqué d’entrée que sa chronique de mardi dernier « n’était pas bonne » : « d’abord elle était mauvaise, mais surtout elle était malhonnête ». A-t-il eu tort ? Raphaël Enthoven botte en touche et évite de se dédire tout à fait : « mais je n’en sais rien, personne n’en sait rien (…). C’est cela le problème. J’aurai pu dire n’importe quoi, d’ailleurs je l’ai fait. La question n’est pas de savoir ce qui est vrai ou faux, qui le sait, mais si ce que je raconte permet ou empêche le débat. »

« Avoir produit du soupçon au lieu de le dissiper »

En revanche, il admet que c’est sa méthode qui pose problème. Un angle qui lui permet d’éviter de revenir sur le fond du propos de sa chronique : « Je n’ai rien démontré. J’ai juste partagé une intuition, une pauvre opinion avec les auditeurs d’Europe 1, ce qui n’a aucun intérêt. En présumant que c’est par islamophobie que le texte du Notre Père a été purgé du verbe soumettre, je mettais ceux que j’en accusais dans la situation tout à fait impossible d’avoir à dire que ce n’était pas le cas sans pouvoir en apporter la preuve. Une parole indémontrable, comme l’était la mienne, est une parole infalsifiable et ça c’est impardonnable. Ce qui est impardonnable, c’est d’avoir produit du soupçon au lieu de le dissiper ».

« Quel est l’ennemi commun, l’ennemi de tous, l’ennemi du public numéro 1, ce n’est pas le catholicisme, ni l’islam, ni le judaïsme, ni la laïcité bien sûr, a poursuivi le philosophe. Le seul ennemi que nous ayons tous à redouter collectivement, le cauchemar du débat, c’est le procès d’intention, qu’on en fasse ou qu’on en subisse, c’est l’accusation indémontrable qui souille l’accusé sans exposer l’accusateur à un démenti argumenté ».

Des excuses pour son procès d’intention

En conclusion, c’est un mea-culpa sur la forme, bien plus que sur le fond, auquel s’est livré le médiatique chroniqueur : «  Je retire bien volontiers l’accusation d’islamophobie porté mardi dernier à l’encontre du Notre Père nouvelle façon, je reprends à grand frais ce débat sur l’exégèse biblique, où mon inculture est encyclopédique, et je présente mes excuses plates aux gens de bonne volonté, nombreux, qui prient du fond du cœur et ne connaissent pas la haine ». « Tout procès d’intention condamne à l’avance l’accusateur lui-même ». Une attitude qui a été loué par de nombreux internautes. Qui regrettaient néanmoins que le philosophe ne se soit pas interrogé sur le fond de son propos.

 

https://fr.aleteia.org/2017/11/23/raphael-enthoven-presente-ses-excuses-apres-sa-chronique-sur-le-notre-pere/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=weekly_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr

Corée du Nord, une « incroyable » visite à l’église catholique de Pyongyang

Corée du Nord, une « incroyable » visite à l’église catholique de Pyongyang

REPORTAGE Dans un pays où « on ne croit pas », en dépit d’un article de la Constitution qui garantit la liberté religieuse, notre envoyé spécial a pu se rendre à l’église catholique de Changchung à Pyongyang, sans prêtre, sans évêque et sans baptisés. Reportage.

L’église de Changchung et la seule église catholique de Corée du Nord

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L’église de Changchung et la seule église catholique de Corée du Nord / Dorian Malovic

Le 4 X 4 Toyota entre dans la cour et l’église apparaît. Sobre, de couleur blanche et marron foncé, la façade extérieure laisse découvrir une petite rosace et un vitrail rectangulaire, surmontée d’une croix au sommet. Deux responsables en costume sombre classique attendent.

La veille, suite à ma requête, mon guide-accompagnateur Monsieur Pak avait téléphoné à son assistante pour organiser la visite de l’église catholique de Changchung sise au cœur de la capitale Pyongyang, construite en 1988. Si j’avais déjà visité des dizaines d’églises en Chine ces dernières années, cette visite dans l’unique église catholique de Corée du Nord était une première. Monsieur Pak me confesse également qu’il n’était encore jamais venu.

Après de rapides salutations, Kim Chol-un, président de l’Association des catholiques de Corée, se présente en insistant sur son prénom chrétien : « Francisco, comme le pape. » Le vice-président de l’Association, Cha Julio, plus jeune, ouvre la porte de l’église. « Please… » en invitant à entrer.

Les fidèles, de lointains descendants de catholiques

De larges vitraux non peints laissent entrer la lumière du soleil qui illumine la nef, les deux rangées d’une dizaine de bancs en bois, le chemin de croix de part et d’autre, deux tableaux de Marie et de Joseph. Le chœur reste dans l’ombre, illuminé par la bougie du Saint-Sacrement près du tabernacle.

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Dans ce lieu, « 150 à 200 personnes viennent prier chaque dimanche matin pendant quarante minutes », assure Francisco. « Nous avons une cérémonie rituelle le dimanche, en revanche, personne ne vient durant la semaine. Vous devriez venir dimanche pour les rencontrer. »

Kim Chol-un explique que c’est lui qui « préside » la prière. Mais qui sont les fidèles ? « Ce sont de lointains descendants de catholiques qui ont tous plus de 60 ans aujourd’hui. » Se disent-ils catholiques ? « Oui, nos ancêtres nous ont légué la connaissance. » Et Cha Julio de préciser dans un anglais parfait : « Bien sûr nous sommes catholiques par nos arrières-grands-parents et Pierre avait baptisé nos ancêtres… »

Une église sans prêtre

« Il n’y a pas de prêtre ici, reconnaît Francisco. Nous sommes autonomes, indépendants, mais les gens qui viennent sont baptisés sinon ils ne pourraient pas entrer. » Baptisés par qui ? « Ils se sont baptisés entre eux depuis les origines de Pierre. » À ses yeux, le sacrement du baptême se serait donc transmis naturellement de génération en génération…

Vidéo : « J’ai visité la seule église catholique de Corée du Nord »

Mais comment expliquer la construction en 1988 de cette unique église catholique du pays ? « Notre leader Kim Il-sung nous a libéré du colonialisme japonais. Puis, en 1950, la guerre de Corée a détruit toutes les églises et les croyants se sont dispersés un peu partout », explique Kim Chol-un, qui omet de signaler comment Kim Il-sung, après sa conquête du pouvoir en 1948 soutenu par l’URSS, a voulu éradiquer les religions.

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« Toutes les églises ont été détruites, les chrétiens, catholiques et protestants tués ou envoyés dans des camps », rappelle un missionnaire occidental qui vit depuis plusieurs décennies en Corée du Sud et qui a pu se rendre dans cette église de Pyongyang plusieurs fois. « On appelait Pyongyang, à l’époque, la Jérusalem de l’Est. Des milliers de catholiques y vivaient. Mais elle a été vidée de toute religiosité. Les quelques missionnaires étrangers, les Maryknolls (NDLR, cousins américains des Missions étrangères de Paris, MEP) ont été expulsés et les Coréens catholiques purgés. »

L’église catholique de Changchung, à Pyongyang, / Dorian Malovic.

L’église catholique de Changchung, à Pyongyang, / Dorian Malovic.

Une histoire sans pitié pour les catholiques de Corée

Au début de la guerre de Corée, lorsque les troupes du Nord ont conquis Séoul en moins de deux jours, des dizaines de prêtres, religieuses et catholiques ont été pris en otages et emmenés au Nord durant ce qu’on a appelé la « Marche de la mort ». Il y avait également des militaires américains dans le groupe et la majorité d’entre eux sont morts avant d’avoir atteint la frontière chinoise où ils ont été libérés. « Un prêtre des Missions étrangères de Paris a survécu, raconte encore le missionnaire, ainsi qu’une religieuse française du Carmel et une sœur de Saint-Paul de Chartres je crois… »

Dans ce contexte historique sans pitié, il est bien difficile de savoir si la poignée de « catholiques » visible aujourd’hui à Pyongyang a été choisie en fonction de leur filiation religieuse, mais c’est difficile à croire. Pour le prêtre de Corée du Sud, « ils sont des citoyens choisis pour effectuer cette tâche le dimanche et montrer au monde que la liberté religieuse existe en Corée du Nord. Ce sont des fonctionnaires ».

Vidéo : « Je viens tout juste de rentrer de Corée du Nord… »

Francisco, lui, explique que ce sont eux qui auraient exprimé « l’ardent désir de voir une église construite en 1988 ». « Une fois le gouvernement informé, le président Kim Il-sung a fait don d’un terrain, de matériels et d’argent pour sa construction », assure-t-il. Selon lui, il existe 800 croyants à Pyongyang et 3000 dispersés dans toute la Corée du Nord. « Même sans prêtre, ils peuvent prier chez eux, par petits groupes de façon autonome. » Ces chiffres circulent à l’étranger, toujours les mêmes, mais il est impossible de vérifier.

Aucune relation diplomatique entre le Vatican et la Corée du nord

Des Églises protestantes sud-coréennes très anti-communistes et conservatrices défendent de leur côté l’idée d’une présence chrétienne clandestine ou réprimée par le régime. « Peut-être certains ont-ils été baptisés à Pékin, s’interroge notre missionnaire du Sud, je ne sais pas. Moi-même, j’ai pu célébrer plusieurs fois mais je n’ai jamais donné la communion, ce n’est pas possible s’ils ne sont pas baptisés. D’ailleurs, ils nous fuient et nous ne pouvons pas parler avec eux. »

Alors qu’il n’est ni prêtre, ni diacre, qu’il est marié et a deux enfants, Francisco assure qu’il distribue la communion avec des hosties consacrées par des évêques ou prêtres sud-coréens venus plusieurs fois en délégation officielle ces dernières années. « Un prêtre américain vient également célébrer ici parfois. Lui et les Sud-Coréens en laissent pour nous mais nous n’en avons plus en ce moment », déplore-t-il.

Reportage : La Corée du Nord est entrée dans l’ère nucléaire

En invitant à se rendre dans la sacristie, Kim Chol-un montre fièrement une photo du pape Jean-Paul II recevant un couple de Nord-Coréens à Rome dans les années 1980. Juste au-dessus, une belle photo souriante du pape François est affichée près d’une icône de la Vierge aux yeux bridés offertes par des prêtres sud-coréens.

Officiellement l’évêque du diocèse de Pyongyang est l’archevêque de Séoul et aucun prêtre n’est en poste à Pyongyang. Aucun signe ou témoignage ne laisse croire qu’une « Église souterraine » aurait pu survivre depuis les purges de 1948. Aucune relation diplomatique n’existe entre le Vatican et la Corée du nord, ni aucun échange du type de ceux qui peuvent exister entre Rome et Pékin où la situation de l’Église n’est pas simple.

Kim Chol-un, président de l’association des catholiques de Corée (à droite) et Cha Julio, vice-président de l’association. / Dorian Malovic

Kim Chol-un, président de l’association des catholiques de Corée (à droite) et Cha Julio, vice-président de l’association. / Dorian Malovic

« Nous maintenons notre église vivante »

Fièrement, Francisco sort une magnifique Bible (Ancien et Nouveau Testament), « traduite par les chercheurs de l’Université Kim Il-sung ». Il dit en posséder une autre traduite par les Sud-Coréens, et une autre en latin. Comment ces « croyants » enseignent-ils le catéchisme à leurs enfants ? « Il n’y a rien à apprendre et les jeunes n’aiment pas venir le dimanche, mais nous maintenons notre église vivante », répond-il.

Le crépuscule s’installe lentement. La visite touche à sa fin mais avant de partir Francisco sort une « boîte à offrandes » pour les bonnes œuvres où l’on peut glisser quelques euros. Kim Chol-un et Cha Julio ont fait leur travail. Monsieur Pak n’attend pas que la voiture démarre pour m’ensevelir sous des tonnes de questions : le pape, les cardinaux, la Curie, les évêques, les prêtres, le baptême, la Bible, le catéchisme, les sacrements, les rituels, les règles, la légitimité ou légalité du fonctionnement de l’église de Pyongyang. Le repas du soir n’a été qu’une longue discussion sur l’Église catholique universelle, sa très longue histoire et son fonctionnement, qui s’est poursuivie très tard dans la nuit…

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La réalité religieuse en Corée du Nord

Selon les termes de la Constitution nord-coréenne, la liberté religieuse existe mais dans la réalité, il n’existe pas la moindre liberté religieuse sauf peut-être, selon plusieurs témoignages, pour la religion bouddhiste.

Dans tout le pays, il n’existe que quelques lieux de cultes officiels qui sont tous à Pyongyang : l’église catholique de Changchung, les deux temples protestants de Bongsu et Chilgol et enfin l’église orthodoxe de Chongbaek. Mais il n’y a aucun prêtre, pasteur ou pope à résidence.

Cultes et prières peuvent toutefois être pratiqués dans les enceintes diplomatiques étrangères par des prêtres de passage.

Dorian Malovic, envoyé spécial à Pyongyang

le renouveau du catholicisme en France

le renouveau du catholicisme en France

BORIS ROESSLER I DPA
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Dans un entretien pour le magazine allemand Der Spiegel, le romancier Michel Houellebecq a évoqué le « remarquable retour du catholicisme » en France.

Le site de la conférence des évêques allemands s’en est fait l’écho : dans un entretien accordé au journal Der Spiegel paru samedi dernier, Michel Houellebecq a évoqué l’importance qu’il donne à la religion. Selon lui, elle joue un rôle moteur pour la constitution des communautés et elle aide à leur pérennité. Il explique : « J’ai la conviction qu’une religion, une vraie foi, est beaucoup plus puissante sur les esprits qu’une idéologie. Le communisme était une sorte de fausse religion, un mauvais ersatz, quand bien même il se présentait avec toute une liturgie ». C’est pour cette raison que, selon lui, il a pu disparaître. Ce ne sera pas le cas, explique-t-il, de l’islam ou du catholicisme.

« Le remarquable retour du catholicisme » en France

Michel Houellebecq évoque également ce qu’il considère comme l’un des « moments les plus intéressants de l’histoire récente » et qu’il a pu observer en France. À l’occasion des manifestations contre le mariage pour tous, le monde politique a été abasourdi de découvrir une mobilisation de masse de cette population que l’on croyait disparue. « C’était un courant souterrain qui est remonté soudainement à la surface » : les catholiques français ont redécouvert à cette occasion leur poids et leur capacité de mobilisation.

Pour le romancier, ces mobilisations étaient beaucoup moins inspirées d’élans réactionnaires qu’on a pu le prétendre. Il les attribue essentiellement au renouveau lié aux mouvements charismatiques, qui ont su développer de nouvelles formes d’expressions et transformer la communication en s’inspirant des mouvements pentecôtistes. Le catholicisme que certains croyaient morts est apparu bien vivant et plein de vitalité.

Une thèse originale sur l’intégration des musulmans

Au sujet de l’intégration des musulmans en France, l’auteur de Soumission a développé une thèse originale. Selon lui, « si le catholicisme était une religion d’État, l’intégration des musulmans aurait beaucoup mieux fonctionné ». Avec une deuxième place, celle d’une minorité respectée dans un État catholique, les musulmans accepteraient mieux la légitimité de l’État français. Au contraire, au sein d’une société sécularisée avec un État laïc, ils considèrent la puissance publique comme un agent au service d’une guerre antireligieuse déguisée. Pour Michel Houellebecq, le régime de la laïcité n’est donc pas le meilleur garant de la concorde publique entre tous les citoyens pratiquant différentes religions.

Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

Régis Debray, écrivain et philosophe, est l’invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Régis Debray analyse la victoire d’Emmanuel Macron dans son livre “Le nouveau pouvoir” aux éditions du Cerf.

“La gaîté vient avec l’âge. Les jeunes prennent les choses au tragique, mais moi je suis sensibles aux rimes de l’histoire ce qui revient périodiquement. Moi je vois aujourd’hui la politique comme une comédie (…) Au fond tout ça est divertissant” dit le philosophe pour revenir sur son optimisme :

Les décadences sont des moments des moments féconds, créatifs

Ce qui m’embarrasse, c’est la victoire absolue d’ ‘homo économicus’, l’homme économique sur l’homme politique, lequel avait déjà remporté la victoire sur l’homme religieux

“L’économie a absorbé la politique”

“Nous sommes gallo-ricains, comme autrefois les gallo-romains (…)”L’envie d’être milliardaire est devenue légitime, comme l’envie d’être un héros il y a 100 ans ou d’être un saint il y a 1000 ans”.

“La victoire du chiffre est inquiétante, car c’est à très court terme (…) aujourd’hui nous avons perdu la conscience de porter une histoire collective . Ce qui pourrait me rendre triste, c’est la perte de l’horizon, la fin du récit de l’émancipation(…) Quand perd l’horizon, on revient à l’origine( …) Nous sommes le nez sur l’événement donc nous n’avons plus de mythe porteur”, poursuit le philosophe, qui explique que des pays laïques redeviennent religieux, citant en exemple l’Israël ou l’Inde.

La jeunesse est-elle un espoir?

“Le Sénat est vieux. Souvent, on dit que le vieux est sage : non, tout simplement il est con, ça s’appelle un vieux con (…)Le jeune tend à être plein de lui-même et surtout et à oublier d’où il vient, ce qui me frappe le plus c’est cette perte de sens de l’histoire, de la transmission”.

“Les vrais américains ont Dieu (…) nous nous avons d’autres ciments : une certaine conception de notre histoire, une autre mythologie”

La mythologie ça fait tenir debout, avancer parfois

Sur la France ‘start-up’ de Macron

Régis Debray y voit un “monde de vision courte, mais très étalée dans l’espace”, “un moment de civilisation, l’intérgation de la France dans une civilisation euro-américaine”.

“Le vivre-ensemble, comme on dit, c’est pour une communauté imaginaire (…) C’est la fin de l’utopie européenne : celle qu’un marché commun peut faire un imaginaire commun”.

Sur Emmanuel Macron président

“Une chose est la posture, autre chose est la capacité réelle de fédérer un peuple. On a une crise des figures de l’autorité (…) il y a le juge, une autorité protestante qui n’est pas chez nous très valide, il y a le leader , mais le leader suppose un peuple et derrière Macron il n’y a pas de peuple, c’est pas de sa faute, c’est comme ça”, estime Régis Debray. “Reste le père, mais c’est pas un père, donc il y a un certain flottement et je comprend qu’il cherche des éléments symboliques pour rassembler, fédérer et catalyser. Je doute qu’il les trouve car son milieu est dominé par la finance et l’économie, et c’est une idéologie individualiste (…) et qui a oublié l’Histoire, tout simplement”.

Ce n’est pas un président qui lit, je dirais qu’il butine, mais c’est déjà très bien

Selon Régis Debray, Emmanuel Macron est un “homme qui veut rechercher une profondeur de temps, mais son milieu ne peut que l’en empêcher”.

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

11 réponses à Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

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Ne dites plus « avant Jésus-Christ », mais « avant l’ère commune »

Ne dites plus « avant Jésus-Christ », mais « avant l’ère commune »

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Un article du Dailymail paru le 1er octobre rapporte que les jeunes Anglais pourraient bientôt ne plus apprendre les faits religieux avec une référence à l’ère chrétienne (av. J.-C. et ap. J.-C.) mais avec des dates fixées par une ère commune.

Les élèves britanniques vont devoir s’y faire.  Ce changement intervient suite aux recommandations émises par les SACREs, sorte de commissions locales consultatives dédiées à la politique éducative mises en place Outre-Manche. Leur objectif avec cette recommandation ? Ne pas « offenser les élèves non chrétiens », explique-t-on.

Concrètement, les termes « avant Jésus-Christ » (av. J.-C.) et « après Jésus Christ » (ap. J.-C.) seraient désormais proscrits des cours de culture religieuse. Ils seront respectivement remplacés par « avant l’ère commune » (AEC) et « après l’ère commune » (EC), jugés plus neutres et dépourvus de toute référence religieuse. Avec ces nouvelles dispositions, l’élection de François au Saint-Siège est donc survenue un 13 mars 2013 EC au Vatican…

Surprise en Grande-Bretagne

Est-il utile de préciser que ces bouleversements ont suscité un certain étonnement auprès de la communauté chrétienne britannique. « Je n’ai jamais rencontré un responsable musulman, ou juif, se plaignant d’être offensé », a ainsi déclaré au Telegraph, l’ancien archevêque de Cantorbery, Lord Carey.

Même son de cloche auprès du reste des autorités religieuses du pays, qui ont elles aussi eu quelques difficultés à dissimuler leur surprise. « Je ne crois pas que les musulmans soient choqués par l’utilisation d’un tel calendrier » a fait savoir un des imams de Leicester, Ibrahimo Mogra. D’autres préfèrent même ironiser, constatant que malgré le changement de nomenclature, c’est bien la naissance du Christ qui demeurait toujours le seul point de référence.

L’ère commune agite les passions à travers le monde depuis longtemps. Elle a même par le passé trouvé un écho favorable auprès de Kofi Annan, ex-secrétaire général des Nations Unies. En 1999, il avait jugé que « le calendrier chrétien n’appartenait plus exclusivement aux chrétiens ».

Un héritage du VIIe siècle

Avant de s’inviter dans le débat en Grande-Bretagne, où la radio mondiale BBC l’utilise même depuis 2011 au nom de son « impartialité », elle avait déjà séduit d’autres pays nord-européens à l’image du Danemark et de la Finlande. Les nations d’Asie et de l’ex-bloc soviétique ont toujours privilégié l’ère commune pour des motifs religieux ou idéologiques.

En France comme dans l’ensemble des organisations mondiales, l’Anno domini nostri Iesu Christi (« En l’année de notre Seigneur Jésus-Christ »), ou l’an 1, est l’événement historique servant de point de repère au calendrier. Instaurée au VIIIe siècle, elle reste sur le territoire français la seule et unique norme calendaire reconnue par l’État.

 

Ne dites plus « avant Jésus-Christ », mais « avant l’ère commune »

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