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L’Élysée aurait ignoré les renseignements français, qui estimaient qu’un G7 à Biarritz était «la pire» solution

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L’Élysée aurait ignoré les renseignements français, qui estimaient qu’un G7 à Biarritz était «la pire» solution

© AFP 2019 CHRISTOPHE ARCHAMBAULTFRANCE15:40 17.08.2019(mis à jour 17:00 17.08.2019)URL courte171620

Malgré les tentatives des services de renseignement de dissuader l’Élysée d’organiser le sommet du G7 à Biarritz en pleine saison estivale, évoquant des inquiétudes, notamment d’éventuelles opérations des blacks blocs et des Gilets jaunes au Pays basque, le choix de la ville n’a pas été revu, informe France Inter.

Les tentatives des services de renseignement de décourager l’Élysée d’organiser le sommet du G7 à Biarritz ont été vaines, relate France Inter. Même de possibles manifestations de nombreux groupes, notamment des Gilets jaunes, des blacks blocs et des mouvances nationalistes basques, n’ont pas affecté la décision des autorités sur le choix de la ville.

Les syndicats de policiers ont aussi haussé la voix pour souligner que la sécurisation de cette zone, en plus en pleine saison estivale, était une mission très difficile, en rappelant que les forces de l’ordre étaient épuisées depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Toutefois, il est rapporté par France Inter que les patrons de certains syndicats seront présents sur place pour agir en cas de confrontations importantes.

Biarritz

© AFP 2019 DAMIEN MEYERBiarritz se transformera-t-il en «bunker» pendant le G7?

Qui plus est, quelque 80 organisations et associations locales ainsi qu’internationales vont tenir un «contre-sommet» du G7 aux mêmes dates, lequel sera marqué par une grande manifestation et des actions «d’occupation des places publiques» près de Biarritz.

En outre, France Inter se réfère à un haut fonctionnaire d’un service de renseignement intérieur qui avait considéré dès le printemps que le choix de Biarritz était la pire option possible pour le sommet.

Auparavant, le maire de Biarritz, Michel Veunac, interrogé sur les craintes des commerçants concernant une possible baisse de leur chiffre d’affaires, avait assuré que sa commune ne serait «pas bunkérisée» et surtout que la ville ne serait pas «morte».

Une «mobilisation exceptionnelle»

Le 4 juillet, Christophe Castaner a promis lors de son déplacement à Biarritz une «mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure» durant le G7. Selon lui, elles «neutraliseront» toute manifestation violente qui éclaterait en marge du sommet.

Du 24 au 26 août, Biarritz accueillera la 45e édition du G7. Le sommet réunira les dirigeants des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Italie, du Japon, de l’Allemagne et de la France

.https://fr.sputniknews.com/france/201908171041942888-lelysee-aurait-ignore-les-renseignements-francais-qui-estimaient-quun-g7-a-biarritz-etait-la-pire/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

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Israël contre les Vénézuéliens

Israël contre les Vénézuéliens

par Thierry Meyssan

Une nouvelle tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin au Venezuela. Thierry Meyssan relève qu’elle était dirigée à la fois contre l’administration de Nicolás Maduro et contre son opposant pro-US Juan Guaidó. En outre, selon les enregistrements des conversations des comploteurs, elle était supervisée par des Israéliens.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 2 JUILLET 2019 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙDEUTSCH

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Le 24 juin 2019, Nicolás Maduro et Juan Guaidó devaient être éliminés au profit de Raúl Baduel.

Une énième tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin 2019 au Venezuela. Tous les protagonistes ont été arrêtés les 22 et 23 et le ministre de l’Information, Jorge Rodríguez, a longuement expliqué à la télévision les tenants et les aboutissants de l’affaire. Elle a été éclipsée par le malaise d’un des chefs lors de sa comparution au tribunal, puis de sa mort à l’hôpital. Elle est pourtant très instructive.

À la différence des fois précédentes, ce complot était observé depuis 14 mois par une unité du Renseignement militaire qui avait été formée par le Renseignement cubain. Durant toute cette période, les Vénézuéliens ont pénétré le groupe et surveillé ses communications audio et vidéo. Ils disposent ainsi de 56 heures d’enregistrement qui fournissent autant de preuves irréfutables.

Plusieurs des individus arrêtés avaient déjà été mêlés aux complots précédents de sorte qu’il est difficile de concevoir cette opération distincte de celles commanditées précédemment par la CIA.

Pas plus d’avenir pour l’opposition que pour le gouvernement

Deux remarques s’imposent. En premier lieu, ce complot était à la fois dirigé contre le président constitutionnel Nicolás Maduro et contre le président autoproclamé Juan Guaidó pour porter un troisième homme au pouvoir, le général Raúl Isaías Baduel.

Ce dernier, ancien chef d’état-major, puis ministre de la Défense, avait été démis de ses fonctions par le président Hugo Chávez, s’était retourné contre lui et avait pris la tête de l’opposition en 2009. Cependant, il s’avéra qu’il avait détourné de l’argent de son ministère. Il fut jugé et condamné à 7 ans de prison ferme qu’il purgea. Il fut à nouveau incarcéré durant le mandat du président Nicolás Maduro et est toujours emprisonné. Un commando devait le libérer et l’emmener à la télévision nationale pour annoncer le changement de régime.

Le fait de promouvoir un troisième président confirme notre analyse, publiée il y a deux ans [1], selon laquelle le but des États-Unis n’est pas de remplacer le régime bolivarien par un autre plus obéissant, mais de détruire les structures étatiques du pays. Du point de vue US, ni la majorité nationaliste ni l’opposition pro-US ne doivent espérer d’avenir.

Les Vénézuéliens qui suivent Guaidó et croient que le soutien US les amènera à la victoire doivent aujourd’hui constater leur erreur. L’Irakien Ahmed Chalabi et le Libyen Mahmoud Jibril sont retournés dans leurs pays dans les bagages des GI’s. Ils n’ont jamais connu le destin qu’ils espéraient.

Les analyses classiques du XXème siècle selon lesquelles les États-Unis préfèrent des gouvernements vassaux à des égaux sont dépassées au stade actuel du capitalisme financier transnational. C’est le sens de la doctrine militaire Rumsfeld/Cebrowski en vigueur depuis 2001 [2] qui a déjà dévasté le « Moyen-Orient élargi » et s’abat aujourd’hui sur le « Bassin des Caraïbes ».

Selon les enregistrements du complot, celui-ci n’était pas organisé par les États-Unis, même s’il est probable qu’ils l’aient supervisé, mais par des Israéliens. Au cours des 72 dernières années, la CIA a organisé une invraisemblable quantité de « changements de régime » par des « coups d’État » ou des « révolutions colorées ». Par souci d’efficacité, l’Agence peut confier simultanément des missions identiques à plusieurs unités, voire déléguer à des sous-traitants certaines opérations. C’est souvent le cas du Mossad qui loue également ses services à de nombreux autres clients.

Ainsi, il y a quatre ans, une autre tentative de coup d’État avait eu lieu au Venezuela. L’opération prévoyait alors divers assassinats et une manifestation qui devait prendre d’assaut le palais présidentiel de Miraflores. TeleSur avait montré que cette tentative était encadrée par des étrangers qui arrivèrent spécialement dans le pays dans les jours la précédant. Ils ne parlaient pas l’espagnol. Aussi le parcours de la manifestation avait-il était mystérieusement fléché avec des graffitis d’étoiles de David et d’instructions en hébreu.

Israël en Amérique latine

Prudemment le ministre Jorge Rodríguez a évité de se prononcer publiquement pour dire si les Israéliens qui dirigeaient le complot du 22 juin étaient ou non mandatés par leur État. De nombreux exemples attestent que c’est tout à fait possible.

Le rôle des services secrets israéliens en Amérique latine remonte à 1982. Au Guatemala, le président judéo-chrétien Efraín Ríos Montt [3] massacra 18 000 Indiens. Pendant qu’Ariel Sharon envahissait le Liban, le Mossad poursuivait dans son ombre les expériences sociales qu’il avait menées depuis 1975 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid : créer des Bantoustans pour les Mayas ; un modèle qui sera appliqué aux Palestiniens après les Accords d’Oslo (1994). Contrairement à une lecture optimiste des événements, le fait que le Premier ministre Yitzhak Rabin ait personnellement supervisé les expérimentations sociales en Afrique du Sud [4] ne plaide pas pour sa bonne foi lorsqu’il s’est engagé à Oslo à reconnaître un État palestinien démilitarisé.

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Dans les dix dernières années, les services secrets israéliens 
 ont « autorisé » la société « privée » israélienne Global CST à conduire l’opération « Jaque » de libération d’Íngrid Betancourt, otage des FARC colombiennes (2008) [5]. 
 ont envoyé au Honduras des snipers assassiner les leaders des manifestations pro-démocratie lors du coup d’État contre le président constitutionnel Manuel Zelaya (2009) [6]. 
 ont activement participé au renversement de la présidente brésilienne Dilma Rousseff au sein de la Banque centrale, de la sécurité des Jeux olympiques de Rio de Janeiro et du Sénat (2016).

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Al-Watan #3181
(PDF – 177.9 ko)
http://Al-Watan #3181 (PDF – 177.9 ko)
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https://youtu.be/ODSmn-8s2PU

En outre, les Forces de défense israéliennes 
 ont loué une base sous-marine au Chili ; 
 ont envoyé des milliers de soldats suivre des stages de deux semaines dans la propriété de Joe Lewis en Patagonie argentine [7].Thierry Meyssan

Source 
Al-Watan (Syrie)

https://www.voltairenet.org/article206889.html


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[1] Vídéo : « Thierry Meyssan : El plan de Estados Unidos contra America latina » (entrevista con Russia Today), 22 de Mayo de 2017.

[2The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[3] Le général Efraín Ríos Montt était évangélique. Il ne se définissait pas comme « chrétien », mais comme « judéo-chrétien ». NdlR.

[4] « Mandela et Israël », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 décembre 2013.

[5] « Israël accroît sa présence militaire en Amérique latine », Réseau Voltaire, 2 novembre 2009.

[6] « Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 29 juin 2009.

[7] « Quel projet pour Israël en Argentine ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 décembre 2017.

Le Pentagone s’implique dans la guerre… économique!

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

Le Pentagone s’implique dans la guerre… économique!

LE DÉSORDRE MONDIAL

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Washington a décidé de mieux protéger le secteur de la Défense des entreprises étrangères, notamment chinoises. Le Pentagone va créer un «fonds de confiance» comprenant des listes de fournisseurs validés par le gouvernement américain. Éric Denécé, directeur du CF2R, analyse pour le Désordre mondial les enjeux de cette décision.

Les États-Unis ne cachent pas qu’ils considèrent la Chine comme un ennemi dans le paysage mondial multipolaire actuel, mais il semble maintenant que le Pentagone s’implique dans la guerre économique entre les deux pays.

La sous-secrétaire américaine à la Défense pour les acquisitions, Ellen Lord, a annoncé que le Pentagone créerait un «fonds de confiance», permettant aux entreprises américaines dans le domaine de la Défense d’accéder à des sources d’approvisionnement approuvées par le gouvernement américain. En règle générale, il appartient normalement aux entreprises d’exercer une diligence raisonnable vis-à-vis des investisseurs et des capitaux potentiels.

Lord a expliqué la raison d’être de l’initiative: «La Chine tente de plus en plus de faire progresser la R et D, l’exploiter et la manipuler des outils économiques, comme la technologie critique pour notre sécurité nationale». Le Pentagone crée donc un écosystème qui bloque les investisseurs étrangers et supprime les failles potentiellement subversives.Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle mesure? Servira-t-elle à mieux protéger les États-Unis? La France et l’Europe devraient-elles en faire de même? Éric Denécé se penche sur ce nouvel épisode de la guerre économique entre la Chine et les États-Unis. Il est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et auteur du nouveau livre «Le Renseignement au service de la démocratie», aux éditions Fauves

https://fr.sputniknews.com/radio_desordre_mondial/201906071041379835-le-pentagone-simplique-dans-la-guerre-economique/

France/Iran : reprise de la guerre des services ? Alain RODIER

France/Iran : reprise de la guerre des services ? Alain RODIER

(Note de Un passant : cet article date d’octobre 2018 mais j’ai trouvé intéressant de le rebloguer car il évoque toute une série de problématiques qui me semblent tout à fait absentes dans l’angélisme pratiqué par certains blogs « anti-Nouvel Ordre mondial » vis-à-vis du régime iranien.) (Et lorsque l’un de ces blogs se dit anarchiste anti-Etat et anti-religions, cela ajoute de l’incongru aux fadaises propagandistes.)

via France/Iran : reprise de la guerre des services ?

Selon plusieurs organes de presse, le Mossad serait à l’origine de la chasse déclenchée à travers toute l’Europe contre les services secrets iraniens. Celle-ci a officiellement débuté quand le service spécial hébreu a averti ses homologues du Vieux continent – vraisemblablement en mai/juin 2018 -de la préparation d’un attentat visant la réunion annuelle de l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI[1]) se tenant à Villepinte le 30 juin 2018, en présence de nombreuses personnalités[2].

À la suite de ces renseignements, un couple belgo-iranien- Amir et Nasimeh S., âgés d’une trentaine d’années – a été appréhendé par la police belge le 30 juin dans le quartier de Stockel, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la banlieue bruxelloise. 500 grammes d’explosif TATP et un dispositif de mise à feu ont été trouvés dans deux paquets séparés dans leur voiture. Assadollah Assadi, un diplomate iranien en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne (Autriche), soupçonné d’être en contact avec ce couple, a été arrêté en Allemagne. En effet, n’étant pas accrédité dans ce pays, il ne bénéficiait pas de l’immunité diplomatique[3]. Les Israéliens l’ont désigné comme le responsable opérationnel de la tentative d’attentat. Il devrait être extradé vers la Belgique pour y être présenté à la justice.

Actions et décisions de la France

Début octobre, faisant – tardivement – suite à cette affaire, la France a gelé pour six mois les avoirs sur son territoire du ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien (VAJA, ex VEVAK) qui serait lié à la tentative d’attentat. La même sanction a été prise à l’encontre d’Assadollah Assadi – le diplomate arrêté en Allemagne – et du chef des services de renseignement iraniens, le vice-ministre Saeid Hashemi Moghadam.

Ces mesures surviennent parallèlement à l’importante opération policière qui a visé, le 2 octobre, l’association musulmane chiite dénommée Centre Zahra France. Les forces de l’ordre ont perquisitionné son siège ainsi que le domicile de ses principaux dirigeants. 11 personnes ont été interpellées et trois ont été placées en garde à vue pour détention d’armes. Les avoirs du Centre Zahra France et deux organisations qu’il abrite dans ses locaux – France Marianne Télé et la Fédération chiite de France/Parti Antisioniste – ont également été gelés.

Les activités du Centre Zahra France étaient suivies depuis de très nombreuses années par les services de renseignement français pour « soutien à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République ». Selon l’AFP, le Centre Zahra France et les associations qu’il héberge sont soupçonnés de prôner la guerre sainte et de faire l’apologie de mouvements comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, soutenus par l’Iran. Les branches militaires de ces organisations sont considérées comme « terroristes » par l’Union européenne.

Il est vrai que des intervenants tiennent au Centre Zahra des discours extrémistes, à l’exemple de ceux du cheikh Ali Talal qui a déclaré le 29 avril 2018 : « nous ne fermerons pas les yeux […] jusqu’à ce que le sionisme soit extirpé de tout le pays. » Lors d’un autre sermon, délivré le 15 mai, il proclamait : « Aujourd’hui, la boussole de l’unité doit être réglée sur notre union contre le sionisme ! Que nous nous acceptions mutuellement, qui que nous soyons, jusqu’à ce que nous en finissions avec les sionistes, et en débarrasser le monde, que le monde et les opprimés soient débarrassés d’eux. À ce moment, nous nous assiérons et nous parlerons de nos différends, s’ils existeront encore. Et je vous dis qu’il n’y en aura plus, car l’origine de tout différend vient de ces sionistes, ces arrogants, ces maudits qui ne veulent aucune forme de vie pour l’humanité ! ». À l’évidence, il s’agit là d’un appel lancé aux sunnites radicaux.

Certes, le Centre Zahra France était dans le collimateur des autorités françaises depuis des années, mais on peut se demander pourquoi elles ont décidé d’agir maintenant ? N’est-ce pas là un signe politique envoyé en direction de Washington pour faire oublier que la France était en pointe dans la défense du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), traité levant les sanctions contre l’Iran en échange de son engagement de cesser le développement des ses activités nucléaire militaire[4] et remis en cayse par Donald Trump ?

Par la voix de son porte-parole Bahram Ghassemi, la diplomatie iranienne a rejeté les accusations françaises : « Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l’arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate». Suite à cette arrestation, le ministère des Affaires étrangères français a publié le 20 août une note interne demandant à ses personnels non accrédités en Iran d’éviter de se rendre dans ce pays. Ils pourraient être à leur tour arrêtés pour être ensuite échangés contre leur homologue iranien.

Une tentative d’attentat quelque peu étrange

Généralement, quand ils mènent des actions de type terroriste, les services spéciaux iraniens, agissent via des tiers comme le Hezbollah libanais ou des mouvements palestiniens pour ne pas apparaître en première ligne. Ces derniers se font un devoir de leur rendre ces services car ils dépendent presque totalement de Téhéran, en particulier sur le plan financier. Or, dans la tentative d’attentat visant Villepinte, ce ne semble pas avoir été le cas. Selon l’accusation, c’est Assadollah Assadi, le diplomate en poste à Vienne, qui aurait remis la charge explosive aux activistes lesquels, apparemment, n’appartiennent pas à une “structure extérieure“.

Ensuite, si les 500 grammes de TATP auraient pu provoquer des dégâts importants en explosant dans la foule, il s’agit d’une charge d’explosifs relativement faible, d’autant que l’on ignore si elle était entourée de projectiles métalliques qui, eux, sont extrêmement vulnérants. Pour le moment, aucune information n’a filtré sur la composition de l’engin… La clé de l’énigme réside dans cette preuve matérielle : est-ce un engin professionnel ou un bricolage ? Etait-il apte a être mis en oeuvre rapidement et comment ? Les enquêteurs détiennent les réponses à ces questions mais ne les ont pas encore dévoilées.

Rappelons également que l’OMPI vit quasi ouvertement au grand jour en France et tient sa réunion populaire annuelle tous les ans au même endroit, à Villepinte. Pour l’anecdote, les mauvaises langues prétendent que certains participants sont rémunérés pour faire la claque. Si le régime iranien avait voulu s’en prendre à l’OMPI, il aurait pu le faire depuis longtemps et de manière plus professionnelle. Quel est l’intérêt pour lui d’organiser en tel attentat en pleine crise sur la suspension de l’accord JCPOA ?

Enfin, lors de leur arrestation le jour même de la manifestation de l’OMPI, les deux « terroristes » se trouvaient à Bruxelles ce qui était un peu loin de leur objectif supposé. Même s’il n’est pas impossible d’envisager qu’ils se rendaient à Villepinte, une action de ce type se prépare soigneusement à l’avance et les opérateurs sont généralement présents sur place quelques temps auparavant.

Des services iraniens de sinistre réputation

Il est vrai que les services iraniens traînent une sinistre réputation s’étant livrés au terrorisme d’État à de nombreuses reprises par le passé ; pour mémoire, l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban, Louis Delamare, le 4 septembre 1981 ; l’attentat contre les parachutistes français de Drakskaret les Marinesaméricains à l’aéroport de Beyrouth le 23 octobre 1983 (305 morts) ; celui de l’opposant Chapour Bakhtiar à Suresnes, le 6 août 1991 ; sans oublier les attentats terroristes contre les intérêts israéliens en Argentine et en Europe. La liste est longue et il convient de ne rien oublier ! Le régime des mollahs sait utiliser l’arme de la terreur quand il la juge utile à sa politique.

Les renseignement iranien est organisé autour de deux entités : le ministère du Renseignement et de la Sécurité(VAJA) et le directorat du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamiquedont le bras armé à l’étranger est la force Al-Qods. Ces deux services sont présents dans toutes les représentations diplomatiques iraniennes. Il est donc vraisemblable que Assadollah Assadi appartenait à l’un d’eux.

La première mission des services iraniens est la surveillance des opposants ; la seconde est la lutte contre Israël et contre l’Arabie saoudite. Ils agissent généralement de manière très professionnelle, mais il leur est cependant arrivé de commettre de graves erreurs techniques à plusieurs reprises, lesquelles ont permis de les confondre et de mettre en cause leurs responsables politiques, notamment suite aux attentats ayant eu lieu en Argentine ou en Bulgarie.

Il n’est pas exclu que Téhéran – dans le climat international actuel très tendu – ait de nouveau recours à des opérations violentes à l’étranger (attentats, assassinats). La sécurité autour des opposants iraniens réfugiés en Europe aurait d’ailleurs été renforcée ces dernières semaines. Il ne faut pas se faire d’illusions, les services iraniens sont en train de se préparer à mener une guerre secrète si la situation venait à se détériorer du fait de l’agressivité affichée des Américians et des Britanniques suivis – contraints et forcés – par les Européens.

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Il n’a échappé à personne que l’accord JCPOA est en train de se détricoter depuis que Donald Trump l’a rejetté et a rétabli les sanctions économiques à l’égard de Téhéran. De plus, Washington ne s’est pas privé de menacer directement de sanctions ses alliés ayant des relations économiques avec l’Iran. Résultat : presque tous les industriels européens et français (Total, Peugeot, etc.) se sont retirés du pays, laissant la place aux Chinois et aux Russes.

C’est dans ce cadre que cette affaire d’attentat survient fort opportunément. Elle a été servie avec délectation par les Israéliens qui considèrent l’Iran comme leur pire ennemi[5]. Comme par hasard, le président iranien Hassan Rohani entamait, début juillet 2018, un voyage officiel en Suisse et en Autriche. La révélation de cette tentative d’attentat et du « complot » iranien est donc venue fort à propos saboter son voyage et a été un signal fort à l’attention des Etats qui espéraient encore pouvoir négocier.

La stratégie des Américains et d’Israël est clairement d’asphyxier au maximum l’économie iranienne pour provoquer des mécontentements intérieurs qui pourraient changer la donne politique.Pour Washington, l’OMPI a un rôle central à jouer à l’avenir. C’est oublier un peu vite que cette organisation – dont l’idéologie est un mélange de marxisme et d’islamisme – n’est pas populaire du tout en Iran. Une grande majorité d’Iraniens – même ceux qui ne soutiennent pas le pouvoir des mollahs – considère que l’OMPI a trahi la Patrie en combattant dans les rangs de l’armée de Saddam Hussein lors de la « guerre imposée » ou « défense sacrée » (1980-1988). Les Iraniens restent des nationalistes fiers de leur histoire et ne pardonnent pas cette trahison. Mais si Washington appuie l’OMPI, c’est aussi parce ce mouvement a été un fidèle « collaborateur » des services de renseignement américains, ayant fourni dans le passé de précieuses informations sur l’effort nucléaire iranien.

Malheureusement, il y a bien longtemps que la politique du Quai d’Orsay suit celle du département d’État américain. Il est loin le temps où Paris et Berlin avaient refusé de participer à l’invasion de l’Irak de 2003. La fureur des Américains dénonçant la « lâcheté » des Français avait été à son comble. Aujourd’hui,ce n’est pas par conviction que Paris s’aligne sur Washington, mais tout simplement parce que la France n’a plus les moyens de s’y opposer. Les responsables politiques français savent que s’ils passent outre les “recommandations“ de Washington et continuent de commercer avec Téhéran, les sanctions américaines seront sans pitié. Le marché intérieur américain sera alors fermé à nos industriels et les sanctions (condamnations, amendes) ne tarderont pas. Or, le marché américain est vital pour les économies française et européenne alors que celui de l’Iran est, comparativement, négligeable.

[1] Mojāhedin-e Khalq (MEK).

[2] Dont : Rudy Giulani, avocat de Donald Trump et maire de New York au moment des attentats du 11 septembre 2001 ; Stephen Harper, l’ancien Premier ministre canadien ; Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner, Rama Yade, etc.

[3] L’accréditation dans un pays ne couvre le diplomate que dans celui-ci, lors des trajets professionnels qu’il effectue ou s’il accompagne la « valise diplomatique.

[4] Signé le 14 juillet 2015 à Vienne par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-uni) + l’Allemagne, d’où son appellation « 5+1 ».

[5] Cela n’a pas été toujours le cas car durant la guerre Irak-Iran qui a duré de 1980 à 1988, l’État hébreu a discrètement fourni une aide militaire à Téhéran avec l’accord plus ou moins officiel de Washington. Il considérait à l’époque que Saddam Hussein était son adversaire potentiel le plus menaçant.

https://www.cf2r.org/actualite/france-iran-reprise-de-la-guerre-des-services/

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Palantir, l’œil de Washington ?

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Palantir, l’œil de Washington ?



Publié par Antoine Vandevoorde le 9 Mai 2019


Dans un contexte technologique marqué par la surabondance des données numériques, recueillir et traiter l’information est devenu une priorité stratégique pour les entreprises, mais également les États souverains. Plusieurs champions du big data se sont en cela fait jour, dont notamment Palantir Technologies. Cette société américaine à la réputation sulfureuse a acquis sa notoriété en nouant des partenariats significatifs avec plusieurs entreprises multinationales, mais également des services étatiques réputés sensibles, à l’instar de la DGSI. Faut-il y voir un banal partenaire commercial ou à l’inverse une véritable épée de Damoclès pour la souveraineté nationale ?



Palantir, l’œil de Washington ?
Palantir, au commencement

Que dissimule Palantir ? Palantir Technologies est une société de droit privé américaine fondée en 2003 et basée à Palo Alto en Californie, cœur battant de la Silicon Valley. Celle-ci se revendique dès sa création comme une startup orientée vers le domaine de l’analyse de données de masse – big data – à destination d’entreprises et d’institutions à des fins d’aide de prise à la décision stratégique. Officieusement, la réalité est plus complexe. Palantir se spécialise d’entrée, sous l’impulsion de ses principaux fondateurs Alex Karp et Peter Thiel, dans l’analyse de données stratégiques extrêmement sensibles par l’entremise de salariés issus des domaines du renseignement et de la sécurité. La société s’est aujourd’hui diversifiée, mettant cette expertise à profit d’acteurs du secteur de la santé, de la finance, de l’assurance ou encore de la consommation courante.

Palantir s’est principalement forgé une réputation de géant mondial de la visualisation et de l’analyse de données de par ses solutions Gotham et Foundry, aujourd’hui plébiscitées dans le domaine du management de l’information. Ce couronnement en tant qu’acteur technologique majeur n’est pourtant pas le fruit du hasard. Outre sa stature affichée de modeste startup, Palantir Technologies fait l’objet dès sa création d’un financement qui est tout sauf anodin : celui d’In-Q-Tel. Ce fonds de capital-investissement, ayant octroyé deux millions de dollars à la société, n’est nul autre que celui de la CIA vouée originellement à parrainer les projets technologiques jugés utiles à terme pour le fonctionnement de l’agence. En pratique, la CIA se réserve en cela un droit de regard, voire une présence au sein des conseils d’administrations des sociétés concernées par In-Q-Tel, ce à quoi Palantir n’aurait pas fait exception. L’entreprise est indéniablement liée à l’appareil de renseignement américain.

Le monde au sens de Palantir 

Saisir l’essence profonde de Palantir passe inéluctablement par une compréhension approfondie de son message, et de ses fondateurs. Le secret, au cœur de l’activité de Palantir, n’en est pourtant pas un. En effet, Palantir tire son nom de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, faisant référence à l’objet magique éponyme octroyant à son possesseur le don d’omniscience et de clairvoyance. L’aspiration profonde de l’entreprise n’est en cela pas dissimulée, malgré les doutes et craintes occasionnés. La stratégie de ce panoptique numérique passe alors par des actions de légitimation principalement incarnées par son Président directeur général, Alex Karp. Ce dernier est à lui tout seul le gage de réassurance pour sa société auprès des observateurs, eu égard notamment à quelques passes d’armes technologiques notables. En effet, il est l’homme ayant conduit le projet d’identification des groupes hackers chinois GhostNet et Shadow (ayant espionné les communications du Dalaï Lama, ou encore de l’OTAN) et a surtout vu son nom étroitement associé à la localisation d’Oussama Ben Laden. Pilier de la légitimité de Palantir, c’est durant ses études à Stanford que ce dernier fit la rencontre de l’autre homme fort de l’entreprise, Peter Thiel.

À l’inverse d’Alex Karp, Peter Thiel entretient l’image d’une personnalité sulfureuse et très médiatique. Ce dernier est très tôt considéré comme l’un des caciques de la Silicon Valley. Peter Thiel investit notamment dans Facebook peu après sa création, et prend part à la création de PayPal aux côtés du magnat de la technologie sud-africain Elon Musk. À la tête d’un titan de l’information tel que Palantir, Peter Thiel cristallise toutes les appréhensions. Connu pour son obédience libertarienne très prononcée, celui-ci fait volontiers part de ses opinions sur le rôle que devrait avoir l’Etat : aucun. L’historien Edouard Husson en dépeint dans les colonnes d’Atlantico un portrait sans équivoque : « Comme Saint-Simon, Peter Thiel se prend pour un visionnaire de la politique et il juge son expertise supérieure à celle des politiques […] [il] a révélé dans de nombreuses déclarations que ses convictions libertariennes revenaient à vouloir substituer Google à l’État américain, PayPal à l’IRS ». Seul soutien de Donald Trump dans la Silicon Valley, Peter Thiel se place en parangon du solutionnisme technologique, au sens d’Evgeny Morozov, comme « remède » aux afflictions contemporaines. Tout en gardant à l’esprit que pour lui, Etat, démocratie et modèle occidental relèvent de ces maux.

Palantir et Cambridge Analytica, la liaison dangereuse

En mars 2018, Palantir se retrouve pour la première fois de son histoire dans l’œil du cyclone. C’est à cette période qu’éclate le scandale Cambridge Analytica, du nom de la société britannique éponyme. Pour rappel, cette affaire mit en lumière certaines relations troubles des géants de la Silicon Valley, Facebook en tête, dans le cadre de la campagne présidentielle américaine de 2016. L’entreprise de Mark Zuckerberg fut en effet accusée d’avoir permis l’accès à près de 50 millions de profils au cabinet d’analyse politique Cambridge Analytica afin d’exploiter des données personnelles et rallier les concernés à la cause du candidat Trump. Un ancien employé de Palantir, Christopher Wylie, se pose alors en lanceur d’alerte, accusant son ancien employeur d’avoir activement collaboré à ces pratiques.

Faisant état de rencontres secrètes entre Alexander Nix et les cadres dirigeants de Palantir par l’entremise de Sophie Schmidt, fille de l’ancien patron de Google Eric Schmidt, Christopher Wylie a affirmé devant un parterre de députés britanniques que Palantir aurait également eu accès aux données incriminées à des fins d’analyse et de traitement. Une position qui a tout sauf surpris les observateurs du fait notamment des liens déjà connus de Peter Thiel. Alexandra Saviana, journaliste à l’hebdomadaire Marianne a abondé en ce sens : « Pour être très clair, sans Palantir, pas sûr que Cambridge Analytica aurait pu faire autant fructifier ces millions de données utilisées pour la campagne Trump ».

Une emprise stratégique sur les données sensibles

Palantir inquiète autant qu’elle fascine. Malgré les éléments pesant sur la société et sa réputation, celle-ci a pourtant su pérenniser son activité. Palantir a su mettre la main par le truchement de ses nombreux clients sur des volumes substantiels de données aussi sensibles que stratégiques. Elle collabore naturellement avec la CIA, mais également la NSA, le FBI, l’US Marines, l’US Air Force ou encore les services de polices de New York et de Los Angeles. Elle s’est cependant le plus illustrée dans l’obtention de contrats stratégiques à l’étranger, notamment auprès de Sanofi ou encore d’Airbus, dont elle a fait de l’ancien directeur général Fabrice Brégier le dirigeant de sa filiale française. La société a cependant le plus défrayé la chronique française en annonçant un contrat établi avec la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en 2016. Dans le contexte post-attentats de 2015, la DGSI souhaite urgemment se doter de solutions puissantes d’analyse de données de masse, comme l’expliquait alors son directeur Patrick Calvar : « Nous ne manquons pas de données, ni de métadonnées, mais nous manquons de systèmes pour les analyser ».

Ce parti-pris des services de renseignement intérieur français résonne auprès des observateurs comme un véritable aveu de faiblesse. En effet, collaborer avec Palantir pour la DGSI met en lumière les lacunes du tissu numérico-industriel français en matière de gestion des données critiques. Un constat que partage là encore Patrick Calvar : « Les entreprises françaises qui développent des systèmes ne sont pas encore capables de répondre à nos besoins ». Ce partenariat soulève dès lors des interrogations et craintes légitimes à plusieurs titres, avec tout d’abord celle de la perte de souveraineté. En effet, le fait de confier des informations sensibles à un prestataire de services américains financé par la CIA engendre un risque considérable. Le manque d’informations quant à la réelle proximité entre les services de renseignement américains et Palantir inquiète à juste titre, faisant miroiter au minimum un accès à des données sensibles, et au maximum la possibilité de leur exploitation. Cela renvoie également à la crainte d’une potentielle existence de backdoors, ou « portes dérobées » soit des systèmes implémentés secrètement dans les logiciels à l’insu du client. La DGSI a en cela privilégié le risque minimum, en favorisant un prestataire américain dans un contexte marqué par l’urgence terroriste et l’inaptitude française en la matière. Il est compliqué de jeter la pierre.

La crainte du cheval de Troie américain 

Une véritable levée de boucliers s’est depuis opérée face à l’incertitude Palantir. Ces critiques se sont tout d’abord élevées depuis le sommet de l’État français, Emmanuel Macron ayant réagi à cet état de fait. Le Président de la République aurait en effet fait part d’un grand mécontentement dans le cadre du partenariat liant la société à la DGSI. Cet avis est largement partagé au sein du secteur de la cyberdéfense française, notamment par le directeur de l’ANSSI Guillaume Poupard. Celui-ci déclare en ce sens lors d’une audition parlementaire qu’ : « Il va de soi qu’il faut déconnecter les logiciels Palantir qui permettent d’effectuer des recherches de données ». Un constat partagé même par la DGSI puisque Laurent Nuñez, alors successeur de Patrick Calvar à la tête du service déclare dès son entrée en fonction la nécessité de préférer un acteur français ou européen du big data à très court terme.

Les pouvoirs publics ont de fait réfléchi à une alternative crédible avec pour leitmotiv la souveraineté. La DGSI est finalement parvenue à s’émanciper de Palantir, en supervisant dans le cadre du Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres(GICAT) l’élaboration d’un champion français de l’analyse de données. C’est dans ce contexte qu’est né le Cluster Data Intelligence, initiative portée par de nombreux acteurs issus des domaines stratégiques français. Parmi les structures prenant part au projet figurent notamment Airbus, Atos, Engie, le champion français du big data Flaminem ou encore Thalès. La principale aspiration du cluster est de proposer une solution allant de d’analyse au traitement et à la restitution des données sensibles, et ce de bout en bout en tant qu’acteur 100% français. L’ambition de la récupération de la maîtrise nationale en la matière est clairement affichée.

Ce cluster, louable et judicieux sur le principe va toutefois se voir confronté très rapidement à un défi de taille : celui de pallier son retard sur l’avance technologique de Palantir. En effet, celui-ci suscite des interrogations quant à ses performances techniques, la viabilité de sa solution logicielle dans un contexte empreint de menaces d’ordres diverses ainsi que son mode de gouvernance eu égard aux intérêts parfois divergents des acteurs qui le composent. Les toutes prochaines années diront si oui ou non si la France a les moyens de ses ambitions, c’est-à-dire de revenir dans la course technologique internationale.

Pour aller plus loin au sujet de Palantir : 

BENOIT Fabien, « Peter Thiel, l’homme qui voulait achever la démocratie », Usbek & Rica, 17 juillet 2018

BOULESTIN Rénald, “Big Data : la DGSI s’émancipe de Palantir pour une solution 100% française”, Silicon, 18 avril 2018

CARPENTIER Thierry & COHEN-GRILLET Philippe, « Alex Karp : l’homme le mieux renseigné de la planète », Paris Match, 24 janvier 2017

COLLOMBAT Benoît, « Comment une start-up financée par la CIA s’est imposée au cœur des services de renseignement français », France Info, 22 septembre 2018

DRIF Anne, « In-Q-Tel, le fonds de la CIA qui fait rêver les militaires français », Les Echos, 16 décembre 2016

HUSSON Edouard, « Peter Thiel et la Silicon Valley : comme une méchante ombre sur les démocraties occidentales », Atlantico, 7 janvier 2018

KHARPAL Arjun, “Palantir worked with Cambridge Analytica on the Facebook data it acquired, whistleblower alleges”, CNBC, 27 mars 2018

LAMIGEON Vincent, « Faut-il avoir peur de Palantir, le géant du big data ? », Challenges, 21 mars 2019

LELOUP Damien, « Palantir, l’embarrassant poisson-pilote du big data », Le Monde, 9 octobre 2018

MONIN Jacques, « Palantir : l’œil américain du renseignement français », France Inter, 22 septembre 2018

PAQUETTE Emmanuel, « Palantir, quand la CIA scrute la France », L’Express, 19 mai 2017

SAVIANA Alexandra, « Le très inquiétant pouvoir de Palantir, la boîte mêlée au scandale Facebook, à la NSA… et à la DGSI », Marianne, 30 mars 2018

Palantir, Huawei, Kaspersky: le cri d’alarme d’un ancien de la DGSE sur la cybersécurité. Par Vincent Lamigeon

 

24.avril.2019 // Les Crises

Palantir, Huawei, Kaspersky: le cri d’alarme d’un ancien de la DGSE sur la cybersécurité. Par Vincent Lamigeon

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Source : Challenges, Vincent Lamigeon, Gilles Fontaine, 23-03-2019

INTERVIEW – Fondateur de la direction technique de la DGSE, Bernard Barbier, désormais consultant en cybersécurité, dresse un diagnostic sans concession de la dépendance européenne aux nouveaux acteurs du type Palantir ou Huawei. Il appelle à la contre-attaque.

Dans le petit monde du renseignement et de la cybersécurité, son nom est une légende. Centralien passé par le CEA, ancien patron du prestigieux LETI de Grenoble, Bernard Barbier est surtout le fondateur de la direction technique de la DGSE, l’équivalent français de la NSA. Cette division, sur laquelle la dernière saison du Bureau des légendes a jeté un coup de projecteur, est désormais forte de 2.300 agents. Après quatre ans chez Capgemini comme responsable de la cybersécurité, il a créé son cabinet de conseil, BBCyber, pour aider les grands groupes et les start-up de la “cyber” à répondre à la concurrence américaine, chinoise ou israélienne. A quelques jours du sommet des start-up de Challenges, où il interviendra sur le thème de l’IA, Bernard Barbier dresse un diagnostic sans concession de la dépendance européenne aux acteurs comme Palantir, Huawei, Kaspersky ou aux nouveaux champions américano-israéliens du secteur cyber, dans une interview exclusive à Challenges.

Challenges – Entre le poids des GAFA et l’arrivée de nouveaux acteurs de la tech comme Palantir ou Huawei, l’Europe est-elle une colonie numérique des géants américains et chinois ?

Bernard Barbier – Le terme peut choquer, mais il n’est pas loin de la vérité. L’Europe a raté plusieurs virages technologiques, dans les réseaux télécoms, l’analyse big data, le cyber. Il y a urgence à se ressaisir. Je soutiens résolument l’initiative JEDI, qui vise à la création d’une agence d’innovation de rupture, franco-allemande, sur le modèle de la Darpa américaine.

Le débat fait rage pour savoir s’il faut accepter les équipements du chinois Huawei sur les réseaux 5G européens. Un boycott serait-il justifié ?

La montée en puissance de Huawei pose effectivement un vrai problème de souveraineté pour l’Europe. En dix ans, les Chinois ont réussi à changer la donne sur les réseaux télécoms. Ils y ont mis les moyens, avec 80.000 salariés dédiés à la R&D chez Huawei. Résultat : ils ont largué les acteurs européens comme Nokia et Ericsson, et devancent même technologiquement les acteurs américains. Pour autant, il ne faut pas se raconter d’histoires : l’Europe dépendait déjà des acteurs américains pour ses réseaux. On passe d’une dépendance à Cisco à une dépendance à Huawei. Dans les deux cas, nous avons perdu notre souveraineté numérique.

Ce retard européen est-il rattrapable ?

Il faut être réaliste : on ne rattrapera pas Huawei en un jour. Il faut donc mener deux chantiers en parallèle. D’abord, si on intègre des équipements Huawei dans les réseaux 5G européens, il faut développer une couche logicielle pour éviter les risques d’espionnage ou de fuite de données. C’est la stratégie du Royaume-Uni, qui a créé en 2014 un laboratoire commun avec Huawei, le Huawei Cyber Security Evaluation Centre (HCSEC), chargé d’analyser et de corriger les failles des systèmes Huawei. On pourrait s’inspirer de cette stratégie pour bâtir ce que j’appelle une “5G de confiance”. Deuxièmement, il faut dès à présent commencer à travailler sur la 6G, ce que font déjà les Américains sous la pression de Donald Trump. Rien ne serait pire que de faire ce que font les autres avec dix ans de retard, il faut innover et aller vers le futur, pas vers le passé.

Côté cybersécurité aussi, beaucoup s’inquiètent d’une marginalisation de l’Europe face aux acteurs américains, israéliens ou russes…

Ils ont raison ! Il y a un vrai risque que l’Europe disparaisse du secteur cyber. Le tandem Etats-Unis-Israël est en train de prendre toute la place, avec de nouveaux géants comme l’israélien Team 8. Cet incubateur de start-up créé, comme souvent, par des anciens de l’unité 8200 (l’unité de renseignement électronique de Tsahal, la NSA d’Israël), est en train de créer de très nombreuses entreprises innovantes. Ils ont même recruté l’ancien patron de la NSA, Michael Rogers… Les pépites de Team 8 deviennent les licornes de la cyber, comme Claroty, une société américano-israélienne qui mène un lobbying intense en France, ou Cyber-Ark. L’alliance de la puissance financière des fonds américains et du savoir-faire israélien en matière de cyber est redoutable : il se crée des dizaines de start-up cyber, qui ont accès à des moyens financiers considérables.

Faut-il avoir peur du russe Kaspersky, qui a été banni des instances fédérales américaines ?

La question est de savoir si un groupe russe, même privé, peut vraiment être indépendant du Kremlin… Je n’en suis pas persuadé. Mais le risque de “backdoors” n’est pas plus important sur les logiciels russes que sur les logiciels américains, israéliens ou chinois. D’où la nécessité de réinvestir massivement dans la cybersécurité en Europe.

Que peut faire concrètement l’Europe ?

Il faudrait lever un fonds d’investissement franco-allemand dans la cyber, de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros. Il y a actuellement plusieurs projets de fonds en France, l’idéal serait de les fusionner. Il faut absolument éviter une concurrence franco-française.

La DGSI et Airbus utilisent les logiciels d’analyse big data de l’américain Palantir, qui s’était lancé avec le concours financier de la CIA. Est-ce une erreur ? Faut-il créer une alternative européenne ?

Rappelons d’abord que si la DGSI a choisi Palantir, c’est parce qu’il n’y avait aucune alternative française et que dans la situation de la France, il y a deux ans, c’était une faute grave de ne pas le faire. Ni les start-up, ni des grands groupes n’ont pour l’instant assemblé dans un logiciel unique toutes les technologies nécessaires. Tout n’est pas perdu pour autant : il est bien plus facile de développer un Palantir européen aujourd’hui qu’il y a dix ans, car beaucoup de briques logicielles sont désormais en open source. Je pense qu’il est possible d’atteindre un niveau technologique comparable à celui de Palantir en deux ou trois ans, si on y met les moyens humains et financiers. On peut déjà s’appuyer sur des acteurs prometteurs, comme les start-up françaises Saagie, Flaminem.

Vous restez donc confiant ?

On a su développer les meilleures technologies mondiales dans le nucléaire, l’aéronautique, les nanotechnologies : l’exemple de la formidable réussite de MINATEC à Grenoble m’a beaucoup marqué. Il n’y a aucune raison de ne pas y arriver dans la tech : nous avons les cerveaux, les ingénieurs, et, au niveau européen, les moyens financiers. Arrêtons de pleurer, retroussons nos manches et agissons !

Propos recueillis par Vincent Lamigeon et Gilles Fontaine

Source : Challenges, Vincent Lamigeon, Gilles Fontaine, 23-03-2019

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

ENQUÊTE FRANCEINFO. Comment les renseignements s’adaptent depuis trois mois au mouvement inédit des « gilets jaunes »

ENQUÊTE FRANCEINFO. Comment les renseignements s’adaptent depuis trois mois au mouvement inédit des « gilets jaunes »

Policiers et gendarmes des services de renseignement ont dû s’adapter en urgence à l’émergence de cette vague de contestation sociale protéiforme et à des leaders d’un nouveau genre.

Des \"gilets jaunes\" manifestent à Paris le 16 février 2019, lors du quatorzième samedi de mobilisation du mouvement. 
Des « gilets jaunes » manifestent à Paris le 16 février 2019, lors du quatorzième samedi de mobilisation du mouvement.  (MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

Ils sont sur les ronds-points, dans les manifestations, assistent à des réunions organisées dans le cadre du grand débat national et aux discussions sur les réseaux sociaux. « Ils », ce ne sont pas « les gilets jaunes » mais ceux qui les observent et les écoutent, les agents des services de renseignement. Depuis trois mois, les policiers du renseignement territorial (RT), ceux de la préfecture de police de Paris mais aussi les gendarmes des brigades sont en première ligne pour recueillir des informations sur ce mouvement social inédit, tant par sa forme que par sa durée.

« Il a fallu en urgence établir la réalité d’un phénomène qui s’est construit du jour au lendemain, sur les réseaux, rapidement et en nombre », résume Guillaume Ryckewaert, secrétaire national du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure. Deux jours seulement avant la première journée de mobilisation, le 17 novembre, le service central du renseignement territorial (SCRT) publie une note de synthèse dans laquelle il décrit un « mouvement d’humeur », « assez désorganisé », avec des initiateurs inconnus des services mais un risque de récupération par les extrêmes.

« Une forme de violence totalement décomplexée »

Pour les renseignements, la difficulté réside précisément dans cette association spontanée entre des manifestants lambda, ni syndiqués ni affiliés à un parti politique, et des profils déjà identifiés pour leur extrémisme. « A Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen par exemple », la présence des seconds a « généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n’étaient connus ni pour leur appartenance à l’ultragauche, ni à l’ultradroite », analyse Nicolas Lerner, le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans Le Parisien.

« Les groupes d’ultradroite et d’ultragauche sont structurés et suivis. On peut anticiper, comme la participation de 1 200 blacks blocs à la manifestation du 1er-Mai. On savait plus ou moins le nombre qu’ils seraient et quelles cibles seraient visées par les casseurs », reprend Guillaume Ryckewaert. Dans le cas des manifestations de « gilets jaunes », qui ne sont, pour la plupart, pas déclarées en préfecture, les services naviguent davantage à vue. « A l’évidence, c’est un défi », confirme un haut gradé des renseignements au sein de la gendarmerie.

Tout le mouvement prend une dimension aléatoire, dans ses revendications, ses modes et ses lieux d’action.Un haut gradé des renseignements au sein de la gendarmerieà franceinfo

A la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), le service central de renseignement de la gendarmerie, une structure a été montée spécialement pour suivre les « gilets jaunes ». « Ce mouvement, assez rural et périurbain au départ, part beaucoup des terrains de la gendarmerie », observe ce haut gradé. Les brigadiers en uniforme, présents sur les ronds-points notamment, sont les premiers échelons du renseignement. Ils recueillent des informations sur le terrain puis remplissent une fiche. En fonction de son importance, celle-ci est traitée par des analystes au niveau départemental puis régional. Les éléments sont ensuite centralisés au niveau de la SDAO.

Un rôle de médiation sur le terrain

Côté police, le recueil d’informations s’effectue localement par des agents en civil, qui s’annoncent comme tels. « On se présente pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté », explique le responsable du renseignement territorial d’une ville moyenne du nord de la France. Si l’abréviation « RT » n’est pas très parlante, celle de « RG » rencontre plus d’écho (les renseignements généraux ont été supprimés en 2008 et leurs missions reprises en 2014 par les RT). « On leur explique que le but n’est pas de les dénoncer mais de faire le lien avec les forces de l’ordre en face, qui sont là pour faire respecter l’ordre public », explique ce responsable.

Parfois ils nous parlent, parfois non. On y va une fois, une deuxième fois… Puis les gens vous connaissent. Vous faites ensuite partie du paysage.Un responsable local des RTà franceinfo

C’est ce qui s’appelle du renseignement « en milieu ouvert », fondé sur le dialogue. Pas question d’infiltration dans le suivi local des « gilets jaunes ». Qu’ils soient sur les ronds-points ou dans les manifestations, les agents du renseignement sont connus et travaillent à visage découvert. Selon nos informations, certains ont parfois pu en faire les frais et être victimes d’agressions. « Je me suis pris des coups de poing et des coups de pied de la part d’un manifestant alcoolisé sur un rond-point, témoigne l’un d’eux. On représente l’Etat. Parfois, on se fait engueuler pendant une heure. On en accepte l’idée, ça les calme », ajoute-t-il. Selon lui, la direction a donné pour consigne de ne pas prendre position et de ne pas se mettre en danger en cherchant à duper des « gilets jaunes »

« On est quand même bien intégrés », relativise le chef d’une autre section locale de renseignements, située dans l’Ouest. Loin de l’image d’Epinal de l’espion qui se fait discret, certains peuvent jouer le rôle de médiateur, notamment dans les petites villes, « où tout le monde se connaît ». « Le samedi, les CRS et les gendarmes mobiles sont mobilisés ailleurs. Quand la tension monte avec des chauffeurs routiers et des automobilistes bloqués, on est là pour faire tampon et faire baisser la pression », poursuit cet agent local. « L’idée, c’est d’avoir un coup d’avance pour chasser les mauvaises idées et les réorienter en leur disant, par exemple, qu’il n’est peut-être pas judicieux d’aller manifester devant l’hôpital », confirme son collègue du Nord.

« On est partis de zéro »

Ce travail de « pédagogie » est d’autant plus important que les agents du renseignement n’ont pas affaire à leurs interlocuteurs habituels, rompus aux rapports de force avec des autorités locales ou une direction d’entreprise. « Les gens qu’on croise ne sont pas du tout dans les radars, on est partis de zéro dans l’ensemble », relève-t-on côté police comme gendarmerie. Sur les ronds-points, pas de figures syndicales ou politiques, mais des anonymes, à l’image des pionniers du mouvement identifiés par le SCRT comme ayant créé la première page Facebook appelant à bloquer le périphérique parisien le 17 novembre. Ces huit personnes, dont faisait partie Eric Drouet, étaient dépeintes dans une note du 29 octobre comme des individus « au profil plutôt neutre, ne révélant aucun engagement militant, et sans lien connu avec des groupes à risque », avec une passion commune : les rassemblements automobiles.

« On croise beaucoup de femmes, des mères célibataires souvent, des retraités, des travailleurs indépendants, des chômeurs », souligne le responsable des RT de la ville de l’Ouest. Pour identifier les leaders, « on observe ceux qui tiennent les porte-voix, qui guident la foule. On essaie de discuter avec eux, de les connaître personnellement, de savoir ce qui les a amenés ici », détaille son homologue du Nord. Mais les leaders d’hier ne sont pas forcément ceux de demain. « Tous les jours, on est étonnés, une semaine balaye l’autre, c’est un mouvement complètement polymorphe », pointe l’agent.

Sur les ronds-points, ils étaient tous d’accord et après, les groupes se sont scindés. Certains voulaient prendre l’ascendant, d’autres prônaient l’horizontalité.Un responsable local des RTà franceinfo

« Les leaders en matière d’idées ne nous intéressent pas. Ceux qui attirent notre attention, ce sont plutôt les agitateurs locaux qui ont une capacité à promouvoir des violences collectives », souligne le haut gradé au sein du service de renseignement de la gendarmerie. A partir d’éléments observés sur le terrain, cette surveillance se poursuit sur les réseaux sociaux. « On a travaillé comme on le fait d’habitude, en récupérant d’abord les pseudonymes pour retrouver les administrateurs de pages Facebook », indique une source policière. Parfois, les services observent une concordance entre les leaders sur le terrain et les appels lancés en ligne, parfois non. « On entend très peu ces personnes lors des réunions, mais sur Facebook, ce sont elles qui amènent les discussions sur certains sujets, qui tirent le débat dans un sens », explique cette même source. Sans surprise, les agents se créent de faux comptes pour pouvoir regarder les Facebook Live, les nombres de vues, les commentaires.

« On est face à des gens jusqu’au-boutistes »

Quand il s’agit d’identifier de potentiels casseurs, le renseignement glisse vers ce que l’on appelle le « milieu fermé », via des moyens techniques qui permettent un travail plus discret, comme l’enregistrement des conversations sur des messageries chiffrées et des écoutes téléphoniques. Selon Le Point, environ 150 « gilets jaunes » – une centaine en province, une cinquantaine à Paris – ont été mis sur écoute par le SCRT et la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP). Ces écoutes administratives, hors procédures judiciaires, ont été rendues possibles par la loi sur le renseignement du 24 juillet 2015. Mais elles doivent être validées par le Premier ministre, après avis de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Sollicitée par franceinfo, la CNCTR n’a pas confirmé ce chiffre, mais assure veiller à ce que la loi « ne permette pas de restreindre abusivement le droit de manifester ses opinions ».

Certains « gilets jaunes » figurent également au fichier de la prévention des atteintes à la sécurité publique (PASP), comme l’a confirmé le ministère de l’Intérieur à franceinfo. Mais selon la place Beauvau, c’est parce que ces personnes sont « susceptibles d’être impliquées dans des actions de violences collectives ». C’est ce qui inquiète les autorités et les services de renseignement : la radicalisation progressive d’une frange du mouvement. « Des casseurs fortuits, il y en a toujours, dans les manifestations de pêcheurs ou d’agriculteurs, par exemple. Mais là, cela s’inscrit dans la durée, avec des attaques violentes protéiformes qui visent des personnes, comme les journalistes et les policiers, et des institutions », observe-t-on au sein de la SDAO.

Petit à petit, les revendications ont évolué et se sont multipliées. Né d’une mobilisation contre la hausse des prix des carburants, le mouvement s’est élargi à une critique globale du système économique et institutionnel français. L’instauration du grand débat national ne suffit pas à calmer les esprits, même si la mobilisation est en baisse. « On assiste aux débats locaux pour voir l’ambiance, mais ceux qui posent problème sur les ronds-points n’y participent pas. Ils organisent des assemblées citoyennes en parallèle. Tout ce qui est proposé est considéré comme une trahison, une tentative de récupération », constate un des cadres locaux des RT. Face à cette attitude, les services se sentent désarmés.

On n’arrive pas à voir où ils veulent en venir, ce qui pourrait les calmer, leur apporter une satisfaction.Un responsable local des RTà franceinfo.fr

« Toute personne qui se positionne comme leader est bloquée par l’inertie du mouvement, qui prône l’horizontalité », poursuit cet agent. Dernier exemple en date : l’exfiltration d’Ingrid Levavasseur de la manifestation parisienne du 16 février. Cette aide-soignante qui a tenté de créer une liste « gilets jaunes » pour les européennes a été violemment prise à partie. « Aujourd’hui, on est face à des gens jusqu’au-boutistes. Mais au bout de quoi ? Ils ne savent plus trop. Ils se sont trouvé une vocation, ils sont dans une bulle, il n’y a plus rien autour », déplore un autre policier. A la différence des conflits sociaux traditionnels, les agents du renseignement sur le terrain n’ont pas de « monnaie d’échange » à proposer. « Un syndicat, s’il veut un rendez-vous chez le préfet ou rencontrer un ministre de passage, on sait quoi faire. Là, ils ne demandent rien. » 

« Les ‘gilets jaunes’, c’est du travail en plus »

C’est pour cette raison, selon ces mêmes sources, que le renseignement local travaille de plus en plus en « milieu fermé » et a tendance à se judiciariser, plutôt que de remplir « une sorte de contrat social avec les organisateurs ». Comme le prévoit l’article 40 du Code de procédure pénale, le préfet doit saisir le procureur de la République s’il a connaissance d’un crime ou d’un délit à partir d’un signalement, qui émane souvent des services de renseignement. « Le recours à l’article 40 est plutôt rare, mais cela a été beaucoup fait pour les ‘gilets jaunes' », observe un des responsables locaux des RT. Objectif : procéder à des interpellations préventives avant les manifestations.

Les notes des services de renseignement servent aussi à éclairer les décideurs sur la suite du mouvement et, surtout, à adapter les dispositifs de maintien de l’ordre. Leur rythme varie selon les régions. « Au début, on faisait jusqu’à six points par jour sur la mobilisation, pour le préfet et le service central. Désormais, on est redescendus à un point par jour », explique l’agent qui travaille dans l’Ouest. « Après plusieurs remontées par semaine, on est passés à une note de synthèse pour les réunions organisées dans le cadre du grand débat, une note pour les manifestations du samedi et une note pour les rassemblements sur les ronds-points », énumère celui qui officie dans le Nord. La fatigue dans les services se fait sentir.

Les ressources des services de renseignement sont absorbées par les ‘gilets jaunes’, avec la crainte de passer à côté d’une autre menace.Un haut gradé du renseignement au sein de la gendarmerieà franceinfo

Pas question, pour autant, de lever le pied sur les autres missions. « Pour Paris, il est hors de question de laisser tomber le suivi de la radicalisation islamiste. On a deux mondes parallèles dans le renseignement : le premier [sur la radicalisation] continue à évoluer comme si l’autre n’existait pas », explique-t-on côté police. « Les ‘gilets jaunes’, c’est du travail en plus, on continue à suivre nos thématiques », confirme un agent.

Les renseignements territoriaux ont également pour mission de suivre la santé économique de leur secteur géographique. Et l’impact du mouvement commence à se faire sentir. « A Paris, on s’inquiète des violences mais en province, on craint les conséquences économiques. La grande distribution a les reins solides, mais pour les petits commerçants, c’est plus difficile, analyse ce cadre des RT. C’est plus insidieux et on le verra sur le long terme. » Cet agent craint l’arrivée des beaux jours. « Les ‘gilets jaunes’ ont un peu désinvesti les ronds-points, mais avec les jours qui rallongent et les températures qui remontent, qu’est-ce qui va les empêcher de s’y réinstaller ? Je n’en vois pas la fin. »

Confirmation de notre version de l’incident de Kertch

Confirmation de notre version de l’incident de Kertch

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La Russie a rendu publics trois interrogatoires des marins ukrainiens faits prisonniers lors de l’incident de Kertch, le 25 novembre 2018, et un document (photo) saisi sur un des navires.

Selon ce document et ces vidéos, l’incident avait été planifié par l’Ukraine en coopération avec des puissances étrangères. Deux officiers des services de Renseignement militaires ukrainiens se trouvaient à bord pour coordonner les opérations. Ce sont eux qui ont interdit aux marins de répondre aux messages des Russes lorsque les navires de guerre sont entrés dans les eaux territoriales russes revendiquées par l’Ukraine.

Selon notre collaborateur Valentin Vasilescu, des avions de reconnaissance électromagnétique US et israélien ont survolé la zone avant l’incident afin de détecter les défenses russes [1].

Israël, n’est pas membre de l’Otan, mais dispose d’un bureau de liaison au siège de l’Otan à Bruxelles. Durant le coup d’État de Kiev, quatre officiers et trente et un soldats israéliens participaient aux combats de la place Maïdan pour le compte du parti ex-nazi Svoboda, dans le cadre du service secret stay-behind de l’Alliance.

L’opération de Kertch semble avoir été commanditée par l’Otan en vue de créer une « menace russe » qui justifierait l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance. Elle a été supervisée par l’ambassadeur Kurt Volker. Celui-ci a été recruté par la CIA lors de ses études à l’université de Georgetown. Après avoir travaillé au siège de l’Agence à Langley, il a incorporé le service diplomatique et est devenu « conseiller » de Richard Hoolbroke durant les guerres de Yougoslavie. Il devint l’assistant de Victoria Nuland lorsqu’elle était ambassadrice à l’Otan et lui succéda à ce poste. Il est aujourd’hui ambassadeur à Kiev.

[1] « À qui profite l’incident du détroit de Kertch ? », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 29 novembre 2018.

http://www.voltairenet.org/article204151.html

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note