Archives pour la catégorie Renseignement

Confirmation de notre version de l’incident de Kertch

Confirmation de notre version de l’incident de Kertch

+

La Russie a rendu publics trois interrogatoires des marins ukrainiens faits prisonniers lors de l’incident de Kertch, le 25 novembre 2018, et un document (photo) saisi sur un des navires.

Selon ce document et ces vidéos, l’incident avait été planifié par l’Ukraine en coopération avec des puissances étrangères. Deux officiers des services de Renseignement militaires ukrainiens se trouvaient à bord pour coordonner les opérations. Ce sont eux qui ont interdit aux marins de répondre aux messages des Russes lorsque les navires de guerre sont entrés dans les eaux territoriales russes revendiquées par l’Ukraine.

Selon notre collaborateur Valentin Vasilescu, des avions de reconnaissance électromagnétique US et israélien ont survolé la zone avant l’incident afin de détecter les défenses russes [1].

Israël, n’est pas membre de l’Otan, mais dispose d’un bureau de liaison au siège de l’Otan à Bruxelles. Durant le coup d’État de Kiev, quatre officiers et trente et un soldats israéliens participaient aux combats de la place Maïdan pour le compte du parti ex-nazi Svoboda, dans le cadre du service secret stay-behind de l’Alliance.

L’opération de Kertch semble avoir été commanditée par l’Otan en vue de créer une « menace russe » qui justifierait l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance. Elle a été supervisée par l’ambassadeur Kurt Volker. Celui-ci a été recruté par la CIA lors de ses études à l’université de Georgetown. Après avoir travaillé au siège de l’Agence à Langley, il a incorporé le service diplomatique et est devenu « conseiller » de Richard Hoolbroke durant les guerres de Yougoslavie. Il devint l’assistant de Victoria Nuland lorsqu’elle était ambassadrice à l’Otan et lui succéda à ce poste. Il est aujourd’hui ambassadeur à Kiev.

[1] « À qui profite l’incident du détroit de Kertch ? », par Valentin Vasilescu, Traduction Avic, Réseau Voltaire, 29 novembre 2018.

http://www.voltairenet.org/article204151.html

Publicités

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note

 

L’Élysée et le « Gladio B », par Thierry Meyssan

L’Élysée et le « Gladio B », par Thierry Meyssan

Publié par Brujitafr sur 28 Octobre 2018, 07:05am

Catégories : #ACTUALITES, #POLITIQUE

Note de Soverain : Soverain a publié il y a quelques mois un dossier sur l’existence et le rôle du réseau Gladio. Consulter notre dossier sur l’impérialisme américain de l’historien Anton Chaitkin ! Nous sommes, tous à Soverain, au courant de la réputation sulfureuse de Thierry Meyssan, mais l’article est intéressant et mérite de s’y attarder quelques instants. 

Article de Thierry Meyssan publié sur le Réseau Voltaire

Durant la Guerre froide, les États pro-US ont connu un sanglant précédent de répression illégale et secrète. S’il est clair que ce système a été progressivement démantelé en Europe, il ne s’est jamais interrompu au « Moyen-Orient élargi » mais s’y est transformé. Les agissements de l’Élysée dans le cadre de l’affaire Benalla, laissent entrevoir la possibilité que cette histoire ne soit pas finie.

Bien que tout le monde ait vu Alexandre Benalla escorter un peu partout le président de la République, il n’était aucunement chargé de sa sécurité. Mais qu’elle était donc sa fonction ?

Bien que tout le monde ait vu Alexandre Benalla escorter un peu partout le président de la République, il n’était aucunement chargé de sa sécurité. Mais qu’elle était donc sa fonction ?

Qui est Alexandre Benalla ?

Révélée par Le Monde, l’affaire Benalla a laissé apercevoir ce qui se passe dans les coulisses de l’Élysée. Un collaborateur d’Emmanuel Macron est un voyou qui, se faisant passer pour un policier, est allé tabasser deux manifestants le 1er mai dernier, muni d’un brassard de police et d’une radio interne de la police. Il bénéficiait de « copinages malsains », selon l’expression du préfet Michel Delpuech. Cet aspect des choses fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire où 5 personnes sont mises en examen. Elle est doublée d’une enquête administrative de l’Inspection générale (IGPN).

Il se trouve que, loin d’être un vague collaborateur, ce voyou n’était autre que le « directeur adjoint du cabinet du président de la République ». Il escortait son patron en de très nombreuses occasions, aussi bien publiques que privées et disposait du double des clés de sa résidence secondaire. Un permis de port d’armes permanent lui avait été octroyé en raison de sa fonction (laquelle exactement ?). Une voiture de fonction avec de super-gyrophares lui avait été attribuée (par qui ?). Il détenait une carte d’accès à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, un passeport diplomatique, et une accréditation Secret-Défense (pourquoi ?).

Selon les syndicats de policiers déposant sous serment devant la Mission d’information sénatoriale, ce voyou du président inspirait la « terreur » aux policiers. Il n’hésitait pas à menacer et à injurier de hauts gradés de la police et de la gendarmerie auxquels il se permettait de donner des ordres. Il se rendait à des réunions au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de police accompagné de « barbouzes ». Il recrutait des « vigiles » pour l’Élysée. —Toutes imputations fermement démenties par le cabinet du président de la République—.

Le président Macron a déclaré avoir été « trahi » par Alexandre Benalla et l’avoir sanctionné de quinze jours de suspension avec interruption de son salaire et l’avoir réaffecté à un poste moins important. Cependant, pour des raisons « techniques », la sanction financière n’a pas été appliquée. En outre, quelques jours plus tard, en raison du « manque de personnel », le même Benalla accompagnait à nouveau le président comme si de rien n’était. Aucune des personnes chargées de la sécurité présidentielle, ni même le ministre de l’Intérieur, ne s’inquiétèrent de cette proximité persistante, bien qu’ils connaissaient le tabassage du 1er mai.

D’où cette question évidente des parlementaires, constitués en Commissions d’enquête : Alexandre Benalla faisait-il partie d’une police parallèle en gestation, aux seuls ordres du président Macron ?

Il faut bien comprendre que dans le système constitutionnel français, le président de la République n’a aucun pouvoir sur les administrations qui relèvent du seul gouvernement. Sa sécurité est assurée par des fonctionnaires, civils et militaires [1]. Si le président disposait d’un service de sécurité placés sous ses seuls ordres, celui-ci ne pourrait être contrôlé car il bénéficierait de l’« irresponsabilité » accordée au président pour la durée de son mandat.

Après six jours de mutisme, le président de la République s’est adressé à ses fidèles réunis pour une soirée. Oubliant que même ses soutiens se posent des questions, il les a mobilisés contre ses ennemis qui lui cherchent des poux dans la tête. Il a déclaré avoir été trahi par son directeur-adjoint de cabinet. Il a revendiqué être le seul chef et par conséquent le seul « responsable » de cette erreur de casting (en réalité, le seul auteur de cette erreur).

Cette prise de parole était très belle et touchante. Mais elle ne répond pas à la question posée.

Surtout, elle fait obstacle au travail des parlementaires en dispensant les personnalités auditionnées de répondre en détail, puisque seul le président est —ou plutôt sera à l’issue de son mandat— « responsable ». Circulez, il n’y a rien à voir !

Les parlementaires avaient déjà été ébranlés par une déclaration sous serment du directeur de l’ordre public de la préfecture de police, Alain Gibelin, contredisant les déclarations de l’Élysée… avant de rectifier lui-même son propos le lendemain ; puis par les contradictions entre la description officielle du poste d’Alexandre Benalla et les motifs figurant sur son arrêté préfectoral de port d’armes ; ou encore par la déclaration de l’Élysée qu’il ne disposait pas d’appartement de fonction contredite par sa déclaration fiscale de changement d’adresse le 9 juillet dans la caserne du Quai Branly.

Sans parler du vol de vidéos de surveillance à la préfecture de police de Paris par des policiers agissant pour le compte d’Alexandre Benalla ; vidéos qui aboutirent une journée complète à l’Élysée où de nombreux collaborateurs les visionnèrent.

L’hypothèse du « Gladio B »

Nous avons publié dans ces colonnes que la mission de Monsieur Benalla était de créer un équivalent français de l’US Secret Service intégrant à la fois la fonction de protection du président et de lutte contre le terrorisme [2] ; une information aujourd’hui largement reprises par nos confrères sans nous citer.

Le ministre de l’Intérieur, qui a déclaré ne rien connaître de cette affaire, est persuadé que la refonte des services de sécurité de l’Élysée ne visait pas à les faire échapper aux hiérarchies traditionnelles. On espère qu’il ne s’est pas laissé intoxiquer sur ce sujet là aussi.

Cependant, on se souvient que, durant la Guerre froide, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient créés dans l’ensemble des États alliés un service pour lutter contre l’influence soviétique à l’insu des institutions nationales. Ce système est connu des historiens sous le nom de stay-behind et du grand public sous celui de sa branche italienne, le Gladio. Dans le monde entier, il était géré conjointement par la CIA et le MI6, via la Ligue anti-communiste mondiale (WACL) [3], sauf en Europe où il fut rattaché à l’Otan [4].

Les principaux responsables opérationnels de ce réseau stay-behind (c’est-à-dire apte à entrer dans la clandestinité en cas d’invasion soviétique) étaient d’anciens responsables de la répression nazie. Si les Français savent que le capitaine de la SS et chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie, est ainsi devenu le responsable du réseau stay-behind en Bolivie contre Che Guevara, ils ignorent par exemple que le préfet de police de Paris, le collaborationniste Maurice Papon, qui massacra une centaine d’Algériens le 17 octobre 1961, était un des responsables du réseau en France contre le FLN [5]. Ici, à Damas où je réside, on se souvient d’un autre officier SS et directeur du camp de Drancy, Alois Brunner, qui fut placé comme conseiller des services secrets syriens par la CIA et le MI6 pour empêcher que le pays ne bascule dans le camp soviétique. Il fut arrêté par le président Bachar el-Assad dès son accession au pouvoir.

En France, lorsque le stay-behind se retourna contre la France accusée de lâcher l’Algérie aux Soviétiques, organisa le coup d’État de 1961 et finança l’OAS (Organisation de l’Armée secrète), le président De Gaulle en récupéra certains agents pour former une milice contre la milice : le SAC (Service d’action civique) [6].

Malgré les apparences, il ne s’agit pas là de si vieilles histoires que cela : le monde politique comporte toujours des personnalités ayant appartenu au réseau stay-behind ; par exemple, l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, fut le chef du Gladio au Luxembourg [7].

Le premier secrétaire général d’« En marche ! », Ludovic Chaker, serait un agent de la DGSE. Par hasard, il avait engagé comme garde du corps pour le candidat Macron un ami de Jawad Bendaoud, le « logeur de Daesh ». Il est aujourd’hui chargé de mission à l’Élysée où il « double » la task force anti-terroriste du préfet Bousquet de Florian.

Bien sûr, au XXIème siècle, on ne torture et on n’assassine plus comme jadis, on se contente de discréditer les gêneurs par voie de presse. Surtout il n’y a plus d’Union soviétique, donc plus de réseau stay-behind. Mais le personnel dont on disposait et qui s’était renouvelé a dû être recasé. Quantité d’éléments attestent que ces agents ont d’abord conduit le jihad contre les Soviétiques en Afghanistan, puis aujourd’hui contre la Russie [8], au point d’être désignés par le FBI sous l’appellation de Gladio B [9]. L’efficacité de ce réseau au « Moyen-Orient élargi » durant les 17 dernières années n’est plus à démontrer.

Précisément, la question de la lutte contre le terrorisme —ou de sa manipulation— dépendait aux États-Unis du Secret Servicedont l’Élysée préparait une réplique. Étrangement la task forceélyséenne anti-terroriste, dirigée par le préfet Pierre de Bousquet de Florian, est déjà doublée par une « cellule » confiée à un chargé de mission auprès du chef d’état-major du président, l’amiral Bernard Rogel. Selon L’Opinion, ce chargé de mission, Ludovic Chaker —qui a fait engager Benalla— est un « ancien » agent de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) [10].

Il ne s’agit pas de comparer Alexandre Benalla à Maurice Papon, mais de s’interroger sur la possibilité qu’il soit un élément d’une force de répression illégale en cours de (re)constitution en Europe.

Qui a déclenché l’affaire Benalla ?

Il est extrêmement clair, qu’en l’absence de plainte des victimes de Monsieur Benalla et vu la difficulté de le reconnaître sur les vidéos de ses exactions, cette affaire n’est pas spontanément devenue publique.

L’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, vient de s’installer à Bruxelles avec la mission de « faire sauter Emmanuel Macron et Angela Merkel comme dans un jeu de quilles »

Les personnes qui l’ont fait éclater devaient être très bien informées, aussi bien sur Alexandre Benalla que sur la confusion régnant à l’Élysée. Cependant leur statut officiel les contraignait à la discrétion. On pense immédiatement à des responsables de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) ou de la direction du Renseignement et de la Sécurité de la Défense (DRSD).

Il n’est pas impossible que des policiers aient donné à Alexandre Benalla les attributs de police qu’il usurpait le 1er mai. Il serait alors tombé dans un piège [11].

Nous ne sommes plus dans la même situation qu’au cours de la Guerre froide et de la guerre d’Algérie. Cette affaire n’a rien à voir avec le SAC. Le président Macron ne cherchait pas à protéger le pays d’une milice en violant lui aussi la loi. Nous sommes au contraire dans une situation d’affrontement entre d’un côté l’alliance Russie-États-Unis et de l’autre l’État profond anglo-saxon qui se déchaîne contre le président Trump.

Références : 

[1] Durant les périodes de cohabitation entre une président et un Premier ministre de formations politiques opposées, la sécurité du président a été exclusivement assurée par des gendarmes afin de ne pas révéler au Premier ministre ce que faisait le président.

[2] « La mission d’Alexandre Benalla », Réseau Voltaire, 22 juillet 2018.

[3] « La Ligue anti-communiste mondiale, une internationale du crime », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 mai 2004.

[4] Secret Warfare : Operation Gladio and NATO’s Stay-Behind Armies, Daniele Ganser, Routledge 2005. Version française : Les Armées Secrètes de l’OTAN, Demi-Lune, 2007. Le stay-behind a fait l’objet de nombreux documentaires, dont en français Les Armées secrètes de l’OTAN, d’Emmanuel Amara pour France-Télévision, ou Au cœur de la Guerre froide : les hommes de l’ombre de Lucio Mollica pour la RTBF. Pour ma part, j’avais écris cet article, il y a une vingtaine d’années : « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », Réseau Voltaire, 20 août 2001.

[5] « La guerre secrète en France », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 18 avril 2011.

[6] « Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir », « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août et 10 septembre 2001.

[7] « Gladio-Luxembourg : Juncker contraint de démissionner », Réseau Voltaire, 10 juillet 2013.

[8] Lire la seconde partie de Sous nos yeux. Du 11-septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Demi-Lune 2017.

[9] Lire et voir les nombreux ouvrages et documentaires de Sibel Edmonds.

[10] « Ludovic Chaker : un ami de Benalla est « chargé de mission » auprès de l’amiral Rogel (actualisé -2) », Jean-Dominique Merchet, L’Opinion, 26 juillet 2018.

[11] Voir la déposition et la lettre d’Alain Gibelin à la Commission de l’Assemblée nationale et les comparer aux déclarations d’Alexandre Benalla au Monde du 27 juillet.

source

France/Iran : reprise de la guerre des services ?

NOTE D’ACTUALITÉ N°525 / octobre 2018

France/Iran : reprise de la guerre des services ?

Alain RODIER

 

Selon plusieurs organes de presse, le Mossad serait à l’origine de la chasse déclenchée à travers toute l’Europe contre les services secrets iraniens. Celle-ci a officiellement débuté quand le service spécial hébreu a averti ses homologues du Vieux continent – vraisemblablement en mai/juin 2018 -de la préparation d’un attentat visant la réunion annuelle de l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI[1]) se tenant à Villepinte le 30 juin 2018, en présence de nombreuses personnalités[2].

À la suite de ces renseignements, un couple belgo-iranien- Amir et Nasimeh S., âgés d’une trentaine d’années – a été appréhendé par la police belge le 30 juin dans le quartier de Stockel, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la banlieue bruxelloise. 500 grammes d’explosif  TATP et un dispositif de mise à feu ont été trouvés dans deux paquets séparés dans leur voiture. Assadollah Assadi, un diplomate iranien en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne (Autriche), soupçonné d’être en contact avec ce couple, a été arrêté en Allemagne. En effet, n’étant pas accrédité dans ce pays, il ne bénéficiait pas de l’immunité diplomatique[3]. Les Israéliens l’ont désigné comme le responsable opérationnel de la tentative d’attentat. Il devrait être extradé vers la Belgique pour y être présenté à la justice.

 

Actions et décisions de la France

 

Début octobre, faisant – tardivement – suite à cette affaire, la France a gelé pour six mois les avoirs sur son territoire du ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien (VAJA, ex VEVAK) qui serait lié à la tentative d’attentat. La même sanction a été prise à l’encontre d’Assadollah Assadi – le diplomate arrêté en Allemagne – et du chef des services de renseignement iraniens, le vice-ministre Saeid Hashemi Moghadam.

Ces mesures surviennent parallèlement à l’importante opération policière qui a visé, le 2 octobre, l’association musulmane chiite dénommée Centre Zahra France. Les forces de l’ordre ont perquisitionné son siège ainsi que le domicile de ses principaux dirigeants. 11 personnes ont été interpellées et trois ont été placées en garde à vue pour détention d’armes. Les avoirs du Centre Zahra France et deux organisations qu’il abrite dans ses locaux – France Marianne Télé et la Fédération chiite de France/Parti Antisioniste – ont également été gelés.

Les activités du Centre Zahra France étaient suivies depuis de très nombreuses années par les services de renseignement français pour « soutien à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République ». Selon l’AFP, le Centre Zahra France et les associations qu’il héberge sont soupçonnés de prôner la guerre sainte et de faire l’apologie de mouvements comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, soutenus par l’Iran. Les branches militaires de ces organisations sont considérées comme « terroristes » par l’Union européenne.

Il est vrai que des intervenants tiennent au Centre Zahra  des discours extrémistes, à l’exemplede ceux du cheikh Ali Talal qui a déclaré le 29 avril 2018 : « nous ne fermerons pas les yeux […] jusqu’à ce que le sionisme soit extirpé de tout le pays. » Lors d’un autre sermon, délivré le 15 mai, il proclamait : « Aujourd’hui, la boussole de l’unité doit être réglée sur notre union contre le sionisme ! Que nous nous acceptions mutuellement, qui que nous soyons, jusqu’à ce que nous en finissions avec les sionistes, et en débarrasser le monde, que le monde et les opprimés soient débarrassés d’eux. À ce moment, nous nous assiérons et nous parlerons de nos différends, s’ils existeront encore. Et je vous dis qu’il n’y en aura plus, car l’origine de tout différend vient de ces sionistes, ces arrogants, ces maudits qui ne veulent aucune forme de vie pour l’humanité ! ». À l’évidence, il s’agit là d’un appel lancé aux sunnites radicaux.

Certes, le Centre Zahra France était dans le collimateur des autorités françaises depuis des années, mais on peut se demander pourquoi elles ont décidé d’agir maintenant ? N’est-ce pas là un signe politique envoyé en direction de Washington pour faire oublier que la France était en pointe dans la défense du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), traité levant les sanctions contre l’Iran en échange de son engagement de cesser le développement des ses activités nucléaire militaire[4] et remis en cayse par Donald Trump ?

Par la voix de son porte-parole Bahram Ghassemi, la diplomatie iranienne a rejeté les accusations françaises : « Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l’arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate». Suite à cette arrestation, le ministère des Affaires étrangères français a publié le 20 août une note interne demandant à ses personnels non accrédités en Iran d’éviter de se rendre dans ce pays. Ils pourraient être à leur tour arrêtés pour être ensuite échangés contre leur homologue iranien.

 

Une tentative d’attentat quelque peu étrange

 

Généralement, quand ils mènent des actions de type terroriste, les services spéciaux iraniens, agissent via des tiers comme le Hezbollah libanais ou des mouvements palestiniens pour ne pas apparaître en première ligne. Ces derniers se font un devoir de leur rendre ces services car ils dépendent presque totalement de Téhéran, en particulier sur le plan financier. Or, dans la tentatvie d’attentat visant Villepinte, ce ne semble pas avoir été le cas. Selon l’accusation, c’est Assadollah Assadi, le diplomate en poste à Vienne, qui aurait remis la charge explosive aux activistes lesquels, apparemment, n’appartiennent pas à une “structure extérieure“.

Ensuite, si les 500 grammes de TATP auraient pu provoquer des dégâts importants en explosant dans la foule, il s’agit d’une charge d’explosifs relativement faible, d’autant que l’on ignore si elle était entourée de projectiles métalliques qui, eux, sont extrêmement vulnérants. Pour le moment, aucune information n’a filtré sur la composition de l’engin… La clé de l’énigme réside dans cette preuve matérielle : est-ce un engin professionnel ou un bricolage ? Etait-il apte a être mis en oeuvre rapidement et comment ? Les enquêteurs détiennent les réponses à ces questions mais ne les ont pas encore dévoilées.

Rappelons également que l’OMPI vit quasi ouvertement au grand jour en France et tient sa réunion populaire annuelle tous les ans au même endroit, à Villepinte. Pour l’anecdote, les mauvaises langues prétendent que certains participants sont rémunérés pour faire la claque. Si le régime iranien avait voulu s’en prendre à l’OMPI, il aurait pu le faire depuis longtemps et de manière plus professionnelle. Quel est l’intérêt pour lui d’organiser en tel attentat en pleine crise sur la suspension de l’accord JCPOA ?

Enfin, lors de leur arrestation le jour même de la manifestation de l’OMPI, les deux « terroristes » se trouvaient à Bruxelles ce qui était un peu loin de leur objectif supposé. Même s’il n’est pas impossible d’envisager qu’ils se rendaient à Villepinte, une action de ce type se prépare soigneusement à l’avance et les opérateurs sont généralement présents sur place quelques temps auparavant.

 

Des services iraniens de sinistre réputation

 

Il est vrai que les services iraniens traînent une sinistre réputation s’étant livrés au terrorisme d’État à de nombreuses reprises par le passé ; pour mémoire, l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban, Louis Delamare, le 4 septembre 1981 ; l’attentat contre les parachutistes français de Drakskaret les Marinesaméricains à l’aéroport de Beyrouth le 23 octobre 1983 (305 morts) ; celui de l’opposant Chapour Bakhtiar à Suresnes, le 6 août 1991 ; sans oublier les attentats terroristes contre les intérêts israéliens en Argentine et en Europe.  La liste est longue et il convient de ne rien oublier ! Le régime des mollahs sait utiliser l’arme de la terreur quand il la juge utile à sa politique.

Les renseignement iranien est organisé autour de deux entités : le ministère du Renseignement et de la Sécurité(VAJA) et le directorat du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, dont le bras armé à l’étranger est la force Al-Qods. Ces deux services sont présents dans toutes les représentations diplomatiques iraniennes. Il est donc vraisemblable que Assadollah Assadi appartenait à l’un d’eux.

La première mission des services iraniens est la surveillance des opposants ; la seconde est la lutte contre Israël et contre l’Arabie saoudite. Ils agissent généralement de manière très professionnelle, mais il leur est cependant arrivé de commettre de graves erreurs techniques à plusieurs reprises, lesquelles ont permis de les confondre et de mettre en cause leurs responsables politiques, notamment suite aux attentats ayant eu lieu en Argentine ou en Bulgarie.

Il n’est pas exclu que Téhéran – dans le climat international actuel très tendu – ait de nouveau recours à des opérations violentes à l’étranger (attentats, assassinats). La sécurité autour des opposants iraniens réfugiés en Europe aurait d’ailleurs été renforcée ces dernières semaines. Il ne faut pas se faire d’illusions, les services iraniens sont en train de se préparer à mener une guerre secrète si la situation venait à se détériorer du fait de l’agressivité affichée des Américians et des Britanniques suivis – contraints et forcés – par les Européens.

 

*

 

Il n’a échappé à personne que l’accord JCPOA est en train de se détricoter depuis que Donald Trump l’a rejetté et a rétabli les sanctions économiques à l’égard de Téhéran. De plus, Washington ne s’est pas privé de menacer directement de sanctions ses alliés ayant des relations économiques avec l’Iran. Résultat : presque tous les industriels européens et français (Total, Peugeot, etc.) se sont retirés du pays, laissant la place aux Chinois et aux Russes.

C’est dans ce cadre que cette affaire d’attentat survient fort opportunément. Elle a été servie avec délectation par les Israéliens qui considèrent l’Iran comme leur pire ennemi[5]. Comme par hasard, le président iranien Hassan Rohani entamait, début juillet  2018, un voyage officiel en Suisse et en Autriche. La révélation de cette tentative d’attentat et du « complot » iranien est donc venue fort à propos saboter son voyage et a été un signal fort à l’attention des  Etats qui espéraient encore pouvoir négocier.

La stratégie des Américains et d’Israël est clairement d’asphyxier au maximum l’économie iranienne pour provoquer des mécontentements intérieurs qui pourraient changer la donne politique.Pour Washington, l’OMPI a un rôle central à jouer à l’avenir. C’est oublier un peu vite que cette organisation – dont l’idéologie est un mélange de marxisme et d’islamisme – n’est pas populaire du tout en Iran. Une grande majorité d’Iraniens – même ceux qui ne soutiennent pas le pouvoir des mollahs – considère que l’OMPI a trahi la Patrie en combattant dans les rangs de l’armée de Saddam Hussein lors de la « guerre imposée » ou « défense sacrée » (1980-1988). Les Iraniens restent des nationalistes fiers de leur histoire et ne pardonnent pas cette trahison. Mais si Washington appuie l’OMPI, c’est aussi parce ce mouvement a été un fidèle « collaborateur » des services de renseignement américains, ayant fourni dans le passé de précieuses informations sur l’effort nucléaire iranien.

Malheureusement, il y a bien longtemps que la politique du Quai d’Orsay suit celle du département d’État américain. Il est loin le temps où Paris et Berlin avaient refusé de participer à l’invasion de l’Irak de 2003. La fureur des Américains dénonçant la « lâcheté » des Français avait été à son comble. Aujourd’hui,ce n’est pas par conviction que Paris s’aligne sur Washington, mais tout simplement parce que la France n’a plus les moyens de s’y opposer. Les responsables politiques français savent que s’ils passent outre les “recommandations“ de Washington et continuent de commercer avec Téhéran, les sanctions américaines seront sans pitié. Le marché intérieur américain sera alors fermé à nos industriels et les sanctions (condamnations, amendes) ne tarderont pas. Or, le marché américain est vital pour les économies française et européenne alors que celui de l’Iran est, comparativement, négligeable.

 

 

[1] Mojāhedin-e Khalq (MEK).

[2] Dont : Rudy Giulani, avocat de Donald Trump et maire de New York au moment des attentats du 11 septembre 2001 ; Stephen Harper, l’ancien Premier ministre canadien ; Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner, Rama Yade, etc.

[3] L’accréditation dans un pays ne couvre le diplomate que dans celui-ci, lors des trajets professionnels qu’il effectue ou s’il accompagne la « valise diplomatique.

[4] Signé le 14 juillet 2015 à Vienne par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-uni) + l’Allemagne, d’où son appellation « 5+1 ».

[5] Cela n’a pas été toujours le cas car durant la guerre Irak-Iran qui a duré de 1980 à 1988, l’État hébreu a discrètement fourni une aide militaire à Téhéran avec l’accord plus ou moins officiel de Washington. Il considérait à l’époque que Saddam Hussein était son adversaire potentiel le plus menaçant.

https://www.cf2r.org/actualite/france-iran-reprise-de-la-guerre-des-services/

Renseignement : la France souhaite enfin retrouver un peu de souveraineté

 Publié le Mis à jour le 18 septembre 2018
Auteur par Pierrot
Catégories Fabrication française, International Renseignement : la France souhaite enfin retrouver un peu de souveraineté Depuis 2 ans, le logiciel d’analyse des données dont se sert les services de renseignement français est la propriété d’une start-up américaine financée par la CIA…
Situation ubuesque dont le gouvernement semble enfin vouloir sortir. Développer la souveraineté numérique de la France et de l’Europe. Le gouvernement intensifie ses efforts en ce sens afin de ne plus dépendre des logiciels américains au moment où les relations transatlantiques ne sont pas des plus chaleureuses, rapporte l’agence Bloomberg
. En ligne de mire notamment : un logiciel d’analyse de données (Big Data) fourni par Palantir, une start-up américaine financée en partie par la CIA et que le renseignement intérieur français utilise pour sa lutte antiterroriste.
Le contrat avait été signé en 2016 « en l’absence d’une solution française et européenne ». Mais Paris voudrait désormais lui trouver un remplaçant « maison ». « Nous cherchons aujourd’hui à développer une offre française ou européenne », explique le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure, Laurent Nunez, à Bloomberg. « Nous avons pour objectif de lancer un outil pour toutes les agences de renseignement. Et de nombreuses entreprises sont intervenues. »
Une start-up valorisée 20 milliards Peu connue du grand public, Palantir est pourtant l’une des pépites de la Silicon Valley. Elle a rejoint en 2015 le cercle des start-up valorisées au moins 20 milliards de dollars . Lancée en 2004 notamment par Peter Thiel , cofondateur de Paypal et l’un des premiers investisseurs de Facebook, l’entreprise compte aujourd’hui 2.000 employés, selon Forbes. Elle compterait parmi ses clients la NSA, le Département américain de la Sécurité intérieure, les Marines ou encore l’Armée de l’air américaine.
Source : Les Echos

Moscou a placé la barre plus haut en Syrie

Moscou a placé la barre plus haut en Syrie


Par VIPS – Le 9 septembre 2018 – Source Consortium News

MÉMORANDUM POUR : Le Président

DE : Anciens Professionnels du renseignement pour la santé mentale

OBJET : Moscou a placé la barre plus haut en Syrie

Monsieur le Président,

Nous craignons que vous n’ayez pas été suffisamment informé de la reprise des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie, où les forces armées syriennes, avec l’appui de la Russie, ont lancé une grande campagne pour reprendre la province d’Idlib infestée par les membres du groupe al-Nusra/al-Qaida/État islamique. Les Syriens vont presque certainement réussir à la reprendre, comme ils l’ont fait fin 2016 à Alep. Comme à Alep, cela signifiera un carnage indescriptible, à moins que quelqu’un ne dise enfin aux insurgés que leur cause est perdue d’avance.

Ce quelqu’un, c’est vous. Les Israéliens, les Saoudiens, et d’autres qui veulent que les troubles durent, s’adressent aux insurgés en leur assurant que vous, Monsieur le Président, utiliserez les forces américaines pour les protéger à Idlib, et peut-être aussi pour faire vivre un enfer à Damas. Nous pensons que vos principaux conseillers encouragent les insurgés à penser en ces termes, et que vos principaux collaborateurs s’attribuent le mérite de votre récent changement de politique, qui consiste à passer du retrait des troupes de Syrie à une guerre sans fin.

Mais, cette fois-ci, il existe une grosse différence.

Des unités navales et aériennes russes équipées de missiles sont maintenant déployées en quantité sans précédent pour combattre ceux qui seront tentés d’interférer avec les forces syriennes et russes qui visent à éliminer les terroristes d’Idlib. Nous supposons que vous en avez été informé, du moins dans une certaine mesure. Plus important encore, nous savons que vos conseillers ont tendance à dangereusement sous-estimer les capacités et les intentions russes.

Nous ne voulons pas que vous soyez surpris lorsque les Russes commenceront à utiliser leurs missiles. La perspective d’hostilités directes entre la Russie et les États-Unis en Syrie n’a jamais été aussi forte. Nous ne sommes pas sûrs que vous le réalisiez.

La situation est d’autant plus instable que les dirigeants du Kremlin ne savent pas exactement qui dirige les opérations à Washington. Ce n’est pas la première fois que le Président Poutine rencontre une telle incertitude (voir brève annexe ci-dessous). C’est cependant la première fois que les forces russes se déploient en si grand nombre dans la région, prêtes à se battre. Les enjeux sont très élevés.

Nous espérons que John Bolton vous a donné une description exacte de ses entretiens acerbes avec son homologue russe à Genève, il y a quelques semaines. À notre avis, il y a fort à parier que le Kremlin n’est pas certain si Bolton parle fidèlement en votre nom ou s’il parle contre votre nom.

La meilleure façon d’assurer à M. Poutine que vous contrôlez la politique des États-Unis à l’égard de la Syrie serait de vous donner rapidement l’occasion de vous exprimer publiquement et de préciser vos intentions.  Mais si vous souhaitez une guerre plus ouverte, alors Bolton vous a mis sur la bonne voie.

Si vous voulez calmer le jeu, vous pouvez envisager ce que l’on pourrait appeler un cessez-le-feu préventif. Nous entendons par là un engagement public des présidents des États-Unis et de la Russie à renforcer les procédures afin d’empêcher un affrontement ouvert entre les forces armées américaines et russes. Nous pensons que, dans les circonstances actuelles, ce genre de mesure extraordinaire est maintenant nécessaire pour éviter une guerre plus ouverte.

Pour le groupe des VIPS, signé par :

William Binney, Ancien directeur technique, analyse géopolitique et militaire mondiale a la NSA ; cofondateur du Centre de recherche en automatisation SIGINT (à la retraite).

Marshall Carter-Tripp, Agent du service extérieur (à la retraite) et directeur de division, Bureau du renseignement et de la recherche du département d’État.

Philip Giraldi, agent chargé des opérations à la CIA (retraité),

James George Jatras, Ancien diplomate américain et ancien conseiller en politique étrangère auprès des dirigeants républicains du Sénat (Associate VIPS).

Michael S. Kearns, Capitaine dans l’U.S. Air Force, officier du renseignement et ancien maître instructeur SERE (retraité).

John Kiriakou, Ancien agent antiterroriste de la CIA et ancien enquêteur principal, Comité sénatorial des relations étrangères.

Matthew Hoh, Ancien capitaine de l’USMC en Irak ; agent du service extérieur en Afghanistan (VIPS associé).

Edward Loomis, Informaticien expert en cryptologie de la NSA (à la retraite).

Linda Lewis, Analyste des politiques de préparation aux ADM, USDA (à la retraite) (Associate VIPS)

David MacMichael, Agent principal au budget du Conseil national du renseignement (à la retraite)

Ray McGovern, Officier du renseignement de l’armée et de l’infanterie et conseiller présidentiel pour la CIA (retraité).

Elizabeth Murray, Agent national adjoint du renseignement pour le Proche-Orient, Conseil national du renseignement (retraité).

Todd E. Pierce, Juge-avocat général de l’armée américaine (à la retraite).

Coleen Rowley, Agent spécial du FBI et ancien conseiller juridique de la Division de Minneapolis (à la retraite)

Ann Wright, Colonel de réserve à la retraite de l’armée américaine et ancien diplomate américain qui a démissionné en 2003 pour s’opposer à la guerre en Irak.

Annexes

12 septembre 2016 : Un cessez-le-feu limité entre en vigueur ; les dispositions comprennent la séparation entre les rebelles « modérés » et les autres. Le secrétaire d’État John Kerry avait précédemment prétendu qu’il avait des moyens sophistiqués pour réussir un tel tri, mais rien ne s’est produit ; les dispositions incluaient également un accès sécurisé pour des secours vers Alep.

17 septembre 2016 : Les bombes de l’armée de l’air américaine ont frappé les positions de l’armée syrienne, tuant entre 64 et 84 soldats syriens ; une centaine d’autres ont été blessés – une preuve suffisante pour convaincre les Russes que le Pentagone était résolu à saborder une coopération significative avec la Russie.

26 septembre 2016 : On peut supposer que ce que Lavrov a dit à son patron en privé est proche de ce qu’il a dit ce 26 septembre sur la NTV russe. (Dans des remarques publiques frôlant l’insubordination, de hauts responsables du Pentagone avaient, quelques jours auparavant, fait preuve d’un scepticisme inhabituellement public envers des aspects clés de l’accord Kerry-Lavrov, comme le partage de renseignements avec les Russes – une disposition clé de l’accord approuvé à la fois par Obama et Poutine). Voici ce que Lavrov disait ce 26 septembre :

Mon bon ami John Kerry … est vivement critiqué par la machine militaire américaine. Malgré le fait que, comme toujours, [ils] aient donné l’assurance que le commandant en chef américain, le président Barack Obama, l’avait soutenu dans ses contacts avec la Russie (il a confirmé cela lors de sa rencontre avec le président Vladimir Poutine), les militaires n’écoutent apparemment pas vraiment leur commandant en chef.

Lavrov est allé au-delà de la simple rhétorique. Il a également critiqué en particulier le président du JCS, Joseph Dunford, pour avoir dit au Congrès qu’il s’opposait au partage de renseignements avec la Russie, « après que les accords conclus sur ordre direct du président russe Vladimir Poutine et du président américain Barack Obama ont stipulé qu’ils allaient partager les renseignements. … Il est difficile de travailler avec de tels partenaires. … »

Le 27 octobre 2016 : Poutine parle au Club de discussion international de Valdai.

À Valdai, le président russe Poutine a parlé de l’état « fébrile » des relations internationales et s’est lamenté : « Mes accords personnels avec le Président des États-Unis n’ont pas donné de résultats. » Il s’est plaint de « personnes à Washington prêtes à tout mettre en œuvre pour empêcher l’application concrète de ces accords » et, se référant à la Syrie, a dénoncé l’absence d’un « front commun contre le terrorisme après de si longues négociations, des efforts énormes et des compromis difficiles ».

 

Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), (Professionnels du renseignement pour la santé mentale des anciens combattants (VIPS)).

Le groupe Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS) est composé d’anciens agents de renseignement, diplomates, officiers militaires et membres du personnel du Congrès. L’organisation, fondée en 2002, a été parmi les premiers à critiquer les justifications de Washington pour lancer une guerre contre l’Irak. VIPS préconise une politique étrangère et de sécurité nationale américaine fondée sur de véritables intérêts nationaux plutôt que sur des menaces fortuites promues pour des raisons essentiellement politiques.

 Traduit par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/moscou-a-place-la-barre-plus-haut-en-syrie

 

Le renseignement humain à l’ère numérique, une autre approche de l’intelligence économique

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Le renseignement humain à l’ère numérique, une autre approche de l’intelligence économique


https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FLe-renseignement-humain-a-l-ere-numerique-une-autre-approche-de-l-intelligence-economique_a354.html&layout=button_count&show_faces=false&width=100&action=like&colorscheme=light https://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fxfru.it%2FZ6kI5E&counturl=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FLe-renseignement-humain-a-l-ere-numerique-une-autre-approche-de-l-intelligence-economique_a354.html&text=Le%20renseignement%20humain%20%C3%A0%20l%E2%80%99%C3%A8re%20num%C3%A9rique%2C%20une%20autre%20approche%20de%20l%E2%80%99intelligence%20%C3%A9conomique&count=horizontal


Publié par La rédaction le 20 Avril 2018


Dans un contexte où l’on évoque régulièrement l’urgence de remettre le renseignement humain au cœur de la lutte contre le terrorisme, Terry Zimmer, praticien et enseignant en intelligence économique sort « Le renseignement humain à l’ère numérique » chez VA Editions.
Loin des clichés et des fantasmes qui entourent ce sujet, le livre propose un regard atypique, non militaire, qui tente de démontrer sa valeur et la possibilité pour tout le monde de s’en saisir.



Pouvez-vous nous donner une définition simple du renseignement humain ?

Il s’agit de l’acquisition d’informations auprès d’une personne, directement ou indirectement.
C’est un ensemble de connaissances, de savoir-faire et de savoir-être qui peuvent être appuyés par des outils.

Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ?

Le renseignement humain me passionne depuis 10 ans. Moins pour le côté historique (les grands noms, les grandes opérations) que pour les méthodes et les techniques et surtout leurs applications dans un cadre civil. Les anciens des services plaisantent souvent sur le fait qu’ils ont pratiqué le plus vieux métier du monde (il faut bien savoir où trouver ses dames). Vu sous cet angle, il sera aussi le dernier. Entouré d’une réputation sulfureuse et de beaucoup de fantasmes, c’est un sujet injustement mal traité. C’est l’art noble, mais le parent pauvre de l’intelligence économique, dans son enseignement et ses applications professionnelles. Il faut le revaloriser et le mettre en avant.

Qu’est-ce qui change avec cette « ère numérique » ?

Nous vivons dans un monde qui subit d’énormes changements technologiques. Ils bouleversent nos manières de vivre, notre organisation, notre façon de communiquer et notre relation à l’information.
Un exemple, voyez la confusion et l’impuissance dans lesquelles nous plongent quelques « fausses nouvelles ». François-Bernard Huygues regrette à raison la désuétude du mot « bobard ». En effet, la rumeur, la propagande, la désinformation ou encore l’intoxication, vous en avez plein dans l’Illiade d’Homère. Le fait que cela se passe sur Facebook semble nous faire perdre tout repère.
Le renseignement humain est, à mon sens, une excellente réponse face à ces problématiques.
C’est le but de ce livre : regarder vers les anciens fondamentaux (parfois oubliés) et se questionner sur les outils actuels et futurs afin de pouvoir les gouverner et ne pas en être les esclaves.

En quoi est-ce une réponse adaptée au contexte actuel ?

Une personne qui sait comment un cerveau fonctionne et comment il peut lui arriver de se tromper est mieux équipée pour prendre conscience de ses propres biais et peut s’améliorer. Elle est également mieux équipée pour comprendre les biais des gens qui l’entourent et a la capacité de s’adapter.
Une personne qui connaît les machines et les algorithmes, leur utilité, leurs limites et leurs dangers, est capable d’en tirer le meilleur, car elle ne se laisse pas bercer par les promesses marketing.
Une personne qui travaille son esprit critique, qui sait qualifier une information et l’analyser n’a pas besoin de « décodeurs » pour lui dire ce qu’elle peut lire.
Une personne qui est consciente de l’importance d’un réseau relationnel, qui sait comment le créer, le développer et le maintenir est plus résiliente.
Une personne qui sait protéger sa vie privée est mieux armée face aux atteintes forte et régulière que cette vie privée subit ces derniers temps.
Le renseignement humain englobe ces sujets (et bien d’autres), en cela, c’est un superbe outil d’émancipation, d’autodéfense intellectuelle (pourquoi pas d’attaque) et d’autonomie.

S’il est si essentiel, pourquoi est-il si négligé selon vous ?

S’il est si essentiel, pourquoi est-il si négligé selon vous ?
Je ne sais pas répondre à cette question. J’ai seulement quelques pistes.
Il est difficile à vendre ou à « emballer » sur un plan marketing. Les résultats ne se font sentir que sur un temps long et en plus ils sont non assurés et difficilement quantifiable dans un tableur ou un rapport annuel. Les compétences professionnelles induites sont peu reconnues.
Il est vu comme « sale », « risqué », « un truc de service secret » ou d’officine.
Puis les gens ont souvent le vague sentiment que si les autres doivent l’apprendre, eux savent intuitivement, eux ne se font pas berner par une fausse nouvelle, c’est l’autre… Du coup il est peu enseigné ou son enseignement mal écouté.

Sale et risqué ?

Un agent de renseignements qui agit en légitimité, à couvert, en territoire hostile n’a pas les mêmes objectifs qu’un citoyen ordinaire. Le livre n’offre bien sûr qu’une présentation du sujet légale et surtout éthique. Et il y a déjà beaucoup à dire.

Votre livre fait-il le tour de la question ?

J’aimerais que ce soit si simple. Il n’a pas cette prétention. Comme je l’ai déjà dit, c’est une collection de connaissances, de savoir-faire et de savoir-être. C’est un thème hybride, aux contours flous, sur lequel on peut greffer quantité de sujets.
C’est pourquoi le livre implique une dizaine d’experts dans leurs domaines respectifs, car il n’est pas possible pour une personne de tout maîtriser.
Cela étant dit, j’ai tout de même essayé de proposer un cadre, une colonne vertébrale pour mettre le lecteur « sur de bons rails » pour le laisser continuer son expérience seul s’il le souhaite.
Il ne suffit pas de lire un livre pour saisir ce thème, il faut l’expérimenter et le mettre en pratique au quotidien. On ne le regrette pas.

Comment le renseignement français change-t-il ? Entretien avec A. Bauer et M-C Dupuis-Danon

Comment le renseignement français change-t-il ?
Entretien avec A. Bauer et M-C Dupuis-Danon

Par Alain BAUER, Marie-Christine DUPUIS-DANON, Pierre VERLUISE, le 17 juin 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Alain Bauer et Marie-Christine Dupuis-Danon viennent de publier « Les Guetteurs. Les patrons du renseignement français répondent », préface de Jean-Yves Le Drian, éd. O. Jacob. Alain Bauer est professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), et aux Universités de New York et de Shanghai. Après une carrière en banque d’affaires, Marie-Christine Dupuis-Danon a intégré l’ONU pour rejoindre l’équipe responsable de la lutte anti-blanchiment. Aujourd’hui spécialiste indépendante reconnue de la lutte contre la finance criminelle, Propos recueillis par Pierre Verluise, docteur en Géopolitique, fondateur du Diploweb.com.

Comment définir « le renseignement à la française » ? Comment s’est-il adapté aux grandes ruptures stratégiques ? Quelles relations entre services de renseignement, responsables politiques et médias ? Les pays « alliés » s’espionnent-ils ? Quelles sont les opportunités et les défis du temps présent ?

Alain Bauer et Marie-Christine Dupuis-Danon viennent de publier « Les Guetteurs. Les patrons du renseignement français répondent », préface de Jean-Yves Le Drian, éd. O. Jacob. Ils répondent aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com

Pierre Verluise (P. V. ) : Vous avez réussi dans ce livre à conduire des entretiens avec 14 des patrons du renseignement français depuis les années 1980. Au vu de leurs réponses, comment définir « le renseignement à la française », ses fonctions et ses limites ?

Alain Bauer (A. B) et Marie-Christine Dupuis-Danon (M-C D-D) : Il y a dans le renseignement une dimension éminemment culturelle, fruit de l’histoire des Services, des circonstances de leur création, de leurs missions initiales et du contexte politique et social des États au bénéfice duquel ils opèrent. Les Services français n’y font pas exception et c’est dans les mots des Guetteurs dont nous avons recueilli la parole que l’on perçoit le mieux, comme de fortes traces, cette spécificité française. Pour décrire ce qu’il n’est pas, ce qui est peut-être plus facile, disons qu’il n’a pas ce fétichisme technologique des Américains ni cette tradition de « l’Intelligence » enchâssée dans la haute société Britannique. Le renseignement français a évolué avec notre pays qui, sur la période dont nous rendons compte, traverse la chute du mur de Berlin et la dislocation de l’URSS, son ennemi historique, le terrorisme d’État, l’activisme politique et indépendantiste violent, les GIA, et le terrorisme islamiste d’Al Qaida puis de Daesh. C’est parce que nous voulions nous garder d’interpréter avec notre propre grille d’analyse les réussites et les échecs des Services à s’adapter à ces bouleversements que nous avons choisi de recueillir la parole directe de ceux qui ont dirigé les Services, en proposant à chacun de répondre aux mêmes questions pour garantir une cohérence. Entre collecte, analyse et action comme métiers, et espionnage, contre espionnage et antiterrorisme comme cultures, on voit souvent poindre ce qui reste le débat permanent entre temps long et secret, temps court et partage. Nous invitons le public intéressé à lire leurs témoignages pour se forger sa propre idée.

Comment le renseignement français change-t-il ?
Marie-Christine Dupuis-Danon
Marie-Christine Dupuis-Danon, co-auteure de « Les Guetteurs. Les patrons du renseignement français répondent », préf. de Jean-Yves Le Drian, éd. O. Jacob.

P. V. : Après la série télévisée française « Le Bureau des légendes » créée par Éric Rochant et diffusée à compter du 27 avril 2015 sur Canal+, votre livre s’’inscrit-il dans une démarche d’explication-valorisation du renseignement pour à la fois améliorer sa connaissance par le grand public, donc augmenter son acceptabilité et générer des vocations ?

A. B et M-C D-D : Vous avez raison de souligner que le renseignement est en train de changer de statut en France auprès du grand public : pour la première fois et grâce au succès de cette série qui suit le quotidien d’agents de la DGSE, mais aussi en raison de l’actualité et des attaques terroristes qui se sont multipliées à partir de cette même année 2015, les français ont entendu parler de cette activité régalienne par excellence, peu visible médiatiquement en raison de sa nature même, et qui était donc largement méconnue hors du cercle des quelques milliers de personnes liées à la communauté de la défense et de la sécurité. L’idée que le renseignement était au coeur de la lutte contre le terrorisme, même si peu de gens savent réellement qui fait quoi et comment il s’organise, a contribué à le valoriser dans sa portée stratégique et à rectifier une image un peu altérée par quelques épisodes malheureux restés dans les mémoires. Quelles sont alors les conséquences de cette évolution ? Des vocations, certes, même si la réalité du métier, la rigueur et parfois l’austérité du quotidien de l’analyste – celui qui dissèque les éléments remontés du terrain et qui constitue le plus gros des bataillons recrutés ces dernières années – est assez loin des aventures trépidantes des agents du Bureau des Légendes. L’enjeu devient alors d’attirer des talents pluriels et pointus, mais aussi de les retenir. L’autre partie de votre question concerne l’intention qui était la nôtre. Notre ambition était de construire une réflexion sérieuse et approfondie sur un temps long, presque quarante ans, pour recueillir la parole des patrons des Services à la source et permettre au lecteur de se forger sa propre compréhension du fonctionnement, de la culture et des défis adressés aux Services. Si Les Guetteurs (moins romancés) ont les effets collatéraux que vous évoquez, c’est encore mieux !

JPEG - 58.7 ko
Alain Bauer
Alain Bauer, co-auteur de « Les Guetteurs. Les patrons du renseignement français répondent », préf. de Jean-Yves Le Drian, éd. O. Jacob. Crédit photographique : Eric Allouche.

P. V. : Depuis les années 1980, quelles sont les grandes ruptures ou inflexions stratégiques auxquelles les services de renseignement français ont été confrontés ? Par quels processus l’adaptation s’est-elle faite ?

A. B et M-C D-D : Tout le monde connaît les ruptures stratégiques majeures de notre histoire contemporaine, de la chute du mur de Berlin (1989) au 11 septembre 2001, ou plus récemment les attentats dont le cycle ouvert avec Khaled Kelkal, prolongé avec Merah, se déploie à une échelle inédite depuis 2015. Or le renseignement doit être en capacité de développer des métiers, de nature et d’exigences radicalement différentes. Le premier, historique, relève de l’espionnage qui prend tout, du contre-espionnage, il nécessite un temps long pour identifier les sources et les « traiter », le tout dans un cloisonnement extrême. L’anti-terrorisme, suppose au contraire que le cycle de collecte et d’analyse de l’information s’effectue dans un temps très court (l’enjeu étant de prévenir l’attentat car après, il est déjà trop tard). Il nécessite surtout que les Services partagent les pièces du puzzle qu’elles détiennent pour reconstituer le tableau d’ensemble. Temps long et cloisonnement contre temps court et partage, l’adaptation n’a pas été simple : résistances d’appareils, guerres intestines, la grande réforme du renseignement voulue par Michel Rocard à la fin des années quatre-vingts aura mis près de vingt ans à s’accomplir. Le « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale » de juin 2008 a fait du renseignement une priorité puis la création, en juillet 2008, du Conseil national du renseignement a constitué une étape clé dans la coordination des Services dits du « premier cercle » autour du Coordonnateur national du renseignement. Ceci dit, les attentats de 2015 ont constitué un électrochoc qui a permis à cette coordination de passer à la vitesse supérieure et aux Services de travailler plus et mieux ensemble au plan opérationnel.

P. V. : Dans les relations entre services de renseignement, responsables politiques et médias, qui instrumente qui ? Avec quels gains et résultats ?

A. B et M-C D-D : Le mot « instrumente » est porteur d’une connotation particulière, je préférerais parler « d’utilisation » du renseignement. Celui-ci constitue un enjeu de souveraineté nationale : disposer de capteurs qui remontent une information qui est alors triée, filtrée et analysée permet à l’exécutif de prendre des décisions avec le maximum d’éléments de connaissance et de compréhension contextuelles. Il est donc cohérent que le Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme soit en charge d’éclairer le Président de la République sur l’état de la menace et les orientations souhaitables du renseignement. Précisons que les instructions aux Services émanent, elles, du chef de d’État.


Bonus vidéo Diploweb. Pierre de Bousquet de Florian. La coordination du renseignement et de la lutte anti-terroriste


Bien sûr, le renseignement a beaucoup évolué sur la période que couvre le livre. Au fil des témoignages des Guetteurs, on voit que les modalités juridiques qui en encadrent les pratiques, et notamment les écoutes et interceptions, ont évolué vers un encadrement strict et soumis à des instances de contrôle. Le politique n’est donc plus en capacité d’instruire tel ou tel Service à collecter du renseignement à son bénéfice personnel ou hors de tout contrôle démocratique.

Par ailleurs, la question des médias est pertinente dans notre époque caractérisée par la simultanéité du fait et de l’information. L’accélération du temps s’impose au politique, sommé de décider de l’action quasiment en temps réel, et de la justifier devant une opinion publique qui ne tolère ni zone d’ombre, ni « loupé », petit ou grand. Ajoutons que comme les médias n’ont plus le monopole de la couverture d’un événement, capté directement par les smartphones des acteurs ou témoins, certains peuvent être tentés de basculer dans une forme de surenchère toxique pour tous. On voit bien que tout cela peut rapidement conduire à confondre vitesse et précipitation, ce qui se mesure dans les déclarations caricaturales et juridiquement baroques de certains responsables politiques à chaque attentat perpétré sur notre territoire. C’est là que le renseignement doit pleinement jouer son rôle pour informer et éclairer les décideurs, en utilisant toutes les possibilités qui sont lui octroyées dans le cadre démocratique dont je parlais précédemment, y compris l’action clandestine lorsqu’elle se justifie.

P. V. : Entre pays « alliés » comme les 29 membres de l’OTAN, quelles sont les coopérations et concurrences en matière de renseignement (Echelon, NSA, etc.) ?

A. B et M-C D-D : Tout le monde espionne tout le monde, plus ou moins fortement, par nature et par exigence. Nos ennemis d’hier sont souvent devenus nos amis. Mais des amis peuvent nous quitter ou rompre. Nul ne sait où se situera le point d’équilibre de l’alliance atlantique dans dix ans….

Du coup on ne coopère jamais avec tout le monde, mais de manière bilatérale renforcée et multilatérale légère. On peut créer des outils momentanés lorsqu’un adversaire commun se révèle. Mais la protection des sources et la perception complexe de l’avenir réduisent les champs et les contenus des coopérations possibles.

P. V. : Que savez-vous des activités des services soviétiques puis russes en France des années 1980 à aujourd’hui ? Comment leurs réseaux d’influences ont-ils été renouvelés ?

A. B et M-C D-D : Tout ce qui a déjà été publié est plus ou moins connu. Le reste attendra des lectures dans une dizaine ou une vingtaine d’années. Ou jamais. Mais on peut faire confiance aux services russes, notamment le GRU dont on sous estime souvent les capacités, pour ne pas oublier la France.

P. V. : Pour les services de renseignements français, quelles sont les opportunités et les défis du temps présent ?

A. B et M-C D-D : La plus grande visibilité du rôle et des défis du renseignement dans la lutte anti-terroriste a permis l’octroi de moyens conséquents, notamment après les attentats de 2015. Les Services ont pu recruter des profils utiles à leurs missions et opérer des mises à niveaux techniques pour répondre aux exigences technologiques du monde d’aujourd’hui. Sans entrer dans les détails, disons que les circonstances ont créé des opportunités dont les Services ont profité, inégalement il est vrai de l’un à l’autre.

Mais dans le même temps, le monde n’a pas été en reste. Le retour du « grand jeu » et ses manoeuvres géopolitiques ont rappelé combien le contre-espionnage demeurait crucial, y compris dans la protection de nos intérêts et nos actifs industriels et technologiques, et ce tout à la fois dans les mondes physiques et cyber. La complexité croissante et l’hybridation des menaces appelle une agilité dans la compréhension de ce qui se joue, y compris en anticipation. Il faut pour cela des compétences plurielles et pour certaines nouvelles puisque, par exemple, certains métiers en lien avec le big data et l’intelligence artificielle n’existaient pas il y a quelques années. Analyser et anticiper les besoins et les profils, se donner les moyens de les recruter et savoir les faire évoluer pour les conserver sont quelques-uns des défis humains transverses à tous les Services. Il est question ici de moyens financiers mais également de l’adaptation très concrète des cadres contractuels et des règles applicables à ces métiers pour les rendre en phase avec l’air du temps, les agents aspirant aujourd’hui à une vie plus équilibrée, ou perçue comme telle, que celle de leurs aînés. Or conserver les compétences sur un temps long sera sans doute déterminant pour potentialiser le renseignement humain, avec ce qu’il suppose d’expérience accumulée, de réseaux de confiance développés à l’intérieur d’un Service comme en inter-Services.

Si le renseignement extérieur et le renseignement militaire ont pu utilement investir sur les humains et la technologie, il a fallu beaucoup de volonté aux patrons de la jeune DGSI pour la faire développer des ressources extérieures. La mise en place d’une véritable politique de recrutement et d’une Ecole du Renseignement semble un autre défi à traiter.

Comme l’ont souligné la plupart des Guetteurs, au bout du bout, le facteur humain fait toujours la différence.

Copyright Juin 2018-Bauer-Dupuis-Danon-Verluise/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Comment-le-renseignement-francais-change-t-il.html

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse


Tyler DurdenPar Tyler Durden – Le 30 juillet 2018 – Source Zero Hedge

Un colonel en retraite de l’armée US, spécialiste de la guerre électronique a déclaré à Foreign Policy : « Tout à coup, vos communications ne fonctionnent plus, vous ne pouvez pas ordonner de tirs, vous ne pouvez pas être averti des tirs hostiles parce que vos radars ont été bloqués et ils ne peuvent rien détecter ». 

Un nouveau rapport détaille l’inquiétude grandissante du Pentagone face à l’augmentation du nombre d’attaques électroniques russes contre des positions militaires américaines en Syrie, dont le nombre selon les déclarations publiques du Pentagone est de 2000 ou plus, situées sur une douzaine de bases « secrètes », principalement au nord-est de la Syrie, et intégrées dans les Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, soutenues par les États-Unis,

ewin syria
Image via The National Interest

Le rapport de Foreign Policy commence ainsi :

« Les officiers qui ont subi le brouillage – connu sous le nom de guerre électronique – disent que ce n’est pas moins dangereux que les attaques conventionnelles avec des bombes et de l’artillerie. Mais ils disent aussi que cela permet aux troupes américaines de découvrir la technologie russe sur le champ de bataille et de trouver des moyens de se défendre. »

Depuis que la Russie est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement Assad en 2015, les deux superpuissances se sont affrontées à de multiples occasions dangereuses, mais ont communiqué par l’intermédiaire d’une « ligne directe militaire à militaire » destinée à éviter les collisions aériennes et la confrontation directe des troupes.

La Russie, aux côtés du gouvernement syrien, considère les troupes américaines comme des occupants étrangers non invités, qui ont commis des actes d’agression contre l’État syrien, tuant des centaines de soldats syriens (et des mercenaires russes, même s’ils n’étaient pas sous les ordres de Moscou), lors de multiples incidents près des lignes de front à Deir Ezzor.

Et maintenant, comme l’a récemment déclaré le général Raymond Thomas, chef du commandement des opérations spéciales des États-Unis, lors d’une conférence de renseignement et de technologie militaire, la Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète ».

Il a dit des « adversaires » russes, iraniens et syriens : « Ils nous testent tous les jours, bloquant nos communications, désactivant nos EC-130 [les grands avions de commandement et de contrôle des champs de bataille aériens de l’Air Force]. »

Foreign Policy (FP) indique que le brouillage électronique par les forces russes signifie une menace d’« escalade » dans un environnement déjà confus compte tenu du large éventail de groupes et d’acteurs étatiques opérant en Syrie.

Le rapport dit que le Pentagone a officiellement reconnu le succès des efforts de brouillage russes la semaine dernière dans les termes suivants :

« Un colonel de l’armée américaine, Brian Sullivan, a décrit un épisode récent à des journalistes au département de la Défense des États-Unis la semaine dernière. Il a déclaré que ses troupes avaient rencontré un ‘environnement de guerre électronique saturé’ alors qu’elles combattaient dans le nord-est de la Syrie pendant leur déploiement de neuf mois, qui avait duré de septembre 2017 à mai 2018. »

Et le rapport cite encore le Col. Sullivan : « Cela nous a posé des défis auxquels nous avons pu faire face avec succès, et cela nous a donné l’opportunité d’opérer dans un environnement qui ne peut être reproduit nulle part à domicile, y compris dans nos centres de formation au combat. »

Dans une citation particulièrement troublante qui rappelle la guerre froide, le colonel note : « C’est une grande opportunité pour nous d’opérer particulièrement dans l’environnement syrien où les Russes sont actifs ».

L’ancien directeur intérimaire/directeur adjoint de la CIA Michael Morell : « nous devons tuer les Russes en Syrie » (vidéo en anglais).

Bien sûr, pour commencer – et quoi qu’on en dise – il y a la grande question de la contradiction concernant des troupes américaines qui se trouvent en Syrie sans aucune autorisation du Congrès ni mandat du peuple américain (à moins que, comme semble le croire le président Donald Trump, l’ancienne autorisation d’utilisation de la force militaire, l’AUMF, après le 9/11, signifie que les troupes américaines peuvent rester au Moyen-Orient pour toujours).

Foreign Policy écrit en outre que la guerre électronique implique l’arrêt des communications et de la capacité de navigation au sol et en l’air, quelque chose de particulièrement dangereux dans un espace de combat bondé comme la Syrie :

« Daniel Goure, expert en sécurité nationale et questions militaires au Lexington Institute, affirme que les nouveaux systèmes de guerre électronique de la Russie sont sophistiqués. Ils peuvent être montés sur de gros véhicules ou des avions et peuvent endommager des cibles à des centaines de kilomètres. »

Goure parle aussi d’un affrontement involontaire potentiel entre des puissances majeures comme les États-Unis et la Russie : « Le problème avec la guerre électronique, de manière plus générale, est qu’elle peut vraiment aveugler votre vision de l’espace de combat, votre vision opérationnelle, et cela peut mener à des erreurs vraiment horribles. »

La Russie aurait fait d’énormes progrès dans sa capacité de systèmes de guerre électronique au cours des quinze dernières années car elle perçoit que la menace d’une invasion par l’OTAN à ses frontières ne peut que croître.

En attendant, la Russie a indiqué qu’elle était au courant des actions militaires futures que Washington et ses alliés occidentaux pourraient comploter contre elle.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a dit cette semaine dans des déclarations publiques lors d’un forum éducatif russe : « Notre conscience des plans que les militaires américains et d’autres pays occidentaux préparent en relation avec la Fédération de Russie est totale. » Il a ajouté que la Russie et ses frontières terrestres et aériennes étaient sûres « quoi qu’il arrive dans le monde », ce qui semblait être une référence aux récents progrès de la technologie de la défense et du renseignement russes.

Tyler Durden

Traduit par jj, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-electronique-russe-contre-les-troupes-americaines-en-syrie-entre-dans-une-phase-dangereuse

 

La mission d’Alexandre Benalla

La mission d’Alexandre Benalla

+

Un des collaborateurs du président Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, avait pour mission de créer un équivalent français à l’US Secret Service.

Cette agence, rattachée au département de Sécurité de la patrie (Homeland Security), est chargée de la protection du président des États-Unis et de hautes personnalités. Elle joue également un rôle pivot dans l’anti-terrorisme (et la lutte contre la fausse monnaie).

Le président Macron avait déjà institué à l’Élysée une « Task Force » (sic) de lutte contre le terrorisme dirigée par le préfet Pierre Bousquet de Florian.

Malgré son jeune âge, Monsieur Benalla, que la presse algérienne présente comme lié aux services secrets marocains (DGED), était pressenti pour diriger le futur Secret Service de l’Élysée.

http://www.voltairenet.org/article202126.html