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Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

12/18 Actualité internationale

Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

Par Axelle DEGANS, le 30 décembre 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment auteure de A. Degans, « Réussite aux concours 2019 ! La synthèse de l’actualité internationale 2018 », éd. Diploweb, via Amazon, 2019.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 12 000 followers)

Le sort des urnes

En Géorgie, Salomé Zourabichvili est devenue en décembre 2018 la nouvelle présidente de la Géorgie, république du Caucase. C’est la dernière élection présidentielle qui procède du suffrage universel direct, la prochaine sera indirecte, le président étant choisi par les parlementaires. La nouvelle présidente est connue en France pour avoir précédemment embrassé une carrière au Quai d’Orsay.

Andry Raejolina a remporté en décembre 2018 les élections présidentielles malgaches avec un peu plus de 55 % des suffrages exprimés pour une participation d’un peu moins de 50%. La commission électorale doit confirmer les résultats alors que son challenger dénonce des fraudes électorales. Cette élection a été l’occasion de dépenses somptuaires alors que le revenu moyen des malgaches est aujourd’hui inférieur à celui du moment de l’indépendance. Le pays est gangréné par la corruption et le système de la « rapine », c’est-à-dire des prélèvements effectués sur les produits exportés.

En République démocratique du Congo (RDC) les élections présidentielles prévues pour décembre 2018 ont de nouveau été repoussées, ce qui laisse planer de fortes inquiétudes. Une vingtaine de candidats se présentent pourtant à ces élections. … L’Eglise catholique, une des rares structures qui maille encore l’ensemble du territoire congolais, promet d’être vigilante et de veiller à ce que le scrutin puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Joseph Kabila est président depuis la mort de son père – le seigneur de guerre Laurent-Désiré Kabila -en 2001. Il a été élu en 2006 puis en 2011. Les élections présidentielles auraient dû se tenir en 2016, mais elles sont depuis sans cesse ajournées, le président – qui ne peut se présenter pour un troisième mandat – restant au pouvoir. Le report partiel des élections, qui doivent se tenir le 30 décembre, n’est pas un bon signe.

Les nouvelles d’Afrique

En Tunisie, huit années presque jour pour jour après l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi (décembre 2010) qui a été le point de départ de la « révolution du jasmin » et plus généralement des révoltes arabes, un autre jeune, journaliste cette fois-ci, s’est immolé en décembre 2018 à Kasserine. Il a voulu, par son geste désespéré, dénoncer l’absence de perspective d’avenir dans son pays. Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes tunisiennes, montrant que rien n’est réglé depuis la chute du président Ben Ali (2011) et la transition vers la démocratie. La situation économique et sociale reste bloquée, pour le malheur d’une jeunesse nombreuse et diplômée. L’islamisme radical monte dans ce pays où l’avenir semble sombre.

Le danger djihadiste est loin d’avoir disparu au Sahel comme le rappelle les récents affrontements au Mali. Le président Emmanuel Macron est allé réveillonner avec les troupes françaises au Tchad, réaffirmant ainsi son soutien à l’engagement militaire au côté du G5 Sahel (Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger et Mauritanie). Il demande à l’Union européenne de contribuer au plus vite au financement de cette action commune visant à éloigner le danger djihadiste de l‘UE.

Au Maroc, deux jeunes touristes scandinaves ont été assassinées en décembre 2018 par des djihadistes. Une révélation perturbante pour le royaume chérifien. Au Niger, une centaine d’écoles ont été fermées en raison de menaces djihadistes.

Les Etats-Unis de Donald Trump

Synthèse de l'actualité internationale de décembre 2018
Général James Mattis
Source : Wikipédia

Le président Donald Trump annonce en décembre 2018 le retrait les troupes américaines de Syrie, déclarant que l’Etat islamique a définitivement été battu… mais rien n’est moins sûr. Il tient ainsi une de ses promesses électorales. C’est une décision assez populaire au sein de la population américaine, attachée à l’« America first ». Les effectifs militaires engagés (2 000 en Syrie et 14 000 en Afghanistan) devraient être divisés par plus de deux, mais les effectifs en Irak (5 200 hommes) devraient être maintenus. Cette décision, essentiellement décidée pour des considérations internes aux Etats-Unis n’est pas étrangère à la démission du secrétaire à la Défense, le général James Mattis. Elle pénalise les Kurdes que Washington avait jusque là soutenus mais satisfait grandement la Turquie qui ne veut pas de la création d’un Kurdistan indépendant.

Les Etats-Unis sont de nouveau confrontés en décembre 2018 à un « shut down », comme ils l’ont déjà été sous les mandatures de Bill Clinton ou Barack Obama. Le Congrès américain doit donner son accord pour un dépassement de budget – creusant donc davantage le déficit – pour financer la politique voulue par le président. Sinon, les fonctionnaires arrêtent d’être payés et des administrations ferment leurs portes. Il s’agit du troisième « shut down » de l’année 2018 après ceux des mois de janvier et février. Le bras de fer avec les parlementaires se cristallise autour du financement du mur que Donald Trump a promis d’ériger à la frontière avec le Mexique.

Le quarante-et-unième président des Etats-Unis, Georges Herbert Bush est décédé. Il a reçu des hommages nationaux et même internationaux. Il a été le président de la fin de la Guerre froide et de la guerre du Golfe, deux guerres gagnées par les Etats-Unis. L’actuel président a ostensiblement marqué une certaine indifférence à cette occasion.

La bulle qui s’est formée avec les cryptomonnaies – comme le bitcoin – au cours de l’année 2017 a fini par éclater en 2018. Ainsi, l’indice Bloomberg des cryptomonnaies les plus importantes a baissé de 80%, pour le plus grand malheur des spéculateurs qui y ont cru. Le krach des cryptomonnaies correspond aussi à une très mauvaise année boursière

Quelques nouvelles d’Asie

Le Japon est confronté à un environnement qu’il perçoit comme de plus en plus dangereux. Moscou a décidé de construire des bâtiments pour accueillir des soldats russes sur les iles Kouriles revendiquées par le Japon. Inquiet face à une Chine dont l’affirmation ne lui apparait pas pacifique, de l’imprévisibilité de la Corée du Nord, le Japon vient d’accroitre en décembre 2018 son budget militaire de plus de 200 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, pour acquérir de nouveaux avions de chasse auprès de Washington et transformer deux porte-hélicoptères en porte-avions.

Le Qatar, qui est l’objet d’un boycott de ses voisins emmenés par l’Arabie saoudite, a décidé de façon très symbolique de sortir en décembre 2018 de l’OPEP, le cartel des exportateurs de pétrole. C’est une manière de montrer sa résistance face à la politique de Riyad.

Une angoissante nouvelle vient de se produire, la naissance de bébés – des jumelles – génétiquement modifiées. Elles le sont pour résister au Sida, une maladie qui n’afflige pas sa famille et qui n’empêche pas de naissance viable. Le chercheur et généticien français Axel Kahn a des mots très durs vis-à-vis de celui qui a permis cette naissance, qui ne relève d’aucune avancée scientifique mais d’une simple « audace » pour entrer dans l’Histoire. Il ajoute que le Sida ne sera peut-être même plus un fléau du monde quand ces petites chinoises parviendront à l’âge adulte, par contre, le code génétique de ces enfants est modifié sans en avoir la maitrise complète. Le médecin a une terrible responsabilité envers elles, qu’il ne pourra jamais assumer. Un terrible précédent pour une humanité qui n’a rien à gagner à jouer aux apprentis-sorciers avec la génétique.

L’Indonésie est de nouveau frappée en décembre 2018 par des catastrophes naturelles après celles qui ont endeuillé l’archipel durant l’été 2018. Cette fois-ci l’activité du volcan Krakatoa est responsable d’un tsunami qui a frappé la région du détroit de la Sonde – le détroit le plus utilisé dans la région après celui de Malacca – et provoqué la mort de plus de quatre cent trente personnes.

Une gouvernance mondiale contestée

La COP 24 s’est tenue en décembre 2018 en Pologne, à Katowice. Après les engagements pris à Paris lors de la COP 21 concernant la limitation des gaz à effet de serre (GES) pour contenir le réchauffement climatique, force est de constater que ceux-ci n’ont pas réellement été tenus. Les ambitions affichées en Pologne sont bien plus modestes. Un sommet pour rien ?

L’ONU a fait signer en décembre 2018 un pacte sur les migrations qui est dénoncé par certains pays. Ainsi, les Etats-Unis, certains pays européens (Autriche, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne la République tchèque ou la Suisse), l’Australie, le Chili, ou Israël ont refusé de le ratifier. La signature apposée par Bruxelles a provoqué une crise gouvernementale en Belgique. Si l’ONU met en valeur que les Etats signataires conservent leur souveraineté en matière migratoire, les Etats non signataires craignent, eux, que ce texte devienne un argument de droit pour de futurs et possibles recours en justice alors que ce texte ne fait pas suffisamment la part entre migrations légales et migrations illégales.

La réunion du G20 – les vingt premières économies mondiales – s’est tenue en décembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine. Elle n’a débouché sur « aucun recul », manière très diplomatique de ne pas dire que rien n’a fait plier Donald Trump, moins enclin au libre-échange multilatéral que ses prédécesseurs. Les entretiens bilatéraux se sont en revanche multipliés en marge de cette réunion.

Une Europe agitée

Dans l’Union européenne, les manifestations se multiplient en décembre 2018. En Hongrie contre le pouvoir de Viktor Orban [1]. En France, les gilets jaunes manifestent tous les samedi depuis le milieu du mois de novembre. A Bruxelles contre le pacte migratoire signé sous l’égide de l’ONU. Ces manifestations témoignent d’un vrai malaise qui saisit les Européens.


Bonus vidéo. L’Union européenne est-elle condamnée à l’impuissance ?


Le sommet de Bruxelles de décembre 2018 aboutit à la décision de créer un instrument budgétaire de la zone euro pour parvenir à un budget d’investissement.

En France, l’indice de fécondité s’élève désormais à 1,92 enfant par femme après s’être stabilisé autour de 2 enfants pour la période 2006-2014. Les générations ne sont donc plus renouvelées, ce qui accentue le vieillissement de la population.

Dans les Balkans, le Kosovo annonce en décembre 2018 sa volonté de créer une armée d’environ 5000 hommes pour remplacer les 2 500 hommes des forces de sécurité du Kosovo. Celui-ci est sous perfusions internationales, et la KFOR – dépendant de l’OTAN – assure sa sécurité. Si les aspirations du Kosovo sont soutenues par Washington, le Secrétaire général de l’ONU appelle à la retenue et la Serbie manifeste son mécontentement.

A Cuba, l’après Castro en désenchantement ?

A Cuba, la situation économique continue à se dégrader après le revirement de la politique de Washington. Les pénuries alimentaires s’aggravent, y compris pour les produits de première nécessité comme la farine et donc le pain. La situation de décembre 2018 n’est pas sans rappeler la crise sévère – la « période spéciale » – qu’a traversé l’ile au lendemain de la chute de l’URSS (décembre 1991) qui finançait le régime castriste. Le président cubain Miguel Diaz-Canel s’est récemment fâché avec le nouveau président brésilien Bolsonaro, et donc l’un de ses importants partenaires économiques. Russie et Chine pourraient être des recours pour la Havane, dont le régime quasi autistique se préoccupe aujourd’hui de l’informatisation de l’ile…

La Havane a aussi décidé d’encadrer davantage les entrepreneurs privés pour lutter contre le travail illégal. Or près de 13% de la population travaille désormais à son compte, les « cuentapopistas », souvent de petits artisans ou commerçants. Il s’agit aussi pour le pouvoir d’inciter les étrangers à investir dans l’ile.

Bonnes nouvelles

En France, la ville de Grasse vient d’être classée en décembre 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO pour ses savoir-faire, déjà mondialement reconnus, dans le domaine du parfum.

Un bien fragile cessez-le-feu est signé en décembre 2018 entre les protagonistes de la guerre du Yémen. Ce conflit a déjà tué près de 100 000 civils et causé l’une des pires catastrophes humanitaires de ce nouveau siècle. Plus de 15 millions de Yéménites sont en situation d’ « urgence alimentaire ».

Les Françaises sont en décembre 2018 championnes du monde de handball, un véritable exploit, qu’elles réitèrent après leur premier titre mondial décroché en 2003.

Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2019 en espérant une belle année géopolitique !

Copyright décembre 2018-Degans/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Synthese-de-l-actualite-internationale-de-decembre-2018.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NL221Lactualit_internationale&utm_medium=email

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L’Angola vient-il de connaître un «nettoyage ethnique» à la birmane ?

L’Angola vient-il de connaître un «nettoyage ethnique» à la birmane ?


Par Andrew Korybko – Le 26 octobre 2018 – Source eurasiafuture.com

andrew-korybkoL’exode rapide et massif de 380 000 Congolais de la région Nord-Est de l’Angola ces deux dernières semaines fait immédiatement penser à la crise des Rohingyas de l’an dernier en Birmanie. Mais à y regarder de plus près, aucune des deux crises ne s’est déroulée exactement selon ce qu’en ont rapporté les médias traditionnels. En outre, chacune de ces deux crises est intervenue dans le cadre du jeu géopolitique américain, que le gouvernement local de chacun des deux pays l’ait réalisé ou non.

Carte régionale établissant les positionnements de l’Angola et de la République démocratique du Congo. (Angola colorisé par le saker francophone). Source : RFI

Ce sont surtout le projet de retrait américain du traité FNI, la crise de la Caravane 2.0, et l’assassinat de Khashoggi qui ont fait les gros titres cette semaine, mais perdue au milieu de ces occurrences, une information aurait sans doute dû faire l’objet d’une attention beaucoup plus soutenue de la part du reste du monde : l’exode rapide et massif de 380 000 Congolais de la région Nord-Est de l’Angola. Kinshasa affirme que ses ressortissants ont été forcés de quitter le havre où ils avaient trouvé refuge à l’issue de leur fuite du conflit Kasaï, au sud-ouest de leur pays d’origine, tandis que Luanda les a comparé tacitement à des « armes de migration de masse », exploitant illégalement l’un des gisements de diamants les plus considérables du monde, au Nord-Est du pays.

« Armes de migration de masse »

Considérés de manière superficielle, les événements ressemblent beaucoup à ceux de l’an dernier au Myanmar avec les Rohingyas, quand on avait vu un demi-million de membres de la minorité musulmane partiellement reconnue (considérés par Naypyidaw comme des migrants d’ethnie Bengali et leurs descendants) fuir vers le Bangladesh voisin, suite au lancement par le gouvernement d’une opération de sécurité répondant à une recrudescence d’attaques terroristes. L’Angola déclare ne pas avoir forcé les Congolais à fuir, mais une enquête récemment publiée par Reuters met ces affirmations en cause, et affirme qu’un mélange de tensions ethno-tribales et de pression gouvernementale sont à la source du plus important mouvement de population transfrontalier depuis les conflits interconnectés rwandaiscongolais des années 1990, souvent appelés « Guerre mondiale africaine ».

Pour comprendre les événements dans ces deux instances, le lecteur doit accepter l’existence du concept d’« armes de migration de masse », mais ce concept ne correspond pas forcément exactement à la désignation qui en est souvent faite. Pour bien comprendre ce phénomène, le brillant ouvrage de Kelly M. Greenhill, chercheur de l’Ivy League Armes de migration de masse : les déplacements forcés utilisés comme moyen de coercition, écrit en 2010, fait référence. En très bref, Mme Greenhill dit que les flux de populations au travers des frontières peuvent servir d’armes à des fins politiques, économiques, militaires et ultimement stratégiques, en catalysant les événements qui déclenchent ce type de processus. Soyons clairs : aucune personne n’est consciente qu’elle a été manipulée à devenir un migrant, mais c’est là que réside le « génie » de cette approche.

Des États différents, un scénario unique

Les « armes de migration de masse » peuvent « plausiblement être niées », mais restent tout à fait observables comme Mme Greenhill le décrit, et ce paradigme explique parfaitement les conflits en Angola et au Myanmar. Ce dernier pays a hérité d’une minorité musulmane considérable, concentrée dans une région frontalière sensible à l’issue de l’indépendance du pays, ce qui constitue spontanément une menace à la sécurité du pays. L’armée a répondu à la vague terroriste de l’an dernier en créant les conditions qui ont forcé une grande partie de ces populations à fuir vers le Bangladesh, où elles fonctionnent également comme une « arme », en raison de l’effet déstabilisant que ces déplacements massifs ont exercé sur la sécurité aux frontières du pays, et sur sa stabilité politique. D’une certaine manière, on pourrait dire que les Rohingyas ont été exploités comme « armes de migration de masse », aussi bien contre le Myanmar que contre le Bangladesh.

Pour en revenir à l’Angola, les frontières arbitraires imposées à l’époque coloniale, et héritées par la suite, ont séparé des tribus qui avant cela avait interagi pendant des siècles, ce qui a fini par aboutir en la création partielle d’identités composites dans ce pays et au Congo voisin (précédemment connu sous le nom de Zaïre). Les divisions artificielles qui ont été imposées à la région avaient été renforcées par l’intervention militaire zaïroise aux côtés des « rebelles » pro-américains, immédiatement après l’indépendance de l’Angola ; cela n’avait fait qu’augmenter l’animosité de cette nation victimisée envers son grand voisin. Les flux migratoires récents en provenance du Kasaï ont déstabilisé le Nord-Est de l’Angola, mais le retour de ces gens forcé par les autorités juste avant les élections prévues en décembre empire la situation, faisant de ces gens des « armes de migration de masse » dans les deux pays.

La connexion chinoise

Que ces « armes de migration de masse » aient été activées à ce moment précis ne constitue sans doute pas un hasard : chacune des crises a généré des réponses répondant aux intérêts américains. Au Myanmar, la controverse mondiale qui s’est fait jour à l’issue de la crise des Rohingyas s’était muée en problème international, et avait tenu lieu de pression – sans grand succès – sur Suu Kyi pour qu’elle serre la vis à l’armée ; cela aurait fait monter d’un niveau la guerre de l’« État profond » du Myanmar, qui semblait juste résolue, mais le pays avait subi ces déstabilisations comme « punition » pour le « rééquilibrage » inattendu décidé par le gouvernement civil, qui venait d’entamer un rapprochement avec la Chine. Pour ce qui concerne l’Angola, l’opération de sécurité organisée par les autorités du pays déstabilisent le Congo deux mois avant la toute première transition de pouvoir pacifique de l’histoire du pays ; les événements qui en découlent pourraient réduire les chances de voir le successeur désigné par le pouvoir en place, favorable aux chinois, prendre les rênes du pays.

Il serait crédible de plaider une thèse selon laquelle les deux pays ont cherché délibérément à faire quitter leur territoire à un groupe identitaire, ce qui techniquement s’apparenterait à une opération de « nettoyage ethnique », mais la thèse opposée tient également la route : chacun des pays exploite des prétextes qui relèvent de la loi et l’ordre, ce qui s’apparente au droit souverain de tout pays de sécuriser ses frontières de ce qu’il considère (à raison ou à tort) comme des menaces étrangères contre ses ressortissants. Selon cette seconde thèse, les flux migratoires qui en résultent constituent des « dégâts collatéraux » involontaires. Mais quel que soit le bout de la lunette par lequel on regarde le problème, le fait est que ces États ont pris des décisions de leur propre chef (qu’ils aient été incités à le faire ou pas), décisions qui profitent à l’agenda américain d’entretenir des cycles de déstabilisation auto-alimentés (guerres hybrides).

Conclusions

Les événements qui viennent de se produire en Angola ressemblent très fortement à ceux du Myanmar l’an dernier : dans les deux cas, l’armée du pays a réalisé des opérations de sécurité, et dans les deux cas, des flux migratoires rapides et massifs d’un groupe identitaire précis en ont résulté (et dans les deux cas, le gouvernement du pays considérait ces personnes comme des immigrés illégaux) ; ces flux migratoires portaient les signes dérangeants de « nettoyage ethnique », mais sauter à des conclusions hâtives reviendrait à négliger deux facteurs importants. Tout d’abord, des problèmes de sécurité très graves pré-existaient bien, et ont forcé les autorités de chacun de ces deux pays à réagir ; et deuxièmement, leurs actions ne peuvent pas être considérées hors du contexte stratégique plus large de la géopolitique régionale. Nonobstant leur légitimité, chacune de ces opérations a travaillé, avec plus ou moins de succès, en faveur des intérêts géopolitiques américains.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/langola-vient-il-de-connaitre-un-nettoyage-ethnique-a-la-birmane

 

Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes, prix Nobel de la paix

Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes, prix Nobel de la paix

Denis Mukwege, chirurgien, gynécologue obstétricien Prix Nobel de la Paix en 2018

Le prix Nobel de la paix 2018 vient d’être décerné au gynécologue congolais Denis Mukwege, un homme qui répare les femmes violées dans le cadre du conflit en République démocratique du Congo (RDC) et œuvre pour mettre fin à l’impunité. Il partage ce prix avec la militante irakienne yézidie rescapée du groupe Etat islamique Nadia Murad. Le prix Nobel de la paix récompense «leurs efforts pour mettre fin à l’usage de la violence sexuelle comme une arme de guerre».

Le docteur Denis Mukwege, lauréat 2013 du Prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits et du Prix Sakharov 2014 vient de recevoir le prix Nobel de la Paix. En République Démocratique du Congo, il vient en aide aux femmes victimes de violences sexuelles, devenues un arme de guerre pour les milices qui sévissent dans le Kivu.

La distinction rend hommage à son engagement auprès des femmes victimes de violences sexuelles, des violences érigées en arme de guerre en République Démocratique du Congo notamment dans le Kivu, l’est du pays. Le docteur Denis Mukwege a crée l’hôpital Panzi en 1999 pour secourir les femmes victimes de viols et autres mutilations sexuelles. En moyenne, 300 femmes se rendent chaque mois dans ce centre hospitalier. Il a reçu de multiples distinctions, dont le prix des Nations unies pour les droits de l’Homme. Le gynécologue obstétricien risque sa vie au quotidien. Fin 2012, il a même fait l’objet d’une tentative d’assassinat dont il a réchappé grâce à l’un de ses gardiens, qui s’est sacrifié.

« Le combat courageux, précieux du Dr Mukwege dans sa quête de justice pour les victimes oubliées du conflit en RDC est aujourd’hui récompensé », témoigne Clément Boursin, Responsable des programmes Afrique de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). « Ce combat est essentiel car les espoirs d’une paix durable en RDC ne pourront aboutir que si justice est rendue. L’impunité des criminels passés constitue un véritable fardeau pour la pacification du pays.»

Dans ce but, le Docteur Mukwege et l’ACAT œuvrent pour que soit levé l’embargo sur les documents identifiant les présumés auteurs et responsables de 617 incidents violents commis entre 1993 et 2003, documentés dans le rapport mapping des Nations Unies de 2010 et pour que soient enfin sanctionnés leurs responsables. Le rapport « Mapping » accusait notamment des officiers de l’armée congolaise, ainsi que sept autres pays impliqués dans les conflits armés en RDC.

« Depuis sa publication en octobre 2010, le Rapport mapping a été oublié par la communauté internationale. Huit ans plus tard , les recommandations du rapport ne sont pas suivies d’effet et l’impunité demeure. Il faut que la reconnaissance du docteur Mukwege, symbole du soutien international aux victimes congolaises, s’accompagne de mesures véritables pour rétablir enfin la justice dont les Congolais ont tant besoin » témoigne Clément Boursin.

 

https://www.afrik.com/denis-mukwege-l-homme-qui-repare-les-femmes-prix-nobel-de-la-paix

Présidentielle en RDC : Moïse Katumbi dans les starting-blocks avec « Ensemble

Présidentielle en RDC : Moïse Katumbi dans les starting-blocks avec « Ensemble »

Contraint à l’exil depuis près de deux ans, l’opposant Moïse Katumbi a lancé ce lundi le mouvement « Ensemble pour le changement » depuis Johannesburg, en Afrique du Sud. Un rassemblement politique autour de sa candidature pour la présidentielle à venir en RDC.

C’est la version resserrée et corrigée du rassemblement de l’opposition congolaise qui avait eu lieu début juin 2016 à Genval, dans la banlieue bruxelloise. À l’époque, Moïse Katumbi, bien qu’à l’initiative, avait choisi de rester dans l’ombre pour ne pas éclipser le vieux et historique opposant Étienne Tshisekedi. Cette fois-ci, à Johannesburg, le dernier gouverneur de la riche province du Katanga s’est présenté en « capitaine de l’équipe » devant quelque 200 personnalités issues de différents partis politiques et de la société civile en RDC.

Pendant trois jours, du 9 au 12 février, tous ces soutiens de Moïse Katumbi se sont regroupés dans des ateliers pour réfléchir sur « le mouvement électoral » à mettre en place, le programme du candidat et le processus électoral en cours dans le pays. « Ne laissons aucune place à l’improvisation », leur avait alors recommandé leur champion lors de son discours d’ouverture du conclave. « Soyons disciplinés et dignes des attentes de notre peuple pour être au rendez-vous du 23 décembre [date prévue pour la présidentielle, NDLR] et apporter aux Congolais le changement qu’ils exigent », avait-t-il renchéri.

Katumbi lance « Ensemble »

Ce mercredi, « Ensemble pour le changement » a été lancé à Johannesburg. La structure se veut un « large mouvement pour relever, avec Moïse Katumbi, le défi du changement » en RDC. C’est désormais autour de « Ensemble » que graviteront des plateformes électorales pro-Katumbi et alliées en vue notamment des élections législatives et provinciales. Des contacts sont avancés avec l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale.

« C’est aussi une volonté d’instaurer un leadership clair » au sein des regroupements politiques qui soutiennent la candidature de Katumbi à la présidentielle, confie un proche du candidat déclaré à la présidentielle. Bien que très influent dans le Rassemblement de l’opposition mise en place à Genval, Katumbi n’avait en effet aucune fonction officielle dans l’organisation. Aujourd’hui, c’est bien lui le président du mouvement politique créé.

Les quatre piliers du projet Katumbi

À neuf mois de la tenue – encore hypothétique – des scrutins présidentiel, législatifs et provinciaux, Moïse Katumbi a également dévoilé les « quatre piliers » de son projet de société : consolidation de l’État, de la démocratie et de la paix ; valorisation du capital humain ; relance économique, diversification de l’économie et création d’emplois ; et enfin, lutte contre le changement climatique.

Les conditions qui permettent d’envisager des élections crédibles sont très loin d’être remplies

« Je veux être le candidat du mérite, en particulier au sein de notre formidable jeunesse. Leur offrir un avenir radieux au Congo constitue notre plus grand défi », a promis le candidat qui est toujours menacé d’arrestation en cas de retour au pays. En juin 2016, il a été condamné à trois ans de prison dans une affaire rocambolesque de spoliation immobilière qualifiée de « mascarade » notamment par un rapport confidentiel des évêques catholiques rédigé une année plus tard.

« Les conditions qui permettent d’envisager des élections crédibles, justes et honnêtes sont très loin d’être remplies. De nombreux compatriotes croupissent encore en prison injustement privés de leur liberté. D’autres sont condamnés à l’exil. Les manifestations pacifiques sont réprimées dans le sang. Les médias privés proches de l’opposition sont menacés ou fermés », a d’ailleurs déploré Katumbi.

À quelques milliers de kilomètres de là, à Kinshasa, la coalition au pouvoir affûte aussi ses armes. Après la restructuration du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique du président Joseph Kabila, des tractations sont en cours pour constituer sept à douze regroupements électoraux.

RDC : au moins deux morts lors des marches pacifiques, l’ONU réclame une enquête

RDC : au moins deux morts lors des marches pacifiques, l’ONU réclame une enquête

Par Jeune Afrique avec AFP
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Une nouvelle fois, les marches pacifiques organisées par le comité laïc de coordination contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila se sont achevées dans le sang. Deux personnes ont été tuées lors des manifestations de dimanche, selon un communiqué de l’ONU, qui appelle les autorités congolaises à mener une enquête sur ces nouveaux incidents.

Les manifestants ont à nouveau été dispersés par des tirs à balles réelles, dimanche lors des marches de catholiques pour protester contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila. Selon une bilan de l’ONU, au moins deux personnes ont perdu la vie, une à Kinshasa, l’autre à Mbandaka, et ce « en dépit de consignes qui auraient été données aux forces de sécurité de faire preuve de la plus grande retenue dans la gestion des manifestations », précise le communiqué des Nations Unies.

100 arrestations

Dimanche, le médecin directeur de l’hôpital Saint-Joseph de Kinshasa avait confirmé le décès d’un jeune activiste du mouvement citoyen « Collectif 2016 », Rossy Mukendi Tshimanga, « qui a reçu une balle à la poitrine ». Un agent « a tiré sur mon frère à bout portant dans l’enceinte de la paroisse Saint-Benoît (centre). J’étais près de mon frère », a expliqué le frère du défunt entre deux sanglots. Le corps de la victime a été emporté par une équipe du Comité international de la Croix-rouge.

Les équipes d’observation de la Monusco ont également dressé un bilan de « 47 blessés et plus de 100 arrestations sur l’ensemble du territoire », selon le communiqué de l’ONU.

Tirs à balles réelles

À Kisangani, grande ville du nord-est du pays, des centaines de fidèles qui sortaient de la messe ont commencé à marcher avant d’être dispersés par les forces de sécurité qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et tiré à balles réelles, blessant deux personnes.

Dans plusieurs villes, les marches ont été étouffées par les forces de sécurités qui se sont déployées massivement devant toutes les églises catholiques. C’est le cas à Kikwit (sud-ouest) et à Goma (est), tandis qu’à Bukavu (est), toute tentative d’attroupement a été systématiquement dispersée à coup de gaz lacrymogènes.  À Lubumbashi, deuxième ville du pays dans le sud-est, des jeunes ont brûlé des pneus dans les rues avant d’être dispersés par la police anti-émeute.

Ces marches sont organisées à l’appel du Comité laïc de coordination (CLC), un collectif d’intellectuels proche de l’Église catholique, qui demandent Joseph Kabila de dire publiquement qu’il ne sera pas candidat aux élections prévues le 23 décembre 2018. Le CLC a reçu dimanche le soutien de 85 intellectuels francophones. Malgré une faible affluence, les manifestants se sont montrés déterminés et dans plusieurs paroisses de Kinshasa, les fidèles ont commencé à marcher avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

Objectif « zéro mort »

L’accès à internet, coupé en amont de la manifestation dimanche, a été rétabli en début de soirée, après dix heures de coupure. ​Les échanges SMS et le système de messagerie WhatsApp ont également repris, alors que le réseau 3G se redéployait.

C’est le troisième épisode de répression d’une manifestation en deux mois. Les deux marches précédentes s’étaient soldées sur un bilan d’une quinzaine de morts selon l’Église, deux selon les autorités. À Kinshasa, où la marche avait été interdite la veille par le gouverneur de la capitale André Kimbuta, la police s’était donnée pour objectif de faire « zéro mort ». La consigne a, selon le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, le porte-parole de la police, « été respectée avec professionnalisme par les forces de l’ordre déployées sur le terrain ».

La représentante de la Monusco, Leïla Zerrougui « a appelé les autorités congolaises à mener des enquêtes crédibles sur ces incidents et à prendre des mesures appropriées », selon le communiqué de l’organisation onusienne.

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RDC-Belgique : Kinshasa ferme son consulat à Anvers et réduit les vols de Brussels Airlines

RDC-Belgique : Kinshasa ferme son consulat à Anvers et réduit les vols de Brussels Airlines

Kinshasa a décidé ce lundi de fermer son consulat à Anvers, en Belgique, exigeant de Bruxelles de faire de même pour l’une de ses représentations consulaires dans le pays. Une réduction du nombre de vols de Brussels Airlines a également été annoncée par les autorités de la RDC.

« Nous baissons le niveau de la représentation diplomatique de deux États. » Au ministère congolais des Affaires étrangères, le ton est monté. Le gouvernement congolais vient en effet de décider, ce lundi 5 février, de « fermer son consulat à Anvers », ville portuaire belge, indique à Jeune Afrique un diplomate congolais proche du dossier.

Suite à cette décision, Kinshasa dit attendre également de Bruxelles « la fermeture d’au moins un de ses deux consulats » présents sur le territoire congolais : celui de Lubumbashi, dans la partie méridionale du pays.

La requête des autorités congolaises a été envoyée « par voie diplomatique » à l’ambassade de Belgique dans la capitale congolaise. Nous n’avons pas pu joindre, dans l’immédiat, les représentants diplomatiques belges à Kinshasa.

Brussels Airlines également frappé

D’autres mesures de rétorsion visent Brussels Airlines. « Faute de réciprocité dans l’exploitation des services aériens internationaux entre la RDC et le Royaume de Belgique, le nombre des fréquences hebdomadaires allouées » à cette compagnie aérienne, basée à Diegem, près de l’aéroport de Zaventem, « est réduit de sept à quatre, à partir du lundi 5 février », indique l’Autorité de l’aviation civile de la RDC dans une correspondance adressée à la représentante de Brussels Airlines à Kinshasa.

« C’est une décision des autorités congolaises, confirme à Jeune Afrique Kim Daenen, porte-parole de Brussels Airlines. Elle prend effet dès cette semaine. Nous avons soumis un nouveau programme de vol aux autorités congolaises et nous attendons qu’il soit finalisé. Nous contacterons ensuite nos clients pour essayer de trouver des solutions avec eux. Nous sommes désolés pour eux. »

Après avoir décidé de « démanteler », sur son territoire, le dispositif consulaire Maison Schengen et de suspendre les activités de l’agence de développement belge en RDC, Kinshasa se disait prêt à prendre, « en cas d’escalade », d’autres mesures de représailles contre la Belgique.

Il était alors question d’« une  réduction drastique du personnel diplomatique belge, la fermeture des consulats de Belgique à Lubumbashi et à Goma, et la suspension des vols de Brussels Airlines », comme nous le révélions fin janvier.

« Casus belli » entre Kinshasa et Bruxelles ?

« Bruxelles a continué en effet son travail de sape diplomatique contre la RDC », explique un diplomate congolais pour justifier les nouvelles mesures annoncées. Lors de la récente réunion du comité de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), à Paris, « le représentant belge a fait un réquisitoire contre la RDC devant Aubin Minaku, président sortant de l’APF et actuel président de l’Assemblée nationale congolaise », poursuit notre source, qui estime qu’il s’agit là d’un « casus belli ».

À Kinshasa, dans l’entourage de She Okitundu, on pointe aussi le positionnement du Belge Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne en RDC comme l’une des raisons de l’escalade en cours. « Malgré la décision du gouvernement congolais, il continue à influencer l’UE pour qu’elle maintienne la Maison Schengen sur notre territoire », soutient un conseiller du vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères.

C’est dans ce climat de tension que Bruxelles a rappelé son ambassadeur à Kinshasa le 29 janvier pour des « réunions internes » et « des discussions ». Depuis plusieurs mois, la Belgique est considérée aux yeux des autorités congolaises comme l’État européen qui pilote la campagne en vue du maintien de la pression internationale contre le régime de Joseph Kabila.

Ce dernier, au pouvoir depuis 2001, est arrivé au terme de son second mandat depuis fin 2016. Mais l’élection de son successeur se fait toujours attendre.