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La Route de la soie arctique : un énorme bond en avant pour la Chine et la Russie

La Route de la soie arctique :
un énorme bond en avant pour la Chine et la Russie


Federico PIERACCINIPar Federico Pieraccini – Le 13 novembre 2017 – Source Strategic Culture

La Route de la soie chinoise, rebaptisée Belt and Road Initiative (BRI), développe des infrastructures le long des routes commerciales terrestres et maritimes.

The Arctic Silk Road: A Huge Leap Forward for China and Russia

Mais on sait peu de choses sur l’initiative de la Chine dans le cercle polaire arctique, qui représente une nouvelle voie que Pékin est maintenant en mesure de développer, grâce à la technologie, avec le partenariat stratégique de la Russie.

Impliquant environ 65 pays et affectant 4,4 milliards de personnes, représentant 30% du PIB mondial, avec un investissement total de Pékin qui pourrait dépasser mille milliards de dollars, le projet est immense et demande beaucoup d’imagination pour saisir les intentions de la direction chinoise. Avec une foule de projets déjà en cours, et certains presque achevés – le Corridor sino-pakistanais connu sous le nom de CPEC est archétypal – les routes terrestres et maritimes se développent côte à côte. Beaucoup d’encre a été utilisée pour décrire les intentions de Pékin concernant les connexions Est-Ouest du vaste continent eurasien. Les pipelines, les lignes de chemin de fer, les câbles de fibres optiques, les infrastructures de télécommunications et les autoroutes dominent les discussions, tout comme celles sur les coûts, les études de faisabilité, la sécurité et le retour sur investissement. La Route de la soie terrestre est certainement un défi imposant qui n’est pas seulement commercial mais qui pose les fondations d’une plus grande intégration culturelle et sociale entre les pays voisins. C’est un projet qui, à long terme, vise à amalgamer le continent eurasien et à surmonter les contradictions qui le composent grâce à une coopération gagnant-gagnant et au développement économique.

La route maritime est un projet plus structuré, lié principalement à deux besoins intrinsèques de la République populaire de Chine. Le premier est commercial et concerne la nécessité pour Pékin d’expédier ses marchandises le long des routes établies, en créant des ports et des installations pour l’approvisionnement en cours de route. L’objectif est d’augmenter les profits des cargos, surtout lorsqu’ils reviennent en Chine remplis de marchandises, ainsi que de créer de nouveaux centres mondiaux de distribution dans les ports implantés le long de la route maritime. Des exemples importants peuvent être vus au Pakistan avec le développement du port de Gwadar.

La première phase a été achevée en 2006 et la deuxième est en cours depuis 2007, bien que le port ait été inauguré en novembre 2016 et soit opérationnel depuis. Le projet devrait être étendu dans les décennies à venir, avec potentiellement 45 points d’ancrage de navires, le drainage du canal d’approche à une profondeur d’environ 20 mètres, et un transit annuel total de plus de 400 millions de tonnes. Le principal avantage de cet arrangement entre les voies terrestre et maritime est de répartir le transit des biens selon leur nécessité, leur valeur et l’offre disponible. Le port de Gwadar est principalement relié par des pipelines à la ville chinoise de Kashi. C’est un bel exemple de diversification possible avec la voie maritime, principalement utilisée pour les marchandises, tandis que le port de Gwadar devient une plaque tournante importante du commerce pétrolier et gazier, notamment grâce aux progrès de la technologie du méthane et de la gazéification.

Parmi les autres destinations majeures de la Route de la soie maritime figurent Venise et Athènes, le port du Pirée est déjà détenu par COSCO depuis de nombreuses années, il s’agit d’une entreprise spécialisée dans les activités portuaires et l’intégration de ports le long de la Route de la soie maritime sur le modèle du Port de Gwadar. Venise est actuellement seulement un rappel de l’ancienne Route de la Soie, mais si son rôle passé devait être retrouvé – dans un environnement moderne – pour être le terminal de la Route en mer du Sud, cela nécessiterait certainement aujourd’hui de gros investissements pour nourrir un dense réseau d’échanges. La Chine aurait alors une route maritime dans le sud de l’Europe, reliée principalement par voie terrestre à son corridor nord.

L’autre raison – moins connue – qui pousse la République populaire de Chine à investir dans de telles routes maritimes concerne la doctrine navale adoptée par la marine chinoise. Les États-Unis conservent une capacité notable à projeter leur pouvoir sur les cinq continents grâce à la taille de leur Marine de Guerre, qui a connu une croissance régulière au cours du siècle dernier. Pékin s’est rendue compte que posséder, elle même, une telle projection de puissance soutiendrait la viabilité de ses routes maritimes, aussi bien en la protégeant contre les pirates qu’en évitant la possibilité d’un blocus naval en temps de guerre, quelque chose qui est toujours à l’esprit des stratèges chinois [qui doivent se souvenir de l’embargo mis en place par les États-Unis contre le Japon, qui a entraîné la guerre du Pacifique en 1941, NdT].

Un parallèle en termes de sécurité est facilement observable lors de l’analyse de la Route de la soie terrestre et la sécurité qui accompagne nécessairement un tel réseau d’infrastructures. En ce sens, l‘Organisation de coopération de Shanghai, et l’adhésion du Pakistan et de l’Inde à celle-ci, visent à créer les conditions d’un développement pacifique tout en évitant les tensions entre pays voisins et différents groupes ethniques. Pékin est bien conscient qu’il n’y a pas de prospérité sans sécurité, surtout dans le contexte du sous-développement d’un continent si diversifié au regard de sa géographie humaine.

En termes militaires et navals, le budget de Beijing a atteint des niveaux significatifs, passant d’environ 10 milliards de dollars en 1989 à environ 110 milliards en 2017. Avec de tels investissements, Pékin a pu lancer trois nouveaux modèles de sous-marins (type 93, 94 et 95) ainsi qu’un porte-avions remis à neuf (type 001) et la construction du premier porte-avions entièrement produit et équipé en Chine (type 001A). L’objectif principal de la Marine de l’Armée Populaire de Libération est d’investir stratégiquement dans des navires amphibies et des petits navires qui fournissent les moyens de projeter des forces pour pouvoir influencer la dynamique des conflits en mer de Chine méridionale, ceci dans le contexte du harcèlement américain pour dominer la  région. En ce sens, la stratégie consistant à priver l’Amérique d’une présence en mer de Chine méridionale s’accompagne également de la construction d’îles artificielles et du développement de nouveaux missiles anti-navires à capacités supersoniques.

La sécurité et l’investissement semblent être les moteurs du projet chinois de Routes de la soie, et la connectivité semble être la chaîne de transmission. Une attention maximale est également accordée à la création de ports maritimes pour la marine chinoise, comme on le voit avec la première base étrangère chinoise à Djibouti, un emplacement particulièrement stratégique proche du détroit de Bab-el-Mandeb [à l’entrée du canal de Suez, NdT].

Un aspect moins bien connu du projet chinois, et sur lequel nous avons encore peu de détails, est la route de l’Arctique. L’Arctique est formellement partagé entre les États-Unis, le Nord du Canada, la Finlande, le Groenland (Danemark), l’Islande, la Norvège, la Russie et la Suède et est administré par le Conseil de l’Arctique. Les pays non membres comprennent la France, l’Allemagne, l’Inde, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, les Pays-Bas, la Pologne, Singapour, l’Espagne, le Royaume-Uni et la République populaire de Chine.

Récemment, la Russie et la Chine ont entamé des discussions fructueuses sur l’exploitation des routes de l’Arctique. La réunion de juillet 2017 entre Xi Jinping et Medvedev a confirmé que Moscou et Pékin avaient l’intention de développer conjointement la Route de la soie maritime chinoise dans l’Arctique afin de diversifier les routes commerciales et d’impliquer les États voisins dans les projets portuaires et la recherche scientifique. Pékin a l’intention de transporter ses marchandises à travers l’Arctique depuis l’Europe vers la Chine, réduisant ainsi les distances de 20% à 30%, économisant du temps, du carburant et des ressources humaines. Considérant que 90% des marchandises chinoises sont transportées par voie maritime, même une petite modification de ce ratio générerait des économies et des profits très importants. Face à une telle occasion irrésistible, la Chine ne perd pas de temps. Il y a quelques jours, le brise-glace Xuelong – la Fédération de Russie est le seul pays possédant deux brise-glaces nucléaires – a traversé le passage du Nord-Ouest dans l’Arctique, atteignant l’Amérique du Nord depuis l’Asie en un rien de temps. C’est la première fois qu’un navire chinois a emprunté cette route. Tout aussi important pour les affaires, l’entreprise COSCO, le géant chinois, a réalisé en 2013, le passage Nord-Est dans l’Arctique, en partant du port chinois de Dalian pour arriver à Rotterdam, réduisant la durée du trajet d’un tiers, passant de 45 jours à 30.

Il y a certaines considérations à faire, concernant la région arctique, d’un point de vue à la fois pratique et réaliste. Il y a actuellement trois routes possibles, à savoir par le nord-est, le nord-ouest et le « nord-nord » – traversant le pôle Nord. Le premier est celui par lequel la Russie et la Chine ont l’intention de raccourcir les délais de livraison, malgré les difficultés rencontrées par le manque actuel d’infrastructures et un environnement hostile, compliquant les choses et rendant ces efforts extrêmement coûteux. En ce sens, la coopération entre la Russie et la Chine est très rentable pour les deux pays, qui sont intéressés à proposer cette voie à d’autres pays, ce qui se traduira par une augmentation des volumes de transit. Actuellement, l’itinéraire peut être utilisé pendant environ quatre mois de l’année. La route du nord-ouest a un problème de glaces profondes qui empêchent les brise-glaces de dégager un passage pendant une durée suffisante pour permettre une route commerciale. Le passage « nord-nord », traversant directement le pôle Nord, est inaccessible jusqu’à ce que toute la glace soit fondue, ce que les scientifiques prévoient d’ici 2050, avec toutes les conséquences qui en découlent.

Les routes de l’Arctique représentent inévitablement le futur en termes d’opportunités et d’économies de coûts. En comparaison avec le canal de Suez, qui est la route actuelle par laquelle la Chine atteint l’Europe, avec un trajet de près de 12 000 miles nautiques, le passage par la voie arctique du Nord-Ouest est inférieur à 7 000 milles.

Pékin investit dans des infrastructures pour réduire le temps de transit et augmenter les profits. La route de l’Arctique a toutes les caractéristiques pour devenir un élément central de l’initiative des Routes de la soie. L’engagement de la Chine pour le développement de la route de l’Arctique est comparable à un autre projet titanesque, qui est également au cœur de la stratégie de la Route de la soie maritime, en cours au Nicaragua, à savoir la construction d’une alternative au canal de Panama. La viabilité de ces projets gigantesques reste une question de temps, reposant principalement sur l’acquisition de nouvelles technologies qui transforment l’impossible en possible, l’accessibilité des nouvelles technologies permettant de réduire les coûts de recherche et de développement.

Dans un avenir proche, les routes de transit à travers l’Arctique prendront une certaine importance dans la géopolitique mondiale de la Russie et de la Chine. Pékin et Moscou semblent avoir l’intention de développer cette route innovante avec tous les moyens à leur disposition, ajoutant à la Route de la soie maritime une route imprévue mais très bénéfique. La création d’un partenariat avec la Russie dans l’Arctique permettra à Pékin de prendre pied dans la région et de participer à l’exploitation des hydrocarbures et d’autres ressources naturelles. Combinée à la capacité croissante de la Fédération de Russie de pénétrer dans l’Arctique et donc de créer l’infrastructure nécessaire, la route chinoise de l’Arctique pourra, de plus en plus souvent, être proposée aux pays partenaires.

Federico Pieraccini 

 

  http://lesakerfrancophone.fr/la-route-de-la-soie-arctique-un-enorme-bond-en-avant-pour-la-chine-et-la-russie

 

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Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale


Par Andrew Korybko – Le 6 novembre 2017 – Source Oriental Review

Baku-Tbilisi-Kars (BTK) Railway
Chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK)

Le président Erdogan a déclaré que le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars est « un maillon important dans la nouvelle route de la soie, qui relie l’Asie, l’Afrique et l’Europe » lors de la cérémonie d’ouverture de ce couloir de connectivité transnational.

Les Premiers ministres de la Géorgie, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, ainsi que les ministres du Tadjikistan et du Turkménistan ont également assisté à l’événement, démontrant ainsi son large intérêt géographique. Erdogan espère dans l’immédiat qu’il renforcera les relations globales entre la Turquie et ses compatriotes d’ethnie turque en Asie centrale, et que par la suite le chemin de fer BTK pourrait être utilisé par les Européens et les Nord-Africains pour se relier à cette région enclavée. En fin de compte, l’objectif est de transformer ce corridor sud-central en une nouvelle route de la soie bien placée rattachant les coins occidentaux et orientaux de l’Eurasie en reliant l’UE à la Chine. Et si, après un rapide coup d’œil à la carte physique, la route semble un peu tortueuse, la politique dit le contraire.


Les routes les plus directes reliant l’UE à la Chine sont le pont terrestre eurasien prévu à travers la Russie et la route maritime du Nord à travers l’océan Arctique, mais les deux sont comparativement sous-développés pour diverses raisons. En outre, alors qu’il est prévu de construire un chemin de fer à grande vitesse en Asie centrale reliant la Chine à l’Iran, et désormais à la Turquie et à l’UE, cette idée n’a pas encore été étudiée et pourrait en tout cas être mise en péril par le risque régulier d’activités terroristes kurdes dans les régions frontalières du Moyen-Orient partagées par ces deux grandes puissances. Un autre point important est que la nouvelle guerre froide provoquée par les États-Unis a créé des obstacles géopolitiques artificiels à l’intégration eurasienne alors que Washington cherche à “isoler” Moscou et Téhéran. Il est donc possible que les corridors chinois ne se matérialisent pas aussi rapidement que prévu.

Tous ces facteurs font étonnamment du BTK, la voie actuellement la plus efficace permettant à l’UE, la Turquie et l’Afrique du Nord d’accéder à l’Asie centrale et même à la Chine, une fois que la bonne infrastructure de connectivité sera construite dans la région. Pour l’avenir, même s’il est douteux que cette route devienne le principal couloir du commerce UE-Chine, elle renforcera probablement beaucoup l’influence de la Turquie dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, ce dont de nombreux stratèges turcs ont parlé et qu’ils espèrent depuis 1991 mais qui avait à peine fait quelques progrès depuis. Cela pourrait contribuer à diversifier les partenariats étrangers des gouvernements régionaux et, dans le vrai sens du mot, les rendre plus multipolaires.

En établissant une présence plus solide en Asie centrale, qui est historiquement dans la sphère d’influence de la Russie, la Turquie étendrait également l’interdépendance stratégique complexe qui s’est développée entre Moscou et Ankara depuis que leur rapprochement rapide a débuté l’été dernier. Cela resserrerait à son tour leur partenariat bilatéral et réduirait les chances que les États-Unis réussissent à les tourner les uns contre les autres en raison des dommages collatéraux accrus que cela entraînerait pour leurs intérêts, du fait de la situation géopolitique à long terme et des changements introduits par le chemin de fer BTK.

Andrew Korybko

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Revue de presse du 12/11/2017

12
Nov
2017

CHINE

La modernité version chinoise

« À l’ouverture du 19e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) le 18 octobre dernier, le président Xi Jinping a dévoilé son « plan de développement en deux étapes », visant à faire de la Chine un « État socialiste moderne » d’ici 2035. Depuis, les commentateurs ne cessent de débattre de la « montée en puissance de la Chine » et des pouvoirs que concentre Xi entre ses mains. En réalité, ils passent à côté du sujet. En effet, le programme de Xi est beaucoup plus global et novateur que semblent le penser la plupart des observateurs. À l’instar de ses prédécesseurs Mao Tsé-Toung et Deng Xiaoping, Xi a élaboré une stratégie visant à transformer la Chine en un pays « prospère, puissant, démocratique, culturellement avancé, harmonieux et rayonnant » au cours des prochaines décennies. La clé de la réussite résidera dans un équilibre entre modernité et socialisme conduit par le PCC. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

CRISE DE L’EMPLOI

« Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »

« Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. »

Source : BASTAMAG

DÉMOCRATIE

La crise du Parti démocrate explose à la suite des révélations de Brazile

« La crise politique du Parti démocrate, mise en évidence par la publication jeudi d’extraits d’un journal de campagne de l’ex-présidente par intérim du Comité national démocrate (DNC), Donna Brazile, a fait éclater des dénonciations réciproques ce week-end. Brazile a rendu public un accord sans précédent entre le DNC (sous la présidence précédente, Debbie Wasserman Schultz) et la campagne présidentielle de Hillary Clinton qui a permis à Clinton de rembourser les dettes du DNC et de lui verser une subvention mensuelle en échange du contrôle sur la nomination des responsables du DNC et du droit d’approbation sur les décisions opérationnelles clés. » [Mieux que Trump et ses soi-disant contacts russophiles, non ?!]

Source : WSWS

ENVIRONNEMENT

Quelques documentaires sur des catastrophes écologiques occultées

« La plupart des mili­tants écolo­gistes se sont un jour ou l’autre heur­tés, lors d’une discus­sion ou d’un débat sur les problèmes envi­ron­ne­men­taux, à un (ou des) indi­vidu(s) parti­cu­liè­re­ment scep­tique(s) et/ou techno-reli­gieux (ceux qui croient ferme­ment que le déve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique nous permet­tra toujours de résoudre les problèmes qu’il engendre perpé­tuel­le­ment). »

Source : LE PARTAGE

A Bonn, la COP 23 sur le climat s’ouvre sans enthousiasme

« Une véritable course contre la montre, alors que les rapports alarmistes s’accumulent et que le dérèglement du climat se manifeste déjà aux quatre coins du globe. « Les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère continuent à grimper en flèche. En 2016, on a battu un record avec une concentration de 403 particules de CO2 par million », s’alarme Lucile Dufour, responsable des négociations internationales et du développement au Réseau action climat (Rac). « La saison des ouragans a été particulièrement intense dans les Antilles, enchérit François Gemenne, directeur exécutif du programme de recherche Politiques de la Terre à Sciences Po. En Asie du Sud, des pluies de mousson très violentes ont affecté 42 millions de personnes. » « Entre janvier et septembre 2017, près de deux millions de personnes ont été déplacées à cause d’épisodes de sécheresse, notamment en Afrique de l’Ouest », complète Armelle Le Comte, responsable de plaidoyer climat et énergie à Oxfam France. »

Source : REPORTERRE

EVASION FISCALE

Comment les clients de Dassault Aviation échappent à la TVA sur l’achat de jets

« Dassault Aviation aurait mis en place un système de fraude à la TVA en passant par l’île de Man, révêle le journal Le Monde dans le cadre de l’enquête des « Paradise Papers » menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Les clients de l’avionneur français évitent ainsi de payer les 20% de TVA à l’Etat français ou à tout autre pays membre de l’Union européenne. »

Source : L’usine nouvelle

Les pirates fiscaux de l’Europe : l’Irlande et le Luxembourg

« Irlande, Luxembourg. Ce sont les deux pays de la zone euro les plus régulièrement épinglés par la commission pour favoriser l’optimisation fiscale. Celle des géants du numérique notamment : Google, Amazon, Apple etc. A travers cela on ne tient qu’un bout de l’histoire de l’optimisation fiscale et de l’évaporation de base fiscale, tant les techniques sont multiformes. Mais ce bout d’histoire, celui de la domiciliation fiscale, en dit déjà long sur l’ampleur du phénomène. » [Quoique les Pays-Bas ne soient pas mal non plus, cf. Nike…]

Source : XERFI CANAL

Évasion fiscale : 11 milliards ou 200 milliards par an de pertes pour les finances publiques en France ?

« La formidable enquête du consortium international de journalistes fait beaucoup parler d’elle et j’espère que cela va durer plus de quelques jours. Mais il faut admettre qu’en lisant la presse, on s’y perd dans les estimations globales des déficits de recettes publiques liées à l’évasion fiscale sous toutes ses formes. »

Source : BLOG JEAN GADREY

FRANCE

L’affaire Florence Parly, ou les complaisances de l’État actionnaire

« Après la polémique sur son salaire à la SNCF et les jetons de présence perçus en tant qu’administratrice de grandes entreprises françaises, la ministre des Armées Florence Parly a dû révéler avoir perçu plus de 675 000 euros bruts de mystérieuses indemnités de licenciement d’Air France en 2014. Ce qui interroge toujours autant sur la gestion de l’État actionnaire. »

Source : OBSERVATOIRE DES MULTINATIONALES

Gérald Andrieu : « Une partie du pays a choisi d’entrer en sécession civique »

« Journaliste indépendant, Gérald Andrieu a été rédacteur en chef de Marianne.net jusqu’en 2015. Excédé par le journalisme parisien et les meetings politiques, il a décidé de quitter la capitale en octobre 2016 afin de rencontrer la France oubliée par les élites. Il a alors entrepris de longer à pied la frontière sur 2 100 kilomètres. Il en a tiré une enquête passionnante à mi-chemin entre les travaux sur la France périphérique de Christophe Guilluy et les immersions dans les bas-fonds de la société de Jack London (« Le peuple d’en bas ») et de George Orwell (« Dans la dèche à Paris et à Londres » et « Le quai de Wigan »). »

Source : LE COMPTOIR

GÉOPOLITIQUE

La démission de Hariri ? La plus récente des tentatives saoudiennes de défier l’Iran

« La démission du Premier ministre libanais Saad Hariri, samedi, a provoqué des ondes de choc dans tout le Liban. Elle est intervenue après plusieurs déclarations de M. Hariri aux dirigeants politiques libanais quant à son engagement envers le gouvernement d’unité nationale, grâce auquel il était arrivé au pouvoir il y a un peu plus d’un an, suite à une période de vide politique dans le pays. »

Source : MIDDLE EAST EYE

L’alliance israélo-saoudienne bat les tambours de guerre

« Ces derniers jours, les tambours de guerre se sont emballés au Moyen-Orient. L’Arabie saoudite a provoqué une crise nationale et internationale afin de permettre au prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) de concrétiser sa vision grandiose de l’État saoudien. Au niveau national, MBS a soudainement créé une commission anticorruption et, en l’espace de quatre heures, celle-ci a ordonné l’arrestation de certains des princes les plus haut placés du royaume, y compris quatre ministres en poste et le fils d’un ancien roi. »

Source : MIDDLE EAST EYE

Pourquoi vendre des S-400 aux alliés de l’ennemi ?

« Moscou vient de vendre des Systèmes de défense aériens S-400 à la Turquie et à l’Arabie saoudite. Dans le premier cas un paiement préalable aurait apparemment été réalisé alors que dans le second cas l’intention en aurait été rendue publique. Ceci présentant immédiatement la question pour laquelle Moscou accepterait de vendre ses précieux systèmes d’armes à des pays qui sont non seulement des alliés peu fiables, mais aussi de facto des alliés des Étasuniens. »

Source : LE GRAND SOIR

LIBERTÉS

Sommes-nous prisonniers des Gafam ? [Audio]

« Qui se souviendra de Google ou Facebook en 2037 ? Dans vingt ans, ces deux sociétés auront rejoint les archives d’internet, remplacées par d’autres réseaux sociaux, encore plus puissants, encore plus modernes. A moins qu’en 2037, Google ou Facebook aient donné leur nom à une nouvelle entité politique, transnationale, encore plus puissante et encore plus moderne que les Nations Unies. On aimerait pouvoir voyager dans le futur pour savoir ce que les Gafam nous réservent. Les Gafam, outre les deux sociétés déjà citées, c’est Apple, Amazon et Microsoft. A elles cinq, leur capitalisation boursière est supérieure à la richesse de la France. Leurs patrons sont reçus comme des chefs d’Etat : ils le deviendront peut-être. Les services qu’ils ont mis en place ont profondément changé notre vie quotidienne. Outils formidables, mais outils intrusifs, d’autant plus problématiques qu’ils opèrent aujourd’hui en position ultra-dominante. Un risque pour nos libertés ? pour la démocratie ? ‘’Sommes-nous prisonniers des Gafam ?’’ » https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=6f9272b3-cc4a-433e-9cba-199b8a7f603b

Source : Du grain à moudre – France Culture

À Kiev, Interpol sert à arrêter des journalistes étrangers

« Deux journalistes ont récemment été arrêtés en Ukraine sur la foi de notices rouges abusives. Nouvelle illustration du détournement d’Interpol par des régimes autoritaires. Malgré les réformes et les engagements pris par l’organisation. (…) Après la Turquie cet été, deux autres régimes autoritaires ont récemment illustré les risques de détournement d’Interpol. L’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan sont ainsi parvenus à faire arrêter hors de leurs frontières et emprisonner des journalistes, l’un réfugié politique, l’autre demandeur d’asile. »

Source : LE LANCEUR

RÉFLEXION

“Ma génération est dans le réel depuis le plus jeune âge, et ce réel nous saoule”

« 2015, attaque contre “Charlie Hebdo”. 1989, fatwa contre Salman Rushdie. Depuis trente ans, la liberté d’expression n’a cessé d’être fragilisée par la pression du religieux… et la confusion de nos politiques. Dans un essai captivant, la jeune doctorante Anastasia Colosimo, 25 ans, plonge au cœur de l’infernale logique blasphématoire. » [Trouvé suite à l’émission « du grain à moudre » figurant plus haut.]

Source : Télérama

Contre la haine de Carolin Emcke [Recommandé]

« Des réfugiés accueillis par une foule aux cris de « nous sommes le peuple », Eric Garner étouffé par des policiers à New York, des tombes profanées…. La liste de victimes s’allonge un peu plus chaque jour, sans qu’aucune réaction ne se fasse entendre de la part des victimes. Où est passé la parole des philosophes au sujet de la haine ? Et comment retrouver la nuance nécessaire pour parler de cette actualité ? Dans son essai Contre la haine, notre invitée Carolin Emcke, ancienne reporter de guerre au service international du Spiegel et docteure en philosophie dénonce l’indifférence avec laquelle ces événements défilent dans l’opinion publique et déjoue les mécanismes des discours haineux portés par le populisme. » https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4d043614-59d9-4518-a8d5-9e8f91c1d246

Source : Les chemins de la philosophie – France Culture

Prendre les difficultés avec (la) Mesure (I)

« Je publie ici ma contribution inédite à la 3ème édition du livre de Philippe Derudder, Monnaies locales complémentaires & citoyennes. C’est à la fois, pour moi, un bilan de l’expérience de la Mesure, mais aussi du réseau des MLCC, mais aussi des alternatives concrètes. J’avais présenté l’an dernier ce texte lors d’une conférence à Paris, à l’issue de laquelle j’ai déjà publié quelques réponses à une série de questions : Mesurer les difficultés, et ensuite, II. »

Source : Decroissances – LE BLOG DE MICHEL LEPESANT

SOCIETÉ

« Sois toi-même mais sois conforme »

« Marie-Anna Morand est formatrice, spécialiste de la relation éducative et de la souffrance au travail, accompagnatrice de la transformation des ressources humaines et linguiste. Sa pratique l’amène régulièrement à intervenir auprès d’équipes ou de particuliers en situation de crise professionnelle. Elle utilise sa compréhension fine des dynamiques de changement pour lutter contre la mécanisation de l’Homme, le mythe du progrès individuel véhiculé dans tout le développement personnel et l’aliénation narcissique qui en découle. Nous avons souhaité nous entretenir avec elle autour de différents sujets liés à ces thèmes. »

Source : LE COMPTOIR

ÉCONOMIE

Guerre commerciale dans l’industrie aérospatiale : Airbus rachète une majorité d’actions de Bombardier

« Il y a deux semaines, les dirigeants des constructeurs aéronautiques Airbus et Bombardier, Tom Enders et Alain Bellemare, ont annoncé un partenariat à long terme entre les deux entreprises. L’Airbus Group européen prendra la direction du programme d’appareils moyen-courrier CSeries (Série C) de Bombardier. (…) Le journal allemand du milieu des affaires Handelsblatt a salué le rachat par Airbus, le qualifiant de «coup de maître». Selon le journal, lorsque l’entente sera effective, la compagnie européenne sera la principale bénéficiaire de la guerre commerciale imposée à Bombardier par le département du Commerce américain suite aux pressions de son compétiteur américain Boeing. »

Source : WSWS

ÉTATS-UNIS

Trump : La chasse aux Rino est ouverte aux USA

« Il y a tout juste un an monsieur Trump était élu Président des Etats- Unis à la stupéfaction de tous les gens qui se pensaient intelligents, c’est-à-dire de tous ceux qui avaient fait de bonnes études et qui sévissaient dans la diplomatie, la presse, les media, les milieux d’affaires ou les universités, tous endroits qui ne prospèrent que grâce au capitalisme de connivence. »

 

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-12112017/

« La Ceinture et la Route » : le commerce entre la Chine et les pays participants en hausse de 15%

« La Ceinture et la Route » : le commerce entre la Chine et les pays participants en hausse de 15%

© Chine Nouvelle (Xinhua)Wang Meng, le 03/11/2017 01:45

Le commerce entre la Chine et les pays situés le long de « la Ceinture et la Route » a totalisé 786 milliards de dollars au cours des trois premiers trimestres, a annoncé jeudi le ministère du Commerce.

Ce volume est en hausse de 15% par rapport à la même période de l’année dernière, a indiqué Gao Feng, porte-parole du ministère lors d’une conférence de presse.

De janvier à septembre, les entreprises chinoises ont investi directement 9,6 milliards de dollars dans les pays le long de « la Ceinture et la Route », soit une hausse annuelle de 29,7%.

Les investissements réalisés par les pays situés le long de « la Ceinture et la Route » en Chine se sont établis à 4,24 milliards de dollars, en hausse de 34,4% en glissement annuel.

Les entreprises chinoises ont aidé à construire 75 zones de coopération économique et commerciale dans 24 des pays concernés, générant plus de 209.000 emplois, selon le porte-parole.

« La Ceinture et la Route » est un réseau de commerce et d’infrastructures reliant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique, le long et au-delà des anciennes voies commerciales de la Route de la soie. La version moderne comprend la Ceinture économique de la Route de la soie et la Route de la soie maritime du 21e siècle.

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L’Azerbaïdjan, la Turquie et la Géorgie inaugurent une nouvelle ligne ferroviaire qui relie l’Europe et l’Asie

L’Azerbaïdjan, la Turquie et la Géorgie inaugurent une nouvelle ligne ferroviaire qui relie l’Europe et l’Asie

© Chine Nouvelle (Xinhua)Zheng Bin, le 30/10/2017 21:39

Les dirigeants de l’Azerbaïdjan, de la Turquie et de la Géorgie ont inauguré lundi à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, une nouvelle ligne de chemin de fer reliant les trois pays.

L’inauguration de la ligne de chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars, d’une longueur de 826 km, marque la réalisation d’un projet de dix ans visant à ouvrir un couloir ferroviaire transportant des marchandises et des passagers entre l’Europe et l’Asie.

La ligne de chemin de fer, qui comprend 105 km de nouvelle voie, aura la capacité de transporter annuellement 1 million de passagers et 6,5 millions de tonnes de fret pendant la phase initiale.

Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, a qualifié l’inauguration de la ligne de chemin de fer d’un événement « historique et stratégique », estimant que le projet jouerait un rôle important pour assurer la stabilité et la sécurité dans la région.

Le projet de construction du chemin de fer a été lancé en 2007 avec un accord entre l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie. Son achèvement a été reporté plusieurs fois depuis 2011.

La ligne de chemin de fer est également conçue pour devenir un élément clé de la route méridionale du réseau émergent de la nouvelle Route de la Soie entre la Chine et l’Europe.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre géorgien Giorgi Kvirikashvili, le Premier ministre kazakh Bakytzhan Sagintayev, le Premier ministre ouzbek Abdulla Aripov étaient présents à la cérémonie d’inauguration.

 

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Route de la soie

Route de la soie

© Chine InformationsLa Rédaction
 

Route de la soie

La Route de la soie 丝绸之路 était un réseau de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe allant de Chang’an (actuelle Xian) en Chine jusqu’à Antioche, en Syrie.

Introduction

La Route de la soie doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois connaissaient le secret de fabrication. Cette dénomination, forgée au XIXe siècle, est due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen.

En juin 2014, le réseau de routes du corridor de Chang’an Tianshan, faisant partie de la Route de la soie, a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Histoire

Les Romains devinrent de grands amateurs après qu’ils en eurent acquis, vers le début de notre ère, des Parthes : ceux-ci en organisèrent alors le commerce. De nombreux autres produits voyageaient sur les mêmes routes : pierres et métaux précieux, étoffes de laine ou de lin, ambre, ivoire, laque, épices, verre, corail, etc.

Ces routes, parcourues par des caravanes, contournaient par le nord ou le sud le désert du Taklamakan, qui est l’un des plus arides du monde. Ces deux branches possédaient différentes variantes, mais toutes ces pistes reliaient entre elles des oasis situés à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun :

  • au nord : Tourfan, Ouroumtchi, Karachahr, Koutcha, Aksou, Kashgar ;
  • au sud : Dunhuang, Miran, Cherchen, Niya, Khotan, Yarkand.

À partir de Kashgar et Yarkand, les pistes rejoignaient la Perse ou l’Inde à travers les hautes montagnes de l’Asie centrale (Pamir, Hindu Kush et Karakoram), puis par la Sogdiane (Samarcande, Boukhara, Merv), la Bactriane (Balkh) ou le Cachemire (Srinagar). En fait, très rares étaient ceux qui parcoururent l’intégralité du trajet (Marco Polo, son père et son oncle furent de ceux-ci).

Les marchandises venues d’Orient ou d’Occident s’échangeaient dans les oasis, devenus d’importants comptoirs fréquentés par, outre les commerçants, des pèlerins, des soldats et des espions. Cette région du « Turkestan chinois » était sous la suzeraineté théorique de l’empereur de Chine, mais cette domination subissait de fréquentes éclipses due à son grand éloignement et à la difficulté d’y maintenir des garnisons suffisantes.

La longueur du parcours, les multiples dangers encourus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux, aux attaques des brigands, et à l’extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver), rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin méditerranéen et l’Extrême-Orient. Ce fut une des raisons qui incitat les Européens à rechercher une route maritime vers les pays d’Orient. La Route de la soie fut progressivement abandonnée au XVe siècle.

Elle fut également la voie par laquelle plusieurs religions étrangères pénétrèrent en Chine : bouddhisme, christianisme nestorien, judaïsme, manichéisme et islam se transportèrent au travers de ces régions jusqu’à Xi’an.

L’art bouddhique, influencé par l’art grec qui était parvenu jusque dans la vallée de l’Indus à la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand, laissa dans de nombreux sites abandonnés plus tard et ensevelis sous les sables du désert, des vestiges redécouverts à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, et qui témoignent des influences culturelles véhiculées au Moyen Âge. Cette région vit ainsi une synthèse unique des influences indiennes, persanes, occidentales et chinoises (art dit « sérindien »).

Entre 1860 et 1925, cette région fut explorée et souvent pillée par des explorateurs et des savants occidentaux au profit des musées de Londres, Berlin, Paris ou Saint-Pétersbourg.

L’apogée de la Route de la soie correspond à l’époque de l’Empire byzantin à l’ouest et à celle qui va des Trois royaumes à la dynastie Yuan dans la zone chinoise à l’est. En plus de la route continentale, les historiens parlent aussi du « trajet de la porcelaine » ou du « trajet de la soie » à travers l’Océan indien. La route continentale diverge entre une route du nord et une route du sud.

Elle est un sujet intéressant pour ceux qui veulent observer un phénomène précoce d’intégration politique et culturelle, causé par le commerce international. Elle maintenait une culture internationale qui liait ensemble des peuples aussi divers que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois. Elle avait un fort impact d’intégration, sur les tribus qui vivaient auparavant isolées, dans les régions qu’elle traversait. Ces peuples étaient attirés par les richesses et les opportunités qui se présentaient à eux et devenaient maraudeurs ou mercenaires. Beaucoup de leurs membres devinrent ainsi des guerriers compétents, capables de conquérir des cités riches, des terres fertiles et de forger des empires forts.

Elle a suscité le rassemblement d’états militaires fondés par des nomades de Chine du nord, amené le nestorianisme, le manichéisme, le bouddhisme et l’islam en Asie centrale et en Chine, provoque le puissant empire des Turcs Khazars. À la fin de sa gloire, elle suscite le plus grand empire continental de tous les temps : l’empire des Mongols, avec ses centres politiques répartis sur toute la route (Pékin en Chine du nord, Karakorum en Mongolie orientale, Samarkand en Transoxiane, Tabriz à l’ouest de l’Iran, Astrakhan sur la Volga, Bahçesaray en Crimée, Kazan en Russie centrale, Erzurum en Anatolie orientale). Cet empire réussit à unifier ces zones auparavant liées par intermittence par des rapports commerciaux.

Cependant, l’unité politique de cette région ne survit pas à la chute de l’empire mongol. La culture et l’économie de la région en souffrent également. Les seigneurs turcs prirent l’extrémité ouest de la route à l’Empire byzantin décadent et posèrent les fondations de ce qui allaient être plus tard l’Empire Ottoman.

 

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La Turquie cherche à relancer l’ancienne Route de la Soie avec la Chine

La Turquie cherche à relancer l’ancienne Route de la Soie avec la Chine

© Chine Nouvelle (Xinhua)Zheng Bin, le 28/10/2017 23:42

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré samedi que son pays cherchait à joindre ses efforts à ceux de la Chine pour relancer l’ancienne Route de la Soie.

« La Chine est un pays important à tous égards, c’est un pays avec lequel que nous voulons développer les relations et relancer ensemble la Route de la Soie historique », a indiqué le responsable turc dans la ville de Sanliurfa, dans le sud-est de la Turquie.

« Il comprend de nombreux domaines – l’économie, la sécurité et d’autres », a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse officielle Anadolu.

M. Cavusoglu a noté que Emin Onen, un ancien député originaire de Sanliurfa, a été nommé ambassadeur de Turquie en Chine.

« Je suis sûr qu’Emin Onen représentera la Turquie en Chine de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré.

La Turquie a convenu d’aligner son projet « Couloir du Milieu » avec l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », ou la Ceinture économique de la Route de la soie et la Route de la soie maritime du XXIe siècle, qui vise à construire un réseau commercial et d’infrastructure reliant l’Asie à l’Europe et l’Afrique.

 

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La « lune de miel » sino-russe face à l’(incompatible) interaction entre l’Union Economique Eurasienne et la « Belt & Road Initiative »

La « lune de miel » sino-russe face à l’(incompatible) interaction entre l’Union Economique Eurasienne et la « Belt & Road Initiative »

Par Mathieu BOULEGUE, le 14 octobre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Mathieu Boulègue. Analyste spécialisé sur l’espace post-soviétique. Research Fellow pour le programme Russie et Eurasie de Chatham House. Responsable du programme Sogdiane sur l’Eurasie pour le think-tank CapEurope.

Voici une étude époustouflante de maîtrise. Research Fellow de Chatham House, Mathieu Boulègue démontre pourquoi la Russie se retrouve aujourd’hui face à un dilemme pour l’instant insoluble entre coopération et compétition avec LA grande stratégie chinoise de ce début de siècle. Un texte de référence pour comprendre les relations Russie-Chine et les perspectives de chacun de ces acteurs géopolitiques.

DEBUT juillet 2017, les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping se rencontraient à Moscou dans le cadre d’une visite officielle de la Chine afin d’approfondir la coopération stratégique entre les deux États. Si, depuis 2015, Beijing et Moscou ont opéré un rapprochement bilatéral d’ampleur, peut-on réellement qualifier leurs relations de « partenariat stratégique » ? En effet, l’exemple des divergences grandissantes entre l’Union Economique Eurasienne [1] (UEE), pilotée par Moscou d’une part, et la Belt & Road Initiative [2] (BRI), gérée par Beijing d’autre part, permet de remettre en question l’aboutissement d’une collaboration réellement « stratégique » sur le long terme. Ainsi, l’apparente « lune de miel » caractérisant en 2017 les relations sino-russes ne saurait cacher les tensions persistantes entre les deux puissances, dont l’exemple le plus probant est en 2017 le caractère a priori irréconciliable de l’interaction entre l’UEE et la BRI.

La première partie de l’article s’attache à démasquer les zones d’ombres de cette « lune de miel » bilatérale afin d’en identifier les principaux points de divergence. La seconde partie rend compte des tensions entre Moscou et Beijing dans le contexte de la recherche d’un couplage entre l’Union Eurasienne et les « Nouvelles Routes de la Soie ».

La « lune de miel » sino-russe face à l'(incompatible) interaction entre l'Union Economique Eurasienne et la « Belt & Road Initiative »
Carte de la Belt & Road Initiative
Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte de la Belt & Road Initiative. Source : beltandroad.hktdc.com/en/belt-and-road-basics

I. Des relations bilatérales réellement stratégiques ?

La crise économique et financière qui affecte la Russie depuis 2008 et les conséquences des sanctions internationales contre Moscou marquent l’ouverture d’un réel « tournant » asiatique de la Russie en direction de la Chine – un tournant qui avait été toutefois initié avant 2008 mais qui a été accéléré depuis 2014 [3] et renforcé par la visite d’État du président Poutine en Chine en mai 2014. C’est sur cette nouvelle base qu’il convient d’appréhender la relation bilatérale.

Les relations bilatérales ont également été positivement impactées par l’arrivée au pouvoir du président Xi en 2012, qui semble avoir développé une affinité personnelle notable avec Vladimir Poutine. Le président Xi a d’ailleurs effectué sa première visite officielle en tant que président de la République populaire de Chine (RPC) à Moscou en mars 2013.

A. D’indéniables points de convergence…

Moscou et Pékin convergent globalement sur le sens à donner à leur diplomatie et leurs intentions stratégiques l’une vis-à-vis de l’autre. Ainsi, les relations bilatérales sont officiellement fondées sur les principes d’égalité et de non-ingérence – deux leitmotiv fondamentaux qui tiennent à cœur à la Russie.

La non-ingérence revêt une importance particulière au regard des « points chauds » du moment – entre autres, Ukraine pour la Russie et Vietnam et mer de Chine Méridionale pour la Chine. Sur ces dossiers, les deux États se soutiennent mutuellement et évitent toute critique dans des affaires jugées comme « intérieures ». La non-ingérence dans les affaires internes et externes des États a d’ailleurs fait l’objet d’une caractérisation officielle entre la Russie et la Chine dans le cadre de la Joint Declaration on Promotion and Principles of International Law datant de juin 2016 [4].

La relation sino-russe est également fondée sur un « axe de convenance » [5] basé sur la stabilité stratégique que la Chine insiste pour qualifier de « mutuellement avantageuses ».

Les deux puissances disposent de visions du monde relativement alignées et font part d’un diagnostic du système international concordant : rejet des valeurs libérales et de la démocratie occidentale (et notamment américaine [6]), utilisation de la force ou de la menace de la force pour défendre les intérêts nationaux, etc. Les fondamentaux de leur politique étrangère, à différents degrés, sont par conséquent relativement proches.

La vision commune du système international s’illustre par exemple au travers de la réaction chinoise à l’intervention militaire russe en Syrie depuis septembre 2015 : Beijing a, en effet, largement insisté sur les « bénéfices » liés à l’intervention russe en Syrie dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international et le maintien de la stabilité régionale, tout en argumentant – dans le sens de Moscou – que les opérations militaires russes étaient synonyme de l’échec de la politique occidentale au Moyen-Orient [7].

La relation sino-russe est donc « stratégique » au sens premier du terme. Elle est également pragmatique car les deux puissances font en sorte que la coopération ne soit pas affectée par de simples anicroches.

Les deux puissances s’accordent également sur le fait qu’une relation bilatérale bancale vaut mieux qu’une forte présence américaine dans la région, donnant par conséquent un certain vernis (quoique non pleinement assumé) anti-américain et anti-unipolaire à la coopération sino-russe [8]. A titre d’exemple, les deux États ont une concordance de vue sur la question du déploiement du système de défense américain THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) en Corée du Sud.

En ce sens, la relation sino-russe est donc « stratégique » au sens premier du terme. Elle est également pragmatique car les deux puissances font en sorte que la coopération ne soit pas affectée par de simples anicroches ou des tensions non-résorbées [9].

B. …mais également de divergence

Les intérêts nationaux de long terme entre la Russie et la Chine semblent toutefois diverger sur la coloration à donner au « nouveau ordre mondial » [10]. Là où Moscou conçoit les évolutions stratégiques futures dans un monde tripolaire avec la Chine et les États-Unis, Beijing perçoit le système international comme fondamentalement bipolaire avec Washington [11]. En ce sens, la Russie peut être un partenaire de la Chine mais pas LE partenaire privilégié, et encore moins son égal. Cette équation demande par conséquent à Beijing de ménager les susceptibilités russes quant à la réelle « égalité » des relations bilatérales, évitant ainsi d’abuser de sa position dominante grandissante.

La place des États-Unis et de l’Occident dans le système international n’est également pas la même : alors que la Russie cherche clairement à faire contrepoids au monde unipolaire et proposer une vision alternative du système international, la Chine cherche seulement à contrebalancer la puissance occidentale au profit de Beijing, sans toutefois la remettre en question ou la menacer directement, du moins pour l’instant.

Fort est de constater que Moscou semble avoir aujourd’hui plus besoin de la Chine que l’inverse, aussi bien sur le plan économique qu’en matière de recherche de contrepoids diplomatique. En effet, toute vision alternative à l’ordre international tel que voulue par la Russie ne pourra se faire sans l’appui économique et financier de la Chine. En ce sens, Beijing n’a pas d’intérêt réel à former une alliance stratégique formelle avec la Russie [12], au risque de s’aliéner les intérêts américains et multilatéraux ainsi que de mettre en péril sa stratégie de développement par le biais de la Belt & Road Initiative (BRI). Beijing a également été quelque peu refroidi par ce qui est perçu comme l’imprévisibilité de la politique étrangère russe, comme en témoigne son action en Géorgie en 2008 et en Ukraine en 2014.

Au mieux – et faute d’animer une réelle coopération stratégique formelle – les deux puissances forment aujourd’hui une sorte d’entre-deux caractérisé par une « alliance molle » (soft alliance) [13] fondée sur le partage d’intérêts stratégiques communs sur le moyen terme mais sur des visions potentiellement adverses du système international sur le long terme.

C. Les perceptions russes vis-à-vis de la Chine

Face aux points de divergence mentionnés, la Russie conserve vis-à-vis de Beijing une approche pragmatique de la montée en puissance chinoise dans l’espace post-soviétique. En réalité, en matière de perception en politique étrangère, les élites russes parlent de manière croissante de la « menace chinoise » et ont pleine conscience du différentiel de puissance entre les deux États, ce au détriment de la Russie. Moscou estime, officieusement, que « l’axe de commodité mutuel » [14] au niveau économique entre la Russie et la Chine risque de transformer le pays en simple pourvoyeur de matières premières vers la Chine et en simple pays de transit pour les infrastructures ferroviaires de la Belt & Road Initiative.

A grand renfort de média d’État, les élites russes font régulièrement passer le message que la Russie pourrait, à terme, potentiellement perdre une partie de ses territoires dans le Grand Est et en Sibérie, tombés sous le joug d’une hypothétique domination économique puis territoriale chinoise dans une logique « néocoloniale ». La peur de « l’invasion chinoise » dans le Grand Est russe n’est toutefois pas encore confirmée, ni au niveau des investissements chinois dans la région, ni au niveau de l’afflux de travailleurs chinois [15]. Ainsi, cette peur de la prise de contrôle chinoise est employée sciemment par Moscou dans le but de renforcer un imaginaire collectif sinophobe auprès de la population russe, et ce faisant tenter d’opérer une forme de contrepoids idéologique.

L’asymétrie sino-russe au niveau économique, au bénéfice de la Chine, s’est considérablement renforcée avec le « pivot asiatique » russe et la signature de nombreux contrats dans des secteurs clés (énergie, finance, défense, etc.).

A tel point que Moscou doit désormais accepter de manière résignée – mais non sans protestation – d’être le « partenaire junior » [16] d’une Chine économiquement et financièrement dominante dans la région. En effet, à mesure que la Russie effectue elle aussi un « pivot asiatique », elle renforce de facto l’asymétrie de la relation bilatérale au profit de Beijing. Un dilemme aujourd’hui insoluble pour Moscou, faute d’accepter de se retrouver le vassal de la Chine dans son propre « étranger proche » post-soviétique.

L’asymétrie sino-russe au niveau économique, au bénéfice de la Chine, s’est considérablement renforcée avec le « pivot asiatique » russe et la signature de nombreux contrats dans des secteurs clés (énergie, finance, défense, etc.). Depuis fin 2009, la Chine est désormais le premier partenaire commercial de la Russie (10% des échanges) – alors que la Russie n’était que le 16e partenaire de la Chine en 2016 (environ 3% des échanges). Ce faisant, la Russie reste un « petit » partenaire commercial pour la Chine, représentant par là-même un déséquilibre considérable dans les termes de l’échange. A noter que la Chine est également le premier investisseur étranger en Russie, et présente dans toutes les régions russes au travers de participations d’entreprises et de prêts syndiqués de l’Exim Bank et la China Development Bank.

La coopération économique bilatérale vise l’objectif de 200 milliards de dollars d’échange annuels d’ici 2020 – un chiffre qui sera compliqué à tenir : les échanges commerciaux sont passés de 95 milliards de dollars en 2014 à 60 milliards en 2016, corollaire de la baisse de la demande intérieure russe et de la chute du prix des hydrocarbures.

Les divergences mentionnées se retrouvent en 2017 de manière relativement visible dans le cadre de la recherche d’interactions entre l’Union Economique Eurasienne (UEE), portée par Moscou, et la Belt & Road Initiative (les « Nouvelles Route de la Soie ») soutenue par la Chine.

II. L’Union Economique Eurasienne russe et la « Belt & Road Initiative » chinoise : deux projets en inadéquation totale de moyens et d’ambitions

En bien des points, l’année 2015 a été marquée par des événements majeurs dans le cadre du développement des relations sino-russes : entrée en vigueur de l’Union Economique Eurasienne (UEE) le 1er janvier 2015, mise en place des premiers projets de la Belt & Road Initiative (BRI, à l’époque appelée One Belt-One Road) et signature, le 8 mai 2015, d’une déclaration d’intégration de l’UEE et de la Silk Road Economic Belt (voie terrestre de la BRI) par les présents Xi et Poutine.

Malgré les effets d’annonce sur une potentielle coopération (voire intégration) entre les deux projets quasi-messianiques des présidences Xi et Poutine, la réalité est plus complexe et incarne aujourd’hui les points de divergences grandissants entre les deux États.

A. Des finalités et des objectifs fondamentalement opposés

En matière de finalités et de représentations, l’UEE et la BRI n’ont strictement rien de comparable. La liste des divergences est longue mais se résume aisément de manière schématique.

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Tableau comparatif de l’UEE et de la BRI : objet, nature, finalités, projection
Cliquer sur la vignette pour agrandir ce tableau comparatif de l’UEE et de la BRI : objet, nature, finalités, projection. Réalisation Mathieu Boulègue pour Diploweb.com

En résumé, là où l’UEE est une réinterprétation protectionniste de l’Eurasie post-soviétique, la BRI représente une réinvention de la projection de puissance chinoise dans le monde. Là où l’UEE est un vecteur russe avant tout géopolitique mais dont le bras armé géoéconomique est vacillant, la BRI propose une approche fonctionnaliste du régionalisme de manière avant tout géoéconomique.

Au-delà des finalités, les moyens investis et l’impact économique des deux projets sont difficilement comparables. D’un part, l’UEE est probablement à l’heure actuelle la seule union douanière dans le monde dont le commerce intra-zone soit déficitaire, synonyme évident d’un affaiblissement considérable du marché intérieur. En effet, la balance commerciale intra-UEE s’élevait à -11% en 2015 et -25% en 2015 [17]. L’UEE est également indexée à la santé économique de la Russie, Moscou représentant près de 90% du PIB cumulé de l’Union et plus de 60% des exportations intra-zone.

Face à cette asymétrie grandissante, tant au niveau économique que politique, l’un des points de friction potentiels entre la Russie et la Chine pourrait se concentrer dans les années à venir sur la façon de réconcilier l’UEE et la BRI et de les faire interagir.

La plupart des projets d’intégration plus poussés au sein de l’UEE (marché commun de l’énergie, monnaie commune, etc.) sont pour l’instant retardés et Moscou n’hésite pas à utiliser l’Union comme une arme de pression politique contre ses membres. Croulant sous le poids de problèmes structurels non-résolus (« guerre douanière » entre la Russie et le Kazakhstan sur fond de droits de douanes de l’Union, moratoire sur les droits de douane pour le Kirghizstan, tensions intra-UEE, désaccords politiques, etc.), l’Union Eurasienne pourrait rapidement devenir le cinquième projet d’intégration régionale post-soviétique mort-né…

D’autre part, la Belt & Road Initiative (BRI) – et notamment son volet terrestre de la Silk Road Economic Belt – représente un potentiel total d’investissements estimé, du moins sur le papier, à plus de 21 000 milliards de dollars, soit environ la moitié du PIB mondial actuel. En ce sens, la BRI sert réellement à ventiler l’importante hyper-accumulation d’excédents financiers chinois, représentant par là-même un projet fondamentalement géoéconomique. Toujours est-il que le commerce entre la Chine et l’espace post-soviétique a été multiplié par 10 en moins de 10 ans, passant de 5 milliards de dollars en 2005 à plus de 50 milliards en 2014.

Au-delà du commerce pur, la BRI dispose d’armes financières telles que la China Development Bank (jusqu’à 900 milliards de dollars investis dans 65 pays jusqu’en 2049), le Silk Road Fund créé en novembre 2014 (40 milliards de dollars d’investissements pour promouvoir les investissements privés le long du tracé de la Silk Road Belt) ou encore la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), créée en octobre 2014 et disposant d’environ 50 milliards de dollars de capitalisation pour les projets labélisés Routes de la Soie.

Face à cette asymétrie grandissante, tant au niveau économique que politique, l’un des points de friction potentiels entre la Russie et la Chine pourrait se concentrer dans les années à venir sur la façon de réconcilier l’UEE et la BRI et de les faire interagir.

B. Une logique d’interaction complexe à mettre en œuvre…

Le 9 mai 2015, la Russie et la Chine signaient un accord de coopération portant sur la coordination du développement des relations entre l’UEE et la BRI, prévoyant même de mettre en place une future zone de libre-échange (ZLE) commune avec la Chine. La volonté d’interaction entre les deux projets a depuis été confirmée en juin 2016 par le président Vladimir Poutine, appelant de son souhait la création d’un « grand partenariat eurasiatique » [18], puis en août 2016 lors de la signature d’un Comprehensive Eurasian Partnership, scellant la collaboration officielle entre l’UEE et la BRI sur la base de la connectivité et la recherche de projets communs considérés comme mutuellement bénéfiques [19]. De manière relativement schématique, la Russie a besoin des infrastructures de transport pour développer l’UEE, les pays récipiendaires (et plus particulièrement la région centrasiatique) ont besoin des investissements BRI et la Chine a besoin des débouchés pour ses excédents financiers.

Marqué par une froideur initiale en 2013 quant à toute forme d’interaction avec le projet BRI, Moscou a depuis opéré un volte-face relativement spectaculaire, prenant même les devants de la coopération dès 2015. Entre temps, la Russie a probablement compris que les bénéfices réels de l’interaction avec le projet chinois dépassaient les risques. De plus, le Kremlin a probablement intégré que la meilleure façon de conserver son influence en Eurasie serait de rééquilibrer son rôle dans la région tout en s’accommodant (et en accommodant) les ambitions chinoises.

Malgré la volonté officiellement assumée de faire interagir les deux projets, la logique de couplage ne semble pas fondée sur les mêmes intentions. En effet, les réticences mutuelles sont nombreuses à collaborer sur une base plus approfondie. Les suspicions mutuelles se ressentent, côté russe, quant aux intentions chinoises avec les projets BRI et côté chinois quant à la rationalité économique (si ce n’est la viabilité à long terme) de l’UEE.

Pour la Chine, le territoire russe n’est qu’un incrément et un vecteur logistique parmi tant d’autres (…)

De manière plus concrète, l’hyper-régulation normative imposée par l’UEE s’accommode mal avec la souplesse des projets Routes de la Soie proposés par la Chine. La BRI ne représente en cela qu’une « agence de régulation » financière et n’existe pas comme entité supranationale – contrairement à l’Union Eurasiatique. Aussi, la politique de régulation extrême de l’UEE représente autant de blocage pour la BRI : existence de quotas en matière de politique commerciale, régulations techniques complexes, politique anti-trust et anti-dumping, etc. De plus, le protectionnisme commercial inhérent à l’UEE empêchera, sur le long terme, la mise en place d’une zone de libre-échange avec la Chine.

Pour la Chine, le territoire russe n’est qu’un incrément et un vecteur logistique parmi tant d’autres, d’autant plus que la Russie n’est pas une finalité en soi mais un pays de transit vers les marchés de consommation européens. Au final, la Russie a conscience qu’elle a plus besoin de la BRI que l’inverse n’est vrai. A Moscou de réaliser son propre « lobbying » pour que le territoire russe ne soit pas le grand absent des tracés ferroviaires de la Silk Road Economic Belt et pour que la Russie reste malgré tout un pays de transit continental entre la Chine et les espaces de consommation européens.

Beijing préfère évoluer dans un cadre strictement bilatéral plutôt que de passer par une structure supranationale institutionnalisée. Face à l’UEE, la Chine avance des accords bilatéraux avec ses États membres (notamment centrasiatiques) plutôt que d’utiliser l’Union comme une plateforme de négociation régionale. Autant de « portes de sortie » et d’échappatoires pour les États membres de l’UEE face à la Russie. Au final, les deux projets semblent pour l’instant « incompatibles conceptuellement  » [20].

C. …et des perspectives de couplage de plus en plus limitées

Au regard de la complexe interaction entre l’UEE et la BRI, la Russie craint que son projet multilatéral ne se retrouve, à terme, « noyé » au sein des projets Routes de la Soie. En 2017, le Kremlin fait par conséquent face à un dilemme encore non résolu entre coopération et compétition plus poussées avec la BRI dans le sens où trop de compétition pourrait pousser la Chine a complètement ignorer la Russie dans les tracés des corridors terrestres de la BRI alors que trop de coopération impliquerait un démantèlement des barrières douanières protectionnistes qui permettent pour l’instant à l’UEE d’exister face au commerce chinois.

Plutôt que de se retrouver ceinturée (le jeu de mot est facile…) par la Chine, la Russie pourrait tenter de faire contrepoids aux avancées des projets BRI dans son « étranger proche » post-soviétique par différents moyens de pression.

Moscou doit toutefois se résigner face à l’idée que la Russie n’est plus en mesure d’enrayer la montée de l’influence chinoise dans la région face à une Union Eurasienne en berne. En effet, il convient de rappeler que la Russie reste, au mieux, un client et un utilisateur de la Silk Road Economic Belt parmi d’autres et non pas un prescripteur de son évolution. La Chine dispose par conséquent, jusqu’à preuve du contraire, de la capacité de faire participer ou à l’inverse d’ignorer le territoire russe en matière de développement logistique des Routes de la Soie. L’inverse n’est pas vrai, la Chine réalisant déjà des projets labélisés BRI dans les États membres de l’UEE.

Plutôt que de se retrouver ceinturée (le jeu de mot est facile…) par la Chine, la Russie pourrait tenter de faire contrepoids aux avancées des projets BRI dans son « étranger proche » post-soviétique par différents moyens de pression. En premier lieu, Moscou se sert de la plateforme de l’Organisation de Coopération de Shanghai [21] (OCS) pour tenter d’opérer un balancier multilatéral. C’est en partie le sens à donner à l’élargissement de l’OCS à l’Inde et au Pakistan en 2015. Le problème est que le statut exact de l’OCS dans l’architecture UEE/BRI n’est pas encore réglé.

En deuxième lieu, la Russie pourrait tenter de bloquer certaines initiatives chinoises sous label BRI dans les pays de l’Union Eurasienne en insistant pour que les projets chinois adoptent les régulations et standards de l’UEE au préalable de toute coopération. L’Union Eurasienne pourrait donc potentiellement devenir une sorte d’arme de chantage géoéconomique permettant de contenir les avancées chinoises dans « l’étranger proche » russe.

Face à ces problèmes d’interaction, Moscou fait son possible pour (littéralement) éviter de rater le train en marche et de se rassurer quant aux intentions chinoises de faire coopérer l’UEE et la BRI.

En troisième et dernier lieu, Moscou compte probablement de servir des avancées chinoises dans la région afin que les États post-soviétiques opèrent une forme de balancier au profit de la Russie dans le but de limiter l’influence chinoise. Il en va ici de la « question chinoise » en Asie centrale, dans le Caucase et en Europe de l’Est, corollaire de la dichotomie entre sinophobie culturelle et « sino-optimisme » économique.

Face à ces problèmes d’interaction, Moscou fait son possible pour (littéralement) éviter de rater le train en marche et de se rassurer quant aux intentions chinoises de faire coopérer l’UEE et la BRI. Si l’acceptation de l’UEE par la Chine est primordiale pour Moscou, et Beijing l’a bien compris, l’inverse n’est pas vrai : la Chine n’a pas fondamentalement besoin du territoire russe pour pérenniser les tracés des Routes de la Soie.

Beijing utilise pour l’instant la rhétorique de la connectivité et du couplage entre les deux projets ainsi que les bénéfices économiques mutuels, ne serait-ce que pour ne pas froisser la sensibilité russe et rassurer le Kremlin que les deux puissances jouent bien sur un pied d’égalité. La question est de savoir pour combien de temps encore [22]. En effet, l’acceptation, purement symbolique, de la place de l’UEE dans l’écosystème BRI pourrait être renversée sur décision chinoise.

La Chine se garde également de devenir un acteur sécuritaire trop présent, notamment en Asie centrale, afin de ne pas empiéter de manière visible sur le « partage des tâches » implicite entre les deux États dans la région centrasiatique. A moins que Beijing ne soit un jour obligé d’intervenir militairement afin de protéger ses investissements et sécuriser ses infrastructures Routes de la Soie en cas d’impact sécuritaire majeur en Asie centrale. La question finira peut-être par se poser un jour…

Conclusion

Il est encore trop tôt, fin 2017, pour affirmer que les « Nouvelles Routes de la Soie » seront le fossoyeur de l’Union Eurasienne, destinée à être progressivement « absorbée » dans un carcan collaboratif « à la chinoise ». Il est également encore trop tôt dans la genèse des deux projets phares russe et chinois du XXIe siècle quelle forme exacte prendra leur inévitable intrication. Toujours est-il que la Russie se retrouve aujourd’hui face à un dilemme pour l’instant insoluble entre coopération et compétition avec LA grande stratégie chinoise de ce début de siècle. Au mieux, Moscou pourra compter sur une « interdépendance asymétrique » [23] vis-à-vis de la Chine mais aura de plus en plus de mal à faire valoir ses intérêts dans la région couverte par la Silk Road Belt – au risque d’accélérer sa vassalisation économique puis stratégique, corollaire de l’apparition de considérations sécuritaires déjà palpables.

Les tensions grandissantes dans la relation bilatérale pourraient s’incarner, dans les mois à venir, en contrepoint de la difficile interaction entre l’Union Eurasienne et la Belt & Road Initiative. Des axes de coopération possibles demeurent et pourraient être exploités dans les années à venir à mesure que la coopération entre l’UEE et la BRI devient une question critique. On peut par exemple citer la possibilité d’inscrire les deux projets au-delà d’une logique commerciale pure afin de les faire interagir du point de vue du marché du travail, des investissements croisés, des coopérations industrielles, etc. Aussi, Moscou et Beijing pourraient faire interagir leurs projets respectifs afin de réaliser un contrepoids aux divers projets américains et tenter de réorienter les termes de l’échange mondiaux à leur avantage.

Comme souvent, les relations interétatiques ne sont que le reflet des perceptions que les États ont d’eux-mêmes et de leur marge de manœuvre sur l’échiquier mondial. De ces perceptions entre la Russie et la Chine dépendra en grande partie la nature de l’équilibre stratégique mondial à venir.

Copyright Octobre 2017-Boulègue-Diploweb.com


. Vidéo d’une conférence de la Fondation pour la recherche stratégique : Routes de la soie, eldorado ou mirage ?

Lignes rouges…

Lignes rouges…


Donald Trump franchit les lignes rouges de la Chine en Afghanistan, alors qu’Obama a traversé celles de la Russie en Syrie et en Ukraine


Par Adam Garrie – Le 30 août 2017 – Source Oriental Review

Afghanistan and neighboring countries.

Dans les discussions sur les rôles que jouent les pays dans le nouveau monde multipolaire, on dit souvent que la Russie fournit la substance géopolitique alors que la Chine fournit le moteur économique d’un monde où les États-Unis ne sont plus un hégémon singulier.

Alors que l’économie de la Russie passe de la résilience à la croissance et que la Chine est de plus en plus impliquée dans les affaires mondiales depuis l’annonce des Routes de la soie [One Belt-One Road] en 2013, il devient clair que la Chine a beaucoup à dire au sujet du vaste environnement géostratégique.

Au cours des trois dernières années, les États-Unis ont franchi plusieurs lignes rouges géostratégiques pour la Russie. D’abord il y a eu le coup d’État fasciste à Kiev, qui s’est produit en février 2014. En même temps que le coup, porté par les États-Unis, amenait au pouvoir un régime profondément russophobe, dans un pays qui, depuis des siècles, était une partie intégrante de la Russie et qui depuis 1991 était, pour cette dernière, une nation fraternelle, l’Amérique était occupée à armer et à financer des terroristes salafistes en Syrie, un pays où la Russie possède une base navale – à Tartous – depuis 1971, un an après que Hafez al-Assad est devenu président.

La Russie n’allait pas rester les bras croisés alors que les États-Unis allaient un pont trop loin. La réponse a pris deux formes : d’abord, la reconnaissance immédiate du référendum en Crimée, signant le retour de celle-ci dans le giron de la Russie, et ensuite, en septembre 2015, l’appui militaire russe au gouvernement syrien dans sa lutte contre le terrorisme.

Pour ce qui concerne la Chine, Donald Trump a franchi rapidement autant de lignes rouges durant ses premiers mois à la Maison Blanche que l’a fait Obama face à la Russie pendant son deuxième mandat.

Des bruits de bottes de Trump menaçant la Corée du Nord aux violations répétées de la souveraineté maritime chinoise dans les mers de Chine du Sud et de l’Est, en passant par les manifestations publiques d’une amitié croissante pour le Premier ministre Modi en Inde, la Chine n’est pas du tout satisfaite de Trump.

Maintenant, en menaçant la Chine d’une guerre commerciale et en accusant le Pakistan, allié de la Chine, d’être inepte et inutile en Afghanistan, tout en demandant à l’Inde de participer activement au conflit, la Chine pourrait avoir atteint un point d’ébullition semblable à celui de la Russie au sujet de la Syrie et de l’Ukraine.

La Chine a déjà précisé sa position en défendant les actions de son allié pakistanais et en avertissant à la fois Washington et New Delhi de ne pas prendre de mesures susceptibles de menacer les intérêts chinois dans la région.

La porte-parole de la ministre chinoise des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré que le Pakistan « a fait de grands sacrifices en contribuant à la lutte contre le terrorisme ».

Elle a ajouté : « La communauté internationale devrait reconnaître pleinement les efforts du Pakistan. »

Hua a enfin précisé :

« Donald Trump a parlé de relations étroites entre les États-Unis et l’Inde, nous sommes heureux de voir le développement de relations normales et amicales entre ces pays si ces relations ne nuisent pas aux intérêts d’autres pays et créent des conditions positives pour le développement régional. »

La signification de ce message est assez claire : n’utilisez pas l’Inde pour intervenir dans les intérêts régionaux de la Chine, à savoir sa coopération économique avec le Pakistan et d’autres efforts pour entamer la phase initiale des Routes de la soie en Asie du Sud.

Le corridor économique Chine-Pakistan est vital, Beijing et Islamabad le reconnaissent ouvertement. L’importance du Pakistan pour les Routes de la soie est telle qu’aucun pays ne peut tolérer de voir n’importe qui saboter ou interférer avec le processus.

Par conséquent, c’est l’intérêt commun de la Chine et du Pakistan de finaliser un processus provisoire de paix en Afghanistan aussi rapidement que possible. Cela signifie un processus de paix qui impliquerait un dialogue entre Kaboul et les Talibans.

Donald Trump a déclaré qu’à un certain moment, les Talibans pouvaient entrer dans un processus de paix mené par les États-Unis, mais pas avant que les troupes américaines ne redoublent d’efforts dans leur lutte contre les talibans, un combat que les dirigeants talibans ont promis à l’Amérique de gagner. En d’autres termes, l’action de Trump est à peine digne du nom de stratégie, tout comme on pourrait en dire autant de ses deux prédécesseurs immédiats à la Maison-Blanche.

Les États-Unis ont continuellement harcelé la Chine de tous côtés, tout au long de sa voie commerciale des Routes de la Soie. En invitant ardemment l’Inde à s’impliquer plus profondément en Afghanistan, critiquant en même temps le Pakistan en termes très définitifs, Donald Trump a peut-être seulement fait juste ce qu’il fallait pour conduire la Chine à faire, en Asie du Sud, ce que la Russie a fait en Syrie – défendre un allié et tracer une ligne ferme dans le sable contre l’expansionnisme américain et l’ingérence géopolitique.

Adam Garrie

http://lesakerfrancophone.fr/lignes-rouges

Tunisie-Chine : la Route de la Soie pourrait se transformer en « jackpot » pour l’économie tunisienne

Tunisie-Chine : la Route de la Soie pourrait se transformer en « jackpot » pour l’économie tunisienne

© Chine Nouvelle (Xinhua)Tun, le 02/09/2017 18:18

 

Bien que rétablies diplomatiquement depuis uniquement 53 ans, les relations entre la Tunisie et la Chine sont beaucoup plus anciennes et solides puisque, à l’époque, Carthage la phénicienne (300 av. J-C) commerçait déjà avec la Chine, a souligné l’ancien ambassadeur de Tunisie en Chine, Sahbi Basly, dans une interview exclusive à l’Agence de presse Xinhua.

Actuel président du Conseil de coopération tuniso-chinoise (CCTC), Sahbi Basly voit que « ces relations historiques se fondent sur des paramètres fondamentaux voire même intouchables particulièrement la non-ingérence dans les affaires intérieures (…) la Tunisie était depuis longtemps solidaire avec la Chine unique ».

Il faut bien reconnaître, a appuyé Sahbi Basly, que « c’est bien la Chine qui a sorti en aide à la Tunisie avant même l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays notamment lors des inondations de 1969 outre la présence depuis plus de 40 ans de missions médicales chinoises opérant sur le sol tunisien ».

Et d’ajouter que la Chine contribue également au développement global en Tunisie via certains mégaprojets à commencer par des barrages situés dans le nord-ouest du pays jusqu’à – plus récemment – une maison de culture à Menzah dans le grand-Tunis.

« Force sera de mentionner, a-t-il fait rappel, que la première visite dans les années 1960 de Zhou Enlai en Afrique avait commencé par la Tunisie (…) aujourd’hui, avec la nouvelle démarche du président Xi Jinping autour de la Route de la Soie, la Tunisie devrait avoir intérêt à promouvoir davantage son héritage historique, culturel, politique et économique avec la Chine ».

« Le tourisme demeure, certes, l’un des piliers stratégiques de la Route de la Soie qui favorise non seulement des rapports économiques mais surtout des rapports sociaux et culturels (…) la Chine veut se faire comprendre par le reste du monde ».

Selon l’ancien ambassadeur tunisien, « si jamais la Chine échouait auparavant dans certaines régions en Afrique ou en Moyen-Orient, un faussé culturel en est la principale raison (…) la Chine veille farouchement à résoudre ce problème via une des initiatives comme celle de la Route de la Soie ».

« Il s’agit d’une parfaite approche économique solidaire de développement autant plus que pareille initiative encourage le contact humain universel d’où la promotion culturelle et touristique entre la Chine et son environnement extérieur ».

Récemment, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemais Jhinaoui, a effectué une visite officielle en Chine en marge de laquelle, il a confirmé dans un entretien exclusif avec Xinhua que son pays se veut pleinement engagé dans l’initiative mondiale « Belt and Road » proposée par la Chine et disposée à faire partie des projets de coopération prévus sous cette initiative.

Cette visite, a commenté l’ancien diplomate tunisien, « constitue une étape importante dans la restauration du dialogue entre la Tunisie et la Chine à moins que les déclarations

d’intentions n’est pas suffisante à la lumière de cette mondialisation féroce et ce besoin des populations à davantage de prospérité et de solidarité dans la distribution de la richesse ».

« Nous avons des partenaires européens, certes, mais cela n’exclut pas le bénéfice d’avoir d’autres partenaires de poids à l’instar de la Chine (…) tout dépendra de la volonté politique de la Tunisie« .

Pour Sahbi Basly, « la Chine et la Tunisie bénéficient d’un potentiel d’amitié et de réciprocité outre un capital de confiance que je considère, personnellement sous-exploités (…) et ce, afin que l’économie tunisienne puisse redémarrer après six ans de ralentissement ».

Etant en connaissance de cause, le président du Conseil de coopération tuniso-chinoise (CCTC) pense que « la Tunisie doit aller au-delà de la juste adhésion aux principes de la Route de la Soie pour en passer à la signature d’accords, être présente sur le terrain et concrétiser toutes les déclarations d’intentions ».

En effet, une importante délégation chinoise vient de parachever une visite en Tunisie, précisément à la zone économique de Zarzis (sud-est tunisien) « qui doit être le principal promoteur de développement de toute la région impliquant six provinces », a encore fait savoir Sahbi Basly.

S’arrêtant sur les avantages potentiels que devrait avoir l’économie tunisienne dans le cadre d’une ouverture sur les investissements chinois, M. Basly se veut persuadé que le nouveau Code des investissements (approuvé à la mi-2017) favorisera l’instauration d’un climat fertile aux investisseurs chinois.

« Il ne faut surtout pas avoir peur quant à la protection du produit tunisien en fermant le marché aux investisseurs étrangers notamment nos amis chinois qui ont le potentiel nécessaire pour contribuer à la relance de l’économie tunisienne », a dit l’ancien ambassadeur de Tunisie en Chine.

D’après lui, « la Tunisie a vraiment besoin d’une certaine synergie positive (…) jusque-là, nos planificateurs et économistes ont eu peur de pouvoir protéger le tissu économique tunisien alors que – bien au contraire – plus un pays soit ouvert plus il attire des investissements et améliore son produit ».

Quant à la Chine, a-t-il poursuivi, « elle a pu faire tout cela pour ainsi en devenir une locomotive économique mondiale dans les domaines spatial, technologique, immobilier, agroalimentaire, automobile, etc. »

Tout cela, a insisté Sahbi Basly, « ne révèle pas du hasard plutôt d’une approche visionnaire de la Chine qui a permis aux entreprises étrangères de débarquer pour ainsi créer sa propre dynamique économique d’où, par conséquent, la mise à niveau des entreprises chinoises ».

Dans cet ordre d’idée, l’ancien ambassadeur tunisien réalise que son pays pourrait tirer profit d’une nouvelle phase franchie par la Chine fondée, selon lui, sur un « niveau économique plus élevé et une industrie délocalisée ».

Effectivement, a-t-il résumé, « la Tunisie pourrait jouer un rôle dans la délocalisation des industries manufacturières chinoises du fait que le coût de production chinois est plus cher que celui en Tunisie, ce qui était l’inverse dix ans auparavant.

Sahbi Basly estime dans ce sens que « la Route de la Soie va de pair avec cette tendance et cette démarche chinoise au service d’une économie et un partenariat solidaires avec d’autres pays qui en partagent la même vision dont la Tunisie qui, l’espérons ardemment, devrait figurer parmi les Etats signataires de charte de la Route de la Soie ».

Début de l’année en cours, la Tunisie a décidé d’exonérer les touristes chinois de visa d’entrée. Une décision séduisante aux yeux d’un touriste chinois désireux de venir découvrir ce pays qui joint harmonieusement trois aspects exceptionnellement métissés à savoir nord-africain, arabo-musulman et méditerranéen.

Par rapport à la destination tunisienne, « la Tunisie se veut dans l’obligation de bien préparer l’infrastructure adéquate et, améliorer son produit touristique et met en valeur ses véritables richesse pour ainsi s’adapter aux spécificités du Touriste chinois, qui est le plus souvent un bon consommateur et bien cultivé », a estimé M. Basly.

Ce dernier, a-t-il précisé, « s’intéresse bien évidemment aux monuments historiques et tend davantage à s’ouvrir sur d’autres cultures et bien comprendre l’histoire pour ainsi mieux l’intégrer ».

A titre d’exemple, Sahbi Basly prévoit atteindre 300 millions de touristes chinois à l’horizon de 2020 à travers le monde: « si jamais la Tunisie pourrait en attirer juste un million, on aura un jackpot touristique ».

Le tiers du déficit commercial de la Tunisie vient de la Chine soit environ 3 milliards de dinars, a indiqué l’ancien ambassadeur tunisien. Décembre dernier, a-t-il fait rappel, la BCT (Banque centrale de Tunisie) a essayé d’atténuer ce gap sous prétexte que nous payons cette dette en dollar américain et ce, via une opération avec nos amis chinois afin de bien pouvoir, à la limite, épargner ce déficit en l’échangeant en monnaie échangeable entre la Tunisie et la Chine ».

Parmi les mesures entreprises par la Banque centrale tunisienne depuis février dernier figure l’introduction du Yuan chinois dans son panier de devises étrangères. Une décision qui vient soutenir les exportations tunisiennes et garantir une présence plus visible sur le marché financier chinois.

https://chine.in/actualite/cn/tunisie-route-soie-pourrait_101789.html

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