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Sortir de la guerre contre la Syrie

Sortir de la guerre contre la Syrie

La Maison-Blanche ne parvient pas à se retirer de la guerre en Syrie. Le président Trump se heurte à la fois à l’auto-proclamé « État stable » (selon l’éditorial anonyme du New York Times), qui poursuit la stratégie Rumsfeld-Cebrowski, et aux ambitions réactivées de ses alliés israéliens, français, britanniques et turcs. La logique de ces intérêts pourrait déplacer la guerre au lieu de la résoudre.

| Damas (Syrie)

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Powerpoint extrait d’une conférence de l’amiral Cebrowki au Pentagone, le 23 juillet 2003. À gauche, en mauve, la zone dont il convient de détruire les structures étatiques.

Alors que la Maison-Blanche et la Russie se sont accordées pour mettre fin à la guerre par jihadistes interposés en Syrie, la paix tarde à venir. Pourquoi donc ?

Pourquoi la guerre contre la Syrie ?

Contrairement à une idée répandue par sept années de propagande, la guerre contre la Syrie n’est pas une « révolution qui a mal tourné ». Elle a été décidée par le Pentagone en septembre 2001, puis longuement préparée, avec quelques difficultés il est vrai.

Une guerre préparée durant une décennie

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La préparation de la guerre est largement développée dans le dernier livre de Thierry Meyssan. Il est disponible en français, en espagnol, en russe et en turc. Il paraître en septembre en anglais, en arabe et en italien.

Rappelons les principales étapes de cette planification :
- En septembre 2001, le secrétaire US à la Défense, Donald Rumsfeld adopte la stratégie de l’amiral Arthur Cebrowski. Les structures étatiques de la moitié du monde devront être détruites. Les États-Unis contrôleront l’accès des États dont l’économie est globalisée aux ressources naturelles des régions non-connectées à l’économie globale. Le Pentagone commencera son œuvre en « remodelant » le « Moyen-Orient élargi » [1].
- Le 12 décembre 2003, George Bush Jr. signe la Loi sur la restauration de la souveraineté libanaise exigeant des comptes à la Syrie (Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act). Désormais, le président des États-Unis a le droit d’entrer en guerre contre la Syrie sans avoir à passer par le Congrès [2].
- En 2004, lors du sommet de la Ligue arabe à Tunis, le président Ben Ali tente de faire passer une motion autorisant la Ligue à légitimer l’usage de la force contre les États-membres qui ne respectent pas la toute nouvelle Charte des Droits de l’homme de la Ligue.
- En 2005, la CIA organise la révolution colorée du Cèdre au Liban. En assassinant le leader sunnite Rafic Hariri et en en rendant responsables les présidents chrétien libanais et alaouite syrien, il s’agit de provoquer un soulèvement sunnite contre la Force syrienne de maintien de la paix [3]. Alors que les Marines sont prêts à débarquer à Beyrouth, la Syrie se retire d’elle-même et le soufflé retombe [4].
- En 2006, Dick Cheney confie à sa fille, Liz, le soin de créer le « Groupe pour la politique et les opérations en Iran et en Syrie » (Iran Syria Policy and Operations Group). Elle organise l’attaque israélienne contre le Hezbollah, en pensant qu’il ne résistera pas longtemps. Les Marines US débarqueront à Beyrouth et continueront leur marche « libératrice » sur Damas. L’opération ne fonctionne pas et Israël doit battre en retraite après 33 jours de combats [5].
- En 2008, Washington tente à nouveau de créer le conflit à partir du Liban. Le Premier ministre Fouad Siniora décide de couper les communications internes de la Résistance et d’interrompre les transports aériens avec Téhéran. En quelques heures, le Hezbollah renverse le dispositif militaire occidental et remet en place l’ensemble de ses infrastructures.
- En 2010, Washington adopte le « leadership par derrière » (leading from behind). L’administration Obama confie l’attaque de la Libye et de la Syrie au Royaume-Uni et à la France (accords de Lancaster House).
- En 2011, début des opérations militaires en Syrie.

Il est donc absurde d’évoquer la guerre contre la Syrie comme un événement spontané sui generis [6].

Une guerre indirecte

L’originalité de la guerre contre la Syrie est d’avoir certes été déclarée par des États (les « Amis de la Syrie »), mais d’avoir en pratique été conduite presque exclusivement par des armées non-étatiques, les jihadistes.

Durant les sept années de cette guerre, plus de 250 000 combattants sont arrivés de l’étranger pour se battre contre la République arabe syrienne. Il s’agissait certes de chair à canon, de gens souvent insuffisamment formés, mais durant les quatre premières années, ces soldats étaient mieux armés que n’était l’armée arabe syrienne. Le plus important trafic d’armes de l’histoire a été organisé pour les approvisionner en matériels de guerre [7].

Lee Occidentaux n’avaient jamais eu recours à des mercenaires à cette échelle depuis la Renaissance européenne [8].

Il est donc absurde de parler de « révolution qui a mal tourné ».

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Le démantèlement du Proche-Orient planifié par le Pentagone dans le cadre de la stratégie de l’amiral Cebrowski. Cette carte a été publiée par le colonel Peters en 2006, mais il l’avait déjà commentée, juste avant les attentats du 11 septembre 2001.

Une guerre supervisée par des alliés ayant leurs propres buts

En recourant à Israël pour attaquer le Liban, puis en confiant les guerres de Libye et de Syrie au Royaume-Uni et à la France, et enfin en utilisant les installations de l’Otan en Turquie, le Pentagone a laissé son plan être perturbé par ses alliés.

Comme dans toutes les guerres, le pays leader doit promettre à ses alliés qu’ils trouveront un retour sur leur investissement à le suivre. Or, avec l’entrée en guerre de la Russie, la victoire occidentale devenait impossible. Chaque allié des États-Unis s’est donc progressivement retourné vers sa propre stratégie dans cette région. Avec le temps, les buts de guerre des alliés ont pris le dessus sur celui des États-Unis qui refusaient, eux, de s’investir autant qu’ils auraient dû le faire militairement.

Israël

Poursuivant l’idéologie coloniale de certains de ses pères fondateurs, Israël met en œuvre une politique de division de ses grands voisins en petits pays ethniquement ou religieusement homogènes. Il a ainsi soutenu en vain la division du Liban en un État musulman et un autre chrétien, ou encore la création d’un Kurdistan en Iraq, puis en Syrie. Nous ne disposons pas des documents stratégiques israéliens, mais rétrospectivement, la ligne suivie par Tel-Aviv correspond au « plan Yinon » de 1982 [9] ou à celle de l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies de 1996 [10].

La stratégie israélienne colle dans ses grandes lignes au « remodelage du Moyen-Orient élargi » de Rumsfeld et Cebrowski. Cependant, elle n’a pas du tout le même objectif : le Pentagone veut contrôler l’accès des pays développés aux richesses de la région, tandis qu’Israël veut s’assurer qu’aucun de ses voisins ne sera assez fort pour se dresser contre lui.

Le Royaume-Uni et la France

Le Royaume-Uni et la France renouent avec leur politique coloniale, telle qu’exprimée au moment de la chute de l’empire ottoman et de la division du Moyen-Orient (les accords Sykes-Picot).

Les Britanniques reprennent la « Grande révolte arabe de 1915 » que Lawrence d’Arabie avait mise en œuvre contre les Ottomans. À l’époque, ils avaient promis la liberté à tous les Arabes s’ils renversaient le joug ottoman et plaçaient les wahhabites au pouvoir, cette fois ils leur promettent la liberté s’ils renversent tous leurs gouvernements nationaux et les remplacent par les Frères musulmans. Mais, ni en 1915, lorsque l’Empire britannique remplaça l’Empire ottoman, ni en 2011, les Arabes ne trouveront leur liberté. C’est le plan du « Printemps arabe de 2011 » [11].

Les Français cherchent à rétablir le mandat que la Société des nations leur avait confié sur la Syrie. C’est ce qu’explique le petit-neveu de Picot (celui des accords Sykes-Picot), l’ancien président Giscard d’Estaing [12]. Et c’est ce que réclame le président Hollande lors de son voyage aux Nations unies, en septembre 2015. Comme en 1921 la France s’appuie sur la séparation ethnique des Kurdes des Arabes. Elle défend donc la création d’un Kurdistan, non pas sur son territoire historique en Turquie, mais n’importe où, sur des terres arabes en Syrie.

La Turquie

La Turquie, quant à elle, rêve de réaliser la promesse de son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk, le « Serment national » (Misak-ı Millî) [13], adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920. Elle entend à la fois annexer le Nord de la Syrie, y compris Alep, et éliminer les chrétiens, y compris les catholiques à Maaloula et les Arméniens à Kessab.

Elle entre en conflit avec les autres alliés : avec les Israéliens parce qu’elle veut annexer le Nord de la Syrie et non pas l’autonomiser ; avec les Britanniques parce qu’elle veut rétablir le Califat ottoman ; et avec les Français parce qu’elle s’oppose à la création d’un Kurdistan indépendant en Syrie. Surtout, elle entre en conflit avec les États-Unis eux-mêmes parce qu’ils ne font pas mystère de vouloir la détruire après avoir démantelé la Syrie [14].

Comment sortir de cette guerre ?

À l’issue de sept ans de combats, l’État syrien est toujours debout. La République arabe syrienne et ses alliés, la Russie, l’Iran et le Hezbollah sont victorieux. Les armées étrangères (les jihadistes) ont essuyé une cuisante défaite, mais pas leurs commanditaires : les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni et la France, la Turquie.

Non seulement la guerre a réveillé les ambitions du début du XXème siècle, mais aucun des protagonistes n’ayant connu la défaite dans sa chair n’est prêt à abandonner le combat.

Il paraît stupide de vouloir reprendre à zéro une guerre déjà perdue par les jihadistes. La présence de l’armée russe rend désormais impossible toute confrontation directe. Loin d’être anéantie, la population syrienne est désormais aguerrie, prête à supporter plus encore, et beaucoup mieux armée. Surtout, elle a beaucoup réfléchi et est moins manipulable qu’en 2011. Pourtant, comme à l’époque, la rhétorique politique occidentale a repris son antienne du « Bachar doit partir ».

La logique voudrait donc que le conflit se poursuive sur un autre terrain. Si par le passé, l’amiral Cebrowski avait prévu de porter la guerre dans un second temps à l’Asie centrale et du Sud-Est, ses successeurs doivent d’abord en finir avec le Moyen-Orient élargi. Ils se donnent actuellement la possibilité de rallumer le foyer iraquien, comme on le voit avec le spectaculaire retournement de l’administration Rohani et les émeutes à Bassorah.

[1] « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[2] “Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act”, Voltaire Network, 12 December 2003.

[3] La guerre civile libanaise (1978-90) se termine par les Accords de Taëf. À la demande de la Ligue arabe et avec l’assentiment du Conseil de sécurité de l’Onu, l’armée arabe syrienne vient aider l’armée libanaise à désarmer les milices, puis elle stabilise le pays en tant que Force de maintien de la paix. Par la suite, Israël accusera la Syrie d’avoir occupé le Liban, ce qui est faux.

[4] « Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 29 novembre 2010.

[5] L’Effroyable Imposture, Tome 2, Thierry Meyssan, éditions Alphée, 2007. Cet ouvrage, qui reste de loin le meilleur sur la guerre d’Israël contre Liban en 2006, sera prochainement réédité en français avec quelques mises à jour. Il est également disponible en espagnol. Je déconseille la version arabe qui est très mal traduite.

[6] Sui generis, en latin « de son propre genre », impossible à comparer avec quoi que ce soit.

[7] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[8] C’est dans ce sens, selon un témoin présent sur place, qu’il faut comprendre la déclaration du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à la conférence des « Amis de la Syrie » de Marrakech : « Al-Nosra fait du bon boulot » (c’est-à-dire nos mercenaires d’Al-Qaïda nous rendent, à nous la France et au Conseil de coopération du Golfe, le service pour lequel nous les payons).

[9] “A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (The « Yinon Plan »)”, by Oded Yinon, Translation Israel Shahak, Kivunim (Israel) , Voltaire Network, 1 February 1982.

[10] « A Clean Break, a New Strategy for Securing the Realm », Institute of Advanced Strategic and Political Studies, Jérusalem-Washington.

[11] Voir les e-mails du Foreign Office révélés, en 2005, par Derek Pasquill.

[12] « Il faut envoyer l’ONU pour pacifier la Syrie », Propos recueillis par Henri Vernet et Jannick Alimi, Le Parisien, 27 septembre 2015.

[13] « Serment national turc », Réseau Voltaire, 28 janvier 1920.

[14] “Stability, America’s Ennemy”, Ralph Peters, Parameters, Winter 2001-02, pp. 5-20. « Blood borders : How a better Middle East would look », Ralph Peters, Armed Forces Journal, June 2006.

http://www.voltairenet.org/article202832.html

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Principaux risques d’un Brexit sans accord, selon Londres

Principaux risques d’un Brexit sans accord, selon Londres

Le ministre britannique chargé du Brexit Dominic Raab à Londres, le 23 août 2018 / © POOL/AFP / PETER NICHOLLS

Permis de conduire non valables, frais d’itinérance mobile, problèmes juridiques: le gouvernement britannique a publié jeudi une deuxième série de notes techniques analysant les risques entourant l’éventualité d’une absence d’accord avec l’Union européenne pour l’après-Brexit et les remèdes qu’il préconise.

Parmi les risques déjà identifiés dans de précédentes notes figurent aussi la hausse des frais bancaires et de la paperasse bureaucratique.

– Permis de conduire, passeport:

Le permis de conduire britannique pourrait ne plus être suffisant pour voyager dans l’UE, avertit le gouvernement qui souligne que ses ressortissants pourraient être obligés d’obtenir un permis international. Quant à ceux qui choisiraient de s’établir dans un pays de l’UE, il leur faudra sans doute repasser le permis.

Autre tracasserie à prévoir: les voyageurs devront s’assurer d’une durée de validité de plus de six mois s’ils ne veulent pas se voir refuser l’entrée de l’espace Schengen.

– Retour des frais d’itinérance mobile:

La suppression de ces surcoûts payés par l’utilisateur lorsqu’il téléphonait depuis l’étranger depuis juin 2017 au sein de l’UE ne « pourra plus être garantie » aux Britanniques, souligne le gouvernement qui dit qu’il pourrait légiférer pour limiter leur hausse.

– Problèmes juridiques:

Il pourrait devenir plus compliqué et coûteux de résoudre certains contentieux transfrontaliers familiaux comme les divorces ou commerciaux, les cours européennes pouvant notamment ne pas reconnaître les jugements émis au Royaume-Uni.

– Hausse des frais bancaires:

Calendrier du Brexit / © AFP / Gillian HANDYSIDE

Les Britanniques pourront être confrontés à « une hausse des coûts et des procédures plus lentes » pour leurs transactions avec le continent, tandis que « le coût de l’usage des cartes bancaires entre le Royaume-Uni et l’UE risque d’augmenter ».

Les consommateurs qui achètent en ligne verraient aussi leurs frais augmenter parce que les colis livrés au Royaume-Uni ne pourront plus prétendre à une TVA allégée.

– Paperasse:

Les entreprises commerçant avec l’UE seraient aussi confrontées à une hausse de leurs coûts pour cause de frais douaniers et de paperasse supplémentaires.

C’est pour cela, qu’elles devraient « si nécessaire, faire les démarches pour renégocier les termes commerciaux reflétant tout changement dans les procédures douanières et taxes, et tout nouveau droit de douane qui pourraient s’appliquer ».

Par ailleurs, les tests de produits menés par des organismes certifiés au Royaume-uni pourront ne pas être reconnus et nécessiter de nouveaux tests par un organisme certifié dans l’UE.

– Les services financiers:

Londres met en garde les clients à travers l’Espace économique européen (EEE) sur le fait qu’ils ne pourront plus faire appel aux services d’une banque d’investissement basée au Royaume-Uni tandis que les accords transfrontaliers ne seront plus valides.

Les banques peuvent éviter les perturbations en mettant en place des filiales dans l’UE, ce que de nombreux établissements ont déjà commencé à faire.

L’Union européenne et ses espaces / © AFP / Aude GENET, Sophie RAMIS

– Médicaments:

Le Royaume-Uni quittera l’Agence européenne du médicament mais continuerait de reconnaître les tests et certifications européennes pour éviter une double procédure et une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Les banques du sang et les producteurs de produits à base de sang continueraient de se conformer aux exigences de l’UE tandis que les lois européennes sur les organes et tissus seront incorporées dans la loi britannique, ajoute le gouvernement selon qui une sortie sans accord risque toutefois de mettre en difficulté les couples britanniques qui font appel au don de sperme pour procréer car ils ne pourront plus faire appel aux banques de spermes européennes.

Le ministre du Brexit, Dominic Raab, a souligné que le Royaume-Uni allait aussi stocker des médicaments pour six semaines supplémentaires, en plus des trois mois de stocks actuels.

– Aide humanitaire:

Le gouvernement britannique continuera de financer les programmes humanitaires actuellement financés par l’UE, « où les organisations britanniques assurent la direction de projet ou sont les seules exécutantes ».

– Tabac:

Une régulation britannique remplacera la législation européenne. Il faudra aussi introduire une nouvelle iconographie pour les paquets de cigarettes, « les droits pour les photos existantes étant la propriété de la Commission européenne ».

(©AFP / (13 septembre 2018 17h35)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Principaux-risques-d-un-Brexit-sans-accord-selon-Londres/953395.rom

Londres vient de commencer une opération sous faux drapeau à Idleb

Londres vient de commencer une opération sous faux drapeau à Idleb

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Selon le ministère russe de la Défense, « une provocation montée de toutes pièces est en train d’être filmée dans la localité de Jisr al-Choghour pour faire croire que l’armée syrienne a utilisé des armes chimiques contre les civils ».

Des radicaux ont transporté deux bidons d’une substance toxique chlorée à Jisr al-Choghour pour rendre la représentation de l’attaque plus « réaliste »

Des équipes de tournage de plusieurs chaînes de télévision du Moyen-Orient et de la représentation régionale d’une grande chaîne états-unienne sont arrivées le 11 septembre 2018 au matin sur les lieux pour y réaliser des vidéos.

Les services secrets britanniques (MI6) ont prévu d’organiser une attaque chimique sous faux drapeau à Idleb, de l’attribuer à la République arabe syrienne (dite « le régime ») et de justifier ainsi d’une attaque occidentale contre la Syrie. L’Allemagne, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni y participeraient.

http://www.voltairenet.org/article202898.html

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Sept ans après le début de la guerre contre la Syrie, par jihadistes interposés, les partisans de sa destruction veulent la relancer. Pourtant, ils ont essuyé une défaite certaine sur le terrain où la population, un instant hésitante, a massivement choisi de soutenir la République. Cette tentative de reprendre la guerre à son début ne peut se comprendre que si son objectif a évolué.

| Damas (Syrie)

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La petite Hala (six ans) a été choisie par le MI6 pour annoncer une nouvelle attaque chimique attribuée au « régime » syrien contre la population civile d’Idleb.

Créé en janvier 2018 à Washington, sous la présidence de David Satterfield, le « petit groupe » avait pour but de relancer le projet Rumsfeld-Cebrowski de destruction des structures étatiques du Moyen-Orient en général et de la Syrie en particulier. Il comportait initialement l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni (étant entendu que les pays arabes membres ne seraient pas détruits à court terme).

Secrète à sa création, cette entité est progressivement devenue publique tandis que l’Allemagne et l’Égypte l’ont rejointe. Elle semble être devenue plus raisonnable et chercher maintenant une honorable sortie de crise. Aussi a-t-elle noué des contacts avec le groupe d’Astana (Iran, Russie, Turquie).

Pourtant, le Royaume-Uni a relancé le projet contre la Syrie en préparant une opération sous faux drapeau à Kafr Zita. Pour cela des spécialistes de la société Olive ont été envoyés sur place et des armes chimiques ont été acheminées dans le gouvernorat d’Idlib. Les Casques blancs ont enlevé 44 enfants. Le MI6 prévoyait de les sacrifier et d’attribuer leur assassinat à une attaque chimique de l’Armée arabe syrienne contre les « rebelles ».

Le MI6 avait organisé à l’avance la dissémination de cette intoxication à partir du témoignage à venir d’une petite enfant, Hala (photo). Il avait créé un compte Twitter à son nom, le 29 juillet, et une trentaine de médias s’y sont immédiatement abonnés, attendant son signal (opération « Eyes on Idlib »). Parmi eux on compte la BBC [1], Radio Free Europe/Radio Liberty [2], BuzzFeed et The Huffington Post [3] ; des médias qui participent sciemment à la propagande de guerre britannique.

Simultanément, le Pentagone a déployé dans le Golfe le destroyer USS The Sullivans (DDG-68) avec 56 missiles de croisière à son bord et envoyé un bombardier stratégique В-1В doté de 24 missiles de croisière air-sol AGM-158 JASSM sur la base aérienne Al-Udeid au Qatar.

Si la responsabilité du Premier ministre britannique Theresa May est établie concernant les actes du MI6, on ignore qui a ordonné le déploiement militaire US.

Toujours à la traîne de Londres, le président français Emmanuel Macron a déjà théorisé la reprise de la guerre devant ses ambassadeurs réunis à Paris. Ainsi, méprisant le Peuple syrien, qui a élu démocratiquement son président, s’est-il proposé de choisir pour lui : « Respectons la souveraineté de la Syrie, mais respectons-la vraiment, en permettant au peuple de s’exprimer et de l’incarner », a-t-il déclaré.

Les auteurs de ce plan savent très bien qu’ils ont déjà perdu la guerre si on la considère uniquement d’un point de vue syrien. Leur nouvel objectif semble aller bien au-delà. Il s’agit pour eux de provoquer un conflit avec la Russie ; c’est à dire une guerre qui deviendrait rapidement mondiale.

La Syrie et la Russie ont réagi en révélant les faits. Puis la Russie a envoyé quantité de matériels militaires à Tartous via le porte-container Sparta-3. Moscou a également renforcé sa présence au large de la Syrie (actuellement dix navires et deux sous-marins) en planifiant de vastes manœuvres militaires, impliquant vingt-cinq navires et une trentaine d’avions.

Affolé, le département d’État vient d’envoyer l’ambassadeur James Jeffrey apaiser les pays de la région. Il est attendu en Israël, en Jordanie et en Turquie. Il est accompagné de l’adjoint de David Satterfield, le colonel du Renseignement militaire Joel Rayburn. La délégation US assurera à tous ses interlocuteurs que Washington ne se prépare pas à bombarder la Syrie sous un prétexte fabriqué.

Dont acte.

Si les hôtes de la délégation US en ont le courage, ils ne manqueront pas de demander des précisions : l’assistant du secrétaire d’État pour le Moyen-Orient élargi, David Satterfield, poursuit-il la politique de George Bush Jr et de Barack Obama ou met-il en œuvre la nouvelle politique de Donald Trump ? Si la position de Londres est clairement anti-Russe, et celle de la Maison-Blanche pro-US [4], qu’en est-il exactement de celle du Pentagone ?

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] La BBC est l’organisme britannique public de radio-diffusion.

[2] Radio Free Europe/Radio Liberty est une radio publique créée par la CIA durant la Guerre froide et directement financée par le Congrès.

[3] BuzzFeed et le Huffington Post ont tous les deux été créés par Jonah Peretti. Ils poursuivent aujourd’hui une ligne éditoriale violemment anti-Trump et anti-Russes.

[4] C’est toute la différence avec ses prédécesseurs, George Bush Jr et Barack Obama. Ceux-ci défendaient des intérêts financiers transantionaux au détriment de l’économie états-unienne.

http://www.voltairenet.org/article202685.html

Les Émirats, premier État à rouvrir son ambassade à Damas

Les Émirats, premier État à rouvrir son ambassade à Damas

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Selon l’agence Fars, suite à une réunion entre les deux chefs des services de Renseignement émirati et syrien, les généraux Mahamat Al-Chamsi et Ali Mamlouk, la décision de rouvrir l’ambassade des Émirats arabes unis à Damas aurait été prise.

Les Émirats, qui ont déjà rouvert une correspondance aérienne avec Damas.

Cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane (photo), le cadet du souverain et homme fort du pays, aurait décidé de souffler la politesse aux Occidentaux.

À l’initiative du Royaume-Uni et de la France, la presque totalité des ambassades en Syrie ont été fermées dès le début de la guerre.

 

 

 

 

Brexit : rebondissements à répétition au Royaume-Uni

Brexit : rebondissements à répétition au Royaume-Uni

L’épopée britannique pour sortir de l’Union européenne, plus communément appelée Brexit, nous a habitué à d’incroyables rebondissements. Pourtant, ils ont rarement été condensés sur une période aussi courte que cette dernière quinzaine. En quelques jours une décision de la Commission électorale, un vote décisif au Parlement, et la démission de deux ministres clés ont constitué des ruptures importantes dans le déroulement du Brexit. 

La Première ministre britannique a bien failli connaître ses dernières heures à Downing Street

Tout a commencé à Chequers, le 6 juillet dernier. Le gouvernement, rassemblé autour Theresa May, la Première ministre britannique, a dans un premier temps, accepté la nouvelle offre rédigé à l’adresse des Européens dans le cadre des négociations de sortie. Ce nouveau plan constitue un changement de ligne pour Theresa May. Jusqu’ici, elle s’est appuyée principalement sur l’aile dure de son parti, ceux qui avait ouvertement fait campagne pour le Brexit. Ainsi, elle préconisait une rupture totale avec l’Union européenne. Le plan présenté à Chequers prévoit la création d’une zone de libre-échange de part et d’autre de la Manche concernant les marchandises et les produits agricoles.

Un geste vers les pro-Européens qui a déplu à David Davis, ministre du Brexit, et Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, qui ont rendu leur démission deux jours plus tard. Les deux ministres représentaient l’aile dure du gouvernement et étaient parmi les figures les plus emblématiques de la campagne du référendum.

Les partisans d’un maintien d’une forte relation avec l’UE auraient pu sembler renforcés, mais un instant seulement. Le 17 juillet, un amendement est rejeté de justesse (307 contre 301) à Winchester. Déposé par un conservateur pro-européen, il avait pour but d’obliger Theresa May à négocier une union douanière avec l’UE au cas où elle n’aurait rien obtenu d’autres d’ici janvier 2019. Les pro-Brexit sortent donc renforcés, il ont toujours la main au Parlement, et leur pouvoir reste important.

Cependant, le même jour, la Commission électorale britannique a condamné Vote Leave, la principale association ayant mené la campagne pour le Brexit, à une amende de 61 000 £ pour avoir maquillé ses comptes de campagne. Une décision qui va largement dans le sens de ceux qui réclament la tenue d’un nouveau référendum car ils considèrent que le premier a connu des irrégularités, comme celles dénoncées par Christopher Wyllie, le lanceur d’alerte de l’affaire Cambridge Analytica.

Rien de nouveau sous le soleil européen

Toutes ces péripéties pourraient être considérées comme utiles voire nécessaires si elles faisaient avancer la négociation avec l’UE, mais ce n’est pas le cas. Les négociateurs européens commencent à exprimer leurs désaccords face aux nouvelles propositions de May pour cause de Cherry Picking (appelé aussi « Europe à la carte » c’est à dire souhaiter bénéficier des avantages sans en assumer les responsabilités). En effet l’un des points essentiels, du point de vue de l’UE, est que les quatre libertés fondamentales (libre circulation des capitaux, marchandises, services, et personnes) sont indissociables. Or, en proposant une zone de libre échange uniquement pour les marchandises, le gouvernement britannique demande à profiter d’une des libertés sans avoir à assumer les trois autres.

Il s’avère que la stratégie de Theresa May, qui est grande difficulté depuis son arrivée à Downing Street, n’était pas si mauvaise. Son parti étant divisé entre pro et anti Brexit, elle est obligée de tirer des bords pour maintenir un cap acceptable par tout le monde. Il lui a suffi de tirer un peu plus vers les anti Brexit pour subir d’importantes conséquences au sein de son gouvernement sans pour autant se voir accorder les faveurs des 27. Elle ne semble avoir d’autres choix que d’honorer le résultat du référendum en réclamant une rupture nette d’avec l’Union, bien que les conséquences économiques en seront plus importantes.

Conséquence de cette courte et riche période politique, de part et d’autre de la Manche on se prépare plus que jamais à un No Deal, c’est à dire à une absence d’accord à la fin des négociations, qui aboutirait à une relation commerciale uniquement régit par les règles de l’OMC. Cet horizon, qui apparaissait jusque là comme une menace exagérée des Britanniques, commence à prendre forme à mesure que l’échéance approche (octobre 2018). Dramatique pour les deux parties, cette absence d’accord matérialiserait l’échec de la négociation et consacrerait toutes les tentatives de Theresa May comme du temps (précieux) perdu.

About Jordi LAFON

Journaliste Free Lance, collaborateur du Global Europe Anticipation Bulletin et de l’hebdomadaire La Vie. Je suis diplômé d’un master 2 Géoéconomie à l’IRIS et Union européenne et mondialisation à l’IEE de Paris 8, et je m’intéresse aux questions européennes et plus particulièrement au Brexit.

 

Royaume-Uni : la police annonce avoir retrouvé « une petite bouteille » contenant du Novitchok au domicile de l’homme empoisonné à Amesbury

Royaume-Uni : la police annonce avoir retrouvé « une petite bouteille » contenant du Novitchok au domicile de l’homme empoisonné à Amesbury

La découverte remonte à mercredi, selon Scotland Yard.

Des membres de la police scientifique, en tenue protectrice, travaillent au domicile d\'un homme empoisonné au Novitchok, le 6 juillet 2018, à Amesbury (Angleterre).
Des membres de la police scientifique, en tenue protectrice, travaillent au domicile d’un homme empoisonné au Novitchok, le 6 juillet 2018, à Amesbury (Angleterre). (HENRY NICHOLLS / REUTERS)

Fin du mystère ? La police britannique a annoncé, vendredi 13 juillet, avoir trouvé une « petite bouteille » contenant du Novitchok, l’agent innervant qui a empoisonné un couple d’Amesbury, dans le sud-est de l’Angleterre. Ce contenant, découvert mercredi, se trouvait au domicile d’une des victimes, Charlie Rowley, et les tests ont confirmé qu’elle contenait du Novitchok.

« Des investigations sont en cours pour déterminer d’où venait la bouteille et comment elle s’est retrouvée au domicile de Charlie », précise Scotland Yard, qui a déjà pu s’entretenir avec l’homme. La police cherche également à savoir si le poison provenait du « même lot » que celui qui a contaminé Sergueï et Ioulia Skripal en mars.

La police n’exclut pas d’autres découvertes

Saluant « une avancée significative et positive », le patron du contre-terrorisme britannique appelle toutefois la population à la vigilance. « Nous ne pouvons pas garantir qu’il ne reste pas de la substance ailleurs », dit-il. Et la police de rappeler : « Le conseil reste le suivant : Si ce n’est pas vous qui l’avez fait tomber, alors ne le ramassez pas. »

 

 

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma.

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma.


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 7 juillet 2018

Certains médias mainstream mentent purement et simplement en communiquant les conclusions du  rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » présumée à Douma.

Un organisme d’inspection international a conclu que du chlore avait été effectivement utilisé dans la ville de Douma la veille du jour où les forces rebelles se sont rendues.

(…)

Dans un premier rapport publié vendredi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déclaré que ses inspecteurs avaient découvert des traces de « divers produits chimiques organiques chlorés » sur deux sites qu’elle a inspectés.

L’OIAC n’a pas du tout conclu que « du chlore avait été effectivement utilisé ». Elle a trouvé quelques composés chimiques dont les principaux éléments sont le chlore, le carbone et l’hydrogène dans diverses configurations. Il existe des centaines, voire des milliers, de « produits chimiques organiques chlorés ». Un tuyau en plastique fabriqué à partir de polychlorure de vinyle (PVC = (C2H3Cl)n) est composé des mêmes éléments. On pourrait l’appeler un « produit chimique organique chloré ». La combustion d’un produit en PVC libère divers composés dont beaucoup seront eux-mêmes des « produits chimiques organiques chlorés ». Mais trouver des résidus d’un tuyau en plastique ou de matériaux d’isolation brûlés dans une maison ne signifie pas que du gaz de chlore a été utilisé à cet endroit. Plusieurs des composés trouvés par l’OIAC résultent de l’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau. On peut en trouver dans l’eau chlorée et à peu près partout où on utilise de l’eau chlorée.

La BBC a commis une « erreur » similaire. Elle a titré « La guerre de Syrie : L’attaque de Douma était du gaz de chlore – organisme d’inspection ».

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Il a fallu que beaucoup de lecteurs protestent dans les médias sociaux et beaucoup de temps (plusieurs heures) pour que la BBC consente à corriger son « erreur ». Elle titre maintenant : « Guerre de Syrie: ‘Chlore possible’ sur le site de l’attaque de Douma – organisme d’inspection ». C’est mieux, mais c’est tout de même encore un mensonge. Ni le rapport de l’OIAC, ni sa note technique (pdf) n’utilisent nulle part l’expression « chlore possible ». de plus la BBC n’a pas mis de note explicative pour indiquer que le titre original avait été modifié.

Le Daily Beast titre : « Organisme d’inspection : Du chlore a été utilisé dans l’attaque chimique de la Syrie »

« L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déterminé que du chlore avait été utilisé dans l’attaque chimique dans la ville syrienne de Douma, mais n’a trouvé aucune preuve que des agents neurotoxiques étaient impliqués. »

C’est un mensonge pur et simple. Le rapport de l’OIAC ne dit pas que du chlore a été utilisé. Il ne mentionne le chlore que deux fois et seulement à propos d’attaques précédentes.

The Independent, Al Jazeerah, l’Australien ABC News et d’autres diffusent le même mensonge à leurs lecteurs.

Si tant d’organes de presse ont fait cette « erreur » c’est peut-être parce que l’agence de presse britannique Reuters a été la première à répandre cette fausse information :

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Reuters a depuis lors changé le titre et le texte de cet article et écrit « produits chimiques chlorés » à la place de « chlore », mais n’a joint aucune note pour expliquer ce changement. De plus, il ne précise pas qu’on trouve des « produits chimiques chlorés » à peu près partout.

On peut douter que ces « erreurs » aient été commises par simple négligence. Les auteurs veulent plus probablement  créer la fausse impression que la Syrie est responsable d’une « attaque chimique » qui ne s’est pas produite. S’ils disaient la vérité, il leur faudrait aussi expliquer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé une large attaque de missiles de croisière contre la Syrie sans aucune raison valable.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-les-medias-grand-public-mentent-a-propos-du-rapport-de-loiac-sur-lattaque-chimique-a-douma