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«La situation s’aggrave» : Vladimir Poutine propose un sommet international sur le dossier iranien ….

«La situation s’aggrave» : Vladimir Poutine propose un sommet international sur le dossier iranien 15 août 2020, 13:15 © Alexey NIKOLSKY / SPUTNIK Source: AFP Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion par visioconférence avec des membres du gouvernement, près de Moscou, le 11 août 2020 (image d’illustration). Face à une «hausse des tensions» et aux «risques élevés d’un conflit», Vladimir Poutine a appelé le 14 août à un sommet des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne et l’Iran, afin d’évoquer le dossier iranien. Estimant que «la question est urgente», le président russe, Vladimir Poutine, a proposé ce 14 août d’organiser «dans les plus brefs délais une rencontre en ligne» des chefs d’Etats ou de gouvernement des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Russie, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine), ainsi que des dirigeants de l’Allemagne et de l’Iran, dans le but de discuter du dossier iranien. C’est dans cette configuration dite «5+1» qu’avait été négocié et conclu avec l’Iran en 2015 l’accord sur le nucléaire iranien, que Washington a ensuite dénoncé en 2018. Pour Moscou, l’accord de Vienne de 2015 «a permis d’éliminer la menace d’un conflit armé» «Les discussions au Conseil de sécurité de l’ONU sur la question iranienne deviennent de plus en plus tendues. La situation s’aggrave», a ainsi estimé Vladimir Poutine dans un communiqué rendu public, le 14 août. Dénonçant des «accusations sans fondement contre l’Iran», le chef d’Etat russe a fustigé des «projets de résolution visant à détruire les précédentes décisions unanimes du Conseil de sécurité». Lire aussi Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s’inquiètent d’une aggravation des tensions au Moyen Orient Soulignant également une «hausse des tensions» et les «risques élevés d’un conflit», le locataire du palais des Térems a fait savoir que ce sommet aura pour objectif «de définir les mesures à prendre pour éviter la confrontation et l’aggravation de la situation au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies». Nous invitons nos partenaires à examiner attentivement notre proposition Et de poursuivre : «Nous invitons nos partenaires à examiner attentivement notre proposition. L’alternative est une intensification des tensions et l’accroissement du risque de conflit. Une telle évolution doit être évitée. La Russie est ouverte à une coopération constructive avec tous ceux qui sont intéressés à s’éloigner du seuil de risque.» Vladimir Poutine a également rappelé que Moscou demeurait «attaché au Plan d’action global commun relatif au programme nucléaire iranien (JCPoA) [l’accord de Vienne signé en 2015]», qui, selon lui, «a permis d’éliminer la menace d’un conflit armé et a renforcé le régime de non-prolifération nucléaire». La France se dit ouverte et disponible à l’initiative russe Ce 14 août, l’Elysée a fait savoir que la France était ouverte à l’initiative proposée par le président russe. «Nous confirmons notre disponibilité de principe», a ainsi déclaré la présidence française, citée par Reuters. Et d’ajouter : «Nous avons déjà par le passé déployé des initiatives dans le même esprit».  Cette initiative russe d’un sommet international sur le dossier iranien intervient alors que plus tard le 14 août, le Conseil de sécurité de l’ONU a rejeté une résolution proposée par Washington visant à prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran, vieux de 13 ans, et qui expire le 18 octobre. Lire aussi Les Etats-Unis appellent au maintien de l’embargo sur la vente d’armes à l’Iran La Russie et la Chine sont les deux seuls pays à avoir voté contre la proposition américaine sur les 15 membres du Conseil de sécurité. Onze membres du Conseil se sont abstenus, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, alliés européens des Etats-Unis. Depuis 75 ans d’histoire des Nations Unies, l’Amérique n’a jamais été si isolée «L’incapacité du Conseil de sécurité à agir de manière décisive pour défendre la paix et la sécurité internationales est inexcusable», a réagi dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. De son côté, le président iranien a déclaré lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision : «Les Etats-Unis ont échoué dans cette conspiration, humiliés.» Et de continuer : «A mon avis, ce jour restera dans l’histoire de notre pays et dans l’histoire de la lutte contre l’arrogance mondiale.» «Depuis 75 ans d’histoire des Nations Unies, l’Amérique n’a jamais été si isolée», a tweeté de son côté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, après que seulement deux pays ont approuvé le projet de prolongation de l’embargo : les Etats-Unis et la République dominicaine. «Malgré tous les voyages, pressions et colportages, les Etats-Unis n’ont pu mobiliser qu’un petit pays [à voter] avec eux», a-t-il ensuite lancé, faisant allusion aux efforts de Mike Pompeo pour rallier des soutiens à la résolution américaine. «Je pense que c’est le pire accord jamais négocié», jugeait Donald Trump Les tensions entre Washington et Téhéran se sont considérablement accrues depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en 2016. En mai 2018, les Etats-Unis décidaient de se retirer de l’accord international de Vienne sur le nucléaire iranien. Donald Trump avançait alors : «Je pense que c’est le pire accord jamais négocié», considérant le texte trop avantageux pour Téhéran. En septembre 2019, en réponse au retrait américain, la République islamique a mis en activité des centrifugeuses avancées, avec pour objectif de produire de l’uranium enrichi à 4,5%, taux prohibé par l’accord de Vienne. Les tensions ont passé un nouveau cap lorsque l’armée américaine a abattu à Bagdad en Irak, par une attaque de drone le 3 janvier 2020, Qassem Soleimani, chef de la force al-Quods, branche des Gardiens de la Révolution iranienne chargée des opérations extérieures. Washington avait accusé Soleimani d’être l’instigateur d’attaques de milices liées à l’Iran contre les forces américaines dans la région.  Pour autant, le président américain a récemment déclaré que s’il venait à être réélu novembre, il passerait des accords avec l’Iran et la Corée du Nord, autre bête noire des Etats-Unis : «Si nous gagnons, no

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Covid-19: la Russie accusée de piratage pour s’emparer des recherches pour un vaccin

AFPPublié le 17/07/2020 à 02:30 | AFP

Covid-19: la Russie accusée de piratage pour s'emparer des recherches pour un vaccin
Covid-19: la Russie accusée de piratage pour s’emparer des recherches pour un vaccin © AFP / Brendan Smialowski

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Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada ont accusé jeudi les services de renseignement russes d’être derrière des attaques menées par des hackers pour faire main basse sur des recherches concernant un vaccin contre le coronavirus, ce qu’a vivement démenti le Kremlin.

Cette accusation survient dans un ciel sombre entre Londres et Moscou, où plane déjà l’ombre de soupçons d’interférences russes dans les campagnes des législatives britanniques de décembre dernier – qui ont vu triompher les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson – et du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit.PUBLICITÉAds by Teads

Jugeant « totalement inacceptable que les services de renseignement russes ciblent ceux qui travaillent à la lutte contre la pandémie de coronavirus », le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a averti que ceux qui mènent de telles attaques devront tôt ou tard « rendre des comptes ».

« Alors que certains courent imprudemment après leurs intérêts égoïstes, le Royaume-Uni et ses alliés poursuivent leur dur labeur pour trouver un vaccin et de protéger la santé mondiale », s’est-il indigné dans un communiqué.

Selon l’organisme gouvernemental britannique chargé de la cybersécurité, un groupe de hackers russes s’en est pris à des organisations britanniques, canadiennes et américaines pour voler leurs recherches dans la mise au point d’un vaccin contre le SARS-CoV2.

« Le groupe menaçant connu sous le nom d’APT29 » ou encore des « Ducs » ou de « Cozy Bear », « opère presque certainement dans le cadre des services de renseignement russes », ont affirmé dans un communiqué cet organisme britannique, le National Cyber Security Centre (NCSC), et son homologue canadien, le Centre de la sécurité des télécommunications.

Dans un communiqué distinct, leur homologue américaine, la National Security Agency (NSA) a abondé les accusations et déclaré que l’APT29 « utilise une variété d’outils et de techniques pour viser principalement des cibles gouvernementales, diplomatiques, des groupes de réflexion, de soins de santé et d’énergie à des fins de renseignement ».PUBLICITÉAds by Teads

« Nous rejetons ces accusations tout comme les nouvelles allégations sans fondement sur une ingérence dans les élections de 2019 », a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, cité par l’agence de presse d’Etat Tass.

« Théorie du complot »

Le gouvernement britannique a en effet aussi affirmé jeudi qu’il était « presque certain » que des « acteurs russes » avaient cherché à perturber le scrutin législatif du 12 décembre dernier en faisant circuler pendant la campagne des documents sur un possible accord commercial entre Londres et Washington après le Brexit.

Une enquête avait alors été lancée pour tenter d’identifier la source de la fuite de ces documents, qui avaient été publiés sur le réseau social Reddit.

« Sur la base d’une analyse complète, le gouvernement a conclu qu’il est presque certain que des acteurs russes ont cherché à s’ingérer dans les élections législatives de 2019 en amplifiant la diffusion en ligne de documents gouvernementaux obtenus de manière illicite », a affirmé le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab dans une déclaration écrite au Parlement.

Pendant la campagne, le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn – qui a dû quitter la tête du Labour après sa débâcle – avait brandi 450 pages de documents qui prouvaient selon lui que le gouvernement voulait « vendre » aux Américains le système de santé britannique (NHS), l’un des enjeux-clés du scrutin.

Estimant que la fuite « faisait partie d’une campagne identifiée comme provenant de Russie », le réseau social Reddit avait fermé 61 comptes suspects. Jeremy Corbyn avait quant à lui qualifié de « théorie du complot » les affirmations sur l’origine russe de la fuite de ces documents.

Le Royaume-Uni attend par ailleurs dans les prochains jours la publication d’un rapport sensible sur d’autres possibles ingérences russes, portant notamment sur la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit.

Les relations entre Londres et Moscou sont au plus bas depuis l’empoisonnement sur le sol britannique de l’ancien agent russe Sergei Skripal, dans la ville de Salisbury (sud-ouest).

La Russie avait démenti toute implication, mais l’affaire avait abouti à une vague d’expulsions croisées de diplomates entre Londres et ses alliés et Moscou. Les deux pays n’avaient renoué qu’en février 2019 le dialogue rompu 11 mois plus tôt.

17/07/2020 02:29:24 –          Londres (AFP) –          © 2020 AFP

https://www.lepoint.fr/monde/covid-19-la-russie-accusee-de-piratage-pour-s-emparer-des-recherches-pour-un-vaccin-17-07-2020-2384580_24.php#covid-19-la-russie-accusee-de

Hong Kong et Huawei, au cœur du bras de fer sino-américain

Hong Kong et Huawei, au cœur du bras de fer sino-américain

Interview17 juillet 2020Le point de vue de Barthélémy Courmont

Le bras de fer entre Pékin et Washington dépasse actuellement le terrain économique et commercial. Donald Trump a en effet notamment annoncé la fin du traitement préférentiel de Hong Kong, qui perd, de fait, son statut particulier. Le Royaume-Uni s’est aussi positionné très fermement, dans la continuité du positionnement étatsunien, en excluant Huawei pour le déploiement de la 5G sur son territoire, et a déclenché l’ire chinoise en proposant, par la voix du Premier ministre, la régularisation de tous les Hongkongais qui en feraient la demande suite à l’adoption de la loi sur la sécurité nationale pour la péninsule. Analyse de la situation par Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’IRIS.

Après avoir imaginé les grandes lignes de 5G avec Huawei, Londres décide d’exclure l’entreprise chinoise. Pourquoi ce revirement ? Peut-on y voir un lien avec le non-respect de l’accord passé avec la Chine concernant Hong Kong ?

La position de Londres sur la relation avec Pékin, et notamment sur le dossier sensible de la 5G et Huawei, reflète les hésitations du gouvernement de Boris Johnson dans un contexte post-Brexit. Les perspectives économiques sont inquiétantes, comme plusieurs instituts britanniques le relèvent depuis quelques semaines, et l’heure est donc à la panique plus qu’à la consolidation des acquis et de la souveraineté économique du Royaume-Uni. Le risque de voir ce pays être de plus en plus dépendant des investissements chinois est une réalité que le Brexit avait déjà révélée, aussi on relève une certaine confusion.

Dans le même temps, la relation spéciale entre Londres et Washington, et plus encore entre Boris Johnson et Donald Trump, s’est invitée dans les positionnements britanniques sur la Chine, au risque de faire de ce pays le satellite des États-Unis dans les guerres commerciales engagées par Trump. Et cela dépasse le terrain économique et commercial. Londres fut ainsi l’un des premiers pays à réagir – après Taïwan – à l’adoption de la loi sur la sécurité nationale et sa mise en application à Hong Kong, en proposant, par la voix du Premier ministre, la régularisation de tous les Hongkongais qui en feraient la demande. Inspirée par la politique anti-chinoise de Washington plus que par le contexte difficile de Hong Kong, et sans doute maladroitement formulée – le Royaume-Uni donne ici l’impression de ne pas avoir digéré la rétrocession de 1997 – cette annonce, courageuse sur le fond, a déclenché l’ire de Pékin. La relation entre les deux pays s’en trouve affectée, d’autant que l’attractivité du Royaume-Uni pour la Chine n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était il y a quelques années, quand Pékin y voyait une porte d’entrée dans l’Union européenne. Les leviers dont dispose Londres ne sont plus aussi nombreux désormais, et les hésitations britanniques sont révélatrices d’un pays qui a besoin des investissements chinois, mais qui ne souhaite pas, dans le même temps, s’enfermer dans une dépendance, soucieux de préserver sa relation spéciale avec les États-Unis.

Les États-Unis vont imposer des restrictions de visa aux employés de Huawei, soupçonnés de faciliter les atteintes aux droits de l’Homme. Quel impact pour l’entreprise chinoise ? Qu’est-ce que cela révèle de la guerre économique entre les États-Unis et la Chine ?

Il convient d’abord de rappeler que la 5G et Huawei soulèvent des interrogations légitimes, et qu’il est nécessaire d’analyser de manière posée les avantages et les risques à y souscrire. On voit d’ailleurs ces hésitations en France ou dans la plupart des pays européens. Les liens entre Huawei et le gouvernement chinois, le partage des données ou encore la censure sur les questions sensibles en Chine doivent interpeller les démocraties occidentales, ces dernières devant associer ces éléments aux aspects plus techniques de la 5G, et les avantages qu’elle peut procurer. Certains pays ont choisi d’adopter des positions très fermes, comme les États-Unis et donc le Royaume-Uni. Derrière les craintes mentionnées, il faut aussi y voir, pour Washington, des enjeux économiques importants, car adhérer à la 5G revient à consacrer la Chine comme superpuissance technologique, et les États-Unis ne veulent s’y résoudre. Nous sommes donc ici au cœur des guerres commerciales entre Washington et Pékin, qui n’ont pas attendu Donald Trump pour se manifester, mais n’ont cessé de monter en puissance au cours des dernières années. L’impact pour Huawei est certain en termes de revenus, mais l’entreprise se rabat sur d’autres marchés. Cela sera plus problématique si, comme le souhaite Washington, un grand nombre de pays choisit de refuser la 5G et d’interdire Huawei. La guerre commerciale se durcit, sous l’impulsion du conseiller économique de Donald Trump, le très sinophobe Peter Navarro, et elle suggère, côté américain, la recherche d’alliés qui accompagnent Washington pour attaquer de front, et sur tous les sujets, la Chine et les entreprises chinoises.

Donald Trump a décrété, le 14 juillet, la fin du traitement préférentiel accordé à Hong Kong, après le vote de la loi sur la sécurité nationale. Il prévoit également des sanctions contre la répression sur les territoires chinois. Quelles seront les conséquences pour les Hongkongais ?

Les conséquences sont très lourdes pour Hong Kong qui perd de facto son statut particulier, et ne sera plus la plateforme des échanges entre la Chine et l’Occident comme elle le fut pendant des décennies. Il est hautement probable qu’il s’agisse d’une volonté de Pékin, qui, depuis 20 ans, a fortement développé d’autres plateformes financières, comme Shanghai et Shenzhen, aux portes de Hong Kong, et ainsi réduit l’importance de l’ancien territoire britannique. Ainsi, si l’adoption de la loi sur la sécurité nationale marque un tournant brutal dans la gestion de Hong Kong par la Chine, le sort des Hongkongais est depuis longtemps réglé par Pékin, et dès lors que l’importance de Hong Kong diminue, l’impact des mesures de rétorsion, proposées actuellement par Washington, est plus réduit. Il n’en demeure pas moins que les États-Unis annoncent des dispositions importantes, inscrites dans les guerres commerciales, fortement inspirées, comme je l’ai dit, par Peter Navarro et son obsession anti-chinoise connue depuis longtemps, et relayée par un président américain qui joue son va-tout en vue de l’élection de novembre, avec l’impératif de désigner un coupable de tous les maux dont souffrent actuellement les États-Unis. Méthode dangereuse et sans doute contre-productive, mais il convient de mentionner ici que le meilleur allié objectif de Trump n’est autre que la Chine – qui souhaite sa réélection – et que c’est le traitement de Hong Kong par Pékin qui pousse les États-Unis à adopter des mesures très dures. Si les raisons ayant poussé les dirigeants chinois à régler avec brutalité la question hongkongaise sont nombreuses, à la fois structurelles et conjoncturelles, il ne faut pas oublier qu’elles s’inscrivent aussi dans le bras de fer que se livrent les deux grandes puissances, et on peut ainsi gager que Pékin a anticipé la réaction de Washington pour imposer de nouveaux paramètres dans les âpres négociations commerciales. Les seules victimes in fine – et pas des moindres – étant les Hongkongais et la démocratie…

https://www.iris-france.org/148587-hong-kong-et-huawei-au-coeur-du-bras-de-fer-sino-americain/

Le Royaume-Uni dépense 705 millions de livres sterling pour renforcer les contrôles aux frontières avec l’UE

Le Royaume-Uni dépense 705 millions de livres sterling pour renforcer les contrôles aux frontières avec l’UE

Le ministre britannique du Cabinet, Michael Gove, aujourd’hui annoncé un financement de 705 millions de livres sterling destiné à renforcer les contrôles aux frontières du Royaume-Uni avant la sortie du pays de l’union douanière de l’UE à la fin de l’année.

Le paquet, qui ne concerne que les frontières extérieures de l’Angleterre, de l’Écosse et du Pays de Galles, comprend le financement de nouveaux postes de contrôle destinés à renforcer les points de contrôle existants, l’infrastructure de données pour améliorer le flux de trafic et de personnes et 500 employés supplémentaires pour la UK Border Force.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-5390986774482540&output=html&h=280&adk=2109599300&adf=1915987979&w=900&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1594546084&rafmt=1&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&format=900×280&url=https%3A%2F%2Fnews-24.fr%2Fle-royaume-uni-depense-705-millions-de-livres-sterling-pour-renforcer-les-controles-aux-frontieres-avec-lue%2F&flash=0&fwr=0&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&adsid=ChEI8Omq-AUQ85GFl8jVtNSzARJMAL-unJvPDEsHwJ_iDzvlley6eEcPHQnyGPkgkZu5-eMdYpFWRbXhu95npwpwcEZpevJWC03Y9fGYBbltD-grzuugplLEvN6XMFcutA&dt=1594546083787&bpp=3&bdt=251&idt=221&shv=r20200707&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C900x280&nras=1&correlator=2004572123855&frm=20&pv=1&ga_vid=1516990059.1579766332&ga_sid=1594546084&ga_hid=1244921343&ga_fc=0&iag=0&icsg=36694699&dssz=24&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=4&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=82&ady=838&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066392&oid=3&pvsid=1095254490270572&pem=989&ref=https%3A%2F%2Fnews-24.fr%2F&rx=0&eae=0&fc=1920&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7CeEbr%7C&abl=CS&pfx=0&fu=8336&bc=31&jar=2020-7-12-9&ifi=2&uci=a!2&btvi=1&fsb=1&xpc=D1gRo8KQcM&p=https%3A//news-24.fr&dtd=234

Des mesures supplémentaires visant à faire face à la fin de la période de transition en Irlande du Nord devraient être mises en œuvre dans les semaines à venir.

Écrire dans le Sunday Telegraph, Gove a comparé le fait de quitter l’UE à «déménager» et a déclaré que «au lieu d’être des locataires», la Grande-Bretagne «choisissait maintenant un nouvel endroit… où nous contrôlons».

Gove a fait valoir que le paquet garantirait que le Royaume-Uni était «prêt à l’indépendance totale» lorsque la période de transition se terminerait le 1er janvier, et permettrait à la Grande-Bretagne d’avoir «la frontière la plus efficace du monde d’ici 2025».

« La modernisation de notre frontière signifie que nous pouvons introduire une politique de migration qui garantit que nous sommes ouverts aux meilleurs talents du monde », a-t-il ajouté.

Le nouveau paquet intervient quelques jours à peine après qu’une lettre divulguée de la secrétaire au Commerce international, Liz Truss, ait soulevé des inquiétudes quant à l’état de préparation des ports britanniques, et la même semaine que la Commission européenne a annoncé des lignes directrices pour les entreprises, les gouvernements et les citoyens de se préparer à la fin de la période de transition, indépendamment du fait et du type d’accord conclu entre l’UE et le Royaume-Uni

https://news-24.fr/le-royaume-uni-depense-705-millions-de-livres-sterling-pour-renforcer-les-controles-aux-frontieres-avec-lue/

La première guerre de l’Otan-MO renverse l’ordre régional

La première guerre de l’Otan-MO renverse l’ordre régional

par Thierry Meyssan

Pendant que les Européens et les Arabes sont absorbés par le coronavirus, les Anglo-Saxons changent l’ordre du monde. Sous commandement US, le Royaume-Uni a pris le contrôle de l’entrée de la mer Rouge ; les Émirats arabes unis se sont retournés contre l’Arabie saoudite et lui ont infligé une cuisante défaite au Yémen du Sud, tandis que les Houthis le faisaient au Yémen du Nord. Désormais, le Yémen est scindé en deux États distincts et l’intégrité territoriale de l’Arabie saoudite est menacée.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 24 MARS 2020 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆPORTUGUÊSРУССКИЙ

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JPEG - 36.7 koLe président des États-Unis, Donald Trump, et le président de facto des Émirats arabes unis, le prince Mohamed ben Zayed. En silence, les deux hommes d’affaire sont en train de réorganiser le Moyen-Orient élargi.

Le président Donald Trump poursuit sa politique de retrait militaire du « Moyen-Orient élargi ». Pour ce faire, il déplace progressivement ses troupes, signe des accords avec les forces contre lesquelles elles étaient déployées (par exemple avec les Talibans) et négocie la libération de ses prisonniers. Simultanément, le Pentagone fait appel au Royaume-Uni pour prendre la tête des opérations de la nouvelle Alliance atlantique-Moyen-Orient et superviser la suite de la « guerre sans fin » au « Moyen-Orient élargi ». La Syrie est considérée comme zone d’influence russe tandis que la stratégie Rumsfeld/Cebrowski se poursuit avec la division du Yémen en deux États distincts et la préparation du démembrement de l’Arabie saoudite.

Rapatriement des agents de la CIA détenus prisonniers

Les 18 et 19 mars 2020, un citoyen US, Michael White, détenu en Iran, a été transféré de sa prison à l’ambassade de Suisse à Téhéran ; un autre citoyen US, Amer Fakhoury, détenu au Liban, a été exfiltré par les troupes états-uniennes ; enfin le président Trump a demandé publiquement l’aide de la Syrie pour retrouver un troisième citoyen US, Austin Tice.

Ces opérations sont supervisées par le discret conseiller de sécurité nationale, Robert O’Brien, qui dispose d’une solide expérience en matière de libération de prisonniers.

- Michael White a servi 13 ans dans la Marine US. Il s’est rendu en Iran pour y retrouver sa fiancée. Il a été arrêté en 2018 et condamné à 13 ans de réclusion pour espionnage. D’autres citoyens US emprisonnés en Iran —dont Morad Tahbaz, Robert Levinson, Siamak et Baquer Namazee— ne semblent pas susciter le même intérêt de Washington. Michael White a été remis à l’ambassadeur suisse Markus Leitner pour « raison de santé ». Il n’est pas libre pour autant.
- Amer Fakhoury est un célèbre collaborateur des troupes d’occupation israéliennes au Liban. Il fut membre de l’Armée du Liban-Sud, directeur de la sinistre prison de Kiam et tortionnaire. Il s’est enfui du Liban lors du retrait israélien et y est revenu, pour une raison inconnue, en septembre 2019. Il a immédiatement été reconnu et arrêté. Il a été libéré au motif d’une prescription de ses crimes, ce qui est juridiquement faux, mais interdit de quitter le territoire. Il s’est alors précipité à la méga-ambassade US d’Awkar sous la protection de l’ambassadrice Dorothy Shea, d’où il a été exfiltré en hélicoptère par les Forces spéciales US vers Chypre.
- Austin Tice est un capitaine des Marines devenu journaliste indépendant. Il a pénétré illégalement en Syrie avec l’aide des services secrets turcs avant de disparaître, en 2012, à Daraya (banlieue de Damas). Eva Filipi, l’ambassadrice de Tchéquie qui représente les intérêts US en Syrie, avait affirmé qu’il serait détenu non pas par des jihadistes, mais par les autorités syriennes. Ce que Damas a toujours démenti.

Ces trois citoyens US sont très probablement des collaborateurs ou des agents de la CIA.

- Étrangement, les Émirats arabes unis ont brisé l’embargo US et apporté des médicaments en Iran.
- Chaque faction libanaise accuse l’autre d’avoir cédé aux pressions US. Le Hezbollah assure ne pas avoir trahi la Résistance et ne pas avoir négocié secrètement avec Washington, tandis que le président du Tribunal militaire (pro-Hezbollah) a démissionné.
- C’est la première fois depuis deux décennies qu’un président états-unien sollicite publiquement l’aide de la République arabe syrienne.JPEG - 19.8 koLe secrétaire à la Défense US, Mark Esper, reçoit son homologue britannique, Ben Wallace, au Pentagone. La « relation spéciale » entre les deux pays est rétablie. Les « Cinq yeux » sont renforcés. Le Royaume-Uni prend le commandement des opérations de l’Otan-MO.

Transfert de l’encadrement militaire au Royaume-Uni

Le 5 mars, le secrétaire US à la Défense, Mark Esper, a reçu au Pentagone son homologue britannique Ben Wallace. Les deux hommes se sont partagés le commandement de la nouvelle Otan-MO [1].

Ben Wallace a ensuite prononcé un discours à l’Atlantic Council au cours duquel il a confirmé la solidité de l’alliance UK-USA et la disponibilité du Royaume-Uni. Il a également soutenu la nécessité de juger le « dictateur Bachar el-Assad » (sic), mais l’impossibilité de le faire compte tenu du soutien de l’« ours russe ». En d’autres termes, la Syrie reste un ennemi, mais on n’y touchera plus. La guerre sera déplacée [2].JPEG - 26.1 koLe secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, et son homologue turc, le général Hulusi Akar, inspectent les « postes d’observation » turcs qui servent de base de repli aux jihadistes à Idleb (Syrie occupée), le 12 mars 2020. Londres assure Ankara que le Pentagone ne détruira pas la Turquie, mais l’Arabie saoudite.

Les 12 et 13 mars, Ben Wallace s’est rendu en Turquie et en Syrie occupée par les jihadistes. Il a inspecté les postes d’observation de l’armée turque à Idleb et fait parvenir 89 millions de £ de dons « humanitaires » aux familles des jihadistes. Ceux-ci ont alors commencé à attaquer les troupes turques censées les protéger, tuant plusieurs soldats turcs.

La fin du Yémen et le début de celle de l’Arabie saoudite

Poursuivant leur politique de retrait militaire et de transfert de cette fonction à des proxys, les États-Unis sont en train de transformer la guerre du Yémen. Originellement, le Pentagone prévoyait de diviser ce pays en deux selon la ligne de partage qui existait jusqu’en 1990. Il avait encouragé l’Arabie saoudite et Israël à se lancer à l’assaut du pays pour en exploiter les ressources pétrolières de la région mitoyenne du « Quart vide » [3]. L’opération avait été conduite avec l’aviation israélienne, des mercenaires colombiens sous drapeau saoudien et des troupes émiraties. Elle avait été coordonnée par un état-major tripartite (Arabie/USA/Israël) basé au Somaliland.

Cependant, le Pentagone s’appuyant sur les rivalités tribales parvint à complexifier la situation jusqu’à aboutir à un pays effectivement divisé en deux, mais aussi à une Coalition Arabie-soudite/Émirats également divisée. Il lui fallait alors —sans engager ses propres troupes— terminer la division du Yémen en deux États distincts avant de se lancer dans la division de l’ancien allié saoudien en cinq États distincts. Le Pacte du Quincy lui fait obligation de protéger le roi d’Arabie saoudite, mais ni son pays, ni son héritier [4].JPEG - 66.7 koLe souverain de facto d’Abou Dhabi et président de facto des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed, a été le mentor du prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane. Progressivement l’élève a voulu écraser son maître. En définitive, c’est le discret MBZ qui devrait écraser l’infatué MBS.

Cette semaine, le Pentagone a dépêché un navire de guerre au large d’Aden. Il a installé des troupes britanniques sur l’ile de Socotra pour en faire une base militaire permanente avec les Émirats arabes unis et l’a armé avec des missiles Patriot. Simultanément, les Houthis du Nord soutenus par l’Iran ont attaqué victorieusement deux bases militaires saoudiennes et fait prisonniers plus de 700 soldats saoudiens, tandis que les tribus soutenues par les Émirats ont attaqué les tribus soutenues par l’Arabie saoudite à Aden. Le gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, seule autorité officiellement reconnue par l’Onu mais siégeant en exil à Riyad, a perdu le contrôle d’Aden.

Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salman, après avoir torturé son ami d’enfance trop brillant, après avoir assassiné ses rivaux, après avoir exécuté le chef chiite de son opposition, après avoir embastillé et dépouillé ses frères et oncles, après avoir fait découper à Istanbul un Frère musulman trop bavard, n’a plus personne pour le soutenir.

Les départements états-unien, britannique et émirati de la Défense ne communiquent pas sur ces batailles. Seuls les Houthis le font. En l’absence de communication officielle, la presse internationale est aveugle et muette.

Le Yémen du Sud est une ancienne colonie britannique et les Émirats arabes unis étaient intégrés dans l’Empire des Indes. Le Royaume-Uni, sous parapluie états-unien, reconquiert son influence dans le Golfe et en mer Rouge.

L’opposition Arabie saoudite/Axe de la Résistance n’existe plus, faute de combattants. Désormais, après l’Iran (1953-78), l’Iraq (1979-90) et l’Arabie saoudite (1991-2019), les Émirats arabes unis (2020-), sous parapluie de l’Otan-MO, sont devenus les gendarmes de la région.

Ce retournement complet de situation correspond à notre analyse de la crise. Après leur échec en Syrie, les États-Unis poursuivent leur plan de 2001 et s’apprêtent à déstabiliser l’Arabie saoudite. Le président Trump a validé cette étape à la seule condition que les troupes US n’y participent pas directement, mais que les Émirats les représentent.

Le suicide de l’Union européenne

Pendant ce temps, l’Union européenne réagit de manière inadaptée à l’épidémie de coronavirus. Au lieu de lutter contre la maladie (tests généralisés, traitement des personnes infectées à la chloroquine, soins d’urgence aux malades avec respiration artificielle et interféron Alfa 2B recombiné), elle prévient l’engorgement de ses hôpitaux (assignation à résidence de la population saine) [5]. Son économie s’est arrêtée et la Banque centrale européenne annonce une récession de 5 % si cette situation se prolonge deux semaines, mais ce sera probablement six.

Lorsque le pic de l’épidémie sera passé, elle ne sera plus une grande puissance économique et le monde sera organisé d’une manière nouvelle, sans elle.

Thierry Meyssan

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1] « NATO Go Home ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 février 2020.

[2] « Quelle cible après la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 mars 2020.

[3] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[4] « Le Pacte du Quincy ne protège que le roi d’Arabie, pas son héritier », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 octobre 2018.

[5] « Covid-19 : propagande et manipulation », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 mars 2020

.https://www.voltairenet.org/article209502.html

‘Des exigences ridicules et déraisonnables’: les hostilités sont lancées entre la France et le Royaume-Uni

‘Des exigences ridicules et déraisonnables’: les hostilités sont lancées entre la France et le Royaume-Uni

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17/02/2020 | Pieterjan Neirynck | 3 min de lecture

Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (à droite) est considéré comme un confident du président Emmanuel Macron. (EPA)

La France avertit le Royaume-Uni que les prochaines négociations avec l’Union européenne sur un nouvel accord commercial ne seront pas une partie de plaisir, selon la BBC.

‘En ce qui concerne le nouvel accord commercial et les relations futures, l’Union européenne et le Royaume-Uni vont se déchirer mutuellement’, a déclaré Jean-Yves Le Drian, le ministre français des affaires étrangères, lors d’une conférence internationale le weekend dernier. Une punchline qui s’inscrit toutefois dans les négociations: chacun défend ses propres intérêts.

Il y a deux semaines, les Britanniques ont officiellement quitté l’Union européenne et ont entamé une période de transition pour négocier un nouvel accord commercial. Que Boris Johnson veuille à tout prix gérer ces pourparlers cette année suscite également le scepticisme du ministre français. ‘Il sera difficile pour le Royaume-Uni de trouver un accord commercial d’ici le 31 décembre’, déclare Le Drian.

‘Des exigences ridicules et déraisonnables’ de l’UE

Les avertissements ne viennent pas de nulle part. David Frost, le négociateur britannique de Brexit, doit prononcer ce lundi un discours en guise d’ouverture. Il réitérera fermement les priorités britanniques et exigera que l’Union européenne retire ses demandes ‘ridicules et déraisonnables’ de la table. Il est bien connu que Johnson préfère cesser de suivre les normes européennes.

La pêche, en particulier, deviendra une pomme de discorde dans les négociations. L’Union européenne – et la France en particulier – insiste sur le fait que l’accès permanent aux eaux britanniques doit faire partie d’un accord. Johnson, en revanche, voit l’avenir du Royaume-Uni comme un ‘État côtier indépendant’, avec un contrôle sur ses propres pêches.

Lire aussi:

Source: BBC

https://fr.businessam.be/des-exigences-ridicules-et-deraisonnables-les-hostilites-sont-lancees-entre-la-france-le-royaume-uni/

Le Grand Large

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   mardi 04 février 2020

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Le Grand Large

L’Angleterre est entrée dans les vastes horizons maritimes du Brexit. En effet, nombre, très grand nombre de commentateurs qui saluèrent l’événement de grimaces désolées ou/et sardoniques nous ont fait part du destin catastrophique qui attendait le sortant. L’UE, quant à elle, prépare  des conditions inacceptables pour les Britanniques, pour les négociations à venir, comme si elle voulait réintégrer ce pays mais bien entendu sans qu’il ait le droit de vote. L’EU est une démocratie vibrante  du type  que le monde entier nous envie.

Mais laissons de côté les briganderies courantes de l’UE qui n’est capable de produire rien d’autre et le volet intérieur et économique de l’avenir de UK, que traite le texte ci-dessous de Pierre Lévy, – les intentions britanniques à cette lumière (“la trahison du thatchérisme”) expliquant d’ailleurs en partie, du point de vue psychologique, la sévérité et l’intention de l’UE de récupérer le fugueur pour le mettre en isolement dans une cellule hautement sécurisé. Le principal aspect du démarrage de la période du post-Brexita été, du point de vue le plus général possible de nos salons (toujours eux), le constat que UK, replongé dans son absurde “splendid isolation”, allait en fait se jeter dans les bras des USA, tournant résolument le dos à l’Europe, choisissant “le Grand Large”, c’est-à-dire les cousins d’Amérique. 

“Le grand large” est une expression venue d’une anecdote elle-même venue du général de Gaulle, systématiquement interprétée depuis plus d’un demi-siècle dans le sens parfaitement contraire de ce qu’elle dit. (La FakeNews n’a pas attendu nos éminences du jours pour baigner le conformisme de la culture-Système des élites-zombie.) Telle qu’on nous la ressort aujourd’hui dans les susdites élites-zombie du Système, elle rapporte ceci que Churchill, lors d’une discussion avec de Gaulle, lui aurait dit que “chaque fois qu’il nous faudra [nous Anglais] choisir entre l’Europe et le grand large [les États-Unis], nous choisirons le grand large”. Cette anecdote symbolisait donc la volonté irrésistible de UK de toujours se tourner vers les USA et constitue en général, dans les conversations de salon et de plateaux TV, la preuve intangible de cette attitude.

L’anecdote dit complètement le contraire comme le montre ce passage des Mémoires de guerredu général… La scène se passe dans le wagon d’un train où le gouvernement britannique se tenait temporairement, le 4 juin 1944, tout proche des principaux ports d’embarquement des forces d’invasion du continent ; et la scène se tenant dans une pièce où se trouvent de Gaulle et Churchill certes, mais aussi les principaux membres du cabinet britannique (souligné en gras, les passages qui disent le contraire de ce qu’on fait dire à cette anecdotique) : 

« — Et vous ! s’écrie Churchill, comment voulez-vous que nous, Britanniques, prenions une position séparée de celles des États-Unis ?” Puis, avec une passion dont je sens qu’elle est destinée à impressionner ses auditeurs anglais plutôt que moi-même : “Nous allons libérer l’Europe, mais c’est parce que les Américains sont avec nous pour le faire. Car, sachez-le ! Chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu’il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt.” Après cette sortie, Eden, hochant la tête, ne me paraît guère convaincu. Quant à Bevin, ministre travailliste du Travail [et vice-Premier ministre du gouvernement d’unité nationale], il vient à moi et me déclare assez haut pour que chacun l’entende : “Le Premier ministre vous a dit que, dans tous les cas, il prendrait le parti du président des États-Unis. Sachez qu’il a parlé pour son compte et nullement au nom du cabinet britannique.” »

Il est vrai que les Britanniques avaient défini en 1944 une ligne politique qu’une note interne du Foreign Office, citée par John Charmley dans La Passion de Churchill, définissait de la sorte : « En tentant d’exposer “l’essence d’une politique américaine” en 1944, un diplomate définit parfaitement cette attitude [dans une note interne du Foreign Office]. La politique traditionnelle du Royaume-Uni de chercher à empêcher qu’une puissance exerçât une position dominante était écartée : “Notre but ne doit pas être de chercher à équilibrer notre puissance contre celle des États-Unis, mais d’utiliser la puissance américaine pour des objectifs que nous considérons comme bénéfiques”. La politique britannique devrait être désormais considérée comme un moyen d’“orienter cette énorme péniche maladroite  [les USA] vers le port qui convient”. »

Il n’empêche qu’il subsista toujours deux courants au sein de l’establishment  britannique, dont un était celui de la recherche d’une alliance européenne, non pas au sein d’une Europe unie (ce que Churchill notamment rejetait) mais en recherchant principalement un axe Londres-Paris appuyé sur les deux pays souverains. Ce fut notamment le travail de  l’ambassadeur Duff-Cooper  (*) en 1944-1947, dont Churchill disait « Duff est parfois plus français que les Français » (Duff-Cooper répliquant que « Churchill est parfois plus américain que les Américains »).

En fait, si l’on observe l’histoire britannique de l’après-guerre, on trouve trois Premiers ministres qui jouèrent un jeu totalement pro-américaniste : McMillan (1956-1964), qui trahit Eden dont il était le ministre des finances avant de le remplacer comme premier ministre,  au moment de l’expédition de Suez en arrangeant secrètement un accord avec les USA ; Margaret Thatcher (1979-1989) et Tony Blair surtout à partir de l’attaque 9/11. Parmi des exemples de politiques divergentes des USA, on mentionnera que même Churchill, lors de son retour au pouvoir (1949-1954), lança après la mort de Staline une politique personnelle de rapprochement avec l’URSS qui contredisait complètement  celle des USA. Eden suivit les Français dans l’expédition de Suez, contre l’avis des USA, et Wilson refusa dans les années 1960 de céder aux pressions US pour envoyer un contingent de forces militaires britanniques au Vietnam (ce qui conduisit la CIA à explorer l’hypothèse d’un Wilson agent de Moscou).

Pour ce qui concerne l’Europe elle-même, l’Europe institutionnelle, l’avertissement d’un tournant  britannique vers “le Grand Large” avec le Brexit, est risible de la part d’un organisme (l’UE) totalement aligné sur les USA, avec un leader (l’Allemagne)à qui est, bien plus qu’aucun autre pays européen (UK compris), une colonie américaniste en Europe, occupée par un contingent de 50 000 G.I. En fait, c’est le Royaume-Uni au sein de l’UE qui travailla clairement comme un agent des USA selon une orientation qui le satisfaisait (UK hostile à une intégration supranationale). Aujourd’hui, UK ne peut plus tenir ce rôle et nous attendons avec intérêt la façon dont l’UE, – Allemagne en tête applaudie par la Pologne, – affirmera son indépendance par rapport aux USA.

Par contre, nous croyons très possible que les Britanniques, n’ayant plus leur travail de termites à faire au sein de l’UE selon leurs intérêts et avec le soutien et les consignes US, retrouvent en politique extérieure des velléités d’indépendance. Après tout, ils sont capables aujourd’hui de dire non aux USA  qui leur demandent d’abandonner le réseau Huawei 5G, symboliquement trois jours avant le Brexit, alors qu’on les dit en état de faiblesse mortelle et totalement sous la coupe des USA.

Nous ne serions pas autrement étonnés si les Britanniques, retrouvant leur politique européenne traditionnelle, craignent une alliance militaire franco-allemande et fassent des ouvertures avantageuses aux Français pour resserrer des liens militaires bilatéraux déjà établis. Cela ne pourrait que satisfaire le bon sens, en évitant aux Français et à ses stratèges de salon et de plateaux TV, européistes fulgurants d’intelligence et de germanolâtrie, une de ces monstrueuses sottises telle que la mise en commun “européenne” de la force nucléaire française. Les Allemands, qui sont en train de rafler tous les postes de direction de l’UE sans le moindre égard pour les autres pays et encore moins pour leurs “partenaires“ français, le réclament avec insistance, – on comprend aisément pourquoi, non ?

Ci-dessous, on trouve le texte de Pierre Lévy, du magazine mensuel Ruptures, du  31 janvier 2020, publié sur RT-françaisen partenariat avec Ruptures

dedefensa.org

Note

(*) Dans le texte référencé, on trouve notamment ce passage :

 « Les réalités que rapporte Duff Cooper, pourtant peu suspect d’hostilité à l’encontre des Américains ne nous disent pas cela[UK irrésistiblement lié aux USA, toujours tournée vers le ‘grand large’ et fascinée par lui”]. Lorsqu’il explique l’hostilité qu’éprouvaient Roosevelt et parfois Churchill à l’encontre de De Gaulle parce que celui-ci réaffirmait sans arrêt la souveraineté française, [Duff Cooper] ne cesse de préciser que ces opinions étaient peu courantes dans les cercles dirigeants britanniques, qu’au contraire l’opinion générale était favorable à de Gaulle dans la mesure où il entendait restaurer la dignité et la puissance française, parce que ce statut restauré de la France était une nécessité de l’Europe d’après-guerre, où les deux pays devraient jouer un rôle majeur.[…]
» …On trouvait les adversaires de l’option européenne (française) dans les branches “techniques” du gouvernement (une partie de la bureaucratie militaire, les services de renseignement, les bureaucraties des ministères du trésor et du commerce) et dans les cercles d’influence pro-américains autour de Churchill… »

________________________

Le Brexit et la trahison du thatchérisme

Historique. Pour une fois, le terme n’est pas galvaudé. Le 31 janvier au soir, le Royaume-Uni aura juridiquement quitté l’Union européenne. Avec la chute du mur de Berlin – mais dans un sens opposé – il s’agit probablement du plus important événement européen depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Dès le référendum, et malgré une suite incroyable d’embûches, sa réalisation ne faisait in fine aucun doute – c’est ce que nous n’avons cessé d’analyser dans ces colonnes.

Le dépit a saisi tous ceux qui ont eu jusqu’au bout l’illusion de pouvoir faire dérailler le processus, moyennant guérilla parlementaire et pression bruxelloise. Quelques jours avant les élections décisives du 12 décembre, qui tournèrent au plébiscite en faveur du Brexit, certains partisans de l’UE affirmaient encore que, grâce à l’inscription récente et massive de jeunes sur les listes électorales, le choix du 23 juin 2016 allait pouvoir être retoqué.

Très cruel paradoxe pour les partisans de l’Europe : la guerre d’usure que menèrent les députés pro-UE à Westminster a bloqué l’accord signé en novembre 2018 entre Bruxelles et Theresa May, alors même que cette dernière avait accepté d’y graver concession sur concession. A l’inverse, en affirmant que la Grande-Bretagne sortirait « quoi qu’il arrive, avec ou sans accord », son successeur a arraché un traité bien plus net et fait voter une application qui concrétise un Brexit bien plus « dur »… Boris Johnson a en outre exclu que les négociations pour fixer le cadre des futures relations bilatérales se traduisent par un « alignement » sur les règles des Vingt-sept.

Le locataire de Downing street a indiqué dans la foulée qu’il ne se rendrait pas à Davos « parce qu’il y a plus urgent à faire que d’aller trinquer avec les milliardaires ». Démagogique ? Peut-être. Mais doit-on également moquer ainsi un programme qui s’engage à réinvestir massivement dans les services publics (notamment la santé), les infrastructures (notamment ferroviaires), et à rééquilibrer les priorités en faveur des régions les plus déshéritées ? Le premier ministre vient même de renflouer un transporteur aérien dont la faillite aurait laissé à l’abandon nombre de liaisons régionales. Une décision contraire aux règles de l’UE – mais aussi une « trahison du thatchérisme », selon le quotidien conservateur The Telegraph.

Boris Johnson s’est-il converti au bolchevisme ? C’est peu probable. Mais au lieu de faire un bras d’honneur aux classes populaires après que celles-ci ont assuré sa victoire, il projette sans doute de s’ancrer à long terme au sein de celles-ci, en profitant du fossé qui s’est creusé entre les ouvriers et une « gauche » favorable à l’UE et à l’ouverture des frontières.

Il faudra juger sur pièces. Ce qui est certain, c’est que le Brexit a et aura des conséquences bien au-delà du Royaume-Uni. Alors que durant des mois, l’on nous a présenté la sortie de l’UE comme une interminable torture sans autre perspective que le chaos, désormais, chaque jour qui passe sans que le pays ne sombre dans l’abîme va constituer un cinglant désaveu de cette propagande.

Le président de la Banque d’Angleterre, le Canadien Mark Carney, avait été l’un des plus acharnés prophètes de l’apocalypse dès la campagne référendaire de 2016. Bougon, il vient de concéder discerner « la réduction des incertitudes », pour affirmer toutefois que le rebond économique « n’est pas assuré ». Ce qui dénote quand même une petite évolution par rapport à la catastrophe certaine… On note au passage que l’homme vient de quitter ses fonctions pour remplacer le milliardaire américain Michael Bloomberg comme représentant de l’ONU pour le climat – un autre poste où il brillera par l’annonce des catastrophes bien connues… 

Donc, on peut sortir de l’UE sans brûler en enfer. Pour les dirigeants européens, cela va devenir une bien fâcheuse évidence. Taraudés par cette angoisse, ils viennent de lancer un processus de « rénovation » de l’UE censé durer deux ans et associant les « citoyens européens » via un « grand débat » à la Macron.

Grandiose !

Pierre Lévy

https://www.dedefensa.org/article/le-grand-large

Brexit: La France ne veut pas d’un «Singapour-sur-Tamise» prévient Jean-Yves Le Drian

Brexit: La France ne veut pas d’un «Singapour-sur-Tamise» prévient Jean-Yves Le Drian

l’Opinion 03 février 2020 à 07h30

Le ministre des Affaires étrangères s’est montré ferme face aux velléités britanniques de dumping social

Jean-Yves Le DrianJean-Yves Le Drian © Sipa PressS’abonner

Les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union européenne s’annoncent sportives. Depuis Londres, Boris Johnson a fait savoir qu’il n’hésiterait pas à faire usage de droits de douane comme levier dans les discussions. Le locataire du Quai d’Orsay, Jean-Yves Le Drian a assuré que la France s’opposerait à tout dumping social de la part du Royaume-Uni. « Si le Royaume-Uni veut établir à l’extérieur de l’Union européenne une espèce de Singapour-sur-Tamise, nous ne serons pas d’accord », a dit le chef de la diplomatie française dimanche 2 février au micro de RTL, lors de l’émission « le Grand Jury ».

Plusieurs pays européens redoutent que le Royaume-Uni, désormais en dehors de l’Union européenne, ne prenne comme modèle économique Singapour, qui a connu une croissance exceptionnelle grâce à une politique de libre-échange total et d’ouverture unilatérale des frontières. L’une des craintes est que Londres devienne, en faisant du dumping social, un paradis fiscal aux portes de l’Europe. « Il faudra pour avoir accès au marché intérieur respecter nos règles », a prévenu Jean-Yves Le Drian.

Velléités. Une réponse ferme au ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab. Le même jour, il a déclaré sur Sky News que le Royaume-Uni reprenait « le contrôle de ses lois et qu’il n’entendait pas s’aligner intégralement sur les règles européennes ». Le chef de la diplomatie britannique a rappelé qu’il attendait de « qu’elle se tienne à son engagement d’un accord de libre-échange semblable à celui avec le Canada », tout en précisant que son pays souhaitait « coopérer ».

Si cette posture ravit les Brexiters, elle risque de renforcer les tensions avec l’Irlande, qui avait majoritairement voté pour rester dans l’Union européenne. Son Premier ministre, Leo Varadkar, a mis en garde dimanche le gouvernement britannique contre des « lignes rouges » trop rigides qui compromettraient un accord au terme de la période de transition. Celle-ci doit s’achever le 31 décembre 2020.

(Avec Reuters)

https://www.lopinion.fr/edition/international/brexit-france-ne-veut-pas-d-singapour-tamise-previent-jean-yves-drian-210449

Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l’Iran sur le nucléaire

urgent

Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l’Iran sur le nucléaire

© Sputnik .INTERNATIONAL12:29 14.01.2020(mis à jour 12:52 14.01.2020)URL courte18650S’abonner

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

«Nous n’avons plus d’autre choix, étant donné les mesures prises par l’Iran, que de faire part aujourd’hui de nos préoccupations quant au fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du JCPoA et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends, conformément aux dispositions du paragraphe 36 du JCPoA», indique un communiqué commun des ministères français, allemand et britannique des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne que, malgré cette décision, les pays «ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran»:

«Nous agissons en toute bonne foi avec l’objectif primordial de préserver l’accord et dans l’espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l’impasse par le biais d’un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre. Nous espérons ramener l’Iran au plein respect de ses engagements au titre du JCPoA».

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042901242-paris-berlin-et-londres-declenchent-un-mecanisme-pour-contraindre-liran-sur-le-nucleaire/

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

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Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019 après sa victoire aux élections

Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019 après sa victoire aux élections1/3© AFP, Ben STANSALLA lire aussi

Cap sur le Brexit pour Boris Johnson, grand vainqueur des élections britanniques

MondeCap sur le Brexit pour Boris Johnson, grand vainqueur des élections britanniquesMondeGrande-Bretagne: le parti du Brexit renonce à disputer les sièges des conservateurs

AFP, publié le vendredi 13 décembre 2019 à 13h48

Brexit, en avant toute ! Le Premier ministre conservateur Boris Johnson s’impose vendredi comme l’homme fort du Royaume-Uni après son triomphe aux législatives qui lui permet d’honorer sa promesse de sortir son pays de l’Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans de déchirements.

Les résultats publiés jusqu’à vendredi matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n’avaient plus exercé un tel contrôle sur le Parlement britannique depuis Margaret Thatcher.

En raflant des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par les travaillistes, les tories ont les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016 mais dans l’impasse.


Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes contre 317 remportés en 2017. Principale formation d’opposition, les travaillistes s’effondrent à 203 sièges (contre 262), plaçant leur très à gauche chef de file Jeremy Corbyn sur un siège éjectable. 

Ce « nouveau mandat fort (…) donne à ce nouveau gouvernement l’occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique », a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un « tremblement de terre » qui redessine le paysage politique britannique, au profit des conservateurs. 

– Accord commercial « lucratif » –

Le slogan « Réalisons le Brexit! », que le bouillonnant dirigeant à la tignasse blonde a répété à l’envi durant sa campagne, a fait mouche auprès des électeurs lassés de plus de trois ans de psychodrame. 

Désormais doté d’une confortable majorité absolue qui lui manquait jusqu’à présent, il ira tout droit à Buckingham Palace pour être renommé Premier ministre par la reine Elizabeth II.

Boris Johnson a été félicité par son fidèle soutien, le président américain Donald Trump, qui lui a promis sur Twitter « un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT », « potentiellement beaucoup plus gros et plus lucratif que n’importe quel accord qui pourrait être conclu avec l’Union européenne ». 

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une « clarification ».

Pour le travailliste Jeremy Corbyn, 70 ans, c’est l’humiliation. « Très déçu », ce dernier a annoncé qu’il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une « réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique ». Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d’Islington nord.

Chef de l’opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l’UE. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l’UE, sans lui-même prendre position.

Les travaillistes ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Un groupe de réflexion avait identifié « l’homme de Workington », un homme blanc, âgé, sans diplôme, pro-Brexit comme l’électeur clé pour remporter le scrutin.

« Les conservateurs représentent désormais de nombreux ménages à faible revenu, des personnes qui travaillent dans les industries manufacturières et traditionnelles du centre et du nord de l’Angleterre », a dit à l’AFP le professeur Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

Jusqu’à présent, Boris Johnson n’avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l’accord de divorce qu’il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes.

Il a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l’objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier, après trois reports. 

Boris Johnson a bénéficié d’un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l’europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s’être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit. 

– Quel lien avec l’UE? –

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s’atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement.

Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l’Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l’UE s’ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d’ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes. 

Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.Pour les pro-UE, l’espoir d’empêcher le Brexit s’est évanoui avec la défaite du Labour et l’échec des libéraux-démocrates, opposés au Brexit, dont la cheffe Jo Swinson n’a pas été réélue. 

Seuls les nationalistes écossais du SNP tirent leur épingle du jeu, progressant nettement à 48 sièges, selon les résultats partiels.

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