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Les chrétiens du Royaume-Uni face au Brexit

Les chrétiens du Royaume-Uni face au Brexit / Hors les Murs

Le Royaume-Uni vit un moment historique dans son rapport à l´Europe. Les tractation politiques du Brexit n´en finissent pas. Comment les chrétiens Britanniques et Irlandais vivent-ils cette situation inédite ? La Rédaction de KTO est partie à Londres, Oxford, Liverpool et Belfast à la rencontre de communautés catholiques et anglicanes. Des représentants de chaque Église partageront leurs questions et leurs convictions sur la manière de vivre cette époque troublée à la lumière de la foi chrétienne.

Diffusé le 22/03/2019 / Durée : 52 minutes

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Les prochains « Hors les Murs » sur KTO

  • 27/03/2019 03:13 : Les chrétiens du Royaume-Uni face au Brexit
  • 27/03/2019 18:40 : Les chrétiens du Royaume-Uni face au Brexit
  • 28/03/2019 05:32 : Les chrétiens du Royaume-Uni face au Brexit
Hors les Murs

Une fois par mois, le vendredi à 20h40.

Présenté par Benjamin Rosier, Stéphanie Dupasquier, Cyril Lepeigneux, Etienne Loraillère ou Philippine de Saint Pierre.

Une émission entièrement tournée dans une ville de France ou à l’étranger, pour être au plus près d’une actualité d’Église. Rythmé par des reportages et des entretiens, ce magazine de 52 minutes vous permet d’être au cœur d’un événement et d’en saisir la portée.

 

http://www.ktotv.com/video/00265907/les-chretiens-du-royaume-uni-face-au-brexit

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Cretinho pour de bon ?

Cretinho pour de bon ?

Publié le 23 Mars 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisMoyen-OrientAmérique latine

Qui pourrait oublier les ondes de choc provoquées par l’élection de Donald Trump à la présidence américaine en novembre 2016 ?

Le système impérial est en pleine crise de nerf : banksters, volaille médiatique, euronouilles et néo-conservateurs sont en émoi. Ce ne sont que sanglots dans la voix, yeux mouillés et regrets éternels.

Après le Brexit, voilà un nouveau coup dur pour l’establishment qui nous assurait pourtant que l’abominable Donald des neiges n’avait aucune chance. Comme pour le Brexit, comme pour le référendum de 2005… A l’Elysée, Flamby n’avait préparé qu’une seule lettre de félicitations (pour Clinton !) tandis que la clique américanisante est sous le choc en Allemagne. Quant à la boboïtude médiatique, n’en parlons pas… Les soutiens internationaux de Clinton, eux, font grise mine et l’on imagine aisément les visages tirés et soucieux à Riyad, Kiev ou Doha.

En un mot comme en cent :

Depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts. Il était prévisible que le Deep State ferait tout pour harceler, pressurer et finalement récupérer l’indélicat occupant de la Maison Blanche, et torpiller le possible rapprochement américano-russe. A plusieurs reprises, nos Chroniques se sont demandées si le Donald s’était couché devant le marais qu’il était censé drainer : démission forcée de Flynn en février 2017, false flagchimique de Khan Cheikhoun et débarquement de Bannon en avril 2017, menaces ubuesques et cyniques contre Assad en juin 2017, nouveau false flag chimique de Douma et nomination du moustachu néo-con Bolton en avril 2018, retrait de l’accord sur le nucléaire iranien et transfert de l’ambassade US à Jérusalem en mai 2018, soumission à la junte ukrano-américaine lors de l’incident de Kertch en décembre 2018, tentative flagrante de putsch au Venezuela depuis janvier 2019, attaques répétées contre le Nord Stream II, multiplications des sanctions contre à peu près tout le monde… Ca fait beaucoup.

Et pourtant, subsistait toujours un doute. Le Donald faisait de la résistance, par exemple en rencontrant (se soumettant à, selon le système impérial) Poutine par deux fois (juillet 2017 et juillet 2018), en insistant plusieurs fois sur un retrait américain de Syrie, ou encore en critiquant sans gants l’OTAN et l’UE.

Faut-il parler au passé de ce regimbement contre l’Etat profond ? Creinho a-t-il définitivement remplacé Donaldinho ? L’évolution récente pousse en ce sens. Trump semble une nouvelle fois (une fois de trop ?) avoir flanché en renonçant au retrait syrien. Certaines rumeurs prétendent qu’un millier de soldats US (la moitié du contingent actuel) resterait dans les zones reprises par les Kurdes à Daech dans l’Est du pays, toujours dans l’optique de couper l’axe chiite, objectif principal de l’empire au Moyen-Orient. A noter tout de même que le général Dunford, chef d’état-major des armées, a réfuté le chiffre, déclarant qu’il n’y avait « aucun changement au plan annoncé en février » et que les militaires continuaient « à mettre en œuvre le plan du président pour n’y laisser qu’une présence résiduelle ». Résiduelle, certes, mais pas absente comme il était prévu initialement. Et le renouvellement de l’aide financière aux inénarrables Casques blancs, « héroïques » selon la terminologie orwellienne de Washington, pourrait indiquer un prochain false flag chimique. Douce coïncidence, ils ont souvent lieu en avril…

La reconnaissance du plateau du Golan comme faisant partie d’Israël n’est pas trumpienne en soi et le Congrès planche déjà sur la question depuis quelques mois. La chose peut d’ailleurs être vue sous deux angles différents : On continue à rogner l’arc chiite en restant en Syrie et on vous donne en plus le Golan ou, au contraire, Prenez le Golan en compensation de notre retrait de la région. Toujours est-il que, si cette annonce a évidemment été reçue avec contentement à Tel Aviv, elle a provoqué un tollé partout ailleurs : Russie, Iran, Chine, Turquie, Tulsi, euronouilles etc., tous s’opposent à cette décision illégale et dangereuse. Les justifications délirantes qui accompagnent l’oukase de Washington – Dieu a envoyé Trump pour sauver Israël de l’Irandixit Pompeo – est représentative des visions eschatologiques des grands empires finissants à travers l’histoire.

Puisque l’on parle de délire, la tragi-comique visite de Bolsonaro aux Etats-Unis figure également en bonne place. Excursion surprise au QG de la CIA, déclarations infantiles du neuneu Ministre de l’économie (« We love Disneyland and Coca Cola ») et surtout, proposition du Donald d’intégrer le Brésil dans l’OTAN ! Pour celui qui, il y a deux ans, pensait sérieusement mettre fin à l’Alliance atlantique, quel retournement de veste… Il y a peu de chance que ce scénario illusoire, d’ailleurs immédiatement remis en cause par les euronouilles (il n’y a que nous, les Européens, qui pouvons être vos vassaux au sein de l’OTAN), aboutisse. En sus des raisons déjà invoquées, il ne prendra pas parmi l’establishment militaire brésilien, passablement énervé par les génuflexions de Bolsonaro devant l’empire et inquiet de l’utilisation du Brésil comme base arrière d’une éventuelle intervention au Venezuela.

Puisque nous en parlons, des bruits font de plus en plus état d’une possible opération militaire américaine contre Maduro. Si tel est le cas, ce qui reste quand même à vérifier, les Follamours du Potomac sont-ils tout à fait sérieux ? Veulent-ils réellement engager l’empire déclinant dans un énième bourbier ? Rien n’est moins sûr, mais le fait même que l’on évoque la possibilité en dit long sur la mue d’un président qui s’était fait élire sur un programme dénonçant les coûteuses et pathétiques guerres de Washington. Les zélotes impériaux de la guerre froide contre Moscou se portent à merveille et claironnent sur tous les toits leur désir d’en découdre, tandis que des pans entiers de l’électorat du Donald, échauffés par ses multiples trahisons, intérieures comme internationales, se détournent de lui.

On en saura plus très bientôt, alors que le point final a été mis au rapport Mueller, censé enquêter sur la supposée collusion entre Trump et Moscou. Rien ne dit qu’il sera rendu public, mais il a été remis à la justiceet ses principales conclusions le seront sans doute au Congrès ces prochaines heures. L’absence de révélations fracassantes ou d’inculpations serait un coup énorme porté au Deep State qui, depuis deux ans, pourrit la présidence du Donald, peut-être ainsi obligé de donner des gages guerriers à son adversaire. Verra-t-on alors un nouveau retournement de veste de la Houppette blonde, revenant aux sentiments relativement pacifistes qui l’habitaient à ses débuts ? Les jours prochains nous en diront plus…

L’Allemagne décroche quand le Royaume-Uni s’accroche malgré le Brexit !

20/03/201904:46

C’est un nouveau mystère : l’économie britannique, à qui presque tous les experts prédisaient l’enfer à la suite du referendum sur le Brexit, résiste toujours alors que l’Allemagne qui faisait figure de maître de l’Europe a frôlé la récession fin 2018. Ce n’est pas une simple histoire de décalage conjoncturel et il faut revenir sur l’ADN même de ces deux économies.

Si le Royaume-Uni résiste, c’est que le grand Londres (près du quart du PIB du pays) est en son cœur La City, tient toujours et reste le poumon financier européen. Bien entendu, des sociétés financières délocalisent mais les départs s’effectuent au compte-gouttes. Selon le cabinet de consultants EY qui interroge 222 entreprises de la City et qui tient le décompte, 7 000 emplois ont été ou vont être déplacés à court terme du centre financier londonien vers l’Union Européenne. En y ajoutant les 2 000 postes que ces sociétés ont créés localement dans les pays de l’UE, le total, de 9 000 personnes, représente seulement 2% des effectifs de la place londonienne. Quant aux actifs transférés, 800 milliards de livres, ils représentent moins de 10% du total. Pas de quoi mettre en péril la suprématie financière de la capitale britannique face à des places comme Paris ou Francfort.

Signe du flegme britannique, le marché de l’immobilier : à Londres, les prix restent suspendus à leurs sommets historiques. Il y a eu, certes un coup d’arrêt à la progression depuis deux ans mais pas de décrochage, pas de ventes paniques et au niveau national, ils continuent de progresser.

Le stoïcisme des habitants se retrouve également dans la résilience de la consommation : depuis le deuxième trimestre 2016, les dépenses des ménages progressent sur une base annuelle comprise entre 1,5 et 2% c’est proche voire au-dessus de la moyenne des 15 dernières années. Et si les Anglais consomment c’est parce les gains de pouvoir d’achat sont là : les hausses de salaires sont fortes et les créations d’emplois nombreuses. En outre, le taux de chômage est collé à 4%, au plus bas depuis février 1975, ce qui incite les ménages à puiser dans leur épargne pour consommer plus. Bref, le modèle de développement britannique que l’on peut qualifier de « globalo-financier », dont les deux clés de voute sont la force de la finance et la surpondération de la consommation, reste encore debout et chancèle à peine. Bien entendu, ce modèle génère des déséquilibres, extérieurs, courants et publics mais pour l’heure, le gouvernement britannique n’a pas de peine à trouver les financements et les taux à 10 ans restent contenus, légèrement supérieurs à 1%, ce qui compte tenu du niveau d’inflation (proche de 3%), est faible.

En revanche, le modèle « mercantiliste » et ultra-excédentaire allemand, qui tire sa force de son industrie ultra-compétitives, bat de l’aile. La thèse de l’accident conjoncturel ne tient plus. Ce n’est pas tant un problème de compétitivité que d’épuisement des débouchés extérieurs émergents, et notamment chinois et leur montée en gamme qui dépasse tous les pronostics. L’exemple de l’automobile est emblématique. Pour la première fois depuis 30 ans, les immatriculations sont en baisse en Chine, car le marché est en partie saturé. Il faut y voir certainement le marqueur du coup d’arrêt du développement de la classe moyenne, un phénomène qui touche tous les émergents, et qui ébranle toute la stratégie allemande de repositionnement sur cet eldorado. Cela a bien évidemment pesé sur le niveau d’activité des sites allemands dont les trois quarts de la production sont destinés à l’export.

Certes, il y a dans l’effondrement soudain de la production de véhicules les conséquences des difficultés de mise en place de nouveaux tests d’homologation imposés par Bruxelles, mais le rattrapage tant espéré n’a pas eu lieu. Tout simplement les automobiles allemandes se vendent moins. Or l’automobile c’est un cinquième de l’industrie allemande et 14% de son PIB, un secteur dans le collimateur de l’administration Trump. Et à cette menace s’ajoute le défi technologique de la révolution électrique. Or parmi les 20 modèles électriques les plus vendus dans le monde, aucun n’est allemand. La spécialisation internationale de l’Allemagne dans les biens d’équipement et l’automobile notamment adaptée aux pays émergents est devenue un handicap.

Résultat, l’industrie allemande est tombée en récession technique fin 2018 avec deux trimestres d’affilés dans le rouge. Ajouter à cela une société allemande de plus en plus fragmentée, le manque de bras, que le filon de l’immigration ne comble plus, le manque d’infrastructures, la fragilité du système bancaire, et maintenant la flambée des prix de l’immobilier qui grève le budget des ménages et l’on comprend mieux pourquoi le piège semble se resserrer sur l’économie allemande quand l’économie britannique, même bousculée par le Brexit, s’en libère.

Mots clés :Europe / Zone euroAllemagneRoyaume-UniMercantilisteGlobalo-financierBritannique

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Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

un avion US transportant une aide humanitaire destinée au Venezuela

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

© AP Photo / Fernando Vergara
International

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Préparant une provocation au Venezuela, les États-Unis continuent de transférer des forces spéciales et du matériel militaire vers les frontières du pays, a indiqué la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Lors d’un point de presse au ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a confirmé que les États-Unis préparaient une provocation à grande échelle au Venezuela afin d’aider l’opposition à renverser le pouvoir légitimé dans le pays.

«Washington est en train de préparer une provocation et il le fait conformément à toutes les règles de la science militaire […]. Nous constatons le transfert de forces spéciales américaines et de matériels militaires plus près du Venezuela», a-t-elle déclaré.

Mme Zakharova a noté que cette provocation, préparée sous la couverture de livraison d’une aide humanitaire américaine au pays, avait pour but de donner un prétexte aux adversaires du pouvoir vénézuélien pour renverser le Président légitime Nicolas Maduro.

«Le déroulement des événements au Venezuela est arrivé à un point critique, tout le monde le comprend. Une dangereuse provocation à grande échelle est prévue pour le 23 février: conduit par Washington, le passage de la frontière vénézuélienne par un soi-disant convoi humanitaire risque de provoquer des affrontements entre partisans et opposants du gouvernement en exercice et donne un prétexte commode pour une action militaire visant à renverser le Président légitime», a ajouté la diplomate.

Livraison d’armes pour l’opposition vénézuélienne

Il n’est pas exclu, a poursuivi Mme Zakharova, que l’opposition vénézuélienne puisse recevoir par l’intermédiaire des États-Unis une importante quantité de matériels militaires en provenance d’un pays d’Europe orientale.

«Selon nos données, des sociétés américaines et leurs alliés de l’Otan envisagent l’achat d’un important lot d’armes et de munitions dans un pays d’Europe orientale en vue de leur transfert aux forces de l’opposition vénézuélienne. Nous parlons de mitrailleuses de gros calibre, de lance-grenades et de lance-roquettes, de systèmes de défense antiaérienne portatifs, de munitions pour armes légères et pour armes d’artillerie à diverses fins. Ceci amène à poser la question de savoir ce qui est entendu par la livraison d’une aide humanitaire», a-t-elle ajouté.

Et d’ajouter:

«Une piste ukrainienne peut être retrouvée dans cette histoire absolument laide. Selon nos informations, l’entreprise Antonov pourrait y être impliquée».

La diplomate a noté que la livraison des armes au Venezuela devrait être effectuée début mars en plusieurs lots à travers un pays voisin avec utilisation des avions de la société de transport international.

Rappelons que l’opposition vénézuélienne avait déclaré que des livraisons d’aide humanitaire en provenance des États-Unis seraient effectuées dans le pays à partir du 23 février. En réponse, Nicolas Maduro a annoncé que l’envoi de cette aide était un «show politique» et un «attrape-nigaud», et que le gouvernement l’empêcherait. Par la suite, les autorités ont fermé la frontière maritime avec les Petites Antilles.

Ce jeudi 21 février, le Président vénézuélien a également annoncé la fermeture de la frontière terrestre avec le Brésil. En outre, il n’a pas exclu la fermeture de la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

La crise politique au Venezuela a éclaté quand l’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice du pays» et a prêté serment au cours d’une manifestation. Donald Trump l’a reconnu comme «Président par intérim».

Une quarantaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, en ont fait de même. La France l’a également reconnu comme «Président en charge». Le Président Nicolas Maduro a qualifié Juan Guaido de pantin des États-Unis.

La Russie, la Chine, la Turquie et plusieurs autres pays ont, quant à eux, soutenu Nicolas Maduro en tant que Président légitime du Venezuela. Le Kremlin a qualifié la décision de certaines nations européennes d’«ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela».

https://fr.sputniknews.com/international/201902221040120323-usa-mascou-troupes-venezuela/

 

Huawei se défend au Royaume-Uni et se dit ouverte à la supervision de l’UE

Huawei se défend au Royaume-Uni et se dit ouverte à la supervision de l’UE

Par Alexandre Boero

Le 09 février 2019
huawei
ArliftAtoz2205 / Shutterstock.com

Le géant chinois réclame de la patience de la part des autorités britanniques. Dans le même temps, il se dit prêt à collaborer avec l’ensemble des gouvernements et parlements européens.

Malmenée depuis plusieurs mois sur fond d’espionnage potentiel pour le compte de Pékin, Huawei poursuit son opération séduction en Europe. Ou plutôt son opération reconquête. La société chinoise doit d’un côté rassurer et répondre aux inquiétudes britanniques, et de l’autre, convaincre l’Union européenne de sa volonté de coopérer en toute transparence. Le but est connu de tous : prouver que Huawei ne menace en rien la sécurité nationale des États.

Huawei demande du temps au Royaume-Uni

En décembre dernier, BT Group, entreprise mère du principal opérateur britannique EE, avait confirmé exclure Huawei de ses appels d’offres pour une grande partie du développement des réseaux 5G. Le National Cyber Security Center (NCSC) avait, pour sa part, émis des réserves sur les produits de Huawei, évoquant des « lacunes ». En réponse, la firme de Shenzhen s’était engagée à investir 2 milliards de dollars pour atténuer sa vulnérabilité en matière de piratage et d’espionnage.

Aujourd’hui, Huawei demande du temps aux autorités britanniques pour se conformer aux exigences en matière de sécurité nationale. Ryan Ding, Président de la branche équipement de la société, a adressé une lettre à la Commission des sciences et des technologies de la Chambre des communes, dans laquelle il indique qu’il s’agit d’un « processus très complexe qui prendra au moins trois à cinq ans pour déboucher sur des résultats tangibles ». Et le dirigeant d’espérer que le gouvernement britannique le comprenne, en rappelant qu‘aucune preuve d’espionnage n’a été rapportée à ce jour.

La cybersécurité, plus un « problème technique » qu’idéologique, pour la firme chinoise

Il n’y a pas qu’avec les Britanniques que Huawei consent à faire d’importants efforts, puisque l’entreprise est ouverte à la supervision des gouvernements de l’Union européenne. Abraham Liu, Représentant principal de Huawei auprès des institutions européennes, a indiqué jeudi à Bruxelles en marge du Nouvel An chinois que « la cybersécurité devrait rester un problème technique plutôt qu’un problème idéologique. Parce que les problèmes techniques peuvent toujours être résolus avec les bonnes solutions, contrairement aux problèmes idéologiques », rapporte l’agence Reuters.

« Nous sommes toujours disposés à accepter la supervision et les suggestions de tous les gouvernements, clients et partenaires européens », ajoute Liu qui, à l’instar de Ryan Ding, rappelle également que les appareils Huawei, passés à la fois dans les mains des opérateurs de télécoms et des régulateurs, n’ont pas causé d’infractions graves à la cybersécurité.

Face à la volonté des États-Unis de convaincre leurs alliés de ne pas utiliser les équipements Huawei, tout n’est pas noir pour la firme chinoise. En France, le Sénat a rejeté mercredi un amendement visant à renforcer les contrôles sur les équipements, tandis que l’Allemagne hésite encore et encourage la mise en place de normes de sécurité encore plus élevées.

Brexit : la faute des banques ?

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ALTERNATIVES ECONOMIQUES N°386 – 01/2019 – 4,90 €

Fractures : la France malade de ses inégalités

Manifestant pro et anti-Brexit, à Londres, le 21 janvier 2019.
PHOTO : ©PLANET Pix/ZUMA-REA
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Royaume-Uni

Brexit : la faute des banques ?

Gilles Raveaud

Parmi les nombreux facteurs qui expliquent le vote en faveur du Brexit, le rôle des banques a jusqu’ici été sous-estimé. La crise bancaire a pourtant joué un rôle décisif dans la colère des Britanniques.

Le Brexit a de nombreuses causes, comme le nationalisme, la défiance vis-à-vis de l’Union européenne, le sentiment de ne pas être écouté, d’être déclassé, de subir des politiques favorables à la City, etc. En particulier, le Royaume-Uni a connu une très forte désindustrialisation depuis les années 1970, en raison de la perte de compétitivité de nombreuses entreprises, de la mondialisation, et de la priorité accordée à la finance depuis Margaret Thatcher. Ainsi, de très nombreux emplois qualifiés et bien rémunérés ont été détruits, tandis que se sont multipliés les « petits boulots » dans les services (sécurité, hôtellerie-restauration, commerces…).

Concernant la décision lors du vote elle-même, nous avions rappelé les travaux de Simon Wren-Lewis, qui montraient qu’une majorité de Britanniques faisaient le lien – infondé – entre immigration et difficultés de leur système de santé. Ils avaient, de ce fait, été nombreux à voter en faveur du Leave dans l’espoir de récupérer les fantasmagoriques 350 millions de livres sterling hebdomadaires promis à l’époque par Simon Johnson.

Mais un autre facteur a été décisif dans la colère des Britanniques : la faillite des banques.

Hécatombe bancaire

On l’oublie car cela ne s’est pas produit en France, mais, au Royaume-Uni, la crise de 2008 a engendré une hécatombe bancaire, à l’image de Northern Rock, en cessation de paiement, ou de Royal Bank of Scotland, qui a dû être nationalisée et dont la valeur en Bourse a chuté de 90 % depuis son point le plus haut. Ainsi, en 2018, dix ans après la crise, les banques britanniques avaient perdu pas moins de 300 000 salariés, soit le tiers de leurs effectifs.

Bien entendu, cette crise bancaire, très semblable à celle des années 1930 dans ses origines, n’est pas née seulement des difficultés connues par le Royaume-Uni en 2008. Elle découle avant tout de la dérégulation enclenchée dans les années 1980, qui a considérablement fragilisé les établissements, en leur permettant de prêter beaucoup plus. Une technique qui, en temps normal, pousse les profits à la hausse grâce à l’effet de levier, mais qui se referme tel un piège lorsque les emprunteurs ne peuvent plus honorer leurs engagements.

Ainsi que l’explique Nicholas Crafts, professeur à l’Université de Warwick, que nous suivons ici, les pertes de produit intérieur brut (PIB) imputables à la crise bancaire seraient de l’ordre de 5 % du PIB. De même, le déficit public structurel fut accru de l’ordre de 6 points de PIB.

L’erreur des gouvernements

Les gouvernements successifs enclenchèrent alors une cure d’austérité, 90 % de l’effort de réduction du déficit passant par des baisses de dépenses, et seulement 10 % par des hausses de recettes. Plus précisément, les dotations aux collectivités locales furent réduites d’un tiers entre 2009 et 2015, entraînant une réduction des dépenses publiques locales par personne comprise entre 6 % et… 46 %, les baisses les plus fortes étant enregistrées dans les lieux les plus défavorisés.

D’économique et sociale, la crise est alors devenue politique, la forte hausse des voix en faveur de l’UKIP (United Kingdom Independence Party) en faisant une « sérieuse menace électorale » pour les conservateurs, qui furent de ce fait poussés à promettre un référendum sur la sortie de l’Union européenne afin de garder leurs électeurs eurosceptiques.

Et l’engrenage fatal s’enclencha en 2015, lorsque les conservateurs, à la surprise de certains, gagnèrent les élections et furent de ce fait contraints de mettre en œuvre leur promesse de référendum. Le point final étant apporté par les mensonges des tenants du Leave, qui firent croire à de nombreux électeurs que le Royaume-Uni allait économiser des milliards de livres sterling en quittant l’Union européenne, et qui surent attiser le sentiment nationaliste et anti-immigrés.

Un bilan catastrophique

Au double coût de la crise bancaire – récession et sauvetage – s’ajoute aujourd’hui le coût du Brexit lui-même, pour un total difficile à estimer, mais qui pourrait dépasser très largement les 10 points de PIB (Nicholas Crafts l’estime entre 8 et 16 points).

Cette histoire met en avant trois failles majeures de politique économique : la dérégulation bancaire (plutôt qu’un contrôle serré sur le crédit et les établissements bancaires) ; un sauvetage des banques financé par fonds publics (plutôt que par leurs actionnaires) ; et une politique de retour à l’équilibre budgétaire quasi entièrement financée par une baisse des dépenses (plutôt que par un équilibre entre baisses des dépenses, pas nécessairement les mêmes, et hausse des recettes).

Autrement dit, comme l’explique Nicholas Crafts, on sait depuis un petit moment que les bénéfices collectifs d’une réduction des effets de levier des banques l’emportent largement sur les coûts. Mais l’histoire du Brexit montre que ces coûts sont encore bien plus élevés que ce que l’on imaginait jusqu’ici.

Réguler plutôt que « sauver »

Comme toujours, ce ne sont pas les dysfonctionnements du capitalisme qui causent directement les catastrophes. Leur origine directe, ce sont les mauvaises « réponses politiques » aux crises économiques. Comme le dit Nicholas Crafts, « sans la politique d’austérité, le Remain aurait probablement gagné ».

Mais, sachant que de telles erreurs risquent fortement de se répéter à l’avenir, l’argumentation en faveur des réglementations qui empêchent les crises de se produire est d’autant plus forte. Car qui aurait pu croire que la crise bancaire britannique allait conduire à un événement d’une aussi grande ampleur que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ?

La France va accélérer les préparatifs pour un Brexit sans accord

La France va accélérer les préparatifs pour un Brexit sans accord


Mercredi 16 Janvier 2019 modifié le Mercredi 16 Janvier 2019 – 11:38


La France va intensifier ses préparatifs pour un Brexit sans accord, après le rejet massif par le Parlement britannique de l’accord de sortie négocié avec Bruxelles, a indiqué mercredi l’Élysée.




Édouard Philippe et Emmanuel Macron

Édouard Philippe et Emmanuel Macron
Le Premier ministre Édouard Philippe réunira jeudi matin « les principaux ministres concernés pour faire le point sur les préparatifs et les accélérer », a précisé la présidence. Cette réunion avait été planifiée avant le vote britannique, dans le cadre des préparatifs menés depuis plusieurs mois en vue du Brexit, prévu le 29 mars.

Avec le rejet de l’accord par une grande majorité de députés britanniques, « les risques d’un +No deal+ se sont accrus hier ». Un tel scenario « serait très négatif pour le Royaume-Uni » et « serait mauvais pour l’Europe, et pour la France, qui est la porte d’entrée » d’une bonne partie des flux entre la Grande-Bretagne et le reste de l’Europe, indique l’Elysée.

Un projet de loi préparant la France à toute forme que prendrait la sortie du Royaume-Uni de l’UE doit être adopté d’ici la fin de la semaine par le Parlement. Ce texte, sur lequel députés et sénateurs se sont accordés fin 2018, habilite le gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a également appelé mercredi les entreprises françaises à se préparer au « pire scénario » car « le vote d’hier ajoute de l’incertitude à l’incertitude ».

Mercredi 16 Janvier 2019 – 11:34


Re-Colonisation

Re-Colonisation

Pour Thierry Meyssan, une des conséquences de la fin successive du monde bipolaire et du monde unipolaire est le rétablissement des projets coloniaux. Successivement, des dirigeants français, turcs et anglais ont publiquement déclaré le retour de leurs ambitions. Reste à savoir quelles formes elles pourraient prendre au XXIème siècle.

| Damas (Syrie)

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L’Empire britannique sur lequel le soleil ne se couche jamais

L’empire français

Depuis une décennie, nous avons relevé, comme une incongruité, la volonté française de rétablir son autorité sur ses anciennes colonies. C’était la logique de la nomination par le président Nicolas Sarkozy de Bernard Kouchner comme ministre des Affaires étrangères. Il substitua la notion anglo-saxonne de « Droits de l’homme » à celle des Révolutionnaires français de « Droits de l’homme et du citoyen » [1]. Plus tard, son ami, le président François Hollande déclara, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, qu’il était temps de rétablir un mandat sur la Syrie. C’est encore plus clairement que le petit neveu de l’ambassadeur François George-Picot (celui des accords Sykes-Picot), l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, en parla. Et c’est évidemment de cette manière qu’il faut comprendre la volonté du président Emmanuel Macron de continuer la guerre contre la Syrie, sans les États-Unis.

Il y a toujours eu en France un « parti colonial » qui traversait les partis politiques et agissait comme un lobby au service de la classe possédante. Comme à chaque période où il devient difficile à des capitalistes sans scrupules d’écraser la main d’œuvre nationale, le mythe de la conquête coloniale ressurgit. Si les « Gilets jaunes » se révoltent, alors poursuivons « l’exploitation de l’homme par l’homme » sur le dos des Syriens.

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L’empire français « apporte » la civilisation

Jadis cette forme de domination se cachait, selon les mots de Jules Ferry —sous les auspices duquel François Hollande consacra son mandat [2]—, derrière « le devoir d’apporter la civilisation ». Aujourd’hui, elle vise à protéger les peuples dont les élus sont qualifiés de « dictateurs ».

La France n’est pas la seule ancienne puissance coloniale a réagir ainsi. La Turquie n’a pas tardé à suivre.

L’empire ottoman

Trois mois après la tentative d’assassinat et le coup d’État avorté de juillet 2016, le président Recep Tayyip Erdoğan prononçait le discours inaugural de l’université qui porte son nom (RTEÜ). Il dressait alors un aperçu des ambitions de la République turque depuis sa création et de celles de son nouveau régime [3]. Faisant explicitement référence au « Serment national » (Misak-ı Millî) [4], adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920, il justifiait son irrédentisme.

Ce serment, qui fonde le passage de l’Empire ottoman à la République turque, revendique les territoire du Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse) [5], de tout Chypre, du Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et du Nord de l’Iraq (y compris Mossoul).

Actuellement l’empire en re-formation occupe déjà le Nord de Chypre (la pseudo « République turque de Chypre du Nord »), le Nord-Ouest de la Syrie et une petite partie de l’Iraq. Pour toutes ces zones, où la langue et la monnaie turques s’appliquent, un préfet (« wali ») a été nommé dont le bureau se trouve au Palais blanc d’Ankara.

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L’empire ottoman se fonde sur l’ignorance de ses sujets. Il a fermé les écoles du monde arabe.

L’empire britannique

Le Royaume-Uni, quant à lui, hésite depuis deux ans sur son avenir après le Bréxit.

Peu après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre Theresa May s’était rendue aux États-Unis. S’adressant aux responsables du Parti républicain, elle avait proposé de rétablir le leadership anglo-saxon sur le reste du monde [6]. Mais le président Trump avait été élu pour liquider les rêves impériaux, pas pour les partager.

Déçue, Theresa May voyagea en Chine pour proposer au président Xi Jinping de contrôler avec lui les échanges internationaux. La City, disait-elle, est prête à assurer la convertibilité des monnaies occidentales en Yuan [7]. Mais le président Xi n’avait pas été élu pour faire affaire avec l’héritière de la puissance qui démantela son pays et lui imposa la guerre de l’opium.

Theresa May tenta une troisième formule avec le Commonwealth [8]. Certaines des anciennes colonies de la Couronne, comme l’Inde, connaissent aujourd’hui une forte croissance et pourraient devenir de précieux partenaires commerciaux. Symboliquement le dauphin de la Couronne, le prince Charles, fut porté à la présidence de cette association. Madame May annonça que l’on allait enfin se diriger vers un Royaume-Uni global (Global Britain)

Dans un entretien au Sunday Telegraph du 30 décembre 2018, le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a dressé son analyse de la situation. Depuis le fiasco du Canal de Suez, en 1956, le Royaume-Uni mène une politique de décolonisation et retire ses troupes du reste du monde. Il ne conserve aujourd’hui de bases militaires permanentes qu’à Gibraltar, à Chypre, à Diego Garcia et aux Malouines (« Falklands » selon leur dénomination impériale). Depuis 63 ans, Londres se tourne vers l’Union européenne, que Winston Churchill a imaginé, mais à laquelle il ne pensait pas initialement que l’Angleterre adhérerait. Le Brexit « déchire cette politique ». Désormais, « le Royaume-Uni est de retour en tant que puissance globale ».

D’ores et déjà Londres envisage d’ouvrir deux bases militaires permanentes. La première devrait être en Asie (à Singapour ou à Brunei), la seconde en Amérique latine. Probablement au Guyana de manière à participer à la nouvelle étape de la stratégie Rumsfeld-Cebrowski de destruction des régions du monde non-connectées à la globalisation. Après les « Grands lacs africains », le « Moyen-Orient élargi », le « Bassin des Caraïbes ». La guerre commencerait avec une invasion du Venezuela par la Colombie (pro-US), le Brésil (pro-Israélien) et le Guyana (pro-Britannique).

Ne s’embarrassant pas du discours lénifiant des Français, les Anglais édifièrent un empire avec le concours de multinationales au service desquelles ils placèrent leur armée. Ils divisèrent le monde en deux, résumé par ce titre : le souverain était roi d’Angleterre (donc soumis ici à la tradition politique) et empereur des Indes (c’est-à-dire succédant à la Compagnie privée des Indes et pur autocrate là-bas).

La décolonisation était un corolaire de la Guerre froide. Elle a été imposée aux États d’Europe occidentale par le duopole des USA et de l’URSS. Elle s’est maintenue durant le monde unipolaire, mais ne rencontre plus d’obstacle depuis le retrait états-unien du « Moyen-Orient élargi ».

Il est difficile d’anticiper quelle forme la colonisation future prendra. Jadis, elle était rendue possible par d’importantes différences de niveau d’éducation. Mais aujourd’hui ?

Documents joints

[1] La différence des deux furent le principal sujet de débats durant la Révolution française. Leur incompatibilité fut notamment le thème du livre éponyme de Thomas Paine, le plus vendu durant la Révolution.

[2] « La France selon François Hollande », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 juillet 2012.

[3] « La stratégie militaire de la nouvelle Turquie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 octobre 2017.

[4] « Serment national turc », Réseau Voltaire, 28 janvier 1920.

[5] « La Turquie annonce préparer l’invasion de la Grèce », Réseau Voltaire, 20 février 2018.

[6] “Theresa May addresses US Republican leaders”, by Theresa May, Voltaire Network, 27 January 2017.

[7] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

[8] « La nouvelle politique étrangère britannique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juillet 2016.

https://www.voltairenet.org/article204637.html

Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique

La Première ministre britannique Theresa May devant les députés, le 14 janvier 2019 à Londres (capture d’écran/ AFP Photo/PRU) © PRU/AFP HO

International

Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique

le 15 janvier 2019

Le sort du Brexit est suspendu au vote mardi des députés britanniques, qui se prononceront dans la soirée sur l’accord de divorce conclu avec Bruxelles, une défaite « historique » étant annoncée pour la Première ministre Theresa May.

Celle-ci a déployé tous ses efforts pour tenter de convaincre les députés, les prévenant qu’en cas de rejet du texte, le pays entrera « en territoire inconnu », et pourrait sortir sans accord ou même rester dans l’UE.

Mardi, les tabloïds pro-Brexit suppliaient les députés de soutenir l’accord. « Mettez vos préjugés de côté et donnez la priorité à votre pays », implorait Daily Mail.

Si les députés se prononcent en faveur du texte, le Brexit sera effectif le 29 mars à 23H00 GMT, et Londres et Bruxelles commenceront à discuter de leur future relation commerciale après une période de transition prévue pour durer jusque fin 2020 et censée adoucir la rupture après 40 ans de mariage.

Mais la presse britannique prédisait une déroute massive pour la Première ministre. « May se prépare à une défaite historique » pour le Times, elle n’ a « plus d’alliés et plus de temps », constate le Telegraph. « Nous regrettons de devoir nous opposer à une Première ministre Tory », écrit le Telegraph, quotidien de droite. « Mais ce serait une erreur historique que les députés approuvent cet accord épouvantable. »

Le Daily Mirror, classé à gauche, conseille à la cheffe du gouvernement de « commencer à chercher un Plan B », alors qu’elle s’apprête à connaître « une des plus écrasantes défaites au Parlement ».

Le vote, prévu à partir de 19H00 GMT, intervient après une période de turbulences dans la classe politique britannique. Celle-ci a été incapable de se mettre d’accord sur quel Brexit mettre en oeuvre, entre partisans d’une rupture nette et ceux qui souhaitent au contraire le maintien de liens étroits.

– « Rien n’a changé » –

Initialement prévu en décembre, le vote avait été reporté à la dernière minute par Mme May pour éviter une défaite annoncée et se laisser le temps d’obtenir des « assurances » supplémentaires de la part des dirigeants européens.

Ceux-ci ont affirmé que l’UE « ne souhaite pas » que la disposition controversée du « filet de sécurité » (ou « backstop » en anglais) entre en vigueur, dans une lettre publiée lundi.

Cette option de dernier recours prévoit de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, si aucune solution alternative n’était trouvée à l’issue de la période de transition. Elle est particulièrement décriée par les « Brexiters », qui y voient une forme d’amarrage indéfini à l’UE.

Mais les garanties européennes n’ont pas convaincu le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien est indispensable à Theresa May pour disposer d’une majorité absolue au Parlement. Pour ce parti, le projet d’accord menace l’intégrité économique et politique du Royaume-Uni.

« Nous ne laisserons pas des bureaucrates à Bruxelles nous séparer du reste du Royaume-Uni », a dit Sammy Wilson, chargé du Brexit au sein du DUP, à BBC Newsnight.

Pour le Labour comme pour les libéraux-démocrates et les nationalistes écossais du SNP, « rien n’a changé ».

Une partie du Parti conservateur reste aussi fortement opposée à l’accord négocié par leur cheffe.

La cheffe des conservateurs a prévenu son camp des risques de perdre le pouvoir au profit au Labour, qui compte déposer une motion de censure pour déclencher des élections législatives anticipées en cas d’échec du texte au Parlement.

– « Extension possible » –

Theresa May devrait s’exprimer après le vote.

Ce sera « difficile pour elle de continuer » à son poste, si elle perd par plus de cent voix, a dit une source ministérielle au Telegraph.

Mais pour la ministre des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, la cheffe du gouvernement n’a pas l’intention de jeter l’éponge. Elle « restera déterminée à mettre en oeuvre cet accord », a dit Mme Leadsom à BBC Newsnight.

Face à l’hostilité des députés, la dirigeante britannique n’a pas pu écarter totalement l’hypothèse d’un report de la date du Brexit.

Cette éventualité, de plus en plus évoquée par des députés britanniques, bénéficierait de soutiens côté européen.

À Strasbourg, plus de 100 députés européens se sont engagés lundi à soutenir un report de la date si le Royaume-Uni le réclame, si cela peut éviter un divorce sans accord, dans un courrier destiné aux Britanniques.

LNT avec Afp

https://lnt.ma/sort-brexit-suspendu-vote-parlement-britannique/

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.