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Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l'Iran sur le nucléaire

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Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l’Iran sur le nucléaire

© Sputnik .INTERNATIONAL12:29 14.01.2020(mis à jour 12:52 14.01.2020)URL courte18650S’abonner

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

«Nous n’avons plus d’autre choix, étant donné les mesures prises par l’Iran, que de faire part aujourd’hui de nos préoccupations quant au fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du JCPoA et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends, conformément aux dispositions du paragraphe 36 du JCPoA», indique un communiqué commun des ministères français, allemand et britannique des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne que, malgré cette décision, les pays «ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran»:

«Nous agissons en toute bonne foi avec l’objectif primordial de préserver l’accord et dans l’espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l’impasse par le biais d’un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre. Nous espérons ramener l’Iran au plein respect de ses engagements au titre du JCPoA».

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042901242-paris-berlin-et-londres-declenchent-un-mecanisme-pour-contraindre-liran-sur-le-nucleaire/

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

Victoire triomphale de Boris Johnson et du Brexit aux législatives britanniques

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Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019 après sa victoire aux élections

Le Premier ministre Boris Johnson quitte le 10 Downing Street à Londres le 13 décembre 2019 après sa victoire aux élections1/3© AFP, Ben STANSALLA lire aussi

Cap sur le Brexit pour Boris Johnson, grand vainqueur des élections britanniques

MondeCap sur le Brexit pour Boris Johnson, grand vainqueur des élections britanniquesMondeGrande-Bretagne: le parti du Brexit renonce à disputer les sièges des conservateurs

AFP, publié le vendredi 13 décembre 2019 à 13h48

Brexit, en avant toute ! Le Premier ministre conservateur Boris Johnson s’impose vendredi comme l’homme fort du Royaume-Uni après son triomphe aux législatives qui lui permet d’honorer sa promesse de sortir son pays de l’Union européenne le 31 janvier, après plus de trois ans de déchirements.

Les résultats publiés jusqu’à vendredi matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n’avaient plus exercé un tel contrôle sur le Parlement britannique depuis Margaret Thatcher.

En raflant des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par les travaillistes, les tories ont les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016 mais dans l’impasse.


Après dépouillement dans 647 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait raflé 362 sièges à la Chambre des communes contre 317 remportés en 2017. Principale formation d’opposition, les travaillistes s’effondrent à 203 sièges (contre 262), plaçant leur très à gauche chef de file Jeremy Corbyn sur un siège éjectable. 

Ce « nouveau mandat fort (…) donne à ce nouveau gouvernement l’occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique », a souligné Boris Johnson. Il a évoqué un « tremblement de terre » qui redessine le paysage politique britannique, au profit des conservateurs. 

– Accord commercial « lucratif » –

Le slogan « Réalisons le Brexit! », que le bouillonnant dirigeant à la tignasse blonde a répété à l’envi durant sa campagne, a fait mouche auprès des électeurs lassés de plus de trois ans de psychodrame. 

Désormais doté d’une confortable majorité absolue qui lui manquait jusqu’à présent, il ira tout droit à Buckingham Palace pour être renommé Premier ministre par la reine Elizabeth II.

Boris Johnson a été félicité par son fidèle soutien, le président américain Donald Trump, qui lui a promis sur Twitter « un énorme nouvel accord commercial après le BREXIT », « potentiellement beaucoup plus gros et plus lucratif que n’importe quel accord qui pourrait être conclu avec l’Union européenne ». 

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une « clarification ».

Pour le travailliste Jeremy Corbyn, 70 ans, c’est l’humiliation. « Très déçu », ce dernier a annoncé qu’il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une « réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique ». Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d’Islington nord.

Chef de l’opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l’UE. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l’UE, sans lui-même prendre position.

Les travaillistes ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Un groupe de réflexion avait identifié « l’homme de Workington », un homme blanc, âgé, sans diplôme, pro-Brexit comme l’électeur clé pour remporter le scrutin.

« Les conservateurs représentent désormais de nombreux ménages à faible revenu, des personnes qui travaillent dans les industries manufacturières et traditionnelles du centre et du nord de l’Angleterre », a dit à l’AFP le professeur Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

Jusqu’à présent, Boris Johnson n’avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l’accord de divorce qu’il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes.

Il a promis de soumettre cet accord aux députés avant Noël avec l’objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier, après trois reports. 

Boris Johnson a bénéficié d’un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l’europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s’être retiré de nombreuses circonscriptions pour ne pas diviser le vote pro-Brexit. 

– Quel lien avec l’UE? –

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s’atteler aux « priorités » des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, a affirmé le chef de gouvernement.

Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l’Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l’UE s’ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d’ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes. 

Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.Pour les pro-UE, l’espoir d’empêcher le Brexit s’est évanoui avec la défaite du Labour et l’échec des libéraux-démocrates, opposés au Brexit, dont la cheffe Jo Swinson n’a pas été réélue. 

Seuls les nationalistes écossais du SNP tirent leur épingle du jeu, progressant nettement à 48 sièges, selon les résultats partiels.

https://actu.orange.fr/monde/victoire-triomphale-de-boris-johnson-et-du-brexit-aux-legislatives-britanniques-CNT000001m50tM/photos/le-premier-ministre-boris-johnson-quitte-le-10-downing-street-a-londres-le-13-decembre-2019-apres-sa-victoire-aux-elections-8f7d1989029c583b672c520df18f2561.html 

La France manipulée

« SOUS NOS YEUX » (9/25)

La France manipulée

par Thierry Meyssan

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, Sous nos yeux. Dans cet épisode, l’auteur montre que la France post-coloniale a été recrutée par le Royaume-Uni et les États-Unis pour se joindre aux guerres contre la Libye et la Syrie, sans que ces deux puissances l’informent sur leur projet de « printemps arabe ». Accaparés par les détournements de fonds auxquels ils se livraient, les dirigeants français n’ont rien vu venir. Lorsqu’ils ont réalisé être tenus à l’écart de la planification, leur réaction a été purement communicationnelle : ils ont tenté d’apparaître comme les amiraux de l’opération, sans se préoccuper des conséquences des agissements de leurs partenaires.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 6 DÉCEMBRE 2019 TÜRKÇEITALIANO

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Cet article est extrait du livre Sous nos yeux.
Voir la Table des matières.

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Le Royaume-Uni a manipulé la France en l’entraînant dans ses aventures au Moyen-Orient élargi sans lui révéler l’opération qu’elle y préparait avec les États-Unis depuis 2005.

18— La préparation des invasions
de la Libye et de la Syrie

Avant même sa confirmation par le Sénat, la future secrétaire d’État Hillary Clinton contacte Londres et Paris pour mener une double opération militaire au «  Moyen-Orient élargi  ». Après le fiasco irakien, Washington considère comme impossible d’utiliser ses propres troupes pour ce genre d’aventure. D’un point de vue états-unien, le moment est venu de remodeler la région, c’est-à-dire de redessiner les États dont les frontières avaient été fixées en 1916 par les empires anglais, français et russe (la «  Triple entente  ») et d’imposer des lignes favorables aux intérêts US. Cet accord est connu sous le nom des délégués britannique et français Sykes et Picot (le nom de l’ambassadeur Sazonov a été oublié du fait de la révolution russe). Mais comment convaincre Londres et Paris de ruiner leur héritage, sinon en leur promettant de les laisser recoloniser la région  ? D’où la théorie du «  leadership par l’arrière  ». Cette stratégie est confirmée par l’ancien ministre mitterrandien des Affaires étrangères, Roland Dumas, qui attestera à la télévision avoir été contacté par des Britanniques et des États-uniens, en 2009, pour savoir si l’opposition française soutiendrait un nouveau projet colonial.

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À l’instigation des États-Unis, la France et le Royaume-Uni signent les accords de Lancaster House. Une clause secrète prévoit de conquérir la Libye et la Syrie. L’opinion publique ignore cependant l’accord entre Londres et Washington sur les futurs « printemps arabes ».

En novembre 2010, c’est-à-dire avant le début du prétendu «  Printemps arabe  », David Cameron et Nicolas Sarkozy signent à Londres les Traités de Lancaster House [1]. Il s’agit officiellement de mettre en commun des éléments de Défense, y compris nucléaires, de manière à réaliser des économies d’échelle. Bien que ce soit une idée stupide au regard de la différence d’intérêts des deux pays, l’opinion publique ne comprend pas ce qui se trame. L’un des Traités unit les «  forces de projection  » (comprendre les forces coloniales) des deux nations.

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Opération « Southern Mistral » : l’étrange logo du Commandement des opérations aériennes. Le rétiaire ne protège pas l’oiseau de la liberté, mais le fait prisonnier dans son filet.

Une annexe de ces Traités indique que la Force expéditionnaire franco-britannique réalisera les plus importantes manœuvres militaires conjointes de l’histoire des deux pays du 15 au 25 mars 2011, sous le nom de «  Southern Mistral  ». Le site Internet de la Défense précise que le scénario du jeu de guerre sera un bombardement à très grande distance pour venir en aide aux populations menacées par «  deux dictateurs de la Méditerranée  ».

C’est précisément le 21 mars que l’US AfriCom et l’US CentCom – les commandements régionaux des Forces états-uniennes – ont choisi comme date pour que la France et le Royaume-Uni attaquent à la fois la Libye et la Syrie [2]. Cela tombe bien, les Forces franco-britanniques sont prêtes. Comme les choses ne se passent jamais comme prévu, la guerre contre la Syrie est remise à un peu plus tard, et Nicolas Sarkozy qui veut frapper en premier ordonne à son armée d’attaquer seule la Libye dès le 19 mars, lors de l’opération «  Harmattan  » (traduction française de Southern Mistral).

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L’ex compagnon de Kadhafi, Nouri Massoud El-Mesmari, a fait défection le 21 octobre 2010. Il s’est placé sous protection des services secrets français prétendant connaître les secrets du Guide.

La France croit disposer d’un atout maître  : le chef du protocole libyen, Nouri Massoud El-Mesmari, a fait défection et a demandé asile à Paris. Sarkozy est persuadé que l’homme était le confident du colonel Kadhafi et peut l’aider à identifier ceux qui sont prêts à le trahir. Malheureusement, ce beau parleur tenait l’agenda du Guide, mais n’assistait pas aux réunions [3].

Quelques jours après la signature des Traités de Lancaster House, une délégation commerciale française se rend à la Foire de Benghazi avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, de Cargill et de Conagra. Sur place, les agents de la DGSE qui les accompagnent rencontrent secrètement des militaires pour préparer un coup d’État.

Prévenu par les États-Unis, Tripoli arrête les traîtres, le 22 janvier 2011. Les Libyens s’imaginent protégés par leur nouvelle alliance avec Washington, alors qu’il se prépare à leur apporter la mort. Les Français, quant à eux, doivent retourner dans l’ombre du Grand frère US.

Pendant que les Français s’occupent de préparer l’invasion de la Libye, les États-uniens lancent leur opération avec les Britanniques. Elle est beaucoup plus vaste que ce qu’ils en ont dit à leur agent Sarkozy. Il ne s’agit pas simplement de renverser Mouammar el-Kadhafi et Bachar el-Assad, comme ils le lui ont fait croire, mais tous les gouvernements laïcs et de les remplacer par les Frères musulmans. Ils commencent donc avec les États amis (Tunisie et Égypte), laissant les Britanniques et les Français s’occuper des ennemis (Libye et Syrie).

Le premier coup part en Tunisie. En réponse à la tentative de suicide d’un marchand de rue, Mohamed el-Bouzazi, le 17 décembre 2010, des manifestations se succèdent contre les abus de la police, puis contre le gouvernement. La France qui croit à leur spontanéité se propose pour équiper la police tunisienne en matériel anti-émeute.

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Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie, ignorant le projet anglo-saxon des « printemps arabes », négocient avec la famille du président Ben Ali la vente d’un avion officiel qu’ils ont détourné, pendant que la « révolution de jasmin » débute en Tunisie.

Nicolas Sarkozy et sa ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, ont toute confiance en Ben Ali avec qui ils font des «  affaires  » personnelles. Après s’être fait construire et équiper un Airbus A330 comme super avion présidentiel, ils ont revendu les deux anciens aéronefs destinés aux voyages officiels. L’un des A319 CJ a été discrètement retiré des inventaires et cédé à la société tunisienne Karthago Airlines, propriété d’Aziz Miled et de Belhassen Trabelsi (frère de Mme Ben Ali) [4]. Nul ne sait quel est l’heureux bénéficiaire de cette transaction. Après la fuite du Président Ben Ali, l’avion sera récupéré et vendu à une société de jeux à Singapour, puis à la Turquie.

Tout occupés à protéger leur receleur, Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie tombent des nues lorsque le Président Ben Ali demande à atterrir à Paris et à s’y réfugier. L’Élysée a juste le temps d’annuler l’envoi d’un avion-cargo transportant le matériel de maintien de l’ordre promis qui patiente sur le tarmac en raison de lenteurs dans les formalités de dédouanement et de renvoyer l’appareil du Président déchu hors de son espace aérien.

Pendant ce temps, en Égypte, l’ingénieur informatique Ahmed Maher et la bloggeuse islamiste Israa Abdel Fattah appellent à manifester contre le Président Hosni Moubarak, le 25 janvier 2011, «  jour de colère  ».

Immédiatement soutenus par la télévision qatarie Al-Jazeera et par les Frères musulmans, ils lancent un mouvement qui, avec l’aide des «  ONG  » de la CIA, déstabilise le régime. Les manifestations se succèdent chaque vendredi à la sortie des mosquées à partir du 28 janvier, encadrées par les Serbes que Gene Sharp, le faiseur de «  révolutions colorées  », a formés. En définitive Nicolas Sarkozy apprend le 11 février par un coup de téléphone de son beau-père, l’ambassadeur US Frank Wisner Jr que, sur instruction de la Maison-Blanche, il a convaincu le général Moubarak de se retirer.

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Venu participer au Caire à la réunion de lancement des printemps arabes en Libye et en Syrie par la CIA, le lobbyiste Bernard-Henri Lévy (dit « BHL ») prend la pose sur la place Tahrir.

La CIA organise alors une réunion secrète au Caire à laquelle le Président Sarkozy envoie une délégation incluant le lobbyiste Bernard-Henri Lévy, un ancien amant de Carla Bruni et de Ségolène Royal. Le Frère musulman Mahmoud Jibril, qui est le n°2 du gouvernement libyen en entrant dans la pièce, devient le leader de «  l’opposition au tyran  » en sortant. Parmi les Syriens présents, se trouvent notamment Malik Al-Abdeh (un ancien de la BBC qui créa BaradaTV avec l’argent de la CIA et du département d’État) et Ammar Qurabi (membre d’une kyrielle d’associations de défense des Droits de l’Homme et créateur d’OrientTV) [5].

Les guerres contre la Libye et contre la Syrie viennent de commencer.

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Apparaissant sur la place verte, le 25 février 2011, Mouammar Kadhafi dénonce une attaque de son pays par les terroristes d’Al-Qaïda. Lyrique, il proclame fièrement qu’il se battra jusqu’au bout contre eux avec son peuple, quitte à faire couler des « rivières de sang » et à se sacrifier lui-même. Il annonce une distribution d’armes aux citoyens pour défendre la patrie en danger. La propagande atlantiste va l’accuser de vouloir faire couler le sang de son peuple.

19— Le début de la guerre contre la Libye

La presse occidentale assure que la police libyenne a dispersé une manifestation à Benghazi, le 16 février 2011, en tirant sur la foule. Depuis, le pays se soulève, poursuit-elle, et les autorités tirent sur tout ce qui bouge. Pressentant le possible retour de l’esclavage, 200 000 travailleurs immigrés tentent de fuir le pays et les télévisions les montrent attendant aux postes frontières. Mouammar Kadhafi apparaît trois fois à l’écran. Il dénonce une opération mise en œuvre par Al-Qaïda et déclare être prêt à mourir en martyr. Puis, il annonce la distribution d’armes à la population pour faire couler des «  rivières de sang  », exterminer ces «  rats  » et protéger le pays. Sorties de leur contexte, les phrases du Guide sont diffusées par les chaînes occidentales qui les interprètent comme annonçant non pas la lutte contre le terrorisme, mais la répression d’une hypothétique révolution.

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Pris de panique, les ouvriers noirs de l’Est de la Libye tentent de fuir avant que la Jamahiriya soit renversée. Ils sont persuadés que si les Occidentaux rétablissent l’Ancien régime, ils seront réduits en esclavage. Selon l’Onu ils sont des dizaines de milliers à se précipiter aux frontières.

À Genève, le 25 février, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU écoute avec effroi les témoignages de la Ligue libyenne des Droits de l’Homme. Le dictateur est devenu fou et «  massacre son propre peuple  ». L’ambassadeur du Pakistan dénonce l’abus de la force. Soudain, la délégation officielle libyenne entre dans la salle, valide les témoignages entendus et se déclare solidaire de ses concitoyens face au dictateur. Une résolution est adoptée et transmise au Conseil de sécurité [6]. Celui-ci adopte immédiatement la Résolution 1970 [7] – sous le chapitre VII de la Charte qui autorise l’emploi de la force – étrangement prête depuis plusieurs jours. Il saisit la Cour pénale internationale et place la Libye sous embargo. Cette dernière mesure est immédiatement reprise et élargie par l’Union européenne. Allant plus loin que les autres Occidentaux, le Président Sarkozy déclare  : «  Kadhafi doit partir  !  »

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L’ancien ministre de la Justice, Moustafa Abdel Jalil (ici avec BHL) , qui avait fait torturer les infirmières bulgares, devient chef du Gouvernement provisoire.

Le 27 février, les insurgés de Benghazi fondent le Conseil national libyen de transition (CNLT), tandis que quittant Tripoli le ministre de la Justice, Moustafa Abdel Jalil, crée un Gouvernement provisoire. Ces deux instances, contrôlées par les Frères musulmans, fusionnent donnant l’impression d’une unité nationale. Immédiatement, des drapeaux de l’ancien roi Idriss fleurissent à Benghazi [8]. Depuis Londres, son fils, S.A. Mohamed Senussi, se déclare prêt à régner.

Abdel Jalil ne parvenant pas à convaincre tous les membres du CNLT de faire appel aux Occidentaux, il fait nommer un Comité de crise disposant des pleins pouvoirs et présidé par l’ancien numéro 2 du gouvernement de Kadhafi, Mahmoud Jibril, de retour du Caire.

À Paris, on admire la manière dont Washington gère les événements. Pourtant, contredisant les informations en provenance de Benghazi et des Nations Unies, les diplomates et les journalistes présents à Tripoli assurent ne rien voir qui évoque une révolution. Mais peu importe la vérité, pourvu que les apparences soient favorables. Ainsi, le «  philosophe  » Bernard-Henri Lévy persuade les Français de la justesse de la cause en assurant avoir convaincu lui-même le Président de la République de s’engager pour la liberté après avoir rencontré des «  révolutionnaires  » libyens.

L’armée française vient chercher Mahmoud Jibril et l’amène à Strasbourg où il plaide pour une intervention «  humanitaire  » occidentale devant le Parlement européen. Le 10 mars, Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron écrivent au Président de l’Union européenne pour lui demander de reconnaître le CNLT à la place du «  régime  » et pour instaurer une zone d’exclusion aérienne [9]. Parfaitement coordonnés, le député écologiste français Daniel Cohn-Bendit (l’agent d’influence de Mai 68) et le libéral belge Guy Verhofstadt font adopter le même jour par le Parlement européen une résolution dénonçant le «  régime  » de Kadhafi et appelant à prendre le contrôle de l’espace aérien libyen pour protéger la population civile de la répression du dictateur [10]. Le même jour encore, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, annonce travailler sur les moyens techniques nécessaires pour mettre en œuvre cette exclusion aérienne.

Le 12 mars, la Ligue arabe vote en faveur de la zone d’exclusion aérienne malgré l’opposition de l’Algérie et de la Syrie.

Seules fausses notes dans ce concert d’unanimité  : la Bulgarie, qui se souvenant qu’Abdel Jalil a couvert les tortures des infirmières bulgares et du médecin palestinien, refuse de reconnaître le CNTL. De son côté, l’Union africaine s’oppose vivement à toute intervention militaire étrangère.

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Le Livre vert de Mouammar Kadhafi

La Jamahiriya arabe libyenne est organisée selon les principes du Livre vert de Mouammar Kadhafi. Celui-ci est un admirateur des socialistes libertaires français du XIXe siècle, Charles Fourier et Pierre-Joseph Proudhon. Il a donc imaginé un État minimal qui s’avère incapable de défendre son peuple face aux armées impérialistes. En outre, il a donné à l’État la mission de répondre aux aspirations des Bédouins  : gratuité d’un moyen de locomotion, d’une habitation et de l’eau. Chacun dispose donc de sa voiture, les transports collectifs étant de facto réservés aux immigrés. À son mariage, chacun reçoit un appartement, mais il faut parfois attendre trois ans que la maison soit construite pour pouvoir se marier. De gigantesques travaux ont été réalisés pour puiser l’eau dans des nappes phréatiques millénaires, très profondément sous le désert. Le pays est devenu prospère. Son niveau de vie est le plus élevé de tout le continent africain. Mais peu de choses ont été faites en matière d’éducation. Bien que les universités soient gratuites, la plupart des jeunes arrêtent précocement leurs études. Mouammar Kadhafi a sous-estimé le poids des traditions tribales. Trois millions de Libyens coulent des jours paisibles, tandis que deux millions d’immigrés africains et asiatiques les servent.

Le 19 mars, 18 États (Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, États-Unis, France, Grèce, Italie, Irak, Jordanie, Maroc, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Qatar et Royaume-Uni) et 3 organisations internationales (Ligue arabe, Union européenne et ONU) se réunissent à Paris pour annoncer l’imminence de leur intervention militaire [11]. Quelques heures plus tard, la France double ses partenaires et attaque en premier.

Les choses tardent par contre à se concrétiser en Syrie. Les appels à manifester des 4, 11, 18 et 25 février et ceux des 4 et 11 mars à Damas ne donnent rien. Au contraire, c’est au Yémen et au Bahreïn que le Peuple descend dans la rue, sans y être invité.

Au Yémen, les Frères musulmans – dont la jeune Tawakkol Karman, qui recevra le Prix Nobel de la paix – lancent une «  révolution  ». Mais, comme la Libye, ce pays est organisé de manière tribale de sorte qu’il n’est pas possible d’avoir une lecture exclusivement politique des événements.

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Nicolas Sarkozy donne instruction à Alain Bauer pour contrer la révolution au Bahreïn.

À la requête du souverain bahreïni, l’armée saoudienne vient «  rétablir l’ordre  » dans le minuscule royaume qui abrite la Ve Flotte états-unienne. Le Royaume-Uni envoie le tortionnaire Ian Anderson, qui avait fait merveille en dirigeant la répression à l’époque coloniale (c’est-à-dire avant 1971). Tandis que, pour réorganiser la police, la France envoie Alain Bauer, conseiller en sécurité du Président Sarkozy et à la fois ancien responsable de la NSA états-unienne pour l’Europe et ancien grand-maître du Grand Orient de France [12].

Le désordre se propage par contagion, reste à faire croire qu’il est initié par les peuples et qu’il vise à établir des démocraties.

(À suivre …)Thierry Meyssan

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Ce livre est disponible en français en version papier.

[1] « Déclaration franco-britannique sur la coopération de défense et de sécurité », Réseau Voltaire, 2 novembre 2010.

[2] « Washington regarde se lever « l’aube de l’odyssée » africaine », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 mars 2011.

[3] “Sarkozy manovra la rivolta libica”, di Franco Bechis, Libero, 23 marzo 2011. Version française : « La France préparait depuis novembre le renversement de Kadhafi », par Franco Bechis, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 24 mars 2011.

[4] « Un avion présidentiel dans la 4e dimension », par Patrimoine du Peuple, Comité Valmy , Réseau Voltaire, 6 mars 2011.

[5] Rapport des services de Renseignement extérieurs libyens.

[6] « Résolution du Conseil des droits de l’homme sur la situation en Libye », Réseau Voltaire, 25 février 2011.

[7] « Résolution 1970 et débats sur la Libye », Réseau Voltaire, 26 février 2011.

[8] « Quand flottent sur les places libyennes les drapeaux du roi Idris », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 1er mars 2011.

[9] « Lettre conjointe de Nicolas Sarkozy et David Cameron à Herman Van Rompuy sur la Libye », par David Cameron, Nicolas Sarkozy, Réseau Voltaire, 10 mars 2011.

[10] « Résolution du Parlement européen sur le voisinage sud, en particulier la Libye », Réseau Voltaire, 10 mars 2011.

[11] « Déclaration du Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen », Réseau Voltaire, 19 mars 2011.

[12] « La France impliquée dans la répression des insurrections arabes », Réseau Voltaire, 3 mars 2011.

https://www.voltairenet.org/article206775.html

Six projets contradictoires d’ordre mondial

Six projets contradictoires d’ordre mondial

par Thierry Meyssan

Les six principales puissances mondiales abordent la réorganisation des relations internationales en fonction de leurs expériences et de leurs rêves. Prudemment, elles entendent d’abord défendre leurs intérêts avant de promouvoir leur vision du monde. Thierry Meyssan décrit leurs positions respectives avant que la lutte ne commence.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 19 NOVEMBRE 2019 عربيΕΛΛΗΝΙΚΆENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇEDEUTSCH

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Le retrait US de Syrie, même si celui-ci a été immédiatement corrigé, indique avec certitude que Washington n’entend plus être le gendarme du monde, l’« Empire nécessaire ». Il a déstabilisé sans attendre toutes les règles des relations internationales. Nous sommes entrés dans une période de transition au cours de laquelle chaque grande puissance poursuit un nouvel agenda. En voici les principaux.

Les trois « grands »

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Les États-Unis d’Amérique

L’effondrement de l’Union soviétique aurait pu provoquer celui des USA dans la mesure où les deux Empires étaient adossés l’un à l’autre. Il n’en fut rien. Le président George Bush Sr s’assura avec l’opération « Tempête du désert » que Washington devienne le leader incontesté de toutes les nations, puis il démobilisa 1 million de soldats et proclama la recherche de la prospérité.

Les sociétés transnationales scellèrent alors un pacte avec Deng Xiaoping pour faire fabriquer leurs produits par des ouvriers chinois, vingt fois moins payés que leurs homologues états-uniens. Il s’en suivit un développement considérable des transports internationaux de marchandises, puis la disparition progressive des emplois et des classes moyennes aux USA. Le capitalisme industriel était supplanté par un capitalisme financier.

À la fin des années 90, Igor Panarine, professeur à l’Académie diplomatique russe, analyse l’effondrement économique et psychologique de la société états-unienne. Il émit l’hypothèse de l’éclatement de ce pays sur le modèle de ce qui était advenu de l’Union soviétique avec l’apparition de nouveaux États. Pour repousser l’effondrement, Bill Clinton affranchit son pays du droit international avec l’agression de la Yougoslavie par l’Otan. Cet effort s’avérant insuffisant, des personnalités US imaginent d’adapter leur pays au capitalisme financier et d’organiser, par la force, les échanges internationaux pour que la période à venir soit un « nouveau siècle américain ». Avec George Bush Jr., les États-Unis abandonnèrent leur position de nation leader et tentèrent de se transformer en un pouvoir unipolaire absolu. Ils lancèrent la « guerre sans fin » ou « guerre au terrorisme » pour détruire une à une toutes les structures étatiques du « Moyen-Orient élargi ». Barack Obama poursuivit cette quête en y associant une kyrielle d’alliés.

Cette politique porta ses fruits, mais seul un très petit nombre en profita, les « super-riches ». Les États-uniens réagirent en élisant Donald Trump à la présidence de l’État fédéral. Celui-ci rompit avec ses prédécesseurs et, comme Mikhaïl Gorbatchev en URSS, tenta de sauver les USA en les allégeant de leurs engagements les plus coûteux. Il relança son économie en encourageant les industries nationales contre celles qui avaient délocalisé leurs emplois. Il subventionna l’extraction de pétrole de schiste et parvint à prendre le contrôle du marché mondial des hydrocarbures malgré le cartel formé par l’OPEP et la Russie. Conscient que son armée est d’abord une énorme bureaucratie, gaspillant un budget colossal pour des résultats insignifiants, il cessa le soutien à Daesh et au PKK, négociant avec la Russie une voie pour en terminer avec la « guerre sans fin » en y perdant le moins possible.

Dans la période à venir, les États-Unis seront prioritairement mués par la nécessité d’économiser sur toutes leurs actions à l’étranger, jusqu’à les abandonner si nécessaire. La fin de l’impérialisme n’est pas un choix, mais une question existentielle, un réflexe de survie.

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La République populaire de Chine

Après la tentative de coup d’État de Zhao Ziyang et le soulèvement de Tienanmen, Deng Xioping entreprit son « voyage vers le Sud ». Il annonça que la Chine continuerait sa libéralisation économique en nouant des contrats avec les multinationales US.

Jiang Zemin poursuivit sur cette voie. La côte se transforma en « atelier du monde », provoquant un gigantesque développement économique. Progressivement il nettoya le Parti communiste de ses caciques et veilla à ce que les emplois bien rémunérés s’étendent à l’intérieur des terres. Hu Jintao, soucieux d’une « société harmonieuse », abroge les impôts que payaient les paysans dans les régions intérieures toujours pas touchées par le développement économique. Mais il ne parvint pas à maîtriser les pouvoirs régionaux et sombra dans une affaire de corruption.

Xi Jinping se proposa d’ouvrir de nouveaux marchés en construisant un projet titanesque de voies commerciales internationales, les « routes de la soie ». Cependant ce projet arriva trop tard car, à la différence de l’antiquité, la Chine ne propose plus de produits originaux, mais ce que vendent les sociétés transnationales en moins chers. Ce projet fut accueilli comme une bénédiction par les pays pauvres, mais redouté par les riches qui se préparent à le saboter. Xi Jinping reprend position dans tous les îlots que son pays avait abandonnés en mer de Chine, lors de l’effondrement de l’Empire Qing et de l’occupation par les huit armées étrangères. Conscient de la puissance de destruction des Occidentaux, il fait alliance avec la Russie et s’interdit toute initiative politique internationale.

Dans la période à venir, la Chine devrait affirmer ses positions dans les instances internationales en conservant à l’esprit ce que les Empires coloniaux lui infligèrent au XIXème siècle. Mais elle devrait s’interdire d’intervenir militairement et rester une puissance strictement économique.

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La Fédération de Russie

Lors de l’effondrement de l’URSS, les Russes ont cru qu’ils allaient se sauver en adhérant au modèle occidental. En fait, l’équipe de Boris Eltsine, formée par la CIA, organisa le pillage des biens collectifs par quelques individus. En deux ans, une centaine d’entre eux, à 97 % issus de la minorité juive, s’accaparèrent tout ce qui était disponible et devinrent milliardaires. Ces nouveaux oligarques se livrèrent une bataille sans merci à coup de mitraillettes et d’attentats en plein Moscou, tandis que le président Eltsine faisait bombarder le parlement. Sans réel gouvernement, la Russie n’était plus qu’une épave. Des chefs de guerre et des jihadistes armés par la CIA organisèrent la sécession de la Tchétchénie. Le niveau de vie et l’espérance de vie s’effondrèrent.

En 1999, le directeur du FSB, Vladimir Poutine sauva le président Eltsine d’une enquête pour corruption. En échange, il fut nommé président du Conseil des ministres ; poste qu’il utilisa pour contraindre le président à la démission et se faire élire sa place. Il mit en place une vaste politique de restauration de l’État : il mit fin à la guerre civile en Tchétchénie et abattit méthodiquement tous les oligarques qui refusèrent de se plier devant l’État. Le retour de l’ordre fut aussi la fin du fantasme occidental des Russes. Le niveau de vie et l’espérance de vie se redressèrent.

Ayant rétabli l’état de droit, Vladimir Poutine ne se représenta pas à l’issue de deux mandats consécutifs. Il soutint un pâle professeur de droit, adulé par les États-Unis, Dmitry Medvedev, pour lui succéder. Mais n’ayant pas l’intention de laisser le pouvoir dans des mains faibles, il se fit nommer Premier ministre jusqu’à sa réélection comme président, en 2012. Croyant à tort que la Russie allait s’effondrer à nouveau, la Géorgie attaqua l’Ossétie du Sud, mais trouva instantanément le Premier ministre Poutine sur son passage. Celui-ci constata alors l’état pitoyable de l’armée rouge, mais parvint à vaincre grâce à l’effet de surprise. Réélu à la présidence, il s’attacha à réformer la Défense. Il mit à la retraite des centaines de milliers d’officiers, souvent désabusés et parfois ivrognes, et plaça le général tuvan (turcophone de Sibérie) Sergueï Choïgou au ministère de la Défense.

Reprenant un mode de gestion russe traditionnel, Vladimir Poutine sépara le budget civil d’une partie du budget militaire. Le premier est voté par la Douma, le second est secret. Il restaura la recherche militaire, tandis que les États-Unis imaginaient ne plus avoir à investir dans ce domaine. Il testa quantité d’armes nouvelles —dont des armes hypersoniques qui bouleversèrent la stratégie— avant de déployer la nouvelle armée rouge au secours de la Syrie. Il expérimenta ses nouvelles armes en situation de combat et décida celles qui seraient produites et celles qui seraient abandonnées. Il organisa une permutation trimestrielle de ses troupes afin que toutes, les unes après les autres, s’aguerrissent. La Fédération de Russie qui, en 1991, n’était plus rien est devenue en dix-huit ans la première puissance militaire mondiale.

Simultanément, il utilisa le coup d’État nazi en Ukraine pour récupérer la Crimée, un territoire russe administrativement rattaché à l’Ukraine par Nikita Khrouchtchev. Il affronta alors une campagne de sanctions agricoles de l’Union européenne qu’il utilisa pour créer une production intérieure autosuffisante.

Il noua une alliance avec la Chine et lui imposa de modifier son projet de routes de la soie en intégrant les besoins de communication du territoire russe pour fonder un « Partenariat de l’Eurasie élargie ».

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Durant les années à venir, la Russie va tenter de réorganiser les relations internationales sur deux bases :
 séparer les pouvoirs politiques et religieux ;
 restaurer le droit international sur les bases formulées par le Tsar Nicolas II.

Les Européens de l’Ouest

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Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

Lors de la chute de l’URSS, le Royaume-Uni souscrivit avec des réserves au Traité de Maastricht. Le Premier ministre conservateur John Major entendait profiter de l’État supranational en construction tout en tenant sa monnaie à l’écart. Il se réjouit donc lorsque George Soros attaqua la Livre et la contraignit à sortir du SME (« serpent monétaire »). Son successeur, le travailliste Tony Blair redonna sa pleine indépendance à la Banque d’Angleterre et envisagea de quitter l’UE pour rejoindre l’ALENA. Il transforma la défense des intérêts de son pays en substituant des références aux Droits de l’homme au respect du Droit international. Il se fit le promoteur des politiques US de Bill Clinton, puis de George Bush Jr, encourageant et justifiant l’élargissement de l’Union européenne, la « guerre humanitaire » contre le Kosovo, puis le renversement du président iraquien Saddam Hussein. En 2006, il élabora le plan du « printemps arabe » et le soumit aux USA.

Gordon Brown hésita à poursuivre cette politique et tenta de retrouver une marge de manœuvre, mais son énergie fut happée par la crise financière de 2008, qu’il parvint pourtant à traverser. David Cameron mit en œuvre, avec Barack Obama, le plan Blair-Bush de « printemps arabe », notamment la guerre contre la Libye, mais à terme il ne parvint que partiellement à placer les Frères musulmans au pouvoir au Moyen-Orient élargi. En définitive, il démissionna après le vote par les électeurs du Brexit alors que le projet de rejoindre l’ALENA n’était plus à l’ordre du jour.

Theresa May se proposa d’appliquer le Brexit en ce qui concerne la sortie de l’État supranational du Traité de Maastricht, mais pas en ce qui concerne la sortie du marché commun antérieur à Maastricht. Elle échoua et fut remplacée par le biographe de Winston Churchill, Boris Johnson. Celui-ci décida de sortir totalement de l’Union européenne et de réactiver la politique étrangère traditionnelle du royaume : la lutte contre tout État concurrent sur le continent européen.

Si Boris Johnson reste au pouvoir, le Royaume-Uni devrait dans les prochaines années tenter de dresser l’Union européenne et la Fédération de Russie l’une contre l’autre.

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La République française

François Mitterrand n’a pas compris la dislocation de l’URSS, allant jusqu’à soutenir le putsch des généraux contre son homologue russe, Mikhaïl Gorbatchev. Quoi qu’il en soit, il y a vu une opportunité pour construire un État supranational européen, suffisamment grand pour rivaliser avec les USA et la Chine dans la continuité de la tentative napoléonienne. Aussi a-t-il promu, avec le chancelier Helmut Kohl, l’unification allemande et le Traité de Maastricht. Inquiet de ce projet d’États-Unis d’Europe, le président Bush Sr, convaincu de la « doctrine Wolfowitz » de prévenir le surgissement d’un nouveau challenger du leadership US, le contraignit à accepter la protection de l’UE par l’Otan et son élargissement aux ex-membres du Pacte de Varsovie. François Mitterrand utilisa la cohabitation et le ministre gaulliste de l’Intérieur, Charles Pasqua, pour combattre les Frères musulmans que la CIA lui avait fait accepter en France et que le MI6 utilisait pour évincer la France d’Algérie.

Jacques Chirac développa la dissuasion française en terminant les essais nucléaires aériens dans le Pacifique avant de passer aux simulations et de signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Simultanément, il adapta les armées aux besoins de l’Otan en mettant fin au service militaire obligatoire et en intégrant le comité militaire (planification) de l’Alliance. Il soutint l’initiative de l’Otan contre la Yougoslavie (guerre du Kosovo), mais —après avoir lu et étudié L’Effroyable imposture [1]— prit la tête de l’opposition mondiale à l’agression contre l’Iraq. Cet épisode lui permit de se lier avec le chancelier Schröder et de faire avancer l’État supranational européen qu’il concevait toujours comme un outil d’indépendance autour du couple franco-allemand. Déstabilisé par l’assassinat de son partenaire en affaires, Rafic Hariri, il se retourna contre la Syrie que les États-Unis désignaient comme le commanditaire du meurtre.

Préconisant une politique radicalement différente, Nicolas Sarkozy plaça l’armée française sous commandement US via le Commandement intégré de l’Otan. Il tenta d’élargir la zone d’influence française en organisant l’Union pour la Méditerranée, mais ce projet ne fonctionna pas. Il fit ses preuves en renversant Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire et, bien qu’il ait été dépassé par les printemps arabes en Tunisie et en Égypte, il prit la tête de l’opération de l’Otan contre la Libye et contre la Syrie. Cependant par réalisme, il constata la résistance syrienne et se retira du théâtre d’opération. Il poursuivit la construction des États-Unis d’Europe en faisant adopter le Traité de Lisbonne par le Parlement alors que les électeurs avaient rejeté le même texte sous le nom de « Constitution européenne ». En réalité, la modification des institutions, censées devenir plus efficaces avec 27 États-membres, transforme en profondeur l’État supranational qui peut désormais imposer sa volonté aux États-membres.

Arrivé au pouvoir sans y être préparé, François Hollande s’inscrit de manière un peu rigide dans les pas de Nicolas Sarkozy ce qui le conduit à en adopter l’idéologie. Il signe tous les traités que son prédécesseur avait négociés —y compris le Pacte budgétaire européen permettant de sanctionner la Grèce— en y ajoutant chaque fois, comme pour s’excuser de son revirement, une déclaration reprenant son propre point de vue, mais sans valeur contraignante. Ainsi autorise-t-il l’installation de bases militaires de l’Otan sur le sol français, mettant un terme définitif à la doctrine gaulliste d’indépendance nationale. Ou encore poursuit-il la politique d’agression contre la Syrie, se livrant à une surenchère verbale avant de ne rien faire sur ordre la Maison-Blanche. Il assigne à l’armée de Terre française une mission au Sahel, en faisant la supplétive au sol de l’AfriCom. Enfin, il justifie la Bourse d’échange des droits d’émission de CO₂‎ par l’Accord de Paris sur le climat.

Élu grâce au fonds de placement états-unien KKR, Emmanuel Macron est d’abord un défenseur de la globalisation selon Bill Clinton, George Bush Jr et Barack Obama. Cependant, il adopte rapidement la vision de François Mitterrand et de Jacques Chirac selon laquelle seul un État supranational européen permettra à la France de continuer à jouer un rôle international conséquent, mais dans sa version Sarkozy-Hollande : l’Union permet la contrainte. Ces deux lignes le conduisent parfois à des contradictions, notamment face à la Russie. Cependant elles se rejoignent dans une condamnation du nationalisme des États membres de l’Union européenne, un Brexit court, ou encore une volonté de rétablir le commerce avec l’Iran.

Dans les années à venir, la France devrait mesurer ses décisions en regard de leur impact sur l’édification de l’Union européenne. Elle cherchera en priorité à s’allier toute puissance œuvrant en ce sens.

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République fédérale d’Allemagne

Le chancelier Helmut Kohl perçoit la dislocation de l’Empire soviétique comme une opportunité pour réunir les deux Allemagnes. Il obtient le feu vert de la France en échange du soutien allemand au projet de monnaie unique de l’Union européenne, l’euro. Il obtient aussi l’accord des États-Unis qui y voient un moyen détourné de faire entrer l’armée est-allemande dans l’Otan malgré la promesse faite à la Russie de ne pas y faire adhérer la République démocratique allemande.

Une fois la réunification allemande réalisée, le chancelier Gerhard Schröder pose la question du rôle international de son pays, toujours sous le coup de sa défaite lors de la Seconde Guerre mondiale. Si l’Allemagne n’est plus militairement occupée par les quatre grandes puissances, elle n’en héberge pas moins d’énormes garnisons US et les sièges de l’EuCom et bientôt de l’AfriCom. Gerhard Schröder utilise la guerre « humanitaire » contre le Kosovo pour déployer légalement, pour la première fois depuis 1945, les troupes allemandes hors du pays. Mais il refuse de reconnaître ce territoire conquis par l’Otan comme un État. De même, il s’engage très fortement aux côtés du président Chirac contre la guerre états-uno-britannique en Iraq soulignant que rien ne prouve l’implication du président Saddam Hussein dans les attentats du 11-Septembre. Il tente d’influer sur la construction européenne de manière pacifique. Aussi renforce-t-il les liens énergétiques avec la Russie et propose-t-il une Europe fédérale (incluant à terme la Russie) sur le modèle allemand, mais il rencontre l’opposition de la France très attachée au projet d’État supranational.

La chancelière Angela Merkel revient à la politique de son mentor Helmut Kohl qui l’a fait passer en une nuit de ses responsabilités aux Jeunesses communistes d’Allemagne démocratique au gouvernement d’Allemagne fédérale. Surveillée étroitement par la CIA qui ne sait trop comment la définir, elle renforce les liens de l’Allemagne avec Israël et le Brésil. En 2013, sur proposition d’Hillary Clinton, elle demande à Volker Perthes d’étudier la possibilité de développer l’armée allemande pour jouer un rôle central au CentCom si les États-Unis déplacent leurs troupes vers l’Extrême-Orient. Elle commande alors des études sur la manière dont les officiers allemands pourraient encadrer les armées d’Europe centrale et orientale et demande à Volker Perthes de rédiger un plan pour la capitulation de la Syrie. Très attachée aux structures atlantistes et européennes, elle prend ses distances avec la Russie et soutient le coup d’État nazi en Ukraine. Par souci d’efficacité, elle exige que l’Union européenne puisse imposer sa volonté aux petits États-membres (Traité de Lisbonne). Elle se montre très dure lors de la crise financière grecque et place patiemment ses pions dans la bureaucratie européenne jusqu’à l’élection d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne. Lorsque les États-Unis se retirent du Nord de la Syrie, elle réagit immédiatement en proposant à l’Otan d’envoyer l’armée allemande la remplacer conformément au plan de 2013.

Dans les années à venir, l’Allemagne devrait privilégier les possibilités d’intervention militaire dans le cadre de l’Otan, particulièrement au Moyen-Orient, et se méfier du projet d’État supranational européen centralisé.

Faisabilité

Il est très étrange d’entendre parler aujourd’hui de « multilatéralisme » et d’« isolationnisme » ou d’« universalisme » et de « nationalisme ». Ces questions ne se posent pas dans la mesure où chacun sait depuis la conférence de La Haye (1899) que le progrès des techniques rend toutes les nations solidaires. Cette logorrhée cache mal notre incapacité à admettre les nouveaux rapports de force et à envisager un ordre du monde le moins injuste possible.

Seules les trois Grandes puissances peuvent espérer avoir les moyens de leur politique. Elles ne peuvent parvenir à leurs fins sans guerre qu’en suivant la ligne russe fondée sur le Droit international. Toutefois, le danger d’une instabilité politique intérieure aux USA fait planer plus que jamais un risque d’affrontement généralisé.

En quittant l’Union, les Britanniques se sont mis dans l’obligation de rejoindre les États-Unis (ce que Donald Trump refuse) ou de disparaître politiquement. Tandis que l’Allemagne et la France, en perte de vitesse, n’ont pas d’autres choix que de construire l’Union européenne. Or pour le moment, ils évaluent très différemment le temps disponible et l’envisagent de deux manières incompatibles ce qui pourrait les amener eux-mêmes à disloquer l’Union européenne.Thierry Meyssan

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https://www.voltairenet.org/article208269.html

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[1L’Effroyable imposture, Thierry Meyssan, Réédition : Demi-Lune.

http://Six projets contradictoires d’ordre mondial

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Le Royaume-Uni défie l’AG de l’Onu et son tribunal

Le Royaume-Uni défie l’AG de l’Onu et son tribunal

RÉSEAU VOLTAIRE | 23 NOVEMBRE 2019 ENGLISHITALIANO

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Saisie par l’Assemblée générale, la Cour internationale de Justice avait confirmé, le 25 février 2019, le trucage du processus d’indépendance de Maurice et sa souveraineté sur l’archipel des Chagos [1].

L’Assemblée générale de l’Onu avait alors adopté, le 22 mai 2019, une résolution enjoignant au Royaume-Uni de quitter dans un délai de six mois l’archipel des Chagos qu’il occupe illégalement et de le restituer à Maurice [2].

À l’issue de cette période, le Royaume-Uni n’a rien entrepris et occupe illégalement l’archipel.

Dans un communiqué, le Foreign Office inflexible a précisé : « Le Royaume-Uni n’a aucun doute sur sa souveraineté sur les Territoires britanniques de l’océan Indien (BIOT), qui ont été de manière continue sous la souveraineté britannique depuis 1814 (…) Maurice n’a jamais eu de souveraineté sur les BIOT et le Royaume-Uni ne reconnait pas cette revendication ».

Selon l’opposition travailliste : « Le gouvernement travailliste se considère lui-même au-dessus des lois internationales ».

L’archipel comprend l’île de Diego Garcia où sont implantées une base militaire britannique et une gigantesque base militaire US. Le Royaume-Uni et les États-Unis ne cessent de dénoncer l’expansionnisme chinois dans cette région.

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[2] « L’Onu enjoint à Londres de restituer l’archipel des Chagos, dont Diego Garcia », Réseau Voltaire, 23 mai 2019.

https://www.voltairenet.org/article208393.html

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[1] « Le Tribunal interne de l’Onu déclare que Londres et Washington occupent illégalement la base de Diego Garcia », Réseau Voltaire, 26 février 2019.

Le nouveau monde surgit devant nous

Le nouveau monde surgit devant nous

par Thierry Meyssan

Thierry Meyssan souligne l’extrême gravité, non pas du retrait US de Syrie, mais de l’effondrement des repères actuels du monde. Nous entrons, selon lui, dans une courte période de transition, au cours de laquelle les actuels maîtres du jeu que sont les « capitalistes financiers » —et ceux qu’il désigne par là n’ont aucun rapport avec ni avec le capitalisme originel, ni avec la banque originelle— vont être écartés au profit des règles de droit énoncées par la Russie en 1899.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 22 OCTOBRE 2019 عربيDEUTSCHENGLISHITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLفارسى

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Le roi Salmane reçoit le président Vladimir Poutine, le pacificateur.

C’est un moment qui n’arrive qu’une ou deux fois par siècle. Un nouvel ordre du monde surgit. Toutes les références antérieures disparaissent. Ceux qui étaient voués aux gémonies triomphent tandis que ceux qui gouvernaient sont précipités aux enfers. Les déclarations officielles et les interprétations que livrent les journalistes ne correspondent manifestement plus aux événements qui s’enchainent. Les commentateurs doivent au plus vite changer leur discours, le renverser en totalité ou être happés par le tourbillon de l’Histoire.

En février 1943, la victoire soviétique face au Reich nazi marquait le basculement de la Seconde Guerre mondiale. La suite des événements était inéluctable. Il fallut pourtant attendre le débarquement anglo-états-unien en Normandie (juin 1944), la conférence de Yalta (février 1945), le suicide du chancelier Hitler (avril 1945) et enfin la capitulation du Reich (8 mai 1945) pour voir se lever ce monde nouveau.

En un an (juin 44-mai 45), le Grand Reich avait été remplacé par le duopole soviéto-US. Le Royaume-Uni et la France, qui étaient encore les deux premières puissances mondiale, douze ans plus tôt, allaient assister à la décolonisation de leurs Empires.

C’est un moment comme celui-là que nous vivons aujourd’hui.

Chaque période historique a son propre système économique et construit une super-structure politique pour le protéger. Lors de la fin de la Guerre froide et de la dislocation de l’URSS, le président Bush père démobilisa un million de militaires US et confia la recherche de la prospérité aux patrons de ses multinationales. Ceux-ci firent alliance avec Deng Xiaoping, délocalisèrent les emplois US en Chine qui devint l’atelier du monde. Loin d’offrir la prospérité aux citoyens US, ils accaparèrent leurs profits, provoquant progressivement la lente disparition des classes moyennes occidentales. En 2001, ils financèrent les attentats du 11 septembre pour imposer au Pentagone la stratégie Rumsfeld/Cebrowski de destruction des structures étatiques. Le président Bush fils transforma alors le « Moyen-Orient élargi » en théâtre d’une « guerre sans fin ».

La libération en une semaine d’un quart du territoire syrien n’est pas seulement la victoire du président Bachar el-Assad, « l’homme qui depuis huit ans doit partir », elle marque l’échec de la stratégie militaire visant à établir la suprématie du capitalisme financier. Ce qui paraissait inimaginable a eu lieu. L’ordre du monde a basculé. La suite des événements est inévitable.

La réception en très grande pompe du président Vladimir Poutine en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis atteste du spectaculaire revirement des puissances du Golfe qui basculent dès à présent dans la camp russe.

La tout aussi spectaculaire redistribution des cartes au Liban sanctionne le même échec politique du capitalisme financier. Dans un pays dollarisé où l’on ne trouve plus de dollars depuis un mois, où les banques ferment leurs guichets et où les retraits bancaires sont limités, ce ne sont pas des manifestations anti-corruption qui stopperont le renversement de l’ordre ancien.

Les convulsions de l’ordre ancien s’étendent. Le président équatorien, Lenín Moreno, attribue la révolte populaire contre les mesures imposées par le capitalisme financier à son prédécesseur, Rafael Correa qui vit en exil en Belgique, et à un symbole de la résistance à cette forme d’exploitation humaine, le président vénézuélien Nicolás Maduro, bien qu’ils n’aient aucune influence dans son pays.

Le Royaume-Uni a déjà replié ses forces spéciales de Syrie et tente de sortir de l’État supranational de Bruxelles (Union européenne). Après avoir pensé conserver le Marché commun (projet de Theresa May), il décide de rompre avec toute la construction européenne (projet de Boris Johnson). Après les erreurs de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et d’Emmanuel Macron, la France perd subitement toute crédibilité et influence. Les États-Unis de Donald Trump cessent d’être la « nation indispensable », le « gendarme du monde » au service du capitalisme financier pour redevenir eux-mêmes une grande puissance économique. Ils retirent leur arsenal nucléaire de Turquie et s’apprêtent à fermer le CentCom au Qatar. La Russie est reconnue par tous comme le « pacificateur » en faisant triompher le droit international qu’elle avait créé en convoquant, en 1899, la « Conférence internationale de la paix » de La Haye, dont les principes ont été depuis foulés aux pieds par les membres de l’Otan.

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La Conférence internationale pour la paix de 1899. Il aura fallu plus d’un siècle pour comprendre ses implications.

Comme la Seconde Guerre mondiale a mis fin à la SDN pour créer l’Onu, ce monde nouveau va probablement accoucher d’une nouvelle organisation internationale fondée sur les principes de la Conférence de 1899 du tsar russe Nicolas II et du Prix Nobel de la paix français, Léon Bourgeois. Il faudra pour cela d’abord dissoudre l’Otan, qui tentera de survivre en s’élargissant au Pacifique, et l’Union européenne, État-refuge du capitalisme financier.

Il faut bien comprendre ce qui se passe. Nous entrons dans une période de transition. Lénine disait, en 1916, que l’impérialisme était le stade suprême de la forme de capitalisme qui disparut avec les deux Guerres mondiales et la crise boursière de 1929. Le monde d’aujourd’hui est celui du capitalisme financier qui ravage une à une les économies pour le seul profit de quelques super-riches. Son stade suprême supposait la division du monde en deux : d’un côté les pays stables et mondialisés, de l’autre des régions du monde privées d’États, réduites à n’être que de simples réserves de matières premières. Ce modèle, contesté aussi bien par le président Trump aux États-Unis, les Gilets jaunes en Europe occidentale ou la Syrie au Levant agonise sous nos yeux.

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017)

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Les députés britanniques adoptent la loi de report du Brexit

Les députés britanniques adoptent la loi de report du Brexit

4 sept. 2019, 20:54

Les députés britanniques adoptent la loi de report du Brexit

© Reuters / UK Parliament / Jessica TaylorNouveau coup dur pour Boris Johnson et sa stratégie de Brexit.

Par 327 voix contre 299, les députés britanniques de l’opposition, ainsi que des conservateurs rebelles, ont adopté un texte qui oblige le Premier ministre Boris Johnson à demander à Bruxelles un report du Brexit, qui était prévu le 31 octobre.

C’est un nouveau revers pour Boris Johnson, dont la stratégie consistait à appliquer la volonté de Brexit exprimée en juin 2016 par 52% des Britanniques, avec ou sans accord avec l’Union européenne (UE) d’ici au 31 octobre 2019. Par 327 voix contre 299, le Parlement britannique a en effet adopté ce 4 septembre une loi obligeant le Premier ministre à réclamer un report du Brexit à Bruxelles, qui serait donc repoussé, à nouveau, au 31 janvier 2020.

Refus de nouvelles élections

Lire aussiLe Parlement britannique adopte une motion dans l’optique d’empêcher un Brexit sans accord

Dans le viseur des membres de l’opposition, rejoints par certains membres du parti conservateur (depuis exclus), la crainte d’un Brexit sans accord, solution qui ne faisait pas peur à Boris Johnson, à défaut de compromis trouvé avec Bruxelles.

Conformément à ce qu’il avait annoncé, Boris Johnson a soumis aux députés, après le vote, une motion pour des élections anticipées le 15 octobre. Celle-ci a été refusée. Il espérait, de la sorte, pouvoir dépasser le blocage, qui a forcé à plusieurs reprises à reporter la date finale du Brexit. «Le gouvernement ne peut pas continuer à fonctionner si la Chambre des communes refuse d’adopter ce que le gouvernement propose», a expliqué Boris Johnson.

Il a en outre promis aux députés : «Si je suis toujours Premier ministre après le mardi 15 octobre, alors, nous quitterons [l’UE] le 31 octobre avec, je l’espère, un bien meilleur accord.»

Le 3 septembre déjà, le Premier ministre britannique avait connu un premier coup dur avec l’adoption d’une motion permettant au Parlement de se saisir de l’agenda parlementaire, d’ordinaire détenu par le gouvernement.

Il avait alors déjà tempêté : «Nous avons promis au peuple que nous mettrions en œuvre le Brexit. Nous avons promis de respecter le résultat du référendum et nous devons le faire maintenant. Ca suffit ! […] Tout le monde dans ce gouvernement veut un accord, mais c’est cette Chambre des communes qui a rejeté trois fois l’accord de sortie [conclu entre l’ancien chef du gouvernement Theresa May et Bruxelles] et il ne peut tout simplement pas être ressuscité.»

Un peu plus tôt dans la journée, la défection du député conservateur Phillip Lee, qui a rejoint le Parti libéral-démocrate, pro-UE, avait fait perdre sa majorité absolue au Parlement à Boris Johnson.Auteur: RT France

International

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Brexit : au nom du peuple

À la une de l’hebdo.

Brexit : au nom du peuple

Publié le 04/09/2019 – 11:30

Boris Johnson.&nbsp; Dessin d’André Carrilho paru dans The New Statesman, Londres
Boris Johnson. Dessin d’André Carrilho paru dans The New Statesman, Londres

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“Faut-il sauver les Anglais ?” Par ce titre ironique, Courrier international décrivait déjà en avril 2015 un royaume plus que jamais désuni, à la veille d’élections générales cruciales. Quatre ans plus tard, rien n’a changé, et pourtant tout est différent.

Les Britanniques seraient-ils devenus fous ? Avec le Brexit, le berceau de la démocratie parlementaire semble se déliter chaque jour un peu plus. La décision inédite de Boris Johnson, mercredi 28 août, de suspendre le Parlement pendant cinq semaines n’a rien arrangé. Bien au contraire. Car elle rend plus que jamais crédible la perspective d’élections anticipées, et surtout d’un Brexit sans accord le 31 octobre. Un cauchemar pour de très nombreux Britanniques, élus et citoyens, qui n‘ont pas tardé à manifester en dénonçant un “coup d’État” de Boris Johnson.À LIRE AUSSI

Brexit. Les Britanniques dans la rue “contre le coup d’État” de Boris Johnson et pour la démocratie

La fronde devait se concrétiser mardi 3 septembre avec la rentrée du Parlement, où l’on attendait des débats houleux. Au moment où nous bouclons cette édition, nous n’avons pas le résultat des débats. Mais nous avons fait le choix, malgré tout, de ce dossier en une.

Car quoi qu’il arrive désormais, le mal est fait. La société britannique est plus que jamais divisée, la classe politique discréditée, la démocratie fragilisée. Ce sont les coulisses de ce vaste jeu de dupes que nous tentons de décrypter à travers le point de vue du journal phare des pro-Brexit,The Daily Telegraph, et l’analyse d’une chroniqueuse europhile parue dans The Guardian. Qu’on en finisse, se réjouit le premier, quand Polly Toynbee dénonce “une violation de la démocratie”.

Derrière ce véritable coup de Trafalgar, il y a un homme, le stratège de la confrontation, Dominic Cummings, bras droit de Boris Johnson et qui voue une haine tenace aux parlementaires. Nous publions son portrait paru sur le siteReaction.

Le Royaume-Uni n’est pas à un paradoxe près. Pendant trois ans, Theresa May a bataillé contre un Parlement hostile pour imposer un accord de sortie de l’UEarraché de haute lutte à Bruxelles et respecter ainsi, disait-elle, le résultat du référendum de 2016. Cela lui a coûté son poste. Aujourd’hui, c’est au nom du même vote du peuple que Boris Johnson entend contourner le Parlement (et les élus du peuple). Pourtant, comme l’écrit Polly Toynbee, “un Brexit sans accord n’a jamais été proposé dans le référendum”. Le Royaume-Uni n’a pas fini de nous surprendre

.Claire Carrard

https://www.courrierinternational.com/article/la-une-de-lhebdo-brexit-au-nom-du-peuple

Des députés britanniques veulent voter un texte interdisant un Brexit sans accord

Europe

Des députés britanniques veulent voter un texte interdisant un Brexit sans accord

Par Challenges.fr le 02.09.2019 à 12h09

Des députés rebelles espèrent faire adopter au plus vite un texte qui empêcherait le gouvernement britannique de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord préalable.

Des députés veulent interdire un Brexit sans accord

Des députés rebelles espèrent faire adopter au plus vite un texte qui empêcherait le gouvernement britannique de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord préalable.HENRY NICHOLLS

Des députés rebelles espèrent faire adopter au plus vite un texte qui empêcherait le gouvernement britannique de faire sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord préalable, rapporte lundi le site d’information BuzzFeed qui s’appuie sur un document préparatoire.EN SAVOIR PLUS

Selon BuzzFeed, ces parlementaires ne sont pas encore accordés sur la date exacte du vote.

La rentrée parlementaire est prévue mardi.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/monde/europe/des-deputes-britanniques-veulent-voter-un-texte-interdisant-un-brexit-sans-accord_672117#xtor=CS4-92[Des+d%C3%A9put%C3%A9s+britanniques+veulent+voter+un+texte+interdisant+un+Brexit+sans+accord]-672117

Malgré la pression des Etats-Unis, le pétrolier iranien « Grace 1 » a quitté Gibraltar

Malgré la pression des Etats-Unis, le pétrolier iranien « Grace 1 » a quitté Gibraltar

Soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie en violation d’un embargo, le navire était immobilisé depuis un mois dans le territoire sous souveraineté britannique.

Le Monde avec AFP Publié hier à 16h07, mis à jour à 15h00

Temps deLecture 3 min.

Le « Grace 1 » a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques.
Le « Grace 1 » a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques. MARCOS MORENO / AP

L’événement avait précipité le Royaume-Uni dans la crise qui oppose Washington et Téhéran. L’immobilisation du Grace 1, pétrolier iranien croisant au large de Gibraltar, par les autorités britanniques début juillet, a pris fin jeudi 15 août malgré la pression des Etats-Unis. La Cour suprême de Gibraltar a en effet autorisé le navire à quitter le territoire britannique malgré la demande américaine de prolonger l’immobilisation du navire, soupçonné de vouloir livrer sa cargaison à la Syrie, frappée par un embargo européen.

Cette décision a fait suite à la prise par l’Iran d’un engagement écrit assurant que la cargaison du navire n’était pas destinée à un port syrien. « Nous avons privé le régime d’Assad en Syrie de plus de 140 millions de dollars de pétrole brut », s’est félicité le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, dans un communiqué.

Téhéran a toutefois démenti vendredi avoir donné des garanties quant à la destination du navire. « La destination du pétrolier n’était pas la Syrie (…) et même si c’était le cas, cela n’est l’affaire de personne », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi, sur la chaîne de télévision d’Etat, Irib.

« Tentative de piraterie »

Initialement attendue dans la matinée, la décision prévue depuis des semaines avait dû être repoussée de plusieurs heures après l’annonce surprise par le ministère public de Gibraltar d’une demande des Etats-Unis de prolonger l’immobilisation du pétrolier, déposée dans la nuit.

« Le ministère américain de la justice a demandé la saisie du Grace 1en mettant en avant un certain nombre de motifs qui sont en train d’être examinés », avait précisé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar. Le président de la Cour, le juge Anthony Dudley, a cependant déclaré qu’il n’avait pas été saisi par écrit d’une demande américaine de prolonger l’immobilisation du pétrolier.

La « tentative de piraterie » américaine a échoué, s’est réjoui de son côté et sur Twitter le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, fustigeant « le niveau de mépris qu’a l’administration Trump pour la loi ». Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, avaient selon lui tenté d’abuser du système judiciaire et de voler les biens iraniens en haute mer. Rien n’empêche toutefois les Etats-Unis de reformuler leur demande d’entraide judiciaire, afin de bloquer le navire avant qu’il ne quitte les eaux territoriales de Gibraltar, dans les heures ou les jours qui viennent.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Entre Donald Trump et l’Iran, l’arme du pétrole

Washington menace l’équipage d’interdiction de visa

Une demande d’entraide judiciaire consiste généralement à demander à un tribunal tel que celui de Gibraltar d’appliquer une décision d’un tribunal étranger, dans ce cas, d’un tribunal américain. Entre-temps, le capitaine et les trois officiers du Grace 1, qui étaient en liberté sous caution, ont été formellement libérés, a annoncé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar.

L’équipage du pétrolier iranien est désormais menacé d’interdiction de visa par Washington. « Les Etats-Unis affirment que le Grace 1 aidait le corps des Gardiens de la Révolution islamique en transportant du pétrole depuis l’Iran vers la Syrie », a déclaré le département d’Etat dans un communiqué. « Les membres d’équipage de bateaux aidant les Gardiens de la Révolution en transportant du pétrole depuis l’Iran pourraient ne plus pouvoir bénéficier de visas ou être admis sur le territoire américain ».

Le Grace 1 a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, provoquant une crise diplomatique entre Téhéran et Londres. Téhéran assure que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accuse le Royaume-Uni d’acte de« piraterie », réclamant depuis le début que les Britanniques le laissent repartir. Le 19 juillet, l’Iran a pour sa part immobilisé dans le détroit d’Ormuz un pétrolier britannique, le Stena Impero,soupçonné de « non-respect du code maritime international ».Lire aussi  De Gibraltar à Ormuz, les incidents en mer avec l’Iran se multiplient

L’immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en a découlé ont brouillé les efforts des Etats européens, qui tentent de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran, dont les Etats-Unis se sont retirés l’an dernier, imposant de lourdes sanctions à la République islamique.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/15/les-etats-unis-bloquent-la-liberation-du-petrolier-iranien-par-gibraltar_5499739_3210.html