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La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

En quelques années, et grâce à des investissements massifs, la Russie a surpris par sa capacité d’adaptation et de production de matériels militaires de très haute technologie. La Syrie est devenue un théâtre vitrine du savoir faire russe. De quoi intéresser de nombreux pays acheteurs mais également susciter la crainte sur la scène internationale.

La Syrie comme vitrine de l'effort de défense russe
Le conflit syrien, lieu de test pour l’aviation russe

La Syrie, un théâtre de tests opérationnels

Le conflit syrien a, par exemple, permis les tests opérationnels de différents robots de combats téléopérés. C’est le cas pour le Platforma-M et l’Argo depuis 2016. Ces deux robots armés pour le combat permettraient des engagements en zones urbaines sans exposer inutilement les troupes assaillantes.

La modularité des équipements disponibles pour ces robots permet de s’adapter à de multiples situations. Cela explique que les différents sites proches de la Russie comme Sputnik annoncent également le développement de robot de contre-minage, ou sous-marins. Devant le succès d’utilisation des premières gammes de robots russes, la célèbre entreprise Kalachnikov développe également le sien depuis 2015: le Volk-2.

De matériels de toute nouvelle génération extrêmement performants

La protection antiaérienne russe est également un véritable domaine d’expertise qui a pu dévoiler son potentiel en Syrie. Le S-400 est actuellement d’une technologie inégalée et limite l’ampleur de tout bombardement au-dessus de zones protégées par l’armée. La Russie a donc actuellement le pouvoir de bloquer une partie de l’espace aérien syrien à l’OTAN. Israël en fait également les frais depuis 2015 et ne peut survoler l’espace aérien sous contrôle russe qu’avec leur assentiment. Le S-500, actuellement en conception, serait même, en l’état, indestructible du ciel et capable de détruire des missiles hypersoniques dans un rayon de 600 kilomètres. Ce nouveau matériel change donc totalement les doctrines de bombardement aériens.

Les forces aériennes russes ont pu, de plus, tester le Sukhoï Su-57, avion de chasse de 5egénération à même de concurrencer le F-22 américain Cependant, ces nouveaux avions furtifs n’étaient qu’à un stade de prototype.

La marine russe bénéficie également de nouveaux sous-marins depuis 2014 et a la possibilité de lancer de nouveaux missiles de croisières de catégories Kaliber en Syrie depuis la mer Caspienne. En conséquence, la distance de 1500 km n’est plus un problème technique pour un lancement de missile.

Enfin, à défaut de pouvoir posséder un budget similaire aux États-Unis, la Russie a opté pour une spécialité tout aussi efficace que les batteries anti-aériennes : la guerre électronique. Les Américains ont ainsi fait les frais de coupures de communication sur le théâtre syrien, empêchant des frappes aériennes et bloquant les communications avec leurs alliés de l’opposition. De quoi susciter des inquiétudes et une adaptation de l’entraînement américain au combat.

Des succès technologiques qui suscitent craintes et envies

Les succès industriels d’armement russe et leur expérimentation sur le théâtre syrien encouragent leur exportation. Erdogan a  même annoncé, en début 2019, vouloir acquérir des S400 russes, de quoi susciter la polémique au sein de l’OTAN et démontrer l’attractivité croissante de la Russie auprès de son voisin. Le pays vend également des armes à la République Centrafricaine, renouant ainsi avec une vieille tradition de soutien aux pays africains.

Dans un contexte de réarmement mondial, la Russie se replace au premier plan des exportations d’armes. La Syrie est devenue une véritable vitrine de son savoir-faire, ce qui ajoute une dose de cynisme à la tragédie humaine qui s’y déroule depuis 2011. Les dividendes de la paix semblent bien loin.

Sources :

-“Achat d’équipements militaires russes: Erdogan persiste et signe”, Le Figaro, mars 2019

-“Budget, équipements, compétences: que vaut l’armée russe?”, Challenges, décembre 2016

-“Système S-500: le nouveau missile détruira des cibles à 100 kilomètres d’altitude”, russiabeyond.com , avril 2017

-“DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, interview d’Alain Juillet”, Thinkerview, avril 2018

– “Platform-M, le robot combattant”, Chaire de Saint-Cyr, décembre 2015

-“Syrie, la surprise russe pour les USA”, parstoday.com, aout 2018

-“Robots armés autonomes et IA : les 825 millions de coupes budgétaires auraient pu, auraient dû, s’y investir intelligemment” , La Synthèse online, aout 2017

– “Russia’s Platform-M combat robot on display in Sevastopol”, Russia Today, juillet 2015

-“Were Russian Combat Robots Used in Syria ?”, Bellingat.com, janvier 2016

-“La Russie a testé ses avions de chasse dernier cri Su-57 au combat en Syrie”, Russia Today, mars 2018

-“L’avion de combat russe de la 5e génération Soukhoï Su-57 testé en Syrie”,Intellivoire.net, novembre 2018

– “Plus performants et dotés de missiles Kalibr, les nouveaux sous-marins russes préoccupent l’Otan”, Opex360.com, octobre 2018

– “La Russie a lancé 26 missiles de croisière à partir de la mer Caspienne sur des cibles de l’EI”, Réseau International, octobre 2015

-“La guerre en Syrie exhibe les armes russes et encourage leurs ventes”, Memri, janvier 2016

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internatio
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Les États-Unis demandent aux pays de refuser l’espace aérien aux avions russes à destination du Venezuela

Les États-Unis demandent aux pays de refuser l’espace aérien aux avions russes à destination du Venezuela

Igor Ivanko / Agence de presse Moskva

Le porte-parole du département d’État américain a appelé les pays à «suivre l’exemple de Malte» et à empêcher les avions militaires russes en route pour le Venezuela d’utiliser leur espace aérien.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré le 4 avril que Malte refusait d’utiliser son espace aérien pour transporter un avion militaire de la Syrie au Venezuela. Zakharova a ajouté que Malte n’avait pas motivé sa décision. agence de presse a rapporté.

«Nous félicitons le gouvernement maltais d’avoir refusé d’autoriser les avions russes à utiliser son espace aérien pour approvisionner l’ancien régime brutal au Venezuela. Nous appelons tous les pays à suivre l’exemple de Malte pour arrêter le soutien du Kremlin pour le dictateur Maduro, » porte – parole du département d’ Etat Morgan Ortagus a tweetévendredi.

La Russie, qui a également fourni des avions de combat, des chars et des systèmes de défense aérienne au Venezuela, a rejeté les critiques de la coopération militaire américaine avec Caracas, affirmant qu’elle n’interférait pas dans les affaires intérieures du pays latino-américain et ne menaçait pas la stabilité régionale.

Le président américain Donald Trump a déjà déclaré que « la Russie doit sortir » du Venezuela et que « toutes les options » sont ouvertes pour obliger la Russie à mettre fin à son aide à Maduro, évoquant la perspective de nouvelles sanctions américaines contre Moscou.

La frénésie anti-Trump menace de mettre fin à la diplomatie des superpuissances.

20.avril.2019 // Les Crises

La frénésie anti-Trump menace de mettre fin à la diplomatie des superpuissances. Par Stephen F. Cohen

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Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 16-01-2019

Les accusations sans fondement de Russiagate continuent de faire courir un risque de guerre avec la Russie.

Par Stephen F. Cohen

16 janvier 2019

Le Nouvel An a apporté un torrent d’allégations de plus en plus frénétiques selon lesquelles le président Donald Trump entretient depuis longtemps une relation de conspiration avec Vladimir Poutine, dirigeant du Kremlin – pourquoi mâcher ces mots et appeler cela « collusion ».

Pourquoi cette frénésie maintenant ? Peut-être parce que les promoteurs du Russiagate en haut lieu craignent que le conseiller spécial Robert Mueller ne présente pas la « bombe » que l’on espérait pour mettre fin à la présidence de Trump. Certes, le chroniqueur du New York Times David Leonhardt semble inquiet, exigeant que « le président doit partir », sa ligne d’appel exhortant : « Qu’est-ce qu’on attend ? » (Dans certains pays, des articles comme le sien, et il y en a beaucoup, seraient considérés comme appelant à un coup d’état.) Peut-être pour inciter les démocrates qui ont maintenant pris le contrôle des comités d’enquête de la Chambre. Peut-être simplement parce que Russiagate est devenu une secte politico-médiatique qu’aucun fait, ou aucun manque de preuves, ne peut dissuader ou diminuer.

Et il n’y a pas de nouvelles preuves crédibles, nonobstant les allégations grotesques. L’une des récentes « bombes » du New York Times, publiée le 12 janvier, rapportait, par exemple, qu’au printemps 2017, les responsables du FBI « ont commencé à enquêter pour savoir si [le président Trump] avait travaillé pour la Russie contre les intérêts américains ». Aucun des trois journalistes n’a pris la peine de signaler que ces « agents et fonctionnaires » incluaient presque certainement ceux que le FBI lui-même a réprimandés et mis à la retraite pour leurs partis pris politiques. (Comme d’habitude, le Times a enfoui sa dénégation de responsabilité en la noyant dans le récit : « Rien ne prouve publiquement que M. Trump était secrètement en contact avec des représentants du gouvernement russe ou qu’il avait suivi leurs instructions. »)

Quelle qu’en soit l’explication, la frénésie exacerbée est indubitable, canalisant presque quotidiennement les « informations » dans une synergie de parutions et de dépêches des médias de la presse qui font la promotion zélée du Russiagate depuis plus de deux ans, en particulier le TimesThe Washington Post, MSNBC, CNN, et leurs journaux apparentés. Ils disposent d’un grand nombre de collaborateurs enthousiastes, dont le distingué Strobe Talbott, le principal conseiller du président Bill Clinton pour la Russie et jusqu’à récemment président de la Brookings Institution. Selon Talbott, « Nous savons déjà que le Kremlin a aidé à faire entrer Trump à la Maison-Blanche et l’a fait passer pour un gogo… Trump a été de connivence avec une Russie hostile tout au long de sa présidence ». En fait, nous ne « savons » rien de tout cela. Ces soupçons et allégations restent largement diffusés.

Dans ce commentaire sectaire, la « menace » d’une « Russie hostile » doit être gonflée avec les accusations contre Trump. (En vérité, la Russie ne représente aucune menace pour les États-Unis autre que celle que Washington, depuis la fin de l’Union soviétique en 1991, n’ait elle-même provoquée). Pour sa propre inflation de menaces, le Times ne présentait pas un expert avec des références plausibles, mais Lisa Page, l’ancienne avocate du FBI sans expertise connue de la Russie, et qui était une de celles que l’agence avait blâmées pour son parti pris politique contre Trump. Néanmoins, le Times cite longuement Page : « Dans la Fédération de Russie et chez le président Poutine lui-même, vous avez un individu dont le but est de perturber l’alliance occidentale et de rendre la démocratie occidentale plus hargneuse afin d’affaiblir notre capacité… à diffuser nos idéaux démocratiques. Nous aurions peut-être dû deviner que les gènes de promotion de la démocratie de J. Edgar Hoover étaient encore vivants et se reproduisaient au FBI, bien que pour le Times, dans son utilisation du malheureux et légalement en danger Page, cela semble sans importance. »

Ce qui nous amène, ou plutôt les fanatiques du Russiagate, à la « menace » accrue que représente « la Russie de Poutine ». Si c’est vrai, nous nous attendrions à ce que le président américain négocie avec le dirigeant du Kremlin, y compris lors des réunions au sommet, comme tous les présidents l’ont fait depuis Dwight Eisenhower. Mais, nous dit-on, nous ne pouvons pas faire confiance à Trump pour le faire, car, selon le Washington Post, il a rencontré Poutine seul à plusieurs reprises, avec seulement des traducteurs présents, et a caché les enregistrements de leurs entretiens privés, signes certains d’un comportement « perfide » comme les médias pro Russiagate l’ont affirmé lors du sommet Trump-Poutin en Helsinki en juillet 2018.

Il est difficile de savoir s’il s’agit d’ignorance historique ou d’une ruse des pro Russiagate, bien que ce soit probablement les deux. Quoi qu’il en soit, la vérité est très différente. En préparant les sommets américano-russes (soviétique et post-soviétique) depuis les années 1950, les assistants des deux parties ont organisé un « temps privatif » pour leurs patrons pour deux raisons essentielles : pour qu’ils puissent développer des relations personnelles suffisantes pour soutenir tout partenariat politique qu’ils décideraient de mettre en place ; et pour qu’ils se préviennent mutuellement des contraintes sur leurs pouvoirs politiques au pays, qu’exercent leurs ennemis souvent présents dans les services secrets respectifs. (Le KGB a mené des opérations contre la politique de détente de Nikita Khrouchtchev avec Eisenhower et, comme il est bien établi, les services de renseignement américains ont mené des opérations contre l’objectif proclamé de Trump de « coopération avec la Russie »).

C’est-à-dire que dans l’histoire moderne des sommets américano-russes, nous dit un ancien ambassadeur américain qui sait que « le secret des réunions privées présidentielles… a été la règle et non l’exception ». Il poursuivait : « Il n’y a rien d’inhabituel à cacher des informations à la bureaucratie au sujet des rencontres privées du président avec des dirigeants étrangers… Parfois, ils dictaient ensuite un mémo, parfois non ». En effet, le président Richard Nixon, méfiant à l’égard de la « bureaucratie » américaine, a quelquefois rencontré en privé Leonid Brejnev, dirigeant du Kremlin, alors que seul le traducteur de Brejnev était présent.

Nous ne devons pas non plus oublier les avantages en matière de sécurité nationale qui ont découlé des réunions privées entre les dirigeants américains et ceux du Kremlin. En octobre 1986, le président Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev se sont rencontrés avec leurs seuls traducteurs et un fonctionnaire américain qui a pris des notes – les deux dirigeants, malgré leurs désaccords, ont convenu en principe que les armes nucléaires devraient être abolies. Le résultat, en 1987, a été le premier et toujours le seul traité à abolir une catégorie entière de ces armes, les armes à portée intermédiaire, extrêmement dangereuses. (C’est le traité historique que Trump a dit qu’il pourrait abroger.)

Et pourtant, les fanatiques du Congrès menacent maintenant d’assigner à comparaître le traducteur américain qui était présent lors des réunions de Trump avec Poutine. Si cette irresponsabilité prévaut, ce sera la fin de la diplomatie au sommet des puissances nucléaires qui a contribué à protéger les États-Unis et le monde d’une guerre catastrophique pendant près de 70 ans – et alors qu’une nouvelle course aux armements nucléaires plus périlleuse se déroule entre ces deux pays. Cela confirmera amplement une thèse présentée dans mon livre La guerre avec la Russie ? à savoir que les allégations anti-Trump de Russiagate sont devenues la menace la plus grave pour notre sécurité.

Les corrections et clarifications suivantes ont été apportées à la version originale de cet article le 17 janvier : Reagan et Gorbatchev se sont rencontrés en privé avec des traducteurs lors du sommet à Reykjavik, Islande, en octobre 1986, et non février, et Reagan était également accompagné par un représentant américain qui a pris des notes. Et il serait plus précis de dire que les deux dirigeants, malgré leurs désaccords, ont convenu en principe que les armes nucléaires devraient être abolies.

Stephen F. Cohen est professeur émérite de sciences politiques et d’études russes à Princeton et NY Université et auteur du nouveau livre War with Russia ? De Poutine et l’Ukraine à Trump et Russiagate. Ce analyse est basée sur les plus récentes de ses entretiens hebdomadaires sur la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie avec John Batchelor, animateur de l’émission de radio. (Le podcast est ici. Les épisodes précédents, nous en sommes maintenant à la cinquième année, sont sur TheNation.com.)

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 16-01-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/la-frenesie-anti-trump-menace-de-mettre-fin-a-la-diplomatie-des-superpuissances-par-stephen-f-cohen/

Du Grand échiquier de Brzezinski à l’hystérie du Russiagate: pourquoi Washington fait la guerre à Moscou

Du Grand échiquier de Brzezinski à l’hystérie du Russiagate: pourquoi Washington fait la guerre à Moscou

 

Tout ça pour ça ? Le Russiagate a fait l’objet d’une hystérie collective pour finalement accoucher d’une souris. Pour comprendre pourquoi la Russie agite autant l’establishment US et les médias dominants, il faut considérer la bataille pour le contrôle de l’Eurasie. Cette région stratégique a toujours nourri la convoitise de Washington, or elle est en train de lui échapper. Des projets se mettent en place entre l’Europe, la Russie et la Chine. Les Etats-Unis ne peuvent l’accepter. C’est ce que nous apprennent l’analyse de documents stratégiques de la Maison Blanche, du Pentagone et des renseignements. Très éclairant ! La Russie n’apparaît pas comme une menace directe pour la sécurité des Etats-Unis, mais l’establishment entretient une russophobie maladive pour justifier ses agressions et stopper le développement de ses concurrents.


« La Russie est une partie inaliénable et organique de la Grande Europe et de la civilisation européenne. Nos citoyens se considèrent comme européens. C’est pourquoi la Russie propose de s’orienter vers la création d’un espace économique commun allant de l’Atlantique à l’océan Pacifique, une communauté qualifiée par les experts russes d’ « Union de l’Europe », qui renforcera le potentiel russe sur son pivot économique vers la « nouvelle Asie ».” Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, février 2012

Les allégations d ’ « ingérence de la Russie » n’ont de sens que si elles sont placées dans un contexte géopolitique plus large. A partir du moment où nous réalisons que Washington met en œuvre une stratégie agressive de « containment » visant à encercler militairement la Russie et la Chine pour étendre ses tentacules à travers l’Asie centrale, nous commençons alors à comprendre que la Russie n’est pas l’auteur des hostilités et de la propagande, mais la victime. Les accusations de piratage informatique commises par la Russie s’inscrivent dans une guerre d’information plus vaste et asymétrique à laquelle tout l’establishment politique de Washington a pris part. L’objectif est d’affaiblir méthodiquement un rival émergent tout en renforçant l’hégémonie globale des États-Unis.

Essayez d’imaginer un instant que les allégations de piratage informatique ne font pas partie d’un plan sinistre de Vladimir Poutine visant à « semer la discorde et la division » aux États-Unis. Imaginez plutôt qu’elles ont été conçues pour créer une menace externe qui justifierait une réponse agressive de Washington. Voilà la nature exacte du Russiagate.

Les décideurs politiques US et leurs alliés au sein de l’armée et des renseignements savent que les relations avec la Russie vont inévitablement devenir de plus en plus conflictuelles, principalement parce que Washington est déterminé à poursuivre son ambitieux projet de « pivot » vers l’Asie. Cette nouvelle stratégie régionale met l’accent sur « le renforcement des alliances bilatérales de sécurité, l’expansion du commerce et des investissements et la création d’une présence militaire élargie« . En bref, les États-Unis sont déterminés à maintenir leur suprématie mondiale en établissant des avant-postes militaires dans toute l’Eurasie, tout en continuant à resserrer l’étau sur la Russie et la Chine. Washington cherche par la même occasion à renforcer sa position d’acteur dominant dans la région la plus peuplée et la plus prospère du monde. Le plan a été esquissé pour la première fois par l’architecte de la domination mondiale de Washington, Zbigniew Brezinski. Voici comment l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter l’a résumé dans son ouvrage majeur de 1997 intitulé : Le Grand échiquier, l’Amérique et le reste du monde. [Traduction littérale du sous-titre en anglais: La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, ndlt]

Pour l’Amérique, l’enjeu géopolitique principal est l’Eurasie (…) On dénombre environ 75% de la population mondiale en Eurasie, ainsi que la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières. L’addition des produits nationaux bruts du continent compte pour quelque 60% du total mondial. Les trois quarts des ressources énergétiques connues y sont concentrées. »

Quatorze ans après l’écriture de ces mots, l’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, reprenait la bannière de l’expansion impériale et exigeait un changement radical de la politique étrangère US. Il fallait principalement accroître la présence militaire des Etats-Unis en Asie. C’est Clinton qui a lâché pour la première fois le terme « pivot » dans un discours qu’elle a prononcé en 2010 et qui s’intitulait « Le siècle Pacifique de l’Amérique ». Voici un extrait du discours:

« Alors que la guerre en Irak se termine et que les États-Unis commencent à retirer leurs forces de l’Afghanistan, les États-Unis se trouvent à un point pivot. Au cours des 10 dernières années, nous avons alloué d’immenses ressources à ces deux théâtres. Au cours des 10 prochaines années, nous devons être intelligents et méthodiques sur les domaines dans lesquels nous investissons du temps et de l’énergie, afin de nous placer dans la meilleure position possible pour maintenir notre leadership, défendre nos intérêts et faire progresser nos valeurs. L’une des tâches les plus importantes de la politique américaine dans la prochaine décennie consistera donc à assurer un investissement substantiellement accru – diplomatique, économique, stratégique et autre – dans la région Asie-Pacifique…

Les libres marchés d’Asie offrent aux États-Unis des possibilités sans précédent en matière d’investissement, de commerce et d’accès à la technologie de pointe… Les entreprises américaines [ont besoin] d’exploiter la base vaste et croissante des consommateurs d’Asie… La région génère déjà plus de la moitié de la production mondiale et près de la moitié du commerce mondial. Alors que nous nous efforçons d’atteindre l’objectif du Président Obama de doubler nos exportations d’ici 2015, nous recherchons des opportunités de faire davantage d’affaires en Asie et des opportunités d’investir sur les marchés dynamiques d’Asie. ” (« America’s Pacific Century », Secrétaire d’État Hillary Clinton, Foreign Policy Magazine, 2011)

La stratégie du pivot n’est pas une simple copie réchauffée du Grand Jeu du 19e siècle promue par des think-tanks fantaisistes et des complotistes. C’est la plus importante doctrine de politique étrangère de Washington, une théorie de « rééquilibrage » axée sur le renforcement de la présence militaire et diplomatique des États-Unis dans l’ensemble du territoire asiatique. Naturellement, les sinistres mouvements de troupes de l’OTAN sur le flanc occidental de la Russie et les opérations navales provocatrices de Washington en mer de Chine méridionale ont envoyé des signaux d’alerte à Moscou et à Pékin. L’ancien président chinois Hu Jintao a résumé la situation de la manière suivante :

« Les États-Unis ont renforcé leurs déploiements militaires dans la région d’Asie-Pacifique, ont renforcé leur alliance militaire avec le Japon, ont renforcé leur coopération stratégique avec l’Inde, ont amélioré leurs relations avec le Vietnam, ont mis le Pakistan de leur côté, ont établi un gouvernement pro-américain en Afghanistan, ont augmenté les ventes d’armes à Taiwan, et ainsi de suite. Ils ont étendu les avant-postes et mis des points de pression sur nous depuis l’est, le sud et l’ouest. »

Le président russe Vladimir Poutine a également critiqué le comportement imprévisible de Washington. L’expansion de l’OTAN vers l’Est a convaincu Poutine que les États-Unis continueront d’être une force perturbatrice sur le continent dans un avenir proche. Les deux dirigeants craignent que les provocations incessantes de Washington ne mènent à un affrontement inattendu qui se terminera par une guerre.

Malgré tout, la classe politique US a pleinement adhéré à la stratégie du pivot. C’est une ultime tentative de revenir en arrière, dans l’ère de l’après-guerre, lorsque les centres industriels du monde étaient en ruine et que l’Amérique était le seul maître à bord. À présent, le centre de gravité s’est déplacé d’ouest en est, ne laissant à Washington que deux options: soit laisser les géants émergents d’Asie connecter leurs voies ferroviaires et leurs gazoducs à l’Europe en créant la plus grande zone de libre-échange du monde; soit chambouler le tout, intimider les alliés et menacer les rivaux, en appliquant des sanctions qui ralentissent la croissance et font chuter les devises, et en armant des djihadistes mandatés pour attiser la haine ethnique et fomenter des troubles politiques. Clairement, le choix a déjà été fait. Oncle Sam a décidé de se battre jusqu’au bout.

Washington a de nombreuses façons de traiter ses ennemis, mais aucune de ces stratégies n’a freiné la croissance de ses concurrents à l’Est. La Chine est sur le point de dépasser les Etats-Unis en tant que première économie du monde, tandis que l’intervention de la Russie en Syrie a annulé le plan de Washington visant à renverser Bashar al Assad et à renforcer son emprise sur le Moyen-Orient, riche en ressources. Ce plan s’est maintenant effondré, obligeant les décideurs US à abandonner complètement la guerre contre le terrorisme et à passer à une « compétition des grandes puissances » qui reconnaît que les États-Unis ne peuvent plus imposer unilatéralement leur volonté, où qu’ils aillent. Des défis à la domination des États-Unis émergent partout, particulièrement dans la région que les Etats-Unis espèrent dominer, l’Asie.

C’est la raison pour laquelle l’ensemble de l’appareil de la sécurité nationale se tient désormais derrière l’improbable stratégie du Pivot. C’est une tentative désespérée de maintenir un ordre unipolaire en décomposition.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Cela signifie que la Maison Blanche, le Pentagone et la communauté du renseignement  ont tous élaboré leurs propres analyses respectives des plus grands défis auxquels les États-Unis sont actuellement confrontés : la « Stratégie de sécurité nationale » pour la Maison Blanche, la « Stratégie de défense nationale » pour le Pentagone et l’ « Evaluation des menaces mondiales » pour les renseignements. Naturellement, la Russie figure en tête de liste. La Russie a fait dérailler la guerre par procuration de Washington en Syrie, elle a contrecarré les tentatives des États-Unis de s’établir en Asie centrale et elle a renforcé ses liens avec l’Union européenne dans l’espoir de « créer une communauté harmonieuse d’économies de Lisbonne à Vladivostok« . (Poutine)

N’oubliez pas que les États-Unis ne se sentent pas menacés par la possibilité d’une attaque russe, mais par la capacité de la Russie à contrecarrer leurs grandes ambitions impériales en Asie.

Comme nous l’avons noté, la Stratégie de sécurité nationale (SNS) est un document statutaire de la Maison-Blanche qui explique comment le président entend mettre en œuvre sa vision de la sécurité nationale. Sans surprise, le document se concentre principalement sur la Russie et la Chine. Voici un extrait :

« La Chine et la Russie défient le pouvoir, l’influence et les intérêts des États-Unis en tentant d’éroder la sécurité et la prospérité des États-Unis. Elles sont déterminées à rendre les économies moins libres et moins justes, à développer leurs armées et à contrôler les informations et les données afin de réprimer leurs sociétés et d’étendre leur influence. » (Ni la Russie ni la Chine ne cherchent à éroder la sécurité et la prospérité étasuniennes. Elles développent simplement leurs économies et étendent leurs marchés. Si les entreprises US réinvestissaient leur capital dans les usines, dans la formation de leurs employés et dans la recherche et le développement, plutôt que dans des rachats d’actions et dans les indemnités de leurs dirigeants, elles seraient alors capables de mieux mener leurs activités à l’échelle mondiale.)

En voici plus : « À travers des formes modernisées de tactiques subversives, la Russie s’ingère dans les affaires politiques internes d’autres pays partout dans le monde. » (C’est l’hôpital qui se fout de la charité.)

« Aujourd’hui, des acteurs tels que la Russie utilise des outils d’information pour saper la légitimité des démocraties. Ces adversaires ciblent les médias, les processus politiques, les réseaux financiers et les données personnelles. » (Le mastodonte des médias occidentaux est le plus grand porte-parole de la désinformation que le monde a connu. RT et Sputnik n’arrivent pas à la cheville de la clique qui contrôle les télévisions du câble, les journaux et la plupart des médias imprimés. Le rapport Mueller prouve sans l’ombre d’un doute que l’absurdité politiquement motivée que l’on a pu découvrir dans les médias n’est ni fiable ni digne de confiance.)

L’Evaluation des Menaces Mondiales de la communauté du renseignement US est encore plus explicite dans ses attaques contre la Russie. Voyez vous-mêmes :

« Les menaces à la sécurité nationale des États-Unis vont s’aggraver et se diversifier au cours de l’année à venir, en partie sous l’effet de la Chine et de la Russie, qui sont respectivement en concurrence plus intense avec les États-Unis et leurs alliés et partenaires traditionnels…. Nous estimons que Moscou poursuivra une série d’objectifs pour élargir son champ d’action, notamment en sapant l’ordre international libéral dirigé par les États-Unis, en divisant les institutions politiques et de sécurité occidentales, en démontrant la capacité de la Russie à régler les problèmes mondiaux et en renforçant la légitimité nationale de Poutine.

 Nous estimons que Moscou a gagné en confiance, grâce à son succès dans la restauration du contrôle territorial du régime d’Assad en Syrie… La Russie cherche à renforcer sa présence militaire et son influence politique en Méditerranée et dans la mer Rouge… pour résoudre les conflits, notamment en s’engageant dans le Processus de Paix au Moyen-Orient et dans la réconciliation afghane.

 La Russie continuera de faire pression sur les dirigeants d’Asie centrale pour qu’ils soutiennent les initiatives économiques et de sécurité conduites par la Russie et réduisent leurs relations avec Washington. … La Russie et la Chine vont probablement intensifier leurs efforts pour renforcer leur influence en Europe aux dépens des intérêts US » (« L’Évaluation des Menaces Mondiales du renseignement américain », USG)

Vous remarquerez que le résumé de la communauté du renseignement ne suggère pas que la Russie présente une menace militaire imminente aux Etats-Unis. Elle a juste rétabli l’ordre en Syrie, elle a renforcé ses liens avec la Chine, elle s’est révélée être « un intermédiaire honnête » auprès des pays du Moyen-Orient et elle a utilisé le système du marché libre pour améliorer ses relations avec ses partenaires commerciaux et développer son économie. En fait, les renseignements US semblent critiquer la Russie parce qu’elle utilise le système créé par les États-Unis pour en tirer un meilleur avantage. Cela est tout à fait compréhensible compte tenu de la volonté de Poutine de rapprocher l’Europe et l’Asie grâce à un plan d’intégration économique régional. Voici ce que Poutine en dit :

« Nous devons envisager une coopération plus étendue dans le domaine de l’énergie, jusqu’à la formation d’un complexe énergétique européen commun. Le gazoduc Nord Stream sous la mer Baltique et le gazoduc South Stream sous la mer Noire sont des étapes importantes dans cette direction. Ces projets bénéficient du soutien de nombreux gouvernements et impliquent de grandes entreprises énergétiques européennes. Lorsque les gazoducs commenceront à fonctionner à leur pleine capacité, l’Europe disposera d’un système d’approvisionnement en gaz fiable et flexible qui ne dépendra pas des caprices politiques d’un pays. Cela renforcera la sécurité énergétique du continent non seulement en forme mais en substance. Ceci est particulièrement pertinent à la lumière de la décision de certains États européens de réduire ou de renoncer à l’énergie nucléaire. »

Les gazoducs et le train à grande vitesse sont les artères qui relieront les continents et renforceront le nouveau super-État Eurasien. C’est le plus grand cauchemar de Washington, une immense zone de libre-échange florissante, hors de sa portée et non soumise à ses règles. En 2012, Hillary Clinton a reconnu cette nouvelle menace et a promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour la détruire. Lisez donc cet extrait :

« La secrétaire d’État US Hillary Clinton a décrit les efforts déployés pour promouvoir une plus grande intégration économique en Eurasie comme «un mouvement de re-soviétisation de la région».…. « Nous savons quel est l’objectif et nous essayons de trouver des moyens efficaces pour le ralentir ou l’empêcher« , a-t-elle déclaré lors d’une conférence internationale à Dublin le 6 décembre 2012, Radio Free Europe.

“Le ralentir ou l’empêcher” ?

Pourquoi ? Parce que la croissance et la prospérité eurasienne exerceront des pressions sur les marchés de la dette US, les intérêts des entreprises US, la dette publique (et gonflée) des Etats-Unis et leur dollar ? Est-ce la raison pour laquelle Hillary est si résolue à saboter le plan d’intégration économique de Poutine ?

En effet, c’est de cela qu’il s’agit. Washington veut bloquer le progrès et la prospérité à l’Est afin de prolonger la durée de vie d’un État sinistre et complètement en faillite qui affiche actuellement 22 000 milliards de dollars dans le rouge tout en continuant à faire des chèques sur un compte à découvert.

Toutefois, la Russie ne devrait pas être tenue pour responsable du comportement insensé de Washington. Ce n’est pas la faute de Poutine. Moscou utilise simplement et de manière plus efficace le système du marché libre mis en place par les États-Unis.

Examinons maintenant la Stratégie de défense nationale (SND) du Pentagone pour 2018, qui reprend bon nombre des mêmes thèmes que les deux autres documents.

« Nous sortons aujourd’hui d’une période d’atrophie stratégique, conscients que notre avantage militaire concurrentiel s’est érodé. Nous sommes confrontés à un désordre mondial accru, caractérisé par un déclin de l’ordre international fondé de longue date sur des règles, créant un environnement de sécurité plus complexe et instable que tout ce que nous avons connu récemment. La concurrence stratégique entre États, et non le terrorisme, est désormais la principale préoccupation de la sécurité nationale des États-Unis« .

Naturellement, « l’environnement de sécurité » devrait sacrément se complexifier si tout le monde faisait du « changement de régime » la pierre angulaire de sa politique étrangère. Bien sûr, la SND passe sous silence ce triste aspect. En voilà plus :

« La Russie a violé les frontières de pays voisins et a exercé son droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et de sécurité de ses voisins… »

Du flan! La Russie a été une force pour la stabilité de la Syrie et de l’Ukraine. Si Obama avait réussi, la Syrie serait devenue comme l’Irak, une terre infernale occupée par des mercenaires étrangers. C’est ainsi que le Pentagone évalue le succès ? Encore un peu :

La Chine et la Russie veulent façonner un monde cohérent avec leur modèle autoritaire…

« La Chine et la Russie sapent maintenant l’ordre international au sein du système …

« La Chine et la Russie sont les principales priorités du Département… en raison de l’ampleur des menaces qu’elles représentent pour la sécurité américaine. » (Stratégie de défense nationale des États-Unis d’Amérique)

Vous voyez le tableau ? Chine et Russie, Chine et Russie, Chine et Russie. Méchant, méchant, méchant.

Pourquoi ? Parce qu’ils mettent en œuvre avec succès leur propre modèle de développement, qui n’est PAS programmé pour favoriser les institutions financières et les entreprises étasuniennes. C’est tout. La seule raison pour laquelle la Russie et la Chine menacent le « système fondé sur des règles », c’est que Washington insiste pour être le seul à établir les règles. Et c’est la raison pour laquelle les dirigeants étrangers ne restent plus dans le rang, c’est parce que ce système n’est pas juste.

Ces appréciations représentent l’opinion dominante des décideurs politiques de haut niveau : la Maison Blanche, le Pentagone et la communauté des services de renseignement. Le gouvernement US est unanime pour dire qu’une approche plus dure et plus combative est nécessaire pour traiter avec la Russie et la Chine. Les élites de la politique étrangère veulent mettre la nation sur un chemin jonché de plus de confrontations, plus de conflits et plus de guerres. Dans le même temps, aucun de ces trois documents ne suggère que la Russie ait l’intention de lancer une attaque contre les États-Unis. La principale préoccupation porte sur l’effet que les concurrents émergents auront sur les visées provocatrices d’expansion militaire et économique de Washington. Le problème, c’est la menace que la Russie et la Chine posent à la mince emprise qu’exercent encore les Etats-Unis sur le globe. C’est cette peur qui dirige la politique étrangère US.

Et c’est bien dans ce large contexte que nous devons inscrire l’enquête sur la Russie. Si la fureur du piratage russe a pu s’épanouir et se répandre de la sorte, malgré l’absence évidente de preuves, c’est parce que la diabolisation de la Russie correspond parfaitement aux intérêts géopolitiques des élites au pouvoir. Les dirigeants US travaillent activement avec les médias pour influencer l’opinion publique sur des questions importantes aux yeux de l’establishment de la politique étrangère. L’objectif apparent de ces opérations psychologiques (PSYOP) est d’utiliser de manière sélective l’information sur « les publics pour influencer leurs émotions, leurs motivations, leur raisonnement objectif et, finalement, le comportement d’organisations, de groupes et d’individus« .

Les dirigeants US considèrent les esprits des Américains ordinaires comme une cible légitime pour leurs campagnes d’influence. Ils considèrent les attitudes et les perceptions comme « le front cognitif du champ de bataille », un terrain qu’ils doivent exploiter afin de susciter l’appui de l’opinion à leurs guerres et à leurs interventions extrêmement impopulaires. L’implacable récit du Russiagate a d’abord été rapporté au FBI par l’architecte de la guerre en Syrie, John Brennan, ancien directeur de la CIA. Cette affaire représente le principal élément de désinformation de la vaste campagne menée contre la Russie. Les élites de la politique étrangère sont déterminées à persuader le peuple étasunien que la Russie constitue une menace matérielle pour leur sécurité, une menace qui doit être combattue par des sanctions plus sévères, des attaques plus vives, et finalement la guerre.

Mike Whitney

Du Grand échiquier de Brzezinski à l’hystérie du Russiagate: pourquoi Washington fait la guerre à Moscou

https://www.mondialisation.ca/du-grand-echiquier-de-brzezinski-a-lhysterie-du-russiagate-pourquoi-washington-fait-la-guerre-a-moscou/563278

Où l’on reparle de la Caspienne…

Où l’on reparle de la Caspienne…

Publié le 18 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in Asie centraleGazRussie

Le Warsaw Institute est un think tank polonais pro-US comme tant d’autres dans la « Nouvelle Europe » si chère à l’attelage Bush-Cheney. Pourtant, contrairement à ses confrères, il fait preuve d’une certaine objectivité et d’une pertinence bienvenue. Ses écrits n’en ont que plus de poids…

Dans un article publié il y a une dizaine de jours, il revient sur le fameux gazoduc transcaspien, TCP pour les intimes, épisode à suspense bien connu du fidèle lecteur :

Avec la Russie, l’Iran et le Qatar, le Turkménistan fait en effet partie du carré d’as de l’or bleu, quatuor dont les fabuleuses réserves de gaz représentent jusqu’à 2/3 des réserves mondiales selon certaines estimations. Dès la chute de l’URSS, les Américains, soucieux d’enfoncer un coin au coeur du Heartland, ont vu dans le pays des Turkmènes une carte à jouer pour leur grand projet de désenclavement des richesses énergétiques de la Caspienne. N’est-ce pas Dick Cheney, futur vice-président de Bush junior et grand pétrolier devant l’éternel, qui déclarait en 1998 :

« A ma connaissance, l’émergence soudaine d’une région comme la Caspienne en tant qu’acteur stratégique n’a pas d’équivalent historique. »

Le plan US consistait (et consiste toujours si tant est qu’il se réalise un jour) à créer deux routes d’évacuation – une à l’ouest et l’autre au sud-est (en bleu sur la carte), court-circuitant comme de bien entendu la Russie et l’Iran et divisant l’Eurasie :

La route ouest, vieux serpent de mer, est connue aujourd’hui sous le nom de corridor caspien, auquel font toujours semblant de croire les euronouilles. Seul problème et de taille : pour que le gaz turkmène suive le chemin du BTC et aille alimenter l’Europe via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, il faudrait construire un pipeline sous-marin, ce que refusent absolument deux des cinq pays riverains, à savoir la Russie et l’Iran.

Votre serviteur suit avec intérêt chaque Sommet de la Caspienne qui réunit, outre Moscou et Téhéran, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan, donc. On y discute de divers points et, lors du sommet de 2014, Poutine a réussi l’exploit de couper l’herbe sous le pied de l’empire en faisant signer un accord interdisant toute présence militaire étrangère autour de la Caspienne. Bye bye OTAN… Quand on sait qu’au temps de sa splendeur, Washington avait déclaré la zone d’importance stratégique nationale, envisageait d’établir une base en Azerbaïdjan et pensait plus généralement pouvoir détacher l’Asie centrale de Moscou, on mesure la dégringolade impériale (…)

Le point d’achoppement entre les cinq pays riverains est le statut à donner à l’étendue d’eau : lac ou mer ? De là découle en effet la possibilité ou non d’y faire passer des pipelines. On comprend aisément que Achgabat et Bakou militent pour un droit maritime s’appliquant intégralement et permettant des négociations bilatérales pour la construction du fameux gazoduc transcaspien. Mais les deux vrais patrons – l’Iran et la Russie – s’y opposent, Téhéran allant même plus loin que Moscou en demandant à ce que toute décision concernant la Caspienne soit prise à l’unanimité. En 2008 déjà, les Iraniens avaient mis leur veto, torpillant de fait le projet Nabucco, arguant du « danger écologique ». L’argument prête à sourire mais montre que notre passionnant Grand jeu relève aussi de considérations juridiques (le droit de la mer) ou environnementales.

NB : Sur toutes ces questions du statut de la Caspienne et l’historique de la dispute, on lira avec profit cette excellente analyse.

En août 2018, le sommet de la Caspienne accouchait d’une véritable bombe énergético-géopolitique :

Après 21 ans de disputes sur le statut juridique de la Caspienne, un accord sera vraisemblablement signé demain dimanche, entre les cinq pays riverains, lors du sommet du même nom à Aktau. La question est d’importance car, bien plus que les richesses énergétiques à se partager, le point crucial est le passage ou non du pipeline Turkménistan-Azerbaïdjan.

Surprise, l’accord de demain semblerait – le conditionnel reste de mise – indiquer que les deux gros bras de la Caspienne, Russie et Iran, ont lâché du lest. Le Kremlin est vu comme le grand vainqueur de l’affaire. L’interdiction de toute présence militaire étrangère (tss tss l’OTAN…) est actée tandis que la flotte russe aura accès à toute la mer (on se rappelle les ondes de choc provoquées par le déKalibrage des barbus syriens à partir de la Caspienne).

Et pourtant… Votre serviteur ne peut s’empêcher de revenir, encore et toujours, à ce fameux pipeline. L’accord d’Aktau permettra-t-il enfin au Turkménistan de construire son gazoduc à destination de l’Europe via l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie ? Si oui, pourquoi les Russes ont-ils soudain accepté ?

Répondre à la première question n’est pas aisé. Si un site azéri crie déjà victoire, il est en réalité difficile de dire ce que contient l’accord et si des clauses spéciales – l’interdiction du tube par exemple – n’y sont pas rattachées. Un officiel russe a parlé d’une « nouvelle » juridiction, la Caspienne acquérant son « propre statut légal ». L’on sait également qu’environ 70% des disputes seulement seront réglées par cet accord, des points de discorde subsistant, parmi lesquels le gazoduc trans-caspien (TCP) ?

Répondre à la deuxième question est tout aussi malaisé. Une officine impériale bien connue des spécialistes penche également pour l’autorisation du TCP et s’interroge sur le retournement de Moscou. Parmi les diverses raisons évoquées, la construction du pipe sera difficile, notamment financièrement ; elle prendra du temps et vient trop tard alors que les tubes russes sont déjà lancés (Turk Stream) ou en voie de l’être (Nord Stream II) ; Poutine tente ainsi d’amadouer l’UE pour débloquer les dernières résistances au Nord Stream II ; Gazprom pourra de toute façon tuer dans l’oeuf le TCP en reprenant ses achats de gaz turkmène.

Deux mois plus tard, nos prédictions se révélaient exactes :

Bingo ! On a appris il y a quelques jours que Gazprom devrait très vite reprendre ses achats de gaz turkmène :

Le russe Gazprom devrait reprendre à partir de début 2019 les importations de gaz en provenance du Turkménistan, qu’il avait arrêtées en 2016, a annoncé mardi son patron lors d’une visite dans la capitale turkmène. « Nous parlons d’une reprise des achats de gaz turkmène par Gazprom dans un futur très proche, à partir du 1er janvier 2019″, a indiqué M. Miller en soulignant que les détails du nouvel accord allaient bientôt être finalisés.

A peine les Russes lèvent-ils leur veto sur la construction du TCP qu’ils reprennent leurs importations de gaz turkmène, vidant de sa substance le gazoduc transcaspien. Malin comme un ours…

Chose promise, chose due : Gazprom vient de reprendre, il y a quatre jours, ses importations d’or bleu en provenance du Turkménistan, sans que le prix et surtout les quantités ne soient d’ailleurs précisées. Entre les 40 Mds de m3 de gaz turkmène qui partent annuellement en Chine et la reprise des achats par Gazprom, il ne reste plus grand chose pour remplir les projets américains (TAPI et TCP).

C’est dans ce contexte que prend place l’analyse du Warsaw Institute. au ton passablement désabusé. On y apprend que Trump, qui semble réellement s’être converti au catéchisme « deepstatique », a envoyé fin mars une lettre de voeux au président turkmène, l’improbable Gurbanguly Berdimuhamedov, pour lui souhaiter un joyeux Norouz. Le nouvel an perse, issu de l’immémoriale et attachante tradition zoroastrienne, n’est en effet pas seulement fêté en Iran mais au chez ses voisins, dont le Turkménistan.

Dans sa lettre au style très brzezinskien, le Donald n’a évidemment pas pu s’empêcher d’insister pour que les richesses gazières du pays soient écoulées vers l’Europe. Traduction : construisez le TCP pour squizzer les Russes. Mais derrière les belles déclarations d’intention, les obstacles demeurent. Les disputes territoriales entre Achgabat et l’Azerbaïdjan, par où doit transiter le tube, ne sont par exemple toujours pas réglées, les incertitudes sont légion et la concurrence de l’or bleu russe rend ce projet peu rentable, ce qui n’est pas la meilleure manière d’attirer les énormes investissements nécessaires des majors occidentales. Avec la captation du gaz turkmène par le dragon et l’ours, le TCP semble condamné à rester une coquille vide. On en connaît deux qui ont le sourire…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/04/ou-l-on-reparle-de-la-caspienne.html

 

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

Russia Delivers Asymmetric Blow To Ukraine

Le 10 avril, le gouvernement ukrainien a élargi la liste des marchandises interdites d’importation en provenance de Russie. Par cette décision, l’embargo a été étendu au formol et au concentré de carbamide-formaldéhyde, de ressorts pour les wagons de fret, de matériel électrique pour les automatismes ferroviaires et les dispositifs de communication, ainsi que de conducteurs électriques pour des tensions supérieures à 1000V. En outre, une autre résolution a sanctionné l’importation de contenants en verre, y compris les canettes, les bouteilles pour aliments et boissons, les contenants et autres produits similaires.

Ce mouvement a été la continuation d’une série de restrictions antérieures imposées par l’Ukraine à la Russie et aux entreprises affiliées à la Russie. Malgré des déclarations formelles, les actions récentes et précédentes de l’Ukraine ont un impact réel minime car les exportations russes susmentionnées peuvent être négligées.

Le 18 avril, le gouvernement russe est arrivé avec une déclaration sensationnelle en réponse au comportement ukrainien. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a annoncé qu’il avait signé un décret interdisant l’exportation de pétrole, de produits pétroliers et de charbon vers l’Ukraine. À compter du 1er juin, l’exportation des produits énumérés dans le décret nécessitera un permis spécial unique.

Le décret interdit également l’importation en Russie de produits d’ingénierie, de travaux légers et de traitement des métaux en Ukraine.

«Le Cabinet des ministres ukrainien a franchi une autre étape peu amicale envers notre pays en élargissant la liste des produits russes dont l’importation en Ukraine est interdite. Dans ces conditions, nous devons défendre nos intérêts et prendre des mesures de rétorsion », a déclaré Medvedev, selon Interfax.

Cette initiative sans précédent portera un coup sévère à l’économie déjà affaiblie de l’Ukraine. Au cours des années précédentes, les produits pétroliers russes représentaient environ 36 à 40% du marché ukrainien. Environ 40% des produits pétroliers importés par l’Ukraine en provenance de Biélorussie étaient en fait des produits pétroliers russes sous une autre marque. La Russie devrait renforcer la surveillance de la réexportation de ses produits pétroliers par la Biélorussie, empêchant ainsi les schémas gris qui pourraient permettre au gouvernement de Kiev d’éviter l’interdiction imposée.

L’industrie ukrainienne restante subira le plus de conséquences de l’interdiction imposée. Les citoyens ordinaires constituent un autre groupe qui ressentirait immédiatement l’impact. Compte tenu de l’interdiction des produits pétroliers russes, le gouvernement de Kiev devrait diversifier son marché, achetant probablement davantage de produits pétroliers à l’Azerbaïdjan ou même à l’Iran et à d’autres États du golfe Persique. Cette mesure désespérée augmenterait les coûts de transport. L’augmentation des coûts des produits pétroliers pour l’économie ukrainienne serait d’environ 15 à 20%.

En outre, il est peu probable que le gouvernement de Kiev puisse remplacer complètement les produits pétroliers russes dans un court laps de temps. Cela augmentera encore le coût des produits pétroliers en raison du manque d’approvisionnement sur le marché intérieur ukrainien.

Selon les experts, les citoyens ukrainiens pourraient bientôt observer une augmentation de 18 à 20% du prix du carburant. Actuellement, un litre de 95 RON à Kiev coûte environ 28 UAH (1,04 USD). Le revenu mensuel moyen de l’ukrainien est d’environ 7 000 UAH (250 USD). On s’attend donc à ce que le prix de 95 RON atteigne environ 1,25 USD le litre. Le coût des produits pétroliers pour le secteur de la production augmentera également.

La décision du Kremlin d’introduire le petit pain d’exportation de pétrole en Ukraine avant le second tour de l’élection présidentielle dans le pays est un signal clair à Volodymyr Zelensky, qui peut déjà être présidé en tant que président élu. [Petro Poroshenko a très peu de chances de remporter la victoire] Moscou montre qu’il ne tolère pas les déclarations formelles et attend de véritables actions qui changeraient la politique ukrainienne à l’égard de l’Ukraine. Si le président nouvellement élu introduit des changements dans la politique de son pays, il est prévu que l’interdiction pétrolière ainsi que d’autres sanctions seront levées dans un proche avenir.

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Pourquoi l’Europe tente-t-elle de saboter l’accord nucléaire iranien ?

Pourquoi l’Europe tente-t-elle de saboter l’accord nucléaire iranien ?

2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 14 avril 2019

L’accord nucléaire iranien, dit Plan d’action global conjoint (JCPOA), limite les activités nucléaires de l’Iran pendant 15 ans. Passé ce délai, l’Iran serait toujours lié par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et son Protocole additionnel. Mais l’Iran serait libre de produire de l’uranium enrichi pour ses réacteurs nucléaires.

En octobre 2017, les États-Unis ont quitté le traité et réintroduit des sanctions économiques contre l’Iran. Mais les signataires européens, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont déclaré qu’ils respecteraient l’accord. Gérard Araud, ambassadeur de France aux États-Unis, tweetait à cette époque :

Gérard Araud @GerardAraud - 19:25 utc - 8 sept 2017 

La France ne soutient aucune renégociation du traité JCPOA, qui devrait être mis en œuvre tel quel.

La France et l’Allemagne ont créé une structure complexe pour permettre certaines transactions commerciales avec l’Iran tout en échappant aux menaces de sanctions américaines secondaires. Le Guide suprême iranien Khamenei a qualifié cette structure de « blague » car elle ne permettra guère un commerce sérieux.

La semaine dernière, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France ont également intensifié leurs pressions sur l’Iran au sujet de ses programmes de missiles balistiques. L’Iran rejette sévèrement (vidéo, recommandé) toute critique de ce genre. Elle a depuis longtemps volontairement limité la portée de ses missiles à 2 000 kilomètres. N’ayant pas d’armée de l’air moderne, les missiles sont le seul moyen de menacer les biens de ses ennemis au Moyen-Orient. Il ne les abandonnera jamais.

De son côté, l’Iran respecte le JCPOA. Il limite ses activités nucléaires tout en permettant à l’AIEA d’inspecter le pays. Alors que les sanctions américaines s’accumulent et que les Européens refusent de soutenir des échanges commerciaux réguliers et continuent leur pression sur le sujet des missiles balistiques iraniens, il devient de plus en plus difficile pour les politiciens iraniens de justifier l’accord. Si, de leur côté, les États-Unis et l’UE ne respectent pas l’accord, pourquoi l’Iran devrait-il le faire ?

Les Européens continuent de traîner les pieds. La semaine dernière, la poste britannique a déclaré qu’elle n’accepterait plus de colis à destination de l’Iran. Aucune raison valable n’a été donnée. Hier, Gérard Araud, qui défendait l’accord nucléaire en 2017, a voulu le remettre en cause :

Gérard Araud @GerardAraud - 19:10 utc - 13 avr 2019

Il est faux de dire qu'à l'expiration du JCPOA, l'Iran sera autorisé à enrichir de l'uranium. En vertu du TNP et de son protocole additionnel, elle devra prouver, sous un contrôle strict, que ses activités nucléaires sont civiles.

Gérard Araud @GerardAraud - 19:17 utc - 13 avr 2019

Comme nous le disions en 2002, l'enrichissement de l'uranium sans programme civil crédible est illégal en vertu du TNP, nous dirons la même chose en 2025 si nécessaire. Des sanctions ont été imposées. Des sanctions pourraient être réimposées. Il n'y aura pas de "trêve" après le JCPOA.

Gérard Araud @GerardAraud - 19:20 utc - 13 avr 2019

La Russie fournit de l'uranium enrichi à la centrale nucléaire de Busheer. Il n'y aura donc aucune raison concevable pour l'Iran d'enrichir massivement de l'uranium après la fin du JCPOA.

L’Allemagne devrait cesser de construire le gazoduc Nord Stream II parce qu’il est supposé dangereux de dépendre des importations de gaz en provenance de Russie. Mais l’Iran devrait faire confiance à la Russie pour fournir de l’uranium à ses centrales nucléaires ? Pourquoi l’Allemagne est-elle autorisée à enrichir de l’uranium pour ses centrales nucléaires ? La Russie pourrait certainement lui en fournir aussi.

Après la fin du moratoire de 15 ans imposé par le JCPOA, l’Iran est bien sûr libre de produire son propre uranium pour ses propres centrales nucléaires. Rien dans les lois internationales n’exige que l’Iran continue de l’acheter à la Russie. La déclaration d’Araud n’a aucun sens.

Ce matin, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a répondu à Araud :

Seyed Abbas Araghchi @araghchi - 9:02 utc - 14 avr 2019

Si les tweets de @GerardAraud représentent la position française, nous sommes confrontés à une violation majeure de l'objet et du but du JCPOA et de la résolution 2231 des Nations Unis. Besoin d'une clarification immédiate par Paris, ou nous agirons en conséquence.

Il semble que l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France aient tendance à rendre de plus en plus difficile pour l’Iran le respect de l’accord JCPOA. Ils font le jeu des néocons américains qui veulent que l’Iran se retire de l’accord pour ensuite prétendre avoir des raisons de l’attaquer [pour le compte d’Israël, NdT].

Comme dans le cas de la guerre contre la Syrie, ce sont les Européens qui souffriraient d’un conflit entre les États-Unis et l’Iran. Pourquoi jouent-ils ce jeu ?

Mise à jour.

Il semble que Gérard Araud ait reçu un appel urgent du Quai d’Orsay ou du Palais de l’Elysée et qu’on lui ait demandé de supprimer ses tweets :

Mohammad Ali Shabani @mashabani - 15:46 utc - 14 avr 2019

L'ambassadeur de France aux États-Unis (récemment à la retraite) a supprimé les tweets reniant les fondations de la JCPOA et impliquant la réimposition de sanctions si l'Iran poursuit l'enrichissement (comme autorisé par la JCPOA) après 2025.

Espérons une nouvelle approche française face à l’Iran. L’actuel est un navire en train de couler.

Je ne savais pas qu’Araud avait pris sa retraite. Sa fête d’adieu était le 3 avril. Sa biographie sur Twitter le désigne cependant toujours comme ambassadeur actuel.

Alors pourquoi tweeterait-il ça ? Le contenu était-il correct mais publié prématurément ? Ou est-ce que ces tweets étaient fait pour favoriser sa candidature à un poste bien payé dans tel ou tel groupe de réflexion va-t-en-guerre ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-leurope-tente-t-elle-de-saboter-laccord-nucleaire-iranien

L’UE A-T-ELLE RÉUSSI À ENTERRER LE NORD STREAM 2?

L’UE A-T-ELLE RÉUSSI À ENTERRER LE NORD STREAM 2?

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15.04.2019

Pendant deux mois, il a été question que l’Union européenne puisse subordonner Nord Stream 2 au troisième paquet sur l’énergie, qui a abandonné en 2014 South Stream. La Commission européenne a proposé des amendements à la directive sur le gaz. Selon eux, les mêmes règles internes de l’UE s’appliquent aux pipelines en mer en provenance de pays tiers comme aux pipelines terrestres. Le fournisseur de gaz ne peut pas être un distributeur de gaz en même temps. Deuxièmement, une entreprise ne peut remplir plus de la moitié de la capacité du pipeline.

Des exceptions à ces règles sont autorisées avec l’accord du pays destinataire du gaz, à savoir l’Allemagne. Mais cela nécessite également l’approbation de la Commission européenne. Étant donné que Gazprom est à la fois un fournisseur et une entreprise qui construit Nord Stream-2 par l’intermédiaire de sa filiale Nord Stream 2 AG, il existe un risque de sous-construction et de sous-chargement du gazoduc.

Nord Stream 2 est un gazoduc long de 1224 km. La capacité de deux pipelines est de 55 milliards de mètres cubes de gaz par an. L’actionnaire unique de Nord Stream 2 AG a pris en charge la moitié du coût du projet – environ 4,75 milliards d’euros. La deuxième partie de l’investissement a été réalisée par des sociétés européennes: le groupe anglo-néerlandais Shell, le groupe autrichien OMV, le groupe français Engie et le groupe allemand Uniper et Wintershall. Le coût total du projet est de 9,5 milliards d’euros. L’achèvement du projet est prévu pour 2019.

Le document adopté aujourd’hui par l’Union européenne conserve théoriquement les deux menaces identifiées ci-dessus, mais Gazprom a toutes les chances de les éviter. En ce qui concerne la construction du Nord Stream – 2, la Russie peut créer une nouvelle société indépendante de Gazprom et organiser le reste du tronçon de 50 km du gazoduc relevant de la compétence de l’Union européenne.

En termes d’injection de gaz, une méthode similaire peut théoriquement être appliquée. Ainsi, une partie du gaz fourni n’est pas pompée par Gazprom, mais par une autre société russe. Mais ce n’est pas nécessaire de faire. Au moins jusqu’à ce que la Commission européenne pose un ultimatum sur la nécessité de charger 50% de la capacité par une autre société.

Dans un entretien avec Gazeta.ru, Ilya Zharsky, l’associé directeur du groupe d’experts Veta, a indiqué que, en théorie, les autres acteurs du marché européen pourraient être autorisés à effectuer des opérations de pompage. Mais de facto, cela ne se produira pas, car le concept Nord Stream-2 stipule que le tuyau provenant de Russie sera rempli de Gazprom, car il est le seul exportateur.

La confiance et le calme règnent non seulement chez les experts, mais aussi dans les milieux politiques et commerciaux. Le ministre russe de l’Énergie, Alexander Novak, a indiqué la veille que les nouvelles modifications de la directive « sont plus douces que la version initialement envisagée » et qu’elles ne porteront pas préjudice à la construction de Nord Stream 2. Vladimir Chizhov, représentant permanent de la Russie L’UE a dit la même chose, rappelant la possibilité pour Berlin de demander des exceptions aux règles du troisième paquet énergie.

La confiance dans l’achèvement et la mise en œuvre du projet est également renforcée par deux autres facteurs: l’autorité de l’Allemagne et la demande en énergie. La chancelière allemande Angela Merkel a défendu à plusieurs reprises le gazoduc contre les attaques de Washington. Donald Trump a accusé Merkel d’avoir conduit l’Europe à la dépendance de la Russie.

Ayant un poids politique solide au sein de l’UE, l’Allemagne est toujours en mesure non seulement de mener à bien le projet, mais également de « supprimer » les exceptions aux règles de la Commission européenne selon lesquelles les autres entreprises devraient charger 50% de gaz.

Le deuxième facteur important est la demande croissante de gaz russe en Allemagne et dans l’UE. Jens Muller, représentant de Nord Stream 2 AG, a déjà averti que la production de gaz en Europe pourrait chuter de 50% au cours des deux prochaines décennies. La chute est causée par le « dessèchement » des dépôts de la mer du Nord. Les concurrents de la Russie – les États-Unis et le Qatar – offrent un gaz plus cher, et l’Afrique du Nord (Algérie, Libye) est politiquement instable. Donc, le seul espoir pour la Russie.

La directive gaz adoptée a pour objectif formel d’empêcher l’émergence de monopoles sur le marché européen de l’énergie.

La vraie tâche du document est de limiter l’influence de la Russie. Les institutions supranationales de l’Union européenne – la Commission européenne et le Parlement européen – ont particulièrement insisté à cet égard. Ce dernier, à l’unisson avec le Congrès et la Maison Blanche, a généralement proposé d’abandonner complètement le Nord Stream 2.

 En résumé, nous pouvons dire que les autorités de l’UE ont créé des obstacles juridiques au Nord Stream 2, mais qu’elles ne risquent en fait pas de s’immiscer dans la mise en œuvre du projet.

http://katehon.com/article/has-eu-managed-bury-nord-stream-2

Empire : la perte du Rimland

 

Empire : la perte du Rimland

Publié le 13 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in Asie centraleEtats-UnisRussieChine

Dans la colossale bataille du Grand jeu eurasien conditionnant le devenir du monde, l’Asie centrale et le Caucase ont toujours occupé une place éminente. A la chute de l’URSS en 1991, Le Heartland, déjà mis à mal par la rupture sino-soviétique, reculait de manière dramatique.

Quant au Caucase et à l’Asie centrale, nouvellement indépendants, ils devenaient immédiatement la cible de l’empire américain souhaitant les intégrer dans un Rimland d’obédience euro-atlantique encerclant définitivement la Russie :

En mars 1999, au moment même où les premières bombes s’abattaient sur la Serbie et quelques jours avant que la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ne deviennent membres de l’OTAN, le Congrès américain approuva le Silk Road Strategy Act, ciblant ni plus ni moins huit ex-républiques de l’URSS – les trois du Caucase et les cinq -stan d’Asie centrale. Derrière la novlangue de rigueur, le but était de créer un axe énergétique Est-Ouest et d’arrimer fermement ces pays à la communauté euro-atlantique. Dans le collimateur, même si cela n’était pas dit explicitement : Moscou et Pékin.

Mars 1999 ou la folie des grandeurs américaine… Europe de l’est, Balkans, Caucase, Asie centrale : la Russie serait isolée sur tout son flanc sud et l’Eurasie divisée pour toujours.

A la faveur de la guerre d’Afghanistan, les Américains réussissaient même à s’introduire en plein cœur de l’Asie centrale avec l’installation de bases au Kirghizstan (Manas) et en Ouzbékistan (Karshi-Khanabad), et étaient sur le point de faire de même en Azerbaïdjan. Quant aux richesses énergétiques de la Caspienne, elles étaient déjà partiellement captées par le BTC pétrolier vers l’Ouest et son pendant gazier oriental était dans les tuyaux. C’est le fameux TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde), bien connu des lecteurs:

Le projet débute dans les années 90, l’âge d’or de l’empire (ou de la folie impériale) comme nous l’avons vu plus haut. Chose curieuse, c’est une compagnie argentine, Bridas, qui la première en eut l’idée. Très vite cependant, la texane Unocal rejoignait la danse, supportée par les poids lourds du lobbying diplomatico-énergétique US ainsi que par la famille royale saoudienne (présence de Delta Oil dans le consortium). Le petit poucet Bridas réagit alors en s’alliant avec une autre compagnie saoudienne, Ningarcho, alignée sur le prince Turki el-Faisal, le tout-puissant chef des services secrets de Riyad, puis fusionnant l’année suivante avec l’américaine Amoco, elle-même liée à BP.

Voilà qui rééquilibrait singulièrement le poids des lobbyistes. D’un côté, l’alliance Bridas-Ningarcho-Amoco-BP soutenue par Turki, Brzezinski (conseiller d’Amoco !) ou encore James Baker, l’ami de toujours de la famille Bush. De l’autre, Unocal, parrainée par Dick Cheney, le roi Fahd, Kissinger (conseiller d’Unocal !), Hamid Karzaï (futur président afghan) ou Armitage. L’establishment américain mais aussi saoudien étaient divisés : un vrai panier de crabes…

La passe d’armes déjà complexe était rendue encore plus ardue par la confusion et les intrigues sur le terrain. Le Pakistan et le Turkménistan de notre fameux Niazov (celui qui aimait tant sa maman) furent retournés par Unocal après d’intenses séances de « persuasion ». Restait l’Afghanistan où Bridas possédait encore une longueur d’avance. Ben Laden lui-même s’en était mêlé, conseillant à ses hôtes talibans de signer avec la société argentine. Mais les enturbannés du mollah Omar préféraient attendre et faire monter les enchères ; c’est à cette époque qu’une délégation talibane fut invitée au Texas et à Washington (ainsi qu’à Buenos Aires pour bien faire).

Elu fin 2000, Bush junior prit le parti d’Unocal et relança les négociations avec les Talibans, mais celles-ci butèrent sur les frais de transit exigés par les « étudiants » en théologie. Furieuse, l’administration américaine envoya un émissaire de la dernière chance début août 2001 pour rencontrer une ambassade talibane à Islamabad. C’est au cours de cette réunion qu’aurait été prononcée cette fameuse phrase : « Acceptez notre tapis d’or ou nous vous enterrerons sous un tapis de bombes ». Un mois plus tard, les tours du World Trade Center tombaient et il n’était plus question de négociations ni de tapis d’or…

Mais de TAPI de gaz, il était toujours question ! Certains des principaux soutiens d’Unocal étaient installés au pouvoir (Karzaï à la présidence, Khalilzad comme envoyé spécial puis ambassadeur US à Kaboul) avec pour mission de mener le projet à bien. Toutefois, ce n’est pas pour rien que l’Afghanistan est surnommé le tombeau des empires. Quinze ans après, la guerre fait toujours rage, les Talibans contrôlent des provinces entières tandis que l’Etat Islamique a réussi à s’implanter partiellement. Dans ces conditions, faire passer un gazoduc est aussi probable que de voir le Vatican battre la Nouvelle-Zélande dans un match de rugby…

2019. L’Europe est confrontée à une vague de « populisme » (©presstituée) remettant en cause la domination américaine, le Caucase n’est pas passé sous obédience US, la Turquie s’en éloigne, l’Asie centrale est solidement amarrée à l’OCS et les bases impériales y ont été fermées, le Pakistan est perdu, le couple sino-russe plus soudé que jamais, l’Iran en passe de le rejoindre, l’Afghanistan et l’Irak sont des fiascos à plusieurs centaines de milliards de dollars. N’en jetez plus !

Alors que les Nouvelles routes de la Soie chinoises, qui doivent irriguer l’Eurasie, attirent à peu près tous les pays du continent-monde, Poutine a fait acter l’année dernière l’interdiction de toute présence étrangère autour de la Caspienne (bye bye OTAN) tandis que la flotte russe a désormais accès à toute la mer. Aux dernières nouvelles, Brzezinski en a fait un looping dans sa tombe…

Pire pour l’empire, non seulement l’encerclement de la Russie a lamentablement échoué mais c’est maintenant elle qui avance inexorablement dans le Rimland ! En mars, lors d’une visite de Vladimirovitch au Kirghizstan, a été décidé l’agrandissement de la base de Kant tandis que Moscou augmentera vraisemblablement sa présence déjà importante au Tadjikistan avec la réouverture des bases de Kulob et Bokhtar. Tadjikistan où les Chinois sont également présents, quoique pas de manière officielle, pour surveiller cette zone hautement stratégique (à quelque km de l’Afghanistan ou du Cachemire) et interdire le retour des djihadistes au Xinjiang.

Cette poussée sino-russe dans l’ex-futur pré carré américain fait évidemment grincer les dents du système impérial dont les think tanks néo-cons tentent, assez maladroitement, d’inventer une rivalité militaire entre Moscou et Pékin (ici ou ici). Ils ne peuvent néanmoins cacher une réalité dérangeante : la Russie redevient très prisée en Asie centrale, notamment au Kirghizstan où Vladimirovitch est plus populaire que les dirigeants locaux. Ca tombe bien, Bishkek préside cette année l’Organisation de Coopération de Shanghai et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, dont elle accueillera les sommets. Quant à la vraie-fausse démission surprise du liderissimo kazakh Nazarbaïev, elle ne changera rien aux liens étroits d’Astana avec l’ours et le dragon et pourrait même les renforcer.

Dans ce contexte, Moscou la joue sereine et se permet même de temporiser dans les discussions sur la multiplication de ses bases à l’étranger, par exemple une deuxième au Kirghizstan. Vision à la russe, où la qualité prime sur la quantité : si les Américains sont des joueurs de Monopoly, les Russes sont des joueurs d’échecs qui avancent leurs pions après mûre réflexion, veillant à les placer en des endroits stratégiques, sans pour autant multiplier les risques ni les coûts. Or l’échiquier russe dans le Rimland commence à prendre forme, au grand dam des stratèges du Potomac.

Asie centrale, Syrie, Caspienne, Arménie, Biélorussie, alliances (OCS, 4+1 ou autres), et même la récupération pétrolière du Kurdistan irakien pourtant fidèle soldat de Washington… La carte des folies impériales d’il y a vingt ans, publiée plus haut, est désormais caduque. Ayez pitié de Mackinder, ne lui montrez pas la nouvelle mappemonde géopolitique.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/04/empire-la-perte-du-rimland.html

 

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Un avion de reconnaissance Lockheed U-2 de l’US Air Force participe aux operations de recherche du pilote du F-35A Nippon qui s’est écrasé dans l’océan pacifique le 09 avril 2019. L’intervention de ce type d’appareil viserait avant tout la surveillance des activités chinoise et russe près de la zone du crash.

Lockheed U-2 Dragon Lady

Le Lockheed U-2 Dragon Lady est un avion de reconnaissance évoluant en haute altitude

Le F-35A Lightning II (JSF) des forces d’autodéfense aériennes japonaises avait disparu des radars le 09 avril 2019 lors d’un vol d’entraînement au combat nocturne en compagnie de trois autres appareils du même type à l’est de la base aérienne de Misawa, leur base de rattachement.

Les autorités japonaises ont affirmé que le F-35A s’est écrasé en mer.

Le pilote, identifié comme étant le commandant Akinori Hosomi, 41 ans, accumulant 3200 heures de vol dont 60 sur le F-35A, est toujours porté disparu.

Le Japon a deployé des navires, des hélicoptères et un submersible de secours pour tenter de retrouver le pilote et les restes de l’appareil.

Les États-Unis participent activement à ces opérations avec des avions de reconnaissance maritime P-8 A Poseidon, le destroyer Stethem (7e Flotte US), des satellites espions et un avion de reconnaissance de haute altitude U-2.

P8 Poseidon flying over a Japanese navy vessel

Un P-8 Poseidon US survole un navire des Gardes-côtes japonais dans la zone présumée du crash du F35 A japonais.

Interrogé par la presse sur les craintes relatives à une éventuelle récupération de l’épave ou des restes du F-35A par la Chine ou la Russie, le ministre japonais de la défense, Takeshi Iwaya, s’est contenté de souligner vendredi dernier que son pays n’avait détecté aucune activité inhabituelle. Il a surtout tenu à réaffirmer l’engagement du Japon a acquérir 105 F-35A et 42 F-35B en dépit du tollé que cette décision suscite au sein d’une partie de l’opinion nipponne, laquelle considère ces acquisitions comme un marché de dupes, voire une véritable escroquerie.

La zone océanique où s’est écrasé le F-35A est assez profonde (1500 mètres) et seuls des pays disposant de certains moyens pourront accéder à cette profondeur. A Washington, on ne veut surtout pas entendre parler d’une offre d’assistance de la part de la Chine ou de la Russie, soupçonnées de vouloir mettre la main sur les restes du F-35 à des fins d’espionnage technologique.

Le crash du F-35A nippon dans l’océan pacifique suit celui du F-35B US en Caroline du Sud. Ce sont les deux crashs reconnus officiellement par le Pentagone et Lockheed. Les incidents ayant affecté les F-35 israéliens, dont un touché « officiellement » par un pauvre volatile migrateur de retour d’une mission de combat en Syrie (jamais confirmé) demeurent des sujets tabous.

Dans tous les cas et en dépit du coût exorbitant de son développement, le F-35 n’inspire aucune confiance quant à ses capacités extraordinaires supposées telles que véhiculées par les campagnes de marketing et les films d’action ou de science-fiction hollywoodiens visant à l’écouler à des pays alliés ayant des économies assez solides pour s’offrir le luxe rarissime de se doter d’un avion de combat fort onéreux en termes de service et de maintenance sans la moindre preuve de son efficacité opérationnelle.

https://strategika51.org/archives/62448

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Revue de presse nationale et internationale.

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