Archives pour la catégorie Russie

Quelles conséquences pour l’Europe ?

Quelles conséquences pour l’Europe ?


Par Emmanuel Leroy − Le 13 juin 2019

Résultat de recherche d'images pour "images sanctions russie"
Avant de tenter de répondre à la question des conséquences de cette crise pour l’Europe et la France en particulier, il me paraît nécessaire de rappeler le contexte de ces sanctions prises contre la Russie après le coup de force du Maïdan – soutenu par l’occident rappelons-le – et qui a entraîné le renversement du Président ukrainien légitimement élu, Viktor Yanoukovitch, ce qui conduira au référendum d’autodétermination de la Crimée en mars 2014 et au rattachement de cette dernière à la Fédération de Russie.


Initialement, j’avais prévu de faire un exposé détaillé sur les pertes consécutives aux sanctions contre la Russie dans les différentes filières touchées, en France et en Europe. Mais en regard de l’évolution très rapide de la situation géopolitique sur le plan international, j’ai pensé qu’il n’était peut-être plus nécessaire d’énumérer comme dans Perrette et le pot au lait, les veaux, les vaches, les cochons et les couvées perdus, mais qu’il était peut-être préférable d’aller droit au but et d’appeler un chat, un chat.

En guise de préambule, je voudrais Mesdames et Messieurs, vous lire ce court extrait d’un livre écrit par le général Butler de l’armée américaine, hélas méconnu en France, et qui s’appelle War is a racket paru en 1935 aux États-Unis. Son propos me paraît illustrer parfaitement la situation dans laquelle nous sommes encore plongés aujourd’hui, je cite :

Cela fait trente-trois ans que je sers chez les Marines, et il n’y a pas une méthode utilisée par les gangsters que nous n’ayons utilisée et perfectionnée. Eux utilisent des voyous pour faire peur et éliminer ; nous, nous sommes les hommes de main du « Big Business », de Wall Street et des banques. J’ai fait le coup de poing contre le Honduras pour le compte des compagnies fruitières en 1903. J’ai racketté le Mexique pour le compte d’American Oil en 1914. J’ai fait le coup de feu à Haïti et à Cuba pour que les gars de la National City Bank puissent y ramasser le pognon. J’ai secoué et vandalisé une demi-douzaine de pays d’Amérique centrale pour qu’ils puissent se soumettre au racket de Wall Street. J’ai nettoyé à la sulfateuse le Nicaragua pour le compte de Brown Brothers en 1912. J’ai foutu le feu à la République dominicaine pour American Sugar. (…) Al Capone est un minable, comparé à l’U.S. Army. Lui dirigeait au mieux trois districts de Chicago, nous, nous dirigeons et rackettons trois continents.

Major-Général Smedley D. BUTLER (1881-1940), deux fois titulaire de la Médaille d’Honneur du Congrès. War is a Racket, Round Table Press, 1935 (51 pages).

Toute ressemblance avec des événements actuels serait bien sûr absolument fortuite…

En quoi consistent les sanctions prises contre la Russie ?

Elles portent essentiellement sur les avoirs financiers, l’interdiction de séjour de personnalités politiques ou économiques, la suspension de prêts aux banques publiques, enfin l’embargo sur les technologies militaires et sur les matériels de forage pétrolier et gazier.

La Russie a bien évidemment réagi en décrétant à son tour un embargo dirigé contre l’industrie agro-alimentaire européenne.

Quelles pourraient en être les conséquences pour le secteur agricole français, surtout dans un contexte de fort ralentissement de l’activité économique ? Et en l’état actuel des choses, quelles mesures ont été adoptées à l’échelle européenne pour surmonter cet embargo ?

Recherchant des informations probantes pour aborder la question des conséquences de la politique de sanctions occidentales contre la Russie, j’ai étudié plusieurs sources, dont l’une me semblait particulièrement recommandée, à savoir la Documentation française, dans laquelle je pensais trouver des analyses objectives sur l’impact réel, direct et indirect, sur notre économie suite à cette politique de sanctions.

Le moins que l’on puisse dire est que j’ai été déçu. Déçu tout d’abord pour n’avoir trouvé dans cette prestigieuse revue, qu’un seul et unique article remontant à juin 2017 traitant de cette question.

Déçu ensuite par le choix d’un analyste de l’OTAN, M. Edward Hunter Christie, pour aborder ce problème, comme si notre pays ne comptait pas en son sein des chercheurs et des scientifiques de qualité.

Évidemment, quand on prend connaissance de l’article, on comprend mieux la finalité qui en est recherchée, à savoir noyer le poisson en globalisant l’analyse et en faisant des péréquations subtiles pour ne laisser apparaître in fine qu’un impact minime sur le PIB européen qui représenterait une perte de l’ordre de 0,1% par an sur la période considérée 2014-2016.

Voilà un extrait de cet article de La Documentation française (juin 2017) :

Les pertes cumulées, de 2014 à 2016, qui seraient dues aux seules sanctions seraient de 42 à 43 milliards d’euros. Les pertes dues à d’autres facteurs – chute du prix du pétrole en particulier – se situeraient entre 111 et 113 milliards d’euros. Les sanctions n’expliqueraient donc que 27 % à 28 % des pertes totales intervenues dans les échanges avec la Russie depuis 2013.

Ces estimations, quelles que soit leurs causes, peuvent paraître d’un montant important lorsqu’on les exprime en euros et hors contexte – une technique de présentation fort prisée par certaines sources dont celles du gouvernement russe – mais le graphique montre bien qu’il s’agit de pertes fort modestes, une fois replacées dans leur contexte.

D’une part, les gains issus d’autres marchés en dehors de l’UE depuis 2013, également cumulés sur la période 2014-2016, s’élèvent à 729 milliards d’euros, soit plus de seize fois l’effet des sanctions. D’autre part, comparé au PIB de l’UE, les pertes engendrées par les sanctions contre la Russie sont manifestement très faibles : environ 0,1 % du PIB par an. Cumulées sur les trois années considérées, les pertes totales seraient de 0,29 % à 0,30 % du PIB annuel de l’Union, bien moins que les pertes pour la Russie, qui se situeraient entre 1,30 % et 2,33 % du PIB annuel de la Russie, selon les hypothèses retenues.

L’inclusion de l’interdiction russe sur les importations de biens alimentaires en provenance de l’Union européenne porterait l’estimation des impacts de 0,1% à 0,13% du PIB par an.

Les pertes par rapport au marché russe, environ cinq milliards d’euros en 2016 par rapport à 2013, sont pleinement compensées par des gains sur d’autres marchés hors UE, de plus de huit milliards d’euros.

Alors évidemment, pour pallier les conséquences négatives pour l’économie française, on nous parle de réorientation des échanges. Je cite encore l’article :

L’analyse de la réorientation des échanges constitue un élément essentiel de toute étude sérieuse sur l’incidence des sanctions …

… Parmi les 28 États membres de l’UE, 21 ont enregistré un accroissement net des exportations vers le reste du monde en dépit de la récession en Russie, sous l’effet de la hausse des exportations vers d’autres marchés (dans l’UE et en dehors de celle-ci), qui a plus que compensé la contraction des exportations vers la Russie. Ce constat vaut également pour l’Union européenne dans son ensemble : les exportations vers la Russie se sont certes repliées de 8,65 milliards d’euros, mais les exportations vers d’autres régions ont crû de 49,02 milliards d’euros (y compris les échanges intra-européens) …

Et donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, puisque 21 pays de l’UE sont gagnants dans ce jeu de chaises musicales et tant pis pour les 7 pays qui sont perdants, dont la Lituanie, fortement touchée par l’embargo, mais que l’on calmera probablement par un nouveau prêt d’un milliard ou deux en provenance du FMI et une promesse d’embauche dans une institution internationale prestigieuse pour leurs dirigeants politiques qui auront avalisé cette politique de sanctions contre la Russie allant à l’encontre des intérêts de leur pays.

Il convient de préciser aussi que dans les pays présentés comme gagnants dans cet article, il existe de fortes disparités selon les secteurs. S’il est vrai que jusqu’à présent, la filière céréalière française a plutôt bien tiré son épingle du jeu, grâce aux marchés égyptien et ceux du Maghreb notamment, il n’est pas certain que cette situation favorable soit maintenue demain car l’agriculture russe est en plein essor et la réponse du berger à la bergère pourrait se faire sentir très rapidement.

Par ailleurs, si l’état des lieux est encore aujourd’hui satisfaisant pour la filière céréalière, il n’en est pas de même de celle des viandes, notamment porcines, qui auront du mal, vous en conviendrez, à trouver des marchés de substitution dans le monde musulman, et cela sans même aborder la concurrence intra-européenne avec des pays comme la Pologne où les écarts de salaires avec un pays comme le nôtre, permettent une politique de dumping face à laquelle nos producteurs sont irrémédiablement condamnés.

Pour aborder de manière honnête le coût réel, direct et indirect, des sanctions sur l’économie française, il eut été plus intéressant de questionner des experts français comme Thierry Pouch par exemple, de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA) dont l’avis sur l’impact des sanctions diffère radicalement de celui de M. Hunter, expert de l’OTAN et dont les analyses macro-économiques (et vous pouvez écrire macro comme vous voulez) visent à justifier cette politique de sanctions dont on sait qu’elles affaiblissent l’Europe et la France en particulier mais qu’elles ne touchent pratiquement pas les USA qui ne sont que très peu impactés par l’embargo.

Au final, que pouvons-nous tirer comme conclusion de cette politique de sanctions qui nous a été imposée par l’OTAN et la Commission européenne ?
Eh bien Mesdames et Messieurs, que si la Russie a certes été touchée et affaiblie, au moins dans un premier temps, cette politique coercitive a contribué à renforcer considérablement sa filière agro-alimentaire et depuis 2017, elle est même devenue première exportatrice mondiale de blé.

En revanche, et malgré la présentation biaisée des spécialistes de l’OTAN ou de l’OCDE (ce sont d’ailleurs souvent les mêmes), la France a perdu un marché important pour nombre de ses produits et particulièrement pour sa filière laitière. Et je ne parle même pas des suites qui nous attendent avec le projet Northstream 2 où sont impliqués plusieurs acteurs majeurs de notre industrie.
Allons-nous, là encore, laisser notre place aux Chinois comme nous venons de le faire en Iran ?

Et c’est là que je voulais attirer votre attention, car au-delà des sanctions contre la Russie, c’est toute l’Europe qui est visée et au premier chef notre pays qui est rançonné et racketté comme nous l’avons vu avec les affaires BNP ou Alstom et beaucoup d’autres moins médiatisées.

Quand M. Marleix dénonce, à juste titre, les turpitudes observées dans l’affaire Alstom, nous sommes dans ce cas précis très au-delà du domaine des simples sanctions, nous sommes victimes de la part de nos « amis » américains d’une politique de racket et de prédation à laquelle je faisais allusion au début de cet exposé et dont François Mitterrand à la fin de sa vie, dans un entretien avec le journaliste Georges-Marc Benhamou nous avait pourtant averti, je le cite :
« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment, et pourtant une guerre à mort ».

Je vous laisse Mesdames et Messieurs, méditer cette réflexion.

Emmanuel Leroy

Cet article est tiré d’une présentation à l’Assemblée Nationale le 13 juin 2019, l’auteur étant invité par l’Académie de géopolitique de Paris.

el_russie

www.pdf24.org   Envoyer l’article en PDF     
Publicités

La Russie n’a jamais été aussi proche des Talibans

La Russie n’a jamais été aussi proche des Talibans

Dans un revirement dont l’histoire seule a le secret, la Russie de Vladimir Poutine a encore accentué son rapprochement avec les Talibans, 30 ans après le retrait des troupes soviétiques stationnées en Afghanistan. Nés de la résistance islamique à l’intervention soviétique (1979-1989), les Talibans ont trouvé en Moscou un partenaire non seulement prêt à jouer le rôle d’entremetteur mais dont les intérêts sont de plus en plus alignés avec les leurs. La Russie a toujours affirmé chercher une solution de compromis pour restaurer la paix. Elle semble désormais pencher de plus en plus en faveur des Talibans, au détriment du gouvernement de Kaboul.

Notables afghans hostiles au gouvernement officiel et Talibans réunis à Moscou en mai 2019.
Représentants des Talibans et politiques afghans à Moscou

Le 27 mai dernier avait lieu le centenaire des relations diplomatiques russo-afghanes. A cette occasion, représentants des Talibans et politiques afghans se sont retrouvés à Moscou en l’absence d’envoyés officiels de Kaboul. L’ancien président Hamid Karzai était présent. Si le gouvernement du président Ghani s’est empressé de dénoncer cette rencontre, elle témoigne de l’influence faiblissante du gouvernement démocratique afghan, tenu à bout de bras par une coalition occidentale.

Alors que la Russie avait depuis 2016 parrainé des négociations selon le format de Moscou, incluant le Pakistan, l’Inde, la Chine, l’Iran et l’Afghanistan, elle a, pour la première fois en février 2019, accueilli des représentants des Talibans et des notables afghans extérieurs au gouvernement. Un tel format met en cause la légitimité du gouvernement d’Ashraf Ghani, qui ne contrôle déjà plus que 40% du territoire afghan.

Des liens de plus en plus resserrés

Ce nouveau positionnement de la Russie s’inscrit dans une évolution plus vaste. Les échanges entre Talibans et officiels russes remonteraient à 2005, alors que les Talibans n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes. Les discussions visaient à réduire l’activisme de militants islamistes dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, en particulier en Ouzbékistan. Le regain de puissance des Talibans pouvait servir les intérêts de Moscou dans un contexte de tensions croissantes avec Washington. La crainte d’activités terroristes incitait cependant à la circonspection.

Cela a motivé la mise en place du format de Moscou. Celui-ci devait servir un quadruple objectif : affirmer la position de Moscou comme intermédiaire entre Kaboul et les Talibans, renforcer le rôle de l’Organisation de Coopération de Shanghai dans la région, s’imposer comme un entremetteur entre les Talibans et les Etats-Unis, endiguer les ambitions de la Chine en Afghanistan.

Les Talibans, gage de sécurité pour Moscou

Malgré ce positionnement, les accusations de vente d’armes aux Talibans ont été nombreuses ces dernières années, bien que ces ventes aient vraisemblablement été également destinées à d’autres groupes. Le retournement de Moscou en faveur des Talibans repose sur trois piliers. Le premier est la puissance militaire et politique croissante de ces derniers. Leurs nombreuses offensives contre les forces régulières afghanes ont démontré leur capacité à s’imposer.

Le second pilier est la lutte contre l’État Islamique, présent en Afghanistan comme dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale. Aux yeux des russes, les Talibans se sont avérés être les plus aptes à le combattre. De surcroît, les autorités russes considèrent que les Talibans seront plus à même de contrôler les trafics de drogues. L’Afghanistan est en effet l’une des plaques tournantes du trafic mondial de drogue et l’un des principaux centres de production. Bien que les Talibans bénéficient du trafic d’héroïne à hauteur de 100 à 300 millions de dollars par an, la Russie pense pouvoir infléchir leur position sur ce sujet.

Moscou pourrait ainsi accélérer les négociations en cours entre Washington et les Talibans. En renforçant la position de ces derniers face au gouvernement officiel de Kaboul, elle pourrait accentuer la pression sur les négociateurs américains, confrontés à une guerre sans issue. Ironie de l’histoire, les Talibans pourraient revenir au pouvoir grâce au soutien russe, alors même que le soutien américain aux moudjahidines lors de l’invasion soviétique avait permis l’ascension des Talibans dans les années 1990. Pour autant, il ne faut pas oublier le morcèlement assez important du mouvement taliban en factions plus ou moins rivales. Si Moscou tire parti de ces rivalités pour imposer son calendrier, un Afghanistan contrôlé par un régime taliban faible pourrait devenir un nouveau havre terroriste.

Sources :

RAMANI Samuel, “Russia’s Falling Out With Kabul”, The Diplomat, 6 juin 2019 – https://thediplomat.com/2019/06/russias-falling-out-with-kabul/

RAMANI Samuel, “Russia and the Taliban: A Closer Look”, The Diplomat, 29 décembre 2016 – https://thediplomat.com/2016/12/russia-and-the-taliban-a-closer-look/

ENGEL RASMUSSEN Sune, “Russia accused of supplying Taliban as power shift creates Strange bedfellows”, The Guardian, 22 octobre 2017 – https://www.theguardian.com/world/2017/oct/22/russia-supplying-taliban-afghanistan

About Adrien VILLARD

La Russie n’a jamais été aussi proche des Talibans

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41005-russie-jamais-aussi-proche-talibans

Sommet tripartite secret de Jérusalem

Sommet tripartite secret de Jérusalem

Un sommet des conseillers nationaux de sécurité états-unien, israélien et russe a été annoncé à Jérusalem. Il s’agit de démêler l’imbroglio autour de l’Axe de la Résistance, de garantir la sécurité de tous les États du Moyen-Orient et une suzeraineté partagée des États-Unis et de la Russie sur tous les acteurs, dont Israël.

 | DAMAS (SYRIE)  

+
JPEG - 33 ko
Nikolaï Patrouchev et John Bolton se rencontreront à Jérusalem, en présence de Meir Ben-Shabbat.

Un sommet des trois conseillers nationaux de Sécurité états-unien, israélien et russe se tiendra en juin 2019 à Jérusalem. Cet événement inédit a déjà donné lieu à des « révélations » et à des « démentis » sur ce qui devait y être discuté. La presque totalité des commentateurs glose à partir d’idées fausses que tous reprennent en chœur. Nous devons les rectifier avant d’évaluer ce qui est en jeu dans ce sommet.

Le jeu des Grandes puissances dans la région

Durant la Guerre froide, la stratégie états-unienne d’endiguement (containement) est parvenue à repousser l’influence soviétique au Moyen-Orient. Après l’effondrement de l’URSS, la Russie a quitté cette région et n’y est revenue que lors de la guerre occidentale contre la Syrie.

La Russie est présente au Levant (sauf durant la période 1991-2011) depuis la tsarine Catherine II qui, à la demande des habitants, envoya sa flotte défendre Beyrouth. Sa politique vise d’abord à protéger le berceau du christianisme (qui est Damas et non pas Jérusalem), fondement de la culture russe. Ce faisant, la Russie a étendu son influence en Méditerranée orientale et est parvenue aux eaux chaudes de l’Océan indien.

En 2011, la Russie a été le seul État à distinguer les révolutions colorées du Maghreb (les « printemps arabes ») des guerres contre la Libye et contre la Syrie. Les Occidentaux, qui ont leur propre interprétation de ces événements, n’ont toujours pas fait l’effort de comprendre leur lecture par la Russie. Il ne s’agit pas ici de déterminer qui a raison et/ou qui a tort —c’est un autre sujet [1]—, mais d’admettre qu’il existe deux narrations totalement différentes des faits. Il est à noter que les Occidentaux conviennent que Moscou n’a pas digéré la manière dont ils ont violé la résolution visant à protéger les populations civiles en Libye. Ils reconnaissent ainsi que ce ne sont pas les Russes, mais l’impérialisme occidental, qui a créé le problème que nous affrontons aujourd’hui.

Sur la base de sa propre analyse, la Russie a commencé à opposer son veto aux résolutions occidentales sur la Syrie au Conseil de sécurité. Simultanément, elle a, à la demande syrienne, mené des négociations avec Damas en vue de déployer des troupes de maintien de la paix de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) en Syrie. En définitive, Washington et Moscou se sont rencontrés à Genève, en présence des nations occidentales et en l’absence des acteurs moyen-orientaux, pour acter une suzeraineté partagée sur le Moyen-Orient. C’était en juin 2012. Ces noces n’ont duré que quelques jours. Elles furent brisées par la France, agissant pour le compte de la secrétaire d’État Hillary Clinton.

7 ans plus tard, Moscou réclame son dû. En effet, c’est la Russie —et non pas l’OTSC— qui s’est déployée militairement en Syrie et, aux côtés de l’armée syrienne et du Hezbollah, a vaincu les jihadistes —et absolument pas Washington et ses alliés qui, au contraire, les ont armés [2]—. Elle le réclame à Jérusalem car un million de russophones sont citoyens israéliens et que l’un d’entre eux, Avigdor Lieberman, vient de faire chuter deux fois de suite le gouvernement Netanyahu [3].

Cette évolution est difficile à admettre pour ceux qui en sont restés à l’alliance États-Unis/Israël qui caractérisait l’ère Bush Jr. Pourtant, les autorités israéliennes se sont rendu bien plus de fois à Moscou qu’à Washington depuis la défaite de Daesh.

Le jeu des puissances régionales face à Israël

Il existe un allant-de-soi selon lequel les forces de l’« Axe de la Résistance » (Palestine-Liban-Syrie-Iraq-Iran) seraient dévouées à l’anéantissement des Israéliens comme les nazis le furent à celui des juifs. C’est un copier-coller grotesque.

En réalité, le Hezbollah est originellement un réseau de Résistance chiite à l’occupation israélienne du Liban. Il a successivement été armé par la Syrie puis, après le retrait de la force syrienne de maintien de la paix au Liban en 2005, par l’Iran. Il n’a jamais eu comme objectif de « jeter les juifs à la mer », mais au contraire, il ne cesse d’affirmer son intention d’établir l’égalité en Droit pour tous. L’occupation israélienne du Liban fut une réalité allant bien au-delà de la volonté du gouvernement israélien qui fut dépassé par l’initiative de prendre Beyrouth du général Ariel Sharon. C’est aussi le fait de la Collaboration de milices chrétiennes et druzes libanaises, dont celles de Samir Geagea et de Walid Joumblatt.

Identiquement, la Syrie a réagi à l’expansionnisme israélien d’abord en se défendant, puis en se portant au secours des populations palestiniennes. Ceci est parfaitement légitime, sachant que la Palestine et la Syrie actuelles formaient une seule entité politique avant la Première Guerre mondiale [4]. Nul ne conteste, pas même les États-Unis, qu’Israël n’a cessé depuis soixante-dix ans de grignoter des territoires à ses voisins et continue de le faire.

Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis, tout à leur politique d’endiguement des Soviétiques, avaient parfaitement conscience de cet expansionnisme israélien qui bouleversait la stabilité de la région. Ils armèrent la Syrie pour qu’elle puisse lui résister —pas l’attaquer— et armèrent identiquement d’autres forces, dont l’Iraq [5] . C’est le secrétaire d’État états-unien, John Foster Dulles, et lui seul, qui créa l’« Axe de la Résistance ». Il s’assurait ainsi que la Syrie et l’Iraq ne se tourneraient pas vers l’Union soviétique pour se défendre et obtenir son assistance militaire.

L’administration de Dwight Eisenhower savait qu’Israël était le fruit de la volonté de Woodrow Wilson et David Llyod George [6], mais il le considérait comme un cheval fou qu’il fallait à la fois protéger et dompter.

Washington se rallia donc aux idées britanniques : le traité d’assistance militaire entre Damas et Téhéran puis, en 1958, le Pacte de Bagdad permettant la création du CenTO (équivalent régional de l’Otan). Le contexte s’est modifié et les acteurs ont changé, mais pas leur mobile.

Le cas de l’Iran est le principal problème aujourd’hui. En effet, la majorité de ses dirigeants n’aborde pas cette question de manière politique, mais religieuse. Une prophétie chiite assure que les juifs reformeront un État en Palestine, mais qu’il sera rapidement détruit. Le Guide la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, tient ce texte pour canonique. Il égrène ce compte à rebours et a ainsi affirmé qu’Israël aura disparu dans 6 ans (en 2025).

La crispation des positions, en Iran autour de cette prophétie et en Israël autour de la loi « Israël, État-nation du peuple juif » (2018), est la source de la continuation de ce conflit qu’un peu d’intelligence permettrait de débloquer. C’est ce que Donald Trump et Jared Kushner ont essayé de faire et c’est là qu’ils ont échoué : si le développement économique peut effacer la question des réparations, aucune avancée ne sera possible sans faire évoluer les représentations du monde qu’ont les juifs, les arabes et les perses.

Qu’est-ce que l’« Axe de la Résistance » ?

Les responsables religieux iraniens utilisent souvent l’expression « Axe de la Résistance » pour désigner l’alliance face à Israël. Cependant aucun traité ne formalise cet axe. Jamais ses dirigeants n’ont tenu de sommet pour se concerter.

Depuis l’invasion états-unienne de l’Iraq, en 2003, les forces de cet axe se sont lentement divisées de sorte qu’aujourd’hui, ses conflits internes sont plus importants que son combat externe.

En 2003, le chef religieux iraquien chiite Mohammad Sadeq al-Sadr était assassiné. À tort ou à raison, ses partisans en tinrent pour responsable le Grand ayatollah Ali al-Sistani. Celui-ci est un iranien vivant en Iraq où il dirige les séminaires chiites. Progressivement la communauté chiite iraquienne se divisa entre les pro-Iraniens d’al-Sistani et les pro-arabes du fils du défunt, Moqtada al-Sadr. Celui-ci coupa successivement avec Damas, puis avec Téhéran en 2017, et se rendit à Riyad auprès du prince Mohamed ben Salmane.

En 2006, profitant de sa victoire électorale locale lors des élections législatives dans les Territoires palestiniens, le Hamas réalisa un coup d’État contre le Fatah et se proclama autonome dans la Bande de Gaza [7]. En 2012, sa direction politique, qui vivait en exil à Damas, se transporta soudainement à Doha, alors que le Qatar finançait les jihadiste contre la Syrie. Le Hamas se déclara « Branche palestinienne des Frères musulmans », un parti politique interdit en Syrie. Ses hommes et des agents du Mossad israélien entrèrent dans la ville syrienne de Yarmouk pour y assassiner leurs rivaux marxistes du FPLP-Commandement général. L’armée syrienne encercla la ville et le président palestinien Mahmoud Abbas l’assura de son soutien.

Il est absurde pour les Occidentaux de vouloir détruire l’« Axe de la Résistance », qu’ils ont voulu et aidé à créer, uniquement parce qu’ils en ont perdu le contrôle. Il leur suffit d’attendre, celui-ci se délite tout seul.

Les Iraniens sont des amis fidèles, cependant ils ont culturellement tendance à embarquer leurs amis dans leurs affaires. Jamais les Syriens n’expulseront les Iraniens qui les protègent de l’expansionnisme israélien et à qui ils doivent d’avoir tenu au début de la guerre (2011-14). Mais si les Iraniens étaient de réels amis des Syriens, ils se retireraient militairement de ce pays au profit de la Russie, de sorte que les États-Unis puissent reconnaître la légitimité du gouvernement de Bachar el-Assad. Au lieu de quoi, ils utilisent la présence de leurs troupes pour provoquer Israël et tirer des roquettes sur son territoire depuis la Syrie.

Les trois conseillers nationaux de Sécurité

John Bolton (USA), Meir Ben-Shabbat (Israël) et Nikolaï Patrouchev (Russie), les trois conseillers nationaux de Sécurité, ont les mêmes fonctions, mais pas les mêmes expériences.

Bolton est persuadé de la supériorité ontologique de son pays sur tous les autres. Il a une expérience des relations internationales qu’il a acquise d’abord durant les négociations de désarmement et surtout lorsqu’il était ambassadeur au Conseil de sécurité (2005-06). Bien qu’il prenne des initiatives flamboyantes, il est tout à fait capable de reculer lorsqu’il pense avoir tort. C’est d’ailleurs parce qu’il a la capacité d’encaisser personnellement les erreurs de son camp que le président Trump l’a conservé à ce poste.

JPEG - 18.2 ko
Meir Ben-Shabbat

Meir Ben-Shabbat est un homme de foi, persuadé, quant à lui, d’appartenir à un peuple élu, mais maudit. Ce n’est pas un diplomate, mais un expert du contre-espionnage. Cependant lorsqu’il dirigeait le Shin Bet, il a manifesté une réelle finesse à la fois pour lutter contre le Hamas, pour le manipuler et éventuellement pour négocier avec lui. Son excellente connaissance des multiples forces du Moyen-Orient lui permet instantanément de saisir ce qui peut durer et ce qui ne sera qu’éphémère.

Enfin Nikolaï Patrouchev est un seigneur de la haute-fonction publique russe. Il est certainement celui des trois qui la plus haute vision de l’échiquier mondial. Lorsqu’il a succédé à Vladimir Poutine à la tête du FSB, il a dû affronter des tentatives de débauchage de ses directeurs par les États-Unis et par Israël. En définitive, après des années de turbulence, il a repris en main cette machine. Puis, il a affronté la déstabilisation de l’Ukraine par les États-Unis et l’Union européenne, qui s’est finalement soldée par l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie. Il ne négociera pas un dossier contre un autre, mais veillera au contraire à ce que toutes les décisions soient cohérentes.

Ces trois stratèges vont devoir définir les contours d’une distribution des cartes que, par la suite, des diplomates devront négocier. Leur rôle est d’imaginer un accord viable sur le long terme, tandis que celui des diplomates sera de compenser les pertes des perdants pour leur rendre cet accord acceptable.

[1] J’expose ma vision des choses dans Sous nos yeux, éditions Demi-Lune (2017).

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] « Que sait Avigdor Lieberman ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2019.

[4] Le président syrien Adib Chichakli était membre du PSNS. Il militait donc pour la reconstitution de la Grande Syrie avec toutes ses minorités. À ce titre, il pouvait accepter que le Protectorat britannique de Palestine devienne un État binational (projet de l’Onu), mais pas qu’il se divise en deux États monoethniques (initiative de Genève et conférence d’Annapolis).

[5Syria and the United States. Eisenhower’s Cold War in the Middle East, David W. Lesch, Westview Press (1992)

[6] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

[7] Rappelons qu’à la différence de celui du Fatah, le programme du Hamas ne vise pas à lutter contre l’impérialisme en Palestine, mais à créer un califat dans l’ensemble du monde musulman.

https://www.voltairenet.org/article206703.html

Mille sabords, marins d’eau douce !@#*z?%&

Mille sabords, marins d’eau douce !@#*z?%&


La 7ème flotte américaine ignore les règles en mer – elle se heurte presque à un destroyer russe


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 7 juin 2019

La 7ème flotte américaine, multi-récidiviste  des incidents en mer, est à nouveau en difficulté. CNN rapporte de manièresensationnelle une quasi-collision entre un navire de la marine américaine et un de la marine russe :

proxy.duckduckgo

Les marines américaine et russe sont en désaccord sur un quasi-affrontement  dans le Pacifique vendredi, les deux parties accusant l'autre. Selon les deux rapports opposés, les navires de guerre américains et russes se sont approchés entre 15 et 50 mètres l'un de l'autre, les deux parties affirmant que leurs navires avaient été forcés d'effectuer des manœuvres d'urgence pour éviter une collision. ...

"Un destroyer russe (...) a effectué une manœuvre dangereuse contre le USS Chancellorsville, se rapprochant de 50 à 100 pieds, mettant ainsi la sécurité de son équipage et de son navire en danger", a déclaré le Commandant, porte-parole de la marine américaine, Clayton Doss à CNN dans un communiqué.
"Cette action dangereuse a forcé Chancellorsville à mettre tous les moteurs en arrière toute et à manœuvrer pour éviter une collision", a déclaré Doss.

Le croiseur lance-missiles guidé américain se déplaçait en ligne droite et tentait de récupérer son hélicoptère lorsque l'incident s'est produit, a-t-il déclaré. "Nous considérons que les actions de la Russie au cours de cette interaction sont dangereuses et non professionnelles", a déclaré Doss.

Il existe des règles nautiques internationales qui s’appliquent à tout navire en mer. Ces règles ne donnent aucun droit spécial à un navire qui vogue en ligne droite ou tente de récupérer un hélicoptère.

La marine russe dit que son navire avait la priorité et que le navire américain l’a empêché de passer :

La Russie a protesté auprès du commandement américain après que son croiseur lance-missiles guidés a empêché le passage du destroyer anti-sous-marin Admiral Vinogradov à environ 50 mètres devant celui-ci, forçant le navire à effectuer une manœuvre dangereuse, a déclaré vendredi aux journalistes le service de presse de la Flotte du Pacifique.
 
L'incident s'est produit à 6 h 35, heure de Moscou, dans le sud-est de la mer de Chine orientale, lorsqu'une escadre de la flotte russe du Pacifique et une escadre de porte-avions d'attaque américains suivaient des directions parallèles. "Le croiseur américain Chancellorsville a changé de cap et a croisé la route du destroyer Amiral Vinogradov à environ 50 mètres du navire. Afin d'éviter une collision, l'équipage de l'amiral Vinogradov a été contraint d'effectuer une manœuvre d'urgence", a déclaré le service de presse.

La marine américaine a fourni à CNN une photo de l’incident prise à partir d’un hélicoptère. Cela montre clairement que le navire américain avait tort et que la vision russe de l’incident est la bonne.

nearcollision-s
Agrandir

La photo montre les deux navires avec leurs proues dirigées vers la caméra. Le navire à gauche est le destroyer russe Amiral Vinogradov. Le bateau que l’on voit sur le côté droit de la photo est le croiseur américain Chancellorsville. Les traces laissées par le navire russe montrent que celui-ci suivait une trajectoire rectiligne et a effectué une manœuvre de dernière minute en prenant un virage serré à  droite pour éviter une collision imminente.

Pour juger de la situation, il faut voir les deux équipes de pont avant la manœuvre d’urgence. L’équipage du croiseur américain a vu le navire russe arriver à tribord, à droite. L’équipage du navire russe a vu le navire américain arriver à bâbord, à gauche. Les règles pour un tel croisement en mer sont claires.

Le manuel du règlement nautique annonce dans la règle 15 de l’Organisation maritime internationale :

Lorsque deux navires à propulsion mécanique se croisent de manière à présenter un risque de collision, le navire qui a l'autre navire à tribord doit se tenir à l'écart et doit, si les circonstances le permettent, éviter de passer devant l'autre navire.

Le manuel explique plus loin :

La règle 15 exige que le navire qui a l'autre navire à tribord reste à l'écart et passe après lui. Le navire venant de la droite est prioritaire (passant) et doit suivre la règle 17 (Action du navire passant). Le navire venant de gauche doit céder le passage et suivre la règle 16 (Action du navire cédant le passage). ...
 
Le navire cédant le passage est tenu (si les circonstances le permettent) de passer derrière le navire passant et un virage à tribord serait donc nécessaire. Pour que la zone située à gauche du navire passant soit dégagée des manœuvres du navire cédant, la règle 17 oblige le navire passant à renoncer à se diriger vers la gauche.

La règle 16 dit :

Tout navire auquel il est ordonné de rester à l'écart d'un autre navire doit, dans la mesure du possible, prendre préventivement des mesures importantes pour se maintenir à bonne distance.

et la règle 17 :

Si l'un des deux navires doit rester à l'écart, l'autre doit garder son cap et sa vitesse.

Il ressort clairement de la photo que le croiseur de la marine américaine avait le destroyer russe à tribord et que les deux navires se trouvaient sur une trajectoire de collision. C’est donc le navire américain qui avait le devoir de «prendre des mesures rapides et concrètes» pour se tenir à l’écart et d’éviter de passer devant le navire russe. Le navire russe a correctement maintenu sa vitesse et sa route jusqu’à ce que la situation nécessite une manœuvre de dernière minute afin d’éviter une collision imminente.

Dans le reportage vidéo époustouflant de l’incident, le journaliste CNN du Pentagone a explicitement déclaré que le navire russe se trouvait à tribord du navire américain, mais réitère la prétention absurde du porte-parole de la marine américaine selon laquelle le navire américain était à droite et que le navire russe a effectué une « manœuvre dangereuse ».

L’équipage du Chancellorsville a eu de la chance. Les navires russes sont construits avec une proue solide pour naviguer dans des eaux glacées. Si l’amiral Vinogradov n’avait pas tourné d’urgence sur sa droite, sa proue aurait coupé le navire US en deux.

Le port d’attache de Chancellorsville est Yokosuka, au Japon. Il appartient à la 7e flotte américaine qui a un palmarès étoffé de mauvaise navigation. Il y a deux ans, le Washington Post a rapporté :

La collision entre le USS John S. McCain et un pétrolier le 21 août - qui a tué 10 marins - était l'aboutissement de plus d'une décennie d'opérations navales sans escale qui ont épuisé le service. ...
 
En janvier, le croiseur lance-missiles guidé USS Antietam s’est échoué dans la baie de Tokyo, entraînant le renvoi du commandant. En mai, le croiseur USS Lake Champlain est entré en collision avec un bateau de pêche sud-coréen. Environ un mois plus tard, l'USS Fitzgerald est entré en collision avec un porte-conteneurs à l'approche de la baie de Tokyo. Sept marins sont morts et les officiers supérieurs, ainsi que le commandant du destroyer, ont été relevés. ...
 
Antietam, McCain et Fitzgerald font tous partie de la 7ème flotte basée à Yokosuka, au Japon, ce qui soulève des questions quant à savoir s'il existe des problèmes particuliers avec ce commandement. La 7ème flotte est responsable de 48 millions de kilomètres carrés dans les océans Pacifique et Indien, a indiqué la Marine. Swift a également limogé son commandant, le vice-amiral Joseph Aucoin.

Tous les incidents susmentionnés ont été causés par les équipages de navires de la marine américaine. Quand on lit les rapports de ces incidents, on s’aperçoit que les navires de la 7ème flotte sont sous-équipés et mal entretenus. Ses équipages sont insuffisamment formés. Ils ne connaissent évidemment pas les règles internationales de base en mer ni comment manœuvrer leurs navires.

La tâche de CNN devrait être de le signaler au lieu de baratiner sur le «harcèlement russe des navires américains».

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/mille-sabords-marins-deau-douce-z

Poutine et Xi  intensifient le jeu stratégique  par Pepe Escobar

Poutine et Xi
intensifient le jeu stratégique
par Pepe Escobar

lundi 10 juin 2019, par Comité Valmy

 

Poutine et Xi intensifient le jeu stratégique

Les dirigeants russe et chinois se sont rencontrés près de 30 fois depuis 2013 et sont devenus de proches partenaires stratégiques.

Une seule image incarne l’ouragan au centre de l’échiquier géopolitique actuel : une poignée de main extrêmement affectueuse entre Xi Jinping et Vladimir Poutine..

L’image cristallise les cauchemars de ceux qui, aux États-Unis, suivent encore les prophéties eurasiennes de Halford Mackinder et de ses disciples, comme le regretté Zbigniew « Grand Échiquier » Brzezinski, qui se concentraient sur l’impératif de prévenir l’émergence d’une puissance concurrente en Eurasie..

La puissance concurrente a émergé, dans son intégralité : le partenariat stratégique Russie-Chine..

Mercredi, Xi a déclaré au Kremlin que c’était son huitième voyage en Russie depuis 2013, date à laquelle les Nouvelles Routes de la Soie, ou Initiative Ceinture et Route (BRI), ont été annoncées. Et il a ajouté que lui et Poutine s’étaient rencontrés « presque 30 fois » depuis lors..

Parmi une série d’accords signés par Poutine et Xi, l’un d’entre eux se distingue : la volonté de développer le commerce bilatéral et les paiements transfrontaliers en utilisant le rouble et le yuan, sans passer par le dollar américain. Ou, comme l’a dit Poutine diplomatiquement :.

« La Russie et la Chine ont l’intention de développer la pratique des « règlements en monnaie nationale«  .

Il est crucial de se rappeler que cette question a fait l’objet de discussions approfondies au niveau du BRICS – et plus particulièrement dans le cadre du partenariat stratégique Russie-Chine – depuis le milieu des années 2000..

De vastes régions du Sud prêtent attention. Le règlement de la balance commerciale partout dans le monde est voué à progressivement embrasser l’utilisation d’autres monnaies, pas seulement le rouble et le yuan.

Après leur rencontre bilatérale, Xi a averti que :

«  La situation internationale connaît actuellement des changements profonds sans précédent au cours des siècles. La paix et le développement restent les tendances de l’époque, mais provoquent le protectionnisme, l’unilatéralisme, une politique de pouvoir croissante et l’hégémonisme«  .

C’est un euphémisme. La Russie fait l’objet de sanctions américaines sévères. La Chine fait face à une guerre commerciale totale. Le partenariat stratégique Russie-Chine est la bête noire de la stratégie américaine de sécurité nationale.

Dans la synchronisation

Sur le plan géopolitique, la Russie et la Chine sont totalement synchronisées. Sur la Syrie, et la nécessité d’empêcher les djihadistes « rebelles modérés » de migrer vers le Xinjiang, l’Asie centrale et le Caucase. Sur la nécessité de préserver le JCPOA, ou l’accord nucléaire iranien. Sur la nécessité de résoudre l’énigme de la péninsule coréenne. Sur la nécessité de soutenir le Venezuela – avec la coopération militaire et l’aide humanitaire.

Surtout, ils sont en phase avec le soutien total de Poutine à la BRI, ainsi qu’avec la volonté de fusionner les projets de la BRI et de l’Union Économique Eurasiatique (UEEA). C’est cette interconnexion qui pourrait solidifier l’objectif de Moscou de faire de la Russie le principal pont terrestre eurasiatique..

Il est tout à fait approprié que Poutine et Xi, à part conclure des accords, avaient tant de choses à discuter à Moscou..

Et tout cela s’est passé avant que Poutine et Xi ne rencontrent les dirigeants de plus de 50 sociétés russes et 60 sociétés chinoises qui participaient au deuxième Forum énergétique russo-chinois, organisé par Rosneft et China National Petroleum Corp. Et avant le discours tant attendu de Poutine sur l’échiquier géopolitique turbulent actuel, aux côtés de Xi, à la session plénière du Forum Économique International de Saint-Pétersbourg (SPIEF), vendredi.

Saint-Pétersbourg

Le SPIEF est le premier forum d’affaires annuel de Russie. Il est absolument impossible de comprendre les rouages de la machinerie complexe de l’intégration progressive de l’Eurasie sans assister ou suivre les débats et discussions du SPIEF..

2019 est, à bien des égards, l’Année du Vivre Dangereusement. L’échiquier est totalement monopolisé par l’affrontement entre les États-Unis et la Russie-Chine – avec la fantaisie supplémentaire de l’administration Trump qui flirte avec une stratégie « Nixon inversé » pour séparer la Russie de la Chine. C’est donc tout à fait normal que Xi soit l’invité d’honneur du SPIEF. Et ce n’est que la première des trois réunions cruciales Xi-Poutine ce mois-ci..

La semaine prochaine, ils se réuniront à nouveau à Bichkek pour le sommet annuel de l’Organisation de Shanghai pour la Coopération – où les sujets dont ils ont discuté à Moscou et à Saint-Pétersbourg seront partagés avec les nations d’Asie Centrale et d’Asie du Sud, dont l’Iran, observateur essentiel de l’Organisation de Coopération de Shanghai..

La question clé à Bichkek sera sans doute de savoir comment Poutine et Xi vont gérer Modi de l’Inde, membre du BRICS, après sa victoire électorale, qui rêve d’un rôle clé dans la stratégie indo-pacifique de Washington – qui est essentiellement un mécanisme supplémentaire de « confinement de la Chine »..

Et ils se réunissent à nouveau à Osaka – avec les autres membres du BRICS – le 28 juin pour le sommet du G20.

La réunion de Saint-Pétersbourg de cette année a été l’occasion de discussions absolument essentielles sur l’intégration eurasienne. La plupart de ces questions sont tout simplement ignorées dans l’Ouest. Voici quelques exemples qui méritent d’être étudiés de près..

– Les défis en matière de transport auxquels sont confrontés les pays membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai, dans le cadre d’une commission avec Vladimir Norov, secrétaire général de l’organisation, et une excellente intervention de Richard Threlfall, responsable mondial de l’infrastructure chez KPMG ;.

– Un débat sur l’énergie avec Igor Sechin, PDG de Rosneft, Ali Shareef al-Emadi, ministre des Finances du Qatar, Robert Dudley, PDG du groupe BP et Neil Duffin, président des projets mondiaux d’ExxonMobil ;.

– Une discussion sur le changement de paradigme actuel dans l’ordre économique mondial, réunissant le sous-ministre russe du Développement Économique, Timur Maksimov, le responsable de l’économie et de la stratégie des marchés émergents à Bank of America, Merrill Lynch David Hauner et Paul Chan, le secrétaire financier de Hong Kong ;.

– Une longue discussion sur les entreprises et les investissements dans toute l’Eurasie, réunissant le président du conseil d’entreprise de l’UEEA, Viktor Khristenko, le président du conseil d’administration de la Banque Eurasiatique de Développement, Andrey Belyaninov, le premier vice-premier ministre russe Anton Siluanov et Yaroslav Lissovolik, chef du département analytique de la Sberbank ;.

– L’évolution du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, qui se traduit par des projets conjoints de grande envergure dans les domaines de l’infrastructure, de l’énergie et de la haute technologie, avec les PDG et les directeurs des plus grandes entreprises russes et chinoises..

Les réunions Poutine-Xi, les discussions à Saint-Pétersbourg et le sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai la semaine prochaine, dans moins de 10 jours, définiront en détail la feuille de route pour l’intégration eurasiatique. Au-dessus de tout cela se trouve le changement de paradigme (économique) ultime : de multiples nations se préparent à contourner le dollar américain comme monnaie de réserve mondiale.

Pepe Escobar
9 juin 2019

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009), Empire of Chaos (Nimble Books) et le petit dernier, 2030, traduit en français.

traduction Réseau International

Source :

Putin and Xi step up the strategic game

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11308

Mer des Philippines: un destroyer russe a tenu à affirmer son droit à la libre navigation maritime face à un croiseur US comme au bon vieux temps de la guerre froide 1.0

Mer des Philippines: un destroyer russe a tenu à affirmer son droit à la libre navigation maritime face à un croiseur US comme au bon vieux temps de la guerre froide 1.0

    
5
(11)

Le croiseur lanceur de missiles de la classe Ticonderoga USS Chancellorsville (CG-62) a rencontré le 07 juin 2019 un destroyer russe qui a tenu à affirmer son propre droit à la libre navigation maritime en mer des Philippines et non loin de la mer de Chine orientale où la marine US ne cesse d’affirmer ce même droit face à la Chine.

Le destroyer russe Udaloy I DD 572 s’est rapproché dangereusement du croiseur US pour réaffirmer ce droit et du coup la mer des Philippines est devenue un peu trop étroite pour l’un des deux commandants de bord.

Ce genre d’incidents était très fréquent entre les marines américaine et soviétique durant la guerre froide 1.0 et apparament cela continue avec la marine de guerre russe.

Dans tous les cas, le commandant de bord du destroyer russe semble vouloir démonter aux Américains qu’il n’a aucun lien avec la retenue légendaire des commandants des navires de guerre chinois et que la manoeuvre qu’il a effectué derrière puis sur le côté droit du croiseur USS Chancellorsville alors que celui-ci attendait le retour d’un hélicoptère était la seule forme de salutation assez acceptable en mer de Chine orientale et l’allusion est on ne peut plus claire.

https://strategika51.org/archives/63595

 

VIDÉO. DEUX NAVIRES DE GUERRE AMÉRICAIN ET RUSSE ÉVITENT DE JUSTESSE LA COLLISION, WASHINGTON PROTESTE

VIDÉO. DEUX NAVIRES DE GUERRE AMÉRICAIN ET RUSSE ÉVITENT DE JUSTESSE LA COLLISION, WASHINGTON PROTESTE

Par Le360 (avec MAP) le 07/06/2019 à 19h13 (mise à jour le 07/06/2019 à 19h32)

USA-RUSSIE

Le destroyer russe s’était approché de 15 à 30 mètres du Chancellorsville, contraignant le navire de guerre US à faire marche arrière pour éviter un crash.

© Copyright : DR

Les Etats-Unis comptent protester auprès de la Russie pour le comportement « dangereux et non professionnel » d’un destroyer russe qui a failli entrer en collision avec un croiseur américain vendredi dans le Pacifique.

Dans une déclaration à la presse, le ministre américain de la Défense par intérim Pat Shanahan a indiqué que cet incident « ne nous empêchera pas de poursuivre nos opérations ».

 

La marine américaine, qui a diffusé une vidéo de l’incident, a indiqué que le destroyer russe s’était approché de 15 à 30 mètres du Chancellorsville, contraignant le navire de guerre US à faire marche arrière pour éviter un crash. Le Chancellorsville était en train de récupérer son hélicoptère à bord lorsque le navire russe s’est approché de lui, a indiqué la US Navy, ce qui signifie que le croiseur devait maintenir un cap et une vitesse stables.

 

 

 

« Nous considérons les actions de la Russie lors de cette interaction comme étant dangereuses, non professionnelles et contraires au règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM) », a soutenu la marine américaine dans un communiqué.

 

Il y a deux semaines, des avions F-22 américains avaient intercepté quatre bombardiers et deux chasseurs russes Su-35 au large des côtes de l’Alaska, selon un communiqué du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord.

Par Le360 (avec MAP)

http://fr.le360.ma/monde/video-deux-navires-de-guerre-americain-et-russe-evitent-de-justesse-la-collision-washington-proteste-191909

http://fr.le360.ma/monde/video-deux-navires-de-guerre-americain-et-russe-evitent-de-justesse-la-collision-washington-proteste-191909

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples ♦ En France on ne fait plus l’histoire : on se borne à la commémorer. Nuance. Cette fois, c’est le 75e anniversaire du débarquement de Normandie que l’on nous sert. En attendant sans doute de fêter son 80e.


Les politiques aiment bien commémorer car il leur sied de se parer du sang des autres.

Hôtes étrangers, caméras, uniformes, drapeaux, anciens combattants, énième discours présidentiel invoquant nos « valeurs »… La machine macronienne à commémorer fonctionne une nouvelle fois à plein.
Et, depuis une semaine, les médias, la presse, les télévisions, nous abreuvent d’émissions ou d’articles sur le débarquement de Normandie et de films américains vantant le sacrifice des boysvenus nous libérer.

« Il ne faut pas oublier » nous dit Emmanuel Macron. Comme il est plaisant de voir ceux qui n’ont que mépris pour « la France d’avant » et qui se plaisent à culpabiliser et à déconstruire son histoire, sa langue, sa culture et son identité, invoquer les vertus de la mémoire !

Mais en fait il s’agit, une nouvelle fois, d’une commémoration tronquée, sinon truquée. Et d’une mémoire sélective.

Une commémoration biaisée

Le débarquement de Normandie joue en effet un rôle central dans la tentative occidentale de réécrire l’histoire de la seconde guerre mondiale, en faisant des anglo-américains les principaux, sinon les seuls, artisans de la défaite de l’Axe et de la « libération » de l’Europe.

Car, au train où vont les choses, on finira bientôt par apprendre à nos enfants que ce sont les Américains qui ont battu les Allemands à Stalingrad !

Bien sûr, les soldats morts sur les plages ou dans le bocage normand comptent et méritent notre souvenir et notre respect.

Pourtant, à l’échelle européenne de la seconde guerre mondiale, ce ne sont pas les anglo-américains qui ont défait l’Axe mais bien les soviétiques. Car pour les Allemands, la vraie guerre se déroulait à l’Est, pas à l’Ouest.

Désolé pour les admirateurs du Jour le plus long [1], c’est le peuple russe qui a supporté l’essentiel de l’effort de guerre contre le troisième Reich, tant au plan des destructions que des pertes civiles ou militaires. Les pertes russes des deux guerres mondiales s’élèvent à plus d’un tiers du total des morts de la « guerre de trente ans » européenne : 1914-1945 ! Rien à voir avec les pertes anglaises ou américaines.

Des alliés peu pressés

Staline n’eut de cesse de réclamer à ses alliés l’ouverture d’un second front, pour alléger le poids de la massive offensive allemande pesant sur l’URSS depuis 1941.

Mais les anglo-américains se hâtèrent lentement : il faudra attendre la fin de l’année 1942 pour qu’ils se décident à débarquer en… Tunisie, bien loin du front russe.

Ils mettront plus de six mois pour passer en Sicile et ensuite près de 18 mois pour cheminer en Italie, alors que l’armée royale italienne a cessé d’exister depuis septembre 1943… Les anglo-américains avanceront à la vitesse de l’escargot, provoquant l’exaspération justifiée des soviétiques et l’ironie de la propagande allemande.

La principale contribution des forces anglo-américaines et du Commonwealth à la victoire sur l’Allemagne consistera d’abord à fournir aux soviétiques le matériel militaire qui leur manque après le désastre de 1941. Ensuite à couler la marine du Reich et à écraser sous les bombes les villes et les industries allemandes ou de l’Europe occupée.

Par contre, leurs performances militaires sur le terrain ne peuvent se comparer à celles de l’Armée Rouge.

Une remarquable performance logistique

Le débarquement de Normandie est certes une remarquable opération logistique. Il ouvre certes la voie à la libération du territoire national[2]. En n’oubliant pas cependant que seule l’action résolue du Général De Gaulle a permis d’éviter à la France de subir le sort d’un pays ennemi que lui réservaient nos « alliés » de l’AMGOT[3].

Mais on ne saurait passer sous silence que les Allemands considéreront toujours le front de l’Ouest comme un front secondaire. Qu’ils comptent dominer avec leurs « armes secrètes ». Ou bousculer le moment venu avec leurs troupes d’élites après l’avoir emporté à l’Est : comme ils ont presque réussi à le faire, alors que la Wehrmacht était pourtant exsangue et encerclée lors de la bataille des Ardennes. Et surtout parce qu’Hitler croit naïvement que les anglo-saxons finiront par s’opposer aux russes : c’est bien ce qui s’est passé, mais seulement une fois la défaite de l’Allemagne acquise !

Et dans ce front secondaire, les troupes débarquées s’empêtrent dans les haies normandes, que les stratèges n’avaient pas prévues. Les anglo-canadiens piétinent devant Caen pourtant réduit en cendres. Et l’essentiel des forces allemandes se replieront sur la Seine en bon ordre même si elles doivent abandonner leur matériel lourd.

C’est le drapeau rouge qui sera hissé sur le Reichstag en 1945

L’écrivain Eddie Florentin a certes publié en 1974 un ouvrage intitulé Stalingrad en Normandie [4] . Mais on ne saurait sérieusement comparer l’effroyable bataille de Stalingrad qui a duré six mois de combats urbains ininterrompus et coûté la vie à 800 000 soviétiques et à 400 000 soldats de l’Axe, avec les opérations militaires en Normandie, même les plus sanglantes.

Car, pendant que les forces qui ont débarqué en Normandie avancent précautionneusement, malgré une débauche de matériels et une supériorité aérienne écrasante, l’Armée Rouge déclenche la plus grande offensive de son histoire : l’opération Bagration qui se déploie à partir du 22 juin sur rien moins que…. 1000 kilomètres de front.

En juin 1944, le fameux « rouleau compresseur » russe se met en marche. Il ne s’arrêtera qu’à Berlin.

Car en 1944 l’Armée Rouge n’a plus rien à voir avec celle qui a plié en 1941 devant la Wehrmacht : elle s’est dotée d’un matériel moderne -elle dispose de la plus grande artillerie du monde et de chars performants -, elle est bien commandée et ses troupes sont désormais très bien équipées. Cette offensive russe conduira à l’effondrement de l’armée allemande en privant au surplus le Reich des pétroles de Roumanie, ce qui précipitera sa chute, en clouant au sol faute de carburant ses matériels.

C’est donc le drapeau rouge qui sera hissé sur le Reichstag en 1945, pas la bannière étoilée.

Une vision américano-centrée de l’histoire

De Gaulle, pourtant le chef de la France Libre, s’est toujours montré réticent vis-à-vis de la commémoration du débarquement de Normandie et pas uniquement parce qu’il avait été tenu à l’écart de ses préparatifs.

Parce que ce prurit commémoratif faisait une part trop belle à certains alliés aux dépens des autres et imposait une vision hémiplégique et américano-centrée de l’histoire.

Mais la France macronienne, otanisée et américanisée, qui diabolise au surplus la Russie de Valdimir Poutine pour complaire à son suzerain, n’a manifestement plus cette réserve.

Emmanuel Macron, le président de la start-up nation n’a-t-il pas déclaré, en anglais évidemment,« We know what weo we to you veterans. Our freedom »(en français, «Nous savons ce que nous vous devons, anciens combattants. Notre liberté.»)La liberté, ce ne peut bien sûr être l’affaire des Russes !

Ce soir, FR3 nous repassera donc, pour notre édification, Il faut sauver le soldat Ryan, le blockbuster gnangnan de Steven Spielberg .

Pour voir ou revoir sur nos écrans Quand passent les cigognes, le chef d’œuvre du russe Mikhail Kalatosov, primé au festival de Cannes en 1958, il faudra attendre…

Michel Geoffroy
07/09/2019

[1] Film américain à grand spectacle réalisé par Darryl F. Zanuck, d’après le livre éponyme de Cornelius Ryan et sorti en 1962

[2] Mais la libération de Paris n’entrait pas dans les plans des alliés et dû être imposée par les FFL

[3] Allied Military Government of Occupied Territories

[4] Presses de la Cité

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.

SODOMITE LOBBY VS. POUTINE

SODOMITE LOBBY VS. POUTINE

FacebookVKBloggerLiveJournalTwittergoogle_plusEmailPrintPartager

30.05.2017

Lorsque les médias rejoignent des activistes homosexuels contre des chrétiens, le public n’est pas d’accord. Mais quand le côté des médias de masse avec une version anti-Poutine dans un cas impliquant un opposant de Poutine « assassiné » mystérieusement « , le public est-il d’accord?

Selon Paul Craig Roberts , qui était un responsable de Reagan, l’assassinat «mystérieux» d’un opposant à Poutine était un complot déstabilisateur de la CIA dans l’esprit des hostilités d’Obama contre la Russie.

Et selon le Dr Scott Lively, l’autorité la plus en vue sur les maux du programme des homosexuels, au début des années 90, Bill Clinton a levé l’interdiction des homosexuels travaillant pour la CIA et d’autres agences de renseignement.

Par la courtoisie de Clinton, depuis plus de deux décennies, les homosexuels sont de plus en plus présents: CIA, FBI, NSA, etc.

Le Dr Lively explique que, où qu’ils se trouvent, les activistes homosexuels produisent des intrigues, des confusions et des ravages, utilisant toujours leurs occupations pour leur plus grande cause et toujours au détriment de leurs adversaires. Et les homosexuels qui occupent des postes dans la plus grande agence de renseignement du monde sont capables de provoquer les plus grands dommages dans le monde contre ceux qui ne s’alignent pas sur leurs objectifs.
L’un des magazines homosexuels les plus en vue aux États-Unis a désigné Poutine comme l’ennemi numéro 1 du mouvement homosexuel . Cela n’a pas échappé aux homosexuels des agences de renseignement. En fait, cela n’est pas passé inaperçu, pas même par les médias traditionnels, habituellement favorables à la sodomie, contre le président russe.

Aujourd’hui, le président d’une grande nation doit faire adopter des lois pour protéger les enfants et les adolescents des maux évidents de la propagande homosexuelle.

Un citoyen ordinaire s’opposant à l’agenda gay agressif est victime d’initiatives, de calomnies, d’intrigues et de menaces manifestement malveillantes. Un président souffrirait-il moins?

Les activistes homosexuels sont impitoyables, menteurs et implacables pour les citoyens ordinaires qui n’acceptent pas leur agenda tyrannique. Seraient-ils moins impitoyables envers un président?

HideRelated linksHide Liens connexes

Le Su-57, sérieux concurrent du F-35

Le Su-57, sérieux concurrent du F-35

Le F-35, construit par un consortium conduit par Lockheed Martin, ne parvient toujours pas à réaliser les performances multirôles pour lesquelles il a été pré-vendu. En outre les tensions entre l’Otan et la Turquie devraient conduire à retirer ce pays des fabricants partenaires. Un malheur n’arrivant jamais seul, la Russie devrait mettre sur le marché son Su-57, bien meilleur et plus de fois moins cher.

  

+
JPEG - 25.9 ko

Le directeur adjoint de Rostec, Viktor Kladov, a annoncé que le président Poutine approuverait prochainement l’exportation de l’avion « invisible » Su-57. Le prix d’un Su-57 est de 45 millions de dollars, alors que le F-35 coûte 100 millions de dollars.

Le premier groupe d’acheteurs approuvés comprend la Turquie avec 60 avions, l’Egypte et l’Algérie avec 29, le Vietnam 12. L’Inde avait été intéressé par cet avion dans un premier temps, mais a abandonné son programme de développement, retardant le lancement de la production de 4 ans. C’est pourquoi l’Inde n’a toujours pas approuvé l’achat de Su-57.

L’avion est supérieur au F-22 et au F-35 dans le combat rapproché, et dans la manœuvrabilité. Le su-57 possède 16 points d’accrochage dont 8 ont été montés dans les compartiments internes. Le su-57 dispose de 4 compartiments entièrement carénés avec une capacité interne supérieure de 150% au F-22A et de 250% au F-35.

Pour devenir compétitif, la Russie a créé 14 nouveaux types d’armes nouvelles pour le Su-57. L’arsenal du Su-57 comprend des missiles antiradar Kh-58UShK, des missiles de croisière 35UE, X-74M2, des missiles air-sol Kh-38M, des bombes « intelligentes » KAB-250, KAB-500. Le Su-57 est équipé de missiles BVR (beyond-visual-range) de type K-77M d’un rayon d’action maximal de 200 km. Pour les combats aériens rapprochés, le su-57 utilise des missiles K-74M2 d’une portée de 40 km.

La Russie pourrait également vendre les missiles hypersoniques Kinzhal X-47M2 (portée 2 000 km) et 3 M-22 zircon (portée 1 000 km) adaptés pour le su-57.

Traduction
Avic
Réseau International 

https://www.voltairenet.org/article206022.html