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Pour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»

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Pour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»

© AFP 2019 BOUREIMA HAMAAFRIQUE15:38 15.01.2020(mis à jour 15:39 15.01.2020)URL courtePar Christine H. Gueye444S’abonner

Cheville ouvrière de la politique africaine d’Emmanuel Macron, s’appuyant sur l’implication des diasporas, Sira Sylla, députée LREM, estime que le sommet de Pau représente un tournant au Sahel. Invitée de Sputnik France, elle revient sur le Sommet G5 Sahel, le rôle de la France et de la Russie dans la région et sur son action pour la Francophonie.

«Ce sommet [à Pau, ndlr] a constitué un temps fort, puisque les États du G5 Sahel ont réaffirmé la nécessité de la force Barkhane. On peut aussi saluer la création de la Coalition Sahel qui va s’organiser autour de quatre piliers», s’est félicitée la députée LREM, Sira Sylla, au micro de Sputnik France.

Lors d’un entretien dans nos locaux le mardi 14 janvier, la parlementaire En Marche de la 4e circonscription de Seine Maritime a détaillé ces quatre piliers, avant d’expliquer son action avec les diasporas et dans le cadre de la Francophonie.

«La lutte contre le terrorisme, la formation des militaires sur place –donc le renforcement des capacités militaires–, la nécessité d’un retour de la présence de l’État –puisqu’il n’y en a plus– et le développement. Les États du G5 Sahel et la France ont réussi à s’unir sur ces quatre piliers et cela, c’est un signe encourageant.»

Réagissant aux décisions annoncées lors du sommet des chefs d’État du G5 Sahel, réunis à Pau le 13 janvier à la demande du président Emmanuel Macron, Sira Sylla, qui est d’origine sénégalaise, mais née à Rouen, s’est félicitée de la «remobilisation» des Etats du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) autour de la France sur ces quatre piliers.

Initialement prévu le 16 décembre pour «clarifier» la volonté des États sahéliens d’accueillir des troupes françaises chez eux, après les discours anti-français qui se sont fait entendre, notamment au Mali, ce sommet avait été reporté. Depuis l’attaque d’Inatès, au Niger, le 10 décembre, ayant causé la mort de 71 militaires nigériens, de nouveaux assauts des djihadistes se sont produits, provoquant à nouveau de nombreuses victimes dans la zone sensible, dite des trois frontières.

«Concernant le sentiment anti-français, c’est vrai [qu’il existe, ndlr], mais je préfère, pour ma part, répondre par la pédagogie. Il faut expliquer sur place ce que fait Barkhane, ce que font les différentes forces internationales. Il faut aussi que les Etats et les élus, là-bas, s’engagent sur le terrain [pour dire à quoi sert Barkhane, ndlr]. On ne peut pas laisser les pays du G5 Sahel dans une telle situation. Car si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi», a déclaré Sira Sylla au micro de Sputnik France.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron

© REUTERS / ERIC FEFERBERGMarine Le Pen soutient Macron sur ce pointCertains médias français répètent à l’envi que la Russie serait derrière les demandes de départ des troupes françaises du Mali. Moscou attiserait donc le sentiment anti-français grandissant au Sahel, parce qu’il viserait à prendre la place de Paris dans la région. Des allégations qui laissent Sira Sylla sceptique.

«Je ne prends pas pour argent comptant ce que les médias racontent sur les Russes. Je constate par rapport à ce que je vois et par rapport à ce que disent des ONG sérieuses qui se rendent souvent sur le terrain. On ne peut pas tout mettre sur le dos des Russes. Il vaut mieux être concret, aller sur le terrain et que tous les États avancent ensemble. Or, la Coalition Sahel, ça, c’est du concret», répond Sira Sylla sans détour.

S’unir pour contrer les djihadistes

Dans un communiqué publié lundi 13 janvier soir par l’Élysée à l’issue de la conférence de presse donnée par le Président de la République aux côtés de ses homologues du G5 Sahel, ceux-ci ont surtout insisté sur le besoin d’une «plus grande coordination dans la mise en œuvre des initiatives en cours au Sahel» et d’un «engagement international renforcé» afin de combattre plus efficacement les groupes armés terroristes actifs dans cette zone.

Sira Sylla, députée de la République en marche (LRM) est chargée des diasporas africaines et de la Francophonie.

© PHOTO. ASSEMBLÉENATIONALEFRANÇAISESira Sylla, députée de la République en marche (LRM) est chargée des diasporas africaines et de la Francophonie.

«À cette fin, un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel appelé Coalition pour le Sahel, rassemblant les pays du G5 Sahel et la France à travers l’opération Barkhane et ses autres formes d’engagements, les partenaires déjà engagés ainsi que tous les pays et organisations qui voudront y contribuer, est organisé autour de quatre piliers», précise le communiqué de l’Élysée.

Mali, opération Barkhane

© PHOTO. DAPHNE BENOITSahel: Macron annonce l’envoi de 220 soldats supplémentaires pour renforcer la force BarkhaneSur la base des décisions qui ont été arrêtées à Pau, c’est dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger) que les efforts vont désormais se concentrer «sous le commandement conjoint de la Force Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, en ciblant en priorité l’EIGS*.»

De surcroît, toujours selon ce communiqué, le commandement conjoint de cette coalition accueillera «progressivement» l’ensemble des pays volontaires et partenaires, dont les contributions militaires rejoindront l’opération Barkhane, comme le futur groupement de forces spéciales européennes, baptisé «Task Force Takuba», s’inscrivant dans ce premier pilier, celui de la lutte antiterroriste.

Sortir des liens néocolonialistes

Revenant sur l’annonce récente à Abidjan (Côte d’Ivoire), où elle a accompagné Emmanuel Macron, de la fin du franc CFA en faveur de l’ECO, Sira Sylla s’est également réjouie que ce soit des États africains qui aient demandé de mettre un terme au franc CFA. «Nous ne pouvons que nous féliciter de ce que la France sorte des instances de décision», a-t-elle ajouté, se déclarant très fière d’avoir pu assister à ce moment «historique» empreint d’émotion.

Du coup, elle comprend mal les critiques dont le Président de la République continue de faire l’objet de la part de militants anti-CFA.

«Le handicap de la relation entre la France et l’Afrique, c’est que nous restons enlisés dans un passé post-colonialiste. Les Africains doivent prendre leur destin en main. Or, j’ai toujours l’impression qu’il y a un peu de schizophrénie. On voulait la fin du franc CFA. On l’a et c’est même annoncé. Mais on continue de pointer du doigt en direction d’Emmanuel Macron. Il n’est quand même pas tout seul dans cette affaire. Il y a bien une autre partie en face, qui est celle des chefs d’État africains de la zone franc», s’insurge la parlementaire LREM.

Même si elle ne nie pas que des questions «sensibles», comme l’augmentation subite des frais de scolarité pour les étudiants étrangers, la Loi Asile et immigration ou la présence omnipotente de grands groupes français tels que Bolloré, voire Auchan, peuvent empoisonner la relation entre la France et l’Afrique, elle rejette catégoriquement les accusations d’hypocrisie à l’encontre de «son» Président.

Le plus important, pour elle, est de conserver intacte sa détermination à faire bouger les lignes en poursuivant son combat auprès des diasporas africaines, qu’elle veut de plus en plus impliquer dans la nouvelle politique africaine de la France et au sein de la Francophonie:

«C’est en tous cas le sens de mon engagement aux côtés d’Emmanuel Macron pour que les diasporas africaines s’impliquent davantage dans la co-construction de relations apaisées», confie Sira Sylla.

*L’État islamique au Grand Sahel (EIGS) est une organisation terroriste interdite en Russie

https://fr.sputniknews.com/afrique/202001151042908570-pour-la-deputee-lrem-sira-sylla-si-lafrique-sombre-dans-le-terrorisme-leurope-sombrera-aussi/

Le gouvernement russe présente sa démission pour faciliter la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine

Le gouvernement russe présente sa démission pour faciliter la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine

Franceinfo Il y a 42 minutes

Le président russe Vladimir Poutine a proposé une réforme constitutionnelle qui aboutirait, si elle était adoptée, à la désignation du Premier ministre par le Parlement. © Fournis par Franceinfo

Coup de tonnerre ? Non, coup de pouce. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a présenté au président Vladimir Poutine la démission de son gouvernement, mercredi 15 janvier. L’annonce, après un discours du chef de l’Etat annonçant vouloir réformer la Constitution, était inattendue. « Nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela (…) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission », a déclaré Dmitri Medvedev, cité par des agences de presse russes.

Plus tôt, lors de son allocution annuelle devant les membres du Parlement et les élites politiques, Vladimir Poutine a proposé d’organiser un référendum sur des réformes de la Constitution afin de renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il domine depuis vingt ans.

Un Parlement dominé par les forces pro-Poutine

La principale mesure vise à permettre au Parlement d’élire le Premier ministre que le président sera alors « obligé de nommer ». Actuellement, c’est la Douma (chambre basse du Parlement) qui confirme le choix du chef de l’Etat. Les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

Les propositions de réformes visent aussi à renforcer les gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges d’avoir des permis de séjour à l’étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie. Le chef de l’Etat conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement et nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires.

Sans apporter de précisions, Vladimir Poutine a évoqué de manière très vague la question d’un changement constitutionnel qui limite le nombre des mandats présidentiels « à deux mandats successifs ». En l’état actuel de la législation, il n’a pas le droit de se représenter en 2024

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Voisins européens. Russie-UE : trente ans de relations, par Sergueï Lavrov

oisins européens. Russie-UE : trente ans de relations, par Sergueï Lavrov 18 déc. 2019 Source: Sputnik A l’occasion des 30 ans depuis l’instauration des relations entre l’Union soviétique et la Communauté européenne, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov livre son analyse sur la période passée et l’avenir des liens entre l’UE et la Russie. Il y a 30 ans, le 18 décembre 1989 à Bruxelles, était signé l’Accord de commerce et de coopération commerciale et économique entre l’URSS et la Communauté européenne.

Cette date a marqué le point de départ de l’établissement des relations officielles de la Russie, en tant qu’État-successeur de l’URSS, avec l’Union européenne. Article publié initialement dans le quotidien russe Rossiïskaïa gazeta, le 18 décembre 2019 Symboliquement, cet accord a été conclu un peu plus d’un mois après la chute du mur de Berlin, événement entré dans l’histoire comme charnière dans la fin de la Guerre froide – période de séparation du continent en blocs idéologiques opposés.

Les fondateurs du partenariat Russie-UE comprenaient qu’il était impossible d’effacer les lignes de démarcation séculaires sur notre continent sans créer en Europe un large champ de coopération. Les deux parties étaient disposées à rendre cette dernière mutuellement avantageuse, durable et résistante aux fluctuations économiques et politiques. Les années qui ont suivi ont été marquées par un travail laborieux sur la mise en place d’une architecture d’interaction à plusieurs niveaux entre la Russie et l’UE. Une base juridique solide a été créée, qui s’appuie encore aujourd’hui sur l’Accord de partenariat et de coopération signé en 1994.

Pendant le sommet Russie-UE à Saint-Pétersbourg en mai 2003, un pas de plus a été fait pour surmonter la division de l’Europe : un accord a été conclu sur l’établissement d’un partenariat stratégique basé sur la création de quatre espaces communs – économique, de sécurité extérieure, de liberté, de sécurité et de justice, de science et d’éducation (incluant les aspects culturels).

Nous avons travaillé ensemble sur des projets à long terme qui, s’ils avaient été menés jusqu’à leur terme logique, auraient apporté des profits tangibles à tous les habitants de notre continent commun, auraient considérablement augmenté le niveau de leur sécurité, de leur bien-être et de leur confort. Il était notamment question de faciliter les conditions pour les voyages réciproques des citoyens de la Russie et de l’UE (jusqu’à un régime sans visa), de l’établissement d’une coopération étroite entre les forces de sécurité pour lutter contre les menaces du terrorisme et du crime organisé, du règlement coordonné des crises et conflits régionaux, et de la formation d’une union énergétique.

Cependant, il n’a pas été possible d’assurer la stabilité du partenariat déclaré dans les relations Russie-UE. Les principes de coopération équitable ont cédé la place à l’illusion que la sécurité euro-atlantique devait se construire uniquement autour de l’Otan Malheureusement, certains occidentaux ont commencé à voir la perspective paneuropéenne uniquement à travers le prisme de «la victoire dans la Guerre froide». Les principes de coopération équitable ont cédé la place à l’illusion que la sécurité euro-atlantique devait se construire uniquement autour de l’Otan, et que la notion même de l’Europe devait être associée uniquement à l’UE.

Tout le reste ne serait que des «cercles concentriques» autour de ces «centres de légitimité». Lire aussi Interdit d’interdire : Jean Radvanyi – Jean-Robert Raviot sur la Russie, l’Ukraine et l’Europe Sur le plan concret, nous assistions de plus en plus souvent dans nos relations avec Bruxelles à «l’absolutisation» des normes supranationales de l’UE et des tentatives de leur application rétroactive dans tous les autres pays. Il nous était proposé d’accepter des décisions déjà prêtes et préparées au sein de l’UE, qui ne supposaient ni leur discussion avec nous ni la prise en compte des intérêts russes – en d’autres termes, de se ranger dans le sillage et de suivre le «bon» cap, ainsi que d’accepter inconditionnellement l’interprétation des «valeurs universelles» allant souvent à l’encontre de la tradition civilisationnelle européenne basée sur la chrétienté.

Nos partenaires de Bruxelles ont commencé à taire honteusement que le travail sur la conception de quatre espaces communs Russie-UE s’appuyait sur la compréhension mutuelle du danger et de la contreproductivité des tentatives de placer nos voisins communs face au choix «l’UE ou la Russie». Avant 2014 déjà, le lancement de l’initiative Partenariat oriental était un signal alarmant dans les relations Russie-UE, qui était de facto orienté, comme cela s’est confirmé par la suite, vers l’objectif d’arracher à la Russie ses voisins les plus proches avec lesquels elle entretenait des liens séculaires.

Les regrettables conséquences de cette politique égoïste se ressentent encore à ce jour. Autrement dit, dans la pratique, l’UE n’était pas prête à l’équité dans les relations avec notre pays. Dans le vocable bruxellois, le terme «Europe» est devenu définitivement synonyme d’«Union européenne». Tout ceci est présenté comme s’il existait une «vraie» Europe – les membres de l’UE – alors que tous les autres pays du continent doivent encore mériter le «grand titre d’européens».

Ainsi on cherche de nouveau à diviser artificiellement le continent, à altérer la géographie et l’histoire, comme le montrent les résolutions adoptées par les structures européennes qui assimilent les nazis, ayant éradiqué les peuples européens, aux guerriers soviétiques qui ont sauvé ces peuples d’une élimination physique. Cette approche est profondément vicieuse et, j’en suis certain, ne profite pas au projet d’intégration européenne, est contraire à son esprit pacifique et unificateur initial.

Géographiquement, historiquement, économiquement et culturellement, la Russie faisait, fait et fera toujours partie intégrante de l’Europe. Dotés d’une identité unique, dont nous sommes fiers à juste titre, nous faisons partie de l’espace civilisationnel européen. Pendant des siècles la Russie a apporté sa contribution à son élargissement – jusqu’à l’océan Pacifique. Notre identité s’est formée notamment sous l’influence des idées européennes progressistes.

De la même manière que la culture européenne contemporaine serait impensable sans un enrichissement réciproque avec la Russie.

En dépit des différends, la Russie et l’UE restent des partenaires commerciaux et économiques importants. Et de très grands voisins capables d’assumer eux-mêmes la responsabilité commune de la paix, de la prospérité et de la sécurité dans cette partie de l’Eurasie. D’ailleurs, si l’UE n’avait pas adopté une position engagée dans le contexte des événements ukrainiens, les échanges entre la Russie et l’UE auraient tout à fait pu atteindre 500 milliards de dollars, en devenant un facteur d’envergure globale comparable aux échanges de l’UE avec les États-Unis et la Chine.

L’opportunité d’un «nouveau départ» dans nos relations De plus en plus de signaux indiquent que nos partenaires de l’UE prennent progressivement conscience du caractère anormal de la situation actuelle. Après une certaine stagnation, la dynamique de la coopération avec la majorité des États membres de l’UE a repris. Les premiers contacts ont eu lieu avec la nouvelle direction de l’Union européenne, qui a commencé son travail début décembre. Le début d’un nouveau cycle institutionnel au sein de l’UE crée objectivement l’opportunité d’un «nouveau départ» dans nos relations. Au minimum, c’est une bonne occasion de réfléchir à ce que nous représentons l’un pour l’autre dans le monde contemporain en perpétuelle évolution.

Je voudrais espérer que les décideurs de l’Union européenne se laisseront guider par une vision stratégique et respecteront les idées des grands hommes politiques européens tels que Charles de Gaulle et Helmut Kohl, dont la pensée s’appuyait sur la notion de «maison européenne commune». Les restrictions artificielles de la coopération en fonction des intérêts géopolitiques de certains acteurs sont incapables de résoudre les problèmes, ne font que créer de nouvelles complications et affaiblir les positions économiques de l’Europe. Je suis convaincu que le seul moyen de préserver l’individualité et la compétitivité des cultures et des économies européennes dans le contexte de la pression de la mondialisation réside dans l’addition des avantages comparatifs de tous les pays et ensembles d’intégration de notre Eurasie commune.

Lire aussi Emmanuel Macron ne voit pas la Russie comme un «ennemi», mais veut un dialogue «exigeant» avec elle Les relations entre la Russie et l’UE ne se développent pas dans le vide. Le monde multipolaire est désormais absolument réel. De nouveaux centres de force financière, économique, technologique et politique se sont formés dans la région Asie-Pacifique. Nous développons notre politique étrangère et notre coopération avec nos partenaires en tenant compte de ce facteur crucial. Les nouvelles réalités sont porteuses de nouveaux défis transfrontaliers, mais offrent aussi la possibilité de puiser des ressources de développement là où nous n’avions même pas tenté de regarder par le passé. Dans tous les cas, l’addition des efforts multiplie nos capacités. Dans le contexte de la turbulence internationale persistante, il est nécessaire de garantir la suprématie du droit international. Il ne faut pas tentent de substituer à ce dernier un «ordre fondé sur des règles», inventé par l’Occident pour desservir ses intérêts. Ce n’est que de cette manière que nous serons en mesure d’assurer l’efficacité des efforts multilatéraux. Nous considérons l’Union européenne comme un centre du monde multipolaire. Nous visons à développer nos relations avec l’UE dans le cadre de l’initiative du Président russe Vladimir Poutine de former un grand partenariat eurasiatique de l’Atlantique au Pacifique réunissant tous les États de l’Union économique eurasiatique, l’OCS, l’ASEAN et tous les autres pays du continent. La coopération entre l’UE et l’UEEA pourrait servir de base économique à l’adhésion des membres de l’UE à ce partenariat. La jonction des potentiels de deux marchés régionaux importants et l’harmonisation de leurs régimes de commerce et d’investissement favoriseront le renforcement de tous les acteurs du commerce mondial et – ce qui est très important – permettra d’éviter dans le futur la situation qui place nos «voisins communs» devant un choix primitif : soit avec l’UE, soit avec la Russie. Je voudrais rappeler encore une fois que les principes de partenariat ont déjà été posés par nos textes communs. Ainsi, la Feuille de route sur l’espace commun de sécurité extérieure, adoptée le 10 mai 2005 au cours du sommet Russie-UE à Moscou, stipule que les processus de coopération internationale et d’intégration qui réunissent la Russie et l’UE et se basent sur les décisions souveraines des États, jouent un rôle important dans la consolidation de la sécurité et de la stabilité. Il est nécessaire de promouvoir ces processus «en agissant en synergie, dans le cadre d’une collaboration et d’un dialogue étroits et axés sur les résultats, contribuant ainsi dans les faits à la création d’une grande Europe sans clivages et fondée sur des valeurs communes». On ne pourrait pas le formuler mieux aujourd’hui. Il serait bien, désormais, de transformer ces propos en actions réelles. Il n’est possible de former un système de sécurité efficace en Europe que sur une base collective : c’est un axiome. La Charte de sécurité européenne a été signée il y a 20 ans,  le 19 novembre 1999, lors du sommet de l’OSCE à Istanbul. A l’initiative de l’UE, ce texte a également inclus la Plateforme de sécurité coopérative prévoyant une coopération non seulement entre tous les États, mais aussi toutes les organisations de l’espace euroatlantique. Nous avons soutenu cette proposition. Malheureusement, Bruxelles, qui abrite non seulement les institutions de l’UE mais aussi le siège de l’Otan, a plus tard perdu son intérêt pour cette idée. Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE, qui s’est déroulée du 5 au 6 décembre 2019 à Bratislava, les pays occidentaux ont bloqué la proposition russe de confirmer l’initiative susmentionnée prévoyant un dialogue européen égalitaire réunissant l’UE, la CEI, l’Otan et l’OTSC. Il s’avère que l’UE et l’Otan étaient certaines de leur domination quand elles ont avancé cette idée il y a 20 ans, mais craignent aujourd’hui la concurrence des structures qui se développent activement dans l’espace de la CEI, et évitent un dialogue direct avec ces dernières. Nous faisons face à des menaces et à des défis communs Nous appelons l’Union européenne à se lasser guider par les principes fondateurs fixés par les textes consacrés aux bases des relations entre la Russie et l’UE, au lieu de constructions inventées prévoyant une certaine «coexistence forcée».

Nous faisons face à des menaces et à des défis communs : le terrorisme, le trafic de stupéfiants, le crime organisé, l’immigration illégale, etc.

On doute que les restrictions de la coopération avec la Russie et l’orientation vers la confrontation avec elle pourront améliorer les perspectives de l’Union européenne dans le monde moderne. Nous sommes ouverts à une coopération mutuellement avantageuse, égalitaire et pragmatique avec l’UE, en respectant les intérêts de nos alliés et de tous les autres partenaires eurasiatiques.

C’est le seul moyen d’établir un modèle viable de relations durables répondant aux intérêts et aux aspirations des pays et des peuples de tout le continent eurasiatique.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. Raconter l’actualité

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Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s'inquiètent d'une aggravation des tensions au Moyen Orient

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine s’inquiètent d’une aggravation des tensions au Moyen Orient 3 janv. 2020, 18:56 © CHARLES PLATIAU Source: Reuters Le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine. Les dirigeants russe et français, qui se sont joints par téléphone, partagent la même analyse de la situation suite à l’assassinat du général iranien Soleimani qui fait selon eux peser un sérieux risque d’escalade des tensions dans la région. Quelques heures à peine après l’annonce de la mort du général iranien Qassem Soleimani, le chef de la force al-Qods (branche des Gardiens de la Révolution chargée des opérations extérieures), dans un raid américain mené sur l’aéroport de Bagdad, le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine se sont entretenus par téléphone. Lire aussi «Lâche agression», «aventurisme» : le monde réagit à l’assassinat de l’Iranien Qassem Soleimani Initiée par la partie française, cette conversation a été l’occasion pour les deux chefs d’Etat de partager leurs analyses de la situation, qui se recoupent sur un point essentiel : cet assassinat fait peser un sérieux risque d’aggravation des tensions au Moyen Orient. «Il a été constaté que cette action peut sérieusement aggraver la situation dans la région», a ainsi indiqué le Kremlin dans un communiqué, précisant que les présidents russe et français avaient tous deux exprimé leur «préoccupation» après la mort du général iranien. Emmanuel Macron a pour sa part assuré qu’il allait rester en «contact étroit» avec le président russe sur la situation en Irak afin d’«éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions et appeler toutes les parties à la retenue», selon l’Elysée. Lors de son entretien avec son homologue russe, le président français a en outre tenu à rappeler «l’attachement de la France à la souveraineté et à la sécurité de l’Irak et à la stabilité de la région». Un message qu’il est possible de lire de différentes manières, alors que Donald Trump tient Téhéran pour responsable de la prise d’assaut de l’ambassade américaine à Bagdad le 31 décembre. Au cours de sa conversation avec Vladimir Poutine, le président français a d’ailleurs «souligné la nécessité que les garants de l’accord de 2015 restent étroitement coordonnés pour appeler l’Iran à revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s’abstenir de toute provocation». Un message qu’a également fait passer le Quai d’Orsay : «La France appelle chacun à la retenue et l’Iran à éviter toute mesure susceptible d’aggraver l’instabilité régionale, ou de conduire à une grave crise de prolifération nucléaire. Les parties à l’accord de Vienne [sur le nucléaire iranien de 2015] doivent en particulier rester étroitement coordonnées pour appeler l’Iran à revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s’abstenir de toute nouvelle action contraire», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Lire aussi : Les Etats-Unis tuent le général iranien Soleimani dans une frappe à Bagdad, Téhéran crie «vengeance» International Raconter l’actualité

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Nord Stream 2.0 – Donbass 4.0 – Idlib 6.0

Nord Stream 2.0 – Donbass 4.0 – Idlib 6.0

19 Décembre 2019

Ça bouge sur plusieurs cases de l’échiquier du Grand jeu et, comme souvent, la Russie est au cœur des événements.

Les sanctions de dernière minute décidées par le Congrès US contre le Nord Stream II sont la dernière pierre d’une politique qui vient de très loin. En juin 2017, nous rapportions :

Si quelqu’un doutait encore que les Américains tentèrent, tentent et tenteront de torpiller l’intégration de l’Eurasie et d’isoler énergétiquement la Russie, une membre du comité des Affaires étrangères du Congrès a rappelé fin mai les fondamentaux de la politique étrangère de son pays :

Les Etats-Unis devraient agir contre le projet russe de gazoduc afin de soutenir la sécurité énergétique de l’Union européenne [défense de rire ; qui eut cru que la novlangue pouvait être amusante ?] L’administration Obama et l’UE ont travaillé contre le Nord Stream II (…) L’administration Obama a fait de la sécurité énergétique européenne une question de haute priorité de la politique étrangère américaine. L’administration Trump serait bien avisée de continuer sur cette voie.

Las. Ces sanctions visant les compagnies qui aident à la pose du tube viennent beaucoup trop tard et, comme l’admet crûment Bloomberg, les Etats-Unis concèdent la défaite sur le Nord Stream II.

Dans sa conférence marathon annuelle, Poutine a eu des mots intéressants sur l’Ukraine, ménageant intelligemment la chèvre et le chou. Il a ouvert la porte à une poursuite du transit gazier (réduit) par le territoire de son voisin, désamorçant les dernières réticences européennes alors que le tube baltique entre dans la dernière ligne droite. En évoquant un prix raisonnable, il offre aussi un biscuit à Zelensky alors que les relations bilatérales se réchauffent tout doucement.

Dans le même temps, il a toutefois balayé d’un revers de main tout changement des accords de Minsk et insisté sur un statut spécial du Donbass. Pour Moscou, un conflit gelé et/ou un Donbass autonome au sein d’une Ukraine fédérale tuera dans l’œuf la marche de Kiev vers l’euro-atlantisme. Comme nous l’avons expliqué à de nombreuses reprises, c’est l’objectif premier du Kremlin depuis 2014 et c’est devenu la hantise des think tanks impériaux.

En Syrie, l’interminable feuilleton de la reprise d’Idlib entame une nouvelle saison. Après des bombardements non-stop de l’aviation syro-russe (140 en trois jours) sur les défenses barbues, l’armée syrienne a bougé et commencé l’offensive. A la pointe du combat, les fameuses Tiger Forces bien connues de nos lecteurs et désormais renommées 25ème Division des forces spéciales. Les premiers gains territoriaux n’ont pas tardé…

Assiste-t-on à une campagne générale contre Idlib ? Pas si vite… Il semble que, dans un premier temps, l’objectif soit l’autoroute M5 et la ville de Ma’arat al Numan. Nous avions expliqué son importance il y a quelques mois, après la reconquête de Khan Cheikhoun :

Hama est maintenant définitivement sécurisée tandis que le moral des rebelles modérément modérés en a pris un (très) sérieux coup. Il se murmure d’ailleurs que Jaysh al-Izza, groupe qui avait bénéficié pendant longtemps des largesses de la CIA en missiles anti-tanks TOW, est en voie de dissolution après avoir perdu un nombre considérable de combattants et la plupart de son matériel de guerre.

Surtout, la reconquête de Khan Cheikhoun pourrait ouvrir la voie à une offensive plus générale et la réduction d’un autre saillant, plus vaste, centré sur Ma’arat al Numan :

Que cette protubérance soit liquidée et c’est Idlib elle-même, capitale djihadiste entre toutes, qui serait directement sous les feux de l’actualité et, plus prosaïquement, des tirs loyalistes.

Relation de cause à effet ? Des rumeurs font état d’un possible et énième false flag chimique en préparation tandis que le public new yorkais de Times Square est soumis à une propagande aussi ahurissante qu’imbécile (voir cette vidéo). En cas de provocation chimique des modérément modérés, la réaction de la MSN occidentale sera intéressante alors que la manipulation de Douma sort au grand jour…Tag(s) :

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La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [2/2]

La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [2/2]

Solène VIZIER 13 décembre 2019 ActualitéActualités analyséesEuropeInternationalRussie Leave a comment

Mise au ban par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques. C’est le dernier rebondissement d’une affaire incroyable de dopage institutionnel qui dure depuis plus de quatre ans. Mêlant gouvernement russe, agents secrets et falsification d’échantillons et de données informatiques, la tempête s’est abattue sur le sport russe. La suspension par l’AMA est un nouveau coup porté à la Russie, qui utilise le sport à des fins politiques. Au-delà du théâtre sportif, la suspension de la Russie s’inscrit dans un jeu de pouvoir entre Moscou et l’Occident.

A Paris, Vladimir Poutine a critiqué la “décision politique” de l'AMA de suspendre la Russie des prochains Jeux Olympiques.
A Paris, Vladimir Poutine a critiqué la “décision politique” de l’AMA de suspendre la Russie des prochains Jeux Olympiques.

La Russie dénonce une décision politisée et une “hystérie anti-russe”

Lundi 09 décembre, l’Agence mondiale antidopage a approuvé à l’unanimité les recommandations de son comité de conformité, visant à interdire à la Russie d’accueillir et de participer à de grands événements sportifs internationaux pendant quatre ans. La Russie n’a pas tardé à réagir aux sanctions de l’AMA. Le Premier ministre Medvedev a critiqué des “décisions qui se répètent contre des sportifs qui ont déjà été punis”. Le chef du gouvernement russe a dénoncé la “poursuite d’une hystérie antirusse devenue chronique”. Annonçant que la Russie ferait appel, il a cependant reconnu que Moscou avait un “sérieux problème de dopage”.

Comme son ministre des sports Pavel Kolobkov, Vladimir Poutine a condamné une “décision politique”. Le président russe s’est élevé contre une décision collective qui “contredit la charte olympique”. Pour le président russe, l’absence d’une plainte contre le Comité national olympique russe autorise, selon la charte, son pays à concourir sous le drapeau national. “Tout châtiment – comme il l’a été depuis l’époque du droit romain – doit être individuel et découler de ce qui a été commis par une personne. Les châtiments ne peuvent pas être de nature collective et s’appliquer à des personnes qui n’ont rien à voir avec certaines violations”, a-t-il ajouté à Paris. Stanislav Pozniakov, à la tête du Comité national russe, a appuyé les propos de son président. Il s’est dit “déçu” par les sanctions “prévisibles” mais “inadéquates et excessives”.

Le sport, un instrument géopolitique ordinaire

Pour pallier aux faiblesses de son soft-power, le sport a été réactivé par la Russie comme l’un des outils principaux de puissance depuis le milieu des années 2000. Le gouvernement de Vladimir Poutine utilise le sport au service de la puissance globale de la Russie. Moscou cherche à améliorer, par ce biais, l’image et la réputation de la Russie sur la scène internationale. Le sport est (re)devenu la vitrine de la puissance russe et l’instrument de ses ambitions.

À ce titre, la Russie s’est imposée comme un maître en matière d’organisation de grands événements sportifs au cours des dix dernières années. Le Kremlin est parvenu à faire des Jeux de Sotchi en 2014 et de la Coupe du Monde de football en 2018 des réussites organisationnelles et sportives, en mobilisant pour cela l’ensemble de la société, des oligarques aux supporters. Bien plus que des événements sportifs majeurs, les Jeux Olympiques d’hiver et la Coupe du Monde de football ont été utilisés comme un outil multifonctionnel, à la fois politique, économique et social.

Pour Vladimir Poutine, les succès sportifs sont autant de succès diplomatiques et cela a contribué à améliorer pendant un temps l’image de la Russie à l’international. Le “sport-power”, en tant que composante du soft-power d’un pays, est cependant à double tranchant. Le président du CIO, Juan Antonio Samaranch déclarait en 1975 lors du congrès de Neuchâtel : “nul doute que les compétitions sportives, et en particulier les Jeux Olympiques, reflètent la réalité du monde et constituent un microcosme des relations internationales”. Les oppositions sur les terrains géopolitiques ordinaires se transposent au monde du sport. Si la diplomatie sportive peut prouver la puissance d’un État, elle peut également jeter le discrédit sur ce même État lorsque ses failles sont révélées.

Un jeu de pouvoir entre la Russie et l’Occident

Alors que la pression s’intensifie sur la Russie, le Kremlin ne reconnaît qu’à demi-mots le dopage institutionnel. Il mène en Russie une campagne de propagande présentant les sanctions comme un complot occidental.  Suite à la publication du premier rapport McLaren en juillet 2016, le Kremlin dénonçait “une récidive dangereuse de la politique dans le sport [dont la] forme a changé, mais le but est le même : faire du sport un instrument de pression géopolitique et donner une image négative de certains pays et de leurs peuples”.

Pour l’Occident, la suspension des athlètes russes est un coup d’arrêt à la politique de puissance sportive russe. La révélation des problèmes de dopage en Russie par l’AMA témoignerait “des failles du régime poutinien (difficulté à coordonner une politique sportive efficace et cohérente), des difficultés de la société russe contemporaine (corruption endémique), comme des problèmes inhérents à la société sportive internationale (concurrence accrue, appât du gain et des victoires, nécessité des performances, intensité de la profession sportive, difficulté de coordination entre les instances internationales)”.

Le patron de l’USADA, l’agence antidopage américaine, a quant-à-lui dénoncé une sanction trop clémente de la part de l’AMA. “Permettre à la Russie d’échapper à une mise au ban totale est un nouveau coup dévastateur porté aux sportifs propres, à l’intégrité du sport et à la force des règlements”, a déclaré Travis Tygart. On assiste alors à une véritable guerre informationnelle entre la Russie et l’Occident sur la question du dopage. Quand les occidentaux accusent la Russie de tricherie, la Russie répond que le problème du dopage est mondial. Comme au temps de la Guerre Froide, la Russie et les États-Unis, à défaut de pouvoir s’affronter directement par des moyens militaires, rivalisent sur les terrains de sport.

La difficulté de la gouvernance du sport mondial

Le scandale de dopage d’État russe est représentatif des difficultés que rencontre la gouvernance mondiale du sport et du poids des États dans les décisions de celle-ci. Si le Comité international olympique se déclare apolitique, le sport, lui, ne l’est pas. Le CIO doit alors composer avec les tensions géopolitiques qui régissent la société internationale. Son éternelle stratégie du balancier a été critiquée, quand l’organisation n’a pas exclu les sportifs russes des Jeux Olympiques de Rio.

Selon Pascal Boniface, “le CIO n’a pas voulu imposer à la Russie l’humiliation d’être le troisième pays exclu des JO de façon globale après l’Afrique du Sud de l’apartheid et de l’Afghanistan en 2000”. Une telle décision aurait pu créer une ligne de fracture durable et majeure au sein du CIO. Les intérêts sont aussi commerciaux. L’exclusion d’un pays des Jeux Olympiques nuit à l’image de neutralité et d’universalité que le CIO souhaite véhiculer. Par corrélation, cela porte également préjudice aux retombées économiques des compétitions.

L’exclusion de la Russie des Jeux Olympiques de Pyeongchang en 2018 est aussi le fruit d’une solution négociée. Les athlètes concourraient sous drapeau olympique mais la dénomination de la délégation olympique, “Athlètes olympiques de Russie” prêtait à confusion. Des pays comme l’Afrique du Sud ou le Koweït n’ont pas eu droit à l’inclusion du nom de leur pays dans la dénomination officielle des athlètes neutres. Cela crée donc un double standard dans les décisions du CIO, avec une impossibilité d’écarter la politique du sport. L’annulation de la suspension de 28 athlètes russes par le Tribunal arbitral du sport, comme le retour de la Russie en tête du tableau des médailles de Sotchi est aussi un revers important pour le CIO et l’AMA, démontrant toute la difficulté de lutter contre le dopage dans le sport.

Le CIO soutiendra l’AMA

Alors que les affaires de dopage relèvent habituellement de sanctions individuelles, c’est ici tout un État qui a été pénalisé pour le rôle qu’il a joué dans l’organisation d’un “dopage d’État” dans plus de trente sports. L’AMA sanctionne aujourd’hui sévèrement la non-coopération et les malversations de la Russie. D’autant que le CIO a fait savoir qu’il n’irait pas à l’encontre des décisions de l’AMA. Signataire du Code mondial antidopage, le CIO doit désormais appliquer de manière obligatoire les injonctions de l’organisation.

Fidèle à sa position, il a cependant rappelé que la responsabilité du Comité olympique russe n’est pas mise en cause. Il a insisté sur l’importance de protéger les athlètes russes “propres”. Tous les espoirs de la Russie reposent maintenant sur les épaules du Tribunal arbitral du sport. Le TAS devra statuer sur le bienfondé de l’exclusion de la Russie des compétitions internationales pour les quatre prochaines années. A l’examen des preuves à charge contre Moscou, l’appel semble perdu d’avance. Le drapeau russe ne flottera pas lors des prochains Jeux Olympiques.

Sources

VIZIER Solène, Le sport, arme diplomatique de la puissance russe au XXIe siècle, Mémoire de recherche, Université Paris XIII, 2018.Share

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About Solène VIZIER

Solène Vizier est diplômée d’un Master 2 Etudes Stratégiques. Passionnée de géopolitique, ses domaines de spécialisation concernent les mondes hispanophone et russophone, le désarmement nucléaire et la géopolitique du sport. Elle est rédactrice aux Yeux du Monde depuis avril 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42405-russie-privee-jeux-olympiques-decision-eminemment-geopolitique-2

La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [1/2]

La Russie privée de Jeux Olympiques : une décision éminemment géopolitique ? [1/2]

Solène VIZIER 11 décembre 2019 ActualitéActualités analyséesEuropeInternationalRussie Leave a comment

Mise au ban par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques. C’est le dernier rebondissement d’une affaire incroyable de dopage institutionnel qui dure depuis plus de quatre ans. Mêlant gouvernement russe, agents secrets et falsification d’échantillons et de données informatiques, la tempête s’est abattue sur le sport russe. La suspension par l’AMA est un nouveau coup porté à la Russie, qui utilise le sport à des fins politiques. Au-delà du théâtre sportif, la suspension de la Russie s’inscrit dans un jeu de pouvoir entre Moscou et l’Occident.

Suspendue pour dopage et falsifications de preuves, la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques.
Suspendue pour dopage et falsifications de preuves, la Russie ne participera pas aux prochains Jeux Olympiques.

L’hymne russe ne retentira pas lors des prochains Jeux Olympiques. L’Agence mondiale antidopage (AMA) a décidé ce lundi d’exclure la Russie de toutes les compétitions mondiales pendant quatre ans. La sanction affecte, entre autres événements, les prochains Jeux Olympiques d’été à Tokyo en 2020 et d’hiver à Pékin en 2022, ainsi que la Coupe du monde de football au Qatar en 2022. L’AMA accuse la Russie d’avoir falsifié des données et caché des cas présumés de dopage positif de ses athlètes.

De lourdes sanctions

L’AMA a suivi à l’unanimité les recommandations formulées le mois dernier par son comité de conformité (CRC). La Russie est ainsi bannie de toute compétition multisport (Jeux Olympiques et paralympiques d’été et d’hiver, Jeux olympiques de la jeunesse, Jeux Européens, Universiades) et de tout championnat du monde régi par le code mondial antidopage. Le journal sportif l’Équipe a listé tous les événements concernés, du football à l’haltérophilie.

La Russie ne pourra pas non plus accueillir, candidater ou se voir attribuer l’organisation de ces événements. Les fédérations concernées devront réattribuer le Championnat du monde masculin de volley-ball en 2022 et l’Universiade d’été en 2022. Les Mondiaux de lutte à Krasnoïarsk en 2022 pourraient également être concernés par la mesure. En revanche, la participation de la Russie à des compétitions continentales telles que l’Euro 2020 de football n’est pas remise en cause. De même, elle pourra accueillir des compétitions “étapes” d’un circuit mondial, comme le Grand Prix de F1 de Sotchi. En outre, aucun officiel, représentant du gouvernement russe ou dirigeant des comités olympique et paralympique russe ne sera accepté sur ces théâtres sportifs. Ils auront également l’interdiction de siéger au sein des instances sportives internationales en tant que représentants du Kremlin.

L’AMA a cependant tenu à laisser une porte ouverte aux athlètes “propres”. Ceux-ci, s’ils montrent patte blanche, pourront concourir sous bannière neutre. Ce fut le cas à Pyeongchang où la sélection avait été rebaptisée “athlètes olympiques de Russie”. En athlétisme aussi, les athlètes russes participent aux compétitions depuis 2015 avec un maillot neutre.

Des accusations de dopage d’État organisé

Depuis 2014, une tempête s’est abattue sur le sport russe. La Russie est accusée d’avoir mis en place un programme de dopage généralisé à grande échelle entre 2011 et 2015. Selon un premier rapport publié fin 2015 et conduit par Dick Pound, ex-dirigeant de l’AMA, la Russie aurait donné l’assentiment du gouvernement et aurait dissimulé les cas de dopage avec l’implication des services secrets russes[1]. Le rapport McLaren (du nom du juriste canadien qui l’a mené), publié en 2016, est encore plus accusateur. Il dénonce un “système de dopage d’État, touchant 30 sports”, particulièrement pendant les Jeux de Sotchi (2014)[2].

Le second volet du rapport “étend la fraude à l’ensemble des grandes compétitions […]. La manipulation systématique et centralisée des contrôles antidopage a évolué et a été affinée au fur et à mesure de son utilisation. […] Plus de 1 000 athlètes russes participant à des disciplines d’été, d’hiver ou paralympiques ont été impliqués”. Selon les enquêteurs, il apparaît “hors de tout doute raisonnable” que le ministère russe des sports, le Centre of Sports Preparation of the National Teams of Russia, le FSB et le laboratoire accrédité par l’AMA à Moscou ont opéré pour la protection des athlètes russes dopés grâce à une “méthode de dissimulation des résultats positifs”.

Le sport russe mis au ban des Jeux Olympiques

Le Kremlin aurait mis en place le programme après le naufrage de l’équipe olympique russe aux Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. De bons résultats devaient permettre à la Russie de rayonner sur la scène internationale. Si Vladimir Poutine plaidait pour des sanctions individualisées et non collectives, l’AMA a suspendu l’agence antidopage russe RUSADA. La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), n’a, à ce jour, pas réintégré la Fédération russe d’athlétisme. Si le Comité international olympique (CIO) a laissé libre choix aux Fédérations internationales pour décider de la participation ou non des sportifs russes aux Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016, aucune délégation russe n’a été autorisée aux Jeux paralympiques.

Le 05 décembre 2017, la Commission exécutive du CIO a suspendu le comité olympique russe. La Russie s’est vue interdite de participer aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2018 à Pyeongchang en tant que nation. Les athlètes russes ont cependant pu concourir sous drapeau olympique. 43 athlètes seront suspendus pour dopage, dont 37 médaillés olympiques. La Russie perdra treize des médailles obtenues lors des Jeux de Sotchi – dont quatre en or –, dégringolant à la quatrième place du tableau des médailles derrière la Norvège, le Canada et les États-Unis. Le CIO l’a aussi condamnée à une amende de 15 millions de dollars pour réparer le préjudice subi par l’organisation internationale. En septembre 2018, l’AMA lèvera finalement la suspension de la RUSADA.

La Russie suspendue pour de nouvelles falsifications de preuves

La réintégration de la Russie était cependant conditionnée à la remise de l’intégralité des données brutes des contrôles de l’ancien laboratoire de Moscou. Ce geste de transparence devait permettre aux fédérations internationales de sanctionner les sportifs russes dont le laboratoire avait falsifié les contrôles positifs. Or, ces données, remises en janvier 2019 à l’AMA, ont fait l’objet de très nombreuses manipulations. Les autorités russes auraient effacé des centaines de résultats suspects. Selon le CRC, “de nombreuses suppressions ou modifications supplémentaires ont été faites en décembre 2018 et janvier 2019, après que le comité exécutif de l’AMA a imposé la remise de ces données”. Le CRC accuse également la Russie d’avoir introduit de faux éléments de preuve dans la base de données. Ceux-ci voulaient faire croire à une conspiration orchestrée par le docteur Rodchenkov, devenu la bête noire de Moscou.

L’AMA ciblait pour leurs données biologiques suspectes 298 sportifs russes. Selon l’agence antidopage, la manipulation des données empêchera la suspension d’au moins 145 athlètes. Ces dernières malversations ont motivé la décision de l’AMA de suspendre la Russie. La RUSADA a désormais 21 jours pour faire appel de la décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). La juridiction suprême du sport devrait, malgré la complexité du dossier, rendre son arbitrage avant les Jeux de Tokyo. Nul doute que la Russie, qui continue de nier fermement bon nombre des allégations à son encontre, fera appel.



About Solène VIZIER

Solène Vizier est diplômée d’un Master 2 Etudes Stratégiques. Passionnée de géopolitique, ses domaines de spécialisation concernent les mondes hispanophone et russophone, le désarmement nucléaire et la géopolitique du sport. Elle est rédactrice aux Yeux du Monde depuis avril 2019.



Sources

[1] AMA, The Independent Commission Report, Commission d’enquête indépendante, 09 novembre 2015.

[2] AMA, McLaren Independent Investigation Report, 2016

VIZIER Solène, Le sport, arme diplomatique de la puissance russe au XXIe siècle, Mémoire de recherche, Université Paris XIII, 2018.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42397-russie-privee-jeux-olympiques-decision-eminemment-geopolitique-1

Confirmations

Confirmations

12 Décembre 2019

Ces derniers jours ont apporté leur lot de nouvelles intéressantes, dont plusieurs confirment ce que nous disons ici, parfois depuis longtemps et pas toujours en accord avec la doxa alternative qui, dans sa lutte contre le système impérial, a tendance à idéaliser tous ceux qui s’y opposent. Ce blog, lui, s’est toujours efforcé de faire la part des choses et de rapporter les faits tels qu’ils sont pour une meilleure compréhension des événements. Si l’empire américain et ses filiales s’y font régulièrement esquinter, ce n’est jamais aux dépens de la vérité. Petit florilège de nouvelles qui apportent de l’eau au moulin des Chroniques

Ce que nous écrivions le 12 novembre a pu causer une certaine gêne :

A peine notre dernier billet sur le recul impérial en Amérique latine était-il publié que la Bolivie était le théâtre d’un coup d’Etat qui fleure bon la CIA. Les ressemblances avec le Maïdan ukrainien sont d’ailleurs assez frappantes : un président quelque peu naïf, une opposition violente, liée à Washington, des pontes de la police et de l’armée qui trahissent leur gouvernement et retournent leur veste, une chasse aux sorcières qui débute…

Un coup d’Etat, donc ? Oui mais… Ce blog se doit avant tout d’être objectif et il faut reconnaître que l’ami Evo n’est pas non plus blanc comme neige. Personne n’a bien compris pourquoi le comptage des voix a soudain été arrêté pour finalement désigner Morales gagnant alors qu’il n’était qu’en ballotage favorable. Certaines vidéos montrent que ses partisans n’avaient rien à envier non plus à l’opposition sur le plan de la violence. Plus généralement, on peut difficilement contester que la Bolivie, y compris parmi sa propre base électorale, était lasse d’un président qui s’accrochait de plus en plus au pouvoir.

C’est lui-même qui, en 2009, avait inscrit dans la Constitution la limitation à deux mandats présidentiels. Pourtant, il se présentait là pour la quatrième fois ! Il avait déjà fait un tour de passe-passe en obtenant de la justice que son premier mandat (2006-2010) ne soit pas pris en compte. Puis, en 2016, il a perdu le référendum l’autorisant à se représenter mais une nouvelle et commode décision de justice a purement et simplement annulé le résultat du vote ! Dans un remake digne de l’euronouillerie, le tribunal a considéré que briguer une fonction est un droit de l’homme supérieur à la Constitution ou au résultat d’un référendum. Bref, vous l’aurez compris, Evo a quand même donné le bâton pour se faire battre…

Géopolitiquement, qu’est-ce que ça nous donne ? Pas grand chose à vrai dire. La Bolivie de Morales était une voix anti-impérialiste assumée mais, petit pays, elle n’a jamais beaucoup pesé sur la scène internationale. Comme nous le disions il y a trois jours, la perte de l’Argentine et la tangente prise par le Brésil, les deux poids-lourds du continent, sont autrement plus dramatiques pour Washington que le gain éventuel, somme toute modeste, de la Bolivie. Chose très intéressante, le Brésil a ouvert son espace aérien à l’avion d’Evo qui rejoignait l’exil mexicain. De quoi s’interroger, du côté de DC la Folle, sur les véritables intentions de Bolsonaro qui a d’ailleurs eu des paroles inhabituellement modérées  concernant les événements boliviens.

Quoi ? Rendre l’immaculé Evo Morales partiellement responsable de la situation ? Ne pas se lâcher en imprécations contre Bolsonaro mais, au contraire, lui reconnaître une évolution intéressante ? Vous n’y penser pas, voyons, cachez ce billet que je ne saurais voir. Et de fait, certains sites qui ont l’habitude de republier nos articles se sont curieusement abstenus cette fois-ci. Et pourtant…PUBLICITÉ

Une très intéressante interview a été accordée par Andrónico Rodriguez, leader cocalero et héritier présomptif d’Evo.

S’il ne se gêne pas pour appeler un chat, un chat (et un putsch, un putsch), il n’est pas tendre non plus envers le Movimiento Al Socialismo, son propre parti. Selon lui, une autocritique est absolument nécessaire car le MAS a perdu les masses (jeu de mot non voulu) : népotisme, copinage, conformisme, éloignement de la base… Et encore ne mentionne-t-il pas, ou seulement en filigrane, le non respect du référendum de 2016 et le viol flagrant de la Constitution par Evo.

Si la semi-junte qui a pris temporairement le pouvoir ne fait certes rien pour se faire aimer, les élections sont toujours programmées et personne n’a parlé d’une interdiction du MAS. Avec un candidat responsable tel l’ami Andrónico (quel nom !), le parti du président déchu peut parfaitement gagner le suffrage et refermer la page de ce vrai-faux coup d’Etat.

Toujours est-il que Morales a quitté le Mexique pour s’installer en Argentine afin de mieux coordonner la stratégie de son mouvement et peut-être même plus si l’on considère que les deux pays ont une frontière commune…

L’arrivée d’Evo dans la pampa a été permise par l’élection d’Alberto Fernández le mois dernier :

(…) le grand voisin argentin pourrait à nouveau être de la partie. Nous l’expliquions en août :

En Argentine, le président Mauricio Macri, gentil toutou des USA, vient de se prendre une volée aux élections primaires, répétition générale de l’élection présidentielle du mois d’octobre. Pour Washington, c’est une bien mauvaise nouvelle, d’autant que le grand vainqueur est le parti de l’ancienne présidente Cristina Kirchner, elle aussi bien connue des lecteurs. Nous en parlions entre autres dans un billet consacré à l’établissement d’une base radar chinoise dans la pampa :

L’accord sino-argentin avait été signé en 2015, du temps de Cristina Kirchner, égérie de la multipolarité. Ironie du sort, l’objet de l’accord se réalise sous son successeur et adversaire, pion de l’empire comme nous l’expliquions il y a deux ans :

Macri, dans la plus pure tradition des leaders latino-américains dévoyés, est l’homme de paille des Etats-Unis en Argentine, permettant l’installation de deux bases US dans son pays, plaçant sa fortune chez son maître, s’attirant les louanges de son suzerain.

… et acceptant avec gloutonnerie tout accord avec le FMI visant à esclavagiser un peu plus son pays. Sans surprise, la Cristina, maintenant sénatrice, s’y oppose résolument et préfère les prêts de la banque des BRICS ou de la Chine. D’où la base radar, facilité donnée au dragon contre des espèces sonnantes et trébuchantes à un moment où l’Argentine était étranglée financièrement. Le combat continue entre la pasionaria et le vassal. Macri est largement devancé par C.K dans les projections du premier tour (39%-30%). Quel que soit le résultat, la base chinoise est là pour rester, l’accord ayant été signé pour 50 ans.

C’était l’année dernière et les sondages étaient en deçà de la réalité. Si Cristina ne s’est pas présentée elle-même, son parti a gagné par 47% contre 32%. Un retour du clan Kirchner à la Casa Rosada apporterait à coup sûr un regain d’activité au processus de multipolarité en Amérique du Sud, un temps mis à mal par la destitution de Dilma au Brésil et l’élection de Macri. On se rappelle que l’Argentine de Cristina, bien que ne faisant pas officiellement partie des BRICS, y faisait souvent figure de membre associé, ce qui sera sans doute à nouveau le cas dans deux petits mois…

Bingo. Le 27 octobre, Alberto Fernández, protégé de Cristina, a gagné dès le premier tour, renvoyant Macri à ses chères études. Si sa prise de fonction se fera en décembre, les stratèges américains commencent déjà à se ronger les ongles. Dans un geste ô combien symbolique, Fernández a accordé sa première interview internationale à Correa, l’ancien président équatorien et bête noire de l’imperium US, sur la chaîne russe RT.

Intronisé le 10 décembre à la plus grande joie de ses supporters, le nouveau président a eu pour premier geste d’accorder l’asile politique à Evo. Un geste fort à destination de Washington…

Quant à Bolsonaro, il prend chaque semaine ou presque la tangente vis-à-vis d’une administration Trump auparavant idolâtrée et qui n’a cessé de le décevoir. Les récentes promesses de la Maison Blanche d’imposer des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium ne sont que le dernier chapitre d’une longue liste de couleuvres à avaler pour le Brésil, dont le président lorgne de plus en plus vers Pékin. D’une sinophobie toute donaldienne à ses débuts, il en vient aujourd’hui à déclarer que les deux pays « sont nés pour marcher côte à côte ».

Ce lent retournement de Bolsonaro va sans doute en indisposer certains qui, empreints d’un manichéisme surrané, préfèreraient rejeter définitivement le trublion dans le camp impérial, mais il était en réalité dans les tuyaux depuis un certain temps. Ca ne veut pas dire que le sieur Jair ait définitivement embrassé la cause de la multipolarité ni qu’il ne retombera pas, à l’occasion, dans ses travers américanolâtres, mais cela montre simplement que le monde est un peu plus compliqué qu’un film hollywoodien en noir et blanc…

A 10 000 kilomètres de là, l’Ukraine est revenue sous les feux de l’actualité. La première rencontre entre Poutine et Zelinsky, à Paris pour les discussions dites du « format Normandie », a envoyé des ondes de choc dans le Deep State. Aucune avancée spectaculaire bien sûr, c’est impossible en l’état actuel des choses, mais l’important est ailleurs. Le gel du conflit du Donbass inquiète les officines de l’empire qui commencent à évoquer l’idée d’abandonner purement et simplement l’Est de l’Ukraine afin que le reste du pays prenne résolument le chemin de l’euro-atlantisme.

Tiens tiens, mais n’est-ce pas exactement ce que nous expliquons depuis des années, parfois dans l’incompréhension générale ?

11 mai 2014 : Poutine ne reconnaît pas le référendum séparatiste du Donbass

C’est l’une des clés permettant de comprendre la stratégie de Poutine en Ukraine et pourtant, elle n’est jamais relevée. Et pour cause ! Ce serait revenir sur plus d’un an de désinformation systématique de nos faiseurs d’opinion qui se rengorgent sur le « danger russe » et « l’invasion russe de l’Ukraine » (alors qu’un môme de 5 ans pourrait comprendre que si la Russie voulait vraiment conquérir l’est ukrainien, ça aurait été torché en cinq jours, certainement pas un an et demi !). Comment expliquer que Poutine n’a pas reconnu le désir d’auto-détermination des séparatistes pro-russes du Donbass si l’on affirme dans le même temps qu’il cherche à annexer le Donbass ? Aïe, voilà un os pour nos propagandistes en herbe… Alors on évacue purement et simplement l’une des deux contradictions. Ce faisant, on condamne le public à ne rien comprendre à ce qui se passe là-bas.

Petit retour en arrière.

Après le putsch, le nouveau régime au pouvoir à Kiev est pro-occidental et, suivant le désir de ses parrains américains, veut prendre le chemin de l’OTAN (plus que de l’UE d’ailleurs, ce qui montre l’imbécilité des dirigeants européens, bonnes poires dans toute cette affaire). A Moscou, on tremble. Perdre la base navale de Sébastopol, verrou stratégique de la Mer noire et ouverture sur la Méditerranée, pire, voir cette base devenir américaine ! Et voir l’OTAN s’installer aux portes de la Russie, alors que promesse avait été faite en 1991 à Gorbatchev que l’alliance militaire n’avancerait pas vers l’Est. Impossible… La réaction de Poutine sera fulgurante (notons qu’il est en réaction dans toute cette affaire, pas en expansion) et se fera sur deux axes :

  • récupérer la Crimée et la rattacher à la Russie.
  • créer un conflit gelé en Ukraine même, paralysant Kiev et l’empêchant d’entrer dans l’OTAN.

Le premier volet est connu, inutile d’y revenir en détail. Un Khroutchev passablement bourré avait donné la Crimée à l’Ukraine d’un trait de plume, un soir de beuverie de 1954. Depuis la dislocation de l’URSS en 1991, la Russie louait (cher) la base de Sébastopol, accord qui était toujours susceptible d’être remis en question quand un gouvernement pro-US arrivait au pouvoir à Kiev. Suivant l’exemple occidental au Kosovo, Moscou a pris le prétexte (d’ailleurs réel) du droit à l’auto-détermination des peuples pour organiser le référendum de rattachement à la Russie. Apparemment, les Criméens ne s’en plaignent pas trop.

Mais c’est surtout le deuxième volet qui est intéressant. Poutine n’a aucune intention d’annexer l’est ukrainien, bien au contraire ! Son but était de créer un conflit gelé à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Selon la charte de l’OTAN, un pays ayant un conflit ouvert ou gelé sur son territoire ne peut faire acte de candidature. Et ça, on le sait parfaitement à Moscou. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le cas de figure se présente. Trois pays de l’ex-URSS ont, sous la direction de gouvernements formés aux Etats-Unis, fait mine de vouloir entrer dans l’organisation atlantique : Géorgie, Moldavie et Ukraine. Moscou a alors activé/soutenu les minorités russes en lutte contre le gouvernement central, les conflits gelés dans ces trois pays (Ossétie et Abkhazie en Géorgie, Transnistrie en Moldavie et maintenant Donbass en Ukraine) les empêchant d’entrer dans l’OTAN. Ce que fait Poutine dans l’Est ukrainien n’est donc que la réplique de ce que la Russie a déjà fait ailleurs, il n’y a aucune surprise. Pour lui, il est donc hors de question d’accepter que le Donbass se rattache à la Russie, contrairement aux sornettes racontées ici et là : il le veut à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Statut d’autonomie, armement, soutien diplomatique, aide humanitaire… tout ce que vous voulez, mais à l’intérieur des frontières ukrainiennes !

Cela explique pourquoi Poutine était bien embêté lorsque les séparatistes pro-russes ont organisé leur référendum. Il a d’abord tenté de les en dissuader, puis il a refusé d’en reconnaître les résultats. Cela explique aussi que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, Poutine est mal vu par les pro-russes du Donbass ainsi que par les courants nationalistes russes qui rêvent tous d’une Novorossia indépendante ou de son rattachement à la Russie.

Vladimir Vladimirovitch fait un numéro d’équilibriste, soutenant suffisamment les séparatistes pour qu’ils ne se fassent pas annihiler tout en douchant assez cyniquement d’ailleurs leurs espoirs d’un rattachement à la Russie, éliminant les leaders séparatistes indépendantistes (Strelkov, Mozgovoi, Bezner) pour les remplacer par des chefs plus enclins à se contenter d’une large autonomie (Zakarchenko, Givi, Motorola), le tout alors que Kiev (et les Etats-Unis derrière) font tout pour faire déraper la situation et que certains bataillons néo-nazis (Azov, Aidar, Tornado etc.) bombardent sciemment les civils russophones. Pour l’instant, Poutine s’en sort avec une maestria peu commune, mais seul l’avenir nous dira si l’équilibriste est finalement arrivé de l’autre côté.

N’en déplaise à ceux qui voudraient voir en Vladimirovitch un chevalier blanc angélique défendant les russophones, sa stratégie vise avant tout à préserver la Russie en stoppant net l’expansion de l’OTAN vers le Heartland. Stratégie géniale mais aussi, il faut le reconnaître, cynique. Ces Chroniques l’ont tout de suite vu, les think tanks impériaux commencent tout juste à s’en apercevoir, confirmant en creux ce que le fidèle lecteur sait depuis le début…Tag(s) : #Amérique latine#Ukraine#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/12/confirmations.html

JO : quand certains Russes refusent de devoir brandir le drapeau blanc par Karine Bechet Golovko

JO : quand certains Russes refusent de devoir brandir le drapeau blanc par Karine Bechet Golovko

mercredi 11 décembre 2019, par Comité Valmy

La nouvelle suspension annoncée de la Russie aux JO et aux évènements sportifs « majeurs », cette fois-ci, commence à mal passer dans les milieux politiques et sportifs, où le refus de participer sans hymne et sans drapeau, c’est-à-dire sans pays, fait son chemin. La fédération russe de boxe a déjà déclaré refuser de participer aux JO dans ces conditions et des députés émettent la possibilité d’organiser un évènement parallèle. La Russie va-t-elle se souvenir des Spartakiad des peuples soviétiques ?

4 ans de suspension pour la Russie et une sélection plus que douteuse de ses athlètes pour une participation neutre aux JO provoquent, cette fois-ci, plus de réactions négatives que la dernière fois. Il semblerait que les yeux s’ouvrent, il ne s’agit pas de résoudre des problèmes liés au dopage pour ensuite tranquillement pouvoir être réintégré dans la communauté internationale du sport. Et des contrats qui vont avec. Non. L’expérience vient de le montrer, peu importe les réformes réalisées, validées par les instances sportives olympiques, de toute manière la Russie doit être rayée du monde sportif. Comme pays. Parce que c’est la Russie. Ces décisions n’ont rien à voir ni avec la lutte contre le dopage, ni avec le sport. (voir notre texte ici)

La fédération russe de boxe vient de refuser d’aller participer aux JO de 2020 sans le drapeau russe, comme l’a déclaré son secrétaire général Oumar Kremlev :

« Les sportifs vont défendre devant la justice leur droit à participer sous drapeau russe. Il faut regarder ce que vont faire maintenant le comité olympique russe et RUSADA, mais nous aussi nous analysons la possibilité de contester cette décision. (…) Pour nous, le plus important est que nos boxeurs puissent participer sous drapeau russe et que résonne notre hymne national. Sans cela, il n’y a aucun sens à participer.« 

Le sentiment que ces sanctions sont sur le point de devenir permanentes, car le conflit géopolitique qui en est à la source n’est pas près de se résoudre demain, fait son chemin, ce qui oblige à voir la situation sous un autre angle. C’est notamment la position que développe le député russe Pietr Tolstoï : »Encore quelques mots au sujet de cette révoltante interdiction faite à nos sportifs de participer aux championnats du monde et aux JO. Et au sujet des mesures à prendre au cas où l’appel serait rejeté.

Il est clair que la décision est politique. C’est une interdiction à l’égard de la Russie et non pas de certains sportifs. Renie et va-y. En effet, « on s’est entraîné toute notre vie, et c’est une chance d’obtenir une médaille et une prime, et sous quel drapeau et avec quel hymne, ça n’a aucune importance ».

C’est important. Parce que nos sportifs ne se représentent pas eux-mêmes, individuellement, mais notre pays. Et nous les soutenons, tant qu’il y a ce « nous » commun. Les victoires des athlètes neutres, comme l’AMA propose d’appeler nos athlètes, ce ne sont déjà plus nos victoires. C’est pourquoi il vaudrait mieux ne pas participer à ces compétitions, et organiser les nôtres. Ce serait une réponse normale et sensible pour les personnes malveillantes.

Un Russe ne peut pas brandir un drapeau blanc, jamais. Ni dans le sport, ni dans la vie. C’est mon opinion »

Il est vrai qu’il est plus facile d’être « patriote » quand tout va bien. Aujourd’hui, il n’y a pas de place pour la neutralité. Chacun est libre de faire ses choix – et de les assumer.

PS : Comme l’URSS avait refusé de reconnaître les dettes de la Russie tsariste, la communauté internationale avait mis en place un système d’isolement international, auquel le CIO avait pris part. Déjà à l’époque, les instances olympiques étaient un élément de l’idéologie libérale, bref étaient impliquées dans le combat idéologique, tout comme aujourd’hui. En réponse au boycott des instances olympiques, l’URSS avait organisé dans les années 20 les Spartakiad, auxquelles participaient les sportifs des républiques de l’Union soviétique. Les premières Spartakiad furent organisées en été 1928, elles comprenaient 21 catégories sportives et 7000 sportifs. Pour comparaison, à la même époque des Jeux d’été, il y avait à Paris 17 catégories sportives et 3000 sportifs. Après la participation de l’URSS à partir de 1952 aux JO, les autorités soviétiques eurent l’intelligence de maintenir les Spartakiad, elles aussi en deux sessions, d’été et d’hiver. Elles prirent fin en 1991 avec l’arrivée triomphante de la démocratie atlantiste, qui a ainsi mis, en ce domaine, les autorités russes sous dépendance internationale – comme nous le voyons aujourd’hui. Le sport aurait pu être une excellente diplomatie entre les ex-républiques soviétiques, mais les temps n’étaient pas à cela. Gazprom fut plutôt choisi pour être le héraut du Monde russe, plus en phase avec les nouvelles valeurs occidentales, mais avec des résultats discutables lorsque l’on regarde la propagation des révolutions de couleur.

En image et en musique :

Karine Bechet-Golovko
11 décembre 2019
Russie politics

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11581

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie…

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie 12 déc. 2019, 09:22 © Alexander Nemenov Source: AFP Le Kremlin, Moscou. (image d’illustration)

La diplomatie russe a annoncé que Moscou allait expulser deux diplomates de l’ambassade d’Allemagne. Une réponse symétrique après que Berlin a expulsé deux diplomates russes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien dans la capitale. Moscou a annoncé ce 12 décembre l’expulsion de deux diplomates allemands, en représailles à la décision de l’Allemagne début décembre de renvoyer deux russes après le meurtre commandité, selon Berlin, d’un Géorgien d’origine tchétchène dans la capitale allemande.

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ce même jour l’ambassadeur allemand Géza Andreas von Geyr pour lui signifier que «deux collaborateurs de l’ambassade d’Allemagne avaient été déclarés persona non grata et avaient sept jours pour quitter» la Russie.

La diplomatie russe a également fait savoir espérer que ces expulsions – «symétriques» et constituant une réponse «inévitable» de la Russie – ne détérioreront pas les liens diplomatiques bilatéraux entre les deux pays.

La partie allemande a dit regretter la réaction de la Russie, évoquant par la voix de son ministère des Affaires étrangères une expulsion «injustifiée» et un «mauvais signal».

Dans un communiqué, Berlin annonce se réserver «le droit de prendre d’autres mesures dans cette affaire à la lumière des enquêtes» en cours.

Lire aussi Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse Le 4 décembre, Berlin avait sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Le même jour, le parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, avait déjà décidé de se saisir de cette enquête, évoquant un «contexte politique». «Vous avez expulsé nos diplomates, nous expulsons les vôtres. C’est tout», a déclaré le président russe Vladimir Poutine répondant à des questions de journalistes sur ce sujet après un sommet au «format Normandie» qui s’est tenu à Paris le 9 décembre.

C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou Interrogé au sujet de l’affaire par un journaliste allemand, le chef de l’Etat russe s’est également exprimé sur l’identité et les antécédents de la victime, un Géorgien d’origine tchétchène, nommé Tornike K. et identifié comme étant Zelimkhan Khangochvili.

Vladimir Poutine a affirmé que ce dernier avait «participé à des activités séparatistes» et était recherché par les services russes. «C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou», a déclaré Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas précisé de quel attentat il s’agissait mais Moscou a connu une série d’explosions meurtrières à partir de 1996. Les attentats dans le métro de la capitale russe ont fait, au total, 106 morts et 520 blessés dans la période entre 1996 et 2010. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, avait évoqué un acte «injustifié» concernant la mesure allemande et promis des représailles. «Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée de questions relatives à une enquête est inadmissible.

Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles tirées d’une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».

Tornike K. avait participé à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant d’entrer dans une unité anti-terroriste du ministère géorgien de l’Intérieur, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche. Il était considéré par Moscou comme terroriste.

Déjà visé par plusieurs tentatives d’assassinat, il avait émigré quelques années avant sa mort en Allemagne. Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre aurait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Le meurtrier présumé est un Russe, depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence.

 Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurent pas dans les bases de données russes. Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

Lire aussi : Selon Poutine, le Géorgien tué en Allemagne était «un combattant, très cruel et sanguinaire» International

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