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Le bouclier anti-missile de l’OTAN, déployé en Inde, risque d’alimenter la course aux armements en Asie du sud

Le bouclier anti-missile de l’OTAN, déployé en Inde, risque d’alimenter la course aux armements en Asie du sud


L’Inde prévoit d’acquérir pour 1 milliard de dollars de technologie anti-missile américaine, déjà déployée dans plusieurs pays membres de l’OTAN.


Par Andrew Korybko – Le 4 août 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoSputnik signale que le ministère de la Défense indien a approuvé un accord d’achat de systèmes de missiles sol-air (NASAMS-II [National Advanced Surface to Air Missile System-II, NdT]), dans le but de protéger New Delhi, la capitale, de possibles attaques en provenance du Pakistan ou de Chine. C’est la dernière annonce en date d’une série de pays établissant des infrastructures de défense anti-missiles, partout dans le monde. Il reste cependant à comprendre comment l’Inde envisage d’intégrer cet important investissement militaire auprès des USA avec ses forces armées, principalement équipées par la Russie, surtout si l’on considère son souhait, officiel, d’acquérir le système anti-missiles S-400 vendu par Moscou, qui en théorie pourrait se poser en redondance de cette acquisition. Mais si l’on s’abstrait de ces considérations techniques et que l’on considère les enjeux stratégiques, il est irréfutable que l’Inde fait tout son possible pour contrarier les anciens équilibres stratégiques établis avec le Pakistan, son voisin et rival, en diminuant le potentiel de réponse nucléaire d’Islamabad, visant ainsi à s’assurer l’avantage dans une éventuelle guerre entre les deux pays voisins.

Il s’agit donc d’un développement déstabilisant, qui ne peut se voir suivi que de montées dans la course aux armements dans cette région. Le Pakistan peut, bien sûr, répondre de manière symétrique et faisant ses propres acquisitions de systèmes anti-missiles, mais le seul équivalent comparable aux systèmes américains est le S-400 russe, que la Russie pourrait voir un inconvénient à vendre à Islamabad, alors que New Delhi honore ses engagements d’achat du même système. Et même si l’Inde reculait face à ce programme d’acquisition – les pressions CAATSA [Les lois de sanctions américaines, souvent extra-territoriales – [« Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act », NdT] par les USA sont immenses dans ce sens – New Delhi pourrait à mots couverts menacer de cesser d’autres acquisitions militaires auprès de la Russie au cas où celle-ci arme son rival, ce qui pourrait faire réfléchir Moscou à deux fois. Les options les plus réalistes pour le Pakistan sont donc un investissement dans des satellites de détection, ou une amélioration du volet sous-marin de son programme de dissuasion nucléaire, ou encore des recherches sur les technologies de missiles hypersoniques.

Agni-V, un missile balistique intercontinental, développé par l’Organisation indienne de recherche et développement de la défense

La Chine vient de lancer un nouveau satellite pour le Pakistan, le mois dernier, et il se murmure qu’elle construit actuellement huit sous-marins pour son partenaire clé de la route de la soie, ce qui fait deux réponses en cours d’élaboration, et l’on peut supposer que des travaux sont en cours sur la troisième, mais que ceux-ci mettront plus de temps à produire des résultats tangibles. Tant que l’équilibre nucléaire peut être maintenu entre le Pakistan et l’Inde, la paix militaire au sens conventionnel reste assurée entre les deux grandes puissances ; mais toute perturbation de cet équilibre de la terreur est dangereuse à l’échelle mondiale, en raison de l’encouragement que cela apporte à chacun des deux pays de frapper l’autre en premier. Pour la stabilité du monde, il faut espérer que la parité restera assurée entre ces deux parties, et la Russie ferait bien de considérer toutes les cartes à sa main, pour continuer d’assurer que cet équilibre reste en place.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 3 aout 2018

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-bouclier-anti-missile-de-lotan-deploye-en-inde-risque-dalimenter-la-course-aux-armements-en-asie-du-sud

 

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Caché à la vue de tous à Belgrade

Caché à la vue de tous à Belgrade


Par Vladimir Goldstein – Le 3 août 2018 – Source Off Guardian

Les deux églises – Photo Vladimir Goldstein

Juste en face de mon immeuble, caché derrière de hauts bâtiments de bureaux, se trouve la grande église Saint Marc. Et cachée à l’ombre de Saint Marc, il y a une petite église orthodoxe russe. L’église de la Sainte Trinité, connue simplement comme l’église russe, est célèbre pour contenir les restes du baron Piotr Nicolaïevitch Wrangel, le chef des Blancs dans la guerre civile russe. Elle est difficile à trouver, mais heureusement, un ami m’y a emmené.

Comme nous regardions autour de l’église, pas particulièrement intéressés par Wrangel, un couple de Russes m’a demandé de le photographier devant sa tombe. Alors que j’essayais de trouver un bon angle pour la photo, j’ai remarqué une petite plaque sur un mur à proximité. Elle portait la liste des noms des Russes morts en combattant pour les Serbes yougoslaves pendant le conflit avec les Albanais séparatistes du Kosovo puis le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, en 1999.

En quittant l’église, nous avons pris un petit chemin vers le haut du parc. Là, nous avons observé un autre signe brutal de cette guerre : un bâtiment détruit près de la tour de la télévision. Il portait également une plaque. Elle criait : « Zachto » (Pourquoi ?). En dessous, se trouvaient les noms de tous les gens de la télévision tués lors de cette attaque. En tout, jusqu’à 2500 civils auraient été tués par l’OTAN, selon le gouvernement yougoslave de l’époque, même si on ne connaîtra peut-être jamais leur nombre.

D’une part, la question Zachto est à la fois oiseuse et provocatrice. Elle ravive les blessures et signifie un refus d’oublier et de repartir de zéro. D’autre part, il est à l’évidence nécessaire de trouver une réponse à cette question, simplement pour prévenir les destructions futures et les meurtres absurdes.

Nous ne trouverons pas de réponses à cette question dans les récits officiels qui nous racontent que la noble administration Clinton a décidé de mettre fin aux violations flagrantes des droits de l’homme dans la situation extrêmement complexe qui régnait dans la province yougoslave du Kosovo en bombardant les Serbes pour qu’ils respectent les minorités sur leurs propres territoires et sur les territoires voisins. (En fait, le grand exode des Albanais vers l’Albanie proprement dite n’a commencé qu’après que les bombes de l’OTAN ont commencé à tomber.)

Tester les limites

Une image beaucoup plus triste émerge derrière ces histoires officielles. Pourquoi ces gens sont-ils morts ? Pourquoi cette opération de l’OTAN s’est-elle déroulée sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et sans preuve de légitime défense, comme l’exige la Charte de l’ONU ? Était-ce pour satisfaire la soif de pouvoir des dirigeants des États-Unis et de l’OTAN, des interventionnistes libéraux comme Madeleine Albright, Bill Clinton et Susan Rice? Pour apaiser la culpabilité de l’administration pour son échec à répondre au génocide au Rwanda de 1994 ? Était-ce pour installer la plus grande base militaire américaine en Europe depuis la guerre du Vietnam, le Camp Bondsteel, au Kosovo ? Pour que les Américains aient accès aux vastes richesses minières du Kosovo et à d’autres occasions de faire des affaires, y compris pour Mme Albright? Ou était-ce pour tuer une expérience yougoslave, finalement assez réussie, de « troisième voie » entre l’Ouest et l’Union soviétique ?

Il semble que ces gens aient dû mourir pour toutes ces raisons et pour la mise en pratique des doctrines de la « responsabilité de protéger » (R2P) et de la suprématie totale, ou full spectrum dominance, doctrines concoctées par les interventionnistes libéraux et les néocons à Washington. Ceux qui sont morts étaient essentiellement les cobayes d’une expérience du Nouvel Ordre Mondial, dans le but de voir jusqu’où le monde pourrait être poussé à pratiquer la R2P, une politique qui pourrait être utilisée pour masquer des ambitions impériales.

Et ça a marché. La Yougoslavie a été incapable de résister à la puissance de l’OTAN opérant hors du mandat de sa charte obsolète : défendre l’Europe occidentale contre une supposée menace soviétique. En effet, on pourrait soutenir qu’avec la fin de la guerre froide, un autre motif pour attaquer la Yougoslavie était de fournir à l’OTAN une justification de son existence. (Elle irait plus tard encore plus loin en dehors de son théâtre légal d’intervention, en Afghanistan puis en Libye.)

La Russie n’a pas pu faire grand-chose pour aider les Serbes. Ensuite l’ambassade de Chine a également été touchée, un test semble-t-il, bien que le The New York Times ait écrit que c’était une erreur. Les Chinois n’ont rien fait.

C’est ainsi que la R2P a été mise en œuvre — sans protection pour les Serbes yougoslaves. Ils ont dû mourir dans l’expérience visant à explorer les limites de la puissance des États-Unis et les limites de leur résistance.

Vladimir Golstein, ancien professeur associé à l’université de Yale, il dirige le  Department of Slavic Studies at Brown University et est un commentateur sur les affaires russes.

L’article original a été publié par Consortium News

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/cache-a-la-vue-de-tous-a-belgrade

 

 

 

Embargo en Corée du Nord: Washington sanctionne deux sociétés russe et chinoise

Embargo en Corée du Nord: Washington sanctionne deux sociétés russe et chinoise

Washington – Le Trésor américain a annoncé des sanctions financières mercredi contre deux entreprises russe et chinoise accusées d’avoir continué à entretenir des relations commerciales avec la Corée du Nord, malgré l’embargo contre Pyongyang.

Il est reproché au groupe chinois Dalian Sun Moon Star International Logistics Trading Co et à sa filiale de Singapour SINSMS, d’avoir exporté de l’alcool et des cargaisons de cigarettes vers la Corée du Nord en falsifiant les documents de livraison.

Ce commerce « illégal » de cigarettes en Corée du Nord pèse plus d’un milliard de dollars par an, précise l’administration américaine dans un communiqué.

Une société russe, Profinet, et son directeur général Vasili Kolchanov, sont également sanctionnés pour avoir fourni des services portuaires à des bâtiments nord-coréens.

Ces vaisseaux, parmi lesquels deux pétroliers qui font déjà eux-mêmes l’objet de sanctions, ont profité de ces prestations dans les ports russes de Nakhodka, Vostochny, Vladisvostok et Slavyanka.

Ces sanctions gèlent les éventuels avoirs de ces sociétés et individus aux Etats-Unis et leur interdit tout commerce avec une entité ou un ressortissant américains.

L’inscription de ces entités sur la liste noire du Trésor « renforce l’engagement des Etats-Unis à éviter tout flux financier vers les activités et le programme d’armements de destruction massive, en accord avec les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU », dit le communiqué.

« Le Trésor va continuer à appliquer les sanctions existantes contre la Corée du Nord et fera ce qu’il faut pour bloquer et mettre à l’index les entreprises, les ports et les vaisseaux qui facilitent des livraisons illicites et fournissent des revenus à la Corée du Nord », poursuit l’administration.

Elle dénonce aussi « les tactiques des entreprises basées en Chine, à Singapour et en Russie pour détourner les sanctions » et ajoute que celles-ci « demeureront en place jusqu’à ce nous parvenions à une vérification complète de la dénucléarisation de la Corée du Nord ».

Après une escalade des tensions sans précédent en 2017, ponctuée par des tirs de missiles et un essai nucléaire majeur de la part du régime reclus de Pyongyang, ainsi que par des sanctions internationales de plus en plus strictes en retour, l’année 2018 a été marquée par un dégel spectaculaire avec Washington.

Il a abouti au sommet historique le 12 juin à Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Mais depuis ce sommet, Washington a déploré que certains pays, Chine et Russie en tête, aient commencé à relâcher la pression sur Pyongyang.

(©AFP / 15 août 2018 16h08)

https://www.romandie.com/news/Embargo-en-Cor-e-du-Nord-Washington-sanctionne-deux-soci-t-s-russe-et-chinoise/945650.rom

Ce que nous dit la crise turque

Ce que nous dit la crise turque

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Ce que nous dit la crise turque

La Turquie, non européenne, vraiment ?

La Turquie ne fait pas partie de l’Union européenne, pas les mêmes ‘racines’ chrétiennes, Théodose le Grand  a proclamé le christianisme religion d’Etat à Constantinople le 28 févier 380, il restera majoritaire dans tout l’Orient arabe longtemps après l’arrivée de l’Islam. Pas assez démocratique, elle aurait encore à apprendre des techniques électorales de Viktor Orban pour être éligible. Bref, la Turquie n’est pas du tout comme il faut.

La chute spectaculaire de la lire turque la semaine dernière dans un contexte de déficit budgétaire, de déséquilibre de la balance des paiements et de tension politique a permis de réaliser que la Turquie est bien intégrée dans l’Union européenne mais d’une manière bien plus efficace que selon une admission officielle parmi les 27. Car elle se remettra quelle que soit l’issue de cette crise bien plus vite et mieux que la Grèce qui y est assujettie. Toutes les places boursières ont été secouées pendant que dégringolait la monnaie turque. Plusieurs banques européennes sont exposées aux risques liés à la Turquie, la BNP, le groupe Unicrédit italien et l’espagnole BBVA sont scrutés par la BCE.

En cas de défaut de paiement, des mécanismes de renflouement interviendront afin d’empêcher les faillites. Le citoyen européen paiera sans savoir que ses dépôts ont nanti des investissements en Turquie et que sa contribution sera sollicitée en cas de défaut de paiement de l’emprunteur.

Selon les statistiques de la Banque des Règlements Internationaux, les banques étrangères détiennent des demandes de remboursement fin mai 2018 pour 220 milliards de dollars US dont 60% sont le fait de secteurs privés non bancaires. L’exposition directe des banques serait moindre, de l’ordre de 50 milliards. Des garanties de contrats, des indemnités dérivées de crédit et d’autres produits dérivés représentent 78 milliards supplémentaires dans les comptes bancaires étrangers, avec ici aussi plus de la moitié inscrites auprès de banques françaises, espagnoles et italiennes.

D’après les analystes de JP Morgan les cinq pays plus gros exportateurs vers la Turquie et donc vulnérables à sa dépréciation monétaire sont la Chine, l’Allemagne, la Russie, les Usa et l’Italie. Mais lorsque l’on observe l’importance des exportations vers la Turquie sur le total des exportations, c’est l’Iran qui se trouve en tête avec plus de 11% !

La Banque Centrale turque affichait en mai 2018 pour 160 milliards d’actifs détenus par des investisseurs étrangers dont les ¾ sont des titres de créances. Les investissements directs étrangers s’élevaient à 140 milliards de dollars fin mai avec une exposition particulière des fonds d’investissements néerlandais.

Toutes ces formes de solidarité dissimulée et extorquée (un fonds d’investissements place l’épargne de retraités par exemple) fait mesurer l’inanité profonde des discours politiques qui dissertent de xénophobie, islamisme, ottomanisme et autre curieuse étrangeté bien exotique à laisser enfermée en dehors des frontières.

Affaissement naturel ou assaut concerté ?

La courbequi donne la cotation de la lire turque versus dollar américain avec en abscisses le temps sur vingt ans montre un premier décrochage quand Erdogan est passé de premier ministre à président en 2014, l’amorce d’un nouvel écart du taux de change en 2016 après la tentative du coup d’État manqué, enfin l’approfondissement de cet écart qui a amorcé la chute libre actuelle à sa réélection en juin et après adoption d’une nouvelle constitution qui a étendu le pouvoir de l’exécutif. Les taux d’inflation inscrits dans un intervalle entre 6,28 à 8,85 de 2009 à 2016 ont bondi à plus de 11% à partir de 2017. La politique des taux d’intérêt bas pratiquée par la Banque Centrale turque répond à l’orientation monétaire d’Erdogan pour lequel des taux d’intérêts élevés enrichissent les riches et appauvrissent les pauvres. Elle a facilité l’inflation et la spéculation immobilière. L’inflation élevée traduit que les emprunts et les crédits sont injectés dans l’économie ‘réelle’ contrairement à ce qui se passe aux Usa par exemple où les liquidités fournies par les banques s’engouffrent dans une activité spéculative financière.

La lire a perdu 40% de sa valeur depuis le début de l’année et 30% depuis la réélection d’Erdogan en juillet. Le Président dénonce une attaque concertée de la monnaie nationale qui met en danger la 18èmeéconomie du monde avec risque de contagion des émergents et de l’Europe. Comme pour lui donner raison, Trump a annoncé pendant le cataclysme le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs, les portant respectivement à 50% et 25%. La valeur des exportations concernées est peu élevée, moins d’un milliard de dollars mais l’effet psychologique s’est traduit par une baisse supplémentaire de 9% de la lire turque.

Le scepticisme des investisseurs vis-à-vis d’une politique économique imprudente d’Erdogan qui a nommé comme ministre des finances son gendre pour remplacer un technicien réputé ne justifie pas une telle spirale qui conduit à l’anéantissement d’une monnaie, car en bon pays émergent, la croissance du PIB flirte avec les7 à 8 % annuels.

Panique des marchés ?

Quel en est l’inducteur ?

Réelle rétorsion à l’égard d’un ottomanisme qui prend ses distances par rapport à l’OTAN et son traditionnel allié étasunien ? Le repositionnement de la Turquie en Syrie, la demande qu’au sigle des Brics soit ajouté la lettre T, la décision d’acquisition des missiles russes S 400, l’attraction vers l’OCS, l’organisation de coopération de Shangaï, ont accompagné le refoulement de la Turquie aux portes de l’Union européenne et ont été des préludes à la tentative de coup d’État de 2016.  Ces éléments ont-ils concouru à l’affaissement monétaire de la lire turque ?

Ou tout simplement la crise turque est-elle le point d’entrée de l’éclatement d’une bulle financière latente reconstruite dès 2008 par la Fed avec sa politique d’assouplissement monétaire et de taux d’intérêts négatifs qui a de nouveau infiltré l’économie mondiale en raison de la structure des échanges mondiaux dominés par le dollar et ses circuits ?

Destruction et restructuration

La mesure prise ce dimanche de limiter les opérations de swap de monnaie n’a eu qu’un faible effet de ralentissement de la chute. Pour stopper l’hémorragie massive, deux possibilités ou leur combinaison s’offrent à la Turquie, la voie B, blocage des capitaux ce qui va accroître la panique ou la voie C relèvement des taux d’intérêts- solution empruntée par Mahathir en Malaisie en 1998.

Qu’Erdogan agisse ou non, les institutions financières impliquées seront purgées et il sera toujours temps après un passage difficile de remettre à plat un système plus sain, protégé d’opérations spéculatives. Ce qui semble certain à l’heure actuelle, c’est le refus du gouvernement turc de recourir au FMI.

Une réponse se profile, elle est politique. L’Allemagne dénonceles mesures douanières ‘destructrices’ de Trump qui affectent tout l’environnement économique mondial et le rendent incertain. Peu de temps auparavant, l’Allemagne a annoncé l’illégalité de la présence étasunienneen Syrie. La puissance germanique devenue colonie étasunienne en plein centre de l’Europe après le plan Marshal poursuivi sous la forme de la CEA puis CEA puis Union européenne se rebiffe.

La section d’un plan-en-100-jours élaborée par le Ministère de l’Economie et des Finances indique explicitement la nécessité de diversifierles ressources et les instruments financiers. La Turquie doit se tourner vers la Chine pour souscrire des emprunts. Une ligne de crédits de 3,6 milliards de dollars US a été ouverte pour soutenir les secteurs privés, bancaires et les institutions publiques. Deux banques chinoises s’activent in situ pour assurer les échanges en renminbi. La Chine va aider la Turquie à se doter de centrales électriques nucléaires. (*) Elle va également construire des lignes où circuleront des trains à très grande vitesse. (**)

Augmenter les échanges commerciaux avec la Chine, le Mexique, la Russie et l’Inde est une priorité affirmée par le gouvernement turc.

Décidément, l’orientation se fait vers l’Est.

Badia Benjelloun

 

Notes

(*) Le savoir-faire d’Areva est outrepassé.

(**) Où donc est Alsthom, disparu et vendu à General Electric par Macron ?

http://www.dedefensa.org/article/ce-que-nous-dit-la-crise-turque

L’establishment US derrière le Sommet d’Helsinki

« L’art de la guerre »

L’establishment US derrière le Sommet d’Helsinki

Alors que la presse internationale a déformé le contenu du sommet de l’Otan, l’establishment US en a parfaitement compris le seul enjeu : la fin de l’inimité avec la Russie. Aussi, perturber le sommet bilatéral USA-Russie d’Helsinki est devenu sa priorité. Il lui faut, par tous les moyens, s’opposer à un rapprochement avec Moscou.

| Rome (Italie)

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« Nous avons à discuter sur tout, du commerce au militaire, aux missiles, au nucléaire, à la Chine » : ainsi a commencé le président Trump au Sommet d’Helsinki. « L’heure est venue de parler de façon détaillée de nos rapports bilatéraux et des points névralgiques internationaux », a souligné Poutine.

Mais ce ne sont pas seulement les deux présidents qui vont décider des rapports entre les États-Unis et la Russie dans l’avenir.

Ce n’est pas un hasard si, juste au moment où le président des États-Unis était sur le point de rencontrer celui de la Russie, le procureur spécial Robert Mueller III inculpait douze Russes sous l’accusation d’avoir manipulé aux USA les élections présidentielles, en pénétrant dans les réseaux informatiques du Parti démocrate pour nuire à la candidate Hillary Clinton. Les douze, accusés d’être des agents du service secret militaire GRU, se trouvent officiellement définis comme « les conspirateurs » et incriminés pour « conspiration aux dépens des États-Unis ». Simultanément Daniel Coats, directeur national du Renseignement et principal conseiller du président en la matière, accusait la Russie de vouloir « miner nos valeurs de base et notre démocratie ». Il lançait ensuite l’alarme sur la « menace des cyberattaques arrivée à un point critique » analogue à celui qui précéda le 11 septembre, de la part non seulement de la Russie, « l’agent étranger le plus agressif », mais aussi de la Chine et de l’Iran.

En même temps, à Londres, les « investigateurs » britanniques communiquaient que le service secret militaire russe GRU, qui aux États-Unis a saboté les élections présidentielles, est le même qui en Angleterre a empoisonné un ex-agent russe, Sergueï Skripal, et sa fille, qui ont inexplicablement survécu à un gaz extrêmement létal.

L’objectif politique de ces « enquêtes » est clair : soutenir qu’à la tête des « conspirateurs » se trouve le président russe Vladimir Poutine, avec lequel le président Donald Trump s’est assis à la table des négociations malgré la vaste opposition bi-partisane aux USA. Après l’inculpation des « conspirateurs », les Démocrates avaient demandé à Trump d’annuler la rencontre avec Poutine. Même s’ils n’y sont pas arrivés, leur pression sur les tractations reste forte.

Ce que Poutine essaie d’obtenir de Trump est à la fois simple et complexe : relâcher la tension entre les deux pays. Pour cela il a proposé à Trump, qui a accepté, une enquête conjointe sur la « conspiration ». On ne sait pas comment se déroulera la tractation sur les questions nodales : statut de la Crimée, condition de la Syrie, armes nucléaires et autres. Et on ne sait pas ce que demandera Trump. Il est cependant certain que toute concession pourra être utilisée pour l’accuser de connivence avec l’ennemi. S’opposent à un relâchement de la tension avec la Russie non seulement les Démocrates (qui, avec un renversement des rôles formels, jouent le rôle des « faucons »), mais aussi de nombreux Républicains parmi lesquels d’importants représentants de l’administration Trump elle-même. C’est l’establishment non seulement états-unien, mais aussi européen, dont les pouvoirs et profits sont liés aux tensions et aux guerres.

Ce seront non pas les mots, mais les faits, qui démontreront si le climat de détente du Sommet d’Helsinki deviendra réalité. Avant tout avec une désescalade de l’Otan en Europe, c’est-à-dire avec le retrait des forces y compris nucléaires des USA et de l’Otan déployées contre la Russie et avec le blocage de l’expansion de l’Otan à l’Est.

Même si un accord sur ces questions était atteint entre Poutine et Trump, ce dernier sera-t-il en capacité de le mettre en acte ? Ou ceux qui décideront en réalité seront-ils les puissants cercles du complexe militaro-industriel ?

Une chose est sûre : nous ne pouvons pas, en Italie et en Europe, rester de simples spectateurs des tractations dont dépend notre avenir.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article202042.html

Le Kremlin tempête contre les sanctions « inadmissibles » de Washington

Le Kremlin tempête contre les sanctions « inadmissibles » de Washington

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à Moscou, le 27 mars 2017 / © POOL/AFP/Archives / SERGEI KARPUKHIN

« Inadmissibles », « inamicales », « illégales »: le Kremlin a vivement dénoncé jeudi l’annonce des Etats-Unis de nouvelles sanctions économiques contre la Russie en lien avec l’empoisonnement à l’agent innervant Novitchok au Royaume-Uni, qui font craindre une nouvelle escalade entre Moscou et Washington.

Moins d’un mois après les échanges d’amabilités pendant le sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine, l’heure est de nouveau à la confrontation.

La Russie a d’ores et déjà averti qu’elle préparait une réplique à ces mesures punitives liées à l’empoisonnement début mars à Salisbury, au Royaume-Uni, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.

« Nous considérons comme absolument inacceptable l’annonce de nouvelles restrictions en lien avec l’affaire de Salisbury et les considérons comme illégales », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. « Nous démentons encore une fois de la manière la plus catégorique toutes les déclarations sur une quelconque implication de la Russie ».

M. Peskov a qualifié les Etats-Unis de « partenaire imprévisible », mais ajouté « garder l’espoir de relations constructives avec Washington »: « Ces relations ne sont pas seulement dans les intérêts de nos deux peuples, mais aussi de la stabilité et de la sécurité dans le monde ».

L’annonce de nouvelles sanctions a provoqué un coup de froid jeudi à l’ouverture des marchés financiers russes, les indices boursiers chutant et la monnaie russe tombant à son plus bas niveau en deux ans face au dollar, avant un retour au calme progressif en cours de journée.

Le ministre des Finances Anton Silouanov a assuré que le gouvernement et la banque centrale disposaient de « tous les instruments nécessaires pour garantir la stabilité financière », relevant que l’économie russe était devenue « ces dernières années bien plus résistante aux chocs extérieurs ».

La Russie est soumise à des sanctions occidentales de plus en plus strictes depuis l’annexion de la Crimée en 2014, contribuant avec la chute des prix des hydrocarbures à provoquer deux ans de récession dont elle est sortie fin 2016.

Les Etats-Unis n’ont cessé de renforcer leur arsenal ces dernières années sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections américaines, ce malgré les promesses de réconciliation de Donald Trump.

– Menace d’une deuxième salve –

L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la Guerre froide, avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication et demandé des preuves.

Une Britannique de 44 ans, mère de trois enfants, est ensuite morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum. La police britannique a établi qu’elle avait également été exposée au Novitchok.

Londres a salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ».

A Moscou, le ministère des Affaires étrangères a accusé Washington d’avoir « sciemment choisi le chemin de la confrontation dans les relations bilatérales qui sont déjà pratiquement réduites à zéro par ses propres efforts ».

Par la voix de sa porte-parole Maria Zakharova, il a averti qu’une riposte serait mise au point.

Les sanctions envisagées par Washington, qui portent sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, pourraient coûter « des centaines de millions de dollars » à l’économie russe, a indiqué un responsable américain ayant requis l’anonymat.

En cas de non respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, a poursuivi ce responsable, notant qu’elles pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.

La première vague ne devrait avoir qu’un effet « limité à modéré », mais « ces sanctions montrent que les milieux de la sécurité nationale américaine restent capables de faire avancer une politique de confrontation envers la Russie », ont commenté les experts de la société de conseil spécialisée dans les relations internationales Eurasia Group.

Dès mercredi, les marchés russes avaient chuté après des articles de la presse russe faisant état de la volonté de parlementaires américains de s’attaquer à la dette de l’Etat russe.

(©AFP / (09 août 2018 15h36)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-Kremlin-temp-te-contre-les-sanctions-inadmissibles-de-Washington/944043.rom

Comment Poutine et Trump mettent fin à la guerre contre la Syrie

Comment Poutine et Trump mettent fin à la guerre contre la Syrie

La presse occidentale continue à soutenir les élites financières transnationales et à tenter de déconsidérer l’action du président Trump. Cette attitude rend difficilement compréhensibles les progrès entrepris vers la paix en Syrie. Thierry Meyssan revient sur les accords conclus au cours des cinq derniers mois et les avancées rapides sur le terrain.

| Damas (Syrie)

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C’est avec prudence et détermination que la Fédération de Russie et le président Trump mettent définitivement fin à la domination du monde par des intérêts transnationaux.

Convaincu que l’équilibre des puissances ne dépend pas de leurs capacités économiques, mais militaires, le président Poutine a certes restauré le niveau de vie de ses concitoyens, mais il a développé l’Armée rouge avant de les enrichir. Le 1er mars, il révélait au monde les principales armes de son arsenal et le début de son programme de développement économique.

Dans les jours qui suivirent, la guerre se concentra sur la Ghouta orientale. Le chef d’état-major russe, le général Valeri Guérassimov, téléphona à son homologue US, le général Joseph Dunford. Il lui annonça qu’en cas d’intervention militaire US, les forces russes cibleraient les 53 navires US de la Méditerranée et du Golfe, y compris leurs 3 portes-avions à propulsion nucléaire. Surtout, il lui enjoignit d’informer le président Trump des nouvelles capacités militaires de son pays.

En définitive, les États-Unis laissèrent l’Armée arabe syrienne et quelques fantassins russes libérer la Ghouta des jihadistes qui l’occupaient.

Seul le Royaume-Uni tenta d’anticiper les événements en organisant l’« affaire Skripal » : si l’ordre mondial actuel s’effondre, il faut rétablir la rhétorique de la Guerre froide opposants les gentils cow-boys et les méchants ours russes.

En juin, lorsque l’Armée arabe syrienne, soutenue par l’aviation russe, se déplaçait vers le Sud du pays, l’ambassade US en Jordanie prévenait les jihadistes que, désormais, ils devraient se défendre seuls, sans aide ni soutien du Pentagone et de la CIA.

Le 16 juillet à Helsinki, les présidents Poutine et Trump allaient beaucoup plus loin. Ils abordaient la question de la reconstruction, c’est-à-dire des dommages de guerre. Donald Trump, nous l’avons souvent écrit ici depuis deux ans, est opposé à l’idéologie puritaine, au capitalisme financier et à l’impérialisme qui en découle. Il estime à juste titre que son pays n’a pas à endosser les conséquences des crimes de ses prédécesseurs dont son peuple a lui aussi été victime. Il affirme que ces crimes ont été commis à l’instigation, et au profit, des élites financières transnationales. Il considère donc que c’est à elles de payer, même si personne ne sait précisément comment les y contraindre.

Les deux présidents sont également convenus de faciliter le retour des réfugiés. Ce faisant, Donald Trump a renversé la rhétorique de son prédécesseur selon laquelle ils fuyaient la « répression de la dictature » et non pas l’invasion des jihadistes.

Alors que dans le Sud du pays, les jihadistes fuyaient à leur tour devant les forces syriennes et russes, et que quelques unités désespérées de Daesh commettaient des atrocités inimaginables, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, et le chef d’état-major russe, Valeri Guérassimov, entreprenaient une tournée européenne et moyen-orientale.

Ils étaient reçus le plus discrètement possible dans l’Union européenne. En effet, selon le discours occidental le général Guérassimov est un conquérant qui a envahi et annexé la Crimée. Il est donc interdit d’accès dans l’Union, défenseuse auto-proclamée de « l’état de droit ». Malheureusement comme il était trop tard pour retirer son nom de la liste des sanctions, l’Union décida de fermer les yeux sur ses grands principes et de laisser exceptionnellement entrer le héros de la réunification de la Crimée et de la Russie. La honte qui saisit les dirigeants ouest-européens face à leur hypocrisie explique l’absence de photographies officielles des audiences accordées à la délégation russe.

À chacun de ses interlocuteurs, la délégation russe résuma quelques décisions du sommet d’Helsinki. Faisant preuve de sagesse, elle s’abstint de demander des comptes sur le rôle de chaque État durant la guerre et les appela au contraire à aider à sa fin : retrait des forces spéciales, arrêt de la guerre secrète, suppression de l’aide aux jihadistes, retour des réfugiés, réouverture des ambassades. Elle affirma notamment que chacun pourrait participer à la reconstruction sans exclusive.

Sitôt la délégation partie, la chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron firent ingénument interroger le Pentagone pour savoir s’il était vrai que le président Donald Trump comptait faire payer certaines compagnies transnationales (KKR, Lafarge, etc.) —juste pour semer le trouble outre-Atlantique—. Cette attitude du président Macron, ancien cadre bancaire, est d’autant plus déplorable qu’il avait tenu à symboliser sa bonne foi en offrant 44 tonnes d’aide humanitaire à la population syrienne, transmises par l’armée russe.

Au Moyen-Orient, le voyage de la délégation russe fut plus couvert par les médias. Lavrov et Guérassimov purent annoncer la création de cinq commissions pour le retour des réfugiés. Chacune, en Égypte, au Liban, en Turquie, en Iraq et en Jordanie, comprend des représentants de l’État hôte et des délégués russes et syriens. Personne n’a osé poser la question qui fâche : pourquoi une telle commission n’a-t-elle pas été constituée avec l’Union européenne ?

Concernant la réouverture des ambassades, les Émirats arabes unis ont pris les « Occidentaux » et leurs alliés de court en négociant la réouverture de la leur.

Restait la préoccupation des Israéliens d’obtenir le départ de Syrie des conseillers militaires iraniens et des milices pro-iraniennes, dont le Hezbollah. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a multiplié les allers-retours à Moscou et Sotchi pour plaider sa cause. On se souvient que Guérassimov avait ironisé sur le culot des vaincus israéliens exigeant le départ des vainqueurs iraniens. Lavrov, quant à lui, s’était diplomatiquement retranché derrière un refus de principe de ne pas s’ingérer dans la souveraineté syrienne.

La Russie a résolu le problème : la police militaire russe a réinstallé les forces de l’Onu le long de la ligne de démarcation syro-israélienne, dont elles avaient été chassées il y a quatre ans. Durant toute cette période, elles avaient été remplacées par Al-Qaïda, soutenu par Tsahal. La Russie a en outre installé en arrière de la ligne de démarcation, en territoire syrien, huit postes d’observation militaire. De la sorte, Moscou peut à la fois garantir à l’Onu et à la Syrie que les jihadistes ne reviendront pas et à Israël que l’Iran ne l’attaquera pas depuis la Syrie.

Israël, qui jusqu’ici misait sur la défaite de la République arabe syrienne et qualifiait son président de « boucher », a subitement admis par la voix de son ministre de la Défense, Avigdor Liberman, que la Syrie sortait vainqueur du conflit et que le président el-Assad était son chef légitime. Pour manifester sa bonne volonté, Liberman a fait bombarder un groupe de Daesh que jusqu’ici il soutenait en sous-main.

Petit à petit, la Fédération de Russie et la Maison-Blanche remettent de l’ordre dans les relations internationales et convainquent divers protagonistes de se retirer de la guerre, voire de postuler pour la reconstruction. De son côté, l’Armée arabe syrienne poursuit la libération de son territoire. Il reste au président Trump à parvenir à retirer ses troupes du Sud (Al-Tanf) et du Nord du pays (Est de l’Euphrate) et au président Erdoğan à abandonner à leur sort les jihadistes réfugiés au Nord-Ouest (Idleb).

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

 

Le crépuscule de la guerre
De quoi la bataille de Deraa est-elle le symbole ?

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse


Tyler DurdenPar Tyler Durden – Le 30 juillet 2018 – Source Zero Hedge

Un colonel en retraite de l’armée US, spécialiste de la guerre électronique a déclaré à Foreign Policy : « Tout à coup, vos communications ne fonctionnent plus, vous ne pouvez pas ordonner de tirs, vous ne pouvez pas être averti des tirs hostiles parce que vos radars ont été bloqués et ils ne peuvent rien détecter ». 

Un nouveau rapport détaille l’inquiétude grandissante du Pentagone face à l’augmentation du nombre d’attaques électroniques russes contre des positions militaires américaines en Syrie, dont le nombre selon les déclarations publiques du Pentagone est de 2000 ou plus, situées sur une douzaine de bases « secrètes », principalement au nord-est de la Syrie, et intégrées dans les Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, soutenues par les États-Unis,

ewin syria
Image via The National Interest

Le rapport de Foreign Policy commence ainsi :

« Les officiers qui ont subi le brouillage – connu sous le nom de guerre électronique – disent que ce n’est pas moins dangereux que les attaques conventionnelles avec des bombes et de l’artillerie. Mais ils disent aussi que cela permet aux troupes américaines de découvrir la technologie russe sur le champ de bataille et de trouver des moyens de se défendre. »

Depuis que la Russie est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement Assad en 2015, les deux superpuissances se sont affrontées à de multiples occasions dangereuses, mais ont communiqué par l’intermédiaire d’une « ligne directe militaire à militaire » destinée à éviter les collisions aériennes et la confrontation directe des troupes.

La Russie, aux côtés du gouvernement syrien, considère les troupes américaines comme des occupants étrangers non invités, qui ont commis des actes d’agression contre l’État syrien, tuant des centaines de soldats syriens (et des mercenaires russes, même s’ils n’étaient pas sous les ordres de Moscou), lors de multiples incidents près des lignes de front à Deir Ezzor.

Et maintenant, comme l’a récemment déclaré le général Raymond Thomas, chef du commandement des opérations spéciales des États-Unis, lors d’une conférence de renseignement et de technologie militaire, la Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète ».

Il a dit des « adversaires » russes, iraniens et syriens : « Ils nous testent tous les jours, bloquant nos communications, désactivant nos EC-130 [les grands avions de commandement et de contrôle des champs de bataille aériens de l’Air Force]. »

Foreign Policy (FP) indique que le brouillage électronique par les forces russes signifie une menace d’« escalade » dans un environnement déjà confus compte tenu du large éventail de groupes et d’acteurs étatiques opérant en Syrie.

Le rapport dit que le Pentagone a officiellement reconnu le succès des efforts de brouillage russes la semaine dernière dans les termes suivants :

« Un colonel de l’armée américaine, Brian Sullivan, a décrit un épisode récent à des journalistes au département de la Défense des États-Unis la semaine dernière. Il a déclaré que ses troupes avaient rencontré un ‘environnement de guerre électronique saturé’ alors qu’elles combattaient dans le nord-est de la Syrie pendant leur déploiement de neuf mois, qui avait duré de septembre 2017 à mai 2018. »

Et le rapport cite encore le Col. Sullivan : « Cela nous a posé des défis auxquels nous avons pu faire face avec succès, et cela nous a donné l’opportunité d’opérer dans un environnement qui ne peut être reproduit nulle part à domicile, y compris dans nos centres de formation au combat. »

Dans une citation particulièrement troublante qui rappelle la guerre froide, le colonel note : « C’est une grande opportunité pour nous d’opérer particulièrement dans l’environnement syrien où les Russes sont actifs ».

L’ancien directeur intérimaire/directeur adjoint de la CIA Michael Morell : « nous devons tuer les Russes en Syrie » (vidéo en anglais).

Bien sûr, pour commencer – et quoi qu’on en dise – il y a la grande question de la contradiction concernant des troupes américaines qui se trouvent en Syrie sans aucune autorisation du Congrès ni mandat du peuple américain (à moins que, comme semble le croire le président Donald Trump, l’ancienne autorisation d’utilisation de la force militaire, l’AUMF, après le 9/11, signifie que les troupes américaines peuvent rester au Moyen-Orient pour toujours).

Foreign Policy écrit en outre que la guerre électronique implique l’arrêt des communications et de la capacité de navigation au sol et en l’air, quelque chose de particulièrement dangereux dans un espace de combat bondé comme la Syrie :

« Daniel Goure, expert en sécurité nationale et questions militaires au Lexington Institute, affirme que les nouveaux systèmes de guerre électronique de la Russie sont sophistiqués. Ils peuvent être montés sur de gros véhicules ou des avions et peuvent endommager des cibles à des centaines de kilomètres. »

Goure parle aussi d’un affrontement involontaire potentiel entre des puissances majeures comme les États-Unis et la Russie : « Le problème avec la guerre électronique, de manière plus générale, est qu’elle peut vraiment aveugler votre vision de l’espace de combat, votre vision opérationnelle, et cela peut mener à des erreurs vraiment horribles. »

La Russie aurait fait d’énormes progrès dans sa capacité de systèmes de guerre électronique au cours des quinze dernières années car elle perçoit que la menace d’une invasion par l’OTAN à ses frontières ne peut que croître.

En attendant, la Russie a indiqué qu’elle était au courant des actions militaires futures que Washington et ses alliés occidentaux pourraient comploter contre elle.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a dit cette semaine dans des déclarations publiques lors d’un forum éducatif russe : « Notre conscience des plans que les militaires américains et d’autres pays occidentaux préparent en relation avec la Fédération de Russie est totale. » Il a ajouté que la Russie et ses frontières terrestres et aériennes étaient sûres « quoi qu’il arrive dans le monde », ce qui semblait être une référence aux récents progrès de la technologie de la défense et du renseignement russes.

Tyler Durden

Traduit par jj, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-electronique-russe-contre-les-troupes-americaines-en-syrie-entre-dans-une-phase-dangereuse

 

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?

Pourquoi les anglo-saxons haïssent-ils la Russie ?


Par Emmanuel Leroy − le 7 Juillet 2018

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Pour entrer directement dans le cœur du sujet, j’irai au fait et je dirai que si l’on ne prend pas conscience que la guerre en cours contre la Russie aujourd’hui est la même guerre que l’oligarchie anglo-saxonne a mené depuis l’époque élisabéthaine contre l’Espagne et le Portugal, puis contre la Hollande, puis contre la France, définitivement vaincue à Waterloo, puis contre l’Autriche-Hongrie vaincue en 1918 et enfin contre l’Allemagne vaincue en 1945, on ne peut comprendre intimement aucun des grands événements qui se sont déroulés sur le continent européen depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Tous ces peuples européens ont courbé la tête et leurs élites sont passées sous les fourches caudines de la City, aujourd’hui renforcée par Wall Street.


Dans cette lecture rapide de l’histoire de l’Europe des 5 derniers siècles, force est de constater qu’il ne reste qu’un peuple sur le continent eurasiatique qui n’a jamais été vaincu définitivement par les puissances anglo-saxonnes et c’est le peuple russe. Voilà pourquoi ce que les Anglais ont appelé « Le Grand jeu » continue et il continuera jusqu’à ce que la Russie s’incline à son tour ou jusqu’à ce que Mammon tombe de son piédestal.

Si l’on ne rentre pas dans cette logique, on ne peut rien comprendre à la chute du mur de Berlin en 1989, ni aux sécessions programmées des pays baltes, de la Biélorussie, de l’Ukraine et des régions d’Asie centrale ni aux révolutions de couleur en Yougoslavie ni à celle de Géorgie en 2008, ni bien sûr à la crise ukrainienne que nous connaissons aujourd’hui.

La crise ukrainienne

Dans une première analyse, on pourrait dire que la cause première de la guerre résulte de la chute du Président Viktor Yanoukovitch à la suite des manifestations de Maïdan qui a conduit à la mise en place d’un régime néo-bandériste à la solde de l’occident. Puis de manière concertée et volontariste, ce régime manipulé et tenu à bout de bras par le FMI, les USA et la Commission européenne, a créé délibérément les conditions d’une sécession dans l’est de l’Ukraine, comme si on avait voulu créer un abcès purulent aux frontières de la Russie.

Première question : l’agression contre la Russie en Ukraine est-elle une mesure de rétorsion consécutive aux défaites successives subies par les terroristes islamistes manipulés par l’occident sur le front syrien depuis l’intervention russe à l’automne 2015 ? Peut-être, sans doute même, mais cela n’a pas une grande importance dans l’analyse des causes profondes de cette guerre, car ceux qui font la guerre à la Russie aujourd’hui, je ne parle pas des marionnettes de Kiev bien entendu, la font depuis très longtemps et ils n’ont pas besoin d’un prétexte aussi futile qu’une défaite marginale au moyen-orient pour poursuivre inexorablement le but qu’ils poursuivent depuis des siècles. Nous reviendrons sur cet aspect en détail un peu plus loin.

Alors remontons plus avant dans l’analyse des causes de cette guerre. Le magazine russe Zavtra a publié le 15 mars 2015 le compte rendu d’une table ronde organisée autour de la situation actuelle en Russie et en Ukraine, de ses causes et de son impact pour l’avenir. Alexander Nagorny, Secrétaire exécutif du club d’Izborsk implique la perestroïka de Gobatchev dans la genèse de la guerre civile en Ukraine. Il a parfaitement raison d’intégrer cette période de l’histoire russe comme une des causes de la situation de crise qui existe aujourd’hui dans le Donbass, mais à la condition de ne pas oublier d’analyser la pérestroïka et la glasnost gorbatchévienne pour ce qu’elles étaient, à savoir des mesures de déstabilisation et de réorientation politique suscitées par l’occident.
Si l’on se refuse à admettre cette hypothèse, on ne peut rien comprendre aux conditions de la dislocation du régime soviétique et au pillage généralisé qui a suivi durant l’ère Eltsine.

Si l’on remonte encore plus loin dans le temps, on peut considérer que le financement pendant la première guerre mondiale de Trotsky par la City et certaines banques new-yorkaises d’une part et de Lénine par l’Allemagne de Guillaume II d’autre part, afin de renverser la dynastie des Romanov et d’établir un régime totalitaire et spécifiquement antichrétien constituent là encore, une cause ancienne mais probable de la guerre en Ukraine.

Et enfin, si l’on remonte encore un peu le fleuve de l’histoire, on peut considérer que la guerre de Crimée de 1853 s’inscrit aussi dans la même logique, avec les mêmes motivations, que la guerre d’Ukraine qui se déroule actuellement dans le bassin du Don. Que peut-on retenir de significatif dans cette guerre de Crimée menée au XIXème siècle, au-delà du prétexte fallacieux de la question des lieux saints de Jérusalem et du contrôle de la mer Noire pour lequel la France n’avait aucun intérêt stratégique ni même commercial ? Qu’il s’agit là de la première guerre que la France fit au service exclusif des intérêts anglo-saxons, car depuis Waterloo, une grande partie des élites françaises, aristocratie et bourgeoisie confondues, se sont progressivement détournées de l’intérêt national pour servir la cause du maître dominant de l’époque, hier Londres et aujourd’hui Washington.

D’une manière différente, mais toujours en poursuivant le même but, la finance anglo-saxonne, après avoir soutenu l’émergence du nazisme en Allemagne comme elle avait soutenu la révolution bolchevique en Russie, est parvenue à l’un de ses buts en brisant les reins de la puissance germanique, et là encore en amenant les élites allemandes à Canossa, à réduire un autre grand peuple européen au servage idéologique et à le priver de sa souveraineté.

Autrement dit, et pour résumer mon propos, depuis la fin du XVIème siècle au moins, l’oligarchie anglaise, c’est-à-dire aristocratie et finance réunies, a conçu le projet de dominer le monde par tous les moyens, y compris légaux : la guerre, le vol, la corruption, la subversion, le boycott, le blocus, les sanctions économiques, l’assassinat, le chantage, la désinformation… La liste n’est pas exhaustive.

Lorsque certains historiens qualifient de volonté d’équilibre entre grandes puissances la politique de Londres depuis Henry VIII jusqu’à la première guerre mondiale, ils n’ont que partiellement raison. Derrière le jeu des alliances successives avec l’Autriche, la Prusse, la Russie, la France, la Suède ou d’autres, se dessinait toujours la volonté de faire tomber l’une après l’autre toutes les puissances qui dominaient le continent européen et qui pouvaient compromettre le grand projet thalassocratique. D’abord il fallut briser l’empire de Charles Quint et sa suprématie maritime dans le commerce des Amériques, puis briser la puissance française qui domina l’Europe de la fin du XVIIème siècle jusqu’à Waterloo.

Puis il fallut à l’oligarchie anglo-saxonne deux guerres mondiales pour réduire à néant la puissance germanique en mobilisant pour cela toutes les énergies des nations qu’elle avait subjuguées. Pour abattre la puissance allemande, il était vital dans le plan des anglo-saxons que l’URSS s’oppose à l’Allemagne nazie et que ces deux géants de la scène européenne s’affrontent et s’épuisent dans une lutte mortelle ce qui advint. Cet éclairage permet avec le recul de mieux comprendre l’intelligence politique du pacte Molotov-Ribbentrop dont Hitler et les dirigeants nazis n’ont pas compris la réelle portée, ainsi que l’a montré l’expédition à Londres que fit Rudolf Hess en 1941.

Alors aujourd’hui où en est-on ?

L’oligarchie anglo-saxonne a gagné la guerre idéologique puisque depuis la fin de l’Union soviétique aucune puissance dans le monde n’offre d’alternative à son discours libéral et libertaire. Or, il s’agit d’une lutte à mort dont l’enjeu, le Grand Enjeu, est la domination mondiale, ce dont les néo-conservateurs américains ne se cachent même plus. Le monde unipolaire qu’ils souhaitent instaurer est celui que George Orwell dénonçait dans son roman 1984. Ces gens-là rêvent d’une humanité réduite en esclavage et dont ils seront les maîtres tous puissants.
La dernière forteresse qu’il leur reste à conquérir se trouve sur les rives de la Moskova. Et la guerre qu’ils feront, qu’ils font, pour conquérir le Kremlin est une guerre totale : Idéologique, culturelle, religieuse, économique, technologique et bien sûr militaire.

Ils se serviront des centaines d’organisations non-gouvernementales comme celles de Monsieur Soros et de ses amis, ils appliqueront la politique des sanctions, ils achèteront les esprits et les âmes et ils donneront leurs directives aux agents de la 5ème colonne afin de saboter et d’affaiblir la puissance slave. Ils paieront des Femen, des Pussy Riot ou des Navalny pour salir et faire tomber la Sainte Russie.

Face à cette volonté de conquête de la part du monde anglo-saxon et de son oligarchie financière, face à des êtres pour qui la Russie traditionnelle représente tout ce qu’ils haïssent et qu’ils veulent voir disparaître, les Russes ne peuvent se contenter de contester leurs mensonges à la tribune de l’ONU. La responsabilité de la Russie aujourd’hui est historique et l’enjeu va bien au-delà d’une Sainte Alliance telle que celle dont rêvait le Tsar Alexandre 1er, car si la Russie tombe demain, c’est toute l’humanité qui tombera avec elle sous la férule du monde abject de l’argent.

En conclusion, je dirais que le courage et la volonté ne suffiront pas pour gagner cette guerre. Cette fois-ci, il ne faudra pas compter sur le général Hiver pour l’emporter. Car l’arme principale utilisée par nos ennemis est l’arme culturelle et les batailles qu’ils sont en train de livrer se déroulent déjà depuis un quart de siècle de Pskov à Vladivostok. Le cinéma, la musique, les concerts de rock, la peinture, le théâtre, la littérature, l’enseignement, les médias, Internet, tous ces vecteurs sont utilisés pour transformer l’âme du peuple russe et le subvertir, comme ils sont toujours utilisés en occident pour maintenir les populations dans l’adoration de leurs maîtres et des régimes pseudo démocratiques qu’ils nous ont imposés.

Il découle de cela que le pragmatisme et le bon sens utilisés comme moyens de défense en réplique aux attaques que la Russie subit de manière croissante ne sont pas des armes suffisantes face à l’hégémonie idéologique et culturelle de notre adversaire commun. Contre l’idéologie des droits de l’homme et du libre marché il faut opposer une vision du monde alternative qui démontre la nocivité des buts poursuivis par l’oligarchie anglo-saxonne. Pour contrer cette idéologie mortifère qui se sert de l’individualisme pour tuer les peuples et les asservir, il faut promouvoir la liberté des peuples et la pluralité des cultures contre le totalitarisme rampant de l’hegemon anglo-saxon. Le conservatisme et le patriotisme sont sans doute des armes qu’il faudra utiliser, mais je ne suis pas certain qu’elles seront suffisantes pour l’emporter. C’est une guerre de religion que mène le Système et l’un de ses buts primordiaux est d’achever l’éradication de la religion chrétienne sur le continent européen. Et la Russie est l’un des lieux où renaît cette foi. Voilà un crime impardonnable.

Emmanuel Leroy

Président de l’association humanitaire
Urgence Enfants du Donbass

 

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-les-anglo-saxons-haissent-ils-la-russie

 

 

L’évacuation des Casques blancs en Syrie est-elle le prélude de l’ultime bataille ?

L’évacuation des Casques blancs en Syrie est-elle le prélude de l’ultime bataille ?

Trahis par les Etats-Unis à l’issue des discussions entre Trump et Poutine, les rebelles syriens seraient-ils sur le point d’essuyer l’assaut final? Le grand reporter Robert Fisk en pointent les signes. Mais la fin de la guerre dépend aussi d’autres facteurs, notamment le retour des millions de refugiés… (IGA)


S’agira-t-il de la dernière bataille ? Pendant trois ans, Idlib a été le dépotoir de toutes les milices islamistes syriennes en retraite, la dernière citadelle de tous les combattants qui ont préféré continuer le combat plutôt que de se rendre à l’armée syrienne et à l’armée de l’air russe – et au Hezbollah et, dans une moindre mesure, aux Iraniens.

Le général de brigade Suheil al-Hassan, le « Tigre » de la légende et du mythe militaire syrien – qui peut citer le poète Mutanabi par cœur mais préfère être comparé à Erwin Rommel plutôt qu’à Bernard Montgomery – conduira sûrement ses « Forces du Tigre » vers le dernier combat, le combat qui soldera les comptes entre le régime de Damas et les islamistes salafistes, armés par les occidentaux, qui ont osé essayer de renverser Bachar al-Assad. et ont échoué.

Grâce à Donald Trump, c’en est fini pour les « rebelles » de Syrie qui ont été trahis par les Américains – sûrement en fin de compte par Trump lui-même au cours des discussions secrètes qu’il a eues avec Vladimir Poutine à Helsinki, peut-être le plus important des « inconnus » de ces conversations à laquelle seuls les interprètes étaient présents- comme ils ont été trahis par les Arabes du Golfe.

Trois semaines plus tôt, les Américains avaient dit aux  » rebelles  »  qui se trouvaient au sud-ouest de la Syrie, près du plateau du Golan occupé par Israël, qu’ils ne devaient plus compter que sur leurs propres forces et qu’ils n’auraient plus de soutien militaire étasunien. Même les Casques blancs, les premiers intervenants, secouristes héroïques ou propagandistes de la guerre menée par les  » rebelles  » (faites votre choix, mais soyez sûrs qu’ils seront bientôt qualifiés de  » controversés « ) ont été évacués avec leurs familles des lignes rebelles par les Israéliens et mis à l’abri en Jordanie.

Les Israéliens sont un peu contrariés de ne pas avoir été remerciés par les unités de défense civile des Casques blancs pour leur aide humanitaire – mais qu’espèrent-ils, eux qui ont passé leur temps à attaquer les forces iraniennes, syriennes et du Hezbollah pendant la guerre, à fournir une aide médicale aux combattants islamistes de Nusrah et n’ont jamais – jamais – bombardé l’EI? Les Casques blancs veulent-ils être associés à Israël en ce moment ?

Mais les Israéliens ont obtenu ce qu’ils voulaient vraiment : une promesse russe que les Iraniens resteraient loin du plateau du Golan syrien occupé par Israël. Cela semble un peu étrange, puisqu’il y a peu de troupes iraniennes en Syrie – et ne prêtez pas attention aux sottises des  » experts  » de Washington – mais cela correspond à la conviction morbide et théâtrale de Benjamin Netanyahou que l’Iran est  » un nœud coulant terroriste  » autour du cou d’Israël. Quoi qu’il en soit, Poutine sait tout ce qu’il faut savoir sur la guerre de Syrie : les bombes ont leur mot à dire, mais le cash aussi.

Pour quelle autre raison Poutine viendrait-il d’annoncer un investissement russe de 43 milliards d’Euros dans l’industrie pétrolière et gazière iranienne ? Ne s’agirait-il pas tout simplement de rétribuer l’Iran pour son investissement dans la guerre de Syrie ? Un cadeau de Moscou qui signifierait  » merci de ce que vous avez fait mais vous pouvez partir maintenant  » qui serait couronné par la marche triomphale à Téhéran des forces  » victorieuses « , de retour en Iran après avoir fait leur devoir révolutionnaire islamique en Syrie ?

Après avoir rencontré Poutine au Kremlin il y a moins de deux semaines, Ali Akbar Velayati, le conseiller principal du  » Guide suprême  » Khamenei pour les affaires étrangères, a convenu que leurs entretiens  » concernaient la coopération russo-iranienne… ainsi que la situation dans la région, y compris l’évolution de la situation en Syrie « . Et voilà ! La Russie soutient l’économie iranienne, et en échange Poutine décide pour l’Iran en Syrie.

Il est temps pour les Iraniens, je pense. J’ai été fort choqué de voir les Iraniens de la classe moyenne, riches et très riches, arriver en masse à Belgrade le mois dernier, apportant à l’Ouest avec eux leur argent et leurs objets de valeurs à travers l’un des rares pays européens qui autorise encore l’entrée sans visa des Iraniens sanctionnés. Des vols bon marché en provenance de Téhéran et d’autres villes iraniennes atterrissent quotidiennement en Serbie, et les hôtels de Belgrade regorgent de clients parlant farsi, tous prêts – vraisemblablement – à entamer une nouvelle vie en occident. L’Union européenne, évidemment, menace le président de Belgrade de supprimer le droit qu’ont les citoyens serbes de circuler sans visa dans le reste de l’Europe, si la Serbie n’empêche pas les lucratifs  » touristes  » iraniens d’entrer sur son territoire.

Pendant ce temps, l’armée syrienne, qui combat les derniers groupes islamistes qui ne veulent pas se rendre autour de Deraa, va revenir au bord de la zone tampon des Nations Unies sur le Golan où elle était basée avant le début de la guerre civile en 2011. En d’autres termes, le « Front Sud » va tomber, ne laissant que la citadelle d’Idlib et la ville de Raqqa aux mains des milices encore fidèles aux Etats-Unis – sans doute plus pour très longtemps vu que Trump les a abandonnées à leur sort. Poutine peut probablement résoudre ce problème, s’il ne l’a pas déjà fait pendant son pow-wow avec Trump.

Mais Idlib est une autre paire de manches. Il ne fait aucun doute que nous assisterons à d’autres pourparlers de « réconciliation » parrainés par la Russie entre les autorités syriennes et les groupes rebelles à l’intérieur de la province. Il y aura des accords, privés et publics, grâce auxquels ceux qui souhaitent revenir en territoire gouvernemental pourront le faire. Mais étant donné qu’Idlib abrite les islamistes et leurs familles qui avaient auparavant rejeté de telles offres dans d’autres villes – beaucoup d’entre eux ont été évacués de la Ghouta et de Yarmouk à Damas, de Homs et d’autres villes où ils ont déposé les armes, vers la province d’Idlib – leur avenir semble plutôt sombre.

Nous voulons tous que les guerres se terminent par une « bataille finale », bien sûr. Jérusalem et Bagdad – assez étrangement – ont été les seules « capitales » ennemies envahies par les Alliés pendant la Première Guerre mondiale. Et nous savons que la prise de Berlin par les Russes a mis fin à la Seconde Guerre mondiale. On laissera de côté la chute de Saigon pour des raisons évidentes (le mauvais camp a gagné), et les différentes conquêtes des « capitales » du Moyen-Orient (Jérusalem en 1967, Beyrouth en 1982, le Koweït en 1990, Bagdad en 2003), parce qu’elles ont toutes engendré des conflits meurtriers qui perdurent jusqu’à ce jour.

Mais il ne faut pas oublier que l’armée syrienne est habitée à se battre. Tout comme l’armée de l’air russe. Il est certain que le siège par Al Nusrah de l’hôpital militaire de Jisr al-Shugour à Idlib – et le massacre de nombreux soldats syriens et de leurs familles il y a trois ans – sera dans toutes les têtes au moment de l’assaut. Moscou ne va pas laisser les islamistes rentrer « chez eux » en Tchétchénie. Et Ankara ne voudra pas laisser les vétérans d’Idlib s’installer dans les plaines d’Anatolie – surtout qu’Erdogan est toujours obsédé par le souvenir du  coup d’Etat « islamiste » d’il y a deux ans, et que des dizaines de milliers de prétendus soutiens du coup d’état languissent encore dans les luxueuses prisons turques.

L’Occident ne fera rien pour les aider. Il y a la vieille ONU à tout faire, qui pourrait, je suppose, être envoyé à Idlib dans le cadre d’une mission « temporaire » de maintien de la paix – mais cela ne plaira pas du tout à un président syrien qui a l’intention de remettre chaque kilomètre carré du pays sous le contrôle exclusif du régime. Les rebelles d’Idlib pourraient être repoussés dans un dépotoir encore plus petit dans l’enclave nord d’Afrin – déjà largement contrôlée et peuplée par les anciens amis turcs de l’EI. L’Occident ne voudra pas sûrement pas récupérer les restes de l’armée islamiste qu’il a contribué à armer. L’asile politique aux Casques blancs sera le maximum de sa générosité, avec l’aide habituelle aux réfugiés.

Mais nous devons aussi nous rappeler que les nations qui ont si longtemps cherché à renverser Assad vont maintenant essayer – tout doucement – de rétablir une certaine forme de relation avec le régime de Damas. Les diplomates français font discrètement des voyages touristiques en Syrie depuis près d’un an à partir du Liban. Il en va de même pour les autres nations européennes. Les Américains voudront aussi faire partie du casting – à la mode Trump – et à ce moment-là Poutine sera à sa disposition.

Mais qu’en est-il des cinq millions de réfugiés syriens dont les pays d’accueil – l’Europe, bien sûr, mais aussi la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Irak, le Koweït, l’Egypte – aimeraient beaucoup qu’ils rentrent « chez eux ». Et c’est peut-être là que se trouve la clé de la « fin de la guerre ».

Les Russes sont prêts à fournir des garanties de passage sûr pour les réfugiés – ce que ces promesses valent reste une question ouverte alors que des milliers de sans-abri craignent le régime – et les hommes de Moscou seraient déjà arrivés au Liban, qui accueille jusqu’à un million et demi de Syriens, pour discuter de la logistique. Les Arabes du Golfe – en particulier le Qatar – seraient intéressés par la reconstruction financière de la Syrie. Donc, s’ils ne se rendent pas militairement, les « rebelles » d’Idlib peuvent-ils être achetés ? Notamment par les nations arabes qui les ont soutenus en premier lieu. Ce sont les premiers jours. Mais toutes les guerres prennent fin. Et alors l’histoire recommence.

 

Source: Arrêt sur Info

https://www.investigaction.net/fr/levacuation-des-casques-blancs-en-syrie-est-elle-le-prelude-de-lultime-bataille/