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Le vernis de la confusion s’est envolé : une remise en cause de la suprématie eu dollar se soldera par des milliers de champignons atomiques, tout le reste n’est que du show-business…

Le vernis de la confusion s’est envolé : une remise en cause de la suprématie eu dollar se soldera par des milliers de champignons atomiques, tout le reste n’est que du show-business…

Strategika51   07/08/2020

L’état-major des armées russes vient d’accuser réception du changement de paradigme stratégique entrepris de façon concrète par les États-Unis et certains de leurs alliés. Les militaires russes soulignent que toutes les initiatives cohérentes et contradictoires à la fois prises par Washington depuis deux décennies relèvent toutes d’une stratégie unique, implacable et déterminée visant en priorité la mise en place d’un mécanisme de frappe globale rapide utilisant aussi bien des armes conventionnelles que nucléaires.

Ce mécanisme universel de frappe rapide inclut l’usage d’armes nucléaires tactiques dans un environnement de guerre hybride à très haut niveau de confusion et à brouillage cognitif constant.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=838213541&adf=1669470802&w=668&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596846651&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=668×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F08%2F07%2Fle-vernis-de-la-confusion-sest-envole-une-remise-en-cause-de-la-suprematie-eu-dollar-se-soldera-par-des-milliers-de-champignons-atomiques-tout-le-reste-nest-que-du-show-business%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=167&rw=667&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChEI8Pez-QUQ44aQhd-91bDWARJMAI-2h3_GZPCefEPIPYiLEo7AQfCdUjuEZWvu5heO6dcbXuHLGJzMBsVynlmjApPaSXvNUHLO9adftHistDV-x–rFTQ30vb5zEp4sA&dt=1596846651856&bpp=5&bdt=2945&idt=-M&shv=r20200805&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=2395922088854&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596845957&ga_hid=1129867465&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=123&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=3&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=2363&biw=1055&bih=450&scr_x=0&scr_y=573&eid=42530558%2C42530560%2C21066154%2C21066791%2C21066533&oid=3&pvsid=796588577363290&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=0%2C0%2C0%2C0%2C1366%2C0%2C1088%2C570%2C1072%2C450&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=5&uci=a!5&btvi=1&fsb=1&xpc=OeNggYJ0NL&p=https%3A//strategika51.org&dtd=127

Cette stratégie de frappe globale continue les efforts de guerre hybride multiforme et à intensité faible à moyenne en veillant à diluer des actes de guerre extrêmes par la médiaguerre et la guerre psychologique asymétrique à destination de sa propre opinion publique. Cela veut dire que désormais, une guerre biologique en cours ou des attaques de missiles à charge nucléaire de faible puissance peuvent être réduit à des incidents ou de simples faits divers à travers un consensus et une uniformisation de tous les moyens de communication. Les voix divergentes seront systématiquement traitées comme divergentes et par conséquent réduites par le bruit de fond ambiant entretenu par l’appareil de propagande. Celui-ci achevant sa mainmise absolue sur le cyber-espace  en neutralisant toute autre partie perçue comme concurrente.    

Cette inquiétude russe face à une stratégie souterraine déguisée par une autre stratégie d’ingénierie par le chaos a été reflétée par le Conseil de sécurité russe de vendredi dernier et durant lequel le président russe a abordé la situation actuelle dans le monde avec une focalisation sur les manœuvres hostiles affectant ce que les officiels russes désignent comme l’espace post-soviétique.  La nouvelle posture hostile de la Biélorussie, un allié stratégique de Moscou, inquiète la Russie bien plus qu’un éventuel conflit entre l’Azerbaidjan et l’Arménie, l’Ukraine, le renforcement des bases de l’Otan dans les pays Baltes ou encore la Géorgie.

Dans les faits, la crise de la pandémie du COVID-19, récupérée dans lencadrebune opération de guerre psychologique,  l’usage de plus en plus fréquent d’armes prohibées et par dessus tout la disparition de toutes les barrières et a entrevoir la guerre nucléaire comme une option de guerre conventionnelle sont désormais perçus comme les résultats d’un acteur poursuivant des objectifs hégémoniques invariables sous couvert d’une sorte de libéralisme à haut degré d’instabilité systémique et donc de confusion.

Il aurait donc suffit que la Chine et la Russie réduisent leur dépendance au dollar USD lequel demeure une des principales armes de la guerre hybride générale pour que la stratégie de diversion de l’empire révèle son être sous-jacent: un monstre froid qui n’hésitera pas à détruire l’humanité si le show de télé-realité entretenant les masses d’esclaves accrochés aux écrans de leurs appareils fabriqués en Chine.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=838213541&adf=2752661137&w=668&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596846652&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=668×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F08%2F07%2Fle-vernis-de-la-confusion-sest-envole-une-remise-en-cause-de-la-suprematie-eu-dollar-se-soldera-par-des-milliers-de-champignons-atomiques-tout-le-reste-nest-que-du-show-business%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=167&rw=667&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChEI8Pez-QUQ44aQhd-91bDWARJMAI-2h3_GZPCefEPIPYiLEo7AQfCdUjuEZWvu5heO6dcbXuHLGJzMBsVynlmjApPaSXvNUHLO9adftHistDV-x–rFTQ30vb5zEp4sA&dt=1596846651856&bpp=4&bdt=2945&idt=4&shv=r20200805&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C668x280&nras=3&correlator=2395922088854&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596845957&ga_hid=1129867465&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=124&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=3&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=3486&biw=1055&bih=450&scr_x=0&scr_y=573&eid=42530558%2C42530560%2C21066154%2C21066791%2C21066533&oid=3&pvsid=796588577363290&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=0%2C0%2C0%2C0%2C1366%2C0%2C1088%2C570%2C1072%2C450&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=6&uci=a!6&btvi=2&fsb=1&xpc=SvUOOWPQFh&p=https%3A//strategika51.org&dtd=153

Plus la suprématie du dollar est remise en cause et plus on verra de nouvelles armes et plus de guerres hybrides. L’éventuel requiem du dollar ne saurait être qu’un florilège de champignons atomiques s’élevant au-dessus des villes et des mégalopoles d’un monde abruti par le mensonge permanent.

https://strategika51.org/2020/08/07/le-vernis-de-la-confusion-sest-envole-une-remise-en-cause-de-la-suprematie-eu-dollar-se-soldera-par-des-milliers-de-champignons-atomiques-tout-le-reste-nest-que-du-show-business/

Oeil pour oeil

Oeil pour oeil

5 Août 2020

Sont-ce les grandissantes frictions, inavouées mais réelles, entre Russes et Turcs – de la Libye à la Syrie en passant par Hagia Sofia et même le gaz – qui ont fait revenir sur le devant de la scène l’incident du Sukhoi 24 ? Les fidèles lecteurs du blog s’en souviennent bien, c’était en novembre 2015 :

Au lendemain du mini acte de guerre turc contre la Russie, la tension ne diminue pas et ce n’est pas la timide tentative d’apaisement du premier ministre turc – « la Russie est un pays voisin et ami » – qui changera grand chose.. Poutine a, dans un discours d’une franchise rarement vue au niveau international, qualifié hier la Turquie de « complice des terroristes » et assuré que ce « crime ne resterait pas impuni ».

Si l’on en croit les derniers développements, le terme de « crime » est difficilement contestable. Le copilote survivant a déclaré que le SU-24 n’avait reçu aucun avertissement. Nous avons aussi montré que si incursion il y a eu, elle n’a duré que quelques secondes, faisant dire à Lavrov que c’était une « provocation planifiée », ce que confirme aussi l’opposition turque. Quant à l’invraisemblable hypocrisie d’Ankara, elle est exemplifiée par le fait que les avions turcs ont violé à 2 244 reprises l’espace aérien grec en 2014 :PUBLICITÉ

Les premières mesures russes sont dans la droite ligne de ce que nous prévoyions hier. Des S-400, peut-être le meilleur système anti-aérien du monde à l’heure actuelle, seront déployés à 30 km de la frontière turque, fermant le ciel syrien à l’OTAN. Comme si ça ne suffisait pas, le croiseur lance-missiles Moskva, équipé de systèmes antiaériens poussés, est arrivé à toute vapeur sur la côte de Lattaquié, prêt à descendre tout ce qui bouge. Les jets ottomans n’ont pas trop intérêt à traîner dans le coin…

Reste le plus important : l’armement des Kurdes. Gageons que s’il se réalise, il ne sera connu qu’une fois réalisé, Poutine mettant le sultan devant le fait accompli, vieille habitude russe…

Le mois suivant, nous précisions :

Les tensions russo-turques sont loin de s’apaiser, avec une possible nouvelle crise internationale, sur les détroits cette fois. Selon le traité de Montreux de 1936, le Bosphore et les Dardanelles sont ouverts à la navigation internationale ; Ben Erdogan ne peut donc stopper les bateaux russes qui continuent de faire voile vers la côte syrienne en provenance de la Mer noire. Voulue ou non, la provocation d’aujourd’hui a mis le sultan dans tous ses états. Alors que le Caesar Kunikov passait entre les deux rives d’Istanbul, un soldat russe a délibérément épaulé un lance-missile au vu et su de tous.

Fureur en Turquie où l’ambassadeur russe a été convoqué (ça devient une habitude ces derniers temps) et que certains ministres accusent Moscou de violer le traité de Montreux. Après avoir tué deux pilotes russes, le sultan s’attendait sans doute à voir les marins du Kunikov lancer des pétales de rose…

En plein dans le mille. Un tout récent article du respecté Nordic Monitor revient sur l’affaire. Selon des documents déclassifiés, ce missile, fourni au PKK kurde par les Russes, a très vraisemblablement été utilisé pour descendre un hélicoptère Cobra turc quelques mois plus tard.http://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2FWKRg-zA92Tg%3Fwmode%3Dtransparent%26feature%3Doembed&wmode=transparent&display_name=YouTube&url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DWKRg-zA92Tg&image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FWKRg-zA92Tg%2Fhqdefault.jpg&key=a42c510231f911e1a92e4040d3dc5c07&type=text%2Fhtml&schema=youtube

L’avertissement était donc bien réel : œil pour œil, dent pour dent et hélicoptère contre avion. Depuis, sans surprise, les néo-ottomans ont consciencieusement évité de chauffer les oreilles de l’armée russe. La chose pourrait éventuellement être renouvelée si, d’aventure, le sultan empiétait par trop sur les platebandes russes et que la tension montait encore de quelques crans. Nous en sommes (encore ?) loin, mais le message du Bosphore est là pour le rappeler à tous, particulièrement à Ankara…Tag(s) : #Russie#Moyen-Orient

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/08/oeil-pour-oeil.html

L’arrestation par le KGB biélorusse de mercenaires russes du Groupe PMC Wagner relance la controverse sur l’appartenance réelle de cet acteur non étatique et ses liens avec l’Otan (Exclusif)

L’arrestation par le KGB biélorusse de mercenaires russes du Groupe PMC Wagner relance la controverse sur l’appartenance réelle de cet acteur non étatique et ses liens avec l’Otan (Exclusif)

Strategika51   30/07/2020

Le KGB (non ce n’est pas une erreur, il existe encore à Minsk) biélorusse a arrêté 32 ressortissants russes liés à la société de sécurité privée connue sous le sigle de PMC Wagner. Pour les éléments du KGB bielorusse, les ressortissants arrêtés sur le territoire de la Biélorussie sont considérés comme mercenaires et sont traités en adéquation avec cette qualité.

Le chef du KGB biélorusse, Valery Valkoutchik a évoqué l’arrestation, le 29 juillet 2020, de 32 russes, membres de l’organisation paramilitaire Wagner. Un 33ème membre de ce groupe a été intercepté et arrêté un peu plus tard dans le sud du pays. D’après la liste nominative de ces mercenaires publiée par les médias biélorusses, ils sont âgés entre 24 et 55 ans. Ils disposent d’argent cash en dollar USD, des manuels militaires et de passeports russes.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=640100010&adf=2878364714&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596175717&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F30%2Flarrestation-par-le-kgb-bielorusse-de-mercenaires-russes-du-groupe-pmc-wagner-relance-la-controverse-sur-lappartenance-reelle-de-cet-acteur-non-etatique-et-ses-liens-avec-lotan-exclusif%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8N-J-QUQ5Myyp8KX0dAQEkwAzw3FcuUdLgDwqbt2hGKErBMu7bD1AQSQJtXYU0i1AoOk2Mq7LShyTIn2VmG92nrwLOPhgY2ilgcx1GtUmsAUpa8iMulf5WiWXJcp&dt=1596175721168&bpp=4&bdt=3324&idt=-M&shv=r20200729&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=1925989080247&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596175312&ga_hid=70876939&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=125&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=3623&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1078625168849922&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=5&uci=a!5&btvi=1&fsb=1&xpc=gzPtMr9IHB&p=https%3A//strategika51.org&dtd=160

Le président biélorusse, Alexandre Lukashenko, candidat à un sixième mandat et farouche opposant à ce qu’il désigne par la décadence européenne, est intervenu à la télévision à ce sujet. Les médias du pays accusent la Russie de vouloir sinon entraver les prochaines présidentielles en Biélorussie ou du moins y exercer une certaine influence. Ce que dément formellement Moscou et avec force.

La Russie et la Biélorussie sont des pays alliés qui ont signe un accord de partenariat stratégique qui est assimilé à un pacte de défense commune.

De plus, la Biélorussie est l’un des derniers pays d’Europe à avoir refusé dans le menu et dans le détail le joug US, de l’Otan ou encore les desiderata de l’Union européenne que Lukashenko méprise au plus haut point en raison de l’hostilité affichée de l’UE aux valeurs traditionnelles et au monde rural.

En théorie, la Russie n’a aucun intérêt à interférer de quelque manière que ce soit en Biélorussie sauf si le camp adverse y est déjà. La frontière que la Biélorussie partage avec l’Ukraine est après tout une source de tous les dangers. Cependant, Minsk dispose d’un appareil sécuritaire assez efficace qui a permis jusqu’ici de tenir à distance les néo-nazis ukrainiens soutenus – ultime paradoxe- par les les libéraux occidentaux et à garder une marge de manœuvre vis à vis de Moscou.

Cette affaire relance à nouveau la controverse sur PMC Wagner et plus exactement sur le commanditaire réel de cette armée privée, similaire à son homologue US qui était connue lors de la guerre d’Irak sous l’appellation de Blackwater (puis Academy et X), d’autant plus que les clients de PMC Wagner de recrutent parmi les pays appartenant à la sphère d’influence de Washington comme c’est le cas actuellement en Libye (PMC Wagner opère en Libye pour le compte des Emirats Arabes Unis) ou encore en Afrique.

Beaucoup de médias et d’analystes soupçonnent le groupe PMC Wagner d’être plus ou moins lié avec le Kremlin à travers l’oligarque russe Evgueni Prigojine ou encore à son commandant opérationnel, Dimitri Outkine, un ancien lieutenant-colonel des fameux Spetsnaz et un très fervent admirateur du IIIème Reich (C’est lui qui a choisi le nom de Wagner en hommage au compositeur allemand Richard Wagner). D’un point de vue légal, la Russie ne tolère aucune société militaire privée sur son territoire et sanctionne lourdement tout citoyen impliqué dans des activités de mercenariat à l’étranger.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=640100010&adf=812463423&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596175717&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F30%2Flarrestation-par-le-kgb-bielorusse-de-mercenaires-russes-du-groupe-pmc-wagner-relance-la-controverse-sur-lappartenance-reelle-de-cet-acteur-non-etatique-et-ses-liens-avec-lotan-exclusif%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8N-J-QUQ5Myyp8KX0dAQEkwAzw3FcuUdLgDwqbt2hGKErBMu7bD1AQSQJtXYU0i1AoOk2Mq7LShyTIn2VmG92nrwLOPhgY2ilgcx1GtUmsAUpa8iMulf5WiWXJcp&dt=1596175721168&bpp=10&bdt=3324&idt=-M&shv=r20200729&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280&nras=3&correlator=1925989080247&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596175312&ga_hid=70876939&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=126&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=4803&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1078625168849922&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=6&uci=a!6&btvi=2&fsb=1&xpc=UOnVTZT02s&p=https%3A//strategika51.org&dtd=183

PMC Wagner n’a donc aucune existence légale en Russie. Il est certainement infiltré par des éléments du FSB russe qui le considère comme une voie de dégagement des éléments les plus néo-nazis de la société comme le FBI US surveille cette nébuleuse sur son propre territoire en le considérant comme du terrorisme intérieur mais on ne sait rien et par dessus tout on ne dispose d’aucune preuve d’un quelconque lien entre le ministère russe de la Défense et le groupe PMC Wagner.

Pour comprendre le mystère du groupe PMC Wagner, Il faut revenir à la Russie dévastée des années 90 et le règne des oligarques de la pègre et des ex-militaires réduits à travailler pour des petits caïds du milieu. La montée fulgurante des oligarques russes est un phénomène induit et encouragé par les services spéciaux occidentaux. La plupart était d’origine juive et tous venaient du milieu et avait un lien avec la mafia. La corruption qui régnait dans une Russie pauvre en plein démantèlement sauvage, subissant des représailles occidentales à la limite de l’hystérie, réduisirent un très grand nombre d’anciens officiers à travailler comme gardes du corps, chauffeurs, plongeurs, serveurs, etc. pour ces parvenus et nouveaux riches aux gestes brusques et à la gâchette facile. Les secteurs économiques et strategiques de l’ex-Union soviétique furent bradés au profit des nouveaux oligarques pro-occidentaux dont les plus influents purent s’accaparer de secteurs vitaux comme l’énergie et la puissance des oligarques dépassa celle de l’État fédéral russe. L’avènement de Vladimir Poutine, un ancien officier du défunt KGB fut favorisée par les oligarques mais une fois au pouvoir, il se retourna contre eux et entrepris l’une des plus grandes purges de l’histoire russe. Cette purge fit scandale en Occident et on cria bientôt au pogrom et à l’antisémitisme parce que la majorité des oligarques avaient réussi à obtenir la nationalité israélienne grâce à leurs origines juives réelles ou supposées (il y avait un juteux trafic assez bien connu pour obtenir une filiation juive et obtenir des avantages en Israël, beaucoup de russes ont prétendu être juifs pour pouvoir émigrer en Israël ou obtenir sa nationalité). Les sept plus grands oligarques furent soit emprisonnés ou exilés tandis que le reste rallia le nouvel homme fort comme ce fut toujours le cas en Russie. Poutine dut s’en accommoder tout en surveillant de très près ses arrières. De fait et comme dans la totalité des pays au monde, Poutine ne gouverne pas seul. Il doit composer avec des oligarques aux intérêts divergents et aux allégeances suspectes. L’appareil sécuritaire russe a réussi jusqu’ici de limiter l’influence pernicieuse de puissances extérieures sur la politique russe mais ne parvient toujours pas à enrayer l’évolution des groupes criminels et surtout néo-nazis parce qu’ils sont toujours liés à des intérêts puissants et souvent étrangers. Le conflit ukrainien a permis à la Russie d’éliminer des centaines de groupes extrémistes nazis mais ces derniers ont trouvé refuge dans un nouvelle matrice pan-européenne et cherchent des appuis financiers tous azimuts.

L’affaire biélorusse s’explique en conséquent par deux approches:

Soit Moscou trouve que Loukashenko est un électron libre et qu’il est temps de le remplacer par un autre de son opposition, soit il s’agit d’une réaction à une autre ingérence du camp d’en-face. Une troisième option est possible toutefois: le groupe PMC Wagner est avant tout une entreprise économique et travaille avec le plus offrant pour assurer son financement autonome, il se pourrait qu’il est reçu commande d’une partie dont les intérêts ne concordent pas, voire s’opposent à ceux de Moscou et de Minsk.

Cependant comme le groupe PMC Wagner est infiltré mais pas contrôlé par Moscou (on ne connaît pas la nature exacte liant Prigogine à la Russie ni si il a obtenu une autre nationalité vu ses origines), une telle opération n’aurait pu avoir lieu sans que les russes n’en soient informés. Et cela explique la démarche biélorusse vis à vis de Moscou.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=640100010&adf=3906146894&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596175717&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F30%2Flarrestation-par-le-kgb-bielorusse-de-mercenaires-russes-du-groupe-pmc-wagner-relance-la-controverse-sur-lappartenance-reelle-de-cet-acteur-non-etatique-et-ses-liens-avec-lotan-exclusif%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8N-J-QUQ5Myyp8KX0dAQEkwAzw3FcuUdLgDwqbt2hGKErBMu7bD1AQSQJtXYU0i1AoOk2Mq7LShyTIn2VmG92nrwLOPhgY2ilgcx1GtUmsAUpa8iMulf5WiWXJcp&dt=1596175721168&bpp=5&bdt=3325&idt=5&shv=r20200729&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280%2C674x280&nras=4&correlator=1925989080247&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596175312&ga_hid=70876939&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=126&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=6400&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1078625168849922&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=7&uci=a!7&btvi=3&fsb=1&xpc=PyZMhEyj81&p=https%3A//strategika51.org&dtd=194

Les prochains clients de PMC Wagner, un richissime royaume du Golfe et un Etat incrusté au Levant longtemps presenté comme un îlot de démocratie dans une mer de régimes autocratiques (image de propagande usée), nous éclairera un peu plus sur les orientations véritables du groupe PMC Wagner et s’il est réellement lié aux intérêts stratégiques de la Russie.Publicitéshttps://c0.pubmine.com/sf/0.0.3/html/safeframe.htmlREPORT THIS ADhttps://c0.pubmine.com/sf/0.0.3/html/safeframe.htmlREPORT THIS AD

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Haftartelette et autres friandises libyennes

Haftartelette et autres friandises libyennes

29 Juillet 2020

Décidément, notre bon vieux BHL n’a pas de chance. Toutes les conditions étaient pourtant réunies afin que son séjour libyen se déroule sous les meilleurs auspices possibles : chaleur agréable lui permettant de déboutonner sa chemise immaculée, vent léger modelant sa chevelure aérodynamique… Las ! La grande expédition du guérillero de Saint-Germain-des-Prés s’est transformée en petite promenade écourtée par ses ex-protégés, bien ingrats pour l’occasion.

D’autres voient également l’évolution du pays d’un œil atterré, avec des raisons sans doute plus valables que le simple égo blessé d’un philosophe de comptoir. Nous avons vu le mois dernier que l’inextricable enchevêtrement d’alliances et d’oppositions moyen-orientales était encore magnifié par la crise libyenne.

L’Iran soutient le GNA tendance Frères musulmans qu’il a pourtant combattus en Syrie ; a l’inverse, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis les combattent en Libye alors qu’ils les ont soutenus en Syrie et au Yémen ; quant à Israël, il est complètement perdu dans ce dossier, ne pouvant supporter ni le GNA (lié idéologiquement au Hamas) ni Haftar (allié à Assad).PUBLICITÉ

Dans cette macédoine, l’empire se retrouve lui aussi dans une position très inconfortable. A l’origine du catastrophique changement de régime ayant abattu Khadafi, il a ensuite pris ses distances d’avec les nouvelles autorités libyennes pour soutenir Haftar, très longtemps vu comme l’homme des Américains. Vision en réalité peut-être un peu trompeuse…

Il est vrai que le personnage a passé des années aux Etats-Unis et appelait régulièrement au renversement de Khadafi. Mais il ne faut pas oublier que le général, alors jeune officier, avait aussi, en pleine Guerre froide, été envoyé deux fois (1978, 1983) à Moscou pour se former dans les prestigieuses écoles de l’état-major soviétique. En a-t-il gardé quelque chose ?

« L’homme des Américains » semble en tout cas clairement échapper à son supposé protecteur. En juin, des officiels US se disaient déjà troublés par de curieux vols entre l’Est libyen, fief d’Haftar, et… Caracas ! Il se murmure que lui et Maduro ont mis en place un système d’échange or-dollar pour permettre au liderissimo vénézuélien de contourner le blocus financier décidé par Washington.

Certes, il faut toujours prendre ce genre d’infos avec recul, mais la suite semble confirmer le divorce. DC la Folle, qui accuse régulièrement Moscou d’envoyer armes et mercenaires à Haftar, menacerait maintenant carrément ce dernier de sanctions pour ses liens avec la Russie, notamment avec le fameux Groupe Wagner qui contrôle une partie des installations pétrolières du pays.

Les conséquences géopolitiques de la rupture américano-haftarienne sont également fort intéressantes. Elle place en effet Washington complètement en porte-à-faux avec certains de ses plus proches troupiers – Arabie saoudite, France, Emirats Arabes Unis, Egypte -, tous fervents soutiens du général. La dissociation du lien impérial, en Libye comme ailleurs…

Tag(s) : #Afrique#Russie#Etats-Unis

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Le retour de la bête ou comment la stratégie de la confusion stratégique de Washington a induit en erreur la perception stratégiques de ses rivaux sur la poursuite des objectifs initiaux

Le retour de la bête ou comment la stratégie de la confusion stratégique de Washington a induit en erreur la perception stratégiques de ses rivaux sur la poursuite des objectifs initiaux

Strategika51   25/07/2020

Une autre attaque israélienne a ciblé des positions militaires syriennes près de Hadar dans le voisinage de la ville de Qunaïtra (Golan) quelques jours après un attaque de missiles massive sur Damas et la chute de missiles syriens sur la colonie de Magdel Chams

Les attaques israéliennes contre la Syrie continuent dans le cadre d’un redéploiement des forces US au Levant et une recrudescence des activités militaires US autour de la base d’Al-Tanf mais également le nord de la Syrie après la réussite de la stratégie confusionnelle de « Bellum omnium contra omnes » ou guerre de tous contre tous visant en premier lieu à brouiller la perception stratégique russe.

Les derniers missiles israéliens lancés par des appareils de combat au dessus du plateau du Golan sont justifiés du côté israélien comme une riposte à la chute de débris de missiles Sol-Air syriens sur la partie sous occupation israélienne du Golan après le bombardement de sites au Sud de Damas.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=795325058&adf=2332433717&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595686823&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F25%2Fle-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8LDv-AUQ16bdrpO16thqEkwAeLaUSqlMB6BM6ElhETbZ6uei986_qWz0DMyW68eSNjDXCufHOkEOPEniuzLrVN6npXX62V4R1vG9I8Wvyi1xtV-mF0DbXVRVDDrP&dt=1595686823896&bpp=21&bdt=5262&idt=-M&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=7461084740688&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595686822&ga_hid=1103974965&ga_fc=1&iag=0&icsg=4398042316848&dssz=129&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=2797&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154%2C21066392&oid=3&pvsid=1662855456186054&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-24-16&ifi=2&uci=a!2&btvi=1&fsb=1&xpc=PxsGDCJTSq&p=https%3A//strategika51.org&dtd=67

En d’autres termes, Israël attaque régulièrement la Syrie après l’échec de la guerre hybride par proxy et lorsque les syriens (où leurs alliés) utilisent des missiles Sol-Air pour contrer les missiles israéliens dans l’espace aérien syrien, cette action est qualifiée comme une attaque par Tel-Aviv.

En réalité ces attaques concertées entre les Etats-Unis et Israël (avec la participation active de pays alliés dans la région) sont plus un message en direction de la Russie en Syrie qu’à égard de Damas ou Téhéran. Ces actions s’insèrent dans le cadre d’une montée en puissance d’une guerre en préparation contre les puissances émergentes que sont la Russie et la Chine et reflètent un changement de paradigme radical dans la stratégie de Washington où les notions de « guerre sans fin contre le terrorisme » par le biais de la création ex-nihilo d’acteurs non-étatiques idéologiquement ou religieusement motivés par la manipulation et la subversion sont abandonnées au profit d’une approche plus classique d’une confrontation avec un ou plusieurs rivaux géostratégiques majeurs.

La Russie appelle Israël à cesser ses attaques contre la Syrie:https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=795325058&adf=1492687157&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595686823&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F25%2Fle-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8LDv-AUQ16bdrpO16thqEkwAeLaUSqlMB6BM6ElhETbZ6uei986_qWz0DMyW68eSNjDXCufHOkEOPEniuzLrVN6npXX62V4R1vG9I8Wvyi1xtV-mF0DbXVRVDDrP&dt=1595686823896&bpp=18&bdt=5262&idt=-M&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280&nras=3&correlator=7461084740688&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595686822&ga_hid=1103974965&ga_fc=1&iag=0&icsg=4398042316848&dssz=130&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=3500&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154%2C21066392&oid=3&pvsid=1662855456186054&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-24-16&ifi=3&uci=a!3&btvi=2&fsb=1&xpc=ZcudPlkmof&p=https%3A//strategika51.org&dtd=90

Le représentant russe aux Nations Unies a réitéré les appels de la Russie à Israël pour la cessation des raids aériens sur le territoire syrien et de mettre fin à toute occupation étrangère dans ce pays ainsi que l’arrêt des tentatives de démanteler la Syrie en entités éparses. Cet appel très diplomatique n’a pourtant aucune chance d’être entendu.

Une certaine naïveté russe…

En dépit de leurs expériences passées, les russes ont fait montre d’une certaine naïveté en Syrie où ils ont cru pouvoir jouer au funambule dans un environnement où il fallait éviter ou du moins prévenir la prolifération de bases US et offrir les moyens d’une dissuasion fiable à une Syrie techniquement en guerre ouverte avec Israël et soumise à une guerre économique et financière américaine et européenne d’une férocité extrême. Le protectorat de facto de la Turquie sur la province syrienne rebelle d’Idleb a non seulement mis à mal la stratégie russe en Syrie mais a prouvé que la stratégie turque au Levant est une pièce maîtresse de la grande stratégie de Washington visant à reprendre la main au Levant au Moyen-Orient et de bloquer l’initiative de la nouvelle Route de la Soie chinoise d’atteindre la Méditerranée orientale.

Le déclin des groupes rebelles en Syrie ne pouvait qu’amener Israël à intervenir plus ou moins directement dans un conflit où il est l’un des principaux protagonistes. Cette donnée est essentielle et démontre qu’en dépit de la confusion globale délibérée entretenue par la nouvelle approche de Washington -ruse de guerre, brouillard de guerre ou situationnisme confusionnel dans la plus pure tradition du très classique « Art de la Guerre » de Sun Tzu, les pays ayant déclenché la guerre en Syrie poursuivent inlassablement leurs objectifs initiaux avec pour ligne de mire:

  1. Affaiblir les forces armées syriennes et découpler le Hezbollah libanais de l’équation syrienne et isoler ce dernier sur la scène libanaise, prélude à son ciblage;
  2. Découpler l’axe Damas-Téhéran et obtenir un changement de régime en Syrie en lui substituant dans le meilleur des cas un état de chaos similaire ou pire à celui en cours en Libye avec des protagonistes rivaux acquis ou alliés à l’Otan;
  3. Une fois la destruction de l’Etat syrien obtenue, focaliser l’ensemble des synergies régionales et internationale dans une alliance contre l’Iran pour aboutir au même objectif qu’en Syrie;
  4. Un changement de régime en Iran par un autre favorable à l’empire mettrait d’immenses réserves et de gisement d’énergies fossiles à la disposition de Washington et permettra de lancer avec l’aide des riches pays Arabes du Conseil de Coopération du Golfe et la Turquie le « Grand Djihad otanien » sur le flanc sud de la Russie en créant des remake de la première guerre d’Afghanistan dans les ex-République d’Asie centrale;
  5. La Russie se retrouvera ainsi acculée sur ses marches occidentales (pays baltes, Pologne, Ukraine, Roumanie) mais encore plus gravement sur son flanc méridional en Asie centrale où l’islam politique pourrait encore servir la stratégie US pour déstabiliser et tenter de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie avec pour objectif économique d’obtenir un changement de régime à Moscou et la mise en place d’un leadership russe favorable aux intérêts des oligarques compradores liés à la mafia financière occidentale comme c’était le cas au temps d’Eltsine sur fond d’une nouvelle humiliation de la Russie dans tous les domaine et la destruction de ses structures militaires, sociales et culturelles (propagation du chaos social);
  6. Simultanément, obtenir le découplage de l’axe stratégique Moscou-Beijing et de préférence créer les conditions d’une hostilité entre la Russie et la Chine tout en ciblant l’Ouest chinois par les mêmes outils de la subversion (guérilla islamiste pan-turquiste au Xinjiang, renforcée par l’incendie en Asie centrale musulmane) tout en renforçant son encerclement stratégique (Mer de Chine méridionale, péninsule coréenne, Hong Kong, rivalité avec le Viet-Nam, et nouvel élément géostratégique, un état de guerre froide avec l’Inde) dans un remake plus étendu et plus élaboré des guerres de l’Opium du 19ème siècle.

Inutile de préciser que ce scénario comporte des conséquences très lourdes à assumer pour l’ensemble de la population mondiale (après tout c’est grâce à la Chine si la plupart des consommateurs parviennent à s’offrir des commodités à des prix plus ou moins raisonnables ou accessibles au plus grand nombre) ou encore sur les capacités avérées des russes à reprendre les choses en main en cas de décapitation subite du leadership ou d’une révolution colorée (ils l’ont assez prouvés tout au long de leur histoire fort mouvementée) et le pire scénario est de voir une Russie dotée de plus de 5000 ogives nucléaires (plus de 12 000 en réalité) sombrer dans le chaos et qu’un groupe d’officiers nationalistes décident de prendre le pouvoir en prenant les armes contre un gouvernement fantoche mis en place par Washington avec l’aide des puissants réseaux sionistes internationaux. Ces données expliquent en partie la volonté de Vladimir Poutine de demeurer à la tête de la Russie pour quelques années et la décision unanime des élites dirigeantes de la Chine à nommer à vie le président Xi Jinping. Pour ces deux pays, le loup est derrière la porte de la maison et tous les moyens sont bons pour l’abattre.

L’empire US et ses alliés ne sont plus ce qu’ils étaient il y trois décennies. L’état des Etats-Unis en 2020 est similaire à celui prévalant en ex-Union Soviétique durant les années 1986-1990 et l’effondrement politique, économique et social est réel en dépit de la mainmise du dollar et de la falsification de tous les indices macro-économiques et boursiers. La spéculation et la méga-propagande renforcée par le contrôle de l’internet pallient pour le reste. Les élites de la finance ont décidé de créer des crises multi-formes (le COVID-19 n’en est qu’un aspect) afin de maintenir un statu quo ou à défaut faire couler le navire tout en maintenant leurs dividendes astronomiques et en multipliant à l’infini les clivages sociétaux à l’intérieur des sociétés humaines et les conflits armés entre les Etats. La guerre hybride se transforme et on saura bientôt la nouvelle forme qu’elle va adopter sur fond de crise sanitaire (en fait une guerre hybride mêlant un vecteur biologique et une médiaguerre avec une domestication des population par la peur et la terreur, un créneau toujours porteur).https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=795325058&adf=3107533707&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595686823&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F25%2Fle-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8LDv-AUQ16bdrpO16thqEkwAeLaUSqlMB6BM6ElhETbZ6uei986_qWz0DMyW68eSNjDXCufHOkEOPEniuzLrVN6npXX62V4R1vG9I8Wvyi1xtV-mF0DbXVRVDDrP&dt=1595686823896&bpp=7&bdt=5262&idt=-M&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280%2C674x280&nras=4&correlator=7461084740688&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595686822&ga_hid=1103974965&ga_fc=1&iag=0&icsg=4398042316848&dssz=130&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=5970&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154%2C21066392&oid=3&pvsid=1662855456186054&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-24-16&ifi=4&uci=a!4&btvi=3&fsb=1&xpc=3Q046Cm2dW&p=https%3A//strategika51.org&dtd=99

Le Grand Jeu est entré dans sa phase paroxystique et tout est désormais possible.

https://strategika51.org/2020/07/25/le-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux/

De l’URSS aux USSA

De l’URSS aux USSA

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mercredi 22 juillet 2020

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De l’URSS aux USSA

22 juillet 2020 – Comme on l’a vu hier en détail dans ce Journal-dde.crisis, on parle beaucoup du parallèle entre les USA, bientôt USSA (United Socialist States of America) si Black Lives Matter l’emporte aux présidentielles. Si vous voulez, effondrement pour effondrement, avec la cerise sur le gâteau que ce sont surtout les commentateurs des USSA qui évoquent le scénario et ses similitudes avec l’URSS. L’invité d’hier dans ces pages, le Russe Artem Loukine mentionnait précisément ce phénomène en introduction de son texte sur le sujet :

« …Aujourd’hui, ce ne sont pas les spécialistes russes, mais plutôt les spécialistes américains qui prédisent une montée du sécessionnisme aux États-Unis, car “la pandémie et les protestations ont mis en évidence les divisions régionales aux Etats-Unis”. Certains vont même jusqu’à affirmer que l’adhésion au mouvement de sécession des États devrait aboutir à des “entités plus heureuses et moins corrompues”, confédérées dans une version nord-américaine de l’UE… »

Sans doute aiguillonné par cette remarque de Loukine, RT.com a été chercher un de ces textes américanistes sur la chute du système de l’américanisme comme double de la chute de l’URSS, et l’a publié dans ses colonnes. Cela donne « Today’s USA : striking similarities to pre-collapse USSR », du professeur d’Histoire à l’Université de Princeton Harold James. On lit ce texte ci-dessous et l’on voit que l’auteur accorde une importance considérable au dollar, au rôle et à l’avenir du dollar, d’une façon qui est, d’une façon paradoxalement contraire à son propos, incomparable avec ce qui s’est passé dans le cas de l’URSS…

(…A  moins, – et l’idée serait historiquement des plus intéressantes, – que l’on brise les canaux des catégories et que l’on propose l’idée que l’idéologie communiste fut à l’URSS ce que le dollar fut et est encore aux USA : un moyen de conquête insidieuse, de domination par la contrainte, – un moyen au service du “déchaînement de la Matière”, certes.)

Pour le reste, je pense qu’il ne serait pas inintéressant que j’apporte la pierre brûlante de mon souvenir, – pour ne pas parler de nostalgie (!), – puisque j’ai vécu cette séquence de l’effondrement de l’URSS, comme journaliste intéressé au premier chef dans cette matière, dans un lieu (Bruxelles) où la politique internationale et les relations Est-Ouest étaient exacerbées. Et ainsi voit-on sans le moindre doute des similitudes entre l’effondrement de l’URSS et celui, en cours, des USSA…

(Plus encore… J’en serais à me demander si cette éruption de gauchisme à la mode du “marxisme culturel” aux USA, laquelle m’autorise à parler de ‘USSA’, n’est pas un coup de main des dieux pour apporter la marque indélébile de la proximité des deux effondrements, un peu comme la fleur de lys sur l’épaule de Milady, – le marxisme, ou ce qu’on en a fait, comme “marque du Diable” pour les deux effondrements.)

J’ai déjà donné des échos de mes souvenirs de cette période, et particulièrement de l’URSS très directement (« Au temps de Gorbatchev… ») et de la fable, la narrative ébouriffante d’impudence et de menteries neoconnes, à laquelle pourtant (ou “justement”) tout le monde croque aujourd’hui à belles dents, de l’URSS descendue en flammes par les USA de Reagan chevauchant sur sa monture, à coups de dépenses militaires grâce au simulacre de la “guerre des étoiles” (SDI pour Strategic Defense Initiative, ou ‘Stars War’) du même Reagan et de son six-coups.

Dans les diverses rubriques que j’aborde ci-dessous, je mentionne une fois de plus ma très forte et très honorable conviction que l’URSS en fer-blanc, au bord de l’essoufflement paralytique, vieillie, pourrie et vermoulue par la gangrène de la corruption, a été liquidée par la glasnost de Gorbatchev, comme exposée dans le texte déjà référencé.

(D’une certaine façon, je veux dire à la façon de l’américanisme, Trump pourrait figurer comme une sorte de Gorbatchev-involontaire des USA, parce que sa venue a déchaîné une sorte de glasnost pour ceux qui veulent bien avoir l’amabilité d’ouvrir les yeux pour regarder l’état actuel des États-Unis, les troubles en cours, le débat et la tactique contre Covid19 et tout le reste… C’est ce que nous avons nommé « Le Moment-‘glasnost’ du Système »)

Quelques remarques plus concentrées sur des domaines identifiés, concernant les similitudes entre les deux systèmes, les deux “superpuissances” de la Guerre froide, au moment de leur(s) effondrement(s).

• La direction politique jusqu’à la paralysie et à la gérontocratie. A partir de la mort de Staline (1953), le caractère déstructuré du pouvoir soviétique a pris le pas sur le caractère terroriste et totalitaire institué par “l’Ingénieur des Âmes”, avec une dégradation régulière et une perte d’autorité à mesure du “Centre” politique (le PC et son idéologie). Les dernières années-Brejnev (1975-1982) ont conduit à une gérontocratie, aspect ultime de la paralysie du pouvoir, avec des vieillards malades (Andropov et Tchernenko) se succédant au pouvoir jusqu’au quasi-effondrement entériné par la nomination de Gorbatchev. En effet, Gorbatchev devint le contraire de ce que les ‘experts’ occidentaux prévoyaient (Brzezinski annonçait en décembre 1985 un “rajeunissement” de la fermeté et de l’autorité du pouvoir en URSS, avec Gorbatchev).

Les USSA ont suivi une voie assez parallèle, à partir de l’assassinat de Kennedy et l’installation de Johnson : le Vietnam, le Watergate, les scandales de la CIA jusqu’à la crise pétrolière avec l’Iran (et les otages de Teheran) durant les années 1970, les interventions secrètes ou officieuses en Afghanistan et au Nicaragua, jusqu’à l’Irangate qui faillit provoquer la destitution de Reagan, le pouvoir US s’est érodé très profondément jusqu’à la fin de la Guerre Froide. A partir de là, il survécut sur une narrative de l’hyperpuissance, avec continuation à l’occasion du 11-septembre débouchant sur un faux État-policier, sans véritable capacité d’affirmer son autorité comme on le découvre chaque jour aujourd’hui, dans nombre de rues de nombre de villes.

Enfin, à l’occasion de l’arrivée de Trump, on a donc découvert que les USSA sont également une gérontocratie. Le président et les candidats sérieux ont tous plus de 70 ans, souvent plus proche des 80 comme Joe Biden, qui paraît parfois comme une réplique à l’identique quoique plus rigolarde et peloteuse, de l’indescriptible Tchernenko des années 1984-1985.

• L’autonomie égoiste et l’atomisation hostile des centres de pouvoir. La paralysie du pouvoir en tant que tel est complète aujourd’hui à Washington et dans le pays, où les centres de pouvoir et les pouvoirs intermédiaires affirment de plus en plus leurs capacités. Il s’agit d’un mouvement centrifuge classique pour une Fédération ébranlée, lequel mouvement met en lumière les faiblesses structurelles et peut-être mortelles dans un terme pas si lointain du pays.

Un mouvement analogue avait eu lieu en URSS, mais d’une façon moins déstructurante puisqu’il affectait les républiques regroupées par l’URSS. Le mouvement centrifuges a détruit l’URSS mais a permis la résurrection de la Russie. Les USSA, s’ils sont dans la même dynamique, ne sont absolument pas dans cette situation ; ils sont dans une posture bien pire parce qu’ils n’ont pas une puissance centrale à la structure historique aussi forte, sinon souveraine, que la Russie par rapport à l’URSS.

• L’armée et les impasse paradoxales des technologies. La proximité conceptuelle des deux “empires” du point de vue de la puissance militaire est évidente. Ils se sont tous les deux appuyés sur la puissance militaire pour affirmer leurs capacités de contrainte et de pression, pour proclamer leur fonctionnalité d’imperium. Si la puissance militaire US est effectivement aujourd’hui autant en crise que l’était celle de l’URSS à la fin des années 1970, c’est paradoxalement pour des raisons techniques inverses. Les militaires soviétiques reconnaissaient à la fin des années 1970 qu’ils n’avaient pas la capacité de développer des technologies avancées, et cette impuissance fut, – autre paradoxe, – la véritable cause de la glasnost, les militaires ayant besoin du développement d’une base technologique civile impliquant une libéralisation civile et une “libération de la parole”, notamment avec l’accès à l’informatique, dont Gorbatchev se chargea dès son arrivée au pouvoir. (Confidences du maréchal Ogarkov au journaliste Leslie Gelb en mars 1983 à Genève.)

Aujourd’hui, le Pentagone et le Complexe Militaro-Industriel (CMI) ont dépassé leur “principe de Peter” et poursuivent une course folle à l’impasse. Les technologies avancées coûtent de plus en plus cher et deviennent trop complexes pour fonctionner dans les milieux où évoluent les systèmes d’arme ; il en résulte qu’on achète de moins en moins de systèmes d’arme, géométriquement de plus en plus cher et au fonctionnement opérationnel absolument aléatoire. Le CMI US paralyse l’orientation de l’économie US, comme celui de l’URSS le faisait pour cette  puissance. (Il y avait d’ailleurs, à l’époque de la grande expansion des armements des années 1970, une sorte de complexité objective pour les deux CMI, pour obliger à l’accélération de la production.) Certains analystes, comme James Carroll, estiment que Gorbatchev a réussi à l’exploit peu ordinaire détruire le CMI soviétique, ce qui semble se démontrer sous Poutine où un budget dix fois moins élevé que celui du pentagone produit diverses catégories d’armement, notamment stratégiques, plus efficaces dans une mesure sans précédent. Gorbatchev lui-même juge que le CMI fera s’effondrer les États-Unis.

• La corruption, gangrène de l’économie et du reste. Au début des années 1980, une ‘économie parallèle’, véritable ‘marché noir’, s’était développée complèmentairement au vrai simulacre d’économie que produisait l’URSS. Cette ‘économie de marché noir’ comptait pour 20% de la richesse du pays et permettait l’introduction en URSS de marchandises venues de l’Ouest, pour la vie courante, la nourriture, l’habillement, les équipements domestiques, etc., des populations Cette structuration était connue des autorités et s’insérait durant la période Brejnev dans la structuration de la corruption généralisée, développée sur des bases locales et régionales, dans les diverses ‘républiques’ avec des relais à Moscou et des liens organiques avec le Parti, à côté d’une solide structure du crime organisé. Les “Services”, notamment le KGB, ont notablement réussi à moins être impliqués dans cette corruption que leur grand pendant américaniste qu’estr la CIA.

La corruption aux USSA a une toute autre forme, quasiment officialisée et ‘blanchie’ comme l’on fait de l’argent sale, sous la forme du lobbying, du financement des campagnes, etc. La corruption des USSA est largement aussi lourde et aussi parasitaire que la corruption en URSS au moment de son effondrement, particulièrement pour la politique, soumise à un nombre incalculables de contraintes, de barrières, d’obstacles, et donc figée dans un dédale d’obligations contradictoires et souvent proches d’être illicites. Les liens entre les organes officiels et les réseaux de trafic de drogue, le crime organisé, etc., est largement connu et exposé, notamment dans le chef de  la CIA. L’Agence est notablement plus corrompue depuis une trentaine d’années, – particulièrement depuis le mandat Reagan, qui l’a complètement corrompue en la “privatisant” dans ses activités subversives, notamment grâce à l’action de William Casey (1981-1987), ami de Reagan, homme de Wall Street et des contacts avec le crime organisé et les réseaux financiers.

L’URSS est morte en 1985, comme les USSA tels qu’en l’état pourraient mourir en 2021, des mêmes maux de paralysie, d’impuissance, d’obésité, de conformisme entraînant la zombification de la psychologie. Mais l’URSS s’est offert in extremis un croquemort de qualité, doublé d’un notaire chargé de veiller sur l’héritage. Gorbatchev a développé, “à l’insu de son plein gré”, sans qu’il en ait fait le calcul ni eu la conscience, une mécanique de dissolution de l’URSS pour laquelle il est injustement honni, en (r)ouvrant les consciences et les psychologies russes, – qui soutiennent et expriment la gloire de l’âme russe, – avec la glasnost pseudo-soviétique. Il a ainsi, à dix ans d’intervalle, préparé Poutine et la renaissance de la Russie : l’âme russe est renée sur les décombres de l’URSS au prix d’un calvaire imposé par le capitalisme, se montrant à peu près, à sa façon, aussi dévastateur que le communisme.

Il est rien de moins qu’évident qu’un “American-Gorbatchev” puisse faire son apparition. Un temps, – quelques mois, sinon quelques semaines, – l’on crut qu’Obama pourrait tenir ce rôle. Espoir complètement déçu, devant un Système d’une vigilance extrême et d’une exceptionnelle puissance à l’encontre de ceux qu’il peut frapper. Encore récemment, le Système a englouti une Tulsi Gabbard qui s’est complètement effacée. (Un des lecteurs-commentateur de l’article de RT.com annonçant la capitulation de Tulsi Gabbard lors des primaires démocrates de 2020 [ralliement à Biden, retrait de la plainte contre Clinton] a eu cette phrase courte et tranchante, qui pourrait être une épitaphe symbolique pour le simulacre que monte le système de l’américanisme pour nous parler de son American Dream : « Bonne décision de Tulsi. Son espérance de vie vient de s’allonger notablement. »)

Ci-dessous, donc, « Today’s USA : striking similarities to pre-collapse USSR », du professeur d’Histoire à l’Université de Princeton Harold James.

Semper Phi (*)

Note

(*) Cette drôle de signature vaut quelques explications avec les implications ainsi suggérées : nous nous en sommes enquis auprès du chroniqueur … Il nous conta donc ceci : dans sa fougueuse jeunesse, il était, comme tout un chacun, complètement phagocyté par l’américanisme et particulièrement fasciné par le bruit des armes, ses exploits hollywoodiens et ses coutumes. Ainsi était-il fasciné par les fameux Marines, dont John Wayne (qui se garda bien de s’engager) nous vantait la gloire impérissable. Ainsi apprit-il que la devise du Corps des Marines, par ailleurs créatrice d’une véritable tradition qu’il importe de saluer, se dit Semper Fidelis en latin, soit “Toujours fidèles” ; et les Marines en vadrouille ou en virée lors des escales ont coutume de se reconnaître entre eux par l’abrégé de “Semper Fi”. Utilisant son prénom qui faisait l’affaire, notre chroniqueur a pris l’habitude de signer parfois d’un ironique Semper Phi, qui n’indique pas le retour à ses fascinations d’origine mais plutôt la volonté d’affirmer une fidélité qui lui importe. Par l’utilisation de la chose, il entend conclure son propos par une affirmation de plus de la fidélité de dedefensa.org à lui-même et à tous ceux qui lui sont proches, – et donc à vous, ses lecteurs. Semper Fi

https://www.dedefensa.org/article/de-lurss-aux-ussa

L’arbre en feu qui cache la forêt sombre et dangereuse

L’arbre en feu qui cache la forêt sombre et dangereuse


Par The Saker − Le 14 juillet 2020 − Source Unz Review via thesaker.is

À peu près au milieu de l’année 2020, il devient assez évident qu’il existe un certain nombre de développements majeurs qui ont retenu presque toute notre attention, et pour une bonne raison, car ce sont des changements tectoniques qui sont vraiment qualifiés des «catastrophes» – selon la définition du mot « un changement violent et soudain dans une caractéristique de la terre ».

Les voici :

  • L’initiation de l’effondrement global de l’Empire anglo-sioniste.
  • L’immense bulle économique dont la taille sans cesse croissante est le meilleur indicateur de l’ampleur de l’énorme explosion qu’elle entraînera inévitablement.
  • L’implosion de la société américaine due à une combinaison de plusieurs crises systémiques profondes – effondrement économique, tensions raciales, pauvreté de masse, aliénation, absence de protections sociales, etc.
  • La pandémie de COVID-19 – alias «c’est comme la grippe saisonnière !!» – qui ne fait qu’exacerber tous les autres facteurs majeurs énumérés ci-dessus.
  • Enfin, il est difficile d’imaginer à quoi ressemblera la prochaine élection présidentielle américaine, mais une chose est sûre : d’ici novembre, nous connaîtrons déjà une tempête parfaite – l’élection ne fonctionnera que comme une source d’énergie qui alimentera encore plus cette tempête déjà parfaite.

Certes, il s’agit d’évolutions véritablement importantes, historiques, dont l’importance ne peut être surestimée. Ce ne sont cependant pas les seuls développements très graves. Il existe, en effet, plusieurs zones de tensions politiques sévères qui pourraient également entraîner une explosion majeure, bien que «seulement» régionale !

J’en énumérerai quelques-unes, en commençant par la plus visible :

Turquie

Erdogan ne sert à rien de bon. Encore une fois. Quelle grosse surprise, non ? Chaque fois que j’entends quelqu’un écrire quelque chose sur Erdogan rêvant de devenir le sultan d’un nouvel empire ottoman, j’ai tendance à rouler des yeux car c’est un cliché. Pourtant, on ne peut nier que ce cliché est vrai – l’idéologie néo-ottomane est définitivement bien vivante en Turquie et Erdogan veut clairement «monter ce cheval». Alors, énumérons quelques-unes des choses auxquelles les Turcs ont participé :

  1. Syrie : les Turcs ont clairement traîné les pieds dans le nord de la Syrie où, du moins selon l’accord conclu entre Erdogan et Poutine, les «mauvais terroristes» auraient dû partir il y a longtemps et la route principale aurait dû être sous la protection conjointe des forces russes et turques. Eh bien, la Turquie a fait une partie de cela, mais pas tout, et les «mauvais terroristes» sont toujours très présents dans le nord de la Syrie. En fait, ils ont récemment tenté d’attaquer la base des forces aérospatiales russes à Khmeimim. Ils ont échoué, mais c’est toujours quelque chose dont les Turcs doivent répondre puisque l’attaque est venue d’une zone qu’ils contrôlent. Protéger les terroristes en échange de promesses d’immunité contre leurs attaques a été tenté à plusieurs reprises dans le passé et n’a jamais fonctionné – tôt ou tard, les groupes terroristes échappent toujours au contrôle de leurs maîtres et se retournent même contre eux. Cela arrive maintenant à la Turquie.
  2. Libye : les Turcs sont également profondément impliqués dans la guerre civile libyenne. En fait, «profondément impliqué» ne donne pas assez de crédit à l’armée turque qui a utilisé des drones de fabrication turque avec une efficacité dévastatrice contre les forces du maréchal Khalifa Belqasim Haftar, le commandant de l’armée nationale libyenne basée à Tobrouk et qui est soutenue par la Russie et l’Égypte. Seul le déploiement rapide – et plutôt mystérieux – des défenses aériennes russes et d’un certain nombre de MiG-29 non identifiés a finalement réussi à faire tomber suffisamment de drones turcs pour les forcer à faire une pause. Les Égyptiens ont clairement indiqué qu’ils n’autoriseront jamais le soi-disant «gouvernement d’accord national» à prendre Syrte ou toute terre à l’est de Syrte. Le Parlement libyen – de l’Est de la Libye – a maintenant donné à l’Égypte l’autorisation officielle d’intervenir directement en Libye. Cela fait d’une sorte d’intervention égyptienne une chose presque certaine.
  3. Sainte Sophie : et juste pour s’assurer qu’il y a suffisamment de sources de tension, les Turcs ont maintenant déclaré que la cathédrale Sainte-Sophie d’Istanbul ne sera plus un musée ouvert à tous, mais une mosquée. Maintenant, la marionnette de la CIA, modestement connue sous le nom de «Sa très divine sainteté, archevêque de Constantinople, de la Nouvelle Rome et patriarche œcuménique», Bartholomew devrait être l’adversaire le plus virulent de ce mouvement, mais tout ce qu’il peut faire est de marmonner des arguments non pertinents – il voulait rentrer dans l’histoire comme le patriarche qui a patronné le schisme ukrainien et, à la place, il restera  comme le patriarche qui n’a rien fait pour empêcher les Ottomans de s’emparer de l’un des sites les plus sacrés du monde orthodoxe. À vrai dire, il n’aurait probablement pas pu empêcher cela car la décision d’Erdogan est entièrement en rapport avec les prochaines élections en Turquie, mais il aurait certainement pu essayer un peu mieux. Idem pour le chef du patriarcat de Moscou et, d’ailleurs, le gouvernement russe, qui a exprimé des choses vagues comme inquiétude, consternation, condamnation molle, mais qui n’a vraiment rien fait pour sanctionner Erdogan après son geste.
Aparté

Ce que les Turcs viennent de faire est une honte, pas seulement pour la Turquie elle-même, qui, encore une fois, prouve que la version ottomane de l'islam est particulièrement toxique et dangereuse. C'est aussi une honte pour le monde musulman tout entier qui, à quelques exceptions notables près, telles que le cheikh Imran Hosein, n'a rien fait pour empêcher cela et, le cas échéant, a approuvé cette décision. Enfin, c'est une honte pour l'ensemble du monde orthodoxe car cela prouve que l'ensemble de la communauté orthodoxe mondiale a moins de pertinence et d'importance aux yeux du dirigeant turc que le résultat de ses élections locales. La Russie, en particulier, aurait le genre de muscle politique nécessaire pour infliger toutes sortes de formes douloureuses de représailles contre la Turquie et pourtant la Russie ne fait rien. C'est un triste témoin de l'extrême faiblesse de la foi orthodoxe dans le monde moderne

Ajoutez à cela toutes les sources «traditionnelles» d’instabilité autour de la Turquie, y compris le problème kurde toujours non résolu – car insoluble ! – les tensions entre la Turquie, l’Irak et l’Iran, le soutien discret de la Turquie aux factions anti-russes dans les différents États ex-soviétiques et la confrontation constante avec la Grèce.

La Turquie reste l’un des États les plus dangereux de la planète, même si la plupart des gens n’en sont pas conscients. Certes, au cours des dernières années, elle a perdu une grande partie de sa superbe, mais elle dispose toujours de nombreux atouts formidables, y compris une très forte capacité nationale de fabrication d’armes, qu’elle peut utiliser pour un vaste éventail d’interventions politiques et militaires néfastes.

Égypte

Voilà un autre pays qui fait régulièrement la une des journaux puis disparaît du radar du public. Pourtant, en ce moment, l’Égypte est confrontée non pas à une, mais à  deux guerres possibles !

  1. Libye : comme je l’ai mentionné ci-dessus, en cas d’affrontement ouvert entre la Turquie et l’Égypte en Libye, il pourrait y avoir une escalade rapide dans laquelle les premiers affrontements militaires pourraient se transformer en affrontements sur la Méditerranée orientale et même en éventuelles frappes contre des objectifs militaires clés en Turquie et en Égypte. La seule bonne nouvelle ici est qu’il y a beaucoup d’acteurs majeurs qui n’ont pas besoin d’une guerre en Méditerranée orientale et / ou au Moyen-Orient. Après tout, s’il s’agissait d’une véritable confrontation militaire entre la Turquie et l’Égypte, alors vous pouvez être à peu près sûr que l’OTAN, le CENTCOM, la Grèce, Israël et la Russie auraient tous des préoccupations majeures. En outre, il est difficile d’imaginer quel genre de «victoire» militaire la Turquie ou l’Égypte pourraient espérer. À l’heure actuelle, la situation est très tendue, mais nous pouvons espérer que toutes les parties se rendront compte qu’une solution négociée, même temporaire, est préférable à une guerre à grande échelle.
  2. Éthiopie : l’Égypte a un problème potentiellement beaucoup plus important que celui de la Libye à résoudre. Il s’agit de la construction par l’Éthiopie du «Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD)» sur le Nil Bleu. Bien que personne ne sache vraiment quel sera l’impact final de ce barrage sur le Soudan et l’Égypte, il est assez clair qu’une civilisation bâtie le long du Nil sera confrontée à une menace majeure pour son mode de vie si la façon dont le Nil s’écoule est perturbée de façon importante, ce que ce barrage fera certainement.

Des deux conflits possibles que j’ai mentionnés ci-dessus, c’est le deuxième qui m’inquiète le plus. En fin de compte, ni la Turquie ni l’Égypte ne pourront décider de ce qui se passe en Libye, qui est surtout une sorte d ‘«échiquier» multi-joueurs où les «grands» – États-Unis, France, Russie – décideront finalement du résultat. Dans le cas du barrage en Éthiopie, les acteurs locaux auront probablement un mot décisif à dire, d’autant plus que les deux parties considèrent qu’il s’agit d’une question existentielle importante pour eux.

Si vous regardez une carte de la région, vous verrez que la distance entre la frontière égyptienne et l’emplacement du barrage à la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan est longue d’environ 1 200 km ou 745 miles. En cas de confrontation militaire entre les deux pays, cette distance décidera à peu près de la forme de la guerre que nous verrons : principalement des frappes aériennes et de missiles.

Le principal problème ici, pour les deux parties, est qu’aucune n’a le type de force aérienne ou de missiles qui lui permettrait de frapper efficacement l’autre pays. Cependant, cela pourrait changer très rapidement, surtout si la Russie vend à l’Égypte 24 de ses chasseurs multi-rôles avancés Su-35, et encore plus si la Russie rajoute quelques missiles air-sol capables dans le colis – la livraison du premier Sukhoi semble imminente. Ensuite, il y a ce «petit détail» du Soudan coincé entre les deux combattants : Khartoum ne peut tout simplement pas détourner le regard et prétendre que tout va bien si deux de ses principaux voisins décident de se battre dans l’espace aérien soudanais.

En théorie, l’Égypte pourrait également essayer de monter une attaque depuis la mer Rouge, mais pour le moment, la marine égyptienne ne dispose pas du genre de matériel coup de poing qui lui permettrait de frapper efficacement l’Éthiopie, en particulier avec la présence de l’Érythrée entre la mer Rouge et l’Éthiopie.

Mais cela pourrait également changer, d’autant plus que l’Égypte a accepté d’acheter les deux navires d’assaut amphibie de classe Gamal Abdel Nasser (ex-Mistral) et les porte-hélicoptères qui, bien que n’étant pas l’idéal, renforceraient certainement les capacités de commandement et de contrôle de l’Égypte, surtout si les Égyptiens réussissent à déployer des AWACS et des avions d’attaque, hélicoptères ou même à voilure fixe légère V / STOL, sur ces navires. En pratique, cependant, je pense que les Égyptiens pourraient engager ces navires beaucoup plus efficacement en Libye qu’ils ne le feraient en mer Rouge – d’autant plus que ces navires sont mal défendus contre les frappes de missiles.

Enfin, non seulement le barrage GERD est défendu par des systèmes de défense aérienne et quelques avions de l’armée de l’air décents, même s’ils vieillissent, un barrage est une cible assez difficile à détruire il est grand, fort et a un grand volume qui, à lui seul, contribue également à la «solidité» face aux attaques.

Il y a donc des raisons d’espérer qu’un conflit peut être évité, mais il sera très difficile d’amener les deux parties à s’entendre par des compromis sur des questions que les deux parties considèrent comme vitales pour leur sécurité nationale.

L’Ukraine

Oui, l’Ukraine. Encore. Cette folie qui a commencé avec l’Euromaïdan ne s’est pas arrêtée, loin de là. En fait, depuis l’élection de Zelenskii, l’Ukraine est devenue une sorte de maison de fous qui serait carrément hilarante si elle n’était pas aussi tragique et même horrible pour des millions d’Ukrainiens. Je vous épargnerai tous les détails, mais nous pouvons résumer le principal développement de ces derniers mois en disant que «Zelenskii a complètement perdu le contrôle du pays». Mais cela ne commencerait même pas à couvrir la réalité de cette situation.

D’une part, la guerre des mots entre Trump et Biden à propos du scandale de l’Ukrainegate a maintenant «infecté» la scène politique ukrainienne et chaque partie est d’abord occupée avec ce que l’on appelle localement «la Relation publique occulte», à savoir essayer de dénicher autant de saloperies que possible contre votre adversaire. Zelenskii est si faible que, étonnamment, Porochenko, auparavant presque totalement discrédité, a maintenant fait un retour en force et a obtenu le soutien de nombreux nationalistes influents. La dernière « bombe informationnelle » incroyable – mais vraie ! – a été déclenchée par un membre de la Rada ukrainienne, Andrei Derkach, qui a publié un enregistrement de Joe Biden et Porochenko discutant des avantages et des inconvénients de l’organisation d’une attaque terroriste en Crimée – voir ici pour plus de détails sur cette histoire incroyable. Cela fait à la fois de Biden et de Porochenko des «sponsors du terrorisme», ce qui n’est guère une surprise, mais quand même.

D’autres nouvelles «juteuses» sur le Banderastan occupé par les nazis incluent un Zelenskii peut-être père d’un enfant avec une de ses assistantes, et des attaques brutales contre les membres d’un petit – mais en croissance – parti d’opposition «Sharii» que les autorités ont non seulement ignorées, mais très probablement commandées en premier lieu. Ce n’est pas mon propos ici de discuter de toutes les subtilités toxiques de la politique interne ukronazie, je n’examinerai donc qu’un des dangers majeurs résultant de cette dynamique : on parle à nouveau de guerre avec la Russie.

D’accord, nous avons tous entendu les mêmes rumeurs depuis des années maintenant, et pourtant aucune attaque ukrainienne réelle et soutenue contre les républiques du Donbass (LDNR) ou, encore moins, la Crimée n’a jamais eu lieu – il y a eu des frappes d’artillerie et des attaques de diversion constantes, mais celles-ci restent en dessous du seuil de la guerre ouverte. Mais ce que nous entendons aujourd’hui est un peu différent : un nombre croissant d’observateurs ukrainiens et même polonais ont déclaré que la Russie attaquerait cet été ou en septembre, utilisant peut-être des manœuvres militaires pour déplacer des forces vers la frontière ukrainienne et attaquer. Selon la personne à qui vous le demandez, une telle attaque pourrait provenir de la Biélorussie et / ou du centre de la Russie – certains s’inquiètent même d’une opération amphibie russe contre le littoral ukrainien et des villes comme Marioupol, Nikolaev, Kherson ou Odessa.

Aparté

Les Ukronazis sont vraiment incroyables. D'abord, ils ont coupé toute l'électricité et même l'eau de la Crimée, puis ils déclarent que la Russie devra l'envahir pour reprendre le contrôle de l'approvisionnement en eau. L’idée que la Russie résoudra le problème de l’eau de la Crimée par des moyens pacifiques et technologiques est, semble-t-il, tout à fait impensable pour les dirigeants ukrainiens. Dans le monde réel, cependant, la Russie a un programme complet pour résoudre globalement les problèmes d’eau de la Crimée. Ce programme a commencé par la pose de conduites d'eau, l'amélioration du système d'irrigation de la Crimée, l'utilisation d'avions spéciaux pour déclencher la pluie et pourrait même inclure la création d'une usine de dessalement. La simple vérité est que la Russie peut facilement rendre la Crimée complètement indépendante de tout ce qui est ukrainien.

Et pour aggraver les choses, le chef de la marine ukrainienne, qui existe essentiellement sur le papier, a maintenant déclaré qu’un nouveau missile ukrainien, le Neptune, pourrait atteindre Sébastopol. Le problème n’est pas le missile lui-même – c’est une version modernisée d’un vieux design soviétique, il est lent et donc facile à abattre, mais le genre de «bruit de fond mental» créé par ce type de discours de guerre.

D’un point de vue purement militaire, la Russie n’a même pas à déplacer de troupes pour vaincre les forces armées ukrainiennes : tout ce que la Russie a à faire est d’utiliser ses puissantes armes à longue portée et ses moyens de frappe de reconnaissance pour d’abord décapiter, puis désorganiser et enfin détruire l’armée ukrainienne. La supériorité de la Russie dans les airs, sur l’eau et sur terre est telle que les Ukrainiens n’ont aucune chance au monde de survivre à une telle attaque, sans même imaginer de vaincre la Russie. Les Ukrainiens savent tous que, après tout, leurs forces armées n’ont même pas pu faire face aux forces relativement minuscules et infiniment plus faibles du LDNR – du moins par rapport aux forces russes régulières.

Pourtant, les Ukrainiens ont un avantage sur la Russie : s’il serait extrêmement dangereux d’essayer, ils doivent se rendre compte que, contrairement à leurs attaques sur le Donbass, s’ils osaient attaquer la Crimée, le président Poutine n’aurait pas d’autre option que d’ordonner une sorte de frappe de représailles.

Toute attaque ou frappe ukrainienne sur la Crimée échouerait probablement car tous les missiles seraient interceptés bien avant qu’ils ne puissent atteindre leurs objectifs, mais même dans ce cas, la pression sur Poutine pour y mettre un terme serait énorme. Ce qui signifie qu’il ne serait pas faux de dire que quiconque est au pouvoir à Kiev peut forcer la Russie à intervenir ouvertement. Cela signifie que dans ce cas précis, le côté le plus faible peut avoir au moins un certain degré de domination dans l’escalade.

Maintenant, l’Ukraine ne peut certainement pas réaliser de surprise stratégique, ni même de surprise tactique, mais, encore une fois, le succès réel de toute frappe ukrainienne contre la Crimée n’exige pas que les cibles désignées de la frappe soient détruites, tout ce qui est nécessaire, dans certains hypothèses au moins, est la capacité de faire deux choses :

  • Obliger la Russie à intervenir ouvertement
  • Choisir l’heure, le lieu et le mode d’attaque les plus problématiques pour la partie russe

Enfin, je suggérerais que nous examinions cette question du point de vue de l’Empire anglo-sioniste. À bien des égards, sinon la plupart, le Banderastan, créé par l’Occident en Ukraine, a perdu son utilité. L’US Navy n’obtiendra pas de base navale en Crimée qui est maintenant perdue à jamais – c’est maintenant l’un des endroits les mieux défendus de la planète, la Russie n’est pas intervenue ouvertement dans la guerre civile, les forces ukronazies ont été complètement battues par les Novorussiens et en termes économiques, l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un grand trou noir qui ne pourra que s’approfondir. Ce qui pourrait suggérer à certains des élites dirigeantes américaines que déclencher une guerre perdante contre la Russie pourrait être la meilleure – et peut-être la seule – chose que leur horrible créature puisse faire pour eux. Pourquoi ?

Eh bien, d’une part, une telle guerre sera sanglante, même si elle est courte. Deuxièmement, étant donné qu’il est extrêmement improbable que les Russes veuillent occuper une partie de ce qui est aujourd’hui l’Ukraine tenue par les nazis, cela signifie que même une défaite militaire totale n’entraînerait pas nécessairement une disparition complète du Banderastan actuel. Oui, davantage de régions de l’Est et du Sud pourraient essayer de saisir cette occasion pour se lever et se libérer, et si cela se produisait, la Russie pourrait offrir le genre d’aide qu’elle a offerte aux Novorussiens, mais je ne pense pas que quiconque croit sérieusement que des chars russes seront vus à Kiev ou, encore moins, à Lvov  – pour ne pas parler de Varsovie ou de Riga. Ainsi, une défaite militaire contre la Russie ne serait pas une perte totale pour le Banderastan et cela pourrait même donner une dynamique bénéfique à la puissance ukronazie consolidée qui pourrait sortir d’un tel conflit. En fait, si cela devait arriver, j’attends pleinement des Ukronazis qu’ils déclarent une sorte de djihad pour libérer l’Ukraine occupée par les Moskals. Cela signifie que le bain de sang initial serait suivi d’une guérilla entre la Russie et l’Ukraine, qui pourrait durer très longtemps et être également très indésirable pour la Russie.

Aparté 

Pendant mes études, j'ai eu l'honneur et le privilège d'étudier avec un merveilleux colonel de l'armée pakistanaise qui est devenu un bon ami. Un jour, c'était vers 1991, j'ai demandé à mon ami quelle serait la stratégie pakistanaise lors d'une éventuelle guerre contre l'Inde. Il m'a répondu : "Regardez, nous savons tous que l'Inde est beaucoup plus forte et plus grande que le Pakistan, mais ce que nous savons tous aussi, c'est que s'ils nous attaquent, nous pouvons les faire saigner du nez méchamment". C'est exactement ce que pourrait être la stratégie ukrainienne: faire saigner du nez la Russie. Militairement, c'est impossible, bien sûr, mais en termes politiques, toute guerre ouverte contre l'Ukraine serait un désastre pour la Russie. Ce serait aussi un désastre pour l'Ukraine, mais les marionnettistes des Ukronazis à Kiev ne se soucient pas plus du peuple ukrainien que du peuple russe : tout ce qu'ils veulent, c'est faire abondamment saigner les Russes du nez.

En résumé, c’est un scénario possible qui pourrait aboutir à une catastrophe régionale : quiconque est au pouvoir en Ukraine commencerait par se rendre compte que le projet d’un  Banderastan ukronazi a déjà échoué et que ni l’UE ni, encore moins, les États-Unis ne sont prêts à continuer de jeter de l’argent dans le trou noir des Ukies. De plus, les politiciens ukrainiens intelligents se rendront compte que ni Porochenko ni Zelensii n’ont «livré» les «marchandises» attendues à l’Empire. Ensuite, les pays vassaux des États-unis en Europe de l’Est – dirigés par la Pologne et les mini-états de la Baltique – se rendent également compte que l’argent de l’UE s’épuise et que loin d’avoir réalisé de réels progrès économiques, bien loin du «miracle» espéré, ils deviennent également de plus en plus insignifiants pour leurs maîtres dans l’UE et aux États-Unis. Et, croyez-moi, les dirigeants politiques de ces États vassaux américains ont réalisé il y a longtemps qu’une guerre entre la Russie et l’Ukraine serait une opportunité fantastique pour eux de reprendre une certaine valeur aux yeux de leurs suzerains impériaux dans l’UE et aux US. Pour les gens qui pensent comme eux, même une tentative de frappe de Neptune contre Sébastopol serait un moyen rapide et tout à fait raisonnable de forcer la main de Poutine.

Enfin, nous pouvons maintenant regarder la situation en Russie

Russie

On pourrait penser qu’après la victoire massive remportée par le Kremlin avec le vote sur les modifications de la Constitution russe, la situation politique en Russie serait idyllique, du moins comparée au naufrage du Titanic de «l’Occident collectif». Hélas, c’est loin d’être le cas. Voici quelques-uns des facteurs qui contribuent à une situation potentiellement dangereuse en Russie.

  1. Comme je l’ai mentionné dans le passé, outre l’opposition «officielle» (prétendue) à la Douma, il y a maintenant deux oppositions «non-système» très distinctes à Poutine : les bons vieux «libéraux», que j’appelle parfois la 5e colonne, et les relativement nouveaux haineux de Poutine «nationalistes-roses» que j’ai baptisés, quelque peu ironiquement, je l’admets, comme une 6e colonne. Ruslan Ostashko les appelle des «émo-marxistes», et c’est aussi une précision très perspicace. Ce qui est si frappant, c’est que, si les 5e et 6e colonnes russes se détestent, leurs leaders détestent encore plus Poutine. Beaucoup d’entre eux détestent également le peuple russe parce qu’il ne «comprend pas» – du moins à leurs yeux – et parce que le peuple vote à maintes reprises pour Poutine. Inutile de dire que ces «5e et 6e colonnes», que nous appellerons pour la suite «5 et 6c» déclarent que l’élection a été volée, que des millions de votes n’ont pas été comptés du tout, tandis que d’autres ont été comptés plusieurs fois. Selon ces 5 et 6c, il est littéralement impensable que Poutine obtienne un tel soutien, la seule explication est que les élections ont été truquées. Alors que la somme totale des voix de ces 5 et 6c n’est probablement pas suffisante pour vraiment menacer Poutine ou la société russe, le Kremlin doit être très prudent dans la manière dont il gère ces groupes, d’autant plus que la situation de la société russe se dégrade clairement.
  2. La Russie a des problèmes objectifs, réels, qui ne peuvent être simplement ignorés. La plupart des Russes préféreraient clairement un État beaucoup plus social et économiquement actif. La réalité est que le système politique actuel en Russie se soucie peu du «petit peuple». La façon dont le Kremlin et les «grandes entreprises» russes sont enchevêtrées est affligeante pour beaucoup de Russes, et je suis d’accord avec eux. En outre, si les sanctions occidentales ont bien préparé la Russie à la crise actuelle, il reste vrai que la Russie ne fonctionne pas dans un environnement très favorable. Les revenus sont en baisse dans de nombreux secteurs et la pandémie CODID-19 a également eu un effet dévastateur sur les petites entreprises russes. Et si la question du virus COVID-19 n’a pas été aussi désespérément politisée en Russie qu’en Occident, beaucoup de mes contacts me rapportent que beaucoup de gens estiment que le Kremlin et les autorités de Moscou ont mal géré la crise. Ainsi, alors que l’opposition non systémique des 5 et 6c ne peut pas vraiment menacer la Russie, il y a suffisamment de ce que j’appellerais des «tendances toxiques et potentiellement dangereuses» au sein de la société russe qui pourraient se transformer en une menace beaucoup plus grande si une crise éclatait soudainement – y compris une crise déclenchée par une provocation ukrainienne toujours possible.
  3. De plus en plus de Russes, y compris les partisans de Poutine, sont frustrés par ce qu’ils perçoivent comme une politique étrangère russe boiteuse et franchement flasque. Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ne sont pas d’accord avec la manière dont Poutine traite les grands problèmes – disons la Crimée, la Syrie ou les bruits de sabre de l’Occident – mais ils sont particulièrement frustrés par ce qu’ils perçoivent comme des réponses russes boiteuses contre de petites provocations. Par exemple, le Congrès américain et l’administration Trump ont continué à imposer des sanctions et des accusations stupides contre la Russie sur une base quasi-quotidienne, mais la Russie ne fait vraiment pas grand-chose à ce sujet, malgré le fait qu’il existe de nombreuses options dans sa «Boîte à outils» politique pour vraiment faire payer aux États-Unis cette attitude. Une autre chose qui irrite les Russes est cette manière arrogante, condescendante et carrément grossière dont les politiciens occidentaux – et leurs journalistes stipendiés en Russie –  interviennent constamment dans les affaires internes russes sans jamais être sérieusement inquiétés pour cela. Bien sûr, certains personnages et organismes particulièrement nocifs ont été expulsés de Russie, mais pas assez pour envoyer un message clair aux ennemis de la Russie.
  4. Et, pour aggraver les choses, il y a de sérieux problèmes entre la Russie et ses supposés alliés, en particulier la Biélorussie et le Kazakhstan. Rien de vraiment critique ne s’est encore produit, mais la situation politique en Biélorussie s’aggrave de jour en jour, grâce, d’une part, à la politique inepte de Loukachenko et, d’autre part, à une résurgence du nationalisme kazakh, apparemment avec l’approbation du gouvernement central. Non seulement la déstabilisation de deux grands alliés russes est une mauvaise chose en soi, mais elle soulève également la question de savoir comment Poutine peut traiter, par exemple, la Turquie ou la Pologne, alors qu’elle ne peut même pas stabiliser la situation en Biélorussie et au Kazakhstan.

Dans une large mesure, je partage également bon nombre de ces frustrations et je conviens qu’il est temps que Poutine et la Russie adoptent une posture beaucoup plus proactive envers un Occident éternellement hostile.

Mon problème avec la 5e colonne est qu’elle est composée de russophobes enragés qui détestent leur propre nation et qui ne sont que des prostituées consentantes de l’Empire anglo-sioniste. Ils veulent que la Russie devienne une sorte «d’autre Pologne seulement plus à l’Est» ou quelque chose d’aussi insipide et sans intérêt.

Mon problème avec la 6ecolonne est qu’elle déteste beaucoup plus Poutine qu’elle n’aime la Russie, ce qui se constate régulièrement en prédisant soit un coup d’État, soit une révolution, ou un soulèvement populaire ou tout autre événement sanglant que la Russie ne peut tout simplement pas se permettre pour deux raisons principales :

  1. La Russie s’est presque détruite deux fois au cours du siècle dernier : en 1917 et en 1991. Chaque fois, le prix payé par le peuple russe a été absolument horrible et la nation russe ne peut tout simplement pas se permettre un autre conflit interne majeur.
  2. La Russie est en guerre contre l’Empire, et bien que cette guerre reste à peu près 80% information et idéologie, environ 15% économique et seulement 5% une guerre réelle, il reste que c’est une guerre totale, existentielle, pour la survie : soit l’Empire disparaît, soit la Russie disparaît. Il s’agit donc d’une situation où toute action qui affaiblit votre État, votre pays et son dirigeant se rapproche toujours dangereusement de la trahison.

À l’heure actuelle, la plus grande bénédiction pour la Russie est que ni la 5e ni la 6e colonne n’ont réussi à produire, ne serait-ce qu’à moitié, une personnalité politique crédible qui semble au moins marginalement capable d’offrir des solutions réalistes. Un certain nombre de partisans de la 5e colonne ont décidé d’émigrer et de quitter ce qu’ils considèrent comme le «Mordor de Poutine». Hélas, je ne vois aucun flux de partisans de la 6e colonne quitter la Russie, ce qui en fait objectivement un outil beaucoup plus utile pour des agences comme la CIA qui n’hésiteront pas à infiltrer même un mouvement politique supposé anti-américain si cela peut affaiblir la Russie en général, ou Poutine en particulier.

À l’heure actuelle, les services de sécurité russes font un excellent travail pour contrer toutes ces menaces, y compris la menace terroriste wahhabite toujours très réelle. Cependant, compte tenu de la situation politique internationale plutôt instable et même dangereuse, cela pourrait changer si toutes les forces qui haïssent Poutine et ce qu’elles appellent le «Poutinisme» unissent leurs forces ou frappent simplement en même temps.

Conclusion

Il existe, bien sûr, de nombreux autres points chauds potentiels sur la planète, notamment l’Inde, le Pakistan et la Chine, la mer de Chine méridionale, le golfe Persique, la péninsule coréenne et bien d’autres. Ainsi, ce qui précède n’est qu’un échantillon d’une liste beaucoup plus longue.

Les énormes changements qui se produisent sous nos yeux sont réels. Mais nous ne devons pas suivre l’exemple des médias pro-système et nous concentrer uniquement sur un ou deux sujets «brûlants», surtout pas lorsqu’il y a de nombreux dangers très réels. Cela étant dit, il ne fait aucun doute que ce qui se passera dans les prochains mois aux États-Unis est de loin le développement le plus important qui soit, qui façonnera l’avenir de notre planète, quoi qu’il se passe réellement. Et je ne parle pas du non-choix totalement symbolique entre Biden et Trump.

Je fais référence à la manière dont la société américaine gérera une coalition de minorités anti-américaines virulentes qui détestent ce pays et tout ce que, bon ou mauvais il représentait dans le passé. À l’heure actuelle, les élites américaines commettent un suicide national non seulement en échouant à s’opposer, mais aussi en soutenant activement les voyous de BLM et tout ce qu’ils représentent. BLM & Co. me rappellent les Ukronazis dont la principale expression de l’identité nationale est de haïr tout ce qui est russe – les voyous de BLM font la même chose, toute leur vision du monde est une pure haine du mâle blanc hétéro et de la civilisation occidentale. Et tout comme les Ukies se régalent d’histoires sur les «anciens Ukrs», les gens de BLM imaginent qu’ils vont d’une manière ou d’une autre transformer les États-Unis en un type de Wakanda avant d’expulser – ou pire – tous ceux qui ne sont pas prêts à abandonner leur pays à des gangs de voyous analphabètes en itinérance.

Alors que la Russie doit faire face au potentiel de la violence interne, les États-Unis sont déjà confrontés à une insurrection dangereuse et violente qui risque de s’aggraver avec l’explosion de la crise économique déclenchée par la pandémie.

Jusqu’à présent, les effets de cette crise ont été quelque peu atténués par une combinaison de dénégations politiques sur la nature de la menace – «oh, quelle absurdité, c’est comme la grippe saisonnière !», de distribution massive d’argent qui n’a aidé que temporairement, et par l’existence d’une énorme bulle financière qui ne fera qu’empirer les choses, mais qui peut temporairement créer l’illusion que les choses ne sont pas aussi mauvaises qu’elles le sont réellement.

On dit que la nature a horreur du vide. C’est vrai. Il est également vrai que l’effondrement de l’Empire a maintenant créé plusieurs vides qui seront comblés par de nouveaux acteurs, mais rien ne garantit que cette transition sera pacifique. Ainsi, pendant que nous regardons de très grands arbres brûler, nous ne devons pas oublier que derrière ces arbres il y a une grande forêt qui peut également s’enflammer, créant un feu de forêt beaucoup plus grand que les arbres que nous voyons brûler aujourd’hui.

The Saker

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/larbre-en-feu-qui-cache-la-foret-sombre-et-dangereuse

Le Liban face à ses responsabilités

Le Liban face à ses responsabilités

par Thierry Meyssan

L’économie libanaise s’est effondrée en sept mois. Les habitants commencent à souffrir de la faim. Une solution est possible si l’on analyse correctement les causes du problème. Encore faut-il accepter de reconnaître ses erreurs et de distinguer ce qui est structurel de ce qui ressort des problèmes régionaux. Il est vain et diffamatoire d’accuser l’ennemi traditionnel (Israël) ou l’allié brutal (les États-Unis) d’avoir causé un problème qui dure depuis des siècles et devient à ce point anachronique. Il est également dangereux d’ignorer l’évolution du principal allié actuel du Hezbollah (l’Iran).RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 21 JUILLET 2020عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSTÜRKÇEJPEG - 33.2 koLe général Chamel Roukoz est la personnalité libanaise la plus légitime à réformer le pays. Cependant les États-Unis préfèreraient que le général Joseph Aoun (sans lien de parenté proche avec le président de la République) joue le rôle du « dictateur » (au sens romain antique du terme).

Un problème structurel, hérité du passé

Dès le début des événements au Liban, nous avions souligné que le problème structurel n’était pas la corruption, mais l’organisation de ce pays selon un système communautaire confessionnel [1]. En outre, avant que le problème bancaire ne devienne public, nous l’avions annoncé et avions expliqué que, comme toutes les banques, les libanaises ne possèdent que le dixième de leurs dépôts. Par conséquent, lorsque apparaît un problème politique majeur qui altère la confiance, toutes les banques sont incapables de rembourser leurs clients.

Nous continuons à affirmer que les Libanais se trompent en rejetant la faute sur les corrompus. Le peuple est le seul responsable d’avoir accepté la poursuite de ce système féodal, hérité de l’occupation ottomane, sous l’édredon du communautarisme confessionnel, hérité de l’occupation française. Ce sont toujours les mêmes familles qui contrôlent le pays depuis des siècles ; la guerre civile (1975-90) ne les ayant que peu renouvelées.

Il est ahurissant d’entendre les musulmans dénier la colonisation ottomane et les maronites s’esbaudir devant leur « Mère la France » (sic). Chacun a bien sûr des raisons pour avoir commis ces fautes, mais ce n’est pas en s’aveuglant sur le passé que l’on créera un futur viable.

Washington et Tel-Aviv ne veulent pas détruire le Liban

Les États-Unis font clairement pression contre le Hezbollah. Cependant comme l’a dit le général Kenneth McKenzie, commandant du CentCom, lors de sa récente visite à Beyrouth, il s’agit pour eux d’une pression indirecte contre l’Iran. Personne ne songe à détruire le Hezbollah qui est la première armée non-étatique au monde. Personne n’ourdit de guerre contre le Liban et surtout pas Israël.

Cette mise au point est d’autant plus nécessaire que les États-Unis ont menacé le Liban de rétorsion s’il n’acceptait pas la ligne de partage inique tracée par l’ambassadeur Frederic Hof. Elle délimite les zones maritimes israélienne et libanaise de manière à faciliter l’exploitation des réserves de gaz par Tel-Aviv. Ils ont également fait pression sur le Liban, selon leurs besoins tactiques, contre la Syrie : un jour lui demandant de s’abstenir de toute intervention, le lendemain exigeant qu’il accueille et conserve ses réfugiés pour couler l’économie de Damas.

Quand à Israël, ce pays est désormais gouverné simultanément par deux Premiers ministres. Le premier Premier ministre, Benjamin Netanyahu, est un colonialiste au sens anglo-saxon du terme. Il entend étendre le territoire israélien « du Nil à l’Euphrate » comme cela est symbolisé par les deux bandes bleues du drapeau israélien. Le second Premier ministre, Beny Gantz, est un nationaliste israélien, qui entend vivre en paix avec ses voisins. Les deux hommes se paralysent mutuellement, tandis que Tsahal s’inquiète des ravages que le Hezbollah ne manquerait pas cette fois-ci de causer en Israël en cas de guerre.

Le projet perse dont personne ne veut

Le Liban est un État artificiel dessiné par les Français. Il n’a aucune possibilité de vivre en autarcie et dépend obligatoirement non seulement de ses deux voisins, la Syrie et Israël, mais aussi de toute la région.

La pression US se concentre sur l’Iran. Il y a trois semaines la base militaire de Tarchin (sud-ouest de Téhéran) explosait suscitant des déclarations officielles dilatoires. La semaine dernière, sept petits navires militaires iraniens ont explosé dans le Golfe. Cette fois, ni le Pentagone, ni l’armée iranienne n’ont communiqué à ce sujet.

Depuis 2013, l’Iran (perse et chiite) de cheikh Hassan Rohani a changé de buts. Il s’est donné comme objectif stratégique, officiellement adopté en 2016, la création d’une fédération d’États avec le Liban (arabe à majorité relative chiite), la Syrie (arabe et laïque), l’Iraq (arabe à majorité chiite) et l’Azerbaïdjan (turc et chiite). Le Hezbollah a assimilé ce projet à l’« Axe de la Résistance » qui s’était constitué face aux invasions israéliennes et états-uniennes. Cependant, ce ne sont pas seulement Israël et les États-Unis qui y sont opposés, mais aussi ceux qui devraient constituer cette fédération. Tous sont vent debout contre la reconstitution d’un empire perse.

Sayyed Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, pense que cette fédération serait respectueuse des différents systèmes politiques des États la composant. D’autres au contraire, notamment les partisans du secrétaire général adjoint, Naïm Qassem, pensent que tous devraient admettre la gouvernance par des sages comme décrite par Platon dans son livre La République et instituée en Iran par l’imam Rouhollah Khomeiny (grand spécialiste du philosophe grec) sous l’appellation de Velayat-e faqih. Le Hezbollah n’est plus simplement le réseau de Résistance qui bouta l’occupant israélien hors du Liban. Il est devenu un parti politique avec ses tendances et factions.

Or, le Velayat-e faqih, séduisant sur le papier est devenu dans la pratique l’autorité du Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei. L’Iran ne parviendra sûrement pas à étendre ce système à ses alliés, surtout au moment où il est contesté chez lui. C’est un fait : tout le monde dans la région, y compris ses ennemis, admire le Hezbollah, mais presque personne ne veut du projet iranien, ni ne peut compter sur l’engagement du seul sayyed Hassan Nasrallah.

La semaine dernière, l’ambassadeur d’Iran à Damas a publiquement déclaré partager les objectifs de la Russie contre les armées jihadistes, mais diverger sur le futur de la région. Pour la première fois, un officiel iranien admettait ce que nous écrivons depuis longtemps : la Russie et les États-Unis, eux aussi, s’entendent sur ce point. Ils ne veulent pas, ni l’un, ni l’autre, de cette prétendue Fédération chiite de la Résistance.

Cette semaine, l’agression de l’Azerbaïdjan (turco-chiite) contre l’Arménie (russo-orthodoxe), en dehors de la zone d’affrontement traditionnel du Haut-Karabakh, atteste que le problème lié à ce projet de Fédération s’étend dans la région.

Le renoncement du Hezbollah à ce fantasme aurait de lourdes conséquences parce qu’il dissoudrait le rêve d’un nouvel empire perse. Mais comme personne n’en veut et qu’il ne risque pas de voir le jour, le Parti de Dieu préfère maintenir le doute sur sa position et profiter le plus longtemps possible de son allié iranien.

La pression des États-Unis vise à contraindre le Hezbollah à franchir ce pas. Il suffirait que le Parti de Dieu déclare ne pas choisir ce projet de Fédération de la Résistance pour que l’agressivité de Washington et de ses propres alliés à son égard s’apaise.

Comment guérir le Liban ?

Toutefois, cela ne résoudrait aucunement le problème actuel du Liban. Celui-ci suppose que chacun renonce à ses privilèges communautaires confessionnels c’est-à-dire non seulement les maronites à la présidence de la République, les sunnites au poste de Premier ministre et les chiites à la présidence de l’Assemblée nationale ; mais aussi aux sièges réservés à l’Assemblée nationale ; et encore à toutes forme sectaire de répartition des postes dans la fonction publique. Ce n’est qu’à ce moment-là que les Libanais pourront proclamer l’égalité de tous leurs citoyens selon le principe « Un homme, une voix » et devenir enfin la démocratie qu’ils ont toujours prétendu être et qu’ils n’ont jamais été.

Ce chantier gigantesque devrait mettre fin à plusieurs siècles de confessionnalisme sans pour autant provoquer de guerre civile. Il est donc quasiment impossible d’y parvenir sans passer par une phase autoritaire, seule capable de paralyser les antagonismes durant la période de transition. Celui qui jouera le rôle de réformateur doit à la fois disposer du soutien de la majorité et ne pas être en conflit avec l’une ou l’autre des 17 communautés confessionnelles.

Certains penchent pour le général Chamel Roukoz, le vainqueur du groupe jihadiste Fatah al-Islam (bataille de Nahr al-Bared, 2007) et du cheik salafiste Ahmed al-Assir (bataille de Sidon, 2013). Mais ce prestigieux militaire a le malheur d’être un des gendres du président Michel Aoun ce qui, en raison du partage confessionnel, lui a fait manquer sa nomination comme chef des Forces armées. Les États-Unis souhaitent que celui qui a finalement été désigné à ce poste, le général Joseph Aoun (sans lien de parenté avec le précédent), s’empare du Pouvoir. Pour récupérer ses chances, le général Chamel Roukoz vient d’appeler à la démission des « trois présidents » de la République (son beau-père), du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

L’armée régulière n’a jamais reçu les armes nécessaires pour défendre le pays et s’appuie donc sur le Hezbollah pour prévenir une nouvelle invasion israélienne. Chamel Roukoz et Joseph Aoun ont toujours entretenu de bonnes relations avec le Parti de Dieu. Ils disposent l’un et l’autre d’une image d’impartialité dans toutes les communautés.

Thierry Meyssan

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[1] « Les Libanais, prisonniers de leur Constitution » et « Liban : les dessous de la crise bancaire du siècle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 octobre et 17 décembre 2019.

https://www.voltairenet.org/article210559.html

Covid-19: la Russie accusée de piratage pour s’emparer des recherches pour un vaccin

AFPPublié le 17/07/2020 à 02:30 | AFP

Covid-19: la Russie accusée de piratage pour s'emparer des recherches pour un vaccin
Covid-19: la Russie accusée de piratage pour s’emparer des recherches pour un vaccin © AFP / Brendan Smialowski

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Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada ont accusé jeudi les services de renseignement russes d’être derrière des attaques menées par des hackers pour faire main basse sur des recherches concernant un vaccin contre le coronavirus, ce qu’a vivement démenti le Kremlin.

Cette accusation survient dans un ciel sombre entre Londres et Moscou, où plane déjà l’ombre de soupçons d’interférences russes dans les campagnes des législatives britanniques de décembre dernier – qui ont vu triompher les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson – et du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit.PUBLICITÉAds by Teads

Jugeant « totalement inacceptable que les services de renseignement russes ciblent ceux qui travaillent à la lutte contre la pandémie de coronavirus », le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a averti que ceux qui mènent de telles attaques devront tôt ou tard « rendre des comptes ».

« Alors que certains courent imprudemment après leurs intérêts égoïstes, le Royaume-Uni et ses alliés poursuivent leur dur labeur pour trouver un vaccin et de protéger la santé mondiale », s’est-il indigné dans un communiqué.

Selon l’organisme gouvernemental britannique chargé de la cybersécurité, un groupe de hackers russes s’en est pris à des organisations britanniques, canadiennes et américaines pour voler leurs recherches dans la mise au point d’un vaccin contre le SARS-CoV2.

« Le groupe menaçant connu sous le nom d’APT29 » ou encore des « Ducs » ou de « Cozy Bear », « opère presque certainement dans le cadre des services de renseignement russes », ont affirmé dans un communiqué cet organisme britannique, le National Cyber Security Centre (NCSC), et son homologue canadien, le Centre de la sécurité des télécommunications.

Dans un communiqué distinct, leur homologue américaine, la National Security Agency (NSA) a abondé les accusations et déclaré que l’APT29 « utilise une variété d’outils et de techniques pour viser principalement des cibles gouvernementales, diplomatiques, des groupes de réflexion, de soins de santé et d’énergie à des fins de renseignement ».PUBLICITÉAds by Teads

« Nous rejetons ces accusations tout comme les nouvelles allégations sans fondement sur une ingérence dans les élections de 2019 », a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, cité par l’agence de presse d’Etat Tass.

« Théorie du complot »

Le gouvernement britannique a en effet aussi affirmé jeudi qu’il était « presque certain » que des « acteurs russes » avaient cherché à perturber le scrutin législatif du 12 décembre dernier en faisant circuler pendant la campagne des documents sur un possible accord commercial entre Londres et Washington après le Brexit.

Une enquête avait alors été lancée pour tenter d’identifier la source de la fuite de ces documents, qui avaient été publiés sur le réseau social Reddit.

« Sur la base d’une analyse complète, le gouvernement a conclu qu’il est presque certain que des acteurs russes ont cherché à s’ingérer dans les élections législatives de 2019 en amplifiant la diffusion en ligne de documents gouvernementaux obtenus de manière illicite », a affirmé le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab dans une déclaration écrite au Parlement.

Pendant la campagne, le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn – qui a dû quitter la tête du Labour après sa débâcle – avait brandi 450 pages de documents qui prouvaient selon lui que le gouvernement voulait « vendre » aux Américains le système de santé britannique (NHS), l’un des enjeux-clés du scrutin.

Estimant que la fuite « faisait partie d’une campagne identifiée comme provenant de Russie », le réseau social Reddit avait fermé 61 comptes suspects. Jeremy Corbyn avait quant à lui qualifié de « théorie du complot » les affirmations sur l’origine russe de la fuite de ces documents.

Le Royaume-Uni attend par ailleurs dans les prochains jours la publication d’un rapport sensible sur d’autres possibles ingérences russes, portant notamment sur la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit.

Les relations entre Londres et Moscou sont au plus bas depuis l’empoisonnement sur le sol britannique de l’ancien agent russe Sergei Skripal, dans la ville de Salisbury (sud-ouest).

La Russie avait démenti toute implication, mais l’affaire avait abouti à une vague d’expulsions croisées de diplomates entre Londres et ses alliés et Moscou. Les deux pays n’avaient renoué qu’en février 2019 le dialogue rompu 11 mois plus tôt.

17/07/2020 02:29:24 –          Londres (AFP) –          © 2020 AFP

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La pomme de discorde absolue – MAJ

La pomme de discorde absolue – MAJ

15 Juillet 2020

Les noces de Thétis et Pélée furent célébrées en présence de toutes les divinités de l’Olympe, à l’exception d’Éris, déesse de la Discorde. qui n’avait pas été conviée. Pour se venger de cet affront, elle s’invita et jeta sur la table du banquet une pomme d’or gravée de ces mots : « A la plus belle« . Evidemment, la discorde éclata bientôt entre Héra, Athéna et Aphrodite qui se précipitèrent pour la saisir. S’ensuivit le jugement de Pâris, l’enlèvement d’Hélène et la guerre de Troie…

En bonne héritière de la culture grecque, la Russie a plusieurs pommes à son arc : S 400, pourparlers de paix en Syrie qui ont saucissonné la rébellion modérément modérée durant des années… Toutefois, le fruit de la discorde par excellence reste le Nord Stream II, comme nous le rappelle un très bon (quoique incomplet) article de International Affairs. L’unité de l’OTAN est mise à mal comme jamais, explique l’auteur, mais ça va en réalité bien au-delà.

Si l’on en croit Bolton, qui semble crédible sur ce point, c’est le gazoduc baltique qui était à l’origine des menaces trumpiennes de quitter l’organisation : puisque nous payons pour votre défense, achetez notre gaz, même s’il est plus cher. La logique mercantile du Donald rejoignait alors, quoique pour des raisons très différentes, les préocuppations du Deep State visant à empêcher la connexion énergétique entre le Heartland et la case européenne du Rimland. Les stratèges américains étaient cependant bien embêtés que l’OTAN, bras armé US sur le Vieux continent, soit mise dans la balance.PUBLICITÉ

Finalement, la question de la sortie de l’Alliance atlantique écartée, tout le monde s’est retrouvé sur la « nécessité » de multiplier les sanctions contre le gazoduc. Mais c’est là qu’intervient la seconde rupture : pour la première fois depuis longtemps, l’Allemagne menace de réagir en imposant des contre-sanctions contre tonton Sam, voire de les coordonner avec ses voisins au nom d’un nouveau concept à la mode apparu il y a quelques mois, la « souveraineté européenne ».

Si la notion peut prêter à sourire dans la bouche des Macron & Co, il n’en reste pas moins qu’elle peut avoir son importance dans le divorce euro-atlantique. Quand on sait que la construction européenne a été, dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, échafaudée dans les couloirs de Washington, on mesure le chemin parcouru ou, en décodé, la dégringolade du système impérial.

A cette occasion, une autre rupture, plus personnelle, se fait jour entre le Congrès US, dépositaire de l’étatisme profond, et Frau Milka. On se rappelle que l’élection présidentielle de 2016 avait jeté les euronouilles dans les bras du Congrès américain, au nom d’une commune opposition à l’abominable Donald des neiges. C’était déjà dans les tuyaux, comme nous l’expliquions à l’été 2017 :

La recomposition tectonique à laquelle nous assistons laisse rêveur. Pour résumer très schématiquement en trois dates (respectivement, il y a un an, six mois et aujourd’hui) :

  • Congrès + Maison blanche + UE    vs     Moscou
  • Congrès + UE                                          vs     Moscou + Maison blanche
  • Congrès                                                     vs     Moscou + Maison blanche + UE

Déjà en cause, à l’époque, les sanctions sur ce satané Nord Stream II ! Depuis, les euronouilles ont (pour une fois) tenu et le fossé s’est même accentué, alors que Trump, lui, a changé casaque. Un quatrième axiome a donc émergé :

  • Congrès + Maison blanche     vs     Moscou + UE

Ligne de fracture atlantique accentuée, rapprochement eurasien. Les alarmes semblent avoir sonné dans les travées du Capitole qui envisagerait le train de sanctions le moins pénalisant, histoire de ne pas exacerber le fossé avec le Vieux continent. Certes, le conditionnel reste de mise mais le ton général de la presse allemande est à l’optimisme.

Attention tout de même au timing car, dans ce thriller sans fin, les considérations techniques prennent également toute leur importance. Copenhague, qui, après un feuilleton interminable, avait donné son autorisation pour la pose de tubes par la compagnie suisse, a dû réémettre une autorisation pour le travail de navires… à ancre. Apparemment moins vifs que leurs ancêtres vikings, faisant surtout preuve d’une mauvaise volonté évidente sous pression américaine, les Danois ont mis plus de six mois à signer le papier. Le permis mettant un autre mois pour entrer en fonction, Gazprom pourra commencer les travaux le 3 août.

Or, un groupe de faucons sénatoriaux impériaux, soucieux de procéder le plus vite possible au vote des sanctions (sans doute légères, cf. ci-dessus), a proposé de l’inclure dans la discussion sur le budget militaire. Celui-ci est traditionnellement adopté en automne, le 1er octobre précisément, bien qu’il ait fallu attendre le 4 décembre l’année dernière.

Si la proposition des sénateurs est acceptée et si le vote a bien lieu début octobre, cela laissera deux mois à Gazprom pour terminer le gazoduc. Coïncidence que n’aurait pas reniée le grand Hitchcock, c’est justement le temps approximatif que mettraient les deux bateaux russes pour finir la pose des tubes s’il n’y a pas de tempête !

Décidément, le pipeline de la discorde va se jouer dans les arrêts de jeu…

*** MAJ 16.07 ***

Plus un empire décline, plus il ressort à des méthodes de gangster pour enrayer sa chute. Ce classique de l’Histoire est à nouveau palpable avec le comportement erratique de Washington vis-à-vis du Nord Stream II.

Mike « il voulut être César, il ne fut que » Pompeo vient donc d’annoncer que le projet tombait désormais sous le coup de l’invraisemblable loi CAATSA. Adoptée en 2017, celle-ci vise bonnement tous ceux qui ont le malheur de déplaire à Washington, sans qu’une quelconque justification ne soit nécessaire. Pire, la pantalonnade est maintenant rétroactive. En son temps, T Rex avait en effet exclu le gazoduc du champ d’application du CAATSA, car le projet était déjà commencé au moment de la promulgation de la loi. Son successeur n’a pas de ces délicatesses, annulant purement et simplement l’exemption.

Ces méthodes d’Etat voyou suscitent évidemment l’inquiétude de ceux qui souhaitent maintenir la légitimité du leadership US et ses alliances. C’est par exemple le cas du Boston Globe qui se lamente ouvertement de ce chantage digne d’une république bananière. Tout est dit dans le titre : « L’Amérique ivre de sanctions se retourne contre ses amis ». La suite n’est pas en reste et fait d’ailleurs écho à ce que nous écrivions plus haut.

« La frénésie de sanctions de Washington entre dans une nouvelle phase. Après avoir sanctionné chaque pays que nous pouvions considérer comme un adversaire, nous commençons à sanctionner nos propres amis (…) Le Congrès se dirige vers des sanctions contre l’Allemagne, un allié fondamental depuis des générations (…) Cela pourrait nous placer en conflit direct avec Merkel, qui a pourtant toujours été très pro-américaine et est considérée comme le dirigeant le plus important en Europe (…) Sanctionner des adversaires peut être une bonne ou une mauvaise politique selon les circonstances. Sanctionner des alliés ne peut qu’être mauvais. Nous pourrions avoir besoin d’eux un jour. »

Des mots de simple bon sens, qui devraient tout de même être entendus par les esprits réalistes du Congrès (mais combien sont-ils ?), soucieux de ne pas provoquer une grave rupture de la relation transatlantique. Comme nous le disions hier :

Ligne de fracture atlantique accentuée, rapprochement eurasien. Les alarmes semblent avoir sonné dans les travées du Capitole qui envisagerait le train de sanctions le moins pénalisant, histoire de ne pas exacerber le fossé avec le Vieux continent.

Même l’Atlantic Council, think tank impérial pourtant bon teint, est inhabituellement réticent et se demande d’ailleurs si cette révision du CAATSA aura quelque effet. La version modifiée conserve en effet un codicille de poids : « Les Etats-Unis coordonneront les sanctions avec leurs alliés ». Donc avec l’Allemagne, qui ne veut rien lâcher sur ce dossier.

De plus, la révision n’autorise pas en elle-même de nouvelles sanctions. Elle ne fait qu’amplifier l’étendue de celles que pourra voter le Congrès, au plus tôt en octobre comme on l’a vu. D’ici là, le gazoduc sera peut-être déjà terminé.

A moins que… Notre feuilleton à suspense ne serait décidément pas complet sans la visite de Pompeo prévue la semaine prochaine au Danemark (comme par hasard). Pourra-t-il faire pression sur Copenhague pour annuler le permis délivré aux bateaux russes ? Le délai d’un mois que nous avions évoqué permet théoriquement de faire appel de la décision du gouvernement danois. Verra-t-on, actionnée par Washington, une quelconque association de défense des crevettes roses ou des calamars baltiques s’opposer au passage du tube ? Notre Grand jeu peut parfois prendre de singulières tournures…

Une autre interrogation concerne l’extension du Turk Stream, elle aussi visée par la modification du CAATSA. Les pays d’Europe balkanique et centrale pourront-ils résister aux injonctions de l’empire comme le fait Berlin ? Tonton Sam va-t-il réussir l’exploit de liguer toute l’UE contre lui ? Les réponses sont pour bientôt.

Une chose semble en tout cas de plus en plus certaine, sur laquelle nous concluions un billet fin juin :

Il y a trois mois, Moscou avait une occasion en or de faire payer la monnaie de sa pièce à l’aigle, embourbé dans la dégringolade des cours du pétrole. Pourtant, sans que l’on sache trop pourquoi, Poutine a une nouvelle fois refusé de franchir le Rubicon. Si ce geste de bonne volonté visait à alléger les sanctions, il s’est fourré le doigt dans l’œil. Le Heartland ne peut et ne pourra jamais rien attendre de la thalassocratie impériale.Tag(s) : #Gaz#Europe#Etats-Unis#Russie

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