Archives pour la catégorie Russie

Retrait d’un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

Retrait d’un traité nucléaire: Washington vise autant Pékin que Moscou

John Bolton, conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le 22 octobre 2018 à Moscou / © / –

En annonçant leur retrait d’un traité de désarmement majeur sur les armes nucléaires, les États-Unis visent autant la Chine, qui a développé ces dernières années des armes interdites par ce texte dont elle n’est pas signataire, que la Russie, accusée de le violer.

Officiellement, c’est la Russie qui est citée comme coupable de violation du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) avec son nouveau système 9M729, des missiles tirés à partir d’un dispositif terrestre et dont la portée dépasse, selon Washington, les 500 km, ce que Moscou dément.

« La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a déclaré Donald Trump en annonçant le retrait américain du traité INF (Intermediate Nuclear Forces), signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l’époque Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

M. Trump n’a pas précisé si un nouveau traité pourrait être négocié, mais il a indiqué lundi que les États-Unis développeraient ces armes à moins que la Russie et la Chine n’acceptent d’arrêter elles-mêmes de les développer.

« Tant que les gens ne seront pas revenus à la raison, nous en développerons », a déclaré le président à des journalistes à la Maison Blanche. « C’est une menace pour qui vous voulez. Et ça inclut la Chine, et ça inclut la Russie, et ça inclut quiconque veut jouer à ce jeu-là. »

Depuis plusieurs années, Washington accuse Moscou de ne pas respecter ce traité qui, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

C’est donc en Russie que le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, s’est rendu aussitôt la décision annoncée, mais il a noté qu’il y aurait « d’autres participants » au processus de négociation.

Il a précisé à la radio Echo de Moscou que des consultations seraient ensuite menées « avec nos amis en Europe et en Asie ».

Pour John Lee, un expert du centre de réflexion conservateur Hudson Institute, « le problème de la Chine, qui n’est limitée par aucun accord, est très différent et beaucoup plus pressant » que celui de la Russie.

– Mattis « parfaitement d’accord » –

Les traités nucléaires entre Moscou et Washington / © AFP / Selim CHTAYTI

Ces dernières années, Pékin a « développé des missiles de portée intermédiaire terrestres capables d’emporter des charges conventionnelles et nucléaires », ajoute cet expert dans une tribune publiée lundi sur le site de CNN. Quelque 95% des missiles de l’armée chinoise violeraient le traité INF si la Chine en était signataire, ajoute-t-il.

Sur ce dossier, le Pentagone et la Maison Blanche paraissent sur la même longueur d’onde.

Le ministre de la Défense Jim Mattis « est parfaitement d’accord avec le président et il est en contact étroit avec lui là-dessus », a indiqué lundi un porte-parole du ministère, le colonel Rob Manning.

Dans sa nouvelle « posture nucléaire » publiée en début d’année, le Pentagone affirme que « la violation la plus grave de la Russie porte sur un système interdit par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire ». Mais le document mentionnait aussi les missiles développés par la Chine, qui cherche à affirmer sa suprématie militaire en Asie.

Au début du mois, M. Mattis avait prévenu que la Russie devait « se conformer de nouveau au traité INF ou les Etats-Unis ser(aient) dans l’obligation de réagir au mépris cavalier (de ses) limites spécifiques ». La situation actuelle est « intenable », avait-il précisé à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense des pays de l’Otan à Bruxelles.

Signe que le Pentagone envisageait ce retrait du traité INF depuis des mois, la nouvelle politique américaine sur ses missiles balistiques, annoncée pour début 2018, n’a pas encore été publiée, et sa sortie est annoncée depuis des mois pour « dans quelques semaines ».

Interrogé à ce sujet lundi, le colonel Manning a indiqué qu’il n’avait aucune date précise à annoncer, mais il a souligné que « tous les facteurs seraient pris en compte avant sa publication ».

(©AFP / (23 octobre 2018 10h52)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Retrait-d-un-trait-nucl-aire-Washington-vise-autant-P-kin-que-Moscou/964558.rom

Publicités

Franche discrimination : Benjamin Griveaux ne veut pas de RT France en salle de presse de l’Elysée

Franche discrimination : Benjamin Griveaux ne veut pas de RT France en salle de presse de l’Elysée

Franche discrimination : Benjamin Griveaux ne veut pas de RT France en salle de presse de l'Elysée© Benoit Tessier Source: Reuters
Benjamin Griveaux au sortir de l’Elysée en janvier 2018 (image d’illustration).

Dans un entretien à PureMédias, le porte-parole du gouvernement a justifié le non-accès des journalistes de RT à la salle de presse de l’Elysée, au seul motif que le média était financé par un Etat étranger, ce qui en ferait un outil de «propagande».

«Il y a deux organes de presse que je refuse dans la salle de presse de l’Elysée, c’est Russia Today et Sputnik, parce que je considère que ce ne sont pas des organes de presse. C’est de la propagande financée par un Etat étranger.» C’est ce qu’a répondu ce 22 octobre le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, à un journaliste du site PureMédias, qui lui demandait pourquoi «RT France [était] interdit d’entrée à l’Elysée». Une discrimination fondée donc sur le financement public russe de RT France et de Sputnik – alors même que d’autres médias tels que la BBC ou Al Jazeera se trouvent dans la même situation. Est-ce légal ? Benjamin Griveaux ne le dit pas.

«Je sais faire la différence entre la propagande payée par un Etat étranger et un journalisme d’opinion qui ne nous épargne pas mais qui respecte les codes du journalisme et les déontologies du journalisme», a encore martelé le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, sans étayer ses propos et même si les journalistes de RT France se voient remettre, comme tous autres journalistes, une carte de presse française.

Ces accusations non justifiées faisaient suite à un argumentaire en faveur de la proposition de loi controversée sur la «manipulation de l’information», développé par Benjamin Griveaux dans l’entretien qu’il a eu avec PureMédias. Se rangeant non sans ironie dans le camp des «amoureux de la liberté», le porte-parole du gouvernement a estimé que ce texte, porté par le gouvernement et la majorité présidentielle, pourrait permettre de lutter plus efficacement contre «les officines tenues par des Etats étrangers qui ont vocation de déstabiliser des candidatures en Europe».

Un éclairage sur les précédents refus d’accréditation ?

Si l’antipathie du président de la République et du gouvernement pour RT France n’est pas nouvelle, c’est la première fois que l’exécutif français déclare refuser que des journalistes de RT France accèdent à la salle de presse de l’Elysée pour des motifs autres que formels.

Dès la campagne présidentielle de 2017, les équipes d’En Marche! avaient accusé RT de diffuser des «fake news», sans apporter de preuves à ces graves allégations. Or, si les équipes d’En Marche! n’avaient pas accepté d’accréditer les reporters de RT au QG de campagne d’Emmanuel Macron pour la soirée du 1er tour, des raisons techniques avaient été invoquées. «Vous n’avez pas l’autorisation, je suis désolée […] on a un quota, voilà […] J’ai pas plus d’informations à vous donner», avait fait savoir un membre du staff de campagne d’Emmanuel Macron à l’entrée du QG le 23 avril, quand bien même RT avait adressé, longtemps avant l’événement, de nombreuses demandes d’accréditation.

De même, le 7 mai, malgré de multiples demandes d’accréditation restées sans réponse, les journalistes de RT n’avaient pas pu se rendre au QG du candidat Macron pour y couvrir la soirée électorale du second tour.

Après l’élection d’Emmanuel Macron, les journalistes de RT France ont essuyé des refus similaires, sans obtenir d’explication claire justifiant ce traitement. Fin mai dernier, par exemple, un journaliste de RT France s’est vu priver d’accès à l’Elysée par un gendarme, sur consigne expresse de la présidence et malgré présentation de sa carte de presse. «Tant que c’est Russia Today ou que vous travaillez pour Russia Today, vous ne pouvez pas rentrer», avait déclaré le représentant des forces de l’ordre.

Dans son interview, Benjamin Griveaux explique de manière inédite les raisons qui poussent l’Elysée à refuser d’accréditer RT France. Il semble ainsi lever le voile sur les ostracisations répétées qui ont frappé ce média et sur lesquelles la présidence ou LREM maintenaient un certain flou.

Une loi contre la «manipulation de l’information» spécialement concoctée pour RT France ?

Si le porte-parole du gouvernement met en lumière, en toute franchise, la volonté élyséenne de discriminer RT France, le gouvernement et la majorité présidentielle ont en outre laissé entendre à plusieurs reprises vouloir s’en prendre à ce média via une proposition de loi actuellement étudiée par les parlementaires, celle sur la «manipulation de l’information».

Le 9 octobre, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, avait déclaré que «l’essentiel de cette loi» n’était pas de «dire ce qui est vrai ou ce qui est faux», mais d’empêcher «des forces étrangères [d’] investir de l’argent dans notre espace médiatique ici pour manipuler l’opinion des Français». En mars dernier, d’ailleurs, Mounir Mahjoubi admettait que RT ne relayait pas de «fake news» – contrairement à ce qu’avait affirmé jusqu’alors le camp macronien – mais que son «état d’esprit» dérangeait.

Précédemment, des membres du gouvernement et de la majorité avaient suggéré que des médias comme RT et Sputnik étaient dans le viseur du texte contre la «manipulation de l’information». Le 3 juillet dernier par exemple, la ministre de la Culture Françoise Nyssen avait cité en modèle l’Ofcom, le CSA britannique, qui se disait prêt à envisager un retrait de la licence octroyée à RT en cas d’«utilisation illégale de la force par l’Etat russe».

Lire aussi : RT France officiellement visée par le gouvernement ? Mélenchon en est également persuadé

https://francais.rt.com/france/54813-franche-discrimination-benjamin-griveaux-ne-veut-pas-rt-france-salle-presse-elysee?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

La désinvolture de Laurent Fabius

La désinvolture de Laurent Fabius

+

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a accordé un entretien à Russia Today. Dans celui-ci, il révèle un entretien téléphonique avec son homologue français lors de l’« Opération Serval » au Mali, Laurent Fabius.

« La France voulait que son contingent au Mali obtienne l’approbation du Conseil de sécurité de l’Onu pour lutter contre cette menace terroriste. Laurent [Fabius] m’a appelé et m’a demandé de ne pas nous y opposer […] Mais il faut garder à l’esprit, lui ai-je dis, que vous allez réprimer les activités des gens que vous avez armés en Libye. Il a ri et m’a dit : « C’est la vie. » Et il faut dire quand-même que « c’est la vie » ce n’est pas de la politique. Évidemment, c’est le principe du deux poids, deux mesures », a déclaré Sergueï Lavrov.

http://www.voltairenet.org/article203585.html

Le retrait américain du traité nucléaire avec la Russie est un « pas dangereux » (Moscou)

Le retrait américain du traité nucléaire avec la Russie est un « pas dangereux » (Moscou)

Moscou – Le retrait américain, annoncé par le président Donald Trump, d’un traité nucléaire signé avec la Russie pendant la guerre froide est un « pas dangereux », a déclaré dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères.

« Cela serait un pas très dangereux qui, j’en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations », a estimé Sergueï Riabkov à l’agence d’Etat russe TASS.

Ce traité est « significatif pour la sécurité internationale et la sécurité nucléaire, pour le maintient de la stabilité stratégique », a-t-il souligné.

La Russie a condamné ce qu’il a appelé les tentatives américaines d’obtenir des concessions « par une méthode de chantage ».

Si les Etats-Unis continuent à agir « de façon maladroite et grossière » et à se retirer unilatéralement de traités internationaux, « alors nous n’aurons pas d’autre choix que de prendre des mesures de rétorsion y compris concernant la technologie militaire », a déclaré M. Riabkov à l’agence RIA Novosti.

« Mais nous ne voulons pas en arriver là », a-t-il conclu.

Samedi, M. Trump a annoncé que les Etats-Unis prévoyaient de sortir du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

« La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a annoncé le président américain, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada (sud-ouest).

« Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés », a martelé Donald Trump.

M. Riabkov a rejeté dimanche ces accusations. « Non seulement nous ne violons pas le traité, nous le respectons de la façon la plus stricte », a-t-il insisté.

« Et nous avons fait preuve de patience au fil des années face à de flagrantes violations du traité par les Etats-Unis eux-mêmes », a-t-il affirmé.

Le conseiller de la Maison blanche à la Sécurité nationale, John Bolton, était attendu dimanche à Moscou.

« Nous espérons qu’il va nous expliquer de façon plus substantielle et claire, au cours de nos rencontres demain et après-demain, quelles actions les Etats-Unis comptent entreprendre », a encore dit M. Riabkov.

(©AFP / 21 octobre 2018 09h07)

https://www.romandie.com/news/Le-retrait-am-ricain-du-trait-nucl-aire-avec-la-Russie-est-un-pas-dangereux-Moscou/963966.rom

Polémique avec CNBC concernant les missiles hypersoniques russes

Polémique avec CNBC concernant les missiles hypersoniques russes

Réagissant à l’article de Valentin Vasilescu révélant la possibilité théorique de la Russie de couler les portes-avions états-uniens dès le détroit de Gibraltar, le Pentagone a fait publier un reportage par CNBC. Selon la chaîne US, le missile russe Avangard ne serait pas opérationnel. Sauf que l’argument utilisé pour justifier cette assertion ne fonctionne pas.

| Bucarest (Roumanie)

+
JPEG - 18.3 ko

Nous avons traité le sujet des nouveaux missiles hypersoniques russes dans deux articles précédents [1]. Nous écrivions : « La probabilité de détruire un porte-avions avec les deux types de missiles hypersoniques, en perçant la défense AA est de 88 %. Ce qui signifie que, sur 100 missiles hypersoniques lancés, 88 perceront les défenses AA et détruiront leurs cibles. Dans le cas des États-Unis, si 11 missiles russes hypersoniques sont lancés contre les 11 porte-avions US existants, statistiquement seul 1,3 missile ne toucherait pas les cibles ».

Une conclusion serait que, dans le cas d’une agression états-unienne sur le sud de la Russie (la côte de la mer Noire), nous avons estimé que les missiles russes hypersoniques pourraient détruire un groupe naval US à Gibraltar. Dans le cas d’une agression états-unienne sur le nord et l’ouest de la Russie (la mer Baltique, l’océan Arctique), nous avons estimé que les missiles hypersoniques russes pourraient détruire un groupe naval US à l’est du Groenland. Bien entendu, ce sont des calculs purement théoriques qui peuvent être démentis par les conditions spécifiques d’une guerre réelle.

Par la suite, la chaîne de télévision états-unienne CNBC a publié une déclaration d’une personne anonyme qui prétend avoir vu un rapport de Renseignement US [2]. Cet individu anonyme déclare que les Russes sont parvenus à la conclusion selon laquelle le matériel de fibre de carbone utilisé pour construire le fuselage de leurs missiles hypersoniques est de mauvaise qualité. Il ne fournirait pas une protection suffisante à des températures élevées. Selon le rapport cité, la Russie devrait sélectionner un nouveau matériau pour les missiles hypersoniques au cours des 12 prochains mois.

Je ne conteste pas l’authenticité du rapport de CNBC, sauf qu’il se réfère probablement à la marine russe, et non aux missiles hypersoniques. Le matériau en fibre de carbone offre une bonne résistance aux chocs mécaniques et est invisible aux radars, c’est pourquoi il est utilisé dans les navires de guerre modernes. Mais il ne résiste pas à un choc thermique pour être utilisé par le système Avangard.

Il faut savoir que lors de la rentrée dans l’atmosphère à une vitesse proche de 7,8 km/s (soit 28 000 km/h), entre l’onde de choc inclinée précédant le véhicule cosmique et l’onde de choc stationnaire qui y est attachée, il se crée un espace d’environ 1 m. Le temps nécessaire à une molécule d’air pour parcourir cet espace est de 18 microsecondes. Ceci est la période pendant laquelle la molécule d’air dans l’onde de choc est soumise à un procédé chimique qui libère de l’énergie calorique, ce qui la ramène à son état d’équilibre initial.

Le Dr Yuri A. Dunaev de l’Université d’État de Leningrad et H. Julian Allen, A.J. Eggers, du département d’aérodynamique théorique du laboratoire d’Ames (NASA), ont découvert la forme la plus efficace de dissipation d’énergie. C’est-à-dire, la diminution de la température que le véhicule cosmique devait supporter lors de la rentrée dans l’atmosphère, en augmentant sa résistance à sa progression.

La décomposition thermochimique des matériaux organiques à des températures élevées et en l’absence d’oxygène est appelée pyrolyse. Le bouclier thermique ablatif est fait de composés qui, dans le processus de pyrolyse, sont carbonisés, fondus et sublimés, c’est à dire transformés de l’état solide directement à l’état gazeux. Le rôle de bouclier thermique ablatif est de bloquer le transfert du flux de chaleur à partir de l’onde de choc de rentrée à la structure du véhicule. Ce type de bouclier de rentrée dans l’atmosphère est utilisé pour les capsules Soyouz.

JPEG - 52.9 ko

Pour les véhicules de rentrée dans l’atmosphère, ce système est souvent utilisé.

Il existe un matériau monolithique de type ablatif qui peut être coulé dans diverses formes, il s’agit d’un composé céramique fragile appelé SIRCA (Silicone Impregnated Reusable Ceramic Ablator). Ce composé est appliqué directement à la coque des navettes spatiales Bourane, la navette spatiale X-37B, mais aussi à l’Avangard.

JPEG - 41.2 ko

Pour ce qui est des missiles hypersoniques Kh-47M2 Kinzhal et 3M22 Zircon, ceux-ci ne quittent jamais l’atmosphère de la terre, mais ils évoluent à un maximum de 40-50 km à des vitesses de Mach 8 (9 800 km/h) et Mach 10 (12 250 km/h). Aucun des deux fuselages n’est constitué de fibre de carbone, mais d’un alliage de titane (33 %) qui résiste au réchauffement cinétique. C’est le même matériau utilisé par l’avion nord-américain X-15 avec des moteurs de fusées qui, en octobre 1967, a établi le record de vitesse de 7 274 km/h, (Mach 6,72), volant à une altitude de 31 120 m.

Traduction
Avic
Réseau International

La Russie et l’Ouzbékistan scellent leurs liens à l’occasion d’une visite de Poutine

La Russie et l’Ouzbékistan scellent leurs liens à l’occasion d’une visite de Poutine

Tachkent – La Russie et l’Ouzbékistan ont affiché vendredi leur volonté de sceller leurs liens à l’occasion d’une visite d’Etat du président Vladimir Poutine dans cette ex-république soviétique d’Asie centrale, deux ans après la mort de son dirigeant autoritaire Islam Karimov.

« L’Ouzbékistan est notre allié fidèle et notre partenaire stratégique (…). Nous allons tout faire pour renforcer notre coopération », a assuré le président Poutine, accueilli en grande pompe à Tachkent, la capitale ouzbèke, lors d’une rencontre avec son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev.

« Chers amis russes, bienvenue en Ouzbékistan! », pouvait-on lire sur d’immenses panneaux installés dans les rues de Tachkent, où des drapeaux russes côtoient des drapeaux ouzbeks le long des artères centrales de la ville. La dernière visite de Vladimir Poutine en Ouzbékistan remontait à septembre 2016, quelques jours après les obsèques du défunt président ouzbek Islam Karimov.

La Russie a d’ailleurs inauguré jeudi à Moscou un monument à la mémoire de Karimov, qui avait dirigé d’une main de fer ce pays frontalier de l’Afghanistan pendant 25 ans. Un geste très apprécié par M. Mirzioïev, élu à la tête de l’Ouzbékistan en décembre 2016, qui a exprimé à M. Poutine « sa sincère gratitude » à titre personnel et « de la part du peuple ouzbek ».

Un forum économique russo-ouzbek de deux jours qui se tient à Tachkent depuis jeudi a été marqué par la signature d’accords bilatéraux pour un montant total de 27,1 milliards de dollars, selon le ministère de l’Economie ouzbek.

Un moment fort de la visite doit également être le coup d’envoi par les deux présidents, via visioconférence, de la construction de la première centrale nucléaire en Ouzbékistan, confiée au groupe nucléaire russe Rosatom.

La centrale, qui doit fournir environ 20% de l’électricité consommée dans le pays, a notamment pour objectif de permettre à l’Ouzbékistan d’utiliser moins de gaz et d’en augmenter les exportations.

Le projet est estimé à 11 milliards de dollars, et le premier réacteur est censé être mis en exploitation en 2028, selon le Kremlin.

M. Mirzioïev a engagé depuis son arrivée au pouvoir d’importantes réformes économiques et politiques, en donnant des signes d’assouplissement du régime. Il cherche notamment à attirer en Ouzbékistan les investissements et les touristes étrangers, après des années d’isolement.

« Nous voyons que la situation en Ouzbékistan change de manière rapide et profonde et qu’on procède à des réformes (…) nécessaires pour l’économie ouzbèke et le peuple ouzbek », a souligné M. Poutine.

(©AFP / 19 octobre 2018 08h16)

https://www.romandie.com/news/La-Russie-et-l-Ouzb-kistan-scellent-leurs-liens-l-occasion-d-une-visite-de-Poutine/963505.rom

Inde : Malgré son acquisition de S-400, le dilemme géostratégique du pays reste entier

Inde : Malgré son acquisition de S-400, le dilemme géostratégique du pays reste entier


… mais Modi souligne que la Russie s’est toujours « tenue aux côté de l’Inde, que ce soit dans le secteur de l’énergie ou dans d’autres »


Par Pepe Escobar – Le 7 octobre 2018 – Source atimes.com

Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre indien Narendra Modi, lors de leur rencontre à New Delhi le 4 octobre 2018. Photo: AFP/Sputnik/Mikhail Metzel

Le sommet Inde-Russie de 2018 restera sans doute dans les annales. À la surface des choses, l’enjeu principal en était l’acquisition ou non par l’Inde de cinq systèmes de défense S-400 russes, pour un montant de 5,43 milliards de dollars.

L’accord en fut scellé dès la fin de la rencontre entre le premier ministre indien Narendra Modi et le président russe Vladimir Poutine, à New Delhi. Les négociations avaient débuté en 2015. Les S-400 seront livrés en 2020.

Et la suite ? Des sanctions de l’administration Trump contre l’Inde, selon le CAATSA (Loi de réplique aux adversaires de l’Amérique via Sanctions) ?

Si seulement un tel changement géopolitique pouvait être aussi tranché.

Cet accord d’armement implique la Russie, l’Inde et la Chine – un trio clé, pour ne pas dire LE trio clé des pays des BRICS, membres de l’organisation de coopération de Shanghai (OCS). La nouvelle réalité est là : chacune de ces membres des BRICS/OCS sont à présent en capacité de déployer les très efficaces S-400.

Mais cela ne signifie pas que deux d’entre eux – l’Inde et la Chine – devraient forcément déployer des S-400 l’un contre l’autre en cas d’attaque unilatérale.

Poutine s’est montré catégorique : la Russie va mettre les bouchées doubles sur la coopération bilatérale avec l’Inde, non seulement dans le cadre de l’OCS, mais également à l’ONU et au G20. Modi, de son côté, a répété que l’Inde comme la Russie donnaient la priorité à un monde multipolaire.

Modi espère voir la Russie aider l’Inde à développer son programme spatial – qui a pour ambition d’envoyer des astronautes indiens dans l’espace dès 2022. Il a souligné que la Russie s’est toujours « tenue aux côté de l’Inde, que ce soit dans le secteur de l’énergie ou dans la poursuite de nos objectifs ».

« Nos objectifs » incluent, comme point essentiel, la synchronisation entre la Russie et l’Inde pour préserver le PAGC, également connu comme accord sur le nucléaire iranien. Une conséquence inévitable en est que l’Inde ne se privera pas d’acheter du pétrole et du gaz iraniens, même si elle encourt pour cela des sanctions américaines.

L’administration Trump pourrait même lever les sanctions contre l’Inde si – en accord avec la Loi d’Autorisation de la Défense Nationale – le président Trump décide que New Delhi n’a pas nuit aux intérêts stratégiques américains en achetant des missiles russes.

La décision, bien entendu, en reste totalement ouverte.

Faites vos choix, New Delhi

Au Forum économique russo-indien, le ministre au développement économique Maxime Orechkine s’est montré déterminé : l’Inde et la Russie sont engagées vers un rapprochement de leurs liens commerciaux et d’investissements, vers « un volume d’affaire de 30 milliards de dollars… et une montée en puissance des investissements jusque 50 milliards de dollars en 2025 ».

New Delhi a proposé, le mois dernier, la création d’une zone économique spéciale (ZES) pour les entreprises russes – en sus du « couloir vert » déjà discuté pour faciliter les échanges.

Tout cela rentre dans le cadre de relations historiquement bonnes entre la Russie et l’Inde. Mais pour l’instant, la vue d’ensemble en est plus nuancée, car elle fait ressortir les éléments de détail dans l’équilibre stratégique entre les trois grands pays partenaires des BRICS et de l’OCS.

Poutine et Xi Jinping ont déjà établi que les nouvelles routes de la soie, également connues sous le nom d’initiative la ceinture et la route (OBOR), ainsi que l’union économique eurasiatique (UEEA) allaient fusionner sur de nombreux aspects.

Voilà qui laisserait New Delhi sur le bord du chemin. L’Inde n’est pas alignée sur les nouvelles routes de la soie, et est même fermement opposée à l’un de leurs projets emblématiques : le couloir économique Chine-Pakistan (CPEC). Mais Pékin pourrait y remédier, par exemple en réajustant les détails du chemin du CPEC le long de la région du Cachemire.

Moscou et Pékin, de leur côté, sont très vigilants sur le fait que Washington peut utiliser l’Inde comme cheval de Troie pour saper l’intégration eurasiatique.

Pour preuve, le récent accord sur la compatibilité et la sécurité des communications [COMCASA, Communications Compatibility and Security Agreement, NdT], qui transforme de facto New Delhi en allié militaire des USA ; le nouveau statut de l’Inde, considérée par Washington comme seul « partenaire de défense majeur » ; et le rôle de l’Inde dans la résurrection du Quad sous l’administration Trump (avec le Japon et l’Australie), autant de mouvements interprétés par Pékin comme des tentatives d’encerclement en Mer de Chine du sud.

Le problème vient des hindous ultra-nationalistes au sein du parti politique de Modi (le BJP), qui soutiennent l’encerclement et/ou le confinement de la Chine. La raison clé, jamais explicitement citée, en est économique. Le BJP craint, si l’Inde adhérait aux routes de la soie, qu’un assaut « Made in China » ne vienne détruire les activités économiques intérieures indiennes, à l’image du destin funeste subi par certains secteurs économiques du Brésil, le pays des BRICS d’Amérique Latine réalisant le plus d’échange commerciaux avec la Chine.

Pékin et Moscou veulent que leur partenariat stratégique étendu – et leurs synergies – progressent sous forme d’un processus d’intégration eurasiatique, dirigé par les routes de la soie et l’union économique eurasiatique. Il n’est pas certain que l’Inde intègre cela dans ses priorités stratégiques.

La priorité stratégique de Washington est plutôt limpide : diviser pour mieux régner, en entravant par tous les moyens l’impulsion OBOR-UEEA-BRICS-OCS pour l’intégration eurasiatique et la multipolarité mondiale.

Aussi, l’accord pour les S-400 étant scellé, la balle est dans le camp de New Delhi. La politique dont se targue le pays d’« alignement multiple » laisse la question géostratégique en suspens ; l’Inde optera-t-elle pour le camp du « diviser pour  régner » américain, déguisé en « équilibre des pouvoirs », ou choisira-t-elle l’impulsion multipolaire vers l’intégration de l’Eurasie ?

Pepe Escobar

Note du Saker Francophone

Cet article est issu d'une analyse de dedefensa qui prend un peu de recul sur la vision "tonitruante et apocalyptique" de l'auteur.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophon

http://lesakerfrancophone.fr/inde-malgre-son-acquisition-de-s-400-le-dilemme-geostrategique-du-pays-reste-entier

 

Malin comme un ours

Malin comme un ours

Publié le 14 Octobre 2018 par Observatus geopoliticus in Russie, Asie centrale, Gaz

Il y a deux mois, après le sommet de la Caspienne à Aktau, nous nous interrogions sur le fameux gazoduc transcaspien (TCP) censé transporter l’or bleu turkmène vers l’Azerbaïdjan, donc la Turquie et l’Europe :

Pourquoi les Russes ont-ils soudain accepté ? (…) Une officine impériale bien connue des spécialistes s’interroge sur le retournement de Moscou. Parmi les diverses raisons évoquées, la construction du pipe sera difficile, notamment financièrement ; elle prendra du temps et vient trop tard alors que les tubes russes sont déjà lancés (Turk Stream) ou en voie de l’être (Nord Stream II) ; Poutine tente ainsi d’amadouer l’UE pour débloquer les dernières résistances au Nord Stream II ; Gazprom pourra de toute façon tuer dans l’oeuf le TCP en reprenant ses achats de gaz turkmène.

La stratégie du géant russe n’est en effet pas étrangère au fidèle lecteur :

Afin de déjouer les plans de l’empire et ne pas perdre ses parts de marché européen, Gazprom avait pris l’habitude d’acheter d’importantes quantités de gaz turkmène. Mais à mesure que les routes soutenues par Washington (pipeline transcaspien et TAPI) se révélaient de plus en plus illusoires et que l’or bleu d’Achgabat prenait le chemin de la Chine, Gazprom a peu à peu réduit ses achats qui approchent maintenant du 0 absolu.

Bingo ! On a appris il y a quelques jours que Gazprom devrait très vite reprendre ses achats de gaz turkmène :

Le russe Gazprom devrait reprendre à partir de début 2019 les importations de gaz en provenance du Turkménistan, qu’il avait arrêtées en 2016, a annoncé mardi son patron lors d’une visite dans la capitale turkmène. « Nous parlons d’une reprise des achats de gaz turkmène par Gazprom dans un futur très proche, à partir du 1er janvier 2019 », a indiqué M. Miller en soulignant que les détails du nouvel accord allaient bientôt être finalisés.

En 2015, Gazprom avait décidé de limiter ses volumes d’achats de gaz turkmène à 4 milliards de m3 par an alors qu’ils s’élevaient à 10 milliards de m3 par an depuis 2010. Un arrêt total des importations est ensuite intervenu au début de l’année 2016 et a mis sous pression l’économie turkmène, qui dépend fortement des hydrocarbures.

La Russie était le principal partenaire du Turkménistan dans le secteur gazier avant qu’elle ne laisse place à la Chine et son entreprise China National Petroleum Corporation vers le début de la décennie. Les importations de gaz turkmène vers la Chine par le biais d’un gazoduc passant par l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, financé par Pékin, se situent actuellement entre 30 et 40 milliards de m3 par an.

Le Turkménistan, qui possède la quatrième plus importante réserve de gaz au monde, exportait des volumes similaires vers la Russie avant qu’ils ne s’effondrent à la suite d’une mystérieuse explosion sur un gazoduc en 2009 et d’un différend sur les prix.

A peine les Russes lèvent-ils leur veto sur la construction du TCP qu’ils reprennent leurs importations de gaz turkmène, vidant de sa substance le gazoduc transcaspien. Malin comme un ours…

Tout ce que vous devez savoir sur le système antiaérien S-400 Triumph

Tout ce que vous devez savoir sur le système antiaérien S-400 Triumph

AFP
Gros plan sur le meilleur système de défense antiaérienne au monde que l’Inde, la Chine et la Turquie ont acheté malgré la menace de sanctions américaines.

Début octobre, la Russie a signé un contrat de 5 milliards de dollars pour la livraison de systèmes de défense antiaérienne Triumph S-400 à l’Inde. Le nouveau système permettra au partenaire de Moscou de construire autour du pays un dôme impénétrable, capable de détruire toute menace émanant des airs.

Le S-400 est-il vraiment si efficace ? Pourquoi l’Inde, la Chine et même la Turquie (membre de l’Otan) sont prêtes à acheter des armes russes malgré les menaces de sanctions économiques américaines ?

Qu’est-ce que le S-400 et pourquoi est-il le meilleur au monde?

Le système de défense antiaérienne S-400 Triumph (ou « Growler » selon la terminologie de l’Otan) est un « poids lourd » du monde de la défense antiaérienne depuis son lancement en 2007.

Lire aussi : Les secrets du S-400 que Moscou a cachés à Ankara

Il peut déterminer toutes les cibles aériennes autour de lui dans un rayon de 600 km et les abattre à une distance de 400 km de son emplacement. Peu importe qu’il s’agisse de missiles de croisière à manœuvres rapides ou de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux qui volent vers la Terre dans l’espace proche depuis l’autre bout de la planète. Le système verra sa cible, la « verrouillera » et la frappera à une distance sûre.

Sa principale différence par rapport à son concurrent direct, le système américain MIM-104 Patriot, réside précisément dans sa capacité à voir et à abattre des cibles tout autour de lui. L’« américain » peut fonctionner et « regarder » uniquement dans une direction prédéterminée à un angle de 180 degrés.

En outre, réorienter les lanceurs Patriot et les préparer à nouveau pour la bataille prendra jusqu’à 30 minutes ! Pendant ce temps, les missiles auront le temps de toucher leurs cibles et la bataille sera perdue.

Lire aussi : Comment les opérateurs des systèmes de missiles russes S-300 et S-400 sont-ils formés?

Dans le même temps, l’« américain » abat la cible à mi-distance – 180 kilomètres contre les 400 russes. Cela joue un rôle important non seulement dans la lutte contre les missiles, mais également contre les chasseurs et les bombardiers – ces derniers n’ont aucune chance de larguer des ogives dans le rayon d’action du S-400.

Ces différents facteurs sont une des raisons pour lesquelles même un membre de l’Otan, la Turquie, a décidé d’acheter du matériel russe malgré la menace de sanctions économiques à son encontre.

Le complexe « Triumph » S-400 est livré aux troupes russes et étrangères dans le cadre d’une batterie de défense antimissile. Chacune d’elle comprend quatre rampes de lancement avec quatre missiles chacune. Au total, il y a donc dans une batterie 16 antimissiles capables d’abattre des chasseurs de cinquième génération et des missiles de croisière à une distance maximale de 400 kilomètres.

Lire aussi : Une version économique du système S-400 Triumph voit le jour

Et ceci ne tient pas compte des munitions de réserve, qui sont également incluses dans le montant du contrat et seront placées sur le champ de bataille. En outre, le contrat comprend également plusieurs véhicules de transport et de chargement, des stations radar, un poste de commandement et un certain nombre de véhicules de soutien.

Les données évoquées ci-dessus concernent la version la plus complète, que la Russie achète pour protéger ses frontières. Chaque système est préparé en vue de son expédition à un client étranger en fonction de ses souhaits et de ses capacités financières. En termes simples, comme dans le cas de l’achat d’une voiture, vous pouvez acheter l’ensemble avec toutes les options, mais aussi renoncer à certaines d’entre elles.

https://fr.rbth.com/tech/81662-russie-s-400-triumph

La Russie peut couler tous les porte-avions US navigant à l’est du Groenland

La Russie peut couler tous les porte-avions US navigant à l’est du Groenland

Dans un article précédent, Valentin Vasilescu avait montré l’impossibilité pour le Pentagone d’établir un blocus anti-Russe en Méditerranée et, d’une manière plus générale, de procéder à quelque blocus naval que ce soit contre la Russie. Poursuivant son raisonnement, il montre aujourd’hui que les États-Unis n’ont plus la capacité de conduire une guerre navale contre la Russie à l’est du Groeland. Moscou a déjà démontré la supériorité de ses armes au sol, en Syrie. Même si l’affrontement entre les deux Grands a été évité avec précaution, il est clair aujourd’hui que la Russie ne craint plus une éventuelle attaque conventionnelle US.

| Bucarest (Roumanie)

+
JPEG - 35.3 ko

Les États-Unis ont une position géographique isolée et possèdent la force navale la plus puissante. Ils sont capables d’intervenir n’importe où dans le monde. Un blocus imposé à la Russie en mer Noire et en Méditerranée par les États-Unis, comme l’a déclaré le secrétaire à l’Intérieur, Ryan Zinke à Pittsburgh, lors de l’événement Consumer Energy Alliance, est presque impossible, étant donné que les nouveaux missiles hypersoniques Kh-47M2 Kinzhal et 3M22 Zircon peuvent neutraliser le groupe naval des États-Unis dès le détroit de Gibraltar.

Le Royaume-Uni a annoncé qu’elle allait envoyer au Nord de la Norvège 800 commandos pour faire face à une possible « agression » russe.

Au milieu du déploiement d’autres troupes supplémentaires de l’Otan dans les pays baltes et en Pologne, la marine états-unienne a annoncé la réactivation de la deuxième flotte, sept ans après sa désactivation, avec une zone de responsabilité dans le Nord, la Baltique et l’océan Arctique.

L’avant-poste de Kaliningrad dans la Baltique et le gazoduc Nord Stream sont les principales vulnérabilités de la Russie sur le flanc est de l’Otan. Les États-Unis, soutenus par l’Otan, pourraient-ils imposer un blocus naval contre la Russie avec la deuxième flotte dans l’Atlantique, la mer Baltique et l’Arctique ? Les porte-avions ne se hasardent pas dans l’Arctique, car ils peuvent rester bloqués dans la glace. Pour les deux autres zones, cela est possible, mais sans aucune chance de succès.

JPEG - 68.5 ko

La Russie peut attaquer le groupe naval qui organiserait le blocus avec des missiles hypersoniques contre les navires de surface, dès que ceux-ci entreront dans le détroit de Skagerrak (reliant la mer du Nord à la Baltique). En outre, les sous-marins russes à propulsion nucléaire, armés de missiles hypersoniques peuvent frapper un groupe naval US quand il sera à 1 000 kilomètres de la côte est de l’océan Atlantique, au sud de l’Islande. Les Russes peuvent également lancer des missiles hypersoniques KH-47M2 portés par des bombardiers à longue portée Tu-160 et Tu-23M3, si le groupe naval US parvient au sud du Groenland. Afin d’éviter d’être interceptés la trajectoire des avions passera au-dessus du pôle Nord.

JPEG - 63.4 ko

Quelles sont les chances de survie du groupe naval des États-Unis ? Le temps de réaction du Pentagone en cas d’attaque avec des missiles hypersoniques est très faible, en raison de la vitesse de déplacement élevée et du laps de temps minime nécessaire aux missiles hypersoniques pour entrer dans la zone de réaction des systèmes antiaériens. Le missile Kinzhal a une portée de 2 000 kilomètres, une vitesse de 12 250 km/h et un plafond de croisière 40 000 à 50 000 m au maximum. Le missile Zirkon a une portée de 1 000 km, une vitesse de 9 800 km/h et un plafond de croisière 40 000 m.

La probabilité de détruire un porte-avions avec les deux types de missiles hypersoniques, en perçant la défense AA est de 88 %. Ce qui signifie que, sur 100 missiles hypersoniques lancés, 88 perceront les défenses AA et détruiront leurs cibles. Dans le cas des États-Unis, si 11 missiles russes hypersoniques sont lancés contre les 11 porte-avions US existants, seuls 1,3 missiles ne toucheraient pas les cibles. Cela signifie qu’il ne resterait au Pentagone que deux porte-avions non coulés, dont un endommagé, après la première salve de missiles hypersoniques russes. Pour la flotte états-unienne, cela signifie une catastrophe incommensurable.

Valentin Vasilescu

Valentin Vasilescu Expert militaire. Ancien commandant adjoint de l’aéroport militaire d’Otopeni.

Traduction
Avic
Réseau International

http://www.voltairenet.org/article203445.html