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Sahara occidental: Comment le Maroc achète des ONG africaines

Sahara occidental: Comment le Maroc achète des ONG africaines

Un document officiel du gouvernement marocain datant de 2014 met en relief la probité pour le moins douteuse de certaines ONG africaines dans le dossier du Sahara occidental.

Adressé par l’ambassadeur du royaume chérifien auprès du conseil onusien des droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères, le document indique que les ONG africaines, notamment l’Action internationale pour la paix et le développement dans la région des grands lacs (AIPD-GL), le Comité international pour le respect et l’application de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CIRAC) et l’Organisation pour la communication en Afrique et de promotion de la coopération économique internationale (Ocaproce International), ont refusé de répondre positivement à la demande marocaine qui consiste à critiquer l’Algérie parce que les fonds qui leur ont été destinés n’ont pas été versés. «J’ai le regret de vous informer que les ONG africaines, traditionnellement amies du Maroc, ont décliné poliment notre demande de soulever la question de l’assassinat par des éléments de l’armée algérienne de deux Sahraouis habitants des camps et d’envoyer des lettres au secrétaire général de l’ONU, le Haut commissaire aux droits de l’homme et le Haut commissaire pour les réfugiés conformément à votre note du 4 février 2014», rapporte Ennahar sur son site Internet.

L’auteur de la missive signale aux autorités marocaines que le refus de ces trois ONG est motivé, entre autres, par «la non satisfaction de leurs besoins financiers», mais aussi par le fait qu’elles sont ciblées par les critiques des ONG pro-Polisario. L’ambassadeur marocain recommande en outre le déblocage en urgence de l’enveloppe financière promise à ces ONG «amies».

Mais, l’infiltration du lobbying marocain en Afrique ne se limite pas aux ONG. Avant de rejoindre l’Union Africaine, le Maroc a mené une intense activité de corruption et d’achat de consciences auprès des pays et des personnalités africaines. Tout cela accompagné d’un plan d’action résumé par l’ambassadeur Moha Ouali Tagma dans la note suivante :

PROPOSITION DE PLAN D’ACTION SUR LE PLAN BILATERAL :

Pays du 1er cercle : Sénégal, Guinée, RCI, Gabon plus Mali

*Réunions conjointes au niveau des Hauts Fonctionnaires des différents Départements

*Réunions conjointes des Hauts responsables des Départements des Affaires Etrangères

*Réunions conjointes des Organismes chargés des affaires économiques : Patronats, Chambres de Commerce, Organismes de promotion du commerce, Banques

Pays du 2e Cercle : Benin, Burkina, Cameroun, Cap Vert, RCA, Comores, Congo, RDC, Djibouti, Gambie, Guinée Bissau, RGE, Niger, Tchad, Togo.

• Forums Economiques : Burkina, Niger, Tchad, Cameroun, RDC, Congo

• Commissions Mixtes : RGE, Djibouti, Niger,

• Table Ronde des bailleurs de fonds : Guinée Bissau

• Consultations Politiques : Visites de M. le MAEC : Tchad, Cameroun, RDC, Congo, Djibouti, Comores

PAYS DU 3e Cercle : Burundi, Erythrée, Ghana, Kenya, Liberia, Madagascar, Maurice, Sao Tome et Principe, Seychelles, Sierra Leone,

• Commissions Mixtes : Liberia, Sierra Leone, Sao Tome et Principe, Madagascar, Erythrée, Burundi

• Réunions sectorielles :

Maurice : Tourisme/Pêches/

Kenya : Tourisme/Transport aérien,

Seychelles : Tourisme

PAYS DU 4e Cercle : Angola, Ethiopie, Rwanda, Tanzanie

• Forums Economiques : Angola, Ethiopie, Tanzanie

• Visites de M. le MAEC : Rwanda

                                SUR LE PLAN SOUS REGIONAL

• UEMOA / CEDEAO : Visites combinées MAEC/MCE à Dakar, Abidjan et Ouagadougou.

• CEEAC : Visites combinées MAEC/MCE à Ndjamena, Libreville, Yaoundé, Brazzaville, Kinshasa et Malabo

• CEN-SAD :

-Réunion à Rabat : Atelier sur Immigration et Développement

Dans cette offensive diplomatique, le Maroc compte sur 5 pays qu’il appelle, dans ses notes diplomatiques confidentielles, le « noyau central » ou « axe stratégique marocain en Afrique » (voir image). Dans un courrier, Tagma met l’accent sur le rôle de ce noyau :

Honneur porter votre connaissance qu’un dîner en l’honneur des Ambassadeurs des pays africains représentant le noyau central des amis du Maroc a été organisé ce jour dans un restaurant de la ville. Étaient présents outre l’Ambassadeur Abdeljabar Brahim et les membres de la délégation marocaine , les ambassadeurs du Sénégal,de Cote d’Ivoire, du Burkina Faso, du Bénin et du Gabon , et les charges d’affaires du Niger, de la Guinée et de la Gambie. Les Ambassadeurs de ces derniers pays se trouvent a New York dans le cadre de la mission du CPS dont ils sont membres aux Nations Unies .
L’Ambassadeur Abdeljabar Brahim a été désigné pour présider le diner dans le but renforcer sa position auprès de ces collègues . Mission dont il s’est acquittée avec beaucoup de talent.

L’atmosphère était très cordiale et l’ambiance très détendue . Après avoir remercie les Ambassadeurs et Charges d’Affaires d’avoir répondu a l’invitation , notre délégation a souligné que notre pays les considère comme ses représentants et qu’il compte sur leur engagement pour la défense de sa juste cause et pour faire entendre la voix de la raison et de la justice et faire contrepoids aux manœuvres de ceux qui tendent a diviser les rangs de l’Afrique et a l’embarquer dans des querelles d’un autre temps.
Tous ont été anonymes pour remercier notre pays et Sa Majesté le Roi pour son engagement pour la prospérité et la paix en Afrique et ont fait part de leur détermination sans faille a contrer toutes les tentatives visant a réintroduire la question du Sahara dans l’agenda de l’organisation panafricaine. Ils ont souligné toute leur détermination a rester vigilants face aux manœuvres occultes des adversaires dont ils ont saisi les motivations .

Ils ont fait part de leur assurance et optimisme du fait que la question n’est pas inscrite a l’ordre du jour du Sommet et qu’il n’a pas encore été fait mention de la présentation du Rapport sur le Sahara pour le Sommet de Malabo. Ils n’ont cependant pas exclu que la question soit a nouveau évoquée au sein du CPS comme cela a été tenté l’année passée mais ils vont rester vigilants et prêts a rejeter toute tentative allant dans ce sens.

Tous ont apprécié que notre pays ait délégué une délégation de haut niveau pour maintenir le contact avec eux et ont été très reconnaissants pour cette marque d’estime et de confiance .

Demain un déjeuner plus élargi aura lieu a la résidence du Senegal qui a de sa propre initiative décidé d’y inviter le Kenya et le Ghana car a t il estime pour montrer que le Maroc n’exclut personne .

Certains ambassadeurs en aparté ont estimé qu’il est nécessaire que le Maroc soit représente a Malabo par une forte délégation pour continuer a marquer notre intérêt pour l’Afrique et aussi pour être en mesure de contrer toute tentative d’introduction de la question a la dernière minute devant les Chefs d’Etat. Le Senegal a cependant ajouté qu’étant membre du Comité de rédaction il sera aux aguets pour donner l’alerte a tout moment.

En conclusion nous proposons que MMS Taleb chef de division et ancien d´Addis ainsi que Farahat chef de division se rendent a Addis des Mardi prochain pour assister l’Ambassadeur dans le suivi des travaux du COREP qui débutent des le Lundi.

Il serait également souhaitable de prévoir qu’un émissaire se rende en Guinee Équatoriale pour rencontrer le Président Obiang et s’assurer de sa coopération pendant le Sommet.

L’optimisme reste de mise mais la vigilance est nécessaire pour faire face aux manœuvres adverses dans un terrain ou ils conservent l’initiative.

Haute considération

Tags : Sahara Occidental, Maroc, Afrique, Union Africaine, lobbying, corruption,

https://www.moroccomail.fr/2020/02/27/sahara-occidental-comment-le-maroc-achete-des-ong-africaines/

Sahara marocain, quand M. Bourita se met enfin à table…

POLITIQUE

Sahara marocain, quand M. Bourita se met enfin à table…

LE 26 MARS 2019

« Il » a consenti à parler !
« Il », c’est M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc, qui, hormis quelques confidences et informations réservées à des « happy few », se suffit trop souvent des dépêches MAP et de leur contenu convenu pour informer l’opinion publique sur la question nationale.

M. Bourita, pourtant, n’ignore pas que cette dernière motive et intéresse au plus haut point l’ensemble des Marocains à qui il est demandé, depuis plusieurs décennies, de défendre et soutenir la marocanité des provinces du Sud.

M. Bourita ignore encore moins que le Droit à l’Information est proclamé par la Constitution de juillet 2011, mais il estime sans doute que son agenda chargé l’empêche de remplir un des devoirs d’un responsable public, celui d’être au service des citoyens…

Mais, las !
Ne faisons pas la fine bouche puisqu’à l’occasion de la récente réunion à Marrakech de « la conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’Union Africaine au processus politique des Nations Unies sur le différend régional au sujet du Sahara marocain » (ouf, quel titre !), notre ministre des AE, dans son incommensurable mansuétude, a consenti à répondre aux questions des journalistes présents.

Du concret pour l’opinion publique

Et sa prestation a été des plus intéressantes puisqu’à son terme, nous savons enfin à quoi nous en tenir sur les deux rounds de discussions quadripartites qui se sont tenus à Genève (ou ses environs) sous l’autorité de M. Horst Köhler, envoyé spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

On retiendra notamment que le premier round a surtout servi de « tour de chauffe » afin que les participants, Maroc, Algérie, Mauritanie et polisario, prennent langue dans des conditions de pleine civilité et de respect mutuel, notamment dans l’objectif de montrer à tous (surtout les membres du Conseil de Sécurité), qu’ils étaient conscients de la nécessité de se conformer aux desiderata de la communauté internationale afin de parvenir à un règlement politique, pacifique et négocié du « différend » sur le Sahara occidental marocain.

Le second round, qui a eu lieu la semaine dernière, a incontestablement été plus animé en ce sens que les quatre délégations ont pu développer leurs perceptions sur les questions fondamentales qui déterminent ce différend. Mais, il n’y a pas eu d’avancées notables parce que les parties sont restées sur leurs positions traditionnelles et connues de tous.

Le Maroc a déroulé les principaux points de son argumentation en faveur de plan d’autonomie élargie tandis que l’Algérie et ses obligés de Tindouf reprenaient leur fantasmagorique et indécrottable proposition du référendum d’autodétermination.

On notera néanmoins que cette sempiternelle rengaine a été très mal perçue par l’envoyé spécial Köhler qui est tenu, dans son mandat, d’amener les parties à placer leur discours dans le cadre strict déterminé par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

Or, comme chacun sait, ces différentes et successives résolutions appellent à des solutions de compromis à partir de propositions pertinentes et de négociations marquées au sceau de la bonne foi. Ce qui veut dire que l’ONU, son Conseil de Sécurité et ceux qui le contrôlent récusent par avance la seule solution mise en avant par les mercenaires et Alger, celle du référendum.

Et c’est bien pour cela, au demeurant, que M. Bourita, au terme de sa conférence de presse à Marrakech, a clairement mis en garde les autres parties dans la perspective d’un troisième round de négociations qui pourrait se tenir l’été prochain.

En effet, dixit le ministre des AE, le Maroc n’ira pas plus loin que le troisième round si durant son déroulement, les participants n’entraient pas dans le vif du sujet, c’est-à-dire les discussions sur le compromis censé mettre un terme à ce « différend sur le Sahara marocain ».

Le meilleur pour la fin

Le Maroc, clairement dit, ne souhaite pas tenir des réunions dans le seul objectif de rencontrer les parties adverses, mais pour faire avancer le processus définitif de règlement de cette question.

Faute de quoi, il cessera d’y participer !

Une position ferme et claire que devront comprendre les mercenaires du polisario et leurs maîtres algériens sous peine de mettre en échec le processus voulu par M. Guterres et le Conseil de Sécurité.

Car il faut bien comprendre qu’en l’occurrence, le Royaume est droit dans ses bottes, bénéficiant du soutien actif de son opinion publique, des partis et autres forces vives de la Nation, mais aussi de l’adhésion massive des populations du Wadi Eddahab et de la Saquiat Al Hamra, tandis que le drapeau national flotte majestueusement de Tanger à Lagouira (ou presque…).

En acceptant d’aller au fond des choses, en participant réellement à la recherche d’un compromis politique et négocié, le polisario aura peut-être un autre destin que celui de finir dans les poubelles de l’Histoire.

C’est donc avec une sérénité impavide que l’on attendra les traditionnelles réunions de la fin du mois d’avril, précédées du rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur la question du Sahara marocain, et clôturées par le vote de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso.

Une assurance incontestablement renforcée par l’annonce toute récente par le Département américain de la Défense de la conclusion du « contrat d’armement du siècle » avec le Maroc.

Notre pays et ses forces armées, en effet, se doteront de 25 nouveaux avions F16 version V, et de divers armements pour un montant de 3,778 milliards de dollars et consacreront 985,2 millions de dollars supplémentaires à la modernisation des 23 F16 actuellement en service.

Une annonce assortie d’un communiqué du même département qui précise que :
« Cette vente contribuera à la politique étrangère et à la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité d’un important allié non membre de l’OTAN, qui continue d’être une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Afrique du Nord… »

Un communiqué qui prend tout son poids alors que notre voisin, l’Algérie, connaît les soubresauts que l’on sait et qui, sans doute, prouve que M. John Bolton, conseiller à la Sécurité Nationale du président Trump, tempèrera à l’avenir ses ardeurs anti-marocaines…

Fahd YATA

https://lnt.ma/sahara-marocain-m-bourita-se-met-enfin-a-table/

Ouverture à Marrakech de la Conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’UA au sujet du Sahara marocain

Ouverture à Marrakech de la Conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’UA au sujet du Sahara marocain

POLITIQUE

Sahara marocain : Ouverture à Marrakech de la conférence UA-ONU

LE 25 MARS 2019

Les travaux de la Conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’Union Africaine (UA) au processus politique des Nations Unies sur le différend régional au sujet du Sahara marocain, ont été ouverts, lundi à Marrakech, avec la participation de 37 pays africains issus des cinq sous-régions du Continent.

Cette Conférence vise à exprimer le soutien à la Décision Assembly/AU/Dec.693 (XXXI), adoptée lors du 31ème Sommet de l’UA, tenu les 1 et 2 juillet 2018 à Nouakchott (Mauritanie). Une décision qui réaffirme l’exclusivité des Nations Unies dans l’examen du différend régional au sujet du Sahara marocain.

La Décision 693 sur le rapport du Président de la Commission sur la question du Sahara a « établi un mécanisme africain comprenant la Troïka de l’Union Africaine à savoir les Présidents sortant, en exercice et entrant de l’UA, ainsi que le Président de la commission, pour apporter un soutien efficace aux efforts conduits par les Nations Unies ». Elle a consacré la primauté du processus onusien dans la gestion de la question du Sahara, en excluant tout processus parallèle.

Malgré cette avancée décisive qui installe un climat de sérénité au sein de l’UA, certaines actions cherchent à contrarier l’esprit de la lettre de la Décision 693. C’est en réponse à ce contexte que s’inscrit la Conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’UA au processus politique des Nations Unies sur le différend régional au sujet du Sahara marocain, organisée par le Royaume à Marrakech.

Cette Conférence ministérielle africaine sera aussi l’occasion de réaffirmer le consensus africain autour de la Décision 693, et de témoigner activement de l’appui africain au processus politique en cours dans le cadre des Nations Unies en vue d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara, qui repose sur le compromis.

Elle a aussi pour objectif de conforter l’esprit et la lettre de la Décision 693 de la Conférence de l’UA, et de réaffirmer l’attachement de l’Union au processus onusien.

Cet attachement ressort de la Décision 693, qui exprime un choix éclairé des Chefs d’Etat et de Gouvernement, soucieux de prévenir les clivages et les divisions parmi les pays africains frères, et de les rassembler autour des efforts des Nations Unies.

L’objectif du Royaume du Maroc est donc de rassembler et d’unir autour du respect de l’esprit et de la lettre de la décision de Nouakchott, en évitant la cristallisation de divisions internes pouvant compromettre la résolution du conflit régional et nuire à la stabilité, la cohésion et l’efficacité de l’Organisation.

La tenue de cette Conférence s’inscrit ainsi dans la vision sage et éclairée des Etats africains en vue du renforcement de l’unité du Continent et du rejet de toute tentative de le dévier de ses priorités urgentes en matière de développement humain durable, d’intégration régionale et de prospérité de ses citoyens.

Depuis son retour à l’UA, le Maroc a, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, inscrit son action, selon une approche inclusive et fédératrice, dans le cadre d’implémentation d’initiatives et de projets structurants et impactants en termes de développement humain et économique (migration, environnement, emploi des jeunes, paix et sécurité, etc …) au service du leadership de l’Afrique et de ses citoyens.

LNT avec Map

https://lnt.ma/sahara-marocain-ouverture-a-marrakech-de-conference-ua-onu/

Sahara occidental : l’Algérie réitère son soutien au Polisario

Diplomatie

Sahara occidental : l’Algérie réitère son soutien au Polisario

03 décembre 2018 à 18h35 | Par Jeune Afrique

À quelques jours d’une réunion à Genève sur le Sahara occidental, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation algérien, a réitéré le soutien « constant » de son pays au Polisario, lors d’un entretien avec le chef du Front Brahim Ghali.

La discussion s’est tenue à 9 000 kilomètres de Rabat. Plus précisément à Mexico, où Abdelkader Bensalah, deuxième personnage de l’État algérien, représentait Abdelaziz Bouteflika pour l’investiture samedi du nouveau président du Mexique Andrés Manuel López Obrador.

En marge de la cérémonie, le président du Conseil de la nation (le Sénat algérien) s’est entretenu avec Brahim Ghali, lui aussi présent. Au chef du Front Polisario, Abdelkader Bensalah a réitéré « le soutien constant de l’Algérie au peuple sahraoui pour le recouvrement de ses droits, conformément à la légalité internationale et aux résolutions des Nations unies », selon le communiqué diffusé par l’agence officielle algérienne APS.

La déclaration d’Abdelkader Bensalah est la première réaction publique d’un responsable algérien depuis la main tendue de Mohammed VI

La déclaration d’Abdelkader Bensalah est la première réaction publique d’un responsable algérien sur cette question depuis la main tendue de Mohammed VI. De son côté, Brahim Ghali « a salué la position de l’Algérie en faveur de la cause sahraouie ».

Un message à forte portée symbolique

La date de cette rencontre – et le rappel de ce « soutien » – ne doivent rien au hasard. Une réunion onusienne sur la question sahraouie doit se tenir mercredi et jeudi à Genève, afin d’ « ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique », comme l’indique la lettre d’invitation envoyée par l’émissaire de l’ONU Horst Köhler au Maroc, au Polisario, à la Mauritanie et à l’Algérie.

Rabat rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté, invoquant la nécessité de préserver la stabilité régionale. Le 6 novembre dernier, le roi Mohammed VI a proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » avec l’Algérie. Cette dernière s’est bien gardée de répondre directement à cette proposition – qualifiée en off de « non-événement ». La diplomatie algérienne a en revanche proposé d’organiser au plus vite une réunion du Conseil des ministres de l’Union du Maghreb arabe (UMA), mais en prenant soin d’éluder la question du Sahara occidental.


>>> À LIRE – L’Algérie prête à dialoguer avec le Maroc, mais selon ses propres conditions


L’Algérie a aussi indiqué fin octobre qu’elle se rendait à Genève « en qualité d’État voisin », convaincue qu’ « une négociation directe, franche et loyale entre le royaume du Maroc et le Front Polisario, est de nature à conduire à une solution définitive de la question du Sahara occidental ». Le dernier cycle de négociations directes lancé par l’ONU en mars 2007 s’est enlisé en mars 2012, le Maroc et le Polisario campant sur des positions inconciliables concernant le statut et le référendum d’autodétermination.

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