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LES AUTORITÉS DÉTIENNENT UN GRAND GROUPE QUI TENTE DE S’INTRODUIRE DANS LE CENTRE DE RECHERCHE ET DE TEST DE ROSCOSMOS

#RUSSIAChoix de l’éditeur 10.09.2019 – 0 views    0 ( 0 votes)

LES AUTORITÉS DÉTIENNENT UN GRAND GROUPE QUI TENTE DE S’INTRODUIRE DANS LE CENTRE DE RECHERCHE ET DE TEST DE ROSCOSMOS

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Authorities Detain Large Group Attempting To Break Into Roscosmos Research And Testing Center

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Le 9 septembre, il y a eu un « incident intéressant » dans lequel plusieurs personnes ont tenté de pénétrer dans un centre de recherche et d’essais de Roscosmos , a déclaré le chef de l’entreprise, Dmitry Rogozin .

« Les assaillants sont arrivés pour prendre des photos sur le toit et à l’intérieur des locaux sensibles et pour poster les images sur Internet », a déclaré le service de presse de Roscosmos.

«La police va découvrir qui ils sont. S’ils trouvaient quelque chose là-bas, y compris quelque chose qui n’était pas enregistré sur leurs appareils photo. Nous avons contacté la police. Ils ont trouvé beaucoup de choses intéressantes là-bas. Non seulement la police sera… intéressée. Il y a une affiliation politique et la citoyenneté des gars est intéressante », a déclaré Rogozin, cité par RIA.

Les services de sécurité et de garde de Roscosmos ont arrêté 17 personnes qui prévoyaient d’entrer sur le territoire du centre de recherche et d’essais de l’industrie spatiale et spatiale. Ils avaient prévu de prendre des photos sur le territoire de l’installation sensible et de grimper sur le toit.

Le rapport de la société indiquait que l’enquête avait établi que, dans la nuit du 8 au soir, près de 50 personnes prévoyaient d’entrer sur le territoire de l’installation « afin de vandaliser du matériel et d’autres actes illégaux ».

Rogozin a également déclaré que des étrangers avaient été arrêtés sur le territoire « où un stand pour Bourane » avait été créé plus tôt. Actuellement, Roscosmos ne l’utilise pas, mais le loue.

«Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un vaste périmètre extérieur de notre entreprise», a déclaré le directeur de Roscosmos.

Il a rappelé que l’installation est la principale entreprise de Roskosmos, où tous les moteurs de fusées sont testés.

«Au début, un petit groupe a été arrêté, puis il est apparu que leurs camarades seraient présents. Ils ont emballé les camarades et les ont envoyés à la police. Sont-ils des vandales ou pas, mais quelqu’un est plus intéressant, ce n’est même pas important pour moi maintenant, il est important pour nous que le système fonctionne avec la sécurité », a déclaré le chef de Roscosmos.

«Ce n’est pas une question de savoir qui a pénétré, c’est une gifle au système de sécurité. Si un blogueur a pénétré, que Dieu le bénisse, ils le nettoieront et le laisseront partir, mais que se passe-t-il s’il s’agit d’un groupe de sabotage? Mon attitude envers toute pénétration, toute violation est négative. Je ne recommande à personne de monter dans le périmètre de sécurité », a déclaré Rogozin.

«Nous n’épargnerons personne: ce sont des blogueurs, des danseurs ou des terroristes, quelle est la différence? L’attitude sera la même », a-t-il ajouté.

La société est située dans le district de Sergiev Posad, dans la région de Moscou, dans la ville de Peresvet. Il existe des tests de moteurs de fusées et de vaisseaux spatiaux. Dans cette ville, des travaux étaient en cours pour créer le vaisseau spatial Vostok, sur lequel Youri Gagarine a effectué le premier vol habité dans l’espace.

Aucune autre information concernant l’identité des personnes arrêtées n’a été fournie.

Il convient de rappeler qu’en juin 2019, des millions de roubles de technologies spatiales utiles uniquement pour la Station spatiale internationale ont été volés dans les locaux d’une filiale de Roscosmos.

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Comment un drapeau planté sur la Lune peut-il flotter ?

Comment un drapeau planté sur la Lune peut-il flotter ?

par France Inter publié le 

Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong, puis Buzz Aldrin, prennent la pose dans leur scaphandre à côté d’un drapeau américain. A quelques semaines du cinquantenaire des premiers pas de l’Homme sur la Lune, Maema, huit ans, pose la question de la possibilité d’un drapeau posé et flottant sur le satellite de la Terre.

Un drapeau sur la Lune peut-il flotter ? Ici Buzz Aldrin en juillet 1969 à coté du drapeau américain
Un drapeau sur la Lune peut-il flotter ? Ici Buzz Aldrin en juillet 1969 à coté du drapeau américain © Getty / The LIFE Picture Collection

La réponse de Christophe Bonnal, ingénieur, expert à la direction des lanceurs du CNES : 

« La question de Maema est intéressante car sur Terre, pour qu’un drapeau flotte, il faut qu’il y ait du vent. Et pour qu’il y ait du vent, il faut qu’il y ait de l’atmosphère (enveloppe gazeuse). Or sur la Lune, pas d’atmosphère, donc pas de vent ! 

Pour les puristes : en fait, il y a un tout petit peu d’atmosphère. C’est une atmosphère extrêmement ténue. On trouve quelques atomes par-ci par-là. Notamment quelques molécules de dégazage des cailloux qui sont chauffées par le soleil. Au total, l’atmosphère de la Lune représente 25 tonnes, presque rien. En tous les cas, pas assez pour faire flotter un drapeau.

Donc pour qu’un drapeau flotte, il faut tricher

Il faut mettre une barre horizontale sur le drapeau. On ne le voit pas bien, mais si on regarde de plus près les drapeaux des missions Apollo, on voit cet artifice. D’ailleurs, sur Apollo 15 (1971), ils ont cassé la barre. Donc on voit sur les clichés que le drapeau n’est pas brillant, qu’il est à moitié horizontal et qu’il flanche sur l’autre moitié. C’est comme ça qu’on peut tricher.

C’est amusant, si on regarde les photos à plusieurs jours d’intervalle le même drapeau sur la lune, il a exactement les même plis, car il n’y a rien pour le faire changer.

Un fois il a réellement été balayé par un souffle de vent

Le drapeau d’Apollo 11 était planté pas très loin du LEM, le module lunaire (véhicule spatial américain). Quand les astronautes ont redécollé de la Lune, le souffle de la fusée du LEM a couché le drapeau. Les fois suivantes, ils ont décidé de mettre le drapeau un peu plus loin.

Tellement loin que sur Apollo 12 (la mission avec Al Bean, novembre 1969), ils font deux sorties sur la Lune. La première : ils sortent, ils plantent le drapeau, ils reviennent dans le LEM qu’ils avaient repressurisé (ils avaient remis de l’atmosphère) de manière à pouvoir retirer leur scaphandre et pouvoir dormir un peu.

Après s’être reposés, ils ont remis leur scaphandre, donc, ils ont à nouveau dépressurisé, chassé l’air qui était dans le LEM, de manière à pouvoir ouvrir la porte pour aller sur la Lune. Quand ils ont ouvert la porte, il restait encore un peu d’atmosphère et on a vu le drapeau qui flottait grâce au peu de vent du LEM, mais c’était exceptionnel ! Mais à parier qu’un drapeau peut flotter sur la Lune… on peut parfois gagner ! »

Aller + Loin

Christophe BONNAL, est ingénieur, expert à la direction des lanceurs du CNES, il préside les commissions Débris spatiaux de la Fédération internationale d’aéronautique (FIA) et de l’Académie internationale d’astronautique (AIS). Il est l’auteur de Pollution spatiale, l’état d’urgence chez Belin.

https://www.franceinter.fr/culture/comment-un-drapeau-plante-sur-la-lune-peut-il-flotter#xtor=EPR-5-[Meilleur10062019]

Huawei : la guerre technologique est déclarée

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis.
PHOTO : © ZUMA Press/ZUMA/REA
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COMMERCE

Huawei : la guerre technologique est déclarée

En privant le le géant chinois des télécoms Huawei d’accès à leur marché, les Etats-Unis franchissent un cap dans leur affrontement commercial avec la Chine. Un épisode qui révèle également combien le secteur des télécoms dépend technologiquement d’un très petit nombre d’acteurs.

Les Etats-Unis ont sorti l’artillerie lourde. En annonçant l’inscription de l’entreprise chinoise Huawei sur la liste des sociétés avec lesquelles il est interdit de commercer, le gouvernement américain a franchi un cap dans la guerre technologique qui l’oppose avec la Chine. Aussitôt cette décision prise, toute une série d’entreprises américaines ont déclaré arrêter de fournir leurs services à Huawei. Ces décisions privent donc la société chinoise de nombreux services sur lesquels reposent ses produits, et en premier lieu ceux fournis par Google avec le système d’exploitation pour mobile Android. Cette décision n’impacte donc pas uniquement la société chinoise, mais aussi l’ensemble des utilisateurs de produits Huawei de par le monde. Et montre à que le secteur des télécommunications est technologiquement dépendant d’un très petit nombre d’acteurs, parmi lesquels Google… Et Huawei elle-même. Décryptage en cinq points.

1/ Pourquoi tant de tensions autour de Huawei ?

Huawei est essentiellement connue du grand public pour ses smartphones, marché dont elle occupe la deuxième place mondiale, derrière Samsung mais devant Apple. Mais l’entreprise est surtout un équipementier de télécoms : elle fournit les opérateurs téléphoniques (Orange, SFR, etc.) en routeurs et antennes relais. C’est même le leader mondial de ce secteur.

Or, dans le développement du réseau mobile cinquième génération, appelé plus communément la 5G, Huawei est également très bien positionnée. Les standards de cette technologie, qui doit être déployée dans les prochaines années, ne sont pas encore parfaitement définis, mais celle-ci constitue bien plus qu’une amélioration des standards antérieurs. En s’appuyant sur des bandes de fréquences bien plus élevées, elle pourra transmettre davantage de données et plus rapidement. Ses promoteurs avancent un débit multiplié par dix et un délai de transmission réduit d’autant. Sur cette technologie devrait se développer tout un tas d’usages nouveaux : la réalité virtuelle, les voitures autonomes, les objets connectés et, peut-être, l’industrie du futur.

Evidemment, l’acteur qui fournira le matériel sur lequel reposera la 5G aura un rôle stratégique majeur. Ce d’autant qu’on suspecte les équipementiers qui vont produire en série les antennes relais d’y ajouter des « portes dérobées » (backdoors). Celles-ci permettent de récupérer des informations et des données qui transitent par ces équipements.

Ce risque de cyberespionnage n’est cependant pas le seul qui explique les tensions. Un équipementier occupant une position dominante sur un réseau a aussi une capacité d’intervention sur ce dernier pour éventuellement l’interrompre à un moment donné et nuire à sa stabilité. C’est bien pour cela, alors que les opérateurs sont en train de faire leur choix entre les différents équipementiers pour leur futur réseau 5G, que ce sujet s’invite au cœur des tensions internationales et géopolitiques.

Reste qu’étant donné l’avance qu’avait prise Huawei, se passer d’elle pourrait ralentir le déploiement de la 5G de deux ans et coûter très cher, a estimé l’opérateur Deutsch Telekom.

2/ Que craignent les Etats-Unis ?

Washington accuse Huawei de cyberespionnage et de collaboration avec les autorités chinoises. S’ils n’ont pas de réelles preuves, les Etat-Unis s’appuient sur différentes enquêtes internationales suspectant l’entreprise d’espionnage. Surtout, ils mettent en avant la législation chinoise, qui oblige les entreprises nationales à collaborer avec les autorités.

La loi sur la cybersécurité de 2017 stipule en effet que « les entreprises de réseau doivent fournir un support et une assistance aux autorités publiques, c’est-à-dire à la police », explique Séverine Arsène, chercheuse associée au Médialab de Sciences Po. « La loi chinoise sur le terrorisme indique également que les activités de télécoms doivent contribuer à la collecte d’informations », ajoute cette sinologue. Les autorités ont en outre un accès privilégié aux données stockées sur le territoire chinois, ce qui est évidemment le cas d’une grande partie de celles gérées par Huawei.

Plus globalement, c’est bien l’absence de réel Etat de droit chinois qui pose problème. « La Chine est un Etat qui définit de manière large les termes dans ses dispositions réglementaires, si bien qu’il est difficile de statuer sur les accusations d’espionnage, précise Séverine Arsène, mais la formulation de la loi laisse supposer que la police peut avoir accès à certaines données. »

La stratégie américaine est cependant à mettre en perspective avec le fait que, dans le secteur stratégique de la 5G, elle a laissé un acteur étranger prendre les devants. « La guerre commerciale et technologique que livrent les Etats-Unis peut aussi être vue comme une volonté de ralentir Huawei pour tenter de rattraper leur retard », expliquait en janvier Michel Nakhla, professeur d’économie et de gestion à l’école Mines ParisTech.

3/ Comment réagit l’Europe ?

Les Etats-Unis ont fortement incité leurs alliés à l’imiter et à bannir l’entreprise chinoise de leurs marchés. Les réactions européennes ont cependant été très variées. La France s’est dotée le mois dernier d’une loi, ne visant pas spécifiquement Huawei, mais permettant d’exclure n’importe quel équipementier sur décision des services du gouvernement. L’entreprise est pour l’instant autorisée à répondre aux appels d’offres des opérateurs allemands.

Selon des fuites dans la presse, le Royaume-Uni s’apprêterait, lui, à autoriser Huawei, tant qu’il ne fournit pas d’équipement pour le centre du réseau, comme les grandes villes où circulent des grandes quantités de données sensibles. Cette décision, qui n’a pas encore été officialisée, surprend de la part de l’allié historique des Américains. Plusieurs ministres britanniques ont d’ailleurs fait part de leurs réserves quant à l’autorisation du géant des télécoms chinois.

Le Royaume-Uni est cependant dans une position délicate, car le pays est engagé avec le géant chinois depuis longtemps. Le groupe y est présent depuis 2001 et emploie aujourd’hui plus de 1 500 personnes. Il a même promis un investissement de plus de 3 milliards de livres l’année dernière. Plus globalement, l’île est la première destination des investissements chinois en Europe. Et vu les difficultés commerciales qui s’annoncent avec le Brexit, il serait particulièrement inopportun pour les sujets de sa Majesté de se fâcher avec un tel partenaire…

Huawei, de son côté, multiplie naturellement les efforts pour amadouer les Européens. Il a ouvert ces dernières semaines son deuxième centre de cybersécurité à Bruxelles, en plus de celui de Londres.

4/ Quel impact pour Huawei ?

Washington a placé la firme chinoise sur sa liste d’entreprises à risque, rendant obligatoire l’autorisation des autorités pour commercer avec lui. Mais les charges retenues contre Huawei sont telles qu’il s’agit bien, en réalité, d’un bannissement commercial. L’entreprise dispose cependant d’un délai de quatre-vingt-dix jours pour arrêter progressivement toutes ses activités avec les acteurs américains. Le gouvernement américain pourrait également profiter de ce sursis de trois mois pour changer éventuellement d’avis, s’il juge les conséquences trop importantes dans sa guerre commerciale avec la Chine.

En attendant, voilà Huawei privé des logiciels de Microsoft et, donc, de Google. Au-delà du système d’exploitation Android, ce sont aussi des applications aussi répandues que Gmail (messagerie), YouTube (vidéo), GoogleSearch (moteur de recherche), Maps (cartographie) ou Google Play Store auxquelles le géant chinois n’aura plus accès.

Un véritable handicap pour le marché international, car il est évidemment très difficile de vendre des smartphones sans certaines de ces applications. Même la Commission européenne estime que le magasin d’application Google Play Store est une « application indispensable » au vu de sa position dominante. Pour les consommateurs ayant déjà un smartphone Huawei, les logiciels ne seront pas supprimés, mais toutes les mises à jour ne seront pas accessibles. L’accès aux dernières versions des applications risque donc d’être difficile.

Pour le marché chinois, cela n’aura pas de trop lourdes conséquences, car des acteurs nationaux ont développé certains services similaires. En résumé, les Chinois ont leur propre Google, auquel manque toutefois la pièce centrale : le système d’exploitation. Android étant développé en « open source », il pourrait être copié pour proposer un service similaire. Mais le service de Google n’est transparent qu’en son centre, et pas sur l’ensemble des services et de son univers nécessaire au développement d’un système d’exploitation, que ce soit le magasin d’application ou les API (interface de programmation d’applications).

La dépendance chinoise ne concerne pas uniquement la partie logicielle (« software ») mais aussi la partie équipement avec la fourniture (« hardware ») de produits indispensables comme les semi-conducteurs qu’assuraient les Américains Intel, Broadcom et Qualcomm. « Malgré ses efforts, la Chine n’a pas encore de constructeurs de puces et de semi-conducteurs chinois sous droit intellectuel chinois », résume Séverine Arsène.

5/ Un marché sous dépendance ?

Huawei ne devrait pas être le seul perdant du bras de fer engagé par les Etats-Unis. Car s’il voit des fournisseurs stratégiques se désolidariser de lui, ces derniers perdent également un client important. Ces acteurs, en petit nombre, sont cependant quasi exclusivement localisés dans deux pays et juridictions : les Etats-Unis et la Chine. Si bien que le reste du monde est globalement dépendant d’acteurs eux-mêmes interdépendants, appartenant aux deux premières puissances commerciales mondiales, dont les relations ne cessent de se tendre !

Malgré un impact réel des décisions américaines, la Chine peut se passer des géants numériques américains, puisqu’elle a des équivalents nationaux. Mais si une telle décision venait à toucher l’Europe, le résultat serait tout autre. Ceci laisse donc imaginer les conséquences dans nos sociétés d’une privation de services aussi stratégique que Google, Microsoft, Amazon, Intel, etc.

Comme le rappelle Benoît Thieulin, ancien président du Conseil national du numérique : la domination américaine sur l’Europe « se fait à tous les niveaux de la puissance numérique : les moteurs de recherche, les réseaux sociaux, le commerce en ligne, les infrastructures technologiques, l’intelligence artificielle (IA)… ». Voilà un beau sujet de réflexion pour le Parlement européen qui sera élu ce dimanche…

 

La Mise À Mort De Huawei Par Google Et La Maison Blanche

Analysis

La Mise À Mort De Huawei Par Google Et La Maison Blanche

Suivant de très près la décision de la Maison Blanche d’interdire l’accès au marché américain à la compagnie chinoise Huawei, Google vient de suspendre ses accords de licences et de partage de produits. C’est un évènement qui fera date dans l’histoire des nouvelles technologies de l’information et des communications.

A la suite de cette décision inédite, Huawei ne dispose plus que du libre accès à la version Open Source (source publique) du système d’exploitation Android, utilisé sur la totalité de ses appareils. Cela veut dire que non seulement les systèmes Android des appareils Huawei ne pourront plus être mis à jour et donc vulnérables à des failles sécuritaires mais seront dans l’incapacité d’installer des applications propriétaires de Google comme Gmail, Google Play Store et assimilés.

Cela veut dire que Washington veut tuer Huawei.

Officiellement, les États-Unis accusent le géant technologique chinois d’espionnage et le perçoivent comme un danger pour leur sécurité nationale. En réalité, ils cherchent à l’anéantir. D’une part pour éliminer la compétition d’un rival devenu insupportable et d’autre part pour damer le pion à Beijing dans le domaine des infrastructures de la technologie 5G.

Cette mesure extraordinaire aura pour effet de pousser ou plutôt forcer les chinois à se lancer dans l’élaboration de leur propre écosystème d’exploitation et à ne plus compter sur les logiciels US. Une substitution chinoise au système Android n’est point une option impossible mais cela aura pour conséquence d’éloigner Huawei de la majorité des pays occidentaux.

Il est quasiment certains que les dizaines de millions d’ordinateurs chinois fonctionnant sous des versions modifiées de Microsoft Windows XP et Windows NT (ceux de la défense en particulier) changeront très bientôt de logiciels d’exploitation.

Après la mésaventure de Huawei, presque aucun pays au monde ne pourra continuer à faire confiance à des géants de la technologie qui se présentent comme des firmes privées mais qui travaillent pour les intérêts d’une oligarchie ayant une réelle influence sur un ou deux gouvernements d’États visant l’hégémonie mondiale.

https://strategika51.org/archives/63011/comment-page-1#comment-62858

Palantir, l’œil de Washington ?

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Palantir, l’œil de Washington ?



Publié par Antoine Vandevoorde le 9 Mai 2019


Dans un contexte technologique marqué par la surabondance des données numériques, recueillir et traiter l’information est devenu une priorité stratégique pour les entreprises, mais également les États souverains. Plusieurs champions du big data se sont en cela fait jour, dont notamment Palantir Technologies. Cette société américaine à la réputation sulfureuse a acquis sa notoriété en nouant des partenariats significatifs avec plusieurs entreprises multinationales, mais également des services étatiques réputés sensibles, à l’instar de la DGSI. Faut-il y voir un banal partenaire commercial ou à l’inverse une véritable épée de Damoclès pour la souveraineté nationale ?



Palantir, l’œil de Washington ?
Palantir, au commencement

Que dissimule Palantir ? Palantir Technologies est une société de droit privé américaine fondée en 2003 et basée à Palo Alto en Californie, cœur battant de la Silicon Valley. Celle-ci se revendique dès sa création comme une startup orientée vers le domaine de l’analyse de données de masse – big data – à destination d’entreprises et d’institutions à des fins d’aide de prise à la décision stratégique. Officieusement, la réalité est plus complexe. Palantir se spécialise d’entrée, sous l’impulsion de ses principaux fondateurs Alex Karp et Peter Thiel, dans l’analyse de données stratégiques extrêmement sensibles par l’entremise de salariés issus des domaines du renseignement et de la sécurité. La société s’est aujourd’hui diversifiée, mettant cette expertise à profit d’acteurs du secteur de la santé, de la finance, de l’assurance ou encore de la consommation courante.

Palantir s’est principalement forgé une réputation de géant mondial de la visualisation et de l’analyse de données de par ses solutions Gotham et Foundry, aujourd’hui plébiscitées dans le domaine du management de l’information. Ce couronnement en tant qu’acteur technologique majeur n’est pourtant pas le fruit du hasard. Outre sa stature affichée de modeste startup, Palantir Technologies fait l’objet dès sa création d’un financement qui est tout sauf anodin : celui d’In-Q-Tel. Ce fonds de capital-investissement, ayant octroyé deux millions de dollars à la société, n’est nul autre que celui de la CIA vouée originellement à parrainer les projets technologiques jugés utiles à terme pour le fonctionnement de l’agence. En pratique, la CIA se réserve en cela un droit de regard, voire une présence au sein des conseils d’administrations des sociétés concernées par In-Q-Tel, ce à quoi Palantir n’aurait pas fait exception. L’entreprise est indéniablement liée à l’appareil de renseignement américain.

Le monde au sens de Palantir 

Saisir l’essence profonde de Palantir passe inéluctablement par une compréhension approfondie de son message, et de ses fondateurs. Le secret, au cœur de l’activité de Palantir, n’en est pourtant pas un. En effet, Palantir tire son nom de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, faisant référence à l’objet magique éponyme octroyant à son possesseur le don d’omniscience et de clairvoyance. L’aspiration profonde de l’entreprise n’est en cela pas dissimulée, malgré les doutes et craintes occasionnés. La stratégie de ce panoptique numérique passe alors par des actions de légitimation principalement incarnées par son Président directeur général, Alex Karp. Ce dernier est à lui tout seul le gage de réassurance pour sa société auprès des observateurs, eu égard notamment à quelques passes d’armes technologiques notables. En effet, il est l’homme ayant conduit le projet d’identification des groupes hackers chinois GhostNet et Shadow (ayant espionné les communications du Dalaï Lama, ou encore de l’OTAN) et a surtout vu son nom étroitement associé à la localisation d’Oussama Ben Laden. Pilier de la légitimité de Palantir, c’est durant ses études à Stanford que ce dernier fit la rencontre de l’autre homme fort de l’entreprise, Peter Thiel.

À l’inverse d’Alex Karp, Peter Thiel entretient l’image d’une personnalité sulfureuse et très médiatique. Ce dernier est très tôt considéré comme l’un des caciques de la Silicon Valley. Peter Thiel investit notamment dans Facebook peu après sa création, et prend part à la création de PayPal aux côtés du magnat de la technologie sud-africain Elon Musk. À la tête d’un titan de l’information tel que Palantir, Peter Thiel cristallise toutes les appréhensions. Connu pour son obédience libertarienne très prononcée, celui-ci fait volontiers part de ses opinions sur le rôle que devrait avoir l’Etat : aucun. L’historien Edouard Husson en dépeint dans les colonnes d’Atlantico un portrait sans équivoque : « Comme Saint-Simon, Peter Thiel se prend pour un visionnaire de la politique et il juge son expertise supérieure à celle des politiques […] [il] a révélé dans de nombreuses déclarations que ses convictions libertariennes revenaient à vouloir substituer Google à l’État américain, PayPal à l’IRS ». Seul soutien de Donald Trump dans la Silicon Valley, Peter Thiel se place en parangon du solutionnisme technologique, au sens d’Evgeny Morozov, comme « remède » aux afflictions contemporaines. Tout en gardant à l’esprit que pour lui, Etat, démocratie et modèle occidental relèvent de ces maux.

Palantir et Cambridge Analytica, la liaison dangereuse

En mars 2018, Palantir se retrouve pour la première fois de son histoire dans l’œil du cyclone. C’est à cette période qu’éclate le scandale Cambridge Analytica, du nom de la société britannique éponyme. Pour rappel, cette affaire mit en lumière certaines relations troubles des géants de la Silicon Valley, Facebook en tête, dans le cadre de la campagne présidentielle américaine de 2016. L’entreprise de Mark Zuckerberg fut en effet accusée d’avoir permis l’accès à près de 50 millions de profils au cabinet d’analyse politique Cambridge Analytica afin d’exploiter des données personnelles et rallier les concernés à la cause du candidat Trump. Un ancien employé de Palantir, Christopher Wylie, se pose alors en lanceur d’alerte, accusant son ancien employeur d’avoir activement collaboré à ces pratiques.

Faisant état de rencontres secrètes entre Alexander Nix et les cadres dirigeants de Palantir par l’entremise de Sophie Schmidt, fille de l’ancien patron de Google Eric Schmidt, Christopher Wylie a affirmé devant un parterre de députés britanniques que Palantir aurait également eu accès aux données incriminées à des fins d’analyse et de traitement. Une position qui a tout sauf surpris les observateurs du fait notamment des liens déjà connus de Peter Thiel. Alexandra Saviana, journaliste à l’hebdomadaire Marianne a abondé en ce sens : « Pour être très clair, sans Palantir, pas sûr que Cambridge Analytica aurait pu faire autant fructifier ces millions de données utilisées pour la campagne Trump ».

Une emprise stratégique sur les données sensibles

Palantir inquiète autant qu’elle fascine. Malgré les éléments pesant sur la société et sa réputation, celle-ci a pourtant su pérenniser son activité. Palantir a su mettre la main par le truchement de ses nombreux clients sur des volumes substantiels de données aussi sensibles que stratégiques. Elle collabore naturellement avec la CIA, mais également la NSA, le FBI, l’US Marines, l’US Air Force ou encore les services de polices de New York et de Los Angeles. Elle s’est cependant le plus illustrée dans l’obtention de contrats stratégiques à l’étranger, notamment auprès de Sanofi ou encore d’Airbus, dont elle a fait de l’ancien directeur général Fabrice Brégier le dirigeant de sa filiale française. La société a cependant le plus défrayé la chronique française en annonçant un contrat établi avec la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en 2016. Dans le contexte post-attentats de 2015, la DGSI souhaite urgemment se doter de solutions puissantes d’analyse de données de masse, comme l’expliquait alors son directeur Patrick Calvar : « Nous ne manquons pas de données, ni de métadonnées, mais nous manquons de systèmes pour les analyser ».

Ce parti-pris des services de renseignement intérieur français résonne auprès des observateurs comme un véritable aveu de faiblesse. En effet, collaborer avec Palantir pour la DGSI met en lumière les lacunes du tissu numérico-industriel français en matière de gestion des données critiques. Un constat que partage là encore Patrick Calvar : « Les entreprises françaises qui développent des systèmes ne sont pas encore capables de répondre à nos besoins ». Ce partenariat soulève dès lors des interrogations et craintes légitimes à plusieurs titres, avec tout d’abord celle de la perte de souveraineté. En effet, le fait de confier des informations sensibles à un prestataire de services américains financé par la CIA engendre un risque considérable. Le manque d’informations quant à la réelle proximité entre les services de renseignement américains et Palantir inquiète à juste titre, faisant miroiter au minimum un accès à des données sensibles, et au maximum la possibilité de leur exploitation. Cela renvoie également à la crainte d’une potentielle existence de backdoors, ou « portes dérobées » soit des systèmes implémentés secrètement dans les logiciels à l’insu du client. La DGSI a en cela privilégié le risque minimum, en favorisant un prestataire américain dans un contexte marqué par l’urgence terroriste et l’inaptitude française en la matière. Il est compliqué de jeter la pierre.

La crainte du cheval de Troie américain 

Une véritable levée de boucliers s’est depuis opérée face à l’incertitude Palantir. Ces critiques se sont tout d’abord élevées depuis le sommet de l’État français, Emmanuel Macron ayant réagi à cet état de fait. Le Président de la République aurait en effet fait part d’un grand mécontentement dans le cadre du partenariat liant la société à la DGSI. Cet avis est largement partagé au sein du secteur de la cyberdéfense française, notamment par le directeur de l’ANSSI Guillaume Poupard. Celui-ci déclare en ce sens lors d’une audition parlementaire qu’ : « Il va de soi qu’il faut déconnecter les logiciels Palantir qui permettent d’effectuer des recherches de données ». Un constat partagé même par la DGSI puisque Laurent Nuñez, alors successeur de Patrick Calvar à la tête du service déclare dès son entrée en fonction la nécessité de préférer un acteur français ou européen du big data à très court terme.

Les pouvoirs publics ont de fait réfléchi à une alternative crédible avec pour leitmotiv la souveraineté. La DGSI est finalement parvenue à s’émanciper de Palantir, en supervisant dans le cadre du Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres(GICAT) l’élaboration d’un champion français de l’analyse de données. C’est dans ce contexte qu’est né le Cluster Data Intelligence, initiative portée par de nombreux acteurs issus des domaines stratégiques français. Parmi les structures prenant part au projet figurent notamment Airbus, Atos, Engie, le champion français du big data Flaminem ou encore Thalès. La principale aspiration du cluster est de proposer une solution allant de d’analyse au traitement et à la restitution des données sensibles, et ce de bout en bout en tant qu’acteur 100% français. L’ambition de la récupération de la maîtrise nationale en la matière est clairement affichée.

Ce cluster, louable et judicieux sur le principe va toutefois se voir confronté très rapidement à un défi de taille : celui de pallier son retard sur l’avance technologique de Palantir. En effet, celui-ci suscite des interrogations quant à ses performances techniques, la viabilité de sa solution logicielle dans un contexte empreint de menaces d’ordres diverses ainsi que son mode de gouvernance eu égard aux intérêts parfois divergents des acteurs qui le composent. Les toutes prochaines années diront si oui ou non si la France a les moyens de ses ambitions, c’est-à-dire de revenir dans la course technologique internationale.

Pour aller plus loin au sujet de Palantir : 

BENOIT Fabien, « Peter Thiel, l’homme qui voulait achever la démocratie », Usbek & Rica, 17 juillet 2018

BOULESTIN Rénald, “Big Data : la DGSI s’émancipe de Palantir pour une solution 100% française”, Silicon, 18 avril 2018

CARPENTIER Thierry & COHEN-GRILLET Philippe, « Alex Karp : l’homme le mieux renseigné de la planète », Paris Match, 24 janvier 2017

COLLOMBAT Benoît, « Comment une start-up financée par la CIA s’est imposée au cœur des services de renseignement français », France Info, 22 septembre 2018

DRIF Anne, « In-Q-Tel, le fonds de la CIA qui fait rêver les militaires français », Les Echos, 16 décembre 2016

HUSSON Edouard, « Peter Thiel et la Silicon Valley : comme une méchante ombre sur les démocraties occidentales », Atlantico, 7 janvier 2018

KHARPAL Arjun, “Palantir worked with Cambridge Analytica on the Facebook data it acquired, whistleblower alleges”, CNBC, 27 mars 2018

LAMIGEON Vincent, « Faut-il avoir peur de Palantir, le géant du big data ? », Challenges, 21 mars 2019

LELOUP Damien, « Palantir, l’embarrassant poisson-pilote du big data », Le Monde, 9 octobre 2018

MONIN Jacques, « Palantir : l’œil américain du renseignement français », France Inter, 22 septembre 2018

PAQUETTE Emmanuel, « Palantir, quand la CIA scrute la France », L’Express, 19 mai 2017

SAVIANA Alexandra, « Le très inquiétant pouvoir de Palantir, la boîte mêlée au scandale Facebook, à la NSA… et à la DGSI », Marianne, 30 mars 2018

La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

En quelques années, et grâce à des investissements massifs, la Russie a surpris par sa capacité d’adaptation et de production de matériels militaires de très haute technologie. La Syrie est devenue un théâtre vitrine du savoir faire russe. De quoi intéresser de nombreux pays acheteurs mais également susciter la crainte sur la scène internationale.

La Syrie comme vitrine de l'effort de défense russe
Le conflit syrien, lieu de test pour l’aviation russe

La Syrie, un théâtre de tests opérationnels

Le conflit syrien a, par exemple, permis les tests opérationnels de différents robots de combats téléopérés. C’est le cas pour le Platforma-M et l’Argo depuis 2016. Ces deux robots armés pour le combat permettraient des engagements en zones urbaines sans exposer inutilement les troupes assaillantes.

La modularité des équipements disponibles pour ces robots permet de s’adapter à de multiples situations. Cela explique que les différents sites proches de la Russie comme Sputnik annoncent également le développement de robot de contre-minage, ou sous-marins. Devant le succès d’utilisation des premières gammes de robots russes, la célèbre entreprise Kalachnikov développe également le sien depuis 2015: le Volk-2.

De matériels de toute nouvelle génération extrêmement performants

La protection antiaérienne russe est également un véritable domaine d’expertise qui a pu dévoiler son potentiel en Syrie. Le S-400 est actuellement d’une technologie inégalée et limite l’ampleur de tout bombardement au-dessus de zones protégées par l’armée. La Russie a donc actuellement le pouvoir de bloquer une partie de l’espace aérien syrien à l’OTAN. Israël en fait également les frais depuis 2015 et ne peut survoler l’espace aérien sous contrôle russe qu’avec leur assentiment. Le S-500, actuellement en conception, serait même, en l’état, indestructible du ciel et capable de détruire des missiles hypersoniques dans un rayon de 600 kilomètres. Ce nouveau matériel change donc totalement les doctrines de bombardement aériens.

Les forces aériennes russes ont pu, de plus, tester le Sukhoï Su-57, avion de chasse de 5egénération à même de concurrencer le F-22 américain Cependant, ces nouveaux avions furtifs n’étaient qu’à un stade de prototype.

La marine russe bénéficie également de nouveaux sous-marins depuis 2014 et a la possibilité de lancer de nouveaux missiles de croisières de catégories Kaliber en Syrie depuis la mer Caspienne. En conséquence, la distance de 1500 km n’est plus un problème technique pour un lancement de missile.

Enfin, à défaut de pouvoir posséder un budget similaire aux États-Unis, la Russie a opté pour une spécialité tout aussi efficace que les batteries anti-aériennes : la guerre électronique. Les Américains ont ainsi fait les frais de coupures de communication sur le théâtre syrien, empêchant des frappes aériennes et bloquant les communications avec leurs alliés de l’opposition. De quoi susciter des inquiétudes et une adaptation de l’entraînement américain au combat.

Des succès technologiques qui suscitent craintes et envies

Les succès industriels d’armement russe et leur expérimentation sur le théâtre syrien encouragent leur exportation. Erdogan a  même annoncé, en début 2019, vouloir acquérir des S400 russes, de quoi susciter la polémique au sein de l’OTAN et démontrer l’attractivité croissante de la Russie auprès de son voisin. Le pays vend également des armes à la République Centrafricaine, renouant ainsi avec une vieille tradition de soutien aux pays africains.

Dans un contexte de réarmement mondial, la Russie se replace au premier plan des exportations d’armes. La Syrie est devenue une véritable vitrine de son savoir-faire, ce qui ajoute une dose de cynisme à la tragédie humaine qui s’y déroule depuis 2011. Les dividendes de la paix semblent bien loin.

Sources :

-“Achat d’équipements militaires russes: Erdogan persiste et signe”, Le Figaro, mars 2019

-“Budget, équipements, compétences: que vaut l’armée russe?”, Challenges, décembre 2016

-“Système S-500: le nouveau missile détruira des cibles à 100 kilomètres d’altitude”, russiabeyond.com , avril 2017

-“DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, interview d’Alain Juillet”, Thinkerview, avril 2018

– “Platform-M, le robot combattant”, Chaire de Saint-Cyr, décembre 2015

-“Syrie, la surprise russe pour les USA”, parstoday.com, aout 2018

-“Robots armés autonomes et IA : les 825 millions de coupes budgétaires auraient pu, auraient dû, s’y investir intelligemment” , La Synthèse online, aout 2017

– “Russia’s Platform-M combat robot on display in Sevastopol”, Russia Today, juillet 2015

-“Were Russian Combat Robots Used in Syria ?”, Bellingat.com, janvier 2016

-“La Russie a testé ses avions de chasse dernier cri Su-57 au combat en Syrie”, Russia Today, mars 2018

-“L’avion de combat russe de la 5e génération Soukhoï Su-57 testé en Syrie”,Intellivoire.net, novembre 2018

– “Plus performants et dotés de missiles Kalibr, les nouveaux sous-marins russes préoccupent l’Otan”, Opex360.com, octobre 2018

– “La Russie a lancé 26 missiles de croisière à partir de la mer Caspienne sur des cibles de l’EI”, Réseau International, octobre 2015

-“La guerre en Syrie exhibe les armes russes et encourage leurs ventes”, Memri, janvier 2016

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internatio

Charles de Gaulle : un porte-avions modernisé (REPORTAGE)

Les archéologues égyptiens dévoilent une tombe de 4 400 ans…

REGARDER: Les archéologues égyptiens dévoilent une tombe de 4 400 ans recouverte de peintures spectaculaires

REGARDER: Les archéologues égyptiens dévoilent une tombe de 4 400 ans recouverte de peintures spectaculaires
Les archéologues égyptiens ont dévoilé une tombe incroyablement détaillée et décorative dans le gouvernorat de Gizeh. Le site, vieux de 4 400 ans, appartenait à un noble de la cinquième dynastie appelé «Khuwy».

Les chambres de la tombe en forme de L portent des inscriptions et des reliefs colorés si bien conservés que les experts qui ont fouillé le site ont pu discerner les empreintes digitales du peintre de la tombe.

La tombe elle-même est principalement faite de blocs de calcaire blanc, tandis que les superbes peintures ont été créées avec une résine verte spéciale, selon le ministère égyptien des antiquités.

ÉGALEMENT SUR RT.COMUne énormeQUANTITÉd’animaux momifiés découverts dans une tombe égyptienne à 2 000 ans (PHOTOS, VIDÉO)

ÉGALEMENT SUR RT.COMUne énormeQUANTITÉd’animaux momifiés découverts dans une tombe égyptienne à 2 000 ans (PHOTOS, VIDÉO)

Le plan d’EDF pour construire de nouveaux EPR en France

Le plan d’EDF pour construire de nouveaux EPR en France

AURÉLIE BARBAUX  ,  ,  ,  , 

PUBLIÉ LE 

A LA UNE À l’heure où le renouvellement du parc français est à l’étude, EDF a deux ans pour peaufiner son dossier d’un nouveau nucléaire en France.

Le plan d'EDF pour construire de nouveaux EPR en France
Alors que la date de mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) n’est pas connue, les essais se poursuivent sur le site.

Le nucléaire français est en plein paradoxe. Alors que la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, modifiée par la loi énergie de 2019, l’oblige à fermer douze à quatorze réacteurs d’ici à 2035, EDF prévoit d’ores et déjà la mise en service de nouvelles centrales. Et ce, rapidement pour répondre à la demande de la filière qui veut maintenir ses compétences en matière de construction de centrales et qui a besoin de montrer sur les marchés internationaux que la France reste un grand pays du nucléaire. Le gouvernement est, lui, beaucoup moins pressé. Il préfère faire de la relance du nucléaire civil en France un sujet de débat pour la prochaine élection présidentielle et laisser au prochain exécutif la responsabilité de cette décision. Même s’il lui a balisé le terrain.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a publié, fin 2018, une étude économique sur l’évolution du mix électrique français entre 2020 et 2060 avec sept scénarios prospectifs qui montrent notamment que le développement de la filière EPR ne serait pas compétitif. Quoi qu’il en soit, dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement demande à EDF, le chef de file de la filière nucléaire depuis la restructuration d’Areva, de fournir un dossier sur le nouveau nucléaire d’ici à mi-2021. L’opérateur national doit y démontrer sa capacité à maîtriser les coûts et les délais de construction de nouveaux réacteurs EPR en France.

EDF ne part pas de zéro. Depuis 2014, il travaille avec Framatome sur l’EPR 2, un nouveau modèle de réacteur. « L’EPR 2 est un réacteur pour une utilisation française, proche de l’EPR pour en utiliser tout le retour d’expérience, mais optimisé en termes de coût et de délais de fabrication« , détaille Xavier Ursat, le directeur exécutif d’EDF, chargé de la direction ingénierie et projets nouveau nucléaire. Le retour d’expérience provient des premiers EPR construits en Chine, à Taishan, par l’opérateur chinois CGNPC et EDF ; en Finlande, à Olkiluoto, par le consortium Areva-Siemens et l’opérateur TVO ; et en France, à Flamanville (Manche), par EDF. Quand on va construire le premier EPR 2, on ne veut pas revivre les problèmes de planning et de surcoût qu’on a vécu à Flamanville, assure Xavier Ursat. Mais on ne veut pas réinventer quelque chose qui nous ferait prendre une fois encore des risques de tête de série. On veut optimiser, tout en restant proche du design initial. » Dominique Louis, le PDG d’Assystem, qui détient 5 % du capital de Framatome, résume l’enjeu : « Avec l’EPR, on a fait un airbus A 380. Il faut maintenant en faire un A 350. »

Les fournisseurs associés au projet

Pour concevoir cet EPR 2, EDF et Framatome (ex-Areva NP) ont créé un plateau commun qui rassemble l’équipe projet EPR 2 chez EDF (70 personnes), les ingénieurs de Framatome, et ceux de leur filiale commune d’ingénierie Edvance, créée en mai 2017, soit entre 500 et 600 personnes au total. Le projet avance dans le bon sens. Le basic design pour la chaudière nucléaire et le générateur de vapeur « st figé depuis la fin 2017« , précise Bernard Fontana, le PDG de Framatome. L’Autorité de sûreté nucléaire doit rendre son avis sur les options de sûreté fin avril. Reste à traiter des questions industrielles, de supply chain et d’ingénierie de détails, « pour se mettre en situation de bénéficier d’un effet de série« , explique Bernard Fontana. La priorité est donnée à l’industrialisation et à la standardisation des équipements à l’intérieur de l’EPR (vannes, tuyaux, pompes, portes…), pour garder un nombre limité de références différentes. « Dans la partie non nucléaire, nous allons utiliser davantage d’équipements éprouvés dans l’industrie« , rapporte Xavier Ursat. Un exemple : dans l’EPR de Flamanville, on trouve 1 700 modèles de portes différents, pour la plupart des exemplaires uniques. Il n’y aura plus que 200 modèles dans l’EPR 2.

EDF et Framatome n’avancent pas seuls. « L’une des caractéristiques de ce projet, c’est que l’on y associe les fournisseurs très tôt, notamment les génie civilistes, dans un consortium composé de Bouygues, Vinci et Eiffage pour avoir leur avis sur la constructibilité des différentes options étudiées », observe Xavier Ursat. L’un des objectifs est de préfabriquer un maximum d’équipements. « Toutes les tuyauteries vont être conçues en pouces, comme le pratique toute l’industrie dans le monde, notamment pétrolière. L’EPR, lui, était dimensionné en millimètre. Une spécificité qui a nécessité d’adapter la chaîne industrielle, ce qui a eu un coût « , reconnaît Xavier Ursat. EDF va aussi lancer une consultation pour la salle des machines. L’EPR 2 sera également le premier réacteur conçu depuis le début dans une approche entièrement numérique, soutenu par un logiciel PLM de Dassault Systèmes, préféré en 2018, à la solution de Siemens choisie par EDF en 2013. La migration est en cours.

Industrialiser l’EPR 2 n’est pas tout. Dans le dossier qui doit être remis mi-2021, EDF doit aussi s’engager sur les coûts. « On s’est fixé comme objectif d’avoir des EPR constructibles en France pour un coût complet de production d’électricité entre 65 et 70 euros le Mwh, pour qu’il soit moins cher que n’importe quel moyen fossile adossé à un prix du carbone que l’on pourrait développer à la même période« , explique Xavier  Ursat. Le dossier devra aussi définir précisément les besoins de la France en matière de nucléaire pour les soixante à quatre-vingts ans à venir, sachant que les EPR sont prévus pour fonctionner soixante ans. Il faut également tabler sur « une durée de construction de l’ordre de six ans pour une tranche, entre le moment où l’on attaque le génie civil de sûreté (le socle du bâtiment nucléaire) et la mise en service commerciale« , avertit le directeur exécutif d’EDF.

Maintien des compétences

Pour répondre à quels besoins en électricité   Combien de nouveaux EPR 2 faudra-t-il construire   À ce stade, pas de réponse, mais les coûts avancés par EDF « s’envisagent pour une série d’au moins six réacteurs, comme la Cour des comptes l’indique dans son rapport « , prévient Xavier Ursat. Un nombre qui semble faire consensus. « Deux c’est mieux qu’un, et six c’est mieux que deux« , lance Bernard Fontana, prudent. L’enjeu est industriel, mais il concerne aussi le maintien de compétences perdues et chèrement reconquises à Flamanville, notamment. « Les seuls qui construisent des réacteurs sans problème, ce sont les Chinois, observe Dominique Louis. On a perdu la main. » L’enjeu de l’EPR 2 est aussi de prouver le contraire.

De Tchernobyl à Flamanville

  • 1986 : Accident de Tchernobyl Le design des nouveaux réacteurs nucléaires doit empêcher une telle catastrophe.
  • 1989 : Framatome et Siemens-KWU s’associent au sein de Nuclear Power International (NPI).
  • 1993: Lancement du projet EPR, le réacteur pressurisé européen, qui intégrera les points forts du réacteur N4 français et du Konvoi allemand.
  • 1998: l’Allemagne décide de sortir du nucléaire au début de la coalition entre le parti social-démocrate et les Verts.
  • 1999: Framatome et Siemens Fusionnent leurs activités nucléaires. Le projet EPR est intégré à Framatome ANP (Advance Nuclear Power).
  • 2003: Commande du premier EPR par le finlandais TVO.
  • 2005 : Lancement du chantier de l’EPR d’Olkiluoto 3 en Finlande.
  • 2007 : La construction de l’EPR de Flamanville débute. Areva et le chinois CGN signent pour deux EPR à Taishan en Chine.
  • 2009 : Début des négociations d’un projet de six EPR en Inde, à Jaitapur, par EDF (accord préliminaire signé en mars 2018).
  • 2014: Le projet EPR 2 est lancé.
  • 2016: Signature d’Hinkley point C, au Royaume-Uni, par le gouvernement anglais, EDF Energy et CGN pour deux EPR et une mise en service en 2025.
  • 2017: Création d’Edvance, une coentreprise ingénierie d’EDF et de Framatome, pour travailler sur l’îlot nucléaire et le contrôle commande des EPR de demain.
  • 2018: L’EPR de Taishan 1 produit de l’électricité (29 juin). Premier béton du radier d’Hinkley Point C (11 décembre).
  • 2021: Le dossier nouveau nucléaire en France doit être remis au gouvernement.

https://www.usinenouvelle.com/article/le-plan-d-edf-pour-construire-de-nouveaux-epr-en-france.N828460

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…0

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…

Le 25 février dernier, l’excellent Cercle Aristote – espace d’intelligence, de liberté et de rigueur – nous a convié à une soirée qui s’annonçait des plus passionnantes : « Israël, le 6ème GAFAM ? ».

Comme à son habitude, Pierre-Yves Rougeyron introduit la soirée avec toutes les hauteurs et l’humour qui le caractérisent précisant bien qu’il ne s’agira pas de dévier sur les sujets classiquement tendus du conflit israélo-palestinien. Rien de plus raisonnable, dont acte !

Les trois intervenants du soir co-signent un opuscule dont la quatrième de couverture précise : « les auteurs, Eloïse Brasi, Eric Laurençon, Patrick Nouma Anaba sont experts en intelligence économique et titulaire d’un MBA en management Stratégique et Intelligence Economique de l’Ecole de Guerre Economique. Ils occupent de hautes fonctions dans le secteur privé et l’administration qui les amènent à s’interroger, notamment sur les enjeux et les perspectives de demain (NDLR : sic). Cette richesse de parcours leur a permis d’explorer avec un prisme nouveau, le développement de la puissance d’Israël au travers des NBIC. Le préfacier : Dominique Bourra, expert en stratégie et cybersécurité, préside la commission Cybersécurité de commerce France-Israël ».

Un peu plus haut, on peut lire aussi : « Israël est un pays singulier par sa géographie, sa culture et son histoire. La culture israélienne s’est construite au rythme de conflits récurrents et autour de l’émergence d’un Etat démocratique et prospère dans le morceau de désert qu’est la Terre Promise » (NDLR : re-sic). Hosanna au plus haut des cieux…

D’emblée, les jeunes gens annoncent la couleur en plongeant dans l’essentialisme le plus éculé à l’antienne toute aussi rebattue : Israël, seul pays démocratique du Proche-Orient, assiégé par une bande de méchants au couteau entre les dents, pays élu et miraculeux qui arrive à faire pousser des roses dans le désert grâce à son intelligence unique, son abnégation et sa « résilience inouïe ».

TROIS DRÔLES DE MOUSQUETAIRES

Logiquement, on cherche dans la bibliographie de fin, La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou quelques autres solides références épistémologiques, en vain… Bref, honneur aux dames, à son tour Eloïse Bras de nous mettre en garde, mais beaucoup plus laborieusement et sans habiller ses préjugés idéologiques : « son existence physique (d’Israël) est menacée en permanence et doit chercher à gagner les guerres en cas d’attaque ». On l’a compris : l’Etat en question est « menacé » en permanence et ne saurait mener aucune espèce de guerre offensive d’annexion ou d’occupation. Après nous avoir prévenu qu’il s’agissait de faire fi de tout égarement géopolitique pour se concentrer sur les miracles technologiques de l’Etat hébreu, cet a priori ainsi posé referme la question sur des affirmations « fermées » qui feraient hurler, non seulement Karl Popper, mais bien d’autres experts de la région, sans parler des femmes et des enfants des Territoires occupés quotidiennement assassinés par la soldatesque du pays en question.

Mais le meilleur restait à venir avec le jeune Eric Laurençon – deuxième intervenant – nous assénant avec arrogante certitude une autre vérité historique des plus curieuses – reprise quelque part dans le livre par le préfacier de la Chambre de commerce France-Israël : le grand bond en avant technologique israélien a eu lieu (à cause ou plutôt grâce) et je cite « au blocus décrété par la France au début des années 1960 ». Là, les bras nous en tombent… et faut-il conseiller à ce jeune impertinent de lire quelques bons ouvrages d’histoire pouvant rappeler notamment que les plus hauts responsables de notre IVème République ont transféré – dès 1957 – les hautes technologies permettant à Israël de construire la centrale de Dimona pour la mise au point de sa bombe nucléaire… dont il nie toujours officiellement l’existence. Ce n’est qu’à partir de la guerre d’annexion de juin 1967 que le général de Gaulle a effectivement et légitimement instaurer un strict embargo sur les armes à destination de ce pays. Nulle trace dans la « conférence », ni dans le livre des résolutions 242 et suivantes de conseil de sécurité des Nations unies qui condamnent ces annexions. L’ONU, qui n’est pas encore une Start-up, n’intéresse visiblement pas nos jeunes gens…

Troisième intervenant : Patrick Nouma Anaba, qui se présente d’emblée comme « philosophe ». Bigre ! Emmanuel Kant et Hegel n’ont certainement qu’à bien se tenir. N’ayant visiblement pas lu une ligne de L’Emile, le garçon nous transmet une autre vérité transcendantale : « l’or brut d’Israël, c’est sa concentration d’intelligence » et « son pari sur l’éducation » avec cette merveilleuse alliance de l’armée, des universités et du secteur privé !

Une heure et demi durant nos mousquetaires vont rivaliser d’enthousiasme pour nous décrire le meilleur des mondes israéliens, non seulement devenu l’admirable « start-up nation » dont la France devrait mieux s’inspirer, mais aussi pour nous faire partager avec émotion comment « Israël ouvre une nouvelle ère, celle des cyber-Etats en s’inspirant du modèle de développement supranational des GAFAM1 ». Encore mieux, Israël – selon nos mousquetaires – dont la suprême obsession est de « se rendre utile », de « réparer », sinon d’« améliorer » notre triste monde est, aussi devenu l’un des champions du « transhumanisme », cette idéologie technologique proprement délirante qui veut produire voitures, métros et avions sans chauffeur pour « augmenter » l’humain, pour nous vendre le consommateur et le soldat « augmentés » dans le monde merveilleux où les hommes seront enfin devenus les animaux des robots. En effet, ce sera tellement mieux…

Et cette soupe nous fut servie sans le moindre doute (n’osons pas dire cartésien), ni la moindre mise à distance, en nous promettant tous les délices d’un monde mondialisé, néo-libéral et, enfin libéré de toutes frontières (ne parlons pas non pas des murs, ce n’était vraiment pas le soir !) où enfin, les hommes et les femmes – hors sol – pourraient enfin se dépasser pour être… meilleurs. S’il faut obtenir un MBA de l’Ecole de Christian Harbulot (remercié en fin de volume) pour débiter ce genre de fadaises, c’est bien à désespérer de l’éducation actuelle. Effectivement, on se dit qu’une salutaire lecture ou relecture de Rousseau serait bien nécessaire à ces jeunes gens…

UN MANIFESTE A LA GLOIRE DE NETANYAHOU

Après une telle conférence, l’auteur de ces lignes ne pouvait que se mettre courageusement à la lecture de la plaquette des trois mousquetaires. Et là, c’est encore plus grandiose. Passé l’apologie boursouflée du sens inné du peuple d’Israël pour les nouvelles technologies orwelliennes, les start-up, l’armée, le capital-risque, les fonds de pension et toutes les joies du capitalisme new-look, plusieurs messages sublimi-novlangue sont bien à l’ouvrage, citations à l’appui de Benjamin Netanyahou, un type… formidable !

C’est un peu laborieux, mais les têtes de chapitre méritent d’être citées tant elle traduisent à elles seules le traitement apologétique au détriment d’une approche critique minimale conforme aux critères de base des sciences humaines : chap 1) Mesure de la puissance de l’Etat d’Israël au travers du développement du secteur des nouvelles technologies ; chap 2) La performance des start-ups israéliennes : une garantie de puissance pour l’Etat hébreu ?; chap 3) Les facteurs clés de construction de la matrice israélienne ; chap 4) Une culture fortement axée sur l’esprit d’entreprise, la prise de risque et l’innovation : la stratégie du bouclier d’Israël ; chap 5) Une base éducative intégrée et initiée dès la création d’Israël ; chap6) L’immigration un élément central du développement de l’Etat hébreu ; chap7) Tsahal « incubateur » de la Start-up Nation ; chap8) ; chap 9) Du 6ème GAFAM à l’Etat « d’E-sraël » ? Et le préfacier qui nous dit qu’« Israël ne joue pas aux dés », ajoute : « les Israéliens aiment sans limites l’information, le traitement de l’information et l’intelligence au sens anglo-saxon du terme, ils aiment « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

D’autres perles : « en tant qu’éclaireurs et phalange avancée du peuple du Livre, ils savent les limites de l’emprise humaine sur le cours des choses (…) Le sionisme est paradoxal, métal pur et alliage complexe à la fois ». Encore : « on ne voit bien Israël qu’avec le cœur (…) Les learning expeditions de succèdent, on vient à Herzliya en exploration comme Livingstone remontant le Zambèze (…) les Israéliens ont toujours préféré les questions aux réponses et répondent aux questions, avec un sourire désarmant ». Bref, ces drôles de jésuites « ne jurent que par l’unité 8200, devenue la plus importante de l’armée israélienne ». En résumé, et c’est la première ligne du chap 1) : « L’innovation israélienne sert de modèle pour le monde entier ». Que c’est beau !

Mais pourtant, « l’existence d’Israël ne fait pas l’unanimité. 21 Etats n’ont jamais reconnu Israël ou n’ont pas entretenu de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ». On se demande pourquoi, mais nos trois mousquetaires ont trouvé et évacué l’explication en trois lignes : « Israël fait régulièrement l’objet d’appel aux boycotts. L’opinion publique est sensible à la cause palestinienne et des appels aux boycotts des produits israéliens sont régulièrement lancés ». Le monde est méchant et nous n’en sauront pas plus !

Quand même, mais en pointillé il est vaguement suggéré qu’Israël constitue la tête de pont des intérêts américains au Proche-Orient : « L’Etat hébreu multiplie les intérêts américains pour son bien-être et sa survie », mais arrive à « transformer progressivement la dépendance en interdépendance ». Ouf, nous voilà rassuré !

Page 48 : « l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou déclarait lors de la septième conférence annuelle sur la cybersécurité de l’Université de Tel-Aviv : la cybersécurité est un secteur florissant. Il prend de plus en plus d’ampleur, car la cybersécurité n’est jamais une solution permanente, c’est un business sans limite (…) en 2016, nous détenions environ 20% de l’investissement mondial de la sécurité privée ». Il est précisé que ce miracle s’inscrit dans la continuité d’une politique développée depuis les années 1990 par un autre criminel de guerre : Ariel Sharon.

En fait, ce miracle technologique remonte, dès l’origine dans un autre miracle théologicio-politique (page 153) : « l’Etat d’Israël est définitivement proclamé le 14 mai 1948. L’objectif principal du sionisme est alors réalisé. Néanmoins, cette notion reste encore très prégnante puisque, en 2009, Benjamin Netanyahou posait, comme préalable à la création d’un Etat palestinien, la reconnaissance d’Israël comme Etat-nation du peuple juif, par la communauté internationale, l’Autorité palestinienne et l’ensemble des Etats arabes. Il a déposé un projet de loi en novembre 2014 qui, dans les Lois fondamentales qui servent de constitution, remplacerait la définition d’Israël, Etat juif et démocratique par celle d’Etat-nation du peuple juif ». Belle justification d’un nouvel apartheid qui instaure deux catégories très inégales de citoyens : les Juifs et les autres, un vrai cyber-progrès en effet !

Mais comme l’explique encore Dominique Bourra : « il suffit de chercher dans le Livre pour comprendre et analyser sur quelles bases reposent les actions menées aujourd’hui par l’Etat d’Israël. Il s’agit en fait d’un long processus… » Amen, si c’est le Livre qui le dit !

ORANGE COLLABORE

Créée par des anciens du Mossad en 2014 et basée à Beer-Sheva dans le sud d’Israël, la start-up MORPHISEC ouvre un bureau à Boston en 2016. Page 42 : « en outre, sa croissance a été accélérée et financée notamment par le fonds JVP à Jérusalem, GE Capital, Deutsche Telekom. Depuis le 20 février 2018, ORANGE Digital Ventures a annoncé sa participation au financement de MORPHISEC ». Avec La Maison et Kodem Growth Partners, ORANGE rejoint ainsi les investisseurs historiques de la start-up et prend part à son développement.

Page 43 : « l’investissement de ORANGE Digital Ventures va permettre à MORPHISEC d’accélérer ses réductions de coûts et, en France, d’acquérir un positionnement dans le haut de gamme dans le mobile et l’Internet haut débit (40% du marché français) ». Question : comment MORPHISEC va-t-elle pouvoir suivre l’évolution potentielle de sa valeur, notamment au sein du groupe ORANGE dont il est dit de sa stratégie que « l’Etat français y exerce une forte intervention » ?

Réponse : « l’évolution des tensions avec TF1 à propos de la poursuite de la diffusion des chaînes du groupe TF1 sur les box Orange est un véritable enjeu ; la poursuite des acquisitions dans le secteur de la sécurité, après l’achat du français Lexsi ; le lancement de la banque mobile Orange Bank, avec pour objectifs deux millions de clients et 400 millions d’euros de produit net bancaire à fin 2018 ».

Chaque année à Tel-Aviv, dans la plus grande discrétion, le groupe ORANGE participe à une semaine de colloque consacré à la cybersécurité et au renseignement numérique, touchant évidemment à des secteurs sensibles de la défense nationale. Au sein du groupe ORANGE, cette politique est animée notamment par un certain Luc Bretones2 et Roseline Kalifa dont le profil Linkedin indique qu’elle consacre principalement sa vie à des partenariats d’ORANGE en Israël.

Interrogé par nos soins sur ses activités en Israël, ORANGE n’a pas jugé utile de nous répondre, nous renvoyant aux bons soins de l’ambassade d’Israël à Paris ! Vive la communication…

Dans leur plaquette, les trois mousquetaires – qui, décidément fâchés avec l’histoire n’en ratent pas une -, citent aussi lord Alfred Balfour comme un héros de l’Ancien Testament. On ne peut que les renvoyer à la lecture du livre définitif de Philippe Simonnot – Le Siècle Balfour – 1917/20173 -, qui démontre (archives à l’appui) comment Balfour fut l’un des principaux architectes et responsable de la catastrophe qui provoqua l’exil de plus de 800 000 Palestiniens en 1948, avant de servir de référence à un demi-siècle de guerres israéliennes contre ses voisins.

La dernière guerre en date – durant l’été 2006 – contre le Liban fut une vraie déculottée. Le Hezbollah détruisit plusieurs centaines de chars Merkava réputés invincibles, des dizaines d’hélicoptères en donnant quelques fessées aux forces spéciales israéliennes chargées d’enlever Hassan Nasrallah dans la région de Baalbek au nord de la plaine de la Bekaa.

Il est vrai que le Mossad et l’Aman (services du renseignement militaire) ne sont plus ce qu’ils étaient, d’autant que les soldats startupers passent plus de temps sur leurs portables à parler aux copains et copines qu’à faire la guerre. Désolant, mais vrai.

Et, à cette glorieuse occasion qui prétendait alors ramener le Pays du Cèdre à l’âge des cavernes, la hiérarchie militaire israélienne découvrit avec stupeur que ses soldats startupers fumaient plus de pétards que les junkies de Brooklyn…

ESSENTIALISME D’UN MODELE « CYBERLIBERTARIEN »

Au terme de notre édifiante lecture symptômale, on se demande encore comment ce florilège de propagande et de contresens historiques a pu être édité. Page 121 : « dans ‘guerres et contre-guerres’ de Alvin et Heidi Toffler, ces derniers dévoilent que les Etats-Unis d’Amérique ont planifié un renouveau stratégique sur la base des progrès techniques induits par les nouvelles technologies du savoir, mais aussi par l’exemple de Tsahal (NDLR : l’armée israélienne) pendant la guerre du Kippour ». Ca, c’est quand même la meilleure ! En octobre 1973, les forces égyptiennes et syriennes percent les lignes israéliennes dans le Sinaï et sur le plateau du Golan. Sans l’organisation – en catastrophe – d’un pont aérien par les Etats-Unis, la transmission de renseignements militaires stratégiques américains et la trahison de Sadate, la vaillante « armée israélienne de défense » était cuite et recuite. Comme souvent, Washington sauva donc la mise à Tel-Aviv par de nouvelles livraison d’armes, instaurant un versement annuel d’aide civilo-militaire de plus de 3 milliards de dollars.

Mais aux yeux de nos trois zélateurs, ces précisions ne sont sûrement que des détails de l’Histoire parce que la seule grande leçon à retenir est bien que : « la mondialisation fait partie intégrante de l’histoire de ce jeune pays. Israël a toujours eu une vision globale et l’économie et des échanges… »

Mais conclusion finale de nos trois starto-penseurs est des plus paradoxales. D’un côté, ils nous disent que « l’objectif du sionisme est de donner ou de rendre (NDLR : sic) aux Juifs un territoire perdu (NDLR : re-sic) depuis l’Antiquité et les royaumes hasmonéen et hérodien » et de l’autre ils s’émerveillent de « l’a-territorialité » hors-sol de l’Etat israélien plus mondialisé que tout autre. Faudrait savoir !

En s’appuyant sur le « Tikkoum Olam », la « philosophie porteuse de la singularité technologique », les trois rigolos finissent par nous vendre un modèle « cyber-libertarien » selon, – je cite – « une philosophie politique pour laquelle une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété sur lui-même ainsi que les droits de propriété qu’il a légitimement acquis sur des objets extérieurs » ! Fort de cette idéologie en bois et en suivant le « Tikkoum Olam », il s’agit en définitive de réparer, sinon d’augmenter l’humain !

Avec Israël, nation pionnière du transhumanisme, à terme, on va « réparer nos organes, à des échelles de plus en plus petites, modéliser et changer notre ADN, réparer nos cellules, créer des organes artificiels entier et mettre des implants électroniques ». Bref, qu’est-ce qu’on va se marrer…

Conclusion, et comme tout le reste c’est écrit à la charrue : « ainsi Israël ne peut se contenter d’être un Etat souverain, il doit aussi se déployer en peuple nation, au travers, notamment de communautés imaginées ». Bien-sûr, le message s’adresse aussi aux femmes et aux enfants des Territoires palestiniens occupés. Inch’Allah…

QUE L’ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE SE RESSAISISSE !

En définitive, une telle « conférence » des trois mousquetaires (qui a dû faire se retourner Aristote dans sa tombe) et la lecture de leur opuscule ne peut qu’amener sur une sage mise en garde : lorsqu’on parle de la Terre promise, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages… Toujours est-il que les courageuses VA-Editions auraient du mieux relire le manuscrit avant de le mettre en fabrication. Personnellement, on pense avec tristesse aux écureuils expulsés des arbres abattus pour faire la pâte à un tel papier…

Rien d’étonnant à ce que la dernière livraison de la revue Challenges4 fasse sa couverture avec la photo d’un ahuri barbu arborant un sourire niais, casquette de baseball vissée sur la tête, barrée du titre : « Israël, le modèle mondial de la tech – Les Français qui ont réussi ». En revanche, il est assez piquant de voir la même entreprise de propagande relayée par d’anciens extrémistes armés repentis. Peut-être est-ce une partie du prix à payer pour s’acheter leur nouvelle vertu ? Les connaisseurs apprécieront…

Mais qu’une Ecole de guerre économique – qui prétend former les jeunes cadres de l’intelligence économique française – s’adonne ainsi à la banalisation subjuguée d’un régime d’apartheid sous couleurs de nouvelles technologies, constitue une imposture parfaitement lamentable… Ressaisissez-vous les amis, vous en avez les capacités !

Malgré tout, bonne semaine et bonne lecture.

A la semaine prochaine.

Richard Labévière

25 mars 2019

Proche et Moyen-Orient.ch

http://prochetmoyen-orient.ch/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Notes

1 GAFAM est l’acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

2 Luc Bretones travaille pour le groupe Orange depuis 1997. En juillet 2013, il prend la direction du Technocentre du groupe, puis en octobre 2013 d’Orange Vallée. Il est administrateur des sociétés SoftAtHome et La cité de l’objet connecté d’Angers. Il est également président de l’association de bénévoles Orange solidarité. Spécialisé dans le business des nouvelles technologies, Luc Bretones est administrateur de divers think tanks, comme l’institut G9+ ou encore Renaissance numérique.

3 Philippe Simonnot : Le Siècle Balfour – 1917/2017. Editions Pierre-Guillaume de Roux, mars 2018.

4 Challenges – numéro 600, du 7 au 13 mars 2019.

 

http://www.afrique-asie.fr/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

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Revue de presse nationale et internationale.

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