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Européennes. En Europe centrale, victoire des identitaires

L’illibéralisme fleurit dans l’ancienne Europe communiste

Européennes. En Europe centrale, victoire des identitaires

Par le Visegrád Post ♦ Si les médias français ont consacré la quasi-intégralité de leur temps d’antenne à analyser les résultats nationaux des élections européennes, le scrutin ne s’est évidemment pas limité aux frontières de l’hexagone ! Le Visegrád Post nous offre une bouffée d’air frais en analysant avec minutie les résultats des pays du groupe de Visegrád : Hongrie, Slovaquie, Tchéquie et Pologne.
Dans ces pays, les scores des partis opposés à l’immigration sont très élevés.


Comme partout dans l’Union européenne, le taux de participation à l’élection européenne a été faible dans les pays du V4. Cependant, dans chacun des quatre pays du Groupe de Visegrád, l’élection européenne de 2019 a connu une participation record, comme le montre le tableau ci-dessous :

  Hongrie Slovaquie Tchéquie Pologne
2019 43,37 22,74 28,72 42,96
2014 28,97 13,05 18,20 23,83
2009 36,31 19,64 28,22 24,53
2004 38,50 16,96 28,32 20,90

Taux de participation en pourcentage, par pays et par année, aux élections européennes. Record de participation dans chacun des pays du V4.

Hongrie

Source : resultats-elections.eu

Victoire écrasante et sans surprise du Fidesz, le parti national-conservateur de Viktor Orbán, avec 52,30% des suffrages. Pour le Premier ministre hongrois, en guerre ouverte avec le monde « libéral » et l’élite bruxelloise, cette victoire absolue lui offre encore une fois un argument de légitimité démocratique pour continuer sa politique – anti-immigration, pro-chrétienne, pro-famille – et s’impliquer plus encore dans la politique à l’échelle continentale. En effet, son contingent de 13 députés pourra, qu’ils restent au PPE ou pas, lui être utile comme argument de négociation. Les eurodéputés Fidesz sont, après les députés travaillistes maltais, les mieux élus du Parlement européen 2019-2024.

En deuxième, le DK de l’ancien Premier ministre Ferenc Gyurcsány, politicien en faveur des États-Unis d’Europe, figure clivante de la politique hongroise pour sa répression sanglante des émeutes de l’automne 2006. Ce libéral de gauche est souvent critiqué comme un allié indirect objectif de Viktor Orbán, car vu comme un élément de zizanie dans l’opposition – toutefois très désunie avec ou sans Gyurcsány.

En troisième position, Momentum, le jeune parti libéral allié d’Emmanuel Macron et de Guy Verhofstadt, après une ascension fulgurante. Ce parti souvent moqué comme étant un parti du centre-ville de Budapest réalise une percée également en province, en particulier dans certaines villes secondaires.

En quatrième et cinquième positions, le parti socialiste et le Jobbik, au coude à coude, réussissant à avoir chacun un eurodéputé. Les deux partis connaissent un déclin dangereux pour leur survie de l’aveu même de leurs cadres. Lire ou relire notre dossier sur l’évolution du Jobbik ICI.

Parmi les partis n’obtenant pas d’eurodéputés (sous la barre des 5%), le nouveau parti nationaliste de László Toroczkai, Mi Hazánk, le MKKP, le parti satirique et anarchiste, mais surtout le LMP, parti vert-libéral qui accuse un coup potentiellement fatal ; sa direction a même démissionné suite à l’annonce des résultats.

Slovaquie

Source : resultats-elections.eu

Dans la logique de la récente élection présidentielle qui a porté à la tête de l’État la juriste libérale de 45 ans Zuzana Čaputová, l’élection européenne en Slovaquie a vu la victoire de la coalition entre Slovaquie progressiste (Progresívne Slovensko) et Ensemble-Démocratie civique (SPOLU – občianska demokracia) avec à peine plus de 20% des voix. Cette nouvelle victoire des forces libérales pourrait bien marquer un tournant dans la politique slovaque.

En deuxième, le SMER, le parti menant la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre Peter Pellegrini, successeur de Robert Fico, figure forte de la politique slovaque. Un score de 15,72% qui fait assez pâle figure dans un contexte de défiance. L’éclatement du vote des citoyens slovaques montre également le degré d’instabilité politique qui secoue actuellement le pays.

En troisième position, les nationalistes radicaux de Marian Kotleba, créant la surprise alors que suite aux régionales de 2017, beaucoup les pensaient sur le déclin.

Au coude à coude, les chrétiens démocrates du KDH et le parti libéral-libertaire et eurosceptique SaS, atteignent presque 10% chacun. Le KDH sur le déclin maintient toutefois ses deux eurodéputés tandis que le SaS, passé du groupe libéral ALDE au groupe conservateur eurocritique CRE en 2014, peu après les élections, s’est renforcé de 3 points.

La coalition regroupant Les gens ordinaires et personnalités indépendantes (OL’aNO) et Nouvelle majorité (NOVA), sorte d’enfant illégitime du KDH et du SaS, obtient un élu.

Fait notable, le parti de la minorité hongroise de Slovaquie, proche du Fidesz de Viktor Orbán, échoue tout juste pour le minimum de 5% nécessaires pour avoir un eurodéputé. Cela peut marquer le début du déclin du vote minoritaire.

Autres partis n’obtenant pas les 5%, le parti patriotique SNS qui continue son déclin et le parti libéral Most-Híd (parti issu de la minorité hongroise MKP mais se voulant “trans-national”), dont l’électorat a probablement été capté par Zuzana Čaputová.

Tchéquie

Source : resultats-elections.eu

ANO 2011, le parti du Premier ministre Andrej Babiš a réussit à gagner également cette élection, malgré les attaques constantes à son égard. ANO 2011 améliore même son score par rapport à 2014, où le parti libéral-conservateur avait alors récolté 16,13% des suffrages. Une bouffée d’oxygène pour le Premier ministre milliardaire, homme d’affaires se prêtant facilement à l’humour, entré en politique pour casser les codes et améliorer la gestion économique du pays selon vision plus économiquement libérale. Acteur important du renforcement du V4, Andrej Babiš, dont le parti est théoriquement membre de l’ALDE – comme LaREM ! -, est toutefois sur une ligne farouchement opposée à l’immigration massive ainsi qu’à l’euro ou encore au renforcement de l’axe Paris-Berlin.

En deuxième, le parti libéral-conservateur et eurocritique ODS, poids lourd historique de la politique tchèque. Avec quatre eurodéputés, et membre du groupe CRE, il peut être un allié objectif de Babiš sur le plan européen pour défendre les intérêts tchèques.

Le parti pirate confirme sa place de troisième force politique du pays. Ce parti libéral, progressiste et anti-conservateur est porté par une génération s’étant politisée avec internet, se sentant concernée par des enjeux liés au numérique, en faveur d’une démocratie plus directe et intégrée à l’idéologie de « société ouverte ».

En quatrième place, TOP 09 (« Tradition, responsabilité, prospérité »), parti libéral-conservateur, membre du PPE, maintient une présence incontournable dans la politique tchèque, bien qu’en léger déclin, passant de quatre eurodéputés à trois.

En cinquième position, le parti Liberté et Démocratie Directe, SPD, du tchéco-japonais Tomio Okamura. Ce parti patriotique, anti-Islam, anti-immigration et fortement critique de l’UE fait son entrée au parlement européen dans le groupe ENL avec deux élus.

L’Union chrétienne démocrate – Parti populaire tchécoslovaque arrive en sixième position. Parti démocrate-chrétien, membre du PPE, la KDU-ČSL perd un élu et n’enverra que deux eurodéputés à Bruxelles.

Enfin, le parti communiste tchèque – resté sur une ligne travailliste et marxienne, et donc opposé par exemple à l’immigration pour protéger les travailleurs tchèques – se maintient encore au-dessus de la barre des 5%, malgré un déclin progressif.

Tout comme en Slovaquie, le paysage politique tchèque est très éclaté et divers. Cela résulte notamment d’une crise durable du système politique tchèque.

Pologne

Source : resultats-elections.eu

En Pologne, première victoire du PiS à une élection européenne, améliorant son score par rapport à 2014 (+11,32%). Le parti national-conservateur au pouvoir depuis l’automne 2015 comptait sur ces élections, à six mois du scrutin législatif, pour prendre la mesure de sa capacité de mobilisation. C’est chose faite et le résultat est plus que satisfaisant pour le PiS. Conforté par ce résultat dans leur politique à échelle européenne, le PiS, parti leader du groupe CRE, entend bien se faire entendre plus que jamais à Bruxelles.

En deuxième, la coalition européiste regroupant les libéraux de gauche de la PO, membres du PPE, ainsi que les libéraux-libertaires de Nowoczesna, le parti agraire PSL, les sociaux-démocrates du SLD post-communiste et les Verts. Échec de la politique de front uni qui s’annonce inquiétante pour les forces d’opposition en vue des élections législatives de l’automne. Toutefois, l’écart n’est pas très important entre la Coalition européenne (KE) et le PiS, constituant deux blocs majeurs déterminant dans la politique polonaise.

En troisième, le tout nouveau mouvement Printemps (Wiosna) du militant LGBT Robert Biedroń. Un score non-négligeable pour ce parti progressiste radical, fondé en février 2019, et défendant une ligne LGBT et européiste. Tout semble indiquer que ce mouvement, structuré autour de l’activisme politique LGBT, puisse devenir un poil à gratter permanent pour le PiS catholique et conservateur.

En quatrième position arrivent les patriotes de Konfederacja, union hétéroclite de nationalistes autour du sulfureux libertarien monarchiste Janusz Korwin-Mikke, connu pour ses sorties provocatrices sur les femmes, la démocratie, le IIIe Reich et l’Union européenne.

Le mouvement Kukiz’15 retombe comme un soufflé, ne passant pas la barre symbolique (en Pologne, comme au Royaume-Uni, le système intègre une mesure par régions) des 5% et risquant ainsi de sortir bientôt du paysage politique polonais. Ils n’ont pas d’eurodéputé.

Visegrád Post
27/05/2019

Source : Visegrád Post

Crédit photo : Visegrád Post

Européennes. En Europe centrale, victoire des identitaires

La Slovaquie ne signera pas le Pacte mondial de l’ONU sur les migrations

25 novembre 2018

PRAGUE (Reuters) – La Slovaquie ne soutiendra pas le pacte des Nations Unies sur le traitement des migrants dans le monde, a déclaré le Premier ministre Peter Pellegrini dimanche après le sommet de l’Union européenne.

« La Slovaquie ne soutiendra en aucun cas ce pacte des Nations unies et ne le signera pas », a déclaré M. Pellegrini aux journalistes à Bruxelles après le sommet au cours duquel les dirigeants européens ont approuvé l’accord sur le retrait de la Grande-Bretagne de l’UE.

Le rejet du pacte migratoire par la Slovaquie pourrait entraîner un bouleversement du gouvernement Pellegrini, étant donné que le ministre des Affaires étrangères Miroslav Lajcak a menacé de démissionner si le gouvernement ne respectait pas l’accord.

Lajcak était président de l’Assemblée générale des Nations Unies lorsque le pacte sur les migrations a été adopté.

(…) Reuters

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/11/la-slovaquie-ne-signera-pas-le-pacte-mondial-de-l-onu-sur-les-migrations.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

D’étranges choses se passent dans les pays européens qui résistent aux assauts de Soros.

http://www.brujitafr.fr/2018/04/d-etranges-choses-se-passent-dans-les-pays-europeens-qui-resistent-aux-assauts-de-soros.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmailD’étranges choses se passent dans les pays européens qui résistent aux assauts de Soros.

Publié par Brujitafr sur 8 Avril 2018, 07:16am

Catégories : #ACTUALITES, #Nouvel Ordre Mondial

D’étranges choses se passent dans les pays européens qui résistent aux assauts de Soros.
Il se passe des choses étranges en Europe de l’Est et en Europe centrale mais ces évènements sont peu mentionnés par les médias. Deux chefs d’État, les Premiers ministres slovène et slovaque, ont démissionné presque simultanément. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a été victime du scandale de l’assassinat de Jan Kuciak, un journaliste qui enquêtait sur la corruption au sein du gouvernement. Il a dû démissionner sous la pression de manifestations populaires.

Fico était connu pour son soutien à un renforcement du groupe de Visegrad. Il s’était opposé à Bruxelles sur de nombreux points. Il faut aussi remarquer qu’il prêchait la levée des sanctions et l’amélioration des relations avec Moscou. Il insistait sur le fait que la Russie est un partenaire fiable dans le domaine de l’énergie. Est-ce une coïncidence qu’il ait été contraint de démissionner en pleine campagne anti-russe, entretenue par l’affaire Skripal et d’autres histoires manifestement concoctées et utilisées comme faux prétextes pour des attaques incessantes contre Moscou ? N’était-il pas une menace à la soi-disant unité de l’UE contre la Russie ? Bien sûr qu’il l’était.

Fico n’a pas caché le fait que sa décision a été prise à cause des fortes pressions qu’il subissait. Son éviction a été manigancée par des forces extérieures, dont le milliardaire philanthrope George Soros. Par exemple, le président slovaque Andrej Kiska a eu une réunion privée avec le milliardaire en septembre 2017. Ce fut une conversation en tête-à-tête. Aucun diplomate slovaque n’y était présent.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Miroslav Lajčák, « George Soros est un homme qui a une influence majeure sur le développement en Europe centrale, orientale, et au-delà. C’est un fait qui ne peut être remis en question. » Le Premier ministre Viktor Orbán a dit ceci à son sujet : « George Soros et son réseau profitent de toutes les occasions possibles pour renverser les gouvernements qui résistent à l’immigration. »

Le Premier ministre slovène, Miro Cerar, a été attaqué par Soros pour son opposition à la politique de l’UE en matière d’immigration. George Soros n’a pas caché le fait qu’il était un ardent opposant à la position de Miro Cerar. « C’est une obligation pour l’Europe d’accueillir des migrants », a déclaré le financier américain aux Européens. Maintenant, le Premier ministre a été obligé de quitter son poste après que les résultats d’un référendum sur un projet économique clé ont été annulés par le tribunal de première instance et que les attaques des médias contre sa position à l’égard des demandeurs d’asile se sont intensifiées. Cerar n’étant plus aux commandes, le mouvement d’opposition à la dictature de Bruxelles a été affaibli.

Qui sera le prochain ? Probablement la Hongrie, qui est devenue la cible des attaques de Soros. Le milliardaire américain a investi plus de 400 millions de dollars dans son pays natal depuis 1989. Il a également annoncé son intention d’influencer la campagne électorale hongroise et a employé 2 000 personnes à cette fin. Le gouvernement veut que son projet de loi intitulé « Stop Soros » soit voté. Il ne fait aucun doute que la Hongrie sera attaquée pour s’être opposée au réseau du financier.

Bruxelles va froncer les sourcils, geindre et critiquer le « régime non démocratique » qui gouverne le pays. Les prochaines élections législatives en Hongrie auront lieu le 8 avril 2018. Ce sera un combat difficile pour préserver l’indépendance tout en repoussant les tentatives d’imposer la pression américaine par le biais d’ONG et d’institutions éducatives soutenues par Soros.

La République tchèque résiste également aux activités de Soros. Le président tchèque Milos Zeman a accusé des groupes affiliés à Soros de s’ingérer dans les affaires intérieures de son pays. Le financier exhorte l’UE à faire pression sur la Pologne et à l’obliger à « préserver l’État de droit ».

La Macédoine aussi résiste aux activités subversives inspirées par le milliardaire qui vise un changement de régime. Le « réseau Soros » a une grande influence sur le Parlement européen et d’autres institutions. La scandaleuse liste des alliés de Soros comprend 226 députés sur 751. Un membre sur trois – pensez-y ! Si ce n’est pas de la corruption, qu’est-ce que c’est ? Les législateurs manipulés de l’étranger dansent sur la musique de Soros. Ils font ce qu’on leur dit, y compris alimenter l’hystérie anti-Russie.

Moscou a sa propre histoire de relations avec le réseau Soros. En 2015, l’Open Society Institute de George Soros a été expulsé de ce pays car considérée comme une « organisation indésirable » créée seulement pour renforcer l’influence américaine.

Il serait vraiment naïf de penser que Soros agit seul. C’est un secret de polichinelle que le gouvernement américain s’immisce de façon flagrante dans les affaires intérieures d’autres pays en utilisant le milliardaire comme cheval de Troie. L’Europe est un concurrent qu’il faut affaiblir. L’USAID et le réseau Soros font souvent équipe dans la poursuite d’objectifs communs. En mars 2017, six sénateurs américains ont signé une lettre demandant au département d’État d’examiner le financement gouvernemental des organisations soutenues par Soros. Mais ces efforts n’ont abouti nulle part, Foggy Bottom [Un quartier rupin près de la Maison Blanche, NdT] est toujours du côté de Soros, quoi qu’il fasse.

De nombreux pays européens sont engagés dans une bataille féroce pour protéger leur indépendance. L’« empire » du financier cherche à conquérir l’Europe par le biais de pots-de-vin et d’ONG subversives. Ces pays et la Russie résistent à la même menace. C’est peut-être la raison pour laquelle les sanctions contre la Russie sont si impopulaires parmi les politiciens d’Europe de l’Est.

Alex Gorka

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

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Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

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Cette semaine, plus de vingt pays dont de nombreux états membres de l’UE ont annoncé l’expulsion de diplomates russes dans le cadre de l’affaire Skripal. Toutefois, il y a des pays qui n’ont pas rejoint ce flashmob qualifié par Moscou de provocation.

Lancée par le Royaume-Uni, la campagne d’expulsions de diplomates russes à la suite de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal au Royaume-Uni dure depuis deux jours. Certains pays se sont prononcés contre cette méthode de communication avec la Russie ou se sont abstenus.Autriche

Vienne a pris la décision de ne pas procéder à des expulsions. Le chancelier Sebastian Kurz a noté que l’Autriche était un pays neutre et souhaitait dialoguer avec la Russie.

«Il faut poursuivre le dialogue surtout en ces temps difficiles. L’expulsion des diplomates doit être décidée par chaque État au niveau bilatéral. Les pays de l’UE ont pris des décisions différentes. Nous avons décidé de ne pas prendre cette mesure», a déclaré mardi la ministre autrichienne des Affaires étrangères Karin Kneissl sur les ondes de radio Ö1.

Slovénie

La Slovénie s’est prononcée contre l’expulsion de membres des missions diplomatiques russes.

«Le Premier ministre par intérim Miro Cerar a déclaré que Ljubljana n’expulserait aucun diplomate et ne prendra pas d’autres mesures» dans le cadre de l’affaire Skripal, a annoncé lundi le site Delo.

Slovaquie

Le ministère slovaque des Affaires étrangères a convoqué mardi l’ambassadeur de Russie Alexeï Fedotov pour lui annoncer que Bratislava n’avait pas l’intention d’expulser des diplomates avant la fin de l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.

«Nos partenaires slovaques ont déclaré qu’ils agissaient dans un esprit de solidarité européenne, mais qu’ils n’allaient pas prendre de mesures concrètes avant la fin de l’enquête», a indiqué un représentant de l’ambassade de Russie en Slovaquie.

Luxembourg

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn a annoncé mardi que son pays n’expulserait pas de diplomates russes.

​«En ce qui concerne le Luxembourg, nous comptons un nombre très limité de diplomates russes et, malgré tous nos efforts, on ne peut pas prouver qu’un espion ou une personne travaille contre les intérêts luxembourgeois», a expliqué M.Asselborn sur les ondes de la radio RTL.

Il a noté que le Luxembourg était «à 100% solidaire avec la Grande-Bretagne».

Israël

L’État hébreu a pris ses distances vis-à-vis de l’action coordonnée des pays ayant décidé d’expulser des diplomates russes après l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.Israël préfère appliquer sa politique de non-participation aux campagnes antirusses de l’Occident pour ne pas exposer la coopération bilatérale en matière de sécurité nationale, a déclaré à Sputnik l’ex-ambassadeur israélien à Moscou Zvi Magen.

Chypre

Selon le porte-parole du gouvernement chypriote Prodromos Prodromou, Nicosie n’expulsera pas de diplomate russe dans le cadre de la campagne actuelle.

«Chypre se trouve parmi les pays qui ne prendront pas de telles mesures. C’était aussi la position de Chypre au COREPER, que nous sommes en accord [avec les conclusions et décisions de l’UE, ndlr], mais que notre pays n’est pas en mesure de prendre des mesures contre les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies», a indiqué M.Prodromu cité par les médias.

Bosnie-Herzégovine

«Nous n’allons certainement pas prendre des mesures comme l’expulsion de diplomates», a déclaré mardi le ministre bosniaque des Affaires étrangères du pays, Igor Crnadak, d’après les médias locaux.

​Il a noté que les pays membres de l’UE n’étaient pas unanimes concernant la décision d’expulser des diplomates russes.

Selon M.Crnadak, les institutions bosniaques suivaient de près l’évolution de cette affaire, mais qu’elles n’avaient pas de demandes officielles d’adopter des sanctions.

Bulgarie

Sofia ne compte pas expulser des diplomates russes, a annoncé lundi le ministère bulgare des Affaires étrangères à la radio nationale BNR. Mardi, le gouvernement bulgare a annoncé avoir rappelé son ambassadeur à Moscou pour consultations.

Malte

Malte ne figure pas non plus parmi les pays qui expulsent des diplomates russes.

Selon le porte-parole du gouvernement maltais Kurt Farrugia, la mission diplomatique de ce pays en Russie est «trop petite» et cette mesure, qui entraînera une réaction symétrique de la part de Moscou, risque de «mettre fin aux relations diplomatiques» entre les deux pays.

Turquie

Ankara s’est montré ferme en refusant d’expulser des diplomates ou de prendre d’autres mesures contre Moscou malgré la campagne d’expulsions initiée par le Royaume-Uni et appuyée par les États-Unis.

«La Turquie et la Russie ont actuellement de bonnes relations. Dans cette optique, la Turquie n’envisage pas de prendre des décisions contre la Russie», a indiqué lundi le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag devant les journalistes après une réunion du gouvernement.

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande a déclaré qu’elle n’arrivait pas à trouver des espions russes pour les expulser. La Première ministre néozélandaise Jacinda Ardern et le ministre des Affaires étrangères Winston Peters ont fait des déclarations en ce sens.

«Alors que d’autres pays ont annoncé qu’ils expulsaient des agents de renseignement russes non déclarés, nos responsables ont indiqué qu’il n’y avait personne ici en Nouvelle-Zélande qui correspond à ce profil. S’il y en avait, nous aurions déjà pris des mesures», a déclaré Mme Ardern.

Portugal

Les autorités portugaises ont déclaré avoir «pris note» de la position conjointe de plusieurs pays européens et du Royaume-Uni qui expulsent des diplomates russes, sans toutefois exprimer leur propre position à ce sujet, ont annoncé les médias portugais.

Selon le ministre portugais des Affaires étrangères Augusto Santos Silva, le gouvernement du pays réfléchit sur la décision à prendre sur l’affaire Skripal, pour défendre «les intérêts nationaux, européens et de l’Otan», mais aussi pour faire preuve d’«autonomie, de prudence et de fermeté».

Grèce

Les autorités grecques n’ont pas encore pris de décision concernant l’expulsion de diplomates russes en lien avec l’attaque de Salisbury du 4 mars.

Monténégro

Le Monténégro se prononcera mardi ou mercredi sur les mesures à prendre à l’égard des diplomates russes sur fond de l’affaire Skripal, a déclaré le Premier ministre de la république Dusko Markovic. Intervenant mardi devant les journalistes à Bar, le Premier ministre n’a pas pu bien indiquer la ville britannique où ont été retrouvés l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille. Toutefois, il a rappelé que le Monténégro avait des engagements vis-à-vis de l’Otan en tant que candidat à l’adhésion.

Un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d’être derrière l’empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations, avant d’expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

https://fr.sputniknews.com/international/201803271035699915-expulsion-diplomates-campagne-abstentions/

À Budapest, le V4 réitère son désir d’une autre Europe

À Budapest, le V4 réitère son désir d’une autre Europe

Hongrie, Budapest – Réunis au parlement hongrois à Budapest, les plus hauts représentants parlementaires du groupe de Visegrád, dont la Hongrie assume la présidence jusqu’à fin juin, ont réitéré leur volonté d’une Europe des Nations, sans immigration extérieure, et acté une plus forte coopération entre eux sur de nombreux plans.

Le vendredi 2 mars, László Kövér, président de l’Assemblée nationale hongroise, a reçu ses homologues tchèques, slovaque et polonais. Outre la réunion des présidents d’assemblées et de sénats, plusieurs commissions de parlementaires du V4 ont été formées pour aborder différents thèmes de coopération à renforcer et développer.

Les présidents d’assemblées et de sénats du V4 à Budapest, le 2 mars 2018. Photo : Visegrád Post

La Commission du V4 aux Affaires européennes a réitéré la volonté du V4 et de ses parlementaires majoritaires à vivre au sein d’une Union européenne des Nations, où les parlements nationaux verraient leur rôle renforcé. La question de la subsidiarité a également été abordée, et la Commission du V4 a émis des doutes sérieux sur l’application de celle-ci par la Commission européenne.

Pour les parlementaires du V4, le Brexit est une question posée à l’Europe : « où vas-tu ? ». Mais il représente également un bouleversement important du point de vue centre-européen. Le V4 entend s’y préparer, et appelle à ce que l’Union européenne respecte la sortie du Royaume-Uni sans chercher à le sanctionner, et que l’Union garde d’excellents rapports avec le Royaume-Uni.

Avec le Brexit, 85% du PIB de l’UE proviendra de la zone euro, ce qui accentuera « l’Europe à deux vitesses ».

Pour la Commission aux Affaires étrangères du V4, la réponse aux Brexit est en partie dans l’élargissement de l’Union aux Balkans occidentaux, mais aussi la Moldavie. Considérant que l’Europe centrale est le moteur de cet élargissement, notamment via l’Initiative des Trois Mers, le président de la Commission, Zsolt Németh, a expliqué que le moteur principal de cette dynamique est la Pologne, car « la taille compte ». L’élargissement de l’UE aux Balkans occidentaux est important notamment pour combler le vide dans lequel les États-Unis et la Russie s’engouffrent. Zsolt Németh a rappelé également de ne pas commettre la même erreur que pour la Yougoslavie : il faut respecter les Nations.

En parallèle, la Commission estime que la Coopération Structurée Permanente (CSP) de l’Union européenne a été une grande réussite de l’an passé.

Pour la Commission sociale du V4, le thème principale aura été la question de la démographie. En effet, les pays du V4 ont tous des taux de fécondité inférieurs à 2, autrement dit, leurs populations respectives sont en déclin numérique. Pour répondre à cette situation jugée problématique, le V4 rappelle qu’il s’oppose à la solution de l’immigration. « Nos réponses doivent servir nos nations. Il faut des politiques familiales, pas des politiques d’immigration, » a dit la présidente de la Commission.

La Hongrie, qui avait un taux de fécondité de 1,26 enfant par femme en 2010, est actuellement à 1,5 et vise 2,1 pour 2030. Les trois piliers de la politique familiale hongroise sont également donnés en exemple : avoir des enfants et appauvrissement ne doivent pas être synonymes, l’État doit soutenir les familles matériellement et moralement, et il faut redorer l’image de la parenté. Le V4 reproche à Bruxelles de choisir l’immigration et non la natalité. Et enfin, le V4 s’oppose également à l’idéologie du genre, et porte un profond respect aux enfants et à l’institution du mariage.

La Commission économique du V4 s’est penchée sur la question des fonds de cohésion du budget 2020-2027 de l’UE : pour le V4, il est important de ne pas réduire les fonds de cohésion suite au départ du Royaume-Uni, et d’augmenter les cotisations pour compenser, afin de maintenir les fonds de cohésions qui sont un grand succès, et ont prouvé leur efficacité.

La Commission pour l’agriculture du V4 s’est déclarée en faveur du maintien de la PAC et des paiements directs aux agriculteurs. Cependant, le V4 veut moins de bureaucratie dans la PAC et souligne que la question de l’immigration ne doit pas être incluse dans la PAC. La Commission a également rappelé la volonté du V4 de lutter contre l’Europe à deux vitesses également sur le terrain de la qualité des produits manufacturés.

Enfin, la Commission à la défense du V4 estime que le plus grand défi sécuritaire pour l’Union européenne aujourd’hui est l’arrêt de l’immigration de masse vers l’Europe. Et en cela, a souligné Szilárd Németh, le président de la Commission, le V4 a montré que c’était possible, tout en donnant l’exemple d’une belle solidarité européenne : les pays du V4 ont aidé la Hongrie pour arrêter l’immigration à sa frontière. En 2016, a-t-il rappelé, il y avait encore 124 agents des autres pays du V4 pour sécuriser la frontière. Dès 2017, cela n’était plus nécessaire.

Szilárd Németh a également annoncé qu’un sondage de novembre 2017 montrait que 70% des habitants du V4 pensent que la Commission européenne ne veut pas arrêter l’immigration de masse mais au contraire l’organiser et la soutenir.

Parmi les succès de la collaboration du V4, le président de la Commission à la défense a rappelé le succès du groupe de combat du V4 constitué de 4.000 soldats. Sa conclusion a porté sur la nécessité au niveau du V4 de renforcer la coopération au niveau de l’industrie de l’armement.

L’intervention de Péter Szijjártó (au centre) au sommet du V4 de Budapest, le 2 mars 2018. Photo : Visegrád Post

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, sortant d’une rencontre avec le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique Boris Johnson, est également intervenu brièvement lors du sommet : le V4 a été plusieurs enterré, et pourtant, le voilà plus fort que jamais ; cela démontre sa longévité.

Le ministre a rappelé que le commerce extérieur de l’Allemagne avec le V4 est de 54% supérieur à celui avec la France et le triple de celui avec l’Italie. Le V4 représente un marché de 66 millions d’habitants, et tous doivent en tenir compte, en particulier du fait de sa croissance dynamique, a rajouté le ministre Péter Szijjártó.

Selon lui, le V4 a eu plusieurs fois raison par le passé. Avec le Brexit, les partisans d’une Europe des Nations seront moins nombreux et c’est une des raisons pour élargir l’UE aux Balkans occidentaux. Pour le chef de la diplomatie hongroise, le rôle du V4 est critique pour cet élargissement, car l’Ouest de l’Union comprend mal l’intérêt d’un tel élargissement qui est vu comme un poids, alors qu’il s’agit selon le ministre hongrois de la meilleure réponse aux défis qui se posent à nous.

Un des objectifs du V4 est également d’améliorer les infrastructures nord-sud. M. Szijjártó a donné l’exemple de la route Budapest-Varsovie qui nécessite 12 heures de trajet, et a ajouté que l’absence d’autoroute ou de connexion de gazoducs et de réseaux électriques est également un problème. Le ministre hongrois a déclaré qu’une des premières étapes pour répondre à cette problématique était la mise en place d’une ligne à grande vitesse entre Varsovie, Brno, Bratislava et Budapest.

Enfin, le ministre hongrois des Affaires étrangères a souligné l’importance du christianisme et des traditions chrétiennes pour l’Europe, ainsi que le rôle du V4 pour la défense de cet héritage.

À l’issue du sommet, le Maréchal de la Diète (président de l’assemblée nationale polonaise) Marek Kuchciński et le Maréchal du Sénat de Pologne Stanisław Karczewski ont reçu du Président de la République hongroise la Grande-Croix de l’Ordre du Mérite de Hongrie, dans une cérémonie à laquelle a participé le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

De gauche à droite : László Kövér, Marek Kuchciński, János Áder, Stanisław Karczewski, Viktor Orbán. Photo : Visegrád Post
https://visegradpost.com/fr/2018/03/05/a-budapest-le-v4-reitere-son-desir-dune-autre-europe/

La Slovaquie et la Bulgarie ne ratifieront pas la Convention d’Istanbul sur la violence à l’égard des femmes en raison de son contenu idéologique

La Slovaquie et la Bulgarie ne ratifieront pas la Convention d’Istanbul sur la violence à l’égard des femmes en raison de son contenu idéologique

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La Slovaquie et la Bulgarie ont annoncé récemment qu’elles ne ratifieraient pas la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique signée à Istanbul en 2011, et c’est une bonne nouvelle ! A ce jour, 45 Etats l’ont signée mais seuls 28 l’ont ratifiée. La France l’a ratifiée en juillet 2014, et elle l’a même fait avec enthousiasme, puisque Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des droits des femmes, avait qualifié ce traité de « levier formidable pour faire encore mieux sur notre territoire mais aussi en termes de diplomatie ». Ce que la militante féministe franco-marocaine trouvait formidable, c’est sans doute justement ce que n’aiment pas les critiques de cette convention : son contenu idéologique.

Convention d’Istanbul : une convention contre la violence ou une convention pour l’idéologie du genre ?

C’est ainsi qu’on peut lire à l’article 12, paragraphe 1, de la Convention : « Les Parties prennent les mesures nécessaires pour promouvoir les changements dans les modes de comportement socioculturels des femmes et des hommes en vue d’éradiquer les préjugés, les coutumes, les traditions et toute autre pratique fondés sur l’idée de l’infériorité des femmes ou sur un rôle stéréotypé des femmes et des hommes. »

Plus loin, à l’article 14, il est question d’inculquer à tous les niveaux de la scolarisation des « rôles non stéréotypés des genres ». L’enthousiasme de celle qui, devenue ministre de l’Éducation, fit tout pour renforcer la diffusion de l’idéologie du genre à l’école, n’étonne donc pas.

Un autre reproche formulé à l’encontre de ce texte, ce sont justement ses emprunts à la novlangue de cette idéologie néo-marxiste, avec le mot « genre » décliné à toutes les sauces, comme par exemple à l’article 4 où il est question « d’identité de genre ». Ce terme de « genre » y est d’ailleurs défini comme désignant « les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes ».

Le Parlement européen aurait souhaité aller encore plus loin que la Convention sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique

Le 12 septembre dernier, le Parlement européen en remettait une couche en adoptant une résolution en faveur de l’adhésion de l’Union européenne en tant que telle à la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Les eurodéputés y allaient de leur propre interprétation de cette convention en expliquant que « le refus d’accorder des services liés aux droits et à la santé sexuelle et génésique, y compris la possibilité d’avortements sûrs et légaux, constitue une forme de violence à l’encontre des femmes et des filles ». C’est pourquoi le Parlement européen invitait « tous les Etats membres à garantir une éducation sexuelle complète, un accès aisé des femmes à la planification familiale et l’ensemble des services de santé génésique et sexuelle, y compris les méthodes de contraception modernes et l’avortement sûr et légal »

La socialiste française Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, rapporteur du texte, s’était félicitée du fait que « maintenant, on peut considérer que l’avortement est un droit au niveau européen ». Il faut pourtant reconnaître à la Convention d’Istanbul qu’elle n’évoque en l’occurrence, parmi les cas de violences faites aux femmes, que les situations d’avortements forcés et non pas l’absence d’accès à « l’avortement sûr et légal ». Mais la résolution du Parlement européen donne déjà une idée de la manière dont la Convention sur les violences faites aux femmes pourrait être dévoyée sur le modèle de ce qui est arrivé à la Convention européenne des droits de l’homme.

Le « non » de la Bulgarie et de la Slovaquie, une première victoire ?

Fort heureusement, avec le refus de la Slovaquie et de la Bulgarie de ratifier la Convention d’Istanbul, l’UE ne pourra pas y adhérer puisqu’il faudrait pour cela que tous les Etats-membres l’adoptent. C’est d’autant plus heureux que la Convention d’Istanbul créé un organisme supranational de plus, un groupe d’experts appelé GREVIO qui est chargé, comme de coutume hors de tout contrôle démocratique, de « veiller à la mise en œuvre de la Convention par les Parties ». La résolution du Parlement européen est par conséquent caduque.

En annonçant cette décision la semaine dernière, le premier ministre slovaque Robert Fico a signalé que son pays adopterait lui-même les lois nécessaires en vue de renforcer la protection des femmes contre les violences. Comme son homologue bulgare Boiko Borisov, il a justifié la décision de son gouvernement par le fait que ses concitoyens étaient majoritairement hostiles à la ratification de ce traité international. La décision de la Bulgarie, qui préside en ce moment le Conseil de l’UE, avait été annoncée deux semaines plus tôt.

En Pologne, où la majorité parlementaire précédente avait conduit à la ratification de la Convention d’Istanbul en 2015 malgré les protestations de l’opposition conservatrice et de l’Eglise, une pétition est en cours pour que Varsovie se retire du traité. C’est aussi ce que demande depuis deux ans le parti chrétien Prawica Rzeczypospolitej du député au Parlement européen Marek Jurek allié au PiS. En effet, parvenu au pouvoir, le PiS semble avoir oublié ses critiques de la Convention d’Istanbul qui étaient pourtant similaires à celles formulées aujourd’hui par la Slovaquie et la Bulgarie.

Olivier Bault

http://reinformation.tv/convention-istanbul-violence-femmes-slovaquie-bulgarie-bault-81377-2/