Archives pour la catégorie SOMALIE

Les enjeux du rapprochement entre l’Ethiopie l’Érythrée et la Somalie

Les enjeux du rapprochement entre l’Ethiopie l’Érythrée et la Somalie

Vendredi 9 novembre, une rencontre a eu lieu entre les chefs d’Etat d’Ethiopie, de Somalie et d’Érythrée. Une véritable coopération semble commencer à prendre forme entre les Etats de la Corne d’Afrique.

Des rivalités nombreuses

Abiy Ahmed et Isaias Afwerki signent la fin du conflit entre Ethiopie et Erythrée

Il y a quelques années – sinon quelques mois- , cette scène aurait semblé impossible : les dirigeants éthiopien, érythréen et somalien qui se rencontrent pour parler de coopération. Depuis les années 60, ces pays ont plutôt cherché à se déstabiliser mutuellement.

La Somalie a longtemps revendiqué le territoire de l’Ogaden, peuplé de Somalis, dans le désert oriental d’Ethiopie. Après la chute du Négus Haile Selassie, une guerre éclate entre les deux Etats en 1977-1978, où la Somalie semblait porter le coup de grâce à un vieil empire éthiopien en voie d’implosion. Si c’est finalement une défaite somalienne, l’insurrection d’Ogaden continue. Dans le même temps, le pouvoir d’Addis Abeba faisait face à d’autres conflits intérieurs, en Érythrée (qui était alors une province d’Ethiopie), au Tigré ou encore en Oromia. En retour, Addis Abeba soutenait les groupes armés hostiles au pouvoir de Mogadiscio, notamment aux tribus Ishaak dans le nord-ouest, actuel Somaliland.

En 1991, le pouvoir militaire marxiste de Mengistu Haile Mariam tombe en Ethiopie, « libérée » par deux groupes armés : le Front Populaire de Libération de l’Érythrée et le Front de Libération des Peuples du Tigré. Ces deux groupes étaient composés principalement de Tigréens, les premiers voulant l’indépendance de l’Érythrée, les seconds voulant rester éthiopiens tout en prenant le pouvoir. Si l’indépendance de l’Érythrée n’a pas posé de problèmes majeurs à la nouvelle Ethiopie, le tracé des frontières et les incompréhensions mutuelles ont amené à une guerre entre les deux Etats en 1998. Dans le même temps, la Somalie sombrait dans le chaos total. Conflits et revendications territoriales, guerres par procuration sur le terrain somalien, rapprochement entre l’Ethiopie et le Soudan contre l’Érythrée, implosion de la Somalie dominée par la milice Harakat Al Shabab, conflits politiques et sociaux entre les différents peuples d’Ethiopie, dictature fermée sur elle-même à Asmara… la Corne d’Afrique ne semblait pas prendre le chemin de la paix.

Abiy Ahmed, symbole d’un Ethiopie nouvelle

En avril 2018, Abiy Ahmed devient le nouveau Premier Ministre d’une Ethiopie où la répression politique semble mener le pays vers la crise. Premier chef d’Etat Oromo (ethnie majoritaire en Ethiopie) du pays, Abiy Ahmed a mené une véritable politique de démocratisation. C’est sous son mandat que pour la première fois, une femme, Sahle-Work Zewde, devient Présidente de la République démocratique fédérale d’Ethiopie. Abiy Ahmed nomme également un gouvernement où la parité est totale entre hommes et femmes. Sur le plan politique, Abiy Ahmed met fin à deux conflits majeurs dans son pays : celui avec le Front de Libération Oromo et celui avec le Front National de Libération de l’Ogaden.

Sur le plan international, le changement est tout aussi radical. Abiy Ahmed relance le dialogue avec l’Érythrée, avec qui il signe la paix. La liaison aérienne est rétablie et les chefs d’Etat se rencontrent dans les deux pays. Le dialogue avec les autorités de Somalie reprend également. Après plus de 40 ans de fermeture, la compagnie aérienne Ethiopian Airlines a inauguré son premier vol vers Mogadiscio le 9 novembre. Un rapprochement politique, mais aussi une preuve de la relative sécurité du pays. Relative car deux jours plus tard, un attentat a fait plus de cinquante morts dans la capitale somalienne. Toutefois, cette liaison aérienne permettra probablement de relancer les échanges économiques entre Ethiopie et Somalie. Enfin, l’Ethiopie, avec les autres Etats de la région, tente d’influer pour mettre un terme au conflit sud-soudanais – un accord de paix a été signé le 12 septembre à Addis Abeba.

Des conflits toujours en suspens

S’il ne faut pas prendre les grands rapprochements pour une réussite totale et irréversible, force est de constater le contraste entre les décennies de conflits, et les réconciliations qui se succèdent dans la région en si peu de temps. La coopération régionale pourrait permettre d’assurer la sécurité (piraterie, crise du Yémen et en Somalie) et une politique de développement local (favoriser le transit de marchandises en ouvrant les frontières).

Toutefois, il reste de nombreuses crises locales. Abiy Ahmed ne s’est pas fait que des amis dans le régime militaire d’Ethiopie, et il semblerait qu’il y ait déjà eu une tentative de coup d’Etat contre lui. L’ouverture avec l’Érythrée n’a apparemment pas amené d’ouverture politique du pays. Si le gouvernement somalien reprend difficilement le contrôle de territoires au sud du pays, la question du Somaliland – qui assure sa propre sécurité et a proclamé son indépendance – et les guerres locales avec le Puntland ne permettent pas de penser à un pays stable et réunifié dans un futur proche. Les rivalités entre grandes puissances peuvent également influer sur la suite des événements. Les défis restent donc nombreux dans al Corne de l’Afrique.

Bibliographie

DECRAENE P., L’expérience socialiste somalienne

NJOKU R., The History of Somalia

REID R. , Frontiers of violence in North-East Africa

RENDERS M., Consider Somaliland

About Thomas CIBOULET

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C’est malgré tout une bonne idée pour l’Éthiopie enclavée de se construire une marine

C’est malgré tout une bonne idée pour l’Éthiopie enclavée de se construire une marine


Par Andrew Korybko – Le 13 juin 2018 – Source Oriental Review

Ethiopia NavyLe nouveau président Abiy Ahmed s’entretenait avec les chefs militaires lorsqu’il leur a dit que « nous devrions à l’avenir renforcer nos capacités en terme de force navale », ce qui a immédiatement attiré l’attention internationale parce que le pays est enclavé depuis la sécession de l’Érythrée en 1993. Ce pays désormais indépendant a toujours craint que l’Éthiopie ait encore des projets pour le réintégrer de force ou le transformer en un État mandataire pour regagner son accès historique à la mer Rouge, bien que ce ne soit probablement pas ce que le président Ahmed avait à l’esprit lorsqu’il a fait sa curieuse suggestion.

Bloomberg a inclus des informations très pertinentes dans son bref rapport sur ce développement en rappelant comment l’Éthiopie a récemment conclu des accords portuaires avec le Soudan, Djibouti, la Somalie du Somaliland, autoproclamée indépendante, et le Kenya dans toute la région de la Corne de l’Afrique, donnant ainsi au pays un intérêt naturel à vouloir protéger ses investissements en terminaux et ses lignes maritimes de communication (SLOC) qui les accompagnent.

En conséquence, on peut aussi s’attendre à ce que l’Éthiopie conclue des accords militaires conventionnels avec ses partenaires régionaux afin de protéger les infrastructures de transport reliant leurs ports à la grande puissance africaine émergente, qui est le deuxième pays le plus peuplé du continent avec l’un des taux de croissance économique les plus élevés du monde. Le développement d’une marine éthiopienne serait également une première pour un pays africain qui s’impliquerait activement dans la nouvelle « ruée vers l’Afrique » qui a débuté dans la région de la Corne au milieu des années 2000, après la frénésie de la piraterie somalienne au large des côtes.

Ethiopia map
Au cours de la décennie qui a suivi, cette partie du monde est devenue l’une des plus militarisées, avec des bases américaines, chinoises, émiraties, saoudiennes, turques, italiennes, françaises et japonaises tout le long de ses côtes. La Russie a aussi récemment été invitée à construire une base navale à Port Soudan à la fin de l’année dernière après la visite du président Bachir à Moscou, même si on ne sait pas si le président Poutine envisage de l’accepter.

Ce que la Russie peut faire, cependant, c’est d’aider son partenaire éthiopien, lien datant de l’ère soviétique, à construire une nouvelle marine, ce qui pourrait en soi annoncer un important « Retour en Afrique » pour Moscou et lui permettre de montrer une dimension différente de sa « diplomatie militaire » que celle acquise par les forces aériennes et terrestres de renommée mondiale lors de l’intervention anti-terroriste en Syrie.

Le post présenté est la transcription partielle de l’émission de radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusée le vendredi 8 juin 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Corne d’Afrique : la nouvelle guerre chaude ?

Corne d’Afrique : la nouvelle guerre chaude ?

Début 2018, deux évènements ont amené à la rupture des relations entre les Emirats Arabes Unis et la Somalie. Ces tensions bilatérales ravivent des tensions régionales plus larges entre les Emirats et le Qatar, la Turquie et l’Egypte, qui à terme, pourraient déboucher sur un ou plusieurs conflits.

Emirats-Somalie, chronique d’une rupture annoncée

Carte de la Somalie et des territoires sécessionnistes

Début 2018, trois sacs émiratis non déclarés sont saisis par la douane de l’aéroport de Mogadiscio. Ils contenaient près de 10 millions de dollars. Cette affaire marque le début d’un conflit entre les deux Etats.

La Somalie s’inquiète que cet argent soit destiné à la province sécessionniste du Somaliland, au nord-ouest du pays. Depuis les années 90, le pays est en proie au chaos, et le gouvernement internationalement reconnu n’a longtemps eu d’autorité que sur la région de Mogadiscio, la capitale. Le sud est aujourd’hui principalement contrôlé par le gouvernement et par le groupe islamiste Harakat Al-Shabab Al-Mujahideen (abrégé en Al Shabab), le nord-ouest a proclamé son indépendance sous le nom de Somaliland (ancienne colonie britannique alors que le reste du pays était une colonie italienne), et le nord-est est autonome sous le nom de Puntland, sans que son statut final n’ait été clairement défini. Le Somaliland se comporte comme une République indépendante, bien que non-reconnue, et de nombreux reportages journalistiques montrent la réussite de la région à préserver la sécurité et à construire des institutions démocratiques, du moins en apparence. Les Emirats Arabes Unis se sont intéressés à cette région. Ils y ont signé un accord avec les autorités locales : Dubai World Port développe de nouvelles infrastructures dans le port de Berbera, et les Emirats y construisent une base militaire. Les autorités somaliennes n’ont pas été consultées dans ces négociations et considèrent ces projets comme illégaux.

L’incident a accéléré la rupture. Suite à la saisie des sacs d’argent, Abu Dhabi a mis fin à la coopération avec la Somalie, arrêté les subventions pour certains programmes, notamment hospitaliers. Lors d’une rencontre du 23 avril entre le président du Somaliland et une délégation émiratie, les deux autorités se sont engagées à augmenter leur coopération bilatérale, ce qui laisse à penser que les Emirats reconnaissent le Somaliland comme Etat. Du côté de Mogadiscio, bien que la rupture ne soit pas la solution souhaitée, c’est la fierté nationale qui prime : la souveraineté somalienne ne peut être vendue à des puissances étrangères. Du côté du Puntland, le discours est différent : les autorités locales veulent conserver la coopération avec les Emirats. Le président du Puntland a d’ailleurs affirmé que plus de 3 millions de dollars sur les 9,6 saisis étaient destinés au financement de soldats émiratis déployés sur son territoire. Il n’est pas impossible que le Puntland proclame à terme son indépendance, surtout si Abu Dhabi est prêt à le reconnaître à demi mot, comme dans le cas du Somaliland.

La riposte turco-qatarie

Derrière ce conflit se cachent d’autres tensions : la rivalité entre le camp sunnite traditionaliste, mené ici par l’Egypte et les Emirats Arabes Unis, et celui des islamistes, mené par le Qatar et la Turquie. Lors de la crise du Qatar de 2017, la Somalie a refusé de rompre ses relations avec Doha. Le Qatar est effectivement une puissance économique de premier choix pour la Somalie, tout comme son allié turc. Erdogan est l’un des rares chef d’Etat à se rendre en Somalie, Turkish Airlines est l’une des seules compagnies internationales à desservir Mogadiscio, et l’aide humanitaire turque est importante et nécessaire pour la Somalie. Ainsi, quelle que soit la crise, Doha et Ankara soutiennent Mogadiscio, économiquement, militairement (la Somalie accueille une présence militaire turque à Jaziira, près de la capitale, depuis 2017) et médiatiquement : Al Jazeera a largement couvert la crise somalo-émiratie.

Mais l’influence des deux pays a un prix : Doha et Ankara soutiennent différents groupes islamistes. Un ancien ambassadeur turc a par exemple avoué avoir rencontré et financé des membres d’Al Shabab, qui a fait allégeance à Al Qaeda en 2012. Le parti pro-Frères Musulmans, Al Islah, bénéficie également d’un important soutien de la part des deux puissances. Ces formes d’islam politique sont perçues comme des menaces directes pour Abu Dhabi, qui craint une déstabilisation des pouvoirs traditionnels, mais également par l’Egypte. La rivalité entre Al Sissi et Erdogan n’est plus à prouver. Le soutien turc aux Frères Musulmans à travers le monde, la base de Jaziira, et plus récemment la crainte de la construction d’une autre base sur l’île de Suakin au Soudan, sont perçus comme des menaces pour le Caire.

Guerre froide, guerre chaude ?

Cette “guerre froide” du monde sunnite pourrait déborder sur d’autres conflits. Au Yémen, on observe déjà des divisions internes au camp sunnite : les Emirats soutiennent les groupes indépendantistes sudistes lorsque le Qatar soutient Al Islah au Yémen.

L’Ethiopie a commencé la construction d’un barrage sur le Nil, en accord avec le Soudan mais qui déplait à l’Egypte. En revanche, le Caire est plutôt proche de l’Érythrée, dictature militaire qui a un conflit territorial à la fois avec l’Ethiopie et avec le Soudan. Le journaliste Fred Oluoch de The East African rappelle le potentiel risque de guerre, bien qu’il soit démenti par les quatre États. Il faut d’ailleurs garder en mémoire que les Emirats ont également une base à Assab, en Érythrée. Il semble donc probable que l’Afrique de l’est devienne le prochain terrain des règlements de compte entre les Emirats, le Qatar, la Turquie et l’Egypte.

About Thomas CIBOULET

Diplômé de Sciences Po et étudiant à l’Inalco. S’intéresse aux relations internationales, avec un intérêt particulier pour les régions d’Asie centrale et du Caucase.

Qu’est-ce que les EAU ont à gagner en déstabilisant la Somalie ?

Qu’est-ce que les EAU ont à gagner en déstabilisant la Somalie ?


Par Andrew Korybko – Le 12 avril 2018 – Source Oriental Review

Somalia flagLes événements récents suggèrent que les EAU tentent de déstabiliser la Somalie pour la jeter dans une crise sécuritaire à plusieurs niveaux afin de piéger l’allié turc du Qatar dans un bourbier et compenser la montée en puissance de la grande puissance éthiopienne, le rival régional de l’Égypte.

La choses arrivent souvent par trois

La Somalie a été secouée par trois développements liés au cours des dernières semaines, qui montrent que les Émirats arabes unis se consacrent à déstabiliser le pays afin de faire avancer cyniquement leurs grands intérêts stratégiques dans la région aux dépens de Mogadiscio. Les Émirats ont signé un accord controversé avec la région séparatiste de Somaliland pour construire une base navale dans le golfe d’Aden, après quoi une querelle politique entre le président du pays et le président du Parlement s’est soldée par un affrontement armé fortuitement résolu avant le début des tirs. Au début de la semaine, les autorités somaliennes ont saisi près de 10 millions de dollars en espèces dans un avion des Émirats arabes unis qui devaient être disséminés dans le pays à des fins non encore divulguées, ce qui a coïncidé avec la démission du président du Parlement juste avant un vote de défiance contre lui.

Le baril de poudre africain

En analysant ces trois événements dans un continuum par étapes, on peut affirmer que les EAU tentent de déstabiliser la Somalie pour se venger du refus de Mogadiscio de couper les liens avec le Qatar et de son accord avec Ankara pour autoriser une base militaire turque dans le pays. La Turquie est alliée au Qatar, où elle a aussi une base militaire, ce qui en fait le rival des Émirats arabes unis dans le contexte de la guerre froide du Golfe qui sévit dans la région de la Corne de l’Afrique via deux conflits centrés sur l’Éthiopie et Djibouti. Le géant enclavé est en désaccord avec l’Égypte au sujet du Grand barrage de la Renaissance, projet éthiopien, construit sur le Nil Bleu et dont le Caire prétend que l’État arabe dépendra toujours à l’avenir, tandis que le petit pays côtier vient de donner un coup de pied aux Émirats arabes unis et a repris le contrôle du plus grand port du pays. Les dynamiques régionales sont telles qu’elles pourraient facilement déborder dans une guerre régionale, rendant ainsi la Corne de l’Afrique contemporaine étrangement similaire structurellement aux Balkans d’avant la Première Guerre mondiale.

Debout face à la « Petite Sparte »

La Somalie a jusqu’ici évité d’être entraînée dans la guerre froide du Golfe et pensait probablement que sa « neutralité » dans ce différend l’empêcherait d’être déstabilisée et de devenir un champ de bataille entre puissances extra-régionales, mais il semble maintenant que les EAU lancent asymétriquement des mesures agressives contre le pays dans le but d’étendre leur nouvelle sphère d’influence, du golfe d’Aden dans toute la région, en supprimant toutes les forces qui se dressent sur son chemin. À cette fin, Abu Dhabi voit le président « Farmaajo » comme un obstacle en raison de son refus féroce de s’incliner devant les Émirats en coupant les liens avec le Qatar et son accord avec la Turquie pour construire une base militaire sur la côte de l’océan Indien. C’est un étalage de souveraineté inacceptable que l’hégémon surnommé la « Petite Sparte » ne pouvait tout simplement pas tolérer.

Le plan directeur

Somaliland agrees to UAE naval base
Le Somaliland accepte la base navale des EAU

Les EAU ont revendiqué la Somalie en renforçant « l’indépendance » de fait du Somaliland à travers la récente entente de base navale dans le port côtier de Berbera, qui a incité les législateurs somaliens à réagir avec fureur à Mogadiscio, malgré leur incapacité à l’empêcher. Puis, « provoqués » par la forte condamnation du gouvernement internationalement reconnu, les EAU ont cherché à exploiter les failles politiques préexistantes au sein de l’État en provoquant la récente crise entre le président et son président parlementaire. La prochaine étape de la campagne de déstabilisation est censée voir les Émirats financer un « mouvement liberté/démocratie » antigouvernemental (d’où les 9,6 millions de dollars saisis de l’avion des Émirats arabes unis) soit dirigé par l’ancien « speaker » au Parlement ou un de ses alliés, pour faire pression sur le président de reconsidérer le refus précédent de son gouvernement de couper les liens avec le Qatar et permettre à l’allié de Doha d’établir une base navale en dehors de la capitale. Si cette première provocation de type guerre hybride ne réussit pas à atteindre ses objectifs, il est prévisible que les EAU pourraient aller jusqu’à déclencher un nouveau cycle de guerre civile dans le pays afin de piéger leurs rivaux dans un bourbier.

Chocs et effrois régionaux

Les conséquences d’un nouveau cycle de guerre généralisée et multi-sites (donc plus complexe que celle simplement entre le gouvernement et ses alliés contre Al Shabaab) pourraient facilement amener la Turquie à tomber dans le scénario tentant de la « dérive de la mission » qui consiste à renforcer son aide aux pays partenaires pour compenser le retrait prévu de l’Union africaine d’ici 2020. Non seulement cela, mais Al Shabaab et peut-être même Daech pourraient profiter de la descente aux enfers du pays dans la guerre civile pour devenir une menace régionale plus dangereuse, qui pourrait à son tour contaminer l’Éthiopie dont la puissance s’accroît, toujours prompte à intervenir une fois de plus militairement. Cela dit, le leader régional est en train de vivre une « transition politique » sensible et sa situation intérieure tendue pourrait exploser si un conflit somalien imminent débordait sur ses frontières et bouleversait son fragile équilibre ethno-politique.

Réflexions finales

Aussi cynique que cela puisse paraître, ces deux « scenarii sombres » feraient avancer les grands objectifs stratégiques des EAU en attirant l’allié turc du Qatar et ses partenaires somaliens dans un bourbier en développement tout en déstabilisant l’Éthiopie au nom d’une Égypte subordonnée au CCG. Le chaos qui en résulterait pourrait créer des « fenêtres d’opportunité » pour que les EAU étendent leur influence plus profondément dans la Corne de l’Afrique et « justifient » leurs partenariats militaires avec l’Érythrée et le Somaliland, sans parler des autres États ou de futures régions séparatistes pourraient émerger au même moment. Bien entendu, il est encore trop tôt pour dire si cela arrivera ou non, mais il est néanmoins important d’être conscient des intérêts des EAU vis-à-vis de la Somalie et de la façon dont ils pourraient être promus via les derniers événements déstabilisants pour lesquels la responsabilité d’Abu Dhabi est engagée dans ce pays crucialement positionné. Si la trajectoire descendante actuelle n’est pas rapidement évitée, ce qui pourrait être le cas si la prudence prévalait, alors la Somalie pourrait à nouveau sombrer dans une guerre civile. Il est donc urgent que ses citoyens soient informés de ce qui se passe et pourquoi ils doivent faire le maximum pour l’empêcher.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/quest-ce-que-les-eau-ont-a-gagner-en-destabilisant-la-somalie

Michel Raimbaud : “La nouvelle guerre froide se transforme progressivement en une guerre ouverte”

Excellente synthèse de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie. Il est l’un de nos grands spécialistes du Moyen-Orient, et nous vous renvoyons vers son excellent livre Tempête sur le Grand Moyen-Orient

Halte à la guerre infâme !

Une guerre implacable, sauvage, meurtrière et destructrice, fait rage en Syrie depuis mars 2011. Devenue universelle grâce au renfort venu de 120 pays que l’Empire Atlantique a pu attirer dans sa galère, elle menace ces jours-ci de dégénérer en un conflit mondial au sens plein et entier du terme.

Beaucoup parmi les plus optimistes n’en sont plus à se demander si la guerre des Trois (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) aura lieu ou non, mais si elle s’allumera demain ou après-demain. On a beau en refuser la perspective tant elle heurte la raison, les réalités sont là. Il est évident que la nouvelle guerre froide que l’on a vu apparaître depuis une décennie entre l’Occident et ses complices d’une part, la Russie et ses alliés d’autre part, vire peu à peu à la guerre ouverte. Si le monde arabo-musulman est le théâtre privilégié et l’enjeu géopolitique de cet affrontement global entre l’Empire Atlantique déclinant et l’Eurasie renaissante ou émergente, la Syrie en est l’épicentre, pour diverses raisons, géopolitiques et stratégiques notamment.

Dans nos « démocraties » occidentales qui unilatéralement se disent grandes, les « élites » qui ont soumis les populations à un lessivage de cerveau sans précédent font semblant de croire encore à la narrative mensongère, immorale et imbécile injectée depuis sept ans dans les méninges ramollies par le « mainstream » médiatique, universitaire et politique. Il serait étonnant que ces esprits pleins de morgue et de suffisance y croient vraiment : ce serait d’ailleurs inquiétant pour leur santé mentale. Ecartant donc l’hypothèse, on retiendra plutôt qu’ils ont trouvé un fonds de commerce gratifiant dans cette gigantesque escroquerie intellectuelle et qu’ils ont réussi à l’acclimater sous nos latitudes où l’on se dit cartésien, puisqu’elle provoque si peu de réactions… Pour l’instant !

Si elles avaient une mémoire collective, les opinions se souviendraient du sort de l’Irak, de la Somalie, de la Libye…peut-être de l’ex-Yougoslavie, voire du Yémen où destructions et massacres se poursuivent sous l’égide de l’ami stratégique imprévu qu’est le jeune Mohammed Ben Salman, étreint avec effusion par notre ministre des affaires étrangères lorsqu’il débarque tel le Messie. Elles reverraient Colin Powell brandissant ses fioles venimeuses et chimiques pour justifier une invasion de l’Irak et son démantèlement. Pas de sa faute : il était, dira-t-il la bouche en cœur, mal informé par ses « services ». Mais les opinions « civilisées » (que l’on appellerait dédaigneusement « rues » si elles étaient « arabes ») sont anesthésiées par le flot de désinfo et de désintox, hébétées par les débats de société qui leur sont proposés ou imposés, toujours anecdotiques et marginaux. La guerre ou la paix ? Bof. Quant aux élus, ils sont superbement ignorés : à quoi pourraient-ils servir ?

Frétillant comme son prédécesseur Hollande à l’idée de participer aux frappes contre la Syrie et le « régime de Bachar », Macron, qui réserve ses pensées complexes à son ami Trump, esprit bien connu pour sa subtilité, ose qualifier cette nouvelle attaque illégitime, arrogante et dépravée de « devoir moral ». Devons-nous nous habituer à voir par les nuits sans lune nos dirigeants se tortiller sur leur fauteuil, le doigt sur le bouton et le petit doigt sur la couture du pantalon, attendant le feu vert des fous du Pentagone ou de la Maison-Blanche pour lancer leurs engins meurtriers sur la Syrie qui ne les a jamais agressés ? Quelle sinistre comédie ! Comme si 400 000 morts, 13 ou 14 millions de réfugiés, exilés ou déplacés, un pays ravagé, ne suffisaient pas à combler le sens moral de ces hautes consciences. Après sept ans de mensonges éhontés, de destructions systématiques, de méfaits innommables, peut-on vraiment dire que « le respect de l’autre » est une « valeur de l’Occident » ?

A la vue des séances consacrées à la Syrie et à l’audition des échanges qui les agrémentent, on peut dire que la prestation – navrante – du Conseil de Sécurité témoigne de la ruine globale du système international. Adieu aux vagues espoirs que l’on pouvait nourrir quant aux capacités des Nations-Unies et à son instance suprême en matière de paix et de sécurité à imposer un ordre pacifique. Les principes fondateurs du droit onusien, tels que les énonce la Charte fondatrice de San Francisco, ne sont plus ni respectés ni admis comme références par l’ensemble des Etats représentés à l’Assemblée Générale et certains des membres permanents du Conseil de Sécurité les bafouent sans même s’en cacher, ou les ignorent superbement. Les Trois Occidentaux, qui osent s’identifier sans complexe à la « communauté internationale » alors qu’ils représentent 7 à 8% de la population mondiale, constituent en effet le corps de bataille du parti de la guerre et du chaos, leurs adversaires – Russie, Chine, Iran, Syrie, etc…– représentant sans ambigüité le camp de la légalité et du droit.

Au-delà du droit, c’est la diplomatie qui est en danger. Bien plus que le clivage Est/Ouest nouveau modèle, il faut incriminer la perte des us et coutumes, des pratiques, des normes et du langage de la diplomatie. Comment justifier le honteux spectacle des représentants occidentaux maniant la menace, l’injure, le mensonge et les propos aberrants dans l’enceinte du Conseil, transformé en parterre d’enragés et de falsificateurs ? Comment qualifier le grossier personnage élu par l’Amérique profonde et soutenu par son Etat profond dès lors qu’il bombarde ? Elephantman dans un magasin de porcelaine, il incarne mieux que tout autre avant lui le système que suggéraient, il y a quasiment un demi-siècle, Nixon et Kissinger dans la théorie du Mad Man : l’Amérique doit compter parmi ses dirigeants des cinglés dont l’imprévisibilité sera de nature à terroriser ses ennemis. M. Trump tweete parmi nous.

La France ne vaut guère mieux. Elle fait partie de ces pays qui « prétendent dire le droit » tout en le violant à l’occasion, comme le reconnaissait implicitement son président en décembre dernier dans une interview à France 2. La voilà qui se joint au régime trumpiste criminel pour clamer qu’elle procédera à des frappes contre la Syrie, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité. Alors que son siège permanent est lorgné par de grands amis comme l’Allemagne, ne risque-t-elle pas de perdre à jamais son statut « privilégié » en s’affichant ainsi prête à bombarder sans mandat un Etat-membre, après avoir contribué à sa destruction et tenté de renverser son président légitime ?

Ne scie-t-elle pas la branche sur laquelle elle est majestueusement assise, cette France qui naguère tenait la Charte onusienne pour une Bible et fondait sa diplomatie sur la légalité internationale, et qui désormais en bafoue régulièrement les principes majeurs : égalité souveraine des Etats, non-ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et droit des Etats à choisir leur régime politique sans ingérence étrangère ? Cette France que l’on écoutait souvent, la « trouvant juste même lorsqu’elle se montrait injuste ».

Revenons aux fondamentaux. Malgré la phrase sacro-sainte qui, en Occident et dans notre Hexagone, sert de gilet pare-balle aux mieux intentionnés, rappelons que Bachar Al Assad, président légitime d’un pays en guerre, sans qui la Syrie ne serait plus qu’un souvenir, fait seulement son devoir. On servirait moins souvent la rengaine qu’il n’est « pas irréprochable » si l’on posait la question de l’honorabilité de ses ennemis ou détracteurs, qu’ils soient sauvages ou mal dégrossis, ou délicats et donneurs de leçons. Irréprochables, les dirigeants des « grandes démocraties » ? Irréprochables, ceux qui soutiennent l’insoutenable et en masquent l’horreur ? Irréprochables ces retraités aveugles, sourds et muets quant aux crimes inscrits à leur palmarès ?

Nos présomptueux dirigeants qui n’ont cessé de jouer avec le feu et sont responsables de l’embrasement, ne s’émeuvent pas pour autant, sûrs de leur bon droit et de leur aptitude à gérer les évènements entre affinitaires de belles manières. Si nous l’ordonnons, pensent ces va-t-en guerre qui adorent les ordonnances, il faudra bien que la piétaille des braves gens se mette en marche, au pas cadencé, avec tambour et trompette. C’est le métier de la France d’en bas d’obéir sans broncher à celle d’en haut, pensent-ils. Eh bien non ! Il faut leur donner tort. La France est partie prenante dans la nouvelle agression qui se prépare. Si par grand malheur elle est lancée, nul n’en connaît les suites. Il y aura des représailles et nous ne serons pas épargnés. « Pourquoi nous ? » ou « nous ne savions pas » seront de piètre utilité.

Réveillons-nous car il se fait tard.

Michel Raimbaud

34 réponses à Michel Raimbaud : “La nouvelle guerre froide se transforme progressivement en une guerre ouverte”

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https://www.les-crises.fr/michel-raimbaud-la-nouvelle-guerre-froide-se-transforme-progressivement-en-une-guerre-ouverte/

[Vidéo] Rony Brauman: «Les mensonges des guerres humanitaires»

Source : Mediapart, Rony Brauman, 27-01-2018

Somalie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye… Qu’est-ce qui peut définir une guerre « juste » ? Comment le mensonge et la propagande des États ont-ils permis de s’émanciper de toute légalité et de tordre le droit international ? Ancien président de MSF, Rony Brauman publie un essai, Guerres humanitaires ? Mensonges et intox. Entretien.

Ancien président de l’ONG Médecins sans frontières dont il a été l’un des fondateurs, spécialiste des engagements humanitaires et des conflits, Rony Brauman publie aux éditions Textuel un court essai : Guerres humanitaires ? Mensonges et intox.

Somalie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye… Qu’est-ce qui peut définir une guerre « juste » ? Comment le mensonge et la propagande des États ont-ils permis de s’émanciper de toute légalité ou de tordre le droit international ? Quelles ont été les machines à propagande construites pour justifier les guerres d’Irak ou de Libye ? Rony Brauman s’en explique dans cet entretien.

Source : Mediapart, Rony Brauman, 27-01-2018

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18 réponses à [Vidéo] Rony Brauman: «Les mensonges des guerres humanitaires»

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Dernières nouvelles des missions PSDC – mars 2018 (2)

Dernières nouvelles des missions PSDC – mars 2018 (2)

(B2) Voici les dernières nouvelles des missions et opérations déployées au titre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne…

Sikasso (Mali). Fin de la formation de la 8e Région militaire

Pendant cinq semaines, EUTM Mali a organisé une mission à destination de la 8e région militaire des forces armées maliennes (FAMa). Elle s’est déroulée dans la région de Sikasso, près de la frontière avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, dans le cadre de l’équipe d’entrainement de la coalition militaire (Coalition military assistance training team ou CM ATT). Une formation qui s’inscrit dans le reformatage de la mission EUTM qui forme surtout les formateurs (officiers et sous-officiers) et dispense des formations spécialisées aux FAMa, comme par exemple les « tactiques de base, la réaction au contact, l’attaque improvisée et point de contrôle ». Parmi les cours dispensés : l’informatique, le sauvetage au combat et les droits de l’Homme. Cette mission, qui s’est achevée le 14 mars, a aussi été une opportunité pour les formateurs européens « d’apprendre des bonnes qualités et de l’expérience des Maliens » selon le communiqué.

Mogadiscio, Hargeisa (Somalie). Visite aux autorités somaliennes

Une délégation, composée de responsables du commandement des missions civiles (CPCC) du SEAE, et de Cristina Stepanescu, chef de la mission EUCAP Somalia, a effectué un séjour en Somalie. Objectif : discuter avec diverses autorités. Au ministère de la sécurité intérieure, le 12 mars, les discussions ont porté sur l’architecture de la sécurité maritime, le futur des gardes-côtes somaliens, la mise en œuvre de projets financés par l’Union européenne, ou encore sur les activités de la mission, selon EUCAP Somalia publié après la réunion. Le lendemain, ce sont des sujets juridiques qui ont été abordés, notamment la législation sur la piraterie et la rédaction de lois, signale-t-on à la mission. Au bureau d’Hargeisa, la capitale de la république semi-indépendante du Somaliland, le 15 mars, ils ont voulu « avoir un aperçu du fonctionnement de la mission dans la région ». Le 16 mars, dernier jour de la visite, les représentants européens se sont rendus à Nairobi (Kenya) pour s’entretenir avec le personnel du bureau de soutien EUCAP Somalie.

NB : à noter qu’une rencontre avait déjà eu lieu entre Stepanescu et les autorités du Somaliland à la fin du mois de février. Lire : Dernières nouvelles des missions/opérations PSDC (mars 2018)

Kiev (Ukraine). Des livrets anti-corruption

EUAM Ukraine a réalisé des brochures sur le thème de l’anti-corruption à destination de la police nationale ukrainienne, apprend-on du QG de la mission de conseil basée à Kiev. Ces livrets devraient permettre « de définir ce qu’est la corruption et comment la signaler » selon EUAM Ukraine. Pour Peter Staidl, conseiller principal de la mission sur la lutte contre la corruption, l’objectif de ce document est double : le premier est de « s’assurer que les officiers de police honnêtes peuvent signaler la corruption » et ne commettent pas d’erreurs eux-mêmes. Le second objectif de la brochure est davantage symbolique puisqu’il vise a faire passer « un message clair que la corruption ne sera pas tolérée » et que « la police nationale d’Ukraine est sérieuse dans la lutte contre la corruption. ». Ce sont ainsi près de 50.000 fascicules qui ont été distribués à la police ukrainienne mardi 20 mars. Commentaire : la lutte contre la corruption vient de franchir un grand pas…

Ramallah (Palestine). Renforcer la police de quartier

La police palestinienne, avec le soutien de la mission civile de formation de l’UE à la police palestinienne (EUPOL COPPS), a renforcé ses services de police communautaire. En un mot : la police de quartier. Ce renforcement se fait via deux actions : la création d’une unité de coordination et l’élaboration d’une stratégie. Un atelier de deux jours a ainsi été organisé à la mi-mars pour mettre en place ce concept stratégique. Une équipe de terrain sera « responsable de la planification, de la conduite et de la coordination de la formation sur la police communautaire ». Selon Veijo Alavaikko, conseiller de la mission européenne, « il ne devrait pas y avoir de différence entre le concept stratégique et la manière dont les policiers de première ligne se comportent et servent le peuple palestinien ». (Communiqué)

Zagreb (Croatie). Formation aux opérations maritimes

L’agence européenne Frontex a organisé le 23 mars sa première formation d’agents de soutien pour les équipes européennes de garde-frontières et de garde-côtes à Zagreb, en Croatie. Y participaient onze États membres de l’UE. Objectif : « faire en sorte que les opérations maritimes Frontex se déroulent en douceur et en toute sécurité ». Un cours similaire avait été organisé il y a un an, le 3 mars 2017, également à Zagreb, afin de renforcer les connaissances des gardes-frontières sur « la gestion des frontières dans le contexte européen ». A l’époque, 13 États membres avaient participé à la formation selon Frontex.

(Informations rassemblées par Claire Boutry)

http://www.bruxelles2.eu/2018/03/31/dernieres-nouvelles-des-missions-psdc-mars-2018-2/

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