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Le bruit autour de l’accord chinois sur Haïfa met en lumière les divisions au sein de l’« État profond » israélien

Le bruit autour de l’accord chinois sur Haïfa met en lumière les divisions au sein de l’« État profond » israélien


Andrew Korybko
Andrew Korybko

Par Andrew Korybko – Le 22 septembre 2018 – Source orientalreview.org

La Chine exploitera bientôt le port israélien de Haïfa, si tout se passe comme prévu.

Haaretz a publié un compte rendu sur une conférence, tenue fin août en Israël, au cours de laquelle Shaul Horev, ancien directeur du cabinet de la marine et président de la commission à l’énergie atomique, s’était alarmé de la prochaine remise à la Chine de la gestion du port stratégique de Haïfa. Ce changement avait été signé il y a trois ans et demi par le ministère des transports et les autorités portuaires, sans l’aval du conseil à la sécurité nationale ni de la marine elle-même, qui est semble-t-il directement concernée au vu de la proximité de sa flotte de sous-marins avec le port. La mise en œuvre imminente de l’accord a soulevé les angoisses habituelles quand au « piège de la dette », aux implications militaires, et assez étrangement, quant à se demander si Israël se détourne des USA.

Manifestement, ce à quoi nous observons résulte d’une faction des administrations militaires, de renseignements et diplomatiques permanentes de l’État d’Israël – ou « État profond » – qui veulent rejoindre la vision mondiale chinoise de la connectivité portée par les Routes de la soie (One Belt One Road – OBOR), alors que l’autre faction veut s’en tenir sans fléchir au soutien pro-américain de Tel-Aviv et empêcher ces initiatives, ce qui génère les frictions aux yeux du public sur ce sujet. Contrairement à ce que beaucoup dans les médias alternatifs pourraient imaginer, Israël et la Chine n’ont fait que se rapprocher au fil des dernières années, Pékin développant un intérêt pour la proposition du train « Red-Med » [Train à grande vitesse Tel-Aviv Eilat, NdT], qui viendrait relier mer Rouge et mer Méditerranée par voie ferrée, et qui pourrait compléter voire un jour constituer une alternative au canal de Suez.

L’accord israélien permettant à la Chine de s’étendre et de venir gérer le port de Haïfa constitue une indication de l’existence d’une faction influente de l’« État profond », désireuse d’ouvrir des alternatives à la dépendance stratégique de Tel Aviv envers les USA, en coopérant de façon pragmatique avec d’autres grandes puissances en cours de constitution, comme on l’a vu par ailleurs dans les coopérations avec la Russie au sujet de la Syrie. Cette faction semble projeter un rôle d’Israël quelque peu similaire à celui de son nouveau partenaire, l’Inde, en jouant le même jeu de « multi-alignement » entre grandes puissances, ce qui en théorie permettrait au pays de tirer le meilleur parti de la « compétition » pour sa « loyauté », en négociant plus cher auprès de chacune des parties, USA y compris.

À supposer que l’accord ne se voie pas entravé en dernière minute par la faction opposée et ses alliés américains sur des considérations de « sécurité nationale », Israël donnerait là aux routes de la soie leur meilleure caution internationale, ce qui d’ailleurs pourrait bien constituer la raison pour laquelle la Chine a monté ce projet dès le départ. Il est également possible, comme évoqué par Ber Cowen du Times of Israël, que la Chine maintienne des ambitions à long terme de contrôler les accès européens aux ressources du Golfe, via les ports méditerranéens, suite à un accord de paix en Palestine à venir qui verrait les monarchies arabes reconnaître officiellement Israël, et faire traverser des oléoducs sur son territoire pour économiser 40% des coûts de transport par rapport au transit par le canal de Suez.

Quelles que soient les intentions de la Chine – et il ne s’agit certainement pas de s’affranchir d’Israël dans un « piège de dette » ou d’espionner ses sous-marins – la controverse autour de cet accord révèle le fait que deux factions de l’« État profond » sont en compétition en Israël et ont rendu publique leur querelle sur Haïfa, chacune d’entre elles ayant ses raisons – très différentes – d’estimer que le grand jeu se verrait changé si l’accord devait se voir suivi de faits.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 21 septembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-bruit-autour-de-laccord-chinois-sur-haifa-met-en-lumiere-les-divisions-au-sein-de-letat-profond-israelien

 

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General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»?

General Electric : amende dérisoire après «la vente de notre souveraineté nucléaire aux Américains»? Source: RT
Alexandre Leraître et David Gendreau

Après la menace brandie par Bercy d’une amende de 34 millions d’euros pour General Electric qui n’a pas tenu sa promesse en termes de création d’emplois, Alexandre Leraître et David Gendreau reviennent sur le rachat d’Alstom par le groupe américain.

Alexandre Leraître et David Gendreau, réalisateurs du documentaire Guerre fantôme : la vente d’Alstom à General Electric étaient les invités du JT ce 19 juin sur RT France.

Alors que General Electric pourrait devoir payer une amende de 34 millions d’euros pour ne pas avoir tenu son engagement à créer un millier d’emplois en France, les deux réalisateurs ont commenté cette menace du gouvernement et sont revenus pour RT France sur les enjeux de la vente d’Alstom au groupe américain.

Amende «dérisoire» pour un chiffre d’affaires annuel de 100 milliards d’euros

General Electric n’a pas tenu ses promesses : pas de surprise ? «Tout le monde le savait parmi les gens qui connaissaient bien le sujet», a affirmé l’un des deux journalistes qui ont côtoyé aussi bien les syndicats que les employés d’Alstom dans le cadre de leur enquête. Et son collègue d’ajouter : «Ça va leur coûter moins cher de payer une amende dérisoire de 34 millions d’euros sachant qu’ils font un chiffre d’affaires annuel d’à peu près 100 milliards d’euros.»

Citant des sources syndicales, David Gendreau a par ailleurs souligné que beaucoup de sites du groupe étaient aujourd’hui menacés en France.

Rachat d’Alstom : «Déstabilisation des Américains pour contrôler un secteur stratégique»

Insistant sur ce qu’il assimile à «la vente de [la] souveraineté nucléaire [de la France] aux Américains», Alexandre Leraître a rapidement tenu à rappeler les enjeux majeurs liés au rachat d’Alstom par General Electric : «On a vendu [aux Américains] la maintenance des turbines de toutes nos centrales nucléaires, la maintenance des turbines du porte-avion CDG, des systèmes de radars, de la dissuasion nucléaire navale au niveau des sous-marins.» Confirmant les propos de son collègue, David Gendreau a ajouté : «On a perdu une grosse partie de notre indépendance avec cette affaire.»

Les journalistes n’ont pas manqué de rappeler que l’actuelle politique étrangère américaine de Donald Trump prouvait que Washington était capable de «mettre un pays sous embargo». Alexandre Leraître a souligné que les Etats-Unis avaient déjà pris de telles mesures contre la France lors de la guerre en Irak, à laquelle Paris avait refusé de participer, affirmant que l’affaire Alstom pourrait dorénavant permettre à Washington de «faire pression sur la diplomatie française».

Déplorant une dynamique de désengagement de l’Etat français, les journalistes n’ont pas caché leur inquiétude de voir les Américains prendre le contrôle de secteurs stratégiques à coups de «déstabilisations».

L’Etat ne regrette rien… «par atlantisme» ?

Interrogé sur d’éventuels regrets que pourrait éprouver l’Etat français au vu des conséquences de la vente d’Alstom, David Gendreau a rappelé que la commission d’enquête montée à ce sujet «n’a[vait] mené à rien» poursuivant ainsi : «On n’a pas l’impression qu’ils prennent la mesure [de l’enjeu], par atlantisme peut-être.»

Alexandre Leraître a par ailleurs affirmé avoir des retours expliquant qu’il existait des consignes de discrétion : «Ils veulent qu’on en parle le moins possible.»

Les journalistes ont enfin affirmé que des menaces pesaient sur la souveraineté de la France au vu de certaines affaires en cours autour notamment des entreprises Airbus ou Naval Group. Avec la mise en avant d’histoires de corruption puis la saisie de la justice américaine chargée d’enquêter sur celles-ci, le mode opératoire des affaires en cours se rapprocherait en effet de l’affaire du rachat d’Alstom.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

https://francais.rt.com/entretiens/51748-general-electric-amende-derisoire-vente-souverainete-nucleaire-americains

Comment se positionne Donald Trump ?

Comment se positionne Donald Trump ?

Élu pour réaliser un changement de paradigme, le président Trump ne cesse d’étonner ceux qui le prennent pour un hurluberlu. Il ne fait pourtant que mettre en œuvre les idées qu’il a développées au cours de sa campagne électorale, s’inscrivant dans une tradition politique bien ancrée dans l’histoire états-unienne, quoique longtemps négligée. Écartant sa communication, Thierry Meyssan analyse ses actes au regard de ses engagements.

| Damas (Syrie)

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Lors de la campagne électorale présidentielle US, nous avons montré que la rivalité entre Hillary Clinton et Donald Trump ne portait pas tant sur leur style que sur leur culture [1]. L’outsider mettait en cause la domination puritaine sur les États-Unis et réclamait le retour au compromis originel de 1789 —celui de la Bill of Rights— entre les révolutionnaires qui se battaient contre le roi George et les grands propriétaires terriens des 13 colonies.

N’étant pas si novice que cela en politique, il avait déjà manifesté son opposition au système le jour même des attentats du 11-septembre [2], puis par la suite avec la polémique qu’il entretint sur le lieu de naissance du président Obama.

De même, nous n’avons pas interprété la fortune de Donald Trump comme le signe évident qu’il mènerait son action au service des plus riches, mais comme la preuve qu’il défendrait le capitalisme productif contre le capitalisme spéculatif.

Nous avons souligné qu’au plan extérieur, les présidents George W. Bush et Barack Obama ont pris l’initiative des guerres d’Afghanistan, d’Iraq, de Libye et de Syrie, mettant en œuvre la stratégie de l’amiral Cebrowski de destruction des structures étatiques de tous les États du « Moyen-Orient élargi » [3] ; tandis qu’au plan intérieur, ils ont suspendu la Bill of Rights ; que cet ensemble aboutit à la dévalorisation et à la paupérisation des « petits blancs ».

Au contraire, Donald Trump ne cessait de dénoncer l’Empire américain et d’annoncer le retour aux principes républicains. Il se réclamait d’Andrew Jackson (1829-37) [4] et se faisait adouber par les anciens collaborateurs de Richard Nixon (1969-74) [5].

Il synthétisait sa pensée en politique intérieure avec le slogan « Make America Great Again ! », c’est-à-dire non plus la poursuite de la chimère impériale, mais le retour au « rêve américain » d’enrichissement personnel. Et sa politique extérieure avec le slogan « America First ! », que nous interprétions non pas au sens qui lui fut donné durant la Seconde Guerre mondiale, mais à celui dont il disposait à l’origine. Nous ne voyions donc pas en lui un néo-nazi, mais un politicien qui refuse d’engager son pays au service des élites transnationales.

Plus surprenant, nous pensions impossible qu’il parvienne à un accord culturel avec la minorité mexicaine et nous pronostiquions qu’il faciliterait à terme une séparation à l’amiable, l’indépendance de la Californie (CalExit) [6].

Notre lecture des objectifs et de la méthode de Donald Trump laissait cependant ouverte la question de la capacité d’un président US à modifier la stratégie militaire de son pays [7].

Écrivant durant deux ans à contre-courant de la totalité des commentateurs, nous avons été classés à tort comme partisans de Donald Trump. C’est mal interpréter le sens de notre travail. Nous ne sommes pas électeurs états-uniens et nous ne soutenons donc aucun candidat à la Maison-Blanche. Nous sommes analystes politiques et nous tentons uniquement de comprendre les faits et d’anticiper leurs conséquences.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

- Nous devons nous concentrer sur les faits et éliminer toute sa communication de notre raisonnement.
- Nous devons distinguer ce qui revient à Donald Trump, de ce qui est la continuité de ses prédécesseurs et de ce qui relève de l’air du temps.

Au plan intérieur

Donald Trump a soutenu une manifestation de suprémacistes blancs à Charlottesville et le droit à porter des armes, y compris après la tuerie de Parkland. Ces positions ont été interprétées comme un soutien aux idées d’extrême-droite et à la violence. Bien au contraire, il s’agissait pour lui de promouvoir les « Droits de l’homme » version US, tels qu’énoncés dans les deux premiers amendements de la Bill of Rights.

On peut évidemment dire tout le mal que l’on pense de la définition états-unienne des « Droits de l’homme » —dans la tradition de Thomas Paine [8], nous ne cessons de la critiquer—, mais c’est une autre question.

Faute de moyens, l’achèvement du Mur à la frontière mexicaine, qui avait été construit par ses prédécesseurs, est loin d’être terminé. Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. La confrontation avec ceux des immigrés hispaniques qui refusent de parler anglais et de s’intégrer au compromis de 1789 n’a toujours pas eu lieu. Donald Trump s’est juste contenté de supprimer le service en espagnol de la communication de la Maison-Blanche.

Abordant la question de l’évolution climatique, Donald Trump a rejeté l’Accord de Paris, non pas parce qu’il serait indifférent à l’écologie, mais parce que celui-ci impose un règlement financier qui bénéficie aux seuls responsables des Bourses d’échange des droits d’émission de CO2 [9].

En matière économique, Donald Trump n’est pas parvenu à imposer sa révolution : exonérer les exportations et imposer les importations. Il a cependant retiré son pays des traités de libre-échange non encore ratifiés, comme l’Accord de partenariat transpacifique. Alors que sa Border Adjustment Tax a été retoquée par le Congrès, il tente aujourd’hui de contourner les parlementaires et de créer des taxes prohibitives sur l’importation de certains produits, ce qui soulève la stupeur des alliés de son pays et la colère de la Chine [10].

De même, Donald Trump patine dans le lancement de son programme rooseveltien de construction d’infrastructures, dont il n’a pour le moment trouvé que 15 % du financement. Et il n’a pas encore lancé son programme de recours aux cerveaux étrangers pour améliorer son industrie quoi que celui-ci soit annoncé dans sa Stratégie nationale de sécurité [11].

En définitive, le peu qu’il a déjà accompli a suffit à relancer la production et l’emploi dans son pays.

Au plan extérieur

Pour liquider l’Empire américain, Donald Trump avait annoncé son intention de stopper le soutien aux jihadistes, de dissoudre l’Otan, d’abandonner la stratégie Cebrowski et de rapatrier ses troupes d’occupation. Il est évidemment beaucoup plus difficile de réformer la première administration fédérale, les Forces armées, que de changer par décret les règles économiques et financières.

Le président Trump a prioritairement placé des personnes sûres à la tête du département de la Défense et de la CIA de manière a écarter toute tentative de rébellion. Il a réformé le Conseil national de Sécurité en diminuant le rôle du Pentagone et de la CIA [12]. Il a immédiatement mis fin aux « révolutions colorées » et autres coups d’État qui avaient caractérisé les administrations précédentes.

Puis, il a convaincu les pays arabes, dont l’Arabie saoudite, de cesser leur soutien aux jihadistes [13]. Les conséquences de cette décision n’ont pas tardé à se manifester avec la chute de Daesh, en Iraq et en Syrie. Simultanément, Donald Trump a différé la dissolution de l’Otan à laquelle il s’est contenté d’ajouter une fonction anti-terroriste [14]. En attendant, dans le contexte de la campagne britannique contre Moscou, l’Alliance développe activement son dispositif anti-Russe [15].

Donald Trump n’a conservé l’Otan que pour contrôler les vassaux des États-Unis. Il a délibérément discrédité le G7, renvoyant ses alliés désemparés à leurs propres responsabilités.

Pour interrompre la stratégie Cebrowski au « Moyen-Orient élargi », Donald Trump prépare une réorganisation de la zone autour de son retrait des accords avec l’Iran (JCPoA et accord bilatéral secret) et de son plan de règlement de la question palestinienne. Si ce projet, que la France et le Royaume-Uni tentent de saboter, a peu de chance de parvenir à instaurer une paix régionale, il permet de paralyser les initiatives du Pentagone. Toutefois, les officiers supérieurs se préparent à appliquer la stratégie Cebrowski dans le « bassin des Caraïbes ».

L’initiative de règlement du conflit coréen, dernier vestige de la Guerre froide, devrait lui permettre de remettre en question la raison d’être de l’Otan. Les alliés ne se sont engagés dans cette organisation que pour prévenir en Europe une situation comparable à celle de la guerre de Corée.

À terme, les Forces armées US ne devraient plus être utilisées pour écraser de petits pays, mais exclusivement pour isoler la Russie, voire pour empêcher la Chine de développer ses « Routes de la soie ».

[1] « Les États-Unis vont-ils se réformer ou se déchirer ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 octobre 2016.

[2] Voir l’intervention de Donald Trump sur New York 9, le 11 septembre 2011.

[3] « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[4] “Trump has picked a deeply disturbing hero”, Michael Gerson, The Washington Post, March 16, 2017.

[5] “Donald Trump’s ‘America First’ Foreign Policy Speech”, by Donald Trump, Voltaire Network, 27 April 2016.

[6] « Le bilan et les perspectives de Donald Trump », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2017.

[7] « L’alternance du Pouvoir impérial », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 15 novembre 2016.

[8] Thomas Paine, Rights of Man (Droits de l’Homme), Londres part 1 1791, part 2 1792.

[9] « 1997-2010 : L’écologie financière », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 26 avril 2010.

[10] « USA : Impérialisme contre ultra-impérialisme », « Guerre économique ou « guerre absolue » ? », par Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 26 février et 31 mai 2018.

[11] Security Strategy of the United States of America, White House, December 18, 2017

[12] “Presidential Memorandum : Organization of the National Security Council and the Homeland Security Council”, by Donald Trump, Voltaire Network, 28 January 2017. « Donald Trump dissout l’organisation de l’impérialisme états-unien », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 30 janvier 2017.

[13] “Presidential Memorandum : Plan to Defeat the Islamic State of Iraq and Syria”, by Donald Trump, Voltaire Network, 28 January 2017. “Donald Trump’s Speech to the Arab Islamic American Summit”, by Donald Trump, Voltaire Network, 21 May 2017.

[14] “Remarks by Donald Trump at NATO Unveiling of the Article 5 and Berlin Wall Memorials”, by Donald Trump, Voltaire Network, 25 May 2017.

[15] « L’Otan non « obsolète » se prépare avec Mattis à d’autres guerres », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 16 février 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article201516.html

Vidéo. B. Hautecouverture (FRS) Un retour de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Vidéo. B. Hautecouverture (FRS) Un retour de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Par Benjamin HAUTECOUVERTURE , Fabien HERBERT, Jérémie ROCQUES, Pierre VERLUISE, le 7 juin 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Benjamin Hautecouverture est Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Propos recueillis par Pierre Verluise, Docteur en géopolitique, fondateur du Diploweb.com. Images et son Jérémie Rocques. Montage : Fabien Herbert. Résumé : Emilie Dael Causse.

L’histoire a-t-elle déjà vu un pays renoncer à l’arme nucléaire ? Si l’Afrique du Sud, l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan ont renoncé à la dissuasion nucléaire, c’est à chaque fois après un changement de régime politique. La Corée du Nord fera-t-elle exception ? Et l’Iran ?

QUESTIONS

. Quelles sont les idées fausses concernant la place de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?
. Quelles sont les idées fortes à retenir au sujet de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé Emilie Dael Causse pour Diploweb

Nous nous trouvons dans un moment particulier de l’histoire de la planète nucléaire. En effet, en juillet 2018 auront lieu les cinquante ans de l’ouverture à la signature du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. C’est l’occasion pour l’ensemble de la communauté internationale de faire un point sur la place de l’arme nucléaire dans les rapports entre puissances et dans les doctrines de sécurité des grands États aujourd’hui.

Quelles sont les idées fausses sur la place de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

L’idée selon laquelle le monde s’acheminerait vers la fin de l’arme nucléaire est erronée. Elle semble avoir animé certains États pendant la négociation d’un traité d’interdiction signé à New-York à l’été 2017. Bien au contraire, en 2018, nous assistons d’un côté à une re-nucléarisation des politiques de sécurité des États dotés de l’arme nucléaire, et de l’autre au retour des débats autour d’une possible relance des politiques de nucléarisation pour les non dotés. Cette tendance se traduit notamment dans le fait que les États dotés n’ont pas signé le traité de New-York et que beaucoup d’autres se sont abstenus. Pour la centaine d’États non dotés, cette volonté de mettre fin aux armes nucléaires rend compte d’une exaspération croissante à l’égard d’un retour de l’arme nucléaire dans le monde.

L’arme nucléaire n’est pas non plus en train de reprendre la place qui fut la sienne pendant la Guerre froide (1947-1990). Il ne suffit pas de prendre appui sur les stratégies des années 60 à 80 pour comprendre le monde nucléaire actuel. Pour cause, le monde n’est plus bipolaire mais en cours de multipolarisation, ce qui fait que les rapports entre États sont beaucoup plus complexes. En particulier parce que les États ont des politiques d’alliances et de partenariats beaucoup plus opportunistes et pragmatiques qu’avant.

Il ne faut pas non plus croire que la volonté de lutter contre la prolifération de l’arme nucléaire soit en perte de vitesse. Si les années 2000 à 2012 ont été marquées par une érosion de la non-prolifération, il semble désormais nécessaire de repenser ce que doivent être les cadres de l’arme nucléaire, c’est-à-dire la maîtrise de l’armement (ou l’ « arms control »). L’enjeu et de repenser un instrument de maîtrise du volume de la violence.

Quelles sont les idées fortes à retenir au sujet de l’arme nucléaire dans les relations internationales ?

Les grands États dotés de l’arme nucléaire que sont les Etats-Unis, la Russie, la France, la Chine, et le Royaume-Uni sont en cours de modernisation de leur force de dissuasion. Cela se traduit par exemple en France au travers de la présentation en février 2018 de la Loi de programmation militaire 2019-2025 qui prévoit une hausse du budget de dissuasion. Un processus général de réévaluation de l’arme nucléaire dans les arsenaux des États dotés est donc en marche et le rôle de l’arme nucléaire dans les doctrines de sécurité de ces États n’a pas décru.

Dans le contexte de crise de prolifération actuel, il semble important de rappeler que dans l’histoire, aucun État n’a dénucléarisé, désarmé et démantelé son programme sans changement de régime ou rupture historique majeure. C’est seulement le cas de l’Afrique du Sud avec la fin de l’apartheid en 1991 et celui de l’Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan dont l’armement été rapatrié en Russie suite à l’implosion de l’URSS le 8 décembre 1991. Voici pourquoi, à moins d’une rupture politique majeure en Corée de Nord dans les années à venir, il n’y a pas de raison de penser que le régime soit sur la voie d’une dénucléarisation.

Enfin, pour comprendre l’importance de l’arme nucléaire dans les relations internationales aujourd’hui, il faut avoir à l’esprit qu’elle reste une clé de lecture déterminante des relations entre puissances. En particulier, dès qu’il y a un conflit ou qu’une rivalité peut s’exacerber, elle va immédiatement prendre le rôle de stabilisateur ou celui d’un facteur qui empêche de débloquer une situation ou bien qui permet d’en rester à une rivalité de basse intensité. Par exemple, cela est vrai pour la crise syrienne qui perdure car l’allié russe empêche que des solutions militaires soient adoptées ou aillent dans le sens d’une escalade nucléaire.

Ainsi l’arme nucléaire reste extrêmement structurante dans les relations entre puissances et ce en particulier dans des cas de crise.

Copyright pour le résumé Juin 2018- Dael Causse/Diploweb.com


Sur le nucléaire, le Diploweb.com vous propose encore les vidéos suivantes :

. Eric Danon : La dissuasion nucléaire a-t-elle un avenir ?

. Emmnanuelle Maitre : Quel avenir pour l’accord nucléaire iranien ?

. Benjamin Hautecouverture : La Corée du Nord et l’arme nucléaire

. François Géré : Un stratège français d’envergure, P.-M. Gallois et le nucléaire

. François Géré : Lucien Poirier, stratège français de la dissuasion nucléaire

. Benjamin Hautecouverture : Quelle prolifération nucléaire ?