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Le bon sens israélien contre Georges Soros

Le bon sens israélien contre Georges Soros

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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Le bon sens israélien contre Georges Soros

Soros en destructeur des démocraties occidentales ?

Ce très beau texte de Caroline Glick, publié en août 2016, fut référencé et commenté comme il se doit alors par Dedefensa.org. Il renvoie les maniaques des minorités, les antiracistes et les antisémites à leur niche.

Comme disait un vieux maître (Lalande, l’auteur de mon dico de philosophie préféré), « on doit se défendre quand on est attaqué, car si on ne le fait pas, on favorise une injustice. » Et comme disait Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal, les deux peuples qui ont un avenir en Europe sont les juifs et les russes (§251).  Ils ne l’ont que trop montré depuis quand des peuples comme les Français ou les Espagnols s’affaissent lamentablement dans la danse de Saint-Guy du mondialisme liquéfié. Les British ou les Italiens ont au moins essayé… Même les Américains .

Glick commence ainsi :la menace est globale. Je le sens depuis que Soros a pris pied en Espagne avec le gouvernement de Soros-Sanchez-Podemos, qui ne perd pas une minute pour anéantir ce pays.

« OUR WORLD: LA CAMPAGNE DE SOROS DE SOROS DANS LE MONDE

La première chose que nous voyons est la nature mégalomaniaque du projet philanthropique de Soros. Aucun coin du globe n’est affecté par ses efforts. Aucune zone politique n’est laissée intacte. »

Comme une multinationale du crime. La subversion du terme société ouverte empruntée à Henri Bergson (puis seulement à Popper) marquait l’entropie méphitique du K Soros.

Glick ajoute :

« La notion qui sous-tend la légalisation d’une immigration sans entraves est que les États ne devraient pas être en mesure de protéger leur identité nationale. «

Sur la question sexuelle et militaire (la subversion de l’un va avec l’autre, et réciproquement) :

« Ils soutiennent non seulement le droit des femmes à servir dans les unités de combat, mais aussi les efforts pour forcer les soldats à vivre dans des casernes unisexes. En d’autres termes, ils soutiennent les efforts visant à priver les citoyens des démocraties occidentales du droit de maintenir toute distance entre eux et le rejet par Soros de leurs valeurs les plus intimes – leur vie sexuelle et leur identité sexuelle. »

Sur la question de l’immigration illégale (je sais, je sais, on est nazi quand on est contre, et on est nazi quand, juif ou israélien, on s’y oppose) :

« Les groupes de Soros sont sur le terrain permettant aux immigrants illégaux d’entrer aux États-Unis et en Europe. Ils ont cherché à influencer les décisions de la Cour suprême des États-Unis sur l’immigration illégale en provenance du Mexique. Ils ont travaillé avec des musulmans et d’autres groupes pour diaboliser les Américains et les Européens qui s’opposent aux frontières ouvertes. »

Glick souligne qu’Israël est dans le collimateur de Soros :
« En Israël également, Soros s’oppose aux efforts du gouvernement pour mettre fin au flux d’immigration illégale en provenance d’Afrique à travers la frontière avec l’Egypte. »

Se défendre est raciste. Défendre son peuple, son sol, les libertés qui vont avec est raciste.

Retenez bien cette constatation magnifique et implacable :

« S’il est raciste pour les Grecs de protéger leur identité nationale en cherchant à bloquer l’entrée de millions de Syriens sur leur territoire, alors cela est raciste pour la Grèce – ou la France, l’Allemagne, la Hongrie, la Suède, les États-Unis ou la Pologne. »

Caroline Glick termine par un beau rappel des troupes et une constatation non moins implacable :

« Les peuples de l’Occident doivent reconnaître les bases communes de toutes les actions de Soros. Ils doivent aussi réaliser que la seule réponse à ces campagnes préméditées de subversion est que les Occidentaux défendent leurs droits nationaux et leur droit individuel à la sécurité. Ils doivent soutenir les institutions nationales qui garantissent cette sécurité, conformément à la loi, et défendre et défendre leurs valeurs et traditions nationales. »

Car on n’impose ce chaos que par le fascisme.

 

 

Sources

https://www.jpost.com/Opinion/Our-World-Soross-campaign-of-global-chaos-464770

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2018/04/15/nietzsche-et-le-conflit-judeo-russe-a-travers-les-siecles/

https://www.les4verites.com/histoire/notes-politiquement-incorrectes-sur-la-superiorite-des-juifs-a-travers-les-siecles

http://www.dedefensa.org/article/le-jerusalem-post-contre-soros-khaos

http://www.dedefensa.org/article/le-bon-sens-israelien-contre-georges-soros

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La Pologne et la Suède construisent un anneau baltique

La Pologne et la Suède construisent un anneau baltique


Par Andrew Korybko – Le 23 mars 2018 – Source Oriental Review

La tendance mondiale à la connectivité se déplace vers l’Europe du Nord et du Centre-Est alors que les deux anciennes grandes puissances de ces régions unissent leurs forces pour approfondir leur intégration mutuelle et construire un nouveau bloc de puissance sur le continent.

La Pologne et la Suède sont deux des plus vieilles grandes puissances d’Europe, bien qu’elles soient toutes les deux loin de leur apogée et qu’elles aient vu leur influence éclipsée par d’anciens concurrents tels que la Russie, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La réalité géopolitique de l’après-Brexit et l’adhésion de Trump à la politique de « Diriger dans l’ombre » de son prédécesseur ont ouvert de façon inattendue des possibilités stratégiques sans précédent pour ces deux « has-been ». Elles coopèrent désormais tacitement pour construire un nouveau bloc de puissance en Europe. La Suède, le chef du « Bloc des Vikings » des pays scandinaves et de la Finlande, se joint à la Pologne, un aspirant hégémon pour un « néo-Commonwealth » que Varsovie souhaite un jour gouverner à travers « l’Initiative des trois mers ». Elle le fait en coordonnant la construction de plusieurs corridors d’intégration qui conduiront à l’émergence d’un « anneau baltique ».

Une ligne ferroviaire à grande vitesse baptisée « Rail Baltica » est en cours de construction entre la Pologne et l’Estonie, d’où elle pourrait être étendue sous la Baltique à la Finlande par le « tunnel de Talsinki ». Une fois ce pays accessible au nord, les voies ferrées existantes pourraient être reliées à la Suède via le futur « corridor Bothnien » après quoi les gens et les marchandises pourraient rejoindre l’Allemagne par le réseau ferroviaire suédo-danois-allemand déjà en activité. En outre, la composante allemande est déjà reliée à la Pologne, complétant ainsi l’anneau de la Baltique. Un élément connexe de ce réseau d’intégration en développement est le « tube de la Baltique » planifié par la Pologne qui traversera le Danemark et acheminera le gaz offshore norvégien vers le pays. La carte ci-dessous donne un aperçu rudimentaire de ce à quoi cela pourrait ressembler s’il est jamais terminé et entre pleinement en fonctionnement [À noter qu’il devrait « croiser » les deux North Stream, russo-germaniques, NdT].

Il ne faut pas non plus oublier qu’il existe déjà plusieurs services de ferry entre la Suède et la rive Est et Sud de la mer Baltique, ce qui signifie que le pays scandinave a déjà un accès maritime aux États baltes et à la Pologne. En raison de son poids démographique et économique, l’Allemagne est clairement une partie cruciale de cet Anneau baltique, mais elle n’est pas indispensable dans le sens où les entreprises de connectivité suédo-polonaises peuvent toujours continuer sans elle. En outre, ces initiatives mènent à la création de sphères d’influence en Europe du Nord et du Centre-Est, où Stockholm exerce à nouveau la prédominance sur son ancien royaume impérial dans la partie nord de la mer Baltique, tandis que Varsovie fait de même sur les rivages sud-est.

La Finlande et l’Estonie, qui sont des nations culturellement similaires, peuvent être regroupées en une entité stratégique unique aux fins de cette analyse et pourraient donc représenter une sorte de « zone tampon », mais plutôt « amicale » car la Pologne et la Suède ne sont plus susceptibles d’être des rivales comme par le passé. En fait, alors que le paradigme du Grand Jeu comme au XIXe siècle est véritablement en vigueur aujourd’hui, il n’a pas nécessairement les mêmes contours que son homonyme historique parce que personne ne s’attend à ce qu’une guerre conventionnelle à grande échelle entre les puissances voisines soit un élément déterminant de nos jours. Plutôt, comme dans l’exemple de la Pologne et de la Suède, ces deux empires, rivaux historiquement, ne s’affronteront pas, mais coopéreront dans un espace baltique partagé du fait de la logique de la géopolitique européenne contemporaine et l’esprit gagnant-gagnant de l’intégration des Nouvelles Routes de la Soie.

Personne ne devrait supposer que l’Anneau baltique serait une entité favorable à la Russie. Cependant, puisque la russophobie politique de la Pologne infecte maintenant la Suède et que ces deux grandes puissances rivalisent à cause des sollicitations de leur patron américain unipolaire pour savoir laquelle des deux détestera le plus Moscou, cette situation est clairement désavantageuse pour les intérêts russes car cela implique de voir l’OTAN se rapprocher de ses frontières sous des faux prétextes. Mais cela profite à la Pologne et à la Suède car elles sont en mesure d’obtenir le soutien de Washington dans leur quête collective de se dégager des sphères d’influence en Europe qui se distinguent de l’ensemble de l’UE, contrôlée par les Allemands. Cette tendance à la « décentralisation » s’accorde également avec la tendance mondiale du transfert de pouvoir vers l’Est au XXIe siècle, ce qui est plus visible maintenant que ce qui apparaissait au départ.

L’anneau baltique n’est pas seulement une collection régionale d’États et de réseaux commerciaux en Europe, mais il pourrait un jour fonctionner comme un nouveau nœud des Routes de la Soie dans un ordre mondial multipolaire compte tenu de ses perspectives de connectivité avec la Chine. La voie d’accès logique à la République populaire serait de traverser la Russie via le pont terrestre eurasien mais cela pourrait ne pas être politiquement faisable compte tenu de la géopolitique de la nouvelle guerre froide et de la russophobie hystérique de la Pologne et de la Suède. Néanmoins, des routes maritimes existent le long des axes nord et sud, à savoir le désir de la Finlande de rejoindre la « route de la soie/glace » via le port russe de Mourmansk (moins probable si les tensions russo-européennes provoquées par les États-Unis persistent) ou la proximité norvégienne du port de Kirkenes et la possibilité d’étendre la route de la soie des Balkans du port grec du Pirée le long d’une route vers le nord, pour faire la jonction avec l’anneau baltique de la Pologne.

En outre, le couloir encore plus complexe sur le plan logistique mais actif dans le Caucase représente une autre solution géographique permettant à la Chine de se connecter à l’anneau baltique sans passer par la Russie (la Pologne et la Suède tenteront probablement d’éviter autant qu’elles le peuvent de passer par la Russie sur cette route commerciale). Le segment azerbaïdjanais-géorgien du chemin de fer BTK, récemment dévoilé, permet théoriquement aux pays baltes de commercer avec la Chine via la mer Noire, le Caucase, la mer Caspienne et l’Asie centrale (maritime, continentale, maritime, continentale). Si l’Arménie développe pleinement ses plans de corridor mer Noire–golfe Persique, une liaison CPEC + avec la Chine pourrait également s’établir à travers la mer Noire, le Caucase, l’Iran et le Pakistan, mais il faudra encore attendre quelques années avant que cela ne devienne possible.

Dans une perspective plus large de la Route de la soie, voici comment les potentiels de connectivité de la Baltique avec la Chine apparaissent sur la carte :

Les quatre nœuds géographiques les plus importants sont la Finlande, la Suède, la Pologne et la Roumanie, les pays de l’ex-Yougoslavie étant trop faibles et désorganisés pour fonctionner comme une unité politico-économique unique dont ils auraient besoin pour tirer le meilleur parti possible de cette situation et ils ne représentent rien de plus qu’un espace de transit dans cette construction. Toutefois, sur les quatre États mentionnés, la Pologne est de loin le plus important car sa population (qui se traduit stratégiquement en potentiel de main-d’œuvre et en taille de marché) est presque aussi importante que le total combiné de la Suède, de la Finlande et de la Roumanie. Si l’on exclut la Russie de l’équation, les routes d’accès de la Route de la Soie vers la Pologne traversent la Suède et la Finlande au nord et la Roumanie et l’ex-Yougoslavie au sud. Toutes ont le potentiel de bénéficier d’une connectivité sino-polonaise améliorée via l’anneau baltique et le concept des « Trois Mers » si elles tirent judicieusement parti de leurs positions économiques et stratégiques.

Dans l’ensemble, le schéma évident est que le centre de gravité stratégique de l’Europe se déplace lentement mais sûrement à l’Est de l’Allemagne vers la Pologne et la Suède, avec ces deux grandes puissances « has been » réunies dans un nouveau cadre de coopération afin de construire l’anneau de connectivité de la Baltique avec lequel elles projettent de relier la Chine via les Nouvelles Routes de la Soie. La russophobie politique de ce centre de pouvoir en développement est troublante mais pas surprenante, même si ses conséquences à long terme pourraient être que la connectivité de la route de la soie avec l’Europe via le pont terrestre eurasien pourrait être entravée en conséquence. Malgré cela, la Route de la Soie Arctique/Glace, le Couloir du Caucase (que ce soit à travers la Caspienne ou à travers l’Iran) et la Route de la Soie des Balkans présentent des solutions de contournement Nord et Sud pour maintenir l’accès commercial à la Chine.

Cela signifie que la Pologne est en train de devenir la pièce maîtresse de la géopolitique post-européenne dans toute la partie du bloc à l’Est de l’Allemagne, car c’est l’un des nœuds les plus cruciaux de la vision globale de la Route de la Soie. Les implications stratégiques de cette réalité émergente pourraient avoir une portée considérable en ce qui concerne l’équilibre des forces dans la nouvelle guerre froide. L’« Initiative des trois mers » dirigée par la Pologne et la direction conjointe de Varsovie de cet anneau Baltique avec Stockholm ne sont pas des développements bienvenus pour la Russie car elles sont clairement soutenues par les États-Unis pour renforcer l’influence américaine dans toute la région frontalière de sa rivale. Mais d’un autre côté, cela crée par inadvertance certaines opportunités irrésistibles pour la Chine d’étendre son influence aux régions les plus éloignées du supercontinent eurasien et de travailler sur la propagation silencieuse de la multipolarité là-bas.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, vérifié par WAyan, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-pologne-et-la-suede-construisent-un-anneau-baltique

Grand jeu en Baltique

Grand jeu en Baltique

1 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Russie, #Europe, #Etats-Unis, #Gaz

Dans la grande lutte entre le système impérial et la Russie, chacun répond désormais du tac au tac, sans faiblir, sans reculer. Le dernier épisode, très peu commenté pour l’instant, a lieu dans la Baltique, l’un des points chauds maritimes du Grand jeu où s’affrontent la volonté du Heartland eurasien de s’ouvrir les portes de l’océan-monde et, à l’inverse, la tentative américaine d’encercler et contenir l’Eurasie.

Provocations diverses et variées, intimidations, interceptions d’avions, survols spectaculaires de bateaux, manoeuvres navales conjointes sino-russes… la Baltique a déjà connu son lot de péripéties ces dernières années.

Or la nouvelle vient de tomber que des exercices russes avec tirs de missiles auront lieu du 6 au 8 avril dans les eaux internationales à proximité de la Suède. Ca, c’est nouveau. Jamais l’ours n’était allé aussi loin à l’ouest ni aussi près des frontières suédoises. L’état-major scandinave en est tout retourné et le trafic aérien civil devra d’ailleurs être modifié durant ces deux jours…

Rebondissant sur la pseudo-affaire Skrypal, nouveau jalon dans la Guerre froide 2.0, Poutine a répliqué en renvoyant dans leurs pénates le même nombre de diplomates occidentaux que leurs homologues russes expulsés. Il double maintenant la mise en organisant ces manoeuvres navales aussi près que possible d’Otanlandia.

Cela participe sans doute du refus maintenant catégorique de Moscou de reculer d’un iota face à l’empire. C’est bien sûr la présentation le mois dernier, par Vladimirovitch himself, des « armes inarrêtables » réduisant à néant le bouclier anti-missile US et le discours historique qui l’a accompagnée – le Pentagone en est tout ému (« Nous sommes sans défense face aux armes hypersoniques russes et chinoises » dixit). Que le nom le plus voté par le public russe pour baptiser ces missilesBye bye America – n’ait finalement pas été retenu ne change rien à l’affaire…

C’est aussi, à l’ONU, le remarquable et remarqué veto du Kremlin à la résolution britannique condamnant l’Iran pour sa supposée implication au Yémen. Pour la première fois, la Russie a torpillé une tentative de l’empire concernant un conflit dans lequel elle n’est pas impliquée. Rappelons que Moscou, malgré son opposition, n’avait pas mis son veto en 2008 (admission du Kosovo à l’ONU), ni en 2011 (intervention otanesque en Libye).

La signification est double et porteuse de considérables changements dans les relations internationales futures :

  1. La Russie s’opposera désormais par principe aux tentatives hégémoniques américaines, où qu’elles sévissent.
  2. Moscou est prêt à se mouiller diplomatiquement et officiellement pour protéger ses alliés.

L’autre grand enseignement de la flambée baltique est évidemment à mettre en rapport avec le gaz, qui sous-tendait le psychodrame de Salisbury mais n’a vraisemblablement pas eu les effets escomptés :

Les euronouilles ont, la main sur la couture du pantalon, parlé comme d’un seul homme pour « condamner » Moscou mais se sont bien gardés de discuter gaz et d’évoquer la moindre sanction. Et pour cause : les stocks européens d’or bleu sont quasiment vides ! Frau Milka a beau lancer l’idée de « réduire la dépendance au gaz russe » en projetant un terminal GNL, elle ne revient pas sur son acceptation du Nord Stream II, au grand dam de la MSN. Le commerce germano-russe est au beau fixe malgré les sanctions et il serait suicidaire pour Berlin de renoncer à devenir le hub gazier de l’Europe.

Il n’aura échappé à personne que l’annonce russe des exercices navals à venir intervient juste après le feu vert allemand au Nord Stream II et que ceux-ci sont prévus précisément sur le tracé du futur pipeline. Pourquoi alors Poutine souhaite-t-il ce feu d’artifice de missiles à l’endroit même où passera le tube ? Il s’agit peut-être d’un message à destination du… Danemark.

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manoeuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ? Les exercices militaires russes constituent-ils un coup de pression et, si oui, fonctionnera-t-il ou n’est-ce pas une arme à double tranchant qui se retournera contre son promoteur ? Nous le saurons au prochain épisode…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/grand-jeu-en-baltique?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

[Vidéo] Là où les putains n’existent pas, par Arte

Un intéressant reportage qui fait réfléchir à la puissance d’un Gouvernement..

Source : Arte, 06-02-2018

La tragédie d’Eva-Marree, privée de ses enfants pour prostitution puis tuée par leur père. Dans un réquisitoire convaincant, la réalisatrice Ovidie dénonce les abus de pouvoir commis par un État suédois prétendument protecteur.

Le 11 juillet 2013, Eva-Marree, alias Jasmine Petite, 27 ans, est tuée par le père de ses deux enfants de trente-deux coups de couteau, dans les bureaux des services sociaux suédois. Ce crime est l’aboutissement d’un cauchemar qui a commencé trois ans plus tôt, après que la jeune femme, ayant quitté son compagnon pour violences conjugales répétées, et ne sachant comment subvenir aux besoins de la famille, a confié à une proche avoir travaillé comme escort-girl. Sur simple dénonciation, Eva-Marree se voit retirer sa fille et son fils, alors âgés de 1 et 2 ans, sans discussion ni enquête préalables, les services sociaux en attribuant la garde exclusive à leur père, un homme dont ils avaient pourtant eux-mêmes diagnostiqué la violence. Après l’échec de plusieurs recours en justice, la jeune femme devient l’un des porte-parole du syndicat suédois des travailleurs du sexe, dénonçant les lois en vigueur et les abus de pouvoir des services sociaux, qui privent les prostitué(e)s de leurs droits élémentaires en prétendant les protéger. Ayant finalement obtenu un droit de visite auprès de ses enfants, puis encore bataillé pour que les services sociaux obligent le père à s’y soumettre, elle est assassinée lors du premier rendez-vous fixé avec ce dernier et leur fils.

Déni de justice
Aucune sanction n’est prise au sein du service concerné, même si la directrice en est discrètement mutée. Les parents d’Eva-Marree réclament toujours en vain le droit de voir leurs petits-enfants, dont ils ignorent jusqu’au lieu de placement, alors que le père meurtrier, bien que condamné à une longue peine d’incarcération, conserve son autorité parentale. Car, en Suède, dénoncent les interlocuteurs d’Ovidie (la mère d’Eva-Marree, Zenitha, son avocat, la responsable de son syndicat…), une “putain” ne saurait être une bonne mère. Si, comme cette jeune femme courageuse, qui témoigne dans un entretien d’archives avec une retenue et un charisme remarquables, elle ose refuser le statut de victime et d’irresponsable qu’on lui assigne, elle devient aussi une ennemie de la société. En un réquisitoire convaincant contre un État “providence” dont aucun représentant n’a souhaité s’exprimer, la réalisatrice expose en détail l’hallucinant déni de justice qui a frappé Eva-Marree et ses enfants. Nombre de pays membres de l’Union européenne, dont la France, rappelle-t-elle aussi, ont adopté la législation suédoise criminalisant les clients de prostitué(e)s, l’autre volet selon elle d’une vision puritaine et répressive qui fragilise les travailleurs du sexe tout en affirmant les aider.

Source : Arte, 06-02-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

19 réponses à [Vidéo] Là où les putains n’existent pas, par Arte

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Syrie: vote probable du Conseil de sécurité jeudi sur un cessez-le-feu

Syrie: vote probable du Conseil de sécurité jeudi sur un cessez-le-feu

Nations unies (Etats-Unis) – Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter, probablement jeudi, sur un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie pour permettre la livraison d’aide humanitaire et des évacuations médicales, ont rapporté des diplomates mercredi.

La Suède et le Koweït, qui ont rédigé la proposition, ont réclamé un vote « aussi rapidement que possible », a rapporté la mission diplomatique suédoise, ajoutant qu’il aurait probablement lieu jeudi.

On ne sait pas toutefois si la Russie entend faire usage de son droit de veto pour bloquer la proposition. Des diplomates ont dit espérer une simple abstention de Moscou sur le sujet.

Avant cet appel au vote, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’était lui aussi prononcé sur la situation en Syrie demandant « un arrêt immédiat de toute action de guerre dans la Ghouta orientale », une enclave rebelle à l’est de Damas devenue, selon lui, « l’enfer sur Terre ».

Des bombardements intenses du régime syrien, qui durent depuis dimanche, ont coûté la vie à plus de 310 civils, dont 72 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Il s’agit, depuis le début de la guerre il y a près de sept ans, de la campagne aérienne la plus dévastatrice contre cette vaste région, où se trouve quelque 400.000 civils.

La Russie a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité jeudi pour évoquer ce que l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a décrit comme une « situation complexe ».

« Il y a des terroristes là-bas que l’armée syrienne combat et ces terroristes pilonnent Damas », a-t-il fait valoir, selon des commentaires diffusés par la mission diplomatique russe.

Dans le détail, le projet de résolution appelle à un cessez-le-feu effectif 72 heures après son adoption éventuelle. La livraison d’aide humanitaire et les évacuations médicales commenceraient, elles, 48 heures plus tard.

Le texte demande la levée des sièges de la Ghouta orientale, de Yarmouk, de Foua et de Kefraya et ordonnent à toutes les parties de « cesser de priver les civils de nourriture et de médicaments indispensables à leur survie ».

Dans une concession faite à la Russie, le projet de cessez-le-feu avait été amendé pendant d’intenses négociations la semaine dernière pour préciser que la trêve ne s’appliquerait pas à la lutte contre les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda.

Cela permettrait ainsi au gouvernement syrien de poursuivre ses attaques notamment dans la province d’Idleb, la dernière qui échappe au contrôle du régime.

(©AFP / 21 février 2018 22h51)

https://www.romandie.com/news/Syrie-vote-probable-du-Conseil-de-securite-jeudi-sur-un-cessez-le-feu/892546.rom

Au Royaume Uni, des procureurs admettent avoir détruit des e-mails d’importance majeure dans l’affaire Julian Assange

Source : The Guardian, Ewen MacAskill & Owen Bowcott, 10-11-2017

Correspondance supprimée entre le CPS (Crown Prosecution Service) et son service homologue en Suède sur le fondateur de Wikileaks après qu’un avocat a pris sa retraite.

Ewen MacAskill et Owen Bowcott

Vendredi 10 Nov 2017

Le Crown Prosecution Service (Service de poursuite judiciaire de la couronne), fait face à une situation embarrassante après avoir admis la destruction d’e-mails relatifs au fondateur de Wikileaks, Julian Assange qui s’est réfugié dans l’ambassade d’Équateur et se bat contre son extradition.

Des échanges d’e-mails entre le CPS et son service homologue suédois sur cette affaire notoire ont été détruits après que l’avocat du Royaume Uni est parti en retraite en 2014.

La destruction d’informations potentiellement sensibles et révélatrice intervient avant une audience au tribunal à Londres la semaine prochaine.

Ajoutant à l’intrigue, il est apparu que l’avocat de la CPS impliqué avait, de façon injustifiable, conseillé aux Suédois en 2010 ou 2011 de ne pas se rendre à Londres pour interroger Assange. Un entretien à ce moment-là aurait pu empêcher l’impasse prolongée à l’ambassade.

Le CPS, répondant aux questions du Guardian, a nié qu’il y avait des implications juridiques liées à la perte de données pour une affaire Assange si elle devait être portée devant les tribunaux à l’avenir. Lorsqu’on lui a demandé si le CPS avait une idée de ce qui avait été détruit, un porte-parole a répondu : « Nous n’avons aucun moyen de connaître le contenu des messages électroniques une fois qu’ils ont été supprimés. »

M. Assange, dont la plateforme WikiLeaks a été impliquée dans une série de fuites controversées, incluant les rapports de guerre en Irak, les câbles du département d’État américain et les e-mails du parti démocrate, a était recherché par la Suède dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des allégations de viol. La Suède a abandonné l’enquête en mai.

Les détracteurs d’Assange, qui a cherché refuge à l’ambassade de l’Équateur en 2012, l’accusent d’avoir collaboré avec les propagandistes russes pour saper la candidature de Hillary Clinton à la présidence et aider Donald Trump à y parvenir.

Les partisans d’Assange craignent qu’il ait pu être extradé aux États-Unis depuis la Suède et peut-être même du Royaume-Uni. Le procureur général des États-Unis, Jeff Sessions, a déclaré que cette année, M. Assange était une priorité pour le ministère de la Justice et que les procureurs fédéraux américains envisagent d’inculper M. Assange pour les fuites.

La destruction des données du CPS a été divulguée dans le cadre d’une affaire concernant la liberté d’information (FOI) menée par le journaliste italien Stefania Maurizi.

Maurizi, une reporter de La Repubblica qui a couvert WikiLeaks depuis 2009, fait pression sur le CPS et son homologue suédois pour obtenir des informations concernant Assange et son extradition.

Insatisfaite du peu de matériel divulgué jusqu’à présent, elle porte sa cause contre la SCP devant un tribunal d’information lundi et mardi.

« Il est incroyable pour moi que ces documents sur un affaire en cours et très médiatisée aient été détruits. Je pense qu’ils ont quelque chose à cacher », a dit Maurizi.

Elle tient à établir quelle influence le Royaume-Uni a eu sur la décision des autorités suédoises à l’époque de ne pas se rendre à Londres pour interroger Assange. Elle cherche également des preuves de l’implication américaine dans les démarches d’extradition.

Il y a deux ans, par le biais d’une demande d’accès à l’information (FOI) adressée aux procureurs suédois, elle a découvert un e-mail d’un avocat de l’unité d’extradition du CPS, du 25 janvier 2011, qui disait : « Mon premier conseil demeure que, selon moi, il ne serait pas prudent pour les autorités suédoises de tenter d’interroger le prévenu au Royaume-Uni. »

La phrase a été supprimée dans l’e-mail obtenu par Maurizi de la part du CPS dans le cadre d’une requête de la FOI, mais pas quand il a été publié dans le cadre d’une requête de la part des procureurs suédois.

M. Assange a refusé de se rendre en Suède à l’époque, craignant que ce ne soit une ruse qui pourrait ouvrir la voie à son extradition vers les États-Unis. Ses avocats ont proposé un compromis dans lequel les enquêteurs suédois pourraient l’interroger en personne à Londres ou par vidéoconférence, mais les autorités suédoises n’ont pas accepté l’offre à l’époque.

Mohammed Cheema, directeur juridique de la CPS, qui s’occupe des requêtes d’accès à l’information du FOI, a déclaré, lors d’une longue déposition de témoins en août dernier, que le dossier d’Assange comprend principalement 55 classeurs, un document A4 et une sélection d’autres documents sur support papier.

Il a ajouté qu’il était très improbable que la CPS ait maintenu ensuite une correspondance électronique importante.

Mais seulement 11 jours avant l’audience, Cheema a envoyé une autre déclaration disant qu’une recherche dans les archives électroniques a révélé que des données associées à l’avocat qui avait été en contact avec les procureurs suédois « ont été supprimées lorsqu’il a pris sa retraite et ne peuvent être récupérées ». Il a pris sa retraite en mars 2014.

Jennifer Robinson, avocate au barreau de Doughty Street, et Estelle Dehon, spécialiste de la liberté d’information, représenteront Maurizi au tribunal.

Robinson, qui a également représenté Assange, a déclaré : « Les renseignements manquants soulèvent des inquiétudes au sujet de la politique de rétention des données du Crown Prosecution Service et des mécanismes internes mis en place pour examiner la conduite de cette affaire à la lumière du fait que le Royaume-Uni s’est trouvé avoir failli à ses obligations internationales. »

L’année dernière, un panel des Nations Unies a conclu que Assange était détenu arbitrairement par le Royaume-Uni et la Suède.

Robinson a déclaré : « Le CPS a divulgué des informations très limitées. Nous savons qu’il y en a plus. »

Elle a ajouté : « De sérieuses questions doivent être posées sur le rôle du CPS. Si les Suédois avaient interrogé Assange en 2010, on peut se demander si cette affaire se serait poursuivie aussi longtemps. »

Les Suédois ont interrogé de nombreuses autres personnes au Royaume-Uni par rapport à d’autres cas, a déclaré Robinson. « Nous avions proposé aux procureurs suédois le témoignage d’Assange depuis octobre 2010. Nous ne savions pas à l’époque que le CPS leur conseillait de ne pas accepter l’offre. »

Le porte-parole du CPS, en réponse à une question du Guardian qui demandait pourquoi des documents aussi importants avaient été détruits, a déclaré que le compte de messagerie avait été supprimé après départ en retraite conformément à la procédure standard.

Lorsqu’on lui a demandé si la politique du CPS stipulait que les documents relatifs aux affaires judiciaires en cours devaient être détruits, le porte-parole a répondu : « La personne à qui vous vous référez était un avocat de l’unité d’extradition du CPS qui discutait des questions relatives aux procédures d’extradition qui ont pris fin en 2012. L’affaire n’était donc pas en cours quand le compte e-mail a été supprimé. »

Il a ajouté : « La plupart des documents papiers d’une affaire et du matériel qui y sont lié sont gardés pendant trois ans suivant la conclusion de la procédure, ou pour la durée de la sentence du prévenu condamné plus trois mois. Dans certains cas, le matériel peut être gardé plus longtemps. »

Source : The Guardian, Ewen MacAskill & Owen Bowcott, 10-11-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

2 réponses à Au Royaume Uni, des procureurs admettent avoir détruit des e-mails d’importance majeure dans l’affaire Julian Assange

  1. rien Le 12 février 2018 à 07h16

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  2. caliban Le 12 février 2018 à 08h11

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    Cela pourrait-il se terminer en annulation des poursuites pour vice de forme ou quelque chose d’approchant ?

    Il faut une porte de sortie, la voie juridique serait la plus “propre” parce que sinon c’est l’arrestation d’Assange lorsqu’il sera conduit à l’hôpital pour raisons médicales.

    https://www.les-crises.fr/au-royaume-uni-des-procureurs-admettent-avoir-detruit-des-e-mails-dimportance-majeure-dans-laffaire-julian-assange/

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