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SYRIE – Entretien du ministre de l’Europe et des affaires étrangères M. Jean-Yves le Drian avec le Secrétaire général des Nations unies, M. António Guterre

SYRIE – Entretien du ministre de l’Europe et des affaires étrangères M. Jean-Yves le Drian avec le Secrétaire général des Nations unies, M. António Guterre

A la demande du président de la République, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est entretenu ce jour avec le Secrétaire général des Nations unies, M. António Guterres. M. Le Drian et M. Guterres ont fait le constat de l’aggravation dramatique de la situation humanitaire en Syrie, singulièrement dans la Ghouta orientale, soumise à des bombardements intenses et indiscriminés contre les zones habitées et les infrastructures civiles.

Le ministre a souligné qu’il était indispensable que la communauté internationale agisse sans délai dans quatre directions :

  • une cessation immédiate des hostilités, comme M. Guterres vient de le demander au Conseil de sécurité ;
  • l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité permettant l’établissement d’une trêve humanitaire de trente jours. Le président de la République a souligné aujourd’hui que cette trêve est indispensable, notamment pour permettre l’évacuation des personnes dont la situation l’exige ainsi que l’acheminement sûr et sans entrave de l’aide humanitaire à toutes les personnes dans le besoin ;
  • la mise en place d’un mécanisme de surveillance robuste permettant qu’elle soit effectivement mise en oeuvre et respectée ;
  • la reprise du processus politique dans le cadre des Nations unies conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité.

M. Jean-Yves Le Drian se rendra le 27 février à Moscou pour évoquer la situation en Syrie avec son homologue russe, M. Serguei Lavrov.

 

https://cn.ambafrance.org/SYRIE-Entretien-du-ministre-de-l-Europe-et-des-affaire

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Syrie: vote probable du Conseil de sécurité jeudi sur un cessez-le-feu

Syrie: vote probable du Conseil de sécurité jeudi sur un cessez-le-feu

Nations unies (Etats-Unis) – Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter, probablement jeudi, sur un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie pour permettre la livraison d’aide humanitaire et des évacuations médicales, ont rapporté des diplomates mercredi.

La Suède et le Koweït, qui ont rédigé la proposition, ont réclamé un vote « aussi rapidement que possible », a rapporté la mission diplomatique suédoise, ajoutant qu’il aurait probablement lieu jeudi.

On ne sait pas toutefois si la Russie entend faire usage de son droit de veto pour bloquer la proposition. Des diplomates ont dit espérer une simple abstention de Moscou sur le sujet.

Avant cet appel au vote, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’était lui aussi prononcé sur la situation en Syrie demandant « un arrêt immédiat de toute action de guerre dans la Ghouta orientale », une enclave rebelle à l’est de Damas devenue, selon lui, « l’enfer sur Terre ».

Des bombardements intenses du régime syrien, qui durent depuis dimanche, ont coûté la vie à plus de 310 civils, dont 72 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Il s’agit, depuis le début de la guerre il y a près de sept ans, de la campagne aérienne la plus dévastatrice contre cette vaste région, où se trouve quelque 400.000 civils.

La Russie a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité jeudi pour évoquer ce que l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a décrit comme une « situation complexe ».

« Il y a des terroristes là-bas que l’armée syrienne combat et ces terroristes pilonnent Damas », a-t-il fait valoir, selon des commentaires diffusés par la mission diplomatique russe.

Dans le détail, le projet de résolution appelle à un cessez-le-feu effectif 72 heures après son adoption éventuelle. La livraison d’aide humanitaire et les évacuations médicales commenceraient, elles, 48 heures plus tard.

Le texte demande la levée des sièges de la Ghouta orientale, de Yarmouk, de Foua et de Kefraya et ordonnent à toutes les parties de « cesser de priver les civils de nourriture et de médicaments indispensables à leur survie ».

Dans une concession faite à la Russie, le projet de cessez-le-feu avait été amendé pendant d’intenses négociations la semaine dernière pour préciser que la trêve ne s’appliquerait pas à la lutte contre les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda.

Cela permettrait ainsi au gouvernement syrien de poursuivre ses attaques notamment dans la province d’Idleb, la dernière qui échappe au contrôle du régime.

(©AFP / 21 février 2018 22h51)

https://www.romandie.com/news/Syrie-vote-probable-du-Conseil-de-securite-jeudi-sur-un-cessez-le-feu/892546.rom

Syrieleaks : Un câble diplomatique dévoile la “stratégie occidentale”, par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

Conférence sur la sécurité – Munich, 17 février.

Dans un anglais quelque peu familier mais précis, Benjamin Norman – diplomate en charge du dossier Proche et Moyen Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington – rend compte dans un Télégramme diplomatique confidentiel (TD)1 du 12 janvier 2018 de la première réunion du « Petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie), qui s’est tenue à Washington le 11 janvier 2018.

Dans ce TD de cinq pages, il dévoile le détail de la « stratégie occidentale » en Syrie : partition du pays, sabotage de Sotchi, cadrage de la Turquie et instructions adressées au représentant spécial de l’ONU Staffan de Mistura qui dirige les négociations de Genève. Un Non Paper (de 8 pages) accompagne ce TD en prévision de la deuxième réunion du « Petit Groupe ». Celle-ci s’est tenue à Paris le 23 janvier dernier, essentiellement consacrée à l’usage des armes chimiques et aux « consignes » adressées par le « Petit Groupe américain » à Staffan de Mistura.

Assistaient à cette réunion du 11 janvier à Washington Hugh Cleary (chef du Département Proche et Moyen-Orient du Foreign Office) ; Jérôme Bonnafont (directeur ANMO/Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay) ; David Satterfield (Secrétaire d’Etat-adjoint américain chargé du Moyen-Orient) ; le Jordanien Nawaf Tell et le saoudien Jamal al-Aqeel. L’Américain a ouvert la séance en précisant qu’une deuxième réunion aurait lieu à Paris le 23 janvier.

David Satterfield a confirmé que le président Trump avait décidé de maintenir une importante présence militaire américaine en Syrie, malgré la victoire remportée contre l’« Organisation Etat islamique » (Dae’ch) ; le coût de ce maintien étant fixé à quatre milliards de dollars annuels. Il a précisé que cette présence militaire américaine devait prévenir toute résurgence de Dae’ch, mais surtout empêcher les « Iraniens de s’installer durablement et de s’imposer dans la recherche d’une solution politique ». En troisième lieu, il a insisté sur le fait que la première réunion du « Petit Groupe » devait aussi apporter un « appui matériel et politique important à Staffan de Mistura pour « consolider le processus de Genève ». L’ensemble des participants a accueilli très positivement cette mise au point afin de « réaliser des progrès substantiels en Syrie durant l’année 2018 » et de « répondre à la propagande d’une victoire russe ». Ensuite, les participants ont insisté sur le « désir russe d’aboutir à une solution politique » qu’il s’agissait d’utiliser pour rendre « plus opérationnels » les objectifs du « Petit Groupe ».

CONSOLIDER LE PROCESSUS DE GENEVE

Les Etats-Unis ont noté qu’ils ne participeraient plus aux réunions d’Astana, ayant réduit « leur participation à un niveau très bas, pour souligner leur engagement envers Genève » ; en des termes définitifs, il est décidé de « tirer un trait conceptuel sur Astana pour revenir à Genève ». Ils ont ensuite estimé que jusqu’à maintenant « Genève restait un échec, malgré les efforts de Staffan de Mistura ». Ils se sont montrés très prudents quant à l’inclusion du cessez-le-feu dans les discussions de Genève : « la vérité étant que nous n’avons tout simplement pas la capacité d’empêcher le régime de grignoter les poches de l’opposition restantes à Idlib et à l’Est de la Ghouta ».

Le TD fait état de grands progrès « réalisés par l’opposition au cours des derniers mois », en soulignant qu’elle « devra encore faire preuve d’une plus grande souplesse pour s’assurer que le Régime ne quitterait pas Genève (…) alors que les Américains n’apportent aucun soutien à l’hypothèse d’un gouvernement de transition tel que le prévoit la résolution 2254 (du Conseil de sécurité des Nations unies) ». Le texte ajoute qu’il « serait tout de même utile que l’opposition puisse cesser d’agiter cette hypothèse à tout bout de champ… » Il a été aussi convenu que « l’opposition devait faire preuve de plus de flexibilité et arrêter d’agiter l’épouvantail d’un gouvernement de transition », les Américains ajoutant que, sans changer d’objectif final quant à la partition de la Syrie et au départ de Bachar al-Assad, il fallait d’abord « rester en mouvement en procédant à « une manipulation prudente » de l’opposition.

Le représentant français – Jérôme Bonnafont – a posé le problème d’une éventuelle participation de Bachar al-Assad à de futures élections. David Satterfield a répondu que « l’objectif était de créer les conditions et des institutions qui permettraient des élections qu’Assad ne pourrait pas gagner ». Satterfield a ajouté « qu’il n’y avait pas de raison ‘flagrante’ pour empêcher Assad d’être candidat ». Dans ces conditions, il s’agissait surtout de tester les intentions de la Russie, notamment pour qu’elle arrive « à ce que le Régime soit amené à discuter d’une nouvelle Constitution, d’élections libres sous le contrôle des Nations unies et de la création d’un environnement susceptible de favoriser ces deux processus ». Accord sans restriction de tous les membres de la réunion du « Petit Groupe » pour « ne plus se satisfaire des propos mielleux de Lavrov, afin de mettre Moscou sous pression ». Pour Satterfield, il s’agit d’amener les Russes à lâcher Assad, « à travers des réunions du Conseil de sécurité et une large campagne de communication publique », estimant que la ré-élection annoncée de Vladimir Poutine fragilisait positivement la position russe…

SABOTER ET INSTRUMENTALISER SOTCHI

L’une des conclusions de cette première réunion du « Petit Groupe » est parfaitement claire : « revigorer Genève pour que Sotchi devienne hors de propos » ; la France réclamant plus de « transparence sur la position russe ». Mais il s’agit encore de ne pas s’opposer « frontalement » à Sotchi « présentant l’avantage de rassembler une part non négligeable de la société civile syrienne », pour en ramener les « apports les plus positifs à Genève, afin de renouveler et relancer ce format de Genève ».

Les Saoudiens ont mis en garde contre un « risque de fragmentation des différents groupes de l’opposition et demandé de l’aide afin de maintenir la cohésion de celle-ci ». Satterfield a rétorqué que leurs représentants devraient « s’engager davantage dans la recherche d’une solution politique plutôt que de profiter de salaires mirifiques et de longs séjours dans des hôtels agréables ». La France a appuyé cette remarque en insistant sur « la communication ». A cet égard, le TD britannique dresse le commentaire suivant : « malheureusement, la Cinquième République française n’a pas vocation à financer cet effort », les représentants britanniques rappelant « que la communication de l’opposition a été financée en premier lieu par… le Royaume-Uni ».

David Satterfield a, ensuite, expliqué que l’opposition turque aux « Unités de protection du peuple kurde (YPG) » empêchait les Kurdes de participer à Genève. Tout en comprenant la position d’Ankara, il a souligné « qu’on ne pouvait pas ignorer un groupe qui contrôlait le tiers de la Syrie (SIC) et qui avait pris la plus grande part à la lutte contre Dae’ch ». Il a expliqué que « les Américains cherchaient à établir un leadership multi-ethnique au nord-est de la Syrie afin de diluer l’hégémonie de l’ YPG ». Par contre, il s’agissait d’imposer les FDS (Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes et sous contrôle américain) dans le processus de Genève.

Commentaire de l’auteur du TD : « je comprends que les Etats-Unis vont nommer William (Bill) Roebuck, leur ex-ambassadeur à Bahreïn, comme représentant spécial des FDS. Je vais suivre, mais cela vaut la peine de rappeler – selon les discussions séparées que nous avons eues, par exemple avec Fiona Hill – que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie sont déjà mauvaises et ne risquent pas de s’améliorer. Par conséquent, les Américains ne sont pas les mieux placés pour faire – en solo – le gros boulot avec les FDS et Ankara ». L’objectif est clairement défini : « amener Staffan de Mistura à accepter à Genève une structure tripartite incorporant l’opposition, Assad et les FDS ».

Du reste, le secrétaire d’Etat adjoint indique qu’un « Non-Paper – Reviving the Syrian Political Track in Geneva– sera communiqué à Staffan de Mistura avant la réunion du 23 janvier à Paris, « afin de mettre les Russes au pied du mur ». Ce document comporte : « une Feuille de route politique, les éléments d’une réforme constitutionnelle, la structure onusienne de supervision des élections et les directives pour l’établissement d’un environnement pacifié ».

Pour leur part, les Jordaniens ont qualifié la session du « Petit Groupe » de « la réunion publique la plus secrète de tous les temps ». Et l’auteur du TD de conclure : « nous devons, pour le moment, garder un groupe constitué uniquement des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie. Les prochains à être invités devraient être l’Egypte et l’Allemagne (pour qui nous avons plaidé). La Turquie devrait également joindre le groupe, mais la discussion avec elle risque d’être empoisonnée par les Kurdes, ce qui rendra plus difficile la neutralisation d’Astana. Il n’y a donc pas urgence à intégrer ces trois derniers pays ».

COMMENTAIRES BELLICISTES

Les commentaires en conclusion de ce TD sont fort éloquents en ce qui concerne l’avenir de la stratégie occidentale en Syrie. Les trois conclusions essentielles soulignent « une vraie réaffirmation du leadership des Etats-Unis dans les coulisses… ». La deuxième perspective consiste à « maintenir la pression sur la Russie, même si celle-ci ne parvient pas à convaincre Moscou de lâcher le régime comme nous l’espérions ». Sur ce plan, « nous devons continuer – ce que nous faisons déjà – à dénoncer l’horrible situation humanitaire ainsi que la complicité russe dans la campagne de bombardements de cibles civiles ». Enfin, conclut l’auteur du TD, « les Américains m’ont dit combien ils avaient apprécié notre contribution et notre soutien ces derniers mois alors qu’ils étaient en train de finaliser leur stratégie ».

XXX

Voilà qui n’augure pas d’une prochaine sortie de crise en Syrie dans un contexte marquée par quatre évolutions majeures des plus préoccupantes. 1) Les Etats-Unis ont décidé de renforcer et de diversifier leur posture nucléaire. Le Pentagone vient d’annoncer qu’il va développer des armes nucléaires tactiques miniaturisées « pour s’adapter aux nouvelles menaces internationales ». Le président iranien Hassan Rohani a répondu : « comment quelqu’un peut-il parler de paix mondiale et en même temps annoncer qu’il développe de nouvelles armes nucléaires destinées à ses principaux ennemis ? »

2) Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont entendus les 14 et 15 février derniers à Bruxelles sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance Atlantique. Cette « adaptation – la plus grande depuis la fin de la Guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg, est proposée par les militaires américains. Elle vise à rendre l’Alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, il s’agit de « mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie ».

3) Aux lendemains de la destruction d’un chasseur israélien dans l’espace aérien syrien et, alors que la police israélienne demande l’inculpation du premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, Tel-Aviv accuse l’Iran de s’implanter en Syrie et menace de multiplier ses opérations militaires. Ce n’est pas la première fois que le premier ministre israélien – qui refuse de démissionner – utilise les regains de tension régionale pour consolider son pouvoir personnel et son alliance avec l’extrême-droite du pays.

4) Enfin, le soutien militaire de Washington aux Kurdes de Syrie continue à provoquer l’Ire d’Ankara. La crise de confiance est consommée et l’axe turco-américain est au bord de la rupture. Deuxième contingent de l’OTAN, l’armée turque a dû accompagner le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de juillet 2016. Mission vient d’être donnée à un général aux tendances conservatrices et islamistes de restructurer l’armée turque dégarnie par les purges.

En définitive, le TD britannique reflète parfaitement la stratégie occidentale en Syrie : saboter les efforts de paix de Sotchi, ajouter deux nouvelles guerres à la crise syrienne : celle des Turcs contre les Kurdes et celles des Israéliens contre l’Iran et le Hezbollah libanais. « Les Américains n’ont jamais admis leur défaite militaire en Syrie et ne veulent pas lâcher le morceau et surtout leur objectif stratégique principal », commente un haut diplomate français, « celui d’un démantèlement de la Syrie, du type de celui qui a été conduit en Irak et en Libye. Leur volonté est d’armer les Kurdes pour contrôler les régions pétrolières de l’Est syrien afin de pouvoir peser sur la reconstruction politique et économique du pays ». La paix n’est donc pas pour demain.

Richard Labévière

1 Benjamin Norman/Foreign and Security Policy – Middle East/British Embassy – 3100 Massachusetts Avenue, NW/Washington DC/20008/USA. Phone : 202 588 6547/FTN : 8430 6547. Email : Benjamin.norman@fco.gov.uk

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

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3 réponses à Syrieleaks : Un câble diplomatique dévoile la “stratégie occidentale”, par Richard Labévière

  1. Christian Gedeon Le 21 février 2018 à 07h11

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    Si tout ce que je lis a effectivement été dit,c’est assez ahurissant. Et ça traduit surtout le desarroi de ce petit groupe,tres informel quand même semble t il. In fine on en revient toujours à la meme tentation de faire éclater les pays ,ce qui est une boîte de Pandore. Et je pense surtout que ce groupe ne pige toujours pas que Poutine se contrefout que la solution soit trouvée à Sotchi ,Astana ou au diable vauvert pour peu que cette solution garantisse l’intégrité de la Syrie et empêche la prise de pouvoir par les islamistes quelle que soit leur forme,car là est son véritable but. Genève? Pourquoi pas? Mais Genève passant sous les fourches caudines du projet global russe. Reste l’épineuse question iranienne,épineuse pour les russes aussi en vérité. Peut être le point qui accordera tout ce petit monde.

  2. Fritz Le 21 février 2018 à 07h19

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    Merci de dévoiler les projets de ces cinq États-voyous – dont la France fait partie, hélas…
    C’est consternant. Lundi, le placide et modéré Sergueï Lavrov a exigé la fermeture d’une base américaine en Syrie, qui permet aux djihadistes de reconstituer leurs forces. Rappelons que la “présence américaine en Syrie” est PARFAITEMENT ILLÉGALE, comme l’étaient l’agression et l’occupation américaine en Irak.

    Et là, il y a en face les Russes et les Iraniens, sans compter des Turcs qui se détachent de l’Empire, et un Netanyahu tenté par la fuite en avant pour échapper à une inculpation.

    Concernant l’OTAN, ce machin-truc qui ne s’est pas dissous contrairement au Kominform et au pacte de Varsovie, et qui a deux guerres à son passif (Serbie et Libye), George Kennan nous avait prévenus il y a vingt ans : son extension vers l’Est serait « une erreur tragique ».
    http://www.nytimes.com/1998/05/02/opinion/foreign-affairs-now-a-word-from-x.html

    Tout est réuni pour que ça dérape, définitivement. Si une Troisième Guerre mondiale éclate, nous autres Occidentaux l’aurons amplement méritée.

  3. caliban Le 21 février 2018 à 07h38

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    Ces gens ne sont pas faits comme nous, ils ne pourraient pas survivre dans l’air putride qu’ils respirent lors de ce genre de réunions. Partant de là, séparer la tête des épaules de ces cyborgs serait-il vraiment répréhensible ?

    Blague à part, merci pour ce document très instructif, qui nous apprend que ces gens ne raisonnent évidemment ni avec les sentiments et ni en tenant compte de l’expérience passée. Bref, raisonnent-ils vraiment ? Ne constituent-ils pas une sorte de fanatiques en col blanc ?

    https://www.les-crises.fr/syrieleaks-un-cable-diplomatique-devoile-la-strategie-occidentale-par-richard-labeviere/

Les milices pro-Damas sont entrées dans l’enclave kurde d’Afrin, la Turquie ouvre le feu (VIDEOS)

Les milices pro-Damas sont entrées dans l’enclave kurde d’Afrin, la Turquie ouvre le feu (VIDEOS)

Les milices pro-Damas sont entrées dans l'enclave kurde d'Afrin, la Turquie ouvre le feu (VIDEOS)
Convoi de miliciens pro-Damas à Afrin le 20 février 2018, photo ©RT Arabic stringer

La télévision syrienne a diffusé des images d’un convoi de combattants pro-gouvernementaux pénétrant dans la région d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Les Forces démocratiques syriennes et les YPG kurdes font face à une offensive turque d’ampleur.

D’après la télévision publique syrienne et Reuters, des miliciens pro-Damas ont pénétré ce 20 février dans l’enclave d’Afrin, tenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde dirigée par les Unités de protection du peuple (YPG), entité considérée comme terroriste par la Turquie.

Selon l’agence de presse syrienne Sana, les forces turques ont immédiatement bombardé les combattants pro-Damas. Des médias publics turcs cités par Reuters affirment que ceux-ci auraient alors battu en retraite, une information qui n’a pas été confirmée.

Les YPG ont publié un communiqué, cité par l’AFP, confirmant que le gouvernement syrien avait envoyé des «unités militaires» à Afrin afin de «prendre position à la frontière et participer à la défense de l’unité territoriale de la Syrie et de ses frontières».

Les miliciens kurdes confrontés à l’opération massive «Rameau d’olivier» contre l’enclave d’Afrin déclenchée le 20 janvier dernier par Ankara, avec le concours des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), en avaient appelé à Damas et à l’Armée arabe syrienne. Les YPG ont salué ce même jour l’arrivée des milices syriennes, affirmant que Damas avait répondu à leur appel.

Mais, plutôt qu’un déploiement de l’armée régulière, il s’agit ici de milices, qualifiées de «forces populaires» par l’agence officielle syrienne Sana. «[Celles-ci] arrivent pour soutenir les habitants contre l’attaque du régime turc», poursuit Sana. Selon le journaliste spécialiste du conflit syrien Georges Malbrunot, ces milices seraient composées de «supplétifs syriens, irakiens ou libanais» et compteraient quelque 4 000 combattants.

Une Syrie unie

D’après Reuters qui cite la télévision syrienne, les combattants sont entrés dans Afrin au slogan de «Une Syrie unie !». «Nous sommes venus pour dire à notre peuple que nous sommes un», a lancé un milicien pro-Damas.

Affrontement direct entre la Syrie et la Turquie ?

Ce même jour, avant l’entrée des forces pro-syriennes à Afrin, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait accéléré le tempo et annoncé : «Dans les prochains jours et de façon beaucoup plus rapide, le siège du centre de la ville d’Afrin va commencer.»

La Turquie avait clairement menacé le gouvernement syrien d’une confrontation dans le cas où elle interviendrait aux côtés des milices kurdes, elles-mêmes appuyées par les Etats-Unis, dans la région syrienne d’Afrin, où la situation devient chaque jour plus embrouillée et explosive.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait solennellement mis en garde les autorités syriennes le 19 février. «Si le régime [syrien] entre dans la région d’Afrin pour la débarrasser du PKK, des YPG, il n’y a pas de problème», avait-il commencé, cité par l’agence officielle turque Anadolu, avant de poursuivre : «S’ils viennent pour protéger les YPG, alors personne ne pourra arrêter la Turquie et les soldats turcs.»

Après une première opération «Bouclier de l’Euphrate» d’août 2016 à mars 2017, la Turquie a lancé le 20 janvier 2018 celle du «Rameau d’olivier» en territoire syrien, avec le même but : contenir les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition arabo-kurde dominée par les YPG kurdes, et empêcher la formation de tout ce qui pourrait ressembler à un territoire administré par des Kurdes à sa frontière.

Lire aussi : «Personne ne pourra arrêter la Turquie» : Ankara menace Damas si elle soutient les Kurdes à Afrin

https://francais.rt.com/international/48207-television-syrienne-annonce-entree-milices-afrin

Réveillons-nous, ils sont devenus fous !

Syrie

Réveillons-nous, ils sont devenus fous !

Michel Raimbaud


Michel Raimbaud

Lundi 19 février 2018

Depuis maintenant sept ans, la Syrie est en guerre. Ce pays aimable, tolérant, hautement civilisé que même ses détracteurs ne pouvaient s’empêcher de trouver beau et attachant est d’ores et déjà confronté à un formidable défi, celui de l’après-guerre. Les assaillants barbares venus de cent pays, atlantistes comme islamistes, se sont acharnés à vouloir en détruire les richesses, les infrastructures, les capacités, les monuments, les beautés naturelles afin de le rayer de la carte. Ils ont aussi et surtout tenté de broyer le peuple syrien, d’effacer sa mémoire et son identité afin de l’anéantir.

Avec la complicité d’une soi-disant « communauté internationale » en trompe-l’œil, ils s’emploient maintenant à le priver, autant qu’il sera possible, de toute perspective d’avenir, en lui volant ses droits imprescriptibles : disposer de lui-même, décider, sans ingérence étrangère, de son destin et de son régime politique. Sans pudeur et sans vergogne, les mêmes assaillants ne cachent pas leurs velléités de replacer l’avenir, notamment constitutionnel, de la Syrie sous « tutelle onusienne », c’est-à-dire sous mandat, autant dire sous le joug colonial.

Afin d’effacer l’empreinte géographique d’une Syrie mère de la civilisation (y compris la nôtre), peut-il y avoir un moyen plus efficace que de disperser un peuple et surtout de briser un Etat qui a commis le crime de lèse-majesté ? En effet, au final, l’entreprise est destinée à faire de ce qui fut jadis une grande Syrie un archipel de mini-entités, et de son peuple une mosaïque tribalisée ayant vocation à être vaporisée en une vaste diaspora : dans une première approche, ce crime inqualifiable mérite la double qualification de « politicide » – la dissolution d’un Etat qui dérange – et d’ethnocide – l’anéantissement d’un peuple qui résiste.

C’est ce qui est inscrit dans le « grand dessein » néoconservateur. Ce dernier, notons-le au passage, reviendrait à infliger à la Syrie le destin réservé depuis 70 ans à la Palestine, pan de terre volé sous l’égide du colonialisme triomphant. Le sort des Syriens pourrait alors ressembler à celui des Palestiniens, irrémédiablement spoliés au nom d’une « mission divine ». Le sinistre destin des peuples amérindiens, éliminés de l’histoire, est là pour rappeler de quoi sont capables les colons venus d’ailleurs.

Les dégâts sont immenses, se chiffrant en centaines de milliards de dollars, auquel il conviendrait d’ajouter – mais c’est leur problème – les millions, billions ou trillions dépensés par les « puissances » assaillantes pour conduire leurs batailles « pour la démocratisation ».

Il ne sert à rien d’invoquer les valeurs de la morale, naturelle ou religieuse, le droit international et la légalité onusienne, voire la simple décence, face à des agresseurs sans foi ni loi. On ne peut attendre d’Etats qui s’érigent en gendarmes de la planète tout en se comportant comme des régimes voyous une quelconque logique. Il est paradoxal, après tout ce temps, ces horreurs, ces massacres, ces actes de sauvagerie, cette barbarie, que l’on trouve encore dans le grand Occident « démocratique » tant de défenseurs de l’indéfendable, tant d’admirateurs des djihadistes présentés comme démocrates ou « modérés ». Les intellectuels sont piégés par leur aveuglement initial, les médias sont plombés par l’omerta, les politiques sont otages de leur doxa néoconservatrice, dans l’Hexagone comme dans tout le monde judéo-chrétien.

Pourquoi un tel acharnement, une telle obstination dans le mensonge ? C’est que la Syrie est depuis longtemps dans le collimateur de l’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël. La Syrie historique est le centre de gravité du Proche-Orient, le lieu de naissance des trois religions révélées, le cœur battant de l’arabisme, symbole de l’islam moderne et tolérant, siège des premiers califes : un héritage très lourd à assumer, mais qui a assuré à ce « phare de l’Orient » un prestige indéniable auprès des Arabes et une aura de sympathie chez les Musulmans.

Tolérante, multiconfessionnelle, moderne, républicaine, forte de son identité et de sa conscience historique, elle représente ce que les extrémistes de tout bord exècrent par-dessus tout.

Depuis son indépendance et la création d’Israël, la Syrie n’a cessé d’apporter un soutien indéfectible à la cause palestinienne et est toujours apparue comme un Etat rebelle à l’ordre israélo-atlantique. Face au délabrement du monde arabe, la Syrie s’est inscrite dans l’axe de la résistance et elle résiste. Son armée nationale a tenu le coup seule contre tous durant quatre ans, puis, aidée de ses alliés, a entamé la reconquête, s’affirmant au passage comme le principal artisan de l’éradication de Da’esh, malgré les mensonges et prétentions des usurpateurs fanfarons. L’Etat syrien contrôle désormais les quatre cinquièmes du territoire national, ayant mis en échec, par sa résilience, les plans des agresseurs.

Pour ceux-ci, la Syrie de 2018, après tant de batailles et tant d’essais non transformés, constitue une réalité impensable et intolérable. Il faut donc la faire disparaître de la carte, ne serait-ce qu’en l’ignorant. Il convient pour cela de délégitimer l’Etat, présenté systématiquement comme un « régime », ses institutions, sa constitution, son gouvernement, diaboliser son Président, ignorer les volontés de son peuple, les succès de son armée en les attribuant à ses alliés, voire à ses ennemis.

Il faut dénier au Président et à son entourage tout pouvoir, tout rôle à venir, tout droit de véto, et faire en sorte qu’il ne puisse y avoir de solution politique « syrienne » issue d’un dialogue national, sous l’égide de ses alliés et de ses amis. Il faut au contraire que son sort soit décidé par ses ennemis, par la « communauté internationale » aux aguets, par trois Etats représentant 470 millions de personnes soit 6 à 7% de l’humanité, lesquels pestent de ne plus pouvoir imposer leur loi au Conseil de Sécurité

Décidément, le monde est tombé sur la tête puisqu’il n’y a plus de légalité internationale, plus de respect du droit onusien, censé être la bible des diplomates. Les faux gendarmes du monde qui en sont les fauteurs de désordre, les cambrioleurs qui crient au vol, les violeurs de la légalité qui crient au viol, les agresseurs qui s’indignent des agressions de l’armée syrienne, les pratiquants d’ingérences illégales qui s’indignent de l’intervention légale des alliés et partenaires de l’Etat, tout ce beau monde s’agite et manœuvre au grand jour.

Exit les comparses et les forces écran, voilà que les commanditaires et les parrains véritables ont jeté le masque et s’emploient à réaliser ouvertement ce qu’ils ont échoué à faire par procuration durant sept ans. Israël au Sud, l’Amérique et ses affidés européens au nord–est en appui des forces kurdes portées aux nues, la Turquie au nord-ouest contre les projets des Kurdes et tous contre Bachar al-Assad. Le prétexte de la lutte contre Da’esh et le terrorisme apparaît maintenant pour ce qu’il était, une fumisterie que défendent les ennemis de la Syrie légale et à laquelle ne croient plus que les imbéciles.

Jean-Yves Le Drian exige (sic) « le retrait de tous ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ». Il ose. Devinez qui sont pour lui ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ? Oui, vous avez gagné : l’Iran, le nouveau diable à la mode, le Hezbollah terreur d’Israël, la Russie, les forces « chiites » d’Irak.

Vous savez donc quels sont les pays qui ont à y faire : les trois obsédés du bombardement humanitaire, ceux qui possèdent des armes de destruction massive, violent systématiquement le droit international, soutiennent le terrorisme quand ils ne l’ont pas créé, ceux qui souhaitent piller tranquillement les ressources pétrolières et gazières de la Syrie et de la région : en d’autres mots, l’Amérique et ses fidèles. Pour faire bon poids bonne mesure, ajoutons Israël, ami des « révolutions arabes » qui détruisent les Etats du même nom, la Saoudie, grande démocratie devant l’éternel et spécialiste en constitutions, en droits de l’homme et de la femme, et en tolérance religieuse, la Turquie membre éminent de l’OTAN, ennemie des turcs des montagnes, mais amie des séparatistes kurdes de Syrie ou d’Irak et soutien des djihadistes, le Qatar à condition qu’il continue à acheter tout et n’importe quoi dans notre pays en difficulté.

Pour le reste, la Syrie a tenu bon pendant de longues années, son armée est capable de soutenir les assauts d’Israël et d’abattre les avions qui l’attaquent. Elle est solidement ancrée dans un axe de la résistance résolu et bien coordonné, soutenue par des alliés fiables, à commencer par la Russie. La Syrie n’est pas un figurant, elle est au centre d’une guerre globale. Combien d’Etats auraient résisté comme elle l’a fait ?

Messieurs les « amis de la Syrie », ennemis de son « régime » et de son Président, vous avez maintenu la fiction d’un soulèvement populaire contre un « tyran massacreur ». En quoi cela vous regarde-t-il ? Vous avez d’ailleurs tout faux et le savez bien puisqu’en réalité le pays qui vous obsède est avant tout victime d’une guerre d’agression qui met en danger son existence.

L’Etat syrien a sûrement le droit de piloter les négociations qui décideront de son avenir et de récuser toute ingérence des agresseurs. Il a le droit de refuser vos ingérences, vos plans de partition et vos projets tordus. Les guerres de Syrie sont depuis belle lurette les composantes d’une guerre universelle en passe de devenir « mondiale ». Si cette agression regarde la « communauté internationale », c’est selon les critères du droit international, codifiés par la Charte des Nations-Unies, qu’elle doit être considérée… Là, on comprendra très bien que cette approche, la seule envisageable, vous pose un léger problème. Ce problème n’est pas celui du pays agressé. Il est celui de l’agresseur que vous êtes et qui traite la Syrie comme un « pays ouvert » à toutes les aventures et à toutes les entreprises hostiles.

Messieurs les agresseurs, n’oubliez jamais que votre présence en Syrie est illégitime et illégale, y compris s’agissant de vos barbouzes, de vos conseillers spéciaux ou de vos forces-au-sol. Et s’il y a une présence légitime par excellence, ce n’est pas la vôtre, c’est celle de l’Etat syrien, celle des alliés et partenaires du gouvernement de Bachar al-Assad, dont vous exigiez le départ. S’il y a un retrait qu’impose le respect du droit international, c’est celui des pays qui n’ont rien à faire en Syrie, vos pays.

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.michel_raimbaud.190218.htm

Le boss, c’est lui

Le boss, c’est lui

14 Février 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Alors que s’embrasent les flammes du conflit syrien entrant dans sa dernière phase, un intéressant et quelque peu pessimiste article a paru dans la presse israélienne sur l’épisode du week-end. Retour sur la dernière flambée…

La veille du 39ème anniversaire de la Révolution iranienne, les Gardiens de ladite Révolution, présents sur la base T4, ont fait décoller aux petites heures de l’aube un drone afin de survoler Israël. Une demi-heure plus tard, il est abattu par un hélicoptère et l’aviation israélienne réplique en bombardant le T4.

Las pour Bibi la terreur, déjà englué dans une inopportune affaire judiciaire et qui a par ailleurs réussi l’exploit de rendre furieuse à propos des colonies une administration Trump pourtant complaisante… Un F16 est abattu par la défense anti-aérienne syrienne et l’un des pilotes meurt de ses blessures.

Vexés par cette gifle à leur aviation théoriquement toute puissante et voulant sauver la face, les Israéliens ripostent par une deuxième vague plus massive de bombardements, d’ailleurs applaudie des deux mains par Al Qaeda. Quant aux tirs de missiles, une partie aurait également été abattus par la défense syrienne.

C’est là qu’intervient le boss. Extrait de l’article d’Haaretz :

Le président russe Vladimir Poutine a mis fin à la confrontation entre Israël et l’Iran en Syrie et les deux pays ont accepté cette décision. (…)

Samedi après-midi, après la seconde vague de bombardements par l’aviation israélienne sur des cibles syriennes et des installations iraniennes en Syrie, de hauts responsables militaires israéliens tenaient encore une ligne dure et paraissaient considérer des opérations militaires supplémentaires. Ces discussions ont pris fin peu après une conversation téléphonique entre Poutine et Netanyahou. (…)

Le calme après la discussion Netanyahou-Poutine montre à nouveau qui est le véritable patron au Moyen-Orient. Pendant que les Etats-Unis continuent de briller par leur absence – les recherches continuent pour trouver une politique américaine cohérente -, la Russie dicte le tempo.

Tout est dit…

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule pour le système impérial, le risque potentiel, quoique encore improbable, d’une confrontation intra-OTAN avec la Turquie augmente chaque jour en Syrie du nord. Notez la bravade du général US menaçant de « répondre agressivement » si les Turcs attaquent Manbij, joyeuseté à laquelle le sultan a rétorqué en promettant une « gifle ottomane ». Ambiance, ambiance…

Quant à l’armée syrienne, elle masse des renforts vers Deir ez-Zoor pour reprendre du terrain aux proxies SDF de l’empire après le bombardement de loyalistes par l’US AIr Force la semaine dernière, qui a également tué un certain nombre de mercenaires russes présents avec les forces pro-Bachar. La situation est encore peu claire sur ce qui s’est réellement passé et les Américains avaient apparemment immédiatement contacté les Russes pour les prévenir de l’attaque des loyalistes avant de répliquer.

Moscou reste étrangement muet, comme après le bombardement israélien du week end. On a vu qu’un coup de fil de Vlad l’empaleur (agrémenté de menaces voilées ?) a suffi à calmer les ardeurs puériles de Netanyahou. L’arrivée de renforts syriens sur Deir ez-Zoor signifie peut-être que le Kremlin a assuré Damas du parapluie des S400 contre les Américains dans ce qui pourrait devenir une situation relativement brûlante. A suivre..

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/02/le-boss-c-est-lui.html

Bibizuté

Bibizuté

16 Février 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Histoire

Décidément, le crash du F16 israélien fait parler dans les chaumières et le Hezbollah n’a pas tout à fait tort de parler d’une « nouvelle phase stratégique », comme le montre un très intéressant article d’Atimes.

Il faut remonter à 1983 (!) pour voir le dernier avion de l’aviation israélienne abattu. Durant des décennies, cette dernière s’est cru maîtresse des ciels moyen-orientaux et agissait en toute liberté – Irak (réacteur d’Osirak en 1981), Liban en 2006, Syrie (le mystérieux bombardement de 2007 puis les nombreuses incursions depuis le début de la guerre civile en 2011).

Trente-quatre ans d’impunité jusqu’à ce fatal 10 février 2018. On comprend que la pilule ait du mal à passer à Tel Aviv…

Pire, la cause de tout ce ramdam ne serait qu’un vulgaire et antique S-200, peut-être tout de même amélioré par les Russes. Cela donne en tout cas du crédit à un autre incident que nous avions rapporté il y a quatre mois :

Coïncidence ou pas, il s’est encore passé quelque chose d’intrigant dans le ciel syrien il y a quelques jours. Le 16 octobre, un énième incident aérien a eu lieu entre Tel Aviv et Damas, des jets israéliens bombardant une batterie antiaérienne prétextant un tir syrien contre deux avions ayant auparavant survolé le Liban. Jusqu’ici, rien que de très habituel même si l’affaire était presque concomitante à la visite de Choïgu en Israël, ce que d’aucuns ont vu comme une petite démonstration de force vis-à-vis de Moscou (précisons tout de même que les Russes ont été prévenus de l’attaque).

Manque de bol pour Bibi la Terreur, il y a comme un air de couac. Que le ministre syrien de la Défense déclare que l’un des deux F-35 israéliens ait été touché par un missile participe de la traditionnelle guerre de l’information et il est difficile de confirmer ou d’infirmer les dires de Damas. Plus intéressant, la presse israélienne a reconnu que le même jour, un F-35 avait été endommagé par… des oiseaux (!) et qu’il prenait la direction du garage.

D’ici à penser que l’avion a en réalité été touché par un vieux S200 syrien de l’époque soviétique, démontrant encore une fois l’inanité du chasseur furtif le plus cher de l’histoire, il n’y a qu’un pas que beaucoup envisagent de franchir.

F35 endommagé et F16 abattu par les S-200, confirmant ce que nous rapportions l’année dernière, à savoir que les Russes avaient décidé de réhabiliter et améliorer la défense anti-aérienne syrienne (désolé cher lecteur, je ne retrouve plus le billet en question).

Pour Israël, c’est tout sauf une bonne nouvelle et cela rappelle le flop stratégique de la guerre du Kippour de 1973. Lors de celle des Six jours (1967), la supériorité aérienne israélienne avait fait merveille et permis une victoire rapide. L’URSS avait alors décidé de fournir à son allié égyptien des systèmes anti-aériens performants. Résultat six ans plus tard : 102 avions israéliens abattus sur 383. Seule la livraison en urgence de jets par les Américains avait permis à l’IAF de rester opérationnelle.

Bis repetita ? Dans un contexte de montée de tension entre Israël et le binôme Hezbollah-Iran (dont la présence en Syrie, notamment du sud près de la frontière israélienne, se fait sentir chaque jour un peu plus, profitant du relatif flou de l’accord Poutine-Trump), Tel Aviv ne dispose que d’un atout majeur : sa supposée supériorité aérienne. Que celle-ci soit mise à mal et c’est son château de cartes stratégique qui s’écroule.

D’autant qu’en face, le Hezbollah posséderait 100 000 missiles pointés vers le sud et qui ne demandent qu’à décoller en cas de conflit. Sans compter les énormes dividendes retirés de sa participation dans le conflit syrien, comme nous l’expliquions il y a deux ans déjà :

Le Hezbollah a vu avec horreur l’avancée des takfiris sunnites en Syrie à partir de 2012. Idéologiquement et stratégiquement (rupture du croissant chiite, donc de l’approvisionnement iranien), une Syrie qatarisée ou saoudisée était un coup mortel porté au mouvement chiite libanais. Aussi, personne n’a vraiment été surpris quand Hassan Nasrallah décida de voler au secours de Bachar en 2013, envoyant des milliers de combattants, d’abord à la frontière syro-libanaise puis partout en Syrie.

Par contrecoup, Israël a longtemps flirté avec Al Qaeda, soignant quelques djihadistes par-ci, fournissant quelques armes par-là, sans doute plus pour embêter Assad et le Hezbollah que pour réellement provoquer une victoire djihadiste.

On en était là quand l’intervention russe a sérieusement rebattu les cartes, Tel Aviv et Beyrouth-Sud se mettant sur leur 31 pour courtiser Poutine.

L’alliance entre Moscou et le Hezbollah est logique, presque naturelle. Mêmes alliés (Assad, Téhéran), même farouche opposition à l’islamisme sunnite. La tolérance absolue du Hezbollah envers les chrétiens d’Orient (voir ces étonnantes photos des combattants chiites au garde-à-vous devant Jésus dans des villages chrétiens syriens libérés) joue également en sa faveur, la Russie se considérant comme la protectrice du christianisme moyen-oriental. Alarmé, Netanyahou s’est alors précipité à Moscou faire des ronds de jambe à Poutine. On avait connu Bibi la Terreur moins placide…

Ce voyage n’a pas empêché le Hezbollah de mettre la main sur des armements russes. Qu’ils aient été livrés par les Syriens qui les avaient eux-mêmes reçus (plus probable) ou livrés directement par Moscou selon les dires de hauts responsables du mouvement chiite, cela importe somme tout assez peu.

L’état-major de Tsahal est plus que remué, notamment par le fait que le mouvement libanais est vraisemblablement en possession de missiles de croisière supersoniques Yakhont. Les récentes déclarations de Nasrallah – « les stock de gaz ammoniac d’Haïfa sont notre bombe nucléaire » – ont également provoqué la panique en Israël où l’on considère sérieusement transférer les usines chimiques dans le sud du pays, à un coût exorbitant.

Les sacrifices auxquels se soumet le Hezbollah en Syrie pourraient finalement lui rapporter gros. L’espèce d’équilibre de la terreur en train de s’installer avec Israël est une assurance contre toute intervention militaire future de l’Etat hébreux et pérennise la présence du « parti de Dieu » au Liban. Il convient de mettre tout cela en relation avec la brusque décision de l’Arabie saoudite de couper son aide financière militaire à Beyrouth et des pétromonarchies fondamentalistes du Golfe d’appeler sans rire leurs ressortissants à quitter le pays, arguant de la « mainmise du Hezbollah sur l’Etat libanais ».

On imagine aisément la sueur perler au front des stratèges dans les officines de Washington, Tel Aviv et Riyad. Quant aux Russes, ils se retrouvent plus que jamais au centre du jeu, Le Kremlin est créditeur de Damas, du Hezbollah et de Téhéran qui lui doivent tout ou presque. Les Israéliens, Saoudiens ou Turcs quant à eux sont obligés de passer par la case Moscou pour quémander des concessions face à leurs adversaires.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/02/bibizute.html

Syrie: des forces prorégime à Afrine « dans les prochaines heures » (média d’Etat)

Syrie: des forces prorégime à Afrine « dans les prochaines heures » (média d’Etat)

Damas – Des forces progouvernementales en Syrie pourraient entrer lundi dans la région d’Afrine après des discussions avec les forces kurdes, pour tenter de mettre fin à l’offensive meurtrière de la Turquie contre cette enclave du nord-ouest du pays.

L’armée turque, appuyée par des rebelles syriens, mène depuis un mois une offensive contre cette zone pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme « terroriste » par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

« Les forces populaires vont arriver à Afrine dans les prochaines heures pour soutenir ses habitants contre l’attaque du régime turc », a indiqué l’agence de presse officielle syrienne Sana.

Elles vont « se joindre à la résistance contre l’agression turque », a ajouté Sana, précisant qu’il s’agit de « défendre l’unité territoriale et la souveraineté de la Syrie ».

Plusieurs heures après l’annonce faite par l’agence de presse syrienne, aucun déploiement n’a été constaté sur le terrain, par des correspondants de l’AFP. Des médias d’Etat syriens étaient présents dans la région.

L’agence SANA n’a pas fourni de détails sur la composition des « forces populaires » ni mentionné de déploiement de l’armée régulière syrienne dans cette région du nord-ouest.

Damas a dénoncé l' »agression » d’Ankara à Afrine mais n’a jamais explicitement déclaré qu’elle interviendrait.

Le porte-parole des YPG, Birusk Hasakeh, n’était pas en mesure de confirmer dans l’immédiat le déploiement de forces progouvernementales syriennes lundi.

Aucun problème

En 2012, après le retrait des forces prorégime de la zone, Afrine est devenue la première région kurde en Syrie à échapper au contrôle du pouvoir central.

Mais des négociations sont en cours pour un retour potentiel des forces progouvernementales dans l’enclave, selon des responsables.

« Des discussions ont lieu sur le plan militaire », a affirmé dimanche à l’AFP le coprésident du Conseil exécutif d’Afrine, Heve Moustafa.

La semaine dernière, le commandant des YPG, Sipan Hamo, avait déclaré que ses forces n’avaient « aucun problème » avec une intervention militaire du régime syrien « pour défendre Afrine (…) face à l’occupation turque ».

Les autorités kurdes restent elles vagues sur le type de déploiement qu’elles accepteraient à Afrine.

– Imbroglio d’enjeux –

L’offensive menée par la Turquie depuis le 20 janvier a mis en relief les intérêts complexes et divergents des différentes puissances engagées dans le conflit syrien, qui dure depuis sept ans.

Depuis 2011, la Turquie a soutenu les rebelles syriens pour combattre les troupes gouvernementales, les jihadistes et les YPG.

Ankara considère les YPG comme le bras syrien du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection armée de trois décennies contre le pouvoir central turc.

Mais les Etats-Unis – alliés de la Turquie au sein de l’OTAN – ont noué une alliance avec les YPG pour combattre l’EI.

La Russie, principale alliée du régime de Bachar el-Assad, avait également soutenu les YPG à Afrine, en entraînant les forces kurdes avant de se retirer au début de l’offensive turque.

Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine ont discuté de l’offensive d’Afrine lors d’un appel téléphonique, a indiqué le Kremlin, sans fournir plus de détails.

Ces discussions sont intervenus alors que la Turquie affirmait préférer voir les troupes du régime à Afrine plutôt que les YPG.

Lundi, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu,a toutefois mis en garde contre toute intervention des forces progouvernementales syriennes aux côtés des milices kurdes à Afrine, affirmant qu’elle n’empêcherait pas Ankara d’y poursuivre son offensive.

« Si le régime entre pour nettoyer (la région) du PKK/YPG, il n’y a pas de problème (…) ». En revanche s’il intervient « pour protéger les YPG, personne ne pourra arrêter la Turquie ou les soldats turcs », a déclaré M. Cavusoglu.

(©AFP / 19 février 2018 16h15)

https://www.romandie.com/news/Syrie-des-forces-proregime-a-Afrine-dans-les-prochaines-heures-media-d-Etat/891786.rom

Syrie: échange théâtral et menaçant entre Netanyahu et l’Iran

Syrie: échange théâtral et menaçant entre Netanyahu et l’Iran

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu brandit un morceau de métal présenté comme provenant d’un drone iranien abattu par Israël, le 18 février 2018 pendant la Conférence de Munich sur la sécurité / © MSC Munich Security Conference/AFP / Lennart PREISS

Le Premier ministre israélien a menacé de façon très théâtrale dimanche les « tyrans de Téhéran » de représailles en cas d’agression, une sortie « caricaturale » selon l’Iran, une semaine après leur première confrontation ouverte en Syrie.

« Ne testez pas la détermination d’Israël! » a lancé Benjamin Netanyahu à la Conférence sur la sécurité de Munich, brandissant un morceau de métal présenté comme une pièce d’un drone iranien abattu la semaine dernière au-dessus d’Israël.

Il a ensuite interpellé le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif : « Voilà un bout du drone iranien! M. Zarif, vous le reconnaissez? Vous devriez, c’est le vôtre! »

L’intéressé, aussi présent à Munich mais qui n’a pas été témoin directement de la scène, a répondu peu après en dénonçant un « cirque caricatural » et en accusant Israël de mener « une politique d’agression, de représailles massives contre ses voisins ».

Le Premier ministre israélien est un habitué des interventions scénarisées. En 2012, à la tribune de l’ONU, il avait marqué les esprits avec le dessin simpliste d’une bombe sur le point d’exploser pour dénoncer le programme nucléaire iranien.

Israël affirme avoir détruit le week-end dernier un drone iranien au-dessus de son territoire. En réponse, l’armée de l’air israélienne a détruit la base d’où l’appareil serait parti en Syrie.

Un F-16 israélien a cependant été abattu au cours de l’opération, une première depuis 1982, entraînant des raids contre des cibles syriennes et iraniennes présumées en Syrie.

Cette première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran sur la scène syrienne laisse craindre une escalade du conflit, même si jusqu’ici les deux pays semblent vouloir éviter une guerre ouverte.

Face à l’escalade verbale, un responsable parlementaire russe, Alexeï Poushkov, a lui lâché: « Vous bombardez l’Iran, et quid de la suite? La question iranienne nécessite d’agir avec responsabilité ».

– Le ‘cran’ des Syriens –

M. Zarif a dans ce contexte accusé Israël « d’incursions quotidiennes en Syrie (…) et de bombarder quotidiennement, de manière routinière, la Syrie ».

« Une fois, les Syriens ont le cran de descendre un de leurs avions, et c’est présenté comme un désastre », a-t-il remarqué.

Une entrée d’Israël dans la guerre en Syrie pourrait entraîner une dérive catastrophique, alors qu’Américains, Turcs, Russes et Iraniens y sont déjà parties prenantes avec des objectifs concurrents et impliquant forces pro-régime, jihadistes, l’opposition armée ou encore les milices kurdes.

Des frappes américaines ont ainsi récemment tué des militaires russes et des forces du régime de Bachar al-Assad.

« Jamais depuis quatre ans on avait vu des grands pays s’engager militairement, directement à l’intérieur de la Syrie. Cela a entraîné des incidents et c’est inquiétant », a relevé Staffan de Mistura, l’envoyé spécial pour la Syrie de l’ONU.

« Nous espérons que ces pays vont continuer à se montrer responsables, car sinon la situation pourrait échapper à tout contrôle », a-t-il averti.

M. Netanyahu n’en a pas moins prévenu qu' »Israël ne laissera pas le nœud du terrorisme lui enserrer la gorge », menaçant aussi des forces pro-iraniennes comme le Hezbollah au Liban.

Le dirigeant israélien reparti, le ministre libanais de la Défense, Yacoub Riad Sarraf, a rétorqué : « Nous nous défendrons, nous aussi avons des gens prêts à mourir pour leur pays ».

– ‘Similarités’ avec les nazis –

M. Netanyahu a enfin accusé une fois de plus l’Iran de continuer de développer en cachette l’arme nucléaire, malgré l’accord international ayant mis fin à son programme.

Selon lui, dans « un peu plus d’une décennie » Téhéran disposera de la bombe atomique.

Accusant l’Iran d’avoir des « similarités frappantes » avec les Nazis, il a dressé un parallèle entre l’accord sur le nucléaire iranien négocié avec les grandes puissances et celui de Munich de 1938 signé pour apaiser Adolf Hitler.

« Un accord destiné à apaiser, comme il y a 80 ans, a seulement rendu plus déterminé le régime et rendu la guerre plus probable », a-t-il dit.

« Une fois équipée d’armes nucléaires, l’agression iranienne sera incontrôlable et elle visera le monde entier », a affirmé M. Netanyahu.

L’ancien secrétaire d’Etat américain John Kerry, l’un des architectes de l’accord en question, a lui estimé que considérer que Téhéran était proche de détenir une capacité nucléaire militaire était « fondamentalement incorrect ».

(©AFP / 18 février 2018 13h29)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-echange-theatral-et-menacant-entre-Netanyahu-et-l-Iran/891514.rom

Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan

Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan

Voilà des années que la presse atlantiste l’affirme : le président Bachar el-Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple. Sauf que, selon le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, il s’agit d’une fake news. Comme les armes chimiques de Saddam Hussein, cette histoire qui remplit les colonnes des journaux depuis cinq ans est de la pure propagande de guerre.

| Damas (Syrie)

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Cela aurait dû faire la « une » de tous les journaux occidentaux. Mais seul Newsweek l’a relaté [1]. Durant son point de presse, le 2 février, le secrétaire à la Défense, le général Jim Mattis, a indiqué que s’il « pensait » que Damas avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, personne au Pentagone n’en avait la moindre preuve.

Le journaliste, qui connaît personnellement le général Jim Mattis, l’a entendu off the record (c’est-à-dire en privé) déclarer son aversion pour le mythe des armes chimiques syriennes. Il lui offre la possibilité de se répéter, cette fois en public. Voici la transcription (publiée avec un léger retard) de cette rencontre.

- Question : Y a-t-il des preuves que des armes au chlore ont été utilisées, des preuves d’armes au chlore :

- Jim Mattis : Je pense que oui.

- Question : Non, je sais, je vous ai entendu.

- Jim Mattis : Je pense qu’elles ont été utilisées à plusieurs reprises. Et c’est, comme vous le savez, une catégorie quelque peu distincte, c’est pourquoi j’ai écarté le sarin comme quelque chose de différent – ouais.

- Question : Il y a donc des preuves crédibles que le sarin et le chlore…

- Jim Mattis : Non, je n’ai pas de preuve, pas spécifiquement. Je n’ai pas de preuve. Ce que je dis, c’est que d’autres groupes sur le terrain, des ONG, des combattants sur le terrain ont dit que le sarin a été utilisé. Nous cherchons donc des preuves. Je n’ai pas de preuve, crédible ou non crédible.

Source : “Media Availability by Secretary Mattis at the Pentagon”, Press Secretary, Departement of Defence, February 2, 2018.

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Au début de la guerre, la République arabe syrienne demanda à l’Onu de venir enquêter sur l’usage d’armes chimiques par les jihadistes. Les inspecteurs ne trouvèrent rien de probant. Mais en août 2013, les États qui soutenaient le projet des Frères musulmans renversèrent l’accusation et affirmèrent, sur la seule base d’une information de l’Unité 8200 du Mossad, que l’Armée syrienne venait de massacrer près de 1 500 civils dans la Ghouta avec un mélange de gaz incluant du sarin.

Attestant la bonne foi de la Syrie, la Russie proposa son adhésion à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Moscou et Washington, ensemble, détruisirent la totalité des armes chimiques syriennes ainsi que les précurseurs (c’est-à-dire les substances nécessaires à la fabrication de ces armes).

Pourtant, l’accusation d’utilisation de ces armes n’a toujours pas cessé. Alors même que le Pentagone en avait lui-même supervisé la destruction, la presse atlantiste persistait à prétendre que l’Armée arabe syrienne en utilisait. Certains médias comme l’Anglo-Saxon Bellingcat (dont le directeur est un employé de l’Atlantic Council) [2] ou le Français Le Monde [3] sont devenus des répétiteurs professionnels de cette Fake News.

Pour en finir avec cette rumeur, un mécanisme d’enquête conjoint était créé par l’Onu et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Après avoir mené depuis New York et Vienne une vaste collecte de renseignements, cette instance refusait d’aller les vérifier sur place et même de procéder à des prélèvements. Le ton montait au Conseil de sécurité où chacun pouvait observer l’ascendant du numéro 2 de l’administration des Nations Unies, le néo-conservateur Jeffrey Feltman [4], sur l’ambassadrice US, Nikki Haley. Finalement, on comptabilisa jusqu’à 5 vétos russes aux mensonges occidentaux sur ce seul sujet [5].

Au moment de l’affaire de Khan Cheikhoun, les États-Unis affirmèrent avec aplomb détenir des preuves de la responsabilité syrienne —preuves qui selon le général Mattis n’ont jamais existé— et punit la Syrie en bombardant la base de Cheyrat.

Le secrétaire à la Défense Robert McNamara a admis que les États-Unis ont menti pour lancer et poursuivre leur guerre contre les Vietnamiens. Son successeur Colin Powell a reconnu avoir menti au Conseil de sécurité pour lancer la guerre contre les Iraquiens. Etc. Mais tous l’ont fait après avoir fait couler le sang et avoir quitté leurs fonctions officielles. Nul n’a été poursuivi.

Comme dans leur droit commercial, les dirigeants US peuvent faire faillite, ne pas payer leurs créanciers et recommencer immédiatement leurs affaires à zéro comme si de rien n’était.

Pour la première fois, un secrétaire à la Défense en exercice a dénoncé les mensonges en cours d’Israël, de sa propre administration et de l’Otan. Bien qu’il ait pris soin de se présenter comme convaincu de la culpabilité syrienne, sa déclaration réfute les justifications des bombardements israéliens en Syrie, prétendument pour détruire des armes chimiques. Elle est sans appel pour ses collègues Rex Tilleron et Nikki Haley. Elle sonne comme un avertissement aux 23 ministres des Affaires étrangères qui, le 23 janvier, ont à nouveau accusé la Syrie d’emploi d’armes chimiques [6] ; des ministres qui se sont prononcés pour la « démocratie » au Levant… à la seule condition que Bachar el-Assad ne puisse pas se présenter à l’élection présidentielle et la gagner.

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] “Mattis Admits There Was No Evidence Assad Used Poison Gas on His People”, Ian Wilkie, Newsweek, February 8, 2018.

[2] Brown Moses, de son vrai nom Eliot Higgins, participe en outre à l’association Propaganda or Not ? qui accuse diverses sources, dont le Réseau Voltaire, d’être des instruments du Kremlin. Cf. « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

[3] Sur la base d’un résumé grossièrement mensonger, ce quotidien accuse le Réseau Voltaire de ne pas être fiable. Cf. « La vérité sur les « fake news » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 janvier 2018.

[4] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[5] « À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 novembre 2017.

[6] « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques », Réseau Voltaire, 23 janvier 2018.

http://www.voltairenet.org/article199693.html