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La première guerre de l’Otan-MO renverse l’ordre régional

La première guerre de l’Otan-MO renverse l’ordre régional

par Thierry Meyssan

Pendant que les Européens et les Arabes sont absorbés par le coronavirus, les Anglo-Saxons changent l’ordre du monde. Sous commandement US, le Royaume-Uni a pris le contrôle de l’entrée de la mer Rouge ; les Émirats arabes unis se sont retournés contre l’Arabie saoudite et lui ont infligé une cuisante défaite au Yémen du Sud, tandis que les Houthis le faisaient au Yémen du Nord. Désormais, le Yémen est scindé en deux États distincts et l’intégrité territoriale de l’Arabie saoudite est menacée.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 24 MARS 2020 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆPORTUGUÊSРУССКИЙ

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JPEG - 36.7 koLe président des États-Unis, Donald Trump, et le président de facto des Émirats arabes unis, le prince Mohamed ben Zayed. En silence, les deux hommes d’affaire sont en train de réorganiser le Moyen-Orient élargi.

Le président Donald Trump poursuit sa politique de retrait militaire du « Moyen-Orient élargi ». Pour ce faire, il déplace progressivement ses troupes, signe des accords avec les forces contre lesquelles elles étaient déployées (par exemple avec les Talibans) et négocie la libération de ses prisonniers. Simultanément, le Pentagone fait appel au Royaume-Uni pour prendre la tête des opérations de la nouvelle Alliance atlantique-Moyen-Orient et superviser la suite de la « guerre sans fin » au « Moyen-Orient élargi ». La Syrie est considérée comme zone d’influence russe tandis que la stratégie Rumsfeld/Cebrowski se poursuit avec la division du Yémen en deux États distincts et la préparation du démembrement de l’Arabie saoudite.

Rapatriement des agents de la CIA détenus prisonniers

Les 18 et 19 mars 2020, un citoyen US, Michael White, détenu en Iran, a été transféré de sa prison à l’ambassade de Suisse à Téhéran ; un autre citoyen US, Amer Fakhoury, détenu au Liban, a été exfiltré par les troupes états-uniennes ; enfin le président Trump a demandé publiquement l’aide de la Syrie pour retrouver un troisième citoyen US, Austin Tice.

Ces opérations sont supervisées par le discret conseiller de sécurité nationale, Robert O’Brien, qui dispose d’une solide expérience en matière de libération de prisonniers.

- Michael White a servi 13 ans dans la Marine US. Il s’est rendu en Iran pour y retrouver sa fiancée. Il a été arrêté en 2018 et condamné à 13 ans de réclusion pour espionnage. D’autres citoyens US emprisonnés en Iran —dont Morad Tahbaz, Robert Levinson, Siamak et Baquer Namazee— ne semblent pas susciter le même intérêt de Washington. Michael White a été remis à l’ambassadeur suisse Markus Leitner pour « raison de santé ». Il n’est pas libre pour autant.
- Amer Fakhoury est un célèbre collaborateur des troupes d’occupation israéliennes au Liban. Il fut membre de l’Armée du Liban-Sud, directeur de la sinistre prison de Kiam et tortionnaire. Il s’est enfui du Liban lors du retrait israélien et y est revenu, pour une raison inconnue, en septembre 2019. Il a immédiatement été reconnu et arrêté. Il a été libéré au motif d’une prescription de ses crimes, ce qui est juridiquement faux, mais interdit de quitter le territoire. Il s’est alors précipité à la méga-ambassade US d’Awkar sous la protection de l’ambassadrice Dorothy Shea, d’où il a été exfiltré en hélicoptère par les Forces spéciales US vers Chypre.
- Austin Tice est un capitaine des Marines devenu journaliste indépendant. Il a pénétré illégalement en Syrie avec l’aide des services secrets turcs avant de disparaître, en 2012, à Daraya (banlieue de Damas). Eva Filipi, l’ambassadrice de Tchéquie qui représente les intérêts US en Syrie, avait affirmé qu’il serait détenu non pas par des jihadistes, mais par les autorités syriennes. Ce que Damas a toujours démenti.

Ces trois citoyens US sont très probablement des collaborateurs ou des agents de la CIA.

- Étrangement, les Émirats arabes unis ont brisé l’embargo US et apporté des médicaments en Iran.
- Chaque faction libanaise accuse l’autre d’avoir cédé aux pressions US. Le Hezbollah assure ne pas avoir trahi la Résistance et ne pas avoir négocié secrètement avec Washington, tandis que le président du Tribunal militaire (pro-Hezbollah) a démissionné.
- C’est la première fois depuis deux décennies qu’un président états-unien sollicite publiquement l’aide de la République arabe syrienne.JPEG - 19.8 koLe secrétaire à la Défense US, Mark Esper, reçoit son homologue britannique, Ben Wallace, au Pentagone. La « relation spéciale » entre les deux pays est rétablie. Les « Cinq yeux » sont renforcés. Le Royaume-Uni prend le commandement des opérations de l’Otan-MO.

Transfert de l’encadrement militaire au Royaume-Uni

Le 5 mars, le secrétaire US à la Défense, Mark Esper, a reçu au Pentagone son homologue britannique Ben Wallace. Les deux hommes se sont partagés le commandement de la nouvelle Otan-MO [1].

Ben Wallace a ensuite prononcé un discours à l’Atlantic Council au cours duquel il a confirmé la solidité de l’alliance UK-USA et la disponibilité du Royaume-Uni. Il a également soutenu la nécessité de juger le « dictateur Bachar el-Assad » (sic), mais l’impossibilité de le faire compte tenu du soutien de l’« ours russe ». En d’autres termes, la Syrie reste un ennemi, mais on n’y touchera plus. La guerre sera déplacée [2].JPEG - 26.1 koLe secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, et son homologue turc, le général Hulusi Akar, inspectent les « postes d’observation » turcs qui servent de base de repli aux jihadistes à Idleb (Syrie occupée), le 12 mars 2020. Londres assure Ankara que le Pentagone ne détruira pas la Turquie, mais l’Arabie saoudite.

Les 12 et 13 mars, Ben Wallace s’est rendu en Turquie et en Syrie occupée par les jihadistes. Il a inspecté les postes d’observation de l’armée turque à Idleb et fait parvenir 89 millions de £ de dons « humanitaires » aux familles des jihadistes. Ceux-ci ont alors commencé à attaquer les troupes turques censées les protéger, tuant plusieurs soldats turcs.

La fin du Yémen et le début de celle de l’Arabie saoudite

Poursuivant leur politique de retrait militaire et de transfert de cette fonction à des proxys, les États-Unis sont en train de transformer la guerre du Yémen. Originellement, le Pentagone prévoyait de diviser ce pays en deux selon la ligne de partage qui existait jusqu’en 1990. Il avait encouragé l’Arabie saoudite et Israël à se lancer à l’assaut du pays pour en exploiter les ressources pétrolières de la région mitoyenne du « Quart vide » [3]. L’opération avait été conduite avec l’aviation israélienne, des mercenaires colombiens sous drapeau saoudien et des troupes émiraties. Elle avait été coordonnée par un état-major tripartite (Arabie/USA/Israël) basé au Somaliland.

Cependant, le Pentagone s’appuyant sur les rivalités tribales parvint à complexifier la situation jusqu’à aboutir à un pays effectivement divisé en deux, mais aussi à une Coalition Arabie-soudite/Émirats également divisée. Il lui fallait alors —sans engager ses propres troupes— terminer la division du Yémen en deux États distincts avant de se lancer dans la division de l’ancien allié saoudien en cinq États distincts. Le Pacte du Quincy lui fait obligation de protéger le roi d’Arabie saoudite, mais ni son pays, ni son héritier [4].JPEG - 66.7 koLe souverain de facto d’Abou Dhabi et président de facto des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed, a été le mentor du prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane. Progressivement l’élève a voulu écraser son maître. En définitive, c’est le discret MBZ qui devrait écraser l’infatué MBS.

Cette semaine, le Pentagone a dépêché un navire de guerre au large d’Aden. Il a installé des troupes britanniques sur l’ile de Socotra pour en faire une base militaire permanente avec les Émirats arabes unis et l’a armé avec des missiles Patriot. Simultanément, les Houthis du Nord soutenus par l’Iran ont attaqué victorieusement deux bases militaires saoudiennes et fait prisonniers plus de 700 soldats saoudiens, tandis que les tribus soutenues par les Émirats ont attaqué les tribus soutenues par l’Arabie saoudite à Aden. Le gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, seule autorité officiellement reconnue par l’Onu mais siégeant en exil à Riyad, a perdu le contrôle d’Aden.

Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salman, après avoir torturé son ami d’enfance trop brillant, après avoir assassiné ses rivaux, après avoir exécuté le chef chiite de son opposition, après avoir embastillé et dépouillé ses frères et oncles, après avoir fait découper à Istanbul un Frère musulman trop bavard, n’a plus personne pour le soutenir.

Les départements états-unien, britannique et émirati de la Défense ne communiquent pas sur ces batailles. Seuls les Houthis le font. En l’absence de communication officielle, la presse internationale est aveugle et muette.

Le Yémen du Sud est une ancienne colonie britannique et les Émirats arabes unis étaient intégrés dans l’Empire des Indes. Le Royaume-Uni, sous parapluie états-unien, reconquiert son influence dans le Golfe et en mer Rouge.

L’opposition Arabie saoudite/Axe de la Résistance n’existe plus, faute de combattants. Désormais, après l’Iran (1953-78), l’Iraq (1979-90) et l’Arabie saoudite (1991-2019), les Émirats arabes unis (2020-), sous parapluie de l’Otan-MO, sont devenus les gendarmes de la région.

Ce retournement complet de situation correspond à notre analyse de la crise. Après leur échec en Syrie, les États-Unis poursuivent leur plan de 2001 et s’apprêtent à déstabiliser l’Arabie saoudite. Le président Trump a validé cette étape à la seule condition que les troupes US n’y participent pas directement, mais que les Émirats les représentent.

Le suicide de l’Union européenne

Pendant ce temps, l’Union européenne réagit de manière inadaptée à l’épidémie de coronavirus. Au lieu de lutter contre la maladie (tests généralisés, traitement des personnes infectées à la chloroquine, soins d’urgence aux malades avec respiration artificielle et interféron Alfa 2B recombiné), elle prévient l’engorgement de ses hôpitaux (assignation à résidence de la population saine) [5]. Son économie s’est arrêtée et la Banque centrale européenne annonce une récession de 5 % si cette situation se prolonge deux semaines, mais ce sera probablement six.

Lorsque le pic de l’épidémie sera passé, elle ne sera plus une grande puissance économique et le monde sera organisé d’une manière nouvelle, sans elle.

Thierry Meyssan

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1] « NATO Go Home ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 février 2020.

[2] « Quelle cible après la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 mars 2020.

[3] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[4] « Le Pacte du Quincy ne protège que le roi d’Arabie, pas son héritier », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 octobre 2018.

[5] « Covid-19 : propagande et manipulation », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 mars 2020

.https://www.voltairenet.org/article209502.html

L’unité israélienne 8200 et les Casques Blancs d’Idlib frappés par le COVID-19…

vendredi, mars 20, 2020

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L’unité israélienne 8200 et les Casques Blancs d’Idlib frappés par le COVID-19…

L’unité 8200 ou Yehida Shmone-Matayim, responsable de la collecte du signal, des opérations SIGINT et du cryptage dans le renseignement israélien est frappée de plein fouet par la variante iranienne du SRAS-nCov-2:

Le commandant-en-second de l’équivalent de la NSA en Israël, dont l’identité est classée secret défense et un membre de la cellule renseignement électronique ont été infectés et mis en quarantaine.

Dans l’extrême Nord de la Syrie et plus précisément dans l’enclave rebelle d’Idlib, des agents de liaison étrangers ont été infectés par le SRAS-nCov-2. Ce qui a amené les pays soutenant la rébellion à Idlib à équiper l’organisation controversée des « Casques Blancs » (White Helmets) d’un équipement sommaire de protection. Une infection de l’enclave rebelle d’Idlib n’est plus à exclure.

Certains agents des renseignements turcs en poste à Idlib seraient aussi suspectés d’être des vecteurs du SRAS-nCov-2.

Des médias proches du complexe informationnel des « Cinq Yeux+ » propagent depuis deux semaines des informations selon lesquelles le COVID-19 aurait obligé des unités pro-iraniennes de se retirer du front d’Idlib et que des militaires syriens en seraient atteints. Ces mêmes médias soutiennent depuis 15 jours que 200 soldats Nord-coréens auraient succombé des suites du COVID-19.

Damas a démenti ces informations mais estime ne pas connaître la situation sanitaire à l’intérieur du territoire rebelle d’Idlib où des forces militaires turques sont stationnés aux côtés d’agents de liaison de six pays de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), de pays du Golfe et d’Israël.

Bref à la guerre comme à la guerre, il semble que cette histoire de COVID-19 serve de plus en plus d’autres agendas cachés plus en adéquation avec le cadre général d’une troisième guerre mondiale en cours depuis des années sur fond d’un effondrement du système financier international que les tenants du marché boursier veulent aplatir pour bâtir un nouveau système plus pérenne car la configuration du système économique mondial tel qu’il a été hérité des Accords de Bretton Woods n’est plus tenable et n’est plus viable depuis plus d’une douzaine d’années.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBroken

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En prévision d’une intervention americano-turque plus musclée a Idlib: les forces aériennes syriennes sortent leurs Mig-29 mais ils ne seront pas seuls…

jeudi, mars 12, 2020

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En prévision d’une intervention americano-turque plus musclée a Idlib: les forces aériennes syriennes sortent leurs Mig-29 mais ils ne seront pas seuls…

Chasseurs Mig-29 de l’Armée de l’air syrienne sur la base aérienne de Shay’rat, mars 2020.

Les appels à l’aide d’Erdogan à ses alliés européens de l’Otan (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) pour faire face aux systèmes de brouillage électromagnétiques russes à Idlib ont reçu une fin de non recevoir en Europe occidentale mais pas à Washington. Le Pentagone se prépare à prêter main forte aux turcs à Idlib et cela explique les revirements soudains du président turc et ses nouvelles menaces contre Damas.

La force de frappe turque à Idlib s’est axée sur la synergie du système Koral, de drones de guerre électronique et d’attaque Anka S et de meutes de drones d’attaque Bayraktar TB2 armés de redoutables missiles Air-Sol MAM-L. Des avions Elint supervisent la coordination du système d’attaque automatisé et cette configuration avait initialement surpris les forces syriennes dont les radars ne parvenaient pas à détecter les drones turcs du fait des mesures électroniques.Source: SANA

Cette avance initiale s’arrêta net lorsque les systèmes russes de brouillage électromagnétiques ont permis aux systèmes de la défense aérienne syrienne d’abattre les drones Anka S, les modules nodaux du système d’attaque turc (ce qui explique l’intervention des F-16 turcs dès qu’ un drone Anka S est abattu). Cette donne sur le champ de bataille força les turcs à négocier à Moscou un arrangement provisoire, le temps pour Erdogan de faire appel à des alliés. Les européens soumis au chantage migratoire et absorbés par leurs propres difficultés ont affirmé leur disponibilité à aider la Turquie sur le plan logistique dans sa confrontation contre la Syrie mais pas contre la Russie. Cela a énervé au plus haut point Erdogan jusqu’à ce qu’il trouve une oreille attentive à Washington où des ultras se sont déclarés prêts à une guerre limitée avec la Russie sur le théâtre des opérations en Syrie septentrionale. Des équipements US incluant des systèmes de défense ABM et SAM ont été dépêchés en urgence en Irak tandis que des systèmes de guerre électronique ont été livrés aux turcs. Ces derniers ont continué à livrer du matériel militaires aux rebelles syriens et envoyés des renforts militaires conséquents à Idlib.

Les syriens ont donc sorti leurs chasseurs Mig-29 dont un exemplaire s’était écrasé récemment dans un entraînement, la première perte d’un Fulcrum syrien depuis les années 80. Seul ce chasseur ne risque pas de changer la donne au-dessus du champ de bataille au Levant pour intercepter des bombardiers stratégiques US par exemple et dont la menace est réelle. Les Mig-29 syriens seront aux côtés de chasseurs de supériorité des forces aérospatiales russes Sukhoï Su-35 et Mig-29 SMT dont deux ont réussi à repousser une attaque de F-16C turcs visant un avion d’attaque au sol syrien Sukhoï Su-22 au-dessus d’Idlib. Ce sont également deux chasseurs russes qui ont décollé de la base aérienne de Hmeimim pour surveiller une formation de F-35I israéliens survolant l’ouest du Liban. Le message est clair. La bulle de défense aérienne au-dessus de la Syrie occidentale sera maintenue même en cas de décollage de bombardiers furtifs B1B ou B-2 de la base aérienne US de Diego García ou des Açores. Tout ceci reste dans le domaine de la dissuasion préventive. Ce qui est certain est que le Sultan turc n’a pas dit son dernier mot et passera à l’action dès qu’il aura le soutien de Washington car Erdogan n’oublie jamais une offense et est revenu ulcéré de Moscou où Poutine à fait de son mieux pour rappeler le passé des longues guerres entre la Russie tsariste et l’empire Ottoman. L’État profond US fait plus confiance à la combativité du soldat turc en laquelle il entrevoit une opportunité exceptionnelle pour verrouiller le jeu à Idlib (nord-ouest) et empêcher l’expulsion des forces US dans le nord-est de la Syrie, théâtre d’une anarchie indescriptible et donc suffisamment affaibli pour tomber entre les mains des loyalistes et leurs alliés.

Signe qui ne trompe pas, les forces turques ont déployés leurs systèmes de défense aérienne les plus avancés à la frontière avec la Syrie et ce ne sont pas les systèmes S-400 qui ne seront opérationnels qu’à la fin du mois d’avril et ne seront probablement jamais utilisés car leur acquisition par la Turquie répondait moins à l’impératif de sa défense qu’à l’art de la guerre dans le cadre du Grand jeu en cours pour le contrôle de l’Eurasie et du Levant.

https://strategika51.org/2020/03/11/en-prevision-dune-intervention-americano-turque-plus-musclee-a-idlib-les-forces-aeriennes-syriennes-sortent-leurs-mig-29-mais-ils-ne-seront-pas-seuls/

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Sous le regard de Catherine…


Sous le regard de Catherine…

5 Mars 2020

Ironie du sort ou pique du Kremlin à l’égard du sultan, c’est à l’ombre de la statue de Catherine II que s’est déroulée la rencontre entre Poutine et Erdogan. Quand on sait que la tsarine de toutes les Russies a, en son temps, mis une fessée à l’empire ottoman, la coïncidence est parlante…

Ainsi donc, Moscou et Ankara ont fini par signer un cessez-le-feu mettant fin (temporairement ?) aux hostilités à Idlib. Puisque les Russes ont décidé, il y a un mois, de ne pas s’opposer frontalement aux Turcs qui envahissaient le territoire syrien en envoyant convoi sur convoi, la cessation des hostilités était la conséquence logique de toute l’affaire.

Si le cessez-le-feu en soi peut être vu comme un revers pour Damas dans sa volonté de remettre la main sur toute la Syrie, ses clauses sont par contre une défaite cinglante pour le sultan. Les récentes conquêtes loyalistes sont entérinées et les demandes d’Ankara de revenir aux limites de Sochi sont balayées d’un revers de main, tout comme le fait d’établir une zone d’exclusion aérienne.

Plus intéressant encore, la M4 est neutralisée, des patrouilles russo-turques y sont prévues et une ceinture de 12 km (6 au nord, 6 au sud) est censée la protéger.

Or cette route passe en plein milieu de l’Idlibistan. Le sort de la zone barbue (1) au sud de la M4 est inconnu mais, si la voie est réellement sécurisée, les modérément modérés se trouveront coupés de leurs arrières. Dès lors, une évacuation n’est pas impossible, ce qui ferait gagner aux loyalistes une portion significative de territoire sans combattre.

Deuxième point intéressant, dont personne ne parle : quid de Jisr al-Chogour ? Cette place-forte djihadiste (2), perdue par le gouvernement en 2015, se trouve sur la M4 et est donc comprise dans le cordon de sécurité. Peut-on décemment imaginer que les milices qui la tiennent désarmeront ? Toujours est-il que, dans le cas où cet accord serait réellement mis en place, la vision de soldats russes patrouillant au milieu des regards acérés des djihadistes tchétchènes ou turkmènes vaudrait son pesant d’or.

Nous n’en sommes pas là, car le respect du cessez-le-feu est tout sauf sûr et Al Qaeda s’est déjà prononcé contre. Si la trêve est rompue, les Syro-Russes, dont la position est légitimée par l’accord, devraient être en position de force pour reprendre l’offensive. En voyant sortir le sultan, il paraît que la Grande Catherine n’a pu s’empêcher de sourire…

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Le message symbolique et non verbal du président Assad qui affole les analystes israéliens et les cabbalistes du monde entier

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Le message symbolique et non verbal du président Assad qui affole les analystes israéliens et les cabbalistes du monde entier

Lors d’un discours commémorant la victoire d’Alep le 17 février dernier, le président de la République Arabe de Syrie est apparu dans un bureau où il n’y avait aucun drapeau syrien ou armoire de l’Etat syrien.

Attablé derrière un bureau vide mis à part un moniteur discret, le président Assad a délivré son discours en mettant à sa droite un faucon dont les yeux étaient tournés vers la droite:

et une très étrange fiole en verre remplie de liquide de couleur ambre à sa gauche:

Le président Bashar Al-Assad a tenu à ce que ces deux objets remplacent respectivement le drapeau national syrien et les armoiries de l’État avant la diffusion d’un message destiné à célébrer la victoire d’Alep. Ce message aurait pu passer inaperçu si ce n’est l’affolement qui a commencé à s’emparer des cabbalistes et des analystes israéliens qui ont commencé à décoder la symbolique cachée des images de ce discours. C’est en fait un message dans le message destiné au mouvement sioniste international et à la Cabbale talmudiste au pouvoir en Israël et imprégnant les États profonds aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, aux Pays-Bas, au Danemark et en Allemagne. Le décryptage de ce message non verbal affole l’internationale sioniste et les dirigeants israéliens dont la superstition est toujours sans aucune limite. Il implique trois éléments importants:L’absence de drapeau syrien et de tout signe représentatif de la République Arabe Syrienne indique que la guerre en cours ne concerne pas la Syrie mais relève d’un conflit plus grand et plus étendu impliquant des acteurs non toujours identifiés par la communication verbale, conventionnelle et formatée.

La présence de la statue d’un faucon tourné vers la droite signifie que Assad ne se rendra jamais et continuera à se battre. Le faucon est la figure tutélaire des pilotes syriens et c’est également le symbole du Chef de l’Etat. Le père de Bashar Al-Assad, Hafez, était à l’origine un pilote de chasse et un stratège hors-pair. C’est d’ailleurs grâce à lui que l’État syrien ne s’est pas totalement effondré après neuf ans de guerre. C’est la raison pour laquelle le gouvernement syrien fait tout son possible pour utiliser coûte que coûte son aviation militaire en dépit de la perte de 120 000 militaires et de plus de 2800 blindés. L’ État syrien tel qu’il a été structuré depuis le milieu des années 60 est un État de pilotes de chasse.

La fiole ambrée est l’objet ayant le plus affolé les destinataires du message symbolique d’Assad: cette fiole contiendrait de l’eau issue du lac de Tibériade ou mer de Galilée, un lac emblématique situé entre le plateau du Golan et la Galilée. Cette eau a été ramenée dans une gourde par deux soldats syriens ayant pénétré derrière les lignes israéliennes lors de la guerre d’octobre 1973, haut fait d’arme pour lequel ils ont été condamnés à mort par une cour martiale pour désobéissance en temps de guerre. Peine commuée plus tard en peine à perpétuité avant qu’ils ne soient graciés. Le second soldat avait rempli son sac à dos avec du sable des rives du lac de Tibériade et ce sac lui a d’ailleurs sauvé la vie. Les deux militaires tentèrent de rencontrer le Commandant-en-Chef de l’Armée syrienne et après beaucoup de difficultés ils purent être reçus en audience par le président Hafez Al-Assad a qui ils confèrent l’eau et le sable de Tibériade. Le sable fut transformé en fiole de verre par l’un des meilleurs artisans de Damas et cette fiole servit de réceptacle à l’eau de Tibériade. Cet objet devint le symbole du serment du Golan: tôt ou tard, la Syrie récupérera le plateau du Golan et ses soldats, les siens ou ceux de ses alliés, arriveront au lac Tibériade et livreront une bataille mémorable près du site d’Armageddon. C’est cette référence apocalyptique qui effraie le plus les analystes israéliens. Le discours diffusé sur les chaînes syriennes n’a pas été saisi par les populations syriennes mais parfaitement reçu par les Cabbalistes sionistes et leurs relais.

Le message est clair: la guerre est entre Assad et l’internationale sioniste et l’enjeu de cette guerre de presque une décennie est le plateau du Golan. La perte du plateau du Golan par Israël signifie sa fin et sa fin ne saurait intervenir sans de grands troubles et bouleversements violents dans la structure des relations internationales héritées ou mises en place depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945 et l’instauration d’un nouvel ordre mondial où le Sionisme international eut un rôle de plus en plus évident depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948 et plus encore depuis les attentats sous fausse bannière du 11 septembre 2001 visant à détourner l’éveil des populations et leur prise de conscience vis à vis de cette réalité à travers le fardeau d’un système économique et financier mondiale profondément injuste et prédateur méprisant l’humain et toute forme d’éthique.

A travers ce message, Assad démontre qu’il connaît à qui il a affaire et cette donne effraie les commanditaires des guerres en Syrie et ailleurs. La propagande universelle va sans doute noyer le poisson et diaboliser davantage Assad (il l’est déjà suffisamment depuis près de deux décennie dont une en conflit hybride violent) et qualifier ce message de these complotiste invraisemblable. Les faits sont têtus et Assad vient de démontrer qu’il maîtrise la communication symbolique avec son pire adversaire caché derrière une multitude de masques et de paravents. Un adversaire implacable et toujours cachés derrière un mur sémantique et conceptuel façonnent sa propre conception de la réalité imposée au monde par un très puissant appareil de propagande. La guerre en Syrie comporte de ce fait un aspect eschatologique certain.

On est en 2020 et le 15 mars la guerre au Levant entrera dans sa dixième année.

https://strategika51.org/2020/03/08/le-message-symbolique-et-non-verbal-du-president-assad-qui-affole-les-analystes-israeliens-et-les-cabbalistes-du-monde-entier/

Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs

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Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs

Décidément, les israéliens persistent à utiliser des avions civils comme des boucliers derrière lesquels ils cachent leurs avions pour lancer des attaques contre des objectifs militaires à l’intérieur de la Syrie. La dernière attaque impliquant des F-16D et des F-35I confirme encore une fois cette tactique de l’aviation de combat israélienne: Deux appareils civils, l’un assurant le vol Beyrouth(Liban)-Doha (Qatar) et l’autre Basel (Suisse)-Doha (Qatar), ont servi à leur insu de boucliers aux avions de combat israéliens ayant lancé des dizaines de missiles de croisière de type Delilah sur des objectifs situés à Homs.

Les pilotes israéliens ont non seulement mis en danger les équipages et les passagers de ces deux vols mais escomptaient tromper les radars de la défense aérienne syrienne et russe afin de les amener à abattre les deux appareils civils. L’un des deux avions civils est un Airbus A330-243F de Qatar Cargo qui a été dérouté par la défense aérienne syrienne après l’activation des batteries SAM à Homs tandis que l’autre appareil reçut une consigne d’interdiction de survol à la dernière minute. Cela signifie que les opérateurs syriens et russes ont appris à gérer ce type de piège.

Cela signifie également que les avions de combat israéliens, y compris l’avion de combat furtif de cinquième génération F-35I dans sa variante israélienne ne parviennent toujours pas à pénétrer l’espace aérien syrien par l’Ouest.

Les israéliens accusent depuis longtemps leurs adversaires palestiniens d’utiliser des boucliers humains pour justifier leurs bavures. Or force est de constater que dans le conflit du Levant, les israéliens n’hésitent nullement à se planquer derrière des avions civils se dirigeant vers l’espace aérien libanais ou syrien pour tenter de leurrer les radars militaires syriens et lancer leurs missiles de croisière en toute sécurité. Une sur-réaction de la défense aérienne syrienne pourrait causer la perte d’un avion civil tiers. Ce qui donnera aux médias des pays hostiles à la Syrie et à la Russie une occasion de plus pour accuser Damas et Moscou d’abattre des avions civils.

Cela démontre le degré de sang-froid nécessaire pour contrer ce type d’attaques vicieuses menés par un ennemi connu pour abhorrer toute forme de Fair-Play ou des règles d’engagement.

La plupart des missiles de croisière Delilah ont été interceptés et contrés lors de la phase d’approche finale de la cible pour éviter toute erreur possible. Encore une fois, le bon vieux système Buk-M2E a démontré sa remarquable efficacité. Une efficacité dépassant celle du Pantsir S-1 même si les deux systèmes ne sont pas destinés à la même catégorie.

Personnel d’une batterie SAM Buk-M2E de la défense aérienne syrienne

Le conflit au Levant est l’un des plus complexes de l’histoire contemporaine et ce type de tactiques déloyales utilisés par les israéliens démontrent que l’absence apparente de réaction syrienne ou russe ne s’apparente pas à une inertie mais à une adaptation des moyens de riposte.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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3 Replies to “Les avions de combat israéliens F-16D et F-35I ont utilisés deux vols civils comme boucliers pour leurrer la défense aérienne syrienne et lancer des missiles de croisière Delilah sur des objectifs situés à Homs”

  1.  gossebo dit :A signaler que ce vol aussi risque un jour de se retrouver menace: https://zupimages.net/up/20/10/kiif.jpgchargement…Répondre
  2.  gossebo dit :Je me doutai que ldes vols en question c’etaient de Qatar Airways, ils passent toujours par la a des heures bien precises et ce tout les jours, il faudrait que les dirigents de la compagnie qatari se penchent serieusement sur cette question, s’ils ne veulent pas qu’un de leur A320, qui passe par la toutes les nuits ne se retrouve au tapis avec des centaines de morts sur les bras!chargement…Répondre
  3.  rocbalie dit :les Russes sont toujours dans la réaction c’est sans doute ce qui les perdra car seul l’effet de surprise désorganise des forces militaires !
  4. https://strategika51.org/2020/03/06/les-avions-de-combat-israeliens-f-16d-et-f-35i-ont-utilises-deux-vols-civils-comme-boucliers-pour-leurrer-la-defense-aerienne-syrienne-et-lancer-des-missiles-de-croisiere-delilah-sur-des-objectifs-sit/

On trouve des empreintes de la France partout chez les groupes terroristes d’Idlib

On trouve des empreintes de la France partout chez les groupes terroristes d’Idlib


Par Steven Sahiounie − Le 3 mars 2020 − Source Mint Press News

Wassim Nasr, un journaliste spécialiste des réseaux djihadistes à FRANCE 24, s’est récemment entretenu via Skype avec le chef du groupe djihadiste Furkat-al-Ghuraba, une filiale d’Al-Qaïda à Idlib, et recruteur de djihadistes français, Omar Omsen.

De nombreux terroristes français se trouvent aujourd’hui à Idlib, luttant pour établir un État islamique à partir d’une petite partie de la Syrie laïque. Leur rêve est une utopie sunnite à la frontière turque, où ils peuvent bénéficier du plein soutien du président turc Erdogan, qui est à la tête du parti AKP, un parti des Frères musulmans qui domine la Turquie depuis une vingtaine d’années.

Le fait d’être à la frontière turque leur offre le luxe d’être nourris et habillés par des agences d’aide internationales, comme le Programme alimentaire mondial des Nations unies, et d’autres groupes humanitaires qui distribuent des fournitures aux civils, ainsi qu’à leurs fils, frères, époux ou père qui sont à la solde d’al-Qaïda, financé par le Qatar et certaines monarchies du Golfe arabe. Les groupes humanitaires, y compris les Nations unies, travaillent comme des facilitateurs, prolongeant la souffrance des innocents en continuant les approvisionnements. Si les besoins quotidiens des familles des terroristes avaient été coupés, ces derniers auraient été contraints de fuir en Turquie, et éventuellement en Europe, pour bénéficier d’une plus grande partie des avantages gratuits offerts par la « Mère Merkel », en référence au chancelier allemand Angela Merkel.

Les terroristes français ont été recrutés directement en France, et non par internet. Le réseau Sevran, un réseau de recrutement de terroristes installé à Sevran, près de Paris, opérait à partir d’une salle de prière informelle, car il ciblait des jeunes hommes avec un mélange sophistiqué de tactiques psychologiques et, selon certains, de tactiques d’hypnose acquises par al-Qaïda au cours des décennies passées en Afghanistan, pays qui est connu pour ses compétences en hypnose perfectionnées qui existaient avant que les agents de terrain de la CIA ne débarquent mais qui ont été utilisées par la CIA dans son programme de djihad pour contrer la présence soviétique sur place.

Le recruteur djihadiste français, Omar Omsen, a simulé la mort en août 2015, pour réapparaître des mois plus tard dans une interview télévisée. On ignore combien de terroristes ont simulé leur mort pour effacer leur identité et se réinventer plus tard en Europe ou aux États-Unis.

Une photo non datée du recruteur français de État Islamique, Omar Omsen

Le gouvernement français a commencé à soutenir les terroristes en Syrie à partir de 2011, lorsque la CIA a ouvert son premier bureau à Adana, en Turquie, juste à la frontière d’Idlib. Les présidents français, de Sarkozy à Hollande, en passant par Macron, ont tous suivi le projet de « changement de régime » ordonné par les États-Unis en Syrie. En 2017, le président américain Trump a mis fin au programme de soutien de la CIA à al-Qaïda en Syrie. Cependant, al-Qaïda est pleinement opérationnel à Idlib et bénéficie d’un soutien très évident au plus haut niveau, sous forme d’armes, de munitions, de missiles anti-aériens, de drones et de salaires.

Les rebelles modérés syriens

En septembre 2015, le président syrien Assad a imputé la crise des réfugiés en Europe au soutien de l’Occident aux terroristes. En référence à la photo virale en ligne d’un enfant syrien échoué sur une plage turque, il a déclaré : « Comment pouvez-vous être triste de la mort d’un enfant en mer et ne pas avoir de sentiments pour les milliers d’enfants qui ont été tués par les terroristes en Syrie ? Et, aussi pour les personnes âgées, pour les femmes et les hommes ? Ces doubles standards européens ne sont plus acceptables ». Il a ajouté : « L’Occident soutient les terroristes depuis le début de cette crise, lorsque celui-ci a déclaré qu’il s’agissait d’un « soulèvement pacifique » – comme ils l’ont appelé. Ils ont dit plus tard que c’était une opposition modérée et maintenant ils disent que ce sont des terroristes genre al-Nusra et ISIS ». Jibhat al-Nusra est la filiale d’Al-Qaïda en Syrie et contrôle Idlib.

En juin 2015, le procès à Londres d’un Suédois, Bherlin Gildo, accusé de terrorisme en Syrie, s’est effondré après qu’il soit devenu clair que les services de renseignement britanniques avaient armé les mêmes groupes que ceux que l’accusé soutenait. L’accusation a abandonné l’affaire, apparemment pour éviter d’embarrasser les services de renseignements. Les agents des services de renseignement français travaillaient main dans la main avec les États-Unis et le Royaume-Uni en Syrie.

Un an après le début de la rébellion syrienne, les États-Unis et leurs alliés ne se sont pas contentés de soutenir et d’armer une opposition qu’ils savaient dominée par des groupes sectaires extrêmes ; ils étaient prêts à approuver la création d’une sorte d’ »État islamique« . L’habitude occidentale de jouer avec les groupes djihadistes, qui reviennent ensuite pour les mordre, remonte au moins à la guerre des années 1980 contre l’Union soviétique en Afghanistan, qui a favorisé la création d’al-Qaïda sous la tutelle de la CIA.

Sotchi 2018

L’accord exigeait que la Turquie évince les terroristes tels que Jibhat al-Nusra, en permettant à la Turquie de mettre en place 12 postes d’observation à Idlib pour séparer les terroristes des civils non armés. Cependant, près de deux ans après la conclusion de l’accord, la Turquie n’a pas respecté ses engagements et Moscou a ouvertement accusé la Turquie d’aider les terroristes. Cela a conduit à l’offensive de l’armée arabe syrienne à Idlib qui a commencé en décembre 2019 pour libérer les civils et éliminer tous les terroristes. Cette opération militaire est en cours et les Syriens, avec l’aide de la puissance aérienne russe, ont fait des progrès spectaculaires.

Les procès fantômes de la France

En janvier 2020, un tribunal parisien a jugé quelques terroristes français partis en Syrie, mais la majorité des accusés étaient déjà morts. Les médias français ont qualifié ce procès de « procès fantôme« .

Antoine Ory, l’un des avocats de la défense, a déclaré : « En France, en 2020, on refuse de rapatrier les vivants mais on juge les morts ». La France a pour politique de ne pas rapatrier ses terroristes, même s’ils sont des milliers en Syrie.

L’histoire de Hatay

La frontière entre la Syrie et la Turquie est une ligne relativement droite d’est en ouest jusqu’au fleuve Oronte, puis elle s’abaisse soudainement et se dirige vers le sud sur environ 80 miles. Ce morceau de terre manquant manifestement à la Syrie a été donné à la Turquie par la France en 1939 pour assurer que la Turquie se battrait pour la France contre l’Allemagne d’Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale.

Emmanuel Navon עמנואל נבון✔@emmanuelnavon - 28 mars 2019

La Turquie a arraché la province d'Alexandretta à la Syrie française en 1939 après un référendum truqué.

Le Conseil de sécurité de l'ONU va-t-il condamner ce changement territorial unilatéral ? #GolanHeights

Appelée Liwa Iskanderoun par les Syriens, la province est maintenant appelée Hatay, on y trouve les villes d’Antakya et d’Iskenderun, qui étaient auparavant connues sous les noms d’Antioche et d’Alexandretta. Cette région se trouve du côté turc d’Idlib.

En 1939, la région était composée d’un mélange de nationalités, avec des Turcs, des Turkmènes, des Arabes sunnites, des Alaouites, des Arméniens et des Grecs. Leurs descendants parlent encore aujourd’hui l’arabe, contrairement au reste de la Turquie qui ne parle que le turc. Avant 2011, le président turc Erdogan et le président syrien Assad avaient une relation très étroite et un accord a été signé pour construire un barrage de l’amitié syro-turque de 28 millions de dollars sur le fleuve Oronte. Hatay a été transformé en un lieu de rassemblement pour les terroristes internationaux, y compris des Français, qui ont afflué en Syrie pour participer à l’attaque des États-Unis, de l’OTAN et de l’UE contre la Syrie en vue d’un « changement de régime », et aujourd’hui le monde assiste à une possible guerre ouverte.

Steven Sahouni est un analyste politique et écrivain syrien indépendant basé au Liban

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/on-trouve-des-empreintes-de-la-france-partout-chez-les-groupes-terroristes-didlib

La place du Moyen-Orient dans le grand partenariat eurasien de la Russie

La place du Moyen-Orient dans le grand partenariat eurasien de la Russie


Par Andrew Korybko − Le 11 Février 2020 − Source One World

andrew-korybko

Le Grand Partenariat eurasiatique de la Russie envisage le rassemblement pacifique du supercontinent dans l’intérêt commun de la paix, de la stabilité et du développement, grâce à la stratégie d’« équilibre » de Moscou ces dernières années, pratiquée pour la première fois dans la région du Moyen-Orient, l’une des régions les plus importantes du monde pour le succès de cette construction hémisphérique.

The Mideast

Le grand Partenariat eurasiatique

La politique étrangère russe et, plus largement, la grande stratégie fait l’objet de vives discussions entre les experts du monde entier, mais tous les observateurs feraient bien d’accepter quelques faits objectifs sur la vision directrice de la Russie lorsqu’ils écrivent des analyses sur ce sujet. La grande puissance eurasienne poursuit officiellement ce qu’elle appelle son Grand Partenariat eurasiatique, que le président Poutine a décrit lors de son discours d’ouverture du deuxième Forum des Nouvelles Routes de la Soie pour la coopération internationale à Pékin en avril dernier comme « un projet conçu pour intégrer les cadres d’intégration, et donc pour promouvoir un alignement plus étroit des divers processus d’intégration bilatéraux et multilatéraux qui sont actuellement en cours en Eurasie ». Dans la pratique, il est prévu que la Russie profite de sa position centrale en Eurasie pour relier le reste du territoire continental par des solutions créatives qui tirent parti de sa diplomatie classique et militaire.

La stratégie syro-centrée de la Russie

Pour expliquer cela, la Russie met actuellement en œuvre une loi d’« équilibrage » en Eurasie par laquelle elle cherche à établir des relations tout aussi excellentes avec divers duos d’États rivaux, en particulier ceux qui sont ses partenaires non-traditionnels, afin que la paix, la stabilité et le développement puissent venir définir l’avenir du territoire continental. Dans le contexte du Moyen-Orient, cela concerne le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et l’Iran, le CCG et la Turquie, la Turquie et la Syrie, la Turquie et « Israël »« Israël » et la Syrie, et « Israël » et l’Iran. Cet objectif ambitieux est rendu possible par les nombreuses opportunités stratégiques qui se sont ouvertes dans la région après l’intervention militaire de la Russie en Syrie en 2015. Au lieu d’adopter une approche partisane du conflit comme beaucoup s’y attendaient, les forces aérospatiales russes ont concentré leurs attaques sur les combattants armés anti-gouvernementaux que Moscou et Damas considéraient comme des terroristes, la Russie évitant généralement les attaques contre des groupes qui, selon elle, ne méritaient pas cette désignation, bien que la Syrie ait parfois une opinion différente à leur sujet.

Cette approche « équilibrée » a servi les intérêts de la Russie en matière de sécurité tout en lui permettant de gagner en crédibilité auprès de l’opposition anti-gouvernementale non terroriste, après quoi Moscou a mis à profit son leadership diplomatique sur le conflit pour tenter de rapprocher les deux parties en vue d’un éventuel compromis politique dans lequel elle a commencé à s’investir après le lancement du processus de paix d’Astana en janvier 2017. La participation de la Turquie dans ce cadre, aux côtés de l’Iran, est d’une importance cruciale, même si Moscou et Ankara soutiennent des parties différentes, ce qui est la preuve de l’intention « d’équilibre » de la Russie. Bien que les réunions d’Astana n’aient pas eu une grande signification politique tangible, elles ont néanmoins réussi à réduire considérablement le conflit armé dans le pays grâce à la création de zones dites de désescalade, dont la plus importante se trouve à Idlib. En outre, la Russie a également refusé d’affronter directement les forces américaines dans le nord-est de la Syrie, ce qui a prouvé ses intentions modérées.

La loi d’« équilibrage »

Les actions « équilibrées » de la Russie en Syrie ont montré au reste de la région qu’elle est sérieuse dans sa volonté d’être aussi neutre que possible même en étant la puissance régionale dominante, un rôle très important compte tenu de l’incertitude provoquée ces dernières années par la politique généralement imprévisible des États-Unis. La bonne volonté dont la Russie a fait preuve tout au long de ses interventions militaires et diplomatiques en Syrie est la principale raison pour laquelle elle est aujourd’hui en mesure de s’enorgueillir de relations tout aussi excellentes avec les deux rivaux régionaux susmentionnés. La preuve de cette politique en pratique réside dans les nombreuses interactions du président Poutine avec ses homologues turcs, iraniens et « israéliens », ainsi que dans ses visites officielles en Arabie Saoudite et aux EAU en octobre dernier, qui ont eu lieu deux ans après que le roi saoudien Salman ait marqué l’histoire en étant le premier monarque de son pays à se rendre à Moscou. Rien de tout cela n’aurait été possible si la Russie n’avait pas gagné sa réputation de médiateur honnête.

C’est d’autant plus étonnant s’agissant d’une réussite diplomatique alors que la Russie continue de vendre des armes à certains de ces mêmes duos d’États rivaux. Auparavant, la Russie ne vendait ses marchandises qu’à la Syrie et plus tard à l’Iran, mais elle s’est récemment mise à conclure des accords avec la Turquie, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis également. Du point de vue de la stratégie globale russe, la vente d’armes aux deux parties d’une rivalité régionale n’a pas pour but de soutenir l’une contre l’autre, mais plutôt de maintenir l’équilibre des forces entre elles afin de faciliter les solutions politiques à leurs problèmes. Cela permet également à la Russie de faire des percées importantes avec ses nouveaux partenaires non traditionnels comme le CCG et la Turquie en montrant qu’elle ne laissera pas ses partenariats hérités avec l’Iran et de la Syrie entraver l’amélioration de leurs liens militaires bilatéraux. Une fois de plus, on ne saurait trop insister sur le fait que ce résultat global est le fruit de l’approche « équilibrée » de la Russie après son intervention militaire et diplomatique en Syrie.

Les catalyseurs de l’intégration économique

Dans le contexte gagnant de la diplomatie classique et militaire de la Russie au Moyen-Orient, il est tout à fait naturel qu’elle cherche à institutionnaliser ces relations dans un cadre économique avant de les intégrer globalement dans une vision commune. C’est là que réside l’importance des accords de libre-échange que la Russie veut conclure avec tous ses partenaires concernés sous l’égide de l’Union économique eurasienne. Elle a déjà conclu un accord intérimaire de cette nature avec l’Iran et en négocie actuellement un avec « Israël« , ce qui montre que ces deux ennemis ont au moins un intérêt commun à étendre leurs liens commerciaux avec la Russie. À l’avenir, il ne serait pas imprévisible de s’attendre à ce que la Russie ouvre des négociations similaires avec le CCG, la Syrie et la Turquie, dans le but d’élargir son influence régionale nouvellement acquise d’une manière mutuellement – et potentiellement même multilatéralement – bénéfique.

Le jeu final

Le Grand Partenariat eurasiatique est le cadre dans lequel ces initiatives à multiples facettes sont organisées, mais c’est bien plus qu’une simple vision du libre-échange à l’échelle du supercontinent dans le futur. C’est une composante intégrale de ce que la Russie poursuit, mais certainement pas la seule, car elle a également des projets militaires et politiques qui faciliteraient grandement cette éventualité si jamais ils entraient en pratique. En ce qui concerne le premier, la Russie a proposé l’année dernière un arrangement de sécurité global pour le Golfe, qui, s’il n’a été accueilli que tièdement, a néanmoins constitué un pas dans la direction de ce que Moscou souhaite réaliser, à savoir stabiliser cet espace stratégique afin d’encourager ses membres à se concentrer sur la résolution politique de leurs problèmes. En ce qui concerne ceux et celles de la région, comme l’antagonisme syro-turc, la Russie a offert ses services diplomatiques pour servir de médiateur entre toutes les parties concernées si jamais elles en font la demande.

La finalité est l’établissement de sa vision économique pour la Grande Eurasie, mais les chances que cela se produise sont grandement améliorées grâce au succès de ses efforts militaires et politiques, puisque ces deux derniers permettraient de maintenir le système de libre-échange qui, selon la Russie, créerait un système complexe d’interdépendance entre toutes les parties prenantes. Moscou admet que les désaccords entre certains pays persisteront probablement, mais elle croit que les intérêts communs de chaque partie en matière de paix, de stabilité et de développement font de son Grand Partenariat eurasiatique un objectif réaliste que chacun peut poursuivre. Après tout, le dénominateur politique commun entre tous ces pays est l’excellence de leurs relations avec la Russie, le seul pays, à l’exception peut-être de la Chine, qui peut se vanter d’entretenir des liens aussi privilégiés avec chaque partie. Toutefois, contrairement à la République Populaire de Chine, la Russie ne poursuit pas seulement des objectifs économiques, comme l’explique l’analyse de son Grand Partenariat eurasiatique présentée dans cet article.

Réflexions finales

Dans l’état actuel des choses, la Russie a raisonnablement suffisamment de chances de réaliser sa vision stratégique pour la région du Moyen-Orient. Il reste des obstacles impressionnants à surmonter, mais ils ne sont pas insurmontables. La Russie a déjà réussi à devenir un acteur indispensable dans les affaires régionales grâce à sa domination militaire et diplomatique sur le conflit syrien, qui a permis au pays d’expérimenter sa stratégie d’« équilibrage » qui a finalement donné des résultats très concrets dans les domaines politique, économique, militaire et stratégique jusqu’à présent. Il reste encore beaucoup de travail à faire et on ne sait pas très bien de quel calendrier on peut parler lorsqu’on discute de la mise en œuvre complète du Grand Partenariat eurasiatique, mais le fait est que le Moyen-Orient est l’une des régions les plus importantes du monde pour cette construction hémisphérique, et on peut donc prévoir que la Russie continuera à investir ses efforts dans la poursuite de ce grand objectif stratégique au cours des prochaines années.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Michel, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-place-du-moyen-orient-dans-le-grand-partenariat-eurasien-de-la-russie

Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

 Politique > Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

Kassem Soleimani

Politique

Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain!

La France n’est plus audible et surtout elle n’est plus crédible. Depuis qu’elle a abandonné toute « politique arabe », c’est-à-dire depuis que les néoconservateurs atlantistes font la loi au Quai d’Orsay, elle n’a cessé de se discréditer au Proche-Orient, où elle était autrefois respectée et écoutée.Partager sur facebookPartager sur twitterPartager sur linkedin

NICOLAS GAUTHIERAprès l’assassinat du général Kassem Soleimani, l’un des personnages-clés les plus populaires de la scène politique iranienne, dans l’une de ces « frappes ciblées » dont les États-Unis ont le secret, beaucoup s’attendaient à une rapide montée aux extrêmes. La riposte iranienne a pourtant été plutôt modérée. Mise en scène ou jeu de dupes ?

ALAIN DE BENOIST : L’assassinat du général Soleimani était pourtant un acte de guerre. Et même, si les mots ont un sens, un crime de guerre – ce qui ne l’a pas empêché d’être accueilli avec jubilation par Jaïr Bolsonaro et par Matteo Salvini, président du fan club des supporters italiens de Nétanyahou. Ce meurtre, organisé à partir de la base américaine de Ramstein, en Allemagne, grâce à des renseignements fournis par le Mossad à la CIA, est aussi un événement historique, car c’est la première fois que les USA revendiquent ouvertement l’élimination d’un dirigeant de premier plan d’un État souverain avec lequel ils ne sont pas officiellement en guerre. Rien à voir par conséquent avec l’élimination de Ben Laden ou d’Abou Bakr al-Baghadi. Pour trouver un précédent, il faut remonter à l’assassinat de l’amiral Isoroku Yamamoto en avril 1943, mais c’était dans le cadre de la guerre du Pacifique. Depuis, ce sont plutôt les services secrets qui tuent dans l’ombre ceux qu’ils veulent éliminer. Pour en avoir une bonne idée, lisez Lève-toi et tue le premier, le livre que vient de faire paraître Ronen Bergman, journaliste au quotidien israélien Yediot Aharonot, qui dresse une liste de 2.700 assassinats ciblés perpétrés depuis sa création par le Mossad (plus que la CIA et le KGB réunis).

À cet assassinat, les Iraniens ont en effet répondu de façon somme toute modérée, en faisant savoir à l’avance aux Américains, par l’intermédiaire des Irakiens, qu’ils allaient frapper une de leurs bases situées en Irak, ce qui a permis l’évacuation des soldats qui s’y trouvaient. Il est probable que l’Iran a bien compris que Trump voulait avant tout séduire ses électeurs « sionistes évangéliques » et qu’il n’avait pas l’intention de s’engager dans une nouvelle guerre avant l’élection présidentielle de novembre prochain. Cela dit, le Proche-Orient étant ce qu’il est, Trump, avec sa brutalité et son mépris du droit international habituels, a pris des risques considérables car dans cette région du monde, le moindre accident peut facilement dégénérer. Attendons la suite, car il y en aura une. Face à l’Iran, les Israéliens seront toujours prêts à mourir jusqu’au dernier Américain.

NICOLAS GAUTHIERLorsque Emmanuel Macron a tenté de jouer les intermédiaires entre Téhéran et Washington, Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, a déclaré que le président français était un naïf ou un complice de l’Amérique. La voix de la France semble ne plus être entendue au Proche-Orient. Pourquoi ?

ALAIN DE BENOIST : Parce qu’elle n’est plus audible et surtout parce qu’elle n’est plus crédible. Depuis qu’elle a abandonné toute « politique arabe », c’est-à-dire depuis que les néoconservateurs atlantistes font la loi au Quai d’Orsay, la France n’a cessé de se discréditer au Proche-Orient, où elle était autrefois respectée et écoutée. Elle a assisté sans mot dire au démantèlement de l’Irak de Saddam Hussein. Elle a pris une part active au lynchage de Kadhafi, et s’entête à soutenir en Libye le gouvernement fantoche de Fayez el-Serraj. Alors que, depuis l’ère Obama, les États-Unis semblaient avoir amorcé un désengagement, au moins partiel, dans la région, tandis que les Anglais s’embourbaient dans leurs affaires intérieures, au lieu de tenter d’exploiter la situation à notre profit, nous avons rompu toute relation avec Damas pour soutenir objectivement des groupes terroristes hostiles au gouvernement syrien (al-Nostra, aujourd’hui Hayat Tahrir al-Cham). Vis-à-vis de la Turquie, nous ne savons pas sur quel pied danser. Au lieu de soutenir les chiites dans leur lutte contre les sunnites, nous n’avons pas réagi à des sanctions contre l’Iran qui nous visaient indirectement aussi, et nous nous sommes aplatis devant la prétention américaine à faire reconnaître par le monde entier la monstrueuse extraterritorialité de leurs réglementations juridiques et commerciales. Plus récemment encore, Macron n’a rien trouvé à redire au plan Donald Trump pour la « paix au Proche-Orient », qui n’était qu’une déclaration de guerre aux Palestiniens destinée à conforter dans ses positions un Nétanyahou menacé d’être jugé pour corruption aggravée. Alors que Vladimir Poutine est aujourd’hui devenu l’incontournable maître du jeu au Proche-Orient, parce qu’il est le seul à pouvoir parler avec les mollahs iraniens comme avec Nétanyahou, avec les Américains comme les Syriens, avec Erdogan comme avec les pays du Golfe, nous n’avons plus personne comme interlocuteur et nous n’avons quasiment plus de renseignements sur quoi que ce soit.

NICOLAS GAUTHIEREt la guerre qui se poursuit au Sahel ? Peut-elle être gagnée ?

ALAIN DE BENOIST : Compte tenu de la disproportion des forces engagées (quelques milliers d’hommes censés « pacifier » un territoire aussi grand que l’Europe), elle ne peut l’être en aucun cas. On peut en revanche gagner du temps et espérer stabiliser la situation pour qu’elle ne s’aggrave pas. Mais encore faut-il se demander au profit de qui. Cette guerre n’aura en effet aucun sens aussi longtemps que l’on n’aura pas compris que le problème est avant tout politique, et non pas militaire, et que l’agitation « islamiste » dans la région n’est que la surinfection de conflits ethniques séculaires opposant, dans les pays de la bande saharo-sahélienne, les agriculteurs sédentaires du Sud et les pasteurs nomades du Nord (Peuls et Touaregs). Aussi longtemps que nous n’imposerons pas aux gouvernements que nous aidons – ce dont ils ne nous sont guère reconnaissants d’ailleurs – de procéder aux réformes politiques qui seules permettraient d’apaiser ces conflits, nous perdrons notre temps et mettrons la vie de nos soldats en danger pour rien. Le drame est que l’opinion publique, qui ne comprend pas que la politique extérieure est sur le long terme la seule qui compte, ne connaît pas plus ce dossier qu’elle ne connaît les autres – puisqu’elle prend la Crimée pour une partie de l’Ukraine et les séparatistes de Hong Kong pour des militants « pro-démocratie » !

Source : Boulevard Voltaire

Syrie – Une autre brève note sur les récents développements

Syrie – Une autre brève note sur les récents développements


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama – Le 2 mars 2020

Après la confusion causée par le retrait soudain des forces russes et les attaques de drones turcs qui ont suivi, tout semble être revenu à la normale.

Les avions russes bombardent à nouveau les djihadistes et la Russie a dit à la Turquie qu’aucun de ses avions ou drones ne serait en sécurité dans le ciel syrien.

Le Pentagone a annoncé qu’il ne fournira pas de soutien aérien à la Turquie. Il n’enverra pas non plus de défense anti aérienne Patriot à la Syrie, mais le président Trump a promis qu’il demanderait aux autres pays de l’OTAN de le faire. Il est probable qu’ils refuseront. Il semble que le Pentagone ait gagné le combat contre le Département d’Etat qui soutenait la demande turque de protection.

Le président Erdogan a déclaré que la Turquie n’a pas de « problème particulier » avec les forces russes et iraniennes alignées à Idleb. Ceci en réponse à l’avertissement de l’Iran et du Hezbollah que les troupes turques dans leurs « postes d’observation », désormais encerclés, seraient des cibles faciles. Les unités turques qui ont envahi Idleb sont restées silencieuses aujourd’hui.


Source : Peto Lucem – Agrandir

L’armée syrienne a de nouveau repris les zones qui avaient été perdues la semaine dernière. La ville de Saraqib est à nouveau libérée. La Russie a fait savoir que sa police militaire s’occuperait de la sécurité de la ville. Cela signifie qu’elle est maintenant hors de portée du Jihad turc. L’autoroute M5 peut maintenant être réouverte et sera sécurisée.

Une autre grande opération d’approvisionnement en provenance de Russie est en cours. Au cours des trois derniers jours, deux navires de débarquement russes, qui transportent généralement des armes lourdes comme des chars, ont traversé le Bosphore en direction de la Syrie. Huit avions de transport stratégique Ilyushin Il-76 ont atterri à Hmeymim, Lattaquié, au cours des trois derniers jours. Ils transportaient probablement des systèmes de défense aérienne ou des avions de chasse supplémentaires.

Ce réapprovisionnement devrait faire taire ceux qui disent que la Russie a abandonné la Syrie.

Erdogan veut Idleb, mais ni la Syrie, ni l’Iran, ni la Russie ne le lui permettront.

Le président Poutine rencontrera Erdogan au cours des prochains jours pour s’assurer qu’il a bien compris cela.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/syrie-une-autre-breve-note-sur-les-recents-developpements