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La Russie découvre un laboratoire chimique à Douma

La Russie découvre un laboratoire chimique à Douma

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L’armée russe a découvert un laboratoire chimique clandestin à Douma, dans la zone abandonnée par les jihadistes.

Des précurseurs d’armes chimiques, comme du thiodiglycol et de la diethanolamine s’y trouvaient, a affirmé le spécialiste de ce type d’arme, Alexander Rodionov, sur Rossiya TV, le 17 avril 2018. Ils servent notamment à la fabrication de gaz moutarde

http://www.voltairenet.org/article200786.html

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19.avril.2018 // Les Crises

Syrie : Bombardements foireux à la diafoirus, par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 16-04-2018

D’abord, qu’on arrête de parler de « frappes ». Chirurgicales ou non, ces actes de guerre sont destinés à tuer et à détruire et ne sauraient s’assimiler à de simples fessées punitives. Paradoxalement, les bombardements occidentaux du 14 avril 2018 effectués sur la Syrie n’ont fait que trois blessés légers ; ils ont suscité en tout cas des scènes de liesse populaire et renforcé le prestige de Bachar al-Assad, leader arabe qui aura mis en échec la stratégie occidentale au Proche-Orient. Brillant résultat !

En dehors de toutes considérations géopolitiques (nous y reviendrons), on a atteint – avec les dernières péripéties de la crise syrienne -, des sommets himalayens de bêtise et de vulgarité. Bêtise globalisée, méchante et d’un manque total de distinction dans les deux sens du terme – séparation et excellence -, élevée au plus haut niveau d’une communication politique et diplomatique tellement primitive, mais érigée en modèle car émanant du président le plus puissant de la planète. L’un de ses derniers Tweets avant les bombardements : « que la Russie se tienne prête, car ils arrivent nos missiles, beaux, nouveaux et intelligents ». De précédents messages parlaient de « Bachar, l’animal… » Quoiqu’on puisse penser du président syrien, l’emploi d’un tel vocabulaire ajoute inutilement morgue, grossièreté et mépris aux malheurs du monde.

En l’occurrence, la comparaison souvent faite entre Donald Trump et Le Docteur Folamour1, bien trop faible, est loin d’épuiser l’hallucination collective provoquée par cette « diplomatie de l’injonction » et ces tweets à la tronçonneuse du président américain. Et qu’on évite – ici – de parler du « pragmatisme américain » pour « appeler un chat, un chat » et soulignons plutôt que Donald Trump nous impose ses certitudes et son style : celui d’un parvenu persuadé que l’argent est la mesure de toutes choses, celui d’un rustre dont l’éducation nous ramène à l’ère des australopithèques ; en définitive, celui d’une autre catégorie de personnages si bien qualifiés par Michel Audiard : « les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît ».

Cette phénoménologie de l’indigne est trop peu relevée pour qu’ ici nous lui consacrions justement quelques lignes, d’autant que les journalistes s’en font les zélés diffuseurs, voire les propagandistes dociles, sans même se rendre compte qu’elle finit par atteindre la structure de leur langue et de leurs raisonnements. Mais avant d’essayer d’évaluer les conséquences de l’attaque occidentale, reprenons l’enchainement étonnant que viennent de nous imposer trois des grands dirigeants occidentaux et leurs intervieweurs.

DOUBLE PERNOD

Le 12 avril dernier, Jean-Pierre Pernaut, le « journaliste de proximité » de TF1 – qui présente le journal de 13 heures – a donc interviewé le président de la République dans l’école communale d’un petit village de l’Orne : Berd’huis. Lorsque Emmanuel Macron affirme détenir « les preuves » d’une attaque chimique (ou plutôt au chlore), attribuable à Bachar al-Assad soi-même, le « journaliste » n’a pas le réflexe professionnel minimal de lui demander « lesquelles ! Plus concrètement « de quelles preuves disposez-vous Monsieur le président ? », ni de le relancer sur les fondements d’ une totale absence de doute… « Double Pernod » – comme l’a baptisé la profession depuis des années – va ainsi servir la soupe durant toute la durée de l’entretien, sans poser une seule question anglée, sinon dérangeante.

La mansuétude des journalistes français, chargés d’interroger les présidents de la République, est un vieux serpent de mer, puisque c’est le service de communication de l’Elysée qui traditionnellement s’invite dans le média de son choix, en choisissant les journalistes-intervieweurs et les thèmes de l’entretien. Survivances du Roi-Soleil, ces pratiques font, depuis longtemps, la risée de notre pays et de sa caste médiatique dans le monde entier, à qui nos dirigeants continuent pourtant à donner des leçons quotidiennes en matière de droits humains et de liberté de l’information !

Deux jours auparavant, la chaine américaine Fox-News – créée par Rupert Murdoch et pourtant réputée pour sa ligne éditoriale néo-conservatrice – interviewait un sénateur républicain partisan de Donald Trump. D’une manière professionnelle, le journaliste Tucker Carlson est revenu à plusieurs reprises sur la question des « preuves » de la présumée attaque chimique et sur les objectifs des « frappes annoncées », ainsi que sur la suite et les conséquences de cette attaque militaire. Affichant sa parfaite connaissance du dossier, le journaliste de Fox-News a rappelé que les « frappes américaines » de l’année dernière sur une base aérienne syrienne avaient été suivies quelques mois plus tard d’un mea culpa du secrétaire à la Défense James Mattis, reconnaissant que les preuves d’une attaque chimique « n’avaient pas été suffisamment complètes et certaines » pour justifier une telle attaque.

Ne s’en laissant pas compter par le sénateur républicain, le journaliste a rappelé que la Maison Blanche avait déclaré solennellement que l’objectif n’était pas celui d’un « Regime Change » en Syrie. Question légitime suivante, « alors quelles étaient les objectifs de ces frappes ? ». Acculé, le sénateur devait reconnaître qu’Israël avait demandé cette intervention militaire américaine, afin d’affaiblir « une Syrie, alliée du Hezbollah libanais ». Ultime question : « on comprend bien l’intérêt israélien, mais pas l’intérêt américain… » Le sénateur devait conclure en se prenant les pieds dans le tapis essayant d’expliquer que les intérêts israéliens étaient « les mêmes que ceux des Etats-Unis… »

C’est quand même autre chose que Double Pernod, même si on passe d’un excès à l’autre : de l’aplaventrisme des Pernod/Delahousse aux fausses ruptures Bourdin/Plenel d’hier soir. Emmanuel, Emmanuel… visiblement, ces deux-là ne savent pas que M. Macron est président de la République. Nous y reviendrons la semaine prochaine, toujours est-il que ces dommages collatéraux médiatiques n’auront pas empêcher l’emballement d’une machinerie absurde et malheureusement inéluctable.

LOGIQUE A MARCHER SUR LA TÊTE

Première étape : entre tweets et communiqués officiels, les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne affirment qu’ils vont attaquer, quoiqu’il arrive, et que leur riposte à des « attaques chimiques » présumées est inéluctable. Donc, s’ils ne le font pas, ils se déjugent, et fixent eux-mêmes l’ engrenage du déclenchement d’une opération militaire.

Deuxième étape : ensuite seulement, on cherche des preuves qu’on aurait dû, semble-t-il, accumuler avant d’affirmer qu’on allait attaquer.

Troisième étape : enfin, on attaque « l’arsenal chimique clandestin du régime syrien », selon les propres termes du communiqué de l’Elysée du 14 avril dernier. Ouf ! Ainsi on peut considérer que le problème est réglé et définitivement réglé !

A ce stade, une question fondamentale s’impose : si l’arsenal chimique syrien n’a pas été démantelé comme prévu après l’accord russo-américain de septembre 2013 et que subsistent des laboratoires de recherche, des stocks de composants chimiques et des unités spécialement entraînées à utiliser ce type d’armements, pourquoi n’a-t-on pas réagi beaucoup plus tôt en amont, pourquoi après la dernière attaque présumée n’a-t-on pas immédiatement déployé – sur le terrain – les inspecteurs de l’Organisation de l’interdiction des armements chimiques (OIAC)2 ?

Pourquoi l’OIAC est-elle immédiatement saisie dans l’affaire de l’ex-espion russe empoisonné en Grande Bretagne, alors qu’on traîne les pieds pour envoyer les inspecteurs de l’ONU en Syrie ? La réponse à cette question est très simple : en 2002, le premier directeur général de l’OIAC – le grand diplomate brésilien José Bustani avait eu l’outrecuidance de vouloir envoyer ses inspecteurs en Irak afin de chercher les fameuses armes de destruction massives dans leur version chimique – armes qui, selon George W. Bush et Tony Blair, pouvaient menacer la terre entière en moins de 45 minutes !

A l’époque sous-secrétaire d’Etat pour le contrôle des armes et la sécurité internationale, John Bolton ( patron depuis quelques jours du Conseil américain de sécurité nationale) s’était précipité au siège de l’OIAC à La Haye pour obtenir la tête de José Bustani, en menaçant au passage les enfants du diplomate brésilien vivant à New York. De fait, depuis 2002, l’OIAC est marginalisée par les Etats-Unis qui préfèrent s’adresser à des inspecteurs « indépendants », souvent rattachés aux services spéciaux américains ou britanniques…

Toujours est-il que face aux preuves des Casques blancs et de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov réplique que « l’attaque chimique présumée en Syrie est une mise en scène à laquelle ont participé les services spéciaux d’un État » (non nommé), mais désigné comme « russophobe ». Sergueï Lavrov en conférence de presse : « nous disposons de preuves irréfutables qu’il s’agissait d’une nouvelle mise en scène, et que les services spéciaux d’un État actuellement en première ligne d’une campagne russophobe ont participé à cette mise en scène ».

En effet, images et témoignages de la dernière attaque chimique présumée de la Ghouta ont été principalement rapportés par deux sources : l’ONG des Casques blancs – créée de pied en cap par le MI6 (service britannique du renseignement extérieur) pour appuyer Jabhat al-Nosra (c’est-à-dire la Qaïda en Syrie) durant la reconquête d’Alep par l’armée gouvernementale syrienne ; et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), basée à Londres et citée par les médias occidentaux comme une agence de presse alors qu’elle est une officine politique liée aux Frères musulmans. Ces deux sources sont-elles suffisamment crédibles pour fonder une opération militaire d’envergure ?

Comme en septembre 2013, les autorités françaises exhibent une « note » des « services de renseignement ». Diantre ! Celle brandie à l’époque par le premier ministre Jean-Marc Ayrault était une collection de laborieuses suppositions.

La dernière n’est pas meilleure, puisqu’elle rassemble un condensé d’images collectées sur You-tube. Du solide ! En février 2003, l’auteur de ces lignes a assisté à la séance du conseil de sécurité qui a vu le général Colin Powell (alors secrétaire d’Etat) brandir un prétendu échantillon des armes chimiques irakiennes et projeter un diaporama voulant prouver que Saddam Hussein et Oussam Ben Laden étaient les meilleurs copains… On connaît la suite !

Toujours est-il que les sources des services spéciaux contactées (qui ne peuvent s’exprimer publiquement) ne sont pas très enthousiastes de se voir ainsi, une fois de plus, instrumentalisées pour justifier – a posteriori – une décision du pouvoir exécutif, prise sur la base de considérations plus politiques que tactiques ou stratégiques, en tout cas en fonction d’un enchaînement d’une logique à marcher sur la tête… qui ne tient pas debout. C’est peu de le dire ! Les journalistes – plus que jamais dans leur rôle de passe-plats de propagande – ont repris en coeur : « quelle riposte apportée à des attaques chimiques présumées ? ». Des ripostes présumées ?

POTION DE DOCTEURS DIAFOIRUS

S’ils avaient relu, ou seulement lu De la guerre, le fameux traité de Carl von Clausewitz, nos dirigeants auraient compris que toute opération militaire vise deux finalités : des objectifs opérationnels et des buts politiques. Avant de revenir sur ce dernier aspect, voyons donc les objectifs.

La communication gouvernementale officielle nous dit que les cibles ont été au nombre de trois. D’abord le CERS (Centre d’études et de recherches scientifiques de l’armée syrienne), situé au-dessus de Damas. Dès les années 1970, Allemands de l’Est, puis Allemands de l’Ouest y collaboraient avec des scientifiques arabes de plusieurs nationalités, tandis que des agents français y donnaient des cours de langue… Des bureaux de la Garde républicaine, dont la mission est de protéger Damas, sont aussi installés dans le bâtiment du CERS. Le chef de cette unité d’élite, Maher al-Assad (le frère de Bachar) aurait pu, selon différentes sources, commanditer la dernière attaque présumée chimique dans le dos de son frère ! A voir… Toujours est-il que ces locaux avaient été déménagés depuis belle lurette et qu’on y a vraisemblablement bombardé des cages à poules vides.

Les deux autres cibles se trouvent dans la région de Homs – sur l’Oronte au centre du pays – abritant des « centres de production et de stockage du programme clandestin chimique du régime ». Là-aussi, il semble bien que les locaux fussent désertés et que les missiles occidentaux aient fait chou blanc. A ce stade, une conclusion provisoire devrait s’imposer : cette fois-ci l’arsenal chimique syrien est détruit et on peut estimer que c’en est définitivement fini des attaques chimiques, donc aussi des bombardements occidentaux. Or Trump dit qu’il est encore prêt à dégainer ?

Dans tous les cas de figures, ces objectifs opérationnels s’avèrent mineurs et leur destruction ne change en rien l’anatomie et les évolutions majeures de la guerre qui se poursuit en Syrie. Selon le ministère russe de la Défense, sur une centaine de missiles tirés par la coalition occidentale, 73 auraient été neutralisés et déviés de leur cible par l’armée syrienne !? Ce bilan s’apparente à une potion digne du docteur Diafoirus de Molière ou du Knock de Jules Romains : « est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous gratouille ? » Bref, n’importe quoi !

Diligenté au nom de la morale et des valeurs universelles visant à « protéger les populations », cette potion très inappropriée, risque au contraire d’aggraver le mal qu’elle était censée atténuer en confortant les différentes logiques conflictuelles en œuvre dans la guerre civilo-globale de Syrie.

GEOPOLITIQUE EN CARTON

Le 17 février dernier, depuis la Conférence sur la sécurité de Munich, prochetmoyen-orient.ch révélait le contenu d’un télégramme diplomatique britannique détaillant la nouvelle stratégie occidentale en Syrie3. En pure démonstration clausewitzienne, les objectifs militaires étaient parfaitement définis : miser sur la poursuite de la guerre en attisant la rivalité turco-kurde et la multiplication des ingérences militaires israéliennes. Sur le plan des buts politiques, sinon géopolitiques, même clarté de mise : punir Assad, intimider les Russes, menacer les Iraniens.

Avant d’engager toute espèce d’opération militaire, les dirigeants occidentaux devraient penser – bien-sûr – au jour d’après. Et l’on pense communément qu’ils sont suffisamment responsables pour le faire. Le fait est que plusieurs précédents récents ne confirment pas ce réflexe de bon sens : Irak (2003), Libye (2011), Yémen (2014). Alors que peut-il se passer maintenant ?

Le prestige de Bachar al-Assad est conforté : comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, et Hassan Rohani, le président iranien, il incarne une espèce de nouveau Nasser qui résiste aux Occidentaux. Les Russes gardent tête et diplomatie froides, mais ils sont furieux et feront payer la note, tôt ou tard. De fait, le Hezbollah n’est pas (encore) puni, les Russes ne sont pas intimidés et les Iraniens se préparent à la décision de Donald Trump qui vraisemblablement abrogera l’accord sur le nucléaire iranien le 12 mai prochain.

Par conséquent, les buts de guerre des bombardements occidentaux s’avèrent particulièrement désastreux et il n’est pas exagéré de les qualifier de « fiasco diplomatique », d’autant que la France en rajoute sur le plan de la russophobie ordinaire. Il faut ré-écouter les déclarations de François Delattre – notre ambassadeur aux Nations unies – pour se demander quels sont les intérêts qui poussent ainsi notre pays à se mettre en pointe contre Moscou. En janvier 2016, l’auteur de ces lignes assiste – médusé – au discours de la Sorbonne de Jean-Yves Le Drian (alors ministre de la Défense), dissertant sur les deux ennemis principaux de la France : Dae’ch – l’Organisation « Etat islamique » et… la Russie !

Il y a quelques jours, le même (devenu ministre des Affaires étrangères) s’est rendu à Kiev où il a pris ouvertement parti pour les Ukrainiens contre les « séparatistes pro-russes », annulant ainsi d’un mot les accords de Minsk pourtant partiellement initiés par la diplomatie française. Le chercheur Emmanuel Todd intervenait, il y a quelques jours, sur l’antenne d’une radio de service public en s’étonnant de deux choses : de « l’hystérie russophobe française » et de cette insistance à combattre en Syrie et ailleurs « des gens qui partagent nos valeurs les plus fondamentales » en s’alliant à des pays (dont l’Arabie saoudite) qui financent et propagent l’Islam radical dans le monde entier depuis plus de trente ans !

Dans la production entretenue de ce délire anti-russe, la palme revient – en particulier – à deux hauts fonctionnaires : Jean-Claude Mallet (inamovible conseiller de Jean-Yves Le Drian) et Jérôme Bonnafont, le patron d’ANMO (la direction proche-Orient du Quai d’Orsay) qui déclarait à des proches qu’il préférait voir Dae’ch à Damas que Bachar al-Assad… Charles (de Gaulle), réveille- toi, ils sont devenus fous, complètement fous !

NE PAS CONFONDRE LA SYRIE AVEC NOTRE-DAME DES LANDES

Comme toujours avec Emmanuel Macron, il s’agit de respecter les formes. Il a précisé que « conformément à l’article 35, alinéa 2, de la Constitution, le Parlement sera informé et un débat parlementaire sera organisé, suite à cette décision d’intervention de nos forces armées à l’étranger ». On engage d’abord les forces armées et on demande l’avis de la représentation nationale après… La démocratie française est vraiment curieuse. Heureusement, le service communicationnel après-bombardement est parfaitement assuré. Le général François Lecointre (Chef d’état-major des armées/CEMA) et la ministre de la défense Florence Parly montent à l’antenne pour saluer une « performance opérationnelle », sans bavure aucune. Et ils ont raison, car nos armées sont excellentes et (heureusement) exécutent rigoureusement les ordres que leur donne le pouvoir exécutif. Mais, comme en Libye avec l’opération Harmattan, l’excellence d’exécution militaire ne suffit pas. « Performance opérationnelle » certainement, « fiasco politique » assurément !

« En matière de politique étrangère, Emmanuel Macron fait pire que son prédécesseur François Hollande », déplore un ambassadeur de haut rang, « car prétendre qu’après ces bombardements la France pourra revenir dans le jeu diplomatique du Proche Orient est une parfaite illusion. Notre pays s’y est mis hors-jeu depuis mars 2012, lorsque Alain Juppé a pris la funeste décision de fermer notre ambassade à Damas ».

En définitive, Emmanuel Macron a confondu la Syrie avec la ZAD de Notre Dame des Landes : déclencher une opération de police pour faire respecter le droit en faisant attention de ne pas faire de mort… Mais, hélas, dans tous les cas de figures, cette opération ne modifiera en rien les évolutions de la guerre en Syrie, ni ne favorisera le retour de la France aux Proche et Moyen-Orient.

Bonne lecture et, néanmoins bonne semaine.

Richard Labévière
16 avril 2018

1 Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb) est une comédie militaire et satirique sortie en 1964 et réalisée par Stanley Kubrick d’après le thriller « 120 minutes pour sauver le monde », écrit par Peter George sous le pseudonyme de Peter Bryant. .
2 OIAC : l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, abrégée en OIAC est l’agence internationale des Nations unies qui veille à ce que la Convention internationale sur les armes chimiques soit bien appliquée par les États membres l’ayant signée. Elle a été créée le 29 avril 1997. Elle est basée à La Haye et son laboratoire à Rijswijk, aux Pays-Bas
3 Prochetmoyen-orient.ch : « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la stratégie occidentale ».

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 16-04-2018

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En quête de vérité dans les décombres de Douma – et les doutes d’un médecin sur l’attaque chimique, par Robert Fisk

17.avril.2018 // Les Crises

En quête de vérité dans les décombres de Douma – et les doutes d’un médecin sur l’attaque chimique, par Robert Fisk

Le reportage exclusif de Robert Fisk, qui a enquêté à Douma.

On restera évidemment prudent et plein de circonspection, tant la guerre de propagande fait rage entre les différents camps.

Source : Robert Fisk, The Independent, 16/04/2018

Exclusif : Robert Fisk rend visite à la Clinique syrienne au cœur d’une crise globale.

C’est l’histoire d’une ville appelée Douma, un endroit putride, ravagé, plein d’immeubles résidentiels défoncés, et où se trouve une clinique souterraine dont les images de souffrance ont permis à 3 des plus grandes puissances du monde occidental de bombarder la Syrie la semaine dernière. Il y a même un docteur sympa en blouse verte qui, alors que je le localise justement dans cette même clinique, me dit avec entrain que la vidéo du « gaz » qui a horrifié la planète – malgré tous les sceptiques – est absolument authentique.

https://www.dailymotion.com/embed/video/k1OSUqfpvhaczPqAQFa

Les récits de guerre, cependant, ont pour habitude de tourner au cauchemar. Et ce même médecin-chef syrien de 58 ans ajoute ensuite une chose profondément dérangeante : les patients, dit-il, ont été exposés non pas à du gaz, mais à un manque d’oxygène (hypoxie) dans les tunnels jonchés de déchets, et dans les sous-sols où ils vivaient, au cours d’une nuit de grand vent et de bombardements intensifs qui ont déclenché une tempête de poussière.

Tandis que le docteur Assim Rahaibani énonce cette conclusion extraordinaire, il est important d’observer qu’il n’est pas, de son propre aveu, un témoin lui-même, et que bon angliciste, il se réfère 2 fois aux djihadistes armés de Jaish el-islam [l’armée de l’Islam] à Douma comme à des terroristes, l’expression du régime qui désigne ses ennemis, et un terme utilisé par beaucoup de gens partout en Syrie. Ai-je bien entendu ? Quelle version des événements sommes-nous supposés croire ?

Par malchance aussi, les médecins de garde lors de cette nuit du 7 avril sont tous les 2 à Damas, afin d’apporter leurs indices de preuve à une enquête sur les armes chimiques, qui devra tenter de fournir une réponse définitive à cette question dans les semaines à venir.

Entretemps, la France a dit qu’elle avait « la preuve » que des armes chimiques avaient été utilisées, et les médias US ont cité des sources qui attestaient aussi ce fait. L’Organisation des Casques Blancs a aussi déclaré que ses partenaires sur le terrain traitaient 500 patients « présentant des signes et des symptômes correspondants à une exposition à des substances chimiques toxiques. »

Au même moment, les inspecteurs de l’OPCW, [Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques OIAC], sont dans l’impossibilité de parvenir ici sur le site de l’attaque au gaz alléguée, apparemment parce qu’ils n’avaient pas les bonnes autorisations de l’ONU.

Avant d’aller plus loin, les lecteurs doivent savoir que ce n’est pas le seul récit qui a cours à Douma. Il y a beaucoup de gens avec qui j’ai discuté au milieu des ruines qui déclarent qu’ils n’ont jamais cru à ces histoires de gaz – qui ont été fabriquées, disent-ils, par les groupes islamistes armés. Ces djihadistes d’un genre particulier ont survécu sous un déluge d’obus, en vivant dans les logements d’autres gens, et dans de vastes et larges tunnels équipés de routes souterraines creusées dans la roche par des prisonniers à l’aide de pioches sur 3 niveaux sous la ville. Je me suis promené dans 3 d’entre eux hier, des couloirs immenses faits de roche naturelle qui contenaient encore des roquettes russes – oui, russes – et des voitures carbonisées.

Ainsi, l’histoire de Douma n’est donc pas qu’une histoire de gaz ou pas, comme l’affaire en a l’air. Il s’agit de celle de milliers de gens qui ont choisi de ne pas évacuer la zone dans des bus la semaine dernière, aux côtés des combattants avec lesquels ils étaient forcés de vivre comme des troglodytes pendant des mois afin de survivre. Je me suis promené dans cette ville assez librement hier, sans soldats, sans policiers ou garde du corps qui scrute mes pas, juste 2 amis syriens, un appareil photo et un carnet. Parfois je devais escalader des remparts de plus de 6 mètres, ou gravir comme des murs de terre. Heureux de trouver un étranger parmi eux, plus heureux encore que le siège de la ville soit enfin terminé, la plupart ont le sourire ; enfin ceux dont vous pouvez voir les visages bien sûr, parce qu’à Douma, un nombre surprenant de femmes portent le hijab noir qui couvre tout leur corps.

Je me suis d’abord rendu à Douma en tant que membre d’un convoi de journalistes sous escorte. Mais une fois qu’un général ennuyeux nous eût annoncé sur le parvis d’une mairie démolie « Je n’ai pas d’informations. » – ce foutu langage officiel arabe d’une utilité remarquable – je me suis éclipsé. Plusieurs autres reporters, la plupart syriens, en firent autant. Même un groupe de journalistes russes – tous en treillis militaire – s’écarta du groupe.

Je pus rejoindre au bout d’une courte marche le docteur Rahaibani. Depuis la porte de sa clinique souterraine – appelée « Point 200 », dans la géologie bizarre de cette ville partiellement enterrée – il y a un couloir qui descend. C’est là où il m’a montré son hôpital inférieur, et les quelques lits où une petite fille pleurait tandis que des infirmières s’occupaient d’une coupure au-dessus de son œil.

« J’étais avec ma famille dans le sous-sol de ma maison, à 300 mètres d’ici au cours de la nuit. Mais tous les docteurs ici savent ce qui s’est passé. Il y avait un bombardement intense [par les forces gouvernementales] et les avions survolaient toujours Douma la nuit – mais cette nuit-là, il y avait du vent et des nuages de poussière gigantesques se sont engouffrés dans les sous-sols et les caves où les gens vivent. Des personnes qui souffraient d’hypoxie, en manque d’oxygène, commencèrent à arriver ici. C’est alors que quelqu’un à la porte, un « Casque Blanc », cria « Gaz ! », et ce fut la panique. Les gens se mirent à s’asperger d’eau les uns les autres. Oui, la vidéo a été filmée ici, elle est authentique, mais ce que vous voyez, ce sont des gens qui souffrent d’hypoxie – et non d’empoisonnement au gaz. »

Le correspondant pour le Moyen Orient de l’INDEPENDENT Robert Fisk dans l’un des tronçons de tunnels déblayé sous Douma par des prisonniers des rebelles syriens (yara Ismail)

Bizarrement, après avoir bavardé avec plus de 20 personnes, je me suis retrouvé incapable d’en trouver une seule qui montre le moindre intérêt pour le rôle que Douma avait pu jouer dans le déclenchement des attaques occidentales. En fait, 2 m’ont même dit qu’elles ignoraient qu’il y avait un lien.

Mais c’est un monde étrange dans lequel je me suis aventuré. 2 hommes, Hussam et Nazir Abu Aishe, me confièrent qu’ils étaient incapables de me dire combien de personnes avaient été tuées à Douma, bien que le second eût admis qu’il avait un cousin qui avait été exécuté par Jaish el-Islam [l’armée de l’Islam], pour avoir été suspecté d’être « proche du régime ». Ils haussèrent les épaules lorsque je les interrogeai sur les 43 personnes censées avoir péri lors de l’infâme attaque de Douma.

Les Casques Blancs – les secouristes médicaux déjà célèbres en occident mais dont la propre histoire présente des recoins intéressants – ont joué un rôle désormais bien connu durant les combats. Ils sont en partie financés par le Foreign Office [Ministère des Affaires Etrangères britannique], et la plupart des bureaux locaux étaient administrés par des hommes de Douma. J’ai retrouvé leurs bureaux démolis pas très loin de la clinique du docteur Rahaibani. Un masque à gaz trainait sur un container de nourriture avec un œil percé, et une pièce était occupée par une pile d’uniformes camouflés très sales. Mise en scène ? Je me le suis demandé mais j’en doute. L’endroit était jonché de capsules, d’équipements médicaux hors d’usage, et de dossiers, de lits et de matelas.

Bien sûr que nous devons écouter leur version des faits, mais ce ne sera pas le cas ici : Une femme nous a dit que tous les membres des Casques Blancs à Douma avaient abandonné leur Quartier Général et choisi de prendre les bus affrétés par le Gouvernement et protégés par les Russes, pour rejoindre la province rebelle d’Idlib avec les groupes armés, lorsque la trêve fut négociée.

Les étalages étaient ouverts, il y avait une patrouille de la Police militaire russe – un ajout optionnel lors de tout cessez-le-feu en Syrie à présent – et personne ne s’était même donné la peine d’investir les sous-sols de la prison islamiste interdite près du Square des Martyrs où les victimes étaient supposées être décapitées. Le complément de Police civile est fourni par le Ministère de l’Intérieur – ils portent de façon étrange des vêtements militaires – et ils sont surveillés par les Russes qui eux-mêmes peuvent – ou pas- être sous surveillance des seconds. Là encore, mes questions sérieuses sur le gaz furent accueillies avec ce qui sembla être une authentique perplexité.

Comment se pourrait-il que des réfugiés en provenance de Douma arrivés jusque dans les camps de Turquie aient pu décrire une attaque au gaz dont personne aujourd’hui à Douma ne semble se souvenir ? Je me suis dit, alors que je marchais dans les tunnels entrecroisés de ces misérables prisonniers, que les citoyens de Douma vivaient si isolés les uns des autres depuis si longtemps que « l’information » au sens que nous lui prêtons, n’avait tout simplement aucune signification pour eux. « La Syrie n’en produit pas comme la démocratie à la Jefferson » – comme j’aime cyniquement à le dire à mes collègues arabes – et c’est effectivement une dictature impitoyable, mais pas au point d’intimider ces gens heureux de voir des étrangers parmi eux, et de les empêcher de réagir avec quelques paroles de vérité. Alors que m’ont-ils dit ?

Ils m’ont parlé des islamistes sous le pouvoir desquels ils ont été obligés de vivre. Ils m’ont parlé de la façon dont les groupes armés avaient volé des logements aux civils pour se prémunir du gouvernement syrien et des bombardements russes. Les [islamistes de] Jaish el-Islam avaient brûlé leurs bureaux avant de fuir, mais les constructions massives qu’ils avaient édifiées à l’intérieur des zones de sécurité avaient été presque toutes réduites en bouillie par les raids aériens. Un colonel syrien que j’ai rencontré derrière l’une de ces constructions m’a demandé si je voulais me rendre compte de la profondeur de ces tunnels. Je me suis arrêté au bout de 2 kilomètres, lorsqu’il me fit observer en langage codé que « ce tunnel pourrait aussi bien mener jusqu’à la Grande Bretagne. » Ah oui… Mme May, me dis-je, dont les frappes aériennes ont été si intimement liées à ce lieu de tunnels et de poussière… Et de gaz ?

Source : Robert Fisk, The Independent, 16/04/2018

Traduit par BR pour le site www.les-crises.fr.

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Vers une alliance des chrétiens contre la guerre en Syrie

Vers une alliance des chrétiens contre la guerre en Syrie

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À l’initiative du patriarche Cyrille de Moscou (orthodoxe) et en collaboration avec le pape François de Rome (catholique), une alliance est en train de se nouer avec les patriarches Bartholomée Ier de Constantinople, Théophile III de Jérusalem, Théodore II d’Alexandrie et Jean X d’Antioche, pour s’opposer à la guerre en Syrie.

Elle fait suite à la Déclaration conjointe des patriarcats grec-orthodoxe, syriaque-orthodoxe et grec-melkite catholique d’Antioche et tout l’Orient sur le bombardement de la Syrie, publiée le 14 avril à Damas.

http://www.voltairenet.org/article200759.html

Syrie: missiles abattus, selon Damas, l’OIAC attendus à Douma mercredi

Syrie: missiles abattus, selon Damas, l’OIAC attendus à Douma mercredi

Des militaires russes patrouillent dans les ruines de Douma, le 16 avril 2018 / © AFP / LOUAI BESHARA

L’agence officielle syrienne a affirmé que des missiles avaient été interceptés mardi par la défense aérienne dans le pays, trois jours après des frappes occidentales menées en représailles à une attaque chimique présumée qui fait l’objet d’une enquête de l’OIAC dont les enquêteurs sont attendus mercredi à Douma.

La défense aérienne syrienne « a abattu des missiles qui étaient entrés dans l’espace aérien au-dessus de la province de Homs » qui couvre le centre de la Syrie, a affirmé l’agence de presse officielle Sana.

La télévision officielle syrienne n’a pas identifié l’origine des missiles mais a dénoncé une « agression ».

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de l’armée syrienne qui a déjà mené dans le passé des frappes en Syrie, a déclaré ne pas être « au courant d’un tel incident ». Et le Pentagone a démenti toute implication des Etats-Unis et de leurs alliés.

Cette annonce intervient trois jours après les frappes des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne contre des sites militaires du pouvoir de Bachar al-Assad, à la suite de l’attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas.

C’est à cette ville que les experts de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui ont entamé leur enquête dimanche, attendaient de pouvoir accéder pour enquêter sur cette attaque au gaz présumée.

La Russie a affirmé que leur entrée avait été retardée en raison de « problèmes de sécurité », notamment en raison des routes devant être déminées. Elle a ensuite assuré que leur arrivée était prévue mercredi.

La mission de l’OIAC « n’a pas encore été déployée à Douma », a annoncé lundi à La Haye le directeur de l’organisation, Ahmet Uzumcu, lors d’une réunion d’urgence des Etats membres du conseil exécutif. La Syrie et la Russie ont invoqué des « problèmes de sécurité », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d’une « entrave » aux inspecteurs de l’OIAC de « sans fondement » et soulignant que la Russie était dès le début « pour une enquête impartiale ».

– Travail d’enquête compliqué –

Les frappes occidentales sont intervenues malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l’OIAC qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d’enquêter sur l’utilisation éventuelle d’armes chimiques, mais pas d’en identifier les auteurs.

Leur travail s’annonce compliqué, plus d’une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté samedi la ville en ruines dans le cadre d’un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l’attaque présumée.

Les Etats-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d’avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. « Les Russes pourraient avoir visité le site de l’attaque. Nous craignons qu’ils ne l’aient altéré dans l’intention de contrecarrer les efforts de la mission de l’OIAC pour mener une enquête efficace », a déclaré l’ambassadeur américain auprès de l’organisation, Ken Ward.

« Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d’enquête de faire son travail », a-t-il ajouté.

Moscou, grand allié de Damas, s’est engagé à « ne pas s’ingérer » dans le travail de la mission de l’OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas.

Le régime syrien nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés selon les secouristes.

– « Demander des comptes » –

Le Royaume-Uni a quant à lui exhorté l’OIAC à « demander des comptes aux auteurs de l’attaque ».

« Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d’autres utilisations barbares d’armes chimiques, en Syrie et ailleurs », a déclaré l’ambassadeur britannique à La Haye Peter Wilson.

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l’occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales.

Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l’ambassadeur français à La Haye, Philippe Lalliot.

« Les faits sont là et têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes », a-t-il dit, affirmant qu’il n’y avait plus de doutes: « la Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013 ».

Cette année-là, après l’attaque au gaz sarin de la Ghouta qui déjà avait fait plusieurs centaines de morts selon les Occidentaux, le régime de Bachar al-Assad avait fini par rejoindre l’OIAC sous la pression internationale, et pris l’engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d’armes chimiques.

Paris a annoncé lundi avoir engagé la procédure de retrait de la légion d’honneur, plus haute distinction française, à l’encontre de Bachar al-Assad.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l’ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie, visant selon l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre, à « relancer une action collective pour le Conseil de sécurité sur le dossier chimique, pour protéger la population civile et travailler sur un règlement politique de la crise syrienne ».

(©AFP / 17 avril 2018 04h53)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-missiles-abattus-selon-Damas-l-OIAC-attendus-a-Douma-mercredi_RP/909376.rom

Les négociations secrètes USA-Syrie

Les négociations secrètes USA-Syrie

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La représentante états-unienne à l’Onu, Nikki Haley, a déclaré le 14 avril 2018 que « Les États-Unis refusent d’entamer un dialogue et de discuter avec le président Bachar al-Assad ».

Contredisant cette assertion, le journal libanais Al-Akhbar révèle que trois réunions à haut niveau ont eu lieu entre les deux États. Cependant la quatrième, prévue en mars, a été annulée par la Syrie qui la jugeait inutile tant que Washington ne changerait pas de politique.

http://www.voltairenet.org/article200748.html

Syrie: les enquêteurs de l’OIAC n’ont toujours pas eu accès à Douma

Syrie: les enquêteurs de l’OIAC n’ont toujours pas eu accès à Douma

Dans Douma, le 16 avril 2018 / © AFP / LOUAI BESHARA

L’équipe de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) n’avait toujours pas pu entrer lundi dans la ville syrienne de Douma pour y enquêter sur l’attaque au gaz présumée du 7 avril, le régime syrien et la Russie invoquant des « problèmes de sécurité ».

La mission de l’OIAC « n’a pas encore été déployée à Douma », a annoncé lundi à La Haye le directeur de l’organisation, Ahmet Uzumcu, lors d’une réunion d’urgence des Etats membres du conseil exécutif. La Syrie et la Russie ont invoqué des « problèmes de sécurité », a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d’une « entrave » aux inspecteurs de l’OIAC de « sans fondement » et soulignant que la Russie était dès le début « pour une enquête impartiale ».

La tension internationale ne faiblit pas après les frappes de représailles menées samedi par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre des sites militaires du régime de Bachar al-Assad, à la suite de l’attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta, aux portes de Damas.

– Travail d’enquête compliqué –

Les frappes occidentales, d’une ampleur inédite, sont intervenues malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l’OIAC qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d’enquêter sur l’utilisation éventuelle d’armes chimiques, mais pas d’en identifier les auteurs.

Leur travail s’annonce compliqué, plus d’une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté samedi la ville en ruines dans le cadre d’un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l’attaque présumée.

Les Etats-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d’avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. « Les Russes pourraient avoir visité le site de l’attaque. Nous craignons qu’ils ne l’aient altéré dans l’intention de contrecarrer les efforts de la mission de l’OIAC pour mener une enquête efficace », a déclaré l’ambassadeur américain auprès de l’organisation, Ken Ward.

« Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d’enquête de faire son travail », a-t-il ajouté.

Moscou, grand allié de Damas, s’est engagé lundi à « ne pas s’ingérer » dans le travail de la mission de l’OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas.

Le régime syrien nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés, selon les secouristes.

– « Demander des comptes » –

Le Royaume-Uni a quant à lui exhorté l’OIAC à « demander des comptes aux auteurs de l’attaque », sans quoi le monde risquerait « d’autres utilisations barbares d’armes chimiques, en Syrie et ailleurs ».

« Le régime syrien a une réputation odieuse d’utiliser des armes chimiques contre son propre peuple », a déclaré l’ambassadeur britannique à La Haye Peter Wilson, appelant les Etats membres de l’OIAC à prendre leurs « responsabilités ».

« Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d’autres utilisations barbares d’armes chimiques, en Syrie et ailleurs », a poursuivi M. Wilson.

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l’occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales.

Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l’ambassadeur français à La Haye, Philippe Lalliot.

« Les faits sont là et têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes », a-t-il lâché, ajoutant qu’il n’y avait plus de doutes: « la Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013 ».

Cette année-là, après l’attaque au gaz sarin de la Ghouta, qui déjà avait fait plusieurs centaines de morts, le régime de Bachar al-Assad avait fini par rejoindre l’OIAC sous la pression internationale, et pris l’engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d’armes chimiques.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l’ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie. Une première réunion, au niveau des experts des quinze pays membres du Conseil de sécurité, était prévue lundi à partir de 18H30 GMT.

« Le but de cette résolution est clair: relancer une action collective pour le Conseil de sécurité sur le dossier chimique, pour protéger la population civile et travailler sur un règlement politique de la crise syrienne », a expliqué l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre.

(©AFP / 16 avril 2018 17h59)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-les-enqueteurs-de-l-OIAC-n-ont-toujours-pas-eu-acces-a-Douma/909284.rom

L’opposition à Theresa May remet en question la légalité des frappes occidentales en Syrie

Theresa May

L’opposition à Theresa May remet en question la légalité des frappes occidentales en Syrie

© REUTERS / Phil Noble
International

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Frappes des États-Unis et de leurs alliés contre la Syrie (67)
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La décision de la Première ministre britannique de participer avec ses alliés américain et français aux frappes contre la Syrie s’est attirée les foudres de son opposition. Cette dernière a jugé discutable la légitimité d’une telle démarche menée sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Onu.

Theresa May s’est retrouvée sous le feu des critiques de l’opposition après les frappes portées samedi par Londres aux côtés de Washington et Paris en Syrie. Le chef du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a estimé dimanche que la légalité ces frappes était sujette à caution, affirmant qu’une telle initiative aurait dû être soutenue par le Conseil de sécurité de l’Onu.

«Je demande au ministre des Affaires étrangères, je demande à la Première ministre, quelle est la base légale de ceci?» s’est interrogé Corbyn dans un entretien à la BBC.

«La base légale aurait été l’autodéfense ou l’autorité du Conseil de sécurité de l’Onu. L’intervention humanitaire est un concept légalement discutable dans le cas présent», a-t-il indiqué, cité par Reuters.

Les partis d’opposition britanniques et plusieurs ONG ont par ailleurs condamné samedi la décision de Theresa May de mener une opération en Syrie sans consulter le Parlement, rompant avec un usage en vigueur depuis l’intervention en Irak en 2003, qui a laissé de profonds stigmates dans le pays.Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont attaqué dans la nuit du 13 au 14 avril des sites d’infrastructures militaires de la Syrie. Cette coalition tripartite a tiré 103 missiles, dont 71 ont été abattus à l’approche de leurs objectifs. L’année dernière, l’aérodrome militaire syrien de Shayrat avait déjà été attaqué par 59 missiles.

Pour justifier leurs actions, Washington et ses alliés ont affirmé que ces frappes étaient une riposte à l’attaque chimique présumée dans la ville de Douma.
Les autorités syriennes ont toujours démenti cette attaque alors que le ministère russe de la Défense a déclaré qu’il s’agissait d’une mise en scène.

Dossier:
Frappes des États-Unis et de leurs alliés contre la Syrie (67)

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Plus de 50% des Britanniques désapprouvent les frappes en Syrie sans l’aval du Parlement
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https://fr.sputniknews.com/international/201804151035959312-may-londres-frappes-syrie-legitimite/
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Après la mise en scène “chimique”, la comédie des frappes !

Après la mise en scène “chimique”, la comédie des frappes !

La coalition tripartite de l’OTAN, comme Trump, nous a joué – surjoué – une comédie grotesque, des frappes en trompe-l’oeil qui n’ont tué personne et ont détruit trois fois rien… quand les missiles ont atteint leur cible ! Sur la centaine de missiles lancés par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, 71 ont en effet été détruits ou détournés par les Syriens. Des contacts au plus haut niveau auraient neutralisé d’avance ces « frappes » et Israël se serait abstenu de participer à ce simulacre contre la promesse que le Hezbollah n’ouvrirait pas un nouveau front au Liban-Sud et dans le Golan. Finalement Trump, avec l’aide de Poutine, est peut-être parvenu à déjouer très habilement les plans de guerre des instigateurs du bidonnage chimique. Quoiqu’il en soit l’essentiel est sauf, on a échappé à une escalade militaire à très haut risque… OD

« Hier soir, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé une attaque illégale contre la Syrie et ont bombardé plusieurs sites militaires et civils à l’intérieur du pays. Ils justifient leur attaque comme une vengeance ou une punition pour une prétendue « attaque chimique » qui a eu lieu une semaine plus tôt.

L’incident chimique du 7 avril à Douma a été conçu pour renverser la décision annoncée publiquement par Trump d’ordonner à l’armée états-unienne de quitter la Syrie. Les « rebelles » salafistes financés par les Saoudiens à Douma ont rassemblé des corps, probablement à la suite d’un autre incident, et les ont empilés dans un appartement pour monter une scène et créer de fausses vidéos d’une « attaque chimique » qu’ils ont faussement attribué au gouvernement syrien.

Trump a fait semblant d’être pris par les vidéos et a tweeté des menaces contre la Syrie et la Russie. La Russie a menacé de répondre par la force si une attaque des États-Unis blessait ses soldats ou ses intérêts en Syrie.

Le Royaume-Uni et la France, qui, comme les États-Unis, n’ont reçu que récemment la visite du prince héritier saoudien et se sont gavés de milliards d’euros saoudiens, ont sauté sur l’affaire. La France admet aujourd’hui que ses « sources de renseignement » sur l’incident à Douma sont uniquement basées sur les vidéos de youtube évidemment mises en scène et les allégations faites par des opérations de propagande financées par l’Occident qui coopèrent avec les djihadistes.

Hier, le ministère russe de la Défense a accusé la Grande-Bretagne d’avoir organisé l’ »incident chimique » :

    Aujourd’hui, il y a d’autres preuves à la disposition du département militaire russe, qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à l’organisation de cette provocation dans la Ghouta orientale.

    Le camp russe sait avec certitude que du 3 au 6 avril, les représentants des Casques blancs ont été influencés par Londres pour la mise en œuvre rapide de la provocation préparée à l’avance.

    Les Casques blancs ont été informés que les militants de Jaysh al-Islam devaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie sur Damas du 3 au 6 avril.

    Cela favorisera une réponse des troupes gouvernementales, que les représentants des Casques blancs devront utiliser pour effectuer des provocations avec des armes chimiques présumées.

Les « Casques blancs » sont financés par le gouvernement britannique et sont dirigés par un « ancien » officier de renseignement militaire britannique. Les accusations directes contre la Grande-Bretagne ont peut-être joué un rôle dans le lancement précipité du bombardement d’hier soir. L’arrivée de techniciens de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à Damas en est un autre. Ces derniers enquêteront aujourd’hui sur l’incident présumé à Douma et constateront probablement qu’il n’a pas eu lieu. Le fait que les trois pays n’ont même pas attendu les résultats préliminaires de l’enquête doit être considéré comme un aveu de culpabilité. Ils savent que l’attaque chimique n’a pas eu lieu.

L’armée étatsunienne se méfiait de tout conflit potentiel avec la Russie. Des négociations intenses ont eu lieu la semaine dernière entre le Pentagone et le ministère russe de la défense. Le secrétaire à la Défense Mattis aurait dissuadé Trump d’une frappe plus sérieuse. La troisième guerre mondiale a été évitée.

La nuit dernière, quelque 107 missiles et missiles de croisière ont été tirés contre deux sites de recherche et huit aéroports militaires en Syrie par les forces étatsuniennes, françaises et britanniques. Les forces russes et syriennes ont été averties. Les gens et l’équipement avaient été déplacés. Les forces russes n’ont pas réagi directement car leurs zones en Syrie n’étaient pas visées. La défense aérienne syrienne a réussi à abattre ou à détourner 71 missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Le Pentagone prétend qu’aucun de ses missiles n’a été détruit ou détourné de son objectif. Un média d’opposition syrien bien connu n’est pas d’accord avec les allégations du Pentagone :

    L’Observatoire syrien des droits de l’homme a réussi à surveiller l’interception par les forces du régime de dizaines de missiles qui ont ciblé leurs positions et bases militaires sur le territoire syrien, où plusieurs sources croisées ont confirmé à l’Observatoire syrien que le nombre de missiles abattus dépassait 65 missiles…

Un taux de réussite de 60 à 70% pour la défense aérienne contre les missiles entrants est stupéfiant. La plupart d’entre eux auront été détruits par les systèmes Pantsir-S1 fournis par la Russie à la Syrie. Tous les aéroports militaires syriens sont désormais protégés par de tels systèmes à courte portée et, alors que huit d’entre eux ont été ciblés, un seul a été touché.

L’une des cibles qui a été touchée était le Centre de recherche scientifique de Barzah, non défendu, près de Damas. Le Pentagone prétend que des armes chimiques y ont été fabriquées ou stockées. Cette affirmation est absurde pour plusieurs raisons :

  • En 2013, la Syrie a adhéré à la Convention sur la guerre chimique et a renoncé à toutes ses armes chimiques.
     
  • L’OIAC a vérifié tous les anciens sites d’armes chimiques accessibles en Syrie et a observé la destruction de l’équipement de production.
     
  • Le site de Barzah a été abandonné.
     
  • On n’attaque pas un site avec des bombes normales si l’on sait que des armes chimiques sont stockées. Les bombes distribueraient les produits chimiques et tout le monde sous le vent serait sérieusement affecté.
     
  • Après les bombardements étatsuniens, on peut voir des gens marcher à travers les ruines récentes. Aucun ne porte de protection. Il n’y avait sûrement rien de ‘chimique’.

Il en va de même pour l’installation de Jaramana frappée par les bombardements. Les allégations du Pentagone selon lesquelles les bombardements ont frappé en Syrie les « installations de production et de stockage de produits chimiques » sont mensongères.

Personne n’aurait été tué par les frappes. L’évaluation du ministère russe de la Défense indique que trois personnes ont été blessées. D’autres évaluations du raid aérien peuvent être trouvées ici : 1, 2 et 3.

Quelles seront les conséquences de ces bombardements ?

Ces dernières semaines, la pression des médias, des interventionnistes et des néoconservateurs en faveur d’une guerre plus large contre la Syrie (et la Russie) a été calmée. Même John McCain, qui veut toujours plus de guerres, semble quelque peu satisfait.

Le président de la Russie Vladimir Poutine a publié une déclaration forte :

Un acte d’agression contre un État souverain qui est sur la ligne de front dans la lutte contre le terrorisme a été commis sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en violation de la Charte des Nations Unies et des normes et principes du droit international.

Le gouvernement chinois déplore également la violation du droit international et de la charte de l’ONU.

En ordonnant les bombardements, le président Trump a également enfreint la loi étatsunienne, en particulier la War Powers Resolution.

Une réunion du Conseil de sécurité aura lieu aujourd’hui, mais, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont des vetos, cela n’aura aucune conséquence.

L’une des questions dont les États-Unis ne sont certainement pas satisfaits est la démonstration réussie des défenses aériennes russes qui ont été utilisées hier soir contre les frappes états-uniennes. Cette annonce de la déclaration du ministère russe de la Défense va créer des tracas supplémentaires :

Il convient de souligner qu’il y a plusieurs années, compte tenu de la forte demande de nos partenaires occidentaux, la Russie a choisi de ne pas fournir les systèmes S-300 AD à la Syrie. Compte tenu de l’incident récent, la Russie estime qu’il est possible de réexaminer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais aussi d’autres pays.

Plus de pays seront désormais en mesure d’acheter et de recevoir du matériel de défense aérienne russe de pointe. Les interférences futures des États-Unis et les frappes israéliennes contre la Syrie deviendront beaucoup plus risquées. Lorsque la Syrie recevra les systèmes S-300, elle aura la possibilité de détecter et d’attaquer tout avion israélien survolant le Liban. Israël a souvent utilisé l’espace aérien libanais pour attaquer des cibles en Syrie. Il perdra bientôt ce luxe.

La Syrie, l’Iran et le Hezbollah ont tous publié une déclaration promettant des représailles pour l’attaque.Leurs réponses viendront probablement sur le terrain contre les cibles et les actifs étatsuniens en Irak, au Liban, en Syrie et en Israël. Le peuple syrien à Damas a pu observer le succès des défenses aériennes et en a été très satisfait. Ils répondront par un soutien accru à leur gouvernement et à ses plans de libération de toute la Syrie.

Trump a échappé à la pression publique créée par la fausse « attaque chimique » avec une frappe aérienne plus ou moins symbolique. Il a tweeté « Mission accomplie ! » Je m’attends à ce qu’il continue d’insister pour qu’il soit mis fin aux opérations états-uniennes en Syrie. Celui qui a lancé l’attaque truquée n’a rien gagné.

Le Pentagone garde l’option ouverte pour d’autres attaques chimiques et des frappes états-uniennes. Il a affirmé aujourd’hui que la Syrie dispose toujours d’installations d’armes chimiques supplémentaires. Si c’était vraiment le cas, pourquoi les États-Unis n’exigent-ils pas une inspection et un démantèlement de ces installations par l’OIAC ? La Syrie a signé la Convention sur les armes chimiques et devrait l’accepter.

Le mépris évident des États-Unis pour le droit international et pour les organisations internationales comme l’ONU, l’OIAC et l’AIEA aura de graves conséquences. Les États-Unis peuvent maintenant sûrement oublier leur désir d’un accord de désarmement avec la Corée du Nord. La Russie, la Chine et d’autres pays utiliseront l’exemple des frappes aériennes de la nuit dernière pour ignorer le droit international quand cela leur conviendra. Il n’y aura plus de faveurs comme la retenue des systèmes S-300 ou l’adhésion aux sanctions états-uniennes contre d’autres pays.

En fin de compte, les instigateurs de l’incident, les États-Unis et leurs partenaires criminels se sont fait plus de mal avec ces bombardements qu’ils n’en ont fait à la Syrie ».

Moon of Alabama, le 14 avril 2014

Traduction SLT

Lire aussi :

Une opération bidon ?

La Chine peut dormir tranquille à la lumière des piètres prestations militaires occidentales en Syrie

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2018/04/14/apres-la-mise-en-scene-chimique-la-comedie-des-frappes/

Syrie: de nouvelles frappes occidentales provoqueraient « le chaos » (Poutine à Rohani)

Syrie: de nouvelles frappes occidentales provoqueraient « le chaos » (Poutine à Rohani)

Moscou (Russie) – Le président russe Vladimir Poutine a averti dimanche que de nouvelles frappes occidentales contre la Syrie provoqueraient « le chaos » dans les relations internationales, après une attaque coordonnée menée samedi par les Etats-Unis et leurs alliés.

M. Poutine a souligné, lors d’une conversation téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, que « si de telles actions, menées en violation de la Charte des Nations unies, venaient à se reproduire, cela provoquerait inévitablement le chaos dans les relations internationales », selon un communiqué du Kremlin.

Les deux dirigeants ont « constaté que cette action illégale endommageait sérieusement les perspectives d’un règlement politique en Syrie », selon la même source.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, une semaine après l’attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville syrienne alors rebelle de Douma, imputée aux forces gouvernementales.

Vladimir Poutine avait déjà dénoncé samedi « avec la plus grande fermeté » ces frappes qu’il a qualifiées d' »acte d’agression à l’encontre d’un Etat souverain qui se trouve à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme ».

(©AFP / 15 avril 2018 14h08)

https://www.romandie.com/news/Syrie-de-nouvelles-frappes-occidentales-provoqueraient-le-chaos-Poutine-a-Rohani/908991.rom

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Revue de presse nationale et internationale.

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