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Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Les changements politiques qui transforment le Moyen-Orient depuis deux mois sont la résultante non pas de l’écrasement de protagonistes, mais de l’évolution des points de vue iranien, turc et émirati. Là où la puissance militaire états-unienne a échoué, la finesse diplomatique russe a réussi. Refusant de se prononcer sur les crimes des uns et des autres, Moscou parvient à pacifier lentement la région.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 AOÛT 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙENGLISH

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Depuis cinq ans, la Russie a multiplié les démarches pour rétablir le Droit international au Moyen-Orient. Elle s’est particulièrement appuyée sur l’Iran et la Turquie dont elle ne partage pourtant pas la manière de penser. Les premiers résultats de ce patient exercice diplomatique redessinent les lignes de partage au sein de plusieurs conflits.

De nouveaux rapports de force et un nouvel équilibre se mettent discrètement en place dans la vallée du Nil, au Levant et dans la péninsule arabique. Au contraire, la situation se bloque dans le Golfe persique. Ce changement considérable et coordonné touche différents conflits apparemment sans lien entre eux. Il est le fruit de la patiente et discrète diplomatie russe [1] et, dans certains dossiers, de la relative bonne volonté US.

À la différence des États-Unis, la Russie ne cherche pas à imposer sa vision du monde. Elle part au contraire de la culture de ses interlocuteurs qu’elle modifie par petites touches à son contact.

Recul des jihadistes et des mercenaires kurdes en Syrie

Tout à commencé le 3 juillet : un des cinq fondateurs du PKK, Cemil Bayik, publiait une tribune libre dans le Washington Postappelant la Turquie à ouvrir des négociations en levant l’isolement de son prisonnier le plus célèbre : Abdullah Öcalan [2]. Soudain, les visites en prison du leader des Kurdes autonomistes de Turquie, interdites depuis 4 ans, furent à nouveau autorisées. Cette ouverture fut immédiatement considérée comme une trahison par le Parti républicain du peuple qui manqua à l’appel de l’AKP le 23 juin à Istanbul, infligeant une sévère défaite électorale au candidat du président Erdoğan.

Simultanément, les combats reprenaient dans la zone occupée par Al-Qaïda au Nord de la Syrie, le gouvernorat d’Idleb. Cet Émirat islamique n’a pas d’administration centrale, mais une multitude de cantons affectés à des groupes combattants divers. La population est nourrie par des « ONG » européennes affiliées aux services secrets de ces pays et la présence de l’armée turque dissuade les jihadistes de tenter de conquérir le reste de la Syrie. Cette situation étant peu avouable, la presse otanesque présente l’Émirat islamique d’Idleb comme le paisible refuge des « opposant modérés à la dictature d’Assad » Soudain, Damas, appuyé par un soutien aérien russe, a commencé à reconquérir le territoire et l’armée turque à se retirer en silence. Les combats sont extrêmement meurtriers, en tout premier lieu pour la République. Cependant, après plusieurs semaines, l’avancée est notable, de sorte que si rien ne l’arrête, la province pourrait être libérée en octobre.

Le 15 juillet, à l’occasion du troisième anniversaire de la tentative de l’assassinat dont il fut l’objet et du coup d’État improvisé qui suivit, le président Erdoğan annonçait la redéfinition de l’identité turque, non plus sur une base religieuse, mais nationale [3]. Il révélait aussi que son armée allait balayer les forces du PKK en Syrie et transférer une partie des réfugiés syriens dans une zone frontalière de 30 à 40 kilomètres de profondeur. Cette zone correspond à peu près à celle dans laquelle le président Hafez el-Assad avait autorisé, en 1999, les Forces turques à réprimer d’éventuels tirs d’artillerie kurde. Après avoir annoncé que le Pentagone ne pouvait pas abandonner ses alliés kurdes, des émissaires états-uniens vinrent à Ankara faire le contraire et approuver le plan turc. Il s’avère que, comme nous l’avons toujours dit, les chefs du « Rojava », ce pseudo État autonome kurde en terre syrienne, sont presque tous de nationalité turque. Ils occupent donc la région qu’ils ont nettoyée ethniquement. Leurs troupes, de nationalité syrienne, envoyèrent alors des émissaires à Damas pour demander la protection du président Bachar el-Assad. Rappelons que les Kurdes sont une population nomade sédentarisée au début du XXème siécle. Selon la Commission King-Crane et la conférence internationale de Sèvres (1920), un Kurdistan n’est légitime que dans l’actuel territoire turc [4].

Il est peu probable que la France et l’Allemagne laisseront la Syrie reconquérir la totalité de l’Émirat islamique d’Idleb et abandonneront leur fantasme de Kurdistan, n’importe où (en Turquie, en Iran, en Iraq ou en Syrie, mais pas en Allemagne où ils sont pourtant un million). Ils pourraient y être contraints.

De même, malgré les discussions actuelles, il est peu probable que si la Syrie se décentralise, elle accorde la moindre autonomie à la région qui fut occupée par les Kurdes turcs.

Après plusieurs années de blocage, la libération du Nord de la Syrie repose uniquement sur le changement de paradigme turc, fruit des erreurs états-uniennes et de l’intelligence russe.

Partition de facto du Yémen

Au Yémen, l’Arabie saoudite et Israël soutiennent le président Abdrabbo Mansour Hadi en vue d’exploiter les réserves pétrolières qui sont à cheval sur la frontière [5]. Ce dernier doit faire face au soulèvement des zaïdites, une école du chiisme. Avec le temps, les Saoudiens ont reçu l’aide des Émiratis, et la Résistance zaïdites de l’Iran. Cette guerre, alimentée par les Occidentaux, provoque la pire famine du XXIème siècle.

Cependant, contrairement à l’organisation des deux camps, le 1er août, les gardes-côtes émiratis ont signé un accord de coopération transfrontalier avec la police des frontières iranienne [6]. Le même jour, le chef de la milice yéménite financée par les Émirats (dite « Conseil de transition du Sud » ou « Ceinture de sécurité » ou encore « séparatistes »), Abu Al-Yamana Al-Yafei, a été assassiné par les Frères musulmans du parti Islah financé par l’Arabie saoudite [7].

À l’évidence l’alliance entre deux princes héritiers d’Arabie et des Émirats, Mohammed ben Salmane (« MBS ») et Mohammed ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »), est malmenée.

Le 11 août la milice soutenue par les Émirats prenait d’assaut le palais présidentiel et divers ministères à Aden, malgré le soutien de l’Arabie au président Hadi ; lequel était déjà réfugié depuis longtemps à Riyad. Le lendemain, « MBS » et « MBZ » se rencontraient à La Mecque en présence du roi Salmane. Ils rejetaient le coup d’État et appelaient leurs troupes respectives au calme. Le 17 août les pro-Émiratis évacuaient en bon ordre le siège du gouvernement.

Durant la semaine où les « séparatistes » avaient pris Aden, les Émirats contrôlaient de facto les deux rives du très stratégique détroit de Bab el Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Maintenant que Riyad a préservé son honneur, il va falloir accorder une contrepartie à Abou Dhabi.

Sur ce champ de bataille, le changement est imputable aux seuls Émirats qui, après avoir payé un lourd tribu, tirent la leçon de cette guerre ingagnable. Prudents, ils se sont d’abord rapprochés des Iraniens avant d’envoyer ce coup de semonce à leur puissant allié et voisin saoudien.

Chaises musicales au Soudan

Au Soudan, après que le président Omar el-Béchir (Frère musulman dissident), ait été renversé par des manifestations de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) et que la hausse du prix du pain ait été annulée, un Conseil militaire de transition était placé au pouvoir. Dans la pratique, cette révolte sociale et quelques milliards de pétro-dollars permettait à l’insu des manifestants de faire passer le pays d’une tutelle qatarie à une autre saoudienne [8].

Le 3 juin, une nouvelle manifestation de l’ALC était dispersée dans le sang par le Conseil militaire de transition, faisant 127 morts. Face à la condamnation internationale, le Conseil militaire engageait des négociations avec les civils et concluait un accord le 4 août, qui fut signé le 17. Pour une période de 39 mois, le pays sera gouverné par un Conseil suprême de 6 civils et de 5 militaires, dont l’accord ne précise pas les identités. Ils seront contrôlés par une Assemblée de 300 membres nommés et non pas élus, comprenant 67 % de représentants de l’ALC. Il n’y a évidemment rien de démocratique là dedans et aucune des parties ne s’en plaint.

L’économiste Abdallah Hamdok, ancien responsable de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique deviendra Premier ministre. Il devrait obtenir la levée des sanctions dont le Soudan fait l’objet et réintégrer le pays dans l’Union africaine. Il fera juger l’ancien président Omar el-Béchir dans le pays afin de lui garantir de ne plus pouvoir être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international.

Le véritable pouvoir sera détenu par le « général » Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »), qui n’est pas général, ni même soldat, mais chef de la milice employée par « MBS » pour mater la Résistance yéménite. Durant ce jeu de chaises musicales, la Turquie —qui dispose d’une base militaire sur l’île soudanaise de Suakin pour encercler l’Arabie saoudite— n’a rien dit.

De fait la Turquie accepte de perdre à Idleb et au Soudan pour gagner contre les mercenaires pro-US kurdes. Seul ce dernier enjeu est vital pour elle. Il aura fallu beaucoup de discussions pour qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux à la fois et qu’elle hiérarchise ses priorités.

Les États-Unis contre le pétrole iranien

Londres et Washington poursuivent leur concurrence, entamée il y a soixante dix ans, pour contrôler le pétrole iranien. Comme à l’époque de Mohammad Mossadegh, la Couronne britannique entend décider seule ce qui lui appartient en Iran [9]. Tandis que Washington, ne veut pas que ses guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq profitent à Téhéran (conséquence de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski) et entend fixer le prix mondial de l’énergie (doctrine Pompeo) [10].

Ces deux stratégies se sont télescopées lors de la saisie du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de la colonie britannique de Gibraltar. L’Iran a, à son tour, arraisonné deux tankers britanniques dans le détroit d’Ormuz prétendant —insulte suprême— que le principal transportait du « pétrole de contrebande », c’est-à-dire du pétrole subventionné iranien acheté par Londres au marché noir [11]. Lorsque le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, réalisa que son pays était allé trop loin, il eut la « surprise » de voir la justice « indépendante » de sa colonie libérer le Grace 1. Immédiatement Washington émit un mandat pour le saisir à nouveau.

Depuis le début de cette affaire, les Européens font les frais de la politique états-unienne et protestent sans grandes conséquences [12]. Seuls les Russes défendent non pas leur allié iranien, mais le Droit international comme ils l’ont fait à propos de la Syrie [13] ce qui leur permet d’avoir une ligne politique toujours cohérente.

Dans ce dossier, l’Iran fait preuve d’une très grande ténacité. Malgré le virage clérical de l’élection de cheik Hassan Rohani, en 2013, le pays se réoriente vers la politique nationale du laïque Mahmoud Ahmadinejad [14]. Son instrumentation des communautés chiites en Arabie saoudite, à Bahreïn, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen pourrrait se transformer en un simple soutien. Là encore, c’est des longues discussions d’Astana que ce qui est évident pour les uns l’est devenu pour les autres.

Conclusion

Avec le temps, les objectifs de chaque protagoniste se hiérarchisent et leurs positions se précisent.

Conforme à sa tradition, la diplomatie russe ne cherche pas, à la différence de l’états-unienne, à redessiner les frontières et les alliances. Elle tente de démêler les objectifs contradictoires de ses partenaires. Ainsi a t-elle aidé l’ancien Empire ottoman et l’ancien Empire perse à s’éloigner de leur définition religieuse (les Frères musulmans pour le premier, le chiisme pour le second) et à revenir à une définition nationale post-impériale. Cette évolution est extrêmement visible en Turquie, mais suppose un changement de têtes en Iran pour se réaliser. Moscou ne cherche pas à « changer les régimes », mais certains aspects des mentalités.

Thierry Meyssan

[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

https://www.voltairenet.org/article207362.html

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[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

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Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

Bataille d’Idlib : l’armée syrienne isole Khan Shaykhun…

… la Russie bombarde les renforts turcs envoyés aux djihadistes


Par Moon of Alabama − Le 19 août 2019

Ceci est une mise à jour de l’article de la semaine dernière sur la Syrie : Syrie. La fracture de la ligne de front marque le début de la bataille décisive pour Idlib.

Aujourd’hui, l’armée syrienne pris le contrôle de l’autoroute M5 au nord de Khan Shaykhun.

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Carte de Peto Lucem   Agrandir

Les djihadistes, dans le chaudron bientôt fermé au sud de Khan Shaykhun, sont maintenant coupés des réapprovisionnements routiers.

Au cours des dernières nuits, des renforts du nord d’Idleb ont tenté d’atteindre Khan Shaykhun. Les forces aériennes syriennes et russes les ont empêchés (vidéo) de s’y rendre.

Cette carte montre la situation il y a cinq jours avec la position du point d’observation turc dans la zone.

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via ISWnews Agrandir

Ce matin, la Turquie a envoyé (vidéo) un convoi de 29 camions avec cinq chars, deux véhicules de combat d’infanterie, des munitions et du personnel supplémentaire en direction du poste d’observation de Morek, au sud de Khan Shaykhun.

Avant que le convoi ne traverse Maarat al-Numan, à 20 kilomètres au nord de Khan Shaykhun, l’armée de l’air russe a bombardé la route (vidéo). Le chef de Faylq al-Sham, un groupe de « rebelles syriens » contrôlé par les services de renseignement turcs, escortait le convoi de l’armée turque pour des raisons techniques. Il a été tué. Aucun soldat turc n’a été blessé. Le convoi s’est arrêté et devra retourner en Turquie. Les chars et les munitions ne parviendront pas aux djihadistes de Khan Shaykhun.

Le ministère turc de la Défense a faussement affirmé que trois civils avaient été tués dans le bombardement. Le gouvernement syrien a condamné l’invasion turque.

Le moment est venu pour l’armée syrienne d’utiliser ses réserves et d’engagerla bataille acharnée pour Idleb en remontant rapidement vers le nord le long de l’autoroute M5.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/bataille-didlib-larmee-syrienne-isole-khan-shaykhun

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Harold MICHOUD 19 août 2019 Actualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussieSujets chaudsSyrie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors » (mercenaires), payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés suscitent les intérêts russes, il est de bon ton de se poser la question : le groupe Wagner, société militaire privée ou barbouzerie ?

Qu’est-ce que le Groupe Wagner ?

Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner
Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner

Le Corps Slave est une société militaire privée créée en 2013, officiellement basée en Argentine. En effet, la Russie interdit ce type d’entreprise. Cela n’empêche pas le groupe de ne comporter que des russophones dans ses rangs.  Le chef militaire de ces « contractors » et le fondateur du groupe se nomme Dimitri Outkine, il est un ancien dirigeant de la 2e brigade des forces spéciales du renseignement militaire russe, le GRU. Son surnom est Wagner, ce qui aurait donné le nom officieux du groupe. Wagner n’est pas un nom qui tient du hasard car il rend hommage au célèbre compositeur antisémite prussien. Cela pourrait démontrer une sympathie de cet ancien officier russe pour le IIIe Reich.

Cependant, le véritable mécène et dirigeant de ces combattants privés est le milliardaire Evguéni Prigojine via la société Evro Polis.

Pourquoi ce groupe aurait-il des liens avec le pouvoir russe ?

Tout d’abord, Evguéni Prigojine est connu sous le surnom de « cuisinier de Poutine ». Il a en effet servi le président russe à table. Le russe détient un petit empire de la restauration appelé Concord Catering qui est en charge des réceptions au Kremlin. Il est également connu défavorablement par les pays occidentaux comme étant le créateur des fameuses « usines à troll » qui pourraient influencer les élections européennes et américaines.

De plus, le groupe Wagner s’entraînait jusqu’en juin 2016 sur la base militaire de Molkino, une zone se situant dans la région de Krasnodar. Ce lieu abriterait également certaines unités de forces spéciales du GRU. Ces hommes se déploient dans des zones d’influence russe qui servent directement ou indirectement les intérêts du Kremlin.

Ukraine et guerre du Dombass : une aide non officielle de Moscou aux séparatistes

Le groupe Wagner aurait participé de manière informelle au conflit du Dombass, permettant ainsi à la Russie d’aider les séparatistes de la région face aux forces ukrainiennes, sans officialiser la présence russe dans la zone. Ce sont une partie des « bonhommes verts » aperçus par les journalistes étrangers. Cette intervention « militarisée », à défaut d’être officiellement militaire, permet de geler une situation profitable à Moscou tout en ne s’impliquant pas directement et officiellement au sol dans le conflit. Cette société militaire privée est donc fort utile au président russe Vladimir Poutine. C’est un moyen de ne pas déplorer de pertes officielles mais également de servir la politique étrangère russe.

Le groupe Wagner en Syrie

Le véritable coup de projecteur sur le groupe Wagner se fait en Syrie. C’est le cas notamment de la présence de 1600 contractors russes durant la bataille de Palmyre en 2016. Ils étaient présents au sol, au côté des troupes du régime syrien contre les djihadistes de l’organisation Etat Islamique. Le journal russe d’investigation RBK indiquait que ces forces de mercenaires travailleraient en partie pour le GRU. Cette raison expliquerait pourquoi Dimitri Outkine a été décoré lors de la journée nationale de héros pour son œuvre en Syrie en 2016.

Des accords juteux et extrêmement bénéfiques

Surtout, cela justifierait l’accord extrêmement intéressant conclu entre Evguéni Prigojine et le régime de Damas concernant les champs de gaz. Celui-ci peut en effet bénéficier de 25% des revenus des champs pétroliers récupérés par son groupe à Daesh. Le groupe se mettrait au service du GRU en échange d’accès aux ressources et à de juteux contrats d’exploitation. Alors que le pouvoir russe déplore très peu de pertes officielles en Syrie, près de 200 mercenaires auraient perdu la vie dans le pays. D’anciens soldats russes, vétérans de guerres d’Ukraine, de Tchétchénie servent donc de supplétifs aux forces militaires officielles.

Lien supplémentaire entre Evguéni Prigojine et Dimitri Outkine, ce dernier est depuis 2017 directeur général de Concord Management and Consulting, une entreprise détenu par Prigojine.

Wagner, groupe utile mais trop visible en Syrie

Une centaine de combattants du groupe seraient morts lors d’un raid aérien américain le 7 février 2018. Selon certains officiers militaires, le fait d’avoir des mercenaires en place en Syrie permet également de maintenir une guerre par procuration en Syrie. Et cela sans que cela ne déclenche une guerre ouverte en Etats-Unis, occidentaux et russes aux intérêts divergeant.

Devenus trop visibles sur ce théâtre d’opérations, ils furent assignés à protéger les champs gaziers et pétroliers récupérés à Daesh. Le groupe revenait ainsi à la fonction classique qu’une société militaire privée pouvait exercer. Mais le groupe Wagner est aussi présent sur d’autres théâtres d’intérêts russes.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41500-wagner-contractors-barbouzes

Syrie : la Turquie dépêche un convoi en soutien aux rebelles, Damas dénonce une action «agressive»

Syrie : la Turquie dépêche un convoi en soutien aux rebelles, Damas dénonce une action «agressive»

19 août 2019, 13:15

Syrie : la Turquie dépêche un convoi en soutien aux rebelles, Damas dénonce une action «agressive»

© Murad Sezer Source: ReutersUn véhicule blindé de transport de troupe de l’armée turque (image d’illustration).

Damas accuse Ankara de soutenir les terroristes, après l’envoi d’un convoi chargé de munitions de l’armée turque dans la province d’Idleb, dans le nord de la Syrie. Les autorités turques affirment que leur convoi a été visé, faisant plusieurs morts.

Dans le conflit syrien, la Turquie poursuit sa politique du fait accompli. Ce 19 août, un convoi de l’armée turque chargé de munitions a franchi la frontière. Avec pour but, selon l’agence de presse syrienne SANA qui cite une source proche du ministère syrien des Affaires étrangères, d’apporter un soutien logistique aux milices pro-turques dans le gouvernorat d’Idleb. Damas va jusqu’à accuser la Turquie de chercher à «aider les terroristes vaincus de Jahbat al-Nosra [groupe terroriste affilié à al-Qaïda]».

L’entrée du convoi turc en Syrie a été confirmée par un correspondant de l’AFP sur place qui a fait état d’environ 50 véhicules militaires, dont des blindés, des transporteurs de troupes et au moins cinq chars. La colonne se dirigeait vers Maaret al-Noomane, ville située à 15 kilomètres au nord de Khan Cheikhoun, dans le sud de la province d’Idleb.

Ankara condamne l’attaque de son convoi

Plus tard, le ministère turc de la Défense, cité par Reuters, a rapporté que ce convoi aurait été attaqué par une frappe aérienne qui aurait fait trois morts civils et 12 blessés, selon Ankara. Les autorités syriennes n’ont pas commenté dans l’immédiat. 

Toutefois, une source du ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés citée par Sana (avant l’attaque du convoi turc) avait expliqué tenir la Turquie pour «pleinement responsable des conséquences de cette violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne». Dénonçant «une violation scandaleuse des dispositions du droit international», la même source avait par ailleurs averti que l’armée syrienne continuerait «à traquer» les derniers terroristes présents à Khan Cheikhoun et dans les autres régions du pays.

Damas dénonce une manœuvre «agressive» 

Lire aussiSyrie : la Turquie annonce une offensive contre les forces kurdes au-delà de l’Euphrate

L’envoi du convoi par Ankara, qualifié selon Reuters de manœuvre «agressive» par Damas, pourrait rendre la situation dans le nord de la Syrie encore plus explosive. «Des véhicules turcs chargés de munitions […] ont pris la direction de Khan Cheikhoun pour secourir les terroristes […], ce qui confirme encore une fois le soutien apporté par le régime turc aux groupes terroristes», a fustigé une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. «Ce comportement hostile du régime turc n’affectera en aucun cas la détermination de l’armée syrienne à continuer à traquer le reste des terroristes à Khan Cheikhoun jusqu’à ce que tout le territoire syrien soit nettoyé», a ajouté la même source, citée par l’AFP. 

La veille, l’armée régulière syrienne est entrée dans la ville de Khan Cheikhoun, pour la première fois depuis 2014. Depuis plusieurs jours, l’armée syrienne progresse avec succès sur le terrain, repoussant des groupes armés djihadistes, dont Hayat Tahrir al Cham, ainsi que des rebelles soutenus par Ankara.

Lire aussi : Syrie : une base russe ciblée par des drones explosifs, Moscou annonce avoir repoussé l’attaque

International

https://francais.rt.com/international/65077-syrie-turquie-depeche-convoi-soutien-rebelles-damas-condamne-action-agressive?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Syrie : Un Avion D’attaque Au Sol Sukhoï Su-22 (Fitter) Abattu Par Un Missile Sol-Air Rebelle Au Dessus De Hama, Retour Sur L’un Des Principaux Avions De Combat Usés Jusqu’à La Corde Utilisé Durant La Guerre De Syrie

Syrie :  un avion d'attaque au sol Sukhoï Su-22 (Fitter) abattu par un missile Sol-Air rebelle au dessus de Hama, retour sur l'un des principaux avions de combat usés jusqu'à la corde utilisé durant la guerre de Syrie 1

Analysis

Syrie : Un Avion D’attaque Au Sol Sukhoï Su-22 (Fitter) Abattu Par Un Missile Sol-Air Rebelle Au Dessus De Hama, Retour Sur L’un Des Principaux Avions De Combat Usés Jusqu’à La Corde Utilisé Durant La Guerre De Syrie

Posted on 15/08/2019 AuthorStrategika51Comment(1)

Et ici un Su-22 de l’Armée de l’air syrienne abattu par surprise par un F/A-18E de l’aéronavale US alors que l’appareil syrien participait à des opérations de soutien aérien à des troupes au sol engagées contre un fief terroriste ou se trouvait des agents de liaison US :

Le vieux Su-22 est usé jusqu’à la corde en Syrie mais il s’est avéré d’une extraordinaire endurance puisque l’appareil peut décoller, voler et atterrir avec un minimum de maintenance, généralement effectuée par le pilote lui-même. Les pneus des trains d’atterrissage sont si endurants qu’ils n’ont pas été changés sur certains appareils de ce type depuis 2014 !

En ce qui concerne le Su-22 abattu hier par un missile SAM rebelle au dessus de Ta’manah au sud de l’enclave rebelle et séparatiste d’Idleb, le pilote a pu s’ejecter et atterrir sain et sauf. Des sources rebelles ont annoncé sa capture mais il semble que son sort soit inconnu. L’organisation terroriste Hay’at Tahrir Al-Cham ou Instance de Libération du Levant a diffusé plus tard une vidéo montrant un pilote répondant au nom de Mohamed Ahmed Sulaiman, présenté comme le pilote du Su-22 abattu le 14 août 2019.

https://strategika51.org/archives/66730

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – 9 AOÛT 2019: LES MILITANTS EN RETRAITE DANS LE NORD-OUEST DE HAMA

#FROMTHEFRONT #RUSSIA 09.08.2019 – 610 vues    5 ( 1 votes)

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – 9 AOÛT 2019: LES MILITANTS EN RETRAITE DANS LE NORD-OUEST DE HAMA

 49 200Partagez00       72 faire un donRapport sur la guerre en Syrie, le 9 août 2019 

Rapport sur la guerre en Syrie - 9 août 2019: Les militants en retraite dans le nord-ouest de Hama

Hayat Tahrir al-Sham et d’autres groupes militants dans le nord de Hama sont en perte de vitesse sous la pression des forces gouvernementales.

Le 8 août, l’Armée arabe syrienne (ASA) et ses alliés ont libéré le village de Sakhar et le sommet d’une colline à proximité. Des activistes progouvernementaux ont déclaré que les forces spéciales de la SAA avaient envahi la défense des militants à Sakhar tôt le matin, les forçant à se retirer du village et de ses environs. Au moins 10 militants et 4 pièces d’équipement militaire, y compris un char de combat, ont été éliminés lors de la récente opération offensive de l’ASA.

Le cours de l’offensive en cours montre que le SAA cherche probablement à contourner la ville du nord par la ville de Kafr Zayta, contrôlée par les militants, avant que les troupes gouvernementales ne commencent à prendre d’assaut ce fort. Dans ce cas, les forces gouvernementales devront sécuriser leur flanc en libérant les colonies d’al-Habit et de Kafr Ayn.

L’offensive de la SAA est en cours d’élaboration dans le cadre d’une intense campagne de bombardement menée par l’armée de l’air syrienne. Des frappes aériennes d’avions de guerre russes sont également rapportées. Le 8 août, l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, militant, a déclaré que des avions syriens et russes avaient effectué 75 frappes sur des cibles dans les provinces d’Idlib et de Hama au cours des dernières 24 heures.

Au moins cinq civils, dont deux enfants, ont été blessés dans une nouvelle attaque à la roquette lancée par un militant contre les villages d’Al-Haffah et d’Al-Qardahah, dans le nord de Lattakia. Les radicaux ont également tenté de prendre pour cible la base aérienne de Hmeimim, en Russie, mais ont touché des cibles civiles à 2 km au nord-est de la base. Deux civils ont été tués et quatre autres ont été blessés. Les attaques contre la base aérienne russe sont souvent menées par des groupes déployés à Kbani et dans ses environs.

Damas a dénoncé le nouvel accord «corridor de paix» turco-américain sur le nord-est de la Syrie, le qualifiant d ’« agression flagrante »contre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.

Le gouvernement syrien a déclaré que cette initiative « exposait le partenariat américano-turc à l’agression contre la Syrie, qui sert les intérêts de l’entité de l’occupation israélienne et les ambitions expansionnistes de la Turquie ».

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Des hélicoptères turcs évacuent deux membres des services blessés dans le nouvel attentat d’Afrin (vidéo)

De nouvelles photos révèlent les lourdes pertes des militants lors des récentes batailles dans le nord de Hama

En vidéo: Opération offensive de l’armée syrienne dans le nord de Hama

La livraison à Severomorsk, en Russie, interdite pendant un mois après l’explosion d’une fusée

https://southfront.org/syrian-war-report-august-9-2019-militants-on-retreat-in-northwestern-hama/


SITUATION MILITAIRE EN SYRIE LE 8 AOÛT 2019 (CARTE MISE À JOUR)

SITUATION MILITAIRE EN SYRIE LE 8 AOÛT 2019 (CARTE MISE À JOUR)

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Situation militaire en Syrie le 8 août 2019 (Carte mise à jour)

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Un bref aperçu des développements récents en Syrie:

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Les Houthis capturent des dizaines de positions saoudiennes dans une nouvelle opération à grande échelle à Al-Jawf (Vidéo)

Un chef de gang de la drogue tente d’échapper à la prison en se déguisant comme sa fille de 19 ans (Photos, Vidéo)

Emplacements des porte-avions américains, britanniques, chinois, français et russes – 8 août 2019

La destruction de deux drones israéliens par la Turquie en Libye – Rapport

https://southfront.org/military-situation-in-syria-on-august-8-2019-map-update/

Vases communicants en Syrie ?

Vases communicants en Syrie ?

7 Août 2019

Si le feuilleton d’Idlib n’en finit pas de ne pas finir et demeure une épine dans le pied des loyalistes, victorieux par ailleurs, un déblocage pourrait peut-être prochainement voir le jour, qui aurait d’importantes répercussions sur une bonne partie du territoire syrien. Le conditionnel reste cependant de mise, tant les négociations en coulisses sont complexes et mettent en scène une multiplicité d’acteurs aux objectifs différents : Damas, les Turcs, Moscou, les Kurdes, les Américains, l’Iran.

L’espoir d’un rapprochement entre Assad et les Kurdes sous la houlette russe ayant fait long feu (torpillage US mais aussi entêtement de Damas sur l’autonomie à donner aux Kurdes), l’on semble se diriger lentement mais durablement vers une recomposition qui était déjà dans les tuyaux depuis un bout de temps, un troc qui, selon le principe des vases communicants, verrait Ankara « donner » Idlib aux Syro-Russes en échange d’un feu vert contre le Rojava kurde.

Si l’idée n’est pas nouvelle, certains éléments peuvent laisser penser que cette fois, ça pourrait être la bonne, comme n’est pas loin de le penser Frédéric Pichon. Début août, Moscou a usé d’un ton inhabituellement direct, donnant 24 heures aux Turcs pour faire respecter l’accord sur le retrait des barbus de la DMZ. Ankara ayant évidemment été incapable de faire quoi que ce soit et HTS ayant refusé tout net, les Syro-Russes sont passés à l’offensive. Les Sukhois s’en donnent à cœur joie et il se murmure même que les spetsnaz ont mis la main à la pâte avec quelques opérations derrière les lignes.

Dans le même temps, Erdogan a menacé encore une fois, mais plus fort que de coutume, d’envahir le Rojava kurde. Certes, c’est presque devenu une habitude chez lui et d’aucuns n’y verront qu’un énième chantage, mais le ton semble cette fois plus assuré. A tel point que les Américains, parrains des SDF, se sont crus obligés à plusieurs reprises d’avertir sévèrement le sultan de ne pas franchir le Rubicon (ou l’Euphrate en l’occurrence). On doit bien s’amuser au siège de l’Alliance atlantique…

L’accord conclu in extremis entre Ankara et Washington reste vague et, comme les autres, pourrait ne déboucher sur rien de concret, auquel cas les Turcs seraient susceptibles de mettre, pour une fois, leurs menaces à exécution. Cela n’arrangerait évidemment pas les affaires de l’empire, pris entre le marteau de son allié otanien et l’enclume de sa chair à canon kurde syrienne. Amusante coïncidence, cela embêterait également son grand ennemi iranien !

Une invasion turque du Rojava repousserait en effet les Kurdes plus au Sud, vers la frontière syro-irakienne, interface de l’arc chiite. Cette concentration de troupes hostiles, cornaquées par Washington, près du noeud stratégique d’Al Bukamal rendrait la situation explosive et ne serait pas du tout bien reçue à Téhéran…

Nous n’en sommes pas encore là et n’y serons peut-être jamais, même s’il convient de ne pas en écarter tout à fait la possibilité. Les premiers éléments de réponse commenceront à tomber dans les jours/semaines à venir. Le sultan s’est-il une nouvelle fois contenté d’aboyer ou va-t-il, cette fois, réellement mordre ? L’offensive syro-russe sur l’Idlibistan sera-t-elle une nouvelle fois arrêtée après quelques villages repris ou est-elle partie pour durer ? Comment dit-on wait and see en turco-arabo-kurde ?

Tag(s) : #Moyen-Orient

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Lettres persanes

Lettres persanes

25 Juin 2019

Lorsqu’il publia son roman épistolaire en 1721, Montesquieu ne s’imaginait peut-être pas que sa chère Perse serait dans l’oeil du cyclone géopolitique 298 ans plus tard… Beaucoup a déjà été dit, ici ou ailleurs, sur la crise du Golfe 3.0 ou 4.0 (on ne compte plus). Contentons-nous de revenir sur les tous derniers éléments pertinents.

Si beaucoup espéraient (du côté impérial) ou craignaient (du côté de la multipolarité) que Poutine « vende » l’Iran en échange de la Syrie, ils ont été déçus/soulagés. L’inédit sommet tripartite Russie-Israël-USA, lors duquel Washington et Tel Aviv étaient censés convaincre Moscou de lâcher l’Iran, a accouché d’une souris. Pire ! l’envoyé russe, Nikolaï Patrouchev, a renvoyé Bolton & Co dans les cordes :

« L’Iran a toujours été et demeure notre allié, avec qui nous développons nos relations dans un contexte aussi bien bilatéral que multilatéral. Nous croyons donc qu’il est inadmissible de qualifier l’Iran comme la principale menace de la région et de le mettre sur le même plan que l’Etat Islamique ou d’autres organisations terroristes. »

L’ami Nikolaï en a rajouté une couche en déclarant que, selon les données militaires russes, le drone US était bien dans l’espace aérien iranien et que les accusations américaines contre Téhéran concernant l’attaque de pétroliers étaient « de piètre qualité et peu professionnelles ». Pan, sur la moustache de Bolton qui, avec son siamois israélien, ne s’attendait visiblement pas à se faire reprendre aussi vertement. Voilà qui n’a pas dû lui arriver très souvent dans sa carrière…

Et encore, Patrouchev n’a-t-il pas élaboré sur le fait que les Iraniens auraient également pu descendre un P8 Poseidon, avion de patrouille maritime, avec 35 soldats US à bord. Message sublimal : Nous sommes restés très modérés mais on peut vous faire beaucoup plus mal. De fait, si l’armée iranienne souffrira énormément d’un conflit, elle peut infliger des dommages sévères aux bases US de la région et mettre le feu aux alliés pétromonarchiques de l’empire.

Et bien sûr, Téhéran est dans les starting blocks pour lancer sa guerre asymétrique sur deux axes. D’abord en actionnant une guérilla chiite qui embrasera le Moyen-Orient : Hezbollah vs Israël, Houthis vs Arabie saoudite, UMP irakiennes vs soldats américains. Ensuite, en fermant le détroit d’Ormuz pour faire exploser le cours du pétrole et amocher salement l’économie mondiale.

Les compagnies d’assurance ont déjà multiplié par dix (!) le prix de leur police pour un pétrolier naviguant dans le Golfe, ce qui se répercute sur le coût du baril. Mais ce n’est rien par rapport aux cours stratosphériques qu’atteindrait l’or noir si le détroit était réellement menacé de fermeture : 300$, 500$ voire même 1000$ selon des projections de Goldman Sachs. Les marchés mondiaux ne s’en remettraient pas et la crise de 1929 ferait figure d’aimable gaspillage.

Pas sûr dans ces conditions que le Cretinho de la Maison Blanche, qui prend apparemment aussi ses conseils de l’excellent Tucker Carlson mais aurait mieux fait d’écouter celui-ci avant d’engager les illuminés Bolton et Pompeo, pas sûr dans ces conditions, donc, que Cretinho franchisse le pas. Pour l’instant, la guerre des mots s’amplifie, Rouhani qualifiant l’administration US de « retardée mentale » et celle-ci menaçant de « faire disparaître » l’Iran. Ambiance, ambiance…

La toute dernière livrée des sanctions américaines ciblent symboliquement les leaders iraniens mais il ne faudrait pas y voir seulement un aveu d’impuissance. En menaçant de sanctionner Zarif, le ministre des Affaires étrangères, les petits génies du Potomac pensent couper toute possibilité de négociations diplomatiques. Stratégie de la tension, toujours. Le Pompée du Département d’Etat, lui, fait la tournée des popotes pétromonarchiques pour les engager dans une grande coalition. Mais les grassouillets cheikhs sont aussi veules que riches et il n’est pas sûr qu’ils acceptent de s’engager. Déjà, les Emirats Arabes Unis, pourtant fanatiquement anti-iraniens, retournent leur keffieh à la vitesse de l’éclair, constatant soudain que la guerre, c’est dangereux. Il est très facile de payer des mercenaires au Yémen pour faire le sale boulot, mais se retrouver en première ligne, voilà qui est trop risqué pour ces chères pétronouilles.

Un dernier élément pour la compréhension des tenants et aboutissants persiques. Il se pourrait (mais l’info n’est pas sûre et reste au conditionnel) que les Russes aient envoyé des conseillers techniquesafin d’améliorer la défense anti-aérienne iranienne. Si c’est confirmé (et c’est encore un gros si), au vu de ce qui s’est fait en Syrie avec les 2/3 des missiles US descendus ou détournés, la nouvelle n’est pas bonne pour la coterie américano-israoudienne…Tag(s) : #Moyen-Orient

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TENSION ENTRE LES FORCES RUSSES ET IRANIENNES DANS LE SUD DE DEIR EZZOR – RAPPORT

#FROMTHEFRONT #SYRIA 05.07.2019 – 1793 vues    3 ( 2 votes)

TENSION ENTRE LES FORCES RUSSES ET IRANIENNES DANS LE SUD DE DEIR EZZOR – RAPPORT

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Tension entre les forces russes et iraniennes dans le sud de Deir Ezzor - Rapport

IMAGE DE DOSSIER: Les membres du service de police militaire russe sont en Syrie

Le sud de Deir Ezzor est témoin d’une tension croissante entre les forces russes et iraniennes, a rapporté le journaliste libanais de la BBC Ali Hashem le 5 juillet, citant une source de sécurité irakienne.

« Selon une source importante de la sécurité irakienne, les tensions entre les forces iraniennes et russes dans l’est de l’Euphrate en Syrie augmentent, à la suite des mesures prises par la Russie pour limiter la présence iranienne dans la région », a tweeté Hachem.

Hachem est correspondant de la BBC pour les affaires iraniennes et chercheur au Centre d’études islamiques et asiatiques occidentaux à Egham, en Angleterre. Il est connu pour ses bonnes relations avec de hauts responsables iraniens et irakiens.

U-News, un média libanais affilié au Hezbollah, a partagé les revendications de Hachem, ce qui leur donne plus de crédibilité.

La semaine dernière, le journal syrien al-Watan a annoncé que les unités de mobilisation populaire irakiennes (UGP) avaient retiré leurs unités de la ville stratégique d’al-Bukamal, dans le sud de Deir Ezzor. Les motivations derrière le geste surprise n’étaient pas si claires.

Au cours des derniers mois, plusieurs sources de presse ont signalé des tensions et même des affrontements entre les forces russes et iraniennes à travers la Syrie. Cependant, tous ces rapports se sont révélés inexacts, voire complètement faux.

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