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LES FORCES GOUVERNEMENTALES ONT INVERSÉ LES GAINS DES MILITANTS DANS LE SUD D'IDLIB

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – 4 DÉCEMBRE 2019: LES FORCES GOUVERNEMENTALES ONT INVERSÉ LES GAINS DES MILITANTS DANS LE SUD D’IDLIB

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Rapport sur la guerre en Syrie - 4 décembre 2019: Les forces gouvernementales ont inversé les gains des militants dans le sud d'Idlib

Le 3 décembre, les forces pro-gouvernementales ont libéré les villages de Rasm al-Ward, Istablat et Ajaz de Hayat Tahrir al-Sham et d’autres groupes radicaux dans le sud-est d’Idlib.

Avec cette avancée, l’armée syrienne et ses alliés ont repris tous les villages capturés par les militants dans le cadre de leur avancée lancée le 30 novembre.

À présent, selon des sources pro-gouvernementales, l’armée syrienne se prépare pour une nouvelle poussée dans le sud d’Idlib afin de neutraliser la menace terroriste dans la région.

Des sources pro-militantes affirment que plusieurs frappes aériennes russes et syriennes ont touché des positions des «forces de l’opposition» près de Maarat al-Numan. Cette ville reste le principal bastion des militants dans la région et est une cible apparente de toute opération éventuelle de l’armée syrienne dans la région.

Le 1er décembre, les forces de défense aérienne syriennes ont intercepté plusieurs véhicules aériens sans pilote lancés par des militants au-dessus de la base aérienne de Hama. Selon des activistes pro-gouvernementaux, les mystérieux drones se sont approchés de la base aérienne dans ce qui semble être une tentative de le bombarder.

Plus tôt en 2019, la base aérienne de Hama a été la cible de plusieurs attaques d’UAV. Tous les drones ont été lancés à partir de Greater Idlib. La nouvelle attaque semble être identique aux précédentes.

La base aérienne de Hama est l’un des trois principaux terrains aériens du centre de la Syrie. La base aérienne accueille plusieurs escadrons de l’armée de l’air arabe syrienne. Certaines unités russes y sont également déployées.

Des médias soutenus par la Turquie ont arrêté un certain nombre de jeunes hommes et ont pillé des propriétés dans plusieurs maisons du village d’Al Qatouf, près de Ras al-Ayn, ont rapporté les médias syriens le 3 décembre. Selon le même rapport, plusieurs activistes seraient morts des combats ont éclaté sur les propriétés volées.

Au cours des dernières années, plusieurs cas ont été signalés à plusieurs reprises dans les zones d’Afrin et al-Bab sous contrôle turc. Les sources turques ignorent ces informations ou les appellent de fausses nouvelles.

Des affrontements sporadiques entre les forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes et des mandataires turcs éclatent régulièrement au nord d’Ayn Issa et au sud-est de Ras al-Ayn. Néanmoins, aucune action offensive majeure n’a été entreprise par les parties

.https://southfront.org/syrian-war-report-december-4-2019-government-forces-reversed-militants-gains-in-southern-idlib/

LA POLICE MILITAIRE RUSSE EST ATTAQUÉE DANS LE NORD DE LA SYRIE

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – LE 3 DÉCEMBRE 2019: LA POLICE MILITAIRE RUSSE EST ATTAQUÉE DANS LE NORD DE LA SYRIE

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Rapport sur la guerre en Syrie - Le 3 décembre 2019: La police militaire russe est attaquée dans le nord de la Syrie

Trois officiers de la police militaire russe ont été légèrement blessés par l’explosion d’un engin explosif improvisé près de leur véhicule blindé dans le nord-est de la Syrie, a rapporté le ministère russe de la Défense le 2 décembre. L’incident s’est produit alors que la police militaire russe accomplissait une tâche de reconnaissance le long de la route. mission de patrouille conjointe russo-turque à environ 1,5 km à l’ouest du village de Coran.

L’attaque par IED est devenue la plus récente d’une longue série de provocations contre les patrouilles turques et russes dans le nord-est de la Syrie. Auparavant, des radicaux affiliés aux Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes tentaient de bloquer les patrouilles et même de leur lancer des pierres et des bombes à essence.

Ces attaques ont été temporairement arrêtées après le 20 novembre, les forces de sécurité du SDF, Asayish, ont présenté des excuses publiques pour l’incident «malheureux» avec le lancement de bombes d’essence et ont promis de travailler pour prévenir de tels cas à l’avenir. Néanmoins, il semble que la faction radicale pro-américaine au sein de la direction kurde soit trop forte et que les provocations se poursuivent.

Si de tels actes font de réelles victimes parmi le personnel russe, cela pourrait contraindre Moscou à reconsidérer son approche visant à contenir les actions militaires turques contre les groupes armés kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Les forces russes et turques effectuent des missions de patrouille en vertu du mémorandum signé le 22 octobre à Sotchi entre la Russie et la Turquie. Des unités de la police militaire russe coordonnent leurs actions avec le service des frontières syrien et l’armée turque. L’objectif est de fournir une assistance pour assurer la sécurité des citoyens et maintenir l’ordre, ainsi que pour contrôler la mise en œuvre d’un mémorandum sur le retrait des groupes armés kurdes et de leurs armes à environ 30 km de la frontière.

Les affrontements entre l’armée syrienne et les forces dirigées par Hayat Tahrir al-Sham se sont poursuivis près de Rasm al-Ward et d’Istablat, dans le sud-est d’Idlib. Ces villages restent de facto un no man’s land au milieu d’intenses duels d’artillerie et de frappes aériennes. Des sources progouvernementales affirment que les militants ont subi de lourdes pertes. Cependant, ils ainsi que des sources militantes ont fourni peu de preuves pour confirmer ces affirmations.

Des frappes aériennes syriennes et russes ont également touché des fortifications et des dépôts d’armes appartenant à des militants près de Kafr Nabl, de Maarat Al-Numan et de Kafr Sijnah.

L’armée syrienne déploie actuellement des renforts près du front dans le sud d’Idlib. Cela peut indiquer que les forces gouvernementales prévoient de réagir aux attaques récentes des militants par une opération terrestre propre.

https://southfront.org/syrian-war-report-december-3-2019-russian-military-police-came-under-attack-in-northern-syria/

    

Une menace pour la Russie : Poutine dénonce l'expansion continue de l'OTAN

Une menace pour la Russie :

Poutine dénonce l’expansion continue de l’OTAN 3 déc. 2019, 14:43 © Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin via REUTERS Source: Reuters Le président russe Vladimir Poutine, le 23 novembre 2019 (image d’illustration)

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN ouvre ses portes, le chef d’Etat a rappelé qu’il était prêt à coopérer avec l’Alliance militaire, dont il déplore toutefois la politique d’expansion jusqu’aux frontières de la Russie.

En dépit du comportement «pas correct voire grossier» de l’OTAN envers Moscou, la Russie est prête a coopérer avec l’Alliance atlantique, a fait savoir le président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’une réunion avec des responsables militaires à Sotchi ce 3 décembre.

Lire aussi Le sommet de l’OTAN s’ouvre sur fond de désaccords majeurs entre ses membres (EN CONTINU) «Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre volonté de coopérer avec l’OTAN, sur des menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés locaux et le danger de la prolifération des armes de destruction massives», a ainsi déclaré le président russe, cité par les agences de presse.

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN se tient les 3 et 4 décembre dans un contexte de fortes tensions internes – notamment en raison de l’intervention turque en Syrie qui divise en son sein –

le Kremlin s’est par ailleurs refusé à tout commentaire sur le sujet. «Ce ne sont pas nos affaires», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass. «Cela devient nos affaires quand l’Alliance menace la sécurité de la Russie», a-t-il précisé.

L’OTAN traverse une crise majeure, révélée par la sortie d’Emmanuel Macron début novembre, sur l’«état de mort cérébrale» de l’alliance, suite aux désaccords entre ses membres concernant l’intervention turque en Syrie.

Des propos violemment critiqués par le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que par le chef d’Etat américain Donald Trump. En amont du sommet, le chef d’Etat turc a prévenu qu’il avait l’intention de bloquer un plan de l’Alliance militaire concernant les pays baltes et la Pologne tant que celle-ci ne reconnaîtra pas comme «terroriste» la milice kurde des YPG, combattue par Ankara.

Lire aussi : «Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France» : Trump tire à boulets rouges sur Macron International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68517-menace-pour-russie-poutine-denonce-expansion-continue-otan?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (2/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (2/2)

Edgar VAUQUELIN 29 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme. 

Partie II : Les groupes proches du djihadisme

Le groupe Jaych al-Islam combat aujourd'hui aux côtés de l'armée de la Turquie en Syrie.
Des combattants de Jaych al-Islam dans la Ghouta orientale, en 2017.

En plus des combattants issus de l’Armée syrienne libre, la Turquie a également coopté, depuis 2016, plusieurs groupes de combattants proches du djihadisme. Cela a d’ailleurs suscité des remous au sein même de la sphère islamiste. Nous tenterons ici de dresser un tableau des plus importants de ces groupes.

Ahrar al-Cham

Dès les premières années du conflit syrien et jusqu’en 2017, le groupe Harakat Ahrar al-Cham constitue l’un des principaux groupes salafistes en Syrie. Il compte entre 10 000 et 20 000 hommes fin 2013. Ahrar al-Cham est créé en janvier 2012 par des militants djihadistes libérés de la prison de Seydnaya par le régime. Le groupe a longtemps entretenu des liens étroits avec Al-Nosra, la franchise syrienne d’Al-Qaida. Les deux organisations envisagent même un temps une fusion. Entre mars 2015 et janvier 2017, la collaboration entre Arhar al-Cham et Al-Nosra permit notamment à la rébellion de s’emparer de la ville d’Idlib. Jusqu’à la fin de l’année 2016, Ahrar al-Cham est constamment tiraillé entre une faction dure de ses dirigeants, favorables à une alliance avec Al-Nosra, et une faction plus modérée, favorable à une entente avec la Turquie et les pays du Golfe.

En septembre 2016, Ahrar al-Cham apporte son soutien à l’intervention turque au Nord de la Syrie, ce qui provoque des tensions avec Al-Nosra, opposé à toute influence étatique. Finalement, en janvier 2017, une guerre ouverte éclate entre les frères ennemis salafistes. Le conflit tourne en juillet à l’avantage d’Al-Nosra (alors rebaptisée Hayat Tahrir al-Cham, après une fusion avec d’autres groupes rebelles). Affaibli par cette défaite, Ahrar al-Cham fusionne, en février 2018, avec la Harakat Nour al-Din al-Zenki, autre groupe islamiste radical. La Harakat Ahrar al-Cham et Zenki rejoignent officiellement la coalition pro-Turquie au sein du FNL le 1er août 2018.

Ahrar al-Charkiya

Ahrar al-Charkiya est une organisation à la trajectoire complexe. Début 2016, Abou Marya Qahtani, ancien cadre de Daech, fonde officiellement ce groupe. Il est aujourd’hui dirigé par Abou Hatem Chakra, ancien membre d’Ahrar al-Cham. Les combattants qui le composent sont pour beaucoup issus des rangs de Daech ou d’Al-Nosra. En octobre dernier, il participe à l’Opération Source de Paix, aux côtés de l’armée turque. Le groupe commet alors de nombreuses exactions, rapportées par les ONG.

Ahrar al-Charkiya s’est notamment fait remarquer par des chants djihadistes, la destruction de magasins d’alcool et des pillages. Ces débordements, que le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU qualifie de “crimes de guerre“, visent notamment les populations kurdes. Ils posent ainsi la question de la responsabilité de la Turquie dans ces exactions, puisque les groupes agissent sous son contrôle. D’autant que certaines analyses prêtent au Président Erdogan une volonté de nettoyage ethnique à l’encontre des kurdes au Nord de la Syrie. Cela servirait son objectif d’empêcher une continuité territoriale entre les populations kurdes de Syrie et de Turquie.

Jaych al-Islam

Parmi les autres groupes islamistes radicaux cooptés par la Turquie, l’on peut également citer Suqour al-Cham ou Jaych al-Islam. Ce dernier fut longtemps l’entité rebelle la plus puissante dans la région de Damas, avant d’en être expulsé en 2018. Le groupe était dirigé par la famille Allouche, proche de l’Arabie saoudite. Son chef charismatique, Zahran Allouche, est tué en 2015 par un raid des forces loyalistes. Il était le tenant d’un discours salafiste très hostile aux minorités religieuses, notamment alaouite et chiite. Son cousin, Mohammed Allouche, était l’un des représentants de l’opposition syrienne lors des négociations internationales tenues à Astana en 2017. L’expulsion du groupe du Sud de la Syrie a permis à la Turquie de l’intégrer parmi ses supplétifs.

Tous ces groupes sont donc tenants d’un islam radical, et avaient initialement pour objectif d’appliquer la charia en Syrie. Ils se distinguent néanmoins de groupes comme Daech ou Al-Qaida par le fait qu’ils n’appellent pas au djihad au niveau international, du moins dans leurs déclarations officielles.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42255-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-2

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Edgar VAUQUELIN 22 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme.

Partie I : Les groupes issus de l’Armée syrienne libre

Supplétifs syriens de la Turquie
Le major Yasser Abdel Rahim, chef du groupe Faylaq al-Cham, en octobre 2015.

Formée en juillet 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) constituait la principale force d’opposition au régime d’Assad au début du conflit. Des groupes plus radicaux l’ont ensuite supplantée. Les groupes qui en sont issus, combattant aujourd’hui aux côtés de l’armée turque, représentent un éventail idéologique extrêmement large.

Après la perte de leur bastion d’Alep-est, reconquis par les forces loyalistes en 2016, les groupes de l’ASL ont retrouvé du service avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, menées par la Turquie au nord de la Syrie entre 2016 et 2018. Ce nouvel engagement, dicté en grande partie par l’opportunisme, a conduit ces supplétifs à délaisser le combat contre le régime, au profit des intérêts de leur parrain turc, qui les arme, les forme et les finance.

Les chiffres sur le nombre de combattants au sein de l’Armée nationale syrienne varient en fonction des sources. L’on estime qu’ils seraient entre 50 000 et 110 000 hommes, en comptant les groupes proches du djihadisme. Il faut cependant considérer ces chiffres avec précaution. L’on peut de plus dégager deux tendances parmi ces forces dites « modérées » : les groupes arabes, pouvant être tant laïcs qu’islamistes, et les groupes turkmènes.

Groupes rebelles arabes

Il n’existe pas d’unité idéologique au sein des forces rebelles arabes. La guerre menée par la Turquie contre les Forces démocratiques syriennes est en effet l’occasion pour des groupes rebelles ayant connu la défaite dans d’autres régions du pays de prendre une forme de revanche. Parmi les groupes les plus importants, on peut citer notamment Faylaq al-Cham, constituant le bras armé des Frères musulmans syriens. Le groupe comptait entre 8500 et 10 000 combattants en septembre 2018. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est l’un des groupes rebelles les plus importants au nord de la Syrie.

C’est à cette époque que, dans la logique de l’accord russo-turc sur la poche rebelle d’Idlib, le groupe acceptait de quitter ses positions dans la zone démilitarisée prévue par ledit accord, preuve de l’influence de la Turquie sur le groupe. La tendance Frères musulmans est donc représentée au sein des rebelles pro-turc, bien qu’elle soit loin de constituer un vecteur commun à l’ensemble des forces arabes sunnites.

Groupes turkmènes en Syrie

Les combattants d’origine turkmène constituent l’autre tendance importante. La Syrie compte historiquement une minorité ethnique turkmène, en grande partie turcophone et proche de la culture turque. Cela explique la présence de groupes de combattants dont l’idéologie est souvent proche du néo-ottomanisme. Ces groupes, qui défendent la particularité culturelle de leur minorité, constituent donc des alliés naturels pour Ankara. Le plus important d’entre eux est sans doute la Division Sultan Mourad. Créée en mars 2013, elle tire son nom de Mourad II, sultan ottoman au XVe siècle. Après avoir été très actif dans la bataille d’Alep, le groupe participe en août 2016 à la prise de la ville de Jarablous, à la frontière turco-syrienne, par les forces turques.

Les groupes turkmènes, dont les noms font souvent référence à des figures emblématiques de l’Empire ottoman, communiquent largement sur les réseaux sociaux. Leurs membres s’y affichent alors en faisant de la main le signe de ralliement des Loups gris, organisation d’extrême-droite turque. En effet, ces groupes, qui comptent parmi leurs membres des combattants étrangers venus de Turquie ou d’Asie centrale notamment, sont souvent proches du nationalisme turc.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42171-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-1.

Syrie : l’armée bombarde des camions citernes kurdes transportant du pétrole pillé

Syrie : l’armée bombarde des camions citernes kurdes transportant du pétrole pillé

Publié par Candide le 27 novembre 2019 dans Chroniques      1 Votes

Zohra Credy

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La Syrie ne laissera pas les milices kurdes voler son pétrole, ni Merdogan en profiter
Ce pétrole est écoulé via la Turquie alors que Merdogan ne cesse de traiter les milices kurdes de terroristes et leur fait la guerre !!!

Syrie : l’armée bombarde des camions citernes kurdes transportant du pétrole pillé

L’armée syrienne a détruit un convoi de camions citernes qui transportaient du pétrole pillé par des kurdes syriens dans le nord-est syrien, a révélé l’agence de presse syrienne officielle Sana.

Citant une source syrienne depuis la ville de Hassaké, l’agence rapporte : « après s’être au préalable assuré que certaines organisations kurdes dans la Jazira syrienne font de la contrebande de pétrole au moyen de camions citernes depuis Jarablous en direction de la région d’Erbil dans le nord de l’Irak, et à destination du régime turc qu’elles prétendent que c’est leur principal ennemi, un convoi de camions citernes et des sites de raffinage de pétrole ont été détruits ce matin ».
« Nous allons prendre les mesures dures contre quiconque mène des opérations de contrebande du pétrole pillé du sol syrien en dehors du pays », a affirmé cette source.

Après avoir décidé de se retirer du nord-est de la Syrie, le président américain Donald a finalement redéployé les soldats américains dans les zones pétrolifères syriennes, situées à l’est de l’Euphrate. Il a plus tard affirmé que la rente pétrolière de ces régions va revenir aux milices kurdes.
C’est la milice des Forces démocratiques syriennes, une émanation du YPG kurde qui contrôle cette zone depuis qu’elle a rallié la Coalition internationale dans sa lutte contre Daech en Syrie.

Lors d’un entretien avec des médias russes, le président syrien Bachar al-Assad a accusé les Etats-Unis de voler le pétrole de son pays.
Il s’est engagé à porter plainte auprès du Conseil de sécurité pour cette affaire, tout en faisant part de son pessimisme que l’Onu puisse faire quelque chose.

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https://tunisitri.wordpress.com/2019/11/27/syrie-larmee-bombarde-des-camions-citernes-kurdes-transportant-du-petrole-pille/

ANKARA MENACE DE REPRENDRE SON OFFENSIVE EN SYRIE

ANKARA MENACE DE REPRENDRE SON OFFENSIVE EN SYRIE

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22.11.2019Syrie

La Turquie a menacé de reprendre son offensive Source de Paix si les milices kurdes ne se retirent pas complètement de la frontière turco-syrienne, a annoncé le 18 novembre le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu.

Selon le ministre cité par l’agence Anadolu, Moscou et Washington «n’ont pas encore rempli» leurs engagements. «Cela doit être fait», sinon, comme l’a promis M.Cavusoglu, Ankara «fera ce qu’il faut» pour assurer la sécurité de ses frontières.

«Si nous n’obtenons pas le résultat escompté, nous ferons ce qu’il faut, comme ce que nous avons déjà fait dans l’opération [lancée, ndlr.]», a déclaré M.Cavusoglu.

«Nous devons éliminer la menace terroriste à nos portes», a-t-il ajouté.

La Turquie a lancé le 9 octobre une offensive en territoire syrien contre les milices kurdes YPG, qu’elle considère comme terroristes. Après des rencontres séparées entre Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Donald Trump, deux accords ont été conclus avec Moscou et Washington en vue du retrait des YPG du nord-est de la Syrie.

Selon le Centre russe pour la réconciliation en Syrie, les forces kurdes ont abandonné leurs positions à la frontière et des patrouilles menées par l’armée turque et l’armée russe ont été mises en place. La première a eu lieu le 1er novembre.

Source: Sputnik

https://katehon.com/fr/article/ankara-menace-de-reprendre-son-offensive-en-syrie

L’ARMÉE SYRIENNE REPREND SES OPÉRATIONS AU SOL DANS LE SUD-EST D’IDLIB ET S’EMPARE DE LA VILLE

#FROMTHEFRONT #SYRIA 24.11.2019 – 805 vues    4.8 ( 6 votes)

L’ARMÉE SYRIENNE REPREND SES OPÉRATIONS AU SOL DANS LE SUD-EST D’IDLIB ET S’EMPARE DE LA VILLE

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Très tôt le 24 novembre, l’armée arabe syrienne (ASA) a repris ses opérations terrestres dans le sud-est d’Idlib, lançant une attaque acharnée sur la ville de Misherfah.

Les unités de l’armée ont pris d’assaut la ville en quelques heures et ont réussi à la sécuriser complètement à la suite de violents affrontements avec Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), affilié à Al-Qaïda, et le Front national de libération (NFL) soutenu par la Turquie.

L'armée syrienne reprend ses opérations au sol dans le sud-est d'Idlib et s'empare de la ville

Cliquez pour voir la carte en taille réelle. Source: (@Suriyakmaps) sur Twitter.

HTS et la NFL ont lancé une contre-attaque pour reprendre la ville. Cependant, la tentative a échoué, les deux groupes ayant subi davantage de pertes.

Plusieurs militants de HTS et de la NFL auraient été tués ou blessés alors qu’ils tentaient de conserver leurs positions à Misherah.

Plus tôt cette semaine, la SAA a pris d’assaut la ville. Cependant, une contre-attaque de HTS et de la NFL a forcé les unités de l’armée à se retirer en quelques heures.

Le SAA pourrait progresser davantage dans le sud-est d’Idlib dans les prochaines heures. Des avions de combat russes et syriens ont déjà lancé des frappes aériennes sur plusieurs villes de la région.

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Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Edgar VAUQUELIN 22 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme.

Partie I : Les groupes issus de l’Armée syrienne libre

Supplétifs syriens de la Turquie
Le major Yasser Abdel Rahim, chef du groupe Faylaq al-Cham, en octobre 2015.

Formée en juillet 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) constituait la principale force d’opposition au régime d’Assad au début du conflit. Des groupes plus radicaux l’ont ensuite supplantée. Les groupes qui en sont issus, combattant aujourd’hui aux côtés de l’armée turque, représentent un éventail idéologique extrêmement large.

Après la perte de leur bastion d’Alep-est, reconquis par les forces loyalistes en 2016, les groupes de l’ASL ont retrouvé du service avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, menées par la Turquie au nord de la Syrie entre 2016 et 2018. Ce nouvel engagement, dicté en grande partie par l’opportunisme, a conduit ces supplétifs à délaisser le combat contre le régime, au profit des intérêts de leur parrain turc, qui les arme, les forme et les finance.

Les chiffres sur le nombre de combattants au sein de l’Armée nationale syrienne varient en fonction des sources. L’on estime qu’ils seraient entre 50 000 et 110 000 hommes, en comptant les groupes proches du djihadisme. Il faut cependant considérer ces chiffres avec précaution. L’on peut de plus dégager deux tendances parmi ces forces dites « modérées » : les groupes arabes, pouvant être tant laïcs qu’islamistes, et les groupes turkmènes.

Groupes rebelles arabes

Il n’existe pas d’unité idéologique au sein des forces rebelles arabes. La guerre menée par la Turquie contre les Forces démocratiques syriennes est en effet l’occasion pour des groupes rebelles ayant connu la défaite dans d’autres régions du pays de prendre une forme de revanche. Parmi les groupes les plus importants, on peut citer notamment Faylaq al-Cham, constituant le bras armé des Frères musulmans syriens. Le groupe comptait entre 8500 et 10 000 combattants en septembre 2018. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est l’un des groupes rebelles les plus importants au nord de la Syrie.

C’est à cette époque que, dans la logique de l’accord russo-turc sur la poche rebelle d’Idlib, le groupe acceptait de quitter ses positions dans la zone démilitarisée prévue par ledit accord, preuve de l’influence de la Turquie sur le groupe. La tendance Frères musulmans est donc représentée au sein des rebelles pro-turc, bien qu’elle soit loin de constituer un vecteur commun à l’ensemble des forces arabes sunnites.

Groupes turkmènes en Syrie

Les combattants d’origine turkmène constituent l’autre tendance importante. La Syrie compte historiquement une minorité ethnique turkmène, en grande partie turcophone et proche de la culture turque. Cela explique la présence de groupes de combattants dont l’idéologie est souvent proche du néo-ottomanisme. Ces groupes, qui défendent la particularité culturelle de leur minorité, constituent donc des alliés naturels pour Ankara. Le plus important d’entre eux est sans doute la Division Sultan Mourad. Créée en mars 2013, elle tire son nom de Mourad II, sultan ottoman au XVe siècle. Après avoir été très actif dans la bataille d’Alep, le groupe participe en août 2016 à la prise de la ville de Jarablous, à la frontière turco-syrienne, par les forces turques.

Les groupes turkmènes, dont les noms font souvent référence à des figures emblématiques de l’Empire ottoman, communiquent largement sur les réseaux sociaux. Leurs membres s’y affichent alors en faisant de la main le signe de ralliement des Loups gris, organisation d’extrême-droite turque. En effet, ces groupes, qui comptent parmi leurs membres des combattants étrangers venus de Turquie ou d’Asie centrale notamment, sont souvent proches du nationalisme turc.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42171-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-1