Archives pour la catégorie Tanzanie

Un jeune milliardaire enlevé à Dar es Salaam

Un jeune milliardaire enlevé à Dar es Salaam

L’homme d’affaires tanzanien Mohammed Dewji, enlevé jeudi à Dar es Salaam, dans son bureau le 23 avril 2015 dans la capitale économique de Tanzanie. / © AFP/Archives / Khalfan SAID HASSAN

L’homme considéré comme le plus jeune milliardaire du continent africain, le businessman tanzanien Mohammed Dewji, a été enlevé jeudi par des hommes armés à Dar es Salaam, ont indiqué des sources officielles.

Dirigeant à 43 ans du groupe METL présent dans une dizaine de pays dans les domaines de l’agriculture, de l’assurance, des transports, de la logistique ou de l’agroalimentaire, M. Dewji a été kidnappé alors qu’il entrait dans la salle de sport d’un hôtel de la capitale économique du pays, ont précisé les autorités administratives et policières.

« Les premières informations indiquent qu’il a été enlevé par des Blancs venus à bord de deux véhicules », a déclaré à la presse le gouverneur de la région de Dar es Salaam, Paul Makonda, soulignant que « ce type d’incident est nouveau ».

Le chef de la police à Dar es Salaam, Lazaro Mambosasa, a précisé que des étrangers avaient « tiré en l’air avant de faire entrer de force » Dewji dans leur véhicule.

« Trois personnes ont déjà été arrêtées mais nous ne pouvons divulguer leur identité à ce stade »; a ajouté le responsable.

Né en Tanzanie, Mohammed Dewji a fait ses études à l’université de Georgetown aux Etats-Unis. En 2013, il est devenu le premier Tanzanien à faire la couverture du magazine Forbes et en 2015 il a été décrété Personne de l’année par Forbes Afrique. Selon le magazine, il occupe la 17ème position sur la liste des milliardaires africains avec une fortune évaluée à 1,54 milliard de dollars (1,29 milliard d’euros).

Député de 2005 à 2015, il est aussi le principal actionnaire du club de football Simba FC. Marié et père de trois enfants, il s’était engagé en 2016 à faire don d’au moins la moitié de sa fortune en faveur de causes philanthropiques, selon Forbes.

(©AFP / (11 octobre 2018 16h48)

https://www.romandie.com/news/Un-jeune-milliardaire-enlev-Dar-es-Salaam/961282.rom

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Tanzanie : le parti au pouvoir hausse le ton à la suite de critiques américaines

Diplomatie

Tanzanie : le parti au pouvoir hausse le ton à la suite de critiques américaines

19 août 2018 à 11h13 | Par AFP

La Tanzanie est un pays « indépendant » et ne saurait « se laisser intimider », a affirmé samedi le parti au pouvoir, réagissant aux critiques américaines selon lesquelles des élections partielles locales le 12 août avaient été entachées de violences et d’irrégularités.

« Nous ne nous laisserons pas intimider, nous ne pouvons pas être intimidés. Même si notre pays est pauvre, nous ne sommes pas prêts à accepter des ingérences dans notre gouvernance, nous continuerons à nous gouverner nous-mêmes », a déclaré samedi Bashiru Ally, secrétaire général du parti au pouvoir, le CCM, lors d’une réunion publique.

Devant la presse jeudi, le secrétaire général avait déjà dit « espérer que les États-Unis d’Amérique et d’autres institutions et pays étrangers respecteront l’indépendance » du pays.

La veille, l’ambassade américaine en Tanzanie avait fait part de la préoccupation des États-Unis face au déroulement des élections partielles du 12 août.

«Violences électorales et irrégularités »

« Des rapports crédibles font état de violences électorales et d’irrégularités, incluant le refus par la Commission nationale électorale d’enregistrer des candidats de l’opposition, l’intimidation par la police de membres de partis d’opposition, des arrestations sans mandat d’arrêt et la suppression des droits de rassemblement et de parole à la veille des élections », avait détaillé l’ambassade dans son communiqué.

Les États-Unis comptent parmi les principaux bailleurs de fonds de la Tanzanie.

Le président tanzanien John Magufuli, dont le mandat entamé fin 2015 est marqué du sceau de l’intransigeance et de l’autoritarisme selon ses détracteurs, a affirmé le mois dernier que le CCM resterait « au pouvoir à jamais ».

http://www.jeuneafrique.com/617390/politique/tanzanie-le-parti-au-pouvoir-hausse-le-ton-a-la-suite-de-critiques-americaines/?utm_source=newsletter-ja-actu-non-abonnes&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-ja-actu-non-abonnes-20-08-18

Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+

Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+.


Par Andrew Korybko – Le 6 août 2018 – Source orientalreview.org

Officiellement dénommée « Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole » [« No Oil Producing and Exporting Cartels Act », NdT], NOPEC constitue l’essence de ce qu’on peut appeler une « guerre législative » : elle autorise les USA à imposer ses lois nationales, de manière extra-territoriale, en autorisant son propre gouvernement à poursuivre en justice les pays de l’OPEP et de l’OPEP+, tels la Russie, suite à leurs décisions coordonnées de contrôler les prix du pétrole. Mais ces actions en justice restent inapplicables selon le droit international, et c’est là que le refus des pays ciblés d’honorer ces décisions de justice risque, dans le pire des scénarios, de déclencher des sanctions de la part des USA ; toute cette série d’événements est pensée pour servir plusieurs objectifs stratégiques.

Le premier objectif des USA, briser l’axe russo-saoudien qui constitue le cœur de l’OPEP+, amène au second, détricoter toute la structure de l’OPEP, et proclamer la libéralisation de l’industrie énergétique dans un grand marché libre mondial. Ce serait clairement à l’avantage des USA, qui visent à devenir une superpuissance d’exportation énergétique, mais le pays doit commencer par neutraliser la compétition avant d’y parvenir, d’où cette déclaration de guerre économico-hybride au travers de NOPEC. En pratique, on pourrait voir les USA menacer d’un premier jeu de sanctions les pays impliqués dans les accords de l’OPEP et de l’OPEP+, suite à quoi ils pourraient cibler d’un deuxième jeu de sanctions les autres parties qui continuent de faire des affaires avec ces pays.

OPEP

L’objectif de cette approche est d’intimider les vassaux européens des USA, pour les forcer à se soumettre à leurs exigences, afin de faire de l’Europe un marché captif des exportations énergétiques américaines, ce qui explique également pourquoi Trump veut jeter aux orties les autorisations d’exportations de GNL (gaz naturel liquéfié) vers l’UE. Si toutes ces manœuvres devaient réussir, elles pourraient venir encore plus éroder l’indépendance stratégique européenne – déjà une peau de chagrin – et surtout abîmer à long terme les économies des rivaux énergétiques des USA, qui deviendraient vulnérables à des manipulations politiques. Dans le même temps, les USA ont récemment dévoilé le projet « Afrique Énergie » [« Power Africa », NdT], visant à investir 175 milliards de dollars dans des projets gaziers sur le continent, en vue d’implanter des sociétés américaines sur les frontières énergétiques de la Tanzanie, du Mozambique et d’autres pays. Ces sociétés devenant par là des fournisseurs de premier plan de la Chine, rivale des USA, l’accès à l’énergie de Pékin serait plus soumis au bon vouloir américain que jamais auparavant.

Si, à l’inverse des médias dominants qui ne considèrent NOPEC que comme une nouvelle loi populiste, on le considère comme une salve d’ouverture dans la guerre de l’énergie, lancée en parallèle de la guerre commerciale, alors on peut comprendre la portée de super-arme stratégique de cette décision ; son efficacité dépendra bien sûr en pratique de sa mise en application par les décideurs américains. Il est trop tôt pour dire si cette décision rebattra les cartes – la loi n’est pas encore promue – mais à supposer qu’elle le soit jamais, elle pourrait bien marquer l’histoire comme développement énergétique le plus important depuis la création de l’OPEP, du gaz naturel liquéfié, et des technologies de fracturation hydraulique.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik news le vendredi 3 août 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/lamerique-sapprete-a-declencher-sa-super-arme-nopec-contre-les-russes-et-les-saoudiens