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La ministre des Armées a débuté une visite des pays du Sahel.

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Sahel : Florence Parly au contact de l’opération Barkhane

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 4 Novembre 2019

La ministre des Armées a débuté une visite des pays du Sahel. Deux jours après la mort d’un militaire français, elle doit rencontrer le nouveau commandant de la force Barkhane, ainsi que le président tchadien.

Florence Parly est arrivée au Tchad

Sahel : Florence Parly au contact de l’opération Barkhane

Une visite sous très haute sécurité. Deux jours seulement après la mort du brigadier de 24 ans Ronan Pointeau, tué par un IED qui a explosé au passage de son véhicule, la ministre des Armées françaises vient prendre le pouls de l’opération Barkhane, dans les pays du Sahel. Une visite qui a débuté lundi 4 novembre par un arrêt au Tchad, à N’Djamena.
Sur place, Florence Parly doit notamment rencontrer le président tchadien, Idriss Déby, ainsi que le nouveau commandant de la force Barkhane, le général Pascal Facon. Pour rappel, l’opération Barkhane est une opération militaire française qui mobilise 4.500 soldats, menée conjointement avec les autorités locales, qui se déroule dans la bande sahélo-saharienne (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger et Mauritanie).

Barkhane, l’enlisement ?

Pour des raisons de sécurité évidentes, après la mort du brigadier Ronan Pointeau, et l’attaque contre la base des forces armées maliennes (FAMa), toutes deux revendiquées par le groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), les autres étapes de la visite de Florence Parly sont tenues secrètes. Quoi qu’il en soit, la ministre des Armées vient prendre la température d’une situation devenue de plus en plus complexe pour les armées françaises.
Cela fait six ans que les exactions djihadistes perdurent dans cette zone de l’Afrique. Sur place, la menace terroriste s’étend désormais du Nord du Mali au centre du pays, en passant par le Burkina Faso et le Niger. Les forces locales semblent démunies face à un tel conflit, malgré l’aide de contingents étrangers, dont les militaires français.

Tags : A la uneArméesBarkhaneBurkina FasoDéfenseFAMaFlorence ParlyFranceIdriss DébyInternationalMaliministre des ArméesNationalNigerOpérationPascal FaconRonan PointeauSahelSécuritéTchad

https://www.enderi.fr/Sahel-Florence-Parly-au-contact-de-l-operation-Barkhane_a563.html

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Boko Haram: des repentis témoignent sur le business du terrorisme

Boko Haram: des repentis témoignent sur le business du terrorisme

By Nicolas Beau -10 octobre 2019

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Dans leur « voyage au coeur de Boko Haram » où des repentis de la secte terroriste témoignent, Sedik Abba et Lawaly Dan Dano se sont intéressés aux commerçants spécialisés dans les échanges économiques avec Boko Haram. Mondafrique publie des bonnes feuilles sur « le business du terrorisme »

Après sa création en 2002, Boko Haram a basculé dans la violence armée en 2009. Depuis, cette secte est devenue le mouvement djihadiste le plus meurtrier au monde, avec près de 27000 morts au Cameroun, au Niger, au Nigeria et au Tchad.

En écoutant ceux qui ont servi en première ligne dans la secte, le livre de Sedik Abba et Lawaly Dan Dano propose, pour la première fois, de voir la réalité de Boko Haram de l’intérieur.

Cette plongée dans la face cachée de la secte consiste à présenter les récits d’ex-combattants recueillis dans la ville de Goudoumaria, située à 1173 km au sud-est de Niamey, la capitale nigérienne. La particularité de Goudoumaria est d’abriter le premier centre nigérien de déradicalisation, de formation professionnelle et de réinsertion sociale des déserteurs de Boko Haram.

DES REPENTIS TEMOIGNENT DU BUSINESS DE LA GUERRE

Comme ailleurs en situation de conflit, une vraie économie de la guerre s’est installée dans les zones épicentres des activités de Boko Haram. Des citoyens camerounais, nigériens, nigérians ou tchadiens achètent à Boko Haram son butin de guerre et fournissent en retour au mouvement du carburant, des pièces détachées pour automobiles, de la nourriture et même des médicaments.

Moussa Sani : « Les morts aux combats n’ont pas droit au butin de guerre ».

Les attaques de Boko Haram font l’objet d’une préparation minutieuse et le choix de la cible est visiblement entouré du plus grand secret. À chaque opération, le butin de guerre est distribué selon une clé de répartition décidée par les commandants de la secte qui excluent les morts aux combats.

« Avant toute opération militaire sur le terrain, chaque commandant va prévenir le chef de section placé sous ses ordres : prépare-toi, nous allons attaquer une cible. Consigne est ensuite donnée aux chefs de section de ramener tel nombre de combattants, tel nombre de voitures à tel village qui est le point de ralliement. Le jour J, toute la troupe se rassemble sur le lieu choisi pour le briefing d’avant opération. Les éléments de langage du commandant de l’opération sont habituellement les mêmes : aujourd’hui nous allons mener une attaque d’envergure ; sachez que vous vous battez pour Dieu que vous irez au paradis en mourant. Ce n’est qu’à quelques kilomètres du village cible qu’on vous en révèle le nom, le lieu et souvent la caserne à attaquer. Il arrive que la consigne soit donnée de ne faire aucun mal aux habitants et de ne s’intéresser qu’au butin de guerre. En cas d’attaque d’une caserne militaire, les consignes sont différentes : il est alors demandé à chaque chef de section d’attaquer le cantonnement de l’armée par le nord, l’est, le sud et l’ouest afin de jouer totalement l’effet de surprise. C’est le commandant de l’opération qui donne l’estocade alors que le reste de la troupe avance sur trois fronts. On avance ainsi sous le déluge de feu. Deux cas de figure peuvent se présenter : les militaires de l’armée régulière plient sous notre puissance de feu et abandonnent leur position ; nous faisons face à une résistance farouche qui nous empêche de progresser.

Dans la première situation, nous occupons la position abandonnée par les militaires. En revanche, lorsque nous sommes mis en échec, nous replions en entendant la formule consacrée et connue de tous qui vaut ordre de prendre la fuite. En cas de succès militaire, le commandant évalue la valeur du butin sur lequel nous venons de mettre la main. Suivant une clé de répartition, les biens pris sur le champ de bataille sont distribués. Au début du mouvement, les biens, autres que l’argent, étaient rachetés par le commandant opérationnel. Ce qui permettait d’avoir des espèces à distribuer aux combattants. Mais cette pratique a été progressivement abandonnée parce qu’elle était devenue une pomme de discorde entre les chefs. Finalement, on est arrivé à la situation où on estime sur place le butin puis on le divise par le nombre de combattants qui ont pris part à l’attaque. Les morts ne sont pas pris en compte dans le partage, mais les blessés, y compris les plus graves, ont droit à une part ».

Moustapha Kollo Awiriri : « Boko Haram a développé une stratégie d’autosuffisance sur tous les plans ».

Boko Haram a instauré une division de travail dans ses rangs avec l’existence de différents corps de métier : infirmiers, mécaniciens, travailleurs agricoles, banquiers… .

Selon son objectif, une attaque de Boko Haram peut viser les médicaments, la nourriture, le carburant… Pour la secte, son autosuffisance en tout genre est un enjeu de toute première importance. À cela s’ajoute la volonté du mouvement djihadiste de disposer de tous les corps de métier dans ses rangs.

« Certaines attaques auxquelles j’ai participé sont purement thématiques. Par exemple, on monte une opération armée contre un village uniquement pour nous approvisionner en médicaments ou en nourriture. Pour l’approvisionnement en médicaments, on nous donne une consigne claire : n’attaquez que l’hôpital ou le dispensaire, mais ne touchez pas à la population. Nous avons ainsi des groupes spécifiquement affectés à l’attaque des dépôts de médicaments.

Quand il s’agit d’une opération de récupération de la nourriture, outre les véhicules des combattants, nous partons avec une ou deux voitures vides pour charger les produits alimentaires que nous aurons récupérés à la population. Dans ce cas précis, les éléments chargés d’attaquer les villages doivent en être des ressortissants. Ils connaissent les dépôts de nourriture dans les villages, comme ils connaissent aussi les maisons des hommes d’affaires qui sont dans le business de l’alimentation. En interne, nous pratiquons également des activités agricoles pour sécuriser l’alimentation de notre mouvement. Cette stratégie est complétée par le renforcement des corps de métier à l’intérieur de Boko Haram. Dans nos rangs, vous trouvez des infirmiers professionnels qui nous ont rejoints ou que nous avons formés ; des mécaniciens ; des chauffeurs-livreurs…

Pour assurer la relève de ces professionnels qualifiés, nous mettons à leur disposition des enfants auxquels ils transmettent leur savoir-faire. Quand on a un excellent infirmier ou un mécano professionnel, on met vingt enfants à sa disposition. Résultat, nous réparons nous-mêmes nos véhicules ; nous soignons nous-mêmes nos blessés. S’agissant des pièces détachées, nous avons des correspondants dans les villes qui nous aident à en acquérir. On indique à ces correspondants-là les types de véhicules, la nature de la pièce de rechange. À Maïduguri [capitale de l’État du Borno au nord-est du Nigeria], à Gaïdam-Tchoucou [ville moyenne du Nigeria sur la frontière avec le Niger], à Diffa [capitale de la région est du Niger], nos correspondants s’occupent de nous trouver les pièces dont nous avons besoin. Très souvent, nous utilisons ces pièces pour remettre en état de marche les véhicules que nous avons pris aux armées des pays du bassin du Lac Tchad [Cameroun, Nigeria, Niger et Tchad]. »

Abou Youssouf alias Ali Boulama Yassine : « Il y a un peu partout dans la région des gens spécialisés dans l’achat de notre butin de guerre ».

Une économie de la guerre s’est installée dans la région, permettant à la secte d’écouler facilement son butin de guerre.

Avec ses acteurs qui achètent à la secte son butin de guerre, l’économie de la guerre tourne à plein régime et fait le bonheur des grands chefs de la secte tout comme la satisfaction du combattant de base.

« J’étais à Gadira, village carrefour du lit du Lac Tchad, lorsque Boko Haram est arrivé. Moi, je n’étais ni dans l’apprentissage du Coran, ni dans la production agricole pour le mouvement, mais dans les batailles meurtrières. Nous avons une structure militaire bien établie : chaque commandant de section est à la tête d’un groupe de cinq à dix combattants. Ce sont ces groupes-là qui mènent les attaques contre les villes et les casernes. Voici comment s’organise l’attaque d’une ville : vous approchez de la ville en voiture ; ensuite vous en sortez pour avancer à pied en vous dispersant par petits groupes afin de prendre toute la ville en tenaille. Quand la bataille tourne mal, c’est le sauve-qui-peut général. En cas de victoire, on fait main basse sur tout ce qui a de la valeur. Si vous mettez la main sur du cash, le commandant vous le distribue immédiatement. Les autres biens sont vendus par les commandants à des opérateurs économiques connus. Dans la section à laquelle j’ai appartenu, le butin de guerre était divisé en cinq parts : une qui revient au commandant, les 4 autres revendus pour être redistribués aux assaillants. Selon ton profil, tu peux être affecté à la production agricole, à l’enseignement religieux, au commerce pour le groupe ou aux combats armés. Moi, j’étais un fantassin qui a participé à de nombreuses attaques.

Souvent directement ramené à Shekau ou Al-Barnawi, le butin de guerre de Boko Haram est partagé selon une clé de répartition bien précise.

Progressivement, j’ai pris conscience de l’impasse dans laquelle je m’étais enfermé. J’ai continué à être dans le mouvement tout en affinant mon plan d’évasion. En tendant l’oreille à l’extérieur, j’ai appris que le Niger avait proposé aux combattants le repentir contre le pardon en décembre 2016. Je dois préciser ici que Boko Haram a des informateurs habituels. Ce qui nous permet de nous tenir au courant quasiment en temps réel de ce qui se passe dans les pays que nous combattons. J’ai par ailleurs appris le lancement de ce programme à la radio. Et lorsque des avions sont passés au-dessus de la zone où je me trouvais pour larguer les tracts appelant à déserter le mouvement, j’ai fini par me convaincre que le moment était venu de partir.

Ma désertion s’est faite en deux étapes : j’ai d’abord quitté le mouvement en marchant la nuit pendant trois jours. Ensuite, un des nôtres qui s’est enfui avant moi est allé chez le chef de canton de Bosso pour lui dire que j’étais prêt à me rendre. Ensemble, ils m’ont appelé et m’ont conseillé de me rendre aux autorités à Bosso et non à Toumour comme je l’avais initialement envisagé. On est ainsi arrivé à Ngagam près de Bosso d’où on a finalement appelé le chef de canton de Bosso qui a demandé de rester là où nous sommes. Il est effectivement venu nous prendre à cet endroit-là pour nous convoyer à Diffa. Après notre interrogatoire d’identification à la police, nous avons été conduits au centre de transit pour repentis de Diffa. Quelques semaines plus tard, nous étions arrivés ici même à Goudoumaria. Je forme le vœu que le gouvernement nigérien nous libère et qu’il nous permette de retourner auprès des nôtres. Si j’étais libéré demain, je retournerai à N’Guigmi auprès des miens ».

Baba Gana : « J’étais le banquier de Boko Haram »

Avant l’arrivée de Boko Haram en 2015, Diffa connaissait une vraie prospérité économique portée par la culture du poivron et la pêche dans le lac Tchad.

Dans le cadre de la division du travail, Boko Haram a spécialisé ses combattants en producteur agricole, mécanicien automobile, infirmier, instructeur militaire, juge au tribunal islamique… Certains comme ce repenti ont pour mission de renflouer les caisses de la secte. Comme ailleurs, l’argent est ici aussi le nerf de la guerre.

« Je n’étais pas particulièrement porté sur le fait religieux. Je faisais mes cinq prières quotidiennes, sans plus ! Je tenais une boutique lorsque Boko Haram a conquis mon village. Les chefs du mouvement m’ont demandé de les suivre dans le maquis, ce que j’ai fait sans aucune hésitation. Moi, je n’avais aucune assignation aux combats. Ils m’ont demandé de continuer à faire mon commerce. Je partais acheter des biens au Niger et au Nigeria et je revenais ensuite les revendre dans les zones occupées par Boko Haram. L’argent que je faisais appartenait en réalité à Boko Haram. Les chefs venaient, puisaient dans ma caisse et disposaient à leur guise des recettes. Évidement que j’en profitais pour me servir, même si c’est contraire aux enseignements du Coran que l’on prétendait défendre. J’ai continué ce business jusqu’au jour où j’ai fait mon examen de conscience. Je m’étais en effet aperçu que tout ce qu’on faisait n’avait rien à voir avec ce que l’on prétendait défendre : on rançonnait de pauvres gens ; on pillait ; on tuait des innocents…

J’avais donc pris la décision de partir. En réalité, ce n’est pas décider de partir qui a été le plus difficile, mais comment partir, sachant que toute personne surprise en train de déserter est tuée sans aucune forme de procès[1]. Dans mon cas, comme j’étais le commerçant du mouvement, j’avais une mobilité plus aisée que celle des autres combattants. J’ai donc monté un plan, en prétextant un approvisionnement en marchandises. Après avoir emprunté un chemin détourné, je me suis retrouvé à Toumour chez le chef. C’est lui qui m’a remis aux autorités. Mon rêve, après cette expérience traumatisante, c’est de devenir transporteur. Transporter les gens d’un village à un autre, en demandant à chaque fois pardon à mes passagers pour ce que j’ai fait en rejoignant Boko Haram. Et comme j’ai été apprenti chauffeur dans une autre vie, je demande aux autorités de m’aider d’abord à passer mon permis de conduire ».


[1] Soupçonné d’avoir favorisé la désertion de plusieurs combattants, un chef traditionnel de Kanema, sur la frontière nigéro-nigériane, a été exécuté de nuit par Boko Haram. Un ex-combattant prénommé Abacar, Nigérien né au Cameroun, a subi le même sort de la part de la secte qui est sans pitié avec ses déserteurs et leurs complices présumés.

Les auteurs

Seidik Abba est journaliste et écrivain, ancien rédacteur en chef central à Jeune-Afrique, ancien chef du Bureau parisien de l’Agence Panapress et Chroniqueur au Monde Afrique. Originaire de Diffa au sud-est du Niger où se situe l’épicentre des activités de Boko Haram, il décrypte régulièrement l’actualité africaine sur France 24RFITV5 MondeBBC et Deutsche Welle.

Mahamadou Lawaly Dan Dano a été Gouverneur de Diffa d’avril 2016 à avril 2018. Il est l’artisan du programme nigérien Repentir contre Pardon. Lancé en décembre 2016, ce programme a permis de démobiliser plus de 233 combattants de Boko Haram. Ce diplômé en Sciences  de l’information documentaire et en Stratégie d’entreprise a été pendant ses deux ans de fonction à Diffa en lien direct avec Boko Haram.

https://mondafrique.com/boko-haram-des-repentis-temoignent-sur-le-business-du-terrorisme/

Le Tchad se rapproche de la Russie

Le Tchad se rapproche de la Russie

 

Alwihda Info | Par Info Alwihda – 15 Mai 2019 modifié le 15 Mai 2019 – 12:08


 


Les drapeaux du Tchad et de la Russie. © DR

Les drapeaux du Tchad et de la Russie. © DR
Le représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour le Moyen-Orient et les pays africains et le vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie, Mikhail Bogdanov ont eu le 29 avril 2019 une rencontre avec les représentants personnels du Président de la République du Tchad, Abdelkerim Déby pour la coopération militaire et la sécurité, et le chef adjoint du cabinet civil de la Présidence du Tchad, Brahim Mahamat Djamaladine, selon une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères à la presse.

Au cours de l’entretien approfondi auquel l’ambassadeur du Tchad à Moscou, Mbatna Bandjang, a également participé, les discussions ont porté sur « le développement des relations traditionnellement amicales entre la Russie et le Tchad », ainsi que « la coopération dans les domaines commercial, économique, des investissements, humanitaire et autres ».

En mars 2018, le Tchad et la Russie ont émis le souhait de relancer leurs relations commerciales à travers la tenue à N’Djamena du premier forum économique entre les deux pays et la signature de plusieurs conventions. A l’issue du forum, une délégation d’hommes d’affaires russes a signé des conventions d’un montant total de trois milliards d’euros.

Le président Idriss Déby ne cache pas son intérêt pour la plus grande nation du monde et a estimé l’année dernière que « le Tchad a besoin des compétences et des expertises russes pour amorcer son décollage socio-économique ».

Parmi plusieurs projets, des sociétés russes vont notamment travailler sur la production et la mise à disposition d’intrants agricoles, d’engrais, de pesticides, participer à la construction de la boucle énergétique nationale pour permettre de produire de l’énergie à Sédigui et de la transporter jusqu’aux autres villes des provinces, mettre en place des études et connaissances du sous-sol tchadien, mettre en place un système de cadastre minier et mettre en route un laboratoire national.

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

L’appel à la réconciliation, lancé par Emmanuel Macron dimanche à la télévision italienne, ne fera pas disparaître les approches rivales de Rome et de Paris qui conditionnent l’avenir politique de la Libye
De gauche à droite : le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini (dirigeant de la Ligue du Nord, extrême droite), Emmanuel Macron, et le vice-Premier ministre aussi chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, qui gouverne en coalition avec la Ligue du Nord), Luigi Di Maio (AFP)

Les relations franco-italiennes sont loin d’être au beau fixe par les temps qui courent. Il y a quelques jours, Paris demandait le rappel de son ambassadeur à Rome à la suite d’une série de fausses notes du côté italien : soutien public des Gilets jaunes par le vice-Premier ministre et dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, critique de la politique migratoire française, inflexibilité sur le projet d’ouverture d’une ligne TGV entre Lyon et Turin…

Mais derrière ces querelles diplomatiques, essentiellement protocolaires, un véritable bras de fer géopolitique se déroule entre Paris et Rome de l’autre côté de la Méditerranée. La Libye est aujourd’hui le théâtre d’une véritable bataille diplomatique entre la France et l’Italie.

Le démembrement de l’État libyen de Kadhafi à la suite des opérations militaires engagées en 2011 par les forces de l’OTAN, où la France a eu un rôle prééminent, a occasionné de profondes répercussions géopolitiques. La destruction de l’appareil étatique libyen a entraîné une déstabilisation de son environnement régional tout en livrant le pays aux différentes factions politiques armées revendiquant chacune leur prétention à l’exercice du pouvoir.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007, sous la tente bédouine que le dirigeant libyen avait installée dans la résidence officielle de l’hôtel Marigny (AFP)

Dans ce contexte particulièrement instable, où les négociations pour l’institution durable d’un gouvernement consensuel et légitime peinent à avancer depuis 2011, la France et l’Italie se livrent à une discrète guerre d’influence afin de préserver leurs intérêts respectifs au sein d’un territoire aux portes de l’Europe qui constitue, à plusieurs titres, un enjeu stratégique pour les deux puissances.

Libye année zéro

La Libye du colonel Kadhafi présentait un inconvénient de taille pour les puissances occidentales : elle disposait de la pleine maîtrise étatique de ses ressources naturelles, ce qui a longtemps permis au régime libyen de disposer d’importants capitaux économiques qui pouvaient être employés sous forme d’investissements sur tout le continent.

Durant la seconde moitié des années 1970, la Libye était particulièrement active dans le développement d’une politique panafricaine affranchie de toute ingérence étrangère. Cette période assigna au pays un statut de puissance régionale qui s’exerça en particulière aux confins sud de ses frontières, le long de la bande d’Aouzou, disputée avec le Tchad voisin soutenu par la France. Sur le plan interne, la solidité du régime reposait sur quatre piliers essentiels : l’appareil de sécurité, les comités révolutionnaires, la compagnie pétrolière nationale (NOC) et le fond d’investissement libyen.

La France a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012

C’est précisément l’essentiel de cette structure qui disparaît sous les bombes lors des opérations de la coalition en mars 2011. Kadhafi meurt en emportant son régime avec lui. Les conséquences d’un tel effondrement sont connues (guerre civile, fuite d’importants stocks d’armes dont une partie alimenteront les groupes armés qui combattront les troupes françaises au Mali en 2013, accroissement de l’immigration clandestine…).

La France, qui a contribué dans une large mesure aux opérations aériennes au-dessus de la Libye, a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012.

De son côté, l’Italie a vu d’un très mauvais œil l’intervention militaire française de 2011. Certains hommes politiques italiens pointaient d’ailleurs du doigt, dès 2011, le risque encouru pour la recrudescence de l’immigration clandestine vers l’Europe en provenance d’Afrique. Il est intéressant de souligner qu’à l’époque, cet argument était déjà mis en avant par la Ligue du Nord, parti dont est issu l’actuel ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, en partie à l’origine du refroidissement des relations diplomatiques entre Rome et Paris.

Un eldorado pétrolier fortement convoité

Le contentieux franco-italien en Libye n’est donc pas une affaire récente. Pour Rome, l’ancien territoire libyen, qui fut d’abord et avant tout une colonie administrée à partir de 1911 et abandonnée en 1947, représente son pré carré africain traditionnel.

Sous Kadhafi, malgré le caractère fluctuant des relations diplomatiques, les deux pays surent conserver des relations économiques durables de sorte que l’Italie demeura le premier partenaire économique du pays. Sur ce plan, l’économie pétrolière a historiquement constitué un ciment géopolitique durable qui n’a jamais été altéré par les différentes crises diplomatiques qui survinrent entre Rome et Tripoli.

La déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie (AFP)

Le groupe italien ENI était d’ailleurs présent dès 1959 en Cyrénaïque, position qui lui a permis d’obtenir une situation privilégiée en matière d’exportation d’hydrocarbures et de gaz. Au moment de la chute de Kadhafi, en 2011, l’Europe importait 80 % du pétrole libyen dont 32 % pour l’Italie, premier client du pays.

Jusqu’en 2011, l’économie libyenne reposait en grande partie sur ses exportations pétrolières de sorte que 65 % du PIB national était tiré des exportations d’hydrocarbures.

Avec une production oscillant de 1,3 à 1,6 million de barils par jour, la Libye de Kadhafi était ainsi le second exportateur africain de pétrole après le Nigeria. Par ailleurs, du fait de sa qualité (peu sulfureux) et de la proximité des sites d’extraction par rapport aux terminaux maritimes d’exportation, le coût de production du baril libyen représentait l’un des moins chers du marché (de 3 à 5 dollars par baril).

Comment la contrebande du pétrole libyen saigne le pays à blanc

Lire

Pour Rome, la manne pétrolière libyenne a donc représenté historiquement une aubaine stratégique puisqu’elle permettait à l’Italie de conserver une relative autonomie énergétique. Aux côtés de la National Oil Company libyenne, le groupe italien ENI représentait le premier producteur étranger de pétrole en Libye.

En 2011, à l’issue des opérations militaires contre Kadhafi, l’économie pétrolière libyenne s’effondre avec une production journalière qui chute à 200 000-300 000 barils par jour. Dans un premier temps, le groupe ENI s’est ainsi vu dans l’obligation d’arrêter sa production de pétrole tout en maintenant, malgré tout, l’extraction de gaz, secteur moins touché par les opérations militaires.

Cette déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie, pour réinvestir le secteur pétrolier en profitant de la vacance du pouvoir occasionnée par les opérations militaires. Quelques jours après la fin des bombardements de la coalition, une lettre rédigée par le Conseil national de transition (CNT) libyen évoquait ainsi la possibilité d’octroyer 35 % des futures concessions pétrolières libyennes au groupe Total. Une aubaine pour cet opérateur qui disposait, avant la chute de Kadhafi, d’une implantation relativement modeste (55 000 barils par jours) par rapport au groupe italien ENI (244 000 barils par jours). Une nouvelle donne géopolitique qui constitue aujourd’hui l’un des facteurs déterminants dans la rivalité franco-italienne en Libye.

Des stratégies d’influence au cœur de l’avenir politique de la Libye

L’avenir politique de la Libye est aujourd’hui en partie conditionné par les approches géopolitiques rivales de la France et de l’Italie. Dans un pays où plus d’une vingtaine de groupes politiques armés se disputent encore le contrôle de l’État ainsi que celui des puits pétroliers, Rome et Paris défendent deux visions diamétralement opposées.

Le gouvernement italien s’est aligné sur la position officielle des Nations unies en reconnaissant le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, basé à Tripoli et institué en 2016, comme seul légitime. Un choix qui semble cohérent par rapport aux intérêts et à l’influence italienne à l’ouest de la Libye.

En soutenant le pouvoir de Tripoli, l’Italie sécurise également son important terminal pétrolier de Melittah, cogéré par la NOC et le groupe ENI. Par ailleurs, la Cyrénaïque est historiquement plus réfractaire à la puissance italienne, souvent renvoyée à son identité coloniale.

La France a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque

Enfin, le gouvernement italien est particulièrement pressé par la question migratoire puisqu’une grande partie des migrants qui débarquent sur les côtes de la péninsule provient du littoral tripolitain, en particulier de Sabratha, considérée aujourd’hui comme une capitale de la migration clandestine où les passeurs règnent en maîtres et qui n’est qu’à 300 kilomètres des côtes italiennes.

La France, de son côté, a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque. Un choix qui peut s’avérer judicieux du point de vue de la géopolitique des hydrocarbures. Le croissant pétrolier libyen qui s’étire le long du bassin de Syrte concentre en effet 85 % des réserves de pétrole et 70 % des réserves de gaz tandis que cinq des six terminaux pétroliers se situent également à l’Est du pays.

En mars 2018, le groupe Total annonçait d’ailleurs le rachat, à auteur de 16,3 %, des concessions pétrolières détenues par l’américain Marathon Oil sur les champs de Waha. Un positionnement français, à l’Est du pays, qui s’explique également d’un point de vue militaire : Paris considère en effet que le sud-est libyen est une zone grise particulièrement instable et où les groupes terroristes armés bénéficient d’une réelle assise menaçant la force Barkhane déployée au Sahel. Un tel positionnement, de la part de la France, ne pouvait cependant être obtenu sans un allié local lui permettant de maintenir une relative stabilité de ses intérêts à l’est.

Le Premier ministre Fayez el-Sarraj, le président français Emmanuel Macron et le maréchal Khalifa Haftar en conférence de presse près de Paris le 25 juillet 2017 (AFP)

Or, depuis 2016, le maréchal Haftar, un ancien officier de l’armée de Kadhafi, a pris le contrôle de l’est de la Libye et de ses principaux champs pétroliers, malgré un revers militaire rapidement récupéré en juin 2018. Il a par ailleurs décidé de transférer la gestion des ressources pétrolières, contrairement aux années précédentes, à la Compagnie nationale pétrolière de Benghazi, rivale de Tripoli. Une position qui accentue encore plus la division du pays.

Haftar n’en demeure pas moins particulièrement attractif aux yeux de la France qui le considère comme l’homme fort de l’est et qui l’a désormais intégré dans le processus de négociation, notamment lors du sommet de Paris en mai 2018, pour l’établissement d’élections libres en Libye, alors même que le général boudait le sommet de Palerme organisé par l’Italie quelques mois plus tard. L’avenir de la Libye est donc aujourd’hui conditionné en partie par le règlement du conflit d’intérêt qui oppose la France à l’Italie.

La France est-elle un médiateur sincère dans le conflit libyen ?
Guma el-Gamaty

Lire

Actuellement, les différents partis libyens ne parviennent pas à s’entendre sur le projet d’une nouvelle Constitution. Le sommet de Paris devait déboucher sur des élections en décembre 2018 qui n’ont jamais eu lieu. Mais la reconstruction de l’État libyen souverain implique, au minimum, la fin de l’antagonisme entre Tripoli et Benghazi, antagonisme qui ne pourra être dépassé tant que les deux puissances européennes alimenteront les conditions d’une politique de division nationale en Libye.

Le 27 février dernier, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar se sont rencontrés lors d’un sommet organisé par les Nations unies à Abou Dabi. Les deux hommes se sont entendus sur un nouvel accord de principe pour la tenue d’élections libres d’ici l’été prochain. Peut-être une lueur d’espoir pour l’avenir de la Libye.

 

https://www.middleeasteye.net/fr/news/bras-de-fer-geopolitique-entre-la-france-et-litalie-en-libye

Editorial de Bernard Lugan : Sahel, bien identifier l’ennemi

L’Afrique Réelle N°110 – Février 2019

Sommaire

Dossier : Sahel

– Quel ennemi combattons-nous au Sahel ?

– Qui sont les jihadistes du Macina et de la région des trois frontières ?

– Mali : Dogon contre Peul, jihadisme ou guerre ethnique ?

Controverse :

Afrique du Sud : à qui appartient la terre ?

Editorial de Bernard Lugan : Sahel, bien identifier l’ennemi

Qui sont les GAT (groupes armés terroristes) sahéliens que combattent nos forces ?

– Des jihadistes animés par des motifs religieux ?
– Des trafiquants utilisant le jihadisme pour brouiller les pistes ?
– Des militants porteurs de revendications ethniques, sociales ou politiques revêtues du voile religieux ?
– Des combattants « multi-cartes » pouvant être les trois à la fois selon les circonstances et les opportunités ?

Pour nos Armées, la réponse à ces interrogations est évidemment essentielle. Etant bien entendu que les tendances lourdes, à savoir la démographie, l’opposition ethno-raciale nord-sud et la question de l’ethno-mathématique électorale ne pourront pas être réglées par leur intervention.

Placées à la confluence de l’islamisme, de la contrebande, des rivalités ethniques et des luttes pour le contrôle de territoires ou des ressources, nos forces percutent régulièrement les constantes et les dynamiques locales. Leur action s’inscrit donc dans une nébuleuse à l’intérieur de laquelle tout classement géométrique « à l’européenne » est une illusion, et plus encore, un danger.

Comment en serait-il autrement tant la réalité du terrain est faite d’alliances pragmatiques et ponctuelles, de loyautés mouvantes et d’allégeances conjoncturelles dont les véritables objectifs ne sont en réalité, et contrairement à ce qui est constamment affirmé, qu’accessoirement religieux ?

Face à ce brouillard, mettre par principe une étiquette « jihadiste » ou « GAT », sur tous ceux qui n’entrent pas dans les classifications définies à Paris est une facilité. Elle aboutit à désigner un « ennemi de confort », ce qui revient à éluder les questions complexes que nos états-majors n’ont que quelques mois pour appréhender avant leur projection.

Un exemple : considérer comme jihadiste l’actuelle alliance de circonstance nouée entre orpailleurs, trafiquants et irrédentistes toubou dans la région de Miski-Kouri Bougoudi dans le nord du Tchad pourrait avoir trois conséquences désastreuses :

1) Favoriser la coagulation de groupes aux intérêts contradictoires alors que la priorité est à leur division.

2) Permettre aux jihadistes d’entrer dans le jeu en proposant leur soutien au « comité d’autodéfense » actuellement ciblé par l’armée tchadienne, alors que tout devrait être fait pour assurer le confinement du conflit.

3) Provoquer la déstabilisation de l’irrédentiste Tibesti, région au contact du puzzle tribalo-politique de Libye et des zones Toubou du nord-est du Niger, alors que l’urgence est d’éviter l’embrasement régional.

L’approfondissement de la connaissance des dynamiques locales est donc une priorité pour nos Armées. Tant à Coëtquidan qu’à l’Ecole de Guerre et au niveau le plus élevé du commandement.

Publié par Administrateur à 00:19

http://bernardlugan.blogspot.com/

https://ombre43.com/2019/03/08/editorial-de-bernard-lugan-sahel-bien-identifier-lennemi/

Les préalables pour un engagement inclusif du Tchad au sein de la Force Conjointe du G5 Sahel (4/4)

Les préalables pour un engagement inclusif du Tchad au sein de la Force Conjointe du G5 Sahel (4/4)

L’accentuation des difficultés économiques, le recul de l’État de droit ainsi que l’indifférence de la communauté internationale face au non-respect des principes démocratiques semblent être les principaux dangers qui guettent le Tchad, corrélativement à son engagement dans la nouvelle Force Conjointe du G5 Sahel[1].

Le Tchad au cœur de la poudrière du Sahel.
Le Tchad au cœur de la poudrière du Sahel.

Une communauté internationale dans une critique ambivalente du régime tchadien

S’agissant spécifiquement de la gouvernance démocratique, il ressort que la retenue affichée par la communauté internationale à l’égard du Tchad, malgré les nombreuses accusations sur le non-respect des droits de l’homme, interpelle. C’est le cas de la France, dont les différents chefs d’État de ces dix dernières années, de Nicolas Sarkozy en passant par François Hollande jusqu’à Emmanuel Macron, n’ont pas montré une réelle fermeté à l’encontre du Tchad. Sous Nicolas Sarkozy par exemple, le pouvoir d’Idriss Deby est sauvé in extremis par la France après que les rebelles avaient encerclé le palais présidentiel en 2008[2]. Quant à François Hollande et Emmanuel Macron, après avoir voulu introduire plus d’éthique et de transparence dans les relations franco-africaines, la realpolitik semble avoir eu raison de leur volontarisme vis-à-vis du Tchad.

C’est ainsi qu’au début de son quinquennat, François Hollande repousse à plusieurs reprises sa rencontre avec Idriss Deby « jugé infréquentable à cause du déficit démocratique dont souffre son régime », mais se trouve par la suite dans l’obligation de le recevoir début décembre 2012 à Paris. Pour cause, le président français était dans l’attente de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui allait autoriser l’intervention Serval au Mali. Face aux tergiversations des États de l’Afrique de l’Ouest, divisés sur la pertinence d’une intervention dans un État voisin, le Tchad s’impose indéniablement comme le partenaire régional indiqué pour accompagner l’expédition française du nord Mali[3].

Pour ce qui est d’Emmanuel Macron, les positions prises par son gouvernement à l’égard du Tchad, relativement à la bonne gouvernance et au respect des droits de l’homme, s’apparentent plus à des incantations qu’à une réelle volonté de faire pression sur le pouvoir en place à N’Djamena. Pourtant, entre les arrestations arbitraires de journalistes, les manifestations réprimées violemment ou la nouvelle modification de la constitution permettant à Idriss Deby d’être candidat à l’élection présidentielle jusqu’en 2033, les occasions ne manquent pas pour dénoncer les dérives autoritaires du régime de N’Djamena[4].

Toujours sur la question du respect des droits de l’homme et des valeurs démocratiques, même les États-Unis, un autre partenaire de poids du Tchad, ne formulent pas ouvertement de critiques contre le Tchad, mais se contentent généralement de déclarations de circonstances énoncées dans des rapports officiels[5]. D’ailleurs, le décret du gouvernement américain, interdisant aux ressortissants tchadiens l’accès au territoire américain, ne fait nullement mention de motifs liés au non-respect des droits de l’homme, mais met plutôt en cause la fiabilité du Tchad quant à sa capacité à coopérer de manière sincère dans le partage de renseignements[6]. Tout du moins, ce sont les organisations non-gouvernementales[7], les associations de la société civile ou les partis d’opposition qui s’occupent désormais de faire la veille démocratique au Tchad[8].

Le pouvoir d’Idriss Deby et de son cercle proche renforcé par ces rapports ambigus

Cette prévenance, manifestée à l’égard du Tchad au nom des intérêts stratégiques, renforce le pouvoir du président Idriss Deby en interne. Il en découle ainsi une gestion patrimoniale de l’État, doublée d’une restriction des libertés. Dans le contexte actuel du Tchad, la gestion des affaires publiques spécialement celle du pétrole qui représente 73 % des revenus et 90 % des exportations, est accaparée par la famille présidentielle et semble s’opérer de manière concentrique.

Tout d’abord, il y a la famille du président dont l’influence est notoire notamment à travers Hinda Deby, l’une des épouses d’Idriss Deby. Ensuite, viennent les proches parents ; frères, beaux-frères, neveux auxquels s’ajoutent des personnalités cooptées au gré des affinités nouées avec la famille du président[9]. Ce mode de gestion privée de l’État génère de la prévarication puis de la frustration populaire qui sont à la base des mécontentements sociaux et des insurrections armées. Les effets de la gestion patrimoniale de l’État se font également sentir au sein de l’armée. Une situation qui appelle à une réforme structurelle de cette institution incontournable dans la vie sociopolitique du Tchad.

Idriss Deby, président du Tchad. G5 Sahel. Les Yeux du Monde.
Idriss Deby, président du Tchad.

L’armée tchadienne, une institution à réformer

Dans le domaine de la gouvernance sécuritaire, il apparaît clairement que le Tchad se trouve dans l’urgence de réactiver les réformes structurelles entamées en 2011 avec l’appui de la coopération française visant à « dégraisser » son armée en luttant contre les fraudes aux effectifs et en réduisant les accusations de violences commises par la soldatesque et ses cadres[10]. En effet, unanimement réputée comme étant sinon la meilleure du moins l’une des plus expérimentées d’Afrique, l’armée tchadienne à y regarder de près présente, néanmoins, beaucoup de défauts souvent minorés ou sciemment ignorés. Dans les faits, cette institution est scindée en deux, avec d’un côté l’élite en l’occurrence la Direction Générale de Services de Sécurité des Institutions de l’État (DGSSIE), l’ancienne garde présidentielle composée de 14 000 hommes issus majoritairement de la communauté Zaghawa, l’ethnie du président Idriss Deby. Elle est bien équipée et pourvue en moyens financiers conséquents[11].

De l’autre des unités hétéroclites, sous-équipées et composées du tout-venant avec entre autres des anciens rebelles, des commerçants, des étudiants, des éleveurs, des femmes… recrutés pour la plupart frauduleusement[12]. Pourtant, ces défaillances en perdurant sont enclines à mettre en péril non seulement le fragile équilibre acquis depuis 2008[13],mais aussi à remettre en cause le volontarisme militaire du pays qui représente son principal instrument diplomatique.

Le Tchad dans la FC G5 Sahel : une rationalisation nécessaire pour l’efficacité de son engagement

La contribution du Tchad dans la lutte contre l’insécurité en Afrique globalement et au Sahel en particulier est indéniable. Cependant, son incidence pèse lourd dans la mesure où son activisme peine à s’inscrire dans une trajectoire cohérente et avantageuse pour le pays[14]. Et ce d’autant que le régime du président Idriss Deby fait face à des contraintes à la fois structurelles et conjoncturelles susceptibles d’avoir des conséquences néfastes sur la gouvernance économique et la stabilité sociopolitique.

Dès lors, certains impératifs s’imposent pour le Tchad. En premier lieu, celui de systématiser une stratégie d’intervention, au sein d’une zone clairement définie. En second lieu, les difficultés économiques aidant, émerge la nécessité de la compatibilité entre les multiples opérations extérieures et les intérêts des populations. Enfin, le positionnement stratégique du Tchad sur l’échiquier africain est essentiel.

Ainsi, c’est finalement la rationalisation de la projection extérieure du Tchad qui apparaît comme l’enjeu principal de son futur engagement au sein de la nouvelle Force Conjointe du G5 Sahel. Ce nouveau challenge révèlera en effet sa capacité à articuler de manière satisfaisante son volontarisme militaire avec ses intérêts socio-économiques et géopolitiques. Une performance qui a, jusqu’ici, cruellement fait défaut, vu que le Tchad a administré la preuve de son incapacité à définir clairement une stratégie précise lors de ses précédentes interventions armées sur la scène africaine.

Les auteurs

Stéphane Bertrand Andenga est analyste au sein du 2r3s (Réseau de Réflexion Stratégique sur la Sécurité au Sahel) et doctorant à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC).

David Vigneron est Secrétaire général du 2r3s (Réseau de Réflexion Stratégique sur la Sécurité au Sahel) et docteur en géographie.

Ezept Valmo Kimitene est expert associé au 2r3s (Réseau de Réflexion Stratégique sur la Sécurité au Sahel) et docteur en géographie.

Sources

[1]La rédaction Charilogone média,« Tchad : une alternance bâillonnée au nom de la lutte contre le terrorisme ! », le 28 août 2017,http://magazine-charilogone.over-blog.com/2016/06/tchad-une-alternance-baillonnee-au-nom-de-la-lutte-contre-le-terrorisme.html

[2] D’ERSU L. et PLOQUIN J.-C., « La France a permis à Idriss Deby de sauver son régime », La Croix, le 7 février 2008, https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/La-France-a-permis-a-Idriss-Deby-de-sauver-son-regime-_NG_-2008-02-07-668191

[3]TISSERON A.,Op.cit., p. 12.

[4] BENOIT J., « Macron, complice silencieux du Président tchadien ?», Le Nouvel Obs, le 13 juillet 2017, https://www.nouvelobs.com/monde/20170713.OBS2105/macron-complice-silencieux-du-president-tchadien.html

[5]Country Reports on Terrorism 2016— US, Departmentof state,https://www.state.gov/documents/organization/272488.pdf

[6]RFI, le 25 septembre 2017,op.cit.

[7]AFP, « Amnesty dénonce la répression au Tchad »,VOA Afrique, le 14 septembre 2017,https://www.voaafrique.com/a/amnesty-denonce-l…de-la…au-tchad/4028455.html

[8]AFP, « Tchad, les partis politiques d’opposition appellent à ne « pas baisser les bras » face au gouvernement », Jeune Afrique, le 7 février 2018, http://www.jeuneafrique.com/528476/politique/tchad-les-partis-politiques-dopposition-appellent-a-ne-pas-baisser-les-bras-face-au-gouvernement/

[9]Africa Intelligence, « Comment Hinda Deby Itno, contrôle les leviers pétroliers du pays », le 30 octobre 2015, https://www.africaintelligence.fr/aif/insiders/tchad/2015/10/30/comment-hinda-deby-itno-controle-les-leviers-petroliers-du-pays/108108419-be1

[10]Tshitenge LUBABU M.K, « Tchad : l’opération « nettoyage » de l’armée a commencé », Jeune Afrique, le 10 novembre 2010, cité par TISSERON A, op.cit., p. 7.

[11]À cet effet, la DGSSIE (Direction Générale des Services de Sécurité et des Institutions de l’État) bénéficie par exemple d’une enveloppe budgétaire de 42 milliards de F.CFA soit (64 millions d’euros) en 2014 en comparaison le budget de l’armée de terre se situe à 9 milliards de F.CFA c’est-à-dire moins de (14 millions d’euros).

[12]TISSERON A., op.cit.

[13]Kappès-Grangé A., « Tchad : la stabilité malgré tout »,Jeune Afrique, le 4 avril 2012,http://www.jeuneafrique.com/142242/politique/tchad-la-stabilit-malgr-tout/

[14] Sahel Elite, « Tchad/Mali-MINUSMA : déjà plus de 50 Casques bleus tchadiens morts au Mali », 09 septembre 2018, disponible sur l’URL : https://httpsahel-elite.com/2018/09/09/tchad-mali-minusma-deja-plus-de-50-casques-bleus-tchadiens-morts-au-mali/

 

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/38156-les-prealables-pour-un-engagement-inclusif-du-tchad-au-sein-de-la-force-conjointe-du-g5-sahel-4-4

Entretien avec Philippe Hababou Solomon, l’intermédiaire qui a introduit Alexandre Benalla en Afrique

Diplomatie

Entretien avec Philippe Hababou Solomon, l’intermédiaire qui a introduit Alexandre Benalla en Afrique

30 décembre 2018 à 18h35 | Par – à Abidjan

L’homme d’affaires franco-israélien explique à Jeune Afrique comment il a fait la connaissance d’Alexandre Benalla et dans quelles conditions il s’est rendu avec l’ancien chargé de mission de l’Élysée au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad.

Philippe Hababou Solomon aurait-il « pris sous son aile » Alexandre Benalla s’il avait su que les déplacements en Afrique de l’ancien chargé de mission de l’Élysée susciteraient une telle polémique ? Polémique à laquelle l’homme d’affaires franco-israélien se retrouve mêlé bien malgré lui.

Comme l’a révélé le journal Le Monde, c’est en compagnie de cet ancien conseiller spécial de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma qu’Alexandre Benalla s’est rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun puis au Tchad. En France, la polémique ne cesse d’enfler depuis qu’il est avéré qu’Alexandre Benalla s’est déplacé sur le continent avec l’un de ses deux passeports diplomatiques. Une enquête préliminaire a d’ailleurs été ouverte par le parquet de Paris.

Né en Tunisie, Philippe Hababou Solomon, 63 ans, a eu mille vies. Il fut joaillier place Vendôme, condamné en France pour faux et usage de faux, il a côtoyé Bernard Tapie ainsi que l’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, et fut proche de l’ancien président centrafricain François Bozizé, qui le nomma un temps consul de la RCA en Israël.

Après avoir été pendant quelques années le conseiller spécial du président Jacob Zuma, à partir de 2011, il accompagne désormais le gouvernement du Qatar dans sa stratégie africaine et s’enorgueillit d’être l’un des artisans du rapprochement diplomatique entre l’émirat du Golfe et le Tchad. Philippe Hababou Solomon explique à Jeune Afrique dans quelles conditions il a fait la connaissance du sulfureux Alexandre Benalla et pourquoi l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron l’a accompagné dans plusieurs de ses missions en Afrique.

Jeune Afrique : Comment avez-vous rencontré Alexandre Benalla ?

Philippe Hababou Solomon : Par un ami commun, qui m’a parlé de lui après le scandale du 1er mai 2018. Il m’a dit : « C’est un bon garçon, aide-le, sort-le de France… » Au départ, je n’étais pas très chaud. J’ai tout de même accepté de le rencontrer à Paris, début octobre. Il m’a dit qu’il voulait se lancer dans le consulting. J’ai découvert un garçon brillant, attachant, avec un bel avenir devant lui. Je comprends pourquoi Emmanuel Macron s’est attaché à lui. Alexandre est parfois impulsif, mais il est aussi réservé et timide.

Nous sommes allés au Congo-Brazzaville mi-octobre ; en Turquie et en Israël mi-novembre, avec des Indonésiens ; puis au Cameroun, et enfin au Tchad le 5 décembre

Vous avez donc décidé de travailler avec lui ?

Ce n’était pas mon employé, mais plutôt un compagnon de voyage. Je l’ai pris en apprentissage, si vous préférez. Nous sommes allés au Congo-Brazzaville mi-octobre ; en Turquie et en Israël mi-novembre, avec des Indonésiens ; puis au Cameroun, et enfin au Tchad le 5 décembre.

Dans quel cadre ?

Au Congo, j’accompagnais l’ancien Premier ministre de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, qui compte se présenter à la prochaine élection présidentielle et dont Denis Sassou Nguesso est le mentor. Nous avons dîné avec le chef de l’État dans son village d’Oyo.

Au Cameroun et au Tchad, nous accompagnions une délégation turque de Barer Holding [une joint-venture entre le Qatar et la Turquie qui possède une grande usine au Soudan, ndlr]. Je les avais aidés à boucler la livraison d’uniformes à l’armée tchadienne, pour 5 millions de dollars. Barer veut désormais relancer la Manufacture d’équipements militaires (Manem).

À Yaoundé, nous avons également évoqué la vente d’uniformes aux forces de sécurité camerounaises et la construction d’une usine de textile – militaire et corporate. Nous avons rencontré le directeur de cabinet du président Biya et le chef d’état-major des armées.

Comment les personnalités africaines que vous avez rencontrées ont-elles réagi à la présence d’Alexandre Benalla à vos côtés ?

Avec curiosité et amusement. Benalla est franc-maçon, comme Denis Sassou Nguesso : ça rapproche… Lorsque le directeur de cabinet de Paul Biya a su qu’il était présent, il a tenu à le rencontrer. Nous avons discuté tous les trois pendant 1h30. Il s’est plaint du manque d’intérêt de la France envers ses anciennes colonies.

Après notre rendez-vous d’affaires avec Idriss Déby Itno, celui-ci a demandé à Benalla de rester un peu avec lui. Il lui a parlé de la percée russe en Afrique, notamment en Centrafrique, estimant que c’était le résultat de la non-politique de la France. En gros, tous ont exprimé leur regret de voir la France s’éloigner de l’Afrique. Ils ont le sentiment que Franck Paris [le monsieur Afrique de l’Élysée, ndlr]) ne les aime pas, et qu’il n’aime pas le continent en général.

Benalla a-t-il fait part de ces doléances à l’Élysée ?

Je l’imagine, sans toutefois en avoir la certitude. Alexandre est toujours en contact avec certains jeunes conseillers d’Emmanuel Macron. Je pense d’ailleurs que c’est ce qui n’a pas plus à Franck Paris. C’est lui qui, en retour, a déclenché les hostilités et qui est le premier responsable de cette nouvelle affaire Benalla.

C’est lors de notre séjour sur place, à N’Djamena, que nous avons appris que le président français s’y rendrait

Que pensent ces chefs d’État de la polémique en cours en France ?

Idriss Déby Itno et son entourage en rigolent. Ils savent bien que Benalla n’était pas à N’Djamena pour préparer la visite du président Macron : il n’était pas en mission pour l’Élysée. D’ailleurs, c’est lors de notre séjour sur place que nous avons appris que le président français s’y rendrait.

J’imagine que Denis Sassou Nguesso n’a pas apprécié que Franck Paris l’appelle directement à ce sujet pour lui signifier que personne d’autre que lui ou le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le conseiller diplomatique du président, Philippe Étienne, ne pouvait parler au nom du président français. En général, un chef d’État ne reçoit pas d’appel d’un simple conseiller, mais de son homologue.

Saviez-vous qu’Alexandre Benalla voyageait avec un passeport diplomatique français ?

Oui, bien sûr. J’ai trouvé ça un peu surprenant, mais ce n’était pas la première fois que je voyais ça. Personnellement, je voyage avec un passeport diplomatique bissau-guinéen. Alexandre Benalla m’a dit que ses passeports lui avaient été rendus avec ses autres effets personnels, début octobre. Si la France avait vraiment voulu l’empêcher de les utiliser, elle aurait très bien pu les désactiver.

Continuerez-vous de travailler avec lui ?

Nous devions nous rendre ensemble dans un pays d’Afrique de l’Ouest, mais je vais sans doute attendre pour cela que cet emballement médiatique se soit calmé. En tout cas je ne vais pas le lâcher ! Par contre, Benalla ne passe pas tout son temps avec moi, cela a été très ponctuel. C’est un électron libre qui cherche sa voie. Il est assez sollicité et connaît beaucoup de monde en France.

Mediapart: licencié de l’Élysée, Benalla jouit toujours d’un passeport

Alexandre Benalla

Mediapart: licencié de l’Élysée, Benalla jouit toujours d’un passeport diplomatique

© AP Photo/ Thibault Camus
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En dépit des déclarations de l’Élysée selon lesquelles Alexandre Benalla n’était pas un «émissaire officiel ou officieux» de la France, l’ancien adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron se déplace depuis des mois avec son passeport diplomatique, indique Mediapart en dévoilant le numéro de ce document et sa date de délivrance.

Pour se rendre dans différents pays africains ainsi qu’en Israël, Alexandre Benalla utilise son passeport diplomatique délivré le 24 mai 2018, soit trois semaines après les événements du 1er mai ayant provoqué sa mise à pied avant que l’affaire n’éclate au grand jour.

D’après Mediapart, le document, valide jusqu’au 19 septembre 2022, porte la référence 17CD09254. Le média affirme avoir tiré la conclusion qu’il s’agit d’un passeport diplomatique du fait que la phrase suivante y est inscrite:

«Nous, ministre des affaires étrangères, requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection.»

Pour savoir pourquoi Alexandre Benalla n’a pas été obligé par l’Élysée de rendre son passeport diplomatique après avoir été licencié en juillet dernier, le média a contacté la présidence de la République et le Quai d’Orsay. Cette dernière n’a toutefois pas donné suite aux questions de Mediapart. M.Benalla n’a pas répondu non plus.

Mediapart décrypte également ce qui a permis à l’ancien adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron d’obtenir un passeport diplomatique lorsqu’il travaillait à l’Élysée, un tel poste n’ayant pas «de fonctions diplomatiques et l’argument des voyages avec le dirigeant de l’État français paraissant fragile».

«Quand vous voyagez officiellement avec le Président, vous n’avez même pas besoin de passeport diplomatique. On vérifie juste que vous êtes sur la liste de la délégation et vous échappez aux contrôles à l’arrivée», a indiqué un ancien membre des cabinets ministériels cité par Mediapart.

Plus tôt, LCI indiquait que le récent voyage d’Alexandre Benalla au Tchad n’avait pas été son seul déplacement sur le continent africain au cours des dernières semaines. Selon ce média français, qui cite l’entourage de l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron, M.Benalla y aurait rencontré «plusieurs Présidents». L’Élysée avait alors réitéré que le jeune homme n’était pas un «émissaire officiel ou officieux»

https://fr.sputniknews.com/france/201812271039458075-mediapart-benalla-passeport-diplomatique/

Revue de presse : santé, crise sociale, politique, Mairie de N’Djamena

Revue de Presse

Revue de presse : santé, crise sociale, politique, Mairie de N’Djamena

 

Alwihda Info | Par AZOUD Gédéon – 20 Octobre 2018 modifié le 20 Octobre 2018 – 22:14


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La plupart des journaux, cette semaine, se sont intéressés à la situation catastrophique du pays, occasionnée par la grève sèche et illimitée des employés de l’Etat, face au président de la République qui assiste passivement.

 

Revue de presse du 20 octobre 2018 signée AZOUD Gédéon.

Revue de presse : santé, crise sociale, politique, Mairie de N'Djamena

« Où êtes-vous, M. le Président ? », s’interroge à sa grande Une l’hebdomadaire, Le Pays. Par deux images, l’hebdomadaire promène son appareil photo sur les lits d’hôpitaux où sont couchés des malades sans docteur et une salle de classes où les tables-bancs sont abandonnés à eux-mêmes dans une salle moyen âge. Notre confrère note que deux semaines après la rentrée, l’école n’a toujours pas repris. Dans les couloirs des hôpitaux, l’absence du personnel soignant et des médicaments angoissent les malades. L’administration publique est à l’arrêt. L’administration publique est à l’arrêt. Dans les familles, la faim gronde. La classe politique, elle, observe en attendant le claquement des doigts d’un président qui a tous les pouvoirs, mais ne semble pas pressé de décanter ces situations qui font du Tchad un pays à l’arrêt.

Le journal Le Visionnaire s’interroge sur les visites du président. En effet, depuis l’avènement de la 4ème République pointe le Visionnaire, il ne se passe pas un jour que l’on ne fasse pas écho des déplacements répétitifs du chef de l’Etat. Dépassé par la crise sociale, estime le journal, le sultan de Dar Bilia aurait perdu les pédales. La bonne marche d’appareil de l’administration publique a pris un sérieux coup. Des visites inopinées dans les administrations publiques locales en cascade, des séjours privés du couple présidentiel à Amdjarass et hors de nos frontières plus fréquemment sur le sol de la mère patrie, Idriss Déby semble prendre goût, ces derniers temps à une excursion sporadique.

Entretemps, informe Le Visionnaire, les pauvres femmes qui vivent de la débrouillardise même sont sommées de dédouaner les doigts de banane et avocats en provenance de Kousseri sur le pont de Ngueli par les forces d’appui aux régies financières. Le Journal regrette que tout cela demeure le dernier souci du raïs qui a choisi la voie des voyages inopportuns, futiles, sans retombées probants pour les Tchadiens afin de se reposer tranquillement, loin du grincement de dents de ses concitoyens. Le Visionnaire de conseiller le couple présidentiel de rester sur place pour gérer les problèmes au lieu de créer de la diversion dans des déplacements à n’en point finir, pendant que la crise ne bouge pas d’un iota, donnant lieu à un avenir incertain.

Mais, le Bimentiel L’OPINION s’interroge à sa Une : POURQUOI Idriss Déby Itno a-t-il déserté les deux dernières Assemblées générales de l’ONU, à New York aux Etats-Unis d’Amérique ? Pour notre confrère, IDRISS DEBY qui, pourtant, ne rate aucune occasion internationale de pourparlers touchant la sécurité, a répondu aux abonnés absents au 73ème sommet de l’Assemblée générale de l’organisation des Nations-Unis qui a eu lieu fin septembre 2018. L’Opinion estime envisage deux raisons qui expliquent l’empêchement du président tchadien au sommet : la première raison ; c’est la politique intérieure malsaine et la menace de la justice américaine. Vraisemblablement, le spectre de la menace du président américain Donald Trump contre Idriss Déby pour corruption et blanchissement d’argent en 2017 hante le locataire du palais rose.

Pendant ce temps, le Tri mensuel Le Potentiel, nous promène à la Mairie centrale, au coeur de la guerre entre le trio Kalzeubet-Kassiré-Zène Bada contre le duo Hinda-Mariam. Le confrère révèle que le plan de destruction de la première dame de la République et de Mariam Djimet par le secrétaire général du Mps semble évident. Dans cette lutte acharnée, il aurait embrigadé Kalzeubet Deubet et le vieux Kascou. Le trio d’enfer entendrait briser politiquement les deux dames qui, averties, auraient aussi constitué un duo de fer. Voilà pourquoi, informe le journal, Zène Bada a tout mis en œuvre pour voir déguerpir Mariam Djimet Ibet de la Mairie. Les Mairies : La chasse gardée de Zène Bada ! c’est un autre titre du Potentiel. Sur le dos de ces institutions de l’Etat, Zène Bada en tant que meneur de ce jeu se taille la part du lion et concède les miettes à ses complices. Les règles sont simples, commente le journal : tous les moyens sont bons, comme dirait Machiavel, pourvus qu’ils permettent au SG de se remplir les poches.

 

AZOUD Gédéon.

AZOUD Gédéon.
Encore et encore, nous annonce l’hebdomadaire La Voix, à la Commune du 10ème arrondissement, les conseillers veulent la tête du Maire. Ils ne sont pas d’humeur badine. Ils, ce sont les conseillers de la commune du 10ème arrondissement, dont Mahamat Tom Noueri. Pour eux, le maire doit partir. Pourquoi ? « Nous avons constaté avec beaucoup d’amertume que le Maire demeure toujours incompétent à diriger la commune malgré les rappels à l’ordre lancés par le conseil municipal », leur correspondance rapportée par le Journal. Aussi, poursuit la Voix, collent-ils sur le dos du Maire une palette de récrimination allant du détournement à la confiscation du véhicule de liaison par le receveur en passant par l’arrogance, le mépris, la monopolisation des régies financières, l’accumulation des arriérés des salaires, le refus de présenter des comptes, l’abus d’autorité et faux et usage de faux. Voilà, pourquoi l’hebdomadaire Le Pays de trancher dans son éditorial en ces termes : nous sommes fatigués.

Attaque « terroriste » contre des soldats français au Mali pendant le sommet de l’UA en Mauritanie

Attaque « terroriste » contre des soldats français au Mali pendant le sommet de l’UA en Mauritanie


Dimanche 1 Juillet 2018 modifié le Lundi 2 Juillet 2018 – 18:27


Des soldats français de l’opération Barkhane ont été visés dimanche par une attaque « terroriste » à Gao au Mali, qui a fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils, en plein sommet de l’Union africaine (UA) en Mauritanie voisine qui doit également se pencher sur les questions sécuritaires.




Selon les autorités maliennes citant un bilan provisoire de source hospitalière, cet attentat a fait quatre morts et 23 blessés parmi des civils.

A Paris, l’état-major français des armées a annoncé dimanche soir que quatre soldats français de la force Barkhane ont été blessés dans l’attaque. Il y a eu « quatre blessés chez Barkhane » et au moins deux morts et une vingtaine de blessés chez les civils, a indiqué l’état-major à l’AFP.

« Le terrorisme a encore lâchement frappé au Mali ». « Des civils ont perdu la vie et des militaires français sont blessés », a tweeté la ministre française des Armées, Florence Parly.

Selon une source militaire occidentale, « des militaires français de la force Barkhane (4.000 hommes, NDLR) sont tombés ce dimanche dans une embuscade tendue par des terroristes à la sortie qui mène vers la localité de Bourem ».

« C’est une patrouille de l’opération Barkhane qui a été visée par une voiture piégée conduite par un kamikaze (…) de Gao », a déclaré de son côté une habitante de la ville. « Très vigilant, un blindé lui a barré la voie et le véhicule kamikaze s’est fait exploser », a déclaré Fatouma Wangara.

« Le véhicule bourré d’explosifs a fait beaucoup de dégâts », selon une source hospitalière à Gao, principale ville du nord du Mali.

D’autre part, un véhicule du Mouvement pour le salut de l’Azawad, (MSA, issu de l’ex-rébellion à dominante touareg) « a sauté sur une mine (dimanche) dans le village de Talataye (nord du Mali). Le bilan est de quatre morts et trois blessés », a écrit le MSA sur sa page Facebook.

Présents sur la frontière entre le Mali et le Niger, le GATIA (Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés, pro-Bamako) et le MSA participent à des opérations de sécurisation aux côtés de la force Barkhane et de l’armée malienne.

Ces attaques soulignent la situation sécuritaire fragile qui prévaut au Mali qui se prépare pour une élection présidentielle le 29 juillet.

Elle a eu lieu alors que le sommet de l’UA est entré dans le vif des débats dimanche à Nouakchott, deux jours après un attentat suicide perpétré vendredi à Sévaré, dans le centre du Mali, contre le QG de la force conjointe du G5 Sahel lancée en 2017.

Le président français Emmanuel Macron doit rencontrer lundi à Nouakchott, en marge du sommet de l’UA, ses homologues du G5 Sahel, une organisation régionale regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

En fin de sommet, M. Macron discutera avec ses homologues du G5 Sahel de la lente montée en puissance de la force conjointe mise en place par cette organisation régionale pour lutter contre les jihadistes.

La France, qui conduit dans la région l’opération Barkhane, soutient ce projet, y voyant un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité.

Mais sa mise en oeuvre est pour l’instant marquée par les problèmes de financement et les accusations de violations des droits de l’homme par les troupes de la force conjointe, basée au Mali.

Pour le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, l’attentat perpétré vendredi contre le QG de la force du G5 Sahel démontre qu’il « y a encore énormément de failles » dans la sécurité qui doivent être « corrigées ». L’attaque, qui avait fait trois morts, dont deux militaires de la force du G5 Sahel, « touche le coeur de notre système de sécurité, l’état-major (de la force conjointe du G5 Sahel) installé (à Sévaré). C’est un message envoyé par les terroristes en ce moment précis, moment où nous nous organisons pour stabiliser, sécuriser notre région ».

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué l’attentat de Sévaré.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013 d’une intervention militaire française.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et internationales, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

Dimanche 1 Juillet 2018 – 23:27


afp