Archives pour la catégorie Telecommunications

LA CHINE A DÉJÀ PRÉPARÉ LE TERRAIN POUR LA 5G EN EUROPE

LA CHINE A DÉJÀ PRÉPARÉ LE TERRAIN POUR LA 5G EN EUROPE

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05.04.2019

Le 24 mars 2019, le président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping, est arrivé pour sa première visite officielle à Monaco. La Principauté de Monaco, qui compte 40 000 habitants, fait partie de la France et est devenue célèbre grâce au mariage de l’Américaine Grace Kelly avec le Prince Rainier. À l’occasion de cette visite, Monaco Telecom a signé un partenariat avec la société chinoise Huawei, qui fait de Monaco le premier pays au monde à être équipé de la technologie 5G chinoise. Maintenant qu’une tête de pont a été créée en Europe, il ne sera plus possible d’empêcher la technologie 5G de Huawei de s’étendre sur tout le continent.

Les principales entreprises de télécommunications françaises (Free Telecom, Orange, SFR et Bouygues Telecom) s’opposent à l’entrée de Huawei sur le marché français et font pression pour cela au Parlement. Le 3 avril, le Parlement français a ouvert le débat sur un projet de loi controversé présenté par le député Eric Bothorel du parti du président Emmanuel Macron (En Marche!). Eric Bothorel, veut interdire toute collaboration entre opérateurs français et chinois.

Cependant, le 25 mars, Xi Jinping a rencontré le président français Emmanuel Macron. À cette occasion, la compagnie d’aviation publique chinoise a commandé 290 Airbus A 320, d’une valeur supérieure à 35 milliards d’euros. Ce contrat pourrait aboutir au retrait du projet de loi « Bothorel ».

Source : Réseau International

http://katehon.com/fr/article/la-chine-deja-prepare-le-terrain-pour-la-5g-en-europe

LA «PARTIE AMÉRICAINE» AU SEIN DES INSTITUTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

LA «PARTIE AMÉRICAINE» AU SEIN DES INSTITUTIONS DE L’UNION EUROPÉENNE

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26.03.2019

Le Parlement européen vient d’adopter une résolution demandant à l’Union de ne plus considérer la Russie comme un partenaire stratégique, mais plutôt comme un ennemi de l’humanité. Dans le même temps, la Commission a mis en garde contre la menace chinoise. Tout se déroule comme si les États-Unis étaient en train de forcer l’Union à jouer un rôle dans leur propre stratégie de suprématie.

«La Russie ne peut plus être considérée comme un partenaire stratégique et l’Union européenne doit être prête à imposer de nouvelles sanctions si elle continue à violer le droit international» – telle est la résolution approuvée par le Parlement européen le 12 mars avec 402 voix pour, 163 contre et 89 abstentions [ ]. La résolution, présentée par la parlementaire lettone Sandra Kalniete, dénie avant tout toute légitimité aux élections présidentielles en Russie, les qualifiant de «non démocratiques» et présentant ainsi le président Poutine comme un usurpateur.

Elle accuse la Russie non seulement de «violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et de la Géorgie», mais aussi «d’une intervention en Syrie et d’une ingérence dans des pays comme la Libye» et, en Europe, d’une «ingérence visant à influencer les élections et à accroître les tensions». . Elle accuse la Russie de «violation des accords sur le contrôle des armements» et lui impose la responsabilité d’avoir enterré le traité INF. En outre, elle accuse la Russie «d’importantes violations des droits de l’homme en Russie, y compris tortures et exécutions extrajudiciaires» et «d’assassinats perpétrés par des agents des services de renseignement russes à l’aide d’armes chimiques sur le sol européen».

Après ces accusations et d’autres, le Parlement européen a déclaré que Nord Stream 2 – le gazoduc destiné à doubler la fourniture de gaz russe à l’Allemagne via la mer Baltique – «accroît la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe, menace le marché intérieur européen et ses intérêts stratégiques […] Et doit donc être terminé ».

La résolution du Parlement européen est une répétition fidèle, non seulement dans son contenu, mais même dans son libellé, des accusations selon lesquelles les États-Unis et l’OTAN visent la Russie et, ce qui est encore plus important, ils dissimulent fidèlement leur demande de bloquer Nord Stream 2. objet de la stratégie de Washington visant à réduire l’approvisionnement en énergie russe de l’Union européenne, afin de les remplacer par des approvisionnements provenant des États-Unis, ou du moins d’entreprises américaines. Dans le même contexte, la Commission européenne a adressé certaines communications à celles de ses membres [ 2], dont l’Italie, qui avait l’intention de s’associer à l’initiative chinoise de la Nouvelle route de la soie. La Commission affirme que la Chine est à la fois un partenaire, mais aussi un concurrent économique et, ce qui est capital, un «rival systémique qui favorise des formes de gouvernance alternatives», autrement dit des modèles de gouvernance alternatifs jusqu’ici dominés par les puissances occidentales. .

La Commission souligne qu’il faut avant tout «protéger les infrastructures numériques critiques des menaces potentiellement sérieuses pour la sécurité» posées par les réseaux 5G fournis par des sociétés chinoises comme Huawei et interdits par les États-Unis. La Commission européenne fait écho fidèlement aux avertissements lancés par les États-Unis à leurs alliés. Le général Scaparrotti, commandant suprême des forces alliées en Europe, a précisé que ces réseaux mobiles ultrarapides de cinquième génération joueraient un rôle de plus en plus important dans les capacités de l’OTAN en matière de guerre. Par conséquent, aucun «amateurisme» de la part des alliés ne sera toléré.

Tout cela confirme l’influence du «Parti américain», puissant camp transversal qui oriente la politique de l’UE dans le sens des orientations stratégiques des États-Unis et de l’OTAN.

En créant la fausse image d’une Russie et d’une Chine dangereuses, les institutions de l’Union européenne préparent l’opinion publique à accepter ce que les États-Unis préparent maintenant pour la «défense» de l’Europe. Les Etats-Unis – déclaré porte-parole du Pentagone auprès de CNN – se préparent à tester les missiles balistiques basés au sol (interdits par le traité INF enfouis par Washington), c’est-à-dire de nouveaux Euromissiles qui feront à nouveau de l’Europe la base et le même temps, la cible d’une guerre nucléaire.

Traduction de  
Pete Kimberley

Texte d’origine:  Il Manifeste (Italie)

Source:  voltairenet.org

 

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Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…0

Quand l’Ecole de guerre économique relaie la propagande israélienne…

Le 25 février dernier, l’excellent Cercle Aristote – espace d’intelligence, de liberté et de rigueur – nous a convié à une soirée qui s’annonçait des plus passionnantes : « Israël, le 6ème GAFAM ? ».

Comme à son habitude, Pierre-Yves Rougeyron introduit la soirée avec toutes les hauteurs et l’humour qui le caractérisent précisant bien qu’il ne s’agira pas de dévier sur les sujets classiquement tendus du conflit israélo-palestinien. Rien de plus raisonnable, dont acte !

Les trois intervenants du soir co-signent un opuscule dont la quatrième de couverture précise : « les auteurs, Eloïse Brasi, Eric Laurençon, Patrick Nouma Anaba sont experts en intelligence économique et titulaire d’un MBA en management Stratégique et Intelligence Economique de l’Ecole de Guerre Economique. Ils occupent de hautes fonctions dans le secteur privé et l’administration qui les amènent à s’interroger, notamment sur les enjeux et les perspectives de demain (NDLR : sic). Cette richesse de parcours leur a permis d’explorer avec un prisme nouveau, le développement de la puissance d’Israël au travers des NBIC. Le préfacier : Dominique Bourra, expert en stratégie et cybersécurité, préside la commission Cybersécurité de commerce France-Israël ».

Un peu plus haut, on peut lire aussi : « Israël est un pays singulier par sa géographie, sa culture et son histoire. La culture israélienne s’est construite au rythme de conflits récurrents et autour de l’émergence d’un Etat démocratique et prospère dans le morceau de désert qu’est la Terre Promise » (NDLR : re-sic). Hosanna au plus haut des cieux…

D’emblée, les jeunes gens annoncent la couleur en plongeant dans l’essentialisme le plus éculé à l’antienne toute aussi rebattue : Israël, seul pays démocratique du Proche-Orient, assiégé par une bande de méchants au couteau entre les dents, pays élu et miraculeux qui arrive à faire pousser des roses dans le désert grâce à son intelligence unique, son abnégation et sa « résilience inouïe ».

TROIS DRÔLES DE MOUSQUETAIRES

Logiquement, on cherche dans la bibliographie de fin, La formation de l’esprit scientifique de Gaston Bachelard ou quelques autres solides références épistémologiques, en vain… Bref, honneur aux dames, à son tour Eloïse Bras de nous mettre en garde, mais beaucoup plus laborieusement et sans habiller ses préjugés idéologiques : « son existence physique (d’Israël) est menacée en permanence et doit chercher à gagner les guerres en cas d’attaque ». On l’a compris : l’Etat en question est « menacé » en permanence et ne saurait mener aucune espèce de guerre offensive d’annexion ou d’occupation. Après nous avoir prévenu qu’il s’agissait de faire fi de tout égarement géopolitique pour se concentrer sur les miracles technologiques de l’Etat hébreu, cet a priori ainsi posé referme la question sur des affirmations « fermées » qui feraient hurler, non seulement Karl Popper, mais bien d’autres experts de la région, sans parler des femmes et des enfants des Territoires occupés quotidiennement assassinés par la soldatesque du pays en question.

Mais le meilleur restait à venir avec le jeune Eric Laurençon – deuxième intervenant – nous assénant avec arrogante certitude une autre vérité historique des plus curieuses – reprise quelque part dans le livre par le préfacier de la Chambre de commerce France-Israël : le grand bond en avant technologique israélien a eu lieu (à cause ou plutôt grâce) et je cite « au blocus décrété par la France au début des années 1960 ». Là, les bras nous en tombent… et faut-il conseiller à ce jeune impertinent de lire quelques bons ouvrages d’histoire pouvant rappeler notamment que les plus hauts responsables de notre IVème République ont transféré – dès 1957 – les hautes technologies permettant à Israël de construire la centrale de Dimona pour la mise au point de sa bombe nucléaire… dont il nie toujours officiellement l’existence. Ce n’est qu’à partir de la guerre d’annexion de juin 1967 que le général de Gaulle a effectivement et légitimement instaurer un strict embargo sur les armes à destination de ce pays. Nulle trace dans la « conférence », ni dans le livre des résolutions 242 et suivantes de conseil de sécurité des Nations unies qui condamnent ces annexions. L’ONU, qui n’est pas encore une Start-up, n’intéresse visiblement pas nos jeunes gens…

Troisième intervenant : Patrick Nouma Anaba, qui se présente d’emblée comme « philosophe ». Bigre ! Emmanuel Kant et Hegel n’ont certainement qu’à bien se tenir. N’ayant visiblement pas lu une ligne de L’Emile, le garçon nous transmet une autre vérité transcendantale : « l’or brut d’Israël, c’est sa concentration d’intelligence » et « son pari sur l’éducation » avec cette merveilleuse alliance de l’armée, des universités et du secteur privé !

Une heure et demi durant nos mousquetaires vont rivaliser d’enthousiasme pour nous décrire le meilleur des mondes israéliens, non seulement devenu l’admirable « start-up nation » dont la France devrait mieux s’inspirer, mais aussi pour nous faire partager avec émotion comment « Israël ouvre une nouvelle ère, celle des cyber-Etats en s’inspirant du modèle de développement supranational des GAFAM1 ». Encore mieux, Israël – selon nos mousquetaires – dont la suprême obsession est de « se rendre utile », de « réparer », sinon d’« améliorer » notre triste monde est, aussi devenu l’un des champions du « transhumanisme », cette idéologie technologique proprement délirante qui veut produire voitures, métros et avions sans chauffeur pour « augmenter » l’humain, pour nous vendre le consommateur et le soldat « augmentés » dans le monde merveilleux où les hommes seront enfin devenus les animaux des robots. En effet, ce sera tellement mieux…

Et cette soupe nous fut servie sans le moindre doute (n’osons pas dire cartésien), ni la moindre mise à distance, en nous promettant tous les délices d’un monde mondialisé, néo-libéral et, enfin libéré de toutes frontières (ne parlons pas non pas des murs, ce n’était vraiment pas le soir !) où enfin, les hommes et les femmes – hors sol – pourraient enfin se dépasser pour être… meilleurs. S’il faut obtenir un MBA de l’Ecole de Christian Harbulot (remercié en fin de volume) pour débiter ce genre de fadaises, c’est bien à désespérer de l’éducation actuelle. Effectivement, on se dit qu’une salutaire lecture ou relecture de Rousseau serait bien nécessaire à ces jeunes gens…

UN MANIFESTE A LA GLOIRE DE NETANYAHOU

Après une telle conférence, l’auteur de ces lignes ne pouvait que se mettre courageusement à la lecture de la plaquette des trois mousquetaires. Et là, c’est encore plus grandiose. Passé l’apologie boursouflée du sens inné du peuple d’Israël pour les nouvelles technologies orwelliennes, les start-up, l’armée, le capital-risque, les fonds de pension et toutes les joies du capitalisme new-look, plusieurs messages sublimi-novlangue sont bien à l’ouvrage, citations à l’appui de Benjamin Netanyahou, un type… formidable !

C’est un peu laborieux, mais les têtes de chapitre méritent d’être citées tant elle traduisent à elles seules le traitement apologétique au détriment d’une approche critique minimale conforme aux critères de base des sciences humaines : chap 1) Mesure de la puissance de l’Etat d’Israël au travers du développement du secteur des nouvelles technologies ; chap 2) La performance des start-ups israéliennes : une garantie de puissance pour l’Etat hébreu ?; chap 3) Les facteurs clés de construction de la matrice israélienne ; chap 4) Une culture fortement axée sur l’esprit d’entreprise, la prise de risque et l’innovation : la stratégie du bouclier d’Israël ; chap 5) Une base éducative intégrée et initiée dès la création d’Israël ; chap6) L’immigration un élément central du développement de l’Etat hébreu ; chap7) Tsahal « incubateur » de la Start-up Nation ; chap8) ; chap 9) Du 6ème GAFAM à l’Etat « d’E-sraël » ? Et le préfacier qui nous dit qu’« Israël ne joue pas aux dés », ajoute : « les Israéliens aiment sans limites l’information, le traitement de l’information et l’intelligence au sens anglo-saxon du terme, ils aiment « savoir pour prévoir, afin de pouvoir ».

D’autres perles : « en tant qu’éclaireurs et phalange avancée du peuple du Livre, ils savent les limites de l’emprise humaine sur le cours des choses (…) Le sionisme est paradoxal, métal pur et alliage complexe à la fois ». Encore : « on ne voit bien Israël qu’avec le cœur (…) Les learning expeditions de succèdent, on vient à Herzliya en exploration comme Livingstone remontant le Zambèze (…) les Israéliens ont toujours préféré les questions aux réponses et répondent aux questions, avec un sourire désarmant ». Bref, ces drôles de jésuites « ne jurent que par l’unité 8200, devenue la plus importante de l’armée israélienne ». En résumé, et c’est la première ligne du chap 1) : « L’innovation israélienne sert de modèle pour le monde entier ». Que c’est beau !

Mais pourtant, « l’existence d’Israël ne fait pas l’unanimité. 21 Etats n’ont jamais reconnu Israël ou n’ont pas entretenu de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu ». On se demande pourquoi, mais nos trois mousquetaires ont trouvé et évacué l’explication en trois lignes : « Israël fait régulièrement l’objet d’appel aux boycotts. L’opinion publique est sensible à la cause palestinienne et des appels aux boycotts des produits israéliens sont régulièrement lancés ». Le monde est méchant et nous n’en sauront pas plus !

Quand même, mais en pointillé il est vaguement suggéré qu’Israël constitue la tête de pont des intérêts américains au Proche-Orient : « L’Etat hébreu multiplie les intérêts américains pour son bien-être et sa survie », mais arrive à « transformer progressivement la dépendance en interdépendance ». Ouf, nous voilà rassuré !

Page 48 : « l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou déclarait lors de la septième conférence annuelle sur la cybersécurité de l’Université de Tel-Aviv : la cybersécurité est un secteur florissant. Il prend de plus en plus d’ampleur, car la cybersécurité n’est jamais une solution permanente, c’est un business sans limite (…) en 2016, nous détenions environ 20% de l’investissement mondial de la sécurité privée ». Il est précisé que ce miracle s’inscrit dans la continuité d’une politique développée depuis les années 1990 par un autre criminel de guerre : Ariel Sharon.

En fait, ce miracle technologique remonte, dès l’origine dans un autre miracle théologicio-politique (page 153) : « l’Etat d’Israël est définitivement proclamé le 14 mai 1948. L’objectif principal du sionisme est alors réalisé. Néanmoins, cette notion reste encore très prégnante puisque, en 2009, Benjamin Netanyahou posait, comme préalable à la création d’un Etat palestinien, la reconnaissance d’Israël comme Etat-nation du peuple juif, par la communauté internationale, l’Autorité palestinienne et l’ensemble des Etats arabes. Il a déposé un projet de loi en novembre 2014 qui, dans les Lois fondamentales qui servent de constitution, remplacerait la définition d’Israël, Etat juif et démocratique par celle d’Etat-nation du peuple juif ». Belle justification d’un nouvel apartheid qui instaure deux catégories très inégales de citoyens : les Juifs et les autres, un vrai cyber-progrès en effet !

Mais comme l’explique encore Dominique Bourra : « il suffit de chercher dans le Livre pour comprendre et analyser sur quelles bases reposent les actions menées aujourd’hui par l’Etat d’Israël. Il s’agit en fait d’un long processus… » Amen, si c’est le Livre qui le dit !

ORANGE COLLABORE

Créée par des anciens du Mossad en 2014 et basée à Beer-Sheva dans le sud d’Israël, la start-up MORPHISEC ouvre un bureau à Boston en 2016. Page 42 : « en outre, sa croissance a été accélérée et financée notamment par le fonds JVP à Jérusalem, GE Capital, Deutsche Telekom. Depuis le 20 février 2018, ORANGE Digital Ventures a annoncé sa participation au financement de MORPHISEC ». Avec La Maison et Kodem Growth Partners, ORANGE rejoint ainsi les investisseurs historiques de la start-up et prend part à son développement.

Page 43 : « l’investissement de ORANGE Digital Ventures va permettre à MORPHISEC d’accélérer ses réductions de coûts et, en France, d’acquérir un positionnement dans le haut de gamme dans le mobile et l’Internet haut débit (40% du marché français) ». Question : comment MORPHISEC va-t-elle pouvoir suivre l’évolution potentielle de sa valeur, notamment au sein du groupe ORANGE dont il est dit de sa stratégie que « l’Etat français y exerce une forte intervention » ?

Réponse : « l’évolution des tensions avec TF1 à propos de la poursuite de la diffusion des chaînes du groupe TF1 sur les box Orange est un véritable enjeu ; la poursuite des acquisitions dans le secteur de la sécurité, après l’achat du français Lexsi ; le lancement de la banque mobile Orange Bank, avec pour objectifs deux millions de clients et 400 millions d’euros de produit net bancaire à fin 2018 ».

Chaque année à Tel-Aviv, dans la plus grande discrétion, le groupe ORANGE participe à une semaine de colloque consacré à la cybersécurité et au renseignement numérique, touchant évidemment à des secteurs sensibles de la défense nationale. Au sein du groupe ORANGE, cette politique est animée notamment par un certain Luc Bretones2 et Roseline Kalifa dont le profil Linkedin indique qu’elle consacre principalement sa vie à des partenariats d’ORANGE en Israël.

Interrogé par nos soins sur ses activités en Israël, ORANGE n’a pas jugé utile de nous répondre, nous renvoyant aux bons soins de l’ambassade d’Israël à Paris ! Vive la communication…

Dans leur plaquette, les trois mousquetaires – qui, décidément fâchés avec l’histoire n’en ratent pas une -, citent aussi lord Alfred Balfour comme un héros de l’Ancien Testament. On ne peut que les renvoyer à la lecture du livre définitif de Philippe Simonnot – Le Siècle Balfour – 1917/20173 -, qui démontre (archives à l’appui) comment Balfour fut l’un des principaux architectes et responsable de la catastrophe qui provoqua l’exil de plus de 800 000 Palestiniens en 1948, avant de servir de référence à un demi-siècle de guerres israéliennes contre ses voisins.

La dernière guerre en date – durant l’été 2006 – contre le Liban fut une vraie déculottée. Le Hezbollah détruisit plusieurs centaines de chars Merkava réputés invincibles, des dizaines d’hélicoptères en donnant quelques fessées aux forces spéciales israéliennes chargées d’enlever Hassan Nasrallah dans la région de Baalbek au nord de la plaine de la Bekaa.

Il est vrai que le Mossad et l’Aman (services du renseignement militaire) ne sont plus ce qu’ils étaient, d’autant que les soldats startupers passent plus de temps sur leurs portables à parler aux copains et copines qu’à faire la guerre. Désolant, mais vrai.

Et, à cette glorieuse occasion qui prétendait alors ramener le Pays du Cèdre à l’âge des cavernes, la hiérarchie militaire israélienne découvrit avec stupeur que ses soldats startupers fumaient plus de pétards que les junkies de Brooklyn…

ESSENTIALISME D’UN MODELE « CYBERLIBERTARIEN »

Au terme de notre édifiante lecture symptômale, on se demande encore comment ce florilège de propagande et de contresens historiques a pu être édité. Page 121 : « dans ‘guerres et contre-guerres’ de Alvin et Heidi Toffler, ces derniers dévoilent que les Etats-Unis d’Amérique ont planifié un renouveau stratégique sur la base des progrès techniques induits par les nouvelles technologies du savoir, mais aussi par l’exemple de Tsahal (NDLR : l’armée israélienne) pendant la guerre du Kippour ». Ca, c’est quand même la meilleure ! En octobre 1973, les forces égyptiennes et syriennes percent les lignes israéliennes dans le Sinaï et sur le plateau du Golan. Sans l’organisation – en catastrophe – d’un pont aérien par les Etats-Unis, la transmission de renseignements militaires stratégiques américains et la trahison de Sadate, la vaillante « armée israélienne de défense » était cuite et recuite. Comme souvent, Washington sauva donc la mise à Tel-Aviv par de nouvelles livraison d’armes, instaurant un versement annuel d’aide civilo-militaire de plus de 3 milliards de dollars.

Mais aux yeux de nos trois zélateurs, ces précisions ne sont sûrement que des détails de l’Histoire parce que la seule grande leçon à retenir est bien que : « la mondialisation fait partie intégrante de l’histoire de ce jeune pays. Israël a toujours eu une vision globale et l’économie et des échanges… »

Mais conclusion finale de nos trois starto-penseurs est des plus paradoxales. D’un côté, ils nous disent que « l’objectif du sionisme est de donner ou de rendre (NDLR : sic) aux Juifs un territoire perdu (NDLR : re-sic) depuis l’Antiquité et les royaumes hasmonéen et hérodien » et de l’autre ils s’émerveillent de « l’a-territorialité » hors-sol de l’Etat israélien plus mondialisé que tout autre. Faudrait savoir !

En s’appuyant sur le « Tikkoum Olam », la « philosophie porteuse de la singularité technologique », les trois rigolos finissent par nous vendre un modèle « cyber-libertarien » selon, – je cite – « une philosophie politique pour laquelle une société juste est une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété sur lui-même ainsi que les droits de propriété qu’il a légitimement acquis sur des objets extérieurs » ! Fort de cette idéologie en bois et en suivant le « Tikkoum Olam », il s’agit en définitive de réparer, sinon d’augmenter l’humain !

Avec Israël, nation pionnière du transhumanisme, à terme, on va « réparer nos organes, à des échelles de plus en plus petites, modéliser et changer notre ADN, réparer nos cellules, créer des organes artificiels entier et mettre des implants électroniques ». Bref, qu’est-ce qu’on va se marrer…

Conclusion, et comme tout le reste c’est écrit à la charrue : « ainsi Israël ne peut se contenter d’être un Etat souverain, il doit aussi se déployer en peuple nation, au travers, notamment de communautés imaginées ». Bien-sûr, le message s’adresse aussi aux femmes et aux enfants des Territoires palestiniens occupés. Inch’Allah…

QUE L’ECOLE DE GUERRE ECONOMIQUE SE RESSAISISSE !

En définitive, une telle « conférence » des trois mousquetaires (qui a dû faire se retourner Aristote dans sa tombe) et la lecture de leur opuscule ne peut qu’amener sur une sage mise en garde : lorsqu’on parle de la Terre promise, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages… Toujours est-il que les courageuses VA-Editions auraient du mieux relire le manuscrit avant de le mettre en fabrication. Personnellement, on pense avec tristesse aux écureuils expulsés des arbres abattus pour faire la pâte à un tel papier…

Rien d’étonnant à ce que la dernière livraison de la revue Challenges4 fasse sa couverture avec la photo d’un ahuri barbu arborant un sourire niais, casquette de baseball vissée sur la tête, barrée du titre : « Israël, le modèle mondial de la tech – Les Français qui ont réussi ». En revanche, il est assez piquant de voir la même entreprise de propagande relayée par d’anciens extrémistes armés repentis. Peut-être est-ce une partie du prix à payer pour s’acheter leur nouvelle vertu ? Les connaisseurs apprécieront…

Mais qu’une Ecole de guerre économique – qui prétend former les jeunes cadres de l’intelligence économique française – s’adonne ainsi à la banalisation subjuguée d’un régime d’apartheid sous couleurs de nouvelles technologies, constitue une imposture parfaitement lamentable… Ressaisissez-vous les amis, vous en avez les capacités !

Malgré tout, bonne semaine et bonne lecture.

A la semaine prochaine.

Richard Labévière

25 mars 2019

Proche et Moyen-Orient.ch

http://prochetmoyen-orient.ch/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Notes

1 GAFAM est l’acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft.

2 Luc Bretones travaille pour le groupe Orange depuis 1997. En juillet 2013, il prend la direction du Technocentre du groupe, puis en octobre 2013 d’Orange Vallée. Il est administrateur des sociétés SoftAtHome et La cité de l’objet connecté d’Angers. Il est également président de l’association de bénévoles Orange solidarité. Spécialisé dans le business des nouvelles technologies, Luc Bretones est administrateur de divers think tanks, comme l’institut G9+ ou encore Renaissance numérique.

3 Philippe Simonnot : Le Siècle Balfour – 1917/2017. Editions Pierre-Guillaume de Roux, mars 2018.

4 Challenges – numéro 600, du 7 au 13 mars 2019.

 

http://www.afrique-asie.fr/quand-lecole-de-guerre-economique-relaie-la-propagande-israelienne/

Communiquer dans un monde globalisé, le nouveau défi des Etats

 

Communiquer dans un monde globalisé, le nouveau défi des Etats

La notion d’image de marque, spécifique aux domaines de la communication et du marketing, s’impose depuis quelques années dans les relations internationales. C’est ce que l’on appelle le nation branding : un pays est une marque. Outre l’aspect économique, le nation branding est révélateur de bouleversements dans les relations internationales, dans un contexte de mondialisation.

La guerre du Vietnam fut l’une des plus médiatisées

Avec l’avènement de la télévision, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, puis des réseaux sociaux, l’information circule plus librement. Les politiques intérieures et extérieures sont plus médiatisées par des canaux non-officiels ou informels, entrainant des réactions : manifestations contre la guerre du Vietnam, devoir d’ingérence dans la crise du Biafra… Un Etat doit donc désormais tenir compte de nouvelles partie prenantes : les autres Etats bien sûr, mais aussi leurs opinions publiques, les média, les marchés financiers…

La notion de nation branding est théorisée par le consultant Simon Anholt, spécialiste du domaine. L’exemple par excellence est celui des Etats-Unis, où l’image de marque est la plus travaillée. Toutefois, on voit de plus en plus d’Etats faire leur propre promotion, notamment les pays émergents. Il peut s’agir d’une promotion touristique générale, pour favoriser les investissements, ou simplement pour une meilleure image. Des pays comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis ont régulièrement recours à des agences de communication pour redorer leur image1. L’un des exemples les plus visibles et récents de cette stratégie est le site Kawa News, qui présente l’Arabie Saoudite comme destination culturelle et touristique, sans parler de politique, donnant une image jeune et cool d’une monarchie conservatrice.

Si l’Arabie Saoudite ou le Qatar maintiennent de très bonnes relations avec la France, ces pays sont largement décriés par la société française. L’affaire Khashoggi est à ce titre intéressante : elle ne représente aucun intérêt stratégique pour des pays comme les Etats-Unis ou la France. Pourtant, les révélations faites par les média occidentaux ont fait réagir les opinions publiques. Les réactions sont allées jusqu’à remettre en cause l’intervention saoudienne au Yémen, et la vente d’armes à Riyad. Pourtant, l’intervention saoudienne a commencé dès 2015, simultanément avec les crimes de guerre. Il aura fallu attendre l’affaire Khashoggi pour que les opinions publiques remettent en cause la politique intérieure et extérieure du Royaume saoudien, obligeant les gouvernements de pays occidentaux à réviser, au moins en surface, leurs relations avec Riyad.

1 https://www.challenges.fr/media/ces-communicants-que-l-arabie-saoudite-paie-a-prix-d-or_624298

nation branding

About Thomas CIBOULET

Free, victime de la guerre des prix en 2018

Free, victime de la guerre des prix en 2018

SEBASTIEN DUMOULIN Le 19/03 à 07:57
Le chiffre d’affaires de l’opérateur de Xavier Niel a stagné en 2018, à 4,9 milliards d’euros – SIPA

L’opérateur de Xavier Niel vient de clore un exercice cauchemardesque, caractérisé par les départs d’abonnés et la chute de l’action Iliad.

L’année 2018 restera marquée d’une pierre noire dans l’histoire de Free. Après avoir construit son succès commercial et son image de « trublion » des télécoms en cassant les prix, l’opérateur créé par Xavier Niel a connu un sévère retour de bâton.

L’an dernier,  la guerre des promotions a fait rage comme jamais dans les télécoms tricolores. Bouygues Telecom et SFR ont rivalisé d’offres toujours plus alléchantes… au détriment de Free. « 2018 a été marquée par la concurrence parfois irrationnelle de certains opérateurs », grince Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad – la maison mère de Free.

Panne de croissance

Sur la défensive,  Free a clairement été bousculé . Pour la première fois depuis son arrivée fracassante dans le mobile en 2012, l’opérateur y a perdu des abonnés – plus de 250.000 sur l’année. Pire, les abonnés à son offre Internet fixe – le coeur du réacteur de Free – ont également commencé à se faire la malle. Quelque 93.000 d’entre eux ont cédé aux sirènes de la concurrence en 2018.

Le résultat est une panne de croissance brutale. Les revenus d’Iliad – la maison mère de Free – progressaient d’environ 6 % par an ces trois dernières années. En 2018, ils ont stagné, à 4,9 milliards d’euros. Les marges se tassent également. L’Ebitda consolidé du groupe, à 1,7 milliard d’euros, recule de 1 %, contre des bonds de 6 % l’année précédente, 12 % en 2016 et même 16 % en 2015.

Cauchemar boursier

Dans ce contexte, l’action Iliad s’est effondrée ces derniers mois. Elle flirte avec les 90 euros, très loin de ses plus hauts historiques aux alentours de 240 euros. En moins de deux ans, le titre aura perdu près des deux tiers de sa valeur. Il est actuellement à son plus bas depuis sept ans… c’est-à-dire depuis le lancement de Free Mobile. Pour la Bourse, c’est comme si l’opérateur mobile, malgré son énorme succès et environ 20 % de parts de marché en France, n’avait pas créé de vale

Le cours d’Iliad reflète aussi la déception du marché, alors que le passage de quatre à trois opérateurs semble  plus improbable que jamais . Une telle opération serait un prélude à une remontée des prix. Mais personne n’est vendeur. « Il n’y aura pas de consolidation », réaffirme Thomas Reynaud.

Des jalons pour rebondir

« Nous sommes déçus par la performance commerciale, reconnaît le directeur général de Free, qui vise un retour à la croissance profitable en 2019. Le groupe se porte bien. Nous n’avons pas fait d’erreur stratégique. »

Pour rebondir, l’opérateur a planté des graines qu’il espère voir fleurir vite. En décembre, après huit ans d’attente, l’opérateur a sorti une  nouvelle version de sa Freebox, baptisée « Delta » . Le modèle, très haut de gamme, a connu des débuts chahutés en raison des problèmes de livraison et de ses tarifs très élevés.

Mais Free a révélé récemment  en avoir écoulé 100.000 en deux mois , ce qui est vu par les analystes comme une performance très raisonnable. Et Thomas Reynaud n’en démord pas : « La Freebox Delta en fait sourire certains, mais on prépare l’avenir. Dans 3 ou 4 ans, vous voudrez tous la fibre 10G. »

Iliad s’est également lancé l’année dernière dans sa première aventure internationale, en débarquant en Italie à l’été. En adoptant sa posture favorite de chevalier blanc des consommateurs floués par ses concurrents,  l’opérateur a reçu un accueil triomphal . En sept mois, Iliad a séduit 2,8 millions de clients de l’autre côté des Alpes. Les revenus de la filiale italienne représentent déjà 125 millions d’euros en 2018.

Enfin, Iliad accélère  sa conversion à la fibre optique . Il offre cette technologie d’avenir à plus de 10 millions de foyers. Avec un million de clients fibrés, Free est en deuxième position derrière Orange (2,6 millions de clients). De quoi rêver à des jours meilleurs, après la déception de 2018.

Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln

Les efforts américains pour bloquer Huawei donnent un avantage à la Chine

Les efforts américains pour bloquer Huawei donnent un avantage à la Chine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 21 février 2019

Pendant plusieurs siècles, la Chine avait le monopole de la soie. Elle était exportée le long de la Route de la soie jusqu’en Perse et, de là, en Europe. La production de soie était très rentable. L’exportation des vers à soie et des méthodes de production était interdite. Au milieu du VIe siècle, deux moines se rendirent d’Europe en Chine et découvrirent comment la soie était produite. Ils en ont rendu compte à l’empereur byzantin Justitian I qui les a incités à acquérir secrètement des vers à soie et à les faire passer en contrebande chez eux. Les moines ont réussi à le faire. Peu de temps après, le monopole chinois sur la soie et le monopole de la Perse sur le commerce de la soie avec l’Europe n’existaient plus.

Les États-Unis craignent que la Chine ne puisse bientôt les concurrencer dans la conception et la fabrication de puces informatiques. Ils tentent d’empêcher la Chine de construire ses propres usines de puces et le Congrès veut même bloquer les exportations de puces à des entreprises chinoises spécifiques. C’est une course que les États-Unis vont perdre. La technologie et les moyens de la produire prolifèrent inévitablement.

Les réseaux de données mobiles 5G utiliseront de nouvelles fréquences et de nouveaux algorithmes pour fournir des gigabits de flux de données depuis, vers, et entre des appareils mobiles. Cela permettra des applications totalement nouvelles, telles que la communication directe entre des voitures (semi-) autonomes à tous les carrefours. Dans le monde entier, un certain nombre de sociétés s’emploient à fournir la technologie 5G. Cela implique des antennes, des stations d’émission, de nouveaux matériels et logiciels, à la périphérie et dans les systèmes de télécommunication de base. Les principaux fournisseurs de ces systèmes sont des sociétés américaines telles que Motorola, Qualcomm et Cisco. Les autres sont Ericsson et Samsung. L’un des plus importants est la société chinoise Huawei.

Actuellement, Huawei est la société la plus avancée dans le domaine de la 5G. Cela a commencé tôt et a nécessité l’investissement de sommes énormes dans la recherche et le développement de la technologie 5G. Elle détient environ 15% de tous les brevets pertinents. Elle est actuellement le seul fournisseur capable d’offrir une solution de bout en bout pour les réseaux 5G. Comme elle dessert l’énorme marché chinois, elle peut produire à grande échelle et vendre ses équipements à un prix inférieur à celui des autres sociétés. Les autres fournisseurs dominants d’équipements de télécommunication, y compris aux États-Unis, accusent un retard dans la technologie 5G. Ils n’ont pas investi suffisamment tôt et sont maintenant à la traîne.

Au lieu d’investir pour un développement plus rapide et une meilleure technologie, les États-Unis tentent d’empêcher Huawei de vendre ses produits. Cela nuit au développement d’autres pays qui souhaitent fournir des réseaux 5G à leurs populations.

Les États-Unis exhortent depuis longtemps leurs alliés à ne pas utiliser les équipements chinois sur leurs réseaux téléphoniques. Ils prétendent faussement que l’équipement de Huawei constitue une menace pour la sécurité.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont suivi l’ordre américain et interdit l’utilisation de matériel Huawei dans leurs réseaux 5G. Les États-Unis ont également essayé de faire pression sur les grands pays européens pour qu’ils évitent Huawei. Jusqu’à présent, cela a échoué. L’Allemagne a résisté à la pression des États-Unis de ne pas utiliser de matériel Huawei. Elle craint des retards dans le déploiement de la 5G. Hier, la Grande-Bretagne a également refusé :

La Grande-Bretagne est capable de gérer les risques de sécurité liés à l'utilisation d'équipements de télécommunication Huawei et n'a vu aucune preuve d'actes malveillants de la part de la société, a déclaré un haut responsable, mercredi, repoussant les allégations d'espionnage de l'État chinois aux États-Unis. ...
« Notre régime est sans doute le régime de surveillance le plus dur et le plus rigoureux au monde pour Huawei », a déclaré Chiaran Martin, responsable du centre britannique de cybersécurité (NCSC), faisant partie de l'agence de renseignement britannique GCHQ, lors d'une conférence sur la cybersécurité à Bruxelles.
 
Quand on lui a demandé par la suite si Washington avait présenté à la Grande-Bretagne des preuves à l’appui de ses allégations, il a déclaré aux journalistes : « Je serais obligé de faire un rapport s’il existait des preuves de malveillance ... de Huawei. Et nous n’avons pas encore eu à le faire. Alors j'espère que ça répond à la question. »

Si la Grande-Bretagne, membre du groupe de partage de renseignements Five Eyes, ne voit aucun danger à utiliser Huawei, les États-Unis ont perdu la cause.

Il est probable que l’annonce faite hier par la Grande-Bretagne a été à l’origine de la réaction des États-Unis en deux volets :

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 13:55 utc - 21 février 2019
 
Je veux la technologie 5G, et même 6G, aux États-Unis dès que possible. Elle est beaucoup plus puissante, plus rapide et plus intelligente que la norme actuelle. Les entreprises américaines doivent redoubler d'efforts ou être laissées pour compte. Il n'y a aucune raison pour que nous restions à la traîne...

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 13:59 utc - 21 février 2019

... à propos de quelque chose qui est si évidemment l'avenir. Je veux que les États-Unis l'emportent par le biais de la concurrence et non par le blocage de technologies plus avancées. Nous devons toujours être leader dans tout ce que nous faisons, en particulier dans le monde passionnant de la technologie !

Au cours de la même heure, alors que Donald Trump déclarait vouloir une « concurrence loyale» sur les nouvelles technologies mobiles, son secrétaire d’État, Mike Pompeo, tentait de faire chanter les alliés des États-Unis afin qu’ils n’utilisent pas les systèmes Huawei :

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a averti jeudi que les États-Unis ne seraient pas en mesure de s'associer ou de partager des informations avec les pays qui adoptent les systèmes Huawei Technologies Co Ltd, en raison de problèmes de sécurité.
 
Dans une interview accordée à Fox Business Network, Pompeo a déclaré que les pays d’Europe et d’autres régions devaient comprendre les risques liés à la mise en œuvre des équipements de télécommunication de Huawei et quand ils comprendront, ils ne les utiliseront finalement pas.

« Si un pays l'adopte et l'insère dans certains de ses systèmes d'information critiques, nous ne pourrons pas partager d'informations avec lui, nous ne pourrons pas travailler à ses côtés », a déclaré Pompeo.

L’attitude de Pompeo semble dure et n’est certainement pas dans l’esprit de « gagner par la concurrence » comme son patron le demande. C’est aussi inutile.

Les services secrets américains échangent des informations avec de nombreux autres pays. La coopération des États-Unis, dans le groupe des  Five Eyes – le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande – implique un gigantesque effort mondial d’acquisition de données, bien connu pour « tout rassembler ». Les résultats sont partagés au sein du groupe. Les services américains échangent également des données avec de nombreux autres services d’espionnage sur une base plus limitée. Cela inclut des échanges même avec des « États ennemis » comme la Russie ou la Syrie. Mais ce sont tous des échanges réciproques. Ils sont basés sur le troc. Si les États-Unis cessent de fournir, par exemple, des informations sur les terroristes d’État islamique, d’autres cesseront de fournir des informations similaires aux États-Unis.

L’échange de renseignements se fait toujours à l’avantage des deux côtés. Si les États-Unis cessaient de fournir leurs données, ils perdraient également l’accès aux informations fournies par leurs homologues. En outre, l’utilisation de tel ou tel système ou technologie de téléphonie mobile n’est pas pertinente pour l’échange de données sur les canaux de sécurité. La menace de Pompeo n’a pas de sens et sera rejetée.

Huwaei n’est pas plus une menace pour la sécurité que n’importe quel autre fournisseur d’équipements de télécommunication. Le plus grand danger de tous est la qualité de leur logiciel qui permet à divers services secrets et autres criminels de pirater de tels équipements. Les fichiers de Snowden indiquaient que les États-Unis pirataient et corrigeaient régulièrement le matériel de communication qu’ils fournissaient eux-mêmes. En 2012, la NSA a tenté d’installer un exploit [logiciel espion] sur les routeurs Cisco qui exploitent le nœud Internet central de la Syrie. L‘opération a foiré, ce qui a « bloqué » les routeurs et coupé l’Internet de la Syrie.

Contrairement à de nombreuses entreprises américaines, Huawei donne aux gouvernements étrangers accès au code source de ses équipements. Il supporte des laboratoires spéciaux en Allemagne, en Grande-Bretagne, à Singapour et ailleurs, capables d’inspecter et de tester le code et les équipements avant leur utilisation. Il a récemment annoncé l’ouverture du processus central de développement de la 5G en Chine à l’inspection des gouvernements étrangers.

Le seul problème que ces laboratoires ont découvert jusqu’à présent est que les programmeurs chinois de Huawei sont aussi négligents et sujets aux erreurs que les programmeurs du reste du monde. Leur codage n’est ni plus élégant ni de meilleure qualité. La NSA aura peu de problèmes pour les pirater.

La tentative américaine de bloquer le déploiement d’équipements Huawei est évidemment faite pour des raisons économiques. La mise en place de l’Internet a entraîné un essor considérable de l’industrie des télécommunications aux États-Unis. Un déploiement de la 5G sur les marchés est censé prolonger cela.

Malheureusement, les entreprises américaines ont perdu l amain. Leurs dirigeants voulant exhiber des profits à court terme, ont racheté leurs actions, au lieu d’investir dans la recherche et le développement. Huawei les a battus en étant la première à offrir la gamme complète de produits de la prochaine génération.

En entravant Huawei, l’administration Trump s’efforce de gagner du temps afin que les entreprises américaines puissent se rattraper. Mais c’est encore une pensée stupide à court terme. Les bénéfices réels des réseaux 5G ne seront pas réalisés avec des équipements de communication mais avec les produits et services qu’ils permettront. Les États-Unis ont mis au point Internet et l’ont vendu au monde. Cisco et d’autres fabricants de matériel sont devenus riches. Mais il y a aussi Google et Amazon qui sont devenus encore plus riches en fournissant les applications qui fonctionnent sur le net.

Si l’Occident retarde le déploiement de la 5G pendant que la Chine l’implémente, les sociétés chinoises disposeront d’un avantage pour créer les produits qui fonctionneront au-dessus de la nouvelle couche de communication globale. Cela permettra à la Chine d’incuber les prochains Google et Amazon gigantesques, avant que d’autres pays ne puissent même tester la technologie de base. C’est même la raison pour laquelle les pays européens ne suivent pas l’initiative des États-Unis.

C’est une réflexion à court terme qui explique que les États-Unis ont raté les télécommunications de nouvelle génération. S’ils veulent reprendre la tête, ils devront changer d’attitude.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-efforts-americains-pour-bloquer-huawei-donnent-un-avantage-a-la-chine

 

Huawei prêt à renforcer sa sécurité pour rester dans le marché 5G

Huawei prêt à renforcer sa sécurité pour rester dans le marché 5G

 

 

Le groupe chinois Huawei est prêt à prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour rester dans la course au développement du réseau de téléphonie mobile de nouvelle génération (5G) en Europe centrale et orientale, a déclaré mercredi un responsable de l’équipementier télécoms. /Photo prise le 12 février 2019/REUTERS/Dado Ruvic

VARSOVIE (Reuters) – Le groupe chinois Huawei est prêt à prendre toutes les mesures de sécurité nécessaires pour rester dans la course au développement du réseau de téléphonie mobile de nouvelle génération (5G) en Europe centrale et orientale, a déclaré mercredi un responsable de l’équipementier télécoms.

Les Etats-Unis font pression sur leurs alliés pour qu’ils refusent de s’équiper auprès de Huawei, qu’ils accusent d’espionner pour le compte du gouvernement chinois.

Le vice-président américain Mike Pence, à Varsovie pour assister à une conférence sur le Proche-Orient, a salué mercredi la volonté du gouvernement polonais de “protéger de la Chine son secteur télécoms”, notant la récente arrestation par les autorités polonaises d’un employé chinois de Huawei et d’un ancien membre des services de sécurité polonais pour des soupçons d’espionnage.

“Le gouvernement américain est très obstiné, très déterminé et très pugnace dans sa manière de communiquer sur Huawei”, a observé Andy Purdy, responsable de la sécurité de Huawei Technologies USA.

L’équipementier chinois, qui dément toutes les accusations portées contre lui, est prêt à travailler avec les gouvernements sur des mesures de sécurité supplémentaires, qui s’appliqueraient à tous ses fournisseurs, a-t-il ajouté.

Cité par l’agence Chine nouvelle, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying a quant à elle accusé les Etats-Unis d’utiliser leur puissance étatique pour bloquer le développement légitime des entreprises chinoises, alors que les négociateurs américains et chinois ont repris leurs négociations commerciales à Pékin.

Anna Koper, Janis Laizans; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

https://fr.reuters.com/article/technologyNews/idFRKCN1Q229E-OFRIN

Huawei réfute les accusations de l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne

Huawei réfute les accusations de l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 08/02/2019 05:15

Dans une des déclarations publiques les plus fortes jamais prononcées, un haut responsable de la société de technologie chinoise Huawei a réfuté jeudi soir les discours alarmistes au sujet de l’entreprise.

Dans une salle de bal de Bruxelles où étaient rassemblés plus de 100 invités, principalement européens, l’envoyé de Huawei auprès des institutions de l’Union européenne s’est lancé dans une vigoureuse défense du géant chinois de la technologie.

« Récemment, certains pays et hommes politiques n’ont cessé d’attaquer Huawei. Nous sommes choqués, mais aussi parfois amusés, par ces allégations sans fondement et insensées », a déclaré Abraham Liu, vice-président de Huawei pour la région européenne et représentant en chef auprès des institutions de l’Union européenne.

« Par exemple, hier, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, M. Gordon Sondland, a déclaré qu’une personne se trouvant à Beijing pouvait faire sortir à distance une voiture de la route à partir du réseau 5G et tuer la personne qui s’y trouvait. C’est une insulte à l’intelligence des gens, sans parler des experts technologiques du monde entier », a dit M. Liu.

« Exclure Huawei du marché ne signifie pas que le réseau est sûr. Par exemple, les équipements Huawei ne sont pas utilisés dans les réseaux américains, mais les Etats-Unis possèdent-ils pour autant le réseau le plus sécurisé ? La réponse est non », a souligné M. Liu.

La société possède un excellent bilan en matière de cyber-sécurité, a-t-il ajouté, avec des dispositifs approuvés par de multiples analyses strictes faites par de nombreux régulateurs et opérateurs.

Parmi les partenaires européens de Huawei, on compte des grands opérateurs de télécommunication tels que Deutsche Telekom, British Telecom, Vodafone, Orange, Proximus, etc.

Ces partenaires « ont publiquement entériné leur confiance en Huawei. Je me félicite de ces approches sensées », a déclaré M. Liu.

« La cybersécurité devrait rester un problème technique, et non un problème idéologique. Parce que les problèmes techniques pourront toujours être résolus avec les bonnes solutions, ce qui ne sera pas le cas pour un problème idéologique », a-t-il ajouté.

 

https://chine.in/actualite/cn/huawei-refute-les-accusations-ambassadeur-des_116452.html

Nouveau coup dur pour Huawei, géant chinois des télécoms

Nouveau coup dur pour Huawei, géant chinois des télécoms

Pékin – Le mastodonte chinois Huawei, déjà ostracisé par nombre de gouvernements, subit un nouveau coup dur avec l’arrestation au Canada de sa directrice financière, fille du fondateur de l’équipementier en télécoms.

L’arrestation, à la demande des États-Unis, intervient dans un climat très tendu entre Pékin et Washington. Elle apparaît comme un nouveau round du bras de fer entre Américains et entreprises de technologie chinoises, dont un autre géant, ZTE, a pâti cette année.

La responsable du groupe, Meng Wanzhou, a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre, le jour même où les présidents américain et chinois, Donald Trump et Xi Jinping, convenaient d’une fragile trêve dans leur guerre commerciale.

Les États-Unis ont requis son extradition car ils soupçonneraient Huawei, entreprise privée et non cotée, fondée en 1987 par un ex-ingénieur de l’armée chinoise, Ren Zhengfei, 74 ans, d’avoir enfreint les sanctions américaines contre l’Iran.

Le sénateur américain Ben Sasse s’est réjoui sur sa page internet de l’arrestation de la responsable « d’un géant chinois des télécoms ayant violé les sanctions contre l’Iran ».

La Chine a fermement protesté de l’innocence de Mme Meng et exigé sa remise en liberté, menaçant de « prendre toutes les mesures pour résolument protéger les droits et les intérêts légitimes des citoyens chinois ».

Si l’incident « ne devrait pas » empêcher les négociations commerciales bilatérales prévues la semaine prochaine à Washington, il va contribuer à « affecter l’atmosphère de ces discussions et en amenuiser les chances de succès », estime le cabinet de conseil Eurasiagroup, dans une note.

Cette affaire « constitue une escalade nouvelle et majeure dans une suite d’efforts des États-Unis pour que les entreprises chinoises soient tenues responsables de violations de la loi américaine, parfois vieilles de plusieurs années », souligne-t-il.

– Revers en cascades –

En avril, Washington a prohibé toute vente de composants électroniques américains à ZTE pour sanctionner le groupe chinois d’avoir violé des embargos contre l’Iran et la Corée du Nord.

Fautes de puces, ZTE et ses 80.000 employés avaient alors dû cesser la majeure partie de leurs activités. Le conflit s’est soldé avec le paiement par ZTE d’une amende d’un milliard de dollars.

Si les violations des sanctions par Huawei, numéro deux mondial des smartphones, sont avérées, « cela fera comme avec ZTE mais avec encore davantage d’impact vu la taille de Huawei », prévoit Kitty Fok, directrice générale du cabinet IDC (recherche).

Plus généralement, certains élus du Congrès américain voient dans les entreprises chinoises une « menace pour la sécurité des États-Unis ».

« Parfois, l’agression chinoise est explicitement soutenue par l’État et, parfois, elle est blanchie à travers bien des entités soi-disant du secteur privé qui sont dans le même lit que le Parti communiste de Xi », affirme Ben Sasse.

« La Chine travaille avec créativité à miner nos intérêts de sécurité nationale. Les États-Unis et leurs alliés ne peuvent rester sur la touche », estime-t-il.

Le gouvernement américain a demandé officiellement en début d’année à ses opérateurs télécoms de ne pas s’équiper de produits chinois. Et il fait pression pour que le Canada ne s’engage pas avec Huawei pour le déploiement de la 5G (internet mobile à très haut débit), selon le journal canadien Globe and Mail.

Tout cela « va avoir un impact direct sur Huawei dans la 4G et la 5G et sur ses affaires », commente Mo Jia, analyste chez Canalys.

L’équipementier, devenu un leader mondial, a essuyé une pluie de revers dernièrement, certains occidentaux ou asiatiques lui fermant leurs réseaux de 5G, jugés trop stratégiques.

Dernier en date, le groupe britannique de télécoms BT a annoncé mercredi qu’il se défaisait d’équipements du chinois en téléphonie mobile. Précédemment, l’Australie avait exclu Huawei et ZTE du déploiement de la 5G, puis la Nouvelle-Zélande a invoqué une incompatibilité technologique pour écarter l’entreprise de Ren Zhengfei.

Mo Jia souligne que jusqu’à présent les restrictions frappant Huawei émanent principalement « de pays anglophones ou proches des États-Unis comme le Japon et la Corée du Sud ».

« Mais si les opérateurs français ou allemands devaient s’y joindre, cela aurait des conséquences profondes et durables » sur le chinois, ajoute-t-il.

bur-jg/bar/jul

ZTE

BT GROUP

(©AFP / 06 décembre 2018 08h14)

https://www.romandie.com/news/Nouveau-coup-dur-pour-Huawei-g-ant-chinois-des-t-l-coms/977329.rom

Revue de presse nationale et internationale.