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La confession d’un repenti sur la confrérie des Frères Musulmans

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La confession d’un repenti sur la confrérie des Frères Musulmans

By La redaction de Mondafrique -3 septembre 201958PARTAGES508

D’après un ancien dignitaire de la Confrérie, Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi,« les Frères musulmans noyautent les ONG, les organisations liées à l’Union Européenne et à l’ONU ». Autant d’affirmations  d’un « repenti » que Mondafrique a décidé de verser au débat sans adhérer à toutes les thèses défendues par ce dernier.

Par Ian Hamel, de retour des Émirats

Alors que les États-Unis envisagent de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste, un ancien dignitaire émirati affirme que la Confrérie entretient des liens avec les djihadistes.   

Dans un ouvrage de 177 pages, dont le titre peut se traduire par « Ken Penjar. Mon histoire avec l’Organisation des Frères musulmans », Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi détaille les 35 années qu’il a passé au sein de la Confrérie. Actif dans les projets caritatifs en Afrique et en Asie, cet Émirati aujourd’hui âgé de 55 ans a voyagé dans le monde entier. Quand les Émirats arabes unis (EAU), avec l’Égypte, décrètent la Confrérie organisation terroriste, il est contraint de fuir son pays. Il se réfugie en Asie.

Mais en Indonésie, il est pris avec de faux papiers et incarcéré. « Ken Penhar » – comprenez « jetez-le en prison » – c’est ce qu’il entend avant d’être enfermé dans une cellule. Sa vie bascule, d’autant que la Confrérie l’abandonne.

Pourtant, il avait été nommé en 2005 au Conseil de la Choura. Ce Conseil a les fonctions de planification des politiques et des programmes généraux de la Confrérie. Ce qui donne un certain poids à son témoignage  

Sous influence à 14 ans

Notre moine soldat décide de rompre avec cette organisation. Amnistié par les Émirats, il est revenu à Dubaï, sa ville natale, où nous avons pu nous entretenir avec lui, en présence d’un interprète.

Prudent, cet homme plutôt grand, mince, à la barbe grise, a préféré s’exprimer dans une chambre d’hôtel. Il ne nous a pas demandé de relire l’article avant parution.

L’ancien Frère musulman affirme ne pas craindre pour sa vie aux Émirats, même s’il reçoit sur les réseaux sociaux menaces et insultes. « Trois autres Frères musulmans viennent eux aussi de quitter la Confrérie. Comme moi, ils sont libres de leurs mouvements », assure-t-il.

Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi, fils d’un pêcheur devenu fonctionnaire, n’a que 14 ans quand il est approché par des Frères musulmans. Collégien à l’école d’Al-Mahalab, c’est un élève particulièrement doué en mathématiques. Il est sollicité pour rejoindre l’association Islah chaque jeudi. Comme il donne satisfaction, il franchit une « première barrière », ce qui signifie qu’il est invité à participer à une réunion le lundi, « mais je ne devais pas le dire aux autres et je devais garder le contenu secret », explique-t-il.  

Hassan al-Banna disciple des francs-maçons?

Le fonctionnement de la Confrérie serait partiellement copié sur celui de la franc-maçonnerie. L’Émirati parle de « barrières de confidentialité », des grades, qu’il franchit les uns après les autres, en jurant de garder secret sur ce qu’il apprend dans chacun des cercles. L’Égyptien Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, se serait-il effectivement inspiré des francs-maçons ? Ce n’est pas impossible.

Instituteur à Ismaïlia, sur le canal de Suez, à partir de 1927, il fréquentait des Britanniques. Pour preuve, peu après sa création, la Confrérie a reçu 500 livres égyptiennes de la part de l’Agence du canal de suez, afin de construire sa première mosquée. Ce cloisonnement permet depuis des décennies à la Confrérie de résister malgré la répression, les multiples interdictions. « Si le Guide général [murshid ‘âmm) est en Égypte, en revanche, les principales structures sont installées en sécurité à Londres et en Grande-Bretagne. N’imaginez pas un siège où se réuniraient les principaux dirigeants, mais une multitude d’organismes, de sociétés, d’associations, qui n’ont officiellement aucun lien avec les Frères musulmans. Je ne connais pas les têtes et les services secrets occidentaux non plus », assure le Frère musulman repenti.      

L’humanitaire a bon dos

La grande force des Frères musulmans consiste à ne pas avancer à visage découvert. Ils choisissent une association humanitaire totalement indépendante de la Confrérie. « Ils entrent en force, incognitos. Comme ils sont disponibles, dynamiques, ils accèdent rapidement à des postes de responsabilité. Ce qui leur permet d’orienter les choix de l’association, dont le président ou le secrétaire général ne se doutent de rien », raconte Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi.

Résultat, l’association humanitaire infiltrée sans le savoir va mener des actions caritatives au Mali ou au Pakistan souhaitées par la Confrérie. Dans ces pays, elle va travailler – comme par hasard – avec une association locale également infiltrée. La Confrérie en profite pour prélever 12,5 % des dons récoltés pour ses “bonnes œuvres“. « Des centres de recherches, des universités, des organisations soutenues par l’Union européenne, par les Nations Unies, déversent ainsi, sans le savoir, des millions de dollars ou d’euros qui vont dans les poches des Frères musulmans », prévient l’auteur de « Ken Penjar. Mon histoire avec l’organisation des Frères musulmans ».  

Des discrets entrainements militaires

Concentré sur les actions humanitaires, l’ancien Frère musulman émirati n’a suivi qu’un seul entraînement militaire au Pakistan, en compagnie d’une quinzaine d’autres originaires du Golfe. « Le programme comprenait de l’escalade, de la marche, des exercices physiques, ainsi que l’utilisation de la kalachnikov et d’une mitrailleuse russe. Nous apprenions à nous déplacer de jour comme de nuit, à porter les blesser, à nous camoufler », raconte-t-il.

Via l’association Islah aux Émirats, le saint homme a accueilli aux Émirats des djihadistes, comme le Palestinien Abdullah Azzam, le premier recruteur de combattants arabes en Afghanistan, ainsi que son adjoint Tamin Al Adnani. « L’objectif était d’attirer des jeunes musulmans vers les zones de conflit », explique-t-il.

Quid du terrorisme?

Si officiellement la Confrérie dénonce les organisations terroristes, en particulier Daech, notre repenti assure que ce n’est qu’un leurre. Quand un Frère musulman part faire un djihad, il est officiellement désavoué. Ainsi Hassan El Dokki, l’un des plus extrémistes, a été exclu par le Conseil de la Choura. « Mais j’ai découvert peu après que Saïd Nasser Al-Taniji, membre du Conseil de la Choura, était toujours en contact avec  Hassan El Dokki. Ils coordonnait même des opérations ensemble ».

Officiellement, si l’organisation fondée par Hassan al-Banna désavoue la violence, sous le manteau, elle encouragerait le djihad et appellerait les musulmans à désobéir aux dirigeants légitimes. « Comme la Confrérie est persécutée dans de nombreux pays musulmans, l’Europe est devenue pour elle la priorité », assure notre interlocuteur.

En revanche, les États-Unis pourraient se monter nettement moins conciliants à l’avenir. La sous-commission de la sécurité nationale du Congrès américain a édité un document accablant de 90 pages intitulé « The Muslim Brotherhood’s Global Threat » concluant que les Frères musulmans constituent « un mouvement global et influent, dont les différentes branches œuvrent à la promotion d’une idéologie radicale et extrêmement violente, même si certaines de ces branches ne sont pas directement engagées dans le terrorisme ».

L’administration Trump, nettement plus radicale que le Congrès américain, pourrait décider prochainement de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste.

https://mondafrique.com/la-confession-du-repenti-sur-les-freres-musulmans/

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secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)POLITIQUE

10 août 2019© Reuters

TOP SECRET

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Alors que l’enquête sur l’attentat de la rue de Rosiers est toujours en cours 37 ans après, l’ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu, devant la justice française qu’un accord secret avait été passé entre les services de renseignement français et Abou Nidal, le groupe qui en est très certainement responsable.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN138Avec Eric Denécé

Atlantico : Les accords comme celui passé entre les renseignements français et le groupe potentiellement responsable de l’attentat de la rue des Rosiers qui avait fait 6 morts et 22 blessés sont-ils monnaie courante en France ?

Eric Dénécé : Non, mais de telles pratiques ont existé et continueront probablement d’exister. Toutefois, elles restent tout à fait exceptionnelles. De plus, pour qu’un tel accord puisse avoir lieu, il faut avoir quelqu’un avec qui négocier, c’est-à-dire une organisation hiérarchisée capable de faire respecter sa décision à tous ses membres. Cela a été a le cas avec Abou Nidal ainsi qu’avec les services syriens de Rifaat El -Assad. Mais cela n’est pas possible avec des organisations comme Daesh ou Al-Qaeda qui ne contrôlent qu’une petite partie de leurs membres et génèrent, par leur idéologie,  des vocations terroristes qu’elles ne découvrent souvent qu’à l’occasion d’un attentat. Il est impossible de négocier avec cette nouvelle forme de terrorisme. Ce qui a été « conclu » avec Abou Nidal ou Rifaat El-Assad a peut-être aussi été négocié avec d’autres groupes palestiniens, voire l’ETA ou l’IRA.En contrepartie du fait que ces groupes s’engagent à ne pas commettre d’attentats sur le sol français (contre des cibles françaises, israéliennes, américaines… ou autre) ou contre les ressortissants et intérêts français à l’étranger, le pouvoir politique les autorise à entrer sur notre territoire sans qu’ils soient poursuivis ou appréhendés. Ces terroristes peuvent donc venir s’y reposer ou s’y faire soigner, y installer leur famille et leurs proches pour les mettre à l’abri. Cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas surveillés, ni que des activités illégales sur notre sol leur soient permises (entrainement, levée de fonds, etc.) : ils doivent également s’engager à ne conduire aucune action de ce type. Un exemple récent de ce type d’entente conclue avec un mouvement considéré comme terroriste est celui des Moudjahidines du peuple iranien. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce groupe qui conduit des attentats en Iran a été perquisitionné par la police française qui le soupçonnait de ne pas tenir ses engagements et de préparer, depuis le sol français, des opérations en Iran. 

Est-ce là une stratégie efficace et assumée ?

Lorsqu’elle est possible, oui. Elle permet en premier lieu de protéger nos concitoyens et de limiter le nombre d’adversaires contre lesquels nous devons lutter.La France n’est pas la seule a user de cette méthode. Les Américains avec l’IRA, les Britanniques avec des groupes terroristes islamistes (jordaniens, etc.) l’ont également pratiquée.Bien sûr, cela génère toujours des tensions internationales avec les Etats qui sont victimes des attaques de ces groupes terroristes. C’est pourquoi il est essentiel de faire respecter la neutralité de ceux qui trouvent refuge, dans le cadre d’un tel accord, sur notre territoire. Car s’ils profitaient de cette situation pour organiser des attentats, cela générait immédiatement une riposte, sur notre sol, des services spéciaux des pays ciblés qui chercheraient alors à éliminer ces cellules actives. C’est donc une situation très délicate, qui doit être contrôlée constamment et qui peut être remise en question à tout moment. Le fait que les familles des activistes puissent trouver refuge en France est une redoutable monnaie d’échange pour s’assurer du respect des règles édictées. 

Est-ce bien là le rôle des services secrets ? 

Oui, car leur mission,  à côté de ce que l’on appelle la guerre de l’ombre, c’est aussi de conduire une certaine forme de diplomatie secrète. Evidemment, la conclusion de ce type d’accord ne se fait jamais sans l’aval du politique, même si tous les gouvernements nient être au courant. La décision est et reste politique, même si la négociation et le contrôle de la mise en oeuvre sont conduits par les services. De plus, pendant qu’ils sont – ponctuellement le plus souvent – sur notre territoire, nous pouvons mieux les étudier, les comprendre, les connaitre, ce qui sera utile si les hostilités avec eux reprenaient. Cela permet aussi de créer un éventuel canal de négociation entre ces groupes et les cibles auxquelles ils s’en prennent. Mais bien évidemment, des tels accords ne sont jamais rendus publics dans l’instant, mais sont souvent révélés des décennies plus tard. https://www.atlantico.fr/decryptage/3577538/secrets-d-etat–quand-la-lutte-anti-terroriste-s-ecarte-des-sentiers-battus-et-legaux-

Mali : Présentation des groupes terroristes (2/2)

Mali : Présentation des groupes terroristes (2/2)

L’augmentation des tensions au Mali et l’activité croissante des groupes djihadistes semblent indiquer un maintien prolongé des forces internationales dans le pays. Aux difficultés politiques s’ajoutent les rapports ethniques complexes et les problèmes d’identifications des différents groupes djihadistes qui sévissent dans le pays. Face à une certaine illisibilité il convient de présenter brièvement ces entités. Entre État Islamique et Al-Qaïda, ces multinationales djihadistes ont des ramifications au Sahel.

L’État Islamique s’implante dans le Sahara

L'État islamique dans le Grand Sahara recrute ses membres parmi les populations peuls et touaregs locales
L’État islamique dans le Grand Sahara recrute ses membres parmi les populations peuls et touaregs locales

La seconde organisation djihadiste connue au Mali est l’État Islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Filiale de Daesh dans le Sahel, l’EIGS est resté longtemps assez mystérieux. C’était la volonté de la “maison mère” djihadiste de ne pas prioriser le théâtre malien comme axe de propagande. Son dirigeant local est Adnan Abu Walid al-Sahraoui. Il est l’ancien porte-parole du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Suite à la fusion du MUJAO avec la katiba des Enturbannés, il rejoint Al-Mourabitoune en 2014.

En 2015, al-Sahraoui annonce qu’Al-Mourabitoune se rallie à l’organisation État Islamique. Mohktar Belmokhtar, émir du groupe, réfute cependant la déclaration d’Al-Sahraoui. Mohktar Belmokhtar prête de nouveau allégeance au chef des Talibans auxquels sont inféodés les membres d’Al-Qaïda. Il promet également fidélité à Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant officiel de l’organisation djihadiste. Ainsi, seule une partie d’Al-Mourabitoune fait sécession et rejoint les rangs de Daesh.

L’EIGS, un groupe actif…

Al-Sahraoui dirige une troupe de 100 à 200 combattants qui sont présents dans tout le Mali et les pays voisins. Ses membres sont majoritairement touaregs, peuls, sarahouis et nigériens. Le nom même de leur chef semble indiquer qu’il serait né dans l’actuel Sahara occidental, région Sud du Maroc qui revendique son indépendance. L’activité du groupe djihadiste se concentre majoritairement autour de la zone des trois frontières (Mali, Burkina Faso et Niger). L’organisation État Islamique est par exemple responsable de la mort de soldats américains et nigériens en octobre 2017.

Bien qu’al-Sahraoui ait quitté Al-Mourabitoune en raison de désaccords stratégiques, politiques ou religieux, les relations entre concurrents djihadistes au Mali ne sont pas mauvaises. Il existe même des coopérations fréquentes entre groupes de différentes organisations. Ainsi, les affrontements entre Al-Qaïda et Daesh en Syrie ne représentent pas d’obstacle à leur coopération au Mali et même dans tout le Sahel.

… qui agit dans un relatif anonymat 

L’État Islamique dans le Grand Sahara souffre d’un manque de mise en avant de la part de sa maison mère. Cela s’explique en partie par une forte activité de l’État Islamique d’Afrique de l’Ouest, ancien Boko Haram. La secte dirigée par Abou Musa’ab Al-Barnawi est très présente autour du Lac Tchad et peut donc frapper au Tchad, au Niger, au Cameroun ou encore au Nigéria. Les effectifs sont, de plus, beaucoup plus importants que la filiale sahélienne. Al-Barnawi aurait sous ses ordres plus d’un millier de combattants.

Le groupe djihadiste pâtit également d’un manque de communication claire. Al-Sahraoui prêtait allégeance à Daesh en mai 2015 mais ce ne fut confirmé par l’Amaq (organe de propagande de l’organisation) qu’en octobre 2016. L’actuel dirigeant de l’organisation État Islamique, Abu Bakr Al-Baghdadi, a même officialisé sa nouvelle filiale au Sahel le 30 avril 2019.

Une base terroriste résiliente aux coups 

A ce relatif anonymat s’ajoutent deux revers pour l’EIGS. Tout d’abord, un fidèle lieutenant d’Al-Sahraoui aurait été tué par un raid de la force Barkhane en 2018. Mohammed Ag Almouner était le responsable de l’embuscade contre les soldats américains et nigériens en 2017. Enfin, le Sultan Oud Bady, qui commandait une katiba de Daesh dans le Sud algérien, impliqué dans des attaques au Mali, s’est rendu aux autorités d’Alger en août 2018.

Cela n’empêche en revanche pas les djihadistes de pouvoir provoquer des dégâts parfois considérables et de mettre au point des attaques complexes. C’est le cas notamment des combats du 15 mai à Tongo Tongo (Niger). Les djihadistes ont attaqué la prison de Koutoukalé et ont attiré les forces nigériennes dans une embuscade. Le bilan pour l’armée nigérienne est lourd, 28 morts. Les témoignages feraient état de « plusieurs centaines d’hommes lourdement armés » dans les rangs djihadistes. Cela prouve la formidable capacité de résiliences des groupes armés terroristes (GAT) dans le Sahel. En résulte un véritable casse-tête pour les autorités africaines, françaises et surtout pour la population.

Sources

-“Huitième rapport du secrétaire général sur la menace que représente l’EEIL (Daesh)”, Conseil de Sécurité des Nations Unies, 1er février 2019, (https://www.un.org/sc/ctc/wp-content/uploads/2019/02/N1901938_FR.pdf)

-“La menace de l’”Etat islamique dans le Grand Sahara”, France Info, 03 Nobembre 2017, (https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/la-menace-de-l-etat-islamique-dans-le-grand-sahara_3059785.html)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internationales.

Mali : Présentation des groupes terroristes (1/2)

Mali : Présentation des groupes terroristes (1/2)

L’augmentation des tensions au Mali et l’activité croissante des groupes djihadistes semblent indiquer un maintien prolongé des forces internationales dans le pays. Aux difficultés politiques s’ajoutent les rapports ethniques complexes et les problèmes d’identification des différents groupes djihadistes qui sévissent dans le pays. Face à une certaine illisibilité, il convient de présenter brièvement ces entités.

Les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont très actifs au Mali
Les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont très actifs au Mali

En mars 2017, différentes organisations djihadistes officialisent leur coopération en présentant une nébuleuse terroriste au Mali : Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen. Nous la connaissons sous le nom de Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).

Cinq groupes distincts sont actuellement membres de cette coopération djihadiste au Mali.

Al-Qaïda au Sahel : force Sud d’AQMI au Mali

Numéro deux du GSIM, Yahia Abou el Hammam dirigeait cette filiale Sud d’AQMI. Le chef djihadiste d’origine algérienne est toutefois mort, tué par la force Barkhane près de Tombouctou en février 2019. Son successeur semble pour l’instant inconnu.

Al-Qaïda au Sahel regroupe plusieurs katibas (brigades de combat) autonomes. Il en existe entre quatre et cinq en raison de changement d’allégeance de certains combattants. Trois brigades servent Abou el Hammam de manière certaines : les katiba Tarik Ibn ZiyadYoussef Ibn Tachfin et Al Furqan. Cette dernière est très affaiblie par les interventions de la force Barkhane au Nord de Tombouctou en avril 2019. L’incertitude plane cependant sur la présence de la katiba Al-Ansar dans les rangs d’Al-Qaïda au SahelCette brigade pourrait avoir rallié Ansar-Dine.

Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar

Le groupe est né d’une fusion entre le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest(MUJAO) de Abderrahmane Ould el-Amar et la katiba des Enturbannés de Mohktar Belmokhtar en 2014. Al-Mourabitoune naît ainsi, en référence à la dynastie des Almoravides qui régna sur le Sahara durant un siècle.

Mokhtar Belmokhtar est l’émir officiel du groupe djihadiste depuis la mort d’Ould el-Amar, en 2014. Il a choisi de rallier AQMI en 2015, organisation qu’il avait quitté en décembre 2012. Ce chef terroriste au Sahel est connu pour la prise d’otage du complexe gazier algérien d’In Amenas en janvier 2013. Actuellement, Belmokhtar se trouverait, selon certaines rumeurs, en Lybie. Il n’y a néanmoins pas de lien de vassalité apparent entre Al Qaïda au Sahel et Al-Mourabitoune, Belmokhtar étant un des favoris en cas de succession du leader d’AQMIAbdelmalek Droukdel.

Un djihadisme touareg malien : Ansar Dine

Ansar Dine est le troisième groupe djihadiste membre du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Ses combattants sont majoritairement touaregs. Iyad Ag Ghali dirige les « défenseurs de la foi » (signification d’Ansar Dine). De plus, il est le chef du GSIM. L’objectif de son groupe d’origine est simple, prônant l’instauration de la charia au Mali. L’émir de la katiba se fait néanmoins connaître pour la destruction des mausolées de Tombouctou en été 2012. Ses forces seraient très actives dans le Nord-Mali, en plein Azawad, une zone désertique recouvrant des zones saharienne et sahélienne.

La mystérieuse brigade Serma

Si cette organisation terroriste agit discrètement, elle affronte cependant la force Barkhane en janvier 2019. Cette katiba trouve son origine dans la forêt de Serma au centre du pays, au Sud de Boni. Le groupe armé salafiste djihadiste, fondé en 2012, est composé majoritairement de peuls. En revanche, son chef actuel n’est pas connu.

Le Front de Libération du Macina (FLM) : la katiba la plus active de l’entente djihadiste au Mali

Le FLM, ou Katiba Macina, est un groupe djihadiste très actif dans la région de Mopti. Ses membres revendiquent la création d’une République Islamique du Macina, ancien empire islamique qui existait dans les régions du centre du Mali. Son fondateur se nomme Amadou Koufa, prêcheur peul (ethnie d’agriculteur d’Afrique de l’Ouest). Ancien membre d’Ansar Dine, il fonde la brigade actuelle en 2015. Amadou Koufa serait mort après un raid franco-malien en novembre 2018, information cependant démentie par le FLM.

Le FLM est très actif au Mali et dans le nord du Burkina Faso. Il serait impliqué dans l’enlèvement de deux touristes français dans le nord du Bénin en mai 2019. La cellule à l’origine du kidnapping devait en effet remettre les otages au Front de libération du Macina, au Mali. Les forces spéciales françaises ont mené l’assaut afin d’empêcher le transfert des otages aux djihadistes maliens. Si la libération des otages fut un succès, deux commandos perdirent la vie.

Le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans est donc une véritable nébuleuse djihadiste. Tentaculaire, elle est très active et engendre de nombreux risques sécuritaires au Mali.

Sources :

-“Qu’est-ce que la Katiba Macina, ce groupe terroriste impliqué dans la prise d’otage des Français ?”, LCI, 12 mai 2019, (https://www.lci.fr/terrorisme/video-burkina-faso-qu-est-ce-que-la-katiba-macina-ce-groupe-terroriste-implique-dans-la-prise-d-otages-des-francais-2120906.html)

-“Mali : Pour Paris, il est désormais “vraisemblable” que le chef djihadiste Amadou Kouffa soit encore vivant.”, OPEX 360, 12 mars 2019, (http://www.opex360.com/2019/03/12/mali-pour-paris-il-est-desormais-vraisemblable-que-le-chef-jihadiste-amadou-koufa-soit-encore-vivant/)

-“AQMI et Al-Mourabitoun : la djihad sahélien réunifié ?”, IFRI, Janvier 2017, (https://www.ifri.org/fr/publications/notes-de-lifri/notes-de-lifri/aqmi-al-mourabitoun-djihad-sahelien-reunifie)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations intern

Retour d’Al-Baghdadi : le calife sans califat… mais pas sans troupes, ni sans projet de terreur

ETAT ISLAMQUE
Retour d’Al-Baghdadi : le calife sans califat… mais pas sans troupes, ni sans projet de terreur

Tout avait été minutieusement préparé, le discours comme la mise en scène qui présente une ressemblance avec les apparitions d’Oussama Ben Laden et de Moussab al-Zarqawi. Les messages à passer sont nombreux et sont surtout destinés à ses fidèles qui pouvaient s’étonner de son silence en ce moment difficile pour Daech.

Il  reconnaît que « la bataille de Baghouz est terminée » et que « beaucoup d’autres choses vont arriver après cette bataille ». Sans paraphraser, il lance un « nous avons perdu une bataille mais pas la guerre » sans savoir qui en est à l’origine. Fait très important, il affirme mener une « guerre d’usure » ce qui implique qu’il imagine qu’elle va s’étendre dans le temps, même peut-être sur plusieurs générations.

Il se félicite de l’opération « revanche pour le Cham » lancée au début avril qui aurait, selon lui, déjà connue 92 actions dans huit pays dont celle du 9 avril à Fuqaha en Libye … C’est pour cette raison que la vidéo est estimée avoir été tournée entre le 9 avril (sans doute après le 10) et le 21 avril, jour des attaques au Sri-Lanka dont il ne parle que dans la partie audio qui suit sa vidéo.

Il cite de nombreux « martyrs » ayant combattu à Raqqa et à Mossoul ainsi que les frères Clain pour la branche médiatique. Par là, il veut démontrer qu’il se tient bien au courant de ce qui se passe sur le terrain.

Il dit avoir accepté l’allégeance de militants du Burkina Faso, du Mali et d’Afghanistan. Des dossiers lui sont présentés concernant les wilayat de Somalie et de Turquie ce qui montre son goût de l’organisation – il est connu pour être très procédurier -. Plus inquiétant, ces pays, Mali, Burkina Faso, Afghanistan, Somalie, Turquie ne sont pas ainsi mis en avant pour rienpuisque le film a été soigneusement préparé. Sont-ils de futurs objectifs où il veut que l’effort de Daech porte? Les wilayat d’Extrême-Orient, du Sinaï, du Caucase sont déjà bien actives et n’ont pas besoin d’encouragements particuliers. Il faut dire que les émirs locaux bénéficient d’une grande autonomie de décision étant les plus à même de décider ce qu’il convient de faire sur leur théâtre de guerre.

Il évoque la chute des présidents soudanais et algérien affirmant que le Djihad est la seule solution pour (NdA, abattre) les « tyrans ». En cela, il marque sadifférence stratégique avec Al-Qaida « canal historique » qui a « félicité » les peuples qui se sont révoltés pacifiquement contre leurs dirigeants. Il n’en reste pas moins que l’idéologie des deux mouvements est la même, le salafisme-djihadisme

Ce n’est qu’une fois la vidéo terminée qu’un enregistrement audio – vraisemblablement rajouté par la suite en tant que « mise à jour »- lui fait évoquer l’attaque du Sri Lanka du dimanche (de Pâques) 21 avril qui aurait été menée pour venger la prise de la ville syrienne de Baghouz (et pas les assassinats de masse dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande qui ont fait 50 victimes comme cela a été faussement avancé précédemment). Il cite aussi une tentative d’attaque du siège des services de sécurité de Zulfi en Arabie saoudite qui a échoué également le 21 avril (les quatre terroristes ont été tués). Il y avait une similitude des films montrant l’allégeance des activistes sri-lankais et des Saoudiens ce qui signifie que les savoir-faire circulent entre les différentes cellules, même très éloignées.

À noter que par le passé, Bagdhadi avait déjà émis des messages audio, le dernier datant d’août 2018. Il avait tenté à l’époque d’effacer les pertes territoriales infligées à son mouvement. La rareté de ses interventions font qu’elles sont plus écoutées que celles de al-Zawahiri.  Bien qu’ayant été annoncé mort (en 2017 par les Russes) ou gravement blessé à plusieurs reprises, il paraît en bonne santé avec une barbe teinte à la mode des Abbassides et comme Ben Laden, un fusil d’assaut Aks74u à ses côtés. A sa différence, la cartouchière qui est située sous le fusil d’assaut, en plus de chargeurs, semble comporter une bâton allumeur (voir la goupille). Le message est clair, il ne se laissera jamais faire prisonnier préférant le « martyre ». Là non plus, ce message subliminal n’est pas destiné à ses adversaires mais à ses fidèles: « faites comme moi, allez jusqu’au sacrifice suprême ».

Il parle à trois individus aux visages floutés qui l’écoutent religieusement, manière de montrer qu’il est loin d’être seul.

Al-Baghdadi de son vrai nom Ibrahim Awwad Ibrahim al-Badri est né en 1971 à Samara en Irak. Diplômé en études religieuses de l’Université coranique Saddam Hussein, il est devenu l’émir de la branche irakienne d’Al-Qaida « canal historique » (l’État Islamique d’Irak, EII) en 2010 avant de porter le fer en Syrie voisine en 2012 via l’État Islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Il a rompu en 2014 avec al-Zawahiri lorsqu’il a créé son « califat », ce à quoi ce dernier était totalement opposé. A la différence de Zawahiri qui reconnaît l’autorité religieuse du chef des taliban afghans (comme le faisait Oussama Ben Laden), lui cumule les responsabilités de chef religieux, militaire et politique de Daech. Une prime de 25 millions de dollars pèse sur sa tête. Mais pour l’instant, nul ne sait où il se trouve et il est à craindre qu’il exerce une influence psychologique importante chez des sympathisants vivant en Occident. Les Américains viennent d’arrêter un ancien militaire converti à l’Islam qui voulait passer à l’action. Heureusement, le complice qui lui a fourni les explosifs était un agent infiltré du FBI…

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Attentat déjoué : quatre hommes voulaient attaquer l’Elysée à la Kalachnikov

TERRORISME
Attentat déjoué : quatre hommes voulaient attaquer l’Elysée à la Kalachnikov

Vendredi 26 avril, quatre hommes, âgés de 17 à 39 ans, ont été interpellés à Paris, dans le Val-d’Oise ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Ils auraient voulu attaquer l’Élysée à la Kalachnikov, mais aussi le commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), rapporte Le Parisien. Les suspects Alexandre B., Karim B., Anis M. et M.C, n’auraient pas caché leur adhésion à l’islam radical et se seraient revendiqués de Daech. Ils n’auraient pas non plus caché leur projet, déjà à un stade avancé lors de leurs interpellations. Ils ont été écroués et mis en examen mardi 30 avril pour « association de malfaiteurs terroriste et criminelle », précise le quotidien.

Ils ont collecté 1200 euros pour acheter un fusil d’assaut Kalachnikov

Selon des investigations menées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), les quatre hommes ont effectué des repérages rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où est situé le palais de l’Elysée. L’un des suspects aurait également voulu chercher une entrée de service. « Des analyses téléphoniques laissent penser qu’ils se trouvaient dans le secteur. Dans leurs discussions, l’un des suspects se serait même vanté de bien connaître l’endroit », explique Le Parisien précisant que « l’enquête vise à déterminer s’ils cherchaient à attaquer des policiers en faction ou s’ils envisageaient de rentrer dans le bâtiment pour frapper aveuglément ».

« Le groupe, qui échangeait sur des messageries chiffrées et se revendique de Daech, avait collecté 1200 euros pour acquérir un fusil d’assaut Kalachnikov », ajoute Le Parisien. Les quatre protagonistes échangeaient sur des messageries chiffrées et avaient collecté « 1200 euros pour acquérir un fusil d’assaut Kalachnikov », affirme Le Parisien, ajoutant que le groupe organisait des réunions à Chelles (Seine-et-Marne). Les quatre individus auraient voulu passer à l’acte lors du début du ramadan. L’un d’entre eux, M.C., le mineur, « était fiché S et avait déjà été condamné pour un projet de départ en Syrie puis placé en centre éducatif fermé », rapporte Le Parisien, indiquant que « les trois autres n’étaient connus que pour des délits de droit commun ». « Le plus âgé, Alexandre B., était fonctionnaire à la mairie de Paris, affecté à un stade du nord de la capitale », conclut le quotidien.

 

Vu sur : Le Parisien
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Les nouveaux territoires de Daesh

Les nouveaux territoires de Daesh

Bien qu’il n’y ait plus de raison d’être à la division des jihadistes entre Al-Qaïda et Daesh, les deux organisations perdurent à la guerre au Moyen-Orient élargi. Paradoxalement, c’est désormais Al-Qaïda qui gère un pseudo-État, le gouvernorat d’Idleb, et Daesh qui organise des attentats hors des champs de bataille, au Congo et au Sri Lanka.

 | DAMAS (SYRIE)  

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La libération de la zone administrée par Daesh en tant qu’État n’a pas signifié la fin de cette organisation jihadiste. En effet, si celle-ci est une création des services de Renseignement de l’Otan, elle incarne une idéologie qui mobilise les jihadistes et peut lui survivre.

Al-Qaïda était une armée supplétive de l’Otan que l’on a vu se battre en Afghanistan, puis en Bosnie-Herzégovine, et enfin en Irak, en Libye et en Syrie. Ses principales actions sont des actes de guerre (sous la dénomination des « Moujahhidines », de la « Légion arabe », ou d’autres encore), et subsidiairement mais plus ouvertement, des opérations terroristes comme à Londres ou à Madrid.

Oussama Ben Laden, officiellement considéré comme l’ennemi public numéro 1 vivait en réalité en Azerbaïdjan, sous protection US, ainsi qu’en a témoigné une lanceuse d’alerte du FBI [1]

Rappelons que les attentats du 11-Septembre à New York et Washington n’ont jamais été revendiqués par Al-Qaïda, qu’Oussama Ben Laden a déclaré ne pas s’y être impliqué, et que la vidéo où il se contredit n’a été authentifiée que par son employeur, le Pentagone, mais a été jugée fausse par tous les experts indépendants.

Alors qu’Oussama Ben Laden serait mort en décembre 2001 selon les autorités pakistanaises et que le MI6 était représenté à son enterrement, des individus jouèrent son rôle jusqu’en 2011, date où les États-Unis prétendirent l’avoir assassiné, mais ne montrèrent jamais son corps [2].

La mort officielle d’Oussama Ben Laden a permis de réhabiliter ses combattants égarés par leur méchant leader, de sorte que l’Otan a pu, en Libye et en Syrie, s’appuyer visiblement sur Al-Qaïda, comme il l’avait fait en Bosnie-Herzégovine [3].

Daesh au contraire est un projet d’administration d’un territoire, le Sunnistan ou Califat, qui devait séparer l’Iraq de la Syrie, tel qu’expliqué cartes à l’appui par une chercheuse du Pentagone, Robin Wright, avant la création de cette organisation [4]. Il fut directement financé et armé par les États-Unis lors de l’opération « Timber Sycamore » [5]. Il frappa les esprits en installant une loi toute prête, la Charia.

Si les jihadistes d’Al-Qaïda et de Daesh ont été vaincus en Iraq et en Syrie, c’est d’abord grâce au courage de l’Armée arabe syrienne, puis de l’armée de l’Air russe qui a utilisé des bombes pénétrantes contre les installations souterraines des combattants, et enfin de leurs alliés. Mais si la guerre militaire [6] s’est achevée, c’est grâce à Donald Trump qui a empêché que l’on continue d’emmener de nouveaux jihadistes des quatre coins du monde, principalement de la péninsule arabique, du Maghreb, de Chine, de Russie et finalement de l’Union européenne.

Autant Al-Qaïda est une force paramilitaire supplétive de l’Otan, autant Daesh est une armée de Terre alliée.

Paradoxalement, alors que Daesh a perdu le territoire pour lequel il avait été formé, c’est Al-Qaïda qui en administre un, alors qu’il s’opposait à ce type de charge. Les Syriens ont repoussé les différents foyers jihadistes chez eux et ont enkystés la maladie dans le gouvernorat d’Idleb. Incapables de rompre avec ce type d’alliés de circonstance, l’Allemagne et la France les ont pris en charge, en termes humanitaires de nourriture et de santé. Ainsi lorsque les Européens parlent aujourd’hui de l’aide qu’ils apportent aux réfugiés syriens, il faut comprendre leur soutien aux membres d’Al-Qaïda qui ne sont généralement ni des civils, ni des Syriens. Au demeurant le retrait des soldats US de Syrie ne change pas grand-chose tant qu’ils maintiennent leurs mercenaires d’Al-Qaïda à Idleb.

Daesh ayant été privé de son territoire, ses survivants ne peuvent plus jouer le rôle qui leur était dévolu par les Occidentaux, mais uniquement une fonction comparable à celle d’Al-Qaïda : celle d’une milice terroriste. Au demeurant, de son vivant l’État islamique pratiquait déjà le terrorisme hors du champ de bataille comme on l’a vu en Europe dès 2016.

Les attentats qu’il a effectués récemment, le 16 avril au Congo [7] ou le 21 avril au Sri Lanka [8] n’avaient été anticipés par personne, y compris par nous. Ils auraient pu en outre être attribués indifféremment à l’une ou à l’autre organisation. Le seul avantage de Daesh sur Al-Qaïda est son image barbare, encore que cela ne pourra durer.

Si Daesh a pu subitement surgir en République démocratique du Congo, c’est en confiant son drapeau aux combattants des « Forces démocratiques alliées » d’Ouganda.

S’il est parvenu à agir de manière spectaculaire au Sri Lanka, c’est que les services de Renseignement étaient entièrement tournés contre la minorité hindoue et ne surveillaient pas les musulmans. C’est peut-être aussi parce que ces services avaient été formés par Londres et Tel-Aviv, ou encore à cause de l’opposition entre le président de la République, Maithripala Sirisena, et le Premier ministre, Ranil Wickremesinghe, qui entravait la circulation du Renseignement.

Le Sri Lanka est particulièrement vulnérable parce qu’il s’imagine trop raffiné pour pouvoir produire une telle bestialité. Ce qui est faux : le pays n’a toujours pas éclairci la manière dont plus de 2 000 Tigres Tamouls ont été exécutés alors qu’ils avaient été vaincus et s’étaient rendus en 2009. Or chaque fois que l’on refuse de regarder en face ses propres crimes, on s’expose à en provoquer de nouveaux en se croyant plus civilisés que les autres.

Quoi qu’il en soit, les drames du Congo et du Sri Lanka attestent que les jihadistes ne désarmeront pas et que les Occidentaux continueront à les utiliser hors du Moyen-Orient élargi.

[1Classified Woman : The Sibel Edmonds Story : A Memoir, Sibel Edmonds, 2012

[2] « Réflexions sur l’annonce officielle de la mort d’Oussama Ben Laden », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 mai 2011.

[3Comment le Djihad est arrivé en Europe, Jürgen Elsässer, Préface de Jean-Pierre Chevènement, Xénia, 2006.

[4] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, September 28, 2013.

[5] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[6] L’auteur distingue la guerre par la voie militaire de la celle menée aujourd’hui par la voie économique. NdlR.

[7] « RDC : Daesh et les ADF se rapprochent au Nord-Kivu », Christophe Rigaud, Afrikarabia, 21 avril 2019.

[8] « Attacks carried out by suicide bombers, Govt. Analyst confirms », Ada Derana, April 22, 2019.

 

https://www.voltairenet.org/article206342.html

SRI LANKA!ENCORE LE TERRORISME DE L’ISLAM SALE DOCTRINE IDEOLOGIE DE CONQUETE DONT IL FAUT DEBARRASSER L’EUROPE!!! !

23 avril 2019
BILLET D’ALERTE

 

NOUVELLES GUERRES DE RELIGIONS

 

de Jacques MYARD
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République
Président de l’Académie du Gaullisme

 

Le 24 avril 2019

 

A/S : Nouvelles guerres de religions.

 

Les attentats islamistes succèdent aux attentats islamistes et les opinions occidentales et française abasourdies comptent les morts comme s’il s’agissait là d’une fatalité contre laquelle on ne peut rien, si ce n’est condamner fermement ces actes odieux tout en continuant à vaquer à ses occupations quotidiennes.

 

 » 310 chrétiens assassinés au Sri Lanka, c’est certes regrettable, ma chère Madame, mais le Sri Lanka est bien loin et puis en Asie ils ont pour habitude de se massacrer entre eux, alors ne faisons pas d’amalgame. « 

 

Ne sont-ce là que paroles inventées de quelques bien-pensants ?  Ou s’agit -il de la triste réalité d’un lâche aveuglement largement partagé, enveloppé de naïveté et d’angélisme ?

 

Peut-on s’habituer à tout et continuer à nier la réalité ? Or la réalité est évidente : l’humanité est résolument entrée dans les guerres de religions et cette guerre est voulue par des fanatiques islamistes qui ne renonceront jamais, motivés par leur vision eschatologique qui leur garantit la vie éternelle dans le paradis d’Allah .

 

L’humanité du 21ème siècle doit faire face à deux redoutables défis :
– l’explosion démographique des pays africains et asiatiques
– la dérive fanatique de l’Islam. 
Ces deux défis ne sont pas étrangers l’un à l’autre et s’auto-alimentent d’ailleurs .

 

Face à ces défis qui nous conduisent inéluctablement à la guerre, l’heure n’est plus à la candeur et à la crédulité. Il est urgent de mener une politique réaliste pour faire face :

 

-arrêter toute émigration tout en menant une politique d’aide massive de maitrise démographique en Afrique,
-expulser sans faiblesse tous les tenants du salafisme et autres intégristes islamiques.

 

Sans oublier que la bataille est d’abord une bataille culturelle pour faire reculer ces obscurantismes qui ramènent l’humanité aux âges archaïques de la péninsule arabique.

 

Cette bataille doit être livrée partout dans le monde et commencer dès l’école maternelle.

 

On entend déjà les cris d’orfraies des  » politiquement corrects »; libre à eux de hurler au nom de leur idéologie des bons sentiments …

 

Ils devraient savoir, selon Confucius, que  » le premier axiome de l’humanisme est d’apprendre par l’expérience « 
et surtout, ils devraient méditer la sagesse d’Augustin d’Hippone

 

 » A force de tout voir, l’on finit par tout supporter 
A force de tout supporter, l’on finit par tout tolérer 
A force de tout tolérer, l’on finit par tout accepter
A force de tout accepter, l’on finit par tout approuver. « 

 

Après Les Attentats Très Meurtriers Au Sri Lanka, Un Retour À La Longue Guerre Civile ?

Analysis

Après Les Attentats Très Meurtriers Au Sri Lanka, Un Retour À La Longue Guerre Civile ?

Update: Another explosion hits Colombo today

Mise à jour: un autre attentat à l’explosif a frappé Colombo aujourd’hui.

https://strategika51.org/archives/62597

En Grande-Bretagne, l’incroyable détournement d’argent public qui aurait financé Al Qaida

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En Grande-Bretagne, l’incroyable détournement d’argent public qui aurait financé Al Qaida

En Grande-Bretagne, l’incroyable détournement d’argent public qui aurait financé Al Qaida

Selon une enquête du Sunday Times, des gangs étrangers auraient organisé pendant plusieurs années une gigantesque fraude sociale et fiscale dans le pays, notamment pour financer Al Qaida. Plusieurs milliards de livres auraient été détournés. Et pendant toutes ces années, le fisc britannique se serait abstenu d’informer le MI5.

L’enquête est glaçante et révoltante. Après deux ans de travail, le Sunday Times a révélé samedi dernier un scandale d’escroquerie par des gangs pakistanais et indiens, avec un détournement d’environ huit milliards de livres sterling d’argent public, sans compter les différentes escroqueries visant les entreprises ou les personnes.

» LIRE AUSSI – Le Conseil de sécurité de l’ONU s’attaque au financement du terrorisme

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EN SAVOIR PLUS

Après la révélation, l’année dernière, des viols collectifs perpétrés par des gangs indo-pakistanais, l’affaire écorne une nouvelle fois l’image des services publics britanniques. À l’époque des viols collectifs, les services d’enquête avaient en effet renoncé à certains dossiers pour éviter toute prolifération de xénophobie. Cette fois, c’est le fisc britannique qui a refusé de transmettre ses informations aux services de renseignement, ceci afin de «protéger les données fiscales» des dangereux fraudeurs qu’il avait pourtant identifiés.

Une gigantesque fraude qui aurait bénéficié directement à Oussama Ben Laden

Le Sunday Times évoque un gang aux ramifications à Londres et sa périphérie, à Birmingham, et dans le nord-ouest de l’Angleterre jusqu’en Écosse. Sur au moins décennies à partir du début des années 1990, l’organisation aurait monté différents types de fraudes. Une grande partie des bénéfices viendrait de détournements d’argent public (huit milliards de livres sterling), à l’aide de faux numéros de sécurité sociale (et exploitations de travailleurs non déclarés), de fraude aux allocations mais aussi de fraudes de grande ampleur comme la fraude carrousel à la TVA. Celle-ci aurait rapporté au moins 1 milliard de livres. Concernant le secteur privé, les compétences du réseau n’étaient pas moindres: ventes de contrefaçon, arnaque à l’assurance automobile, aux prêts immobiliers, aux cartes de crédits, etc.

» LIRE AUSSI – Birmingham à l’heure islamiste

Selon le journaliste Tom Harper, qui a eu accès à plusieurs documents dont une enquête interne du fisc britannique, Her Majesty’s Revenue and Customs (HMRC), le réseau avait des liens importants avec des groupes terroristes. Environ 80 millions d’euros auraient été directement transférés à Al Qaida au Pakistan et en Afghanistan, qui aurait utilisé les fonds pour créer des camps d’entraînement et financer d’autres activités. D’autres fonds seraient partis ailleurs au Pakistan, ou encore vers Hong-Kong et Dubai. Selon le MI5, le contre-espionnage britannique, une partie de l’argent a même atteint le refuge d’Oussama Ben Laden au Pakistan, avant sa neutralisation en 2011. Le recruteur d’Al Qaida Abou Hamza, condamné en 2015 à la prison à vie aux États-Unis, aurait aussi participé aux activités du gang. Selon le journaliste, plusieurs informations auraient d’ailleurs été trouvées directement dans l’ordinateur d’un comptable du réseau, récupéré en Afghanistan par la CIA et le MI6 (renseignements extérieurs).

Le fisc britannique n’a pas transmis ses informations avant plusieurs années

Pour autant, il semblerait que les nécessaires recoupements entre services et transferts d’informations n’aient pas été faits avant plusieurs années. Les premières enquêtes sur le gang par le HMRC auraient eu lieu il y a 24 ans, après un témoignage alarmant. Plusieurs personnes auraient été arrêtées, mais la lenteur des enquêtes aurait ensuite permis à de nombreux autres membres du gang de partir vers le Moyen-Orient, et d’échapper aux poursuites.

Pire, les informations recueillies par le HMRC n’auraient pas été transmises aux services de renseignement et de sécurité du pays, alors qu’elles étaient de la plus grande importance. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, un responsable alertait déjà sur la valeur des informations que détenait l’administration fiscale. Dès 2003, les enquêteurs internes repéraient les activités de l’islamiste Shehzad Tanweer… deux ans avant qu’il ne participe aux attentats de Londres, qui ont tué 52 personnes le 7 juillet 2005. Un responsable du HMRC a déclaré à ce sujet qu’il s’était vu plusieurs fois refuser le droit de communiquer avec le MI5, car son organisation souhaitait préserver «la confidentialité des informations fiscales des suspects de terrorisme». Selon le Sunday Times, au moins quatre responsables du HMRC ont imploré leurs supérieurs de lancer des poursuites. Leurs demandes auraient été rejetées «en raison de leur nature complexe et de leur manque de ressources».

Le HMRC aurait néanmoins rappelé quelques résultats sur d’autres dossiers de crime organisé pour montrer sa capacité à dialoguer avec les autres services. Mais depuis la sortie de l’article, plusieurs voix s’élèvent logiquement pour demander la vérité sur ce silence. Meg Hillier, député travailliste, réclamait dimanche dernier la tenue d’une enquête parlementaire, et déclarait que «le HRMC partage régulièrement des informations avec d’autres agences, et je trouve donc extraordinaire qu’il ne l’ait pas fait dans ce dossier».

Plusieurs politiciens corrompus, le parti travailliste impliqué?

Le Sunday Times avance pourtant quelques hypothèses – déconcertantes – pour expliquer ce silence. Les escrocs auraient, d’après le journal, infiltré de nombreuses agences gouvernementales, et corrompu des politiciens pour protéger et assurer les détournements. Le journal cite ainsi des «milliers de livres» donnés au Parti Travailliste, qui gouvernait alors le pays. L’enquête interne du HRMC cite «de nombreux membres du gang impliqués dans des thinks tanks, et des cercles d’affaires, qui les mettaient en contact avec d’importants politiciens britanniques». L’enquêteur dit même avoir «vu un membre du gang aux côtés de Tony Blair à au moins deux reprises, après la guerre en Irak».

» LIRE AUSSI – Terrorisme: la dangerosité sous-estimée des femmes djihadistes

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/en-grande-bretagne-l-incroyable-detournement-d-argent-public-qui-aurait-finance-al-qaida-20190404