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Terrorisme et crime organisé. Une nouvelle perspective stratégique : les hybrides

Terrorisme et crime organisé. Une nouvelle perspective stratégique : les hybrides

Par Jacques de SAINT VICTOR, Jean-François GAYRAUD, le 10 décembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Jean-François Gayraud est essayiste et haut fonctionnaire de la Police Nationale. Il est l’auteur d’ouvrages majeurs de criminologie et de géopolitique, dont récemment « Théorie des hybrides. Terrorisme et crime organisé », (Paris, CNRS éditions, 2017). Jacques de Saint Victor est historien de droit et des idées politiques, professeur des Universités à Paris XIII et au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM). Il a préfacé l’ouvrage de J-F Gayraud précédemment mentionné.

Les auteurs des attentats commis en France et en Belgique en 2015 et 2016 proviennent presque tous du monde du gangstérisme. A l’origine, la grande majorité de ces terroristes sont originellement et essentiellement des criminels et des délinquants de droit commun. C’est l’une des conclusions de cette puissante réflexion conduite par deux experts au sujet de la criminalisation du politique. Parce que l’histoire criminelle est en passe de devenir une part essentielle de l’histoire du pouvoir la lecture de ce document de référence s’impose.

Ce texte novateur a été rédigé dans la perspective d’une présentation orale à l’occasion des VIIIe Assises nationales de la recherche stratégique organisées par le CSFRS le 30 novembre 2017 à Paris, Ecole militaire, amphithéâtre Foch. Jacques de Saint Victor et Jean-François Gayraud ont brillamment assuré la première table ronde intitulée : « Les hybrides : la nouvelle perspective stratégique ».

Jean-François Gayraud :
Les Assises nationales de la recherche stratégique de 2016 ont eu pour thème : « la fragmentation du monde ». Autrement dit : la planète devient une marqueterie de plus en fine d’Etats, parfois vides de puissance. Cette réalité géopolitique majeure est tout à la fois l’origine et la conséquence du Chaos que nous vivons et par là même du bouleversement complet de la scène des violences tant politiques que prédatrices.

Fin 2017, sur le « Terrorisme » et le « crime organisé »  : où en sommes-nous réellement ? Quand s’achève le XXème siècle, les qualificatifs et labels peinent à définir la réalité nouvelle, fluide, complexe et multidimensionnelle. Outre le mur de Berlin (1989), le Bloc de l’Est a pulvérisé en s’écroulant d’autres obstacles jadis infranchissables. Physiques, intellectuels, psychologiques, ces « murs » ont cédé, révélant de nouveaux acteurs, pour part politiques, pour part criminels. Jusqu’alors distincts et séparés, des corps hétérogènes et inconciliables tels l’eau et l’huile, font désormais symbiose, voire fusionnent. Les acteurs « politiques » (terrorisme, guérillas, milices, mouvements de libération) et « droit commun » (bandes, gangs, cartels, mafias) qui hier vivaient séparés dans les espaces et logiques de la Guerre froide, sont soudain précipités (au sens chimique) sur la même scène violence et prédatrice.

La violence est devenue un Janus bifrons.

Ainsi, l’impensable est devenu possible. Provoqué par ce brutal changement d’écosystème, un phénomène de mutation a rapproché – parfois même, uni – deux espèces hier étrangères l’une à l’autre, le brigand et le militant. Désormais les entités dangereuses ne relèvent plus de catégories uniques, soit politiques, soit criminelles. Ce phénomène, nous le nommons hybridation.

Aujourd’hui, de par le monde, les hybridations sont devenues la règle et non plus l’exception, donnant naissance à des entités inclassables : des guérillas marxistes vivant de trafics divers dont en priorité des stupéfiants ; des djihadistes gangsters et des gangsters salafisés ; des djihadistes/pirates et des pirates salafisés ; des groupes paramilitaires reconvertis en cartels de la drogue ; des sectes religieuses pratiquant le terrorisme ou le trafic de stupéfiants ; des financiers philanthropes à la fois spéculateurs et délinquants ; des vedettes du showbiz gangstérisées ; etc. Tous les entrepreneurs contemporains du crime – politisés, prédateurs en cols blancs ou en cols bleus – ont changé d’ampleur et de formes. L’ère de l’hybridation s’annonce… Encore faut-il en comprendre la raison profonde.

Terrorisme et crime organisé. Une nouvelle perspective stratégique : les hybrides
Jean-François Gayraud et Jacques de Saint Victor
Jean-François Gayraud vient de publier « Théorie des Hybrides. Terrorisme et crime organisé », préface de Jacques de Saint Victor. Paris, CNRS édition.

Jacques de Saint Victor :
La question du contexte est, en effet, primordiale. Le monde d’après la chute du mur de Berlin est, vous l’avez dit, chaotique. On est très loin des annonces euphoriques de certaines institutions internationales qui annonçaient au début des années 1990 que la globalisation allait offrir « un véritable âge d’or global au XXIe siècle ». On semble encore assez loin de cet éden mais il est vrai que le siècle ne fait que commencer ! En tant qu’historien du droit, j’ai été très intéressé par les phénomènes d’hybridation que vous décrivez dans votre ouvrage et les évolutions institutionnelles qu’ils induisent. Le désordre règne, dites-vous. Nous vivons dans un entre deux, en attente de la définition d’un nouvel équilibre, un autre Nomos de la Terre. En réalité, il me semble que votre approche très pragmatique, tirée de votre connaissance réelle du terrain, va à l’encontre d’un dogme dominant véhiculé par une certaine pensée qu’on appellera « cosmopolite » et qui pose cette idée commune : supprimez les frontières et vous éliminerez la guerre. Mais, en réalité, l’absence de guerre, tout au moins telle qu’on l’entendait au XIXe et au XXe siècle, c’est-à-dire la guerre d’Etat à Etat, même si elle n’est pas totalement improbable (comme le rappelle les événements de Corée du Nord), n’empêche pas l’émergence de nouvelles formes de conflit qui ne sont plus exactement de même nature que par le passé mais tout aussi préoccupants.

Alors, on peut penser, en citant Carl Schmitt (1888-1985), qu’un nouvel ordre surgira. Schmitt disait : « Tant que l’Histoire universelle n’est pas conclue et reste encore ouverte et en mouvement, explique Carl Schmitt, tant que les choses ne sont pas fixées et pétrifiées à jamais ; autrement dit, tant que les hommes et les peuples ont encore un avenir et pas seulement un passé, un nouveau Nomos naîtra dans les formes toujours nouvelles que prendra le cours de l’Histoire » [1].

Mais on peut aussi être plus pessimiste. Car la stabilisation d’un ordre, comme celui qui a été posé lors des traités de Westphalie en 1648 ne se retrouve pas si facilement. Je rappelle, et on me pardonnera ce raccourci simpliste, que le Moyen Age a duré plus de mille ans !

En tous les cas, une chose est sûre. Faute d’un nouvel ordre international, la planète vit donc dans le Chaos, l’opposé du Nomos. Dans la mythologie grecque, « Chaos est la personnification du Vide primordial, antérieur à la création du temps où l’Ordre n’avait pas encore été imposé aux éléments du monde ». Depuis l’Antiquité grecque, et tout spécialement Hésiode (poète grec, VIIIe siècle avant J-C), le Chaos est dynamique : c’est la figure insondable des origines, le béant, l’abîme, l’ouvert-sans-fond, l’espace de l’orage dépourvu d’ordre et de loi, la confusion, le mouvant, livré au perpétuel et changeant afflux du fortuit. Attente d’une mise en ordre du monde, le « Chaos ouvre à la fois sur quelque chose et entre quelques choses ».

Ouverture et processus, activité constituante s’il en est, le Chaos n’est pas immédiatement visible ou compréhensible. En l’absence d’ordre mondial, le chaos affecte des territoires, des populations, mais aussi l’univers spirituel et intellectuel. La confusion ne règne pas seulement dans l’ordre des choses mais également dans l’ordre des pensées. Dans ces périodes, le chaos est dans les faits mais aussi dans les têtes : les mots perdent leurs sens, les concepts flottent.

Dans la sphère de la violence, le Chaos ne tient pas à un bouleversement quantitatif des désordres mondiaux. Il ne semble pas que le monde subisse plus de guerres et de violences politiques et sociales, – il y a d’ailleurs un livre à la mode de nos jours de Steven Pinker qui parle de la diminution de la violence. Il ne semble pas que notre monde compte plus de terroristes et de brigands que par le passé. Peut-être même moins en apparence. Il n’y a pas d’âge d’or. Le monde est chaotique en raison de changements non pas quantitatifs, toujours difficiles à démontrer, mais qualitatifs. .

Nous vivons dans un monde post-westphalien et post-démocratique. Je n’insiste pas sur le caractère post-démocratique. Ce serait l’objet d’une autre conférence.
Mais permettez-moi de rappeler ce que peut signifier au regard de l’histoire du droit international un ordre post-westphalien. Pour bien le comprendre, il faut rappeler ce qui existait dans un monde pré-westphalien. Car, hélas, le monde post-westphalien prend de plus en plus l’aspect d’un monde pré-westphalien. Sur ce point, citons le grand juriste Maurice Hauriou dont les propos sont rapportés par l’actuel ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer dans son livre récent sur L’Invention de l’Etat (2015). Hauriou écrit durant la Première guerre mondiale : « Nous sommes parvenus à l’ère de la guerre purement nationale, c’est-à-dire subordonnée aux intérêts vitaux de la nation ». Et il précise, à juste titre, contrairement à la doxa dominante, que cette évolution a permis paradoxalement que « la paix du régime d’Etat se (soit) accrue, les guerres se (soient) raréfiées ». Cela peut paraître paradoxal, alors que l’auteur écrit en pleine Première guerre mondiale.

Mais il sait de quoi il parle. Avant les traités de Westphalie, la plupart des guerres étaient des guerres privées, ce qu’Hauriou appelle le « brigandage ». Et il y avait une multitude de petites guerres privées. C’est cela qui caractérise le Moyen Age sur le plan géostratégique.

Or, avec l’affaiblissement de l’Etat, nous assistons au retour d’un « brigandage » d’un nouveau genre.

Tout vient du fait que ce monde post westphalien et post démocratique voit s’estomper toutes les lignes de démarcation claires du passé telles que nous les connaissons depuis 1648.

De manière fondamentale, il n’y a plus consensus ni sur la caractérisation de ce que sont la paix et la guerre, ni sur la définition de l’ennemi.

Les définitions et les distinctions hier évidentes sont devenues floues : entre la paix et la guerre, entre le public et le privé, entre la police et l’armée, entre le terrorisme et le gangstérisme, entre le légal et l’illégal, entre le légitime et l’illégitime, etc.
Le brouillard domine. On a le sentiment que les frontières se brouillent et se mélangent. Bref qu’elles s’hybrident.

D’où la nécessité, comme vous le faites, de nommer avec précision cette nouvelle réalité, l’hybridation…

Jean-François Gayraud :
En effet, l’irrégularité prend toujours les formes de son époque. Elle reflète un contexte stratégique dont elle est l’expression. Que ce contexte stratégique change voire mute comme c’est le cas depuis la fin du XXème siècle et cet irrégulier, gangster ou terroriste, change à son tour. Nous conservons de l’irrégulier une représentation datée : celle du Partisan. Or l’irrégulier qui lui succède à la fin de la Guerre froide demeure incompris : c’est un Hybride.

Hier donc, sous l’empire de la Guerre froide, les partisans et les bandits vivaient sur deux planètes radicalement différentes, au sein d’univers étanches. La distinction, et donc la frontière, entre le bandit et le partisan allait de soi, comportait une forme d’évidence. La guerre elle-même était une catégorie claire.

La dichotomie terrorisme-guérilla/crime organisé était censée renvoyer à une opposition d’objectifs. Le terrorisme poursuit un but politique, alors qu’une organisation criminelle ne recherche que du profit. L’un souhaite détruire ou conquérir le pouvoir à des fins divers (idéologiques, religieux, ethniques), l’autre est un prédateur économico financier (accumulation de richesses) : l’idéologie ou le profit. Autrement dit, une entité criminelle ne poursuit pas d’objectifs politiques et a contrario une entité politique ne poursuit pas d’objectifs criminels (« de droit commun »).

Non seulement les objectifs sont censés être radicalement différents (idéologie versus profit), mais les méthodes également : le monde du crime organisé, toujours dans la discrétion pour commettre ses crimes économiques, répugne à user de violences trop visibles, l’exposant à une réaction étatique. La discrétion est une sage précaution pour passer sous les radars de la vigilance des services répressifs et des médias. La violence criminelle demeure ciblée contre des adversaires, qu’elle soit pour nous irrationnelle (vendetta, vengeance) ou « rationnelle » (élimination de la concurrence), là où la violence politique peut se révéler aveugle et indiscriminée.

L’opposition paraît même irrémédiable, car le terroriste/guérillero désire un changement radical de la société, là où le bandit souhaite de la stabilité sociale et politique, pour développer une relation parasitaire et symbiotique avec l’ordre en place. Toujours selon cette conception classique de la césure entre entités terroristes et criminelles, et en croisant les paramètres argent et politique, on obtient l’équation suivante : pour le crime organisé, l’argent est un but (enrichissement) et la politique un moyen (corruption), alors que pour le groupe terroriste l’argent est un moyen (financement) et la politique un but (prise ou destruction du pouvoir).

Jacques de Saint Victor :
Le beau jardin à la française des catégories étanches a disparu. Dans cette nouvelle jungle mondialisée de l’hybridité, l’exemple du Mexique, que vous décrivez dans votre livre est frappant.

C’est ainsi que nul ne sait plus comment caractériser les bien mal nommés « cartels de la drogue ». En effet, ces entités n’ont jamais été les banales ententes économiques suggérées par l’inoffensif vocable de « cartels », ni de simples gangs spécialisés dans le trafic de drogues. Ce sont autant des armées criminelles que des gangs polycriminels. Leur hybridité parfaite rend ces groupes littéralement incomparables. Ils sont tout à la fois des groupes criminels et prédateurs en raison de leurs objectifs économiques, gérés comme des entreprises multinationales ; militaires du fait de leurs moyens armés, d’une partie de leur recrutement et des tactiques utilisées ; terroristes par les campagnes d’attentats récurrentes destinées à pétrifier les populations, leurs adversaires et l’Etat ; des milices politiques ou des guérillas par leur capacité et leur volonté de contrôle territorial et social dans des logiques de gouvernement parallèle.

Et les chefs de ces super gangs ne sont pas moins hybrides que les gangs qu’ils dirigent. Ce ne sont plus de simples trafiquants de drogues, mais l’atypique mélange de PDG d’organisation criminelle, de chef de guerre, de rock star médiatisée, de gourou religieux, de terroriste, de chef sociopathe d’un escadron de la mort et de seigneur féodal. Dans la région du Sinaloa, l’épicentre historique du narcotrafic, les chefs narcos sont vénérés tels d’héroïques rebelles. Enfin, une des dimensions les plus étranges du phénomène narcos au Mexique a été l’apparition d’une forme de religiosité autour de ses parrains, avec des narco religions. Cet étrange phénomène doit être replacé dans un contexte plus large : l’apparition d’une narcocultura, une sous-culture à la gloire des narcos.

Jean-François Gayraud :
Le diagnostic de l’hybridation bouleverse l’analyse de la scène stratégique violente et la caractérisation de l’ennemi puisqu’il conduit à mettre en exergue les dynamiques prédatrices des violences contemporaines au détriment des motivations uniquement idéologiques (politiques, religieuses, ethniques, etc.). De fait, les qualificatifs et labels peinent à dépeindre une réalité nouvelle, fluide, complexe et multidimensionnelle.

Ce qui était jusque-là distinct et séparé – des corps hétérogènes et inconciliables tels l’eau et l’huile – devient compatible au point de fusionner et de devenir symbiotique. Les entités dangereuses ne peuvent plus se ranger dans des catégories uniques, ou politiques ou criminelles. Un phénomène de mélange et de croisement s’est opéré entre le bandit et le politique (armé). Telle est la définition de l’hybridation.
Sous le poids d’un changement radical d’environnement, un phénomène de mutation génétique a provoqué le rapprochement et parfois la fusion de ces deux espèces hier ignorantes l’une de l’autre. L’hybridation révèle au final des porosités de méthodes et d’objectifs entre les entités « criminelles » et « politiques ».

Penser l’hybridation exige un modèle explicatif, donc une forme de taxinomie, pour clarifier ce phénomène complexe. Partant des analyses de Louise Shelley et John Picarelli, nous proposerons un modèle autour de quatre figures de l’hybridation. Les trois premières sont dynamiques et historiques : nous distinguons ainsi trois stades de l’hybridation à travers des processus de coopérations, de convergences et de mutations. La quatrième figure est topographique : la coexistence territoriale.

Le concept d’hybridation rend compte d’un métissage criminologique. Deux processus fonctionnent en miroir : une politisation du crime et une criminalisation du politique.

Jacques de Saint Victor :
Nous n’entrerons pas ici pas dans le détail de ces deux processus. Nous allons cependant apporter deux brefs éclairages. Je dirai un mot sur la politisation du crime. Nous ne manquons pas d’exemples.

De la Mafia sicilienne ou encore des cartels mexicains qui ont mené ou mènent encore des campagnes d’attentats contre des Etats jugés indociles.

Inédit pour une entité criminelle, ce capital violence rebat les cartes de ce qu’est la guerre. Criminalité et guerre se retrouvent mélangées, transformant les paradigmes convenus de la guerre ; celle, classique d’armées en uniformes, mais même, ce qui est le plus neuf, aussi de la guérilla. Ce qui n’a rien d’étonnant : on sait depuis Clausewitz que « la guerre est un caméléon qui change de nature à chaque engagement » en perpétuelle transformation.

Ces entités hybrides n’en mènent pas moins de véritables guerres qui sont hautement létales, bien plus parfois que les guerres « classiques ». Il suffit de songer aux milliers de morts qu’ont pu faire les conflits des narcotrafiquants au nord Mexique.

En sens inverse, et ce processus est peut-être plus dérangeant encore, nous assistons à un phénomène de criminalisation du politique.

Cette question est une des plus embarrassantes de nos démocraties. Une des plus délicates aussi à analyser. De ce point de vue, je me dois de souligner les avancées qui ont été faites dans la jurisprudence italienne sur la mafia pour parvenir à saisir ces phénomènes qu’on appelle en France des « zones grises » et que nos voisins italiens appellent la « bourgeoisie mafieuse  ». Expression un peu curieuse, elle ne renvoie pas à une réalité sociologique stricto sensu. Elle désigne en criminologie des franges de plus en plus importantes de la classe dirigeante ayant des rapports, non plus seulement occasionnels mais continus, systémiques, avec la sphère criminelle. Cette notion a permis de mettre en lumière l’existence de « zones grises » où des liens obscurs se tissent entre les membres d’une mafia et des élites politiques, économiques, financières, médiatiques, sportives, etc., qui assistent la mafia dans ses opérations et tirent profit de ses services, sans appartenir à ce qu’Alessandra Dino appelle le « noyau dur » (nucleo duro) de la mafia. En insistant sur la portée de ce « pacte scélérat » (pactum sceleris) qui unit certains acteurs de premier plan à la mafia, le concept de « concours externe » a permis à la jurisprudence italienne de révéler l’existence d’élites troubles, ayant pignon sur rue, connues et appréciées de leurs pairs et des médias, mais qui, en coulisses, n’hésitent plus à profiter de la main invisible du crime pour conduire leurs affaires.

L’histoire criminelle est en passe de devenir « une part essentielle de l’histoire du pouvoir ».

Cette dénomination désigne un nouvel acteur appelé à prospérer dans une économie de plus en plus concurrente et chaotique. On peut même se demander si ce n’est pas là une des figures dominantes des futures élites mondialisées. Car cette « bourgeoisie mafieuse », si elle a été bien étudiée en Italie et d’ailleurs pénalement poursuivi (on citera par exemple la condamnation en 2014 par la cour de cassation du sénateur Marcello Dell’Utri, n°2 du groupe Berlusconi, un des fondateurs de Forza Italia, confirmant l’arrêt de la cour d’appel qui l’avait condamné comme « médiateur contractuel d’un pacte entre Cosa Nostra et Silvio Berlusconi entre 1974 et 1992), n’a rien d’une spécialité spécifiquement péninsulaire. Dans une lettre du 19 juin 2011, introduisant un rapport du National Security Council sur le crime organisé, le président Barack Obama faisait ouvertement référence aux organisations criminelles qui « forgeaient des alliances avec des éléments corrompus de gouvernements nationaux et qui utilisaient le pouvoir et l’influence de ces élites pour poursuivre leurs activités criminelles [2] ».

On le voit très clairement à partir de ce genre d’exemples : avec la criminalisation du politique, qui semble traduire une « mutation génétique » inquiétante d’une fraction croissante des élites mondialisées, l’histoire criminelle est en passe de devenir « une part essentielle de l’histoire du pouvoir ».

Jean-François Gayraud :
D’usage, cette question de la criminalisation du politique est à tort traitée sous le seul angle du financement des groupes terroristes ou de guérilla par des activités criminelles de droit commun. Il s’agit d’une impasse : comment des entités illicites pourraient-elles se financer autrement que par des crimes : vols à main armée, trafic de cigarette ou de drogue, extorsion de fonds, etc. ? L’illégalité est par construction peu compatible avec des financements légaux, hors participation volontaire d’une communauté ou d’une base sociale forte. C’est pourquoi quasiment tous les groupes armés clandestins qualifiés de terroristes ou de guérillas ont eu recours à titre principal à des financements hors-la-loi. Seul un soutien étatique pérenne a pu autoriser des groupes armés à s’exonérer d’un financement criminel. Mais même lors de la Guerre froide, tous ces groupes ne bénéficiaient pas de l’aubaine d’un soutien étatique.
Je propose en fait que nous nous interrogions profondément sur la nature réelle de tout ou partie de certaines entités politiques pour lesquelles l’activité de prédation ou de criminalité organisée n’a pas cessé d’être occultée mais est en fait centrale.

Jacques de Saint Victor :
Vous vous interrogez ainsi longuement sur la nature réelle, donc sur les motivations profondes de nombreux groupes armés ; ainsi d’une partie des Talibans, de l’UCK, des FARC, autant d’entités ayant subi un processus de dégénérescence accélérée avec la fin de la Guerre froide…

Mais c’est encore dans l’analyse du terrorisme islamiste que votre grille de lecture propose le changement de perspective le plus complet… Vous dépolitisez en partie la question, en partant du concept de « racaille », dans sa définition, je précise marxiste, que je ne résiste pas au plaisir de rappeler. C’est Marx qui parle :
« Le Lumpenprolétariat – cette lie d’individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes – est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l’inscription mort aux voleurs, et qu’ils en fusillèrent même certains, ce n’était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu’il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. » (La social-démocratie allemande,1871).

Est-ce que nous ne sommes pas en train de voir surgir un nouveau lumpenprolétariat – des racailles au sens de Marx – sous la figure des hybrides ?

Jean-François Gayraud :
Qui sont les islamistes francophones qualifiés tour à tour de « terroristes », « djihadistes » ou de « radicalisés » selon leurs actions ? S’il n’existe pas de profil unique, d’idéal-type, certains invariants se dessinent toutefois. L’un est aveuglant : l’équation immigration-délinquance de droit commun-banlieues. Le facteur « racaille » est omniprésent . Il n’est pour autant pas question de réduire la sociologie djihadiste au facteur criminel de droit commun, plutôt d’en repérer un marqueur incompris mais pertinent.

Les entités islamistes qui frappent le monde occidental depuis la décennie 1990, et singulièrement la France et son modèle laïc, puisent l’essentiel de leurs terroristes dans le vivier du monde criminel et délinquant de droit commun, donc a priori loin de la sphère du politique. En 2015 et 2016, la France (métropolitaine) subissait la plus grande série d’attentats terroristes de son histoire. Le bilan des victimes fut considérable : 238 tués et des blessés par centaines. Depuis, la recherche d’une explication centrée sur le fait religieux conduit à une impasse, comme l’a montré le débat opposant par exemple les tenants d’une « radicalisation de la religion », d’une « islamisation de la radicalité » ou encore d’une « réaction identitaire à la domination coloniale ».

Cependant, et toujours dans cette logique, la plupart des commentaires et analyses – journalistiques, politiques, universitaires – tentent de déchiffrer ces assassinats en usant de la notion incertaine de « radicalisation » à la mode depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, euphémisme permettent d’éluder salafisme et djihadisme. En mettant l’accent sur l’idéologie, ici le salafisme, les recherches des politologues et des orientalistes se sont pour partie fourvoyés. L’idéologie n’explique que de manière imparfaite l’engagement djihadiste et terroriste. En se focalisant sur la religion, l’analyse du terrorisme islamiste provoque des biais interprétatifs majeurs. Pour une grande partie des terroristes et des djihadistes se revendiquant de l’Etat islamique, l’idéologie salafiste constitue en effet moins un but qu’un moyen : elle est un masque camouflant des motivations prédatrices (violence, argent, pouvoir).
La principale caractéristique de (presque) tous les auteurs et complices identifiés n’a pas été correctement perçue et analysée. Que n’a t-on pas vu alors de si aveuglant, comme dans La lettre volée (Edgar Poe) ? Longtemps, cette caractéristique majeure est passée inaperçue, y compris des parlementaires ayant travaillé sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation.

Cependant, les auteurs des attentats commis en France et en Belgique en 2015 et 2016 proviennent presque tous du monde du gangstérisme. A l’origine, la grande majorité de ces terroristes sont originellement et essentiellement des criminels et des délinquants de droit commun. Leur nature profonde est prédatrice, non politique. Leurs éloquentes biographies révèlent un ancrage ancien dans des carrières de délinquance ou de banditisme. Nous sommes d’usage en présence de gangsters ayant franchi le Rubicon de la politique, non de purs acteurs politiques usant de moyens illégaux pour une Cause. Durant la même période, le profil des auteurs des attentats ayant échoué (par maladresse) ou ayant été préventivement neutralisé (par les services de sécurité) conduit à une identique conclusion. Ces profils criminels se retrouvent aussi chez les auteurs d’attentats commis en Belgique et au Danemark en 2015 et 2016.

S’agit-il alors d’une « islamisation de la radicalité » ? Il est question plutôt d’une islamisation-salafisation de la criminalité de droit commun. Le fait que l’on trouve une majorité de gangsters ne signifie pas que l’on soit en présence d’une « islamisation de la radicalité » (en l’occurrence criminelle) mais plutôt d’islamistes passant aisément à l’acte criminel en raison même de leur habitus de déviance et de violence.

Cette lecture en partie dépolitisée – en partie seulement, on le verra – propose de s’éloigner de la politologie et de l’orientalisme-études islamiques et de se concentrer sur la criminologie.

En France, la sociologie de deux autres catégories d’islamistes révèle de même une surreprésentation criminelle et délinquante : celle des combattants djihadistes (individus ayant voulu rejoindre la zone de djihad Syrie-Irak) ; celle des radicalisés (individus imprégnés de salafisme).

Jacques de Saint Victor :
Lorsqu’ils sont clairement identifiés par les analystes, comment ces passés criminels, sont-ils en général interprétés ? L’explication dominante semble lénifiante et pour le moins empathique. L’engagement au sein de l’EI et au nom de la Salafiya serait le signe d’une rédemption/purification, autrement dit la manifestation d’un rachat de péchés passés. L’ancien gangster de banlieue connaitrait une transformation de son être profond par la (re) découverte de Dieu . Il vivrait le passage d’un homme à l’autre .

Le commode « récit de la rédemption » crédite ces combattants du djihad (moudjahidine) d’un changement de nature : le vieil homme souillé se transfigure en homme nouveau lavé de ses fautes passées. Deux individus se succèdent : le gangster et pêcheur, puis le croyant et combattant. La propagande de l’Etat islamique a su utiliser ce péché des origines pour attirer de nouveaux combattants en Syrie.

On peut comprendre ce récit. Car l’hybride réintroduit indiscutablement un « art ancien de tuer », si vous me permettez de paraphraser Michelet. Ce dernier, dans une Histoire de l’Europe, avait pressenti, au milieu du XIXe siècle, que l’industrialisation des guerres totales, mécanisées, avec de puissants moyens de destruction à distance, allaient mettre fin à la figure du héros. Il écrivait : « cet art nouveau de tuer à distance des peuples entiers, le plus souvent sans risquer rien (…) entraîne avec lui une impassibilité que ne pouvait avoir l’ancienne guerre (…) Le mécanicien est tout. Le héros est supprimé ». On est en 1871.

Or, le retour des hybrides signe dans le même temps le retour aux « anciennes guerres » dont parle Michelet et, de fait, aux héros. D’ailleurs, de nombreux combattants du Djihad sont héroïsés par certains.

On s’imagine aisément que le criminel qui se transforme en djihadiste et accepte de devenir une « bombe humaine » n’appartient plus à l’univers de la criminalité et qu’il est désormais pleinement entré dans l’univers « glorieux » du terrorisme politique.
Critiquons pourtant ce récit qui blanchit avec désinvolture des individus dont on oublie volontairement ou involontairement le lourd passé criminel. L’attentat-suicide s’inscrit dans une spirale criminelle qui n’est pas aussi exempt de logique autodestructrice qu’on ne le croit. Il suffit de penser à la fin de Scarface : le criminel qu’incarne Al Pacino est au summum d’une carrière purement criminelle et il se comporte comme un individu suicidaire qui tue tout en se faisant tuer. L’attentat-suicide relève dans ce cas d’une même logique. Plus que d’une transformation et d’un rachat, l’adoption du discours salafiste permet en réalité à ces bandits islamistes de continuer impunément leurs pratiques prédatrices en toute bonne conscience. Nous ne sommes pas en présence d’une transfiguration – autre notion chrétienne après celle de rédemption – autrement dit d’une mutation révélant un changement de nature terrestre mais d’un habile travestissement et d’une simple translation de comportements et de mœurs prédatrices. Ces voyous ne sont pas dans le changement mais plutôt dans la continuité.

A cette fin, les salafistes de l’Etat islamique légitiment les pires pratiques prédatrices (violence armée, viol, polygamie, racket, pillage) par une lecture littéraliste et une réinterprétation intéressée du Coran et des paroles rapportées du prophète (hadiths). Ces Français ont recréé dans la zone syro irakienne sous le contrôle de l’Etat islamique le biotope de leurs banlieues et mœurs anomiques.
Nous pourrions continuer avec de nombreux autres exemples, comme vous le faites dans votre livre…

Peut-être faut-il conclure par le questionnement central, pour tout praticien que vous êtes. Ce constat des hybrides doit-il entraîner une évolution dans la réponse répressive ? En un mot, Que faire ?


Jean-François Gayraud :

A l’ère du chaos, le réservoir des hybrides n’est pas prêt de se tarir. Dans certains contextes, il est même probablement inépuisable. Il suffit de songer aux banlieues anomiques du monde occidental pour s’en convaincre. Il est donc crucial de savoir diagnostiquer tôt, avant la tragédie, et avec justesse les phénomènes d’hybridation. L’incompréhension de l’ennemi conduit toujours à des défaites en rase campagne. Cet ennemi correctement qualifié et nommé peut ensuite susciter un travail d’observation puis de neutralisation par les voies et les moyens de l’Etat, au choix : diplomatiques, militaires, renseignement, policier, judiciaire, etc. La question est au demeurant toute aussi importante pour toutes les autres formes d’organisations confrontées à des acteurs violents. Il en est ainsi des Organisations non gouvernementales (associations, etc.) en charge de missions de paix, de secours ou de reconstruction.

Pour un Etat, l’émergence des hybrides devrait transformer ses modes de fonctionnement. D’abord son organisation bureaucratique dans le sens de la transversalité et du décloisonnement de ses services, trop souvent enfermés dans des spécialisations dépassées. Ensuite, dans l’orientation de ses cibles de travail. Enfin, dans les modalités de neutralisation (prévention et de répression). A ce titre, face à des acteurs violents hybrides, il importe de savoir agir sur leur activité prédatrice. Si celle-ci représente un atout en termes d’enrichissement et d’apprentissage de la violence, elle constitue aussi une faiblesse majeure. Faute de pouvoir toujours les appréhender (au double sens pratique et figuré) à travers leur dimension politique, il convient de les atteindre à travers leurs activités prédatrices (trafics, racket, etc.).

Copyright Décembre 2017-Gayraud-Saint-Victor/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Terrorisme-et-crime-organise-Une-nouvelle-perspective-strategique-les-hybrides.html

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Daniele Ganser: La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

Daniele Ganser: La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

 

Daniele GANSER, brillant historien et écrivain suisse allemand – spécialisé dans les opérations secrètes, le terrorisme sous faux pavillon et la géostratégie – expose ici en toute clarté et simplicité le cadre géopolitique conduisant aux conflits dont il est question dans son dernier ouvrage Les Guerres illégales de l’OTAN. Vendu à plus de 50 000 exemplaires en Allemagne, cet ouvrage est le cri d’un citoyen qui n’accepte pas que les règles de l’ONU soient violées, foulées aux pieds. Un ouvrage fort instructif et facile à lire qui devrait, à l’approche des Fêtes où chacun aspire à la paix, trouver sa place sous l’arbre de Noël. [Arrêt sur info].


Daniele Ganser. Crédit photo Tobias Sutter


Entretien traduit de l’allemand par Laurent Bénac et Jonas Lismont le 29 novembre 2017

Question : M. Ganser, vous êtes un historien, spécialiste de l’Histoire contemporaine depuis 1945 et expert en politique internationale. Au sein de l’Institut SIPER que vous avez créé et que vous dirigez, vous vous intéressez à de très nombreux sujets comme l’énergie et la géostratégie, les conflits pour les ressources et la politique économique, les mises en œuvre de guerres secrètes, et (je dirais presque paradoxalement) la paix. Votre nouveau livre est intitulé Les Guerres illégales de l’OTANdonc parlons-en pour commencer. Qu’est-ce qui rend une guerre légale, ou illégale ?

Daniele GANSER : De manière générale, toutes les guerres sont illégales. La Charte de l’ONU, signée en 1945, énonce explicitement que les États doivent résoudre leurs différends sans avoir recours à la violence ou aux armes. Les guerres sont donc clairement illégales. Il existe toutefois deux exceptions à cette règle : premièrement, la légitime défense ; si un pays est agressé, il a le droit de se défendre militairement. Deuxièmement, une guerre est légale si le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté un mandat explicite en ce sens.

Question : Dans votre livre, vous parlez des États-Unis comme d’un « Empire »… Pourquoi ce terme ? En France, la classe médiatique et/ou politique va immédiatement crier à « l’anti-américanisme primaire ». D’ailleurs, ce réflexe pavlovien a-t-il cours également dans les pays de langue allemande ?

Daniele GANSER : Je suis un historien. Pour moi, le terme d’Empire est celui usité pour décrire le pays le plus puissant à un moment donné. Il y eut ainsi l’Empire romain au début de notre ère ; ce n’est pas je crois « anti-italien » de parler de l’Empire romain ! Au xixe siècle, l’Empire britannique connut son apogée. Il n’est pas « anti-britannique » d’évoquer cet Empire… Depuis 1945, donc depuis plus de 70 ans, les États-Unis sont le pays le plus puissant. Il n’est pas « anti-américain » de dire cela. C’est un fait. Il existe environ 200 pays dans le monde aujourd’hui. Mais si nous examinons les 5 Membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU – sans doute les 5 pays les plus puissants ou influents – une vérité saute aux yeux : les dépenses militaires US s’élèvent à 600 milliards de dollars par an, infiniment plus que n’importe quel autre pays. La Chine dépense environ 200 milliards annuellement, la Russie 70, la France et le Royaume-Uni à peu près 50 milliards chacun. En outre, les États-Unis disposent de 10 porte-avions, la France d’un seul (le Charles de Gaulle) comme la Russie et le Royaume-Uni, et la Chine en a 2 depuis peu (le second n’étant pas encore en service). Les USA entretiennent des bases militaires dans plus de 40 pays (dont par exemple Guantanamo à Cuba, et Ramstein en Allemagne). La France compte des bases militaires dans 11 pays différents (parmi lesquels l’Allemagne, et des pays africains comme le Mali, le Niger, le Tchad, Djibouti, …) Par ailleurs, le dollar américain est la monnaie de référence au niveau mondial. La devise la plus importante dans l’économie mondiale n’est ni l’Euro, ni le Rouble, le Renminbi ou le Franc suisse ! Enfin, depuis 1945, les États-Unis ont bombardé plus de pays que n’importe quel autre État dans le monde. La liste des pays bombardés inclut l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, l’Irak, le Soudan, la Serbie, la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, le Nicaragua, le Pakistan, la Somalie, le Yémen, Cuba… et cette liste n’est pas exhaustive. Pour ces raisons, et d’autres encore, les États-Unis sont clairement un Empire ; il n’y a aucun doute à ce sujet. Je ne regarde pas la télévision française, et ne lis pas la presse française, je ne sais donc pas si ce terme est d’usage fréquent en France… Mais les experts en géopolitique français ne peuvent ignorer que les États-Unis sont la seule et unique superpuissance. Ici, en Suisse alémanique où je vis, ce terme d’Empire US n’est pas beaucoup utilisé, parce que les gens ont peur que cela crée des problèmes avec l’Empire, ou nuisent aux relations commerciales.

Question : D’autant que vous allez plus loin : vous affirmez aussi que les États-Unis sont une oligarchie…

Daniele GANSER : Oui, bien sûr. L’ancien Président Jimmy Carter a dit en 2015 que les États-Unis ne sont plus une démocratie mais une oligarchie, c’est-à-dire un pays dirigé par une petite classe supérieure riche qui constitue au plus 1% de la population totale. Carter expliquait qu’un candidat à l’élection présidentielle US avait besoin d’au moins 300 millions de dollars pour concourir. Il y a plus de 320 millions d’habitants aux USA, mais combien d’après vous peuvent disposer d’une telle somme ? Si vous n’appartenez pas à l’oligarchie, vous n’avez aucune chance d’être un jour élu Président des États-Unis. Le Président est toujours choisi parmi les riches. Les 100 sénateurs aussi appartiennent à l’oligarchie : ils ne siègent pas au Sénat qui n’est pas un cénacle de « vieux sages », mais une assemblée de riches ! En moyenne la fortune d’un sénateur est de 3 millions de dollars. Ceux qui occupent des fonctions exécutives sont encore plus riches : certains des membres de l’Administration Trump ne sont pas des millionnaires, mais des milliardaires. Leurs intérêts est de défendre leur fortune et de devenir encore plus riches. Ce qui est classique dans un système oligarchique. C’est donc l’oligarchie US qui dirige l’Empire US.

Question : Pourtant, citoyen suisse, vous n’êtes pas « anti-américain ». Vous expliquez même que vous avez été stupéfait de constater « non sans effroi » que « ce sont les pays de l’OTAN, qui, conduits depuis 70 ans par les États-Unis, ont déclenché le plus de guerres illégales, et ce dans une impunité totale. »

Daniele GANSER : Quand j’étais étudiant en histoire, j’ai voyagé à de nombreuses reprises aux USA. Je suis allé à New York, Boston, Miami, Los Angeles, Seattle, et bien d’autres villes encore. Les paysages américains et la nature en particulier sont merveilleux. La plupart des citoyens aux Etats-Unis sont des gens formidables ; ce sont les oligarques qui initient les guerres. Le citoyen lambda, aux États-Unis comme ailleurs est trompé par la propagande véhiculée par les médias qui répètent sans cesse que l’Amérique combat pour la liberté et la démocratie. Mais c’est un mythe. Cela n’est pas vrai. Les oligarques se battent pour leurs intérêts commerciaux et dans le but d’étendre la puissance de l’Empire US. J’ai beaucoup appris des universitaires américains comme Noam Chomsky ou des journalistes comme William Blum, que j’ai rencontrés, et qui critiquent l’Empire de manière virulente. En fait, les critiques les mieux informés et les plus pertinents vivent aux USA. La liberté d’expression existe, et il leur est donc possible de s’exprimer publiquement et de publier des livres.

Question : Tout au long de votre livre, vous insistez sur l’importance du droit international. Vous citez de nombreux professeurs de droit qui tous sont unanimes… Pourtant, en Occident, la presse acquise à l’OTAN n’en parle jamais. Ou plutôt, elle l’ignore méthodiquement quand des États membres de l’OTAN le viole, et ne fait mine de s’en souvenir que si elle estime que des pays ennemis le bafoue. Pour prendre un exemple, je n’ai pas connaissance d’un média français qui ait expliqué à nos compatriotes que MM. Hollande ou Obama commettent un acte d’agression quand ils ordonnent à leur aviation de bombarder des objectifs en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien, alors que M. Poutine reste, lui, dans le strict cadre du droit international quand les avions russes interviennent dans ce même pays, avec l’accord du gouvernement. Autre exemple notable : personne en France ne s’est étonné que trois ministres successifs des Affaires étrangères français (MM. Juppé, Fabius et Ayrault) aient appelé à un changement de régime en Syrie, alors même que cela est en complète violation de la Charte des Nations Unies qui régit le droit international…

Daniele GANSER : Oui, il y a vraisemblablement un problème dans la presse française si le public n’est pas informé qu’il est illégal de renverser un gouvernement étranger, ou même simplement d’essayer de fomenter un changement de régime dans un pays tiers. Les dirigeants français, avec leurs homologues britanniques, états-uniens, saoudiens et qataris ont tenté de renverser le gouvernement syrien. Jusqu’à présent, ces tentatives ont échoué : M. Assad est toujours au pouvoir. Clairement, cela était illégal au regard du droit international. Au cours de l’Histoire, les Russes aussi ont mené des opérations illégales. L’URSS a envahi la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1979, sans mandat du Conseil de Sécurité. Les guerres illégales sont malheureusement fréquentes… En 1956, la France, en accord avec la Grande-Bretagne et Israël a attaqué l’Égypte durant la crise du canal de Suez, un autre exemple de guerre illégale. Mais la presse le plus souvent n’utilise même pas ce terme, et lorsqu’un concept n’est pas débattu dans les journaux, ou jamais présenté à la télévision, alors il ne faut pas s’étonner que les gens ne se posent pas la question pourtant toute simple de savoir si ces guerres sont légales ou pas… Ou s’il n’est pas illégal d’armer des groupes militants dans des pays comme la Syrie ou le Nicaragua ? Dans mon livre, je montre comment les pays membres de l’OTAN se sont engagés dans de telles guerres dites secrètes, et oui bien sûr, tout cela est souvent absent des journaux (ou complètement falsifié) mais les gens qui lisent des livres peuvent apprendre énormément de choses factuelles.

Question : Les manifestations monstres qui eurent lieu partout dans le monde pour s’opposer à l’invasion de l’Irak par les États-Unis et leurs alliés britanniques en 2003 ont, depuis, été quelque peu oubliées. Elles ont révélé à la fois l’arrogance de l’Empire US, et l’impuissance du mouvement pacifiste. Depuis, malgré le désastre total qui a suivi la destruction de l’appareil d’État irakien, le revirement des dirigeants français, (mais aussi italiens, allemands, etc.) a été aussi rapide que complet : ces pays ont mené, directement ou indirectement des guerres néocoloniales en Libye puis en Syrie, plongeant au nom des « droits de l’Homme » et de la « défense de la démocratie » deux pays stables et indépendants dans le chaos. Il est très difficile de savoir si l’opinion publique est entièrement dupe de la propagande qui a précédé et accompagné ces guerres illégales… Quelle est votre opinion ?

Daniele GANSER : La France et l’Allemagne se sont en effet opposées à l’attaque illégale de l’Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003. Et oui, effectivement, il y eut d’énormes manifestations contre la guerre à Paris, New York, Londres, Berlin, Rome et même ici en Suisse. J’ai participé à la manifestation à Berne, l’une des plus imposantes que la Suisse ait jamais connue. Cela montre que des millions de personnes sont contre les guerres illégales d’agression. Et puis, en 2011, quand la France, le Royaume-Uni et les USA ont bombardé la Libye, il n’y eut presque aucune manifestation pacifiste. Pourquoi ? C’est difficile à dire. Car là aussi les règles de l’ONU ont été violées. La France, le Royaume-Uni et les USA avaient un mandat du Conseil de Sécurité pour établir une zone de restriction de vol au-dessus de la Libye. Et ils l’ont détourné pour effectuer un changement de régime au cours duquel Kadhafi a été assassiné. Ce n’était absolument pas ce qu’autorisait le mandat onusien. Ces « jeux d’influence » (pardonnez la litote !) déstabilisent des régions entières. Beaucoup en France pensent qu’il est acceptable que Sarkozy ait fait bombarder la Libye. Mais imaginez un instant la situation inverse : que Kadhafi ait fait bombarder Paris ! La Charte de l’ONU est claire sur ce point : aucun pays n’a le droit d’en bombarder un autre sans avoir un mandat explicite en ce sens du Conseil de Sécurité. Tous les États doivent obéir à ces règles. Sinon, nous courrons le risque que plus personne ne respecte le droit international, ce qui signifierait le chaos.

Question : Vous citez des exemples concrets de mensonges de guerre, et vous vous intéressez aussi à cette propagande pluriquotidienne et multicanaux dont nous sommes bombardés. Vous commentez notamment l’usage qui est fait d’expressions orwelliennes comme « opérations », « frappes chirurgicales », « guerres humanitaires »…

Daniele GANSER : Oui, toutes ces guerres illégales sont vendues à l’opinion publique des pays qui les mènent, en l’occurrence la population des pays membres de l’OTAN, sous la forme appétissante de nobles missions humanitaires. Mais cela n’a aucun sens : il ne peut y avoir de guerres humanitaires, c’est impossible car les deux termes sont absolument contradictoires. Les guerres sont toujours brutales, horribles et meurtrières. Dans certains cas, comme en 2011 en Libye ou en 1999 en Serbie, des commandos des Forces spéciales ont même attisé les tensions en armant des groupes militants dans le pays cible. Le plus souvent, une guerre secrète précède la phase médiatisée de la guerre. Mais les gens assis devant leur téléviseur ne voient rien de cette phase préalable, la guerre secrète et se laissent duper et manipuler. J’ai écrit ce nouveau livre pour expliquer ces choses d’une manière simple mais pas simpliste, agréable, de sorte à ce que même des adolescents puissent le lire et comprendre ce que sont les guerres illégales.

Question : Vous êtes l’auteur des Armées secrètes de l’OTAN [1] un ouvrage traduit dans 10 langues, qui a établi votre réputation auprès de vos pairs, et qui a été salué par des nombreuses personnalités impliquées dans le mouvement pacifiste. Vous avez enseigné à la prestigieuse ETH de Zurich, et à l’Université de Bâle. Puis vous avez publié un article sur le 11-Septembre, critique de la version donnée par l’administration Bush, et à partir de là, les ennuis ont commencé…

Daniele GANSER : C’est vrai. Ma thèse de doctorat portait sur le Réseau Gladio et les armées secrètes de l’OTAN. Je suis donc un historien spécialisé dans les opérations secrètes, le terrorisme sous faux pavillon, et la géostratégie. Ce livre a été bien reçu, mais en 2006, j’ai publié un article dans un journal suisse, dans lequel je plaidais pour une nouvelle enquête sur les attentats du 11-Septembre car la narration de Bush n’est pas crédible. L’ambassade des États-Unis en Suisse m’a immédiatement attaqué en disant que tous ceux qui se posent des questions sur ce sujet colportent des théories complotistes. Aujourd’hui encore, le mot « complotiste » est utilisé pour stigmatiser les chercheurs et les historiens comme moi et les empêcher de poser des questions sur le 11-Septembre. Mais cette interdiction n’est pas acceptable. Les historiens et les scientifiques en général doivent toujours avoir le droit de poser des questions ! Sinon, c’est la fin de la science. Imaginez que l’on ait interdit à Descartes de penser, ou à Galilée ou Socrate de réfléchir. Poser des questions est nécessaire. Dans mon article, j’invitais chacun à s’intéresser au bâtiment 7 du World Trade Center, la 3e tour qui s’est effondrée à New York ce jour-là, bien qu’aucun avion ne l’ait percutée. Pourquoi s’est-il effondré ? Cela n’est pas clair. Il n’y a que 2 possibilités : l’incendie ou la démolition contrôlée. J’ai cité un expert suisse de la sécurité des bâtiments qui disait que cela ressemblait beaucoup à une démolition contrôlée. Deux ans plus tard, en 2008, le NIST (l’Institut national des  Normes et de la Technologie) publia un rapport niant cette possibilité et donnant l’incendie comme explication de l’effondrement. Je ne sais pas si cela est vrai ou si c’est un mensonge. A ce jour, plus de 2 000 architectes et ingénieurs regroupés dans l’association AE911Truth de Richard Gage exigent une nouvelle enquête sur les causes de cet effondrement, car selon eux, de nombreux éléments prouvent la thèse de la démolition contrôlée. Je ne sais pas ce qui s’est passé le 11-Septembre, ni les raisons de l’effondrement du WTC 7, mais je soutiens la demande d’une nouvelle enquête car nous avons vraiment besoin de connaître toute la vérité.

Question : La version allemande de Wikipedia (et dans une moindre mesure les versions anglaise et française) vous ont longtemps présenté (voire vous présentent encore) comme une « théoricien du complot ». À ce sujet, le documentaire Le côté obscur de Wikipedia démontre de manière passionnante comment fonctionne « la police de la pensée » en vigueur sur le site. On y comprend comment une poignée de personnes anonymes ont détourné les règles éthiques de l’encyclopédie en ligne pour soi-disant « protéger » les lecteurs du site d’idées qu’ils jugent inadéquates. Dans le chapitre concernant l’Afghanistan, vous revenez à la charge sur les attentats du 11-Septembre, et citez des analyses de David R. Griffin, Richard Gage… Comme l’édition française des Guerres illégales de l’OTAN est publiée aux éditions Demi-Lune, il est évident que les journalistes en France – qui tireraient pourtant grand profit à vous lire ! – vont vous ignorer consciencieusement, même si l’édition originale a été publiée chez l’un des plus anciens et des plus sérieux éditeurs suisses…

Daniele GANSER : Wikipedia attaque toute personne qui pose des questions sur le 11-Septembre. C’est assez étrange. Pendant des années, l’article qui me concerne sur Wikipedia (en allemand) était plutôt bon. Puis j’ai fait part publiquement de mes doutes sur le 11-Septembre et le WTC 7 en particulier, et ai appelé à une nouvelle enquête, et alors soudainement l’article me concernant est devenu accusatoire : j’étais devenu un « théoricien du complot » ! Bien sûr, je ne suis rien de tel : je suis simplement un historien suisse qui fait son boulot. Mais cela doit vraiment vous inciter à réfléchir, quand vous vous rendez compte qu’un tout petit groupe de personnes contrôle l’encyclopédie la plus utilisée dans le monde, et qu’il est capable d’effacer les corrections d’un public beaucoup plus grand s’il en décide ainsi. Le film que vous mentionnez l’explique très bien. Pour ce qui est des médias français, je ne sais pas s’ils parleront du nouveau livre, cela ne dépend pas de moi !

Question : Votre livre est un best-seller dans les pays de langue allemande. La presse s’en est-elle fait l’écho ? Sinon comment expliquez-vous un tel succès, vraiment remarquable pour un ouvrage traitant de géopolitique, d’Histoire militaire et de relations internationales ? J’imagine que vous ne vous attendiez pas à un tel engouement…

Daniele GANSER : Plus de 50 000 exemplaires du livre se sont vendus en moins d’un an. J’en suis évidemment très content, et profite de l’occasion pour remercier mes lecteurs de leur intérêt. Je pense que la raison pour laquelle tant de gens ont acheté et lu ce livre est d’abord qu’il est écrit dans un style simple, accessible à tous. Ensuite, il offre à chacun un regard en coulisses : beaucoup de gens savent que les politiciens leur mentent, que la télévision et les médias leur mentent, mais ils ne savent pas très bien comment sont élaborés ces mensonges ni comment est disséminée la propagande des guerres illégales. Et les gens se sont emparés du livre pour s’instruire, s’informer sur le sujet, ce qui me réjouit profondément. J’ai énormément de retours très positifs, ce qui est toujours plaisant.

Question : Vous donnez en outre des conférences devant des salles combles, et celles qui ont été filmées et mises en ligne sur le Net cartonnent (en VO) avec des centaines de milliers de vues chacune. Cela doit vous réjouir profondément de constater qu’une grande partie de vos lecteurs sont de jeunes adultes, qu’ils cherchent à comprendre le monde dans lequel ils vivent, et que le thème de la paix leur semble de la plus haute importance ? Je serais tenté d’ajouter : contrairement aux médias alignés qui ne sont plus que les porte-paroles de dirigeants bellicistes et qui battent constamment les tambours de guerre (Yougoslavie, Kosovo, Afghanistan, Libye et Syrie).

Daniele GANSER : C’est vrai, beaucoup de jeunes gens, entre 15 et 25 ans, assistent à mes conférences et regardent mes vidéos sur Internet. Ce ne sont pas les médias allemands qui ont fait le succès du livre, plutôt l’Internet et ces présentations données dans les pays de langue allemande et qui sont accessibles sur YouTube. Les compteurs des 10 conférences les plus populaires totalisent plus de 5 millions de vues, ce qui est beaucoup pour ce type de sujets. Cela a aidé fortement à faire connaître le livre. Mais la plupart sont en allemand malheureusement. Je n’ai donné qu’une présentation en français, à Paris en 2016, visible ici. Je ne me sens pas très à l’aise quand je m’exprime en français. Cela m’est plus facile en allemand ou en anglais, et je donne donc la priorité au monde germanophone.

Question : Il semble qu’il y ait également un réel intérêt du public, en Allemagne, pour une profonde remise en cause du bien-fondé de l’existence même de l’OTAN. Vous rappelez d’ailleurs qu’après la chute du mur de Berlin et au moment où l’Allemagne s’est réunifiée, puis à plus forte raison quand l’Union soviétique s’est effondrée et que le Pacte de Varsovie a disparu, de nombreuses voix ont appelé à la dissolution de l’Alliance atlantique. Non seulement cela ne s’est pas produit, mais l’OTAN est alors devenue une Alliance offensive, notamment en Serbie… Puis elle s’est rapidement agrandie (elle compte maintenant 29 États membres) et étendue à l’Est, jusqu’à la frontière avec la Russie. Cette évolution est pour le moins préoccupante…

Daniele GANSER : C’est très juste. L’OTAN s’est agrandie après la chute du mur de Berlin en 1989. À l’origine, l’Alliance Atlantique se présentant comme strictement défensive, affirma qu’elle n’attaquerait jamais un État, mais qu’elle réagirait en cas d’attaque d’un de ses membres. Mais ensuite, l’Empire US a changé de doctrine, et les pays membres lui ont emboîté le pas. La Serbie a été bombardé en 1999. En toute illégalité. En Allemagne, le parti Vert de Joschka Fischer et le Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder ont participé à l’attaque, aux côtés du Président Clinton. Cela se fit au grand désarroi de beaucoup de militants à l’intérieur du mouvement pacifiste allemand.

Question : J’ai pu lire dans certaines recensions de votre livre que l’on vous reproche de citer Kadhafi (quelques brefs extraits de son fameux discours à l’ONU)… une critique pour le moins incongrue puisqu’un chapitre des Guerres illégales de l’OTAN traite justement de la Libye. Êtes-vous aussi catalogué comme un ami de Poutine et de « Bachar » du fait que vous portez un regard critique sur l’OTAN et n’adhérez pas entièrement aux récits des médias concernant la crise en Ukraine et la guerre en Syrie ?

Daniele GANSER : Ce que j’explique dans mon livre est simple : des pays puissants comme les États-Unis et la France ne devraient pas en attaquer de plus petits comme la Libye ou la Syrie. Cela n’est ni juste ni légal et n’apporte que le chaos. Je m’exprime en tant que citoyen de la Suisse qui comme vous le savez est un tout petit pays. Nous n’aimons pas voir le droit international foulé aux pieds. Que va-t-il se passer si les grandes puissances décident de ne plus respecter la Charte de l’ONU ? Ou si les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité s’attaquaient, notamment les États-Unis et la Russie par exemple ? Il pourrait en résulter une guerre nucléaire. Personne ne veut cela n’est-ce pas ? Pourtant, en Syrie, chasseurs et bombardiers US et russes évoluent dans le même espace, menant leurs opérations séparément, et il existe des risques de confrontation directe. C’est une situation dangereuse. J’espère que tout se passera bien, mais il est fondamental d’exiger le respect par tous de la Charte onusienne : c’est l’intérêt du mouvement pacifiste partout dans le monde comme de l’humanité dans son ensemble.

Question : En tant qu’historien, comment expliquez-vous que la propagande de guerre fonctionne toujours aussi bien, à la fois avant le conflit pour le préparer, et pendant, pour que la population des États « démocratiques » soutienne des actions non seulement illégitimes mais surtout illégales ? Comment des procédés aussi grossiers (par exemple diaboliser l’ennemi du jour comme le « nouvel Hitler ») peuvent-ils ne pas être totalement éculés ? Je mets « démocratiques » entre guillemets, car vous écrivez que la population allemande n’a pas été consultée par rapport à la décision historique – qui viole la Constitution – de faire participer la Bundeswehr à la guerre en Syrie (pas plus que les populations française, britannique, canadienne, états-unienne, etc. vis-à-vis de leur propre armée).

Daniele GANSER : La base de la propagande de guerre est toujours d’utiliser l’arme de la peur. Les gens sont vulnérables à la peur. C’est pourquoi on a recours à ce sentiment. Qui va de pair avec la haine. En associant les deux, il est facile de mobiliser des populations entières en faveur de la guerre. En divulguant des histoires sur le fait que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive, vous créez de la peur chez les gens, indépendamment du fait que cela soit vrai ou pas. Quand a été pointée du doigt la responsabilité de Saddam dans les attentats du 11-Septembre – un moment de peur intense – c’est le levier de la haine qui était activé. Plus tard, avec le recul, les historiens arrivent et expliquent que M. Hussein n’avait rien à voir avec le 11-Septembre et qu’il ne disposait pas d’ADM, mais évidemment, il est déjà trop tard ! La guerre illégale a commencé et énormément de gens sont morts. Il s’agit d’une véritable politique qui allie la peur à la haine et aux mensonges ; et elle fonctionne très bien. Dans un chapitre de mon livre, je traite de la guerre du Vietnam qui a commencé (pour les USA) en 1964. L’Empire US affirma alors que les Nord-Vietnamiens avaient attaqué un bateau américain dans le Golfe du  Tonkin., ce qui contribua à créer un sentiment de peur et de haine dans le pays. Bien des années plus tard, les historiens découvrirent que l’attaque n’avait jamais eu lieu, c’était un autre mensonge. La plupart des guerres illégales commencent par des mensonges. Je consacre également un chapitre à Cuba. En 1961, les États-Unis affirmèrent devant le Conseil de Sécurité de l’ONU que des pilotes cubains avaient bombardé leur propre pays avant de se réfugier aux USA, parce qu’ils haïssaient le régime de Fidel Castro. Cette histoire aussi était fausse.

Question : J’insiste sur votre courage politique, car malheureusement, à part quelques exceptions notables (Mme Lacroix-Riz, MM. Jacques Pauwels ou Michael Parenti viennent – entre autres – immédiatement à l’esprit), les historiens ne se distinguent pas en général par leur intégrité. Le récent documentaire américain (de Burns & Novick) sur la guerre du Vietnam diffusé par Arte en est un exemple caricatural : alors qu’il dure presque 9 heures dans sa version « courte », les réalisateurs réussissent l’exploit de ne pas présenter les incidents du golfe du Tonkin comme une manipulation de l’administration Johnson, et de ne jamais simplement mentionner que la guerre au Vietnam, tout comme les bombardements au Laos et au Cambodge étaient purement et simplement illégaux au regard du droit international. Alors que ces événements datent de 50 ans et plus, ils se contentent ainsi de dire que l’implication des forces armées US au Cambodge fut « gardée secrète », ce qui est très différent. On est donc en droit de penser que ce documentaire – partout présenté comme admirable, radical et presque révolutionnaire car il donne aussi la parole aux Vietnamiens ( !) – tient plus de la propagande de guerre (John Negroponte, présenté comme un diplomate, y intervient de manière récurrente), et est coupable de dissimulations de crimes d’agression (le plus grave selon le Tribunal de Nuremberg)…

Daniele GANSER : Je n’ai pas vu cette série documentaire. Ce que je peux dire, sans risque de me tromper, c’est que si un documentaire sur la guerre du Vietnam n’explique pas à son audience que cette guerre était illégale, et qu’elle a débuté par un mensonge, alors soit le propos est manipulateur soit le travail de recherche est réellement insuffisant.

Question : Malgré tous ces mensonges, et toutes ces guerres, parvenez-vous encore malgré tout à rester optimiste ?

Daniele GANSER : Absolument. Je suis le père de deux jeunes enfants. Je garde l’espoir que la « famille humaine » sera capable de mettre un terme à la plupart des mensonges et à la brutalité qui définissent encore les relations internationales. Je suis pleinement conscient que de nombreux défis se posent à nous en ce xxie siècle. Mais aucun ne pourra être résolu par la violence. Et je réalise que de plus en plus de gens comprennent cela. Des réseaux se créent sur le Net, pour inventer des solutions alternatives, pour en finir avec les cycles et autres spirales de violence, en boycottant les chaines de télévision et les journaux qui appellent à la guerre ou la soutiennent. Donc oui, il y a de l’espoir. L’être humain peut toujours progresser, s’élever dans la voie de la conscience. La France a connu la royauté ; elle vit maintenant en démocratie : c’est un progrès historique. Il fut un temps où les femmes n’avaient pas le droit de vote (en Suisse, en France, en Angleterre, aux USA, etc.).  Elles le peuvent maintenant, ce qui est aussi un progrès historique. J’espère que dans un futur proche, nous saurons respecter la Charte onusienne et le progrès historique qu’elle constitue. Cela est possible, et cette excellente idée produirait des bénéfices mutuels pour l’intégralité de la grande famille humaine.

Question : En conclusion, j’aimerais vous poser deux questions en phase avec l’actualité. La présente situation au Venezuela n’est pas sans rappeler celle des mois qui ont précédé le renversement de Salvador Allende au Chili (pays non traité dans le livre) ou celle juste après la Révolution cubaine, avec l’opération Mangouste qui visait à miner la popularité du nouveau pouvoir, en sabotant l’économie de l’île.

Daniele GANSER : C’est certain, la situation au Venezuela aujourd’hui est extrêmement instable. Mais je ne suis pas un expert, et je me garderai donc de tout commentaire. Bien sûr, il est historiquement avéré qu’à maintes reprises, l’Empire US a renversé des gouvernements étrangers en toute illégalité, et le coup d’État de 1973 au Chili en est un exemple flagrant.

Question : Même si le contexte historique (et géopolitique) est très différent, en lisant le chapitre sur Cuba (et le long développement sur la crise des missiles) on ne peut s’empêcher de penser à la crise « actuelle » (si l’on peut dire, car elle a débuté en 1993) entre la Corée du Nord et l’Empire US… Cette crise me semble illustrer le propos même de votre livre, à savoir que la violation récurrente du droit international et de la Charte de l’ONU sur l’interdiction de la violence conduit à toujours plus de conflits. (Le régime nord-coréen – qui a déjà connu une guerre contre les USA, au cours de laquelle l’usage de l’arme atomique a été envisagé – se sentirait sans doute moins menacé dans sa survie si des pays membres de l’OTAN n’étaient pas intervenus pour procéder à des changements de régime en Irak, en Libye et en Syrie, sans compter tous les autres cas que vous décrivez dans le livre.)

Daniele GANSER : Il existe actuellement de fortes tensions entre l’Empire US et la Corée du Nord. Fort heureusement, elles n’ont pas abouti à une guerre entre ces deux pays. Quand ils voient les États-Unis bombarder des pays illégalement et en toute impunité, certains petits États peuvent être tentés de penser que l’arme atomique les protégera, que c’est le seul moyen de se défendre, la seule chose qui arrêtera l’Empire US. Mais je pense que ce n’est pas un bon calcul. Il me semble qu’il serait plus avisé de respecter la Charte des Nations Unies. Neuf pays sont des puissances nucléaires : les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité (USA, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) et l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Plus il y aura d’États nucléarisés, et plus le système sera fragile. L’ICAN dénombre actuellement plus de 16 000 têtes nucléaires dans le monde. Une telle puissance de feu est capable de détruire plusieurs fois la planète. Mais nous n’en avons qu’une seule, et je pense que nous ne devons pas la détruire.

Merci à vous, M. Ganser.


[1] On peut commander le livre Les armées secrètes de l’OTAN ici

Page Facebook de l’ouvrage Les guerres  illégales de l’OTAN.


Source: Arrêt sur info

 

http://arretsurinfo.ch/daniele-ganser-la-plupart-des-guerres-menees-par-des-membres-de-lotan-commencent-par-des-mensonges/

[Livre] Qatar, Le Livre Noir : L’intégrale, par Madaniya

Source : Madaniya, 24-11-2017

«Le journalisme est un métier qui ne consiste pas à faire plaisir, non plus de faire tort, mais de porter la plume dans la plaie (Albert Londres) en ce que le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti.». (Albert Camus)

«Qatar: Le Livre Noir», un ouvrage du Centre Euro arabe pour combattre l’extrémisme (CEACE), dont l’adaptation en version française a été confiée à www.madaniya.info

De même la Liberté d’informer s’arrête là où commence l’intoxication de l’opinion. Se pose de manière sous-jacente la question de la pertinence de confier à des propagandistes patentés, dans des journaux jadis réputés pour leur sérieux, la charge de commenter l’information sur l’un des conflits majeurs de l’époque contemporaine.

Loin de la fébrilité digitaliste du monde interlope de la djihadologie, ce dossier présente les faits dans toute leur simplicité, comme autant de camouflets à des islamophilistes qui assumèrent le rôle d’«idiots utiles» du terrorisme islamique, dans la séquence de la contre révolution arabe initiée par les pétromonarchies du Golfe en concertation avec l’Alliance atlantique.

Un groupe de démocrates de divers pays du Moyen Orient (Égypte, Iran, Liban Libye, Tunisie, Turquie, Yémen, des pays du Golfe et d’Europe) a veillé à mettre en œuvre ce principe cardinal d’une profession, par ailleurs si décriée par sa connivence avec les puissances d’argent et sa révérence envers la puissance politique.

A le mettre en œuvre par une étude exhaustive sur la séquence dite du «printemps arabe», notamment le rôle des principaux bailleurs de fonds, la contribution des pétromonarchies à dévier le cours d’un soulèvement au départ authentiquement populaire et son instrumentalisation au bénéfice d’une stratégie régionale en vue de la propulsion au pouvoir de la Confrérie des Frères Musulmans dans les pays arabes en proie à l’agitation.

«Qatar: Le Livre Noir» comporte une importante annexe documentaire destinée à conforter les affirmations avancées dans le texte, ainsi que des révélations sur la «cellule de Doha», les donneurs d’ordre, ainsi que la liste nominative des convoyeurs de fonds des groupements djihadistes avec les variations de leurs noms patronymique, parfois les numéros de téléphones dont ils faisaient usage et des précisions sur leurs documents de voyage.

Le Centre Euro arabe pour combattre l’extrémisme (CEACE)a ambitionné, via son ouvrage « Qatar: Le livre Noir », de dévoiler le rapport entre les gouvernements du Proche-Orient et l’extrémisme.

Sa première publication intervient alors qu’un conflit frontal oppose quatre pays arabes (Arabie Saoudite, Bahreïn, Égypte et Émirats Arabes Unis) au Qatar.

Mise à part la question du « blocus » qui frappe le Qatar, dont le centre récuse l’usage du terme qu’il considère comme inapproprié, le rapport se concentre sur le soutien gouvernemental du Qatar aux groupements extrémistes.

Le Centre a décidé de maintenir dans l’anonymat l’identité des chercheurs de ce groupe de travail pour d’évidentes raisons de sécurité, en raison notamment de la forte connexion existant, au niveau européen, entre les Etats parrains du terrorisme et de l’extrémisme et les services de renseignements des pays européens. Un anonymat d’autant plus nécessaire que ce groupe de chercheurs travaille sur des sujets sensibles.

Le CEACE se veut un centre d’études et de recherches contre l’extrémisme. Il est animé d’un programme vaste et ambitieux. Il n’est pas interdit de penser que son exemple soit suivi et que les recherches se poursuivront dans ce domaine notamment en ce qui concerne la présence des réseaux de soutien dans des pays comme la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite, Koweït et Israël.

LES INÉDITS DU LIVRE

Pour la première fois, le dossier contient une description détaillée du processus de mise sur pied depuis un pays arabe, allié des pays occidentaux, en l’occurrence le Qatar, d’une cellule d’Al Qaida, en charge de la coordination et des contacts pour le compte de ce groupement à l’échelon régional. La cellule est basée à Doha, donnant par extrapolation sa dénomination de « Cellule de Doha ».

Un chapitre du livre est consacré aux connexions établies depuis cette cellule entre les divers groupements (Abou Mouss’ab Zarkaoui-Irak, Al Athamena et Ayman Zawahiri (Qaida Afghanistan), de même que la division du travail entre l’axe Yémen-Arabie Saoudite, d’une part, le Koweït, le Qatar, la Somalie, l’Irak et la Syrie d’autre part. Il mentionne les rapports entre Jabhat An Nosra et Jound al Aqsa, ainsi que le rôle de Qatar dans le financement, direct ou indirect de la branche syrienne d’Al Qaida et d’autres groupements extrémistes au Liban, en Irak et en Syrie.

Dans ce cadre, le livre a volontairement mis de côté les réseaux parallèles non directement liés à Al Qaida, mais qui ont adopté, au regard de la guerre de Syrie, la même approche concernant la nécessité de «soutenir militairement un Islam sunnite opprimé contre les sectes hérétiques minoritaires qui contrôle l’armée et l’État dans le pays». Ces réseaux extrémistes sont multiples et peuvent être pistés au Qatar, en Arabie Saoudite et au Koweït.

«La grande campagne de Koweït pour préparer 12.000 djihadistes envahisseurs au nom d’Allah» en constitue une parfaite illustration. Voir à ce propos la photo y afférente contenue dans le livre). 19 personnalités y figurent sur les affiches avec des oulémas et des députés.

Il traite également de la campagne de mobilisation médiatique menée par des chaînes à caractère confessionnel telles Safa ou Wisal, en collaboration avec des Syriens (Adnan Al Ar’our et Hamed Khalifa), des Koweïtiens (Uthman al Khamis (surnommé le Lion d’Al Sunna) et le député koweïtien Walid Tabtabai, les qataris Shaqr al Shahwani et Jasem al Jaber.

Le Centre dispose des preuves irréfutables de leurs soutiens aux extrémistes et organisations inscrites par l’ONU sur la liste du terrorisme.

La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux Islamistes. Elle nous éclaire sur le rapport de parenté idéologique entre les Frères Musulmans et les mouvements djihadistes. Le Centre a tiré profit de l’étude publiée par le Scandinavian Institut for Human Rights et adapté en version française par http://www.madaniya.info sur le rapport entre les groupes djihadistes et les Frères Musulmans afin de mieux cerner leur rapport sur le terrain.

Le dossier relate enfin les conditions qui ont présidé à la décision de sceller une alliance entre les djihadistes et les Frères Musulmans pour déclarer le Djihad en Syrie. Une décision prise par 500 oulémas, réunis au Caire en présence du Président islamiste Mohamad Morsi. Un congrès qui s’est tenue avec des participants des pétromonarchies du Golfe (Qatar, Arabie Saoudite, Koweït, Bahreïn) ainsi que de l’Égypte, du Yémen et de la Tunisie.

FINANCEMENT ABUSIF

Mais le dossier pêche par certaines omissions, notamment le contrat conclu entre le Hezbollah libanais et Jabhat Tahrir al Sham (ex Al Nosra). Un accord qui a permis à Jabhat An Nosra de bénéficier d’un transfert de 100 millions de dollars, ainsi que le signale un membre de la Choura de Jabhat Tahrir al Sham: Housam Ibrahim al Atrash.
Le rapport se borne à mentionner la somme d’un milliard de dollars payée à des groupes chiites ravisseurs de qataris en Irak, dont des membres de la famille princière.

Un point faible concerne la complicité de Qatar Airways dans le transfert des djihadistes d’Asie vers la Turquie. Les preuves présentées manquent de pertinence. La question se pose de savoir s’il existe de preuves complémentaires que le Centre s’est abstenu de publier.

Au delà de ces imperfections, il n’en demeure pas moins que « Qatar: Le livre Noir » constitue une référence de premier plan sur l’implication des deux Hamad (l’Emir Hamad Ben Khalifa et son ancien premier ministre Hamad Ben Jassem, dans la montée de l’extrémisme dans le Monde arabe.

L’EXTRÉMISME: PRODUIT D’EXPORTATION!!

Tout au long de cette séquence, l’État de Qatar a bénéficié d’une couverture médiatique favorable faisant valoir les efforts de « modernisation » de la principauté, les « bonds enregistrés dans l’édification de l’État de droit et des institutions » et « l’établissement d’une constitution permanente ».
Quid de la réalité? De la relation entre le discours politique et la réalité vécue sur le terrain, notamment la place de la société et sa pleine participation à la vie politique de la principauté?

Le terme « progrès » est-il approprié au Qatar en matière de circulation des idées, de concertation et de communication entre les gouvernants et les gouvernés? La séparation des pouvoirs est-elle vraiment ancrée dans la pratique, telle qu’elle est prescrite par la constitution? La citoyenneté a-t-elle vraiment droit de cité, alors que la Constitution, votée en avril 2003, n’a jamais été mise en exécution ?

In fine, notons la poursuite la déchéance arbitraire de nationalité, au mépris du Droit International, qui proscrit les apatrides, concernant près de 5.258 membres d’un même clan familial, le Clan Al Mari, l’extension du domaine du mercenariat au domaine diplomatique international ainsi que les détentions arbitraires.

Pour la déchéance collective de nationalité

Pour l’extension du mercenariat au domaine diplomatique

A signaler que sur les 9 détenus donc les noms figurent dans les listes du groupe de travail sur la détention arbitraire du OHCDH à Genève, quatre sont membres de la cellule Doha, selon le livre noir. Mais aucun n’a été traduit devant la justice dans le cadre de la loi antiterroriste ?

  1. Salem Hassan Khalifa Rached Al Kawari
  2. Mansour Rashid al-Mansouri
  3. Abdallah Latif Ben Abdallah Al Kawari
  4. Ibrahim Issa Hajji Mohamad Al Baqer
  5. Hamad Issa al-Bakir
  6. Khalid Saeed al-Bu’nein
  7. Tariq Abdullah al-Mansouri
  8. Khalid Ali al-Hammadi
  9. Abdullah Muhammad Suwaidan

Indice complémentaire de duplicité : Les autorités qataries avaient donné à l’époque l’impression aux chancelleries occidentales l’impression de maîtriser la situation, alors qu’elles négociaient parallèlement une coopération future avec la cellule d’Al-Qaïda.

Le Livre noir est téléchargeable ici :

Source : Madaniya, 24-11-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

https://www.les-crises.fr/qatar-le-livre-noir-lintegrale-par-madaniya/

Par Fred Burton et Scott Stewart

Security Weekly
Par Fred Burton et Scott Stewart La police espagnole a effectué une série de raids sur des immeubles d’habitation, une mosquée et une salle de prière à Barcelone le 19 janvier, en saisissant des matériaux de bombes et en arrêtant 14 hommes qui auraient attaqué des cibles dans la ville.
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a déclaré que les détenus étaient des islamistes appartenant à un « groupe bien organisé qui avait fait un pas au-delà de la radicalisation ». Selon certains médias, un leader musulman de Barcelone aurait déclaré que les 14 suspects – 12 Pakistanais, un Indien et un Bangladais – étaient membres d’un « groupe pakistanais appelé Tablighi Jamaat ».
Le nom de Tablighi Jamaat (TJ) a déjà été mentionné dans le cadre de complots terroristes, notamment les affaires Portland Seven en septembre 2002 et Lackawanna Six en septembre 2002 aux États-Unis, ainsi que l’ attentat contre des avions de ligne en août 2006 à Londres. les États-Unis, les attentats à la bombe du 11 juillet 2005 à Londres et les attentats à la bombe de juillet 2007 à Londres et à Glasgow, en Écosse. Au cours des dernières années, nous avons également reçu plusieurs demandes de renseignements de la part de responsables de l’application de la loi américains qui s’inquiètent de la présence et des activités du groupe aux États-Unis.
C’est donc un bon moment pour corriger certaines des informations erronées concernant TJ – et tenter de brosser un portrait réaliste de la menace très réelle que représentent certaines des personnes affiliées à TJ.

Tablighi Jamaat

Le mouvement Tablighi Jamaat (Groupe pour la prédication) a été établi à Mewat, en Inde, en 1927 et provient de la marque Deobandi de l’école de jurisprudence Hanafi Sunni.

Le Deobandi est la forme d’Islam la plus couramment pratiquée en Asie du Sud, et TJ n’est qu’un petit sous-ensemble de la plus grande communauté Deobandi. TJ a été conçu pour être une organisation apolitique et piétiste qui envoie des missionnaires à travers le monde sur des missions de prosélytisme destinées à ramener les musulmans rebelles à des pratiques plus orthodoxes de l’Islam.
Les adeptes des TJ (Tablighis) sont pour la plupart d’origine sud-asiatique, bien qu’il y ait des Tablighis de différents horizons ethniques et nationaux. En fait, TJ opère dans 150 pays et compte entre 70 et 80 millions de partisans actifs, ce qui en fait le plus grand mouvement musulman au monde. Ses rassemblements annuels au Pakistan, en Inde et au Bangladesh rassembleraient les plus grandes congrégations de musulmans dans le monde en dehors du Hadj .
La mission déclarée du groupe est de travailler à la base, atteignant les musulmans à travers le spectre social et économique. Les tablighis ne sollicitent ni ne reçoivent de dons, mais sont en grande partie financés par des membres seniors.
À première vue, TJ est un mouvement pacifique, égalitaire et dévotionnel qui met l’accent sur la foi individuelle et le développement spirituel global. Dans un sens, TJ est un système d’entraînement très répandu qui incite les musulmans moyens à examiner leur propre vie et à s’impliquer pour rappeler leurs frères musulmans à l’islam orthodoxe.
En raison de la tactique de TJ, certains groupes islamistes appellent ses membres des «Témoins musulmans de Jéhovah» et les accusent d’abandonner la politique et le djihad.
En rejoignant le mouvement, les recrues Tablighi ont la possibilité d’assister au centre de Tablighi dans la ville pakistanaise de Raiwind, près de Lahore, au Pakistan, pour quatre mois de formation religieuse supplémentaire pour les préparer à prêcher le message Tablighi. Il est important de comprendre que TJ est un mouvement de masse contrôlé de façon lâche plutôt qu’un groupe centralisé, comme certains le maintiennent.
Bien que TJ exploite des mosquées, il n’a pas d’adhésion fixe et Tablighis sont libres de quitter le mouvement. Les mosquées sont utilisées pour soutenir les efforts des jamaats indépendants (groupes de dix prédicateurs) qui entreprennent des missions de prédication. Le type de travail effectué et la durée de ce travail sont laissés à la discrétion et à la conscience de chaque individu. Certains jamaat choisissent de servir pendant une courte période tandis que d’autres prêchent pendant des mois, voire des années.
Bien que TJ soit Deobandi, il permet à n’importe quel musulman sunnite de participer à son travail missionnaire tant que cette personne accepte le credo austère du groupe.
En raison du grand nombre de musulmans sud-asiatiques au Royaume-Uni, TJ est très forte dans ce pays. La mosquée Markazi de Deighbury, dans le West Yorkshire, est le siège européen du groupe.
La force de l’organisation en Grande-Bretagne a été démontrée en 2007 quand elle a annoncé des plans pour construire un complexe de mosquée de 18 acres à STRATFORD, East London, sur un site près du parc olympique de 2012. Selon certains rapports, le nouveau complexe pourrait accueillir jusqu’à 70 000 personnes, ce qui en ferait le plus grand édifice religieux du Royaume-Uni et la plus grande mosquée d’Europe.
La construction d’une mosquée aussi gigantesque a suscité quelques inquiétudes et plus d’un peu de controverse parmi le peuple britannique. L’organisation, cependant, est également présente dans la plupart des autres pays européens, alors que les autorités françaises affirment que 80% des islamistes radicaux qu’ils ont rencontrés ont eu une sorte de contact avec le mouvement TJ.
Aux États-Unis, le FBI estime que quelque 50 000 personnes sont associées à des missions de TJ, alors que les mosquées Tablighi sont actuellement exploitées dans plusieurs États américains, notamment en Californie, au Texas et à New York. La mosquée Al-Falah dans la région de Corona dans le Queens, NY, est apparemment le quartier général nord-américain du groupe.

Le mythe wahhabite / salafiste

En plus de l’idée fausse que TJ est un groupe hiérarchique, peut-être la deuxième idée fausse la plus répandue au sujet des Tablighis est qu’ils adhèrent à une branche wahhabite de l’Islam.

De la même manière qu’il existe différentes dénominations de chrétiens, il existe plusieurs branches et sous-branches différentes de l’ Islam . Le wahhabisme, parfois aussi appelé salafisme, est un système de croyance orthodoxe détenu par la famille régnante saoudienne et la plupart des gens en Arabie saoudite.
Le wahhabisme est aussi la forme de l’islam pratiquée par Al-Qaïda et de nombreux groupes djihadistes militants. En fait, les Deobandi Tablighis sont souvent sévèrement critiqués par les autorités religieuses orthodoxes (oulémas), tels que les oulémas sunnites wahhabites en Arabie Saoudite, qui ont émis une fatwa interdisant aux tablighis de prêcher dans le pays et interdisant l’importation de la littérature Tablighi.
Les oulémas wahhabites ont rendu des décisions déclarant que les Tablighis sont des déviants et interdisent la participation aux activités de Tablighi à moins que la raison de la participation soit de critiquer les Tablighis pour leurs croyances déviantes. Rappelez-vous que tous les musulmans wahhabites ou salafistes ne sont pas djihadistes et que tous les islamistes radicaux ne sont pas wahhabites / salafistes, ni même sunnites. Beaucoup de groupes attribuant à une théologie djihadiste, tels que les talibans, sont Deobandi. Le Hezbollah est une organisation chiite, tandis que le Jamaat al Fuqra a des tendances soufi.
Les tablighis sont également fortement critiqués par les militants islamistes Deobandi, tels que les talibans, les groupes militants cachemiris, les groupes militants sectaires anti-chiites et Jamiat Ulema-i-Islam (JUI) pour leur position apolitique concernant la guerre contre le terrorisme. une guerre contre l’Islam.
La théologie Tablighi insiste sur le fait que les musulmans doivent d’abord se consacrer à devenir de bons pratiquants musulmans dans leur vie personnelle, plutôt que de se battre pour le pouvoir politique ou même pour protester contre l’oppression des non-musulmans.
Cette focalisation sur la personne intérieure est d’abord l’approche inverse de celle adoptée par les islamistes radicaux, qui cherchent à s’emparer du pouvoir politique par la force pour ensuite former un État islamique ou califat qui peut imposer la loi de la charia à l’individu.
Pour cette raison, certains militants islamistes accusent les Tablighis d’être un outil des Juifs et des Hindous parce qu’ils nient la nécessité d’un djihad physique et se concentrent sur le «grand djihad», qui est la lutte intérieure pour la foi et la piété.

Le rôle du Tablighi dans le djihadisme mondial

Cependant, il existe effectivement des liens entre Tablighis et le monde du djihadisme.

Premièrement, il existe des preuves de liens indirects entre le groupe et l’ensemble extrémiste / extrémiste Deobandi composé de groupes sectaires anti-chiites, de militants cachemiris et de talibans. Ce lien fournit un moyen par lequel les Tablighis mécontents du programme apolitique du groupe pourraient rompre leur orbite et rejoindre des organisations militantes.
Une manifestation apparente de ce lien était une ramification militante présumée de TJ, Jihad bi al-Saif (Jihad à travers l’épée), qui a été établie à Taxila, au Pakistan.
Les membres de ce groupe ont été accusés d’avoir préparé un coup d’état contre l’ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto en 1995. Cependant, en raison du secret extrême de l’organisation, on en sait peu autre que ce que l’on croit être une réaction apolitique position pacifique. L’organisation TJ sert également de conduit de facto aux extrémistes islamistes et à des groupes comme Al-Qaïda pour recruter de nouveaux membres.
De manière significative, les recrues de Tablighi recoupent le monde de l’islamisme radical lorsqu’elles se rendent au Pakistan pour recevoir leur formation initiale. Nous avons reçu des informations selon lesquelles, une fois les recrues au Pakistan, des représentants de divers groupes islamistes radicaux, tels que Harkat-ul-Mujahideen , les Taliban et Al-Qaïda, les encourageraient activement – au point de leur offrir une formation militaire.
Et certains d’entre eux acceptent l’offre. Par exemple, John Walker Lindh – un Américain qui purge une peine d’emprisonnement pour avoir aidé les talibans en Afghanistan – a voyagé avec des prédicateurs Tablighi au Pakistan en 1998 pour poursuivre ses études islamiques avant de rejoindre les talibans.
En raison de la piété et du système de croyance strict des Tablighis et de leur focalisation sur le retour à une religion musulmane austère et orthodoxe, le mouvement a offert un endroit où les observateurs djihadistes peuvent chercher des recrues potentielles. Ces facilitateurs offrent souvent aux musulmans enthousiastes, nouveaux ou réédifiés, un moyen plus actif de vivre et de développer leur foi.
Bien que la TJ promeuve un message bénin, les mêmes valeurs islamiques conservatrices adoptées par les Tablighis font aussi partie de l’idéologie djihadiste, et ainsi certains musulmans attirés par le mouvement Tablighi sont incités à s’engager avec les djihadistes.
De plus, en raison de son système de croyance apolitique, TJ semble laisser un vide dans l’endoctrinement idéologique des tablighi parce qu’il demande essentiellement au novice d’éviter la politique et les affaires publiques.
Cependant, le problème de l’adoption de ce système de croyances de la théorie à la pratique est que certaines personnes ne peuvent pas ignorer ce qui se passe dans le monde qui les entoure, surtout lorsque ce monde comprend les guerres.
C’est alors que certains Tablighis deviennent désillusionnés par TJ et commencent à se tourner vers des groupes djihadistes qui offrent des prescriptions sanctionnées religieusement sur la façon dont les «bons musulmans» devraient faire face aux injustices de la vie. Une fois qu’un facilitateur identifie de tels candidats, il les sépare souvent de la congrégation principale de la mosquée ou du centre communautaire et les place dans de petits cercles de prière ou groupes d’étude où ils peuvent être plus facilement exposés à l’idéologie djihadiste. (Bien sûr, il a également été démontré qu’une personne ayant des amis ou des parents qui adhèrent à l’idéologie radicale peut plus facilement être radicale).
Des exemples de personnes faisant le saut de TJ à l’Islam radical sont les deux principaux membres de la cellule responsable des attentats de Londres du 7 juillet 2005 – Mohammed Siddique Khan et Shahzad Tanweer. Tous deux ont eu des expériences qui ont changé leur vie à cause de leur exposition à TJ, mais en 2001, les hommes avaient quitté la mosquée Tablighi à laquelle ils assistaient dans la ville britannique de Beeston, parce qu’ils trouvaient que c’était trop apolitique. Ils ont apparemment été frustrés par les aînés de la mosquée, qui interdisent la discussion de la politique dans la mosquée. Après que Khan et Tanweer eurent quitté la mosquée Tablighi, ils commencèrent à fréquenter la plus petite librairie du centre d’apprentissage d’Iqra à Beeston, où ils auraient été exposés à de fréquentes discussions politiques sur des endroits tels que l’Irak, le Cachemire et la Tchétchénie.
Les propriétaires du magasin auraient même produit des vidéos de djihad décrivant des crimes commis par l’Occident contre le monde musulman. Exposés à cet environnement, les deux hommes se sont finalement radicalisés au point de se rendre au Pakistan pour participer à un camp d’entraînement terroriste, puis de retourner au Royaume-Uni pour planifier et exécuter un attentat-suicide qui a entraîné leur mort.
TJ est également utilisé par les djihadistes comme couverture à la fois pour les activités de recrutement, comme discuté ci-dessus, et pour les voyages.
Comme Khan et Tanweer, de nombreux djihadistes désirent se rendre au Pakistan pour s’entraîner, tandis que d’autres veulent se rendre en Afghanistan, au Cachemire ou ailleurs pour combattre le jihad.
Cependant, l’environnement de voyage est bien différent de ce qu’il était au début des années 1980, quand 747 avions de ligne jonchés de djihadistes d’Arabie saoudite et d’autres endroits sont arrivés au Pakistan en route pour combattre les Soviétiques en Afghanistan.
Les étrangers qui se rendent au Pakistan aujourd’hui ne peuvent entrer au pays sans visa, et les autorités pakistanaises ne sont plus disposées à délivrer des visas aux djihadistes, comme Jeffrey Battle et les autres membres des Portland Seven ont dû apprendre à leurs dépens.
Peu de temps après l’invasion américaine de l’Afghanistan, les amis se sont rendus en Chine avec l’intention d’entrer en Afghanistan par le biais du Pakistan. Une fois à la frontière sino-pakistanaise, ils ont constaté qu’ils ne pouvaient pas entrer au Pakistan sans visa. Après avoir passé un mois frustrant à essayer d’obtenir des visas de l’ambassade pakistanaise à Beijing, les sept djihadistes aspirants ont décidé de se séparer.
Battle, qui aurait servi de garde du corps pour le chef des Black Panthers Quanell X, a ensuite tenté d’obtenir un visa pour le Pakistan en disant qu’il était affilié à TJ. Les Pakistanais, le reconnaissant probablement de ses tentatives de visa antérieures (et apparemment quelque peu vocales), l’ont de nouveau refusé, bien qu’il ait pu obtenir un visa pour voyager au Bangladesh en utilisant la connexion feinte à TJ. Incapable de se rendre du Bangladesh au Pakistan ou en Afghanistan, Battle retourna aux États-Unis où il fut arrêté plus tard. Il a été condamné à 18 ans de prison après avoir plaidé coupable à des accusations de conspiration séditieuse et de guerre contre les États-Unis.
De même, au printemps 2001, les membres de la cellule dite Lackawanna Six se sont rendus au Pakistan sous prétexte d’étudier la religion et la culture islamiques au centre de formation TJ. En réalité, les hommes ont voyagé à travers le Pakistan en Afghanistan, où ils ont suivi une formation au camp d’al-Farooq, un site d’entraînement géré par Al-Qaïda.
Encore une fois, les hommes ont utilisé TJ comme couverture pour le voyage, bien qu’il n’y ait aucune indication que TJ a joué un rôle réel dans leur complot présumé. Bien que l’organisation TJ serve involontairement de porte-à-porte ou d’intermédiaire à des organisations militantes telles qu’Al-Qaïda, rien n’indique que les Tablighis agissent volontiers en tant que bras unifié de recrutement djihadiste mondial.
Au contraire, de telles activités semblent se produire sans la connaissance ou le consentement des dirigeants TJ.
De plus, en raison de la taille même de l’organisation et de ses activités dans les communautés musulmanes de l’Ouest, un grand nombre de musulmans ont eu des contacts avec le groupe.
TJ elle-même, cependant, n’est pas un propagateur intentionnel du terrorisme.
Dis à Fred et Scott ce que tu penses Commencez à recevoir des rapports de renseignement gratuits maintenant!
N’hésitez pas à distribuer ce Rapport sur le Terrorisme à vos amis ou à le republier sur votre site Web en attribuant STRATFOR.
STRATFOR.
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Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

Revue de presse Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

Exit l’Etat d’urgence, voici la loi antiterroriste. L’idée n’est pas mauvaise : plutôt que de proroger continuellement les mesures d’exception découlant du contexte de terrorisme endémique dans lequel nous vivons, pourquoi ne pas lui substituer une bonne fois pour toutes une vraie loi antiterroriste ?

Lu pour vous dans Présent.

C’est le sens de cette loi prétendument « controversée » (mais pas par l’opinion publique) qui a été signée lundi à l’Elysée et est entrée en application dès le lendemain.
La loi institutionnalise donc des pratiques, précédemment qualifiées de lois d’exception, qui étaient devenues impératives pour s’opposer au terrorisme islamique. Par exemple les contrôles aux zones frontalières, aux abords des aéroports, des ports et des gares. On pense évidemment au drame de la gare Saint-Charles, à Marseille.
La loi nouvelle comporte des dispositions relatives aux assignations à résidence et aux perquisitions. Par ailleurs, des lieux de culte pourront être fermés à titre provisoire. Et une violation de ces fermetures sera punie de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.
Enfin, un nouveau crime entrera dans le code pénal : le crime commis par des parents qui inciteraient leurs enfants à commettre des actes de terrorisme. Ce crime sera passible de 15 ans de prison et de 225 000 euros d’amende.
On ne peut qu’applaudir des deux mains, d’autant que chacun pense aux attentats récents, qui auraient pu être évités ou limités dans leur ampleur avec des lois de ce type. On pense à la « charmante » famille Merah, à la mère, au frère. Bien évidemment, le pistolet-mitrailleur dans la tempe des petites filles, c’est Mohamed Merah. Mais les enquêtes de police, a posteriori, révèlent l’influence familiale, le bain de culture microbienne de l’islamisme.
Le sentiment est certes désagréable de perdre un peu de sa liberté, dans un monde de plus en plus policé, borné, contrôlé, depuis le tri sélectif jusqu’aux caméras qui nous filment en continu.
Mais sans doute est-ce le prix à payer. La vie de nos enfants passe éventuellement par une renonciation à une part de nos libertés individuelles. La loi est à l’essai, nous dit-on, et sera évaluée d’ici à deux ans.
Nous sommes en guerre. Le laxisme passé a fait des centaines de morts, sur notre territoire, nous ne pouvons l’oublier. Cette loi fait donc figure de désagréable nécessité.
Mais il existe un autre risque, qui doit appeler notre vigilance : il ne s’agirait pas que cette loi se transforme en levier pour accélérer des processus de « normalisation », par exemple à l’égard de lieux de culte catholiques, au motif, par exemple, qu’on y fustige l’avortement libre ou les « mariages » homo, alors même que la « loi républicaine » les ont légalisés. Il convient donc d’être prudent, voire circonspect, à l’égard de tout dispositif qui restreint de fait nos libertés.
Mais il est vrai que, lors des inventaires du début du siècle — qui firent d’ailleurs des morts, uniquement du côté des catholiques défenseurs de leurs églises — l’ autorité politique ne s’encombrait pas d’un arsenal législatif. Et le terrorisme était plutôt du côté de Briand et du pouvoir anticlérical.

Francis Bergeron.

Présent n°8978 du 2 novembre 2017

http://www.lectures-francaises.info/2017/11/07/loi-antiterroriste-desagreable-necessite/

Comment arrêter toutes les futures fusillades de masse

Comment arrêter toutes les futures fusillades de masse


Par Brandon Smith – Le 20 octobre 2017 – Source alt-market.com


Dans mon dernier article « Une analyse tactique de l’incident de fusillade de masse de Las Vegas », j’ai souligné la nature précaire du récit dominant et pourquoi l’événement de Vegas en particulier nécessite une enquête indépendante sérieuse sur la possibilité que Stephen Paddock n’ait pas planifié ou exécuté l’événement seul. Ou qu’il n’ait pas planifié ou exécuté l’événement du tout, et que quelqu’un d’autre avec beaucoup plus de connaissances tactiques et d’expérience de tir ait commis les meurtres à l’extérieur de l’Hôtel Mandalay Bay. Étant donné que la chronologie des shérifs du FBI et de Vegas semble changer tous les jours ou presque et que les images de surveillance du Mandalay Bay sont sous contrôle, je pense qu’il est prudent de dire que quelqu’un de plus professionnel, et de non muselé par la bureaucratie, doit être impliqué.

En mettant de côté les incohérences dans le récit officiel, remettre en question les motifs de cette attaque particulière ne nous rapproche pas vraiment d’une solution pratique. Bien sûr, si vous êtes une de ces personnes qui embrasse de manière obsessionnelle la théorie des « acteurs de crise », alors vous pensez probablement que rien n’a besoin d’être résolu car « personne n’est réellement mort ». Je ne suis pas très intéressé par cette théorie impraticable qui rappelle « The Truman Show », ni par les gens qui la promeuvent. Cela me rappelle la théorie du plan de l’hologramme du 11/9 – souvenez-vous, la théorie conçue pour discréditer le mouvement de vérité plus légitime du 11/9 qui incluait des centaines de scientifiques, d’architectes et d’ingénieurs avec de vrais arguments et preuves ? Oui, ces tactiques de désinformation de l’establishment n’ont pas disparues ; elles sont encore utilisées aujourd’hui pour saper les enquêtes honnêtes et rationnelles sur d’autres événements potentiellement faux.

Demandez aux théoriciens de ces « faux événement » TOUTES les preuves concrètes qu’une seule mort était théâtrale et que des milliers de spectateurs et leurs familles font partie de la conspiration, et ces gars-là vous demanderont de leur montrer les cadavres et de prouver que l’événement n’était pas truqué. En d’autres termes, vous devez prouver le négatif, ce qui est bien sûr impossible.

Dites-leur que vous connaissez des amis et des membres de la famille qui ont été blessés lors de l’événement et ils vous traiteront de menteur ou d’« agent » du gouvernement. Montrez-leur de nombreuses photos de cadavres et ils prétendront que les corps sont ceux d’acteurs. Montrez-leur des témoignages de première main de personnes sur le terrain – hé, toutes ces personnes doivent aussi être des acteurs. Demandez-leur de nouveau des preuves et ils essaieront de vous faire porter le fardeau de la preuve, preuve qu’ils nieront encore une fois quand elle sera présentée. C’est un cercle sans fin d’idiotie qui fait passer pour ridicule la recherche alternative.

Si l’établissement cherche à mettre en scène un faux drapeau, pourquoi se donner la peine d’une pièce de Kabuki élaborée, coûteuse et plus difficile à contenir avec de nombreux acteurs qui pourraient ne pas se taire quand ils pourraient simplement tirer sur de vraies personnes avec de vraies balles ?

Allons de l’avant…

Cet article se concentrera sur les tirs très réels (et les attaques similaires) qui ont effectivement eu lieu. Peut-être pas de la façon dont les médias traditionnels et le FBI le prétendent, mais qui se sont déroulés tout de même. Comment pouvons-nous empêcher de telles attaques à l’avenir ? Qu’en est-il des événements sous faux drapeau de type Gladio (l’événement de Vegas a de nombreux marqueurs Gladio) ? Peut-on les arrêter ou est-ce une tâche impossible ?

En ce qui concerne les attaques sous faux drapeau, la solution à long terme serait de neutraliser les personnes qui financent et planifient ces scénarios. Cependant, jusqu’au jour où cela sera accompli, nous aurons besoin de protection à court terme.

Je crois qu’il est en effet possible d’arrêter les futures fusillades de masse et, bien sûr, la solution n’implique PAS de nouvelles mesures de contrôle des armes à feu ou de confiscation. Pourquoi ? Parce que le contrôle des armes ne fait RIEN pour empêcher les fusillades de masse.

Jetez juste un coup d’œil aux attaques de Paris perpétrées par ISIS. La France a adopté des lois strictes sur les armes à feu, conformément à ce que les partisans du contrôle des armes à feu aux États-Unis souhaiteraient voir appliquer. Même les policiers en service en France n’ont pas été autorisés à porter leurs armes de poing hors service après les attentats de Paris en 2015.

Les lois françaises sur les armes à feu n’ont rien fait pour empêcher les terroristes de l’EI de tuer plus de 130 personnes en une seule nuit en utilisant des armes à la diffusion déjà très limitée dans le pays. Tout ce qu’ils ont accompli a consisté à désarmer les citoyens innocents et à en faire des cibles faciles. L’Inde a également certaines des lois les plus strictes sur les armes à feu dans le monde, mais cela n’a rien fait pour empêcher les attentats de Mumbai en 2008 dans lesquels 164 personnes ont été tuées. La Norvège avait des lois très strictes sur les armes à feu en 2011, mais celles-ci ont été facilement contournées par Anders Breivik, qui a assassiné 69 membres d’un camp de jeunes travailleurs sur l’île d’Utoya.

Comme je l’ai noté dans mon précédent article, l’attaque de Las Vegas a été lancée en utilisant des tactiques plus complexes de type tireur d’élite, comme en témoigne le choix du perchoir du tireur ainsi que les calculs de trajectoire de balles à partir d’une position élevée. Je crois que cela a été fait délibérément ; la plupart des tireurs de masse ont tendance à être mal entraînés et à attaquer une foule au hasard à bout portant afin d’obtenir un maximum de pertes dans les plus brefs délais. Cependant, à Las Vegas, et au Nevada en général, la probabilité de rencontrer une personne avec une arme dissimulée est plutôt élevée. Paddock (ou quiconque) n’aurait peut-être pas tenu plus d’une minute avant d’être confronté à plusieurs défenseurs armés de leurs propres armes.

Le tireur de Vegas a été assez intelligent pour éviter une confrontation au sol. Mais comment pouvons-nous faire réfléchir à deux fois les futurs tireurs préparant des attaques à plus longue distance lors d’événements surpeuplés ?

Le gouvernement fédéral et le ministère de la Sécurité intérieure demanderont probablement des mesures de sécurité plus strictes dans les endroits où beaucoup de gens se rassemblent. Je ne serais pas surpris de voir des demandes de sécurité de style TSA dans les rues des grandes zones touristiques et lors de concerts, d’événements sportifs, etc. Scanners corporels et scanners de bagages dans les grands hôtels ? Comptez la dessus. Des lois anti-pistolet très sévères dans les grandes villes, un peu comme les mesures sur les armes dans des endroits comme Washington D.C. ? Ne soyez pas choqué.

Comme mentionné ci-dessus, rien de tout cela n’arrêtera vraiment un tireur de masse ou un terroriste déterminé (et certainement pas un attentat sous faux drapeau), mais sans une solution alternative, les gens effrayés auront  tendance à croire que plus de gouvernement signifie plus de sécurité.

Vegas n’en est pas à ses débuts en matière de crise, mais elle semble avoir oublié comment l’empêcher. Beaucoup d’Américains ignorent qu’en 1992, lors des émeutes Rodney King, Las Vegas a dû faire face à ses propres troubles civils avec des millions de dollars de dommages et de nombreux morts. Cela a été à peine signalé à cause de l’habitude de Vegas d’enterrer les histoires qui pourraient tacher son image soignée de destination touristique. Mais, cela a eu lieu.

La partie ouest de Las Vegas est entrée en éruption à la suite du procès Rodney King, y compris avec des tireurs d’élite tirant sur les policiers et les passants, mais Vegas est restée en grande partie intacte. C’était peut-être parce que la sécurité privée des hôtels et des casinos à cette époque avait la réputation d’être plutôt bien armée et vicieuse. De nombreux hôtels avaient leurs propres tireurs sur les toit prêts et en attente. Malgré cela, Vegas a cependant été « pris dans la tourmente » dans les années 1990, mais il faut admettre que sa sécurité ne s’est pas laissé faire.

Aucune mesure fédérale majeure n’a été nécessaire et la sécurité intrusive a été minime. Ce résultat peut-il être retrouvé (sans les effets de foule) ? Oui.

Si les tireurs de masse, les terroristes et les « autres » cherchent à attaquer des événements rassemblant une forte densité de gens en utilisant des tactiques avancées, alors les organisateurs de ces événements devraient employer des groupes de sécurité privés avec une formation tactique et une expérience appropriées. Il y a des milliers d’anciens combattants et de civils bien formés avec les compétences nécessaires pour arrêter un tireur en action, et ils ne sont pas employés là où ils sont le plus capables. Une équipe de deux personnes formées en contre-tireurs positionnés près du concert autour du Mandalay Bay aurait pu abattre le tireur en quelques minutes au lieu de 10 minutes (ou plus), sauvant ainsi des dizaines de vies.

Pour être clair, je ne parle pas d’une sécurité bénévole mal organisée composée de personnes non contrôlées, dirigées par d’autres hommes d’une compétence discutable. Je ne parle pas de gars qui prétendent avoir une formation, mais qui ne sont jamais invités à le prouver avant de se présenter au « concert ». Et je ne parle pas de groupes de sécurité composés d’individus qui se connaissent à peine et n’ont jamais travaillé ensemble, comme nous l’avons vu dans des scénarios comme les émeutes de Berkeley.

Ce dont je parle, c’est l’emploi de professionnels discrets, contrôlés et testés, engagés pour des événements spécifiques dans lesquels de grandes foules seront réunies.

Les fédéraux ne sont pas nécessaires et, dans la plupart des cas, ne sont pas recherchés. Les sociétés de sécurité privées SANS les affiliations fédérales pourraient gérer la protection des sites majeurs sans violations constitutionnelles en plaçant simplement des gens autour de ces événements avec la formation appropriée. La simple présence de ces personnes pourrait même avoir un effet dissuasif sur les attaques futures.

La sécurité devrait également être organisée et gérée indépendamment des sites qu’ils sont chargés de protéger. Comme nous l’avons vu récemment avec le comportement très étrange de l’employé de sécurité du MGM, Jose Campos ; y compris sa disparition juste avant qu’il soit censé donner sa version des événements au Mandalay Bay et sa réapparition soudaine dan l’Ellen show pour donner une interview qui a tourné à la farce sans parler des faits ou confirmer le calendrier. Un garde du corps loué pour l’évènement est plus vulnérable aux manipulations et à un éventuel « coaching » après un événement de crise.

Les amateurs de sensations fortes et le grand public devraient éviter les événements qui refusent de payer pour une sécurité vraiment indépendante et tactiquement qualifiée et qui, à la place, choisissent plutôt des flics à louer, des flics à la retraite et des policiers au noir qui ont besoin d’arrondir leur fin de mois. Il est clair à la lumière de l’attaque de Vegas que ces personnes n’ont pas la capacité d’empêcher un attaquant d’utiliser des stratégies de combat plus avancées. Ils ne sont pas non plus susceptibles d’être honnêtes sur ce qui s’est réellement passé après coup.

En plus de cela, des Américains mieux formés, armés et responsables continuent d’être la meilleure méthode pour désamorcer et dissuader les tireurs actifs. Le fait est que si le public américain ne recherche pas de solutions alternatives et ne prend pas en compte les réalités tactiques, la seule autre option sera l’ingérence du gouvernement à une échelle qui favorisera le totalitarisme au nom de la sécurité. Il est temps pour les Américains de grandir, d’arrêter d’attendre que Big Brother les protège et de commencer à prendre leur sécurité en main.

Brandon Smith

 

http://lesakerfrancophone.fr/comment-arreter-toutes-les-futures-fusillades-de-masse

Passants renversés à Manhattan : le maire de New York dénonce « un acte de terrorisme »

Passants renversés à Manhattan : le maire de New York dénonce « un acte de terrorisme »

Une voiture a heurté des piétons et des coups de feu ont été tirés dans le sud de l’île de Manhattan.

De nombreux policiers quadrillent la zone où un homme au volant de son véhicule a foncé sur des cyclistes dans le sud de l\'île de Manhattan, mardi 31 octobre. 
De nombreux policiers quadrillent la zone où un homme au volant de son véhicule a foncé sur des cyclistes dans le sud de l’île de Manhattan, mardi 31 octobre.  (DON EMMERT / AFP)

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Valentine PasquesooneFrance Télévisions

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Ce qu’il faut savoirUn véhicule a renversé plusieurs cyclistes, mardi 31 octobre, dans le sud de Manhattan, faisant huit morts et une douzaine de blessés, a annoncé le maire de New York, Bill de Blasio. Il dénonce « un acte de terrorisme ». Un suspect a été arrêté.

>>>Etats-Unis : ce que l’on sait de l’attaque à la camionnette qui a fait huit morts à Manhattan

 Acte de terrorisme. « Sur la base des informations immédiatement disponibles, c’était un acte de terrorisme » a déclaré le maire démocrate, lors d’une conférence de presse sur les lieux de l’accident, au sud-ouest de Manhattan, en présence du chef de la police new-yorkaise et du gouverneur de l’Etat de New York.

 Le suspect blessé et interpellé. Un homme de 29 ans, est sorti armé du véhicule après être entré en collision avec un bus scolaire. Les policiers l’ont blessé par balle, au niveau de l’estomac, avant d’être interpellé. Selon plusieurs médias new-yorkais, l’homme aurait crié « Allah Akbar » en sortant de la camionnette.

« Une personne très malade ». Donald Trump avait dans un premier tweet qualifié l’homme de « personne très malade et déséquilibrée ». Puis, sans attendre la confirmation de la police et du FBI, le président américain Donald Trump a évoqué l’organisation Etat islamique dans un second tweet.

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #MANHATTAN

00h39 : Voici les principales informations de cette soirée marquée par l’attaque à Manhattan :

• Un homme de 29 ans, au volant d’une camionnette louée, a fauché des cyclistes dans le sud de Manhattan cet après-midi, tuant huit personnes et en blessant 11 autres, selon un dernier bilan de la police. Le maire de New York, Bill de Blasio, a dénoncé un « acte de terrorisme ». Le suspect a été interpellé. Voici ce que l’on sait de cette attaque meurtrière.

• Les Républicains ont « acté » le départ d’Edouard Philippe, et excluent quatre autres membres pro-Macron du parti, dont Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.

Le PSG se qualifie pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, après son écrasante victoire 5-0 face à Anderlecht, ce soir au Parc des Princes (Paris).

• Devant la cour d’assises de Paris, les avocats d’Abdelkader Merah ont réclamé l’acquittement du frère de Mohamed Merah. Ils pointent l’absence d’« éléments matériels tangibles ».

00h25 : incidence possible sur le marathon ?

00h25 : Je suis à Manhattan et je compte me rendre à la parade d’Halloween ce soir. Avez vous des informations sur le maintien de cet événement ?

00h19 : Voici d’autres images des lieux de l’attaque terroriste qui s’est déroulée dans le sud de Manhattan cet après-midi.

(BRENDAN MCDERMID / REUTERS)

(ANDREW KELLY / REUTERS)

(ANDREW KELLY / REUTERS)

00h11 : C’est la première fois, depuis le 11 septembre 2001, qu’un attentat fait des morts à New York. Une camionnette a fauché des cyclistes dans le sud de Manhattan cet après-midi, faisant huit morts et 11 blessés, selon un dernier bilan de la police. Voici ce que l’on sait de cette attaque meurtrière.

Les enquêteurs autour de la camionnette qui a fauché des passants dans les rues de New York (Etats-Unis), mardi 31 octobre.

(DON EMMERT / AFP)

00h00 : De New-York où je suis, solidarité avec #Manhattan. Pensées pour les victimes et leurs proches.

00h00 : J’exprime l’émotion et la solidarité de la France à New York et aux États-Unis. Notre combat pour la liberté nous unit plus que jamais.

23h59 : Les autorités françaises réagissent à leur tour à l’« acte terroriste » qui s’est déroulé cet après-midi à New York. « Notre combat pour la liberté nous unit plus que jamais » a déclaré le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, sur Twitter. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, adresse quant à lui ses « pensées » aux victimes et à leurs proches.

23h55 : Le Consulat est en contact avec les autorités new-yorkaises. Suivez les instructions @NotifyNYC et @NYPDnews. @ConsulFranceNYC

23h56 : Bonsoir @Domi, @Anonyme et @oliv57. Pour l’instant, nous ne disposons malheureusement pas d’informations sur les identités et nationalités des victimes de cet acte terroriste. Selon NBC New York (lien en anglais), au moins six des huit personnes tuées dans cette attaque sont des hommes. Anne-Claire Legendre, la Consule générale de France à New York, assure sur Twitter que le Consulat « est en contact avec les autorités new-yorkaises ».

23h53 : Y a t’il des français parmis les victimes ?

23h53 : Savez vous si il y aurait des français parmi les victimes. Existe-il déjà un numero d’appel à l’Ambassade de France de NYC ?

23h53 : Y a t il des victimes françaises ?

23h44 : We must not allow ISIS to return, or enter, our country after defeating them in the Middle East and elsewhere. Enough!

23h44 : Le président américain, Donald Trump, réagit de nouveau après l’attaque qui a eu lieu cet après-midi à New York. « Assez ! » lance-t-il sur Twitter. « Nous ne devons pas permettre au groupe Etat islamique de revenir, ou d’entrer sur notre territoire, après les avoir battu au Moyen-Orient et ailleurs. »

23h40 : Voici les principales informations concernant l’attaque à New York cet après-midi :

• Une camionnette louée a fauché plusieurs cyclistes peu après 15 heures, heure locale, dans le sud de Manhattan, faisant huit morts et 11 blessés, selon la police new-yorkaise.

• Le conducteur de la camionnette, un homme de 29 ans, est sorti armé du véhicule après être entré en collision avec un bus scolaire. La police l’a blessé par balle, au niveau de l’estomac, puis l’a interpellé. Selon plusieurs médias new-yorkais, l’homme aurait crié « Allah Akbar » en sortant de la camionnette.

• Le maire de New York, Bill de Blasio, a dénoncé lors d’un point presse un « acte de terrorisme ». Il a salué la résistance des New-Yorkais face au drame.

23h25 : Selon la police new-yorkaise, l’homme de 29 ans était à bord d’une camionnette louée auprès de Home Depot. Il a commencé à emprunter la piste cyclable et piétonne près de West Street et Houston Street, puis s’est dirigé vers le sud de Manhattan, avant d’entrer dans un bus scolaire à hauteur de West Street et Chambers Street.

23h16 : Bonsoir @Jojo et @lousticdu29. Le maire de New York a qualifié cette attaque d’« acte de terrorisme ». Le chauffeur du véhicule qui a fauché plusieurs cyclistes, faisant huit morts et au moins 11 blessés, est un homme de 29 ans. Son identité n’a pas encore été révélée. Plusieurs médias new-yorkais, dont le New York Daily News, indiquent qu’il aurait crié « Allah Akbar » en sortant de son véhicule.

23h15 : Le suspect a été identifié ?

23h15 : Où en est la situation à Manhattan ? Est-ce que la piste de l’attentat est confirmée ou privilégiées ? Quelles sont les motivations de l’auteur ?

22h45 : Vous êtes nombreux à nous demander l’indicatif à composer pour appeler New York, après l’attaque survenue cet après-midi. Pour contacter des personnes sur place, vous devez composer 001 (ou +1), puis le numéro américain que vous souhaitez joindre.

22h44 : pour joindre new york quel indicatif doit-on faire

22h44 : on doit faire quel numéro depuis la france pour new york

22h44 : on doit faire quoi comme numéro depuis la france pour new york

22h41 : In NYC, looks like another attack by a very sick and deranged person. Law enforcement is following this closely. NOT IN THE U.S.A.!

22h40 : Le président des Etats-Unis, Donald Trump, réagit à l’attaque qui a eu lieu cet après-midi à New York. Il évoque une personne « très malade » sur Twitter.

22h37 : At this time, 8 innocent people are dead and 12 more are injured. Please keep their families and loved ones in your prayers.

22h36 : This was a cowardly act of terror. It was intended to break our spirit. But New Yorkers are resilient. We will be undeterred.

22h36 : « C’était un acte lâche de terrorisme » réagit le maire de New York, Bill de Blasio, « mais les New-Yorkais sont résistants. »

22h33 : Après avoir percuté plusieurs personnes, « le conducteur est sorti (du véhicule, ndlr) avec deux armes à feu. Un policier a tiré sur lui, l’atteignant à l’abdomen », annonce la police new-yorkaise lors d’un point presse. « La personne est détenue actuellement », poursuit la police municipale.

22h28 : « Il s’agit très vraisemblablement d’un acte terroriste isolé », précise le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, au cours de ce point presse. « C’est l’acte d’une personne isolée », martèle-t-il.

22h24 : « Il s’agit d’un acte de terrorisme », « visant des civils innocents », annonce le maire de New York, Bill de Blasio, lors d’une conférence de presse. « Huit personnes innocentes ont perdu leur vie, et près d’une douzaine ont été blessées », ajoute-t-il.

22h02 : NYC Mayor Bill de Blasio and NY Governor Andrew Cuomo have arrived at the scene of the incident in lower Manhattan (via @ericfphillips)

22h01 : Le maire de New York, Bill de Blasio, accompagné du gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo, viennent d’arriver sur les lieux du drame dans le sud de l’île de Manhattan.

21h56 : Je ne comprends pas vous mettez à la fois fusillade et camion… y a eut les deux?

21h56 : Je ne comprends pas bien la situation à New-York : il y a eu une fusillade et une voiture qui aurait foncé dans la foule ?

21h41 : Voici quelques images qui nous parviennent du sud de Manhattan, où un véhicule a percuté des riverains, faisant « plusieurs morts et de nombreux blessés », selon la police de New York.

(KENA BETANCUR / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

21h34 : The suspect is in custody. This is preliminary, more information to follow.

21h34 : The vehicle continued south striking another vehicle. The suspect exited the vehicle displaying imitation firearms & was shot by NYPD

21h34 : The vehicle struck multiple people on the path. There are several fatalities and numerous people injured.

21h34 : Earlier a vehicle entered the West St. pedestrian/bike path a few blocks north of Chambers St.

21h33 : Selon la police de New York, une personne est ensuite sortie du véhicule et des coups de feux ont été tirés. La police rappelle sur Twitter que cette personne a été arrêtée. Suivez la situation dans notre direct.

21h31 : La police new-yorkaise annonce sur Twitter qu’un véhicule a percuté plusieurs personnes dans le sud de Manhattan, faisant « plusieurs morts et de nombreux blessés ».

21h19 : Avoid the area of West St. (Barclay St. to a Christopher St.) #Manhattan due to ongoing investigation.

21h19 : La police de New York appelle les riverains à éviter le secteur de West Street, entre Barclay Street et Christopher Street dans le sud de Manhattan, en raison de l’enquête en cours sur la fusillade qui a eu lieu cet après-midi.

21h14 : Selon plusieurs médias new-yorkais, cités par l’AFP, il y aurait eu un accident vers 15 heures, heure locale, impliquant un camion et d’autres véhicules. L’un des conducteurs serait sorti d’un véhicule, armé, et aurait commencé à tirer autour de lui.

21h06 : PHOTO: Scene of incident in lower Manhattan, where multiple people are injured

21h06 : La chaîne d’information américaine NBC News publie sur Twitter une image du dispositif policier sur les lieux du drame, et évoque « plusieurs personnes blessées ».

20h59 : The Mayor is en route to the scene of the incident in Lower Manhattan.

20h59 : The Mayor has been briefed on the incident in downtown Manhattan. NYPD and first responders are on the scene

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/etats-unis-une-fusillade-a-manhattan-fait-plusieurs-morts-et-blesses-selon-la-police-de-new-york-suivez-notre-direct_2446198.html#xtor=EPR-51-%5Betats-unis-une-fusillade-a-manhattan-fait-plusieurs-morts-et-blesses-selon-la-police-de-new-york-suivez-notre-direct_2446198%5D-20171031-%5Btitre%5D

Ce que l’on sait de l’attentat de Mogadiscio, le plus meurtrier de l’histoire de la Somalie

Ce que l’on sait de l’attentat de Mogadiscio, le plus meurtrier de l’histoire de la Somalie

Par Jeune Afrique avec AFP

Au moins 276 personnes ont été tuées et 300 blessées dans l’attentat au camion piégé mené le 14 octobre dans le centre de la capitale Mogadiscio, soit le plus meurtrier de l’histoire de la Somalie.

  • Quel bilan ?

« Le gouvernement fédéral somalien a confirmé que 276 personnes ont été tuées dans l’explosion et 300 autres personnes blessées ont été admises dans les différents hôpitaux de Mogadiscio. Il y a encore une opération nationale de secours en cours et nous partagerons toute nouvelle information », indique un communiqué du ministère somalien de l’Information qui laisse entendre que le bilan pourrait encore augmenter. Un précédent bilan faisait état de 137 morts.

  • Quel mode opératoire ?

Cet attentat au camion piégé est survenu en milieu d’après-midi le 15 octobre au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels. Les bâtiments et véhicules situés à proximité ont été fortement endommagés par la très forte explosion, qui a laissé de nombreux corps brûlés ou déchiquetés.

  • Quelles revendications ?

Cet attentat n’a pas été revendiqué. Mais les islamistes somaliens Shebab, liés à Al-Qaïda, qui lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs, ont été pointés du doigt par les autorités.

Les Shebab ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de la force de l’Union africaine (Amisom).

Ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères.

  • Quelle suite ?

Cent onze victimes de l’attentat ont été enterrées par leurs proches, alors que le gouvernement local à Mogadiscio a enterré les autres. Un deuil national et des prières pour les victimes sont prévus dans les jours à venir.

  • Quels précédents ?

Le précédent attentat le plus meurtrier en Somalie avait fait au moins 82 morts et 120 blessés en octobre 2011. Il avait déjà été mené par un camion piégé qui avait visé un complexe ministériel à Mogadiscio. Le 19 février dernier, 39 personnes avaient été tuées par un kamikaze qui avait fait exploser une voiture piégée à un carrefour fréquenté de Mogadiscio. L’attaque, qui n’était pas revendiquée, intervenait le jour même où les Shebab menaçaient de lancer une « guerre sans merci » contre le nouveau président. Le 29 février 2016, au moins 30 personnes avaient été tuées et une soixantaine blessées dans un double attentat à la bombe à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie, revendiqué par les militants islamistes.

 

http://www.jeuneafrique.com/483428/politique/ce-que-lon-sait-de-lattentat-de-mogadiscio-le-plus-meurtrier-de-lhistoire-de-la-somalie/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_16_10_17

Nouvelles preuves: le MH17 abattu par un missile «lancé d’un territoire contrôlé par Kiev»

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Le parquet général de la République populaire autoproclamée de Donetsk a déclaré disposer de nouvelles preuves témoignant que le Boeing 777 de la Malaysia Airlines a été abattu par un missile Bouk lancé depuis le territoire se trouvant à l’époque sous contrôle de Kiev.

Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines, qui s’est écrasé dans le Donbass en 2014, a été détruit par un missile Bouk lancé depuis le territoire contrôlé à l’époque par les autorités ukrainiennes, a annoncé le parquet général de la République populaire autoproclamée de Donetsk qui a pris connaissance de nouvelles données.

«L’enquête dispose de nouvelles preuves qui confirment la lancée du missile Buk depuis les alentours de la localité de Zarochinskoye, dans la région de Shakhtersk, qui se trouvait sous contrôle de l’armée ukrainienne au moment du crash.»

Selon le chef du Département des enquêtes, Roman Beloous, les militaires du régiment ukrainien d’engins sol-air 156 pourraient être impliqués dans cette affaire.Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur s’était écrasé dans le Donbass (est de l’Ukraine) le 17 juillet 2014, faisant 298 morts, en majorité des Néerlandais.

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Les réponses du Pouvoir au terrorisme islamiste : spectacle, commémoration et déni !

Felicitations De Collomb A Marseille

Les réponses du Pouvoir au terrorisme islamiste : spectacle, commémoration et déni !

Michel Geoffroy, essayiste, contributeur régulier de Polemia.com

♦ En France « on n’a pas de pétrole mais on a des idées ». Voyez l’exemple du terrorisme islamiste.

Car en France on a réussi à faire disparaître les terroristes : on a seulement affaire à des « attaquants », des « hommes menaçants » (1) et surtout à des « déséquilibrés » ayant tous des « antécédents psychiatriques ». Ce qui permet, les pauvres, de les hospitaliser d’office sans enquête policière. Et hop, plus de terroristes !

De même on n’a pas de terroristes qui écrasent les gens avec leurs véhicules comme l’a recommandé Daesh : on a seulement des « camions-fous » ou des « véhicules » qui percutent des abribus ou foncent sur des policiers et des militaires. Des sortes d’accidents de la route, en quelque sorte.
On est vraiment très forts en France !


En France il n’y a pas de djihadistes

On n’a pas de djihadistes non plus en France, même quand les terroristes crient Allah est grand en arabe, conchient les « mécréants » ou se promènent avec « un ouvrage de vulgarisation religieuse » (2). Ni même lorsque Daesh revendique l’attentat, comme à Marseille la semaine dernière.

Car on ne nous la fait pas, à nous autres Français : on ne se laisse pas prendre au piège des apparences ni à la propagande de Daesh !

Ainsi que le déclare si bien le président (3) du Conseil français du culte musulman, ces individus « n’ont aucune once de proximité avec les valeurs que prône l’islam, religion de paix universelle ».

D’ailleurs tous les médias et les ministres sont unanimes : il ne faut pas faire d’amalgame entre islam, islamisme, islamisme radical et terrorisme. Ni tomber bien sûr dans « l’islamophobie » maladive. Car les « attaquants » se sont radicalisés tout seuls, en allant sur Internet.

Internet : voilà la source du terrorisme !

L’islam salafiste et l’environnement familial n’ont aucune responsabilité dans leur passage à l’acte violent. Ce sont des loups solitaires, même lorsqu’ils ont des complices. Et puisque l’islam n’a aucun rapport avec ces « attaques », la police et les juges s’interrogent gravement sur les « motivations » forcément « floues » de ces individus : elles ne peuvent être que psychiatriques, finalement. CQFD !

En France on a une excellente police

Il faut dire que la France a une excellente police. La preuve : après chaque attentat le gouvernement tient toujours à féliciter les forces de l’ordre ! (*)

Ainsi on ne dit pas que la police et les services de renseignement n’arrivent pas à identifier les terroristes pour les empêcher de passer à l’acte. Non : cela ne serait pas du tout correct.

On nous explique au contraire que les auteurs d’attentat étaient « inconnus des services de renseignement » (4) ou « non fichés S », ce qui est nettement plus valorisant, n’est-ce pas ?

La faute aux médias

Les médias sont aussi la cause de ces attaques : les pauvres « attaquants », sans doute frustrés, veulent certainement que l’on parle d’eux au Journal de 20 heures.

C’est d’ailleurs pourquoi la députée (5) Brigitte Kuster a déposé une proposition de loi visant à interdire de « diffuser, de quelque manière que ce soit, le nom de famille et l’image des personnes physiques poursuivies pour un acte de terrorisme ou ayant été jugées coupables d’un acte de terrorisme ».

Encore une preuve du génie français : il suffit de censurer l’information pour faire disparaître les terroristes !

Redevenons sérieux, hélas

Face au terrorisme islamiste, le Pouvoir se réfugie dans le spectacle, la commémoration et le déni, pour tenter de masquer son impuissance.

Car, en Europe de l’Ouest, il est désormais impuissant à surveiller les frontières, à empêcher l’immigration clandestine, à censurer la propagande islamiste, à lutter contre la délinquance comme de mettre hors d’état de nuire préventivement les terroristes potentiels, même lorsqu’ils sont « connus des services de police »… puisque la plupart d’entre eux ont commencé dans le grand banditisme et la délinquance.

D’abord le spectacle rituel

Après chaque « attaque meurtrière » (6), voilà donc que défilent sur place ministres et élus, flanqués d’un essaim de conseillers, sous l’œil des caméras. Sans parler des cohortes de policiers, préfets et militaires. C’est devenu un rituel : après chaque attentat, la débauche d’officiels et de moyens policiers.

On serait aux Etats-Unis, on aurait en plus le carrousel des hélicoptères, sur fond de sirènes hurlantes, comme dans les séries télévisées. En France on a les girophares et les policiers en cagoule et gilet pare-balles : du plus bel effet devant les caméras, surtout la nuit !

Mais quel dommage que toutes ces belles forces n’apparaissent qu’après

Ce spectacle du pouvoir et de la sécurité ne trompe que les gogos et certainement pas les islamistes ni leurs complices. Car ce spectacle remplit la même fonction que le traditionnel défilé militaire du 14 juillet : persuader le bon peuple qu’il est bien défendu et le rassurer sur la « détermination » du gouvernement à éviter le renouvellement de ces « drames ».

Le 14 juillet 1939 fut ainsi un très beau défilé militaire…

Ensuite la commémoration

La commémoration des victimes des attentats a beaucoup été utilisée en 2015 : pleurons tous ensemble les morts que nous n’avons pas su empêcher ! Badges « Je suis quelque chose », minutes de silence, drapeaux en berne et bougies de rigueur.

Mais la manipulation a fait long feu depuis qu’à Nice la foule s’est mise à siffler les officiels.

Aujourd’hui les commémorations se font donc plus discrètes et si possible hors de la portée des Français.

Et surtout le déni

Reste le déni. Il fonctionne à plein, en particulier en France.

On tronçonne la réalité comme on coupe des comprimés pour les avaler plus facilement.

On nous explique même désormais qu’on pourrait être un islamiste radical sans être forcément un terroriste en puissance et, par conséquent, qu’un islamiste serait quelqu’un de tout à fait fréquentable finalement. La sodomisation des coléoptères va donc bon train, à grands renforts d’experts médiatiques et autres chercheurs au CNRS. Les prédicateurs salafistes et leurs adeptes peuvent donc dormir tranquilles.

Le Pouvoir, à défaut de mettre hors d’état de nuire les terroristes, déploie ainsi des trésors d’inventivité pour essayer de cacher la dure réalité de la guerre de civilisation qui frappe l’Europe.

Un attentat dans le métro de Londres devient ainsi un « incident terroriste » (7) pour le journal Libération et la tentative de tuer à coups de couteau un agriculteur de Lot-et-Garonne au cri de « Allah est grand » devient un simple « fait divers ». Et malheur à celui qui montrerait des photos des crimes des terroristes de l’Etat Islamique : il se rendrait coupable de « diffusion d’images violentes » ! On ne sait pas censurer les prêches haineux des islamistes mais au moins on sait censurer la représentation de la vérité.

« Cachez ce djihad que je ne saurais voir » nous disent les Tartuffe du Pouvoir, relayés aimablement par tous les médias de propagande et les officines immigrationnistes.

Empêcher de poser les questions qui fâchent

Le déni n’empêche évidemment pas les terroristes de terroriser.

Mais il permet d’éviter les questions qui fâchent. Et au premier chef celle de la responsabilité des politiciens qui ont semé le chaos en Libye ou en Syrie, qui ont ouvert toutes grandes les portes de l’Europe aux djihadistes mélangés aux immigrants clandestins, qui ont encouragé le communautarisme et qui font en permanence des risettes électoralistes à l’islamisme.

Le déni cache non pas tant le terrorisme islamiste que la complicité des oligarchies occidentales dans la catastrophe qui s’abat sur l’Europe.

Mais le déni, comme la novlangue, trompe de moins en moins les victimes : les Européens.

Michel Geoffroy
6/10/2017

Notes :

  1. Le Parisien du 17 septembre 2017.
  2. Le Télégramme de Brest du 24 août 2017.
  3. Ahmet Ogras est un… Turc.
  4. FR3 après l’attaque contre des piétons à Marseille.
  5. Les Républicains.
  6. Comme l’écrit en novlangue le journal Le Monde pour évoquer l’attentat de Marseille.
  7. Le 15 septembre 2017.

(*) Voir image : la compassion et les félicitations du ministre !!!! (ndlr)

Correspondance Polémia – 7/10/2017

Image : Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb saluant les pompiers après l’attentat à la gare Saint-Charles de Marseille, le 1er octobre 2017.

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.
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