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Un radicalisé surveillait les geôles du TGI de Paris

Un radicalisé surveillait les geôles du TGI de Paris:

INFO LE FIGARO – C’est le procureur de Paris, Rémy Heitz, qui a demandé son exfiltration immédiate.

Panique au Tribunal de Grande instance de Paris. En urgence, le parquet a demandé l’exfiltration immédiate d’un premier surveillant de prison, connu pour sa radicalisation, qui officiait depuis quelques mois au dépôt du Palais de Justice de Paris.
Les sous-sols de ce dernier abritent 250 geôles dont une centaine au sein de la «Souricière». Cette partie de la détention reçoit tous les jours les détenus extraits de leur prison et sur le point d’être jugés. C’est là que ce personnel de
la pénitentiaire avait été affecté. De quoi faire froid dans le dos.

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Terrorisme: le TGI de Paris se spécialise

La direction interrégionale de l’administration pénitentiaire a confirmé le signalement et discrètement muté l’agent dans des services administratifs «sans lien direct et habituel avec des personnes détenues». Il aurait fait l’objet d’une surveillance
du renseignement pénitentiaire bien avant sa nomination au TGI de Paris.

De son côté, le procureur de Paris, Rémy Heitz, aurait demandé aux différents
services du tribunal une attention accrue sur ces dérives et exigé un criblage plus serré sur le recrutement et les profils des agents amenés à travailler au tribunal. Aujourd’hui, entre magistrats, fonctionnaires et agents affectés à différentes
tâches, 2 000 personnes travaillent dans cet immeuble de grande hauteur pour lequel la sécurité est un enjeu majeur.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/33rfra6

https://eldorhaan.wordpress.com/2019/11/07/un-radicalise-surveillait-les-geoles-du-tgi-de-paris/https://eldorhaan.wordpress.com/2019/11/07/un-radicalise-surveillait-les-geoles-du-tgi-de-paris/

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La France tente de remobiliser face à la menace djihadiste au Sahel

5 NOVEMBRE 2019 / 14:31 / IL Y A 2 HEURES

La France tente de remobiliser face à la menace djihadiste au Sahel

par Paul Lorgerie et Tangi Salaün

4 MINUTES DE LECTURE

BAMAKO/PARIS (Reuters) – La ministre des Armées, Florence Parly, a réaffirmé l’engagement de la France à aider ses partenaires africains à lutter contre la recrudescence des attaques djihadistes dans la zone sahélienne, mardi à Bamako, troisième étape d’une tournée qui l’a conduite au Tchad, au Burkina Faso et au Mali.La ministre des Armées, Florence Parly (photo), a réaffirmé l’engagement de la France à aider ses partenaires africains à lutter contre la recrudescence des attaques djihadistes dans la zone sahélienne, mardi à Bamako, troisième étape d’une tournée qui l’a conduite au Tchad, au Burkina Faso et au Mali. /Photo prise le 21 octobre 2019/REUTERS/Benoit Tessier

Avant de regagner Paris, Florence Parly devait prendre la parole devant des soldats de la force Barkhane et rendre hommage au brigadier-chef Ronan Pointeau, tué samedi dernier dans un attentat à l’engin explosif contre son blindé dans le nord-est du Mali, revendiqué par la branche locale du groupe Etat islamique (EI).

La défaite territoriale du groupe djihadiste en Syrie et en Irak et la mort de son chef, Abou Bakr al Baghdadi, tué par les forces spéciales américaines le mois dernier, fait craindre une flambée de violences dans d’autres régions et en particulier au Sahel, où les 4.500 soldats français déployés dans le cadre de Barkhane peinent déjà à sécuriser un territoire grand comme l’Europe.

“J’ai renouvelé la détermination de la France à poursuivre ce combat mené courageusement par l’armée malienne contre le terrorisme et (…) notre souhait de pouvoir renforcer notre appui si cela est possible”, a déclaré Florence Parly à l’issue d’un entretien avec le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) à Bamako.

“La situation sécuritaire est difficile, les récentes attaques en attestent, (mais) on ne doit pas baisser la garde à un moment aussi dramatique”, a-t-elle ajouté.

Ce week-end, au moins 53 soldats maliens ont été tués dans des attaques revendiquées par l’EI au Mali, et les opérations des groupes djihadistes se multiplient au Burkina Faso voisin, sur fond de conflits communautaires.

“ACCOMPAGNEMENT” ET “PATIENCE”

Dans ce contexte, “il était important de faire le point sur les besoins de nos partenaires en matière de sécurité, notamment le Burkina Faso” où l’armée française intervient à partir de ses bases au Mali et au Niger, et qui héberge le quartier général des forces spéciales françaises Sabre, dit-on au ministère des Armées à Paris.

Florence Parly a martelé à chacune des étapes de sa tournée sahélienne l’importance de “l’accompagnement” par la France des armées africaines, notamment celles du G5 Sahel (regroupant outre les trois pays visités, le Niger et la Mauritanie) que Paris s’efforce tant bien que mal de rendre plus opérationnel.

“Barkhane ne s’enlise pas. Barkhane s’adapte en permanence. Barkhane se transforme pour (…) mieux accompagner les forces africaines dans leurs opérations”, a assuré la ministre dimanche à N’Djamena, centre opérationnel de l’opération française, en vantant la “montée en puissance” du G5 Sahel illustrée selon elle par une récente opération au Niger.

“C’est un combat dans lequel il faut faire preuve de patience. Il faudra du temps pour construire la résilience des forces locales”, a-t-elle toutefois concédé.

Pour améliorer l’efficacité de son dispositif et du soutien aux armées locales, la France espère convaincre davantage de ses partenaires de l’Union européenne de participer à la “task force” de forces spéciales qu’elle s’emploie à mettre en place en zone sahélienne, souligne-t-on au ministère des Armées.

La force Barkhane doit parallèlement recevoir d’ici la fin de l’année du matériel modernisé, dont, pour la première fois, des drones Reaper armés de missiles.

Paul Lorgerie à BAMAKO et Tangi Salaün à PARIS

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1XF1OZ

Baghdadi m’a dit…

Baghdadi m’a dit…

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 28 octobre 2019

   Forum

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Baghdadi m’a dit…

28 octobre 2019 – Cela fait un certain temps, – je parle en termes d’années, voire de décennies, – que je ne suis pas du tout sinon n’ai jamais été impressionné, ni même seulement intéressé par le caractère “moral” et “civilisateur” des exploits anti-terroristes et en général anti-méchants de notre contre-civilisation. Le “Mission Accomplished” de Bush, en avril 2001 après la désintégration barbare de l’Irak par les hordes civilisées de la Grande République, à bord du USS Abraham Lincoln ( ou bien était-ce le USS Ronald Reagan ? C’est du même tonneau), a été un moment tragique-bouffe et symbolique à cet égard ; de la sorte où l’on se dit, “C’est donc qu’Audiard avait tout compris, ‘Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’”.

Alors, la mort de Baghdadi (“la nième mort”, disent les Russes, méchants garçons qui ne veulent pas jouer le jeu), – vous comprenez, moi… Mais bon, on va en parler tout de même, car cela “fait sens” comme on dit dans les talk-shows, et dans plusieurs domaines du simulacre. (Nous avons réussi à créer une catégorie spéciale du simulacre : le simulacre-labyrinthe, ou simulacre-Kafka, où se perdent les personnages d’Audiard “qui osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît”.)

Le premier mot, ou les trois premiers si vous voulez, qui viennent à ma plume pour qualifier cette affaire, c’est dans l’ordre-désordre selon l’air du temps et le sens du vent : confusion, désordre, chaos. On avait déjà eu le cas avec la “mort” (?) de ben Laden, cette fois c’est un remake multiplié par dix. Pour caractériser cette situation, il y cette étrange contradiction : au milieu de la foule de précisions, de révélations, de détails d’ailleurs souvent divergents et venus de tous les côtés, tout cela dominé par les déclarations sonores de Trump remerciant un certain nombre de pays de leur aide pour la réussite de cette attaque, et notamment ô combien la Russie (“TTG”, du site STT du colonel Lang : « Je pense que la Russie a fourni des informations cruciales à l’USI[renseignement US] dans la préparation de ce raid. La coordination entre les États-Unis et la Russie ne se limitait probablement pas à “informer[les Russes] de notre action”, comme l’a dit Trump dans son discours de ce matin. »)

… Bien, je reprends en reprenant mon souffle, et pour mettre en évidence la singularité de la chose : “au milieu de la foule de précisions, de révélations, de détails d’ailleurs souvent divergents et venus de tous les côtés… et notamment ô combien la Russie”, il y a le scepticisme complet, affiché officiellement par les Russes dans tous les cas jusqu’à maintenant, et scepticisme détaillé venu du ministère de la défense. La chose a été largement diffusée et répercutée sur les réseaux officiels et autres, sous la forme d’un communiqué très circonstancié du porte-parole officiel de la défense, le général Igor Konachenkov, de cette façon sur RT-France : 

« “Le ministère russe de la Défense n’a pas d’informations fiables sur la conduite par les militaires américains d’une opération, dans la partie sous contrôle turc de la zone de désescalade d’Idleb, visant à une nouvelle[nième] ‘élimination’ de l’ancien chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi”, a commenté le porte-parole
» Estimant que les détails donnés par les différents participants à l’opération étaient “contradictoires” et soulevaient “des doutes raisonnables quant à la réalité de cette mission et, surtout, quant à son succès”, le porte-parole a estimé que la simple affirmation de la présence du chef de Daesh dans une zone contrôlée par “le groupe al-Qaïda syrien” méritait des “preuves directes et précises” de la part de Washington.
» La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi avait, par le passé, déjà été annoncée à plusieurs reprises puis démentiepar des messages audio ou vidéo attribués à l’intéressé. Elle n’avait jamais été confirmée jusque-là. »

Voilà pour illustrer “confusion, désordre, chaos”, car pour que les Russes démentent aussi clairement dans une première réaction une occurrence où Trump applaudit l’aide de la Russie apportée aux USA en Syrie, il faut vraiment que la situation de la communication soit fort compliquée ; encore plus, bien plus que sur le terrain… (Pour la suite de cette affaire Russie-USA à ce propos, on verra ce qu’il en résultera de la vérité-de-situation, si jamais nous arrivons à la saisir. Pour l’instant, seule nous intéresse la formule “confusion-désordre-chaos”.) 

Il y eut tout de même parmi les commentateurs-Système des gens suffisamment zélés et alignés (à peu près 99,97% dans cette catégorie) pour prendre l’affaire au sérieux comme on nous la décrivait chaotiquement, et nous la commenter “sérieusement”, – c’est-à-dire avec raison, professionnalisme et, surtout-surtout, sens moral… Je vous donne un exemple, – un exemple parmi d’autres, et je ne m’y attarderai pas, c’est promis, – sorti aussi bien de mes tiroirs qu’entré dans les oreille hier après-midi

… Il y eut donc une parole immortelle d’un des commentateurs français, de Claude Weill, un des multiples consultants de LCI. Voici ce que je disais de lui le 25 novembre 2018, dans une chronique que je préparai pour ce Journalet que je n’ai finalement pas publiée : « D’abord, il y a Claude Weill, ancien de ‘L’Obs’, chroniqueur de ‘Nice-Matin’ ; l’air distant, un peu hautain, la voix grave et posée, homme de raison assurée (Gilbert Collard parlera une demi-heure plus tard, indirectement à son propos sans que l’autre ne s’en émeuve, de “fatuité”)… ». Eh bien, Weill, hier, lors d’une de ces innombrables table ronde, posa fermement que la mort de Baghdadi “ne changeait pas grand’chose” car “le terrorisme est une idéologie” et qu’une idéologie ne dépend pas d’un homme… Prendre le terrorisme pour une “idéologie”, voilà où ils en sont, à force de se noyer dans les méandres-simulacres de leurs commentaires éclairés sur une situation qu’ils ne comprennent en rien sinon pour les déformer.

(Il y avait eu un débat après 9/11 aux USA, pour “partir en guerre contre le terrorisme”. Certains observèrent alors : “Mais le terrorisme n’est pas ‘un ennemi’, c’est une tactique de guerre, et on ne fait pas opérationnellement la guerre à une tactique de guerre dont tout le monde peut ou non user ; dire cela, c’est comme si vous disiez que vous partez opérationnellement en guerre contre la guerre”. Rien n’y fait, on continue à discourir dans ce sens, où les mots sont constamment détournés de leurs sens.) 

Enfin, laissons là Baghdadi, Daesh et le terrorisme… Car l’essentiel de cette affaire, c’est ce qu’elle nous a montré, – surprise, surprise, – de la situation à “D.C.-la-folle”.

.. Bien entendu, il y a Trump, qui a utilisé l’affaire comme on tape sur une grosse caisse, avec l’ampli à fond, comme si la civilisation venait d’être sauvée par ces exceptionnels soldats du système de l’américanisme, aidés par tant de copains-pays-alliés, dont la Russie, oui la Russie ! Tout le monde est superbe et au-dessus de tout soupçon dans cette affaire, surtout lui-le-POTUS, votez pour Trump… Bien, fermez le ban, tout cela est du classique et du cousu-main. Obama avait fait la même chose avec la “mort” de ben Laden en 2011, avec un peu plus d’élégance, c’est-à-dire selon la tactique différente de ne pas se mouiller dans le bombastique grossièrement personnalisé de la dialectique à-la-Trump, plutôt d’envoyer tous ses fidèles-adorateurs taper sur les grosses caisses en faveur de la réélection du Prophète en 2012 ; c’est cela qu’on nomme “élégance”, aujourd’hui, jours tristes et sombres…

Mais le plus beau du spectacle vint de l’opposition à Trump : comment faire pour réduire l’effet d’annonce, dénier que Trump ait remporté une “victoire” “contre le terrorisme” au profit de la sécurité des USA, dénier qu’il y ait une “victoire”, dénier que Trump put faire quoi que ce soit “au profit de la sécurité des USA”, dénier enfin qu’il y ait quelque intérêt pour les USA que le POTUS restât POTUS quatre ans de plus. Le vacarme fut considérable. Dame Pelosi se plaignit amèrement qu’on ne l’ait pas avertie de l’opération, elle la Speaker de la Chambre, que cet oubli évidemment voulu aggravait encore l’acte de mise en accusation pour la destitution de l’insupportable Trump. De partout du côté démocrate fusèrent les critiques, comme un feu d’artifice saluant une “victoire” qui ne serait qu’un simulacre… Peut-être n’est-ce pas faux, mais qu’est-ce donc alors que “D.C.-la-folle” sinon le simulacre des simulacres, – et eux-mêmes,  les dénonciateurs de simulacres, les pires du pire des simulacres ?

Oui, oui, le plus beau vint sans aucun doute de la presseSystème. Comment annoncer la liquidation du plus terrible des “terroristes” depuis ben Laden, sinon pire que ben Laden, puisqu’ainsi le dit la narrative, sans faire à Trump la faveur d’un compliment-simulacre ? Le pompon revient au Washington Post (WaPo), et notamment : comment qualifier Baghdadi pour ne pas trop favoriser Trump ? On se dit d’abord, dans la rédaction-en-chef, qu’on le qualifierait dans le titre de manchette où tout est dit que les cervelles légères et conformes doivent retenir, de « Terroriste-en-chef de l’État Islamique » ; mais diantre, c’était faire la part un peu drôlement trop belle à l’autre, le Commandant-en-Chef des forces armées US, par simple effet contradictoire, et l’on changea subito presto en « Austère érudit religieux » ; mais diantre, c’était faire la part un peu drôlement trop belle au chef de Daesh, ça pouvait faire jaser, et l’on changea subito prestoen « Leader extrémiste ».

(ZeroHedge.com : « In the final analysis the Washington Post fumbled the Abu Bakr al-Baghdadi headline three times; first, referring to him as the “Islamic State’s terrorist-in-chief,” to “Austere Religious Scholar,” and then finally, to ”Extremist Leader.” »)

Cette épique gymnastique qui doit concilier, en un instant fatal où le simulacre antiTrump côtoie presque une réalité, même simulacre elle-même qu’importe, et impose une vérité-de-situation, anima drôlement (phoneyfunny) la soirée de dimanche sur les réseaux, tweets & Cie. Je signale deux réactions, pour simplement donner une mesure du swingde la chose et du côté rock’n roll de “D.C.-la-folle”, allant du pseudo-sérieux au caricatural présentant les seules choses dignes d’intérêt dans ce simulacre :
• D’abord une réaction officielle du WaPo, réalisant finalement le ridicule absurde (ou l’absurdité ridicule) de son comportement du côté des manchettes de première page du texte. Il s’agit d’un tweetde Katrhy Coratti Kelly, vice-président pour la communication du quotidien, suite au deuxième changement (passage de « Austère érudit religieux » en « Leader extrémiste » pour la manchette) : « Regarding our al-Baghdadi obituary, the headline should never have read that way and we changed it quickly. »
• Mais aussi, la plus intelligente et la plus créatrices des initiatives de cette soirée qui déploya tous les déchets et le vrac puant d’une époque de simulacre, fut celle d’établir un nouveau compte#hashtag sous la dénomination #WaPoDeathNoticesdans lequel les utilisateurs proposent des formules type-WaPo pour qualifier des morts célèbres pour leur affreuse calamité, désignés selon le nouveau style des titres nécrologiques du si-grand quotidien de Washington ; et cela donna par exemple (traduction inutile, me semble-t-il), quelques perles qui suggère la tiédeur de l’imagination des titreurs du WaPo :
« Adolf Hitler, passionate community planner and dynamic public speaker, dies at 56. » ;
« Mao Zedong, who saved 20-45 million of his own people from having to suffer through the struggle of existence, dies at 82. » ;
« Gaius Julius Caesar, 56, noted author and Egyptologist, dies surrounded by his friends. » ;
« Charles Manson, famous songwriter and meditation leader, dead at 83 » ;
« Jeremy Epstein, do-gooder who provided Caribbean vacations to young ladies, dies at 66 » ;
« Satan, unorthodox faith leader known for pushing back against famous wine maker Jesus, dies at 14 billion. »

Voilà donc où nous en sommes réduits, ou plutôt où nous en sommes projetés, dans des sommets de tragédie-bouffeoù le bouffe prend une place démesurée, cosmique, énorme comme une galaxie-bouffe enfantant des simulacres qui frôle l’éternité. Il me faudra du temps avant que je consente à prendre au sérieux les arguments et les commentaires des uns et des autres cadenassés dans le simulacre du Système, sur un événement aussi totalement faussaire de toutes les façons qu’on le considère et parce qu’il s’agit de considérer en simulant, caractérisant un comportement guerrier (et non un “ennemi” ou une “idéologie”) dans l’épisode duquel nous (c’est-à-dire le Système, et le système de l’américanisme) portons la plus complète responsabilité de semeur du chaos depuis Brzezinski-1979.

Pour l’instant, le seul effet important de la “mort” (?) de Baghdadi, c’est d’avoir fait monter d’un cran de plus la folle démence de “D.C.-la-folle”, d’avoir ajouté un peu de kérosène à très haut degré d’octane dans la cuve bouillonnante du Trou Noir où l’empire s’effondre avec un entêtement digne d’éloge et un sens ardent de l’accélération.

https://www.dedefensa.org/article/baghdadi-ma-dit

Sahel : une cécité volontaire

Sahel : une cécité volontaire

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15 octobre, 2019
NoteLeslie Varenne

Au cours des quinze derniers jours, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse effrénée dans la Bande sahélo-saharienne (BSS). Paradoxalement, les communications officielles des gouvernements malien, burkinabè sont déconcertantes d’optimisme. Quant à celle du Conseil de sécurité, le 12 octobre, elle ne pourrait être plus lénifiante. Les populations, elles, ne sont pas dupes, l’inquiétude se lit sur les visages. Elles ont compris que la crise s’inscrivait dans un temps long. Elles ne comptent plus que sur leur propre force pour survivre et sécuriser leur famille, leur village, leur zone. Les échecs militaires assortis d’une absence de réponse politique les poussent à s’interroger sur les raisons de leurs malheurs et sur les agendas des acteurs nationaux et internationaux. Cette situation provoque également la colère des habitants de la BSS. La manifestation qui a tourné à l’émeute le 12 octobre à Sévaré contre la MINUSMA, co-accusée avec l’opération française Barkhane « d’inertie face à la situation sécuritaire dans le centre du pays », est un signal fort, exprimant le niveau d’exaspération et d’élévation de la température. Le même jour, à Ouagadougou était organisé, par plusieurs associations, une journée anti-impérialiste pour demander le départ des forces étrangères. La gronde pourrait se propager…   

Attaque du camp de la MINUSMA à Sévaré

Montée en puissance des forces djihadistes

D’après une source sécuritaire, lors de l’attaque de la base du G5 Sahel à Boulkessi et d’un camp des forces armées maliennes à Mondoro dans la nuit du 29 octobre, les soldats ont essuyé une pluie d’obus venant de tous les côtés puis les terroristes se sont rendus maîtres des lieux avant de s’enfuir. Cela prouve d’une part, le bon niveau de préparation militaire et la maîtrise du terrain ; d’autre part, cela confirme que les djihadistes maliens comptent désormais dans leurs rangs des éléments aguerris, parmi lesquels des étrangers ayant fait leurs armes au Moyen-Orient, comme l’IVERIS le notait dans un précédent article et comme le groupe des experts de l’ONU sur le Mali l’a écrit également dans son dernier rapport

Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, de lyad AG Ghali. qui a déclaré que son organisation avait tué 85 soldats, fait deux prisonniers et saisi des pickup, des munitions et des matériels lourds.

Toujours au Mali, une semaine plus tard, les terroristes maliens ont signé une énième attaque contre les forces armées présentes sur le territoire, en tuant un casque bleu par l’explosion d’un engin lors du passage du véhicule de la MINUSMA dans la région d’Aguelhok.

Au Burkina Faso voisin, les quinze derniers jours ont été tout aussi violents, illustrant ainsi la désespérante dégradation sécuritaire. Les mêmes djihadistes qui opèrent au Sahel de part et d’autre de la frontière, adoptent une stratégie différente en poursuivant des objectifs distincts selon les pays. Dans cet Etat, ce sont les populations civiles qui sont les premières ciblées lors d’attaques non revendiquées par des hommes armés non identifiés. Ainsi, en moins de quinze jours, cinq attaques, dont celle d’un site d’orpaillage, ont fait au moins 48 victimes. Le mode opératoire est toujours le même les assaillants arrivent en moto, tuent, pillent, volent le bétail et incendient maisons et bâtiments publics, forçant ainsi les habitants à quitter leurs villages et à venir grossir le rang des déplacés à Ouagadougou.

Un débat nauséabond

Toujours au Burkina-Faso, le 11 octobre, la grande mosquée de Salmossi, près de Gorom-Gorom a été la cible d’hommes armés, 16 fidèles ont été froidement assassinés pendant leur prière. Cet acte n’a pas été revendiqué, mais il ne semble pas signé par les groupes armés de la zone qui ne s’en prennent pas aux mosquées. Cela s’inscrit plus vraisemblablement dans le cycle attaques de djihadistes/représailles sur des populations soupçonnées de collaborer avec les terroristes. Tout porte à croire que cette tuerie est l’œuvre d’une milice, comme celle des Koglweogos qui avait commis le massacre de Yirgou, de sinistre mémoire.

Par ailleurs, ce drame survient précisément au moment où un débat agite la société burkinabè sur l’utilité de créer des milices d’autodéfense. Loin d’être anodin, ce débat entérine la faiblesse de l’Etat et de son armée, ouvre la voie à des représailles aveugles, à la chasse aux boucs émissaires, aux massacres dits « intercommunautaires » comme celui d’Ogossagou…

Déconnectés du réel

C’est dans ce contexte que les gouvernements malien et burkinabé, ont cru bon de faire la promotion du tourisme en participant au salon IFTM-TOP Résa à Paris, alors qu’au moins un tiers de leur territoire respectif échappe au contrôle de leur Etat. Interrogé sur RFI, Amadou Maïga chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali a déclaré : « lorsqu’il y a du terrorisme, lorsqu’il y a de l’insécurité les gens ont peur, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas envoyer les gens à Tombouctou, les gens peuvent partir partout au Mali, mais il faut simplement organiser et les sécuriser… »  Cette saillie pourrait prêter à sourire si elle ne démontrait pas la déconnection des élites et leurs dénis des réalités.

Leurs pays sont en guerre et leurs dirigeants communiquent comme s’ils étaient en temps de paix. A ce titre, le communiqué du dernier conseil des ministres du Burkina Faso est édifiant. Hormis un décret pris sur le blanchiment et le financement du terrorisme, rien concernant la situation sécuritaire, humanitaire ou sur le sort des déplacés, en revanche il a été décidé qu’un projet de loi sur le… tourisme sera présenté aux députés !

Le communiqué du gouvernement malien après l’émeute de Sévaré où les populations ont saccagé les dépôts de la MINUSMA est tout aussi surprenant. « Le gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violence ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes. » Ce communiqué « original » a été vite retiré pour faire place à un autre plus politiquement correct « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces actes intolérables… »

En ce qui concerne les solutions concrètes, c’est précisément ce qu’attendent les populations. Quant à étonner le monde, le Mali le fait déjà.  Lors d’un récent voyage à Bamako, l’auteur de ces lignes a recueilli le commentaire d’un Bamakois : « Au Mali tout est inédit. C’est le seul pays qui achète des avions et reçoit des épaves, c’est le seul pays où l’opposition a le portefeuille de ministre des Affaires Etrangères, le seul pays où des groupes armés sont rebelles le jour, terroristes la nuit et trafiquants tout le temps ; le seul pays où la mauvaise foi politique et la corruption atteignent de tels sommets. »

Dans ces conditions, il est compréhensible que Burkinabè et Maliens doutent de la capacité et de la volonté de leurs dirigeants de les sortir de ce guêpier ; d’autant que ces Etats, et surtout le Mali, sont entrés dans une économie de guerre qui profite aux élites de toutes les parties au conflit. Ce ne sont sûrement pas, non plus, les grandes messes du type de celle qui a eu lieu le 14 septembre dernier à Ouagadougou où la CEDEAO se réunissait en session extraordinaire sur le terrorisme, qui permettront aux populations de retrouver la confiance. Le communiqué final n’étant qu’une longue suite de vœux pieux, dont aucun n’a vu le début d’un commencement de mise en œuvre.  

La crise de confiance touche aussi Barkhane. Pas un jour ne se passe sans que les médias maliens et burkinabè ne se fassent l’écho du mécontentement et des interrogations, avec parfois des arguments logiques « Pourquoi la France n’a-t-elle pas vu les colonnes de pick-up se dirigeant vers Boulkessi et Mondoro ? » et d’autres ahurissants : « Aussi longtemps que durera la crise, les forces françaises, onusiennes et le G5 Sahel se ravitailleront dans les stations Total ce qui est une aubaine pour le trésor français ! »

Si la France est soupçonnée d’avoir un agenda caché ce n’est pas seulement parce que la force Barkhane n’arrive pas à contenir les groupes terroristes, c’est aussi et surtout à cause de sa politique illisible qui laisse la place à tous les fantasmes. Après avoir beaucoup communiqué, fait preuve de volontarisme, affiché un optimisme béat en annonçant d’un air martial des victoires du G5 Sahel pour… 2018, Emmanuel Macron semble aujourd’hui tétanisé. Le Quai d’Orsay se tait. Lors de l’attaque des camps militaires, Jean-Yves le Drian a fait le service minimum en publiant un communiqué succinct. Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères auraient commandé des rapports à des instituts privés pour trouver des pistes de sorties, preuve de leur désarroi. En soutenant des chefs d’Etats qui ont perdu la confiance de leurs peuples, en fermant les yeux sur leurs pratiques exécrables, comme la création de milices et les trafics en tous genres, les dirigeants français ont placé l’armée française dans une impasse. L’Opération Barkhane est désormais perçue par les opinions publiques comme une assurance tous risques pour des dirigeants corrompus et peu soucieux de leurs peuples.  Comment gagner une guerre lorsque l’on n’ouvre aucune perspective pour la paix ?

Un intellectuel malien décrypte : « La France, comme le G5 Sahel et la Minusma sont partis d’un postulat faux, ils n’ont pas fait une analyse fine de ce type de conflits qui est une superposition de crises qui ont conduit au délitement des Etats. Aujourd’hui la France ne connaît plus l’Afrique, ces élites s’abreuvent des livres d’histoire avec des clichés totalement dépassés. Du coup, le jeu est totalement faussé, tant qu’on ne fera pas la bonne analyse, on ne fera la paix ni au Sahel ni ailleurs. »

Persaverare diabolicum

Le pire serait que la France persiste dans ses erreurs en soutenant, quoiqu’elle en dise, la seule option militaire ; qu’elle ne prenne pas acte de l’échec du G5 Sahel et qu’avec l’Allemagne, elle pousse à son élargissement à certains pays de la CEDEAO, sous quelques formes que ce soient. Alors que les djihadistes adoptent leur stratégie en fonction des spécificités locales, il est vain et illusoire de vouloir globaliser les solutions à toute l’Afrique de l’Ouest. D’autant que les Etats entrant dans cette nouvelle coalition deviendraient de facto la cible d’al-Qaida (JNIM) ou de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). En prime, ces deux organisations risquent fort d’être renforcées par les combattants de Daech qui ont réussi à fuir la Syrie à la faveur de l’intervention turque…

Comment sortir du tunnel et rendre l’espoir à la fois aux populations et à ceux qui s’en soucient ? La situation actuelle ne permet pas de conclure sur une ombre de solution, puisque perdurent les dogmes et les pratiques qui ont conduit à cet échec. Au-delà des diagnostics sévères, l’IVERIS s’efforce toujours de donner des axes de réflexions, mais rien n’est possible dans une telle atmosphère. Rien ne pourra changer, aucune proposition ne sera efficace, aucune action ne pourra être entreprise tant que le mensonge et l’aveuglement régneront au Sahel : la situation est grave, mais elle n’est désespérée que si on ne veut pas la regarder.  

Leslie VarenneTags:
mali; bssburkina fasofranceterrorismesahel; afrique de l’ouest;https://www.iveris.eu/list/notes/450-sahel–une-cecite-volontaire–/

Sahel : une cécité volontaire ?

Sahel : une cécité volontaire ?

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15 octobre, 2019
NoteLeslie Varenne

Au cours des quinze derniers jours, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse effrénée dans la Bande sahélo-saharienne (BSS). Paradoxalement, les communications officielles des gouvernements malien, burkinabè sont déconcertantes d’optimisme. Quant à celle du Conseil de sécurité, le 12 octobre, elle ne pourrait être plus lénifiante. Les populations, elles, ne sont pas dupes, l’inquiétude se lit sur les visages. Elles ont compris que la crise s’inscrivait dans un temps long. Elles ne comptent plus que sur leur propre force pour survivre et sécuriser leur famille, leur village, leur zone. Les échecs militaires assortis d’une absence de réponse politique les poussent à s’interroger sur les raisons de leurs malheurs et sur les agendas des acteurs nationaux et internationaux. Cette situation provoque également la colère des habitants de la BSS. La manifestation qui a tourné à l’émeute le 12 octobre à Sévaré contre la MINUSMA, co-accusée avec l’opération française Barkhane « d’inertie face à la situation sécuritaire dans le centre du pays », est un signal fort, exprimant le niveau d’exaspération et d’élévation de la température. Le même jour, à Ouagadougou était organisé, par plusieurs associations, une journée anti-impérialiste pour demander le départ des forces étrangères. La gronde pourrait se propager…   

Attaque du camp de la MINUSMA à Sévaré

Montée en puissance des forces djihadistes

D’après une source sécuritaire, lors de l’attaque de la base du G5 Sahel à Boulkessi et d’un camp des forces armées maliennes à Mondoro dans la nuit du 29 octobre, les soldats ont essuyé une pluie d’obus venant de tous les côtés puis les terroristes se sont rendus maîtres des lieux avant de s’enfuir. Cela prouve d’une part, le bon niveau de préparation militaire et la maîtrise du terrain ; d’autre part, cela confirme que les djihadistes maliens comptent désormais dans leurs rangs des éléments aguerris, parmi lesquels des étrangers ayant fait leurs armes au Moyen-Orient, comme l’IVERIS le notait dans un précédent article et comme le groupe des experts de l’ONU sur le Mali l’a écrit également dans son dernier rapport

Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, de lyad AG Ghali. qui a déclaré que son organisation avait tué 85 soldats, fait deux prisonniers et saisi des pickup, des munitions et des matériels lourds.

Toujours au Mali, une semaine plus tard, les terroristes maliens ont signé une énième attaque contre les forces armées présentes sur le territoire, en tuant un casque bleu par l’explosion d’un engin lors du passage du véhicule de la MINUSMA dans la région d’Aguelhok.

Au Burkina Faso voisin, les quinze derniers jours ont été tout aussi violents, illustrant ainsi la désespérante dégradation sécuritaire. Les mêmes djihadistes qui opèrent au Sahel de part et d’autre de la frontière, adoptent une stratégie différente en poursuivant des objectifs distincts selon les pays. Dans cet Etat, ce sont les populations civiles qui sont les premières ciblées lors d’attaques non revendiquées par des hommes armés non identifiés. Ainsi, en moins de quinze jours, cinq attaques, dont celle d’un site d’orpaillage, ont fait au moins 48 victimes. Le mode opératoire est toujours le même les assaillants arrivent en moto, tuent, pillent, volent le bétail et incendient maisons et bâtiments publics, forçant ainsi les habitants à quitter leurs villages et à venir grossir le rang des déplacés à Ouagadougou.

Un débat nauséabond

Toujours au Burkina-Faso, le 11 octobre, la grande mosquée de Salmossi, près de Gorom-Gorom a été la cible d’hommes armés, 16 fidèles ont été froidement assassinés pendant leur prière. Cet acte n’a pas été revendiqué, mais il ne semble pas signé par les groupes armés de la zone qui ne s’en prennent pas aux mosquées. Cela s’inscrit plus vraisemblablement dans le cycle attaques de djihadistes/représailles sur des populations soupçonnées de collaborer avec les terroristes. Tout porte à croire que cette tuerie est l’œuvre d’une milice, comme celle des Koglweogos qui avait commis le massacre de Yirgou, de sinistre mémoire.

Par ailleurs, ce drame survient précisément au moment où un débat agite la société burkinabè sur l’utilité de créer des milices d’autodéfense. Loin d’être anodin, ce débat entérine la faiblesse de l’Etat et de son armée, ouvre la voie à des représailles aveugles, à la chasse aux boucs émissaires, aux massacres dit intercommunautaires comme celui d’Ogossagou…

Déconnectés du réel

C’est dans ce contexte que les gouvernements malien et burkinabé, ont cru bon de faire la promotion du tourisme en participant au salon IFTM-TOP Résa à Paris, alors qu’au moins un tiers de leur territoire respectif échappe au contrôle de leur Etat. Interrogé sur RFI, Amadou Maïga chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali a déclaré : « lorsqu’il y a du terrorisme, lorsqu’il y a de l’insécurité les gens ont peur, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas envoyer les gens à Tombouctou, les gens peuvent partir partout au Mali, mais il faut simplement organiser et les sécuriser… »  Cette saillie pourrait prêter à sourire si elle ne démontrait pas la déconnection des élites et leurs dénis des réalités.

Leurs pays sont en guerre et leurs dirigeants communiquent comme s’ils étaient en temps de paix. A ce titre, le communiqué du dernier conseil des ministres du Burkina Faso est édifiant. Hormis un décret pris sur le blanchiment et le financement du terrorisme, rien concernant la situation sécuritaire, humanitaire ou sur le sort des déplacés, en revanche il a été décidé qu’un projet de loi sur le… tourisme sera présenté aux députés !

Le communiqué du gouvernement malien après l’émeute de Sévaré où les populations ont saccagé les dépôts de la MINUSMA est tout aussi surprenant. « Le gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violence ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes. » Ce communiqué « original » a été vite retiré pour faire place à un autre plus politiquement correct « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces actes intolérables… »

En ce qui concerne les solutions concrètes, c’est précisément ce qu’attendent les populations. Quant à étonner le monde, le Mali le fait déjà.  Lors d’un récent voyage à Bamako, l’auteur de ces lignes a recueilli le commentaire d’un Bamakois : « Au Mali tout est inédit. C’est le seul pays qui achète des avions et reçoit des épaves, c’est le seul pays où l’opposition a le portefeuille de ministre des Affaires Etrangères, le seul pays où des groupes armés sont rebelles le jour, terroristes la nuit et trafiquants tout le temps ; le seul pays où la mauvaise foi politique et la corruption atteignent de tels sommets. »

Dans ces conditions, il est compréhensible que Burkinabè et Maliens doutent de la capacité et de la volonté de leurs dirigeants de les sortir de ce guêpier ; d’autant que ces Etats, et surtout le Mali, sont entrés dans une économie de guerre qui profite aux élites de toutes les parties au conflit. Ce ne sont sûrement pas, non plus, les grandes messes du type de celle qui a eu lieu le 14 septembre dernier à Ouagadougou où la CEDEAO se réunissait en session extraordinaire sur le terrorisme, qui permettront aux populations de retrouver la confiance. Le communiqué final n’étant qu’une longue suite de vœux pieux, dont aucun n’a vu le début d’un commencement de mise en œuvre.  

La crise de confiance touche aussi Barkhane. Pas un jour ne se passe sans que les médias maliens et burkinabè ne se fassent l’écho du mécontentement et des interrogations, avec parfois des arguments logiques « Pourquoi la France n’a-t-elle pas vu les colonnes de pick-up se dirigeant vers Boulkessi et Mondoro ? » et d’autres ahurissants : « Aussi longtemps que durera la crise, les forces françaises, onusiennes et le G5 Sahel se ravitailleront dans les stations Total ce qui est une aubaine pour le trésor français ! »

Si la France est soupçonnée d’avoir un agenda caché ce n’est pas seulement parce que la force Barkhane n’arrive pas à contenir les groupes terroristes, c’est aussi et surtout à cause de sa politique illisible qui laisse la place à tous les fantasmes. Après avoir beaucoup communiqué, fait preuve de volontarisme, affiché un optimisme béat en annonçant d’un air martial des victoires du G5 Sahel pour… 2018, Emmanuel Macron semble aujourd’hui tétanisé. Le Quai d’Orsay se tait. Lors de l’attaque sur les deux camps militaires, Jean-Yves le Drian a fait le service minimum en publiant un communiqué succinct. Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères auraient commandé des rapports à des instituts privés pour trouver des pistes de sorties, preuve de leur désarroi. En soutenant des chefs d’Etats qui ont perdu la confiance de leurs peuples, en fermant les yeux sur leurs pratiques exécrables, comme la création de milices et les trafics en tous genres, les dirigeants français ont placé l’armée française dans une impasse. L’Opération Barkhane est désormais perçue par les opinions publiques comme une assurance tous risques pour des dirigeants corrompus et peu soucieux de leurs peuples.  Comment gagner une guerre lorsque l’on n’ouvre aucune perspective pour la paix ?

Un intellectuel malien décrypte : « La France, comme le G5 Sahel et la Minusma sont partis d’un postulat faux, ils n’ont pas fait une analyse fine de ce type de conflits qui est une superposition de crises qui ont conduit au délitement des Etats. Aujourd’hui la France ne connaît plus l’Afrique, ces élites s’abreuvent des livres d’histoire avec des clichés totalement dépassés. Du coup, le jeu est totalement faussé, tant qu’on ne fera pas la bonne analyse, on ne fera la paix ni au Sahel ni ailleurs. »

Persaverare diabolicum

Le pire serait que la France persiste dans ses erreurs en soutenant, quoiqu’elle en dise, la seule option militaire ; qu’elle ne prenne pas acte de l’échec du G5 Sahel, et qu’avec l’Allemagne, elle pousse à son élargissement à tous les pays de la CEDEAO. Alors que les djihadistes adoptent leur stratégie en fonction des spécificités locales, il est vain et illusoire de vouloir globaliser les solutions à toute l’Afrique de l’Ouest. D’autant que les Etats entrant dans cette nouvelle coalition deviendraient de facto la cible d’al-Qaida (JNIM) ou de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). En prime, ces deux organisations risquent fort d’être renforcées par les combattants de Daech qui ont réussi à fuir la Syrie à la faveur de l’intervention turque…

Comment sortir du tunnel et rendre l’espoir à la fois aux populations et à ceux qui s’en soucient ? La situation actuelle ne permet pas de conclure sur une ombre de solution, puisque perdure les dogmes et les pratiques qui ont conduit à cet échec. Au-delà des diagnostics sévères, l’IVERIS s’efforce toujours de donner des axes de réflexions, mais rien n’est possible dans une telle atmosphère. Rien ne pourra changer, aucune proposition ne sera efficace, aucune action ne pourra être entreprise tant que le mensonge et l’aveuglement régneront au Sahel : la situation est grave, mais elle n’est désespérée que si on ne veut pas la regarder.  

Leslie VarenneTags:
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La confession d’un repenti sur la confrérie des Frères Musulmans

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La confession d’un repenti sur la confrérie des Frères Musulmans

By La redaction de Mondafrique -3 septembre 201958PARTAGES508

D’après un ancien dignitaire de la Confrérie, Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi,« les Frères musulmans noyautent les ONG, les organisations liées à l’Union Européenne et à l’ONU ». Autant d’affirmations  d’un « repenti » que Mondafrique a décidé de verser au débat sans adhérer à toutes les thèses défendues par ce dernier.

Par Ian Hamel, de retour des Émirats

Alors que les États-Unis envisagent de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste, un ancien dignitaire émirati affirme que la Confrérie entretient des liens avec les djihadistes.   

Dans un ouvrage de 177 pages, dont le titre peut se traduire par « Ken Penjar. Mon histoire avec l’Organisation des Frères musulmans », Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi détaille les 35 années qu’il a passé au sein de la Confrérie. Actif dans les projets caritatifs en Afrique et en Asie, cet Émirati aujourd’hui âgé de 55 ans a voyagé dans le monde entier. Quand les Émirats arabes unis (EAU), avec l’Égypte, décrètent la Confrérie organisation terroriste, il est contraint de fuir son pays. Il se réfugie en Asie.

Mais en Indonésie, il est pris avec de faux papiers et incarcéré. « Ken Penhar » – comprenez « jetez-le en prison » – c’est ce qu’il entend avant d’être enfermé dans une cellule. Sa vie bascule, d’autant que la Confrérie l’abandonne.

Pourtant, il avait été nommé en 2005 au Conseil de la Choura. Ce Conseil a les fonctions de planification des politiques et des programmes généraux de la Confrérie. Ce qui donne un certain poids à son témoignage  

Sous influence à 14 ans

Notre moine soldat décide de rompre avec cette organisation. Amnistié par les Émirats, il est revenu à Dubaï, sa ville natale, où nous avons pu nous entretenir avec lui, en présence d’un interprète.

Prudent, cet homme plutôt grand, mince, à la barbe grise, a préféré s’exprimer dans une chambre d’hôtel. Il ne nous a pas demandé de relire l’article avant parution.

L’ancien Frère musulman affirme ne pas craindre pour sa vie aux Émirats, même s’il reçoit sur les réseaux sociaux menaces et insultes. « Trois autres Frères musulmans viennent eux aussi de quitter la Confrérie. Comme moi, ils sont libres de leurs mouvements », assure-t-il.

Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi, fils d’un pêcheur devenu fonctionnaire, n’a que 14 ans quand il est approché par des Frères musulmans. Collégien à l’école d’Al-Mahalab, c’est un élève particulièrement doué en mathématiques. Il est sollicité pour rejoindre l’association Islah chaque jeudi. Comme il donne satisfaction, il franchit une « première barrière », ce qui signifie qu’il est invité à participer à une réunion le lundi, « mais je ne devais pas le dire aux autres et je devais garder le contenu secret », explique-t-il.  

Hassan al-Banna disciple des francs-maçons?

Le fonctionnement de la Confrérie serait partiellement copié sur celui de la franc-maçonnerie. L’Émirati parle de « barrières de confidentialité », des grades, qu’il franchit les uns après les autres, en jurant de garder secret sur ce qu’il apprend dans chacun des cercles. L’Égyptien Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans, se serait-il effectivement inspiré des francs-maçons ? Ce n’est pas impossible.

Instituteur à Ismaïlia, sur le canal de Suez, à partir de 1927, il fréquentait des Britanniques. Pour preuve, peu après sa création, la Confrérie a reçu 500 livres égyptiennes de la part de l’Agence du canal de suez, afin de construire sa première mosquée. Ce cloisonnement permet depuis des décennies à la Confrérie de résister malgré la répression, les multiples interdictions. « Si le Guide général [murshid ‘âmm) est en Égypte, en revanche, les principales structures sont installées en sécurité à Londres et en Grande-Bretagne. N’imaginez pas un siège où se réuniraient les principaux dirigeants, mais une multitude d’organismes, de sociétés, d’associations, qui n’ont officiellement aucun lien avec les Frères musulmans. Je ne connais pas les têtes et les services secrets occidentaux non plus », assure le Frère musulman repenti.      

L’humanitaire a bon dos

La grande force des Frères musulmans consiste à ne pas avancer à visage découvert. Ils choisissent une association humanitaire totalement indépendante de la Confrérie. « Ils entrent en force, incognitos. Comme ils sont disponibles, dynamiques, ils accèdent rapidement à des postes de responsabilité. Ce qui leur permet d’orienter les choix de l’association, dont le président ou le secrétaire général ne se doutent de rien », raconte Abdul Rahman bin Subaih Al Suwaidi.

Résultat, l’association humanitaire infiltrée sans le savoir va mener des actions caritatives au Mali ou au Pakistan souhaitées par la Confrérie. Dans ces pays, elle va travailler – comme par hasard – avec une association locale également infiltrée. La Confrérie en profite pour prélever 12,5 % des dons récoltés pour ses “bonnes œuvres“. « Des centres de recherches, des universités, des organisations soutenues par l’Union européenne, par les Nations Unies, déversent ainsi, sans le savoir, des millions de dollars ou d’euros qui vont dans les poches des Frères musulmans », prévient l’auteur de « Ken Penjar. Mon histoire avec l’organisation des Frères musulmans ».  

Des discrets entrainements militaires

Concentré sur les actions humanitaires, l’ancien Frère musulman émirati n’a suivi qu’un seul entraînement militaire au Pakistan, en compagnie d’une quinzaine d’autres originaires du Golfe. « Le programme comprenait de l’escalade, de la marche, des exercices physiques, ainsi que l’utilisation de la kalachnikov et d’une mitrailleuse russe. Nous apprenions à nous déplacer de jour comme de nuit, à porter les blesser, à nous camoufler », raconte-t-il.

Via l’association Islah aux Émirats, le saint homme a accueilli aux Émirats des djihadistes, comme le Palestinien Abdullah Azzam, le premier recruteur de combattants arabes en Afghanistan, ainsi que son adjoint Tamin Al Adnani. « L’objectif était d’attirer des jeunes musulmans vers les zones de conflit », explique-t-il.

Quid du terrorisme?

Si officiellement la Confrérie dénonce les organisations terroristes, en particulier Daech, notre repenti assure que ce n’est qu’un leurre. Quand un Frère musulman part faire un djihad, il est officiellement désavoué. Ainsi Hassan El Dokki, l’un des plus extrémistes, a été exclu par le Conseil de la Choura. « Mais j’ai découvert peu après que Saïd Nasser Al-Taniji, membre du Conseil de la Choura, était toujours en contact avec  Hassan El Dokki. Ils coordonnait même des opérations ensemble ».

Officiellement, si l’organisation fondée par Hassan al-Banna désavoue la violence, sous le manteau, elle encouragerait le djihad et appellerait les musulmans à désobéir aux dirigeants légitimes. « Comme la Confrérie est persécutée dans de nombreux pays musulmans, l’Europe est devenue pour elle la priorité », assure notre interlocuteur.

En revanche, les États-Unis pourraient se monter nettement moins conciliants à l’avenir. La sous-commission de la sécurité nationale du Congrès américain a édité un document accablant de 90 pages intitulé « The Muslim Brotherhood’s Global Threat » concluant que les Frères musulmans constituent « un mouvement global et influent, dont les différentes branches œuvrent à la promotion d’une idéologie radicale et extrêmement violente, même si certaines de ces branches ne sont pas directement engagées dans le terrorisme ».

L’administration Trump, nettement plus radicale que le Congrès américain, pourrait décider prochainement de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste.

https://mondafrique.com/la-confession-du-repenti-sur-les-freres-musulmans/

secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)POLITIQUE

10 août 2019© Reuters

TOP SECRET

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Alors que l’enquête sur l’attentat de la rue de Rosiers est toujours en cours 37 ans après, l’ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu, devant la justice française qu’un accord secret avait été passé entre les services de renseignement français et Abou Nidal, le groupe qui en est très certainement responsable.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN138Avec Eric Denécé

Atlantico : Les accords comme celui passé entre les renseignements français et le groupe potentiellement responsable de l’attentat de la rue des Rosiers qui avait fait 6 morts et 22 blessés sont-ils monnaie courante en France ?

Eric Dénécé : Non, mais de telles pratiques ont existé et continueront probablement d’exister. Toutefois, elles restent tout à fait exceptionnelles. De plus, pour qu’un tel accord puisse avoir lieu, il faut avoir quelqu’un avec qui négocier, c’est-à-dire une organisation hiérarchisée capable de faire respecter sa décision à tous ses membres. Cela a été a le cas avec Abou Nidal ainsi qu’avec les services syriens de Rifaat El -Assad. Mais cela n’est pas possible avec des organisations comme Daesh ou Al-Qaeda qui ne contrôlent qu’une petite partie de leurs membres et génèrent, par leur idéologie,  des vocations terroristes qu’elles ne découvrent souvent qu’à l’occasion d’un attentat. Il est impossible de négocier avec cette nouvelle forme de terrorisme. Ce qui a été « conclu » avec Abou Nidal ou Rifaat El-Assad a peut-être aussi été négocié avec d’autres groupes palestiniens, voire l’ETA ou l’IRA.En contrepartie du fait que ces groupes s’engagent à ne pas commettre d’attentats sur le sol français (contre des cibles françaises, israéliennes, américaines… ou autre) ou contre les ressortissants et intérêts français à l’étranger, le pouvoir politique les autorise à entrer sur notre territoire sans qu’ils soient poursuivis ou appréhendés. Ces terroristes peuvent donc venir s’y reposer ou s’y faire soigner, y installer leur famille et leurs proches pour les mettre à l’abri. Cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas surveillés, ni que des activités illégales sur notre sol leur soient permises (entrainement, levée de fonds, etc.) : ils doivent également s’engager à ne conduire aucune action de ce type. Un exemple récent de ce type d’entente conclue avec un mouvement considéré comme terroriste est celui des Moudjahidines du peuple iranien. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce groupe qui conduit des attentats en Iran a été perquisitionné par la police française qui le soupçonnait de ne pas tenir ses engagements et de préparer, depuis le sol français, des opérations en Iran. 

Est-ce là une stratégie efficace et assumée ?

Lorsqu’elle est possible, oui. Elle permet en premier lieu de protéger nos concitoyens et de limiter le nombre d’adversaires contre lesquels nous devons lutter.La France n’est pas la seule a user de cette méthode. Les Américains avec l’IRA, les Britanniques avec des groupes terroristes islamistes (jordaniens, etc.) l’ont également pratiquée.Bien sûr, cela génère toujours des tensions internationales avec les Etats qui sont victimes des attaques de ces groupes terroristes. C’est pourquoi il est essentiel de faire respecter la neutralité de ceux qui trouvent refuge, dans le cadre d’un tel accord, sur notre territoire. Car s’ils profitaient de cette situation pour organiser des attentats, cela générait immédiatement une riposte, sur notre sol, des services spéciaux des pays ciblés qui chercheraient alors à éliminer ces cellules actives. C’est donc une situation très délicate, qui doit être contrôlée constamment et qui peut être remise en question à tout moment. Le fait que les familles des activistes puissent trouver refuge en France est une redoutable monnaie d’échange pour s’assurer du respect des règles édictées. 

Est-ce bien là le rôle des services secrets ? 

Oui, car leur mission,  à côté de ce que l’on appelle la guerre de l’ombre, c’est aussi de conduire une certaine forme de diplomatie secrète. Evidemment, la conclusion de ce type d’accord ne se fait jamais sans l’aval du politique, même si tous les gouvernements nient être au courant. La décision est et reste politique, même si la négociation et le contrôle de la mise en oeuvre sont conduits par les services. De plus, pendant qu’ils sont – ponctuellement le plus souvent – sur notre territoire, nous pouvons mieux les étudier, les comprendre, les connaitre, ce qui sera utile si les hostilités avec eux reprenaient. Cela permet aussi de créer un éventuel canal de négociation entre ces groupes et les cibles auxquelles ils s’en prennent. Mais bien évidemment, des tels accords ne sont jamais rendus publics dans l’instant, mais sont souvent révélés des décennies plus tard. https://www.atlantico.fr/decryptage/3577538/secrets-d-etat–quand-la-lutte-anti-terroriste-s-ecarte-des-sentiers-battus-et-legaux-

Mali : Présentation des groupes terroristes (2/2)

Mali : Présentation des groupes terroristes (2/2)

L’augmentation des tensions au Mali et l’activité croissante des groupes djihadistes semblent indiquer un maintien prolongé des forces internationales dans le pays. Aux difficultés politiques s’ajoutent les rapports ethniques complexes et les problèmes d’identifications des différents groupes djihadistes qui sévissent dans le pays. Face à une certaine illisibilité il convient de présenter brièvement ces entités. Entre État Islamique et Al-Qaïda, ces multinationales djihadistes ont des ramifications au Sahel.

L’État Islamique s’implante dans le Sahara

L'État islamique dans le Grand Sahara recrute ses membres parmi les populations peuls et touaregs locales
L’État islamique dans le Grand Sahara recrute ses membres parmi les populations peuls et touaregs locales

La seconde organisation djihadiste connue au Mali est l’État Islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Filiale de Daesh dans le Sahel, l’EIGS est resté longtemps assez mystérieux. C’était la volonté de la “maison mère” djihadiste de ne pas prioriser le théâtre malien comme axe de propagande. Son dirigeant local est Adnan Abu Walid al-Sahraoui. Il est l’ancien porte-parole du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Suite à la fusion du MUJAO avec la katiba des Enturbannés, il rejoint Al-Mourabitoune en 2014.

En 2015, al-Sahraoui annonce qu’Al-Mourabitoune se rallie à l’organisation État Islamique. Mohktar Belmokhtar, émir du groupe, réfute cependant la déclaration d’Al-Sahraoui. Mohktar Belmokhtar prête de nouveau allégeance au chef des Talibans auxquels sont inféodés les membres d’Al-Qaïda. Il promet également fidélité à Ayman Al-Zawahiri, le dirigeant officiel de l’organisation djihadiste. Ainsi, seule une partie d’Al-Mourabitoune fait sécession et rejoint les rangs de Daesh.

L’EIGS, un groupe actif…

Al-Sahraoui dirige une troupe de 100 à 200 combattants qui sont présents dans tout le Mali et les pays voisins. Ses membres sont majoritairement touaregs, peuls, sarahouis et nigériens. Le nom même de leur chef semble indiquer qu’il serait né dans l’actuel Sahara occidental, région Sud du Maroc qui revendique son indépendance. L’activité du groupe djihadiste se concentre majoritairement autour de la zone des trois frontières (Mali, Burkina Faso et Niger). L’organisation État Islamique est par exemple responsable de la mort de soldats américains et nigériens en octobre 2017.

Bien qu’al-Sahraoui ait quitté Al-Mourabitoune en raison de désaccords stratégiques, politiques ou religieux, les relations entre concurrents djihadistes au Mali ne sont pas mauvaises. Il existe même des coopérations fréquentes entre groupes de différentes organisations. Ainsi, les affrontements entre Al-Qaïda et Daesh en Syrie ne représentent pas d’obstacle à leur coopération au Mali et même dans tout le Sahel.

… qui agit dans un relatif anonymat 

L’État Islamique dans le Grand Sahara souffre d’un manque de mise en avant de la part de sa maison mère. Cela s’explique en partie par une forte activité de l’État Islamique d’Afrique de l’Ouest, ancien Boko Haram. La secte dirigée par Abou Musa’ab Al-Barnawi est très présente autour du Lac Tchad et peut donc frapper au Tchad, au Niger, au Cameroun ou encore au Nigéria. Les effectifs sont, de plus, beaucoup plus importants que la filiale sahélienne. Al-Barnawi aurait sous ses ordres plus d’un millier de combattants.

Le groupe djihadiste pâtit également d’un manque de communication claire. Al-Sahraoui prêtait allégeance à Daesh en mai 2015 mais ce ne fut confirmé par l’Amaq (organe de propagande de l’organisation) qu’en octobre 2016. L’actuel dirigeant de l’organisation État Islamique, Abu Bakr Al-Baghdadi, a même officialisé sa nouvelle filiale au Sahel le 30 avril 2019.

Une base terroriste résiliente aux coups 

A ce relatif anonymat s’ajoutent deux revers pour l’EIGS. Tout d’abord, un fidèle lieutenant d’Al-Sahraoui aurait été tué par un raid de la force Barkhane en 2018. Mohammed Ag Almouner était le responsable de l’embuscade contre les soldats américains et nigériens en 2017. Enfin, le Sultan Oud Bady, qui commandait une katiba de Daesh dans le Sud algérien, impliqué dans des attaques au Mali, s’est rendu aux autorités d’Alger en août 2018.

Cela n’empêche en revanche pas les djihadistes de pouvoir provoquer des dégâts parfois considérables et de mettre au point des attaques complexes. C’est le cas notamment des combats du 15 mai à Tongo Tongo (Niger). Les djihadistes ont attaqué la prison de Koutoukalé et ont attiré les forces nigériennes dans une embuscade. Le bilan pour l’armée nigérienne est lourd, 28 morts. Les témoignages feraient état de « plusieurs centaines d’hommes lourdement armés » dans les rangs djihadistes. Cela prouve la formidable capacité de résiliences des groupes armés terroristes (GAT) dans le Sahel. En résulte un véritable casse-tête pour les autorités africaines, françaises et surtout pour la population.

Sources

-“Huitième rapport du secrétaire général sur la menace que représente l’EEIL (Daesh)”, Conseil de Sécurité des Nations Unies, 1er février 2019, (https://www.un.org/sc/ctc/wp-content/uploads/2019/02/N1901938_FR.pdf)

-“La menace de l’”Etat islamique dans le Grand Sahara”, France Info, 03 Nobembre 2017, (https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/la-menace-de-l-etat-islamique-dans-le-grand-sahara_3059785.html)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internationales.

Mali : Présentation des groupes terroristes (1/2)

Mali : Présentation des groupes terroristes (1/2)

L’augmentation des tensions au Mali et l’activité croissante des groupes djihadistes semblent indiquer un maintien prolongé des forces internationales dans le pays. Aux difficultés politiques s’ajoutent les rapports ethniques complexes et les problèmes d’identification des différents groupes djihadistes qui sévissent dans le pays. Face à une certaine illisibilité, il convient de présenter brièvement ces entités.

Les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont très actifs au Mali
Les Groupes Armés Terroristes (GAT) sont très actifs au Mali

En mars 2017, différentes organisations djihadistes officialisent leur coopération en présentant une nébuleuse terroriste au Mali : Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen. Nous la connaissons sous le nom de Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).

Cinq groupes distincts sont actuellement membres de cette coopération djihadiste au Mali.

Al-Qaïda au Sahel : force Sud d’AQMI au Mali

Numéro deux du GSIM, Yahia Abou el Hammam dirigeait cette filiale Sud d’AQMI. Le chef djihadiste d’origine algérienne est toutefois mort, tué par la force Barkhane près de Tombouctou en février 2019. Son successeur semble pour l’instant inconnu.

Al-Qaïda au Sahel regroupe plusieurs katibas (brigades de combat) autonomes. Il en existe entre quatre et cinq en raison de changement d’allégeance de certains combattants. Trois brigades servent Abou el Hammam de manière certaines : les katiba Tarik Ibn ZiyadYoussef Ibn Tachfin et Al Furqan. Cette dernière est très affaiblie par les interventions de la force Barkhane au Nord de Tombouctou en avril 2019. L’incertitude plane cependant sur la présence de la katiba Al-Ansar dans les rangs d’Al-Qaïda au SahelCette brigade pourrait avoir rallié Ansar-Dine.

Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar

Le groupe est né d’une fusion entre le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest(MUJAO) de Abderrahmane Ould el-Amar et la katiba des Enturbannés de Mohktar Belmokhtar en 2014. Al-Mourabitoune naît ainsi, en référence à la dynastie des Almoravides qui régna sur le Sahara durant un siècle.

Mokhtar Belmokhtar est l’émir officiel du groupe djihadiste depuis la mort d’Ould el-Amar, en 2014. Il a choisi de rallier AQMI en 2015, organisation qu’il avait quitté en décembre 2012. Ce chef terroriste au Sahel est connu pour la prise d’otage du complexe gazier algérien d’In Amenas en janvier 2013. Actuellement, Belmokhtar se trouverait, selon certaines rumeurs, en Lybie. Il n’y a néanmoins pas de lien de vassalité apparent entre Al Qaïda au Sahel et Al-Mourabitoune, Belmokhtar étant un des favoris en cas de succession du leader d’AQMIAbdelmalek Droukdel.

Un djihadisme touareg malien : Ansar Dine

Ansar Dine est le troisième groupe djihadiste membre du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. Ses combattants sont majoritairement touaregs. Iyad Ag Ghali dirige les « défenseurs de la foi » (signification d’Ansar Dine). De plus, il est le chef du GSIM. L’objectif de son groupe d’origine est simple, prônant l’instauration de la charia au Mali. L’émir de la katiba se fait néanmoins connaître pour la destruction des mausolées de Tombouctou en été 2012. Ses forces seraient très actives dans le Nord-Mali, en plein Azawad, une zone désertique recouvrant des zones saharienne et sahélienne.

La mystérieuse brigade Serma

Si cette organisation terroriste agit discrètement, elle affronte cependant la force Barkhane en janvier 2019. Cette katiba trouve son origine dans la forêt de Serma au centre du pays, au Sud de Boni. Le groupe armé salafiste djihadiste, fondé en 2012, est composé majoritairement de peuls. En revanche, son chef actuel n’est pas connu.

Le Front de Libération du Macina (FLM) : la katiba la plus active de l’entente djihadiste au Mali

Le FLM, ou Katiba Macina, est un groupe djihadiste très actif dans la région de Mopti. Ses membres revendiquent la création d’une République Islamique du Macina, ancien empire islamique qui existait dans les régions du centre du Mali. Son fondateur se nomme Amadou Koufa, prêcheur peul (ethnie d’agriculteur d’Afrique de l’Ouest). Ancien membre d’Ansar Dine, il fonde la brigade actuelle en 2015. Amadou Koufa serait mort après un raid franco-malien en novembre 2018, information cependant démentie par le FLM.

Le FLM est très actif au Mali et dans le nord du Burkina Faso. Il serait impliqué dans l’enlèvement de deux touristes français dans le nord du Bénin en mai 2019. La cellule à l’origine du kidnapping devait en effet remettre les otages au Front de libération du Macina, au Mali. Les forces spéciales françaises ont mené l’assaut afin d’empêcher le transfert des otages aux djihadistes maliens. Si la libération des otages fut un succès, deux commandos perdirent la vie.

Le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans est donc une véritable nébuleuse djihadiste. Tentaculaire, elle est très active et engendre de nombreux risques sécuritaires au Mali.

Sources :

-“Qu’est-ce que la Katiba Macina, ce groupe terroriste impliqué dans la prise d’otage des Français ?”, LCI, 12 mai 2019, (https://www.lci.fr/terrorisme/video-burkina-faso-qu-est-ce-que-la-katiba-macina-ce-groupe-terroriste-implique-dans-la-prise-d-otages-des-francais-2120906.html)

-“Mali : Pour Paris, il est désormais “vraisemblable” que le chef djihadiste Amadou Kouffa soit encore vivant.”, OPEX 360, 12 mars 2019, (http://www.opex360.com/2019/03/12/mali-pour-paris-il-est-desormais-vraisemblable-que-le-chef-jihadiste-amadou-koufa-soit-encore-vivant/)

-“AQMI et Al-Mourabitoun : la djihad sahélien réunifié ?”, IFRI, Janvier 2017, (https://www.ifri.org/fr/publications/notes-de-lifri/notes-de-lifri/aqmi-al-mourabitoun-djihad-sahelien-reunifie)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations intern

Retour d’Al-Baghdadi : le calife sans califat… mais pas sans troupes, ni sans projet de terreur

ETAT ISLAMQUE
Retour d’Al-Baghdadi : le calife sans califat… mais pas sans troupes, ni sans projet de terreur

Tout avait été minutieusement préparé, le discours comme la mise en scène qui présente une ressemblance avec les apparitions d’Oussama Ben Laden et de Moussab al-Zarqawi. Les messages à passer sont nombreux et sont surtout destinés à ses fidèles qui pouvaient s’étonner de son silence en ce moment difficile pour Daech.

Il  reconnaît que « la bataille de Baghouz est terminée » et que « beaucoup d’autres choses vont arriver après cette bataille ». Sans paraphraser, il lance un « nous avons perdu une bataille mais pas la guerre » sans savoir qui en est à l’origine. Fait très important, il affirme mener une « guerre d’usure » ce qui implique qu’il imagine qu’elle va s’étendre dans le temps, même peut-être sur plusieurs générations.

Il se félicite de l’opération « revanche pour le Cham » lancée au début avril qui aurait, selon lui, déjà connue 92 actions dans huit pays dont celle du 9 avril à Fuqaha en Libye … C’est pour cette raison que la vidéo est estimée avoir été tournée entre le 9 avril (sans doute après le 10) et le 21 avril, jour des attaques au Sri-Lanka dont il ne parle que dans la partie audio qui suit sa vidéo.

Il cite de nombreux « martyrs » ayant combattu à Raqqa et à Mossoul ainsi que les frères Clain pour la branche médiatique. Par là, il veut démontrer qu’il se tient bien au courant de ce qui se passe sur le terrain.

Il dit avoir accepté l’allégeance de militants du Burkina Faso, du Mali et d’Afghanistan. Des dossiers lui sont présentés concernant les wilayat de Somalie et de Turquie ce qui montre son goût de l’organisation – il est connu pour être très procédurier -. Plus inquiétant, ces pays, Mali, Burkina Faso, Afghanistan, Somalie, Turquie ne sont pas ainsi mis en avant pour rienpuisque le film a été soigneusement préparé. Sont-ils de futurs objectifs où il veut que l’effort de Daech porte? Les wilayat d’Extrême-Orient, du Sinaï, du Caucase sont déjà bien actives et n’ont pas besoin d’encouragements particuliers. Il faut dire que les émirs locaux bénéficient d’une grande autonomie de décision étant les plus à même de décider ce qu’il convient de faire sur leur théâtre de guerre.

Il évoque la chute des présidents soudanais et algérien affirmant que le Djihad est la seule solution pour (NdA, abattre) les « tyrans ». En cela, il marque sadifférence stratégique avec Al-Qaida « canal historique » qui a « félicité » les peuples qui se sont révoltés pacifiquement contre leurs dirigeants. Il n’en reste pas moins que l’idéologie des deux mouvements est la même, le salafisme-djihadisme

Ce n’est qu’une fois la vidéo terminée qu’un enregistrement audio – vraisemblablement rajouté par la suite en tant que « mise à jour »- lui fait évoquer l’attaque du Sri Lanka du dimanche (de Pâques) 21 avril qui aurait été menée pour venger la prise de la ville syrienne de Baghouz (et pas les assassinats de masse dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande qui ont fait 50 victimes comme cela a été faussement avancé précédemment). Il cite aussi une tentative d’attaque du siège des services de sécurité de Zulfi en Arabie saoudite qui a échoué également le 21 avril (les quatre terroristes ont été tués). Il y avait une similitude des films montrant l’allégeance des activistes sri-lankais et des Saoudiens ce qui signifie que les savoir-faire circulent entre les différentes cellules, même très éloignées.

À noter que par le passé, Bagdhadi avait déjà émis des messages audio, le dernier datant d’août 2018. Il avait tenté à l’époque d’effacer les pertes territoriales infligées à son mouvement. La rareté de ses interventions font qu’elles sont plus écoutées que celles de al-Zawahiri.  Bien qu’ayant été annoncé mort (en 2017 par les Russes) ou gravement blessé à plusieurs reprises, il paraît en bonne santé avec une barbe teinte à la mode des Abbassides et comme Ben Laden, un fusil d’assaut Aks74u à ses côtés. A sa différence, la cartouchière qui est située sous le fusil d’assaut, en plus de chargeurs, semble comporter une bâton allumeur (voir la goupille). Le message est clair, il ne se laissera jamais faire prisonnier préférant le « martyre ». Là non plus, ce message subliminal n’est pas destiné à ses adversaires mais à ses fidèles: « faites comme moi, allez jusqu’au sacrifice suprême ».

Il parle à trois individus aux visages floutés qui l’écoutent religieusement, manière de montrer qu’il est loin d’être seul.

Al-Baghdadi de son vrai nom Ibrahim Awwad Ibrahim al-Badri est né en 1971 à Samara en Irak. Diplômé en études religieuses de l’Université coranique Saddam Hussein, il est devenu l’émir de la branche irakienne d’Al-Qaida « canal historique » (l’État Islamique d’Irak, EII) en 2010 avant de porter le fer en Syrie voisine en 2012 via l’État Islamique d’Irak et du Levant (EIIL). Il a rompu en 2014 avec al-Zawahiri lorsqu’il a créé son « califat », ce à quoi ce dernier était totalement opposé. A la différence de Zawahiri qui reconnaît l’autorité religieuse du chef des taliban afghans (comme le faisait Oussama Ben Laden), lui cumule les responsabilités de chef religieux, militaire et politique de Daech. Une prime de 25 millions de dollars pèse sur sa tête. Mais pour l’instant, nul ne sait où il se trouve et il est à craindre qu’il exerce une influence psychologique importante chez des sympathisants vivant en Occident. Les Américains viennent d’arrêter un ancien militaire converti à l’Islam qui voulait passer à l’action. Heureusement, le complice qui lui a fourni les explosifs était un agent infiltré du FBI…

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