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RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

24 Février 2020

Publié par François 24/02/2020 10H50

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

RT France annonce le lancement de La source, nouvelle émission de géopolitique, avec Alain Juillet.

Sur RT France, Alain Juillet, ancien haut responsable à l’intelligence économique et dirigeant d’entreprises, présentera deux fois par mois, à compter de mars 2020, La Source, une émission de 13 minutes d’analyse sur des sujets stratégiques pour la France.

« Alain Juillet a un parcours exceptionnel et une expertise reconnue. Je suis très heureuse de compter une personnalité de cette envergure parmi nous. Je suis sûre qu’il apportera à nos audiences un éclairage plus approfondi des processus géopolitiques à l’œuvre dans le monde », déclare Xenia Fedorova, Présidente et directrice de l’information de RT France.

RT France lance une émission sur la géopolitique dans laquelle seront traités des sujets tels que la diplomatie, les conflits, le terrorisme, la sécurité, l’intelligence économique, … Alain Juillet, fort de sa longue expérience au plus haut niveau dans le monde de l’entreprise et du renseignement, aborde les sujets les plus complexes avec un objectif : clarifier pour permettre à chacun de voir plus loin et se forger sa propre opinion.PUBLICITÉ

« Hors de toute considération idéologique, la pratique de la géopolitique doit permettre aux citoyens de mieux comprendre la réalité objective », explique Alain Juillet.

La chaîne est disponible sur la Freebox (Canal 359), Fransat (Canal 55), sur les satellites SES 4, Astra 19.2 et Eutelsat 5WestA et sur la plateforme OTT Molotov. Elle est également présente en ligne à l’adresse rtfrance.tv.

http://www.leblogtvnews.com/2020/02/rt-france-annonce-le-lancement-de-la-source-nouvelle-emission-de-geopolitique-avec-alain-juillet.html

Affaire Harpon: la commission d’enquête dénonce «une faillite collective»

ActualitéSociété

Affaire Harpon: la commission d’enquête dénonce «une faillite collective»

Éric Ciotti, son président, est revenu sur les défaillances qui ont mené à l’attentat du 3 octobre.Par Jean-Marc LeclercPublié le 5 février 2020 à 19:39, mis à jour hier à 11:03

Un hommage est rendu, le 8 octobre dans la cour de la préfecture de police de Paris, aux quatre fonctionnaires tués lors de l’attaque survenue cinq jours auparavant.
Un hommage est rendu, le 8 octobre dans la cour de la préfecture de police de Paris, aux quatre fonctionnaires tués lors de l’attaque survenue cinq jours auparavant. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

«Il y a eu une accumulation de signes» en amont de la tuerie à la préfecture de police de Paris (PP), dont l’auteur «n’aurait jamais dû rester dans un service aussi sensible». Le député LR des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, s’exprime ici en tant que président de la commission d’enquête parlementaire chargée d’éclairer les circonstances de ce drame, survenu le 3 octobre dernier. Il l’a dit sur RTL, en prémices à un point d’étape présenté ce mercredi avec ses collègues enquêteurs.À lire aussi : L’État impuissant face à la radicalisation de ses agents

L’élu ajoute: «Nous avons eu connaissance d’une faillite collective, compte tenu du profil de Mickaël Harpon», l’informaticien, auteur des faits. Rappelons que l’adjoint administratif Harpon était en charge de la maintenance informatique à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Il a assassiné quatre de ses collègues au couteau, blessant grièvement une cinquième personne. Cette attaque s’est déroulée au sein même d’un service censé protéger les Français contre la menace terroriste. Or personne n’a su prévenir cette dérive.

Et pourtant, s’étonne Éric Ciotti, «on n’est pas dans le service des cartes grises» mais «dans un service de lutte contre le terrorisme où ce monsieur était habilité au secret-défense». Harpon avait les droits d’administrateur du réseau informatique d’un service- clé du système de sécurité nationale.À lire aussi : Les relations sulfureuses de Mickaël Harpon sont passées inaperçues

Aujourd’hui encore, le traumatisme laissé par cette affaire est palpable, lorsque l’on pénètre dans la «forteresse» de la «PP». Au sas de l’entrée qui donne sur la cour où Harpon a agressé ses dernières victimes, un policier en civil demandait, mardi soir, à sa collègue du contrôle d’accès de bien vérifier que personne n’était porteur de microlames en céramique intégrées, par exemple, à des cartes de crédit.

Sur place, chacun veille désormais à bien raccompagner ses visiteurs jusqu’à la sortie. «On n’est jamais trop prudent par les temps qui courent», reconnaît un haut responsable, qui poursuit: «Qui aurait pu imaginer une chose pareille dans nos propres murs?»

On a eu un témoignage assez édifiant d’un de ses collègues qui nous a dit : « je n’avais pas d’inquiétude physique mais en revanche, j’avais des inquiétudes, compte tenu de sa vulnérabilitéÉric Ciotti

Éric Ciotti pointe pourtant des «signaux faibles en matière de radicalisation» qui ont été «émis à plusieurs reprises». Il déclare ainsi: «On a eu un témoignage assez édifiant d’un de ses collègues qui nous a dit: «je n’avais pas d’inquiétude physique mais en revanche, j’avais des inquiétudes, compte tenu de sa vulnérabilité, que certains l’utilisent pour capter des données informatiques».

Éric Ciotti déplore «ce qui s’est passé autour de (Harpon) à la préfecture de police depuis des années et les failles, les fautes, les dysfonctionnements» que l’enquête a découverts. À l’entendre, «des procédures collectives n’ont pas été mises en œuvre» et «les enquêtes d’habilitation étaient faites de façon un peu plus souple qu’ailleurs». Harpon «n’aurait jamais dû se trouver là», estime-t-il.À lire aussi : Radicalisation de Mickaël Harpon: tous les voyants étaient au rouge

À voir aussi – Terrorisme: est-on mieux protégé 4 ans après le 13 novembre?Terrorisme : est-on mieux protégé 4 ans après le 13 novembre ?Quatre après les attentats du 13 novembre à Paris : sujet de Stephan Foltzer sur comment la France s’organise pour déjouer les attentats, suivi d’un débat entre Éric Diard, député LR et Jean-Michel Fauvergue, député LREM de Seine-et-Marne.PartagerPlayUnmuteCurrent Time 0:07/Duration 36:43Loaded: 2.27% Niveaux de qualitéFullscreen

Selon lui, à la DRPP, «les procédures de signalement n’étaient pas formalisées, il n’y avait pas de référent radicalisation» et «pas de procédure de formation suffisamment développée». Pourtant, rappelle l’élu, «sa hiérarchie de proximité avait détecté ces failles d’abord sa conversion à l’Islam», avec «une pratique plus radicale de sa religion».

Passé ce constat effarant, la commission Ciotti est surtout attendue sur ses propositions. Car d’autres Harpon en puissance peuvent se cacher parmi les personnels de sécurité. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a ainsi affirmé mardi que les services de police étudient «106 cas» de policiers suspectés de radicalisation depuis le quadruple meurtre du 3 octobre.

Travail élargi

La commission parlementaire pourrait conclure à la nécessité de rattacher le service de Renseignement de la préfecture de police de Paris à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). En tout cas, pour ce qui concerne l’antiterrorisme. La mission plus classique de renseignement territorial resterait toutefois sous la coupe du préfet de police, tant elle est précieuse pour anticiper les actes séditieux et les mouvements sociaux.

Éric Ciotti et ses pairs ont jusqu’à fin mars pour rendre leur rapport. Leur travail sera élargi à la prévention de la radicalisation dans l’ensemble des services publics, ainsi que pour tous les emplois qui pourraient être en lien avec la sécurité nationale, comme les emplois dans les aéroports, les transports publics ou la sécurité privée.La rédaction vous conseille

Pour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»

RECHERCHESur les lieux de l'explosion d'un terroriste-kamikaze au Niger, archives

Pour la députée LREM Sira Sylla, «si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi»

© AFP 2019 BOUREIMA HAMAAFRIQUE15:38 15.01.2020(mis à jour 15:39 15.01.2020)URL courtePar Christine H. Gueye444S’abonner

Cheville ouvrière de la politique africaine d’Emmanuel Macron, s’appuyant sur l’implication des diasporas, Sira Sylla, députée LREM, estime que le sommet de Pau représente un tournant au Sahel. Invitée de Sputnik France, elle revient sur le Sommet G5 Sahel, le rôle de la France et de la Russie dans la région et sur son action pour la Francophonie.

«Ce sommet [à Pau, ndlr] a constitué un temps fort, puisque les États du G5 Sahel ont réaffirmé la nécessité de la force Barkhane. On peut aussi saluer la création de la Coalition Sahel qui va s’organiser autour de quatre piliers», s’est félicitée la députée LREM, Sira Sylla, au micro de Sputnik France.

Lors d’un entretien dans nos locaux le mardi 14 janvier, la parlementaire En Marche de la 4e circonscription de Seine Maritime a détaillé ces quatre piliers, avant d’expliquer son action avec les diasporas et dans le cadre de la Francophonie.

«La lutte contre le terrorisme, la formation des militaires sur place –donc le renforcement des capacités militaires–, la nécessité d’un retour de la présence de l’État –puisqu’il n’y en a plus– et le développement. Les États du G5 Sahel et la France ont réussi à s’unir sur ces quatre piliers et cela, c’est un signe encourageant.»

Réagissant aux décisions annoncées lors du sommet des chefs d’État du G5 Sahel, réunis à Pau le 13 janvier à la demande du président Emmanuel Macron, Sira Sylla, qui est d’origine sénégalaise, mais née à Rouen, s’est félicitée de la «remobilisation» des Etats du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) autour de la France sur ces quatre piliers.

Initialement prévu le 16 décembre pour «clarifier» la volonté des États sahéliens d’accueillir des troupes françaises chez eux, après les discours anti-français qui se sont fait entendre, notamment au Mali, ce sommet avait été reporté. Depuis l’attaque d’Inatès, au Niger, le 10 décembre, ayant causé la mort de 71 militaires nigériens, de nouveaux assauts des djihadistes se sont produits, provoquant à nouveau de nombreuses victimes dans la zone sensible, dite des trois frontières.

«Concernant le sentiment anti-français, c’est vrai [qu’il existe, ndlr], mais je préfère, pour ma part, répondre par la pédagogie. Il faut expliquer sur place ce que fait Barkhane, ce que font les différentes forces internationales. Il faut aussi que les Etats et les élus, là-bas, s’engagent sur le terrain [pour dire à quoi sert Barkhane, ndlr]. On ne peut pas laisser les pays du G5 Sahel dans une telle situation. Car si l’Afrique sombre dans le terrorisme, l’Europe sombrera aussi», a déclaré Sira Sylla au micro de Sputnik France.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron

© REUTERS / ERIC FEFERBERGMarine Le Pen soutient Macron sur ce pointCertains médias français répètent à l’envi que la Russie serait derrière les demandes de départ des troupes françaises du Mali. Moscou attiserait donc le sentiment anti-français grandissant au Sahel, parce qu’il viserait à prendre la place de Paris dans la région. Des allégations qui laissent Sira Sylla sceptique.

«Je ne prends pas pour argent comptant ce que les médias racontent sur les Russes. Je constate par rapport à ce que je vois et par rapport à ce que disent des ONG sérieuses qui se rendent souvent sur le terrain. On ne peut pas tout mettre sur le dos des Russes. Il vaut mieux être concret, aller sur le terrain et que tous les États avancent ensemble. Or, la Coalition Sahel, ça, c’est du concret», répond Sira Sylla sans détour.

S’unir pour contrer les djihadistes

Dans un communiqué publié lundi 13 janvier soir par l’Élysée à l’issue de la conférence de presse donnée par le Président de la République aux côtés de ses homologues du G5 Sahel, ceux-ci ont surtout insisté sur le besoin d’une «plus grande coordination dans la mise en œuvre des initiatives en cours au Sahel» et d’un «engagement international renforcé» afin de combattre plus efficacement les groupes armés terroristes actifs dans cette zone.

Sira Sylla, députée de la République en marche (LRM) est chargée des diasporas africaines et de la Francophonie.

© PHOTO. ASSEMBLÉENATIONALEFRANÇAISESira Sylla, députée de la République en marche (LRM) est chargée des diasporas africaines et de la Francophonie.

«À cette fin, un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel appelé Coalition pour le Sahel, rassemblant les pays du G5 Sahel et la France à travers l’opération Barkhane et ses autres formes d’engagements, les partenaires déjà engagés ainsi que tous les pays et organisations qui voudront y contribuer, est organisé autour de quatre piliers», précise le communiqué de l’Élysée.

Mali, opération Barkhane

© PHOTO. DAPHNE BENOITSahel: Macron annonce l’envoi de 220 soldats supplémentaires pour renforcer la force BarkhaneSur la base des décisions qui ont été arrêtées à Pau, c’est dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger) que les efforts vont désormais se concentrer «sous le commandement conjoint de la Force Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, en ciblant en priorité l’EIGS*.»

De surcroît, toujours selon ce communiqué, le commandement conjoint de cette coalition accueillera «progressivement» l’ensemble des pays volontaires et partenaires, dont les contributions militaires rejoindront l’opération Barkhane, comme le futur groupement de forces spéciales européennes, baptisé «Task Force Takuba», s’inscrivant dans ce premier pilier, celui de la lutte antiterroriste.

Sortir des liens néocolonialistes

Revenant sur l’annonce récente à Abidjan (Côte d’Ivoire), où elle a accompagné Emmanuel Macron, de la fin du franc CFA en faveur de l’ECO, Sira Sylla s’est également réjouie que ce soit des États africains qui aient demandé de mettre un terme au franc CFA. «Nous ne pouvons que nous féliciter de ce que la France sorte des instances de décision», a-t-elle ajouté, se déclarant très fière d’avoir pu assister à ce moment «historique» empreint d’émotion.

Du coup, elle comprend mal les critiques dont le Président de la République continue de faire l’objet de la part de militants anti-CFA.

«Le handicap de la relation entre la France et l’Afrique, c’est que nous restons enlisés dans un passé post-colonialiste. Les Africains doivent prendre leur destin en main. Or, j’ai toujours l’impression qu’il y a un peu de schizophrénie. On voulait la fin du franc CFA. On l’a et c’est même annoncé. Mais on continue de pointer du doigt en direction d’Emmanuel Macron. Il n’est quand même pas tout seul dans cette affaire. Il y a bien une autre partie en face, qui est celle des chefs d’État africains de la zone franc», s’insurge la parlementaire LREM.

Même si elle ne nie pas que des questions «sensibles», comme l’augmentation subite des frais de scolarité pour les étudiants étrangers, la Loi Asile et immigration ou la présence omnipotente de grands groupes français tels que Bolloré, voire Auchan, peuvent empoisonner la relation entre la France et l’Afrique, elle rejette catégoriquement les accusations d’hypocrisie à l’encontre de «son» Président.

Le plus important, pour elle, est de conserver intacte sa détermination à faire bouger les lignes en poursuivant son combat auprès des diasporas africaines, qu’elle veut de plus en plus impliquer dans la nouvelle politique africaine de la France et au sein de la Francophonie:

«C’est en tous cas le sens de mon engagement aux côtés d’Emmanuel Macron pour que les diasporas africaines s’impliquent davantage dans la co-construction de relations apaisées», confie Sira Sylla.

*L’État islamique au Grand Sahel (EIGS) est une organisation terroriste interdite en Russie

https://fr.sputniknews.com/afrique/202001151042908570-pour-la-deputee-lrem-sira-sylla-si-lafrique-sombre-dans-le-terrorisme-leurope-sombrera-aussi/

Une attaque au couteau fait un mort et deux blessés graves à Villejuif, près de Paris

FRANCE

Une attaque au couteau fait un mort et deux blessés graves à Villejuif, près de Paris

Par Euronews • Dernière MAJ: 03/01/2020 – 17:49
Une attaque au couteau fait un mort et deux blessés graves à Villejuif, près de Paris

Tous droits réservésAFP

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Une attaque à l’arme blanche a fait au moins un mort et deux blessés, qui sont touchés grièvement, ce vendredi en France. En début d’après-midi, vers 14 heures, un homme muni d’un couteau s’en est pris à des promeneurs qui marchaient dans le Parc des Hautes-Bruyères, situé sur la commune de Villejuif, dans le département du Val-de-Marne, en région parisienne.

Service graphique Euronews
Carte montrant les lieux de l’attaque au couteau du 3/01/2020Service graphique Euronews

L’individu s’est enfui mais a été rattrapé par des policiers de la Brigade anti-criminalité dans la localité voisine de l’Haÿ-les-Roses, où il a été abattu par balles. Les motifs de son acte meurtrier ne sont pas encore établis.

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nunez, s’est rendu sur les lieux du drame. Cette attaque intervient à un moment sensible en France, à trois jours seulement du triste anniversaire – le cinquième – des attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo, puis dans un magasin cacher à Paris, en janvier 2015.

https://fr.euronews.com/2020/01/03/une-attaque-au-couteau-fait-un-mort-et-deux-blesses-graves-a-villejuif-pres-de-paris

Attaque au couteau à Londres : que sait-on sur l'assaillant, déjà condamné pour terrorisme ?


Attaque au couteau à Londres : que sait-on sur l’assaillant, déjà condamné pour terrorisme ?

Attaque au couteau à Londres : que sait-on sur l'assaillant, déjà condamné pour terrorisme ?

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TERRORISME – Usman Khan, l’homme qui a tué deux personnes lors de l’attaque sur le London Bridge, ce vendredi 29 novembre à Londres, était un ancien prisonnier condamné pour terrorisme.

30 nov. 08:46 – La rédaction de LCI

L’attaque a été qualifiée de « terroriste » par la police. Usman Khan, l’homme qui a tué deux personnes lors de l’attaque survenue sur le London Bridge, ce vendredi 29 novembre, était connu des services de police, selon le chef de l’antiterrorisme britannique, Neil Basu. 

Âgé de 28 ans, Usman Khan, abattu par la police, avait « été condamné en 2012 pour des infractions terroristes. Il a été remis en liberté conditionnelle en décembre 2018 », a également indiqué le responsable policier dans un communiqué, précisant qu’une perquisition était en cours dans un lieu du comté de Staffordshire, dans le centre de l’Angleterre, où il résidait.

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D’après Press Association, il avait été condamné à 16 ans de prison pour son appartenance à un groupe qui planifiait de commettre un attentat à la bombe à la Bourse de Londres, le London Stock Exchange, et qui avait pour but d’établir un camp d’entraînement terroriste au Pakistan. Selon la police, l’homme avait participé, ce vendredi 29 novembre,  à une conférence organisée dans le Fishmonger’s Hall, un bâtiment à l’extrémité nord du London Bridge à l’intérieur duquel l’attaque a commencé. « Le tueur aurait assisté à la séance du matin et participé à divers ateliers au cours desquels il a décrit ses expériences en tant que prisonnier avant de lancer son attaque meurtrière sans prévenir juste avant 14 heures », rapporte The Telegraph.

The Telegraph@Telegraph

London Bridge attacker Usman Khan was a convicted terrorist and a judge warned that he should not be released while he was a threat to the public.

Here’s what we know about him: https://www.telegraph.co.uk/news/2019/11/30/london-bridge-terror-attack-usman-khan-know-suspect/?WT.mc_id=tmgoff_hootsuite&utm_source=tmgoff_socialteam&utm_medium=facebook&utm_content=451e202b-60b8-4344-8d5d-1f2c03f67544&utm_campaign=the+telegraph&WT.mc_id=tmgoff_hootsuite&utm_source=tmgoff_socialteam&utm_medium=twitter&utm_content=2153025f-53ea-4eeb-95a1-62843122dc33&utm_campaign=telegraph …London Bridge terror attack: Who was Usman Khan? What we know about suspectUsman Khan murdered two people and injured at least three more in the attack on London Bridge on Friday.telegraph.co.uk2695:01 AM – Nov 30, 2019Twitter Ads info and privacy370 people are talking about this

Il a ensuite poursuivi son périple meurtrier sur London Bridge, avant d’être arrêté par des passants puis abattu par la police, cinq minutes après qu’elle fut appelée à 13H58. Le journal The Times a précisé que l’homme était porteur d’un bracelet électronique lorsqu’il a pris part à cette conférence sur la réhabilitation de prisonniers organisée par l’université de Cambridge.

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Avec la prudence qui s’impose, la police britannique a tenu a préciser que l’enquête en était « toujours à un stade précoce mais en ce moment nous ne recherchons activement personne d’autre en lien avec cette attaque », a souligné Neil Basu, chef de l’antiterrorisme. 

Cette attaque s’est produite à l’endroit même où un attentat s’était déjà déroulé en 2017, dans un contexte très particulier pour la Grande-Bretagne, qui doit repasser par les urnes pour des élections législatives anticipées. 

Un homme et une femme sont morts dans cette attaque. Trois autres personnes, un homme et deux femmes, ont été blessées. L’une se trouvait vendredi soir dans un état « critique mais stable », une autre dans « un état stable » et une troisième a subi des « blessures moins graves », a précisé le patron du service public de santé britannique (NHS), Simon Steven.

 https://www.lci.fr/international/attaque-au-couteau-au-london-bridge-londres-que-sait-on-sur-usman-khan-l-assaillant-deja-condamne-pour-terrorisme-2139064.html?xtor=ES-106-[${DATE_YYYYMMDD_HHMMSS}_OWP_NLPERSO]-20191130-[]-07d35d6dfbc7bc24543248fcd9bee521@1-20191130093943&_ope=eyJndWlkIjoiMDdkMzVkNmRmYmM3YmMyNDU0MzI0OGZjZDliZWU1MjEifQ%3D%3D

Un radicalisé surveillait les geôles du TGI de Paris

Un radicalisé surveillait les geôles du TGI de Paris:

INFO LE FIGARO – C’est le procureur de Paris, Rémy Heitz, qui a demandé son exfiltration immédiate.

Panique au Tribunal de Grande instance de Paris. En urgence, le parquet a demandé l’exfiltration immédiate d’un premier surveillant de prison, connu pour sa radicalisation, qui officiait depuis quelques mois au dépôt du Palais de Justice de Paris.
Les sous-sols de ce dernier abritent 250 geôles dont une centaine au sein de la «Souricière». Cette partie de la détention reçoit tous les jours les détenus extraits de leur prison et sur le point d’être jugés. C’est là que ce personnel de
la pénitentiaire avait été affecté. De quoi faire froid dans le dos.

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La direction interrégionale de l’administration pénitentiaire a confirmé le signalement et discrètement muté l’agent dans des services administratifs «sans lien direct et habituel avec des personnes détenues». Il aurait fait l’objet d’une surveillance
du renseignement pénitentiaire bien avant sa nomination au TGI de Paris.

De son côté, le procureur de Paris, Rémy Heitz, aurait demandé aux différents
services du tribunal une attention accrue sur ces dérives et exigé un criblage plus serré sur le recrutement et les profils des agents amenés à travailler au tribunal. Aujourd’hui, entre magistrats, fonctionnaires et agents affectés à différentes
tâches, 2 000 personnes travaillent dans cet immeuble de grande hauteur pour lequel la sécurité est un enjeu majeur.

Originalement publié sur Tumblr: https://ift.tt/33rfra6

https://eldorhaan.wordpress.com/2019/11/07/un-radicalise-surveillait-les-geoles-du-tgi-de-paris/https://eldorhaan.wordpress.com/2019/11/07/un-radicalise-surveillait-les-geoles-du-tgi-de-paris/

La France tente de remobiliser face à la menace djihadiste au Sahel

5 NOVEMBRE 2019 / 14:31 / IL Y A 2 HEURES

La France tente de remobiliser face à la menace djihadiste au Sahel

par Paul Lorgerie et Tangi Salaün

4 MINUTES DE LECTURE

BAMAKO/PARIS (Reuters) – La ministre des Armées, Florence Parly, a réaffirmé l’engagement de la France à aider ses partenaires africains à lutter contre la recrudescence des attaques djihadistes dans la zone sahélienne, mardi à Bamako, troisième étape d’une tournée qui l’a conduite au Tchad, au Burkina Faso et au Mali.La ministre des Armées, Florence Parly (photo), a réaffirmé l’engagement de la France à aider ses partenaires africains à lutter contre la recrudescence des attaques djihadistes dans la zone sahélienne, mardi à Bamako, troisième étape d’une tournée qui l’a conduite au Tchad, au Burkina Faso et au Mali. /Photo prise le 21 octobre 2019/REUTERS/Benoit Tessier

Avant de regagner Paris, Florence Parly devait prendre la parole devant des soldats de la force Barkhane et rendre hommage au brigadier-chef Ronan Pointeau, tué samedi dernier dans un attentat à l’engin explosif contre son blindé dans le nord-est du Mali, revendiqué par la branche locale du groupe Etat islamique (EI).

La défaite territoriale du groupe djihadiste en Syrie et en Irak et la mort de son chef, Abou Bakr al Baghdadi, tué par les forces spéciales américaines le mois dernier, fait craindre une flambée de violences dans d’autres régions et en particulier au Sahel, où les 4.500 soldats français déployés dans le cadre de Barkhane peinent déjà à sécuriser un territoire grand comme l’Europe.

“J’ai renouvelé la détermination de la France à poursuivre ce combat mené courageusement par l’armée malienne contre le terrorisme et (…) notre souhait de pouvoir renforcer notre appui si cela est possible”, a déclaré Florence Parly à l’issue d’un entretien avec le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) à Bamako.

“La situation sécuritaire est difficile, les récentes attaques en attestent, (mais) on ne doit pas baisser la garde à un moment aussi dramatique”, a-t-elle ajouté.

Ce week-end, au moins 53 soldats maliens ont été tués dans des attaques revendiquées par l’EI au Mali, et les opérations des groupes djihadistes se multiplient au Burkina Faso voisin, sur fond de conflits communautaires.

“ACCOMPAGNEMENT” ET “PATIENCE”

Dans ce contexte, “il était important de faire le point sur les besoins de nos partenaires en matière de sécurité, notamment le Burkina Faso” où l’armée française intervient à partir de ses bases au Mali et au Niger, et qui héberge le quartier général des forces spéciales françaises Sabre, dit-on au ministère des Armées à Paris.

Florence Parly a martelé à chacune des étapes de sa tournée sahélienne l’importance de “l’accompagnement” par la France des armées africaines, notamment celles du G5 Sahel (regroupant outre les trois pays visités, le Niger et la Mauritanie) que Paris s’efforce tant bien que mal de rendre plus opérationnel.

“Barkhane ne s’enlise pas. Barkhane s’adapte en permanence. Barkhane se transforme pour (…) mieux accompagner les forces africaines dans leurs opérations”, a assuré la ministre dimanche à N’Djamena, centre opérationnel de l’opération française, en vantant la “montée en puissance” du G5 Sahel illustrée selon elle par une récente opération au Niger.

“C’est un combat dans lequel il faut faire preuve de patience. Il faudra du temps pour construire la résilience des forces locales”, a-t-elle toutefois concédé.

Pour améliorer l’efficacité de son dispositif et du soutien aux armées locales, la France espère convaincre davantage de ses partenaires de l’Union européenne de participer à la “task force” de forces spéciales qu’elle s’emploie à mettre en place en zone sahélienne, souligne-t-on au ministère des Armées.

La force Barkhane doit parallèlement recevoir d’ici la fin de l’année du matériel modernisé, dont, pour la première fois, des drones Reaper armés de missiles.

Paul Lorgerie à BAMAKO et Tangi Salaün à PARIS

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1XF1OZ

Baghdadi m’a dit…

Baghdadi m’a dit…

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 28 octobre 2019

   Forum

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Baghdadi m’a dit…

28 octobre 2019 – Cela fait un certain temps, – je parle en termes d’années, voire de décennies, – que je ne suis pas du tout sinon n’ai jamais été impressionné, ni même seulement intéressé par le caractère “moral” et “civilisateur” des exploits anti-terroristes et en général anti-méchants de notre contre-civilisation. Le “Mission Accomplished” de Bush, en avril 2001 après la désintégration barbare de l’Irak par les hordes civilisées de la Grande République, à bord du USS Abraham Lincoln ( ou bien était-ce le USS Ronald Reagan ? C’est du même tonneau), a été un moment tragique-bouffe et symbolique à cet égard ; de la sorte où l’on se dit, “C’est donc qu’Audiard avait tout compris, ‘Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’”.

Alors, la mort de Baghdadi (“la nième mort”, disent les Russes, méchants garçons qui ne veulent pas jouer le jeu), – vous comprenez, moi… Mais bon, on va en parler tout de même, car cela “fait sens” comme on dit dans les talk-shows, et dans plusieurs domaines du simulacre. (Nous avons réussi à créer une catégorie spéciale du simulacre : le simulacre-labyrinthe, ou simulacre-Kafka, où se perdent les personnages d’Audiard “qui osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît”.)

Le premier mot, ou les trois premiers si vous voulez, qui viennent à ma plume pour qualifier cette affaire, c’est dans l’ordre-désordre selon l’air du temps et le sens du vent : confusion, désordre, chaos. On avait déjà eu le cas avec la “mort” (?) de ben Laden, cette fois c’est un remake multiplié par dix. Pour caractériser cette situation, il y cette étrange contradiction : au milieu de la foule de précisions, de révélations, de détails d’ailleurs souvent divergents et venus de tous les côtés, tout cela dominé par les déclarations sonores de Trump remerciant un certain nombre de pays de leur aide pour la réussite de cette attaque, et notamment ô combien la Russie (“TTG”, du site STT du colonel Lang : « Je pense que la Russie a fourni des informations cruciales à l’USI[renseignement US] dans la préparation de ce raid. La coordination entre les États-Unis et la Russie ne se limitait probablement pas à “informer[les Russes] de notre action”, comme l’a dit Trump dans son discours de ce matin. »)

… Bien, je reprends en reprenant mon souffle, et pour mettre en évidence la singularité de la chose : “au milieu de la foule de précisions, de révélations, de détails d’ailleurs souvent divergents et venus de tous les côtés… et notamment ô combien la Russie”, il y a le scepticisme complet, affiché officiellement par les Russes dans tous les cas jusqu’à maintenant, et scepticisme détaillé venu du ministère de la défense. La chose a été largement diffusée et répercutée sur les réseaux officiels et autres, sous la forme d’un communiqué très circonstancié du porte-parole officiel de la défense, le général Igor Konachenkov, de cette façon sur RT-France : 

« “Le ministère russe de la Défense n’a pas d’informations fiables sur la conduite par les militaires américains d’une opération, dans la partie sous contrôle turc de la zone de désescalade d’Idleb, visant à une nouvelle[nième] ‘élimination’ de l’ancien chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi”, a commenté le porte-parole
» Estimant que les détails donnés par les différents participants à l’opération étaient “contradictoires” et soulevaient “des doutes raisonnables quant à la réalité de cette mission et, surtout, quant à son succès”, le porte-parole a estimé que la simple affirmation de la présence du chef de Daesh dans une zone contrôlée par “le groupe al-Qaïda syrien” méritait des “preuves directes et précises” de la part de Washington.
» La mort d’Abou Bakr al-Baghdadi avait, par le passé, déjà été annoncée à plusieurs reprises puis démentiepar des messages audio ou vidéo attribués à l’intéressé. Elle n’avait jamais été confirmée jusque-là. »

Voilà pour illustrer “confusion, désordre, chaos”, car pour que les Russes démentent aussi clairement dans une première réaction une occurrence où Trump applaudit l’aide de la Russie apportée aux USA en Syrie, il faut vraiment que la situation de la communication soit fort compliquée ; encore plus, bien plus que sur le terrain… (Pour la suite de cette affaire Russie-USA à ce propos, on verra ce qu’il en résultera de la vérité-de-situation, si jamais nous arrivons à la saisir. Pour l’instant, seule nous intéresse la formule “confusion-désordre-chaos”.) 

Il y eut tout de même parmi les commentateurs-Système des gens suffisamment zélés et alignés (à peu près 99,97% dans cette catégorie) pour prendre l’affaire au sérieux comme on nous la décrivait chaotiquement, et nous la commenter “sérieusement”, – c’est-à-dire avec raison, professionnalisme et, surtout-surtout, sens moral… Je vous donne un exemple, – un exemple parmi d’autres, et je ne m’y attarderai pas, c’est promis, – sorti aussi bien de mes tiroirs qu’entré dans les oreille hier après-midi

… Il y eut donc une parole immortelle d’un des commentateurs français, de Claude Weill, un des multiples consultants de LCI. Voici ce que je disais de lui le 25 novembre 2018, dans une chronique que je préparai pour ce Journalet que je n’ai finalement pas publiée : « D’abord, il y a Claude Weill, ancien de ‘L’Obs’, chroniqueur de ‘Nice-Matin’ ; l’air distant, un peu hautain, la voix grave et posée, homme de raison assurée (Gilbert Collard parlera une demi-heure plus tard, indirectement à son propos sans que l’autre ne s’en émeuve, de “fatuité”)… ». Eh bien, Weill, hier, lors d’une de ces innombrables table ronde, posa fermement que la mort de Baghdadi “ne changeait pas grand’chose” car “le terrorisme est une idéologie” et qu’une idéologie ne dépend pas d’un homme… Prendre le terrorisme pour une “idéologie”, voilà où ils en sont, à force de se noyer dans les méandres-simulacres de leurs commentaires éclairés sur une situation qu’ils ne comprennent en rien sinon pour les déformer.

(Il y avait eu un débat après 9/11 aux USA, pour “partir en guerre contre le terrorisme”. Certains observèrent alors : “Mais le terrorisme n’est pas ‘un ennemi’, c’est une tactique de guerre, et on ne fait pas opérationnellement la guerre à une tactique de guerre dont tout le monde peut ou non user ; dire cela, c’est comme si vous disiez que vous partez opérationnellement en guerre contre la guerre”. Rien n’y fait, on continue à discourir dans ce sens, où les mots sont constamment détournés de leurs sens.) 

Enfin, laissons là Baghdadi, Daesh et le terrorisme… Car l’essentiel de cette affaire, c’est ce qu’elle nous a montré, – surprise, surprise, – de la situation à “D.C.-la-folle”.

.. Bien entendu, il y a Trump, qui a utilisé l’affaire comme on tape sur une grosse caisse, avec l’ampli à fond, comme si la civilisation venait d’être sauvée par ces exceptionnels soldats du système de l’américanisme, aidés par tant de copains-pays-alliés, dont la Russie, oui la Russie ! Tout le monde est superbe et au-dessus de tout soupçon dans cette affaire, surtout lui-le-POTUS, votez pour Trump… Bien, fermez le ban, tout cela est du classique et du cousu-main. Obama avait fait la même chose avec la “mort” de ben Laden en 2011, avec un peu plus d’élégance, c’est-à-dire selon la tactique différente de ne pas se mouiller dans le bombastique grossièrement personnalisé de la dialectique à-la-Trump, plutôt d’envoyer tous ses fidèles-adorateurs taper sur les grosses caisses en faveur de la réélection du Prophète en 2012 ; c’est cela qu’on nomme “élégance”, aujourd’hui, jours tristes et sombres…

Mais le plus beau du spectacle vint de l’opposition à Trump : comment faire pour réduire l’effet d’annonce, dénier que Trump ait remporté une “victoire” “contre le terrorisme” au profit de la sécurité des USA, dénier qu’il y ait une “victoire”, dénier que Trump put faire quoi que ce soit “au profit de la sécurité des USA”, dénier enfin qu’il y ait quelque intérêt pour les USA que le POTUS restât POTUS quatre ans de plus. Le vacarme fut considérable. Dame Pelosi se plaignit amèrement qu’on ne l’ait pas avertie de l’opération, elle la Speaker de la Chambre, que cet oubli évidemment voulu aggravait encore l’acte de mise en accusation pour la destitution de l’insupportable Trump. De partout du côté démocrate fusèrent les critiques, comme un feu d’artifice saluant une “victoire” qui ne serait qu’un simulacre… Peut-être n’est-ce pas faux, mais qu’est-ce donc alors que “D.C.-la-folle” sinon le simulacre des simulacres, – et eux-mêmes,  les dénonciateurs de simulacres, les pires du pire des simulacres ?

Oui, oui, le plus beau vint sans aucun doute de la presseSystème. Comment annoncer la liquidation du plus terrible des “terroristes” depuis ben Laden, sinon pire que ben Laden, puisqu’ainsi le dit la narrative, sans faire à Trump la faveur d’un compliment-simulacre ? Le pompon revient au Washington Post (WaPo), et notamment : comment qualifier Baghdadi pour ne pas trop favoriser Trump ? On se dit d’abord, dans la rédaction-en-chef, qu’on le qualifierait dans le titre de manchette où tout est dit que les cervelles légères et conformes doivent retenir, de « Terroriste-en-chef de l’État Islamique » ; mais diantre, c’était faire la part un peu drôlement trop belle à l’autre, le Commandant-en-Chef des forces armées US, par simple effet contradictoire, et l’on changea subito presto en « Austère érudit religieux » ; mais diantre, c’était faire la part un peu drôlement trop belle au chef de Daesh, ça pouvait faire jaser, et l’on changea subito prestoen « Leader extrémiste ».

(ZeroHedge.com : « In the final analysis the Washington Post fumbled the Abu Bakr al-Baghdadi headline three times; first, referring to him as the “Islamic State’s terrorist-in-chief,” to “Austere Religious Scholar,” and then finally, to ”Extremist Leader.” »)

Cette épique gymnastique qui doit concilier, en un instant fatal où le simulacre antiTrump côtoie presque une réalité, même simulacre elle-même qu’importe, et impose une vérité-de-situation, anima drôlement (phoneyfunny) la soirée de dimanche sur les réseaux, tweets & Cie. Je signale deux réactions, pour simplement donner une mesure du swingde la chose et du côté rock’n roll de “D.C.-la-folle”, allant du pseudo-sérieux au caricatural présentant les seules choses dignes d’intérêt dans ce simulacre :
• D’abord une réaction officielle du WaPo, réalisant finalement le ridicule absurde (ou l’absurdité ridicule) de son comportement du côté des manchettes de première page du texte. Il s’agit d’un tweetde Katrhy Coratti Kelly, vice-président pour la communication du quotidien, suite au deuxième changement (passage de « Austère érudit religieux » en « Leader extrémiste » pour la manchette) : « Regarding our al-Baghdadi obituary, the headline should never have read that way and we changed it quickly. »
• Mais aussi, la plus intelligente et la plus créatrices des initiatives de cette soirée qui déploya tous les déchets et le vrac puant d’une époque de simulacre, fut celle d’établir un nouveau compte#hashtag sous la dénomination #WaPoDeathNoticesdans lequel les utilisateurs proposent des formules type-WaPo pour qualifier des morts célèbres pour leur affreuse calamité, désignés selon le nouveau style des titres nécrologiques du si-grand quotidien de Washington ; et cela donna par exemple (traduction inutile, me semble-t-il), quelques perles qui suggère la tiédeur de l’imagination des titreurs du WaPo :
« Adolf Hitler, passionate community planner and dynamic public speaker, dies at 56. » ;
« Mao Zedong, who saved 20-45 million of his own people from having to suffer through the struggle of existence, dies at 82. » ;
« Gaius Julius Caesar, 56, noted author and Egyptologist, dies surrounded by his friends. » ;
« Charles Manson, famous songwriter and meditation leader, dead at 83 » ;
« Jeremy Epstein, do-gooder who provided Caribbean vacations to young ladies, dies at 66 » ;
« Satan, unorthodox faith leader known for pushing back against famous wine maker Jesus, dies at 14 billion. »

Voilà donc où nous en sommes réduits, ou plutôt où nous en sommes projetés, dans des sommets de tragédie-bouffeoù le bouffe prend une place démesurée, cosmique, énorme comme une galaxie-bouffe enfantant des simulacres qui frôle l’éternité. Il me faudra du temps avant que je consente à prendre au sérieux les arguments et les commentaires des uns et des autres cadenassés dans le simulacre du Système, sur un événement aussi totalement faussaire de toutes les façons qu’on le considère et parce qu’il s’agit de considérer en simulant, caractérisant un comportement guerrier (et non un “ennemi” ou une “idéologie”) dans l’épisode duquel nous (c’est-à-dire le Système, et le système de l’américanisme) portons la plus complète responsabilité de semeur du chaos depuis Brzezinski-1979.

Pour l’instant, le seul effet important de la “mort” (?) de Baghdadi, c’est d’avoir fait monter d’un cran de plus la folle démence de “D.C.-la-folle”, d’avoir ajouté un peu de kérosène à très haut degré d’octane dans la cuve bouillonnante du Trou Noir où l’empire s’effondre avec un entêtement digne d’éloge et un sens ardent de l’accélération.

https://www.dedefensa.org/article/baghdadi-ma-dit

Sahel : une cécité volontaire

Sahel : une cécité volontaire

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15 octobre, 2019
NoteLeslie Varenne

Au cours des quinze derniers jours, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse effrénée dans la Bande sahélo-saharienne (BSS). Paradoxalement, les communications officielles des gouvernements malien, burkinabè sont déconcertantes d’optimisme. Quant à celle du Conseil de sécurité, le 12 octobre, elle ne pourrait être plus lénifiante. Les populations, elles, ne sont pas dupes, l’inquiétude se lit sur les visages. Elles ont compris que la crise s’inscrivait dans un temps long. Elles ne comptent plus que sur leur propre force pour survivre et sécuriser leur famille, leur village, leur zone. Les échecs militaires assortis d’une absence de réponse politique les poussent à s’interroger sur les raisons de leurs malheurs et sur les agendas des acteurs nationaux et internationaux. Cette situation provoque également la colère des habitants de la BSS. La manifestation qui a tourné à l’émeute le 12 octobre à Sévaré contre la MINUSMA, co-accusée avec l’opération française Barkhane « d’inertie face à la situation sécuritaire dans le centre du pays », est un signal fort, exprimant le niveau d’exaspération et d’élévation de la température. Le même jour, à Ouagadougou était organisé, par plusieurs associations, une journée anti-impérialiste pour demander le départ des forces étrangères. La gronde pourrait se propager…   

Attaque du camp de la MINUSMA à Sévaré

Montée en puissance des forces djihadistes

D’après une source sécuritaire, lors de l’attaque de la base du G5 Sahel à Boulkessi et d’un camp des forces armées maliennes à Mondoro dans la nuit du 29 octobre, les soldats ont essuyé une pluie d’obus venant de tous les côtés puis les terroristes se sont rendus maîtres des lieux avant de s’enfuir. Cela prouve d’une part, le bon niveau de préparation militaire et la maîtrise du terrain ; d’autre part, cela confirme que les djihadistes maliens comptent désormais dans leurs rangs des éléments aguerris, parmi lesquels des étrangers ayant fait leurs armes au Moyen-Orient, comme l’IVERIS le notait dans un précédent article et comme le groupe des experts de l’ONU sur le Mali l’a écrit également dans son dernier rapport

Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, de lyad AG Ghali. qui a déclaré que son organisation avait tué 85 soldats, fait deux prisonniers et saisi des pickup, des munitions et des matériels lourds.

Toujours au Mali, une semaine plus tard, les terroristes maliens ont signé une énième attaque contre les forces armées présentes sur le territoire, en tuant un casque bleu par l’explosion d’un engin lors du passage du véhicule de la MINUSMA dans la région d’Aguelhok.

Au Burkina Faso voisin, les quinze derniers jours ont été tout aussi violents, illustrant ainsi la désespérante dégradation sécuritaire. Les mêmes djihadistes qui opèrent au Sahel de part et d’autre de la frontière, adoptent une stratégie différente en poursuivant des objectifs distincts selon les pays. Dans cet Etat, ce sont les populations civiles qui sont les premières ciblées lors d’attaques non revendiquées par des hommes armés non identifiés. Ainsi, en moins de quinze jours, cinq attaques, dont celle d’un site d’orpaillage, ont fait au moins 48 victimes. Le mode opératoire est toujours le même les assaillants arrivent en moto, tuent, pillent, volent le bétail et incendient maisons et bâtiments publics, forçant ainsi les habitants à quitter leurs villages et à venir grossir le rang des déplacés à Ouagadougou.

Un débat nauséabond

Toujours au Burkina-Faso, le 11 octobre, la grande mosquée de Salmossi, près de Gorom-Gorom a été la cible d’hommes armés, 16 fidèles ont été froidement assassinés pendant leur prière. Cet acte n’a pas été revendiqué, mais il ne semble pas signé par les groupes armés de la zone qui ne s’en prennent pas aux mosquées. Cela s’inscrit plus vraisemblablement dans le cycle attaques de djihadistes/représailles sur des populations soupçonnées de collaborer avec les terroristes. Tout porte à croire que cette tuerie est l’œuvre d’une milice, comme celle des Koglweogos qui avait commis le massacre de Yirgou, de sinistre mémoire.

Par ailleurs, ce drame survient précisément au moment où un débat agite la société burkinabè sur l’utilité de créer des milices d’autodéfense. Loin d’être anodin, ce débat entérine la faiblesse de l’Etat et de son armée, ouvre la voie à des représailles aveugles, à la chasse aux boucs émissaires, aux massacres dits « intercommunautaires » comme celui d’Ogossagou…

Déconnectés du réel

C’est dans ce contexte que les gouvernements malien et burkinabé, ont cru bon de faire la promotion du tourisme en participant au salon IFTM-TOP Résa à Paris, alors qu’au moins un tiers de leur territoire respectif échappe au contrôle de leur Etat. Interrogé sur RFI, Amadou Maïga chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali a déclaré : « lorsqu’il y a du terrorisme, lorsqu’il y a de l’insécurité les gens ont peur, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas envoyer les gens à Tombouctou, les gens peuvent partir partout au Mali, mais il faut simplement organiser et les sécuriser… »  Cette saillie pourrait prêter à sourire si elle ne démontrait pas la déconnection des élites et leurs dénis des réalités.

Leurs pays sont en guerre et leurs dirigeants communiquent comme s’ils étaient en temps de paix. A ce titre, le communiqué du dernier conseil des ministres du Burkina Faso est édifiant. Hormis un décret pris sur le blanchiment et le financement du terrorisme, rien concernant la situation sécuritaire, humanitaire ou sur le sort des déplacés, en revanche il a été décidé qu’un projet de loi sur le… tourisme sera présenté aux députés !

Le communiqué du gouvernement malien après l’émeute de Sévaré où les populations ont saccagé les dépôts de la MINUSMA est tout aussi surprenant. « Le gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violence ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes. » Ce communiqué « original » a été vite retiré pour faire place à un autre plus politiquement correct « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces actes intolérables… »

En ce qui concerne les solutions concrètes, c’est précisément ce qu’attendent les populations. Quant à étonner le monde, le Mali le fait déjà.  Lors d’un récent voyage à Bamako, l’auteur de ces lignes a recueilli le commentaire d’un Bamakois : « Au Mali tout est inédit. C’est le seul pays qui achète des avions et reçoit des épaves, c’est le seul pays où l’opposition a le portefeuille de ministre des Affaires Etrangères, le seul pays où des groupes armés sont rebelles le jour, terroristes la nuit et trafiquants tout le temps ; le seul pays où la mauvaise foi politique et la corruption atteignent de tels sommets. »

Dans ces conditions, il est compréhensible que Burkinabè et Maliens doutent de la capacité et de la volonté de leurs dirigeants de les sortir de ce guêpier ; d’autant que ces Etats, et surtout le Mali, sont entrés dans une économie de guerre qui profite aux élites de toutes les parties au conflit. Ce ne sont sûrement pas, non plus, les grandes messes du type de celle qui a eu lieu le 14 septembre dernier à Ouagadougou où la CEDEAO se réunissait en session extraordinaire sur le terrorisme, qui permettront aux populations de retrouver la confiance. Le communiqué final n’étant qu’une longue suite de vœux pieux, dont aucun n’a vu le début d’un commencement de mise en œuvre.  

La crise de confiance touche aussi Barkhane. Pas un jour ne se passe sans que les médias maliens et burkinabè ne se fassent l’écho du mécontentement et des interrogations, avec parfois des arguments logiques « Pourquoi la France n’a-t-elle pas vu les colonnes de pick-up se dirigeant vers Boulkessi et Mondoro ? » et d’autres ahurissants : « Aussi longtemps que durera la crise, les forces françaises, onusiennes et le G5 Sahel se ravitailleront dans les stations Total ce qui est une aubaine pour le trésor français ! »

Si la France est soupçonnée d’avoir un agenda caché ce n’est pas seulement parce que la force Barkhane n’arrive pas à contenir les groupes terroristes, c’est aussi et surtout à cause de sa politique illisible qui laisse la place à tous les fantasmes. Après avoir beaucoup communiqué, fait preuve de volontarisme, affiché un optimisme béat en annonçant d’un air martial des victoires du G5 Sahel pour… 2018, Emmanuel Macron semble aujourd’hui tétanisé. Le Quai d’Orsay se tait. Lors de l’attaque des camps militaires, Jean-Yves le Drian a fait le service minimum en publiant un communiqué succinct. Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères auraient commandé des rapports à des instituts privés pour trouver des pistes de sorties, preuve de leur désarroi. En soutenant des chefs d’Etats qui ont perdu la confiance de leurs peuples, en fermant les yeux sur leurs pratiques exécrables, comme la création de milices et les trafics en tous genres, les dirigeants français ont placé l’armée française dans une impasse. L’Opération Barkhane est désormais perçue par les opinions publiques comme une assurance tous risques pour des dirigeants corrompus et peu soucieux de leurs peuples.  Comment gagner une guerre lorsque l’on n’ouvre aucune perspective pour la paix ?

Un intellectuel malien décrypte : « La France, comme le G5 Sahel et la Minusma sont partis d’un postulat faux, ils n’ont pas fait une analyse fine de ce type de conflits qui est une superposition de crises qui ont conduit au délitement des Etats. Aujourd’hui la France ne connaît plus l’Afrique, ces élites s’abreuvent des livres d’histoire avec des clichés totalement dépassés. Du coup, le jeu est totalement faussé, tant qu’on ne fera pas la bonne analyse, on ne fera la paix ni au Sahel ni ailleurs. »

Persaverare diabolicum

Le pire serait que la France persiste dans ses erreurs en soutenant, quoiqu’elle en dise, la seule option militaire ; qu’elle ne prenne pas acte de l’échec du G5 Sahel et qu’avec l’Allemagne, elle pousse à son élargissement à certains pays de la CEDEAO, sous quelques formes que ce soient. Alors que les djihadistes adoptent leur stratégie en fonction des spécificités locales, il est vain et illusoire de vouloir globaliser les solutions à toute l’Afrique de l’Ouest. D’autant que les Etats entrant dans cette nouvelle coalition deviendraient de facto la cible d’al-Qaida (JNIM) ou de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). En prime, ces deux organisations risquent fort d’être renforcées par les combattants de Daech qui ont réussi à fuir la Syrie à la faveur de l’intervention turque…

Comment sortir du tunnel et rendre l’espoir à la fois aux populations et à ceux qui s’en soucient ? La situation actuelle ne permet pas de conclure sur une ombre de solution, puisque perdurent les dogmes et les pratiques qui ont conduit à cet échec. Au-delà des diagnostics sévères, l’IVERIS s’efforce toujours de donner des axes de réflexions, mais rien n’est possible dans une telle atmosphère. Rien ne pourra changer, aucune proposition ne sera efficace, aucune action ne pourra être entreprise tant que le mensonge et l’aveuglement régneront au Sahel : la situation est grave, mais elle n’est désespérée que si on ne veut pas la regarder.  

Leslie VarenneTags:
mali; bssburkina fasofranceterrorismesahel; afrique de l’ouest;https://www.iveris.eu/list/notes/450-sahel–une-cecite-volontaire–/

Sahel : une cécité volontaire ?

Sahel : une cécité volontaire ?

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15 octobre, 2019
NoteLeslie Varenne

Au cours des quinze derniers jours, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse effrénée dans la Bande sahélo-saharienne (BSS). Paradoxalement, les communications officielles des gouvernements malien, burkinabè sont déconcertantes d’optimisme. Quant à celle du Conseil de sécurité, le 12 octobre, elle ne pourrait être plus lénifiante. Les populations, elles, ne sont pas dupes, l’inquiétude se lit sur les visages. Elles ont compris que la crise s’inscrivait dans un temps long. Elles ne comptent plus que sur leur propre force pour survivre et sécuriser leur famille, leur village, leur zone. Les échecs militaires assortis d’une absence de réponse politique les poussent à s’interroger sur les raisons de leurs malheurs et sur les agendas des acteurs nationaux et internationaux. Cette situation provoque également la colère des habitants de la BSS. La manifestation qui a tourné à l’émeute le 12 octobre à Sévaré contre la MINUSMA, co-accusée avec l’opération française Barkhane « d’inertie face à la situation sécuritaire dans le centre du pays », est un signal fort, exprimant le niveau d’exaspération et d’élévation de la température. Le même jour, à Ouagadougou était organisé, par plusieurs associations, une journée anti-impérialiste pour demander le départ des forces étrangères. La gronde pourrait se propager…   

Attaque du camp de la MINUSMA à Sévaré

Montée en puissance des forces djihadistes

D’après une source sécuritaire, lors de l’attaque de la base du G5 Sahel à Boulkessi et d’un camp des forces armées maliennes à Mondoro dans la nuit du 29 octobre, les soldats ont essuyé une pluie d’obus venant de tous les côtés puis les terroristes se sont rendus maîtres des lieux avant de s’enfuir. Cela prouve d’une part, le bon niveau de préparation militaire et la maîtrise du terrain ; d’autre part, cela confirme que les djihadistes maliens comptent désormais dans leurs rangs des éléments aguerris, parmi lesquels des étrangers ayant fait leurs armes au Moyen-Orient, comme l’IVERIS le notait dans un précédent article et comme le groupe des experts de l’ONU sur le Mali l’a écrit également dans son dernier rapport

Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, de lyad AG Ghali. qui a déclaré que son organisation avait tué 85 soldats, fait deux prisonniers et saisi des pickup, des munitions et des matériels lourds.

Toujours au Mali, une semaine plus tard, les terroristes maliens ont signé une énième attaque contre les forces armées présentes sur le territoire, en tuant un casque bleu par l’explosion d’un engin lors du passage du véhicule de la MINUSMA dans la région d’Aguelhok.

Au Burkina Faso voisin, les quinze derniers jours ont été tout aussi violents, illustrant ainsi la désespérante dégradation sécuritaire. Les mêmes djihadistes qui opèrent au Sahel de part et d’autre de la frontière, adoptent une stratégie différente en poursuivant des objectifs distincts selon les pays. Dans cet Etat, ce sont les populations civiles qui sont les premières ciblées lors d’attaques non revendiquées par des hommes armés non identifiés. Ainsi, en moins de quinze jours, cinq attaques, dont celle d’un site d’orpaillage, ont fait au moins 48 victimes. Le mode opératoire est toujours le même les assaillants arrivent en moto, tuent, pillent, volent le bétail et incendient maisons et bâtiments publics, forçant ainsi les habitants à quitter leurs villages et à venir grossir le rang des déplacés à Ouagadougou.

Un débat nauséabond

Toujours au Burkina-Faso, le 11 octobre, la grande mosquée de Salmossi, près de Gorom-Gorom a été la cible d’hommes armés, 16 fidèles ont été froidement assassinés pendant leur prière. Cet acte n’a pas été revendiqué, mais il ne semble pas signé par les groupes armés de la zone qui ne s’en prennent pas aux mosquées. Cela s’inscrit plus vraisemblablement dans le cycle attaques de djihadistes/représailles sur des populations soupçonnées de collaborer avec les terroristes. Tout porte à croire que cette tuerie est l’œuvre d’une milice, comme celle des Koglweogos qui avait commis le massacre de Yirgou, de sinistre mémoire.

Par ailleurs, ce drame survient précisément au moment où un débat agite la société burkinabè sur l’utilité de créer des milices d’autodéfense. Loin d’être anodin, ce débat entérine la faiblesse de l’Etat et de son armée, ouvre la voie à des représailles aveugles, à la chasse aux boucs émissaires, aux massacres dit intercommunautaires comme celui d’Ogossagou…

Déconnectés du réel

C’est dans ce contexte que les gouvernements malien et burkinabé, ont cru bon de faire la promotion du tourisme en participant au salon IFTM-TOP Résa à Paris, alors qu’au moins un tiers de leur territoire respectif échappe au contrôle de leur Etat. Interrogé sur RFI, Amadou Maïga chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali a déclaré : « lorsqu’il y a du terrorisme, lorsqu’il y a de l’insécurité les gens ont peur, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas envoyer les gens à Tombouctou, les gens peuvent partir partout au Mali, mais il faut simplement organiser et les sécuriser… »  Cette saillie pourrait prêter à sourire si elle ne démontrait pas la déconnection des élites et leurs dénis des réalités.

Leurs pays sont en guerre et leurs dirigeants communiquent comme s’ils étaient en temps de paix. A ce titre, le communiqué du dernier conseil des ministres du Burkina Faso est édifiant. Hormis un décret pris sur le blanchiment et le financement du terrorisme, rien concernant la situation sécuritaire, humanitaire ou sur le sort des déplacés, en revanche il a été décidé qu’un projet de loi sur le… tourisme sera présenté aux députés !

Le communiqué du gouvernement malien après l’émeute de Sévaré où les populations ont saccagé les dépôts de la MINUSMA est tout aussi surprenant. « Le gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violence ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes. » Ce communiqué « original » a été vite retiré pour faire place à un autre plus politiquement correct « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces actes intolérables… »

En ce qui concerne les solutions concrètes, c’est précisément ce qu’attendent les populations. Quant à étonner le monde, le Mali le fait déjà.  Lors d’un récent voyage à Bamako, l’auteur de ces lignes a recueilli le commentaire d’un Bamakois : « Au Mali tout est inédit. C’est le seul pays qui achète des avions et reçoit des épaves, c’est le seul pays où l’opposition a le portefeuille de ministre des Affaires Etrangères, le seul pays où des groupes armés sont rebelles le jour, terroristes la nuit et trafiquants tout le temps ; le seul pays où la mauvaise foi politique et la corruption atteignent de tels sommets. »

Dans ces conditions, il est compréhensible que Burkinabè et Maliens doutent de la capacité et de la volonté de leurs dirigeants de les sortir de ce guêpier ; d’autant que ces Etats, et surtout le Mali, sont entrés dans une économie de guerre qui profite aux élites de toutes les parties au conflit. Ce ne sont sûrement pas, non plus, les grandes messes du type de celle qui a eu lieu le 14 septembre dernier à Ouagadougou où la CEDEAO se réunissait en session extraordinaire sur le terrorisme, qui permettront aux populations de retrouver la confiance. Le communiqué final n’étant qu’une longue suite de vœux pieux, dont aucun n’a vu le début d’un commencement de mise en œuvre.  

La crise de confiance touche aussi Barkhane. Pas un jour ne se passe sans que les médias maliens et burkinabè ne se fassent l’écho du mécontentement et des interrogations, avec parfois des arguments logiques « Pourquoi la France n’a-t-elle pas vu les colonnes de pick-up se dirigeant vers Boulkessi et Mondoro ? » et d’autres ahurissants : « Aussi longtemps que durera la crise, les forces françaises, onusiennes et le G5 Sahel se ravitailleront dans les stations Total ce qui est une aubaine pour le trésor français ! »

Si la France est soupçonnée d’avoir un agenda caché ce n’est pas seulement parce que la force Barkhane n’arrive pas à contenir les groupes terroristes, c’est aussi et surtout à cause de sa politique illisible qui laisse la place à tous les fantasmes. Après avoir beaucoup communiqué, fait preuve de volontarisme, affiché un optimisme béat en annonçant d’un air martial des victoires du G5 Sahel pour… 2018, Emmanuel Macron semble aujourd’hui tétanisé. Le Quai d’Orsay se tait. Lors de l’attaque sur les deux camps militaires, Jean-Yves le Drian a fait le service minimum en publiant un communiqué succinct. Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères auraient commandé des rapports à des instituts privés pour trouver des pistes de sorties, preuve de leur désarroi. En soutenant des chefs d’Etats qui ont perdu la confiance de leurs peuples, en fermant les yeux sur leurs pratiques exécrables, comme la création de milices et les trafics en tous genres, les dirigeants français ont placé l’armée française dans une impasse. L’Opération Barkhane est désormais perçue par les opinions publiques comme une assurance tous risques pour des dirigeants corrompus et peu soucieux de leurs peuples.  Comment gagner une guerre lorsque l’on n’ouvre aucune perspective pour la paix ?

Un intellectuel malien décrypte : « La France, comme le G5 Sahel et la Minusma sont partis d’un postulat faux, ils n’ont pas fait une analyse fine de ce type de conflits qui est une superposition de crises qui ont conduit au délitement des Etats. Aujourd’hui la France ne connaît plus l’Afrique, ces élites s’abreuvent des livres d’histoire avec des clichés totalement dépassés. Du coup, le jeu est totalement faussé, tant qu’on ne fera pas la bonne analyse, on ne fera la paix ni au Sahel ni ailleurs. »

Persaverare diabolicum

Le pire serait que la France persiste dans ses erreurs en soutenant, quoiqu’elle en dise, la seule option militaire ; qu’elle ne prenne pas acte de l’échec du G5 Sahel, et qu’avec l’Allemagne, elle pousse à son élargissement à tous les pays de la CEDEAO. Alors que les djihadistes adoptent leur stratégie en fonction des spécificités locales, il est vain et illusoire de vouloir globaliser les solutions à toute l’Afrique de l’Ouest. D’autant que les Etats entrant dans cette nouvelle coalition deviendraient de facto la cible d’al-Qaida (JNIM) ou de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). En prime, ces deux organisations risquent fort d’être renforcées par les combattants de Daech qui ont réussi à fuir la Syrie à la faveur de l’intervention turque…

Comment sortir du tunnel et rendre l’espoir à la fois aux populations et à ceux qui s’en soucient ? La situation actuelle ne permet pas de conclure sur une ombre de solution, puisque perdure les dogmes et les pratiques qui ont conduit à cet échec. Au-delà des diagnostics sévères, l’IVERIS s’efforce toujours de donner des axes de réflexions, mais rien n’est possible dans une telle atmosphère. Rien ne pourra changer, aucune proposition ne sera efficace, aucune action ne pourra être entreprise tant que le mensonge et l’aveuglement régneront au Sahel : la situation est grave, mais elle n’est désespérée que si on ne veut pas la regarder.  

Leslie VarenneTags:
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