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Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?


Par Dan Glazebrook – Le 17 août 2018 – Source RT

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions « sont la goutte qui fait déborder le vase », selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs « continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut ». Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3 500 milliards  de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits « émergents » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un « refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme « aussi solides que l’or », se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement « s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan ».

Ainsi, le coup porté par les États-Unis à la Turquie est quadruple – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la roupie indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de les Accords du Plaza de 1985 n’était pas exactement de l’assouplissement quantitatif, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marché, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement « encaissée » lorsque les Accords du  Plaza a été « inversé », 10 ans plus tard [par les Accords du Louvre, NdT], un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux États-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse « ce qu’elle doit faire » pour « rassurer les marchés » – le Times de mardi, par exemple, exige que « Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupes plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les « mondialistes » et les « nationalistes économiques » de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les « marchés émergents ».

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend … de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales ». Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du « nationalisme » et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la « mondialisation ». Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les « libéraux de l’establishment » et les « insurgés nationalistes » attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT ; Counterpunch ; Z magazine ; le Morning Star ; le Guardian ; le New Statesman ; l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, Divide and Ruin : The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’« austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere

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Thaïlande: les 13 rescapés de la grotte sauvés, au terme d’une course contre la pluie

Thaïlande: les 13 rescapés de la grotte sauvés, au terme d’une course contre la pluie

Une ambulance qui transporterait des membres de l’équipe de football rescapés d’une grotte dans le district de Mae Sai, en Thaïlande, le 10 juillet 2018 / © AFP / YE AUNG THU

Après deux semaines piégés dans le noir d’une grotte inondée, réfugiés sur un étroit promontoire, les 12 jeunes footballeurs thaïlandais et leur entraîneur sont tous sortis sains et saufs au terme d’une périlleuse opération de secours.

L’équipe de football, baptisée les « Sangliers sauvages », était enfin réunie mardi à l’air libre, après une longue attente qui a tenu en haleine la Thaïlande et les médias internationaux.

« Les 12 Sangliers sauvages et leur entraîneur ont été extraits de la grotte », ont annoncé les commandos de marine thaïlandais, au coeur de l’opération de secours, sur leur page Facebook.

L’opération aura duré trois jours, les enfants étant évacués chacun par deux plongeurs professionnels, sur un parcours très difficile, supposant de longs passages de plongée.

Entre boyaux inondés et passages étroits dans lesquels il faut se faufiler, le parcours, de plusieurs kilomètres, était semé d’embûches et prenait cinq heures à un plongeur aguerri.

Pendant plusieurs jours, les secouristes avaient repoussé la date du lancement de l’opération, préférant envoyer des plongeurs prendre soin des enfants sur leur bout de rocher, le temps d’essayer de faire baisser le niveau de l’eau.

Après neuf jours sans contact avec l’extérieur, à ne pas savoir s’ils seraient jamais retrouvés, les enfants, bloqués depuis le 23 juin, ont enfin pu manger et se calfeutrer sous des couvertures de survie ces derniers jours.

Les huit premiers sortis dimanche et lundi, hospitalisés, sont « en bonne santé », selon un responsable du ministère de la Santé publique. « Tout le monde est en bonne santé mentale ».

« Merci à tous ceux qui ont aidé mes amis à sortir de la grotte! », s’est exclamé Settawat Boonsri, un coéquipier des « Sangliers sauvages », interrogé par l’AFP.

Les enfants ont subi des examens radiologiques et des tests sanguins. Deux garçons qui présentaient des signes de pneumonie ont reçu des antibiotiques et sont dans un « état normal », selon le responsable de la santé publique, précisant qu’ils resteraient tous en observation à l’hôpital pendant une semaine, dans un premier temps en quarantaine.

– Célébrités –

La Thaïlande a vécu au rythme de la saga des « 13 », comme les identifiaient les éditions spéciales des télévisions.

Les enfants ont reçu de l’étranger des messages de soutien de célébrités aussi diverses que le président américain Donald Trump, la star de football Lionel Messi et le gourou américain de la technologie Elon Musk.

Thaïlande : opération de sauvetage / © AFP / Gal ROMA

Mardi soir, la Première ministre Theresa May a été une des premières à saluer, sur Twitter, le « courage de tous ceux qui ont été impliqués » dans l’opération, alors que ce sont des plongeurs anglais qui ont découvert les enfants.

« Tous libérés, du bon boulot! », a commenté le président américain Donald Trump. Des Américains se sont également joints à cette opération internationale, ayant mobilisé plusieurs pays.

Saluant l’effort international, « la Thaïlande sera reconnaissante à jamais pour ce sauvetage historique », a réagi sur Twitter Yingluck Shinawatra, ex-Première ministre thaïlandaise en exil, dont le gouvernement a été renversé par un coup d’Etat en 2014.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, avait même invité les enfants à assister à la finale du Mondial-2018 le 15 juillet à Moscou. Mais « ils ne peuvent pas y aller, ils doivent rester à l’hôpital pendant un moment », a répondu Thongchai Lertwilairatanapong, haut responsable du ministère de la Santé.

Mardi soir, le club anglais Manchester United s’est dit « profondément soulagé ». »Nous serions honorés d’accueillir l’équipe des Sangliers sauvages et leurs sauveteurs lors de la prochaine saison », a indiqué le club.

– Drones utilisés par des médias –

Les secouristes ont critiqué l’usage de drones par certains médias lors de l’opération d’évacuation lundi, qui ont pour certains gêné les hélicoptères évacuant les enfants. La police a annoncé mardi mener une enquête sur l’utilisation de deux drones envoyés pour tenter d’avoir des images des enfants.

Les footballeurs des « Sangliers sauvages » avaient passé neuf jours dans les tréfonds de la grotte avant que deux plongeurs britanniques ne réussissent à les rejoindre en début de semaine dernière. Emaciés mais en vie, ils étaient perchés sur un promontoire, à plus de quatre kilomètres de l’entrée du vaste réseau souterrain.

Après cette découverte, les sauveteurs ont désespérément passé en revue toutes les solutions possibles, percer des tunnels dans la montagne ou attendre sous terre pendant des semaines la fin de la mousson.

Mais face à la menace de nouvelles pluies et à la baisse des niveaux d’oxygène dans la chambre où le groupe avait trouvé refuge, les autorités ont décidé dimanche de tenter le tout pour le tout.

(©AFP / 10 juillet 2018 16h02)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Tha-lande-les-13-rescap-s-de-la-grotte-sauv-s-au-terme-d-une-course-contre-la-pluie/935219.rom

 

Thaïlande: six des treize jeunes de la grotte évacués, les autres lundi

Thaïlande: six des treize jeunes de la grotte évacués, les autres lundi

Une ambulance quitte le site de Tam Luang, évacuant un des premiers enfants sortis de la grotte par des plongeurs, le 8 juillet 2018. / © AFP / Lillian SUWANRUMPHA

La difficile opération d’évacuation des douze enfants et de leur entraîneur de football coincés dans une grotte en Thaïlande depuis 15 jours a débuté dimanche et six d’entre eux ont été évacués avec succès, les autres devant l’être lundi au terme d’une attente éprouvante pour les familles.

Selon le bilan communiqué à l’AFP par les secouristes, un premier groupe de six garçons, chacun guidé dans la grotte inondée par deux plongeurs professionnels, ont d’ores et déjà réussi à sortir.

Ils ont été évacués à bord d’ambulances puis d’hélicoptères en direction de l’hôpital de Chiang Rai. Des journalistes de l’AFP sur place ont vu les ambulances quitter le site en direction d’un héliport.

« La prochaine opération devrait débuter dans dix heures minimum », a déclaré lors d’une conférence de presse dimanche soir Narongsak Osottanakorn, le chef de la cellule de crise.

Le matin, il avait annoncé que le « grand jour » de l’évacuation était enfin venu.

Un hélicoptère se pose à l’aéroport militaire de Chiang Rai, transportant des jeunes évacués de la grotte, le 8 juillet 2018. / © THAI NEWS PIX/AFP / Krit PHROMSAKLA NA SAKOLNAKORN

Les secours avaient prévenu que les enfants sortiraient « un par un », assistés chacun par deux plongeurs professionnels, et que cela prendrait au total « deux à trois jours ». Ils ont finalement opté pour une sortie des enfants en deux groupes, de six puis de sept.

La première évacuation s’est révélée plus rapide que prévu, en avance de plus de deux heures sur l’horaire indiqué à l’origine. Et le deuxième groupe pourrait sortir dès lundi matin selon le scénario le plus optimiste.

– Cinq heures par enfant –

Aucune image de l’opération n’a émergé pour l’heure, les autorités thaïlandaises ayant créé un large périmètre de sécurité autour de la zone.

Thaïlande : opérations de secours / © AFP / Laurence CHU

L’équipe de foot des « sangliers sauvages » était partie explorer la grotte le 23 juin, après l’entraînement, pour une raison encore inconnue. Ils se sont retrouvés piégés par la montée des eaux dans cette grotte au fin fond du nord de la Thaïlande, à la frontière avec la Birmanie et le Laos.

Jusqu’ici, il fallait onze heures à un plongeur aguerri pour faire l’aller-retour jusqu’aux enfants: six heures aller, cinq heures retour grâce au courant. Long de plusieurs kilomètres dans des boyaux accidentés, le parcours pour sortir de la grotte comprend de difficiles passages sous l’eau.

Signe du péril de l’entreprise, un ancien plongeur de la marine thaïlandaise est mort vendredi lors d’une opération de ravitaillement des enfants.

Or, une bonne partie des enfants, âgés de 11 à 16 ans, ne savent pas nager et aucun n’a fait de plongée.

Un policier en faction devant l’entrée de la grotte Tham Luang, le 8 juillet 2018 à Mae Sai, où 12 enfants et leur entraîneur de football sont bloqués depuis plusieurs jours / © AFP / YE AUNG THU

« Je leur envoie ma force. J’espère qu’ils vont y arriver », avait réagi Nopparat Khanthavong, l’entraîneur de football principal de l’équipe, interrogé par l’AFP, avant la sortie des enfants. Les familles ne répondaient pas au téléphone dimanche.

Les conditions pour une évacuation sont jugées « parfaites » ces jours-ci par la cellule de crise, notamment en ce qui concerne le niveau d’eau dans la grotte.

– Retour de la pluie –

Les secours s’interrogeaient depuis des jours sur l’opportunité de déclencher une évacuation périlleuse, des pluies de mousson attendues prochainement risquant de ruiner les efforts continus pour drainer l’eau de la grotte.

Option de sauvetage des enfants dans la grotte / © AFP / Fred Garet, Emmanuelle Baillon

Les secours avaient réussi à insérer un tuyau de plusieurs kilomètres pour acheminer de l’oxygène dans la poche où le groupe s’est réfugié et le niveau d’oxygène s’est stabilisé dans la grotte.

Mais samedi soir et dimanche, des averses sont tombées, rappelant l’urgence à faire sortir les enfants.

Les sauveteurs ont fait évacuer dimanche matin aux journalistes les alentours de la grotte.

« Tous ceux qui ne sont pas impliqués dans l’opération doivent sortir de la zone immédiatement », a annoncé la police par haut-parleur sur le site, où se trouvaient des centaines de journalistes suivant cette « saga » ayant pris une ampleur internationale.

Thaïlande: une ambulance quitte la zone de la grotte / © AFP / AMEL SEMMACHE

L’annonce de la police a été suivie par un branle-bas de combat dans le campement monté par les journalistes, avec des caméras partout et des lits de camp pour être aux meilleures places pour filmer l’évacuation des enfants.

Le chef de la cellule de crise, avait prévenu vendredi soir que l’afflux de médias dans cette zone montagneuse de forêt tropicale posait problème. « Nous avons de plus en plus de médias qui arrivent et s’installent partout », avait-il critiqué. « Les équipes médicales se sont plaintes auprès de moi que cela devient un problème », avait-il dit.

Face à l’afflux de journalistes, pataugeant dans la boue depuis des jours, les autorités avaient posé des barrières métalliques pour les tenir à distance et permettre aux secouristes de travailler sans caméras autour.

Dimanche, nombre de médias se sont précipités devant l’hôpital de Chaing Rai, à une heure de route du site, où les victimes doivent être évacuées. Mais là aussi les autorités ont interdit l’abord immédiat de l’hôpital.

(©AFP / 08 juillet 2018 16h35)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Tha-lande-six-des-treize-jeunes-de-la-grotte-vacu-s-les-autres-lundi/934574.rom