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Le monde musulman réagit à la décision de Trump sur Jérusalem

Le monde musulman réagit à la décision de Trump sur Jérusalem

La Ligue arabe d’une part, et l’Organisation de coopération islamique présidée par la Turquie d’autre part, se réunissent pour définir quelle réponse donner à la décision de Donald Trump d’installer l’ambassade américaine à Jérusalem.

Des manifestants Palestiniens à Gaza réagissent à l’annonce de Donald Trump le 5 Décembre 2017.

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Des manifestants Palestiniens à Gaza réagissent à l’annonce de Donald Trump le 5 Décembre 2017. / Mahmud Hams/AFP

Face à la volonté inflexible du président américain, les dirigeants du monde musulman s’organisent.

Ligue arabe réunie samedi

Après une première réunion mardi 5 décembre qui a rassemblé les délégués permanents de ses États membres, la Ligue arabe organise samedi 9 décembre, à la demande des délégations palestiniennes et jordaniennes, une réunion d’urgence des ministres des affaires étrangères des pays membres.

Par ailleurs, le président turc Recep Tayyip Erdogan convoque à Istanbul un sommet de l’Organisation de coopération islamique (OCI) mercredi 13 décembre.

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Ces réunions extraordinaires ont pour objectif de définir rapidement une réponse collective à la décision, qui doit être confirmée mercredi 6 décembre par Donald Trump, de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

L’Organisation de coopération islamique, un sommet mercredi

Recep Tayyip Erdogan, est particulièrement mobilisé. Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a appelé mercredi l’administration américaine à « revenir immédiatement » sur sa « grave erreur ». « Jérusalem est notre honneur, Jérusalem est notre cause commune, a-t-il ajouté. Comme l’a dit notre président hier, Jérusalem est notre ligne rouge. »

Le président turc, président de l’OCI, a déclaré s’être entretenu mercredi avec les chefs d’État ou de gouvernement des principaux pays membres de l’organisation, la Malaisie, la Tunisie, l’Iran, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Pakistan et l’Indonésie.

La question de Jérusalem sera aussi au centre d’entretiens que Recep Tayyip Erdogan doit avoir mercredi à Ankara avec le roi de Jordanie Abdallah II, dont le pays est le gardien des Lieux saints musulmans de Jérusalem.

La Syrie condamne la décision

Mercredi 6 décembre dans la matinée, le ministère syrien des affaires étrangères a lui aussi condamné la décision américaine. « Cette initiative dangereuse de l’administration américaine montre clairement le mépris des États-Unis à l’égard de la loi internationale », a indiqué une source au ministère des affaires étrangères citée par l’agence officielle Sana.

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« Le président américain n’aurait pas osé prendre cette initiative sans son alliance avec des régimes arabes qui ont comploté et continuent de comploter contre la Syrie et contre la cause palestinienne », poursuit-elle, en faisant allusion à l’Arabie saoudite, alliée de Washington au Moyen-Orient.

Une décision fruit d’un « complot », estime l’Iran

Le président iranien Hassan Rohani a lui-aussi réagi lors d’un discours prononcé dans la matinée à Téhéran. L’Iran «ne tolérera pas une violation des lieux saints musulmans», a-t-il affirmé lors d’un discours devant des responsables politiques et religieux de plusieurs pays musulmans réunis dans la capitale iranienne.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui s’est exprimé plus tôt, a lui vu dans la décision américaine un geste désespéré, fruit de l’«incompétence» des Etats-Unis. «Le monde islamique s’opposera assurément à ce complot», a-t-il déclaré.

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Turquie-OTAN : le départ de la Turquie mènera à l’effondrement complet de l’Alliance

Turquie-OTAN : le départ de la Turquie mènera à l’effondrement complet de l’Alliance


Le 22 novembre 2017 – Source sputniknews.com

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Les relations entre la Turquie et ses alliés de l’OTAN ont empiré cette semaine après que le président Erdogan ait conseillé au parlement de reconsidérer l’adhésion d’Ankara à l’alliance. Yunus Soner, vice-président du parti Vatan en Turquie, a déclaré à Spoutnik que le retrait de son pays de l’alliance occidentale est pratiquement inévitable.

Les retombées des scandaleuses manœuvres de l’OTAN en Norvège la semaine dernière, où le président turc Recep Tayyip Erdogan et le père fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Atatürk, ont été dessinés sur une « carte des ennemis ». Lundi, Yalcin Topcu, un conseiller clé du président, a exhorté les législateurs à reconsidérer l’adhésion de la Turquie au bloc militaire.

S’adressant à Spoutnik Turquie, Yunus Soner, vice-président du parti nationaliste et kémaliste Vatan (parti patriotique), a déclaré que la question de la sortie de son pays de l’OTAN était attendue depuis longtemps et que « la Turquie a déjà entamé le processus ».

« Un exemple de ce fait est qu’Ankara s’est opposée au référendum organisé au Kurdistan irakien non pas dans le cadre de l’OTAN, mais en coordination générale avec la Russie, l’Iran et l’Irak, a expliqué le politicien. Un autre exemple du retrait de la Turquie de l’OTAN est sa politique syrienne, qui ne correspond pas à la stratégie de l’OTAN, mais qui est définie dans le processus de négociation avec la Russie, l’Iran et indirectement la Syrie. »

Un autre exemple, selon Soner, est le fait qu’au plus fort de la crise qatari, Ankara a rejeté les propositions américaines sur la formation d’une OTAN musulmane sunnite. En outre, a-t-il ajouté, la Turquie dispose déjà d’alternatives claires dans le domaine de la coopération en matière de défense, en particulier avec la Russie et la Chine.

« En résumé, malgré l’interaction continue entre la Turquie et l’OTAN dans les domaines militaire et technologique, la politique étrangère de la Turquie n’est plus déterminée par son appartenance à l’alliance, a souligné M. Soner. Par conséquent, la question de savoir si la Turquie peut se retirer de l’OTAN n’est plus tabou », a-t-il ajouté.

Selon le politicien, « le moment le plus important et le plus remarquable de ce processus de distanciation de l’OTAN est non seulement la poursuite d’une politique étrangère indépendante par Ankara, mais aussi son élimination des éléments de l’OTAN au sein des forces armées turques, quelque chose que les responsables américains ont reconnu à plusieurs reprises et avec beaucoup d’inquiétude ».

Quant à l’explication des responsables de l’OTAN selon laquelle l’objet du scandale pendant les exercices norvégiens étaient l’œuvre d’un mercenaire indépendant, et non d’un employé de l’OTAN, Soner a déclaré que cette question ne pouvait pas être simplement considérée comme une erreur technique. Au contraire, a-t-il suggéré, cela ressemble plus à une provocation directe de l’OTAN et des États-Unis, et un indicateur de l’écart croissant dans les relations entre Ankara et l’alliance. Le politicien a noté que dans la Turquie d’aujourd’hui peu de voix de soutien peuvent être entendues en faveur de l’adhésion du pays à l’alliance, et ceux qui le font ne peuvent pas fournir d’arguments de fond pour expliquer leur position. « Le climat politique en Turquie est aujourd’hui opposé à l’idée de coopération avec l’OTAN et les États-Unis », a-t-il déclaré.

En fin de compte, le politicien du Parti patriotique a souligné qu’une éventuelle sortie de la Turquie de l’OTAN pourrait conduire à l’effondrement de l’alliance. « La Turquie a déjà d’importantes alternatives, telles que l’adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghai, a-t-il déclaré. Son adhésion à cette organisation apporterait des avantages majeurs aux deux parties et, en se retirant de l’Alliance atlantique et en rejoignant les structures eurasiennes, la Turquie pourrait aider l’Eurasie à atteindre un nouveau niveau. »

En second lieu, Soner a noté que « le retrait de la Turquie de l’OTAN a révélé une scission au sein de l’alliance : après tout, non seulement la Turquie, mais un nombre important de pays européens se distancient également de ce bloc de défense ».

« Le récent accord sur la création d’un pacte de défense conjoint entre États européens ne fait que confirmer ce processus centrifuge entre les États membres de l’OTAN, a expliqué le politicien. Certains membres de l’OTAN sont préoccupés par les activités de l’alliance en Ukraine, et le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France sont extrêmement préoccupés par la position de Washington sur l’Iran. En fin de compte, les États-Unis resteront seuls dans l’alliance qu’ils ont créée, et l’orientation changeante de la Turquie ouvrira la voie à des changements fondamentaux. »

Pour sa part, Cahit Armagan Dilek, directeur du 21st Century Turkey Institute basé à Ankara, a déclaré que, s’il était prématuré de parler d’un retrait turc de l’OTAN, Ankara pourrait et devrait concentrer ses énergies sur la suspension des opérations de l’alliance sur le territoire turc.

« Il est nécessaire d’agir étape par étape, a souligné Dilek. Premièrement : geler les activités des États-Unis et de l’OTAN sur les bases militaires turques. Deuxièmement, conformément à la réaction de l’autre partie, il sera peut-être possible de révoquer l’autorisation du déploiement de contingents militaires étrangers sur les bases turques. Et si ces étapes n’ont pas l’effet désiré, la base d’Incirlik pourrait être complètement fermée à son utilisation par les États-Unis. »

D’autres mesures, selon l’analyste, pourraient inclure la suspension de la mission navale de l’OTAN contre les migrations illégales dans la mer Égée et les demandes d’Ankara que les navires turcs quittent ses eaux territoriales [?? plutôt non turcs, NdT]. « Pour ce qui est de la question syrienne, des opérations pourraient être menées ici pour intercepter les armes et les munitions fournies aux détachements des YPG kurdes [par les États-Unis]. La Turquie peut mener une opération pour frapper les entrepôts d’armes et les bases des YPG à l’Est de l’Euphrate. Les États-Unis envoient régulièrement des armes et participent à la formation de soldats dans le but de former une armée kurde régulière. »

Note du Saker Francophone

Les revirements multiples de la politique Turque peuvent laisser penser que tout est possible, mais l'OTAN n'a plus de leadership assez fort pour imposer une discipline de fer pour permettre un retour au calme et sauver ce qui peut encore l'être de son point de vue. Trop d'intérêts contradictoires s'y affrontent, poussant la Turquie et sa puissante armée dans les bras eurasiatiques. Les arguments avancés par l'article font mal, très mal pour le camp du Bien.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/turquie-otan-la-sortie-turque-menera-a-leffondrement-complet-de-lalliance

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale


Par Andrew Korybko – Le 6 novembre 2017 – Source Oriental Review

Baku-Tbilisi-Kars (BTK) Railway
Chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK)

Le président Erdogan a déclaré que le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars est « un maillon important dans la nouvelle route de la soie, qui relie l’Asie, l’Afrique et l’Europe » lors de la cérémonie d’ouverture de ce couloir de connectivité transnational.

Les Premiers ministres de la Géorgie, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, ainsi que les ministres du Tadjikistan et du Turkménistan ont également assisté à l’événement, démontrant ainsi son large intérêt géographique. Erdogan espère dans l’immédiat qu’il renforcera les relations globales entre la Turquie et ses compatriotes d’ethnie turque en Asie centrale, et que par la suite le chemin de fer BTK pourrait être utilisé par les Européens et les Nord-Africains pour se relier à cette région enclavée. En fin de compte, l’objectif est de transformer ce corridor sud-central en une nouvelle route de la soie bien placée rattachant les coins occidentaux et orientaux de l’Eurasie en reliant l’UE à la Chine. Et si, après un rapide coup d’œil à la carte physique, la route semble un peu tortueuse, la politique dit le contraire.


Les routes les plus directes reliant l’UE à la Chine sont le pont terrestre eurasien prévu à travers la Russie et la route maritime du Nord à travers l’océan Arctique, mais les deux sont comparativement sous-développés pour diverses raisons. En outre, alors qu’il est prévu de construire un chemin de fer à grande vitesse en Asie centrale reliant la Chine à l’Iran, et désormais à la Turquie et à l’UE, cette idée n’a pas encore été étudiée et pourrait en tout cas être mise en péril par le risque régulier d’activités terroristes kurdes dans les régions frontalières du Moyen-Orient partagées par ces deux grandes puissances. Un autre point important est que la nouvelle guerre froide provoquée par les États-Unis a créé des obstacles géopolitiques artificiels à l’intégration eurasienne alors que Washington cherche à “isoler” Moscou et Téhéran. Il est donc possible que les corridors chinois ne se matérialisent pas aussi rapidement que prévu.

Tous ces facteurs font étonnamment du BTK, la voie actuellement la plus efficace permettant à l’UE, la Turquie et l’Afrique du Nord d’accéder à l’Asie centrale et même à la Chine, une fois que la bonne infrastructure de connectivité sera construite dans la région. Pour l’avenir, même s’il est douteux que cette route devienne le principal couloir du commerce UE-Chine, elle renforcera probablement beaucoup l’influence de la Turquie dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, ce dont de nombreux stratèges turcs ont parlé et qu’ils espèrent depuis 1991 mais qui avait à peine fait quelques progrès depuis. Cela pourrait contribuer à diversifier les partenariats étrangers des gouvernements régionaux et, dans le vrai sens du mot, les rendre plus multipolaires.

En établissant une présence plus solide en Asie centrale, qui est historiquement dans la sphère d’influence de la Russie, la Turquie étendrait également l’interdépendance stratégique complexe qui s’est développée entre Moscou et Ankara depuis que leur rapprochement rapide a débuté l’été dernier. Cela resserrerait à son tour leur partenariat bilatéral et réduirait les chances que les États-Unis réussissent à les tourner les uns contre les autres en raison des dommages collatéraux accrus que cela entraînerait pour leurs intérêts, du fait de la situation géopolitique à long terme et des changements introduits par le chemin de fer BTK.

Andrew Korybko

http://lesakerfrancophone.fr/le-chemin-de-fer-de-btk-est-le-couloir-turque-de-la-route-de-la-soie-vers-lasie-centrale

 

L’OTAN ajoute au chagrin de la Turquie

17 novembre 2017

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Il y a longtemps eu des spéculations sur un au revoir turc à l’OTAN .

Les Etats-Unis et leur organisation de relais militaire en Europe font de leur mieux pour faire avancer un tel mouvement:

L’image d’Atatürk a été exposée lors d’un exercice au Centre de guerre conjoint de l’OTAN à Stavanger, en Norvège, entre le 8 novembre et le 17 novembre. Un soldat de l’OTAN a publié des propos diffamatoires sur Erdoğan sur les réseaux sociaux.

Atatürk est le fondateur de la Turquie laïque. Il a été désigné comme «cible» lors d’une perceuse sur table. Le Centre de guerre interarmées de l’OTAN n’est pas une école de niveau inférieur, mais une institution de formation d’officiers d’élite dirigée par un major-général. Les 40 soldats turcs qui ont assisté à la formation ont immédiatement reçu l’ordre de rentrer chez eux.

Les laïcs en Turquie ont longtemps soupçonné l’OTAN de promouvoir des «islamistes modérés». Cette croyance n’est pas sans fondement factuel. Le président américain Obama s’est allié avec les Frères musulmans pendant le soi-disant «printemps arabe». Mais le deuxième incident à la même institution de l’OTAN pointe vers une position anti-turque plus complète:

Un officier norvégien d’origine kurde s’est inscrit sur un site de réseau social au sein de l’OTAN, utilisant un faux compte au nom du président Erdoğan et partageant des postes contre l’organisation.

Dénoncer le héros laïc turc Atatürk et son président islamiste Erdogan dans des occasions semblables est une action globale contre le pays entier.

Le porte-parole politique de l’OTAN, Jens Stoltenberg, un homme politique norvégien, s’est excusé pour ces incidents. Cela ne calmera personne.

Un incident comparable s’est produit en 2006. Le lieutenant-colonel américain Ralph Peters a publié une carte avec des frontières redessinées du Moyen-Orient dans le Journal des Forces armées . La carte montrait un « Kurdistan libre » et la Turquie coupée à la moitié de sa taille.

La carte a ensuite été présentée par un colonel américain au Collège de défense de l’OTAN à Rome alors que des officiers turcs étaient présents. Un tollé s’est ensuivi et les États-Unis ont dû s’excuser.

En juillet 2016, des parties de l’armée turque ont tenté un coup d’État contre Erdogan. Les jets turcs qui ont attaqué le capitole Ankara avaient lancé de la base américaine et de l’OTAN à Incirlik. Lorsque la tentative a échoué, plusieurs pays de l’OTAN ont accordé l’asile à des officiers turcs qui ne voulaient pas retourner dans leur pays d’origine.

Après le coup d’Etat raté, la Turquie a décidé d’acheter des systèmes de défense aérienne russes. Le mouvement a du sens. Les systèmes américains alternatifs sont suspectés d’être inefficaces pour attaquer les avions et les missiles américains. Les systèmes S-400 russes sont conçus pour contrer les menaces des armes américaines.

La Turquie est partenaire du programme de chasseurs à réaction américains F-35. Il a l’intention d’en acheter une centaine. Maintenant, l’US Air Force suggère que l’accord pourrait être restreint:

Cont. lecture: L’ OTAN ajoute au chagrin de la Turquie

Publié par b à 14:22 | Commentaires (52)

L’Azerbaïdjan, la Turquie et la Géorgie inaugurent une nouvelle ligne ferroviaire qui relie l’Europe et l’Asie

L’Azerbaïdjan, la Turquie et la Géorgie inaugurent une nouvelle ligne ferroviaire qui relie l’Europe et l’Asie

© Chine Nouvelle (Xinhua)Zheng Bin, le 30/10/2017 21:39

Les dirigeants de l’Azerbaïdjan, de la Turquie et de la Géorgie ont inauguré lundi à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, une nouvelle ligne de chemin de fer reliant les trois pays.

L’inauguration de la ligne de chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars, d’une longueur de 826 km, marque la réalisation d’un projet de dix ans visant à ouvrir un couloir ferroviaire transportant des marchandises et des passagers entre l’Europe et l’Asie.

La ligne de chemin de fer, qui comprend 105 km de nouvelle voie, aura la capacité de transporter annuellement 1 million de passagers et 6,5 millions de tonnes de fret pendant la phase initiale.

Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, a qualifié l’inauguration de la ligne de chemin de fer d’un événement « historique et stratégique », estimant que le projet jouerait un rôle important pour assurer la stabilité et la sécurité dans la région.

Le projet de construction du chemin de fer a été lancé en 2007 avec un accord entre l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie. Son achèvement a été reporté plusieurs fois depuis 2011.

La ligne de chemin de fer est également conçue pour devenir un élément clé de la route méridionale du réseau émergent de la nouvelle Route de la Soie entre la Chine et l’Europe.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre géorgien Giorgi Kvirikashvili, le Premier ministre kazakh Bakytzhan Sagintayev, le Premier ministre ouzbek Abdulla Aripov étaient présents à la cérémonie d’inauguration.

 

https://chine.in/actualite/cn/azerbaidjan-turquie-georgie-inaugurent_103477.html

La Turquie cherche à relancer l’ancienne Route de la Soie avec la Chine

La Turquie cherche à relancer l’ancienne Route de la Soie avec la Chine

© Chine Nouvelle (Xinhua)Zheng Bin, le 28/10/2017 23:42

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré samedi que son pays cherchait à joindre ses efforts à ceux de la Chine pour relancer l’ancienne Route de la Soie.

« La Chine est un pays important à tous égards, c’est un pays avec lequel que nous voulons développer les relations et relancer ensemble la Route de la Soie historique », a indiqué le responsable turc dans la ville de Sanliurfa, dans le sud-est de la Turquie.

« Il comprend de nombreux domaines – l’économie, la sécurité et d’autres », a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse officielle Anadolu.

M. Cavusoglu a noté que Emin Onen, un ancien député originaire de Sanliurfa, a été nommé ambassadeur de Turquie en Chine.

« Je suis sûr qu’Emin Onen représentera la Turquie en Chine de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré.

La Turquie a convenu d’aligner son projet « Couloir du Milieu » avec l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route », ou la Ceinture économique de la Route de la soie et la Route de la soie maritime du XXIe siècle, qui vise à construire un réseau commercial et d’infrastructure reliant l’Asie à l’Europe et l’Afrique.

 

https://chine.in/actualite/cn/turquie-cherche-relancer-ancienne-route_103428.html

Les Vingt-huit veulent couper les aides à la Turquie

Les Vingt-huit veulent couper les aides à la Turquie

EU_Turkey_flags_mosque_CREDIT[Ege Gocmen_Shutterstock]

Faute de consensus sur l’arrêt des négociations d’adhésion avec la Turquie, les chefs d’État et de gouvernement s’orientent vers une suspension de l’aide financière à Ankara.

La question des relations avec la Turquie s’est invitée au dîner des chefs d’État et de gouvernement le 19 octobre, lors du sommet européen à Bruxelles.

Dans les conclusions du sommet, les vingt-huit ont expliqué avoir « tenu un débat sur les relations avec la Turquie », sans autres précisions.

Arrêt des négociations

Lors de sa conférence de presse, la chancelière allemande Angela Merkel a reconnu qu’il n’y avait toujours pas pour l’heure de majorité au Conseil permettant de suspendre le processus d’adhésion avec la Turquie. «  Il y a tous les points de vue au Conseil », a-t-elle souligné.

En dépit de l’absence de consensus sur la question de l’arrêt des négociations,, les chefs d’État et de gouvernement se sont accordés sur la question des fonds de pré-adhésion, et vont demander à la Commission de soumettre une proposition permettant leur suspension.

Ankara s’en prend à Merkel sur l’adhésion de la Turquie à l’UE

Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a reproché lundi un « manque de vision » et une « soumission au populisme » à la chancelière allemande Angela Merkel qui s’est dite favorable à un arrêt des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE.

Les fonds de pré-adhésion sont destinés aux pays candidats ou aux candidats potentiels à l’adhésion à l’UE. Ce soutien financier est destiné à aider les pays candidats à faire évoluer leur économie ainsi que leur administration pour répondre aux critères européens.

Outre la Turquie, dont le processus d’adhésion a commencé en 2005, 6 pays de la région des Balkans bénéficient également de ce soutien financier. (Monténégro, Serbie, Bosnie, Macédoine, Albanie et Kosovo).

Pour la période 2014-2020, l’UE a prévu un budget total de 11,7 milliards d’euros pour ces 7 pays en processus d’adhésion, dont une majeure partie est fléchée vers la Turquie (4,45 milliards d’euros).

Basculement

« La Turquie est en train de s’éloigner de plus en plus des conditions nécessaires à l’adhésion à l’Union européenne », a affirmé la chancelière.

Pourtant, les appels à l’arrêt des négociations ne sont pas majoritaire au Conseil. Si l’Autriche a demandé de manière répétée l’arrêt des négociations, d’autres pays sont farouchement opposés à la solution radicale.

Pour Juncker, la Turquie «s’éloigne de l’Europe à pas de géants»

La Turquie s’éloigne à « pas de géants » de l’Europe et c’est entièrement de la faute du « système Erdoğan », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

C’est le cas de la Bulgarie, qui prendra la présidence tournante de l’Union européenne dès le 1er janvier 2018. Lors du sommet, le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov a rappelé l’opposition de son pays à l’arrêt du processus. « Pendant la présidence bulgare, l’arrêt définitif des négociations d’adhésion ne devra pas être mentionné ».

Accord sur les réfugiés

L’inquiétude des dirigeants européens sur les relations avec la Turquie a grimpé d’un cran depuis la tentative ratée de coup d’État du 15 juillet 2016. Depuis, la dérive autoritaire du président Recep Tayyip Erdoğan s’est accélérée.

Mais si des voix s’élèvent pour dénoncer les purges opérées par le régime et le non-respect de l’État de droit, l’UE reste liée à son partenaire turc par l’accord sur les réfugiés.

Angela Merkel a d’ailleurs confirmé que cette possible suspension des fonds de pré-adhésion ne remettait pas en cause les 3 milliards d’euros que l’UE a promis à la Turquie dans l’accord sur les réfugiés.

L’Allemagne piégée par l’accord UE-Turquie

Angela Merkel défend toujours l’accord sur les réfugiés, malgré une opposition croissante aux niveaux national et européen. Un article d’Euractiv Allemagne.

 

https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/les-vingt-huit-veulent-couper-les-aides-a-la-turquie/

La stratégie militaire de la nouvelle Turquie

Irrédentisme

La stratégie militaire de la nouvelle Turquie

L’armée turque a imaginé une stratégie militaire en forme de poupée russe. Les opérations qui viennent de débuter ont officiellement pour fonction de lutter contre les jihadistes. En réalité, elles sont dirigées contre la création de nouveaux États, le Rojava et le Kurdistan. Elles masquent la possible réalisation du serment national de 1920 avec la conquête du Nord-Est de la Grèce, de toute l’île de Chypre, du Nord de la Syrie et du Nord de l’Iraq ; l’irrédentisme publiquement revendiqué du président Recep Tayyip Erdoğan.

| Damas (Syrie)

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Rompant avec la doctrine Davutoğlu (« zéro problème avec ses voisins »), qu’il avait déjà abandonné dans les faits le conduisant à révoquer son Premier ministre, le président Recep Tayyip Erdoğan a défini les nouveaux objectifs de son pays lors d’un discours à l’université qui porte son nom, le 15 octobre 2016.

L’opération du 8 octobre 2017

Suite à un accord conclu entre la Russie et la Turquie lors des dernières négociations d’Astana, l’armée turque est entrée dans le gouvernorat d’Idleb, en violation de la souveraineté syrienne, afin d’y combattre les jihadistes.

L’armée turque établit une distinction entre :
- les Syriens turkmènes, qu’elle a regroupés sous le drapeau de l’ancienne Armée syrienne libre (ASL) et qu’elle entend utiliser comme appui dans la région.
- les jihadistes qui acceptent de poursuivre leur combat en Asie du Sud-Est et qui devraient y être transférés par les services secrets turcs (MIT).
- tous les autres, qui devraient être éliminés.

L’armée turque occupe déjà par ailleurs Al-Bab, également en violation de la souveraineté syrienne.

La présence turque à Idleb coupe l’accès du Rojava à la mer Méditerranée. Sa présence à Al-Bab lui offre la possibilité de couper rapidement le Rojava en deux et d’écraser ce pseudo-État.

L’opération conjointe du 12 octobre 2017

La Turquie, l’Iran et l’Iraq sont convenus d’étouffer les velléités d’indépendance du pseudo-Kurdistan. La famille Barzani et Israël ont progressivement grignoté des territoires à la faveur des conflits locaux et de la guerre. En quinze ans, le territoire administré par les Barzani et Israël sous le nom de « Kurdistan iraquien » a multiplié sa superficie par cinq au détriment des populations autochtones, arabes et chrétiennes. Le 25 septembre 2017, la famille Barzani et Israël ont organisé un référendum d’indépendance. À la suite d’un scrutin largement truqué, notamment dans les zones chrétiennes, le oui l’a emporté à 92 %. Lors d’une fête populaire, la famille Barzani, brandissant des drapeaux kurdes et israéliens, a annoncé que le processus d’indépendance était irréversible. La revue Kurds-Israel a révélé qu’un accord avait été conclu entre Tel-Aviv et Erbil prévoyant le transfert de 200 000 citoyens israéliens au « Kurdistan », dès l’indépendance proclamée. L’armée israélienne entend y installer rapidement des missiles pour menacer à la fois la Syrie et l’Iran.

Le pipe-line reliant le pseudo-Kurdistan au port de Ceyhan (Turquie) sera fermé par l’opérateur public turc qui en est propriétaire, BOTAŞ , coupant ainsi les revenus pétroliers des Barzani. Actuellement le pétrole kurde est principalement exploité par le Français Total. Il est vendu dans l’Union européenne, en Ukraine et en Israël dont il représente la quasi-totalité de la consommation intérieure.

L’espace aérien turc et iranien sera fermé avec le pseudo-Kurdistan. Compte tenu de la guerre, l’espace aérien syrien n’est pas praticable pour des vols civils. Les vols depuis et vers Erbil devront obligatoirement passer par Bagdad.

Les postes-frontières entre la Turquie et l’Iran d’un côté, le pseudo-Kurdistan de l’autre seront tous fermés, coupant ainsi les revenus douaniers du possible nouvel-État. De manière à maintenir les échanges commerciaux turco-iraquiens, une nouvelle route sera ouverte le long de la frontière syro-iraquienne permettant de relier Ankara à Bagdad. L’armée iraquienne déploiera 13 000 hommes pour en garantir la sécurité, tandis que les travaux de construction d’un nouveau pipe-line sur cette route débuteront immédiatement.

Cette route coupera les communications entre le pseudo-Kurdistan et le Rojava.

L’armée turque occupe déjà Bachiqa (psudo-Kurdistan) depuis 2015, en violation de la souveraineté iraquienne.

Un ultimatum sera adressé à la famille Barzani lui enjoignant de renoncer à l’indépendance, le 1er novembre au plus tard. En cas de refus, l’armée turque se prépare à entrer en guerre contre le pseudo-Kurdistan. Elle prendrait Erbil en tenaille, d’une part depuis la frontière turque, d’autre part depuis la nouvelle route sécurisée par l’armée iraquienne.

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En 1920, le fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk, rédige le serment national par lequel il s’oppose aux vainqueurs de la Première Guerre mondiale et revendique l’annexion de nouveaux territoires à population majoritairement ou minoritairement musulmane.

Les objectifs de la Nouvelle Turquie

Trois mois après la tentative d’assassinat et le coup d’État avorté de juillet 2016, le président Recep Tayyip Erdoğan prononçait le discours inaugural de l’université qui porte son nom (RTEÜ). Il dressait alors un aperçu des ambitions de la République turque depuis sa création et de celles de son nouveau régime. Faisant explicitement référence au « Serment national » (Misak-ı Millî), adopté par le Parlement ottoman le 12 février 1920, il justifiait son irrédentisme. Ce serment, qui fonde le passage de l’Empire ottoman à la République turque, revendique les territoire du Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse), de tout Chypre, du Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et du Nord de l’Iraq (y compris Mossoul).

Seul le Hatay (Syrie) fut accordé par la France à la Turquie, en 1939. Paris souhaitait ainsi qu’Ankara le débarrasse des chrétiens orthodoxes dont le patriarcat siège à Antioche.

Après avoir énuméré un à un tous ces territoires, le président Recep Tayyip Erdoğan les revendiqua à son tour [1].

Le président Recep Tayyip Erdoğan est le seul chef d’État d’un pays développé a remettre en cause l’ordre international et revendiquer publiquement, au besoin par la force, de nouveaux territoires.

[1] “’We Are Present in the History of Mosul”, Presidency of the Republic of Turkey, October 15, 2016.

 

 

http://www.voltairenet.org/article198310.html

Une situation incontrôlable au cas où la Turquie envahit le Kurdistan irakien

Une situation incontrôlable au cas où la Turquie envahit le Kurdistan irakien

Un accord secret est intervenu entre Ankara et Bagdad afin de créer une nouvelle voie de communication entre eux et de couper les revenus douaniers d’Erbil. L’Irak déploiera 13 000 hommes dès le 12 octobre pour sécuriser cette route dont l’armée turque garantira la sécurité dès novembre. Il sera alors possible pour la Turquie d’envahir le Kurdistan irakien.

| Athènes (Grèce)

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Le référendum des Kurdes du Kurdistan irakien, qui posait la question de l’indépendance, crée de nouvelles situations et, apparemment de nouveaux objectifs, accélère l’évolution du problème kurde et la refonte des frontières dans la région. En fonction de ce qui précède et de la dynamique des choses, les frontières seront d’abord changées en Irak, ensuite des développements similaires seront entrepris en Syrie, et par la suite suivront la Turquie et l’Iran. Telle est la dynamique des choses, qui découle du passé historique des Kurdes, et de la volonté des États-Unis et de la Russie d’être présents dans le partage du gâteau énergétique — et pas seulement — dans la région.

Dans cette région, depuis 27 ans, depuis le jour où Saddam envahît le Koweït, une guerre s’est développée qui peut encore durer aussi longtemps. Cette guerre se déroule sur trois niveaux.

- Au sommet, Washington se heurte fondamentalement à Moscou, mais cette guerre n’est pas directe — en fait, elle se fait par concessionnaires interposés. L’objectif est de partager le gâteau géo-énergétique et géopolitique.

- Au second niveau, Téhéran se heurte à Tel-Aviv, Iran contre Israël. L’Iran cherche à créer un couloir sur la ligne Téhéran – Bagdad – Damas, qui lui donnera l’occasion de soutenir le Hezbollah du Liban avec des armes —et toutes autres choses par ailleurs— et bien sûr lui permettra d’avoir une présence géopolitique en Méditerranée, grâce à ses solides liens avec le gouvernement d’Assad. Israël, à son tour, cherche à créer une zone intermédiaire pour empêcher la création de ce couloir. L’Iran lutte aux côtés d’Assad, avec le Hezbollah et la Russie, pour réaliser l’objectif stratégique susmentionné.

- Israël, pour sa part, mène des attaques aériennes contre des cibles du Hezbollah sur le territoire syrien, tandis qu’il utilise ses alliances avec les États-Unis, les Kurdes et des Arabes sunnites pour empêcher la création du « couloir chiite ». Au niveau inférieur, la guerre se fait sur deux champs de bataille. L’un est l’Irak, où les États-Unis, les Kurdes et l’armée irakienne (soutenue par les Iraniens) se battent contre le soi-disant État islamique (ÉI).

L’autre champ de bataille est le territoire de la Syrie, où les choses sont compliquées. La Russie, la Syrie et l’Iran se battent sur trois fronts : l’un contre l’ÉI, un autre contre l’opposition syrienne et le troisième contre le Front al-Nosra (filiale d’Al-Qaïda).

En même temps, les États-Unis soutiennent les Kurdes et les forces démocratiques syriennes (FDS) dans la lutte contre l’ÉI, ce qui est devenu une course pour qui —des États-Unis ou de la Russie— contrôlera le plus les territoires des gisements d’hydrocarbures en Syrie orientale. En même temps, les États-Unis continuent de soutenir une partie de l’opposition syrienne au sud et au sud-est du pays contre le gouvernement Assad, le Hezbollah et les Iraniens, tout en préparant des opérations contre le Front al-Nosra à Idlib.

Dans ce tableau manque la Turquie, dont la politique s’est effondrée comme un château de cartes, quand, de supportrice de l’opposition syrienne, avec les États-Unis et Israël, elle deviendra alliée de l’ÉI, qu’elle retournera contre les Kurdes. Et lorsque les Kurdes écrasèrent l’ÉI, Erdogan s’est tourné vers quiconque était contre les Kurdes.

Nous l’avons dit : la situation est si compliquée, qu’il faudrait organiser un séminaire complet avec des cartes pour comprendre ce qui se passe exactement. Cependant, vous devrez noter les éléments suivants : la Turquie est en détresse, en essayant de trouver des alliés par-ci par-là, afin de détourner le cours de l’évolution de la question kurde que nous annoncions au début de cet article.

La logique, mais aussi les Kurdes de Turquie, des millions de membres et électeurs d’Erdogan et de l’AKP lui disent de ne pas opter pour une opération militaire contre les Kurdes au Kurdistan en voie d’indépendance.

Washington le lui dit aussi.

Mais parce que la colère et le désespoir sont de mauvais conseilleurs, tenons-nous prêts, car si, malgré ces avertissements la Turquie envahit le Kurdistan irakien et le canton d’Afrin, alors il y aura la guerre, et nul ne sait comment elle se terminera.

Traduction
Christian

Source
Info gnomon politics (Grèce)

Savvas Kalèndéridès

Savvas Kalèndéridès Brigadier de l’Armée de terre grecque. Il démissionna en 2000 après la capture du leader kurde Abdullah Öcalan par la CIA, le Mossad et le MIT turc. Il était alors en mission d’accompagnement à Nairobi (Kenya), pour le compte du Renseignement grec. Très populaire en Grèce et à Chypre, il est l’auteur de nombreux ouvrages d’analyse géopolitique et dirige la maison d’édition Infognomon et le site internet InfognomonPolitics.

Les choses se compliquent au Kurdistan irakien

La Turquie revendique le bain de sang de Bruxelles

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

 http://www.voltairenet.org/article198287.html

Syrie – Erdogan a peur d’entrer Idleb

07 octobre 2017

Syrie – Erdogan a peur d’entrer Idleb

Le président turc Erdogan a annoncé le début d’une opération turque dans la province de Syrie en Idleb. Idelb a été pendant des années sous le contrôle d’al-Qaeda en Syrie, actuellement sous le label Hayat Tahrir al-Sham.

Dans les pourparlers d’Astana, la Turquie, la Russie et l’Iran ont convenu d’une zone de désélection à Idelb pour être supervisée par les trois. Mais la lutte contre Al-Qaïda, aka HTS, continuerait. La Turquie est censée contrôler la partie occidentale de la province, y compris la ville d’Idleb. Mais le gouvernement turc a peur d’y aller.

Au cours des derniers jours, il y a eu beaucoup de rapports et de nombreuses images de mouvements de forces turques le long de la frontière syrienne nord-ouest. Mais la Turquie n’a pas tenté d’entrer dans le pays et il est douteux qu’il le fasse.

L’ annonce d’Erdogan nécessite une analyse:

« Il y a une opération sérieuse dans l’Idlib de Syrie aujourd’hui et elle continuera », a déclaré M. Erdogan dans un discours à son parti AK, ajoutant que la Turquie ne permettrait pas un «couloir terroriste» à la frontière avec la Syrie. « Pour l’instant, l’armée syrienne libre effectue l’opération làbas « , a déclaré M. Erdogan. « La Russie protégera à l’extérieur des frontières (de la région d’Idlib) et nous traiterons à l’intérieur », a-t-il déclaré.

« La Russie soutient l’opération aérienne et nos forces armées à l’intérieur des frontières de la Turquie « , a-t-il ajouté.

« [F] rom à l’intérieur des frontières de la Turquie » signifie bien sûr que l’armée turque ne sera pas (à nouveau) entré en Syrie. Du moins pas maintenant.

La Turquie a transféré quelque 800 de ses mercenaires « turkmènes » de la zone « Euphrate Shield » au nord-est d’Aleppo [vert] vers la limite ouest à côté de Idleb. « Euphrate Shield » était une lutte contre l’Etat islamique dans le but d’interrompre un éventuel couloir «terroriste» kurde du nord-est de la Syrie à l’enclave kurde nord-ouest Afrin [beige]. La Turquie a perdu un tas de lourds chars de combat et quelque 70 soldats dans cette bataille. Erdogan a été critiqué en Turquie pour une opération quelque peu encombrée.

Les combattants proxy turcs envoyés à Idleb appartiennent à la Brigade de Hamza, à Liwa al-Mutasem et à d’autres tenues turques «Armée syrienne gratuite». Ils devront aller sans réservoirs et armes lourdes. Certaines forces spéciales turques avec eux pourraient être en mesure d’appeler le soutien de l’artillerie en Turquie. Mais aucun soutien aérien turc ne sera disponible alors que la Syrie et la Russie insistent sur le contrôle de l’espace aérien.

Une vidéo récente montre un groupe de maniaques HTS attaquant un avant-poste comme des soldats professionnels. Ils sont équipés de missiles antichar AT-4, de mortiers de 60 mm, de mitrailleuses légères et de lance-grenades Milkor. Ils ont de bons uniformes, des bottes assez nouvelles et des ceintures de transport de munitions. Ce n’est pas un équipement capturé par l’armée syrienne ou des objets d’occasion d’un ancien pays de l’Est. Il s’agit de choses «occidentales» modernes. Ces gens possèdent encore des sponsors riches et d’excellentes sources d’équipement.

La Russie a récemment bombardé les positions d’Al-Qaïda à Idleb. L’intelligence turque a peut-être contribué à cela. Mais AQ a toujours une force de combat très décente. Les forces soutenues par les Turcs ne sont probablement pas compatibles avec des combattants bien équipés et battues par Al-Qaïda.

La Turquie avait fourni pendant près de six ans et dorloté Al-Qaïda en Syrie. Le groupe a beaucoup de relations et de personnel en Turquie. L’accord Astana oblige maintenant la Turquie à lutter contre HTS. Erdogan est assis dans un piège qu’il a mis en place. En cas de conflit entre HTS et les forces turques en Syrie, la lutte causerait bientôt des pertes à Ankara et à Istanbul.

Erdogan pourrait encore croire qu’il peut domestiquer HTS par nature. L’agence Anadolu, contrôlée par le gouvernement, ne mentionne même pas l’origine d’al-Qaeda du groupe ni son long contrôle de la région. Il essaie de peindre une image plutôt rose de HTS en tant que tenue anti-américaine:

Tahrir al-Sham, un groupe anti-régime, est venu à l’avant-garde avec une activité croissante dans Idlib récemment. Tahrir al-Sham n’a pas fait une déclaration directe contre le déploiement des troupes turques dans la région. D’autre part, le groupe et certains adversaires s’opposent à l’entrée de différents groupes de l’armée syrienne libre à Idlib, qui sont prêts à venir de la zone d’exploitation de l’Euphrate Shield.

Le groupe justifie l’opposition, en disant que d’autres groupes devraient arriver dans la région obtenir un soutien des États-Unis.

Le journal turc Hurriyet est moins sensible avec les besoins d’Erdogan:

Idlib est largement contrôlé par Hayat Tahrir al-Sham (HTS), dirigé par une ancienne filiale d’al-Qaïda qui a changé son nom l’an dernier du Front de Nusra. HTS n’est pas partie à un accord négocié par la Russie, la Turquie et l’Iran pour la zone de sécurité dans la province, l’une des quatre zones de «dé-escalation» à l’échelle nationale.

Les forces HTS de la région devront être obligées de permettre l’arrivée des forces iraniennes, russes et turques pour mettre en place une zone de dégradation.

Dans Astana, Erdogan a été chargé de nettoyer le désordre qu’il a créé plus tôt dans Idleb en soutenant les Jihadis. Erdogan n’aime pas le travail mais n’a pas le choix.

Si la dé-escalade échoue parce que HTS reste en contrôle, la Syrie et ses alliés se déplacent dans Idleb. La Turquie devra alors faire face à des milliers de Jihdis chevronnés de combat et à un million de leurs parents en tant que réfugiés. Si Erdogan déplace les forces turques dans la région d’Idleb, cela deviendra un combat très coûteux et il aura bientôt des problèmes dans son propre domaine. Faire la paix avec HTS n’est pas une option. HTS a rejeté toutes les offres pour «changer sa peau» et se fondre. L’Iran, l’accord Astana et plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU se heurtent également à cela.

Il sera difficile pour la Turquie de démêler ce noeud.

Publié par b le 7 octobre 2017 à 12:04 PM | Permalink

 

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