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Une préoccupante dégradation de la relation franco-turque

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Une préoccupante dégradation de la relation franco-turque

Tribune3 septembre 2020Par Didier Billion

Les relations entre la France et la Turquie traversent, une nouvelle fois, une phase délicate. Si les crises, par le passé innombrables, ont toujours été suivies d’embellies, il est néanmoins loisible de constater, au fil des années, que l’accumulation des différends induit une dégradation tendancielle, dont la crise actuelle témoigne amplement. L’on peut craindre, dans ce contexte, qu’un ressort ait été cassé dans la relation entre Paris et Ankara qu’il sera long et difficile de réparer.

Une instrumentalisation historique

Une des difficultés récurrentes a longtemps été, dans les deux pays, l’instrumentalisation de la relation pour des raisons de politique intérieure. En France, des présidents de la République successifs ont largement usé de cette dimension. Celui qui l’a fait avec le plus de constance, de cynisme et d’acharnement fut Nicolas Sarkozy qui, tout à sa stratégie d’assèchement, à son profit, d’une partie de l’électorat du Front national et de la droite radicale, n’hésita pas à endosser les thèmes hostiles à la Turquie se situant sur le terrain des « valeurs » identitaires et islamophobes. En Turquie, le président Erdoğan use et abuse de la rhétorique nationaliste pour présenter les pays occidentaux, dont la France n’est pas des moindres, comme cherchant à imposer leur volonté, poursuivant, selon lui, leur vieux rêve de mise en coupe et d’asservissement du pays.

Cette dimension a été aiguisée par la question du génocide arménien. Le Parlement français a voté en 2001 une loi déclarative reconnaissant le génocide. Quelques années plus tard, des tentatives parlementaires de pénalisation à l’encontre de celles et ceux qui auraient dénié la qualification de génocide aux massacres de masse de 1915 ont été retoquées à deux reprises, en 2012 puis en 2017, par le Conseil constitutionnel. Ces initiatives politiques ont cabré les autorités turques et certainement marqué le début de la lente, mais irrépressible, dégradation de la relation bilatérale.

Au cours des dernières années, la question de la candidature turque à l’Union européenne (UE) a, bien évidemment, constitué la toile de fond des mises en cause et récriminations réciproques. Les déclarations de dirigeants français de premier plan ont, en effet, entretenu et aiguisé un climat de suspicion. Ainsi, lorsque Valéry Giscard d’Estaing, tout à ses travaux de président de la Convention sur l’avenir de l’Europe, expliqua que « La Turquie est un pays proche de l’Europe, un pays important, qui a une véritable élite, mais ce n’est pas un pays européen », et précisa, en évoquant l’hypothétique adhésion de la Turquie à l’Union, « Je donne mon opinion : c’est la fin de l’Union européenne »[1], les réactions furent nombreuses et passionnelles. Quelques années plus tard, Nicolas Sarkozy n’eut de cesse, à l’unisson de la chancelière Merkel, de prôner un partenariat privilégié en lieu et place d’une adhésion pleine et entière de la Turquie à l’Union européenne, allant jusqu’à dédaigneusement déclarer, lors d’une émission télévisée, « si la Turquie était européenne, cela se saurait ». On peut aussi s’interroger sur l’opportunité de l’analyse émise par Emmanuel Macron lors de son discours prononcé lors de la traditionnelle conférence des ambassadeurs, le 27 août 2018, qualifiant la politique du président turc de « projet panislamique régulièrement présenté comme antieuropéen ». Affirmation qui questionne d’autant plus qu’elle est formulée à un moment où la France prétend être en mesure de jouer un nouveau rôle décisif sur les scènes européenne et internationale. La volonté énoncée du président français de refonder les modalités de la construction de l’UE aurait alors dû constituer une fenêtre d’opportunité se déclinant aussi dans la relation à la Turquie. Néanmoins, les velléités du président Macron en ce domaine ont, il est vrai, vite marqué leurs limites.

Ces quelques rappels succincts indiquent assez bien la multiplication des sujets de controverses. Ces derniers restaient pourtant circonscrits à des déclarations qui, aussi désagréables fussent-elles, demeuraient rhétoriques, en dépit de quelques déconvenues économiques pour des entreprises françaises mises à l’écart d’appels d’offres turcs.

Une escalade contre-productive

Comme souvent dans ce type de situation de tensions persistantes, des divergences qui auraient habituellement pu trouver des solutions de compromis se sont multipliées ces derniers mois de manière peu contrôlée par les exécutifs français et turcs. Cette escalade exprime les rancœurs et les méfiances réciproques mais s’avère contre-productive, car rien en réalité ne la justifie véritablement. Les récriminations, petites phrases sibyllines et mots inutilement blessants enveniment la situation en exacerbant les différences de perception et d’analyse.

Sur le fond, la liste est désormais longue des sujets qui fâchent, et l’on peut constater qu’ils concernent de plus en plus fréquemment des dossiers d’ordre géopolitique : question kurde en Syrie, Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Libye, Méditerranée orientale, la liste s’allonge et renvoie, en outre, à des mécaniques de partenariats concurrents et rivaux. Dans chaque cas, l’opposition frontale et la surenchère semblent désormais prévaloir sur la recherche de voies de compromis diplomatiques et politiques. Ainsi, parmi beaucoup d’autres exemples, Emmanuel Macron jugeait, en novembre 2019, dans un long entretien à The Economist, l’OTAN en état de « mort cérébral », parce que n’ayant pas su réagir à l’opération militaire turque déclenchée en octobre contre des positions kurdes des groupes armés du Parti de l’union démocratique (PYD) dans le Nord de la Syrie. « Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale », lui rétorquait Recep Tayyip Erdoğan quelque temps plus tard.

Ce qui est clair, c’est la totale mécompréhension qui désormais s’instaure entre la France et la Turquie, et surtout, plus grave, le refus de tenter de saisir la logique de l’interlocuteur. Des visions idéologiques antinomiques semblent désormais prévaloir et aboutissent à une situation de blocage.

Sur la question kurde, Paris considère que le PYD fait partie des « combattants de la liberté » et, par ce fait, est l’allié de la France, parce qu’ayant affronté Daech au sol avec efficacité. Or, pour les dirigeants d’Ankara, ainsi que pour une large partie de l’opinion publique turque, le PYD est avant tout la projection syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qualifié en l’occurrence de terroriste, ainsi qu’à Paris au demeurant. Cette analyse aboutit donc au refus absolu que le PYD puisse constituer un territoire autonome le long de la frontière turco-syrienne. Incompatibilité radicale des points de vue donc, amplifiée par la situation du chaos syrien au sein duquel la Turquie a réussi à se replacer dans le jeu politique en participant au groupe d’Astana, alors que la France est désormais un observateur sans guère de moyens pour peser en quoi que ce soit sur le règlement du conflit.

La situation est encore plus problématique sur la Libye, puisque la confrontation maritime a failli dégénérer entre navires français et turcs au mois de juin 2020. La succession d’erreurs commises par la France dans le traitement du dossier libyen explique probablement en retour l’agressivité du président Macron, et l’accusation d’expansionnisme formulée à l’encontre de la Turquie constitue alors un moyen facile de tenter de se dédouaner. Mais ce qui en l’occurrence pose question, c’est qu’un Etat, membre du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), ne soutienne pas le gouvernement de Fayez Al-Sarraj, pourtant reconnu et soutenu par l’ONU, et marque a contrario sa complaisance à l’égard d’un chef rebelle, le maréchal Haftar. Si la Turquie conçoit probablement des arrière-pensées dans ses décisions, il n’en demeure pas moins que son intervention militaire a contribué à sauver le gouvernement théoriquement considéré comme légitime par ladite communauté internationale.

Ces tensions sont, de plus, aggravées par les systèmes de partenariat de chacun des protagonistes, qui renvoient aux enjeux d’influence géopolitique régionale. Ainsi, sans pouvoir prétendre ici à l’exhaustivité, ce dossier libyen ramène ainsi aux enjeux de la découverte et de l’exploitation des ressources en hydrocarbures en Méditerranée orientale. Le litige est ancien mais connaît des rebondissements récents inquiétants. Echaudé par le retournement des rapports de forces sur le théâtre libyen, Emmanuel Macron a décidé de montrer la force militaire française pour soutenir la Grèce et les Chypriotes grecs. Pour autant, il n’a pas réussi à mobiliser l’UE sur ses positions, puisque l’Allemagne, notamment, se refuse à la surenchère et privilégie les tentatives de médiation politique.

Une urgente réévaluation

Autant la rhétorique nationaliste et guerrière de Recep Tayyip Erdoğan est déplacée, autant il est inutile et dangereux de raisonner de façon binaire à son encontre. On ne peut, tout d’abord, faire comme si la question chypriote était réglée puisqu’elle ne l’est malheureusement toujours pas. Il nous faut admettre que si l’entrée de Chypre au sein de l’UE en 2004 possède une réalité juridique cela ne signifie pas qu’elle en ait une politiquement, puisque l’île est toujours de facto divisée en deux parties. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’UE, à la fois juge et partie, est impuissante à participer positivement au règlement de ce dossier, qui n’en finit plus de s’éterniser. Quant à la délimitation du plateau continental, des eaux territoriales ou de la zone économique exclusive (ZEE), il suffit d’examiner une carte de la région pour comprendre que le droit maritime international nécessiterait des aménagements particuliers pour que la mer Egée et la région maritime méridionale de la Turquie ne deviennent purement et simplement pas un lac grec. C’est en ce sens que ni la surenchère ni la diplomatie de la canonnière ne sont efficientes, et que seules de véritables négociations sont susceptibles de procéder à un règlement de ces contentieux sensibles qui perdurent depuis des décennies.

Le torchon brûle donc entre la France et la Turquie. C’est d’autant plus regrettable que la France, nation politique, est probablement la mieux placée pour pouvoir relancer sur d’autres bases la relation de l’UE avec Ankara, sans faux fuyants et sans fausses promesses. C’est pourquoi les jugements biaisés et gesticulatoires fréquemment formulés à son encontre, ne permettent non seulement pas de comprendre la Turquie, mais s’avèrent aussi contre-productifs parce qu’ils risquent de nous priver des possibilités de conforter notre relation avec un partenaire qui s’affirme comme incontournable. Il serait alors judicieux de cesser de propager une vision par trop dépréciative de ce pays pour, enfin, le considérer à son juste niveau. Pour ce faire, il faut le courage politique de la clarté, et savoir combiner exigence du respect des principes et des règles de fonctionnement qui doivent être ceux d’un Etat de droit et multiplication des initiatives, pour parvenir à mieux créer et renforcer les coopérations plurielles dont nous restons persuadés qu’elles peuvent être fécondes.

Il serait vain de nier les divergences entre la France et la Turquie sur de nombreux dossiers, mais il serait erroné d’en tirer prétexte pour laisser leur relation se détériorer encore plus. Une urgente réévaluation s’impose dans la perception de la Turquie. La capacité des dirigeants actuels à y parvenir permettra de distinguer les responsables politiques de ceux qui peuvent se targuer de la qualité d’homme d’Etat.

[1]Le Monde, 9 novembre 2002.

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Cet article est publié en partenariat avec Orient XXI qui en propose une version courte sur son site internet sous le titre “Le torchon brûle entre la France et la Turquie”.

https://www.iris-france.org/149061-une-preoccupante-degradation-de-la-relation-franco-turque/

Grèce-Turquie : des manœuvres militaires rivales impliquant les États-Unis et la France se poursuivent malgré les appels à la désescalade

Grèce-Turquie : des manœuvres militaires rivales impliquant les États-Unis et la France se poursuivent malgré les appels à la désescalade

 Par Chantal Valery avec Raziye Akkoc à Ankara, AFP  |  26/08/2020, 18:36  |  989  mots

Des navires militaires grecs et français naviguent en formation lors d'un exercice militaire conjoint en mer Méditerranée, dans cette image non datée obtenue par Reuters le 13 août 2020.
Des navires militaires grecs et français naviguent en formation lors d’un exercice militaire conjoint en mer Méditerranée, dans cette image non datée obtenue par Reuters le 13 août 2020. (Crédits : Reuters)

Dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’Otan, qui se disputent des zones maritimes riches en hydrocarbures, des manœuvres militaires distinctes impliquant ces deux pays se déroulent en ce moment mais avec d’une part, les États-Unis aux côtés des Turcs, et d’autre part, aux côtés des Grecs : Chypre, l’Italie et la France. La France a averti Ankara que la Méditerranée orientale ne pouvait pas constituer « un terrain de jeu » pour des « ambitions » nationales. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a prévenu mardi que « la moindre étincelle pouvait conduire à une catastrophe ».

Malgré les appels à la désescalade, des manoeuvres militaires rivales ont eu lieu mercredi en Méditerranée orientale, dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’Otan, qui se disputent des zones maritimes riches en hydrocarbures.

D’un côté, des navires de guerre turcs ont procédé à des exercices *avec un destroyer américain, selon le ministère turc de la Défense.

De l’autre, « Chypre, la Grèce, la France et l’Italie se sont mises d’accord pour déployer une présence commune en Méditerranée orientale dans le cadre de l’Initiative quadripartite de coopération (QUAD) », a annoncé le ministère grec de la Défense.

Trois jours de manoeuvres rivales dans la même zone disputée

Ces manoeuvres ont commencé mercredi et doivent durer jusqu’à vendredi dans le sud et le sud-ouest de Chypre, selon une source militaire.

Elles interviennent en plein accroissement des tensions entre la Turquie et la Grèce en Méditerranée orientale, où la découverte d’importants gisements gaziers ces dernières années a aggravé des disputes anciennes entre ces deux pays voisins concernant leurs frontières maritimes.

Depuis le 10 août, le bâtiment sismique turc Oruç Reis accompagné d’une escorte navale se trouve dans cette zone, provoquant l’ire d’Athènes qui a répliqué en envoyant sur place des bâtiments.

La France lance un avertissement à la Turquie

La France a averti Ankara que la Méditerranée orientale ne pouvait pas constituer « un terrain de jeu » pour des « ambitions » nationales.

« Le respect du droit international doit être la règle et non l’exception », a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly dans un tweet.https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1298541915093315584&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.latribune.fr%2Feconomie%2Finternational%2Fgrece-turquie-des-manoeuvres-militaires-rivales-impliquant-les-etats-unis-et-la-france-se-poursuivent-malgre-les-appels-a-la-desescalade-855647.html&siteScreenName=latribune&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=550px

Erdogan sourd aux appels à la désescalade

En dépit des appels à la désescalade en provenance de l’Europe, des Etats-Unis et de l’Otan, le président turc Recep Tayyip Erdogan a aussitôt tenu dans un discours des propos au vitriol.

Il a averti que la Turquie ne ferait « aucune concession » pour défendre ses intérêts gaziers en Méditerranée orientale, appelant ses « interlocuteurs » à « se garder de toute erreur » qui mènerait à leur « ruine », dans une allusion à la Grèce qu’il n’a pas nommée.

Les forces armées grecques sur « le qui-vive »

« Nos forces armées restent sur le qui-vive », a de son côté prévenu le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis devant le parlement, « la Grèce est aussi forte sur le terrain qu’elle l’est dans le dialogue ».

Le gouvernement grec attend que du président Erdogan qu’il « montre ce qu’il a dit à nos partenaires européens (…) c’est-à-dire qu’il amorce une désescalade dans sa rhétorique et dans ses actes », selon son porte-parole Stelios Petsas.

L’OTAN préoccupée, l’Allemagne craint « la moindre étincelle »

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg s’est dit « préoccupé par la situation en Méditerranée orientale », exhortant lui aussi à « la désescalade » et au « dialogue ».closevolume_off

« Nous devons trouver un moyen de régler cette situation (…) sur la base de l’esprit de solidarité entre alliés et du droit international », a-t-il lancé.

Pour le ministère chypriote de la Défense, « les tensions et les tentatives de déstabilisation en Méditerranée orientale (…) ont atteint leur pic ».

Dans le cadre de sa mission de médiation entre Ankara et Athènes, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, avait prévenu mardi que « la moindre étincelle pouvait conduire à une catastrophe ».

« Personne ne veut régler ce différend par des moyens militaires », avait souligné le ministre allemand, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

La petite île grecque de Kastellorizo, située à deux kilomètres des côtes turques, cristallise la colère d’Ankara.

Selon Athènes, les eaux l’entourant sont sous souveraineté grecque, ce qui priverait Ankara de dizaines de milliers de kilomètres carrés de zones maritimes riches en gaz.

Ankara réclame « un partage équitable des eaux en Méditerranée » et s’est dit prêt mardi à « un dialogue sans conditions préalables » avec la Grèce, qui, pour sa part, s’est dite disposée à dialoguer « mais pas sous les menaces ».

Menaces de la Turquie

« Ceux qui veulent s’opposer à nous et qui sont prêts à en payer le prix, qu’ils le fassent. Sinon, qu’ils s’écartent de notre chemin », a encore averti le président Erdogan mercredi.

Selon le ministère turc de la Défense, « la frégate turque TCG Barbaros et la corvette TCG Burgazada ont effectué des manoeuvres d’entraînement militaire avec le contre-torpilleur américain USS Winston S. Churchill », le même qui avait participé à un exercice avec la Grèce lundi.

De son côté, la France a engagé trois avions de chasse Rafale, une frégate et un hélicoptère dans les manoeuvres communes, selon la ministre des Armées.

Les Italiens ont quant à eux engagé dans ces opérations une frégate, les Grecs une frégate et des moyens héliportés tandis que Chypre a déployé des moyens héliportés et un patrouilleur, selon le ministère français.

« Il y a une volonté de ces pays (…) de renforcer leur présence et de réaffirmer à la fois le droit international et la liberté de navigation », a précisé le ministère, selon lequel ce déploiement est « planifié depuis un certain temps. »

Le différend gréco-turc sera à l’ordre du jour d’un conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE jeudi et vendredi à Berlin.

https://www.latribune.fr/economie/international/grece-turquie-des-manoeuvres-militaires-rivales-impliquant-les-etats-unis-et-la-france-se-poursuivent-malgre-les-appels-a-la-desescalade-855647.html

Grèce, France et Italie manœuvrent de concert en Méditerranée. Face à la Turquie

Grèce, France et Italie manœuvrent de concert en Méditerranée. Face à la Turquie

 Nicolas Gros-VerheydeExercice aéronavalFranceGrèce-TurquieMéditerranée orientale  2 min read

(B2) Les marines grecque, chypriote avec le renfort de l’Italie et de la France ont démarré ce mercredi (26 août) un exercice aéronaval en Méditerranée orientale

(crédit : État-major grec)

Solidarité européenne face à la Turquie…

En pleine réunion informelle des ministres de la Défense, comme des Affaires étrangères de l’UE, à Berlin, c’est une manière pour les pays européens du rivage sud de la Méditerranée, les plus concernés (Grèce, Chypre, France, Italie), d’affirmer leur pleine solidarité face aux prétentions turques dans la zone. Dénommé ‘Eunomia’, l’exercice se déroulera en effet tout le temps de la réunion de mercredi à vendredi (26 – 28 août). 

… en pleine réunion ministérielle européenne

Cette initiative « vise à faire prendre conscience de la situation », confirme le ministre grec de la défense Nikos Panagiotopoulos. Il s’agit de « démontrer l’engagement des quatre pays méditerranéens européens en faveur de l’état de droit dans le cadre de la politique de désescalade des tensions ». Athènes, Nicosie, Paris et Rome répliquent aussi à l’annonce par la Turquie d’un exercice semblable, organisé « avec d’autres Alliés » selon Ankara.

La Méditerranée : un bien commun, pas un terrain de jeu des tensions

« La Méditerranée orientale se transforme en un espace de tensions. Le respect du droit international doit être la règle et non l’exception », renchérit la ministre française des Armées. « Notre message est simple : priorité au dialogue, à la coopération et à la diplomatie pour que la Méditerranée orientale soit un espace de stabilité et de respect du droit international. Elle ne doit pas être un terrain de jeu des ambitions de certains, c’est un bien commun », détaille Florence Parly dans une série de tweets.

Des frégates, sous-marins et avions

Participent côté grec, des frégates, des sous-marins et des forces spéciales, précise l’état-major grec. La frégate Spetsai (F-453), bien connue pour avoir tout récemment participé à l’opération européenne EUNAVFOR Med Irini, et la frégate Lίmnos III (F-451) sont de la partie selon nos informations. Du côté français sont engagés une frégate et un hélicoptère et trois avions Rafale.

L’inauguration de l’initiative Quad

Le quatuor compte bien ne pas s’arrêter là. Chypre, Grèce, France et Italie ont « convenu d’entrer dans une présence conjointe en Méditerranée orientale dans le cadre de l’Initiative de coopération du Quatuor (QUAD) », indique N. Panagiotopoulos. Ceci n’est donc que l’activité « inaugurale » d’une initiative plus complète. Objectif : « renforcer la présence militaire navale et aérienne collective dans la région » et pousser la Turquie au dialogue.

NB : un autre exercice, plus limité, avait eu lieu à la mi-août, entre la Grèce et la France uniquement (lire : La France positionne deux Rafale et une frégate face à la Turquie).

(Nicolas Gros-Verheyde)


Un autre exercice avec les Américains

Face aux velléités turques, les Grecs multiplient les signaux de solidarité. En début de semaine, lundi (24 août), s’est déroulé un autre exercice aéronaval, avec les États-Unis cette fois, dans la zone maritime au sud de la Crète. Y participaient, côté grec, la frégate Egée ou Aegean (F-460), un sous-marin type 214 et six avions F-16, tandis que du côté américain, le destroyer USS Winston S. Churchill (81), et les hélicoptères de bord des deux navires, précise l’état-major grec.

L’USS Winston Churchill et la frégate Aegean (crédit : US 6th fleet)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l’université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

https://www.bruxelles2.eu/2020/08/exercice-franco-italien-grec-en-mediterranee-orientale/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_2

Le retour de la bête ou comment la stratégie de la confusion stratégique de Washington a induit en erreur la perception stratégiques de ses rivaux sur la poursuite des objectifs initiaux

Le retour de la bête ou comment la stratégie de la confusion stratégique de Washington a induit en erreur la perception stratégiques de ses rivaux sur la poursuite des objectifs initiaux

Strategika51   25/07/2020

Une autre attaque israélienne a ciblé des positions militaires syriennes près de Hadar dans le voisinage de la ville de Qunaïtra (Golan) quelques jours après un attaque de missiles massive sur Damas et la chute de missiles syriens sur la colonie de Magdel Chams

Les attaques israéliennes contre la Syrie continuent dans le cadre d’un redéploiement des forces US au Levant et une recrudescence des activités militaires US autour de la base d’Al-Tanf mais également le nord de la Syrie après la réussite de la stratégie confusionnelle de « Bellum omnium contra omnes » ou guerre de tous contre tous visant en premier lieu à brouiller la perception stratégique russe.

Les derniers missiles israéliens lancés par des appareils de combat au dessus du plateau du Golan sont justifiés du côté israélien comme une riposte à la chute de débris de missiles Sol-Air syriens sur la partie sous occupation israélienne du Golan après le bombardement de sites au Sud de Damas.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=795325058&adf=2332433717&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595686823&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F25%2Fle-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8LDv-AUQ16bdrpO16thqEkwAeLaUSqlMB6BM6ElhETbZ6uei986_qWz0DMyW68eSNjDXCufHOkEOPEniuzLrVN6npXX62V4R1vG9I8Wvyi1xtV-mF0DbXVRVDDrP&dt=1595686823896&bpp=21&bdt=5262&idt=-M&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=7461084740688&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595686822&ga_hid=1103974965&ga_fc=1&iag=0&icsg=4398042316848&dssz=129&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=2797&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154%2C21066392&oid=3&pvsid=1662855456186054&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-24-16&ifi=2&uci=a!2&btvi=1&fsb=1&xpc=PxsGDCJTSq&p=https%3A//strategika51.org&dtd=67

En d’autres termes, Israël attaque régulièrement la Syrie après l’échec de la guerre hybride par proxy et lorsque les syriens (où leurs alliés) utilisent des missiles Sol-Air pour contrer les missiles israéliens dans l’espace aérien syrien, cette action est qualifiée comme une attaque par Tel-Aviv.

En réalité ces attaques concertées entre les Etats-Unis et Israël (avec la participation active de pays alliés dans la région) sont plus un message en direction de la Russie en Syrie qu’à égard de Damas ou Téhéran. Ces actions s’insèrent dans le cadre d’une montée en puissance d’une guerre en préparation contre les puissances émergentes que sont la Russie et la Chine et reflètent un changement de paradigme radical dans la stratégie de Washington où les notions de « guerre sans fin contre le terrorisme » par le biais de la création ex-nihilo d’acteurs non-étatiques idéologiquement ou religieusement motivés par la manipulation et la subversion sont abandonnées au profit d’une approche plus classique d’une confrontation avec un ou plusieurs rivaux géostratégiques majeurs.

La Russie appelle Israël à cesser ses attaques contre la Syrie:https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=795325058&adf=1492687157&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595686823&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F25%2Fle-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8LDv-AUQ16bdrpO16thqEkwAeLaUSqlMB6BM6ElhETbZ6uei986_qWz0DMyW68eSNjDXCufHOkEOPEniuzLrVN6npXX62V4R1vG9I8Wvyi1xtV-mF0DbXVRVDDrP&dt=1595686823896&bpp=18&bdt=5262&idt=-M&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280&nras=3&correlator=7461084740688&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595686822&ga_hid=1103974965&ga_fc=1&iag=0&icsg=4398042316848&dssz=130&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=3500&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154%2C21066392&oid=3&pvsid=1662855456186054&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-24-16&ifi=3&uci=a!3&btvi=2&fsb=1&xpc=ZcudPlkmof&p=https%3A//strategika51.org&dtd=90

Le représentant russe aux Nations Unies a réitéré les appels de la Russie à Israël pour la cessation des raids aériens sur le territoire syrien et de mettre fin à toute occupation étrangère dans ce pays ainsi que l’arrêt des tentatives de démanteler la Syrie en entités éparses. Cet appel très diplomatique n’a pourtant aucune chance d’être entendu.

Une certaine naïveté russe…

En dépit de leurs expériences passées, les russes ont fait montre d’une certaine naïveté en Syrie où ils ont cru pouvoir jouer au funambule dans un environnement où il fallait éviter ou du moins prévenir la prolifération de bases US et offrir les moyens d’une dissuasion fiable à une Syrie techniquement en guerre ouverte avec Israël et soumise à une guerre économique et financière américaine et européenne d’une férocité extrême. Le protectorat de facto de la Turquie sur la province syrienne rebelle d’Idleb a non seulement mis à mal la stratégie russe en Syrie mais a prouvé que la stratégie turque au Levant est une pièce maîtresse de la grande stratégie de Washington visant à reprendre la main au Levant au Moyen-Orient et de bloquer l’initiative de la nouvelle Route de la Soie chinoise d’atteindre la Méditerranée orientale.

Le déclin des groupes rebelles en Syrie ne pouvait qu’amener Israël à intervenir plus ou moins directement dans un conflit où il est l’un des principaux protagonistes. Cette donnée est essentielle et démontre qu’en dépit de la confusion globale délibérée entretenue par la nouvelle approche de Washington -ruse de guerre, brouillard de guerre ou situationnisme confusionnel dans la plus pure tradition du très classique « Art de la Guerre » de Sun Tzu, les pays ayant déclenché la guerre en Syrie poursuivent inlassablement leurs objectifs initiaux avec pour ligne de mire:

  1. Affaiblir les forces armées syriennes et découpler le Hezbollah libanais de l’équation syrienne et isoler ce dernier sur la scène libanaise, prélude à son ciblage;
  2. Découpler l’axe Damas-Téhéran et obtenir un changement de régime en Syrie en lui substituant dans le meilleur des cas un état de chaos similaire ou pire à celui en cours en Libye avec des protagonistes rivaux acquis ou alliés à l’Otan;
  3. Une fois la destruction de l’Etat syrien obtenue, focaliser l’ensemble des synergies régionales et internationale dans une alliance contre l’Iran pour aboutir au même objectif qu’en Syrie;
  4. Un changement de régime en Iran par un autre favorable à l’empire mettrait d’immenses réserves et de gisement d’énergies fossiles à la disposition de Washington et permettra de lancer avec l’aide des riches pays Arabes du Conseil de Coopération du Golfe et la Turquie le « Grand Djihad otanien » sur le flanc sud de la Russie en créant des remake de la première guerre d’Afghanistan dans les ex-République d’Asie centrale;
  5. La Russie se retrouvera ainsi acculée sur ses marches occidentales (pays baltes, Pologne, Ukraine, Roumanie) mais encore plus gravement sur son flanc méridional en Asie centrale où l’islam politique pourrait encore servir la stratégie US pour déstabiliser et tenter de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie avec pour objectif économique d’obtenir un changement de régime à Moscou et la mise en place d’un leadership russe favorable aux intérêts des oligarques compradores liés à la mafia financière occidentale comme c’était le cas au temps d’Eltsine sur fond d’une nouvelle humiliation de la Russie dans tous les domaine et la destruction de ses structures militaires, sociales et culturelles (propagation du chaos social);
  6. Simultanément, obtenir le découplage de l’axe stratégique Moscou-Beijing et de préférence créer les conditions d’une hostilité entre la Russie et la Chine tout en ciblant l’Ouest chinois par les mêmes outils de la subversion (guérilla islamiste pan-turquiste au Xinjiang, renforcée par l’incendie en Asie centrale musulmane) tout en renforçant son encerclement stratégique (Mer de Chine méridionale, péninsule coréenne, Hong Kong, rivalité avec le Viet-Nam, et nouvel élément géostratégique, un état de guerre froide avec l’Inde) dans un remake plus étendu et plus élaboré des guerres de l’Opium du 19ème siècle.

Inutile de préciser que ce scénario comporte des conséquences très lourdes à assumer pour l’ensemble de la population mondiale (après tout c’est grâce à la Chine si la plupart des consommateurs parviennent à s’offrir des commodités à des prix plus ou moins raisonnables ou accessibles au plus grand nombre) ou encore sur les capacités avérées des russes à reprendre les choses en main en cas de décapitation subite du leadership ou d’une révolution colorée (ils l’ont assez prouvés tout au long de leur histoire fort mouvementée) et le pire scénario est de voir une Russie dotée de plus de 5000 ogives nucléaires (plus de 12 000 en réalité) sombrer dans le chaos et qu’un groupe d’officiers nationalistes décident de prendre le pouvoir en prenant les armes contre un gouvernement fantoche mis en place par Washington avec l’aide des puissants réseaux sionistes internationaux. Ces données expliquent en partie la volonté de Vladimir Poutine de demeurer à la tête de la Russie pour quelques années et la décision unanime des élites dirigeantes de la Chine à nommer à vie le président Xi Jinping. Pour ces deux pays, le loup est derrière la porte de la maison et tous les moyens sont bons pour l’abattre.

L’empire US et ses alliés ne sont plus ce qu’ils étaient il y trois décennies. L’état des Etats-Unis en 2020 est similaire à celui prévalant en ex-Union Soviétique durant les années 1986-1990 et l’effondrement politique, économique et social est réel en dépit de la mainmise du dollar et de la falsification de tous les indices macro-économiques et boursiers. La spéculation et la méga-propagande renforcée par le contrôle de l’internet pallient pour le reste. Les élites de la finance ont décidé de créer des crises multi-formes (le COVID-19 n’en est qu’un aspect) afin de maintenir un statu quo ou à défaut faire couler le navire tout en maintenant leurs dividendes astronomiques et en multipliant à l’infini les clivages sociétaux à l’intérieur des sociétés humaines et les conflits armés entre les Etats. La guerre hybride se transforme et on saura bientôt la nouvelle forme qu’elle va adopter sur fond de crise sanitaire (en fait une guerre hybride mêlant un vecteur biologique et une médiaguerre avec une domestication des population par la peur et la terreur, un créneau toujours porteur).https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=795325058&adf=3107533707&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595686823&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F25%2Fle-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8LDv-AUQ16bdrpO16thqEkwAeLaUSqlMB6BM6ElhETbZ6uei986_qWz0DMyW68eSNjDXCufHOkEOPEniuzLrVN6npXX62V4R1vG9I8Wvyi1xtV-mF0DbXVRVDDrP&dt=1595686823896&bpp=7&bdt=5262&idt=-M&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280%2C674x280&nras=4&correlator=7461084740688&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595686822&ga_hid=1103974965&ga_fc=1&iag=0&icsg=4398042316848&dssz=130&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=5970&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154%2C21066392&oid=3&pvsid=1662855456186054&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-24-16&ifi=4&uci=a!4&btvi=3&fsb=1&xpc=3Q046Cm2dW&p=https%3A//strategika51.org&dtd=99

Le Grand Jeu est entré dans sa phase paroxystique et tout est désormais possible.

https://strategika51.org/2020/07/25/le-retour-de-la-bete-ou-comment-la-strategie-de-la-confusion-strategique-de-washington-a-induit-en-erreur-la-perception-strategiques-de-ses-rivaux-sur-la-poursuite-des-objectifs-initiaux/

La Turquie doit choisir : respecter l’Europe ou la combattre


La Turquie doit choisir : respecter l’Europe ou la combattre

 Nicolas Gros-VerheydeFrontièresMargaritis SchinasMéditerranée orientaleSainte-SophieUE-Turquie  2 min read

(B2) Alors que les tensions avec la Turquie ressurgissent, la Commission européenne envoie au gouvernement conservateur de Recep Tayyip Erdogan un avertissement sévère

Margaritis Schinas particulièrement déterminé sur la Turquie (crédit : EBS/Commission européenne/B2)

Le membre grec de la Commission européenne a répondu à une question de B2 et d’une collègue grecque ce vendredi (24 juillet) lors de la traditionnelle conférence de presse après la réunion du collège des commissaires alors qu’il présentait la nouvelle stratégie de l’Union de sécurité.

La sécurité au périmètre des frontières

« La sécurité au périmètre de nos frontières, c’est un objectif, un rôle à assumer pour l’Europe. C’est à nous de le faire », a indiqué Margaritis Schinas de manière particulièrement ferme. « Nous n’allons pas déléguer la sécurité de notre continent, la souveraineté de nos États membres à d’autres. »

À la Turquie de définir de quel côté de l’histoire elle est

Le vice-président de la Commission a immédiatement lancé un appel solennel à Ankara. « C’est à la Turquie maintenant de décider, une fois pour toutes, sur son choix géopolitique afin de savoir de quel coté de l’histoire, elle veut faire faire partie. »

Sainte-Sophie, un mauvaise départ

« Veut-elle faire son chemin aux côtés de l’Union européenne en se basant sur les valeurs de l’Europe ? » Telle est la question. Or « ce qui se passe avec  Sainte Sophie (1) est un mauvais départ ». « En tant que Grec, je suis amer et en colère. C’est un jour difficile. »

L’Europe a la volonté de diminuer les tensions

D’ici au conseil informel des ministres des Affaires étrangères, le gymnich, qui devrait en discuter, il y a une « opportunité » pour « travailler à diminuer ces tensions et réitérer l’importance de l’Europe comme une force de stabilité, une force de sécurité dans cette région très volatile ». Mais la détermination de l’Europe reste forte. « Aux autres [NDLR : la Turquie] de comprendre que cette détermination doit être partagée avec réciprocité. »

La question turque hante le collège

Précisons que le point ‘Turquie’ a fait l’objet d’une information lors de la réunion des commissaires. Le Haut représentant de l’Union, Josep Borrell, a ainsi présenté le résultat de ses dernières consultations.

Commentaire : l’adhésion turque à l’UE stoppée formellement ?

Cette prise de position, particulièrement ferme, pourrait signifier un tournant prochain de l’exécutif européen. Jusqu’ici partisan, malgré tout, de continuer le processus d’adhésion avec la Turquie — un processus très théorique, les négociations étant gelées de fait — la rupture officielle de ce fil ténu entre Ankara et Bruxelles pourrait être un tournant majeur. L’Europe aurait à perdre. Mais la Turquie également, notamment en termes économique ou de tourisme.

Les prochains jours et semaines seront cruciaux. Athènes et Nicosie ont déjà averti, soutenus par Paris (et en partie par Berlin). Si la situation continue de s’aggraver, la question de sanctions vis-à-vis d’Ankara pourrait être abordée, de façon plus franche. Un sommet européen pourrait alors se tenir durant l’été, ou en septembre au plus tard.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Cette basilique chrétienne de Contantinople, devenue mosquée entre le XVe siècle et 1934, puis convertie en musée jusqu’au 10 juillet, avant la décision du président turc de lui faire retrouver le chemin du culte musulman. La première prière de cet édifice, redevenu mosquée, a eu lieu aujourd’hui en présence de Recep Tayyip Erdogan.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l’université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

https://www.bruxelles2.eu/2020/07/la-turquie-doit-choisir-respecter-leurope-ou-la-combattre/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_2

L’arbre en feu qui cache la forêt sombre et dangereuse

L’arbre en feu qui cache la forêt sombre et dangereuse


Par The Saker − Le 14 juillet 2020 − Source Unz Review via thesaker.is

À peu près au milieu de l’année 2020, il devient assez évident qu’il existe un certain nombre de développements majeurs qui ont retenu presque toute notre attention, et pour une bonne raison, car ce sont des changements tectoniques qui sont vraiment qualifiés des «catastrophes» – selon la définition du mot « un changement violent et soudain dans une caractéristique de la terre ».

Les voici :

  • L’initiation de l’effondrement global de l’Empire anglo-sioniste.
  • L’immense bulle économique dont la taille sans cesse croissante est le meilleur indicateur de l’ampleur de l’énorme explosion qu’elle entraînera inévitablement.
  • L’implosion de la société américaine due à une combinaison de plusieurs crises systémiques profondes – effondrement économique, tensions raciales, pauvreté de masse, aliénation, absence de protections sociales, etc.
  • La pandémie de COVID-19 – alias «c’est comme la grippe saisonnière !!» – qui ne fait qu’exacerber tous les autres facteurs majeurs énumérés ci-dessus.
  • Enfin, il est difficile d’imaginer à quoi ressemblera la prochaine élection présidentielle américaine, mais une chose est sûre : d’ici novembre, nous connaîtrons déjà une tempête parfaite – l’élection ne fonctionnera que comme une source d’énergie qui alimentera encore plus cette tempête déjà parfaite.

Certes, il s’agit d’évolutions véritablement importantes, historiques, dont l’importance ne peut être surestimée. Ce ne sont cependant pas les seuls développements très graves. Il existe, en effet, plusieurs zones de tensions politiques sévères qui pourraient également entraîner une explosion majeure, bien que «seulement» régionale !

J’en énumérerai quelques-unes, en commençant par la plus visible :

Turquie

Erdogan ne sert à rien de bon. Encore une fois. Quelle grosse surprise, non ? Chaque fois que j’entends quelqu’un écrire quelque chose sur Erdogan rêvant de devenir le sultan d’un nouvel empire ottoman, j’ai tendance à rouler des yeux car c’est un cliché. Pourtant, on ne peut nier que ce cliché est vrai – l’idéologie néo-ottomane est définitivement bien vivante en Turquie et Erdogan veut clairement «monter ce cheval». Alors, énumérons quelques-unes des choses auxquelles les Turcs ont participé :

  1. Syrie : les Turcs ont clairement traîné les pieds dans le nord de la Syrie où, du moins selon l’accord conclu entre Erdogan et Poutine, les «mauvais terroristes» auraient dû partir il y a longtemps et la route principale aurait dû être sous la protection conjointe des forces russes et turques. Eh bien, la Turquie a fait une partie de cela, mais pas tout, et les «mauvais terroristes» sont toujours très présents dans le nord de la Syrie. En fait, ils ont récemment tenté d’attaquer la base des forces aérospatiales russes à Khmeimim. Ils ont échoué, mais c’est toujours quelque chose dont les Turcs doivent répondre puisque l’attaque est venue d’une zone qu’ils contrôlent. Protéger les terroristes en échange de promesses d’immunité contre leurs attaques a été tenté à plusieurs reprises dans le passé et n’a jamais fonctionné – tôt ou tard, les groupes terroristes échappent toujours au contrôle de leurs maîtres et se retournent même contre eux. Cela arrive maintenant à la Turquie.
  2. Libye : les Turcs sont également profondément impliqués dans la guerre civile libyenne. En fait, «profondément impliqué» ne donne pas assez de crédit à l’armée turque qui a utilisé des drones de fabrication turque avec une efficacité dévastatrice contre les forces du maréchal Khalifa Belqasim Haftar, le commandant de l’armée nationale libyenne basée à Tobrouk et qui est soutenue par la Russie et l’Égypte. Seul le déploiement rapide – et plutôt mystérieux – des défenses aériennes russes et d’un certain nombre de MiG-29 non identifiés a finalement réussi à faire tomber suffisamment de drones turcs pour les forcer à faire une pause. Les Égyptiens ont clairement indiqué qu’ils n’autoriseront jamais le soi-disant «gouvernement d’accord national» à prendre Syrte ou toute terre à l’est de Syrte. Le Parlement libyen – de l’Est de la Libye – a maintenant donné à l’Égypte l’autorisation officielle d’intervenir directement en Libye. Cela fait d’une sorte d’intervention égyptienne une chose presque certaine.
  3. Sainte Sophie : et juste pour s’assurer qu’il y a suffisamment de sources de tension, les Turcs ont maintenant déclaré que la cathédrale Sainte-Sophie d’Istanbul ne sera plus un musée ouvert à tous, mais une mosquée. Maintenant, la marionnette de la CIA, modestement connue sous le nom de «Sa très divine sainteté, archevêque de Constantinople, de la Nouvelle Rome et patriarche œcuménique», Bartholomew devrait être l’adversaire le plus virulent de ce mouvement, mais tout ce qu’il peut faire est de marmonner des arguments non pertinents – il voulait rentrer dans l’histoire comme le patriarche qui a patronné le schisme ukrainien et, à la place, il restera  comme le patriarche qui n’a rien fait pour empêcher les Ottomans de s’emparer de l’un des sites les plus sacrés du monde orthodoxe. À vrai dire, il n’aurait probablement pas pu empêcher cela car la décision d’Erdogan est entièrement en rapport avec les prochaines élections en Turquie, mais il aurait certainement pu essayer un peu mieux. Idem pour le chef du patriarcat de Moscou et, d’ailleurs, le gouvernement russe, qui a exprimé des choses vagues comme inquiétude, consternation, condamnation molle, mais qui n’a vraiment rien fait pour sanctionner Erdogan après son geste.
Aparté

Ce que les Turcs viennent de faire est une honte, pas seulement pour la Turquie elle-même, qui, encore une fois, prouve que la version ottomane de l'islam est particulièrement toxique et dangereuse. C'est aussi une honte pour le monde musulman tout entier qui, à quelques exceptions notables près, telles que le cheikh Imran Hosein, n'a rien fait pour empêcher cela et, le cas échéant, a approuvé cette décision. Enfin, c'est une honte pour l'ensemble du monde orthodoxe car cela prouve que l'ensemble de la communauté orthodoxe mondiale a moins de pertinence et d'importance aux yeux du dirigeant turc que le résultat de ses élections locales. La Russie, en particulier, aurait le genre de muscle politique nécessaire pour infliger toutes sortes de formes douloureuses de représailles contre la Turquie et pourtant la Russie ne fait rien. C'est un triste témoin de l'extrême faiblesse de la foi orthodoxe dans le monde moderne

Ajoutez à cela toutes les sources «traditionnelles» d’instabilité autour de la Turquie, y compris le problème kurde toujours non résolu – car insoluble ! – les tensions entre la Turquie, l’Irak et l’Iran, le soutien discret de la Turquie aux factions anti-russes dans les différents États ex-soviétiques et la confrontation constante avec la Grèce.

La Turquie reste l’un des États les plus dangereux de la planète, même si la plupart des gens n’en sont pas conscients. Certes, au cours des dernières années, elle a perdu une grande partie de sa superbe, mais elle dispose toujours de nombreux atouts formidables, y compris une très forte capacité nationale de fabrication d’armes, qu’elle peut utiliser pour un vaste éventail d’interventions politiques et militaires néfastes.

Égypte

Voilà un autre pays qui fait régulièrement la une des journaux puis disparaît du radar du public. Pourtant, en ce moment, l’Égypte est confrontée non pas à une, mais à  deux guerres possibles !

  1. Libye : comme je l’ai mentionné ci-dessus, en cas d’affrontement ouvert entre la Turquie et l’Égypte en Libye, il pourrait y avoir une escalade rapide dans laquelle les premiers affrontements militaires pourraient se transformer en affrontements sur la Méditerranée orientale et même en éventuelles frappes contre des objectifs militaires clés en Turquie et en Égypte. La seule bonne nouvelle ici est qu’il y a beaucoup d’acteurs majeurs qui n’ont pas besoin d’une guerre en Méditerranée orientale et / ou au Moyen-Orient. Après tout, s’il s’agissait d’une véritable confrontation militaire entre la Turquie et l’Égypte, alors vous pouvez être à peu près sûr que l’OTAN, le CENTCOM, la Grèce, Israël et la Russie auraient tous des préoccupations majeures. En outre, il est difficile d’imaginer quel genre de «victoire» militaire la Turquie ou l’Égypte pourraient espérer. À l’heure actuelle, la situation est très tendue, mais nous pouvons espérer que toutes les parties se rendront compte qu’une solution négociée, même temporaire, est préférable à une guerre à grande échelle.
  2. Éthiopie : l’Égypte a un problème potentiellement beaucoup plus important que celui de la Libye à résoudre. Il s’agit de la construction par l’Éthiopie du «Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD)» sur le Nil Bleu. Bien que personne ne sache vraiment quel sera l’impact final de ce barrage sur le Soudan et l’Égypte, il est assez clair qu’une civilisation bâtie le long du Nil sera confrontée à une menace majeure pour son mode de vie si la façon dont le Nil s’écoule est perturbée de façon importante, ce que ce barrage fera certainement.

Des deux conflits possibles que j’ai mentionnés ci-dessus, c’est le deuxième qui m’inquiète le plus. En fin de compte, ni la Turquie ni l’Égypte ne pourront décider de ce qui se passe en Libye, qui est surtout une sorte d ‘«échiquier» multi-joueurs où les «grands» – États-Unis, France, Russie – décideront finalement du résultat. Dans le cas du barrage en Éthiopie, les acteurs locaux auront probablement un mot décisif à dire, d’autant plus que les deux parties considèrent qu’il s’agit d’une question existentielle importante pour eux.

Si vous regardez une carte de la région, vous verrez que la distance entre la frontière égyptienne et l’emplacement du barrage à la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan est longue d’environ 1 200 km ou 745 miles. En cas de confrontation militaire entre les deux pays, cette distance décidera à peu près de la forme de la guerre que nous verrons : principalement des frappes aériennes et de missiles.

Le principal problème ici, pour les deux parties, est qu’aucune n’a le type de force aérienne ou de missiles qui lui permettrait de frapper efficacement l’autre pays. Cependant, cela pourrait changer très rapidement, surtout si la Russie vend à l’Égypte 24 de ses chasseurs multi-rôles avancés Su-35, et encore plus si la Russie rajoute quelques missiles air-sol capables dans le colis – la livraison du premier Sukhoi semble imminente. Ensuite, il y a ce «petit détail» du Soudan coincé entre les deux combattants : Khartoum ne peut tout simplement pas détourner le regard et prétendre que tout va bien si deux de ses principaux voisins décident de se battre dans l’espace aérien soudanais.

En théorie, l’Égypte pourrait également essayer de monter une attaque depuis la mer Rouge, mais pour le moment, la marine égyptienne ne dispose pas du genre de matériel coup de poing qui lui permettrait de frapper efficacement l’Éthiopie, en particulier avec la présence de l’Érythrée entre la mer Rouge et l’Éthiopie.

Mais cela pourrait également changer, d’autant plus que l’Égypte a accepté d’acheter les deux navires d’assaut amphibie de classe Gamal Abdel Nasser (ex-Mistral) et les porte-hélicoptères qui, bien que n’étant pas l’idéal, renforceraient certainement les capacités de commandement et de contrôle de l’Égypte, surtout si les Égyptiens réussissent à déployer des AWACS et des avions d’attaque, hélicoptères ou même à voilure fixe légère V / STOL, sur ces navires. En pratique, cependant, je pense que les Égyptiens pourraient engager ces navires beaucoup plus efficacement en Libye qu’ils ne le feraient en mer Rouge – d’autant plus que ces navires sont mal défendus contre les frappes de missiles.

Enfin, non seulement le barrage GERD est défendu par des systèmes de défense aérienne et quelques avions de l’armée de l’air décents, même s’ils vieillissent, un barrage est une cible assez difficile à détruire il est grand, fort et a un grand volume qui, à lui seul, contribue également à la «solidité» face aux attaques.

Il y a donc des raisons d’espérer qu’un conflit peut être évité, mais il sera très difficile d’amener les deux parties à s’entendre par des compromis sur des questions que les deux parties considèrent comme vitales pour leur sécurité nationale.

L’Ukraine

Oui, l’Ukraine. Encore. Cette folie qui a commencé avec l’Euromaïdan ne s’est pas arrêtée, loin de là. En fait, depuis l’élection de Zelenskii, l’Ukraine est devenue une sorte de maison de fous qui serait carrément hilarante si elle n’était pas aussi tragique et même horrible pour des millions d’Ukrainiens. Je vous épargnerai tous les détails, mais nous pouvons résumer le principal développement de ces derniers mois en disant que «Zelenskii a complètement perdu le contrôle du pays». Mais cela ne commencerait même pas à couvrir la réalité de cette situation.

D’une part, la guerre des mots entre Trump et Biden à propos du scandale de l’Ukrainegate a maintenant «infecté» la scène politique ukrainienne et chaque partie est d’abord occupée avec ce que l’on appelle localement «la Relation publique occulte», à savoir essayer de dénicher autant de saloperies que possible contre votre adversaire. Zelenskii est si faible que, étonnamment, Porochenko, auparavant presque totalement discrédité, a maintenant fait un retour en force et a obtenu le soutien de nombreux nationalistes influents. La dernière « bombe informationnelle » incroyable – mais vraie ! – a été déclenchée par un membre de la Rada ukrainienne, Andrei Derkach, qui a publié un enregistrement de Joe Biden et Porochenko discutant des avantages et des inconvénients de l’organisation d’une attaque terroriste en Crimée – voir ici pour plus de détails sur cette histoire incroyable. Cela fait à la fois de Biden et de Porochenko des «sponsors du terrorisme», ce qui n’est guère une surprise, mais quand même.

D’autres nouvelles «juteuses» sur le Banderastan occupé par les nazis incluent un Zelenskii peut-être père d’un enfant avec une de ses assistantes, et des attaques brutales contre les membres d’un petit – mais en croissance – parti d’opposition «Sharii» que les autorités ont non seulement ignorées, mais très probablement commandées en premier lieu. Ce n’est pas mon propos ici de discuter de toutes les subtilités toxiques de la politique interne ukronazie, je n’examinerai donc qu’un des dangers majeurs résultant de cette dynamique : on parle à nouveau de guerre avec la Russie.

D’accord, nous avons tous entendu les mêmes rumeurs depuis des années maintenant, et pourtant aucune attaque ukrainienne réelle et soutenue contre les républiques du Donbass (LDNR) ou, encore moins, la Crimée n’a jamais eu lieu – il y a eu des frappes d’artillerie et des attaques de diversion constantes, mais celles-ci restent en dessous du seuil de la guerre ouverte. Mais ce que nous entendons aujourd’hui est un peu différent : un nombre croissant d’observateurs ukrainiens et même polonais ont déclaré que la Russie attaquerait cet été ou en septembre, utilisant peut-être des manœuvres militaires pour déplacer des forces vers la frontière ukrainienne et attaquer. Selon la personne à qui vous le demandez, une telle attaque pourrait provenir de la Biélorussie et / ou du centre de la Russie – certains s’inquiètent même d’une opération amphibie russe contre le littoral ukrainien et des villes comme Marioupol, Nikolaev, Kherson ou Odessa.

Aparté

Les Ukronazis sont vraiment incroyables. D'abord, ils ont coupé toute l'électricité et même l'eau de la Crimée, puis ils déclarent que la Russie devra l'envahir pour reprendre le contrôle de l'approvisionnement en eau. L’idée que la Russie résoudra le problème de l’eau de la Crimée par des moyens pacifiques et technologiques est, semble-t-il, tout à fait impensable pour les dirigeants ukrainiens. Dans le monde réel, cependant, la Russie a un programme complet pour résoudre globalement les problèmes d’eau de la Crimée. Ce programme a commencé par la pose de conduites d'eau, l'amélioration du système d'irrigation de la Crimée, l'utilisation d'avions spéciaux pour déclencher la pluie et pourrait même inclure la création d'une usine de dessalement. La simple vérité est que la Russie peut facilement rendre la Crimée complètement indépendante de tout ce qui est ukrainien.

Et pour aggraver les choses, le chef de la marine ukrainienne, qui existe essentiellement sur le papier, a maintenant déclaré qu’un nouveau missile ukrainien, le Neptune, pourrait atteindre Sébastopol. Le problème n’est pas le missile lui-même – c’est une version modernisée d’un vieux design soviétique, il est lent et donc facile à abattre, mais le genre de «bruit de fond mental» créé par ce type de discours de guerre.

D’un point de vue purement militaire, la Russie n’a même pas à déplacer de troupes pour vaincre les forces armées ukrainiennes : tout ce que la Russie a à faire est d’utiliser ses puissantes armes à longue portée et ses moyens de frappe de reconnaissance pour d’abord décapiter, puis désorganiser et enfin détruire l’armée ukrainienne. La supériorité de la Russie dans les airs, sur l’eau et sur terre est telle que les Ukrainiens n’ont aucune chance au monde de survivre à une telle attaque, sans même imaginer de vaincre la Russie. Les Ukrainiens savent tous que, après tout, leurs forces armées n’ont même pas pu faire face aux forces relativement minuscules et infiniment plus faibles du LDNR – du moins par rapport aux forces russes régulières.

Pourtant, les Ukrainiens ont un avantage sur la Russie : s’il serait extrêmement dangereux d’essayer, ils doivent se rendre compte que, contrairement à leurs attaques sur le Donbass, s’ils osaient attaquer la Crimée, le président Poutine n’aurait pas d’autre option que d’ordonner une sorte de frappe de représailles.

Toute attaque ou frappe ukrainienne sur la Crimée échouerait probablement car tous les missiles seraient interceptés bien avant qu’ils ne puissent atteindre leurs objectifs, mais même dans ce cas, la pression sur Poutine pour y mettre un terme serait énorme. Ce qui signifie qu’il ne serait pas faux de dire que quiconque est au pouvoir à Kiev peut forcer la Russie à intervenir ouvertement. Cela signifie que dans ce cas précis, le côté le plus faible peut avoir au moins un certain degré de domination dans l’escalade.

Maintenant, l’Ukraine ne peut certainement pas réaliser de surprise stratégique, ni même de surprise tactique, mais, encore une fois, le succès réel de toute frappe ukrainienne contre la Crimée n’exige pas que les cibles désignées de la frappe soient détruites, tout ce qui est nécessaire, dans certains hypothèses au moins, est la capacité de faire deux choses :

  • Obliger la Russie à intervenir ouvertement
  • Choisir l’heure, le lieu et le mode d’attaque les plus problématiques pour la partie russe

Enfin, je suggérerais que nous examinions cette question du point de vue de l’Empire anglo-sioniste. À bien des égards, sinon la plupart, le Banderastan, créé par l’Occident en Ukraine, a perdu son utilité. L’US Navy n’obtiendra pas de base navale en Crimée qui est maintenant perdue à jamais – c’est maintenant l’un des endroits les mieux défendus de la planète, la Russie n’est pas intervenue ouvertement dans la guerre civile, les forces ukronazies ont été complètement battues par les Novorussiens et en termes économiques, l’Ukraine n’est rien d’autre qu’un grand trou noir qui ne pourra que s’approfondir. Ce qui pourrait suggérer à certains des élites dirigeantes américaines que déclencher une guerre perdante contre la Russie pourrait être la meilleure – et peut-être la seule – chose que leur horrible créature puisse faire pour eux. Pourquoi ?

Eh bien, d’une part, une telle guerre sera sanglante, même si elle est courte. Deuxièmement, étant donné qu’il est extrêmement improbable que les Russes veuillent occuper une partie de ce qui est aujourd’hui l’Ukraine tenue par les nazis, cela signifie que même une défaite militaire totale n’entraînerait pas nécessairement une disparition complète du Banderastan actuel. Oui, davantage de régions de l’Est et du Sud pourraient essayer de saisir cette occasion pour se lever et se libérer, et si cela se produisait, la Russie pourrait offrir le genre d’aide qu’elle a offerte aux Novorussiens, mais je ne pense pas que quiconque croit sérieusement que des chars russes seront vus à Kiev ou, encore moins, à Lvov  – pour ne pas parler de Varsovie ou de Riga. Ainsi, une défaite militaire contre la Russie ne serait pas une perte totale pour le Banderastan et cela pourrait même donner une dynamique bénéfique à la puissance ukronazie consolidée qui pourrait sortir d’un tel conflit. En fait, si cela devait arriver, j’attends pleinement des Ukronazis qu’ils déclarent une sorte de djihad pour libérer l’Ukraine occupée par les Moskals. Cela signifie que le bain de sang initial serait suivi d’une guérilla entre la Russie et l’Ukraine, qui pourrait durer très longtemps et être également très indésirable pour la Russie.

Aparté 

Pendant mes études, j'ai eu l'honneur et le privilège d'étudier avec un merveilleux colonel de l'armée pakistanaise qui est devenu un bon ami. Un jour, c'était vers 1991, j'ai demandé à mon ami quelle serait la stratégie pakistanaise lors d'une éventuelle guerre contre l'Inde. Il m'a répondu : "Regardez, nous savons tous que l'Inde est beaucoup plus forte et plus grande que le Pakistan, mais ce que nous savons tous aussi, c'est que s'ils nous attaquent, nous pouvons les faire saigner du nez méchamment". C'est exactement ce que pourrait être la stratégie ukrainienne: faire saigner du nez la Russie. Militairement, c'est impossible, bien sûr, mais en termes politiques, toute guerre ouverte contre l'Ukraine serait un désastre pour la Russie. Ce serait aussi un désastre pour l'Ukraine, mais les marionnettistes des Ukronazis à Kiev ne se soucient pas plus du peuple ukrainien que du peuple russe : tout ce qu'ils veulent, c'est faire abondamment saigner les Russes du nez.

En résumé, c’est un scénario possible qui pourrait aboutir à une catastrophe régionale : quiconque est au pouvoir en Ukraine commencerait par se rendre compte que le projet d’un  Banderastan ukronazi a déjà échoué et que ni l’UE ni, encore moins, les États-Unis ne sont prêts à continuer de jeter de l’argent dans le trou noir des Ukies. De plus, les politiciens ukrainiens intelligents se rendront compte que ni Porochenko ni Zelensii n’ont «livré» les «marchandises» attendues à l’Empire. Ensuite, les pays vassaux des États-unis en Europe de l’Est – dirigés par la Pologne et les mini-états de la Baltique – se rendent également compte que l’argent de l’UE s’épuise et que loin d’avoir réalisé de réels progrès économiques, bien loin du «miracle» espéré, ils deviennent également de plus en plus insignifiants pour leurs maîtres dans l’UE et aux États-Unis. Et, croyez-moi, les dirigeants politiques de ces États vassaux américains ont réalisé il y a longtemps qu’une guerre entre la Russie et l’Ukraine serait une opportunité fantastique pour eux de reprendre une certaine valeur aux yeux de leurs suzerains impériaux dans l’UE et aux US. Pour les gens qui pensent comme eux, même une tentative de frappe de Neptune contre Sébastopol serait un moyen rapide et tout à fait raisonnable de forcer la main de Poutine.

Enfin, nous pouvons maintenant regarder la situation en Russie

Russie

On pourrait penser qu’après la victoire massive remportée par le Kremlin avec le vote sur les modifications de la Constitution russe, la situation politique en Russie serait idyllique, du moins comparée au naufrage du Titanic de «l’Occident collectif». Hélas, c’est loin d’être le cas. Voici quelques-uns des facteurs qui contribuent à une situation potentiellement dangereuse en Russie.

  1. Comme je l’ai mentionné dans le passé, outre l’opposition «officielle» (prétendue) à la Douma, il y a maintenant deux oppositions «non-système» très distinctes à Poutine : les bons vieux «libéraux», que j’appelle parfois la 5e colonne, et les relativement nouveaux haineux de Poutine «nationalistes-roses» que j’ai baptisés, quelque peu ironiquement, je l’admets, comme une 6e colonne. Ruslan Ostashko les appelle des «émo-marxistes», et c’est aussi une précision très perspicace. Ce qui est si frappant, c’est que, si les 5e et 6e colonnes russes se détestent, leurs leaders détestent encore plus Poutine. Beaucoup d’entre eux détestent également le peuple russe parce qu’il ne «comprend pas» – du moins à leurs yeux – et parce que le peuple vote à maintes reprises pour Poutine. Inutile de dire que ces «5e et 6e colonnes», que nous appellerons pour la suite «5 et 6c» déclarent que l’élection a été volée, que des millions de votes n’ont pas été comptés du tout, tandis que d’autres ont été comptés plusieurs fois. Selon ces 5 et 6c, il est littéralement impensable que Poutine obtienne un tel soutien, la seule explication est que les élections ont été truquées. Alors que la somme totale des voix de ces 5 et 6c n’est probablement pas suffisante pour vraiment menacer Poutine ou la société russe, le Kremlin doit être très prudent dans la manière dont il gère ces groupes, d’autant plus que la situation de la société russe se dégrade clairement.
  2. La Russie a des problèmes objectifs, réels, qui ne peuvent être simplement ignorés. La plupart des Russes préféreraient clairement un État beaucoup plus social et économiquement actif. La réalité est que le système politique actuel en Russie se soucie peu du «petit peuple». La façon dont le Kremlin et les «grandes entreprises» russes sont enchevêtrées est affligeante pour beaucoup de Russes, et je suis d’accord avec eux. En outre, si les sanctions occidentales ont bien préparé la Russie à la crise actuelle, il reste vrai que la Russie ne fonctionne pas dans un environnement très favorable. Les revenus sont en baisse dans de nombreux secteurs et la pandémie CODID-19 a également eu un effet dévastateur sur les petites entreprises russes. Et si la question du virus COVID-19 n’a pas été aussi désespérément politisée en Russie qu’en Occident, beaucoup de mes contacts me rapportent que beaucoup de gens estiment que le Kremlin et les autorités de Moscou ont mal géré la crise. Ainsi, alors que l’opposition non systémique des 5 et 6c ne peut pas vraiment menacer la Russie, il y a suffisamment de ce que j’appellerais des «tendances toxiques et potentiellement dangereuses» au sein de la société russe qui pourraient se transformer en une menace beaucoup plus grande si une crise éclatait soudainement – y compris une crise déclenchée par une provocation ukrainienne toujours possible.
  3. De plus en plus de Russes, y compris les partisans de Poutine, sont frustrés par ce qu’ils perçoivent comme une politique étrangère russe boiteuse et franchement flasque. Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ne sont pas d’accord avec la manière dont Poutine traite les grands problèmes – disons la Crimée, la Syrie ou les bruits de sabre de l’Occident – mais ils sont particulièrement frustrés par ce qu’ils perçoivent comme des réponses russes boiteuses contre de petites provocations. Par exemple, le Congrès américain et l’administration Trump ont continué à imposer des sanctions et des accusations stupides contre la Russie sur une base quasi-quotidienne, mais la Russie ne fait vraiment pas grand-chose à ce sujet, malgré le fait qu’il existe de nombreuses options dans sa «Boîte à outils» politique pour vraiment faire payer aux États-Unis cette attitude. Une autre chose qui irrite les Russes est cette manière arrogante, condescendante et carrément grossière dont les politiciens occidentaux – et leurs journalistes stipendiés en Russie –  interviennent constamment dans les affaires internes russes sans jamais être sérieusement inquiétés pour cela. Bien sûr, certains personnages et organismes particulièrement nocifs ont été expulsés de Russie, mais pas assez pour envoyer un message clair aux ennemis de la Russie.
  4. Et, pour aggraver les choses, il y a de sérieux problèmes entre la Russie et ses supposés alliés, en particulier la Biélorussie et le Kazakhstan. Rien de vraiment critique ne s’est encore produit, mais la situation politique en Biélorussie s’aggrave de jour en jour, grâce, d’une part, à la politique inepte de Loukachenko et, d’autre part, à une résurgence du nationalisme kazakh, apparemment avec l’approbation du gouvernement central. Non seulement la déstabilisation de deux grands alliés russes est une mauvaise chose en soi, mais elle soulève également la question de savoir comment Poutine peut traiter, par exemple, la Turquie ou la Pologne, alors qu’elle ne peut même pas stabiliser la situation en Biélorussie et au Kazakhstan.

Dans une large mesure, je partage également bon nombre de ces frustrations et je conviens qu’il est temps que Poutine et la Russie adoptent une posture beaucoup plus proactive envers un Occident éternellement hostile.

Mon problème avec la 5e colonne est qu’elle est composée de russophobes enragés qui détestent leur propre nation et qui ne sont que des prostituées consentantes de l’Empire anglo-sioniste. Ils veulent que la Russie devienne une sorte «d’autre Pologne seulement plus à l’Est» ou quelque chose d’aussi insipide et sans intérêt.

Mon problème avec la 6ecolonne est qu’elle déteste beaucoup plus Poutine qu’elle n’aime la Russie, ce qui se constate régulièrement en prédisant soit un coup d’État, soit une révolution, ou un soulèvement populaire ou tout autre événement sanglant que la Russie ne peut tout simplement pas se permettre pour deux raisons principales :

  1. La Russie s’est presque détruite deux fois au cours du siècle dernier : en 1917 et en 1991. Chaque fois, le prix payé par le peuple russe a été absolument horrible et la nation russe ne peut tout simplement pas se permettre un autre conflit interne majeur.
  2. La Russie est en guerre contre l’Empire, et bien que cette guerre reste à peu près 80% information et idéologie, environ 15% économique et seulement 5% une guerre réelle, il reste que c’est une guerre totale, existentielle, pour la survie : soit l’Empire disparaît, soit la Russie disparaît. Il s’agit donc d’une situation où toute action qui affaiblit votre État, votre pays et son dirigeant se rapproche toujours dangereusement de la trahison.

À l’heure actuelle, la plus grande bénédiction pour la Russie est que ni la 5e ni la 6e colonne n’ont réussi à produire, ne serait-ce qu’à moitié, une personnalité politique crédible qui semble au moins marginalement capable d’offrir des solutions réalistes. Un certain nombre de partisans de la 5e colonne ont décidé d’émigrer et de quitter ce qu’ils considèrent comme le «Mordor de Poutine». Hélas, je ne vois aucun flux de partisans de la 6e colonne quitter la Russie, ce qui en fait objectivement un outil beaucoup plus utile pour des agences comme la CIA qui n’hésiteront pas à infiltrer même un mouvement politique supposé anti-américain si cela peut affaiblir la Russie en général, ou Poutine en particulier.

À l’heure actuelle, les services de sécurité russes font un excellent travail pour contrer toutes ces menaces, y compris la menace terroriste wahhabite toujours très réelle. Cependant, compte tenu de la situation politique internationale plutôt instable et même dangereuse, cela pourrait changer si toutes les forces qui haïssent Poutine et ce qu’elles appellent le «Poutinisme» unissent leurs forces ou frappent simplement en même temps.

Conclusion

Il existe, bien sûr, de nombreux autres points chauds potentiels sur la planète, notamment l’Inde, le Pakistan et la Chine, la mer de Chine méridionale, le golfe Persique, la péninsule coréenne et bien d’autres. Ainsi, ce qui précède n’est qu’un échantillon d’une liste beaucoup plus longue.

Les énormes changements qui se produisent sous nos yeux sont réels. Mais nous ne devons pas suivre l’exemple des médias pro-système et nous concentrer uniquement sur un ou deux sujets «brûlants», surtout pas lorsqu’il y a de nombreux dangers très réels. Cela étant dit, il ne fait aucun doute que ce qui se passera dans les prochains mois aux États-Unis est de loin le développement le plus important qui soit, qui façonnera l’avenir de notre planète, quoi qu’il se passe réellement. Et je ne parle pas du non-choix totalement symbolique entre Biden et Trump.

Je fais référence à la manière dont la société américaine gérera une coalition de minorités anti-américaines virulentes qui détestent ce pays et tout ce que, bon ou mauvais il représentait dans le passé. À l’heure actuelle, les élites américaines commettent un suicide national non seulement en échouant à s’opposer, mais aussi en soutenant activement les voyous de BLM et tout ce qu’ils représentent. BLM & Co. me rappellent les Ukronazis dont la principale expression de l’identité nationale est de haïr tout ce qui est russe – les voyous de BLM font la même chose, toute leur vision du monde est une pure haine du mâle blanc hétéro et de la civilisation occidentale. Et tout comme les Ukies se régalent d’histoires sur les «anciens Ukrs», les gens de BLM imaginent qu’ils vont d’une manière ou d’une autre transformer les États-Unis en un type de Wakanda avant d’expulser – ou pire – tous ceux qui ne sont pas prêts à abandonner leur pays à des gangs de voyous analphabètes en itinérance.

Alors que la Russie doit faire face au potentiel de la violence interne, les États-Unis sont déjà confrontés à une insurrection dangereuse et violente qui risque de s’aggraver avec l’explosion de la crise économique déclenchée par la pandémie.

Jusqu’à présent, les effets de cette crise ont été quelque peu atténués par une combinaison de dénégations politiques sur la nature de la menace – «oh, quelle absurdité, c’est comme la grippe saisonnière !», de distribution massive d’argent qui n’a aidé que temporairement, et par l’existence d’une énorme bulle financière qui ne fera qu’empirer les choses, mais qui peut temporairement créer l’illusion que les choses ne sont pas aussi mauvaises qu’elles le sont réellement.

On dit que la nature a horreur du vide. C’est vrai. Il est également vrai que l’effondrement de l’Empire a maintenant créé plusieurs vides qui seront comblés par de nouveaux acteurs, mais rien ne garantit que cette transition sera pacifique. Ainsi, pendant que nous regardons de très grands arbres brûler, nous ne devons pas oublier que derrière ces arbres il y a une grande forêt qui peut également s’enflammer, créant un feu de forêt beaucoup plus grand que les arbres que nous voyons brûler aujourd’hui.

The Saker

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/larbre-en-feu-qui-cache-la-foret-sombre-et-dangereuse

Rachad grillé, Ennahdha débarquée : Erdogan perd ses pions au Maghreb

Rachad grillé, Ennahdha débarquée : Erdogan perd ses pions au Maghreb

Publié par: Kamel M.le: 20 juillet, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_MaghrebImprimerEmail

Rien ne va plus pour les affidés du parti islamiste turc AKP et son chef de file, Recep Tayyip Erdogan. Ses pions en Algérie et en Tunisie s’écroulent, tandis qu’en Jordanie les autorités ont carrément décidé de dissoudre la secte des Frères musulmans chapeautée par Ankara depuis la déchéance manu militari de Mohamed Morsi et la décapitation de l’organisation en Égypte.

Larbi Zitout déçoit son maître Recep Tayyip Erdogan. D. R.

En Algérie, le mouvement Rachad, instrument entre les mains du Qatar puis de la Turquie pour remettre en selle un FIS version soft, est démasqué de toute part et tente, vainement, de se refaire une virginité à travers son arme de prédilection : les réseaux sociaux qui lui servent d’outil de subversion à partir de Londres et Genève où sont installés la plupart de ses membres. Ces derniers mois, cette organisation a perdu énormément de terrain à la faveur d’une large prise de conscience quant aux desseins inavoués des cyber-agitateurs dont les appels à la reprise du Hirak dévoyé ont lamentablement échoué.

Erdogan a récidivé après son congrès de l’«Oumma», organisé à Istanbul en avril 2011, en pleine effervescence dans la région, qui allait faire tomber les régimes de Hosni Moubarak en Egypte, Ali Abdallah Salah au Yémen, Zine El-Abidine Ben Ali en Tunisie et Mouammar Kadhafi en Libye, et provoquer une guerre meurtrière en Syrie où le sultan d’Ankara s’est cassé les dents mais continue, néanmoins, de provoquer Moscou en bombardant une base pro-russe. L’Algérie, qui avait failli être entraînée dans le fleuve en furie du «Printemps arabe», a résisté et a été épargnée par le plan ourdi par Doha et Ankara.

Le mouvement Rachad faisait partie des dix organisations qui avaient été «convoquées» par l’AKP, à l’occasion d’un conciliabule qui avait été couronné par une déclaration qui légitimait la «révolution arabe populaire pacifique», appelait au «droit de tous les peuples arabes à la liberté, à la justice et au choix de leur gouvernement» et – comble de l’ironie – condamnait «toute ingérence étrangère». Neuf ans plus tard, les représentants de cette mouvance applaudissent à l’unisson la décision d’Ankara d’envoyer des troupes au sol en Libye et assurent à la démarche expansionniste flagrante d’Erdogan une propagande effrénée.

En Tunisie, les membres de l’Exécutif issus du parti islamiste Ennahdha ont tous été démissionnés en même temps que le chef du gouvernement, alors que le président du Parlement, Rached Ghannouchi, symbole par excellence des Frères musulmans non seulement dans son pays mais dans tout le Maghreb, est fustigé par les députés qui s’emploient à le pousser vers la porte de sortie.

Avec l’affaiblissement de Rachad, la chute annoncée d’Ennahdha chez nos voisins de l’Est et la dissolution des Frères musulmans en Jordanie, c’est toute l’architecture de cette mouvance qui est en train de vaciller et qui ne manquera pas d’entraîner dans sa chute l’immodeste Président turc qui renforce le camp de l’opposition par son attitude aventureuse. Sa fin semble, en tout cas, proche.
K. M.
Algérie patriotique :

 https://www.algeriepatriotique.com/2020/07/16/rachad-demasque-ennahdha-debarquee-erdogan-perd-ses-pions-au-maghreb/

Explorations turques en mer Egée: la Marine grecque en alerte

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Explorations turques en mer Egée: la Marine grecque en alerte

Agence Belga , publié le 22 juillet 2020 à 16h23

Explorations turques en mer Egée: la Marine grecque en alerte

(Belga) La Marine grecque s’est mise en alerte et en « préparatifs renforcés » suite aux récentes activités turques d’exploration gazière en mer Egée, a indiqué mercredi une source de ce corps militaire.PUBLICITÉAds by Teads

« Des unités de la Marine ont été déployées depuis hier (mardi) dans le sud et le sud-est de la mer Egée », a déclaré cette source à l’AFP. Ces unités « sont prêtes à répondre à toute activité », a ajouté l’officier. La Marine a également appelé les marins à ignorer une restriction de navigation maritime décrétée par la Turquie. Le Premier ministre grec Kyriakos Mistotakis a organisé des rencontres séparées avec les dirigeants de partis politiques grecs, jeudi et vendredi, « sur des sujets nationaux », selon son bureau de presse. Dans le cadre de ses activités d’exploration d’hydrocarbone en cours, la Turquie a annoncé « publiquement » le déploiement de son vaisseau Oruç Reis en Méditerranée orientale à compter de mardi, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères daté de mercredi. Athènes a protesté officiellement contre ces mouvements proches de l’île grecque de Kastellorizo. « L’annonce des explorations turques dans une section du plateau continental grec (…) constitue une escalade de la tension dans notre région », a déclaré mardi le ministère grec des Affaires étrangères. « Nous appelons la Turquie à cesser immédiatement ses activités illégales qui violent nos droits souverains et sapent la paix et la sécurité dans la région », a ajouté le ministère grec. Or Ankara affirme que la zone maritime où les explorations seront conduites se trouve « entièrement sur le plateau continental turc tel que déclaré aux Nations unies », selon M. Hami Aksoy, porte-parole du ministre des Affaires étrangères. Celui-ci conteste que la seule île grecque de Kastellorizo, « large de 10 km2, à 2 km seulement d’Anatolie (en Turquie) et à 580 km du continent grec, puisse générer un plateau continental de 40.000 km2 », selon un communiqué. Pays voisins tous deux membres de l’Otan, la Grèce et la Turquie ont historiquement des relations tendues. Athènes dénonce l’accord turco-libyen controversé, signé l’année dernière, sur le partage des espaces maritimes entre Ankara et le gouvernement de Tripoli. Athènes estime que cet accord vise à accroître l’influence de la Turquie en Méditerranée où ce pays a récemment effectué des forages exploratoires à proximité de Chypre, suscitant les protestations des pays voisins, Chypre, Grèce, Egypte. L’UE a également dénoncé ces « forages illégaux » et menacé Ankara de sanctions. (Belga)

https://www.rtl.be/info/monde/international/explorations-turques-en-mer-egee-la-marine-grecque-en-alerte-1232849.aspx

PRÉPARATIFS DE GUERRE: L’EGYPTE ET LA TURQUIE LANCENT DES EXERCICES À GRANDE ÉCHELLE PRÈS DE LA LIBYE

PRÉPARATIFS DE GUERRE: L’EGYPTE ET LA TURQUIE LANCENT DES EXERCICES À GRANDE ÉCHELLE PRÈS DE LA LIBYE

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La Turquie et l’Égypte relâchent leurs muscles militaires au large des côtes libyennes alors que les chances d’une guerre potentielle en Méditerranée orientale continuent d’augmenter.

Premièrement, le ministère turc de la Défense nationale a annoncé qu’il organiserait bientôt des exercices navals à grande échelle au large des côtes libyennes. Le communiqué indique que les exercices, appelés «Naftex», auront lieu dans trois régions différentes: Barbaros, Turgutreis et Chaka Bey. La Turquie indique que les exercices impliqueront 17 avions de guerre et 8 navires prouvant «la capacité de la Turquie à contrôler la région par air et par mer».

L’impasse actuelle sur la ligne de front entre les forces pro-turques et l’armée nationale libyenne, soutenue par l’Égypte et les Émirats arabes unis, près de la ville portuaire de Syrte, n’a pas empêché la Turquie d’envoyer de nouvelles armes et de nouveaux équipements sur la ligne de front. L’armée turque a également déployé du matériel supplémentaire sur la base aérienne d’al-Watiya, dans l’ouest de la Libye. La base aérienne, qui est devenue plus tôt cette année un point fort des forces turques, a récemment été bombardée par la LNA Air Force. Au moins un système de défense aérienne à moyenne portée MIM-23 Hawk et un système de guerre électronique KORAL de l’armée turque auraient été détruits. Des sources pro-turques affirment que l’équipement récemment déployé sur la base comprenait des systèmes de défense aérienne qui donneront à l’ANL une «leçon».

Le 9 juillet, les forces armées égyptiennes ont lancé leurs propres exercices dans la région impliquant des forces terrestres, aériennes et navales déployées près de la frontière libyenne. La composante terrestre des exercices, baptisée Resolve 2020, a eu lieu dans le district nord-ouest de Qabr Gabis. Par cette décision, l’Égypte a envoyé à la Turquie et à ses mandataires le signal qu’une tentative des forces turques de capturer Syrte est une ligne rouge et si elle est franchie, ils feront face à une réponse militaire égyptienne.

Compte tenu des difficultés logistiques des forces turques et de l’avantage militaire apparent de l’Égypte en cas d’affrontement près de sa frontière occidentale, l’intervention ouverte de l’Égypte dans le conflit mettra un terme aux espoirs turcs de consolider son influence récemment accrue en Libye. .https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8386451025337892&output=html&h=165&slotname=9371570983&adk=1200457879&adf=1253519313&w=659&fwrn=16&lmt=1594653027&rafmt=11&psa=0&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&format=659×165&url=https%3A%2F%2Ftranslate.googleusercontent.com%2Ftranslate_c%3Fdepth%3D1%26hl%3Dfr%26prev%3Dsearch%26pto%3Daue%26rurl%3Dtranslate.google.com%26sl%3Den%26sp%3Dnmt4%26u%3Dhttps%3A%2F%2Fsouthfront.org%2Fwar-preparations-egypt-and-turkey%2F%26usg%3DALkJrhiCus7cUXty3c77vqTpnOJNEhkaiw&flash=0&wgl=1&adsid=ChAI8Iyw-AUQxqW26I3n5K4kEkwAXcgSEXZdn_Ejv_QhqtW-IzlITctsWSnmoIaUDM-kYtfC4UUbrrq9w3Au6c67LbtvaF8FOQOJqGxpQKLXNACrMxmgksle0duXuT65&dt=1594653292974&bpp=5&bdt=1134&idt=1052&shv=r20200707&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&prev_fmts=1063×280%2C679x280%2C300x600&correlator=290824147922&frm=6&ife=1&pv=1&ga_vid=911472636.1576421488&ga_sid=1594653293&ga_hid=639181302&ga_fc=0&iag=3&icsg=43127930880&nhd=1&dssz=62&mdo=0&mso=0&rplot=4&u_tz=120&u_his=4&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=25&ady=1999&biw=-12245933&bih=-12245933&isw=1063&ish=338&ifk=2221696463&scr_x=-12245933&scr_y=-12245933&eid=21065756%2C21066125%2C21066649&oid=3&pvsid=2204544849085509&pem=265&top=https%3A%2F%2Ftranslate.google.com&rx=0&eae=0&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C338&vis=1&rsz=%7C%7CpoeE%7C&abl=CS&pfx=0&fu=8336&bc=31&jar=2020-7-13-15&ifi=4&uci=4.5ednld8q9vzt&fsb=1&xpc=GVDYfxYaJB&p=https%3A//translate.googleusercontent.com&dtd=1090

Pendant ce temps, l’Etat islamique tente d’exploiter l’escalade pour sa propre cause. Selon des informations, les cellules de l’Etat islamique qui se cachent toujours dans la zone désertique du centre de la Libye ont récemment intensifié leurs activités et repris leurs attaques contre des cibles civiles, principalement en pillant de petits villages et en volant des convois civils. Le califat autoproclamé de l’Etat islamique s’est transformé en une marque bruyante utilisée par divers gangs pour justifier leur comportement criminel. Malgré cela, même de tels gangs deviendront un grave problème de sécurité si le conflit en Libye entre dans une nouvelle phase brûlante.

https://southfront.org/war-preparations-egypt-and-turkey/

  

Retour sur l’incident naval turco-français. Une certaine volonté de provoquer ?

Méditerranée

Retour sur l’incident naval turco-français. Une certaine volonté de provoquer ?

 Nicolas Gros-VerheydeConflit libyenEmbargo contre les armesEUNAVFOR Med IriniFranceOTANSea GuardianTurquie  3 min read

(B2) L’incident du Cirkin, ce cargo turc soupçonné de trafic d’armes vers la Libye, s’est-il exactement déroulé comme les Français le disent ?

Le rapport établi par l’OTAN, examiné par le comité militaire de l’Alliance, s’avère plus nuancé, selon un témoin digne de foi. Une nuance qui n’obéit pas seulement à la nécessité de ménager deux Alliés essentiels, la Turquie et la France, mais obéit aussi à une logique des faits implacable.

Trois contrôles dans la même journée

L’affaire commence en fait avec le contrôle par la marine grecque, le Spetsai dans le cadre de l’opération de l’UE (EUNAVFOR Med Irini) (lire : Un cargo sous escorte turque soupçonné de violer l’embargo sur les armes (v3)). Elle se poursuit avec un second contrôle, fait par la marine italienne, cette fois dans le cadre de l’opération de l’OTAN Sea Guardian. Officiellement, les deux opérations ne se parlent pas entre elles. Mais leurs officiers de différentes nationalités, oui. Deux contrôles dans la même journée, c’est peu banal. C’est alors qu’intervient une troisième volonté contrôle, de la frégate française Courbet (lire : Le Cirkin n’en était pas à son coup d’essai. Un navire français illuminé au radar).

Une volonté française de provoquer

La frégate Courbet fonce sur l’objectif semble-t-il, en sachant très bien le résultat. Le résultat est, en effet, connu d’avance. Le navire marchand ayant été placé sous protection turque, il ne peut ainsi être interpelé et encore moins fouillé. C’est la règle intangible du droit de la mer (lire article à suivre) que ne peut briser un commandant de navire, fut-il sur ordre présidentiel, sauf à vouloir commettre un acte de guerre. La volonté « de provocation » française des Turcs n’est donc, semble-t-il, pas absente, selon les observateurs ‘neutres’ du dossier. Il s’agit de créer un précédent. Ce qui conforte d’une certaine façon la version turque de l’incident et explique, en partie, le silence plutôt gêné des autres Européens et Alliés.

Un pieux mensonge turc

Ceci ne doit pas faire oublier un fait passé inaperçu dans ce brouhaha politique. La réponse officielle des Turcs était que ce navire Cirkin transportait « de l’aide humanitaire » destinée à la Libye pour faire face à la crise du Covid-19. Ce qui peut être vrai… en partie. Il suffit d’avoir une cargaison de masques et de produits désinfectants. Mais avec les preuves patentes du déchargement de véhicules et d’armes à Misrata, il s’avèrera que non seulement la Turquie a violé sciemment l’embargo sur les armes vers la Libye, mais a menti frontalement à ses alliés sur la motivation de protection de ce cargo (1).

Un silence troublant

C’est là le point focal de l’histoire. Le silence des Européens, comme des autres Alliés, sur cet élément est pour le moins très troublant. Affirmer tous les matins vouloir contrôler l’embargo sur les armes vers la Libye et, au premier incident, rentrer la tête sous le sable n’est ni courageux ni lucide. Car la Turquie n’est pas seule à violer l’embargo. Des preuves existent, remontées aux Européens et aux alliés, de la violation de l’embargo par des appareils militaires et civils russes, comme émiratis.

Un feu vert tacite

Ce silence avéré, le manque de soutien au navire grec confronté en premier lieu à la marine turque est un comportement suicidaire pour la crédibilité européenne, une sorte de feu vert tacite à toutes les violations de l’embargo.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Un navire transportant de l’aide humanitaire n’a pas besoin en soi d’être protégé par trois navires militaires dans des eaux, la Méditerranée, où les risques d’attaques pirates sont nuls.

Lire :