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L’Unesco saisie d’une plainte contre la France et la Turquie

L’Unesco saisie d’une plainte contre la France et la Turquie

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La République arabe syrienne a déposé une plainte à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) contre la France et la Turquie pour pillage de biens culturels.

Les armées françaises et turques ont supervisé des fouilles dans les territoires qu’elles ont occupés (Manbij, Afrin, Idlib, Hassaké, et Raqqa). Elles ont pillé des trésors archéologiques et les ont exfiltrés.

En outre, au début de la guerre, un cabinet privé basé à Paris coordonnait les commandes des pillages des jihadistes pour des acheteurs occidentaux. Une part du profit des négociants d’art servait au financement des organisations terroristes.

En 2015, l’Unesco avait observé par satellite les pillages sur près de 900 sites. La directrice générale, Irina Bokova, avait déclaré : « De nombreuses images prises par satellite (…) montrent des sites archéologiques en Syrie parsemés de milliers de fouilles archéologiques illégales, littéralement des trous, qui témoignent d’un pillage à l’échelle industrielle ». Cette activité « fait partie d’une stratégie de purge culturelle, pour détruire le passé, le présent et l’avenir de cette région connue comme un berceau de la civilisation humaine ».

Le 8 mars 2016, la Fédération de Russie avait déposé au Conseil de sécurité des Nations unies une note sur le rôle de la Turquie dans ce pillage [1].

Depuis novembre 2017, l’Unesco est présidée par l’ancienne ministre française de la Culture, Audrey Azoulay. Elle est proche du roi du Maroc Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron avec lequel elle travailla à l’Élysée, elle a été invitée au club de Bilderberg en juin dernier.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis avaient pillé des trésors artistiques des zones occupées par le Reich.

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Tontons flingueurs, tontons blagueurs

Tontons flingueurs, tontons blagueurs

 

22 novembre, 2018
Tribune libre

Michel Raimbaud

Présentée comme imminente tout au long de l’été, la bataille d’Idlib, qui devait marquer pour l’armée syrienne la phase finale du combat contre le terrorisme, n’aura pas eu lieu. Refuge pour des milliers de rescapés du djihad et espace livré aux manigances d’Erdogan, cette cité proche d’Alep et de la Turquie aura fait couler des flots d’encre ou de salive, mais le bain de sang annoncé n’aura pas eu lieu, un accord surprise entre la Russie et l’Ottoman renvoyant à leurs études les devins et experts en orientologie et – insinueront les mauvaises langues – la reconquête militaire aux calendes turques…

 

 

Oublions donc Idlib pour le moment et allons droit au fait ou au nouveau méfait, qui a nom Deir Ezzor. Comme on le sait, à moins qu’on ne l’ait déjà oublié, cette cité a été libérée en novembre 2017 de « l’Etat Islamique » qui l’occupait par l’armée syrienne, mais elle se trouve toujours confrontée à diverses menaces, liées notamment à sa situation géostratégique. Sise sur les rives de l’Euphrate, proche des puits de pétrole et jouxtant de riches terres agricoles, elle est l’objet de bien des convoitises, raison pour laquelle Da’esh y avait élu domicile. C’est aussi pourquoi elle est la cible des Kurdes, qui ont tendance à voir partout des Kurdistans, l’objet de la sollicitude des Turcs qui ont la nostalgie ottomane à fleur de peau et des occidentaux qui y voient une terre à démocratiser à la mode Debeliou.

Les « forces démocratiques de Syrie », qui se présentent comme « arabo-kurdes » brandissent une « priorité » qui serait de lutter contre le terrorisme, celui des Turcs notamment, mais Washington instrumentalise les uns et les autres, l’objectif commun étant d’empêcher le retour de l’Etat syrien.

Quant à la « coalition internationale », racolée pour soi-disant combattre Da’esh, c’est de facto une armée supplétive supplémentaire des Etats-Unis et de ses alliés, qui roule et détruit pour le compte de l’Amérique. Il faut le répéter encore, la dite Amérique sous toutes ses défroques (forces spéciales, conseillers, OTAN, « coalition », armées diverses et mercenaires), est présente en Syrie en totale illégalité, sans autorisation et contre le gré du gouvernement légal de Damas. Il en va de même pour ses alliés, n’en déplaise à tous les va-t-en guerre occidentalistes. Le reste n’est que faribole, menterie et coquecigrue.

Or, toujours en quête de projets créateurs, comme le chaos du même nom, la « coalition » qui sévit en Syrie, en désarroi devant les évolutions de la situation dans la région, s’est lancée dans une nouvelle offensive, violant encore un peu plus le droit international, le droit humanitaire et les hypocrites « lois de la guerre »…

La « coalition » vient de sévir encore, procédant à trois ou quatre reprises à des bombardements meurtriers sur des cibles civiles dans la zone de Deir Ezzor. On a compté en une semaine plus de 100 morts, surtout femmes et enfants. Les armes utilisées – des bombes à fragmentation, ou au phosphore blanc, particulièrement cruelles et laissant des traces dans l’environnement, sont banales pour nos zorros du Far West planétaire. Pourquoi pas en douce des bombes à uranium appauvri pour apprendre à vivre aux damnés de la terre ? Les médias occidentaux passent ces exploits collatéraux sous silence ou les mentionnent sans émotion apparente. Guidée par des motifs si nobles, la « coalition » ne peut pas commettre de crimes de guerre, par définition… La ville de Raqqa avait ainsi été rasée et ses habitants massacrés, après que les chefs terroristes en aient été soigneusement exfiltrés : on n’a jamais publié de bilan. Comme disait Mme Albright, collègue adorée de nos ministres et grandmère de tous les enfants estropiés des guerres de l’Axe du Bien, « c’est le prix à payer pour la démocratisation » (sic).

Vous avez dit « droit humanitaire » ? Vous avez dit « environnement » ? Vous avez dit « droit international », « légalité onusienne » ? Où irait-on si les pays qui s’arrogent « le droit de dire le droit » devaient aussi le mettre en pratique, voire donner l’exemple ? Ils ne peuvent tout faire, déjà qu’ils sont dépositaires du lourd « fardeau de l’homme blanc » relooké en « responsabilité de protéger ». D’où le partage des tâches, aux uns de définir le droit et aux autres le devoir de le respecter et le danger d’être châtié, même à titre préventif : tout le monde ne peut être médecin, il faut bien des patients ! Et Dieu sait que la pauvre humanité est patiente.

Pour l’Establishment dominateur et sûr de lui, tout ceci va de soi : « nos grandes démocraties occidentales », fleurons de l’Humanité, ne se définissent-elles pas d’abord comme des nations civilisées régies par l’Etat de droit ? Cet Etat de droit dont nos « élites » se gargarisent jusqu’à plus soif, c’est celui où tout un chacun peut, parait-il, défendre son bon droit et demander justice pour les dommages dont il estime avoir été victime, sans garantie de résultat d’ailleurs ; mais ce n’est pas un droit à compétence universelle, car il ne concerne que les « civilisés », pas les « hors-la-loi » : en effet, l’Etat de droit est aussi, et peut-être surtout, un Etat qui peut faire la guerre sale chez les autres sans jamais demander leur avis à ses propres citoyens ou à leurs représentants, constitution ou pas…Il y a la théorie et la pratique…

Le fameux village global à laquelle nos élites se réfèrent naturellement et sans rire, cette tarte à la crème dont les « élites » nous barbouillent, est à l’image de nos grandes villes « mondialisées ». Il y a le centre riche et « civilisé », plutôt à l’ouest, « l’humanité d’en haut » qui compte et décide, auto-intronisée « communauté internationale ». Malheureusement, rien n’étant parfait en ce bas-monde, il y a également, au Sud et à l’Est, toutes ces banlieues de non-droit, là où s’agite « l’humanité d’en bas » ou de l’entresol : c’est le repère des contestataires et résistants, qui refusent de « rejoindre la communauté internationale » occidentale, osant s’opposer à ses valeurs diverses et ses oukazes. Que ces malotrus soient « renaissants » ou « émergents » ne change rien à l’affaire, ils doivent être sanctionnés, menacés et encerclés : ne sont-ils pas « préoccupants », au même titre que les Etats faillis, voyous, parias, avec lesquels ils font alliance et qu’ils protègent ?

Dans un article publié le 4 octobre 2015, intitulé « Etats voyous et grandes voyoucraties », l’auteur de ces lignes rappelait la « théorie du fou », fruit du cerveau de Richard (Dick) Nixon, il y a de cela un demi-siècle : il est souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires », pensait alors le « Tricky Dicky », c’est à-dire « Dick le tricheur ». Posant les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide », une étude réalisée en 1995 pour le Strategic Command allait reprendre cette idée-force : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler » ? Pourtant l’oncle Donald était alors bien éloigné de la Maison Blanche. Mais vingt-cinq ans plus tard, la théorie du fou est plus que jamais d’actualité, et Trump est aux commandes.

Cette prose délirante explique en tout cas le pourquoi de ce « monde à l’envers » conçu par l’Occident, dans lequel chaque mot, chaque phrase, chaque concept signifie son contraire, le droit se traduisant ainsi par le non-droit, la légalité par l’illégalité, le désir de justice par son déni systématique, la volonté de paix par la folie guerrière, et la vérité par le mensonge. C’est assez pour expliquer comment les « grandes démocraties » autoproclamées en viennent à se transformer en « voyoucraties », respectant en feignant de l’ignorer les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « Rogue State » des anglo-saxons :

 

– Violer régulièrement la légalité internationale,

– Détenir des armes de destruction massive,

– Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.

 

Sur ces bases, le GPS ne conduit pas à Damas, à Téhéran ou à Moscou, mais bel et bien vers ceux qui l’ont conçu. En juin 2000, Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estimait déjà (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Dix ans plus tard, au début des funestes « printemps arabes », Noam Chomski constatera que son pays « se place au-dessus du droit international ». Deux consciences américaines parmi tant d’autres.

Il reste cependant que, dans le dictionnaire amoureux de l’Amérique, on récolte plus de fioretti que dans toutes les homélies du Pape François. George W. Bush, spécialiste bien connu en questions historiques (Pourquoi nous haïssent-ils autant alors que nous sommes si bons ?) avait déjà le chic pour nous interpeller quelque part. Le locataire actuel du bureau ovale, l’oncle Donald, est lui aussi un lanceur d’alertes qui sait nous faire savoir, avec le robuste bon sens des saloons et des ranchs, le fruit de ses cogitations : « Le monde est un endroit très dangereux », nous assène-t-il en novembre 2018. On ne peut contredire le Président des Etats-Unis, par définition orfèvre en matière de dangerosité.

Pour la période allant de 1945 à aujourd’hui, l’Empire du Bien peut inscrire à son bilan 20 à 30 millions de tués, qu’il s’agisse des guerres directes (Corée, Vietnam, Irak) ou par procuration (en Afghanistan, Angola, Congo, Soudan, Guatemala, Syrie) conduites par des forces et milices alliées, souvent entraînées et commandées par les USA. Il pourrait même sans mentir faire état de centaines de millions de blessés dans ces multiples conflits et d’autres centaines résultant indirectement des hostilités (famines, épidémies, migrations, esclavage, destruction de l’environnement, des infrastructures, ponction sur les dépenses vitales du fait des dépenses militaires), ou fruit des sanctions, blocus ou embargos que l’Amérique et ses fidèles infligent à plus de la moitié des Etats-membres de l’ONU…. Tel est le bilan des actions entreprises depuis 1945 par la « puissance indispensable » afin d’instaurer « un ordre international libre et ouvert » et pour « préserver les peuples de l’agression et de la tyrannie » (2018 National Defense Strategy of the USA). La « communauté internationale » à la sauce occidentale est bien une confrérie de « tontons flingueurs », faciles à reconnaître, puisqu’on les retrouve dans tous les grands raouts pour la paix, où l’on se pavane bras dessus, bras dessous sur des Champs-Elysées ou sous des arcs de triomphe, sous l’œil attendri des caméras fixant pour la postérité ces réunions de famille.

Ils semblent si heureux de se retrouver ensemble et paraissent si sincères qu’il faut s’y reprendre à deux fois pour constater ou concéder que le réseau participant inclut quelques criminels de guerre notoires et beaucoup d’obsédés du bombardement humanitaire. Certes, mais alors comment expliquer que l’on retrouve les mêmes dans les grands-messes où l’on brandit l’environnement comme un trophée et/ou comme le symbole d’un ardent désir de paix ? A quoi rime de prêcher la transition écologique, les clairs ruisseaux et les nuages moutonnés dans les pays bien nés, lorsque dans la foule des Etats frappés par les « guerres justes » de l’Empire, l’atmosphère est rendue mortifère par les bombes, les armes de destruction massive, les ravages, les miasmes des épidémies, lorsque l’eau et la terre sont volontairement empoisonnées par des plans pervers (cf. le plan US Iraq Water Treatment Vulnerabilities) ? On pourrait penser à leur bonne mine que les tontons flingueurs sont aussi des tontons blagueurs. Et il est vrai que l’on doit souvent se pincer pour s’assurer que l’on ne rêve pas. La blague mondialisée a ceci de remarquable qu’elle est involontaire pour ses promoteurs et concepteurs, qui se prennent très au sérieux. Deux ou trois exemples suffiront ici pour illustrer le propos.

Vous êtes l’ambassadeur syrien aux Nations-Unies, et voilà que surgit le représentant saoudien venu pérorer sur les libertés en Syrie et les conditions d’un avenir démocratique pour ce pays que les wahhabites ont voulu détruire. Le discours est surprenant et pourra passer pour une blague, comme le dit en grand seigneur Bachar al Jaafari, grand diplomate. Mais ce n’est qu’un épisode de la blague qui a permis à la « communauté internationale » de confier à l’Arabie Saoudite la présidence du Conseil des Nations-Unies pour les droits de l’homme et de la femme, et à l’Occident de s’en servir comme porte-parole en la matière, Ben Salman oblige. Après tout, qui avait bronché lorsque les « Casques Blancs de Syrie », créature des services anglais et faux nez humanitaire d’Al Qaida, avaient été pressentis pour le Nobel de la Paix, recevant aux Etats-Unis le prix des droits humains ?

Au point de déliquescence où en est arrivé le système onusien, balloté par la « fin de l’Histoire » puis par la mondialisation, la vie internationale est désormais surréaliste pour qui veut encore se référer aux us, coutumes et langages de la diplomatie, aux principes de la charte des Nations-Unies et aux simples préceptes de la morale naturelle et/ou de la vie en société. Et le top du surréalisme, c’est quand trois membres permanents du Conseil de Sécurité expliquent dans un grand courroux que c’est leur droit et même leur devoir de violer systématiquement les principes et les règles de la Charte dont ils sont censés être les gardiens et les garants, accusant leurs adversaires de menacer la paix et l’ordre mondial. On l’aura compris, il faut que la société internationale soit tombée bien bas pour que des pères fondateurs de l’ONU aient pour successeurs et héritiers de vulgaires flingueurs. La diplomatie traditionnelle avait ses tares et ses travers, mais elle prenait à cœur son métier, qui est de mettre de l’huile dans les rouages et non de jeter de l’huile sur le feu. Elle pouvait avoir de l’esprit, mais n’était pas une pantalonnade. Elle doit cesser de l’être. A l’heure où le monde flirte avec la guerre, il faut remettre de l’éthique dans la vie internationale. Le conflit n’est plus entre un monde « libre » et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit et ceux de l’hégémonie. A chacun de choisir son parti, avant les douze coups de minuit, avant que la blague généralisée ne joue de mauvais tours. Notre humanité perd patience.

 

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/389-tontons_flingueurs_tontons_blagueurs

Erdogan met en garde Chypre contre les explorations gazières « téméraires »

Erdogan met en garde Chypre contre les explorations gazières « téméraires »

Ankara – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde Chypre mardi contre tout « agissement téméraire », alors que Nicosie est déterminé à explorer des gisements gaziers en dépit de l’opposition énergique d’Ankara.

« Les agissements téméraires de la Grèce et de l’administration chypriote-grecque, qui reçoivent le soutien de certains pays européens, sont devenus source de menace et de danger, à commencer pour elles-mêmes », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Ankara.

Dans une allusion aux pays européens qu’il accuse d’appuyer Chypre dans ses ambitions énergétiques, M. Erdogan s’est emporté contre « ceux qui tremblent comme des feuilles mortes devant l’afflux de migrants et se transforment en lions dès qu’il s’agit de pétrole ou de gaz ».

Ces déclarations virulentes interviennent alors que le gouvernement chypriote a annoncé lundi que les géants énergétiques français Total et italien Eni avaient conjointement répondu à un appel d’offres pour explorer et exploiter du gaz et du pétrole au large de l’île.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit de Chypre, qui rêve de devenir à terme un acteur énergétique majeur.

La République de Chypre, membre de l’Union européenne et n’exerçant son autorité que sur les deux tiers sud de l’île, a signé ces dernières années des contrats d’exploration avec des géants des hydrocarbures comme Eni, Total ou encore l’Américain ExxonMobil.

Mais Ankara, dont les troupes ont envahi en 1974 le tiers nord de l’île en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher l’île à la Grèce, réclame la suspension de toute exploration, tant qu’une solution à la division de Chypre n’est pas trouvée.

La Turquie s’oppose en effet à toute exploitation de ces ressources gazières qui exclurait l’autoproclamée République turque de Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale.

Début novembre, M. Erdogan avait qualifié de « forbans » les majors pétrolières étrangères qui tentent d’explorer les gisements au large de Chypre.

En février, un navire affrété par ENI pour effectuer des forages d’exploration avait dû rebrousser chemin après avoir été bloqué par des navires de guerre turcs.

(©AFP / 27 novembre 2018 13h09

https://www.romandie.com/news/Erdogan-met-en-garde-Chypre-contre-les-explorations-gazi-res-t-m-raires/974512.rom

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

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Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord.
- L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas.
- Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

http://www.voltairenet.org/article204084.html

Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales

Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales

Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales© Ruptly
Un navire russe déployé pour bloquer le détroit de Kertch après que trois navires ukrainiens ont violé l’espace maritime russe.
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Trois bâtiments de guerre ukrainiens manœuvrant dangereusement dans les eaux territoriales russes ont été capturés, après avoir refusé de quitter la zone. Blessés, trois militaires ukrainiens ont reçu de l’aide médicale. Leur vie n’est pas en danger.

Le Service fédéral russe de sécurité (FSB) a confirmé ce 25 novembre avoir arrêté trois navires de guerre ukrainiens ayant violé les eaux territoriales russes au niveau du détroit de Kertch, où se trouve notamment le pont de Crimée, reliant la péninsule au reste de la Russie. Les bâtiments militaires, qui manœuvraient dangereusement selon Moscou, refusaient d’obéir aux sommations des gardes-frontières, exigeant que les navires arrêtent immédiatement leur progression illégale dans les eaux russes.

Les navires russes ont alors ouvert le feu pour les empêcher d’aller plus loin. Trois militaires ukrainiens ont été blessés. Ils ont reçu de l’aide médicale de la part de soldats russes et leurs jours ne sont pas en danger.

Les trois bateaux ukrainiens, le Berdiansk, le Nikopol et le Yany Kapu, ont «tenté de mener une autre action illégale à 19h (heure locale)», selon le FSB.

Des avions Soukhoï Su-25 russes ont patrouillé dans la zone après l’incident.

Auteur: RT France

Une «provocation», selon Moscou

«Il existe des preuves irréfutables de la préparation et de la mise en œuvre par Kiev d’une provocation de la Marine ukrainienne dans les eaux de la mer Noire. Ces informations seront bientôt rendues publiques», a affirmé le FSB dans un communiqué, après l’incident.

Plus tôt ce même jour, Moscou, qui a déploré les «actions dangereuses et irresponsables» de la partie ukrainienne, avait déployé un navire au niveau du pont de Crimée afin de faire obstacle et d’empêcher les bâtiments de guerre ukrainiens de progresser.

Auteur: RT France

Porochenko veut déclarer la loi martiale

Le président ukrainien Petro Porochenko a pour sa part dénoncé un «acte agressif de la Russie visant une escalade préméditée» dans cette zone. Il a réuni dans la soirée un haut-comité militaire, proposant d’instaurer la loi martiale dans le pays pour 60 jours. Cette proposition doit désormais être soumise au parlement ukrainien pour validation finale.

Les deux parties s’accusent mutuellement de violer la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. L’Ukraine assure avoir prévenu la partie russe de son intention d’envoyer des navires depuis Odessa vers le port de Marioupol, sur la côte nord de la mer d’Azov, ce que dément Moscou. Cette route passe par le détroit de Kertch.

Oana Lungescu, porte-parole de l’OTAN, a affiché son plein soutien à Kiev : «[L’Alliance atlantique] soutient totalement la souveraineté de l’Ukraine et son intégrité territoriale, y compris ses droits de navigations dans ses eaux territoriales.»

De son côté, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a écrit sur Facebook : «[Les autorités ukrainiennes] utilisent des méthodes de bandits : premièrement une provocation; ensuite l’exercice de la force et enfin, ils accusent les autres d’agression.»

Des images prises depuis un navire des gardes-frontières russes, montrent ces derniers prendre en chasse les navires ukrainiens ayant violé l’espace maritime russe. On peut également voir les bâtiments militaires ukrainiens manœuvrer à une distance dangereusement proche des bateaux russes.

Auteur: RT France

Après l’incident, des manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade russe de Kiev, lançant des fumigènes par dessus les grilles.

https://francais.rt.com/international/55856-navires-ukrainiens-violent-espace-maritime-russe-provocation-de-kiev-selon-moscou

 

L’Empire ottoman : le retour ?

L’Empire ottoman : le retour ?


Par Varoujan Sirapian − Le 13 novembre 2018

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Le brouhaha du 17e Sommet International de la francophonie qui se déroulait à Yerevan, la capitale de la République d’Arménie, les cérémonies suivant le décès d’Aznavour, les différentes polémiques — volontaires ou involontaires — suscitées par les chefs d’État français et américain ont occulté la récente déclaration du ministre des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan Elmar Mammadyarov qui s’interrogeait sur «l’avenir de la souveraineté d’Arménie», autrement dit l’existence même de ce pays du Sud-Caucase. Ces assertions ont été relevées par Stepan Danielian, dans un article publié sur Hetq.am (le 8 novembre2018).


Bien que l’Arménie orientale à moins de 30 000 km² (grande comme la Suisse ou la Belgique) ne représente que le dixième de ce que fut l’Arménie historique (ou occidentale, aujourd’hui sous domination turque), les deux voisins, à l’Est et à l’Ouest de ce petit pays n’ont cessé d’afficher leurs ambitions de l’anéantir dans des termes plus ou moins diplomatiques.

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Ce fut le cas tout de suite après l’indépendance de l’Arménie en 1991, pendant la guerre du Haut-Karabagh, pendant laquelle le Premier ministre turc de l’époque Tansu Çiller, a eu l’ambition d’envahir l’Arménie. Tentation vite stoppée par l’avertissement du général russe en charge de protéger la frontière arméno-turque : «Si vous faites un pas de plus, vous vous trouverez en face l’armée russe!»

La guerre du Karabagh (aujourd’hui Artsakh) s’est terminée par la victoire des Arméniens qui ont non seulement libéré le territoire historiquement arménien (offert par Staline à l’Azerbaïdjan) mais ont conquis sept régions autour créant ainsi une zone tampon, assurant ainsi une profondeur stratégique, militairement parlant. Mais depuis le cessez-le-feu signé en 1994 entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan la Turquie a toujours soutenu l’idée de garantir l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan autrement dit la restitution de la totalité des territoires conquis par les Arméniens. Alors que l’expression azérie reste assez directe, brutale, primitive et belliqueuse, la subtilité traditionnelle de la diplomatie turque permet d’avancer leurs idées d’une façon plus sournoise.

La Turquie, sous le régime d’Erdogan, notamment depuis le «coup d’État» de juillet 2016 (considéré par lui comme un «don de Dieu»), affiche ouvertement son ambition de redevenir une puissance régionale et faire renaitre la grandeur de l’Empire ottoman, sultan Abdulhamid II étant l’idole du président turc. Pour réaliser cet objectif, la Turquie travaille sur trois axes :

  1. Au Proche-Orient, la Turquie essaye de prendre pied militairement grâce à une subtile diplomatie de séduction ou de chantage avec une alliance contre nature avec les Russes, tout en restant membre (et la deuxième armée) de l’OTAN.
  2. Aux Balkans ils essayent de renforcer leur présence sur le plan politique, grâce à la société civile turque, certes en minorité mais active dans ces pays.
  3. À l’Ouest, en Europe, mais aussi aux États-Unis, ils essayent d’organiser la diaspora turque qui commence à avoir un certain poids démographique, pour mieux les mobiliser et peser sur les décisions politiques des pays respectifs où ils habitent.

Sur ce dernier point, la suprématie de l’influence turque sur les autres lobbies (notamment, arméniens, grecs ou kurdes) n’est qu’une question de temps. Pour deux raisons : d’abord sur le plan démographique (aujourd’hui la présence turque en Europe et supérieure aux autres minorités issues de la Turquie) et ensuite par les méthodes utilisées. Alors que certaines n’ont pas su «moderniser» le fond de leurs revendications (évoquer le(s) génocide(s) perpétrés par les Jeunes Turcs est-ce suffisant) ou adapter leurs démarches dans la vie politique (aujourd’hui il y a plus d’élus d’origine turque dans l’UE que d’autres membres de la diaspora issue de la Turquie). Puis dans le monde où nous vivons, certains n’ont pas compris qu’une cause ne peut pas triompher uniquement parce qu’elle est juste. L’affecte ou le pathos seront toujours vaincus par les intérêts.

Donc il paraît évident que la Turquie et l’Azerbaïdjan, deux pays musulmans, chacun avec son style et ses atouts, entretiennent un plan global sur le plan géopolitique. Que l’un soit majoritairement sunnite et l’autre chiite ne pose pas de problème, le lien s’établissant par la langue ; si le ciment de l’islam ne marche pas le turquisme prend le relais et inversement.

Deuxième nuage noir sur l’Arménie est apparu lors de la visite de John Bolton1 dans le Sud Caucase. Contrairement à son attitude de profil bas à Moscou il a pris une posture plutôt hautaine, voire provocante, intimant à l’Arménie de revoir sa position (de lui tourner le dos) vis-à-vis de l’Iran, qui pourtant est un allié stratégique notamment sur le plan commercial.

On peut être d’accord avec Bolton 1 quand il dit que la question de l’Artsakh est une question internationale. Un ancien dicton perse disait : «Celui qui domine Chouchi 2 domine le Caucase». Or historiquement le Caucase a été la pomme de discorde entre les Empires russes, perse et ottoman. La paix entre ces trois puissances était maintenue grâce à l’équilibre de forces entre les différentes gouvernances dans le Caucase. Chacune de ces nations avait son allié. Et chacun des alliés jouait sur les conflits entre ces nations situées au Caucase pour avancer ses pions. Depuis quelques années les conflits qui se déroulent au Proche-Orient (Irak, Syrie…) influencent la géopolitique du Caucase en général et celle de l’Artsakh en particulier. L’avenir de l’Artsakh et même celui de l’Arménie dépendent des évolutions sur la scène du Proche-Orient. Or les puissances qui s’occupent du dossier syrien (groupe d’Astana) sont la Russie, l’Iran et la Turquie et ils auraient pu s’occuper également du dossier de l’Artsakh s’il n’y avait pas eu des intérêts géopolitiques des États-Unis ou des pays européens.

Le néo-ottomanisme d’Erdogan

De nos jours les zones de turbulences géopolitiques accroissent le rôle des puissances régionales. Chaque grand pays reconsidère sa position et sa responsabilité dans son environnement immédiat tout en évaluant ses priorités pour maintenir sa cohésion identitaire et la stabilité de ses institutions ainsi que ses alliances. La Turquie est actuellement devant ces choix et les bouleversements politiques et sociétaux qui traversent le pays auront un impact direct sur l’avenir de l’Arménie et de l’Artsakh.

L’Arménie elle-même est en pleine mutation politique après la «révolution de velours» d’avril 2018 et avance vers une vraie démocratie souhaitée (et espérée) par une très grande majorité de la population malgré les embuches semées aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. De ce point de vue les élections législatives du 9 décembre (qui aboutiront très probablement à la victoire des partisans du Premier ministre Nikol Pachinian) seront le point de départ d’une nouvelle gouvernance qui aura la lourde de tâche de redresser le pays tout en restant vigilant sur le plan extérieur.

Varoujan Sirapian
Directeur de la revue Europe&Orient

Liens

L’auteur a déjà réagi sur notre site au sujet de cette révolution de velours, comme Andrew Korybko et Dmitry Orlov.

Notes

    1. John Robert Bolton, 70 ans, est un homme politique américain proche des néo-conservateurs, chargé de 2001 à 2005 des
      questions de désarmement par George W. Bush, puis ambassadeur américain aux Nations unies d’août 2005 à décembre 2006 Le 22 mars 2018, le président Donald Trump le nomme son conseiller à la Sécurité nationale ; il entre en fonction le 9
      avril. Il était jusqu’à cette nomination président du think tank Gatestone Institute.
    2. Chouchi, ancienne capitale culturelle arménienne. De nos jours deuxième ville de l’Artsakh. La libération de Chouchi par les forces arméniennes en 1992 a été déterminante dans la victoire finale.
    1. http://lesakerfrancophone.fr/lempire-ottoman-le-retour

 

Le sommet d’Istanbul sur la Syrie a été un succès mais les mises en garde demeurent

Le sommet d’Istanbul sur la Syrie a été un succès mais les mises en garde demeurent


Par MK Bhadrakumar – Le 29 octobre 2018 – Source Strategic Culture

2015-03-19_14h09_03Le sommet des quatre nations Turquie-Russie-Allemagne-France sur la Syrie, qui s’est tenu à Istanbul le 27 octobre, a obtenu un résultat impressionnant. Tous les participants – chacun avec ses propres intérêts – ont retiré quelque chose du sommet, ce qui est en soi une mesure du succès de la manifestation. Ceci est également important car les participants ont maintenant une raison de travailler ensemble.

Istanbul Summit on Syria Was a Success but Caveats Remain

Un tel résultat peut être interprété de la manière suivante. D’abord et avant tout, un conflit régional majeur ayant une incidence sur la sécurité internationale a été traité sans la participation des États-Unis. Un signe de notre époque ?

Deuxièmement, les participants ne se sont pas querellés au sujet du destin du président Bachar al-Assad. Le débat devient futile aujourd’hui compte-tenu des réalités du terrain. La nation syrienne devrait décider de son avenir. C’est aussi la demande d’Assad.

Troisièmement, une réflexion sérieuse a été engagée sur le chemin vers un règlement syrien – cessez-le-feu, rédaction de la nouvelle constitution suivie d’élections sous la supervision de l’ONU.

Quatrièmement, les participants ont ignoré le plan américano-israélien de balkanisation de la Syrie en sphères d’influence et ont également brisé le rêve israélien d’obtenir, dans le cadre de l’arrangement, une légitimité internationale pour son occupation illégale du plateau du Golan.

Cinquièmement, l’Allemagne et la France se sont montrées sensibles à la demande russe qui a insisté sur l’urgence de fournir une aide humanitaire à la Syrie et d’aider à la reconstruction – les États-Unis ont subordonné cette décision à la destitution d’Assad. Nous devrons voir comment cela se déroulera, mais le sommet a également souligné l’importance du retour des réfugiés syriens –  question cruciale pour les pays européens.

Sixièmement, les participants ont reconnu que les terroristes encore en Syrie devaient être éliminés, même s’ils appuyaient également de manière significative l’accord de cessez-le-feu d’Idlib, conclu entre la Turquie et la Russie.

Le résultat final est que l’ordre syrien d’après-guerre fait actuellement l’objet de discussions. Cependant, il faut aussi comprendre que la guerre par procuration ne se termine pas, mais se transforme en une guerre diplomatique à venir et qui sera bien entendu vivement combattue, compte tenu des intérêts divergents des protagonistes extérieurs.

De manière générale, la Russie et la Turquie commandent dès maintenant. Leurs propres visions sont bonnes mais il y a aussi des zones grises. L’importance d’une coordination étroite entre la Russie et la Turquie ne peut être que soulignée.

L’Iran ne peut pas se réjouir d’avoir été exclu du sommet d’Istanbul. Mais cela peut montrer aussi une sous-estimation du fait que l’Iran n’est pas en position d’affirmer ses intérêts légitimes. Les consultations étroites entre la Russie et l’Iran – et pas seulement en ce qui concerne la Syrie – sont bien entendu le facteur atténuant.

De même, l’attitude saoudienne « post-Khashoggi » à l’égard de la Syrie reste le « known unknown ». Les États-Unis sont en mesure de faire chanter l’Arabie saoudite pour continuer à financer leur présence militaire en Syrie, mais les Saoudiens peuvent ne pas avoir envie de projeter leur puissance à l’étranger. Quelque chose a fondamentalement changé : les Saoudiens ne sont pas habitués à ce que leur prestige soit traîné dans la boue, comme ce fut le cas le mois dernier, et l’expérience traumatique ne peut que donner à réfléchir.

De plus, les Saoudiens n’osent pas croiser le fer avec la Turquie sur le terrain de jeu syrien. Surtout, les Saoudiens ne voudraient pas saper les efforts de la Russie pour stabiliser la Syrie, car la bonne volonté et la coopération de Moscou sont extrêmement vitales pour Riyad au cours de la période à venir, maintenant que la raison d’être de son « Pivot vers l’Est » est incontestable.

Fondamentalement, la France et l’Allemagne sont des poids légers en Syrie. L’agenda était limité au sommet d’Istanbul. La Russie doit savoir parfaitement qu’en dernière analyse, la participation des États-Unis est cruciale. Il est tout à fait concevable que lors du prochain sommet russo-américain à Paris le 11 novembre, la Syrie soit un sujet de discussion majeur.

La politique américaine en Syrie est à la croisée des chemins et dépendra beaucoup de la position du président Trump à la suite des élections de mi-mandat du 6 novembre aux États-Unis.

Clairement, la situation était loin d’être celle de trois alliés importants des États-Unis organisant une mutinerie sur le navire de l’OTAN. L’Allemagne et la France auront certainement consulté Washington avant le sommet d’Istanbul – qui se prépare depuis des mois.

La grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques. L’affaire Khashoggi a créé une certaine proximité entre les États-Unis et la Turquie. Ironiquement, le Deep State en Amérique et Trump sont sur la même longueur d’onde, redécouvrant l’importance vitale de la Turquie pour les stratégies régionales des États-Unis.

Les porte-parole du Deep State accusaient le président turc Recep Erdogan d’être « islamiste » et « autoritaire », etc., et ont probablement même tenté de le renverser lors du coup d’État manqué de 2016, mais aujourd’hui, ils le louent pour avoir épousé la démocratie islamique, la panacée pour la région.

Erdogan, à son tour – ou du moins une partie de lui-même – avait toujours rêvé de la reconnaissance de l’Occident, alors qu’il cherchait le rôle de leader historique de la Turquie au Moyen-Orient, et la particularité de servir de pont entre l’Ouest et la région. De même, Trump sera éternellement reconnaissant à Erdogan de s’abstenir de tout raconter sur l’affaire Khashoggi et de l’avoir aidé à mettre fin à une crise majeure pour sa présidence sur le front de la politique étrangère.

Inutile de préciser que cette transition dans l’amour vache entre les États-Unis et la Turquie peut affecter profondément la géopolitique du Moyen-Orient – à condition bien sûr que Washington joue soigneusement ses cartes en ce qui concerne la liste de souhaits d’Erdogan sur une foule de questions en suspens, y compris certaines d’une grande sensibilité.

La Syrie est quelque part au sommet des priorités d’Erdogan. Si désagréable que cela puisse paraître, Erdogan s’attendra à ce que les Américains poussent leurs alliés kurdes syriens dans le fossé. Hier, l’armée turque a bombardé les positions kurdes à l’Est de l’Euphrate.

Il est maintenant difficile de prédire comment la politique turque se déroulera en Syrie, car les variables sont trop nombreuses. Un rapprochement américano-turc est difficile à réaliser. Mais pourtant les Turcs et les Américains sont aussi de vieux alliés et ils ont le moyen de se creuser la tête pour recommencer à travailler ensemble.

MK Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-sommet-distanbul-sur-la-syrie-a-ete-un-succes-mais-les-mises-en-garde-demeurent

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

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Le Parlement des Îles Marshall a adopté, le 26 février 2018, le principe d’une cryptomonnaie (Declaration and Issuance of the Sovereign Currency Act 2018). Elle devrait être mise en œuvre par une société israélienne, Neema, sous le nom de Sovereign (SOV).

Les Îles Marshall, qui n’ont pas d’armée et dont la Défense est assurée par les États-Unis, n’ont pas de monnaie propre et utilisent le Dollar.

Selon le Fonds monétaire international, le projet de Sovereign n’offre aucune garantie en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Il pourrait donc ne pas obtenir la convertibilité en Dollar.

Affolé par cette perspective, le Parlement des Îles Marshall devra se prononcer le 12 novembre sur sa mise en application et, éventuellement, censurer le gouvernement d’Hilda Heine.

Actuellement, le Venezuela est le seul État au monde à disposer d’une crypto-monnaie, le Petro. Cependant, celle-ci n’est pas fixée sur le marché, mais sur les réserves naturelles du pays. Ce système a permis de mettre fin à la dépréciation abyssale du Nouveau Bolivar.

Depuis le début 2018, le Royaume-Uni, le Canada, Singapour, la Turquie et l’Iran étudient la possibilité de créer leur propre cryptomonnaie.

Documents joints

IMF Report
See page 6 : « Protecting fincial stability ».
(PDF – 1.4 Mo)

 

http://www.voltairenet.org/article203813.html

Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine

Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 29 octobre 2018

Les mercenaires mandatés par les États-Unis dans l’est de la Syrie ont encore perdu du terrain au profit d’État islamique.

La carte montre les positions d’ISIS (en gris), de la force mandataire SDF (jaune) et de l’armée syrienne (rouge) à la frontière irakienne le 19 octobre.


Voici les positions à compter d’aujourd’hui.



La force américaine par procuration a perdu les villes de Susah, Hawi al-Susah, Safafinah, Mozan, Shajlah et Baghuz Fawqani et ISIS est de retour à la frontière irakienne. Les forces irakiennes ont été mises en alerte et ont scellé la frontière de leur côté.

La cause immédiate de la perte était une nouvelle tempête de sable qu’ISIS a utilisée pour contre-attaquer. Une contre-attaque similaire lors d’une tempête de sable s’est déjà produite il y a deux semaines. Cela rend la déclaration de ce porte-parole américain risible :

«La tempête de sable a permis une contre-attaque d’État islamique, ce qui était surprenant compte tenu des conditions, mais maintenant, l’air est dégagé et la coalition continuera à augmenter son soutien aérien et sa puissance de feu pour aider ses partenaires», a déclaré le colonel Ryan …

Les tempêtes de sable désactivent le soutien aérien et l’artillerie. C’est pourquoi ISIS, qui manque d’armée de l’air, utilise depuis des années toutes les tempêtes de sable pour attaquer. Ce n’est pas surprenant du tout, car c’est l’une de ses formes de combat caractéristiques. Les tempêtes de sable signifient que l’on peut s’attendre à une attaque d’État islamique. L’attaqué doit doubler sa garde et être prêt à défendre sa position. Les forces spéciales américaines censées diriger leurs mandataires semblent avoir négligé cela.

Les djihadistes d’État islamique ont attaqué de manière habituelle pendant la tempête de sable. Un kamikaze a fait exploser la première position sur la ligne de front et plus de 100 combattants ont pris d’assaut et encerclé les lignes ennemies. Depuis vendredi, entre 60 et 80 SDF [mercenaires kurdes] ont été tués, d’autres blessés et au moins 20 faits prisonniers. D’autres ont simplement fui paniqué et État islamique a pu reprendre plusieurs villages sans se battre. ISIS affirme que tous les combattants capturés étaient des Arabes, pas des Kurdes.

Les Kurdes ont décidé depuis longtemps que le combat sur l’Euphrate n’était pas leur principal problème. Ils se préparent à lutter contre une invasion turque. La force terrestre SDF qui attaque ISIS est principalement arabe. Certains ont été embauchés par les États-Unis, mais beaucoup d’entre eux ont été contraints à collaborer. Ils ne sont pas intéressés à risquer leur vie. Ils n’attaqueront que lorsque l’armée de l’air américaine aura bombardé leurs ennemis en miettes.

Après les lourdes pertes du SDF arabe, il a été demandé au YPG kurde d’envoyer quelque 300 de ses combattants pour reprendre les positions perdues et pour poursuivre l’attaque générale contre ISIS, qui n’a généré aucun gain depuis un mois.

État islamique détient toujours quelque 700 prisonniers et otages. Il avait menacé de les tuer s’il ne recevait ni nourriture ni médicaments. Il n’y a eu aucune nouvelle de leur destin.

Vendredi, les présidents russe, français et turc et la chancelière allemande Merkel se sont rencontrés à Istanbul. Les parties française et allemande ont renoncé à un changement de régime [en Syrie]. Ils ont un problème de réfugiés et veulent la fin de la guerre. Ils insistent toujours pour que la Syrie change sa constitution mais Damas n’a aucune raison de suivre de telles consignes. L’ancien ambassadeur de l’Inde en Turquie, MK Bhadrakumar, procède à une analyse plus approfondie du sommet. Sa grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques.

Il y a peu de raisons de penser que cela ira mieux. Erdogan veut que les États-Unis quittent la Syrie presque autant que Damas elle-même. Erdogan a récemment menacé d’envahir la partie nord-est de la Syrie contrôlée par les États-Unis. Hier, l’artillerie turque a touché des positions de la force de procuration américaine en Syrie près de la frontière avec la Turquie.

Les États-Unis continuent d’insister pour que les “milices soutenues par l’Iran” quittent la Syrie avant le départ des États-Unis. Mais les “milices soutenues par l’Iran” en Syrie sont aujourd’hui des Syriens. L’Iran a soutenu des groupes composés de combattants afghans et irakiens et les soldats iraniens ont quitté le pays il y a quelque temps. Il reste tout au plus quelques officiers iraniens, payés par l’Iran, pour l’entraînement des groupes locaux. La demande n’a aucun sens. Elle vient probablement d’Israël, qui souhaite que les États-Unis restent en Syrie le plus longtemps possible.

La situation dans le gouvernorat d’Idlib et ailleurs n’a pas changé. Le prochain sommet américano-russe du 11 novembre traitera de la question de la Syrie. Jusque-là tout est figé.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-isis-defait-la-force-par-procuration-americaine