Archives pour la catégorie Turquie

Les 18 000 Ouïghours d’Al-Qaïda en Syrie

Les 18 000 Ouïghours d’Al-Qaïda en Syrie

+

L’Armée arabe syrienne prépare ses plans d’attaque afin de libérer le Nord-Ouest du pays, c’est-à-dire la région d’Idleb dans laquelle les jihadistes en déroute se sont réfugiés.

Selon le commandement, la plupart des combattants seraient prêts à se rendre, seuls 10 000 hommes seraient prêts à se battre jusqu’à la mort.

Cependant, selon la presse syrienne, une colonie ouïghour aurait transformé la ville d’al-Zanbaki (juste à la frontière turque) en camp retranché. On ignore à peu près tout de ce qui passe dans cette ville, interdite d’entrée à qui que ce soit. Elle abriterait 18 000 personnes.

Parlant le turc, plutôt que le chinois, ils ont bénéficié jusqu’ici du soutien des services secrets turcs.

Ces Ouïghours se réclament d’Al-Qaïda. Ils refusent de retourner en Chine (où ils seraient jugés) [1] et la Turquie refuse désormais de les héberger.

La présence de cette importante colonie chinoise perturbe les plans de libération de la région.

[1] « Retour en Chine de jihadistes en Syrie », « Jihadistes revenus de Syrie : déjà plus de 150 morts en Chine », Réseau Voltaire, 3 juillet 2013 & 3 novembre 2014.

 

http://www.voltairenet.org/article202516.html

Publicités

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Publié par wikistrike.com sur 18 Août 2018, 13:06pm

Catégories : #Economie, #Politique internationale

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions  » sont la goutte qui fait déborder le vase « , selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs  » continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut « . Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits  » émergents  » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un  » refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme  » aussi solides que l’or « , se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement  » s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan « .

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple  – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels  reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que  » Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales « . Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, « Divide and Ruin: The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis » a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’ »austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Article original: Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Source: https://arretsurinfo.ch/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere/

 

Par Dan Glazebrook, RT

Publié le 17 août 2018 sous le titre Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Traduction : Dominique Muselet

http://www.wikistrike.com/2018/08/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Washington réarme des Kurdes en Syrie

Washington réarme des Kurdes en Syrie

+

Les États-Unis viennent de faire parvenir à des Kurdes du Nord de la Syrie une très importante cargaison d’armes (environ 250 camions).

Il est impossible de dire en ce moment, contre qui Washington entend utiliser ces armes.

Les États-Unis relancent-ils la guerre contre la Syrie ou s’apprêtent-ils à instrumenter des Kurdes contre la Turquie ?

http://www.voltairenet.org/article202460.html

La Turquie jure de sortir « plus forte », écarte toute aide du FMI

La Turquie jure de sortir « plus forte », écarte toute aide du FMI

Le ministre turc des Finances et gendre de Recep Tayyip Erdogan, Berat Albayrak, à Istanbul le 10 août 2018. / © AFP / Yasin AKGUL

Le puissant ministre turc des Finances s’est efforcé jeudi de rassurer les investisseurs étrangers, assurant que la Turquie n’avait pas besoin de l’aide du Fonds monétaire international pour sortir « encore plus forte » de la crise monétaire qu’elle traverse.

Berat Albayrak, qui est aussi le gendre du président Recep Tayyip Erdogan, s’est adressé dans l’après-midi à quelques milliers d’investisseurs originaires des Etats-Unis, d’Europe et d’Asie lors d’une téléconférence inédite qui s’annonçait comme un test de crédibilité.

« Nous sortirons encore plus forts de ces turbulences », a déclaré le ministre, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat TRT.

Affirmant que la Turquie n’envisageait pas d’avoir recours au FMI, il a ajouté que son gouvernement s’efforcerait d’attirer des investissements directs de l’étranger.

La livre turque, qui s’est effondrée la semaine dernière sur fond de crise diplomatique avec les Etats-Unis, a réagi positivement à ces déclarations, rebondissant jeudi pour le troisième jour de suite.

Elle gagnait ainsi environ 3,9% de sa valeur face au dollar à 14H10 GMT par rapport à la séance de changes précédente, s’échangeant à 5,72 livres contre un billet vert, même si elle était loin d’effacer l’importante perte de ces derniers jours.

La livre semble s’être stabilisée depuis mardi sous l’effet de mesures prises par la banque centrale et de nouvelles barrières dressées par le régulateur turc des banques (BDDK) pour limiter la spéculation sur la devise turque.

– Risque de contraction –

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement public dans la région d’Unye. Le 11 août 2018. / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Cem OKSUZ

Cette dernière, qui a perdu 40% de sa valeur cette année, a connu la semaine dernière une spectaculaire débâcle qui a fait souffler un vent de panique sur les places boursières mondiales redoutant un effet contagieux.

Cet effondrement a été accéléré par l’escalade des tensions entre la Turquie et les Etats-Unis qui ont pris des sanctions réciproques et augmenté leurs tarifs douaniers respectifs pour certains produits.

Malgré le rebond de la livre de ces derniers jours, les économistes restent préoccupés par la dispute entre Ankara et Washington, liée notamment à la détention d’un pasteur américain en Turquie, et par la mainmise de M. Erdogan sur l’économie.

Les marchés ont sévèrement sanctionné le refus de la banque centrale de relever ses taux d’intérêt le mois dernier, en dépit de la chute de la livre et d’une inflation galopante. M. Erdogan, partisan de la croissance à tout prix, s’y oppose fermement.

M. Albayrak a promis jeudi que son gouvernement aurait deux priorités : combattre l’inflation, qui a atteint près de 16% en glissement annuel en juillet, et la discipline budgétaire.

– Entretien avec Macron –

Dans la tourmente financière, la Turquie a reçu un soutien de poids mercredi : l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a promis lors d’un entretien avec M. Erdogan à Ankara que son pays investirait 15 milliards de dollars dans ce pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan reçoit l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Kayhan OZER

Signe que la crise avec Washington incite par ailleurs Ankara à renouer avec l’Europe, M. Erdogan s’est entretenu au téléphone mercredi avec la chancelière allemande Angela Merkel et avec son homologue français Emmanuel Macron jeudi.

Selon Ankara, MM. Erdogan et Macron ont souligné, au cours de cet échange, « l’importance de renforcer davantage (leurs) relations économiques ».

M. Albayrak s’est lui entretenu jeudi avec son homologue allemand, Olaf Scholz, et les deux ministres sont convenus de se rencontrer le 21 septembre à Berlin, selon Ankara.

Par ailleurs, la justice turque a ordonné mardi la libération de deux soldats grecs et mercredi du président d’Amnesty International en Turquie, des développements inattendus dans deux affaires qui ont contribué à tendre les rapports entre Ankara et l’Europe.

« Ces libérations ne sont évidemment pas une coïncidence », remarque une source diplomatique européenne.

« Mais les causes sous-jacentes (de la défiance) sont toujours là: on n’a toujours pas de garantie sur l’indépendance de la banque centrale ou de la justice », poursuit cette source. « Cela montre juste qu’Erdogan est très pragmatique quand il est sous pression économique ».

(©AFP / (16 août 2018 17h46)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Turquie-jure-de-sortir-plus-forte–carte-toute-aide-du-FMI/945985.rom

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

« Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Suite à la « crise turque » et à la chute vertigineuse de la livre turque (TRY) survenue vendredi, on observe une explosion des échanges livre turque / bitcoin.

La livre turque est en pleine surchauffe. La monnaie nationale qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année, a enregistré vendredi 10 août, une baisse vertigineuse jusqu’à des plus bas historiques, une baisse de 13 % sur la journée.

Cette crise turque sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington survenue brutalement vendredi, suite à la détention d’un pasteur américain par le gouvernement turc, a envoyé une onde de choc planétaire. Elle a entraîné dans son sillage les principales bourses européennes qui ont toutes clôturé dans le rouge, touchant particulièrement le secteur bancaire.

Lundi, alors que la chute de la monnaie se poursuit, et que les inquiétudes sur les marchés financiers demeurent, bitcoin.org a enregistré une explosion de 42 % des visiteurs turcs. La paire BTC/TRY a atteint son plus haut depuis janvier 2018.

Autant d’indicateurs qui laissent penser que de nombreux investisseurs turcs s’intéressent à Bitcoin et aux cryptomonnaies. La Turquie est confrontée à une crise de confiance dans sa monnaie, qui pousse un nombre plus important de personnes à s’intéresser au bitcoin.
Les volumes de transactions en bitcoins sont en très forte hausse sur les plateformes d’échanges turques. Koinim, la plateforme de change de cryptomonnaies la plus importante du pays, a enregistré une hausse de plus de 60 % des volumes de transactions BTC/TRY. Sur BTCTurk, les volumes ont augmenté de plus d’un tiers et, sur Paribu, ils ont augmenté de 100 %.

Le Vénézuela et le Nigéria ont connu des situations similaires. Des événements politiques et économiques ont provoqué une hyperinflation de la monnaie nationale : la confiance par rapport aux monnaies fiduciaires a de nouveau été remise en cause dans chacun de ces pays. Cela a poussé de nombreuses personnes à s’intéresser et à investir dans le bitcoin et les cryptomonnaies.

Notons par exemple qu’aujourd’hui, de très nombreux commercants vénézueliens acceptent DASH comme moyen de paiement.

Certains l’affirment, ce n’est pas grâçe aux ETF ou à diverses stratégies de holding que les cryptomonnaies vont se démocratiser, mais bien grâce à ce genre d’événements : en remplaçant les devises fiduciaires, et en palliant aux problématiques actuelles des systèmes financiers à travers le monde. C’est bien là l’essence même de Bitcoin.

Sources : CoinDesk ; Hacked || Image from Shutterstock

 

https://journalducoin.com/bitcoin/crise-turque-explosion-des-echanges-livre-turque-bitcoin/

La Turquie contraint les Églises juives et chrétiennes turques à signer une déclaration

La Turquie contraint les Églises juives et chrétiennes turques à signer une déclaration

+

Le gouvernement turc a contraint les responsables de 18 Églises juives et chrétiennes à signer une déclaration attestant de jouir de la liberté religieuse. Parmi les signataires figurent le patriarche grec-orthodoxe Bartholomée Ier, l’évêque arménien Aram Ateşyan et le grand rabbin Ishak Haleva.

Cette déclaration a été publiée par l’agence nationale Anadolu [1], puis citée par le président Recep Tayyip Erdoğan pour assurer qu’il ne persécute pas les chrétiens.

Cette étrange affaire se tient dans le contexte de la demande turque d’extradition depuis les États-Unis du prêcheur musulman Fethullah Gülen ; du refus US de livrer ce collaborateur de la CIA ; et de l’arrestation en retour par la Turquie du pasteur évangélique états-unien Andrew Brunson.

Ankara tente désormais de faire chanter Washington et d’échanger un religieux contre un autre. S’appuyant sur la déclaration extorquée aux églises arménienne et orthodoxe, le président Erdoğan assure que son pays respecte la liberté de religion.

Rappelons que la loi turque interdit la construction de lieux de culte chrétiens. Le patriarcat œcuménique de Constantinople n’est pas reconnu par la Turquie. Les séminaires chrétiens ont été fermés par la police en 1971 de sorte qu’il ne soit plus possible de former des prêtres ou des pasteurs. De nombreuses églises et monastères ont été saisis.

Le président Recep Tayyip Erdoğan salue désormais en faisant avec les mains le signe des Frères musulmans.

[1] “Azınlık cemaatlerinden ’baskı’ iddialarına yalanlama”, Anadolu Ajensi, 31 Temmuz 2018.

http://www.voltairenet.org/article202415.html

Erdogan jure de braver les « menaces » américaines

Erdogan jure de braver les « menaces » américaines

Montage créé le 11 août 2018 montrant la photo du président turc Recep Tayyip Erdogan (d) prise le 26 janvier 2018 à Ankara et celle du président américain Donald Trump (g) prise le 30 juillet 2018 à Washington / © AFP/Archives / ADEM ALTAN, SAUL LOEB

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est juré samedi de répondre aux « menaces » des Etats-Unis visant à faire libérer un pasteur américain, ne montrant aucune volonté d’apaisement dans son bras de fer avec Washington, qui a accentué la chute de la devise nationale.

Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium turc : le ping-pong Ankara-Washington est allé crescendo ces derniers jours, emportant avec lui la livre turque qui a dévissé vendredi de 16% face au billet vert.

Au coeur de cette bataille : le sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour « terrorisme » et « espionnage », placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention.

Les Etats-Unis demandent sa libération immédiate, alors que la Turquie plaide pour l’extradition de Fethullah Gülen, prédicateur turc établi depuis près de 20 ans sur le sol américain et soupçonné par Ankara d’être l’architecte du putsch manqué de juillet 2016.

« Il est mauvais d’oser mettre la Turquie à genoux avec des menaces concernant un pasteur », a lancé samedi M. Erdogan, lors d’un rassemblement à Unye, sur les rives de la Mer noire. « Honte à vous, honte à vous. Vous échangez votre partenaire stratégique de l’Otan pour un prêtre ».

La Turquie et les Etats-Unis sont partenaires dans le cadre de l’Otan et les Etats-Unis disposent d’une importante base à Incirlik, dans le sud du pays, actuellement utilisée comme centre des opérations contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

« Notre partenariat pourrait être en danger », a averti samedi le président turc dans les colonnes du New York Times, agitant la menace de « chercher de nouveaux amis et de nouveaux alliés » au lendemain de la chute brusque de la devise nationale causée par la décision du président Trump, annoncée dans un tweet, de doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs.

– Dollar versus Allah –

« S’ils ont le dollar, nous avons Allah », a dit M. Erdogan, appelant les Turcs à ne pas s’affoler et surtout à convertir leurs réserves cachées en or ou en devises étrangères en livres turques afin de soutenir la monnaie nationale.

Lors d’un discours à Rize, sur la Mer noire, il s’en est aussi pris aux taux d’intérêt, « un instrument d’exploitation qui rend les pauvres plus pauvres et les riches plus riches ». La banque centrale turque a résisté ces dernières semaines aux pressions en faveur d’une hausse des taux d’intérêt pour faire face à une forte inflation et à la baisse de la monnaie nationale.

Le président turc a assuré qu’il se conformerait à la loi au sujet du pasteur Brunson : « Nous n’avons pas fait jusqu’ici de concessions en matière de justice et nous n’en ferons jamais ».

Dans son tweet annonçant l’augmentation des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs, Donald Trump avait d’ailleurs reconnu : « Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment ».

L’Iran, qui a aussi connu cette année une chute vertigineuse de sa monnaie, en raison du rétablissement de sanctions des Etats-Unis qui se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien, a pris samedi fait et cause samedi pour Ankara face à Washington.

« La jubilation éprouvée (par le président Donald Trump) en imposant des difficultés économiques à la Turquie, son allié de l’OTAN, est honteuse », a écrit le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

« Les Etats-Unis doivent apprendre à maîtriser leur addiction aux sanctions et à l’intimidation ou le monde entier se réunira et, au-delà des condamnations verbales, les y forcera », a souligné M. Zarif, en disant vouloir « soutenir » son voisin turc.

(©AFP / (11 août 2018 17h22)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Erdogan-jure-de-braver-les-menaces-am-ricaines/944574.rom

La Turquie paniquée alors que Assad cherche à récupérer le territoire occupé

La Turquie paniquée alors que Assad cherche à récupérer le territoire occupé

La réunion des diplomates de haut niveau de Russie, d’Iran et de Turquie à Sotchi mardi était à première vue destinée à hâter le processus d’Astana sur un règlement syrien. Mais en réalité, cela s’est produit dans le contexte de rapports selon lesquels les forces syriennes, qui ont libéré les provinces du sud-ouest de Quneitra (face au plateau du Golan) et de Daraa (à la frontière jordanienne), vont maintenant attaquer la province nord-ouest d’Idlib à la frontière turque.

Ankara a averti que tout geste de ce genre de la part de Damas incitera la Turquie à se retirer du processus d’Astana en signe de protestation. La crainte de la Turquie est que, contrairement aux provinces du sud, les groupes terroristes qui contrôlent Idlib puissent continuer leur lutte bien au-delà de la frontière, ce qui conduirait à une violence à grande échelle et à un exode de réfugiés et de djihadistes vers la Turquie. On estime qu’Idlib compte près de 2,5 millions d’habitants. Il est toutefois important de noter que la Turquie cherche à maintenir sa présence à Idlib, grâce à ses liens durables avec de nombreux groupes extrémistes qui s’y sont établis. La Turquie est également convaincue que les Kurdes ne doivent pas étendre leur influence à Idlib près de la côte est de la Méditerranée.

Le président turc Recep Erdogan a personnellement abordé la question avec le président russe Vladimir Poutine à deux reprises au cours de la dernière quinzaine, exigeant que Moscou empêche Damas de lancer des opérations à Idlib. Après la réunion d’aujourd’hui à Sotchi, l’envoyé présidentiel russe en Syrie, Alexander Lavrentyev, aurait déclaré : » Je préfère m’abstenir de parler de la prise d’assaut de la ville (Idlib) ou d’une opération en cours. Il y a trop de rumeurs et elles ne sont pas fondées. « Toute opération à grande échelle à Idlib est hors de question. »

Il semblait laisser entendre que la Russie et la Turquie tentent de trouver un moyen d’influencer les groupes terroristes pour qu’ils se rendent (c’est ainsi que Daraa et Quneitra ont été libérés sans combattre.) Pour citer Lavrentyev, « Nous espérons toujours que l’opposition modérée et nos partenaires turcs, qui ont pris la responsabilité de stabiliser cette région, y parviendront ». Mais il a ajouté : « La menace venant de cette zone est toujours importante. » (Au cours des 10 derniers jours, la Russie a abattu jusqu’à quatre drones lancés par les djihadistes d’Idlib ciblant l’armée russe près de la base aérienne de Hmeymim.

D’autre part, Damas a insisté sur le fait qu’il avait l’intention de libérer Idlib. Tout indique que les préparatifs d’une grande opération militaire ont commencé. Les groupes activistes d’Idlib sont estimés à plus de 50 000 personnes et proviennent de combattants turcs, ouzbeks, tchétchènes, turkménistans et arabes du golfe Persique.

Au-delà de la question de Idlib, il y a un autre développement qui inquiète la Turquie – les pourparlers directs entre les Kurdes syriens (précédemment alignés sur les Etats-Unis) et Damas pour parvenir à un modus vivendi concernant le nord de la Syrie jusqu’à l’Euphrate à l’est. Les Kurdes espèrent se réconcilier avec le gouvernement Assad dans la poursuite de leur intérêt commun pour forcer la Turquie à évacuer les grandes parties des territoires syriens qu’elle a occupés lors des opérations militaires de ces dernières années.

Les contradictions sont nombreuses. D’une part, la Russie encourage la nouvelle proximité entre les Kurdes syriens et Damas. La Russie tient également à vaincre les combattants jihadistes qui ont émigré en Syrie depuis le Caucase du Nord et de l’Asie centrale. Encore une fois, Moscou ne fait qu’un avec Damas sur la préservation de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie à tout prix.

D’un autre côté, il est de la plus haute importance pour Moscou que la Turquie soit en quelque sorte apaisée afin que le processus d’Astana en tant que tel ne déraille pas. Dans le même temps, la Russie accorde également de l’importance à ses relations de travail avec la Turquie au niveau bilatéral qui ne cesse de s’approfondir et d’acquérir un caractère stratégique, en particulier avec l’affaiblissement des relations turco-américaines ces derniers temps. Les relations d’affaires entre la Russie et la Turquie sont également florissantes, la Russie remportant des contrats de plusieurs milliards de dollars dans des projets énergétiques.

La realpolitik mise à part, cependant, moralement ou légalement, la Turquie n’a rien à gagner à empêcher le régime de Assad de reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire syrien. La Turquie a du sang sur ses mains en ayant soutenu les groupes d’Al-Qaïda et l’État islamique. De même, l’occupation turque du territoire syrien est intenable pour quelque motif que ce soit. En réalité, la Turquie est allée trop loin, espérant qu’elle pourrait exploiter les tensions entre les États-Unis et la Russie pour négocier avec les deux superpuissances et maximiser ses rendements dans un règlement syrien. Mais le Président Trump a plutôt commencé à serrer les vis sur Erdogan dernièrement. De même, Ankara ne s’attendait pas à l’étonnante victoire des opérations syro-russes dans le sud-ouest de la Syrie.

Il y aura une pression croissante sur la Turquie pour qu’elle se retire du territoire syrien dans les mois à venir. Évidemment, un retrait américain de la Syrie dans un proche avenir est à l’ordre du jour. L’initiative des Kurdes syriens de se réconcilier avec Damas est le signe indubitable que leurs mentors américains quittent la guerre. En bref, la capacité des États-Unis à créer de nouveaux faits sur le terrain en faveur de la Turquie est pratiquement nulle. Cela met la Turquie sous une pression immense pour négocier un accord avec la Russie dans les meilleures conditions possibles.

Certes, la ténacité de Assad à récupérer tous les territoires perdus ne fait aucun doute. Ne vous y trompez pas, il libèrera Idlib, quoi qu’il en coûte, et il se dirigera ensuite vers l’est vers Jarablus, Azaz, al-Bab et Afrin – des territoires sous contrôle turc – ainsi que des zones proches de la ligne de front de l’Euphrate qui ont été sous le contrôle des groupes kurdes soutenus par les États-Unis. Il semble que des escarmouches aient déjà commencé dans la région adjacente à Idlib entre les forces gouvernementales syriennes et les groupes terroristes. Lire un rapport de l’agence FARS, ici .

Source :Indian Punchline
1 août 2018
Traduction : Avic – Réseau International

http://www.afrique-asie.fr/la-turquie-paniquee-alors-que-assad-cherche-

Turquie: Erdogan en tête après dépouillement d’un quart des voix (agence étatique)

Turquie: Erdogan en tête après dépouillement d’un quart des voix (agence étatique)

Istanbul – Le chef de l’Etat Recep Tayyip Erdogan était en tête de l’élection présidentielle de dimanche en Turquie avec un score de 58,5% après le dépouillement de plus d’un quart des bulletins, selon l’agence de presse étatique Anadolu.

M. Erdogan, qui a besoin de recueillir plus de 50% des voix pour éviter un second tour, devance son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, qui récolte 27,13% des voix après ce décompte partiel.

Ces résultats partiels sont susceptibles d’évoluer fortement au fur et à mesure que le dépouillement progresse.

Les Turcs ont voté dimanche lors d’élections présidentielle et législatives simultanées et considérées comme les plus disputées depuis que M. Erdogan est arrivé au pouvoir, en 2003, sur fond notamment de difficultés économiques.

Derrière MM. Erdogan et Ince figurent la candidate nationaliste Meral Aksener (7,6%), le candidat prokurde emprisonné Selahattin Demirtas (5,7%), ainsi que deux autres petits candidats.

Le comptage des voix pour le volet législatif du double scrutin était plus lent. Selon Anadolu, la coalition formée par le parti de M. Erdogan, l’AKP, et le parti ultranationaliste MHP étaient en tête avec quelque 65% des voix après dépouillement de 10% des bulletins.

L’alliance de l’opposition, constituiée du CHP (social-démocrate), de l’Iyi (nationaliste) et du Saadet (islamiste) était en deuxième position avec 25,40% des voix.

Si aucun candidat ne parvient à récolter plus de 50% des voix pour la pésidentielle, un second tour se tiendra le 8 juillet. Les législatives ne se déroulent que sur un tour.

(©AFP / 24 juin 2018 16h05)

https://www.romandie.com/news/Turquie-Erdogan-en-t-te-apr-s-d-pouillement-d-un-quart-des-voix-agence-tatique/930415.rom

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Bloc-Notes

   Forum

Un commentaire est associé à cet article. Vous pouvez le consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Dans ces temps difficiles pour l’alliance transatlantique, sans parler de la complexité de la situation syrienne, il était évident que si vous mettiez au départ en présence le président turc Erdogan, le Congrès des États-Unis et le F-35, vous risquiez de connaître des complexités labyrinthiques et une sorte de tragédie-bouffe kafkaïenne. La situation se corsait encore plus si les Turcs avaient entretemps commandé le missile sol-air russe S-400, transaction inadmissible pour les USA et cas de rupture des livraisons non encore commencées de F-35 au Turquie ; et que dire de plus si Erdogan, dans un de ces emportements lyriques dont il a le secret, annonçait que non seulement il achetait du S-400 mais qu’il proposait aux Russes une production commune du S-500 ?

(Pour l’instant et à notre connaissance simplement, les Russes n’ont rien dit de public ni d’officiel sur ce projet à première vue assez baroque, c’est-à-dire “erdogien” de “développement/production en commun” du S-500. [Le S-500 est actuellement en développement final en Russie. Il s’agit du dernier-né de la série des missiles sol-air à longue distance de la Russie, et on lui prête de grandes capacités antimissiles, y compris contre des ICBM, y compris contre d’éventuels missiles hypersoniques.] Laissons voir venir tout cela…)

Mais tenons-nous au F-35, l’affaire étant déjà bien assez compliquée avec ce seul acteur. Depuis qu’il est apparu que la Turquie semblait s’intéresser au S-400 russe (peut-être, éventuellement, puis de plus en plus sûrement, c’est presque fait, etc…), jusqu’à signer un contrat avec la Russie en décembre 2017, les USA ont commencé leur valse des pressions et des menaces. Le facteur JSF est apparu vers la fin 2017 (s’il y a achat de S-400, la vente des F-35 est remise en question) parce que le S-400 est une des nombreuses obsessions US, et sans doute l’une des plus puissantes, concernant la Russie. On arrive aujourd’hui dans un goulot d’étranglement avec un étrange couple de deux nouvelles : le vote du Sénat vers une interdiction conditionnelle de livrer le F-35 à la Turquie et la pseudo-“livraison” des deux premiers F-35 à la Turquie, avec la précision qu’ils resteront aux USA et ne seront certainement pas transférés à la Turquie d’ici l’été 2019… Voici ce qu’il se passe plus précisément :

• Lundi, le Financial Times, journal éminemment sérieux, annonçait que le Sénat avait entamé par un premier vote la procédure législative interdisant le transfert de chasseurs F-35, alias JSF, à la Turquie, pour punir ce pays d’avoir acheté des missiles sol-air S-400 russes et, d’une façon plus générale, pour approfondir ses liens stratégiques avec la Russie. Mais concentrons-nous sur le sort immédiat du F-35 pour la Turquie…

« Le Sénat américain a voté pour bloquer les transferts du chasseur F-35 vers la Turquie, reflétant une tension croissante avec un allié clé de l’OTAN, ce qui pourrait finalement bloquer la vente de 100 avions d’une valeur de près de 10 milliards de dollars. Une clause bipartisane ajoutée à la loi sur l’autorisation de défense nationale – qui a été adoptée par le Sénat lundi soir par un vote de 85 à 10 – interdirait le transfert de F-35 en Turquie jusqu’à ce que le secrétaire à la défense soumette un plan de participation au programme qui comprend l’attribution de la production de pièces à chaque pays… »

• Aujourd’hui, TRT, un réseau turc avec des éditions françaises sur son site, annonce que le Pentagone annonce qu’il va livrer deux F-35 à la Turquie dès demain 21 juin.

« Un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews, a fait savoir que la livraison à la Turquie de deux chasseurs F-35 aurait lieu jeudi lors d’une cérémonie qui sera organisée dans la ville de Fort Worth dans l’État du Texas. […] […D]ans une première étape les avions de combat passeraient à la base aérienne de Luke en Arizona. Par la suite les pilotes turcs entameront l’entretien et les vols de formation sur F-35.

» Andrews a précisé que le Pentagone ne ferait pas de commentaire au sujet du projet de résolution adopté par le Sénat et bloquant la vente des F-35 à la Turquie. “La Turquie est l’un des plus importants alliés de l’Otan et un des pays participants au programme des F-35 depuis 2002”, a-t-il ajouté. »

• La chose n’avait pas échappé aux avisés rédacteurs du FT, qui terminaient leur article dont nous avons cité plus haut l’entame très sensationnaliste sur la décision du Sénat des États-Unis par cette précision :

« Lockheed Martin, le fabricant du F-35, a déclaré qu’il s’attend toujours à remettre les F-35 initiaux à la Turquie lors d’un échange cérémoniel à Fort Worth au Texas le 21 juin, probablement avant que le projet de loi ne devienne loi. Les pilotes turcs doivent être entraînés dans l’avion dans le pays, mais les avions eux-mêmes ne sont pas programmés pour quitter les États-Unis pendant au moins un an, donnant au Pentagone le temps de trouver une solution pour honorer la nouvelle loi. Mais l’intervention créera des obstacles bureaucratiques pour les responsables américains, qui affirment que les relations entre les deux alliés de l’OTAN ont atteint leur plus bas depuis l’invasion du nord de Chypre par la Turquie en 1974. »

Les déclarations pompeuses ou tonitruantes concernant la Turquie, la politique des USA et le JSF ne font qu’illustrer trois imbroglios, et peut-être quatre, accompagnant le destin du programme Joint Strike Fighter, dit JSF, dit F-35, comme illustration, symbole et tronc central de la crise du technologisme dans tous ses aspects (y compris de politique étrangère, de communication, etc.). Vanté depuis 1993-1995 comme étant l’avion de combat du XXIème siècle, sans doute le seul à pouvoir tenir cette place jusqu’en 2075 avec entre 6 000 et 10 000 exemplaires vendus (ces diverses affirmations datant de la fin du siècle précédent), le JSF-devenu-F-35 avance aujourd’hui au rythme d’une écrevisse qui s’aventurerait dans des sables mouvants tandis que l’usine de Fort Worth produit des F-35 comme des petits pains. Chaque avancée du programme découvre de nouveaux problèmes dont la solution doit être “rétrofitée” sur tous les exemplaires déjà produits  quand ceux-ci ne sont pas purement et simplement déclassés pour le seul entraînement basique, tandis que les chefs de la force aérienne israélienne se sont vus confier par Lockheed Martin (LM) la mission héroïque de nous convaincre, off the record, qu’ils utilisent en service opérationnel et secret leurs F-35 avec des résultats éblouissants.

Cette insistance de LM à faire faire bonne figure de communication à son avion de combat se comprend du point de vue commercial, comme se comprend son insistance à livrer quasiment “de force” quoique symboliquement les premiers exemplaires pour la Turquie pour installer ce pays dans la chaîne générale de financement et de logistique de l’avion à l’exportation. L’USAF et le Pentagone suivent, sinon précèdent LM pour empêcher le poste budgétaire du F-35 (largement au-delà du trillion [$1 000 milliards] d’ici 2025) d’être mis en question par des indiscrétions comptables ou une curiosité déplacée du Congrès.

Dans ce montage à la Ponzi, l’exportation joue un rôle déterminant du point de vue de la communication, pour imposer la poursuite du programme dans le cadre du Congrès et poursuivre le rabattage des clients. Cette voie n’est pas simple, d’autant que s’y glissent des susceptibilités : LM voudrait bien, avec la bénédiction de l’USAF, aller voir du côté des pays du Golfe, notamment l’Arabie, mais Israël, surtout à cause des pressions de son propre lobby (l’AIPAC) et du Congrès cette fois dans une situation un peu schizophrénique, doit tenir son rôle de l’exclusivité dans la fable de la “domination” du ciel au Moyen-Orient en s’opposant à toute vente à un pays arabe d’un avion de combat aussi exceptionnel, même à l’Arabie dont on connaît pourtant les liens avec les mêmes Israéliens.

Là-dessus, le Congrès met son grain de sel. Arrosé comme une éponge de subventions de LM et du complexe militaro-industriel, les parlementaires se sont pourtant trouvés un os à ronger dans le cadre de leur antirussisme né du Russiagate, avec l’affaire Turquie-S-400. Le Pentagone soutient à peu près tout le monde, et dans ce cas aussi bien ceux qui veulent à tout prix vendre le F-35 à la Turquie, et ceux qui veulent l’interdire. La situation actuelle est donc surréaliste : on livre les deux premiers F-35 à la Turquie demain, mais on les garde aux USA en les confiant aussitôt aux mains propres et vertueuses de l’USAF qui contrôlera l’un ou l’autre pilote d’origine turque en l’autorisant à faire bouger le manche à balai, tandis que s’élabore le projet de loi définitif qui interdira au moins temporairement toute vente de F-35 à la Turquie, à charge pour le Pentagone de trouver « une solution pour honorer la nouvelle loi » tout en livrant ses précieux avions à la Turquie, – à condition que la Turquie n’acquiert pas de S-400, ce qui semble pourtant déjà fait… Que ceux qui ont compris nous écrivent.

… Certainement, Erdogan ne manquerait pas de le faire (nous écrire) si nous insistions, car il se trouve dans cette affaire comme un poisson dans l’eau. Maître des contrepieds, des retournements de veste, des promesses lancées en l’air et qui ne retombent jamais, Erdogan jouerait plutôt la montre dans la confusion. Il s’agirait de laisser se développer la situation d’impasse à “D.C.-la-folle”, entre le Congrès d’une part (pas de F-35 si S-400 il y a), LM et l’USAF d’autre part (les F-35 à tout prix, on verra après). La seule chose assurée nous semble-t-il du côté d’Erdogan, après sa réélection s’il est réélu, est de tenir le marché S-400 jusqu’au bout parce qu’il a besoin de bonnes relations avec la Russie et de l’ouverture d’une nouvelle voie d’armements stratégiques ; quant au reste…

Et les Russes ? dira-t-on. Il nous semble plutôt qu’ils sourient avec une certaine philosophie, après tout pas mécontents du succès à l’export de leur S-400, avec le renforcement en réputation que cela produit pour la communication, autant que des problèmes que les commandes de S-400 soulèvent dans les pays acheteurs dans leurs relations avec les USA. L’Inde, par exemple, est dans la même position que la Turquie, puisque décidée jusqu’ici à commander du S-400. (Par contre, l’Inde n’a pas de F-35 en commande et l’aventure turque a fait voler en éclats les derniers nouveaux espoirs de lui vendre du F-35 nés chez LM après le rapprochement stratégique des USA avec l’Inde ; lequel rapprochement stratégique va sentir peser à son tour le poids du courroux anti-S-400 de “D.C.-la-folle”.)

Tout cela n’a pas vraiment d’importance, d’un point de vue stratégique dirions-nous. Il s’agit d’une illustration, comme nous l’avons remarqué, de la crise de l’effondrement du technologisme représentée avec un exceptionnel brio par le F-35. Le reste est affaire d’une pincée de dizaines de $milliards par-ci par-là, d’une paralysie générale des relations stratégiques en général, d’un développement constant et géométrique de l’univers-simulacre que crée la communication.

 

Mis en ligne le 20 juin 2018 à 17H05

http://www.dedefensa.org/article/kafka-stratege-crisique-entre-la-turquie-et-le-f-35

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités