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Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019

Par Fabien HERBERTJoséphine BOUCHERMaxime LEFEBVREPierre VERLUISE, le 8 mai 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Maxime Lefebvre est diplomate, Professeur en Questions internationales à Sciences Po et Professeur affilié à l’ESCP Europe. Auteur de nombreux ouvrages. 
Images et son : Fabien Herbert. Résumé : Joséphine Boucher. Une conférence organisée par Pierre Verluise Diploweb.

L’ Ambassadeur Maxime Lefebvre s’exprime à titre personnel. Il présente clairement l’évolution des relations franco-allemandes depuis 1945, conjuguant les approches géopolitique et historique. La vidéo (54’) est accompagnée d’un résumé.

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Joséphine Boucher pour Diploweb.com

L’intervention de M. Lefebvre identifie les traits structurants des relations franco-allemandes depuis 1945, conjuguant les approches géopolitique et historique. La rivalité franco-allemande a été structurante dans le système international et européen à partir de la formation de l’unité allemande. Dès 1871, Otto von Bismarck créé un système d’alliances pour isoler la France à travers un réseau d’alliances diplomatiques visant à empêcher une revanche française. Après le conflit franco-allemand de 1914 et à partir du système de Paris de 1919, l’Allemagne humiliée par le Traité de Versailles fait face à une France qui tente de maintenir sa position de prépondérance. Néanmoins, les années 1920 sont synonymes d’un rapprochement incarné à l’époque par Aristide Briand et Gustav Stresemann, respectivement ministres français et allemand des Affaires étrangères de 1925 à 1932 pour l’un et de 1923 à 1929 pour l’autre. Ils sont en fait les inventeurs du couple franco-allemand, partageant l’idée de promouvoir la paix. En 1945, la défaite de l’Allemagne d’Adolf Hitler marque le début d’une nouvelle période qui peut être divisée en six étapes.

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019
Maxime Lefebvre
Diplomate, M. Lefebvre s’exprime ici à titre personnel

La première étape est celle de la réconciliation entre les deux pays et du lancement du projet communautaire. Avant 1949 et la création de deux Etats ouest-allemand et est-allemand, la première préoccupation française est d’empêcher la résurgence d’une menace allemande. Elle aboutit à deux traités dirigés contre le danger allemand, le traité franco-britannique de Dunkerque et un accord en 1948 pour souder l’Europe occidentale. La Guerre froide (1947-1990) correspond ensuite à un changement de contexte total. La menace principale devient l’Union soviétique et les Français initient la construction européenne avec la déclaration Schumann du 9 mai 1950 et la proposition de mettre en commun les industries du charbon et de l’acier des pays d’Europe de l’Ouest. Il s’agit alors de mutualiser des industries dédiées à l’origine à l’armement national et d’accomplir des réalisations concrètes créant des solidarités de fait. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) naît en 1951 et, dans ce contexte de tensions, le plan Pleven proposé en 1950, signé en 1952 mais disparu en 1954 avait pour objet d’étendre la construction européenne à la défense en créant une communauté européenne de défense (CED). Il convient de noter que cette première Europe à 6 surnommée l’Europe carolingienne reste exclusivement occidentale et n’inclut que Allemagne de l’Ouest (RFA). La signature des traités de Rome en 1957 complète la CECA d’une Communauté économique européenne (CEE) et d’une Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).

Zbigniew Brzezinski : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. » Le Grand Echiquier (1997)

La deuxième phase correspond à la création d’un couple franco-allemand qui incarne une relation résumée par Zbigniew Brzezinski dans Le Grand Echiquier (1997) comme suit : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. » La construction européenne semble être alors un levier de puissance pour la France et un moyen de reconstruire une souveraineté et une identité pour l’Allemagne. Ce couple si caractéristique est d’abord incarné par le Général C. de Gaulle et le chancelier K. Adenauer qui signent le traité de l’Elysée le 22 janvier 1963. Celui-ci établit un partenariat privilégié entre les deux pays. Malgré cela, il n’est pas le fondement d’une grande politique franco-allemande en raison des réticences allemandes à s’enfermer dans une relation bilatérale avec le voisin français.

Après le départ de C. de Gaulle, il est possible d’étendre la communauté au Royaume-Uni tout en solidifiant l’édifice européen. C’est la troisième phase, celle de l’élargissement et de l’approfondissement. C’est aussi la période de l’Ostpolitik et de Willy Brandt et Georges Pompidou. L’Allemagne fédérale mène alors sa propre politique vis-à-vis de l’URSS, elle veut détendre les relations avec l’Est et rapprocher les deux Allemagne selon une politique dite des transformations par le rapprochement. Cela aboutit à une détente dans le couple franco-allemand et à la reconnaissance des deux Etats allemands l’un par l’autre. Finalement, les changements sont à l’époque plus impulsés par l’Allemagne de l’Ouest que par le couple franco-allemand. Le premier élargissement nordique de 1973 au Danemark, au Royaume-Uni et à l’Irlande ouvre l’Europe communautaire à 9 Etats membres et s’accompagne de progrès avec la création d’une union politique européenne et d’une union monétaire via une coopération monétaire qui annonce la monnaie unique. De 1974 à 1982, deux leaders dominent le couple franco-allemand, ce sont le président Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) et le chancelier Helmut Schmidt (1974-1982). Les années 1980 sont celles d’un autre couple avec François Mitterrand à partir de 1981 et Helmut Kohl en 1982. Ils établissent une relation de confiance et un partenariat à travers la crise des euro-missiles, qui constitue un moment de solidarité important, et la commémoration de Verdun en 1984 dont la fameuse poignée de main est depuis intégrée dans le pathos franco-allemand. Ce sont les années de l’élargissement méditerranéen et de l’Europe à 12, mais aussi de la centralité française, qu’elle soit géographique ou d’influence. Les nouveaux progrès dans l’approfondissement sont marqués par l’accord de Schengen en 1985 qui ouvre la voie à la libre circulation des personnes entre la France, l’Allemagne et le Benelux. L’Acte unique de 1986 achève le marché intérieur et le passage d’un marché commun à un marché unique. Dans cette relation franco-allemande privilégiée, de nouvelles institutions apparaissent également : ce sont le Conseil franco-allemand économique et financier en 1988 et le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, et une chaîne de télévision commune et bilingue, Arte.

Maxime Lefebvre
Diplomate, M. Lefebvre s’exprime ici à titre personnel

La décennie suivante marque une nouvelle étape de la relation. La réunification allemande en 1990 signe la fin de la Guerre froide, le mur de Berlin est tombé, le communisme vit ses derniers jours à l’est et l’Europe de l’est entre dans une phase de démocratisation. C’est aussi un moment de méfiance entre la France et l’Allemagne surmonté par des progrès comme le traité de Maastricht signé en février 1992 et dont le point central est la monnaie unique, l’euro, mis en circulation le 1er janvier 2002. Par ailleurs, l’instauration d’une politique étrangère commune et d’une coopération en matière de justice et d’affaires intérieures permettent un nouvel élargissement de l’UE aux pays neutres, à savoir la Suède, la Finlande et l’Autriche en 1995. C’est à ce moment-là que le français devient minoritaire dans les institutions européennes au profit de l’anglais, dessinant une Europe plus nordique et plus anglophone. Gerhard Schröder, le successeur de Kohl en 1998 adopte un langage nouveau : il veut défendre les intérêts allemands et mène une politique de basculement vers l’est. La capitale allemande est déplacée de Bonn à Berlin et on constate un changement de l’équilibre géopolitique de l’Allemagne, qui fonde des liens commerciaux forts avec les pays de l’est européen.

Le rapprochement concerne aussi le refus de la guerre en Irak en 2002-2003, formant alors un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou contraire à la politique unilatérale de Georges W. Bush.

Le début du XXIème siècle correspond à une période de tensions dans la relation franco-allemande avec des sommets dont celui de Nice en 2000. Les dirigeants lancent alors le processus de Blaesheim qui consiste à organiser des rencontres régulières, environ tous les deux mois, entre les chefs d’Etat et de gouvernement et les deux ministres des Affaires étrangères. À cette époque là, des dirigeants socialistes français proposent de créer une union franco-allemande, idée reprise en 2003 par Dominique de Villepin. À cette période de tensions en 1999-2000 suit une phase de rapprochement entre 2002 et 2004 qu’incarnent Jacques Chirac et Gerhard Schröder et des accords franco-allemands, notamment sur la Politique agricole commune et son financement en 2002. Celui-ci stipule à la fois un maintien du budget de la PAC et une augmentation progressive des aides aux agriculteurs de l’est. Le rapprochement concerne aussi le refus de la guerre en Irak en 2002-2003, formant alors un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou contraire à la politique unilatérale de Georges W. Bush. En 2003, on parle même de Conseil des ministres franco-allemands. Par ailleurs, le projet de Constitution pour l’Europe pensé en 2004 est un autre moment de travail commun entre Français et Allemands. Cette proximité franco-allemande prend la forme d’une influence modératrice et positive de J. Chirac et G. Schröder auprès de V. Poutine lors de la première crise ukrainienne de 2004-2005. Pourtant, les divergences politico-économiques se développent à partir de 2002 suite aux réformes douloureuses de Schröder et à l’ascendant économique allemand qui fait face à une France qui s’enlise dans l’immobilisme. Malgré tout, le couple franco-allemand est toujours là : lors de la crise économique de 2008, le couple N. Sarkozy -A. Merkel tente de maintenir un équilibre entre solidarité avec les Grecs et responsabilité avec renforcement de la discipline à travers un pacte budgétaire conclu en 2012. Quand surgit une nouvelle crise ukrainienne en 2013-2014, François Hollande et Angela Merkel prennent l’initiative ensemble de créer le “format Normandie“ qui réunit la France, l’Allemagne, l’Ukraine et la Russie pour tenter de régler diplomatiquement la crise.

Enfin, la dernière étape plus contemporaine du Brexit et le départ annoncé des Anglais signent un bouleversement géopolitique européen aussi marqué par le frein allemand. Les blocages actuels concernent la tendance allemande moins intégrationniste et favorable à une Europe supranationale qu’auparavant. Nos voisins d’outre-Rhin semblent plus attentifs à défendre leurs intérêts, plus immobilistes et moins aptes à renforcer le budget européen et à encourager une intervention militaire extérieure.

Alors, quel poids franco-allemand dans l’UE aujourd’hui ? Les deux pays représentent ensemble plus d’1/3 de la population de l’UE à 27 et forment 55% du PIB de la zone euro. Des divergences persistent sur les plans politique, culturel et économique et l’Allemagne reste la puissance centrale de l’Europe par rapport à une France qui semble moins performante et plus demandeuse dans la relation franco-allemande. En témoigne le récent traité d’Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier 2019 qui rénove la relation et introduit des nouveautés comme la coopération transfontalière, une clause de défense collective et l’inscription que le but des deux pays est que l’Allemagne ait un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Finalement, le risque d’une relation franco-allemande détériorée est celui d’une déconstruction européenne. Cette relation est le trait d’union qui permet l’unité européenne. Un véritable levier franco-allemand nécessite alors un besoin de confiance et de volonté mais il ne peut pas s’agir d’une relation exclusive.

Copyright pour le résumé Mai 2019-Boucher/Diploweb.com


Cette conférence de M. Lefebvre était organisée au bénéfice des étudiants d’Hypokhâgne de la CPGE de Blomet (Paris), découvrez son site et sa page Facebook Prépa Blomet


Plus

Quelques ouvrages de Maxime Lefebvre en relation avec le sujet de cette conférence :

Maxime Lefebvre, L’Union européenne peut-elle devenir une grande puissance ? éd. La documentation française

Maxime Lefebvre, La construction de l’Europe et l’avenir des nations, éd. Armand Colin

Maxime Lefebvre, La politique étrangère européenne, éd. PUF

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Près de 200 000 Chypriotes ne pourront pas voter aux élections européennes

Près de 200 000 Chypriotes ne pourront pas voter aux élections européennes

  

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La République de Chypre est membre de l’Union européenne depuis 2004. Cependant deux parties de l’île (dite « Zones britanniques ») sont occupées par le Royaume-Uni depuis l’indépendance en 1959 et une autre (dite « République turque de Chypre du Nord ») par l’armée turque depuis 1974.

L’Union européenne n’a que faire de ces occupations militaires. Elle n’entend pas libérer Chypre, mais attendre un règlement « pacifique » des deux problèmes qui ne vient pas.

Lors des élections pour le Parlement européen du 25 et 26 mai, toutes les personnes ayant été enregistrées avant l’invasion turque de 1974 (« Opération Attila »), ce qui comprend près de 50 000 retraités vivant actuellement sous le joug turc, sont appelées à voter.

La République de Chypre ouvrira une cinquantaine de bureaux de vote à ses citoyens du Nord sur le territoire qu’elle contrôle à proximité de la ligne de démarcation. Mais les Chypriotes nés après 1974 et vivant en zone occupée ne pourront pas voter car ils ne sont pas enregistrés par l’unique République souveraine.

Depuis l’adhésion de la République de Chypre à l’Union européenne, la Turquie a poursuivi son expansion territoriale. Elle occupe aujourd’hui une partie de l’Iraq et une autre de la Syrie. Le président Recep Tayyip Erdoğan s’est publiquement engagé à étendre l’occupation militaire turque au Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse), à tout Chypre, au Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et au Nord de l’Iraq (y compris Mossoul). Le 17 février 2018, il a déclaré préparer l’invasion de la Grèce.

De son côté, Bruxelles prétend garantir la paix à l’Ouest et au Centre du continent en poursuivant des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

https://www.voltairenet.org/article206518.html

Elections européennes 2019: que s’est-il passé cette semaine?

Elections européennes 2019: que s’est-il passé cette semaine?

 COMMENTAIRES
President Emmanuel Macron meets President Jean-Claude Juncker

Le président Emmanuel Macron rencontre le président Jean-Claude Juncker 

droits d’auteur

Reuters

Bienvenue dans notre tour d’horizon hebdomadaire de la couverture des élections européennes. Deux semaines avant le vote des électeurs, nous vous dirons tout ce que vous avez besoin de savoir sur le fonctionnement des élections et le rôle du Parlement, ainsi que des informations les plus récentes à ce sujet.

Spotify, qui a publié une liste de lecture politique, a soudainement soudé la musique à la maison. De plus, un activiste affirme que les musulmans se sentent dangereusement exclus de la politique européenne, examine les dernières projections des élus européens et explique la raison d’être de le Conseil européen.Entre-temps, les candidats au poste de haut responsable de la Commission se sont affrontés au sujet de l’armée de l’UE.

Politique de la pop

Le géant de la musique numérique Spotify a créé une liste de lecture des élections européennes composéede chansons représentant chaque État membre. Les auditeurs noteront qu’il n’y a que 27 chansons sur la liste, le Royaume-Uni et l’Espagne partageant une entrée dans «Ne m’appelez pas» de Mabel – rien à voir avec la confirmation tardive du Royaume-Uni de sa participation aux élections, mais parce que l’anglais La chanteuse Mabel est née en Espagne, d’un Suédois dont vous avez peut-être entendu parler – Neneh Cherry.

Que fait le Conseil européen?

Dans notre série d’articles expliquant la forme et les fonctions des institutions de l’UE, nous avons ensuite le Conseil européen (à ne pas confondre avec le Conseil de l’Union européenne, qui porte un nom qui ne prête pas à confusion). Le Conseil est l’organe de fixation du programme de l’Union européenne . Il définit l’orientation stratégique du bloc en matière de politique et représente la coopération politique entre les 28 États membres, chacun étant représenté par ses chefs d’État ou de gouvernement.

Voir: les musulmans se sentent exclus de la politique de l’UE

Salim Kassam, activiste et cofondateur de la plateforme médiatique locale TheMuslimVibe.com, affirme que le Parlement européen est « l’un des endroits les plus monoculturels de ce continent très multiculturel » et estime que l’exclusion qui en découle conduit à une apathie politique potentiellement dangereuse, de la peur. et la colère. Dans cet article d’opinion, il discute de ce qui peut être fait, en prévision d’une élection au cours de laquelle des politiciens d’extrême droite et populistes vont gagner.

Reuters
Marine Le Pen Reuters, leader du rassemblement national d’extrême droite (Rassemblement National)

L’Europe élit

Les dernières projections des élus européens montrent que l’extrême droite Rassemblement National de Marine Le Pen dépassera le parti LREM du président Emmanuel Macron, tandis qu’au parti hollandais Eurosceptic, le Dutch Forum for Democracy a réalisé des gains, après une forte performance aux élections provinciales. Au Royaume-Uni, les résultats des élections locales témoignent de la déception suscitée par le traitement du Brexit, mais il reste à voir s’ils sont un cri de ralliement pour un deuxième référendum.

Guerre de paroles

Les candidats à la présidence de la Commission européenne se sont affrontés lors du débat qui a eu lieu à l’Institut universitaire européen de Florence sur le soutien de l’Allemagne à la création d’une armée de l’Union européenne. Le conservateur allemand Manfred Weber a soutenu l’ambition de la chancelière Angela Merkel de créer une force armée multinationale permanente. Mais le candidat socialiste Frans Timmermans a déclaré qu’une armée européenne n’arriverait pas de sitôt, arguant que l’Europe ferait mieux de se concentrer sur la coopération économique.

Et dans les nouvelles d’ailleurs …

Politico: un tribunal de Madrid autorise les Catalans exilés à se présenter aux élections européennes

New Statesman: Que veut réellement chacun des partis lors des élections européennes?

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Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l'UESource: Reuters
Photomontage, de gauche à droite : George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici

Interrogée par le site EUobserver au sujet d’une discussion entre George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici lors du dernier forum de Davos, la Commission européenne en aurait caché le contenu, afin de protéger un «processus décisionnel».

Selon le site d’information EUobserver, spécialisé dans les actualités de l’Union européenne (UE), la Commission européenne aurait volontairement occulté, en partie, le contenu d’une rencontre ayant eu lieu lors du 49e Forum économique mondial de Davos entre le milliardaire George Soros, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le commissaire européen Pierre Moscovici. Les trois protagonistes se seraient rencontrés au sujet d’«un second référendum sur le Brexit».

Lire aussi : Tony Blair : «Il est possible – et nécessaire – que le Brexit n’ait pas lieu»

La nécessité de protéger le processus décisionnel de l’UE est plus importante que tout intérêt public

Après avoir demandé, fin janvier 2019, l’accès au contenu de cette discussion, le site EUobserver explique en effet s’être heurté à un refus partiel de la Commission européenne, celle-ci ayant répondu par courriel deux mois et demi plus tard. Citant dans un tweet la réponse de l’exécutif européen, le site d’information a ainsi écrit le 25 avril : «La nécessité de protéger le processus de décision de l’UE est plus importante que tout intérêt public, dans ce qui a été discuté à propos du Brexit.»

EUobserver

@euobs

[Exclusive] EU commission tells EUobserver in reply to an access to documents request that the need to protect the EU’s process weighs heavier than any in what was discussed on last January in .https://euobserver.com/brexit/144724 

65 personnes parlent à ce sujet

De fait, dans sa réponse adressée à EUobserver, la Commission européenne s’est opposée au fait de divulguer «certaines parties d’un document [qui] pourraient affaiblir le processus décisionnel de l’institution». Les trois hommes en question n’ont jamais caché leur position quant au choix des citoyens britanniques de quitter l’UE, allant même parfois jusqu’à jouer un rôle particulièrement actif dans la campagne anti-Brexit, qui persiste malgré le référendum de juin 2016.

Lire aussi : George Soros investit 400 000 livres et repart à l’assaut du Brexit

 

https://francais.rt.com/international/61529-brexit-mysterieuse-reunion-entre-soros-blair-et-moscovici-qui-embarrasse-union-europeenne

La Belgique prête à suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite





La Belgique prête à suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite


Dimanche 12 Mai 2019 modifié le Dimanche 12 Mai 2019 – 08:53





La Belgique prête à suspendre ses ventes d'armes à l'Arabie saoudite
La Belgique est prête à suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite si elles sont utilisées dans des conflits dans d’autres pays, ont annoncé samedi les autorités belges.

Le respect des embargos sur les ventes d’armes sera l’un des sujets des discussions des ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi à Bruxelles, a-t-on indiqué de source diplomatique.

« Dès l’instant où il apparaitrait que des armes n’ont pas, in fine, été utilisées à l’endroit ou dans le pays auquel elles étaient destinées, il y aura effectivement une réaction de la Région wallonne », a affirmé samedi le ministre président de la région Willy Borsus à la RTBF.

« Cela peut aller jusqu’à la suspension des licences d’armes déjà accordées, puisque c’est ce dont il est question », a-t-il expliqué.

En Belgique, l’attribution de licences d’exportation aux fabricants d’armes ou d’équipements militaires est une compétence de l’exécutif des régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles).

Une enquête publiée mercredi par le quotidien Le Soir a révélé que Ryad faisait usage d’armes et de technologies belges pour ses opérations au Yémen.

« Je crois qu’il serait bon que l’on suspende les contrats de livraison d’armes à l’Arabie saoudite », a plaidé le chef de la diplomatie Didier Reynders dans un entretien à la RTBF, en invitant les régions, particulièrement la Wallonie, à prendre une telle décision.

Ryad est un des ses principaux clients de la Wallonie, qui représente en terme d’emplois environ les trois quarts du secteur belge de l’armement. La région est l’unique actionnaire du fabricant de mitrailleuses et de fusils d’assaut FN Herstal.

« S’il y a des éléments démontrant effectivement l’utilisation d’armes dans un conflit en cours, comme au Yémen, on doit aller vers ces suspensions et je pense que le gouvernement wallon doit le faire », a plaidé Didier Reynders.

Le chef de la diplomatie va porter ce débat durant la réunion avec ses homologues de l’UE. Il devrait se heurter à son homologue français Jean-Yves Le Drian.

Important fournisseur d’armes à l’Arabie Saoudite, la France assume ses ventes. Le président Emmanuel Macron a assuré avoir la « garantie » qu’elles « n’étaient pas utilisées contre des civils » dans la guerre au Yémen.

L’Arabie saoudite a pris la tête en 2015 d’une coalition militaire comprenant les Emirats arabes unis pour soutenir le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles Houthis. Ce conflit, l’une des pires crises humanitaires en cours, a fait des dizaines de milliers de morts.

Ryad soutient également le Libyen Khalifa Haftar, dont les forces sont engagées dans une offensive contre Tripoli pour renverser le gouvernement reconnu par la communaute internationale.

Le projet sur la libye comporte un engagement à faire respecter l’embargo sur les ventes d’armes à ce pays.

Pour faire respecter cet embargo, les ministres de l’UE devraient décider de renvoyer des navires de guerre en Méditerranée pour permettre à l’opération militaire Sophia de mener cette mission. Le mandat de l’opération a été prolongé jusqu’au 30 septembre, mais les moyens navals ont été retirés.

Dimanche 12 Mai 2019 – 08:49


Le sommet de Sibiu ne ferme pas la porte aux Spitzenkandidaten

Le sommet de Sibiu ne ferme pas la porte aux Spitzenkandidaten

Donald Tusk et Jean-Claude Juncker au sommet de Sibiu. [European Council]

Les dirigeants européens ont accepté un sommet d’urgence juste après les élections, le 28 mai, à la demande de Donald Tusk, qui veut régler la question de la nomination des présidents de la Commission et du Conseil en juin.

« Mon intention est que le Conseil nomme la nouvelle direction de l’UE en juin. J’appelle tout le monde à prendre ses responsabilités pour rendre cela possible », a déclaré le président du Conseil de l’UE, Donald Tusk, au sommet de Sibiu, en Roumanie. En 2014, il a fallu trois sommets et trois mois pour trouver un accord.

Quand les candidats sont présentés par les États membres, et non par le Parlement, les négociations sont potentiellement plus âpres. Donald Tusk a indiqué que la décision sera prise « conformément aux règles inscrites dans les traités », tout en tenant compte de facteurs comme la parité entre genres et la géographie. Le plus important, insiste-t-il, est « d’assurer l’efficacité des institutions », même si cela veut dire mettre la question au vote en cas d’absence de consensus.

L’unanimité n’est pas obligatoire pour une telle décision, même si les diplomates rappellent qu’elle est souhaitable. En 2014, les Premiers ministres hongrois et britanniques, Viktor Orbán et David Cameron, avaient tenté de bloquer la nomination de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission.

Les dirigeants devront décider qui dirigera l’exécutif, le Conseil et le Parlement (via le système des Spitzenkandidaten), ainsi que la Banque centrale européenne et le prochain Haut représentant aux affaires étrangères. Lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron a indiqué vouloir « éviter un compromis sur le moins bon candidat, comme ça a été le cas par le passé ». Une décision rapide ne sera donc peut-être pas possible.

Sibiu: la course aux postes clés démarre

Les dirigeants des pays de l’UE se retrouvent à Sibiu sans le Royaume-Uni, pour plancher sur leur « agenda stratégique » des cinq prochaines années, et ouvrir le bal des prétendants aux grands postes européens.

Les Spitzenkandidaten pas officiellement hors-jeu

Le système des Spitzenkandidaten – des candidats choisis par les groupes politiques du Parlement – qui a permis à Jean-Claude Juncker d’accéder à son poste, sera peut-être abandonné. Le sommet du 28 mai est en effet trop proche de l’élection pour fournir une vision lisible de son résultat.

Les traités européens indiquent seulement que le Conseil doit « tenir compte des élections parlementaires » pour nommer les dirigeants de l’UE. Il n’y a donc aucune garantie de voir le prochain président de l’exécutif choisi au sein du groupe majoritaire au Parlement. Le système est en effet décrié par plusieurs chefs d’État, qui estiment qu’il favorise le PPE.

Le président français a d’ailleurs immédiatement estimé que ce système n’était pas le bon. Malgré son « respect » pour le candidat du PPE, Manfred Weber, il ne « se sent pas lié par le principe des Spitzenkandidaten ».

La France ne prend plus l’Allemagne au sérieux

La classe politique allemande a fait montre d’un mépris professionnel arrogant envers les idées de réformes d’Emmanuel Macron. Le président français riposte. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

À son arrivée au sommet, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a pour sa part jugé que les Spitzenkandidaten étaient « une erreur, dès le départ » et que ce processus ne pouvait fonctionner sans des listes transnationales. Une vision partagée par Emmanuel Macron.

La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitė, a également indiqué que le système était « un peu en dehors des traités et procédures démocratiques ».

Vu ces avis négatifs, les observateurs pensaient que le système serait enterré au sommet. Finalement, la décision ne sera pas prise avant le 28 mai.

Les Spitzenkandidaten ont cependant toujours des partisans au Conseil, en particulier parmi les dirigeants du PPE, qui devrait une fois de plus être en première position après les élections. Sebastian Kurz, Premier ministre autrichien, a quant à lui défendu le système de nomination et estime que sa suppression n’est pas démocratique.

Celui-ci venait d’assister au pré-sommet du PPE, où le groupe conservateur a réitéré son soutien à son candidat désigné, le Bavarois Manfred Weber. Cette semaine, ce dernier a été soumis à une pression accrue : il a été dominé dans un débat par son homologue socialiste, Frans Timmermans, a perdu le soutien de Viktor Orbán et a dû répondre à des questions gênantes sur une éventuelle candidature rivale de Michel Barnier, le négociateur du Brexit.

Cependant, le président du PPE, Joseph Daul, a déclaré que des membres proéminents du groupe, dont l’Allemande Angela Merkel, avaient « réitéré leur soutien indéfectible » au candidat officiel. À la fin du sommet, la chancelière allemande a de fait répété : « Je soutiens Manfred Weber, pour que ce soit très clair. »

Le sommet de mai révélera si ce soutien sera suffisant pour maintenir les espoirs du Bavarois de succéder à Jean-Claude Juncker ou non.

Le Conseil, ennemi commun des Spitzenkandidaten

Le deuxième débat entre les principaux candidats des quatre grandes familles politiques pro-européennes aux élections européennes a à nouveau été étrangement peu controversé.

Entre USA et Union européenne, une histoire d’amour qui tourne mal. La diplomatie européenne face à un nouveau front

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

https://www.bruxelles2.eu/2019/05/03/la-diplomatie-europeenne-face-a-un-nouveau-front-americain/

Macron mettra « toute son énergie » pour empêcher une victoire du RN

9 MAI 2019 / 19:12 / IL Y A 11 MINUTES

Macron mettra « toute son énergie » pour empêcher une victoire du RN

SIBIU, Roumanie (Reuters) – Emmanuel Macron a assuré jeudi qu’il mettrait “toute (s)on énergie” pour empêcher que le Rassemblement national arrive en tête du scrutin européen du 26 mai et pour que ses priorités soient portées par le prochain président de la Commission.

Emmanuel Macron a assuré jeudi qu’il mettrait « toute (s)on énergie » pour empêcher que le Rassemblement national arrive en tête du scrutin européen du 26 mai et pour que ses priorités soient portées par le prochain président de la Commission. /Photo prise le 9 mai 2019/REUTERS/François Lenoir

Plusieurs sondages placent la liste du parti de Marine Le Pen devant celle de La République en marche, menée par Nathalie Loiseau. Une plus grande implication du chef de l’Etat dans la campagne est envisagée, ont dit plusieurs sources à l’Elysée, sans plus de précision.

“Alors même qu’on voit une Chine de plus en plus forte, des Etats-Unis qui essaient d’imposer au reste du monde leurs vues (…), nous avons besoin de tout sauf d’avoir le Rassemblement national en tête”, a dit Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse après le sommet européen, à Sibiu (Roumanie).

“Je mettrai toute mon énergie pour que le Rassemblement national ne soit pas en tête”, a-t-il ajouté.

Le président français a précisé que le haut niveau d’abstention attendu à ce scrutin l’”inquiète” et invité les jeunes à se mobiliser.

“Ne vous laissez pas voler l’Europe” au moment où l’Union doit définir ses priorités pour les cinq prochaines années, a-t-il dit. “La jeunesse britannique s’était désintéressée du Brexit (…) et s’est réveillée le lendemain avec la gueule de bois.”

Pour ces cinq années, Emmanuel Macron a dit se fixer trois priorités : le climat, la protection des frontières et l’économie, des axes défendus par son camp pour le scrutin européen.

 

VERS UN BRAS DE FER SUR LA PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION

La discussion entre chefs d’Etat et de gouvernement sur les priorités de l’Union s’est ouverte lors de ce conseil informel, avant l’établissement d’une feuille de route en juin.

Emmanuel Macron a répété sa volonté de renforcer la souveraineté européenne, une nécessité incompatible selon lui avec le projet des “nationalistes” du Rassemblement national, et de constituer une “coalition de progrès” avec des alliés européens.

“Il y aura des sensibilités diverses mais nous avons à construire en Europe une coalition de progrès qui permettra d’avancer et qui ne devra rien céder à la coalition de la destruction et du délitement”, a-t-il dit.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé jeudi qu’il convoquerait les chefs d’Etat et de gouvernement, le 28 mai, juste après les élections européennes, pour discuter des postes clés qui seront à pourvoir cette année en Europe, au premier rang desquels la présidence de la Commission.

Alors que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait confirmé quelques minutes plus tôt qu’elle soutenait le candidat choisi par le Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, Emmanuel Macron a répété son opposition à l’idée que ce dernier puisse être automatiquement désigné si ce parti arrive en tête.

Selon plusieurs sources, le président est prêt à soutenir la candidature du Français Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union pour le Brexit, s’il avait une chance de l’emporter.

 

“Je ne suis pas, si je puis dire, arc-bouté sur des sujets de nationalités”, a dit Emmanuel Macron. “Mais je crois que nous devons en tous cas éviter le compromis sur le moins bon candidat.”

“Il faudra des compromis entre les uns et les autres et les sensibilités mais je m’emploierai à ce qu’on ait des dirigeants qui soient le plus forts possible”, a-t-il ajouté.

Le choix du président de la Commission revient au Conseil européen, constitué des chefs d’Etat et de gouvernement, a-t-il souligné, même s’il doit être ensuite validé par le Parlement.

Jean-Baptiste Vey à Paris, avec les reporters de Reuters à Sibiu, édité par Yves Clarisse

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1SF23Z-OFRTP

Patricia Lalonde : « Yémen : Un accord est possible »

Patricia Lalonde : « Yémen : Un accord est possible »

Le Billet du Lundi du 06/05/2019, par Patricia Lalonde*

Le Congrès américain a voté une résolution le 25 avril demandant l’arrêt du soutien des Etats-Unis à la guerre du Yémen. Le président Trump y a immédiatement mis son veto.

Le candidat favori démocrate Joe Biden vient à son tour de demander l’arrêt du soutien à cette guerre. Ce sont les derniers développements d’un conflit qui a provoqué la plus grave crise humanitaire de ces vingt dernières années.

Récemment la République du Yémen avait salué la décision du Conseil de l’Union Européenne, affirmant que la solution politique était la seule option possible pour mettre fin au conflit qui déchire le pays. C’est dans cette optique qu’une délégation du Parlement européen doit se rendre à Sanaa, si les deux parties l’acceptent.

Il aura fallu trois années d’une guerre qui a provoqué cette grave crise humanitaire pour obtenir une prise de position de l’Union Européenne.

Trois années où de nombreuses voix se sont élevées pour demander l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis.

Trois années au cours desquelles chaque initiative de parlementaires pour mettre autour d’une table de négociation les différents protagonistes du conflit aura été étouffée.

Trois années où la seule voix qui a pu se faire entendre a été celle de la « Coalition » menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis.

Trois années pendant lesquelles on nous a vendu un conflit entre « l’occupant Saoudien » et les « rebelles Houthis ».

Il s’agit en réalité d’un conflit entre Yéménites opposant le parti de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, allié aux Houthis, contre le gouvernement de Mansour Hadi, soutenu par l’Arabie Saoudite et réfugié à Riyad. Tous sont donc Yéménites et la résolution du conflit devrait en premier lieu se faire entre Yéménites… Vouloir réduire cette guerre en affrontement entre Sunnites et Zaidistes-Chiites reste réducteur et dangereux.

Les Nations-Unies ont réuni à Stockholm en décembre dernier les principaux protagonistes du conflit, le gouvernement légitime du Yémen actuellement retranché à Aden et le gouvernement de facto des Houthis et du General People’s Congress, le parti de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Hisham Sharaf Abdullah. Les deux parties ont réussi à se mettre d’accord sur l’application d’une trêve dans les combats, suscitant un immense espoir.

Les négociations se feraient en 3 phases : la première concernant les ports d’Hodeida, de Salif et de Ras Issa, la deuxième concernerait le futur de Taez, l’une des régions les plus touchées par le conflit, et la troisième concernerait l’échange de prisonniers.

Faisant fi des nombreuses pressions qui s’exerçaient contre eux, des parlementaires européens représentant la plupart des groupes politiques ont pris l’initiative d’inviter les négociateurs du gouvernement de Sanaa, Mohammed Abdul Salam et Abdul Malik Al Ijri pour faire un état des lieux des négociations et de l’application des décisions sur le terrain.

Concernant la première phase de ces négociations, ils se sont plaints que la Coalition refusait de se conformer à l’accord  : il avait en effet été décidé que les forces du gouvernement de facto se retirent à 5 km du port d’Hodeida tandis que celles de la Coalition prendraient le contrôle du huitième kilomètre à partir des bords de la Mer Rouge. Cette étape constituait une priorité qui avait été actée par les Nations unies. La Coalition s’arc-boutait sur la revendication du contrôle du port d’Hodeida.

Les deux parties se sont toutefois mises d’accord pour que l’aide humanitaire puisse passer par les ports de Hodeida, Salif et Ras Issa.

Même s’ils avouent avoir eux-mêmes leur part de responsabilité, ils se sont plaints que le cessez-le-feu ne soit pas respecté. Ils ont pris comme une vraie déclaration de guerre les bombardements de la Coalition, en violation totale des accords de Stockholm. Des pêcheurs en avaient été la cible : huit d’entre eux avaient été tués.

Les négociateurs ont rappelé que les Saoudiens s’étaient aussi attaqués aux bâtiments de la Croix-Rouge et de Médecins sans Frontières. Ils ne comprenaient pas le silence de la Communauté Internationale alors que l’Arabie Saoudite ne respectait pas les conventions internationales… Ils ont également condamné les privations d’eau et de gaz infligées à la population.

Concernant la deuxième phase des accords de Stockholm sur Taez, il avait été convenu qu’un comité de coordination conjoint soit établi afin d’ouvrir un corridor humanitaire et de permettre le passage des personnes et des biens commerciaux dans et autour de la ville.

Mais là encore, la Coalition aurait refusé de bouger estimant qu’il devait d’abord y avoir un accord sur Hodeida.

Concernant l’échange des prisonniers, troisième volet de ces négociations, ils ont expliqué qu’ils se heurtaient à un manque de confiance des deux côtés : la liste de la Coalition contiendrait 9000 noms dont 110 seraient des membres d’Al-Qaida, qui pour certains ont combattu aux côtés de Daesh en Syrie. Celle du gouvernement de Sanaa 7500 dont 750 seulement ont été reconnus par la Coalition . (La Croix Rouge et les Nations Unies détiendraient une copie de ces listes).

Le négociateur a enfin tenu à insister sur la présence de prisons tenues par les Emirats Arabes Unis où des actes de torture étaient infligés aux prisonniers.

UN envoy Martin Griffith, left, talks to Houthi representatives during a meeting in Sanaa, Yemen, on June 16, 2018. Yahra Arhab / EPA

Les négociateurs ont précisé pour conclure qu’une solution politique privilégiant le fédéralisme devait être retenue. Le Yémen devait avoir une Chambre des représentants qui tienne compte de la densité et de la géographie du pays. Ils ont précisé que des élections devraient pouvoir se tenir prochainement afin de remplacer les nombreux députés morts pendant le conflit.

Ils se sont par ailleurs plaints de ne pas avoir de reconnaissance officielle hormis celle des Nations Unies.

Ils martelaient que sans respect de l’accord sur Hodeida, aucun progrès ne pourra être fait.

Ils espéraient que la récente venue à Aden de Jeremy Hunt, secrétaire d’Etat des Affaires étrangères britannique, n’allait pas renforcer la position intransigeante de la Coalition sur Hodeida, prenant le risque d’enterrer les accords de Stockholm.

La réouverture de l’aéroport de Sanaa aux vols commerciaux serait par ailleurs un signe important pour aider les négociateurs de Sanaa.

Le Parlement européen doit entendre une autre musique que celle des puissants lobbys Saoudiens ou Emiratis afin de montrer qu’il est capable d’appuyer les efforts de l’Envoyé Spécial des Nations Unies, Martin Griffith, et d’apporter sa pierre à la résolution d’un conflit dont la crise humanitaire est sans précédent et pour laquelle beaucoup seront accusés de crimes de guerre.

*Patricia Lalonde, Vice-présidente de Geopragma

http://geopragma.fr/index.php/2019/05/06/p-lalonde-yemen-un-accord-est-possible/

Les Palestiniens demandent à l’UE de défendre la solution à deux Etats

l’Orient le Jour par AFP

Les Palestiniens demandent à l’UE de défendre la solution à deux Etats

Les Palestiniens ont demandé à l’Union européenne de défendre la solution à deux Etats pour résoudre leur conflit avec Israël, dont l’évocation ne devrait pas figurer dans le plan de paix américain attendu en juin, selon leur ambassadeur à l’ONU.

« Nous en avons parlé » aux Européens lors de récentes réunions à Bruxelles et « ils doivent agir », a précisé mardi Riyad Mansour lors d’une rencontre avec des journalistes. Les Palestiniens ont demandé à l’UE une conférence internationale pour réaffirmer le consensus international en faveur d’une solution prévoyant la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, a-t-il ajouté.

« Nous serions très heureux de montrer qu’il y a plus d’un joueur sur le terrain pour essayer de définir comment nous devons avancer », a précisé le diplomate alors que les Palestiniens ne reconnaissent plus les Etats-Unis comme un médiateur impartial.
Les Palestiniens réclament aussi depuis longtemps aux pays européens – notamment la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, la Belgique et le Luxembourg – de reconnaître la Palestine comme un Etat.

Plusieurs résolutions de l’ONU évoquent la solution de deux Etats en précisant qu’elle doit être agréée par les deux parties.

Début mai, le gendre du président des Etats-Unis, Jared Kushner, chargé depuis deux ans par Donald Trump de proposer un plan de paix pour le Proche-Orient, a affirmé qu’il ne devrait pas faire référence aux « deux Etats » prônés par la communauté internationale.

« Si vous dites +deux Etats+, ça veut dire une chose pour les Israéliens, ça veut dire une autre chose pour les Palestiniens ». « Alors on a dit, vous savez, on a qu’à ne pas le dire », a-t-il ajouté sans autre précision.

Selon Riyad Mansour, le futur plan américain vise à être un « prétexte » permettant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’annexer davantage de territoires palestiniens.
« Si c’est ce qu’ils veulent nous imposer – la réalité d’un Etat -, les Palestiniens vont accélérer leur capacité reproductive et augmenter le nombre de Palestiniens confrontés à l’apartheid », a-t-il averti.

 

http://www.france-palestine.org/Les-Palestiniens-demandent-a-l-UE-de-defendre-la-solution-a-deux-Etats

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Revue de presse nationale et internationale.

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