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Emmanuel Macron souhaite-t-il enterrer l’OTAN ?

Emmanuel Macron souhaite-t-il enterrer l’OTAN ?

Interview8 novembre 2019Le point de vue de Jean-Pierre Maulny

Les déclarations d’Emmanuel Macron, qui a décrit l’OTAN comme étant en état de mort cérébrale, ont interpellé, mais aussi fait resurgir la question du rôle et de la nécessité de l’OTAN. Quelle place donner à l’OTAN dans la dynamique européenne ? Le point de vue de Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS.

Emmanuel Macron a déclaré à The Economist que l’OTAN était en état de mort cérébral : veut-il enterrer l’OTAN ?

Les propos d’Emmanuel Macron ont en effet été très forts. Il a en tous cas le (grand) mérite de placer la question politique au centre du débat et de ne pas s’enfermer dans des questions techniques qui finissent par nous faire perdre le sens de l’histoire.

Or quel est le sens de l’histoire ? Le monde est progressivement en train d’être géré par un duopole composé des États-Unis et de la Chine, et dont l’Europe est totalement absente. Normalement l’OTAN doit permettre un dialogue transatlantique sur les questions de sécurité : cette organisation doit faire le lien entre l’Europe et les États-Unis. C’est ainsi que l’OTAN se présente elle-même comme une organisation politique. Or que se passe-t-il actuellement ? Les États-Unis prennent des décisions unilatérales : ce fut le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien l’année dernière puis l’annonce du retrait des troupes américaines de Syrie suivi d’un accord avec les Turques pour créer une zone de sécurité au nord de la Syrie. Toutes ces mesures sont prises d’une part au détriment des intérêts de sécurité des Européens et d’autre part sans que ces derniers aient été consultés par leur allié américain. L’OTAN n’est pas que l’article 5, la clause d’assistance mutuelle, c’est aussi l’article 4 qui prévoit que « Les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée. ». Or que voyons-nous dans les faits ? Les États-Unis ne consultent pas leurs alliés quand ils prennent une décision qui peut affecter la sécurité de ceux-ci et l’OTAN ne joue pas son rôle car elle ne prend pas l’initiative de rappeler à Washington son devoir sur ce sujet. Or, dans le cas de l’intervention turque en Syrie, le risque est important pour la France de voir des combattants de Daech être libérés et menacer son territoire. Parallèlement le président américain ne cesse de répéter que les Européens ne paient pas pour leur défense, ce qui est faux. Tous les pays européens augmentent leur budget de défense depuis 3 ans, et laissent en conséquence planer des doutes sur la solidarité américaine en cas d’attaque d’un des pays européens de l’OTAN. D’où la réponse du président français à la question portant sur le caractère pérenne de la clause d’assistance mutuelle de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord : « Je ne sais pas ».

On voit donc que la question n’est pas principalement celle de l’OTAN mais celle de la relation entre l’Europe et les États-Unis. Et le message du Président français est clair : face à cette situation, l’Europe doit prendre en main son destin dans le domaine de la sécurité car sinon nos pays ne seront pas protégés et l’Union européenne ne pèsera d’aucun poids sur la scène internationale. Il faut rappeler aux citoyens qu’il n’y a pas d’armée de l’OTAN, il n’y a que des armées nationales qui peuvent agir dans le cadre de l’OTAN ou dans tout autre cadre d’ailleurs. Donc l’OTAN sans les capacités militaires des États-Unis n’est plus l’OTAN, c’est l’Union européenne ou peu s’en faut.

Enfin, ce « rappel à l’ordre » du Président français a lieu un mois avant un sommet de l’OTAN à Londres où les Américains se feront fort de demander des concessions aux Européens sur divers sujets (révision des contributions au budget de l’OTAN, ouverture du Fonds européen de défense aux entreprises américaines) sans qu’à aucun moment personne ne songe à rappeler les États-Unis à leurs devoirs en tant qu’allié au sein de l’OTAN.

OTAN, défense européenne, architecture de sécurité européenne : comment s’articule tout cela ?

Il faut faire attention à ne pas confondre toutes les structures et tous les concepts. L’OTAN et l’Union européenne sont compétentes en matière de défense. Les deux institutions ont une clause d’assistance mutuelle mais l’OTAN a normalement la primauté en matière de sécurité collective. Reste que les capacités militaires sont nationales et qu’on peut aujourd’hui avoir un doute sur la garantie de sécurité des Américains. De ce fait, le discours de Macron a pour objectif de transmettre le message suivant : développons nos capacités militaires au sein de l’Union européenne, en s’appuyant sur des initiatives que sont la coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense, car les Européens doivent mieux prendre en compte leur sécurité, les Américains le demandent, et que nous ne pouvons pas compter éternellement sur l’aide de Washington. Mais développer les capacités militaires européennes dans le cadre de l’Union européenne ne veut pas dire mettre en cause l’OTAN, puisque de toute façon ce sont les armées des pays membres de l’Union européenne qui seront renforcées et qui pourront servir soit dans le cadre de l’Union européenne soit de l’OTAN.

Quant à l’architecture de sécurité européenne, auquel le président Macron fait référence dans son entretien à The Economist, on ne peut l’opposer à l’OTAN. C’est un concept qui avait été développé après la fin de la guerre froide par François Mitterrand et qui consistait à nouer un dialogue permanent de sécurité avec la Russie sur la sécurité européenne. 30 ans après la chute du mur de Berlin, Emmanuel Macron remet cette proposition au goût du jour, jugeant qu’on ne peut rester dans cette situation de tension permanente avec la Russie. Cela ne veut en aucun cas dire que l’on cède à toutes les demandes de la Russie, mais simplement que l’on met tout en œuvre pour créer une structure de dialogue de sécurité paneuropéen. Et naturellement cette architecture de sécurité européenne ne sera pas une alliance militaire et ne suppose pas la disparition de l’OTAN, cela se situe sur un autre plan.

Nos partenaires européens vont-ils suivre Emmanuel Macron ?

C’est certainement le défi le plus ardu à relever pour Emmanuel Macron. Il est certain que les pays européens au Nord et à l’Est de l’Union européenne sont très inquiets de la résurgence de la menace russe et ont une attitude qui consiste à dire « ne fâchons pas Mr Trump, sinon il cessera de nous défendre face à la Russie ». Or il est nécessaire de faire comprendre à ces pays que le désengagement des États-Unis de la sécurité de l’Europe n’est pas lié au président Trump. C’est une tendance de long terme qui a commencé avec le président Obama et qui se poursuivra après novembre 2020, quel que soit le président élu aux États-Unis à la fin de l’année prochaine. Donc « penser européen » en matière de sécurité ce n’est pas vouloir écarter les Américains. C’est simplement nous montrer responsables vis-à-vis de nos citoyens pour leur dire : nous allons vous protéger. Pour la France, cela implique parallèlement de ne pas négliger le ressenti de ces pays vis-à-vis de la menace russe, sinon nous ne serons pas crédibles, surtout si nous voulons nouer parallèlement un dialogue de sécurité avec la Russie pour bâtir une architecture de sécurité européenne. Cela suppose également que les Russes fassent des gestes sur le dossier ukrainien car ils ont intérêt à ce que nous puissions bâtir cette architecture de sécurité européenne. Cela suppose enfin que la France arrive à convaincre qu’elle agit au profit de tous les pays de l’Union européenne et non à son seul profit. On comprend donc que les conditions à remplir pour obtenir un succès sont nombreuses et parfois contradictoires. La marge de manœuvre est limitée mais elle existe. Il faut donc que le président Macron, après avoir présenté le « film » de son entretien à The Economist produise désormais le « making-of » pour faire comprendre aux partenaires européens qu’il ne joue pas contre eux mais pour eux.

https://www.iris-france.org/141734-emmanuel-macron-souhaite-t-il-enterrer-lotan%e2%80%89/

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Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

Le ralentissement économique sème le trouble dans l’UE

Par : Jorge Valero | EURACTIV.com | translated by Nathanaël Herman

 9:31 (mis à jour:  10:33)

EPA-EFE/OLIVIER HOSLET [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Langues : English

   

Les États membres de l’UE devraient se préparer à « tous les scénarios », alors que l’économie européenne continue de ralentir et ne devrait pas reprendre de si peu, avertit la Commission européenne dans ses dernières prévisions économiques.

L’économie européenne vient d’entrer dans une nouvelle phase. Alors que la production a augmenté tout au long de cette décennie, comme en témoignent les chiffres impressionnants des dernières années, « ce n’est plus le cas à l’heure actuelle », a signalé le commissaire des Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Selon les chiffres présentés le jeudi 7 novembre, la zone euro devrait connaitre une croissance de 1,1 % cette année et de 1,2 % en 2020 et 2021. Les estimations de juillet, elles, prévoyaient une augmentation de 1,2 % du PIB en 2019 et de 1,4 % en 2020.

La croissance économique de l’ensemble de l’UE stagnera à 1,4 % pendant les deux prochaines années, un chiffre revu à la baisse par rapport aux prévisions de juillet 2018 qui l’établissaient à 1,6 %.

Pierre Moscovici a déclaré qu’il s’agissait « d’un nouveau régime » par rapport aux anciennes prévisions, étant donné que son équipe ne s’attend plus à une relance économique dans les deux prochaines années.

En Europe, le chômage se stabilise et la croissance cale

La croissance dans la zone euro est restée stable au troisième trimestre, mais à un niveau faible de 0,2%, signe d’une stagnation de l’activité en Europe, selon l’Office européen de statistiques Eurostat. Un article de notre partenaire, la Tribune.

« Nous devons être prêts à tous les scénarios », a-t-il affirmé.

Marco Buti, chef de la direction générale des affaires économiques et financières à la Commission européenne, a expliqué dans le document présenté que ce ralentissement économique appelé à durer constituait un « changement majeur » et se fondait « sur l’évaluation que de nombreuses caractéristiques de ce ralentissement mondial perdureront ».

Malgré cette évaluation maussade, M. Moscovici a souligné que l’économie européenne continuerait de croître, mais plus lentement, et qu’une récession économique n’était pas envisagée par l’exécutif européen.

Mais il a ajouté qu’ « il fallait faire en sorte que ce “plateau” ne soit pas “un plafond”, car nous avons, de l’autre côté, des risques de baisse qui pourraient se matérialiser ».

Il s’est, en outre, aligné sur les avis de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autres institutions, appelant ainsi les États membres avec des finances publiques plus saines, comme les Pays-Bas et l’Allemagne, à investir plus pour stimuler l’économie.

D’après le commissaire, ce boost n’est pas urgent, mais les gouvernements nationaux avec de la marge budgétaire devraient y réfléchir « pour que nous soyons en mesure de réagir rapidement ».

Macro Buti argue que les États membres avec de meilleures situations budgétaires devraient profiter des très faibles (voire négatifs) coûts de financement, afin d’investir dans des projets « avec un retour social, environnemental et économique élevé ».

Les tensions commerciales mondiales continuent d’inquiéter l’exécutif européen.

« La recrudescence des tensions commerciales et l’incertitude de ce secteur ont très probablement eu des effets néfastes permanents sur le commerce international » a écrit M. Buti, qui dirigera le cabinet du commissaire désigné à l’Économie, Paolo Gentiloni.

L’italien Paolo Gentiloni réussit son oral devant les eurodéputés

L’ancien chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a reçu l’aval du Parlement européen le 3 octobre pour devenir commissaire européen à l’Économie, malgré la position délicate de son pays en matière budgétaire.

Les pays

Dans le cas de l’Allemagne, la Commission a légèrement ajusté son PIB à 0,04, mais diminué sa croissance économique de 0,4 % afin d’atteindre 1 % pour l’année, une tendance qui devrait se maintenir en 2021.

L’économie allemande compensera la baisse de la demande mondiale et des investissements avec sa consommation privée et une dette publique « modérément expansionniste ».

Parmi les plus grandes économies de l’UE, l’Espagne devrait endurer les plus grosses pertes. Selon les prévisions, son PIB devrait chuter de 0,4 % cette année et l’année prochaine (1,9 % en 2019 et 1,5 % en 2020). En 2021 l’économie espagnole devrait augmenter de 1,4 %.

L’office national de la statistique est à l’origine de la moitié de la baisse, car il a apporté des modifications à l’historique de données, mais l’économie espagnole a aussi été affectée par le ralentissement du rythme de la croissance qui s’inscrit dans une période d’incertitude au niveau mondial.

La production française devrait également décélérer à environ 1,3 % cette année et l’année prochaine, puis à 1,2 % en 2021. La consommation contribuera à compenser le ralentissement de l’investissement et l’impact des tensions commerciales sur les exportations.

L’économie italienne « ne montre encore aucun signe de reprise significative », après la stagnation enregistrée l’année dernière, selon les prévisions. La croissance économique n’atteindra que 0,1 % cette année, puis 0,4 % et 0,7 % en 2020 et 2021, respectivement.

Selon l’évaluation de la Commission, Rome ne parviendra pas non plus à équilibrer ses comptes publics, comme le gouvernement de coalition l’avait convenu avec la Commission. Le déficit et de la dette continueront d’augmenter au cours des deux prochaines années en raison de la croissance plus faible et de l’augmentation des coûts des mesures antérieures.

La dette publique italienne devrait ainsi passer de 134,8 % de son PIB en 2018 à 137,4 % en 2021.

Langues : English

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/as-economy-slows-commission-tells-member-states-to-be-ready-for-all-scenarios/

Décomposition impériale

Décomposition impériale

9 Novembre 2019

Moins spectaculaire que les guerres américaines ratées, moins médiatique que les tentatives de putsch qui ne prennent plus, le mouvement tectonique du reflux de l’empire suit son cours, inexorable. Le schéma est classique, presque mécanique…

Années 90 : après l’éclatement de l’URSS, le système impérial est à son apogée. Il est alors pris d’une véritable folie des grandeurs qui finira par causer sa perte.

Années 2000 (ère Bush) : victime d’hybris, il s’engage dans un certains nombre de fiascos coûteux et retentissants (Irak, Afghanistan), et provoque la résurgence de ses rivaux (Russie, Chine, OCS).

Années 2000-2010 (ère Obama) : sentant le vent tourner, ils s’arc-boute sur ses fondamentaux (Europe totalement vassalisée, presstituée noyautée comme jamais) pour tenter de durer, au risque d’imploser.

A bien des égards, la géopolitique ressemble à la physique pure. Plus un corps, soumis à une pression intense, se comprime, plus il est instable et susceptible de provoquer des réactions en chaîne. C’est ce qui finit par arriver

Qui aurait imaginé, même dans ses rêves les plus fous, voir le système impérial US se décomposer aussi rapidement ? Certes, il y avait eu des signes avant-coureurs : crise grecque, montée des «  »populismes » » (entre huit guillemets) en Europe, multiplication des voix discordantes concernant la politique anti-russe (Hongrie d’Orban, Italie, Slovaquie, République tchèque, Grèce, industriels allemands etc.), record d’impopularité des hommes de paille de Washington (Flamby Ier rejoignant les rois fainéants mérovingiens dans le palmarès des dirigeants les plus détestés de l’histoire de France)…

Mais l’année 2016 restera comme l’apothéose de ce détricotage. En mai dernier, avant le sommet du G7 à Tokyo, un eurocrate envisageait le « scénario de l’horreur » :

Imaginez si, au lieu de Barack Obama, François Hollande, David Cameron et Matteo Renzi, nous avons Donald Trump, Marine Le Pen, Boris Johnson et Beppe Grillo.

Un mois plus tard, le scénario tant honni commençait à se mettre en place, au grand dam de Washington, Bruxelles et de leurs relais médiatiques. Le Brexit envoya des ondes de choc (…) Ce n’était pourtant rien en comparaison de ce qui allait se passer trois mois plus tard, au cœur même de l’empire, la deuxième étape du « scénario de l’horreur », le changement tectonique représenté l’élection du Donald.

2016 fut en effet le début de la fin : Brexit, Trump, guerre pétrolière américano-saoudienne, perte ou trahison des alliés, dédollarisation, fiasco ukrainien, dégringolade de la branche médiatique… Ce qui avait été patiemment bâti au cours de longues décennies se défaisait à vue d’œil. Et si le Deep State réussissait à sauver quelques meubles, par exemple en récupérant partiellement le Donald, plus rien ne serait comme avant. Comme la marée basse laisse sur le sable les traces de son passage, le reflux de l’empire mettait à jour ses contradictions criantes et ses dysfonctionnements inhérents.

Les éléments, auparavant maintenus sous la chape (de plomb) du manteau américain, étaient désormais livrés à eux-mêmes. Certains comme les euronouilles, complètement perdus, couraient dans tous les sens comme des poulets sans tête. D’autres, tel le sultan, jouaient les électrons libres et se rapprochaient dangereusement de l’autre camp. Partout, l’unité faisait place à la dissension. Sur le Vieux continent :

L’Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L’on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l’UE et les pays d’Europe centrale et orientale, fers de lance de la « Nouvelle Europe » si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c’est tout le système vassalique européen qui risque de tomber.

Rappelons d’abord que la construction européenne fut, dès le départ, un projet américain. Des archives déclassifiées montrent que les soi-disant « pères de l’Europe » – Schuman, Spaak ou le bien-nommé Monet – travaillaient en réalité pour les Etats-Unis. Pour Washington, il était en effet plus aisé de mettre la main sur le Vieux continent par le biais d’une structure globale noyautée de l’intérieur que de négocier pays par pays avec des dirigeants indépendants.

La chute du Mur et l’intégration à l’UE des anciennes démocraties populaires n’étaient que le cache-sexe de l’avancée de l’OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d’établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l’UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la « vieille Europe » (De Gaulle, Chirac et Schroeder…)

Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s’écrouler… Ce sont d’abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c’est le moins qu’on puisse dire. Première cassure au sein de la « nouvelle Europe ».

Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l’hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d’obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n’avait pas prévu ça…

Il n’avait pas non plus prévu ce qui allait se passer dans le Golfe en juin 2017 :

La grande affaire très commentée de ces derniers jours est la mise au ban du Qatar par l’Arabie saoudite et ses quelques affidés de circonstance. Si c’était dans les tuyaux depuis une bonne semaine, c’est un véritable séisme dans la région, les précédentes querelles n’ayant jamais conduit à une rupture des relations diplomatiques (…)

Le Conseil de Coopération du Golfe est la pierre angulaire de l’empire américain dans la région – un peu comme l’UE en Europe – et il est aujourd’hui au bord du gouffre. Après le Brexit, le Qatarxit ? A Washington, les stratèges impériaux ne doivent pas être aux anges… Le Koweït et Oman ont en tout cas refusé de suivre leurs collègues et de rompre leurs relations avec Doha, ce qui fissure encore un peu plus l’organisation  (…)

Deux piliers du pétrodollar et soutiens du djihadisme en conflit, CCG en crise, Turquie ballotée, Etat profond US divisé… Il faut prendre la rupture saoudo-qatarie pour ce qu’elle est : une énième convulsion du « camp du Bien », un émiettement supplémentaire de l’empire.

Il n’en fallait pas plus à CNN pour accuser… les hackers russes ! Audiard nous avait prévenu : les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. Derrière cette nouvelle dégénérescence de la presstituée se cache tout de même une réalité : c’est Noël au Kremlin, qui se garde toutefois de tout triomphalisme.

Les groupies de l’hégémonie américaine ne peuvent maintenant que constater les dégâts :

Un mélancolique article du Jerusalem Post intitulé « Les sommets d’Asie centrale qui montrent que Washington perd prise » nous rappelle une nouvelle fois, si l’en était besoin, que derrière les strass et paillettes de l’événementiel, l’empire américain est inexorablement engagé sur la pente descendante.

A Bichkek, au Kirghizstan, a eu lieu la grand-messe annuelle de l’Organisation de Coopération de Shanghai, incluant désormais l’Inde et le Pakistan. On y a vu Modi et Khan échanger des blagues, Xi et Rouhani renforcer leur coopération, Poutine rencontrer ses homologues chinois, iranien, indien ou pakistanais. Si le président iranien, Etat observateur, s’est fait remarquer en critiquant vertement l’unilatéralisme US et en offrant des privilèges économiques aux membres de l’OCS qui investiraient en Iran, il n’a pas été le seul. A Bichkek, on a parlé multipolarité, Routes de la Soie et intégration de l’Eurasie, pour le plus grand malheur de qui vous savez…

Le jour suivant, au Tadjikistan voisin, le sommet CICA (Conférence pour l’Interaction et la Confiance en Asie) a réuni du beau monde. Les représentants d’une trentaine de pays y participaient dont Poutine, Xi (qui a fêté son 66ème anniversaire avec le président russe), Rouhani, Erdogan ou encore Al Thani, l’émir du Qatar. On sait que ce dernier, depuis la rupture avec l’Arabie saoudite, a une furieuse tendance à se rapprocher de Téhéran et des géants de l’Eurasie. Ses multiples rencontres bilatérales d’hier sont là pour le prouver, notamment avec la Chine et l’Iran, qui a par ailleurs également reçu le soutien turc face au harcèlement américain.

L’hybris impériale – sanctions contre la Russie et l’Iran, guerre économique contre la Chine, menaces contre la Turquie, sanctions saoudiennes contre le Qatar – tend naturellement à rapprocher ces pays et accélère l’inévitable mouvement d’intégration du grand continent, bientôt irrigué par le gaz russe et les Routes de la Soie chinoises. Le monde multipolaire du XXIème émerge sous nos yeux…

Ce qui nous amène aux délectables nouvelles de ces derniers jours, qui remuent encore un peu plus le couteau dans le cœur des petits génies de Washington. Au Royaume-Uni, l’énième report du Brexit par les manigances des députés a poussé le Premier ministre Johnson à organiser des élections générales, prévues dans cinq semaines. Sans surprise, elles mettront aux prises les conservateurs de ce même Johnson et le Labour de Jeremy Corbyn. Si certains articles versent allègrement dans l’hyperbole, parlant de « lutte pour l’âme britannique », un aspect fondamental n’est pourtant jamais abordé : l’accélération du détricotage de l’empire.

Johnson est en effet favorable à l’OTAN mais ne peut, on le sait, voir en peinture l’Union européenne et fut l’un des principaux leaders de la campagne du Leave. A l’opposé, Corbyn est un de ces européistes indécrottables mais a toujours été très critique vis-à-vis de l’impérialisme américain et favorable à un rapprochement avec la Russie. S’il ne réclame plus l’abolition de l’Alliance atlantique, comme c’était encore le cas en 2012, nul doute que la politique étrangère de Londres prendrait un tour nouveau s’il était élu.

OTAN contre UE, alors que ces deux piliers de l’hégémonie américaine en Europe étaient auparavant synonymes, Brexit ou OTANxit (ou du moins une sérieuse prise de distance). Heureusement que McCain n’est plus là pour voir ça…

Et puisqu’on parle d’elle, les déclarations tonitruantes de Macron affirmant que l’OTAN est « en état de mort cérébrale » ont jeté un énorme pavé dans la mare, provoquant les cris d’orfraie de Berlin et de Bruxelles, la fébrilité dans les salles de rédaction et l’amusement de Moscou, qui a d’ailleurs tout lieu de se réjouir des appels du même à « rouvrir un dialogue stratégique avec la Russie ».

Ce n’est pas la première fois que l’actuel président français s’écarte de la ligne vassale de son prédécesseur. S’il n’a pu s’empêcher d’y retomber en certaines occasions, par exemple lors du false flag chimique n°3, l’occupant de l’Elysée est capable de faire montre d’une relative indépendance, comme nous le relations il y a plus de deux ans :

Alerte dans les officines du système impérial, la plaque européenne commence à dangereusement se rapprocher de sa consoeur russe et nos hypothèses se voient une nouvelle fois confirmées. Après la réception de Poutine par Macron à Versailles, nous écrivions :

D’abord, pourquoi inviter Poutine, dans les fastes de Versailles qui plus est ? Notons que, mis à part le traditionnel voyage du 15 mai à Berlin pour retrouver Merkel, c’est le premier dirigeant étranger que rencontre Macron dans un format bilatéral (les discussions avec Trump, Trudeau, Erdogan & Co ayant eu lieu en marge des sommets de l’OTAN et du G7). Relevons également que la somptueuse réception du « tsar de toutes les Russie » au château du roi-soleil n’a pas été du goût des habituels thuriféraires du système impérial.

Ainsi, le président français était demandeur, ce que l’enguirlandement médiatique fanfaron tente d’occulter (…)

Un reset franco-russe, qu’évoque également le peu russophile Financial Times, serait donc dans les tuyaux à la demande de Paris. Ceci pourrait expliquer pourquoi, au-delà des pathétiques flonflons médiatiques et du sauvetage de face macronien sur des questions aussi existentielles que les LGBT de Tchétchénie ou les méchants médias russes, on a furieusement l’impression que Bobobankster s’est aligné sur Poutine.

Sur la Syrie, « l’objectif absolu est la lutte contre le terrorisme, l’éradication des groupes terroristes, en particulier Daech ». Tiens, il y aurait des modérés pas si modérés que ça finalement et Assad ne doit plus partir… Plus intéressant encore, la fameuse phrase sur les armes chimiques que toute la MSN saoudisée a rapportée, persuadée qu’elle est dirigée contre Damas, mais que personne n’a pris la peine de décrypter :

« J’ai indiqué qu’une ligne rouge très claire existe de notre côté : l’utilisation d’une arme chimique par qui que ce soit fera l’objet de représailles et d’une riposte immédiate. »

Les mots importants sont en gras. Ainsi, Assad ne serait pas le seul à disposer et à être susceptible d’utiliser des armes chimiques… Est-ce une reconnaissance en creux du false flag de Khan Cheikhoun ? A noter que le soir même, Vladimirovitch a répété dans une interview destinée au public français qu’il n’y avait aucune preuve de l’implication du gouvernement syrien dans cette attaque. Pour mieux appuyer ce qu’il a dit, voire prouvé, quelques heures plus tôt à Macron sous les lambris versaillais ?

Concernant l’Ukraine, Poutine a pris le bâton, déclarant que c’était une affaire intérieure à ce pays et qu’il fallait tenir Kiev pour responsable des atteintes aux accord de Minsk, le tout sans être contredit par son hôte. Et je ne mentionne pas les formules répétées sur « le rôle indispensable de la Russie »…

Assiste-t-on à un changement de direction de l’euronouillerie, désormais orpheline de son maître américain ? Si Macron dit tout haut ce que Merkel pense tout bas – et il y a de bonnes raisons de croire que le premier est le porte-parole de la seconde -, on est peut-être en train d’assister à un rééquilibrage du Vieux continent. L’avenir nous le dira… Mais on comprendrait mieux alors la flagornerie de la caste médiatique, cachant sous les épithètes dithyrambiques une redirection peu glorieuse pour elle.

On en prend le chemin… Dans la foulée de la visite du réaliste Le Drian à Moscou, c’est en effet une véritable bombe qu’a lancé Macron dans un entretien à huit quotidiens européens paru aujourd’hui. Dans le texte :

Le vrai aggiornamento que j’ai fait sur ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Personne ne m’a présenté son successeur légitime. Assad est un ennemi de son peuple [tous les éléments de langage n’ont pas disparu du jour au lendemain, ndlr] mais pas de la France. Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. Deux : la Syrie ne doit pas devenir un Etat failli [failed State]. Nous avons besoin de la coopération de tous pour éradiquer les terroristes, en particulier de la Russie.

Dios mio, McCain, Barack à frites, Flamby, l’hilarante, le Seoud et autres joyeux lurons de la clique impériale doivent s’arracher les cheveux. L’imMonde est vert de rage et la presse israélienne rapporte l’info pour le moins fraîchement.

Le président Macron semble en passe de devenir nettement plus sage que le candidat Macron. Un Trump inversé en quelque sorte… Si le Donald a tout le mal du monde à contrer le Deep State, c’est néanmoins son élection qui a permis le détricotage de l’empire dont les composantes s’égaillent maintenant dans la nature.

En plein dans le mille. Le reflux américain a laissé sur la grève les composantes du système impérial qui, nouvellement autonomes, s’éparpillent et prennent des directions inimaginables il y a peu encore.

Pire ! les propres pions de Washington arrivés fraîchement au pouvoir se mettent eux aussi à tourner casaque, notamment en Amérique latine. Au Brésil, Bolsonaro a fait un flip flop digne d’une grande patineuse en allant courtiser les investissements chinois. Ce n’est pas une surprise pour le fidèle lecteur de nos Chroniques, car certains signes étaient annonciateurs :

Un mot encore sur le traditionnel sommet des BRICS en marge du G20. Il était intéressant de voir le comportement de l’américanolâtre néo-président brésilien dans cette structure de facto opposée à Washington. Les bruits alarmistes et peut-être inventés sur une possible exclusion du Brésil ne se sont pas traduits dans les faits et les oreilles de Bolsonaro ont dû quelque peu sursauter en entendant Poutine appeler à la dédollarisation ou défendre le Venezuela, point sur lequel le leader brésilien a préféré éviter de polémiquer avec son homologue russe. Bolsonaro, que d’aucuns pensaient il y a quelques mois qu’il mettrait des bâtons dans les roues des BRICS, a même partiellement épousé les discours sur le multilatéralisme en critiquant le protectionnisme unilatéral d’un certain pays…

Entre un Bolsonaro qui met de l’eau dans son maté et un Lula qui vient de sortir de prison et pourrait reprendre le chemin du pouvoir, l’expérience « américaine » du Brésil a peut-être tourné (très) court. L’occasion de redonner un regain d’énergie aux BRICS, d’autant que le grand voisin argentin pourrait à nouveau être de la partie. Nous l’expliquions en août :

En Argentine, le président Mauricio Macri, gentil toutou des USA, vient de se prendre une volée aux élections primaires, répétition générale de l’élection présidentielle du mois d’octobre. Pour Washington, c’est une bien mauvaise nouvelle, d’autant que le grand vainqueur est le parti de l’ancienne présidente Cristina Kirchner, elle aussi bien connue des lecteurs. Nous en parlions entre autres dans un billet consacré à l’établissement d’une base radar chinoise dans la pampa :

L’accord sino-argentin avait été signé en 2015, du temps de Cristina Kirchner, égérie de la multipolarité. Ironie du sort, l’objet de l’accord se réalise sous son successeur et adversaire, pion de l’empire comme nous l’expliquions il y a deux ans :

Macri, dans la plus pure tradition des leaders latino-américains dévoyés, est l’homme de paille des Etats-Unis en Argentine, permettant l’installation de deux bases US dans son pays, plaçant sa fortune chez son maître, s’attirant les louanges de son suzerain.

… et acceptant avec gloutonnerie tout accord avec le FMI visant à esclavagiser un peu plus son pays. Sans surprise, la Cristina, maintenant sénatrice, s’y oppose résolument et préfère les prêts de la banque des BRICS ou de la Chine. D’où la base radar, facilité donnée au dragon contre des espèces sonnantes et trébuchantes à un moment où l’Argentine était étranglée financièrement. Le combat continue entre la pasionaria et le vassal. Macri est largement devancé par C.K dans les projections du premier tour (39%-30%). Quel que soit le résultat, la base chinoise est là pour rester, l’accord ayant été signé pour 50 ans.

C’était l’année dernière et les sondages étaient en deçà de la réalité. Si Cristina ne s’est pas présentée elle-même, son parti a gagné par 47% contre 32%. Un retour du clan Kirchner à la Casa Rosada apporterait à coup sûr un regain d’activité au processus de multipolarité en Amérique du Sud, un temps mis à mal par la destitution de Dilma au Brésil et l’élection de Macri. On se rappelle que l’Argentine de Cristina, bien que ne faisant pas officiellement partie des BRICS, y faisait souvent figure de membre associé, ce qui sera sans doute à nouveau le cas dans deux petits mois…

Bingo. Le 27 octobre, Alberto Fernández, protégé de Cristina, a gagné dès le premier tour, renvoyant Macri à ses chères études. Si sa prise de fonction se fera en décembre, les stratèges américains commencent déjà à se ronger les ongles. Dans un geste ô combien symbolique, Fernández a accordé sa première interview internationale à Correa, l’ancien président équatorien et bête noire de l’imperium US, sur la chaîne russe RT.

Le renouveau de la multipolarité qui se prépare en Amérique du Sud va de pair avec le rôle jamais vu qu’y joue Moscou, au grand dam du Deep State dont les think tanks sonnent le tocsin :

« Il est clair que la Russie est en Amérique latine pour y rester et qu’elle étend son influence – notamment en essayant d’assurer les moyens de menacer les USA au sein même de l’hémisphère occidental. Le désarroi de la politique étrangère américaine a clairement facilité cette évolution. Etant donné l’actuel chaos à Washington [ ! ], il faudra un temps considérable avant que les Etats-Unis ne puissent établir une stratégie coordonnée visant à contrer ou, au moins, atténuer ces menaces. L’Amérique latine est devenue un théâtre d’opérations réel pour les Russes à cause de la négligence des Etats-Unis et de leurs politiques erronées. »

Au-delà de l’alarmisme peut-être exagéré de l’establishment impérial, trop longtemps habitué à l’hégémonie et qui voit surgir avec horreur son rival là où il ne l’attendait pas, une chose est sûre : en Amérique, comme en Europe ou au Moyen-Orient, l’empire US recule terriblement…Tag(s) : #Etats-Unis#Europe#Amérique latine#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/11/decomposition-imperiale.html

L’Oncle Sam exige que l’Union européenne intègre tous les pays des Balkans


L’Oncle Sam exige que l’Union européenne intègre tous les pays des Balkans

le 05 novembre 2019

Diplomate US

L’envoyé spécial américain insiste pour accélérer l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine à l’UE, alors que le sujet suscite l’opposition des dirigeants français et néerlandais, inquiets de l’impopularité d’une telle perspective.

L’émissaire spécial des Etats-Unis pour les Balkans est en tournée dans cette région. Après s’être rendu au Kosovo puis en Macédoine du Nord, Matthew Palmer était le 4 novembre à Belgrade, où il a notamment rencontré le président serbe, Aleksandar Vucic.

Le diplomate américain a saisi l’occasion pour critiquer vertement la décision récente de l’Union européenne : lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept n’ont pu se mettre d’accord sur le lancement des discussions d’adhésion à l’UE de la Macédoine du Nord et de l’Albanie. Cela revient dans les faits à geler cette perspective.

« L’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l’UE de changer sa position » – Matthew Palmer

« A notre avis, c’est une erreur historique et un mauvais message pour toute la région » a tancé M. Palmer. Et l’envoyé spécial d’enfoncer le clou : « l’Amérique souhaite une perspective européenne pour les Balkans occidentaux et nous ferons notre possible afin de convaincre l’UE de changer sa position » d’ici le prochain sommet de mai 2020.

En réalité, la position européenne découle d’un veto émis par trois pays : la France, les Pays-Bas et le Danemark. Emmanuel Macron, en particulier, est opposé à un nouvel élargissement de l’Union tant que celle-ci « n’arrive pas à fonctionner correctement à 27 », et, selon lui, ce n’est certainement pas à « 29, 30, ou 32 » qu’on améliorera les choses. En outre, comment plaider pour limiter le budget communautaire, et en même temps vouloir accueillir de nouveaux membres avait persiflé le maître de l’Elysée – une pierre dans le jardin de l’Allemagne.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la France et les Pays-Bas sont vent debout contre de nouvelles adhésions

Mais derrière ces arguments se profile la crainte que l’arrivée de nouveaux pays « à bas coûts » soit particulièrement impopulaire dans l’Hexagone. Ce n’est sans doute pas un hasard si la France et les Pays-Bas sont vent debout contre de nouvelles adhésions, deux pays où de mémorables référendums avaient infligé des Non retentissants à une intégration européenne plus poussée, et ce en 2005, soit juste un an après l’adhésion de dix nouveaux Etats (et l’arrivée du fameux « plombier polonais »).

Le dossier des futures adhésions constitue donc un des très nombreux sujets d’affrontement actuels au sein des Vingt-sept. Par  ailleurs, la position franco-néerlandaise a indisposé les gouvernements concernés, non seulement à Skoplje et à Tirana, mais également dans d’autres pays issus de l’ex-Yougoslavie, comme la Serbie. Belgrade, avec qui les « négociations » d’adhésion sont déjà engagées, redoute que ces dernières s’ensablent, du fait de l’état d’esprit « frileux » de certains dirigeants européens.

Du reste, rien n’indique – en Serbie tout particulièrement, où la bienveillance euro-atlantique a laissé quelques souvenirs cuisants en 1999 – que les peuples concernés soient particulièrement enthousiastes pour intégrer l’Union européenne.

Cette région stratégique a été récupérée par le camp occidental dans la foulée de l’éclatement de la Yougoslavie

Mais évidemment, ce point importe peu à l’envoyé américain. Ce dernier a tout autre chose en tête : cette région stratégique a été en quelque sorte récupérée par le camp occidental dans la foulée de l’éclatement de la Yougoslavie. Or à Washington, on redoute que l’influence de la Russie (un allié historique traditionnel de la Serbie) ne revienne dans les parages. La Chine elle-même a fait de certains pays balkaniques des partenaires économiques importants.

Les dirigeants américains considèrent qu’il faut vite endiguer cette « menace », un point de vue partagé notamment à Berlin et donc à Bruxelles.

Ce qui explique que, dans ces dernières capitales, on se soit diplomatiquement abstenu de faire remarquer qu’en s’octroyant la responsabilité de définir les frontières européennes, l’Oncle Sam faisait preuve d’une inventive arrogance.

Il est vrai que c’est une habitude – dans cette région en particulier.

https://ruptures-presse.fr/actu/palmer-balkans-adhesion-macedoine-albanie/

L’UE veut être en mesure de bloquer la monnaie virtuelle de Facebook

L’UE veut être en mesure de bloquer la monnaie virtuelle de Facebook

Par : Jorge Valero | EURACTIV.com | translated by Sandra Moro

 7 nov. 2019

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. [EPA-EFE/MICHAEL REYNOLDS]

Langues : English

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L’Europe est prête à « empêcher le développement » de monnaies numériques risquées, jusqu’à ce que tous les sujets de préoccupation aient été pris en compte, stipule un projet de texte que les ministres des Finances européens vont examiner.

Le projet de Facebook de lancer une monnaie numérique a provoqué une réaction mondiale depuis son annonce l’été dernier.

Vendredi 8 novembre, les ministres des Finances de l’UE discuteront de la meilleure façon de répondre à la myriade de défis posés par ce « stablecoin », ou cryptomonnaie, un jeton numérique soutenu par des devises souveraines.

Le dernier projet de texte, qu’Euractiv.com a pu consulter, rappelle la possibilité d’interdire les cryptomonnaies « mondiales », qui engendrent des « risques excessifs ».

Les États membres déclarent que « toutes les options devraient être examinées, y compris la possibilité de prendre des mesures empêchant le développement de projets qui engendreraient des risques incontrôlables ou excessifs ».

La version précédente était plus vague. Les gouvernements nationaux étaient prêts à prendre des mesures « pour éviter que les cryptomonnaies mondiales ne génèrent des risques excessifs ».

Le document le plus récent est conforme au projet de texte initial. Préparé par la Finlande, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, celui-ci envisageait déjà la possibilité de prendre des mesures qui « entraveraient le développement » de projets comportant des « risques incontrôlables ».

Le dernier projet de texte comprend un nouveau paragraphe précisant que le Libra et les projets similaires « ne devraient pas entrer en vigueur dans l’UE », au moins jusqu’à ce que tous les défis et les risques aient été identifiés et traités.

Le débat du 8 novembre est considéré comme une étape qui devrait permettre de parvenir à certaines conclusions en décembre, mais le manque d’informations claires sur le projet Libra entrave les progrès européens.

Les États membres tentent d’encadrer la cryptomonnaie controversée de Facebook

Le Comité économique et financier (CEF) a demandé à la Commission européenne une analyse sur les risques posés par la devise numérique controversée de Facebook, le Libra.

La Commission européenne a déjà envoyé deux questionnaires à Facebook pour mieux comprendre la nature de l’actif numérique et ses objectifs, mais le manque de clarté sur la cryptomonnaie « empêche de tirer des conclusions définitives sur la possibilité et la manière d’appliquer le cadre réglementaire européen actuel » la concernant, indique le projet de texte.

Les fonctionnaires de l’UE prévoyaient cependant qu’une nouvelle législation serait nécessaire, dans le cadre de l’effort continu de l’UE pour concevoir une approche commune en matière de cryptoactifs, et le bloc réfléchit depuis plus de deux ans à de nouvelles règles concernant les cryptomonnaies.

Compte tenu de la nature des défis engendrés par le Libra, les décideurs et les régulateurs de l’UE veulent maintenant agir « rapidement », indique le projet de texte.

Mais les fonctionnaires de l’UE se méfient également des conséquences involontaires qu’une réglementation précipitée sur le Libra et d’autres cryptomonnaies pourraient avoir sur d’autres projets de cryptoactifs et sur des initiatives « fintech », destinées à repenser le modèle de la finance par le biais de l’innovation technologique.

C’est pourquoi les États membres ont déclaré que les nouvelles règles devraient être fondées sur des « preuves solides » et des « principes généraux » applicables à toutes les cryptomonnaies.

Étant donné la nature mondiale du projet de Facebook, les Européens plaident en faveur d’une réponse mondiale.

Peu après l’annonce du projet Libra, les pays du G7 ont mis en garde contre les risques sérieux qui pesaient sur l’ordre financier et monétaire. Le groupe a déclaré que cette initiative serait soumise à une surveillance réglementaire très stricte.

Le G7 s’inquiète des risques posés par la devise Libra

Les ministres du G7 ont listé le 18 juillet les critères que devrait respecter le Libra, la nouvelle devise de Facebook. Les autorités s’inquiètent des risques sérieux posés par la nouvelle monnaie virtuelle.

Bien que les cryptomonnaies fassent miroiter la possibilité de paiements rapides et bon marché pour les utilisateurs, les régulateurs s’inquiètent de leur impact sur la protection des consommateurs, la vie privée, la fiscalité, la cybersécurité et la résilience opérationnelle, le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, l’intégrité du marché, la gouvernance et la sécurité juridique.

Ces risques potentiels augmentent de façon exponentielle lorsque les cryptomonnaies atteignent environ 2,4 milliards d’utilisateurs à travers le monde, comme c’est le cas avec le Libra de Facebook.

L’initiative, actuellement développée par un consortium d’entreprises, pourrait affecter la souveraineté monétaire, la sécurité et l’efficacité des systèmes de paiement, la stabilité financière et la concurrence, estiment les Européens.

Facebook a déclaré qu’il ne lancerait pas le Libra tant que toutes les préoccupations réglementaires n’auraient pas été réglées, ce qui entraînera probablement un report de sa mise en circulation, initialement prévue pour 2020.

L’UE ne veut pas seulement limiter et contrôler les projets de cryptomonnaies en cours, elle veut aussi offrir des alternatives pour que les utilisateurs puissent bénéficier de leurs avantages.

C’est pourquoi le projet de texte qui sera discuté par les ministres le 8 novembre « encourage » la Banque centrale européenne à continuer d’évaluer les avantages du lancement de sa propre monnaie numérique, dans le cadre d’un dialogue avec les sociétés de paiement.

Langues : English

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Sujets  

Brexit : les 27 de l’Union européenne s’accordent pour un report jusqu’au 31 janvier 2020

Brexit : les 27 de l’Union européenne s’accordent pour un report jusqu’au 31 janvier 2020

28 oct. 2019, 10:49

– Avec AFP

Brexit : les 27 de l'Union européenne s'accordent pour un report jusqu'au 31 janvier 2020

© Vincent Kessler Source: ReutersLe président du Conseil européen Donald Tusk, le 22 octobre 2019.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé ce 28 octobre, que les 27 pays de l’Union européenne avaient donné leur feu vert pour accorder à Londres un report de la date de sortie du Royaume-Uni jusqu’au 31 janvier 2020.

«Les 27 se sont accordés pour accepter la demande du Royaume-Uni pour un report flexible du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020», a déclaré le président du Conseil européen Donald Tusk sur Twitter, ce 28 octobre. Il a précisé que cette décision serait formalisée par une procédure écrite.

Donald Tusk@eucopresident

The EU27 has agreed that it will accept the UK’s request for a #Brexit flextension until 31 January 2020. The decision is expected to be formalised through a written procedure.18,4 k10:23 – 28 oct. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité10,7 k personnes parlent à ce sujet

La France, pays le plus réticent à un report long, a donné son accord à cette nouvelle prolongation mais sous conditions. Le projet sur la table prévoit une date butoir au 31 janvier, mais avec la possibilité que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne (UE) au 30 novembre ou au 31 décembre en cas de ratification de l’accord de sortie avant ces échéances, selon un document vu par l’AFP.

La réunion des ambassadeurs a fait suite à un week-end d’intenses consultations, notamment entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui se sont entretenus au téléphone le 27 octobre.

Le texte est accompagné d’une déclaration politique dans laquelle l’UE justifie sa décision, exclut toute renégociation de l’accord et demande la nomination d’un commissaire européen britannique, selon cette même source.

Les 27 ont décidé de ne pas attendre la décision des députés britanniques, qui doivent se prononcer dans l’après-midi du 28 octobre sur la tenue d’organisations anticipées en décembre voulues par Boris Johnson. «L’UE ne veut pas être en réaction mais veut maintenir la pression pour la ratification de l’accord de sortie», a indiqué la source diplomatique. 

Pour obtenir la tenue d’élections législatives le 12 décembre, le Premier ministre britannique aura besoin ce 28 octobre de deux tiers des voix à la Chambre des communes. Le Premier ministre conservateur, qui n’a plus de majorité, a déjà échoué à deux reprises au mois de septembre dans son entreprise de convoquer un scrutin.

Après un référendum en juin 2016 où les Britanniques ont voté à 52% pour quitter l’UE, le divorce était initialement prévu le 29 mars. La date a déjà été repoussée à deux reprises (au 12 avril puis au 31 octobre).

Lire aussi : Brexit : le Premier ministre Boris Johnson appelle à des élections anticipées en décembre

International

https://francais.rt.com/international/67357-brexit-27-saccordent-pour-report-jusqu-au-31-janvier-2020?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Après le camouflet de Goulard, Macron propose Thierry Breton comme commissaire européen

Après le camouflet de Goulard, Macron propose Thierry Breton comme commissaire européen

24 oct. 2019, 11:04

– Avec AFP

Après le camouflet de Goulard, Macron propose Thierry Breton comme commissaire européen

© Ludovic Marin Source: AFPThierry Breton, PDG du groupe Atos, au Palais de l’Elysée, à Paris, le 22 février 2018.

Homme d’affaires et ancien ministre, c’est sur Thierry Breton que le choix du président s’est porté pour représenter la France à la Commission européenne. Une annonce qui intervient après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard.

Deux semaines après le rejet de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron a proposé Thierry Breton, 64 ans, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’Economie, comme nouveau membre français à la Commission européenne. «Le président de la République a transmis à Ursula von der Leyen, présidente élue de la Commission européenne, sa proposition de nommer Thierry Breton comme membre de la Commission européenne», a en effet annoncé l’Elysée ce 24 octobre.Lire aussi«Je ne comprends pas» : Macron désemparé face au rejet de Sylvie Goulard par le Parlement européen

Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le Commissaire français – politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace – restera inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, selon l’Elysée.

Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient

«Ce qui m’importe, c’est le portefeuille ! Je me suis battu pour un portefeuille», s’était écrié le chef de l’Etat, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.

Ancien ministre de de l’Economie de Jacques Chirac 

La future présidente de la Commission a déjà approuvé son nouveau choix. En effet, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen «se sont mis d’accord sur ce profil après une discussion en amont. Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient», commente l’Elysée.

«Thierry Breton a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l’industrie et le numérique, car il a été ministre de l’Economie [sous Jacques Chirac] entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l’industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense [Thomson, France Télécom, Atos] et bénéficie d’une réputation solide d’homme d’action», fait valoir la présidence.

C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endetté, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation. Il est aussi Macron-compatible, «aligné» avec les positions du chef de l’Etat. Il s’était en effet rallié à sa candidature dès avant le 1er tour, après le retrait d’Alain Juppé.

Lire aussi : «On va la flinguer lors du vote» : la gaffe du PPE après l’éviction de Sylvie Goulard

France

https://francais.rt.com/france/67241-apres-camouflet-goulard-macron-propose-thierry-breton-comme-commissaire-europeen

Des différences de vue légères mais réelles entre Macron et Merkel

Des différences de vue légères mais réelles entre Macron et Merkel

Par : Aline Robert et Claire Stam | EURACTIV.fr

 18 oct. 2019 (mis à jour:  18 oct. 2019)

EPA-EFE/ARIS OIKONOMOU / POOL

Langues : English | Deutsch

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Les deux chefs d’Etat tentent d’afficher un front uni sur les enjeux européens, mais de subtiles différences subsistent.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont donné leur sentiment sur l’Europe, chacun à leur manière, vendredi 17 octobre à l’issue du Conseil européen, lors duquel ils ont défendu des positions communes préalablement définies. Malgré le souci d’harmonie que les deux dirigeants ont tenu à afficher mercredi, 16 octobre, à Toulouse, des différences se sont toutefois glissées sur leurs discours.

Brexit

Sur le Brexit, Macron a largement salué l’accord, ainsi que Boris Johnson, et ce faisant écarté toute hypothèse de prolongation des discussions ou de la présence du Royaume-Uni dans l’UE.

« Je souhaite qu’on puisse en finir pour parler d’avenir » a résumé Emmanuel Macron, appelant à éviter tout délai supplémentaire, à l’instar de Juncker.

Commentant l’accord obtenu hier sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, la chancelière allemande s’est montré plus clémente. Elle n’a toutefois pas manqué de souligner que Londres perd « bien sûr » les avantages que procure l’adhésion au marché unique. Angela Merkel  a insisté sur le fait que le marché unique est « très bien ancré » dans la structure européenne et que c’est maintenant à Londres de définir les futures relations commerciales entre les 27 et la Grande-Bretagne.

Coincidence ou pas, le même jour, le gouvernement britannique a appelé les entreprises allemandes à se préparer « maintenant » pour le Brexit dans des annonces de pleine page des journaux. « Vous voulez continuer à commercer avec le Royaume-Uni après le Brexit ? Alors agissez maintenant ! »

Elargissement

« L’Europe, ça ne marche pas bien à 27, comment expliquer que ça marchera mieux avec plus de membres ? ». Emmanuel Macron a mis les pieds dans le plat en défendant sa position contre l’élargissement de l’Union européenne à l’Albanie et la Macédoine du Nord. « Quand la tartine est plus grande il faut étaler le beurre et on a moins de beurre, et vaguement un goût de tartine » a-t-il expliqué pour motiver son refus, arguant que « l’Europe avait besoin de plus d’intégration, de clarté dans nos choix.

« C’eut été une erreur politique d’ouvrir les discussions avec la Macédoine et pas l’Albanie » pour la stabilité de la région, plaidant pour un dialogue stratégique pour arrimer ces pays à l’UE . Sans quoi l’UE deviendra une forme de canard sans tête » a-t-il conclu.

Lors d’un point presse avec la presse allemande, la chancelière allemande a de son côté eu recours à son sens du compromis en faisant remarquer qu’il fallait analyser quels étaient les avantages et les inconvénients d’un élargissement avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

Angela Merkel a souligné qu’elle soutenait explicitement la volonté de la France de réformer la procédure d’admission de nouveaux membres de l’UE tout en ajoutant que « néanmoins », elle pensait que la date des débuts de négociations avec la Macédoine du nord et l’Albanie était le bon.

Et à l’instar du président francais, elle s’est déclaré contre la division entre les deux pays, pointant notamment du doigt combien la structure démographique était liée entre les deux pays et combien il serait contre-productif de mener les négociations séparément.

Selon des sources diplomatiques, Angela Merkel, les États d’Europe de l’Est, la Commission et le président du Conseil Donald Tusk ont tenté en vain soir de convaincre Emmanuel Macron que l’UE doit tenir ses promesses – et donner le feu vert pour les négociations d’adhésion. En vain.

Balkans occidentaux : le think-tank du PPE accuse la France de « nuire aux intérêts de l’UE »

L’actu en capitales décrypte l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

La chancelière a déclaré que les États membres de l’UE n’étaient « malheureusement pas parvenus à un accord ». Cela provoquerait bien sûr une « déception» pour les deux pays des Balkans. Selon elle, les Etats de l’UE veulent « revenir sur la question» avant le sommet prévu avec les pays des Balkans occidentaux sous la présidence croate en mai 2020. Cela pourrait théoriquement avoir lieu lors des sommets de l’UE en décembre ou en mars.

Avec une nouvelle tentative d’élargissement dans les Balkans occidentaux, l’UE veut également lutter contre l’influence croissante de la Russie et de la Chine dans la région. « L’UE n’a pas tenu ses promesses en raison de problèmes internes», a critiqué l’autrichien Johannes Hahn, membre de la Commission chargé de l’élargissement, sur Twitter.

La Croatie, qui assure la présidence tournante des Conseils des ministres de l’UE au premier semestre 2020, souhaite donner un nouvel élan au débat sur l’élargissement, a déclaré un diplomate à Bruxelles. Le sommet de Zagreb en mai de l’année prochaine devrait se concentrer sur cette question, a-t-il déclaré.

Nouvelle Commission européenne

A propos du rejet de Sylvie Goulard par le Parlement européen, le président français a défendu la candidature de la Française, expliquant une nouvelle fois qu’elle avait été victime d’un règlement de compte après le rejet par la commission Juri des candidats de droite hongrois et socialiste roumain

« Il y a un problème d’hégémonie de certains partis qui avaient l’habitude de fonctionner seul, il faut désormais fonctionner à trois » a-t-il souligné, tout en comparant les auditions de commissaires européens à la dynamique de pyrolyse : on met tout à l’intérieur, et on détruit ».

Le chef d’Etat a aussi indiqué qu’il proposerait un ou une autre candidate dans les prochains jours, pour que la Commission soit en place au 1er décembre.

Turquie

Evoquant l’attaque des Kurdes par la Turquie, il a estimé que ce n’était «  pas un grand succès pour l’Europe ». «  On a besoin de plus de solidarité, de puissance : ce n’est pas cohérent de continuer à élargir » a-t-il martelé, tout en soulignant que l’écart des positions des Etats membres entre la Macédoine et l’Albanie.

Pour sa part, la chancelière Angela Merkel (CDU) a qualifié de « dommage » à la fin du sommet le fait que les efforts pour trouver une solution politique en Syrie aient été repoussés par l’offensive militaire. Pour rappel, l’Allemagne compte entre 3 millions et 3,5 millions d’allemands d’origine turques. L’Allemagne doit également gérer sur son sol les tensions qui ne manquent pas de surgir entre partisans turques et kurdes.

Un Conseil européen aux enjeux multiples

Brexit, défense, climat, budget, migration, budget : les chefs d’Etats européens doivent trancher des sujets cruciaux ces 16 et 17 octobre.

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/des-differences-de-vue-legeres-mais-reelles-entre-macron-et-merkel/

Sanctions douanières: Le Maire dénonce « un geste agressif » des « alliés américains »

Flash-actus » Sanctions douanières: Le Maire dénonce « un geste agressif » des « alliés américains »Sanctions douanières: Le Maire dénonce « un geste agressif » des « alliés américains »Washington, 18 oct 2019 (AFP) – Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a dénoncé vendredi le « geste agressif » des « alliés américains », après l’imposition de taxes douanières punitives sur des produits européens, qualifiant de « profondément injustes » les sanctions prises contre les vins français.

« C’est un geste agressif et entre alliés, ces gestes agressifs ne sont pas les bienvenus », a affirmé le ministre lors d’une conférence de presse à Washington, en marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

« Ils le sont d’autant moins que nous avançons de bonne foi avec des propositions pour une solution négociée », a-t-il ajouté, soulignant que pour régler le différend sur l’aéronautique entre les Etats-Unis et l’UE il faut chercher « des mesures de mise en conformité ». « C’est la bonne solution ».

M. Le Maire s’en est pris ensuite aux sanctions qui touchent les exportations de vin français vers les Etats-Unis.

« Au nom de quoi les viticulteurs français sont-ils touchés par ces sanctions? Personne ne peut le comprendre », a-t-il affirmé.

« Frapper les viticulteurs (…) c’est profondément injuste et incompréhensible de la part de notre allié américain », a affirmé le ministre, avant une rencontre avec le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, à qui il demandera « leur suspension ».

Il a toutefois émis des doutes sur une telle possibilité. « Je suis réaliste », a-t-il reconnu.

Après l’entrée en vigueur des tarfis douaniers de 25% vendredi matin, les exportateurs d’alcool français ont demandé au gouvernement des mesures de soutien rapides pour la filière vin, et à la Commission européenne l’ouverture de négociations avec Washington.

La hausse des droits de douane américains contre des produits européens d’une valeur de 7,5 milliards de dollars est entrée en vigueur à 00H01 heure de Washington (04H01 GMT). Elle est intervenue quatre jours après le feu vert définitif de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Washington d’imposer des sanctions contre l’UE, en représailles aux subventions accordées à l’avionneur européen Airbus.

L’UE devrait être autorisée l’an prochain à son tour par l’OMC à imposer des sanctions douanières contre les Etats-Unis accusés d’avoir subventionné Boeing.

arz-dt/vog/cjc

BOEING

AIRBUS GROUPPublié le 18/10/2019 04:46

https://www.atlantico.fr/node/3581344

Jean-Claude Juncker et Boris Johnson annoncent un accord sur le Brexit


Jean-Claude Juncker et Boris Johnson annoncent un accord sur le Brexit

AFP

Publié le jeudi 17 octobre 2019 à 11h39 – Mis à jour le jeudi 17 octobre 2019 à 13h22

Un accord révisé sur le Brexit a été atteint jeudi entre les négociateurs européens et britanniques, a indiqué peu avant midi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « Là où il y a de la volonté, il y a un accord – nous en tenons un! C’est un accord équilibré et juste pour le Royaume-Uni et l’UE. Il démontre notre engagement à trouver des solutions. Je recommande au Conseil européen de l’approuver », a tweeté M. Juncker.

Le texte agréé par les deux parties devrait rapidement être transmis aux dirigeants de l’UE, afin qu’ils puissent l’étudier et éventuellement l’approuver dès ce jeudi après-midi lors de leur sommet à Bruxelles.

Après l’annonce de cet accord, le négociateur de l’UE Michel Barnier a tenu une conférence de presse. Il a déclaré que l’accord pouvait être soutenu dès ce jeudi après-midi par les membres du Conseil européen. Il a évoqué « quelques éléments nouveaux, en particulier sur la frontière irlandaise et la déclaration politique » mais un accord ans l’ensemble « sans réelle surprise. »

Si cet accord passe la rampe du Conseil européen, il devra ensuite être ratifié par les parlements britannique et européen.

Le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, qui a salué la conclusion du ‘deal’ a d’ores et déjà appelé la Chambre des communes à le soutenir.

« Le parlement doit réaliser le Brexit ce samedi de façon à ce que nous puissions nous consacrer à d’autres priorités telles que le coût de la vie, les soins de santé, la criminalité grave et notre environnement », a-t-il lancé sur Twitter.

L’incertitude règne par contre toujours quant à l’attitude que compte adopter le parti unioniste nord-irlandais DUP, qui fait partie de la coalition parlementaire du gouvernement Johnson. En matinée, cette formation avait affirmé qu’elle s’opposerait aux propositions de compromis en l’état. Elle a réaffirmé cette position dans la foulée de l’annonce de l’accord.

En cas de feu vert du Conseil et du parlement britannique, l’hémicycle européen pourrait lui se prononcer dès la semaine prochaine sur l’accord, ouvrant alors la voie à la sortie du Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre.

Jean-Claude Juncker@JunckerEU

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Where there is a will, there is a #deal – we have one! It’s a fair and balanced agreement for the EU and the UK and it is testament to our commitment to find solutions. I recommend that #EUCO endorses this deal.

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7 73211:34 – 17 oct. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité7 601 personnes parlent à ce sujet

Boris Johnson@BorisJohnson

We’ve got a great new deal that takes back control — now Parliament should get Brexit done on Saturday so we can move on to other priorities like the cost of living, the NHS, violent crime and our environment #GetBrexitDone #TakeBackControl22,7 k11:35 – 17 oct. 2019

https://www.lalibre.be/international/europe/jean-claude-juncker-annonce-un-accord-sur-le-brexit-5da8367bd8ad583887f4cde7?ncxid=618BA41292145205AF21ADD040608E33&m_i=mIEzXJxCfsWcDm_7SkL214TGDUcKEMoKcRERHJWd47yIPs7xAQbOt7rg5IziizdHJVfXOmSfnOxHA4IbPSOEDJsEGOe7T8mmmt&utm_source=selligent&utm_medium=email&utm_campaign=&utm_content=&utm_term=_20191017-flashbrexitaccord-poge_&M_BT=188670266684