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L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

L’Italie refuse de plier face à Bruxelles et maintient son budget

Le Premier ministre Giuseppe Conte au centre entouré de ses deux vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio (à gauche) et Matteo Salvini (le 15 octobre 2018 à Rome) / © AFP/Archives / Filippo MONTEFORTE

La coalition populiste en Italie refuse de plier face à la Commission européenne et ne devrait présenter mardi aucune modification de son budget pour 2019, prenant le risque de sanctions financières, dont la mise en oeuvre reste néanmoins assez hypothétique.

Pour la coalition formée de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), le budget anti-austérité va relancer la croissance exsangue qui va, elle-même, permettre de réduire le déficit public et la dette.

L’Italie, qui a jusqu’à mardi soir pour revoir sa copie, devrait se prononcer après une réunion entre le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et ses deux vice-Premiers ministres, Matteo Salvini (Ligue) et Luigi Di Maio (M5S), puis un conseil des ministres prévu à partir de 20H00 (19H00 GMT).

Les autorités européennes, soutenues par l’ensemble de la zone euro, restent sourdes aux arguments italiens et fustigent ce budget annonçant un déficit à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 et à 2,1% en 2020.

Le 23 octobre, elles ont rejeté ce projet, une première dans l’histoire de l’Union européenne.

La Commission ne croit pas que Rome respectera ce seuil. Selon elle, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l’an prochain et à 3,1% en 2020.

Elle table en effet sur une croissance de 1,2%, alors que Rome prévoit 1,5%.

– 1%, 1,2% ou 1,5% de croissance ? –

« Le taux de croissance ne se négocie pas, c’est le résultat d’une évaluation extrêmement technique », a martelé mardi le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria, démentant des informations de presse sur des discussions en vue d’une révision.

Mais dans un rapport publié mardi après une mission à Rome la semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé tabler sur 1% de croissance en Italie en 2020 et s’est montré sceptique sur les réformes annoncées par le gouvernement italien.

« L’accent des autorités sur la croissance et l’inclusion sociale est bienvenu », a estimé le fonds, mais les prévisions actuelles devraient maintenir la dette publique autour de 130% du PIB pour les trois prochaines années, mettant le pays à la merci de « chocs mineurs » susceptibles d’imposer des mesures d’austérité qui transformeraient une croissance ralentie en nouvelle récession.

Ces derniers jours, M. Tria a accusé Bruxelles de « défaillance technique » dans ses calculs et expliqué que le gouvernement entendait confirmer les « piliers » de son projet de budget, tout en maintenant le dialogue.

Il a en outre répété que le gouvernement était prêt à prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le déficit ne dépasse pas le seuil de 2,4%.

En refusant de changer son budget, Rome s’expose à l’ouverture d’une « procédure pour déficit excessif », susceptible d’aboutir à des sanctions financières correspondant à 0,2% de son PIB (soit quelque 3,4 milliards d’euros).

– Les marchés, « vrais gardiens » –

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a cependant multiplié les appels au dialogue, espérant arriver à « un compromis ».

Selon Lorenzo Codogno, fondateur du cabinet LC Macro Advisors, « la Commission fera un premier pas pour mener l’Italie vers la procédure de déficit excessif (PDE) avec la publication d’une mise à jour du rapport sur la dette attendue le 21 novembre ».

« D’ici fin janvier, l’Italie sera en PDE mais le délai prévu pour préparer des plan de correction (environ trois à six mois) permettra à l’Italie d’atteindre les élections européennes sans obstacle », a précisé l’ancien économiste en chef du Trésor italien. Et « rien ne se passera avant que la nouvelle Commission ne soit en place » à l’automne 2019.

D’après M. Codogno, faute d’action rapide au niveau européen, les marchés financiers seront, « comme d’habitude, les vrais gardiens de la discipline budgétaire ».

Depuis mi-mai, date du début des discussions pour la formation de la coalition populiste, le spread, l’écart très surveillé entre les taux d’emprunt italien et allemand, a doublé, oscillant désormais autour de 300 points. Selon la Banque d’Italie, cela représente un coût supplémentaire de 1,5 milliard d’euros en intérêts sur six mois.

(©AFP / (13 novembre 2018 17h07)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-Italie-refuse-de-plier-face-Bruxelles-et-maintient-son-budget/971108.rom

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A l’UE et à l’OTAN, la Première ministre islandaise dit « Non merci ! »

7.novembre.2018 // Les Crises

A l’UE et à l’OTAN, la Première ministre islandaise dit « Non merci ! »

Source : EUobserver,, 19-10-2018

PAR MARTIN BREUM

REYKJAVIK, 29 octobre 2018

Les échecs de l’eurozone signifient que l’Islande devrait rester hors de l’UE, a déclaré la Première ministre à EUobserver.

S’il ne tenait qu’à elle, elle quitterait aussi l’OTAN.

« Je ne crois pas que nous devrions entrer dans l’UE aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait de raison de candidater », a déclaré Katrin Jakobsdottir dans un entretien avec notre site Internet, tandis que le nouveau gouvernement islandais se préparait à célébrer son premier anniversaire au pouvoir.

« A titre personnel, je suis critique envers les politiques économiques de l’UE – la création de l’eurozone sans vraies politiques centralisées concernant les taxes ou les politiques fiscales », a-t-elle déclaré.

« La Banque centrale européenne est devenue vraiment puissante sans être très démocratique. Les politiques économiques de l’UE ont été vraiment éloignées des gens de l’eurozone et elles ont créé des divisions qui n’auraient pas dû être », a-t-elle ajouté.

L’Islande a déposé sa candidature pour intégrer l’UE en 2009, mais a abandonné en cours de procédure en 2015.

Elle reste membre de l’Association européenne de commerce équitable (AECE) et de l’Espace économique européen (EEE), deux clubs de libre échange, à la place.

Ce pays de l’Atlantique nord, avec une maigre population de seulement 340 000 personnes, est aussi un membre de l’OTAN, la plus large alliance militaire mondiale.

La question de l’adhésion européenne continue de semer la discorde, a déclaré Jakobsdottir.

« C’était controversé à l’époque [en 2009] et ça l’est encore », a-t-elle dit après de récents sondages, qui indiquaient que 60% des Islandais voulaient rester hors de l’Europe, tandis que 40% voulaient y adhérer.

Le libre échange avec l’UE s’est avéré sans l’ombre d’un doute bénéfique pour l’Islande, a toutefois déclaré la Première ministre eurosceptique.

« La position islandaise au sein de l’EEE s’est révélée bénéfique pour nous », a-t-elle déclaré.

Selon la Première ministre: « Quand nous regardons notre économie, notre structure sociale et notre processus législatif, je pense que nous nous nous sommes assez bien débrouillés sans être membres de l’UE ».

« Vous pouvez consulter tous les indices au monde : nous ne nous en sortons pas trop mal en termes d’économie, d’indicateurs sociaux et d’égalité de genre, où nous devançons tous les autres pays nordiques », a-t-elle ajouté.

Exercices militaires

Mme Jakobsdottir, 42 ans, ancienne universitaire, est devenue l’an dernier la seconde femme à se trouver à la tête de l’Islande.

Son parti, le Mouvement des verts et de gauche, a formé une coalition avec les partis libéraux du Progrès et de l’Indépendance pour l’emporter.

Le gouvernement soutient l’appartenance à l’OTAN, mais la Première ministre s’est déclarée favorable à des solutions « diplomatiques et politiques » face aux défis sécuritaires modernes.

« La position de mon parti est que nous sommes contre l’appartenance de l’Islande à l’OTAN. Toutefois, nous sommes au parlement islandais le seul parti à tenir cette position. »

« Nous, le Mouvement des verts et de gauche, reconnaissons qu’il y a en Islande une forte majorité qui soutient notre appartenance à l’OTAN, mais nous ne sommes pas favorables à l’idée d’une présence militaire permanente sur notre territoire », a-t-elle ajouté.

Les troupes américaines ont préservé l’Islande de l’occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L’Islande est aussi un membre fondateur de l’OTAN depuis 1949, mais les troupes américaines ont quitté leur base permanente en 2006.

Jakobsdottir s’est exprimée au moment des exercices militaires à grande échelle de l’OTAN – Trident Juncture – qui ont commencé la semaine dernière et ont vu trois frégates canadiennes et deux britanniques ainsi qu’un navire d’assaut amphibie américain, l’USS Iwo Jima, et 7 000 soldats américains, débarquer à Reykjavik.

Le but de l’opération est de défendre la Norvège contre une « agresseur fictif » – un surnom voilé de l’OTAN pour la Russie.

Mais les détroits entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni ont reçu beaucoup d’attention après que la Russie a pris la Crimée à l’Ukraine en 2014 et débuté une consolidation militaire dans les régions baltique et arctique.

L’avion américain P-8 Poséidon, qui chasse les sous-marins russes, est aussi devenu un visiteur fréquent de l’aéroport de Reykjavik au cours des dernières années.

Solutions diplomatiques

Jakobsdottir s’est déclarée « critique à l’égard de la militarisation accrue de l’Atlantique nord ».

Son gouvenrement « s’en tiendrait à la politique de sécurité [appartenance à l’OTAN] à laquelle il s’est engagé ».

Mais « nous [son parti] préférons des solutions plus pacifiques et nous ne pensons pas qu’une militarisation accrue soit la solution », a-t-elle ajouté.

« Nous devons renforcer les relations diplomatiques et politiques. Nous n’abandonnerons pas cette position même si cela nous cause des ennuis », a-t-elle ajouté.

Source : EUobserver, Martin Breum, 19-10-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

https://www.les-crises.fr/a-lue-et-a-lotan-la-premiere-ministre-islandaise-dit-non-merci/

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

La Finlande a rejoint le projet d’Europe de la défense porté par Emmanuel Macron.

Réunis mercredi à Paris, les neuf ministres de la défense des pays membres de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) ont entériné l’adhésion de la Finlande. L’objectif du groupe est de promouvoir l’autonomie militaire de l’Europe.

Et de 10. Le projet d’Europe de la défense porté par le Président français prend de l’ampleur avec l’entrée de la Finlande dans le cercle. La nouvelle, dans les tuyaux depuis la visite d’Emmanuel à Helsinki le 30 août, a été rendue officielle mercredi, lors d’une réunion entre ministres de la défense des pays adhérents.

Cette réunion a été la première du genre depuis le lancement de l’IEI, le 25 juin. L’ordre du jour entre les neuf représentants de la Défense de leur pays (France, Allemagne, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Estonie, Portugal et Royaume-Uni), outre d’accueillir le nouveau membre, s’est porté sur la définition des orientations politiques pour les travaux à venir.

Neuf pays se retrouvent pour faire avancer l’Europe de la défense

Les neuf pays signataires de l’Initiative européenne d’intervention se retrouvent pour la première fois à Paris pour donner un contour concret à ce projet censé muscler l’Europe de la défense. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Dès vendredi, les état-majors concernés vont se réunir dans le cadre des Discussions stratégiques militaires européennes (Mest, en anglais). Cela constituera les premières vraies discussions militaires de l’IEI.

Le matin même, Emmanuel Macron avait appelé à la création « d’une vraie armée européenne ». La coopération structurée permanente, ou PESCO, déjà adoptée par l’UE, fournit un premier cadre de coopération, dans laquelle s’inscrit l’initiative d’intervention militaire à 10. La France, qui souhaite aller plus loin dans la coopération, représente l’armée la plus développée des 27 après la sortie de l’UE du Royaume-Uni.

 

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/avec-la-finlande-10-pays-rejoignent-linitiative-europeenne-dintervention-militaire/

 

L’Europe face à son destin

L’Europe face à son destin


Le piège du nationalisme israélo-compatible


Par Youssef Hindi − Le 2 octobre 2018 − Source youssefhindi.fr

Le Brexit, les crises économiques et politiques à répétition que connaissent les pays membres de l’Union européenne, et l’élection de Donald Trump, sont les symptômes avant-coureurs du décès de la globalisation. Ce qui laisse naturellement place à une remontée en puissance de l’idée de nation en Occident. Dans un article du 14 novembre 2016 – titré « L’élection de Trump : mort de la globalisation et renaissance de la nation ? » – j’annonçais que l’élection du protectionniste et isolationniste Donald Trump à la tête des États-Unis indiquait un tournant idéologique majeur qui aurait à terme un impact, d’une manière ou d’une autre, sur la réalité matérielle, car les structures et l’idéologie qui les sous-tend sont interdépendantes. Et j’ajoutais que cette fenêtre historique qui venait de s’ouvrir offrait à l’Europe une marge de manœuvre qui permettrait éventuellement au continent de s’émanciper de la tutelle américaine et de réorienter sa politique.

J’émettais cette hypothèse partant du fait que les États-Unis sont, dans le monde occidental contemporain, à l’avant-garde idéologico-politique, puisqu’ils sont au centre de la production « culturelle » de l’Occident. Si le président américain Donald Trump est favorable à un démantèlement de l’Union européenne (voire de l’OTAN), ce n’est pas uniquement pour servir sa politique relativement isolationniste – Trump a suggéré, en avril 2018, au président français Emmanuel Macron de quitter l’UE – mais surtout parce que l’oligarchie sioniste et anglo-américaine a pris acte de la renaissance en Europe de l’idée de nation sur fond de décomposition de l’Union européenne. Aujourd’hui, le danger pour l’Europe n’est pas la montée du populisme et du nationalisme, mais plutôt leur reprise en mains par Israël. La présente analyse exposera comment l’État hébreu, via ses relais aux États-Unis et en Europe, tente de récupérer et détourner la vague souverainiste qui balaye le Vieux Continent.

Vers la fin de l’Union européenne ?

La première fissure idéologique dans l’édifice globaliste a été le Brexit de juin 2016. Je posais alors la question, dans un article du 26 juin 2016 : « La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union va-t-elle entraîner un effet domino ? » L’oligarchie semblait alors commencer à paniquer. Georges Soros avait déclaré (pour ne pas dire menacé) que les Britanniques seraient appauvris en cas de Brexit (il faut rappeler que ce financier judéo-américain s’était considérablement enrichi, en 1992, en spéculant contre la monnaie britannique). D’ailleurs, dès l’annonce du résultat du vote, la bourse de Londres avait chuté.

Mais, en soi, la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne n’a pas de conséquences directes, car elle n’y avait qu’un pied ; en effet, elle n’a adhéré ni à l’Euro ni à l’espace Schengen. Toutefois, comme je l’expliquais, la crainte affichée des oligarques et des européistes aux ordres venait de ce que pouvait inspirer aux autres peuples d’Europe le Brexit. Et je prévoyais un effet domino s’étendant à toute l’Europe, avec la sortie future de l’Union européenne et de l’Euro d’un important pays d’Europe comme la France ou l’Italie.

Le cas italien

Déjà en 2012, le grand reporter britannique Ambrose Evans-Pritchard, dans un article publié dans le Daily Telegraph 1, expliquait en substance que le principal handicap économique de l’Italie était l’Euro. Et il appuyait notamment son argumentation sur des chiffres qui ne mentent pas : en terme de revenu par habitant, l’Italie est plus riche que l’Allemagne, avec une richesse privée qui s’élève à plus de 9 000 milliards d’Euros. Elle avait, en outre, le plus fort excédent budgétaire primaire des membres du G7 ; et sa dette, publique et privée, de 265% du PNB, était plus basse que celle de la France, de la Hollande, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Japon.

Andrew Robert, de RBS (Royal Bank of Scotland) expliquait quant à lui : « Les Italiens ont un secteur d’export très dynamique et un excédent primaire. S’il y a un pays dans l’Union monétaire européenne (UME) qui bénéficierait d’une sortie de l’Euro, c’est évidemment l’Italie. »

Une simulation de la Bank of America concluait que l’Italie gagnerait plus que les autres membres de l’Union monétaire européenne (UME) à se libérer et à restaurer son contrôle souverain sur ses politiques. Evans-Pritchard pointait du doigt Mario Monti, l’homme de la banque américaine Goldman Sachs (pour laquelle il a été consultant) alors président du Conseil des ministres italien (de 2011 à 2013).

Le grand reporter expliquait : « Rome possède une poignée d’atouts. Mais le grand obstacle est son Premier ministre, Mario Monti, installé à la tête d’une équipe de technocrates, lors du putsch de novembre 2011, par la Chancelière allemande Angela Merkel et la Banque centrale européenne, sous les applaudissements de la classe médiatique et politique. M. Monti est peut être un gentilhomme d’Europe mais il est aussi un grand prêtre du projet d’Union européenne et un acteur clé de l’appartenance de l’Italie à l’Euro. Plus vite il partira et plus vite l’Italie cessera de glisser vers la dépression chronique. »

La politique d’austérité qu’a mené Mario Monti était totalement injustifiée : une fiscalité de 3,2% du PNB en 2012, et 4,9% en 2013, ce qui a conduit à une contraction de l’économie et une augmentation du ratio de la dette. Résultat de cette politique ? Un taux de chômage qui a atteint 11,9% en 2015. Ambrose Evans-Pritchard prédisait alors : « Il serait étonnant que les électeurs italiens tolèrent cette débâcle longtemps. »

Plus récemment, l’économiste américain (ancien économiste en chef de la Banque mondiale) Joseph Stiglitz prédisait, lors d’une interview accordée le 5 octobre 2016 au quotidien allemand Die Welt : « À moins de deux mois du référendum constitutionnel, crucial pour l’Italie comme pour Matteo Renzi (Président du Conseil des ministres italien de 2014 au 12 décembre 2016), les signaux d’alarme sur un possible ‘Italexit’ (ou d’un « Quitaly ») se multiplient. Ce pourrait être l’événement cataclysmique qui pulvérisera l’Union européenne », et il précise ainsi sa pensée « Il faut s’attendre à ce que, dans les prochaines années l’Italie quitte la zone euro. Les principaux facteurs économiques responsables de cette débâcle sont l’Allemagne et sa politique d’austérité, ainsi que la monnaie unique, l’Euro. »

Une étape décisive menant probablement à cette sortie attendue de l’Euro a été franchie en mai 2018 avec l’arrivée au pouvoir de la coalition réunissant les deux partis anti-systèmes : le Mouvement 5 étoiles et la Ligue.

Outre les réactions hostiles de la presse ouest-européenne vis-à-vis de ce gouvernement de coalition, l’agence de notation anglo-américaine Fitch Rating (de même que ses consœurs Standard & Poor’s et Moody’s) a dégradé, le 31 août 2018, la note (BBB) de la dette souveraine à long terme de l’Italie, en l’assortissant d’une perspective « négative » contre « stable » auparavant.

L’agence de notation dit s’attendre à un relâchement de la discipline budgétaire ; et par « discipline budgétaire » il faut comprendre « austérité économique menant à un appauvrissement de la population »… Ce qui est donc reproché au nouveau gouvernement italien c’est de vouloir mener une politique de relance économique, par une baisse d’impôts, accompagnée de hausses des dépenses sociales. Les agences de notations ne sont rien d’autre qu’une arme sournoise du système financier international, lequel augmente ainsi les taux d’intérêts sur les emprunts des pays que l’ont veut punir et mettre à genou. Aujourd’hui, dans la zone euro, seule la Grèce emprunte plus cher que l’Italie, avec un emprunt à 10 ans qui se négociait à 4,29%, le 30 août 2018.

Chose intéressante : le quotidien Corriere della Sera affirmait que le président américain « Donald Trump aurait offert à l’Italie une aide des États-Unis pour financer la dette l’année prochaine ». Des propos qui auraient été tenus lors de la visite à Washington début août, du chef du gouvernement italien Giuseppe Conte. La visite (fin août) du ministre italien de l’économie à Pékin fait par ailleurs l’objet de nombreuses spéculations sur la demande éventuelle aux Chinois d’une aide financière. Ce qui indiquerait, si l’information est confirmée, une volonté du gouvernement italien de se défaire de l’emprise de la finance judéo-protestante et de sortir de la sphère d’influence géopolitique anglo-américaine. Tout cela ne peut conduire l’Italie qu’à l’inéluctable sortie de l’Euro.

En juillet 2018, un autre économiste, Charles Gave, affirmait avec aplomb : « L’Italie va sortir de l’Euro. Elle va sortir de l’Euro parce qu’ils (les dirigeants italiens) vont faire l’analyse très rapidement qu’ils ne peuvent pas s’en sortir s’ils ont des taux de change fixe avec l’Allemagne, et donc, qu’est-ce qui va se passer en Italie ? Les deux partis au pouvoir vont demander des choses que l’Europe de Bruxelles ne peut pas accepter. On va donc tout droit vers un clash. Le gouvernement italien à ce moment là démissionnera et fera de nouvelles élections et à ce moment vous aurez probablement un seul candidat pour les deux partis au pouvoir… Et ils auront 90% du Parlement. »

Depuis 2012, les analystes et observateurs cités (et d’autres) arrivent à la même conclusion : l’Italie sortira de l’Euro et la monnaie unique explosera. Il est par conséquent inconcevable que les tenants du système oligarchique occidental n’aient pas anticipé ces événements.

Le plan B de l’oligarchie euro-atlantiste

La question qui se pose aujourd’hui concernant l’avenir de l’Union européenne avec la sortie italienne de l’Euro se posait déjà au moment du Brexit en juin 2016. Au lendemain du Brexit, l’on a entendu des responsables politiques déclarer, à l’instar de Manuel Valls que « c’est le moment d’être digne des pères fondateurs, de refonder une nouvelle Europe » 2.

La même année, en novembre 2016, Hubert Védrine (ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2002), qui bénéficie d’une certaine crédibilité politique et d’une image de démocrate-souverainiste, a publié un livre au titre explicite Sauver l’Europe, dans lequel il propose une rénovation de l’Union européenne pour « préserver la souveraineté des nations »… Sauver l’Union européenne et préserver la souveraineté des nations, c’est là une contradiction politique insoluble. « La nation renaît, feignons d’en être les instigateurs », c’est ainsi que l’on pourrait résumer l’attitude des tenants du système face à l’inéluctable décomposition de l’Union européenne et la renaissance de l’idée de nation. La stratégie proposée par Hubert Védrine aux élites, dès 2016, à la suite du Brexit, est la suivante : il préconisait une réconciliation avec les peuples, pour sauver le projet européen et se prémunir de la colère qui gronde.

Dans son livre Sauver l’Europe ! (paru en novembre 2016 aux éditions Liana Lévi), Hubert Védrine proposait un plan, une stratégie, consistant à se réconcilier avec les peuples pour sauver le projet européen et éviter un inéluctable retour de flamme venant du bas de la société. Une colère qui gronde et qui se traduit par des « insurrections électorales. » 3

Hubert Védrine mettait ainsi en garde : « Le populisme c’est la réaction violente de peuples qui se sentent abandonnés et méprisés… Il faut comprendre les causes du populisme et essayer de les désamorcer. Apporter une réponse raisonnable pour canaliser ces demandes qui, sinon, prendront des formes extrêmes. Mais si le système européen demeure incapable d’entendre ces demandes et de se réformer en conséquence, tout peut arriver… Le risque de divorce remonte à longtemps. La prise de conscience, pour moi, c’est le très faible score du oui dans le résultat du référendum de Maastricht. Plus tard, il y a quinze ans déjà, lors d’un Conseil européen à Laaken, on reconnaissait déjà que certains citoyens européens avaient l’impression que leur identité était menacée par la construction européenne !

Mon essai Sauver l’Europe ! est un appel pour réconcilier les peuples et l’Europe.

Pour cela, il faut une révolution mentale des élites qui ont voulu faire l’Europe par le haut et à marche forcée. Méditons ce qu’a dit récemment Wolgang Schäuble : ‘Cela devient difficile de ne jamais tenir compte des peuples.’

Les chefs d’État doivent donc prendre une initiative spectaculaire. Il faut montrer au peuple qu’on l’a entendu et pour cela faire une pause. Organiser une conférence refondatrice qui commencerait sans les institutions européennes (Commission, Parlement, Cour de justice). Avec une déclaration solennelle qui affirmerait, en substance : nous ne serons plus une usine bureaucratique, notre principal objectif sera de garantir la survie du mode de vie européen dans le monde. On distinguerait mieux ce qui doit être traité au niveau européen et ce qui relève, encore ou à nouveau, de la souveraineté des États membres. Ce préalable permettrait ensuite l’organisation d’un nouveau référendum, en même temps, dans tous les pays qui accepterait ce processus de relégitimation. » 4

Jacques Attali, qui a visiblement bien reçu le message d’alerte envoyé par Hubert Védrine, a fini par revoir sa copie mondialiste pour l’adapter au contexte actuel.

Jacques Attali actualise sa stratégie

Le 8 juillet 2018, le Cercle des économistes a organisé une conférence intitulée « Vers un choc des nationalismes ? », où étaient invités, entre autres, Jacques Attali et Mario Monti. Conférence organisée pour répondre à l’inquiétude de ces élites qui voient « la construction européenne menacée par le retour du sentiment de préférence nationale ».

Signe de cette panique, les déclarations de Jacques Attali lors de cette conférence qui contrastent avec l’idéal mondialiste et l’éradication des identités qu’il préconise depuis des décennies. Ainsi, il propose : « Il ne faut pas laisser la nation aux nationalistes… La nation c’est le cœur des choses… Je pense que la francophonie devrait être un espace aussi intégré, aussi puissant politiquement que l’Union européenne. On peut appartenir à deux ensembles structurés… »

Et il termine son raisonnement par cette contradiction dans les termes : « La nation n’est pas un obstacle à la globalisation » Or, la globalisation a pour principe la destruction des nations, ou du moins le transfert de leur souveraineté (politique, juridique, monétaire et militaire) à des institutions supranationales.
La globalisation consiste, en définitive, à faire de la nation une coquille vidée de sa substance.

Israël et l’Union européenne en rupture

Le 11 décembre 2017, la cheffe de la politique étrangère, Fédérica Mogherini, recevait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou au siège du conseil européen, mais en refusant, au nom des États membres, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu. Dans la même journée, Netanyahou a rencontré les 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne pour une discussion durant laquelle le Premier ministre israélien a tenté d’assouplir la position de l’UE concernant la politique expansionniste d’Israël au détriment des Palestiniens. Mais les Européens n’ont visiblement pas été convaincus par l’outrecuidant Bibi ; ce dernier a, suite à ce revers, annulé à la dernière minute la rencontre prévue avec le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Commentant cet épisode, une source diplomatique a affirmé au journal Times of Israël : « Netanyahou a le sentiment que c’est une cause perdue. Nous sommes dans une crise très profonde. C’est une crise réelle, authentique. Et si les choses ne changent pas, on va aller très rapidement dans le mur. »

La crise avait déjà atteint un pic en 2015 lorsque l’Union européenne a pris la décision d’étiqueter les produits provenant des implantations coloniales israéliennes. À tout cela s’est ajouté, en 2018, le refus de Bruxelles de s’aligner sur la décision américaine de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien. Les ministres israéliens, furieux, multiplient depuis lors les attaques contre l’UE, qu’ils accusent de financer le boycott anti-Israël et des organisations liées à des groupes terroristes. Le diplomate israélien cité précédemment a déclaré à ce propos : « L’UE défend encore âprement l’accord sur le nucléaire iranien que nous considérons comme une menace existentielle. Comment sommes-nous supposés la traiter ? »

La crise que connaît l’Union européenne et les relations diplomatiques tendues entre Tel-Aviv et Bruxelles conduisent les dirigeants israéliens à faire un choix évident : favoriser des accords bilatéraux passés avec les États-membres au niveau individuel.

Le repositionnement israélien face à la remontée du nationalisme européen

Dans l’actuelle séquence historique, qui tend vers un retour aux nations, Israël s’est repositionné en vue d’accompagner la vague populiste aux États-Unis et en Europe. Plus que cela, l’État hébreu tente de faire une OPA sur le souverainisme renaissant sur le Vieux Continent, souverainisme qui défie l’Union européenne. La manœuvre de récupération a démarrée dès 2016, comme nous le verrons plus loin.

Et ce processus de récupération est aujourd’hui à un stade avancé, notamment avec un livre écrit par le journaliste israélien Anshel Pfeffer, correspondant de The Economist et éditorialiste au journal israélien Haaretz. Son ouvrage, intitulé Bibi, est une biographie valorisante de Netanyahou, dont Anshel Pfeffer redessine les traits pour en faire un homme cultivé, un brillant visionnaire, un leader mondial et un exemple que suivraient des dirigeants tel qu’Orban, Trump et Poutine.

Dans un entretien – titré « Pour les Trump, Poutine, Orban… Netanyahou fait office de patriarche » – accordé au journal Libération, le journaliste israélien tente de nous faire croire que « pour les Trump, Orban, Salvini, Duterte, Abe ou même Modi et Poutine – toute une génération de leaders qui défient le modèle progressiste occidental fondé sur le respect des droits de l’homme – Netanyahou fait office de patriarche, de modèle. Ils se disent : ‘‘Ce type est en poste depuis si longtemps, gagnant élections après élections, et il fait ce qu’on a toujours voulu faire : dire à la gauche et aux médias d’aller se faire foutre’’. La conséquence, c’est que dans le club des grands de ce monde, les dirigeants à la Macron ou Merkel sont mis en minorité. Il est plus difficile que jamais de peser sur Netanyahou… »

Le but de la manœuvre est de raccrocher au wagon israélien les nations occidentales qui tentent de s’émanciper des structures mondialistes (Union européenne, OTAN…), alors que Netanyahou et son pays sont de plus en plus isolés diplomatiquement, et mis en difficulté sur le plan géopolitique, avec la défaite quasi-totale des groupes terroristes en Syrie et en Irak, et la présence de l’armée iranienne et du Hezbollah à la frontière israélienne.

Mais cette récupération de la vague populiste européenne ne peut pas se faire par Israël seul. L’étude de l’histoire des communautés juives a mis en évidence que leurs élites ont, depuis l’Antiquité, utilisé des tiers, des relais, pour accomplir leur projet eschatologique ; et cette stratégie est aussi usitée sur le court terme, pour prendre le pouvoir politique et économique. 5

Soros/Bannon : une opposition contrôlée

Dans un article du 7 août 2018, titré « Les milliardaires américains s’affrontent pour le contrôle politique de l’Europe », Eric Zuesse rapporte : « Un concours pour le contrôle politique de l’Europe se prépare entre deux camps américains, l’un dirigé par Soros, établi de longue date, et l’autre mis sur pied par Steve Bannon, l’ancien directeur de campagne de Donald Trump. Soros a longtemps conduit les milliardaires libéraux américains à contrôler l’Europe, et Bannon est en train d’organiser une équipe de milliardaires conservateurs américains pour arracher ce contrôle aux milliardaires libéraux… »

Le 20 juillet 2018, le site américain The Daily Beast se faisait l’écho de cette compétition entre Soros et Bannon pour le contrôle de l’Europe. On y apprend que Soros a « donné 32 milliards de dollars a des causes libérales » tandis que Bannon s’installe en Europe pour créer The Movement, une « fondation populiste, afin de rivaliser avec Georges Soros et déclencher une révolte de droite à travers le continent ».

Interviewé par The Daily Beast, Steve Bannon a déclaré qu’il était en train de créer une fondation en Europe appelée The Movement qui, espère-t-il, mènera une révolte populiste de droite à travers le continent à partir des élections du Parlement européen au printemps 2019. Steve Bannon serait alors en mission sur le continent européen pour mener les partis politiques populistes et anti-systèmes d’Europe dans une lutte finale contre le mondialisme.

Depuis le premier trimestre 2018, il fait le tour des pays européens pour coordonner les partis populistes en vue des élections européennes à venir. Ainsi, il fit une grande tournée, en Italie, en Suisse, en Allemagne (pour rencontrer la droite alternative). Il s’est aussi rendu, en mars 2018, au congrès du FN, où il a rencontré Marine Le Pen ; et à cette occasion, il a déclaré à propos de Marion Maréchal : « Elle n’est pas simplement une étoile montante en France, elle est l’une des personnes les plus impressionnantes au monde ».

Une façon d’expliquer à sa tante, Marine, que l’oligarchie qu’il représente en Europe lui ordonne de s’écarter gentiment au profit de Marion. Bannon nous est présenté comme une sorte de philanthrope de droite, nationaliste, opposé au philanthrope libéral, internationaliste, Soros. Mais celui qui a étudié l’histoire du rapport dialectique entre capitalisme et communisme, verra aisément dans cette lutte entre les réseaux de Soros et ceux que représente Bannon une opposition contrôlée.

Qui est Steve Bannon ?

Bannon est un ancien officier de renseignement dans la Marine, qui a eu une grande carrière dans la finance, notamment au sein de la banque américaine Goldman Sachs, pour finir producteur dans le cinéma et la télévision. 6

Il fut le président exécutif (de 2012 à 2016, puis du 18 août 2017 au 9 janvier 2018) du média américain Breitbart News, lequel ambitionne, paraît-il, de « remplacer Fox News » 7

Breitbart, le média de l’alt-right (droite alternative), fut fondé en 2007 en Israël. Et à ce propos, le consultant stratégique, André Archimbaud, explique : « Bannon a relancé Breitbart, organe conçu en Israël pour les États-Unis avec la bénédiction de Netanyahou afin d’utiliser, à droite, les méthodes de disruption de l’extrême gauche »

D’ailleurs, Breitbart a lancé, le 17 novembre 2015, le site Breitbart Jerusalem, qui traite de l’actualité israélienne et proche-orientale.

Bannon et le lobby pro-israélien

Alors que durant la campagne électorale de 2016 Steve Bannon (qui était directeur de campagne de Donald Trump) se voit accusé d’être antisémite, la Zionist Organization of America (ZOA) prend sa défense.

Dans un communiqué publié sur son site internet, Morton A. Klein, le président de ZOA, déclare, en réponse à l’Anti-Defamation League (ADL) : « Steve Bannon est un patriote américain qui défend Israël et qui a une profonde empathie pour le peuple juif… Le site Breitbart News de M. Bannon lutte courageusement contre la haine du Juif et d’Israël…

Est-ce que les extraordinaires conseillers pro-israéliens de Trump, tels que Newt Gringrich, Rudy Giuliani, Mike Pence, Mike Huckabee, Sheldon Adleson, et le gendre juif de M. Trump, Jared Kushner, ou David Friedman, et Jason Greenblatt, permettraient à un antisémite et anti-israélien de travailler avec eux ? Est-ce qu’Ivanka Trump, convertie au judaïsme et dont les enfants vont à l’école juive orthodoxe, permettrait à un antisémite de travailler avec son père ?  ».

L’Anti-Defamation League, qui a accusé Bannon d’être antisémite, est une organisation juive américaine fondée par la loge maçonnique juive B’naï B’rith (Les enfants de l’Alliance). Cette organisation, qui est l’équivalent américain de la LICRA, se charge de « soutenir les juifs contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination ».

L’ADL, qui combat « l’extrême droite », serait, en France, classée à la gauche du spectre politique. Dans ce jeu d’opposition contrôlée, les juifs libéraux (à gauche) diabolisent Bannon, tandis que les juifs conservateurs (à droite) le soutiennent et le défendent. C’est ainsi qu’on borde la voie et qu’on maintient sous contrôle un pion qui aurait des velléités d’indépendance… S’il venait à l’esprit de Steve Bannon de s’émanciper, ses soutiens juifs de droite le jetteraient en pâture à l’ADL et aux grands médias américains. Steve Bannon a participé, en novembre 2017, à la conférence de la ZOA durant laquelle il a déclaré : « Je ne suis pas un modéré, je suis un combattant. Et c’est pourquoi je suis fier de soutenir l’État d’Israël. C’est pourquoi je suis fier d’être un sioniste chrétien. »

Il a aussi profité de l’occasion pour remercier Sheldon Adelson qui a « conseillé et guidé Trump pour surmonter le scandale sexuel » qui l’a touché en pleine campagne électorale. Adelson, qui se trouve être également le principal financier de la ZOA. Sheldon Adelson est un milliardaire juif d’origine ukrainienne. Il est roi des casinos, un des hommes les plus riches des États-Unis ; il est un ami proche de Benjamin Netanyahou, et un des principaux donateurs du parti républicain et de la campagne de Donald Trump : en 2016, il a versé 80 millions de dollars au parti républicain, et 25 millions pour la campagne de Trump. Une des raisons pour laquelle Bannon se montre si reconnaissant : « La victoire de Trump à l’élection ne serait pas advenue sans Sheldon Adelson. »

Toujours à la conférence de l’organisation juive sioniste, Bannon tint des propos contre l’establishment et la « global class » (l’hyper classe mondiale) : « Nous menons un mouvement insurrectionnel contre l’establishment républicain, contre la classe mondiale permanente à Washington. »

Bannon s’oppose verbalement à l’hyper classe, dans une organisation de l’hyper classe… C’est un peu comme si un commissaire politique soviétique tenait des propos anticommunistes devant le Politburo. En toute logique, comme le rapporte le Times of Israel, « cette phrase n’a pas reçu d’applaudissement de la majorité de l’assemblée juive ». Assemblée qui devait se sentir visée.

Sheldon Adelson n’était pas présent à cette conférence où Bannon lui a rendu ce vibrant hommage. Son absence s’explique sans doute par une volonté de ne pas apparaître comme un soutien de Bannon dans le combat que mène ce dernier contre des élus républicains.

Le site américain Politico rapportait (le 13 novembre 2017) que Sheldon Adelson ne soutiendrait pas Bannon en 2018 dans les élections (qui auront lieu le 6 novembre 2018) de mi-mandat (élections des deux chambres du Congrès) contre les Républicains. Mais depuis lors, Steve Bannon est concentré sur le projet de coordination des partis populistes européens.

Israël derrière « The Movement » de Steve Bannon

The Movement a été fondé dès le 9 janvier 2017 – alors que Bannon occupe le poste de conseiller du président des États-Unis à partir du 20 janvier 2017 – à Bruxelles par Steve Bannon et Mischaël Modrikamen, qui en est le directeur exécutif.

Mischaël Modrikamen est un avocat et homme politique belge qui a créé en novembre 2009 un parti politique, le Parti populaire, qui se situe à la droite de l’échiquier politique, plutôt sécuritaire et anti-immigration mais ultra-libéral sur le plan socio-économique. Le vice-président du Parti populaire est Joël Rubinfeld, ancien secrétaire général des amitiés belgo-israéliennes, et ancien président (de 2007 à 2010) du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB).

Il est aussi membre fondateur et président de la Ligue belge contre l’antisémitisme, vice-président du Congrès juif européen (EJC) en 2009 et 2010 et co-président du Parlement juif européen (EJP) de 2012 à 2014. L’on peut d’ailleurs trouver une photo de Joël Rubinfeld, tout sourire, aux côtés d’Avigdor Liberman (l’actuel ministre israélien de la Défense). Mais revenons à l’associé de Steve Bannon, le véritable fondateur de The Movement, Mischaël Modrikamen.

Il fut, de 2000 à 2003, le président de la Communauté israélite libérale de Belgique. Durant cette période, il fut l’avocat de la communauté juive dans les négociations sur les biens spoliés sous l’occupation. Au terme des négociations, les banques, les assurances et l’État belge ont versé plus de 100 millions d’euros aux survivants juifs des déportations nazies.

Information que je livre au passage : M. Modrikamen a été inculpé, le 25 mars 2010, pour faux et blanchiment, dans le cadre de la faillite de la société Donaldson dont il présidait le conseil d’administration. Mischaël Modrikamen est un agent d’Israël en Europe et un relais de la propagande sioniste. En décembre 2016, il participe à l’International Leaders summit à Jérusalem ; il fut reçu, en tant que président du Parti populaire, avec sa délégation, par le chef du Shomron (Samarie) Council et à la Knesset (le Parlement israélien).

À cette occasion, Modrikamen tint un discours qui témoigne bien de la stratégie sioniste de récupération de la vague populiste en Europe : « On me traite de populiste, cela ne me dérange pas. Le populisme c’est exprimer ce que les gens ordinaires souhaitent… Les élites ne se rendent pas compte de ce qui se met en place au niveau mondial. Le Brexit et Trump ont montré la voie. C’est une vraie révolution qui est en marche !  Nous sommes des citoyens du monde et nous ne rejetons personne, mais nous voyons que nous ne sommes pas souvent respectés dans nos pays et dans le monde. Cela nous fait un point commun avec Israël, souvent critiqué par des gens qui n’y ont jamais mis les pieds et se laissent intoxiquer par les médias occidentaux. Non, ce n’est pas un pays en guerre perpétuelle. Beaucoup de gens y vivent et travaillent normalement, Israéliens comme Palestiniens. Tout ne se résume pas à la situation à Gaza. Nous avons beaucoup à apprendre de ce pays, dans la lute contre le terrorisme, mais aussi en matière économique. »

Lors de ce sommet, co-organisé et dirigé par Yasmine Dehaen, qui se trouve être l’épouse de Mischaël Modrikamen, on trouvait des participants américains, belges, indiens, israéliens, et anglais ; des partis eurosceptiques comme le UKIP de Nigel Farage étaient également présents. Je rappelle ici que le principal financier du parti UKIP de Nigel Farage est Richard Desmond, un millionnaire juif anglais, détenteur, entre autres, du journal Daily Express, de OK magazine et de chaînes de télévision pornographiques. Précisons aussi, qu’il apportait son soutien financier au Parti travailliste puis au parti conservateur avant de se tourner vers le parti de Nigel Farage, afin de prendre le contrôle de cette opposition.

D’ailleurs, Richard Desmond avait maintenu l’ambiguïté en déclarant, en 2015, qu’il était favorable au référendum mais qu’il ne savait pas s’il voterait pour ou contre. 8

Le sommet à Jérusalem a été l’occasion, pour les participants, d’exprimer, comme le rapporte Didier Swysen (envoyé spécial à Jérusalem), leur défiance vis-à-vis de l’Union européenne – conformément au repositionnement israélien que j’ai décrit précédemment – et d’ajouter : « Ils ont appelé au respect de l’État de droit trop malmené au goût des orateurs, s’inquiétant de la lutte contre le terrorisme et des flux migratoires incontrôlés, chevaux de bataille du Parti populaire et de ses alliés européens. »

Et le sommet s’est terminé par la signature de la « Déclaration de Jérusalem », un document qui, selon les termes de M. Modrikamen, « Réaffirme l’État de droit, la libre entreprise, les taxes sous contrôle, la défense des valeurs de la société occidentale ou la lutte contre l’islam radical. »

C’est donc à Jérusalem qu’a été officiellement élaborée la nouvelle stratégie attribuée à Bannon, et ce, le mois précédant la création de The Movement. Une stratégie qui ne vise pas à émanciper les peuples d’Europe, mais à les ramener dans l’escarcelle israélienne. Tel est le piège tendu aux peuples d’Europe.

Youssef Hindi

Youssef Hindi est l’auteur du livre Occident et Islam, Le paradoxe théologique du judaïsme Comment Yahvé usurpa la place de Dieu

Loin de remettre en cause le monothéisme, voici un récit historique inédit du dévoiement de l’idée monothéiste par un groupe d’Hébreux qui a cru bon d’adopter puis d’imposer au peuple d Israël une divinité qui lui était alors inconnue, Yahvé. Celui-ci s’est substitué, à la suite d’un lent processus, à El, le Dieu d’Abraham, des Patriarches et des prophètes. Contrairement à une idée répandue, les Hébreux n’ont pas inventé le monothéisme, mais une partie d’entre eux l’a dévoyé. C’est ce que démontre Youssef Hindi, après avoir remonté la trace de la croyance en un Dieu Unique dans l’Antiquité la plus reculée. L’enquête nous mène aux tous débuts de l’Histoire, aux deux extrémités du Croissant fertile, de Sumer à l’Égypte, en passant par Canaan. Il nous fait découvrir les preuves écrites de la croyance en Dieu, Unique et Universel, antérieures à la Torah de plus d’un millénaire. Malheureusement le monothéisme, présent dans la Torah originelle, fut perverti par la confusion opérée entre un dieu tribal, Yahvé, et le Dieu Universel, El. Cette usurpation a donné naissance au judaïsme et à son paradoxe théologique : l’universalisation d’un dieu tribal, avec des conséquences historiquement dévastatrices.

Livre disponible sur Amazon ou à la Librairie française.

Notes

  1. Ambrose Evans-Pritchard, « Mario Monti’s exit is only way to save Italy », 10/12/2012, Daily Telegraph
  2. Europe 1, Brexit : « révélateur d’un malaise trop longtemps ignoré au sein de l’UE », pour Manuel Valls
  3. Le Monde, « Hubert Védrine : ‘L’ère des insurrections électorales’ », 11/11/2016.
  4. Le Figaro, « Hubert Védrine : ‘Après le coup de gong, que faire ?’ », 12/13 novembre 2016.
  5. Cf. Youssef Hindi, Occident & Islam – Tome II : Le paradoxe théologique du judaïsme. Comment Yahvé usurpa la place de Dieu, 2018, Sigest, chapitre IV.
  6. Cf. André Archimbaud, « Présent au congrès du Front national, Steve Bannon construit patiemment son International populiste », Boulevard Voltaire, 10/03/2018.
  7. L’Observatoire du journalisme (OJIM), 15/09/2017.
  8.  Henry Mance, Ukip donor Richard Desmond unsure over EU exit, FT.com, 12/06/2016.

 

http://lesakerfrancophone.fr/leurope-face-a-son-destin

 

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Publié par Brujitafr sur 3 Novembre 2018, 07:54am

Catégories : #USA, #ACTUALITES, #POLITIQUE

La semaine dernière, les médias ont timidement imputé la baisse des bourses à des motifs géopolitiques mais sans vraiment préciser lesquels. Cet article vous expliquera pourquoi le sort du monde est suspendu aux élections américaines.

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Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Lorsque les Américains se rendront aux urnes la semaine prochaine, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pourrait être scotché aux résultats – aux côtés de Xi Jinping, de l’iranien Hassan Rouhani et de nombreux autres dirigeants étrangers dans le monde.

Les alliés et les ennemis de l’Amérique tenteront d’analyser la situation à mi-parcours de 2018 à la recherche d’indices sur l’avenir politique du président Donald Trump et sur la persistance de sa politique étrangère, qu’il s’agisse de sanctions contre l’Iran, de négociations nucléaires avec la Corée du Nord ou d’un mur le long de la frontière américano-mexicaine. .

Certains dirigeants étrangers cherchent à obtenir des gains démocrates au Congrès, espérant que le parti de l’opposition s’opposera aux attaques du gouvernement Trump envers les accords internationaux, sa répression de l’immigration et son penchant pour les tarifs douaniers. D’autres pays, tels que la Corée du Nord, espèrent que les républicains conserveront leur pouvoir à Washington afin que le président ne soit pas retenu ni distrait par un Congrès hostile.

Il n’est pas rare que les élections américaines attirent l’attention à l’étranger. Mais, selon les experts, cette élection est particulièrement lourde de conséquences pour le monde entier, principalement parce que Trump a bouleversé la politique étrangère américaine.

«Depuis que nos processus politiques sont devenus si imprévisibles et quelque peu dysfonctionnels, ils les surveillent de plus près encore auparavant», a déclaré Allen Carlson, directeur du programme d’études sur la Chine et l’Asie-Pacifique à l’Université Cornell.

Voilà comment les élections américaines sont perçues de l’étranger :

Corée du Nord

Kim Jong Un a beaucoup à gagner lors de l’élection du 6 novembre, a déclaré Sue Mi Terry, experte en Corée du Nord du Centre d’études stratégiques et internationales, un groupe de réflexion basé à Washington.

Le dictateur nord-coréen veut un traité de paix déclarant la fin de la guerre de Corée. Les combats ont cessé en 1953 avec un armistice mais ils n’ont jamais officiellement pris fin. La pression de Kim pour un traité officiel est devenue un point tournant dans les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord visant à persuader le régime de Kim de renoncer à son arsenal nucléaire.

« Pour le moment, Kim Jong Un a une stratégie … et tout se passe plutôt bien pour lui », a déclaré Terry, car Trump était un partenaire amical.

Trump a accepté de tenir un deuxième sommet avec Kim, une réunion qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois. Mais les législateurs du Congrès – et les démocrates en particulier – ont été profondément sceptiques face aux pourparlers, certains suggérant ouvertement que Kim trompe Trump avec des promesses en l’air. Le Congrès devrait ratifier tout traité mettant officiellement fin à la guerre de Corée.

Mais les responsables nord-coréens craignent encore plus que Trump n’abandonne totalement les négociations si les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre ou du Sénat, ont déclaré Terry et d’autres.

« Ils craignent vraiment que le président, qui se présentera de l’autre côté de cette élection, ne soit plus intéressé par cette question, soit bloqué ou ligoté par son Congrès, ou pourrait même être destitué « , a déclaré Victor Cha, qui était directeur des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale sous l’administration Obama.

Chine

Trump a accusé la Chine de s’immiscer dans les élections de mi-mandat dans le but de miner sa politique commerciale – notamment les droits de douane élevés imposés par l’administration aux produits chinois. À titre de preuve, le président et d’autres responsables de la Maison-Blanche ont cité un supplément de publicité de quatre pages qu’une société de médias du gouvernement chinois aurait placé dans le plus grand journal de l’Iowa, le « Des Moines Register ».

Les experts déclarent qu’il n’y a guère de preuves que le gouvernement de Xi est engagé dans une ingérence électorale importante et notent que la Chine et d’autres gouvernements étrangers font souvent passer des annonces dans les médias américains pour promouvoir des perceptions positives.

Néanmoins, il ne fait aucun doute que les dirigeants chinois s’intéressent de près au déroulement des élections de mi-mandat.

«Les Chinois ont quelques espoirs que ce qui se passe est motivé par des préoccupations politiques (nationales) et qu’il y aurait peut-être plus de chance pour un dialogue raisonnable et constructif avec les États-Unis après le mi-mandat», a déclaré Bonnie Glaser, directeur du China Power Project au CSIS.

Carlson, professeur à Cornell, a déclaré que les Chinois étaient moins préoccupés par le tournant combatif de la rhétorique américaine que par l’imprévisibilité de l’administration Trump.

« J’imagine qu’ils aimeraient beaucoup une approche américaine plus claire en Chine », a-t-il déclaré. Ce n’est pas la même chose que s’opposer à Trump ou en faveur des démocrates, a-t-il ajouté.

«Rappelez-vous qu’en 2016, dans la mesure où Pékin avait un intérêt fondamental pour l’élection, ils semblaient favoriser Trump en raison du ressentiment» contre Hillary Clinton, candidate démocrate et critique du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme.

Iran

Le premier objectif de la politique étrangère du gouvernement Trump est d’isoler l’Iran. Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants iraniens cherchent à savoir s’ils peuvent attendre la sortie de Trump ou s’ils doivent élaborer un plan B.

Les élections de mi-mandat contribueront grandement à répondre à cette question, a déclaré Trita Parsi, fondatrice du National Iranian American Council, une organisation qui cherche à promouvoir de meilleures relations entre les Etats-Unis et l’Iran.

La question centrale pour l’Iran est le sort de l’accord nucléaire de 2015. Trump s’est retiré de cet accord multilatéral et a réimposé des sanctions économiques qui pourraient entraver l’économie iranienne.

Pour le moment, l’Iran a déclaré qu’il adhérerait à l’accord qui interdit à l’Iran de développer des armes nucléaires, dans l’espoir que les États-Unis rejoignent l’accord sous une nouvelle administration.

« Si vous avez une très bonne performance de la part des démocrates, et que vous avez une chambre démocrate et peut-être même un Sénat, cela permettra de contrôler la stratégie de Trump », a déclaré Parsi. « Cela encouragera l’Iran à attendre que Trump n’ait qu’en seul mandat de président « .

Mais si les Démocrates ont une faible performance le 6 novembre, « cela pourrait faire pencher la balance en Iran pour ceux qui veulent sortir immédiatement de l’accord sur le nucléaire et poursuivre une approche beaucoup plus dure », a déclaré Parsi.

Union européenne, OTAN
Trump n’a pas dissimulé son hostilité envers certains des alliés et alliances les plus proches des États-Unis formés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe se sent intimidée par le président.

Trump a particulièrement méprisé les relations commerciales transatlantiques, affirmant que « personne ne nous traite moins bien que l’Union européenne ». Il a frappé le bloc politique de 28 pays avec des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, et les dirigeants européens à Bruxelles ont riposté avec des droits de douane sur des produits américains emblématiques tels que les motos Harley-Davidson.

L’attitude du président à l’égard de l’alliance militaire de l’OTAN a été également tumultueuse. Trump a déclaré qu’il était « obsolète » et qu’il s’agissait d’une relique de la Guerre froide afin de faire pression sur les autres membres pour qu’ils tiennent leurs promesses de verser une contribution financière plus importante à la coalition.

« Les Européens aimeraient voir le pouvoir de Trump diminué », a déclaré Michael Wohlgemuth, directeur de Open Europe, un groupe de réflexion sur les affaires étrangères basé à Berlin.

Cela signifie-t-il que les Européens espèrent un désastre total pour les républicains la semaine prochaine à mi-parcours? Pas nécessairement, a déclaré Elmar Brok, ancien président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.

Brok a déclaré cette semaine à la télévision allemande qu’un tel résultat pourrait signifier que Trump serait en mesure de se concentrer entièrement sur la politique étrangère car il ne serait plus en mesure de faire passer les réformes intérieures. « Cela pourrait nous rendre encore plus nerveux », a-t-il déclaré.

Source originale (anglais):

Brexit : Londres vise un accord avec l’UE d’ici au 21 novembre

Brexit : Londres vise un accord avec l’UE d’ici au 21 novembre

Par latribune.fr  |   |  526  mots
Selon le ministre britannique du Brexit, Londres et la Commission européenne ont enregistré de véritables progrès.
Selon le ministre britannique du Brexit, Londres et la Commission européenne ont enregistré de « véritables progrès ». (Crédits : Francois Lenoir)
Le ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, estime qu’un accord avec les Européens est « fermement en vue » et laisse entendre qu’il pourrait être finalisé d’ici au 21 novembre.

Le ministre britannique chargé du Brexit « pense » parvenir à un accord avec Bruxelles d’ici au 21 novembre dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, selon une lettre adressée à des parlementaires publiée mercredi. « Je serai heureux d’être auditionné par la commission lorsqu’un accord sera finalisé, et je pense que la date du 21 novembre pourrait convenir », a écrit Dominic Raab dans un courrier adressé aux députés de la commission parlementaire du Brexit, en réponse à une invitation à venir s’exprimer devant eux ce jour là.

Fin des négociations en vue

« La fin (des négociations) est maintenant en vue, nous pouvons nous frayer un chemin à travers les obstacles qui subsistent ». Son optimisme est partagé par son collègue Jeremy Hunt, le ministre des Affaires étrangères. « Il est tout à fait possible que nous ayons fait assez de progrès d’ici là », a-t-il affirmé lors d’un discours mercredi soir à Londres, au cours duquel il a jugé « encourageant » l’état actuel des négociations.

Un porte-parole de la Première ministre, Theresa May, s’est néanmoins gardé de confirmer la date du 21 novembre. « Nous espérons conclure un accord aussi vite que possible ».

A Paris, Jean-Yves le Drian et Simon Coveney, les ministres français et irlandais des Affaires étrangères, ont estimé que les négociations étaient à leur « moment de vérité ». « Si un accord doit intervenir pendant le mois de novembre, les équipes de négociation doivent trouver une solution la semaine prochaine, ou pas loin », a jugé le chef de la diplomatie irlandaise.

L’Irlande au centre des préoccupations

Son homologue français, Jean-Yves le Drian, a, lui, exigé « des garanties du Royaume-Uni » sur la question de la frontière irlandaise. Mais une source européenne a confié à l’AFP que « les discussions techniques qui ont repris n’ont mené nulle part jusqu’à présent ».

M. Raab se rendra vendredi dans la province britannique d’Irlande du Nord pour une « mission d’enquête » au cours de laquelle il rencontrera des représentants d’entreprises et des élus locaux, selon son ministère. La manière d’empêcher le retour d’une frontière dure entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE, demeure un point de désaccord majeur dans les négociations entre Londres et Bruxelles, alors que « 95% de l’accord de retrait est maintenant réglé », affirme Dominic Raab.

Les dirigeants européens, qui avaient émis l’idée d’un sommet extraordinaire à la mi-novembre pour boucler les négociations et sceller l’accord, ont averti que celui-ci n’aurait pas lieu en l’absence de progrès sur le dossier irlandais.

L’UE a proposé de maintenir l’Irlande du Nord dans le marché unique et l’union douanière européenne si aucune autre solution n’était trouvée en décembre 2020, à la fin de la période de transition qui devrait suivre le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Ce scénario du « backstop » (ou filet de sécurité) est rejeté par Theresa May, qui a proposé qu’un accord douanier liant l’UE à l’ensemble du Royaume-Uni, et pas seulement l’Irlande du Nord, puisse être établi jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange plus large.

(avec agences)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-londres-vise-un-accord-avec-l-ue-d-ici-au-21-novembre-796060.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181102

Bolsonaro : pièce maîtresse dans le jeu de Trump pour construire la «Citadelle Amérique»

Bolsonaro : pièce maîtresse dans le jeu de Trump pour construire la «Citadelle Amérique»


Par Andrew Korybko – Le 29 octobre 2018 – Source eurasiafuture.com

andrew-korybko

L’élection de Jair Bolsonaro en tant que prochain président du Brésil constitue une étape importante dans les projets de Trump d’édifier une « Citadelle Amérique » pour bétonner l’influence hégémonique américaine sur l’hémisphère occidental, en repoussant pas à pas la présence chinoise en Amérique latine.

Crédit photo : lejdd.fr

L’élection de Jair Bolsonaro en tant que prochain président du Brésil restera dans l’histoire comme un moment clé dans les affaires de cette région : il s’agit du succès le plus retentissant du dessein américain Opération Condor 2.0, qui vise à remplacer les gouvernements socialistes de la « Marée rose » par des néolibéraux de droite. La guerre hybride menée contre le Brésil avait volontairement préparé l’environnement socio-économique du pays le plus grand d’Amérique du Sud, et c’est ce qui a permis à ce candidat improbable de sortir de nulle part et de s’emparer de cette grande puissance avec le soutien tacite des USA ; cet événement ne restera pas sans importantes implications géostratégiques. Avec la nouvelle guerre froide qui commence, les USA mettent à profit tous les moyens à leur portée pour contrer l’initiative chinoise une Ceinture une Route (BRI [Belt & Road Initiative, NdT]), et il apparaît comme relativement certain que Bolsonaro tiendra sa promesse de campagne de contrer l’influence chinoise croissante dans son pays, ce qui coïncide parfaitement avec les actions de Donald Trump, son modèle des USA.

La Maison Blanche sème des indices

Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, a confirmé que les deux hommes se sont parlé peu après l’annonce de la victoire de Bolsonaro sur son opposant, soulignant que « chacun d’eux avait exprimé un fort engagement à travailler ensemble pour améliorer la vie des peuples des États-Unis et du Brésil, et en tant que dirigeants régionaux, de l’ensemble des Amériques », ce qui évoque quelques possibilités notables de coopération entre ces deux pays, sur lesquels nous allons revenir. Reuters a également signalé que Bolsonaro promettait de « réaligner le Brésil sur d’autres économies plus avancées plutôt qu’avec des alliés régionaux », et ce dès les premiers commentaires qu’il a prononcés une fois son élection validée, ce qui suppose qu’il pourrait négliger l’adhésion de son pays aux BRICS en faveur de relations avec les USA et l’UE. Pour en revenir à la déclaration de Sanders, il est important de garder en mémoire qu’elle a qualifié le Brésil de pays leader régional des Amériques, ce qui se conjugue avec la vision de Trump d’une gestion hégémonique de l’hémisphère occidental, par une poursuite de la politique « Diriger depuis l’arrière » datant de l’ère Obama, au travers de partenariats avec des pays mandataires locaux.

Construire la « Citadelle Amérique »

Développons ce sujet : le prédécesseur de Trump avait mené à bien sans bruit des changements de régimes dans plusieurs pays d’Amérique Latine, et avait semé les graines de ce qui allait suivre au Brésil, qui a toujours constitué le « gros lot » pour les États-Unis au vu de sa taille et de son influence. Le président américain en exercice projette des partenariats avec plusieurs pays de la région, comptant le Mexique, la Colombie, et le Brésil, pour avancer sur la voie d’une intégration de l’hémisphère sous la bannière de Washington, restaurant l’influence des USA sur l’ensemble de l’Amérique latine, tout en jetant à la mer leur principal concurrent chinois. Pour parvenir à ces fins, le Brésil de Bolsonaro sera encouragé à adopter les politiques géo-économiques que nous exposons ci-après, dans le but de permettre la création de cette « Citadelle-Amérique » dominée par les USA, que Trump veut édifier en réponse aux progrès des routes de la soie chinoises sur le continent ces dernières années :

1. Fusion du Mercosur dans la néolibérale Alliance Pacifique :

Chacun des pays membres des deux alliances commerciales sont à présent dirigés par des politiques de droite, aussi apparaît-il comme « naturel » de les fusionner ensemble pour porter l’intégration régionale vers une nouvelle étape. Il est probable que même AMLO, homme de gauche et président élu du Mexique, s’inscrira dans cette tendance afin d’étendre les influences de son pays vers l’Amérique centrale et l’Amérique du sud.

2. Conclusion d’accords de libre échange avec l’UE et l’USMC (NAFTA 2.0) :

Prochaine étape d’une union du Mercosur et de l’Alliance Pacifique : remettre sur les rails les discussions jusqu’ici enrayées entre Mercosur et UE, et mener à bien celles qui sont projetées avec l’USMC. Le succès de ces opérations posera les bases structurelles d’une intégration plus avancée de l’hémisphère, et fera entrer l’Amérique latine dans la soi-disant « Communauté transatlantique ».

3. Dégeler la FTAA et la relier au TTIP :

Dernière phase de la construction de la « Citadelle Amérique » : que les USA prennent la direction de la proposition portée par la zone de libre-échange des Amériques (FTAA [Free Trade Area of the Americas, NdT]) de dégeler une zone de libre échange à l’échelle de l’hémisphère, axée sur le pivot géo-économique sud-américain dirigé par le Brésil, visant à ensuite relier cette structure de commerce transcontinental au TTIP (Trans-Atlantic Trade and Investment Partnership) conclu avec l’UE.

L’objectif des projets sus-mentionnés pour les USA est de verrouiller l’Amérique latine dans des structures de commerce néo-libérales pour bloquer tout retour au socialisme, même si cela pourrait générer des retours de flamme en inspirant une nouvelle « Marée rose » à l’avenir. Tant que persiste un composant transatlantique important en lien avec l’UE, la « Citadelle Amérique » pourrait se construire sans l’Europe, si celle-ci reste arc-boutée sur les différends commerciaux avec les USA. Si Bolsonaro réussit à rassembler sous son aile le reste de l’Amérique du Sud pour suivre la direction choisie par Trump (peut-être par la fusion entre Mercosur et Alliance Pacifique), la baisse de l’influence de la Chine sur le continent constituera un fait accompli, la République populaire voyant dès lors ses nombreux investissements mis en concurrence avec une combinaison des gouvernements locaux et avec son concurrent américain renforcé.

Casser les BRICS

Il va devenir extrêmement compliqué au niveau des BRICS de continuer à fonctionner au delà des apparences si le Brésil coupe les amarres avec la Chine – qui dirige ce groupe de facto – et se met à œuvrer tous azimuts contre Pékin, y compris en jetant aux orties le chemin de fer trans-océanique (que l’on pourrait familièrement qualifier de « route de la soie d’Amérique du sud ») ou en remplaçant la plupart des investissements chinois par des financements occidentaux, ce qui viendrait neutraliser leur portée stratégique multipolaire. Considérons les événements récents en Afrique du Sud – autre membre des BRICS : le pays subit une réorientation néolibérale après le « coup d’État profond » qui a mis le président Ramaphosa au pouvoir, possiblement à l’issue d’un processus de changement de régime fomenté par les USA. Si l’on rapproche ce changement de l’élection de Bolsonaro, il apparaît clairement que les BRICS se réduisent à présent au cadre original RIC, qui ne connaît son format multilatéral que par le rôle de « balancier » de la Russie, qui vient arbitrer les grandes puissances asiatiques, et sans laquelle il ne se serait réduit qu’à des partenariats bilatéraux superposés.

Conclusions

L’élection de Bolsonaro constitue le résultat des manipulations socio-politiques élaborées par Washington au cours des dernières années, et s’inscrit comme moment crucial dans l’histoire de l’Amérique latine : il est très probable que cet événement soit la clé permettant la poursuite du projet des USA de construire la « Citadelle Amérique ». Au vu des convergences de vues très fortes que partage le nouveau président brésilien avec Trump, surtout quant à la nécessité de « contenir » la Chine et de supprimer toute velléité socialiste sur le plan intérieur, il est quasi certain que l’ancien dirigeant militaire cadencera son pas sur celui de son idole pour mener à bien leurs projets conjoints sur l’hémisphère occidental. On peut prédire que le Brésil prendra la tête d’initiatives d’intégration régionales qui auraient été impensables avec un gouvernement de gauche, comme la fusion entre Mercosur et Alliance Pacifique. À venir sans doute également, le pays essayera de conclure des accords multilatéraux de libre échange entre la structure continentale qui sortira de cette fusion et l’USMC (NAFTA 2.0). Les perspectives sont sombres pour les routes de la soie chinoises, et c’est bien là l’une des raisons pour lesquelles « Citadelle Amérique » a été conçue.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/bolsonaro-piece-maitresse-dans-le-jeu-de-trump-pour-construire-la-citadelle-amerique

Le bras d’honneur de l’Italie à Bruxelles

Le bras d’honneur de l’Italie à Bruxelles

Alexandre-Mirlicourtois-AMI-Le-bras-d-honneur-de-l-Italie-a-Bruxelles

3746433Alexandre Mirlicourtois

22/10/201804:47

Qui y-a-t-il dans le budget italien qui fasse autant frémir Bruxelles et les marchés ? Il y a d’abord une grande rupture. En bons élèves de la zone euro, les prédécesseurs du Mouvement 5 Etoiles et de la Ligua prévoyaient le maintien de l’excédent primaire (c’est-à-dire du solde budgétaire hors intérêt) à un niveau très élevé et s’étaient engagés à ramener le déficit public à 0,8% du PIB en 2018 avec comme cible l’équilibre ou presque en 2020 afin d’entamer de façon décisive le désendettement du pays.
Avec la nouvelle coalition au pouvoir, l’Italie tourne définitivement le dos à l’austérité et se lance dans un vaste plan de relance keynésien, dont les ménages seront les premiers bénéficiaires. Tout d’abord, c’est la stérilisation des hausses prévues de TVA, pour un coût estimé de 12,5 milliards d’euros. Ce n’est pas à proprement dit du pouvoir d’achat donné en plus aux Italiens mais c’est autant qui ne leur sera pas pris. C’est ensuite, l’instauration du « revenu de citoyenneté ». Il consiste à donner un revenu ou un complément de revenu pour que chaque personne résidant depuis plus de 10 ans en Italie dispose d’au moins 780 euros par mois pour vivre. Coût estimé 9 milliards d’euros. C’est enfin une réforme des retraites à contre-sens de ce qui se fait en Europe avec l’abaissement de l’âge de départ. C’est le principe du « quota 100 », un système simple qui ouvre le droit à la retraite lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation est égale à 100, à partir de 62 ans, donc avec 38 années de cotisations. A 63 ans avec 37 années de cotisations ainsi de suite. Le coût de cette mesure est estimé à 7 milliards d’euros en 2019.
Toutes ces prises de décisions sont à analyser à l’aune, 1) de l’évolution du taux de pauvreté et d’exclusion sociale en Italie qui a considérablement augmenté depuis 2008 et qui est 7 points supérieurs environ à la moyenne de la zone euro.2) De la faiblesse de la consommation par habitant au regard du reste de la zone euro et dont le niveau en 2017 est nettement inférieur à celui d’avant crise.

 

Autofinancer le déficit
Deuxième volet, la relance de l’investissement public pour 3,5 milliards d’euros en 3 ans. Là aussi, il faut prendre du recul. Alors que l’investissement public représentait 3,4% du PIB en 2009, il est désormais inférieur à 2% et c’est un effort structurellement inférieur à celui de la zone euro.
L’axe du troisième volet tourne plutôt autour de l’offre avec pêle-mêle des allègements fiscaux sur les bénéfices réinvestis en R&D ou équipement permettant de garantir des embauches stables, c’est aussi l’instauration d’une flat tax pour les travailleurs indépendants (y compris microentreprises). C’est un peu léger face à l’ampleur des problèmes de productivité en Italie dont la courbe est plate depuis plus de 15 ans maintenant.
Le coût total de ce budget a été estimé par l’Observatoire des finances italien entre 108 et 126 milliards d’euros sur 5 ans soit de 6 à 7 points de PIB. Un budget ambitieux financé en partie par emprunt, c’est à dire en laissant filer le déficit public qui selon la feuille de route du gouvernement atteindrait 2,4% du PIB en 2019 pour revenir à 1,8% en 2021. Mais tout l’enjeu réside dans la capacité de l’économie italienne à créer de la croissance et de l’emploi et donc à autofinancer ce déficit au fil du temps. Le gouvernement italien, c’est normal, y croit avec une croissance du PIB prévue de 1,5% environ sur les trois prochaines années, soit une croissance relevée de 0,5 point environ par rapport aux années précédentes avec un multiplicateur qui serait de l’ordre de 1. Pas certain mais pas impossible.
Quoi qu’il en soit le projet de budget sera très vite confronté aux jugements des agences de notation (Moody’s a déjà abaissé sa note) et des marchés. Une envolée des taux serait bien évidemment fatale et menacerait la soutenabilité de la dette publique à moyen terme dans un pays où le taux d’endettement public dépasse 130% du PIB.
Mais si le gouvernement italien parvient à mener à bien ses réformes sans crises financières cela serait un sacré pied de nez aux politiques de rigueurs prônées par Bruxelles et montrerait une bonne fois pour toute que la rigueur ça marche quand cela s’arrête. Ce n’est pas impossible : le Portugal le montre depuis deux ans. Il sera alors temps de se demander pourquoi l’Europe refuse les politiques qui marchent.

Mots clés : Europe / Zone euro, Budget, Déficit, Endettement, Italie, Europe

 

Macron « regrette » l’achat de F-35 par la Belgique, « contraire aux intérêts européens »

Macron « regrette » l’achat de F-35 par la Belgique, « contraire aux intérêts européens »

Le président français Emmanuel Macron en conférence de presse à Bratislava en Slovaquie, le 26 octobre 2018 / © AFP / VLADIMIR SIMICEK

Le président français Emmanuel Macron « regrette » la décision du gouvernement belge d’acheter des avions de chasse F-35 américains « plutôt qu’une offre européenne », une décision qui « stratégiquement va a contrario des intérêts européens », a-t-il déclaré vendredi devant la presse à Bratislava.

Le gouvernement belge a annoncé jeudi avoir choisi le F-35 américain pour remplacer sa flotte vieillissante d’avions de chasse F-16, au détriment notamment du Rafale français.

« L’offre française est arrivé après la clôture. Je regrette le choix fait. Il n’y avait pas que l’offre du Rafale, il y avait aussi l’Eurofighter, un vraie offre européenne. La décision est liée à une procédure belge, à des contraintes politiques du pays mais stratégiquement va a contrario des intérêt européens », a-t-il ajouté.

« Je ferai tout pour que dans les appels d’offres à venir, des offres européennes soient promues », a-t-il promis, lors d’une visite Slovaquie consacrée à la promotion de ses projets pour l’Europe, dont l’Europe de la défense.

Macron regrette l’achat de F-35 par la Belgique / © AFP / Damien Simonart

« L’Europe doit développer une vraie capacité d’industrie de défense européenne, dans tous les pays qui croient à cette aventure. Ma détermination en sort renforcée », a-t-il conclu.

« L’Europe ne sera forte que si elle est vraiment souveraine et si elle sait se protéger elle même. Nous héritons d’habitudes passées, les projets évoqués ont été lancés avant mon arrivée », a-t-il encore précisé.

(©AFP / (26 octobre 2018 14h12)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Macron-regrette-l-achat-de-F-35-par-la-Belgique-contraire-aux-int-r-ts-europ-ens/965758.rom

La Macédoine devient une « démocratie » à l’états-unienne

La Macédoine devient une « démocratie » à l’états-unienne

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Le Parlement macédonien a adopté à la majorité qualifiée le principe d’une modification constitutionnelle autorisant le changement de nom de la République et son adhésion à l’Otan et à l’Union européenne.

Le 14 juillet 2018, le gouvernement de Zoran Zaev organisait une fête nationale pour célébrer l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Otan. Mais les Macédoniens boycottaient les 14 concerts gratuits organisés dans le pays. Aucun ne pu se tenir.

Le 30 septembre, deux tiers des Macédoniens refusaient de soutenir le changement de nom de la République négocié par le Premier ministre Zoran Zaev et son homologue grec, Aléxis Tsípras.

Washington et Bruxelles décidaient alors d’utiliser le Parlement pour contredire le peuple.

Une opération de corruption était pilotée par les ambassadeurs US à Skopje, Jess L. Baily (qui a supervisé l’entrée en guerre de la Turquie contre la Libye et la Syrie), et à Athènes, Geoffrey R. Pyatt (qui organisa le coup d’État de 2014 en Ukraine et la scission de l’Église orthodoxe en 2018). Le département d’État envoyait sur place son directeur pour les Balkans, Matthew Palmer.

Les poursuites judiciaires entreprises contre huit députés d’opposition ont été soudainement abandonnées et ceux qui étaient en prison ont été libérés. 250 000 dollars en liquide ont été remis par « l’agent Tesla » à chacun pour qu’il change son vote. Ce qu’ils ont fait. Considérés comme traitres à la patrie, ils ont alors été exclus de leur formation politique.

L’ambassadeur Baily et l’assistant adjoint du secrétaire d’État étaient présents dans les locaux du Parlement lors du débat et du vote.

À l’issue du vote, le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’une garde rapprochée était accordée à chacun des parlementaires ayant voté pour le changement de nom et l’adhésion à l’Otan et à l’UE.

Pendant que la Macédoine bascule ainsi dans le « camp de la démocratie » (sic), le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, a présenté sa démission.

http://www.voltairenet.org/article203602.html