Archives pour la catégorie Union Européenne

Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique

La Première ministre britannique Theresa May devant les députés, le 14 janvier 2019 à Londres (capture d’écran/ AFP Photo/PRU) © PRU/AFP HO

International

Le sort du Brexit suspendu au vote du Parlement britannique

le 15 janvier 2019

Le sort du Brexit est suspendu au vote mardi des députés britanniques, qui se prononceront dans la soirée sur l’accord de divorce conclu avec Bruxelles, une défaite « historique » étant annoncée pour la Première ministre Theresa May.

Celle-ci a déployé tous ses efforts pour tenter de convaincre les députés, les prévenant qu’en cas de rejet du texte, le pays entrera « en territoire inconnu », et pourrait sortir sans accord ou même rester dans l’UE.

Mardi, les tabloïds pro-Brexit suppliaient les députés de soutenir l’accord. « Mettez vos préjugés de côté et donnez la priorité à votre pays », implorait Daily Mail.

Si les députés se prononcent en faveur du texte, le Brexit sera effectif le 29 mars à 23H00 GMT, et Londres et Bruxelles commenceront à discuter de leur future relation commerciale après une période de transition prévue pour durer jusque fin 2020 et censée adoucir la rupture après 40 ans de mariage.

Mais la presse britannique prédisait une déroute massive pour la Première ministre. « May se prépare à une défaite historique » pour le Times, elle n’ a « plus d’alliés et plus de temps », constate le Telegraph. « Nous regrettons de devoir nous opposer à une Première ministre Tory », écrit le Telegraph, quotidien de droite. « Mais ce serait une erreur historique que les députés approuvent cet accord épouvantable. »

Le Daily Mirror, classé à gauche, conseille à la cheffe du gouvernement de « commencer à chercher un Plan B », alors qu’elle s’apprête à connaître « une des plus écrasantes défaites au Parlement ».

Le vote, prévu à partir de 19H00 GMT, intervient après une période de turbulences dans la classe politique britannique. Celle-ci a été incapable de se mettre d’accord sur quel Brexit mettre en oeuvre, entre partisans d’une rupture nette et ceux qui souhaitent au contraire le maintien de liens étroits.

– « Rien n’a changé » –

Initialement prévu en décembre, le vote avait été reporté à la dernière minute par Mme May pour éviter une défaite annoncée et se laisser le temps d’obtenir des « assurances » supplémentaires de la part des dirigeants européens.

Ceux-ci ont affirmé que l’UE « ne souhaite pas » que la disposition controversée du « filet de sécurité » (ou « backstop » en anglais) entre en vigueur, dans une lettre publiée lundi.

Cette option de dernier recours prévoit de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord, si aucune solution alternative n’était trouvée à l’issue de la période de transition. Elle est particulièrement décriée par les « Brexiters », qui y voient une forme d’amarrage indéfini à l’UE.

Mais les garanties européennes n’ont pas convaincu le parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, dont le soutien est indispensable à Theresa May pour disposer d’une majorité absolue au Parlement. Pour ce parti, le projet d’accord menace l’intégrité économique et politique du Royaume-Uni.

« Nous ne laisserons pas des bureaucrates à Bruxelles nous séparer du reste du Royaume-Uni », a dit Sammy Wilson, chargé du Brexit au sein du DUP, à BBC Newsnight.

Pour le Labour comme pour les libéraux-démocrates et les nationalistes écossais du SNP, « rien n’a changé ».

Une partie du Parti conservateur reste aussi fortement opposée à l’accord négocié par leur cheffe.

La cheffe des conservateurs a prévenu son camp des risques de perdre le pouvoir au profit au Labour, qui compte déposer une motion de censure pour déclencher des élections législatives anticipées en cas d’échec du texte au Parlement.

– « Extension possible » –

Theresa May devrait s’exprimer après le vote.

Ce sera « difficile pour elle de continuer » à son poste, si elle perd par plus de cent voix, a dit une source ministérielle au Telegraph.

Mais pour la ministre des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, la cheffe du gouvernement n’a pas l’intention de jeter l’éponge. Elle « restera déterminée à mettre en oeuvre cet accord », a dit Mme Leadsom à BBC Newsnight.

Face à l’hostilité des députés, la dirigeante britannique n’a pas pu écarter totalement l’hypothèse d’un report de la date du Brexit.

Cette éventualité, de plus en plus évoquée par des députés britanniques, bénéficierait de soutiens côté européen.

À Strasbourg, plus de 100 députés européens se sont engagés lundi à soutenir un report de la date si le Royaume-Uni le réclame, si cela peut éviter un divorce sans accord, dans un courrier destiné aux Britanniques.

LNT avec Afp

https://lnt.ma/sort-brexit-suspendu-vote-parlement-britannique/

Publicités

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens

Jérusalem : Le président Trump met au défi les réflexes « pavloviens » des Européens


Avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision d’y transférer l’ambassade US, le président Trump a fait un premier pas pour briser l’un des réflexes les mieux ancrés des Européens. Car, comme l’avait remarqué l’ancien commissaire européen Chris Patten, sur le dossier proche-oriental en particulier « le principal déterminant du comportement politique de l’Europe » a été jusqu’ici « le refus pavlovien de toute ligne de conduite qui pourrait éloigner l’Europe des Américains ».

Toujours est-il que, si le suivisme mécanique ne s’est pas produit cette fois-ci, les principales puissances européennes désapprouvant la décision US, l’Union européenne est loin de présenter un front uni. L’Europe est divisée, comme à presque chaque fois où l’alignement commun sur le grand allié n’est pas possible. A ceci près que l’administration Trump a considérablement changé la donne, et Jérusalem n’est que le premier d’une série de défis en provenance d’outre-Atlantique qui se profilent à l’horizon.

L’Europe prend ses distances

Une fois n’est pas coutume, sur la question de Jérusalem, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous les trois fait part de leur désaccord par rapport à la relocalisation de l’ambassade des Etats-Unis. Ils ont tous les trois soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui « déplore au plus haut point » les décisions américaines relatives à Jérusalem et juge qu’elles sont « nulles et non avenues » du point de vue juridique. Paris, Berlin et Londres ont également été unanimes à boycotter le gala d’ouverture de l’ambassade US relocalisée. Le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a quant à elle exprimé sa « sérieuse préoccupation » face à l’annonce américaine. Elle n’a également eu de cesse de répéter que « la position de l’UE reste inchangée ».

Cette position commune se limite, par définition, à l’appel au respect du droit international. Ainsi, « L’UE reste fermement engage à continuer de travailler avec les deux parties et avec ses partenaires dans la communauté internationale en vue de la reprise de véritables négociations avec l’objectif d’arriver à la solution des deux Etats, et Jérusalem capitale des deux ».  Ceci implique également, comme elle tient à le souligner, le respect du consensus international tel qu’il s’incarne dans la Résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations Unies, appelant au retrait de toute représentation diplomatique de Jérusalem. A cette approche légaliste viennent s’additionner en Europe d’autres considérations, plus politiques. Tel le souci d’enrayer l’escalade de la violence dans son voisinage immédiat, de même que d’éviter les provocations inutiles susceptibles de radicaliser ses propres minorités musulmanes.

De surcroît, les Européens se sentent souvent inconfortables avec certaines caractéristiques de la prise de décision US qui leur paraissent comme faisant partie d’un même schéma. Ils n’apprécient pas d’être mis devant le fait accompli international par le président américain pour des raisons qu’ils estiment être en grande partie d’ordre électoral. Étroitement lié à cela, il existe une forte réticence en Europe vis-à-vis de ce qu’ils voient comme la contamination du discours politique par le fait religieux, la réduction des problèmes complexes à une simple opposition entre le Bien et le Mal. De même, les Européens se méfient de l’option unilatérale, a fortiori sous une forme brutale, qu’ils considèrent à la fois comme source de ressentiments, donc d’instabilité future et, dans un monde de plus en plus multipolaire, comme un précédent dangereux.

L’Europe se divise, pour les mêmes raisons que d’habitude

Malgré cette large convergence des considérations juridiques, politiques et stratégiques, les 28 Etats membres de l’UE n’ont pas été capables de publier ne serait-ce qu’une seule déclaration commune. La première, dès l’annonce du président Trump a été bloquée par la Hongrie, et la seconde, à la veille du transfert de l’ambassade US a été opposée par la Hongrie, La République tchèque et la Roumanie. Entretemps, l’Union européenne n’a pas pu soutenir en tant que telle la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU déplorant la décision US, du fait de l’abstention de six de ses Etats membres (les trois ci-dessus rejoints par la Pologne, la Lettonie et la Croatie). Pour terminer, si 24 pays européens ont boycotté la soirée de gala organisée pour l’ouverture de l’ambassade US, quatre s’y sont rendus (la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et l’Autriche).

Il y a fort à parier que ce n’est pas un soudain accès d’illumination sur les complexités du processus de paix israélo-palestinien qui aurait amené les pays d’Europe centrale et orientale à prendre le contre-pied de la majorité de leurs partenaires européens. Tout comme lors de la division en « vieille Europe » et « jeune Europe » au sujet de l’intervention américaine de 2003 en Irak, quoique dans une proportion bien moindre cette fois-ci, certains Etats membres préfèrent se démarquer de la solidarité européenne s’ils l’estiment aller à l’encontre de la loyauté atlantiste.

Dans ces conditions, la position commune de l’UE, exprimée par sa Haute représentante Mogherini, est réduite au plus petit dénominateur commun qu’est le respect du droit et du consensus international. Toutefois, même avec cette approche minimaliste, l’équilibre fragile à 28 risque d’être mise à mal, sur deux points. Premièrement, il ne s’agit que d’une pause momentanée qui ne durera que jusqu’à la présentation du plan de paix américain. Comme l’a dit le ministre français des Affaires étrangères « dès lors qu’un plan est en préparation, il serait malvenu pour la France ou l’Union européenne de décider d’une initiative unilatérale ». Par contre, si le plan américain n’est pas jugé par tous comme suffisamment équilibré, le projet d’un accord d’association UE-Palestine ou la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien pourraient se retrouver en tête de l’agenda. D’ici là, l’Union sera occupée à maintenir tous les Etats membres dans le rang, qu’il s’agisse du non-transfert des ambassades (la République tchèque hésite, paraît-il) ou de la mise en œuvre parfois difficile de la distinction de principe entre territoire israélien et territoires occupés.

Au-delà de Jérusalem : d’autres épreuves transatlantiques en vue

Au lendemain de la crise irakienne, la directrice de l’Institut de l’UE pour les Etudes de sécurité a mis en exergue l’un des obstacles les plus persistants à une politique étrangère européenne : « Il est beaucoup plus facile aux Européens de s’entendre sur l’analyse des crises extérieures que sur l’analyse de la politique américaine. Autrement dit, le monde rassemble, l’Amérique divise. Si les Européens parviennent assez facilement à une vision à peu près commune du monde, ils se divisent en revanche sur le rôle de l’Union dans la gestion des crises. Parce que ce rôle est en effet largement fonction du type de relations que chacun souhaite construire avec la puissance américaine, à titre bilatéral ou au sein de l’OTAN ». En d’autres termes, du moment où l’alignement collectif pur et simple n’est pas une option, le positionnement des uns et des autres se fait, en premier lieu, en fonction de son impact sur les relations transatlantiques. Assument-ils de se démarquer de leur plus grand allié ou, au contraire, estiment-ils que l’essentiel est de faire preuve de loyauté vis-à-vis des Etats-Unis ?

Ce dilemme perpétuel apparaît aujourd’hui dans un contexte bien particulier. Au-delà de la question de Jérusalem, deux sujets éminemment chers au cœur, et au portefeuille, des Européens sont en suspense : les tarifs douaniers et l’accord nucléaire avec l’Iran. Ajoutez à cela le style extrêmement « franc » du président Trump, et une opinion publique européenne de plus en plus eurosceptique qui risque de s’aliéner encore plus si elle ne voit qu’une Union dépendante et impuissante. Il s’agit d’un mélange explosif, où les réflexes européens d’alignement et de concessions disproportionnées pourraient avoir plus de mal que d’habitude à l’emporter.

De ce point de vue, peu importe qui « a raison » ou quelle politique serait « la bonne » sur tel ou tel dossier. Sur Jérusalem, l’Iran, les tarifs douaniers – il peut y avoir des arguments valables des deux côtés. L’essentiel ici est de savoir s’il y a une quelconque utilité pour les Européens d’essayer de défendre collectivement leurs intérêts, voire de définir, ne sait-on jamais, une politique. Ou ces efforts sont-ils d’emblée voués à l’échec, dès que le dossier en question implique, de près ou de loin, les Etats-Unis. Grâce à la propension du président Trump à soulever les sujets les plus sensibles, sans ménagement et à un rythme accéléré, les premiers éléments de réponse tangibles ne sauraient tarder.

Ce texte est la version française de l’article original: Hajnalka Vincze, Jerusalem: President Trump Challenges Europe’s “Pavlovian” Reflexes, In The American Review of Books, Blogs, and Bull, Foreign Policy Research Institute (FPRI), 18 May 2018.

Brexit : « Nous n’avons pas l’intention de garder la Grande-Bretagne dans l’UE »

Brexit : « Nous n’avons pas l’intention de garder la Grande-Bretagne dans l’UE »

Par latribune.fr  |   |  380  mots
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. (Crédits : Reuters)
A 100 jours de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a indiqué dans la presse allemande qu’il respectait « le résultat du référendum », et attendait de connaître si Londres sortira avec l’accord négocié par Theresa May, qui ne recueille aucune majorité parlementaire, ou sans accord.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé la Grande-Bretagne à « se reprendre » sur la question du Brexit, rejetant les accusations d’un agenda caché de l’Union européenne sur un le maintien du Royaume-Uni dans l’UE. « Je trouve déraisonnable qu’une partie de l’opinion publique en Grande-Bretagne semble penser qu’il est entièrement du devoir de l’UE de trouver une solution à tous les problèmes futurs de ce pays », a déclaré Jean-Claude Juncker au journal allemand Welt am Sonntag.

« Je (vous) demande: reprenez-vous et dites-nous ce que vous voulez. Nos propositions sont sur la table (des négociations) depuis des mois », a-t-il indiqué.

Il y en a certains qui « insinuent que notre objectif est de garder par tous les moyens la Grande-Bretagne au sein de l’UE. Mais ce n’est pas là notre intention », a poursuivi le président de la Commission. « Nous voulons seulement clarifier l’avenir de notre relation et nous respectons le résultat du référendum », a-t-il souligné. A moins de cent jours du Brexit, le Parlement britannique est en pleine pause pour les fêtes de fin d’année et n’est toujours pas parvenu à valider un accord de sortie de l’Union européenne.

Aucune majorité en faveur du texte

La Première ministre conservatrice Theresa May devrait tenter en janvier de faire voter par le Parlement l’accord négocié avec Bruxelles mais rien ne dit qu’elle y parviendra compte tenu des divisions au sein de son propre camp. Aucune majorité ne semble se dessiner en faveur du texte. L’accord déçoit tant les plus fervents « Brexiters », qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l’UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière. Un premier vote prévu le 11 décembre avait été annulé à la dernière minute par Theresa May pour éviter une défaite annoncée. Il a été repoussé à la troisième semaine de janvier.

Le parti travailliste, principale force d’opposition, a accusé Theresa May de « jouer la montre », afin de forcer les élus à voter pour l’accord négocié, plutôt que de prendre le risque que le Royaume-Uni quitte l’UE sans accord. « J’ai l’impression que la majorité des parlementaires britanniques se méfient autant de l’UE que de Mme May », a affirmé Jean-Claude Juncker.

(avec AFP)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-nous-n-avons-pas-l-intention-de-garder-la-grande-bretagne-dans-l-ue-802440.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181231

L’autonomie militaire de l’UE: les motivations et les obstacles

Force de l'Union européenne (EUFOR)

L’autonomie militaire de l’UE: les motivations et les obstacles

© AP Photo / Amel Emric
Lu dans la presse

URL courte
Nezavissimaïa gazeta
Traduction de la presse russe (décembre 2018) (31)
1 0 0

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont annoncé en novembre la nécessité de créer une «armée européenne» autonome, ce qui a provoqué une forte réaction politique en Europe et aux États-Unis.

La volonté européenne d’obtenir une indépendance militaire par rapport aux États-Unis suscite chez les politiciens et les experts des pays différents une réaction plutôt sceptique, à la limite d’une attitude manifestement méprisante envers l’Europe qui s’approche, selon eux, de son déclin, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Il semble que les critiques de ces aspirations européennes ne prennent pas en considération l’envergure des changements profonds survenus en Europe et dans le monde depuis 25 ans. L’élimination de la menace d’un conflit global a encouragé l’intégration européenne ce qui signifie le développement pratiquement inéluctable de sa composante militaire. Ainsi, on constate un progrès constant de la politique de défense commune malgré le fait qu’il s’agit d’un processus très lent qui fait régulièrement face à des retraits et à des zigzags, selon le média.Dans le contexte de la crise actuelle des relations euro-atlantiques, les dirigeants de l’UE sont notamment préoccupés par la hausse de l’instabilité et la présence de conflits ouverts et gelés à la périphérie de l’Union, notamment en Ukraine, dans les Balkans et en Méditerranée orientale. Ces derniers non seulement nourrissent le terrorisme international, mais aussi créent une menace directe d’escalade de conflits non-résolus.

Ainsi, l’UE ne peut pas et ne veut pas dépendre des affrontements, de l’amitié, ni d’autres aspects des relations entre les acteurs-clés: la Chine, les États-Unis et la Russie.

La Chine voudrait dépasser l’Amérique. Elle aspirerait au moins à un monde bipolaire, dans le cadre duquel elle disposerait d’une influence politique incontestable. Les relations entre la Chine et l’Europe sont celles de coopération et de rivalité, que Pékin gagne visiblement. L’UE s’inquiète également de l’expansion militaire croissante de la Chine сe qui encourage son autonomie militaire.Le nationalisme populiste américain peut être présenté comme un nationalisme égocentrique lié aux idées de l’administration de Donald Trump qui estime que tout le monde (y compris ses alliés européens) vit aux frais des États-Unis et l’utilise à ses propres fins. Comme les relations transatlantiques sont actuellement au plus bas, les Européens constatent qu’il leur faut désormais compter uniquement sur leurs propres forces.

En Russie, il s’agit tout d’abord d’une réaction à une blessure psychologique causée par les relations avec l’Occident dans les années 1990 et 2000. Dans ce contexte, l’UE considère le rattachement de la Crimée à la Russie comme une indication de sa volonté de construire un nouvel empire, alors que Moscou est présenté comme un trublion et une menace potentielle contre la stabilité en Europe.

Le nationalisme populiste au sein de l’UE peut être interprété comme un nationalisme antieuropéen, estime toujours le quotidien. Ce nationalisme constitue donc la menace principale contre l’intégration européenne et le développement de son élément militaire. S’agit-il d’une tendance durable ou d’une déviation temporaire? La réponse à cette question définira l’avenir du projet européen.En général, le développent de la politique de défense de l’UE sera surtout défini par ses relations avec ses partenaires principaux. L’Otan évoluera probablement vers un partage de fonctions entre les alliés: l’Europe jouera un rôle régional, alors que les USA s’occuperont des questions globales, conclut Nezavissimaïa gazeta.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français

 

https://fr.sputniknews.com/presse/201812241039421796-defense-europe-otan-usa/.

Numérique: la France perd patience et taxera les Gafa dès janvier

Numérique: la France perd patience et taxera les Gafa dès janvier

Le ministre des Finances Bruno Le Maire devant l’Assemblée nationale, le 12 décembre 2018 / © AFP/Archives / Bertrand GUAY

À la recherche de recettes pour financer les mesures sociales annoncées la semaine dernière par Emmanuel Macron, le gouvernement français a tranché: il taxera dès le 1er janvier les géants du numérique, sans attendre un éventuel accord au sein de l’Union européenne.

Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, qui avait défendu sans succès jusqu’à présent l’adoption d’une taxe au niveau européen sur les géants du numérique, appelés Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.), a clairement changé de stratégie.

« La taxe s’appliquera en tout état de cause au 1er janvier 2019 et elle portera donc sur l’ensemble de l’année 2019 pour un montant que nous évaluons à 500 millions d’euros », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Paris avec le ministre russe du Développement économique, Maxime Orechkine.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait auparavant indiqué dans une interview aux Echos que son gouvernement comptait sur ces 500 millions d’euros pour financer les mesures sociales annoncées par le président Emmanuel Macron, dont le coût est estimé à environ 10 milliards d’euros.

Il s’agit d’un changement de ton par rapport aux déclarations précédentes de l’exécutif: début décembre, lorsque les ministres des Finances de l’UE n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur cette taxe, Paris avait reculé pour tenter de sauver la taxe européenne sur l’économie numérique.

M. Le Maire et son homologue allemand Olaf Scholz s’étaient ainsi mis d’accord sur une version édulcorée de l’un des projets phare de M. Macron, appelant « les pays de l’UE à adopter ce projet de directive au plus tard en mars 2019 pour une entrée en vigueur en 2021, si aucune solution au niveau international n’est trouvée ».

– Une assiette plus large –

Avec ses déclarations de lundi, le ministre français renonce à attendre encore deux longues années qu’un accord international soit trouvé au sein de l’OCDE, même s’il maintient son appel aux autres pays européens à approuver cette taxe avant mars.

« Notre détermination à obtenir avant le mois de mars 2019 une décision européenne à l’unanimité sur une directive est totale », a-t-il assuré, précisant s’être entretenu récemment à ce propos au téléphone avec M. Scholz.

La France commencera à prélever la taxe Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.) à partir du 1er janvier / © AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE

« Nous allons engager des démarches avec mon homologue allemand pour convaincre les quelques Etats qui restent opposés à cette taxation du numérique au niveau européen », a-t-il affirmé. « J’espère que l’Europe sera à la hauteur de ses ambitions et de ses valeurs ».

L’Irlande, le Danemark et la Suède s’étaient clairement opposés à une taxe sur 3% du chiffre d’affaires des géants du numérique. Pour sa part, l’Allemagne ne la voyait pas non plus d’un très bon œil, par crainte de mesures de rétorsion américaines contre son industrie automobile.

La décision française a pris par surprise ses partenaires. « C’est un peu brouillon », a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. « La loi n’est pas encore votée et une application rétroactive semble très compliquée ».

Avec cette décision, la France a choisi d’avancer seule sur le front de la fiscalité des Gafa, souvent accusés de ne pas payer les impôts qui leur correspondent dans les pays où ils sont actifs.

M. Le Maire va même plus loin: la taxe ne se limitera pas au chiffre d’affaires prévu dans la directive européenne qui devait être soumise aux États membres, mais elle s’étendra également « aux revenus publicitaires, aux plateformes et à la revente de données personnelles ».

Le ministre a précisé que la mesure « pourrait être introduite dans la loi Pacte » pour les entreprises, approuvée en première lecture à l’Assemblée nationale et qui devrait être soumise au Sénat en début d’année prochaine. « C’est une possibilité, ce n’est pas la seule », a-t-il expliqué.

Des initiatives pour taxer les Gafa et autres géants du numérique ont déjà été prises au niveau national dans plusieurs pays, comme le Royaume-Uni et Singapour. Mais les mesures en ce sens restent à ce stade timorées. En Italie, les députés ont ainsi voté en fin d’année dernière une taxe sur des transactions sur internet, mais la loi n’entrera finalement pas en vigueur.

(©AFP / (17 décembre 2018 17h00)

https://www.romandie.com/news/Num-rique-la-France-perd-patience-et-taxera-les-Gafa-d-s-janvier/980637.rom

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

Tout sourire, l’UE ne cède rien à May

epaselect epa07228657 La Première ministre britannique Theresa May est entourée de ses collègues au début du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 13 décembre 2018. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les dirigeants européens ont  affiché leur soutien à Theresa May le 13 décembre, mais la Première ministre britannique a quitté Bruxelles bredouille.

Après avoir promis à son parti déchiré qu’elle décrocherait des concessions de la part de Bruxelles, Theresa May a dû se rendre à l’évidence. Les Vingt-sept ne feront pas plus.

« Nous sommes là pour vous aider », a assuré le Premier ministre luxembourgeois à l’adresse de la Britannique à son entrée dans le bâtiment du Conseil alors qu’elle était en chemin vers l’estrade.

Une tentative de la rassurer qui fait écho à celle du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, que Theresa May a déjà décrit comme un « négociateur à la dure ».

Mais ces paroles chaleureuses n’ont pas empêché l’UE d’ignorer les requêtes de Londres quant à l’accord du Brexit.

Jean-Claude Juncker a quant à lui déclaré que Theresa May avait mené « une bataille courageuse, mais malheureusement », l’Europe n’en a « pas vu les résultats ». « Il n’y aura aucune renégociation, c’est clair. » a-t-il tranché.

Le 19 décembre, l’exécutif européen publiera tous les documents nécessaires à la préparation de l’UE à un Brexit sans accord, a révélé le président de la Commission.

En réalité, les conclusions auxquelles sont arrivés les 27 lors du sommet ont probablement représenté une victoire diplomatique pour l’Irlande, grâce à la suppression du paragraphe indiquant que l’UE « se tient prête à évaluer si des assurances supplémentaires peuvent être fournies au Royaume-Uni ».

Dans une petite concession faite au gouvernement britannique, le document indique que le filet de sécurité, si utilisé, « s’appliquerait temporairement, à moins et jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un accord ultérieur qui garantit le non-recours à une frontière physique ».

Pour sa part, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, pense qu’il est impossible de « fixer la date [du filet de sécurité] par écrit », et que l’accord de retrait est « la seule issue possible ».

Néanmoins, l’UE n’a nullement l’intention de laisser le Royaume-Uni « dans les limbes », selon Mark Rutte, et elle chercherait au contraire à conclure un nouvel accord commercial rapidement.

Le spectre d’un Brexit sans accord plane sur le sommet européen

Les dirigeants européens se réunissent le 13 décembre pour tenter de répondre aux inquiétudes britanniques sur l’accord de retrait de l’Union. Face à l’incertitude, l’UE intensifie ses préparations à un Brexit sans accord.

Après être sortie indemne du vote de défiance de son propre parti le 12 décembre, désavouée par 117 de ses collègues sur les 317 conservateurs du parlement, Theresa May a répondu aux questions de l’UE pendant près d’une heure.

Parallèlement à la promesse de ne pas représenter les conservateurs aux prochaines élections générales, la Première ministre aurait promis aux députés de son parti qu’elle obtiendrait une modification « juridiquement contraignante » du filet de sécurité controversé, afin de le rendre temporaire.

Une promesse qu’elle ne peut plus tenir. L’une des idées avancées par la Première ministre britannique était de fixer une date pour le début d’une future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE, plutôt que de fixer une date butoir pour le filet de sécurité. Mais les dirigeants de l’UE se sont à nouveau plaints d’un manque de clarté.

« Nous souhaiterions que nos amis britanniques nous disent ce qu’ils veulent au lieu de nous demander ce qu’on veut », a raillé Jean-Claude Juncker à l’adresse des journalistes.

Quoi qu’il en soit, l’exécutif de l’UE continuera à préparer la sortie du Royaume-Uni sans accord jusqu’au 19 décembre, date à laquelle seront publiées une série de mesures sur la question.

Les médias britanniques ont sous-entendu que le 14 janvier était pressenti comme date définitive du vote des députés sur l’accord de retrait et la déclaration conjointe de Theresa May et de l’UE de novembre dernier.

Les huit scénarios possibles pour le Brexit

Malgré le report du vote à la Chambre des communes sur l’accord de sortie de l’UE, huit scénarios demeurent possibles pour le Brexit. Un article d’Euroefe.

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/warm-words-but-no-brexit-concessions-as-may-leaves-brussels-empty-handed/

Dé-dollarisation

Dé-dollarisation


Le plan de l’UE visant à lutter contre la domination du dollar ne fonctionnera pas sans la Russie


Euro banknotes


Par Sputniknews – Le 5 décembre 2018 – Source sputniknews.com

Sputnik_logoLe plan de la Commission européenne, récemment divulgué, visant à réduire considérablement la dépendance du bloc vis-à-vis du dollar ne fonctionnera pas sans la participation de la Russie, a noté Ivan Danilov, un collaborateur de Sputnik, suggérant que Paris et Berlin devraient étouffer leurs sentiments anti-russes. 

Il semble que le billet vert puisse finalement se retrouver dans une situation difficile, étant au moins en partie privé de son « privilège exorbitant» : l’Union européenne a élaboré un plan pour lutter contre la domination du dollar sur les marchés mondiaux.

Le 3 décembre, Bloomberg a annoncé avoir obtenu un document de la Commission européenne contenant une feuille de route détaillée sur la montée de l’euro, ajoutant que le projet serait publié par Bruxelles plus tard cette semaine.

« Il est possible pour l’euro de développer davantage son rôle mondial et de réaliser son plein potentiel, reflétant le poids politique, économique et financier de la zone euro », lit-on dans le projet.

A one euro coin is pictured on one US dollar notes on March 13, 2015 in Godewaersvelde, Northern France

Le document propose également d’utiliser l’euro comme devise par défaut dans les transactions énergétiques du bloc avec des pays tiers, ainsi que la création d’un index de référence libellé en euros pour le pétrole. Selon la Commission européenne, le bloc doit créer « un ensemble d’index de référence de taux d’intérêt dignes de confiance » sur les marchés financiers et « un système de paiement instantané entièrement intégré ».

Expliquant le raisonnement derrière cette décision, le projet expose que « des actions unilatérales extraterritoriales récentes par des juridictions de pays tiers comme dans le cas de sanctions à nouveau imposées sur l’Iran, ainsi que des défis récents aux règles internationales de la gouvernance et du commerce sont une alarme quant à la souveraineté économique et monétaire de l’Union européenne ».

Le document fait clairement référence au retrait unilatéral du président américain Donald Trump de l’accord nucléaire avec l’Iran (JCPOA), et à la reprise des sanctions contre la République islamique, qui ont gravement porté atteinte aux intérêts des entreprises européennes.

Swift payment systemDe plus, à en juger par le projet, le bloc européen cherche une alternative viable à SWIFT (Système informatisé de compensation internationale). Bien que l’organisme soit localisé en Europe, il est de facto subordonné aux US. Ainsi, SWIFT a déconnecté les institutions financières de l’Iran, y compris la banque centrale du pays, au début du mois, indépendamment du fait que les signataires du traité JCPOA, y compris l’UE, s’engageaient à plusieurs reprises à respecter les termes de l’accord nucléaire avec l’Iran.

« Bien que les propositions ne soient pas une législation contraignante, leur adoption potentielle par le bloc pourrait renverser le marché mondial de l’énergie », a averti Bloomberg.

Banknotes and coins of the United States

Ivan Danilov, contributeur à Sputnik et économiste, a souligné que, même s’il est peu probable que l’UE mette en place les nouveaux mécanismes financiers du jour au lendemain, le document sonne l’alarme pour le dollar.

Selon l’économiste, la décision du bloc d’acheter des hydrocarbures en euro pourrait porter un coup dur au billet vert, l’UE demeurant le plus gros importateur d’énergie au monde. Ses contrats énergétiques annuels s’élèvent habituellement à environ 341 milliards de dollars.

L’initiative de l’Union européenne a toutefois bien plus à offrir que ce que l’on pourrait croire, a souligné Danilov.

« Ce qui est remarquable dans le grand dessein de la Commission européenne, c’est que le plan ne fonctionnera pas sans la Russie. Cela signifie que Paris et Berlin devront probablement avaler légèrement leurs pulsions antirusses, car elles auront besoin de la coopération de Moscou sur cette question vitale », a souligné l’économiste.

En outre, la Russie reste le principal fournisseur d’énergie de l’Union européenne, a-t-il ajouté. Tout ce qui précède « crée les conditions pour que l’industrie énergétique russe passe aux règlements en monnaie européenne ».

The Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT)Dans le même temps, le 27 novembre, le ministère russe des Finances a émis un emprunt obligataire à 7 ans d’une valeur d’un milliard d’euros (avec un rendement de 3,0%). Selon Leonid Bershidsky, de Bloomberg, le passage de la Russie à l’euro faisait partie du plan global de dé-dollarisation de Moscou.

« Si le test et le plan aboutissent, l’Union européenne aura un allié improbable mais important pour renforcer le rôle mondial de sa monnaie commune », a prédit M. Bershidsky.

Danilov estime que le plan de la Commission européenne devrait susciter une réaction ferme de Washington : « La réduction de la zone dollar n’est rien de moins qu’une menace existentielle pour l’économie et le système financier américains ».

Cependant, la colère des États-Unis est susceptible de profiter à l’UE et à la Russie, car elle pourrait faciliter leur rapprochement, estime l’économiste.

Sputniknews

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/de-dollarisation

 

L’Autriche, bientôt allié principal d’Israël en Europe?

L’Autriche, bientôt allié principal d’Israël en Europe?


Par Andrew Korybko – Le 30 novembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoLe ministre autrichien des affaires étrangères fustige l’UE, qui applique selon elle des politiques « trop strictes » envers Israël.

Karin Kneissl a ajouté que son pays allait prendre la tête du peloton pour « apporter du réalisme » dans les liens du bloc [européen, NdT] avec Tel Aviv, et soutenu qu’« on exige souvent des standards plus élevés de la part d’Israël que pour les autres pays ». La diplomate a de bonnes raisons personnelles et politiques de se positionner comme champion d’Israël pour l’UE. En premier chef, elle aimerait bien qu’Israël lève le boycott qu’il a institué contre elle en raison de son affiliation au Freedom Party, accusé d’antisémitisme à cause de ses racines nazies. Et en second, Vienne se voit comme un pôle d’influence à part, dans l’UE fracturée post-Brexit, en particulier dans l’espace des « trois mers », qui recouvre l’Europe centrale et orientale, et qui constitua par le passé le domaine impérial autrichien.

Adam Garrie, analyste en géopolitique, a mis en évidence courant 2018 les manœuvres de séduction d’Israël en cours vers les pays de cette région, et en parallèle des tentatives de charme similaires de la part de l’Iran dans les autres pays d’Europe, et il s’agit d’une tendance qui s’inscrit à présent dans la durée. Les États d’Europe occidentale ont une influence beaucoup plus importante sur l’UE que les autres, et c’est leur positionnement envers Israël qui est devenu celui du bloc. Ces mêmes pays tentent à présent à tout prix de sauver l’accord nucléaire iranien, et s’autorisent de temps à autre une critique d’Israël pour ses implantations de colonies illégales en Cisjordanie ; cependant que les pays d’Europe centrale et orientale gardent habituellement le silence face à ces actions. En conséquence, l’Autriche a considéré comme approprié de se positionner comme lobbyiste en chef d’Israël sur le continent.

Bien que se targuant de constituer un pays « neutre » à l’image de la Suisse, l’Autriche parie sur le fait que son orientation vers Israël lui donnera un poids diplomatique supérieur à celui de la taille du pays, si elle réussit à enrayer les critiques du bloc européen envers l’« État hébreu » et à mettre un frein aux groupes BDS [Boycott–Désinvestissement–Sanctions], que Tel Aviv accuse l’UE de financer. En parallèle, il est à noter que le chancelier autrichien a rencontré George Soros le week-end dernier, pour discuter d’un déménagement de l’« université d’Europe centrale » du bailleur de fonds des révolutions de couleurs de Budapest (sa ville natale) vers Vienne ; dans l’optique d’offrir l’« asile » au projet fétiche du milliardaire, qui se positionne en victime d’« antisémitisme ».

Karin Kneissl, la ministre des Affaires étrangères autrichienne

 

Dernier point, mais non des moindres, c’est l’Autriche qui assure actuellement la présidence tournante semestrielle de l’UE, jusque fin 2018, si bien que Vienne joue la montre pour influencer l’orientation du bloc européen vers une politique plus favorable à Israël dès 2019 ; politique qui s’alignerait tout à fait sur celle des USA. Mais comme pour toute réorientation politique, le chemin est semé d’embûches, et les résistances pourraient être importantes de la part des dirigeants des pays d’Europe occidentale : le risque existe que ces actions viennent encore creuser un peu plus les fractures entre Ouest et Est européens. En fin de compte, l’ironie est grande, quelle qu’en soit l’issue, que le pays qui vit naître Adolf Hitler se positionne à présent comme principal allié européen d’Israël.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 23 novembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/lautriche-bientot-allie-principal-disrael-en-europe

 

Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”

Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”

Publié par Brujitafr sur 20 Décembre 2017, 08:43am

Catégories : #ACTUALITES, #EUROPE

Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”
Dans le même temps, la nouvelle norme en France est de voir chaque année plusieurs centaines de SDF mourir dans l’indifférence générale (501 l’année dernière). Eux n’auront jamais le droit à la vie de château. Et après, on voudrait nous faire croire que le « grand remplacement » n’existe pas alors qu’il est devant nos yeux et souhaité par l’ONU et l’UE. Fawkes

Union européenne. Par la voix du commissaire européen à la Migration, Bruxelles appelle à accepter l’immigration de masse comme la “nouvelle norme”.

Cet article vous a intéressé ? Moins de Biens Plus de Liens ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

“L’Union européenne a accordé sa protection à plus de 700 000 personnes l’an dernier”, affirmeDimitris Avramopoulos, commissaire européen à la Migration, pour s’en féliciter. Dans une tribune parue lundi sur le site Politico, au titre sans équivoque, “Les migrants d’Europe sont là pour rester”, l’ancien homme politique grec appelle à “trouver un foyer” pour tous les réfugiés en Europe, ce qui répondrait non seulement à “un impératif moral” mais également à “un impératif économique et social pour notre continent vieillissant”.
Critiquant des discours “nationalistes, populistes et xénophobes” qui se répandraient selon lui, notamment en Europe de l’Est, le commissaire européen juge que “nos sociétés [ne resteront pas] homogènes et épargnées par l’immigration” quand bien même “on érigerait des clôtures”. Cette tribune vient après une série d’articles du média américain qui reprochait à l’exécutif européen d’être “trop blanc” et incitait Bruxelles à remplacer une partie de son personnel par des “personnes de couleur”. Citant ces articles, M. Avramopoulos regrette que le thème de la diversité ne soit pas assez abordé dans le débat public.
SUR LE MÊME SUJET

Pour la Commission, le refus de l’immigration est “anti-européen”

Le commissaire à la Migration avait qualifié d’“anti-européenne” la proposition du président de l’UE Donald Tusk de supprimer le très controversé système de quotas d’immigrés par pays. “Nous ne pouvons pas, nous ne serons jamais capables d’arrêter les migrations”, assène-t-il dans sa tribune.

Brexit : où en est-on ? Que nous dit l’exemple de Galileo sur le volet défense du Brexit ?

Brexit : où en est-on ? Que nous dit l’exemple de Galileo sur le volet défense du Brexit ?

Interview
6 décembre 2018
Le point de vue de Jean-Pierre Maulny

Le Royaume-Uni a officialisé, ce vendredi 30 novembre, son retrait de la partie militaire du futur système de navigation satellite communautaire Galileo. Quelles sont les conséquences directes et à moyen terme de ce retrait ? Existe-t-il d’autres écueils et obstacles en termes de défense entre Londres et Bruxelles ? Plus globalement, les négociations sur le Brexit entrent dans leur phase finale après 17 mois de difficiles négociations. Quelles seront les conséquences, selon si l’accord négocié par Theresa May est adopté ou non par les députés du Royaume-Uni actuellement en plein débat ? Le point de vue de Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’IRIS.

Que signifie le retrait du Royaume-Uni du système satellite européen de géolocalisation Galileo, tant pour l’Union européenne (UE) que pour les Britanniques ?

Il y a un côté « effet d’annonce » dans la décision britannique. En réalité l’UE a indiqué dès le mois de mars de cette année que les entreprises britanniques ne pourront plus postuler aux appels d’offres dans le cadre du programme Galileo pour ce qui concerne les éléments correspondant au signal sécurisé utilisable notamment dans le domaine de la défense.

Deux raisons à cela.

La première est que Galileo est un programme européen financé exclusivement par l’UE, alors que le Royaume-Uni sortira le 29 mars 2019 de l’UE. Il est donc logique que les industriels britanniques ne puissent plus participer aux contrats sur Galileo pour les parties du programme qui ont trait au signal sécurisé puisque le Royaume-Uni deviendra un État tiers de l’Union européenne après le 29 mars 2019.

La deuxième raison repose sur le fait que le signal militaire de Galileo est sécurisé. Cela pose le problème de l’accès à des informations classifiées qui proviennent et appartiennent à l’UE ce qui fait que des entreprises étrangères ne peuvent plus avoir accès à ces données. Pour ce qui est de l’accès en tant que tel au signal sécurisé de Galileo, les instances européennes ont proposé que le Royaume-Uni négocie un accord pour avoir accès à celui-ci, proposition qui a également été faite aux États-Unis. Enfin il faut bien voir que les citoyens britanniques auront toujours accès au signal « civil », comme tous les citoyens européens ont accès au GPS américain. A noter également que les Britanniques s’étaient opposés quand le programme a été lancé à ce que Galileo ait une finalité militaire.

Si Galileo est le symbole des tensions actuelles entre Londres et Bruxelles, quid des autres points d’achoppements en matière de défense dans le cadre du Brexit ?

Il est vrai que Galileo est assez révélateur, quant à sa partie militaire, de la problématique actuelle en matière de défense du Brexit. Il faut distinguer deux domaines.

Le premier concerne les opérations militaires de l’UE. Au cas par cas, le Royaume-Uni pourra participer aux opérations militaires de l’UE. Les Britanniques ne pourront pas participer à la décision décidant d’une opération de l’UE puisqu’ils ne seront plus membres de l’UE. Mais ils seront associés dans les chaînes de commandement de l’opération à hauteur de leur participation.

Concernant les équipements, la question est plus problématique pour les Britanniques et on en a vu les prémisses avec Galileo. Depuis début 2017, il existe un budget communautaire pour la défense, notamment pour les programmes d’équipements, nommé Fonds européen de défense, budget qui devrait sensiblement augmenter à partir de 2021. Or, cet argent communautaire est réservé aux entreprises européennes. C’est assez logique : les citoyens européens ne comprendraient pas que cet argent communautaire bénéficie à des entreprises de pays non membres de l’Union européenne. Partant de ce principe, les entreprises britanniques ne pourront pas avoir accès au Fonds européen de défense qui servira à financer de la recherche et des programmes d’armements européens. La seule condition pour que les entreprises britanniques aient accès aux crédits de ce Fonds est qu’elles aient des filiales localisées dans les pays membres de l’Union européenne, que celles-ci ne soient pas contrôlées par les maisons-mères britanniques, et que cela ne remette pas en cause les intérêts de sécurité européens.

Néanmoins, on peut penser que des aménagements seront mis en place, car l’objectif n’est pas non plus d’empêcher les Britanniques de participer à des coopérations en matière d’armement avec les Européens, car leur industrie possède des compétences non négligeables. Ainsi, le jour venu, il est possible que l’on associe les Britanniques au programme d’avion de combat franco-allemand, qui devrait en toute logique être également financé par des crédits communautaires. Mais cela se fera aux conditions définies par les Européens qui visent simplement à réserver les crédits européens aux entreprises européennes.

Le Parlement britannique est en plein débat avant son vote historique qui acterait le divorce entre le Royaume-Uni et l’UE, après 17 mois de difficiles négociations. Quelles seront les conséquences, si l’accord négocié par Theresa May est adopté ou non par les députés du Royaume-Uni ?

C’est encore difficile à déterminer, car, dans ce Brexit, on avance en marchant et des dispositions qui n’étaient pas prévues à l’origine ont dû être imaginées. C’est notamment le cas de ce que l’on appelle la période de transition. Celle-ci a été demandée par les Britanniques dès juillet 2017 et acceptée par les Européens en mars 2018. Elle prévoit qu’une fois le Brexit consommé, le Royaume-Uni reste dans le marché unique et dans l’Union douanière jusqu’au 31 décembre 2020. En effet, il était tout simplement impossible de négocier un nouvel accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’Union européenne dans le temps imparti avant la prise d’effet du Brexit et de rétablir notamment tous les outils nécessaires au rétablissement des frontières avec des douanes. Il a ainsi été admis qu’il pouvait y avoir cette période de transition. Aujourd’hui, celle-ci doit permettre également de négocier la relation future entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, car il faut bien dire qu’au-delà des principes de cette relation future qui sont fixés dans l’accord de retrait la négociation a peu avancé.

Pour le moment, la question principale porte sur le vote du Parlement britannique sur l’accord de retrait qui doit avoir lieu le 11 décembre. Si le Parlement britannique refuse l’accord, le Royaume-Uni va se retrouver en grande difficulté après le 29 mars 2019. C’est l’hypothèse du « no deal » avec des conséquences économiques qui seraient catastrophiques pour le Royaume-Uni.

Il est possible que les parlementaires britanniques refusent l’accord sans enlever leur confiance au Gouvernement britannique et demandent à Theresa May de renégocier l’accord. Cependant, l’un des problèmes majeurs est le temps très restreint pour négocier un nouvel accord. Il ne faut pas oublier que celui-ci doit être ratifié par le Parlement britannique, mais également par le Parlement européen, puis approuvé par le Conseil de l’UE à la majorité qualifiée. Le processus d’approbation de l’accord de retrait prend donc un certain temps. De plus, les marges de négociation sont extrêmement faibles pour l’UE, notamment du fait de la problématique irlandaise, car on ne peut rétablir de frontières entre les deux Irlande et qu’il est difficile également de créer de fait une frontière entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. On peut certes imaginer une sorte de coup de pouce de l’UE pour obtenir l’accord de la Chambre des communes, mais les aménagements à l’accord actuel resteront certainement mineurs en cas de renégociation de l’accord.

On pourrait également imaginer, mais personne ne veut évoquer cette solution, qu’un délai supplémentaire soit décidé pour la négociation de l’Accord de retrait. Cela peut être possible en recueillant l’unanimité des pays de l’UE, puisqu’on contreviendrait à l’article 50 du Traité de l’Union européenne, qui prévoit un délai de deux ans entre l’invocation par un pays de son retrait de l’UE et la prise d’effet de ce retrait. Dans ce cas, le Brexit ne se ferait pas le 29 mars 2019. Mais cela semble quand même difficilement envisageable, car le Parlement européen cessera ses travaux vers le 15 février du fait des élections européennes qui auront lieu fin mai 2019. Cela reporterait ainsi une ratification d’un nouvel accord après l’été 2019 ce qui semble bien lointain voir aléatoire. Il est donc peu probable que le négociateur européen, Michel Barnier, propose cette solution aux pays membres de l’UE : le money time a déjà commencé.

http://www.iris-france.org/125506-brexit-ou-en-est-on-que-nous-dit-lexemple-de-galileo-sur-le-volet-defense-du-brexit/