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La CIA a-t-elle déclenché un assaut contre l’ambassade nord-coréenne en Espagne ?

La CIA a-t-elle déclenché un assaut contre l’ambassade nord-coréenne en Espagne ?

Selon la presse espagnole, la CIA serait à l’origine d’un assaut spectaculaire contre l’ambassade de Corée du Nord à Madrid. D’après le quotidien El Païs, l’objectif de l’attaque aurait été de recueillir des informations sur un proche de Kim Jong-un :

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Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver

Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 30 janvier 2019

Les histoires ci-dessous parlent d’activités malfaisantes commises par d’anciens membres du personnel de la NSA, de l’ancienne CIA, d’anciens militaires, etc. qui ont rejoint des entreprises privées. Elles démontrent qu’il y a un problème structurel lorsque des personnes entraînées à faire du mal sont autorisées à faire n’importe quoi.

Reuters vient de publier un article en deux parties sur « d’anciens » membres du personnel de la NSA, plus de 20 au total, qui, depuis 2013, construisent un centre d’espionnage pour les Émirats arabes unis.

Des mercenaires américains participent à l’équipe secrète de hackers des Émirats Arabes Unis.

Des ex-agents de la NSA révèlent comment ils ont aidé à espionner des dissidents, des dirigeants rivaux et des journalistes pour la monarchie arabe.

Les « anciens » fonctionnaires de la NSA n’ont pas hésité à espionner des dissidents locaux pour le compte de l’État dictatorial du Golfe. Seuls certains d’entre eux ont quitté le navire lorsqu’ils ont découvert que leur affaire servait aussi à espionner des Américains. L’entreprise « privée » pour laquelle ils travaillaient s’appelle Dark Matter. Elle prétend ne travailler que dans le domaine de la cyber sécurité, mais il s’agit d’une entreprise d’espionnage connue, directement reliée au service de renseignement numérique des Émirats arabes unis. Les deux sont domiciliés dans le même bâtiment.

En octobre 2016, Jenna McLaughlin a fait un reportage sur Dark Matter pour le compte de The Intercept :

Comment les EAU recrutent des hackers pour créer un état de surveillance parfait.

En décembre 2017, elle publiait un article dans Foreign Policy :

« Bonne couverture et poches remplies »

Les Émirats Arabes Unis paient d’anciens officiers de la CIA pour construire un service d’espionnage digne d’un empire, dans le Golfe.

McLaughlin informe que Dark Matter fait l’objet d’une enquête du FBI.

Les Émirats arabes unis recrutent non seulement d’« anciens » espions de la NSA et de la CIA, mais aussi d’« anciens » soldats américains des services spéciaux :

« Une monarchie du Moyen-Orient engage des ex-soldats américains pour tuer ses ennemis politiques. Ça pourrait être l’avenir de la guerre. »

Le deuxième article de Reuters publié aujourd’hui décrit l’aspect technique de l’affaire de cyberespionnage des EAU :

« Les Émirats arabes unis utilisent des super-armes électroniques pour espionner les iPhones de ses rivaux. »

Des anciens agents de Raven décrivent Karma comme étant un outil qui pourrait accorder l’accès à distance aux iPhones simplement en téléchargeant des numéros de téléphone ou des comptes e-mail dans un système de ciblage automatisé.

Reuters ne le dit pas clairement, mais d’après la description des outils d’espionnage, il semble évident que cet outil, Karma, a été acheté au célèbre magasin d’espionnage israélien NSO Group. Le nom marketing de l’outil est Pegasus. L’« ancien » espion de la NSA cité dans l’article de Reuters fait des déclarations curieuses telles que « l’outil ne pouvait pas enregistrer les appels téléphoniques ». Mais cette affirmation n’a aucun sens. Une fois qu’un logiciel espion décent est sur le téléphone, tout est accessible. L’allégation est évidemment faite pour détourner l’attention de NSO. La vente d’outils aux EAU par NSO a été confirmée dans les rapports précédents. À partir d’août 2018 :

« Des plaintes juridiques affirment que la société israélienne de logiciels espions a aidé le régime des Émirats arabes unis à pirater les téléphones de ses opposants. »

Le gouvernement des Émirats arabes unis a utilisé la technologie israélienne de piratage téléphonique pour espionner ses rivaux politiques et régionaux ainsi que des membres des médias, et la compagnie israélienne elle-même a participé aux cyberattaques, rapportait vendredi le New York Times.

Le groupe NSO, basé à Herzliya, utilise son controversé programme de logiciels espions Pegasus pour transformer les smartphones en dispositifs d’écoute…

En 2016, le quotidien israélien Yedioth Ahronoth rapportait pour la première fois que le ministère de la Défense avait autorisé le groupe NSO à vendre le logiciel à une société arabe, qui a ensuite pris pour cible un éminent militant des droits humains aux Émirats arabes unis.

L’original du NYT :

« Pirater un prince, un émir et un journaliste pour impressionner un client »

L’utilisation par les EAU de logiciels espions du groupe NSO a été signalée pour la première fois en 2016. Ahmed Mansoor, un défenseur émirati des droits humains, a remarqué des textos suspects et a dénoncé une tentative de piratage de son iPhone Apple. L’année suivante, les EAU l’ont arrêté pour des chefs d’accusation apparemment sans rapport et il est toujours en prison.

Après les révélations de Mansoor, Apple a déclaré qu’elle avait publié une mise à jour qui corrigeait les vulnérabilités exploitées par le groupe NSO. Le groupe NSO s’est engagé à enquêter et a déclaré que « l’entreprise n’a pas connaissance de ces cas spécifiques et ne peut les confirmer ».

Mais d’autres documents qui ont fait l’objet de fuites dans le cadre des poursuites indiquent que les Émirats arabes unis ont continué à utiliser le logiciel Pegasus bien après qu’Apple ait annoncé sa correction et que le groupe NSO se soit engagé à enquêter.

Le groupe NSO a été fondé par deux « anciens » espions de l’armée israélienne :

« Tout ce que nous savons sur le groupe NSO : Les espions professionnels qui ont piraté des iPhones avec un seul texto. »

Mais le fondateur Omri Lavie garde bien le secret. … Le cofondateur Shalev Hulio n’a pas répondu à nos messages. Tous deux seraient d’anciens élèves du célèbre service de renseignement sur les transmissions de l’unité 8200 d’Israël, tout comme de nombreux entrepreneurs du pays dans le domaine de la sécurité.

Les outils du groupe NSO ont également été utilisés par le gouvernement mexicain, sous l’ancien président Nieto, pour espionner des journalistes et l’opposition.

C’est le Toronto University Citizen Lab qui, en 2016, a découvert les attaques des Émirats arabes unis contre des « militants des droits de l’homme » et a découvert que NSO était derrière tout cela. Il a depuis publié un certain nombre d’articles sur cette entreprise. L’année dernière, Citizen Lab alléguait que les outils de NSO avaient été utilisés par l’Arabie saoudite pour espionner Jamal Khashoggi, un « ancien » agent de renseignement saoudien, militant des Frères musulmans et chroniqueur au Washington Post, que les Saoudiens ont finalement massacré dans leur consulat à Istanbul.

Le mois dernier, deux membres importants de Citizen Lab ont été approchés par un personnage louche qui prétendait offrir de l’argent pour investir. Les gens de Citizen Lab sont devenus suspicieux. Ils ont enregistré leurs entretiens avec l’homme, l’ont photographié et ont invité des journalistes. AP a présenté son rapport le 26 janvier :

« APNewsBreak : des agents tentent de s’infiltrer dans une compagnie de cybersécurité »

Les chercheurs qui ont découvert que des logiciels israéliens avaient été utilisés pour espionner le cercle intime du journaliste du Washington Post, Jamal Khashoggi, avant sa mort atroce, sont à leur tour pris pour cible par des agents internationaux infiltrés, a découvert l’Associated Press.

Deux jours plus tard, le NYT découvrait que l’entreprise d’espionnage qui avait envoyé l’homme était la société israélienne Black Cube.

« Le cas de l’espion raté : Un groupe de surveillance l’a filmé par caméra »

Black Cube a nié avoir joué un quelconque rôle dans les démarches cherchant à approcher des employés de Citizen Lab, mais le même agent s’était présenté dans une affaire antérieure au Canada comme étant en relation avec Black Cube…

Le New York Times, en collaboration avec Uvda, une émission de télévision d’investigation sur la chaîne israélienne Channel 12, a confirmé que le mystérieux visiteur était Aharon Almog-Assoulin, un agent de sécurité israélien à la retraite qui était jusqu’à récemment membre du conseil municipal d’un quartier de Tel Aviv.

Black Cube a également espionné certaines personnes qui soutenaient l’accord d’Obama avec l’Iran.

« Trita Parsi : J’ai été pris pour cible par Black Cube dans des tentatives douteuses d’attaquer les supporters de l’Accord iranien. »

Black Cube est dirigé par un certain nombre d’« anciens » officiers militaires et agents du Mossad.

« Black Cube : à l’intérieur de la discrète firme israélienne accusée d’essayer de saper l’accord avec l’Iran »

Des documents internes de Black Cube obtenus par NBC News et des interviews de sources ayant une connaissance directe des opérations de Black Cube révèlent une société de renseignements pour les affaires ayant des contrats avec des gouvernements et un département spécial pour des travaux à caractère politique…

La société a été fondée par d’anciens officiers militaires israéliens en 2011. Elle entretient des liens étroits avec la communauté du renseignement israélien, et nombre de ses recrues sont d’anciens agents du Mossad.

Les Émirats arabes unis recrutent des « ex-CIA », des « anciens de la NSA » et des « anciens soldats » pour espionner les dissidents, les amis et les ennemis. Ils utilisent des outils produits par le groupe NSO qui est dirigé par d’« anciens élèves de la fameuse unité 8200 de renseignements électroniques d’Israël ». Lorsque des chercheurs canadiens ont creusé trop profondément dans les affaires du groupe NSO, ils ont reçu la visite d’un « agent de sécurité israélien à la retraite » travaillant pour une entreprise fondée par des « anciens officiers militaires israéliens » qui recrutent de nombreux « anciens agents du Mossad ».

Il y a aussi l’ancien agent du MI6, Christopher Steele, qui a écrit un dossier compromettant sur Donald Trump pour la campagne Clinton. Certaines parties du dossier ont probablement été écrites par l’« ancien agent double du MI6/GRU », Sergei Skripal, que les Britanniques ont « novichoqué » puis ont fait disparaitre, à Salisbury. La réaction des médias internationaux à cet incident a été d’un intérêt particulier pour le groupe de renseignement militaire Integrity Initiative, dirigé par Nigel Donnelly, un « ancien responsable du renseignement militaire britannique ». Cette initiative est financée par le gouvernement britannique.

Quand je lis des articles comme ceux qui sont indiqués ci-dessus, je présume toujours que les « anciens » membres de la CIA/NSA/FBI/MI6/8200/Mossad/militaires ne sont pas du tout des « anciens » mais des agents actifs en mission pour leur service d’origine. Certaines histoires n’ont de sens que lorsqu’on les lit sous cette prémisse.

Mais beaucoup d’« anciens » mentionnés ci-dessus ont peut-être vraiment quitté leur service. Ils sont ensuite embauchés, en échange de beaucoup d’argent, par des États ou des entreprises louches. C’est dangereux non seulement pour les défenseurs des droits de l’homme aux Émirats ou pour certains Jamal Khashoggi. Ces gens pourraient être amenés à attaquer n’importe qui.

Il fut un temps où les gens occupaient des emplois publics quand ils étaient jeunes et restaient à leur service jusqu’à ce qu’ils soient vieux et à la retraite. Pour les services, il était logique d’éloigner de la concurrence potentiellement hostile les personnes qui avaient reçu une formation coûteuse et leurs connaissances de la maison. Les services publics offraient de bons avantages et payaient des pensions suffisantes pour rendre le long séjour attrayant. Ils étaient des employeurs compétitifs.

Ce n’est plus le cas. Lori Straud est l’une de ces « anciennes » espionnes de la NSA dont l’article de Reuters ci-dessus relate l’histoire :

Elle a passé une décennie à la NSA, d’abord en tant que militaire de 2003 à 2009, puis en tant qu’entrepreneur au sein de l’agence pour le géant consultant en technologie Booz Allen Hamilton de 2009 à 2014… Marc Baier, un ancien collègue de la NSA Hawaii, lui a offert la chance de travailler pour un entrepreneur à Abu Dhabi appelé CyberPoint… De nombreux analystes, comme Straud, recevaient plus de 200 000 $ par année, et certains gestionnaires recevaient des salaires et une rémunération supérieurs à 400 000 $.

Il est fou que la NSA forme des gens qui partent ensuite et sont embauchés par une entreprise pour un salaire plus élevé, seulement pour faire le même travail qu’à la NSA, tout en coûtant aux contribuables beaucoup plus cher. C’est du racket et ce n’est pas une politique sensée.

(Il y a quelques années, j’ai dirigé la division informatique d’une entreprise internationale. J’avais pour politique de ne jamais embaucher un indépendant qui avait travaillé auparavant dans mon atelier. Du coup, les tarifs que nous offrions ont sensiblement diminué).

Les « anciens » NSA, CIA, militaires, etc. ont des connaissances et des capacités spéciales qui peuvent être très dangereuses. Ils devraient être manipulés comme des substances contrôlées. Il est ridicule de permettre à ces gens d’être embauchés par des entreprises d’espionnage étrangères.

Les rapports ci-dessus sur d’« anciens » espions ne font qu’effleurer la surface de ce qui est devenu une grosse affaire, mais c’est malsain pour nos sociétés. C’est déjà assez grave que des acteurs étatiques nous espionnent. La situation s’aggravera lorsque les entreprises privées pourront faire de même.

Il viendra un jour où une équipe d’anciens analystes de la NSA aidera une puissance étrangère à se défendre contre des analystes de la NSA qui l’espionneront ou même contre-espionneront la NSA. Il viendra un jour où d’anciennes forces d’opérations spéciales américaines engagées par quelqu’un se battront contre des forces d’opérations spéciales américaines. Le tollé sera grand. Une rémunération décente dans la fonction publique et une réglementation raisonnable pourraient probablement prévenir cette situation.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/quand-danciens-espions-sont-laches-dans-la-nature-le-pire-peut-arriver

L’empire contre-attaque

L’empire contre-attaque

Publié le 28 Janvier 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Europe, Gaz, Moyen-Orient, Russie, Amérique latine, Histoire

A mesure que le système impérial décline, perd l’Eurasie, donc le monde, et voit le grand mouvement de dédollarisation peu à peu gagner la planète, il s’hystérise et tente de se raccrocher aux branches. Réaction classique dans l’Histoire, tant du point de vue individuel que collectif. Si la bête est inexorablement engagée sur la pente glissante (et le fait que le paiement des intérêts de sa dette dépasse maintenant son budget militaire l’empêchera définitivement de remonter) elle n’est pas morte, loin s’en faut !

Coups d’Etat, contrôle de l’énergie, sanctions, guerre de l’information poussée jusqu’au ridicule, influences et pressions diverses… tout y passe, dans une fuite en avant aussi flambante que dangereuse.

Dans la Baltique, où les interceptions « amicales » continuent de plus belle, nous nous en étions arrêtés aux menaces de l’ambassadeur US vis-à-vis des compagnies qui participeraient au Nord Stream II. Las ! Berlin ne cède pas aux pressions et le MAE allemand le dit sans ambages : personne ne peut désormais arrêter le gazoduc. Le fidèle lecteur de nos modestes Chroniques était au courant depuis bien longtemps.

Dans un style qui symbolise à merveille les contradictions de l’euronouillerie, le ministre teuton de l’Economie explique, lui, que le gouvernement allemand ne peut rien faire légalement pour empêcher la construction du gazoduc. En décodé : l’Allemagne veut le tube, le maître américain s’y oppose, le vassal sauve la face en disant qu’il ne voudrait pas l’avoir mais ne peut rien faire contre…

Certes, le Danemark fait de la résistance et n’a toujours pas donné les autorisations, dont nous expliquions les tenants et les aboutissants l’année dernière :

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manoeuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ? Les exercices militaires russes constituent-ils un coup de pression et, si oui, fonctionnera-t-il ou n’est-ce pas une arme à double tranchant qui se retournera contre son promoteur ? Nous le saurons au prochain épisode…

Mais Gazprom a déjà toute prête sa route alternative et rien ne pourra vraisemblablement se mettre en travers du Nord Stream II. Si l’Autriche s’en réjouit, se lâchant au passage sur la morgue américaine qui traite les pays européens « comme des colonies », la Pologne n’a que ses yeux pour pleurer et admet enfin qu’il sera très difficile de s’opposer au tube.

A la peine dans le Grand jeu énergétique en Europe, l’empire est plus heureux en Iran. On a vu que la menace des sanctions avait réussi à en faire partir Rosneft et ses promesses de 30 Mds d’investissements dans l’industrie pétrolière perse qui en a bien besoin. Nul doute que Téhéran a été quelque peu déçu par la couardise russe et, plus généralement, l’on sent comme un léger parfum de dissonance entre les deux alliés.

Sur la Syrie, une critique inhabituelle est venue d’un ponte iranien sur le fait que Moscou a maintenu ses S-300 inactifs et donc laissé faire Israël lors du double bombardement du 20 janvier. Si Téhéran s’est désolidarisée des déclarations et assure que la position officielle du gouvernement n’a pas changé, le petit buzz pose néanmoins une question intéressante. Et nous ne parlons évidemment pas ici de l’intox de certaines officines qui ont inventé des « combats » entre pro-Russes et pro-Iraniens dans la province de Hama, rien que ça.

En réalité, les Russes n’ont jamais caché leur objectif : stabiliser le pays et éviter que le conflit ne dégénère en guerre régionale entre l’Iran et la Syrie d’un côté, Israël de l’autre. Téhéran s’installe en Syrie avec l’accord de Damas, soit. Mais c’est à vous de vous défendre, pas à nous. Tel est en substance le message. Quant aux S-300 livrés à Assad après l’incident de l’Iliouchine, ils ne seront opérationnels qu’au mois de mars. A ce moment, Assad fera ce qu’il voudra mais d’ici là, les Iraniens seraient peut-être bien inspirés de ne pas rajouter de l’huile sur le feu, d’autant plus que le Hezbollah a déjà tout ce qu’il lui faut

Arc chiite, justement. Les faucons néo-cons tentent encore et toujours de torpiller le retrait de Syrie en faisant pression sur Trump pour qu’il garde une zone cruciale, à la frontière syro-irako-jordanienne, gênant sans interrompre le lien Iran-Irak-Syrie-Liban. Vous l’avez compris, nous parlons évidemment d’Al Tanaf, bien connue des lecteurs. Le Donald réussira-t-il malgré tout à tenir sa promesse de retrait total ou succombera-t-il aux pressions du Deep State ? Vous le saurez au prochain épisode de Syrixit, le feuilleton en vogue à Washington.

Quoique qu’une autre telenovela est déjà en passe de le détrôner chez les Follamours du Potomac : Calor a Caracas. A ce titre, il n’est d’ailleurs pas impossible que le Donald donne l’os vénézuélien à ronger au parti de la guerre pour mieux le détourner de la Syrie. Jungle contre désert en quelque sorte…

Car ils s’y mettent tous : Bolton, Pompeo, Rubio et autres joyeux drilles du Washingtonistan écrivent un scénario bien peu original, déjà maint fois filmé en Ukraine, en Libye, en Syrie. Pour certains, ce fâcheux manque d’originalité symbolise l’urgence impériale devant son inexorable déclin. Toujours est-il que le Titanic moral américain entraîne dans les bas fonds ses laquais de l’euronouillerie, presque toujours partants dès qu’il s’agit de couler.

L’Allemagne résiste bien sur le gaz car ses intérêts vitaux sont en jeu, mais il ne faut pas non plus trop demander à la principale colonie US en Europe. Si, sur injonction américaine, Berlin en vient à bannir de son ciel Mahan Air, compagnie iranienne transportant du matériel en Syrie, vous pouvez imaginer son suivisme dans le dossier vénézuélien. Toutefois, alors que les eurocrates s’apprêtaient à suivre leur maître à penser en reconnaissant l’auto-proclamé choisi par Washington, l’Italie a mis le holà en édulcorant le communiqué final de Bruxelles. Ah ces maudits «  »populistes » » rétifs au système impérial…

De l’autre côté, en plus du sympathique soutien de Gaza, Maduro a entre autres derrière lui la Russie, la Chine, l’Iran et la Turquie, soit quatre poids lourds de l’Eurasie lointaine. Voici la carte à peu près actualisée des pays soutenant Maduro (rouge) et Guaido (bleu). En faisant abstraction des nombreux Etats qui préfèrent ne pas prendre partie, c’est à peu de choses près le copié-collé des votes à l’ONU sur la Crimée ou la Syrie. Le monde est bien divisé en deux blocs antagonistes : empire US + vassaux vs multipolarité.

Il faut ajouter au camp occidental la presstituée (cela va sans dire), ainsi que les banques d’affaires et autres fonds de pension qui ont tout à gagner au départ de Maduro. Comme au bon vieux temps, l’alliance CIA-Wall Street-pétroliers revient sous les projecteurs. Cela faisait d’ailleurs un bail que les trois planètes n’avaient pas été alignées

Puisque l’on parle de gros sous, la banque d’Angleterre refuse, sur pression US, de rendre l’or vénézuélien entreposé dans ses coffres, dont la valeur avait d’ailleurs fortement augmenté ces derniers temps. Sans surprise, la carpette autoproclamée demande à Londres de ne pas rendre l’or, préférant continuer à soumettre son pays aux institutions financières anglo-saxonnes.

On sait à quel point la domination du système impérial repose, depuis 1944, sur le roi-dollar, la confiscation de l’or des pays vassaux (l’Ukraine post-Maïdan en est le dernier exemple) et le contrôle des institutions financières mondiales. A cet égard, on peut quand même s’interroger sur l’étonnante imbécilité des dirigeants chavistes qui, depuis des années, dépose/ne récupère pas leur or confié à leur ennemi potentiel…

Sur le terrain, l’autoproclamé tente les coups d’intox. Dans une interview publique, il prétend être en contacts secrets avec des responsables civils et militaires. La contradiction lui a peut-être échappé… ou pas, s’il s’agit de créer une certaine méfiance au sein du camp loyaliste. Les menaces de Bolton en cas de « violences » peuvent être vues comme un appel à un false flag (il a suffisamment fait le coup en Syrie), mais une chose est sûre : une intervention militaire, même avec le soutien d’une partie de la population et de l’armée, serait tout sauf une partie de plaisir.

Nous n’en sommes pas encore là, et le Venezuela n’arrivera sans doute pas à cette extrémité. Le plus probable est un pourrissement de la situation, avec deux présidents reconnus par deux parties du monde et une société profondément divisée.

Terminons ce billet par un continent dont on parle très peu ici. Sans surprise, l’Australie a suivi ses compères anglo-saxons et reconnu Guaido, ce qui nous permet d’aborder le noyautage très ancien du pays des kangourous par l’oncle Sam. Mais l’élection du travailliste Gough Whitlam en 1972 envoya des ondes de choc à Washington. Le nouveau Premier ministre remettait en cause la soumission aussie, prétendait faire entrer Canberra dans le bloc des pays non-alignés et envisageait de fermer la station d’écoute américaine de Pine Gap, perdue dans le désert australien mais faisant partie du réseau Echelon et désormais centre de commande du programme US de drones.

Ses dangereuses tendances étaient évidemment inacceptables pour les Américains. La CIA, qui avait infiltré l’establishment politique, médiatique, économique et sécuritaire australien, prépara alors un putsch institutionnel qui destitua Whitlam en 1975. Désormais, et ce jusqu’à nos jours, l’Australie restera sagement alignée sur l’empire…

 

Khashoggi a-t-il vraiment été tué?

Khashoggi a-t-il vraiment été tué?

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Je n’ai pas été convaincu par les affirmations de la Turquie, du Washington Post et d’autres au sujet de l’horrible meurtre, en octobre 2018, de Jamal Khashoggi, un agent du renseignement. Il y a trop d’anomalies, comme en témoignent diverses déclarations du président turc, M. Erdogan, et comme en témoignent les nombreux médias occidentaux de grande diffusion. Des recherches récentes suggèrent que Khashoggi n’a peut-être jamais été dans ce consulat saoudien à Istanbul ce jour-là, et qu’en fait, il est peut-être encore bien vivant et caché. Si c’est le cas, cela suggère une histoire beaucoup plus vaste derrière l’affaire. Considérons ce qui suit.

La meilleure façon de l’illustrer est de revenir sur les événements entourant l’arrestation surprise et la détention de nombreuses personnalités saoudiennes de haut rang fin 2017, par le prince Mohammed bin Salman ou MBS comme on l’appelle. Le 4 novembre 2017, MBS a annoncé à la télévision publique que de nombreux Saoudiens, dont l’un des plus riches, le prince Alwaleed bin Talal, avaient été arrêtés pour corruption et détenus à l’hôtel Riyadh Ritz Carlton. Le prince Alwaleed est clairement la personne cruciale.

Le gendre du président Trump aurait effectué une visite non publique à Riyad pour des entretiens privés avec MBS quelques jours seulement avant les arrestations massives. Un article paru dans le journal UK Mail en 2018 affirmait que Jared Kushner, représentant le Président, avait informé MBS d’un complot rival de la famille royale saoudienne pour éliminer le Prince Héritier. Le prince Alwaleed serait au centre du complot.

Après trois mois d’emprisonnement, Alwaleed a été libéré le 27 janvier 2018, à la suite d’un règlement financier. En mars 2018, il a été retiré de la liste des milliardaires de Forbes World’s Billionaires. Avant son arrestation, Alwaleed était le plus gros actionnaire de Citibank, l’un des principaux propriétaires de Twitter, un ancien partenaire de Bill Gates dans les programmes de vaccination de la Fondation Gates, et généreux donateur de certains démocrates tels que Hillary Clinton et la Fondation Clinton. Selon les médias, le frère de Huma Abedin, Hassan Abedin, collaborateur de la campagne Hillary et membre des Frères musulmans, a travaillé avec Bin Talal sur un projet intitulé « Propager l’Islam en Occident ». Bin Talal et d’autres sources saoudiennes ont donné jusqu’à 25 millions de dollars à la Fondation Clinton au moment où elle préparait sa candidature à la présidence. Le prince était aussi un ennemi ouvert de Donald Trump.

Qui était vraiment Khashoggi ?

Jamal Khashoggi n’était pas un journaliste ordinaire. Il a effectivement travaillé pour le prince Alwaleed bin Talal. Dans une interview dans le Gulf Times en novembre dernier, Alwaleed a déclaré : « Jamal n’était pas seulement mon ami. Il travaillait avec moi. En fait, son dernier emploi en Arabie Saoudite était avec moi … » Jamal était, ou est toujours, le neveu d’un agent lié à la CIA, le défunt Adnan Khashoggi, un trafiquant d’armes récemment décédé, impliqué dans la banque CIA-Saoudienne BCCI et l’Iran-Contra. Le neveu Jamal a également travaillé pour le Prince Bandar, ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington, un homme si proche de la famille Bush que George W. l’avait surnommé « Bandar Bush ». En bref, Khashoggi faisait partie des cercles saoudiens proches du groupe Bush-Clinton. Lorsque le roi Abdullah décida de sauter, dans la liste de succession, le père d’Alwaleed, Talal bin Abdulaziz Al Saud, surnommé «le prince rouge» pour ses idées réformistes, cela avait abouti à l’arrivée sur le trône de Salman, le père de MBS. Dès lors, Alwaleed était en dehors des calculs du pouvoir du roi Salman et du Prince héritier MBS.

Le gouvernement saoudien ainsi que la Brookings Institution confirment que Khashoggi était membre des Frères musulmans. La Fraternité a été interdite en Arabie Saoudite en 2011 à la suite du Printemps arabe de Obama-Hillary Clinton, lorsque le monarque saoudien, le roi Abdullah, et son entourage ont compris que la maison royale elle-même constituait une cible potentielle pour un changement de régime par les Frères Musulmans, comme en Égypte et en Tunisie. .

L’administration Obama, comme je l’explique en détail dans Manifest Destiny, a planifié, en collaboration avec la CIA, une série de changements radicaux de régime dans le monde islamique pour installer des régimes de Frères Musulmans avec l’aide « amicale » de la CIA et de l’administration Obama. Des membres clés de l’administration Obama, dont l’assistante spéciale de la secrétaire d’État Hillary Clinton, Huma Abedin, avaient des liens étroits avec la partie saoudienne des Frères musulmans où vit la mère de Abedin. Sa mère, Saleha Abedin, universitaire en Arabie Saoudite, où Huma a grandi selon un reportage sur Al Jazeera et d’autres médias arabes, est un membre important de l’organisation des femmes des Frères musulmans, et le frère de Huma serait également lié à cette organisation. Notamment, feu John McCain, dont les liens avec les principaux membres de l’Etat Islamique et d’al-Qaïda sont de notoriété publique, a tenté de discréditer sa collègue républicaine Michele Bachmann pour avoir souligné les liens qui unissent Abedin aux Frères musulmans. C’est à cette faction qu’était lié Khashoggi en Arabie Saoudite.

En tant que président, le premier voyage à l’étranger de M. Trump a consisté à rencontrer MBS et le roi saoudien, un voyage vivement critiqué par la députée démocrate Nancy Pelosi. Quand la présidence Trump a décidé de reconstruire les relations effilochées qui s’étaient développées entre Obama et la monarchie saoudienne sous le roi Abdallah puis le roi Salman, père du prince héritier MBS, la faction pro-Obama autour du prince Bin Talal Alwaleed a perdu les faveurs, pour ne pas dire plus, surtout après la chute de Hillary Clinton. En juin 2017, l’ancien employé d’Alwaleed, Jamal Khashoggi, s’est exilé aux États-Unis, où il avait fait ses études, après l’interdiction par le gouvernement de son compte Twitter en Arabie Saoudite.

Khashoggi est-il vivant ?

Après l’arrestation par MBS de Alwaleed et de nombreuses autres personnes, l’avenir des flux financiers entre Alwaleed et non seulement Hillary Clinton, mais aussi la Fondation Clinton et les autres démocrates qu’il avait « soutenus » par des millions de dollars saoudiens, était alors menacé. Bien que cela soit difficile à confirmer, un journaliste turc de la BBC à Istanbul aurait déclaré à un journal en langue arabe, après le meurtre et le démembrement de Khashoggi, que Jamal Khashoggi était bel et bien vivant et en bonne santé, caché quelque part.

C’est un fait que l’ancien chef de la CIA et aujourd’hui secrétaire d’État Mike Pompeo, ainsi que le secrétaire d’État à la Défense de l’époque James Mattis, ont fait un exposé au Sénat américain dans lequel ils ont dit aux sénateurs qu’il n’y avait aucune preuve que MBS était derrière ce crime présumé. Ils ont ajouté qu’ils ne pouvaient même pas confirmer qu’un crime avait été commis ! Seule Gina Haspel, chef de la CIA, ancienne chef de la station de Londres de la CIA, a contesté leurs affirmations. Erdogan affirme que le corps a été découpé puis dissous dans de l’acide pour être éliminé sans laisser de traces, ce qui renvoie au récit de l’élimination par la Navy Seal du corps de Oussama ben Laden, que l’administration Obama prétend avoir jeté en mer « selon la tradition islamique ». Dans les deux cas, il n’y avait pas de corps pour le confirmer légalement.

En effet, les allégations distribuées dans les médias du monde entier concernant l’affaire Khashoggi ont été étroitement contrôlées par le président turc Erdogan, qui a promis à plusieurs reprises de révéler, tout en ne le faisant pas, ce qu’il dit être des enregistrements secrets des services secrets turcs sur le meurtre présumé. Erdogan serait très proche des Frères musulmans, sinon un membre caché, ce qui explique en partie son soutien étroit au Qatar après les sanctions économiques imposées par MBS et le roi saoudien au Qatar pour son soutien au terrorisme, en fait, le soutien qatari aux Frères musulmans.

Il s’agit ici d’alliances politiques changeantes avec d’énormes conséquences potentielles pour la politique américaine et pour le monde, étant donné l’importance des ressources financières saoudiennes. Il est également bizarre que Khashoggi aurait accepté de se rendre dans un consulat saoudien en Turquie et pour soi-disant obtenir des papiers de divorce. De plus, sa fiancée, Hatice Cengiz, semble tout aussi mystérieuse, certains se demandant si elle n’est pas en fait un agent des services de renseignements turcs utilisé pour discréditer l’Arabie Saoudite.

Les affirmations de Erdogan sur l’assassinat de Jamal par une équipe saoudienne ont été étayées par un mystérieux Khaled Saffuri, qui a déclaré au journaliste de Yahoo News, Michael Isikoff, que Khashoggi était devenu un ennemi à abattre pour MBS, à la suite de ses articles dans les médias critiquant l’arrestation du Prince bin Talal et des autres. Les recherches révèlent que Saffuri, la source des médias sur le meurtre présumé de Khashoggi, a également eu des liens étroits avec l’organisation des Frères musulmans, l’American Muslim Council, et avec le Qatar, qui accueille les Frères en exil depuis des années. Le soutien du Qatar aux Frères musulmans a été un facteur de rupture entre MBS et le Qatar il y a deux ans.

Saffuri est également le protégé de Abdurahman Alamoudi, un partisan influent des Frères musulmans qui, avant 2004, avait rencontré G.W. Bush et Hillary Clinton. Alamoudi est actuellement incarcéré dans une prison fédérale américaine depuis 2004 pour son rôle de porte-flingue dans un complot d’assassinat contre le prince héritier Abdallah, fomenté par la Libye et Al-Qaeda. En bref, les principales sources sur l’assassinat de Khashoggi sont peu nombreuses et difficilement impartiales.

A ce stade, il est difficile d’aller au-delà de la spéculation. Il est clair que Jamal Khashoggi n’a plus été vu en public depuis début octobre. Mais tant que le gouvernement turc ou quelqu’un d’autre ne présentera pas de preuves médico-légales sérieuses, une procédure qui montre que l’ancien employé de Alwaleed, Jamal Khashoggi, a été assassiné par une équipe d’assassins saoudiens, sans même parler du fait que l’opération aurait été commanditée par le prince Bin Salman, la situation justifie une étude plus poussée. Il est curieux que les mêmes médias libéraux comme le Washington Post de Jeff Bezos qui s’en prennent à MBS pour le meurtre présumé de leur journaliste, Khashoggi, ne critiquent pas les exécutions saoudiennes antérieures, voire ultérieures.

Khashoggi est-il vraiment mort au consulat d’Istanbul ou y avait-il autre chose? Mettre en scène une fausse exécution de Khashoggi pour discréditer et même éventuellement renverser MBS aurait peut-être semblé à Alwaleed et à ses amis de la CIA à Washington un moyen habile de restaurer leur pouvoir et leur influence financière. Si c’est le cas, cela semble avoir échoué.

F. William Engdahl

Article original en anglais :

Jamal Khashoggi

Did Khashoggi Really Die?

Cet article a été publié initialement par New Eastern Outlook

Traduction AvicRéseau International

Espionnage et cybersécurité : des dizaines d’agents de la CIA arrêtés ou exécutés… sur simple clic Google !

Info

© TV5MONDE

Au moins 30 agents « neutralisés », des dizaines d’autres démasqués. La CIA a payé un lourd tribut au renseignement entre 2009 et 2013. L’Agence américaine possédait des serveurs de communication « cachés » sur Internet. Les services iraniens et chinois avaient trouvé la « formule magique » pour récupérer leurs adresses. Explications

dans

L’information n’est révélée qu’aujourd’hui par deux journalistes de Yahoo News, Zach Dorfman and Jenna McLaughlin, mais elle reste énorme par ses conséquences. L’affaire s’est déroulée entre 2009 et 2013 : un système de communication par serveur Internet de la CIA, utilisé par des agents infiltrés à l’étranger, a été compromis durant toute cette période par les renseignements iraniens, puis chinois. Des dizaines d’agents et de sources ont été démasqués en Iran et enfermés, 30 autres ont été exécutés en Chine. Le système pour permettre les échanges via Internet était basé sur le principe du « web caché », ce qui pour une agence de renseignement frise l’amateurisme le plus complet.

Une requête Google pour faire « apparaître » l’adresse du serveur

Le principe que la CIA avait décidé d’appliquer pour permettre à des agents en Iran ou en Chine d’échanger des informations était le suivant : des serveurs web étaient activés de façon temporaire, et pas indexés pour n’être affichables par le moteur de recherche Google qu’avec une certaine méthode et certains mots clés dans la recherche avancée. Ce que le spécialiste en cybersécurité Philippe Laquet résume par la sentence suivante : « C’était une sorte de « formule magique » dans la barre de recherche google, ce qu’on appelle un « dork », pour pouvoir rechercher les seveurs non indexés ».

Ces serveurs permettaient à des sources à l’étranger d’échanger avec la CIA après avoir tapé la requête avancée Google leur donnant un lien url (adresse du serveur web) sur lequel ils venaient se connecter. Une fois les échanges effectués, le serveur était désactivé et d’autres pouvaient s’activer temporairement dont l’adresse différente était néamoins toujours récupérable via cette fameuse méthode de recherche avancée sur le moteur Google. « Quiconque utilisait la « formule magique » de recherche pouvait retrouver les dits serveurs », précise le cyberspécialiste.

En 2009, un agent double iranien  a utilisé l’un de ces sites web temporaire. Les services dont il dépendait en Iran ont très vite compris la méthode utilisée, ce qui leur a permis de trouver d’autres sites web d’échanges entre la CIA et ses sources…
Et C’est ainsi que la plupart des sources de la CIA en Iran ont été identifiées et arrêtées en 2011.

Des serveurs utilisés par la Chine

Ces accès aux serveurs de communication avec les sources de la CIA à l’étranger n’ont pas seulement permis les arrestations iraniennes, bien que les services iraniens les aient utilisé aussi pour se rapprocher d’agents américains afin de les recruter comme agents double. Entre 2011 et 2012, la Chine a elle aussi accédé à ces serveurs web temporaires afin d’identifier les sources ou agents américains utilisant ce système, ce qui a mené — selon les confidences reçues par les journalistes de Yahoo news — à l’exécution de 30 personnes par le gouvernement. Il est possible que les services iraniens aient partagé des informations avec les services chinois, que ce soit sur l’identité de sources en Chine ou en leur donnant la méthode utilisée pour trouver les adresses de serveurs. Les 11 anciens responsables de l’agence américaine de renseignement (et d’anciens proches du gouvernement américain) qui ont parlé aux journalistes de Yahoo news estiment qu’il est possible que la compromission ait été mondiale. La CIA aurait probablement été forcée de retirer ses agents présents dans le monde entier.

Comment la CIA a-t-elle pu imaginer permettre à des agents exposés à l’étranger de communiquer par des serveurs web repérables grâce à une simple recherche avancée dans Google ? Le mystère à ce niveau là reste entier…

https://information.tv5monde.com/info/espionnage-et-cybersecurite-des-dizaines-d-agents-de-la-cia-arretes-ou-executes-sur-simple-clic

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

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Un attentat a tué 24 personnes et en a blessé 60 autres lors d’un défilé militaire, le 22 septembre à Ahvaz (Iran).

Ahvaz est la capitale de la région arabe du Khuzestan. Le 22 septembre 1980, le président Saddam Hussein tenta d’annexer cette population à l’Iraq, provoquant la guerre Iraq-Iran. À l’époque, l’immense majorité des arabes iraniens résistèrent à l’agression étrangère. Le défilé militaire du 22 septembre 2018 marquait l’anniversaire de cette terrible guerre, financée par les Occidentaux contre la Révolution khomeiniste.

Plusieurs groupes organisent régulièrement des protestations et des attentats au Khuzestan :
- Le Parti de la solidarité démocratique d’Ahvaz (soutenu par la CIA et le MI6, il tente de coaliser les diverses minorités non-perses d’Iran)
- L’Organisation de libération d’Ahvaz (soutenue par les fidèles de feu Saddam Hussein).

L’attentat de cette semaine a été revendiqué à la fois par le Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz (censé regrouper diverses organisations pro-Iraquiens) et par Daesh (qui a publié une vidéo des kamikazes avant leur action).

Rappelons que le régime de Saddam Hussein en Iraq avait abandonné la laïcité dans le cadre de son programme de « Retour à la Foi ». Lors de l’invasion US, les membres du Parti Baas furent interdits de politique et l’armée nationale fut dissoute, tandis que le pays fut dirigé par des chiites liés à l’Iran. L’ancien vice-président Ezzat Ibrahim Al-Douri étant le grand maître de l’Ordre des Nachqbandis (une confrérie soufie), fit alliance avec la CIA et le MI6 pour intégrer Daesh avec ses hommes et obtenir sa revanche contre les chiites. Par conséquent, les deux revendications de l’attentat renvoient par des chemins différents à Washington et à Londres. C’est pourquoi la République islamique d’Iran a immédiatement accusé les Occidentaux et les États du Golfe sponsors du terrorisme.

Cependant, l’un des conseillers du prince héritier des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a déclaré que son pays venait de parvenir à faire entrer la guerre en Iran, revendiquant ainsi publiquement le rôle de son pays dans l’attentat. Ce type de déclaration n’est pas si surprenant que cela au Moyen-Orient. En 2015, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan s’était publiquement félicité des attentats qu’il avait commandité en Europe.

La position des Émirats a brusquement changée, non pas à cause de la guerre au Yémen (où ils combattent contre les Houthis soutenus par l’Iran), mais à cause de la rupture de l’accord USA-Iran (JCPoA). Au cours des deux dernières décennies, la richesse des Émirats était basée sur le contournement des sanctions US par l’Iran. Le port de Dubaï était devenu le centre de ce trafic. Désormais les deux pays sont ennemis et la question de la souveraineté d’un îlot du Golfe ressurgit.

Le président iranien, cheikh Hassan Rohani, a promis une « réponse terrible » aux Émirats, contraignant le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, à revenir en arrière et à démentir les propos précédents de son gouvernement.

http://www.voltairenet.org/article203082.html

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Publié le 31 Août 2018 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Histoire

Alors que ça chauffe autour d’Idlib et que les boxeurs se préparent à un jet d’éponge chimique qui n’arrêtera néanmoins pas le combat, penchons-nous pacifiquement (quoique…) ce soir sur un thème tout différent.

Ce petit billet part d’un article du National Interest à propos des relations américano-indiennes. L’auteur aborde la question par un biais original, analysant les liens entre Washington et New Delhi à l’aune de leurs votes convergents ou divergents à l’ONU. La conclusion est que, derrière les belles paroles de partenariat – et même si un certain rapprochement a eu lieu depuis deux décennies, comme nous l’expliquions à propos du sommet 2016 des BRICS -, les deux pays ont emprunté des chemins relativement éloignés (80% de votes divergents !)

Plus intéressant encore, est mis en graphique le vote de plusieurs autres pays :

Certes, il s’agit des votes à l’Assemblée générale (alors que les décisions les plus importantes sont prises au Conseil de sécurité) ; certes, ces consultations portent parfois sur des questions mineures… m’enfin, il est intéressant de constater que, sans surprise, Inde, Russie et Chine s’opposent régulièrement à l’empire. A ce titre, New Delhi est encore plus rebelle que Moscou, ne dépassant jamais les 20% de vote commun.

Affinons maintenant la recherche en mettant en parallèle le vote des pays européens et les administrations américaines qui se sont succédées au pouvoir :

Là non plus, aucune surprise, les vassaux sont plus obéissants et soumis lorsque le parti Démocrate est au pouvoir. Car contrairement à l’impérialisme plus franc et à rebrousse-poil des Républicains, le parti à l’âne (ça ne s’invente pas) est plus subtil dans son agressivité étrangère, faisant participer ses inféodés à la grande fête guerrière au sein de « coalitions du Bien et de la Démocratie » (défense de rire). Le « lead from behind » d’Obama entre dans cette ligne, où les toutous britanniques et français ont fait le travail de l’oncle Sam en Libye et, en partie, en Syrie. Et pour convaincre les derniers récalcitrants, quelques symboles bien politiquement corrects – un noir, une femme – emporteront l’adhésion des euronouilles, bien plus préoccupés de la forme que du fond.

Car le fond du parti Démocrate est, et a toujours été belliqueux. Les historiens savent qu’entre 1945 et 1990, toutes les guerres ont été déclenchées par des administrations Démocrates et terminées par des administrations Républicaines. C’est un président Démocrate (Truman) qui a balancé deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, c’est toujours lui qui est intervenu dans la meurtrière guerre de Corée (1950-1953), ce sont deux autres Démocrates (Kennedy et Johnson) qui ont déclenché la guerre du Vietnam.

A l’inverse, ce sont quelques Républicains avisés qui ont mis fin à ces conflits dévastateurs, parmi lesquels Eisenhower, commandant suprême des alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale et connaissant personnellement les horreurs de la guerre. Non seulement il a mis un terme aux hostilités en Corée mais nous avertissait, lors de son fameux discours d’adieu de janvier 1961, sur le danger du complexe militaro-industriel. A revoir sans modération :

La CIA possède les médias américains et européens

La CIA possède les médias américains et européens

Publié par wikistrike.com sur 22 Août 2018, 10:04am

Catégories : #Culture – médias – Livres – expos – rencontres

La CIA possède les médias américains et européens

William Blum nous fait part de sa correspondance avec Michael Birnbaum du Washington Post. Comme vous pouvez le voir dans ses réponses, Birnbaum apparaît comme étant soit très stupide, soit comme un atout au service de la CIA.

Lorsque j’ai reçu mon briefing en tant que membre du personnel adjoint du Sous-comité des Crédits à la Chambre de la Défense, qui exigeait une habilitation de sécurité très secrète, des membres supérieurs du personnel m’ont dit que le Washington Post était au service de la CIA. En regardant le Washington Post démolir le président Richard Nixon avec l’histoire orchestrée du Watergate, c’est devenu évident.

Le président Nixon s’était trop ouvert aux Soviétiques et avait conclu trop d’accords de restriction d’armements, et il s’était rapproché de la Chine. En voyant les initiatives de paix du président Nixon affaiblir la menace de l’Union soviétique et de la Chine maoïste, le complexe militaro/sécurité a vu une menace pour son budget et son pouvoir et a décidé que Nixon devait partir.

L’assassinat du président John F. Kennedy avait suscité beaucoup trop de scepticisme à propos du rapport de la Commission Warren, de sorte que la CIA a décidé d’utiliser le Washington Post pour se débarrasser de Nixon. Pour que la gauche américaine déteste Nixon, la CIA a utilisé ses ressources au sein de la gauche pour que Nixon soit blâmé pour la guerre du Vietnam, une guerre dont Nixon a hérité et qu’il ne voulait pas.

dominoLa CIA savait que le problème de Nixon était qu’il ne pouvait pas sortir de la guerre sans perdre sa base conservatrice, convaincue par l’absurde « Théorie du Domino« . Je me suis toujours demandé si la CIA avait elle-même concocté la « Théorie du Domino« , car elle les a si bien servis.

Incapable de se débarrasser de la guerre « avec les honneurs« , Nixon a été poussé à recourir à des méthodes brutales pour forcer les Nord-Vietnamiens à accepter une situation pour le Vietnam que Nixon pourrait abandonner sans défaite, sans salir « l’honneur » de l’Amérique et sans perdre sa base de soutien conservatrice.

Les Nord-Vietnamiens ne voulaient pas se plier, mais le Congrès américain l’a fait, et ainsi la CIA a réussi à discréditer la gestion de la guerre de Nixon. Sans personne pour le défendre, Nixon était une cible facile pour la CIA.

Voici l’échange de Blum avec Birnbaum. Il est possible que Birnbaum ne soit ni stupide ni au service de la CIA, mais juste une personne qui veut garder son emploi. La dernière chose qu’il peut se permettre de faire est de désabuser ceux qui croient en la « menace russe » alors que Amazon et le Washington Post appartenant à Jeff Bezos dépendent de la subvention annuelle de la CIA de 600 millions de dollars déguisée en “contrat.”

Le rapport anti-empire # 159

William Blum (à gauche) et Michael Birnbaum (à droite)

Willian Blum

L’esprit des médias de masse : Échange de courriels entre moi et un des principaux journalistes du Washington Post sur la politique étrangère :

18 juillet 2018

Cher M. Birnbaum,

Vous écrivez Trump « n’a fait aucune mention des péripéties de la Russie en Ukraine ». Eh bien, ni lui, ni Poutine, ni vous n’avez mentionné les péripéties de l’Amérique en Ukraine, qui ont abouti au renversement du gouvernement ukrainien en 2014, et qui a conduit à l’intervention russe justifiée. Donc… ?

Si la Russie renversait le gouvernement mexicain, blâmeriez-vous les États-Unis d’avoir pris des mesures au Mexique ?

William Blum

Cher M. Blum,

Merci pour votre message. « Les péripéties de l’Amérique en Ukraine » : de quoi parlez-vous ? La dernière fois que j’ai vérifié, ce sont les Ukrainiens dans les rues de Kiev qui ont poussé Ianoukovitch à se retourner et fuir. Que ce soit une bonne chose ou non, nous pouvons laisser cela de côté, mais ce ne sont pas les Américains qui l’ont fait.

Toutefois, ce sont les forces spéciales russes qui se sont déployées en Crimée en février et mars 2014, sous la directive de Poutine, et les Russes venus de Moscou ont alimenté le conflit dans l’est de l’Ukraine dans les mois qui ont suivi, selon leurs propres récits.

Salutations, Michael Birnbaum

A Michael Birnbaum,

J’ai du mal à croire votre réponse. Vous ne lisez que le Post ? N’avez vous pas vu Victoria Nuland, haut fonctionnaire du ministère d’État, et ambassadeur des États-Unis en Ukraine sur la place Maidan pour encourager les manifestants ? Elle a parlé de 5 milliards de dollars (sic) versés pour aider les manifestants qui allaient bientôt renverser le gouvernement. Elle et l’ambassadeur des États-Unis ont parlé ouvertement de qui choisir comme prochain président. Et c’est lui qui est devenu président. Tout cela est enregistré. Je suppose que vous ne regardez jamais Russia Today (RT). Dieu nous en garde ! Je lis le Post tous les jours. Vous devriez regarder RT de temps en temps.

William Blum

A William Blum,

J’étais le chef du bureau du journal à Moscou ; j’ai fait de nombreux reportages en Ukraine au cours des mois et des années qui ont suivi les manifestations. Mes observations ne sont pas basées sur la lecture. La RT n’est pas un média crédible, mais je lis bien au-delà de nos propres pages et, bien sûr, je parle moi-même aux acteurs sur le terrain – c’est mon travail.

Et oui, bien sûr, Nuland était sur la place Maidan – mais encourager les protestations, comme elle l’a clairement fait, n’est pas la même chose que de les provoquer ou de les diriger, ni de jouer aux favoris avec des successeurs potentiels, comme elle l’a clairement fait, ni d’être directement responsable du renversement du gouvernement. Je ne dis pas que les États-Unis n’ont pas participé à l’élaboration des événements. Il en va de même pour la Russie et l’Union Européenne. Mais les Ukrainiens étaient aux commandes pendant tout le processus. Je connais la personne qui a posté le premier appel sur Facebook pour protester contre Ianoukovitch en novembre 2013 ; ce n’est pas un agent américain. RT, pendant ce temps, rapporte des fabrications et des mensonges effrayants tout le temps. Il est important de choisir des sources médiatiques saines et variées et ne pas s’arrêter aux médias grand public américains. Mais demandez-vous combien de fois RT fait des reportages critiques sur le gouvernement russe, et considérez comment cette lacune façonne le reste de leurs reportages. Vous trouverez dans le Washington Post de nombreux articles critiques à l’égard du gouvernement américain et de la politique étrangère américaine en général, des décisions en Ukraine et du gouvernement ukrainien en particulier. Notre objectif est d’être juste, sans choisir de camp.

Salutations, Michael Birnbaum

Fin de l’échange

C’est vrai, les États-Unis ne jouent pas un rôle indispensable dans les changements de gouvernements étrangers ; ils ne l’ont jamais fait et ne le feront jamais ; même lorsqu’ils offrent des milliards de dollars ; même lorsqu’ils choisissent le nouveau président, ce qui, apparemment, n’est pas la même chose que de choisir un camp.Il convient de noter que M. Birnbaum n’offre pas un seul exemple pour étayer son affirmation extrémiste selon laquelle la RT « rapporte constamment des fabrications et des mensonges terribles« . « Tout le temps« , rien de moins ! Il devrait être facile de donner quelques exemples.

rtPour mémoire, je pense que la RT est beaucoup moins biaisée que le Post sur les affaires internationales. Et, oui, c’est le parti pris, et non les « fausses nouvelles » qui est le principal problème – le parti pris de la guerre froide/anti-communiste/anti-russe avec lequel les Américains ont été élevés pendant tout un siècle.

La RT défend la Russie contre les innombrables attaques aveugles de l’Occident. Qui d’autre est là pour faire ça ? Les médias occidentaux ne devraient-ils pas être tenus responsables de ce qu’ils diffusent ? Les Américains sont tellement peu habitués à entendre la position russe défendue, ou à l’entendre tout simplement, que lorsqu’ils le font, cela peut sembler plutôt bizarre.

Pour l’observateur désinvolte, les actes d’accusation du 14 juillet de LA COUR DE DISTRICT DES ÉTATS-UNIS DU DISTRICT DE COLOMBIA, contre des Agents de Renseignement Russes (GRU) ont renforcé l’argument selon lequel le gouvernement soviétique est intervenu dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Considérons ces actes d’accusation sous la bonne perspective et nous constatons que l’ingérence électorale n’est inscrite qu’en tant qu’objectif supposé, les accusations étant en fait portées sur des cyber-opérations illégales, vol d’identité et complot en vue de faire blanchir de l’argent par des ressortissants américains qui n’ont aucun lien avec le gouvernement russe.

Donc… nous attendons toujours des preuves d’une ingérence russe réelle dans les élections visant à déterminer le vainqueur.

Les Russes l’ont fait

Chaque jour, je passe environ trois heures à lire le Washington Post. Entre autres choses, je cherche des preuves – des preuves réelles, juridiques, de qualité judiciaire, ou du moins quelque chose de logique et de rationnel – pour identifier ces horribles Russkofs pour leurs nombreux crimes récents, depuis l’influence sur les résultats de l’élection présidentielle américaine de 2016 jusqu’à l’utilisation d’un agent neurotoxique au Royaume-Uni. Mais je ne trouve pas de telles preuves.

Chaque jour apporte ce genre de gros titres :

« Les États-Unis ajoutent des sanctions économiques contre la Russie : Une attaque avec un agent neurotoxique sur un ancien espion en Angleterre oblige la Maison Blanche à agir« .

« La Russie exploite-t-elle le nouvel objectif de Facebook ?«

« Experts : L’équipe de Trump ne voit pas l’urgence de la menace russe«

propagandaCes gros titres sont tous du même jour, le 9 août, ce qui m’a amené à penser à faire cet article, mais des histoires similaires peuvent être trouvées n’importe quel jour dans le Post et dans les principaux journaux n’importe où en Amérique. Aucun des articles n’essaye d’expliquer comment la Russie a fait ces choses, ni même POURQUOI. Les motivations ne semblent pas intéresser les médias américains. Le seul élément parfois mentionné, qui, je pense, peut avoir une certaine crédibilité, est la préférence de la Russie pour Trump par rapport à Hillary Clinton en 2016. Mais cela n’explique pas comment la Russie pourrait réaliser le tour de force magique électoral dont elle est accusée, ce qui ne serait possible que si les États-Unis étaient une République bananière arriérée du Tiers-Monde.

Il y a les publicités Facebook, ainsi que toutes les autres publicités… Les gens qui sont influencés par cette histoire, ont-ils lu vu trop de publicités ? Beaucoup sont pro-Clinton ou anti-Trump ; beaucoup sont les deux ; beaucoup ne sont ni l’un ni l’autre. C’est un gros gâchis, la seule explication rationnelle à ce que j’ai lu est que ces publicités viennent de sites web qui font de l’argent, des sites « appâts à click » comme on les appelle, qui gagnent de l’argent simplement en attirant des visiteurs.

En ce qui concerne les agents neurotoxiques, il est plus logique que le Royaume-Uni ou la CIA l’ait fait pour donner une mauvaise image aux Russes, car le scandale anti-russe qui a suivi était totalement prévisible. Pourquoi la Russie choisirait-elle le moment de la Coupe du monde à Moscou – dont toute la Russie est immensément fière – pour faire tomber une telle notoriété sur leur tête ? Mais cela aurait été le moment idéal pour que leurs ennemis puissent les embarrasser.

Cependant, je n’ai aucun doute que la grande majorité des Américains qui suivent les actualités chaque jour croient les histoires officielles sur les Russes. Ils sont particulièrement impressionnés par le fait que toutes les agences de renseignement américaines soutiennent les articles officiels. Ils ne seraient pas du tout surpris si on leur disait qu’une douzaine d’agences de renseignement russes ont toutes contesté les accusations. La pensée de groupe est vivante et bien vivante dans le monde entier. Tout comme la Seconde Guerre froide.

Mais nous sommes les Gentils, n’est-ce pas ?

Pour un défenseur de la politique étrangère américaine, il n’y a pas grand-chose qui cause plus de brûlures d’estomac extrêmes que quelqu’un qui implique une « équivalence morale » entre le comportement américain et celui de la Russie. C’était le cas pendant la Première Guerre froide et c’est la même chose aujourd’hui pendant la Deuxième Guerre froide. Ça les pousse tout droit vers le Mur.

nedAprès que les Etats-Unis aient adopté l’année dernière une loi obligeant la chaîne de télévision RT (Russia Today) à s’enregistrer en tant « qu’agent étranger« , les Russes ont adopté leur propre loi permettant aux autorités d’exiger que les médias étrangers s’enregistrent en tant « qu’agent étranger« . Le sénateur John McCain a dénoncé la nouvelle loi russe, affirmant qu’il n’y a « aucune équivalence » entre la RT et des réseaux tels que Voice of America, CNN et la BBC, dont les journalistes « cherchent la vérité, démystifient les mensonges et tiennent les gouvernements pour responsables« . En revanche, les propagandistes de la RT démystifient la vérité, répandent des mensonges et cherchent à saper les gouvernements démocratiques afin de faire progresser l’agenda de Vladimir Poutine.

Tom Malinowski, ancien secrétaire d’État adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail (2014-2017) – l’année dernière, a rapporté que Poutine avait « accusé le gouvernement américain d’être intervenu de manière agressive dans le vote présidentiel russe de 2012« , affirmant que Washington avait « rassemblé des forces d’opposition et les avait financées« . Malinowski écrit :

« Poutine a apparemment amené le président Trump à s’engager à ce qu’aucun des deux pays ne s’immisce dans les élections de l’autre« .

« Est-ce que cette équivalence morale est juste ? » Malinowski a demandé et a répondu :

« En bref, non. L’ingérence de la Russie dans les élections américaines de 2016 n’aurait pas pu être plus différente de ce que les États-Unis font pour promouvoir la démocratie dans d’autres pays« .

Comment peut on satiriser de tels fonctionnaires et de telles croyances d’école secondaire ?

Nous avons aussi le cas de l’agence gouvernementale américaine, Fondation Nationale pour la Démocratie (NED), qui est intervenue dans plus d’élections que la CIA ou Dieu. En effet, l’homme qui a contribué à l’élaboration de la législation établissant la NED, Allen Weinstein, déclarait en 1991 :

« Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait clandestinement il y a 25 ans par la CIA« .

Le 12 avril 2018, les présidents de deux ailes de la NED ont écrit :

« Un discours fallacieux a été remis en avant : la campagne de guerre politique de Moscou n’est pas différente de l’aide à la démocratie soutenue par les États-Unis”.

« L’aide à la démocratie« , voyez-vous, c’est comme ça qu’ils appellent les interférences électorales de la NED et les renversements de gouvernement. Les auteurs continuent :

« Ce discours est pondu par des organismes de propagande tels que RT et Sputnik (station de radio)…. il est déployé par des isolationnistes qui préconisent un retrait des États-Unis du leadership mondial« .

« Les isolationnistes » sont ce que les conservateurs appellent les critiques de la politique étrangère américaine dont ils ne peuvent pas facilement écarter les arguments, laissant entendre qu’ils ne veulent pas que les États-Unis soient impliqués dans quoi que ce soit à l’étranger.

Et le « leadership mondial« , c’est ce qu’ils appellent être en première ligne dans les interférences électorales et les renversements de gouvernement.

Paul Craig Roberts

article originel : The CIA Owns the US and European Media

traduit par Pascal, revu par Martha pour Réseau International

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse


Tyler DurdenPar Tyler Durden – Le 30 juillet 2018 – Source Zero Hedge

Un colonel en retraite de l’armée US, spécialiste de la guerre électronique a déclaré à Foreign Policy : « Tout à coup, vos communications ne fonctionnent plus, vous ne pouvez pas ordonner de tirs, vous ne pouvez pas être averti des tirs hostiles parce que vos radars ont été bloqués et ils ne peuvent rien détecter ». 

Un nouveau rapport détaille l’inquiétude grandissante du Pentagone face à l’augmentation du nombre d’attaques électroniques russes contre des positions militaires américaines en Syrie, dont le nombre selon les déclarations publiques du Pentagone est de 2000 ou plus, situées sur une douzaine de bases « secrètes », principalement au nord-est de la Syrie, et intégrées dans les Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, soutenues par les États-Unis,

ewin syria
Image via The National Interest

Le rapport de Foreign Policy commence ainsi :

« Les officiers qui ont subi le brouillage – connu sous le nom de guerre électronique – disent que ce n’est pas moins dangereux que les attaques conventionnelles avec des bombes et de l’artillerie. Mais ils disent aussi que cela permet aux troupes américaines de découvrir la technologie russe sur le champ de bataille et de trouver des moyens de se défendre. »

Depuis que la Russie est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement Assad en 2015, les deux superpuissances se sont affrontées à de multiples occasions dangereuses, mais ont communiqué par l’intermédiaire d’une « ligne directe militaire à militaire » destinée à éviter les collisions aériennes et la confrontation directe des troupes.

La Russie, aux côtés du gouvernement syrien, considère les troupes américaines comme des occupants étrangers non invités, qui ont commis des actes d’agression contre l’État syrien, tuant des centaines de soldats syriens (et des mercenaires russes, même s’ils n’étaient pas sous les ordres de Moscou), lors de multiples incidents près des lignes de front à Deir Ezzor.

Et maintenant, comme l’a récemment déclaré le général Raymond Thomas, chef du commandement des opérations spéciales des États-Unis, lors d’une conférence de renseignement et de technologie militaire, la Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète ».

Il a dit des « adversaires » russes, iraniens et syriens : « Ils nous testent tous les jours, bloquant nos communications, désactivant nos EC-130 [les grands avions de commandement et de contrôle des champs de bataille aériens de l’Air Force]. »

Foreign Policy (FP) indique que le brouillage électronique par les forces russes signifie une menace d’« escalade » dans un environnement déjà confus compte tenu du large éventail de groupes et d’acteurs étatiques opérant en Syrie.

Le rapport dit que le Pentagone a officiellement reconnu le succès des efforts de brouillage russes la semaine dernière dans les termes suivants :

« Un colonel de l’armée américaine, Brian Sullivan, a décrit un épisode récent à des journalistes au département de la Défense des États-Unis la semaine dernière. Il a déclaré que ses troupes avaient rencontré un ‘environnement de guerre électronique saturé’ alors qu’elles combattaient dans le nord-est de la Syrie pendant leur déploiement de neuf mois, qui avait duré de septembre 2017 à mai 2018. »

Et le rapport cite encore le Col. Sullivan : « Cela nous a posé des défis auxquels nous avons pu faire face avec succès, et cela nous a donné l’opportunité d’opérer dans un environnement qui ne peut être reproduit nulle part à domicile, y compris dans nos centres de formation au combat. »

Dans une citation particulièrement troublante qui rappelle la guerre froide, le colonel note : « C’est une grande opportunité pour nous d’opérer particulièrement dans l’environnement syrien où les Russes sont actifs ».

L’ancien directeur intérimaire/directeur adjoint de la CIA Michael Morell : « nous devons tuer les Russes en Syrie » (vidéo en anglais).

Bien sûr, pour commencer – et quoi qu’on en dise – il y a la grande question de la contradiction concernant des troupes américaines qui se trouvent en Syrie sans aucune autorisation du Congrès ni mandat du peuple américain (à moins que, comme semble le croire le président Donald Trump, l’ancienne autorisation d’utilisation de la force militaire, l’AUMF, après le 9/11, signifie que les troupes américaines peuvent rester au Moyen-Orient pour toujours).

Foreign Policy écrit en outre que la guerre électronique implique l’arrêt des communications et de la capacité de navigation au sol et en l’air, quelque chose de particulièrement dangereux dans un espace de combat bondé comme la Syrie :

« Daniel Goure, expert en sécurité nationale et questions militaires au Lexington Institute, affirme que les nouveaux systèmes de guerre électronique de la Russie sont sophistiqués. Ils peuvent être montés sur de gros véhicules ou des avions et peuvent endommager des cibles à des centaines de kilomètres. »

Goure parle aussi d’un affrontement involontaire potentiel entre des puissances majeures comme les États-Unis et la Russie : « Le problème avec la guerre électronique, de manière plus générale, est qu’elle peut vraiment aveugler votre vision de l’espace de combat, votre vision opérationnelle, et cela peut mener à des erreurs vraiment horribles. »

La Russie aurait fait d’énormes progrès dans sa capacité de systèmes de guerre électronique au cours des quinze dernières années car elle perçoit que la menace d’une invasion par l’OTAN à ses frontières ne peut que croître.

En attendant, la Russie a indiqué qu’elle était au courant des actions militaires futures que Washington et ses alliés occidentaux pourraient comploter contre elle.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a dit cette semaine dans des déclarations publiques lors d’un forum éducatif russe : « Notre conscience des plans que les militaires américains et d’autres pays occidentaux préparent en relation avec la Fédération de Russie est totale. » Il a ajouté que la Russie et ses frontières terrestres et aériennes étaient sûres « quoi qu’il arrive dans le monde », ce qui semblait être une référence aux récents progrès de la technologie de la défense et du renseignement russes.

Tyler Durden

Traduit par jj, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-electronique-russe-contre-les-troupes-americaines-en-syrie-entre-dans-une-phase-dangereuse

 

Sommet Trump/Poutine : Le Sénateur Rand Paul qualifie l’ex-patron de la CIA de “complètement dérangé”. 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie (Reuters).

Sommet Trump/Poutine : Le Sénateur Rand Paul qualifie l’ex-patron de la CIA de “complètement dérangé”. 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie (Reuters).

11h48

Le Sénateur Républicain Rand Paul sur l’ex-directeur de la CIA John Brennan qui a qualifié Trump de “traître” : «John Brennan est complètement dérangé. Il traite le Président de traître mais ce qui devrait inquiéter les Américains est qu’un haineux anti-Trump ait dirigé la CIA qui possède toutes les informations pour pouvoir détruire n’importe qui (…) John Brennan a commencé sa vie d’adulte en votant communiste et termine sa carrière comme le plus biaisé, fanatique, extravagant, hyperbolique, dérangé, directeur de la CIA qu’on ait jamais eu (…) Dov Levin de l’Université Carnegie-Mellon a dit que les USA se sont ingérées, ou ont essayé, dans 80 différentes élections de ces 50 dernières années. La seule leçon à retenir est de se protéger.»

Rand Paul défend la position de Donald Trump sur la Russie et annonce qu’il s’y rendra lui-même dans les prochaines semaines : «Je suis d’accord avec le Président Trump quand il dit qu’il préfère prendre un risque politique pour la paix que risquer la paix en poursuivant une politique.»

 


Reuters : «Un nouveau sondage Reuters/Ipsos montre que 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie, un signe que le Président jouit toujours d’un large soutien parmi les électeurs Républicains».

Jean-Eric Branaa : «Une base en béton armé ! Un sondage réalisé par @Reuters indique que 71% des républicains soutiennent @POTUS dans son approche des relations avec la Russie. Même si une majorité d’Américains indiquent le contraire, ce soutien indéfectible de ses électeurs est assez inédit.»

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Revue de presse nationale et internationale.

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