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Espionnage et cybersécurité : des dizaines d’agents de la CIA arrêtés ou exécutés… sur simple clic Google !

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© TV5MONDE

Au moins 30 agents « neutralisés », des dizaines d’autres démasqués. La CIA a payé un lourd tribut au renseignement entre 2009 et 2013. L’Agence américaine possédait des serveurs de communication « cachés » sur Internet. Les services iraniens et chinois avaient trouvé la « formule magique » pour récupérer leurs adresses. Explications

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L’information n’est révélée qu’aujourd’hui par deux journalistes de Yahoo News, Zach Dorfman and Jenna McLaughlin, mais elle reste énorme par ses conséquences. L’affaire s’est déroulée entre 2009 et 2013 : un système de communication par serveur Internet de la CIA, utilisé par des agents infiltrés à l’étranger, a été compromis durant toute cette période par les renseignements iraniens, puis chinois. Des dizaines d’agents et de sources ont été démasqués en Iran et enfermés, 30 autres ont été exécutés en Chine. Le système pour permettre les échanges via Internet était basé sur le principe du « web caché », ce qui pour une agence de renseignement frise l’amateurisme le plus complet.

Une requête Google pour faire « apparaître » l’adresse du serveur

Le principe que la CIA avait décidé d’appliquer pour permettre à des agents en Iran ou en Chine d’échanger des informations était le suivant : des serveurs web étaient activés de façon temporaire, et pas indexés pour n’être affichables par le moteur de recherche Google qu’avec une certaine méthode et certains mots clés dans la recherche avancée. Ce que le spécialiste en cybersécurité Philippe Laquet résume par la sentence suivante : « C’était une sorte de « formule magique » dans la barre de recherche google, ce qu’on appelle un « dork », pour pouvoir rechercher les seveurs non indexés ».

Ces serveurs permettaient à des sources à l’étranger d’échanger avec la CIA après avoir tapé la requête avancée Google leur donnant un lien url (adresse du serveur web) sur lequel ils venaient se connecter. Une fois les échanges effectués, le serveur était désactivé et d’autres pouvaient s’activer temporairement dont l’adresse différente était néamoins toujours récupérable via cette fameuse méthode de recherche avancée sur le moteur Google. « Quiconque utilisait la « formule magique » de recherche pouvait retrouver les dits serveurs », précise le cyberspécialiste.

En 2009, un agent double iranien  a utilisé l’un de ces sites web temporaire. Les services dont il dépendait en Iran ont très vite compris la méthode utilisée, ce qui leur a permis de trouver d’autres sites web d’échanges entre la CIA et ses sources…
Et C’est ainsi que la plupart des sources de la CIA en Iran ont été identifiées et arrêtées en 2011.

Des serveurs utilisés par la Chine

Ces accès aux serveurs de communication avec les sources de la CIA à l’étranger n’ont pas seulement permis les arrestations iraniennes, bien que les services iraniens les aient utilisé aussi pour se rapprocher d’agents américains afin de les recruter comme agents double. Entre 2011 et 2012, la Chine a elle aussi accédé à ces serveurs web temporaires afin d’identifier les sources ou agents américains utilisant ce système, ce qui a mené — selon les confidences reçues par les journalistes de Yahoo news — à l’exécution de 30 personnes par le gouvernement. Il est possible que les services iraniens aient partagé des informations avec les services chinois, que ce soit sur l’identité de sources en Chine ou en leur donnant la méthode utilisée pour trouver les adresses de serveurs. Les 11 anciens responsables de l’agence américaine de renseignement (et d’anciens proches du gouvernement américain) qui ont parlé aux journalistes de Yahoo news estiment qu’il est possible que la compromission ait été mondiale. La CIA aurait probablement été forcée de retirer ses agents présents dans le monde entier.

Comment la CIA a-t-elle pu imaginer permettre à des agents exposés à l’étranger de communiquer par des serveurs web repérables grâce à une simple recherche avancée dans Google ? Le mystère à ce niveau là reste entier…

https://information.tv5monde.com/info/espionnage-et-cybersecurite-des-dizaines-d-agents-de-la-cia-arretes-ou-executes-sur-simple-clic

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Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

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Un attentat a tué 24 personnes et en a blessé 60 autres lors d’un défilé militaire, le 22 septembre à Ahvaz (Iran).

Ahvaz est la capitale de la région arabe du Khuzestan. Le 22 septembre 1980, le président Saddam Hussein tenta d’annexer cette population à l’Iraq, provoquant la guerre Iraq-Iran. À l’époque, l’immense majorité des arabes iraniens résistèrent à l’agression étrangère. Le défilé militaire du 22 septembre 2018 marquait l’anniversaire de cette terrible guerre, financée par les Occidentaux contre la Révolution khomeiniste.

Plusieurs groupes organisent régulièrement des protestations et des attentats au Khuzestan :
- Le Parti de la solidarité démocratique d’Ahvaz (soutenu par la CIA et le MI6, il tente de coaliser les diverses minorités non-perses d’Iran)
- L’Organisation de libération d’Ahvaz (soutenue par les fidèles de feu Saddam Hussein).

L’attentat de cette semaine a été revendiqué à la fois par le Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz (censé regrouper diverses organisations pro-Iraquiens) et par Daesh (qui a publié une vidéo des kamikazes avant leur action).

Rappelons que le régime de Saddam Hussein en Iraq avait abandonné la laïcité dans le cadre de son programme de « Retour à la Foi ». Lors de l’invasion US, les membres du Parti Baas furent interdits de politique et l’armée nationale fut dissoute, tandis que le pays fut dirigé par des chiites liés à l’Iran. L’ancien vice-président Ezzat Ibrahim Al-Douri étant le grand maître de l’Ordre des Nachqbandis (une confrérie soufie), fit alliance avec la CIA et le MI6 pour intégrer Daesh avec ses hommes et obtenir sa revanche contre les chiites. Par conséquent, les deux revendications de l’attentat renvoient par des chemins différents à Washington et à Londres. C’est pourquoi la République islamique d’Iran a immédiatement accusé les Occidentaux et les États du Golfe sponsors du terrorisme.

Cependant, l’un des conseillers du prince héritier des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a déclaré que son pays venait de parvenir à faire entrer la guerre en Iran, revendiquant ainsi publiquement le rôle de son pays dans l’attentat. Ce type de déclaration n’est pas si surprenant que cela au Moyen-Orient. En 2015, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan s’était publiquement félicité des attentats qu’il avait commandité en Europe.

La position des Émirats a brusquement changée, non pas à cause de la guerre au Yémen (où ils combattent contre les Houthis soutenus par l’Iran), mais à cause de la rupture de l’accord USA-Iran (JCPoA). Au cours des deux dernières décennies, la richesse des Émirats était basée sur le contournement des sanctions US par l’Iran. Le port de Dubaï était devenu le centre de ce trafic. Désormais les deux pays sont ennemis et la question de la souveraineté d’un îlot du Golfe ressurgit.

Le président iranien, cheikh Hassan Rohani, a promis une « réponse terrible » aux Émirats, contraignant le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, à revenir en arrière et à démentir les propos précédents de son gouvernement.

http://www.voltairenet.org/article203082.html

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Publié le 31 Août 2018 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Histoire

Alors que ça chauffe autour d’Idlib et que les boxeurs se préparent à un jet d’éponge chimique qui n’arrêtera néanmoins pas le combat, penchons-nous pacifiquement (quoique…) ce soir sur un thème tout différent.

Ce petit billet part d’un article du National Interest à propos des relations américano-indiennes. L’auteur aborde la question par un biais original, analysant les liens entre Washington et New Delhi à l’aune de leurs votes convergents ou divergents à l’ONU. La conclusion est que, derrière les belles paroles de partenariat – et même si un certain rapprochement a eu lieu depuis deux décennies, comme nous l’expliquions à propos du sommet 2016 des BRICS -, les deux pays ont emprunté des chemins relativement éloignés (80% de votes divergents !)

Plus intéressant encore, est mis en graphique le vote de plusieurs autres pays :

Certes, il s’agit des votes à l’Assemblée générale (alors que les décisions les plus importantes sont prises au Conseil de sécurité) ; certes, ces consultations portent parfois sur des questions mineures… m’enfin, il est intéressant de constater que, sans surprise, Inde, Russie et Chine s’opposent régulièrement à l’empire. A ce titre, New Delhi est encore plus rebelle que Moscou, ne dépassant jamais les 20% de vote commun.

Affinons maintenant la recherche en mettant en parallèle le vote des pays européens et les administrations américaines qui se sont succédées au pouvoir :

Là non plus, aucune surprise, les vassaux sont plus obéissants et soumis lorsque le parti Démocrate est au pouvoir. Car contrairement à l’impérialisme plus franc et à rebrousse-poil des Républicains, le parti à l’âne (ça ne s’invente pas) est plus subtil dans son agressivité étrangère, faisant participer ses inféodés à la grande fête guerrière au sein de « coalitions du Bien et de la Démocratie » (défense de rire). Le « lead from behind » d’Obama entre dans cette ligne, où les toutous britanniques et français ont fait le travail de l’oncle Sam en Libye et, en partie, en Syrie. Et pour convaincre les derniers récalcitrants, quelques symboles bien politiquement corrects – un noir, une femme – emporteront l’adhésion des euronouilles, bien plus préoccupés de la forme que du fond.

Car le fond du parti Démocrate est, et a toujours été belliqueux. Les historiens savent qu’entre 1945 et 1990, toutes les guerres ont été déclenchées par des administrations Démocrates et terminées par des administrations Républicaines. C’est un président Démocrate (Truman) qui a balancé deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, c’est toujours lui qui est intervenu dans la meurtrière guerre de Corée (1950-1953), ce sont deux autres Démocrates (Kennedy et Johnson) qui ont déclenché la guerre du Vietnam.

A l’inverse, ce sont quelques Républicains avisés qui ont mis fin à ces conflits dévastateurs, parmi lesquels Eisenhower, commandant suprême des alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale et connaissant personnellement les horreurs de la guerre. Non seulement il a mis un terme aux hostilités en Corée mais nous avertissait, lors de son fameux discours d’adieu de janvier 1961, sur le danger du complexe militaro-industriel. A revoir sans modération :

La CIA possède les médias américains et européens

La CIA possède les médias américains et européens

Publié par wikistrike.com sur 22 Août 2018, 10:04am

Catégories : #Culture – médias – Livres – expos – rencontres

La CIA possède les médias américains et européens

William Blum nous fait part de sa correspondance avec Michael Birnbaum du Washington Post. Comme vous pouvez le voir dans ses réponses, Birnbaum apparaît comme étant soit très stupide, soit comme un atout au service de la CIA.

Lorsque j’ai reçu mon briefing en tant que membre du personnel adjoint du Sous-comité des Crédits à la Chambre de la Défense, qui exigeait une habilitation de sécurité très secrète, des membres supérieurs du personnel m’ont dit que le Washington Post était au service de la CIA. En regardant le Washington Post démolir le président Richard Nixon avec l’histoire orchestrée du Watergate, c’est devenu évident.

Le président Nixon s’était trop ouvert aux Soviétiques et avait conclu trop d’accords de restriction d’armements, et il s’était rapproché de la Chine. En voyant les initiatives de paix du président Nixon affaiblir la menace de l’Union soviétique et de la Chine maoïste, le complexe militaro/sécurité a vu une menace pour son budget et son pouvoir et a décidé que Nixon devait partir.

L’assassinat du président John F. Kennedy avait suscité beaucoup trop de scepticisme à propos du rapport de la Commission Warren, de sorte que la CIA a décidé d’utiliser le Washington Post pour se débarrasser de Nixon. Pour que la gauche américaine déteste Nixon, la CIA a utilisé ses ressources au sein de la gauche pour que Nixon soit blâmé pour la guerre du Vietnam, une guerre dont Nixon a hérité et qu’il ne voulait pas.

dominoLa CIA savait que le problème de Nixon était qu’il ne pouvait pas sortir de la guerre sans perdre sa base conservatrice, convaincue par l’absurde « Théorie du Domino« . Je me suis toujours demandé si la CIA avait elle-même concocté la « Théorie du Domino« , car elle les a si bien servis.

Incapable de se débarrasser de la guerre « avec les honneurs« , Nixon a été poussé à recourir à des méthodes brutales pour forcer les Nord-Vietnamiens à accepter une situation pour le Vietnam que Nixon pourrait abandonner sans défaite, sans salir « l’honneur » de l’Amérique et sans perdre sa base de soutien conservatrice.

Les Nord-Vietnamiens ne voulaient pas se plier, mais le Congrès américain l’a fait, et ainsi la CIA a réussi à discréditer la gestion de la guerre de Nixon. Sans personne pour le défendre, Nixon était une cible facile pour la CIA.

Voici l’échange de Blum avec Birnbaum. Il est possible que Birnbaum ne soit ni stupide ni au service de la CIA, mais juste une personne qui veut garder son emploi. La dernière chose qu’il peut se permettre de faire est de désabuser ceux qui croient en la « menace russe » alors que Amazon et le Washington Post appartenant à Jeff Bezos dépendent de la subvention annuelle de la CIA de 600 millions de dollars déguisée en “contrat.”

Le rapport anti-empire # 159

William Blum (à gauche) et Michael Birnbaum (à droite)

Willian Blum

L’esprit des médias de masse : Échange de courriels entre moi et un des principaux journalistes du Washington Post sur la politique étrangère :

18 juillet 2018

Cher M. Birnbaum,

Vous écrivez Trump « n’a fait aucune mention des péripéties de la Russie en Ukraine ». Eh bien, ni lui, ni Poutine, ni vous n’avez mentionné les péripéties de l’Amérique en Ukraine, qui ont abouti au renversement du gouvernement ukrainien en 2014, et qui a conduit à l’intervention russe justifiée. Donc… ?

Si la Russie renversait le gouvernement mexicain, blâmeriez-vous les États-Unis d’avoir pris des mesures au Mexique ?

William Blum

Cher M. Blum,

Merci pour votre message. « Les péripéties de l’Amérique en Ukraine » : de quoi parlez-vous ? La dernière fois que j’ai vérifié, ce sont les Ukrainiens dans les rues de Kiev qui ont poussé Ianoukovitch à se retourner et fuir. Que ce soit une bonne chose ou non, nous pouvons laisser cela de côté, mais ce ne sont pas les Américains qui l’ont fait.

Toutefois, ce sont les forces spéciales russes qui se sont déployées en Crimée en février et mars 2014, sous la directive de Poutine, et les Russes venus de Moscou ont alimenté le conflit dans l’est de l’Ukraine dans les mois qui ont suivi, selon leurs propres récits.

Salutations, Michael Birnbaum

A Michael Birnbaum,

J’ai du mal à croire votre réponse. Vous ne lisez que le Post ? N’avez vous pas vu Victoria Nuland, haut fonctionnaire du ministère d’État, et ambassadeur des États-Unis en Ukraine sur la place Maidan pour encourager les manifestants ? Elle a parlé de 5 milliards de dollars (sic) versés pour aider les manifestants qui allaient bientôt renverser le gouvernement. Elle et l’ambassadeur des États-Unis ont parlé ouvertement de qui choisir comme prochain président. Et c’est lui qui est devenu président. Tout cela est enregistré. Je suppose que vous ne regardez jamais Russia Today (RT). Dieu nous en garde ! Je lis le Post tous les jours. Vous devriez regarder RT de temps en temps.

William Blum

A William Blum,

J’étais le chef du bureau du journal à Moscou ; j’ai fait de nombreux reportages en Ukraine au cours des mois et des années qui ont suivi les manifestations. Mes observations ne sont pas basées sur la lecture. La RT n’est pas un média crédible, mais je lis bien au-delà de nos propres pages et, bien sûr, je parle moi-même aux acteurs sur le terrain – c’est mon travail.

Et oui, bien sûr, Nuland était sur la place Maidan – mais encourager les protestations, comme elle l’a clairement fait, n’est pas la même chose que de les provoquer ou de les diriger, ni de jouer aux favoris avec des successeurs potentiels, comme elle l’a clairement fait, ni d’être directement responsable du renversement du gouvernement. Je ne dis pas que les États-Unis n’ont pas participé à l’élaboration des événements. Il en va de même pour la Russie et l’Union Européenne. Mais les Ukrainiens étaient aux commandes pendant tout le processus. Je connais la personne qui a posté le premier appel sur Facebook pour protester contre Ianoukovitch en novembre 2013 ; ce n’est pas un agent américain. RT, pendant ce temps, rapporte des fabrications et des mensonges effrayants tout le temps. Il est important de choisir des sources médiatiques saines et variées et ne pas s’arrêter aux médias grand public américains. Mais demandez-vous combien de fois RT fait des reportages critiques sur le gouvernement russe, et considérez comment cette lacune façonne le reste de leurs reportages. Vous trouverez dans le Washington Post de nombreux articles critiques à l’égard du gouvernement américain et de la politique étrangère américaine en général, des décisions en Ukraine et du gouvernement ukrainien en particulier. Notre objectif est d’être juste, sans choisir de camp.

Salutations, Michael Birnbaum

Fin de l’échange

C’est vrai, les États-Unis ne jouent pas un rôle indispensable dans les changements de gouvernements étrangers ; ils ne l’ont jamais fait et ne le feront jamais ; même lorsqu’ils offrent des milliards de dollars ; même lorsqu’ils choisissent le nouveau président, ce qui, apparemment, n’est pas la même chose que de choisir un camp.Il convient de noter que M. Birnbaum n’offre pas un seul exemple pour étayer son affirmation extrémiste selon laquelle la RT « rapporte constamment des fabrications et des mensonges terribles« . « Tout le temps« , rien de moins ! Il devrait être facile de donner quelques exemples.

rtPour mémoire, je pense que la RT est beaucoup moins biaisée que le Post sur les affaires internationales. Et, oui, c’est le parti pris, et non les « fausses nouvelles » qui est le principal problème – le parti pris de la guerre froide/anti-communiste/anti-russe avec lequel les Américains ont été élevés pendant tout un siècle.

La RT défend la Russie contre les innombrables attaques aveugles de l’Occident. Qui d’autre est là pour faire ça ? Les médias occidentaux ne devraient-ils pas être tenus responsables de ce qu’ils diffusent ? Les Américains sont tellement peu habitués à entendre la position russe défendue, ou à l’entendre tout simplement, que lorsqu’ils le font, cela peut sembler plutôt bizarre.

Pour l’observateur désinvolte, les actes d’accusation du 14 juillet de LA COUR DE DISTRICT DES ÉTATS-UNIS DU DISTRICT DE COLOMBIA, contre des Agents de Renseignement Russes (GRU) ont renforcé l’argument selon lequel le gouvernement soviétique est intervenu dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Considérons ces actes d’accusation sous la bonne perspective et nous constatons que l’ingérence électorale n’est inscrite qu’en tant qu’objectif supposé, les accusations étant en fait portées sur des cyber-opérations illégales, vol d’identité et complot en vue de faire blanchir de l’argent par des ressortissants américains qui n’ont aucun lien avec le gouvernement russe.

Donc… nous attendons toujours des preuves d’une ingérence russe réelle dans les élections visant à déterminer le vainqueur.

Les Russes l’ont fait

Chaque jour, je passe environ trois heures à lire le Washington Post. Entre autres choses, je cherche des preuves – des preuves réelles, juridiques, de qualité judiciaire, ou du moins quelque chose de logique et de rationnel – pour identifier ces horribles Russkofs pour leurs nombreux crimes récents, depuis l’influence sur les résultats de l’élection présidentielle américaine de 2016 jusqu’à l’utilisation d’un agent neurotoxique au Royaume-Uni. Mais je ne trouve pas de telles preuves.

Chaque jour apporte ce genre de gros titres :

« Les États-Unis ajoutent des sanctions économiques contre la Russie : Une attaque avec un agent neurotoxique sur un ancien espion en Angleterre oblige la Maison Blanche à agir« .

« La Russie exploite-t-elle le nouvel objectif de Facebook ?«

« Experts : L’équipe de Trump ne voit pas l’urgence de la menace russe«

propagandaCes gros titres sont tous du même jour, le 9 août, ce qui m’a amené à penser à faire cet article, mais des histoires similaires peuvent être trouvées n’importe quel jour dans le Post et dans les principaux journaux n’importe où en Amérique. Aucun des articles n’essaye d’expliquer comment la Russie a fait ces choses, ni même POURQUOI. Les motivations ne semblent pas intéresser les médias américains. Le seul élément parfois mentionné, qui, je pense, peut avoir une certaine crédibilité, est la préférence de la Russie pour Trump par rapport à Hillary Clinton en 2016. Mais cela n’explique pas comment la Russie pourrait réaliser le tour de force magique électoral dont elle est accusée, ce qui ne serait possible que si les États-Unis étaient une République bananière arriérée du Tiers-Monde.

Il y a les publicités Facebook, ainsi que toutes les autres publicités… Les gens qui sont influencés par cette histoire, ont-ils lu vu trop de publicités ? Beaucoup sont pro-Clinton ou anti-Trump ; beaucoup sont les deux ; beaucoup ne sont ni l’un ni l’autre. C’est un gros gâchis, la seule explication rationnelle à ce que j’ai lu est que ces publicités viennent de sites web qui font de l’argent, des sites « appâts à click » comme on les appelle, qui gagnent de l’argent simplement en attirant des visiteurs.

En ce qui concerne les agents neurotoxiques, il est plus logique que le Royaume-Uni ou la CIA l’ait fait pour donner une mauvaise image aux Russes, car le scandale anti-russe qui a suivi était totalement prévisible. Pourquoi la Russie choisirait-elle le moment de la Coupe du monde à Moscou – dont toute la Russie est immensément fière – pour faire tomber une telle notoriété sur leur tête ? Mais cela aurait été le moment idéal pour que leurs ennemis puissent les embarrasser.

Cependant, je n’ai aucun doute que la grande majorité des Américains qui suivent les actualités chaque jour croient les histoires officielles sur les Russes. Ils sont particulièrement impressionnés par le fait que toutes les agences de renseignement américaines soutiennent les articles officiels. Ils ne seraient pas du tout surpris si on leur disait qu’une douzaine d’agences de renseignement russes ont toutes contesté les accusations. La pensée de groupe est vivante et bien vivante dans le monde entier. Tout comme la Seconde Guerre froide.

Mais nous sommes les Gentils, n’est-ce pas ?

Pour un défenseur de la politique étrangère américaine, il n’y a pas grand-chose qui cause plus de brûlures d’estomac extrêmes que quelqu’un qui implique une « équivalence morale » entre le comportement américain et celui de la Russie. C’était le cas pendant la Première Guerre froide et c’est la même chose aujourd’hui pendant la Deuxième Guerre froide. Ça les pousse tout droit vers le Mur.

nedAprès que les Etats-Unis aient adopté l’année dernière une loi obligeant la chaîne de télévision RT (Russia Today) à s’enregistrer en tant « qu’agent étranger« , les Russes ont adopté leur propre loi permettant aux autorités d’exiger que les médias étrangers s’enregistrent en tant « qu’agent étranger« . Le sénateur John McCain a dénoncé la nouvelle loi russe, affirmant qu’il n’y a « aucune équivalence » entre la RT et des réseaux tels que Voice of America, CNN et la BBC, dont les journalistes « cherchent la vérité, démystifient les mensonges et tiennent les gouvernements pour responsables« . En revanche, les propagandistes de la RT démystifient la vérité, répandent des mensonges et cherchent à saper les gouvernements démocratiques afin de faire progresser l’agenda de Vladimir Poutine.

Tom Malinowski, ancien secrétaire d’État adjoint pour la démocratie, les droits de l’homme et le travail (2014-2017) – l’année dernière, a rapporté que Poutine avait « accusé le gouvernement américain d’être intervenu de manière agressive dans le vote présidentiel russe de 2012« , affirmant que Washington avait « rassemblé des forces d’opposition et les avait financées« . Malinowski écrit :

« Poutine a apparemment amené le président Trump à s’engager à ce qu’aucun des deux pays ne s’immisce dans les élections de l’autre« .

« Est-ce que cette équivalence morale est juste ? » Malinowski a demandé et a répondu :

« En bref, non. L’ingérence de la Russie dans les élections américaines de 2016 n’aurait pas pu être plus différente de ce que les États-Unis font pour promouvoir la démocratie dans d’autres pays« .

Comment peut on satiriser de tels fonctionnaires et de telles croyances d’école secondaire ?

Nous avons aussi le cas de l’agence gouvernementale américaine, Fondation Nationale pour la Démocratie (NED), qui est intervenue dans plus d’élections que la CIA ou Dieu. En effet, l’homme qui a contribué à l’élaboration de la législation établissant la NED, Allen Weinstein, déclarait en 1991 :

« Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait clandestinement il y a 25 ans par la CIA« .

Le 12 avril 2018, les présidents de deux ailes de la NED ont écrit :

« Un discours fallacieux a été remis en avant : la campagne de guerre politique de Moscou n’est pas différente de l’aide à la démocratie soutenue par les États-Unis”.

« L’aide à la démocratie« , voyez-vous, c’est comme ça qu’ils appellent les interférences électorales de la NED et les renversements de gouvernement. Les auteurs continuent :

« Ce discours est pondu par des organismes de propagande tels que RT et Sputnik (station de radio)…. il est déployé par des isolationnistes qui préconisent un retrait des États-Unis du leadership mondial« .

« Les isolationnistes » sont ce que les conservateurs appellent les critiques de la politique étrangère américaine dont ils ne peuvent pas facilement écarter les arguments, laissant entendre qu’ils ne veulent pas que les États-Unis soient impliqués dans quoi que ce soit à l’étranger.

Et le « leadership mondial« , c’est ce qu’ils appellent être en première ligne dans les interférences électorales et les renversements de gouvernement.

Paul Craig Roberts

article originel : The CIA Owns the US and European Media

traduit par Pascal, revu par Martha pour Réseau International

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse

La guerre électronique russe contre les troupes américaines en Syrie entre dans une phase dangereuse


Tyler DurdenPar Tyler Durden – Le 30 juillet 2018 – Source Zero Hedge

Un colonel en retraite de l’armée US, spécialiste de la guerre électronique a déclaré à Foreign Policy : « Tout à coup, vos communications ne fonctionnent plus, vous ne pouvez pas ordonner de tirs, vous ne pouvez pas être averti des tirs hostiles parce que vos radars ont été bloqués et ils ne peuvent rien détecter ». 

Un nouveau rapport détaille l’inquiétude grandissante du Pentagone face à l’augmentation du nombre d’attaques électroniques russes contre des positions militaires américaines en Syrie, dont le nombre selon les déclarations publiques du Pentagone est de 2000 ou plus, situées sur une douzaine de bases « secrètes », principalement au nord-est de la Syrie, et intégrées dans les Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes, soutenues par les États-Unis,

ewin syria
Image via The National Interest

Le rapport de Foreign Policy commence ainsi :

« Les officiers qui ont subi le brouillage – connu sous le nom de guerre électronique – disent que ce n’est pas moins dangereux que les attaques conventionnelles avec des bombes et de l’artillerie. Mais ils disent aussi que cela permet aux troupes américaines de découvrir la technologie russe sur le champ de bataille et de trouver des moyens de se défendre. »

Depuis que la Russie est intervenue en Syrie à la demande du gouvernement Assad en 2015, les deux superpuissances se sont affrontées à de multiples occasions dangereuses, mais ont communiqué par l’intermédiaire d’une « ligne directe militaire à militaire » destinée à éviter les collisions aériennes et la confrontation directe des troupes.

La Russie, aux côtés du gouvernement syrien, considère les troupes américaines comme des occupants étrangers non invités, qui ont commis des actes d’agression contre l’État syrien, tuant des centaines de soldats syriens (et des mercenaires russes, même s’ils n’étaient pas sous les ordres de Moscou), lors de multiples incidents près des lignes de front à Deir Ezzor.

Et maintenant, comme l’a récemment déclaré le général Raymond Thomas, chef du commandement des opérations spéciales des États-Unis, lors d’une conférence de renseignement et de technologie militaire, la Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète ».

Il a dit des « adversaires » russes, iraniens et syriens : « Ils nous testent tous les jours, bloquant nos communications, désactivant nos EC-130 [les grands avions de commandement et de contrôle des champs de bataille aériens de l’Air Force]. »

Foreign Policy (FP) indique que le brouillage électronique par les forces russes signifie une menace d’« escalade » dans un environnement déjà confus compte tenu du large éventail de groupes et d’acteurs étatiques opérant en Syrie.

Le rapport dit que le Pentagone a officiellement reconnu le succès des efforts de brouillage russes la semaine dernière dans les termes suivants :

« Un colonel de l’armée américaine, Brian Sullivan, a décrit un épisode récent à des journalistes au département de la Défense des États-Unis la semaine dernière. Il a déclaré que ses troupes avaient rencontré un ‘environnement de guerre électronique saturé’ alors qu’elles combattaient dans le nord-est de la Syrie pendant leur déploiement de neuf mois, qui avait duré de septembre 2017 à mai 2018. »

Et le rapport cite encore le Col. Sullivan : « Cela nous a posé des défis auxquels nous avons pu faire face avec succès, et cela nous a donné l’opportunité d’opérer dans un environnement qui ne peut être reproduit nulle part à domicile, y compris dans nos centres de formation au combat. »

Dans une citation particulièrement troublante qui rappelle la guerre froide, le colonel note : « C’est une grande opportunité pour nous d’opérer particulièrement dans l’environnement syrien où les Russes sont actifs ».

L’ancien directeur intérimaire/directeur adjoint de la CIA Michael Morell : « nous devons tuer les Russes en Syrie » (vidéo en anglais).

Bien sûr, pour commencer – et quoi qu’on en dise – il y a la grande question de la contradiction concernant des troupes américaines qui se trouvent en Syrie sans aucune autorisation du Congrès ni mandat du peuple américain (à moins que, comme semble le croire le président Donald Trump, l’ancienne autorisation d’utilisation de la force militaire, l’AUMF, après le 9/11, signifie que les troupes américaines peuvent rester au Moyen-Orient pour toujours).

Foreign Policy écrit en outre que la guerre électronique implique l’arrêt des communications et de la capacité de navigation au sol et en l’air, quelque chose de particulièrement dangereux dans un espace de combat bondé comme la Syrie :

« Daniel Goure, expert en sécurité nationale et questions militaires au Lexington Institute, affirme que les nouveaux systèmes de guerre électronique de la Russie sont sophistiqués. Ils peuvent être montés sur de gros véhicules ou des avions et peuvent endommager des cibles à des centaines de kilomètres. »

Goure parle aussi d’un affrontement involontaire potentiel entre des puissances majeures comme les États-Unis et la Russie : « Le problème avec la guerre électronique, de manière plus générale, est qu’elle peut vraiment aveugler votre vision de l’espace de combat, votre vision opérationnelle, et cela peut mener à des erreurs vraiment horribles. »

La Russie aurait fait d’énormes progrès dans sa capacité de systèmes de guerre électronique au cours des quinze dernières années car elle perçoit que la menace d’une invasion par l’OTAN à ses frontières ne peut que croître.

En attendant, la Russie a indiqué qu’elle était au courant des actions militaires futures que Washington et ses alliés occidentaux pourraient comploter contre elle.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a dit cette semaine dans des déclarations publiques lors d’un forum éducatif russe : « Notre conscience des plans que les militaires américains et d’autres pays occidentaux préparent en relation avec la Fédération de Russie est totale. » Il a ajouté que la Russie et ses frontières terrestres et aériennes étaient sûres « quoi qu’il arrive dans le monde », ce qui semblait être une référence aux récents progrès de la technologie de la défense et du renseignement russes.

Tyler Durden

Traduit par jj, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-electronique-russe-contre-les-troupes-americaines-en-syrie-entre-dans-une-phase-dangereuse

 

Sommet Trump/Poutine : Le Sénateur Rand Paul qualifie l’ex-patron de la CIA de “complètement dérangé”. 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie (Reuters).

Sommet Trump/Poutine : Le Sénateur Rand Paul qualifie l’ex-patron de la CIA de “complètement dérangé”. 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie (Reuters).

11h48

Le Sénateur Républicain Rand Paul sur l’ex-directeur de la CIA John Brennan qui a qualifié Trump de “traître” : «John Brennan est complètement dérangé. Il traite le Président de traître mais ce qui devrait inquiéter les Américains est qu’un haineux anti-Trump ait dirigé la CIA qui possède toutes les informations pour pouvoir détruire n’importe qui (…) John Brennan a commencé sa vie d’adulte en votant communiste et termine sa carrière comme le plus biaisé, fanatique, extravagant, hyperbolique, dérangé, directeur de la CIA qu’on ait jamais eu (…) Dov Levin de l’Université Carnegie-Mellon a dit que les USA se sont ingérées, ou ont essayé, dans 80 différentes élections de ces 50 dernières années. La seule leçon à retenir est de se protéger.»

Rand Paul défend la position de Donald Trump sur la Russie et annonce qu’il s’y rendra lui-même dans les prochaines semaines : «Je suis d’accord avec le Président Trump quand il dit qu’il préfère prendre un risque politique pour la paix que risquer la paix en poursuivant une politique.»

 


Reuters : «Un nouveau sondage Reuters/Ipsos montre que 71% des Républicains approuvent l’approche de Trump sur la Russie, un signe que le Président jouit toujours d’un large soutien parmi les électeurs Républicains».

Jean-Eric Branaa : «Une base en béton armé ! Un sondage réalisé par @Reuters indique que 71% des républicains soutiennent @POTUS dans son approche des relations avec la Russie. Même si une majorité d’Américains indiquent le contraire, ce soutien indéfectible de ses électeurs est assez inédit.»

La Chine débordée par ses missionnaires évangéliques

La Chine débordée par ses missionnaires évangéliques

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La République populaire de Chine, qui s’est longuement affrontée à la secte du Falun Gong [1], découvre avec stupeur la résurgence du « Mouvement du retour à Jérusalem ».

Cette secte évangélique était puissante dans les années 1920 dans la province de Shandong (au Nord-Est de la Chine), une région avec une tradition religieuse syncrétiste. Elle disparut avec la révolution nationaliste, et ressurgit aujourd’hui, particulièrement parmi la diaspora chinoise en Afrique.

La secte est dirigée depuis le Royaume-Uni par le Frère Yun (photo), de son vrai nom Liu Zhenying. Ce pasteur, qui fut emprisonné en Chine, se serait évadé d’une prison à haute sécurité grâce à son pouvoir d’invisibilité. Il aurait également jeûné durant 80 jours, manifestant des capacités doubles de celles du Christ.

Les missionnaires de la secte se déplacent le long des chantiers de la route de la soie. Ils véhiculent parmi la diaspora une idéologie anti-communiste et présentent le président Xi Jinping comme un faux dieu.

Depuis peu, le mouvement tente de prendre racine en Chine populaire à l’occasion du retour de Chinois de la diaspora. Beijing semble prendre désormais très au sérieux le danger qu’il représente.

 

Une analyse dans une tasse de thé

Une analyse dans une tasse de thé


Par Varoujan Sirapian – Le 25 mai 2018

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En prenant l’avion vers Erevan, à la fin du mois de mars, je ne pouvais pas imaginer que j’allais vivre des jours si intenses.

Des jours « historiques » et qui ont duré moins d’un mois. Un mouvement de désobéissance civique, à l’appel de Nikol Pachinian, ex-journaliste, député d’opposition, allait commencer doucement, avec un slogan « Kayl ara, merjir Serjine » (« Fait un pas, récuse Serge »), par une marche partant de Gyumri, deuxième ville d’Arménie, avec une vingtaine de personnes. Puis, par un effet d’« avalanche », plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de personnes – d’abord des jeunes, suivis d’une population de tout âge – allait balayer le Premier ministre Serge Sargsyan nouvellement élu et considéré comme indéboulonnable. Certains ont qualifié ces évènements de « révolution de velours ».


À l’heure où sont écrites ces lignes, personne ne peut prédire ce que sera la situation dans quelques mois. En revanche, une chose est sûre : l’Arménie ne pouvait plus continuer sur cette pente, pas si douce que ça. Une oligarchie mettait en « coupe réglée » le pays, causant une émigration continue, ramenant la population en dessous des 3 millions, barre symbolique et stratégiquement catastrophique. La raison principale de cette émigration était l’injustice, la paupérisation et la perte de substance économique n’arrivant qu’en deuxième position dans les causes de cette émigration massive.

Ici comme dans d’autres cas – je pense aux récentes élections en Italie – certains analystes, se sont plu à échafauder des scénarii noircis, sans laisser le temps au nouveau gouvernement de faire ses preuves.

Dans son texte intitulé « Une révolution dans une tasse de thé », publié sur le site du Club Orlov et repris par « Le Saker francophone », Monsieur Orlov commet plusieurs graves erreurs. La première est de situer dans le temps le Royaume d’Ourartou, qui a précédé l’Arménie, vers 9000 ans avant J.-C. !

La seconde erreur commise par Monsieur Orlov, beaucoup plus grave, pour ne pas dire « insultante »m est de comparer le jeune pays qu’est l’actuelle Arménie à des complications de prostate ; ou encore de comparer les gens qui ne peuvent pas quitter le pays, contrairement à une élite qui en a les moyens, à des « rats cons comme la lune ». Nous pourrions rassurer M. Orlov : il y a bien une jeunesse de très haut niveau sur le plan des nouvelles technologies. Pour ne prendre que l’exemple de l’Université française d’Arménie (UFAR) : 85% des diplômés trouvent des emplois bien rémunérés et préfèrent donc logiquement rester en Arménie. Par ailleurs, pour pousser la comparaison de M. Orlov entre Israël et l’Arménie, deux pays ayant en effet une forte diaspora : M. Orlov prétendrait-il que les Israéliens vivant en Israël sont des imbéciles ?

On constate également, dans l’article de M. Orlov, des imprécisions et des erreurs d’appréciation géopolitiques quand il classe les pays entourant l’Arménie en deux catégories : (économiquement) inutiles ou (politiquement) hostiles. Si nous sommes d’accord avec M. Orlov pour classer la Turquie et l’Azerbaïdjan dans la catégorie hostile, nous ne comprenons pas en revanche pourquoi il considère la Géorgie et l’Iran comme inutiles. L’Arménie étant enclavée par un blocus terrestre à l’Ouest (Turquie), terrestre et aérien à l’Est (Azerbaïdjan), la Géorgie et l’Iran sont les deux poumons permettant l’import et l’export des marchandises.

Plus loin, M. Orlov invente des casques bleus russes pour le maintien du statu quo entre le Haut-Karabagh et l’Azerbaïdjan?!!! Ce monsieur devrait savoir, en tant que coprésident du groupe de Minsk, que la Russie (comme la France et les États-Unis) ne peut pas être impliquée militairement dans ce conflit.

Selon M. Orlov, ce changement de régime serait la seule faute de la CIA et de l’infâme Georges Soros : un plan orchestré entre Langley (siège de la CIA) et l’ambassade américaine d’Erevan (notons-le, la deuxième plus grande ambassade américaine au monde), un « Syndicat de la révolution de couleu ». Il est vrai que Soros, via notamment son ONG Open Society, est implanté en Arménie depuis une dizaine d’années, toutefois ses activités sont sous la stricte surveillance du Service de sécurité nationale (SSN) d’Arménie. Les organisations de Soros, qui ont voulu aussi s’implanter en Artsakh (Haut-Karabagh), ont à cet égard reçu un « niet » ferme et définitif.

Par ailleurs, selon M. Orlov : « … ils ont poussé une réforme constitutionnelle qui aurait fait passer le pays d’une république présidentielle à une république parlementaire (un pas vers le gouffre pour un pays qui est dans un état permanent de quasi-guerre à cause de voisins hostiles et de territoires contestés) ».

Primo, la réforme constitutionnelle a été voulue par l’ex-président Sargsyan et son parti majoritaire. Sargsyan ne pouvant pas être réélu pour un troisième mandat avait trouvé cette astuce pour garder la main oligarchique sur le pouvoir en changeant son costume présidentiel pour celui du Premier ministre. Mais en définitive il s’est trouvé embourbé dans ce piège, tendu par lui-même. Secundo, en admettant que le pays soit face à une guerre d’usure menée par l’Azerbaïdjan qui viole sans cesse l’accord du cessez-le-feu de 1994, on ne comprend pas très bien pourquoi ce régime parlementaire serait « un pas vers le gouffre » et moins capable de défendre le pays qu’un régime présidentiel.

Autre évaluation hasardeuse de la part de M. Orlov qui écrit : « … environ la moitié de la population arménienne, pour le dire d’une manière politiquement incorrecte, mais précise, est russe : elle parle russe, elle est adaptée culturellement à la Russie, et c’est encore une autre nation qui fait partie de la grande famille de plus de 100 nations distinctes qui se disent russes ». Ici, M. Orlov confond allègrement culture russe et régime bolchevik de l’Union soviétique. Par ailleurs, s’il est exact que 70 années de régime communiste ont laissé des traces – j’avais moi-même écrit et dit que « certaines personnes appartenant à l’ancienne génération étaient plus des homo sovieticus que des Arméniens » – il est également vrai que la nouvelle génération, issue de 27 années d’indépendance, n’a plus la même approche que celles qui l’ont précédée.

Pour terminer, M. Orlov, qui manifestement n’apprécie pas Nikol Pachinian, considère ce dernier comme un homme inconstant. Je ne sais pas si M. Orlov a lu les articles de Pachinian publiés depuis des années dans le journal Haygagan Jamanak ou écouté ses interventions largement diffusées sur des réseaux sociaux. Il verrait qu’au contraire Pachinian a été constant dans ses critiques concernant le manque de la démocratie, les élections truquées, la corruption, le monopole dans les mains de quelques oligarques… Serge Sargsyan a eu raison de dire que quelqu’un qui a obtenu 7% des voix ne peut exiger la démission du Premier ministre, sauf qu’il se basait sur les résultats officiels, lesquels comme chacun sait, ne reflétaient pas du tout la réalité. Par exemple dans le bureau de vote Kanaker/Zeïtoun où j’étais observateur en avril 2017 le parti Yelk de Pachinian avait obtenu 25% des voix, comme dans beaucoup d’autres bureaux où le score de Yelk était nettement au-dessus du résultat officiel final.

Quant au changement d’orientation politique de Pachinian, contrairement à M. Orlov qui y voit une inconstance, j’y vois moi plutôt une approche pragmatique. Pachinian est assez intelligent pour reconnaître que la géopolitique ne peut se faire qu’avec ses voisins, d’où les garanties données à la Russie quant à la continuation des bonnes relations et le respect des traités signés. M. Orlov devrait connaître la citation de Napoléon :

« Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut l’être […] C’est la manière de reconnaître la souveraineté du peuple. »

C’était tout le contraire depuis une vingtaine d’années en Arménie, sous les présidences Kotcharian et Sargsyan.

L’Arménie vient de tourner, sans bain de sang, une page de son histoire. Souhaitons bonne chance au nouveau gouvernement dans sa tâche difficile de redresser le pays.

Varoujan Sirapian

Directeur de la revue Europe&Orient

http://lesakerfrancophone.fr/une-analyse-dans-une-tasse-de-the

Note du Saker Francophone


Cet article est un droit de réponse demandé par un Arménien, éditeur engagé, suite à la parution sur notre blog de la traduction d'un article de Dmitry Orlov sur la révolution en Arménie. Vous pouvez aussi avoir un troisième avis avec Andrew Korybko.
À noter que la position de l'observateur est déterminante pour comprendre les avis des uns et des autres. La Russie, à travers Dmitry Orlov, voit sans doute avec inquiétude des « révolutions » éclater à ses frontières et des pays « amis » basculer ou risquer de basculer dans le camp occidentaliste, le même qui tente par tous les moyens de déstabiliser le sud de la Russie pour affaiblir cette puissance montante. Dans un cadre géopolitique global, les affaires intérieures arméniennes ne pèsent malheureusement pas lourd, elles servent juste de point d'accroche pour le grand jeu qui continue
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[Vidéo] Philippe Labro – « Une tortionnaire à la tête de la CIA »

Source : Le Point, Philippe Labro, 14/03/2018

VIDÉO. Cette semaine, le journaliste et écrivain s’inquiète de la nomination de Gina Haspel, ex-espionne américaine, à la tête de la CIA.

Elle s’appelle Gina. Gina Haspel. Numéro deux de la CIA depuis de nombreuses années, elle est devenue la première femme à diriger la célèbre agence de renseignements. À peine nommée et déjà critiquée. Alors qu’elle a été choisie, mardi 13 mars, pour remplacer l’ancien directeur, Mike Pompeo, nommé par Donald Trump au poste de secrétaire d’État, son passé d’ancienne espionne ressurgit : un passé trouble dans les prisons secrètes américaines et un scandale de torture.

« Gina aurait elle-même participé à des séances de torture, après le 11 Septembre dans ces fameuses prisons secrètes disséminées dans le monde par la CIA », lance l’écrivain. Mais le président américain s’en accommode aisément puisqu’il a toujours défendu avec ferveur les bienfaits de la torture.

« Un an à peine après avoir été nommé président, Trump change pratiquement toute la tête de son gouvernement. C’est le désordre, le chaos, la confusion, la tweetmania. Tout cela n’est pas très rassurant », conclut-il.

Source : Le Point, Philippe Labro, 14/03/2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

Une réponse à [Vidéo] Philippe Labro – « Une tortionnaire à la tête de la CIA »

  1. Michel Ickx Le 09 avril 2018 à 06h22

    Afficher/Masquer

    Ce sont les mêmes qui ont menti pour provoquer les guerres d’Irak, du Kuweit de Lybie et de Syrie. Ces gouvernants voudraient nous faire condamner la Russie pour l’empoisonnement de Skripal. Ils prétendent, devant les Nations unies, mener des enquêtes indépendantes mais ils ne sont plus crédibles.

    Ils ne reculent devant aucun crime.

    A quand un nouveau procès de Nuremberg?

    https://www.les-crises.fr/video-philippe-labro-une-tortionnaire-a-la-tete-de-la-cia/

Theresa May et Tony Blair, même combat !

Theresa May et Tony Blair, même combat !


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 13 mars 2018

Aujourd’hui, le gouvernement britannique s’est livré à des allégations peu crédibles sur les armes chimiques de Saddam Hussein l’empoisonnement de son agent double Sergueï Skripal.

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Le Premier ministre britannique, Theresa May, a déclaré (tweet) devant le Parlement :

  • Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés par un agent innervant « de qualité militaire » développé par la Russie ;
  • L’agent innervant faisait partie d’un groupe d’agents appelés « Novichok » ;
  • La Russie a développé cet agent dans le passé et serait encore capable de le faire ;
  • La Russie a un passé d’assassinats commandités par l’État ;
  • Le gouvernement britannique pense que la Russie considère certains transfuges comme des cibles légitimes ;
  • Le gouvernement britannique est arrivé à la conclusion qu’il était très probable que la Russie soit responsable de l’agression commise contre Sergueï et Ioulia Skripal.

May a ajouté :

  • Il s’agissait soit d’une action ciblée de l’État russe contre la Grande-Bretagne,
  • soit d’une perte de contrôle de l’agent innervant par les autorités russes qui l’avaient laissé tomber entre de mauvaises mains.

Je trouve toutes ces affirmations non seulement discutables mais carrément ridicules. Voici quelques faits :

Novichok, « nouveaux venus » en anglais, est un groupe d’agents chimiques de guerre mis au point en Union soviétique dans les années 1970 et 1980. Certains « nouveaux venus » sont considérés comme très toxiques.

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L’existence de ces agents chimiques a été révélée en 1992. La Russie a adhéré à la Convention sur l’interdiction du développement, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction en 1997. Elle a depuis (contrairement aux États-Unis) détruit tous les stocks restants du programme d’armes chimiques de l’Union soviétique. Elle ne produit pas d’armes chimiques.

Les formules de ces agents chimiques sont connues et ils ne sont pas produits exclusivement par les Russes :

L’un des principaux sites de fabrication était l’Institut national soviétique de recherche scientifique sur la chimie et la technologie organiques (GosNIIOKhT) à Noukous, en Ouzbékistan. De petites quantités d’armes chimiques ont peut-être été testées sur le plateau voisin d’Oust-Ourk. On peut aussi en avoir testé dans un centre de recherche à Krasnoarmeïsk, près de Moscou. Depuis son indépendance en 1991, l’Ouzbékistan collabore avec le gouvernement des États-Unis pour démanteler et décontaminer les sites où les agents Novichok et d’autres armes chimiques ont été testés et mis au point.

Les formules des différents agents Novichok ne sont pas un secret russe. Les États-Unis et le Royaume-Uni savent sûrement comment les fabriquer. Il parait d’ailleurs que les agents sont fabriqués à partir de simples composants utilisés dans l’industrie civile. Le laboratoire d’armes chimiques de Porton Down de l’armée britannique n’est qu’à environ 15 km de Salisbury, où les Skripal auraient été empoisonnés. Le gouvernement britannique prétend que Porton Down a identifié l’agent soi-disant utilisé sur les Skripal. Le laboratoire est sûrement également capable de produire de tels agents, tout comme des laboratoires similaires d’autres pays.

Maintenant réfutons les allégations de May :

  • Il parait que les agents Novichok sont jusqu’à 10 fois plus toxiques que le VX. Or une goutte de VX peut tuer une personne. Si les Skripal ont été empoisonnés par un agent aussi efficace, comment se fait-il qu’ils soient toujours en vie ?
  • L’Union soviétique, et non la Russie, a développé ces agents. Les principaux travaux ont été effectués en Ouzbékistan.
  • La Russie est probablement en mesure de recommencer à produire ces agents, mais beaucoup d’autres pays aussi.
  • Quel est exactement ce « passé d’assassinats commandités par l’État » en Russie ? L’affirmation britannique selon laquelle la « Russie » aurait été impliquée dans la mort de l’agent MI6 Litvinenko est grandement sujette à caution. Et je n’ai connaissance d’aucun autre cas. En fait il y a une tradition bien établie de laisser tranquilles les espions qui ont été échangés.
  • Si la Russie voit dans « certains transfuges » des cibles légitimes, pourquoi ne les tue-t-elle pas tout de suite ? Skripal vit ouvertement au Royaume-Uni depuis 2010. Pourquoi la Russie voudrait-elle le tuer, et pourquoi maintenant ?

Compte tenu de tout ce qui précède, il est absurde de prétendre qu’il est « très probable » que la Russie en soit responsable.

Cette probabilité est aussi grande que celle que Saddam Hussein frappe le Royaume-Uni avec un missile doté d’une arme chimique en moins de 45 minutes, comme l’a prétendu mensongèrement un autre gouvernement britannique.

Les assertions de May aujourd’hui sont tout aussi crédibles que les absurdités de Tony Blair sur Saddam.

Il est beaucoup plus probable que la cause de tout cela soit l’implication de Skripal dans le dossier Steele et l’opération CIA/MI6 contre Donald Trump. A-t-il été attaqué parce qu’il a menacé de dire ce qu’il savait ?

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/theresa-may-et-tony-blair-meme-combat

 

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