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Palantir, l’œil de Washington ?

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Palantir, l’œil de Washington ?



Publié par Antoine Vandevoorde le 9 Mai 2019


Dans un contexte technologique marqué par la surabondance des données numériques, recueillir et traiter l’information est devenu une priorité stratégique pour les entreprises, mais également les États souverains. Plusieurs champions du big data se sont en cela fait jour, dont notamment Palantir Technologies. Cette société américaine à la réputation sulfureuse a acquis sa notoriété en nouant des partenariats significatifs avec plusieurs entreprises multinationales, mais également des services étatiques réputés sensibles, à l’instar de la DGSI. Faut-il y voir un banal partenaire commercial ou à l’inverse une véritable épée de Damoclès pour la souveraineté nationale ?



Palantir, l’œil de Washington ?
Palantir, au commencement

Que dissimule Palantir ? Palantir Technologies est une société de droit privé américaine fondée en 2003 et basée à Palo Alto en Californie, cœur battant de la Silicon Valley. Celle-ci se revendique dès sa création comme une startup orientée vers le domaine de l’analyse de données de masse – big data – à destination d’entreprises et d’institutions à des fins d’aide de prise à la décision stratégique. Officieusement, la réalité est plus complexe. Palantir se spécialise d’entrée, sous l’impulsion de ses principaux fondateurs Alex Karp et Peter Thiel, dans l’analyse de données stratégiques extrêmement sensibles par l’entremise de salariés issus des domaines du renseignement et de la sécurité. La société s’est aujourd’hui diversifiée, mettant cette expertise à profit d’acteurs du secteur de la santé, de la finance, de l’assurance ou encore de la consommation courante.

Palantir s’est principalement forgé une réputation de géant mondial de la visualisation et de l’analyse de données de par ses solutions Gotham et Foundry, aujourd’hui plébiscitées dans le domaine du management de l’information. Ce couronnement en tant qu’acteur technologique majeur n’est pourtant pas le fruit du hasard. Outre sa stature affichée de modeste startup, Palantir Technologies fait l’objet dès sa création d’un financement qui est tout sauf anodin : celui d’In-Q-Tel. Ce fonds de capital-investissement, ayant octroyé deux millions de dollars à la société, n’est nul autre que celui de la CIA vouée originellement à parrainer les projets technologiques jugés utiles à terme pour le fonctionnement de l’agence. En pratique, la CIA se réserve en cela un droit de regard, voire une présence au sein des conseils d’administrations des sociétés concernées par In-Q-Tel, ce à quoi Palantir n’aurait pas fait exception. L’entreprise est indéniablement liée à l’appareil de renseignement américain.

Le monde au sens de Palantir 

Saisir l’essence profonde de Palantir passe inéluctablement par une compréhension approfondie de son message, et de ses fondateurs. Le secret, au cœur de l’activité de Palantir, n’en est pourtant pas un. En effet, Palantir tire son nom de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, faisant référence à l’objet magique éponyme octroyant à son possesseur le don d’omniscience et de clairvoyance. L’aspiration profonde de l’entreprise n’est en cela pas dissimulée, malgré les doutes et craintes occasionnés. La stratégie de ce panoptique numérique passe alors par des actions de légitimation principalement incarnées par son Président directeur général, Alex Karp. Ce dernier est à lui tout seul le gage de réassurance pour sa société auprès des observateurs, eu égard notamment à quelques passes d’armes technologiques notables. En effet, il est l’homme ayant conduit le projet d’identification des groupes hackers chinois GhostNet et Shadow (ayant espionné les communications du Dalaï Lama, ou encore de l’OTAN) et a surtout vu son nom étroitement associé à la localisation d’Oussama Ben Laden. Pilier de la légitimité de Palantir, c’est durant ses études à Stanford que ce dernier fit la rencontre de l’autre homme fort de l’entreprise, Peter Thiel.

À l’inverse d’Alex Karp, Peter Thiel entretient l’image d’une personnalité sulfureuse et très médiatique. Ce dernier est très tôt considéré comme l’un des caciques de la Silicon Valley. Peter Thiel investit notamment dans Facebook peu après sa création, et prend part à la création de PayPal aux côtés du magnat de la technologie sud-africain Elon Musk. À la tête d’un titan de l’information tel que Palantir, Peter Thiel cristallise toutes les appréhensions. Connu pour son obédience libertarienne très prononcée, celui-ci fait volontiers part de ses opinions sur le rôle que devrait avoir l’Etat : aucun. L’historien Edouard Husson en dépeint dans les colonnes d’Atlantico un portrait sans équivoque : « Comme Saint-Simon, Peter Thiel se prend pour un visionnaire de la politique et il juge son expertise supérieure à celle des politiques […] [il] a révélé dans de nombreuses déclarations que ses convictions libertariennes revenaient à vouloir substituer Google à l’État américain, PayPal à l’IRS ». Seul soutien de Donald Trump dans la Silicon Valley, Peter Thiel se place en parangon du solutionnisme technologique, au sens d’Evgeny Morozov, comme « remède » aux afflictions contemporaines. Tout en gardant à l’esprit que pour lui, Etat, démocratie et modèle occidental relèvent de ces maux.

Palantir et Cambridge Analytica, la liaison dangereuse

En mars 2018, Palantir se retrouve pour la première fois de son histoire dans l’œil du cyclone. C’est à cette période qu’éclate le scandale Cambridge Analytica, du nom de la société britannique éponyme. Pour rappel, cette affaire mit en lumière certaines relations troubles des géants de la Silicon Valley, Facebook en tête, dans le cadre de la campagne présidentielle américaine de 2016. L’entreprise de Mark Zuckerberg fut en effet accusée d’avoir permis l’accès à près de 50 millions de profils au cabinet d’analyse politique Cambridge Analytica afin d’exploiter des données personnelles et rallier les concernés à la cause du candidat Trump. Un ancien employé de Palantir, Christopher Wylie, se pose alors en lanceur d’alerte, accusant son ancien employeur d’avoir activement collaboré à ces pratiques.

Faisant état de rencontres secrètes entre Alexander Nix et les cadres dirigeants de Palantir par l’entremise de Sophie Schmidt, fille de l’ancien patron de Google Eric Schmidt, Christopher Wylie a affirmé devant un parterre de députés britanniques que Palantir aurait également eu accès aux données incriminées à des fins d’analyse et de traitement. Une position qui a tout sauf surpris les observateurs du fait notamment des liens déjà connus de Peter Thiel. Alexandra Saviana, journaliste à l’hebdomadaire Marianne a abondé en ce sens : « Pour être très clair, sans Palantir, pas sûr que Cambridge Analytica aurait pu faire autant fructifier ces millions de données utilisées pour la campagne Trump ».

Une emprise stratégique sur les données sensibles

Palantir inquiète autant qu’elle fascine. Malgré les éléments pesant sur la société et sa réputation, celle-ci a pourtant su pérenniser son activité. Palantir a su mettre la main par le truchement de ses nombreux clients sur des volumes substantiels de données aussi sensibles que stratégiques. Elle collabore naturellement avec la CIA, mais également la NSA, le FBI, l’US Marines, l’US Air Force ou encore les services de polices de New York et de Los Angeles. Elle s’est cependant le plus illustrée dans l’obtention de contrats stratégiques à l’étranger, notamment auprès de Sanofi ou encore d’Airbus, dont elle a fait de l’ancien directeur général Fabrice Brégier le dirigeant de sa filiale française. La société a cependant le plus défrayé la chronique française en annonçant un contrat établi avec la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en 2016. Dans le contexte post-attentats de 2015, la DGSI souhaite urgemment se doter de solutions puissantes d’analyse de données de masse, comme l’expliquait alors son directeur Patrick Calvar : « Nous ne manquons pas de données, ni de métadonnées, mais nous manquons de systèmes pour les analyser ».

Ce parti-pris des services de renseignement intérieur français résonne auprès des observateurs comme un véritable aveu de faiblesse. En effet, collaborer avec Palantir pour la DGSI met en lumière les lacunes du tissu numérico-industriel français en matière de gestion des données critiques. Un constat que partage là encore Patrick Calvar : « Les entreprises françaises qui développent des systèmes ne sont pas encore capables de répondre à nos besoins ». Ce partenariat soulève dès lors des interrogations et craintes légitimes à plusieurs titres, avec tout d’abord celle de la perte de souveraineté. En effet, le fait de confier des informations sensibles à un prestataire de services américains financé par la CIA engendre un risque considérable. Le manque d’informations quant à la réelle proximité entre les services de renseignement américains et Palantir inquiète à juste titre, faisant miroiter au minimum un accès à des données sensibles, et au maximum la possibilité de leur exploitation. Cela renvoie également à la crainte d’une potentielle existence de backdoors, ou « portes dérobées » soit des systèmes implémentés secrètement dans les logiciels à l’insu du client. La DGSI a en cela privilégié le risque minimum, en favorisant un prestataire américain dans un contexte marqué par l’urgence terroriste et l’inaptitude française en la matière. Il est compliqué de jeter la pierre.

La crainte du cheval de Troie américain 

Une véritable levée de boucliers s’est depuis opérée face à l’incertitude Palantir. Ces critiques se sont tout d’abord élevées depuis le sommet de l’État français, Emmanuel Macron ayant réagi à cet état de fait. Le Président de la République aurait en effet fait part d’un grand mécontentement dans le cadre du partenariat liant la société à la DGSI. Cet avis est largement partagé au sein du secteur de la cyberdéfense française, notamment par le directeur de l’ANSSI Guillaume Poupard. Celui-ci déclare en ce sens lors d’une audition parlementaire qu’ : « Il va de soi qu’il faut déconnecter les logiciels Palantir qui permettent d’effectuer des recherches de données ». Un constat partagé même par la DGSI puisque Laurent Nuñez, alors successeur de Patrick Calvar à la tête du service déclare dès son entrée en fonction la nécessité de préférer un acteur français ou européen du big data à très court terme.

Les pouvoirs publics ont de fait réfléchi à une alternative crédible avec pour leitmotiv la souveraineté. La DGSI est finalement parvenue à s’émanciper de Palantir, en supervisant dans le cadre du Groupement des industries de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres(GICAT) l’élaboration d’un champion français de l’analyse de données. C’est dans ce contexte qu’est né le Cluster Data Intelligence, initiative portée par de nombreux acteurs issus des domaines stratégiques français. Parmi les structures prenant part au projet figurent notamment Airbus, Atos, Engie, le champion français du big data Flaminem ou encore Thalès. La principale aspiration du cluster est de proposer une solution allant de d’analyse au traitement et à la restitution des données sensibles, et ce de bout en bout en tant qu’acteur 100% français. L’ambition de la récupération de la maîtrise nationale en la matière est clairement affichée.

Ce cluster, louable et judicieux sur le principe va toutefois se voir confronté très rapidement à un défi de taille : celui de pallier son retard sur l’avance technologique de Palantir. En effet, celui-ci suscite des interrogations quant à ses performances techniques, la viabilité de sa solution logicielle dans un contexte empreint de menaces d’ordres diverses ainsi que son mode de gouvernance eu égard aux intérêts parfois divergents des acteurs qui le composent. Les toutes prochaines années diront si oui ou non si la France a les moyens de ses ambitions, c’est-à-dire de revenir dans la course technologique internationale.

Pour aller plus loin au sujet de Palantir : 

BENOIT Fabien, « Peter Thiel, l’homme qui voulait achever la démocratie », Usbek & Rica, 17 juillet 2018

BOULESTIN Rénald, “Big Data : la DGSI s’émancipe de Palantir pour une solution 100% française”, Silicon, 18 avril 2018

CARPENTIER Thierry & COHEN-GRILLET Philippe, « Alex Karp : l’homme le mieux renseigné de la planète », Paris Match, 24 janvier 2017

COLLOMBAT Benoît, « Comment une start-up financée par la CIA s’est imposée au cœur des services de renseignement français », France Info, 22 septembre 2018

DRIF Anne, « In-Q-Tel, le fonds de la CIA qui fait rêver les militaires français », Les Echos, 16 décembre 2016

HUSSON Edouard, « Peter Thiel et la Silicon Valley : comme une méchante ombre sur les démocraties occidentales », Atlantico, 7 janvier 2018

KHARPAL Arjun, “Palantir worked with Cambridge Analytica on the Facebook data it acquired, whistleblower alleges”, CNBC, 27 mars 2018

LAMIGEON Vincent, « Faut-il avoir peur de Palantir, le géant du big data ? », Challenges, 21 mars 2019

LELOUP Damien, « Palantir, l’embarrassant poisson-pilote du big data », Le Monde, 9 octobre 2018

MONIN Jacques, « Palantir : l’œil américain du renseignement français », France Inter, 22 septembre 2018

PAQUETTE Emmanuel, « Palantir, quand la CIA scrute la France », L’Express, 19 mai 2017

SAVIANA Alexandra, « Le très inquiétant pouvoir de Palantir, la boîte mêlée au scandale Facebook, à la NSA… et à la DGSI », Marianne, 30 mars 2018

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La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.

Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.

« Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.

« Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

« Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
 
Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.

Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.

« Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.

« Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

« Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
 
Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

Les valeurs américaines: les ambassades sont pour couper les journalistes en morceaux, pas pour les protéger

Les valeurs américaines: les ambassades sont pour couper les journalistes en morceaux, pas pour les protéger

Bryan MacDonald
Bryan MacDonald est un journaliste irlandais basé en Russie.
Les valeurs américaines: les ambassades sont pour couper les journalistes en morceaux, pas pour les protéger
Partout dans le monde, des personnes loyales ont à juste titre condamné l’arrestation de Julian Assange ordonnée par les États-Unis. Cependant, peu de gens ont remarqué comment cela s’inscrivait dans un schéma d’hypocrisie américaine en ce qui concerne le traitement des journalistes.

Il y a six mois à peine, Jamal Khashoggi avait été assassiné et mis à mort par des agents saoudiens au consulat du royaume à Istanbul. Il a été chroniqueur au Washington Post et rédacteur en chef de la chaîne Al-Arab News, connue pour ses critiques acerbes sur la guerre illégale contre le Yémen soutenue par les États-Unis.

En dépit d’une conclusion de la CIA selon laquelle le prince héritier Mohammed bin Salman avait ordonné l’assassinat macabre, le président Donald Trump restait aux côtés de son allié et aucune sanction ou sanction significative ne fut infligée à Riyad.

La Turquie elle – même reste un membre de l’ OTAN, et proche partenaire américain, en dépit de la tenue plus de journalistes derrière les barreaux que toute autre nation sur la terre. Ce chiffre s’élevait à 68, à la fin de l’année dernière, environ le quart du total mondial de 251. 

Nous avons maintenant l’acte d’accusation d’Assange, qui cherche à criminaliser les fonctions de base du journalisme. Par exemple, garder les sources anonymes ou supprimer des enregistrements de conversations. En effet, cela semble également être une violation du premier amendement américain.

Il a été pris pour cible par Washington pour avoir révélé des preuves d’atrocités effroyables perpétrées par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Assange a donc cherché refuge dans la petite ambassade de Londres en Équateur.

Ce qui a suivi a été une pression incessante sur Quito pour qu’il renverse l’asile qu’il a accordé au fondateur de Wikileaks et a abouti à son arrestation.

Si ce mépris de la presse se limitait à la Maison-Blanche, l’établissement américain pourrait poursuivre sa tactique actuelle consistant à accuser Trump de tout ce qui est néfaste. Mais le parti d’opposition est tout aussi mauvais. Témoin du plus haut démocrate à Washington, Chuck Schumer, tweetant son plaisir de la détention d’Assange. 

Chuck Schumer

@SenSchumer

Now that Julian Assange has been arrested, I hope he will soon be held to account for his meddling in our elections on behalf of Putin and the Russian government.

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Cela dit, le déclin des normes morales et de la malhonnêteté rampante parmi les dirigeants américains est vaste. Par exemple, demandant cette semaine pourquoi Washington avait approuvé la saisie israélienne des hauteurs du Golan mais sanctionné la Russie pour sa réabsorption de la Crimée, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré aux sénateurs qu’il existait une  » doctrine de droit international « , qui serait expliquée plus tard. Bien sûr, il s’est avéré cela n’existait pas.

Le patron de Pompeo lutte également avec la vérité. Jeudi, Trump a déclaré: « Je ne connais rien à WikiLeaks. Ce n’est pas mon truc.

Pourtant, en 2016, il l’a qualifié de  » trésor  » en disant  » J’aime WikiLeaks « . 

Embedded video

CBS News

@CBSNews

President Trump: « I know nothing about WikiLeaks. It’s not my thing. »

During the 2016 campaign, Trump called WikiLeaks « a treasure trove » and said, « I love WikiLeaks » https://www.cbsnews.com/news/south-korean-president-visits-trump-white-house-today-2019-04-11-live-updates/ 

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La focalisation américaine incessante sur Assange et la détermination de le traquer font partie d’un manque de respect croissant envers le journalisme dans un pays qui se targuait autrefois de  » valeurs « . Ces jours-ci, le président qualifie la presse d ‘ » ennemi du peuple ». ”Et des éléments des mêmes médias se réjouissant de l’arrestation d’un collègue journaliste.

Néanmoins, pourquoi la haine d’Assange est-elle si intense, car elle transcende les lignes de parti et les idéologies? C’est peut-être parce qu’il a montré à l’Amérique ce qu’elle est réellement, plutôt que la manière dont elle aime être perçue.

Vous pensez que vos amis seraient intéressés? Partagez cette histoire!

Les déclarations, opinions et opinions exprimées dans cette colonne sont celles de l’auteur et ne représentent pas nécessairement celles de RT.

https://www.rt.com/op-ed/456344-assange-khashoggi-embassy-us-values/

La CIA a-t-elle déclenché un assaut contre l’ambassade nord-coréenne en Espagne ?

La CIA a-t-elle déclenché un assaut contre l’ambassade nord-coréenne en Espagne ?

Selon la presse espagnole, la CIA serait à l’origine d’un assaut spectaculaire contre l’ambassade de Corée du Nord à Madrid. D’après le quotidien El Païs, l’objectif de l’attaque aurait été de recueillir des informations sur un proche de Kim Jong-un :

Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver

Quand d’« anciens » espions sont lâchés dans la nature, le pire peut arriver


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 30 janvier 2019

Les histoires ci-dessous parlent d’activités malfaisantes commises par d’anciens membres du personnel de la NSA, de l’ancienne CIA, d’anciens militaires, etc. qui ont rejoint des entreprises privées. Elles démontrent qu’il y a un problème structurel lorsque des personnes entraînées à faire du mal sont autorisées à faire n’importe quoi.

Reuters vient de publier un article en deux parties sur « d’anciens » membres du personnel de la NSA, plus de 20 au total, qui, depuis 2013, construisent un centre d’espionnage pour les Émirats arabes unis.

Des mercenaires américains participent à l’équipe secrète de hackers des Émirats Arabes Unis.

Des ex-agents de la NSA révèlent comment ils ont aidé à espionner des dissidents, des dirigeants rivaux et des journalistes pour la monarchie arabe.

Les « anciens » fonctionnaires de la NSA n’ont pas hésité à espionner des dissidents locaux pour le compte de l’État dictatorial du Golfe. Seuls certains d’entre eux ont quitté le navire lorsqu’ils ont découvert que leur affaire servait aussi à espionner des Américains. L’entreprise « privée » pour laquelle ils travaillaient s’appelle Dark Matter. Elle prétend ne travailler que dans le domaine de la cyber sécurité, mais il s’agit d’une entreprise d’espionnage connue, directement reliée au service de renseignement numérique des Émirats arabes unis. Les deux sont domiciliés dans le même bâtiment.

En octobre 2016, Jenna McLaughlin a fait un reportage sur Dark Matter pour le compte de The Intercept :

Comment les EAU recrutent des hackers pour créer un état de surveillance parfait.

En décembre 2017, elle publiait un article dans Foreign Policy :

« Bonne couverture et poches remplies »

Les Émirats Arabes Unis paient d’anciens officiers de la CIA pour construire un service d’espionnage digne d’un empire, dans le Golfe.

McLaughlin informe que Dark Matter fait l’objet d’une enquête du FBI.

Les Émirats arabes unis recrutent non seulement d’« anciens » espions de la NSA et de la CIA, mais aussi d’« anciens » soldats américains des services spéciaux :

« Une monarchie du Moyen-Orient engage des ex-soldats américains pour tuer ses ennemis politiques. Ça pourrait être l’avenir de la guerre. »

Le deuxième article de Reuters publié aujourd’hui décrit l’aspect technique de l’affaire de cyberespionnage des EAU :

« Les Émirats arabes unis utilisent des super-armes électroniques pour espionner les iPhones de ses rivaux. »

Des anciens agents de Raven décrivent Karma comme étant un outil qui pourrait accorder l’accès à distance aux iPhones simplement en téléchargeant des numéros de téléphone ou des comptes e-mail dans un système de ciblage automatisé.

Reuters ne le dit pas clairement, mais d’après la description des outils d’espionnage, il semble évident que cet outil, Karma, a été acheté au célèbre magasin d’espionnage israélien NSO Group. Le nom marketing de l’outil est Pegasus. L’« ancien » espion de la NSA cité dans l’article de Reuters fait des déclarations curieuses telles que « l’outil ne pouvait pas enregistrer les appels téléphoniques ». Mais cette affirmation n’a aucun sens. Une fois qu’un logiciel espion décent est sur le téléphone, tout est accessible. L’allégation est évidemment faite pour détourner l’attention de NSO. La vente d’outils aux EAU par NSO a été confirmée dans les rapports précédents. À partir d’août 2018 :

« Des plaintes juridiques affirment que la société israélienne de logiciels espions a aidé le régime des Émirats arabes unis à pirater les téléphones de ses opposants. »

Le gouvernement des Émirats arabes unis a utilisé la technologie israélienne de piratage téléphonique pour espionner ses rivaux politiques et régionaux ainsi que des membres des médias, et la compagnie israélienne elle-même a participé aux cyberattaques, rapportait vendredi le New York Times.

Le groupe NSO, basé à Herzliya, utilise son controversé programme de logiciels espions Pegasus pour transformer les smartphones en dispositifs d’écoute…

En 2016, le quotidien israélien Yedioth Ahronoth rapportait pour la première fois que le ministère de la Défense avait autorisé le groupe NSO à vendre le logiciel à une société arabe, qui a ensuite pris pour cible un éminent militant des droits humains aux Émirats arabes unis.

L’original du NYT :

« Pirater un prince, un émir et un journaliste pour impressionner un client »

L’utilisation par les EAU de logiciels espions du groupe NSO a été signalée pour la première fois en 2016. Ahmed Mansoor, un défenseur émirati des droits humains, a remarqué des textos suspects et a dénoncé une tentative de piratage de son iPhone Apple. L’année suivante, les EAU l’ont arrêté pour des chefs d’accusation apparemment sans rapport et il est toujours en prison.

Après les révélations de Mansoor, Apple a déclaré qu’elle avait publié une mise à jour qui corrigeait les vulnérabilités exploitées par le groupe NSO. Le groupe NSO s’est engagé à enquêter et a déclaré que « l’entreprise n’a pas connaissance de ces cas spécifiques et ne peut les confirmer ».

Mais d’autres documents qui ont fait l’objet de fuites dans le cadre des poursuites indiquent que les Émirats arabes unis ont continué à utiliser le logiciel Pegasus bien après qu’Apple ait annoncé sa correction et que le groupe NSO se soit engagé à enquêter.

Le groupe NSO a été fondé par deux « anciens » espions de l’armée israélienne :

« Tout ce que nous savons sur le groupe NSO : Les espions professionnels qui ont piraté des iPhones avec un seul texto. »

Mais le fondateur Omri Lavie garde bien le secret. … Le cofondateur Shalev Hulio n’a pas répondu à nos messages. Tous deux seraient d’anciens élèves du célèbre service de renseignement sur les transmissions de l’unité 8200 d’Israël, tout comme de nombreux entrepreneurs du pays dans le domaine de la sécurité.

Les outils du groupe NSO ont également été utilisés par le gouvernement mexicain, sous l’ancien président Nieto, pour espionner des journalistes et l’opposition.

C’est le Toronto University Citizen Lab qui, en 2016, a découvert les attaques des Émirats arabes unis contre des « militants des droits de l’homme » et a découvert que NSO était derrière tout cela. Il a depuis publié un certain nombre d’articles sur cette entreprise. L’année dernière, Citizen Lab alléguait que les outils de NSO avaient été utilisés par l’Arabie saoudite pour espionner Jamal Khashoggi, un « ancien » agent de renseignement saoudien, militant des Frères musulmans et chroniqueur au Washington Post, que les Saoudiens ont finalement massacré dans leur consulat à Istanbul.

Le mois dernier, deux membres importants de Citizen Lab ont été approchés par un personnage louche qui prétendait offrir de l’argent pour investir. Les gens de Citizen Lab sont devenus suspicieux. Ils ont enregistré leurs entretiens avec l’homme, l’ont photographié et ont invité des journalistes. AP a présenté son rapport le 26 janvier :

« APNewsBreak : des agents tentent de s’infiltrer dans une compagnie de cybersécurité »

Les chercheurs qui ont découvert que des logiciels israéliens avaient été utilisés pour espionner le cercle intime du journaliste du Washington Post, Jamal Khashoggi, avant sa mort atroce, sont à leur tour pris pour cible par des agents internationaux infiltrés, a découvert l’Associated Press.

Deux jours plus tard, le NYT découvrait que l’entreprise d’espionnage qui avait envoyé l’homme était la société israélienne Black Cube.

« Le cas de l’espion raté : Un groupe de surveillance l’a filmé par caméra »

Black Cube a nié avoir joué un quelconque rôle dans les démarches cherchant à approcher des employés de Citizen Lab, mais le même agent s’était présenté dans une affaire antérieure au Canada comme étant en relation avec Black Cube…

Le New York Times, en collaboration avec Uvda, une émission de télévision d’investigation sur la chaîne israélienne Channel 12, a confirmé que le mystérieux visiteur était Aharon Almog-Assoulin, un agent de sécurité israélien à la retraite qui était jusqu’à récemment membre du conseil municipal d’un quartier de Tel Aviv.

Black Cube a également espionné certaines personnes qui soutenaient l’accord d’Obama avec l’Iran.

« Trita Parsi : J’ai été pris pour cible par Black Cube dans des tentatives douteuses d’attaquer les supporters de l’Accord iranien. »

Black Cube est dirigé par un certain nombre d’« anciens » officiers militaires et agents du Mossad.

« Black Cube : à l’intérieur de la discrète firme israélienne accusée d’essayer de saper l’accord avec l’Iran »

Des documents internes de Black Cube obtenus par NBC News et des interviews de sources ayant une connaissance directe des opérations de Black Cube révèlent une société de renseignements pour les affaires ayant des contrats avec des gouvernements et un département spécial pour des travaux à caractère politique…

La société a été fondée par d’anciens officiers militaires israéliens en 2011. Elle entretient des liens étroits avec la communauté du renseignement israélien, et nombre de ses recrues sont d’anciens agents du Mossad.

Les Émirats arabes unis recrutent des « ex-CIA », des « anciens de la NSA » et des « anciens soldats » pour espionner les dissidents, les amis et les ennemis. Ils utilisent des outils produits par le groupe NSO qui est dirigé par d’« anciens élèves de la fameuse unité 8200 de renseignements électroniques d’Israël ». Lorsque des chercheurs canadiens ont creusé trop profondément dans les affaires du groupe NSO, ils ont reçu la visite d’un « agent de sécurité israélien à la retraite » travaillant pour une entreprise fondée par des « anciens officiers militaires israéliens » qui recrutent de nombreux « anciens agents du Mossad ».

Il y a aussi l’ancien agent du MI6, Christopher Steele, qui a écrit un dossier compromettant sur Donald Trump pour la campagne Clinton. Certaines parties du dossier ont probablement été écrites par l’« ancien agent double du MI6/GRU », Sergei Skripal, que les Britanniques ont « novichoqué » puis ont fait disparaitre, à Salisbury. La réaction des médias internationaux à cet incident a été d’un intérêt particulier pour le groupe de renseignement militaire Integrity Initiative, dirigé par Nigel Donnelly, un « ancien responsable du renseignement militaire britannique ». Cette initiative est financée par le gouvernement britannique.

Quand je lis des articles comme ceux qui sont indiqués ci-dessus, je présume toujours que les « anciens » membres de la CIA/NSA/FBI/MI6/8200/Mossad/militaires ne sont pas du tout des « anciens » mais des agents actifs en mission pour leur service d’origine. Certaines histoires n’ont de sens que lorsqu’on les lit sous cette prémisse.

Mais beaucoup d’« anciens » mentionnés ci-dessus ont peut-être vraiment quitté leur service. Ils sont ensuite embauchés, en échange de beaucoup d’argent, par des États ou des entreprises louches. C’est dangereux non seulement pour les défenseurs des droits de l’homme aux Émirats ou pour certains Jamal Khashoggi. Ces gens pourraient être amenés à attaquer n’importe qui.

Il fut un temps où les gens occupaient des emplois publics quand ils étaient jeunes et restaient à leur service jusqu’à ce qu’ils soient vieux et à la retraite. Pour les services, il était logique d’éloigner de la concurrence potentiellement hostile les personnes qui avaient reçu une formation coûteuse et leurs connaissances de la maison. Les services publics offraient de bons avantages et payaient des pensions suffisantes pour rendre le long séjour attrayant. Ils étaient des employeurs compétitifs.

Ce n’est plus le cas. Lori Straud est l’une de ces « anciennes » espionnes de la NSA dont l’article de Reuters ci-dessus relate l’histoire :

Elle a passé une décennie à la NSA, d’abord en tant que militaire de 2003 à 2009, puis en tant qu’entrepreneur au sein de l’agence pour le géant consultant en technologie Booz Allen Hamilton de 2009 à 2014… Marc Baier, un ancien collègue de la NSA Hawaii, lui a offert la chance de travailler pour un entrepreneur à Abu Dhabi appelé CyberPoint… De nombreux analystes, comme Straud, recevaient plus de 200 000 $ par année, et certains gestionnaires recevaient des salaires et une rémunération supérieurs à 400 000 $.

Il est fou que la NSA forme des gens qui partent ensuite et sont embauchés par une entreprise pour un salaire plus élevé, seulement pour faire le même travail qu’à la NSA, tout en coûtant aux contribuables beaucoup plus cher. C’est du racket et ce n’est pas une politique sensée.

(Il y a quelques années, j’ai dirigé la division informatique d’une entreprise internationale. J’avais pour politique de ne jamais embaucher un indépendant qui avait travaillé auparavant dans mon atelier. Du coup, les tarifs que nous offrions ont sensiblement diminué).

Les « anciens » NSA, CIA, militaires, etc. ont des connaissances et des capacités spéciales qui peuvent être très dangereuses. Ils devraient être manipulés comme des substances contrôlées. Il est ridicule de permettre à ces gens d’être embauchés par des entreprises d’espionnage étrangères.

Les rapports ci-dessus sur d’« anciens » espions ne font qu’effleurer la surface de ce qui est devenu une grosse affaire, mais c’est malsain pour nos sociétés. C’est déjà assez grave que des acteurs étatiques nous espionnent. La situation s’aggravera lorsque les entreprises privées pourront faire de même.

Il viendra un jour où une équipe d’anciens analystes de la NSA aidera une puissance étrangère à se défendre contre des analystes de la NSA qui l’espionneront ou même contre-espionneront la NSA. Il viendra un jour où d’anciennes forces d’opérations spéciales américaines engagées par quelqu’un se battront contre des forces d’opérations spéciales américaines. Le tollé sera grand. Une rémunération décente dans la fonction publique et une réglementation raisonnable pourraient probablement prévenir cette situation.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/quand-danciens-espions-sont-laches-dans-la-nature-le-pire-peut-arriver

L’empire contre-attaque

L’empire contre-attaque

Publié le 28 Janvier 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Europe, Gaz, Moyen-Orient, Russie, Amérique latine, Histoire

A mesure que le système impérial décline, perd l’Eurasie, donc le monde, et voit le grand mouvement de dédollarisation peu à peu gagner la planète, il s’hystérise et tente de se raccrocher aux branches. Réaction classique dans l’Histoire, tant du point de vue individuel que collectif. Si la bête est inexorablement engagée sur la pente glissante (et le fait que le paiement des intérêts de sa dette dépasse maintenant son budget militaire l’empêchera définitivement de remonter) elle n’est pas morte, loin s’en faut !

Coups d’Etat, contrôle de l’énergie, sanctions, guerre de l’information poussée jusqu’au ridicule, influences et pressions diverses… tout y passe, dans une fuite en avant aussi flambante que dangereuse.

Dans la Baltique, où les interceptions « amicales » continuent de plus belle, nous nous en étions arrêtés aux menaces de l’ambassadeur US vis-à-vis des compagnies qui participeraient au Nord Stream II. Las ! Berlin ne cède pas aux pressions et le MAE allemand le dit sans ambages : personne ne peut désormais arrêter le gazoduc. Le fidèle lecteur de nos modestes Chroniques était au courant depuis bien longtemps.

Dans un style qui symbolise à merveille les contradictions de l’euronouillerie, le ministre teuton de l’Economie explique, lui, que le gouvernement allemand ne peut rien faire légalement pour empêcher la construction du gazoduc. En décodé : l’Allemagne veut le tube, le maître américain s’y oppose, le vassal sauve la face en disant qu’il ne voudrait pas l’avoir mais ne peut rien faire contre…

Certes, le Danemark fait de la résistance et n’a toujours pas donné les autorisations, dont nous expliquions les tenants et les aboutissants l’année dernière :

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manoeuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ? Les exercices militaires russes constituent-ils un coup de pression et, si oui, fonctionnera-t-il ou n’est-ce pas une arme à double tranchant qui se retournera contre son promoteur ? Nous le saurons au prochain épisode…

Mais Gazprom a déjà toute prête sa route alternative et rien ne pourra vraisemblablement se mettre en travers du Nord Stream II. Si l’Autriche s’en réjouit, se lâchant au passage sur la morgue américaine qui traite les pays européens « comme des colonies », la Pologne n’a que ses yeux pour pleurer et admet enfin qu’il sera très difficile de s’opposer au tube.

A la peine dans le Grand jeu énergétique en Europe, l’empire est plus heureux en Iran. On a vu que la menace des sanctions avait réussi à en faire partir Rosneft et ses promesses de 30 Mds d’investissements dans l’industrie pétrolière perse qui en a bien besoin. Nul doute que Téhéran a été quelque peu déçu par la couardise russe et, plus généralement, l’on sent comme un léger parfum de dissonance entre les deux alliés.

Sur la Syrie, une critique inhabituelle est venue d’un ponte iranien sur le fait que Moscou a maintenu ses S-300 inactifs et donc laissé faire Israël lors du double bombardement du 20 janvier. Si Téhéran s’est désolidarisée des déclarations et assure que la position officielle du gouvernement n’a pas changé, le petit buzz pose néanmoins une question intéressante. Et nous ne parlons évidemment pas ici de l’intox de certaines officines qui ont inventé des « combats » entre pro-Russes et pro-Iraniens dans la province de Hama, rien que ça.

En réalité, les Russes n’ont jamais caché leur objectif : stabiliser le pays et éviter que le conflit ne dégénère en guerre régionale entre l’Iran et la Syrie d’un côté, Israël de l’autre. Téhéran s’installe en Syrie avec l’accord de Damas, soit. Mais c’est à vous de vous défendre, pas à nous. Tel est en substance le message. Quant aux S-300 livrés à Assad après l’incident de l’Iliouchine, ils ne seront opérationnels qu’au mois de mars. A ce moment, Assad fera ce qu’il voudra mais d’ici là, les Iraniens seraient peut-être bien inspirés de ne pas rajouter de l’huile sur le feu, d’autant plus que le Hezbollah a déjà tout ce qu’il lui faut

Arc chiite, justement. Les faucons néo-cons tentent encore et toujours de torpiller le retrait de Syrie en faisant pression sur Trump pour qu’il garde une zone cruciale, à la frontière syro-irako-jordanienne, gênant sans interrompre le lien Iran-Irak-Syrie-Liban. Vous l’avez compris, nous parlons évidemment d’Al Tanaf, bien connue des lecteurs. Le Donald réussira-t-il malgré tout à tenir sa promesse de retrait total ou succombera-t-il aux pressions du Deep State ? Vous le saurez au prochain épisode de Syrixit, le feuilleton en vogue à Washington.

Quoique qu’une autre telenovela est déjà en passe de le détrôner chez les Follamours du Potomac : Calor a Caracas. A ce titre, il n’est d’ailleurs pas impossible que le Donald donne l’os vénézuélien à ronger au parti de la guerre pour mieux le détourner de la Syrie. Jungle contre désert en quelque sorte…

Car ils s’y mettent tous : Bolton, Pompeo, Rubio et autres joyeux drilles du Washingtonistan écrivent un scénario bien peu original, déjà maint fois filmé en Ukraine, en Libye, en Syrie. Pour certains, ce fâcheux manque d’originalité symbolise l’urgence impériale devant son inexorable déclin. Toujours est-il que le Titanic moral américain entraîne dans les bas fonds ses laquais de l’euronouillerie, presque toujours partants dès qu’il s’agit de couler.

L’Allemagne résiste bien sur le gaz car ses intérêts vitaux sont en jeu, mais il ne faut pas non plus trop demander à la principale colonie US en Europe. Si, sur injonction américaine, Berlin en vient à bannir de son ciel Mahan Air, compagnie iranienne transportant du matériel en Syrie, vous pouvez imaginer son suivisme dans le dossier vénézuélien. Toutefois, alors que les eurocrates s’apprêtaient à suivre leur maître à penser en reconnaissant l’auto-proclamé choisi par Washington, l’Italie a mis le holà en édulcorant le communiqué final de Bruxelles. Ah ces maudits «  »populistes » » rétifs au système impérial…

De l’autre côté, en plus du sympathique soutien de Gaza, Maduro a entre autres derrière lui la Russie, la Chine, l’Iran et la Turquie, soit quatre poids lourds de l’Eurasie lointaine. Voici la carte à peu près actualisée des pays soutenant Maduro (rouge) et Guaido (bleu). En faisant abstraction des nombreux Etats qui préfèrent ne pas prendre partie, c’est à peu de choses près le copié-collé des votes à l’ONU sur la Crimée ou la Syrie. Le monde est bien divisé en deux blocs antagonistes : empire US + vassaux vs multipolarité.

Il faut ajouter au camp occidental la presstituée (cela va sans dire), ainsi que les banques d’affaires et autres fonds de pension qui ont tout à gagner au départ de Maduro. Comme au bon vieux temps, l’alliance CIA-Wall Street-pétroliers revient sous les projecteurs. Cela faisait d’ailleurs un bail que les trois planètes n’avaient pas été alignées

Puisque l’on parle de gros sous, la banque d’Angleterre refuse, sur pression US, de rendre l’or vénézuélien entreposé dans ses coffres, dont la valeur avait d’ailleurs fortement augmenté ces derniers temps. Sans surprise, la carpette autoproclamée demande à Londres de ne pas rendre l’or, préférant continuer à soumettre son pays aux institutions financières anglo-saxonnes.

On sait à quel point la domination du système impérial repose, depuis 1944, sur le roi-dollar, la confiscation de l’or des pays vassaux (l’Ukraine post-Maïdan en est le dernier exemple) et le contrôle des institutions financières mondiales. A cet égard, on peut quand même s’interroger sur l’étonnante imbécilité des dirigeants chavistes qui, depuis des années, dépose/ne récupère pas leur or confié à leur ennemi potentiel…

Sur le terrain, l’autoproclamé tente les coups d’intox. Dans une interview publique, il prétend être en contacts secrets avec des responsables civils et militaires. La contradiction lui a peut-être échappé… ou pas, s’il s’agit de créer une certaine méfiance au sein du camp loyaliste. Les menaces de Bolton en cas de « violences » peuvent être vues comme un appel à un false flag (il a suffisamment fait le coup en Syrie), mais une chose est sûre : une intervention militaire, même avec le soutien d’une partie de la population et de l’armée, serait tout sauf une partie de plaisir.

Nous n’en sommes pas encore là, et le Venezuela n’arrivera sans doute pas à cette extrémité. Le plus probable est un pourrissement de la situation, avec deux présidents reconnus par deux parties du monde et une société profondément divisée.

Terminons ce billet par un continent dont on parle très peu ici. Sans surprise, l’Australie a suivi ses compères anglo-saxons et reconnu Guaido, ce qui nous permet d’aborder le noyautage très ancien du pays des kangourous par l’oncle Sam. Mais l’élection du travailliste Gough Whitlam en 1972 envoya des ondes de choc à Washington. Le nouveau Premier ministre remettait en cause la soumission aussie, prétendait faire entrer Canberra dans le bloc des pays non-alignés et envisageait de fermer la station d’écoute américaine de Pine Gap, perdue dans le désert australien mais faisant partie du réseau Echelon et désormais centre de commande du programme US de drones.

Ses dangereuses tendances étaient évidemment inacceptables pour les Américains. La CIA, qui avait infiltré l’establishment politique, médiatique, économique et sécuritaire australien, prépara alors un putsch institutionnel qui destitua Whitlam en 1975. Désormais, et ce jusqu’à nos jours, l’Australie restera sagement alignée sur l’empire…

 

Khashoggi a-t-il vraiment été tué?

Khashoggi a-t-il vraiment été tué?

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Je n’ai pas été convaincu par les affirmations de la Turquie, du Washington Post et d’autres au sujet de l’horrible meurtre, en octobre 2018, de Jamal Khashoggi, un agent du renseignement. Il y a trop d’anomalies, comme en témoignent diverses déclarations du président turc, M. Erdogan, et comme en témoignent les nombreux médias occidentaux de grande diffusion. Des recherches récentes suggèrent que Khashoggi n’a peut-être jamais été dans ce consulat saoudien à Istanbul ce jour-là, et qu’en fait, il est peut-être encore bien vivant et caché. Si c’est le cas, cela suggère une histoire beaucoup plus vaste derrière l’affaire. Considérons ce qui suit.

La meilleure façon de l’illustrer est de revenir sur les événements entourant l’arrestation surprise et la détention de nombreuses personnalités saoudiennes de haut rang fin 2017, par le prince Mohammed bin Salman ou MBS comme on l’appelle. Le 4 novembre 2017, MBS a annoncé à la télévision publique que de nombreux Saoudiens, dont l’un des plus riches, le prince Alwaleed bin Talal, avaient été arrêtés pour corruption et détenus à l’hôtel Riyadh Ritz Carlton. Le prince Alwaleed est clairement la personne cruciale.

Le gendre du président Trump aurait effectué une visite non publique à Riyad pour des entretiens privés avec MBS quelques jours seulement avant les arrestations massives. Un article paru dans le journal UK Mail en 2018 affirmait que Jared Kushner, représentant le Président, avait informé MBS d’un complot rival de la famille royale saoudienne pour éliminer le Prince Héritier. Le prince Alwaleed serait au centre du complot.

Après trois mois d’emprisonnement, Alwaleed a été libéré le 27 janvier 2018, à la suite d’un règlement financier. En mars 2018, il a été retiré de la liste des milliardaires de Forbes World’s Billionaires. Avant son arrestation, Alwaleed était le plus gros actionnaire de Citibank, l’un des principaux propriétaires de Twitter, un ancien partenaire de Bill Gates dans les programmes de vaccination de la Fondation Gates, et généreux donateur de certains démocrates tels que Hillary Clinton et la Fondation Clinton. Selon les médias, le frère de Huma Abedin, Hassan Abedin, collaborateur de la campagne Hillary et membre des Frères musulmans, a travaillé avec Bin Talal sur un projet intitulé « Propager l’Islam en Occident ». Bin Talal et d’autres sources saoudiennes ont donné jusqu’à 25 millions de dollars à la Fondation Clinton au moment où elle préparait sa candidature à la présidence. Le prince était aussi un ennemi ouvert de Donald Trump.

Qui était vraiment Khashoggi ?

Jamal Khashoggi n’était pas un journaliste ordinaire. Il a effectivement travaillé pour le prince Alwaleed bin Talal. Dans une interview dans le Gulf Times en novembre dernier, Alwaleed a déclaré : « Jamal n’était pas seulement mon ami. Il travaillait avec moi. En fait, son dernier emploi en Arabie Saoudite était avec moi … » Jamal était, ou est toujours, le neveu d’un agent lié à la CIA, le défunt Adnan Khashoggi, un trafiquant d’armes récemment décédé, impliqué dans la banque CIA-Saoudienne BCCI et l’Iran-Contra. Le neveu Jamal a également travaillé pour le Prince Bandar, ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington, un homme si proche de la famille Bush que George W. l’avait surnommé « Bandar Bush ». En bref, Khashoggi faisait partie des cercles saoudiens proches du groupe Bush-Clinton. Lorsque le roi Abdullah décida de sauter, dans la liste de succession, le père d’Alwaleed, Talal bin Abdulaziz Al Saud, surnommé «le prince rouge» pour ses idées réformistes, cela avait abouti à l’arrivée sur le trône de Salman, le père de MBS. Dès lors, Alwaleed était en dehors des calculs du pouvoir du roi Salman et du Prince héritier MBS.

Le gouvernement saoudien ainsi que la Brookings Institution confirment que Khashoggi était membre des Frères musulmans. La Fraternité a été interdite en Arabie Saoudite en 2011 à la suite du Printemps arabe de Obama-Hillary Clinton, lorsque le monarque saoudien, le roi Abdullah, et son entourage ont compris que la maison royale elle-même constituait une cible potentielle pour un changement de régime par les Frères Musulmans, comme en Égypte et en Tunisie. .

L’administration Obama, comme je l’explique en détail dans Manifest Destiny, a planifié, en collaboration avec la CIA, une série de changements radicaux de régime dans le monde islamique pour installer des régimes de Frères Musulmans avec l’aide « amicale » de la CIA et de l’administration Obama. Des membres clés de l’administration Obama, dont l’assistante spéciale de la secrétaire d’État Hillary Clinton, Huma Abedin, avaient des liens étroits avec la partie saoudienne des Frères musulmans où vit la mère de Abedin. Sa mère, Saleha Abedin, universitaire en Arabie Saoudite, où Huma a grandi selon un reportage sur Al Jazeera et d’autres médias arabes, est un membre important de l’organisation des femmes des Frères musulmans, et le frère de Huma serait également lié à cette organisation. Notamment, feu John McCain, dont les liens avec les principaux membres de l’Etat Islamique et d’al-Qaïda sont de notoriété publique, a tenté de discréditer sa collègue républicaine Michele Bachmann pour avoir souligné les liens qui unissent Abedin aux Frères musulmans. C’est à cette faction qu’était lié Khashoggi en Arabie Saoudite.

En tant que président, le premier voyage à l’étranger de M. Trump a consisté à rencontrer MBS et le roi saoudien, un voyage vivement critiqué par la députée démocrate Nancy Pelosi. Quand la présidence Trump a décidé de reconstruire les relations effilochées qui s’étaient développées entre Obama et la monarchie saoudienne sous le roi Abdallah puis le roi Salman, père du prince héritier MBS, la faction pro-Obama autour du prince Bin Talal Alwaleed a perdu les faveurs, pour ne pas dire plus, surtout après la chute de Hillary Clinton. En juin 2017, l’ancien employé d’Alwaleed, Jamal Khashoggi, s’est exilé aux États-Unis, où il avait fait ses études, après l’interdiction par le gouvernement de son compte Twitter en Arabie Saoudite.

Khashoggi est-il vivant ?

Après l’arrestation par MBS de Alwaleed et de nombreuses autres personnes, l’avenir des flux financiers entre Alwaleed et non seulement Hillary Clinton, mais aussi la Fondation Clinton et les autres démocrates qu’il avait « soutenus » par des millions de dollars saoudiens, était alors menacé. Bien que cela soit difficile à confirmer, un journaliste turc de la BBC à Istanbul aurait déclaré à un journal en langue arabe, après le meurtre et le démembrement de Khashoggi, que Jamal Khashoggi était bel et bien vivant et en bonne santé, caché quelque part.

C’est un fait que l’ancien chef de la CIA et aujourd’hui secrétaire d’État Mike Pompeo, ainsi que le secrétaire d’État à la Défense de l’époque James Mattis, ont fait un exposé au Sénat américain dans lequel ils ont dit aux sénateurs qu’il n’y avait aucune preuve que MBS était derrière ce crime présumé. Ils ont ajouté qu’ils ne pouvaient même pas confirmer qu’un crime avait été commis ! Seule Gina Haspel, chef de la CIA, ancienne chef de la station de Londres de la CIA, a contesté leurs affirmations. Erdogan affirme que le corps a été découpé puis dissous dans de l’acide pour être éliminé sans laisser de traces, ce qui renvoie au récit de l’élimination par la Navy Seal du corps de Oussama ben Laden, que l’administration Obama prétend avoir jeté en mer « selon la tradition islamique ». Dans les deux cas, il n’y avait pas de corps pour le confirmer légalement.

En effet, les allégations distribuées dans les médias du monde entier concernant l’affaire Khashoggi ont été étroitement contrôlées par le président turc Erdogan, qui a promis à plusieurs reprises de révéler, tout en ne le faisant pas, ce qu’il dit être des enregistrements secrets des services secrets turcs sur le meurtre présumé. Erdogan serait très proche des Frères musulmans, sinon un membre caché, ce qui explique en partie son soutien étroit au Qatar après les sanctions économiques imposées par MBS et le roi saoudien au Qatar pour son soutien au terrorisme, en fait, le soutien qatari aux Frères musulmans.

Il s’agit ici d’alliances politiques changeantes avec d’énormes conséquences potentielles pour la politique américaine et pour le monde, étant donné l’importance des ressources financières saoudiennes. Il est également bizarre que Khashoggi aurait accepté de se rendre dans un consulat saoudien en Turquie et pour soi-disant obtenir des papiers de divorce. De plus, sa fiancée, Hatice Cengiz, semble tout aussi mystérieuse, certains se demandant si elle n’est pas en fait un agent des services de renseignements turcs utilisé pour discréditer l’Arabie Saoudite.

Les affirmations de Erdogan sur l’assassinat de Jamal par une équipe saoudienne ont été étayées par un mystérieux Khaled Saffuri, qui a déclaré au journaliste de Yahoo News, Michael Isikoff, que Khashoggi était devenu un ennemi à abattre pour MBS, à la suite de ses articles dans les médias critiquant l’arrestation du Prince bin Talal et des autres. Les recherches révèlent que Saffuri, la source des médias sur le meurtre présumé de Khashoggi, a également eu des liens étroits avec l’organisation des Frères musulmans, l’American Muslim Council, et avec le Qatar, qui accueille les Frères en exil depuis des années. Le soutien du Qatar aux Frères musulmans a été un facteur de rupture entre MBS et le Qatar il y a deux ans.

Saffuri est également le protégé de Abdurahman Alamoudi, un partisan influent des Frères musulmans qui, avant 2004, avait rencontré G.W. Bush et Hillary Clinton. Alamoudi est actuellement incarcéré dans une prison fédérale américaine depuis 2004 pour son rôle de porte-flingue dans un complot d’assassinat contre le prince héritier Abdallah, fomenté par la Libye et Al-Qaeda. En bref, les principales sources sur l’assassinat de Khashoggi sont peu nombreuses et difficilement impartiales.

A ce stade, il est difficile d’aller au-delà de la spéculation. Il est clair que Jamal Khashoggi n’a plus été vu en public depuis début octobre. Mais tant que le gouvernement turc ou quelqu’un d’autre ne présentera pas de preuves médico-légales sérieuses, une procédure qui montre que l’ancien employé de Alwaleed, Jamal Khashoggi, a été assassiné par une équipe d’assassins saoudiens, sans même parler du fait que l’opération aurait été commanditée par le prince Bin Salman, la situation justifie une étude plus poussée. Il est curieux que les mêmes médias libéraux comme le Washington Post de Jeff Bezos qui s’en prennent à MBS pour le meurtre présumé de leur journaliste, Khashoggi, ne critiquent pas les exécutions saoudiennes antérieures, voire ultérieures.

Khashoggi est-il vraiment mort au consulat d’Istanbul ou y avait-il autre chose? Mettre en scène une fausse exécution de Khashoggi pour discréditer et même éventuellement renverser MBS aurait peut-être semblé à Alwaleed et à ses amis de la CIA à Washington un moyen habile de restaurer leur pouvoir et leur influence financière. Si c’est le cas, cela semble avoir échoué.

F. William Engdahl

Article original en anglais :

Jamal Khashoggi

Did Khashoggi Really Die?

Cet article a été publié initialement par New Eastern Outlook

Traduction AvicRéseau International

Espionnage et cybersécurité : des dizaines d’agents de la CIA arrêtés ou exécutés… sur simple clic Google !

Info

© TV5MONDE

Au moins 30 agents « neutralisés », des dizaines d’autres démasqués. La CIA a payé un lourd tribut au renseignement entre 2009 et 2013. L’Agence américaine possédait des serveurs de communication « cachés » sur Internet. Les services iraniens et chinois avaient trouvé la « formule magique » pour récupérer leurs adresses. Explications

dans

L’information n’est révélée qu’aujourd’hui par deux journalistes de Yahoo News, Zach Dorfman and Jenna McLaughlin, mais elle reste énorme par ses conséquences. L’affaire s’est déroulée entre 2009 et 2013 : un système de communication par serveur Internet de la CIA, utilisé par des agents infiltrés à l’étranger, a été compromis durant toute cette période par les renseignements iraniens, puis chinois. Des dizaines d’agents et de sources ont été démasqués en Iran et enfermés, 30 autres ont été exécutés en Chine. Le système pour permettre les échanges via Internet était basé sur le principe du « web caché », ce qui pour une agence de renseignement frise l’amateurisme le plus complet.

Une requête Google pour faire « apparaître » l’adresse du serveur

Le principe que la CIA avait décidé d’appliquer pour permettre à des agents en Iran ou en Chine d’échanger des informations était le suivant : des serveurs web étaient activés de façon temporaire, et pas indexés pour n’être affichables par le moteur de recherche Google qu’avec une certaine méthode et certains mots clés dans la recherche avancée. Ce que le spécialiste en cybersécurité Philippe Laquet résume par la sentence suivante : « C’était une sorte de « formule magique » dans la barre de recherche google, ce qu’on appelle un « dork », pour pouvoir rechercher les seveurs non indexés ».

Ces serveurs permettaient à des sources à l’étranger d’échanger avec la CIA après avoir tapé la requête avancée Google leur donnant un lien url (adresse du serveur web) sur lequel ils venaient se connecter. Une fois les échanges effectués, le serveur était désactivé et d’autres pouvaient s’activer temporairement dont l’adresse différente était néamoins toujours récupérable via cette fameuse méthode de recherche avancée sur le moteur Google. « Quiconque utilisait la « formule magique » de recherche pouvait retrouver les dits serveurs », précise le cyberspécialiste.

En 2009, un agent double iranien  a utilisé l’un de ces sites web temporaire. Les services dont il dépendait en Iran ont très vite compris la méthode utilisée, ce qui leur a permis de trouver d’autres sites web d’échanges entre la CIA et ses sources…
Et C’est ainsi que la plupart des sources de la CIA en Iran ont été identifiées et arrêtées en 2011.

Des serveurs utilisés par la Chine

Ces accès aux serveurs de communication avec les sources de la CIA à l’étranger n’ont pas seulement permis les arrestations iraniennes, bien que les services iraniens les aient utilisé aussi pour se rapprocher d’agents américains afin de les recruter comme agents double. Entre 2011 et 2012, la Chine a elle aussi accédé à ces serveurs web temporaires afin d’identifier les sources ou agents américains utilisant ce système, ce qui a mené — selon les confidences reçues par les journalistes de Yahoo news — à l’exécution de 30 personnes par le gouvernement. Il est possible que les services iraniens aient partagé des informations avec les services chinois, que ce soit sur l’identité de sources en Chine ou en leur donnant la méthode utilisée pour trouver les adresses de serveurs. Les 11 anciens responsables de l’agence américaine de renseignement (et d’anciens proches du gouvernement américain) qui ont parlé aux journalistes de Yahoo news estiment qu’il est possible que la compromission ait été mondiale. La CIA aurait probablement été forcée de retirer ses agents présents dans le monde entier.

Comment la CIA a-t-elle pu imaginer permettre à des agents exposés à l’étranger de communiquer par des serveurs web repérables grâce à une simple recherche avancée dans Google ? Le mystère à ce niveau là reste entier…

https://information.tv5monde.com/info/espionnage-et-cybersecurite-des-dizaines-d-agents-de-la-cia-arretes-ou-executes-sur-simple-clic

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

Les Émirats revendiquent l’attentat d’Ahvaz

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Un attentat a tué 24 personnes et en a blessé 60 autres lors d’un défilé militaire, le 22 septembre à Ahvaz (Iran).

Ahvaz est la capitale de la région arabe du Khuzestan. Le 22 septembre 1980, le président Saddam Hussein tenta d’annexer cette population à l’Iraq, provoquant la guerre Iraq-Iran. À l’époque, l’immense majorité des arabes iraniens résistèrent à l’agression étrangère. Le défilé militaire du 22 septembre 2018 marquait l’anniversaire de cette terrible guerre, financée par les Occidentaux contre la Révolution khomeiniste.

Plusieurs groupes organisent régulièrement des protestations et des attentats au Khuzestan :
- Le Parti de la solidarité démocratique d’Ahvaz (soutenu par la CIA et le MI6, il tente de coaliser les diverses minorités non-perses d’Iran)
- L’Organisation de libération d’Ahvaz (soutenue par les fidèles de feu Saddam Hussein).

L’attentat de cette semaine a été revendiqué à la fois par le Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz (censé regrouper diverses organisations pro-Iraquiens) et par Daesh (qui a publié une vidéo des kamikazes avant leur action).

Rappelons que le régime de Saddam Hussein en Iraq avait abandonné la laïcité dans le cadre de son programme de « Retour à la Foi ». Lors de l’invasion US, les membres du Parti Baas furent interdits de politique et l’armée nationale fut dissoute, tandis que le pays fut dirigé par des chiites liés à l’Iran. L’ancien vice-président Ezzat Ibrahim Al-Douri étant le grand maître de l’Ordre des Nachqbandis (une confrérie soufie), fit alliance avec la CIA et le MI6 pour intégrer Daesh avec ses hommes et obtenir sa revanche contre les chiites. Par conséquent, les deux revendications de l’attentat renvoient par des chemins différents à Washington et à Londres. C’est pourquoi la République islamique d’Iran a immédiatement accusé les Occidentaux et les États du Golfe sponsors du terrorisme.

Cependant, l’un des conseillers du prince héritier des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a déclaré que son pays venait de parvenir à faire entrer la guerre en Iran, revendiquant ainsi publiquement le rôle de son pays dans l’attentat. Ce type de déclaration n’est pas si surprenant que cela au Moyen-Orient. En 2015, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan s’était publiquement félicité des attentats qu’il avait commandité en Europe.

La position des Émirats a brusquement changée, non pas à cause de la guerre au Yémen (où ils combattent contre les Houthis soutenus par l’Iran), mais à cause de la rupture de l’accord USA-Iran (JCPoA). Au cours des deux dernières décennies, la richesse des Émirats était basée sur le contournement des sanctions US par l’Iran. Le port de Dubaï était devenu le centre de ce trafic. Désormais les deux pays sont ennemis et la question de la souveraineté d’un îlot du Golfe ressurgit.

Le président iranien, cheikh Hassan Rohani, a promis une « réponse terrible » aux Émirats, contraignant le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, à revenir en arrière et à démentir les propos précédents de son gouvernement.

http://www.voltairenet.org/article203082.html

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Revue de presse nationale et internationale.

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