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GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » (Oscar Wilde). Quel décalage abyssal entre l’image de puissance et de clairvoyance intellectuelle que projettent les États-Unis à l’extérieur de leur pays (« row » pour « the rest of the world » ainsi désigné de manière méprisante) et la réalité moins reluisante d’une certaine forme d’impuissance et d’aveuglement (avec une constance qui mérite louange) sur la compréhension des questions internationales ! Et, pourtant, l’Amérique exerce une fascination sans limite sur nos centres des recherche (« think tanks », cela fait plus chic et plus sérieux ») – sans parler de l’école néoconservatrice (« la secte » ou « la meute ») qui fait la pluie et le beau temps dans la diplomatie française – qui ont les yeux de Chimène pour tous les concepts provenant d’Outre-Atlantique. À tel point que l’on peut se demander si le pays des Lumières ne manquerait pas de bons esprits capables de réfléchir de manière indépendante sur les évolutions du monde d’aujourd’hui, voire de les anticiper. Et cela est d’autant plus préoccupant que les dernières décennies sont truffées d’exemples de la faillite intellectuelle américaine sur le plan géostratégique : Vietnam, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Irak-Syrie … Un véritable inventaire à la Prévert. Notre Oncle Sam (démocrate ou républicain), qui ose encore se présenter comme l’inspirateur d’essence divine du ou des progrès de la planète, apparait de plus en plus comme un marchand d’illusions de haut vol auquel il est hasardeux de faire confiance.

VIETNAM : LA GROSSE CLAQUE ASIATIQUE

Il est indispensable de revenir au siècle dernier pour apprécier la constance dans l’erreur des États-Unis dans les crises où ils ont décidé de s’impliquer. Après s’être félicités de la débâcle de Dien Bien Phu en 1954, les Américains entendent reprendre la place laissée libre par la France – la nature ayant horreur du vide – en déroute de la Quatrième République en Indochine. Petit à petit, ils constatent que l’affaire est moins simple que prévu. Ils y dépêchent d’abord quelques conseillers militaires pour épauler les Vietnamiens du Sud (sorte de rempart de l’Occident) en proie à un harcèlement constant des Vietnamiens du Nord (sorte de cheval de Troie du communisme). Cela n’étant pas suffisant, ils y envoient un véritable corps expéditionnaire pléthorique censé infliger une véritable correction à ces pouilleux du général Giap. L’affaire tourne mal. En dépit d’une guerre sans merci, de l’utilisation à outrance de l’aviation, de défoliants et autres armes intelligentes, l’aventure tourne à la débandade pour l’invincible Amérique. Les accords de Paris signent la fin de la récréation et l’une des plus grandes défaites militaire et idéologique des États-Unis de l’après Seconde Guerre mondiale. On se souvient du départ en catastrophe de l’ambassadeur des États-Unis de Saïgon à l’arrivée des troupes du Viêt-Cong. Pas très glorieux de se faire rosser par plus petit que soi. Ce serait du genre humiliant à y regarder de plus près.

Après le séisme produit dans le pays profond par la guerre du Vietnam, l’on pensait l’Amérique vaccinée contre le mal des expéditions coloniales aventureuses pensées et conduites par le très célèbre lobby militaro-industriel dictant sa loi au Pentagone mais aussi et surtout à la Maison Blanche. Mais, c’était mal le connaître. Après une accalmie d’une vingtaine d’année, l’Amérique est rattrapée par ses vieux démons qui vont la conduire en Afghanistan d’où elle avait largement contribué à chasser l’occupant soviétique en armant le bras des Talibans (Cf. les livraisons des missiles Stingersaux Talibans). La fable de l’arroseur arrosé, du retour du boomerang, toutes choses qu’Américains mal dégrossis ne veulent ou ne peuvent pas comprendre tant l’Amérique ne veut entendre les critiques de ses alliés sur leurs aventures hasardeuses. Elle préfère faire la sourde oreille, au mieux, clouer au pilori l’intrépide qui se permet de la critiquer, au pire. C’est la diplomatie du silence dans les rangs serrés des idiots utiles, des courtisans serviles qui sont légions à Evere, le siège de l’église atlantiste qui a pour nom Alliance atlantique ou NATO dans la langue de Shakespeare.

AFGHANISTAN : LE CIMETIÈRE DES EMPIRES

L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement en Afghanistan où les puissances étrangères (Britanniques, Soviétiques et Américains, épaulés par leurs idiots utiles) subissent échec après échec comme si régnait une sorte de malédiction sur ce pays ? Après avoir été éliminés par la coalition des suppos de Washington, les Talibans sont aujourd’hui de retour à Kaboul et ailleurs dans le pays.

L’élimination des Talibans

Plus près de nous, après les évènements tragiques du 11 septembre 2001, l’administration républicaine se lance dans une « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, enrôlant au passage ses idiots utiles d’alliés – plutôt alignés – de l’OTAN pour bouter le barbare (ami de la veille) hors de Kaboul et des principaux centres stratégiques du pays. Une fois encore, elle met le paquet, pour employer cette expression triviale. L’ennemi abandonne ses positions mais pas son idéologie. Peu après, elle décrète que l’ennemi islamiste est terrassé et que l’Afghanistan va entrer dans une nouvelle ère de paix, de prospérité et de démocratie heureuse (la mise en place des équipes de reconstruction provinciales ou PRT). Tout va très bien madame la marquise mais à part çà un petit rien… Les choses ne tournent pas dans le sens souhaité.

Le retour des Talibans

Presque vingt après le début de l’intervention militaire, le bilan est catastrophique. Les Talibans chassés de leurs fiefs reprennent le terrain perdu en infligeant de lourdes pertes aux troupes de la coalition et en faisant à nouveau régner la terreur dans le pays. Les femmes sont les victimes expiatoires de ces fous furieux. Donald Trump, qui comprend que la force ne paie pas, négocie avec eux, se promettant de quitter ce « cimetière des empires » avant 2020, élections obligent1. Fait intéressant à noter, les États-Unis se montrent d’une grande magnanimité avec l’Arabie saoudite (son grand allié depuis le Pacte du Quincy) alors même que les terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 sont en majorité originaires de ce pays comme du reste leur cerveau Oussama Ben Laden et qu’elle diffuse dans le monde un islam rigoriste (le wahhabisme) mortifère qui inspire les apprentis terroristes de tout poil, y compris ceux qui vivent en Occident. En termes d’indignation à géométrie variable, les Américains sont hors compétition. Bien évidemment, les alliés de l’oncle Donald (y compris le gouvernement fantoche de Kaboul) ne sont pas conviés aux négociations secrètes entre Américains et Talibans. Ils seront informés le moment venu du résultat des discussions et n’auront pas leur mot à dire. Merci pour tous les morts inutiles qu’ils laisseront derrière eux et qui se seront battus pour le roi de Prusse. Mais, ne nous arrêtons pas à de pareils détails mesquins. Les fameux alliés ont l’habitude d’avaler des couleuvres, des boas sans coup férir. Ils seraient même du genre masochistes et auraient même tendance à en redemander à l’occasion. Tournons notre regard vers l’Irak, objet de toutes les attentions de l’administration républicaine.

IRAK : GUERRES SANS FIN

L’élimination de Saddam Hussein

Dans sa grande sagesse, l’Amérique décrète, au début des années 2000, qu’elle va faire du « Grand Moyen-Orient » une sorte de laboratoire de la démocratie et de la loi du marché qui va étendre ses effets bénéfiques, de proche en proche, à la région au sens large par effet de domino à l’envers. Mais, il existe dans la zone un fauteur de troubles (« trouble maker ») désigné à la vindicte publique qui aurait la fâcheuse tendance à occuper l’un de ses voisins (le Koweït) en violation du droit international (il en sera puni), à aider en sous-mains les terroristes Al-Qaeda (pour se venger de la défaite qui lui a été infligée après l’invasion du Koweït) et, pire encore, à se doter illégalement d’armes de destruction massives, les fameuses ADM ou WMD en anglais (que l’on a du reste jamais trouvées même en cherchant bien). Occasion rêvée de lui rendre gorge, une bonne fois pour toutes et au passage de mettre la main sur ses ressources pétrolières. Chose dite, chose faite. En un tournemain, en dépit de l’opposition française (Cf. le discours de Dominique de Villepin de 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU) et de l’absence d’autorisation du machin (dont l’Amérique n’a que faire), on règle son compte au tyran Saddam Hussein, on élimine tout ce qui, de près ou de loin, a collaboré avec le parti Bath et la bataille est, une fois de plus gagnée. Au passage, toute l’infrastructure administrativo-politique est mise à terre. Le pays est un bateau ivre sans capitaine, si ce n’est quelques marionnettes désignées à et par Washington mais qui ne représentent pas le pays réel. Sunnites et Chiites, sans parler des Kurdes, s’en donnent à cœur joie en commettant attentats sur attentats, plus horribles les uns sur les autres. Une sorte de surenchère permanente dans l’atrocité.

Les bégaiements de l’histoire

Mais, l’histoire semble inexorablement bégayer : bataille gagnée signifie immanquablement guerre perdue. Force est de constater que l’Irak entre dans une période de chaos indescriptible dont elle ne s’est toujours pas remise. Où l’Amérique passe, la paix trépasse. Un vieux classique des relations internationales que notre clergé médiatique a trop tendance à perdre de vue… sans parler de notre élite dirigeante, La Caste qui ignore tout des fondamentaux de la diplomatie. Nos braves inspecteurs des Finances qui confondent les règles de Bercy et celles du Quai d’Orsay. Il est toujours plus facile d’instaurer la pagaille que de rétablir l’ordre dans un pays morcelé et fragmenté entre différentes obédiences de l’Islam qui traine comme un boulet, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le problème kurde. Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour rendre toute réconciliation impossible et l’insurrection possible, voire automatique. Nous n’apprenons décidément rien des leçons de l’expérience.

Non content de cette nouvelle déculottée, les masochistes américains en redemandent et tournent leur regard vers la Libye et le Yémen. Attention, les pyromanes sont de retour. Danger imminent en perspective. Et, c’est bien le cas à la lumière de ce qui se passe et non de ce qui se dit dans nos gazettes et dans nos chancelleries diffuseuses de « bobards » à jet continu. Et cela dans la plus grande indifférence.

LIBYE, YÉMEN : DEUX AFFREUX BOURBIERS

Prenons deux exemples tirés d’une actualité récente pour éclairer notre lanterne et mieux comprendre la politique extérieure américaine ! Les crises en Libye et au Yémen2 en disent long sur l’indigence de la pensée stratégique occidentale en ce début de XXIe siècle, sur l’incapacité de nos bons apôtres à ne pas tomber à pieds joints dans les pièges qu’ils ont eux-mêmes armés volontairement en pensant y piéger l’ennemi.

Libye, un État failli

Il n’est nul besoin de s’appesantir sur la pagaille monstre qui prévaut actuellement en Libye (dans le pays, au sud et au nord pour faire bonne figure) à la suite de l’intervention d’une coalition à laquelle les États-Unis ont prêté main forte même si la France du Petit Nicolas et du grand BHL a joué le rôle de mauvais génie. Une fois encore, bataille gagnée sur le très court terme, guerre perdue sur le long terme. Souvenons-nous des propos lyriques de Nicolas Sarkozy après la mise à mort du guide suprême (celui qui aurait financé sa campagne électorale). Nous en mesurons les multiples conséquences négatives aujourd’hui encore sur le continent africain mais aussi en Europe à travers la crise migratoire. Qu’est-ce que l’Occident a gagné dans cette guerre stupide que nous n’avions pas réfléchie autant qu’elle le méritait ?

Yémen, la « pire catastrophe humanitaire »

Il n’est pas plus besoin de s’arrêter sur l’aide logistique énorme fournie par l’Amérique à son grand allié saoudien3 pour écraser les rebelles houthis avec le succès que l’on sait4. Aujourd’hui, les Emirats arabes unis (EAU) prennent la poudre d’escampette, pour tenter d’échapper, un jour prochain qui sait, aux foudres de la Cour pénale internationale (CPI) en raison des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité (quelques peccadilles) commis dans cette « Arabie heureuse » par l’Arabie saoudite de MBS5. Pour sa part, la France éternelle n’est pas exempte de tout reproche dans cette sale guerre. Une fois n’est pas coutume, les Européens, Allemands en tête refusent de se laisser entraîner dans une improbable nouvelle coalition destinée à jouer les gendarmes du monde dans le détroit d’Ormuz comme le souhaitent les Américains pour punir les Iraniens6. Un sursaut de bon sens et d’orgueil de l’Europe est si rare pour être relevé. Il devrait se prolonger par une construction de sa puissance, condition de son autonomie stratégique. Mais, nous en sommes encore loin.

IRAK-SYRIE : LA FIN DE L’ÉTAT ISLAMIQUE

Après le temps de la guerre la fleur au fusil, vient le temps de la divine surprise, à savoir que la guerre n’aurait servi à rien en dépit des morts ayant donné leur vie pour la bonne cause. Mais, cela ne fait pas la une des grands quotidiens ou des actualités télévisées, ni même des réseaux prétendument sociaux.

La guerre la fleur au fusil

Dans la foulée des « révolutions arabes » au début de la deuxième décennie du XXIe siècle, l’EIIL s’empare d’une portion importante des territoires irakien et syrien pour y installer un califat, pour y faire régner une terreur sans précédent, pour s’accaparer des ressources pétrolières et financières, pour diffuser une propagande mortifère, pour semer la terreur dans la zone (en particulier contre les Kurdes et les Chrétiens) mais aussi en Europe (multiplication des attentats en particulier en France)… C’en est trop pour l’Amérique et ses fidèles affidés dont la France hollandaise et macronienne ! Il faut aller guerroyer pour bouter hors des villes et des campagnes la soldatesque de l’État islamique et ses nébuleuses bien aimées de Laurent Fabius obnubilé par le départ de Bachar Al Assad. Une fois encore, la bataille est rapidement remportée grâce à la supériorité technologique indiscutable occidentale. Les combattants, qui n’ont pas été éliminés, s’évaporent dans la nature. On les dit épuisés et peu désireux de reprendre le combat. Mais, c’est mal connaître les fanatiques de la région. Au début de l’année 2019, Américains, mais aussi nos Pieds Nickelés français (Macron-Parly-Le Drian), clament que la « bête immonde » a été vaincue. Alléluia ! Nous allons enfin pouvoir dormir sur nos deux oreilles. L’ordre occidental règne sur l’Orient compliqué en dépit d’une réinstallation de la Russie en Syrie. Comment en aurait-il pu être autrement tant nos élites sont certaines de leur fait ? La force l’a emporté contre le mal incarné par l’état islamique et sa folie destructrice. Tout va très bien dans le meilleur des mondes des bisounours que nous servent régulièrement nos perroquets à carte de presse qui sévissent quotidiennement sur les chaînes d’abrutissement en continu. Mais, patatras…

La divine-mauvaise surprise

Oh, surprise en ce début du mois d’août 2019, quelques informations aussi baroques qu’inquiétantes nous parviennent du Pentagone, une sorte d’usine à bobards. Tel Lazare, l’EIIL renaitrait de ses cendres, envisagerait de reprendre ses opérations militaires en Irak et en Syrie, de commettre quelques attentats en Europe pour bien démontrer qu’il n’a rien perdu de sa vigueur et de son audience en dépit de sa mise à l’écart des grands centres urbains. Dans la foulée, et comme un seul homme, la communauté du renseignement occidentale reprend les saintes écritures américaines en les psalmodiant à longueur de journée sur les chaînes d’abrutissement en continu. La peste islamiste pourrait de nouveau sévir dans nos villes et dans nos campagnes dès la rentrée de septembre. Qu’on se le dise ! Il est plus facile de gagner une bataille sur le terrain qu’une guerre idéologique.

Si nous comprenons bien, vérité de janvier ne serait plus vérité d’août ! Curieux. De deux choses l’une, soit la propagande officielle occidentale éhontée (pour une fois, les « fake news » ne viendraient pas ou plus du Kremlin) nous avait trompés en nous disant que la bataille contre l’EIIL avait été gagnée pour nous enfumer avec de bonnes paroles rassurantes, soit nos éminents stratèges avaient mal analysé la situation sur le terrain en dépit de leurs immenses capacités de renseignement, ce qui ne serait pas très glorieux pour la puissante Amérique. Dans tous les cas, tout ceci ne serait pas très rassurant en termes de garantie de notre sécurité. Le moins que l’on puisse dire est que la Syrie a été une défaite pour l’Occident dont les conséquences sont graves sur le plan mondial. Mais, en France, on préfère sanctionner le colonel Legrier qui a eu l’immense tort de dire ce qu’il pensait de l’alignement de la stratégie française sur celle des États-Unis en Irak et en Syrie que ceux qui encensaient Jupiter. Le militaire a dit la vérité, il doit être exécuté. Au passage, nous subissons les foudres de l’ONU pour renvoyer en Irak quelques illuminés7. La fessée est magistrale8. Décidément, le machin ne manquera pas de nous surprendre… en mal au moment même où il est incapable de s’acquitter de sa mission de maintien de la paix et de la sécurité internationales sur terre. Rôle qui serait d’autant plus opportun alors que les relations internationales sont basées sur la puissance. La force prime désormais le droit.

La suite au prochain numéro. C’est bien connu la puissante Amérique ne s’épanouit qu’en se trouvant de nouveaux ennemis que l’on va abattre définitivement sous le poids de bombes de plus en plus sophistiquées et intelligentes (« smart » pour les experts). C’est surtout bon pour les vendeurs d’armes qui n’ont rien à faire de la paix dans le monde9. Il lui a fallu de nombreuses années pour se remettre de la perte de l’ennemi héréditaire que fut l’Union soviétique après la chute du Mur de Berlin. Les terroristes ont fait et continuent de faire encore l’affaire. Mais, la liste s’est allongée depuis : Russie de nouveau, Chine qui découvre la fée sanction10 comme la Corée du nord et l’Iran punie d’avoir respecté ses engagements nucléaires souscrits dans l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, déchiré par Donald Trump. Tout va très bien, le lobby des armes a des arguments pour vendre des armes manu larga et se remplir les poches. Drôle de conception de la paix dans le monde que celle qui nous vient d’Outre-Atlantique ! Au passage, la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ainsi que les tensions artificielles dans le détroit d’Ormuz font monter les cours du baril de pétrole. Encore, une excellente occasion d’en tirer profit pour certains attirés par le lucre11.

« L’histoire se répète toujours deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce »12. Et, c’est bien ce que nous constatons aujourd’hui à propos de nos amis et alliés d’Outre-Atlantique. L’Amérique est décidément indécrottable. Elle galope d’échec militaire en échec militaire sans qu’elle n’en tire les conclusions qui s’imposent. En dehors de ses questions intérieures (et l’on peut en douter à l’aune d’affaires récentes de toutes natures13, en particulier les récentes tueries14), l’Amérique ne comprend rien au monde extérieur. Il lui est tout à fait étranger, pour ne pas dire totalement étranger. Les Américains ne comprennent rien au passé, au présent et encore moins à l’avenir. Rappelons que l’éternité est faite de trois dimensions, celle du passé, celle du présent, celle de l’avenir !

Les Américains estiment, à tort, que le monde va se plier à leurs désirs, à leurs exigences de cowboys, de shérifs du monde. Mais, cela ne fonctionne pas ainsi. Ce serait plutôt le contraire. Ils sont contraints de tirer les conséquences de leurs défaites en laissant des États au bord du chaos généralisé. Mais, ils ne sont pas spécialement adeptes du retour d’expérience (« retex » chez les militaires) pour éviter de reproduire les mêmes erreurs. Cela leur éviterait de graves déconvenues.
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Quand les Européens voudront-ils bien reconnaître que l’OTAN, c’est-à-dire les États-Unis, est une menace pour l’Europe parce qu’elle est un instrument de déresponsabilisation et un outil de maintien et de renaissance des tensions en Europe ?15 Ils e peuvent attendre la fin des divisions entre l’est et l’ouest pour agir. Mais, trêve de plaisanterie. L’honneur est sauf. L’Amérique est à l’Ouest géographiquement mais elle l’est aussi sur le plan géostratégique.

Guillaume Berlat
19 août 2019

1 Jacques Follorou, Afghanistan : les Américains pourraient partir fin 2020. Washington et les talibans sont engagés depuis onze mois à Doha dans des négociations de paix, Le Monde, 10 août 2019, p. 4.
2 Hélène Sallon, Yémen : des fissures dans le front antihoutistes, Le Monde, 13 août 2019, p. 3.
3 Renaud Girard, L’incroyable fiasco saoudien au Yémen, Le Figaro, 13 août 2019, p. 19.
4 Delphine Minoui, Yémen : le front anti-houthiste vole en éclats, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
5 Trump parrain de la bombe saoudienne ?, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
6 Norbert Röttgen, Dans la crise du détroit d’Ormuz, l’Europe doit se détacher des États-Unis, Le Monde, 11-12 août 2019, p. 27.
7 Inès Daif, L’ONU critique le traitement des djihadistes français, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
8 Allan Kaval/Hélène Sallon, Transfert des djihadistes : l’ONU interpelle Paris, Le Monde, 13 août 2019, p. 2.
9 Alain Joxe, Les guerres de l’empire global, éditions La Découverte, 2012.
10 Claude Angeli, Course à la guerre froide entre Pékin et Washington, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
11 Nabil Wakim, Le marché mondial de l’or noir au bord de la crise, Le Monde, 13 août 2019, p. 9
12 Régis Debray, L’Europe fantôme, Gallimard, 2019, p. 41.
13 Mathieu Bock-Côté, Les racines de la violence aux États-Unis, Le Figaro, 10-11 août 2019, p. 19.
14 États-Unis : plus de 250 tueries depuis janvier… Et Trump défend toujours les armés ricains !, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 1.
15 Général Desportes : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », Le Figaro, 25-26 mai 2019, p. 20.

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Rédacteur en chef : Richard Labévière
Rédaction: Michel Annequin, Jean-Claude Bainville, Bouchra Belguellil, Guillaume Berlat, Jacques-Marie Bourget,
Alain Chouet, Bernard Cornut, François Nicoullaud, Etienne Pellot, Bertrand Renouvin.


https://prochetmoyen-orient.ch/guerre-les-americains-sont-alouest/
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Gaffe nucléaire de l’OTAN

Gaffe nucléaire de l’OTAN

Par Manlio DinucciMondialisation.ca, 09 août 2019ilmanifesto.itRégion : États-UnisL’EuropeThème: Guerre USA OTANMilitarisationAnalyses: Nucléaire (guerre et énergie)

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Que les États-Unis gardent des bombes nucléaires dans cinq pays de l’OTAN -Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Turquie- est prouvé depuis longtemps (en particulier par la Fédération des scientifiques américains – FAS). Mais l’OTAN ne l’a jamais admis officiellement. Cependant quelque chose vient de déraper.

Dans le document “A new era for nuclear deterrence ? Modernisation, arms control and Alien nuclear forces”, publié par le sénateur canadien Joseph Day pour le compte du Comité Défense et Sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le “secret” a été révélé. À travers la fonction “copié-collé”, le sénateur a par mégardereporté dans son document le paragraphe suivant (numéro 5), extrait d’un rapport OTAN réservé :

 “Dans le contexte OTAN, les États-Unis ont déployé dans des positions avancées en Europe environ 150 armes nucléaires, spécifiquement les bombes de gravità B61. Ces bombes sont stockées dans six bases étasuniennes et européennes – Kleine Brogel en Belgique, Buchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Voikel en Hollande et Incirlik en Turquie.

Dans l’hypothétique scénario où elles seraient nécessaires, les bombes B61 peuvent être transportées par des avions USA ou européens à double capacité”.

Accusant la Russie de garder dans son propre arsenal de nombreuses armes nucléaires tactiques, le document affirme que les armes nucléaires déployées par les USA dans des positions avancées en Europe et Anatolie (c’est-à-dire à proximité du territoire russe) servent à “assurer l’ample implication des Alliés dans la mission nucléaire de l’OTAN et la confirmation concrète de l’engagement nucléaire USA pour la sécurité des alliés européens de l’OTAN”.

Dès que le document du sénateur Joseph Day a été publié en ligne, l’OTAN est intervenue en l’effaçant et en le re-publiant ensuite en version amendée. Trop tard cependant. Certains sites (avant tout le belge De Morgen) l’avaient déjà enregistré dans sa version originale complète. En ce point l’imprudent auteur a couru aux abris, en écrivant sur The Washington Post qu’il s’agissait simplement d’une ébauche pour la rédaction d’un rapport de l’Assemblée parlementaire OTAN qui sera publié en novembre. Mais il n’a pas pu nier ce qui avait été écrit dans le paragraphe reporté dans le rapport réservé OTAN.

Ceci confirme ce que depuis des années nous documentons dans il manifesto [16 Decembre  2015]: à Aviano (Province de Pordenone) des chasseurs USA F-16C/D sont prêts à l’attaque nucléaire avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fédération des scientifiques américains) ; à Ghedi Torre (Province de Brescia) des Tornado PA-200 italiens sont prêts à l’attaque nucléaire sous commandement étasunien avec 20  bombes B61. À partir de 2020 les B61 seront remplacées par les B61-12, destinées notamment aux nouveaux chasseurs F-35.

Tout cela en violation du Traité de non-prolifération, ratifié aussi bien par les USA que par l’Italie. Pendant que le Parlement se déchire sur le TAV mais pas sur la Bombe, que tacitement il approuve à l’unanimité.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Gaffe nucleare della Nato

Édition de vendredi 9 août 2019 de il manifesto

Traduit de italien par Marie-Ange PatrizioLa source originale de cet article est ilmanifesto.itCopyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/gaffe-nucleaire-de-lotan/5635966

Les États-Unis disent qu’Israël a bombardé l’Irak

Les États-Unis disent qu’Israël a bombardé l’Irak


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 23 août 2019

Le 30 juillet, nous avons écrit : Non, Israël n’a pas attaqué des cibles iraniennes en Irak. Nous avons PEUT-ÊTRE eu tort :

Les journaux israéliens répètent un reportage selon lequel des avions israéliens auraient touché des cibles iraniennes en Irak.

Haaretz : Par un acte majeur, Israël frappe deux fois des cibles iraniennes en Irak 'en utilisant le F-35'
 
Ynetnews : Rapport: Les avions de guerre israéliens ont attaqué des cibles iraniennes en Irak
 
Jerusalem Post : Rapport: Israël a lancé deux attaques sur des cibles iraniennes en Irak en juillet
 
Selon ce dernier:

"L’IAF a utilisé ses chasseurs furtifs F-35i pour frapper deux bases irakiennes utilisées par les forces et les mandataires iraniens pour stocker des missiles balistiques, a rapporté mardi le quotidien saoudien londonien Asharq Al-Awsat."

 
Asharq Al-Awsat appartient à Faisal bin Salman, membre du clan au pouvoir en Arabie. Comme d’autres journaux arabes, il est souvent utilisé pour blanchir la désinformation et la propagande israéliennes, qui se répètent ensuite dans la presse israélienne.

A cette époque, il y aurait eu deux incidents présumés en Irak. Un dépôt de munitions avait explosé le 19 juillet. Une enquête officielle a imputé l’incident à du matériel défectueux. Un deuxième incident a seulement été annoncé, mais ne s’est pas produit.

Depuis lors, il y a eu plusieurs incidents liés aux munitions sur les bases des Forces de mobilisation populaires irakiennes (PMF ou Hashed) :

Maya Gebeily @GebeilyM - 19h24 UTC · 21 août 2019
 
#IRAQ: Au moins quatre incidents survenus au cours du dernier mois dans les bases de Hashed:
 
19 juillet - Amerli ; Les opérations conjointes irakiennes disent que c'était un drone, a déclaré Hashed ; le Pentagone a nié toute implication
28 juillet - Diyala
12 août - Saqr; Le Premier Ministre ordonne une enquête sur des explosions massives
20 août - près d'al-Balad
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Après le dernier incident, les dirigeants du PMF ont publié des déclarations contradictoires :

Le chef des forces paramilitaires irakiennes, soutenues par l’Iran, a démenti jeudi la déclaration de son adjoint la veille, dans laquelle il accusait les drones israéliens, et tenait les États-Unis pour responsables d’une série d’attaques contre des bases gérées par les milices.

Faleh al-Fayyadh a déclaré que la déclaration de son adjoint, Abou Mahdi al-Muhandis, ne représentait pas le point de vue des milices principalement chiites connues sous le nom de Forces de mobilisation populaire - ni celui du gouvernement irakien. Al-Fayyadh a affirmé que les attaques sur les bases au cours des dernières semaines "étaient le résultat d'actes organisés par une partie étrangère", mais s'est abstenue de nommer cette partie.

Les responsables américains ont nié que les États-Unis aient joué un rôle dans les explosions. ...

Une enquête du gouvernement, dont copie a été obtenue par Associated Press mercredi, a révélé que l'explosion près de Bagdad avait été provoquée par une frappe de drone.

Al-Muhandis, le chef adjoint du PMF qui gère la boutique, a menacé les forces américaines en Irak de représailles.

Il est probable que sa déclaration a amené des responsables américains à dire au New York Times que les frappes aériennes israéliennes présumées avaient bien eu lieu :

Israël a effectué une frappe aérienne sur un dépôt d'armes en Irak qui, selon des responsables, serait utilisé par l'Iran pour acheminer des armes en Syrie, attaque qui pourrait déstabiliser l'Irak et l'impliquer davantage dans le conflit entre les États-Unis et l'Iran. ...
 
Un haut responsable des services de renseignements du Moyen-Orient a déclaré qu’Israël avait bombardé une base au nord de Bagdad le 19 juillet.
 
Deux hauts responsables américains ont toutefois déclaré qu'Israël avait mené plusieurs frappes ces derniers jours contre des entrepôts de munitions de groupes soutenus par l'Iran en Irak. ...
 
L'attaque israélienne du 19 juillet a touché une base qui, selon un agent responsable du renseignement au Moyen-Orient, avait été utilisée par les Gardes de la révolution iraniens pour transférer des armes en Syrie. La frappe israélienne, lancée depuis l’Irak, a annoncé un responsable, a détruit une cargaison de missiles guidés d’une portée de 125 kilomètres.

L’ « agent responsable du renseignement au Moyen-Orient », dont il est question ici, est de toute évidence une source israélienne qui peut, ou non, dire la vérité. Israël ne peut lancer des frappes depuis l’Irak que s’il dispose de ressources sur une base américaine ou dans une zone contrôlée par les Kurdes. Al-Muhandis a affirmé que les frappes avaient été lancées à partir de bases américaines :

La déclaration des Forces de mobilisation populaires (FMP), regroupant des groupes paramilitaires majoritairement chiites et musulmans en Irak, soutenus pour la plupart par l'Iran, indique que les États-Unis ont autorisé quatre drones israéliens à pénétrer dans la région, accompagnant des forces US, et exécutant des missions sur le territoire irakien.

"Nous annonçons que les forces américaines sont les premiers et seuls responsables de ce qui s'est passé, et nous les tiendrons pour responsables de tout ce qui se passera à partir d'aujourd'hui", indique le communiqué, signé par le chef adjoint du PMF, Jamal Jaafar Ibrahimi, connu par son nom de guerre, Abu Mahdi al-Mohandes.

La déclaration du PMF intervient un jour après que plusieurs explosions ont frappé une position occupée par un groupe du PMF situé à proximité de la base aérienne de Balad, à environ 80 kilomètres au nord de Bagdad.

Le 16 août, le Premier ministre Abdul-Mahdi a interdit le trafic aérien américain indépendant en Irak :

Les États-Unis ont accepté de se conformer à la demande d'Abdul-Mahdi, ont déclaré des responsables vendredi, en tant qu'"invités à l'intérieur des frontières souveraines de l'Irak".

Quatre jours plus tard, une autre frappe s’est produite.

L’affirmation israélienne selon laquelle l’Iran utilise les bases irakiennes pour transporter des armes en Syrie et au Liban, est douteuse. Depuis des années, l’Iran transporte des armes et des munitions directement en Syrie, ou par bateau. Il n’a pas besoin de les stocker sur plusieurs bases en Irak.

L’ensemble de l’opération, et sa révélation maintenant, semble conçue pour améliorer les chances de réélection du Premier ministre israélien Netanyahou.

Mais il est probable que les incidents auront de graves conséquences pour l’armée américaine en Irak. Le gouvernement irakien subira d’intenses pressions pour expulser les États-Unis du pays. En Irak, on parlait déjà d’acquérir des armes de défense aérienne russe. L’Iran peut aussi vouloir proposer des systèmes appropriés. L’Iran et les Hashed tenteront probablement de se venger des attaques.

Quelque chose dans toute cette histoire paraît louche. Pourquoi la Maison Blanche laisserait-elle faire un tel imbroglio ? Je ne vois rien que les États-Unis pourraient y gagner.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-disent-quisrael-a-bombarde-lirak

La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16


La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16

Date de publication: 21 août 2019 12:37Heure demodification: 21 août 2019 16:00Obtenir une URL courte

La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16

Un officier de l’armée de l’air passe à côté d’un avion de combat F-16 avant le décollage lors d’une démonstration militaire à la base aérienne de Chia-yi à Taiwan. Fichier photo © Reuters / Nicky Loh

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Beijing a demandé à Washington d’annuler la vente d’avions de combat américains F-16 à Taïwan, promettant des sanctions contre les entreprises américaines ayant pris part à la transaction afin de « protéger les intérêts de la Chine ».

« Nous demandons aux États-Unis d’adhérer à des accords communs et d’annuler immédiatement le plan d’approvisionnement. Sinon, Washington devra en assumer toutes les conséquences » , a déclaré mercredi le général Shuang, représentant officiel du ministère chinois des Affaires étrangères. Il a souligné que la question de Taiwan concernait des problèmes purement internes à la Chine, et que Beijing défendrait fermement ses intérêts en la matière, même s’il s’agissait de sanctions.TOUJOURS SUR RT.COM, le département d’Etat américain approuve la vente de 8 millions de F-16 à Taiwan, malgré l’avertissement de Pékin sur les « conséquences »

« La Chine prendra toutes les mesures possibles pour protéger ses propres intérêts, y compris des sanctions contre les entreprises américaines qui participeront à ces transferts d’armes à Taipei  » , a- t-il résumé.

Le département d’Etat américain a approuvé mardi la vente à Taïwan de 66 avions de combat F-16 construits par Lockheed Martin. Washington a admis ouvertement que la vente de 8 milliards de dollars (7,2 milliards d’euros) servait les intérêts économiques et de sécurité nationale des États-Unis dans la région.

AUSSI SUR RT.COMEntre la vente de F-16 à Taiwan, Hong Kong et les tarifs, la Chine n’a aucune raison de faire confiance aux États-Unis.

La Chine, qui revendique Taiwan comme une partie de son territoire, s’est fermement opposée à la décision de son approbation. Les relations entre Beijing et Taipei sont tendues depuis 2016, année de l’arrivée au pouvoir du président taïwanais Tsai Ing-wen et de son parti progressiste démocrate indépendantiste. Beijing estime qu’Ing-wen envisage de garantir l’indépendance officielle de l’île avec l’aide des États-Unis.

Le dernier accord sur les armes n’est pas la première tentative américaine d’armer Taiwan. Le mois dernier, le département d’État américain a approuvé à Taipei un paquet d’armes d’une valeur de 2,2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) comprenant des chars M1A2T Abrams ainsi que des missiles sol-air.

Pour plus d’histoires sur l’économie et la finance, visitez la section affaires de RT

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Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Les changements politiques qui transforment le Moyen-Orient depuis deux mois sont la résultante non pas de l’écrasement de protagonistes, mais de l’évolution des points de vue iranien, turc et émirati. Là où la puissance militaire états-unienne a échoué, la finesse diplomatique russe a réussi. Refusant de se prononcer sur les crimes des uns et des autres, Moscou parvient à pacifier lentement la région.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 AOÛT 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙENGLISH

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Depuis cinq ans, la Russie a multiplié les démarches pour rétablir le Droit international au Moyen-Orient. Elle s’est particulièrement appuyée sur l’Iran et la Turquie dont elle ne partage pourtant pas la manière de penser. Les premiers résultats de ce patient exercice diplomatique redessinent les lignes de partage au sein de plusieurs conflits.

De nouveaux rapports de force et un nouvel équilibre se mettent discrètement en place dans la vallée du Nil, au Levant et dans la péninsule arabique. Au contraire, la situation se bloque dans le Golfe persique. Ce changement considérable et coordonné touche différents conflits apparemment sans lien entre eux. Il est le fruit de la patiente et discrète diplomatie russe [1] et, dans certains dossiers, de la relative bonne volonté US.

À la différence des États-Unis, la Russie ne cherche pas à imposer sa vision du monde. Elle part au contraire de la culture de ses interlocuteurs qu’elle modifie par petites touches à son contact.

Recul des jihadistes et des mercenaires kurdes en Syrie

Tout à commencé le 3 juillet : un des cinq fondateurs du PKK, Cemil Bayik, publiait une tribune libre dans le Washington Postappelant la Turquie à ouvrir des négociations en levant l’isolement de son prisonnier le plus célèbre : Abdullah Öcalan [2]. Soudain, les visites en prison du leader des Kurdes autonomistes de Turquie, interdites depuis 4 ans, furent à nouveau autorisées. Cette ouverture fut immédiatement considérée comme une trahison par le Parti républicain du peuple qui manqua à l’appel de l’AKP le 23 juin à Istanbul, infligeant une sévère défaite électorale au candidat du président Erdoğan.

Simultanément, les combats reprenaient dans la zone occupée par Al-Qaïda au Nord de la Syrie, le gouvernorat d’Idleb. Cet Émirat islamique n’a pas d’administration centrale, mais une multitude de cantons affectés à des groupes combattants divers. La population est nourrie par des « ONG » européennes affiliées aux services secrets de ces pays et la présence de l’armée turque dissuade les jihadistes de tenter de conquérir le reste de la Syrie. Cette situation étant peu avouable, la presse otanesque présente l’Émirat islamique d’Idleb comme le paisible refuge des « opposant modérés à la dictature d’Assad » Soudain, Damas, appuyé par un soutien aérien russe, a commencé à reconquérir le territoire et l’armée turque à se retirer en silence. Les combats sont extrêmement meurtriers, en tout premier lieu pour la République. Cependant, après plusieurs semaines, l’avancée est notable, de sorte que si rien ne l’arrête, la province pourrait être libérée en octobre.

Le 15 juillet, à l’occasion du troisième anniversaire de la tentative de l’assassinat dont il fut l’objet et du coup d’État improvisé qui suivit, le président Erdoğan annonçait la redéfinition de l’identité turque, non plus sur une base religieuse, mais nationale [3]. Il révélait aussi que son armée allait balayer les forces du PKK en Syrie et transférer une partie des réfugiés syriens dans une zone frontalière de 30 à 40 kilomètres de profondeur. Cette zone correspond à peu près à celle dans laquelle le président Hafez el-Assad avait autorisé, en 1999, les Forces turques à réprimer d’éventuels tirs d’artillerie kurde. Après avoir annoncé que le Pentagone ne pouvait pas abandonner ses alliés kurdes, des émissaires états-uniens vinrent à Ankara faire le contraire et approuver le plan turc. Il s’avère que, comme nous l’avons toujours dit, les chefs du « Rojava », ce pseudo État autonome kurde en terre syrienne, sont presque tous de nationalité turque. Ils occupent donc la région qu’ils ont nettoyée ethniquement. Leurs troupes, de nationalité syrienne, envoyèrent alors des émissaires à Damas pour demander la protection du président Bachar el-Assad. Rappelons que les Kurdes sont une population nomade sédentarisée au début du XXème siécle. Selon la Commission King-Crane et la conférence internationale de Sèvres (1920), un Kurdistan n’est légitime que dans l’actuel territoire turc [4].

Il est peu probable que la France et l’Allemagne laisseront la Syrie reconquérir la totalité de l’Émirat islamique d’Idleb et abandonneront leur fantasme de Kurdistan, n’importe où (en Turquie, en Iran, en Iraq ou en Syrie, mais pas en Allemagne où ils sont pourtant un million). Ils pourraient y être contraints.

De même, malgré les discussions actuelles, il est peu probable que si la Syrie se décentralise, elle accorde la moindre autonomie à la région qui fut occupée par les Kurdes turcs.

Après plusieurs années de blocage, la libération du Nord de la Syrie repose uniquement sur le changement de paradigme turc, fruit des erreurs états-uniennes et de l’intelligence russe.

Partition de facto du Yémen

Au Yémen, l’Arabie saoudite et Israël soutiennent le président Abdrabbo Mansour Hadi en vue d’exploiter les réserves pétrolières qui sont à cheval sur la frontière [5]. Ce dernier doit faire face au soulèvement des zaïdites, une école du chiisme. Avec le temps, les Saoudiens ont reçu l’aide des Émiratis, et la Résistance zaïdites de l’Iran. Cette guerre, alimentée par les Occidentaux, provoque la pire famine du XXIème siècle.

Cependant, contrairement à l’organisation des deux camps, le 1er août, les gardes-côtes émiratis ont signé un accord de coopération transfrontalier avec la police des frontières iranienne [6]. Le même jour, le chef de la milice yéménite financée par les Émirats (dite « Conseil de transition du Sud » ou « Ceinture de sécurité » ou encore « séparatistes »), Abu Al-Yamana Al-Yafei, a été assassiné par les Frères musulmans du parti Islah financé par l’Arabie saoudite [7].

À l’évidence l’alliance entre deux princes héritiers d’Arabie et des Émirats, Mohammed ben Salmane (« MBS ») et Mohammed ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »), est malmenée.

Le 11 août la milice soutenue par les Émirats prenait d’assaut le palais présidentiel et divers ministères à Aden, malgré le soutien de l’Arabie au président Hadi ; lequel était déjà réfugié depuis longtemps à Riyad. Le lendemain, « MBS » et « MBZ » se rencontraient à La Mecque en présence du roi Salmane. Ils rejetaient le coup d’État et appelaient leurs troupes respectives au calme. Le 17 août les pro-Émiratis évacuaient en bon ordre le siège du gouvernement.

Durant la semaine où les « séparatistes » avaient pris Aden, les Émirats contrôlaient de facto les deux rives du très stratégique détroit de Bab el Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Maintenant que Riyad a préservé son honneur, il va falloir accorder une contrepartie à Abou Dhabi.

Sur ce champ de bataille, le changement est imputable aux seuls Émirats qui, après avoir payé un lourd tribu, tirent la leçon de cette guerre ingagnable. Prudents, ils se sont d’abord rapprochés des Iraniens avant d’envoyer ce coup de semonce à leur puissant allié et voisin saoudien.

Chaises musicales au Soudan

Au Soudan, après que le président Omar el-Béchir (Frère musulman dissident), ait été renversé par des manifestations de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) et que la hausse du prix du pain ait été annulée, un Conseil militaire de transition était placé au pouvoir. Dans la pratique, cette révolte sociale et quelques milliards de pétro-dollars permettait à l’insu des manifestants de faire passer le pays d’une tutelle qatarie à une autre saoudienne [8].

Le 3 juin, une nouvelle manifestation de l’ALC était dispersée dans le sang par le Conseil militaire de transition, faisant 127 morts. Face à la condamnation internationale, le Conseil militaire engageait des négociations avec les civils et concluait un accord le 4 août, qui fut signé le 17. Pour une période de 39 mois, le pays sera gouverné par un Conseil suprême de 6 civils et de 5 militaires, dont l’accord ne précise pas les identités. Ils seront contrôlés par une Assemblée de 300 membres nommés et non pas élus, comprenant 67 % de représentants de l’ALC. Il n’y a évidemment rien de démocratique là dedans et aucune des parties ne s’en plaint.

L’économiste Abdallah Hamdok, ancien responsable de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique deviendra Premier ministre. Il devrait obtenir la levée des sanctions dont le Soudan fait l’objet et réintégrer le pays dans l’Union africaine. Il fera juger l’ancien président Omar el-Béchir dans le pays afin de lui garantir de ne plus pouvoir être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international.

Le véritable pouvoir sera détenu par le « général » Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »), qui n’est pas général, ni même soldat, mais chef de la milice employée par « MBS » pour mater la Résistance yéménite. Durant ce jeu de chaises musicales, la Turquie —qui dispose d’une base militaire sur l’île soudanaise de Suakin pour encercler l’Arabie saoudite— n’a rien dit.

De fait la Turquie accepte de perdre à Idleb et au Soudan pour gagner contre les mercenaires pro-US kurdes. Seul ce dernier enjeu est vital pour elle. Il aura fallu beaucoup de discussions pour qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux à la fois et qu’elle hiérarchise ses priorités.

Les États-Unis contre le pétrole iranien

Londres et Washington poursuivent leur concurrence, entamée il y a soixante dix ans, pour contrôler le pétrole iranien. Comme à l’époque de Mohammad Mossadegh, la Couronne britannique entend décider seule ce qui lui appartient en Iran [9]. Tandis que Washington, ne veut pas que ses guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq profitent à Téhéran (conséquence de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski) et entend fixer le prix mondial de l’énergie (doctrine Pompeo) [10].

Ces deux stratégies se sont télescopées lors de la saisie du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de la colonie britannique de Gibraltar. L’Iran a, à son tour, arraisonné deux tankers britanniques dans le détroit d’Ormuz prétendant —insulte suprême— que le principal transportait du « pétrole de contrebande », c’est-à-dire du pétrole subventionné iranien acheté par Londres au marché noir [11]. Lorsque le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, réalisa que son pays était allé trop loin, il eut la « surprise » de voir la justice « indépendante » de sa colonie libérer le Grace 1. Immédiatement Washington émit un mandat pour le saisir à nouveau.

Depuis le début de cette affaire, les Européens font les frais de la politique états-unienne et protestent sans grandes conséquences [12]. Seuls les Russes défendent non pas leur allié iranien, mais le Droit international comme ils l’ont fait à propos de la Syrie [13] ce qui leur permet d’avoir une ligne politique toujours cohérente.

Dans ce dossier, l’Iran fait preuve d’une très grande ténacité. Malgré le virage clérical de l’élection de cheik Hassan Rohani, en 2013, le pays se réoriente vers la politique nationale du laïque Mahmoud Ahmadinejad [14]. Son instrumentation des communautés chiites en Arabie saoudite, à Bahreïn, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen pourrrait se transformer en un simple soutien. Là encore, c’est des longues discussions d’Astana que ce qui est évident pour les uns l’est devenu pour les autres.

Conclusion

Avec le temps, les objectifs de chaque protagoniste se hiérarchisent et leurs positions se précisent.

Conforme à sa tradition, la diplomatie russe ne cherche pas, à la différence de l’états-unienne, à redessiner les frontières et les alliances. Elle tente de démêler les objectifs contradictoires de ses partenaires. Ainsi a t-elle aidé l’ancien Empire ottoman et l’ancien Empire perse à s’éloigner de leur définition religieuse (les Frères musulmans pour le premier, le chiisme pour le second) et à revenir à une définition nationale post-impériale. Cette évolution est extrêmement visible en Turquie, mais suppose un changement de têtes en Iran pour se réaliser. Moscou ne cherche pas à « changer les régimes », mais certains aspects des mentalités.

Thierry Meyssan

[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

https://www.voltairenet.org/article207362.html

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[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

Trump confirme qu’il aimerait racheter le Groenland

Trump confirme qu’il aimerait racheter le Groenland

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COPIERTaille : x pxRestartSeek00:00Current time00:00Duration01:49Toggle MuteVolumeToggle FullscreenAnnulerPowered by SparkInternationalBUSINESS – Quelques jours après des informations révélées par le Wall Street Journal, Donald Trump confirme son intérêt pour le Groenland, qui appartient au Danemark. Malgré la fin de non-recevoir des autorités locales et danoises, il considère la possibilité d’acheter l’immense île qui représente un intérêt géopolitique et économique pour les Etats-Unis.19 août 08:25 – La rédaction LCI

« Une grosse transaction immobilière », c’est le terme utilisé par Donald Trump pour qualifier un éventuel achat de la deuxième plus grande île du monde. Le président américain a confirmé dimanche auprès de journalistes son intérêt pour  le Groenland, suite à un article du Wall Street Journal. 

Le quotidien économique avait révélé jeudi dernier que l’ancien magnat de l’immobilier s’était « montré à plusieurs reprises intéressé par l’achat » de ce territoire et en avait parlé à ses conseillers de la Maison Blanche.

La possibilité d’un échange avec un territoire américain ?

« C’est quelque chose dont nous avons parlé », a déclaré Donald Trump selon l’AFP. « Le concept a surgi et j’ai dit que stratégiquement, c’est certainement intéressant et que nous serions intéressés, mais nous parlerons un peu », a poursuivi le président américain, précisant que ce n’était pas « la priorité numéro un » pour son gouvernement. 

Interrogé sur la possibilité d’échanger le Groenland avec un territoire américain, Donald Trump a répondu que « beaucoup de choses peuvent se faire ». La gigantesque île de l’Arctique « fait beaucoup de mal au Danemark parce qu’ils perdent environ 700 millions de dollars chaque année pour l’entretenir… Et stratégiquement, pour les Etats-Unis, ce serait sympa ».

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« Non merci » : des responsables politiques du Groenland répondent à l’hypothèse d’un rachat de l’île par Donald TrumpDonald Trump peut-il réellement acheter le Groenland ?

Pourtant, cette transaction ne pourra pas se faire sans l’accord du Groenland, qui est une colonie danoise mais possédant un statut semi-autonome. Après les révélations du Wall Street Journal, le ministère groenlandais des Affaires étrangères avait déjà prévenu : « Nous sommes prêts à faire des affaires, mais nous ne sommes pas à vendre ». Les responsables politiques du Danemark ont également exprimé leur désaccord sur les réseaux sociaux, qualifiant la proposition de « blague ».

Donald Trump est attendu début septembre en visite officielle au Danemark, peut-être mettra-t-il le sujet sur la table…

https://www.lci.fr/international/donald-trump-confirme-qu-il-aimerait-racheter-le-groenland-2129856.html

DOUBLE DISCOURS, PROPAGANDE GRAND PUBLIC ET «MENACE RUSSE»

 19.08.2019 – 1 119 views    5 ( 6 votes)

DOUBLE DISCOURS, PROPAGANDE GRAND PUBLIC ET «MENACE RUSSE»

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Doublespeak, Mainstream Propaganda And 'Russian Threat'

AFP PHOTO / SERGEY VENYAVSKY

Les États-Unis et le Royaume-Uni sont dans un état d’hystérie constant dû au fait que l’audience a récemment eu l’occasion de recevoir des faits et plus d’un point de vue de différentes sources. Par conséquent, le système de propagande créé par le Nouvel Ordre Mondial a été endommagé. Il n’est plus capable de remplir ses objectifs principaux et sa tâche. C’est la raison de l’hystérie permanente des médias grand public et des représentants américains et britanniques du Nouvel Ordre Mondial.

Un exemple intéressant de cette situation a été montré dans un article récent du Sunday Times, intitulé « L’Armée parallèle des cyber-guerriers britanniques ». L’article cite le général Sir Nick Carter qui « lance » la création d’une « structure de carrière parallèle pour les cyber-guerriers à temps partiel ».

Le général Carter, nommé chef d’état-major de la défense l’année dernière. Selon lui, les services vont «devoir de plus en plus accueillir beaucoup plus de spécialistes» en raison des progrès technologiques rapides.

Le Sunday Times:

Reconnaissant qu’il ne sera peut-être pas en mesure de payer tous les spécialistes qu’il veut à plein temps, il examine «comment utiliser les [civils] civils pour leur travail quotidien, pour ainsi dire travailler la nuit pour la nation , pour les forces armées « .

Il s’inspire d’outre-Atlantique pour inciter les travailleurs du numérique travaillant sur des salaires élevés à s’enrôler. Un schéma américain qui a créé une nouvelle taxonomie des grades pour certains officiers recrutés dans la vie civile pour leurs compétences hautement spécialisées, plutôt que d’avoir à gravir les échelons, pourrait être repris en Grande-Bretagne.

« Ils ont ces choses appelées adjudants-chefs et il y a des grades [de la première à la cinquième] … nous pourrions bien nous retrouver avec quelque chose comme ça pour le cyber. »

« Si nous voulons être une » Grande-Bretagne globale « , alors la défense a un rôle à jouer à cet égard, mais comme tout, cela signifie probablement que vous devez faire des choix pour dépenser de l’argent à cette fin. »

Selon le général, le Royaume-Uni étudie une proposition visant à installer un nouveau Sandhurst dans les Caraïbes, afin de «doubler… cette réputation extraordinaire de fournir une formation et une éducation militaires étonnantes» dont bénéficie la Grande-Bretagne.

« Il a parlé à plusieurs de ses voisins et il croit profondément que les 13 pays des Caraïbes seraient heureux de confier leurs élèves-officiers à un équivalent de Sandhurst basé en Jamaïque et que cette marque créerait le type de jeunes officiers dont ces pays auraient besoin. »

Le général Carter a également affirmé que de petits déploiements stratégiques à l’étranger pouvaient également porter ses fruits. Dans ce domaine, il s’est adressé à l’infanterie spécialisée: de petits bataillons d’élite dotés de compétences spécialisées sont conçus pour former et accompagner les forces d’un pays.

Il a également abordé la prétendue « menace russe ».

« La Russie [essaie] d’absorber certaines parties de l’Afrique dans sa propre orientation », a-t-il déclaré, mais les missions d’assistance militaire et de stabilisation britanniques peuvent aider les pays en développement à devenir « plus orientés vers l’ouest que peut-être vers le groupe de Wagner » – une référence à la société militaire privée russe insaisissable, dont les mercenaires ont surgi à travers le monde, de la Syrie au Venezuela, ce qui est une préoccupation croissante.

Il a en outre affirmé que « la menace de Moscou s’est matérialisée beaucoup plus rapidement et de manière plus vivante que ce que la Grande-Bretagne avait prédit dans son dernier examen majeur de la défense en 2015 ».

«Ils sont très doués pour utiliser des capacités que l’on refuse très facilement… ils maîtrisent parfaitement l’environnement de l’information et exposent leur version de la vérité… ils sont très intelligents dans le cyberespace et je pense qu’ils le sont aussi amener les pays à sentir que la Russie est peut-être un meilleur allié, ou un meilleur pari en termes de soutien, que l’Occident », a-t-il déclaré.

Le général a affirmé qu’il estimait que «les démocraties occidentales doivent concevoir de meilleures méthodes pour protéger la vérité et défier ceux qui la subvertissent, tout en investissant davantage dans le contre-espionnage».

Les remarques du général britannique se composent de deux parties principales avec un sens commun:

  • le Royaume-Uni et les «démocraties occidentales» doivent renforcer leurs capacités de propagande et de renseignement, car la grande méchante Russie contredit les dirigeants du monde;
  • Big Bad Russia a appris à utiliser des moyens d’influence et des outils paramilitaires pour défendre ses intérêts sur la scène internationale. Quelle horrible chose!

Dans le même temps, le général Carter a oublié de mentionner que les États-Unis et le Royaume-Uni utilisaient divers outils de soft power et paramilitaires pour promouvoir leurs intérêts et promouvoir le programme du Nouvel Ordre Mondial depuis des décennies. Le concept de «puissance douce» est développé au Royaume-Uni et aux États-Unis depuis longtemps.

Dans cette situation, la Russie a dû apprendre à utiliser ces approches car elle a été mise dans la situation lorsque son existence a été menacée. Un examen plus attentif de la situation révèle que la grande méchanceté de la Russie n’a pas connu d’expansion, mais qu’elle a mené toutes ses actions en réponse à une pression constante et forte des «démocraties occidentales» utilisant des méthodes similaires.

Le principal problème soulevé par le discours dominant dominant qui se plaint de «propagande russe» et alimente les craintes de «menace russe» est qu’il s’agit d’un signe de manque de respect envers les nations britanniques et américaines. La propagande traditionnelle soutient que les gens ne peuvent pas analyser les faits et tirer leurs propres conclusions. Au lieu de cela, il considère les gens comme des moutons consuméristes. Il n’y a pas de secret dans tout ça. Le Nouvel Ordre Mondial repose sur quatre piliers: le néolibéralisme (en politique), le postmodernisme (en culture), le transhumanisme (en philosophie) et la techno-dystopie néo-oligarchique (en économie).

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Un ex-analyste de la CIA explique comment Trump et la Russie peuvent s’entendre

Vladimir Poutine et Donald Trump

Un ex-analyste de la CIA explique comment Trump et la Russie peuvent s’entendre

© Sputnik . Mikhael KlimentyevINTERNATIONAL17:43 17.08.2019(mis à jour 18:06 17.08.2019)URL courte114

Malgré les rhétoriques qui font parfois penser que les États-Unis et la Russie se trouvent au seuil de la Troisième guerre mondiale, la situation n’est pas pire que cela, et il existe plusieurs moyens d’éviter une confrontation, écrit le National Interest.

Pris aujourd’hui dans «une spirale de perception des menaces», les États-Unis et la Russie risquent de commettre les fautes qui ont mené les grandes puissances du début du siècle passé à la Première Guerre mondiale, estime George Beebe, ancien analyste de la CIA sur la Russie dans un article publié dans le National Interest.

Le monument aux soldats du Corps expéditionnaire russe à Courcy

© SPUTNIK . IRINA KALASHNIKOVALa Russie peut-elle être «rayée des rangs des pays vainqueurs» de la Grande Guerre?

Effectivement, l’empereur allemand Guillaume II croyait alors que l’Empire britannique voulait l’attaquer et qu’il était prêt pour cela à s’unir avec la France. De leur côté, les Britanniques étaient persuadés que Guillaume II envisageait une alliance secrète avec la France et la Russie pour détruire leur empire. Par la suite, ces craintes se sont transformées en un conflit meurtrier qui a embrasé la totalité du continent, rappelle M.Beebe.

L’auteur constate que, de nos jours, la situation est presque la même: les Russes sont convaincus que Washington cherche à entourer leur pays de régimes fantoches et à renverser le gouvernement russe, tandis que les Américains croient que le Kremlin a essayé d’utiliser des hackers pour diviser leur société et détruire la démocratie américaine. En même temps, Washington qualifie les peurs de Moscou de «paranoïa» et le Kremlin accuse la Maison-Blanche de «russophobie».

Pour M.Beebe, il existe tout de même des recettes permettant d’éviter une aggravation de la crise actuelle.

Ne pas se faire d’illusions

L’Histoire prouve, poursuit l’auteur, que même les «ennemis jurés» peuvent parvenir à la compréhension mutuelle. Pour cela, il faut en premier lieu éviter les interprétations erronées et les malentendus.

John Bolton

© AP PHOTO/ EVAN VUCCIJohn Bolton trouve un nouveau responsable à la fin du FNI

«Pour mettre fin à la détérioration des relations, les deux parties doivent reconnaître ouvertement qu’elles sont concurrentes et déclarer que leur objectif n’est pas de nouer un partenariat, mais de maintenir leur concurrence dans des limites sûres et mutuellement respectées. Plutôt que de se concentrer sur les domaines peu nombreux dans lesquelles Washington et Moscou peuvent s’accorder, nous devrions énumérer les nombreux points de désaccord et exposer nos perceptions contraires», explique l’auteur.

Quitter l’Afghanistan

L’Asie centrale reste actuellement l’un des principaux points de désaccord entre Moscou et Washington, estime M.Beebe. Même si Vladimir Poutine a aidé les États-Unis en 2001 à déployer «temporairement» des bases militaires en Asie centrale, le Président russe a par la suite été déçu par la persistance de Washington à rester dans la région même après leur évident succès à chasser les Talibans* du pouvoir dans le pays. Finalement, la présence militaire américaine persistante dans la région a poussé la Chine et la Russie à renforcer leur coopération dans la région.

Côte sud du golfe Persique

© PHOTO. ROSCOSMOS/ANTON SHKAPLEROVL’apparition de la marine chinoise dans le Golfe, une perspective réelle?

Pour cette raison, estime l’auteur de l’article, le retrait américain d’Afghanistan pourrait non seulement inciter les acteurs régionaux à assumer une plus grande part de responsabilité dans la lutte contre l’extrémisme et le maintien de l’ordre, mais aussi poussera Pékin et Moscou à rivaliser pour l’influence en Asie centrale ce qui doit rééquilibrer la relation triangulaire entre les États-Unis, la Russie et la Chine, fortement axée sur la coopération entre Moscou et Pékin face à Washington.

Rôle de l’Europe

La troisième recette concerne l’Europe qui doit jouer le rôle de contrepoids pour établir et maintenir l’équilibre international alors que la Russie et la Chine cherchent à augmenter leur poids sur la scène internationale.

Hubert Védrine

© AFP 2019 LIONEL BONAVENTUREHubert Védrine: «Il faut réinventer nos rapports avec la Russie sans attendre Trump»

«Elle ne peut toutefois pas jouer ce rôle si des forces sécessionnistes continuent de détruire l’Otan et l’UE, menaçant de hâter la désintégration de l’Europe et la fin du couple transatlantique. Dans cette situation, la Russie se considère comme exclue du processus décisionnel en matière de sécurité européenne. Cela incite la Russie à exacerber les divisions sur le continent et à approfondir les fissures existantes ce qui réduit les chances qu’une Europe puisse jouer ce rôle d’équilibre», souligne M.Beebe.

Les États-Unis ne doivent pas manquer à leurs engagements vis-à-vis de l’Europe car cela ne fait qu’accentuer les divisions sur le continent en attisant les craintes des pays d’Europe orientale qui ont peur que l’Otan ne soit pas disposée ou capable de les défendre contre une éventuelle agression russe.

Le retour de l’Otan à sa stratégie initiale

Pour l’auteur de l’article, l’Otan doit se concentrer sur la défense collective pour ainsi rassurer la Pologne et les États baltes qui pensent que la Russie menace leur sécurité. Non seulement cela permettrait de réduire les tensions au sein de l’Alliance mais cela servirait aussi de message fort adressé à la Russie concernant les vraies intentions de l’Otan, c’est-à-dire de défendre ses États membres et tracer une ligne ferme contre une intervention russe.

L’Otan en Pologne

© REUTERS / INTS KALNINSLa diplomatie polonaise assure avoir trouvé le moyen d’«effrayer la Russie»

Cela démontrerait également l’intention de l’Alliance de ne pas admettre de nouveaux membres et ne pas organiser de manœuvres hors des frontières des pays de l’Alliance. Si cela est fait, l’Europe et la Russie auront un intérêt commun à contenir et gérer l’instabilité dans les États non membres de l’Otan et situés près de la Russie. Cela réduira au minimum les intentions de ces États de rechercher la création d’une alliance capable de menacer soit la Russie, soit l’Otan.

*Organisation terroriste interdite en Russie

https://fr.sputniknews.com/international/201908171041943388-un-ex-analyste-de-la-cia-explique-comment-trump-et-la-russie-peuvent-sentendre-/

Les résultats de l’autopsie de Jeffrey Epstein rendus publics

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La prison où Jeffrey Epstein a été retrouvé mort

Les résultats de l’autopsie de Jeffrey Epstein rendus publics

© REUTERS / Eduardo MunozINTERNATIONAL07:48 17.08.2019(mis à jour 08:04 17.08.2019)URL courteDossier:Mort du financier et multimillionnaire US Epstein (17)982

Les résultats de l’autopsie du financier américain Jeffrey Epstein, trouvé mort dans sa cellule de prison le 10 août, ont confirmé qu’il s’était suicidé par pendaison, levant ainsi l’une des grandes interrogations suscitées par ce qui est devenu un scandale national.

Après «un examen méticuleux de toutes les informations, y compris les résultats complets de l’autopsie», le médecin légiste en chef de New York a confirmé, dans un bref communiqué, que Jeffrey Epstein s’était suicidé par pendaison.

Des responsables anonymes cités par le New York Times ont indiqué que le milliardaire, accusé d’avoir organisé un vaste réseau d’exploitation sexuelle de jeunes filles âgées parfois de 14 ans seulement, avait apparemment utilisé ses draps pour se donner la mort.

«Nous ne sommes pas satisfaits par les conclusions» de l’autopsie, ont rapidement affirmé les avocats de Jeffrey Epstein, dans un communiqué cité par les médias américains. 

«L’équipe de la défense a bien l’intention de mener sa propre enquête indépendante et complète sur les circonstances et la cause de la mort de M. Epstein», poursuit le texte, cité par l’AFP.

«Un suicide apparent» ou un homicide par strangulation?

Le suicide de cet homme de 66 ans, alors qu’il était détenu à la prison fédérale de Manhattan, l’une des plus sûres du pays, a suscité un torrent d’interrogations et de théories du complot.

Metropolitan Correctional Center de Manhattan

© AFP 2019 DAVID DEE DELGADOWashington Post: l’autopsie d’Epstein relève des fractures fréquentes lors d’«homicides par strangulation»Bien que les autorités aient annoncé qu’il s’était «apparemment» suicidé, beaucoup insinuaient qu’il aurait été assassiné pour protéger les nombreuses personnalités et hommes de pouvoir qu’il avait fréquentés, du prince Andrew à Bill Clinton.

La confirmation d’un suicide est pourtant loin de lever toutes les interrogations sur la façon dont ce détenu, parmi les plus en vue du pays, a pu se donner la mort.

Le ministre américain de la Justice William Barr avait annoncé le 10 août l’ouverture de deux enquêtes

.https://fr.sputniknews.com/international/201908171041941676-les-resultats-de-lautopsie-de-jeffrey-epstein-rendus-publics/

Malgré la pression des Etats-Unis, le pétrolier iranien « Grace 1 » a quitté Gibraltar

Malgré la pression des Etats-Unis, le pétrolier iranien « Grace 1 » a quitté Gibraltar

Soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie en violation d’un embargo, le navire était immobilisé depuis un mois dans le territoire sous souveraineté britannique.

Le Monde avec AFP Publié hier à 16h07, mis à jour à 15h00

Temps deLecture 3 min.

Le « Grace 1 » a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques.
Le « Grace 1 » a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques. MARCOS MORENO / AP

L’événement avait précipité le Royaume-Uni dans la crise qui oppose Washington et Téhéran. L’immobilisation du Grace 1, pétrolier iranien croisant au large de Gibraltar, par les autorités britanniques début juillet, a pris fin jeudi 15 août malgré la pression des Etats-Unis. La Cour suprême de Gibraltar a en effet autorisé le navire à quitter le territoire britannique malgré la demande américaine de prolonger l’immobilisation du navire, soupçonné de vouloir livrer sa cargaison à la Syrie, frappée par un embargo européen.

Cette décision a fait suite à la prise par l’Iran d’un engagement écrit assurant que la cargaison du navire n’était pas destinée à un port syrien. « Nous avons privé le régime d’Assad en Syrie de plus de 140 millions de dollars de pétrole brut », s’est félicité le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, dans un communiqué.

Téhéran a toutefois démenti vendredi avoir donné des garanties quant à la destination du navire. « La destination du pétrolier n’était pas la Syrie (…) et même si c’était le cas, cela n’est l’affaire de personne », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Moussavi, sur la chaîne de télévision d’Etat, Irib.

« Tentative de piraterie »

Initialement attendue dans la matinée, la décision prévue depuis des semaines avait dû être repoussée de plusieurs heures après l’annonce surprise par le ministère public de Gibraltar d’une demande des Etats-Unis de prolonger l’immobilisation du pétrolier, déposée dans la nuit.

« Le ministère américain de la justice a demandé la saisie du Grace 1en mettant en avant un certain nombre de motifs qui sont en train d’être examinés », avait précisé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar. Le président de la Cour, le juge Anthony Dudley, a cependant déclaré qu’il n’avait pas été saisi par écrit d’une demande américaine de prolonger l’immobilisation du pétrolier.

La « tentative de piraterie » américaine a échoué, s’est réjoui de son côté et sur Twitter le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, fustigeant « le niveau de mépris qu’a l’administration Trump pour la loi ». Les Etats-Unis, a-t-il ajouté, avaient selon lui tenté d’abuser du système judiciaire et de voler les biens iraniens en haute mer. Rien n’empêche toutefois les Etats-Unis de reformuler leur demande d’entraide judiciaire, afin de bloquer le navire avant qu’il ne quitte les eaux territoriales de Gibraltar, dans les heures ou les jours qui viennent.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Entre Donald Trump et l’Iran, l’arme du pétrole

Washington menace l’équipage d’interdiction de visa

Une demande d’entraide judiciaire consiste généralement à demander à un tribunal tel que celui de Gibraltar d’appliquer une décision d’un tribunal étranger, dans ce cas, d’un tribunal américain. Entre-temps, le capitaine et les trois officiers du Grace 1, qui étaient en liberté sous caution, ont été formellement libérés, a annoncé un porte-parole du gouvernement de Gibraltar.

L’équipage du pétrolier iranien est désormais menacé d’interdiction de visa par Washington. « Les Etats-Unis affirment que le Grace 1 aidait le corps des Gardiens de la Révolution islamique en transportant du pétrole depuis l’Iran vers la Syrie », a déclaré le département d’Etat dans un communiqué. « Les membres d’équipage de bateaux aidant les Gardiens de la Révolution en transportant du pétrole depuis l’Iran pourraient ne plus pouvoir bénéficier de visas ou être admis sur le territoire américain ».

Le Grace 1 a été arraisonné le 4 juillet par la police de Gibraltar et les forces spéciales britanniques, provoquant une crise diplomatique entre Téhéran et Londres. Téhéran assure que le pétrolier naviguait dans les eaux internationales et accuse le Royaume-Uni d’acte de« piraterie », réclamant depuis le début que les Britanniques le laissent repartir. Le 19 juillet, l’Iran a pour sa part immobilisé dans le détroit d’Ormuz un pétrolier britannique, le Stena Impero,soupçonné de « non-respect du code maritime international ».Lire aussi  De Gibraltar à Ormuz, les incidents en mer avec l’Iran se multiplient

L’immobilisation du pétrolier et le regain de tensions diplomatiques qui en a découlé ont brouillé les efforts des Etats européens, qui tentent de sauver l’accord nucléaire avec l’Iran, dont les Etats-Unis se sont retirés l’an dernier, imposant de lourdes sanctions à la République islamique.

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/15/les-etats-unis-bloquent-la-liberation-du-petrolier-iranien-par-gibraltar_5499739_3210.html