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Vladimirovitch et Donaldinho sont dans un bateau…

Vladimirovitch et Donaldinho sont dans un bateau…

31 Mars 2020

Fait à peu près passé inaperçu dans l’océan de panique du coronavirus, Trump s’est résolu à appeler Poutine dans la journée d’hier. Cette conversation, sur demande de la partie américaine a précisé le Kremlin, confirme ce que tout le monde sait : Washington est très gêné par la tournure que prennent les événements pétroliers. Le Donald, qui base en partie sa réélection sur le pouvoir d’achat et une essence bon marché, a même cru bon, lors d’une interview, de l’admettre : « Je n’aurais cru devoir dire cela mais il faut que les prix du pétrole remontent« .

Le schiste US est en effet au bord du précipice, d’autant plus que les dépôts de stockage sont pleins, notamment ceux servant de réserves stratégiques aux Etats-Unis. Les compagnies essaient bien de louer des supertankers pour stocker leurs surplus mais les navires sont rares (occupés qu’ils sont à transporter le pétrole saoudien) et, loi de l’offre et de la demande oblige, les prix ont explosé. Le désespoir est si grand que nous assistons à une surprenante révolution copernicienne qui n’échappe à personne. L’Amérique, chantre historique d’un marché libre et sans entraves, pourfendeuse traditionnelle de la politique des quotas, demande maintenant un contrôle des prix et de la production !

Rien n’est sorti de la discussion Poutine-Trump, qui a également abordé d’autres sujets (gageons que les sanctions et le Nord Stream II n’étaient pas loin). Mais Moscou fait par ailleurs chauffer le chaud et l’effroi. Dans la seconde catégorie, voici Igor Sechin, patron de Rosneft, qui a résumé la situation d’un glacial et clinique : « Dès que le schiste américain sera éliminé, le pétrole remontera à 60 $« . On imagine les gouttes de sueur du côté du Texas et des banques qui soutiennent à bout de bras le secteur…

Suffisamment intelligent pour laisser la porte entrouverte, l’ours n’a toutefois pas écarté l’idée d’un nouvel accord pour stabiliser les prix, une sorte d’OPEP ++ comprenant, outre la Russie et l’OPEP, d’autres pays producteurs. Point besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu’il ne peut s’agit que des Etats-Unis eux-mêmes, invités à faire comme tout le monde, c’est-à-dire à imposer des quotas sur leur production. Pour le schiste US, la conséquence serait grosso modo la même : bye bye.

Moscou joue actuellement de la carotte et du bâton avec l’oncle Sam. D’un côté, c’est l’avion-cargo rempli d’aide médicale envoyé aux Etats-Unis pour lutter contre le coronavirus, entraînant les remerciements publics du président américain lors d’une conférence de presse (le Deep State a failli s’étrangler de rage et les articles de l’habituelle camarilla pleuvent déjà sur l’inénarrable « instrumentalisation » de l’aide russe et chinoise). C’est aussi, nous venons d’en parler, l’invite polie lancée à Washington pour rejoindre un accord pétrolier général tout en sachant que les Américains ne pourront vraisemblablement pas l’accepter.

Car, au-delà de la forme, les Russes mettent Trump au pied du mur en cette année électorale. Ce blog s’est souvent posé la question de savoir si l’occupant de la Maison blanche avait fini par être croqué par l’Etat profond qui l’entoure. Ce qui est sûr, c’est que, vu de Moscou, il a trop souvent plié, notamment sur les sanctions. Le Kremlin ne lâchera rien sur le pétrole sans contrepartie et la balle est dans le camp du Donald qui va maintenant devoir prouver de quel métal il est fait…Tag(s) : #Russie#Etats-Unis#Pétrole

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/03/vladimirovitch-et-donaldinho-sont-dans-un-bateau.html

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Des putschistes à l’ombre du coronavirus

Des putschistes à l’ombre du coronavirus

par Thierry Meyssan

Alors que les populations ont les yeux rivés sur les chiffres de la progression du coronavirus, une profonde réorganisation des exécutifs a lieu accordant le primat aux hauts-fonctionnaires de Santé sur les politiques. Dans l’ombre, des banquiers et des militaires s’agitent espérant confisquer le Pouvoir à leur profit.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 31 MARS 2020 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇEDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆPORTUGUÊS

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JPEG - 31.4 koLe 1er février, le secrétaire US à la Défense, Mark Esper, a donné instruction au général Terrence J. O’Shaughnessy de se tenir prêt. Le 13 février, celui-ci a déclaré devant la Commission sénatoriale des Forces armées se préparer au pire scénario. En cas de catastrophe sanitaire, le plan de « continuité du gouvernement » ferait de lui le prochain dictateur (au sens antique du terme) des États-Unis.

Le primat de la logique administrative sur celle de la politique

De nombreux gouvernements de pays industrialisés ont décidé de répondre à l’épidémie de Covid-19 en confinant leur population. Cette stratégie ne ressort pas de la médecine qui n’a jamais pratiqué d’isolation des biens portants, mais d’une bonne gestion des moyens médicaux visant à prévenir une arrivée massive de malades pour ne pas engorger les hôpitaux [1]. Rares sont les pays industrialisés, comme la Suède, qui ont rejeté cette approche administrative de l’épidémie. Ils ont opté pour une approche médicale et ne pratiquent donc pas de confinement généralisé.

Le premier enseignement de la période actuelle est donc que dans les pays développés, la logique administrative est désormais supérieure à l’expérience médicale.

Pourtant, même sans compétence médicale, je ne doute pas que des millénaires d’expérience médicale peuvent être plus efficaces contre une maladie que des recettes bureaucratiques. Au demeurant, si nous poursuivons l’observation du phénomène en cours, nous constatons que pour le moment la Suède enregistre 10 morts par million d’habitants, tandis que l’Italie en pleure 166 par million. Bien sûr, ce n’est que le début de l’épidémie et ces deux pays sont très différents. Cependant, l’Italie devra probablement faire face à une deuxième, puis une troisième vague de contamination, tandis que la Suède aura acquis une immunité de groupe et en sera protégée.

Le primat des hauts-fonctionnaires de Santé sur les élus du Peuple

Ceci étant posé, le confinement généralisé des biens portants perturbe non seulement l’économie, mais aussi les modes de gouvernement. Un peu partout, nous voyons la parole des politiques s’effacer devant celle des hauts-fonctionnaires de Santé, censés être plus efficaces qu’eux. C’est logique puisque la décision du confinement est purement administrative. Nous avons collectivement accepté de nous battre pour nos hôpitaux et de nous prévenir de la maladie, pas de la combattre.

Chacun peut malheureusement constater que contrairement aux apparences, nous n’avons pas gagné en efficacité. Par exemple, les États membres de l’Union européenne n’ont pas été capables de fournir les équipements médicaux et médicaments nécessaires en temps voulu. La faute aux règles habituelles. Par exemple : la globalisation économique a abouti à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul fabricant de respirateurs artificiels sur le marché international et qu’il soit chinois. Les procédures d’appel d’offre imposent plusieurs mois avant de pouvoir en disposer et les politiques ne sont plus là pour passer outre ces procédures. Seuls les États-Unis ont été capables de résoudre immédiatement ce problème grâce à des réquisitions d’entreprises.

La France qui a connu durant la Seconde Guerre mondiale avec Philippe Pétain une dictature administrative dite « État français », a déjà vécu depuis trois décennies une prise du pouvoir politique par de hauts-fonctionnaires. On a alors parlé d’ENArchie. Identiquement et sans quelle en ait conscience, elle a privé les politiques de la connaissance de l’administration que leur conférait le cumul de mandats locaux et nationaux. Désormais, les élus sont moins bien informés que les hauts-fonctionnaires et ont toutes les peines du monde à les contrôler.

De même que les hauts-fonctionnaires de Santé se trouvent soudain investis d’une autorité qui ne leur revient normalement pas, de même des banquiers et des militaires aspirent à la même promotion au détriment des politiques.

Les banquiers tapis dans l’ombre

L’ancien chancelier de l’échiquier (ministre des Finances), puis Premier ministre britannique, Gordon Brown, a ainsi publié une tribune libre dans le Financial Times [2]. Il y plaide pour utiliser la peur du Covid-19 afin de réaliser ce qui a échoué lors de la crise financière de 2008. À l’époque, il n’était pas parvenu à créer un gouvernement financier mondial et avait dû se contenter d’une simple concertation avec le G20. Il serait possible aujourd’hui, poursuit-il, de créer un gouvernement de Santé mondial. Et d’envisager quelles puissances devraient être associées aux membres permanents du Conseil de sécurité.

Rien ne permet de penser que ce gouvernement mondial réussirait mieux que des gouvernements nationaux. La seule chose qui est sûre, c’est qu’il échapperait à toute forme de contrôle démocratique.

Ce projet n’a pas plus de chance d’aboutir que celui du gouvernement financier mondial. Gordon Brown était aussi un farouche partisan du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Là encore, il a perdu.

L’État profond US tapi dans l’ombre

Historiquement, dans toutes les crises, on tente d’utiliser l’argument de l’« urgence » pour modifier le Pouvoir sans que le public ait le temps de réfléchir, et souvent on y parvient.

Le 30 janvier 2020, l’OMS déclare l’« état d’urgence de santé publique de portée internationale ». Le lendemain, le secrétaire à la Défense, Mark Esper, signe secrètement un Warning Order (Mise en alerte) stipulant que le NorthCom devait se tenir prêt à une éventuelle application des nouvelles règles de « continuité du gouvernement ».

Celles-ci sont classées Above-Top Secret ; c’est-à-dire que leur communication est réservée aux personnes ayant le niveau d’habilitation le plus élevé et disposant en outre d’un accès nominatif spécial (Special Access Program).

Rappelons que le principe de « continuité du gouvernement » a été forgé au début de la Guerre froide [3]. Il s’agissait de protéger les États-Unis en cas de guerre nucléaire contre l’Union soviétique et de décès ou d’empêchement du président, du vice-président et du président de la Chambre des représentants. Selon une directive écrite du président Dwight Eisenhower, un gouvernement militaire de remplacement devait immédiatement assurer la continuité du commandement durant la guerre jusqu’au rétablissement des procédures démocratiques [4].

Ce gouvernement de remplacement n’a jamais été requis, sauf le 11 Septembre 2001, par le coordinateur national de la lutte antiterroriste, Richard Clarke [5]. Or, si le pays vivait une terrible attaque, ni le président, ni le vice-président, ni le président de la Chambre des représentants n’étaient morts ou empêchés, ce qui m’a fait conclure qu’il s’agissait d’un coup d’État. Quoi qu’il en soit, le président George Bush Jr. a retrouvé ses prérogatives le même jour dans la soirée et aucune explication n’a jamais été donnée de ce qui s’était passé durant la dizaine d’heures de suspension de son autorité [6].

Selon le meilleur spécialiste du Pentagone, William Arkin, dans Newsweek [7], il existerait désormais sept plans distincts :
- Rescue & Evacuation of the Occupants of the Executive Mansion (RESEM) visant à protéger le président, le vice-président et leurs familles.
- Joint Emergency Evacuation Plan (JEEP) visant à protéger le secrétaire à la Défense et les principaux chefs militaires.
- Atlas Plan visant à protéger les membres du Congrès et de la Cour suprême.
- Octagon, sur lequel on ne sait rien.
- Freejack, également inconnu.
- Zodiac, toujours inconnu.
- Granite Shadow prévoyant le déploiement d’unités spéciales à Washington et stipulant les conditions d’emploi de la force et de passage de lieux sous autorité militaire [8].

Notez bien que le RESEM vise à protéger le président et le vice-président, mais ne peut être appliqué qu’une fois ceux-ci morts ou empêchés.

Quoi qu’il en soit, la mise en œuvre de ces sept plans reviendrait au Commandement militaire des États-Unis pour l’Amérique du Nord (NorthCom) sous la responsabilité d’un illustre inconnu, le général Terrence J. O’Shaughnessy.

Il faut bien se souvenir qu’en droit US, cet homme ne doit devenir le dictateur des États-Unis qu’en cas de décès ou d’empêchement des trois principaux élus de l’État fédéral, mais que dans la pratique, il est arrivé que son prédécesseur, le général Ralph Eberhart, l’exerce sans que cette condition soit remplie. Ce dernier dirige aujourd’hui, à 73 ans, les principales sociétés d’avionique militaire US.

Le général O’Shaughnessy a affirmé le 13 février devant la Commission sénatoriale des Forces armées que le NorthCom se préparait au pire. Pour cela, il se tient quotidiennement en liaison avec les dix autres commandements centraux des États-Unis pour le monde [9].

Le NorthCom a autorité non seulement sur les États-Unis, mais aussi sur le Canada, le Mexique et les Bahamas. En vertu d’accords internationaux, il peut, de sa propre initiative, déployer des troupes US dans ces trois pays.

En 2016, le président Barack Obama a signé la très secrète Directive politique présidentielle numéro 40 (Presidential Policy Directive 40) sur la « Politique de continuité nationale » (National Continuity Policy). L’administrateur de l’Agence chargée des situations d’urgence (FEMA), Craig Fugate, a signé deux jours avant l’entrée en fonction du président Donald Trump, la Directive de continuité fédérale numéro 1 (Federal Continuity Directive 1) qui en précise certaines modalités à des échelons inférieurs.

Ils ont pensé à tout, et se tiennent prêts pour le pire. L’épidémie leur fournit le motif pour passer à l’acte. Du coup, les questions posées par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Zhao Lijian, sur une possible dissémination du virus depuis les États-Unis prennent tout leur sens [10].

Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article209570.html

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[1] « Covid-19 : propagande et manipulation », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 mars 2020.

[2] “End the dog-eat-dog mentality to tackle the crisis”, Gordon Brown, Financial Times (UK), Voltaire Network, March 26, 2020.

[3L’État profond américain, Peter Dale Scott, Demi-lune (2015).

[4Continuity of Government : Current Federal Arrangements and the Future, Harold C. Relyea, Congresionnal Research Service, August 5, 2005.

[5Against All Enemies : Inside America’s War on Terror, Richard Clarke, Free Press (2004).

[6A Pretext for War : 9/11, Iraq, and the Abuse of America’s Intelligence Agencies, James Bamfort, Anchor Books (2005).

[7] “Exclusive : Inside The Military’s Top Secret Plans If Coronavirus Cripples the Government”, William M. Arkin, Newsweek, March 18, 2020.

[8] “Top Secret Pentagon Operation “Granite Shadow” revealed. Today in DC : Commandos in the Streets ?”, William Arkin, Washington Post, September 25, 2005.

[9Hearing to receive testimony on United States Northern Command and United States Strategic Command in review of the Defense Authorization Request for fiscal year 2021 and the future years Defense Program, Senate Committe on Armed Service, February 13, 2020.

[10] « Propagande autour de l’origine du Covid-19 », Réseau Voltaire, 25 mars 2020.

Tempête autour d’un académicien

Tempête autour d’un académicien

29 Mars 2020

L’Histoire nous réserve de ces clins d’œil…

Polonais sans pays (la Pologne était alors divisée entre les empires russe, prussien et autrichien), Jan Czerski participa très jeune à la grande révolte indépendantiste de 1863. Arrêté comme bons nombres de ses compatriotes rebelles par les autorités russes, il fut intégré de force dans l’armée et exilé en Sibérie. Autodidacte, il se passionna alors pour les sciences et finit par devenir géologue et explorateur au service des tsars. Ses nombreuses explorations sibériennes lui valurent les médailles de la Société russe de Géographie et de l’Académie des sciences et il mourut, comblé d’honneurs, lors d’une équipée dans le grand Nord.

Son nom fut donné à des montagnes, à une ville et, plus récemment, à un bateau. Pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de l’Académicien Czerski, censé poser les derniers tubes du Nord Stream II auquel s’oppose de toutes ses forces… la Pologne ! Ironie, quand tu nous tiens.PUBLICITÉ

Nous avions déjà mentionné ce navire début février :

Alors que le Danemark avait, après un feuilleton digne d’une télénovela brésilienne, fini par donner son accord à l’achèvement du Nord Stream II, les sanctions du Congrès américain ont poussé vers la sortie la compagnie suisse de pose de tubes Allseas, abandonnant en rase campagne le chantier déjà réalisé à 94%. Il ne manquait plus que 80 km, soit environ… deux semaines de travail !

Si d’aucuns auraient souhaité que Gazprom poursuive en justice l’entreprise suisse pour rupture abusive de contrat, Poutine puis le ministère russe de l’Energie ont assuré que le projet serait terminé, mais avec un retard d’un an :«

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/73332-catastrophe-vue-dans-ehpad-temoignage-glacant-aide-soignant

« Le chantier étant gelé, Gazprom doit désormais avoir recours à ses propres équipements, beaucoup moins performants. Une mission a priori réaliste car la fin du chantier n’est plus en eaux profondes. Un premier bateau, le Fortuna, pourrait déjà être à l’œuvre dans les eaux allemandes. Mais sa capacité est de seulement 3 kilomètres de tuyaux posés par jour. Et il n’est pas autorisé à fonctionner dans les eaux danoises où demeure l’essentiel du chantier à achever. 

Gazprom, qui n’a pas précisé l’ampleur des surcoûts provoqués par ces changements, dispose d’un autre navire de construction, l’Akademik Tchersky. Mais celui-ci serait pris pour le moment sur un autre chantier près de… Vladivostok, à l’autre bout de la Russie. Son transfert prendra plusieurs mois. Selon l’agence russe Interfax, il est en fait en cours de reconstruction pour modernisation. D’où les multiples délais et donc un retard final d’au moins un an pour ce projet qui, sans les nouvelles sanctions américaines, devait être terminé tout début janvier, avec une mise en exploitation prévue dès ce printemps.  »

A défaut de pouvoir empêcher durablement les pipelines russes de gagner le Rimland, la thalassocratie fait tout pour en retarder l’échéance. Une lutte à mort dont dépend sa survie en tant que superpuissance.

L’académicien a finalement largué les amarres et se trouve maintenant au niveau du Cap de Bonne espérance, en route vers la Baltique où il devrait arriver d’ici peu.

La question à un million est de savoir s’il sera capable de poser les dernières dizaines de kilomètres de tubes…

Dans un billet récent, nous évoquions la politique d’auto-suffisance russe qui lui permet maintenant de tenir bon dans la tempête :

La presse américaine regrette que les sanctions impériales d’hier contre la Russie lui aient permis d’être bien mieux armée, aujourd’hui, que l’immense majorité des États de la planète face à la pandémie. Nous avons montré à plusieurs reprises (ici ou ici par exemple) que ces sanctions, parfois gênantes à court terme, étaient en réalité une bénédiction à long terme pour l’ours, réduisant sa dépendance vis-à-vis de l’Occident et l’obligeant à ne compter que sur lui-même.

Auto-suffisante sur le plan agricole, libre de dette et disposant de réserves considérables, la Russie va désormais empocher les dividendes de cette politique clairvoyante. « Gouverner, c’est prévoir » : personnifié par Colbert qui, en son temps, fit planter un million d’hectares d’arbres pour servir de bois de construction à la marine pour les siècles à venir, ce célèbre adage est repris avec sérénité du côté de Moscou.

Aussi curieux que cela puisse paraître, cette approche perspicace n’a pas été étendue au domaine de la pose sous-marine de pipelines. Le Kremlin a peut-être pensé, avec une certaine logique, que le jeu (investir massivement dans ce secteur technologique si particulier) n’en valait pas la chandelle (les gazoducs offshore ne sont pas légion dans le monde). M’enfin, il était tout de même difficile d’ignorer l’obsession de la thalassocratie impériale. En juin 2017, nous rapportions :

Si quelqu’un doutait encore que les Américains tentèrent, tentent et tenteront de torpiller l’intégration de l’Eurasie et d’isoler énergétiquement la Russie, une membre du comité des Affaires étrangères du Congrès a rappelé fin mai les fondamentaux de la politique étrangère de son pays :

« Les Etats-Unis devraient agir contre le projet russe de gazoduc afin de soutenir la sécurité énergétique de l’Union européenne [défense de rire ; qui eut cru que la novlangue pouvait être amusante ?] L’administration Obama et l’UE ont travaillé contre le Nord Stream II (…) L’administration Obama a fait de la sécurité énergétique européenne une question de haute priorité de la politique étrangère américaine. L’administration Trump serait bien avisée de continuer sur cette voie. »

Dans ce dossier, Donaldinho s’est sagement rangé derrière son Deep State et les sanctions sont tombées, effrayant la compagnie suisse chargée de poser les derniers kilomètres de tubes et laissant les Russes face à eux-mêmes. L’académicien, sans expérience dans ce domaine, pourra-t-il relever le défi ? Les avis sont partagés même si l’on sait que Poutine, qui n’est pas adepte des promesses en l’air, a assuré que le pipeline serait terminé sous un an. Le feuilleton continue…Tag(s) : #Gaz#Histoire#Russie#Europe

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/03/tempete-autour-d-un-academicien.html

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Chine, Etats-Unis, UE : qui gagnera la guerre ?

Chine, Etats-Unis, UE : qui gagnera la guerre ?

Louis-Vincent Gave De Louis-Vincent Gave1 avril 2020 Dans AsieEconomie, énergies et entreprisesEurope 15 Minute de lectureLe masque, la solution à l’épidémie (c) Unsplash

Face à la pandémie de Covid-19, les politiciens des pays du monde entier – la Suède et le Japon sont parmi les rares exceptions – ont eu recours à la rhétorique martiale des dirigeants en temps de guerre et, dans de nombreux cas, ont invoqué des pouvoirs de guerre pure et simple. Les médias ont été mobilisés pour diffuser l’information selon laquelle le monde est en « guerre » contre ce nouveau fléau – une guerre totale qui ne permettra pas aux objecteurs de conscience ou aux réfractaires de s’enfuir et qui remodèlera les sociétés une fois la victoire remportée. Comme dans toute guerre totale, les contraintes monétaires et budgétaires ont été jetées par la fenêtre. La seule chose qui compte, c’est la victoire.

Par conséquent, dans les mois à venir, la plupart des pays enregistreront de nouveaux records en matière de dette publique et d’agrégats monétaires. Prenons l’exemple des États-Unis, où la dette publique a atteint 30 % du PIB pendant la guerre civile américaine, a diminué, est revenue à 30 % pendant la Première Guerre mondiale, puis a rebondi à 120 % du PIB pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les semaines à venir devraient voir ce record de 120 % battu grâce aux mesures de relance déjà annoncées et à l’effondrement inévitable du PIB.

La logique des guerres est qu’elles détruisent d’énormes quantités de capitaux, ruinent des vies, renversent les structures politiques – la Première Guerre mondiale a vu la fin des empires russe, ottoman, allemand et austro-hongrois – et que quelqu’un finit généralement par gagner (même si c’est une victoire à la Pyrrhus). Par exemple, à la fin de la guerre de Trente Ans, le traité de Westphalie a consacré la domination de la France sur l’Europe pendant les 140 années suivantes, jusqu’à la Révolution française.

En 1815, après Waterloo, la perfide Albion s’est imposée comme la superpuissance qui allait dominer le monde entier tout au long du XIXe siècle. Et bien sûr, les deux guerres mondiales ont vu la Grande-Bretagne passer le flambeau aux États-Unis.

Qui sortira vainqueur ?

La guerre contre Covid-19 aura-t-elle donc un vainqueur ? Si nous acceptons que nous vivons dans un monde avec trois grandes puissances – les États-Unis, l’Europe et la Chine – alors la guerre contre Covid-19 pourrait avoir quatre gagnants potentiels : les trois superpuissances, plus l’idée générale de « mondialisation » – la notion que nous sommes tous dans le même bateau et que les problèmes mondiaux devraient être abordés par le biais d’échanges, d’une intégration et d’une bonne volonté accrus entre les trois grands blocs.

Hélas, si l’idée peut paraître sympathique sur le papier, il semble aujourd’hui que le monde s’éloigne rapidement de cet idéal. Aussi, par souci de concision, je vais écarter ce quatrième « gagnant » possible. À l’heure actuelle, la poursuite de l’intégration mondiale ne semble pas tant un scénario à faible probabilité qu’une chimère enfiévrée. Il reste donc trois gagnants potentiels.

L’Europe, un moment de Tchernobyl

La crise actuelle a mis à nu toutes les verrues de l’Europe. Premièrement, contrairement aux rêves des europhiles et des eurocrates, l’Europe n’est tout simplement pas une nation.

Au XIXe siècle, pour contrer les vues raciales prussiennes sur les origines de la nation, le savant français Ernest Renan a soutenu qu’une nation se définit avant tout par une « volonté de vivre ensemble ». Avec le temps, cela conduit à la création d’un État, qui assume le rôle de protéger les citoyens contre les ennemis, tant étrangers (par des moyens diplomatiques ou militaires) que nationaux (avec une force de police et le système judiciaire). Pour remplir ces fonctions « régaliennes », l’État conserve le monopole de l’usage légal de la violence et prélève des impôts dans sa propre monnaie – à l’intérieur de ses propres frontières. Et ces frontières ne sont essentiellement que les cicatrices de l’histoire et de la géographie.

Aujourd’hui, l’Europe, comme le reste du monde, est attaquée ; une attaque qui justifie une réponse gouvernementale. Si l’Union européenne était une nation, ses dirigeants seraient à l’avant-garde de la contre-offensive. Au lieu de cela, à part une vidéo du chef de la Commission européenne Ursula von der Leyen se lavant les mains en fredonnant l’Ode à la joie (l’hymne européen), la réponse des institutions européennes à la crise a été assourdissante dans son silence. Cela soulève plusieurs questions.

– Si les institutions européennes ne protègent pas les Européens contre quoi que ce soit et, à l’évidence, ne servent à rien en temps de crise, en particulier de crise internationale, à quoi servent-elles alors ?

– Si les institutions européennes ne remplissent pas ces fonctions régaliennes de base, pourquoi les nations européennes ont-elles abandonné à ces mêmes institutions la souveraineté sur leurs budgets, leurs frontières, leurs lois et leurs monnaies ?

– Et, bien sûr, pourquoi les Européens devraient-ils payer avec leurs impôts pour financer cette couche supplémentaire de gouvernement inutile ?

À quand la fin de l’euro ?

Avec un vide au centre de l’Europe, les gouvernements nationaux confrontés à l’Armageddon économique et social ont réagi en (i) reprenant le contrôle de leurs budgets (au diable le pacte fiscal), (ii) reprenant le contrôle de leurs frontières et (iii) reprenant le contrôle de leurs lois (par exemple, en interdisant l’exportation d’équipements médicaux essentiels, contre toute la législation européenne).

Cela soulève la question de savoir combien de temps il faudra pour qu’un ou plusieurs gouvernements européens décident de reprendre le contrôle de leurs monnaies. Si, comme l’a dit Rahm Emmanuel, il ne faut « jamais laisser une crise grave se perdre », alors quel meilleur moment pour instituer un long jour férié et réintroduire une monnaie nationale que lorsque l’économie nationale est de toute façon en panne, et l’année un effacement économique complet ? Comme l’a écrit William Shakespeare : « Quand le chagrin arrive, il ne vient pas d’espions isolés, mais de bataillons ».

Il y a quelques semaines, des experts occidentaux se demandaient si la mauvaise gestion de l’épidémie de Covid-19 pouvait être le « moment Tchernobyl » du Parti communiste chinois – le moment où l’homme et la femme de la rue perdent confiance dans leurs institutions gouvernementales. Oubliez la Chine. Il est beaucoup plus probable que ce soit le moment Tchernobyl de l’Europe qui se déroule sous nos yeux.

Si vous vouliez parier sur la structure politique la moins susceptible de survivre à la « guerre » actuelle, alors l’Union européenne serait sûrement la favorite des bookmakers. Aujourd’hui, il faudrait en effet un homme politique courageux pour affirmer que l’Union européenne est synonyme de force et que la poursuite de l’intégration européenne est la voie de la prospérité et du bonheur.

A lire aussi : Coronavirus : la Corée a endigué l’épidémie sans confiner les villes

Des systèmes médicaux à bout de souffle

Au lieu de cela, la question qui se pose déjà dans toute l’Europe est de savoir si la stricte austérité budgétaire imposée à l’Espagne, à l’Italie, au Portugal et à d’autres pays dans le sillage de la crise de l’euro de 2012-13 a semé les graines de la crise actuelle. Les gens se plaignent que pour sauver le sacro-saint euro, les budgets nationaux ont été réduits. Et comme il n’était plus possible de réduire les dépenses militaires, la réduction des budgets nationaux a entraîné une diminution des dépenses de santé. Dans toute l’Europe, des hôpitaux ont fermé (surtout dans les campagnes) et le nombre de lits d’hôpitaux par habitant a diminué malgré le vieillissement de la population. En conséquence, lorsque la pandémie a frappé, les systèmes médicaux déjà à bout de souffle se sont rapidement effondrés.

Cela m’amène à la vidéoconférence de jeudi dernier, qui a été organisée par les chefs de gouvernement européens. N’ayant pas réussi à faire preuve d’une quelconque unité européenne dans un style épique, les dirigeants européens se sont disputés sur l’idée que la crise actuelle devrait être la sage-femme de la naissance des obligations d’État paneuropéennes. De telles obligations sont constitutionnellement interdites en Allemagne (et un changement constitutionnel nécessiterait un vote des deux tiers au Bundestag). Pourtant, le Premier ministre italien a activement (et de manière compréhensible) fait pression en leur faveur. Pour l’instant, les dirigeants européens ont accepté de ne pas être d’accord et de se réunir à nouveau deux semaines plus tard. Toutefois, d’ici là, trois choses pourraient se produire.

– Le Premier ministre italien Giuseppe Conte se plie et accepte de faire appel au mécanisme européen de stabilité pour faire face à la crise. Mais pour ce faire, il placerait son pays sous la tutelle économique de Bruxelles. Dans le climat politique actuel de l’Italie, qui est très chargé émotionnellement en raison de l’impression (légitime) que ni Berlin ni Bruxelles n’ont fait quoi que ce soit pour aider l’Italie dans son heure de gloire, ce serait un suicide politique.

– La chancelière allemande Angela Merkel se plie et accepte de faire pression pour un changement de la constitution allemande et la création d’un marché paneuropéen des obligations souveraines. Cependant, il n’est pas du tout certain que les deux tiers du Bundestag (ou même son propre parti ?) suivraient Merkel dans cette voie.

– Les dirigeants nationaux européens, physiquement épuisés et émotionnellement vidés après deux mois pénibles, ne parviennent pas à trouver un compromis fonctionnel au cours de vidéoconférences qui durent toute une nuit, et l’Europe commence vraiment à imploser.

À ce stade, quel scénario semble le plus probable ?

Les États-Unis

Dans toute discussion sur les rapports de force relatifs, les États-Unis commencent généralement par des as de poche. Cependant, dans la crise actuelle des coronavirus, les choses ne vont pas très bien pour les États-Unis.

A lire aussi : L’Italie : abandonnée par l’Europe, courtisée par la Chine et la Russie

  1. La façon dont le système de santé est organisé semble avoir entravé la réponse politique dans tout le pays. Avec le temps, cela va probablement accroître les appels à une nationalisation du secteur de la santé aux États-Unis – certainement un sujet brûlant lors de la prochaine élection présidentielle américaine ?
  1. Derrière la crise de Covid-19 se cache un autre défi : la faillite imminente de grandes sections du complexe énergétique américain. En termes simples, à 20 dollars US le baril de pétrole, les centaines de milliards de dollars US investis en des temps plus heureux dans les gisements de schiste américains devront être amortis. Cela causera une douleur considérable.
  1. La hausse de 30 signes du chômage aux États-Unis, elle-même une conséquence directe de la crise Covid-19, complique les tentatives de stabilisation économique du gouvernement pour la simple raison que les États-Unis ne disposent pas de beaucoup d’infrastructures d’indemnisation du chômage. En conséquence, le gouvernement américain est obligé de diriger son aide par l’intermédiaire des entreprises. Malheureusement, il y a peu de garanties que cet argent aidera ceux qui en ont le plus besoin. Au lieu de cela, l’aide finit par ressembler soit aux dépenses habituelles des porcs de Washington (la facture de la semaine dernière comprenait une subvention de 25 millions de dollars US pour le centre artistique Kennedy), soit à l’aide sociale habituelle des entreprises (la chaîne d’approvisionnement de Boeing a reçu une jolie somme de 60 milliards de dollars US).

La combinaison de ces facteurs fera en sorte que les élections de novembre seront encore plus chargées d’émotion que ce à quoi tout le monde s’attendait (et avant Covid-19, tout le monde s’attendait déjà à des élections plus chargées d’émotion que d’habitude). Il en résulte une incertitude encore plus grande pour les investisseurs.

Il y a trois mois, le large consensus parmi les investisseurs était que, dans un monde rempli d’incertitudes, les États-Unis étaient de loin le « pays le plus propre et le plus sale ». La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si cette conviction a été ébranlée et si elle va commencer à s’effriter à mesure que Covid-19 s’impose dans tout le pays et que la politique intérieure américaine devient encore plus agressive et intransigeante.

Chine

La fiabilité des données fournies par les autorités est l’un des défis à relever pour tenter de surmonter la crise de Covid-19 en Chine. La Chine affirme avoir identifié son premier cas de Covid-19 le 17 novembre 2019 dans un hôpital de Wuhan. Cela pourrait bien être vrai, bien qu’il soit tout à fait possible que le virus se soit propagé dans le Hubei bien avant que le premier patient ne soit admis à l’hôpital et identifié comme ayant quelque chose d’ »atypique ».

Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est que la Chine n’a pas fait grand-chose contre le virus jusqu’au 23 janvier 2020, date à laquelle Wuhan a été mis en quarantaine. Cela signifie que le virus a eu au moins deux mois, et peut-être plus, pour se propager sans contrôle dans toute la Chine centrale et au-delà.

C’est là que cela devient intéressant. Selon les chiffres officiels de la Chine, Covid-19 est responsable de 3 305 décès sur les 1,4 milliard d’habitants du pays. En termes absolus, cela représente moins d’un tiers des 11 591 décès subits en Italie, qui ne compte que 60 millions d’habitants.

Ainsi, la Chine, avec une population beaucoup plus importante, une densité de population beaucoup plus élevée et un système de santé publique bien inférieur, n’a subi qu’une fraction des décès en Italie, en Espagne et maintenant très probablement en France. Comment expliquer cette différence spectaculaire ?

  1. Au cours de son voyage, le virus a peut-être muté en des formes plus mortelles. C’est une pensée inquiétante.
  1. Les décès en Chine sont peut-être massivement sous-déclarés, soit par les autorités locales qui n’osent pas être porteuses de mauvaises nouvelles, soit simplement par les hôpitaux ruraux qui ne s’attardent pas trop sur les causes de décès de leurs patients âgés. Il s’agit là d’une possibilité bien réelle. Mais il est intéressant de noter que chez les voisins de la Chine (où les données sont fiables), le bilan des décès dus à la maladie de Covide-19 est loin d’être aussi lourd qu’en Europe. La Corée du Sud a enterré 158 âmes, le Japon a enregistré 54 décès (bien que son économie soit restée largement ouverte aux affaires), la Malaisie 37, Hong Kong quatre et Singapour trois. Chaque décès est une tragédie. Mais dans toute l’Asie, tout comme en Chine, le virus semble être beaucoup moins mortel qu’en Europe.
  1. Il se pourrait que les sociétés asiatiques soient tout simplement mieux préparées à faire face à une pandémie comme celle de Covid-19 que les pays occidentaux. Les aéroports asiatiques disposent depuis longtemps de dispositifs de surveillance de la température, les gouvernements ont rapidement suivi les contacts potentiels avec les transporteurs grâce aux données des téléphones portables. Depuis l’épidémie de SRAS en 2003, les hôpitaux sont bien équipés en matériel de protection et les gens portent des masques dès qu’ils toussent ou qu’ils ont le nez qui coule.

Cette explication est logique. Il faut toutefois noter que le virus a pu se propager sans contrôle pendant au moins 10 semaines avant que les autorités chinoises et asiatiques n’entrent en action. Même alors, tous ne l’ont pas fait. Le Japon a, dans l’ensemble, continué à vivre normalement et n’a jusqu’à présent connu ni une augmentation du nombre de décès ni un afflux de patients qui ont submergé son système de santé – même si, en termes démographiques, c’est le pays le plus « ancien » du monde.

  1. Il est concevable que l’exposition au Sars-CoV, le coronavirus qui a causé le SRAS en 2003, et à d’autres coronavirus ait conféré aux populations asiatiques un élément d’immunité au Sars-CoV-2, le coronavirus qui cause le Covid-19. Au risque de l’hyperbole, dans ce scénario, Covid-19 s’apparenterait à l’apparition de la variole dans le Nouveau Monde, mais cette fois ce sont les Européens qui se trouvent dans la position des Amérindiens. Il s’agit bien sûr d’une exagération ; Covid-19 n’anéantira pas 90% de la population européenne, et contrairement au monde du XVIe siècle, le monde actuel – et beaucoup de ses germes – est déjà globalisé. Néanmoins, les Européens pourraient peut-être regarder d’un œil méfiant les cadeaux de couvertures gratuites en provenance de Chine ?
  1. L’écart entre les taux de mortalité en Asie et en Europe pourrait refléter le sous-financement et la préparation inadéquate des systèmes de soins de santé européens. Ou du moins, certains d’entre eux – jusqu’à présent, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Scandinavie semblent avoir été beaucoup moins touchés que l’Italie, l’Espagne et la France (même si la Suède a continué à mener une vie à peu près normale). Cette divergence intra-européenne pourrait simplement être une question de minutage ; l’Italie l’a eu en premier, et l’Allemagne devrait suivre. Ou pourrait-elle refléter des échecs de politiques publiques à l’échelle épique en Italie, en Espagne et en France ?

Si l’on examine ces explications possibles de la divergence des taux de mortalité entre l’Europe et l’Asie, il me semble que les trois dernières politiques mises en œuvre dans les pays asiatiques, une meilleure immunité des troupeaux en Asie et des systèmes de santé inadéquats dans les pays occidentaux aboutissent toutes à la même conclusion : les investisseurs devraient déployer plus de capitaux en Asie et moins en Europe.

La bonne performance des actifs asiatiques

Cela m’amène à une simple observation : c’est la première fois de ma carrière qu’en pleine crise, les prix des actifs asiatiques sont non seulement surperformants (généralement en période de récession, les prix des actifs asiatiques sont battus comme une mule louée), mais ils le sont aussi avec une volatilité beaucoup plus faible que les actifs occidentaux.

Prenons l’exemple de la dette en renminbi. Dans cette crise, les obligations en renminbi se sont avérées être l’actif « anti-fragile » que nous avons toujours espéré qu’elles seraient. Bien sûr, elles ont été moins performantes que les obligations du Trésor américain. Mais les obligations en renminbi ont surpassé les obligations d’entreprises américaines, les obligations d’État de la zone euro et les obligations japonaises. Mieux encore, elles continuent d’offrir un minimum de rendement positif – qui soit promet des gains en capital futurs soit amortira au moins le coup si les rendements ailleurs dans le monde recommencent à augmenter.

Plus intéressant encore, alors que la corrélation entre les obligations d’État américaines et les marchés d’actions américains a changé de manière spectaculaire en février et mars (voir Quatre paniers pour quatre quadrants), les obligations chinoises ont continué à offrir des rendements non corrélés.

Une fois la poussière retombée après une crise où les corrélations croisées entre les actifs sont devenues encore plus fortes, la capacité quasi unique du marché obligataire chinois à tracer sa propre voie attirera probablement l’attention des réparateurs d’actifs du monde entier. Et ce sera d’autant plus vrai que, contrairement à 2008 ou 2016, et contrairement à d’autres gouvernements en 2020, Pékin n’a pas réagi à la crise actuelle en plongeant tête baissée dans une expansion budgétaire massive et dans l’expansion des agrégats monétaires.

En bref, face à cette crise :

– Les réponses politiques en Asie ont été supérieures aux réponses politiques en Occident.

– Le niveau de préparation à la pandémie en Asie a été supérieur à celui de l’Occident.

– Le niveau d’incertitude politique en Occident est maintenant bien plus élevé que celui de l’Asie. L’Union européenne survivra-t-elle à cette crise ? Sous quelle forme ? L’élection présidentielle américaine entraînera-t-elle la nationalisation du système de santé américain ? Les États-Unis peuvent-ils se permettre d’apporter des réponses politiques ?

– Le coût humain de la crise semble être beaucoup moins important en Asie qu’en Occident.

– La mise en œuvre des réponses de politique économique a été beaucoup plus conventionnelle en Asie qu’en Occident.

Compte tenu de tout cela, faut-il s’étonner que les actifs asiatiques soient désormais plus performants que les actifs occidentaux ? Et y a-t-il une raison pour que cette surperformance ne se poursuive pas ?

Conclusion

En 1944, le dramaturge juif français Tristan Bernard est arrêté par la Gestapo à son domicile à Paris. Traîné par la police secrète nazie, il enjoint à sa femme désemparée de le suivre : « Ne pleure pas. Nous vivions dans la peur. Mais désormais, nous vivrons dans l’espoir ».

Aujourd’hui, il y a beaucoup de raisons d’avoir peur.

– Une maladie qui semble particulièrement dangereuse pour les personnes de plus de 60 ans

– Un bouleversement économique tel que le monde en a rarement connu auparavant en temps de paix.

– Des points d’interrogation sur l’avenir de l’Union européenne et sur l’existence de l’euro.

– Les menaces qui pèsent sur la poursuite de la mondialisation, l’un des principaux moteurs des gains de productivité de ces dernières décennies.

La liste pourrait s’allonger encore. Mais si les lecteurs ne se sentent pas aussi angoissés que Mme Bernard, il est peu probable qu’ils dansent de joie. Néanmoins, au milieu de ce désastre, nous devrions nous rappeler ces points:

– Pour certains pays européens, notamment l’Italie, les 20 dernières années d’union monétaire européenne ont été un exercice d’autoflagellation, désormais interdit par l’Église catholique. Le vieux proverbe allemand « mieux vaut une fin avec horreur qu’une horreur sans fin » n’a certainement jamais été aussi applicable qu’à l’expérience économique de l’Italie en tant que membre de l’euro. Dans cette optique, les investisseurs pourraient commencer à dresser une liste des actifs européens susceptibles de faire des achats intéressants de l’autre côté d’un effondrement de la zone euro.

– Si l’euro implose, les Européens devront encore trouver un logement pour leurs économies. La destination initiale évidente serait le dollar américain. Mais la Réserve fédérale a clairement indiqué qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher la hausse du dollar américain. Ainsi, une implosion de l’euro pourrait déclencher une explosion encore plus importante du bilan de la Fed. Une telle poussée pourrait contribuer à mettre un plancher sous les marchés financiers partout.

– Une autre destination pourrait être les autres monnaies européennes, que ce soit le franc suisse (qui pousse la Banque nationale suisse à acheter encore plus d’actions américaines ?), la livre (qui reste grotesquement sous-évaluée) ou les monnaies scandinaves (également sous-évaluées).

– Par ailleurs, certaines économies européennes à la recherche de rendements intéressants pourraient se diriger vers les monnaies des marchés émergents, que ce soit le peso mexicain, très sous-évalué et à haut rendement, le renminbi, très stable, ou peut-être même le dollar canadien (je sais que ce n’est pas une monnaie des marchés émergents, mais le huard ne l’est évidemment pas, car il continue à se comporter comme tel).

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Tags:ChineEpidémie

Louis-Vincent Gave

Louis-Vincent Gave

Louis-Vincent Gave est cofondateur de Gavekal Resarch, il vit et travaille à Hong Kong depuis de nombreuses années. Il est l’auteur de six livres dont Clash of Empires : Currencies and Power in a Multipolar World (2019).

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Quand la Corée du Nord se mobilisait contre la guerre biologique US

ardi, mars 31, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Quand la Corée du Nord se mobilisait contre la guerre biologique US

On l’oublie souvent mais la Corée du Nord fut l’un des premiers pays à subir les affres de la guerre biologique durant la guerre de Corée (25 juin 1950-27 juillet 1953).

A défaut de bombes atomiques, réclamés par le général Douglas MacArthur et dont l’usage aurait pu entraîner une guerre nucléaire entre les États-Unis et l’Union Soviétique, les forces américaines ont eu recours aux armes bactériologiques et biologiques contre les troupes nord-coréennes et l’armée de volontaires chinois venus à leur rescousse. L’une des premières attaques biologiques US contre la Corée du Nord consista à déverser par voie aérienne des containers remplis d’insectes (mouches, araignées, cafards, etc.) imprégnés ou porteurs d’anthrax derrière les lignes nord-coréennes et chinoises. Une autres méthode fut d’employer des rats porteurs de peste et la contamination des points d’eau avec des bactéries pathogènes comme le bacille du choléra (Vibrio Cholerae).

La Corée du Nord eut beaucoup de difficultés à sensibiliser ses troupes et ses populations faisant face à la stratégie du bombardement aérien permanent à cette nouvelle menace invisible et assez redoutable.

La désinfection et la lutte contre les germes pathogènes fut une priorité absolue pour un pays qui ne connaissait pas ce type de guerre. Des posters de mobilisation d’époque tentaient de démontrer aux populations et aux troupes que la guerre sanitaire et la désinfection étaient aussi importants que l’effort des combattants sur le front. Sur le poster ci-dessus, on peut voir une infirmière portant un masque et utilisant un dispositif de désinfection avec en arrière plan un soldat portant la fameuse mitraillette sovietique PPSh-41 et une grenade RGD-33.

La guerre biologique choqua au plus haut point les dirigeants nord-coréens et ce traumatisme est toujours perceptible aujourd’hui dans la doctrine militaire et la posture stratégique défiante de la Corée du Nord à l’égard de Washington.

A côté des germes et d’insectes, les forces US ont également testé des defoliants biologiques afin d’évaluer la possibilité d’anéantir l’agriculture nord-coréenne et de fait, l’usage de certains insectes porteurs de maladies affectant des plantes eut un certain succès mais pas au niveau de celui que connaîtront les défoliants chimiques, notamment l’Agent Orange au Vietnam une décennie plus tard.

Avion épandant l’agent Orange au-dessus de la jungle vietnamienne durant les années 60

La Corée du Nord fit appel à l’expertise de l’Union Soviétique après la fin de la guerre de Corée pour la désinfection des zones contaminés. Des dizaines de milliers de personnes périrent après la guerre d’épidémies en Corée du Nord où les infrastructures de santé n’existaient plus et en Chine, la famine y resta endémique jusqu’au début des années 60. La guerre biologique est toujours enseignée dans les écoles de Corée du Nord et le souvenir de ce type de guerre demeure vivace jusqu’à aujourd’hui.

Le souvenir de la guerre biologique US contre la Corée du Nord demeure extrêmement vivace chez les paysans nord-coréens. La Famine qui affecta la Corée du Nord en 1992-1994 est la conséquence d’un autre type de guerre biologique impliquant des OGM et des vecteurs biologiques modifiés résistants aux pesticides.

La Corée du Nord a été le premier pays au monde à fermer ses frontières et déclarer l’état de guerre biologique dès l’apparition des premiers cas de COVID-19 dans la province chinoise de Hebei. Les médias, la population et les officiels nord-coréens accusent aujourd’hui explicitement Washington d’être derrière le COVID-19.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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Virus… blocus, Par Michel Raimbaud

Virus… blocus, Par Michel Raimbaud

Publié par Candide le 28 mars 2020 dans Chroniques      Rate This

Virus… blocus

Par Michel RaimbaudMondialisation.ca, 27 mars 2020

Nous sommes des mille et des millions à goûter aux plaisirs du confinement. C’est la faute à ce virus crochu, invisible mais omniprésent, qui guette ses victimes tapi dans leurs voies respiratoires, réveillant les peurs ancestrales. Sages ou craintifs, les citoyens acceptent les règles nouvelles, appréhendant ce que sera l’après. Revisité, le temps d’avant était un paradis : c’était il y a un mois, il y a quinze jours, c’était hier.

Ils seront innombrables, en France et dans cette vieille Europe devenue le foyer du virus, à faire des comptes et à en demander, à proposer des priorités pour réparer les dégâts. Avant d’entamer toute réflexion, il conviendra de réviser les idées reçues que les événements ont fait voler en éclats et d’en tirer des leçons. Puissent les mesures prises dans une situation d’exception ne pas être fatales à une certaine exception française.

L’Euro-Amérique n’est plus le « cœur » du monde, ayant perdu sa suprématie globale et son magistère intellectuel et moral. Difficile à gober pour un béotien comme l’oncle Donald, suprématiste hors pair, et pour les clients de l’idéologie occidentaliste. Si certains ont évoqué « la mort cérébrale » ou « le déclin de l’Occident », ce sont de simples éclairs tant est enracinée la conviction nombriliste. Il reste que l’épisode du coronavirus aura ruiné irrémédiablement l’image de l’Amérique* et de l’Europe, où la pandémie a établi ses quartiers. C’est en effet auprès de l’Organisation de Coopération de Shanghai (Chine, Russie et alliés asiatiques) que la plupart des pays, alliés y compris, auront cherché appui.

Accusée par Trump d’être le responsable de la pandémie (le « virus chinois »), la Chine, premier pays à avoir su juguler l’effrayant fléau, est sollicitée par le reste du monde. Forte du prestige que lui vaut sa gestion – un brin idéalisée – de la crise et désormais surpuissante, elle affirme son nouveau leadership. Qu’il s’agisse de l’Italie, abandonnée en première ligne sur le front coronique par ses partenaires européens, ou de la France, durement frappée, l’aide en matériel et en personnel de l’Empire du Milieu n’est pas passée inaperçue…

La Russie a lancé elle aussi des opérations de secours, envoyant vers l’Italie, par avions-cargos, du matériel de dépistage et de désinfection, tandis que son armée de l’air acheminait huit brigades mobiles de médecins et une centaine de virologues et épidémiologistes. L’Institut moscovite de dépistage du Corona annonce l’envoi d’une assistance d’urgence à seize pays : les membres de l’Union Economique Eurasienne (ex-URSS), mais aussi l’Iran, l’Egypte, le Venezuela, la Corée du Nord, la Mongolie. La Serbie a choisi elle aussi de faire appel à Moscou et Pékin.

Cet investissement des deux grands de l’Eurasie dans une action d’urgence aura eu un impact considérable. Médiatisation ? Ni plus ni moins que les « grandes démocraties » naguère. Que pourraient bien médiatiser nos médias de révérence, sinon l’absence de toute solidarité des Etats occidentaux, la vanité de leurs leçons de morale, leur acharnement à poursuivre des guerres illégales ou « invisibles », et la fin du monopole « atlantiste » dans le domaine humanitaire, cheval de bataille pour l’ingérence. Le mainstream aura été à la hauteur de sa réputation, le dépit portant d’ailleurs à ressasser les mensonges les plus éculés sur les « pays qui fâchent » (Syrie, Iran, Russie, Chine) !

Dans le même temps et autre signe des temps, l’Amérique est défiée jusque dans son ex-arrière-cour, son ignominie et son impuissance étant affichées à la face du monde. Après soixante ans de sanctions, Cuba est toujours debout et a développé une médecine de pointe : le 16 mars, à la demande de Londres, on y accueillait sous les acclamations un navire de croisière (MS Braemar) et sa cargaison de passagers occidentaux ailleurs indésirables (dont 5 « positifs » et 40 à l’isolement). La Havane a envoyé par ailleurs une mission médicale en Italie. Des sots s’en étonneront, mais les gestes ne s’oublieront pas, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Le Venezuela, provocation permanente, est frappé par la pandémie. Une occasion minable d’exhiber un acharnement « viral ». C’est sous forme de sanctions meurtrières et dévastatrices que se manifestent les attentions de Washington : le coût des dépistages se trouve propulsé à des niveaux exorbitants. Valet fidèle, le FMI a refusé le prêt demandé par Caracas : Maduro manquerait de légitimité. Selon les experts onusiens, de telles sanctions « s’apparentent à une action génocidaire » et leurs « architectes » devraient être poursuivis et emprisonnés à vie, du moins « dans un monde décent ». Il ne l’est plus, depuis belle lurette.

Le comportement criminel de l’Amérique et des « grandes démocraties s’est inscrit dans le paysage à partir de 1991, tandis qu’émergeait le paradigme d’une « communauté internationale » réduite aux laquais. C’est à la résignation de ceux-ci, à leur aveuglement idéologique et à leur complicité qu’une « troïka » pervertie doit sa capacité de nuisance. Bien que le premier véto russo-chinois contre une ingérence militaire en Syrie, en octobre 2011, ait stoppé les élans de l’arrogant triumvirat, celui-ci a de beaux restes et de malfaisants relais.

Un demi-siècle après sa naissance « sous X », la « théorie du fou » de Nixon et Kissinger, loin d’être la touche folklorique d’une « géopolitique racontée aux grands enfants », est pour l’Occident une clé essentielle du Grand Jeu. Éructant au milieu de sa cour des miracles, le gangster à la mèche jaune a fait des adeptes au Moyen-Orient. Avec Netanyahou, bourreau des Palestiniens et complice d’une « transaction » ignominieuse, Erdogan l’hystérique Mamamouchi, et Mohammed Ben Salman, qui rêve de transformer l’Arabie en Disneyland ou en lupanar, voilà cet OVNI maléfique en mesure d’instaurer un chaos sans fin au centre de « la ceinture verte », à l’ombre de la nouvelle peste.

Ce qu’écrit Doug Bandow le 22 mars dans The American interest vaut son pesant d’encre : « Le coronavirus signifie que l’Amérique est brisée. Trump devrait sortir de l’enfer syrien », « le Moyen-Orient a perdu sa signification stratégique », les deux craintes majeures ayant disparu : (1) « Personne ne menace de conquérir le pétrole dont dépend l’Occident », (2) « Personne ne menace la survie d’Israël, superpuissance régionale ». Mon Dieu, si c’était vrai ? Aux doux rêveurs, on rappellera que l’Amérique s’acharne à mener en Syrie une guerre «invisible et sans fin» pour interdire la paix et la reconstruction, qu’elle maintient une occupation illégale à l’est de l’Euphrate, pour « contrôler le pétrole syrien » (sic dixit Donald).

Agressée par une coalition hybride où se retrouvent les membres de l’OTAN, les forces de l’islamisme dévoyé et une multitude de comparses, la Syrie est frappée depuis 2011 par une pléthore de sanctions infâmes et sadiques, dans l’indifférence quasi-générale…Rappelons que les sanctions (commerciales ou financières) ont pour but d’empêcher un Etat de fonctionner et d’étrangler son économie. Elles ont entre autres pour résultat d’interdire les importations de médicaments et matériels sanitaires, et de rendre impossibles la réparation des équipements. Ce qui est dramatique pour un pays dévasté comme la Syrie.

Comment des Etats peuvent-ils se prétendre « civilisés » alors qu’ils n’ont pas le courage de briser l’omerta, loi des mafieux. Exiger une levée immédiate des sanctions ne suffit pas. Chaque pays peut prendre la décision, seul ou dans un cadre collectif. Il y a urgence : la Syrie entre dans sa dixième année de guerre et on peut s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir le corona, déjà présent dans la région. En effet, la pandémie ne saurait occulter les menées criminelles des alliés de Washington : Israël responsable du confinement massif des Palestiniens, notamment à Gaza ; Erdogan et son chantage au « lancer » de réfugiés vers l’Europe, nul ne se souciant des malheureux migrants piégés par les frontières fermées.

Il faut également lever le siège criminel imposé par l’Amérique à l’Iran. Résistant depuis quarante ans aux sanctions imposées à l’instigation de Washington et confronté à la ré-escalade engagée par Trump depuis son retrait illégal du traité nucléaire, il y a deux ans, l’Iran figure en outre parmi les Etats les plus menacés par la pandémie. L’interdiction de commercer en dollars revient à lui interdire tout achat de médicaments et d’équipements sanitaires, alors qu’il est économiquement étranglé (Téhéran aurait demandé un prêt d’urgence de cinq milliards de dollars au FMI). Il s’agit pour l’Amérique de le soumettre. Si dans un accès de sagesse les Européens viennent en aide à l’Iran, ils rachèteront un peu la communauté des « chefs d’Etat du monde » auxquels en appelle Ruhani : L’Amérique n’est pas seulement responsable de la mort d’un iranien toutes les dix minutes, elle menace la vie du monde. Téhéran et Qom ne sont pas si loin de Paris, Londres et New-York. « Vous êtes des insolents, des oppresseurs, des terroristes » : seuls blâmeront Ali Khamenei d’avoir ainsi stigmatisé les dirigeants américains ceux que la vérité blesse.

Michel Raimbaud

Virus… blocus

https://tunisitri.wordpress.com/2020/03/28/virus-blocus-par-michel-raimbaud/

ACTIVITÉS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT …

… ACTIVITÉS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT …
Un sénateur américain aurait profité d’informations confidentielles pour se défaire de ses titres
boursiers avant la déclaration de la pandémie…
Selon les médias américains, le républicain Richard Burr, président de la Commission du
renseignement du Sénat américain, s’est défait de nombreux titres avant la chute des valeurs
boursières, tout en assurant au public américain que l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19)
était contrôlable aux États-Unis. Le sénateur républicain Richard Burr, de la Caroline du Nord, est
président de la Commission du renseignement et membre de la Commission de la Santé du Sénat
américain. La radio publique nationale (NPR) a rapporté que Richard Burr recevait régulièrement des
briefings du Sénat sur le Covid-19. NPR a commenté que Richard Burr avait participé à la rédaction du
cadre de réponse aux épidémies aux États-Unis, mais il n’avait jamais émis d’alerte à la hauteur au
public depuis février. Dans une tribune publiée le 7 février sur le site de Fox News, Burr a ainsi écrit :
« Le gouvernement est mieux préparé que jamais pour parer au Covid-19, et le Congrès a élaboré un
Renseignor N° 1121 le 29 mars 2020 4
cadre juridique, dans lequel, l’administration Trump a également activement répondu au Covid-19 ».
Néanmoins, un enregistrement secret révélé par NPR jette un pavé dans la marre. L’enregistrement
montre que Richard Burr a lancé le 27 février un avertissement très sérieux lors d’une rencontre
privée : « Le Covid-19 est bien plus agressif dans la façon de se transmettre que ce que nous avons vu
dans l’histoire récente et ça ressemble probablement à la pandémie de grippe de 1918 ».
Malheureusement, seuls quelques riches patrons ont eu la chance d’entendre ces rappels. Ce jour-là,
le président américain a encore affirmé avec conviction que l’épidémie était sous contrôle et allait
bientôt disparaître. Jusqu’au 13 mars, date à laquelle l’état d’urgence a été déclaré, les mesures antiépidémiques pertinentes ont été progressivement renforcées. Alors que Richard Burr a conservé secret
le risque du Covid-19 signalé à l’avance, le peuple américain n’a pas pu se protéger. Selon le bilan du
CDC américain, un total de 15 cas confirmés de Covid-19 ont été signalés aux États-Unis le 27 février.
Aujourd’hui, il y a plus de 14 000 cas confirmés dans le pays. Richard Burr n’est pas le seul à avoir
profité de sa position privilégiée pour éviter la chute de son portefeuille boursier. Actuellement, au
moins trois autres sénateurs assumant de hautes fonctions ont été accusés d’utiliser des informations
inaccessibles au grand public pour vendre de grandes quantités de titres avant que le marché ne soit
en difficulté. On se demande combien d’autres politiciens américains connaissent les risques de
l’épidémie mais restent silencieux. L’une des fonctions importantes des sénateurs consiste à superviser
le travail du gouvernement, mais au lieu de s’acquitter de leurs fonctions, ces sénateurs américains ont
aidé le gouvernement à dissimuler ses erreurs et à tromper le peuple. Ce n’est pas un hasard.
L’épidémie est un miroir qui reflète l’hypocrisie de certains politiciens.
(Radio Chine internationale, le 23-03-2020)
Covid-19 : Le Mossad chercherait à récupérer le maximum d’équipements, de kits et de
traitements expérimentaux pour Israël…
Le Mossad israélien ne chôme pas en cette période de pandémie de Covid-19. Une de ses équipes a
réussi à détourner une partie de l’aide chinoise destinée à l’Italie en République tchèque, tandis qu’une
autre équipe a réussi à intercepter et à récupérer des kits de dépistage chinois destinés aux Émirats
arabes unis et un autre lot de molécules fabriquées en Chine destinées à l’Arabie saoudite. Jusqu’ici,
ce genre d’activités est considéré comme une routine. Ce qui ne l’est pas par contre est la course
effrénée pour obtenir le degré d’avancement des recherches sur le SRAS-nCoV-2 en Chine et même
aux États-Unis. Le Mossad israélien est impliqué dans toutes les opérations visant à récupérer le
maximum d’équipements, de kits et de traitements expérimentaux et les diriger vers Israël.
(Press TV, le 23-03-2020)
En Israël, 500 personnes en contact avec des porteurs du Covid-19 identifiées grâce au
programme de surveillance de masse du Shin Beth…
Le service de sécurité, le Shin Beth, a affirmé jeudi soir que son programme de surveillance de masse
a jusqu’à présent aidé à identifier 500 patients atteints de coronavirus. Il indique que les 500 personnes
identifiées ont été en contact avec des porteurs de coronavirus par le biais du suivi des téléphones
portables. « Sans les trouver rapidement et les mettre en quarantaine, ils auraient sûrement infecté
sans le savoir beaucoup plus de gens » a averti le Shin Beth dans un communiqué. Au cours des deux
dernières semaines, l’agence de sécurité intérieure a travaillé avec le ministère de la Santé pour
retracer les mouvements des patients atteints de coronavirus en utilisant la masse de données de
téléphones et de cartes de crédit à sa disposition, qu’elle n’est généralement pas autorisée à utiliser
pour des raisons autres que la lutte contre le terrorisme. Le service de sécurité n’a pas précisé combien
de personnes au total ont été identifiées comme étant en contact avec un porteur de coronavirus
confirmé, mais seulement les 500 cas qui ont également été testés positifs pour la maladie. De son
côté, le service de renseignement, le Mossad, a aidé à acheminer 400 000 kits de tests de coronavirus
supplémentaires en Israël depuis un lieu étranger non divulgué, a indiqué jeudi soir le bureau du
Premier ministre.
(I24News, le 27-03-2020)
Covid-19 : Au Kenya disparition de six millions de masques destinés à l’Allemagne…
Quelque six millions de masques destinés à l’Allemagne pour faire face à la pandémie provoquée par
le nouveau coronavirus ont été perdus au Kenya, a annoncé mardi une porte-parole du ministère
allemand de la Défense. « Il y a six millions de masques de protection qui ont été perdus au Kenya » a
déclaré à l’AFP cette porte-parole, confirmant une information du Spiegel. Ces six millions de masques
Renseignor N° 1121 le 29 mars 2020 5
FFP2 ont disparu d’un aéroport du Kenya à la fin de la semaine dernière. Ils étaient censés être livrés à
l’Allemagne le 20 mars, selon le magazine. « Nous tentons d’en savoir plus » a déclaré la porte-parole,
notamment pourquoi ces masques transitaient par le Kenya. Elle a assuré que ces articles, dont la
provenance n’a pas été précisée, n’avaient pas encore été payés par l’Allemagne. Les autorités
tchèques avaient saisi le 17 mars 680 000 masques et des appareils respiratoires dans un entrepôt
d’une entreprise privée de Lovosice, au nord de Prague, présentant l’opération comme un grand
succès contre le trafic existant dans ce domaine. Une partie de ces masques étaient en fait un don
chinois destiné à l’Italie, le pays européen le plus touché par la pandémie.
(Africa Radio, le 24-03-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/03/Renseignor1121.pdf

Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l’Asie ?

Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l’Asie ?

 Par Marc Endeweld  |  26/03/2020, 9:38  |  952  mots

(Crédits : Reuters)

LE POLITOSCOPE. En arrière-fond de la gestion sanitaire de la pandémie de la Covid-19, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine s’accentue dans la course au leadership mondial. L’Europe, elle, aura montré son incapacité à parler d’une seule voix.

Comme un parfum de guerre froide : depuis l’émergence du SARS-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19, la Chine et les Etats-Unis se livrent une bataille politique et médiatique de grande ampleur, n’hésitant pas à se renvoyer la responsabilité de cette crise sanitaire. Quand le président américain, Donald Trump ne cesse de vitupérer contre ce qu’il appelle « le virus chinois », plusieurs hauts diplomates chinois n’ont pas hésité en retour à accuser les États-Unis d’avoir été à l’origine de la pandémie. Le compte twitter de l’ambassade chinoise en France est même allé jusqu’à expliquer que ce nouveau coronavirus était apparu initialement sur le territoire américain !

Face à de telles théories du complot, le département d’Etat a immédiatement réagi en convoquant l’ambassadeur chinois en poste à Washington. Ces derniers soubresauts montrent à quel point la gestion de cette crise sanitaire est rendue encore plus complexe au niveau international au regard de la situation de guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, juge d’ailleurs dans Le Figaro que « cette crise globale, sans précédent depuis les guerres, révèle ou confirme qu’il n’existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu’elle n’est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale ».

Une Europe affaiblie

Dans ce contexte international particulièrement troublé, l’Europe apparaît comme particulièrement affaiblie face à cette crise sanitaire. Ne disposant pas de compétences et de pouvoir dans le domaine de la santé, les institutions de l’Union européenne se sont retrouvées particulièrement impuissantes. De leur côté, les Etats membres ont souvent privilégié leurs intérêts nationaux, avant de chercher un minimum de coordination, malgré les appels d’Emmanuel Macron dans ce sens. Nos démocraties pâtissent également du repli sur soi des Etats-Unis, qui ne sont même pas donnés la peine d’informer ses alliés avant d’interdire les vols en provenance de l’Union européenne…

De son côté, essayant de redorer son image internationale, la Chine est actuellement le seul pays à envoyer en masse des masques et des équipes médicales aux Etats qui en font la demande… Au point qu’on parle aujourd’hui dans les médias de « la diplomatie du masque ». Drôle de retournement alors que l’Empire du milieu était l’objet, il y a encore quelques semaines, de nombreuses critiques après avoir tardé à révéler au monde entier l’ampleur de l’épidémie  à Wuhan.

Principale porte d’entrée de la France en Chine

Cela a été peu dit, mais Wuhan est devenue depuis la fin des années 1970 la principale porte d’entrée de la France en Chine. À l’époque, c’est Deng Xiaoping qui suggéra à son homologue Valéry Giscard d’Estaing de concentrer les entreprises françaises dans cette conurbation. Depuis, de nombreux groupes français y ont installé des usines, notamment Renault, PSA, mais aussi Alstom, l’Oréal ou Total. Avant le confinement, Air France assurait des liaisons régulières entre cette ville chinoise de 10 millions d’habitants et Paris. Que l’épidémie ait éclaté à Wuhan aurait dû davantage alerter les pouvoirs publics quant à sa potentielle propagation en France.

Justement, en raison de leur impréparation, les Etats-Unis et l’Europe semblent incapables de gérer la crise de façon moderne, à la sud-coréenne, en recourant massivement aux tests, aux masques et aux nouvelles technologies. Résultat, faute d’alternative, le confinement « à la chinoise » s’impose un peu partout, de l’Italie à la Californie. De fait, l’Asie dans son ensemble – on pourrait aussi évoquer le Japon – donne au reste du monde une leçon magistrale de stratégie et de moyens. Cette Asie qui avait connu le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003, puis la grippe H1N1 en 2009.

L’enjeu des infrastructures

Et si la Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l’Asie ? Cette crise mondiale survient à un moment charnière. Depuis une dizaine d’années, la Chine affirme de plus en plus ses prétentions géopolitiques. C’est la raison pour laquelle cette hyper-puissance en devenir a orienté la Shanghai Coopération Organisation (SCO) – qui avait été crée  initialement pour discuter des questions de sécurité régionale après la chute de l’URSS –  vers les questions d’infrastructures (avec les fameuses « routes de la Soie »), d’énergie, de recherche et de communication. À travers cette organisation, elle a su fédérer autour d’elle la Russie et plusieurs États eurasiatiques, mais également, depuis 2017, l’Inde et le Pakistan.

C’est également dans cette optique d’affirmation que depuis 2018, la Chine souhaite réduire sa dépendance au Dollar. Dans cette entreprise, la deuxième puissance mondiale réduit à bas bruit son portefeuille de bons du Trésor américain, comme la Russie d’ailleurs. Dans sa guerre contre les Etats-Unis, l’Empire du milieu parie ainsi sur ses réserves considérables en or (la Chine en est le premier producteur mondial), et comme si cela ne suffisait pas, la banque populaire de Chine (PBOC) multiplie depuis début 2019 l’acquisition d’or sur le marché international. Selon l’hebdomadaire britannique MoneyWeek, la Chine pourrait en réalité disposer de 14.000 tonnes d’or – un chiffre non officiel -… contre plus 8.000 pour les Etats-Unis.

En attendant de connaître de cette confrontation économique entre les deux plus grandes puissances, il ne faudrait pas oublier que le « modèle chinois » autoritaire n’est pas le seul et l’unique en Asie. Le Japon démocratique a prouvé lui aussi sa capacité de gestion face à l’épidémie. Les milieux financiers commencent d’ailleurs à le reconnaître. Ce 25 mars, à la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a terminé sur une forte hausse de +8,04%.

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/et-si-la-covid-19-accelerait-le-basculement-du-monde-vers-l-asie-843383.html

Oléo-trio ou la guerre de l’or noir

Oléo-trio ou la guerre de l’or noir

26 Mars 2020

La grande guerre du pétrole engagée début mars commence à sérieusement démoraliser le secteur du schiste américain et les autorités impériales qui, dans un contexte encore compliqué par la pandémie mondiale, tentent de le sauver afin d’éviter une cascade de faillites oléo-financières.

Victoria Coates. Retenez bien ce nom car il n’est pas impossible qu’il revienne sous les feux de l’actualité dans les semaines ou les mois à venir. Collaboratrice de Trump à la Maison Blanche sur les questions moyen-orientales, elle vient d’être nommée Envoyée spéciale à l’énergie en Arabie saoudite, un poste créé sur mesure. Son but : « convaincre » les Saoudiens de fermer les vannes afin de faire remonter les cours du brut qui, en l’état actuel, menacent de ruiner tout un pan de l’industrie pétrolière US.

L’accablement a en effet gagné les esprits fébriles de Washington qui multiplient les tentatives pour stopper l’hémorragie. Nous en donnions un exemple il y a une vingtaine de jours :

L’administration du Donald a tout de suite pris la mesure du danger. Douce coïncidence, le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, s’est précipité pour rencontrer au débotté l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, plaidant pour un « marché énergétique organisé » (décodeur : ne faites pas baisser les prix, vous allez ruiner nos compagnies). Ô ironie, des « possibilités de commercer et d’investir » ont été évoquées. Tiens, les sanctions sont passées de mode à Washington ?

Tout cela semble en tout cas confirmer en creux ce que nous disions : Moscou a décidé de lancer une contre-attaque d’envergure contre l’empire pour toutes les avanies subies ces dernières années (blocage du Nord Stream II, sanctions, Syrie). Et il faudra plus que de vagues promesses pour ramener l’ours à de meilleurs sentiments.

Apparemment, ça n’a justement pas dépassé le stade des promesses car l’ouverture américaine semble être tombée dans l’oreille d’un sourd du côté de Moscou. Aussi, les efforts se sont, depuis, tournés vers le royaume des Seoud comme nous le rapportions la semaine dernière :

L’or noir n’en finit pas de dégringoler et le schiste américain est au bord du gouffre ou, comme le dit poétiquement un analyste de Forbes, « se noie dans le sang et les larmes ». des coupes claires dans les investissements et les budgets ont déjà commencé et ce n’est que le début…

Les critiques de l’establishment oléo-impérial pleuvent depuis quelques jours mais, chose, intéressante, elles ne s’adressent pas à la Russie, pourtant au départ du mouvement ; c’est l’Arabie saoudite qui est dans le viseur. Treize sénateurs Républicains ont même pris leur plume pour écrire au Seoud, lui demandant de revenir sur sa décision. A lire entre les lignes, on se demande même s’il n’y aurait pas un soupçon de menace :«

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/72681-agnes-buzyn-declare-avoir-quitte-ministere-sachant-elections-auraient-pas-lieu-coronavirus
«

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/72681-agnes-buzyn-declare-avoir-quitte-ministere-sachant-elections-auraient-pas-lieu-coronavirus
«

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/72681-agnes-buzyn-declare-avoir-quitte-ministere-sachant-elections-auraient-pas-lieu-coronavirus

« Les leaders saoudiens nous ont répété à plusieurs reprises que le royaume d’Arabie saoudite était une force de stabilité sur le marché mondial. Les récentes décisions saoudiennes ont remis en cause ce rôle. Nous exhortons le royaume à assurer un leadership constructif pour stabiliser l’économie mondiale en apaisant l’inquiétude dans le secteur pétrolier et gazier. »

Doublant la mise, Washington envoie maintenant dame Victoria à Riyad (dont la prise de fonction sera cependant retardée par le coronavirus) tandis que Pompeo commence ses séances de persuasion vis-à-vis de MBS. Menaces de l’aigle au chameau ou, au contraire, entente entre les deux contre l’ours : on ne le sait pas encore. Une chose semble certaine et nous l’avons dit à plusieurs reprises : il est vraisemblable que Riyad flanchera avant Moscou.

D’autant plus que, pied de nez des lois de l’économie, la Russie engrange paradoxalement certains bénéfices grâce à la chute des cours du naphte qui compensent en partie ses pertes par ailleurs. Ce tour de magie se résume en un mot : le rouble.

La monnaie russe est en effet soumise au régime de changes flottants sur les marchés financiers et suit de très près le prix du pétrole. Logiquement, la récente dégringolade du pétrole s’est accompagnée d’une dégringolade du rouble :

Or, les coûts de production des compagnies russes sont en roubles. Un rouble qui chute, ce sont donc des coûts de production qui chutent aussi si on les établit en dollars. Le géant Rosneft dépense 199 roubles pour chaque baril extrait. Début mars, avant le tsunami, cela équivalait à 3,10 $. Ca ne représente plus maintenant que 2,50 $ ! Les marges sont plus importantes et compensent partiellement la chute des cours.

Rien de tel en Arabie saoudite où le taux de change du rial est fixe et lié au billet vert. Le coût d’extraction (2,80 $ en l’occurrence) reste donc le même quel que soit l’évolution du cours de l’or noir. Aramco, qui se targuait d’avoir les coûts les plus faibles du monde, vient de se faire damer le pion par Rosneft. Dans cette lutte de titans pétroliers, c’est une victoire symbolique pour Moscou…Tag(s) : #Pétrole#Etats-Unis#Russie#Moyen-Orient#Economie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/03/oleo-trio-ou-la-guerre-de-l-or-noir.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

A la recherche du Porteur Zéro du COVID-19: la piste militaire US

samedi, mars 28, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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A la recherche du Porteur Zéro du COVID-19: la piste militaire US

Des informations non confirmées évoquent pour la première fois le porteur zéro de la pandémie COVID-19 causé par le coronavirus SRAS-nCoV-2.

Selon des sources proches du renseignement militaire chinois , il s’agirait d’une américaine travaillant pour le renseignement et d’un officier militaire US travaillant actuellement dans l’US Space Force, ou Forces spatiales des Etats-Unis, la nouvelle et sixième branche des forces armées américaines, créée le 20 décembre 2019 et dont le quartier général est provisoirement situé sur la base militaire aérienne de Peterson (Peterson Air force Base).

Concernant le premier suspect, c’est une femme d’origine hollandaise, née en 1969, et serait selon les mêmes sources, le patient Zéro du SRAS-nCoV-2 apparu à Wuhan entre le 18 et le 28 octobre 2019. Elle aurait guéri et fait l’objet d’une protection fédérale. La plupart de ses profils sur le Net ainsi que ses traces électroniques sont soit supprimés, soit restreints. Toute référence à cette personne comme étant le premier vecteur du COVID-19 apparu dans un marché de la ville de Wuhan est systématiquement censurée sur les réseaux sociaux. Mais qui est réellement Maati Benassi et quel est le niveau de crédibilité des informations circulant à son sujet?

De prime abord, cette cycliste chevronnée et confirmée, travaillerait dans un service de soutien (technique) relevant d’une des pléthoriques agences de la grande communauté du renseignement US. Elle aurait travaillé comme conductrice pour le personnel diplomatique et de ce fait ne pouvait être éligible à une quelconque couverture diplomatique. Elle a été détachée à différentes reprises auprès des branches des forces armées US mais on arrive pas à déterminer avec certitude comment a t-elle pu intégrer la délégation militaire US qui a participé aux Jeux militaires mondiaux de Wuhan en octobre 2019.

La 7éme édition des jeux militaires internationaux de Wuhan, connus sous l’acronyme CISM ou Wuhan 2019 se sont déroulé du 18 au 27 octobre 2019 à Wuhan, dans le Hebei, République populaire de Chine.

Ces jeux ont réuni 9 308 athlètes de 140 pays. La délégation militaire sportive US comptait plus de 280 athlètes et un staff assez nombreux. Les jeux se sont déroulés dans de bonnes conditions mais des dizaines d’incidents furent signalés entre les équipes et plus spécialement entre des participants américains et chinois. En une occasion des militaires US auraient craché à l’intérieur d’un moyen de transport urbain au milieu d’un incident et en une autre occasion une bagarre avait failli éclater entre des américains et des participants de deux autres pays classés sur la liste noire du Département d’Etat US.

Cette thèse précise que des participants US à la 7ème édition, incluant Maati Benassi et un autre militaire relevant de l’US Army seraient les premières personnes à avoir propagé de manière non délibérée le SRAS-nCoV-2 à Wuhan. le patient zéro chinois est une vendeuse de crevettes au marché de Wuhan qui a été identifié par la Sécurité d’Etat chinoise. Elle est morte des suites du COVID-19. C’est cette version qui a servi de base argumentaire à l’accusation portée publiquement par par un haut fonctionnaire du Ministère chinois des Affaires étrangères à l’encontre des Etats-Unis.

Le second suspect serait un commandant qui aurait intégré après les jeux de Wuhan la Force spatiale des Etats-Unis, ou l’US Space Force. On ne dispose d’aucune information à son sujet ni s’il serait encore en vie. Certaines thèses supputent sans apporter la moindre preuve que cet officier aurait été contaminé accidentellement soit lors d’un incident ou dans une opération de transport de matériel biologique hasardeux issu d’un laboratoire de recherche sur les armes biologiques destinées à l’Afghanistan. On est ici dans le domaine du conspirationnisme et aucun fait n’étaye ces affirmations. Ce qui est certain est que l’Afghanistan est une terre d’essais traditionnelle de vecteurs biologiques visant à affaiblir ses populations par des virus saisonniers modifiées à létalité réduite mais fortement handicapante. Les forces US ont déjà disséminé de nouvelles souches virales responsable de la rougeole et les Talibans ont toujours accusé Washington de leur faire subir une guerre biologique. Cela expliquait pourquoi les équipes de vaccination contre la Polio, parfois protégées par des convois blindés et aéroportés, étaient et sont toujours des cibles prioritaires de la guérilla Talibane.

Il existe une suite à cette thèse impliquant un usage du gaz Sarin pour brouiller les pistes ou pour continuer une stratégie par de nouveaux moyens. L’existence de ces thèses expliquent pourquoi les médias occidentaux mènent une campagne battante contre la Chine même au plus fort de la crise générée par le COVID-19 sur son territoire.

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