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Les Quads préparent un contre-projet à la route de la soie

Les Quads préparent un contre-projet à la route de la soie

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Les États-Unis ont reformé le Quadrilateral Security Dialogue (QSD), dit les « Quads », un groupe anti-chinois composé avec le Japon, l’Australie et l’Inde de 2007 à 2010. C’est Canberra qui, après un changement de gouvernement, avait fait échouer cette stratégie.

L’administration Trump prépare un contre-projet à l’initiative chinoise de création de nouvelles voies de communication sur le modèle de l’antique route de la soie.

En 2009, le Parti communiste chinois avait choisi le général Xi Jinping pour élaborer un système de communication marchand couvrant l’ensemble de la planète. Devenu président, Xi révéla progressivement ce projet passant par près de 70 pays pour un coût de 124 milliards de dollars.

Les Quads se sont réunis en novembre 2017, en marge du sommet de l’ASEAN. Les grandes lignes de leur contre-projet seront discutées à la Maison-Blanche, le 23 février 2018, par le Premier ministre australien Malcolm Turnboll et le président Donald Trump.

En décembre, le gouvernement australien avait publié son 2017 Foreign Policy White Paper dans lequel il préconisait d’engager les États-Unis contre la Chine.

Le 15 février 2018, l’amiral Kurt Tidd, patron du SouthCom, avait violemment dénoncé le risque que la route de la soie faisait courir à l’influence des États-Unis.

http://www.voltairenet.org/article199776.html

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Le complot machiavélique pour impliquer l’Arabie saoudite et le Qatar dans une guerre de « frontières de sang »

Le complot machiavélique pour impliquer l’Arabie saoudite et le Qatar dans une guerre de « frontières de sang »


Par Andrew Korybko – Le 7 juin 2017 – Source 21st Century Wire

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Des experts du monde entier essaient de comprendre ce qui alimente vraiment la guerre froide entre le Qatar et l’Arabie saoudite, mais la réponse est simple : les États-Unis. Comme Washington est toujours encline à le faire, elle joue magistralement du « diviser pour mieux régner » au Moyen-Orient, faisant la même chose à ses alliés des pays du Golfe qu’à ses alliés maghrébins lors des révolutions de couleur du printemps arabe. Cette fois, les acteurs en conflit s’opposant les uns aux autres, le sont au niveau des États, par opposition au scénario intra-étatique entre les gouvernements et certains de leurs citoyens.

L’objectif à long terme derrière tout cela est d’inaugurer le plan des « Frontières de sang » publié en 2006, de Ralph Peters pour un « Nouveau Moyen-Orient » dans lequel le Golfe subit une réingénierie géopolitique comme avec le « Syraq » la Turquie et les Balkans. Il est prévu de faire aussi bien. Dans l’ensemble, la fracture de la région en une myriade de mini états internationalement reconnus de facto devrait faciliter la prolongation de l’hégémonie américaine dans le vaste espace interconnecté que le défunt Brzezinski a décrit comme « les Balkans eurasiens » tout en créant simultanément des complications pour l’accès de ses rivaux russes et surtout chinois à cet espace pivot géostratégique au cœur de l’Afro-Eurasie.

C’est beaucoup à digérer tout à la fois. Décomposons donc le tout, morceau par morceau, pour que ce soit plus facile à comprendre.

« Le petit Machiavel »

Tout d’abord, la guerre froide entre le Qatar et l’Arabie saoudite a été déclenchée par le fonctionnement espiègle de ce que l’armée américaine a appelé la « petite Sparte » les Émirats arabes unis, qu’on peut qualifier aujourd’hui de « petit Machiavel ». Le compte Hotmail de l’ambassadeur des Émirats aux États-Unis a récemment été compromis et révèle que M. Yousef al-Otaiba a fait des heures supplémentaires pour détruire la réputation du Qatar aux yeux des décideurs américains influents.

Abou Dhabi est en concurrence acharnée avec Doha depuis le début du siècle, alors que les deux États du Golfe ultra-riches se font concurrence pour attirer le plus grand nombre d’investissements étrangers et devenir les destinations « à ne pas manquer » du Moyen-Orient. En outre, les deux pays sont également engagés dans une guerre par procuration en Libye, où les EAU soutiennent le gouvernement de Tobrouk du général Haftar alors que le Qatar est derrière les factions des Frères musulmans à Tripoli.

Le parrainage des Frères musulmans par Doha − qui est désigné comme une organisation terroriste par les membres du CCG, les EAU et l’Arabie saoudite, l’allié égyptien, la Syrie et la Russie incidemment − a longtemps été le fléau de la méfiance régionale au « Conseil des rois » mené par  Riyad. Les tensions intra-organisationnelles ont atteint un point d’ébullition tout au long de 2014 mais ont finalement été résolues avant la fin de l’année. Pendant ce temps, Doha a promis de réduire radicalement son soutien aux Frères musulmans, mais apparemment, elle n’a jamais tenu sa promesse. Malgré tout, aucun des membres du CCG ne semblait trop s’en préoccuper jusqu’à il y a quelques semaines à peine, ce qui signifie que quelque chose d’autre a dû déclencher cette grande crise du Golfe.

Si on accepte que les fuites touchant les dirigeants des EAU sont vraies et que son ambassadeur aux États-Unis fait en effet tout ce qu’il peut pour salir le Qatar, alors il est très probable que, le mois dernier, Abu Dhabi a conçu un plan pour « tuer beaucoup d’oiseaux avec une seule pierre ». L’émirat a négocié un accord de paix de facto entre les deux principales parties de la guerre civile en Libye au début du mois de mai, ce qui a essentiellement annulé les chances du Qatar de prendre le pouvoir par procuration.

Cet accord fragile a été presque saboté peu de temps après par les troupes de « voyous » du gouvernement soutenu par l’ONU qui ont ouvert le feu sur les forces de Haftar sur une base aérienne dans le sud de la Libye en tuant 141 d’entre eux. Près d’une semaine plus tard, des terroristes libyens ont massacré 29 chrétiens coptes en Égypte et incité le Caire à prendre des mesures décisives en ordonnant des frappes aériennes contre leurs camps de l’autre côté de la frontière. Pris ensemble, et considérant que le Qatar est clairement du côté des perdants de la guerre civile libyenne de nos jours, les EAU ont peut-être trouvé commode de rejeter la faute des attaques terroristes en Libye et en Égypte sur le Qatar. Le moment n’aurait pas pu être mieux choisi.

Trump Riyadh
Trump à Riyad

Le facteur Trump

Le président américain Trump a visité Riyad à l’époque entre les deux attaques et a exhorté les 50 dirigeants musulmans à « chasser » les terroristes dans leurs rangs. Apparemment, l’Émir Qatari al-Thani avait déjà prononcé un discours qui n’a pas reçu de publicité sur le moment, où il avait dénoncé le programme anti-iranien de plus en plus évident de « l’OTAN arabe » mais il aurait été tenu secret pour éviter de détruire le mythe de l’unité des pays du Golfe.

Néanmoins, le simple fait que le dirigeant qatari ose parler de manière non agressive de l’Iran devant le président américain définitivement iranophobe tout en étant accueilli partout en Arabie Saoudite, fait de lui l’homme que « l’OTAN arabe » a décidé de blâmer pour le terrorisme wahhabite dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite aurait probablement inventé un « prétexte » si le Qatar n’avait pas lui-même donné le bâton pour se faire battre, une semaine plus tard quand un de ses radiodiffuseurs publics a rapporté les paroles de l’Émir Thani dans ce que les Saoudiens ont dû interpréter comme leur plus grande humiliation dans l’histoire récente.

Bien que le Qatar se soit rapidement rétracté et ait prétendu avoir été victime de « piratage » l’Arabie saoudite et ses alliés n’y ont évidemment pas cru parce qu’ils avaient entendu le chef du pays faire ces mêmes déclarations sur l’Iran et « l’OTAN arabe » que le Qatar revendique maintenant comme fabriquées.

Cela a donné à Riyad la couverture publique pour aller de l’avant avec ses plans  pour faire de Doha le « bad guy » de tous les problèmes du Moyen-Orient, probablement en raison des conseils murmurés par les EUA au roi Salman et à son adjoint, le ministre de la Défense et prince Mohammed Bin Salman, obsédés qu’ils sont à saper leur rival qatari à chaque fois que c’est possible.

Les EAU avaient déjà une dent contre le Qatar à cause de la situation en Libye et en l’Égypte. Il est bien connu qu’ils étaient très fâchés  que le pays péninsulaire (Qatar) ait soutenu l’ancien président des Frères musulmans, Mohamed Morsi, et les Saoudiens ne pardonneront jamais à l’Émir Thani d’avoir parlé de cette façon de l’Iran tout en étant l’hôte du Royaume.

Du point de vue des EAU, toutes les bonnes pièces étaient en jeu pour que l’Arabie saoudite rassemble le GCC et tous ses alliés contre le Qatar, et Abu Dhabi – en « petit Machiavel » qu’il est – s’est assuré que Riyad passerait les ordres en faisant appel au jeune ministre saoudien de la Défense.

Mohammed Bin Salman est largement considéré comme le « cerveau » derrière la guerre désastreuse contre le Yémen qui a tellement affaibli les finances et le prestige de son royaume, et il cherche désespérément une « victoire rapide » qui pourrait aider à redorer la perception soigneusement élaborée de la communauté sunnite sur l’hégémonie saoudienne au Moyen-Orient. Il ne serait pas surprenant de découvrir que l’ambassadeur des EAU aux États-Unis ou l’un de ses alliés émiratis dans l’« État profond » ait convaincu le ministre de la Défense qu’une « campagne rapide » contre le Qatar pourrait non seulement atteindre ce but, mais aussi aider remodeler le récit historique sur le Moyen-Orient en accusant le Qatar de tous les malheurs saoudiens.

En outre, le calendrier des événements est tel que Trump, égocentrique comme il est, pouvait également en prendre crédit lui aussi, comme il était plus que désireux de le faire sur Twitter plus tôt cette semaine.

Cible : Iran

Tout compte fait, le « Petit Machiavel » a pondu un type de plan qui aurait rendu fier de lui sa référence médiévale. Les Émirats arabes unis ont réussi à prendre le leadership (et donc le blâme si quelque chose devait mal tourner) régional et confessionnel de l’Arabie saoudite en rassemblant certains des pays de « l’OTAN arabe » contre le Qatar afin de le blâmer pour les années de terrorisme wahhabite au Moyen-Orient, au porte même du Royaume, manifestement dans le but de lancer un jeu pour que le royaume transforme Thani en marionnette, ou le renverse carrément en provoquant une Révolution de couleur, une guerre hybride et/ou un coup d’État royal contre lui.

Les jours où un Qatar riche en GNL fourrait son nez dans les affaires des autres pays du CCG et devenait le pionnier d’une politique étrangère quelque peu indépendante en protégeant les Frères musulmans si détestés et en interagissant pragmatiquement avec l’Iran, ennemi juré saoudien, pouvait devenir une histoire tenant debout. Cette « victoire rapide » pourrait également détourner l’attention de la guerre désastreuse au Yémen. C’était une occasion trop tentante pour que le roi Salman et son ministre de la Défense la refusent.

Cela dit, il existe certainement des risques inhérents à la promulgation d’un embargo de facto contre le Qatar et son isolement pour des motifs biaisés, son rapprochement avec l’Iran. Il semble plus qu’évident que cela deviendra une prophétie auto-réalisatrice et conduira Doha dans les bras de Téhéran.

La République islamique a déjà offert une aide humanitaire à l’émirat péninsulaire sous la forme de vivres et a déclaré qu’elle pourrait utiliser son espace aérien pour contourner l’embargo du CCG, ce qui est clairement inacceptable pour l’Arabie saoudite.

Quelques jours plus tard, Daech a perpétré une série d’attentats terroristes sans précédent contre le Parlement iranien et le mausolée de l’ayatollah Khomeiny, que les gardiens de la Révolution islamique ont imputés à leur rival saoudien qui avait promis le mois précédent d’exporter la guerre par proxy sur le paillasson de la maison iranienne.

Évidemment, Riyad voulait empêcher un Partenariat stratégique Qatar/Iran de se former et de se regrouper potentiellement autour d’une « OPEP du gaz » mais le royaume a peut-être involontairement accéléré ce fait accompli car l’Émir Thani a gardé le pouvoir et n’a pas fait marche arrière.

Doha
Doha, Qatar

La fausse piste russe

Tout cet épisode a été interrompu de manière intéressante par les déclarations ridicules des États-Unis selon lesquelles le piratage russe était à l’origine de la reprise de la guerre froide entre le Qatar et l’Arabie saoudite. Il est risible que l’establishment « profond » américain (l’armée, le renseignement et les bureaucraties diplomatiques permanentes) éprouve le besoin d’essayer de relier obsessionnellement tout ce qui « tourne mal » dans le monde avec la Russie, mais il pourrait y avoir quelque chose de plus cette fois-ci.

L’auteur a expliqué dans son dernier article de recherche sur « La diplomatie énergétique de la Russie au Moyen-Orient : Boom ou Fiasco ? » que la Russie a récemment – et à la surprise de tous, sauf des plus avisés – cultivé des relations très positives avec ses anciens rivaux saoudiens et qataris, avec lesquels elle est habituellement en concurrence sur leurs marchés pétroliers et gaziers respectifs, mais aussi en Syrie. Les choses pourraient toutefois changer, puisque l’auteur prévoyait que la Russie serait en mesure de servir de médiateur entre l’Arabie saoudite et le Qatar et l’Iran et l’Arabie saoudite tant qu’elle continuerait à entretenir de bonnes relations avec tous.

En fait, à propos de la première paire de rivaux, le président Poutine a même appelé l’Émir Thani plus tôt cette semaine et le président russe lui-même a été exhorté par le président turc Erdogan un jour auparavant sur ce même sujet. Clairement, la Russie était – et est toujours – sur la bonne voie pour se positionner en tant qu’arbitre neutre final dans cette affaire, vu que ce n’est pas un pays à majorité musulmane comme les médiateurs potentiels que sont la Turquie ou le Koweït. Ils n’ont pas non plus d’intérêt à prendre parti entre les deux pays exportateurs du wahhabisme.

De plus, étant donné que les Saoudiens n’ont probablement pas planifié leur attaque terroriste à Téhéran du jour au lendemain et y ont probablement mis au point une planification impliquant un certain degré de complicité américaine, les États-Unis auraient pu prévoir que la Russie serait le seul pays avoir une chance réelle d’empêcher le prochain pic de tensions sectaires entre les deux pays antagonistes et que ces tensions débouchent sur une guerre chaude.

En conséquence, les États-Unis ont tenté d’attribuer à la Russie la responsabilité de la guerre froide qatari-saoudienne – et, par extension, l’attaque terroriste préventive supportée par l’Arabie Saoudite en Iran – en donnant intelligemment au Qatar un moyen de sauver la face de ce gâchis si et seulement si l’Émir Thani mordait à l’appât et blâmait les hackers russes pour ce « malentendu ».

Le leader du Golfe semble toutefois beaucoup plus sage que ce que les Américains pensent de lui, sachant qu’il joue effectivement un jeu de dupes avec l’Arabie saoudite et qu’il sera destitué ou rendra son pays stratégiquement impuissant s’il recule et capitule face à la pression inébranlable du Royaume.

L’Arabie saoudite ne semble pas non plus trop désireuse de faire avancer cette médiocre théorie de la conspiration pour faire accuser la Russie, d’autant plus que le Qatar n’a pas fait le premier pas dans cette direction. L’un ou l’autre acteur pourrait changer de position sur cette question au fil du temps, ou ce mouvement américain désespéré pourrait bientôt disparaître et être oublié si aucun d’entre eux ne lui accorde beaucoup d’attention.

Si la trajectoire actuelle sur cette sous-tangente se poursuit, la Russie pourrait éventuellement jouer un rôle très important dans la prévention d’un conflit plus important, comme il y a près de 4 ans, lors de l’attaque chimique américaine sous faux drapeaux dans la Ghouta qui a eu pour conséquence de relancer la guerre.

L’Arabie Saoudite comme la « prochaine Syrie »

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Saudi vs Qatar. Photo: FarsNews

La Russie est bien consciente du projet des États-Unis de « balkaniser » les « Balkans eurasiens » et elle sait que cela serait désastreux pour l’émergence de l’ordre mondial multipolaire. D’une part, Moscou est incapable d’arrêter complètement certaines des forces centrifuges que Washington a déjà mises en place et refuse l’engagement militaire nécessaire pour les retarder, ce qui explique par exemple pourquoi elle encourage la « décentralisation » kurde dans le projet de Constitution écrit par la Russie pour la Syrie comme un compromis à la tentative unilatérale de « fédéralisation » promue par ce groupe pro-américain.

D’un autre côté, cependant, cela ne signifie évidemment pas que la Russie soit indifférente à ce processus de fragmentation en général. Comme cela se rapporte à la guerre froide en cours entre qatari et saoudiens et à l’utilisation par le royaume wahhabite des terroristes de Daesh contre la République islamique, Moscou croit que c’est le catalyseur externe provoqué par les États-Unis pour lancer des processus irréversibles mais potentiellement durables de dissolution des États dans cette partie du Moyen-Orient, tout comme ce qui s’est passé en Afrique du Nord et en « Syraq » ces six dernières années. En gardant à l’esprit que les deux États les plus influents du Moyen-Orient sont directement impliqués cette fois, les conséquences géopolitiques pourraient briser l’équilibre du pouvoir en Eurasie.

L’auteur explique les vulnérabilités structurelles de la Guerre hybride dans son article de l’été 2016 sur « Le plan américano-saoudien pour un retrait iranien de la Syrie » qui se concentre sur la manière dont Daech, les Baloutches, les Kurdes, les Arabes et les Azéris pourraient tous être agités aux frontières comme des outils pour miner l’État et induire des concessions désirées par ses dirigeants, de sorte que le lecteur devrait revoir cette analyse s’il n’est pas familier avec ces concepts.

Quant à l’Arabie saoudite, sa direction sectaire a provoqué de graves troubles chiites dans la province de l’Est, riche en pétrole, après avoir opéré une oppression commanditée par l’État contre ses minorités confessionnelles. Un scénario similaire se déploie lentement même s’il n’est pas encore imminent dans la partie sud-ouest du royaume, le long de la frontière yéménite dans les régions à majorité chiite qui faisaient partie de son voisin avant les accords de Taëf de 1934 qui ont mis fin à la guerre yéméno-saoudienne. Ce n’est donc pas sans raison que le groupe de libération nationale majoritaire chiite houthi cible régulièrement les positions militaires saoudiennes dans cette partie du pays. Enfin, la dernière vulnérabilité structurelle majeure en Arabie saoudite concerne les divisions royalistes autour du prince héritier et éminence grise, Mohammed Bin Salman.

Le ministre de la Défense et aspirant roi est doublement détesté par certains dans la monarchie pour les blessures financières et de réputation auto-infligées à son pays provoquées par sa décision de lancer la guerre contre le Yémen, et aussi pour sa « réforme » interne (dans un sens relatif) de la Vision 2030 qui aspire à moderniser l’économie pour en faire un secteur réel et l’éloigner de sa dépendance vis-à-vis de l’exportation de pétrole.

Si le projet qu’il porte est réalisé dans toute son étendue, alors il pourrait initier des changements socioculturels fragmentaires qui vont de manière provocatrice aller à l’encontre des enseignements wahhabites intransigeants de la classe cléricale influente du Royaume. Beaucoup d’observateurs étaient trop occupés (à juste titre) à parler des nombreuses folies de politique étrangère de l’Arabie Saoudite pour remarquer la chose qu’elle a « bien fait » de renforcer ses relations avec la Chine au niveau d’un partenariat stratégique de facto pendant la visite du roi Salman en République populaire de Chine plus tôt ce printemps.

L’auteur a écrit sur la signification de cet événement et la raison pour laquelle la Chine a signé plus de 65 milliards de dollars de contrats avec le royaume wahhabite dans son article intitulé « Pourquoi la Chine choisit-elle de s’associer avec Israël et l’Arabie Saoudite ? ». L’idée se résume au fait que « La Chine chasse les marchés au Moyen-Orient ».

Ce que cet article, cité par l’auteur, signifie, c’est que la vision globale de la Nouvelle Route de la Soie de la Chine prévoit que le CCG jouera un rôle central dans le paradigme de Pékin en construisant des usines et des chemins de fer dans la région. En échange, les Royaumes investiront une partie de leur matelas financier en République populaire de Chine pour un résultat final gagnant-gagnant. En fait, le jumelage réussi de Vision 2030 de Mohammed Bin Salman avec l’OBOR en Chine pourrait conduire à modérer la politique étrangère régionale sectaire de l’Arabie saoudite si l’influence des clercs s’en trouve diluée, ce qui pourrait sérieusement augmenter les perspectives de voir émerger un Moyen-Orient multipolaire.

L’auteur a écrit à ce sujet et a même cartographié les nombreux corridors de la Route de la Soie qui pourraient découler de cette nouvelle dynamique régionale dans son article intitulé « L’Eurasianisme : à quoi ressemblerait un meilleur Moyen-Orient » publié l’automne dernier. Pour que le lecteur puisse avoir une idée claire de la raison pour laquelle la Russie s’oppose si fortement au plan des « Frontières de Sang » des États-Unis dans le « Grand Moyen-Orient » et estime que même ces monarchies du Golfe si turbulentes méritent d’être sauvées, il faut garder en tête la « vue d’ensemble » et la promotion de la multipolarité sur tout le supercontinent.

Tout cela pourrait toutefois être compromis si le Qatar et l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Arabie Saoudite entrent dans une lutte existentielle par procuration à l’intérieur des frontières de leur rival et font du Royaume wahhabite – entre autres – la « prochaine Syrie ».

Réflexions finales

Les États-Unis ont l’intention de déstabiliser l’Afro-Eurasie afin de contrôler plus facilement l’hémisphère oriental par procuration, d’où l’utilisation combinée de la guerre hybride et de leur stratégie régionale de « diriger dans l’ombre » des laquais locaux pour y arriver.

Bien que toutes les parties impliquées dans l’actuelle crise du Golfe puissent connaître des bénéfices intéressants avec le multilatéralisme − si elles peuvent se contenir assez longtemps pour récolter des dividendes tangibles des projets OBOR chinois − la réalité est malheureusement que les dynamiques régionales et l’histoire de la méfiance entre plusieurs de ces parties permettent aux États-Unis de toutes les manipuler plus facilement dans un conflit asymétrique hobbesien, les unes contre les autres.

Les EAU, également connus sous le nom de « Petit Machiavel » jouent un rôle clé en attisant les flammes du conflit par leur intrigue magistrale car ils envisagent de recevoir la bénédiction des États-Unis pour devenir la force de consolidation post-fragmentation dans cette partie des Balkans eurasiens en raison de sa nature unique en étant une collection d’émirats séparés. Du point de vue américain, les EAU pourraient devenir un centre de gravité après le redécoupage du Moyen-Orient selon les « Frontières de sang » (probablement ajustées par rapport aux frontières que Ralph Peters avait à l’esprit il y a 11 ans en raison du changement de circonstances dans certaines régions). Ils pourraient exercer une influence centripète en amalgamant certains des émirats post-saoudiens laissés à la suite de l’effondrement du Royaume. Dans cet esprit, les plans des Émirats arabes unis semblent particulièrement cyniques, car ils consistent essentiellement à faire tomber les Saoudiens afin de les remplacer dans leur rôle régional lorsque la poussière retombera.

Cependant, la Russie et la Chine sont bien conscientes de ce qui se passe, car elles se sont réveillées il y a quelques années sous les assauts coordonnés des États-Unis contre chacune d’elles en Ukraine et en mer de Chine méridionale en réalisant que leur principal adversaire géopolitique dans cette guerre hybride essayait de saboter leurs projets de connectivité concurrentiels au XXIe siècle dans une tentative désespérée de prolonger indéfiniment le « moment unipolaire » qui s’estompe.

Pour cette raison, les deux grandes puissances eurasiatiques sont particulièrement préoccupées par les derniers efforts des États-Unis pour manipuler les États du Golfe et l’Iran dans un cycle de déstabilisations qui s’auto-perpétuent pour faire de ce plan des « Frontières de Sang » une réalité. Malheureusement, l’Arabie saoudite est beaucoup trop crédule et facilement poussée dans la direction des grands intérêts stratégiques des États-Unis. Il est donc incertain pour le moment, de savoir si le scénario indiqué peut encore être évité.

Néanmoins, les États-Unis pensent certainement que la Russie a de bonnes chances de stopper leurs plans. C’est pourquoi les USA ont essayé de détruire ses acquis récents dans le Golfe en l’accusant de « pirater » le Qatar et de provoquer toute cette crise. Le fait que ni Doha ni Riyad n’aient mordu à l’appât, ou du moins pas encore, laisse espérer que Moscou pourrait utiliser ses relations positives avec les deux pays et un statut neutre entre eux pour négocier une solution pacifique à la première phase de ce conflit. Puis éventuellement, elle pourrait étendre ses gains pour atténuer les tensions aggravées entre l’Arabie saoudite et l’Iran.

C’est certes une tâche ambitieuse, qui n’a absolument aucune garantie d’atteindre un succès symbolique même le plus modeste, mais c’est encore la responsabilité géopolitique de la Russie et, dans une certaine mesure, de la Chine, l’un des deux moteurs de l’intégration eurasienne, d’au moins faire leurs meilleurs efforts en coulisse pour l’émergence de l’ordre mondial multipolaire avant qu’il ne soit trop tard.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Note du Saker Francophone

Ce texte nous avait échappé en juin dernier mais il garde toute sa saveur même si le conflit Qatar/Arabie saoudite semble gelé pour le moment.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-complot-machiavelique-pour-impliquer-larabie-saoudite-et-le-qatar-dans-une-guerre-de-frontieres-de-sang

 

Syrieleaks : Un câble diplomatique dévoile la “stratégie occidentale”, par Richard Labévière

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

Conférence sur la sécurité – Munich, 17 février.

Dans un anglais quelque peu familier mais précis, Benjamin Norman – diplomate en charge du dossier Proche et Moyen Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington – rend compte dans un Télégramme diplomatique confidentiel (TD)1 du 12 janvier 2018 de la première réunion du « Petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie), qui s’est tenue à Washington le 11 janvier 2018.

Dans ce TD de cinq pages, il dévoile le détail de la « stratégie occidentale » en Syrie : partition du pays, sabotage de Sotchi, cadrage de la Turquie et instructions adressées au représentant spécial de l’ONU Staffan de Mistura qui dirige les négociations de Genève. Un Non Paper (de 8 pages) accompagne ce TD en prévision de la deuxième réunion du « Petit Groupe ». Celle-ci s’est tenue à Paris le 23 janvier dernier, essentiellement consacrée à l’usage des armes chimiques et aux « consignes » adressées par le « Petit Groupe américain » à Staffan de Mistura.

Assistaient à cette réunion du 11 janvier à Washington Hugh Cleary (chef du Département Proche et Moyen-Orient du Foreign Office) ; Jérôme Bonnafont (directeur ANMO/Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay) ; David Satterfield (Secrétaire d’Etat-adjoint américain chargé du Moyen-Orient) ; le Jordanien Nawaf Tell et le saoudien Jamal al-Aqeel. L’Américain a ouvert la séance en précisant qu’une deuxième réunion aurait lieu à Paris le 23 janvier.

David Satterfield a confirmé que le président Trump avait décidé de maintenir une importante présence militaire américaine en Syrie, malgré la victoire remportée contre l’« Organisation Etat islamique » (Dae’ch) ; le coût de ce maintien étant fixé à quatre milliards de dollars annuels. Il a précisé que cette présence militaire américaine devait prévenir toute résurgence de Dae’ch, mais surtout empêcher les « Iraniens de s’installer durablement et de s’imposer dans la recherche d’une solution politique ». En troisième lieu, il a insisté sur le fait que la première réunion du « Petit Groupe » devait aussi apporter un « appui matériel et politique important à Staffan de Mistura pour « consolider le processus de Genève ». L’ensemble des participants a accueilli très positivement cette mise au point afin de « réaliser des progrès substantiels en Syrie durant l’année 2018 » et de « répondre à la propagande d’une victoire russe ». Ensuite, les participants ont insisté sur le « désir russe d’aboutir à une solution politique » qu’il s’agissait d’utiliser pour rendre « plus opérationnels » les objectifs du « Petit Groupe ».

CONSOLIDER LE PROCESSUS DE GENEVE

Les Etats-Unis ont noté qu’ils ne participeraient plus aux réunions d’Astana, ayant réduit « leur participation à un niveau très bas, pour souligner leur engagement envers Genève » ; en des termes définitifs, il est décidé de « tirer un trait conceptuel sur Astana pour revenir à Genève ». Ils ont ensuite estimé que jusqu’à maintenant « Genève restait un échec, malgré les efforts de Staffan de Mistura ». Ils se sont montrés très prudents quant à l’inclusion du cessez-le-feu dans les discussions de Genève : « la vérité étant que nous n’avons tout simplement pas la capacité d’empêcher le régime de grignoter les poches de l’opposition restantes à Idlib et à l’Est de la Ghouta ».

Le TD fait état de grands progrès « réalisés par l’opposition au cours des derniers mois », en soulignant qu’elle « devra encore faire preuve d’une plus grande souplesse pour s’assurer que le Régime ne quitterait pas Genève (…) alors que les Américains n’apportent aucun soutien à l’hypothèse d’un gouvernement de transition tel que le prévoit la résolution 2254 (du Conseil de sécurité des Nations unies) ». Le texte ajoute qu’il « serait tout de même utile que l’opposition puisse cesser d’agiter cette hypothèse à tout bout de champ… » Il a été aussi convenu que « l’opposition devait faire preuve de plus de flexibilité et arrêter d’agiter l’épouvantail d’un gouvernement de transition », les Américains ajoutant que, sans changer d’objectif final quant à la partition de la Syrie et au départ de Bachar al-Assad, il fallait d’abord « rester en mouvement en procédant à « une manipulation prudente » de l’opposition.

Le représentant français – Jérôme Bonnafont – a posé le problème d’une éventuelle participation de Bachar al-Assad à de futures élections. David Satterfield a répondu que « l’objectif était de créer les conditions et des institutions qui permettraient des élections qu’Assad ne pourrait pas gagner ». Satterfield a ajouté « qu’il n’y avait pas de raison ‘flagrante’ pour empêcher Assad d’être candidat ». Dans ces conditions, il s’agissait surtout de tester les intentions de la Russie, notamment pour qu’elle arrive « à ce que le Régime soit amené à discuter d’une nouvelle Constitution, d’élections libres sous le contrôle des Nations unies et de la création d’un environnement susceptible de favoriser ces deux processus ». Accord sans restriction de tous les membres de la réunion du « Petit Groupe » pour « ne plus se satisfaire des propos mielleux de Lavrov, afin de mettre Moscou sous pression ». Pour Satterfield, il s’agit d’amener les Russes à lâcher Assad, « à travers des réunions du Conseil de sécurité et une large campagne de communication publique », estimant que la ré-élection annoncée de Vladimir Poutine fragilisait positivement la position russe…

SABOTER ET INSTRUMENTALISER SOTCHI

L’une des conclusions de cette première réunion du « Petit Groupe » est parfaitement claire : « revigorer Genève pour que Sotchi devienne hors de propos » ; la France réclamant plus de « transparence sur la position russe ». Mais il s’agit encore de ne pas s’opposer « frontalement » à Sotchi « présentant l’avantage de rassembler une part non négligeable de la société civile syrienne », pour en ramener les « apports les plus positifs à Genève, afin de renouveler et relancer ce format de Genève ».

Les Saoudiens ont mis en garde contre un « risque de fragmentation des différents groupes de l’opposition et demandé de l’aide afin de maintenir la cohésion de celle-ci ». Satterfield a rétorqué que leurs représentants devraient « s’engager davantage dans la recherche d’une solution politique plutôt que de profiter de salaires mirifiques et de longs séjours dans des hôtels agréables ». La France a appuyé cette remarque en insistant sur « la communication ». A cet égard, le TD britannique dresse le commentaire suivant : « malheureusement, la Cinquième République française n’a pas vocation à financer cet effort », les représentants britanniques rappelant « que la communication de l’opposition a été financée en premier lieu par… le Royaume-Uni ».

David Satterfield a, ensuite, expliqué que l’opposition turque aux « Unités de protection du peuple kurde (YPG) » empêchait les Kurdes de participer à Genève. Tout en comprenant la position d’Ankara, il a souligné « qu’on ne pouvait pas ignorer un groupe qui contrôlait le tiers de la Syrie (SIC) et qui avait pris la plus grande part à la lutte contre Dae’ch ». Il a expliqué que « les Américains cherchaient à établir un leadership multi-ethnique au nord-est de la Syrie afin de diluer l’hégémonie de l’ YPG ». Par contre, il s’agissait d’imposer les FDS (Forces démocratiques syriennes, majoritairement kurdes et sous contrôle américain) dans le processus de Genève.

Commentaire de l’auteur du TD : « je comprends que les Etats-Unis vont nommer William (Bill) Roebuck, leur ex-ambassadeur à Bahreïn, comme représentant spécial des FDS. Je vais suivre, mais cela vaut la peine de rappeler – selon les discussions séparées que nous avons eues, par exemple avec Fiona Hill – que les relations entre les Etats-Unis et la Turquie sont déjà mauvaises et ne risquent pas de s’améliorer. Par conséquent, les Américains ne sont pas les mieux placés pour faire – en solo – le gros boulot avec les FDS et Ankara ». L’objectif est clairement défini : « amener Staffan de Mistura à accepter à Genève une structure tripartite incorporant l’opposition, Assad et les FDS ».

Du reste, le secrétaire d’Etat adjoint indique qu’un « Non-Paper – Reviving the Syrian Political Track in Geneva– sera communiqué à Staffan de Mistura avant la réunion du 23 janvier à Paris, « afin de mettre les Russes au pied du mur ». Ce document comporte : « une Feuille de route politique, les éléments d’une réforme constitutionnelle, la structure onusienne de supervision des élections et les directives pour l’établissement d’un environnement pacifié ».

Pour leur part, les Jordaniens ont qualifié la session du « Petit Groupe » de « la réunion publique la plus secrète de tous les temps ». Et l’auteur du TD de conclure : « nous devons, pour le moment, garder un groupe constitué uniquement des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Arabie saoudite et de la Jordanie. Les prochains à être invités devraient être l’Egypte et l’Allemagne (pour qui nous avons plaidé). La Turquie devrait également joindre le groupe, mais la discussion avec elle risque d’être empoisonnée par les Kurdes, ce qui rendra plus difficile la neutralisation d’Astana. Il n’y a donc pas urgence à intégrer ces trois derniers pays ».

COMMENTAIRES BELLICISTES

Les commentaires en conclusion de ce TD sont fort éloquents en ce qui concerne l’avenir de la stratégie occidentale en Syrie. Les trois conclusions essentielles soulignent « une vraie réaffirmation du leadership des Etats-Unis dans les coulisses… ». La deuxième perspective consiste à « maintenir la pression sur la Russie, même si celle-ci ne parvient pas à convaincre Moscou de lâcher le régime comme nous l’espérions ». Sur ce plan, « nous devons continuer – ce que nous faisons déjà – à dénoncer l’horrible situation humanitaire ainsi que la complicité russe dans la campagne de bombardements de cibles civiles ». Enfin, conclut l’auteur du TD, « les Américains m’ont dit combien ils avaient apprécié notre contribution et notre soutien ces derniers mois alors qu’ils étaient en train de finaliser leur stratégie ».

XXX

Voilà qui n’augure pas d’une prochaine sortie de crise en Syrie dans un contexte marquée par quatre évolutions majeures des plus préoccupantes. 1) Les Etats-Unis ont décidé de renforcer et de diversifier leur posture nucléaire. Le Pentagone vient d’annoncer qu’il va développer des armes nucléaires tactiques miniaturisées « pour s’adapter aux nouvelles menaces internationales ». Le président iranien Hassan Rohani a répondu : « comment quelqu’un peut-il parler de paix mondiale et en même temps annoncer qu’il développe de nouvelles armes nucléaires destinées à ses principaux ennemis ? »

2) Les ministres de la Défense de l’OTAN se sont entendus les 14 et 15 février derniers à Bruxelles sur les grandes lignes d’une nouvelle refonte des structures de commandement de l’Alliance Atlantique. Cette « adaptation – la plus grande depuis la fin de la Guerre froide », selon le secrétaire général Jens Stoltenberg, est proposée par les militaires américains. Elle vise à rendre l’Alliance plus efficace en cas de crise de haute intensité. En clair, il s’agit de « mieux dissuader et répondre aux nouvelles menaces venant de certains Etats, au premier rang desquels la Russie ».

3) Aux lendemains de la destruction d’un chasseur israélien dans l’espace aérien syrien et, alors que la police israélienne demande l’inculpation du premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, Tel-Aviv accuse l’Iran de s’implanter en Syrie et menace de multiplier ses opérations militaires. Ce n’est pas la première fois que le premier ministre israélien – qui refuse de démissionner – utilise les regains de tension régionale pour consolider son pouvoir personnel et son alliance avec l’extrême-droite du pays.

4) Enfin, le soutien militaire de Washington aux Kurdes de Syrie continue à provoquer l’Ire d’Ankara. La crise de confiance est consommée et l’axe turco-américain est au bord de la rupture. Deuxième contingent de l’OTAN, l’armée turque a dû accompagner le tournant conservateur et anti-occidental après le putsch raté de juillet 2016. Mission vient d’être donnée à un général aux tendances conservatrices et islamistes de restructurer l’armée turque dégarnie par les purges.

En définitive, le TD britannique reflète parfaitement la stratégie occidentale en Syrie : saboter les efforts de paix de Sotchi, ajouter deux nouvelles guerres à la crise syrienne : celle des Turcs contre les Kurdes et celles des Israéliens contre l’Iran et le Hezbollah libanais. « Les Américains n’ont jamais admis leur défaite militaire en Syrie et ne veulent pas lâcher le morceau et surtout leur objectif stratégique principal », commente un haut diplomate français, « celui d’un démantèlement de la Syrie, du type de celui qui a été conduit en Irak et en Libye. Leur volonté est d’armer les Kurdes pour contrôler les régions pétrolières de l’Est syrien afin de pouvoir peser sur la reconstruction politique et économique du pays ». La paix n’est donc pas pour demain.

Richard Labévière

1 Benjamin Norman/Foreign and Security Policy – Middle East/British Embassy – 3100 Massachusetts Avenue, NW/Washington DC/20008/USA. Phone : 202 588 6547/FTN : 8430 6547. Email : Benjamin.norman@fco.gov.uk

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 19-02-2018

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3 réponses à Syrieleaks : Un câble diplomatique dévoile la “stratégie occidentale”, par Richard Labévière

  1. Christian Gedeon Le 21 février 2018 à 07h11

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    Si tout ce que je lis a effectivement été dit,c’est assez ahurissant. Et ça traduit surtout le desarroi de ce petit groupe,tres informel quand même semble t il. In fine on en revient toujours à la meme tentation de faire éclater les pays ,ce qui est une boîte de Pandore. Et je pense surtout que ce groupe ne pige toujours pas que Poutine se contrefout que la solution soit trouvée à Sotchi ,Astana ou au diable vauvert pour peu que cette solution garantisse l’intégrité de la Syrie et empêche la prise de pouvoir par les islamistes quelle que soit leur forme,car là est son véritable but. Genève? Pourquoi pas? Mais Genève passant sous les fourches caudines du projet global russe. Reste l’épineuse question iranienne,épineuse pour les russes aussi en vérité. Peut être le point qui accordera tout ce petit monde.

  2. Fritz Le 21 février 2018 à 07h19

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    Merci de dévoiler les projets de ces cinq États-voyous – dont la France fait partie, hélas…
    C’est consternant. Lundi, le placide et modéré Sergueï Lavrov a exigé la fermeture d’une base américaine en Syrie, qui permet aux djihadistes de reconstituer leurs forces. Rappelons que la “présence américaine en Syrie” est PARFAITEMENT ILLÉGALE, comme l’étaient l’agression et l’occupation américaine en Irak.

    Et là, il y a en face les Russes et les Iraniens, sans compter des Turcs qui se détachent de l’Empire, et un Netanyahu tenté par la fuite en avant pour échapper à une inculpation.

    Concernant l’OTAN, ce machin-truc qui ne s’est pas dissous contrairement au Kominform et au pacte de Varsovie, et qui a deux guerres à son passif (Serbie et Libye), George Kennan nous avait prévenus il y a vingt ans : son extension vers l’Est serait « une erreur tragique ».
    http://www.nytimes.com/1998/05/02/opinion/foreign-affairs-now-a-word-from-x.html

    Tout est réuni pour que ça dérape, définitivement. Si une Troisième Guerre mondiale éclate, nous autres Occidentaux l’aurons amplement méritée.

  3. caliban Le 21 février 2018 à 07h38

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    Ces gens ne sont pas faits comme nous, ils ne pourraient pas survivre dans l’air putride qu’ils respirent lors de ce genre de réunions. Partant de là, séparer la tête des épaules de ces cyborgs serait-il vraiment répréhensible ?

    Blague à part, merci pour ce document très instructif, qui nous apprend que ces gens ne raisonnent évidemment ni avec les sentiments et ni en tenant compte de l’expérience passée. Bref, raisonnent-ils vraiment ? Ne constituent-ils pas une sorte de fanatiques en col blanc ?

    https://www.les-crises.fr/syrieleaks-un-cable-diplomatique-devoile-la-strategie-occidentale-par-richard-labeviere/

Le désarroi des diplomates et militaires à la MSC 2018

Le désarroi des diplomates et militaires à la MSC 2018

Organisée par des Allemands, la Conférence sur la Sécurité de Munich, s’est transformée en forum mondial des ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Chacun voulait anticiper l’évolution politique du moment, tandis que les organisateurs tentaient de faire avancer la cause de leur réarmement. En définitive, si les positions des uns et des autres ont été clarifiées, la question des nouvelles règles du jeu reste en suspens.

| Damas (Syrie)

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La Conférence sur la Sécurité de Munich est devenue au fil du temps la rencontre internationale la plus importante sur le sujet au monde. Créée dans le contexte de la Guerre froide par un noble ultra-conservateur, héros de la Résistance contre le nazisme, Ewald-Heinrich von Kleist-Schmenzin, elle a toujours eu un côté atlantiste et anti-communiste. Elle n’en reste pas moins un événement allemand et non pas une initiative états-unienne.

Fondée en 1963, elle réunissait alors une soixantaine de personnalités. Henry Kissinger, qui n’était alors qu’un espion et un universitaire, et Helmut Schmidt, alors simple député fédéral, y participèrent. Depuis 2009, sous l’impulsion de son nouveau président, le diplomate Wolfgang Ischinger, la conférence n’est plus un séminaire stratégique germano-US, ni même un forum européen, mais l’événement mondial en matière de Relations internationales et de Défense.

La Conférence 2018

L’édition 2018 rassemblait 682 hautes personnalités, dont une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, une quarantaine de ministres des Affaires étrangères, une autre quarantaine de ministres de la Défense, et presque tous les patrons des services secrets occidentaux, sans compter les directeurs de think tanks et d’ONG humanitaires atlantiques, ou les journalistes bien-pensants  [1]. Depuis trois ans, un sommet des services secrets se tient discrètement en marge de la Conférence.

Le très haut niveau, sans aucun précédent, de cette rencontre s’explique par le désordre international actuel. Chacun a bien vu que le système unipolaire imposé par les États-Unis à partir de 1995 n’est plus. Pour autant, personne ne sait très bien ce qui va suivre.

La presse n’a retenu de cet événement que le show puéril de Benjamin Netanyahu et quelques phrases des uns et des autres. Les vrais enjeux étaient ailleurs.

L’affirmation de la puissance militaire allemande est-elle désormais possible ?

La puissance invitante, c’est-à-dire des Allemands à titre privé et non pas l’État fédéral, entendaient utiliser les participants pour faire avancer ses propres objectifs. Un document distribué à l’entrée, débute par deux articles. Celui de gauche, signé par le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, comprend cette phrase : « Il est ni imprudent, ni anti-américain, d’imaginer une Europe sans les États-Unis » [2]. Celui de droite, rédigé par la juriste Constanze Stelzenmüller, analyse les divergences entre le président Trump et ses principaux conseillers pour conclure par une mise en garde face à leurs développements possibles [3].

Juste avant que Berlin ne soit paralysé par l’absence de majorité parlementaire, le gouvernement fédéral réfléchissait à la possibilité d’investir massivement dans son armée et de prendre le contrôle de l’ensemble des armées européennes, française comprise [4]. Il s’agit d’utiliser l’Union européenne au moment où les États-Unis sont en crise pour affirmer au plan politique la puissance économique allemande. Mais comment se passer de la puissante armée britannique après le Brexit ? Comment gérer la force nucléaire française ? Et quelle marge de manœuvre les États-Unis sont-ils prêts à concéder à l’Allemagne ?

Le Premier ministre britannique, Theresa May, a répondu, en ce qui la concerne, que le Royaume-Uni entendait négocier un Traité de Défense avec l’Union européenne, une fois qu’il l’aurait quittée ; ce qui renvoie l’Allemagne à la vision que Winston Churchill en avait. L’Union européenne doit maintenir la stabilité à l’Ouest du continent, Londres sera toujours pour elle un allié solide, mais c’est le gouvernement de Sa Majesté qui fixera les objectifs communs et certainement ni Berlin, ni Paris.

Le Premier ministre français, Édouard Philippe, a dressé l’éloge de l’Europe de la Défense et affirmé que son pays consacrerait 2% de son PIB aux questions militaires en 2025. Capitalisant sur l’excellente communication du président Emmanuel Macron, il a manifesté son soutien aux ambitions allemandes tout en s’abstenant de répondre à la question concrète de la force de frappe. On n’est donc guère avancé : le tandem Macron-Philippe se réjouit du nouveau mécanisme de concertation européenne en matière d’industrie de Défense (le PESCO), mais n’a signé d’engagements concrets qu’avec Londres.

L’énorme délégation US s’est comportée comme imaginé dans le document préparatoire : Washington attache beaucoup d’importance à ses alliés pour renforcer sa crédibilité. Autant dire que l’affirmation de la puissance militaire allemande ne sera possible que tenue en laisse par le Pentagone.

L’Ukraine et la Crimée

Alors que l’Allemagne a voté les sanctions européennes contre la Russie, les membres de la MSC ne remettent pas en question la réunification de la Crimée à la Russie. Ils ne s’appuient pas sur l’exemple de la réunification allemande, car celle-ci ne s’est pas faite au détriment d’un autre État, mais sur leur propre initiative de reconnaître l’indépendance de la Slovénie, de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine contre la volonté de la Fédération yougoslave (actuelle Serbie) [5]. Ils analysent la crise ukrainienne en termes de tectonique des plaques. Pour eux, les forces qui se sont affrontées là-bas durant une vingtaine d’années ont abouti à ce divorce. Dès lors, la question du Donbass est celle de la délimitation des plaques. La réponse n’est pas la même selon que l’on observe l’Histoire longue ou courte.

Quoi qu’il en soit, la MSC considère les accords de Minsk II comme la seule solution de paix, mais elle ne les comprend pas de la même manière que Moscou, ce texte étant particulièrement imprécis.

Les Allemands ont été surpris par la proposition du président Vladimir Poutine de déployer une force de stabilisation des Nations unies au Donbass. Ils la comprennent comme chargée de faire respecter l’ordre de Kiev et donc, de désarmer la région tandis que le gouvernement ukrainien pourrait, lui, se préparer à un nouvel affrontement. Ce n’est évidemment pas le point de vue russe.

Une dizaine de personnalités ukrainiennes étaient présentes à Munich. Certes, le président Petro Poroschenko et ses alliés comme son ministre des affaires étrangères Pavlo Klimkin (ancien ambassadeur à Berlin) ou le maire de Kiev Vitali Klitschko (ex-champion du monde de boxe poids lourds WBO & WBC, « héros » du Maïdan). Également des leaders économiques comme Natalie Jaresco (une ex-employée du département d’État US, placée par Washington comme ministre des Finances) ou le patron de Naftogaz, Andriy Kobolyev, et les oligarques Viktor Pinchuk et Sherhiy Taruta. Mais ne faisant qu’une confiance très limitée à l’équipe actuellement au pouvoir, la MSC avait également invité Yulia Timoschenko, les députés Mustafa Nayyem (le déclencheur du Maïdan) et Svitlana Zalishchuk (US National Endowment for Democracy).

Dans une salle séparée, hors des regards, les représentants de la France, l’Allemagne, l’Union européenne et la Russie ont rencontré ceux de l’Ukraine. Rien n’a avancé et surtout pas l’idée d’un déploiement de Casques bleus.

Le Moyen-Orient vu par Berlin

L’Allemagne s’est considérablement investie dans le projet US au Moyen-Orient (stratégie de destruction des sociétés et des États conçue par l’amiral Arthur Cebrowski [6]), mais peu dans le projet états-uno-britannique des « printemps arabes ». Elle héberge et soutient depuis la Guerre froide plusieurs quartiers généraux des Frères musulmans, dont celui des Syriens à Aix-la-Chapelle. Elle a participé à l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri [7]. Elle a co-rédigé en 2012 le plan Feltman de capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [8]. Actuellement, Volker Perthes, le directeur de la Stiftung Wissenschaft und Politik, son think tank étatique, est conseiller de Jeffrey Feltman à l’Onu.

Depuis plusieurs années, les documents internes du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) sont des copiés-collés des notes de Volker Perthes pour le gouvernement allemand.

Volker Perthes était bien entendu présent à Munich [9] avec Jeffrey Feltman et leurs amis, Lakdhar Brahimi, Ramzi Ramzi, Steffan de Mistura, les généraux David Petraeus (le fond KKR était aussi représenté par Christian Ollig) et John Allen (Brookings Institution), ainsi que Nasser al-Hariri, le président de la Haute-Autorité pour les négociations (opposition syrienne pro-Saoudienne), Raed al-Saleh le directeur des Casques blancs (Al-Qaïda) et leurs sponsors qataris, dont l’émir Thamim.

Dans un article du document préparatoire de la Conférence [10], Volker Perthes assure que l’équilibre politique du Moyen-Orient vient de basculer. Mais il raisonne en s’appuyant sur ce qu’il souhaite et non pas sur ce qu’il voit. Il assure que le gouvernement de Damas est épuisé par la guerre alors qu’il vient de tendre un piège savant aux Israéliens et est parvenu à détruire un de leurs avions. Il évalue la rivalité saoudo-iranienne en croyant que Riyad est en position de force alors que le contre-coup de Palais s’organise depuis l’étranger. Il imagine que les Émirats vont aider l’Arabie saoudite contre Téhéran, alors qu’ils viennent d’imposer à Riyad la partition du Yémen et qu’ils tirent la richesse de Dubaï du contournement de l’embargo anti-iranien.

Les erreurs de Volker Perthes ont été prolongées par celles —volontaires— des trois patrons du BND allemand (Bruno Kahl), du MI6 britannique (Alex Younger) et de la DGSE française (Bernard Émié), qui ont expliqué dans une salle à part, devant un public choisi pour sa crédulité, leurs inquiétudes face à l’opération turque en Syrie. Les trois hommes ont feint de croire que les combattants du YPG sont les meilleurs remparts face à Daesh, alors qu’ils devaient former avec d’ex-daeshistes la Force de sécurité aux frontières et que, cette semaine, plusieurs officiers jihadistes ont été arrêtés par l’armée arabe syrienne en rejoignant Afrin mêlés aux combattants kurdes [11]. Certes, le métier de ces trois maîtres-espions est de savoir à qui ils doivent la vérité et à qui ils peuvent mentir. Continuant sur leur lancée, ils ont laissé entendre que l’armée arabe syrienne utilise des armes chimiques —profitant ainsi de l’absence dans la salle du secrétaire US à la Défense, Jim Mattis, qui avait souligné quelques jours plus tôt l’inexistence de preuve en la matière [12]—.

En définitive, avant de se réarmer massivement, l’Allemagne devrait choisir avec plus soin ses analystes de politique étrangère.

[1] « Liste des 682 participants à la Conférence sur la Sécurité de Munich 2018 », Réseau Voltaire, 18 février 2018.

[2] “Power boost. The EU must win the conflicts of the future”, Sigmar Gabriel, Security Times, February 2018.

[3] “Power outage. « America first » means America alone”, Constanze Stelzenmüller, Security Times, February 2018.

[4] « Ambitionierte Rahmennation : Deutschland in der Nato », Rainer L. Glatz, Martin Zapfe, SWP-Aktuell #62, août 2017.

[5] “Chain of secession”, Andreas Zumach, Security Times, February 2018.

[6] The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[7] « Révélations sur l’assassinat de Rafiq Hariri », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 29 novembre 2010.

[8] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[9] Sur les interventions de Volker Perthes à la Conférence 2017, lire : « Le détournement de la Conférence sur la Sécurité de Munich », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 février 2017.

[10] “Bismarck would blush. The political geometry of the Middle East has been redrawn in the last year”, Volker Perthes, Security Times, February 2018.

[11] Un accord a été conclu entre le YPG et les autorités syriennes. Les combattants kurdes ont été autorisés à traverser les zones contrôlées par l’armée arabe syrienne pour rejoindre leurs « frères » à Afrin et y lutter contre l’armée turque. Mais cet accord n’est valable que pour les anarchistes kurdes, pas pour les jihadistes étrangers.

[12] « Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 14 février 2018.

http://www.voltairenet.org/article199739.html

Le Rapport d’évaluation du dispositif nucléaire des États-Unis : le monde est notre ennemi

Le Rapport d’évaluation du dispositif nucléaire des États-Unis : le monde est notre ennemi


Par Christopher Black – Le 8 février 2018 – Source New Eastern Outlook

Le monde est notre ennemi et nous nous réservons le droit d’en détruire tout ou partie à notre discrétion. C’est l’essence du Rapport d’évaluation du dispositif nucléaire des États-Unis récemment publié ; le document d’une entreprise criminelle axée sur la domination mondiale qui décrit comment l’utilisation de nouvelles armes nucléaires, « plus flexibles » parviendra à cette domination.

La clé de leurs intentions est contenue dans une phrase, à la page 22 du document, où ils déclarent :

« Pour aider à préserver la dissuasion et l’assurance des alliés et des partenaires, les États-Unis n’ont jamais adopté une politique de ‘non-utilisation en premier’ et, compte tenu des menaces actuelles, une telle politique n’est pas justifiée aujourd’hui. La politique des États-Unis reste celle de conserver une certaine ambiguïté concernant les circonstances précises qui pourraient mener à une réponse nucléaire de leur part. »

En d’autres termes, ils disent :

« Nous vous laisserons deviner quand et contre qui nous les utiliserons. Nous conserverons notre rôle de plus grand État terroriste en maintenant constamment l’épée de Damoclès nucléaire au-dessus de la tête des peuples du monde pour être sûrs que le monde agit dans le sens de nos intérêts. »

L’épée nucléaire américaine qu’ils sont en train de fabriquer sera affûtée avec des armes atomiques plus petites, plus utilisables sur le champ de bataille sur terre, sur mer et dans les airs. Mais alors que jusqu’à présent les armes nucléaires étaient considérées comme une catégorie spécifique d’armes dont l’usage signifie la mort de dizaines ou de centaines de milliers de gens, considérées comme immorales et illégales par le droit international, elles sont aujourd’hui considérées par les Américains comme une sorte d’armes conventionnelles, une partie de leur système d’armement conventionnel. Cela fait croître le risque que leur usage passe d’une possibilité à une certitude car ils menacent de les utiliser contre toute situation qui, de leur point de vue, l’exige même si c’est un scénario de guerre conventionnel. Donc si les Américains organisent une attaque russe contre les États baltes et prétendent que leurs forces sont trop faibles pour la stopper, ils utiliseront des armes nucléaires sur les vraies cibles pour lesquelles l’attaque mise en scène était le prétexte. Des millions de gens mourront.

L’épée nucléaire continue à être brandie très dangereusement au-dessus des peuples de la Russie, de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran, décrits par les fantasmes du Pentagone comme « provoquant » les États-Unis quand ce sont les États-Unis qui les provoquent. La guerre nucléaire menace ces quatre pays simplement parce qu’ils ont réagi à l’agression et aux menaces américaines et qu’ils essaient de se défendre.

La vision américaine de son rôle dans le Traité de non-prolifération nucléaire, telle qu’elle est exprimée dans cette nouvelle posture politique à la toute fin du document − dans un bref passage pour tromper les idiots qui recherchent la paix − est celle d’un flic mondial autorisé par droit divin à user des armes nucléaires tout en les déniant à tous les autres.

Ils répètent les mensonges selon lesquels la Russie a violé divers traités sur les armes nucléaires et commis des actes d’agression et que la Corée du Nord viole le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires alors qu’elle n’en fait plus partie. La Chine est accusée de violations semblables et d’agression dans la mer de Chine du Sud tandis que l’Iran est accusé d’être sur le pont de violer ses engagements de ne pas construire d’armes nucléaires. Tous ces pays sont décrits comme « révisionnistes » ; « agresseurs » ; « menaces pour l’ordre mondial » ou, lorsqu’une certaine honnêteté s’y glisse, comme une menace pour les intérêts américains, ce qui signifie une menace pour la tyrannie américaine sur le monde. Mais les États-nations ne sont pas les seuls déclencheurs possibles de leur « solution finale ».

Ils vont même jusqu’à déclarer leur intention d’utiliser des armes nucléaires sur tout État qui fournit une arme nucléaire à un groupe « terroriste ». Le document déclare à la page 67

« Les États-Unis tiendront pour pleinement responsable tout État, groupe terroriste ou autre acteur non étatique qui soutient ou permet à des terroristes d’obtenir ou d’utiliser des dispositifs nucléaires. Bien que le rôle des armes nucléaires étasuniennes dans la lutte contre le terrorisme nucléaire soit limité, pour une dissuasion efficace, nos ennemis doivent comprendre qu’une attaque terroriste contre les États-Unis ou leurs alliés et partenaires serait qualifiée de ‘circonstances extrêmes’ dans lesquelles les États-Unis pourraient envisager la ‘forme ultime de représailles’. »

Comme nous savons que les États-Unis ont utilisé des opérations sous fausse bannière comme prétextes pour leurs agressions, c’est une position très dangereuse car elle signifie qu’ils pourraient tout simplement accuser la Corée du Nord de fournir des armes nucléaires ou des éléments de ces armes à un groupe quelconque et s’en servir comme prétexte et comme justification pour lancer une attaque nucléaire sur la Corée du Nord.

Il n’y a pas une once de réalité dans tout le document, aucun aveu que le monde s’arme contre eux parce qu’ils ont attaqué ou menacé à peu près tous les pays dans le monde depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir sur le sang de millions d’indigènes morts et leurs premières guerres de conquête. Il n’y a pas un seul mot sur leurs attaques nucléaires sur le Japon, leur attaque sur la Corée ; le Vietnam ; Grenade ; l’Amérique centrale et du Sud ; l’Irak ; la Syrie ; le Liban ; le Rwanda ; le Congo ; la Yougoslavie ; l’Afghanistan ; la Chine ; le Venezuela ; le renversement du gouvernement de l’Ukraine ; le soutien de fascistes partout et, bon, je peux continuer et faire la liste de leurs crimes contre des nations, des peuples, des sociétés et des cultures du monde entier, mais je risquerais de fatiguer à la fois moi-même et le lecteur.

Comme l’a relevé Jan Oberg, président de la Fondation transnationale pour la recherche sur la paix et le futur en Suède, les médias occidentaux ont gardé un silence criminel sur ce document « des plus dangereux » incapables d’en faire l’éloge et inquiets de le critiquer, ou ayant reçu l’ordre de ne pas le faire, se rendant ainsi complices des projets criminels des États-Unis et de leurs alliés. Seule la BBC a mis en ligne un article sur les condamnations de la menace américaine par la Chine, la Russie et l’Iran mais, pour en réduire l’effet, elle a mis leurs mots entre guillemets.

La Chine a déclaré qu’elle s’opposait fermement à cette politique et qu’elle refusait que la Chine soit qualifiée de menace nucléaire et a clairement indiqué que cette politique américaine est une négation du Traité de non-prolifération nucléaire. Le ministre russe des Affaires étrangères a déclaré à juste titre que les États-Unis étaient bellicistes et qu’il prendrait les mesures nécessaires pour contrer la menace. L’Iran a aussi déclaré que cette politique était une violation du droit international. Mais c’est peut-être le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel qui a fait la déclaration la plus forte :

« La nouvelle posture nucléaire du gouvernement des États-Unis montre que la spirale d’une nouvelle course aux armements est déjà en cours. Comme aux jours de la Guerre froide, cela constitue une menace grave pour nous en Europe. Au lieu de nouveaux systèmes d’armements, nous avons besoin de nouvelles initiatives de désarmement. »

Mais les Allemands, les Français et les Britanniques en ont de plus en plus assez des politiques américaines. Le ministre allemand des Affaires étrangères a appelé l’Allemagne à adopter une politique étrangère plus agressive et a déclaré que l’Europe doit projeter sa propre puissance (sous contrôle allemand), que les Américains s’éloignent de l’Europe et s’isolent, qu’ils sont vus aujourd’hui comme des rivaux économiques plutôt que comme des partenaires et, par conséquent, qu’ils ne sont plus considérés comme un partenaire de sécurité fiable et représentent au contraire un danger pour l’Europe prise entre les États-Unis et la Russie.

Le président Trump a dit, comme s’il était inconscient de tout cela et avec tout le charme de Mack The Knife, que le fait que les Américains soient prêts à utiliser de nouvelles armes nucléaires, plus petites, garantirait que d’autres ne les utilisent pas. Autrement dit que la préparation des Américains à la guerre mondiale nous apportera à tous le miracle de la paix mondiale, évidemment tant que les autres nations du monde font exactement ce qu’on leur dit.

Mais, pour citer John Galtung, l’éminent professeur des Études pour la paix à Oslo :

« Une raison très importante d’interdire les armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive est qu’elles élèvent le seuil de ce qui est acceptable. On défend souvent une guerre conventionnelle en disant qu’elle ne sera pas nucléaire. Le cadre juridique international pour la guerre est déjà une victime des armes nucléaire et ne peut retrouver sa validité qu’en interdisant cette insulte à l’humanité. »

Nous constatons déjà que le Dr Galtung a raison car la réaction des pays menacés est bien sûr de ne pas plier mais de résister et de renforcer leurs propres systèmes d’armement nucléaire et de modifier leurs politiques de recours à ces armes pour égaler celle des Américains. Le monde est au bord du précipice de la catastrophe ultime.

Comme disait Albert Einstein en 1950 : « Il est impossible de parvenir à la paix tant que toutes les actions sont entreprises en vue d’un possible futur conflit. La concurrence des armements n’est pas une manière d’empêcher la guerre. Chaque pas dans cette direction nous rapproche de la catastrophe. La course aux armements est la pire manière d’empêcher un conflit ouvert. Au contraire, on ne peut atteindre une paix véritable sans un désarmement systématique à l’échelle supranationale. Je répète, l’armement ne protège pas de la guerre mais y conduit inévitablement. »

Mais ceci a été dit lorsque j’étais enfant et nous sommes dans une situation pire que jamais auparavant. Le 25 janvier, le Bulletin des savants atomiques a avancé sa pendule du Jugement dernier de minuit moins deux minutes et demie à minuit moins deux minutes en raison de leurs préoccupations par rapport à la menace de guerre nucléaire, au changement climatique et aux technologies utilisées par les gouvernements contre leurs citoyens. C’était avant la publication de la nouvelle doctrine nucléaire américaine, qui nous place encore plus près de minuit. Et pourtant, même eux reprennent la rhétorique et la propagande du gouvernement américain dans leur déclaration sur l’agression russe et la prétendue menace de la Corée du Nord. Où est donc l’espoir lorsque la vérité est occultée et la réalité mise la tête en bas même par ceux qui nous avertissent de la situation difficile où nous sommes ?

C’est un monde terrible que celui dans lequel nous vivons et il ne changera pas tant que nous ne le changerons pas. La dernière fois, j’ai écrit une Lettre ouverte à la Cour pénale internationale, en demandant au procureur d’ouvrir un dossier sur le leadership des États-Unis et de leurs alliés dans la conspiration pour commettre un génocide contre le peuple de Corée. La publication de ce document peut être considérée comme la preuve d’une conspiration visant à commettre un génocide instantané contre la population mondiale tout entière. C’est la manière de gangster des Américains de nous dire à tous : « Faites ce qu’on vous dit ou vous êtes foutus. »

Il est grand temps de se lever, de résister, de descendre dans les rues, de faire entendre notre voix, de ne pas rester dans l’ombre, pleurant sur notre sort alors qu’il y a une manière de gagner la lutte pour le désarmement, pour la paix, pour mettre la puissance sous notre contrôle, nous faisons tous le travail après tout, pourquoi pas ? Si nous avançons dans la lumière, nous pouvons voir la réalité des choses, si nous passons à l’action ; parce que si nous ne le faisons pas, alors – pour citer les paroles de Mack The Knife, mentionnées plus haut, écrites par Bertolt Brecht,

« Les uns sont dans le noir
Et les autres sont dans la lumière
Mais on ne voit que ceux dans la lumière
Et pas ceux qui sont dans le noir. »

[Traduction d’après les paroles originales en allemand]

Christopher Black

Liens

Le site Dedefensa a publié une note complète sur Sigmar Gabriel et son rôle dans l’espace politique allemand qui complète la citation de l’auteur.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-rapport-devaluation-du-dispositif-nucleaire-des-etats-unis-le-monde-est-notre-ennemi

 

Ali Khamenei : les USA sont plus barbares que Daech

Ali Khamenei : les USA sont plus barbares que Daech


Par Sayed – Le 11 février 2018 – Source khameini

Discours prononcé le 8 février 2018 par l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, lors d’une réunion avec les commandants et le personnel de l’armée de l’air de l’armée de la République islamique d’Iran.

Vidéo traduite et sous-titrée par Sayed

La réunion s’est tenue dans la Husseiniya de l’Imam Khomeiny à l’occasion du serment d’allégeance historique des officiers de la Force aérienne à l’Imam Khomeiny le 19 Bahman 1357 [8 février 1979].

(cliquer sur CC pour activer les sous-titres)

Transcription

[…] L’oppression de l’Arrogance (impérialisme) doit être publiquement dénoncée. Aujourd’hui, le régime le plus cruel et le plus oppressif du monde est le gouvernement américain. Il est plus oppressif que tous les autres. Vous avez vu à quel point Daech était néfaste, oppressif et sauvage. Le gouvernement américain est encore pire que lui. Le gouvernement américain est l’appareil même qui a créé les semblables de Daech – et pas seulement Daech. Il leur a facilité les tâches. Il a agi comme cause.

Ce n’est pas seulement nous qui l’affirmons, ils l’ont eux-mêmes reconnu. L’individu qui est actuellement le Président des États-Unis avait l’habitude de souligner constamment, durant sa campagne électorale, que la création de Daech était une mesure adoptée par les Démocrates – le parti adverse. Il répétait cela sans cesse et il avait raison. Il y avait beaucoup d’indices et de preuves soutenant cette affirmation. À l’heure actuelle aussi, il y a de telles preuves. Ce sont eux qui ont créé Daech. Ce sont eux qui l’ont renforcé. Ce sont eux qui ont offert à Daech armes et soutien financier, entre autres. Très probablement, ce sont eux qui lui ont enseigné certaines méthodes.

Ces organisations américaines sauvages qui dépendent de l’administration américaine – comme Blackwater et autres – exécutent elles aussi les mêmes tâches. Elles connaissent ces méthodes à la perfection. Elles sont expertes dans ces actes sauvages contre l’humanité. Très probablement, ce sont elles qui ont enseigné de telles méthodes à Daech. Sinon, comment tel misérable venant du fin fond du Caucase saurait-il comment torturer un individu, comment torturer les gens en les noyant graduellement (waterboarding) et comment les brûler petit à petit ? Probablement, ce sont elles qui leur ont enseigné ces méthodes.

Malgré le fait que les États-Unis sont le gouvernement le plus cruel et le plus impitoyable du monde, ils se présentent, dans leur propagande, comme défenseurs des droits de l’homme ! Des défenseurs des droits des opprimés, et même des défenseurs des droits des animaux ! Eh bien, ils devraient être marqués du sceau de l’infamie par le monde entier. Ces choses devraient être dites. Ces choses devraient être répandues au niveau international.

Voyez l’oppression qu’ils ont commise contre la Palestine. À l’heure actuelle, les Palestiniens sont soumis à l’oppression et à la cruauté au quotidien. Cela fait maintenant une, deux, dix, vingt, soixante-dix années que cette oppression se poursuit et que les Américains la soutiennent. À l’heure actuelle, ils la soutiennent toujours. Eh bien, cela devrait être de notoriété publique.

Un autre exemple est leur oppression contre les Yéménites. À l’heure actuelle, le Yémen est bombardé quotidiennement. Le peuple est bombardé, divers endroits sont bombardés, les marchés sont bombardés, l’infrastructure du pays est bombardée. Par qui ? Par les alliés des États-Unis, qui sont approuvés par les Américains. Ce sont les Américains qui leur fournissent des armes. Ce sont eux qui les aident. Ils regardent la scène avec délice et ils ne soulèvent pas la moindre objection, pas le moindre froncement de sourcils n’apparait sur leurs visages. Bien sûr, il y a des gens parmi eux – par exemple, des intellectuels – qui font des objections, mais l’administration américaine n’y prête aucune attention. Et ce tandis qu’ils vont exposer des morceaux de ferraille avec une totale impudence, prétendant que ces pièces viennent du missile donné aux combattants yéménites par l’Iran !

C’est une affirmation dénuée de fondement. Les combattants yéménites et les moudjahidines sont assiégés. Il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Si c’était possible, nous leur donnerions des centaines de missiles – et pas seulement un ! Mais il n’est pas possible de leur donner quoi que ce soit. Ils sont opprimés : « Soyez un ennemi de l’oppresseur et un soutien de l’opprimé. » [Imam Ali, Nahj al-Balagha]. Si vous pouvez aider les opprimés, vous devez le faire. Nous sommes fermes sur la question de la Résistance. Les Américains ont décidé d’écraser la Résistance en Asie occidentale [Moyen-Orient] et ils étaient convaincus qu’ils accompliraient cette tâche. Nous sommes restés fermes et nous avons dit que nous ne les autoriserions pas à le faire. Aujourd’hui, le monde entier reconnait qu’ils voulaient le faire, mais ils ont échoué. Et ce que nous voulions faire, nous avons réussi à le faire. Le monde entier a compris cela.

Il faut faire face à l’injustice. J’ai parlé de l’injustice des puissances étrangères, mais il en va de même pour l’injustice domestique (à l’intérieur de l’Iran) qui est peut-être une plus grande priorité pour plusieurs raisons. […]

http://lesakerfrancophone.fr/ali-khamenei-les-usa-sont-plus-barbares-que-daech

 

Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan

Jim Mattis réfute les « Fake News » d’Israël et de l’Otan

Voilà des années que la presse atlantiste l’affirme : le président Bachar el-Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple. Sauf que, selon le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, il s’agit d’une fake news. Comme les armes chimiques de Saddam Hussein, cette histoire qui remplit les colonnes des journaux depuis cinq ans est de la pure propagande de guerre.

| Damas (Syrie)

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Cela aurait dû faire la « une » de tous les journaux occidentaux. Mais seul Newsweek l’a relaté [1]. Durant son point de presse, le 2 février, le secrétaire à la Défense, le général Jim Mattis, a indiqué que s’il « pensait » que Damas avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, personne au Pentagone n’en avait la moindre preuve.

Le journaliste, qui connaît personnellement le général Jim Mattis, l’a entendu off the record (c’est-à-dire en privé) déclarer son aversion pour le mythe des armes chimiques syriennes. Il lui offre la possibilité de se répéter, cette fois en public. Voici la transcription (publiée avec un léger retard) de cette rencontre.

- Question : Y a-t-il des preuves que des armes au chlore ont été utilisées, des preuves d’armes au chlore :

- Jim Mattis : Je pense que oui.

- Question : Non, je sais, je vous ai entendu.

- Jim Mattis : Je pense qu’elles ont été utilisées à plusieurs reprises. Et c’est, comme vous le savez, une catégorie quelque peu distincte, c’est pourquoi j’ai écarté le sarin comme quelque chose de différent – ouais.

- Question : Il y a donc des preuves crédibles que le sarin et le chlore…

- Jim Mattis : Non, je n’ai pas de preuve, pas spécifiquement. Je n’ai pas de preuve. Ce que je dis, c’est que d’autres groupes sur le terrain, des ONG, des combattants sur le terrain ont dit que le sarin a été utilisé. Nous cherchons donc des preuves. Je n’ai pas de preuve, crédible ou non crédible.

Source : “Media Availability by Secretary Mattis at the Pentagon”, Press Secretary, Departement of Defence, February 2, 2018.

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Au début de la guerre, la République arabe syrienne demanda à l’Onu de venir enquêter sur l’usage d’armes chimiques par les jihadistes. Les inspecteurs ne trouvèrent rien de probant. Mais en août 2013, les États qui soutenaient le projet des Frères musulmans renversèrent l’accusation et affirmèrent, sur la seule base d’une information de l’Unité 8200 du Mossad, que l’Armée syrienne venait de massacrer près de 1 500 civils dans la Ghouta avec un mélange de gaz incluant du sarin.

Attestant la bonne foi de la Syrie, la Russie proposa son adhésion à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Moscou et Washington, ensemble, détruisirent la totalité des armes chimiques syriennes ainsi que les précurseurs (c’est-à-dire les substances nécessaires à la fabrication de ces armes).

Pourtant, l’accusation d’utilisation de ces armes n’a toujours pas cessé. Alors même que le Pentagone en avait lui-même supervisé la destruction, la presse atlantiste persistait à prétendre que l’Armée arabe syrienne en utilisait. Certains médias comme l’Anglo-Saxon Bellingcat (dont le directeur est un employé de l’Atlantic Council) [2] ou le Français Le Monde [3] sont devenus des répétiteurs professionnels de cette Fake News.

Pour en finir avec cette rumeur, un mécanisme d’enquête conjoint était créé par l’Onu et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Après avoir mené depuis New York et Vienne une vaste collecte de renseignements, cette instance refusait d’aller les vérifier sur place et même de procéder à des prélèvements. Le ton montait au Conseil de sécurité où chacun pouvait observer l’ascendant du numéro 2 de l’administration des Nations Unies, le néo-conservateur Jeffrey Feltman [4], sur l’ambassadrice US, Nikki Haley. Finalement, on comptabilisa jusqu’à 5 vétos russes aux mensonges occidentaux sur ce seul sujet [5].

Au moment de l’affaire de Khan Cheikhoun, les États-Unis affirmèrent avec aplomb détenir des preuves de la responsabilité syrienne —preuves qui selon le général Mattis n’ont jamais existé— et punit la Syrie en bombardant la base de Cheyrat.

Le secrétaire à la Défense Robert McNamara a admis que les États-Unis ont menti pour lancer et poursuivre leur guerre contre les Vietnamiens. Son successeur Colin Powell a reconnu avoir menti au Conseil de sécurité pour lancer la guerre contre les Iraquiens. Etc. Mais tous l’ont fait après avoir fait couler le sang et avoir quitté leurs fonctions officielles. Nul n’a été poursuivi.

Comme dans leur droit commercial, les dirigeants US peuvent faire faillite, ne pas payer leurs créanciers et recommencer immédiatement leurs affaires à zéro comme si de rien n’était.

Pour la première fois, un secrétaire à la Défense en exercice a dénoncé les mensonges en cours d’Israël, de sa propre administration et de l’Otan. Bien qu’il ait pris soin de se présenter comme convaincu de la culpabilité syrienne, sa déclaration réfute les justifications des bombardements israéliens en Syrie, prétendument pour détruire des armes chimiques. Elle est sans appel pour ses collègues Rex Tilleron et Nikki Haley. Elle sonne comme un avertissement aux 23 ministres des Affaires étrangères qui, le 23 janvier, ont à nouveau accusé la Syrie d’emploi d’armes chimiques [6] ; des ministres qui se sont prononcés pour la « démocratie » au Levant… à la seule condition que Bachar el-Assad ne puisse pas se présenter à l’élection présidentielle et la gagner.

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] “Mattis Admits There Was No Evidence Assad Used Poison Gas on His People”, Ian Wilkie, Newsweek, February 8, 2018.

[2] Brown Moses, de son vrai nom Eliot Higgins, participe en outre à l’association Propaganda or Not ? qui accuse diverses sources, dont le Réseau Voltaire, d’être des instruments du Kremlin. Cf. « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

[3] Sur la base d’un résumé grossièrement mensonger, ce quotidien accuse le Réseau Voltaire de ne pas être fiable. Cf. « La vérité sur les « fake news » », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 janvier 2018.

[4] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[5] « À l’Onu, l’incapacité US d’admettre la réalité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 novembre 2017.

[6] « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques », Réseau Voltaire, 23 janvier 2018.

http://www.voltairenet.org/article199693.html

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?

Par Estelle MENARD, Fabien HERBERT, Pierre VERLUISE, Valérie NIQUET, le 16 février 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Valérie Niquet, Maitre de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS). Auteure de « La puissance chinoise en 100 questions », Paris, éd. Tallandier. Elle répond aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com. Images, son et montage : Fabien Herbert. Résumé : Estelle Ménard.

Le monde entier a les yeux tournés vers l’Asie, avec les Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud et la scénarisation d’un apaisement des relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. C’est l’occasion de prendre de la hauteur pour s’interroger sur les enjeux de stabilité stratégique en Asie. (7 minutes)

QUESTIONS :

. Quelles sont les idées fausses sur les enjeux de stabilité stratégique en Asie ?
. Quels sont les points importants à retenir sur la sécurité en Asie ?
. Quel est le rôle de la Chine dans la crise nord-coréenne ?
. Quelles sont les relations entre la Chine et les Etats-Unis sur le dossier nord coréen ?
. Quels sont les temps forts à suivre en Asie pour 2018 ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Estelle Ménard pour Diploweb.com

En Asie, la forte croissance économique et la stabilité des gouvernements peuvent parfois occulter les risques sécuritaires qui pèsent sur la région. Si l’on prend souvent le Moyen-Orient comme zone emblématique des crises de notre époque, la situation géopolitique de l’Asie a également des répercussions importantes sur le reste du monde en raison de son statut de leader économique et aussi par la forte présence étatsunienne sur le territoire. Mais surtout, l’urgence est à la question nord-coréenne. La manière dont le problème évoluera va certainement reconditionner les rapports de forces entre les acteurs de la région. En 2018, c’est la trajectoire de la Corée du Nord qu’il faudra observer. Cette situation inquiète aussi les voisins Chinois et Japonais, mais si les premiers semblent peu enclins à agir, les seconds n’ont point encore de capacité d’intervention assez déstabilisatrice, bien qu’ils y travaillent. L’autre scénario est celui de l’apaisement, car une escalade de la crise nord-coréenne n’est dans l’intérêt de personne. Le début des Jeux olympiques s’inscrit plutôt dans ce scénario d’apaisement, avec des effets de mise en scène dont il ne faut pas être dupes cependant.

Vidéo. Valérie Niquet. Quels enjeux de stabilité stratégique en Asie ?
Valérie Niquet
Maitre de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS)

Bien qu’elle soit en position de force aujourd’hui, la Chine fait face à des défis sur le long terme, comme la pollution et le vieillissement de la population. À moyen terme, le risque consiste surtout en la capacité du régime à poursuivre la croissance économique, sans quoi ses pratiques autoritaires pourraient être perçues comme moins légitimes et l’on pourrait s’interroger sur sa capacité à se maintenir en place. À cela s’ajoute les risques que posent une armée mécontente et un parti inquiété par la campagne anti-corruption. En termes de relations extérieures, l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche est d’abord apparue comme une bonne nouvelle pour la Chine, qui pensait trouver en lui un allié plus manipulable qu’Hillary Clinton ou que son prédécesseur. Elle est moins confiante aujourd’hui face à son imprévisibilité et son incohérence. Trump est même entré dans la provocation face à son homologue à Pékin lors de sa dernière visite, en saluant la capacité du gouvernement Xi Jinping à user des faiblesses de ses adversaires pour servir ses intérêts.

Enfin, la réélection du Premier ministre Shinzo Abe est susceptible d’accélérer l’adoption de nouvelles lois qui donneraient plus de pouvoir au Japon dans la zone. Sa réélection pose aussi la question de la reconstitutionnalisation des Forces d’autodéfense japonaises – qui n’ont pas encore d’existence théorique – une mesure qu’il souhaite mettre en avant. Du côté des Philippines, il s’agira de voir s’il y aura rapprochement vers Pékin ou plutôt vers ses alliés de l’Asie du Sud-est ou des États-Unis pour contrebalancer la puissance chinoise.

Copyright pour le résumé Février 2018-Ménard Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Video-Valerie-Niquet-Quels-enjeux-de-stabilite-strategique-en-Asie.html

L’armée chinoise pourrait rivaliser avec celle des États-Unis, avertit un amiral américain

Publié le 14 février 2018 à 17h49 | Mis à jour le 14 février 2018 à 17h49

L’armée chinoise pourrait rivaliser avec celle des États-Unis, avertit un amiral américain

Harry Harris, chef des forces américaines dans la zone... (Photo Roslan RAHMAN, archives Agence France-Presse)

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Harry Harris, chef des forces américaines dans la zone Pacifique (PACOM)

Photo Roslan RAHMAN, archives Agence France-Presse

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Agence France-Presse
Washington

L’expansion de l’armée chinoise va à une telle allure qu’elle pourrait bientôt rivaliser avec la puissance américaine «pratiquement dans tous les domaines», a averti mercredi un haut responsable militaire américain.

«Le renforcement impressionnant de la puissance militaire de la Chine pourrait bientôt représenter un défi pour les États-Unis dans pratiquement tous les domaines», a prévenu l’amiral Harry Harris, lors d’une audition devant la Commission des forces armées de la Chambre des représentants.

«Les principales avancées comprennent des améliorations importantes dans le déploiement de batteries de missile, le développement de la cinquième génération d’avions de combat et l’accroissement en taille et en capacité de la marine chinoise avec sa première base à l’étranger, dans le port de Djibouti».

Harry Harris, chef des forces américaines dans la zone Pacifique (PACOM), a récemment été désigné par le président américain Donald Trump pour être ambassadeur en Australie. Une nomination qui nécessite encore l’approbation du Sénat.

Selon le militaire aux 39 ans de carrière, qui a déjà vivement critiqué l’expansion de l’armée chinoise en mer de Chine méridionale, «si les États-Unis ne suivent pas le rythme, PACOM aura du mal à concurrencer l’Armée Populaire de Libération dans les futurs conflits».

Lors de son audition parlementaire, l’amiral s’est aussi employé à rassurer concernant la menace nord-coréenne, affirmant que le Pentagone disposait actuellement des capacités pour bloquer tout éventuel missile envoyé par Pyongyang.

«Étant donné ce que nous pensons que devraient être les capacités nord-coréennes en matière de missiles dans trois ou quatre ans (…), je pense que nous devons continuer à améliorer nos missiles de défense», a-t-il toutefois tempéré, estimant que l’objectif du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un n’était pas seulement de préserver son régime, mais aussi de contrôler toute la péninsule coréenne.

Selon les experts, les motivations de Kim pour développer ses capacités nucléaires et balistiques sont plutôt rationnelles: protéger l’existence même de son régime, bien que cette course à l’armement ait augmenté les risques de confrontation avec les États-Unis.

http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201802/14/01-5153911-larmee-chinoise-pourrait-rivaliser-avec-celle-des-etats-unis-avertit-un-amiral-americain.php

Pourquoi Macron critique l’intervention occidentale en Libye

ÉCLAIRAGE

Le président français a reconnu la « responsabilité » de la France dans la situation aujourd’hui en Libye suite à l’intervention de l’OTAN.

Le dossier libyen a de nouveau été mis sur le tapis par Emmanuel Macron. En déplacement à Tunis pour deux jours, le président français a reconnu la responsabilité de la France dans la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la Libye. « La France, tout comme des États de l’Europe et les États-Unis, a une responsabilité dans ce qui se passe dans la région », a-t-il déclaré jeudi dans un discours prononcé face au président tunisien Béji Caïd Essebsi et à l’Assemblée des représentants du peuple. « Je n’oublie pas que plusieurs ont décidé qu’il fallait en finir avec le dirigeant libyen sans qu’il y ait pour autant de projet pour la suite », a-t-il enchaîné, faisant référence à l’intervention militaire de l’OTAN en 2011 encouragée par la France sous Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État français rompt ouvertement avec les politiques menées par ses prédécesseurs dans le monde arabe. L’exemple de la Syrie est le plus symbolique à cet égard. M. Macron a mis en avant son « aggiornamento » sur ce dossier, en précisant, en juin dernier, « ne pas avoir énoncé que la destitution de Bachar était un préalable à tout ». « Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! » a-t-il précisé dans un entretien accordé à différents médias européens.

Il faut dire que la realpolitik Macron est fortement imprégnée du souvenir de l’intervention américaine en Irak en 2003, influençant dès lors la définition de sa politique étrangère au Moyen-Orient et cherchant à éviter à tout prix la répétition d’un scénario similaire. Dans ce contexte, ses propos sur la responsabilité de la France en Libye sont une première, mais ils s’inscrivent bien dans la continuité de la ligne voulue par le dirigeant français qui s’emploie à redorer le blason diplomatique de la France dans la région tout en flattant les populations de la région, en désignant l’interventionnisme occidental comme un bouc émissaire. Pour le chef de l’État français, « quoi qu’on pense d’un dirigeant », cela a contribué à « imaginer qu’on pouvait se substituer à la souveraineté d’un peuple pour décider de son futur ». « Nous avons collectivement plongé la Libye depuis ces années dans l’anomie sans pouvoir régler la situation », a-t-il souligné.

Sur la question libyenne, les objectifs français sont multiples. « C’est une façon de montrer une continuité par rapport à Barack Obama qui était très critique de l’intervention, avec lequel M. Macron n’avait pas caché sa proximité, mais aussi de rassurer les dirigeants des pays du Sud quant à leur souveraineté », explique à L’Orient-Le Jour Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur à Sciences Po Paris. Mais, de manière plus générale, « les arguments employés sont conséquentialistes puisqu’ils peuvent resservir dans d’autres situations et essentialistes car il ne s’agit plus d’intervenir pour transformer un État souverain » sans sa demande expresse, observe l’expert. Selon M. Badie, « il y a peut-être ici l’énonciation d’une doctrine pour une construction plus prudente et désengagée de la politique étrangère française ». S’il semble que la France souhaite revenir à une vision moins interventionniste militairement, elle n’en est pas moins engagée sur différents fronts comme au Sahel ou en Syrie et en Irak, rappelle le spécialiste. Le chef de l’État français semble chercher un juste milieu entre un interventionnisme tous azimuts et un réalisme impliquant une trop grande proximité avec les régimes dictatoriaux. Il n’a ainsi pas manqué de nuancer ses propos : « En Libye, la situation actuelle (était) d’abord due à des années de tyrannie », a-t-il affirmé avant de quitter la Tunisie. « L’idée qu’on règle la situation d’un pays de façon unilatérale et militaire est fausse », a-t-il néanmoins insisté.

« Crime contre l’humanité »

La Libye est […]

Lire la suite sur L’Orient Le Jour, Julie Kebbi, 03-02-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

37 réponses à Pourquoi Macron critique l’intervention occidentale en Libye   :  Pour lire les 37 réponses , cliquez sur le lien :  

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