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La Corée du Nord réprimande l’appel ‘aveugle’ de Bolton à un signe de dénucléarisation

20 AVRIL 2019 / 09:46 / MIS À JOUR IL Y A 8 HEURES

La Corée du Nord réprimande l’appel ‘aveugle’ de Bolton à un signe de dénucléarisation

Le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, ajuste ses lunettes alors que le président américain, Donald Trump, parle lors d’une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, au bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, aux États-Unis, le 2 avril 2019. REUTERS / Joshua Roberts

SEOUL (Reuters) – La Corée du Nord a critiqué l’appel « non-sensé » du conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, à montrer à Pyongyang qu’il était sérieux en ce qui concerne l’abandon de ses armes nucléaires, pour la deuxième fois en moins d’une semaine.

Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il était ouvert à un troisième sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, mais Bolton a déclaré mercredi à Bloomberg qu’il devait d’abord y avoir « une indication réelle de la part de la Corée du Nord qu’elle a pris la décision stratégique de donner des armes nucléaires « .

« Dans une interview avec Bloomberg, Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a montré sa supériorité », a déclaré à la presse le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Choe Son Hui, à la suite de ses commentaires récents, a rapporté l’agence de presse centrale coréenne. le samedi.

« Les remarques de Bolton me font me demander si elles découlaient d’une incompréhension des intentions des plus hauts dirigeants de la RPDC et des États-Unis ou s’il essayait simplement de parler avec un certain sens de l’humour, avec sa propre déviation », at-elle déclaré. se référant à la République populaire démocratique de Corée, nom officiel de la Corée du Nord.

« Tout bien considéré, sa parole n’a pas de charme et il me semble déprimé. »

Le vice-ministre nord-coréen a également averti qu’il ne servirait à rien que les États-Unis continuent à « rejeter de tels propos sans pouvoir discrétionnaire ni raison ».

La Corée du Nord a déclaré jeudi qu’elle ne souhaitait plus traiter avec le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et qu’il devrait être remplacé dans les négociations par quelqu’un de plus mûr, quelques heures après l’annonce du premier essai de son armement depuis la rupture des négociations nucléaires.

Reportage de Joori Roh, Josh Smith; Édité par Nick Macfie

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La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

En quelques années, et grâce à des investissements massifs, la Russie a surpris par sa capacité d’adaptation et de production de matériels militaires de très haute technologie. La Syrie est devenue un théâtre vitrine du savoir faire russe. De quoi intéresser de nombreux pays acheteurs mais également susciter la crainte sur la scène internationale.

La Syrie comme vitrine de l'effort de défense russe
Le conflit syrien, lieu de test pour l’aviation russe

La Syrie, un théâtre de tests opérationnels

Le conflit syrien a, par exemple, permis les tests opérationnels de différents robots de combats téléopérés. C’est le cas pour le Platforma-M et l’Argo depuis 2016. Ces deux robots armés pour le combat permettraient des engagements en zones urbaines sans exposer inutilement les troupes assaillantes.

La modularité des équipements disponibles pour ces robots permet de s’adapter à de multiples situations. Cela explique que les différents sites proches de la Russie comme Sputnik annoncent également le développement de robot de contre-minage, ou sous-marins. Devant le succès d’utilisation des premières gammes de robots russes, la célèbre entreprise Kalachnikov développe également le sien depuis 2015: le Volk-2.

De matériels de toute nouvelle génération extrêmement performants

La protection antiaérienne russe est également un véritable domaine d’expertise qui a pu dévoiler son potentiel en Syrie. Le S-400 est actuellement d’une technologie inégalée et limite l’ampleur de tout bombardement au-dessus de zones protégées par l’armée. La Russie a donc actuellement le pouvoir de bloquer une partie de l’espace aérien syrien à l’OTAN. Israël en fait également les frais depuis 2015 et ne peut survoler l’espace aérien sous contrôle russe qu’avec leur assentiment. Le S-500, actuellement en conception, serait même, en l’état, indestructible du ciel et capable de détruire des missiles hypersoniques dans un rayon de 600 kilomètres. Ce nouveau matériel change donc totalement les doctrines de bombardement aériens.

Les forces aériennes russes ont pu, de plus, tester le Sukhoï Su-57, avion de chasse de 5egénération à même de concurrencer le F-22 américain Cependant, ces nouveaux avions furtifs n’étaient qu’à un stade de prototype.

La marine russe bénéficie également de nouveaux sous-marins depuis 2014 et a la possibilité de lancer de nouveaux missiles de croisières de catégories Kaliber en Syrie depuis la mer Caspienne. En conséquence, la distance de 1500 km n’est plus un problème technique pour un lancement de missile.

Enfin, à défaut de pouvoir posséder un budget similaire aux États-Unis, la Russie a opté pour une spécialité tout aussi efficace que les batteries anti-aériennes : la guerre électronique. Les Américains ont ainsi fait les frais de coupures de communication sur le théâtre syrien, empêchant des frappes aériennes et bloquant les communications avec leurs alliés de l’opposition. De quoi susciter des inquiétudes et une adaptation de l’entraînement américain au combat.

Des succès technologiques qui suscitent craintes et envies

Les succès industriels d’armement russe et leur expérimentation sur le théâtre syrien encouragent leur exportation. Erdogan a  même annoncé, en début 2019, vouloir acquérir des S400 russes, de quoi susciter la polémique au sein de l’OTAN et démontrer l’attractivité croissante de la Russie auprès de son voisin. Le pays vend également des armes à la République Centrafricaine, renouant ainsi avec une vieille tradition de soutien aux pays africains.

Dans un contexte de réarmement mondial, la Russie se replace au premier plan des exportations d’armes. La Syrie est devenue une véritable vitrine de son savoir-faire, ce qui ajoute une dose de cynisme à la tragédie humaine qui s’y déroule depuis 2011. Les dividendes de la paix semblent bien loin.

Sources :

-“Achat d’équipements militaires russes: Erdogan persiste et signe”, Le Figaro, mars 2019

-“Budget, équipements, compétences: que vaut l’armée russe?”, Challenges, décembre 2016

-“Système S-500: le nouveau missile détruira des cibles à 100 kilomètres d’altitude”, russiabeyond.com , avril 2017

-“DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, interview d’Alain Juillet”, Thinkerview, avril 2018

– “Platform-M, le robot combattant”, Chaire de Saint-Cyr, décembre 2015

-“Syrie, la surprise russe pour les USA”, parstoday.com, aout 2018

-“Robots armés autonomes et IA : les 825 millions de coupes budgétaires auraient pu, auraient dû, s’y investir intelligemment” , La Synthèse online, aout 2017

– “Russia’s Platform-M combat robot on display in Sevastopol”, Russia Today, juillet 2015

-“Were Russian Combat Robots Used in Syria ?”, Bellingat.com, janvier 2016

-“La Russie a testé ses avions de chasse dernier cri Su-57 au combat en Syrie”, Russia Today, mars 2018

-“L’avion de combat russe de la 5e génération Soukhoï Su-57 testé en Syrie”,Intellivoire.net, novembre 2018

– “Plus performants et dotés de missiles Kalibr, les nouveaux sous-marins russes préoccupent l’Otan”, Opex360.com, octobre 2018

– “La Russie a lancé 26 missiles de croisière à partir de la mer Caspienne sur des cibles de l’EI”, Réseau International, octobre 2015

-“La guerre en Syrie exhibe les armes russes et encourage leurs ventes”, Memri, janvier 2016

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internatio

Les États-Unis demandent aux pays de refuser l’espace aérien aux avions russes à destination du Venezuela

Les États-Unis demandent aux pays de refuser l’espace aérien aux avions russes à destination du Venezuela

Igor Ivanko / Agence de presse Moskva

Le porte-parole du département d’État américain a appelé les pays à «suivre l’exemple de Malte» et à empêcher les avions militaires russes en route pour le Venezuela d’utiliser leur espace aérien.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré le 4 avril que Malte refusait d’utiliser son espace aérien pour transporter un avion militaire de la Syrie au Venezuela. Zakharova a ajouté que Malte n’avait pas motivé sa décision. agence de presse a rapporté.

«Nous félicitons le gouvernement maltais d’avoir refusé d’autoriser les avions russes à utiliser son espace aérien pour approvisionner l’ancien régime brutal au Venezuela. Nous appelons tous les pays à suivre l’exemple de Malte pour arrêter le soutien du Kremlin pour le dictateur Maduro, » porte – parole du département d’ Etat Morgan Ortagus a tweetévendredi.

La Russie, qui a également fourni des avions de combat, des chars et des systèmes de défense aérienne au Venezuela, a rejeté les critiques de la coopération militaire américaine avec Caracas, affirmant qu’elle n’interférait pas dans les affaires intérieures du pays latino-américain et ne menaçait pas la stabilité régionale.

Le président américain Donald Trump a déjà déclaré que « la Russie doit sortir » du Venezuela et que « toutes les options » sont ouvertes pour obliger la Russie à mettre fin à son aide à Maduro, évoquant la perspective de nouvelles sanctions américaines contre Moscou.

La frénésie anti-Trump menace de mettre fin à la diplomatie des superpuissances.

20.avril.2019 // Les Crises

La frénésie anti-Trump menace de mettre fin à la diplomatie des superpuissances. Par Stephen F. Cohen

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Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 16-01-2019

Les accusations sans fondement de Russiagate continuent de faire courir un risque de guerre avec la Russie.

Par Stephen F. Cohen

16 janvier 2019

Le Nouvel An a apporté un torrent d’allégations de plus en plus frénétiques selon lesquelles le président Donald Trump entretient depuis longtemps une relation de conspiration avec Vladimir Poutine, dirigeant du Kremlin – pourquoi mâcher ces mots et appeler cela « collusion ».

Pourquoi cette frénésie maintenant ? Peut-être parce que les promoteurs du Russiagate en haut lieu craignent que le conseiller spécial Robert Mueller ne présente pas la « bombe » que l’on espérait pour mettre fin à la présidence de Trump. Certes, le chroniqueur du New York Times David Leonhardt semble inquiet, exigeant que « le président doit partir », sa ligne d’appel exhortant : « Qu’est-ce qu’on attend ? » (Dans certains pays, des articles comme le sien, et il y en a beaucoup, seraient considérés comme appelant à un coup d’état.) Peut-être pour inciter les démocrates qui ont maintenant pris le contrôle des comités d’enquête de la Chambre. Peut-être simplement parce que Russiagate est devenu une secte politico-médiatique qu’aucun fait, ou aucun manque de preuves, ne peut dissuader ou diminuer.

Et il n’y a pas de nouvelles preuves crédibles, nonobstant les allégations grotesques. L’une des récentes « bombes » du New York Times, publiée le 12 janvier, rapportait, par exemple, qu’au printemps 2017, les responsables du FBI « ont commencé à enquêter pour savoir si [le président Trump] avait travaillé pour la Russie contre les intérêts américains ». Aucun des trois journalistes n’a pris la peine de signaler que ces « agents et fonctionnaires » incluaient presque certainement ceux que le FBI lui-même a réprimandés et mis à la retraite pour leurs partis pris politiques. (Comme d’habitude, le Times a enfoui sa dénégation de responsabilité en la noyant dans le récit : « Rien ne prouve publiquement que M. Trump était secrètement en contact avec des représentants du gouvernement russe ou qu’il avait suivi leurs instructions. »)

Quelle qu’en soit l’explication, la frénésie exacerbée est indubitable, canalisant presque quotidiennement les « informations » dans une synergie de parutions et de dépêches des médias de la presse qui font la promotion zélée du Russiagate depuis plus de deux ans, en particulier le TimesThe Washington Post, MSNBC, CNN, et leurs journaux apparentés. Ils disposent d’un grand nombre de collaborateurs enthousiastes, dont le distingué Strobe Talbott, le principal conseiller du président Bill Clinton pour la Russie et jusqu’à récemment président de la Brookings Institution. Selon Talbott, « Nous savons déjà que le Kremlin a aidé à faire entrer Trump à la Maison-Blanche et l’a fait passer pour un gogo… Trump a été de connivence avec une Russie hostile tout au long de sa présidence ». En fait, nous ne « savons » rien de tout cela. Ces soupçons et allégations restent largement diffusés.

Dans ce commentaire sectaire, la « menace » d’une « Russie hostile » doit être gonflée avec les accusations contre Trump. (En vérité, la Russie ne représente aucune menace pour les États-Unis autre que celle que Washington, depuis la fin de l’Union soviétique en 1991, n’ait elle-même provoquée). Pour sa propre inflation de menaces, le Times ne présentait pas un expert avec des références plausibles, mais Lisa Page, l’ancienne avocate du FBI sans expertise connue de la Russie, et qui était une de celles que l’agence avait blâmées pour son parti pris politique contre Trump. Néanmoins, le Times cite longuement Page : « Dans la Fédération de Russie et chez le président Poutine lui-même, vous avez un individu dont le but est de perturber l’alliance occidentale et de rendre la démocratie occidentale plus hargneuse afin d’affaiblir notre capacité… à diffuser nos idéaux démocratiques. Nous aurions peut-être dû deviner que les gènes de promotion de la démocratie de J. Edgar Hoover étaient encore vivants et se reproduisaient au FBI, bien que pour le Times, dans son utilisation du malheureux et légalement en danger Page, cela semble sans importance. »

Ce qui nous amène, ou plutôt les fanatiques du Russiagate, à la « menace » accrue que représente « la Russie de Poutine ». Si c’est vrai, nous nous attendrions à ce que le président américain négocie avec le dirigeant du Kremlin, y compris lors des réunions au sommet, comme tous les présidents l’ont fait depuis Dwight Eisenhower. Mais, nous dit-on, nous ne pouvons pas faire confiance à Trump pour le faire, car, selon le Washington Post, il a rencontré Poutine seul à plusieurs reprises, avec seulement des traducteurs présents, et a caché les enregistrements de leurs entretiens privés, signes certains d’un comportement « perfide » comme les médias pro Russiagate l’ont affirmé lors du sommet Trump-Poutin en Helsinki en juillet 2018.

Il est difficile de savoir s’il s’agit d’ignorance historique ou d’une ruse des pro Russiagate, bien que ce soit probablement les deux. Quoi qu’il en soit, la vérité est très différente. En préparant les sommets américano-russes (soviétique et post-soviétique) depuis les années 1950, les assistants des deux parties ont organisé un « temps privatif » pour leurs patrons pour deux raisons essentielles : pour qu’ils puissent développer des relations personnelles suffisantes pour soutenir tout partenariat politique qu’ils décideraient de mettre en place ; et pour qu’ils se préviennent mutuellement des contraintes sur leurs pouvoirs politiques au pays, qu’exercent leurs ennemis souvent présents dans les services secrets respectifs. (Le KGB a mené des opérations contre la politique de détente de Nikita Khrouchtchev avec Eisenhower et, comme il est bien établi, les services de renseignement américains ont mené des opérations contre l’objectif proclamé de Trump de « coopération avec la Russie »).

C’est-à-dire que dans l’histoire moderne des sommets américano-russes, nous dit un ancien ambassadeur américain qui sait que « le secret des réunions privées présidentielles… a été la règle et non l’exception ». Il poursuivait : « Il n’y a rien d’inhabituel à cacher des informations à la bureaucratie au sujet des rencontres privées du président avec des dirigeants étrangers… Parfois, ils dictaient ensuite un mémo, parfois non ». En effet, le président Richard Nixon, méfiant à l’égard de la « bureaucratie » américaine, a quelquefois rencontré en privé Leonid Brejnev, dirigeant du Kremlin, alors que seul le traducteur de Brejnev était présent.

Nous ne devons pas non plus oublier les avantages en matière de sécurité nationale qui ont découlé des réunions privées entre les dirigeants américains et ceux du Kremlin. En octobre 1986, le président Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev se sont rencontrés avec leurs seuls traducteurs et un fonctionnaire américain qui a pris des notes – les deux dirigeants, malgré leurs désaccords, ont convenu en principe que les armes nucléaires devraient être abolies. Le résultat, en 1987, a été le premier et toujours le seul traité à abolir une catégorie entière de ces armes, les armes à portée intermédiaire, extrêmement dangereuses. (C’est le traité historique que Trump a dit qu’il pourrait abroger.)

Et pourtant, les fanatiques du Congrès menacent maintenant d’assigner à comparaître le traducteur américain qui était présent lors des réunions de Trump avec Poutine. Si cette irresponsabilité prévaut, ce sera la fin de la diplomatie au sommet des puissances nucléaires qui a contribué à protéger les États-Unis et le monde d’une guerre catastrophique pendant près de 70 ans – et alors qu’une nouvelle course aux armements nucléaires plus périlleuse se déroule entre ces deux pays. Cela confirmera amplement une thèse présentée dans mon livre La guerre avec la Russie ? à savoir que les allégations anti-Trump de Russiagate sont devenues la menace la plus grave pour notre sécurité.

Les corrections et clarifications suivantes ont été apportées à la version originale de cet article le 17 janvier : Reagan et Gorbatchev se sont rencontrés en privé avec des traducteurs lors du sommet à Reykjavik, Islande, en octobre 1986, et non février, et Reagan était également accompagné par un représentant américain qui a pris des notes. Et il serait plus précis de dire que les deux dirigeants, malgré leurs désaccords, ont convenu en principe que les armes nucléaires devraient être abolies.

Stephen F. Cohen est professeur émérite de sciences politiques et d’études russes à Princeton et NY Université et auteur du nouveau livre War with Russia ? De Poutine et l’Ukraine à Trump et Russiagate. Ce analyse est basée sur les plus récentes de ses entretiens hebdomadaires sur la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie avec John Batchelor, animateur de l’émission de radio. (Le podcast est ici. Les épisodes précédents, nous en sommes maintenant à la cinquième année, sont sur TheNation.com.)

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 16-01-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/la-frenesie-anti-trump-menace-de-mettre-fin-a-la-diplomatie-des-superpuissances-par-stephen-f-cohen/

Du Grand échiquier de Brzezinski à l’hystérie du Russiagate: pourquoi Washington fait la guerre à Moscou

Du Grand échiquier de Brzezinski à l’hystérie du Russiagate: pourquoi Washington fait la guerre à Moscou

 

Tout ça pour ça ? Le Russiagate a fait l’objet d’une hystérie collective pour finalement accoucher d’une souris. Pour comprendre pourquoi la Russie agite autant l’establishment US et les médias dominants, il faut considérer la bataille pour le contrôle de l’Eurasie. Cette région stratégique a toujours nourri la convoitise de Washington, or elle est en train de lui échapper. Des projets se mettent en place entre l’Europe, la Russie et la Chine. Les Etats-Unis ne peuvent l’accepter. C’est ce que nous apprennent l’analyse de documents stratégiques de la Maison Blanche, du Pentagone et des renseignements. Très éclairant ! La Russie n’apparaît pas comme une menace directe pour la sécurité des Etats-Unis, mais l’establishment entretient une russophobie maladive pour justifier ses agressions et stopper le développement de ses concurrents.


« La Russie est une partie inaliénable et organique de la Grande Europe et de la civilisation européenne. Nos citoyens se considèrent comme européens. C’est pourquoi la Russie propose de s’orienter vers la création d’un espace économique commun allant de l’Atlantique à l’océan Pacifique, une communauté qualifiée par les experts russes d’ « Union de l’Europe », qui renforcera le potentiel russe sur son pivot économique vers la « nouvelle Asie ».” Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, février 2012

Les allégations d ’ « ingérence de la Russie » n’ont de sens que si elles sont placées dans un contexte géopolitique plus large. A partir du moment où nous réalisons que Washington met en œuvre une stratégie agressive de « containment » visant à encercler militairement la Russie et la Chine pour étendre ses tentacules à travers l’Asie centrale, nous commençons alors à comprendre que la Russie n’est pas l’auteur des hostilités et de la propagande, mais la victime. Les accusations de piratage informatique commises par la Russie s’inscrivent dans une guerre d’information plus vaste et asymétrique à laquelle tout l’establishment politique de Washington a pris part. L’objectif est d’affaiblir méthodiquement un rival émergent tout en renforçant l’hégémonie globale des États-Unis.

Essayez d’imaginer un instant que les allégations de piratage informatique ne font pas partie d’un plan sinistre de Vladimir Poutine visant à « semer la discorde et la division » aux États-Unis. Imaginez plutôt qu’elles ont été conçues pour créer une menace externe qui justifierait une réponse agressive de Washington. Voilà la nature exacte du Russiagate.

Les décideurs politiques US et leurs alliés au sein de l’armée et des renseignements savent que les relations avec la Russie vont inévitablement devenir de plus en plus conflictuelles, principalement parce que Washington est déterminé à poursuivre son ambitieux projet de « pivot » vers l’Asie. Cette nouvelle stratégie régionale met l’accent sur « le renforcement des alliances bilatérales de sécurité, l’expansion du commerce et des investissements et la création d’une présence militaire élargie« . En bref, les États-Unis sont déterminés à maintenir leur suprématie mondiale en établissant des avant-postes militaires dans toute l’Eurasie, tout en continuant à resserrer l’étau sur la Russie et la Chine. Washington cherche par la même occasion à renforcer sa position d’acteur dominant dans la région la plus peuplée et la plus prospère du monde. Le plan a été esquissé pour la première fois par l’architecte de la domination mondiale de Washington, Zbigniew Brezinski. Voici comment l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter l’a résumé dans son ouvrage majeur de 1997 intitulé : Le Grand échiquier, l’Amérique et le reste du monde. [Traduction littérale du sous-titre en anglais: La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, ndlt]

Pour l’Amérique, l’enjeu géopolitique principal est l’Eurasie (…) On dénombre environ 75% de la population mondiale en Eurasie, ainsi que la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d’entreprises ou de gisements de matières premières. L’addition des produits nationaux bruts du continent compte pour quelque 60% du total mondial. Les trois quarts des ressources énergétiques connues y sont concentrées. »

Quatorze ans après l’écriture de ces mots, l’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, reprenait la bannière de l’expansion impériale et exigeait un changement radical de la politique étrangère US. Il fallait principalement accroître la présence militaire des Etats-Unis en Asie. C’est Clinton qui a lâché pour la première fois le terme « pivot » dans un discours qu’elle a prononcé en 2010 et qui s’intitulait « Le siècle Pacifique de l’Amérique ». Voici un extrait du discours:

« Alors que la guerre en Irak se termine et que les États-Unis commencent à retirer leurs forces de l’Afghanistan, les États-Unis se trouvent à un point pivot. Au cours des 10 dernières années, nous avons alloué d’immenses ressources à ces deux théâtres. Au cours des 10 prochaines années, nous devons être intelligents et méthodiques sur les domaines dans lesquels nous investissons du temps et de l’énergie, afin de nous placer dans la meilleure position possible pour maintenir notre leadership, défendre nos intérêts et faire progresser nos valeurs. L’une des tâches les plus importantes de la politique américaine dans la prochaine décennie consistera donc à assurer un investissement substantiellement accru – diplomatique, économique, stratégique et autre – dans la région Asie-Pacifique…

Les libres marchés d’Asie offrent aux États-Unis des possibilités sans précédent en matière d’investissement, de commerce et d’accès à la technologie de pointe… Les entreprises américaines [ont besoin] d’exploiter la base vaste et croissante des consommateurs d’Asie… La région génère déjà plus de la moitié de la production mondiale et près de la moitié du commerce mondial. Alors que nous nous efforçons d’atteindre l’objectif du Président Obama de doubler nos exportations d’ici 2015, nous recherchons des opportunités de faire davantage d’affaires en Asie et des opportunités d’investir sur les marchés dynamiques d’Asie. ” (« America’s Pacific Century », Secrétaire d’État Hillary Clinton, Foreign Policy Magazine, 2011)

La stratégie du pivot n’est pas une simple copie réchauffée du Grand Jeu du 19e siècle promue par des think-tanks fantaisistes et des complotistes. C’est la plus importante doctrine de politique étrangère de Washington, une théorie de « rééquilibrage » axée sur le renforcement de la présence militaire et diplomatique des États-Unis dans l’ensemble du territoire asiatique. Naturellement, les sinistres mouvements de troupes de l’OTAN sur le flanc occidental de la Russie et les opérations navales provocatrices de Washington en mer de Chine méridionale ont envoyé des signaux d’alerte à Moscou et à Pékin. L’ancien président chinois Hu Jintao a résumé la situation de la manière suivante :

« Les États-Unis ont renforcé leurs déploiements militaires dans la région d’Asie-Pacifique, ont renforcé leur alliance militaire avec le Japon, ont renforcé leur coopération stratégique avec l’Inde, ont amélioré leurs relations avec le Vietnam, ont mis le Pakistan de leur côté, ont établi un gouvernement pro-américain en Afghanistan, ont augmenté les ventes d’armes à Taiwan, et ainsi de suite. Ils ont étendu les avant-postes et mis des points de pression sur nous depuis l’est, le sud et l’ouest. »

Le président russe Vladimir Poutine a également critiqué le comportement imprévisible de Washington. L’expansion de l’OTAN vers l’Est a convaincu Poutine que les États-Unis continueront d’être une force perturbatrice sur le continent dans un avenir proche. Les deux dirigeants craignent que les provocations incessantes de Washington ne mènent à un affrontement inattendu qui se terminera par une guerre.

Malgré tout, la classe politique US a pleinement adhéré à la stratégie du pivot. C’est une ultime tentative de revenir en arrière, dans l’ère de l’après-guerre, lorsque les centres industriels du monde étaient en ruine et que l’Amérique était le seul maître à bord. À présent, le centre de gravité s’est déplacé d’ouest en est, ne laissant à Washington que deux options: soit laisser les géants émergents d’Asie connecter leurs voies ferroviaires et leurs gazoducs à l’Europe en créant la plus grande zone de libre-échange du monde; soit chambouler le tout, intimider les alliés et menacer les rivaux, en appliquant des sanctions qui ralentissent la croissance et font chuter les devises, et en armant des djihadistes mandatés pour attiser la haine ethnique et fomenter des troubles politiques. Clairement, le choix a déjà été fait. Oncle Sam a décidé de se battre jusqu’au bout.

Washington a de nombreuses façons de traiter ses ennemis, mais aucune de ces stratégies n’a freiné la croissance de ses concurrents à l’Est. La Chine est sur le point de dépasser les Etats-Unis en tant que première économie du monde, tandis que l’intervention de la Russie en Syrie a annulé le plan de Washington visant à renverser Bashar al Assad et à renforcer son emprise sur le Moyen-Orient, riche en ressources. Ce plan s’est maintenant effondré, obligeant les décideurs US à abandonner complètement la guerre contre le terrorisme et à passer à une « compétition des grandes puissances » qui reconnaît que les États-Unis ne peuvent plus imposer unilatéralement leur volonté, où qu’ils aillent. Des défis à la domination des États-Unis émergent partout, particulièrement dans la région que les Etats-Unis espèrent dominer, l’Asie.

C’est la raison pour laquelle l’ensemble de l’appareil de la sécurité nationale se tient désormais derrière l’improbable stratégie du Pivot. C’est une tentative désespérée de maintenir un ordre unipolaire en décomposition.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Cela signifie que la Maison Blanche, le Pentagone et la communauté du renseignement  ont tous élaboré leurs propres analyses respectives des plus grands défis auxquels les États-Unis sont actuellement confrontés : la « Stratégie de sécurité nationale » pour la Maison Blanche, la « Stratégie de défense nationale » pour le Pentagone et l’ « Evaluation des menaces mondiales » pour les renseignements. Naturellement, la Russie figure en tête de liste. La Russie a fait dérailler la guerre par procuration de Washington en Syrie, elle a contrecarré les tentatives des États-Unis de s’établir en Asie centrale et elle a renforcé ses liens avec l’Union européenne dans l’espoir de « créer une communauté harmonieuse d’économies de Lisbonne à Vladivostok« . (Poutine)

N’oubliez pas que les États-Unis ne se sentent pas menacés par la possibilité d’une attaque russe, mais par la capacité de la Russie à contrecarrer leurs grandes ambitions impériales en Asie.

Comme nous l’avons noté, la Stratégie de sécurité nationale (SNS) est un document statutaire de la Maison-Blanche qui explique comment le président entend mettre en œuvre sa vision de la sécurité nationale. Sans surprise, le document se concentre principalement sur la Russie et la Chine. Voici un extrait :

« La Chine et la Russie défient le pouvoir, l’influence et les intérêts des États-Unis en tentant d’éroder la sécurité et la prospérité des États-Unis. Elles sont déterminées à rendre les économies moins libres et moins justes, à développer leurs armées et à contrôler les informations et les données afin de réprimer leurs sociétés et d’étendre leur influence. » (Ni la Russie ni la Chine ne cherchent à éroder la sécurité et la prospérité étasuniennes. Elles développent simplement leurs économies et étendent leurs marchés. Si les entreprises US réinvestissaient leur capital dans les usines, dans la formation de leurs employés et dans la recherche et le développement, plutôt que dans des rachats d’actions et dans les indemnités de leurs dirigeants, elles seraient alors capables de mieux mener leurs activités à l’échelle mondiale.)

En voici plus : « À travers des formes modernisées de tactiques subversives, la Russie s’ingère dans les affaires politiques internes d’autres pays partout dans le monde. » (C’est l’hôpital qui se fout de la charité.)

« Aujourd’hui, des acteurs tels que la Russie utilise des outils d’information pour saper la légitimité des démocraties. Ces adversaires ciblent les médias, les processus politiques, les réseaux financiers et les données personnelles. » (Le mastodonte des médias occidentaux est le plus grand porte-parole de la désinformation que le monde a connu. RT et Sputnik n’arrivent pas à la cheville de la clique qui contrôle les télévisions du câble, les journaux et la plupart des médias imprimés. Le rapport Mueller prouve sans l’ombre d’un doute que l’absurdité politiquement motivée que l’on a pu découvrir dans les médias n’est ni fiable ni digne de confiance.)

L’Evaluation des Menaces Mondiales de la communauté du renseignement US est encore plus explicite dans ses attaques contre la Russie. Voyez vous-mêmes :

« Les menaces à la sécurité nationale des États-Unis vont s’aggraver et se diversifier au cours de l’année à venir, en partie sous l’effet de la Chine et de la Russie, qui sont respectivement en concurrence plus intense avec les États-Unis et leurs alliés et partenaires traditionnels…. Nous estimons que Moscou poursuivra une série d’objectifs pour élargir son champ d’action, notamment en sapant l’ordre international libéral dirigé par les États-Unis, en divisant les institutions politiques et de sécurité occidentales, en démontrant la capacité de la Russie à régler les problèmes mondiaux et en renforçant la légitimité nationale de Poutine.

 Nous estimons que Moscou a gagné en confiance, grâce à son succès dans la restauration du contrôle territorial du régime d’Assad en Syrie… La Russie cherche à renforcer sa présence militaire et son influence politique en Méditerranée et dans la mer Rouge… pour résoudre les conflits, notamment en s’engageant dans le Processus de Paix au Moyen-Orient et dans la réconciliation afghane.

 La Russie continuera de faire pression sur les dirigeants d’Asie centrale pour qu’ils soutiennent les initiatives économiques et de sécurité conduites par la Russie et réduisent leurs relations avec Washington. … La Russie et la Chine vont probablement intensifier leurs efforts pour renforcer leur influence en Europe aux dépens des intérêts US » (« L’Évaluation des Menaces Mondiales du renseignement américain », USG)

Vous remarquerez que le résumé de la communauté du renseignement ne suggère pas que la Russie présente une menace militaire imminente aux Etats-Unis. Elle a juste rétabli l’ordre en Syrie, elle a renforcé ses liens avec la Chine, elle s’est révélée être « un intermédiaire honnête » auprès des pays du Moyen-Orient et elle a utilisé le système du marché libre pour améliorer ses relations avec ses partenaires commerciaux et développer son économie. En fait, les renseignements US semblent critiquer la Russie parce qu’elle utilise le système créé par les États-Unis pour en tirer un meilleur avantage. Cela est tout à fait compréhensible compte tenu de la volonté de Poutine de rapprocher l’Europe et l’Asie grâce à un plan d’intégration économique régional. Voici ce que Poutine en dit :

« Nous devons envisager une coopération plus étendue dans le domaine de l’énergie, jusqu’à la formation d’un complexe énergétique européen commun. Le gazoduc Nord Stream sous la mer Baltique et le gazoduc South Stream sous la mer Noire sont des étapes importantes dans cette direction. Ces projets bénéficient du soutien de nombreux gouvernements et impliquent de grandes entreprises énergétiques européennes. Lorsque les gazoducs commenceront à fonctionner à leur pleine capacité, l’Europe disposera d’un système d’approvisionnement en gaz fiable et flexible qui ne dépendra pas des caprices politiques d’un pays. Cela renforcera la sécurité énergétique du continent non seulement en forme mais en substance. Ceci est particulièrement pertinent à la lumière de la décision de certains États européens de réduire ou de renoncer à l’énergie nucléaire. »

Les gazoducs et le train à grande vitesse sont les artères qui relieront les continents et renforceront le nouveau super-État Eurasien. C’est le plus grand cauchemar de Washington, une immense zone de libre-échange florissante, hors de sa portée et non soumise à ses règles. En 2012, Hillary Clinton a reconnu cette nouvelle menace et a promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour la détruire. Lisez donc cet extrait :

« La secrétaire d’État US Hillary Clinton a décrit les efforts déployés pour promouvoir une plus grande intégration économique en Eurasie comme «un mouvement de re-soviétisation de la région».…. « Nous savons quel est l’objectif et nous essayons de trouver des moyens efficaces pour le ralentir ou l’empêcher« , a-t-elle déclaré lors d’une conférence internationale à Dublin le 6 décembre 2012, Radio Free Europe.

“Le ralentir ou l’empêcher” ?

Pourquoi ? Parce que la croissance et la prospérité eurasienne exerceront des pressions sur les marchés de la dette US, les intérêts des entreprises US, la dette publique (et gonflée) des Etats-Unis et leur dollar ? Est-ce la raison pour laquelle Hillary est si résolue à saboter le plan d’intégration économique de Poutine ?

En effet, c’est de cela qu’il s’agit. Washington veut bloquer le progrès et la prospérité à l’Est afin de prolonger la durée de vie d’un État sinistre et complètement en faillite qui affiche actuellement 22 000 milliards de dollars dans le rouge tout en continuant à faire des chèques sur un compte à découvert.

Toutefois, la Russie ne devrait pas être tenue pour responsable du comportement insensé de Washington. Ce n’est pas la faute de Poutine. Moscou utilise simplement et de manière plus efficace le système du marché libre mis en place par les États-Unis.

Examinons maintenant la Stratégie de défense nationale (SND) du Pentagone pour 2018, qui reprend bon nombre des mêmes thèmes que les deux autres documents.

« Nous sortons aujourd’hui d’une période d’atrophie stratégique, conscients que notre avantage militaire concurrentiel s’est érodé. Nous sommes confrontés à un désordre mondial accru, caractérisé par un déclin de l’ordre international fondé de longue date sur des règles, créant un environnement de sécurité plus complexe et instable que tout ce que nous avons connu récemment. La concurrence stratégique entre États, et non le terrorisme, est désormais la principale préoccupation de la sécurité nationale des États-Unis« .

Naturellement, « l’environnement de sécurité » devrait sacrément se complexifier si tout le monde faisait du « changement de régime » la pierre angulaire de sa politique étrangère. Bien sûr, la SND passe sous silence ce triste aspect. En voilà plus :

« La Russie a violé les frontières de pays voisins et a exercé son droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et de sécurité de ses voisins… »

Du flan! La Russie a été une force pour la stabilité de la Syrie et de l’Ukraine. Si Obama avait réussi, la Syrie serait devenue comme l’Irak, une terre infernale occupée par des mercenaires étrangers. C’est ainsi que le Pentagone évalue le succès ? Encore un peu :

La Chine et la Russie veulent façonner un monde cohérent avec leur modèle autoritaire…

« La Chine et la Russie sapent maintenant l’ordre international au sein du système …

« La Chine et la Russie sont les principales priorités du Département… en raison de l’ampleur des menaces qu’elles représentent pour la sécurité américaine. » (Stratégie de défense nationale des États-Unis d’Amérique)

Vous voyez le tableau ? Chine et Russie, Chine et Russie, Chine et Russie. Méchant, méchant, méchant.

Pourquoi ? Parce qu’ils mettent en œuvre avec succès leur propre modèle de développement, qui n’est PAS programmé pour favoriser les institutions financières et les entreprises étasuniennes. C’est tout. La seule raison pour laquelle la Russie et la Chine menacent le « système fondé sur des règles », c’est que Washington insiste pour être le seul à établir les règles. Et c’est la raison pour laquelle les dirigeants étrangers ne restent plus dans le rang, c’est parce que ce système n’est pas juste.

Ces appréciations représentent l’opinion dominante des décideurs politiques de haut niveau : la Maison Blanche, le Pentagone et la communauté des services de renseignement. Le gouvernement US est unanime pour dire qu’une approche plus dure et plus combative est nécessaire pour traiter avec la Russie et la Chine. Les élites de la politique étrangère veulent mettre la nation sur un chemin jonché de plus de confrontations, plus de conflits et plus de guerres. Dans le même temps, aucun de ces trois documents ne suggère que la Russie ait l’intention de lancer une attaque contre les États-Unis. La principale préoccupation porte sur l’effet que les concurrents émergents auront sur les visées provocatrices d’expansion militaire et économique de Washington. Le problème, c’est la menace que la Russie et la Chine posent à la mince emprise qu’exercent encore les Etats-Unis sur le globe. C’est cette peur qui dirige la politique étrangère US.

Et c’est bien dans ce large contexte que nous devons inscrire l’enquête sur la Russie. Si la fureur du piratage russe a pu s’épanouir et se répandre de la sorte, malgré l’absence évidente de preuves, c’est parce que la diabolisation de la Russie correspond parfaitement aux intérêts géopolitiques des élites au pouvoir. Les dirigeants US travaillent activement avec les médias pour influencer l’opinion publique sur des questions importantes aux yeux de l’establishment de la politique étrangère. L’objectif apparent de ces opérations psychologiques (PSYOP) est d’utiliser de manière sélective l’information sur « les publics pour influencer leurs émotions, leurs motivations, leur raisonnement objectif et, finalement, le comportement d’organisations, de groupes et d’individus« .

Les dirigeants US considèrent les esprits des Américains ordinaires comme une cible légitime pour leurs campagnes d’influence. Ils considèrent les attitudes et les perceptions comme « le front cognitif du champ de bataille », un terrain qu’ils doivent exploiter afin de susciter l’appui de l’opinion à leurs guerres et à leurs interventions extrêmement impopulaires. L’implacable récit du Russiagate a d’abord été rapporté au FBI par l’architecte de la guerre en Syrie, John Brennan, ancien directeur de la CIA. Cette affaire représente le principal élément de désinformation de la vaste campagne menée contre la Russie. Les élites de la politique étrangère sont déterminées à persuader le peuple étasunien que la Russie constitue une menace matérielle pour leur sécurité, une menace qui doit être combattue par des sanctions plus sévères, des attaques plus vives, et finalement la guerre.

Mike Whitney

Du Grand échiquier de Brzezinski à l’hystérie du Russiagate: pourquoi Washington fait la guerre à Moscou

https://www.mondialisation.ca/du-grand-echiquier-de-brzezinski-a-lhysterie-du-russiagate-pourquoi-washington-fait-la-guerre-a-moscou/563278

L’Occident laissera-t-il construire des chemins de fer reliant le Golfe à la Méditerranée ?

L’Occident laissera-t-il construire des chemins de fer reliant le Golfe à la Méditerranée ?

Alors que les Etats-Unis et leurs alliés ont délibérément créé les conditions de la famine en Corée du Nord, puis au Soudan, en Tunisie et aujourd’hui au Yémen, ils commencent à y conduire la Syrie. Le seul moyen de s’en préserver est de relancer l’économie régionale qui s’est effondrée durant les guerres d’Iraq et de Syrie. Deux projets de chemin de fer se concurrencent : l’un pour développer la région, le second pour la diviser. Les Occidentaux se comporteront-ils en êtres humains ou poursuivront-ils leur rêve de domination ?

 | DAMAS (SYRIE)  

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Pour sa reconstruction, la Syrie ne peut compter que sur elle même, car aucun de ceux qui ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour la détruire n’est prêt à débourser le moindre centime pour la reconstruire.

Dans ces conditions, l’avenir du pays est de renouer avec son passé : lorsqu’il était le point de passage obligé entre l’océan Indien et la mer Méditerranée. Durant l’antiquité, la « route de la soie » partait de l’ancienne capitale chinoise de Xi’an pour aboutir à Antioche et à Tyr.

Cette route n’était pas seulement un passage permettant d’échanger des marchandises de ville en ville, c’était aussi une voie culturelle par laquelle la philosophie chinoise se diffusa en Asie et la religion musulmane arriva en Chine ; une route dont la langue commune fut non pas le mandarin, mais le persan. Par la suite, la Syrie continua à être le passage entre l’océan Indien et la Méditerranée, ce qui lui assura la prospérité jusqu’à la construction du Canal de Suez.

Le projet d’un chemin de fer reliant le port iranien de Khorramshahr, à la frontière iraquienne, à la côte méditerranéenne syrienne, via Bagdad, n’est pas nouveau. Il avait déjà été planifié avant la guerre, à l’époque du marché commun turco-irano-syrien. Ses voies furent systématiquement sabotées par les mercenaires pro-Occidentaux, faisant dérailler les trains et tuant le personnel et les voyageurs.

Ainsi, depuis le début, les concepteurs de la guerre —Royaume-Uni en tête— entendaient empêcher l’activité économique de la Syrie. C’est un comportement caractéristique du colonialisme britannique : s’assurer que les peuples colonisés resteront toujours dépendants.

Par exemple, alors que l’Inde était le principal producteur de coton, Londres s’assura qu’elle puisse produire, mais interdit qu’elle file, de sorte que le tissu ne puisse être réalisé qu’en Angleterre. C’est pourquoi le Mahatma Gandhi fila le coton au rouet comme un acte de subversion.

Les Etats-Unis prétendent aujourd’hui s’opposer à ce projet de chemin de fer pour prévenir l’envoi d’armes lourdes iraniennes au Liban. Nous savons que ce n’est qu’un prétexte puisque le secrétaire d’Etat Mike Pompeo l’a lui même déclaré le mois dernier. Le seul objectif de Washington est de retarder l’exploitation du gaz et du pétrole syrien le temps qu’il vende ses hydrocarbures de schiste (dont la production devrait rapidement décliner à partir de 2023, selon l’Agence internationale de l’Energie).

En avril 2017, puis en novembre dernier, Israël a proposé de construire un autre chemin de fer entre les deux mers. Le ministre des Renseignements et des Transports, Israël Katz, a semble-t-il obtenu l’accord de la Jordanie, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Sultanat d’Oman. L’envoyé spécial US, Jason Greenblatt, a suggéré que le projet israélien pourrait être inclus dans le « Deal du siècle ».

La quantité de marchandises à acheminer est telle que les deux projets, quoique concurrents, peuvent parfaitement coexister, mais Tel-Aviv n’a pas la réputation d’être partageur.

A vrai dire, les seuls perdants devraient être les Européens de l’Ouest. Car les marchandises d’aujourd’hui ne sont plus celles de la route de la soie antique. Autrefois, les Européens ne produisaient pas de soie alors que la Chine leur en offrait. Aujourd’hui, les uns et les autres produisent les mêmes choses, les chinoises étant de moins bonne qualité, mais beaucoup moins chères. Leur arrivée massive pourrait détruire rapidement ce qui reste de l’industrie européenne. Pour se préserver, les Européens de l’Ouest devraient réglementer leurs échanges.

Source
Al-Watan (Syrie)

https://www.voltairenet.org/article205759.html

Le quitte ou double de Trump

Le quitte ou double de Trump

Édito
15 avril 2019
Le point de vue de Pascal Boniface

Donald Trump affirme vouloir rompre avec la politique d’hégémonie libérale suivie par ses prédécesseurs depuis la fin de la guerre froide. Celle-ci a conduit, au nom des bonnes intentions de promotion de la démocratie, à des interventions militaires qui n’ont débouché que sur des catastrophes.

Barack Obama a reconnu que la participation des États-Unis à l’intervention militaire en Libye constituait la pire erreur de ses deux mandats à la présidence du pays. Il était d’ailleurs plus que réticent pour s’y engager et a accepté de le faire après un fort lobbying en ce sens d’Hillary Clinton, alors secrétaire d’État.

Donald Trump affirmait vouloir se rapprocher de la Russie et s’éloigner de l’OTAN. Il n’a pas pu le faire, la structure de sécurité américaine l’en ayant empêché. Il n’a pas non plus pu, comme il le voulait, mettre totalement fin à la présence militaire américaine en Syrie ou en Afghanistan, le Pentagone et les services américains ayant eu le dernier mot.

Mais Donald Trump ne veut pas abandonner une politique d’hégémonie libérale pour adopter une politique multilatérale, chacun l’a bien compris.

Ses slogans Make America Great Again, ou America First marquent bien sa volonté de voir l’Amérique dominer le monde et imposer sa loi. Mais lui qui est si éloigné d’Obama, le rejoint sur un point : l’Amérique ne peut plus être le gendarme du monde, au sens militaire du terme.

Certes, il laisse officiellement sur la table l’option d’une intervention militaire au Venezuela, une telle intervention n’est pas non plus totalement exclue concernant l’Iran.

Donald Trump a choisi une autre voie pour ancrer la suprématie américaine. Les menaces de sanctions s’appuyant à la fois sur l’attractivité du marché américain et sur l’application de plus en plus intense d’une législation américaine au caractère extraterritorial.

Adam Szubin, ancien sous-secrétaire au Trésor pour les questions de terrorisme et d’intelligence économique sous Barack Obama, et Paula Dobriansky, ancienne sous-secrétaire aux affaires mondiales sous Georges W.Bush, viennent de publier un rapport « Maintaining America’s coercitive economic strenght ». Leur objectif est donc bien de maintenir une capacité coercitive des États-Unis et non de passer à une politique multilatérale. Et c’est pour maintenir cette capacité qu’ils critiquent la politique mise en place par Donald Trump.

Ils estiment que l’utilisation plus agressive des sanctions risque, à terme, d’avoir des répercussions négatives tant économiques que diplomatiques, du fait de l’opposition grandissante qu’elles suscitent.  Elles sont, de plus, jugées illégales au regard de leur caractère extraterritorial. Ils redoutent que l’activisme du Congrès sur ces sujets (il est toujours populaire de décréter des sanctions contre les pays ayant une mauvaise image) n’entrave la liberté d’action de l’exécutif.

Elles peuvent avoir des effets négatifs non désirés (augmentation des prix de l’énergie ou d’autres matières premières). Mais surtout, les auteurs mettent en garde contre le regain d’effort des gouvernements étrangers (Russie, Chine, Europe) pour contourner les sanctions, qui leur fait prendre des distances avec le système financier américain, jusqu’ici incontournable. A terme, l’usage excessif des sanctions pourrait affaiblir le rôle du dollar, et, plus généralement, brider la puissance des États-Unis.

Donald Trump aime à se montrer brutal et intransigeant. Mais il est avant tout pragmatique. Et malgré ses rodomontades et ses excès, il a déjà reculé lorsque le rapport de force l’y a contraint. Ce fut notamment le cas lorsque l’Union européenne a menacé de répliquer face à sa menace de hausse des taxes à l’importation sur des produits européens, par des taxes comparables sur les produits américains exportés vers l’Europe.

La multiplication et l’intensification des menaces de sanctions, d’extraterritorialité, placent les autres pays face à une alternative simple : soit ils cèdent et entrainent alors réellement le monde vers  l’unipolarité rêvée par les dirigeants américains après la fin de la guerre froide, mais qui n’était pas jusqu’ici devenu réalité ; soit ils répliquent, notamment en délaissant le dollar pour leurs échanges internationaux et alors, le pari de Trump basé sur le chantage échouera.

Le test sera de voir si prochainement des achats de pétrole seront facturés dans une autre monnaie que le dollar.

Pascal Bonifacedirecteur de l’IRIS, vient de publier « Requiem pour le monde occidental » aux éditions Eyrolles. Disponible sur le site de l’IRIS.

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

 

    https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/La décision prise par le gouvernement équatorien du président Lenín Moreno d’inviter la police britannique dans son ambassade de Londres à enlever Julian Assange, ouvrant la voie à l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis, constitue une violation flagrante du droit international et un honteux nouveau chapitre de la lâcheté et de la soumission de la bourgeoisie de l’Amérique latine à l’impérialisme américain.

    Le gouvernement équatorien a non seulement ouvert les portes de son ambassade au peloton d’intervention policière britannique, mais il a annoncé jeudi que le jour précédent, sans notification à Assange ni à ses avocats, le ministère des affaires étrangères du pays avait sommairement déchu le journaliste de sa citoyenneté équatorienne, qui lui avait été accordée en 2017 dans le but d’obtenir sa liberté de l’ambassade sous couverture diplomatique.

    Des responsables gouvernementaux ont affirmé que la décision d’octroyer la citoyenneté à Assange avait été entachée «d’irrégularités» non spécifiées. Le motif de l’abrogation de la décision était clair: la constitution équatorienne interdit l’extradition des ses citoyens et exige qu’ils soient jugés pour tout crime en conformité avec ses propres lois.

    Le président Lenín Moreno a annoncé son sale marché avec l’impérialisme américain et britannique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, dans laquelle il affirmait avoir obtenu la garantie de Londres que Assange ne serait pas extradé vers «un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». Ce mensonge a été immédiatement contredit du fait que le ministère américain de la Justice ait publié un acte d’accusation, et les autorités britanniques ont clairement indiqué qu’elles attendaient de mettre à exécution l’extradition d’Assange vers un pays où la peine de mort est en vigueur et qui pratique la torture à l’échelle internationale.

    L’avocat équatorien d’Assange, Carlos Poveda, a dénoncé les actions arbitraires, antidémocratiques et extrajudiciaires du gouvernement. «Au minimum, nous aurions dû être informés afin que nous puissions exercer le droit de la défense», a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que la loi stipule que tout arrêt d’asile doit d’abord être examiné avec le demandeur d’asile, qui a le droit de plaider sa cause.

    Le ministre des affaires étrangères d’Équateur, Jose Valencia, s’est présenté jeudi devant l’Assemblée nationale du pays pour justifier l’acte illégal commis par le gouvernement visant à priver Assange sommairement de son asile.

    La présentation de Valencia, qui a été interrompue par des cris de «traître» et de vendepatria, de la part des législateurs de l’opposition, comprenait neuf points, composés de mensonges et d’absurdités.

    Il a affirmé qu’Assange, qui avait été détenu dans des conditions de plus en plus draconiennes dans l’ambassade, en grande partie coupé du monde extérieur, s’était livré à «d’innombrables actes d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres États», s’était mal comporté envers les représentants de l’ambassade et avait «proféré des menaces insultantes» contre le gouvernement équatorien, y compris l’accusation «infâme et diffamatoire» selon laquelle il «agissait sous la pression de pays étrangers».

    Ce même Valencia avait, la semaine dernière, dénoncé l’avertissement « insultant » de WikiLeaks selon lequel son gouvernement était parvenu à un accord avec les autorités britanniques pour confier Assange à la police britannique.

    Valence alla jusqu’à prétendre que la remise d’Assange avait été effectuée en partie pour préserver sa santé. Il s’est ensuite plaint des dépenses considérables que l’ambassade avait encourues pour sa nourriture, ses frais médicaux et sa lessive.

    Le contexte immédiat de l’action du gouvernement équatorien est un scandale de corruption qui fait rage et qui implique le président Moreno et sa famille. Les «papiers INA», un vaste ensemble de documents, courriels et autres communications via les médias sociaux, ont impliqué Moreno dans des crimes allant de la corruption officielle au parjure en passant par le blanchiment d’argent.

    Au centre du scandale se trouve un projet dans lequel la société chinoise Sinohydro, qui a construit un barrage hydroélectrique en Équateur, a versé 18 millions de dollars de pots de vin à une société offshore, qui a ensuite transféré les fonds à un ensemble de 10 sociétés-écran comprenant INA Investments Corp, appartenant à Edwin Moreno, le frère du président. Le nom de la société est tiré de la syllabe commune aux noms des trois filles du président, Irina, Cristina et Karina.

    Le législateur de l’opposition Ronny Aleaga, qui a déclaré avoir reçu le dossier anonymement, a insisté pour que les documents établissent que la société avait été placée sous la direction de prête-nom afin de dissimuler les liens du président avec la combine.

    Les documents ont été publiés pour la première fois en février 2019, suscitant une enquête du Congrès. Le 26 mars, le compte Twitter de WikiLeaks a attiré l’attention sur l’enquête, citant un reportage du New York Times selon lequel Moreno était en discussion avec l’administration Trump – via un voyage à Quito en mai 2017 de l’ancien président de la campagne de Trump, Paul Manafort – de la remise d’Assange en échange d’un allégement de la dette.

    Le ministre des affaires étrangères, Valencia, a réagi immédiatement au tweet, le traitant «de mensonge absurde afin de porter atteinte à la dignité de notre pays», et a juré que le gouvernement prendrait des mesures.

    Par la suite, Moreno et ses subordonnés ont tenté de déformer le tweet des informations de Wikileaks, déjà diffusées et bien éventées en Equateur comme la preuve qu’Assange, dans l’isolement quasi-total à l’ambassade de Londres, était personnellement responsable du piratage du téléphone et des courriels du président.

    Dans les deux jours qui ont suivi le tweet de WikiLeaks, l’Assemblée nationale équatorienne, dans laquelle le parti de Moreno et les autres partis de droite détiennent la majorité, a adopté une résolution appelant le ministère des affaires étrangères à exercer des représailles contre Assange à propos la fuite des papiers INA.

    Le président équatorien a mené une campagne cynique, affirmant qu’il était victime d’une atteinte à la vie privée et que les documents de l’INA comprenaient des «photos privées» de lui-même et de sa famille, dans le but de détourner l’attention du public des nombreuses preuves de sa corruption sans bornes.

    A travers l’expulsion d’Assange de l’ambassade de Londres, le gouvernement de Moreno a intensifié sa campagne. Maria Paula Romo, ministre équatorienne de l’Intérieur, a déclaré qu’Assange et WikiLeaks étaient impliqués dans un complot visant à «déstabiliser» le gouvernement Moreno, qui impliquait prétendument deux «pirates informatiques russes» travaillant en Équateur, Ricardo Patiño, ancien ministre équatorien des affaires étrangères, et éventuellement, le gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Elle a affirmé que les preuves de ce complot seraient bientôt transmises aux procureurs équatoriens.

    Tout cela est un tas de mensonges destinés à détourner l’attention des accusations de corruption portées contre Moreno et à détourner la colère populaire croissante contre son gouvernement de droite. Les sondages récents ont placé sa popularité à peine 17 pour cent.

    Moreno a clairement indiqué son intention de trahir Assange dès son entrée en fonction en 2017. Il a qualifié le journaliste né en Australie de «pirate informatique», de «problème hérité» et de «cailloux dans notre chaussure».

    Le précédent gouvernement du président Rafael Correa avait accordé l’asile à Assange en 2012 en raison des preuves évidentes de ses persécutions politiques pour avoir révélé les crimes de guerre impérialistes du gouvernement américain, la surveillance de masse et les complots antidémocratiques perpétrés par Washington, d’autres gouvernements et des sociétés transnationales.

    Lorsque le gouvernement de Quito a décidé d’accorder l’asile à Assange dans son ambassade à Londres, son ministre des affaires étrangères de l’époque, Ricardo Patiño, déclara que la vendetta de Washington contre le journaliste «pourrait mettre en danger sa sécurité, son intégrité et même sa vie». Il continua : «Les preuves montrent que si M. Assange est extradé aux États-Unis, il ne bénéficiera pas d’un procès équitable. Il n’est absolument pas impossible qu’il puisse être soumis à des traitements cruels et dégradants et condamné à la réclusion à perpétuité ou même à la peine capitale.»

    Qu’est-ce qui a changé depuis presque sept ans qu’Assange s’est retrouvé pris au piège dans l’ambassade équatorienne? L’administration Trump n’a fait qu’expliciter les menaces qui pèsent sur le journaliste. L’ancien directeur de la CIA et secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que WikiLeaks était un «service de renseignement non-étatique hostile» dont les activités ne sont pas protégées par le premier amendement de la constitution. L’ancien procureur général Jeff Sessions a insisté sur le fait que ramener Assange aux États-Unis enchaîné pour faire face à un procès truqué était une «priorité» pour le ministère de la justice des États-Unis.

    Le changement ne réside pas dans la menace qui pèse sur Assange, mais plutôt dans le virage à droite brutal du gouvernement de Lenín Moreno, qui fait partie d’une vague de réaction qui a accompagné le reflux de la fameuse marée rose dans toute l’Amérique latine.

    Nulle part cela n’a été plus évident que dans les politiques suivies par Moreno, successeur trié sur le volet par l’ancien président Correa qui s’était déclaré partisan de la «révolution bolivarienne» et du «socialisme du XXIe siècle».

    Moreno a poursuivi une politique visant à subordonner l’Équateur aux banques et institutions financières internationales sur le plan économique et à l’impérialisme américain sur le plan politique. Plus tôt cette année, il a conclu des accords avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales pour un crédit de 10 milliards de dollars en échange de la mise en œuvre de mesures d’austérité draconiennes qui ont entraîné la suppression de plus de 10.000 emplois dans le secteur public, ainsi que la moitié des ministères du gouvernement, ainsi que la réduction des impôts sur les riches, la destruction du droit de travail et la suppression des subventions aux prix du carburant.

    Ces politiques ont provoqué des manifestations de masse et une grève générale contre le gouvernement Moreno.

    En même temps, Moreno a sollicité l’approbation du département d’État américain et du Pentagone, devenant l’un des partisans les plus enthousiastes du coup d’État impulsé par les États-Unis au Venezuela et du prétendu «président par intérim» Juan Guaidó.

    Correa, l’ancien président de l’Équateur, a condamné l’action du gouvernement Moreno. «Lenín Moreno, le plus grand traître de l’histoire de l’Équateur et de l’Amérique latine, a autorisé la police britannique à pénétrer dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange», a-t-il déclaré. Moreno, a-t-il ajouté, «a démontré son manque d’humanité devant le monde en rendant Julian Assange – non seulement un demandeur d’asile, mais aussi un citoyen équatorien – à la police britannique», ce qui a mis à la fois sa vie «en danger» et a «humilié l’Équateur».

    De même, l’ancien ministre des affaires étrangères équatorien, Guillaume Long, a publié jeudi une déclaration dans laquelle il dénonçait cette arrestation. «La reddition de Julian Assange, traîné par la police britannique après être entrée dans notre mission diplomatique pour l’enlever, est une honte nationale et une erreur historique qui laissera une marque profonde sur l’Équateur pendant longtemps», a-t-il déclaré.

    Long a ajouté que la décision du gouvernement violait les décisions des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et que «les générations futures d’Équatoriens s’en souviendront comme un acte infâme, de servilité, et de dégradation éthique.»

    La trahison d’Assange fait partie intégrante du virage à droite du gouvernement Moreno et de l’adaptation à l’impérialisme américain, qui a jeté les bases d’une attaque frontale contre la classe ouvrière équatorienne. La défense d’Assange et des droits démocratiques fondamentaux dépend de la lutte pour unifier les travailleurs en Équateur, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans le monde entier dans la lutte contre le système capitaliste.

     

    Source: https://www.investigaction.net/fr/sur-fond-de-scandales-de-corruption-et-daccords-avec-le-fmi-et-washington-le-gouvernement-equatorien-trahit-assange/

    Des Su-35 ou des Su-57 russes en Turquie  à la place des F-35 ?  Par Valentin Vasilescu

    Des Su-35 ou des Su-57 russes en Turquie
    à la place des F-35 ?
    Par Valentin Vasilescu

    mercredi 17 avril 2019, par Comité Valmy

     

    Des Su-35 ou des Su-57 russes en Turquie
    à la place des F-35 ?

    Avec la décision de l’achat par la Turquie du système anti-aérien russe S-400, le temps de la diplomatie secrète américaine semble avoir pris fin. Les États-Unis ont réagi en bloquant la livraison de l’avion F-35 à la Turquie, alors que celle-ci était partenaire dans l’élaboration du projet F-35. En effet, la Turquie a fourni de l’argent à l’avance pour avoir accès à la technologie.

    Les Américains sont entièrement contre l’adoption par la Turquie du système S-400, car ils estiment que cela se faisait au détriment du système américain Patriot. Les nouveaux dirigeants militaires turcs, choisis parmi ceux qui n’ont pas fait de stages aux États-Unis, se prononcent pour cette acquisition parce que cela répond strictement à la sécurité de la Turquie. Les militaires turcs ont encore en tête l’agressivité de certains alliés du « grand ami » qui a orchestré le coup militaire, bien sûr, au nom de la démocratie.

    Ces dernières années, nous assistons à une confrontation diplomatique évidente entre la Turquie et les États-Unis + les alliés américains. Rappelons-nous que la Turquie a fait son premier pas, en prenant pour cible l’Arabie Saoudite, et en publiant les détails de l’assassinat de Kashoggi. Après le refus des États-Unis de livrer le F-35, un refus auquel s’attendait la Turquie, celle-ci a évolué de manière similaire dans ses relations directes avec les États-Unis. Le ministre des affaires étrangères, M. Mevlut Cavusoglu, a annoncé que si les Américains refusaient la vente de F-35, la Turquie acquérait des avions de pointe ailleurs. Cavusoglu a nommé ces alternatives : Su-35 ou Su-57 russe.

    Ces transactions constituent une première absolue parce que c’est la première fois que la Russie vend des systèmes si avancés à une armée étrangère, un membre de l’OTAN. Poutine est-il assez naïf pour offrir aux ennemis, sa technologie de pointe ? Si Poutine réussit à extraire la Turquie de la zone d’influence américaine, alors le jeu en vaudrait vraiment la chandelle. Rappelons-nous que la récente réunion de Poutine-Erdogan est la troisième réunion entre les deux présidents depuis le début du 2019, et que la tendance à la hausse des relations russo-turques a débuté avec le coup d’État raté en Turquie.

    Revenons au coup d’État en 2016, qui visait l’assassinat du Président Erdogan et n’était qu’une tentative désespérée d’éliminer un adversaire de l’Amérique. Quelques heures plus tôt, Poutine avait informé Erdogan de ce qui était en train de se passer, et le conseillait de quitter la maison de vacances de Marmaris 30 minutes avant l’attaque des commandos de putschistes, et de monter à bord d’un jet privé. Et il a également mis à disposition un satellite de communication russe pour diriger les forces fidèles restantes. Cette aide a permis à la 1ère Armée turque, commandée par le général Ümit Dündar, disposée autour d’Istanbul, d’inverser le sort du coup d’état en faveur de Erdogan. Dündar a repris l’aéroport Atatürk qui était sous le contrôle des putschistes et a assuré l’atterrissage de l’avion de Erdogan.

    Pourtant, les choses ne peuvent pas rester ainsi indéfiniment car Erdogan veut régler rapidement le problème des Kurdes, considérés comme des terroristes par la Turquie mais soutenus par les États-Unis. En même temps, Erdogan veut transférer aux services secrets turcs, la gestion de tous les terroristes islamistes combattant dans le nord de la Syrie, recrutés et armés par la CIA et le Pentagone via l’Arabie Saoudite, pour les empêcher d’être redirigés par les États-Unis vers d’autres « Printemps arabes ». Le véritable objectif de Erdogan est de créer son propre bloc militaire composé de la Turquie, de l’Iran et du Qatar, en tant que contrepoids à une OTAN arabe recherchée par les États-Unis. Si Erdogan, soutenu par Poutine, remporte le match qu’il mène contre les Etats-Unis et leurs alliés arabes, le rapport des forces au Proche-Orient changera radicalement au détriment des États-Unis.

    Valentin Vasilescu
    16 avril 2019

    Traduction Avic 
    – Réseau International

    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11122

    Un envoyé spécial américain visitera la Russie pour discuter de la dénucléarisation de la péninsule coréenne

    Un envoyé spécial américain visitera la Russie pour discuter de la dénucléarisation de la péninsule coréenne © Chine Nouvelle (Xinhua), le 17/04/2019 04:59 Le représentant spécial des Etats-Unis pour la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Stephen Biegun, se rendra en visite en Russie cette semaine pour discuter de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a fait savoir le département d’Etat américain mardi à Washington. M. Biegun se rendra en voyage à Moscou les 17 et 18 avril pour rencontrer des responsables russes afin de discuter des efforts visant à progresser vers une dénucléarisation définitive et pleinement vérifiée de la RPDC, a indiqué le département dans un bref communiqué, sans fournir davantage de détails. M. Biegun a effectué plusieurs visites à l’étranger depuis le sommet de Hanoï en février entre le président américain, Donald Trump, et le dirigeant de RPDC, Kim Jong Un, sommet qui s’est achevé sans parvenir à un accord. En mars, l’envoyé américain s’est rendu à Londres pour discuter de la question de la dénucléarisation avec ses homologues britannique, français, et allemand. ANNONCE PARTAGER SUR FACEBOOK ! Lire plus sur :

     

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