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Quelques vérités sur la guerre en Afghanistan

Quelques vérités sur la guerre en Afghanistan


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama – Le 10 décembre 2019

Le Washington Post a publié quelque 2 000 pages, tirées de plus de 400 transcriptions et résumés d’entrevues du Bureau de l’inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR). Des entrevues qui se sont déroulées avec des fonctionnaires et des soldats ayant participé à la guerre contre l’Afghanistan.

Il est déprimant de lire les trois chapitres de cette série dans les journaux. Les opinions et les récits des gens ayant participé à cette guerre sont, comme on pouvait s’y attendre, dévastateurs :

"Nous étions dépourvus d'une compréhension de base de l'Afghanistan - nous ne savions pas ce que nous y faisions ", explique Douglas Lute, un général trois étoiles de l'armée qui a servi de chef de guerre de la Maison-Blanche sous les gouvernements Bush et Obama, à des enquêteurs du gouvernement, en 2015. Il ajoute : " A quoi voulions nous aboutir ici ? Nous n'en avions pas la moindre idée."

Depuis 2001, les États-Unis ont dépensé plus de mille milliards de dollars en Afghanistan. La plus grande partie de l’argent est retournée dans les poches d’« entrepreneurs » étasuniens. Une part importante, tout ce que pots-de-vin et corruption pouvaient générer, a été investie par des fonctionnaires afghans dans l’immobilier à Dubaï.

En public, les responsables américains insistaient sur le fait qu'ils n'avaient aucune tolérance envers les détournements d’argent. Mais pendant ces entretiens, il a été admis que le gouvernement américain détournait les yeux quand des chefs afghans – les alliés de Washington - pillaient en toute impunité.

Christopher Kolenda, un colonel de l'armée ayant effectué plusieurs missions en Afghanistan et conseillé trois généraux américains chargés de la guerre, y déclare que le gouvernement afghan dirigé par le président Hamid Karzaï s'était "auto-organisé en une kleptocratie" dès 2006 - et que les responsables américains ont manqué de reconnaître que c’était une menace fatale pour leur stratégie.

Seule une infime partie de l’argent est parvenue au peuple afghan. Quand ce fut le cas, il a été gaspillé dans des projets que l’Afghanistan ne pourrait jamais soutenir. La corruption est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux Afghans tolèrent ou même favorisent le régime taliban. (Les zones indiquées sur la carte comme étant « contestées » sont en fait gouvernées par les talibans.)

talibans


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Cette guerre fut, et est toujours, complètement inutile, depuis le début :

M. Jeffrey Eggers, un ancien SEAL de la Navy et représentant de la Maison-Blanche sous les ordres de M. Bush et de M. Obama, a déclaré que peu de gens remettaient en question le principe même du maintien des troupes américaines en Afghanistan. 

"Pourquoi avons-nous fait des talibans l'ennemi alors que nous avons été attaqués par Al-Qaïda ? Pourquoi voulions-nous vaincre les talibans ?" a questionné Eggers lors de ces entretiens. "Collectivement, le système est incapable de prendre du recul pour remettre en question les hypothèses de base."

Cette guerre était et est toujours un racket. Elle n’a pas d’autre but que de transférer de l’argent du contribuable vers certains intérêts particuliers. Pour justifier ce vol, les politiciens et les commandants militaires ont menti au public à maintes reprises :

Plusieurs des personnes interrogées ont décrit les efforts explicites et soutenus déployés par le gouvernement des États-Unis pour tromper délibérément le public. Ils ont dit qu'il était d’usage au quartier général militaire de Kaboul, et à la Maison-Blanche, de déformer les statistiques pour faire croire que les États-Unis étaient en train de gagner la guerre alors que ce n'était pas le cas.

"Chaque donnée était modifiée pour présenter la meilleure image possible", a déclaré Bob Crowley aux enquêteurs du gouvernement américain, un colonel de l'armée de terre qui a été conseiller principal des commandants militaires américains en matière de contre-insurrection en 2013 et 2014."Les sondages, par exemple, n'étaient pas du tout fiables, mais ils ont confirmé que tout ce que nous faisions était juste et que nous étions devenus un cornet de crème glacée qui se léchait lui-même."

Le cornet de crème glacée continue de se lécher lui-même.

Les élections présidentielles en Afghanistan devaient avoir lieu en mars de cette année. Elles ont été reportées deux fois avant d’avoir finalement lieu en septembre. Les résultats devaient être annoncés en octobre, mais cette date a été reportée à novembre. Ensuite, la commission électorale a décidé de reporter l’annonce une deuxième fois, indéfiniment.

Les postes à la tête du gouvernement afghan sont extrêmement lucratifs. Aucun des dirigeants ne laissera la place à un autre.

L’administration Trump est de nouveau en pourparlers avec les talibans pour négocier un accord de paix. Les conditions fixées par les talibans sont claires. Ils n’accepteront pas de troupes étrangères dans leur pays. L’armée américaine et la CIA ne sont pas disposées à accepter cela, même si les 12 000 soldats américains qui s’y trouvent n’ont aucun but identifiable.

La seule façon de quitter l’Afghanistan, c’est de le faire vraiment. Trump devrait ordonner aux troupes de partir. Toutes. Sans condition et dès que cela sera pratiquement possible. Les gros bonnets de Kaboul déménageront à Dubaï, les talibans s’empareront de Kaboul et pacifieront le pays en quelques mois ou un an. Ce n’est qu’à ce moment-là, lorsque l’Afghanistan sera dirigé par des dirigeants non corrompus, espérons-le, qu’il sera possible de développer raisonnablement le pays. On pourrait faire beaucoup avec moins de 1% de l’argent qui est actuellement dépensé pour la guerre.

Mais comme cela est sensé, cela ne se produira pas.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone : Pour avoir un peu plus de détails, vous pouvez lire l'article du Figaro sur ce même sujet.

https://lesakerfrancophone.fr/quelques-verites-sur-la-guerre-en-afghanistan

Crise de nerfs au Pentagone

Crise de nerfs au Pentagone

7 Décembre 2019

Désolé pour le rythme de ces derniers temps, chers amis, mais je mets la dernière touche à mon livre qui sort le mois prochain et suis par conséquent très pris. Un rapide passage néanmoins pour narrer une petite histoire qui fait baver de rage le Deep State et ses officines.

Voice of America, organe néo-impérial bien comme il faut, en est tout retourné : près de la moitié du personnel militaire américain considère la Russie comme… un allié. Brzezinski et McCain doivent faire un triple axel dans leur tombe.

Les chiffres, tirés du très sérieux Reagan National Defense Survey réalisé au mois d’octobre, ont envoyé des ondes de choc du côté du Pentagone, dont les divers portes-parole montent au créneau. Si 46% de l’armée US a une bonne opinion de la Russie, c’est la faute à la désinformation du Kremlin qui « sème le doute et la confusion ». Bon sang mais c’est bien sûr ! Ces perfides Russkofs sont capables de tout…

La suite de l’article est un ramassis d’explications aussi alambiquées que pathétiques qui ont au moins un avantage : faire rire.

Tag(s) : #Etats-Unis

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/12/crise-de-nerfs-au-pentagone.html

Le chroniqueur du Moyen-Orient au New York Times sans repères

Le chroniqueur du Moyen-Orient au New York Times sans repères


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama – Le 4 décembre 2019

Mesdames et messieurs, nous vous présentons le chroniqueur pour le Moyen-Orient du «Journal de r(d)éférence», Tom Friedman, qui écrit sous le titre L’Iran détruit la liberté, pays après pays :

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Ayant couvert le Moyen-Orient durant toute ma vie d'adulte, je vois émerger des tendances que je n’ai jamais vues auparavant.
...

Les ayatollahs iraniens ont même dû fermer en grande partie leur propre Internet pour empêcher la rébellion intérieure de se propager. Jamais, depuis l’invasion américaine de l’Iraq en 2002, l’Iran n’a voulu voir émerger à Bagdad une démocratie stable, multi-religion et laïque, parce que sinon les chiites iraniens demanderaient pourquoi les chiites irakiens vivent librement et pas eux.
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En anglais dans le texte ! Agrandir

Pour mémoire : l’invasion de l’Iraq a commencé le 19 mars 2003, pas en 2002. Friedman devrait le savoir. Lui et son journal étaient déjà de grands propagandistes pro-guerre à l’époque.

Au cours des trois premières années de la guerre, Friedman a prédit quatorze fois que le « succès » en Irak se concrétiserait dans le « prochain mois », un laps de temps désormais passé à la postérité sous le nom d’unité Friedman.

Si le New York Times et son principal éditorialiste du Moyen-Orient ne parviennent même pas à se souvenir de cette date, quand ne se trompent-il pas ?

Une lecture rapide de l’article anti-iranienne de Friedman suggère que la réponse est « jamais ».

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophonehttps://lesakerfrancophone.fr/

“Swinging London”

Swinging London

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 03 décembre 2019

   Forum

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Swinging London

3 décembre 2019 – Jamais je n’aurais pensé utiliser pour une “réunion” de l’OTAN cette expression, si à la mode dans les années 1960 entre Beatles et Rolling Stones, caractérisant le rythme effréné de la capitale anglaise sortie de sa soi-disant torpeur victorienne pour balancer les “Swinging Sixties” à la face de la modernité triomphante du monde. C’est pourtant le cas, me semble-t-il, – “never say never”, – pour la “réunion” dont tout le monde vous dit, les amis, que cela va swinguer diablement.

… En effet, “réunion” et pas “sommet”, comme nous le fait remarquer l’avisé WSWS.org dont j’entends bien utiliser, sans vergogne inutile mais avec le respect qui importe, quelques parties et extraits de son texte de ce  3 décembre 2019 fort bien documenté et plein d’espérance pour la classe ouvrière… Explication :

« L’OTAN a déclassé l’intitulé de la rencontre de deux jours à Londres de “sommet” à “réunion des dirigeants”, pour éviter d’avoir à publier un communiqué officiel que Trump ou d’autres chefs d’État pourraient refuser de signer. L’an dernier, on a assisté à l’effondrement spectaculaire du sommet du G7 à Québec, lorsque Trump a refusé à la dernière minute de signer le communiqué convenu par le Canada, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l’Italie. Entretemps, au cours de l’année écoulée, les tensions internationales au sein de l’OTAN n’ont cessé de s’aggraver… »

On a déjà vu divers motifs de cette aggravation, à mon avis les plus importants, dans  l’un ou  l’autre texte récent où le président français tient incontestablement la vedette. En effet, c’est une analogie assez étrange que celle qu’on relève entre ces deux personnages-là si différents, d’être, chacun dans leur genre et chacun avec leur style, les deux perturbateurs principaux de l’usine à gaz otanienne, de son ordre établi et paisiblement assoupi, au rythme de furieuses menaces antirusses et anathèmes antichinois qui sont comme comme autant de paisibles ronflements suivant l’aimable cliquetis des chenilles de quelques chars de passage. On vous le dit : si ce n’était eux, avec en plus Erdogan comme Grand Mamamouchi déguisé en cerise sur le gâteau, tout serait pour le mieux dans la meilleure des réunions au sommet, à Londres plus swinging que jamais, demain et le jour d’après.

« “Les alliés de l’OTAN approchent le sommet de Londres avec un sentiment d’appréhension”, observe Karen Donfried, du groupe de réflexion du German Marshall Fund. “Bien peu prévoient un rassemblement qui unifiera l’ensemble en aveuglant les fissures croissantes dans la cohésion.”
» De plus en plus, Trump n’est plus considéré comme le seul chef d’État dont les remarques pourraient provoquer une crise diplomatique majeure. “Ce serait un grand hommage à la valeur que tous les alliés de l’OTAN accordent à l’institution si nous parvenons à passer cette réunion sans que le président Trump, le président Emmanuel Macron ou le président Recep Tayyip Erdogan ne disent ou fassent quelque chose de dommageable pour l’alliance”, a déclaré Kori Schake, ancien responsable du Conseil national de sécurité dans le gouvernement Bush, à Bloomberg News. »

Effectivement, il aurait été injuste d’oublier l’exotique empoignade entre Macron et Erdogan. Elle est pourtant tellement d’actualité, je veux dire comme illustration du chaos du monde et du billard à 2019 bandes que sont devenus la politique des relations internationales et le classement entre “ami” et “ennemi”, avec des observations de la sorte que “l’ami de mon ennemi est l’ennemi de mon ennemi qui est devenu mon ami”.

Ils s’empoignent tellement, Macron-Erdogan, qu’ils en arrivent à boucler la boucle ; puisqu’Erdogan menace de mettre son veto “aux plans de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes” si la susdite-OTAN ne proclame pas “terroriste” le YPG kurde tant chéri par Macron ; alors que ce même Macron demande une chose prioritairement, qu’on cesse donc d’ennuyer la Russie avec des postures de menaces et des cliquetis de chenilles de chars en goguette, notamment en Pologne et dans les États baltes.. 

« Au cours des derniers jours, Macron a également échangé des insultes avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a déclaré à l’intention de Macron, vendredi : “Je vous le dirai à nouveau lors de la réunion, vérifiez d’abord votre propre mort cérébrale.” Erdogan a également déclaré qu’il n’appartenait pas à Macron de discuter de la question de savoir si la Turquie devait rester au sein de l’OTAN ou si elle devait être expulsée. Erdogan a critiqué Macron pour son soutien à la milice des unités de protection du peuple kurde syrien (YPG), que le gouvernement turc a qualifiée de groupe terroriste.
» Erdogan a également menacé de s’opposer aux plans militaires de l’OTAN visant la Russie à partir de la Pologne et des États baltes, si l’OTAN n’inscrivait pas collectivement le YPG comme organisation terroriste. »

Pourtant, poursuit le commentateur de WSWS.org, l’OTAN a son utilité. Cette organisation sert fort bien à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre “chouette petite guerre” de temps en temps, ce qui contribue dit-on à faire taire les récriminations de la classe ouvrière et à fabriquer un simulacre d’entente et de coude-à-coude entre tous ces pays qui sont rassemblés en une alliance au succès sans précédent dans l’histoire, et dont je ne sais plus à quoi elle sert… Mais si, pardi ! qui sert “ à coordonner des déploiements, des provocations, des discours furieux, et même l’une ou l’autre ‘chouette petite guerre’”, – ce qui montre combien l’OTAN n’est pas loin d’avoir inventé le mouvement perpétuel.

…Ainsi aurions-nous enfin percé le Grand Mystère qui plonge le Sphinx lui-même dans des abîmes de réflexion : mais à quoi donc peut bien servir l’OTAN, elle qui rassemble sous la houlette américaniste tant de pays qui, pris individuellement, sont autant de marionnettes très-fidèles de l’américanisme, sauf l’un ou l’autre qu’il n’est pas très habile de mélanger aux autres ?

Enfin bref… L’OTAN a inventé le mouvement perpétuel point-barre, et cela suffit à notre bonheur et à l’honneur de notre civilisation.

« Près de 30 ans après la dissolution de l’Union soviétique par la bureaucratie stalinienne en 1991, qui a privé l’OTAN d’un ennemi commun, il est de plus en plus clair que des conflits profondément enracinés selon des intérêts stratégiques et économiques antagonistes déchirent les principales puissances de l’OTAN. Face à la défaite de leur guerre par procuration de huit ans en Syrie et dans les guerres au Moyen-Orient, les puissances de l’OTAN se préparent à une escalade sans le moindre souci de conséquences potentiellement catastrophiques. Cette voie a été empruntée pour tenter de faire face à l’opposition croissante des travailleurs dans les pays membres et aux divisions croissantes entre eux. »

Mais je m’en voudrais de vous faire perdre  de vue l’un des derniers points soulevés par l’article cité, qui concerne l’une des conquêtes les plus fructueuses de l’organisation, – je veux parler de l’Ukraine et de son sémillant président Zelenski. En effet, il faut savoir que ce président Zelenski-là est chapeauté de drôlement près, comme chacun sait, par le truculent oligarque ukrainien Kolomoïski qui est en train d’ébaucher une nouvelle extension de sa fortune vers l’Est, c’est-à-dire vers l’ami russe, au moyen d’un succulent  trafic de Pampers qu’il compte bien vendre à l’OTAN pour que cette sublime organisation en équipe ses innombrables divisions blindées et néanmoins incontinentes… On pourrait imaginer que Zelenski soit invité à suivre par la grosse patte bonhomme de Kolomoïski, non ?

« …En particulier, les divisions tactiques sur la politique étrangère impérialiste américaine qui sous-tendent la campagne du Parti démocrate pour destituer Trump et le dénoncer comme un traître pro-russe sont étroitement liées à des conflits explosifs au sein de l’OTAN.
» Alors que Merkel, Macron, Poutine et le président ukrainien Vladimir Zelenski devaient se rencontrer pour négocier une trêve à Paris le 9 décembre, sans la participation de Washington, le quotidien de référence Washington Post a averti que la crise de destitution pourrait renforcer par inadvertance la main des puissances européennes en Ukraine.
» Dans son éditorial, le Post écrit : “Pratiquement tous les hauts fonctionnaires qui ont travaillé sur les relations (avec l’Ukraine) au cours des deux dernières années ont démissionné ou ont témoigné dans l’enquête de destitution et ont été dénoncés par le président. … Tout cela affaiblit considérablement la position de M. Zelenski, d’autant plus qu’il envisage de rencontrer M. Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Ces deux derniers feront probablement pression sur les Ukrainiens pour obtenir des concessions pour satisfaire la Russie, car un accord leur permettrait de réparer les relations européennes avec la Russie”. »

En général, je l’avoue, je me méfie des réunions qu’on vous annonce comme “explosives”, ou de tout autre événement à la prévision catastrophique. Cela, c’est un réflexe appris d’“avant”, je veux dire avant le “nouveau monde”, quand on parvenait à s’arranger sur les sujets de grande discorde que l’on voyait venir, grâce à la raison et au sens commun. Mais aujourd’hui, tel ou tel exemple montre qu’il y a un côté “le pire est toujours le plus probable“ dans notre époque, comme si l’idée selon laquelle les catastrophes prévisibles étaient souvent évitables selon l’acte de l’ancienne sagesse, étaient devenues la fatalité que les catastrophes prévisibles sont devenues inévitables, comme si enfin nous n’avions plus ni raison ni sens commun pour écarter des événements sur lesquels nous n’avons plus aucun contrôle.

Alors, prudence prudence… Même les plus fins limiers, comme un Bruno Tertrais, que j’avais rencontré en passant, jeune expert en herbe et imberbe à la DAS (Délégation aux Affaires Stratégiques à la défense) de Perrin de Brichambaut, exultant d’un patriotisme touchant après la victoire de la France en Coupe du Monde (celle de Paris, 1999) ; devenu depuis une anguille sachant naviguer, grand-maître du parti neocon des salons parisiens, exquisement proaméricaniste et otanien du Quai d’Orsay au boulevard Saint-Germain,  – eh bien, même lui adopte une attitude prudente, désapprouvant discrètement la crudité des mots de Macron mais non points ses intentions, et terminant (ou commençant, je ne sais plus très bien et de toutes les façons c’est selon la façon dont on lit l’article qui n’est nulle part ailleurs que  dans Le Monde) par ce “p’têt ben qu’oui, ptêt ben qu’non” : « Il est tout à fait possible que l’OTAN puisse célébrer son 100e anniversaire en 2049. Mais si le sommet de Londres se transforme en un déballage sans précédent des différends entre alliés, il pourrait entrer dans l’histoire comme le début de la fin de l’OTAN. »

Bref, il peut très bien faire très beau demain et après dans le Swinging New London, mais il est bien possible qu’il nous en tombe une sacrée bonne drache… Que Sera Sera

https://www.dedefensa.org/article/swinging-london

Multilatéralisme ou Droit international ?

Multilatéralisme ou Droit international ?

par Thierry Meyssan

Contrairement à ce que l’on pense, le multilatéralisme que promeuvent les Européens ne s’oppose pas au bilatéralisme pratiqué aujourd’hui par les États-Unis, mais au Droit international. Le « Forum de Paris sur la paix », organisé par le président Emmanuel Macron, n’a pas permis de dégager de méthode pour prévenir les conflits, juste de tenter de sauver ce qui reste de quatre siècles d’hégémonie européenne.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 3 DÉCEMBRE 2019 ESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSРУССКИЙROMÂNĂ

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Le Forum de Paris sur la paix : comme toujours, excellentes mise en scène et prestation du président Emmanuel Macron, mais pour quel contenu ?

La France vient d’organiser à Paris le « IIème Forum de Paris sur la paix » [1]. Selon le président Emmanuel Macron, il s’agit de promouvoir le multilatéralisme que son homologue US, le président Donald Trump, serait en train de détruire.

Cela est-il vrai ? Est-ce le problème ?

Les faits portent au contraire à penser que les Occidentaux, dont la France, mènent depuis la dislocation de l’URSS une action de fond contre le Droit international et les Nations-Unies ; ce Forum n’étant qu’une occasion de sauver le pouvoir qu’ils exercent depuis quatre siècles sur le reste du monde.

Pour comprendre ce qui se passe, revenons en arrière :

Le président Bill Clinton et sa secrétaire d’État, Madeleine Albright, ont patiemment réécrit, un à un, toutes sortes de traités onusiens en abandonnant le langage du Droit international pour celui du Droit anglo-saxon. Cette « modernisation » n’était pas une simple traduction. C’est en réalité l’application de la « doctrine Korbel » visant à faire évoluer toute jurisprudence en faveur des anglo-saxons. Cette stratégie a été poursuivie par le président George Bush Jr et sa secrétaire d’État, Condoleezza Rice, fille adoptive du professeur Korbel et à ce titre sœur de Madeleine Albright [2].

Le même Bill Clinton a accepté un compromis favorable à Israël et l’a fait valider par le Conseil de sécurité. On ne parle plus d’un seul État en Palestine sur le principe égalitaire « Un homme, une voix », mais de deux sur le modèle des bantoustans de l’apartheid sud-africain.

Toujours sous l’impulsion du président US Bill Clinton et aussi du Premier ministre britannique Tony Blair, l’Alliance atlantique s’est auto-proclamée « défenseur des persécutés », a condamné la Méchante Serbie, et lui a livré une « guerre humanitaire » (sic). La morale s’était substituée au Droit permettant à l’Otan de le violer.

C’est ce même raisonnement qui a été utilisé depuis contre l’Afghanistan, contre l’Iraq, contre la Libye et contre la Syrie. Laura Bush assurait qu’il fallait attaquer l’Afghanistan parce que les petites filles n’avaient pas le droit de mettre de vernis à ongles ; Colin Powell qu’il fallait renverser le président Saddam Hussein parce qu’il était mêlé aux attentats du 11-Septembre ; Nicolas Sarkozy qu’il devait renverser Mouamar Kadhafi parce qu’il allait tuer son propre peuple ; et Laurent Fabius qu’il fallait chasser le président Bachar el-Assad parce qu’il n’avait pas « le droit de vivre sur Terre ».

L’argument humanitaire ou le recours aux Droits de l’homme masquent mal le profond mépris occidental pour l’Humanité et les Droits de l’homme. Rappelons que la Déclaration universelle des Droits de l’homme reconnait une hiérarchie entre eux [3]. Elle proclame que les trois droits principaux sont « la vie, la liberté et la sûreté de la personne » (art. 3). C’est pourquoi, elle place comme première application concrète la lutte contre l’esclavage (art. 4) et seulement après la lutte contre la torture (art. 5). Or, les Occidentaux ont rétabli l’esclavage en Libye et soutiennent des États esclavagistes comme l’Arabie saoudite. Ils ont aussi le pire bilan en matière de torture si l’on se souvient des 80 000 personnes enlevées et torturées par l’US Navy sur des bateaux stationnés en eaux internationales au début de ce XXIème siècle [4].

La rhétorique humanitaire, le « droit-de-l’hommisme », n’est pas sans rappeler la manière dont le Royaume-Uni attaqua l’Empire ottoman, prétendument pour sauver les Grecs de son oppression, en réalité pour contrôler leur pays : Londres invita Saint-Pétersbourg et Paris à reconnaître l’indépendance de la Grèce, en 1827, puis, sur la base de cette reconnaissance et en violation des règles du Congrès de Vienne, organisa une guerre devenue « légitime » contre Constantinople pour concrétiser cette « indépendance » : toujours maintenir les apparences du respect du droit quand on le viole !

Depuis la guerre de l’Otan contre la Yougoslavie, l’Onu s’est progressivement effacée. L’Otan n’a plus rien à faire de ce que pensent le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. En quelques années, en violation de la Charte, les « forces d’interposition » de l’Onu sont devenues des « forces de maintien de la paix ». Il ne s’agit plus de surveiller la mise en application d’un cessez-le-feu conclu entre belligérants, mais d’imposer une solution aux belligérants —pis encore, parfois entre partis politiques d’un même pays. Et, à ce jour, l’Otan est la seule alliance militaire à avoir été invitée à « maintenir la paix ».

L’administration de l’Onu elle-même est passée du service de ses membres à celui de l’Otan. Ainsi a-t-on pu voir son Directeur des Affaires politiques, Jeffrey Feltman, promouvoir un plan de capitulation sans condition de la République arabe syrienne au lieu d’œuvrer à la paix [5].

Les membres occidentaux du Conseil de sécurité se disent Protecteurs du Droit international, mais loin de montrer l’exemple, ils manifestent sans vergogne leur dédain quand ce Droit leur est défavorable. Ainsi le Royaume-Uni qui vient de déclarer exercer sa souveraineté sur les îles Chagos, dont la base de Diego Garcia, malgré le recours des habitants légitimes, l’avis de la Cour internationale de Justice et l’injonction de l’Assemblée générale [6].

Le Droit international actuel trouve son origine dans la conférence de La Haye de 1899. Convoquée par le tsar Nicolas II, elle réunit diverses puissances de l’époque pour envisager un traité de désarmement. Mais, le Français Léon Bourgeois y proposa de régler les différends entre États en établissant une chambre d’arbitrage ; le seul moyen de prévenir des guerres étant de trouver des arrangements qui respectent les intérêts des parties comme on le fait entre individus civilisés. À la différence d’un tribunal, une chambre d’arbitrage ne s’impose pas. Elle n’est compétente que si les deux parties la reconnaissent préalablement comme telle.

Cette Chambre d’arbitrage a été incorporée à la Société des Nations (SDN), puis à l’Onu. Elle existe toujours et fonctionne bien comme le montre l’actuelle procédure sur la résolution du conflit en mer d’Azov entre l’Ukraine et la Russie.

Progressivement la SDN puis l’Onu ont été formées. Contrairement à une idée reçue, l’échec de la Société des Nations n’est pas imputable aux régimes impérial japonais, fasciste italien et nazi allemand, mais au refus des États-Unis d’y siéger et au refus de l’Empire britannique de reconnaître l’égalité des peuples (malgré la proposition japonaise soutenue par Léon Bourgeois).

À titre d’exemple, l’abandon du Droit international a été poussé un peu plus loin avec la réforme de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) proposée par la France [7]. Désormais, dans un apparent « souci d’efficacité », les décisions seront prises à la majorité simple et l’Organisation pourra désigner des coupables à l’issue de ses enquêtes techniques.

Or, l’OIAC est à l’origine une agence technique chargée de vérifier le respect par ses signataires du Traité interdisant les armes chimiques. Elle a le pouvoir d’enquêter selon des procédures très strictes, approuvées par tous les signataires, et d’établir les faits pour que l’assemblée des signataires en juge. En droit criminel, aucun pays au monde n’admet que les policiers s’instituent en juges et en bourreaux que, seuls, ils enquêtent, désignent les coupables et les punissent. Pourtant c’est très exactement le pouvoir aberrant que la réforme française donne à l’OIAC. Et comme cette même réforme valide les décisions à la majorité simple des signataires du Traité, cette agence devient un instrument de la politique occidentale.

Depuis plusieurs années déjà, les Occidentaux ont retiré toute référence au Droit international dans leurs déclarations et communiqués. Ils s’expriment au contraire en faveur du « multilatéralisme fondé sur des règles ». Quelles règles ? Celles des plus forts.

Au demeurant, ce second Forum sur la paix (et non pas pour la paix) n’a pas fait recette. Ils étaient deux fois moins de chefs d’État et de gouvernement à y participer que pour sa première édition [8].Thierry Meyssan

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[1] Paris Peace Forum, site officiel.

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[2] « La fulgurante intégration de Condoleezza Rice », par Arthur Lepic, Paul Labarique, Réseau Voltaire, 8 février 2005.

Twitter

[3] « Théorie et pratique des Droits de l’homme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er octobre 2019.

[4] « 17 prisons secrètes ont déjà remplacé Guantanamo », Réseau Voltaire, 3 juin 2008. « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

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[5] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] « Le Royaume-Uni défie l’AG de l’Onu et son tribunal », Réseau Voltaire, 23 novembre 2019.

[7] « La France propose de changer les statuts de l’OIAC », Réseau Voltaire, 6 mai 2018.

[8] « Emmanuel Macron au Forum de Paris sur la Paix », par Emmanuel Macron, Réseau Voltaire, 12 novembre 2019.

https://www.voltairenet.org/article208454.html

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La propagande médiatique étatsunienne à la rescousse de l’OIAC

La propagande médiatique étatsunienne à la rescousse de l’OIAC


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Par Moon of Alabama – Le 2 decembre 2019

Une organisation internationale a publié deux faux rapports et s’est fait prendre la main dans le sac. Mais comme ces faux rapports ont été établis dans l’intérêt des États-Unis, une organisation de propagande parrainée par les États-Unis est envoyée pour embrouiller la situation. Alors que cette tentative se retrouve sous le feu des critiques, le New York Times intervient pour donner un coup de pouce supplémentaire.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a créé un prétexte pour la guerre en censurant ses propres recherches scientifiques :

Des courriels et des documents de l'OIAC ont fait l'objet de fuites organisées par des lanceurs d’alerte vers des journalistes et des avocats internationaux. L'ancien journaliste Jonathan Steele, qui s'est entretenu avec ces lanceurs d’alerte, a rédigé un excellent article sur le sujet. Dans le Mail on Sunday, le chroniqueur Peter Hitchens s'est penché sur la question et l'a mise en avant.

Sous la pression des États-Unis, la direction de l’OIAC a modifié ou supprimé les conclusions de ses propres scientifiques pour faire croire que le gouvernement syrien était responsable de l’incident chimique présumé survenu en avril 2018 à Douma.

L’attention que le public porte à cette manipulation de l’OIAC pousse à remettre en question d’autres études faites précédemment par l’OIAC. Quelqu’un devait donc venir à son secours.

C’est l’organisation de propagande Bellingcat, financée par les États-Unis, qui s’est lancée à la rescousse de l’OIAC. Elliot Higgins « suck my balls », fondateur de Bellingcat, a déclaré que les rapports de l’OIAC sont en droite ligne avec les préoccupations exprimées par les scientifiques de l’OIAC.

Cette affirmation est maintenant propagée par un article du New York Times qui, sous prétexte de faire une analyse en source libre sur le sujet , renforce Bellingcat et sa défense de l’OIAC :

Le blogueur Eliot Higgins a déjà fait parlé de lui, au début de la décennie, en couvrant la guerre en Syrie à partir de l’ordinateur portable de son appartement à Leicester, en Angleterre, tout en s'occupant de sa petite fille. En 2014, il fondait Bellingcat, un journal d'information en source libre qui compte aujourd'hui une douzaine de collaborateurs, avec un bureau à La Haye. M. Higgins a attribué sa compétence non pas à une connaissance particulière des conflits internationaux ou des données numériques, mais aux heures qu'il a passées à jouer à des jeux vidéo, ce qui, selon lui, lui a donné l'idée que tout mystère peut être résolu. 
...
Les journalistes de Bellingcat ont fait connaître leurs techniques lors de séminaires auxquels ont participé des journalistes et des responsables de l'application des lois. Avec les subventions de groupes comme l'Open Society Foundations, fondée par George Soros, les séminaires sont une source importante de revenus pour Bellingcat, une organisation à but non lucratif.

Il semble que le New York Times ait oublié de mentionner une source financière importante de Bellingcat. Voici une capture d’écran actuelle de la page «A propos» de son site internet :

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Porticus, Adessium, Pax for Peace et le Postcode Lottery sont toutes des organisations néerlandaises. Ensuite, il y a la fameuse organisation de Soros que le New York Times a bien mentionnée. Mais pourquoi a-t-il négligé de dire à ses lecteurs que Bellingcat est financé par la National Endowment for Democracy, organisme lui-même financé à près de 100% par le gouvernement américain ?

Serait-ce parce que la NED, qui dépense l’argent du gouvernement américain pour financer plus de 1.600 organisations non gouvernementales, est un cheval de Troie, une couverture pour la CIA ?

Sous l'impulsion du Watergate - le Church committee du Sénat, le Pike committee de la Chambre des représentants et la commission Rockefeller, créée par le président, étaient tous occupés à enquêter sur la CIA. Régulièrement, la révélation d'un comportement horrible, même criminelle, dans laquelle la CIA était impliquée depuis des années, faisait la une des journaux. 
...
Ce qui a alors été fait, fut de transférer la réalisation de bon nombre de ces choses horribles à une nouvelle organisation, avec un joli nom qui sonne bien - la National Endowment for Democracy. L'idée était que la NED ferait ouvertement ce que la CIA faisait secrètement depuis des décennies, et donc, espéraient-ils, éliminerait la stigmatisation associée aux activités secrètes de la CIA. 
...
"Nous ne devrions pas avoir à faire ce genre de travail clandestinement", déclarait Carl Gershman en 1986, alors qu'il était président de ce Fonds de dotation. "Il était terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d'être considérés comme subventionnés par la C.I.A. Nous l'avons vu dans les années 60, et c'est pourquoi cela a été abandonné. Nous n'avions pas la possibilité de le faire, c'est pourquoi le fonds de dotation a été créé."
Et Allen Weinstein, qui a participé à la rédaction de la loi établissant la NED, déclarait en 1991 : "Une grande partie de ce que nous faisons aujourd'hui était fait clandestinement depuis 25 ans par la CIA."

En fait, la CIA blanchit de l'argent par le biais de la NED.

Le fait que la NED fasse le travail de la CIA est probablement la raison pour laquelle l’article du NYT sur Bellingcat oublie de mentionner ces financements et aussi pourquoi il accourt à l’aide de Bellingcat et de l’OIAC :

Certains journalistes et militants hostiles envers ce qu'ils qualifient de "récits pro-occidentaux de Bellingcat" ont critiqué une partie de sa couverture de la guerre en Syrie.

En particulier une attaque du 7 avril 2018 contre Douma, en Syrie. Bellingcat a rapporté, sur la base d'une analyse de six vidéos trouvée en source libre, qu'il était "hautement probable" que des civils de Douma soient morts à cause d’armes chimiques. En mars, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a indiqué qu'il existait des "motifs raisonnables" de dire que des armes chimiques avaient été utilisées dans cette attaque.

Les critiques de Bellingcat ont pointé du doigt un courriel d'un enquêteur de l'organisation, disant qu'il se posait des questions sur les résultats. WikiLeaks a publié le courriel le 23 novembre. En réponse, Bellingcat a défendu son article en affirmant que le rapport final de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques sur Douma tenait compte des préoccupations de l'enquêteur dont le courriel a été publié par WikiLeaks.

En jouant à des jeux vidéo, Elliot Higgins a appris à identifier les attaques chimiques vues dans des séquences vidéo douteuses publiées par des affiliés terroristes. Si c’est vrai, c’est une capacité admirable. Son affirmation selon laquelle le rapport de l’OIAC « tient compte des préoccupations de l’enquêteur » qui l’a critiqué est, comme le démontre Caitlin Johnstone, tout à fait fausse :

Bellingcat ne tient tout simplement pas compte de cet aspect absolument central du courriel, ni de la remarque du lanceur d’alerte au sujet des symptômes des victimes qui ne correspondent pas à une intoxication au chlore gazeux.

"Dans ce cas, la confiance dans l'identité du chlore ou de tout agent d'étouffement est remise en question précisément en raison de l'incohérence avec les symptômes signalés et observés ", écrit le lanceur d’alerte dans son courriel. "L'incohérence n'a pas seulement été relevée par l'équipe [de la mission d'enquête], mais aussi par trois toxicologues spécialisés dans l'exposition à des agents [d’armes chimiques]."

Bellingcat ne dit rien de ces remarques faites par courriel, et ne dit rien sur le fait que l'OIAC les a exclues de son rapport intérimaire en juillet 2018 et de son rapport final en mars 2019, ce dernier affirmant exactement le contraire en disant qu'il y avait des "motifs raisonnables de croire que l'utilisation d'un produit chimique toxique en tant qu’arme a eu lieu. Ce produit chimique toxique contenait du chlore réactif. Le produit chimique toxique était probablement du chlore moléculaire."

Bellingcat ignore complètement tous ces points, ....

Dans sa défense du rapport de l’OIAC, Bellingcat écrit :

La comparaison des points soulevés dans la lettre avec le rapport final montre clairement que l'OIAC a non seulement abordé ces points, mais a même modifié la conclusion d'un rapport antérieur pour refléter les préoccupations de cet employé.

Le chroniqueur Peter Hitchens du Mail on Sunday n’est pas d’accord avec ce paragraphe :

Mis à part les mots "la" et "le", tout dans le paragraphe ci-dessus est, pour le dire poliment, erroné. Bellingcat était si impatient de démolir la fuite concernant l'OIAC qu'il s'est depeché (comme beaucoup l'ont fait lorsque l'attaque a été annoncée pour la première fois) de juger sans attendre les faits. Les lanceurs d’alerte de l'OIAC en savent plus que ce qui a été publié jusqu'à présent...

Caitlin et Peter devraient jouer plus souvent aux jeux vidéo. J’ai lu dans le NYT qu’ils sont la véritable voie d’apprentissage pour l’évaluation factuelle des attaques chimiques présumées.

Le 7 avril 2018, des terroristes du groupe Jaish al Islam tenaient Douma. Ils ont tué 40 civils. Les corps ont été montrés dans des vidéos avec des bidons de chlore gazeux pour prétendre que le gouvernement syrien avait tué ces personnes. L’équipe d’enquêteurs de l’OIAC a analysé les éléments de preuve et a constaté que les bombonnes n’avaient pas été larguées d’un avion mais placées manuellement. Les symptômes montrés par les victimes ne correspondaient pas à une attaque au chlore et des substances chlorées n’ont été trouvées qu’à des concentrations extrêmement faibles. Il n’y avait absolument aucun « motif raisonnable » de dire que des armes chimiques avaient été utilisées dans l’attaque.

Mais la direction de l’OIAC, sous la pression des États-Unis et malgré les protestations de ses propres scientifiques, a publié un rapport disant le contraire. Lorsque cette manipulation a été dévoilée, Bellingcat, un organisme financé par les États-Unis, a fait une superficielle tentative pour brouiller les pistes. Puis une autre organisation de propagande, le New York Times, a dû intervenir pour sauver Bellingcat et les fausses déclarations de l’OIAC.

Cela ne va pas aider. Il y aura bientôt d’autres preuves que la direction de l’OIAC a publié deux faux rapports sur Douma, et probablement encore plus sur un autre sujet. Le public saura que l’OIAC a échoué.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophonehttps://lesakerfrancophone.fr/la-propagande-mediatique-etatsunienne-a-la-rescousse-de-loiac

Une menace pour la Russie : Poutine dénonce l'expansion continue de l'OTAN

Une menace pour la Russie :

Poutine dénonce l’expansion continue de l’OTAN 3 déc. 2019, 14:43 © Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin via REUTERS Source: Reuters Le président russe Vladimir Poutine, le 23 novembre 2019 (image d’illustration)

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN ouvre ses portes, le chef d’Etat a rappelé qu’il était prêt à coopérer avec l’Alliance militaire, dont il déplore toutefois la politique d’expansion jusqu’aux frontières de la Russie.

En dépit du comportement «pas correct voire grossier» de l’OTAN envers Moscou, la Russie est prête a coopérer avec l’Alliance atlantique, a fait savoir le président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’une réunion avec des responsables militaires à Sotchi ce 3 décembre.

Lire aussi Le sommet de l’OTAN s’ouvre sur fond de désaccords majeurs entre ses membres (EN CONTINU) «Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre volonté de coopérer avec l’OTAN, sur des menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés locaux et le danger de la prolifération des armes de destruction massives», a ainsi déclaré le président russe, cité par les agences de presse.

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN se tient les 3 et 4 décembre dans un contexte de fortes tensions internes – notamment en raison de l’intervention turque en Syrie qui divise en son sein –

le Kremlin s’est par ailleurs refusé à tout commentaire sur le sujet. «Ce ne sont pas nos affaires», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass. «Cela devient nos affaires quand l’Alliance menace la sécurité de la Russie», a-t-il précisé.

L’OTAN traverse une crise majeure, révélée par la sortie d’Emmanuel Macron début novembre, sur l’«état de mort cérébrale» de l’alliance, suite aux désaccords entre ses membres concernant l’intervention turque en Syrie.

Des propos violemment critiqués par le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que par le chef d’Etat américain Donald Trump. En amont du sommet, le chef d’Etat turc a prévenu qu’il avait l’intention de bloquer un plan de l’Alliance militaire concernant les pays baltes et la Pologne tant que celle-ci ne reconnaîtra pas comme «terroriste» la milice kurde des YPG, combattue par Ankara.

Lire aussi : «Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France» : Trump tire à boulets rouges sur Macron International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68517-menace-pour-russie-poutine-denonce-expansion-continue-otan?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Nouvelle étude : « Les trolls russes » n’ont pas « semé la discorde », ils n’ont influencé personne

Nouvelle étude : « Les trolls russes » n’ont pas « semé la discorde », ils n’ont influencé personne


Par Moon of Alabama – Le 27 novembre 2019

Les États-Unis ont affirmé que le gouvernement russe avait tenté d’influencer l’élection de 2016 par le biais de Facebook et de Twitter.

La Russie l’aurait fait par l’intermédiaire de personnes qui travaillaient pour Internet Research Agency (IRA) à Saint-Pétersbourg (Leningrad), en Russie. L’IRA a exploité des personnalités virtuelles sur des réseaux sociaux américains prétendant avoir certaines opinions politiques. Il a également payé pour des publicités censées influencer l’élection. Les services de renseignements américains ont affirmé que la prétendue campagne d’influence russe visait à « semer la discorde » aux États-Unis.

Mais l’IRA n’a rien à voir avec le gouvernement russe. Il n’avait aucun intérêt en politique. Et une nouvelle étude confirme que l’idée que cela « sème la discorde » est un non-sens flagrant.

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Influenceur de l’IRA pris en flagrant délit

L’enquête de Mueller a inculpé treize Russes et trois personnes morales russes pour leur prétendue campagne d’influence. Mais, comme nous l’avons écrit à ce moment-là, il y avait plus que ce que les médias ont rapporté :

L’acte d’accusation publié confirme notre conviction de longue date qu’il n’y a pas eu de campagne "d’influence russe" lors des élections américaines. Ce qui est décrit et dénoncé en tant que tel est plutôt un système de marketing commercial qui exploite des sites Web hameçonneurs pour générer des revenus publicitaires au click et ameuter des foules en ligne, autour de personnalités virtuelles, afin de promouvoir tout ce que leurs clients marchands souhaitent vendre. La taille de l'opération était minime comparée aux centaines de millions de dollars de dépenses de campagne. Cela n’a eu aucune influence sur le résultat des élections.

L’IRA a embauché des personnes à Leningrad pour un peu d’argent et leur a demandé d’ouvrir des comptes sur les médias sociaux américains. Le personnage virtuel qu’ils ont créé et exploité devait attirer autant de personnes que possible sur ces comptes. Ils l’ont fait en postant des drôles de photos de chiens ou en adoptant des positions politiques fortes. Ils étaient des «influenceurs» qui vendaient les produits de leurs clients aux personnes qu’ils attiraient.

Le seul but était le même que dans n’importe quel média commercial. Créer du contenu pour attirer l’attention des gogos, puis vendre ceux-ci aux annonceurs.

Comme le dit le point 95 de l’acte d’accusation Mueller :

Les accusés et leurs complices ont également utilisé les comptes [financiers] pour recevoir de l'argent de vrais citoyens américains en échange de la publication de promotions et d'annonces sur les pages de médias sociaux contrôlées par leur ORGANISATION. Les accusés et leurs co-conspirateurs ont généralement fait payer, à certains marchands et sites de médias sociaux américains, entre 25 et 50 dollars par publication pour publier des contenus promotionnels sur leurs faux comptes personnels américains, tels que Being Patriotic, Defend the 2nd et Blacktivist.

Il n’y avait pas de campagne du gouvernement russe pour influencer l’élection de 2016. Seulement une entreprise de médias commerciaux en Russie utilisait des chaussettes-marionnettes avec un contenu original pour attirer les internautes et vendait de la publicité à des sociétés américaines.

L’IRA a également acheté de la publicité pour attirer davantage de personnes vers ses comptes. Mais le montant dépensé était minime. Le coût final de l’élection de 2016 était de 6,5 milliards de dollars pour les élections présidentielle, et celles du Congrès, réunies. L’IRA a dépensé un total de 100 000 dollars pour promouvoir ses propres comptes. Mais seuls 45 000 dollars de cette somme ont été dépensés avant les élections. C’était 0,000007% de chaque dollar dépensé pendant cette période pour l’élection . Il est statistiquement impossible que les dépenses d’IRA, essentiellement apolitiques, aient eu un effet sur les élections.

Le fait que l’IRA faisait fonctionner une machine marketing, et non une campagne politique, était également évident lorsque l’on analysait le contenu affiché par ces comptes de marionnettes. La plupart étaient apolitiques. Là où c’était politique, cela couvrait les deux côtés. Certains comptes de l’IRA ont publié du contenu pro-Trump, d’autres anti-Trump. Certains étaient pro-Clinton, d’autres contre elle.

Les services de renseignements américains ont tenté d’expliquer cela en affirmant que les Russes voulaient « semer la discorde ». Il n’y a aucune preuve que ce fut vraiment le cas. C’est simplement une explication qui a été inventée parce qu’ils n’ont pas réussi à en trouver une meilleure.

La vraie réponse à la question de savoir pourquoi différents comptes de l’IRA s’affichaient sur différents côtés du spectre politique est que l’IRA voulait maximiser ses revenus. Il faut couvrir les deux côtés si on veut augmenter le nombre de globes oculaires attirés.

FOX News n’est pas pro-Trump car il veut semer la discorde. CNN n’est pas non plus anti-Trump pour servir cet objectif. Tous deux ont pour objectif d’attirer les téléspectateurs vers leurs annonces publicitaires. Les gens affluent vers la chaîne de télévision qui correspond à l’opinion qu’ils ont déjà formée. Les deux côtés font la promotion de produits similaires.

Les personnages virtuels de l’IRA ont fonctionné de la même manière. Ils ont pris des positions politiques pour attirer des personnes qui avaient déjà une opinion correspondant à la leur. Une personne l’a fait pour la gauche, une autre pour la droite. Aucun n’ a changé les opinions politiques de ses « suiveurs ».

Une étude récemment publiée sur les utilisateurs de Twitter qui ont suivi les comptes marionnettes de l’IRA, et leur contenu le confirme. Elle a constaté que ces comptes n’avaient eu aucune influence sur les opinions de leurs « suiveurs ».

Une étude, réalisée par des chercheurs américains et danois, intitulée « Évaluation de l’impact de l’Agence russe de recherche sur Internet au sujet des attitudes et comportements politiques des utilisateurs américains de Twitter à la fin de 2017″, a révélé :

En utilisant des modèles d’arbre de régression bayésiens, nous n’avons trouvé aucune preuve que l’interaction avec les comptes de l’IRA ait eu un impact significatif sur la mesure des attitudes et comportements politiques sur une période d’un mois. Nous avons également constaté que la connexion avec les comptes IRA était plus fréquente chez les internautes ayant une forte homophilie idéologique au sein de leur réseau Twitter, un intérêt marqué pour la politique et une fréquence élevée d’utilisation de Twitter. Ensemble, ces résultats suggèrent que les trolls russes pourraient avoir échoué à semer la discorde, car ils interagissaient principalement avec ceux qui étaient déjà fortement polarisés.

La plupart des républicains purs et dures regardent FOX New, les démocrates du même acabit regardent CNN. Aucune des chaînes de télévision ne change les opinions fondamentales de ses téléspectateurs. Elle les renforce.

Les « trolls russes » étaient des personnages virtuels créés pour couvrir, au total, un large spectre. Certains personnages jouaient le rôle d’un républicain inflexible, d’autres celui d’un démocrate inconditionnel. Ils ont créé et publié du contenu qui correspond au rôle qu’ils ont joué. Chacun attirait des adeptes avec des opinions similaires à celles que la personne virtuelle prétendait avoir. Aucune opinion n’a changé suite à ces contacts. Aucune discorde n’a été semée.

L’IRA a ensuite vendu des espaces publicitaires aux marchands pour monétiser tous les internautes que ses personnages virtuels attiraient.

Les services de renseignement américains ont prétendu que l’entreprise commercial IRA était un organisme politique. Cela les a aidés à répandre l’animosité contre la Russie et à prétendre que Trump était de connivence avec Poutine.

Mais tout cela n’a jamais eu aucun sens.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/nouvelle-theorie-les-trolls-russes-nont-pas-seme-la-discorde-ils-nont-influence-personne

Les manifestations de Hong Kong touchent à leur fin par Moon of Alabama

Les manifestations de Hong Kong touchent à leur fin par Moon of Alabama

samedi 23 novembre 2019, par Comité Valmy

Les émeutes parrainées par les États-Unis à Hong-Kong sont quasiment terminées. Elles ont pourtant duré beaucoup plus longtemps que nous ne l’avions prévu.

La campagne de « violence marginale » menée par des étudiants « pro-démocratie » n’a pas réussi à rassembler plus de soutien. Le Hongkongais moyen est de plus en plus déterminé à s’opposer à d’autres provocations :Les manifestants se sont rassemblés vers 12h30 sur un pont à l’extérieur d’Exchange Square, qui abrite la bourse de Hong Kong dans le centre financier de la ville, pour une autre série de manifestations programmées à l’heure du déjeuner comme celles qui ont eu lieu au cours des deux dernières semaines.

Des échauffourées ont éclaté après qu’un groupe d’une cinquantaine de personnes en faveur de la police se soit présenté environ une heure plus tard, mais la police est arrivée peu après pour vider la zone.

Au cours d’au moins deux altercations entre certains membres des deux groupes, un contingent antigouvernemental a crié « retournez en Chine » à leurs adversaires, et l’un d’eux a donné un coup de pied à une femme marchant vers le plus petit groupe.

Il y a dix jours, les émeutiers vêtus de noir les plus acharnés ont commencé à paralyser la circulation à Hong-Kong pendant les jours de semaine. Ils ont saccagé presque toutes les stations de métro et barricadé les grandes artères et les tunnels. Des écoles ont été fermées, des entreprises et des travailleurs ont été gravement touchés.

Un éboueur de 70 ans a été tué lorsqu’il a été frappé par une pierre lancée par les émeutiers contre des civils qui tentaient d’enlever une barricade. Un homme de 44 ans a été arrosé d’essence et brûlé après avoir verbalement manifesté son désaccord envers le saccage d’une station de métro par des émeutiers. Un policier a été touché par une flèche.

Les émeutiers ont occupé l’Université chinoise et l’Université polytechnique (PolyU) qui se trouvent à côté de grandes rues et de l’important tunnel qui passe sous le port. Utilisant les universités comme bases logistiques et fortifications, ils ont réussi à maintenir de nombreuses routes fermées jour et nuit. Après quelques négociations avec le président de l’Université chinoise, les émeutiers ont évacué les lieux en laissant derrière eux quelque 8 000 coktails Molotov. Ils se sont rassemblés à PolyU, à côté du tunnel passant sous le port.

Ce fut une erreur.

Dimanche dernier, la police a encerclé la PolyU et n’a laissé personne en sortir. Ceux qui voulaient sortir ont été arrêtés ou, lorsqu’ils avaient moins de 18 ans, identifiés et remis à leurs parents. Il y a eu plusieurs batailles violentes lorsque les émeutiers ont tenté de percer le cordon policier, mais seuls quelques-uns ont réussi à s’échapper.

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Au bout de quelques jours, la plupart de ceux qui se trouvaient à l’intérieur de PolyU se sont rendus à la police.

Aujourd’hui, subsistent encore une trentaine d’émeutiers terrés dans un bâtiment de PolyU. La police les attend à l’extérieur. Elle a déclaré qu’elle avait procédé à plus d’un millier d’arrestations. L’université est saccagée et il y a eu d’importants dégâts dus aux combats. Les émeutiers ont encore une fois laissé derrière eux des milliers de cocktails Molotov et d’autres armes.

Le blocage de la circulation urbaine et les dégâts croissants causés par le vandalisme des émeutiers ont même rebuté ceux qui les soutenaient auparavant. Comme la police a arrêté la plupart des principaux émeutiers, il y a peu de chances que de telles manifestations violentes se poursuivent.

Dimanche, il y aura des élections municipales du conseil de district à Hong-Kong. La Chine a fait pression pour que les élections aient lieu quelles que soient les circonstances. La police anti-émeute gardera tous les bureaux de vote.

Il y a quelques semaines, les candidats « pro-démocratie », qui soutenaient les émeutiers, étaient encore prêts à remporter plus de sièges qu’avant les manifestations. Mais ils craignent aujourd’hui que le public ne les punisse pour les ravages qu’ils ont causés et choisissent les candidats de l’establishment :Le politologue de l’Université chinoise Ivan Choy Chi-keung a déclaré que si le taux de participation pouvait établir un nouveau record, la situation générale était plus imprévisible qu’auparavant.

« Les pro-démocraties auraient pu remporter une victoire écrasante si les élections avaient eu lieu pendant l’été, lorsque les manifestations ont éclaté », dit M. Choy. « Mais après les récents affrontements dans deux universités, les électeurs indécis peuvent s’inquiéter de l’ordre public et être découragés de voter pour eux.« 

Il faisait référence aux féroces batailles que des manifestants ont livrées contre la police à l’extérieur de l’université chinoise, le 12 novembre, suivies d’autres affrontements à l’extérieur de l’université polytechnique la semaine dernière.

« Il sera difficile pour ce camp de remporter plus de la moitié des sièges, comme certains l’avaient prévu à l’origine », a déclaré Choy.

Le gouvernement de Hong-Kong n’a accepté aucune des « cinq revendications » des manifestants. La seule chose que les manifestants ont gagnée, c’est l’adoption d’une loi par le Congrès américain :Mercredi, la Chambre des représentants a suivi l’exemple du Sénat en approuvant à une écrasante majorité deux projets de loi : La loi de Hong-Kong sur les droits de l’homme et la démocratie, qui exige que le président examine chaque année le statut commercial favorable que les États-Unis accordent à Hong-Kong, en menaçant de le révoquer et d’imposer des sanctions aux responsables s’il est établi que des libertés ont été supprimées, et la loi Protect Hong-Kong, qui bloquera la vente des gaz lacrymogènes et autres articles policiers.

La première, bien que largement symbolique, pourrait modifier les relations de Washington avec Hong-Kong et Pékin.

Le président américain Donald Trump a un choix simple à faire sur la législation qui lui a été transmise par le Congrès américain pour soutenir les protestations qui ont englouti Hong-Kong – approuver ou opposer son veto. Au milieu de négociations difficiles dues à sa guerre commerciale contre la Chine, il pourrait être tenté d’inclure sa décision dans les négociations. …
Mais Pékin considère ces mesures comme frappant au cœur de la souveraineté chinoise. Les manifestants radicaux pourraient être poussés à une plus grande violence. Des contre-mesures non spécifiées sont promises si Trump donne son approbation. …
Mais la guerre commerciale, la violence et la législation ont nui au climat des affaires à Hong-Kong. Que cette loi soit approuvée ou non, le pessimisme et l’incertitude ont déjà été renforcés. Il ne peut pas y avoir de gagnants.

Trump veut un accord commercial avec la Chine et opposera donc probablement son veto au projet de loi :S’exprimant pendant l’émission matinale « Fox & Friends », le président a déclaré qu’il recherchait un équilibre entre les priorités concurrentes dans les relations américano-chinoises.

« Nous devons soutenir Hong-Kong, mais je suis aussi aux côtés du président Xi [Jinping], un ami à moi. C’est un type incroyable, mais nous devons résister… J’aimerais les voir régler le problème, d’accord ? », a déclaré le président. « Je soutiens la liberté, je tiens à tout ce que je veux faire, mais nous sommes aussi en train de conclure l’un des plus importants accords commerciaux de l’histoire. Et si on pouvait y arriver, ce serait génial.« 

Un veto n’aurait qu’un impact temporaire puisque la loi a été adoptée à la Chambre et au Sénat par des majorités qu’un veto ne peut contrecarrer.

L’idée derrière les protestations et les émeutiers à Hong-Kong était depuis le début de provoquer un autre incident du genre Tian An Men. C’était évident depuis le début de la manifestation. C’est maintenant reconnu publiquement :BBC Newsnight @BBCNewsnight – 11:00 UTC – 19 nov 2019

« Certains manifestants semblent avoir pour objectif de provoquer une confrontation militaire avec la Chine. Ils semblent vouloir répéter ce qui s’est passé sur la place Tiananmen. »

Le secrétaire aux affaires étrangères @Jeremy_Hunt dit qu’il est « préoccupé par la tactique » de certains des manifestants de #HongKong

Si la Chine avait envoyé des troupes à Hong-Kong, ou laissé utiliser plus de force contre les manifestants, les États-Unis en auraient profité pour faire pression sur leurs alliés afin qu’ils imposent des sanctions sévères à la Chine. La violence des manifestants visait à obtenir ce résultat. Ce plan s’inscrivait dans le cadre de la stratégie de découplage entre les États-Unis et la Chine.

Le plan a échoué parce que la Chine était trop intelligente pour accorder aux États-Unis ce qu’ils voulaient. Maintenant, c’est Trump qui est sous pression. Il a besoin de l’accord commercial avec la Chine parce que la guerre commerciale actuelle nuit à l’économie américaine et met en péril sa réélection.

C’est probablement la vraie raison pour laquelle les protestations se sont apaisées.


22 novembre 2019
 

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11565