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Ce qui reste de la Baie des Cochons bis: les équipements habituels de l’insurrection 2.0 dirigée

mercredi, mai 06, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Ce qui reste de la Baie des Cochons bis: les équipements habituels de l’insurrection 2.0 dirigée

Ce fiasco implique le groupe Silverberg USA dont les mercenaires viennent du Texas. Un peu plus de 300 déserteurs de l’armée vénézulienne et des colombiens devait participer à une opération visant à:

  1. Décapiter le gouvernement du Venezuela en neutralisant le président Maduro;
  2. Prendre le contrôle de deux sites sensibles; coup militaire avec le concours de cellules dormantes au sein des forces armées; neutralisation des capacités A2/AD (défense aérienne) et destruction des Su-30 de l’armée de l’air vénézuelienne;
  3. Déclarer Juan Guaido nouveau président.

Comme d’accoutumée, le gouvernement US va certainement nier tout lien avec cette société de sécurité privée. Ni vu, ni connu. Même pas informés. C’est la procédure habituelle quand il s’agit d’opérations noires ou clandestines.

Jordan Goudreau, site du groupe Silverberg USA.

Bref l’un des coups les plus foireux de l’histoire. Ce n’est pas parce que l’on vient des forces spéciales et que l’on s’est retrouvés mêlés à tous les coups tordus des dix dernières années que l’on peut mener à bien une opération de changement de régime du même style que celui qui a eu lieu en Libye en 2011.

https://strategika51.org/2020/05/05/ce-qui-reste-de-la-baie-des-cochons-bis-les-equipements-habituels-de-linsurrection-2-0-dirigee/

Virus… blocus, Par Michel Raimbaud

Virus… blocus, Par Michel Raimbaud

Publié par Candide le 28 mars 2020 dans Chroniques      Rate This

Virus… blocus

Par Michel RaimbaudMondialisation.ca, 27 mars 2020

Nous sommes des mille et des millions à goûter aux plaisirs du confinement. C’est la faute à ce virus crochu, invisible mais omniprésent, qui guette ses victimes tapi dans leurs voies respiratoires, réveillant les peurs ancestrales. Sages ou craintifs, les citoyens acceptent les règles nouvelles, appréhendant ce que sera l’après. Revisité, le temps d’avant était un paradis : c’était il y a un mois, il y a quinze jours, c’était hier.

Ils seront innombrables, en France et dans cette vieille Europe devenue le foyer du virus, à faire des comptes et à en demander, à proposer des priorités pour réparer les dégâts. Avant d’entamer toute réflexion, il conviendra de réviser les idées reçues que les événements ont fait voler en éclats et d’en tirer des leçons. Puissent les mesures prises dans une situation d’exception ne pas être fatales à une certaine exception française.

L’Euro-Amérique n’est plus le « cœur » du monde, ayant perdu sa suprématie globale et son magistère intellectuel et moral. Difficile à gober pour un béotien comme l’oncle Donald, suprématiste hors pair, et pour les clients de l’idéologie occidentaliste. Si certains ont évoqué « la mort cérébrale » ou « le déclin de l’Occident », ce sont de simples éclairs tant est enracinée la conviction nombriliste. Il reste que l’épisode du coronavirus aura ruiné irrémédiablement l’image de l’Amérique* et de l’Europe, où la pandémie a établi ses quartiers. C’est en effet auprès de l’Organisation de Coopération de Shanghai (Chine, Russie et alliés asiatiques) que la plupart des pays, alliés y compris, auront cherché appui.

Accusée par Trump d’être le responsable de la pandémie (le « virus chinois »), la Chine, premier pays à avoir su juguler l’effrayant fléau, est sollicitée par le reste du monde. Forte du prestige que lui vaut sa gestion – un brin idéalisée – de la crise et désormais surpuissante, elle affirme son nouveau leadership. Qu’il s’agisse de l’Italie, abandonnée en première ligne sur le front coronique par ses partenaires européens, ou de la France, durement frappée, l’aide en matériel et en personnel de l’Empire du Milieu n’est pas passée inaperçue…

La Russie a lancé elle aussi des opérations de secours, envoyant vers l’Italie, par avions-cargos, du matériel de dépistage et de désinfection, tandis que son armée de l’air acheminait huit brigades mobiles de médecins et une centaine de virologues et épidémiologistes. L’Institut moscovite de dépistage du Corona annonce l’envoi d’une assistance d’urgence à seize pays : les membres de l’Union Economique Eurasienne (ex-URSS), mais aussi l’Iran, l’Egypte, le Venezuela, la Corée du Nord, la Mongolie. La Serbie a choisi elle aussi de faire appel à Moscou et Pékin.

Cet investissement des deux grands de l’Eurasie dans une action d’urgence aura eu un impact considérable. Médiatisation ? Ni plus ni moins que les « grandes démocraties » naguère. Que pourraient bien médiatiser nos médias de révérence, sinon l’absence de toute solidarité des Etats occidentaux, la vanité de leurs leçons de morale, leur acharnement à poursuivre des guerres illégales ou « invisibles », et la fin du monopole « atlantiste » dans le domaine humanitaire, cheval de bataille pour l’ingérence. Le mainstream aura été à la hauteur de sa réputation, le dépit portant d’ailleurs à ressasser les mensonges les plus éculés sur les « pays qui fâchent » (Syrie, Iran, Russie, Chine) !

Dans le même temps et autre signe des temps, l’Amérique est défiée jusque dans son ex-arrière-cour, son ignominie et son impuissance étant affichées à la face du monde. Après soixante ans de sanctions, Cuba est toujours debout et a développé une médecine de pointe : le 16 mars, à la demande de Londres, on y accueillait sous les acclamations un navire de croisière (MS Braemar) et sa cargaison de passagers occidentaux ailleurs indésirables (dont 5 « positifs » et 40 à l’isolement). La Havane a envoyé par ailleurs une mission médicale en Italie. Des sots s’en étonneront, mais les gestes ne s’oublieront pas, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Le Venezuela, provocation permanente, est frappé par la pandémie. Une occasion minable d’exhiber un acharnement « viral ». C’est sous forme de sanctions meurtrières et dévastatrices que se manifestent les attentions de Washington : le coût des dépistages se trouve propulsé à des niveaux exorbitants. Valet fidèle, le FMI a refusé le prêt demandé par Caracas : Maduro manquerait de légitimité. Selon les experts onusiens, de telles sanctions « s’apparentent à une action génocidaire » et leurs « architectes » devraient être poursuivis et emprisonnés à vie, du moins « dans un monde décent ». Il ne l’est plus, depuis belle lurette.

Le comportement criminel de l’Amérique et des « grandes démocraties s’est inscrit dans le paysage à partir de 1991, tandis qu’émergeait le paradigme d’une « communauté internationale » réduite aux laquais. C’est à la résignation de ceux-ci, à leur aveuglement idéologique et à leur complicité qu’une « troïka » pervertie doit sa capacité de nuisance. Bien que le premier véto russo-chinois contre une ingérence militaire en Syrie, en octobre 2011, ait stoppé les élans de l’arrogant triumvirat, celui-ci a de beaux restes et de malfaisants relais.

Un demi-siècle après sa naissance « sous X », la « théorie du fou » de Nixon et Kissinger, loin d’être la touche folklorique d’une « géopolitique racontée aux grands enfants », est pour l’Occident une clé essentielle du Grand Jeu. Éructant au milieu de sa cour des miracles, le gangster à la mèche jaune a fait des adeptes au Moyen-Orient. Avec Netanyahou, bourreau des Palestiniens et complice d’une « transaction » ignominieuse, Erdogan l’hystérique Mamamouchi, et Mohammed Ben Salman, qui rêve de transformer l’Arabie en Disneyland ou en lupanar, voilà cet OVNI maléfique en mesure d’instaurer un chaos sans fin au centre de « la ceinture verte », à l’ombre de la nouvelle peste.

Ce qu’écrit Doug Bandow le 22 mars dans The American interest vaut son pesant d’encre : « Le coronavirus signifie que l’Amérique est brisée. Trump devrait sortir de l’enfer syrien », « le Moyen-Orient a perdu sa signification stratégique », les deux craintes majeures ayant disparu : (1) « Personne ne menace de conquérir le pétrole dont dépend l’Occident », (2) « Personne ne menace la survie d’Israël, superpuissance régionale ». Mon Dieu, si c’était vrai ? Aux doux rêveurs, on rappellera que l’Amérique s’acharne à mener en Syrie une guerre «invisible et sans fin» pour interdire la paix et la reconstruction, qu’elle maintient une occupation illégale à l’est de l’Euphrate, pour « contrôler le pétrole syrien » (sic dixit Donald).

Agressée par une coalition hybride où se retrouvent les membres de l’OTAN, les forces de l’islamisme dévoyé et une multitude de comparses, la Syrie est frappée depuis 2011 par une pléthore de sanctions infâmes et sadiques, dans l’indifférence quasi-générale…Rappelons que les sanctions (commerciales ou financières) ont pour but d’empêcher un Etat de fonctionner et d’étrangler son économie. Elles ont entre autres pour résultat d’interdire les importations de médicaments et matériels sanitaires, et de rendre impossibles la réparation des équipements. Ce qui est dramatique pour un pays dévasté comme la Syrie.

Comment des Etats peuvent-ils se prétendre « civilisés » alors qu’ils n’ont pas le courage de briser l’omerta, loi des mafieux. Exiger une levée immédiate des sanctions ne suffit pas. Chaque pays peut prendre la décision, seul ou dans un cadre collectif. Il y a urgence : la Syrie entre dans sa dixième année de guerre et on peut s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir le corona, déjà présent dans la région. En effet, la pandémie ne saurait occulter les menées criminelles des alliés de Washington : Israël responsable du confinement massif des Palestiniens, notamment à Gaza ; Erdogan et son chantage au « lancer » de réfugiés vers l’Europe, nul ne se souciant des malheureux migrants piégés par les frontières fermées.

Il faut également lever le siège criminel imposé par l’Amérique à l’Iran. Résistant depuis quarante ans aux sanctions imposées à l’instigation de Washington et confronté à la ré-escalade engagée par Trump depuis son retrait illégal du traité nucléaire, il y a deux ans, l’Iran figure en outre parmi les Etats les plus menacés par la pandémie. L’interdiction de commercer en dollars revient à lui interdire tout achat de médicaments et d’équipements sanitaires, alors qu’il est économiquement étranglé (Téhéran aurait demandé un prêt d’urgence de cinq milliards de dollars au FMI). Il s’agit pour l’Amérique de le soumettre. Si dans un accès de sagesse les Européens viennent en aide à l’Iran, ils rachèteront un peu la communauté des « chefs d’Etat du monde » auxquels en appelle Ruhani : L’Amérique n’est pas seulement responsable de la mort d’un iranien toutes les dix minutes, elle menace la vie du monde. Téhéran et Qom ne sont pas si loin de Paris, Londres et New-York. « Vous êtes des insolents, des oppresseurs, des terroristes » : seuls blâmeront Ali Khamenei d’avoir ainsi stigmatisé les dirigeants américains ceux que la vérité blesse.

Michel Raimbaud

Virus… blocus

https://tunisitri.wordpress.com/2020/03/28/virus-blocus-par-michel-raimbaud/

L’union nationale en Syrie et au Venezuela

L’union nationale en Syrie et au Venezuela

par Thierry Meyssan

Comme nous l’annoncions seuls au début du mois, un pas décisif vers la paix a été franchi simultanément en Syrie et au Venezuela, le 16 septembre. Les deux nations ne se forcent plus à négocier avec des terroristes, mais leurs gouvernements ont entrepris de construire un nouveau régime en collaboration avec leur opposition patriotique.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 24 SEPTEMBRE 2019 عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇE

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Les présidents Bachar el-Assad et Nicolás Maduro.

L’avenir de la Syrie et du Venezuela se jouent simultanément et parallèlement. C’est bien normal, car l’origine de ces conflits n’est pas locale, c’est la stratégie du Pentagone de destruction des structures étatiques, d’abord au « Proche-Orient élargi », puis dans le « Bassin des Caraïbes » (doctrine Rumsfeld/Cebrowski [1]).

La situation et les capacités des deux États sont très différentes, mais leur résistance à l’impérialisme global est identique. Hugo Chávez (président de 1999 à 2013) a été le porte-voix des peuples de la périphérie face aux ambitions des sociétés transnationales. Déçu par le Mouvement des non-alignés dont, à la fin de la Guerre froide, certains membres sont devenus des vassaux des États-Unis, il avait songé avec le président Bachar el-Assad à le refonder sur de nouvelles bases : le Mouvement des alliés libres [2]. À ceux qui s’interrogeaient sur le temps nécessaire pour mener à bien cette ambition, le président vénézuélien avait répondu en anticipant que son homologue syrien prendrait sa succession sur la scène internationale. Il avait aussi ajouté, dans le plan quinquennal 2007-2013 qu’il rédigea de sa main, des instructions à toutes les administrations de son pays de soutenir cet allié politique lointain : la Syrie [3].

La guerre sévit depuis dix-huit ans au Moyen-Orient élargi et depuis huit ans en Syrie. L’Afghanistan, l’Iraq et la Libye sont déjà détruits. Le Yémen est affamé. Concernant la Syrie, un gouvernement en exil a été reconnu par les États-Unis et une poignée de ses alliés. Tous les avoirs du pays en Occident ont été saisis. Un gouvernement alternatif a remplacé le gouvernement constitutionnel à la Ligue arabe. Et les vassaux régionaux du Pentagone se sont placés aux ordres de l’Otan.

Les prémisses de la guerre sont déjà bien avancés dans le Bassin des Caraïbes, notamment au Nicaragua et à Cuba. Concernant le Venezuela, un président autoproclamé a été reconnu par les États-Unis et une poignée de ses alliés. Tous les avoirs vénézuéliens en Occident ont été saisis. Un gouvernement alternatif a remplacé le gouvernement constitutionnel à l’Organisation des États américains (OEA). Et les vassaux régionaux du Pentagone réactivent le Traité interaméricain d’assistance réciproque (Tiar).

La guerre se termine en Syrie parce que la présence militaire russe rend impossible l’envoi de nouvelles troupes contre le pays ; que ce soit des soldats réguliers états-uniens, des mercenaires officiellement engagés par le Pentagone, ou des jihadistes officieusement engagés par les alliés de l’Otan. Mais la victoire de l’armée arabe syrienne contre des dizaines de milliers de mercenaires étrangers ne signifie pas la paix.

Celle-ci n’est possible en Syrie comme au Venezuela qu’à la condition de réparer la société, fracturée par la guerre ici ou par sa préparations là. En Syrie, cela passe par la rédaction, puis l’adoption, d’une nouvelle constitution, comme prévu il y a quatre ans par la résolution 2254. Identiquement, cela passera au Venezuela par la création d’un régime d’union nationale, associant chávistes et opposition patriotique. Dans les deux cas, la difficulté consiste à écarter l’opposition mercenaire, rétribuée par les États-Unis ou leurs alliés et prête à tout, et à mobiliser l’opposition patriotique, toujours présente dans le pays et soucieuse de préserver la nation.

Avec l’accord du président Trump et malgré l’opposition de généraux du Pentagone et de diplomates du département d’État, la Syrie et le Venezuela ont avancé sur cette voie, le 16 septembre. Le même jour, l’Iran, la Russie et la Turquie ont annoncé la constitution de la « Commission constitutionnelle syrienne » [4], et le Venezuela a annoncé l’ouverture d’une « Table de dialogue » réunissant représentants du gouvernement et de l’opposition patriotique [5]. Celle-ci se substitue aux négociations que le gouvernement constitutionnel avait mené à La Barbade, en présence de médiateurs norvégiens, avec les représentants du président autoproclamé, Juan Guaidó ; négociations que celui-ci avait déjà déclarées « épuisées » et qu’il avait lui-même quittées. Identiquement, la Commission constitutionnelle syrienne met fin aux négociations que le gouvernement menait depuis des années avec les jihadistes « modérés » sous les auspices de l’Onu.

En Syrie, le principe de l’Union nationale s’est progressivement imposé depuis le début de la guerre. Le président Assad était parvenu à organiser, en 2014, une élection présidentielle conforme aux standards internationaux des régimes démocratiques. Mais c’est une nouveauté au Venezuela où tous ne sont pas encore convaincus. Une tentative précédente d’union, initiée par le pape François, avait échoué. Cette fois, en quelques heures, les négociateurs sont parvenus à s’accorder sur presque tout ce que prétendait réclamer Juan Guaidó, mais qu’il se refusait en fait à acter. Les chávistes ont cessé de pratiquer la chaise vide à l’Assemblée nationale ; la Commission électorale est en cours de réforme ; le vice-président de l’Assemblée nationale qui était détenu a été relâché ; etc.

Cette avancée considérable a été rendue publique durant la vacance du conseiller de sécurité nationale US. Le remplacement de John Bolton par Robert O’Brien favorise la tenue d’un nouveau discours à Washington. Les deux hommes ont les mêmes références idéologiques, l’« exceptionnalisme états-unien », mais des styles opposés : le premier menaçait de guerre la Terre entière, le second est un négociateur professionnel.

L’Union européenne et le Groupe de Lima, qui n’ont pas le pragmatisme du président Trump, condamnent ces avancées car les partisans du terrorisme en sont exclus : les jihadistes « modérés » et les guarimberos de Juan Guaidó

.Thierry Meyssan

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[1The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti), Réseau Voltaire, 22 août 2017

.https://www.voltairenet.org/article207692.html

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[2] « Assad et Chavez appellent à la formation d’un Mouvement des alliés libres », Réseau Voltaire, 28 juin 2010.

[3Proyecto Nacional Simón Bolívar. Primer Plan Socialista (PPS) del Desarrollo Económico y Social de la Nación (2007/2013), Presidencia de la República Bolivariana de Venezuela.

[4] “Joint Statement by Iran, Russia and Turkey on the International Meeting on Syria”, Voltaire Network, 16 September 2019.

[5] « Venezuela : Mesa Nacional », Red Voltaire, 16 de septiembre de 2019.

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (3/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (3/3)

Harold MICHOUD 27 août 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors », payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés sont directement concernés par des intérêts russes, il est de bon ton de se poser la question. Le groupe Wagner : société militaire privée ou barbouzerie ?

Wagner et la Centrafrique

Le Venezuela, partenaire stratégique de Moscou. Le groupe Wagner serait dans le pays de manière officieuse.
Le Venezuela, partenaire stratégique de Moscou. Le groupe Wagner serait dans le pays de manière officieuse.

Depuis janvier 2018, Moscou envoie 170 « instructeurs russes civils » pour former les soldats de Centrafrique. Ce pays, l’un des plus pauvre du monde, est sujet à des affrontements interethniques et religieux, opposant les milices Séléka (composées de musulmans) aux milices anti-Balaka (composées de chrétiens). Le pouvoir du gouvernement y est très faible. Moscou peut ainsi apporter un soutien militaire qui agace l’Organisation des Nations Unies et la France, toutes deux engagées sur ce théâtre d’opération.

Parmi les « contractors » russes présents se trouvent des hommes du groupe Wagner. Certains seraient même dans la garde prétorienne du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Cette « protection » du groupe Wagner semble avoir également beaucoup concerné le secteur minier. Le pays a un sous-sol très riche en minerais tels le diamant, l’or, l’uranium, le fer ou les terres rares. Ces dernières sont indispensables au fonctionnement d’appareils électroniques de pointe.

Une présence de Wagner qui questionne

Trois journalistes russes d’investigation ont été tués à 200 km de la capitale, Bangui, alors qu’ils enquêtaient sur les actions du groupe Wagner. L’enquête a conclu à un crime crapuleux. Cela a révélé le caractère flou des missions du groupe dans le pays. Cet événement tragique d’août 2018 fait peut-être écho à l’attribution d’un permis de recherche d’or à Yawa à une entreprise russe. Un certain Evguenii Khodotov en est le directeur. L’homme est surtout un proche d’Evguénii Progojine, le « cuisinier du Kremlin ».

De plus, Monsieur Prigojine a également pu se tailler une part de lion grâce à sa société Lobaye Invest Serlu, qui a reçu une concession d’exploitation minière le 2 juin 2018, deux mois avant que ses trois compatriotes journalistes décèdent mystérieusement. Alors que des contrats d’armement sont passés entre Bangui et Moscou, la tête de pont de ce rapprochement a peut-être une allure de traiteur russe avec une kalachnikov en bandoulière.

Wagner et le Venezuela

Un groupe de mercenaire serait également au Venezuela. Cette troupe a pu s’y rendre via des vols commerciaux au départ de la Havane en janvier 2019. Ils seraient arrivés à Cuba dans des avions affrétés de Russie selon Reuters. Aucune mention de Wagner n’y est faite. Un chef de mercenaires russe aurait en revanche confirmé l’information d’une présence de sociétés militaires privées dans la zone. Les effectifs de ces sociétés s’élèveraient à 400 selon cette même source.

Les contractors se seraient enregistrés sous différentes organisations – environ une douzaine – pour ne pas attirer l’attention à leur arrivée au Venezuela.  Leur rôle est de protéger le président Nicolas Maduro, affaiblit par une opposition soutenue par les pays occidentaux. Dans un pays en plein troubles politiques, en pleine crise économique, la présence de mercenaires russes laisse peu de doutes sur la signature de Moscou. Une source anonyme et proche du groupe Wagner aurait confirmé la présence des hommes d’Evguéni Prigojine sur le territoire Vénézuélien.

Mais la présence de ce groupe, ou de toute autre entité relevant du groupe, n’est jamais officialisée par le pouvoir russe, hormis devant un fait accompli. Le déploiement de troupes russes officielles en avril est peut-être un nouveau moyen d’officialiser une présence russe informelle depuis quelques mois. En tout cas, le procédé semble être le même qu’en Centrafrique et qu’au Soudan.

Le Venezuela, un partenaire stratégique pour la Russie

Ce qui change est surtout l’immense intérêt économique, politique et stratégique que présente le Venezuela pour la Russie. En effet, le Venezuela est le principal allié américain continental de Moscou. Son armement est majoritairement d’origine soviétique et Moscou reste le principal fournisseur d’équipement militaire de Caracas. La Russie est également la deuxième créancier du pays derrière la Chine. Enfin, la Russie a énormément investi dans le pays, spécialement dans le pétrole via l’intermédiaire de Rosneft, fleuron pétrolier russe.

Les Etats-Unis, en fermant leur économie à Caracas, ont précipité Nicolas Maduro dans les bras moscovites. Et la Russie bénéficie de conditions favorables pour continuer d’y investir. C’est le cas notamment de l’entreprise Rosneft qui a des accès préférentiels à certains gisements de gaz de schiste. En définitive, Moscou est une des pierres angulaires du maintien du président Maduro au pouvoir.

Simple société militaire privée ou fabrique à barbouzes ? 

Il devient clair que l’aspect indépendant de cette société militaire privée ne peut occulter sa proximité avec le pouvoir russe. Tout d’abord, Evguéni Prigojine est un proche du président russe, et agit cependant en toute impunité. Ensuite, une partie de l’intelligentsia du pouvoir bénéficie des retombées économiques négociées après l’aide du groupe Wagner. Enfin, et surtout, ses contractors se déploient dans des zones stratégiques pour le Kremlin et assistent des pouvoirs, gouvernements ou groupes séparatistes proches de Moscou. Leur présence discrète dans tous les dossiers internationaux obscurs russes laissent à penser que ce groupe est beaucoup plus barbouze que simplement privé. Pour une société militaire privée interdite en Russie, ce groupe semble avoir de beaux jours devant lui.

Sources :

-“Are Russian mercenaries in Venezuela ? What we know”, The Defense Post, 25 janvier 2019, (https://thedefensepost.com/2019/01/25/russian-mercenaries-venezuela-pmc-wagner/)

-“Du Venezuela à la Centrafrique, les mercenaires de Wagner sur tous les fronts”, Le Point, 30 janvier 2019, (https://www.lepoint.fr/monde/du-venezuela-a-la-centrafrique-les-mercenaires-de-wagner-sur-tous-les-fronts-30-01-2019-2289909_24.php)

– “Gaz : le Venezuela déroule le tapis rouge à la Russie”, Actu & Eco, 9 aout 2019, (https://www.capital.fr/economie-politique/au-venezuela-la-russie-risque-de-perdre-un-allie-et-des-milliards-1325457)Share

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About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant de Grenoble Ecole de Management et effectue une poursuite d’étude en géopolitique au sein de l’IRIS SUP’. Il s’intéresse particulièrement à la Turquie et au Khorasan. https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41521-groupe-wagner-contractors-barbouzes-3/ 3

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Groupe Wagner : Contractors ou Barbouzes ? (1/3)

Harold MICHOUD 19 août 2019 Actualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAmérique du SudRussieSujets chaudsSyrie Leave a comment

Depuis quelques années, le nom « Wagner » fait écho à de nombreux points « chauds » de l’actualité internationale. Ukraine, Syrie, Centrafrique, Libye, Soudan et même Venezuela sont des territoires où résonnent la présence de civils armés à l’accent russe. Mais qui sont ces membres du groupe Wagner ? De simples « contractors » (mercenaires), payés pour faire de la protection comme toute société militaire privée ? Ou ses actions sont-elles plus opaques ?

Alors que tous les pays précédemment nommés suscitent les intérêts russes, il est de bon ton de se poser la question : le groupe Wagner, société militaire privée ou barbouzerie ?

Qu’est-ce que le Groupe Wagner ?

Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner
Emblème du GRU, dont est issu Dimitri Outkine, le chef militaire de Wagner

Le Corps Slave est une société militaire privée créée en 2013, officiellement basée en Argentine. En effet, la Russie interdit ce type d’entreprise. Cela n’empêche pas le groupe de ne comporter que des russophones dans ses rangs.  Le chef militaire de ces « contractors » et le fondateur du groupe se nomme Dimitri Outkine, il est un ancien dirigeant de la 2e brigade des forces spéciales du renseignement militaire russe, le GRU. Son surnom est Wagner, ce qui aurait donné le nom officieux du groupe. Wagner n’est pas un nom qui tient du hasard car il rend hommage au célèbre compositeur antisémite prussien. Cela pourrait démontrer une sympathie de cet ancien officier russe pour le IIIe Reich.

Cependant, le véritable mécène et dirigeant de ces combattants privés est le milliardaire Evguéni Prigojine via la société Evro Polis.

Pourquoi ce groupe aurait-il des liens avec le pouvoir russe ?

Tout d’abord, Evguéni Prigojine est connu sous le surnom de « cuisinier de Poutine ». Il a en effet servi le président russe à table. Le russe détient un petit empire de la restauration appelé Concord Catering qui est en charge des réceptions au Kremlin. Il est également connu défavorablement par les pays occidentaux comme étant le créateur des fameuses « usines à troll » qui pourraient influencer les élections européennes et américaines.

De plus, le groupe Wagner s’entraînait jusqu’en juin 2016 sur la base militaire de Molkino, une zone se situant dans la région de Krasnodar. Ce lieu abriterait également certaines unités de forces spéciales du GRU. Ces hommes se déploient dans des zones d’influence russe qui servent directement ou indirectement les intérêts du Kremlin.

Ukraine et guerre du Dombass : une aide non officielle de Moscou aux séparatistes

Le groupe Wagner aurait participé de manière informelle au conflit du Dombass, permettant ainsi à la Russie d’aider les séparatistes de la région face aux forces ukrainiennes, sans officialiser la présence russe dans la zone. Ce sont une partie des « bonhommes verts » aperçus par les journalistes étrangers. Cette intervention « militarisée », à défaut d’être officiellement militaire, permet de geler une situation profitable à Moscou tout en ne s’impliquant pas directement et officiellement au sol dans le conflit. Cette société militaire privée est donc fort utile au président russe Vladimir Poutine. C’est un moyen de ne pas déplorer de pertes officielles mais également de servir la politique étrangère russe.

Le groupe Wagner en Syrie

Le véritable coup de projecteur sur le groupe Wagner se fait en Syrie. C’est le cas notamment de la présence de 1600 contractors russes durant la bataille de Palmyre en 2016. Ils étaient présents au sol, au côté des troupes du régime syrien contre les djihadistes de l’organisation Etat Islamique. Le journal russe d’investigation RBK indiquait que ces forces de mercenaires travailleraient en partie pour le GRU. Cette raison expliquerait pourquoi Dimitri Outkine a été décoré lors de la journée nationale de héros pour son œuvre en Syrie en 2016.

Des accords juteux et extrêmement bénéfiques

Surtout, cela justifierait l’accord extrêmement intéressant conclu entre Evguéni Prigojine et le régime de Damas concernant les champs de gaz. Celui-ci peut en effet bénéficier de 25% des revenus des champs pétroliers récupérés par son groupe à Daesh. Le groupe se mettrait au service du GRU en échange d’accès aux ressources et à de juteux contrats d’exploitation. Alors que le pouvoir russe déplore très peu de pertes officielles en Syrie, près de 200 mercenaires auraient perdu la vie dans le pays. D’anciens soldats russes, vétérans de guerres d’Ukraine, de Tchétchénie servent donc de supplétifs aux forces militaires officielles.

Lien supplémentaire entre Evguéni Prigojine et Dimitri Outkine, ce dernier est depuis 2017 directeur général de Concord Management and Consulting, une entreprise détenu par Prigojine.

Wagner, groupe utile mais trop visible en Syrie

Une centaine de combattants du groupe seraient morts lors d’un raid aérien américain le 7 février 2018. Selon certains officiers militaires, le fait d’avoir des mercenaires en place en Syrie permet également de maintenir une guerre par procuration en Syrie. Et cela sans que cela ne déclenche une guerre ouverte en Etats-Unis, occidentaux et russes aux intérêts divergeant.

Devenus trop visibles sur ce théâtre d’opérations, ils furent assignés à protéger les champs gaziers et pétroliers récupérés à Daesh. Le groupe revenait ainsi à la fonction classique qu’une société militaire privée pouvait exercer. Mais le groupe Wagner est aussi présent sur d’autres théâtres d’intérêts russes.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41500-wagner-contractors-barbouzes

Les intérêts de la Fédération de Russie en Amérique latine

Les intérêts de la Fédération de Russie en Amérique latine

Quentin CREURER 14 juillet 2019 Amérique centraleAmérique du SudRussieSituations décryptées Leave a comment

Depuis la prise de pouvoir de Maduro au Venezuela, la Russie a apporté un soutien sans faille au gouvernement vénézuélien. Cet effort de longue haleine ainsi que la proximité avec Cuba nous démontrent l’implication profonde de la Fédération de Russie en Amérique Latine. Nous pouvons alors nous demander quels sont ses intérêts sur le continent latino-américain.

L’Amérique Latine comme espace d’opportunité pour les intérêts russes

intérêts de la Russie en Amérique Latine
Le président Poutine et le ministre des affaires étrangères russe Serguei Lavrov

En novembre 2016, le Président Poutine a validé la nouvelle stratégie diplomatique russe de Serguei Lavrov. L’Amérique latine n’apparaît pourtant qu’à la fin du rapport du Ministère des Affaires étrangères russes. La Russie développe une diplomatie régionale qui se comprend comme l’intensification des relations avec les pays proches. Par conséquent, les relations tendues avec l’Ukraine ou la Géorgie sont au cœur de son agenda diplomatique.

Les évènements actuels dans la zone du Moyen-Orient focalisent l’attention russe d’autant plus depuis le retrait des Etats-Unis. C’est pourquoi l’espace latino-américain apparaît secondaire même s’il n’est pas dénué d’intérêts pour les russes. En effet, la Russie entretient des relations étroites avec certains pays dont Cuba depuis la guerre froide. Au début du XXIe siècle, la Russie a intensifié ses relations avec le Venezuela à travers des intérêts diplomatiques et économiques convergents.

Des intérêts économiques convergents avec certains pays

L’État russe possède des intérêts économiques ciblés en Amérique Latine, notamment en Argentine. En effet, la compagnie russe ROSATOM a récemment signé un accord avec l’Argentine pour développer une coopération nucléaire civile. Les liens étroits qui unissent les deux pays ne sont pas nouveaux. En 2014, Vladimir Poutine avait déjà signé un contrat de construction de réacteur nucléaire en Argentine.

Par ailleurs, la Russie a développé des relations économiques étriquées avec le Venezuela de Chavez et Maduro. Le cœur des échanges économiques russo-vénézuelien se situe dans la sphère pétrolière. Pour illustrer cette proximité économique, on peut citer la compagnie Rosneft qui possède 13 % du parc énergétique pétrolier vénézuélien. Il convient de mentionner que russes et vénézuéliens entretiennent également des échanges économiques dans le domaine de l’armement. Depuis 2005, 11 milliards de dollars d’armement ont été vendus au Venezuela. Enfin, la Russie a tissé des liens avec la Bolivie dans le but d’exploiter les ressources en gaz du sol bolivien. On s’aperçoit que le volet énergétique prend une place prépondérante dans les échanges commerciaux entre russes et latino-américains.

Des alliés latino-américains partageant les intérêts diplomatiques russes

Au-delà du seul intérêt économique, il faut noter que la Russie possède des alliés diplomatiques en Amérique Latine. Ainsi, dans une quête d’émancipation vis-à-vis des Etats-Unis, le Venezuela, Cuba et Nicaragua trouvent dans le soutien russe une alternative crédible. Il est vrai que dans la plupart des cas, le soutien russe apparaît sous forme d’aide économique mais aussi sous forme d’appuis diplomatiques.

Par ailleurs, la Russie, faisant partie des BRICS, a développé des relations nécessairement étroites avec le Brésil. Ici, l’aspect conflictuel ne rentre pas en jeu, car ce sont deux pays assez semblables : grande superficie, volonté de domination régionale et volonté de changer la gouvernance mondiale. C’est cette connivence qui amène la Russie à soutenir le Brésil dans les espaces internationaux et vice-versa. Enfin, il est évident que dans la diplomatie internationale, l’Amérique Latine est solidement ancrée dans la logique de « backyard» des Etats-Unis. La Russie voit dans l’alliance avec certains pays d’Amérique Latine l’opportunité de venir contester l’hégémonie nord-américaine dans sa zone proche. Le cas le plus emblématique de cette stratégie reste l’île de Cuba.

En somme, la Russie perçoit dans l’Amérique Latine des opportunités économiques liées à l’énergie et à l’armement. De plus, elle tisse des liens avec les pays en rupture diplomatique avec les Etats-Unis. Par ailleurs, le Brésil se démarque aux yeux de la Russie parce qu’il existe la même volonté de domination régionale. Il faut préciser que la faible visibilité de la diplomatie du président Bolsonaro change la donne. En revanche, les liens les plus étroits sont avec le Venezuela à travers les accords pétroliers et l’opposition à l’hégémonie nord-américaine. Enfin, il convient de s’interroger sur la crise au Venezuela. Quel serait l’impact de la chute de Maduro pour la diplomatie russe en Amérique Latine ?Share

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About Quentin CREURER

Etudiant en sciences politiques dans le cadre d’un master dédié à l’Amérique Latine à l’Université Complutense de Madrid. Auparavant, j’ai étudié au Canada et à Lyon où j’ai obtenu une licence en Développement du Territoire Rural.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/41335-interets-russie-amerique-latine

Washington impose de nouvelles sanctions au Venezuela

BONJOUR L’EUROPE

Washington impose de nouvelles sanctions au Venezuela 

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Par Joao Vitor Da Silva Marques et Katie McVey• Dernière mise à jour: 07/08/2019 – 15:52
Washington slaps fresh sanctions on Venezuela

droits d’auteur AP

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Les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre le président vénézuélien Nicolas Maduro.

Le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré que les gouvernements étrangers pourraient faire l’objet de représailles s’ils continuaient à faire affaire avec l’administration de Caracas.

« C’est un outil très rarement utilisé par les États-Unis », a déclaré Bolton lors d’une conférence au Pérou. « Nous ne l’avons utilisé qu’avec parcimonie au cours des cinquante dernières années.

« Mais le régime de Maduro rejoint maintenant ce club exclusif d’États voyous comme Cuba, l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord, soumis à cette forme de sanction ».

Jorge Arreaza, ministre des Affaires étrangères du Venezuela, a riposté.

« Nous savons que tout cela est dû à l’essence, nous savons tous que cela est dû aux richesses du Venezuela », a-t-il déclaré.

« Monsieur Donald Trump, concentrez-vous sur votre campagne électorale … concentrez-vous sur les conséquences de la haine suprémaciste et du racisme. »

Il s’agit de la dernière mesure prise par les États-Unis pour expulser le dirigeant vénézuélien aux prises avec lequel Washington a rompu ses relations en janvier.

Les États-Unis et des dizaines d’autres pays, dont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’UE, ont soutenu le chef de l’opposition, Juan Guaido.

Guaido s’est déclaré président en janvier, accusant Maduro de corruption et d’écraser l’économie vénézuélienne.

L’administration Trump affirme que le calendrier des sanctions reflète l’évaluation faite par les États-Unis des pourparlers qui ont débuté en mai – et dont la Norvège est le médiateur – est utilisée par le régime de Maduro pour gagner du temps.

Le Venezuela a récemment accusé les États-Unis «d’incursions hostiles et illégales» en envoyant des avions et des navires militaires sur son territoire.

Caracas a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à enquêter sur les actes «dangereux» de la part de ceux qui menacent la guerre tout en se comportant comme un «État hors la loi».

Regardez le rapport de Good Morning Europe dans le lecteur ci-dessus.

Nom du journaliste • Joao Vitor Da Silva Marques

Monteur vidéo • Joao Vitor Da Silva Marques

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.euronews.com/&prev=search

Israël contre les Vénézuéliens

Israël contre les Vénézuéliens

par Thierry Meyssan

Une nouvelle tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin au Venezuela. Thierry Meyssan relève qu’elle était dirigée à la fois contre l’administration de Nicolás Maduro et contre son opposant pro-US Juan Guaidó. En outre, selon les enregistrements des conversations des comploteurs, elle était supervisée par des Israéliens.

RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 2 JUILLET 2019 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙDEUTSCH

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Le 24 juin 2019, Nicolás Maduro et Juan Guaidó devaient être éliminés au profit de Raúl Baduel.

Une énième tentative de coup d’État a eu lieu le 24 juin 2019 au Venezuela. Tous les protagonistes ont été arrêtés les 22 et 23 et le ministre de l’Information, Jorge Rodríguez, a longuement expliqué à la télévision les tenants et les aboutissants de l’affaire. Elle a été éclipsée par le malaise d’un des chefs lors de sa comparution au tribunal, puis de sa mort à l’hôpital. Elle est pourtant très instructive.

À la différence des fois précédentes, ce complot était observé depuis 14 mois par une unité du Renseignement militaire qui avait été formée par le Renseignement cubain. Durant toute cette période, les Vénézuéliens ont pénétré le groupe et surveillé ses communications audio et vidéo. Ils disposent ainsi de 56 heures d’enregistrement qui fournissent autant de preuves irréfutables.

Plusieurs des individus arrêtés avaient déjà été mêlés aux complots précédents de sorte qu’il est difficile de concevoir cette opération distincte de celles commanditées précédemment par la CIA.

Pas plus d’avenir pour l’opposition que pour le gouvernement

Deux remarques s’imposent. En premier lieu, ce complot était à la fois dirigé contre le président constitutionnel Nicolás Maduro et contre le président autoproclamé Juan Guaidó pour porter un troisième homme au pouvoir, le général Raúl Isaías Baduel.

Ce dernier, ancien chef d’état-major, puis ministre de la Défense, avait été démis de ses fonctions par le président Hugo Chávez, s’était retourné contre lui et avait pris la tête de l’opposition en 2009. Cependant, il s’avéra qu’il avait détourné de l’argent de son ministère. Il fut jugé et condamné à 7 ans de prison ferme qu’il purgea. Il fut à nouveau incarcéré durant le mandat du président Nicolás Maduro et est toujours emprisonné. Un commando devait le libérer et l’emmener à la télévision nationale pour annoncer le changement de régime.

Le fait de promouvoir un troisième président confirme notre analyse, publiée il y a deux ans [1], selon laquelle le but des États-Unis n’est pas de remplacer le régime bolivarien par un autre plus obéissant, mais de détruire les structures étatiques du pays. Du point de vue US, ni la majorité nationaliste ni l’opposition pro-US ne doivent espérer d’avenir.

Les Vénézuéliens qui suivent Guaidó et croient que le soutien US les amènera à la victoire doivent aujourd’hui constater leur erreur. L’Irakien Ahmed Chalabi et le Libyen Mahmoud Jibril sont retournés dans leurs pays dans les bagages des GI’s. Ils n’ont jamais connu le destin qu’ils espéraient.

Les analyses classiques du XXème siècle selon lesquelles les États-Unis préfèrent des gouvernements vassaux à des égaux sont dépassées au stade actuel du capitalisme financier transnational. C’est le sens de la doctrine militaire Rumsfeld/Cebrowski en vigueur depuis 2001 [2] qui a déjà dévasté le « Moyen-Orient élargi » et s’abat aujourd’hui sur le « Bassin des Caraïbes ».

Selon les enregistrements du complot, celui-ci n’était pas organisé par les États-Unis, même s’il est probable qu’ils l’aient supervisé, mais par des Israéliens. Au cours des 72 dernières années, la CIA a organisé une invraisemblable quantité de « changements de régime » par des « coups d’État » ou des « révolutions colorées ». Par souci d’efficacité, l’Agence peut confier simultanément des missions identiques à plusieurs unités, voire déléguer à des sous-traitants certaines opérations. C’est souvent le cas du Mossad qui loue également ses services à de nombreux autres clients.

Ainsi, il y a quatre ans, une autre tentative de coup d’État avait eu lieu au Venezuela. L’opération prévoyait alors divers assassinats et une manifestation qui devait prendre d’assaut le palais présidentiel de Miraflores. TeleSur avait montré que cette tentative était encadrée par des étrangers qui arrivèrent spécialement dans le pays dans les jours la précédant. Ils ne parlaient pas l’espagnol. Aussi le parcours de la manifestation avait-il était mystérieusement fléché avec des graffitis d’étoiles de David et d’instructions en hébreu.

Israël en Amérique latine

Prudemment le ministre Jorge Rodríguez a évité de se prononcer publiquement pour dire si les Israéliens qui dirigeaient le complot du 22 juin étaient ou non mandatés par leur État. De nombreux exemples attestent que c’est tout à fait possible.

Le rôle des services secrets israéliens en Amérique latine remonte à 1982. Au Guatemala, le président judéo-chrétien Efraín Ríos Montt [3] massacra 18 000 Indiens. Pendant qu’Ariel Sharon envahissait le Liban, le Mossad poursuivait dans son ombre les expériences sociales qu’il avait menées depuis 1975 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid : créer des Bantoustans pour les Mayas ; un modèle qui sera appliqué aux Palestiniens après les Accords d’Oslo (1994). Contrairement à une lecture optimiste des événements, le fait que le Premier ministre Yitzhak Rabin ait personnellement supervisé les expérimentations sociales en Afrique du Sud [4] ne plaide pas pour sa bonne foi lorsqu’il s’est engagé à Oslo à reconnaître un État palestinien démilitarisé.

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Dans les dix dernières années, les services secrets israéliens 
 ont « autorisé » la société « privée » israélienne Global CST à conduire l’opération « Jaque » de libération d’Íngrid Betancourt, otage des FARC colombiennes (2008) [5]. 
 ont envoyé au Honduras des snipers assassiner les leaders des manifestations pro-démocratie lors du coup d’État contre le président constitutionnel Manuel Zelaya (2009) [6]. 
 ont activement participé au renversement de la présidente brésilienne Dilma Rousseff au sein de la Banque centrale, de la sécurité des Jeux olympiques de Rio de Janeiro et du Sénat (2016).

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Al-Watan #3181
(PDF – 177.9 ko)
http://Al-Watan #3181 (PDF – 177.9 ko)
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https://youtu.be/ODSmn-8s2PU

En outre, les Forces de défense israéliennes 
 ont loué une base sous-marine au Chili ; 
 ont envoyé des milliers de soldats suivre des stages de deux semaines dans la propriété de Joe Lewis en Patagonie argentine [7].Thierry Meyssan

Source 
Al-Watan (Syrie)

https://www.voltairenet.org/article206889.html


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 Al-Watan #3181
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[1] Vídéo : « Thierry Meyssan : El plan de Estados Unidos contra America latina » (entrevista con Russia Today), 22 de Mayo de 2017.

[2The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[3] Le général Efraín Ríos Montt était évangélique. Il ne se définissait pas comme « chrétien », mais comme « judéo-chrétien ». NdlR.

[4] « Mandela et Israël », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 décembre 2013.

[5] « Israël accroît sa présence militaire en Amérique latine », Réseau Voltaire, 2 novembre 2009.

[6] « Le SouthCom prend le pouvoir dans un État membre de l’ALBA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 29 juin 2009.

[7] « Quel projet pour Israël en Argentine ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 décembre 2017.

Le sanctionneur arrosé

Le sanctionneur arrosé

Publié le 20 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisEconomieRussiePétrole

Lorsque les frères Lumière projetèrent, en 1895, le premier film de l’histoire cinématographique, ils n’imaginaient sans doute pas la postérité de leur Arroseur arrosé. Ces derniers temps, le rôle du jardinier crétin est repris avec ardeur, quoiqu’à son corps défendant, par l’empire qui ne semble décidément pas savoir comment s’y prendre avec ses sanctions. Jugez-en plutôt…

Depuis les sanctions contre la Russie décidées par Washington et imposées aux euronouilles en 2014, l’indice de la bourse de Moscou a gagné 100%. Les opérateurs sont stupéfaits : « Ce que le marché russe a fait est incroyable étant données les sanctions. On se demande ce qui se passerait si celles-ci étaient suspendues… » Une chose est sûre : le « philanthrope »-boursier Soros ne s’attendait certainement pas à ça.

Et comme de leur côté, les réserves dépassent à nouveau les 500 milliards d’équivalents-dollars (seul un cinquième est libellé en billets verts), retrouvant leur niveau de 2014, le Kremlin a le sourire. Oh, à propos de dédollarisation, Bruxelles et Moscou sont en discussion pour favoriser les paiements roubles-euros. Pour l’instant, 54% des exportations russes vers l’UE sont encore payées en dollars (34% en euros et 8% en roubles). Pour les exportations européennes vers la Russie, les chiffres sont déjà plus intéressants : 48% en euros, 28% en roubles et seulement 22% en dollars.

Conclusion : un certain chemin a déjà été parcouru sur la voie de la dédollarisation mais l’UE continue de payer l’énergie russe en devises US. Les Russes jouent habilement la carte de l’infatuation des euronouilles envers leur monnaie (Il faut sauver le soldat euro) pour enfoncer un clou supplémentaire dans le cercueil de la domination financière impériale, pilier de sa puissance.

Moscou a également d’autres bonnes raisons de se réjouir tandis que les stratèges de DC la Folle se prennent, eux, la tête à deux mains. Depuis les sanctions états-uniennes contre le pétrole vénézuélien, les raffineurs américains se sont découvert une soudaine passion pour… l’or noir russe, dont les importations ont triplé ! Dans un scénario kafkaïen délicieux à souhait, les USA sanctionnent Caracas mais augmentent les revenus de Moscou qui aide Caracas.

Dans la même lignée, les sanctions impériales contre le pétrole iranien obligent l’Inde, grande importatrice de naphte perse, à regarder du côté de son allié historique russe. D’où ils sont, McCainistan et Brzezinski doivent regarder tout ça d’un air consterné en s’arrachant le peu de cheveux qui leur restent…

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

J.-B. Pinatel : « La guerre économique de Trump »

Le Billet du Lundi du 10 juin 2019, par Jean-Bernard Pinatel*

 

Avec l’Iran et le Venezuela, Trump manie le chaud et le froid. Il passe en six mois du risque de guerre à la négociation. Il est trop facile de considérer le Président des Etats-Unis comme un bonimenteur. En effet, il se déroule, derrière le brouillard des déclarations, une guerre économique féroce dont nous subissons nous aussi les effets : elle a été l’élément déclencheur de la crise des gilets jaunes dont, bien entendu, les causes sont plus diverses et plus anciennes.

 

 

Alors pourquoi cette stratégie de tension avec le Venezuela et l’Iran ?

 

Selon différentes évaluations, le Venezuela est aujourd’hui le pays qui aurait des réserves prouvées de brut du même ordre, voire supérieures, à celles de l’Arabie Saoudite tandis que l’Iran se situe au quatrième rang mondial pour le pétrole brut et au premier rang pour le gaz naturel.

En dehors des néoconservateurs et du complexe militaro-industriel, l’opinion américaine ne veut plus voir ses boys tués à l’extérieur à cause du pétrole alors même qu’avec le pétrole et le gaz de schiste extraits du sol américain les Etats-Unis deviennent auto-suffisants, voire exportateurs.

 

 

Le problème est que, malgré les efforts extraordinaires de productivité réalisés par l’industrie d’exploration-production américaine, le pétrole de schiste n’est compétitif que si les prix du brut restent supérieurs à 60 $ le baril. En effet, cette industrie a investi à perte pendant une dizaine d’années pour réussir le tour de force extraordinaire d’abaisser son seuil de compétitivité de 80 $ le baril aux alentours de 40 $ le baril pour les nouveaux projets. Mais il faut rajouter le poids de la dette contractée. En effet pour réaliser les investissements nécessaires, la dizaine de milliers de petits et plus gros entrepreneurs qui se sont lancés dans ce nouvel eldorado ont souscrit des emprunts auprès des multiples petites banques locales américaines. Celles–ci ont titrisé immédiatement ces emprunts qui se sont disséminés dans l’ensemble du secteur bancaire américain. Les taux d’intérêts et le remboursement de cette dette viennent donc s’ajouter aux frais de forage et d’exploitation actuels.  Même si l’on manque d’études systématiques, la majorité des analystes avancent la nécessité d’avoir un baril de brut au-dessus de 60 dollars pour que ces dettes puissent être remboursées et que l’on n’assiste pas à une nouvelle crise semblable à celle des subprimes.

On comprend mieux alors les prédictions catastrophiques qui se sont multipliées quand le prix du brut est passé de 122 $ en janvier 2014 à 36 $ en janvier 2016, menaçant ainsi toute l’industrie de l’extraction du pétrole de schiste aux Etats-Unis et par contrecoup tout le système bancaire américain.

 

 

La guerre économique

 

Heureusement, l’option choisie par Trump, le business man, n’a pas été celle de Bush junior qui, selon plusieurs auteurs américains, considèrent que la guerre en Irak a été  « Blood for no Oil »

Pour Greg-Palast1, par exemple, la motivation première des conseillers de Bush était machiavélique : stopper la production de brut irakien pour maintenir les cours du brut aux alentours de 100$ et permettre ainsi de rentabiliser les investissements faits dans le pétrole et le gaz de schiste. « The invasion was not about « blood for oil », but something far more sinister: blood for no oil. War to keep supply tight and send prices skyward. Oil men, whether James Baker or George Bush or Dick Cheney, are not in the business of producing oil. They are in the business of producing profits ». 

Trump, pour l’instant, s’est contenté de l’effet des sanctions économiques contre le Venezuela et l’Iran.

Le 28 janvier 2019, l’administration Trump a interdit aux compagnies américaines d’acheter du pétrole vénézuélien tant qu’un nouveau gouvernement formé par l’opposant Juan Guaido, qui s’est auto-proclamé président, ne sera pas en mesure de recevoir les recettes.  Les exportations vénézuéliennes de brut et de carburant ont depuis chuté de 1,7 millions à 920.000 barils par jour.

De même, les sanctions américaines contre l’Iran ont fait baisser les exportations iraniennes de 1,5 millions de barils par jour (bpj) entre 2018 et 20192. Les expéditions sont en moyenne de 1,0 à 1,1 million de barils par jour (bpj) depuis mars 2019 (selon les données de Refinitiv Eikon et de trois sociétés qui suivent les exportations iraniennes), alors qu’elles représentaient au moins 2,5 millions de bpj en avril 2018, un mois avant la dénonciation par les Etats-Unis de l’accord international de 2015 sur le programme nucléaire iranien et le retour à des sanctions américaines visant l’Iran.

Les décisions de guerre économique prises par Trump ont ainsi privé le marché de l’ordre de 2,5 millions de barils jour.  L’effet s’est vite fait sentir sur le marché comme le montre le graphique précédent puisque le cours de baril de brut oscille aujourd’hui autour d’un point d’équilibre de 60$.

Une inconnue majeure demeure : combien de temps cet effet durera-t-il et maintiendra-t-il une tension sur le marché du brut ? Suffisamment de temps espérons-le pour que les dettes contractées soient remboursées et que les Etats-Unis ne se trouvent pas devant ce dilemme catastrophique d’accepter une crise financière qui peut contaminer le monde entier ou refaire une guerre  « for no oil » qui menacerait la Paix du Monde.

 

*Jean-Bernard Pinatel, membre fondateur et Vice-président de Geopragma 

 

Notes :

1. Greg Palast is a New York Times bestselling author and fearless investigative journalist whose reports appear on BBC Television Newsnight and in The Guardian. Palast eats the rich and spits them out. Catch his reports and films at www.GregPalast.com, where you can also securely send him your documents marked, « confidential ». Cité dans mon dernier livre : ”Histoire de l’islam radical et de ceux qui s’en servent”, Lavauzelle, 2011, page 146.
2.  https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/iran-baisse-des-exportations-de-brut-avant-meme-de-nouvelles-sanctions-us-1835846.php

http://geopragma.fr/index.php/2019/06/10/j-b-pinatel-la-guerre-economique-de-trump/