Archives pour la catégorie Venezuela

Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

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Le Parlement des Îles Marshall a adopté, le 26 février 2018, le principe d’une cryptomonnaie (Declaration and Issuance of the Sovereign Currency Act 2018). Elle devrait être mise en œuvre par une société israélienne, Neema, sous le nom de Sovereign (SOV).

Les Îles Marshall, qui n’ont pas d’armée et dont la Défense est assurée par les États-Unis, n’ont pas de monnaie propre et utilisent le Dollar.

Selon le Fonds monétaire international, le projet de Sovereign n’offre aucune garantie en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Il pourrait donc ne pas obtenir la convertibilité en Dollar.

Affolé par cette perspective, le Parlement des Îles Marshall devra se prononcer le 12 novembre sur sa mise en application et, éventuellement, censurer le gouvernement d’Hilda Heine.

Actuellement, le Venezuela est le seul État au monde à disposer d’une crypto-monnaie, le Petro. Cependant, celle-ci n’est pas fixée sur le marché, mais sur les réserves naturelles du pays. Ce système a permis de mettre fin à la dépréciation abyssale du Nouveau Bolivar.

Depuis le début 2018, le Royaume-Uni, le Canada, Singapour, la Turquie et l’Iran étudient la possibilité de créer leur propre cryptomonnaie.

Documents joints

IMF Report
See page 6 : « Protecting fincial stability ».
(PDF – 1.4 Mo)

 

http://www.voltairenet.org/article203813.html

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Belligérance tous azimuts : Trump veut reprendre le contrôle de l’Amérique latine

Belligérance tous azimuts : Trump veut reprendre le contrôle de l’Amérique latine


Ken Livingstone

Par Ken Linvingstone – Le 15 octobre 2018 – Source RT

Trump intensifie ses efforts pour provoquer des changements de régime dans les pays d’Amérique latine qui refusent de se plier à ses désidératas, tout en gardant un silence hypocrite sur les violations des droits humains commises par des alliés américains comme l’Arabie saoudite.

Ces dernières années, la droite a refait surface en Amérique latine. La première étape de l’élection du prochain président du Brésil a vu le candidat de droite Jair Bolsonaro remporter 46 % des voix. À deux semaines du scrutin final, il mène de 16 %.

Même si les gouvernements progressistes qui placent l’égalité, l’éducation, les soins de santé et la lutte contre la pauvreté au premier plan de leur politique sont toujours puissants dans la région, la dernière période a été difficile, y compris au Venezuela.

Mais il est également vital, en temps de crise, de se rappeler pour quoi se battent ceux qui, comme nous, participent à des campagnes de solidarité. Le décès d’Hugo Chavez en 2013 nous a tous bouleversés, mais les idéaux et les progrès sociaux pour lesquels il s’est battu ne sont pas morts avec lui. Ceux qui écoutent les médias de droite, ne voient en Chavez qu’un dictateur brutal, et refusent d’admettre qu’il a changé Venezuela en mieux. Chavez ne s’intéressait d’ailleurs pas uniquement à son propre pays : il voulait remodeler le continent tout entier. Il a été une inspiration pour ceux qui, comme lui, voulaient s’attaquer aux énormes inégalités et sortir du système néo-libéral qui nuit à la population.

J’ai eu l’honneur de le rencontrer lorsqu’il est venu à Londres en 2006 et de travailler avec lui par la suite. Ce qui m’a le plus frappé chez lui, c’est que contrairement à tant d’autres présidents et premiers ministres, c’était un homme simple, complètement dépourvu de la vanité ou de l’obsession de célébrité qui défigure tant de nos dirigeants. Il n’était pas issu d’un milieu politique et il avait passé sa carrière militaire à mener la lutte contre les guérillas qui tentaient de renverser le gouvernement réactionnaire du Venezuela. J’ai été très ému quand il m’a dit ce qui l’avait fait changer. C’est au cours d’une escarmouche où l’un de ses hommes, un de ses bons amis, a été abattu. Chavez l’a tenu dans ses bras pendant son agonie, et c’est à ce moment que Chavez a décidé que lui-même et son pays devaient changer.

J’ai pris la parole le week-end dernier lors de la campagne de solidarité avec le Venezuela, organisée pour commémorer le vingtième anniversaire de la première victoire électorale de Chavez. J’ai dit que nous devions faire connaître son vrai bilan.

Malgré les campagnes de diffamation des États-Unis et des médias, la tentative de coup d’État et les efforts incessants de l’opposition pour le chasser par des moyens antidémocratiques, Chavez est resté fidèle à son objectif de sauver le Venezuela. Comme on peut le voir par ses actes politiques :

  • Il a mis en place le Programme Mission Miracle qui a sauvé plus de 3,5 millions de personnes de la cécité en Amérique latine.
  • Il a fourni 1,2 million de logements bon marché aux plus démunis du Venezuela, et ce nombre ne cesse de croître depuis 2010.
  • Ses programmes d’éducation ont éradiqué l’analphabétisme au Venezuela, 1,5 million d’adultes ont appris à lire et à écrire.
  • Le nombre de Vénézuéliens bénéficiant d’une pension d’État a sextuplé.
  • Il a également mis en place un service national de santé qui a permis de sauver la vie de millions de personnes.

Malheureusement, l’économie vénézuélienne est aujourd’hui confrontée à de réels défis, la chute massive des prix du pétrole a sapé l’économie, les exportations de pétrole étant la principale source de revenu du pays. Mais ce qui a causé le plus de dégâts, ce sont les sanctions américaines contre le Venezuela, qui ont commencé sous l’administration Obama, et qui ont été considérablement aggravées par Trump. Il s’agit notamment de l’interdiction pour les États-Unis d’acheter toute dette ou créance du gouvernement vénézuélien et du géant pétrolier public PDVSA.

Il n’est pas surprenant que les sanctions économiques aient accru les pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels tout en limitant la capacité du gouvernement à résoudre les problèmes économiques du pays. Ce sont les Vénézuéliens à faible revenu qui souffrent le plus. Les sanctions ont également accru la polarisation politique, rendant le dialogue indispensable plus difficile au moment où des voix internationales viennent soutenir les efforts du pays pour sortir de la crise.

Pendant sa campagne présidentielle, Trump a clairement indiqué qu’il voulait provoquer un changement de régime au Venezuela et on ne peut pas l’accuser de ne pas tenir sa promesse. Les sanctions contre le Venezuela, en sont la preuve d’autant qu’elles s’accompagnent de menaces d’une intervention armée.

On a appris le mois dernier, grâce au New York Times, que des officiers vénézuéliens dissidents avaient tenu une réunion secrète avec des responsables de l’administration Trump pour discuter du renversement de l’actuel président Nicolas Maduro. L’article expliquait que l’administration Trump avait refusé de les soutenir, mais les sanctions continuent. La Maison-Blanche a refusé de répondre aux questions sur ces entretiens mais a admis « dialoguer avec tous les Vénézuéliens qui manifestent un désir de démocratie afin d’apporter un changement positif à un pays qui a tant souffert ».

Il y a déjà eu deux tentatives ratées pour renverser le gouvernement de Maduro, dont une en août pendant un rassemblement à Caracas, où deux drones ont explosé sans toucher leur cible.

Ce n’est pas la première fois que Trump menace publiquement d’intervenir militairement. En août 2017, il a dit : « Nous avons le choix entre plusieurs options pour le Venezuela, y compris une option militaire si nécessaire. »

Cela fait des décennies que les États-Unis s’efforcent renverser des gouvernements progressistes ou parfois même des gouvernements qui affirment simplement leur souveraineté nationale, en utilisant toutes sortes de méthodes qui vont des coups d’État par des moyens détournés et discrets aux coups militaires, des sanctions aux blocus et de l’isolement international aux interventions militaires.

Les manifestations de belligérance tous azimuts de Trump, y compris sa volonté de construire un mur le long de la frontière avec le Mexique, sont accompagnées du versement de millions de dollars à des organisations qui œuvrent contre des gouvernements qui refusent d’obéir aux États-Unis, pour réaffirmer le contrôle américain dans la région.

Il n’y a pas que le Venezuela qui subit des sanctions, la République du Nicaragua et Cuba en subissent depuis près de soixante ans. Ce qui n’est jamais dit dans les médias, c’est que ces sanctions sont illégales en vertu du droit international. Mais l’Amérique a un droit de veto aux Nations-Unies et domine les principales institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Des investissements dans son économie et une diversification qui lui éviterait de dépendre totalement du pétrole permettraient au Venezuela de résister à la politique de Trump. Espérons que le processus de dialogue qui se déroule au Venezuela et le succès des récentes élections régionales permettront de revenir à la normale et de relever les défis auxquels le pays est confronté.

Mais Trump n’a pas que le Venezuela en ligne de mire. Après la réélection des Sandinistes (FSLN) en 2016, la dernière attaque des États-Unis contre le Nicaragua est le Nicaraguan Investment Conditionality Act qui vise à bloquer les prêts de la Banque mondiale, de la Banque internationale de développement et d’autres institutions au Nicaragua. Le Nicaragua reçoit chaque année des millions de dollars de prêts pour investir dans les infrastructures et les programmes éducatifs et sociaux. Cette loi a été largement condamnée, notamment par les représentants des entreprises, le parlement et les syndicats.

Trump reprend l’attitude hostile de George W Bush vis à vis Cuba. En juin de l’année dernière, Trump a promis de revenir sur les modestes progrès réalisés sous Obama et de renforcer le blocus étasunien de l’île, malgré l’opposition de la plupart des Cubano-américains. Trump a aussi expulsé 60% des diplomates cubains pour satisfaire les partisans de la ligne dure.

Il faut savoir qu’il y a une alternative au programme de Trump. L’opposition à Trump se renforce aux États-Unis, en Amérique latine et dans le monde entier, y compris ici en Grande-Bretagne, où le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a fait preuve d’une réelle intégrité en étant la première personnalité politique nationale à demander à Theresa May de renoncer à recevoir Trump. Corbyn a dit : « Soyez sûrs que je m’opposerai et que le parti travailliste s’opposera à tous ceux qui attisent les peurs chez nous et à l’étranger, et le parti travailliste se tiendra sans équivoque aux côtés de ceux qui manifestent contre Trump et il le fera jusqu’à notre victoire. »

Ken Livingstone est un politicien anglais, il a été maire de Londres de 2000 à 2008. Il a également été député et membre du Parti travailliste.           

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/belligerance-tous-azimuts-trump-veut-reprendre-le-controle-de-lamerique-latine

 

L’Inde explore l’abandon du commerce du pétrole en dollars avec la Russie, l’Iran et le Venezuela

L’Inde explore l’abandon du commerce du pétrole en dollars avec la Russie, l’Iran et le Venezuela


Par Tsvetana Paraskova – Le 5 octobre 2018 – Source oilprice.com

oil barrels
L’Inde a discuté jeudi de la possibilité d’acheter du pétrole avec la Russie, le Venezuela et l’Iran soit en roupies indiennes, soit dans le cadre d’un accord de troc, rapporte le quotidien indien The Economic Times, citant un responsable anonyme.

« La possibilité d’un commerce en roupies et par du troc avec des pays où l’Inde achète du pétrole brut comme l’Iran, le Venezuela et la Russie peut être envisagée », a déclaré le responsable à la presse indienne.

Le ministre indien du Commerce, de l’Industrie et de l’Aviation civile, Suresh Prabhu, a tenu une conférence jeudi pour discuter de « l’augmentation de la production intérieure de biens dans les secteurs clés, pour accroître la disponibilité intérieure et promouvoir la croissance économique et la capacité d’exportation », a déclaré le ministère dans un communiqué.

Selon le fonctionnaire, les participants à la réunion ont également discuté de la possibilité de créer un mécanisme de paiement en roupies pour le commerce avec la Chine, et ont discuté de l’acceptation de « toute proposition d’un pays qui est prêt à commercer en euros et en roupies ».

L’idée de l’Inde d’utiliser des roupies ou un système de troc dans son commerce de pétrole avec la Russie, l’Iran et le Venezuela arrive à l’approche des sanctions américaines contre l’Iran et dans un peu plus de quatre semaines. En outre, la hausse des prix du pétrole et la chute de la devise indienne pèsent sur les finances et la facture des importations pétrolières du troisième importateur mondial de pétrole et du deuxième plus gros client du pétrole de l’Iran après la Chine.

La roupie a chuté à un plus bas historique vendredi, franchissant la barre des 74 roupies par dollar.

Au milieu de la hausse des prix du pétrole brut et de la flambée des prix du carburant qui en a résulté, le gouvernement indien a mis en place cette semaine des mesures d’allègement des prix du carburant alors que les prix à la pompe ont continué d’augmenter au même rythme que le prix élevé du pétrole.

Cette décision a été prise après consultation des compagnies pétrolières locales, qui ont accepté de réduire les prix de 0,034 $US (2,5 roupies) par litre d’essence et de diesel, dont elles absorberont 0,014 $US (1 roupie) par litre de carburant, et le gouvernement assumera le reste en réduisant les taxes sur les carburants.

Tsvetana Paraskova

Note du Saker Francophone

Cet article est extrait d'une analyse du blog Les Chroniques du Grand Jeu dont on ne peut que vous recommander la lecture assidue.
Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

 

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Bitcoin « Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

« Crise turque » : explosion des échanges livre turque / bitcoin

Suite à la « crise turque » et à la chute vertigineuse de la livre turque (TRY) survenue vendredi, on observe une explosion des échanges livre turque / bitcoin.

La livre turque est en pleine surchauffe. La monnaie nationale qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année, a enregistré vendredi 10 août, une baisse vertigineuse jusqu’à des plus bas historiques, une baisse de 13 % sur la journée.

Cette crise turque sur fond de fortes tensions diplomatiques entre Ankara et Washington survenue brutalement vendredi, suite à la détention d’un pasteur américain par le gouvernement turc, a envoyé une onde de choc planétaire. Elle a entraîné dans son sillage les principales bourses européennes qui ont toutes clôturé dans le rouge, touchant particulièrement le secteur bancaire.

Lundi, alors que la chute de la monnaie se poursuit, et que les inquiétudes sur les marchés financiers demeurent, bitcoin.org a enregistré une explosion de 42 % des visiteurs turcs. La paire BTC/TRY a atteint son plus haut depuis janvier 2018.

Autant d’indicateurs qui laissent penser que de nombreux investisseurs turcs s’intéressent à Bitcoin et aux cryptomonnaies. La Turquie est confrontée à une crise de confiance dans sa monnaie, qui pousse un nombre plus important de personnes à s’intéresser au bitcoin.
Les volumes de transactions en bitcoins sont en très forte hausse sur les plateformes d’échanges turques. Koinim, la plateforme de change de cryptomonnaies la plus importante du pays, a enregistré une hausse de plus de 60 % des volumes de transactions BTC/TRY. Sur BTCTurk, les volumes ont augmenté de plus d’un tiers et, sur Paribu, ils ont augmenté de 100 %.

Le Vénézuela et le Nigéria ont connu des situations similaires. Des événements politiques et économiques ont provoqué une hyperinflation de la monnaie nationale : la confiance par rapport aux monnaies fiduciaires a de nouveau été remise en cause dans chacun de ces pays. Cela a poussé de nombreuses personnes à s’intéresser et à investir dans le bitcoin et les cryptomonnaies.

Notons par exemple qu’aujourd’hui, de très nombreux commercants vénézueliens acceptent DASH comme moyen de paiement.

Certains l’affirment, ce n’est pas grâçe aux ETF ou à diverses stratégies de holding que les cryptomonnaies vont se démocratiser, mais bien grâce à ce genre d’événements : en remplaçant les devises fiduciaires, et en palliant aux problématiques actuelles des systèmes financiers à travers le monde. C’est bien là l’essence même de Bitcoin.

Sources : CoinDesk ; Hacked || Image from Shutterstock

 

https://journalducoin.com/bitcoin/crise-turque-explosion-des-echanges-livre-turque-bitcoin/

Venezuela: Maduro dit avoir échappé à un attentat et accuse la Colombie

Venezuela: Maduro dit avoir échappé à un attentat et accuse la Colombie

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (G) le 4 août 2018 à Caracas lors d’une cérémonie militaire au cours de laquelle il est sorti indemne d’un attentat aux drones / © AFP / Juan BARRETO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé son homologue colombien Juan Manuel Santos d’être responsable d’un attentat contre lui samedi à Caracas, commis selon les autorités vénézuéliennes avec des drones chargés d’explosifs.

« Aujourd’hui on a essayé de m’assassiner », a déclaré M. Maduro lors d’une intervention radio-télévisée, ajoutant : « un objet volant a explosé devant moi, une grande explosion ». Selon lui, « une seconde explosion » a ensuite eu lieu.

« Je n’ai pas de doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a-t-il assuré. A Bogota, le gouvernement colombien a catégoriquement rejeté cette accusation, la qualifiant d' »absurde ».

Dans le même discours, M. Maduro a promis une « punition maximale » à l’encontre des auteurs de l’attaque. « Il n’y aura pas de pardon », a-t-il assuré.

Un mystérieux groupe rebelle qui serait composé de civils et de militaires a revendiqué l’action, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Capture d’image d’une vidéo de la télévision vénézuélienne montrant le président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores (g), lors d’une cérémonie militaire, le 4 août 2018 à Caracas, au cours de laquelle le président est sorti indemne d’un attentat aux drones / © / HO

« Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n’aient pas de médicaments, que la monnaie n’ait plus de valeur, que le système éducatif n’enseigne plus rien et ne fasse qu’endoctriner avec le communisme », assure ce texte. Celui-ci est signé du « Mouvement national des soldats en chemise », jusque-là inconnu.

Le ministre vénézuélien de la Communication Jorge Rodriguez avait expliqué auparavant que M. Maduro avait réchappé à un attentat commis avec des drones chargés d’explosifs alors qu’il prononçait un discours lors d’une cérémonie militaire dans le centre de Caracas.

Sept militaires ont été blessés et hospitalisés à la suite de l’attaque, a déclaré le ministre.

– « Abrite-toi ! »

Des membres des forces de sécurité inspectent un immeuble après une tentative d’attentat contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 5 août 2018 à Caracas / © AFP / Juan BARRETO

Les Vénézuéliens ont pu voir M. Maduro, en direct à la télévision gouvernementale, interrompre son discours.

En pleine allocution, après une détonation, M. Maduro, son épouse Cilia Flores et les hauts gradés qui les entouraient sur une estrade ont regardé vers le ciel, l’air surpris et inquiet.

« Abrite-toi, abrite-toi! », lance alors un membre de l’escorte présidentielle à M. Maduro, qui répond: « Allons à droite ! ».

Après quoi la caméra a montré plusieurs centaines de soldats en train de rompre soudainement les rangs et de se mettre à courir sur l’avenue où se déroulait l’événement, dans une certaine confusion. La télévision d’Etat a ensuite coupé la retransmission.

Maduro visé par des attaques / © AFP / Gustavo IZUS, Anella RETA

Des photos diffusés ultérieurement sur internet montrent des soldats escortant le président en le protégeant à l’aide boucliers et un militaire la tête ensanglantée.

Selon le ministre de la Communication, « une charge explosive (…) a détoné à proximité de l’estrade présidentielle » et d’autres charges ont explosé en plusieurs endroits de la parade militaire.

M. Maduro « en est sorti complètement indemne et se trouve en ce moment en train d’effectuer son travail habituel », a déclaré le ministre.

Le président, a-t-il toutefois indiqué, « est en réunion permanente avec le haut commandement politique, avec les ministres et avec le haut commandement militaire ».

Le Venezuela sous Nicolas Maduro / © AFP / Anella RETA

Lors de son intervention postérieure, M. Maduro a fait état de plusieurs arrestations.

Outre le président colombien Santos, il a accusé des personnes vivant selon lui aux Etats-Unis. « Les premières investigations nous indiquent que plusieurs des financiers (de l’attentat) vivent aux Etats-Unis, dans l’Etat de Floride », a encore déclaré M. Maduro.

« J’espère que le président Donald Trump est disposé à combattre les groupes terroristes », a-t-il ajouté. Mais, a insisté M. Maduro, l’attaque « a été ordonné de Bogota ».

– Sept blessés –

Venezuela: Maduro dit avoir échappé à un attentat / © VTV/AFP / -, Farid Addala

Les explosions ont « causé des blessures à sept membres » de la Garde nationale bolivarienne qui étaient déployés sur le lieu de la cérémonie militaire, a indiqué de son côté M. Rodriguez.

Le gouvernement a aussi accusé « l’extrême droite », expression par laquelle il désigne l’opposition vénézuélienne, d’être impliquée dans cet « attentat ».

Quelques minutes après les événements, les forces de sécurité étaient en train d’inspecter un immeuble qui se trouvait à proximité et dont la façade était noircie, a constaté l’AFP.

L’incident est survenu dans une situation sociale et politique particulièrement tendue. Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge vif depuis des années. L’inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que le PIB devait s’effondrer de 18%.

Aliments, médicaments ou biens de consommation courante: la pénurie est généralisée dans ce pays où les services publics, des soins à l’électricité, en passant par l’eau ou les transports, se sont fortement dégradés.

L’incident intervient en outre le jour du premier anniversaire de la très contestée Assemblée constituante vénézuélienne qui a permis au gouvernement d’asseoir son pouvoir et de neutraliser l’opposition.

Profitant des divisions du camp anti-Maduro, cette instance, uniquement composée de partisans du chef de l’Etat et qui dispose de prérogatives élargies, s’est attribué la plupart des compétences du Parlement, seule institution du pays contrôlée par l’opposition.

Allié de M. Maduro, Cuba a été un des premiers pays à réagir, exprimant son « entière solidarité » au président vénézuélien face à cette « tentative d’attentat ».

(©AFP / 05 août 2018 15h44)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Venezuela-Maduro-di

 

 

Le pétrole recule en Asie

Le pétrole recule en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole reculaient mardi en Asie, les spéculations sur une hausse ou non des quotas de production lors d’une prochaine réunion de l’Opep allant bon train.

Vers 04H00 GMT, le baril de « light sweet crude » (WTI), la référence américaine du brut, pour livraison en juillet, reculait de 32 cents, à 65,53 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord, principale référence sur le marché mondial, pour livraison en août, perdait 748 cents à 74,86 dollars.

Les représentants de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses dix partenaires, dont la Russie, se retrouvent vendredi et samedi à Vienne.

Ces Etats sont engagés depuis début 2017 et théoriquement jusqu’à la fin de l’année par un accord qui leur impose des quotas de production dans le but de faire remonter les prix dans un contexte d’offre surabondante.

Les débats devraient être agités.

Les deux géants de la production que sont l’Arabie saoudite et la Russie ont fait part de leur souhait de sortir de ce carcan.

Mais certains pays ne sont pas en mesure de relancer leurs extractions et s’opposent déjà à une révision des objectifs de limitation de la production.

Au premier rang des récalcitrants, l’Iran, qui voit d’un mauvais oeil la possibilité d’une baisse des cours alors qu’il est pénalisé par les sanctions américaines, et ne pourra augmenter sa production.

« L’Opep est fracturé ou se fracture. Hier, nous avons entendu de la part de l’Iran qu’il allait, avec le Venezuela et l’Irak, chercher à mettre son véto à une hausse de la production », a commenté Greg McKenna, analyste chez AxiTrader.

Les marchés sont aussi inquiets des répercussions de la nouvelle escalade des tensions commerciales entre Washington et Pékin sur la demande mondiale de brut.

Pékin a promis mardi des « représailles » après des menaces la veille de Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes à un niveau inédit sur les produits chinois importés.

Lundi, à Londres, le Brent a terminé à 75,34 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), en hausse de 1,90 dollar.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI a pris 79 cents à 65,85 dollars.

str-ev/ib

(AWP / 19.06.2018 06h20)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-recule-en-Asie/928784.rom

Le pétrole monte, l’Opep prend le pas sur la guerre commerciale

Le pétrole monte, l’Opep prend le pas sur la guerre commerciale

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole remontaient lundi en cours d’échanges européens à quelques jours d’une réunion de l’Opep et malgré les craintes exacerbées d’une guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis.

Vers 14H15 GMT (16H15 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 74,40 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 96 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de juillet prenait 3 cents à 65,09 dollars une heure après son ouverture.

En cours d’échange asiatique (02H00 GMT), les cours se sont repliés pour atteindre 72,45 dollars pour le Brent, à son plus bas niveau depuis un mois et demi, tandis que le WTI a atteint son cours le plus bas depuis deux mois à 63,59 dollars.

« La demande mondiale de pétrole pourrait reculer dans le cas de sanctions chinoises sur la production américaine », a commenté Benjamin Lu, analyste chez Phillip Futures.

La confrontation commerciale entre la Chine et les Etats-Unis s’est aggravée vendredi quand Donald Trump a annoncé imposer de nouveaux droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises.

La Chine a répliqué en visant notamment des produits agricoles, mais a également annoncé vouloir taxer le pétrole et les produits pétroliers américains à une date ultérieure.

Les prix se sont toutefois repris alors que le marché se focalise sur les négociations de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui se réunira vendredi avant une réunion avec ses partenaires, dont la Russie, samedi.

L’avenir de l’accord de limitation de la production reste la principale cause d’inquiétude des marchés.

« La réunion s’annonce tendue entre d’un côté l’Arabie Saoudite et la Russie, favorables à un assouplissement des quotas et de l’autre côté l’Iran, l’Irak et le Venezuela qui devraient s’y opposer fermement », ont résumé les analystes de Saxo Banque.

L’Iran aurait ainsi annoncé dimanche compter opposer son droit de veto si le ministre saoudien Khaled al-Faleh proposait d’augmenter les objectifs de production, a rapporté l’agence Bloomberg.

Mais selon des sources citées par l’agence, les deux géants pétroliers que sont l’Arabie saoudite et la Russie voudraient proposer une augmentation modérée, de 300.000 à 600.000 barils par jour, et apaiser les mécontents en officialisant l’accord de l’Opep et des dix autres producteurs sur le long terme.

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, avait émis samedi l’hypothèse d’une hausse nettement plus marquée, de 1,5 million de barils par jour.

js/ktr/LyS

(AWP / 18.06.2018 16h28)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-monte-l-Opep-prend-le-pas-sur-la-guerre-commerciale/928630.rom

Venezuela, l’intervention illégale

Venezuela, l’intervention illégale

Après avoir violemment critiqué le gouvernement de Nicolás Maduro et demandé une élection présidentielle anticipée, le Groupe de Lima, rassemblant 12 États américains, exige qu’il y renonce. Cette volte-face participe de la campagne internationale initiée par les États-Unis contre la République bolivarienne. Il s’agit de faire accroire en une faillite du pays d’Hugo Chávez, en une situation humanitaire catastrophique et, partant de là, de justifier une intervention militaire. Le diplomate panaméen Julio Yao Villalaz réfute cette argumentation.

| Panama (Panama)

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Le 14 février 2018, les douze ministres des Affaires étrangères du Groupe de Lima se sont opposés à l’élection présidentielle anticipée au Venezuela. Selon eux, et bien qu’ils la réclamaient encore la veille de sa convocation, les conditions n’en sont pas réunies. Identiquement, en 2014, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe avaient dénoncé l’élection présidentielle en Syrie, la qualifiant à l’avance de « farce ». Pourtant, tous les observateurs étrangers présents sur place avaient attesté de son caractère démocratique.

Les États-Unis veulent faire accepter une intervention contre le Venezuela avec la complicité du « Groupe de Lima » qui se compose de 12 pays, soit moins de la moitié des membres de l’OEA (Organisation des États américains) parmi lesquels figure le Panama ; mais c’est une entreprise illégitime et impossible, dans la mesure où cela bafoue scandaleusement la Charte de l’OEA, celle de l’Onu, et le droit international.

La violation du droit international se pratique depuis qu’Hugo Chávez était arrivé au pouvoir au Venezuela, et que les États-Unis ont commencé à perdre là des privilèges et une véritable manne pétrolière.

Illégalité d’une intervention au Venezuela au regard de la Charte de l’OEA

L’OEA a perdu de son prestige, mais sa charte consacre bel et bien certains principes du droit international qui rendent impossible une intervention individuelle ou collective de ses membres dans les affaires internes et externes d’autres États ; ce sont, mutatis mutandi, les principes mêmes de la Charte de l’Onu, entre autres :

- 1. Chaque État a le droit de choisir, sans ingérence extérieure, son système politique, économique et social, et le mode d’organisation qui lui convient le mieux. Il a pour devoir de ne pas intervenir dans les affaires des autres États. Sous réserve des dispositions précédentes, les États américains coopèrent largement entre eux, indépendamment de la nature de leurs systèmes politiques, économiques et sociaux (Article 3 e).

- 2. Les différends de caractère international qui surgissent entre deux ou plusieurs États américains doivent être réglés par des moyens pacifiques ; (Art. 3, i).

- 3. Aucun État ou groupe d’États n’a le droit d’intervenir directement ou indirectement, pour quelque motif que ce soit, dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre État. Le principe précédent exclut l’emploi, non seulement de la force armée, mais aussi de toute autre forme d’ingérence ou de tendance attentatoire à la personnalité de l’État et aux éléments politiques, économiques et culturels qui la constituent. (Art. 19).

- 4. Aucun État ne peut appliquer ou prendre des mesures coercitives de caractère économique et politique pour forcer la volonté souveraine d’un autre État et obtenir de celui-ci des avantages d’une nature quelconque. (Art. 20).

- 5. Le territoire d’un État est inviolable, il ne peut être l’objet d’occupation militaire ni d’autres mesures de force de la part d’un autre État, directement ou indirectement, pour quelque motif que ce soit et même de manière temporaire. (Art. 21).

- 6. Les États américains s’engagent dans leurs relations internationales à ne pas recourir à l’emploi de la force, si ce n’est dans le cas de légitime défense, conformément aux traités en vigueur, ou dans le cas de l’exécution desdits traités. (Art. 22).

- 7. Aucune des stipulations de la présente Charte ne sera interprétée comme une diminution des droits et obligations des États membres, et ce, conformément à la Charte des Nations unies. (Art. 131).

La charte dite démocratique de l’OEA ne saurait être invoquée contre le Venezuela parce que la « démocratie représentative » qu’elle prétend sacraliser entre en conflit avec l’article 103 de la Charte de l’Onu, qui prévaut sur celle de l’OEA.

« En cas de conflit entre les obligations des Membres des Nations unies en vertu de la présente Charte et leurs obligations en vertu de tout autre accord international, les premières prévaudront. »

La Charte de l’Onu ne mentionne pas la « démocratie représentative » (objectif primordial de la Charte démocratique interaméricaine de l’OEA) en tant que modèle ou système politique obligatoire pour ses membres, parce qu’elle reconnaît qu’il existe de par le monde diverses formes d’organisation politique ou de gouvernement, telles que les républiques et les monarchies (démocratiques ou non, présidentialistes ou parlementaires), les principautés, etc.

Mais la République bolivarienne du Venezuela va bien au-delà des « démocraties représentatives » de la région, car le Venezuela est une démocratie participative, et c’est l’un des pays les plus démocratiques au monde, comme le prouvent son histoire et son expérience actuelle, tels que constatés par l’Onu, par des organismes internationaux des droits humains, par des personnalités et des associations prestigieuses, telle la Fondation Carter, entre autres.

Qui sont les membres du « Groupe de Lima » ?

Cependant les États-Unis et leurs satellites du Groupe de Lima persévèrent dans la violation du droit international, et cela malgré le fait qu’ils n’ont même pas obtenu au sein de l’OEA le soutien espéré pour cette aventure impérialiste, car les pays indépendants du bassin caraïbe et d’autres les en ont empêchés ; en effet, presque tous les membres du Groupe de Lima bafouent les normes qui pourraient permettre une gouvernance démocratique élémentaire.

- De quel droit les États-Unis se réclament-ils pour piller le Venezuela, alors que c’est le premier pays à violer la charte de l’Onu et le négateur absolu du droit international ? Les États-Unis constituent le pays qui a rejeté le plus grand nombre de traités relatifs aux droits humains, ou a refusé de les ratifier au plan mondial ; les États-Unis ont le plus grand nombre de condamnations à mort au monde ; le budget de la « Défense » y est plus élevé que celui des six États qui le suivent dans la liste ; c’est le pays qui a le plus de bases militaires au monde, plus de mille ; c’est le pays qui a divisé le monde en 10 zones de commandement militaire, sans autorisation ni consentement d’aucun des pays concernés ; c’est le pays qui accapare la plus grande part des richesses mondiales ; selon la FAO, il suffirait de 1 060 millions de dollars pour en finir avec la faim dans le monde, mais les États-Unis dépensent un milliard de dollars en guerres diverses.

De quel droit cet État voyou refuse-t-il au peuple vénézuélien son droit à l’existence ?

- De quel droit la Colombie est-elle en tête de l’agression contre le Venezuela, alors que sur le plan extérieur, la Colombie est un pays occupé par les États-Unis (qui y ont implanté sept bases militaires) et qui ne jouit donc pas de l’indépendance ? Au plan interne, la Colombie est un narco-État dont un citoyen sur dix est contraint de vivre à l’étranger, suivi en cela par le Brésil et le Pérou ; la Colombie a trahi les Accords de paix signés avec la guérilla, assassine, et permet à des paramilitaires de liquider systématiquement les défenseurs des droits des pauvres et des droits de l’homme. La Colombie tolère le harcèlement et l’agression de mouvements politiques qui participent à la politique nationale, comme les Farc.

- De quel droit le Pérou allègue-t-il le manque de démocratie au Venezuela, alors que son président, Pedro Pablo Kuczynski, a failli se voir destitué par le Congrès pour « incapacité morale » à exercer le gouvernement, après avoir reçu des pots-de-vin d’Odebrecht, et avoir amnistié illégalement l’ex-président Alberto Fujimori, qui reconnaît avoir pratiqué le génocide, et tandis que le gouvernement péruvien est assiégé en permanence par des réclamations des travailleurs de la Santé et de l’Éducation ?

- De quel droit l’Argentine remet en question la transparence au Venezuela, alors que le président Mauricio Macri est mouillé jusqu’au cou dans le scandale Odelbrecht et celui des Panama Papers [1] ? Son gouvernement est en butte aux réclamations quotidiennes du peuple, des indiens Mapuches, des retraités et des classes moyennes ; c’est un pays qui stagne, alors qu’il parvenait à remonter la pente du progrès sous le mandat de Cristina Kirchner.

- De quel droit le Brésil offre-t-il son territoire comme tremplin pour une intervention et pour dénoncer la « dictature » au Venezuela, alors que le président non élu Michel Temer est parvenu à son poste grâce à un coup d’État « en douceur » contre la présidente Dilma Roussef, et qu’il est accusé par le Procureur général de l’État de « corruption passive, obstruction à la justice et organisation criminelle », tandis qu’il bloque de façon antidémocratique la candidature de Luis Inacio Lula da Silva à la présidence ?

- De quel droit le Mexique dénonce-t-il au Venezuela une « crise humanitaire » alors que le président Enrique Penia Nieto préside un gouvernement corrompu et qui ne se maintient que grâce au narcotrafic et au crime organisé, un gouvernement qui a livré les richesses du pays aux transnationales des États-Unis et alors que le Mexique possède le record mondial de journalistes assassinés et disparus ?

- Quant au Honduras, de quel droit conteste-t-il la légitimité de l’Assemblée nationale constituante du Venezuela, alors que son « président » inconstitutionnel et non élu mais installé au pouvoir par une fraude de dimensions cosmiques, José O. Hernandez, s’accroche au pouvoir en s’appuyant sur les baïonnettes du SouthCom des États-Unis [2] et fait tirer sans états d’âme sur son propre peuple ?

Le cas particulier du Panama

De quel droit le Panama remet-il en question l’indépendance et la démocratie du Venezuela, alors que le Parti panaméen du président Juan Carlos Varela est arrivé au pouvoir dans les bras des envahisseurs, les États-Unis (qui avaient reconnu Guillermo Endara comme président du Panama sur une base militaire états-unienne), à la suite de l’invasion de 1989 [3] ? Il convient de se souvenir qu’en droit international, les accords signés sous occupation militaire sont ipso facto nuls et non avenus.

De quelle moralité se réclame le Panama pour détruire le droit du Venezuela à l’autodétermination alors que Guillermo Endara, le premier président fantoche en poste après l’invasion et président du Parti panaméen (le parti de l’actuel président Juan Carlos Varela) a souscrit à l’accord dit Arias Calderón-Hinton (1991) qui est à la base des traités Salas-Becker de 2002, traités qui ont livré le Panama à seize agences fédérales des États-Unis, parmi lesquelles le Pentagone, l’US Army, l’US Air Force, l’US Navy et le Service de garde-côtes des États-Unis ? Ces instances états-uniennes peuvent faire à nouveau de Panama une plateforme pour le SouthCom avec des objectifs d’agression.

De quel droit le Panama s’ingère-t-il dans les affaires vénézuéliennes, alors que les gouvernements panaméens ont toléré sans objection les manœuvres Panamax (2003-2018) réalisées tous les ans entre les pays de la région et les puissances membres de l’Otan sur la base d’un traité entre le Chili et les États-Unis ? Ce traité, signé en 2003, viole le Traité de neutralité et la Constitution panaméenne. Panama ne le reconnaît pas et ne l’a pas ratifié.

De quel droit le président panaméen Juan Carlos Varela a-t-il souscrit aux accords « Nouveaux Horizons 2018 », qui peuvent servir à couvrir une intervention contre le Venezuela, dans la mesure où ce traité bafoue le Traité de neutralité, la Constitution du Panama et le droit international ?

De quel droit le président du Panama peut-il entreprendre des actions contre le Venezuela, dans la mesure où les traités Salas-Becker, dont font partie les accords Nouveaux Horizons, n’ont jamais été soumis à l’approbation de l’Assemblée législative ou nationale panaméenne, de sorte qu’il n’existe pas d’obligation constitutionnelle pour leur application ?

L’ex-présidente du Panama, Mireya Moscoso, membre du Parti panaméen, s’est déshonorée en souscrivant à la totalité des traités Salas-Becker (entre 2001 et 2004, à l’exception de celui de 1991) et en amnistiant illégalement, sur la demande du général Colin Powell (qu’on appelle « le boucher du Panama [4]), le terroriste avoué Luis Posada Carriles, qui avait tenté d’assassiner le président cubain Fidel Castro en 2002. Cette amnistie a été annulée par la Cour suprême de justice après qu’il en ait profité pour disparaître.

L’ex- président Moscoso est celui qui avait autorisé le traité Alemán-Zubieta-Becker (du 1er avril 2002), signé par l’administrateur de l’autorité chargée du Canal, Alberto Alemán Zubieta, qui n’était nullement habilité à signer des traités et qui, le comble, l’a entériné et signé en anglais, alors que la Constitution consacre l’espagnol comme la langue officielle de Panama : tous deux ont donc outrepassé leurs prérogatives (voir la Constitution nationale de la République du Panama, art. 191).

Nonobstant l’incapacité morale ou légale du groupe de Lima pour attaquer le Venezuela, les États-Unis insistent pour l’envahir avec la complicité de gouvernements non représentatifs, anachroniques, délinquants et ennemis du droit international, en profitant du carnaval de ces jours-ci (mardi 20 février) qui fait diversion, tandis qu’ils se déhanchent dans le sillage de leur dieu Momo, les États-Unis, sous le drapeau infâme d’une nouvelle « intervention humanitaire ».

Le détournement de la « responsabilité de protéger » sous un prétexte humanitaire

On veut nous faire croire qu’il y a au Venezuela une « crise humanitaire » qui exige de faire s’affronter les peuples de la région entre eux, des pauvres contre d’autres pauvres, des frères contre leurs frères, pour satisfaire les appétits de Washington, en interprétant au profit des États-Unis les recommandations du génial stratège chinois Sun Tzu, qui conseillait d’économiser ses propres forces et utiliser celles d’autres peuples.

Les interventions humanitaires, qui répondent à la nécessité de protéger les victimes des guerres, quand n’existe ni volonté, ni capacité, de la part du souverain pour assumer cette responsabilité, ont été détournées par les pouvoirs hégémoniques afin de masquer leurs vilenies prédatrices [5]

Personnellement je me suis opposé, en tant que président de la SERPAJ-Panama, à l’adoption en bloc du projet, lors de la réunion de l’Onu en Amérique centrale (San José, 2005), convoquée par la Fondation Arias. Parfois on confère le « droit de protéger » inhérent à l’intervention humanitaire au Conseil de sécurité de l’Onu, à une entente régionale comme l’Otan ou à un groupe d’États.

En Yougoslavie avait été mise en place une « intervention humanitaire » censée empêcher un nettoyage ethnique que Slobodan Milosevic aurait mis en œuvre en Bosnie, mais l’Otan (autrement dit les États-Unis), avait envahi la Yougoslavie, seul pays européen qui n’était pas membre de cette organisation militaire, l’avait démembrée en fonction des intérêts géopolitiques de l’Empire, et l’a plongé dans la ruine.

La vérité est apparue trop tard :

« Dix ans après que Slobodan Milosevic, ex-président de la Yougoslavie disparu, fut retrouvé mort dans des circonstances étranges (alors qu’il était en détention), la Cour pénale internationale a exonéré l’homme politique serbe de la responsabilité des crimes de guerre supposément commis en Bosnie…

Slobodan Milosevic a été vilipendé de façon systématique par toute la presse occidentale et par la classe politique des pays de l’Otan. Les moyens de communication de l’époque l’avaient qualifié de « boucher des Balkans » et comparé à Hitler. Il avait été accusé illégalement de génocide, en tant que « monstre assoiffé de sang », faisant les gros titres des principaux médias européens et états-uniens d’alors.

C’est grâce à ce cliché falsifié qu’on tenta de justifier les sanctions économiques contre la Serbie mais aussi les bombardements de l’Otan en 1999 sur la Serbie, ainsi que la guerre acharnée contre le Kosovo [6]. »

En Libye, fut mise en place une « intervention humanitaire » destinée à en finir avec la violation des droits de l’homme perpétrée par le « dictateur » Mouammar Kadhafi. Mais l’Otan appliqua son « droit de protection » à la population « sans défense ». En sept mois, 40 000 bombes et missiles furent largués sur la population, et avec l’aide d’espions, de terroristes et de mercenaires étrangers, 120 000 Libyens furent tués ; on assassina Kadhafi de façon atroce et particulièrement perverse, les actifs et le pétrole du pays furent expropriés, et le pays sombra dans un enfer perpétuel ; les Libyens « à la peau sombre » furent éliminés du gouvernement malgré le fait que le Conseil des droits humains à l’Onu avait félicité précisément cette année-là (en 2011) Kadhafi pour les progrès de la Libye en matière d’égalité raciale. C’est plus tard que l’on apprit que la tentative de Kadahafi pour remplacer le dollar par une monnaie commune africaine constituait l’une des raisons véritables de l’intervention « humanitaire ».

Dans le cas du Panama, les États-Unis n’ont même pas pris la peine d’informer l’OEA ni l’Onu, encore moins le Sénat états-unien, qu’ils seraient tenus d’approuver l’invasion de 1989, mais le général Manuel Antonio Noriega fut diabolisé à coup de mensonges, ce qui ressort de documents « secrets et sensibles » du Conseil de sécurité nationale états-unien, documents qui fixaient comme objectif l’abrogation des traités sur le canal et le projet de mettre un terme aux négociations entre le Japon et Panama en vue de l’ouverture d’un nouveau canal. [7].

Mais au Venezuela il n’y a pas de crise humanitaire ni de guerre civile, pas plus qu’il n’y en avait au Panama. Il y a une intervention externe dans les affaires internes et externes du peuple, une intervention qui se manifeste sous forme de guerres ultramodernes et multiformes, avec l’appui transnational d’États, d’organisations non-gouvernementales et de personnalités qui tentent de détruire la Nation vénézuélienne, d’abolir les conquêtes de sa Révolution et de lui voler ses prodigieuses richesses naturelles.

Une intervention contre le Venezuela serait une agression contre l’Amérique latine et le Bassin caribéen, un retour en arrière dans la construction de l’unité latino-américaine, un coup porté à la mémoire des libertadores de Notre Amérique ; pour toutes ces raisons, une telle intervention est juridiquement impossible et ne saurait réussir.

Traduction
Maria Poumier

[1] « Le cabinet Mossak-Fonseca, vu du Panama », par Julio Yao Villalaz, Traduction Maria Poumier, La Estrella de Panamá , Réseau Voltaire, 27 avril 2016.

[2] L’auteur se réfère au commandement régional des forces armées états-uniennes en charge des troupes déployées dans les nombreuses bases militaires US en Amérique du Sud, en Amérique centrale et dans les Caraïbes (Note du Réseau Voltaire).

[3] L’auteur fait référence à l’intervention militaire états-unienne justifiée officiellement par Washington en brandissant une implication supposée du général panaméen Manuel Antonio Noriega dans le narcotrafic international et parce qu’il aurait constitué une « menace » contre la libre circulation grâce au canal interocéanique. À ce jour, il est impossible de préciser le nombre des civils morts lors des bombardements « chirurgicaux » de l’US Air Force contre les quartiers populaires de la capitale panaméenne, déclenchés, tout comme l’invasion, sans la moindre déclaration de guerre de la part de Washington (Note du Réseau Voltaire.)

[4] Le général Colin Powell connu en tant que secrétaire d’État de l’administration Bush Jr., pour avoir exhibé devant le Conseil de sécurité de l’ONU des « armes de destruction massive » (sous la forme d’une fiole de cinq centimètres) qui rendaient « nécessaire » l’invasion contre l’Irak, était le chef d’État-major conjoint des États-Unis au moment de l’invasion du Panama (Note du Réseau Voltaire).

[5] Depuis 2005, l’Onu a posé la responsabilité pour chaque État de protéger sa population et, lorsque cet État est failli, le droit des autres États d’intervenir à la place du défaillant (Note du Réseau Voltaire).

[6] « El Tribunal Internacional de La Haya reconoce tardíamente la inocencia de Slobodan Milosevic », Canarias-Semanal.org (España), 27 de juillet 2016.

[7] Voir le prochain ouvrage de Julio Yao El Monopolio del Canal y la Invasión a Panamá, EUPAN, 2018.

http://www.voltairenet.org/article199899.html

Le changement de régime échoue – Et après ? Un coup d’État militaire ou une invasion du Venezuela ?

Le changement de régime échoue – Et après ? Un coup d’État militaire ou une invasion du Venezuela ?


Les États-Unis ont utilisé tous leurs outils de changement de régime au Venezuela et, bien qu’ils aient échoué jusqu’ici, il y a encore une chance qu’une attaque militaire leur reste en magasin, avertissent Kevin Zeese et Margaret Flowers.


Par Kevin Zeese et Margaret Flowers – Le 14 février 2018 – Source ConsortiumNews

Plusieurs signaux indiquent qu’il y aura une attaque armée contre le Venezuela, des hauts responsables et des politiciens influents disant clairement que c’est une possibilité réelle.

S’exprimant dans son alma mater à l’Université du Texas, le 1er février dernier, le secrétaire d’État Tillerson a suggéré un éventuel coup d’État militaire dans le pays. Ensuite, Tillerson s’est rendu dans des pays d’Amérique latine alliés, préconisant vivement un changement de régime et davantage de sanctions contre le Venezuela. Tillerson envisagerait également d’interdire le traitement ou la vente de pétrole vénézuélien aux États-Unis et décourage d’autres pays d’en acheter.

Dans une série de tweets, le sénateur Marco Rubio, le Républicain de Floride où vivent de nombreux oligarques vénézuéliens, a ouvertement appelé à un coup d’État militaire au Venezuela. « Le monde soutiendrait les forces armées au #Venezuela si elles décident de protéger le peuple et de restaurer la démocratie en chassant un dictateur » a tweeté l’ancien candidat à la présidence.

Quelle absurdité — chasser un président élu avec un coup d’État militaire pour restaurer la démocratie ? Peut-on dire ça sans rire ? Ce refrain de Rubio et Tillerson semble être la position publique insensée de la politique américaine.

Depuis l’élection de Hugo Chavez en 1998, les États-Unis cherchent à provoquer un changement de régime au Venezuela. Trump s’est joint aux présidents Obama et Bush avant lui pour poursuivre les efforts en vue de changer son gouvernement et mettre en place un gouvernement d’oligarques favorable aux États-Unis.

Ils ont été tout près d’y arriver en 2002, lorsqu’un coup d’État militaire a fait tomber Chavez. Le commandant en chef de l’armée vénézuélienne a annoncé que Chavez avait démissionné et Pedro Carmona, de la Chambre de commerce vénézuélienne, est devenu président par intérim. Carmona a dissous l’Assemblée nationale, la Cour suprême et a déclaré nulle la Constitution. Le peuple a encerclé le palais présidentiel et s’est emparé des stations de télévision, Carmona a démissionné et s’est enfui en Colombie. En moins de 47 heures, les civils et l’armée ont rétabli Chavez à la présidence. Le coup d’État a marqué un tournant décisif qui a renforcé la Révolution bolivarienne, a montré que le peuple pouvait vaincre un coup d’État et a démasqué les États-Unis et les oligarques.

Les tactiques américaines de changement de régime ont échoué au Venezuela

Les États-Unis et les oligarques poursuivent leurs efforts pour renverser la Révolution bolivarienne. Les États-Unis ont une longue histoire de changement de régime dans le monde entier et ont essayé tous leurs outils dans ce but au Venezuela. Jusqu’à présent, ils ont échoué.

La guerre économique

La destruction de l’économie vénézuélienne a été une campagne permanente des États-Unis et des oligarques. Elle rappelle le coup d’État au Chili, qui a mis fin à la présidence de Salvador Allende. Pour créer les conditions du coup d’État au Chili, le président Nixon a ordonné à la CIA de « faire hurler l’économie ».

Henry Kissinger a conçu le coup, en soulignant qu’un investissement d’un million de dollars était en jeu. Il craignait aussi que « l’effet de modèle insidieux » qu’était l’exemple du Chili ne conduise d’autres pays à rompre avec les États-Unis et le capitalisme. Le principal adjoint de Kissinger au Conseil de sécurité nationale, Viron Vaky, s’est opposé au coup d’État en déclarant : « Ce que nous proposons est une violation flagrante de nos propres principes et de nos fondements politiques. (…) Si ces principes ont un sens, nous ne nous en écartons que pour faire face à la menace la plus grave… notre survie. »

Ces objections se vérifient en ce qui concerne les récents coups d’État américains, notamment au Venezuela et au Honduras, en Ukraine et au Brésil, entre autres. Allende est mort lors du coup d’État et a adressé ses dernières paroles au peuple du Chili, en particulier aux ouvriers : « Vive le peuple ! Vive les travailleurs ! ». Il a été remplacé par Augusto Pinochet, un dictateur brutal et violent.

Pendant des décennies, les États-Unis ont mené une guerre économique au Venezuela, « faisant hurler l’économie ». De riches Vénézuéliens ont pratiqué le sabotage économique, aidés par les États-Unis avec des sanctions et autres tactiques. Cela comprend le stockage de nourriture, de fournitures et autres produits de première nécessité dans des entrepôts ou en Colombie alors que les marchés vénézuéliens sont vides. La rareté est utilisée pour alimenter les manifestations, par exemple « la marche des pots vides » une copie carbone des marches au Chili avant le coup d’État du 11 septembre 1973. La guerre économique s’est durcie avec Obama et sous Trump, Tillerson appelant aujourd’hui à des sanctions économiques sur le pétrole.

Le président Maduro a reconnu les difficultés économiques, mais il a également dit que les sanctions ouvrent la possibilité d’une nouvelle ère d’indépendance et « entament l’étape de la post-domination des États-Unis avec le Venezuela de nouveau au centre de cette bataille pour la dignité et la libération ». Le second du Parti socialiste, Diosdado Cabello, a déclaré : « [S’ils] appliquent des sanctions, nous appliquerons des élections. »

Manifestations de l’opposition

Un autre outil courant des Américains du changement de régime est le soutien aux manifestations de l’opposition. L’administration Trump a renouvelé les opérations de changement de régime au Venezuela, et les manifestations anti-Maduro, qui avaient commencé sous Obama, sont devenues plus violentes. Les manifestations de l’opposition comprenaient des barricades, des tireurs isolés et des assassins provoquant aussi beaucoup de blessés. Lorsque la police arrêtait ceux qui utilisaient la violence, les États-Unis prétendaient que le Venezuela s’opposait à la liberté d’expression et aux manifestations.

L’opposition a tenté de mettre à profit la répression contre la violence pour appliquer la tactique américaine consistant à diviser l’armée. Les États-Unis et les médias occidentaux ont ignoré la violence de l’opposition et en ont accusé le gouvernement vénézuélien. La violence est devenue si extrême qu’il semblait que l’opposition poussait le Venezuela dans une guerre civile comme en Syrie. Au lieu de cela, la violence de l’opposition s’est retournée contre elle.

Les manifestations violentes font partie du répertoire américain des changements de régime. Cela a été démontré dans le coup d’État américain en Ukraine, où les États-Unis ont dépensé 5 milliards de dollars pour organiser l’opposition au gouvernement, y compris le financement de manifestants violents par les États-Unis et l’Union européenne. Cette tactique avait été utilisée dans les premiers coups d’État américains comme celui de 1953 en Iran contre le Premier ministre Mossadegh. Les États-Unis ont admis avoir organisé ce coup qui a mis fin à la brève expérience de l’Iran en matière de démocratie. Comme pour le Venezuela, une raison essentielle pour ce coup d’État iranien était le contrôle du pétrole du pays.

Financer l’opposition

Les États-Unis ont massivement investi dans l’opposition au gouvernement vénézuélien. Des dizaines de millions de dollars ont ouvertement été dépensés au travers de l’USAID, du National Endowment for Democracy et d’autres officines étasuniennes de changement de régime. On ne sait pas combien la CIA a dépensé de son budget secret, mais elle a également été impliquée au Venezuela. Son actuel directeur, Mike Pompeo, a déclaré qu’il « espérait une transition au Venezuela ».

Les États-Unis ont également formé les dirigeants des mouvements d’opposition, par exemple Leopoldo López, qui a suivi l’enseignement d’écoles privées aux États-Unis, y compris le Kenyon College, associé à la CIA. Il a été formé à la Harvard Kennedy School of Government et a effectué des visites répétées à l’agence pour le changement de régime, le National Republican Institute.

Élections

Alors que les États-Unis qualifient le Venezuela de dictature, c’est en fait une démocratie forte avec un excellent système électoral. Des observateurs surveillent chaque élection.

En 2016, la crise économique a permis à l’opposition de remporter la majorité à l’Assemblée nationale. L’une de ses premières actions a été d’adopter une loi d’amnistie. La loi décrivait 17 années de crimes incluant des crimes violents et le terrorisme commis par l’opposition. C’était un aveu des crimes commis depuis le coup d’État de 2002 et jusqu’à 2016. La loi mettait en évidence une violente trahison contre le Venezuela. Un mois plus tard, la Cour suprême a déclaré la loi d’amnistie inconstitutionnelle. Les États-Unis, les médias, les partisans du changement de régime et les groupes de défense des droits de l’homme opposés au Venezuela ont attaqué la décision de la Cour suprême, révélant leur alliance avec les criminels avoués.

Des années de manifestations violentes et de tentatives de changement de régime, pis l’admission de leurs crimes dans une loi d’amnistie, ont fait perdre le pouvoir à ceux qui s’opposaient à la Révolution bolivarienne et les ont rendus impopulaires. Le parti de Maduro a remporté trois élections récentes, aux niveaux régional et local et à l’Assemblée constituante.

La commission électorale a annoncé que l’élection présidentielle aura lieu le 22 avril. Maduro se présentera à sa réélection avec le Parti socialiste uni. Des dirigeants de l’opposition comme Henry Ramos et Henri Falcon ont exprimé leur intérêt à se présenter, mais l’opposition n’a pas décidé si elle participerait. Henrique Capriles, qui avait perdu de justesse face à Maduro lors des dernières élections, s’est vu interdire de se présenter à cause d’irrégularités dans sa campagne, qui incluait des dons étrangers. Capriles a été un chef de file des manifestations violentes. Lorsque son interdiction a été annoncée, il a appelé à des manifestations pour chasser Maduro du pouvoir. Également interdit, Leopoldo Lopez, un autre chef de file des manifestations violentes, qui est assigné à résidence et purge une peine de 13 ans pour incitation à la violence.

Maintenant, les États-Unis disent qu’ils ne reconnaîtront pas l’élection présidentielle et demandent instamment un coup d’État militaire. Pendant deux ans, l’opposition a réclamé des élections présidentielles, mais aujourd’hui on ne sait pas si elle y participera. Ils savent qu’ils sont impopulaires et Maduro sera probablement réélu.

Bientôt la guerre contre le Venezuela ?

Un coup d’État militaire devra relever des défis au Venezuela, car le peuple, y compris l’armée, sont bien informés sur l’impérialisme américain. Le fait que Tillerson appelle ouvertement à un coup d’État militaire rend celui-ci plus difficile.

Le gouvernement et l’opposition ont récemment négocié un accord de paix intitulé « Accord de coexistence démocratique pour le Venezuela ». Ils se sont mis d’accord sur toutes les questions, y compris la fin des sanctions économiques, le calendrier des élections et plus encore. Ils se sont aussi mis d’accord sur la date de la prochaine élection présidentielle. Elle était à l’origine prévue en mars, mais dans une concession à l’opposition, elle a été déplacée à la fin du mois d’avril. Maduro a signé l’accord même si l’opposition n’a pas assisté à la cérémonie de signature. Ses représentants se sont retirés après que le président colombien Santos, qui rencontrait le secrétaire d’État Tillerson, les a appelés et leur a dit de ne pas signer. Maduro va maintenant faire de l’accord une question publique en permettant au peuple du Venezuela de le signer.

Ne pas reconnaître les élections et encourager un coup d’État militaire est déjà assez grave, mais ce qui est encore plus déconcertant, c’est que l’amiral Kurt Tidd, le chef du Southcom, a tenu une réunion à huis clos en Colombie après la visite de Tillerson. Le thème en était la « déstabilisation régionale » et le Venezuela était au centre des débats.

Une attaque militaire contre le Venezuela à partir de ses frontières avec la Colombie et le Brésil n’est pas irréaliste. En janvier, le New York Times posait la question : « L’armée américaine devrait-elle envahir le Venezuela ? ». Le président Trump a déclaré que les États-Unis envisageaient de recourir à la force armée contre le Venezuela. Son chef d’état-major, John Kelly, était auparavant le général responsable du Southcom. Tidd a affirmé que la crise, provoquée en grande partie par la guerre économique contre le Venezuela, nécessite une intervention militaire pour des raisons humanitaires.

Les préparatifs de guerre sont déjà en cours en Colombie, qui joue le rôle d’Israël pour les États-Unis en Amérique latine. Le gouvernement du coup d’État au Brésil a augmenté son budget de 36% et a participé à Opération : Amérique unie, le plus grand exercice militaire commun de l’histoire en Amérique latine. C’était l’un des quatre exercices pratiqués par les États-Unis avec le Brésil, la Colombie et le Pérou en Amérique latine en 2017. Le Congrès étasunien a ordonné au Pentagone de développer des possibilités militaires pour le Venezuela dans la loi de finances sur le budget de défense nationale pour 2017.

Alors qu’il y a une opposition aux bases militaires américaines, explique James Patrick Jordan dans notre émission de radio, les États-Unis en ont en Colombie et dans les Caraïbes, ainsi que des accords militaires avec des pays dans la région ; le Venezuela est donc déjà encerclé.

Les États-Unis visent le Venezuela parce que la Révolution bolivarienne est un exemple de résistance à l’impérialisme américain. Une invasion du Venezuela deviendra un nouveau bourbier qui tuera des Vénézuéliens innocents, des soldats américains et d’autres pour le contrôle du pétrole. Les gens aux États-Unis qui soutiennent l’autodétermination des pays devraient manifester leur solidarité avec les Vénézuéliens, divulguer le programme des États-Unis et dénoncer publiquement le changement de régime. Nous devons éduquer les gens sur ce qui se passe vraiment au Venezuela pour dépasser la couverture médiatique mensongère.

Kevin Zeese et Margaret Flowers codirigent Popular Resistance. [Cet article a paru à l’origine dans https://popularresistance.org, il est reproduit avec l’autorisation de l’auteur].

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

 

Jusqu’où la situation peut-elle empirer pour la compagnie pétrolière d’État vénézuelienne ?

Jusqu’où la situation peut-elle empirer pour la compagnie pétrolière d’État vénézuelienne ?


Par  Amy Myers Jaffe – Le 23 janvier 2017 – Source Council on Foreign Relation

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La dernière tentative du Venezuela pour lever des capitaux en émettant une crypto-monnaie, le petro, liée prétendument à ses réserves de pétrole de l’Orénoque est problématique à tant de niveaux qu’il est difficile de savoir comment la commenter au-delà du fait que le gouvernement américain a déjà dit que le nouveau marché risquerait d’être exposé aux sanctions américaines. L’arrêt de cette crypto-monnaie pourrait devenir l’élément le plus facile à traiter par l’administration de Donald J. Trump pour contrer les mesures prises par Caracas pour gérer les créanciers de la compagnie pétrolière publique du Venezuela, Petróleos de Venezuela, PDA (PDVSA).

PDVSA s’engage dans toutes sortes de transactions sans argent pour contourner les saisies de cargaisons de pétrole. Mais la société pourrait faire face à encore plus de difficultés cette année car les difficultés financières du Venezuela ont mordu dans sa capacité à maintenir ses champs pétroliers en activité. Citibank estime que la capacité de production de pétrole du Venezuela pourrait chuter à un million de barils par jour au cours de l’année 2018, contre 2,8 millions b/j en 2015, alors que son accès au crédit se détériore, accentuant encore plus le délabrement de ses installations. Les sociétés de services internationales limitent leurs activités dans le pays en prenant prétexte des centaines de millions de dollars de frais impayés. Les champs de pétrole du Venezuela ont un taux de déclin naturel de 25% qui nécessite une attention constante pour maintenir les capacités de production.

Trouver un atterrissage en douceur pour traverser la crise pour la filiale américaine de PDVSA, Citgo Petroleum, pourrait devenir de plus en plus complexe pour les États-Unis, alors qu’ils cherchent à gérer la détérioration de la situation au Venezuela. Washington a imposé des sanctions aux membres critiques du gouvernement vénézuélien, mais a été réticent à prendre des mesures qui pourraient déborder sur la capacité d’exploitation de Citgo. Citgo exploite trois des plus grandes raffineries de pétrole d’Amérique pour une capacité totale de 750 000 b/j, y compris une installation régionale importante près de Chicago. Citgo a fourni quinze milliards de gallons d’essence aux États-Unis en 2015. Jusqu’ici, Citgo a été protégé des créanciers par sa structure d’entreprise. Mais récemment, les créanciers de la compagnie pétrolière publique PDVSA, impatients, ont commencé à utiliser des tactiques plus agressives, l’un de ces groupes essayant de s’emparer d’un cargo pétrolier pour tenter de se faire payer. Pour éviter de telles déconvenues, PDVSA, qui à toutes fins pratiques ne peut plus obtenir de lettres de crédit bancaire, est la propriétaire en « temps partagé » de certaines cargaisons de pétrole brut non désignées qu’elle peut exporter en échange de la livraison ultérieure de carburant et de matière première désespérément attendus. Les arrangements sont conçus pour décourager les créanciers d’essayer de tenter de bloquer ce pétrole à l’étranger parce que, en réalité, le pétrole appartient déjà à d’autres parties avant qu’il ne quitte le Venezuela.

L’année dernière, le Venezuela a expédié environ 450 000 b/j vers la Chine dans le cadre d’un remboursement de 60 milliards de dollars de prêts chinois. C’est moins de la moitié du volume de pétrole initialement prévu dans le calendrier de remboursement. En fait, l’un des plus grands prêteurs, China Development Bank, a reçu à peine assez de pétrole et de produits pétroliers raffinés du Venezuela pour couvrir les paiements d’intérêts sur ses prêts, selon Energy Intelligence Group. La Chine et la Russie continuent de recevoir des remboursements via les livraisons de pétrole, un petit pourcentage de la valeur des cargaisons revenant à Caracas. D’autres acheteurs tels que les raffineurs indiens sont encore été vus en train d’« attraper » des cargaisons sur une base « sans frais à bord » qui leur en donne la propriété immédiate.

La question est de savoir si le statu quo prévaudra ou si les opérations de Citgo seront affectées par l’escalade des problèmes financiers. Le sort des obligations de PDVSA, qui sont également dans un état de « quasi-défaut », est particulièrement délicat, car de nombreuses parties différentes revendiquent leurs droits d’une manière qui pourrait permettre la saisie des actions de Citgo. Un accord qui promettait des actions de la société pour des obligataires a créé une ouverture pour accélérer cette prise de contrôle. Dans un autre accord, Goldman Sachs a acheté 2,8 milliards de dollars d’obligations PDVSA à 30 cents sur la base du dollar de 2017. La thèse derrière l’achat de Goldman, et de la plupart des autres lignes de crédit étendues à PDVSA, est que l’entreprise d’État a des actifs précieux, dont certains sont à l’étranger, et des réserves géantes de pétrole. Les gouvernements vont et viennent mais finalement, selon ce raisonnement, le pétrole peut être transformé en argent. L’affaire du Venezuela pourrait servir de test à ce genre de thèse, avec des implications pour les autres producteurs de pétrole qui essaient d’aller sur les marchés mondiaux pour transformer leurs réserves de pétrole en liquidités.

La perturbation des exportations pétrolières vénézuéliennes au niveau du commerce international a été progressive, ce qui en a peut-être quelque peu atténué les effets à ce jour. L’effondrement du système de raffinage du pays a créé des possibilités pour les raffineurs américains d’exporter des volumes croissants d’essence et de diesel vers l’Amérique latine et ailleurs. Dans une certaine mesure, la baisse de ses exportations de pétrole brut a facilité la collaboration en cours entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’importants producteurs non membres de l’OPEP pour stabiliser les prix du pétrole à des niveaux plus élevés. La hausse des prix du pétrole aide un peu le régime vénézuélien, mais la majeure partie de son pétrole devant être vendue par du troc, les devises convertibles seront de plus en plus difficiles à obtenir, surtout si les problèmes de production de champs pétroliers laissent moins de barils disponibles à la vente.

Au fur et à mesure que la situation financière de PDVSA se détériore, les effets sur le marché du pétrole pourraient se creuser, surtout si cela conduit à l’effondrement de Citgo Petroleum. Les décideurs des États-Unis devraient se demander s’il est souhaitable d’élaborer un plan d’urgence maintenant pour l’anticiper. L’administration Trump pourrait envisager d’être proactive, créant peut-être un appel d’offres ouvert pour la réserve stratégique américaine de pétrole (RSP) avec d’autres raffineurs américains afin de créer au moins un petit stock d’avance de produits raffinés qui pourrait être dirigé vers l’Illinois ou d’autres marchés touchés au printemps, si les opérations de Citgo sont interrompues de façon inattendue par des problèmes financiers ou des poursuites judiciaires. Un tel plan pourrait améliorer l’effet sur les consommateurs américains de tout événement soudain lié au Venezuela et donner à Washington plus de flexibilité pour répondre à la crise en cours au Venezuela. Si rien ne se passe mal dans les semaines à venir, la planification d’urgence pourrait toujours être un deal gagnant-gagnant. Les stocks de produits raffinés pourraient offrir les mêmes protections avant la saison des ouragans de l’été prochain et servir de test pour moderniser la RSP afin d’inclure les produits raffinés sans aucune dépense de l’État.

Amy Myers Jaffe

Note du Saker Francophone

Le CFR, think tank globaliste devant l’Éternel, donne son point de vue sur la situation du pétrole au Venezuela. Vu la politique anti-Maduro du Système, on pouvait s'attendre au pire mais l'article reste assez factuel. On peut noter quand même deux subtilités. Les problèmes d'exportation du Venezuela, structurels ou poussés en avant, arrangent bien les affaires des pétroliers US dans le schiste, libérant le marché pour leurs produits. Il y a même un deuxième effet encore plus intéressant, la prise de contrôle progressive des actifs vénézuéliens, au moins ceux à l'étranger, en toute « légalité » par les grandes firmes habituelles. Couplé à des manques d'investissement semble-t-il bien réels, l'avenir du modèle social, financé en grande partie par le pétrole, semble bien sombre.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/a-quel-point-la-situation-peut-elle-empirer-pour-la-compagnie-petroliere-detat-venezuelienne-pdvsa

 

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