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L’aviation russe atterrit au Venezuela avec des troupes

24 MARS 2019 / 18H13 / MIS À JOUR IL Y A UNE HEURE

L’aviation russe atterrit au Venezuela avec des troupes

CARACAS (Reuters) – Deux avions de l’armée de l’air russe ont atterri samedi à l’aéroport principal du Venezuela, transportant un responsable de la défense russe et près de 100 soldats, selon un journaliste local, alors que les liens entre Caracas et Moscou se renforçaient.

Un site Web de suivi des vols a montré que deux avions sont partis d’un aéroport militaire russe à destination de Caracas vendredi, et un autre site de suivi des vols a montré qu’un avion avait quitté Caracas dimanche.

Le rapport intervient trois mois après que les deux nations ont tenu sur le sol vénézuélien des exercices militaires que le président Nicolas Maduro a qualifiés de signe d’un renforcement des relations, mais que Washington a critiqués pour avoir qualifié d’empiétement russe sur la région.

Le journaliste Javier Mayorca a écrit sur Twitter samedi que le premier avion transportait Vasily Tonkoshkurov, chef d’état-major des forces terrestres, ajoutant que le second était un avion cargo transportant 35 tonnes de matériel.

Un avion de ligne Ilyushin IL-62 et un avion cargo Antonov AN-124 sont partis de l’aéroport militaire russe Chkalovsky pour Caracas vendredi, faisant escale en Syrie, a indiqué le site de vol Flightradar24.

L’avion cargo a quitté Caracas dimanche après-midi, selon Adsbexchange, un autre site de suivi des vols.

Un témoin de Reuters a vu dimanche ce qui semblait être un avion de passagers à l’aéroport de Maiquetia.

 

La raison pour laquelle les avions étaient venus au Venezuela n’était pas immédiatement évidente.

Le ministère vénézuélien de l’Information n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Le ministère russe de la Défense et le ministère des Affaires étrangères n’ont pas répondu aux messages demandant un commentaire. Le porte-parole du Kremlin n’a pas non plus répondu à une demande de commentaire.

L’administration Trump a imposé des sanctions sévères à l’industrie pétrolière de la nation de l’OPEP dans le but de renverser Maduro du pouvoir et a appelé les chefs militaires vénézuéliens à l’abandonner. Maduro a qualifié les sanctions d’interventionnisme américain et a obtenu l’appui diplomatique de la Russie et de la Chine.

En décembre, deux bombardiers stratégiques russes capables de porter des armes nucléaires ont atterri au Venezuela pour manifester leur soutien au gouvernement socialiste de Maduro, qui a provoqué la colère de Washington.

Maduro a annoncé mercredi que la Russie enverrait des médicaments « la semaine prochaine » au Venezuela, sans préciser comment ils arriveraient, ajoutant que Moscou avait envoyé en février quelque 300 tonnes d’aide humanitaire.

En février, le Venezuela avait empêché un convoi acheminant de l’aide humanitaire pour le pays en crise, coordonné avec l’équipe du chef de l’opposition Juan Guaido, notamment des fournitures fournies par les États-Unis, d’entrer par la frontière colombienne.

Reportages de Carlos Garcia, Carlos Jasso, Diego Ore et Brian Ellsworth à Caracas, ainsi que Maria Tsvetkova et Gabrielle Tetrault-Farber à Moscou; Édité par Leslie Adler

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Les prétentions de l’Empire de prendre le contrôle du Venezuela : La table est mise

Les prétentions de l’Empire de prendre le contrôle du Venezuela : La table est mise

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Les prétentions de l’Empire de prendre le contrôle, par tous les moyens, de l’État vénézuélien, sont incontournables. Toutes les options sont sur la table pour que cet objectif  devienne réalité. Si le dialogue  peut conduire à une transition pacifique du socialisme bolivarien au capitalisme impérial, il sera le bienvenu.  Si les sanctions, sous ses diverses formes, en arrivent à soulever le peuple contre son gouvernement, elles seront maintenues jusqu’au changement de régime. Si ces actions ne conduisent pas aux objectifs poursuivis, ce sera alors l’intervention militaire. Il pourra compter sur le groupe de Lima et sur la participation  militaire des gouvernements de Colombie et du Brésil.

D’autre part, le peuple majoritaire du Venezuela accompagne, avec déterminations, son gouvernement légitime, sous la présidence de Nicolas Maduro. L’organisation civique militaire  se veut une réponse percutante à toutes les initiatives interventionnistes de l’Empire. Nicolas Maduro peut compter sur une armée qui a su résister aux offres alléchantes de l’ennemi et sur l’adhésion d’un peuple conscient à la révolution bolivarienne. Il ne saurait être question de se soumettre à l’Empire et encore moins d’en devenir les sujets. La souveraineté et l’indépendance sont du peuple et de personne d’autre. Dans ce combat, ils ne sont pas seuls. La Russie et l’Iran, entre autres, répondent oui à la requête du Président légitime du Venezuela, Nicolas Maduro, de se joindre à cette confrontation qui s’avère inévitable.

La rencontre toute récente (19 mars)  d’Elliot Abrams, représentant de Washington pour le Venezuela,  avec le vice-ministre russe des Affaires extérieures, semble avoir porté certains fruits. C’est à tout le moins ce qu’on peut comprendre de la déclaration d’Elliot Abrams, suite à cette rencontre.

« «Nous ne sommes pas arrivés à une « rencontre des esprits », mais je crois que les négociations ont été positives dans le sens que les deux parties ont désormais une meilleure compréhension de leurs positions respectives», a fait savoir le diplomate. »

https://fr.sputniknews.com/international/201903191040417058-venezuela-russie-etats-unis-positions-negociations/

Le même jour de cette rencontre, la Russie et l’Iran faisaient également une déclaration commune. 

« Dans le document, l’Iran et la Russie se méfient de la légitimité de l’autoproclamation de Juan Guaidó en tant que président en charge et réitèrent leur rejet des agressions constantes menées par le gouvernement américain contre le Venezuela.

Pour sa part, la Russie a annoncé que l’ingérence des États-Unis compliquait encore la situation au Venezuela. Pendant ce temps, l’Iran a manifesté sa coopération militaire et défensive au gouvernement de Nicolás Maduro, si nécessaire. Les deux nations reconnaissent le présidentMaduro comme président légitime, élu par le peuple en mai 2018. » (Traduction Google)

https://www.telesurtv.net/news/iran-rusia-reiteran-apoyo-dialogo-paz-venezuela-20190319-0008.html

À QUOI PEUT-ON S’ATTENDRE?

Tout est évidemment possible avec de tels interlocuteurs (Empire).  Il faut toutefois prendre en compte certains facteurs de nature à ralentir le processus. Tout le monde sait que la position du président Trump est plutôt fragile et que ses ennemis, à l’interne, se font toujours plus menaçants. L’aventure d’une guerre incertaine contre le Venezuela, fortement soutenu entre autres par la Russie, l’Iran et Cuba peut dégénérer en un véritable désastre. Nous n’en sommes plus  à 1962, au temps des missiles à Cuba. Dans le contexte d’aujourd’hui, les États-Unis sont bien mal placés pour se plaindre de cette présence militaire russe et iranienne dans les eaux du Venezuela. Ils sont eux-mêmes les responsables d’un chapelet de missiles entourant la Russie et en Asie, entourant la Chine et la Corée du Nord.

Je me demande si les déclarations récentes du New York Times sur les auteurs qui ont mis à feu les camions d’aide humanitaire et celle de CNN, sur l’homicide ratée du 4 août  visant l’assassinat du président et de ses principaux collaborateurs,  ne sont pas liées à la campagne de dénigrement  et de destitution du président Trump. Ces deux médias, de très grande importance, mettent à nue les mensonges et les ratés de ses interventions au Venezuela.

Chose certaine, le Venezuela ne baissera pas la garde et, en tout temps, il sera là pour contrer tous les coups bas d’interventions de cet Empire aux décisions imprévisibles. Il est toujours possible que Trump, devant les présidentielles de 2020, réajuste son tir et remette à plus tard ses ambitions de conquêtes.

Oscar Fortin

20 mars 2019

 

Cretinho pour de bon ?

Cretinho pour de bon ?

Publié le 23 Mars 2019 par Observatus geopoliticus in Etats-UnisMoyen-OrientAmérique latine

Qui pourrait oublier les ondes de choc provoquées par l’élection de Donald Trump à la présidence américaine en novembre 2016 ?

Le système impérial est en pleine crise de nerf : banksters, volaille médiatique, euronouilles et néo-conservateurs sont en émoi. Ce ne sont que sanglots dans la voix, yeux mouillés et regrets éternels.

Après le Brexit, voilà un nouveau coup dur pour l’establishment qui nous assurait pourtant que l’abominable Donald des neiges n’avait aucune chance. Comme pour le Brexit, comme pour le référendum de 2005… A l’Elysée, Flamby n’avait préparé qu’une seule lettre de félicitations (pour Clinton !) tandis que la clique américanisante est sous le choc en Allemagne. Quant à la boboïtude médiatique, n’en parlons pas… Les soutiens internationaux de Clinton, eux, font grise mine et l’on imagine aisément les visages tirés et soucieux à Riyad, Kiev ou Doha.

En un mot comme en cent :

Depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts. Il était prévisible que le Deep State ferait tout pour harceler, pressurer et finalement récupérer l’indélicat occupant de la Maison Blanche, et torpiller le possible rapprochement américano-russe. A plusieurs reprises, nos Chroniques se sont demandées si le Donald s’était couché devant le marais qu’il était censé drainer : démission forcée de Flynn en février 2017, false flagchimique de Khan Cheikhoun et débarquement de Bannon en avril 2017, menaces ubuesques et cyniques contre Assad en juin 2017, nouveau false flag chimique de Douma et nomination du moustachu néo-con Bolton en avril 2018, retrait de l’accord sur le nucléaire iranien et transfert de l’ambassade US à Jérusalem en mai 2018, soumission à la junte ukrano-américaine lors de l’incident de Kertch en décembre 2018, tentative flagrante de putsch au Venezuela depuis janvier 2019, attaques répétées contre le Nord Stream II, multiplications des sanctions contre à peu près tout le monde… Ca fait beaucoup.

Et pourtant, subsistait toujours un doute. Le Donald faisait de la résistance, par exemple en rencontrant (se soumettant à, selon le système impérial) Poutine par deux fois (juillet 2017 et juillet 2018), en insistant plusieurs fois sur un retrait américain de Syrie, ou encore en critiquant sans gants l’OTAN et l’UE.

Faut-il parler au passé de ce regimbement contre l’Etat profond ? Creinho a-t-il définitivement remplacé Donaldinho ? L’évolution récente pousse en ce sens. Trump semble une nouvelle fois (une fois de trop ?) avoir flanché en renonçant au retrait syrien. Certaines rumeurs prétendent qu’un millier de soldats US (la moitié du contingent actuel) resterait dans les zones reprises par les Kurdes à Daech dans l’Est du pays, toujours dans l’optique de couper l’axe chiite, objectif principal de l’empire au Moyen-Orient. A noter tout de même que le général Dunford, chef d’état-major des armées, a réfuté le chiffre, déclarant qu’il n’y avait « aucun changement au plan annoncé en février » et que les militaires continuaient « à mettre en œuvre le plan du président pour n’y laisser qu’une présence résiduelle ». Résiduelle, certes, mais pas absente comme il était prévu initialement. Et le renouvellement de l’aide financière aux inénarrables Casques blancs, « héroïques » selon la terminologie orwellienne de Washington, pourrait indiquer un prochain false flag chimique. Douce coïncidence, ils ont souvent lieu en avril…

La reconnaissance du plateau du Golan comme faisant partie d’Israël n’est pas trumpienne en soi et le Congrès planche déjà sur la question depuis quelques mois. La chose peut d’ailleurs être vue sous deux angles différents : On continue à rogner l’arc chiite en restant en Syrie et on vous donne en plus le Golan ou, au contraire, Prenez le Golan en compensation de notre retrait de la région. Toujours est-il que, si cette annonce a évidemment été reçue avec contentement à Tel Aviv, elle a provoqué un tollé partout ailleurs : Russie, Iran, Chine, Turquie, Tulsi, euronouilles etc., tous s’opposent à cette décision illégale et dangereuse. Les justifications délirantes qui accompagnent l’oukase de Washington – Dieu a envoyé Trump pour sauver Israël de l’Irandixit Pompeo – est représentative des visions eschatologiques des grands empires finissants à travers l’histoire.

Puisque l’on parle de délire, la tragi-comique visite de Bolsonaro aux Etats-Unis figure également en bonne place. Excursion surprise au QG de la CIA, déclarations infantiles du neuneu Ministre de l’économie (« We love Disneyland and Coca Cola ») et surtout, proposition du Donald d’intégrer le Brésil dans l’OTAN ! Pour celui qui, il y a deux ans, pensait sérieusement mettre fin à l’Alliance atlantique, quel retournement de veste… Il y a peu de chance que ce scénario illusoire, d’ailleurs immédiatement remis en cause par les euronouilles (il n’y a que nous, les Européens, qui pouvons être vos vassaux au sein de l’OTAN), aboutisse. En sus des raisons déjà invoquées, il ne prendra pas parmi l’establishment militaire brésilien, passablement énervé par les génuflexions de Bolsonaro devant l’empire et inquiet de l’utilisation du Brésil comme base arrière d’une éventuelle intervention au Venezuela.

Puisque nous en parlons, des bruits font de plus en plus état d’une possible opération militaire américaine contre Maduro. Si tel est le cas, ce qui reste quand même à vérifier, les Follamours du Potomac sont-ils tout à fait sérieux ? Veulent-ils réellement engager l’empire déclinant dans un énième bourbier ? Rien n’est moins sûr, mais le fait même que l’on évoque la possibilité en dit long sur la mue d’un président qui s’était fait élire sur un programme dénonçant les coûteuses et pathétiques guerres de Washington. Les zélotes impériaux de la guerre froide contre Moscou se portent à merveille et claironnent sur tous les toits leur désir d’en découdre, tandis que des pans entiers de l’électorat du Donald, échauffés par ses multiples trahisons, intérieures comme internationales, se détournent de lui.

On en saura plus très bientôt, alors que le point final a été mis au rapport Mueller, censé enquêter sur la supposée collusion entre Trump et Moscou. Rien ne dit qu’il sera rendu public, mais il a été remis à la justiceet ses principales conclusions le seront sans doute au Congrès ces prochaines heures. L’absence de révélations fracassantes ou d’inculpations serait un coup énorme porté au Deep State qui, depuis deux ans, pourrit la présidence du Donald, peut-être ainsi obligé de donner des gages guerriers à son adversaire. Verra-t-on alors un nouveau retournement de veste de la Houppette blonde, revenant aux sentiments relativement pacifistes qui l’habitaient à ses débuts ? Les jours prochains nous en diront plus…

Refroidissement climatique sur l’Atlantique

Refroidissement climatique sur l’Atlantique (éditorial paru dans l’édition du 26/02/19)

Conférence de Munich sur la sécurité

Février 2019, Munich. La 55ème édition de la Conférence annuelle sur la Sécurité a laissé beaucoup de participants occidentaux désemparés. Jamais les tensions entre alliés de part et d’autre de l’Atlantique n’avaient paru aussi fortes.

Il y a d’abord la guerre commerciale que le président américain entend mener contre l’Europe, contre l’Allemagne en particulier. Ensuite, sur le plan diplomatico-militaire, les défenseurs d’une « autonomie stratégique » du « pilier européen » au sein de l’Alliance atlantique se sont une nouvelle fois confrontés aux partisans d’un monopole de l’OTAN. Autre empoignade : Washington voudrait contraindre Paris, Berlin et Londres à dénoncer l’accord nucléaire signé en 2015 avec Téhéran. Par ailleurs, le bras de fer se poursuit entre dirigeants américains et allemands sur le doublement du gazoduc Nord Stream qui fournit du gaz russe à l’économie d’outre-Rhin. Enfin, les Etats-Unis jettent aux orties le traité signé avec Moscou en 1987 interdisant les missiles à moyenne portée en Europe. Les dirigeants européens reprennent certes l’argument américain accusant la Russie de violer ledit accord, mais trouvent tout de même saumâtre d’être mis devant le fait accompli alors même qu’il s’agit de la sécurité du Vieux continent.

A Munich, Angela Merkel a choisi un ton peu diplomatique pour mettre en cause la politique de la Maison-Blanche. Pour sa part, le vice-président Michael Pence a affiché une ostensible arrogance : « aujourd’hui, l’Amérique est plus forte qu’elle ne l’a jamais été, et est redevenue le leader mondial ». Le caractère de Donald Trump, provocateur et imprévisible, donne à ces contradictions une virulence inédite. Les responsables européens vivent dans la frayeur du prochain Tweet présidentiel.

Qui plus est, les oppositions ne se situent pas seulement entre les deux rives de l’Atlantique, mais au sein même de chaque camp. Plusieurs pays orientaux de l’UE, par exemple, se rangent plus volontiers dans le camp de Washington que dans celui de Bruxelles. A l’inverse, Joseph Biden, le prédécesseur démocrate de M. Pence, également présent dans la capitale bavaroise, a rêvé d’organiser avec l’UE « le monde des cinquante prochaines années ».

Entre les deux rives de l’Atlantique, il y n’y a pas de contradiction idéologique, mais bien choc des intérêts

En réalité, entre Occidentaux, les contradictions ne sont pas idéologiques. Tous accusent Moscou d’être la cause des malheurs du monde (du reste, sans la Russie, comment pourrait-on justifier l’OTAN ?). Tous redoutent l’émergence de la Chine. Tous communient dans le culte du marché et de la gouvernance globale faisant fi des souverainetés des Etats. Tous s’inscrivent dans une logique de domination mondiale incluant le « droit d’ingérence » (aujourd’hui brandi contre Caracas). En revanche, il y a bel et bien choc des intérêts dans de nombreux domaines. Dans deux en particulier : les marchés d’armements, et l’énergie.

Les marchands de canons européens veulent accroître leur part du gâteau sonnant et trébuchant face à leurs homologues américains peu enclins à laisser mettre en cause leur suprématie. C’est à cette aune qu’il faut comprendre les affrontements en matière d’« Europe de la Défense ». Les projets et marchés des systèmes d’armes du futur se chiffrent en milliers de milliards de dollars.

Le secteur de l’énergie n’est pas moins considérable, d’autant qu’il joue un rôle crucial dans les dépendances de demain. Ce n’est peut-être pas un hasard si se trouvent aujourd’hui dans l’œil du cyclone l’Iran et le Venezuela, membres fondateurs de l’OPEP ; si le gazoduc Nord Stream II oppose si violemment Washington et Berlin ; si les dirigeants américains et européens s’écharpent à propos du combat contre le réchauffement climatique (une « bataille » pour laquelle les élites européennes mobilisent des milliers d’« idiots utiles ») : alors que l’Oncle Sam a atteint l’autosuffisance pétrolo-gazière, c’est loin d’être le cas pour le Vieux continent dont les dirigeants souhaitent donc réduire leur dépendance aux hydrocarbures.

En toile de fond, un dernier facteur torture les chefs de l’Union européenne et les médias qui leur sont fidèles : la « montée des populismes », terme convenu qui recouvre les insurrections populaires latentes ou tâtonnantes contre la régression sociale et la mise en cause toujours plus drastique des souverainetés (Brexit, Gilets jaunes, tsunami électoral italien…). De fait, si les dirigeants européens voient des rivaux à Washington, leurs véritables ennemis n’avaient pas été invités à Munich – mais étaient dans toutes les têtes.

Les peuples.

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LA RUSSIE VA DÉPLOYER UN BOUCLIER ANTI-MISSILES BALISTIQUES AU VENEZUELA

LA RUSSIE VA DÉPLOYER UN BOUCLIER ANTI-MISSILES BALISTIQUES AU VENEZUELA

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06.03.2019

Une guerre US contre le Venezuela est-elle promise au succès alors que les commandos américains commencent à rencontrer de graves problèmes sur les frontières colombiennes et que la Russie pourrait déployer un de ses boucliers anti-missiles balistiques au Venezuela ?

Depuis que Juan Guaido a annoncé le 4 mars son intention de retourner à Caracas, les médias mainstream ne cessent de parler des « menaces » qu’il risquerait de connaître dans son pays. Washington a prévenu que s’il arrivait quelque chose à Juan Guaido, « il y aurait des conséquences ».

Le vice-président américain Mike Pence a promis depuis Washington une « réaction rapide » en cas de « menaces, violences ou intimidations » contre Guaido. « Les États-Unis attachent la plus grande importance au retour au Venezuela de Juan Guaido en toute sécurité », a-t-il averti sur Twitter.

Or, selon les analystes, ce retour constitue une première défaite pour les États-Unis et leur pion Guaido qui peut être remplacé à tout moment.

Un changement de stratégie US

Les États-Unis parrainent depuis longtemps des campagnes de « changement de régime » dans divers pays. En 2002, l’ancien président vénézuélien Hugo Chavez avait été évincé pendant deux jours à la suite d’un coup d’État soutenu par les États-Unis, qui a finalement échoué.

Pour certains observateurs, Juan Guaido est un mauvais choix des États-Unis pour le Venezuela, en l’absence d’un dirigeant authentique. En un ou deux mois, Guaido a réussi la contre-performance de passer du président du peuple vénézuélien, où Washington et Bruxelles l’avaient élevé, à celui de banal chef de l’opposition. Même le président Jair Bolsonaro, le plus grand partisan de Guaido, ne lui a pas accordé le protocole réservé à un chef d’État lors de sa visite au Brésil. En outre, il n’accepte plus une intervention militaire au Venezuela, qui se déroulerait à partir du territoire brésilien.

Certains commentateurs évoquent même l’hypothèse d’un possible assassinat de Guaido pour passer à la seconde étape.

Il devient de plus en plus clair que les États-Unis sont sur le point d’abandonner Guaido pour le remplacer par quelqu’un d’autre: par exemple par un personnage plus disposé à exécuter les plans de la CIA, conçus pour secouer émotionnellement la population vénézuélienne et donner aux manifestations une forme extrêmement violente. Mais une guerre contre le Venezuela est-il promise au succès ?

D’ores et déjà les commandos américains commencent à rencontrer de graves problèmes aux frontières de la Colombie. D’autant plus que selon des experts, l’invasion étrangère par le Brésil et la Colombie, deux États voisins du Venezuela, n’est pas possible.

À cela s’ajoute l’éventualité d’un déploiement d’un bouclier anti-missiles balistiques russe au Venezuela, comme l’ont évoqué certaines sources informées.

La Russie a déjà fait savoir qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher une éventuelle intervention militaire des États-Unis au Venezuela. « Nous sommes très inquiets des provocations des États-Unis afin de justifier une intervention militaire au Venezuela », a déclaré, dimanche 3 mars, la présidente du Conseil de la Fédération de Russie, Valentina Ivanovna Matvienko, soulignant que Moscou « fera tout pour l’en empêcher ».

« Nous pensons que c’est particulièrement cynique de la part des pays qui se présentent comme des partisans de la démocratie dans le monde d’essayer de renverser le président au pouvoir et son gouvernement et de nommer une personnalité de l’opposition à la tête du pays », a souligné Mme Matvienko.

 

La Russie arme le Venezuela

Il est vrai que la Russie a assisté, pendant 30 ans, à l’extension de l’OTAN jusqu’à ses frontières sans pouvoir rien faire. L’ONU étant subordonnée aux États-Unis, la Russie, considérée comme une puissance régionale, ne pouvait empêcher les Américains de détruire des États prospères et riches en pétrole, en prenant leur démocratisation comme prétexte. La conséquence en a été la perte par la Russie de 80% de son propre marché de produits de base, indiquent certains analystes.

Or, la Russie a décidé de trouver une issue qu’elle a trouvée dans la création d’armes impossibles à contrer par les États-Unis. Ces armes peuvent frapper des cibles stratégiques et économiques aux États-Unis.

La Russie a soigneusement analysé le jeu des Américains dans l’ex-zone communiste d’Europe au cours des 30 dernières années et est prête à agir en miroir. Une priorité serait de remplacer les États-Unis sur le marché traditionnel sud-américain. Et cette opportunité est fournie par le Venezuela.

Si la Russie aide le Venezuela, plus encore que la Syrie, les marchandises russes auront un libre accès en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Comme ceinture de protection pour ce nouveau marché, la Russie pourra installer ses propres boucliers anti-missiles balistiques, tout comme le Mk-41 américain en Roumanie et en Pologne. Comme le Mk-41, les lanceurs russes verticaux UKSK peuvent également être armés de missiles de croisière Kalibr. Ces missiles peuvent toucher n’importe quelle cible américaine sur la côte atlantique, estiment les analystes.

 

Source : Press TV

 

http://katehon.com/fr/article/la-russie-va-deployer-un-bouclier-anti-missiles-balistiques-au-venezuela

Venezuela : les USA veulent remplacer Guaido par un autre pion

Séléné entre dans le Grand jeu

Séléné entre dans le Grand jeu

Publié le 2 Mars 2019 par Observatus geopoliticus in ChineRussieEtats-Unis

Cachemire, Iran, Venezuela, Corée, Syrie… Les points chauds du globe se multiplient dans un Grand jeu en perpétuel mouvement, encore compliqué par l’erratisme de la tête impériale suite à l’élection de Trump. L’Inde et le Pakistan sont en crise ouverte et s’échangent joyeusement obus et bisbilles aériennes suite à l’attentat cachemiri. Le Venezuela attend toujours la tentative de putsch de Washington, qui commence à traîner en longueur après le fiasco de Cúcuta où le « concert humanitaire » a fait un flop musical assourdissant et l’aide américaine a été stoppée net. L’auto-proclamé Guaido est sorti du pays et ne sait plus trop comment y rentrer… En Syrie, le califat daéchique vit ses dernières heures et l’incertitude demeure sur la suite des événements qui sous-tendent la grande problématique de la guerre, à savoir la reconstitution totale de l’arc chiite. Le sommet Donald-Kim III d’Hanoï a échoué, laissant lui aussi dans l’expectative la question fondamentale derrière l’événementiel coréen : la présence militaire US en Extrême-Orient et le containment de l’Eurasie dans le Pacifique. Ne parlons même pas de la Baltique, où le Nord Stream II avance à grands pas (déjà 70% de tubes posés !), ni de l’Afghanistan où les Talibans progressent encore et sont l’un des éléments clé de la recomposition de l’Asie centrale et de la Caspienne, zone stratégique entre toutes.

Mais laissons un instant tout cela et quittons notre bonne vieille Terre pour conter fleurette à cette chère Séléné, déesse grecque de la lune. Dans un billet novateur, un honorable correspondant de nos Chroniquesabordait un point extrêmement important il y a deux ans :

Dans ce contexte de nouvelle ruée vers l’or, il convient de se demander quel cadre juridique est à l’heure actuelle en place pour contrôler l’expansion commerciale terrestre sur les corps célestes comme les planètes. Et à cette question, la réponse est bien mince. Oh, il existe bienun traité poussiéreux de l’ONU datant de 1967, qui interdisait à toute nation de s’approprier tout ou partie d’un corps céleste, ainsi que d’y installer une quelconque présence militaire.

Mais l’administration Obama a décidé de rouler dessus avec le Space Resource Act voté par le Congrès en juin 2015, qui invalide explicitement et unilatéralement les accords de non-appropriation. Son contenu est simple : le Président a toute latitude pour faciliter l’accès aux ressources extra-terrestres, leur transfert ininterrompu et leur libre vente par des entreprises américaines. Il va de soi que de telles opérations seront encadrées, cofinancées et/ou équipées par le complexe militaro-industriel, les enjeux étant trop immenses pour être laissés à la chance.

Comment garantir aux futures colonies minières, sur la Lune ou ailleurs, la sécurité des hommes et des équipements engagés ? À cette question aussi, la réponse est simple, typiquement américaine : on apprenait il y a seulement quelques jours la création d’un corps de Marines de l’espace au sein de l’armée américaine, sous le commandement d’un général 3-étoiles. Le Congrès est plutôt pour ; du côté de l’Air Force par contre, qui s’occupe ordinairement de ces affaires, on n’est pas du tout mais alors pas du tout content. Mais doit-on encore s’étonner des frasques de l’appareil US, prisonnier de ses annonces, annonces d’annonces et annonces d’annonces d’annonces…

Pas de réaction publique côté OCS, comme souvent. Les Chinois sont déjà sur la Lune depuis plusieurs années de toute façon, et les Russes ont toujours le quasi-monopole du marché du vol habité (…) Au-delà de ces considérations politiques, et en l’absence de toute législation solide, comment éviter également la privatisation galopante qui menace à court terme d’envahir la Lune, et au-delà, Mars et la ceinture d’astéroïdes ? Derrière les géants 3.0, c’est une armada d’entreprises de toutes origines qui se précipite pour glaner une part du gâteau. Accès commercial à l’espace, télécommunications, services de fret… C’est toute une logistique qui se met en place, avec pour seul but l’exploitation totale et froidement efficace de toutes les ressources accessibles dans l’espace plus ou moins proche (…)

On comprend mieux dès lors la tendance protectionniste des États-Unis, qui resserrent leurs activités autour du profit strictement national, et le rapprochement Russie/Inde/Chine qui s’établit pour le bloc OCS. La bataille ne fait que commencer, et elle s’annonce âpre.

L’affaire devient sérieuse et ne relève plus de la science fiction. Des scientifiques européens viennent d’annoncer un ambitieux plan d’établissement de mines sur la lune pour la décennie à venir, rejoignant dans la danse Chinois, Américains, Russes et Indiens. Le but : un isotope à la valeur astronomique, très présent dans le régolithe, cette couche de poussière qui recouvre la Lune. Extrêmement rare sur terre, l’hélium 3 sert dans le domaine médical ou sécuritaire (détection des matériaux radioactifs). Surtout, il permettrait une fusion nucléaire propre, révolutionnant le concept d’énergie sur Terre en donnant lieu à la construction d’une foule de petits réacteurs. On comprend dans ces conditions que son prix atteigne des niveaux faramineux : entre 3 et 5 milliards la tonne ! Or la Lune en compte au bas mot 100 000 tonnes…

Pékin, qui accumule les succès spatiaux, prévoit déjà d’y installer des mines. Moscou est depuis longtemps intéressée par la colonisation lunaire. Dans cette question à mille milliards, l’empire répond également présent et la volonté, pour l’instant toute théorique, de créer des Marines de l’espace n’est évidemment pas sans rappeler les centaines de bases US le long des routes pétrolières de la planète. Dans l’espace comme sur Terre, l’axiome de base de la stratégie hégémonique impériale demeure : le contrôle énergétique à des fins de domination. Gageons que, comme ici-bas, Russes et Chinois ne l’entendront pas de cette oreille. De quoi troubler la tranquillité de la douce Séléné…

La Chine s’oppose à une intervention militaire au Vénézuéla

La Chine s’oppose à une intervention militaire au Vénézuéla
© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/02/2019 20:43

La Chine s’oppose à une intervention militaire et à toute action qui pourrait conduire à une tension accrue ou même à des troubles au Vénézuéla, a déclaré vendredi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le porte-parole a fait ces remarques lors d’un point de presse en réponse à des informations selon lesquelles les Etats-Unis soutiendraient l’opposition vénézuélienne dans sa volonté d’acheminer une « aide humanitaire » au Vénézuéla le 23 février. Des analystes estiment que cela vise à créer des conflits et à servir de prétexte pour une intervention militaire.

M. Geng a indiqué que le gouvernement vénézuélien « est resté calme et a fait preuve de retenue », ce qui a permis d’éviter des affrontements à grande échelle.

« Si cette soi-disant « aide humanitaire » est acheminée au Vénézuéla par la force, une fois des conflits violents provoqués, de graves conséquences s’ensuivront », a-t-il déclaré, ajoutant que personne ne voulait voir cela.

 

https://chine.in/actualite/cn/oppose-une-intervention-militaire_116829.html

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

un avion US transportant une aide humanitaire destinée au Venezuela

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

© AP Photo / Fernando Vergara
International

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Préparant une provocation au Venezuela, les États-Unis continuent de transférer des forces spéciales et du matériel militaire vers les frontières du pays, a indiqué la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Lors d’un point de presse au ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a confirmé que les États-Unis préparaient une provocation à grande échelle au Venezuela afin d’aider l’opposition à renverser le pouvoir légitimé dans le pays.

«Washington est en train de préparer une provocation et il le fait conformément à toutes les règles de la science militaire […]. Nous constatons le transfert de forces spéciales américaines et de matériels militaires plus près du Venezuela», a-t-elle déclaré.

Mme Zakharova a noté que cette provocation, préparée sous la couverture de livraison d’une aide humanitaire américaine au pays, avait pour but de donner un prétexte aux adversaires du pouvoir vénézuélien pour renverser le Président légitime Nicolas Maduro.

«Le déroulement des événements au Venezuela est arrivé à un point critique, tout le monde le comprend. Une dangereuse provocation à grande échelle est prévue pour le 23 février: conduit par Washington, le passage de la frontière vénézuélienne par un soi-disant convoi humanitaire risque de provoquer des affrontements entre partisans et opposants du gouvernement en exercice et donne un prétexte commode pour une action militaire visant à renverser le Président légitime», a ajouté la diplomate.

Livraison d’armes pour l’opposition vénézuélienne

Il n’est pas exclu, a poursuivi Mme Zakharova, que l’opposition vénézuélienne puisse recevoir par l’intermédiaire des États-Unis une importante quantité de matériels militaires en provenance d’un pays d’Europe orientale.

«Selon nos données, des sociétés américaines et leurs alliés de l’Otan envisagent l’achat d’un important lot d’armes et de munitions dans un pays d’Europe orientale en vue de leur transfert aux forces de l’opposition vénézuélienne. Nous parlons de mitrailleuses de gros calibre, de lance-grenades et de lance-roquettes, de systèmes de défense antiaérienne portatifs, de munitions pour armes légères et pour armes d’artillerie à diverses fins. Ceci amène à poser la question de savoir ce qui est entendu par la livraison d’une aide humanitaire», a-t-elle ajouté.

Et d’ajouter:

«Une piste ukrainienne peut être retrouvée dans cette histoire absolument laide. Selon nos informations, l’entreprise Antonov pourrait y être impliquée».

La diplomate a noté que la livraison des armes au Venezuela devrait être effectuée début mars en plusieurs lots à travers un pays voisin avec utilisation des avions de la société de transport international.

Rappelons que l’opposition vénézuélienne avait déclaré que des livraisons d’aide humanitaire en provenance des États-Unis seraient effectuées dans le pays à partir du 23 février. En réponse, Nicolas Maduro a annoncé que l’envoi de cette aide était un «show politique» et un «attrape-nigaud», et que le gouvernement l’empêcherait. Par la suite, les autorités ont fermé la frontière maritime avec les Petites Antilles.

Ce jeudi 21 février, le Président vénézuélien a également annoncé la fermeture de la frontière terrestre avec le Brésil. En outre, il n’a pas exclu la fermeture de la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

La crise politique au Venezuela a éclaté quand l’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice du pays» et a prêté serment au cours d’une manifestation. Donald Trump l’a reconnu comme «Président par intérim».

Une quarantaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, en ont fait de même. La France l’a également reconnu comme «Président en charge». Le Président Nicolas Maduro a qualifié Juan Guaido de pantin des États-Unis.

La Russie, la Chine, la Turquie et plusieurs autres pays ont, quant à eux, soutenu Nicolas Maduro en tant que Président légitime du Venezuela. Le Kremlin a qualifié la décision de certaines nations européennes d’«ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela».

https://fr.sputniknews.com/international/201902221040120323-usa-mascou-troupes-venezuela/

 

Guaidó: l’homme qui voudrait être président du Venezuela n’a pas de légitimité constitutionnelle

Guaidó: l’homme qui voudrait être président du Venezuela n’a pas de légitimité constitutionnelle

Donald Trump s’imagine que Juan Guaidó est le président légitime du Venezuela. Cohen et Blumenthal ont révélé que M. Guaidó, un homme d’une illégitimité parfaite, est « le produit d’un projet vieux d’une décennie encadré par les formateurs au changement de régime de l’élite de Washington ».  Le sociologue argentin Marco Teruggi a décrit Guaidó dans le même article comme « un personnage créé pour cette circonstance » du changement de régime. Nous déconstruisons ici ses qualifications constitutionnelles à être président par intérim du Venezuela.

 

Formé à l’université George Washington de Washington, Guaidó était pratiquement inconnu dans son Venezuela natal avant d’être propulsé sur la scène mondiale dans une série d’événements à la succession rapide. Dans un sondage réalisé un peu plus d’une semaine avant que Guaidó se nomme président du pays, 81% des Vénézuéliens n’avaient jamais entendu parler de cet homme de 35 ans.

 

Pour le dire encore plus brièvement, Pence, le vice-président des États-Unis, a téléphoné à Guaidó au soir du 22 janvier et lui a probablement demandé comment il aimerait être fait président du Venezuela. Le lendemain, Guaidó a annoncé qu’il se considérait comme le président du Venezuela, suivi quelques minutes plus tard par le président américain Trump, qui confirmait son auto-proclamation.

 

Quelques semaines auparavant, le 5 janvier, Guaidó avait été installé comme président de l’Assemblée nationale vénézuélienne, l’organe législatif unicaméral. Il avait été élu à l’Assemblée depuis un district côtier avec 26% des suffrages. C’était le tour de son parti de prendre la présidence de cette instance, et il a été sélectionné pour cette position. Même au sein de son propre parti, Guaidó n’était pas à la tête de la direction.

 

Le parti de Guaidó, Volonté populaire, est un groupe d’extrême-droite marginal, dont les plus ardents partisans sont John Bolton, Elliott Abrams et Mike Pompeo. Volonté populaire avait adopté une stratégie de changement de régime par des moyens extra-parlementaires plutôt que de s’engager dans le processus électoral démocratique et n’avait pas participé aux récentes élections vénézuéliennes.

 

Bien que oint par Trump et compagnie, le parti Volonté populaire de Guaidó n’est pas représentatif de l’« opposition vénézuélienne », qui est un groupe vindicatif formé de ceux dont la haine de Maduro n’a d’égal que l’horreur qu’ils éprouvent les uns pour les autres . Le principal candidat de l’opposition, Henri Falcón, qui s’est présenté contre Maduro en 2018 sur un programme néolibéral d’austérité, avait été combattu farouchement par Volonté populaire, qui exigeait qu’il se joigne au boycott de l’élection soutenu par les États-Unis.

 

Le journal vénézuélien Ultimas Noticias a rapporté que le célèbre homme politique de l’opposition Henrique Capriles, qui s’était présenté contre Maduro en 2013, « a affirmé dans une interview que la majorité des partis d’opposition n’étaient pas d’accord avec l’auto-assermentation de Juan Guaidó comme président par intérim du pays ». Claudio Fermin, président du parti Solutions pour le Venezuela, a écrit : « Nous croyons au vote, au dialogue, nous croyons qu’il est possible de se comprendre, nous croyons que les Vénézuéliens doivent se distancier des secteurs extrémistes qui n’offrent que haine, revanche, lynchage. » L’important gouverneur de l’opposition de l’État de Táchira, Laidy Gómez, a rejeté le soutien de Guaidó à l’intervention des États-Unis, avertissant qu’elle « provoquerait la mort de Vénézuéliens ».

 

La cabale Guaidó/Trump ne reflète pas le consensus démocratique au Venezuela, où les sondages montrent constamment que l’immense majorité s’oppose à une intervention extérieure.  L’opinion populaire soutient des négociations entre le gouvernement et l’opposition comme l’ont proposé le Mexique, l’Uruguay et le Vatican. L’administration de Maduro a accueilli les négociations comme une solution pacifique à la crise à laquelle est confronté le Venezuela.

 

Le gouvernement étasunien rejette une solution négociée, selon les termes du vice-président Pence : « Ce n’est pas le moment de dialoguer ; c’est le moment d’agir. » Cette position intransigeante est fidèlement reprise par Guaidó. Ainsi, alors que la plupart des Vénézuéliens veulent la paix, le président auto-proclamé, soutenu par toute la puissance militaire des États-Unis, a écrit dans une tribune publiée dans le New York Times qu’il était possible de « mettre fin au régime Maduro avec un minimum d’effusion de sang ».

 

La feuille de vigne de la cabale Guaidó/Trump en faveur de la légitimité est basée sur l’argument bidon que l’article 233 de la Constitution vénézuélienne donne à l’Assemblée nationale le pouvoir de déclarer qu’un président national a « abandonné » son poste.  Auquel cas, le président de l’Assemblée nationale peut servir de président par intérim, jusqu’à la tenue d’élections présidentielles. Mais la vérité qui dérange est que Maduro n’a montré aucune inclination à abandonner son poste, et la Constitution ne dit pas cela.

 

En fait, les motifs pour remplacer un président sont très clairement définis dans le premier paragraphe de l’Article 233 de la Constitution vénézuélienne et n’incluent pas les élections frauduleuses ou illégitimes, ce que la cabale a prétendu. Dans la logique tordue du gouvernement étasunien et de ses épigones, si le peuple élit quelqu’un que la cabale n’aime pas, l’élection est par définition frauduleuse et le vainqueur démocratiquement élu est ipso facto un dictateur.

 

La fonction de juger de la validité d’une élection, comme dans n’importe quel pays, doit être traitée au travers de contestations juridiques, et non en s’adressant à Donald Trump pour obtenir son approbation. Et certainement pas en donnant l’onction à un individu provenant d’un parti qui aurait pu se présenter à l’élection en 2018 mais a décidé de la boycotter.

 

Le Tribunal suprême de justice (TSJ), qui est la branche de la Cour suprême distincte du gouvernement vénézuélien, a validé la réélection de Maduro, comme l’ont fait les observateurs internationaux indépendants. En outre, aucun des partis qui avaient boycotté l’élection n’a fait appel, tandis que tous les partis qui y avaient participé, y compris les partis d’opposition, ont approuvé la validité de l’élection après la fermeture des bureaux de vote.

 

L’opposition d’extrême-droite a boycotté la Haute Cour ainsi que le processus électoral. Ils contestent la légitimité du TSJ parce que certains de ses membres ont été nommés par une Assemblée nationale en fin de mandat alors qu’une nouvelle Assemblée, avec une majorité dans l’opposition, avait été élue en décembre 2015 mais ne siégeait pas encore.

 

Même si le président Maduro était considéré comme ayant connu ce qu’on appelle une falta absoluta (c’est-à-dire une sorte de vacance dans la présidence due à la mort, à la folie, à l’absence, etc.), le président de l’Assemblée national n’est autorisé à prendre le pouvoir que si la falta absoluta intervient avant que le président légal « prenne possession ». Maduro, cependant, était déjà « en possession » avant son investiture le 10 janvier 2019 et même avant l’élection présidentielle du 10 mai 2018. Maduro avait remporté la présidence lors de l’élection de 2013 et a été réélu en mai dernier.

 

Si la falta absoluta est considérée comme étant intervenue au cours des quatre premières années du mandat présidentiel, le vice-président prend la relève. Puis la Constitution décrète qu’une élection présidentielle éclair doit avoir lieu dans les 30 jours. C’est ce qui s’est produit lorsque le président Hugo Chávez est mort pendant son mandat en 2013. Ensuite, le vice-président Nicolás Maduro lui a succédé à la présidence, a convoqué de nouvelles élections et a été élu par le peuple du Venezuela.

 

S’il apparaît que la falta absoluta s’est produite au cours des deux dernières années du mandat présidentiel de six ans, le vice-président prend la relève jusqu’à la fin du mandat, selon la Constitution vénézuélienne. Et si le moment de la falta absoluta n’est pas clair – quand Maduro a présidé des élections « illégitimes » en 2018, comme le prétend l’opposition d’extrême-droite, c’est au TSJ de décider, pas au président de l’Assemblée nationale ni même à une autorité aussi auguste que le sénateur nord-américain Marco Rubio. Ni à la presse américaine bouffie (trop nombreuse pour être citée), qui sans se donner la peine de lire le langage clair de la Constitution bolivarienne, parle de façon répétitive de Guaidó comme du président « autorisé par la Constitution » ou du président « légitime ».

 

Comme l’a tweeté Alfred de Zayas, expert indépendant des Nations unies pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable : « L’Article 233 de la Constitution vénézuélienne est inapplicable et ne peut être détourné pour légitimer l’auto-proclamation de Guaidó comme président par intérim. Un coup d’État est un coup d’État. »

 

Roger Harris participe à Task Force on the Americas et à Campaign to End US/Canada Sanctions Against Venezuela.

 

Traduit par Diane Gilliard pour le Journal Notre Amérique

Source : Journal Notre Amérique

https://www.investigaction.net/fr/juan-guaido-lhomme-qui-voudrait-etre-president-du-venezuela-na-pas-de-legitimite-constitutionnelle/

Le Venezuela et ses voisins peuvent-ils survivre à la guerre qui s’annonce ?

Le Venezuela et ses voisins peuvent-ils survivre à la guerre qui s’annonce ?

La crise qui déstabilise le Venezuela, comme celles qui commencent au Nicaragua et à Haïti, doit être analysée pour y faire face. Thierry Meyssan revient sur les trois hypothèses interprétatives et argumente en faveur de l’une d’entre elles. Il évoque alors la stratégie des États-Unis et la manière de l’affronter.

| Damas (Syrie)

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Sur le même sujet :
- Vídeo : « Thierry Meyssan : El plan de Estados Unidos contra America latina » (entrevista con Russia Today), 22 de Mayo de 2017.
- « Les États-Unis préparent une guerre entre latino-américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 décembre 2018.
- « Les États-Unis créent les conditions de l’invasion du Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 janvier 2019.

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Aujourd’hui le Venezuela est divisé entre deux légitimités, celle du président constitutionnel Nicolas Maduro et celle du président de l’Assemblée nationale, Juan Guaidó.

Ce dernier s’est autoproclamé président par intérim prétendument en vertu des articles 223 et 233 de la Constitution. Il suffit de lire ces articles pour constater qu’ils ne s’appliquent aucunement à son cas et qu’il ne peut en tirer de légitimité pour la fonction à laquelle il prétend. Il est toutefois reconnu en cette fonction usurpée, par les États-Unis, le Groupe de Lima et une partie de l’Union européenne.

Certains soutiens de Nicolas Maduro assurent que Washington reproduit le renversement d’un gouvernement de gauche sur le modèle de ce qu’il fit contre Salvador Allende, en 1973, à l’époque du président Richard Nixon.

D’autres, réagissant aux révélations de Max Blumenthal et Dan Cohen sur le parcours de Juan Guaidó [1], pensent au contraire qu’il s’agit d’une révolution colorée comme on en a vu sous la présidence de George W. Bush.

Or, face à une agression par un ennemi beaucoup plus fort que soi, il est crucial d’identifier ses objectifs et de comprendre ses méthodes. Seuls ceux qui sont capables d’anticiper les coups qu’ils vont recevoir ont des chances de survivre.

Trois hypothèses dominantes

Il est tout à fait logique pour les Latino-américains de comparer ce qu’ils vivent avec ce qu’ils ont déjà vécu, comme le coup d’État chilien de 73. Mais ce serait risqué pour Washington de reproduire, 46 ans plus tard, le même scénario ; ce serait une erreur parce que tout le monde connaît aujourd’hui les détails de cette imposture.

De même, la révélation des liens de Juan Guaidó avec la National Endowment for Democracy et l’équipe de Gene Sharp fait d’autant plus penser à une révolution colorée que le Venezuela en a connu une qui échoua, en 2007. Mais précisément, ce serait risqué pour Washington de tenter de rejouer 12 ans plus tard un plan qui a déjà perdu.

Pour comprendre les intentions de Washington, nous devons d’abord connaître son plan de bataille.

Le 29 octobre 2001, c’est-à-dire un mois et demi après les attentats de New York et du Pentagone, le secrétaire US à la Défense Donald Rumsfeld créa le Bureau de transformation de la force (Office of Force Transformation) dont la mission était de révolutionner les armées US, de changer leur mentalité de manière à répondre à un objectif radicalement nouveau qui assure aux États-Unis leur suprématie sur le monde. Il confia cette charge à l’amiral Arthur Cebrowski qui avait déjà assuré la mise en réseau digital des unités militaires et avait participé, dans les années 90, à l’élaboration d’une doctrine de la guerre en réseau (Network-centric warfare) [2].

Cebrowski arrivait avec une stratégie élaborée au préalable qu’il présenta non seulement au Pentagone, mais un peu partout dans les académies militaires. Quoi que très important, son travail interne aux armées ne fut pas médiatisé jusqu’à un article de Vanity Fair. Par la suite, son argumentaire a été publié par son assistant Thomas Barnett [3]. Il va de soi que ces documents ne sont pas forcément fidèles à la pensée du Pentagone, qu’ils ne cherchent pas à l’expliquer, mais à la justifier. Toujours est-il que l’idée principale est que les États-Unis vont prendre le contrôle des ressources naturelles de la moitié du monde, non pas pour les utiliser eux-mêmes, mais décider qui pourra les utiliser. Pour ce faire, ils devront priver ces régions de tout autre pouvoir politique qu’eux-mêmes et donc détruire toutes les structures étatiques qui s’y trouvent.

Officiellement, cette stratégie n’a jamais été mise en œuvre. Pourtant ce à quoi nous assistons depuis vingt ans correspond précisément au livre de Barnett . D’abord, dans les années 80 et 90, ce fut la destruction de la région africaine des « Grands lacs ». Nous n’avons retenu que le génocide rwandais et ses 900 000 morts, mais la région entière a été dévastée dans une longue série de guerres qui firent au total 6 millions de morts. Ce qui est très étonnant, c’est que 20 ans plus tard, de nombreux États n’ont toujours pas retrouvé leur souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Cet épisode est antérieur à la doctrine Rumsfeld-Cebrowski. Nous ne savons donc pas si le Pentagone avait prévu ce qui est advenu ou si c’est en détruisant ces États qu’il a conçu son plan. Par la suite, dans les années 2000-10, ce fut la destruction du « Moyen-Orient élargi », cette fois après la doctrine Rumsfeld-Cebrowski. Bien sûr, on peut croire qu’il s’est agi d’une succession d’interventions « démocratiques », de guerres civiles et de révolutions. Mais, outre que les populations concernées contestent la narration dominante de ces événements, nous constatons là aussi que les structures étatiques sont détruites et que la paix ne revient pas avec la fin des opérations militaires. Désormais, le Pentagone évacue le « Moyen-Orient élargi » et prépare son déploiement dans le « Bassin des Caraïbes ».

Bon nombre d’éléments atteste que notre compréhension antérieure des guerres de George W. Bush et de Barack Obama était fausse alors qu’ils correspondent parfaitement avec la doctrine Rumsfeld-Cebrowski. Cette lecture des événements n’est donc pas le fruit d’une coïncidence avec la thèse de Barnett et nous oblige à repenser ce à quoi nous avons assisté.

Si nous adoptons cette manière de penser, nous devons envisager que le processus de destruction du Bassin des Caraïbes a débuté avec le décret du président Barack Obama, le 9 mars 2015, selon lequel le Venezuela menace la sécurité nationale des États-Unis d’Amérique [4]. Cela paraît assez ancien, mais ce ne l’est pas en réalité. Ainsi, le président George W. Bush a signé le Syrian Accountabilit Act en 2003, mais les opérations militaires en Syrie n’ont débuté que 8 ans plus tard, en 2011. Ce temps a été nécessaire à Washington pour créer les conditions des troubles.

Les attaques contre la gauche avant 2015

Si cette analyse est juste, nous devons envisager que les éléments antérieurs à 2015 (le coup d’État contre le président Hugo Chávez en 2002, la tentative de révolution colorée en 2007, l’opération Jéricho en février 2015, et les premières manifestations des guarimbas) répondaient à une autre logique, tandis que ceux survenus après (le terrorisme des guarimbas en 2017) se situent dans ce plan.

Ma réflexion se fonde également sur ma connaissance de ces éléments.

Ainsi, en 2002, je publiais une analyse du coup d’État qui relatait le rôle des États-Unis derrière Fedecamaras (le patronat vénézuélien) [5]. Le président Hugo Chávez voulut vérifier mes informations et m’envoya deux émissaires à Paris. L’un est devenu général et le second est aujourd’hui une des plus hautes personnalités du pays. Mon travail fut utilisé par le procureur Danilo Anderson pour son enquête. Il fut assassiné par la CIA en 2004.

Identiquement, en 2007, des étudiants trostkistes débutèrent un mouvement contre le non-renouvellement de la licence de la radio-télévision de Caracas (RCTV). Nous savons aujourd’hui, grâce à Blumenthal et Cohen, que Juan Guaidó était déjà impliqué et qu’il avait reçu une formation des disciples du théoricien de la non-violence Gene Sharp. Plutôt que de réprimer les excès du mouvement, le président Hugo Chávez à l’occasion de la cérémonie de signature de l’ALBA le 3 juin lut, durant vingt minutes, un ancien article que j’avais consacré à Gene Sharp et sa conception de la non-violence au service de l’Otan et de la CIA [6]. Réalisant la manipulation dont ils faisaient l’objet un grand nombre de manifestants se retirèrent du combat. Niant maladroitement les faits, Sharp écrivit au président puis à moi. Cette initiative créa la confusion parmi la gauche états-unienne pour qui il était une personnalité respectable, sans lien avec le gouvernement US. Le professeur Stephen Zunes prit sa défense, mais face aux preuves, Sharp ferma son institut, laissant la place à Otpor et au Canvas [7].

Revenons à la période actuelle. Bien sûr, la récente tentative d’assassinat du président Nicolas Maduro fait penser à la manière dont le président Salvador Allende fut poussé au suicide. Bien sûr, les manifestations convoquées par le président de l’Assemblée nationale Juan Guaidó font penser à une révolution colorée. Mais ce n’est pas du tout contradictoire avec mon analyse. Ainsi, une tentative d’assassinat de Mouamar Kadhafi a précédé de peu les opérations militaires contre la Libye. Tandis que les disciples de Gene Sharp ont encadré les premières manifestations contre le président Hosni Moubarak en Égypte. ils y ont même distribué une version arabe de leur livret déjà utilisé dans d’autres pays [8]. Mais, ainsi que l’a montré la suite des événements, il ne s’agissait ni d’un coup d’État, ni d’une révolution colorée.

Se préparer à la guerre

Si mon analyse est exacte —et pour le moment, tout semble la vérifier—, il faut se préparer à une guerre non seulement au Venezuela, mais dans tout le Bassin des Caraïbes. Déjà le Nicaragua et Haïti sont déstabilisés.

Cette guerre sera imposée de l’extérieur. Elle ne visera plus à renverser des gouvernements de gauche au profit de partis de droite, même si les apparences seront d’abord trompeuses. La logique des événements ne fera pas de distinction entre les uns et les autres. Petit à petit, c’est toute la société qui sera menacée, sans distinction d’idéologie ou de classe sociale. Identiquement, il sera impossible aux autres États de la région de se tenir à l’écart de la tempête. Ceux qui croiront se protéger en servant de base arrière aux opérations militaires seront partiellement détruits. Ainsi, même si la presse en parle rarement, des villes entières ont été rasées dans la région de Qatif, en Arabie saoudite, bien que ce pays soit le principal allié de Washington au « Moyen-Orient élargi ».

Sur la base des conflits des Grands lacs africains et du Moyen-Orient élargi, cette guerre devrait se dérouler par étape.
- En premier lieu, détruire les symboles de l’État moderne en attaquant les statues et musées consacrés à Hugo Chávez. Cela ne fait pas de victimes, mais bouleverse les représentations mentales de la population.
- Puis acheminer des armes et rémunérer des combattants pour organiser des manifestations qui dégénéreront. La presse fournira après coup des explications invérifiables sur les crimes imputés au gouvernement contre lesquels des manifestants pacifiques se seraient soulevés. Il est important que les policiers croient avoir été l’objet de tirs de la foule et que la foule croie avoir été visée par la police parce que le but est de semer la division.
- La troisième étape sera d’organiser des attentats sanglants un peu partout. Très peu d’hommes sont nécessaires pour cela, il suffit d’avoir deux ou trois équipes qui circulent dans le pays.
- Ce n’est qu’alors qu’il sera utile d’envoyer sur place des mercenaires étrangers. Au cours de la dernière guerre, les États-Unis ont envoyé en Iraq et en Syrie au moins 130 000 étrangers auxquels se sont ajoutés 120 000 combattants locaux. Il s’agit d’armées très nombreuses quoique mal formées et entraînées.

Il est possible de se défendre puisque la Syrie y est parvenue. Plusieurs initiatives doivent être prise en urgence :
- D’ores et déjà, à l’initiative du général Jacinto Pérez Arcay et du président de l’Assemblée constituante Diosdado Cabello, des officiers supérieurs des armées vénézuéliennes étudient les nouvelles formes de combat (guerre de 4ème génération). Mais des délégations militaires doivent aller en Syrie constater par elles-mêmes comment les choses se sont passées. C’est très important car ces guerres ne ressemblent pas aux précédentes. Par exemple, à Damas même, la majeure partie de la ville est intacte comme si rien en s’était passé, mais plusieurs quartiers sont totalement dévastés comme Stalingrad après l’invasion nazie. Cela suppose des techniques de combat particulière.
- Il est essentiel d’établir l’union nationale de tous les patriotes. Le président doit s’allier à son opposition nationale et faire entrer certains de ses leaders dans son gouvernement. Le problème n’est pas de savoir si l’on apprécie ou non le président Maduro : il s’agit de se battre sous son commandement pour sauver le pays.
- L’armée doit former une milice populaire. Il en existe déjà une au Venezuela avec près de 2 millions d’hommes, mais elle n’est pas entraînée. Par principe, les militaires n’aiment pas confier des armes à des civils, mais seuls des civils peuvent défendre leur quartier dont ils connaissent tous les habitants.
- De gros travaux doivent être entrepris pour sécuriser les bâtiments de l’État, de l’armée et les hôpitaux.

Tout cela doit être entrepris d’urgence. Ces mesures sont longues à mettre en place et l’ennemi est déjà presque prêt.

[1] “The Making of Juan Guaidó : US Regime-Change Laboratory Created Venezuela’s Coup Leader”, Max Blumenthal & Dan Cohen, Grayzone Project, January 29, 2019.

[2] Transforming Military Force : The Legacy of Arthur Cebrowski and Network Centric Warfare, James R. Blaker, Greenwood, 2007.

[3] The Pentagon’s New Map, Thomas P.M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004.

[4] “Declaration of a National Emergency with Respect to Venezuela”, “Executive Order – Blocking Property and Suspending Entry of Certain Persons Contributing to the Situation in Venezuela”, by Barack Obama, Voltaire Network, 9 March 2015.

[5] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[6] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2007.

[7] « Impérialistes de droite et impérialistes de gauche », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 25 août 2008.

[8] « Le manuel états-unien pour une révolution colorée en Égypte », Réseau Voltaire, 1er mars 2011.

 

https://www.voltairenet.org/article205089.html