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L’Otan approvisionne en armes Daesh au Yémen

L’Otan approvisionne en armes Daesh au Yémen

RÉSEAU VOLTAIRE | 17 SEPTEMBRE 2019 ITALIANO

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Une enquête de Dilyana Gaytandzhieva, publiée par Arms Watch, établi documents à l’appui que la mission de l’Otan en Afghanistan (Resolute Support Mission) sert de couverture à un trafic d’armes états-unien pour approvisionner Daesh au Yémen.

L’enquête révèle au passage que les Forces spéciales US (Task Force Smoking Gun en Croatie) ont également acheminé des armes à Al-Qaïda (Front al-Nosra) en Syrie.

Quantité de sociétés sont impliquées dont Sierra Four Industries, Orbital ATK, Global Ordnance, et UDC aux États-Unis, ainsi que les gouvernements azéris, serbes et saoudiens.

La journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva s’était fait connaître, il y a deux ans, en publiant des documents attestant du plus grand trafic d’armes de l’Histoire, l’opération Timber Sycamore [1].

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 1. “Islamic State weapons in Yemen traced back to US Government : Serbia files” ;
 2. “US Task Force Smoking Gun smuggles weapons to Syria : Serbia files” ;
 3. “Leaked arms dealers’ passports reveal who supplies terrorists in Yemen : Serbia files”.
by Dilyana Gaytandzhieva, Arms Watch, September 15, 2019.

<img src="https://www.voltairenet.org/rien.gif" alt="

[1] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

https://www.voltairenet.org/article207648.html

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Le piège des guerres du Yémen

Le piège des guerres du Yémen

L’Arabie saoudite n’est pas parvenue à vaincre la rébellion au Yémen des Houthis, soutenue par l’Iran. Elle est désormais attaquée sur son propre territoire.

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Par Jacques Hubert-RodierPublié le 16/09 à 19h22

L’intervention militaire au Yémen lancée en 2015 par l’Arabie saoudite et soutenu par huit états sunnites du Golfe avec l’appui des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, devait être une opération éclair. Il s’agissait d’aider le président élu pro-saoudien Abdrabbo Mansour Hadi, à faire face à  une rébellion menée par les Houthis, du nom de famille de ses chefs, et dont la religion, le zaïdisme, est apparentée au chiisme.open in 3

Surtout  Riyad voulait contenir l’influence au Moyen Orient de l’Iran. Téhéran n’a en effet jamais cessé de contribuer, militairement et financièrement, à cette rébellion de l’« Arabie heureuse ». Certains ont même vu la main du général iranien Qasem Soleimani, commandant les forces spéciales iraniennes, derrière certaines opérations militaires des Houthis. Même si par rapport aux interventions en Syrie et au Liban, la présence iranienne semble plus limitée.

Mais au Yémen le piège s’est peu à peu refermé sur l’Arabie saoudite. Et ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, est devenu un véritable cauchemar pour son leader de facto, le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Non seulement il n’est pas arrivé à chasser les combattants houthis de Sanaa et assurer une victoire décisive, mais le territoire saoudien est désormais attaqué. Il est vraisemblable, comme le proclame Washington, que les raids aériens samedi contre des installations pétrolières ont été menés par les Iraniens avec peut-être une dizaine de drones « made in Iran », mais leurs affidés yéménites les ont revendiquées infligeant une claque à Riyad. L’incapacité de l’Arabie saoudite à se défendre en dépit de l’acquisition de matériels militaires sophistiqués, n’est pas son seul talon d’Achille. Elle a encore aggravé dans les opinions publiques son déficit d’image. Car  les guerres civiles du Yémen ont provoqué la pire crise humanitaire au monde. Et pour cela l’intervention militaire de l’Arabie saoudite, qui a été accusée de bombarder des populations civiles, est dénoncée. Et même soutenus par l’Iran, les Houthis risquent d’être perçus comme des David face au Goliath saoudien. A raison ou à tort !

Jacques Hubert-Rodier

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/le-piege-des-guerres-du-yemen-1132085#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=idees2_edito-20190917

Les représailles asymétriques du Yemen

Les représailles asymétriques du Yemen …


… Une attaque massive de drones, bien ciblée, cause des dégâts considérables au complexe pétrolier le plus important d’Arabie Saoudite


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Par Moon of Alabama − Le 16 septembre 2019

L’attaque de samedi contre le complexe de traitement de pétrole et de gaz saoudien à Abqaiq a touché ses capacité de stabilisation du brut :

Le processus de stabilisation est une forme de distillation partielle qui adoucit le pétrole brut acide, en éliminant le sulfure d'hydrogène, et réduit la pression des vapeurs, rendant ainsi le pétrole brut sans danger pour l'expédition dans les pétroliers. Les stabilisants optimisent la production d'hydrocarbures liquides de valeur tout en rendant ceux-ci sûrs pour le stockage et le transport, en réduisant les émissions atmosphériques d'hydrocarbures volatils. En résumé, les équipements de stabilisation sont utilisés pour réduire la volatilité du pétrole brut et du condensat stockés.

Peu de temps après l’attaque, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est passé en mode blâmer l’Iran :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 21h59 UTC · 14 septembre 2019
 
Téhéran est à l'origine de près de cent attaques contre l'Arabie saoudite, tandis que Rouhani et Zarif prétendent s'engager dans la diplomatie. Au milieu de tous les appels à la désescalade, l’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial. Il n'y a aucune preuve que les attaques sont venues du Yémen.
 
Nous appelons toutes les nations à condamner publiquement et sans équivoque les attaques de l'Iran. Les États-Unis collaboreront avec leurs partenaires et alliés pour faire en sorte que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran soit tenu pour responsable de son agression.

Le complexe d’Abqaiq est au cœur de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Il traite plus de la moitié de sa production pétrolière.

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Le gouvernement américain a publié deux images détaillées du résultat de l’attaque.

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Les images montrent environ 17 points d’impact. Une voiture visible dans la seconde image, plus détaillée, permet de constater la taille gigantesque de l’endroit. Les cibles ont été soigneusement sélectionnées. Au moins 11 d’entre elles étaient des réservoirs ovoïdes d’un diamètre d’environ 30 mètres. Ce sont probablement des réservoirs de gaz sous pression – liquide – qui reçoivent les vapeurs de condensat provenant du processus de stabilisation. Ils ont tous maintenant des trous assez nets dans leur coquille supérieure.

La tuyauterie qui va et vient des réservoirs en forme d’œuf montre que ceux-ci ont été configurés en groupes à double redondance. Deux réservoirs l’un à côté de l’autre partagent un système de tuyauterie. Deux de ces réservoirs jumeaux sont adjacents avec des tuyaux allant au système de traitement. Il existe au total trois groupes de ce type. Les dommages causés à un réservoir ou à un groupe n’arrêteraient pas le processus de production. Les produits seraient acheminés vers un autre réservoir ou groupe similaire. Mais avec tous les réservoirs de ce type particulier inutilisables, la chaîne de production est maintenant interrompue.

Deux zones de traitement ont été touchées et présentent des dégâts d’incendie. L’équipement de contrôle des deux a été probablement complètement détruit :

Rapidan Energy Group, société de conseil, a déclaré que les images de l'installation d'Abqaiq après l'attaque montraient qu'environ cinq tours de stabilisation semblaient avoir été détruites et qu'il faudrait des mois pour les reconstruire, ce qui pourrait réduire la production pendant une période prolongée.
 
«Cependant, Aramco conserve une certaine redondance dans le système pour maintenir la production pendant la maintenance», a ajouté Rapidan, signifiant que les opérations pourraient revenir plus tôt au niveau précédant l'attaque.

Le ciblage de cette attaque a été réalisé avec une connaissance détaillée du processus et de ses dépendances.

La flèche indiquant le nord, en haut à droite de ces images, pointe vers la gauche. Les ombres visibles confirment la direction. Les trous dans les réservoirs sont du côté ouest. Ils ont été attaqués de l’ouest.

Les frappes étaient extrêmement précises. Les forces armées yéménites ont affirmé avoir attaqué l’installation avec dix drones ou missiles de croisière. Mais les résultats sur ces cibles ne ressemblent à rien de tel. Un total de 17 résultats avec un ciblage aussi précis laisse supposer qu’il s’agissait d’une sorte de drone ou de missile avec un contrôle humain dans le processus. Ils peuvent avoir été lancés à partir de l’Arabie saoudite.

Il n’y a pas encore d’information sur les dégâts causés à Khurais, la deuxième cible des attaques.

Les États-Unis et Israël peuvent réaliser de telles attaques. L’Iran probablement aussi. Le Yémen semble peu susceptible de disposer de cette capacité sans s’appuyer sur un soutien important ailleurs. La planification de cette opération a dû prendre des mois.

Un producteur de la BBC au Moyen-Orient a déclaré :

Riam Dalati @Dalatrm - 22h44 UTC · 15 sept. 2019
 
17 points d'impact. Aucun drone ou missile n'a été détecté / intercepté. Les Saoudiens et les Américains ne savent toujours pas d'où l'attaque a été lancée. #KSA a sérieusement besoin de se fournir ailleurs et de remplacer le Patriot ou de le renforcer avec un réseau de canons AA à commande radar tels que le Oerlikon.
 
Une source familière avec la situation de #Aramco nous a dit dans la journée qu’il s’agissait d’une «attaque en essaim», d’un mélange de plus de 20 drones et missiles, dont au moins la moitié étaient des drones suicides. #USA & #KSA, a-t-il dit, sont "certains" que l'attaque a été lancée depuis #Iraq mais "une preuve indiscutable est toujours manquante"
 
Ils sont également "à peu près certains" que #IRGC [Gardiens de la révolution en Iran] était derrière l'opération car, même si les missiles utilisés étaient identiques à ceux des #Houthis, une inspection des débris trouvés dans le désert a révélé "deux nouvelles mises à jour" et un "savoir-faire nettement meilleur"

Le Wall Street Journal commente les dégâts :

Les frappes ont détruit 5,7 millions de barils de production quotidienne, et les responsables ont déclaré croire toujours pouvoir la compenser dans les prochains jours. Cela nécessiterait de puiser dans les stocks et d'utiliser d'autres installations pour traiter le pétrole brut. L’une des principales cibles de l’attaque était une grande usine de traitement du brut à Abqaiq. ...
 
"C’est certainement pire que ce à quoi nous nous attendions dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, mais nous veillons à ce que le marché ne connaisse aucune pénurie jusqu’à ce que notre système soit de nouveau en ligne", a déclaré un responsable saoudien. ...

Même si les autorités saoudiennes réussissent à rétablir la totalité ou la quasi-totalité de la production perdue, l'attaque témoigne d'une nouvelle vulnérabilité des lignes d'approvisionnement dans le Golfe, une région riche en pétrole.
 
Les pétroliers doivent payer des primes d’assurance nettement plus élevées, tandis que les coûts de transport ont grimpé en flèche dans la région après une série d’attaques maritimes contre des navires chargés de pétrole, que les États-Unis ont imputées à l’Iran. ...
 
Khurais produit environ 1,5 million de barils par jour et Abqaiq, la plus grande installation de stabilisation du brut au monde, traite sept millions de barils de pétrole saoudien par jour, transformant le brut en produits spécifiques plus légers, tels que l'Arabian Extra Light.

Les réparations à Abqaiq prendront probablement des semaines, pas des jours. Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 19,5% à 71,95 dollars le baril, soit la plus forte hausse depuis le 14 janvier 1991 :

Aramco n'a donné aucun calendrier pour la reprise de la production. Une source proche du dossier a confié à Reuters que le retour à la pleine capacité pétrolière pourrait prendre "des semaines, pas des jours".
 
Riyad a indiqué qu'il compenserait les dommages subis par ses installations en puisant dans ses stocks, qui s'élevaient à 188 millions de barils en juin, selon les données officielles.

Le président américain Donald Trump était beaucoup plus prudent dans l’attribution de la responsabilité de la frappe que son secrétaire d’État.

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 00h50 UTC · 16 sept. 2019
 
L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes l'arme au pied en attendant les vérifications, le Royaume nous dira qui, selon lui, est la cause de cette attaque et dans quelles conditions nous allons agir !

Toute attaque directe de l’Iran aurait pour conséquence que des essaims de missiles frapperaient des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les usines de dessalement d’eau saoudiennes, les raffineries et les ports seraient également visés.

Il est peu probable que Trump ou les Saoudiens soient prêts à risquer une telle réponse.

L’attaque sur Abqaiq n’était pas la dernière et toutes les installations saoudiennes sont extrêmement vulnérables :

Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré que les installations pétrolières en Arabie Saoudite restaient parmi leurs cibles après que les attaques contre deux sites majeurs aient réduit de moitié la production du royaume et provoqué une flambée des prix du brut.

Le groupe rebelle soutenu par l’Iran, cité par la chaîne de télévision Houthi, a déclaré que ses armes pouvaient atteindre n’importe quelle cible en Arabie saoudite. Les attaques de samedi ont été menées par des "avions" utilisant de nouveaux moteurs, a précisé le groupe, faisant probablement référence aux drones.

Middle East Eye, un média financé par le Qatar, a annoncé hier que l’attaque avait été lancée depuis l’Irak par les forces alignées avec l’Iran pour se venger des attaques israéliennes en Syrie. L’auteur, David Hearst, est connu pour ses reportages diffamatoires. Le rapport est basé sur une source de renseignement irakienne anonyme et unique. Le Qatar, en dispute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour son soutien aux Frères musulmans, aimerait voir un conflit plus important opposer ses rivaux à l’est et à l’ouest du golfe Persique. Le rapport devrait donc être ignoré.

L’Arabie saoudite ne dispose d’aucun moyen de défense contre ce type d’attaque. Les États-Unis ne disposent d’aucun système pouvant être utilisé à cette fin. La Russie est le seul pays à pouvoir fournir le matériel nécessaire. Il serait extrêmement coûteux, et toujours insuffisant, de protéger toutes les installations vitales des Saoudiens contre des attaques d’essaims similaires.

Des attaques de ce type ne prendront fin que lorsque l’Arabie saoudite conclura la paix avec le Yémen et lorsque les États-Unis mettront un terme à leurs sanctions concernant les exportations de pétrole iranien. Il est grand temps que les faucons comme Pompeo le reconnaissent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-represailles-asymetriques-du-yemen

Petites et grandes manoeuvres

Petites et grandes manoeuvres

14 Septembre 2019

Temps incertains et passionnants, faits de continuités et de recompositions, d’alliances inamovibles ou d’étonnants retournements de veste…

Le limogeage de John Bolton continue de faire couler de l’encre. Peut-être trop d’ailleurs car, malgré l’erratisme du Donald, il n’est pas du tout sûr que Washington change de ligne du jour au lendemain. Ces précautions d’usage formulées, le toujours excellent Bhadrakumar s’essaie au petit jeu du qui gagne/qui perd. A première vue, le débarquement du néo-con moustachu est une bonne nouvelle pour l’Iran et pour la Chine, une mauvaise pour Israël. Quant à la Russie, c’est business as usual.

Curieusement, et contrairement à la grande majorité du Deep State US, Bolton n’a en effet jamais présenté Moscou comme l’ennemi absolu à abattre. Ceci ne devrait nous étonner qu’à moitié, tant il est vrai que l’Etat profond, constitué de courants variés, n’est pas un tout homogène. Si sa stratégie fondamentale – diviser l’Eurasie – est forgée dans le bronze, les moyens pour y arriver font l’objet de débats et de divisions parfois importantes.

A ceux (establishment de la CIA, hauts pontes Démocrates) qui considèrent l’ours comme la Némésis suprême s’oppose la branche « kissingérienne », souhaitant au contraire jouer la Russie contre la Chine. Cette ritournelle est dans l’air depuis quelques années, autour de revues influentes (The National Interest), depuis que la folie des grandeurs impériale de la fin des années 90 puis les gaffes bushesques et obamesques ont fortement rapproché Moscou et Pékin.

Cette stratégie consistant à diviser les deux poids lourds continentaux est un grand classique de la thalassocratie anglo-saxonne. En 1900, âge d’or de l’Angleterre victorienne, Joseph Chamberlain (père de Neville, signataire des fameux accords de Munich en 1938), résumait parfaitement l’objectif fondamental de l’empire maritime : « Il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes. Notre principale crainte est de les voir s’allier. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon« . Londres tentait tour à tour, selon ses gouvernements, de s’allier avec l’Allemagne contre la Russie ou avec la Russie contre l’Allemagne, l’essentiel étant que ces deux-là demeurent dans des camps opposés.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis reprennent le flambeau laissé par un Royaume-Uni déclinant, l’Eurasie remplace l’Europe et le Grand jeu passe à l’échelle-monde. Les fondamentaux, eux, ne changent guère. Dans les années 70, Kissinger (déjà) est l’artisan de la visite de Nixon en Chine populaire pour profiter de la rupture sino-soviétique et soutenir Mao contre l’URSS. Si le vénérable vieillard a aujourd’hui changé son fusil d’épaule et préfère jouer la carte russe, le scénario reste le même : séparer les deux géants eurasiatiques.

Ainsi va la pieuvre à tentacules multiples qu’est le Deep State US, uni par un même but stratégique fondamental mais divisé quant aux moyens pour y parvenir. La situation est encore compliquée par des électrons du type Soros, qui veulent s’attaquer aussi bien à la Russie qu’à la Chine tout en défendant les intérêts de sa caste oligarchique en promouvant l’afflux de réfugiés, point sur lequel Bolton et son Gatestone Institute ont toujours été, par contre, en désaccord total.

En parlant des « élites » financières de la planète, un article détonnant de William Engdahl se pose la question de savoir si elles ne vont pas abandonner le dollar. Certes, ce n’est pas la première fois qu’on le murmure mais les signes commencent à s’accumuler. Voir le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre, la patronne du FMI Christine Lagarde ou le récent président de la New York Federal Reserve Bank évoquer, sous des angles différents, la nécessaire dédollarisation de l’économie mondiale laisse rêveur… et prouve une fois de plus que l’empire américain, dont le pilier est la prééminence du billet vert, ne peut être confondu avec les lobbies dont on parle souvent, qu’il soient pétrolier, pro-israélien ou, en l’occurrence, financier. Ce n’est ni Exxon, ni Nétanyahou, ni Wall Street qui font la politique étrangère américaine, même s’ils peuvent l’influencer ponctuellement…

Sur la Chine, les multinationales sont également vent debout contre les sanctions commerciales voulues par les stratèges de Washington afin de torpiller l’envol du dragon et ses Routes de la Soie. Les petits génies du Potomac continuent d’ailleurs d’appuyer sur le bouton Hong Kong qui, à en croire notre bonne vieille presstituée, serait un merveilleux symbole de « révolution démocratique », rien que ça. La réalité est quelque peu différente, comme nous l’expliquions fin juillet :

Est-ce tout à fait un hasard si Russie et Chine ont récemment vu l’éclosion de manifestations qui fleurent bon la révolution colorée si chère à Soros ? Le « philanthrope », comme l’appellent amoureusement nos petits plumitifs, prévenait d’ailleurs au début de l’année : « La Chine est notre ennemi le plus dangereux ».

Fin mars, des manifestations éclatent à Hong Kong contre un amendement permettant l’extradition vers la Chine. Si le projet de loi est certes maladroit et l’inquiétude bien réelle chez beaucoup de Hongkongais, sourcilleux quant à l’indépendance de leur système judiciaire, il est impossible de ne pas voir que plusieurs meneurs protestataires sont financés par le N.E.D.

Rappelons que le National Endowment for Democracy, fondation bipartisane créée au début des années 80 par le Congrès américain, a repris officiellement à sa charge les coups tordus de la CIA. Comme le disait l’ancien directeur de l’agence, William Colby : « Il n’est plus nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui étaient menés en sous main, peuvent désormais l’être au grand jour, sans controverse ».

Cette dangereuse proximité des manifestants avec les officines de l’empire et le fait que les protestations continuent et s’amplifient malgré le retrait de l’amendement ne trompent personne, et surtout pas les Chinois. Pour Pékin, c’est clair : tonton Sam est à la manœuvre.

Le but, évident : mettre une épine dans le pied du dragon et le fixer sur un point sensible (Hong Kong est la cinquième bourse mondiale) afin d’entamer son prestige en Asie et entraver sa marche.

Les drapeaux étoilés régulièrement et fièrement brandis par les manifestants ainsi que les appels au « sauveur américain » ne devraient pas nous étonner. Il y a cinq ans, un think tank reconnaissait déjà les énormes sommes déversées chaque année par le N.E.D à Hong Kong. La participation d’un des leaders du mouvement, Joshua Wong, à une petite sauterie récemment organisée en compagnie du dirigeant des Casques blancs et du putschiste ukrainien Klitschko n’est évidemment pas pour nous surprendre…

A plusieurs milliers de kilomètres de là, le Moyen-Orient est en feu, littéralement. Les drones houthis, et peut-être quelques missiles les accompagnant, se sont abattus sur les principales raffineries saoudiennes, obligeant le royaume wahhabite à stopper la moitié de sa production pétrolière, soit 5% de la production mondiale ! Les systèmes de défense anti-aérienne américains, eux, n’ont rien vu passer.

On se rappelle avec délice ce grassouillet prince saoudien, un petit comique celui-là, qui assurait la bouche en cœur il y a quelques jours que son pays pourrait annihiler l’Iran en huit heures. Apparemment, les Houthis en pyjama ne sont pas encore au courant de cette toute-puissance saoudienne et, à Téhéran, on en rit encore…

La seule chose que Riyad semble réaliser à peu près correctement, c’est manigancer contre ses adversaires diplomatiques. Enlisés jusqu’à la moelle au Yémen, incapable de faire quoi que ce soit contre l’Iran sans geindre pour que leurs parrains américains viennent à la rescousse, les Saoudiens ne trouvent rien de mieux à faire que tenter d’isoler… la Turquie à Chypre.

On sait qu’entre le sultan néo-ottoman tendance Frères musulmans et le Seoud wahhabite, ça n’a jamais été le grand amour. Le grand écart a encore été accentué par le fiasco de toute ce joli monde en Syrie, conflit qui pendant un temps a pu les rabibocher. L’alliance turco-qatarie après la rupture de juin 2017 au sein du Conseil de Coopération du Golfe et la bonne entente entre Ankara et Téhéran n’ont évidemment rien fait pour arranger les choses. Qu’il semble loin le temps, pas si lointain en réalité (40 ans), où l’empire américain avait sous sa coupe Saoudiens, Iraniens, Turcs, Qataris et Israéliens.

Tell Aviv justement. En pleine campagne de réelection, Bibi la Terreur a une nouvelle fois pris le chemin de Sochi pour rencontrer Poutine et montrer sa stature internationale à son électorat. Il a dû déchanter… Vladimirovitch l’a fait attendre trois heures et lui aurait opposé un niet abrupt aux futures incursions aériennes israéliennes en Syrie. Le conditionnel reste de mise tant le Moyen-Orient est habitué aux retournements de situation, mais l’info, d’abord donnée par l’édition en arabe de The Independent avant d’être reprise par la presse israélienne puis par Zero Hedge, semble solide.

Les Russes auraient d’ailleurs, à trois reprises, empêché des frappes israéliennes sur des cibles chiites/iraniennes. Cela fait d’ailleurs écho à ce qu’a rapporté un site russe d’aviation il y a quelques jours : des Sukhois-35 déployés dans la province de Deraa pour empêcher un bombardement israélien.

Toujours est-il que Poutine aurait remis (conditionnel toujours de mise) les pendules à l’heure en traçant une ligne rouge devant Nétanyahou : désormais, tout avion bombardant la Syrie sera abattu par les chasseurs russes ou les S-400. Apparemment, le maître du Kremlin est même allé, fait nouveau, jusqu’à condamner « l’agression israélienne au Liban » (l’incident du drone la semaine dernière, ndlr) et a prévenu son interlocuteur de se garder de renouveler la chose.

Israël qui pleure, Iran qui rit ? Oui et non. Si l’un et l’autre peuvent se lamenter/se réjouir de la disgrâce de Bolton et de la nouvelle intransigeance russe (si elle est confirmée), les choses ne sont pas si simples. Malgré le départ du moustachu fou, le Donald ne va pas lâcher Israël et envisage même de discuter un possible traité de défense mutuelle. Proposition sérieuse ou simple manière de faire passer la pilule du renvoi de son conseiller très pro-israélien ainsi que ses légères ouvertures à l’Iran ? Impossible de le dire à ce stade…

Du côté de Téhéran, les sanctions continuent leur travail de sape et ont réussi à éloigner l’Inde, qui a pourtant des relations traditionnellement excellentes avec son presque voisin. L’ambassadeur iranien à New Delhi a exprimé sa frustration devant ce lâchage : « Il est maintenant acté que l’Inde a arrêté ses importations de pétrole iranien à cause de ce qu’elle appelle ses intérêts nationaux. C’est son droit, mais d’autres ont agi différemment [Chine, Russie, Turquie]. L’Inde a lutté difficilement pour son indépendance et ne devrait pas se plier devant les décisions unilatérales des Etats-Unis« .

Le plus étrange est que le gouvernement Modi renâcle même à développer Chabahar, pourtant exempt du régime de sanctions américaines. Pour mémoire, ce port est le pendant de ce que fait la Chine à Gwadar et que le fidèle lecteur connaît par cœur. Le projet irano-indien de Chabahar était, pour New Delhi, une manière de prendre l’axe sino-pakistanais de revers.

Dans la grande Eurasie qui se met en place sous l’égide de l’OCS, marquée par le spectaculaire réchauffement des relations entre Pékin et New Delhi, ces deux projets devenaient moins concurrents que complémentaires. Si rien n’est encore perdu, encore faut-il que l’Inde se réveille et décide à quel camp elle appartient… sous peine de voir Chabahar lui filer sous le nez et terminer dans l’escarcelle chinoise.

Cette affaire, notamment les propos de l’ambassadeur, permettent en tout cas de confirmer en creux la véracité du plan gargantuesque d’investissements chinois dans le secteur énergétique iranien à hauteur de 280 milliards d’équivalent-dollars, pour le plus grand malheur des stratèges US qui ont d’ailleurs bien d’autres raisons de s’arracher les cheveux.

Sueurs froides américaines riment souvent avec énergie russe et les derniers développements ne démentent pas cet axiome. Après tant d’autres, les Serbes de Bosnie veulent également une branche du Turk Stream qui passera par la Serbie voisine et irriguera les Balkans. Belgrade devrait d’ailleurs se méfier. Premier pays à avoir connu une « révolution de couleur » made in Soros en 2000, la Serbie pourrait bien renouveler ce type de mésaventure. L’achat de drones militaires chinois (une première en Europe), les exercices militaires anti-aériens communs avec la Russie (une autre première) et surtout la volonté de rejoindre l’Union Economique Eurasienne malgré les « avertissements » de l’Union Européenne pourraient donner quelques idées aux excités de Washington et Bruxelles. Tout ressemblance avec des faits, l’Ukraine par exemple, etc. etc.

En parlant de l’UEE, le prochain pays à signer un accord de libre-échange avec le bloc eurasiatique sera Singapour, le1er octobre. Un succès supplémentaire pour cette organisation si décriée par nos experts journalistiques, quand elle n’est pas tout simplement passée sous silence. Il est vrai que nos plumitifs n’en ont que pour leur sacro-sainte UE, bien bancale quant à elle malgré les communiqués officiels. Si l’establishment en place, y compris ce faux rebelle de Jeremy Corbyn, tente par tous les moyens de torpiller le Brexit, le public de Sa Gracieuse Majesté n’est pas dupe. Une majorité de Britanniques veut voir respecté le résultat du référendum.

Le résultat est sans appel et, surprise, un tiers des votants qui ont choisi le Bremain veulent quand même que la décision souveraine du peuple soit mise en oeuvre. Mauvaise nouvelle pour le système impérial, qui n’est décidément pas gâté par les sondages. Une copieuse enquête du Conseil européen des relations internationales apporte d’intéressantes conclusions. La confiance envers tonton Sam s’étiole profondément et une question doit particulièrement faire se retourner dans sa tombe Dr Zbig :

Malgré une désinformation russophobe forcenée, malgré la lobotomisation des cerveaux par Hollywood, malgré une intox médiatique de tous les instants, aucun pays européen, pas même la Pologne, ne soutiendrait majoritairement les Etats-Unis dans une guerre contre la Russie. Les résultats de l’Autriche (!) et même de l’Allemagne (12%-7%) doivent être particulièrement durs à avaler du côté de DC la Folle.

On imagine les éclats de rire dans les couloirs du Kremlin, où l’on sait bien que le principe de réalité finit toujours par rattraper les belles envolées propagando-lyriques de l’empire, comme le montre ce dernier épisode en forme de clin d’œil. La Lituanie, pays bien comme il faut aux yeux de Washington (otanien, anti-russe), avait construit il y a cinq ans un terminal GNL pour échapper au gaz du méchant Poutine et se tourner vers le Freedom gas américain, quitte à le payer beaucoup plus cher. La « liberté » n’a pas de prix, n’est-ce pas. Ce lundi 16 septembre, un méthanier transportant du gaz russe en provenance du Yamal est attendu sur les quais…Tag(s) : #Etats-Unis#Histoire#Russie#Chine#Economie#Moyen-Orient#Pétrole#Sous-continent indien#Gaz#Europe

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/09/petites-et-grandes-manoeuvres.html

Guerre du Yémen : états des lieux

Guerre du Yémen : états des lieu

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04 septembre, 2019
NotePatricia Lalonde

Comment la coalition saoudo-émiratie, en se lézardant, a renforcé la position iranienne au Yémen ?

Après une première phase qui aura duré plus de quatre années et fait des milliers de morts, une guerre dans la guerre, où la coalition saoudo-émiratie aux manettes joue un jeu pervers et se fissure, se dessine. En effet, les Emirats Arabes Unis ont décidé de jouer leur propre partition en mettant en œuvre le plan qui était en réalité le leur depuis le début de cette guerre : appuyer les groupes séparatistes du Conseil de Transition du Sud (STC), pour prendre Aden puis Abyane, appeler à l’indépendance du Sud et ramener ainsi le Yémen à la situation des années qui précèdent 1990.


Mohammed Ben Zayed et Mohammed Ben Salmane

Il est vrai que, constatant la tournure catastrophique de cette guerre, ils ont amorcé un retrait de leurs troupes et entamé un rapprochement tactique avec l’Iran afin de préserver la sécurité des Emirats et de la région. Les nombreux succès militaires d’Ansarullah contre les mercenaires saoudiens et récemment contre le champ pétrolier d’Al Chiba, jusqu’à la destruction d’un drone américain, ont fait prendre conscience aux Emirats de l’absurdité de cette guerre et de l’impasse dans laquelle les Saoudiens les avaient emmenés. Tout ceci sous le regard stupéfait du gouvernement légal d’Abdrabbo Mansour Hadi, réfugié à Ryad, qui accuse maintenant les Emirats de trahison. Plus humiliant encore pour lui, les Saoudiens, pris de court, invitent le Conseil de Transition du Sud à une réunion de négociation à Djeddah. Bref, le gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, après avoir soutenu cette guerre totalement impopulaire, se retrouve floué et marginalisé.

Mais c’est sans compter sur la résistance des Houthis qui, même s’ils ont conforté leur pouvoir dans le Nord, cherchent à préserver l’unité du pays comme c’était le cas avant le Printemps Arabe pendant les nombreuses années de gouvernance de feu le président Ali Abdallah Saleh.

Lui-même avait repris la guerre contre le gouvernement de Mansour Hadi en 2015 en s’appuyant sur les Houthis pour se ranger in fine du côté de la coalition saoudo-émiratie, ce qui lui coûtera la vie. 

Il est donc fort probable que les Houthis cherchent à apporter leur aide aux tribus du Sud qui ne désirent pas l’indépendance, ajoutant ainsi une guerre à la guerre… et une probable guerre civile dévastatrice. Mohamed Abdelsalam, le négociateur de Stockholm, a fait le déplacement à Téhéran récemment pour rencontrer Mohamad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien. Il a été reçu par l’Ayatollah Khamenei et a ainsi sollicité officiellement l’aide iranienne dans cette troisième phase de la guerre.

Cette guerre au Yémen qui devait contrecarrer l’influence iranienne en venant à bout des Houthis, n’a finalement fait que renforcer le rôle de l’Iran dans la région et rebattre les cartes. L’Iran sera donc, directement ou indirectement, partie prenante d’une solution politique au Yémen qui permettra d’assurer la sécurité dans le détroit d’Ormuz, menacée depuis l’arraisonnement de plusieurs pétroliers. Martin Griffith, l’envoyé spécial des Nations Unies qui n’a pas ménagé ses efforts, a refait le voyage à Sanaa pour rencontrer le président des Houthis, Abdel Malek al Houthi, et essayé d’empêcher une guerre civile dans le Sud qui ne ferait finalement que le jeu des groupes armés liés à Daesh ou à Al Qaïda, encore très présents. 

C’est dans ce contexte que les forces du Congrès Général Populaire (GPC), le parti de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, pourraient intervenir pour remettre tous les acteurs autour de la table de négociation au nom de  l’unité du Yémen… 

Il semblerait que les proches de l’ancien président assassiné, dont son propre fils, Ali Ahmed, retenu actuellement en résidence surveillée aux Emirats, soient prêts à pardonner aux Houthis et cherchent à entamer des négociations avec le gouvernement légal du Président Abdrabbo Mansour Hadi et de son vice-président, Ali Moshen Ahmar, cousin éloigné de l’ancien président.

Le peuple yéménite aura été la victime d’une guerre pour rien, qui aura permis aux vendeurs d’armes de s’enrichir.

Un échec moral, militaire et politique.

Patricia Lalonde, vice-présidente de Geopragma et chercheur à l’IPSE

Cet article a été initialement publié sur le site de Geopragma : 
http://geopragma.fr/index.php/2019/08/27/p-lalonde-guerre-du-yemen-etat-des-lieux/
Tags:
yemen;arabie saouditeemirats arabes unis

https://www.iveris.eu/list/notes/441-guerre_du_yemen__etats_des_lieux

LES AVIONS DE GUERRE DE LA COALITION DIRIGÉS PAR LES SAOUDIENS ATTAQUENT DES DÉPÔTS DE DRONES HOUTHIS ET DES MISSILES DE DÉFENSE AÉRIENNE

LES AVIONS DE GUERRE DE LA COALITION DIRIGÉS PAR LES SAOUDIENS ATTAQUENT DES DÉPÔTS DE DRONES HOUTHIS ET DES MISSILES DE DÉFENSE AÉRIENNE

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Saudi-led Coalition Warplanes Strike Houthi Drones Depots, Air-Defense Missiles

Image illustrative

MISE À JOUR: la télévision al-Masirah a déclaré qu’une des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite avait frappé une prison accueillant au moins 171 captifs. Le sort des captifs est encore incertain. Les premiers rapports suggèrent un nombre élevé de victimes.

****

Très tôt le 1er septembre, les avions de combat de la coalition dirigée par les Saoudiens ont lancé une série de frappes aériennes sur les positions des Houthis dans la province centrale de Dhamar, au Yémen.

Dans un communiqué officiel, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a déclaré que les frappes aériennes ciblaient les dépôts de drones et les missiles anti-aériens du groupe yéménite sans fournir d’autres informations.

«L’opération est conforme au droit international humanitaire et à ses règles coutumières… Toutes les précautions ont été prises pour protéger les civils», lit-on dans le communiqué publié par al-Arabiya.

La chaîne de télévision pro-Houthis al-Masirah a confirmé que les avions de guerre de la coalition menée par les Saoudiens avaient mené au moins sept frappes aériennes sur le collage communautaire situé au nord du centre-ville de Dhamar.

Au cours des deux derniers mois, les Houthis ont intensifié leurs attaques contre des installations saoudiennes et des sites militaires clés. Le groupe yéménite a utilisé des missiles à guidage de précision, des drones suicide et même des missiles de croisière dans ses attaques.

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GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » (Oscar Wilde). Quel décalage abyssal entre l’image de puissance et de clairvoyance intellectuelle que projettent les États-Unis à l’extérieur de leur pays (« row » pour « the rest of the world » ainsi désigné de manière méprisante) et la réalité moins reluisante d’une certaine forme d’impuissance et d’aveuglement (avec une constance qui mérite louange) sur la compréhension des questions internationales ! Et, pourtant, l’Amérique exerce une fascination sans limite sur nos centres des recherche (« think tanks », cela fait plus chic et plus sérieux ») – sans parler de l’école néoconservatrice (« la secte » ou « la meute ») qui fait la pluie et le beau temps dans la diplomatie française – qui ont les yeux de Chimène pour tous les concepts provenant d’Outre-Atlantique. À tel point que l’on peut se demander si le pays des Lumières ne manquerait pas de bons esprits capables de réfléchir de manière indépendante sur les évolutions du monde d’aujourd’hui, voire de les anticiper. Et cela est d’autant plus préoccupant que les dernières décennies sont truffées d’exemples de la faillite intellectuelle américaine sur le plan géostratégique : Vietnam, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Irak-Syrie … Un véritable inventaire à la Prévert. Notre Oncle Sam (démocrate ou républicain), qui ose encore se présenter comme l’inspirateur d’essence divine du ou des progrès de la planète, apparait de plus en plus comme un marchand d’illusions de haut vol auquel il est hasardeux de faire confiance.

VIETNAM : LA GROSSE CLAQUE ASIATIQUE

Il est indispensable de revenir au siècle dernier pour apprécier la constance dans l’erreur des États-Unis dans les crises où ils ont décidé de s’impliquer. Après s’être félicités de la débâcle de Dien Bien Phu en 1954, les Américains entendent reprendre la place laissée libre par la France – la nature ayant horreur du vide – en déroute de la Quatrième République en Indochine. Petit à petit, ils constatent que l’affaire est moins simple que prévu. Ils y dépêchent d’abord quelques conseillers militaires pour épauler les Vietnamiens du Sud (sorte de rempart de l’Occident) en proie à un harcèlement constant des Vietnamiens du Nord (sorte de cheval de Troie du communisme). Cela n’étant pas suffisant, ils y envoient un véritable corps expéditionnaire pléthorique censé infliger une véritable correction à ces pouilleux du général Giap. L’affaire tourne mal. En dépit d’une guerre sans merci, de l’utilisation à outrance de l’aviation, de défoliants et autres armes intelligentes, l’aventure tourne à la débandade pour l’invincible Amérique. Les accords de Paris signent la fin de la récréation et l’une des plus grandes défaites militaire et idéologique des États-Unis de l’après Seconde Guerre mondiale. On se souvient du départ en catastrophe de l’ambassadeur des États-Unis de Saïgon à l’arrivée des troupes du Viêt-Cong. Pas très glorieux de se faire rosser par plus petit que soi. Ce serait du genre humiliant à y regarder de plus près.

Après le séisme produit dans le pays profond par la guerre du Vietnam, l’on pensait l’Amérique vaccinée contre le mal des expéditions coloniales aventureuses pensées et conduites par le très célèbre lobby militaro-industriel dictant sa loi au Pentagone mais aussi et surtout à la Maison Blanche. Mais, c’était mal le connaître. Après une accalmie d’une vingtaine d’année, l’Amérique est rattrapée par ses vieux démons qui vont la conduire en Afghanistan d’où elle avait largement contribué à chasser l’occupant soviétique en armant le bras des Talibans (Cf. les livraisons des missiles Stingersaux Talibans). La fable de l’arroseur arrosé, du retour du boomerang, toutes choses qu’Américains mal dégrossis ne veulent ou ne peuvent pas comprendre tant l’Amérique ne veut entendre les critiques de ses alliés sur leurs aventures hasardeuses. Elle préfère faire la sourde oreille, au mieux, clouer au pilori l’intrépide qui se permet de la critiquer, au pire. C’est la diplomatie du silence dans les rangs serrés des idiots utiles, des courtisans serviles qui sont légions à Evere, le siège de l’église atlantiste qui a pour nom Alliance atlantique ou NATO dans la langue de Shakespeare.

AFGHANISTAN : LE CIMETIÈRE DES EMPIRES

L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement en Afghanistan où les puissances étrangères (Britanniques, Soviétiques et Américains, épaulés par leurs idiots utiles) subissent échec après échec comme si régnait une sorte de malédiction sur ce pays ? Après avoir été éliminés par la coalition des suppos de Washington, les Talibans sont aujourd’hui de retour à Kaboul et ailleurs dans le pays.

L’élimination des Talibans

Plus près de nous, après les évènements tragiques du 11 septembre 2001, l’administration républicaine se lance dans une « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, enrôlant au passage ses idiots utiles d’alliés – plutôt alignés – de l’OTAN pour bouter le barbare (ami de la veille) hors de Kaboul et des principaux centres stratégiques du pays. Une fois encore, elle met le paquet, pour employer cette expression triviale. L’ennemi abandonne ses positions mais pas son idéologie. Peu après, elle décrète que l’ennemi islamiste est terrassé et que l’Afghanistan va entrer dans une nouvelle ère de paix, de prospérité et de démocratie heureuse (la mise en place des équipes de reconstruction provinciales ou PRT). Tout va très bien madame la marquise mais à part çà un petit rien… Les choses ne tournent pas dans le sens souhaité.

Le retour des Talibans

Presque vingt après le début de l’intervention militaire, le bilan est catastrophique. Les Talibans chassés de leurs fiefs reprennent le terrain perdu en infligeant de lourdes pertes aux troupes de la coalition et en faisant à nouveau régner la terreur dans le pays. Les femmes sont les victimes expiatoires de ces fous furieux. Donald Trump, qui comprend que la force ne paie pas, négocie avec eux, se promettant de quitter ce « cimetière des empires » avant 2020, élections obligent1. Fait intéressant à noter, les États-Unis se montrent d’une grande magnanimité avec l’Arabie saoudite (son grand allié depuis le Pacte du Quincy) alors même que les terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 sont en majorité originaires de ce pays comme du reste leur cerveau Oussama Ben Laden et qu’elle diffuse dans le monde un islam rigoriste (le wahhabisme) mortifère qui inspire les apprentis terroristes de tout poil, y compris ceux qui vivent en Occident. En termes d’indignation à géométrie variable, les Américains sont hors compétition. Bien évidemment, les alliés de l’oncle Donald (y compris le gouvernement fantoche de Kaboul) ne sont pas conviés aux négociations secrètes entre Américains et Talibans. Ils seront informés le moment venu du résultat des discussions et n’auront pas leur mot à dire. Merci pour tous les morts inutiles qu’ils laisseront derrière eux et qui se seront battus pour le roi de Prusse. Mais, ne nous arrêtons pas à de pareils détails mesquins. Les fameux alliés ont l’habitude d’avaler des couleuvres, des boas sans coup férir. Ils seraient même du genre masochistes et auraient même tendance à en redemander à l’occasion. Tournons notre regard vers l’Irak, objet de toutes les attentions de l’administration républicaine.

IRAK : GUERRES SANS FIN

L’élimination de Saddam Hussein

Dans sa grande sagesse, l’Amérique décrète, au début des années 2000, qu’elle va faire du « Grand Moyen-Orient » une sorte de laboratoire de la démocratie et de la loi du marché qui va étendre ses effets bénéfiques, de proche en proche, à la région au sens large par effet de domino à l’envers. Mais, il existe dans la zone un fauteur de troubles (« trouble maker ») désigné à la vindicte publique qui aurait la fâcheuse tendance à occuper l’un de ses voisins (le Koweït) en violation du droit international (il en sera puni), à aider en sous-mains les terroristes Al-Qaeda (pour se venger de la défaite qui lui a été infligée après l’invasion du Koweït) et, pire encore, à se doter illégalement d’armes de destruction massives, les fameuses ADM ou WMD en anglais (que l’on a du reste jamais trouvées même en cherchant bien). Occasion rêvée de lui rendre gorge, une bonne fois pour toutes et au passage de mettre la main sur ses ressources pétrolières. Chose dite, chose faite. En un tournemain, en dépit de l’opposition française (Cf. le discours de Dominique de Villepin de 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU) et de l’absence d’autorisation du machin (dont l’Amérique n’a que faire), on règle son compte au tyran Saddam Hussein, on élimine tout ce qui, de près ou de loin, a collaboré avec le parti Bath et la bataille est, une fois de plus gagnée. Au passage, toute l’infrastructure administrativo-politique est mise à terre. Le pays est un bateau ivre sans capitaine, si ce n’est quelques marionnettes désignées à et par Washington mais qui ne représentent pas le pays réel. Sunnites et Chiites, sans parler des Kurdes, s’en donnent à cœur joie en commettant attentats sur attentats, plus horribles les uns sur les autres. Une sorte de surenchère permanente dans l’atrocité.

Les bégaiements de l’histoire

Mais, l’histoire semble inexorablement bégayer : bataille gagnée signifie immanquablement guerre perdue. Force est de constater que l’Irak entre dans une période de chaos indescriptible dont elle ne s’est toujours pas remise. Où l’Amérique passe, la paix trépasse. Un vieux classique des relations internationales que notre clergé médiatique a trop tendance à perdre de vue… sans parler de notre élite dirigeante, La Caste qui ignore tout des fondamentaux de la diplomatie. Nos braves inspecteurs des Finances qui confondent les règles de Bercy et celles du Quai d’Orsay. Il est toujours plus facile d’instaurer la pagaille que de rétablir l’ordre dans un pays morcelé et fragmenté entre différentes obédiences de l’Islam qui traine comme un boulet, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le problème kurde. Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour rendre toute réconciliation impossible et l’insurrection possible, voire automatique. Nous n’apprenons décidément rien des leçons de l’expérience.

Non content de cette nouvelle déculottée, les masochistes américains en redemandent et tournent leur regard vers la Libye et le Yémen. Attention, les pyromanes sont de retour. Danger imminent en perspective. Et, c’est bien le cas à la lumière de ce qui se passe et non de ce qui se dit dans nos gazettes et dans nos chancelleries diffuseuses de « bobards » à jet continu. Et cela dans la plus grande indifférence.

LIBYE, YÉMEN : DEUX AFFREUX BOURBIERS

Prenons deux exemples tirés d’une actualité récente pour éclairer notre lanterne et mieux comprendre la politique extérieure américaine ! Les crises en Libye et au Yémen2 en disent long sur l’indigence de la pensée stratégique occidentale en ce début de XXIe siècle, sur l’incapacité de nos bons apôtres à ne pas tomber à pieds joints dans les pièges qu’ils ont eux-mêmes armés volontairement en pensant y piéger l’ennemi.

Libye, un État failli

Il n’est nul besoin de s’appesantir sur la pagaille monstre qui prévaut actuellement en Libye (dans le pays, au sud et au nord pour faire bonne figure) à la suite de l’intervention d’une coalition à laquelle les États-Unis ont prêté main forte même si la France du Petit Nicolas et du grand BHL a joué le rôle de mauvais génie. Une fois encore, bataille gagnée sur le très court terme, guerre perdue sur le long terme. Souvenons-nous des propos lyriques de Nicolas Sarkozy après la mise à mort du guide suprême (celui qui aurait financé sa campagne électorale). Nous en mesurons les multiples conséquences négatives aujourd’hui encore sur le continent africain mais aussi en Europe à travers la crise migratoire. Qu’est-ce que l’Occident a gagné dans cette guerre stupide que nous n’avions pas réfléchie autant qu’elle le méritait ?

Yémen, la « pire catastrophe humanitaire »

Il n’est pas plus besoin de s’arrêter sur l’aide logistique énorme fournie par l’Amérique à son grand allié saoudien3 pour écraser les rebelles houthis avec le succès que l’on sait4. Aujourd’hui, les Emirats arabes unis (EAU) prennent la poudre d’escampette, pour tenter d’échapper, un jour prochain qui sait, aux foudres de la Cour pénale internationale (CPI) en raison des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité (quelques peccadilles) commis dans cette « Arabie heureuse » par l’Arabie saoudite de MBS5. Pour sa part, la France éternelle n’est pas exempte de tout reproche dans cette sale guerre. Une fois n’est pas coutume, les Européens, Allemands en tête refusent de se laisser entraîner dans une improbable nouvelle coalition destinée à jouer les gendarmes du monde dans le détroit d’Ormuz comme le souhaitent les Américains pour punir les Iraniens6. Un sursaut de bon sens et d’orgueil de l’Europe est si rare pour être relevé. Il devrait se prolonger par une construction de sa puissance, condition de son autonomie stratégique. Mais, nous en sommes encore loin.

IRAK-SYRIE : LA FIN DE L’ÉTAT ISLAMIQUE

Après le temps de la guerre la fleur au fusil, vient le temps de la divine surprise, à savoir que la guerre n’aurait servi à rien en dépit des morts ayant donné leur vie pour la bonne cause. Mais, cela ne fait pas la une des grands quotidiens ou des actualités télévisées, ni même des réseaux prétendument sociaux.

La guerre la fleur au fusil

Dans la foulée des « révolutions arabes » au début de la deuxième décennie du XXIe siècle, l’EIIL s’empare d’une portion importante des territoires irakien et syrien pour y installer un califat, pour y faire régner une terreur sans précédent, pour s’accaparer des ressources pétrolières et financières, pour diffuser une propagande mortifère, pour semer la terreur dans la zone (en particulier contre les Kurdes et les Chrétiens) mais aussi en Europe (multiplication des attentats en particulier en France)… C’en est trop pour l’Amérique et ses fidèles affidés dont la France hollandaise et macronienne ! Il faut aller guerroyer pour bouter hors des villes et des campagnes la soldatesque de l’État islamique et ses nébuleuses bien aimées de Laurent Fabius obnubilé par le départ de Bachar Al Assad. Une fois encore, la bataille est rapidement remportée grâce à la supériorité technologique indiscutable occidentale. Les combattants, qui n’ont pas été éliminés, s’évaporent dans la nature. On les dit épuisés et peu désireux de reprendre le combat. Mais, c’est mal connaître les fanatiques de la région. Au début de l’année 2019, Américains, mais aussi nos Pieds Nickelés français (Macron-Parly-Le Drian), clament que la « bête immonde » a été vaincue. Alléluia ! Nous allons enfin pouvoir dormir sur nos deux oreilles. L’ordre occidental règne sur l’Orient compliqué en dépit d’une réinstallation de la Russie en Syrie. Comment en aurait-il pu être autrement tant nos élites sont certaines de leur fait ? La force l’a emporté contre le mal incarné par l’état islamique et sa folie destructrice. Tout va très bien dans le meilleur des mondes des bisounours que nous servent régulièrement nos perroquets à carte de presse qui sévissent quotidiennement sur les chaînes d’abrutissement en continu. Mais, patatras…

La divine-mauvaise surprise

Oh, surprise en ce début du mois d’août 2019, quelques informations aussi baroques qu’inquiétantes nous parviennent du Pentagone, une sorte d’usine à bobards. Tel Lazare, l’EIIL renaitrait de ses cendres, envisagerait de reprendre ses opérations militaires en Irak et en Syrie, de commettre quelques attentats en Europe pour bien démontrer qu’il n’a rien perdu de sa vigueur et de son audience en dépit de sa mise à l’écart des grands centres urbains. Dans la foulée, et comme un seul homme, la communauté du renseignement occidentale reprend les saintes écritures américaines en les psalmodiant à longueur de journée sur les chaînes d’abrutissement en continu. La peste islamiste pourrait de nouveau sévir dans nos villes et dans nos campagnes dès la rentrée de septembre. Qu’on se le dise ! Il est plus facile de gagner une bataille sur le terrain qu’une guerre idéologique.

Si nous comprenons bien, vérité de janvier ne serait plus vérité d’août ! Curieux. De deux choses l’une, soit la propagande officielle occidentale éhontée (pour une fois, les « fake news » ne viendraient pas ou plus du Kremlin) nous avait trompés en nous disant que la bataille contre l’EIIL avait été gagnée pour nous enfumer avec de bonnes paroles rassurantes, soit nos éminents stratèges avaient mal analysé la situation sur le terrain en dépit de leurs immenses capacités de renseignement, ce qui ne serait pas très glorieux pour la puissante Amérique. Dans tous les cas, tout ceci ne serait pas très rassurant en termes de garantie de notre sécurité. Le moins que l’on puisse dire est que la Syrie a été une défaite pour l’Occident dont les conséquences sont graves sur le plan mondial. Mais, en France, on préfère sanctionner le colonel Legrier qui a eu l’immense tort de dire ce qu’il pensait de l’alignement de la stratégie française sur celle des États-Unis en Irak et en Syrie que ceux qui encensaient Jupiter. Le militaire a dit la vérité, il doit être exécuté. Au passage, nous subissons les foudres de l’ONU pour renvoyer en Irak quelques illuminés7. La fessée est magistrale8. Décidément, le machin ne manquera pas de nous surprendre… en mal au moment même où il est incapable de s’acquitter de sa mission de maintien de la paix et de la sécurité internationales sur terre. Rôle qui serait d’autant plus opportun alors que les relations internationales sont basées sur la puissance. La force prime désormais le droit.

La suite au prochain numéro. C’est bien connu la puissante Amérique ne s’épanouit qu’en se trouvant de nouveaux ennemis que l’on va abattre définitivement sous le poids de bombes de plus en plus sophistiquées et intelligentes (« smart » pour les experts). C’est surtout bon pour les vendeurs d’armes qui n’ont rien à faire de la paix dans le monde9. Il lui a fallu de nombreuses années pour se remettre de la perte de l’ennemi héréditaire que fut l’Union soviétique après la chute du Mur de Berlin. Les terroristes ont fait et continuent de faire encore l’affaire. Mais, la liste s’est allongée depuis : Russie de nouveau, Chine qui découvre la fée sanction10 comme la Corée du nord et l’Iran punie d’avoir respecté ses engagements nucléaires souscrits dans l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, déchiré par Donald Trump. Tout va très bien, le lobby des armes a des arguments pour vendre des armes manu larga et se remplir les poches. Drôle de conception de la paix dans le monde que celle qui nous vient d’Outre-Atlantique ! Au passage, la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ainsi que les tensions artificielles dans le détroit d’Ormuz font monter les cours du baril de pétrole. Encore, une excellente occasion d’en tirer profit pour certains attirés par le lucre11.

« L’histoire se répète toujours deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce »12. Et, c’est bien ce que nous constatons aujourd’hui à propos de nos amis et alliés d’Outre-Atlantique. L’Amérique est décidément indécrottable. Elle galope d’échec militaire en échec militaire sans qu’elle n’en tire les conclusions qui s’imposent. En dehors de ses questions intérieures (et l’on peut en douter à l’aune d’affaires récentes de toutes natures13, en particulier les récentes tueries14), l’Amérique ne comprend rien au monde extérieur. Il lui est tout à fait étranger, pour ne pas dire totalement étranger. Les Américains ne comprennent rien au passé, au présent et encore moins à l’avenir. Rappelons que l’éternité est faite de trois dimensions, celle du passé, celle du présent, celle de l’avenir !

Les Américains estiment, à tort, que le monde va se plier à leurs désirs, à leurs exigences de cowboys, de shérifs du monde. Mais, cela ne fonctionne pas ainsi. Ce serait plutôt le contraire. Ils sont contraints de tirer les conséquences de leurs défaites en laissant des États au bord du chaos généralisé. Mais, ils ne sont pas spécialement adeptes du retour d’expérience (« retex » chez les militaires) pour éviter de reproduire les mêmes erreurs. Cela leur éviterait de graves déconvenues.
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Quand les Européens voudront-ils bien reconnaître que l’OTAN, c’est-à-dire les États-Unis, est une menace pour l’Europe parce qu’elle est un instrument de déresponsabilisation et un outil de maintien et de renaissance des tensions en Europe ?15 Ils e peuvent attendre la fin des divisions entre l’est et l’ouest pour agir. Mais, trêve de plaisanterie. L’honneur est sauf. L’Amérique est à l’Ouest géographiquement mais elle l’est aussi sur le plan géostratégique.

Guillaume Berlat
19 août 2019

1 Jacques Follorou, Afghanistan : les Américains pourraient partir fin 2020. Washington et les talibans sont engagés depuis onze mois à Doha dans des négociations de paix, Le Monde, 10 août 2019, p. 4.
2 Hélène Sallon, Yémen : des fissures dans le front antihoutistes, Le Monde, 13 août 2019, p. 3.
3 Renaud Girard, L’incroyable fiasco saoudien au Yémen, Le Figaro, 13 août 2019, p. 19.
4 Delphine Minoui, Yémen : le front anti-houthiste vole en éclats, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
5 Trump parrain de la bombe saoudienne ?, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
6 Norbert Röttgen, Dans la crise du détroit d’Ormuz, l’Europe doit se détacher des États-Unis, Le Monde, 11-12 août 2019, p. 27.
7 Inès Daif, L’ONU critique le traitement des djihadistes français, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
8 Allan Kaval/Hélène Sallon, Transfert des djihadistes : l’ONU interpelle Paris, Le Monde, 13 août 2019, p. 2.
9 Alain Joxe, Les guerres de l’empire global, éditions La Découverte, 2012.
10 Claude Angeli, Course à la guerre froide entre Pékin et Washington, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
11 Nabil Wakim, Le marché mondial de l’or noir au bord de la crise, Le Monde, 13 août 2019, p. 9
12 Régis Debray, L’Europe fantôme, Gallimard, 2019, p. 41.
13 Mathieu Bock-Côté, Les racines de la violence aux États-Unis, Le Figaro, 10-11 août 2019, p. 19.
14 États-Unis : plus de 250 tueries depuis janvier… Et Trump défend toujours les armés ricains !, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 1.
15 Général Desportes : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », Le Figaro, 25-26 mai 2019, p. 20.

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Rédacteur en chef : Richard Labévière
Rédaction: Michel Annequin, Jean-Claude Bainville, Bouchra Belguellil, Guillaume Berlat, Jacques-Marie Bourget,
Alain Chouet, Bernard Cornut, François Nicoullaud, Etienne Pellot, Bertrand Renouvin.


https://prochetmoyen-orient.ch/guerre-les-americains-sont-alouest/

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

Les succès de la diplomatie russe au Moyen-Orient

par Thierry Meyssan

Les changements politiques qui transforment le Moyen-Orient depuis deux mois sont la résultante non pas de l’écrasement de protagonistes, mais de l’évolution des points de vue iranien, turc et émirati. Là où la puissance militaire états-unienne a échoué, la finesse diplomatique russe a réussi. Refusant de se prononcer sur les crimes des uns et des autres, Moscou parvient à pacifier lentement la région.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 AOÛT 2019 عربيESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆРУССКИЙENGLISH

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Depuis cinq ans, la Russie a multiplié les démarches pour rétablir le Droit international au Moyen-Orient. Elle s’est particulièrement appuyée sur l’Iran et la Turquie dont elle ne partage pourtant pas la manière de penser. Les premiers résultats de ce patient exercice diplomatique redessinent les lignes de partage au sein de plusieurs conflits.

De nouveaux rapports de force et un nouvel équilibre se mettent discrètement en place dans la vallée du Nil, au Levant et dans la péninsule arabique. Au contraire, la situation se bloque dans le Golfe persique. Ce changement considérable et coordonné touche différents conflits apparemment sans lien entre eux. Il est le fruit de la patiente et discrète diplomatie russe [1] et, dans certains dossiers, de la relative bonne volonté US.

À la différence des États-Unis, la Russie ne cherche pas à imposer sa vision du monde. Elle part au contraire de la culture de ses interlocuteurs qu’elle modifie par petites touches à son contact.

Recul des jihadistes et des mercenaires kurdes en Syrie

Tout à commencé le 3 juillet : un des cinq fondateurs du PKK, Cemil Bayik, publiait une tribune libre dans le Washington Postappelant la Turquie à ouvrir des négociations en levant l’isolement de son prisonnier le plus célèbre : Abdullah Öcalan [2]. Soudain, les visites en prison du leader des Kurdes autonomistes de Turquie, interdites depuis 4 ans, furent à nouveau autorisées. Cette ouverture fut immédiatement considérée comme une trahison par le Parti républicain du peuple qui manqua à l’appel de l’AKP le 23 juin à Istanbul, infligeant une sévère défaite électorale au candidat du président Erdoğan.

Simultanément, les combats reprenaient dans la zone occupée par Al-Qaïda au Nord de la Syrie, le gouvernorat d’Idleb. Cet Émirat islamique n’a pas d’administration centrale, mais une multitude de cantons affectés à des groupes combattants divers. La population est nourrie par des « ONG » européennes affiliées aux services secrets de ces pays et la présence de l’armée turque dissuade les jihadistes de tenter de conquérir le reste de la Syrie. Cette situation étant peu avouable, la presse otanesque présente l’Émirat islamique d’Idleb comme le paisible refuge des « opposant modérés à la dictature d’Assad » Soudain, Damas, appuyé par un soutien aérien russe, a commencé à reconquérir le territoire et l’armée turque à se retirer en silence. Les combats sont extrêmement meurtriers, en tout premier lieu pour la République. Cependant, après plusieurs semaines, l’avancée est notable, de sorte que si rien ne l’arrête, la province pourrait être libérée en octobre.

Le 15 juillet, à l’occasion du troisième anniversaire de la tentative de l’assassinat dont il fut l’objet et du coup d’État improvisé qui suivit, le président Erdoğan annonçait la redéfinition de l’identité turque, non plus sur une base religieuse, mais nationale [3]. Il révélait aussi que son armée allait balayer les forces du PKK en Syrie et transférer une partie des réfugiés syriens dans une zone frontalière de 30 à 40 kilomètres de profondeur. Cette zone correspond à peu près à celle dans laquelle le président Hafez el-Assad avait autorisé, en 1999, les Forces turques à réprimer d’éventuels tirs d’artillerie kurde. Après avoir annoncé que le Pentagone ne pouvait pas abandonner ses alliés kurdes, des émissaires états-uniens vinrent à Ankara faire le contraire et approuver le plan turc. Il s’avère que, comme nous l’avons toujours dit, les chefs du « Rojava », ce pseudo État autonome kurde en terre syrienne, sont presque tous de nationalité turque. Ils occupent donc la région qu’ils ont nettoyée ethniquement. Leurs troupes, de nationalité syrienne, envoyèrent alors des émissaires à Damas pour demander la protection du président Bachar el-Assad. Rappelons que les Kurdes sont une population nomade sédentarisée au début du XXème siécle. Selon la Commission King-Crane et la conférence internationale de Sèvres (1920), un Kurdistan n’est légitime que dans l’actuel territoire turc [4].

Il est peu probable que la France et l’Allemagne laisseront la Syrie reconquérir la totalité de l’Émirat islamique d’Idleb et abandonneront leur fantasme de Kurdistan, n’importe où (en Turquie, en Iran, en Iraq ou en Syrie, mais pas en Allemagne où ils sont pourtant un million). Ils pourraient y être contraints.

De même, malgré les discussions actuelles, il est peu probable que si la Syrie se décentralise, elle accorde la moindre autonomie à la région qui fut occupée par les Kurdes turcs.

Après plusieurs années de blocage, la libération du Nord de la Syrie repose uniquement sur le changement de paradigme turc, fruit des erreurs états-uniennes et de l’intelligence russe.

Partition de facto du Yémen

Au Yémen, l’Arabie saoudite et Israël soutiennent le président Abdrabbo Mansour Hadi en vue d’exploiter les réserves pétrolières qui sont à cheval sur la frontière [5]. Ce dernier doit faire face au soulèvement des zaïdites, une école du chiisme. Avec le temps, les Saoudiens ont reçu l’aide des Émiratis, et la Résistance zaïdites de l’Iran. Cette guerre, alimentée par les Occidentaux, provoque la pire famine du XXIème siècle.

Cependant, contrairement à l’organisation des deux camps, le 1er août, les gardes-côtes émiratis ont signé un accord de coopération transfrontalier avec la police des frontières iranienne [6]. Le même jour, le chef de la milice yéménite financée par les Émirats (dite « Conseil de transition du Sud » ou « Ceinture de sécurité » ou encore « séparatistes »), Abu Al-Yamana Al-Yafei, a été assassiné par les Frères musulmans du parti Islah financé par l’Arabie saoudite [7].

À l’évidence l’alliance entre deux princes héritiers d’Arabie et des Émirats, Mohammed ben Salmane (« MBS ») et Mohammed ben Zayed Al Nahyane (« MBZ »), est malmenée.

Le 11 août la milice soutenue par les Émirats prenait d’assaut le palais présidentiel et divers ministères à Aden, malgré le soutien de l’Arabie au président Hadi ; lequel était déjà réfugié depuis longtemps à Riyad. Le lendemain, « MBS » et « MBZ » se rencontraient à La Mecque en présence du roi Salmane. Ils rejetaient le coup d’État et appelaient leurs troupes respectives au calme. Le 17 août les pro-Émiratis évacuaient en bon ordre le siège du gouvernement.

Durant la semaine où les « séparatistes » avaient pris Aden, les Émirats contrôlaient de facto les deux rives du très stratégique détroit de Bab el Mandeb reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Maintenant que Riyad a préservé son honneur, il va falloir accorder une contrepartie à Abou Dhabi.

Sur ce champ de bataille, le changement est imputable aux seuls Émirats qui, après avoir payé un lourd tribu, tirent la leçon de cette guerre ingagnable. Prudents, ils se sont d’abord rapprochés des Iraniens avant d’envoyer ce coup de semonce à leur puissant allié et voisin saoudien.

Chaises musicales au Soudan

Au Soudan, après que le président Omar el-Béchir (Frère musulman dissident), ait été renversé par des manifestations de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) et que la hausse du prix du pain ait été annulée, un Conseil militaire de transition était placé au pouvoir. Dans la pratique, cette révolte sociale et quelques milliards de pétro-dollars permettait à l’insu des manifestants de faire passer le pays d’une tutelle qatarie à une autre saoudienne [8].

Le 3 juin, une nouvelle manifestation de l’ALC était dispersée dans le sang par le Conseil militaire de transition, faisant 127 morts. Face à la condamnation internationale, le Conseil militaire engageait des négociations avec les civils et concluait un accord le 4 août, qui fut signé le 17. Pour une période de 39 mois, le pays sera gouverné par un Conseil suprême de 6 civils et de 5 militaires, dont l’accord ne précise pas les identités. Ils seront contrôlés par une Assemblée de 300 membres nommés et non pas élus, comprenant 67 % de représentants de l’ALC. Il n’y a évidemment rien de démocratique là dedans et aucune des parties ne s’en plaint.

L’économiste Abdallah Hamdok, ancien responsable de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique deviendra Premier ministre. Il devrait obtenir la levée des sanctions dont le Soudan fait l’objet et réintégrer le pays dans l’Union africaine. Il fera juger l’ancien président Omar el-Béchir dans le pays afin de lui garantir de ne plus pouvoir être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international.

Le véritable pouvoir sera détenu par le « général » Mohammed Hamdan Daglo (dit « Hemetti »), qui n’est pas général, ni même soldat, mais chef de la milice employée par « MBS » pour mater la Résistance yéménite. Durant ce jeu de chaises musicales, la Turquie —qui dispose d’une base militaire sur l’île soudanaise de Suakin pour encercler l’Arabie saoudite— n’a rien dit.

De fait la Turquie accepte de perdre à Idleb et au Soudan pour gagner contre les mercenaires pro-US kurdes. Seul ce dernier enjeu est vital pour elle. Il aura fallu beaucoup de discussions pour qu’elle se rende compte qu’elle ne pouvait pas gagner sur tous les tableaux à la fois et qu’elle hiérarchise ses priorités.

Les États-Unis contre le pétrole iranien

Londres et Washington poursuivent leur concurrence, entamée il y a soixante dix ans, pour contrôler le pétrole iranien. Comme à l’époque de Mohammad Mossadegh, la Couronne britannique entend décider seule ce qui lui appartient en Iran [9]. Tandis que Washington, ne veut pas que ses guerres contre l’Afghanistan et l’Iraq profitent à Téhéran (conséquence de la doctrine Rumsfeld/Cebrowski) et entend fixer le prix mondial de l’énergie (doctrine Pompeo) [10].

Ces deux stratégies se sont télescopées lors de la saisie du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de la colonie britannique de Gibraltar. L’Iran a, à son tour, arraisonné deux tankers britanniques dans le détroit d’Ormuz prétendant —insulte suprême— que le principal transportait du « pétrole de contrebande », c’est-à-dire du pétrole subventionné iranien acheté par Londres au marché noir [11]. Lorsque le nouveau Premier ministre, Boris Johnson, réalisa que son pays était allé trop loin, il eut la « surprise » de voir la justice « indépendante » de sa colonie libérer le Grace 1. Immédiatement Washington émit un mandat pour le saisir à nouveau.

Depuis le début de cette affaire, les Européens font les frais de la politique états-unienne et protestent sans grandes conséquences [12]. Seuls les Russes défendent non pas leur allié iranien, mais le Droit international comme ils l’ont fait à propos de la Syrie [13] ce qui leur permet d’avoir une ligne politique toujours cohérente.

Dans ce dossier, l’Iran fait preuve d’une très grande ténacité. Malgré le virage clérical de l’élection de cheik Hassan Rohani, en 2013, le pays se réoriente vers la politique nationale du laïque Mahmoud Ahmadinejad [14]. Son instrumentation des communautés chiites en Arabie saoudite, à Bahreïn, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen pourrrait se transformer en un simple soutien. Là encore, c’est des longues discussions d’Astana que ce qui est évident pour les uns l’est devenu pour les autres.

Conclusion

Avec le temps, les objectifs de chaque protagoniste se hiérarchisent et leurs positions se précisent.

Conforme à sa tradition, la diplomatie russe ne cherche pas, à la différence de l’états-unienne, à redessiner les frontières et les alliances. Elle tente de démêler les objectifs contradictoires de ses partenaires. Ainsi a t-elle aidé l’ancien Empire ottoman et l’ancien Empire perse à s’éloigner de leur définition religieuse (les Frères musulmans pour le premier, le chiisme pour le second) et à revenir à une définition nationale post-impériale. Cette évolution est extrêmement visible en Turquie, mais suppose un changement de têtes en Iran pour se réaliser. Moscou ne cherche pas à « changer les régimes », mais certains aspects des mentalités.

Thierry Meyssan

[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

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[1] Voir les paragraphes 3, 4, 5 et 10 de la « Déclaration conjointe de la Russie, de l’Iran et de la Turquie relative à la Syrie », Réseau Voltaire, 2 août 2019, et les comparer avec les déclarations des réunions précédentes.

[2] “Now is the moment for peace between Kurds and the Turkish state. Let’s not waste it”, by Cemil Bayik, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 3 July 2019.

[3] « La Turquie ne s’alignera ni sur l’Otan, ni sur l’OTSC », « La Turquie renonce une seconde fois au Califat », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 et 13 août 2019.

[4] « Les projets de Kurdistan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 septembre 2016.

[5] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[6] « إيران والإمارات توقعان اتفاقا للتعاون الحدودي« , RT, 01/08/19.

[7] “Missile fired by Yemen rebels kills dozens of soldiers in port city of Aden”, Kareem Fahim & Ali Al-Mujahed, The Washington Post, August 1, 2019.

[8] « Le renversement d’Omar el-Béchir », par Thierry Meyssan ; « Le Soudan est passé sous contrôle saoudien », « La Force de réaction rapide au pouvoir au Soudan », Réseau Voltaire, 16, 20 & 24 avril 2019.

[9] « Londres défend ses lambeaux d’Empire face à l’Iran », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 juillet 2019.

[10] « La nouvelle Grande stratégie des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 26 mars 2019. “Advancing the U.S. Maximum Pressure Campaign On Iran” (Note : The graph was distributed with the text !), Voltaire Network, 22 April 2019.

[11] « Royaume-Uni/Iran : « Grace 1 » et « British Heritage » », Réseau Voltaire, 11 juillet 2019.

[12] « Déclaration conjointe des chefs d’État et de gouvernement de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni à propos de l’Iran », Réseau Voltaire, 14 juillet 2019.

[13] “Russian comment on the seizure of the Panama-flagged tanker by Gibraltar authorities ”, Voltaire Network, 5 July 2019.

[14] Par laïque, nous entendons que le très mystique président Ahmadinejad voulait séparer les institutions religieuses et politiques et mettre fin à la fonction platonicienne du Guide de la Révolution.

SITUATION MILITAIRE AU YÉMEN LE 15 AOÛT 2019 (CARTE MISE À JOUR)

SITUATION MILITAIRE AU YÉMEN LE 15 AOÛT 2019 (CARTE MISE À JOUR)

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Situation militaire au Yémen le 15 août 2019 (Carte mise à jour)

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  • Les forces saoudiennes ont attaqué les positions d’Ansar Allah dans la montagne Al Dud et dans la région de Malahit;
  • Des affrontements entre Ansar Allah et des forces sous contrôle saoudien dans la région de Hayran;
  • De violents affrontements entre Ansar Allah et les forces saoudiennes ont été signalés dans les districts de Khab et Shaaf;
  • Les avions de combat de la coalition saoudienne se sont rendus dans le district de Baqim;
  • Les forces saoudiennes ont pilonné Durayhimi avec 60 obus de mortier;
  • Des violations du cessez-le-feu ont été signalées à Al Hudaydah.

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Comment l’alliance saoudienne-UAE réagira-t-elle à la menace grandissante des Houthis dans le sud du Yémen?

Comment l’alliance saoudienne-UAE réagira-t-elle à la menace grandissante des Houthis dans le sud du Yémen?

Khalil Dewan8 août 2019 09:19 UTC | Dernière mise à jour: il y a 1 jour 5 heuresÀ mesure que la confiance des Houthis envers leur arsenal militaire évolue, la guerre dépasse de plus en plus les frontières du Yémen.

Les forces de sécurité yéménites se précipitent sur le lieu d’une attaque au missile à Aden le 1er août (AFP)226.9kShares

Jeudi dernier, les Houthis du Yémen ont revendiqué deux attaques meurtrières contre un défilé militaire dans la ville d’ Aden, dans le sud du Yémen, et un site militaire dans la ville de Dammam, dans l’est de l’Arabie saoudite.

Peu de temps après, des kamikazes ont pris pour cible un poste de police dans le quartier de Sheikh Othman à Aden, faisant plus de 10 morts , mais les Houthis ne l’ont pas affirmé.

Les opérations de suicide ne sont pas le modus operandi des Houthis, mais nous avons été témoins de telles attaques d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQAP).L’État islamique au Yémen a finalement revendiqué l’attaque du poste de police, bien que la présence de ce groupe dans le conflit ait été périphérique.

AQAP semble actuellement recentrer ses opérations meurtrières contre les forces de la ceinture de sécurité soutenues par les Émirats arabes unis dans la région d’ Al Mahfad à Abyan. Une série d’attaques ont déjà été revendiquées.

Opérations létales

L’attaque des Houthis contre le défilé militaire à Aden s’explique par deux raisons principales. Premièrement, le retrait des EAU a rendu vulnérables les forces du Yémen du Sud soutenues par les EAU. Deuxièmement, l’attaque était une frappe préventive visant à empêcher une marche militaire vers Taiz et d’autres fronts.

À l’avenir, nous devrions nous attendre à un autre changement par rapport aux EAU: un renversement de la stratégie de retrait prématuré et de la stratégie « la paix d’abord »

Mohammad al-Bukhaiti, haut responsable du bureau politique des Houthis, a déclaré à MEE que le défilé militaire était «destiné à nous combattre sur le front». Il a ajouté que le tirage au sort des EAU « était positif, mais nous ne les avons pas ciblés pour cette raison. Ils ne bénéficient pas de l’immunité pour se retirer, car ils nous combattent encore ».

Le dirigeant houthi, Sayyid Abdul-Malik al-Houthi, a lancé cette semaine un sévère avertissement aux Émirats arabes unis de respecter leur engagement de réduction des dépenses afin de préserver leur « situation économique » . Cela fait écho à la position des Houthis en matière d’objectifs de coalition si les forces de la coalition n’arrêtent pas les hostilités au Yémen.

De manière significative, l’attaque d’Aden a tué le brigadier général Munir al-Mashali , une figure dirigeante du mouvement séparatiste du sud. Son assassinat a constitué une victoire importante pour les Houthis – une rétribution pour le meurtre de la personnalité éminente des Houthis par la coalition saoudo-émirienne, Saleh al-Sammad en 2018.

Tensions tribales

Les tensions internes montent dans le sud à la suite du meurtre de Mashali, des chefs de tribus estimant apparemment que les Houthis ont reçu un soutien interne à Aden pour mener à bien les attaques. Dans une interview avec un écrivain local, un représentant du Conseil de transition du Sud (CTS) a évoqué une «conviction plus large dans le sud que les Houthis avaient une aide précieuse et que l’aide venait de l’intérieur du gouvernement Hadi».

Si cela est prouvé, cela modifierait la dynamique militaire et creuserait le fossé de la vulnérabilité dans le sud, qui est actuellement exploité par les Houthis et AQAP.Selon une information rapportée par les médias, les chefs de tribus Yafa ont démenticette déclaration. Mais certains ont appelé à reporter l’enterrement de Mashali jusqu’à ce que la vérité soit révélée, a déclaré une source à MEE sous le couvert de l’anonymat.

Une victime de l'attaque du défilé militaire d'Aden est placée sous un drapeau du CTS le 1er août (AFP)
Une victime de l’attaque du défilé militaire d’Aden est placée sous un drapeau du CTS le 1er août (AFP)

«[Les] peuples du Sud, y compris les chefs de tribus, les politiciens et les responsables militaires, sont toujours sous le choc de ce qui s’est passé jeudi dernier», a déclaré à MEE Murad Abdo, un activiste du sud du Yémen. Le STC soutenu par les Emirats Arabes Unis n’a pas encore annoncé la conclusion de son enquête sur l’attaque du défilé.

Un jour après les attaques, le brigadier général Yahya Saree, porte-parole de l’armée houthie, a tenu une conférence de presse à Sanaa, affirmant que l’attaque de Dammam avait été exécutée à l’aide d’un missile Borkan-3 . Saree a exprimé sa confiance, via la chaîne officielle Telegram du groupe, que des missiles Houthis pourraient frapper des cibles au-delà de Riyad, qualifiant la grève « d’expérimentation », « en représailles des derniers crimes commis par la coalition américano-saoudienne contre le peuple yéménite ».

Pression de montage

Le Borkan-3 donne aux Houthis l’assurance qu’ils peuvent exercer une pression accrue sur l’alliance dirigée par l’Arabie saoudite. Un représentant des Houthis a affirmé via Telegram que les missiles en leur possession «peuvent cibler tous les sites militaires et économiques sensibles» en Arabie saoudite. Un média aligné par les Houthis a publié une vidéo du missile qui se rendrait à Dammam.

La principale question est de savoir comment l’alliance saoudienne et émirienne va réagir à cette pression croissante. Le blowback a déjà commencé: « Le redéploiement à Hodeidah est l’aboutissement du dialogue de la coalition », a tweeté Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis. De toute évidence, les EAU se précipitent pour protéger leur projet dans le sud.

Le retrait des Yémen au Yémen laisse l’Arabie saoudite exposéeLire la suite « 

À l’avenir, nous devrions nous attendre à un autre changement par rapport aux Émirats arabes unis: un renversement de la stratégie de retrait prématuré et de stratégie de «paix d’abord». Alors que la confiance des Houthis dans son arsenal militaire évolue, l’alliance saoudienne-Émirats arabes unis doit tenir compte des menaces qui pèsent au-delà du Yémen. Les Houthis ont envoyé plusieurs missiles et drones en Arabie saoudite au cours des derniers mois et semblent élargir leurs capacités de lutte contre les menaces aériennes.

Sur la base de mon engagement précédent avec les Houthis, il y a eu une divergenceentre le bureau politique et l’aile militaire depuis 2017 sur l’opportunité de prendre part à des pourparlers de paix ou de poursuivre le combat contre la coalition saoudienne-UAE dans leur propre pays. Il est clair que l’aile militaire a triomphé du conflit au-delà du Yémen.

Peu de temps après l’attaque de Dammam, les Houthis auraient attaqué le Najran (Arabie saoudite) avec un missile Badr-F , tuant et blessant des dizaines de personnes. L’alliance saoudienne et émirienne doit évaluer de toute urgence la menace de retour en arrière d’une campagne de frappe aérienne continue et confuse au Yémen.

Les opinions exprimées dans cet article appartiennent à l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.Khalil DewanKhalil Dewan est chercheur au TRT World Research Center basé à Istanbul et contribue au Yémen avec Bellingcat. Auparavant, il a travaillé pour un cabinet-conseil international axé sur le risque au Yémen et sur la crise du Qatar et du Golfe, axé sur les risques politiques, sécuritaires et violents. Il tweete @KhalilDewan

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