Corée du Nord: pourquoi la prolifération nucléaire ? Par Jacques Sapir

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 04-09-2017

Le nouvel essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord, venant après des essais répétés de missiles à moyenne, et peut-être à longue portée, souligne une fois de plus les incohérences de la position des Nations-Unies sur la prolifération nucléaires. Et pourtant, cette position se fondait, du moins initialement, sur un constat logique : il y a un intérêt de l’ensemble des pays, qu’ils soient dotés de l’arme nucléaire ou pas, à limiter le nombre de pays disposant d’un arsenal nucléaire opérationnel. Mais, cette position de fond, qui sous-tend le traité de non-prolifération, ne peut être défendue que si l’ensemble des pays, et à commencer par les plus puissants, respectent les règles internationales. Or, et ce depuis le début des années 1990, un pays en particulier – les Etats-Unis pour le nommer – s’est à plusieurs repris affranchi de ces règles. On a pu le constater, du Kosovo à l’Irak. La subversion de l’ordre international que ce comportement a impliqué a conduit à une grande incertitude en ce qui concerne l’ordre international, qui a tendu à être de plus en plus régi par le principe de « la loi du plus fort ». Dans ces conditions, on ne doit pas s’étonner de ce que certains pays cherchent à se doter d’armes nucléaires opérationnelles.

Ceci souligne le lien qui existe, mais que nombre de dirigeants ne veulent pas reconnaître, entre la subversion du droit international et les tendances à la prolifération nucléaire. Cette dernière pose un véritable problème, et en premier lieu parce que le « coût d’entrée » du nucléaire militaire tend aujourd’hui à fortement baisser. Un certain nombre de techniques, et de technologies, non seulement nucléaires mais aussi concernant les missiles balistiques, sont devenues plus accessibles. Aussi ne peut-on plus, aujourd’hui, considérer que l’acquisition de systèmes d’armes nucléaires serait hors de portée de puissances dites « moyennes ». C’est bien le problème qui est posé, que ce soit par la Corée du Nord ou, dans une moindre mesure, par le programme nucléaire iranien. Mais, on ne réglera ce problème qu’en intervenant à se source, c’est à dire à l’instabilité des relations internationales issue du non-respect de la règle de droit.

Le début de la prolifération

Le phénomène de prolifération nucléaire s’est fortement accéléré depuis les années 1970 et plusieurs pays se sont dotés d’armes nucléaires, au-delà du « club des 5 » représenté par les puissances du Conseil de Sécurité, soit les Etats-Unis, la Russie, la Grande Bretagne, la France et la Chine (par ordre d’accession à l’arme nucléaire).

Les deux premiers « proliférateurs » ont été l’Inde et Israël. Pour le cas de l’Inde, il s’agissait, initialement, de répondre à la montée vers le nucléaire de la Chine. Pendant plusieurs années, l’Inde s’est contenté de démontrer un « capacité » nucléaire avec la détonation d’un « dispositif », soit d’une bombe qui n’était nullement militarisée, en 1974. Devant la menace que représentait, d’un point de vue Indien, les essais pakistanais, l’Inde devait procéder 24 ans plus tard, le 11 et 13 mai 1998, et ce alors que l’Inde n’était pas encore signataire du TNP à de nouveaux essais, cette fois clairement militaires. Ces essais comprirent alors l’explosion de plusieurs bombes. Il y eu le 11 mai trois essais, testant la bombe A et la bombe H, et, le 13 mai, deux autres essais utilisant des petites charges : « L’Inde a ainsi démontré qu’elle était compétente dans toute la gamme des armes nucléaires, tant en termes de puissance que de miniaturisation. [1]» L’Inde disposerait aujourd’hui d’un arsenal comprenant de 30 à 150 charges nucléaires militaires, ainsi que de missiles capables de les porter.

Israël s’est lancé, dès la fin des années 1950, dans une course à l’armement nucléaire, avec l’aide initiale de la France (de 1956 à 1961), puis des Etats-Unis et de l’Afrique du Sud[2]. Un test a eu lieu en Afrique du Sud en 1979, presque certainement suite à la coopération entre les deux pays. Elle dispose aujourd’hui de plusieurs centaines d’armes (entre 150 et 400), qui peuvent être lancées que ce soit par missiles (le Jéricho), par avions, ou depuis des sous-marins diésels-électriques équipés de missiles de croisière. Une omertaimportante continue de régner sur le programme nucléaire israélien dans les milieux politiques puisque, encore en 2015, le Président François Hollande, contre toute évidence, a prétendu qu’Israël ne disposait pas de l’arme nucléaire[3]. La relative facilitée avec laquelle Israël a pu se doter d’un important arsenal nucléaire a, bien entendu, encouragé d’autres pays à suivre son exemple.

Les « proliférateurs tardifs »

Les pays qui ont suivi l’exemple d’Israël et de l’Inde sont donc le Pakistan, l’Afrique du Sud, et la Corée du Nord.

Le Pakistan s’est lancé dans un programme nucléaire, avec des financements saoudiens, à la suite de l’essai nucléaire indien. Le Pakistan a commencé à communiquer sur ce point à la fin des années 1980. Ce programme a donné lieu à une série de tests en mai 1998. Aujourd’hui, le Pakistan dispose d’environ 300 armes nucléaires et de fusées à moyenne portée ciblant essentiellement l’Inde[4]. Il est possible que l’Arabie Saoudite ait obtenu le « droit » de récupérer certaines des ogives si elle en faisait la demande. Très clairement, le programme pakistanais est vu, depuis l’Iran, comme celui qui a donné naissance à une bombe « sunnite ».

L’Afrique du Sud avait développé un programme nucléaire en coopération avec Israël comme précédemment mentionné. Le gouvernement de de Klerk et celui de Nelson Mandela, ont donné leur accord pour que ce programme soit démantelé. Les matières fissiles et les bombes (3 à 5) existantes ont été transférées aux Etats-Unis pour y être démantelé. L’Afrique du Sud est, actuellement, le seul pays ayant délibérément renoncé à l’arme nucléaire après s’en être doté.

La Corée du Nord semble mener un programme nucléaire depuis 1989. Elle s’est officiellement retiré du Traité de Non-Prolifération eu début de 2003, et a réalisé son premier essai en 2006. Elle reste cependant loin des capacités d’Israël, de l’Inde ou du Pakistan en matière de nombre d’armes, puisque l’on considère qu’elle ne disposerait que de 10 à 15 armes, avec la capacité de monter à 30 d’ici 3 ans. Le programme nord-coréen apparaît clairement comme « défensif » dans le sens stratégique, dans la mesure ou il sert essentiellement au gouvernement de la Corée du Nord à obtenir la sanctuarisation de son territoire[5]. L’usage « politique » de ce programme est rendu évident par les longues négociations qui ont eue lieu dans les années 1990 et les années 2000. Il est donc assez étonnant que, dans ce contexte, on fasse autant de bruit autour de ce programme qui s’avère en réalité bien plus limité, et bien moins « opérationnel » que les programmes d’Israël, de l’Inde et du Pakistan.

Pourquoi prolifère-t-on ?

D’autres pays ont la capacité d’accéder, à un moment ou à un autre, à l’arme nucléaire. C’est évidemment le cas de l’Iran, qui prétend qu’elle n’a qu’un programme civil, mais qui pourrait, dans un délai de quelques années basculer ce programme vers des fins militaires, mais aussi la Brésil et l’Argentine.

La question du nucléaire doit donc être abordée à la fois en tenant compte des capacités techniques et économiques d’un pays, mais aussi de sa perception du risque international et de l’impact de son programme sur les pays qui l’entourent. Il est évident que le Pakistan a réagi à l’essai Indien, essai qui était lui-même une réaction au développement par la Chine de son propre programme. De même, la volonté potentielle de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ne s’explique en réalité que par le développement du programme israélien et du programme pakistanais, dans le cadre d’une course à la dissuasion entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Si la prolifération aurait pu être limitée dans le cas de la Chine et de l’Inde, on voit bien que le programme nucléaire israélien a joué, et continue de jouer, un rôle déstabilisateur majeur. De ce point de vue, une large partie de cette déstabilisation ne vient pas tant du programme lui-même que de la volonté du gouvernement Israélien et des autres puissances de faire silence sur ce programme. Si un proliférateur assumé et affirmé, disant explicitement qu’il possède l’arme nucléaire et quel serait sa « doctrine d’emploi » peut être contrôlé dans un cadre de relations internationales, il n’en va pas de même avec le « proliférateur discret » qui se refuse à évoquer son programme.

Le rôle de la subversion du droit international par les Etats-Unis

Il faut donc revenir sur les conséquences de la politique des Etats-Unis, du Kosovo à l’Irak, et sur la subversion du cadre des relations internationales qu’elle a provoquée. L’intervention américaine en Irak en particulier, et on le voit bien actuellement dans la délicate question du nucléaire iranien, a sapé les bases juridiques des grands accords mondiaux et, d’une certaine manière, détruit les fondements du monde post-guerre froide que l’on annonçait en 1991.

Les Nations unies qui, pour imparfaites qu’elles aient été restaient un instrument essentiel de gestion des conflits, en ont été durablement affaibli. Le Traité de non-prolifération (TNP) a largement perdu de sa crédibilité devant l’agression délibérée dont fut victime un pays, l’Irak, qui en avait pourtant respecté les termes et ce alors que d’autres pays ne respectaient pas le TNP. Or ce point est d’autant plus important que la question de la prolifération était ouvertement posée par la fin de l’URSS en 1991. On pouvait l’identifier comme l’un des problèmes majeurs du xxie siècle à venir, au point de se demander si, mieux que le TNP, un « statut du proliférateur » qui aurait été un cadre contraignant mais stratégiquement ouvert n’aurait pas été une réponse à la fois moralement plus légitime et matériellement plus efficace[6].

Les élites politiques occidentales se sont refusé à cette solution et ont voulu faire du TNP un instrument majeur du monde post-1991. De ce point de vue, et on le mesure désormais dans la relation avec l’Iran, l’attaque américaine contre l’Irak alors que ce dernier pays avait bien rempli ses obligations de désarmement a dévalorisé dramatiquement le TNP et laissé les relations internationales ouvertes à l’arbitraire, une situation qui ne peut que légitimement conduire d’autres pays à vouloir se doter des moyens de la dissuasion nucléaire.

Rappelons ici que les États-Unis, à partir de 2001, démantelaient unilatéralement un certain nombre d’accords qui avaient garanti la stabilité durant la guerre froide et en particulier le traité ABM, dont l’importance pour la Russie ne doit pas être sous-estimée[7]. De l’autre, ils menaient une politique pour le moins complaisante vis-à-vis du régime des Talibans en Afghanistan, en dépit des informations qui permettaient de prouver que ce pays était devenu une des bases arrière du terrorisme islamiste et de la déstabilisation de l’Asie centrale. Cette complaisance était largement dictée par la volonté des Etats-Unis, à cette époque, de pénétrer vers les régions pétrolières d’Asie centrale.

Il y a dix ans : le discours de V. Poutine à Munich

Le discours qui fut prononcé par le président Vladimir Poutine en février 2007 à Munich, dans le cadre de la conférence sur la sécurité en Europe, mérite alors d’être analysé avec précision. Dix ans après qu’il ait été prononcé, il garde une étonnante actualité. Poutine s’exprime sur le fond de la nature des relations internationales. Qu’il en ait éprouvé le besoin, alors qu’il aurait pu agir et se taire, indique la conscience au moins diffuse d’une crise dangereuse des représentations des relations internationales qui commence alors à se manifester, crise par rapport à laquelle il importait de prendre date. En ce sens, ce discours fut une contribution essentielle au débat et à la compréhension des années à venir.

Il s’agit donc d’un texte programmatique. En un sens, Vladimir Poutine est le dirigeant politique qui a certainement tiré avec le plus de cohérence les leçons de ce qui s’est joué entre 1991 et 2005. Deux points importants s’en dégagent, la constatation de l’échec d’un monde unipolaire et la condamnation de la tentative de soumettre le droit international au droit anglo-américain : « J’estime que le modèle unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner : contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur une base morale et éthique de la civilisation contemporaine[8] ».

Ce passage montre que la position russe articule deux éléments distincts mais liés. Le premier est un doute quant aux capacités d’un pays (ici, les États-Unis sont clairement visés) à rassembler les moyens pour exercer de manière efficace son hégémonie. C’est un argument de réalisme. Même le pays le plus puissant et le plus riche ne peut à lui seul assurer la stabilité du monde. Le projet américain dépasse les forces américaines. C’est un constat sur lequel il y a peu à redire. Le discours de Poutine n’est pas « relativiste ». Il constate simplement que ces valeurs (la « base morale et éthique ») ne peuvent fonder l’unipolarité, car l’exercice du pouvoir, politique ou économique, ne peut être défini en valeur mais doit l’être aussi en intérêts. Ceci revient à refuser la thèse d’une dépolitisation des relations internationales, qui devraient se réduire, dans l’esprit de ceux qui soutiennent cette dépolitisation, aux droits de l’homme et aux « lois » de l’économie. Si les relations internationales ne sont pas de la « technique » (la simple mise en œuvre de normes communes) mais de la politique (la gestion d’intérêts différents et potentiellement conflictuels) y compris dans les relations économiques, alors toute aspiration à l’hégémonie devient immorale. Le second point suit dans le discours et se trouve exprimé dans le paragraphe suivant :

« Nous sommes témoins d’un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d’un seul État, avant tout, bien entendu, des États-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines, dans l’économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d’autres États[9] ».

Faute d’une base morale et éthique permettant de faire disparaître le politique des relations internationales, ces dernières ne peuvent être gérées que par le principe fondamental du droit international, soit la règle d’unanimité et de respect des souverainetés nationales. Tant qu’un espace de relations est déterminé par le politique (et non la technique ou l’éthique) nul ne peut imposer son droit aux autres et le seul droit commun possible et celui qui respecte la souveraineté de l’autre, soit un droit de coordination et non un droit de subordination. En ce sens, qui relie Poutine aux grands débats sur le droit international et la possibilité de Constitutions mondiales, le président russe rappelle que, là où il y a de la politique, soit des intérêts et des représentations divergentes, il doit y avoir de la souveraineté. Toute tentative d’empiéter sur cette dernière se qualifie alors en tyrannie et justifie la résistance. Or, constate le président russe, les États-Unis tendent à transformer leur droit interne en droit international alternatif.

Droit alternatif et « colonialisme humanitaire » : la raison d’une prolifération ?

Ce « droit alternatif », qui n’est que l’autre manière de désigner la « loi du plus fort » a abouti à une politique que l’on peut considérer comme un « colonialisme humanitaire »[10]. Tout pays qui ne respecterait pas la volonté des Etats-Unis pourrait alors être considéré comme appartenant au « camp du mal » et donc devenir l’objet de ce « colonialisme humanitaire ». Mais, le colonialisme humanitaire se révèle en réalité une contradiction dans les termes. Il est incapable, et on l’a vu tant au Kosovo[11], en Somalie[12], qu’en Irak, de produire les institutions dont il se réclame et qui lui ont servi de prétexte. Le protectorat onusien sur le Kosovo a abouti à pérenniser un nettoyage ethnique[13], et l’intervention américaine en Irak a plongé le pays dans une guerre civile qui l’écarte chaque jour un peu plus de la possibilité d’y établir ne serait-ce qu’un semblant de démocratie et qui a été la source véritable de l’organisation dite « Etat Islamique ». Ce n’est pas tout, hélas.

La « guerre humanitaire », comme on l’a vue en Lybie en 2011, conséquence logique d’un « droit d’ingérence » et moment inévitable du colonialisme humanitaire, engendre aussi un double problème dans les relations internationales. D’une part, elle introduit une division immédiate au sein des nations entre celles dont les moyens de défense les protègent de toute tentative d’ingérence et celles dont les moyens de défense sont suffisamment faibles pour qu’elles puissent devenir, le cas échéant, des cibles dans une « guerre humanitaire ». Construite au départ pour valider l’idée d’une « communauté internationale » d’acteurs égaux, unis par des objectifs communs comme la sécurité, la guerre humanitaire valide au contraire la représentation des relations internationales comme l’affrontement d’acteurs inégaux aux intérêts irrémédiablement opposés.

D’autre part, elle incite tout pays pouvant penser qu’il risque, à terme, d’être la cible d’une telle intervention à monter en puissance dans ses moyens de défense, l’échelon ultime susceptible d’assurer la sanctuarisation du pays étant la possession d’armes de destruction massive. Quelles que soient les inquiétudes que les aspirations nucléaires de l’Iran peuvent susciter – et les plus réelles portent moins sur l’usage de l’arme nucléaire par le régime de Téhéran que sur l’effet d’entraînement que ces aspirations pourraient provoquer sur des pays comme l’Égypte ou l’Arabie Saoudite –, il faut reconnaître que l’agression américaine contre l’Irak de 2003 a donné à ces aspirations une justification réelle. Il en va de même pour la Corée du Nord.

Tant qu’un pays pourra se sentir à terme visé par le colonialisme humanitaire et son corollaire la guerre humanitaire, il cherchera à bon droit à s’en prémunir par tous les moyens. C’est au contraire en rétablissant le principe de la souveraineté dans toute sa force, comme il figurait dans la Charte des Nations unies en 1945, que l’on pourra réellement s’opposer au processus de prolifération des armes nucléaires.

Notes

[1] CAPETTE I. – « Les essais nucléaires indiens et pakistanais : un défi lancé au régime de non-prolifération nucléaire ». – Actualité et Droit International, décembre 1998 (http://www.ridi.org/adi).

[2] Voir Seymour I. Hersh, The Samson Option : Israel’s Nuclear Arsenal & American Foreign Policy, Random House; 1st edition, 1991 et Michael I. Karpin, The Bomb in the Basement : How Israel Went Nuclear and What That Means for the World, New York, Simon & Schuster, 2006.

[3] Entretien du président Hollande du 14 juillet 2015 sur TF1 et France24

[4] http://www.fondation-res-publica.org/Le-Pakistan-et-l-arme-nucleaire_a428.html

[5] « Corée du Nord : Le difficile accès à la dissuasion », Défense et sécurité international, Paris, no 121,‎ janvier-février 2016, p. 21.

[6]. Voir J. Sapir, Feu le système soviétique ?, Paris, La Découverte, 1992, p. 177-180.

[7] Leur intention actuelle d’installer des systèmes antimissiles en Pologne et en République tchèque, soi-disant pour protéger ces pays contre une menace iranienne – argument dépourvu de fondements –, participe de la même démarche délibérément provocatrice.

[8] Voir La Lettre Sentinel, n° 43-44, janvier-février 2007, p. 25.

[9] La Lettre Sentinel, n° 43-44, janvier-février 2007, p. 25 sq.

[10] Colonialisme dont les bases idéologiques ont été posées dans Mario Bettati et Bernard Kouchner, Le Devoir d’ingérence : peut-on les laisser mourir ?, Paris, Denoël, 1987.

[11] Human Rights Watch, Under Orders – War Crimes in Kosovo, Genève, 2001, rapport consultable et téléchargeable sur http://www.hrw.org/reports/2001/Kosovo

[12] Un exemple tragique en fut donné par l’intervention américaine « Restore Hope » en Somalie, en 1992. Non seulement cette opération, qualifiée à l’époque par Kouchner de « fantastique pas en avant en direction du droit d’ingérence », fut incapable de produire un pouvoir politique stable en Somalie, mais l’aide humanitaire (les sacs de riz auprès desquels Kouchner se fit filmer sur une plage somalienne) contribua à désorganiser l’agriculture locale. Elle jeta dans la misère des dizaines de milliers de paysans qui vinrent s’entasser à Mogadiscio et dans d’autres villes, provoquant une nouvelle cause de déstabilisation du pays, qui conduisit quelques années plus tard à l’émergence des trop fameux « tribunaux islamiques ».

[13] Juan Pekmez, The Intervention by the International Community and the Rehabilitation of Kosovo, rapport du projet « The Rehabilitation of War-Torn Societies » coordonné par le CASIN (Centre for Applied Studies in International Negotiations), Genève, janvier 2001. Voir aussi Isa Blumi, « One year of failure in Kosova : chances missed and the unknown future », Southeast European Politics, vol. 1, n° 1, Octobre 2000, p. 15-24.

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 04-09-2017

Voir aussi : Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP)

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13 réponses à Corée du Nord: pourquoi la prolifération nucléaire ? Par Jacques Sapir

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Lignes rouges…

Lignes rouges…


Donald Trump franchit les lignes rouges de la Chine en Afghanistan, alors qu’Obama a traversé celles de la Russie en Syrie et en Ukraine


Par Adam Garrie – Le 30 août 2017 – Source Oriental Review

Afghanistan and neighboring countries.

Dans les discussions sur les rôles que jouent les pays dans le nouveau monde multipolaire, on dit souvent que la Russie fournit la substance géopolitique alors que la Chine fournit le moteur économique d’un monde où les États-Unis ne sont plus un hégémon singulier.

Alors que l’économie de la Russie passe de la résilience à la croissance et que la Chine est de plus en plus impliquée dans les affaires mondiales depuis l’annonce des Routes de la soie [One Belt-One Road] en 2013, il devient clair que la Chine a beaucoup à dire au sujet du vaste environnement géostratégique.

Au cours des trois dernières années, les États-Unis ont franchi plusieurs lignes rouges géostratégiques pour la Russie. D’abord il y a eu le coup d’État fasciste à Kiev, qui s’est produit en février 2014. En même temps que le coup, porté par les États-Unis, amenait au pouvoir un régime profondément russophobe, dans un pays qui, depuis des siècles, était une partie intégrante de la Russie et qui depuis 1991 était, pour cette dernière, une nation fraternelle, l’Amérique était occupée à armer et à financer des terroristes salafistes en Syrie, un pays où la Russie possède une base navale – à Tartous – depuis 1971, un an après que Hafez al-Assad est devenu président.

La Russie n’allait pas rester les bras croisés alors que les États-Unis allaient un pont trop loin. La réponse a pris deux formes : d’abord, la reconnaissance immédiate du référendum en Crimée, signant le retour de celle-ci dans le giron de la Russie, et ensuite, en septembre 2015, l’appui militaire russe au gouvernement syrien dans sa lutte contre le terrorisme.

Pour ce qui concerne la Chine, Donald Trump a franchi rapidement autant de lignes rouges durant ses premiers mois à la Maison Blanche que l’a fait Obama face à la Russie pendant son deuxième mandat.

Des bruits de bottes de Trump menaçant la Corée du Nord aux violations répétées de la souveraineté maritime chinoise dans les mers de Chine du Sud et de l’Est, en passant par les manifestations publiques d’une amitié croissante pour le Premier ministre Modi en Inde, la Chine n’est pas du tout satisfaite de Trump.

Maintenant, en menaçant la Chine d’une guerre commerciale et en accusant le Pakistan, allié de la Chine, d’être inepte et inutile en Afghanistan, tout en demandant à l’Inde de participer activement au conflit, la Chine pourrait avoir atteint un point d’ébullition semblable à celui de la Russie au sujet de la Syrie et de l’Ukraine.

La Chine a déjà précisé sa position en défendant les actions de son allié pakistanais et en avertissant à la fois Washington et New Delhi de ne pas prendre de mesures susceptibles de menacer les intérêts chinois dans la région.

La porte-parole de la ministre chinoise des Affaires étrangères, Hua Chunying, a déclaré que le Pakistan « a fait de grands sacrifices en contribuant à la lutte contre le terrorisme ».

Elle a ajouté : « La communauté internationale devrait reconnaître pleinement les efforts du Pakistan. »

Hua a enfin précisé :

« Donald Trump a parlé de relations étroites entre les États-Unis et l’Inde, nous sommes heureux de voir le développement de relations normales et amicales entre ces pays si ces relations ne nuisent pas aux intérêts d’autres pays et créent des conditions positives pour le développement régional. »

La signification de ce message est assez claire : n’utilisez pas l’Inde pour intervenir dans les intérêts régionaux de la Chine, à savoir sa coopération économique avec le Pakistan et d’autres efforts pour entamer la phase initiale des Routes de la soie en Asie du Sud.

Le corridor économique Chine-Pakistan est vital, Beijing et Islamabad le reconnaissent ouvertement. L’importance du Pakistan pour les Routes de la soie est telle qu’aucun pays ne peut tolérer de voir n’importe qui saboter ou interférer avec le processus.

Par conséquent, c’est l’intérêt commun de la Chine et du Pakistan de finaliser un processus provisoire de paix en Afghanistan aussi rapidement que possible. Cela signifie un processus de paix qui impliquerait un dialogue entre Kaboul et les Talibans.

Donald Trump a déclaré qu’à un certain moment, les Talibans pouvaient entrer dans un processus de paix mené par les États-Unis, mais pas avant que les troupes américaines ne redoublent d’efforts dans leur lutte contre les talibans, un combat que les dirigeants talibans ont promis à l’Amérique de gagner. En d’autres termes, l’action de Trump est à peine digne du nom de stratégie, tout comme on pourrait en dire autant de ses deux prédécesseurs immédiats à la Maison-Blanche.

Les États-Unis ont continuellement harcelé la Chine de tous côtés, tout au long de sa voie commerciale des Routes de la Soie. En invitant ardemment l’Inde à s’impliquer plus profondément en Afghanistan, critiquant en même temps le Pakistan en termes très définitifs, Donald Trump a peut-être seulement fait juste ce qu’il fallait pour conduire la Chine à faire, en Asie du Sud, ce que la Russie a fait en Syrie – défendre un allié et tracer une ligne ferme dans le sable contre l’expansionnisme américain et l’ingérence géopolitique.

Adam Garrie

http://lesakerfrancophone.fr/lignes-rouges

Raids israéliens sur une infrastructure militaire syrienne

Raids israéliens sur une infrastructure militaire syrienne

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© Jack Guez, AFP | Un avion F-16 israélien, le 29 juin 2017, lors d’une démonstration près de Beer Sheva en Israël.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/09/2017

L’aviation israélienne a bombardé jeudi matin une position de l’armée syrienne près de Mesyaf, dans la province d’Hama, annonce l’état-major syrien dans un communiqué qui fait état de deux morts et de dégâts matériels.

Des raids aériens israéliens menés avant l’aube contre une infrastructure militaire ont fait deux morts, jeudi 7 septembre, dans l’ouest de la Syrie, région où le régime est accusé de développer des armes chimiques, a rapporté l’armée syrienne.

« Des avions de guerre israéliens ont tiré à 2h42 (23h42 GMT) des missiles depuis l’espace aérien libanais, ciblant une de nos positions militaires à proximité de Mesyaf, et ont provoqué des dégâts matériels et la mort de deux membres du site », a affirmé l’armée dans un communiqué.

Mesyaf est une localité située à environ 60 km à l’est de la ville côtière de Tartous, où l’allié russe du régime de Bachar al-Assad compte une base navale. L’armée syrienne dispose pour sa part d’un site militaire au nord de Mesyaf qui comprend un camp d’entraînement et une branche du Centre de recherches et d’études scientifiques de Syrie (SSRC).

La Syrie accusée d’avoir menée une attaque chimique à Khan Cheikhoun

Les États-Unis ont accusé le SSRC de développer du gaz sarin, une arme qui selon l’ONU a été utilisée pour une attaque chimique meurtrière sur la localité syrienne de Khan Cheikhoun le 4 avril.

Le gouvernement syrien a, de son côté, dénoncé les accusations de recours à l’arme chimique à Khan Cheikhoun comme « des fabrications » et l’armée syrienne ne fait pas mention du SSRC dans son communiqué publié jeudi matin.

Depuis le début du conflit en Syrie, Israël a mené plusieurs raids aériens sur ce pays dévasté par la guerre depuis 2011.

Avec AFP

http://www.france24.com/fr/20170907-syrie-raid-armee-israelienne-infrastructure-militaire-ssrc/?ns_mchannel=fidelisation

 

Dominique de Villepin : “Kim Jong-un est rationnel, pas fou”

Source : France Inter, Dominique de Villepin, 05-09-2017

https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/be35d286-21cc-4171-8ef7-11d0b248b718

Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères, analyse les relations diplomatiques entre la Corée du Nord et les Etats-Unis.

Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères estime désormais qu’il faut agir, dans cette crise avec la Corée du Nord : “Il faut agir, il existe un certain flou mais aussi des certitudes”

Kim Jong-un cherche à sanctuariser son territoire (…)Aux États-Unis, un certain nombre d’experts pensent qu’il souhaite aller beaucoup plus loin, (…) exercer un chantage auprès des États-Unis, empêcher la capacité américaine à aider la Corée du Sud voire le Japon, neutraliser la capacité des Usa à venir en soutien de ses alliés.

Kim Jung-un est-il fou ?” questionne Léa Salamé, quand Dominique de Villepin estime qu’il est “rationnel” : “Il faut savoir s’il cherche à sanctuariser son territoire ou engager un bras de fer avec les États-Unis, toute l’affaire est là”.

Tout l’équilibre international repose sur l’outil de la dissuasion

“Si un État nucléaire frappe un autre État nucléaire déjà doté, le principe de la dissuasion ne vaut plus”, estime l’ancien ministre des Affaires étrangères.

Nous ne pouvons pas donner un chèque en blanc à Trump dans la gestion de la crise avec la Corée du Nord

Le Venezuela est-il une dictature?

“Le Venezuela subit une dérive autoritaire mais je n’emploie pas le terme de dictature”, précise Dominique de Villepin qui a grandi dans ce pays. “Il y a une ombre qui plane sur ce dossier, ce sont les États-Unis (…) Aujourd’hui il faut parier sur les pays de la région, comme Cuba.”

Quant à l’attitude de Jean-Luc Mélenchon à l’égard du régime de Nicolas Maduro, Dominique de Villepin est catégorique : “Il ne faut accepter aucune complaisance à l’égard du régime de Maduro, mais je crois qu’il faut être efficace.”

La France ne doit être dans la main d’aucune faction, aucun groupe(…) Une solution ne peut être trouvée en tournant complètement le dos au chavisme, souhaité par une partie du peuple vénézuélien

Source : France Inter, Dominique de Villepin, 05-09-2017

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3 réponses à Dominique de Villepin : “Kim Jong-un est rationnel, pas fou”

  1. Bernard Le 07 septembre 2017 à 07h47

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    Villepin, c’est pas le type qui a refilé les autoroutes publiques à des entreprises privées pour le plus grand bonheur de ces dernières et sans nous demander notre avis?
    Faites la même choses avec les biens de votre voisin pour voir comment ça se termine…

  2. calal Le 07 septembre 2017 à 07h58

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    ce qui me gene avec la coree du nord c’est le risque qu’ils vendent leur technologie nucleaire a n’importe qui pour avoir des devises. D’un autre cote si les nations unies faisaient leur boulot de maniere objective et impartiale, la coree du nord n’aurait pas besoin de se fabriquer un parapluie nucleaire.

  3. TC Le 07 septembre 2017 à 08h08

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    De Villepin est un des plus cohérent en matière de politique étrangère mais là où il ne l’est plus c’est quand il explique que là dissuasion nucléaire ne pourrait plus l’être au regard de cette crise avec les nord-coréens. Jamais les usa ne vitrifieront la Corée pas plus que la Corée ne vitrifiera les usa où un de ses alliés. Ce principe de dissuasion ne sera jamais remis en question sinon c’est la fin de l’humanité et tout le monde le sait.

    http://www.les-crises.fr/dominique-de-villepin-kim-jong-un-est-rationnel-pas-fou/

     

Rohingya : Aung San Suu Kyi sort de son silence pour dénoncer… les fausses informations

 

Asie – pacifique

Rohingya : Aung San Suu Kyi sort de son silence pour dénoncer… les fausses informations

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© Roslan Rahman, AFP | La chef du gouvernement birman et prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, le 30 novembre 2016, à Singapour.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 06/09/2017

La dirigeante birmane et prix Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi a accusé mercredi des « terroristes » de propager « un iceberg de désinformation » à propos des violences commises contre les musulmans rohingyas dans son pays.

La parole de la prix Nobel de la paix était attendue. La chef du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, a fini par sortir de son silence pour la première fois depuis le début de la crise des musulmans rohingyas, mercredi 6 septembre, en dénonçant un « iceberg de désinformation ».

En se référant, lors d’un échange téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, à la publication de photos à l’authenticité douteuse publiées fin août par le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek, qui dénonçait un « nettoyage ethnique », Aung San Suu Kyi a affirmé que « ce genre de fausse information est seulement la partie émergée d’un énorme iceberg de désinformation ».

>> À voir : De la Birmanie au Bangladesh, l’exode des Rohingya, peuple sans terre ni patrie

Le vice-Premier ministre turc avait retiré les photos, mais l’affaire fait scandale en Birmanie, où la majorité bouddhiste, dont fait partie Aung San Suu Kyi, accuse la communauté internationale, notamment les médias étrangers, d’avoir un parti pris pro-rohingya.

Suu Kyi tente de rassurer

En onze jours, près de 125 000 personnes, pour la plupart des musulmans rohingyas, ont fui les violences en Birmanie pour se réfugier au Bangladesh voisin, selon les derniers chiffres de l’ONU. Les combats entre rebelles musulmans et forces birmanes ont fait depuis le 25 août au moins 400 morts, quasiment tous des musulmans.

>> À voir : Birmanie, quel bilan pour Aung San Suu Kyi ?

Malgré la mise en exergue de cette affaire des photos publiées par ce ministre turc, Aung San Suu Kyi a cherché à répondre « aux inquiétudes » d’Erdogan : « Nous savons bien mieux que d’autres ce que c’est que d’être privés de droits et de protection démocratique », dans une allusion à ses années de lutte contre la junte militaire et d’assignation à résidence.

« Nous ferons en sorte que tous les habitants de notre pays voient leurs droits protégés », s’est-elle engagée, dans un premier commentaire très attendu de celle qui avait gardé le silence depuis les premières attaques fin août.

Avec AFP

http://france24.nlfrancemm.com/HM?b=i9iDjGNunCTptGoXjFO0-gAADxzLQFdyNuYJNuRirZxLjNDg8K34MG5kPF4AIfRj&c=btDtP

Venezuela : Les violations des droits de l’homme indiquent que les autorités cherchent à mater les voix critiques – rapport de l’ONU

Le 30 aout, encore un bel exemple de neutralité du Monde (on le sent jubiler…) :

Un rapport de l’ONU sur le Venezuela accable le régime de Maduro

Source : Le Monde, AFP, 30-08-2017

Un récent rapport a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a accusé, mercredi 30 août, le Venezuela de « réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population ». « L’usage systématique et généralisé de la force lors des manifestations et la détention arbitraire de manifestants ou d’opposants politiques indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes illégaux et secrets d’officiels isolés », estime le rapport.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro « a été élu par le peuple », a reconnu le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al-Hussein devant les médias à Genève, mais les récentes actions du gouvernement « donnent l’impression que ce qu’il reste de la vie démocratique au Venezuela est en train d’être écrasé ». […]

 

L’analyse réalisée par le Haut-Commissariat a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations et violences des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux. En s’appuyant sur un rapport de l’avocat général vénézuelien, l’ONU estime que cinq morts sont dues aux militants anti-Maduro et que d’autres cas restent troubles. […]

Suite à lire sur Le Monde, AFP, 30-08-2017

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Bien. Allons voir ce rapport alors.

On note d’abord bien que ce n’est pas “un rapport de l’ONU” (qui viendrait de l’Assemblée générale ou du Conseil de Sécurité), mais un rapport d’une des administrations de l’ONU, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. (HCDH). À ne pas confondre avec le Conseil des droits de l’homme (élu par l’AG), le HCDH fait partie du Secrétariat des Nations Unies et dépend du Secrétaire général.

Voilà son communiqué du 30 aout :

Source : OHCHR, 30-08-2017

GENÈVE (30 août 2017) – Les violations massives des droits de l’homme et des abus graves de ces droits commis au Venezuela dans le cadre de manifestations hostiles au gouvernement trahissent «l’existence d’une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations», selon un rapport* du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

«Le recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés, indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes isolés et illégaux de la part de quelques officiers», déclare le rapport.

Le rapport invite le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à envisager de prendre des mesures afin d’empêcher que la situation des droits de l’homme au Venezuela, qui siège actuellement au Conseil, ne se détériore encore plus.

L’analyse menée par le Haut-Commissariat indique que sur les 124 décès liés au mouvement de contestation et sur lesquels le ministère public enquêtait en date du 31 juillet, 46 pouvaient être imputés aux forces de sécurité et 27 aux colectivos, les groupes armés pro-gouvernement. Pour les 51 morts restants, aucune responsabilité n’a pu encore être établie.

Pendant la période couverte par le rapport, à savoir du 1er avril au 31 juillet, le ministère public a ouvert une enquête sur au moins 1 958 cas de blessures encourues dans le contexte des manifestations. L’examen de ces blessures réalisé dans le rapport indique une intensification progressive de l’utilisation de la force. Si, début avril, la majorité des blessures relevaient de l’inhalation de gaz lacrymogènes, en juillet le personnel médical soignaient des blessures par balles.

«La réaction des autorités vénézuéliennes aux récentes protestations s’est faite aux dépens des droits et des libertés des citoyens, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein. Le gouvernement doit garantir qu’une enquête rapide, indépendante et efficace sera menée sur les violations des droits de l’homme dont les forces de sécurité se seraient rendues coupables et sur les graves abus commis par les colectivos ou des manifestants violents. Cela implique que les enquêtes ouvertes par le ministère public pendant la période couverte par le rapport se poursuivent et soient scrupuleusement et visiblement impartiales», a-t-il ajouté.

«Le droit de rassemblement pacifique a été systématiquement violé, et un grand nombre de manifestants et de personnes identifiées comme des opposants politiques ont été détenus. Le rapport fait également état de graves violations du droit à un procès équitable et de traitements dégradants assimilables dans certains cas à de la torture», a annoncé M. Zeid.

D’après les estimations fiables d’une ONG locale, plus de 5 000 personnes ont été détenus depuis le 1er avril, et plus de 1 000 étaient encore détenues en date du 31 juillet. Au moins 609 civils arrêtés dans le contexte des manifestations ont été déférés devant des tribunaux militaires. Le rapport invite le gouvernement vénézuélien a mettre un terme aux détentions arbitraires et au recours aux tribunaux militaires pour juger des civils.

Des groupes de manifestants anti-gouvernement organisés de manière informel ont eux aussi versé dans la violence, utilisant des armes improvisées allant du lance-pierres aux cocktails Molotov et mortiers artisanaux. Au moins quatre personnes auraient été tuées par des groupes ou individus hostiles au pouvoir en place et, selon le gouvernement, neuf membres des forces de sécurité avaient été tués au 31 juillet. Le rapport appelle les partis d’opposition à condamner tous les actes de violence, en particulier ceux commis par des groupes violentes de manifestants.

Le rapport documente des attaques menées par les forces de sécurité contre les journalistes et les travailleurs des médias afin de les empêcher de couvrir les manifestations. «Des manifestants et des journalistes ont été qualifiés d’ennemis ou de terroristes par les autorités, des mots qui n’ont rien fait pour atténuer le climat de violence et de polarisation, voire qui y ont contribué», a dénoncé le Haut-Commissaire.

S’il reconnaît que le nombre de manifestations, d’arrestations et de décès a diminué depuis le 1er août, M. Zeid s’est dit préoccupé par les récentes mesures prises par les autorités pour criminaliser les leaders de l’opposition politique par le biais de la Commission de vérité, de justice et de paix.

«La Commission, établie récemment par l’Assemblée constituante, ne remplit pas les critères fondamentaux de transparence et d’impartialité, indispensables pour mener des enquêtes indépendantes et non motivées par des considérations politiques sur les violations des droits de l’homme et les abus commis», a-t-il commenté.

Le Haut-Commissaire a averti que la crise économique et sociale persistante et les tensions politiques croissantes risquent d’ aggraver la situation du Venezuela.

«J’encourage le gouvernement vénézuélien à suivre les recommandations formulées dans le rapport et à se servir des conclusions de celui-ci comme lignes directrices pour la recherche de la vérité et de la justice pour les victimes de violations et d’abus. Je réitère mon appel au gouvernement à renoncer à toute mesure susceptible d’aggraver les tensions politiques et invite toutes les parties à poursuivre un vrai dialogue afin de mettre un terme à la crise», a conclu M. Zeid.

FIN

*Le gouvernement vénézuélien n’ayant pas répondu aux demandes d’accès au terrain, une équipe d’enquêteurs a mené des investigations à distance sur les violations des droits de l’homme entre le 6 juin et le 31 juillet. Le rapport se base sur l’analyse faite par ces enquêteurs des informations qu’ils ont collectées, notamment à travers 135 entretiens avec des victimes et membres de leur famille, des témoins, des organisations de la société civile, des journalistes, des avocats, des docteurs, des urgentistes et des représentants du ministère public.

Pour voir le rapport en anglais c’est ici

Pour voir le rapport en espagnol c’est ici

Source : OHCHR, 30-08-2017

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Ce rapport est très intéressant (édifiant sur les témoignages de mauvais traitements en prison), mais quelques questions surgissent quant au bilan.

Il est à noter que pour ce point, la source première “de l’ONU” est le Ministère Public du Venezuela et qu’ils ont ensuite “enquêté” :

Et c’est là qu’il y aune chose étrange : ils trouvent sur 124 morts, 46 tués par les forces de sécurité, 27 par les colectivos armés et 51 où on ne connait pas la responsabilité.

Or les colectivos armés sont “pro-gouvernement” :

On arrive donc à ceci de magique : 124-46-27-51 = 0 mort dus au manifestants !

Ce qui est ridicule, car on connait très bien des victimes des manifestants. On a l’impression que le HCDH joue sur les mots : “la responsabilité” n’est pas conneu car on ne sai tpas qui a tiré depuis la barricade, mais on sait que ça venait de là – comme pour les 7 policiers tués par exemple, ou pour le jeune brulé vif :

 

 

On trouve cependant des informations intéressantes :

Ou ceci :

dont la source est là en fait (Défenseur du Peuple) :

Ainsi, sur près de 2 000 blessés, il y a eu 507 policiers blessés, dont 424 blessés par des objets contondants, et 77 policiers blessés par des armes à feu. Pas si “Pacifiques” les manifestants – ce qui n’étonnera personne ici…

(Source : Reuters (archive), repris par le Spiegel)

Bref, on peut trouver le rapport intéressant pour pointer d’inacceptables atteintes aux droits de l’homme, mais il aurait gagné à apparaitre plus neutre. Cela apparait déjà sur la couverture :

alors qu’avec ceci, on change de perspective :

(sachant que si l’opposition manifestait au Venezuela avec de simples drapeaux, il n’y aurait aucune violence et donc aucun mort)

Bref, la presse s’est jeté sur ce rapport (qui ne contient pas les noms détaillés des victimes), mais il faut savoir qu’il y a une assez bonne transparence des pouvoirs publics au Venezuela sur le bilan humain.

C’est ce que nous allons voir dans le prochain billet avec un bilan humain plus détaillé…

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous « soutenons » le Président Maduro. Par principe, nous ne « soutenons » aucun gouvernement nulle part sur la planète. [Lire plus]

http://www.les-crises.fr/venezuela-les-violations-des-droits-de-lhomme-indiquent-que-les-autorites-cherchent-a-mater-les-voix-critiques-rapport-de-lonu/

Cachez cette Croix que Lidl ne saurait voir…

RTL signale une info reçue d’un auditeur indigné : la chaîne de magasins Lidl a fait effacer une Croix sur une photo de Grèce illustrant l’emballage d’une moussaka.

« Je suis scandalisé par les magasins Lidl qui pour vendre des produits grecs efface sur des photos de la Grèce, une partie de son paysage et de sa culture », nous a écrit Antoine, mardi soir, via notre bouton orange Alertez-nous. « Je vous laisse voir les photos« , ajoute-t-il.

La photo montre une petite église orthodoxe aux coupoles d’un bleu intense qui contraste avec le blanc de ses murs et qui se dresse à flanc de falaise sur l’île de Santorin.

Ce paysage illustre les emballages de la gamme de produits grecs ERIDANOUS « Original Greek Product » (« Produit grec original »). Moussaka, yaourt, pistaches ou encore feta sont vendus chez Lidl sous cette marque, avec à chaque fois la photo de l’église orthodoxe… étonnamment sans croix.

RTL a interrogé le porte-parole de Lidl qui avoue la transformation de la photo. « Nous évitons l’utilisation de symboles religieux car nous ne souhaitons exclure aucune croyance religieuse», a répondu le représentant du géant allemand de la grande distribution.

« Nous sommes une entreprise qui respecte la diversité et c’est ce qui explique la conception de cet emballage », a-t-il encore ajouté. Pour Lidl, la meilleure façon de respecter la « diversité » serait donc d’effacer les croix sur des emballages de produits vendus en Europe, continent chrétien ?

Et RTL de demander pourquoi les services marketing du groupe n’ont pas directement opté pour un paysage sans monument religieux.

Source : RTL

http://www.medias-presse.info/lidl-ment-lidl-fete-le-ramadan/79518/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi%5F208

La bombe H de Punggyefi.

La bombe H de Punggyefi, marque un fait d’une importance non discutable  et ce ne sont pas les cris d’orfraies qui désormais n’apporteront que des postures inutiles.

Mais comme les temps nous amènent a favoriser ,  face aux réalités , un pragmatisme plus sensible aux faits qu’aux élucubrations souvent empreintes de naiveté et d’une méconnaissance totale de l’histoire, de la géopolitique et l’ importante représentation militaire des Etats Unis dans l’environnement maritimes des côtes coréennes  et la présence militaire également américaine en Corée du sud.

L’annonce par la Corée du Nord d’avoir dèveloppé une bombe à hydrogène capable d’être mise sur son nouveau modèle de missile balistique intercontinental a de quoi inquiéter mais pas étonner.

Le Larousse  nous donne la définition  de la force de dissuasion:

« La dissuasion :Stratégie de défense qui s’appuie essentiellement sur  l’arme nucléaire. L’adversaire potentiel renonce à une agression parce qu’il pense que le gain escomptable est inférieur au risque de destruction qu’il encourt…. »

La dissuasion demeure la composante majeure de la défense française.

le nombre d’Etats dotés de l’arme nucléaire en 2015 selon le TNP / les USA, RUSSIE ,ROYAUME UNI , CHINE .

Reconnu posssédant l’arme nucléaire : l’ INDE, PAKISTAN ,COREE du NORD

Etat possédant l’arme nucléaire sans reconnaissance officielle : ISRAËL.

Les sanctions décidées au Conseil de sécurité de l’ONU sont aussi diverses que variées.

L’ambassadeur de Chine  réclame une dénucléarisation de la péninsule coréenne

d’autres pays siégeant au Conseil de sécurité : interdiction de commercer avec la Corée du Nord

Moscou et Pékin ne se sont pas prononcés

la prochaine réunion du Conseil de sécurité  la semaine prochaine apportera d’autres éléments.

La dénucléarisation reste toujours d’actualité, mais guère d’espoir de voir cette voie se développer. La volonté des peuples de ne pas vouloir accepter une  invasion ou une attaque militaire sur leur territoire est compréhensible.

Les attaques occidentales en prenant les atteintes aux droits de l’homme comme prétexte pour s’imposer sur un état, ne sont plus justifiées . les   » fameux printemps arabes  » ont montré leurs impuissance et provoqué la mort de millions d’innocents, et une arrivée massive de populations fuyant les guerres  que l’Union Européenne a dû mal a gérer

La Corée du nord, montre que son désir d’indépendance et sa volonté d’étre reconnue comme puissance a part entière auprés de la communauté des Nations.

Le peuple coréen prendra son destin en main.

Bernard FELLI

https://ombre43.wordpress.com

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Washington menace Pyongyang d’une « réponse militaire massive »

Photo non datée diffusée par l’agence officielle nord-coréenne KCNA le 3 septembre 2017 montre le numéro un nord-coréen Kim Jong-Un (c) examinant une bombe H © KCNA VIA KNS/AFP STR

Washington menace Pyongyang d’une « réponse militaire massive »

le 4 septembre 2017

Les Etats-Unis ont menacé dimanche la Corée du Nord d’une « réponse militaire massive » au cas où elle menacerait leur territoire ou celui de leurs alliés, à la suite du sixième essai nucléaire du régime de Pyongyang.

La Maison Blanche a indiqué, dans son compte rendu d’un entretien du président Donald Trump avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, que les Etats-Unis n’excluaient pas d’utiliser leurs capacités nucléaires en cas de menace nord-coréenne.

Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a déjà infligé en vain sept série de sanctions à la Corée du Nord pour la contraindre à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique, doit se réunir lundi en urgence.

Peu après le test de l’engin nord-coréen, qui était selon Pyongyang une bombe à hydrogène ou bombe H, le président Trump a dénoncé une action « hostile », et le secrétaire américain à la Défense, le général Jim Mattis, est monté en première ligne.

Depuis la Maison Blanche, Jim Mattis a adressé une mise en garde solennelle au régime de Kim Jong-Un, tout en l’appelant à entendre les injonctions de la communauté internationale.

« Nous avons de nombreuses options militaires et le président voulait être informé sur chacune d’entre elles », a déclaré le secrétaire à la Défense à l’issue d’une réunion entre M. Trump et son équipe de sécurité nationale.

« Toute menace visant les Etats-Unis ou ses territoires, y compris Guam (dans le Pacifique, ndlr), ou ses alliés, fera l’objet d’une réponse militaire massive », a averti Jim Mattis, à côté duquel se tenait le général Joe Dunford, le chef d’état-major inter-armes.

M. Mattis a cependant souligné que les Etat-Unis ne recherchaient pas « l’anéantissement total » de la Corée du Nord.

– ‘Capacités nucléaires’ –

Quelques heures après l’avertissement lancé par le général Mattis, la Maison Blanche a mentionné, dans son compte rendu de l’entretien téléphonique intervenu entre MM. Trump et Abe après l’essai nord-coréen, que les Etats-Unis n’excluaient pas d’utiliser leurs forces nucléaires pour riposter à une éventuelle menace.

« Le président Trump a réaffirmé l’engagement des Etats-Unis à défendre notre patrie, nos territoires et nos alliés en utilisant la gamme complète des capacités diplomatiques, conventionnelles et nucléaires dont nous disposons », selon le communiqué.

Le régime nord-coréen a publié dimanche, avant l’essai nucléaire, des photos montrant son dirigeant Kim Jong-Un en train d’inspecter un engin présenté comme une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) miniaturisée pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental dont dispose le régime.

– Option militaire risquée –

M. Trump, qui a dénoncé « des actions dangereuses pour les Etats-Unis », a laissé planer le doute sur ses intentions. A un journaliste qui lui demandait s’il envisageait une réponse militaire, le président américain a répondu: « Nous verrons ».

« La Corée du Sud s’aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d’apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu’une chose! », a lancé M. Trump sur Twitter à l’intention de son homologue sud-coréen Moon Jae-In, partisan d’un dialogue avec le régime de Kim Jong-Un.

Les experts estiment que l’option militaire contre le régime de Kim Jong-Un est extrêmement risquée, car elle pourrait provoquer une réaction en chaîne et un grave conflit régional.

En réponse à l’essai nord-coréen, la Corée du Sud a mené lundi un exercice militaire impliquant des missiles balistiques, a rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.

L’exercice a simulé une attaque sur le polygone d’essais nord-coréen, touchant « des cibles choisies dans la mer de l’Est » ou mer du Japon, a indiqué l’agence, citant l’état-major interarmes.

Un quotidien sud-coréen, le Donga Ilbo, a exhorté lundi les autorités de Séoul à se doter de l’arme atomique et à ne plus dépendre des Etats-Unis pour la sécurité du pays. « Au moment où des armes nucléaires sont agitées au-dessus de nos têtes, nous ne pouvons pas toujours dépendre du parapluie nucléaire et de la dissuasion américaine », a déclaré le journal dans un éditorial.

– Cinq à six fois supérieure –

Principal allié de Pyongyang, la Chine a « condamné vigoureusement » la nouvelle provocation nord-coréenne. Elle a également entrepris des contrôles de radiations nucléaires à sa frontière avec la Corée du Nord.

Pyongyang n’a jamais caché que ses programmes interdits avaient pour but de mettre au point des missiles balistiques intercontinentaux capables de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

Selon des spécialistes sud-coréens, la puissance du tir de dimanche était cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai nord-coréen, effectué en septembre 2016 et qui était de 10 kilotonnes.

Quelle que soit la puissance de la déflagration, Jeffrey Lewis, du site armscontrolwonk.com, a estimé qu’il s’agissait bien d’une arme thermonucléaire, ce qui constitue un progrès notoire dans les programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

Pour Koo Kab-Woo, spécialiste de la Corée du Nord à l’Université de Seoul, « la Corée du Nord continuera son programme d’armes nucléaires à moins que les Etats-Unis ne proposent des discussions ».

LNT avec AFP

https://lnt.ma/washington-menace-pyongyang-dune-reponse-militaire-massive/

Ce serait un mouvement judicieux si l’Irak devenait un médiateur entre l’Arabie saoudite et l’Iran

Ce serait un mouvement judicieux si l’Irak devenait un médiateur entre l’Arabie saoudite et l’Iran


Par Andrew Korybko – Le 22 août 2017 – Source Oriental Review

Iraq's Muqtada al-Sadr makes rare Saudi visit, Jul 2017
Des rapports contradictoires ont récemment affirmé que l’Arabie saoudite appelait l’Irak à servir de médiateur entre elle-même et l’Iran. L’Agence de presse saoudienne cependant a cité, quelques jours après l’apparition de cette nouvelle, une source qui a violemment nié sa véracité. Il est néanmoins important d’examiner pourquoi ce scénario n’est pas seulement crédible, mais serait également très sage s’il s’avérait vrai. Le milicien et influent chef religieux chiite Muqtada al-Sadr revient d’une visite au Royaume qui a vu des langues s’agiter dans tout le Moyen-Orient, avec des commentateurs incapables de comprendre pourquoi quelqu’un qui satisfaisait tel un stéréotype à toutes les caractéristiques d’un adversaire saoudien était fêté comme invité d’honneur de haut rang par la famille royale. J’ai écrit à ce sujet dans mon analyse sur The Duran intitulée « Est-ce que l’Irakien Al-Sadr devient saudien ? », qui postulait que l’une des raisons derrière le voyage aurait pu être que ce pays centralement positionné entre l’Arabie saoudite et l’Iran proposait sa médiation entre ses deux grands et puissants voisins, avec l’un des acteurs non étatiques les plus symboliquement importants, al-Sadr.

Il n’est pas clair à cet instant de savoir quel rôle – si jamais cela devient réalité –  Al-Sadr pourrait jouer dans tout effort de médiation, mais la logique géostratégique derrière le maintien du pays [L’Irak, NdT] comme pivot central entre l’Arabie saoudite et l’Iran tient toujours. L’Irak reste plus que tout autre État de la région celui qui détient la clé pour conserver l’équilibre des pouvoirs entre ces deux rivaux du Moyen-Orient. En outre, l’Iran et l’Arabie saoudite ont tous deux des intérêts sectaires contigus en Irak en ce qui concerne les communautés chiites et sunnites, et ils sont tous deux préoccupés par ce qui se passera après le vote d’indépendance du Kurdistan irakien le mois prochain. La sécession des Kurdes laisserait les communautés chiites et sunnites amèrement divisées dans un état croupion instable sans le facteur d’équilibre que leurs compatriotes du Nord avaient précédemment joué pour garder le pays au moins nominalement uni. Une autre guerre civile irakienne entre ces deux groupes n’est pas dans les intérêts de l’Iran ou de l’Arabie saoudite, mais ils pourraient être attirés involontairement dans ce conflit par un élan stratégique incontrôlable et un dilemme sécuritaire.

L’Iran préférerait se concentrer sur la sauvegarde de ses intérêts dans la Syrie post-Daech, face à la menace croissante du terrorisme kurde le long de sa région frontalière et sur l’amélioration de son économie. De même, les Saoudiens doivent se concentrer sur leur nouvelle Guerre froide avec le Qatar, réduire leur participation à la désastreuse guerre contre le Yémen et promouvoir des changements socio-économiques à long terme grâce à l’ambitieux programme Vision 2030 et résister aux risques politiques potentiels qui pourraient survenir en conséquence de ce plan entre la famille dirigeante et les clercs wahhabites. Pour faire face à ces tâches beaucoup plus urgentes, l’Iran et l’Arabie saoudite doivent trouver un compromis temporaire dans leur rivalité à l’échelle du Moyen-Orient, ainsi que préserver l’intégrité territoriale post-kurde et la stabilité d’un État Irakien fragile. C’est pourquoi cela a du sens que Bagdad prenne l’initiative pour réduire les tensions entre Téhéran et Riyad, car il pourrait espérer ainsi trouver un moyen de faire coopérer les deux grandes puissances pour maintenir l’Irak soudé comme le signe le plus visiblement tangible de toute détente prochaine.

Andrew Korybko

: http://lesakerfrancophone.fr/ce-serait-un-mouvement-judicieux-si-lirak-devenait-un-mediateur-entre-larabie-saoudite-et-liran

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