Orano : transformer l’uranium en or

Orano : transformer l’uranium en or

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Par Boris Le Ngoc (SFEN)

La restructuration de la filière nucléaire touche à sa fin avec la présentation du nouveau nom d’AREVA : Orano.

Recentrage sur le cycle du combustible

Orano souhaite devenir l’acteur de référence du cycle nucléaire. Recentré sur la valorisation des matières nucléaires et la gestion des déchets, Orano couvre les activités mines, conversion-enrichissement, recyclage des combustibles usés, logistique nucléaire, démantèlement et ingénierie. Le groupe français conserve également son activité médicale pour développer des traitements innovants contre le cancer (ex-AREVA Med).

« Une ambition : donner toute sa valeur au nucléaire »

« Pour donner toute sa valeur au nucléaire, Orano doit être capable de faire bouger les lignes en faveur d’une gestion durable des matières nucléaires, en recyclant les combustibles usés, en proposant des solutions pour le démantèlement des installations et la gestion des déchets. » explique Philippe Knoche, Directeur général de l’entreprise.

Le groupe compte 16 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros et un carnet de commandes qui représente l’équivalent de près de huit années de chiffres d’affaires. Présent en France où une vingtaine de réacteurs nucléaires utilisent ses combustibles recyclés (MOX), Orano souhaite renforcer sa présence dans les marchés en croissance.

Le dirigeant de l’entreprise regarde vers la Chine, où des tractations sont en cours pour la réalisation d’une usine de traitement-recyclage des combustibles usés. « Nous sommes historiquement bien positionnés en Asie pour prendre des parts de marché, notamment en Chine qui portera 50% de la croissance du nucléaire mondial d’ici à 2030 ».

Orano devient l’alchimiste du nucléaire

En choississant Orano, l’entreprise revient aux racines étymologiques de sa matière première l’« uranium ». Il fait également écho à « Ouranos », dieu grec du ciel (devenu Uranus dans la mythologie romaine), qui donna son nom à la planète Uranus, qui servira de référence lors de la création de l’appellation « uranium ».

Graphiquement, la lettre « O » ainsi que le jeu sur sa répétition évoquent le cycle du combustible nucléaire, un cycle dynamique, qui permet de transformer la matière de l’uranium au « yellow cake » (couleur dominante du logo). Puis, d’utiliser ce concentré pour concevoir le combustible nucléaire, essentiel à la production d’une électricité sans CO2, laquelle est devenue l’« or » d’un siècle marqué par le défi climatique.

« L’électricité sans CO2 est devenue l’« or » d’un siècle marqué par le défi climatique »

Plus qu’un changement de nom, une refondation estime Philippe Knoche : « Orano symbolise un nouveau départ. Un nouveau départ pour lequel nous nous sommes mis en ordre de marche depuis maintenant plusieurs années. Nous avons mis en place une nouvelle organisation, un nouveau projet d’entreprise, un nouveau plan d’actions stratégique, un nouveau contrat social. Cette identité en découle naturellement. »

Fin du chapitre AREVA

Le groupe AREVA a cessé d’exister en juillet dernier. Le plan de restructuration du groupe AREVA a donné naissance à trois entités distinctes, chacune recentrée sur des missions spécifiques : AREVA SA, AREVA NP – devenue Framatome – et Orano.

 

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La réponse asymétrique du Pakistan à Trump

La réponse asymétrique du Pakistan à Trump


C’est une façon intelligente de retourner la table en Afghanistan


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Par Andrew Korybko – Le 5 janvier 2018 – Source Oriental Review

Afghan refugees in Pakistan

L’annonce par le Pakistan de l’expulsion de plus de 1,5 million de réfugiés afghans dans les 30 prochains jours est tacitement justifiée par le tweet de Trump. Elle s’appuie sur cette position de tolérance zéro envers une immigration provenant d’États « terroristes » mais elle représente aussi l’emploi d’une « arme de migration de masse » retournée en poussant Kaboul plus près de la limite de l’effondrement et par conséquent en remplissant les rangs des partisans des talibans.

Donald J. Trump – 13h12 – 1er janvier 2018

« Les États-Unis ont bêtement donné au Pakistan plus de 33 milliards de dollars d’aide au cours des 15 dernières années, et ils ne nous ont rendu que des mensonges et de la tromperie, pensant que nos dirigeants étaient des imbéciles. Ils donnent refuge aux terroristes que nous chassons en Afghanistan, sans aide. Plus jamais ça ! »

Trump va bientôt regretter ce qu’il a tweeté au sujet du Pakistan le jour du Nouvel An en l’accusant de « donner refuge aux terroristes » puisque Islamabad est sur le point de frapper Washington avec une contre-mesure asymétrique qu’il n’oubliera certainement pas.

Le gouvernement pakistanais vient d’annoncer que plus de 1,5 million de réfugiés afghans doivent quitter le pays dans les 30 prochains jours, un plan sur lequel il travaille depuis un moment mais qui vient de recevoir un nouvel élan et une justification internationalement acceptable avec le tweet de Trump.

Sans cette politique de tolérance zéro du président américain vis-à-vis de l’immigration provenant de ce que son administration qualifie de pays « terroristes » ce qui inclut l’Afghanistan pour des raisons substantielles et non politiques (comme l’inclusion de l’Iran et l’exclusion de l’Arabie saoudite dans cette liste), alors le Pakistan aurait risqué de subir de fortes pressions de la part du Département d’État avec des allégations exagérées selon lesquelles il « violait les droits de l’homme » des réfugiés.

Trump, cependant, a déclaré que le Pakistan « donnait refuge aux terroristes » et comme les États-Unis considèrent officiellement les réfugiés afghans comme un risque potentiel de sécurité trop fort pour les autoriser à immigrer, ils sont forcés d’accepter leur expulsion du Pakistan sur la base implicite qu’ils constituent également une menace terroriste grave pour un État, comme le président vient de le tweeter.

Ce n’est pas du tout ce que Trump voulait dire quand il a publié son tweet, ni la réaction qu’il attendait, mais en exploitant habilement la politique du président chez lui et ses allusions faites contre le Pakistan à l’étranger, Islamabad a trouvé une manière créative asymétrique de riposter à Washington.

Non seulement le Pakistan pourrait bientôt se débarrasser des cellules dormantes terroristes réelles et du mécontentement social dans un pays qui a depuis longtemps dépassé ses capacités d’accueil comme voisin [de l’Afganistan, NdT], mais il catalysera aussi une série de crises en cascade pour Kaboul en employant ce qui peut être décrit comme une « arme de migration de masse » retournée.

Pour expliquer brièvement, la chercheur de l’Ivy League Kelly M. Greenhill a introduit le concept d’« arme de migration de masse » en 2010 pour décrire les façons dont les mouvements de population à grande échelle – qu’ils soient naturels, artificiels ou exploités – influencent leur société d’origine, de transit et de destination, estimant que ce phénomène peut avoir une utilisation stratégique dans certains cas.

L’afflux de millions de ces « armes de migration de masse » afghanes au Pakistan depuis 1979 a eu pour effet de déstabiliser les communautés frontalières du pays hôte et de contribuer à la vague d’attentats terroristes qui ont fait plus de 60 000 victimes depuis 15 ans. Mais maintenant, le retour rapide et à grande échelle de ces « armes » dans leur pays d’origine déstabilisera inévitablement l’Afghanistan.

Ce pays, enclavé et déchiré par la guerre, est totalement incapable de faire face à une augmentation d’environ 3% de sa population totale dans les 30 prochains jours, d’autant plus que le gouvernement de Kaboul exerce peu d’influence au-delà de sa capitale et n’a aucune influence sur environ la moitié du pays qui est sous le contrôle des talibans.

Le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis échoue devant ses citoyens et c’est pourquoi tant d’entre eux ont rejoint les talibans ou sympathisent avec eux, de sorte que les chances de ces réfugiés rapatriés de réintégrer avec succès le tissu socio-économique de leur patrie et de devenir des « citoyens modèles » est proche de zéro. Cela signifie que la grande majorité de ces 1,5 million de personnes se rapprochera probablement plus des talibans que de Kaboul et rendra par conséquent le pays beaucoup plus difficile à contrôler pour les États-Unis.

Donc, le Pakistan a renvoyé le tweet de Trump à l’envoyeur en l’utilisant comme prétexte internationalement plausible pour entamer ce mouvement planifié depuis longtemps, à l’origine fondé sur des intérêts purement centrés sur la sécurité apolitique, mais maintenant devenu pertinent pour incarner les contours géostratégiques d’un puissant renversement de table contre les États-Unis en Afghanistan à travers l’utilisation d’« armes de migration de masse » retournée.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé. vérifié par Wayan, relu Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-reponse-asymetrique-du-pakistan-a-trump

 

Syrie – Les Turcs attaquent Afrin, les Américains se plantent, les Kurdes sont encore dans le mauvais camp

Syrie – Les Turcs attaquent Afrin, les Américains se plantent, les Kurdes sont encore dans le mauvais camp

 


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 21 janvier 2018

Après l’échec des négociations entre la Russie/Syrie et les Kurdes d’Afrin, la partie russe a conclu un accord avec la Turquie. Maintenant la Turquie attaque Afrin pendant que tout le monde regarde ailleurs. La principale raison de ce développement est la décision des États-Unis d’occuper le nord-est de la Syrie avec l’aide du YPG/PKK kurde. La stratégie d’occupation s’avère déjà être un échec. Les Kurdes ont fait le mauvais choix. Ils sortiront perdants du jeu.

Nous nous sommes trompés en prédisant que les menaces turques d’attaquer la zone nord-ouest d’Afrin contrôlée par les Kurdes étaient des menaces creuses :

La menace n’est pas sérieuse :

  • Afrin est sous la protection formelle des forces russes et syriennes.
  • Le vrai danger pour la Turquie n’est pas Afrin, mais le protectorat kurde beaucoup plus large que les États-Unis ont officiellement annoncé dans le nord-est de la Syrie.

Les menaces turques et le bruit de l’artillerie ont couvert les protestations de la Syrie et les conseils plus discrets de la Russie. Le gouvernement syrien veut montrer qu’il est le protecteur de tous les citoyens syriens, qu’ils soient d’origine arabe ou kurde. La Russie est fière de jouer le rôle de l’adulte qui apaise tous les camps.

La Turquie attaque maintenant le canton d’Afrin en force. Sous l’inspiration d’un certain George Orwell, l’opération a été baptisée « Rameau d’olivier ».

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L’opération turque à Afrin a été déclenchée par deux événements. Le plus important a été l’annonce par les États-Unis d’une occupation permanente du nord-est de la Syrie avec l’aide d’une « force de protection des frontières » composée de 30 000 hommes des Forces démocratiques syriennes (FDS) principalement des Kurdes et des Arabes qui avaient combattu sous les ordres de l’EI. Nous avions noté à ce moment-là :

Les États-Unis n’ont pas consulté les Turcs avant d’annoncer leur décision et les Turcs ne trouvent évidemment pas drôle du tout qu’une « bande de terroristes », entraînée et armée par les États-Unis, contrôle un long tronçon de leur frontière méridionale. N’importe quel gouvernement turc serait obligé de prendre des mesures drastiques pour protéger le pays d’une telle menace stratégique.

Les États-Unis ont fait preuve d’amateurisme. Ils ont ignoré les besoins de sécurité de la Turquie, leur alliée dans l’OTAN, et lui ont préféré une occupation illégale qui ne pourra pas durer du nord-est de la Syrie. Le secrétaire d’État Tillerson a tenté de calmer les Turcs en affirmant que la « force de protection des frontières » n’était pas destinée à protéger la frontière. Les rapports émanant du terrain où ces forces sont entraînées prouvent que c’est un mensonge :

« Cette force sera une force fondamentale pour protéger les frontières du nord de la Syrie », a déclaré la personne qui présidait la cérémonie qui couronnait la formation.

La seconde raison de l’opération turque est le succès remporté par l’armée syrienne à Idleb-Est où « l’armée syrienne libre » et les takfiris d’al-Qaïda soutenus par la Turquie ont été éliminés par l’armée syrienne.

L’opération turque en cours a été précédée de plusieurs séries de négociations.

Le gouvernement syrien et ses alliés russes ont offert aux Kurdes d’Afrin de les protéger contre les attaques turques :

Il y a près d’une semaine, il y a eu une réunion entre des responsables russes et des dirigeants kurdes. Moscou a suggéré que l’État syrien devienne l’unique entité responsable de la frontière nord. Les Kurdes ont refusé. Immédiatement après les généraux turcs ont été invités à Moscou. Donner à l’État syrien le contrôle de sa frontière nord n’était pas la seule exigence russe. L’autre était que les Kurdes rendent les champs pétrolifères de Deir al Zor. Les Kurdes ont refusé en laissant entendre que les États-Unis ne le permettraient pas de toute façon. La réunion n’a pas vraiment été un succès.

Ce témoignage a été confirmé par les négociateurs kurdes :

Aldar Xelil (@Xelilaldar), membre de la Société libre démocratique Tev-Dem : « Au cours d’une réunion, la Russie a dit à l’administration d’Afrin que si Afrin était gouvernée par le régime syrien, la Turquie ne l’attaquerait pas. L’administration du canton d’Afrin a refusé cette proposition. »

Les Kurdes ont fait une contre-offre. Ils proposaient de mettre des drapeaux syriens et de rendre la base aérienne de Menagh (presque entièrement détruite), mais ils ne voulaient pas renoncer au contrôle des frontières :

La traduction d’un extrait du journal Diken :

Amberin Zaman s’est entretenu avec des officiels de Rojava, Nobahar Mustafa et Sinam Mohammed. Ils ont dit :

  • La Russie veut affaiblir le YPG et rendre Afrin au “régime”.

  • Nous négocions toujours avec la Russie. Ils nous ont dit que si on rendait Afrin au régime, ce dernier nous protégerait. Nous avons refusé. Nous avons proposé de rendre la base aérienne de Menagh et d’autres points de contrôle, mais ils ont refusé.

  • Il se peut que nous nous retirions de la conférence de Sotchi

  • Nous allons former une nouvelle alliance avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte.

  • Le commandant des forces de Rojava, le général Mazlum et Ilham Ahmed ont rencontré Brett McGurk pour demander aux États-Unis de mettre fin aux attaques turques. C’est un test de la fiabilité des États-Unis en tant qu’allié.

Après l’échec des négociations avec les Kurdes, la Syrie et la Russie qui en était le médiateur ont conclu un accord avec la Turquie. La Turquie avait accepté la création d’une zone de désescalade à Idleb, mais elle n’avait jamais procédé à la mise en place des postes d’observation promis dans la zone gouvernée par Al-Qaïda. La Turquie a soutenu al-Qaïda. Combattre directement le groupe terroriste est contraire aux intérêts turcs. De nombreux combattants d’al-Qaïda ont de la famille et des amis en Turquie et cela la rend vulnérable.

Le nouvel accord donnera à la Syrie le contrôle de la plus grande partie d’Idleb en échange du contrôle turc sur Afrin (si les Turcs parviennent à prendre la région). Au début de l’opération turque, l’armée syrienne a pris la base aérienne d’Abu Duhur à l’est-Idleb. Elle va éliminer tout ce qui reste d’al-Qaïda et de l’EI dans le chaudron maintenant scellé. Elle poursuivra ensuite son avancée dans le gouvernorat d’Idelb.

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Ce ne serait pas bon pour la Syrie que la Turquie prenne le contrôle d’Afrin. Le gouvernement syrien n’aime pas du tout l’accord que les Russes ont conclu en son nom, d’autant qu’un accord avec l’instable président turc Erdogan ne tiendra probablement pas longtemps. Mais voir les Kurdes s’allier aux États-Unis dans une occupation permanente du nord-est est encore pire pour la Syrie.

Le gouvernement syrien a rejeté les allégations turques selon lesquelles la Turquie l’aurait  informé de l’attaque et a officiellement condamné la décision turque. Mais il ne peut pas faire grand-chose. Son armée est épuisée et engagée ailleurs. Ni la Russie, ni l’Iran, ne verraient d’un bon œil un conflit ouvert avec la Turquie.

Les médias turcs sont en mode guerre totale :

Les journaux turcs de ce matin :

  • Hurriyet : Nos avions ont touché #Afrin. Le cœur de la Turquie bat comme un seul homme

  • Sabah : Nous les frappons dans leur tanière

  • Haberturk : La poigne de fer pour le terrorisme, le rameau d’olivier pour les civils

  • Sozcu : Nous avons dit que nous allions frapper malgré les États-Unis et la Russie. Nous avons frappé les traîtres.

L’opération  de la Turquie contre Afrin est assez importante. Ses forces aériennes bombardent la région. Elle envoie maintenant ses chars les plus modernes. L’« Armée syrienne libre » d’al-Qaïda soutenue et contrôlée par la Turquie, sera au front sur le terrain et c’est elle qui va certainement perdre le plus de sang. Afrin est dans la montagne et ce sera un combat difficile. Deux chars turcs ont déjà été détruits. Les Kurdes sont bien préparés et bien armés. Les deux camps auront beaucoup de pertes.

Pendant ce temps, l’armée syrienne et ses alliés auront le temps de s’emparer d’Idelb.

Les États-Unis sont en plein marasme. Leur stratégie pour la Syrie, qui date seulement d’une petite semaine, est déjà en train de s’effondrer. Leur Commandement central refuse de prendre la responsabilité des Kurdes d’Afrin tout en s’alliant avec les Kurdes de l’Est. Ce sont pourtant les mêmes. Le commandant militaire kurde d’Afrin se battait auparavant à Kobane. En ce moment, les avions turcs décollent de la base aérienne américaine d’Incerlik pour aller bombarder les Kurdes dans l’ouest de la Syrie, tandis que les avions-citernes américains décollent d’Incirlik pour aller soutenir l’alliance des États-Unis avec les Kurdes de l’est.

Le groupe arabe Jaysh al Thuwar était une des feuilles de vigne arabes qui dissimulait le commandement kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis à l’est. Il a maintenant changé de camp et est de retour sous la tutelle turque. (MISE À JOUR : Cela a maintenant été réfuté.) D’autres éléments des FSD vont changer de camp. Nous pouvons nous attendre à des « attaques de l’intérieur » contre les forces américaines qui les entraînent.

Le commandement kurde blâme la Russie pour l’attaque turque contre Afrin. C’est ridicule. La Syrie et les Russes ont soutenu les Kurdes tout au long de la guerre. Ils ont été les premiers à livrer des armes et des munitions aux Kurdes pour se battre contre les takfiris. Ce sont les Kurdes qui ont changé de camp et encouragé l’occupation américaine. Ce sont les Kurdes qui ont annoncé qu’ils demanderaient le soutien des Saoudiens.

Il y a quelques mois à peine, le projet kurde en Irak s’est lamentablement effondré. Le gouvernement irakien a repris tous ce que les Kurdes avaient gagné en une décennie, et les États-Unis n’ont rien fait pour aider leurs « alliés » kurdes. Comment les Kurdes de Syrie peuvent-ils s’imaginer que cette nouvelle entreprise démesurée aura un sort différent?

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-les-turcs-attaquent-afrin-les-americains-se-plantent-les-kurdes-sont-encore-dans-le-mauvais-camp

 

 

Protectionnisme : Trump sort les couteaux

Publié le 23 janvier 2018 à 13h50 | Mis à jour le 23 janvier 2018 à 17h36

Protectionnisme : Trump sort les couteaux

Donald Trump motre aux journalistes sa signature sur... (PHOTO AP)

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Donald Trump motre aux journalistes sa signature sur l’un des documents paraphés lors d’une cérémonie mardi dans le Bureau ovale.

PHOTO AP

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
WASHINGTON

Avant l’intervention vendredi de Donald Trump à Davos en Suisse, les États-Unis sont passés des paroles aux actes pour protéger le marché américain du flot de produits importés à l’instar des panneaux solaires en provenance de Chine.

En signant mardi les documents imposant ces droits de sauvegarde et d’autres sur les machines à laver importées, le président américain a assuré qu’il entendait «faire respecter le principe d’un commerce équitable et démontrer au monde que les États-Unis ne se laisseraient plus faire».

L’administration américaine prépare aussi tout un arsenal de mesures protectionnistes pour les secteurs stratégiques de l’acier et de l’aluminium ainsi que pour protéger la propriété intellectuelle.

«Nous sommes dans une période particulièrement dangereuse. C’est une escalade continue de l’administration Trump», estime Edward Alden, expert au Council of Foreign Relations, soulignant que le message des États-Unis est «clair» : «ils sont prêts à utiliser tous les outils à leur disposition pour protéger le marché américain d’une concurrence jugée déloyale».

La décision lundi d’imposer des «droits de sauvegarde» sur des panneaux solaires importés de Chine ainsi que sur les grandes machines à laver fabriquées en Chine, en Corée du Sud, au Mexique, en Thaïlande et au Vietnam est perçue comme la plus importante depuis celle, début 2017, de sortir de l’accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique (TPP).

Peu après son élection à la Maison-Blanche, Donald Trump avait abandonné abruptement ce traité dans le cadre de sa politique protectionniste visant à sauver des emplois américains menacés selon lui par le libre-échange. Il a aussi imposé la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) dont la 6e session de négociations s’est ouverte mardi à Montréal.

Pour autant, au cours de la première année d’administration Trump, «il y a eu beaucoup de discours mais pas beaucoup d’actes, au moins sur le commerce», observe Scott Miller, expert au centre d’études internationales et stratégiques (CSIS).

Usines aux États-Unis

Il qualifie les décisions prises lundi «de pur protectionnisme» car les panneaux solaires ou les machines à laver importés cause un réel préjudice aux entreprises américaines.

Cette décision «est une incitation forte pour que (les entreprises) LG et Samsung respectent leurs promesses de construire de grandes usines pour les machines à laver, ici aux États-Unis», a réagi Donald Trump.

«Pour être honnête, l’impact économique de la décision (de lundi) est assez modeste», reprend néanmoins Edward Alden, observant que l’administration a suivi les préconisations de la Commission internationale du commerce américaine (USITC) qui a jugé recevable la plainte de deux entrepreneurs américains en faillite, sans toutefois s’aligner sur les exigences des plaignants.

Pour autant, «sur le plan symbolique, c’est très important», estime-t-il.

«Cela signale au monde entier que cette administration est préparée à jouer un rôle bien plus important sur le commerce», dit-il.

Monica de Bolle experte au Peterson Institute for International Economics (PIIE) ajoute que les mesures sur l’aluminium et l’acier pourraient être dévoilées très prochainement, les enquêtes étant déjà bouclées.

Sous le feu des projecteurs 

Elle souligne que l’on peut s’attendre à tout dans le discours que prononcera le président américain au forum économique mondial de Davos. «Dans quelle mesure il optera pour la voie agressive ou diplomatique, il faut patienter dans la mesure où Trump est imprévisible», souligne Monica de Bolle.

La décision de lundi «donne de manière évidente à Trump l’opportunité d’être sous le feu des projecteurs à Davos» et de donner la réplique à son homologue chinois Xi Jinping, qui l’an passé, à ce même forum, avait créé la surprise en se positionnant comme l’apôtre du libre-échange.

Dans un discours historique, le dirigeant chinois s’était fait le pourfendeur du protectionnisme de Donald Trump.

En dévoilant lundi des prévisions de croissance économique plus optimistes pour 2018 et 2019, le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde contre des mesures de protectionnisme qui pourrait compromettre l’expansion.

«Quand on fait de la sécurité nationale la justification des décisions commerciales, on incite les autres (pays) à faire de même et c’est la porte ouverte au protectionnisme», a de son côté prévenu Scott Miller.

Pour l’heure, la Chine n’a pas choisi la confrontation, note Monica de Bolle.

Le ministère chinois du Commerce a simplement averti «qu’avec d’autres membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Chine allait défendre résolument ses intérêts légitimes», sans préciser les actions envisagées.

De son côté, le ministère sud-coréen du Commerce a annoncé son intention de déposer une requête auprès de l’OMC, selon l’agence de presse Yonhap.

http://www.lapresse.ca/affaires/economie/international/201801/23/01-5151152-protectionnisme-trump-sort-les-couteaux.php

[Vidéo] Olivier Berruyer : “Faites-nous confiance, on va vous dire ce qui est vrai !”

Source : Polony TV, Kevin Boucaud-Victoire, 20-01-2018

Invité de Kevin Boucaud-Victoire sur Polony TV, Olivier Berruyer livre ses analyses et ses inquiétudes au sujet de la loi du gouvernement afin de lutter contre les “fake news”. Quel(s) risque(s) pour la liberté d’expression et la démocratie déjà menacées ? Olivier Berruyer touche quelques points sensibles et soulève pas mal de questions. Questions qui ne seront certainement pas abordées par les personnes en charge du projet, à moins d’un miracle.

Régulation de l’information, lutte contre les “fake news”, lutte contre l’apologie du terrorisme et le “complotisme”, les rumeurs, etc… Autant de motifs invoqués pour tenter de museler des voix dissonantes, mais seulement pendant les élections… pour l’instant. Dérive vers une censure ou plutôt vers une autocensure suggérée et intériorisée ? Quand un Etat tente d’impose par la loi ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce que les gens doivent croire et réfuter, est-ce que c’est encore une démocratie digne de ce nom ?

Olivier Berruyer revient également rapidement sur l’outil de décrédibilisation du journal Le Monde, le Decodex, le “Fact-Checking” version américain versus le “Fact-Checking” français, l’étude de la fondation Jean Jaurès sur le complotisme en France et le traitement médiatique de la Russie.

L’entretien est à regarder ici : Olivier Berruyer : “Faites-nous confiance, on va vous dire ce qui est vrai !”

Source : Polony TV, Kevin Boucaud-Victoire, 20-01-2018

https://www.les-crises.fr/video-olivier-berruyer-faites-nous-confiance-on-va-vous-dire-ce-qui-est-vrai/

2 réponses à [Vidéo] Olivier Berruyer : “Faites-nous confiance, on va vous dire ce qui est vrai !”

  1. Fritz Le 24 janvier 2018 à 07h08

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    « L’idée que finalement, c’est le pouvoir qui va dire “Je vais vous dire la vérité”, c’est dans un régime totalitaire qu’il y a ça”, souligne Olivier Berruyer (9’50). En 1967, le procureur Garrison avait fait la même remarque, dans son droit de réponse à NBC : « C’est un concept totalitaire ».

    Si vous n’êtes pas des moutons, si vous vous posez des questions, c’est que vous êtes complotistes, car comme le disait le maître à penser des fact-checkers, Rudy Reichstadt, le doute est la porte ouverte au conspirationnisme (19′). Nous sommes tous des complotistes en puissance ? A l’instar de René Descartes : le doute pour sortir de la prison scolastique.

  2. Fritz Le 24 janvier 2018 à 07h21

    Afficher/Masquer

    Nous devons rester vigilants sur les principes : car pour s’attaquer à un principe aussi fort que la liberté d’expression, le Pouvoir utilise un exemple choquant, extraordinaire. Le projet de loi annoncé par le président Macron le 3 janvier ne se limitera pas aux périodes électorales.
    Comme l’état d’urgence, il deviendra permanent : ce sera un état d’urgence informationnel.

    Olivier cite l’assassinat de J. Kennedy comme exemple d’un doute largement partagé (70 % des Américains). L’article Wikipédia parle lui-même d’un “doute jamais levé”, est-ce là une source conspirationniste ? Le reporter Léo Sauvage, les historiens Trevor-Roper et Thierry Lentz seraient-ils des “complotistes” parce qu’ils doutent fortement des conclusions de la commission Warren ?

[Vidéo Les-Crises] Financement du Terrorisme (2/4) : Géopolitique du Financement du Terrorisme

Suite du colloque sur le Financement du Terrorisme organisé par le CF2R, le 5 décembre 2017.

Table ronde avec Alain Chouet et Majed Nehmé : Géopolitique du Financement du Terrorisme

Source : Youtube, 05-12-2017

https://www.les-crises.fr/video-les-crises-financement-du-terrorisme-24-geopolitique-du-financement-du-terrorisme/

 

Les risques non conventionnels et leur impact sur les entreprises

Le 18 janvier 2018
Les risques non conventionnels et leur impact sur les entreprises
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Les risques non conventionnels et leur impact sur les entreprises

par Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R),

Éric DENÉCÉ, docteur en sciences politiques, a servi au Secrétariat de la défense nationale avant de se consacrer à l’intelligence économique au Centre d’études et de prospectives stratégiques (CEPS), au sein du cabinet ARGOS et du groupe GEOS. Auditeur du Centre des hautes études sur l’Afrique et l’Asie moderne (Cheam) en 1993, il avait consacré son mémoire à La liberté de navigation à travers les détroits, enjeu essentiel de la sécurité en Asie du Sud-Est.

Il enseigne le renseignement et l’intelligence économique dans plusieurs écoles de commerce et universités françaises et étrangères. Il conseille par ailleurs les entreprises en matière de Risk Management (CF2R Services). Auteur de nombreux ouvrages sur le renseignement, l’intelligence économique, le terrorisme et les opérations spéciales, il a reçu en 2009 le prix Akropolis de l’Institut des hautes études de sécurité intérieure (IHESI).

Le risque est par définition au cœur de l’entreprise. Sous le double effet des révolutions technologique et géopolitique à l’origine de la mondialisation, l’environnement des affaires connait de profonds bouleversements. L’influence des facteurs « hors marché » est devenue en deux décennies un sujet de préoccupation majeur pour les acteurs économiques engagés dans la compétition internationale. Aujourd’hui, cinq nouveaux types de risques doivent être pris en considération : internationaux, criminels, sociétaux, anticoncurrentiels et extra-judiciaires.

Les risques internationaux

Plus géopolitiques que « politiques », ils résultent de l’accroissement de l’insécurité internationale et du terrorisme. Il y a une défaillance des États en voie de développement qui, confrontés, depuis la fin de la guerre froide, à la chute des financements des deux blocs, ne peuvent plus payer leurs policiers et leurs militaires.

Les mouvements de guérilla se sont criminalisés. Leurs membres, privés de toute réinsertion mais disposants de dépôts d’armes, se sont reconvertis en criminels pour survivre. Les « zones grises » ou zones de non-droit prospèrent en Afrique mais aussi dans nos banlieues. Les seules régions sécurisées sont celles qui produisent des matières premières.

Les conflits intraétatiques se multiplient : guerres tribales ou ethniques. Les revendications liées au décalage de développement entre pays du nord et du sud se multiplient. La population est remontée contre l’Occident.

L’islam radical intervient maintenant au niveau international. Il cible les liens des pays visés avec l’Occident : les industries, les mines, etc. Les attentats, les enlèvements d’expatriés, la piraterie maritime se multiplient. Le nombre d’enlèvements est évalué à environ 30 000 par an, dont 25 % d’Occidentaux. Les ONG et les entreprises n’ont plus d’interlocuteurs locaux capables d’assurer leur sécurité. Cela leur impose un accroissement du coût de leurs opérations ou les oblige à quitter certains marchés. Il y a donc pour les entreprises des risques à l’occasion de leurs voyages, de leurs implantations et de leurs projets.

Les risques criminels

La part de l’économie criminelle dans le monde est forte : 2 000 milliards de dollars, 7 % du PIB mondial contre 2 à 3 % en 1990, 25 % de la richesse privée mondiale. Les organisations criminelles (mafias, cartels, etc.) font irruption dans l’économie légale, en particulier pour « recycler » leurs fonds. Cette manœuvre se caractérise par une diversification des produits ou des marchés et vise un blanchiment des fonds pour assurer l’héritage des enfants !

Les fonds objets du blanchiment sont issus de trafic de drogue, d’armes, d’êtres humains (prostitution, trafic d’organes), de contrebande de produits rares, de contrefaçon de médicaments ou d’autres produits. Il faut se débarrasser des petites coupures, un million de dollars en billets pèse 48 kilos, et ensuite « légaliser » ces fonds.

Les opérations illicites s’infiltrent dans les activités traditionnelles des entreprises par de multiples biais : placements immobiliers, participations financières, rachats de PME, etc. Par ailleurs, les fraudes internes sont une préoccupation constante pour les dirigeants.

Les risques anticoncurrentiels

Ils sont la conséquence du durcissement de la compétition économique. Une course effrénée à l’innovation et aux marchés se développe avec un accroissement de l’intensité concurrentielle. Il y a une régression de l’application de la loi de l’offre et de la demande. De nombreux acteurs recourent à des pratiques agressives, déloyales ou illégales pour acquérir des informations (espionnage), contournent les règles d’accès aux marchés (corruption, influence, pressions politiques), pour venir à bout de la concurrence (déstabilisation, sabotage).

Les États interviennent dans la compétition économique. En 1990, à la fin de la guerre froide, de 20 à 30 % du personnel de la CIA et de la NSA américaines se sont reconvertis dans la sécurité des entreprises. Les pratiques illégales participent à la guerre économique. Les savoir-faire des opérations clandestines sont utilisés. La guerre mondiale contre le terrorisme (Global War on Terrorism, GWOT pour les Américains) est utilisée à des fins commerciales. Les États-Unis écoutent les communications, celles de l’Iran bien sûr mais aussi et surtout celles des pays développés. La France n’échappe pas à ces écoutes car elle intervient dans des domaines concurrentiels… Ces méthodes prennent clairement leurs distances avec l’éthique – voire la légalité – et font courir des risques énormes aux entreprises qui en sont victimes.

Des risques extra-judiciaires sont liés à l’application extraterritoriale du droit américain en matière de règles d’exportation (embargo) et de normes anticorruption. Cette pratique offre des possibilités de poursuites judiciaires multiples par la justice des États-Unis et instrumentalise le droit pour affaiblir ses concurrents économiques. Cela se traduit pour les entreprises et leurs dirigeants par des poursuites pénales et de lourdes sanctions financières.

Les risques sociétaux

Les risques sociétaux sont la traduction de l’évolution des préoccupations morales et éthiques de nos sociétés. Ils sont aussi l’inquiétante traduction du vide philosophique et spirituel et de la perte de repères de nos sociétés post-industrielles.

L’évolution des sociétés modernes se caractérise par le développement des manifestations en faveur de l’écologie, par la perte des valeurs en particulier dans le monde occidental. Les risques sociétaux sont aussi la conséquence directe d’un certain « désœuvrement » lié au chômage, une retraite plus longue, un temps de travail réduit qui offre plus de temps libre et aussi du développement des moyens de communication modernes (TIC).

Les risques sociétaux sont de nature sectaire ou de nature contestataire. Ils relèvent globalement de la volonté de remettre en cause la société libérale et de déstabiliser les entreprises, soit au nom d’une croyance que les uns cherchent à imposer (islam radical, scientologie, etc.) ou d’une cause « éthique » que les adeptes défendent parfois avec une très grande violence (altermondialistes, animalistes et écologistes radicaux).

Risques sectaires

Diverses sectes ciblent les acteurs économiques : Scientologie, New Age, certaines formes de développement personnel/coaching, etc.

Le risque islamique présente une spécificité française. Le nombre des musulmans en France est évalué à 6 millions de personnes, dont 1 à 2 % d’islamistes. Les manifestations communautaires se développent : exigence d’une salle de prière, demande d’aménagement des horaires pour les prières, refus de serrer la main des femmes, prosélytisme, etc.

Risques militants

Ils résultent des nouvelles « valeurs » de nos sociétés : transparence, écologie, développement durable, etc. Dans nos sociétés développées, il y a une multiplication des mouvements de contestation sociétaux ou éthiques : antipub, anti marques, @dbusters (« casseurs de pub »), écoterroristes, animalistes, anti-avortement, altermondialistes, etc. Dans chaque « cause », il y a passage à l’action violente des groupuscules contestataires.

Les actions de tous ces groupes perturbent le fonctionnement interne autant que les activités des entreprises et nuisent directement ou indirectement à leur image et à leur réputation.

 

Perspectives : addition et combinaison des risques

Ces nouvelles menaces font peser sur les entreprises de nouveaux risques qualifiés de « non conventionnels » ou « spéciaux » parce qu’ils ne relèvent pas de la sphère traditionnelle des managements. Ces nouvelles menaces proviennent essentiellement d’acteurs « hors marché » et se traduisent par des modes d’action (violence, prédation, subversion, chantage) auxquels les entreprises ne sont pas accoutumées. Ce sont des risques intentionnels et organisés, à la différence des risques financiers, technologiques ou climatiques, dits « conventionnels ».

Le volet « cybernétique » de ces risques ne doit pas être négligé. De même, il faut noter l’interconnexion progressive des nouvelles menaces. Parmi celles-ci, la criminalité, avec la corruption et le chantage, est un danger infiniment supérieur au terrorisme. Tout ces risques nécessitent d’anticiper en permanence par le renseignement.

Le domaine de préoccupation des entreprises s’élargit désormais à de nouveaux champs qui viennent perturber leur développement et leur imposent de nouvelles conditions de fonctionnement. D’où la nécessité d’apporter aux acteurs économiques de nouveaux éléments d’information, utiles à leur développement, qui leur permettront d’affiner la perception de ces nouveaux risques, de mesurer leurs impacts possibles sur leurs activités et d’identifier les solutions existantes pour s’en prémunir ou y réagir.

Notes de François Toussaint et synthèse de l’intervenant

https://www.arri.fr/articles/22168-les-risques-non-conventionnels-et-leur-impact-sur-les-entreprises

Les inégalités selon Oxfam

Les inégalités selon Oxfam

Comme chaque année à la même époque, l’ONG Oxfam profite du Forum économique mondial de Davos pour alerter les dirigeants politiques, les chefs d’entreprise et les opinions publiques sur l’état des inégalités dans le monde. Elle a donc publié hier 22 janvier 2018 son détonnant rapport annuel 2018, dont la conclusion, toujours la même, est la suivante : les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres sont la marque distinctive du développement ultra-libéral et ultra-injuste que nous connaissons depuis plusieurs décennies et elles se creusent dans des proportions alarmantes. 

En fait d’alarme et de sensationnalisme, admirons la communication très étudiée avec laquelle l’ONG nous prend systématiquement à la gorge et force notre culpabilité de judéo-chrétiens en dépeignant un monde de misère noire soumis à la volonté implacable d’une poignée de personnes :

· Au prix d’une prolongation audacieuse des courbes (graphique ci-contre), le rapport 2015 prévoyait que « les 1 % les plus riches possèderont plus que le reste de la population mondiale en 2016. »

· En 2016, Oxfam visait spécifiquement 62 hyper-riches : « 62 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale ».
· 
Puis en 2017, ce chiffre tombe à 8. Et pas n’importe quel 8 : huit hommes. Pas femmes, hommes : « Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale ». Inégalités ET discriminations des femmes, tout va vraiment de pire en pire.
· Aujourd’hui, autre angle d’attaque. Oxfam quitte (provisoirement) le terrain du patrimoine pour s’intéresser au revenu :

« Davos 2018 : Les 1 % les plus riches ont empoché 82 % des richesses créées l’an dernier, la moitié la plus pauvre du monde n’en voit qu’une miette. » 

.
Si les conclusions de l’ONG ne changent guère d’année en année, la méthodologie non plus. Or elle a été l’objet de nombreuses critiques, ici en 2015 et ici en 2016 par exemple. Pour résumer, il faut savoir que les données utilisées (celles du Crédit Suisse et celles de Forbes) sont disparates et parcellaires selon les pays, que le patrimoine dont on parle est un patrimoine net de dette qui fait d’un étudiant américain endetté pour ses études une personne plus pauvre qu’un paysan indien, et que les projections sont réalisées à partir de 2010, c’est-à-dire l’année où l’économie mondiale a commencé à repartir après la crise de 2008.

Pour les comparaisons, précisons que la définition du seuil de pauvreté retenue par les services statistiques de la plupart des pays est une notion relative. Il s’agit généralement de 60 % du revenu médian. Il en résulte que le seuil de pauvreté augmente avec le revenu médian et qu’il est très différent d’un pays à l’autre. De ce fait, un pauvre en France sera très riche en Inde, et quoi qu’on fasse, on aura toujours des pauvres. Oxfam n’a pas fini de pondre des rapports quand bien même tous les pays seraient devenus riches et prospères.

Concernant plus spécialement le rapport 2018, notons l’expression « empoché » qui tend nettement à faire du revenu des plus riches un vol au détriment des plus pauvres. Pour une ONG comme Oxfam, pour un Mélenchon ou pour un Filoche, la notion de création de richesse n’existe pas. Le gâteau est fixe, fini. Dès lors, tout ce que gagne un riche vient forcément en moins de ce que les autres pourraient gagner. Supprimons les riches en rognant sur leurs revenus et leur patrimoine et tous les pauvres seront, non pas riches car c’est odieux (sauf pour la fille d’Hugo Chávez), mais pourvus d’un revenu qui correspond à ce que Mesdames et Messieurs les humanitaires d’Oxfam sont prêts à leur accorder du haut de leur autoritarisme économique.

Or l’on parle de la richesse nouvelle créée en un an, une richesse qui n’existait pas auparavant et qui n’aurait pas existé si des capitalistes et des entrepreneurs n’avaient pas investi des capitaux et des idées dans des entreprises qui produisent des biens et des services utiles. Utiles car achetés à un certain prix par des clients consentants, ce qui permet ensuite à l’entrepreneur d’embaucher car son activité se développe. De plus en plus de personnes entrant ainsi dans l’emploi, le niveau de vie augmente, avec l’heureuse conséquence de développer aussi les services dans l’éducation, les transports, la médecine etc…

Ces évolutions positives ont eu lieu partout dans le monde, notamment en Asie. J’ai eu par exemple l’occasion de souligner combien la libéralisation de l’économie indienne opérée au début des années 1990 avait eu un impact fort sur la sortie de la pauvreté de millions de personnes et combien elle avait permis aux « intouchables », socialement condamnés à n’avoir que des métiers « impurs » mal rémunérés malgré les politiques de discrimination positive en leur faveur, d’accéder petit à petit à de nouveaux emplois et parfois même au statut d’entrepreneur.

Oxfam reconnaît d’ailleurs « qu’entre 1990 et 2010, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (à savoir avec moins de 1,90 dollar par jour) a été divisé par deux, et continue de décroître depuis. »

Soyons plus précis et plus à jour qu’Oxfam. En 1990, la population mondiale était de 5,3 milliards de personnes dont 37,1 % vivaient sous le seuil absolu de pauvreté et en 2015, elle était de 7,4 millards dont 9,6 % sous le seuil de pauvreté (voir graphique interactif). Autrement dit, pendant cette période, les très pauvres sont passés de 2 milliards à 710 millions tandis que la population mondiale augmentait de 2 milliards de personnes.

Il est évident que ce résultat, même remarquable, ne pourrait satisfaire personne. Ce qu’on souhaite, c’est non seulement de voir l’ensemble de la population sortir de la pauvreté, mais de voir de plus en plus de monde accéder à la classe moyenne et pourquoi pas, à la grande richesse. Ceci est totalement possible, et peu importe si certaines personnes parviennent à des niveaux de revenus ou de patrimoine considérablement plus élevés que le reste du monde, à partir du moment où tout le monde progresse.

Mais pour Oxfam, cette richesse qui échappe à son contrôle n’est pas « gagnée ». Il convient donc de la dévaloriser le plus possible. Elle ne serait pas le résultat du talent, d’un travail acharné et d’une prise de risque, mais plutôt le fruit de privilèges ou de relations :

« Les grandes fortunes sont bien plus souvent le produit d’un héritage, d’un monopole ou d’une connivence avec les gouvernements ».

Il ne fait aucun doute que le capitalisme de connivence existe et qu’il répond très mal aux besoins des consommateurs dans la mesure où il se développe partiellement hors marché en s’adaptant au dirigisme étatique en échange de subventions. Un libéral encouragera toujours la libre concurrence, pas un capitalisme déterminé par les exigences de l’Etat. De la même façon, les situations de monopole ou quasi-monopole ne sont pas souhaitables car le détenteur de la position dominante n’est plus encouragé à s’améliorer et le consommateur en pâtit.

Concernant l’héritage, si l’on considère les 8 hommes qui ont été ciblés nommément par Oxfam l’an dernier, on ne voit pas beaucoup d’héritiers mais beaucoup de nouvelles fortunes des technologies de l’information et des fondateurs de grand groupes – Bill Gates (Microsoft), Mark Zukerberg (Facebook), Jeff Bezos (Amazon), Warren Buffet, Amancio Ortega (Zara), par exemple.

Leur patrimoine serait le résultat d’un héritage que cela ne changerait rien. Contrairement à ce que s’imagine Oxfam, il ne dort pas dans un coffre. Il est en partie réinvesti dans des entreprises existantes ou des startups qui à leur tour produisent et embauchent, en partie utilisé à consommer, ce qui génère également des possibilité de développement et d’emplois pour d’autres entreprises, et en partie – parfois une très grande partie – affecté à des fondations à vocations sociales ou culturelles. C’est notamment le cas de la Fondation Bill & Melinda Gates qui est dotée de 44 milliards de dollars pour agir dans les domaines de la pauvreté, de la santé publique et de l’éducation.

Mais Oxfam, complètement imbibé d’une vision statique des échanges économiques, considère que tout milliardaire en plus sur cette planète est un nouveau coup porté à l’avenir et à la prospérité de l’humanité, sans tenir compte du fait que les situations des uns et des autres sont très fluctuantes au gré des cours de bourses. Dans son rapport 2018, l’ONG explique :

« Le nombre de milliardaires a connu l’année dernière sa plus forte hausse de l’histoire, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours. On dénombre actuellement 2 043 milliardaires en dollars dans le monde. Neuf sur dix sont des hommes. » 

Non seulement « le boom des milliardaires » est vu comme le symptôme d’un système économique défaillant « qui enferme les plus vulnérables dans la pauvreté », mais s’y ajoute l’horrible discrimination homme/femme contre laquelle toute politique égalitaire se doit de lutter âprement. A tel point qu’on se demande si dans l’esprit de nos saintes ONG caritatives les milliardaires seraient éventuellement plus acceptables si seulement c’étaient des femmes ….

Finalement, pour réduire les inégalités qui préoccupent manifestement beaucoup plus Oxfam que la pauvreté, l’ONG en vient à préconiser exactement ce contre quoi j’écris à longueur d’articles dans ce blog :
· toute la richesse qui est jugée (de façon purement idéologique) en trop dans certaines mains doit impérativement être réduite par l’impôt afin de nourrir des dépenses publiques toujours plus élevées ;
· les écarts de salaires doivent être plafonnés ;
· le salaire minimum doit être renforcé partout – et tant pis si les expériences montrent qu’il écarte de l’emploi les personnes les plus vulnérables ;
· et la lutte contre les paradis fiscaux et tout ce qui est Paradise Papers doit être impitoyablement relancée.

Il s’agit donc de s’inscrire dans l’alignement parfait des thèses de matraquage fiscal développées par Thomas Piketty dans son ouvrage Le capital au XXIème siècle (dont la méthodologie et les conclusions ont également été fortement critiquées) et à l’opposé exact de tout ce qui a permis à tant de personnes de sortir de la pauvreté au cours des 25 dernières années.

Ce faisant, on engloutit en dépenses publiques, subventions et aide internationale tous azimuts des sommes qui ont plus de chance de décourager les initiatives et d’alimenter le capitalisme de connivence et la corruption partout où elles seront distribuées (voir Afrique, voir Vénézuela – un exemple à suivre d’après Oxfam en 2010 !) que de créer les emplois qu’elles ne manqueraient pas de générer, auraient-elles été consacrées à des investissements productifs sur un marché libre et concurrentiel.

Si je pouvais dire de bonne foi que la solution aux inégalités est simple, qu’il suffit de prendre plus aux riches pour redonner aux pauvres et que ceci fera accéder tout le monde à la prospérité et au bonheur, je le ferais – ce serait tellement plus confortable et tellement plus en phase avec le politiquement correct étatique qui prévaut en France !

Mais je n’y crois pas car les faits ne le démontrent pas. La volonté de lutter contre les « inégalités » entraîne de fait une tentation totalitaire et jalouse, une forme de domestication de la société dans des limites décidées par les gouvernants.

Le seul objectif impératif et juste, c’est que tout le monde soit mieux loti qu’avant. On n’a jamais trouvé mieux que la libéralisation de l’économie, l’innovation et les échanges pour y parvenir.


Illustration de couverture : L’ONG Oxfam a publié son rapport 2018 sur les inégalités dans le monde.

https://leblogdenathaliemp.com/2018/01/23/les-inegalites-selon-oxfam/#more-37358

Donald Trump, le premier président des États-Unis à soutenir la Marche pour la Vie

« Je suis honoré et très fier d’être le premier président à être ici avec vous, à la Maison Blanche, pour m’adresser à la ‘Marche pour la vie’ »,

a déclaré Donald Trump aux centaines de milliers de militants présents à la Marche pour la Vie qui s’est déroulée à Washington vendredi 19 janvier aux États-Unis. Il est en effet le premier président des États-Unis à s’être exprimé durant cette manifestation annuelle contre l’avortement.

Le président des États-Unis a pris la parole depuis la Roseraie de la Maison Blanche et s’est adressé par écran géant aux manifestants réunis sur l’esplanade du National Mall. Il a plusieurs fois cité Dieu dans son discours en défense de la Vie :

« La Marche pour la vie est un mouvement né de l’amour : vous aimez vos familles ; vous aimez votre prochain ; vous aimez notre nation ; et vous aimez chaque enfant, né ou à naître, parce que vous croyez que chaque vie est sacrée, et que chaque enfant est un don précieux de Dieu.

« Nous savons que la vie est le plus grand des miracles. […] A cause de vous, des dizaines de milliers d’Américains sont nés et ont pu réaliser tout ce potentiel que Dieu leur a donné… »

Il a dans son allocution dénoncé la loi américaine en matière d’avortement « l’une des lois sur l’avortement les plus permissives du monde » qui autorise « les avortements en fin de terme, avec la Chine, la Corée du Nord et d’autres ». 

« En ce moment, dans plusieurs États, les lois autorisent qu’un bébé soit arraché du ventre de sa mère au neuvième mois. Il faut que cela change »,

a-t-il ajouté.

Il a conclu sur une note d’espoir pour l’Amérique :

« Plus important encore, c’est le don de la vie elle-même. C’est pourquoi nous marchons, c’est pourquoi nous prions, et c’est pourquoi nous déclarons que le futur de l’Amérique sera rempli de bonté, de paix, de joie, de dignité et de vie pour chaque enfant de Dieu.

Merci à la Marche pour la vie, vraiment, vraiment des gens exceptionnels. Et nous somment avec vous, jusqu’au bout. Nous sommes avec vous.  Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse l’Amérique. »

Francesca de Villasmundo

http://www.medias-presse.info/donald-trump-le-premier-president-des-etats-unis-a-soutenir-la-marche-pour-la-vie/86507/

[Vidéo Les-Crises] Financement du Terrorisme (1/4) : Richard Labévière

Grace à votre soutien, nous avons pu filmer l’important Colloque sur le Financement du Terrorisme organisé par le CF2R, le 5 décembre 2017, que je vous recommande particulièrement au vu de la qualité des intervenants.

Richard Labévière introduit ici la problématique :

Source : Youtube, 05-12-2017

La suite dans les prochains jours…

3 réponses à [Vidéo Les-Crises] Financement du Terrorisme (1/4) : Richard Labévière    Pàur lire les 3 réponses , cliquez sur le lien :

https://www.les-crises.fr/video-financement-du-terrorisme-14-richard-labeviere/

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Revue de presse nationale et internationale.

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