Corée du Nord : Kim Jong-un invite son homologue sud-coréen à Pyongyang

Corée du Nord : Kim Jong-un invite son homologue sud-coréen à Pyongyang

L’invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la sœur du leader nord-coréen, actuellement en visite en Corée du Sud pour assister aux Jeux olympiques d’hiver.

Kim Jong-un, le 1er février 2018, à Pyongyang (Corée du Nord).
Kim Jong-un, le 1er février 2018, à Pyongyang (Corée du Nord). (KCNA VIA KNS / AFP)
avatar

franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Cet épisode pourrait marquer une étape importante dans le réchauffement des relations entre les deux Corée. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a invité le président sud-coréen, Moon Jae-in, à participer à un sommet à Pyongyang, a annoncé Séoul, samedi 10 février.

>> Jeux olympiques de Pyeongchang : suivez en direct les épreuves de la journée

L’invitation a été transmise par Kim Yo-jong, la sœur du dictateur nord-coréen, actuellement en visite au Sud pour les Jeux olympiques d’hiver. Dans ce document, Kim Jong-un indique qu’il est prêt à rencontrer  Moon Jae-in « aussi tôt que possible », selon un porte-parole de la présidence sud-coréenne.

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang, Moon Jae-in et le haut-dignitaire nord-coréen Kim Yong-nam avaient déjà échangé une poignée de main.

Publicités

Revue de presse du 10/02/2018

CRISE DE L’EMPLOI

Des ordonnances Macron au plan social de Gemalto

« Gemalto, premier fabricant au monde de cartes SIM, a engagé un plan de suppressions d’emploi en France, tout en affichant des bénéfices au niveau mondial. Cette firme française – qui a déplacé son siège aux Pays-Bas et dont le premier actionnaire n’est autre que l’État à travers Bpifrance – serait ainsi selon les syndicats l’une des premières à bénéficier des nouvelles dispositions des ordonnances sur le droit du travail. »

Source : OBSERVATOIRE DES MULTINATIONALES

CRISE FINANCIÈRE

La prochaine crise sera-t-elle pire que la précédente ?

« Le capitalisme contemporain est ponctué de crises à répétition, chaque fois plus puissantes et déstabilisantes que les précédentes. 1987, c’est le mini crack qui produira plus de peur que de mal. Puis suit la crise des saving loans et des banques européennes au tournant des années 80-90, puis le krach du Nasdaq des années 2000, et enfin la crise des subprimes de 2007-2008. A chaque fois, en arrière-plan, le surendettement des agents privés (ménages ou entreprises), encouragé par la permissivité ou le contournement des règles prudentielles des intermédiaires financiers. »

Source : XERFI CANAL

DÉMOCRATIE

La censure par la justice d’un article de « Challenges » réveille les craintes sur le secret des affaires

« La justice française a décidé de censurer un article du magazine Challenges faisant état des difficultés économiques de Conforama, aujourd’hui propriété d’une firme sud-africaine. Motif invoqué ? La publication de cette information ne serait pas « d’intérêt général » et porterait atteinte à la confidentialité de négociations économiques en cours. De quoi réveiller les craintes sur l’usage abusif par les tribunaux commerciaux de la notion de secret des affaires, alors que la directive européenne sur ce sujet va bientôt être transposée en France. »

Source : OBSERVATOIRE DES MULTINATIONALES

EUROPE

L’émouvant enthousiasme de Sylvie Kauffmann

« « Nous sommes tous des pro-européens ». Tel est le titre – mi-provocateur, mi-méthode Coué – d’une récente chronique (18/01/18) de Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale au Monde. Son propos n’est pas de rassurer sur l’état d’esprit de ses confrères – nul n’était inquiet à cet égard – mais de proposer une subtile analyse : les adversaires de l’intégration européenne seraient désormais rattrapés, les uns après les autres, par cette inévitable évidence : hors l’UE, point de salut. »

Source : RUPTURE

Séminaire sur l’avenir de l’Europe [Vidéo]

« Nous souhaitons attirer votre attention sur cette vidéo d’un séminaire sur l’avenir de l’Europe qui s’est tenu le 16/01/2018 à l’OCDE. Nous étions les seuls invités extérieurs à cette réunion et nous avions été conviés en nombre. Nous sommes donc venus avec une délégation de 7 personnes, dont Maria Ballesteros du Comité directeur AEGEE-Europe, Pedro Gebrim du réseau Euro-BRICS. » [NB : dure 2h]

Source : Association des amis de Franck Biancheri

La BCE sommée de sortir d’un club bancaire très privé

« Et si, depuis plus de vingt ans, il existait une connivence entre régulateurs publics et banques privées ? Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, est aujourd’hui sommé par le médiateur européen de suspendre sa participation au G30. Ce club international est basé à Washington et certains de ses membres, des banques privées et des régulateurs, sont directement ou indirectement supervisés par la BCE. »

Source : Le Point

EVASION FISCALE

Suisse et Etats-Unis en tête : le vrai classement des paradis fiscaux

« L’association Tax Justice Network s’inquiète de l’attitude de plus en plus agressive de Washington pour récupérer l’argent étranger. Une liste noire des paradis fiscaux, avec des critères objectifs et pas de tractations secrètes de dernière minute ? Loin de celle controversée dressée par l’Union européenne (UE), où il ne reste plus que neuf pays, l’association Tax Justice Network (TJN) réalise la sienne tous les deux ans, passant à la loupe cent douze juridictions. Publiée mardi 30 janvier, elle classe une nouvelle fois en tête la Suisse, suivie des Etats-Unis et des îles Caïmans. »

Source : Le Monde

FRANCE

Pourquoi la France creuse encore un peu plus son déficit commercial

Après une mauvaise année 2016, le déficit commercial s’est encore creusé (~29 % en 2017) à 62,3 milliards €, selon les douanes. La montée du cours du brut explique une partie de cet état de fait. La croissance, paradoxalement, est la seconde explication. Comme celle-ci est surtout liée à la consommation des ménages et à l’investissement des entreprises, cela entraîne une hausse des importations plus rapide (+6,8 %) que celle des exportations (+ 4,5 %). Selon le dernier rapport sur la compétitivité de COE-Rexecode, la part des exportations Fr de biens et services relativement à la zone euro sont passées de 17 % (2000) à 12,9 % actuellement et de pointer les points faibles français que sont les capacités de production, le niveau de gamme et le rapport qualité-prix. Un point de vue prolongé par Patrick Artus : « Mis à part le luxe, l’aviation, l’espace et la pharmacie, c’est la débandade à l’export, un désastre absolu ».

Source : Le Monde

Loin des clichés, quand les chômeurs créent de l’activité grâce à leurs allocations

« Une étude de pôle emploi, publiée en novembre 2017, démontre pourtant ce que bien des agents de Pôle emploi répètent : les chômeurs ne sont pas des fraudeurs. Ce sont avant tout des gens en difficultés. 86 % des demandeurs d’emplois contrôlés sont effectivement à la recherche d’un emploi. Parmi les 14 % des dossiers ayant abouti à une radiation, seuls 4 dossiers sur 10 concernent des demandeurs d’emploi indemnisés par l’assurance-chômage, les autres relèvent soit du régime de solidarité (RSA par exemple), soit ne percevaient plus aucune indemnisation. Un chômeur sur deux est indemnisé en France et l’indemnité moyenne se situe un peu en deçà de 1000 euros mensuels. Les chômeurs vivent donc, pour la plupart, dans des situations souvent précaires. Un certain nombre d’entre eux mettent leur période de chômage à profit pour créer leur activité. »

Source : BASTAMAG

Il manque environ un million d’emplois publics et associatifs pour répondre à des besoins sociaux urgents

« Grèves et revendications dans les EHPAD, les hôpitaux, besoins non couverts dans l’aide à domicile, pour les personnes handicapées, la petite enfance, dans certains secteurs de l’enseignement, les services sociaux, la culture et les loisirs accessibles à tous, les prisons, l’inspection du travail, la justice, et j’en passe. La grande majorité des Français a conscience de ces manques. Parce qu’ils ou elles, ou leurs proches, ont recours à ces services qui sont essentiels sur le plan individuel et collectif. Parce que ces services produisent du développement humain, du respect des droits humains et de la dignité, du lien social. Ils ont un grand défaut aux yeux de l’oligarchie au pouvoir, qui se contrefiche de l’utilité sociale : ils ne sont pas lucratifs. Ou alors ils ne le deviennent que sur le « segment de marché » de ceux et celles qui peuvent payer cher pour en bénéficier, pendant qu’on en prive les moins bien lotis. »

Source : DEBOUT ! Blog de Jean GADREY

GÉOPOLITIQUE

L’avion de combat russe abattu en Syrie augure d’une guerre plus large

« L’avion de combat russe abattu dans le nord de la Syrie samedi menace d’intensifier dramatiquement l’affrontement entre Washington et Moscou dans la guerre par procuration soutenue par les États-Unis pour évincer le régime du président Bachar al-Assad soutenu par la Russie. Les médias russes et de hauts responsables politiques accusent déjà les États-Unis d’y être impliqués. Le ministère russe de la défense a rapporté qu’un Sukhoi Su-25 avait été touché par un missile sol-air portatif, ou MANPAD, dans la province d’Idlib, dans le nord de la Syrie. Le pilote, qui n’a pas été nommé, a été éjecté de l’avion mais a été tué sur le terrain lors d’une « bagarre avec des terroristes ». Le Su-25 est un avion d’attaque au sol à basse altitude. »

Source : WORLD SOCIALIST WEB SITE

Des armes seulement pour des guerres propres ?

« L’Allemagne est la reine de l’exportation. Et les affaires vont bien aussi pour ce qui est de la vente d’armement à l’étranger. Le gouvernement est ainsi sous le feu de la critique depuis que des images ont été publiées, montrant que des chars de facture allemande étaient utilisés par l’armée turque pour combattre des milices kurdes. Le gouvernement, lui, maintient qu’il veille à ne pas vendre n’importe quoi à n’importe qui et qu’il contrôle l’utilisation prévue du matériel militaire qu’il exporte. »

Source : DW

RÉFLEXION

Dominique Vidal : confondre antisionisme et antisémitisme est une « erreur majeure »

« Dans son dernier ouvrage, le journaliste et historien français s’adresse directement à Emmanuel Macron qui, à l’occasion des commémorations de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 2017, avait défini l’antisionisme comme « la forme réinventée de l’antisémitisme »C’était un jour de mémoire en France. Le 16 juillet 2017, Emmanuel Macron fait un discours à l’occasion des commémorations de la rafle du Vél d’Hiv, en région parisienne. Au détour d’une phrase, le président de la République lâche soudain : « Nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Il n’en fallait pas plus pour que Dominique Vidal, journaliste et historien, réplique avec un nouvel ouvrage, Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron, qui vient de paraître aux éditions Libertalia. Pourrait-on condamner l’antisionisme un jour en France ? Que signifie cet amalgame ? Est-il spécifique à la France ? Et quel impact sur la liberté d’expression ? L’auteur répond aux questions de Middle East Eye. »

Source : MIDDLE EAST EYE

Politique : le sondage qui tue

« Pour comprendre ce que valent les sondages, il suffit de les utiliser pour ce qu’ils sont : une agrégation de réponses qui n’engagent à rien, à une question posée en des termes choisis, à un moment donné, auprès d’un échantillon à la représentativité discutable. L’air du temps, rien de plus. En prenant cet air du temps pour argent comptant, médias et politiques s’enfoncent eux-mêmes. »

Source : Alternatives Economiques

VUES D’AILLEURS

L’écologie de la transition énergétique remise en cause par les terres rares

« Vaste sujet que ce sujet là …. et fort peu politiquement correct par les temps qui courent ou l’écologie est mise en avant de tous les côtés pour sauver la planète…. et relancer la demande automobile soit dit en passant … Le journaliste Guillaume Pitron – collaborateur notamment du Monde Diplomatique – dénonce dans son dernier ouvrage intitulé «La guerre des métaux rares », « la face cachée de la transition énergétique et numérique ». »

Source : LE BLOG FINANCE

Mali : un très fort potentiel en lithium, nouvel enjeu majeur du Sahel ?

« Les faits sont têtus. Alors que nous laissions entendre précédemment que le conflit qui frappe le Mali depuis déjà de nombreux mois pourrait encore une fois avoir de forts relents de course effrénée pour se procurer hydrocarbures et ressources minières dont le pays regorge, des informations semblent confirmer nos dires. Avec un nouvel enjeu : le lithium. »

Source : LE BLOG FINANCE

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-10022018/

G5-Sahel ou l’art de refiler la patate chaude… Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 22-01-2018

Notre ami, le philosophe Jean Salem nous a quitté. Il y a un an, c’était Lucien Bitterlin. Nous y reviendrons la semaine prochaine.

La rédaction.

G5-SAHEL OU L’ART DE REFILER LA PATATE CHAUDE…

Manifestement, Emmanuel Macron est un homme pressé qui sait ce qu’il veut dans les domaines régaliens de son action qu’il s’agisse de la Défense (« Le Président de la République est le chef des armées » selon l’article 15 de la constitution du 4 octobre 1958) ou bien des relations internationales (« Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui » selon l’article 14 de cette même constitution). Dans cette seconde sphère, il entend déterminer la politique étrangère de la France (ce qui est son rôle) et conduire la diplomatie (ce qui serait plus le rôle de son ministre des Affaires étrangères).

Présent sur tous les fronts, il fait de la lutte contre le terrorisme la priorité de la diplomatie française (Cf. ses discours lors de la semaine des ambassadeurs et devant les forces de sécurité pour ne citer que les principaux). S’il entend que la France prenne sa part du fardeau dans cette aventure (Cf. opérations « Chammal » au Moyen-Orient et « Barkhane » dans le Sahel), il souhaite que les principaux États concernés en fassent autant afin de relâcher la pression (militaire et financière) sur notre pays.

En expert des finances publiques qu’il est, il sait que ces aventures extérieures (sans parler de l’opération « Sentinelle » en France qu’il a déjà allégée) sont coûteuses et mettent à mal le budget de la Défense. C’est pourquoi, il vient de décider de réduire la voilure dans « l’Orient compliqué » (l’EIIL ayant été défait sur le terrain) et de transférer, autant que faire se peut, la responsabilité de leur sécurité à la force conjointe antiterroriste de cinq pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) regroupés dans le G5 Sahel. A Niamey, le 23 décembre 2017, il exige des victoires dès 2018 comme si la lutte contre le terrorisme était une science exacte. La dernière réunion de ce groupe s’est tenue le 13 décembre 2017 à la Celle-Saint-Cloud en présence de représentants de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) et de plusieurs chefs de gouvernement ou de ministres (Allemagne, Arabie saoudite, Belgique, Émirats arabes unis, États-Unis, Italie). Afin de mieux appréhender les résultats de l’action du président de la République sur ce dossier, il est indispensable de revenir quelques années en arrière sur le quinquennat de son prédécesseur, François Hollande.

DER FLIEGENDE HOLLÄNDER1 : LA « VISION CORRÉZIENNE DE LA DIPLOMATIE »

Peu après sa prise de fonctions, François Hollande comprend que « le seul vrai principe de gestion des relations internationales, c’est le rapport de force »2. Si sa décision d’intervenir militairement au Mali est nécessaire pour éviter que le pays ne se transforme rapidement en État failli (en plus de la Libye), elle interroge la capacité de la France à jouer le rôle de gendarme de l’Afrique.

Œuvre utile : la pérennité du Mali

On se souvient des conditions dans lesquelles François Hollande fait intervenir nos troupes au Mali. L’opération Serval est une opération militaire menée dans ce pays au bord du chaos par l’armée française. Lancée en janvier 2013, elle s’achevé en juillet 2014. Les forces engagées dans le pays ont depuis intégré un dispositif régional, intitulé opération Barkhane. Elle a pour objectif de soutenir les troupes maliennes cherchant à repousser une offensive des groupes armés islamistes qui ont pris le contrôle de l’Azawad, la partie nord du pays. Les buts de cette intervention, tels qu’exprimés par le président français, François Hollande, le 15 janvier 2013, sont d’arrêter l’avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, sécuriser la capitale du Mali et permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale. Souvenons-nous que la chancelière allemande renvoie sèchement dans ses buts son ami François lorsque ce dernier sollicite une aide financière de l’Union européenne, estimant que la France œuvrait pour la sécurité de l’Europe. Mutti lui inflige une leçon de droit européen : seules les opérations extérieures décidées à 28 pouvaient être financées par les 28. Autrement, il ne s’agirait que d’une vulgaire opération de maquillage d’une opération nationale en opération européenne.

On se souvient des déclarations lyriques de François Hollande prononcées moins d’une semaine après la reprise des villes du nord du Mali (Konna, Douentza, Tombouctou et Gao) par les troupes françaises (2 000 hommes, blindés et aviation) et maliennes (pro forma). L’urgentiste au grand cœur, le libérateur de Tombouctou, l’ex-président du P.S. s’enflamme, vraisemblablement en raison de la chaleur naturelle ambiante : « C’est le plus beau jour de ma carrière politique ». Pour leur part, les autochtones ne font pas dans la mesure où ils lui attribuent la nationalité malienne pour services rendus. Les vaillantes troupes françaises ont défait les hordes en guenilles qui avaient terrorisé les populations locales, détruit les monuments classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’atmosphère est à l’euphorie. Finie la Françafrique ! Finie l’amertume consécutive au discours maladroit de Nicolas Sarkozy à Dakar ! Tout va très bien madame la marquise mais à part ça un petit rien. Militaires et diplomates, surtout ceux qui ne sont pas sortis de l’ENA, et encore moins dans les grands corps comme la prestigieuse Cour des comptes sise rue Cambon, savent d’expérience qu’après avoir gagné la guerre, il faut savoir gagner la paix. Et cela n’est pas toujours chose aisée surtout sur le continent africain. Nous en faisons régulièrement l’amère expérience

Pour nécessaire qu’elle ait été sur le court terme, l’opération Serval/Barkhane – puisqu’il existe un continuum entre les deux – démontre toutes ses insuffisances sur le moyen et le long terme.

Œuvre futile : le gendarme de l’Afrique

L’opération Serval est remplacée par l’opération Barkhane à partir du 1er août 2014. Cette dernière est une opération menée au Sahel par l’armée française, qui vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. Lancée le 1er août 2014, elle prend la suite des opérations Serval et Épervier. Elle s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de forces prépositionnées dans la région, en partenariat avec les États de la zone mais également avec l’aide de forces spéciales américaines (son existence nous fut révélée par la mort de quatre d’entre elles). Elle mobilise 4 000 hommes agissant sur un territoire aussi vaste que l’Europe, au sein duquel l’ennemi se déplace comme un poisson dans l’eau (Cf. ses fréquentes attaques contre nos forces). Pire encore, nos forces armées utilisent souvent des matériels de plus de trente ans qui nuisent à l’efficacité de leur mission. Il suffit de se rapporter aux déclarations de l’ex-CEMA, Pierre de Villiers dans son récent ouvrage de réflexion sur le rôle de l’armée dans notre monde du début du XXIe siècle pour être édifié3. La traditionnelle distorsion entre les paroles et les actes.

Sans remettre en cause le travail formidable que font nos militaires sur le continent africain – parfois avec des moyens humains et matériels ridicules compte tenu de l’ampleur du défi à relever -, il n’est pas inutile de s’interroger sur les moyens, les objectifs, la tactique et la stratégie mise en œuvre pour parvenir à nos fins. Et, c’est là que le bât blesse. La question doit être appréhendée à deux niveaux complémentaires : le national (le Mali) et le régional (le Sahel). Pour ce qui est du Mali, si la France a évité un effondrement du régime, elle ne s’est pas attaquée aux multiples causes de cette crise structurelle (économiques, sociales, religieuses, ethniques, irrédentisme touareg, trafics en tous genres, corruption endémique des dirigeants…). Lorsque le médecin ne s’attaque pas aux racines du mal, il y a fort à parier que les mêmes causes produisent les mêmes effets. S’agissant du Sahel, lutter contre le terrorisme sur une étendue aussi vaste avec des moyens si réduits revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il s’agit de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Nous n’en dirons pas plus.

Plus généralement encore, cette épopée sert de révélateur à la diplomatie hollandaise. Qui de mieux placé que Jean-Christophe Rufin (il fut ambassadeur au Sénégal) pour nous croquer à grands traits les contours de l’action extérieure de François Hollande et de son ministre des Affaires étrangères et du développement international (MAEDI), Laurent Fabius. Nous reprendrons in extenso quelques-unes de ses formules qui ont le mérite d’élargir le débat pour le replacer dans son contexte plus général dont l’Afrique n’est qu’un point d’application :

« C’est faire beaucoup d’honneur à Hollande de penser qu’il avait une vision «néoconservatrice». Je dirais que sa vision était surtout corrézienne… c’est-à-dire marquée par un manque de connaissance des réalités internationales. Souvenons-nous: en Europe, alliance avec les pays du Sud, pour finalement se ranger derrière l’Allemagne ; au Moyen-Orient, politique brouillonne qui nous a très imprudemment conduits à servir de supplétifs aux États-Unis dans leur guerre contre Daech, au risque de nous désigner comme la cible privilégiée du terrorisme. Avec la Russie, leçons de démocratie qui ont conduit à une quasi-rupture. Hollande a montré que se payer de mots n’a aucun sens, sinon s’exposer au ridicule. Le seul terrain sur lequel Hollande se montrait à l’aise était celui des grands enjeux planétaires comme l’accord de Paris sur le climat. Malheureusement, la diplomatie, c’est aussi défendre ses intérêts propres et pas seulement ceux de l’humanité.

La dimension morale de Hollande était purement déclaratoire. Quand Fabius, dès son arrivée, a dit : « Je donne trois mois à Assad pour quitter le pouvoir », c’était très beau, un magnifique effet de tribune ! Mais, cinq ans après… Assad est toujours là. Cette diplomatie morale a touché ses limites et Hollande a montré que se payer de mots n’a aucun sens, sinon s’exposer au ridicule. Nous revenons donc avec Macron, et c’est heureux, à un fonctionnement beaucoup plus classique. La diplomatie est fondée sur un principe élémentaire: nous reconnaissons des États, pas des gouvernements. Il y a une pérennité des relations entre Etats. On discute avec des gens que l’on n’apprécie pas toujours, c’est le principe de la diplomatie »4.

Il conclut son propos sur Emmanuel Macron en ces termes : « Il y a surtout désormais, à la tête de l’État, quelqu’un qui travaille, qui sait de quoi il parle et qui connaît la politique internationale. En somme, nous n’avons plus honte de celui qui nous représente ».

Qu’en est-il au juste de l’action d’Emmanuel Macron dans la région du Sahel ?

LE DOCTEUR MIRACLE5 : LA VISON JUPITÉRIENNE DE LA DIPLOMATIE

Personne n’est dupe. Emmanuel Macron n’est ni un rêveur, ni un idéaliste. C’est un réaliste doublé d’un volontariste opportuniste. S’agissant de l’Afrique, il entend solder l’héritage de François Hollande et de Nicolas Sarkozy pour pouvoir (ré)inventer l’avenir comme il l’a expliqué le 28 novembre 2017 devant la jeunesse à Ouagadougou.

Solder l’héritage : la sécurité sous-traitée par la France

Dans de multiples domaines, le chef de l’État entend rompre avec la pratique de son prédécesseur qui « croyait qu’en faisant la synthèse il trouverait des soutiens à son inaction »6.

N’oublions pas qu’Emmanuel Macron a une fibre financière prononcée après son passage à Bercy et à la banque Rothschild ! Ceci laisse des traces dans sa pratique de la diplomatie. Les États-Unis font défaut pour contribuer au fonds d’aide aux pays du sud pour opérer leur transition énergétique conformément à l’accord de Paris lors de la COP21 le 12 décembre 20157. Qu’à cela ne tienne, Emmanuel Macron réunit le 12 décembre 2017 à la Celle-Saint-Cloud une conférence pour faire appel aux institutions internationales et financières mais aussi aux investisseurs privés pour passer à la caisse. Les contributions financières font défaut pour rendre viable le G5 Sahel dont les cinq États africains participants ont un besoin vital. Qu’à cela ne tienne, Emmanuel Macron réunit le 13 décembre 2017 à la Celle-Saint-Cloud une conférence pour faire appel aux bonnes volontés. Arabie saoudite (100 millions d’euros) et les Émirats arabes unis (30 millions d’euros) répondent présent à l’appel en mettant la main au portefeuille (cela ne manque pas de sel de la part d’États soupçonnés de financer le terrorisme). La sécurité a un coût. Le ministère de la Défense est bien placé pour le savoir après le psychodrame ayant conduit à la démission de l’ex-CEMA, Pierre de Villiers en juillet 2017.

N’oublions pas qu’Emmanuel Macron vient juste d’avoir quarante ans et qu’il entend ne pas se laisser piéger par les remugles de la Françafrique en adoptant une relation décomplexée avec l’Afrique (Cf. ses récentes déclarations à Ouagadougou et à Alger). Il est bon que le président de la République apporte un air renouvelé dans sa pratique de la diplomatie. Il entre de plain-pied dans le siècle. Il veut un réalisme basé sur des principes. Il entend que les pays africains prennent désormais en charge leur sécurité, et cela, soixante ans après leur indépendance. Il sait que les expéditions militaires (RCA, Mali, Libye…), qui débutent par des succès incontestables, se terminent souvent par un enlisement, faute de déboucher sur des solutions globales combinant sécurité et développement, traitant les causes du problème. Il entend soulager le budget du ministère de la Défense du poids de certaines de ses opérations extérieures (Cf. sa récente annonce d’allègement de l’opération « Chammal » en Irak et en Syrie pour tenir compte de la défaite sur le terrain de l’EIIL).

En bon gestionnaire, il sait que l’intérieur et l’international sont étroitement imbriqués. Pour assurer son succès sur le plan économique et social, il lui appartient de remettre de l’ordre dans notre politique étrangère et dans nos actions militaires extérieures au moment où la commission européenne nous rappelle nos engagements (respect des 3% de déficit). Le gel et le dégel continu des crédits militaires n’est pas de bonne politique. Heureusement, nous sommes pleinement rassurés le 19 janvier 2018 lors des vœux du chef de l’État aux forces armées au cours desquels il promet un « effort inédit et incomparable pour la Défense ». Attendons de voir ce que ces mots signifient !

Sur quelles bases Jupiter entend-il fonder sa nouvelle politique africaine à l’épreuve des faits et de la réalité ?

Réinventer l’avenir : la sécurité traitée par les Africains

Si la mécanique institutionnelle G5 Sahel se perfectionne au cours des mois, elle n’en a connait pas moins certaines limites intrinsèques dont il faut tenir compte.

Lors de son discours de Ouagadougou, Emmanuel Macron considère que les pays du Sahel et l’Union européenne ont un « destin tragique en commun », la lutte contre le terrorisme. Afin de relever ce défi, et au-delà de la présence de la MINUSMA (la force onusienne), la force « Barkhane » contribue à la stabilité de la bande sahélo-saharienne. Lancée en février 2017, le G5 Sahel a pour objectif de confier le soin aux pays concernés (Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie et Tchad) de prendre en charge leur sécurité et d’enregistrer les premières victoires dans les meilleurs délais. Et cela avec l’aide de l’Union africaine, de l’Union européenne, de l’ONU et des pays concernés par la lutte contre le fléau terroriste (Arabie saoudite, EAU, Pays-Bas…). La réunion de la Celle-Saint-Cloud traduit un saut quantitatif et quantitatif important8.

La force, qui devrait compter 5 000 hommes d’ici mars 2018, dispose d’un état-major multirégional à Sévaré au Mali, d’un commandant malien, d’un budget (250 millions d’euros), d’un appui français et américain. Elle a conduit sa première mission baptisée « Hawbi » dans la région des trois frontières (ses résultats sont pour le moins contrastés, les militaires n’étant pas encore habitués à travailler ensemble)9. Elle entre donc dans une phase opérationnelle incontestable. Le chef de l’État fait preuve de réalisme qui se confond à tort avec le cynisme. Il évite l’erreur occidentale qui prétend se substituer aux autres peuples pour définir leurs intérêts.

Mais, la tâche n’est pas aisée dans la pratique. Pourquoi ? D’abord, le Sahel est une zone de trafics, déstabilisée par la chute de Kadhafi et la crise malienne, contaminée par le péril djihadiste au centre du Mali et dans la région contre lequel une réponse africaine peine à s’organiser10. Ensuite, à l’exception des forces tchadiennes particulièrement opérationnelles et efficaces sur le terrain, les forces armées des quatre autres États existent plus sur le papier que dans la réalité. Nous sommes confrontés à des armées d’opérette dont les principaux cadres sont plus des amis du prince que des soldats professionnels. Le général Pierre de Villiers évalue, pour sa part, à une quinzaine d’années, le temps indispensable pour former véritablement les militaires des pays du G5 Sahel. Par ailleurs, le millefeuille international n’est jamais le gage du succès assuré tant il est difficile de faire cohabiter des cultures militaires différentes liées à des structures différentes dont la coexistence participe à « l’embouteillage sécuritaire ». Relevons que l’Union européenne est absente en tant que telle du Sahel !

Pour intéressante qu’elle soit, la logique de coalition porte en elle les germes de la discorde surtout lorsque Donald Trump refuse de donner son argent à l’ONU directement. Enfin, le succès de cette entreprise ambitieuse suppose la progression du processus de paix au Mali et la pleine et entière coopération de l’Algérie – médiateur des accords de paix au Mali – qui préfère voir les djihadistes agir hors de son territoire. Pour nécessaire qu’elle soit, l’approche sécuritaire (utilisation de drones armés qui peuvent parfois conduire à des bavures sans parler du problème éthique qu’elle soulève11) doit être confortée par une approche globale traitant de toutes les dimensions des crises que traversent ces pays africains12. Si tel n’est pas le cas, le mal ne sera pas traité dans ses causes.

L’on imagine aisément la suite. Les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et, l’on n’est pas sorti de l’auberge, ce qui est l’objectif principal de la manœuvre de Jupiter. Pour preuve, l’organisation à Paris le 15 janvier 2018 autour de leur homologue française, Florence Parly, des ministres de la Défense du G5 Sahel. Ces derniers ont assuré vouloir « accélérer » la mise en œuvre de leur force antiterroriste, preuve que l’objectif des 5 000 militaires africains n’était pas encore atteint13. En Afrique, rien n’est simple surtout après l’attaque d’un convoi français dans le nord du Mali à la frontière du Niger qui a fait trois blessés, dont un grave ! Méfions-nous du double langage : celui des communiqués diplomatiques lénifiants et celui de la dure réalité du désert du Sahel.

« Il n’y a que deux puissances au monde : le sabre et l’esprit. À la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit » déclarait Napoléon. Dans un temps obsédé par l’instantanéité qui, trop souvent, tend à « surestimer les changements à court terme et sous-estimer ceux à long terme » (Thierry de Montbrial), il est trop tôt pour juger de la pertinence, de l’efficacité de la politique africaine d’Emmanuel Macron, et plus particulièrement, de sa déclinaison sahélo-saharienne à travers la dynamisation du G5 Sahel pour lutter contre le développement du terrorisme dans la zone qui doit beaucoup à l’effondrement de la Libye (dont nous portons une responsabilité non négligeable, faut-il le rappeler !).

On doit le louer pour son volontarisme et son dynamisme. Depuis sa prise de fonctions, il s’est rendu cinq fois sur le terrain, la dernière les 22 et 23 décembre 2017 au Niger pour fêter Noël avant l’heure auprès des troupes de la force « Barkhane » et rencontrer le président Mahamadou Issoufou. Lors du sommet Union européenne-Union africaine d’Abidjan, qui a suivi sa visite à Ouagadougou, le président de la République déclare : « ça n’avance pas vite » et « il est indispensable que nous arrivions à gagner cette guerre le plus vite possible ». C’est le moment français contemporain. Enivrante et terrible responsabilité14.

Méfions-nous du choc des réalités qui annonce des déconvenues. On l’aura compris, Emmanuel Macron entend préparer une stratégie de sortie même si son entourage s’en défend. Une des règles d’or en politique intérieure comme en politique internationale est de refiler le mistigri à l’autre. En termes peu diplomatiques, on pourrait dire que la montée en puissance du G5 Sahel relève de l’art de refiler la patate chaude aux Africains.

Guillaume Berlat
22 janvier 2018

1 En français, Le Vaisseau fantôme, opéra de Richard Wagner créé en 1843.
2 Andreï Gratchev, Un nouvel avant-guerre ? Des hyperpuissances à l’hyperpoker, Alma, 2017, p. 245.
3 Pierre de Villiers, Servir, Fayard, 2017.
4 Jean-Christophe Rufin (propos recueillis par Aziliz Le Corre/Vincent Tremolet de Villers), « Nous sortons d’une vision corrézienne de la diplomatie », http://www.LeFigaro.fr , 15 décembre 2017.
5 Opérette de Georges Bizet créée en 1857 avec son célèbre quatuor de l’omelette.
6 Marin de Viry, Le dompteur et les trois chatons, Revue des Deux Mondes, décembre 2017-janvier 2018, p. 157.
7 Anne Cheyvialle, La finance peut-elle sauver la planète ?, Le Figaro, 12 décembre 2017, p. 17.
8 Charlotte Bozonnet, Macron obtient un soutien accru pour le G5 Sahel, Le Monde, 15 décembre 2017, p. 3.
9 Alain Barluet, Au Sahel, Paris veut faire monter en ligne les armées africaines, Le Figaro, 13 décembre 2017, pp. 12-13.
10 Au Sahel, les guerres interminables, Le Monde, Géopolitique, 17-18 décembre 2017, p. 16.
11 Thomas Hofnung, Les drones de combat vont-ils changer la guerre ?, Marianne, 21 décembre 2017-4 janvier 2018, pp. 18-19-20.
12 Charlotte Bozonnet, Macron au Niger, allié irréprochable, Le Monde, 23 décembre 2017, p. 6.
13 Les ratés de la « force africaine », Le Canard enchainé, 17 janvier 2018, p. 3.
14 Pascal Bruckner, « Le XXIe siècle ne sera pas américain », Le Monde, 15 décembre 2017, p. 21.

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 22-01-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

5 réponses à G5-Sahel ou l’art de refiler la patate chaude… Par Guillaume Berlat    Pour lire les 5   réponses , cliquez sur le lien :

https://www.les-crises.fr/g5-sahel-ou-lart-de-refiler-la-patate-chaude-par-guillaume-berlat/

https://www.les-crises.fr/g5-sahel-ou-lart-de-refiler-la-patate-chaude-par-guillaume-berlat/

 

 

Le président sud-coréen rejette l’appel du PM japonais à reprendre rapidement les manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes

Le président sud-coréen rejette l’appel du PM japonais à reprendre rapidement les manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 10/02/2018 20:13

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rejeté l’appel du Premier ministre japonais Shinzo Abe à reprendre rapidement les manoeuvres militaires conjointes entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, ont rapporté samedi les médias locaux.

Lors de leur rencontre au sommet vendredi, M. Abe, présent dans le pays pour assister à la cérémonie d’ouverture des 23e Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, a indiqué à M. Moon qu’il considérait qu’il n’était pas approprié à l’heure actuelle de reporter les manoeuvres militaires annuelles entre Séoul et Washington, selon un responsable anonyme du palais présidentiel sud-coréen.

A ses dires, M. Abe a argué qu’il serait important de procéder aux exercices militaires conjoints Key Resolve et Foal Eagle à la date initialement prévue.

En réponse, M. Moon a déclaré que cette question concernait la souveraineté de la Corée du Sud et ses affaires intérieures, et qu’il n’était donc pas approprié que le Premier ministre japonais la mentionne directement.

Dans une conversation téléphonique le 4 janvier, M. Moon et son homologue américain Donald Trump avaient décidé de reporter leurs exercices militaires annuels, qui devaient se tenir pendant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver.

Le président sud-coréen cherche à maintenir une ambiance favorable au dialogue entre les deux Corée en faisant des Jeux de Pyeongchang un événement de paix.

https://chine.in/actualite/asie/president-sud-coreen-rejette-appel_18101.html

Le président sud-coréen rencontre le chef de la délégation olympique de la RPDC

Le président sud-coréen rencontre le chef de la délégation olympique de la RPDC

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 09/02/2018 20:21

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rencontré vendredi le chef d’une délégation de haut niveau de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) lors d’une réception à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, ont rapporté les médias locaux.

M. Moon a salué Kim Yong Nam, président de l’Assemblée populaire suprême de la RPDC, lui serrant la main lors de cette réception organisée en l’honneur des responsables invités dans le pays pour assister à la cérémonie d’ouverture de la 23e édition des JO d’hiver.

La réception s’est tenue à 18h heure locale, deux heures avant la cérémonie, qui se tiendra à Pyeongchang, dans l’est de la Corée du Sud.

M. Kim et une délégation de haut niveau comprenant Kim Yo Jong, soeur cadette du dirigeant de la RPDC Kim Jong Un, qui est par ailleurs Première vice-présidente du Comité central du Parti des travailleurs de Corée (au pouvoir), sont arrivés en Corée du Sud plus tôt dans la journée par un jet privé.

Choe Hwi, président du Comité directeur national des sports, et Ri Son Gwon, président du Comité pour la réunification pacifique de la patrie, font également partie de cette délégation.

Ces quatre délégués de la RPDC rencontreront samedi le président sud-coréen Moon Jae-in et déjeuneront avec lui, selon la Maison bleue, palais présidentiel sud-coréen.

https://chine.in/actualite/asie/president-sud-coreen-rencontre-chef_18097.html

La Chine lancera le 26 mars un contrat à terme sur le brut

9 février 2018 / 10:38 / il y a un jour

La Chine lancera le 26 mars un contrat à terme sur le brut

par Xiaochong Zhang et Tom Daly

PEKIN, 9 février (Reuters) – La Chine compte lancer le 26 mars son contrat de futures sur le pétrole brut, ont déclaré vendredi deux sources au fait du dossier.

Information qui a été par la suite confirmée par l‘autorité de tutelle boursière chinoise, la China Securities Regulatory Commission (CSRC).

Le contrat sera traité sur le Shanghai International Energy Exchange (INE), contrôlé par Shanghai Futures Exchange (ShFE).

L‘Asie est devenue le premier consommateur mondial de pétrole et Pékin espère que ce nouvel instrument financier reflète mieux les conditions de marché locales.

La plupart des transactions prennent pour base les étalons que sont les contrats sur le West Texas Intermediate (WTI) et sur le Brent de Mer du Nord et se font essentiellement sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), propriété de CME Group et d‘Intercontinental Exchange .

La création de ce contrat en yuan, ouvert aussi bien aux investisseurs étrangers que chinois, aurait dû prendre place il y a six ans de cela mais a elle pris du retard en raison de turbulences sur les marchés.

En outre, les investisseurs internationaux craignaient de ne pouvoir changer les yuans compte tenu des initiatives de Pékin pour freiner les sorties de capitaux et de la manière dont l‘Etat chinois peut intervenir directement sur le marché des matières premières. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1PZ21G

Les Kurdes syriens pensent qu’ils peuvent jouer un tour à Damas

Les Kurdes syriens pensent qu’ils peuvent jouer un tour à Damas


Par Andrew Korybko – Le 26 janvier 2018 – Source Oriental Review

Kurds PYD-YPG US training Turkey AfrinLes Kurdes syriens exploitent le fort sentiment patriotique à Damas pour provoquer les Syriens autour d’un dilemme : entrer en confrontation avec Ankara ou risquer d’être victimes d’accusations calomnieuses selon lesquelles il les aurait « vendus » aux Turcs. Toute cette manipulation est menée dans la grande intention stratégique d’inciter Moscou à intervenir diplomatiquement pour sauvegarder les rêves de « décentralisation » voulue par les YPD dans la région et de faire avancer discrètement la vision américano-israélienne d’un corridor kurde vers la mer.

Operation Olive Branch Afrin
Opération Rameau d’olivier à Afrin

Un plaidoyer pour être aidés

Une information a récemment révélé que les Kurdes syriens à Afrin ont demandé à l’Armée arabe syrienne (ASA) d’intervenir de toute urgence dans leur région du nord-ouest afin de stopper l’avance militaire de la Turquie et de ses proxys de l’ASL, Sputnik déclarant que la position officielle des PYD-YPG inclut l’appel suivant :

« Nous appelons l’État syrien à s’acquitter de ses obligations souveraines envers Afrin et à protéger ses frontières avec la Turquie contre les attaques de l’occupant turc (…) et à déployer les forces armées syriennes pour sécuriser les frontières de la région d’Afrin. »

RT a traduit un autre passage clé des Kurdes « recherchant la fédéralisation » qui ont beaucoup parlé autour de leurs références « patriotiques » contre un prétendu complot turc visant à saper « l’intégrité territoriale » de la Syrie :

« Nous réaffirmons que la région d’Afrin est une partie intégrante de la Syrie et que nos forces sont les unités de protection du peuple » écrivent-ils dans un communiqué, affirmant que l’opération militaire turque à Afrin menace l’intégrité territoriale de la Syrie ainsi que la sécurité et la vie des civils.

La réponse prima facie d’un observateur occasionnel pourrait être de sympathiser avec les Kurdes syriens qui semblent apparemment avoir appris leur leçon et incarnent maintenant la vertu signalant leur engagement en faveur de l’unité nationale. Mais une telle réaction serait naïve pour différentes raisons.

Démystifier le récit kurde

Premièrement, le groupe PYD-YPG néo-marxiste n’a jamais eu l’intention de se séparer formellement de la Syrie mais s’est plutôt efforcé d’opérer un changement de régime « pour fédéraliser » le pays, comme l’exprimait ouvertement son manifeste haineux de 2015.

Malgré la fausse propagande des médias alternatifs, la Turquie ne veut « annexer » aucun territoire syrien mais souhaite établir une sphère d’influence en remplaçant les YPG par des groupes pro-Ankara et en formalisant ses intérêts via un prochaine « décentralisation ».

Par conséquent, ni les Kurdes syriens ni les Turcs ne menacent officiellement l’intégrité territoriale du pays, mais on peut affirmer que leur objectif commun de « décentralisation » de l’État pourrait facilement conduire la Syrie sur la voie « identitaire » et d’une « bosnification » avec un damier de mini-États quasi-indépendants.

Il est ironique alors que les Turcs et les Kurdes s’accusent mutuellement de mettre en péril l’intégrité territoriale de la Syrie alors qu’ils poursuivent essentiellement les mêmes fins pour des raisons stratégiques complètement différentes. En toute objectivité, la création d’un « Kurdistan » de facto dans le Nord de la Syrie est beaucoup plus un facteur de déstabilisation régionale que n’importe quelle « solution » locale que les Turcs ont en tête pour leurs mandataires.

Un autre facteur à garder à l’esprit est que les Kurdes du PYD-YPG sont des alliés américains et israéliens très proches alors que la Turquie dérive progressivement vers l’ordre mondial multipolaire depuis le coup d’État pro-américain contre le président Erdogan. Aussi les lignes du « projet de Constitution » écrit en russe sont inévitables (peut-être même après le prochain « Congrès du dialogue national syrien » à Sotchi), alors il est « préférable » qu’il soit dirigé par les Turcs plutôt que par les Kurdes.

Le dilemme de Damas

Les Kurdes syriens comprennent très bien la dynamique du pouvoir en jeu, ainsi que le « secret de polichinelle » selon lequel c’est probablement la complicité passive de Damas via les efforts de médiation de Moscou qui a permis à Ankara de commencer son opération à Afrin. Ils cherchent donc sournoisement à exploiter ce fait et la contradiction « politiquement peu commode » − qui ressort des déclarations « patriotiques » publiques de leur gouvernement ainsi que des transactions « pragmatiques » privées − pour exercer des pressions sur le président Assad afin qu’il « se lève » face à son homologue turc ou prenne le risque d’être « discrédité ».

Pour approfondir cette réflexion, les Syriens de toutes les ethnies et confessions sont parmi les gens les plus sincèrement patriotiques sur la terre en raison de l’attachement profond qu’ils ressentent collectivement pour leur civilisation millénaire, et pourtant Damas a été obligé de « faire des compromis » maintes et maintes fois face à des difficultés écrasantes telles que celles qui se présentaient devant elle à l’aube de l’intervention turque dont on peut spéculer qu’elle a été facilitée par les Russes.

En demandant ouvertement à l’AAS de les « sauver » les Kurdes syriens espèrent plonger Damas dans le bain en imposant un dilemme. Si l’armée se précipite vers leur « sauvetage » alors elle risque de briser le « gentleman’s agreement » qu’elle a passé avec Moscou et Ankara tout en reconnaissant fonctionnellement le PYD-YPG comme une force « patriotique » digne d’un siège aux conférences d’Astana et de Sotchi. Mais si elle refuse de le faire, elle risque des accusations, par une propagande de guerre, d’avoir « vendu » les seuls Syriens combattant les Turcs pour plaire à Ankara à l’instigation de Moscou.

Ce dilemme exerce une énorme pression sur le président Assad car il pourrait provoquer un résultat perdant/perdant à moins que lui et son gouvernement ne fassent extrêmement attention, mais des deux options possibles, la pire serait d’ordonner à l’AAS d’aider les Kurdes syriens.

Ne rien faire et permettre au président Erdogan d’écraser les « fédéralistes » pourrait conduire à une réaction prévisible sous forme de propagande de guerre, mais elle sera néanmoins considérablement atténuée parce qu’Ankara pourrait commander à ses mandataires et leurs soutiens internationaux (en particulier le populaire média Al Jazeera détenu par ses alliés du Qatar) de minimiser les accusations des Kurdes syriens contre le président Assad et peut-être même créer un contre-récit efficace qui expose davantage le PYD-YPG comme des pions américano-israéliens autour de leur rôle dans cette guerre.

D’un autre côté, mis à part le dangereux scénario de guerre d’État à État qui pourrait soudainement se produire si l’AAS commençait à se heurter aux Turcs pour défendre les Kurdes syriens, l’éventualité la plus probable serait que la Russie soit obligée d’intervenir diplomatiquement entre ses deux alliés nationaux au profit de ses présumés alliés non-étatiques en transformant Afrin en « protectorat » militaire de Moscou et en faisant ainsi progresser la « solution » décentralisée du PYD-YPG.

Le scénario suicidaire

De manière prévisible, en ayant provoqué une frénésie de patriotisme syrien après avoir poussé l’AAS à se confronter aux Turcs en leur faveur et ayant ainsi déclenché une réponse diplomatique russe décisive en leur faveur, les rusés Kurdes syriens seraient alors dans une position idéale pour exploiter le rêve ancien du pays de libérer l’ancienne province syrienne d’Iskenderun sous contrôle turc comme province de Hatay depuis 1939.

Résultat de recherche d'images pour "Iskenderun map syria"

Les Kurdes syriens sont loin d’être de véritables patriotes syriens car tout ce qui les intéresse est le néo-marxisme, la « fédéralisation » et le « Kurdistan » mais ils pourraient en venir à croire que c’est le moment idéal pour promouvoir leurs trois idéologies interdépendantes s’ils pouvaient en profiter pour appuyer militairement ce rêve « patriotique » autour des revendications de Damas sur Iskenderun/Hatay afin de profiter de l’AAS comme d’une « patte de chat » pour creuser leur couloir tant espéré vers la mer.

L’AAS est incapable de conquérir Iskenderun/Hatay puisqu’elle ne peut même pas libérer l’intégralité de ses frontières internationalement reconnues de l’occupation kurde du nord-est du pays, riche en énergie et en terres agricoles, sans parler de forcer le retrait des 10 bases américaines qui y sont implantées. Il n’y a donc aucun moyen pour qu’elle puisse engager les forces armées turques sur le « territoire » montagneux de son adversaire et démanteler les instruments de son État.

Non seulement cela, mais la Russie et le reste du monde considéreraient qu’il s’agit d’une « guerre d’agression » similaire à celle de Saddam en 1991 qui avait envahi les frontières internationalement reconnues de la Turquie malgré la légitimité discutable des revendications historiques du parti offensif. Moscou serait chargé par le Conseil de sécurité de mettre immédiatement un terme à l’opération de Damas.

En tout cas, on peut fortement douter que l’AAS se laisse tromper par les Kurdes pour tomber dans ce scénario suicidaire, mais eux et même la Russie pourraient ne pas être en mesure d’arrêter complètement des « volontaires » enhardis – qu’ils soient kurdes, « social-nationalistes » arabes ou autres − d’attaquer Iskenderun/Hatay depuis leur « refuge » d’Afrin. Cela pourrait déclencher à lui seul une réponse militaire turque transfrontalière ou même une réponse interne problématique entre l’AAS et la Russie et les ressortissants syriens auteurs de ces raids.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi l’AAS doit examiner soigneusement les avantages et les inconvénients à se précipiter pour porter assistance au PYD-YPG après leur appel à l’aide fortement médiatisé, car céder à la réaction instinctive du « patriotisme » n’équivaudrait à rien de plus que de voir Damas se faire rouler dans la farine par les Kurdes syriens, mettant ainsi en péril tous les gains durement gagnés au cours des sept dernières années et jetant par inadvertance les bases stratégiques d’un couloir kurde américano-israélien vers la mer.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

 

 

Alors, krach ou pas krach ?

Par Vincent Branchet | investir.fr | |

Avec un nouveau repli, vendredi, le Cac 40 enregistre une violente correction sur la semaine. Si les craintes d’un krach boursier sont légitimes, elles doivent être confrontées à l’analyse des données historiques.

 Venons-nous de vivre les premiers jours du prochain krach ? La Bourse est-elle sur le point de s’effondrer comme en 2008 ou en 2001 ? Ou sa chute n’est-elle qu’un simple mouvement de correction, naturel dans un marché qui reste orienté en hausse ?

Les grandes secousses appellent les grandes questions. La chute de 5,33% du Cac 40, cette semaine, après une dégringolade de 3% la semaine dernière, a de quoi inquiéter les porteurs d’actions. De l’autre côté de l’Atlantique, le Dow Jones et le S&P 500 ont perdu 6,6% en cinq jours (au moment de la clôture européenne, vendredi).

Ce qui est sûr, c’est que cette tendance n’est pas éphémère. Tout cela n’est pas un non-évènement. Depuis jeudi, il n’y a plus de doute ; les marchés sont entrés en phase de correction. Le S&P 500, qui sert plus ou moins de référence mondiale, affiche en effet plus de 10% de baisse par rapport à son record du 26 janvier.

C’est le critère principal qui définit un mouvement de correction, et selon une étude de Goldman Sachs relayée par CNBC, il annonce quatre mois difficiles. « La correction moyenne en phase de marché haussier est de 13% en quatre mois et il ne faut que quatre mois pour rebondir », indique cette étude.

Si ce que nous sommes en train de vivre est une phase de correction, alors la théorie voudrait que les actions stagnent ou baissent encore un peu jusqu’en juin, avant de rebondir durablement.

Si ça n’est pas une correction, alors c’est un marché baissier

Toutefois, il existe un deuxième scénario, dans lequel la Bourse entre en phase de marché baissier (bear market). Pour cela, il faut que le S&P 500 perde plus de 20% par rapport à son dernier record, c’est-à-dire qu’il casse le seuil des 2.300 points. Dans ce cas, les difficultés durent en moyenne deux ans et les indices perdent environ 30% ; on peut alors parler de krach boursier. Au moment de la clôture des marchés en Europe, vendredi, le S&P 500 avait encore 11% de marge avant d’atteindre ce seuil.

Le Dow Jones et le S&P 500 ont déjà « retracé » (jargon d’analyse pour « perdu ») 38,2% de la hausse qu’ils ont enregistrée depuis l’élection de Donald Trump, ce qui correspond à un seuil technique bien connu en analyse graphique (retracements de Fibonacci). Les prochains seuils à surveiller seraient 23.200 points, puis 22.100 points pour le Dow Jones. L’indice américain avait encore 2,7% à perdre, vendredi vers 17h30, pour atteindre le premier seuil, et 7,4% pour revenir sur le deuxième.

Tant que les indices américains n’ont pas perdu 20%, tant qu’ils n’ont pas touché les seuils graphiques « sur lesquels tout le monde agit, […] donc en quelque sorte auto-réalisateurs », comme l’expliquait récemment un spécialiste d’analyse graphique, on ne peut donc parler que de phase de correction. Il est trop tôt pour parler de krach.

C’est d’ailleurs loin d’être la première fois que le Cac 40 perd autant de points en une semaine. Il avait par exemple cédé 6,6% en janvier 2016 et 6,5% fin août 2015, pour ne citer que les chutes les plus récentes, sans changement sur la tendance de moyen terme.

Un problème de salaire et d’inflation

L’étincelle qui a déclenché ce mouvement est une hausse sensible des salaires outre-Atlantique, qui a ravivé les craintes de tensions inflationnistes. La statistique, publiée vendredi 2 février, a immédiatement semé le trouble sur les marchés de taux. Le taux d’emprunt d’Etat français a franchi le seuil des 1% pour la première fois en 10 mois. Son homologue américain a grimpé sur un pic de quatre ans, proche de 2,9%.

Un autre chiffre est venu renforcer ce sentiment, ce jeudi. Le Département du travail américain a fait état d’une nouvelle contraction des inscriptions hebdomadaires chômage ; 9.000 inscriptions de moins, soit 221.000, chiffre inédit en 45 ans. Les craintes concernant l’inflation et le durcissement des politiques monétaires ont par ailleurs trouvé un écho dans le message de la Banque d’Angleterre le même jour. L’institution a laissé entendre qu’elle pourrait relever ses taux plus rapidement et plus fortement que prévu initialement.

De toute façon, les opérateurs auront à charge de faire avec une volatilité ambiante nettement plus élevée que ce à quoi ils étaient habitués. Le Vix, qui mesure celle du S&P 500, communément surnommé indice de la peur, a dépassé mardi le seuil de 50 pour la première fois en deux ans et demi. A Paris les volumes d’échanges ont été exceptionnellement élevés pendant toute la semaine (6,3 milliards d’euros vendredi, contre 4 milliards par jour en moyenne ces dernières années).

S’il est trop tôt pour parler de krach, pour profiter de la période faste de marchés en hausse tranquille et sans à-coups, c’est déjà trop tard.

En savoir plus sur https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/le-cac-40-perd-1-41-a-5-079-21-points-1740987.php#w3Lw5O3llrOjlzHU.99

Le renouveau de l’intégration régionale en Asie Centrale?

Le renouveau de l’intégration régionale en Asie Centrale?

Depuis leur indépendance suite à la chute de l’URSS, les intérêts stratégiques des cinq États centrasiatiques[1] s’orientaient principalement vers l’étranger et très peu vers leur voisinage immédiat. La coopération avec des acteurs étrangers, notamment la Russie, la Chine, les États-Unis, la Turquie et l’Inde, se faisait dans la plupart des cas de manière bilatérale. Bien qu’au cours des années 1990 les tentatives de construction régionale dans l’espace centrasiatique aient été entreprises, elles ne sont pas parvenues à réunir la totalité des États d’Asie centrale, qui composent aujourd’hui l’« une des régions les plus désintégrées et déconnectées du monde ».[2] Cependant dans le contexte actuel, des rencontres entre les représentants des cinq États, de plus en plus fréquentes, suggèrent qu’il y a une nouvelle fois une volonté d’intégration entre les États centrasiatiques. Dans cette hypothèse, ils devrons faire face à un problème majeur de la région et devront, d’après le Président ouzbékistanais Shavkat Mirziyoyev, « faire fondre la glace de 20 ans »[3].

L'intégration régionale en Asie centrale ralentie au début des années 2000 semble être au nouveau sur l'agenda des cinq États.

L’unité garantie par le passé historique et culturel?  

Alors que l’étude de l’héritage historique et culturel de l’Asie centrale pourrait laisser supposer que la construction d’un système régional en Asie centrale soit un processus aisé et qui tombe sous le sens, d’autres facteurs viennent contredire ce lieu commun. Le territoire des cinq États centrasiatiques a autrefois appartenu à différents empires anciens et médiévaux. De nombreuses cultures, notamment indienne, turque, chinoise, hellénistique et persane ont laissé leur empreinte sur le développement de ces États. Les peuples habitants la région sont proches l’un de l’autre par plusieurs aspects, comme les Kazakhs et les Kirghizes ou encore les Ouzbeks et les Tadjiks. Cependant, ces similarités n’empêchent pas l’existence de différends entre les minorités nationales et de conflits frontaliers dans la région. Bien que le passé historique commun ait servi de base à l’idée que « le Turkestan est notre maison commune », populaire dans les années 1990, ces premières tentatives de construction régionale ont abouti à un échec au début des années 2000. Par conséquent, le projet régional centrasiatique a été réactivé dans le cadre d’un projet plus large, celui de l’espace eurasiatique.

La rupture du début des années 2000

Au début des années 2000, les dirigeants des cinq États centrasiatiques ont eux-mêmes démontré un manque de volonté quant à l’unification régionale. La « rupture » s’est faite à plusieurs niveaux. En matière de politique étrangère, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan ont joué la carte eurasiatique et ont intégré en 2001 la Communauté économique eurasiatique[4], alors que l’Ouzbékistan est devenu l’allié principal des États-Unis et a accueilli en 2001 une base militaire américaine (Qarshi Xonobod). Parallèlement, le Turkménistan a opté pour une politique de « neutralité éternelle ».

La rupture entre les États centrasiatiques s’est également traduite par le refus de coopération en matière d’énergie, une question délicate de l’agenda des cinq pays. À l’époque soviétique, la régulation du débit fluvial par les pays de l’amont était compensée par la fourniture d’hydrocarbures par les pays de l’aval. Après la chute de l’URSS, ce système d’équilibre a cessé d’exister. Le Turkménistan et l’Ouzbékistan sont ainsi sortis du système énergétique unifié de l’« Asie moyenne »[5] respectivement en 2003 et en 2009. C’est ainsi que le problème de dépendance énergétique et les « guerres hydrauliques » ont débuté. En outre, le contexte actuel dans la région d’Asie centrale est caractérisé également par l’instabilité politique, l’ingérence dans les affaires des États de voisinage et par conséquent par des conflits frontaliers, comme ceux de la vallée de Fergana.

Quel avenir pour l’intégration régionale en Asie centrale?

Cependant, les années 2010 semblent être plus prometteuses pour deux raisons principales. Premièrement, l’arrivée au pouvoir de nouveaux dirigeants permet d’envisager une atténuation probable des tensions politiques. En Ouzbékistan, la mort du Président autoritaire Islam Karimov a mené au pouvoir son Premier ministre Shavkat Mirziyoyev, qui a déjà donné des signes d’ouverture. Au Kirghizistan, Sooronbay Jeenbekov a remplacé en novembre 2017 Almazbek Atambaïev au poste de Président. Ce dernier avait provoqué juste avant son départ une crise diplomatique entre le Kirghizistan et le Kazakhstan.

Deuxièmement, la situation régionale en Asie centrale est susceptible d’être influencée par l’avancement par la Chine de son projet stratégique One Belt One Road Initiative (OBOR). Dans le cadre de l’OBOR, l’Empire du milieu cherche à relier l’Asie à l’Europe en traversant l’Asie centrale et en connectant ainsi les cinq États entre eux par des voies de chemin de fer, des autoroutes et des réseaux d’infrastructures. Les pipelines qui assurent l’accès de la Chine aux ressources d’hydrocarbures centrasiatiques reconfigurent aussi l’espace centrasiatique. Dans ce contexte, on peut supposer que, motivés par l’intérêt économique d’une coopération avec un partenaire commun, les cinq États centrasiatiques vont poursuivre une politique d’intégration régionale afin de faciliter le développement des activités économiques dans cet espace.

 

[1] Le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan. [2] ANCESCHI Luca, «The resurgence of Central Asian connectivity», The Diplomat, décembre 2017. [3] Rastopit’ dvadtsatiletniy liod: Mirziyoyev gotovitsya posetit Tadjikistan (Faire fondre la glace de 20 ans : Mirziyoyev s`apprête de visiter le Tadjikistan), CA-portal, le 8 janvier 2018. [4]  À ne pas confondre avec l’Union économique eurasiatique (UEE). [5] Terme employé en URSS pour désigner l’Asie centrale en excluant le Kazakhstan. 

 

About Aleksandra BOLONINA

est actuellement doctorante du Centre Thucydide. Diplômée du Master des Relations internationales de l’Université Paris II et passionnée de géopolitique, elle se spécialise dans les zones Russie/CEI et la Chine.

Comment les innovations portées par le béton révolutionnent l’architecture

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Comment les innovations portées par le béton révolutionnent l’architecture


https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FComment-les-innovations-portees-par-le-beton-revolutionnent-l-architecture_a349.html&layout=button_count&show_faces=false&width=100&action=like&colorscheme=light https://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fxfru.it%2FixdXeI&counturl=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FComment-les-innovations-portees-par-le-beton-revolutionnent-l-architecture_a349.html&text=Comment%20les%20innovations%20port%C3%A9es%20par%20le%20b%C3%A9ton%20r%C3%A9volutionnent%20l%27architecture&count=horizontal


Publié par La Rédaction le 29 Janvier 2018


Les réalisations architecturales en béton se font toujours plus audacieuses sur les plans technique, esthétique et environnemental.



Le MUCEM de Marseille et ses "dentelles de béton"

Le MUCEM de Marseille et ses « dentelles de béton »
Des projets toujours plus extraordinaires. La construction béton ne cesse de se réinventer au rythme des avancées technologiques. Les architectes aiment jouer avec les formes et les matériaux, imaginer de nouvelles structures insolites pour déstabiliser et marquer les esprits. En témoigne le Louvre d’Abu Dhabi, le plus grand musée du monde à l’architecture impressionnante : son dôme composé d’une coupole ajourée de 180 mètres de diamètre, pesant pas moins de 7000 tonnes de fer (soit l’équivalent de la Tour Eiffel) donne pourtant cette impression de flotter au-dessus du bâtiment.

Aussi spectaculaire que cela puisse paraître, cette prouesse technique est le résultat d’une recherche de longue haleine sur la solidité et la résistance du béton des piliers du musée. Le dôme est soutenu au final par seulement quatre piliers en béton (au lieu de 100 dans sa phase préparatoire), cachés au sein des bâtiments. Le design du musée conjugue les techniques modernes de construction à la culture traditionnelle. « J’aime adapter des thèmes éternels de l’architecture (…) les détourner, les réinterpréter par une nouvelle approche », explique ainsi l’architecte Jean Nouvel retenu pour concevoir ce projet. (1)

Des matériaux plus résistants à la charge et à la corrosion

Deux cents ans après l’invention du ciment artificiel par un ingénieur français, Louis Vicat, les progrès techniques en termes de durabilité, de sécurité, d’efficacité, d’inertie thermique, de tenue au feu et d’esthétique dans la construction en béton, permettent aux professionnels de faire preuve de plus d’audace dans le mélange des matériaux. Parmi les dernières innovations en la matière, figure notamment le carbonbeton. Un nouveau type de béton armé mis au point par des chercheurs allemands, dans lequel des fibres de carbone extrêmement solides remplacent l’armature d’acier habituellement utilisée. Le procédé à base de textile s’appuie sur la combinaison de milliers de fibres de carbone (jusqu’à 50 000) pour ne former qu’un fil qui, lui, va être, à son tour, transformé dans une machine textile et enrobé d’un revêtement de stabilisation. Plus légers que l’acier, ces fils offrent une plus grande résistance à la charge et ne sont pas sensibles à la corrosion.

Les professionnels en conviennent : ces avantages permettent de réduire significativement l’épaisseur des parois et l’impact négatif de l’acier sur l’environnement. La diffusion du Carbonbeton à large échelle permettra à terme de remplacer les 160 millions de tonnes d’acier incorporées dans du béton armé dans le monde chaque année et de réduire significativement la quantité de matériaux utilisés dans la construction, et donc de diminuer les émissions de CO2. Ce nouveau matériau a reçu le Prix allemand de l’avenir le 30 novembre 2016. D’autant que ses performances innovantes offrent aux architectes de nouvelles perspectives : les fibres de carbone sont flexibles. De quoi pouvoir imaginer de nouvelles courbes et droites architecturales encore plus spectaculaires. Pour l’architecte Giovanni Lelli, « le béton est un résistant, un rebelle même. C’est la seule matière plastique restant à disposition des constructeurs. Elle permet toutes les formes. C’est une matière de liberté. Peut-être la dernière liberté dans le bâtiment… » (2)

« Réapprendre à construire »

En plus de ses qualités physiques et mécaniques, indispensables pour satisfaire les contraintes constructives, la malléabilité du béton est depuis longtemps plébiscitée : le béton peut être moulé en atelier ou coulé sur site pour s’adapter aux différents types d’ouvrage et aux conditions de mise en œuvre sur les chantiers. Aujourd’hui, avec l’impression 3D de béton, les progrès techniques permettent désormais de réaliser des formes complexes directement sur site. En juin dernier, lors du salon Viva Technology à Paris, la société hollandaise Cybe a en fait la démonstration. Un mois plus tôt, cette start-up, créée il y a quatre ans, avait imprimé son premier bâtiment d’envergure de 168 m2 à Dubaï aux Émirats arabes unis. La réussite de ce projet repose essentiellement sur les additifs chimiques qui entrent dans la composition du béton pour maîtriser la rhéologie du matériau (son temps de prise) et sa viscosité. La rhéologie assure la bonne tenue du béton sous l’effet de la superposition des couches successives et de leur poids. Le temps de prise du béton est un élément déterminant dans le process puisqu’il doit être rapide, de l’ordre de « la minute » selon ses concepteurs. La gestion de la fabrication du béton est délicate mais permet de diminuer le temps de séchage. « L’impression de béton a débuté il y a déjà un peu moins d’une dizaine d’années mais il s’agit du premier bâtiment imprimé directement sur place, et non pas par morceaux dans une usine », explique Bart Vaessen, responsable du développement économique de Cybe, « nous voulons réapprendre à construire. Grâce à cette technique, les différents pans de la construction, de la conception jusqu’à la finalisation, sont bien plus intégrés, et doivent l’être pour que cela fonctionne. Tout le monde travaille ensemble. »

C’est dans cette optique, « réapprendre à construire », que le groupe Bouygues Construction s’est associé à Cybe dans la construction du bâtiment à Dubaï. « Ce qui nous intéresse dans cette technique, c’est la souplesse », estime Roland Le Roux, responsable de l’Open Innovation et de la Réalité Virtuelle chez Bouygues Construction, « souplesse sur la forme mais aussi sur les coûts et la rapidité ». D’autres entreprises françaises comme les Ateliers des Compagnons ou le géant du BTP suédois, Skanska, commencent à le faire aussi sur site. « L’impression 3D de béton, combiné à un type d’unité mobile de préfabrication, a le potentiel de réduire les temps nécessaires à la construction d’éléments complexes de bâtiments de plusieurs semaines à quelques heures », affirme ainsi Rob Francis, le directeur de l’innovation de Skanska sur le site 3dnatives.com. (3) Susceptible d’être conjugué à des technologies qui n’ont pas encore donné leur plein potentiel, le béton a donc encore de beaux jours devant lui.

(1) http://www.agencefrancemuseums.fr/fr/le-louvre-abou-dabi/le-projet-architectural/
(2) http://lesdit.org/article-dit/une-matiere-de-liberte/
(3) https://www.industrie-techno.com/viva-tech-comment-cybe-veut-reapprendre-a-construire-avec-l-impression-3d-du-beton.50230


Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités