[Vidéo] L’influence de l’Arabie saoudite par Pierre Conesa

Source : Stratpol, Youtube, 28-10-2016

Pierre Conesa, auteur de Dr Saoud et Mr Djihad, la diplomatie religieuse de l’Arabie Saoudite (Robert Laffont).

Ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense.

Source : Stratpol, Youtube, 28-10-2016

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L’euro grimpe, le dollar descend et le dirham plonge !

Économie et Finance

le 28 août 2017

La réforme de la cotation des changes, même si elle a été reportée, sera de mieux en mieux comprise dans son concept et sa nécessité pour notre pays au fil des problèmes qui toucheront au solde extérieur de notre balance des paiements.

Ce solde, qui arithmétiquement dépend du poids des exportations et importations, est également très sensible à la cotation du dirham fixé par le panier de référence, lui-même composé à 60% en euros et 40% en dollars US.

En conséquence, notre monnaie est prise dans un étau entre les devises plus importantes et qui régissent le monde.

Or, il faut savoir que le Maroc importe plus en euros et exporte essentiellement en dollars et que déjà, aux cours de Bank Al-Maghrib, il importe plus qu’il n’exporte.

Cette première cause du déséquilibre de notre balance des paiements est assortie d’une seconde, celle du coût de chacune de ces devises, rapporté aux flux d’importations et exportations du moment.

La suprématie de l’une sur l’autre impacte le dirham et peut aggraver de fait notre solde extérieur.

C’est le cas pour cet été et ce mois d’août en particulier où l’euro s’est raffermi face au dollar, renchérissant ainsi nos importations en euros au détriment du dollar, dévalorisant nos exportations tout particulièrement celles des phosphates qui en constituent une proportion importante.

La réforme de la cotation du dirham se justifiant, selon M. Jouahri, Gouverneur de BAM, notamment par la possibilité de préserver le dirham contre les crises internationales, l’on est en droit de se demander si la tendance d’un euro fort n’en serait pas une justement.

Et pour cause ! Alors que l’économie américaine ne cesse de réaliser des exploits en matière de création d’emplois, avec un taux de chômage à 4,3%, soit son plus bas depuis 16 ans (et qu’en juillet les nouvelles embauches se sont élevées à 209 000 contre 181 000 le mois auparavant, signe d’une santé économique en continuelle amélioration même si le taux de croissance reste en deçà des attentes puisqu’inférieur à 3%), le dollar ne résiste pas à la remontée de l’euro.

Pourtant la santé économique en Europe, si elle s’améliore notamment en France qui connaît quand même un taux de chômage élevé, cumule les mauvaises nouvelles. Ainsi, la production industrielle allemande a baissé en juin de 1,1% par rapport au mois de mai.

On peut donc légitimement se demander si la santé économique européenne justifie un euro fort surtout si l’on s’intéresse à la situation de l’Italie, de la Grèce et de certains pays de l’Est…

Mais surtout, on est obligé de constater que la force d’une monnaie n’est plus malheureusement totalement corrélée à celle d’une économie !

Bien sûr, l’on sait que le risque politique domine ce postulat et que les USA de Trump inquiètent les investisseurs, mais le dirham et les fondamentaux du Maroc en sont victimes ! C’est exactement ce que la réforme de la cotation du dirham voulait éviter.

En effet, si elle avait été mise en oeuvre, et que Bank Al-Maghrib avait déclenché l’opérabilité de la fourchette de flottement du dirham, celle-ci évoluant à plus ou moins 2,5%, cela aurait constitué des barrières de protection du dirham !

Il est fort dommage et bien regrettable ainsi, en raison de l’ouverture de notre économie, que les spécialistes, les professionnels et les experts de la politique des changes se soient effacés devant les politiques en différant une réforme qui aurait initié la stabilisation de notre monnaie.

Face à tous genres de chocs exogènes qui peuvent se transformer en crise pour le dirham, toute variation des grandes devises peut attaquer notre solde extérieur et fragiliser nos fondamentaux macroéconomiques.

Qu’on se le dise !

Afifa DASSOULI

https://lnt.ma/leuro-grimpe-dollar-descend-dirham-plonge/

L’euro grimpe, le dollar descend et le dirham plonge !

Comment le New York Times joue avec l’Histoire, par Robert Parry

Source : Consortium News, Robert Parry, 19-01-2017

Reportage spécial : En ne parvenant pas à écrire la dure vérité au sujet des malversations de la classe dirigeante, le New York Times – au même titre que d’autres publications de médias dominants américains – a déstabilisé la démocratie américaine, rapporte Robert Parry

Par Robert Parry

Chaque fois que le New York Times ou d’autres grands médias d’information se présentent comme des parangons du journalisme professionnel – en agitant le doigt à propos de certaines “fausses informations” pro-Trump ou de quelques “théories du complot” d’Internet – je grince des dents devant cette auto illusion et cette hypocrisie.

 

Personne ne déteste plus que moi les fausses informations et les théories du complot sans preuves, mais la triste vérité c’est que la presse grand public, en ouvrant la porte à de tels fantasmes, a fini par perdre la confiance du peuple Américain et n’est plus guère aujourd’hui que le porte-parole des élites, inventant la version des fait qui l’arrange et diffusant ses propres mensonges.

Plutôt que d’agir comme un chien de garde contre ces supercheries, le Times et ses compagnons de route des courants principaux sont devenus à peine plus que les apologistes et les propagandistes des pouvoirs établis.

Quand l’Irak est “l’ennemi”, on nous raconte des mensonges délirants sur ses armes de destruction massive inexistantes qui sont un danger pour nous tous. Quand la Syrie entre dans le collimateur de Washington, on nous fournit un récit biaisé de ce qui se passe là-bas, chapeaux noirs pour le “régime” et chapeaux blancs pour les “rebelles”?

Quand le Département d’Etat soutient un coup d’Etat en Ukraine pour renverser un dirigeant élu, on nous régale de contes sur sa corruption et sur la “promotion démocratique” que ça produirait de le renverser. À l’heure actuelle, nous subissons une sténographie aveugle de toutes les accusations possibles que le gouvernement américain forme contre la Russie.

Pourtant, alors que cette crise du journalisme américain s’est aggravée ces dernières années, le schéma n’est pas entièrement nouveau. Il fait écho à la façon dont les médias grands public ont manqué bien des affaires les plus importantes de l’histoire moderne et ont plus souvent qu’à leur tour été un obstacle à la vérité.

Par la suite, quand les preuves sont finalement devenues si accablantes qu’il n’est plus possible de rester dans le déni, les médias traditionnels essaient de restaurer leur crédibilité en lambeaux en prenant le moindre petit bout de preuve pour prétexte et déclarer que, jusque là, on avait juste entendu des rumeurs mais que maintenant, c’est du solide, on peut prendre les rumeurs au sérieux – on a l’autorisation du Times.

Par exemple, il y a l’affaire du sabotage par Richard Nixon des négociations de paix du président Lyndon Johnson pendant la guerre du Vietnam en 1968, pour se donner un coup de pouce essentiel dans sa course présidentielle serrée contre le vice-président Hubert Humphrey. En “temps réel” – à la fois pendant que Nixon exécutait sa manœuvre et dans les années qui ont suivi – les journaux alternatifs et les journalistes indépendants ont signalé ce que Johnson appelait en privé la “trahison” de Nixon, mais le Times et d’autres ” journaux de référence” ont traité l’histoire avec guère plus de sérieux que s’il s’agissait d’une théorie du complot.

Au fur et à mesure que les années passaient et que la culpabilité de Nixon devenait de plus en plus évidente, l’histoire ne parvenait toujours pas à franchir le seuil d’attention du Grand Média.

Preuve définitive

Il y a plusieurs années, j’ai compilé un récit détaillé des événements de 1968 à partir des documents déclassifiés par la bibliothèque présidentielle de Johnson et j’ai publié le résultat chez Consortiumnews.com. J’ai pu exploiter les enregistrements récemment disponibles des appels téléphoniques de Johnson, mais aussi un fichier d’écoutes téléphoniques top secret – étiqueté “L’enveloppe X ” – que Johnson avait ordonné à son conseiller en sécurité nationale, Walt Rostow, de récupérer de la Maison Blanche avant l’installation de Nixon.

J’ai également retracé comment, au sujet du dossier de la Maison Blanche manquant et de son détendeur, la paranoïa de Nixon l’avait conduit à rassembler une équipe de cambrioleurs, connue sous le nom de “plombiers”, dont les activités ont par la suite fait surface dans le scandale du Watergate.

En d’autres termes, en démêlant le mystère de la “trahison” de Nixon en 1968, on change les récits de la guerre du Vietnam et du Watergate, deux des questions essentielles de l’histoire américaine moderne. Les médias américains traditionnels ont bien soigneusement ignoré ces nouvelles révélations.

C’est seulement en novembre dernier, dans un récapitulatif des affaires de “La surprise d’Octobre” passées – dans le contexte de la déclaration au Congrès de la réouverture de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton par le Directeur du FBI, James Comey – que le Times a fourni le résumé suivant de l’affaire de 1968 :

“Le président Lyndon Baines Johnson avait annoncé une trêve des bombardements sur le Nord Vietnam, justifiée selon ses dires par le fait que les pourparlers de paix étaient ” entrés dans une phase nouvelle et bien plus prometteuse” et il avait invité le gouvernement du Sud Vietnam et le Viet Cong à prendre part aux négociations. Soulevant l’espoir que la guerre pourrait se terminer bientôt, l’annonce avait semblé renforcer la position dans les sondages du vice-président Hubert H. Humphrey, le candidat présidentiel démocrate désigné, mais Humphrey perdit malgré tout les élections face à l’ancien vice-président Richard M. Nixon, le Républicain.”

En d’autres termes, c’est la trêve du bombardement par Johnson et les pourparlers de paix que le Times considère comme étant la “surprise d’octobre” destinée à influencer l’élection en faveur de Humphrey. Alors que la preuve est maintenant établie qu’un accord de paix était vraiment à portée de main et que la “surprise d’octobre” c’était que Nixon avait saboté les négociations en persuadant le président sud-vietnamien Nguyen van Thieu de boycotter les discussions de Paris.

Le Times retourne complètement l’histoire en échouant à réexaminer l’affaire à la lumière de nouvelles preuves irréfutables qui étaient disponibles depuis des années, bien que circulant en dehors du courant dominant.

Cependant, au final, ce dédain pour l’histoire peut parfois être dissipé. Ce mois-ci, le Times a mis en évidence dans un éditorial et dans un article faisant suite, des notes cryptées de la campagne de 1968 de Nixon révélant les instructions de Nixon à son aide principal H.R. Haldeman.

Les notes de Haldeman – découvertes à la bibliothèque présidentielle de Nixon par l’historien John A. Farrell – révèlent que Nixon a dit à Haldeman ” Conservez Anna Chennault au travail sur SVN”, employant SVN pour Sud Vietnam et se référant à l’émissaire en chef de la campagne auprès du gouvernement sud-vietnamien, l’émigrée chinoise Anna Chennault du parti de droite.

La manoeuvre de Nixon était de faire passer le mot par Chennault au président sud-vietnamien Thieu, que s’il boycottait les discussions de paix de Johnson à Paris – ce qui ferait dérailler les négociations – Nixon assurerait à Thieu qu’il poursuivrait le soutien militaire américain à la guerre.

Semer la pagaille

Une autre note de Haldeman révélait l’intention de Nixon d’obtenir du chef de la minorité au Sénat, Everett Dirksen, Républicain de l’Illinois, d’admonester Johnson au sujet d’une trêve du bombardement planifié alors que Nixon cherchait ” n’importe quelle autre façon de mettre la pagaille ? RN [Richard Nixon] est capable de tout “.

Bien que le gribouillage de Haldeman soit parfois difficile à déchiffrer, l’inscription suivante fait référence à “SVN” et ajoute: “Dites-lui de tenir bon” – le même message que Anna Chennault a transmis plus tard aux hauts fonctionnaires sud-vietnamiens lors des derniers jours de la campagne de 1968.

Bien que la découverte de Farrell soit certainement en soi une information d’importance, sa plus grande signification est peut-être qu’elle a servi de point de basculement qui a finalement obligé le Times et les médias traditionnels à dépasser le stade de leur rejet de longue date de cette “théorie de la conspiration”.

The Times a donné à Farrell de l’espace sur sa page d’éditorial du 1er janvier pour expliquer sa découverte et l’a fait suivre d’articles à l’intérieur sur les billets de Haldeman. Cette histoire comprenait des commentaires favorables de la part de journalistes traditionnels, tels que l’ancien chef de bureau de Newsweek, Evan Thomas, notant que Farrell “a établi définitivement ce qui est l’objet de discussions depuis longtemps”.

Bien sûr, l’histoire du sabotage de la paix au Vietnam de Nixon a été plus que ” discuté depuis longtemps “. Une série de journalistes ont rassemblé les preuves, dont certaines au fur et à mesure que le complot se dévoilait et d’autres en fouillant les fichiers gouvernementaux jaunis quand ils devenaient disponibles ces deux dernières décennies.

Mais les grands journaux ont surtout balayé cette accumulation de preuves, apparemment parce qu’elles contestaient leur récit “autorisé” de cette époque. Aussi étranges et vicieux que certains des comportements paranoïaques de Nixon aient pu être, ils semblent avoir été trop durs à intégrer pour pouvoir suggérer qu’il mettait ses ambitions politiques en amont de la sécurité d’un demi million de soldats américains dans la zone de guerre du Vietnam en 1968.

Parce qu’informer de cette troublante vérité le peuple américain aurait profondément secoué sa confiance dans la classe dirigeante, compte tenu du décès de 58 000 soldats américains dans la guerre du Vietnam, plus le meurtre de plusieurs millions de Vietnamiens. (Près de la moitié des morts ont été tués après l’échec des négociations de paix de Johnson et la réponse de Nixon à son engagement envers Thieu en augmentant l’implication directe des États-Unis dans le combat pendant quatre années supplémentaires).

[Pour plus de détails, consultez le “Fichier X” de LBJ du Consortiumnews.com sur “La trahison” de Nixon et “Le Crime Odieux Derrière le Watergate“.]Une Reprise

Mais la dissimulation par les médias traditionnels de la “trahison” de Nixon n’était pas un problème isolé en termes de distorsion de l’histoire américaine récente. Si le peuple américain avait réalisé jusqu’où certains hauts fonctionnaires américains pouvaient aller pour atteindre leurs ambitions politiques, ils auraient été plus disposés à croire d’autres accusations sérieuses d’actes répréhensibles de la part du gouvernement.

Reagan a repris la manoeuvre de Nixon de 1968 en 1980 en minant les négociations du président Jimmy Carter pour libérer les 52 otages américains alors détenus en Iran, un autre cas bien documenté de la ” Surprise d’Octobre” que les médias traditionnels désignent encore comme une ” théorie du complot “.

Avec plus de deux douzaines de témoins – y compris les responsables américains, iraniens, israéliens et autres – décrivant les aspects de cet accord républicain en coulisse, la réalité de ce “prologue” au futur scandale de l’Iran-Contra de Reagan, des armes contre des otages, devrait être largement accepté comme un élément véritable de l’histoire américaine moderne.

Mais une enquête sans conviction du congrès en 1991-93 a naïvement confié alors au président d’alors George H.W. Bush le soin crucial de rassembler des dossiers gouvernementaux internes des États-Unis pour confirmer les allégations – malgré le fait que Bush était le principal suspect de l’opération de 1980.

Il y a plusieurs années, j’ai découvert des documents dans la bibliothèque présidentielle de Bush à College Station, au Texas, montrant comment le personnel de Bush à la Maison-Blanche s’est organisé pour masquer des preuves indéniables et cacher un témoin-clé de l’enquête.

Une note d’un des avocats de Bush a révélé que la Maison Blanche avait reçu la confirmation d’une révélation majeure concernant la Surprise d’Octobre – un voyage secret par le président de campagne (et plus tard le directeur de la CIA) William Casey à Madrid – mais a caché cette information auprès des enquêteurs du Congrès. Les documents ont également montré que la Maison Blanche a empêché les tentatives d’interroger l’ancien officier de la CIA, Donald Gregg, un témoin-clé.

Un autre document expose crûment le but de la Maison Blanche : ” détruire/supprimer cette histoire ” pour protéger les chances de réélection de Bush en 1992.

Après que j’ai découvert la confirmation du voyage à Madrid il y a plusieurs années – et envoyé le document à l’ancien représentant Lee Hamilton, qui avait dirigé l’enquête du Congrès qui avait conclu qu’il n’y avait aucune preuve crédible étayant les accusations – il était stupéfait par la trahison apparente de sa confiance.

“Le 41e président de la Maison Blanche [Bush-41] ne nous a pas informés qu’il [Casey] a fait le voyage” à Madrid, m’a dit Hamilton dans une interview. Questionné si le fait de savoir que Casey s’était rendu à Madrid aurait peut-être changé la conclusion décevante de la Surprise d’Octobre, Hamilton a déclaré oui, car la question du voyage de Madrid était au centre de l’enquête.

Pourtant, à ce jour, à la fois l’aile droite et les publications des médias traditionnels citent les résultats non concluants de l’enquête comme leur argument central pour défendre Reagan et son héritage. Cependant, si la manoeuvre de Nixon en 1968 – compromettant la vie d’un demi million de soldats américains – avait été acceptée comme la véritable histoire plus tôt, la preuve que Reagan avait mis en danger 52 membres de l’ambassade américaine aurait semblé beaucoup plus facile à croire.

Au fur et à mesure que ces anciens masques de la vérité se fissurent lentement et commencent à s’effondrer, l’histoire sérieuse derrière eux a commencé à se manifester dans les médias traditionnels. Par exemple, le 3 janvier, lors d’une table ronde de la CNN sur l’ingérence dans les élections présidentielles aux États-Unis, l’historien populaire Doug Brinkley a ajouté : “Un point : en 1980, Ronald Reagan parlait de Jimmy Carter, et il y a eu la rencontre de la Surprise d’Octobre avec l’Iran qui gardait les otages. William Casey, les gens de l’administration Reagan étaient en interférence avec la politique étrangère en disant : “Conservez les otages jusqu’à l’issue de l’élection”. Donc, c’est déjà arrivé. Ce n’est pas seulement Nixon ou Donald Trump. ”

[Pour plus de détails sur l’affaire de 1980, reportez-vous à America’s Stolen Narrative or Trick or Treason par Robert Parry : The Second Surprise Mystery de 1980 ou Consortiumnews.com, “Second Thoughts on October Surprise“.]Le scandale Cocaïne-Contra

Mais le déni d’une sérieuse malversation des pouvoirs dominants meurt difficilement. Par exemple, The New York Times, The Washington Post et d’autres organes de presse importants ont longtemps refusé d’accepter la preuve écrasante que les précieux rebelles Contra du Nicaragua de Reagan se sont engagés dans le trafic de cocaïne sous le regard bienveillant de la Maison-Blanche et de la CIA.

Mon confrère Brian Barger de l’Associated Press et moi-même avons rassemblé énormément de ces preuves en 1985 pour le premier reportage sur ce scandale qui a sapé les déclarations de Reagan selon lesquelles il menait une guerre implacable contre les drogues. À l’époque, le Times est également allé au combat pour défendre le pouvoir en place. S’étant basé sur les propres informations du ministère de la Justice de Reagan, le Times a défoncé nos reportages sur AP. Et une fois que le Times a été confondu par ses sources officielles, lui-même et d’autres presses traditionnelles déclenchaient des vendettas contre quiconque osait contredire la version admise.

Ainsi, lorsque le journaliste de San Jose Mercury News, Gary Webb, a relancé l’histoire de Cocaïne-Contra en 1996 – avec des preuves qu’une partie de cette cocaïne avait alimenté l’épidémie de crack – le Times et d’autres grands journaux ont férocement attaqué les articles de Webb et ont détruit sa carrière. Pas même un aveu institutionnel de la CIA en 1998 selon lequel elle avait été consciente de la diffusion de la drogue de contrebande des Contra tout en regardant ailleurs était suffisante pour ébranler la fausse information conventionnelle des médias traditionnels au sujet de l’innocence des Contra et de la CIA.

Après que l’inspecteur général de la CIA a abouti à ses conclusions accablantes en admettant la connaissance de la circulation des drogues, le Times a lancé une histoire en reconnaissant qu’il pourrait y avoir eu plus d’allégations que le journal l’avait cru auparavant, mais le même article a maintenu le dénigrement de Webb, qui a été évincé du journalisme et, presque sans le sou, s’est suicidé en 2004.

Malgré les aveux de la CIA, le Washington Post a malgré tout continué à nier la réalité du Cocaïne-Contra. Quand un film sur le supplice de Webb, “Kill the Messenger”, a été réalisé en 2014, le journaliste d’investigation de la rédaction du Post, Jeff Leen, a maintenu le déni de la réalité du journal avec une nouvelle attaque immonde envers Webb.

L’histoire de Leen a été validée par l’ancien directeur de la rédaction du Post, Leonard Downie Jr., qui a fait circuler la rabaissante publication de Leen sur Webb avec le commentaire associé: “J’étais au Washington Post au moment où il a enquêté sur les reportages de Gary Webb et Jeff Leen a parfaitement raison. Cependant, il est trop complaisant avec un film qui présente un mensonge comme un fait établi”.

[Pour en savoir plus sur la publication en riposte de Leen, consultez le “Wimper’s Slimy Assault on Gary Webb” de Consortiumnews.com. Pour en savoir plus sur l’histoire de Cocaïne-Contra, consultez la section “The Sordid Contra-Cocaine Saga“.]Des mensonges en tant que vérité

Le fait que les “stars” des médias traditionnels mentent en désignant les faits comme mensongers – ou qu’ils ne peuvent distinguer les faits des mensonges – a contribué à une dégradation dangereuse de la capacité du public à discerner le vrai du faux.

Essentiellement, le problème est que les médias traditionnels ont cherché à protéger l’intégrité des pouvoirs établis en éconduisant les cas réels de criminalité institutionnelle et d’abus de pouvoir. Cependant, en supprimant ces faits, plutôt que de contester les actes répréhensibles du système, les médias traditionnels ont vu leur propre crédibilité s’effondrer.

On pourrait espérer que quelqu’un en position de pouvoir au sein des principaux organes d’information reconnaîtrait ce danger et déclencherait une réforme radicale, qui pourrait commencer par reconnaître certaines des réalités historiques longtemps enterrées, même si elles mettent les icônes du pouvoir établi, telles que Ronald Reagan et George HW Bush, dans un éclairage négatif.

Mais ce n’est clairement pas la direction vers laquelle les médias américains traditionnels se dirigent. Au lieu de cela, le Times, le Post et d’autres publications principales continuent de prendre à la lettre toutes les sources que le pouvoir dominant leur distribue, y compris des accusations douteuses et bizarres des renseignements américains concernant la Russie et le Président élu Donald Trump.

Plutôt que de se joindre à des demandes de preuves réelles pour soutenir ces déclarations, les médias traditionnels semblent vouloir simplement canaliser le mépris du pouvoir institutionnel pour la Russie et Trump. Donc, tout ce qui est dit – même le plus improbable – mérite les gros titres en première page.

Le résultat final, cependant, est de pousser de plus en plus d’Américains dans un état de confusion quant à ce qu’il faut croire. Bien que certains citoyens puissent chercher un journalisme indépendant et honnête pour combler ce qui leur manque, les autres seront certainement victimes de fausses nouvelles et de théories du complot.

Le journaliste d’enquête Robert Parry a décrédibilisé plusieurs des récits de l’Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Consortium News, Robert Parry, 19-01-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Et si l’on donnait la parole aux Français (XVII)

Et si l’on donnait la parole aux Français (XVII)

Et si l’on donnait la parole aux Français (XVII)

Période de vacances d’été 2017 – Pendant la période de vacances d’été, Polémia se met au repos du lundi 10 juillet au jeudi 31 août 2017. Voulant éviter à nos lecteurs tout assoupissement pendant ladite période, notre équipe a planifié un calendrier de mises en ligne d’articles déjà diffusés au cours des mois passés mais dont l’intérêt est toujours d’actualité et qui auraient pu échapper à certains d’entre eux…

Chronique de Michel Geoffroy, essayiste.


Les institutions et les partis institutionnels

77% des personnes interrogées (+14 points) pensent que la démocratie fonctionne de moins en moins bien en France (sondage Ipsos-Sopra Steria-l’Institut Montaigne, Sciences Po et Le Monde du 21 au 25 octobre 2016).

74% citent comme principales raisons des « élus trop souvent corrompus », les élections qui « ne changent rien » (70%) et « trop d’insécurité, de zones de non-droit » (67%). Pour 65%, les préoccupations des citoyens ne sont pas prises en compte et pour 62% ces derniers sont mal représentés

59% des personnes interrogées déclarent ne se sentir en sécurité nulle part. Ce chiffre est à mettre en relation avec le fait que 69% des Français jugent les personnels de police et de gendarmerie en sous-effectifs dans le pays. Cette opinion a d’ailleurs d’autant plus de résonance que les interviewés expriment majoritairement une bonne image de leurs forces de l’ordre (90% pour la Gendarmerie, 84% pour la Police nationale et 73% pour la Police municipale) (sondageIFOP Fiducial Public Sénat Sud Radio – Public Sénat du 17 mars 2017

78% estiment que les partis politiques constituent un frein à l’amélioration de la situation, devant les syndicats (62%), les médias (57%), les intellectuels (44%) et les chefs d’entreprise (40%).

78% des personnes interrogées jugent le bilan de François Hollande négativement. 81% estiment qu’il n’a pas été fidèle à ses promesses de campagne. La loi travail est la plus critiquée, avec seulement 23% de réponses positives (sondage OpinionWay Le Figaro des 2 et 3 décembre 2016).

Les médias

64% des personnes interrogées estiment que les médias ne sont pas indépendants vis-à-vis des partis et du pouvoir ; 58% estiment que les médias ne sont pas indépendants vis-à-vis des pressions de l’argent (sondage TNS Sofres La Croix des 7 au 11 janvier 2016).

91% des internautes interrogés en ligne le 13 décembre 2016 depuis son compte Twitter par Jean-Jacques Bourdin, l’animateur de RMC et BFMTV, estiment que « les médias nous mentent ».

57% des personnes interrogées estiment que les médias présentent la campagne et le programme de François Fillon avec un parti pris négatif. 55% pensent de même s’agissant de Marine Le Pen. Et 46% des personnes interrogées estiment que les médias présentent la campagne et le programme d’Emmanuel Macron avec un parti pris positif (sondage Harris-Interactive, c/o Fdesouche du 20 mars 2017).

La préférence nationale

41% des téléspectateurs ont jugé Marine Le Pen « convaincante » lors de l’émission politique du 9 février 2017 de France 2 (sondage Harris-Interactive effectué le 9 février 2017).

80% des personnes interrogées se déclarent favorables à la « clause Molière », mesure adoptée récemment par plusieurs conseils régionaux, obligeant les ouvriers à parler français sur les chantiers engagés par la commande publique et 39% répondent « très favorable » (sondage Ifop Valeurs actuelles réalisé du 15 au 17 mars 2017).

Michel Geoffroy
20/03/2017

Voir ou revoir :

Correspondance Polémia – 21/07/2017

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”

Séoul identifie les projectiles tirés samedi par Pyongyang comme des missiles balistiques à courte portée

© Chine Nouvelle (Xinhua)Wang Huanying, le 28/08/2017 10:52

L’armée sud-coréenne a identifié les projectiles tirés la semaine dernière par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comme des missiles balistiques à courte portée dont tout essai est interdit par des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, ont rapporté lundi les médias locaux citant une source militaire.

Un responsable de l’armée sud-coréenne, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que ces projectiles étaient très probablement des missiles balistiques à courte portée d’après les résultats des analyses conjointement menées par les armées sud-coréenne et américaine.

Samedi dernier, Pyongyang a tiré depuis le site de Kittaeryong (sud-est de la RPDC) trois projectiles à courte portée en direction de la mer à l’est du pays.

Deux des trois projectiles ont parcouru environ 250km, tandis que le troisième a explosé peu après son décollage.

La présidence sud-coréenne avait indiqué dans un premier temps que ces projectiles de la RPDC pouvaient être des obus d’artillerie tirés par des lance-roquettes multiples de 300mm.

Le responsable militaire sud-coréen a fait savoir que d’autres détails sur le type de missile et ses capacité faisaient l’objet d’analyses.

Les derniers tirs menés par la RPDC sont intervenus au moment des manoeuvres militaires annuelles UFG des forces sud-coréennes et américaines. Celles-ci ont débuté lundi dernier et doivent se poursuivre jusqu’à jeudi.

china.in

Kiev ou Moscou ?

Kiev ou Moscou ?


Par Emmanuel Leroy − Août 2017

Résultats de recherche d'images pour « images ukraine russie »

Analyse sommaire sur les motivations et les engagements des militants identitaires dans le conflit du Donbass. Pour des raisons de commodité et de clarté de l’exposé les tenants de la ligne kiévienne seront appelés ici « occidentalistes » et leurs adversaires de la ligne moscovite seront désignés comme « eurasistes ».

Il est clair pour tout esprit lucide que la guerre opposant dans l’est de l’Ukraine les partisans de Kiev à ceux de Moscou depuis le printemps 2014 a provoqué, sur cette question, une profonde dissension dans le camp des identitaires 1 européens et singulièrement en France. Ainsi on a vu récemment cette ligne de fracture s’exposer dans le N° 70 de la revue Terre et Peuple 2 du néo-païen Pierre Vial ou encore plus récemment lors d’un débat organisé par le Cercle de Flore de l’Action Française et opposant les deux lignes à travers la participation d’un « pro-Russe » Nikola Mirkovic et d’un « pro-Ukrainien » Florian Lemarchand. Le débat ayant d’ailleurs clairement tourné à l’avantage de ce dernier (écouter ici le débat et lire l’analyse critique intéressante faite sur le site Agoravox).

Si l’on poursuit l’examen rapide de la situation dans d’autres pays européens, et sans prétendre à l’exhaustivité, on peut observer en Italie par exemple une ligne de fracture identique opposant la Casa Pound ayant suivi une ligne majoritairement occidentaliste aux partisans de la Ligue du Nord, ayant suivi une option clairement eurasiste.

Dans les milieux « identitaires » allemands (PEGIDA, Alternative für Deutschland…) et en y incluant également une assez large majorité de la CDU/CSU et même certaines factions du Parti Die Linke on peut observer un très net tropisme philo-russe et un assez faible engagement en faveur du camp occidentaliste.

Dans la majorité des pays de l’ex-pacte de Varsovie en revanche (Pologne, pays Baltes, République tchèque, Roumanie…) et pour des raisons historiques essentiellement, la majorité des populations, et pas seulement des mouvements identitaires locaux, a pris fait et cause depuis l’éclatement de l’Union soviétique pour le camp occidental. Ce phénomène étant particulièrement marqué dans les pays baltes, et singulièrement en Lituanie, et bien évidemment en Pologne. En revanche, un pays comme la Hongrie, malgré le souvenir de l’insurrection de Budapest en 1956, a clairement manifesté un choix eurasiste dès le commencement du conflit dans le Donbass en 2014. Cela peut s’expliquer en partie par la présence d’une minorité hongroise en Transcarpatie ukrainienne pour laquelle la quasi-totalité de la classe politique hongroise, et pas seulement le Jobbik, milite pour éviter l’enrôlement de ces Hongrois de l’étranger dans la guerre de Porochenko contre les populations du Donbass.

En Grèce, le mouvement identitaire Aube Dorée a pris fait et cause de manière tranchée pour le camp eurasiste. Cet engagement pouvant en partie s’expliquer par la politique de sanctions inouïes que l’Occident fait subir à la Grèce depuis 2008.

En ex-Yougoslavie en revanche, les clivages sur la question ukrainienne recoupent essentiellement les divisions religieuses entre catholiques, musulmans et orthodoxes, nonobstant la couleur politique de chacun. Les Serbes orthodoxes étant naturellement, sur la question ukrainienne et tous partis politiques confondus, dans le camp eurasiste, et les catholiques croates avec leurs « alliés » musulmans restant dans le camp occidental.

Venons-en maintenant à l’analyse des racines de cet antagonisme qui sépare de manière radicale les partisans de Kiev et ceux de Moscou. Il faut pour cela à mon avis remonter au bouillonnement intellectuel que l’on vit en Europe après l’immonde guerre civile européenne de 1914 et qui marqua entre autres des personnalités comme Bertrand de Jouvenel, Emmanuel Berl, Henri de Man ou encore Pierre Drieu la Rochelle. Même si ces intellectuels suivirent des chemins différents, ils partagèrent avec beaucoup d’autres l’horreur que fut la Première Guerre mondiale, et ils tentèrent, chacun à leur façon, d’inventer un monde où ces affrontements fratricides entre nations européennes seraient abolis.

Ils ont de ce fait été des précurseurs dans le monde intellectuel européen de la mise en avant des idées européistes et ont accompagné ou précédé, consciemment ou inconsciemment, des personnalités telle que le fameux Richard de Coudenhove-Kalergi, agent patenté du Nouvel ordre mondial à travers notamment le concept de Paneurope qu’il inventa. De manière plus tangible, la transcription de cet idéal paneuropéen dans les milieux nationalistes français s’est concrétisée dans le tournant des années 1960 du XXe siècle. Un des hommes clé de cette évolution en a été Dominique Venner. Militant nationaliste, engagé dans le combat pour l’Algérie française, il passera dix-huit mois à la prison de la Santé en raison de son engagement dans le camp des réprouvés. C’est à sa sortie de prison en 1962 qu’il écrit le manifeste Pour une critique positive dans lequel il oppose « nationaux » et « nationalistes ». C’est dans cette filiation intellectuelle que s’est construit un nationalisme révolutionnaire européen qui se détachera de plus en plus de l’idée de la nation française. Par la suite, cette évolution naturelle conduira à l’émergence de deux courants, proches mais distincts, l’un politique et qui aboutira à la création de plusieurs mouvements nationalistes révolutionnaires, l’autre métapolitique duquel émergera le GRECE en 1968, présenté comme « nouvelle droite » par les médias au tournant des années 1980.
Dominique Venner naquit en 1935 et a donc vécu de plain-pied dans son âme et dans sa chair, avec ceux de sa génération, toutes les défaites et les reculs que la France a connus depuis l’entre deux-guerres. Mai 1940, l’Indochine et l’Algérie enfin auront eu raison de son amour pour la mère patrie. Il n’y a qu’un amour déçu pour engendrer une haine inexpiable ou pire encore, un mépris infini. Cette France vaincue par les Allemands en 1940, puis asservie à nouveau par les vainqueurs anglo-saxons, humiliée et trahie en Indochine, et puis trahie encore par celui qui prétendait la sauver en Algérie, cette accumulation de défaites et de reculades a probablement été le principal facteur de perte de confiance dans la capacité de la nation à se régénérer.

Dans ces années 1960, devant tant de honte et avec aussi peu d’espoir de voir surgir une alternative politique, des hommes comme Dominique Venner ont essayé d’imaginer une alternative à ce qui pouvait sembler à l’époque, pour un militant révolutionnaire, une société bloquée et sans avenir. C’est ainsi qu’a été forgée cette idéologie politique nationaliste européenne, d’abord à travers le périodique Europe-Action, puis par le prisme de multiples revues et mouvements politiques et métapolitiques.

C’est dans cette matrice idéologique, conjuguée avec l’idée de « Fédéralisme européen » et incarnée par exemple dans la pensée de Yann Fouéré auteur de L’Europe aux cent drapeaux, que s’est constituée une idéologie supranationale destinée dans l’esprit de ses promoteurs à dépasser le cadre étroit et oppresseur de l’État-nation pour le transcender dans une construction européenne mythique.

Dans ce projet d’abolition de la nation dans sa version jacobine, on retrouve le mythe de l’empire carolingien originel, empire qui unissait sous sa férule les peuples celtes, latins et germaniques. Ce n’est pas pour rien qu’aujourd’hui encore le mythe de cet empire européen perdu est utilisé par les chantres de l’Union européenne à travers le prix Charlemagne qu’ils décernent chaque année à une personnalité ayant œuvré pour la promotion de cette Europe coupée de ses véritables racines. C’est là, à travers cette escroquerie de la pensée que constitue l’idée européenne sous contrôle de l’idéologie anglo-saxonne, que se sont fourvoyés les militants du nationalisme révolutionnaire européen et avec eux, nombre de leurs alliés ou compagnons de route régionalistes.

Je pense qu’une des origines probables du clivage qui sépare les occidentalistes partisans de Kiev des eurasistes qui soutiennent les républiques rebelles du Donbass se situe dans cette perception, en partie erronée de mon point de vue, d’une Europe mythique constituée de patries charnelles qu’il faudrait détacher des États-nations actuellement existants pour les regrouper dans une structure supra-étatique de type impérial. Quand l’Ukraine en 1991 et avec elle de nombreux peuples « soviétiques » trouvent ou retrouvent une indépendance, les partisans de l’Europe aux cent drapeaux, ayant pour nombre d’entre eux longtemps baigné dans un anticommunisme primaire, voire supérieur, épousent la cause de ces nouvelles nations ayant échappé à l’ogre russe. Mais c’est avoir une vision bien primaire et bien superficielle de la réalité pour imaginer une Ukraine unifiée sur les plans linguistique et culturel. Outre le nombre important de minorités ethniques vivant sur le territoire ukrainien (Russes, Moldaves, Roumains, Polonais, Biélorusses, Grecs, Hongrois, Ruthènes, Tatars…), la langue véhiculaire qui unit tous ces peuples, y compris les locuteurs de la langue ukrainienne, est le russe. Le meilleur exemple en étant le grand écrivain « ukrainien » Nicolas Gogol qui n’a jamais écrit que dans la langue de Pouchkine.
Pour suivre le raisonnement plus avant, les partisans de Kiev pensent soutenir une juste cause, luttant pour une ethnie « charnelle » en butte à un oppresseur fanatique désireux d’annihiler leur singularité alors qu’ils occultent totalement le fait, objectif celui-là, que l’Ukraine, surtout depuis la révolution du Maïdan, s’est vendue corps et âme au camp occidental, livrant son peuple, ses peuples plutôt, aux vautours du FMI et à la férule de l’OTAN.

La question des patries charnelles n’est pas à évacuer pour autant, et une réflexion devra être menée pour la sauvegarde des langues vernaculaires et des traditions culturelles de tous les peuples menacés par la mondialisation, mais aujourd’hui, et je conviens qu’il s’agit là d’un paradoxe, le meilleur rempart contre les effets délétères de la mise en place d’un gouvernement mondial dirigé par la haute finance, c’est l’État-nation, avec tous ses défauts et ses insuffisances. Ce n’est pas pour rien que le Système ne ménage pas ses efforts pour achever la mise à mort de nos institutions, de notre langue, de notre culture, de notre droit et c’est la raison impérieuse pour laquelle il faut protéger ce cadre national, aussi imparfait soit-il mais qui constitue la dernière digue avant l’effondrement total.
Ceux qui ont choisi le camp des rebelles séparatistes du Donbass – et c’est encore un paradoxe – se sont inscrits dans cette logique. Ils considèrent que la Russie – ensemble multiculturel et multinational – représente la dernière grande force sur le territoire eurasiatique qui ne soit pas encore tombée dans les griffes des Anglo-Saxons. Il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer Poutine, il s’agit d’un raisonnement froid et objectif : l’Europe occidentale, centrale et orientale, et avec elle l’Ukraine, est tombée tout entière dans le camp occidental et l’enjeu de ce Grand Jeu est l’achèvement de la conquête du monde que les élites anglo-saxonnes ont programmé depuis des siècles.

J’ajouterai une réflexion sur la question de l’engagement des occidentalistes dans le camp ukrainien, à savoir qu’il existe une véritable continuité dans ce combat pro-occidental qui a commencé d’une certaine manière dès les années 1950 du siècle dernier par l’engagement français sous l’égide de l’ONU dans la guerre de Corée aux côtés des forces anglo-américaines. Les années gaulliennes verront au contraire un arrêt brutal de la collaboration entre la France et les Anglo-Saxons (cf. sortie de l’OTAN) mais en revanche, dès la chute de de Gaulle en 1969, on assistera rapidement à la reconstitution des politiques pro-occidentales, notamment en Afrique (Angola, Cabinda, Namibie…) et donc à nouveau à l’asservissement de la France aux intérêts de la City et de Wall Street.

Cette continuité aux services des intérêts anglo-saxons s’incarne parfaitement dans le personnage de Gaston Besson que j’avais croisé à Paris au début des années 2000. Nous ne nous étions pas vraiment entendus ni compris : quelques années plus tôt, lui avait choisi le camp croate et donc occidental, et moi le camp serbe et donc anti-occidental. De son propre aveu il avait participé comme mercenaire à toutes les guerres sales au service des intérêts du Système : Birmanie, Laos, Cambodge, Colombie, Croatie, Bosnie. Son engagement pour l’Ukraine en 2014 est dans la droite ligne de ses guerres au service des intérêts anglo-saxons. Est-il seulement conscient de servir la cause de nos ennemis mortels ? Je ne le pense pas ! Il est seulement dans une logique de réseaux, probablement passablement infiltrés par les services et il doit se voir comme une espèce de condottière mettant sa vie en jeu dans un engagement dont ne sont pas capables les bourgeois, ce qui n’est pas faux. Le seul problème est que son combat est mis au service de la plus mauvaise des causes qui soit.

Ceux qui comme lui ont choisi le camp du bataillon Azov parce que les symboles utilisés par ces militants sont fortement inspirés des runes scandinaves qu’affectionnait la SS se trompent de combat une fois de plus et sont utilisés à nouveau comme chair à canon comme leurs ancêtres les Galiciens et les Allemands l’ont été au siècle dernier et pour le même combat contre le dernier grand peuple libre du continent eurasiatique.

En ce qui me concerne, je ne suis pas de ceux qui se réjouiront de la présence à Kiev le Jeudi 24 août 2017 de James Mattis, secrétaire à la Défense des États-Unis, pour assister à la fête nationale ukrainienne. Je m’en réjouirai d’autant moins qu’il sera accompagné par le vice-ministre Britannique de la Défense. Les assassins reviennent toujours sur les lieux de leur crime.

Le 24 août, en ce qui me concerne, je serai en route une nouvelle fois pour Donetsk afin d’apporter mon soutien aux populations martyres du Donbass en lutte contre l’Occident, ses Gay Prides et ses idiots utiles qui croient lutter pour la libération des peuples.

Урра ! Победа ! Les initiés et les locuteurs de russe comprendront.

Emmanuel Leroy

L’auteur collabore à la revue « Sans Frontières », la revue officielle de l’Institut franco-russe de Donetsk et du département français des sciences et techniques de l’Université nationale technique de Donetsk qui pour but premier le partage des cultures russe et française et le développement du Donbass.

 

Note du Saker Francophone

On peut faire un parallèle avec l'article de Bruno GuigUe publié juste avant. Bruno Guigue fait un tour d'horizon des contradictions de cette nouvelle "Gauche" médiatique française du XXIe siècle avec l'Histoire. Emmanuel Leroy aborde lui la "Droite" politique en France et en Europe par rapport à son positionnement sur l'Ukraine qui n'est pas sans créer des tensions.

Comme Die Linke en Allemagne, Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce, on peut également noter que la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon est aussi traversée par cette fracture russo-ukrainienne, atlantisme contre monde multipolaire. Tous ces mouvements politiques doivent naviguer à vue entre les récit imposés par le Système et ses médias, la revendication des peuples à leur retour au centre du jeu, imposant le thème de l'identité [encore un mot qui faudra totalement reconstruire] dans le débat politique. Ces contradictions internes seront difficiles à cacher longtemps et le virage patriote de la FI durant les élections en est un témoignage.

Il reste à observer comment ces forces vont évoluer et permettre ou pas un retour du CNR sous une autre forme en France et en Europe, si c'est encore possible et si la situation est encore gérable.

Notes

  1. Le terme « identitaire » désigne ici tout militant ou sympathisant se définissant comme « national », « nationaliste », « patriote » ou « monarchiste » et s’opposant au projet mondialiste de dissolution des nations et de l’identité des peuples. Ces vocables « identitaire » ou « patriote » pouvant être attribués à des personnes se considérant comme de « gauche » dès lors qu’elles manifestent un attachement au pays et à la culture dont elles sont issues.
  2. Terre et Peuple Magazine N°70 Hiver 2016 avec un dossier intitulé Russie/Ukraine une fracture au cœur de l’Europe.

http://lesakerfrancophone.fr/kiev-ou-moscou

 

L’Arabie saoudite s’apprête à changer de politique étrangère

L’Arabie saoudite s’apprête à changer de politique étrangère

| 26 août 2017

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L’Arabie saoudite continue à se préparer à l’abdication du roi Salmane et à son remplacement par son fils, le prince Mohammed.

- En premier lieu, elle se prépare à se retirer du Yémen. Bien que le prince Mohammed soit à l’origine du conflit, il a compris qu’il ne pouvait pas le gagner et pourrait renvoyer la responsabilité de cette désastreuse aventure sur le roi Salmane. Cette approche est confirmée par des e-mails échangés entre l’ambassadeur US Martin Indyk et l’ambassadeur des Emirats arabes unis, rendus publics par Middle East Eye [1].

- En second lieu, l’Arabie cesserait d’être le champion des sunnites face aux chiites pour redevenir celui des arabes face aux perses. Riyad pourrait ainsi trouver une issue à la guerre civile qui se déroule actuellement dans la région de Qatif où les populations saoudiennes chiites se sont soulevées [2]. Là encore, c’est le prince Mohamed qui, en suggérant d’exécuter le leader de l’opposition, le cheikh El-Nimr, a suscité cette révolte, mais le changement de roi fournirait une excuse aux erreurs du passé [3]. Cette idée semble confirmée par les réceptions officielles du leader chiite irakien Moqtada Sadr à Riyad [4] et du chargé d’affaires saoudien au Liban, Walid Boukhari, par le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan. Toujours dans cette logique, l’Arabie saoudite vient de rouvrir les postes frontières d’Arar et de Jumaima avec l’Irak, fermés depuis plus de trente ans.

- Ces deux changements effectués, le futur roi Mohamed pourrait annoncer une aide saoudienne à la reconstruction de la Syrie de manière à relativiser la générosité de l’Iran. On parle ici de sommes considérables. L’arrêt du soutien de Riyad aux jihadistes depuis le discours de Donald Trump du 21 mai 2017 va dans ce sens. Il semble que la Syrie se prépare également à ce revirement comme l’atteste la tenue de la Foire commerciale annuelle de Damas qui n’avait pas eu lieu durant toute la guerre.

Le prince Mohamed, qui agit de manière impulsive, serait capable de remettre ses propres décisions en cause. Si tel est le cas, le changement de souverain en Arabie saoudite pourrait amener la paix dans son pays, ainsi qu’au Yémen et en Syrie.

[1] “EXCLUSIVE : Saudi crown prince wants out of Yemen war, email leak reveals”, Clayton Swisher & David Hearst, Middle East Eye, August 14, 2017.

[2] « La guerre civile se poursuit à Qatif (Arabie saoudite) », Réseau Voltaire, 14 août 2017.

[3] « La mort du cheikh El-Nimr fait vaciller le régime des Saoud », par André Chamy, Réseau Voltaire, 3 janvier 2016.

[4] « Moqtada Sadr en visite en Arabie saoudite et aux Émirats », Réseau Voltaire, 16 août 2017.

http://www.voltairenet.org/article197591html

1973-2017 : l’effondrement idéologique de la “gauche” française

1973-2017 : l’effondrement idéologique de la “gauche” française


Par Bruno Guigue – Le 20 août 2017

En 1973, le coup d’État du général Pinochet contre le gouvernement d’Unité populaire au Chili provoqua une vague d’indignation sans précédent dans les milieux progressistes du monde entier. La gauche européenne en fit le symbole du cynisme des classes dominantes qui appuyèrent ce “pronunciamiento”. Elle accusa Washington, complice du futur dictateur, d’avoir tué la démocratie en armant le bras meurtrier des militaires putschistes. En 2017, au contraire, les tentatives de déstabilisation du pouvoir légitime au Venezuela ne recueillent au mieux qu’un silence gêné, un sermon moralisateur, quand ce n’est pas une diatribe antichaviste de la part des milieux de gauche, qu’il s’agisse des responsables politiques, des intellectuels qui ont pignon sur rue ou des organes de presse à gros tirage.
Du PS à l’extrême-gauche (à l’exception du “Pôle de renaissance communiste en France”, qui a les idées claires), on louvoie, on ménage la chèvre et le chou, on reproche au président Maduro son “autoritarisme” tout en accusant l’opposition de se montrer intransigeante. Dans le meilleur des cas, on demande au pouvoir légal de faire des compromis, dans le pire on exige qu’il se démette. Manuel Valls, ancien premier ministre “socialiste”, dénonce la “dictature de Maduro”. Son homologue espagnol, Felipe Gonzalez, trouve scandaleux l’appel aux urnes, et il incrimine “le montage frauduleux de la Constituante”. Mouvement dirigé par la députée de la “France Insoumise” Clémentine Autain, “Ensemble” condamne le “caudillisme” du pouvoir chaviste. Eric Coquerel, également député de la FI et porte-parole du Parti de gauche, renvoie dos-à-dos les fauteurs de violence qui seraient à la manœuvre “des deux côtés”, tout en avouant ingénument qu’il n’a “pas envie de critiquer Maduro”.
Entre 1973 et 2017, que s’est-il passé ? Il y a un demi-siècle, la gauche française et européenne était généralement solidaire – au moins en parole – des progressistes et révolutionnaires des pays du Sud. Sans méconnaître les erreurs commises et les difficultés imprévues, elle ne tirait pas une balle dans le dos à ses camarades latino-américains. Elle ne distribuait pas les responsabilités entre les putschistes et leurs victimes en rendant une sorte de jugement de Salomon. Elle prenait parti, quitte à se tromper, et ne pratiquait pas, comme la gauche actuelle, l’autocensure trouillarde et la concession à l’adversaire en guise de défense. Elle ne disait pas : tout cela, c’est très vilain, et tout le monde a sa part de culpabilité dans ces violences regrettables. La gauche française et européenne des années 70 était sans doute naïve, mais elle n’avait pas peur de son ombre, et elle ne bêtifiait pas à tout bout de champ lorsqu’il s’agissait d’analyser une situation concrète. C’est incroyable, mais même les socialistes, comme Salvador Allende, pensaient qu’ils étaient socialistes au point d’y laisser leur peau.
À voir l’ampleur du fossé qui nous sépare de cette époque, on est pris de vertige. La crise vénézuélienne fournit un exemple commode de cette régression parce qu’elle se prête à une comparaison avec le Chili de 1973. Mais si l’on élargit le spectre de l’analyse, on voit bien que le délabrement idéologique est général, qu’il traverse les frontières. Lors de la libération d’Alep par l’armée nationale syrienne, en décembre 2016, les mêmes “progressistes” qui font la fine bouche devant les difficultés du chavisme ont fait chorus avec les médias détenus par l’oligarchie pour accuser Moscou et Damas des pires atrocités. Et la plupart des “partis de gauche” français (PS, PCF, PG, NPA, Ensemble, EELV) ont appelé à manifester devant l’ambassade de Russie, à Paris, pour protester contre le “massacre” des civils “pris en otage” dans la capitale économique du pays.
Bien sûr, cette indignation morale à sens unique occultait la véritable signification d’une “prise d’otages” qui eut lieu, en effet, mais par les milices islamistes, et non par les forces syriennes. On put le constater dès que les premiers couloirs d’évacuation furent mis en place par les autorités légales : les civils fuirent en masse vers la zone gouvernementale, parfois sous les balles de leurs gentils protecteurs en “casque blanc” qui jouaient au brancardier côté cour et au djihadiste côté jardin. Pour la “gauche”, le million de Syriens d’Alep-Ouest bombardés par les extrémistes customisés en “rebelles modérés” d’Alep-Est ne comptaient pas, la souveraineté de la Syrie non plus. La libération d’Alep restera dans les annales comme un tournant de la guerre par procuration menée contre la Syrie. Le destin aura aussi voulu, malheureusement, qu’elle signale un saut qualitatif dans l’avachissement cérébral de la gauche française.
Syrie, Venezuela : ces deux exemples illustrent les ravages causés par l’indigence de l’analyse conjuguée à la couardise politique. Tout se passe comme si les forces qui tenaient lieu de “forces vives” dans ce pays avaient été anesthésiées par on ne sait quel puissant sédatif. Parti des sphères de la “gauche de gouvernement”, le ralliement à la doxa diffusée par les médias dominants est général. Convertie au néo-libéralisme mondialisé, l’ancienne social-démocratie ne s’est pas contentée de tirer une balle dans le dos à ses ex-camarades des pays du Sud, elle s’est aussi tirée une balle dans le pied. Transformé en courant minoritaire – social-libéral – au sein d’une droite plus dévouée que jamais au capital, le PS s’est laissé cannibaliser par Macron, la savonnette à tout faire de l’oligarchie capitaliste euratlantique. Dans les années 1970, même la droite française “libérale éclairée”, avec Giscard d’Estaing, était plus à gauche que le PS d’aujourd’hui, ce résidu vermoulu dont l’unique fonction est de distribuer les sinécures aux rescapés du hollandisme.
La page de Solférino une fois tournée, on pouvait alors espérer que la “gauche radicale” prendrait le relais en soldant les comptes des errements passés. Mais la “France insoumise”, malgré son succès électoral du 23 avril 2017, est un grand corps mou, sans colonne vertébrale. On y trouve des gens qui pensent que Maduro est un dictateur et d’autres qui pensent qu’il défend son peuple. Ceux qui dénoncent l’adhésion de la France à l’OTAN pleuraient à chaudes larmes sur le sort de ses mercenaires wahhabites à Alep. La main sur le cœur, on se proclame contre l’ingérence étrangère et l’arrogance néo-coloniale au Moyen-Orient, mais on veut “envoyer Assad devant la CPI”, ce tribunal d’exception réservé aux parias du nouvel ordre mondial. Le président syrien, nous dit-on, est un “criminel”, mais on compte quand même sur le sacrifice de ses soldats pour éliminer Daech et al-Qaida. Ces contradictions seraient risibles, si elles ne témoignaient d’un délabrement plus profond, d’un véritable collapsus idéologique.
Elle a beau vouloir rompre avec la social-démocratie, cette gauche adhère à la vision occidentale du monde et à son droit-de-l’hommisme à géométrie variable. Sa vision des relations internationales est directement importée de la doxa pseudo-humaniste qui partage le monde en sympathiques démocraties (nos amis) et abominables dictatures (nos ennemis). Ethnocentrique, elle regarde de haut l’anti-impérialisme légué par les nationalismes révolutionnaires du Tiers Monde et le mouvement communiste international. Au lieu de se mettre à l’école d’Ho Chi-Minh, Lumumba, Mandela, Castro, Nasser, Che Guevara, Chavez et Morales, elle lit Marianne et regarde France 24. Elle croit qu’il y a des bons et des méchants, que les bons nous ressemblent et qu’il faut taper sur les méchants. Elle est indignée – ou gênée – lorsque le chef de la droite vénézuélienne, formé aux USA par les néo-conservateurs pour éliminer le chavisme, est mis sous les verrous pour avoir tenté un coup d’État. Mais elle est incapable d’expliquer les raisons de la crise économique et politique au Venezuela. Pour éviter les critiques, elle répugne à décrire comment la rupture des approvisionnements a été provoquée par une bourgeoisie importatrice qui trafique avec les dollars et organise la paralysie des réseaux de distribution en espérant saper la légitimité du président Maduro.
Indifférente aux mouvements de fond, cette gauche se contente de participer à l’agitation de surface. En proie à une sorte de divertissement pascalien qui la distrait de l’essentiel, elle ignore le poids des structures. A croire que pour elle, la politique n’est pas un champ de forces, mais un théâtre d’ombres. Elle prend parti pour les minorités opprimées à travers le monde en omettant de se demander pourquoi certaines sont visibles et d’autres non. Elle préfère les Kurdes syriens aux Syriens tout court parce qu’ils sont minoritaires, sans voir que cette préférence sert leur instrumentalisation par Washington qui en fait ses supplétifs et cautionne un démembrement de la Syrie conforme au projet néo-conservateur. Elle refuse de voir que le respect de la souveraineté des États n’est pas une question accessoire, qu’elle est la revendication majeure des peuples face aux prétentions hégémoniques d’un Occident vassalisé par Washington, et que l’idéologie des droits de l’homme et la défense des LGBT servent souvent de paravent à un interventionnisme occidental qui s’intéresse surtout aux hydrocarbures et aux richesses minières.
On pourra chercher longtemps, dans la production littéraire de cette gauche qui se veut radicale, des articles expliquant pourquoi à Cuba, malgré le blocus, le taux de mortalité infantile est inférieur à celui des USA, l’espérance de vie est celle d’un pays développé, l’alphabétisation est de 98% et il y a 48% de femmes à l’Assemblée du pouvoir populaire (merci à Salim Lamrani et à Flavien Ramonet, enfin, de l’avoir fait). On n’y lira jamais, non plus, pourquoi le Kérala, cet État de 33 millions d’habitants dirigé par les communistes et leurs alliés depuis les années 50, a l’indice de développement humain de loin le plus élevé de l’Union indienne, et pour quelle raison les femmes y jouent un rôle social et politique de premier plan. Car les expériences de développement autonome et de transformation sociale menées loin des projecteurs dans des contrées exotiques n’intéressent guère nos progressistes, fascinés par l’écume télévisuelle et les péripéties du barnum politicien.
Dopée à la moraline, intoxiquée par le formalisme petit-bourgeois, la gauche boboïsée signe des pétitions, elle intente des procès et lance des anathèmes contre des chefs d’État qui ont la fâcheuse manie de défendre la souveraineté de leur pays. Ce manichéisme lui ôte la pénible tâche d’analyser chaque situation concrète et de regarder plus loin que le bout de son nez. Elle fait comme si le monde était un, homogène, traversé par les mêmes idées, comme si toutes les sociétés obéissaient aux mêmes principes anthropologiques, évoluaient selon les mêmes rythmes. Elle confond volontiers le droit des peuples à s’auto-déterminer et le devoir des États de se conformer aux réquisits d’un Occident qui s’érige en juge suprême. Elle fait penser à l’abolitionnisme européen du XIXe siècle, qui voulait supprimer l’esclavage chez les indigènes en y apportant les lumières de la civilisation au bout du fusil. La gauche devrait savoir que l’enfer de l’impérialisme aujourd’hui, comme du colonialisme hier, est toujours pavé de bonnes intentions. Lors de l’invasion occidentale de l’Afghanistan, en 2001, on n’a jamais lu autant d’articles, dans la presse progressiste, sur l’oppression des femmes afghanes et l’impératif moral de leur libération. Après quinze ans d’émancipation féminine au canon de 105, elles sont plus couvertes et illettrées que jamais.
Bruno Guigue
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Les transactions de gaz à plusieurs milliards de dollars de l’Iran pourraient conduire à une OPEP du gaz

Les transactions de gaz à plusieurs milliards de dollars de l’Iran pourraient conduire à une OPEP du gaz


Par Andrew Korybko – Le 15 juillet 2017 – Source Oriental Review


Le géant énergétique français Total a tout simplement remporté une participation de 50,1% dans un accord de 4,8 milliards de dollars pour développer le champ de gaz South Pars de l’Iran, aux côtés de la Chine et des compagnies nationales d’énergie de l’Iran. Cela représente le premier investissement majeur après les sanctions par une société occidentale, et Reuters a cité des experts qui ont analysé qu’il pourrait également donner à la France une occasion unique d’étendre ses investissements vers le Qatar voisin, qui partage le plus grand champ gazier au monde avec l’Iran et appelle son versant du gisement offshore, North Dome. Le Qatar, qui est déjà le plus grand exportateur de GNL au monde, vient d’annoncer qu’il veut augmenter ses exportations de gaz de 30%. Il faudra évidemment plus d’investissements pour le faire et le Français Total pourrait être le partenaire idéal. Alors que tout cela se passe, l’Inde a également offert à l’Iran 11 milliards de dollars dans ce qu’elle a appelé sa « meilleure offre » pour le champ de gaz Farzad-B. Bien que l’Iran doive encore accepter ou refuser cette opération au moment de cet article, cela indique néanmoins un prix de référence que Téhéran finira par recevoir, que ce soit de New Delhi en ce moment ou de quelqu’un d’autre qui pourrait présenter une offre plus élevée.

Dans l’ensemble, on peut s’attendre à ce que le prix du GNL finisse par baisser dans le futur une fois que les derniers investissements à grande échelle autour du gaz de l’Iran et du Qatar auront atteint le marché en contribuant à sa surabondance. De plus, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Mozambique, qui ont un énorme potentiel de GNL, sont également censés entrer sur le marché au cours des prochaines années, tout comme les projets de GNL de la Russie à Yamal et Sakhaline, qui réduiront le prix de cette ressource. Toutefois, les frais de traitement et de transport sont encore exceptionnellement élevés pour le GNL. Donc à moins que les coûts ne baissent avec l’introduction de nouvelles technologies ou par des économies d’échelle, il est presque certain que les prix finiront par s’établir à un niveau ou à un autre. Le contraire est vrai pour le pétrole, cependant, parce que ce produit a un prix plafond qui ne peut être dépassé sans chasser du marché les extractions coûteuses des gaz de schiste des États-Unis en forçant le prix à nouveau à la baisse. Le plus intéressant dans tout cela, c’est que les prix du pétrole et du gaz sont indexés les uns avec les autres, de sorte que chaque ressource est affectée par le prix plancher et maximum de l’autre malgré une dynamique inverse.

Le prix du pétrole s’est relativement stabilisé en raison de l’action des pays de l’OPEP et de l’accord que ses membres et les partenaires les plus importants ont convenu l’année dernière. Cependant aucune organisation ou coordination similaire n’existe entre les plus grands joueurs de ce marché mondial du gaz naturel, bien que la limite prévisible de ressources et la baisse des prix vont influer sur le marché du GNL ce qui pourrait obliger les pays producteurs à former leur propre « OPEP du gaz » et à lancer des mesures coopératives de fixation des prix les uns avec les autres. Ce qu’il faut retenir ici, c’est que les offres de gaz iraniennes à plusieurs milliards de dollars qui ont été atteintes ou qui sont en cours de négociation, sont en train de renverser complètement les fondements du marché pour ce produit en provoquant une surabondance de GNL qui pourrait forcer les prix à la baisse et obliger la formation d’un « OPEP du gaz » entre la Russie, l’Iran et le Qatar pour stabiliser les prix.

Andrew Korybko

 

http://lesakerfrancophone.fr/les-transactions-de-gaz-a-plusieurs-milliards-de-dollars-de-liran-pourraient-conduire-a-une-opep-du-gaz

Le véhicule du Jugement dernier: pourquoi la défense russe commande des Terminators

Le véhicule du Jugement dernier: pourquoi la défense russe commande des Terminators

Le véhicule du Jugement dernier: pourquoi la défense russe commande des Terminators

© Sputnik. Grigory Sysoev

Défense

13:15 25.08.2017(mis à jour 17:39 25.08.2017) URL courte
54886461

Le ministère russe de la Défense a enfin décidé de commander un lot de véhicules de combat et de soutien des chars (BMPT) Terminator, jusqu’à présent destinés uniquement aux exportations. Les Terminators sont des appareils nouveaux et assez intéressants au combat, qui n’ont pratiquement aucun équivalent dans le monde.

Même si leur objectif principal est de protéger les chars contre les troupes et les lance-roquettes de l’ennemi, les BMPT sont des véhicules polyvalents et redoutables pour n’importe quel adversaire. Il n’est pas exclu qu’ils puissent aussi servir, à l’avenir, de base pour la conception de robots de combat terrestres. Son haut degré d’automatisation et ses armes puissantes font de cet appareil un boucher impitoyable. Sputnik se penche sur l’avenir des BMPT dans l’armée russe et les raisons pour lesquelles le ministère de la Défense n’a décidé de les acheter qu’après les avoir testés en Syrie.

Un «garde du corps» pour les chars

L’objectif de protéger les chars lourds et manquant de visibilité face à l’infanterie agile de l’ennemi est apparu parallèlement à la création de ces engins puissants, et reste toujours pertinent. Si l’équipage d’un char est capable de remarquer à distance un véhicule de l’ennemi et de l’éliminer à l’aide de son canon, il lui est beaucoup plus difficile de repérer un soldat qui se cache dans un égout et est souvent en mesure de tirer sa roquette le premier. Les Allemands ont rapidement appris cette leçon en 1941: ils se sont mis à installer des filets métalliques au-dessus de leurs chars pour que les bouteilles d’essence jetées depuis les tranchées soviétiques ne puissent pas atteindre leurs véhicules.

Mais ces bouteilles n’étaient pas la menace la plus importante. Les équipages soviétiques ont connu des temps beaucoup plus durs en 1945 à Berlin, quand les garçons des Jeunesses hitlériennes ont brûlé des dizaines de T-34 et d’IS à l’aide de leurs panzerfaust (des petits lance-grenades antichars à un coup). Les équipages expérimentés qui avaient combattu pendant des années et éliminé beaucoup de Tigres allemands ont subi une mort absurde délivrée par des écoliers allemands. Le commandement soviétique a rapidement tiré les conclusions nécessaires: il ne fallait pas envoyer les chars dans les villes. Malheureusement, cette expérience négative a été vite oubliée et Moscou a commis les mêmes erreurs en Afghanistan et en Tchétchénie.La protection des chars contre l’infanterie peut être partiellement assurée par un moyen qui a déjà fait ses preuves: envoyer derrière les blindés des unités équipées de fusils d’assaut pour assurer l’observation et le nettoyage du territoire. Cette tactique assez efficace est toujours utilisée, mais elle a plusieurs inconvénients. Premièrement, l’infanterie est assez lente — ce qui freine l’offensive des chars. Deuxièmement, elle peut elle-même être ciblée par l’ennemi. C’est exactement pour ces raisons qu’on a conçu le Terminator: ce combattant métallique universel doit déblayer le chemin pour le groupe blindé d’assaut.

Les Terminators permettent aux équipages des chars de ne plus se soucier de la zone de proximité pour se concentrer sur la destruction des cibles larges, des blindés et des fortifications de l’ennemi. Les BMPT se chargeront efficacement de tout le travail noir et seront toujours là, tels des gardes du corps professionnels. Qui plus est, les Terminators sont en mesure de combattre l’infanterie mais pas seulement: la liste de leurs cibles potentielles est très diversifiée.

Un guerrier solitaire

L’intégration de ces appareils aux unités de chars permet de créer un groupe blindé d’assaut réunissant des moyens de combat spécialisés: les chars détruisent les bâtiments et les blindés alors que les BMPT éliminent l’infanterie, les systèmes antichars et les cibles légèrement blindées. Qui plus est, les Terminators peuvent agir de manière indépendante: renforcer les troupes, protéger les sites et les convois, liquider de manière ponctuelle les terroristes situés en haut des bâtiments.

Le T-14 Armata
© Sputnik. Владимир Астапкович

Les équipements de ces véhicules de combat sont impressionnants: protection balistique à 360°, moyens efficaces de repérage des cibles, système automatisé de tir, armes guidées de haute précision (notamment des missiles supersoniques), et armes automatiques puissantes munies de grandes réserves de munitions.Deux canons automatiques rapides de 30mm 2A42 (qui font partie des équipements des hélicoptères Mi-8) peuvent tirer des obus à fragmentation ou de rupture capables de détruire n’importe quelle cible à une distance de 4 km. Leurs réserves de munitions se chiffrent à deux lots de 850 obus chacun. Les Terminators sont également munis de quatre missiles guidés supersoniques Ataka-T avec des ogives cumulatives et thermobariques, ainsi que de deux lance-grenades automatiques de 30mm AG-17D disposant d’un stock de 300 grenades chacun. Les concepteurs n’étaient visiblement pas certains que cet arsenal serait suffisant: ils y ont ajouté une mitrailleuse de 7,62mm.

Les optiques puissantes et le viseur thermique de ces appareils leur permettent d’éliminer efficacement jour et nuit les tireurs d’élite, ainsi que des unités d’infanterie munies de missiles antichars, de lance-roquettes et de mitrailleurs. Au combat, il est impossible d’éviter les Terminators: ils sont capables de supprimer par le feu les forces de l’ennemi à 360°. Les concepteurs ont obtenu ce résultat grâce à l’intégration d’un véritable cerveau mécanique à l’appareil — un système multicanal de tir. Les armes sont contrôlées à distance et se trouvent hors du compartiment de l’équipage sur une mini-tourelle. L’équipage du véhicule modernisé BMPT-72 Terminator 2 compte trois personnes. Les appareils de visée permettent au commandant du véhicule de repérer les chars de l’ennemi à une distance de 5 km.

Le baptême du feu syrien

Malgré les caractéristiques uniques des BMPT, le ministère russe de la Défense a longtemps hésité à en acheter, prenant son temps pour observer et considérer ses options. Les raisons de ces hésitations étaient multiples: les équipages trop importants, des caractéristiques visiblement trop bonnes pour être réelles, etc. On prévoyait initialement d’équiper une compagnie de l’armée de terre en BMPT avant 2010, mais l’appareil n’a pas été mis en service. De 2011 à 2013, un lot de dix Terminators a été livré au Kazakhstan. Le ministère ne voulait pourtant pas renoncer définitivement aux BMPT: en 2013 il a lancé un cursus spécial consacré à leur application de combat pour les enseignants de l’École supérieure des troupes aéroportées de Riazan.

Selon les experts, les militaires, conservateurs par nature, ne comprenaient pas tout à fait l’utilisation potentielle de ces nouvelles armes. Au final, un Terminator 2 a été envoyé en Syrie pour des essais. Cet été, il a été présenté par Valeri Guerassimov, chef de l’état-major général de l’armée russe, au président syrien Bachar al-Assad lors de sa visite à la base russe de Khmeimim. Aujourd’hui que le Terminator a fait ses preuves en Syrie, il peut désormais rejoindre les forces armées russes.

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Revue de presse nationale et internationale.

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