Les gendarmes financiers de l’UE dénoncent les dangers du bitcoin

Les gendarmes financiers de l’UE dénoncent les dangers du bitcoin

Les récentes montagnes russes du cours du Bitcoin. Les trois autorités financières européennes mettent surtout en garde les consommateurs contre l’absence de protection en cas de faillite ou d’arrêt des activités des platefomes d’échanges de monnaies virtuelles ou des fournisseurs de wallets numériques pour les stocker. [Coindesk]

Les autorités européennes de la finance ont mis en garde contre l’achat « très risqué » de cryptomonnaies, dont la valeur a fortement fluctué ces derniers mois. Un article de notre partenaire, La Tribune.

C’est suffisamment rare pour être relevé : les trois gendarmes européens de la finance, l’Autorité bancaire européenne (ABE ou EBA en anglais), l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma en anglais) et l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) ont lancé le 12 février un avertissement destiné au grand public sur les risques liés à l’achat et à la détention de monnaies virtuelles, « des produits hautement risqués et non réglementés, et qui ne conviennent pas aux investissements, à l’épargne ou à la préparation de la retraite ».

« Les trois autorités européennes de supervision sont préoccupées par le fait qu’un nombre croissant de consommateurs achètent des monnaies virtuelles en particulier dans l’attente d’une hausse continue de leur valeur sans avoir conscience des risques très élevés de perdre l’argent investi »,déclarent-elles dans un communiqué commun.

L’EBA, l’Esma et l’Eiopa soulignent que les cryptomonnaies « comme le Bitcoin, le Ripple et l’Ether et de nombreuses autres ont été très volatiles récemment », autrement dit leur cours ont connu des montagnes russes, à la hausse comme à la baisse.

« Par exemple, la valeur du Bitcoin a fortement augmenté en 2017 de 1 000 euros en janvier à plus de 16 000 à la mi-décembre puis a chuté de près de 70% à 5 000 euros début février. Plus récemment, elle a remonté de 40% et se traite actuellement à 7 000 euros » détaillent les trois autorités, qui rappellent que la capitalisation totale des 100 premières monnaies virtuelles s’élève à environ 330 milliards d’euros.

Ceci dit, les marchés d’actions ont connu également des mouvements très brutaux ces dernières semaines.

La France veut pousser le G20 à réguler le bitcoin

Difficile à réguler, la cryptomonnaie, qui entretiendrait un risque de bulle financière, servirait également à financer les réseaux mafieux. Bruno Le Maire souhaite que le sujet soit débattu au G20 en avril.

 

 « Ne pas investir l’argent que vous ne pouvez perdre »

Les gendarmes insistent en particulier sur le fait que les crypto-monnaies « ne sont pas réglementées par les lois de l’UE », ce qui a pour conséquence l’absence de protection des consommateurs et des garanties habituelles.

« Les plateformes où s’échangent les monnaies virtuelles et les porte-monnaie numériques utilisés pour en détenir, conserver ou transférer ne sont pas réglementés non plus. Cela signifie que si vous achetez ou détenez des monnaies virtuelles, vous ne bénéficierez pas des garanties et protections associées aux produits financiers réglementés. Par exemple, si une plate-forme d’échange de monnaies virtuelles ou un fournisseur de wallets digitaux fait faillite, arrête son activité ou fait l’objet d’une cyberattaque, d’un détournement de fonds ou d’une confiscation d’actifs à la suite de mesures d’application de la loi, le droit de l’UE n’offre aucune protection spécifique sur la couverture de vos pertes ou l’accès à vos actifs. Ces risques se sont déjà matérialisés en de nombreuses occasions dans le monde entier » soulignent les trois autorités.

Le manque de transparence des prix, le risque d’interruptions de service des plateformes sont d’autres dangers cités par les superviseurs.

Surtout, l’EBA, l’Esma et l’Eiopa veulent faire comprendre que les consommateurs européens qui voudraient tout de même acheter des crypto-monnaies doivent le faire en connaissance de cause, à leurs risques et périls.

« Si vous décidez d’acheter des monnaies virtuelles ou des produits financiers donnant une exposition directe [à celles-ci], vous devriez comprendre leurs caractéristiques et les risques que vous prenez. Vous ne devriez pas investir de l’argent ne peut pas se permettre de perdre ».

« Vous devriez vous assurer que vous maintenez un niveau de sécurité adéquat et à jour sur les appareils et matériels que vous utilisez pour accéder à vos monnaies virtuelles ou pour acheter, stocker ou transférer des monnaies virtuelles. En outre, vous devez savoir que l’achat de monnaies virtuelles auprès d’une entreprise réglementée de services financiers n’atténue pas les risques. »

« L’UE doit laisser la blockchain se développer avant de légiférer »

Les législateurs débattent de la meilleure manière de régir les monnaies virtuelles et la technologie innovante qui les sous-tend: blockchain. Pour Patrick Murck, cofondateur de Bitcoin foundation, l’attitude actuelle de laisser-faire est la bonne..

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/les-gendarmes-financiers-de-lue-denoncent-les-dangers-du-bitcoin/

Publicités

Les services de renseignements militaires ont militarisé la démocratie dans le monde entier

Les services de renseignements militaires ont militarisé la démocratie dans le monde entier


andrew-korybko

Par Andrew Korybko – Le 10 janvier 2018 – Source Oriental Review

Weaponized democracyPeu importe que ce soit la « démocratie » des États-Unis qui serve de modèle à l’exportation ou tel modèle de gouvernement nationaliste spécifique renforçant les États non occidentaux, le concept théorique derrière ce système a été utilisé par les agences de renseignement militaires du monde entier comme une compétition, rencontrant plus ou moins de succès, pour changer ou maintenir le statu quo de l’« État profond ».

La plupart des gens connaissent l’exportation clandestine et militante par les États-Unis de leur « démocratie » à travers le monde afin d’éliminer les dirigeants non complaisants et promouvoir leurs intérêts géostratégiques durables pour conserver leur propre hégémonie unipolaire. Mais relativement peu de gens ont jamais pensé que ce système est, en fait, une méthode de contrôle, peu importe quelle forme cela prend finalement. Ce n’est pas un jugement mais un fait. La démocratie est vraiment un outil habilement utilisé par les praticiens des « États profonds » afin de maintenir le statu quo dans leurs états.

Que ce soit « bon » ou « mauvais » dépend de votre perspective. La plupart des gens de la Communauté des médias alternatifs soutiendrait que c’est bon tant que le pays en question protège ses politiques indépendantes des ingérences extérieures (USA / Occident / Golfe) et garde une volonté de construire un ordre mondial multipolaire. Les médias traditionnels, en revanche, considèrent cela, avec des  qualificatifs péjoratifs, comme de la « démocratie dirigée » ou, pire, de la « dictature ». Dans le même ordre d’idée, la Communauté des médias alternatifs croit que les États-Unis sont une fausse démocratie et pratiquent une itération peu sincère de cette idéologie, tandis que les médias traditionnels la prônent comme le meilleur modèle au monde.

Cet article ne cherche cependant pas à dire si la démocratie est un bon ou un mauvais système, ou même à juger de la variante que certains pays ont choisi de mettre en œuvre, mais à décrire comment cette idéologie est devenue le noyau des opérations des services de renseignements militaires à travers le monde en effectuant des missions offensives et défensives à long terme.

La stratégie en quatre étapes

Les services secrets militaires sont presque toujours dirigés contre des cibles étrangères et il existe de multiples façons de décrire la pratique de cet art. La plus pertinente est d’attirer l’attention sur un processus en quatre étapes qui commence et finit avec la démocratie. La première étape consiste à développer des concepts pouvant servir à élargir les divisions sociétales (deuxième étape), qui provoquent une crise (troisième étape) et permettent la mise en œuvre de solutions de fin de jeu reconfigurée (dernière étape). Bien qu’il existe de nombreuses théories susceptibles de catalyser cette séquence et la conclure, peu importe qu’elles soient identiques ou non pour remplir les deux rôles, la démocratie est la plus efficace pour « faire d’une pierre deux coups ».

Une partie de l’appel universel à la démocratie est que les gens croient que c’est le meilleur moyen de responsabiliser les décideurs pour qu’ils tiennent leurs promesses d’améliorer le niveau de vie de la population et de permettre aux individus de réaliser leur plein potentiel. La démocratie, cependant, est aussi la boîte de Pandore proverbiale, et il n’y a pas de retour en arrière possible une fois que les idéaux de cette théorie ont été introduits ou pratiqués dans une société.

L’ingrédient secret de la guerre hybride

De par sa nature même, la démocratie est capable d’élargir les divisions sociétales, en particulier dans les États de l’hémisphère sud, aux identités diverses et surtout post-coloniaux, qui occupent de plus en plus une position géostratégique importante dans les affaires mondiales en raison de leur localisation et de leur potentiel économique. Cela satisfait à la deuxième étape des opérations des services secrets militaires. En fonction de la composition du pays ciblé − que les États-Unis peuvent prendre en compte grâce à l’analyse des médias sociaux et à la relance secrète de facto du « Projet Camelot » de la guerre froide − divers scénarios de guerre hybride peuvent être élaborés pour laisser l’État en crise et dans le chaos militarisé qui en résulte afin de mettre en œuvre la « solution » de rétro-ingénierie pour normaliser le changement systémique qui en résulte.

Exprimé clairement et dans le contexte du prosélytisme militant de la « démocratie » des États-Unis, cet idéal ou une variante pertinente devient attrayant pour la population ciblée. Il aboutit à encourager ou à servir de front à des divisions sociétales déstabilisantes qui finissent par perturber le statu quo en catalysant une crise ouvrant la voie à un changement de régime contre le gouvernement. On peut visualiser le processus dans ses termes conceptuels les plus crus.

THÉORIE / CONCEPT => DIVISION SOCIÉTALE / PERTURBATION => CRISE =>
MISE EN ŒUVRE DE LA « SOLUTION » PRÉDÉTERMINÉE

La démocratie est l’arme idéologique de choix des États-Unis car elle permet la gestion de la « destruction créatrice » dans le système qui permet périodiquement à la population d’évacuer pacifiquement ses frustrations en recyclant électoralement ses élites civiles sans interférer avec les services permanents au sein de l’armée, des renseignements et de la bureaucratie diplomatique, ce fameux « État profond ». C’est avantageux du point de vue de l’hégémonie, car elle permet aux États-Unis de conserver indirectement le contrôle de leurs vassaux ou, au besoin, de manipuler le processus démocratique pour « légalement » installer leur soutien public préféré.

Gestion du retour de flamme

Il arrive toutefois que les démocraties n’empêchent pas l’émergence d’une élite menaçant le système, auquel cas les États-Unis instrumentalisent divers leviers de pression sur « l’État profond » contre les « révolutionnaires » élus afin de compenser leurs changements planifiés comme c’est le cas actuellement contre le président moldave Dodon. Si le personnage nouvellement élu ne peut pas être coopté comme Tsipras l’a été ou fonctionnellement neutralisé − comme l’Inde, un allié américain tente de le faire contre le gouvernement communiste pro-chinois nouvellement élu au Népal  (avant sa formation officielle qui devrait être annoncée le mois prochain) − il va soit recourir à un coup d’État soit lancer une guerre hybride. Si cela échoue, l’intervention militaire directe par ses partenaires « Lead From Behind » ou même directement par les États-Unis devient possible, selon le modèle libyen.

Ayant expliqué la manipulation externe de la démocratie pour les offensives géostratégiques et les changements de régime menée par les États-Unis, il est maintenant temps de discuter de la façon dont elle a été utilisée par les pays à des fins défensives.

L’armement défensif de la démocratie

La démocratie est un moyen et non une fin, et elle est devenue un outil pour perpétuer le statu quo de l’« État profond » en maintenant la bureaucratie permanente au pouvoir (et même parfois publiquement) tout en donnant superficiellement ou sincèrement aux citoyens l’occasion d’obliger certains décideurs à rendre des comptes dans l’espoir qu’ils finiront par se plier à la volonté politique de la majorité en mettant en œuvre des politiques qui bénéficieront finalement au peuple. En tant que telle, la démocratie ne devient rien de plus qu’une soupape pour évacuer le trop  de pression, dans le sens le plus cynique pour distraire les masses en les endoctrinant avec la conviction que c’est le moyen le plus efficace de faire advenir les réels changements, tout en évitant toute menace systémique réelle contre l’état profond.

La démocratie ou une variante de celle-ci reste presque toujours la première et la dernière étape de ce processus, tandis que les divisions naturelles qu’elle crée (deuxième étape) sont gérées par la « crise » contrôlée des élections (troisième étape).

Comme cela a été mentionné au début de l’analyse, cela pourrait être interprété comme « bon » d’empêcher une minorité violente et éventuellement soutenue par l’extérieur de renverser un gouvernement multipolaire élu ou « mauvais » si elle permet à un leader public impopulaire ou « cardinal gris » (« Dictateur ») de rester au pouvoir contrairement à la volonté authentique de la majorité de la population. Il faut préciser que ce dernier état de choses pourrait être manipulé par une propagande de guerre depuis l’étranger afin de gérer la perception des masses à cette fin. D’une manière ou d’une autre, la « destruction créatrice » inhérente aux systèmes démocratiques donne à « l’État profond » la meilleure chance de contrôler les citoyens de la manière la plus rentable, limitant de façon controversée le rythme du changement réel, en contradiction avec la mission conceptuelle originale de la démocratie qui est de laisser libre les processus selon la volonté du public.

Offensive contre défense

Quand les États-Unis soutiennent des groupes s’appuyant sur des slogans « démocratiques » pour renverser les gouvernements d’autres démocraties (occidentale comme en Pologne ou spécifiquement nationale comme en Syrie), ils comptent sur eux pour introduire une autre variante de la démocratie pour « justifier » leur usurpation de pouvoir et créer ainsi un écran de fumée pour effectuer ensuite une purge « en profondeur » et remplacer les décideurs précédents par les leurs. À l’inverse, l’application défensive de la démocratie est utilisée pour éjecter des dirigeants impopulaires et introduire « sans risque » de nouvelles idées dans l’appareil gouvernemental mais qui ne soit pas suffisamment « révolutionnaire » pour « faire chavirer le bateau » et menacer « l’État profond ». Cela donne à la population un moyen pour faire des retours de bâton constructifs et canaliser ses frustrations en indiquant aux autorités la direction qu’elles doivent suivre si elles veulent conserver le soutien des masses.

Les deux exemples ci-dessus représentent la conclusion de la militarisation de la démocratie par les renseignements militaires selon des manifestations offensives et défensives d’une séquence en quatre étapes parce qu’elle commence et finit avec la démocratie elle-même, même si elle « normalise » le concept dans la phase finale selon qu’il y a un changement visible (électoral) dans l’élite publique. Comme on l’a déjà remarqué, la nature contrôlée de l’« État profond » qui gère la « destruction créatrice » dans leurs systèmes est contraire à la pure définition théorique de la démocratie en permettant à ce processus de se dérouler librement en fonction de la volonté du public. Cependant, il convient de ne pas porter de jugement sur cette observation, car la prolifération des médias de masse et des médias sociaux, ainsi que la facilité avec laquelle les forces étrangères peuvent manipuler les citoyens ciblés depuis l’étranger par ces moyens, suggèrent que certaines « protections » pourraient être effectivement un mouvement responsable, à condition qu’il n’y ait pas d’abus.

L’anomalie Trump

Avec tout cela à l’esprit, l’élection de Trump fut une véritable révolution car le même développement menaçant le système qui se produit occasionnellement à l’étranger pour mettre en danger « l’État profond » s’est produit réellement aux États-Unis, sans intervention extérieure. Le Kraken essaie maintenant d’opérer des changements au sein même de la « démocratie » qui avait jusqu’ici supposé qu’elle était à l’abri de toutes ces manœuvres. C’est pourquoi les membres hostiles « global-libéraux » de « l’État profond » ont activé les leviers de la pression institutionnelle pour contrecarrer ces changements, exactement ce que l’administration de Trump fait ironiquement contre Dodon, le président moldave. Malgré cela, Trump est suffisamment pragmatique pour ne pas contrecarrer l’exécution démocratique de sa vision désirée par le Congrès et a donc travaillé avec certaines personnalités de l’« l’État profond » lorsque c’était nécessaire. C’est pourquoi son ancien allié trotskyste, Steve Bannon, l’a poignardé dans le dos dans une tentative infructueuse de briser ce qu’il croyait vraiment être la présidence « contre-révolutionnaire » de Trump

Réflexions finales

Il n’y a rien de fondamentalement « bon » ou « mauvais » dans la démocratie, car ces jugements sont subjectifs, mais on peut objectivement soutenir que le modèle lui-même est le plus efficace pour accomplir les missions en quatre étapes des services de renseignement militaires, comme celles menées par les États-Unis à l’étranger ou pour des raisons défensives à la maison comme l’Iran vient de le démontrer. Ce n’est pas non plus une « bonne » ou une « mauvaise » chose, mais simplement un fait de vie dont peu de personnes ont pris conscience parce que l’existence de certains idéaux démocratiques est maintenant considérée comme acquis presque partout dans le monde et doit, pour canaliser la quatrième et dernière étape du processus des services de renseignement militaires, devenir la « norme ». Cela ne veut pas dire que la « solution » consiste à diluer la démocratie, ou même qu’une « solution » est même nécessaire mais seulement d’attirer l’attention sur un aspect peu connu de la vie moderne qui échappe souvent à l’attention de la plupart des analystes politiques et d’encourager les lecteurs à sortir des sentiers battus en reconceptualisant le monde qui les entoure.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie « Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime » (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-services-de-renseignements-militaires-ont-militarise-la-democratie-dans-le-monde-entier

 

L’Otan et les bombes nucléaires ne sont pas des thèmes électoraux

L’Otan et les bombes nucléaires ne sont pas des thèmes électoraux

Si les débats de la campagne électorale législative italienne abordent la question du rôle de l’Union européenne, aucun ne s’intéresse à celui de l’Otan. Pourtant les deux institutions sont les deux faces, civile et militaire, d’une seule et même institution. Tant mieux pour le Pentagone qui peut ainsi faire avancer son agenda sans être remarqué.

| Rome (Italie)

+
JPEG - 38.2 ko

Le Gouvernement italien, qui dans la période électorale reste en charge pour « traiter les affaires courantes », est sur le point de prendre de nouveaux engagements contraignants dans l’Otan. Ils seront officialisés dans le Conseil de l’Atlantique-Nord, qui se tient les 14 et 15 février à Bruxelles au niveau des ministres de la Défense (pour l’Italie Roberta Pinotti).

L’agenda n’a pas encore été communiqué. Il est cependant déjà écrit dans le National Defense Strategy 2018, que le secrétaire USA à la défense Jim Mattis a donné le 19 janvier [1]. À la différence des précédents, le rapport du Pentagone est cette année top secret. Seul un résumé en a été publié, suffisant quand même pour nous faire comprendre ce qui se prépare en Europe.

Accusant la Russie de « violer les frontières de nations limitrophes et d’exercer un pouvoir de veto sur les décisions de ses voisins », le rapport déclare : « Le moyen le plus sûr de prévenir la guerre est d’être préparés à en gagner une ».

Il demande ainsi aux alliés européens de « maintenir leur engagement à augmenter la dépense pour augmenter la puissance de l’Otan ». L’Italie s’est déjà engagée dans l’Otan à porter sa propre dépense militaire des actuels environ 70 millions d’euros par jour à environ 100 millions d’euros par jour. Mais pratiquement personne n’en parle dans le débat électoral.

Tout comme on ne parle pas du contingent italien déployé en Lettonie au bord du territoire russe, ni des avions de chasse italiens Eurofighter Typhoon basés depuis le 10 janvier en Estonie, à une dizaine de minutes de vol de Saint-Petersbourg, avec le motif de protéger les pays baltes de l’« agression russe ».

Silence sur le fait que l’Italie a pris le 10 janvier le commandement de la composante terrestre de la Nato Response Force, projetable dans n’importe quelle partie du monde « sous l’autorité du Commandant suprême des forces alliées en Europe », toujours nommé par le président des États-Unis.

Ignorée la nouvelle que la Marine italienne a reçu le 26 janvier le premier avion de chasse F-35B à décollage court et atterrissage vertical, dont le personnel sera entraîné dans la base des Marines de Beaufort en Caroline du Sud.

Tout cela et d’autres choses sont passées sous silence dans le débat électoral. Celui-ci se concentre sur les implications économiques de l’appartenance de l’Italie à l’Union européenne, mais en ignore celles politiques et militaires, et en conséquence économiques aussi, de l’appartenance de l’Italie à l’Otan sous commandement états-unien, dont font partie (après le Brexit) 21 des 27 États de l’UE.

Dans ce cadre ne se trouve pas soulevée la question des nouvelles bombes nucléaires B61-12, que d’ici environ deux ans le Pentagone commencera à déployer en Italie à la place des actuelles B-61, poussant notre pays au premier rang dans la toujours plus dangereuse confrontation nucléaire avec la Russie.

Pour rompre la chape de silence sur ces questions fondamentales nous devrions poser aux candidates et candidats aux élections politiques (comme le propose le Comité No Guerra No Nato) deux questions précises dans des rencontres publiques, sur les réseaux sociaux et émissions radio-télévisées :« Ȇtes-vous favorable ou non à ce que l’Italie sorte de l’Otan ? Ȇtes-vous favorable ou non au déplacement immédiat hors de l’Italie des armes nucléaires US ? Répondez Oui ou Non, en motivant éventuellement la raison de votre choix ».

Aux 243 parlementaires (parmi lesquels se distingue le candidat leader du M5 Stelle Luigi Di Maio), signataires de l’engagement Ican à faire adhérer l’Italie au Traité Onu sur l’interdiction des armes nucléaires, nous devrions poser une troisième question : « Sur la base de votre engagement soussigné, vous engagerez-vous, dans la prochaine législature, pour le déplacement immédiat hors de l’Italie des bombes nucléaires états-uniennes B-61, qui déjà violent le Traité de non-prolifération, et pour la non-installation des B61-12 et d’autres armes nucléaires ? ».

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article199606.html

Poutine dit s’être entretenu avec Trump du conflit israélo-palestinien

Poutine dit s’être entretenu avec Trump du conflit israélo-palestinien

Moscou – Le président russe Vladimir Poutine a annoncé lundi, au début d’une rencontre à Moscou avec son homologue palestinien Mahmoud Abbas, s’être entretenu par téléphone avec Donald Trump du conflit israélo-palestinien.

« Je viens de m’entretenir avec le président américain Trump. Evidemment, nous avons parlé du conflit israélo-palestinien », a-t-il déclaré à M. Abbas.

La « situation est désormais très éloignée de celle que nous voudrions tous voir », a ajouté le président russe, assurant « avoir toujours soutenu le peuple palestinien ».

« Il est très important pour nous de connaître votre opinion personnelle pour mettre les pendules à l’heure et mettre en place des approches communes pour résoudre ce problème », a-t-il affirmé.

La Maison Blanche a pour sa part expliqué dans un communiqué que, informé par M. Poutine de sa prochaine rencontre avec M. Abbas, le président américain avait dit que « le temps est venu d’oeuvrer vers un accord de paix durable ».

Par ailleurs, selon l’exécutif américain, les deux présidents ont abordé « d’autres sujets d’intérêts communs et le président Trump a répété l’importance d’effectuer des actions supplémentaires pour assurer la dénucléarisation de la Corée du Nord ».

La visite en Russie de M. Abbas, qui intervient deux semaines après celle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, vise à s’assurer auprès de Vladimir Poutine du soutien de Moscou face à Washington.

Depuis la reconnaissance par Washington fin 2017 de Jérusalem en tant que capitale d’Israël, Mahmoud Abbas refuse tout contact avec le gouvernement de Donald Trump.

« Vu l’atmosphère créée par les actions des Etats-Unis, nous (…) refusons toute coopération avec les Etats-Unis en tant que médiateur », a insisté M. Abbas auprès de M. Poutine, selon la traduction en russe de ses propos.

« En cas de rencontre internationale, nous demandons que les Etats-Unis ne soient pas les seuls médiateurs mais fassent seulement partie des médiateurs », a-t-il ajouté.

Les Palestiniens voient dans la décision américaine, en rupture avec des décennies de diplomatie, un déni de leurs revendications sur Jérusalem-Est annexée et occupée.

La direction palestinienne a ainsi qualifié lundi les projets israéliens d’annexion de colonies en Cisjordanie occupée de « vol de terres organisé », avec la « complicité » de l’administration Trump.

Mahmoud Abbas, qui doit s’exprimer devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 20 février, a promis à son peuple d’oeuvrer à la reconnaissance à part entière d’un Etat de Palestine par les Nations unies.

Le 29 novembre 2012, la Palestine est devenue un « Etat observateur non membre » de l’ONU, lors d’un vote historique à l’Assemblée générale. Fort de ce nouveau statut, l’Etat de Palestine a intégré des agences de l’ONU et a rejoint la Cour pénale internationale (CPI).

Mais la Palestine n’est pas encore devenue membre à part entière de l’ONU bien qu’elle soit reconnue par plus de 130 pays.

(©AFP / 12 février 2018 23h37)

https://www.romandie.com/news/Poutine-dit-s-etre-entretenu-avec-Trump-du-conflit-israelo-palestinien/889794.rom

Edouard Philippe confirme la vente de 20 Airbus A380 à Emirates

Edouard Philippe confirme la vente de 20 Airbus A380 à Emirates

Par latribune.fr  |   |  212  mots
Le contrat a été signé entre le PDG d'Emirates, cheikh Ahmed ben Said al Maktoum, et le président d'Airbus pour l'Afrique et le Moyen-Orient, Mikail Houari.
Le contrat a été signé entre le PDG d’Emirates, cheikh Ahmed ben Said al Maktoum, et le président d’Airbus pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Mikail Houari. (Crédits : Regis Duvignau)
La compagnie aérienne Emirates a signé dimanche un accord avec Airbus pour finaliser l’achat de 20 A380, avec 16 avions supplémentaires en option, a annoncé à Dubaï le Premier ministre français Edouard Philippe.

« A l’instant, j’ai assisté à la signature du contrat de cession définitive de 20 A380 Airbus, plus une option de 16 appareils« . Au terme d’une visite de deux jours aux Emirats Arabes Unis, le Premier ministre français, Edouard Philippe, a officialisé à la presse la signature d’un nouveau méga-contrat pour l’avionneur Airbus.

« C’est évidemment une excellente nouvelle pour l’industrie aéronautique française, pour l’industrie européenne dans son ensemble, et qui permet à Airbus d’envisager la poursuite de la production de l’A380 dans de bonnes conditions« , a ajouté le locataire de Matignon.

Bouffée d’oxygène pour Airbus

Le contrat a été signé entre le PDG d’Emirates, cheikh Ahmed ben Said al Maktoum, et le président d’Airbus pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Mikail Houari. Le 18 janvier, Emirates avait annoncé un accord d’un montant de 16 milliards de dollars pour acquérir 36 Airbus A380 supplémentaires.

Cette commande constitue une véritable bouffée d’oxygène pour Airbus, l’avionneur européen ayant lui-même prévenu que, sans elle, le programme A380 était menacé.

Emirates est la compagnie aérienne qui possède déjà le plus grand nombre d’avions géants A380 (101 + 41 commandes fermes). Entré en service en 2007, l’A380 peut emporter jusqu’à 850 passagers et 320.000 litres de carburant. Son rayon d’action peut atteindre 15.200 km.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/edouard-philippe-confirme-la-vente-de-20-airbus-a380-a-emirates-768103.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180212

Renault : crise managériale à quelques jours d’un conseil d’administration crucial

Renault : crise managériale à quelques jours d’un conseil d’administration crucial

Par Nabil Bourassi  |   |  693  mots
Carlos Ghosn doit résoudre plusieurs problèmes managériaux afin de pérenniser l'Alliance avec les Japonais Nissan et Mitsubishi.
Carlos Ghosn doit résoudre plusieurs problèmes managériaux afin de pérenniser l’Alliance avec les Japonais Nissan et Mitsubishi. (Crédits : Reuters)
Thierry Desmarest aurait quitté ses fonctions d’administrateur indépendant du conseil d’administration du constructeur automobile français, selon Les Echos. Ce départ survient quelques jours avant un conseil d’administration important qui doit acter une très attendue réforme de gouvernance chez Renault, et qui aurait déjà provoqué le départ de Stefan Mueller, l’un des favoris au poste de numéro deux de Renault…

Quelques jours avant un conseil d’administration très attendu sur l’évolution de sa gouvernance, Renault traverse une crise managériale en toute discrétion. En l’espace de quelques jours, la presse a dévoilé plusieurs départs dont celui de Stefan Mueller, directeur délégué à la performance, mais également de Thierry Desmarest, administrateur indépendant de Renault.

L’Etat préférait un Français

Le premier faisait figure de favori, en concurrence avec Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité, pour devenir le numéro 2 du groupe automobile français, dont le nomination doit être votée jeudi prochain, la veille de la présentation des résultats financiers du groupe Renault. De son côté, Thierry Desmarest est l’un des capitaines d’industrie les plus respectés et influents de France en vertu de son titre d’ancien PDG de Total. Selon Les Echos, plusieurs administrateurs auraient critiqué l’opacité du processus de nomination du dauphin de Carlos Ghosn, PDG de Renault.

Le nom de Thierry Bolloré était pourtant l’un de ceux les plus fréquemment cités pour succéder au charismatique patron du groupe automobile. De plus, l’Etat français (15% du capital) aurait milité pour que le successeur désigné soit français.

Les entourages des deux protagonistes ont néanmoins tenté de dédramatiser l’enjeu de leur décision. Ainsi, Stefan Mueller aurait décidé de quitter le groupe pour « raisons personnelles », tandis que Thierry Desmarest aurait de toute façon prévu de quitter le conseil d’administration juste après cette réunion, et ce, en dépit de son mandat qui court jusqu’en 2020.

La méthode

Il est également possible que le conseil d’administration ait divergé sur la méthode choisie. Pour l’heure, on ignore quelle forme prendra la nouvelle gouvernance qui sera entérinée cette semaine. Carlos Ghosn se contentera-t-il de nommer un numéro deux. Ou va-t-il se désengager en confiant les manettes opérationnelles de Renault à Thierry Bolloré tout en restant président du conseil d’administration, comme il l’a fait il y a un an chez Nissan? Ce scénario est largement préféré par les marchés comme par le gouvernement français.

L’autre enjeu de la réforme de la gouvernance est de savoir qui sera propulsé successeur de Carlos Ghosn pour diriger l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Carlos Ghosn et Bruno Le Maire, ministre des finances, aurait longuement discuté par téléphone vendredi pour évoquer ces sujets. L’Etat français aurait ainsi exigé une feuille de route plus précise et plus ambitieuse pour l’intégration des différents participants de l’alliance.

L’Etat veut une fusion, pas Carlos Ghosn

Mais cette question épineuse revêt des aspects stratégiques et politiques contradictoires. On sait que l’Etat français pousse pour que Renault prenne le contrôle de l’alliance, tandis que les Japonais veulent un rééquilibrage managérial en leur faveur, conformément à leur taille économique au sein de l’Alliance. De son côté, Carlos Ghosn a toujours expliqué que l’avenir n’était pas dans une fusion mais dans la consolidation de l’alliance, seule à même de préserver les identités de marques et l’indépendance de chaque entité. Carlos Ghosn observe que nombre de fusions ont échoué dans l’industrie automobile en raison de chocs culturels insurmontable. C’est pourquoi, il a œuvré pour poursuivre les partenariats industriels (direction des achats, plateforme commune, partage de R&D…) afin de rendre l’alliance « indétricotable », pour utiliser son néologisme.

Lire aussi: Carlos Ghosn ou les limites du PDG « jupitérien »

Mais pour les marchés, l’alliance doit donner une meilleure visibilité managériale pour garantir sa pérennité, c’est à dire un plan de succession de Carlos Ghosn. Ils estiment que l’alliance repose encore trop sur sa personnalité, et tout l’enjeu est de faire en sorte que l’alliance lui survive. C’est pourquoi certains investisseurs réclament une réforme en profondeur de la gouvernance avec plus de contre-pouvoirs. Le mandat de Carlos Ghosn à la tête de Renault venant à échéance à la prochaine assemblée générale des actionnaires, cette réforme de la gouvernance ne pouvait plus attendre…

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/renault-crise-manageriale-a-quelques-jours-d-un-conseil-d-administration-crucial-768115.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180212

Un F-16 israélien trop loin ?

Un F-16 israélien trop loin ?

Bloc-Notes

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Un F-16 israélien trop loin ?

La destruction d’un F-16 biplace israélien qui volait pour disons une mission hostile à la Syrie et selon des circonstances encore mal déterminées, a fait grand bruit, outre celui que fait un avion en s’écrasant au sol. Malgré une certaine confusion qui a marqué et continue de marquer l’évènement, on peut raisonnablement affirmer que la destruction a été assurée par la défense anti-aérienne syrienne, dans la nuit de vendredi à samedi, après que la mission du F-16 ait été effectuée semble-t-il ; alors que cette “mission” semble avoir consisté  d’ailleurs en des évolutions de F-16 israéliens (sans doute pour abattre un drone ou participer à l’interception d’un drone dont certains jugent qu’il s’agissait d’un leurre de provocation), – sans doute dans l’espace aérien israélien, ou dans l’espace aérien syrien sur la frontière israélienne.

(D’une façon générale, les Israéliens effectuent souvent leurs missions sporadiques à l’aide de missiles air-sol contre des objectifs en Syrie à partir de leur espace aérien, ou de bien de l’espace aérien libanais, ou bien des marges syriennes des deux territoires avec celui d’Israël [y compris le Golan syrien occupé par Israël depuis 1973].)

Il est d’une très grande importance que cette affaire soit référencée comme ayant eu lieu dans l’espace aérien israélien, ce qui suppose une portée et une tactique spécifiques des systèmes syriens. Les deux hommes d’équipage se sont éjectés et ont atterri en territoire israélien bien entendu, l’un sain et sauf, l’autre grièvement blessé. C’est la première fois depuis 1982 qu’un avion israélien est abattu par la Syrie et, si c’est le cas, la première fois qu’un avion israélien est abattu dans l’espace aérien israélien par la Syrie depuis la Guerre d’Octobre (dite également “Guerre du Yom-Kippour”), en 1973. Ce cas (destruction de l’avion dans l’espace aérien israélien) est d’une énorme importance stratégique, symbolique et psychologique parce qu’il met en cause le mythe du sanctuaire israélien pour les forces aériennes.

(Il faut aussi noter l’hypothèse de dégâts israéliens plus importants qu’un seul F-16. Voir SouthFront.com, notamment avec relais d’Al-Arabya : un F-15E et deux autres F16 endommagés.)

A partir notamment des textes d’Elijah J. Magnier, de Mercouris sur TheDuran.com, de SouthFont.com, de RT, et en fonction des situations sur le terrain, on peut développer quelques hypothèses, que l’extrême complexité de la situation syrienne et les imbrications des uns et des autres permettent d’envisager.

Deux hypothèses dans le rangement des “hypothèses improbables”, avec des graduations :

• Il est quasi-complètement improbable que les Russes, qui ont en Syrie de puissantes installations anti-aériennes, aient agi seuls, au nom des Syriens, avec leurs propres installations.

• Il est assez à fort improbable que les Syriens aient agi seuls, avec leurs vieux équipements composés de systèmes déjà anciens, notamment les missiles sol-air d’origine russe vieux de près de quarante ans SA-5 (ou S-200).

Dans le rangement des hypothèses possibles :

• Il est possible que les Syriens aient agi seuls, avec du nouveau matériel russe qui leur aurait été livré ces dernières années (on peut citer comme hypothèse les fameux S-300, mais il existe d’autre type de missiles de nouvelle génération à portée moins longue, notamment les Bouk M2 et M3, et c’est bien plutôt un engin de cette portée [autour de 100 kilomètres] qui aurait été utilisé).

• Il est possible que les Syriens aient agi avec des conseillers russes dirigeant la manœuvre, également avec du nouveau matériel russe livré aux Syriens.

Dans le rangement des intentions possibles :

• De la part de la Syrie, montrer 1) qu’on est prêts à la riposte, 2) qu’on a des moyens de riposter efficacement et 3) qu’on a désormais la volonté de riposter.

• Montrer à Israël que le ciel israélien (et éventuellement le ciel libanais) n’est plus un sanctuaire pour les forces aériennes israéliennes.

• Indirectement, montrer aux Américains qu’ils s’exposent désormais à des pertes s’ils continuent leurs attaques comme celle de la semaine dernière.

• Montrer à tous, si l’option des Syriens agissant avec des conseillers russes est la bonne, que les Russes n’hésitent plus à s’impliquer dans la bataille. (Il est probable que dans le cas de l’une ou l’autre option envisagées où des Russes aient été impliqués, les Russes aient voulu faire savoir aux uns et aux autres [Israël et USA] la détermination russe à intervenir, avec risques & conséquences. Il est probable que dans l’un ou l’autre cas qu’on relève, les canaux officieux existant entre tous les acteurs aient fait passer de tels messages, en confirmant l’option hypothétique mentionnée, notamment pour ce qui concerne les hypothèse d’“avertissement”.)

On citera également, de façon plus complète, la version d’Elijah J. Magnier, très complète et la plus récente. Le commentateur affirme qu’il s’agit d’un piège tendu aux forces aériennes israéliennes pour pouvoir faire une démonstration de la volonté désormais affirmer de la Syrie de riposter, et même plus encore, – tout cela avec la connaissance et l’approbation de la Russie : la destruction du F-16 israélien « a pour effet de changer les règles d’engagement avec Israël et d’envoyer un message clair : la Syrie est prête à la guerre et ne tolérera plus de violations de son espace aérien. » La version qu’il donne de l’engagement, avec son contexte général qui est celui d’une mobilisation anti-israélienne de différents acteurs, est la suivante :

« La confusion israélienne est manifeste. Premièrement, Israël accuse l’Iran d’être derrière l’escalade. Ensuite, le commandement militaire affirme qu’un “drone iranien étant entré dans l’espace aérien israélien a été abattu”, mais en montrant des séquences d’un drone tombant en Syrie plutôt qu’en Israël. L’Iran a nié l’allégation israélienne. Ce n’est que quelques heures plus tard que le commandement israélien a reconnu l’écrasement du F-16 pour des “raisons techniques”, suivi d’une dernière version rapportée correctement, à savoir que le F-16 a été “abattu pendant qu’il volait au-dessus d’al-Sukhna”, proche de Tadmur.

» Un commandant des forces alliées en Syrie m’a révélé que ces forces dirigées par le commandement de l’armée syrienne ont convenu de tendre un guet-apens à l’armée de l’air israélienne, en mettant la défense antiaérienne syrienne en étant d’alerte maximale, prête à tirer. Un drone a été par la suite envoyé à la frontière syro-israélienne, d’où il a violé l’espace aérien israélien afin d’entraîner une réaction israélienne. Comme prévu, Israël a envoyé des F-16 abattre le drone dans la zone frontalière. Selon la source, il est impossible qu’un F-16 ait été abattu au-dessus d’al-Sukhna (la version israélienne que la source considère comme fausse). L’avion a été en fait abattu près de Kiryat Ata, à l’est d’Haïfa, à plus de 150 km d’al-Sukhna. Cela démolit la thèse israélienne, qui ne vise qu’à camoufler le fait que l’avion israélien a été frappé dans l’espace aérien israélien, ce qui met directement en question l’autorité d’Israël tout en livrant un message clair : “nous pouvons abattre vos avions dans votre propre espace aérien si vous violez le nôtre”, a précisé la source.

» “Si un missile SA-5 avait frappé le F-16, il aurait explosé dans les airs et aucune trace n’aurait subsisté. L’avion a été touché par un missile plus petit, mais plus moderne et précis, capable de manœuvrer comme le F-16”, a confirmé la source, en refusant d’en dire plus.

» Selon la source, “Israël est engagé dans une véritable bataille pour faire valoir sa propre version, afin de mieux cacher son incompétence dans la situation. Israël a cessé d’être une force dominante au Moyen-Orient, et est dirigé par des leaders arrogants qui continuent à attiser la guerre, parce qu’ils sont incapables de vivre en paix parmi leurs voisins”.

» “Le Hezbollah est non seulement prêt en cas de guerre contre Israël, mais il a amené toutes les factions palestiniennes et irakiennes à s’unifier contre Israël en cas de nouvelle guerre, mais seulement si Israël décide de choisir la guerre. Tel-Aviv peut prendre l’initiative de la guerre, mais il n’a pas le pouvoir de l’arrêter ni de la contrôler.” D’après la source, le Hezbollah est en train de réunir le plus grand nombre d’alliés jamais atteint dans toute guerre contre Israël depuis des décennies. »

Ce qui nous semble à la fois remarquable et important dans cet incident, c’est la publicité qui lui est faite de tous côtés, y compris des plus prudents qui, d’habitude, préfèrent glisser la cendre de cigarettes sous le tapis d’une situation si explosive qu’est la syrienne. Nous pensons aux Russes qui sont intervenus officiellement dès que l’incident a eu lieu pour recommander “de la retenue” aux deux parties, – ce qui revenait à officialiser l’incident et à fixer son importance. Il est certain qu’à cet égard, l’attaque US de la semaine dernière, dans son impudence, son illégalité et sa manière de trahison par rapport aux différentes ententes existantes, a agi comme une manière d’exacerber l’humeur.

(Car il importe de lier les interventions US et les interventions israéliennes en Syrie, non pas selon une entente cordonnée, un vaste de plan de coopération, – ce n’est pas leur genre, ni de l’un, ni de l’autre, – mais selon la même indifférence dédaigneuse et grossière de la légalité internationale, de la souveraineté, exactement comme feraient des pirates et des bandits sans foi ni loi. Cette attitude renforce la frustration et exacerbe l’humeur, et peut conduire à des décisions du type que recommande [ironie dans ce cas] l’ancien maître-espion israélien Yaakov Kedmi : « J’ai grandi dans la rue et j’ai appris dès mon enfance que vous ne pouvez pas parler poliment avec des gens agressifs. Vous devez parler aux voyous d’une façon telle qu’ils puissent comprendre. »)

L’impression générale qu’on recueille à lire divers textes et à noter, notamment dans le texte de Magnier, l’observation selon laquelle la Syrie (et éventuellement le Hezbollah, qui est décrit au sommet de sa puissance combattive, et même l’Iran) est (sont) incliné(s) finalement à rechercher l’affrontement, notamment avec Israël, et peut-être même plus, mais l’affrontement selon leurs règles, c’est-à-dire “boot on the ground, c’est-à-dire en mouillant les superbes treillis camouflés des combattants de leur sueur et de leur sang. Les matamores étoilés américanistes et israéliens, pour ces derniers depuis 2006 face au Hezbollah, traînent une trouille incommensurable de la vraie guerre, celle qui se fait avec les soldats contre d’autres soldats, et qui se solde dans le sang et les larmes. Ils préfèrent le “zéro-mort” pour soi, c’est-à-dire la tuerie de 5 000 mètres d’altitude pour l’adversaire à terre (y compris le civil, bien entendu), comme il fut édicté avec la guerre du Kosovo qui inaugura officiellement l’ère de la lâcheté technologique et postmoderniste du guerrier de la “tragédie-bouffe” américaniste-occidentaliste. Quel meilleur moyen de les attirer à terre pour qu’il nous montre leur véritable valeur, – ou bien leur faire lâcher prise dans leurs entreprises de développement du chaos, – que de leur démontrer que l’immunité méprisante et l’impunité arrogante n’existent plus, même à 5 000 mètres d’altitude, même pour des soldats devenus simples robots-tueurs ?

 

Mis en ligne le 11 février 2018 à 13H06

http://www.dedefensa.org/article/un-f-16-israelien-trop-loin

Le pétrole, après sa pire semaine en deux ans, ouvre en hausse à New York

Le pétrole, après sa pire semaine en deux ans, ouvre en hausse à New York

New York (awp/afp) – Le prix du pétrole new-yorkais montait à l’ouverture lundi, rebondissant après sa pire semaine en deux ans dans le sillage du regain de vigueur à la Bourse et du repli du dollar.

Vers 14H10 GMT, le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, gagnait 71 cents et s’échangeait à 59,91 dollars sur le New York Mercantile Exchange.

Il avait reculé de 9,5% la semaine dernière, sa plus importante chute depuis janvier 2016.

Mais « comme sur les autres marchés financiers, l’état d’esprit a changé et la tendance s’est inversée », a remarqué Matt Smith de ClipperData.

A Wall Street les indices sont repartis avec entrain à la hausse après une semaine chaotique, alimentant l’appétit des investisseurs pour les actifs plus risqués.

Le dollar de son côté se repliait un peu face à un panier de grandes devises, rendant ainsi moins cher le baril libellé dans le billet vert pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

En lien plus direct avec le marché du brut, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a dans son rapport mensuel une nouvelle fois revu à la hausse ses prévisions de l’offre américaine cette année, augmentation qualifiée de « préoccupante » par le cartel.

L’Opep s’est en effet associée fin 2016 à 10 autres producteurs, dont la Russie, pour limiter leur production.

Cet accord, qui a été renouvelé jusqu’à fin 2018, ainsi que des perturbations involontaires de la production, notamment au Venezuela, ont fait grimper les prix du pétrole.

Mais les industriels américains ont profité de cette opportunité pour développer leurs coûteuses exploitations de pétrole de schiste. Le nombre de puits actifs a encore augmenté la semaine dernière, selon le dernier décompte de l’entreprise de services pétroliers Baker Hughes.

La production hebdomadaire aux Etats-Unis a dépassé les 10 millions de barils par jour.

« Les investisseurs s’inquiètent; ce qui a fait grimper les prix du brut depuis le mois de septembre, à savoir une demande mondiale robuste, des perturbations de la production et une discipline de l’industrie américaine, pourrait ne pas tenir », ont commenté les analystes de Goldman Sachs.

Toutefois, a souligné Phil Flynn de Pruce Futures Group, « les producteurs répondent à la demande. Ils ne pompent pas juste pour le plaisir de pomper, les réserves de pétrole ont plongé aux Etats-Unis et la demande au niveau mondial est au plus haut ».

L’Opep a d’ailleurs aussi relevé dans son rapport mensuel sa prévision de demande mondiale de pétrole à 98,60 millions de barils par jour, soit une croissance de 1,59 million de barils par jour sur l’année.

afp/rp

(AWP / 12.02.2018 15h26)

https://www.romandie.com/news/Le-petrole-apres-sa-pire-semaine-en-deux-ans-ouvre-en-hausse-a-New-York/889662.rom

https://www.romandie.com/news/Le-petrole-apres-sa-pire-semaine-en-deux-ans-ouvre-en-hausse-a-New-York/889662.rom

Israël défend son occupation illégale du Golan

Israël défend son occupation illégale du Golan

+

Le 6 février 2018, Israël a bombardé un centre de recherche militaire syrien à Jamraya, près de Damas [1]. Cette opération a été justifié par l’armée israélienne comme visant à anéantir un centre de recherche sur les armes chimiques. Cette rhétorique a été réfutée par le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, qui a déclaré le 8 février à un journaliste de Newsweek qu’il n’existait aucune preuve que la Syrie ait jamais utilisé des armes chimiques [2]. En réalité, le centre de Jamaraya abritait des techniciens iraniens chargés d’adapter des méthodes de guidance précises de missiles longue portée.

Israël craint que l’Iran n’aide la Syrie a récupérer le Golan qu’il occupe illégalement au regard du droit international. C’est tout au moins ce que l’on peut conclure de la carte publiée, le 11 février au soir, par l’armée israélienne, puis retirée par Tsahal. Le Golan y est décrit comme un « territoire disputé » et non pas comme une partie intégrante d’Israël.

JPEG - 83.9 ko

L’Iran aurait envoyé depuis sa base de Palmyre un drone comparable à un RQ-170 Sentinel états-unien au-dessus du Golan occupé. Tsahal l’aurait abattu et aurait lancé une vaste opération visant à détruire sept sites iraniens en Syrie. Un F-16 israélien a été abattu par la Syrie.

JO d’hiver 2018 : le biathlète Martin Fourcade sacré champion olympique en poursuite, deuxième médaille d’or pour la France

JO d’hiver 2018 : le biathlète Martin Fourcade sacré champion olympique en poursuite, deuxième médaille d’or pour la France

Il égale ainsi le record de Jean-Claude Killy, sportif français le plus titré de l’histoire des Jeux d’hiver.

Martin Fourcade lors de l\'épreuve de poursuite du biathlon des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), le 12 février 2018.
Martin Fourcade lors de l’épreuve de poursuite du biathlon des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), le 12 février 2018. (FRANCK FIFE / AFP)
avatar

franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

image il y a 4 minutes

« La loi française prévoit que les successions s’ouvrent au dernier domicile » : ce qui pourrait permettre à Laura Smet de contester la succession de Johnny Hallyday

Deuxième médaille d’or pour les Français ! Le biathlète Martin Fourcade est monté sur la première marche du podium de l’épreuve de poursuite, lundi 12 février, lors des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang (Corée du Sud). Il a réussi à inverser la vapeur, après sa décevante 8e place en sprint, dimanche. Le Français s’est imposé en 32 minutes et 51 secondes, devant le Suédois Sebastian Samuelsson (+12 secondes) et l’Allemand Benedikt Doll (+15 secondes).

Emmanuel Macron a aussitôt félicité le porte-drapeau français sur Twitter. « Les plus grands champions sont ceux qui savent se relever d’une déception. Martin Fourcade est de ceux-là », a écrit le président de la République sur le réseau social.

Il s’agit du troisième titre olympique pour Martin Fourcade, le deuxième en poursuite. Le biathlète égale ainsi le record de Jean-Claude Killy, sportif français le plus titré de l’histoire des JO d’hiver. Huit ans après sa première médaille olympique à Vancouver, en argent sur la mass-start, Martin Fourcade a encore quatre épreuves au programme. Il devra notamment défendre son titre olympique en individuel.

https://www.francetvinfo.fr/sports/jo/jo-d-hiver-2018-le-biathlete-martin-fourcade-decroche-l-or-en-poursuite-deuxieme-medaille-d-or-pour-la-france_2607190.html#xtor=EPR-51-[jo-d-hiver-2018-le-biathlete-martin-fourcade-decroche-l-or-en-poursuite-deuxieme-medaille-d-or-pour-la-france_2607190]-20180212-[bouton]

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités