Les Rohingya du Myanmar…

Les Rohingya du Myanmar…


… Des pions dans la guerre que les Anglais livrent aux Chinois par l’intermédiaire des djihadistes saoudiens


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 4 septembre 2017

L’attention des médias est dirigée vers des violences ethniques mineures au Myanmar, l’ancienne Birmanie. Selon la presse « occidentale », les Rohingya musulmans sont injustement vilipendés, chassés et tués par des foules bouddhistes et par l’armée dans l’État de Rakhine près de la frontière avec le Bangladesh. Les « organisations humanistes libérales » comme Human Rights Watch joignent leurs voix à celles d’islamistes comme le président de la Turquie, Erdogan, pour déplorer le sort des Rohingya.
Cette curieuse alliance s’est également nouée pendant les guerres en Libye et en Syrie. Cela doit nous alerter. Y aurait-il autre chose derrière ce conflit local au Myanmar ? Est-ce que quelqu’un jette de l’huile sur le feu ?
C’est bien le cas, en effet.
Alors que le conflit ethnique dans l’État de Rakhine est très ancien, il s’est transformé au cours des dernières années en une guerre de guérilla djihadiste financée et dirigée par l’Arabie saoudite. La zone a un intérêt géostratégique :
L’État de Rakhine joue un rôle important dans OBOR [la nouvelle route de la soie chinoise], car il s’agit d’une sortie vers l’océan Indien où sont prévues des réalisations chinoises pour un montant d’un milliard de dollars : une zone économique sur l’île de Ramree, et le port en eau profonde de Kyaukphyu qui a des pipelines de pétrole et de gaz naturel reliés à Kunming dans la province du Yunnan.
Les pipelines qui vont de la côte ouest du Myanmar vers la Chine à l’est permettent l’importation d’hydrocarbures du golfe Persique vers la Chine tout en évitant le goulet d’étranglement du détroit de Malacca et les sites de la mer de Chine méridionale qui font l’objet d’une contestation.
C’est « l’intérêt de l’Occident » d’entraver les projets de la Chine au Myanmar. Encourager le djihadisme dans l’État de Rakhine pourrait y contribuer. Il existe un précédent historique d’une telle guerre par procuration en Birmanie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces impériales britanniques ont incité les musulmans Rohingya du Rakhine à se battre contre les bouddhistes nationalistes birmans alliés aux impérialistes japonais.
Les Rohingya immigrent dans les régions du nord d’Arakan, l’État actuel du Rakhine au Myanmar, depuis le XVIe siècle. Il y a eu une grande vague d’immigration sous l’occupation impériale britannique, il y a environ cent ans. L’immigration illégale en provenance du Bangladesh s’est poursuivie au cours des dernières décennies. Au total, environ 1,1 million de Rohingya musulmans vivent au Myanmar. Le taux de natalité du Rohingya est plus élevé que celui des Bouddhistes locaux d’Arakanese. Ces derniers se sentent sous pression dans leur propre pays.
Alors que ces populations sont mélangées dans certaines villes, il y a de nombreux hameaux habités à 100% par les uns ou les autres. Les Rohingya sont généralement peu intégrés au Myanmar. La plupart ne sont pas reconnus officiellement comme citoyens. Au cours des siècles et des dernières décennies, il y a eu plusieurs épisodes violents entre les immigrants et les populations locales. Le dernier conflit entre les musulmans et les bouddhistes a éclaté en 2012.
Depuis lors, une insurrection clairement islamique s’est développée dans la région. Elle a pris le nom d’Armée du Salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA) et elle est dirigée par Ataullah abu Ammar Junjuni, un djihadiste pakistanais. (ARSA s’appelait auparavant Harakah al-Yakin, ou Mouvement de la paix.) Ataullah est né dans la grande communauté Rohingya de Karachi, au Pakistan. Il a grandi et a été éduqué en Arabie saoudite. Il a reçu une formation militaire au Pakistan et c’était un Imam wahhabite en Arabie saoudite avant son arrivée au Myanmar. Depuis, en lavant les cerveaux, il a recruté et formé une armée locale de guérilla d’environ 1000 Takfiris.
Selon un rapport de 2015 du journal pakistanais Dawn, il y a plus de 500 000 Rohingya à Karachi. Ils sont arrivés du Bangladesh au cours des années 1970 et 1980 à la demande du régime militaire du général Zia ul-Haq et de la CIA pour lutter contre les Soviétiques et le gouvernement de l’Afghanistan :
La communauté Rohingya [à Karachi] est plus religieuse et elle envoie ses enfants dans les madrassas. C’est une des principales raisons pour lesquelles de nombreux partis religieux, en particulier l’Ahle Sunnat Wal Jamaat, le JI et le Jamiat Ulema-i-Islam-Fazl, ont leur base organisationnelle dans les quartiers birmans.
(…)
 
« Un certain nombre de Rohingya vivant à Arakan Abad ont perdu des proches dans les attaques bouddhistes de juin 2012 au Myanmar », a déclaré Mohammad Fazil, un militant local de la JI.
 
Les Rohingya de Karachi recueillent régulièrement des dons, le Zakat 1 et des peaux d’animaux sacrifiés, et les envoient au Myanmar et au Bangladesh pour aider les familles déplacées.
Reuters a noté, à la fin de 2016, que le groupe djihadiste était formé, dirigé et financé par le Pakistan et l’Arabie saoudite :
« Le groupe de musulmans Rohingya qui a attaqué les gardes-frontières du Myanmar en octobre est dirigé par des gens qui ont des liens avec l’Arabie saoudite et le Pakistan », a déclaré le groupe International Crisis Group (ICG), jeudi, en donnant quelques noms.
(…)
 
« Bien qu’on en n’ait pas de preuves, il semble que  [Ataullah] soit allé au Pakistan et peut-être ailleurs, pour s’entraîner à la guérilla moderne », a déclaré le groupe. Il a noté qu’Ata Ullah était l’un des 20 Rohingya d’Arabie saoudite qui dirigeaient les opérations du groupe dans l’État de Rakhine.
 
Par ailleurs, un comité des 20 émigrés Rohingya influents supervise le groupe qui a son siège à La Mecque, a déclaré l’ICG.
Les djihadistes d’ARSA affirment qu’ils n’attaquent que les forces gouvernementales, mais des civils bouddhistes arakanais ont également été pris dans des embuscades et massacrés. Des hameaux bouddhistes ont également été brûlés.
Le gouvernement du Myanmar prétend qu’Ataullah et son groupe veulent instituer un État islamique indépendant. En octobre 2016, son groupe a commencé à attaquer la police et d’autres forces gouvernementales dans la région. Le 25 août de cette année, son groupe a attaqué 30 postes de police et des avant-postes militaires et a tué environ 12 policiers. L’armée et la police ont répondu, comme toujours dans ce conflit, en brûlant des communes Rohingya soupçonnées de cacher des forces de la guérilla.
Pour échapper à la violence croissante, beaucoup de bouddhistes locaux arakanais fuient leurs villes et se réfugient dans la capitale du Rankine. Des musulmans Rohingya locaux fuient vers le Bangladesh. Seuls les derniers réfugiés semblent retenir l’attention internationale.
L’armée du Myanmar gouverne le pays depuis des décennies. Sous la pression économique, elle s’est ouverte à l’Occident de manière formelle en instituant la « démocratie ». La chérie de l’Occident au Myanmar est Daw Aung San Suu Kyi. Son parti a remporté les élections et elle joue un rôle important dans le gouvernement. Mais Aung San Suu Kyi est avant tout une nationaliste, et le pouvoir réel est encore détenu par les généraux.
Aung San Suu Kyi a été choisie pour servir d’icône démocratique, mais elle a peu de mérite personnel, à part celui d’être la fille de Thakin Aung San, un chef célèbre de l’Armée birmane pour l’indépendance (BIA) et le « père de la nation ». Dans les années 1940, Thakin Aung San a été recruté par l’armée impériale japonaise pour mener une guérilla contre l’armée britannique coloniale et la ligne d’approvisionnement britannique vers les forces anti-japonaises en Chine :
Le jeune Aung San a appris à porter des vêtements traditionnels japonais, à parler la langue, et a même pris un nom japonais. Dans La rivière des traces perdues, l’historien Thant Myint-U dit qu’il a « apparemment été entraîné dans l’euphorie fasciste qui l’entourait », mais il note qu’il est resté fidèle à la lutte pour l’indépendance du Myanmar.
Les conflits ethniques dans l’État du Rakhine ont également joué un rôle dans le conflit britannico-japonais sur la Birmanie :
En avril 1942, les troupes japonaises se sont avancées dans l’État du Rakhine et ont atteint la commune de Maungdaw, près de la frontière de ce qui était alors l’Inde britannique et qui est maintenant le Bangladesh. Lorsque les Britanniques ont fait retraite en Inde, l’État du Rakhine est devenu une ligne de front.
 
Les bouddhistes arakanais locaux ont collaboré avec la BIA (British Intelligence Agency) et les forces japonaises, mais les Britanniques ont recruté des musulmans de la région pour contrer les Japonais.
 
« Les deux armées, britanniques et japonaises, ont exploité les frictions et les animosités de la population locale pour faire avancer leurs propres objectifs militaires », a écrit Moshe Yegar 2.
Lorsque les Britanniques ont gagné la guerre contre les Japonais, Thakin Aung San a changé de camp et a négocié la fin de la domination impériale britannique sur la Birmanie. Il a été assassiné en 1947 avec l’aide d’officiers britanniques. Depuis lors, la Birmanie, qui a été renommée Myanmar par la suite, est gouvernée par des factions de l’armée qui se disputent le pouvoir.
La fille de Thakin Aung San, Aung San Suu Kyi, a reçu une éducation britannique et a été élevée en vue de jouer un rôle au Myanmar. Dans les années 1980 et 1990, elle s’est querellée avec le gouvernement militaire. Elle a reçu un prix Nobel de la paix et les intellectuels « occidentaux » la considèrent comme une progressiste qui défend les droits de l’homme. Ils sont maintenant déçus qu’elle ne se prononce pas en faveur des Rohingya. Mais en le faisant, elle se mettrait dans le camp opposé à celui pour lequel son père a glorieusement combattu. Elle s’opposerait également à la majorité de la population du Myanmar qui ne porte pas dans son cœur les Rohingya et leur combat djihadiste.
En outre, les projets autour de la nouvelle route de la soie chinoise (OBOR) sont un énorme bonus pour le Myanmar et aideront à son développement économique. Les Saoudiens et les Pakistanais envoient des commandants de guérilla et de l’argent pour pousser les Rohingya au djihad au Myanmar. Il s’agit d’une réédition historique de l’opération de la CIA contre l’influence soviétique en Afghanistan. Mais contrairement à l’Afghanistan, les habitants du Myanmar ne sont pas musulmans et, au lieu d’y participer, ils vont sûrement se battre contre un djihad dans leur pays. Les Rohingya ne sont plus que des pions dans le grand jeu et ils en feront les frais.

 

  1. La zakât ou zakat ou zakaat (زَكَاة zakāt), un mot arabe traduit par « aumône légale », est le troisième des piliers de l’islam. Le musulman est tenu de calculer chaque année lunaire (hégire) ce montant et de le donner aux plus pauvres dans son pays de résidence.
  2. Moshe Yegar était secrétaire adjoint à l’Ambassade d’Israël de Rangoon au début des années 1960. Pendant son séjour en Birmanie, il a soumis une thèse appelée « Les Musulmans de Birmanie » à l’Université hébraïque de Jérusalem
PDF24    Send article as PDF   

… Des pions dans la guerre que les Anglais livrent aux Chinois par l’intermédiaire des djihadistes saoudiens


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 4 septembre 2017

L’attention des médias est dirigée vers des violences ethniques mineures au Myanmar, l’ancienne Birmanie. Selon la presse « occidentale », les Rohingya musulmans sont injustement vilipendés, chassés et tués par des foules bouddhistes et par l’armée dans l’État de Rakhine près de la frontière avec le Bangladesh. Les « organisations humanistes libérales » comme Human Rights Watch joignent leurs voix à celles d’islamistes comme le président de la Turquie, Erdogan, pour déplorer le sort des Rohingya.
Cette curieuse alliance s’est également nouée pendant les guerres en Libye et en Syrie. Cela doit nous alerter. Y aurait-il autre chose derrière ce conflit local au Myanmar ? Est-ce que quelqu’un jette de l’huile sur le feu ?
C’est bien le cas, en effet.
Alors que le conflit ethnique dans l’État de Rakhine est très ancien, il s’est transformé au cours des dernières années en une guerre de guérilla djihadiste financée et dirigée par l’Arabie saoudite. La zone a un intérêt géostratégique :
L’État de Rakhine joue un rôle important dans OBOR [la nouvelle route de la soie chinoise], car il s’agit d’une sortie vers l’océan Indien où sont prévues des réalisations chinoises pour un montant d’un milliard de dollars : une zone économique sur l’île de Ramree, et le port en eau profonde de Kyaukphyu qui a des pipelines de pétrole et de gaz naturel reliés à Kunming dans la province du Yunnan.
Les pipelines qui vont de la côte ouest du Myanmar vers la Chine à l’est permettent l’importation d’hydrocarbures du golfe Persique vers la Chine tout en évitant le goulet d’étranglement du détroit de Malacca et les sites de la mer de Chine méridionale qui font l’objet d’une contestation.
C’est « l’intérêt de l’Occident » d’entraver les projets de la Chine au Myanmar. Encourager le djihadisme dans l’État de Rakhine pourrait y contribuer. Il existe un précédent historique d’une telle guerre par procuration en Birmanie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces impériales britanniques ont incité les musulmans Rohingya du Rakhine à se battre contre les bouddhistes nationalistes birmans alliés aux impérialistes japonais.
Les Rohingya immigrent dans les régions du nord d’Arakan, l’État actuel du Rakhine au Myanmar, depuis le XVIe siècle. Il y a eu une grande vague d’immigration sous l’occupation impériale britannique, il y a environ cent ans. L’immigration illégale en provenance du Bangladesh s’est poursuivie au cours des dernières décennies. Au total, environ 1,1 million de Rohingya musulmans vivent au Myanmar. Le taux de natalité du Rohingya est plus élevé que celui des Bouddhistes locaux d’Arakanese. Ces derniers se sentent sous pression dans leur propre pays.
Alors que ces populations sont mélangées dans certaines villes, il y a de nombreux hameaux habités à 100% par les uns ou les autres. Les Rohingya sont généralement peu intégrés au Myanmar. La plupart ne sont pas reconnus officiellement comme citoyens. Au cours des siècles et des dernières décennies, il y a eu plusieurs épisodes violents entre les immigrants et les populations locales. Le dernier conflit entre les musulmans et les bouddhistes a éclaté en 2012.
Depuis lors, une insurrection clairement islamique s’est développée dans la région. Elle a pris le nom d’Armée du Salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA) et elle est dirigée par Ataullah abu Ammar Junjuni, un djihadiste pakistanais. (ARSA s’appelait auparavant Harakah al-Yakin, ou Mouvement de la paix.) Ataullah est né dans la grande communauté Rohingya de Karachi, au Pakistan. Il a grandi et a été éduqué en Arabie saoudite. Il a reçu une formation militaire au Pakistan et c’était un Imam wahhabite en Arabie saoudite avant son arrivée au Myanmar. Depuis, en lavant les cerveaux, il a recruté et formé une armée locale de guérilla d’environ 1000 Takfiris.
Selon un rapport de 2015 du journal pakistanais Dawn, il y a plus de 500 000 Rohingya à Karachi. Ils sont arrivés du Bangladesh au cours des années 1970 et 1980 à la demande du régime militaire du général Zia ul-Haq et de la CIA pour lutter contre les Soviétiques et le gouvernement de l’Afghanistan :
La communauté Rohingya [à Karachi] est plus religieuse et elle envoie ses enfants dans les madrassas. C’est une des principales raisons pour lesquelles de nombreux partis religieux, en particulier l’Ahle Sunnat Wal Jamaat, le JI et le Jamiat Ulema-i-Islam-Fazl, ont leur base organisationnelle dans les quartiers birmans.
(…)
 
« Un certain nombre de Rohingya vivant à Arakan Abad ont perdu des proches dans les attaques bouddhistes de juin 2012 au Myanmar », a déclaré Mohammad Fazil, un militant local de la JI.
 
Les Rohingya de Karachi recueillent régulièrement des dons, le Zakat 1 et des peaux d’animaux sacrifiés, et les envoient au Myanmar et au Bangladesh pour aider les familles déplacées.
Reuters a noté, à la fin de 2016, que le groupe djihadiste était formé, dirigé et financé par le Pakistan et l’Arabie saoudite :
« Le groupe de musulmans Rohingya qui a attaqué les gardes-frontières du Myanmar en octobre est dirigé par des gens qui ont des liens avec l’Arabie saoudite et le Pakistan », a déclaré le groupe International Crisis Group (ICG), jeudi, en donnant quelques noms.
(…)
 
« Bien qu’on en n’ait pas de preuves, il semble que  [Ataullah] soit allé au Pakistan et peut-être ailleurs, pour s’entraîner à la guérilla moderne », a déclaré le groupe. Il a noté qu’Ata Ullah était l’un des 20 Rohingya d’Arabie saoudite qui dirigeaient les opérations du groupe dans l’État de Rakhine.
 
Par ailleurs, un comité des 20 émigrés Rohingya influents supervise le groupe qui a son siège à La Mecque, a déclaré l’ICG.
Les djihadistes d’ARSA affirment qu’ils n’attaquent que les forces gouvernementales, mais des civils bouddhistes arakanais ont également été pris dans des embuscades et massacrés. Des hameaux bouddhistes ont également été brûlés.
Le gouvernement du Myanmar prétend qu’Ataullah et son groupe veulent instituer un État islamique indépendant. En octobre 2016, son groupe a commencé à attaquer la police et d’autres forces gouvernementales dans la région. Le 25 août de cette année, son groupe a attaqué 30 postes de police et des avant-postes militaires et a tué environ 12 policiers. L’armée et la police ont répondu, comme toujours dans ce conflit, en brûlant des communes Rohingya soupçonnées de cacher des forces de la guérilla.
Pour échapper à la violence croissante, beaucoup de bouddhistes locaux arakanais fuient leurs villes et se réfugient dans la capitale du Rankine. Des musulmans Rohingya locaux fuient vers le Bangladesh. Seuls les derniers réfugiés semblent retenir l’attention internationale.
L’armée du Myanmar gouverne le pays depuis des décennies. Sous la pression économique, elle s’est ouverte à l’Occident de manière formelle en instituant la « démocratie ». La chérie de l’Occident au Myanmar est Daw Aung San Suu Kyi. Son parti a remporté les élections et elle joue un rôle important dans le gouvernement. Mais Aung San Suu Kyi est avant tout une nationaliste, et le pouvoir réel est encore détenu par les généraux.
Aung San Suu Kyi a été choisie pour servir d’icône démocratique, mais elle a peu de mérite personnel, à part celui d’être la fille de Thakin Aung San, un chef célèbre de l’Armée birmane pour l’indépendance (BIA) et le « père de la nation ». Dans les années 1940, Thakin Aung San a été recruté par l’armée impériale japonaise pour mener une guérilla contre l’armée britannique coloniale et la ligne d’approvisionnement britannique vers les forces anti-japonaises en Chine :
Le jeune Aung San a appris à porter des vêtements traditionnels japonais, à parler la langue, et a même pris un nom japonais. Dans La rivière des traces perdues, l’historien Thant Myint-U dit qu’il a « apparemment été entraîné dans l’euphorie fasciste qui l’entourait », mais il note qu’il est resté fidèle à la lutte pour l’indépendance du Myanmar.
Les conflits ethniques dans l’État du Rakhine ont également joué un rôle dans le conflit britannico-japonais sur la Birmanie :
En avril 1942, les troupes japonaises se sont avancées dans l’État du Rakhine et ont atteint la commune de Maungdaw, près de la frontière de ce qui était alors l’Inde britannique et qui est maintenant le Bangladesh. Lorsque les Britanniques ont fait retraite en Inde, l’État du Rakhine est devenu une ligne de front.
 
Les bouddhistes arakanais locaux ont collaboré avec la BIA (British Intelligence Agency) et les forces japonaises, mais les Britanniques ont recruté des musulmans de la région pour contrer les Japonais.
 
« Les deux armées, britanniques et japonaises, ont exploité les frictions et les animosités de la population locale pour faire avancer leurs propres objectifs militaires », a écrit Moshe Yegar 2.
Lorsque les Britanniques ont gagné la guerre contre les Japonais, Thakin Aung San a changé de camp et a négocié la fin de la domination impériale britannique sur la Birmanie. Il a été assassiné en 1947 avec l’aide d’officiers britanniques. Depuis lors, la Birmanie, qui a été renommée Myanmar par la suite, est gouvernée par des factions de l’armée qui se disputent le pouvoir.
La fille de Thakin Aung San, Aung San Suu Kyi, a reçu une éducation britannique et a été élevée en vue de jouer un rôle au Myanmar. Dans les années 1980 et 1990, elle s’est querellée avec le gouvernement militaire. Elle a reçu un prix Nobel de la paix et les intellectuels « occidentaux » la considèrent comme une progressiste qui défend les droits de l’homme. Ils sont maintenant déçus qu’elle ne se prononce pas en faveur des Rohingya. Mais en le faisant, elle se mettrait dans le camp opposé à celui pour lequel son père a glorieusement combattu. Elle s’opposerait également à la majorité de la population du Myanmar qui ne porte pas dans son cœur les Rohingya et leur combat djihadiste.
En outre, les projets autour de la nouvelle route de la soie chinoise (OBOR) sont un énorme bonus pour le Myanmar et aideront à son développement économique. Les Saoudiens et les Pakistanais envoient des commandants de guérilla et de l’argent pour pousser les Rohingya au djihad au Myanmar. Il s’agit d’une réédition historique de l’opération de la CIA contre l’influence soviétique en Afghanistan. Mais contrairement à l’Afghanistan, les habitants du Myanmar ne sont pas musulmans et, au lieu d’y participer, ils vont sûrement se battre contre un djihad dans leur pays. Les Rohingya ne sont plus que des pions dans le grand jeu et ils en feront les frais.

 

  1. La zakât ou zakat ou zakaat (زَكَاة zakāt), un mot arabe traduit par « aumône légale », est le troisième des piliers de l’islam. Le musulman est tenu de calculer chaque année lunaire (hégire) ce montant et de le donner aux plus pauvres dans son pays de résidence.
  2. Moshe Yegar était secrétaire adjoint à l’Ambassade d’Israël de Rangoon au début des années 1960. Pendant son séjour en Birmanie, il a soumis une thèse appelée « Les Musulmans de Birmanie » à l’Université hébraïque de Jérusalem
PDF24    Send article as PDF   
Publicités

Trump ne va pas envahir le Venezuela…

Trump ne va pas envahir le Venezuela…


… mais ce qu’il planifie pourrait être tout aussi mauvais


Par Andrew Korybko – Le 12 août 2017 – Source The Duran


Trump était plus agressif que d’habitude hier quand il a déclaré qu’il n’excluait pas une « option militaire » au Venezuela, et les médias internationaux se sont mis à croire que le président envisageait une invasion. Rien ne justifie ce que Trump a dit mais, en écartant toutes les considérations morales, sa déclaration n’aurait pas dû surprendre et, d’une manière intéressante, elle pourrait même se retourner contre lui.

Tous les présidents des États-Unis réitèrent systématiquement la rhétorique selon laquelle « toutes les options sont sur la table » en cas de crise que leur pays a provoquée à l’étranger et dans ce cas c’est par une Guerre hybride imposée au Venezuela que les États-Unis cherchent à contrôler par procuration les plus grandes réserves de pétrole du monde dans la ceinture de la rivière Orénoque et briser le groupement ALBA socialiste-multipolaire.

Les vulnérabilités socio-politiques et les faiblesses institutionnelles préexistantes du Venezuela ont permis les machinations économiques américaines contre le pays afin de déclencher une révolution de couleur contre le gouvernement. Lorsqu’elles ont  échouées, la tactique de changement de régime a été transformée en une insurrection urbaine et a récemment élargi ses opérations en organisant une attaque terroriste contre une base militaire dans la partie centrale du pays.

Il est fort probable que la situation se transforme en une « guerre civile » provoquée de l’extérieur avec l’intention éventuelle de déclencher une tentative de coup d’État militaire contre le président Maduro, mais les chances que les États-Unis interviennent directement dans ce scénario sont minces. L’option militaire brandie par Trump se rapporte plutôt probablement au rôle de « Lead From Behind » que les États-Unis devraient jouer en utilisant la Colombie comme partenaire régional pour faire passer des armes en douce et d’autres formes d’assistance aux « rebelles modérés » du Venezuela, tout comme la Turquie a été utilisée pour faire face à la Syrie depuis six ans.

En outre, on peut croire avec confiance que la CIA travaille dur pour essayer de faire avancer son coup militaire tant souhaité, même si ses chances de succès sont peu probables, à moins que la guerre hybride ne devienne une « guerre civile » déclenchée de l’extérieur comme en Syrie. Ces deux raisons interconnectées expliquent ce que Trump veut dire en refusant d’exclure une « option militaire », bien qu’il y ait certes le cas extrême qui ne peut pas être écarté dans lequel une « intervention humanitaire » à grande échelle se déchaînerait dans les derniers stades de la crise afin de renverser de façon décisive le gouvernement à son moment de plus grande faiblesse.

Peu importe ce que les États-Unis finiront par faire ou pas, la déclaration arrogante de Trump pourrait réellement se retourner contre lui en augmentant l’attrait du président Maduro parmi les membres de la soi-disant « opposition ». C’est une chose de détester un chef élu et d’espérer sa chute, mais c’en est une autre de soutenir activement une invasion étrangère de son pays par l’hégémon traditionnel américain, compte tenu notamment de l’histoire sanglante de l’activité militaire américaine dans les Amériques au cours du siècle dernier.

Les commentaires de Trump mettent donc les proxies de changement de régime des États-Unis en difficulté parce qu’ils sont maintenant pris dans un dilemme entre soutenir ce que le monde entier perçoit comme une menace pour envahir leur pays ou soutenir son leader légitime alors qu’ils ont organisé des émeutes contre lui depuis déjà des mois. On peut présumer que le partisan anti-est, à part égale, contre Maduro, contre une invasion américaine possible de son pays et contre les émeutes de l’opposition qui veut seulement voir se tenir des élections anticipées dans l’espoir de mener à bien un changement de régime.

Ils ont soutenu l’« opposition » jusqu’à maintenant parce qu’ils l’ont considérée comme l’option « la moins mauvaise » disponible, mais la menace militaire implicite de Trump risque d’être perçue comme le fer de lance d’une éventuelle invasion et les conditions chaotiques de la « guerre civile » dans lesquelles les États-Unis pourraient intervenir conventionnellement au Venezuela seraient alors dues à leurs actions intensives de guerre hybride.

Ce fait devrait justement arrêter momentanément les membres s’auto-identifiant comme l’« opposition patriotique » et les inciter à reconsidérer leur « mauvaise » évaluation sur « l’opposition ». S’ils s’engagent dans une réflexion sérieuse, ils verront que c’est effectivement le président Maduro qui est le « moins mauvais » des deux choix et que la meilleure façon de réaliser leur objectif de changement de régime consiste à attendre à contrecœur jusqu’au prochain vote démocratique prévu.

Continuer à jeter tout son poids derrière cette « opposition » à ce stade équivaut à soutenir ouvertement les étapes nécessaires pour créer les conditions pour la réalisation des « options militaires » de Trump contre leur pays, y compris une « intervention humanitaire ». On ne sait pas quelle proportion de l’« opposition » satisfait aux critères « patriotiques » auxquels ces points s’appliqueraient, mais si leur nombre est assez important leur « défection » passive des rangs du mouvement anti-gouvernemental en réponse à la menace de Trump pourrait influer sur l’effort de changement de régime.

D’autre part, et en abordant le sujet sous un angle cynique comme « avocat du diable », cela ne changera pas de façon tangible la situation si les États-Unis ont déjà pris leur décision de mettre en place une escalade de la guerre hybride au Venezuela au niveau de celle en Syrie, mais cela représenterait néanmoins une importante victoire morale pour le gouvernement légitime en exposant davantage la « trahison ou la connivence » de l’opposition avec les États-Unis. En tout cas, indépendamment de ce que Trump voulait signifier réellement par ses « options militaires » et malgré tout ce que les membres de l’opposition patriotique décident de faire, toutes les indications suggèrent que le Venezuela est à un tournant fatal et que les prochaines semaines décideront de son avenir.

Andrew Korybko

http://lesakerfrancophone.fr/trump-ne-va-pas-envahir-le-venezuela

L’ex-président géorgien Saakachvili empêché de rentrer en Ukraine

L’ex-président géorgien Saakachvili empêché de rentrer en Ukraine

  • Charismatique réformateur arrivé au pouvoir en Géorgie à la suite de la Révolution de la Rose en 2003, M. Saakachvili a dirigé ce pays pendant une décennie
    Charismatique réformateur arrivé au pouvoir en Géorgie à la suite de la Révolution de la Rose en 2003, M. Saakachvili a dirigé ce pays pendant une décennie | EPA

Sébastien GOBERT.

L’Ukraine a bloqué dimanche à la frontière polonaise un train transportant l’ex-président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Il tentait de rentrer dans le pays pour chercher à recouvrer la citoyenneté ukrainienne dont l’a privé le président Petro Porochenko

« Ils se comportent comme des sauvages, ils ne respectent rien ! Ils ont même le culot de bloquer un train en territoire polonais, qui n’est pas sous leur juridiction ! ». Mikhaïl Saakachvili (49 ans) parle d’une voix indignée, à la gare ferroviaire de Przemysl, près de la frontière ukrainienne. Indigné, enragé même, l’ancien président géorgien l’est depuis que Petro Porochenko l’a déchu de sa citoyenneté ukrainienne fin juillet. Une initiative qu’il dénonce comme une punition injustifiée, afin de l’écarter de la scène politique kiévienne.

Ce 10 septembre, Mikhaïl Saakachvili est aussi confus. Il avait prévu une longue marche, très médiatisée, pour rentrer de Pologne à l’Ukraine. Elle a tourné à la farce pendant la majeure partie de la journée. Son projet initial de passer la frontière en bus a été abandonné à cause de gros bras nationalistes déployés côté ukrainien. De nombreux ennemis de Mikhaïl Saakachvili ont promis des représailles physiques au cas où il rentrerait en Ukraine. Il s’est donc rabattu, avec plusieurs personnalités politiques et des dizaines de journalistes, sur un train à destination de Kiev. Un train, puis deux, qui n’ont jamais quitté la gare de Przemysl.

« Empêcher que l’exécutif ne vire dans l’arbitraire »

« Ici, dans ce train à quai, c’est la lutte contre l’autoritarisme de Petro Porochenko. S’il peut se permettre de traiter Saakachvili comme cela, il peut s’en prendre à tout le monde », commentait, maquillage soigné et tailleur de luxe, Ioulia Timochenko. L’ancienne égérie de la Révolution Orange, venue en soutien de Mikhaïl Saakachvili, voit dans les mésaventures de Mikhaïl Saakachvili un parallèle avec les procès politisés et l’emprisonnement que lui avait imposé Viktor Ianoukovitch, en 2011. « Aujourd’hui, ce n’est pas à propos de Saakachvili », confirme Moustafa Nayyem, député, un des initiateurs de la Révolution. « Il s’agit de sauver l’héritage du Maïdan, et d’empêcher que l’exécutif ne vire dans l’arbitraire ».

Après trois heures d’attente, la tension est montée parmi les politiciens. Le non-départ du train semblait être une indication claire que les autorités ukrainiennes ne souhaitaient pas revoir Mikhaïl Saakachvili sur leur territoire. L’excitation est aussi montée parmi les passagers du train, retardés par la situation. Si « Misha » avait été accueilli par des applaudissements à son arrivée à la gare, c’est dans le brouhaha de fortes altercations qu’il a décidé de repartir en bus, vers un autre poste-frontière. À quelques kilomètres, à Medyka, c’est sans encombre que le bus a passé les contrôles côté polonais. En lui rendant son passeport, un garde-frontière prévient Mikhaïl Saakachvili : « Vous pouvez avoir des problèmes, votre passeport n’est plus valide ».

Quelques mètres plus loin, c’est en effet des problèmes qui se dressent devant le bus. La route, y compris le passage piéton, sont fermés, ceinturés par un cordon de militaires en uniforme. La longue marche de Mikhaïl Saakachvili pourrait s’arrêter ici.

 

http://www.ouest-france.fr/monde/l-ex-president-georgien-saakachvili-empeche-de-rentrer-en-ukraine-5236907?utm_source=neolane_of_newsletter-generale&utm_medium=email&utm_campaign=of_newsletter-generale&utm_content=20170911&vid=1752223&mediego_euid=1752223

L’aveuglement idéologique de la Gauche

L’aveuglement idéologique de la Gauche


 

Par Alban Dousset − 7 juillet 2017 − Source Youtube

Alban Dousset anime une chaine Youtube et est l’auteur de la série de vidéos sur ces Chroniques d’un éveil citoyen dont on a partagé quelques épisodes. Il revient avec une analyse de la gauche radicale dont l’aveuglement idéologique l’amène à soutenir ceux la même qu’ils prétendent combattre.

 

http://lesakerfrancophone.fr/laveuglement-ideologique-de-la-gauche

 

 

Nouvelles d’Eurasie

Nouvelles d’Eurasie

8 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Chine, #Sous-continent indien, #Russie, #Amérique latine, #Economie, #Extrême-Orient

Alors que l’empire maritime unilatéral US perd toujours plus la main, même s’il réussit encore parfois quelques « coups », la multipolarité eurasienne continue son inexorable ascension, bien que celle-ci ne soit pas exempte d’accrocs. Le Grand jeu dans toute sa splendeur…

Réconciliation dans l’Himalaya

Si le Bhoutan et son fameux BNB (Bonheur national brut) est connu pour sa douceur de vivre à l’écart du développement frénétique de la planète, les derniers mois avaient cependant été marqués par de très fortes tensions dans la zone.

Enclavé entre les géants chinois et indien, le petit royaume himalayen s’est en effet retrouvé au beau milieu d’une querelle qui a fait les gros titres, parfois exagérés, y compris chez Zero Hedge ou RT (de l’importance de ne pas suivre aveuglément les médias, même les meilleurs…)

Retour sur l’affaire :

New Delhi a dénoncé vendredi comme une atteinte à sa « sécurité » la construction d’une route militaire chinoise sur un plateau montagneux stratégique au centre de tensions entre l’Inde, la Chine et le Bhoutan depuis plusieurs jours.

New Delhi « a signifié au gouvernement chinois qu’une telle construction représenterait un changement significatif du statut quo avec de sérieuses implications pour la sécurité de l’Inde », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Située sur le flanc ouest du Bhoutan et à l’est de l’État indien du Sikkim, la vallée tibétaine de Chumbi fait la jonction entre les territoires indien, chinois et bhoutanais. Si cette vallée est reconnue comme appartenant à la Chine, le plateau montagneux de Doklam dans sa partie sud-est fait cependant l’objet d’un contentieux entre Thimphou et Pékin.

Le Bhoutan soutient que la question de la souveraineté sur cette zone doit encore être réglée. La Chine, cependant, assure que le Doklam – qu’elle appelle Donglang – fait partie de son territoire et qu’elle a tout droit d’y effectuer des travaux.

« Le 16 juin, une équipe de construction de l’APL (armée populaire de libération, nom de l’armée chinoise, ndlr) a pénétré dans la zone de Doklam et essayé de construire une route », indique New Delhi, qui agit comme le parrain du Bhoutan sur la scène internationale.

La vallée de Chumbi est d’autant plus sensible pour l’Inde qu’elle n’est située qu’à quelques dizaines de kilomètres du corridor de Siliguri, une étroite bande de terre surnommée « cou de poulet » qui est la seule jonction territoriale pour New Delhi entre les plaines du nord et ses États du nord-est.

Le Bhoutan et la Chine n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles et dialoguent généralement via New Delhi. Mercredi, Thimphou a enjoint la Chine d’interrompre ce chantier, dénonçant une « violation d’accord ».

Pékin a levé la voix cette semaine sur ce dossier. Il a dénoncé mardi une « incursion » de militaires indiens sur son territoire pour essayer de stopper le chantier de la route.

En coordination avec les autorités bhoutanaises, « du personnel indien, présent dans la zone générale (du col) de Doka La, a approché les équipes du chantier pour les enjoindre » à cesser les travaux, a déclaré vendredi New Delhi.

Ce corridor de Siliguri, coincé entre le Népal et le Bangladesh, et faisant la jonction avec les territoires isolés du nord-est, est effectivement un point hautement stratégique pour New Delhi. Pour l’anecdote, non loin se trouvent les célèbres champs de thé de Darjeeling ainsi que le Kanchenjunga, troisième sommet du monde.

A l’incursion indienne ont logiquement succédé les menaces chinoises, puis un statu quo de quelques semaines dans les brumes himalayennes, Pékin et surtout Delhi tentant de trouver une solution afin de réduire les tensions tout en ménageant la face de chacun.

Il est vrai que la position indienne est assez inconfortable et en partie responsable de la crise. L’Inde a tendance à se considérer, en exagérant parfois son rôle, comme la tutrice du Bhoutan et s’est trouvée embringuée dans la querelle territoriale sino-bhoutanaise. Or cette dispute est susceptible d’ouvrir la boîte de Pandore et de remettre en cause la convention anglo-chinoise de 1890 qui a peu ou prou délimité les frontières entre les deux géants asiatiques.

De plus, cela créé un précédent : l’Inde intervient ici en tant que troisième acteur (à la requête  réelle ou supposée du Bhoutan). Pourtant, c’est exactement ce que New Delhi refuse concernant le Cachemire alors que le Pakistan réclame à cors et à cris l’internationalisation du dossier depuis des décennies.

Ainsi, malgré les poussées de fièvre nationaliste en Inde, le gouvernement Modi a vite compris que la poursuite de la crise n’était pas dans l’intérêt du pays et a retiré ses troupes. Chose intéressante, la spectaculaire réconciliation fin août a eu lieu dans l’optique du sommet des BRICS à Xiamen du 3 au 5 septembre.

La conclusion de l’affaire est double. Premièrement, l’on a souvent tendance à voir le Grand jeu comme un affrontement de grands blocs, mais il ne faut jamais oublier que les antagonismes et particularismes locaux peuvent avoir une réelle incidence. La meilleure illustration vient du « mouchoir de poche » du Doklam, petit plateau inconnu au fin fond de nulle part mais qui, on vient de le voir, aurait pu avoir de très sérieuses conséquences à l’échelle du continent-monde.

Quant aux structures multipolaires – les BRICS en l’occurrence – elles font une nouvelle fois la preuve qu’elles sont bien autre chose qu’une coquille vide. Aucune surprise pour le fidèle lecteur, nous l’annoncions avant le début de la crise du Doklam :

Poutine est à Astana pour un importantissime sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai qui verra l’entrée officielle de l’Inde et du Pakistan dans la confrérie eurasiatique, décidée il y a deux ans et ayant pris un peu de retard. 

Le parallèle est frappant. Tandis que les institutions de l’empire américain sont en train de se fissurer (Union européenne # Brexit ; OTAN # Turquie) ou d’exploser (CCG # Qatar), la multipolarité eurasienne continue d’intégrer et de grandir. Tss tss Mackinder…

Certes, l’entrée du couple infernal indo-pakistanais importera son lot de frictions – dispute du Cachemire, méfiance de l’Inde vis-à-vis de la Chine et de ses routes de la Soie (rappelons que Modi a refusé de participer au sommet organisé le mois dernier par Pékin) – et la presse russe ne cache d’ailleurs pas certaines craintes. Mais cette plateforme unique de consensus à l’échelle du continent-monde qu’est l’OCS finira par créer, sous la pression du binôme russo-chinois, le dialogue nécessaire entre les frères ennemis.

Vladimirovitch ne disait pas autre chose dans un article écrit juste avant le sommet :

« Les activités de notre groupe sont fondées sur les principes d’égalité, de respect et de consensus. Au sein des BRICS, rien n’est jamais imposé à personne. Quand les approches de ses membres diffèrent, nous travaillons patiemment et calmement afin de les faire coïncider. Cette atmosphère ouverte et basée sur la confiance est le gage de notre réussite. »

BRICS pas à brac

Ce sommet de Xiamen justement, qu’en est-il ressorti ? Une foultitude de choses et ce n’est sans doute pas un hasard si la MSN occidentale commence à s’y intéresser un peu plus sérieusement que par le passé…

L’un des accents a été mis sur la lutte contre le terrorisme et, pour la première fois, des groupes djihadistes pakistanais (Lashkar e-Taiba et Jaish e-Mohammed) ont été nommés, pour le plus grand plaisir de New Delhi. Pékin s’est même cru obligé ensuite de rassurer le Pakistan sur ses intentions.

Plusieurs contrats ou memorandums de coopération ont été signés et d’importantes rencontres bilatérales ont eu lieu (Poutine-Xi, Xi-Modi, Temer-Modi, Modi-Poutine…) A ce propos, notons l’intéressant tango du président brésilien, Temer l’Usurpateur comme certain l’appellent, peu ou prou mis en place par un coup d’Etat juridico-institutionnel américain il y a un an. Le système impérial doit rire jaune en voyant son « protégé » s’émanciper dangereusement, inviter à la Chine à investir dans les privatisations et proposer de créer une plateforme de renseignement purement BRICS contre le terrorisme ainsi qu’une agence de notation.

On en avait déjà vu les prémices quand, en juin, Brasilia et Moscou ont annoncé une plus ample coopération spatiale et que Temer s’était dit intéressé par l’installation du système russe Glonass, concurrent du GPS américain, au Brésil. Comme son voisin Macri en Argentine, Temer doit faire face au principe de réalité : l’avenir est au monde multipolaire et il serait suicidaire de s’en séparer.

D’ailleurs, celui-ici attire de plus en plus et le président mexicain Peña Nieto a participé comme invité au sommet. Bientôt le BRICSM ? Ca semble en tout cas être le souhait de Pékin : élargir la multipolarité et y associer un nombre grandissant de pays. Le projet BRICS Plus, introduit en mars dernier par le ministre chinois des Affaires étrangères, propose d’étendre le partenariat avec le Mexique, l’Egypte ou encore la Thaïlande.

Mais la bombe du sommet de Xiamen a une nouvelle fois été économique et financière, avec un mot d’ordre en filigrane : dé-do-lla-ri-sa-tion. Dans l’article cité plus haut, Vladimirovitch avait d’ailleurs annoncé la couleur, quoique de manière diplomatique. Dans une déclaration commune des cinq, on peut lire cette phrase qui n’a pas dû passer inaperçue à Washington :

« Nous nous sommes mis d’accord pour favoriser le développement des marchés des obligations en devises nationales des pays des BRICS, ainsi que pour créer un fonds d’obligations en devises nationales des BRICS. »

Autre idée évoquée, mais encore à l’état de projet : la création d’une crypto-monnaie BRICS, évidemment vue comme une alternative au dollar. Mais surtout, la triade pétrole-or-yuan se met en place, court-circuitant bientôt le pétrodollar. Russie-Chine d’abord (ça a déjà commencé), puis les BRICS, leurs partenaires, les Etats alliés (Iran) voire même d’anciens vassaux de l’empire ensuite retournés (Qatar). Le tsunami risque d’être inarrêtable et fatal au système impérial américain. On comprend que Bzrezinski ait préféré partir avant

Dans cet horizon fait de nuages noirs, une éclaircie tout de même pour Washington, offerte sur un plateau d’argent par l’allumé de Pyongyang.

Rien ne sert de Corée, il faut partir à point

Nous étions restés sur l’élection de Moon Jae-in en Corée du sud et la mauvaise nouvelle que cela représentait pour le Deep State néo-con :

Moon a envoyé les Américains valser sur la lune en suspendant le déploiement du THAAD. Concrètement, les deux batteries déjà débarquées resteront jusqu’à plus ample informé, mais celles qui étaient en attente d’installation attendront encore longtemps…

On imagine aisément le soulagement à Pékin, dont le nouveau président sud-coréen est assez proche, et à Moscou ; l’empire US vient de connaître un méchant revers dans sa tentative de contenir la partie orientale de l’Eurasie.

Car c’est de haute stratégie qu’il s’agit ici : Washington utilise habilement un conflit ancien et réel (crise coréenne : 1er niveau) pour placer ses pions sur l’échiquier (Grand jeu : 2nd niveau). Les batteries THAAD sur le territoire sud-coréen surveillent officiellement la Corée du nord et officieusement la Chine.

Nous avertissions cependant :

Dans ce contexte, l’élection de Moon risque de rebattre les cartes, dans des proportions qu’il est difficile de prévoir. Il est notoirement amical avec Pékin et, on l’a vu plus haut, très critique vis-à-vis de l’installation du bouclier US. Rééquilibrage des alliances, soumission à la pression américaine, ni-ni visant à plaire à tout le monde… tout est possible. Sans compter les coups d’éclat de Kim III qui ne manqueront pas d’advenir.

C’est advenu ! L’indécrottable Nord-coréen a procédé à ses essais nucléaires et provocations diverses, forçant la Corée du sud à finalement accepter le THAAD sur son territoire malgré les houleuses protestations : « une décision difficile mais inévitable » selon Séoul.

Kim III ou l’idiot utile de l’empire…

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/

Birmanie: les rebelles rohingyas proclament un cessez-le-feu d’un mois

Birmanie: les rebelles rohingyas proclament un cessez-le-feu d’un mois

Un camp de réfugiés rohingyas à Ukhiya, au Bangladesh, le 9 septembre 2017 / © AFP / MUNIR UZ ZAMAN

Les rebelles rohingyas qui avaient attaqué fin août des postes de police dans l’Etat Rakhine, en Birmanie, déclenchant une campagne de répression de l’armée et l’exode de près 300.000 membres de cette minorité musulmane, ont déclaré dimanche un cessez-le-feu unilatéral d’un mois.

« L’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) déclare l’arrêt temporaire de ses opérations militaires offensives », a déclaré le groupe rebelle dans un communiqué sur Twitter.

L’ARSA, plus connu localement sous le nom Harakah al-Yaqin (« Mouvement de la foi » en arabe), ajoute vouloir ainsi favoriser l’arrivée de l’aide humanitaire.

Les rebelles avaient coordonné des attaques contre plusieurs dizaines de poste-frontières birmans depuis le 25 août, équipés de simples machettes et couteaux.

Le groupe dit avoir pris les armes pour défendre les droits bafoués de la minorité musulmane rohingya.

Depuis des décennies, cette minorité, qui compte environ un million de personnes, est victime de discriminations en Birmanie, pays à majorité bouddhiste.

Pour fuir l’opération de l’armée birmane, les centaines de villages du nord de l’Etat Rakhine se sont vidés de leurs habitants.

La plupart arrivent au Bangladesh à pied ou en bateaux après des jours de marche sous la pluie. Les deux pays ont une frontière longue de 278 kilomètres, et un quart de celle-ci est constituée par la rivière Naf.

Après un long périple sous la pluie sans vivres, les nouveaux arrivés sont souvent malades, affamés et très affaiblis, racontent les ONG. Certains arrivent également avec des blessures par balles.

Et au bout du chemin, ils trouvent des camps déjà saturés et doivent souvent défrichés pour se trouver un abri.

Au total, on estime qu’entre les violences d’octobre qui avaient poussées 87.000 personnes à fuir et les troubles actuels, près du tiers des Rohingyas de Birmanie (estimés à un million) sont désormais au Bangladesh.

La Birmanie a annoncé samedi qu’elle allait mettre en place des camps pour accueillir les musulmans rohingyas déplacés, une première, après un nouvel appel de l’ONU, qui a enjoint vendredi la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à « se mobiliser ».

Environ 27.000 bouddhistes et hindous ont également fui leurs villages et ont trouvé refuge dans les monastères et les écoles dans le sud de la région.

(©AFP / 10 septembre 2017 07h24)

 

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Birmanie-les-rebelles-rohingyas-proclament-un-cessez-le-feu-d-un-mois/831268.rom

La Corée du Nord dans le grand jeu nucléaire

La Corée du Nord dans le grand jeu nucléaire

Manlio Dinucci

Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Laboratorio di geografia, Zanichelli 2014 ; Diario di viaggio (en trois tomes), Zanichelli 2017 ; L’arte della guerra / Annali della strategia Usa/Nato 1990-2016, Zambon 2016.

 

 

Pour Manlio Dinucci, la crise nord-coréenne nous fait perdre de vue le fond du problème : ce n’est pas que Pyongyang ait la bombe atomique, mais que les grandes puissances en aient d’invraisemblables stocks, que 35 autres Etats soient sur le point de l’acquérir, et que face à la stratégie US, ceux qui la détiennent sont mieux protégés que les autres.

| Rome (Italie)

+
JPEG - 40.9 ko
Docteur Folamour

Les projecteurs politico-médiatiques, focalisés sur les tests nucléaires et de missiles nord-coréens, laissent dans l’ombre le cadre général dans lequel ils s’insèrent : celui d’une croissante course aux armements qui, tandis qu’elle conserve un arsenal nucléaire en mesure d’effacer l’espèce humaine de la Terre, mise sur des têtes et vecteurs high tech de plus en plus sophistiqués.

La Fédération des scientifiques américains (Fas) estime, en 2017, que la Corée du Nord a « du matériel fissible pour produire potentiellement 10-20 têtes nucléaires, mais il n’y a pas de preuves disponibles qu’elle ait rendu opérationnelles des têtes nucléaires transportables par des missiles balistiques ». Toujours selon la Fas, les USA possèdent 6 800 têtes nucléaires, dont 1 650 stratégiques et 150 non-stratégiques prêtes à tout moment à être lancées. En comptant les françaises et les britanniques (respectivement 300 et 215), les forces nucléaires de l’Otan disposent de 7 315 têtes nucléaires, dont 2 200 prêtes au lancement, face aux 7 000 russes dont 1 950 prêtes au lancement. Selon les estimations de la Fas, environ 550 têtes nucléaires états-uniennes, françaises et britanniques, prêtes au lancement, sont déployées en Europe à proximité du territoire russe. C’est comme si la Russie avait installé au Mexique des centaines de têtes nucléaires pointées sur les États-Unis.

En ajoutant les chinoises (270), pakistanaises (120-130), indiennes (110-120) et israéliennes (80), le nombre total des têtes nucléaires est estimé à environ 15 000. Ce estimations sont approximatives, presque certainement par défaut. Et la course aux armements nucléaires se poursuit avec la modernisation continue des têtes et des vecteurs nucléaires.

En tête se trouvent les États-Unis, qui effectuent de continuels tests des missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III et se préparent à les remplacer par de nouveaux missiles (coût estimé à 85 milliards de dollars). Le Congrès a approuvé en 2015 un plan (coût estimé à environ 1 000 milliards) pour potentialiser les forces nucléaires avec 12 sous-marins d’attaque de plus (7 milliards pièce), armé chacun de 20 têtes nucléaires. Entre dans le même cadre le remplacement des bombes nucléaires USA B61, présentes en Italie et dans d’autres pays européens, par les nouvelles B61-12, armes de première frappe. La potentialisation des forces nucléaires comprend aussi le prétendu « bouclier anti-missiles » pour neutraliser les représailles ennemies, comme celui installé par les USA en Europe contre la Russie et en Corée du Sud, non pas contre la Corée du Nord mais en réalité contre la Chine.

Russie et Chine sont en train d’accélérer la modernisation de leurs forces nucléaires, pour ne pas de faire distancer. En 2018, la Russie déploiera un nouveau missile balistique intercontinental, le Sarmat, avec une portée allant jusqu’à 18 000 km, capable de transporter 10 à 15 têtes nucléaires qui, en rentrant dans l’atmosphère à une vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son), manœuvrent pour échapper aux missiles intercepteurs en perçant le « bouclier ».

Dans une telle situation, où un cercle restreint d’États conserve l’oligopole des armes nucléaires, où celui qui les possède menace celui qui ne les a pas, il est de plus en plus probable que d’autres cherchent à se les procurer et y arrivent. En plus des neuf pays qui possèdent déjà des armes nucléaires, il y en environ 35 autres en mesure de les construire.

Tout cela est ignoré par les journaux papier et télévisés, alors qu’ils lancent l’alarme sur la Corée du Nord, dénoncée comme unique source de menace nucléaire. On ignore aussi la leçon qu’à Pyongyang on dit avoir appris : Kadhafi —rappellent-ils— avait renoncé totalement à tout programme nucléaire et autorisé des inspections de la Cia en territoire libyen. Cela pourtant ne sauva pas la Libye quand les USA et l’Otan décidèrent de la détruire. S’il avait eu des armes nucléaires, pense-t-on à Pyongyang, personne, n’aurait eu le courage de l’attaquer. Ce raisonnement peut être fait aussi par d’autres : dans la situation mondiale actuelle il vaut mieux avoir les armes nucléaires que ne pas les avoir.

Pendant que sur la base de cette logique dangereuse la probabilité de prolifération nucléaire augmente, le Traité sur la prohibition des armes nucléaires, adopté à une grande majorité par les Nations Unies en juillet dernier, est ignoré par toutes les puissances nucléaires, par les membres de l’Otan (Italie comprise) et par ses principaux partenaires (Arabie saoudite, Ukraine, Japon, Australie). Une large mobilisation est fondamentale pour imposer que notre pays aussi adhère au Traité sur la prohibition des armes nucléaires et donc évacue de son territoire les bombes nucléaires US, dont la présence viole l’autre Traité, celui de non-prolifération, déjà ratifié par l’Italie. Si la conscience politique fait défaut, l’instinct de survie au moins devrait se déclencher.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 

http://www.voltairenet.org/article197746.html

Revue de presse du 10/09/2017

10
Sep
2017

 

 

CRISE BANCAIRE

Manipulation des taux d’intérêt : la Société générale à l’amende

« « Manipuler frauduleusement le Libor et tromper le marché financier pour influer sur les transactions financières mondiales a des conséquences d’une grande portée et de telles activités criminelles ne seront pas tolérées. » Le ton d’Andrew Vale, du FBI, était ferme le 24 août dernier pour condamner les pratiques de deux cadres de la Société générale ayant sciemment manipulé le Libor, le principal taux d’intérêt qui sert à déterminer les taux d’emprunt des entreprises, des particuliers et des financiers, un peu partout dans le monde. La banque française rejoint ainsi la liste d’une quinzaine de grands établissements pris la main dans le sac d’une telle pratique. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

DÉMOCRATIE

Venezuela : comment NE PAS donner une information

« Le 30 Juillet s’est produit un évènement politique d’une portée historique considérable : un peuple internationalement assailli à l’extérieur et soumis à la violence paramilitaire à l’intérieur, est descendu dans la rue pour exprimer son double rejet de l’ingérence internationale et des aspirations des élites locales à reprendre le pouvoir. »

Source : LE GRAND SOIR

ENVIRONNEMENT

2016, année noire pour le climat et réchauffement à un niveau record

« Le dernier rapport annuel sur «l’État du climat» dresse un portrait des plus sombres de notre planète après deux années consécutives où la température globale était au plus haut depuis le début des relevés de températures en 1880. »

Source : Le Figaro

EUROPE

Pourquoi l’Europe ferait bien de prendre Silvio Berlusconi au sérieux quand il menace la survie de l’euro

« Dans une interview donnée au journal « Libero Quotidiano », Silvio Berlusconi a avancé l’idée de la création d’une monnaie parallèle afin que l’Italie puisse « retrouver sa souveraineté monétaire ». Alors que le parti de l’ancien Président du conseil, Forza Italia, tend à se rapprocher de la Ligue Du Nord de Matteo Salvini, dans quelle mesure une telle proposition pourrait-elle marquer une nouvelle étape dans ce processus de renouvellement de leur alliance ? Quelles seraient les chances de voir une coalition de droite emporter les élections générales de 2018 ? »

Source : Atlantico

Notes de frais : révélations sur les jets privés de la Commission

« La Commission européenne a été contrainte de publier une partie des notes de frais engagés pour ses déplacements en 2016. La lumière ainsi faite sur des sommes astronomiques est gênante pour la Commission, et la presse britannique anti-UE n’en fait qu’une bouchée. »

Source : Courrier International

Brexit : l’éternel retour de l’arrogance des dirigeants européens

« Le Brexit « est une décision stupide ». L’auteur de cette toute récente amabilité se nomme Martin Selmayr. Très peu connu du grand public, cet Allemand n’est autre que le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Dans les cercles bruxellois bien informés, on lui prête une influence aussi discrète qu’étendue au sein des institutions européennes. Sa petite phrase du 4 septembre n’est donc pas passée tout à fait inaperçue. L’homme de l’ombre a cependant admis : « je suis un réaliste ; le Brexit aura bel et bien lieu en mars 2019 ». »

Source : RUPTURES

FRANCE

Loi travail : quel impact réel sur l’emploi et le chômage ?

« La future loi travail est-elle cette révolution copernicienne qui va changer la donne sur le marché du travail français ? S’il faut retenir une chose décisive dans cette loi, c’est la possibilité offerte aux petites entreprises de nouer des accords simplement. La possibilité qui leur est offerte de procéder par vote majoritaire, à l’initiative de l’employeur, avec ou sans représentation syndicale ou représentant mandaté, ouvre de grandes potentialités d’aménagement du droit sur mesure. »

Source : XERFI CANAL

Code du travail : le crépuscule du « En même temps. »

« Les ordonnances sur la loi Travail signent la fin de la posture d’équilibre qu’avait voulu incarner Macron durant la campagne. Avant même qu’elle ne soit dévoilée ce jeudi par le gouvernement, on avait déjà dit tout et son contraire sur la loi Travail. Aux yeux des macronistes, ce devait être la «mère de toutes les réformes», vouée à déverrouiller une société bloquée, et adapter enfin un Code du Travail vermoulu aux exigences de la société numérique. Pour les Mélenchonistes et la CGT, au contraire, la loi Travail allait organiser la «casse du Code du travail», la fin des droits sociaux, etc… »

Source : BASCULEMENT (Blog de Benjamin Masse-Stamberger)

Alternatives Economiques lance son contre-indicateur du chômage

« Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, va rendre publique le 5 septembre une nouvelle présentation des chiffres du chômage. A Alternatives Economiques, nous nous sommes dit que c’était l’occasion de concrétiser un vieux projet : créer et publier régulièrement notre propre indicateur alternatif, avec l’ambition de représenter la situation du marché du travail en France de manière plus pertinente que les indicateurs officiels. C’est chose faite : il s’agit du « taux de non-emploi en équivalent temps plein », qui se situe actuellement à 27,5 %. »

Source : ALTERNATIVES ECONOMIQUES

GÉOPOLITIQUE

Le Pentagone rejette l’appel de l’ONU à une pause dans le siège de Raqqa

« Le Pentagone a rejeté un appel urgent des responsables des Nations Unies à une pause humanitaire dans le siège de Raqqa, dirigé par les États-Unis, pour permettre à 25 000 civils piégés dans la ville syrienne aux mains du groupe État islamique (ÉI) d’échapper à l’aggravation de l’effusion de sang. Dans le Middle East Eye, le directeur des relations publiques pour l’état-major de l’opération Inherent Resolve (le nom donné par le Pentagone à l’offensive militaire américaine en Irak et en Syrie), le colonel Joe Scrocca, a déclaré : « Ralentir ne fait que retarder la libération et en fin de compte coûte la vie à plus de civils […] Le seul moyen de sauver les gens est de les libérer de l’ÉI. Plus cela prendra de temps, plus les gens souffriront sous l’ÉI. » »

Source : WORLD SOCIALIST WEB SITE

Un million d’enfants sur le point de mourir du choléra. Qui va bouger le petit doigt ?

« Depuis 2015, l’Arabie saoudite bombarde le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. L’objectif avancé de Ryad est de mâter la rébellion houthiste, perçue comme une percée de l’influence iranienne. D’après l’UNICEF, un enfant meurt toutes les dix minutes au Yémen. Pour Vijay Prashad, ces morts ne sont pas des tragédies, ce sont des crimes dont l’Occident est complice. »

Source : INVESTIG’ACTION

INEGALITES

« Un vrai recul pour les personnes exposées »

« Le compte pénibilité a-t-il été vidé de sa substance ? L’avis d’Arnaud de Broc, secrétaire général de la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés. Malgré le changement de nom – en « compte professionnel de prévention » –, la prévention disparaît totalement avec cette réforme. Faire financer les effets de la pénibilité par la branche accidents du travail et maladies professionnelles dilue la responsabilité des entreprises. »

Source : La Croix

MARCHÉS FINANCIERS

Alarme rouge sur AREVA

« Suspension des cotations un 15 août… attachez vos ceintures, ça va tanguer, contribuables, préparez vos portes-monnaie pour deux excellentes raison puisque c’est l’Etat qui détient plus de 97% du capital d’AREVA en état de faillite; le reste à été fourgué à EDF, qui pourra en plus des contribuables, également ponctionner les abonnés… »

Source : Blog de Mediapart

MATIÈRES PREMIÈRES

Arctique : un méthanier franchit sans assistance le passage du Nord-Est

« Le « Christophe de Margerie », un méthanier de 300 m de long transportant 172 600 m3 de gaz naturel liquéfié (GNL), vient de franchir sans escorte et sans encombre le passage du Nord-Est dans l’océan Arctique. Parti fin juillet de l’usine de liquéfaction de Snovhit (Norvège), il s’est rendu dans le port de Boryeong (Corée du Sud). Ce raccourci maritime, rendu possible par le réchauffement climatique, permet de rejoindre en 15 jours l’Asie par le détroit de Béring et de gagner 15 jours par rapport à la voie classique passant par le canal de Suez. Ce transport est opéré par le groupe public russe de transport maritime Sovcomflot pour le compte de Total et de trois autres compagnies (Novatek (Russie), CNPC (Chine) et Silk Road Fund (fond sous contrôle étatique chinois)). Selon Total, ce méthanier, ainsi que 15 futurs autres, transporteront le GNL produit sur la péninsule russe de Yamal (site d’un projet d’usine de liquéfaction) vers l’Europe toute l’année et vers l’Asie sans escorte de brise-glace entre mai et novembre. La Russie mise beaucoup sur le développement du trafic maritime par le passage du Nord-Est, qui à la différence de la voie maritime slalomant à travers le nord désertique du Canada, est ponctué de ports et de bases militaires pouvant secourir les navires en détresse. »

Source : Connaissance des énergies

Schiste d’Argentine : les majors attirées par larges potentiels et subventions

« L’Argentine devient une contrée largement convoitée par les majors pétrolières internationales pour ses ressources en pétrole et gaz de schiste. Les compagnies Statoil (Norvège) et YPF (Argentine) viennent ainsi de signer un accord en vue d’explorer ensemble un gisement de gaz et pétrole de schiste en Patagonie argentine. »

Source : LE BLOG FINANCE

RÉFLEXION

Pierre Madelin : « L’écologie politique s’affirme comme une réflexion critique de la modernité »

« Philosophe de formation, traducteur, Pierre Madelin vit depuis 2012 dans l’État mexicain du Chiapas, où le mouvement zapatiste est actif depuis 1994. Celui qui a intégré la rédaction du Comptoir depuis quelques mois est également l’auteur d’un brillant essai, « Après le capitalisme : Essai d’écologie politique », publié chez Écosociété. Dans cet ouvrage, salué par nos camarades de « La Décroissance » en mai dernier, Pierre Madelin analyse le capitalisme, ses effets néfastes sur l’environnement et tente de tracer une voie de sortie décroissante, radicale et libertaire. Un essai que devraient se procurer tous ceux qui s’intéressent sincèrement à l’écologie politique, mais dont ne parleront jamais les grands médias, trop occupés à promouvoir le “capitalisme vert”, le “développement durable” et autres bêtises néolibérales. Nous avons décidé de réparer partiellement cette injustice avec un entretien-fleuve sur son dernier livre. »

Source : LE COMPTOIR

La démesure, l’ignorance systémique, et la destruction du monde naturel

« Une des choses qui m’ont toujours semblé choquante, comme si elle témoignait de l’impasse dans laquelle s’enlise la civilisation, c’est qu’au sein du panel excessivement diversifié de ses « programmes » éducatifs, la biologie (« Science de la vie, étude des êtres vivants ») ne soit qu’une option parmi tant d’autres. Bien sûr, elle incorpore les SVT (Sciences de la vie et de la Terre) dans son enseignement primaire et secondaire, mais il s’agit uniquement de rudiments assez sommaires, bien souvent anthropocentrés, témoignant de bien peu de respect du vivant (vivisection industrielle) et vite oubliés. Cette absence d’enseignement se double d’une absence d’expérience personnelle, puisque la relation du citadin — qui évolue dans un environnement entièrement artificiel — au monde naturel est extrêmement appauvrie, et détraquée (phénomène d’aliénation). »

Source : LE PARTAGE

SOCIETÉ

Les chiffres de l’enquête sur les tarifs du bio en supermarché

« UFC Que Choisir conclut à travers une enquête portant sur 1 541 points de vente que le prix d’une consommation annuelle en fruits et légumes bio revient pour un ménage français en moyenne à 660 euros, contre 368 euros pour le conventionnel. Cette différence ne s’expliquerait pas seulement par les coûts de production plus élevés du biologique, les marges réalisées sur le bio par les grandes surfaces sont pointées du doigt. »

Source : Sciences et Avenir

Elon Musk met en garde contre les « robots tueurs »

« Elon Musk et d’autres dirigeants d’entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle ont écrit une lettre ouverte aux Nations unies pour mettre en garde contre les dangers des armes autonomes, surnommées «  robots tueurs  ». Les «  armes offensives [destinées à tuer, NDLR] autonomes […] permettront des conflits armés à une échelle jamais vue auparavant et à des vitesses difficiles à concevoir pour les humains  », peut-on lire dans cette lettre ouverte à la Convention des Nations unies sur les armes. Parmi les signataires figurent Elon Musk, patron du constructeur de voitures électriques et partiellement autonomes Tesla, et de l’entreprise spatiale SpaceX, ou encore Mustafa Suleyman, de la société britannique DeepMind, détenue par Google et spécialisée dans l’intelligence artificielle. »

Source : Le Point

ÉTATS-UNIS

La crise sur les opioïdes est bien plus grave qu’on ne le pense

« Aux Etats-Unis, l’épidémie d’opioïdes tue maintenant plus de 100 personnes chaque jour, et cela créé une crise de santé publique qui impacte sévèrement les moyens de l’état et des collectivités – obligeant même un coroner de Pennsylvanie à augmenter sa capacité en chambres froides pour pouvoir faire face à l’afflux de tous les corps. Et selon une étude publiée récemment, l’épidémie tuerait probablement plus d’Américains qu’on ne le pense. L’étude, publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine, laisse entendre que certains états ont peut-être sous-estimés le taux de décès liés aux opioïdes et à l’héroïne, ce qui fausse de plus de 20% le nombre de décès au niveau national. »

Source : ZEROHEDGE VIA BUSINESS BOURSE

 

http://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-10092017/

Le pied-de nez d’outre-tombe de Christophe de Margerie aux Américains, qui relance les interrogations sur sa disparition

Trois ans après sa mort tragique, Christophe de Margerie envoie d’outre-tombe un pied-de nez magistral aux USA par l’intermédiaire de la Russie. Un message que les USA, qui avaient combattu l’homme, n’ont pas manqué de recevoir en pleine face. En 2014 le grand patron de Total, Christophe de Margerie, disparaît dans le crash de son avion sur un aéroport de Moscou après une entrevue avec Dmitri Medvedev, le Premier ministre. Si l’enquête a été apparemment bâclée, les engagements du patron de Total avec la Russie sont saufs au-delà de sa mort. En effet l’enquête sur le crash de l’avion semble donner une version trop simple pour être vraie, au regard du personnage hors du commun qu’était Christophe de Margerie. La thèse rapidement retenue de l’accident relève-t-elle d’une évidence ou bien les autorités russes savent d’où vient le coup mais ne trouvent pas opportun de le révéler? En effet le patron de Total venait une nouvelle fois de défier les intérêts américains. Mais pour l’homme, s’agissait-il du défi de trop?

Le Christophe de Margerie ouvre une voie maritime nouvelle vers le Pacifique  

C’est à travers un hommage particulièrement appuyé que lui rend la Russie que Christophe de Margerie revient d’entre les morts à travers le plus grand brise-glace du monde baptisé de son nom et conçu pour inaugurer une nouvelle route maritime à partir du grand Nord. Une voie nouvelle qui va permettre de gagner trois semaines par rapport au trajet antérieur pour aller dans le Pacifique récolter les fruits du contrat qui unit Total au groupe gazier russe.

Mais où sont donc les représentants de la France ?

Il s’agit d’un hommage extraordinaire de la Russie rendu à un Français pour une œuvre qui sert autant les intérêts de la Russie que ceux de la France, puisque Total est la première entreprise française et celle à travers laquelle la France agit. Néanmoins, si Vladimir Poutine intervient dans une allocution vidéo au cours de la cérémonie de baptême du super tanker, en revanche ni la famille Margerie, ni aucun représentant de l’État français n’est présent pour recevoir l’hommage. Les information TV n’ouvrent pas sur cette grande nouvelle. Il faut aller puiser au cœur d’un reportage d’Envoyé Spécial, uniquement diffusé sur France 2, pour en avoir la nouvelle, comme en catimini. Seul le nouveau patron de Total est présent à la cérémonie, -qui d’ailleurs n’est pas retransmise-, et encore se garde-t-il de toute allusion aux raisons de la mort de son prédécesseur, celui qui à ses dires, l’avait mis en position de lui succéder à la tête de la compagnie pétrolière française.

Ces absences françaises plus que n’importe quelle explication démontrent à quel point la France tremble devant le gendarme du monde que sont les USA…

Quels que puissent être les torts attribués à Christophe de Margerie, son œuvre indépendante des pressions montre combien cet homme était un grand Français, gageons que d’autres grands Français, d’autres grands entrepreneurs, d’autres  créateurs, honorent la France de leur génie et de leur audace, mais s’ils ne sont pas inféodés au mondialisme, ils sont cachés au lieu d’être montrés en exemple.

« Christophe de Margerie a beaucoup travaillé pour la richesse de Total et celle de la Russie ».

Quand on pose la question au capitaine du Christophe de Margerie: « Savez-vous pourquoi le bateau poste le nom de Christophe de Margerie ? » Celui-ci répond: « il a beaucoup travaillé pour la richesse de Total et celle de la Russie ». Les Russes semblent donc avoir eux-mêmes bien compris qu’il ne faut surtout pas assimiler l’action du grand patron à celle de la France, comme si Total n’avait rien à voir avec les intérêts français. Une telle assimilation serait très politiquement incorrect. Il faut dire que cet hommage d’une rare portée ne doit pas manquer d’interpeler les grands groupes américains. C’est en réalité un hommage franco-russe en lien avec le dernier défi de Christophe de Margerie, mais dans lequel la partie française se fait très discrète, l’œil sourcilleux et jaloux de Washington veille et menace.

Ni Total, ni la Russie ne veulent entendre parler d’attentat, à quoi bon ? Un consensus général plane sur la disparition du patron de Total. Les USA ne mettent pas l’enquête de Moscou en question, la France non plus. Est-ce la partie Total de l’affaire qui a demandé la discrétion sur le crash ? Étrange consensus du silence. Chacun y trouvant probablement son intérêt. C’est aussi ce qui s’observe lorsque tout le monde sait mais que tout le monde a avantage à faire comme s’il le savait pas. Qu’elle soit accidentelle ou qu’il s’agisse d’un attentat, la mort tragique du patron atypique de Total n’a ni empêché, ni arrêté, le contrat historique passé entre la Russie et Christophe de Margerie, l’ami qui jusqu’au bout a dénoncé les sanctions économiques que les USA ont imposées contre la Russie suite au rattachement de la Crimée, ainsi qu’en témoignent tous ceux qui l’ont croisé lors de sa dernière journée à Moscou. « Il était le contraire d’un courtisan, c’était un homme qui avait une liberté totale », dit un de ses collaborateurs.

Quand verrons-nous nos grands amis américains rendre un hommage de cette ampleur à un grand Français ? Jamais! Les Américains n’aiment pas que leurs amis leur fassent de l’ombre.

Le défi iranien de Christophe de Margerie face aux USA

Au terme du reportage qu’ « Envoyé spécial » lui a consacré (Vidéo ci-après), difficile en effet, de ne pas penser à un attentat des services secrets américains contre l’homme qui concluait des affaires gazières par-dessus les oukases US, non pas que de nouvelles révélations aient été faites à propos des circonstances du crash, mais plutôt en raison de l’hommage appuyé de la Russie à Margerie, (un hommage en forme de mise-au-point?), et également en raison du désir hégémonique sourcilleux des États-unis qui sabrent tous ceux qui entravent les intérêts oligarchiques américains. BNP-Paribas en a fait les frais à propos de l’Iran, tout comme Total et pour les mêmes raisons :

La banque française a été accusée par la justice américaine d’avoir contourné entre 2000 et 2010 les embargos imposés par les États-Unis à Cuba, à l’Iran, au Soudan ou à la Libye. Elle devra payer 8,9 milliards de dollars d’amende. Source Le Monde

En effet, Christophe de Margerie avait déjà reçu un avertissement en grand lorsqu’il avait déjà défié la puissance américaine en Iran. Les USA estimaient que leurs alliés (vassaux?) devaient eux aussi se soumettre à l’embargo américain. Mais Christophe de Margerie loin de s’incliner devant cet embargo américain a profité de l’absence des groupes pétroliers US dans le pays pour conclure un important contrat avec les Iraniens, avec l’accord du ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, ainsi que ce dernier en témoigne dans le reportage. Pour se venger et en forme d’avertissement les Américains ont attaqué Total en Justice et condamné le groupe à leur verser une somme colossale de plusieurs milliards de dollars pour avoir osé passer outre les intérêts US.

« En 2013, Total était la première entreprise française et la onzième du monde en termes de chiffre d’affaires, générant quelque 288,8 milliards de dollars et un bénéfice de 11,2 milliards de dollars. «

« Le groupe a de gros intérêts en Russie. La Russie va devenir le premier fournisseur d’hydrocarbures pour Total d’ici à 2020. » Source: Agoravox

Cet accord conclu avec les Russes par le PDG de Total est donc une affaire à long terme qui rentre en concurrence direct avec les pétroliers américains tout en confortant le secteur gazier russe.

Les Américains voyaient déjà le pétrole russe dans leur escarcelle

L’abus de pouvoir américain par Justice interposée va pousser Christophe de Margerie à coopérer avec l’autre grande nation de l’énergie, peut-être la plus grande, la Russie, celle dont les grands groupes pétroliers américains convoitent précisément les ressources. C’était téméraire. Pour comprendre il faut brièvement remonter à la chute de l’empire soviétique lorsque les oligarques Américains du pétrole vont faire ami-ami avec les oligarques russes. Les oligarques russes sont ces gangsters qui vont s’accaparer les entreprises nationales russes en profitant du chaos de fin de règne et qui vont ensuite les négocier avec les grands groupes américains. Ces juteuses affaires privées vont être un bon moyen pour les Américains d’enfin mettre la main sur les ressources énergétiques du sous-sol russe, pensent-ils, et du coup la Russie trouve grâce à leurs yeux, même si officiellement le prétexte à ce revirement est plutôt la contre-révolution anti-communiste.

Cette état de grâce sera de courte durée. Au bout de la décennie, en 1999, Eltsine cède sa place de président de la Fédération à Vladimir Poutine  qui trouve la Fédération à genoux, ces richesses livrées à l’ancan. Les oligarques de part et d’autre ne doutent pas que le pillage de la Russie va pouvoir se poursuivre en toute tranquillité. C’est ignorer le patriotisme du nouveau président par intérim qui va trouver un écho dans le patriotisme des Russes grâce auquel il sera élu l’année suivante.  On connaît la suite: Poutine remet les oligarques russes à leur place, et les récalcitrants en prison, tandis que les Américains rentrent chez eux bredouille. Cette reprise en main des ressources russes par la Russie, les Américains ne l’acceptent pas, d’où leur volonté d’anéantir le pays ou au moins de le présenter à l’opinion publique comme l’ennemi irréductible, comme au beau temps de la Guerre froide, afin de justifier tout ce qui pourrait le déstabiliser et servir de prétexte aux conflits que les USA mènent un peu partout, par delà les océans.

L’une des plus grandes tentatives de déstabilisation de la Russie c’est le coup d’État du Maïdan en Ukraine en 2014, Or Christophe de Margerie ne rentre pas dans le jeu américain contrairement aux autorités de l’Union, il le dénonce et ne cache pas sa sympathie pour le rattachement de la Crimée à la Russie et va même conclure un accord pétrolier historique avec elle malgré les oukases américains, ce qui ouvre à la Fédération son horizon au moment où les sanctions économiques tentent de le lui fermer. La témérité de l’homme d’affaire lui aurait-elle été fatale? Impossible de répondre avec certitude. Quoiqu’il en soit le coup qu’il a porté en faveur du groupe français Total et au profit de la Russie rééquilibre un peu le rapport de force entre les mondialistes occidentaux et le monde libre qu’est la Russie aujourd’hui.

L’impossible rapprochement de Donald Trump avec la Russie

Donald Trump qui affirme que la politique étrangère des USA doit changer en cessant de jouer les gendarmes du monde, a-t-il réellement l’intention de faire cesser la politique agressive américaine, celle qui justifie le commerce des armes, l’hégémonie sur les ressources énergétiques ou encore le contrôle des ressources alimentaires ? Si telle est la volonté du président américain il s’attaque à très forte partie. Au parti tout-puissant des marchands d’armes, des groupes pétroliers et de la haute finance américaine pour qui la guerre larvée contre la Russie permet de justifier devant l’opinion publique mondiale tous les conflits que mènent l’oncle Sam. Donald Trump persistera-t-il et si oui, subira-t-il le sort de Christophe de Margerie ?

« Naturellement, les Américains consolidèrent leur emprise et toute la géopolitique américaine sent le pétrole et les nations qui ne l’ont pas compris le paieront à leur dépens. L’invasion de l’Irak par deux fois, l’éclatement de la Yougoslavie ( avec la création ex nihilo du Kossovo) où se trouve la plus grande base américaine en Europe qui permet d’avoir un regard sur ce qui se passe en Europe , l’Afghanistan , le chaos libyen et la Syrie qui ne veut pas mourir c’est encore et toujours le pétrole. Le feuilleton turc s’est peut être le début d’une affaire pétrolière.

Il vient que les nations européennes exception faite du Royaume Uni se battent pour leur approvisionnement pétrolier par leur compagnie interposée. » Source Agoravox

Dés qu’on évoque l’hypothèse d’un complot au détriment de l’oligarchie qui dirige l’Occident, quels que soient les éléments concordants qui y mènent, il lui est aussitôt opposé la théorie du complot comme si cela était un argument. C’est, bien sûr, la presse aux ordres, la presse sous contrôle, qui agite la théorie du complot. Pourtant les conjurations sont parties intégrantes de l’histoire, de l’assassinat de Jules César par son fils Brutus, au coup d’État de Napoléon Bonaparte et jusqu’à la conjuration manquée contre Adolf Hitler par ses généraux. Curieusement ce  dernier complot est admis et même porté au fronton de l’Histoire officielle, car il participe à la théorie officielle de l’Histoire … Mais les complots les mieux réussis ne sont-ils pas ceux que personne ne soupçonne jamais?

Qui a mis une potion déstabilisante dans le verre de Marine Le Pen lors du débat ?

Dans ces conditions on comprend que Marine Le Pen ou François Fillon, en manifestant leur projet de renouer des relations diplomatiques indépendantes de la France avec la Russie n’avaient aucune chance de réussir face à un Emmanuel Macron soutenu par les milliardaires, la Haute finance et donc par les services secrets américains qui veillent au grain, avec son projet de renforcement de l’UE et de l’OTAN…  Cela n’est rien lorsqu’on connaît le rôle fondateur des USA dans la création de l’Union européenne, ainsi que Marie-France Garaud n’a pas craint de le dénoncer publiquement. On comprend que Macron ait reçu un hommage marqué lors de son arrivée au sommet de l’OTAN en Allemagne, avant-hier, particulièrement de la part des membres de l’Ouest de l’Union… Quand on promeut la politique des autres au détriment de soi, les autres sont contents, c’est normal. Normal aussi que Poutine soit détesté, il ne se bat que pour son pays. Macron est donc l’anti-thèse de Poutine.

On peut donc, sans ridicule, se poser la question: qui a mis une potion déstabilisante dans le verre de Marine Le Pen lors de son débat face à Macron entre les deux tours? Jamais, ni avant, ni après, Marine Le Pen n’a été aussi nulle et étrangère à elle-même qu’au moment le plus crucial de sa campagne. On peut se poser sérieusement la question suite à l’aventure tragique de Christophe de Margerie, même si la perfection du complot c’est de ne jamais être percé…

Intéressante enquête d’Envoyé spécial – De Margerie: l’énigme totale– 27 avril 2017

Pour compléter le sujet: Vladimir Poutine a présidé le baptême du navire amiral « Christophe de Margerie » à Saint-Petersbourg – Vidéo

Voir également:

emiliedfresne@medias-presse.info

 

http://www.medias-presse.info/le-pied-de-nez-doutre-tombe-de-christophe-de-margerie-aux-americains-qui-relance-les-interrogations-sur-sa-disparition/74546/

Ce que contient le livre d’entretiens du pape François et dont personne ne parle

Ce que contient le livre d’entretiens du pape François et dont personne ne parle

© ServizioFotograficoOR/CPP/CIRIC
25 février 2017 : Le pape François rencontre le sociologue français Dominique Wolton durant une audience privée à la maison Sainte-Marthe au Vatican.
Partager

283
Commenter
0

« Dieu argent », morale, miséricorde, dialogue inter-religieux… le livre d’entretiens du souverain pontife avec Dominique Wolton recèle de nombreux développements sur des sujets ignorés par les médias.

En librairie depuis le 6 septembre, Politique et société, le livre d’entretiens du pape François avec le sociologue français Dominique Wolton, fait couler beaucoup d’encre. De sa relation avec les femmes, à son discours sur les migrants, en passant par son rapport au communisme ou à sa psychanalyse, certains propos ont passionné les médias. Pourtant, des thèmes bien plus essentiels sont abordés.

Dialogue avec les chrétiens…

Ainsi, la question du dialogue avec ceux qui n’appartiennent pas à l’Église catholique prend une large place. La discussion doit d’abord se faire entre chrétiens, avec les orthodoxes et les protestants, afin de « réfléchir sur ce qui se passe aujourd’hui en Europe », « de l’Atlantique à l’Oural » selon le souverain pontife. Il estime que l’œcuménisme est indispensable « parce que l’Europe va mal ». « Il y a des valeurs communes, mais il y a aussi, dans nos dialogue inter-religieux, des questions théologiques qui sont plus spécifiques. » Ce dialogue peut réussir « en intégrant les religions dans un dialogue plus général sur l’Europe », mais aussi « sur les problèmes politiques et sociaux ».

Et avec toutes les autres religions

Convaincu que le « Vieux Continent » est multiculturel, la seule manière d’éviter le repli, selon le pape François, tient donc au dialogue au sein du christianisme, mais aussi avec l’islam et le judaïsme. Le souverain pontife plaide, non seulement, pour un dialogue avec l’islam, « mais aussi à l’intérieur de l’islam, avec les alaouites et les chiites ». Bien conscient des difficultés que cela représente, le pape François est loin d’être pessimiste sur l’évolution des relations avec les musulmans. Ainsi, il exhorte les chrétiens à se rendre dans les mosquées en justifiant que « dans certains pays d’Afrique où cette cohabitation est normale est sereine, cela existe. Pour Noël, les musulmans offrent des cadeaux aux chrétiens. Et pour la fin du ramadan, les chrétiens en offrent aux musulmans. » Il estime par ailleurs que le dialogue inter-religieux doit évidemment inclure les juifs. Selon lui, « le lieu le plus propice pour le faire en ce moment en Orient, c’est la Jordanie. Parce que c’est un pays musulman, mais avec de bonnes relations avec les juifs et avec les chrétiens. »

L’attitude de respect face aux non-croyants

Pour le souverain pontife, les chrétiens ne doivent pas oublier les non-croyants, qui « font partie de la réalité. » Pour lui, la solution ne réside pas dans le prosélytisme, car la foi est « un don de Dieu ». La solution est donc de partir de « l’expérience humaine » et de « parler de choses communes ». Une discussion qui doit s’effectuer selon le successeur de Pierre « en écoutant l’autre avec respect ». L’évêque de Rome préfère cette notion à celle de tolérance, dont il rappelle l’étymologie : tolerare en latin, c’est « supporter ». La tolérance consiste alors à « permettre quelque chose qui ne devrait pas exister », quand le respect oblige à l’amour de l’autre et à l’égalité entre les hommes.

La miséricorde, une obligation pour le croyant

Le respect de l’autre est indissociable de la miséricorde, dont il rappelle que « c’est un des noms de Dieu ». Ce « voyage qui va du cœur à la main » distingue le christianisme des autres religions. Pour le Pape, « si moi, en tant qu’individu, je n’accepte pas que Dieu soit miséricordieux, je ne suis pas croyant. » Ainsi, pour le souverain pontife, « le cœur doit être touché par la compassion, par la misère humaine, par n’importe quelle misère ». Cette forme de compassion doit alors s’incarner dans des actions concrètes, comme « rendre visite à des malades, aller en prison, faire sentir au prisonnier qu’il peut y avoir l’espoir de la réinsertion ». Pour lui, « l’Église prêche d’avantage avec les mains qu’avec les mots. » Cette miséricorde exige aussi d’être capable de s’abaisser « au niveau de l’ordre, même si l’autre est supérieur ». Cette humilité est nécessaire pour bâtir des relations humaines, qui exigent l’égalité entre les hommes.

L’Église est morale, mais n’est pas une morale

Derrière cette volonté du pape de voir la miséricorde se traduire en action, il y a le désir que « l’Église témoigne davantage ». Mais le souverain pontife met son interlocuteur en garde : « C’est quand il y a émerveillement qu’il y a témoignage. » Car, « le christianisme est une rencontre avec une personne », Jésus-Christ, et c’est donc « l’expérience de la stupéfaction, de l’émerveillement d’avoir rencontré Dieu », à travers son fils. L’autre conséquence de cette rencontre est la morale. Si « l’Église n’est pas une morale », cette dernière est bien la traduction de la foi ou d’un idéal pour les non-croyants. Mais la morale du Pape n’est pas « moraliste », elle ne s’impose pas aux autres. Elle se vit personnellement à travers une éthique tournée vers autrui, notamment les pauvres et les exclus.

L’Église face au dieu argent

C’est face à «la folie de l’argent » que l’Église a le plus de mal à se faire entendre. La faute à ce « que certains préfèrent ne seulement condamner que la morale (…) “sous la ceinture” ». Pourtant pour le souverain pontife, « l’idéologie de l’idole, du “dieu argent” qui dirige tout » est néfaste. Il estime qu’« on doit au contraire remettre l’homme et la femme au centre tandis que l’argent doit être au service de leur développement ». La responsabilité de cette folie en incombe à « l’économie libérale de marché », qui prospère au quatre coin du globe depuis trente ans et qui s’est intensifiée « depuis la globalisation et la chute du communisme ». Le pape François demande « que l’État régule un petit peu » et plaide pour une « économie sociale de marché ». La différence entre les deux c’est que la deuxième renoue avec la morale, qui favorise la solidarité, plus exigeante que le simple charité. Un autre remède serait pour l’évêque de Rome « le travail avec ses deux mains », « l’aspect concret du travail », « parce que cette idolâtrie de l’argent cesse dans ces rituels ». La solution serait donc de revenir à ce qui fait l’homme.

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités