Revue de presse du dimanche 7 janvier 2018

Revue de presse du dimanche 7 janvier 2018

Berne (awp/ats) – En ce premier dimanche de la nouvelle année, la presse dominicale suisse parlent notamment des abus sexuels au sein de l’Eglise catholique ou encore des initiatives populaires « No Billag » et anti-burqa. Voici les titres de ces informations non confirmées à l’ats:

Le Matin Dimanche/SonntagsZeitung: Quelque 250 abus sexuels commis par des membres du clergé, ont été rapportés à l’Eglise catholique depuis 2010. Les cas se sont produits entre 1950 et aujourd’hui, révèlent Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Plus de 140 enfants et jeunes ainsi que 88 adultes sont concernés. 10% des cas se sont produits durant les huit dernières années et ces victimes sont adultes, détaille l’Eglise. Les accusations vont d’attouchements non sollicités à des viols. Les agressions graves sont poursuivies d’office pour autant que les autorités religieuses en informent la justice, ce qu’elles sont tenues de faire depuis 2014. Mais une partie des investigations est menée par des gens de l’Eglise uniquement – par égard pour les victimes qui ne veulent pas porter plainte, affirme-t-elle. Les magistrats sont sceptiques et mettent en garde contre le risque que de telles enquêtes ne soient pas menées correctement.

Le Matin Dimanche: Près de cinq mille artistes suisses se mobilisent pour défendre la SSR contre l’initiative « No Billag ». « Aujourd’hui, c’est le mode de perception de Billag qui ne va pas. Pas la SSR elle-même! La nuance est importante, car celle-ci agit comme un ciment national indispensable dans notre pays », écrivent-ils dans leur manifeste, cité par Le Matin Dimanche. Selon eux, l’initiative « ne prend pas en compte toute la chaîne de production qui découle de cette redevance », car le service public permet à des milliers d’artistes de créer des projets et de montrer leur travail. « Sinon, qui va parler de nous? Les médias français? Téléblocher? », se demandent-ils. « La redevance est là pour financer un média et non pour sponsoriser un Ministère de la culture bis! », répondent les initiants.

Le Matin Dimanche/SonntagsZeitung: Environ 76% des Suisses approuveraient l’initiative anti-burqa lancée par le comité d’Egerkingen. C’est ce qui ressort d’un sondage représentatif mandaté par le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Le texte des initiants vise à interdire de se dissimuler le visage dans l’espace public et ne sera pas soumis au peuple avant 2019. Une majorité des sondés accepteraient aussi d’interdire à l’école le port du voile, soit du foulard couvrant uniquement les cheveux. Les Helvètes semblent toutefois bien disposés envers l’intégration des croyants musulmans: 48% d’entre eux consentiraient à une reconnaissance officielle de l’islam contre 41,4%.

« NZZ am Sonntag »: Les Chinois espionnent les décideurs politiques, économiques et scientifiques présents en Suisse via internet. Le but? Les utiliser comme sources et glaner des informations, rapporte dimanche la NZZ am Sonntag. Les services secrets de l’Empire du Milieu créent ainsi sur des réseaux sociaux comme Linkedin de faux profils de jeunes collaborateurs universitaires ou des groupes de réflexion afin de contacter les personnes qu’elles souhaitent et si possible rapatrier l’expertise suisse en Chine. Le service de renseignement de la Confédération est conscient de ce genre de recrutement. Sans compter que Pékin pourrait envoyer des stagiaires espionner dans les entreprises suisses, soupçonne le journal alémanique. La Chine s’intéresse particulièrement au savoir-faire suisse dans les domaines de la finance, des assurances et de la pharma.

SonntagsBlick: Les attaques terroristes et les catastrophes naturelles font parties des grands dangers que la Suisse doit pouvoir gérer, affirme le chef de l’Armée Philippe Rebord lors d’un entretien avec le SonntagsBlick. Celui qui a pris son poste il y a un an souhaite donc équiper l’armée en conséquence et lui donner les moyens de réagir à ce genre de défis, notamment en mobilisant rapidement des milliers de miliciens. Par exemple, dans le cas d’un attentat à l’aéroport de Zurich, il voudrait pouvoir réunir dans de courts délais environ 5000 militaires, soit le nombre nécessaire « pour protéger l’infrastructure », estime le Valaisan.

NZZ am Sonntag: En 2017, la Confédération a mené 64 vols spéciaux pour exécuter les renvois forcés de 287 étrangers ou demandeurs d’asile sans autorisation de séjour, indique la NZZ am Sonntag, citant le Secrétariat d’Etat aux migrations. Parmi ces vols, 17 ont été menés en collaboration avec des Etats membres de l’Union européenne. Le tout a coûté 3,7 millions de francs. En 2016, 67 vols avaient été nécessaires, ce qui était revenu à 3,8 millions de francs.

Ostschweiz am Sonntag/Zentralschweiz am Sonntag: Les autorités fédérales vont se prononcer cette année sur l’autorisation d’autodépistage du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), selon les deux journaux alémaniques Ostschweiz am Sonntag et Zentralschweiz am Sonntag. De tels tests sont déjà disponibles en France, Grande-Bretagne et Italie. L’autodépistage pourrait aider la Suisse à éradiquer le virus à moyen terme, souligne la Commission fédérale pour la santé sexuelle. Cette dernière évalue à quelque 3000, le nombre de personnes porteuses du virus qui pourraient ainsi bénéficier d’un dépistage rapide.

(AWP / 07.01.2018 08h19

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La crise libyenne au prisme de la réalité tribale

La crise libyenne au prisme de la réalité tribale Le conflit libyen est un parangon de complexité géopolitique où la communauté internationale se déchire autour des figures médiatiques de l’Ouest et de l’Est du pays : entre Fayez al-Sarraj, le Premier Ministre du Gouvernement d’Entente Nationale (GEN), et le Maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée Nationale Libyenne (ANL).

Le 25 juillet 2017, Emmanuel Macron avait convié ces deux protagonistes à la Celle-Saint-Cloud dans l’espoir de trouver une issue favorable à la crise en réaffirmant les accords de Skhirat de 2015. Or, quatre mois plus tard, on n’observe aucune avancée significative à l’horizon : la Libye demeure le théâtre de l’esclavage moderne.

A ce titre, la complexité libyenne ne se limite pas à la dualité des chefs de file Sarraj et Haftar. En effet, elle met aux prises des leaders politiques et militaires, des terroristes de l’Etat Islamique en Libye (EIL) et des figures salafistes, des villes puissantes comme Zintan et Misrata, des réseaux criminels transnationaux et des tribus. Parmi cette myriade d’acteurs, la tribu occupe une place prépondérante dans le tissu social libyen.

Cette instance sociale est souvent perçue comme un élément exotique, fantasmée par l’œil occidental. Ainsi, pour écarter ce travers, il est nécessaire de rappeler que la clé de la crise libyenne n’est pas exclusivement dans la compréhension de la dimension tribale du pays. Néanmoins, ignorer cette base sociale fondamentale, c’est manquer une partie de la complexité de la question libyenne.

En effet, en Libye, environ 90 % du total de la population relève de ces groupes sociaux. Cette majorité est répartie au sein d’une centaine de tribus différentes dont seule une trentaine possède un poids social et politique significatif. Outre l’importance démographique de la tribu, il convient de préciser que le système mis en place par le colonel Kadhafi a réifié l’identité tribale en réalité sociale, à partir de laquelle les Libyens se réfèrent dans leur rapport au monde. Cette double dynamique détermine l’instance tribale comme un élément non-négligeable de compréhension de la complexité évoquée.

Le cœur économique de la Libye en terre tribale, chronique d’une énième guerre du pétrole Avec un stock avoisinant les 41,5 milliards de barils, la Libye est le pays africain qui possède les plus grandes réserves de pétrole. Ce capital énergétique colossal est extrêmement concentré, puisque 80% des réserves de pétrole et 70% des réserves de gaz sont réunies dans le bassin de Syrte, à cheval sur l’Est de la Tripolitaine et le Nord-Ouest de la Cyrénaïque. Cette réalité géographique fait de cette région, appelée « croissant pétrolier libyen », un enjeu stratégique pour les belligérants qui souhaitent présider aux destinées du pays. La région est donc le théâtre d’affrontements répétés depuis 2011.

Géographiquement, le bassin coïncide avec le territoire de tribus puissantes de Cyrénaïque comme Magharba et Awaqir. Jusqu’à il y a peu, les tribus avaient trouvé dans la personne d’Ibrahim Jadhran de la tribu Magharba, un défenseur apprécié des réserves et des installations pétrolières sur leur territoire. Or, en 2013, une instabilité s’installe dans la région. Ibrahim Jadhran, l’ancien chef de la milice responsable de la garde des installations pétrolières, défia le gouvernement intérimaire de Tripoli, en juillet 2013. Il l’accusait de corruption et d’une mauvaise répartition des ressources de la région. Grâce à ses capacités matérielles et humaines considérables ainsi qu’à la confiance des populations tribales, le rapport de force a tourné en faveur du chef tribal. Jadhran disposait en effet de 10 000 hommes pour bloquer les installations pétrolières et de gaz de Ras Lanouf, Brega, al-Sider et Zuitena et était soutenu notamment par les tribus Magharba et Awaqir.

L’importance de la tribu dans l’équation libyenne est ici révélée puisqu’un seul chef tribal contrôlait alors près de 80% des réserves de pétrole de la première puissance énergétique d’Afrique. Jadhran n’a pour autant pas pu rivaliser avec l’homme fort de l’Est du pays, le Maréchal Khalifa Haftar. Ce dernier, déjà soutenu par les membres de la tribu Zouaï, venue de Koufra, et celle d’Obeidat, venue des régions de Tobrouk, Dernaa et Al-Baïda, a conclu des alliances avec les tribus qui soutenaient Jadhran pour le renverser en 2016. Jadhran, sentant la convoitise du Maréchal et donc de l’Armée Nationale Libyenne s’amplifier, s’était rapproché du Gouvernement d’Entente Nationale. Pourtant, ce rapprochement n’a pas empêché l’opération « surprise foudroyante » de réussir, le 11 septembre. Le soutien de Sarraj, le Premier Ministre du GEN, à Jadhran n’a été d’aucun secours face à la force d’Haftar et au soutien des tribus du bassin. Néanmoins, la donne a encore changé le 3 mars 2017, lorsque Haftar a perdu le croissant pétrolier conséquemment aux attaques des Brigades de Défense de Benghazi (BDB). Ces brigades islamistes étaient parvenues à s’infiltrer dans les tribus, fragilisant l’allégeance à Haftar. Le 14 mars, le chef de l’ANL est parvenu à reprendre le bassin aux islamistes. Cet enchaînement de tensions et de conflits autour du croissant pétrolier de Syrte apporte deux enseignements à propos de l’importance des tribus pour l’avenir économique du pays. Le premier est que le contrôle du bassin et donc de l’économie du pays ne s’est fait, depuis la chute de Kadhafi, qu’avec le soutien des tribus de la région. Le second enseignement est que les tribus sont extrêmement versatiles. Le rapport de force autour du bassin est donc à la fois militaire et économique puisque les tribus fonctionnent suivant une logique de mercenariat – donnant le contrôle de la région au plus offrant. L’avenir de la Libye semble donc reposer, en partie, sur une guerre économique interne dont l’enjeu est le financement du réseau tribal pour le contrôle des lieux stratégiques du pays.

Nicolas Quintin

Retrouvez cet article et l’info alternative sur :

 

http://www.contre-info.com/la-crise-libyenne-au-prisme-de-la-realite-tribale

American-Zombie à l’ONU

 

 

 

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American-Zombie à l’ONU

L’America-First de Trump pourrait s’énoncer America-Alone, certainement encore plus du point de vue psychologique que des points de vue géographique et politique, ou bien American-Zombie pour l’humeur et le niveau de la pensée. Le vote à l’Assemblée Générale des Nations-Unies sur la décision unilatérale des USA de reconnaître Jérusalem dans-son-entier comme capitale d’Israël a donné un résultat catastrophique (pour les USA), qui met une fois de plus en évidence l’isolement considérable des USA : 128 votes contre les USA, 9 pour, 35 abstentions. La conduite de la séquence (trois jours plus tôt, votre du Conseil de Sécurité d’une résolution condamnant les USA, bloquée par le veto des USA) a été catastrophique, montrant chez les principaux protagonistes, – le président Trump et l’ambassadrice Haley, – un même état d’esprit, une même impuissance de perception, un même hybris grotesque.

Devant le Conseil de Sécurité, Haley a notamment commenté que « le Conseil avait été témoin d’une insulte [faite aux États-Unis] qui ne sera pas oublié [par les États-Unis] ». Commentant ce commentaire très américaniste, Alexander Mercouris observe :

« Parler aussi brutalement des États membres du Conseil de sécurité de l’ONU – y compris des alliés des États-Unis tels que la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, l’Égypte et l’Ukraine [qui ont voté contre les USA à l’Assemblée], – comme s’ils avaient “insulté” les États-Unis et les menacer de “ne pas oublier” simplement parce qu’ils ont voté en faveur d’une résolution conforme à toutes les résolutions antérieures de l’Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet de Jérusalem était absurde et inutilement grossier et menaçant.

» Haley a ensuite conclu cette déclaration désastreuse en avertissant les États membres de l’ONU qu’elle dressait une liste de tous ceux qui avaient osé voter [contre les USA] à l’Assemblée générale et qu’elle en ferait rapport au président. À un moment donné au cours de la session d’aujourd’hui, elle a même semblé laisser entendre que les États-Unis pourraient envisager de se retirer complètement de l’ONU.

» Cette dernière sortie est bien entendu un simple bluff sans la moindre consistance… »

Auparavant dans le même texte, le même Mercouris avait développé l’observation de ce qu’il juge comme une conduite catastrophique de l’ambassadrice Haley dans la préparation du vote. La présentation semble faire porter l’essentiel de la responsabilité de l’épisode sur la seule Haley, dont on pourrait croire, à le lire, qu’elle n’a pas informé le président comme il aurait dû l’être.

Pourtant, la matière est d’une simplicité considérable et du plus grand écho puisque venue d’une décision sensationnelle du président (reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël), avec une grande publicité et une information en conséquence. On peut raisonnablement penser qu’il n’y avait pas la seule Haley, dans l’administration Trump et autour du président Trump, sinon Trump lui-même (rêvons un peu…), pour comprendre et deviner ce qui allait arriver, – et qui arriva effectivement.

« En bon français, une résolution de l’Assemblée générale dans le cadre de la procédure “Uniting for Peace”[, comme celle qui était votée,] est inapplicable sauf par le biais du Conseil de sécurité des Nations Unies ; elle est reconnue par le droit international comme telle et elle est donc essentiellement symbolique. Cela étant bien compris, l’attitude correcte de Nikki Haley était d’informer le président (1) qu’il était certain que l’Assemblée générale voterait pour la résolution ; (2) que le vote serait purement symbolique ; et (3) que les États-Unis ne devraient donc absolument pas s’inquiéter à ce sujet.

» Compte tenu de cette situation, la seule chose à envisager et à exécuter était de faire tout son possible pour réduire la pression de la communication avant la session de l’Assemblée générale aujourd’hui afin de minimiser l’importance du vote et de limiter les dégâts diplomatiques.

» Nikki Haley a plutôt fait le contraire.

» Au lieu de minimiser l’importance de ce qui se passait, elle a multiplié les injures et les menaces à l’intention autres États membres de l’ONU au Conseil de sécurité de l’ONU lundi et avant et pendant la session de l’Assemblée générale des Nations Unies [le 21 décembre]. »

On comprend bien le raisonnement, qui pourrait être jugé juste d’un point de vue formel, mais nous serions bien évidemment très fortement tentés de ne pas suivre ce seul cadre pour nous intéresser plutôt à l’esprit de la chose. Il est vrai que dès lundi, Haley avait pris l’initiative grossière et complètement déplacée d’“avertir” par des contacts divers les pays qui voteraient la résolution proposée, condamnant les USA, qu’ils seraient placés sur une sorte de “liste noire” et que les USA leur feraient payer ce vote. On ne peut que suivre le jugement de Mercouris sur le comportement disons “opérationnel” d’Haley, mais sur le fond des choses il ne faut pas trop chercher à se dissimuler l’évidence au nom d’un formalisme trop rigide et étroit…

Les USA ont toujours agi de la sorte. Ils ont toujours fait lourdement sentir qu’ils exerceraient des représailles contre les pays qui voteraient contre eux dans cette sorte de vote, et il y a toujours eu des effets du type représailles, dans l’un ou l’autre domaine. Haley s’est simplement conduite encore plus grossièrement, plus vulgaire, plus sonore, et cela d’une façon publique particulièrement médiocre et inculte, agitant cette menace absurde et puérile dans le chef de sa propre communication d’une “liste noire”. La cause en est qu’Haley est elle-même grossière, vulgaire et sonore, d’un esprit absolument médiocre dans sa très-grande inculture tant à propos des actes que des usages. L’on doit aussitôt ajouter là-dessus que Trump a été constamment informé et qu’il a complètement approuvé Haley, notamment sur cette idée d’une “liste noire” qui pourrait d’ailleurs venir de lui-même, ajoutant même que les USA pourraient interrompre l’aide financière qu’ils apportaient à certains des pays “listés”, que cela ferait une économie utile

Dès mercredi, on ne se cachait pas pour parler, dans les divers réseaux de la communication à l’ONU et alentour, de la “lettre secrète” dont le contenu fut divulgué le jour suivant par Haaretz, cette lettre envoyée par Haley à tous les membres de l’Assemblée Générale des Nations-Unie. Il s’agit d’une méthode habituelle des mœurs mafieuses, où la menace et l’usage du chantage sont affichés dans les termes les plus crus, – c’est dire qu’il s’agit de mœurs mafieuses d’une Mafia de seconde zone, ou disons de banlieue sinon de bidonvilles, – une “mafia-zombie”, si vous voulez, pour situer le niveau de la diplomatie US, – bref le niveau du caniveau

« L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU a averti les Etats membres que Donald Trump considérera chaque vote sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël comme “une affaire personnelle” et elle lui rendra compte des membres à l’Assemblée générale des Nations Unies ayant voté pour la résolution. […] La veille de la session d’urgence, l’ambassadrice américaine Nikki Haley a envoyé une lettre informant les représentants des autres pays que tous ceux qui s’opposeraient à la position américaine seraient identifiés et que le président Donald Trump en serait informé. Haley a précisé que le président suivrait “soigneusement” le vote, selon le journal Haaretz.

» “Quand vous examinerez dans quel sens ira votre vote, je vous encourage à tenir compte du fait que le président et les Etats-Unis en feront une affaire personnelle” indique la lettre, selon le journal. “Le président suivra attentivement ce vote et il a demandé que je lui signale ceux qui auront voté contre nous”, a-t-elle ajouté. »

Bref encore une fois, l’épisode est si caractéristique, non pas de la seule Haley, non pas de la seule connexion Haley-Trump, non pas de la seule administration Trump dans son entièreté, mais bien du pouvoir de l’américanisme qui se déchaîne à “D.C.-la-folle”, et dans le sens d’une tradition de brigandage mafieuse qu’autrefois on prenait soin de dissimuler un peu. La médiocrité abyssale du personnel actuel de la direction de l’américanisme, l’hystérie qui lui sert de pensée, l’absolu désintérêt pour toute matière hors du périmètre de D.C. et des luttes interminables pour le pouvoir qui s’y déroulent, tout cela n’est pas le fait du seul Trump ou de la seule Haley pour la conduite catastrophique de la diplomatie dévastée des USA. L’élection de Trump, somme toute, n’est une surprise que dans l’ordre du conjoncturel, et pour mettre en évidence la faiblesse des défenses du Système contre cette sorte de conjoncture. Structurellement, par contre, Trump est, dans la dimension de l’absence complète de noblesse de son caractère, dans celle de la bassesse de ses vues, absolument représentatif de la direction de l’américanisme et de “D.C.-la-folle”.

L’épisode de l’ONU n’a rien pour surprendre, et ne nécessite aucun commentaire politique sortant du business as usual. Le véritable aspect important de l’incident, c’est le constat de l’absence complète de la part des dirigeants US de la perception de la nécessité d’un peu dissimuler le comportement odieux des USA derrière un léger vernis de respectabilité, de respect des lois internationales et de la souveraineté des autres. Plus personne, à Washington, n’est capable de concevoir cet exercice de la raison pratique et utilitaire dans les relations internationales, et les autres pays s’en apercoivent de plus en plus précisément (on aura remarqué dans l’extrait de l’article de Mercouris, que l’Ukraine elle-même, – “Kiev-la-folle”, – est pointée comme ayant voté contre la position US). Les American-Zombies de “D.C.-la-folle” puent psychologiquement et moralement et aucun d’entre eux n’a l’idée de se passer un coup de torchon savonneux ou d’utiliser quelque parfum pour dissimuler cet effondrement complet du comportement. Non seulement le bateau est ivre, mais il ne cesse de vomir ; le vrai Titanic avait plus d’allure dans l’exercice du naufrage.

 

Mis en ligne le 22 décembre 2017 à 16H56

http://www.dedefensa.org/article/american-zombie-a-lonu

 

 

 

Vote à L’ONU sur Jérusalem : le Saker pose une question juridique à Alexander Mercouris

Vote à L’ONU sur Jérusalem : le Saker pose une question juridique à Alexander Mercouris

[Note : aujourd'hui, j'ai envoyé un courriel à mon ami Alexander Mercouris pour lui poser une question sur le vote de l'Assemblée générale des Nations Unies concernant la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. La réponse d'Alexandre était si intéressante que je lui ai demandé si je pouvais l'afficher ici, il a gentiment accepté. Je lui en suis très reconnaissant. Le Saker]

2015-09-15_13h17_31-150x112Par The Saker – Le 21 décembre 2017 – Source The Saker

Cher Alexander

Je viens de lire ceci.

Lorsque l’auteur mentionne que :

« C’est parce que l’Assemblée générale des Nations Unies s’est réunie aujourd’hui conformément à la procédure extraordinaire créée par la résolution 377 (V) (A) de l’Assemblée générale des Nations Unies le 3 novembre 1950. Cette procédure – appelée ‘Uniting for Peace’ – peut être invoquée si le Conseil de sécurité de l’ONU est incapable de parvenir à un consensus sur toute question qui affecte la paix. »

l’auteur écrit en outre :

« Cependant, bien qu’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies faite conformément à la procédure ‘Uniting for Peace’ soit juridiquement contraignante pour les États membres de l’ONU, il n’y a pas de mécanisme pour l’appliquer, comme c’est le cas si le Conseil de sécurité de l’ONU vote en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. »

Je n’étais pas au courant de cette procédure et je voulais vous demander ceci : la protection par la Russie du référendum en Crimée et l’admission ultérieure de celle-ci dans la Fédération de Russie ont-elles déjà été condamnées par l’Assemblée générale des Nations Unies dans le cadre de cette procédure ?

Plus précisément, la Russie viole-t-elle actuellement le droit international indépendamment de toute question de force exécutoire ?

Dernier point, mais non des moindres, connaissez-vous d’autres cas où l’Assemblée générale des Nations Unies a voté selon cette procédure pour passer outre à un vote du Conseil de Sécurité ?

Si vous pouviez clarifier cela pour moi, je vous en serais très reconnaissant.

Sincères amitiés,

Le Saker


Alexander mercourisCher Saker,

Je peux répondre à toutes ces questions.

  1. « Uniting for Peace » était un dispositif sponsorisé par les États-Unis en 1950 afin de contourner les vétos soviétiques pendant la guerre de Corée. À l’époque, c’était controversé sur le plan juridique et, comme l’a souligné le professeur Tomuschal (cité dans l’article), cela contredit en fait la Charte des Nations Unies. Cependant, en 1950, les États-Unis ayant le contrôle des Nations Unies et du système judiciaire international, comme ils l’ont toujours eu depuis (les vétos soviétiques), ils ont réussi à faire accepter la procédure « Uniting for Peace ».
  2. Elle n’a cependant été invoquée que très rarement, au total pas plus de onze fois (le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies sur Jérusalem étant la onzième).
  3. Le fait, concernant une résolution « Uniting for Peace » adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, est qu’elle fait partie du droit international. Elle peut donc être citée comme juridiquement contraignante dans les affaires portées devant la Cour internationale de Justice (« la Cour mondiale ») ou d’autres juridictions internationales. Cependant, elle n’est pas juridiquement exécutoire, sauf par le biais du Conseil de sécurité des Nations Unies. Mais, puisque la procédure de « Uniting for Peace » n’est, par définition, invoquée que lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est pas mis d’accord, cela la prive de son efficacité.
  4. Vient maintenant le point principal. L’Assemblée générale de l’ONU n’a JAMAIS déclaré illégal le référendum de Crimée et l’unification de la Crimée avec la Russie dans le cadre de la procédure « Uniting for Peace ».

À ma connaissance, la seule fois où la procédure « Uniting for Peace » a été utilisée contre la Russie était en 1980 pour déclarer illégale l’intervention soviétique en Afghanistan. Bien que la Russie soit mise constamment en minorité au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis n’ont jamais réussi à mobiliser suffisamment de soutien contre elle à l’Assemblée générale pour obtenir une résolution « Uniting for Peace » sur toute question depuis le vote de 1980 sur l’Afghanistan.

L’Assemblée générale des Nations Unies a voté sur la question du référendum de Crimée en mars 2014, mais la résolution n’était pas contraignante et n’était pas incluse dans la procédure « Uniting for Peace ».

De plus, seulement 100 des 193 États membres de l’ONU l’ont soutenue (11 États, y compris bien sûr la Russie, ont voté contre, 58 États dont l’Inde et la Chine – au total 58% de la population mondiale – se sont abstenus et 11 États dont l’Iran et Israël n’ont pas participé au vote, ce qui est une forme d’abstention.

Ce fut pratiquement une défaite pour les États-Unis et l’Ukraine parce que pour faire passer une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies, elle doit avoir le soutien de plus de la moitié de tous les États membres des Nations Unies. – puisque l’ONU compte 193 États membres, au moins 97 États membres de l’ONU doivent voter pour elle.

En d’autres termes, la résolution sur le référendum de Crimée n’était pas simplement non contraignante, mais elle dépassait à peine le seuil avec seulement 100 voix pour.

Étant donné que les États-Unis ont automatiquement le vote de tous les États membres de l’OTAN / UE, cela montre la faiblesse de la position des États-Unis et de l’Ukraine vis-à-vis de la Crimée en dehors de l’Alliance occidentale, avec des pays clés comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, et d’autres comme  le Pakistan et le Vietnam refusant de soutenir la résolution.

Inutile de dire que les États-Unis n’ont pas risqué un autre vote sur la Crimée depuis lors, alors que pendant les années 1980, ils ont organisé tous les ans, avec la régularité d’une horloge, un vote de l’Assemblée générale critiquant l’intervention soviétique en Afghanistan. Il va sans dire que le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies de mars 2014 sur la Crimée n’est pas quelque chose que les commentateurs occidentaux évoquent, précisément parce qu’il était si proche d’être une débâcle.

Le résultat est qu’il n’y a aucune constatation, ni à la Cour internationale de justice, ni à l’Assemblée générale des Nations Unies ou au Conseil de sécurité de d’une violation de la loi internationale sur la question de la Crimée et ceux qui l’affirment ne peuvent arguer d’aucun consensus international sur cette question.

Je présume que vous connaissez l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur le Kosovo qui dit très clairement que les déclarations unilatérales d’indépendance, telles que celle faite par la Crimée en 2014, ne sont pas contraires au droit international, même si elles contreviennent à la Constitution du pays dont la région s’est séparée.

Cela signifie aussi que la déclaration d’indépendance de la Crimée en 2014, et la décision ultérieure de celle-ci de rejoindre la Russie, n’est pas contraire au droit international. Poutine l’a souligné à maintes reprises, mais les États-Unis – qui ont exercé des pressions sur la Cour internationale de Justice pour obtenir l’avis consultatif sur le Kosovo – comme elle l’a fait en 1950 pour la procédure « Uniting for Peace » – préfèrent l’oublier, et vous n’avez jamais vu l’avis consultatif arriver sur le tapis dans aucune discussion occidentale sur la question de la Crimée.

C’est bien sûr à cause de l’avis consultatif sur le Kosovo et de l’échec de l’Assemblée générale de l’ONU à adopter une résolution contraignante « Uniting for Peace » déclarant illégale l’union de la Crimée avec la Russie que l’Ukraine n’a jamais intenté d’action en justice contre la Russie sur la question de la Crimée devant la Cour internationale de Justice. J’espère que cela répond à vos questions. S’il vous plaît n’hésitez pas à me contacter s’il y a un autre point que vous voulez que je clarifie.

Meilleurs voeux,

Alexander

Nos amis de Dedefensa ont commenté ce vote sous le titre American-Zombie à l’ONU

 

http://lesakerfrancophone.fr/vote-a-lonu-sur-jerusalem-le-saker-pose-une-question-juridique-a-alexander-mercouris

 

Le procès Mladić : une tache sur la civilisation

Le procès Mladić : une tache sur la civilisation


« Tout cela est un mensonge. C’est un procès dans le style de l’OTAN » – Ratko Mladić


Christopher Black

Par Christopher Black – Le 28 novembre 2017 – Source New Eastern Outlook

Les paroles provocantes adressées par le général Mladić aux juges du tribunal spécial pour les crimes de guerre en Yougoslavie contrôlé par l’OTAN ont retenti haut et fort le jour où ils ont prétendu le condamner. Il aurait pu ajouter « pourtant l’histoire m’absoudra » et beaucoup d’autres choses encore, mais ils a été jeté hors de la salle par le juge en chef, Orie, dans son style condescendant, comme s’il s’adressait à un élève qui fait l’école buissonnière plutôt qu’à un homme faussement accusé de crimes qu’il n’a pas commis.

La porte-parole du ministère russe des Affaires Maria Zakharova, a fait écho aux paroles du général le 23 novembre :

« Nous devons de nouveau affirmer que le verdict de culpabilité rendu par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie contre Mladić est la poursuite de la ligne politisée et biaisée qui a dès le début dominé le travail du TPIY. »

Le général Mladić et le gouvernement russe ont raison. Le document intitulé « jugement » le prouve car il se lit comme un tract de propagande plutôt que comme le jugement d’un tribunal. En plus de 2400 pages, le trio de « juges » récite sans interruption la version des événements de l’accusation, du premier paragraphe au dernier. La défense n’est mentionnée qu’en passant.

Le TPIY rejette les affirmations selon lesquelles il est un tribunal partial, un tribunal de l’OTAN, mais il l’a prouvé dès le tout premier témoin qu’ils ont appelé à la barre pour ce qui allait suivre. Un homme nommé Richard Butler a été appelé pour témoigner sur des questions militaires générales et la structure politique en Bosnie et dans la Republika Srpksa (République serbe de Bosnie). Il a été présenté comme un « analyste militaire », ce qu’il est, mais il n’est pas indépendant. Non, au moment de son témoignage, il était membre de l’Agence de sécurité nationale des États-Unis, détaché auprès du TPIY. Donc le premier témoin contre le général Mladić était partial sur deux points. Il travaillait pour les services de renseignement américains qui ont soutenu les ennemis du général Mladić et de la Yougoslavie, et il a fait partie du personnel de l’accusation. C’est comme si la NSA et le procureur étaient, en même temps, entrés dans le box pour témoigner contre l’accusé. Le témoignage de Butler joue un rôle important dans le procès ; le même rôle qu’il a joué dans le procès du général Krstić.

Ensuite apparaît un autre expert analyste militaire, Reynaud Theunens, qui travaille aussi dans l’équipe de l’accusation. Les experts dans les procès criminels sont censés être totalement neutres. Mais non seulement celui-ci agissait au nom du procureur, mais il était en même temps un officier du renseignement de l’armée belge. Donc nous y sommes dès l’ouverture du procès. La scène est posée ; l’OTAN se charge de l’affaire. Les officiers de l’OTAN travaillent au sein du tribunal. C’est un tribunal de l’OTAN sous déguisement de l’ONU. Par conséquent, tout au long du jugement, il n’y a jamais aucune mention des crimes de l’OTAN et des crimes des forces bosniaques opposées. Le contexte est délibérément restreint pour donner une image très étroite et déformée des événements.

Le jugement se poursuit avec des citations détaillées des déclarations des témoins de l’accusation. Les témoignages des témoins de la défense, dans les rares occasions où ils sont cités, ne sont jamais restitués aussi en détail. Une ligne est consacrée à un témoin et tous sont rejetés comme partiaux si leur témoignage est en contradiction avec celui des témoins de l’accusation.

Et en quoi consistent les preuves de l’accusation ? Elles consistent en quelques témoignages oraux d’officiers de l’OTAN impliqués dans les événements et qui travaillaient dans les forces de l’ONU contre le général Mladić et ses forces, le témoignage de soldats de l’armée bosniaque d’opposition ou de leurs familles, des déclarations de témoins et des « faits établis » des « faits » considérés comme tels par une autre série de juges dans un autre procès, peu importe que ce soit vrai ou faux. De temps en temps, les juges déclarent que « la défense affirme que X ne s’est pas produit et s’est appuyée sur certaines preuves pour soutenir cette affirmation. Là où cette preuve entre en contradiction avec les faits jugés, nous la rejetons ».

Il y a de nombreux cas de confiance basés sur des ouï-dire. À maintes reprises, un paragraphe du jugement commence par les mots : « On a dit au témoin… » Grâce à des juristes corrompus comme l’ancienne procureur canadienne Louise Arbour, l’utilisation du ouï-dire, et même du double ouï-dire, a été admise comme preuve dans ces procès alors que c’est interdit ailleurs dans le monde, parce que le témoignage basé sur un ouï-dire ne peut pas être vérifié ni sa fiabilité et son exactitude attestées.

Je n’ai pas pu suivre une grande partie du procès, seulement par vidéo de temps en temps, donc je ne suis pas en mesure de commenter toutes les conclusions factuelles des juges citées dans leur long jugement, dans lequel ils condamnent le général Mladić et son gouvernement pendant des pages et des pages fastidieuses. Ceux qui connaissent la véritable histoire des événements réaliseront que tous les attendus de la condamnation ne sont ni plus ni moins que la même propagande que celle que l’OTAN a diffusé pendant le conflit, mais organisée pour ressembler à un jugement.

Car ce n’est pas un jugement. Un vrai jugement dans un procès criminel devrait contenir la preuve présentée par l’accusation, la preuve présentée par la défense et les arguments des deux parties sur cette preuve. Il doit contenir des références aux dépositions de témoins principaux et aux contre-interrogatoires. Puis il doit y avoir une décision raisonnée des juges sur les mérites de chaque partie au procès et leurs conclusions motivées. Mais vous aurez de la peine à trouver la trace d’une preuve amenée par la défense dans ce document. Je n’ai pu en trouver aucune à part quelques références dans une poignée de paragraphes et quelques notes de bas de page dans lesquels la déposition d’un témoin de la défense a été brièvement mentionnée afin de la rejeter, et de la rejeter parce qu’elle ne corroborait pas la version des événements présentée par l’accusation.

Ce qui est encore plus choquant, c’est qu’il y a peu de références au témoignage oral, c’est-à-dire aux dépositions des témoins. Il y a des références à des « experts » liés à la CIA ou au Département d’État, ou d’autres agences de renseignement de l’OTAN qui ont donné leur version de l’histoire et que les juges acceptent sans les remettre en question. Il n’y a aucune référence à aucun expert de la défense.

Par conséquent, on ne saura jamais la raison pour laquelle les juges ont décidé d’accepter les preuves de l’accusation et non celles de la défense. En les lisant, on pourrait penser qu’aucune défense, autre que symbolique, n’a été présentée. Ce n’est pas un jugement.

Mais il y a quelque chose d’encore plus troublant dans ce « jugement ». Il n’est pas possible de déterminer si de nombreux témoins ont témoigné en personne parce qu’il y a peu de références à un témoignage effectif. Au lieu de quoi, il y a d’innombrables références à des documents de toutes sortes et à des « déclarations de témoins ».

C’est un élément important dans ces procès parce que les déclarations de témoins auxquelles il est fait référence sont des déclarations faites ou censées avoir été faites aux enquêteurs et aux juristes travaillant pour l’accusation par des témoins présumés. Nous savons, à partir d’autres procès, qu’en fait ces déclarations sont souvent rédigées par des avocats de l’accusation ainsi que par des enquêteurs, puis présentées aux « témoins » pour qu’ils les apprennent par cœur. Nous savons aussi que les « témoins » ont aussi été signalés à l’accusation par des voies qui indiquent qu’ils présentaient des témoignages fabriqués et qu’ils étaient recrutés dans ce but.

Au tribunal pour le Rwanda, nous avons pris soin, dans notre procès, de faire subir des contre-interrogatoires agressifs à ces « témoins », et ils se sont immédiatement effondrés puisqu’ils ne pouvaient pas se souvenir des scripts qui leur étaient assignés. Nous avons aussi pris soin de demander aux « témoins » comment ils en étaient arrivés à rencontrer l’équipe de l’accusation, comment les interrogatoires étaient conduits et comment ces déclarations avaient été créées. Les résultats ont été embarrassants pour l’accusation puisqu’il est apparu clairement qu’elle avait collaboré avec les enquêteurs pour manipuler, faire pression sur les « témoins » et les influencer, et qu’elle était complice d’invention de témoignages.

Il est en outre important que celui qui lit ce « jugement » soit en mesure de se référer aux pages des transcriptions des témoignages, ce que les témoins ont dit et ce qu’ils ont répondu lors des contre-interrogatoires, parce qu’une déclaration n’est pas un témoignage. Ce n’est qu’une déclaration.

Une déclaration ne peut être utilisée comme preuve. Elle nécessite que les témoins viennent à la barre et déclarent sous serment ce qu’ils ont observé. On peut ensuite les interroger sur leur fiabilité en tant qu’observateurs, leurs préjugés, s’il y en a, leur crédibilité, etc. Mais dans ce procès, nous voyons des centaines de références à des « déclarations de témoins ». Cela indique que les juges ont fondé leur « jugement » non sur le témoignage des témoins (s’ils étaient appelés à témoigner) mais sur leurs déclarations écrites, préparées par l’accusation, et sans avoir été soumis à aucun contre-interrogatoire de la défense.

Il ne ressort pas du tout clairement de ce jugement si l’un des témoins mentionnés dans les déclarations a effectivement témoigné ou non. S’ils l’ont fait, leur témoignage devrait être cité, et non leurs déclarations. Le seul but valable des déclarations est de signaler aux avocats ce qu’un témoin est susceptible de dire dans le procès, et de révéler la position de l’accusation à la défense afin que celle-ci puisse préparer la sienne et ensuite utiliser les déclarations pour interroger à son tour le témoin en comparant sa déclaration initiale avec son témoignage sous serment à la barre.

La formule est simple. Le témoin de l’accusation arrive à la barre, on lui demande de déclarer ce qu’il a observé à propos d’un événement, puis la défense l’interroge : « M. le Témoin, dans votre déclaration datée du x, vous avez dit ceci, mais aujourd’hui, vous dites cela… Examinons cette divergence. »

C’est comme cela que c’est censé se passer. Mais où est-ce dans ce dossier ? On ne le trouve nulle part.

Il faudrait un livre entier pour recenser les problèmes de ce « procès » tels qu’ils sont présentés dans ce jugement. Mais un exemple éclaire tout ce qui concerne Srebrenica, et traite d’une célèbre réunion qui s’est déroulée à l’Hôtel Fontana le soir du 11 juillet 1995, au cours de laquelle le général Mladić a rencontré un colonel Casque bleu hollandais pour organiser l’évacuation des civils dans la zone de Srebrenica et l’éventualité que la 28e division de l’Armée bosniaque dépose les armes. Il y a une vidéo de cette rencontre, disponible sur YouTube. Je paraphrase, mais elle montre le général Mladić demandant pourquoi les avions de l’OTAN bombardent ses positions et tuent ses hommes. Il demande pourquoi les forces de l’ONU passent en douce des armes aux soldats bosniaques. Il demande pourquoi les forces de l’ONU ont essayé de l’assassiner, lui, personnellement. À chaque question, il reçoit des excuses de l’officier hollandais. Il demande ensuite à l’officier hollandais s’il veut mourir, et celui-ci dit non. Mladić répond : mes hommes non plus ne veulent pas mourir, alors pourquoi leur tirez-vous dessus ? Pas de réponse.

Le reste de la vidéo concerne la discussion d’un plan pour évacuer la ville, pendant laquelle Mladić offre des cigarettes aux hommes de l’ONU et un peu de vin pour faire baisser la tension. Pour moi, en tant qu’avocat de la défense, c’est un élément essentiel pour la défense par rapport aux accusations concernant Srebrenica. Mais on ne trouve aucune référence à cette vidéo dans le jugement. Au contraire, les juges se réfèrent au témoignage de plusieurs officiers de l’ONU / OTAN, qui assistaient à la rencontre, et qui déforment totalement ce qui s’y est dit. Il n’y a aucun indice que la défense ait contre-interrogé ces menteurs en utilisant cette vidéo : « Monsieur, vous déclarez que ceci a été dit, mais ici, dans la vidéo, elle montre que vous vous trompez. Que dites-vous ? » Ce n’est nulle part. Est-ce que cela a été utilisé et ignoré par les juges, ou pas utilisé ? Je n’en sais rien. Mais il est évident que l’accusation a choisi de ne pas l’utiliser parce que cela signifierait l’effondrement de leur dossier. Parce que même pour les preuves à charge, il est clair que les hommes de la 28e Division ont refusé de déposer les armes et se sont frayés un chemin jusqu’à Tuzla. La plupart ont été tués dans les combats en chemin. Beaucoup ont été faits prisonniers. Une poignée de témoins bosniaques affirment que ces prisonniers ont été massacrés. Mais leur témoignage est du genre « J’étais par miracle le seul survivant du massacre » qu’ils ont tendance à utiliser dans ces procès.

Je ne commenterai pas l’usage massif du faux concept juridique d’entreprise criminelle commune pour engager la responsabilité pénale du général, coupable par association et sans intention. Qu’ils l’aient utilisée montre qu’ils savaient n’avoir aucun élément contre lui.

En résumé, ce document contient peu de choses sur le dossier de la défense ou sur ce qu’étaient les faits présentés par la défense, quels étaient ses arguments à propos des faits, ni l’ensemble de ses arguments juridiques. Mais, plus important, nous n’avons aucune idée de ce qu’était le témoignage de la plupart des témoins de l’accusation ni aucune idée des témoignages des témoins de la défense. C’est comme s’il n’y avait pas eu de procès et que les juges s’étaient contentés de siéger dans une salle pour examiner les documents de l’accusation en rédigeant le jugement au fur et à mesure. Nous devons supposer que ce n’est pas éloigné de la vérité.

Ce « jugement » et ce procès sont une nouvelle humiliation de la Yougoslavie et de la Serbie par l’alliance de l’OTAN, puisqu’il ressort clairement de sa création, de son financement, de son personnel et de ses méthodes que le TPIY est un tribunal contrôlé par l’OTAN. C’est confirmé par la déclaration du secrétaire général de l’OTAN, qui a dit : « Je salue la décision (…) les Balkans sont d’une importance stratégique pour notre alliance… »

En d’autres termes, cette condamnation aide l’OTAN à consolider son emprise sur les Balkans en maintenant les Serbes sous sa botte. Le général Mladić est un bouc émissaire pour les crimes de guerre que l’Alliance a commis en Yougoslavie, que le TPIY couvre, aidant ainsi l’OTAN à commettre de nouveaux crimes de guerre, comme nous l’avons vu depuis.

Le TPIY s’est révélé être ce que nous nous attendions qu’il soit, un tribunal fantoche, utilisant des méthodes de justice fascistes, qui a engagé des poursuites sélectives pour faire avancer le programme de l’OTAN de conquête des Balkans, prélude à l’agression contre la Russie. L’OTAN utilise le tribunal comme une arme de propagande pour répandre une histoire fausse sur les événements en Yougoslavie, pour dissimuler ses propres crimes, pour maintenir les anciennes républiques de Yougoslavie sous sa botte, et pour justifier l’agression et l’occupation par l’OTAN du territoire yougoslave. C’ est une tache sur la civilisation.

Christopher Black

Christopher Black est un juriste pénaliste international basé à Toronto, il est membre du Barreau du Haut-Canada et il est connu pour un grand nombre de cas très médiatisés portant sur les droits humains et les crimes de guerre, il écrit en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

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Greenpeace : ses conflits d’intérêt

Greenpeace : ses conflits d’intérêt

Greenpeace : ses conflits d’intérêt

Par André Posokhow, consultant ♦ L’École de guerre économique (EGE) a été créée en octobre 1997 par le général Jean Pichot-Duclos et Christian Harbulot. Elle propose un troisième cycle spécialisé en « Stratégie d’intelligence économique » pour des étudiants issus de grandes écoles et universités. Elle offre également, à des cadres supérieurs déjà en activité, la possibilité de suivre des formations professionnelles d’un an.

Son savoir-faire et sa position de leader sur le marché de la formation en intelligence économique sont reconnus dans le milieu.

La filière énergétique de la France est en danger et plus particulièrement son système de production d’électricité, ce qui pourrait entraîner la faillite d’EDF et son découpage industriel.

Certaines ONG influentes sont les sous-marins de groupes industriels ou de pays dont les intérêts ne coïncident pas avec ceux de la France et poussent dans le sens de cette dérive dans le cadre d’une guerre économique majeure. C’est particulièrement le cas de Greenpeace, ONG mondialiste de renom, qui a déclaré une guerre médiatique et judiciaire à EDF, pilier de la production et de l’indépendance énergétique de notre pays.

C’est le thème du rapport pénétrant et passionnant de Thibault Kerlirzin, titulaire d’un MBA en stratégie d’intelligence économique de l’École de guerre économique, qui met en relief, entre plusieurs études de cas, celui des conflits d’intérêt de Greenpeace, notamment avec Vestas, numéro un mondial de l’éolien industriel.


1) La guerre déclarée au nucléaire et à EDF

L’un des objectifs fondamentaux de Greenpeace est la lutte contre le nucléaire, aussi bien militaire, souvenons-nous du Rainbow Warrior, que civil, en référence à Tchernobyl et Fukushima.

C’est au premier chef à ce titre que l’ONG s’en prend à EDF devenue l’un des premiers producteurs mondiaux d’électricité nucléaire par décision politique de la France des années 1960 et 1970. Cette décision avait pour objectif de pallier la hausse du coût du pétrole et d’assurer l’indépendance énergétique de notre pays.

On peut, à la lecture du rapport et au-delà des intrusions dans les centrales nucléaires contre EDF et des actions judiciaires, déceler trois axes d’attaque :

– la contestation des chiffres du coût de production du nucléaire avancé par EDF et les autorités françaises afin de démontrer que les ENR sont plus rentables ;

– la dénonciation de « l’impasse financière » d’EDF et de son endettement ;

– le rappel de la dégradation de la note d’EDF par Standard & Poors et Moody’s, agences de notation dont le rapport souligne à quel point elles sont loin d’être fiables et indépendantes. En 2015 un rapport de la SEC a souligné la rigueur à géométrie variable des études de ces agences de notation financière.

Il s’agit bien d’une entreprise de destruction d’EDF et de notre système électrique jugé comme l’un des plus efficaces et les moins polluants de la planète.

2) Le scénario de transition énergétique de Greenpeace

En 2013, Greenpeace a mis au point un « scénario de transition énergétique » qui est le document de référence vers lequel renvoie Greenpeace France. Il n’est pas question de détailler ce scénario mais seulement d’en rappeler les points essentiels.

La voiture électrique. Le rapport de T. Kerlirzin souligne les sévères impacts environnementaux des batteries de ces machines qui contiennent une terre rare : le lithium, dangereusement toxique pour l’homme, dont le recyclage, qui pose autant de problèmes que les déchets nucléaires, n’est pas mentionné par l’ONG.

– Il en va de même des écrans à cristaux liquides. L’étude de Greenpeace s’abstient de préciser que ces écrans sont produits via le trifluorure d’azote qui serait potentiellement 17.200 fois plus négatif pour le réchauffement climatique que le CO2.

– Greenpeace préconise, à juste titre, l’installation de panneaux solaires, énergie cependant intermittente et aléatoire, mais ne fait pas mention des risques environnementaux liés au silicium (« Il faudrait 280 kg de produits chimiques par kg de silicium produit » selon le rapport) et sanitaires.

– Enfin l’éolien industriel est la vache sacrée de Greenpeace depuis de nombreuses années. Le rapport souligne que le manque de rigueur de Greenpeace sur cette question remet en cause le principe de précaution au bénéfice de l’environnement dont cette ONG se réclame, notamment quant aux effets néfastes des éoliennes sur la santé humaine.

Greenpeace passe allégrement sur la problématique de cette source d’énergie : le saccage des paysages, le nombre astronomique de machines nécessaires pour remplacer le nucléaire, le coût de l’éolien qui ne baisse pas et même augmente légèrement, le subventionnement imposé aux consommateurs au travers de la CSPE, l’intermittence de la production, avec un facteur de charge moyen de 23% en l’absence de stockage de l’énergie.

C’est cette dernière raison qui explique que l’éolien augmente les émissions de CO2 et la pollution puisqu’il faut avoir recours à des centrales thermiques de complément.

Si Greenpeace occulte le fait que le charbon (le lignite en Allemagne) et le gaz sont nécessaires aux centrales thermiques qui pallient les éoliennes à l’arrêt, son principal mensonge par omission porte sur la question du néodyme. Il s’agit d’une terre rare présente à raison de plusieurs centaines de kg dans les aimants des éoliennes, extraite dans la province chinoise de Mongolie intérieure qui est pour cette raison une des régions les plus polluées du monde. Son extraction diffuse de la poussière radioactive, des vapeurs d’acide sulfurique et entraîne des déversements de déchets toxiques dans les sols et les nappes phréatiques.

Enfin l’éolien est vecteur de corruption, comme l’a souligné en 2014 le Service central de prévention de la corruption.

Mais pour Greenpeace : motus !

3) Le « double-fond » : Greenpeace et ses partenaires, parties prenantes du business écologique. Les liens avec les groupes de pression énergétiques

Greenpeace a coécrit en 2012 un rapport de 340 pages sur la révolution énergétique avec Global Wind Energy Council (GWEC) qui se présente comme « la voix du secteur de l’énergie éolienne mondiale » et l’European Renewable Energy Council (EREC), qui est une organisation parapluie de l’industrie européenne des énergies renouvelables qui emploie 550.000 personnes et dont les retombées financières se chiffraient en 2012 à 70 milliards€.

Les liens avec le business énergétique

– Greenpeace possède des intérêts économiques dans le business énergétique avec sa structure allemande Greenpeace Energy. Depuis 1999, Greenpeace Energy, profitant de la libéralisation du marché de l’énergie, est un fournisseur d’électricité verte, sous la forme d’une coopérative avec une part « toujours plus grande » d’énergie éolienne.

– Greenpeace Energy a une filiale, Planet Energy GmbH, qui a construit dix parcs éoliens, trois centrales photovoltaïques, et s’implique dans trois parcs éoliens. Planet Energy aurait déjà investi plus de 140 millions d’euros dans les centrales électriques « propres », et planifierait d’autres projets. Greenpeace Energy dispose d’autres filiales : Planet energy Verwaltungsgesellschaft I mbH, Planet energy Verwaltungsgesellschaft II mbH…

– Greenpeace Energy propose également d’installer des stations de recharge pour voiture électrique, en partenariat avec Wallbe, fournisseur de stations de charge à usage privé, semi-public et public. La question de la recharge des voitures électriques est un enjeu stratégique, au vu du développement que connaît ce secteur où le nucléaire représente un acteur et donc un concurrent de poids.

– Greenpeace Energy intervient dans l’hôtellerie en collaborant avec l’association des Bio Hotels qui comprend 90 hôtels (dont cinquante en Allemagne) dans sept pays européens, et ses bâtiments « éco-certifiés ».

– Greenpeace Energy travaille également avec Simon Energy qui est un fournisseur de panneaux solaires photovoltaïques.

Les partenariats de Planet Energy avec des acteurs du business éolien

Greenpeace Energy ne se limite pas à l’Allemagne. La coopérative cherche à étendre son activité et à construire des centrales électriques « propres ». Sa filiale Planet Energy souhaite s’implanter au sein d’autres pays européens dans le domaine de l’éolien ou de la cogénération de centrales alimentées au gaz naturel.

En Allemagne et à l’étranger, Planet Energy travaille avec plusieurs partenaires verts comme Senvion Germany qui est une multinationale de l’éolien présente dans plusieurs pays d’Europe : Pologne, Allemagne, Autriche, Italie, mais aussi Royaume-Uni.

C’est surtout avec Vestas Wind Systems A/S, société danoise qui est l’un des principaux fabricants mondiaux d’éoliennes (Vestas a construit près de 60.000 turbines éoliennes dans le monde et a réalisé un chiffre d’affaires de 10,3 milliards d’euros en 2016) que le groupe Greenpeace a partie liée.

En Allemagne, Greenpeace Energy est opératrice de quatre parcs éoliens construits par Vestas.

Greenpeace a milité pour le redressement de Vestas qui a connu des difficultés économiques de 2009 à 2012. Dans ce contexte le nucléaire et les projets d’EPR au Royaume-Uni constituent une concurrence inquiétante pour les projets éoliens off-shore de Vestas, inquiétude qui peut être corrélée avec les attaques de Greenpeace contre le projet d’Hinkley Point.

Les liens avec Triodos, bailleur de fonds de l’éolien

Depuis 2004, Greenpeace Pays-Bas est un actionnaire de la Triodos Bank. Cette banque, fondée par un mouvement nommé Anthroposophical Society, finance l’économie durable. En 2015 en Espagne, la Fondation Triodos a financé Greenpeace. En France, la Triodos finance plusieurs parcs éoliens comme Lamballe dans les Côtes-d’Armor. En outre, la banque a créé un fonds européen pour les énergies renouvelables.

Conclusion

En définitive, même si l’ONG reste discrète sur la rivalité économique que représente le nucléaire pour le chiffre d’affaires de sa filiale allemande, Greenpeace se trouve en réalité en plein conflit d’intérêts, sa main droite constituant son versant ONG, tandis que sa main gauche agit en acteur purement économique. Comme le dit T. Kerlirzin, nous sommes dans tous les cas très éloignés de l’image de David contre Goliath que se donne Greenpeace.

Ce sont les raisons pour lesquelles l’auteur de l’étude suggère, entre autres recommandations, de retirer à Greenpeace France sa qualité d’association d’intérêt général comme ce fut le cas au Canada et en Nouvelle-Zélande.

André Posokhow
24/12/2017

Correspondance Polémia – 27/12/2017

Crédit photo : Daniele Civello via Flickr (cc)

André Posokhow

André Posokhow

André Posokhow, Sciences Po Paris, officier supérieur de réserve est expert-comptable diplômé. Au plan professionnel, il a animé son propre cabinet de commissariat aux comptes d’une quinzaine de personnes. Consultant chez Polémia, il est spécialiste de l’invasion migratoire, de l’économie et de l’énergie. André Posokhow a livré en 2013 pour Polémia une étude sur le coût de l’immigration pour les finances publiques de la France.

La censure d’Internet est un très mauvais moyen de lutter contre les “Fake news”

<!–

Hier était une bien triste journée pour la liberté d’expression…

S’il faut évidemment lutter impitoyablement contre les fake news, ce n’est sûrement pas à l’État de le faire, car “Malheur au Peuple dont l’État décide de ce qui est vrai ou faux”.

Hélas, en France, nous avons cette triste mentalité de soumission au Pouvoir centralisé, d’amour de la servitude – que nous avons pourtant déjà chèrement payés.

I. Parce que c’est son projeeeeeeeeeeeet ?

Notez l’expression du visage à 1’10…

Nous y sommes donc : notre pays va être la première « démocratie libérale » occidentale à légiférer contre les “Fake News”.

Dans le premier billet consacré au Décodex l’année dernière, j’avais proposé le schéma suivant, et indiqué :

Ce qui se passe est gravissime, car cela veut dire que désormais, les grands médias décident de s’attaquer en masse à des non-professionnels (et même pas à leurs écrits un par un).

Il est évident que le temps de l’Internet libre et insouciant est terminé.

Il aura duré environ 20 ans.

Songez à l’évolution du degré d’acceptabilité de l’humour dans les grands médias. N’a-t-il pas suivi le même schéma ? Une vraie croissance après 1968, encore augmentée à partir de 1981, un pic autour de 1984-1990 (Le Luron, Coluche, Desproges, Les Nuls, Les Guignols, Les Inconnus…), puis un déclin, qui augmente à partir de 2014-2015 – jusqu’à l’affaire Tex.

Ce projet de loi vient donc en quelque sorte entériner ce déclin progressif de la Liberté d’expression et d’information sur Internet.

Les fausses informations sont un problème, bien entendu. Mais ce n’est pas la bonne façon de le traiter – contrairement à ce qu’affirme Reporters sans Frontières :

La bonne réponse est venue, comme souvent, d’Edward Snowden (source) :

“La réponse aux fausses informations, ce n’est pas la censure. La réponse aux fausses informations, c’est plus d’informations, discutées en commun.” [Edward Snowden, 11/2016]

C’est ce que j’ai essayé de dire à chaud :

II. Le discours de Macron – 3 janvier 2018

“C’est vous, journalistes, qui êtes les premiers menacés par cette propagande. Elle adopte votre ton, parfois vos formats. Elle emploie votre vocabulaire et parfois même, elle recrute parmi vous. Parfois même financée par certaines démocraties ilibérales que nous condamnons au quotidien, elle se diffuse, elle se banalise et elle finit par jouer de cette confusion que nous avons progressivement acceptée.

La question du tiers de confiance que vous êtes, si essentielle en démocratie, est alors profondément brouillée et, à travers vous, c’est la démocratie libérale qui est visée. Il y a deux réponses au moins que nous pouvons apporter et que je souhaite que nous puissions apporter collectivement dans l’année qui s’ouvre.

La première, c’est à l’État de la porter. C’est pourquoi j’ai décidé que nous allions faire évoluer notre dispositif juridique pour protéger la vie démocratique de ces fausses nouvelles. Un texte de loi sera prochainement déposé à ce sujet. En période électorale, sur les plateformes Internet, les contenus n’auront plus tout à fait les mêmes règles. Comme vous le savez, propager puissamment une fausse nouvelle sur les réseaux sociaux ne requiert aujourd’hui que quelques dizaines de milliers d’euros et peut se faire dans l’anonymat complet. Les plateformes se verront ainsi imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent, mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus. C’est un corrélat indispensable aux règles que nous avons fixées pour notre vie démocratique et nos débats politiques.

En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site Internet.”

OB : Soulignons un des grands dangers de ce genre de censure : le déréférencement. Il est particulièrement pervers, étant donné qu’il ne s’attaque pas au site, mais à la façon de le trouver dans les méandres du web. Voir, encore pire, le “malréférencement”. Il suffira en effet de pousser des sites dans les pages 5 ou 8 des résultats Google pour qu’il disparaissent en pratique de la vue de la quasi intégralité des internautes.

“Les pouvoirs du régulateur, qui seront par ailleurs profondément repensés durant l’année 2018, seront accrus pour lutter contre toute tentative de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des États étrangers. Cela permettra au CSA repensé notamment de refuser de conclure des conventions avec de tels services en prenant en compte tous les contenus édités par ces services, y compris sur Internet. Cela lui permettra aussi, en cas d’agissement de nature à affecter l’issue du scrutin, que cela soit en période préélectorale ou électorale, à suspendre ou annuler la convention.”

OB : Par contre, pour les tentatives de déstabilisation par des services de télévision contrôlés ou influencés par des milliardaires à la tête d’immenses groupes, on repassera.

“Si nous voulons protéger les démocraties libérales, nous devons savoir être forts et avoir des règles claires. Ce nouveau dispositif impliquera un devoir d’intervention de la part des intermédiaires techniques afin de retirer rapidement tout contenu illicite porté à leur connaissance. Le contenu de ce texte sera détaillé dans les semaines qui viennent. Sa préparation sera importante car aucune des libertés de la presse ne doit être remise en cause par ce texte et votre regard sera à cet égard très important et des consultations seront prévues à cet effet.

Au-delà, il est évident que nous devons continuer à responsabiliser les plateformes et les diffuseurs sur Internet qui ne peuvent continuer de mélanger toutes les catégories d’informations et qui, comme nous avons commencé à le faire sur la propagande terroriste, doivent être responsabilisés sur toutes les formes d’intervention qu’ils véhiculent.

Mais le deuxième type d’action indispensable dépend de vous. Je sais que beaucoup parmi vous réfléchissent sur la déontologie du métier de journaliste

OB : Ah, on va enfin avoir un comité d’éthique pour sanctionner les journalistes ?

et la démarche de Reporters sans frontières d’inventer une forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît à cet égard non seulement intéressante, mais souhaitable. Il vous revient d’organiser en quelque sorte les règles de votre profession si nous ne voulons plus que tout puisse se valoir et qu’aucune hiérarchie ne soit faite.

OB : Ah, non, on a eu peur : ils vont juste faire un Décodex officiel. Et comme dans l’original, oh surprise tous les médias mainstream seront en vert !

L’heure est sans doute venue pour votre profession de s’unir autour de principes fortement réaffirmés en un temps de fragilité démocratique et 2018, je le souhaite vivement, sera l’année de ce débat de fond parce que toutes les paroles ne se valent pas et parce qu’il est même des paroles qui ne sont ni journalistiques ni innocentes, mais de propagandes et de projets politiques nocifs pour nos démocraties.

III. La vision des Ministres

Sourcce: charentelibre.fr, 4/1/2018

Vous avez des médias qui sont des médias de propagande, et non de journalisme, on pense à certains médias qui sont détenus par les gouvernements étrangers”, a souligné Benjamin Griveaux dans une allusion assumée à RT et Sputnik, avec lesquels Emmanuel Macron a eu plusieurs démêlés lors de la campagne présidentielle.
“Il n’est pas question évidemment de mettre un terme à la liberté et à ce qu’est la presse d’opinion, (…) de faire taire les oppositions”, a précisé le porte-parole du gouvernement. “Mais qu’en revanche on puisse disposer d’informations fiables et sourcées pour avoir un débat serein, ça me semble indispensable”.

Une loi contre les fausses nouvelles existe déjà depuis 1981 et prévoit 45.000 euros d’amende, mais elle n’est pas à jour selon Benjamin Griveaux, qui estime que depuis lors les médias ont changé. Le gouvernement est encore en discussion pour trouver “le moyen le plus efficace pour mettre un terme à ces fake news”. “Ca peut passer par les hébergeurs, par les diffuseurs, par les producteurs de ces informations fausses”, a-t-il précisé.

Deux porte-paroles de LR ont vivement critiqué jeudi cette initiative. “Le Prince entend désormais régenter le métier de ceux qui doivent commenter, contrôler et borner le Prince. (…) Qui comprendra que cet homme, enivré de sa propre puissance, en repousse chaque jour, dangereusement, les limites ?”, s’est demandé Gilles Platret sur Twitter. “Emmanuel Macron souhaite-t-il faire des journalistes des attachés de presse au service de son story-telling? Cette proposition est dangereuse pour la liberté de la presse”, a souligné Lydia Guirous sur le même réseau social.

Source : Le Parisien, 5/1/2018

Le projet de loi annoncé par le président Macron contre les fausses informations ou « fake news » vise non pas à réduire mais au contraire à « préserver » la liberté d’expression, a affirmé jeudi à l’AFP la ministre de la Culture Françoise Nyssen.

« On est sur une démarche consistant à protéger le travail des journalistes. Certains partis comme le Front national ont critiqué (ce projet), cela nous rassure plutôt sur l’importance et la qualité du travail que nous menons », a assuré Françoise Nyssen.

« De toute façon, ce n’est pas l’exécutif qui se prononcera, ce sera le CSA ou le juge qui auront les pouvoirs » pour sanctionner les fausses infos, a-t-elle noté.

Si la loi française contenait déjà des dispositions pouvant s’appliquer aux « fake news » ou « infox », « nos démocraties sont menacées et perturbées par les fausses nouvelles en période électorale ou de référendum, c’est pourquoi il nous paraît essentiel d’agir efficacement », a dit Françoise Nyssen.

« En période électorale, une fausse info peut devenir virale et être partagée des centaines de milliers de fois en très peu de temps, il est donc essentiel de pouvoir faire intervenir un juge en référé avec une grande rapidité et efficacité », a-t-elle souligné.

« Alors que les candidats sont soumis à des obligations de transparence et de contrôle de leurs comptes de campagne, les propagateurs d’intox s’invitent dans les débats électoraux en achetant de la visibilité et de l’audience à moindre coût », relève la ministre.

« Il faut aller très vite là-dessus, c’est pour cela que nous travaillons sur ce projet de loi depuis octobre et que nous allons démarrer des consultations très rapidement. L’Allemagne a déjà légiféré en la matière et nous avons avancé au niveau européen, mais il fallait aller un cran plus loin », plaide-t-elle.

La ministre va donc procéder à des consultations en vue de boucler le texte d’ici fin mars.

« La moindre des choses est de consulter ceux qui sont directement concernés : les journalistes, les plateformes et acteurs de l’internet, qui doivent évidemment s’inscrire dans une démarche de transparence et de coopération, et aussi l’audiovisuel », a expliqué la ministre.

Concernant la responsabilité des acteurs numériques comme Twitter ou Facebook, « il y a un travail à faire sur le devoir de coopération des plateformes, qui doivent notamment signaler les contenus sponsorisés », souligne-t-elle

IV. Épilogue

Jacques Attali a résumé de façon intéressante cette problématique en 2000 (Source) :

“Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu’il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique”.

Ces attaques étaient donc prévisibles.

Des esprits visionnaires on pu dire « J’ai vécu dans votre avenir et ça n’a pas marché ! » [Vladimir Boukovski, écrivain et ancien dissident soviétique]

La question est donc : Nous laisserons-nous faire ?

 

« Quand les censeurs sont venus fermer RT, je n’ai rien dit, je n’étais pas “pro-russe”.

Quand ils ont fermé le site de Valeurs actuelles, je n’ai rien dit, je n’étais pas de cette droite.

Quand ils ont fermé le site de Fakir, je n’ai rien dit, je n’étais pas gauchiste.

Quand ils ont fermé des blogs, je n’ai rien dit, je n’étais pas blogueur…

Quand ils sont venus fermer mon site d’information, il ne restait plus personne pour protester. »

Certains journaux vont avoir des soucis avec la future loi Macron…

70 réponses à La censure d’Internet est un très mauvais moyen de lutter contre les “Fake news”

Commentaires recommandés     Pour lire les 70 réponses , clquez sur le lien :

https://www.les-crises.fr/la-censure-dinternet-est-un-tres-mauvais-moyen-de-lutter-contre-les-fake-news/

Iran – Le rapide soutien des États-Unis aux émeutiers laisse deviner un plan plus vaste

Iran – Le rapide soutien des États-Unis aux émeutiers laisse deviner un plan plus vaste


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 31 décembre 2017

Dans l’article Iran – Des manifestations à motif économique sont récupérées par des agents du changement de régime, nous avons examiné l’opération israélo-américaine en cours qui a pour but de déclencher une révolte en Iran. Voici ci-dessous de nouvelles précisions sur le contexte et l’évolution de la situation. Une révolution ou une révolte de couleur en Iran n’a que peu de chances d’aboutir. Mais même en cas d’échec, elle peut servir de prétexte à des sanctions supplémentaires et à d’autres mesures anti-iraniennes. Les incidents actuels font donc partie d’un plan beaucoup plus vaste.

Les démocraties « occidentales » ont l’habitude d’avoir des partis politiques de gauche ou de droite avec des combinaisons fixes de politiques économiques et culturelles. La « gauche » est perçue comme prônant une économie sociale qui profite à l’ensemble de la population, et comme culturellement libérale ou progressiste. La droite est considérée comme culturellement conservatrice avec une préférence pour une économie de marché libre qui favorise les segments les plus riches d’une nation.

Les camps politiques en Iran sont différents.

En voilà la version simplifiée : les conservateurs iraniens qu’on appelle aussi « principalistes » sont culturellement conservateurs, mais ils favorisent les programmes économiques qui profitent aux pauvres. Leur base est constituée des populations rurales ainsi que par les segments les plus pauvres des habitants des villes. Le dernier président iranien qui en était proche a été Mahmoud Ahmedinejad. L’une de ses principales décisions a été de verser des allocations directement aux familles les plus pauvres en supprimant les subventions générales sur le carburant et l’alimentation. L’actuel président iranien Hassan Rouhani est membre du camp « réformiste ». Sa base est constituée par les marchands et les pans les plus riches de la société. Il est culturellement (relativement) progressiste mais ses politiques économiques sont néolibérales. Le budget qui sera mis en œuvre l’année prochaine réduit les allocations destinées aux pauvres introduites par Ahmedinejad. Cela va augmenter le prix du carburant et des produits alimentaires de première nécessité d’au moins 30% à 40%.

Les manifestations des 28 et 29 décembre étaient dues à ces problèmes et à d’autres problèmes économiques. Il y a des manifestations de ce type régulièrement en Iran depuis des décennies. Mais les manifestations actuelles ont été rapidement détournées par de petits groupes qui ont scandé des slogans contre le système iranien et contre le fort engagement iranien en Syrie et en Palestine. Ce ne sont pas les positions majoritaires des 80 millions d’habitants de l’Iran :

Selon le sondage, 67,9 % des personnes interrogées affirment que l’Iran devrait accroître son soutien aux groupes anti-État islamique, contre 59,8 % il y a un an. Et une majorité de 64,9% soutient le déploiement du personnel militaire iranien en Syrie pour aider le régime de Bachar al-Assad, en légère hausse par rapport à 62,7% il y a un an.

Les petits groupes qui ont détourné les manifestations contre les politiques économiques de Rouhani ont été fortement soutenus par les agents habituels des opérations d’influence américaine. Avaaz, la coopération RAND, Human Rights Watch et d’autres, ont immédiatement pris le train en marche. (Toujours semblable à lui-même, Ken Roth de HRW a utilisé une photo d’un rassemblement pro-gouvernemental pour montrer les protestations anti-gouvernementales beaucoup plus petites). Les petits groupes qui ont détourné la manifestation et / ou ont monté les manifestations en épingle semblent bien coordonnés. Mais ils sont loin de constituer un véritable mouvement, ni même une majorité.

Dans la matinée de décembre, 30 grandes manifestations de soutien à la république iranienne ont eu lieu dans plusieurs villes. À Téhéran, plusieurs milliers de personnes y ont participé.

 

Pour agrandir

Suzanne Maloney du Brookings Center for Middle East Policy, qui se prétend « accro à l’Iran » les a décrites comme des contre-manifestations aux petits rassemblements de la veille :

Suzanne Maloney@MoneySuzanne – 12:40 – 30 déc 2017

La République islamique a une machine bien huilée pour mobiliser des rassemblements pro-régime (Rouhani lui-même en a été le chef de file en 1999 après les manifestations étudiantes). Ce qui est intéressant, c’est que la machine s’est mise en route presque immédiatement cette fois-ci.

Les « accros à l’Iran » et autres « experts » n’étaient pas au courant que des manifestations pro-gouvernementales annuelles ont lieu en Iran tous les 9 de Dey (calendrier iranien) depuis 2009, et sont organisées bien à l’avance. Elles commémorent l’échec de la tentative de la révolution de couleur de la CIA en 2009. Cette tentative avait fait suite à la réélection du président Ahmedinejad. La CIA s’était servie du segment plus riche de la société iranienne dans le nord de Téhéran pour faire le travail. Les couches sociales, s’il y en a, qui sont utilisées cette fois-ci ne sont pas encore clairement identifiées.

En juin 2009, le Brookings Institute a publié un manuel sur la façon de renverser le gouvernement iranien ou de prendre le contrôle du pays. Maloney, un autre « accro à l’Iran » était l’un des auteurs. « QUEL CHEMIN VERS LA PERSE ? Options pour une nouvelle stratégie américaine en Iran » (pdf) avait quatre parties :

·         Partie I – Dissuader Téhéran : les options diplomatiques.

·         Partie II – Désarmer Téhéran : les options militaires

·         Partie III – Changer le régime : renverser Téhéran

·         Partie IV – Contenir Téhéran : l’endiguement

La Partie III comprend :

·         Chapitre 6 – La révolution de velours : soutenir un soulèvement populaire

·         Chapitre 7 – Générer une insurrection : soutenir la minorité iranienne et les groupes d’opposition

·         Chapitre 8 – Le coup d’État : soutenir une action militaire contre le régime

La « révolution de couleur » de velours a échoué en 2009 car le « mouvement vert » n’a pas réussi à convaincre le peuple iranien qu’il était autre chose qu’une tentative soutenue par l’étranger pour renverser leur république.

Ce que nous voyons actuellement en Iran est une combinaison des chapitres 6 et 7 du plan Brookings. Derrière un mouvement relativement populaire contre les politiques économiques néolibérales du gouvernement Rohani, un mouvement militant, comme on l’a vu hier soir (ci-dessous), met en œuvre une stratégie d’escalade qui pourrait mener à une guerre civile. Nous avons déjà assisté à une combinaison similaire en Libye et au début de l’attaque contre la Syrie. (Tony Cartalucci du Land Destroyer Report a abondamment décrit le Brookings Paper comme un « manuel pour renverser des pays »).

En juin dernier, le Wall Street Journal rapportait que la CIA avait mis en place une cellule opérationnelle spéciale pour de telles attaques contre l’Iran :

« La Central Intelligence Agency a mis en place une organisation exclusivement axée sur la collecte et l’analyse de renseignements sur l’Iran, reflétant la décision de l’administration Trump de faire de ce pays une cible prioritaire des espions américains, selon les responsables américains.

Le Centre de mission de l’Iran réunira des analystes, des membres du personnel d’opérations et des spécialistes de la CIA pour mettre à profit l’éventail des capacités de l’agence, y compris des opérations secrètes. »

Le chef du nouveau bureau est l’un des officiers les plus impitoyables de la CIA :

Pour diriger le nouveau groupe, M. Pompeo a choisi un agent de renseignements chevronné, Michael D’Andrea, qui a récemment supervisé le programme de frappes létales par drone de l’agence et qui a remporté, selon bon nombre de ses pairs, des succès contre al-Qaïda dans la longue campagne américaine contre le groupe terroriste.

(…)

M. D’Andrea, un ancien directeur du Centre antiterroriste de la CIA qui s’est converti à l’islam, est considéré par ses pairs comme un manager exigeant mais dur à la tâche et efficace. Certains responsables américains ont avoué être préoccupés par sa position agressive envers l’Iran.

D’Andrea, c’est le gars de la CIA qui aurait pu éviter le 9/11 mais a raté son coup. Il a été intimement impliqué dans le programme de torture de la CIA et dans la campagne meurtrière de drones au Pakistan et en Afghanistan. Il est soupçonné d’être le cerveau qui préside à la coopération américaine avec les extrémistes wahhabites en Libye, en Irak et en Syrie.

Hier matin, un groupe terroriste sunnite a fait exploser un pipeline dans le sud-ouest de l’Iran, près de la frontière irakienne :

Selon Ansar al Furqan, « un important oléoduc a explosé dans la région d’Omidiyeh d’Ahvaz, en Iran. » Le groupe a ajouté qu’il avait créé une nouvelle unité, la Brigade des martyrs d’Ahwaz. Historiquement, il y a une importante population arabe dans la région d’Ahvaz. Cependant, on ne sait pas trop si cette supposée brigade se compose d’Arabes iraniens ou de Baloutches, bien qu’il semble que la plupart de ses membres soient des Baloutches. Les djihadistes disent que « l’opération a été menée pour infliger des pertes économiques au régime criminel iranien ».

Selon le Centre militaire américain de lutte contre le terrorisme, Ansar al-Fruqan est issu du groupe terroriste démantelé de Jundallah, qui avait tué des centaines de responsables et de civils iraniens. Jundallah était une insurrection baloutche qui combattait pour un « Baloutchistan libre » dans la région du sud-ouest du Pakistan et du sud-est de l’Iran. Son chef a été tué en 2010 et depuis, le groupe s’est scindé en Ansar al-Furqan et d’autres groupes. Certaines d’entre eux sont sous influence étrangère. Mark Perry a écrit en 2012 :

« Une série de mémos de la CIA raconte que des agents du Mossad israélien se sont fait passer pour des espions américains pour recruter des membres de l’organisation terroriste Jundallah pour leur servir de mercenaires dans leur guerre secrète contre l’Iran»

Les agents du Mossad ont engagé des terroristes du Jundallah pour tuer des experts nucléaires en Iran. Il ne devrait donc pas être surprenant qu’un groupe issu du Jundallah attaque maintenant l’infrastructure économique iranienne au moment même où le Mossad et la CIA coordonnent une nouvelle campagne pour renverser le gouvernement iranien. Cela indique clairement un plan plus vaste et bien organisé.

Hier soir, des groupes de 20 à 50 jeunes hommes sont apparus dans une vingtaine de villes et villages d’Iran et ont commencé à vandaliser (vidéo) les rues. Ils ont démoli les panneaux routiers et les panneaux d’affichage, brisé les fenêtres et mis le feu aux poubelles. De courtes vidéos de dizaines d’incidents sont apparues sur différents comptes Twitter. Leur impact était souvent présenté de manière très exagérée.

Dans la vidéo « des manifestants qui brûlent les bureaux du gouvernement dans la province d’Ahvaz » on voit seulement une poubelle en feu devant un bâtiment. Le seul bruit dans la vidéo « où la police tire à balles réelle sur les manifestants » est le bruit du verre brisé des carreaux d’un bureau préfabriqué. La vidéo qui accompagne l’annonce que « 3 personnes ont été tuées dans une fusillade policière du Lorestan » montre un petit groupe très agité. Deux personnes sont emmenées, mais on ne sait pas qui elles sont, ni ce qui leur est arrivé. On n’entend pas de tirs et on ne voit pas de policiers. Dans d’autres vidéos, la police réagit aux émeutiers qui jettent des pierres et commettent des actes de vandalisme.

Les groupes, leur présence dans une vingtaine de villes et leur action, tout cela est clairement coordonné.

Ceux qui soutiennent les émeutes dans les médias postent toutes les vidéos qu’ils trouvent pour toucher un public plus large. Le gouvernement iranien a demandé à l’application de messagerie Telegram, largement utilisée en Iran, de stopper une chaîne qui exhortait les manifestants à lancer des cocktails Molotov sur les bâtiments officiels. Le chef du service Telegram a convenu que ces appels étaient contraires à ses conditions de service et a supprimé la chaîne. De nouveaux canaux avec des messages similaires sont immédiatement apparus. Le gouvernement iranien va être obligé de bloquer complètement Telegram ou d’infiltrer ces canaux pour empêcher la coordination des émeutes.

Les politiciens américains qui avaient appelé à « bombarder, bombarder, bombarder » l’Iran (John McCain) ou qui avaient menacé de faire la guerre à ce pays (Hillary Clinton) ont publié des déclarations de soutien au « peuple iranien » – c’est-à-dire aux émeutiers. Ce sont les mêmes personnes qui écrasent le peuple iranien sous toutes sortes de sanctions les unes après les autres – des hypocrites. Donald Trump et son Département d’État ont publié des déclarations de soutien aux « manifestants pacifiques » qui vandalisent le pays, et ont exigé que « le régime respecte leurs droits humains fondamentaux ». Leurs manifestations de compassion pour le peuple iranien ne trompent personne. Une note de service qui a fuité récemment disait au secrétaire d’État américain Tillerson :

« … que les États-Unis devaient utiliser les droits de l’homme comme arme contre des adversaires comme l’Iran, la Chine et la Corée du Nord, tout en laissant la main libre à des régimes répressifs alliés comme les Philippines, l’Égypte et l’Arabie saoudite. »

Les déclarations officielles des États-Unis arrivent trop tôt et nuisent à tout réel mouvement d’insurrection en Iran. Elles prouvent que les manifestations sont soutenues par les États-Unis qui perdent ainsi toutes leurs chances d’élargir la base de leurs supporters en Iran.

Pourquoi les États-Unis font-ils cela ?

Le plan n’est peut-être pas de renverser tout de suite le gouvernement iranien, mais de pousser le gouvernement iranien à réprimer violemment les manifestations.

Suzanne Maloney @MoneySuzanne – 5:51 – 31 déc 2017

Et voici l’idée : quoique le gouvernement américain fasse ou dise à propos de ces protestations, le fait est (comme @POTUS l’a dit sur Twitter) que le monde entier regarde ce qui se passe en Iran. La façon dont Téhéran réagit aux protestations actuelles modèlera ses relations avec le monde, comme en 2009.

Cette réaction peut ensuite être utilisée pour imposer des sanctions plus larges et plus strictes à l’Iran, en particulier de la part de l’Europe. Il s’agirait alors d’une nouvelle étape du plan plus vaste consistant à étouffer le pays sous les sanctions, et d’un pas supplémentaire dans l’escalade contre lui.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/iran-le-rapide-soutien-des-etats-unis-aux-emeutiers-laisse-deviner-un-plan-plus-vaste

Audio Diploweb. La dissuasion nucléaire d’hier à aujourd’hui

Audio Diploweb. La dissuasion nucléaire d’hier à aujourd’hui

Par Estelle MENARD, le 4 janvier 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Estelle Ménard, diplômée d’un Master 2 Relations internationales et Action à l’étranger de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, étudiante en Master 2 Géopolitique – Territoires et enjeux de pouvoir à l’Institut français de géopolitique (IFG, Université Paris VIII).

Une émission réalisée par Estelle Ménard à partir d’entretiens réalisés dans le cadre du colloque « Résistance et Dissuasion, des origines du programme nucléaire français à nos jours », organisé par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) le 5 octobre 2017 à la Bibliothèque François Mitterrand, Paris. Avec en bonus, un résumé et en pied de page des liens vers toutes nos vidéos consacrées au nucléaire.

Il suffit de cliquer sur le triangle blanc du lecteur pour écouter cette émission.

00:29
17:20
Audio Diploweb. La dissuasion nucléaire d’hier à aujourd’hui
Entretiens et montage : Estelle Ménard pour Diploweb.com. Propos recueillis dans le cadre du colloque « Résistance et Dissuasion, des origines du programme nucléaire français à nos jours », organisé par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) le 5 octobre 2017 à la Bibliothèque François Mitterrand, Paris, France.

Un grand merci aux intervenants pour leurs propos, par ordre d’apparition :
. Maurice Vaïsse, professeur émérite des Universités.
. François Geleznikoff, directeur des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.
. Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.
. George-Henri Soutou, membre de l’Institut et professeur émérite des Universités.
. Frédéric Gloriant, enseignant-chercheur à l’ENS-Ulm.
. Jacques Godfrain, ancien ministre et président de la Fondation Charles de Gaulle.

Résumé par Estelle Ménard

Le nucléaire n’a pas manqué de faire parler de lui récemment. Tandis que le prix Nobel de la paix 2017 a été attribué à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) et que le budget de la dissuasion française pourrait passer de 3 à 6 milliards d’euros par an d’ici 2030 afin de renouveler les équipements, il est légitime de se questionner sur l’arme nucléaire. Il s’agit entre autres d’éclairer le public sur les origines de la dissuasion, son rôle dans la construction de la France de l’après-guerre et son utilité aujourd’hui. Dans un premier temps, l’enjeu français était d’éviter à tout prix qu’une invasion comme celle de 1940 se reproduise. Que la France possède la bombe a ensuite contribué à renforcer sa légitimité à la table des vainqueurs et au Conseil de sécurité des Nations Unies. Surtout, c’est son indépendance qu’elle parvient à affirmer, notamment vis-à-vis des États-Unis grâce à la possession de la bombe. L’attitude belligérante de la Russie en Ukraine et son annexion de la Crimée (2014) laissent penser que la France conserve un adversaire de référence, assurant au maintien du nucléaire un certain consensus. Toutefois, son efficacité en tant qu’arme dissuasive n’est pas moins remise en cause, et l’ascension du terrorisme international n’y est pas pour rien.

À cela s’ajoute le problème nord-coréen. Ce qui divise par-dessus tout l’opinion, c’est la rationalité des nouveaux acteurs que ce vieux théâtre met en scène. Le monde nucléaire était autrefois fondé sur des relations « entre gentlemen  », pour reprendre l’expression de Maurice Vaïsse, convaincus par la philosophie de la dissuasion, qui consiste à planifier l’emploi de l’arme tout en sachant qu’il ne faudra jamais l’utiliser. Or, l’existence de deux leaders au caractère présumé impulsif que sont Kim Jong-un (Corée du Nord) et Donald Trump (Etats-Unis) inquiète une partie de l’opinion publique. L’autre partie est quant à elle confiante quant à la rationalité de Kim Jong-un, qui jouerait de la provocation comme stratégie d’assise de son autorité et de sa crédibilité, et comme potentielle marge de manœuvre pour des négociations futures. Le chef suprême aurait, d’une part, compris que l’interruption des programmes nucléaires par Mouammar Kadhafi (Libye) et Saddam Hussein (Irak) a contribué à leur chute. D’autre part, ce programme nucléaire semble aujourd’hui si avancé qu’il ouvre la possibilité de négociations avec les États-Unis, directement ou à travers les Nations Unies. Tous les scénarios sont possibles, du statu quo à la modification des rapports de force, notamment si les États-Unis s’engagent à ne plus procéder à des exercices ou à diminuer leurs troupes en Asie en échange d’un engagement de la Corée du Nord à cesser les provocations. Les implications seraient multiples : négociations multilatérales avec les États asiatiques voisins, perte de puissance des États-Unis en Asie, ou encore signature d’un traité de paix pour remplacer l’armistice de Panmunjeom (1953), que la Corée du sud n’a jamais signé.

Le nucléaire reste méconnu du grand public, au mieux parce que les informations sont indisponibles, au pire parce qu’elles sont occultées par l’industrie du nucléaire ou parce que le danger est exagéré par des militants du camp anti. Il s’agit de trouver un juste milieu entre deux extrêmes, l’optimisme d’antan – quand la publicité vantait les vertus de la radioactivité ! – et le pessimisme actuel. Heureusement, le débat sur l’avenir du nucléaire se développe et touche une plus grande partie du public. Enfin, le coût de la modernisation de l’arsenal nucléaire ne manquera pas de multiplier les prises de position.

Copyright pour l’émission et pour le résumé Janvier 2018-Ménard/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Fichier-audio-nucleaire.html

L’euro monte face au dollar, aidé par des données européennes

L’euro monte face au dollar, aidé par des données européennes

Londres (awp/afp) – L’euro montait face au dollar jeudi, aidé par des données encourageantes en zone euro tandis que le billet vert souffrait d’une certaine prudence de la Réserve fédérale américaine (Fed) malgré un bond des créations d’emplois dans le secteur privé aux États-Unis.

Vers 14H00 GMT (15H00 HEC), l’euro valait 1,2066 dollar, contre 1,2014 dollar mercredi vers 22H00 GMT.

La monnaie unique européenne montait également face à la devise japonaise, à 136,10 yens pour un euro – grimpant même vers 13H45 GMT à 136,22 yens, un nouveau plus haut depuis fin octobre 2015 – contre 135,17 yens mercredi soir.

Le billet vert montait un peu face à la monnaie nipponne, à 112,79 yens pour un dollar contre 112,52 yens la veille.

« L’euro a repris sa hausse face au dollar après la publication d’indicateurs sur le secteur des services dans plusieurs grands pays de la zone euro (en particulier en Allemagne) biens reçus » par les cambistes, a observé David Madden, analyste chez CMC Markets.

Mais le ton sur le marché des changes restait donné par le billet vert, qui souffrait un peu depuis le début de la séance jeudi de la publication la veille du compte-rendu de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) qui avait débouché le mois dernier sur une troisième hausse des taux d’intérêt en 2017.

« Les minutes n’ont pas permis de fournir plus d’indices sur les perspectives de la politique monétaire de la Fed au-delà de ce qui a déjà été communiqué en décembre », a relevé Lee Hardman, analyste chez MUFG.

Elles ont en effet « confirmé que presque tous les membres du Comité ont réaffirmé s’attendre à ce que des hausses progressives des taux soient appropriées » en 2018 en raison d’une croissance un peu supérieure à la tendance, un marché du travail robuste, une amélioration des conditions financières et le stimulus économique découlant de la réforme fiscale, a expliqué l’analyste.

Mais les membres de la Fed se sont tout de même montrés plutôt divisés sur l’évolution des taux d’intérêt en 2018, car les perspectives d’inflation restent source d’interrogations.

« L’impression générale qui se dégage de la réunion de décembre est que l’obstacle qui sépare la Fed d’une accélération de son resserrement monétaire, au-delà de ses prévisions de trois nouvelles hausses en 2018, reste élevé », a résumé M. Hardman.

Et comme l’a fait remarqué Lukman Otunuga, analyste chez FXTM, « si les responsables (de la Fed) ont exprimé un certain optimisme sur le marché du travail américain et pensent que la baisse des impôts pourrait relancer les dépenses de consommation, les inquiétudes sur la faiblesse de l’inflation ont continué d’imprégner les minutes ».

Jeudi, les cambistes digéraient l’annonce d’un bond inattendu des créations d’emplois dans le secteur privé aux États-Unis en décembre, mais restaient prudents à la veille de la publication du rapport officiel mensuel sur l’emploi et le chômage dans la première économie mondiale, un indicateur majeur pour en jauger la santé économique.

Vers 14H00 GMT, la livre britannique baissait face à la monnaie unique européenne, à 89,14 pence pour un euro, mais montait face au billet vert, à 1,3535 dollar pour une livre.

La devise suisse baissait face à l’euro, à 1,1772 franc suisse pour un euro, mais montait face à la devise américaine, à 0,9756 franc pour un dollar.

La monnaie chinoise s’appréciait face au billet vert, à 6,4960 yuans pour un dollar contre 6,5030 yuans mercredi vers 15H25 GMT.

L’once d’or a fini à 1.313,70 dollars au fixing du matin, contre 1.314,90 dollars mercredi au fixing du soir.

Le bitcoin valait 14.577,55 dollars contre 15.029,47 dollars mercredi vers 22H00 GMT, selon des chiffres compilés par le fournisseur de données financières Bloomberg.

Cours de jeudi Cours de mercredi

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14H00 GMT 22H00 GMT

EUR/USD 1,2066 1,2014

EUR/JPY 136,10 135,17

EUR/CHF 1,1772 1,1739

EUR/GBP 0,8914 0,8890

USD/JPY 112,79 112,52

USD/CHF 0,9756 0,9771

GBP/USD 1,3535 1,3515

acd/js/la

(AWP / 04.01.2018 15h31)

https://www.romandie.com/news/L-euro-monte-face-au-dollar-aide-par-des-donnees-europeennes/877807.rom

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Revue de presse nationale et internationale.

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